La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- LA NATURE
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- QUARANTE-DEUXIEME ANNÉE 1914 — PREMIER SEMESTRE
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- 42° ANNÉE. — N° 2115.
- 6 DÉCEMBRE 1913.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES VERTÉBRÉS VOLANTS
- Au moment où s’ouvre le 5e Salon de la locomotion aérienne, il nous a semblé intéressant de présenter aux lecteurs de La Nature un certain nombre
- volants, et un certain nombre de poissons, de batraciens, de reptiles et de mammifères adaptés à la locomotion aérienne, pourraient également, si nous
- d’animaux volants, encore peu connus, mais fort intéressants. Quand on parle de vertébrés volants, on pense tout de suite aux oiseaux. Certes, la locomotion aérienne des oiseaux a déjà été admirablement étudiée et il suffit de citer les noms de Marey et de Mouillard pour rappeler toutes les données qu’elle a fournies à l’aviation naissante. Mais les oiseaux ne. sont pas les seuls vertébrés
- les étudiions avec soin, nous fournir d’utiles renseignements. C’est cette idée qui a conduit M. le Dr Anthony à rassembler en un intéressant volume tout ce que nous savons déjà sur les organes de locomotion aérienne chez les vertébrés volants (*).
- - N-
- 1. R. Aîîthonv. Les organes de locomotion aérienne chez les Vertébrés volants, iii-8°. Librairie aéronautique. Paris, 1913.-* - „ ' <
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- 2 ....- LES VERTÉBRÉS volants
- Nous signalerons seulement ici la manière dont les divers vertébrés autres que les oiseaux se sont adaptés au vol.
- Certains sont les descendants d’animaux arboricoles, d’autres, d’animaux nageurs.
- Les animaux du premier groupe, c’est-à-dire provenant d’animaux arboricoles, se sont adaptés à la locomotion aérienne de deux façons bien différentes : les uns ont développé un parachute et volent d’une manière passive, les autres ont des mouvements actifs et ne se contentent pas de planer.
- Il est des planeurs très variés, depuis l’écureuil de nos bois jusqu’à l’anomalure africain. Notre écureuil se contente de sauter d’un arbre à l’autre en étendant ses quatre membres et sa queue pour augmenter sa sur-
- face. Déjà, certains rongeurs exotiques tels que le Sciuroplerus de l’Asie et de l’Amérique du Nord, YEu-pelaurus du Kashmir ont un planeur plus développé; en effet, le long de leurs flancs s’étend une large membrane, repli de la peau nommé patagium, qui se continue jusqu’aux plis du coude et du genou. La membrane du Pleromys du Japon et de la Malaisie, plus étendue, va rejoindre la base de la queue. Enfin, l’anomalure d’Afrique a une vaste membrane reliant la tète, les pattes et la queue.
- Très différents des précédents rongeurs, quelques marsupiaux ont aussi leur parachute ; tels sont le Petauroides, le Petau-rus, dont le patagium rappelle .celui du Pte-romys;, tel encore l'Acrobate dont la queue
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- Les phaiangiens, marsupiaux vulanls : En haut, /’Ariel; en bas, /'Acrobate; à droite, le Sciurin.
- est garnie de poils soigneusement peignés à droite et à gauche pour augmenter sa surface de sustentation.
- Dans les forets de l’archipel malais vit un autre planeur bien curieux, le Galéopithèque, dont la membrane, entourant tout le corps, est pourvue de muscles comme l’aile des chauves-souris; c’est déjà là un animal à vol actif, qui forme la transition avec ceux que nous étudierons tout à l’heure.
- A Madagascar, quelques lémuriens ont un parachute rudimentaire et le Microcebus possède un véritable patagium.
- Les mammifères n’ont pas la spécialité du vol plané. Parmi les reptiles, le Gecko volant (Ptycho-zoon homal o-cepliaiuni) a une frange membra-. neuse le long du corps et les doigts palmés; le Dragon (Draco vo-lans) a deux es-
- pèces d’ailes à armature osseuse qu’il replie le long du corps quand il est au repos, mais qu’il étale et gonfle d’air pour s’élancer des arbres où il gîte, dans les Indes orientales et l’archipel malais ; le Chlamyclosau-rus d’Australie porte autour du cou une membrane ondulée qui peut servir de parachute. Quelques serpents de Bornéo, qui vivent sur les arbres, le Chry-sopelea ornala, par exemple, savent s’aplatir, s’étaler jusqu’à prendre la forme d’une gouttière retournée.
- Parmi les batraciens, il en est un, vivant sur les
- arbres, le Rha-eophore de Rhei-nard, dont les pattes ont des doigts très longs et très palmés; grâce à cette disposition, il peut bondir à longue distance d’un arbre sur l’autre.
- D’autres vertébrés, d’ascendance arboricole, ne se contentent pas de planer pa s sivemen t, mais volent grâce à des ailes mo-
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- LES VERTEBRES VOLANTS
- trices et tout le monde les connaît. Ce sont les chauves-souris qui, le soir, passent silencieuses autour de nos demeures. Les doigts de leurs mains, démesurément allongés, sauf le pouce, sont liés entre eux et aux pattes postérieures par une membrane dont elles battent l’air pendant leur vol.
- Quelques vertébrés nageurs ont aussi appris à voler. Parmi les poissons, le plus célèbre est le poisson volant, l’Exocet, dont
- En haut, le Pteromys, à droite, TAnomalure.
- on a maintes fois décrit les bonds et le planement (planement ou vol actif, suivant les auteurs qui ne sont pas d'accord à ce sujet) au-dessus de la surface de l’eau; mais il n’est pas le seul. Le Dactyloptère de la mer des Sargasses n’est pas moins bien outillé, puisque ses nageoires pectorales sont encore plus étendues que celles de l’Exocet.
- Le Dr Pcllegrin a déjà ici même (il0 1721) signalé un autre poisson minuscule des eaux douces de l’Afrique, le Pantodon de Buch-holz qui sait également voler ou plutôt bondir jusqu'à
- Beaucoup de ces animaux ont encore été trop peu
- js
- Un type de chauve-souris : le Rhinolophe grand fer
- 20 mètres grâce à ses énormes nageoires pectorales, souvent observés pour qu’on puisse dès aujourd’hui tirer de leur étude des conclusions aussi précieuses que celles qu’a fournies le vol des oiseaux.
- Mais, comme le fait remarquer le Dr Anthony, à la fin de son ouvrage, « nous osons espérer que ce que nous avons déjà dit sur un sujet à peine effleuré, pourra permettre aux fervents de la locomotion aérienne de se rendre compte de l’intérêt véritable qu’il y aurait à ne pas se borner à étudier la physiologie du vol des animaux aériens. Il faudrait encore, et peut-être surtout, essayer de comprendre les raisons d’être des dispositions anatomiques en rapport avec les différents modes de ce vol ». Et l’observation des curieux animaux que nous avons cités dans cet article nous réserverait probablement d'intéres-•à-cheval. santés surprises. René Meule.
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- L’EXPLOITATION DES ARBRES EN ARGENTINE
- L’Argentine, où, pendant des siècles, le défrichement, pour le pâturage ou la culture, s’est fait librement, où l’on a coupé à tort et à travers, sans méthode, sans prévoyance, suivant les besoins du moment, à cause de
- l’abondance extrême des massifs forestiers, l’Argentine en arrive à une plus saine compréhension des dangers à venir, à une plus claire vision des devoirs qui pèsent sur les générations actuelles.
- En présence des coupes sombres que nécessite de plus en plus une industrie naguère embryonnaire, qui
- forestier. Certaines nécessités y amèneront. Les forêts diminuent, et, dans ces forêts, beaucoup d’arbres, auxquels il a fallu des siècles pour les faire
- Fig. i. — Massif d’arbres au Tigré, près de Buenos-Ayres.
- ce qu’on les voit aujourd’hui, ne se reproduiront plus. La civilisation, impatiente de jouir, ne leur permet-
- Fig. 2. — Dépôt de bois de que-braclio à la station de Colmena.
- tend à prendre des proportions extraordinaires, l’industrie du papier,
- Fig. 4. — Le port de Barranquêros. (Photos Coutaud-Delpech.)
- et, avec cette industrie, celle des chemins de fer, celle des constructions civiles, celle des meubles, on songe à enrayer un peu l’exploitation désordonnée des espaces boisés et à instaurer un régime de défense. On n’en est pas encore à instituer un code
- Fig. 3. — Campement de travailleurs corrientinos le long de la voie ferrée de Santa-Fè.
- tra pas de reprendre cette vigueur qui les a portés à de si prodigieuses hauteurs.
- C’est parce que j’étais pénétré de l’intérêt de la question que j’ai, auprès . de personnes compétentes, essayé de me faire une idée des forêts de l’Argentine et de traduire mes impressions.
- A vrai dire, une telle étude exigerait bien du temps, bien des enquêtes sur place, comme MM. Jules Huret et Paul Walle, par exemple, en ont effectué, si l’on voulait connaître à fond la beauté, la richesse, l’infinie variété des essences qui cons-
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- 6 ========== L'EXPLOITATION DES ARBRES EN ARGENTINE
- lituenl la foret argentine. Buenos-Aires, avec son jardin botanique, intelligemment créé et admirablement entretenu par un Français, M. Charles Thays, peut déjà donner une idée des richesses forestières de la République, et le Zoo, les parcs de verdure, le Tigré montrent en raccourci la forêt argentine dans ces agglomérations plus ou moins factices d’arbres des essences les plus variées. Mais, pour la comprendre et l’admirer dans ses aspects variés et ses ressources infinies, il faut remonter vers le nord.
- | Justement, le service des bateaux de la compagnie Mithanovitch nous invite à suivre le cours du grand fleuve, tantôt destructeur et ravageur, tantôt nourricier, le magnifique Paranà. La navigation, à vrai dire, en est un peu monotone, et l’on éprouve quelque hâte d’arriver à Rosario, une grande ville aujourd’hui, aux débuts très modestes : elle a poussé comme le font les cités américaines, à la vapeur. Et les Français n’y ont pas nui! Ils ont, par leur intelligence et leurs capitaux, fondé le port de Rosario, qui a donné un superbe élan à l’industrie et à l’agriculture par de nouvelles facilités de transport. Il s’amoncelle, en ce coin de province Arribena, des millions de tonnes de marchandises. En 1907, la ville comprenait 151 000 habitants; en 1911, elle dépassait le chiffre de 200 000, et sa prospérité s’augmente en raison de l’apport de population. A 515 km de la capitale, elle communique directement, par ses vapeurs, avec les capitales de l’Ancien et du Nouveau Monde.
- fl faut remonter plus haut encore pour trouver là forêt. Que ce soit par chemin de fer ou par bateau -4- mais ce mode-ci est le plus lent et le plus monotone — l’aspect des plaines ne se modifie guère pendant des lieues et des lieues. Le mieux est encore d’accepter l’hospitalité, confortable d’ailleurs, qji'offre la Compagnie des chemins de fer français dje Santa-Fé : elle a été créée avec des capitaux français, sous la direction d’ingénieurs français, et, dans la plupart des stations, on a la surprise agréable d’entendre des chefs de service, des hommes d’équipe s’exprimer dans notre langue.
- Tout le long de la voie ferrée, on voit des gares minuscules, n’ayant pas encore même un nom, que désigne seulement un numéro kilométrique. Ce sont des villes futures, où, plus tard, la population affluera, où l’argent circulera avec une inexprimable désinvolture sans souci du lendemain.
- Je dois èp la gracieuseté du haut personnel de la Compagnie française de Santa-Fé d’avoir vu quelques ports sur le Parana dans des conditions exceptionnellement favorables. Je saisis cette occasion d’exprimer ma gratitude à M. le directeur et à M. le secrétaire général de la Compagnie pour leur aimable accueil. Ce n’est que justice de constater les progrès qui ont été réalisés par la nouvelle administration. Par ses ports principaux, Colasliné, Puerto Gabolo, Puerto Martin, Puerto Canalitos, c’est par des centaines de millions de tonnes que l’on transporte du bois venant du nord de la pro-
- vince. Le port de Colastiné, à lui seul, exporte plus d’un million de tonnes de bois, de céréales.
- Il est difficile de procéder au dénombrement des espèces de la flore argentine. On peut arriver cependant à dresser une nomenclature d’arbres, pour les plus répandus, les plus employés, ceux dont on tire le meilleur parti dans les diverses branches de l’activité industrielle ou commerciale.
- Au premier rang, comme exploitation, se place le quebracho (Loxopterigium Lorentzii). D’une dureté extrême, d’une hauteur qui atteint 20 m., d’un diamètre, au ras du sol, de près d’un mètre, il est employé, un peu en ébénisterie, quoiqu’il soit d’un travail difficile, et surtout pour les constructions, les traverses de chemins de fer, les poteaux télégraphiques. On l’utilise également pour fournir un extrait tannique qui fait l’objet d’un grand commerce d’exportation vers l’Amérique du Nord et même -vers l’Europe, où. il concurrence aujourd’hui le tanin extrait du chêne et du châtaignier.
- Dans les gares de la Compagnie de Santa-Fé, on voit d’énormes dépôts de troncs de quebracho rouge : par exemple, à Colasliné, à Colména (fig. 2).
- Il s’est formé à Santa-Fé une compagnie, d’abord sous les auspices et la direction de capitalistes français, plus tard sous l’administration d’autres étrangers, qui s’est donné la mission d’exploiter les forêts dans lesquelles le quebracho entre pour près des deux tiers. Cette compagnie, dite le Florestal, qui est administrée de la façon la plus intelligente . et la plus judicieuse, a pris un développement inouï, et elle constitue une affaire financière excellente. On n’a qu’à relire le chapitre que M. Jules Huret a consacré à l’histoire de cette entreprise : c’est un des plus intéressants, un des plus suggeslifs, un de ceux qui montrent le mieux les magnifiques résultats que peuvent donner, dans cet admirable pays, des efforts bien dirigés et méthodiquement poursuivis.
- Nulle essence d’arbre n’a été aussi industrialisée que le quebracho; depuis 1909, elle donne près de 5 000000 de francs en produits divers : elle n’est pas la seule précieuse et la seule utilisée.
- Dans les régions andines, on trouve le boldu, qui atteint une hauteur de 15 m.
- Dans les provinces de Salta, Tucuman, Jujuy, on rencontre le palo santo, le palo blâneo, le guayacan, le cèdre rouge qui prend toute sa hauteur, environ 50 m., surtout dans la zone sous-tropicale, le laurier, blanc ou jaune (20 m. de hauteur), le laurier noir qui ne craint pas l’humidité, presque imputrescible, très employé dans les constructions hydrauliques, le timbé-pacanier, etc.
- Dans la région australe, sont des hêtres, des mélèzes, atteignant 50 m. de hauteur.
- Au nord, on trouve les lapaçhos, les tipso, les premiers très employés en menuiserie, les urunday, très utiles pour la construction des navires, les alysons, les cocotiers, les cèdres qui, cependant, se plaisent davantage dans les régions andines et qui y prennent de magnifiques proportions, les saules indigènes ou
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- L’EXPLOITATION DES ARBRES EN ARGENTINE ===== 7
- ronges, les diverses familles de pins, qui, suivant les régions, varient de hauteur de 30 à 50 mètres.
- Enfin, dans les massifs forestiers, où l’industrie essaie de reconstituer ce qu’elle a détruit, on a introduit des arbres d’origine étrangère : les uns originaires d’Europe comme l’aeacia français, le châtaignier, le cerisier doux, le frêne, le noyer, le sapin, le platane, le peuplier, le saule, l’orme; les autres venus d’Asie comme une espèce de sapin, l'arbre du ciel (aslanthus glandulora), des cèdres du Liban et de l’Hymalaya, le çriptomeria du Japon; d’autres, transfuges d’Australie comme les différentes variétés d’eucalyptus qui prennent de si admirables proportions, atteignant 140 m. de hauteur sur 4 ou 5 de diamètre, et que l’on avait d’abord essayé d’acclimater à Buenos-Ayres même, dans le parc 3 de Fébréro et le long du chemin de fer du Tigré.
- L’acclimatement a été conseillé pour quelques autres essences exotiques. On peut en attendre des services, car déjà l’on prévoit l’appauvrissement des essences indigènes par suite d’un excès d’exploitation. On escompte ainsi le rendement futur des pins d’Australie, de la Floride, de la Californie, des ormes américains, des tilleuls argentés ou noirs, des sapins du Colorado, des noyers du Caucase, etc.
- Ces tentatives montrent que la sollicitude du Gouvernement s’éveille au sujet de la conservation des forêts et des méfaits de la civilisation. Si importants que soient, au Nord et au Sud, les massifs forestiers de l’Argentine, on songe qu’ils doivent s’appauvrir par le fait des éléments, des tourmentes atmosphériques, par la main des hommes, par une exploitation abusive.
- Ces arbres majestueux, orgueil des forêts argentines, ont demandé des siècles pour atteindre leurs dimensions extraordinaires : eux disparus, c’est un capital presque millénaire qui s’éteint et que l’impatience des hommes ne permet pas de reconstituer. Pour la nature, le temps ne compte pas : elle mettra cent ans pour faire un quebracho de la taille d’un baliveau, 150 ou 200 pour en produire un de la taille d’un moderne. Et les hommes ne mettent pas une heure pour anéantir ce travail de deux siècles !
- L’arboriculture, que je viens de présenter dans cette trop rapide analyse, pour les arbres destinés à la construction, comprend également des arbres à fruits, et, de ce chef, elle offre un intérêt qui n’est pas médiocre. L’Argentine se sent déjà appelée à exporter, vers l’Europe principalement, une masse toujours croissante de fruits de toute qualité, et elle a l’ambition avouée de concurrencer les pays qui, en ce moment, sont en situation d’approvisionner les régions voisines de ce côté-ci de l’Atlantique.
- Déjà, grâce aux transports frigorifiques, quelques industriels de là bas ont apporté sur les marchés de Londres, de Bruxelles, de Paris, de Berlin, certaines quantités de fruits que l’on s’était habitué à faire venir d’ailleurs ou à produire artificiellement, par des forceries.
- ' L’Argentine envoie déjà des conserves : dans peu de temps, elle expédiera des fruits frais conservés par la réfrigération et remis,'"dans les centres de consommation, dans un état excellent. Nul doute que l’on ne veuille là-bas encourager cette nouvelle branche d’industrie, grâce à laquelle on tirera un parti très avantageux des produits naturels du sol argentin manufacturés par la main-d’œuvre argentine.
- Longue et fastidieuse pourrait paraître la liste des essences d’arbres à fruits que l’on cultive avec succès dans l’Argentine et qui donnent des résultats très appréciables.
- L’amandier, par exemple, donne, en certaines régions, jusqu’à 1000 kg par hectare, cé qui, vendu de 30 à 50 centimes le kilo, représente un sérieux rendement.
- Le prunier de Damas sert à des plantations importantes, d’un remarquable revenu.
- L’oranger, le citronnier, le mandariniér, cultivés de préférence dans les provinces de Tucuman, Missionés, Corrientès, Cbaco — on fabrique avec l’orange une sorte d’eau-de-vie qui se nomme cana, —-le figuier, d’une aire topographique très étendue, le pommier très employé pour la fabrication du cidre là où ne viennent ni la vigne ni le houblon, le pêcher qui a pris un magnifique développement (plus de 5 000 000, dit-on, pouvant donner de 11 à 12 millions de francs), tels sont les favoris de la culture argentine, et elle fonde sur eux les plus grandes espérances pour l’avenir, si les prix de transport s’améliorent et si les conditions d’emballage se perfectionnent.
- Et nous ne disons rien de la vigne, parce que, à elle seule, elle mériterait toute une monographie! Disons cependant que, soit pour le commerce des raisins frais, soit pour les produits de la vinification, elle prend une importance croissante avec laquelle notre commerce d’Europe doit s’habituer à compter.
- Ceux qui ont vu à l’œuvre les gouvernants argentins, ceux qui connaissent la mentalité argentine, peuvent prédire à l’arboriculture de la grande République du Sud-Amérique un très beau dévelop-* pement et un avenir prospère. Il ne nous viendra pas de là-bas que des fruits, des vins, après des céréales et des animaux de boucherie : il nous viendra aussi de sérieuses leçons de ténacité, de jugement et de prévoyance dont nous devrions bien de temps en temps profiter, pour notre gloire et pour notre salut. A. Coutaud.
- P. S. — Depuis l’époque où ce travail se préparait, il y a eu, à Paris, un Congrès forestier qui a, notamment, donné lieu à deux communications des plus intéressantes et des plus remarquables, l’une de M. François Caquet, sur la topographie de la forêt mondiale, l’autre de M. Charles Thays, sur les forêts naturelles de la République argentine et les projets de parcs nationaux. Ce dernier mémoire, fait de main de maître, met au point la question que je n’ai pu traiter que superficiellement.
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- LA VISION
- L’océanographie, par suite des recherches nombreuses auxquelles elle a donné lieu, fait depuis quelques années des progrès considérables. On sait maintenant avec une certitude assez grande comment la lumière pénètre dans les profondeurs de la mer, on connaît les variations de température et de densité qui existent aux différents niveaux; cependant on n’a que fort peu de renseignements sur la vision sous-marine, on ignore sous quel aspect un œil humain immergé verrait le monde extérieur.
- Fig. i. — Point lumineux sous l’eau. Marche des rayons.
- Des expériences récentes ont été faites par le docteur Otto Baron, de Munich et le professeur Wood, de Baltimore qui, tout en solutionnant la question, illustrent d’une manière saisissante les lois fondamentales de l’optique.
- On sait que lorsqu’un rayon lumineux passe de l’air dans un milieu plus réfringent, de l’eau par exemple, il subit une déviation qui a pour effet, dans le cas particulier, de le rapprocher de la normale à la surface de séparation des deux milieux au point
- Fig. 3. — La vision en scaphandre est la même que dans l’air.
- d’incidence. Quelque grand que soit l’angle d’incidence du rayon lumineux venant de l’air, il traversera toujours la surface d’eau et pénétrera dans le second milieu. Il n’en est plus de même si le point lumineux est situé dans l’eau. Le calcul montre que tous les rayons qu’il émet et qui sont compris dans un cône ayant son sommet en ce point et une ouverture de 96° sortent dans l’air, mais que tous les autres rayons sont réfléchis sur la surface de séparation et renvoyés vers le fond de la mer (fîg. 1).
- En d’autres termes, dans l’eau, aucun rayon réfracté ne fait avec la normale un angle supérieur à.48°. La.lumière qui entre dans un œil placé sous l’eau est donc contenue dans un cône de 96° d’ou-
- DANS L’EAU
- verturc au lieu de 180°, comme dans le cas où l’œil est dans l’air. Par suite, si l’on regarde vers la surface libre, l’œil étant plongé dans l’eau, le ciel semblera réduit à un cercle sous-tendant un angle de 96°, l’apparence étant la même que si l’eau était recouverte par un toit opaque percé d’un trou circulaire (fig. 2). Si, au contraire, l’observateur revêtu d’un scaphandre regarde à travers la fenêtre du casque, l’illusion disparaît, car les rayons sont renvoyés dans leur direction primitive en repénétrant
- Fig. 2. — Champ de visibilité en un point sous l’eau.
- dans l’air, comme l’indique la figure 5, l’ouverture du cône passant alors de 96° à 180°.
- Il est intéressant de se représenter comment le monde apparaît à un poisson regardant à travers une couche d’eau. Les objets entourant ou surmontant le lac doivent tous être contenus dans le cercle lumineux dont nous
- venons de parler. Il doit y avoir une distorsion considérable des objets éloi-
- Alveaude l'eau
- Fig. 4. — Théorie de la vision chez les poissons.
- gnés, dont nous ne pouvons nous faire une idée en ouvrant l’œil sous l’eau, puisque les lentilles de l’œil humain ne sont adaptées que pour la vision dans l’air et que, immergées, elles ne permettent pas de voir nettement les contours des objets. On peut, au contraire, photographier l’apparence du monde extérieur. Les meilleurs résultats sont obtenus avec un trou d’épingle et non une lentille, et Wood a construit, pour réaliser cette expérience, une chambre noire pouvant être remplie d’eau et dirigée dans toutes les directions. Si on l’oriente verticalement, on se trouve dans les conditions d’un poisson dans un lac; dans la direction horizontale, elle donne ce que voit un poisson dans un aqua-
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- LA VISION DANS L’EAU
- rium. La plaque doit être immergée dans l’eau, sans quoi la réfraction a lieu de la même façon que pour un scaphandre.
- La chambre noire avait les dimensions intérieures 12 cmx 12 cmx5 cm. Un trou de 3 cm de diamètre sur l’une des faces était recouvert d’une plaque de verre argentée et vernie du côté de la chambre noire. Le verre doit être absolument opaque, et l’argenture sans taches ni trous pour obtenir un bon résultat. On pratique un petit trou dans cette pellicule, en grattant l’argenture avec soin à l’aide d’une aiguille avant de mettre la plaque de verre en place. La lumière passe à travers cette petite ouverture et impressionne la plaque disposée sur la face opposée de la boîte, qui doit être imperméable à la lumière et remplie d’eau claire.
- Le rôle joué par l’eau dans le cas du lac est ici joué par la plaque de verre, l’eau contenue dans l’appareil remplace les milieux aqueux de l’œil.
- Les conditions se modifient si l’on examine un objet partiellement immergé ; dans ces conditions, en effet, l’œil verra, d’une part, la portion immergée, d’autre part, la portion à l’air déformée. Comment le raccordement se fait-il et quelles sont les apparences observées? Pour nous en rendre compte, examinons ce qui se passe dans le cas d’une échelle plongée en partie dans l’eau (fig. 4).
- verra
- en vraie grandeur; dans l’angle 2 il règle, également en vraie grandeur; dans il apercevra par réflexion une portion du fond ;
- la
- l’angle 5
- Fig. 5. — Un baigneur vu par les poissons.
- l’angle 4 limitera une partie de la surface libre vue directement; le monde extérieur s’inscrira dans l’angle 5, et l’angle 6 correspondra à des parties vues par réflexion.
- On comprend alors que, si l’expérience directe était possible, on observerait des apparences exccssi--vement curieuses, telles que celles reproduites dans les figures 5 et 6.
- De plus, les objets ainsi vus seraient colorés de toutes les couleurs du spectre. La figure 7
- Un baigneur vu. de profil, par les poissons.
- Fig. 6. — Un paysage vu par les poissons.
- La partie immergée sera vue par l’œil situé en A en vraie grandeur.
- Au contraire, la partie située dans l’air ne sera visible que dans le cône d’ouverture correspondante à l’angle limite; étant très proche de l’eau, la règle apparaîtra fortement raccourcie. On verra ainsi deux morceaux dissymétriques.
- En résumé, dans la région i l’œil verra le fond
- Fig. ?.
- représente l’aspect d’un homme immergé jusqu’aux hanches.
- L’observateur voit la partie immergée en vraie grandeur, cette partie du corps est d’autre part
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- LE PHONOGRAPHE, MAITRE DE LANGUES
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- réfléchie par la surface libre de l’eau et donne une image égale et symétrique.
- La partie émergente du corps, d’abord invisible quand l’homme est loin, apparaît lorsqu’il pénètre dans le cône des rayons correspondant à la réflexion totale.
- 11 est vu par l’œil À dans une direction oblique. La figure 5 montre les apparences vues de face.
- La figure 6 montre de môme l’aspect d’un paysage comprenant un arbre partiellement baigné dans l’eau.
- II. Y IGNEROiX.
- LE PHONOGRAPHE, MAÎTRE DE LANGUES
- L’étude verbale des langues, sans maître, avec le « phonographe » marque une évolution nouvelle de l’industrie du phonographe. La maison Pathé a établi un appareil, dénommé par elle « Pathégraphe « qui non seulement parle, mais fait voir, en même temps, les mots qu’il prononce : s’adressant à la fois à l’oreille et aux yeux, il sort du domaine de l’agrément pour entrer dès à présent dans le domaine de la. pratique. On écoute le phonographe pour s’amuser, on écoutera le « Pathégraphe » pour s’instruire et, comme l’ingéniosité bien connue de la maison Pathé a fait en sorte que l’instrument puisse redevui r à volonté un excellent phonographe d’agrément, après s’être instruit on pourra, à nouveau, se distraire rien qu’en pressant un bouton et en changeant le disque.
- Ceci expliqué, voici en quoi consiste le « Pathégraphe » (fig. 1) :
- Sur une armoire en chêne est posée une boîte carrée dont le couvercle relevé laisse apercevoir un plateau porte-disque que surmontent le diaphragme et son tuyau acoustique, tous deux fixés au couvercle.
- En avant, une plaque d’aluminium et plusieurs rouleaux, sur le côté droit quatre manettes : remontoir de l’appareil (ressort) ; réglage de l’appareil (vitesse)-; mise en marche (déclic) ; remontoir de la bande (rouleau).
- Sur le côté gauche, une seule manette transformant à volonté le « Pathégraphe » en « Pathéphone » et réciproquement.
- L’appareil fonctionne (fig. 2) au moyen d’un ressort spirale À (ou d’un moteur électrique) dont le mouvement se transmet au moyen d’engrenages à un axe vertical B qui reçoit le plateau porte-disque P; la vitesse est réglée par un régulateur centrifuge C dont un frein réglable 0 (fig. 3) limite la course de façon à obtenir une vitesse absolument constante. Un léger frein à enroulement R (fig. 2 et 5) immobilise l’appareil à l’arrêt.
- Le levier de mise en marche libère ce frein et donne en même temps une première impulsion au plateau porte-disque qui se trouve ainsi atteindre, d’une façon pratiquement instantanée, sa vitesse de régime. Le frein à spirale R est d’ailleurs calculé de telle sorte qu’il suffit à arrêter l’appareil, mais que, au cas où on remonte celui-ci trop loin, il cède automatiquement à la
- poussée, évitant ainsi tout danger de rupture du ressort par excès de remontage.
- L’appareil comporte encore, au point de vue phonographe, une caractéristique intéressante ; la disparition de l’affreux « pavillon » émetteur du son : ici cet organe-encombrant et laid est ingénieusement remplacé par un réflecteur sonore disposé dans le fond du couvercle et qui renvoie, d’une façon parfaitement claire, le son à l’auditeur (fig. 4).
- Mais l’appareil ainsi conçu, restait à résoudre le problème qui consiste à faire passer sous les yeux de l’auditeur en synchronisme parfait avec le débit du phonographe les signes figurés correspondants inscrits sur une bande de papier.
- Ceci est réalisé de la façon suivante (fig. 2, 5 et 6) : la roue dentée D du grand ressort commande un engrenage d’un rapport approprié qui transmet lui-même son mouvement par pignons d’angle FG à un rouleau II portant deux couronnes dentées K et IY.
- Une bande de papier fixée sur une bobine L porte les signes à dérouler, cette bande de papier munie de deux rangs de perforations se dévide en avant du phonographe, entraînée par les couronnes dentées sur lesquelles elle s’agrafe, et vient s’enrouler sur une seconde bobine M commandée par une petite couproie métallique. Dans ces conditions, l’appareil étant mis en marche avec son disque et la bande correspondante, on entend en même temps que l’on voit se dérouler les indications figurées que porte la bande. La bande déroulée est ensuite remontée sur sa bobine au moyen de la manivelle T et d’une chaîne de transmission.
- Au lieu d'une bande de papier opaque, si l’on fait passer une bande transparente, il est possible de projeter sur un écran les signes qui se déroulent au fur et à mesure de l’audition du disque et qui sont alors visibles pour toute une salle d’auditeurs.
- On imaginera sans peine les applications dont est susceptible un appareil aussi simple, mais dès à présent il en est une qui suffit à lui assurer partout un développement considérable : l’étude des langues sans autre maître que des disques, des(rouleaux et des méthodes; ceux-ci se complétant les uns les autres donnent la possibilité d’apprendre, chez soi, tout à la fois la langue
- Fig. i. — Le Pathégraphe sur son armoire à disques.
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- LE PHONOGRAPHE, MAITRE DE LANGUES
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- parlée et la langue écrite, le son et l'orthographe en faisant, mélhodicpieincnl, l’éducation simultanée de l’œil et de l’oreille.
- En effet, tandis que le disque parle en anglais, en allemand ou en espagnol très pur, sous vos yeux se
- déroulent les mêmes mots écrits créant, automatiquement dès l’origine, l’association d’idées entre le son et l’écriture.
- En même temps, une méthode parfaite
- Fig. 2. — Vue en plan du mécanisme.
- Fig. 3. — Vue du régulateur centrifuge, en élévation.
- Fig. 4. — Le réflecteur sonore du Palhègraphe.
- rédigée par des maîtres éminents avec un remarquable luxe de détails et d’il-. lustrations, guide l’élève et le transporte dans le milieu étranger dont il apprend la langue et la pensée à la fois par la parole, par le livre et par l’image.
- Le « Pathégraphe » et ses méthodes devient ainsi un précieux instrument pédagogique : c’est le professeur infatigable et compétent ^ dont la présence à la maison sera, à toute heure, un merveilleux auxiliaire pour ceux qui voudront apprendre ou obliger leurs enfants à apprendre.
- L’instruction par la correspondance et par l’écrit y trouvera un con-
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- Fig. 5.
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- Fig-. 5. — Vue en élévation du mécanisme de déroulement de la bande.
- Fig. 6. — Vue en plan du mécanisme de déroulement de la bande.
- Fig. 6.
- cours puissant ; d’objet de luxe, le phonographe s’élève au rang d’objet utile et nous ne pouvons que souhaiter aux inventeurs le succès que méritent à la fois leur initiative de conception et leur patience de mise au point qui unit l’ingéniosité simplp des moyens à la perfection des résultats-. J.-C. Séaiixes.
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- LES CLASSIQUES DE LA SCIENCE
- L’humanité, en devenant industrielle, perd peu à peu ce goût du passé, qui autrefois marquait si profondément la plupart des intelligences cultivées. Si elle réussit parfois à s’abstraire du présent, c’est pour regarder en avant et non en arrière; c'est pour s’hypnotiser sur la notion du progrès. Scientifiquement, la recherche d’une vérité qui, par son essence, doit être immuable, exige l’observation directe des phénomènes; elle croit pouvoir négliger les interprétations déjà données. Souvent même, le chercheur est incité à oublier tout ce qu’il a appris pour recommencer les expériences les plus classiques sans idée préconçue, sans parti pris, sans recours à la science antérieure ; il lui arrive alors de découvrir, en explorant le résidu, le caput mortuum négligé par l’impatience de ses devanciers, quelque nouveauté singulière, quelque argon inattendu. Dans ces conditions, l’étude du passé a pu sembler, à certains, une curiosité un peu vaine et puérile, bonne pour les littérateurs ou pour ces artistes qui ont le goût exclusif des ruines.... Et cependant, comme on l’a dit, l’humanité se compose de plus de morts que de vivants. Ces morts, il ne suffit pas, quand ils ont été illustres, de leur élever quelques bronzes, utiles prétextes à décorer des vivants, ou d’enregistrer leurs noms dans des encyclopédies,
- s... Afin qu’un ccolier, sachant trois mots d’histoire,
- Retire son bonnet devant une écritoire
- Ou salue en passant un marbre inanimé.... »
- Il est bon aussi de savoir comment ils ont procédé, cherché et trouvé. On peut apprécier la très fructueuse méthode américaine, où des self-made men, sans souci des solutions antérieures qu’ils ignorent, réinventent librement, pour de vieux problèmes, des solutions nouvelles et, parmi cent imaginations baroques, en découvrent une géniale. Mais tout le monde ne saurait avoir du génie ; et, pour acquérir simplement du talent, condition suffisante à la moyenne, il est préférable d’utiliser l’expérience acquise par des hommes qui, nous l’oublions trop souvent, ont été pendant les longues générations antérieures, constamment semblables à nous.
- Connaître et aimer le passé n’offre plus aujourd’hui aucun danger. L’esprit de libre examen direct a triomphé
- sans conteste. Nul ne songe plus à jurer aveuglément sur la foi d’Aristote; ou du moins les Aristote, sur la foi desquels on jure souvent, sont des vivants, très présents, agissants et influents. Dès lors, ne craignons pas de lire Aristote dans son texte original. Sortons l’œuvre scientifique de l’anonymat où elle s’enfonce trop vite ; dépouillons-la de l’appareil scolaire qui étend bientôt sur elle sa poussière de monotonie et d’ennui. Voyons revivre les savants avec leurs passions, leurs discussions, leurs travers même, au lieu de considérer uniquement des figures figées, toutes taillées dans le même marbre blanc savonneux, avec la même apparence de dignité béate. On se retrempe au contact de cette vie et de ces luttes. Une part devrait être faite, dans l’éducation des jeunes gens, à la vie des savants illustres, des grands inventeurs, de tous les hommes d’initiative: vie que l’on réserve trop pour d’insignifiantes bibliothèques d’enfants. En même temps que nous gagnerons au contact des maîtres, nous gagnerons aussi à nous familiariser avec leurs œuvres par un contact direct et non plus de seconde main.
- Ces œuvres, jusqu’ici, il n’était guère facile d’aller les chercher dans de vieux recueils savants aux trop nombreux volumes. Aussi devons-nous applaudir très vivement à l’idée qu’ont eue MM. Abraham, II. Gautier, II. Le Chatelier et J. Lemoine de publier, dans une jolie édition populaire, accessible à tous par son prix, Les classiques de la Science(1). On peut, dès à présent, y relire aisément, dans le texte original, illustré par la reproduction des figures anciennes, les mémoires de Dumas, Stas et Boussingault sur l’air, l’acide carbonique et l’eau, ceux de Foucault sur la vitesse de la lumière, ceux de Thénard, Schœnbein, etc., sur l’eau oxygénée et l’ozone, de Gay-Lussac, Avogadro, Ampère sur les molécules et les atomes. Elus tard, la même collection réimprimera les mémoires de Fresnel, Régnault, Coulomb, Dulong et Petit; ceux de Lavoisier, Sainte-Claire Deville, Moissan, Berthelot.
- Dans le même ordre d’idées, l’Académie des Sciences imprime les procès-verbaux, restés jusqu’ici inédits, de ses premières séances et c’est, en certaines pages, une des lectures les plus attachantes, parfois les plus suggestives que l’on puisse imaginer. L. De Launay.
- LA VIE CHERE
- Combien de fois avons-nous entendu se lamenter autour de nous, sur l’augmentation du coût de la vie. La vie est chère, tout augmente, répète-t-on. Est-ce bien vrai?
- Dans une conférence faite à la Société scientifique d’hygiène alimentaire, M. Daniel Zolla, professeur à l’École libre des Sciences politiques, vient de discuter ces assertions en apportant comme preuves de son argumentation, une série de graphiques montrant les variations de prix des principaux produits que nous consommons, depuis 1870 jusqu’aujourd’hui.
- Prenons le blé, la base de notre alimentation. De 1871 à 1880, le prix moyen du quintal était de
- 50 fr. 05; de 1881 à 1890, 24 îr. 61 ; de 1891 à 1900, 21 fr. 89; de 1901 à 1910, 22 fr. 60. Ainsi, le prix du blé est actuellement plus faible que pendant la période de 1871 à 1880;- il est vrai que depuis 1901, il tend à s’élever, atteignant en 1912, année de bonne récolte, 27 à 28 francs.
- L’avoine, l’orge, .le seigle, le maïs, la pomme de terre, les légumes montreraient les mêmes variations de cours.
- La viande, le beurre, les œufs, les volailles, ont augmenté de prix, mais dans des proportions beau-
- 1, Cette collection, dans laquelle ni les directeurs, ni l’éditeur n’ont cherché un bénéfice, a commencé à paraître chez Armand Colin (1 fr. 20 le volume).
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- LA VIE CHÈRE
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- coup plus faibles qu’on le croit généralement.
- A la Villette, la moyenne de 1891 a 1900 étant prise comme base avec le chiffre 100, on relève,
- 40 pour 100 environ; par rapporté la période 1870-1885, elle est nulle.
- Pour le veau, les prix ont varié de 104 en 1872
- Fig. i. — Variations du prix du pain de i8~5 à içn.
- pour le bœuf, 121 en 1878, 120 en 1885, 91 en 1888, 105 en 1890 et en 1895, 88 en 1897, 91 en
- Fig. 3. — Le prix du beurre aux Halles centrales de 18/O à içri.
- à 150 en 1912 ; pour le mouton de 97 en 1872 à 124 en 1912; pour le porc, de 125 en 1872 à 145 en 1912.
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- Fig. 4. — Variations du prix du sucre.
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- Les graphiques de la figure 2 démontrent clairement cette faible augmentation.
- Pour le beurre, l’augmentation est sensiblement
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- Fig. 2. — Variations du prix de la viande au marché de la Villetle. De haut en bas : bœuf, veau, mouton, porc.
- 1900, 115 en 1905, 90 en 1907, M4 en 1910 et 155 en 1912, c’est-à-dire moins qu’en 1875 et à peu près autant qu’en 1885. Par rapport au chiffre minimum de 1897, la hausse est de 55, soit de
- Fig. 5. — Variations du prix du vin.
- la même : 105 en 1872, 100 comme moyenne de 1891 à 1900 et 122 en 1912.
- Le sucre a au contraire fortement diminué; la moyenne des prix de 1891 à 1900 étant égale à 100, on voit sur le graphique 5, qu’en 1877, le cours du sucre s’éleva à plus de 150, oscilla autour de 100
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- LÀ VIH CHERE
- de 1.885 à 1900, puis descendit à 50 en 1905 pour remonter à 70 en 1910. Aujourd’hui, le sucre est encore 40 pour 100 meilleur marché qu’en 1870.
- Le vin présente des variations aussi considérables. En prenant comme moyenne égale à 100, le prix moyen de 1891 à 1900, on voit sur le graphique 4 qu’il dépasse 180 en 1874 pour descendre presque à 40 en 1906. Aujourd’hui, malgré une récente hausse, nous payons le vin 25 pour 100 moins cher qu’en 1870.
- Ainsi, si l’on considère les principaux produits entrant dans noLre alimentation, on voit que tous, sauf ceux d’élevage, ont grandement diminué de prix depuis 1870 jusqu’à 1905. Depuis, certes, leur valeur a augmenté, mais n’atteint pas encore, à beaucoup près, les prix d’il y a 40 ans.
- L’étude des variations des cours à l’étranger montrerait, avec quelques variantes, le même phénomène qui n’est donc pas spécial à la France.
- Que signifie ceci?
- De 1880 à 1900, le coût de la vie a diminué, la valeur des produits alimentaires devenant de plus en plus faible. Depuis 1900, elle augmente et celte hausse ne semble pas avoir encore atteint son maximum. A quoi faut-il attribuer ces variations? La première idée, la plus simple, serait de lui trouver comme cause des variations dans la production. Certes, dans les années de mauvaise récolte, les prix augmentent généralement. Mais ce n’est pas là la seule explication, puisque la moyenne des récoltes, de 1891 à 1900 — années de bas prix — est beaucoup plus faible que celle des années 1900-1910 — années de renchérissement. — De 1890 à 1899, la production du blé dans le monde fut de 692 millions de quintaux, de 1900 à 1909, 854 millions. Il en est de même pour la viande:! 892:1 570000 tonnes; 1897 : 1 920 000; 1909 : 2 311 000. Le même fait s’observe pour les autres produits.
- Si donc les cours de denrées ne sont pas en rapport simple avec les variations de la production, quelles autres causes peut-on invoquer pour expliquer ces oscillations?
- Beaucoup de gens accusent la spéculation, l’accaparement des produits, les jeux de bourse, d’être la cause du renchérissement de la vie. Mais combien imprudent — insensé même — serait le spéculateur qui croirait être maître des cours d’un marché! En vérité, il prévoit des variations de prix et cherche à en profiter, mais il ne les commande pas. Et comment le pourrait-il, pendant des périodes de baisse ou de hausse qui durent plusieurs années, quand la production du monde entier serait là pour équilibrer les prix et contrarier son influence?
- M. Daniel Zolla, qui a bien mis en évidence dans sa conférence l’insuffisance de ces deux explications : les variations de la production et la spéculation, en propose une autre fort acceptable, à laquelle on ne pense généralement pas : les variations de la valeur d’achat de l’or. Quand l’or est rare, le prix des denrées diminue, quand il abonde, il s’avilit, et la
- même somme ne permet plus d’acheter la même quantité, les prix augmentent.
- « On peut voir, par exemple, dit M. Zolla, qu’au xixe siècle, la période qui s’étend de 1815 à 1850 a été caractérisée par la baisse ou la stagnation du cours des denrées alimentaires. Au contraire, de 1850 à 1880, c’est la hausse qui l’emporte et élève le cours des denrées alimentaires bien au-dessus du niveau précédent.
- « De nouveau, la baisse se dessine et s’accentue après 1880. Les agriculteurs et les propriétaires ruraux jettent des cris d’alarme. Ils se plaignent de cet abaissement des cours qui réduit leurs recettes, diminue leurs profits, et provoque l’avilissement des loyers agricoles. Les mêmes plaintes s’étaient fait entendre sous la Restauration, soixante ans auparavant, parce que des phénomènes économiques périodiques et semblables entraînent les mêmes conséquences.
- « Soudain, vous le savez, les prix se relèvent! D‘un seul élan ils remontent si haut que le consommateur s’émeut et s’indigne. Nous entrons dans une nouvelle période de hausse analogue à celle que nos pères ont connue de 1850 à 1880.
- « Eh bien ! toutes les fois que les cours ont baissé, on a pu constater une diminution absolue ou relative de la production des métaux précieux. Toutes les fois que les cours, s’élèvent et atteignent un niveau qui dépasse celui de la période précédente, on constate que les métaux monétaires sont devenus plus abondants.
- « En 1850, l’or de Californie fait son apparition et la production annuelle reste, pendant vingt ans, cinq fois plus abondante qu’elle ne l’était sous le règne de Louis-Philippe. L’avilissement du métal jaune entraîne la diminution de son pouvoir d’achat et les prix augmentent-. A la fin du xixe siècle, c’est l’or du Transvaal qui provoque la même révolution économique. » La production annuelle de l’or a triplé depuis 1892, et c’est là la principale cause du renchérissement actuel de la vie.
- Ce renchérissement a ses bons et ses mauvais côtés. Pendant les périodes de pénurie d’or, quand les cours baissent, les agriculteurs se plaignent, et avec raison. Leurs bénéfices diminuent, leurs terres perdent de leur valeur, et même ils peuvent être obligés de cesser leur culture devenue trop peu rémunératrice — ou. même onéreuse. — C’est la crise agricole.
- Mais que l’or afflue, que les prix de toutes choses augmentent, l’agriculture en profite, pendant qu’au contraire les consommateurs souffrent, leur bien-être diminuant jusqu’à Ce qu'une hausse suffisante des salaires ait rétabli l’équilibre.
- Quel est le moindre de ces deux maux probablement inéluctables et destinés à se succéder à tour de rôle, rythmiquement? Le consommateur sera toujours tenté de regretter le bon vieux temps où l’on vivait content de peu. Mais qu’il ne le regrette pas trop. Tout d’abord, le prix des choses n’est pas
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- UNE CATASTROPHE AU THÉÂTRE
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- plus élevé aujourd’hui qu’il: y a quarante ans, le début de cet article l’aura prouvé. Et de plus, si la vie semble plus chère, n’est-ce pas parce que: nos désirs ont augmenté, que nous voulons toujours plus
- de confort, plus de luxe, plus de plaisirs? Alors, de qui nous plaindrions-nous si ce n’est de nous-mêmes qui ne savons plus mener une vie simple ?
- À. Breton.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ier décembre 1913. — Présidence de M. Guyon.
- La radioactivité en agriculture. — M. Stoklasa, de l’Université de Prague, annonce qu’il a obtenu des résultats extraordinaires en faisant agir la radioactivité naturelle ou artificielle sur des cultures de blé, de sarrasin, de pavot, de betteraves... Sous son influence ménagée, la végétation devient plus puissante, la floraison plus rapide et finalement la récolte arrive à dépasseï facilement le double de celles que l’on obtient, toutes choses égales d’ailleurs, dans les expériences témoins. Il y a là un fait des plus importants qui intéresse à la fois la biologie générale et l’agronomie qui profitera peut-être de ces premières indications.
- Variations du rivage de la côte sud de Bretagne. — M. llatt résume une -Note de M. La Porte, ingénieur hydrographe; sur le recul de la côte, sud de Bretagne. Ce recul devrait, semble-t-il, se régler d’après la facilité à l’érosion par les vagues. Or, il est beaucoup plus accentué îi -l’ouest qu’à l’est de la presqu’île de Quiberon. À la pointe de Penmarch, la côte a reculé -dç 60 mètres-en certains endroits et le déplacement moyen est de 40 mètres par siècle. La côte aux environs et dans l’est du Morbihan est au contraire d’une remarquable stabilité. L’auteur indique comme cause la direction des courants et lès mouvements du sbl. M. La Porte estime que le mouvement généra P du sol a lieu autour d’un axe qui passe par la presqu'île de Quiberon. Les données sur lesquelles repose ce tràvail'proviennent de levés hydrographiques qui embrassent presque un siècle, de 1810 à 1907.
- 1Maladies coccidiennes. du lapin. — M. Chauveau expose que M. Lucet a réussi à établir par des expériences précises et poursuivies depuis longtemps, qu’il existe chez le lapin domestique deux maladies coccidiennes nettement distinctes : l’une, la coccidiose du foie causée par la coccidie oviforme, l’autre, la coccidiose de l’intestin causée par un agent parasitaire plus petit,* la coccidie perforante.
- La descendance des chiens sans queue. — M. Edmond Perrier, directeur du Muséum d’histoire naturelle, communique les résultats des curieuses expériences entre-
- prises par M. Philippe de Vilmorin sur la transmission des caractères héréditaires chez les chiens. Il existe de nombreuses races de chiens qui sont dépourvus d’appendice caudal, tels que les braques bourbonnais, d’Auvergne et d’Allemagne, les épagneuls bretons, les chiens de berger hongrois, les loulous des bateliers de l’Escaut, etc. L’auteur a recherché si ce caractère était héréditaire; il a observé une centaine d’individus et procédé à vingt-sept croisements entre chiens de différentes races. L’expérience a montré que le caractère de ne pas avoir de queue est dominant chez les descendants de ces chiens. 11 semble donc que les chiens qui en sont totalement dépourvus soient des hybrides; par contre, ceux qui ont une longue queue sont du type pur. En musant entre eux des chiens sans queue, M. de Vilmorin a enre-’ gistré une proportion de 75 pour 100 de chiens sans queue, et seulement 25 pour 100 de chiens avec queue. Ces recherches confirment la loi de Mendel sur l’hybridation et contribuent à éclaircir le mystérieux et complexe problème de l’hérédité.
- Emploi de la fluorescéine à longues distances. — M. De Launay présente une Note de M. E.-A. Martel, expliquant comment pour les expériences relatives à la recherche des relations à longues distances entre les pertes de rivières et les réapparitions aux fausses sources, il faut user de quantités de fluorescéine bien plus grandes qu’on ne l’a fait jusqu’ici; une longue pratique a conduit l’auteur à la simple formule suivante : on doit employer un nombre de kilogrammes de fluorescéine égal à la distance (en kilomètres) du point de jet à celui de la réapparition multiplié par le débit (en mètres cubes) de la résurgence à chercher.
- Élections. — M. Righi, de Bologne, est élu correspondant de la section de physique en remplacement de M. Bosscha décédé. M. Grignard, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, est élu correspondant de la section de chimie en remplacement de M. Sabatier, devenu membre non résident.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- UNE CATASTROPHE AU THÉÂTRE
- On ne parle que de catastrophes! L’agilalion de la vie moderne en suscite de nouvelles à chaque instant.... Et le théâtre du'Châtelet nous en offre une vraiment sensationnelle, qui se renouvelle chaque soir avec le plus grand succès. C’est la collision en scène d’une automobile et d’une locomotive. L’illusion est remarquable. Il nous a paru intéressant de montrer par quels moyens simples et ingénieux elle est réalisée.
- Au second acte de l’amusanLe pièce qu’est VInsaisissable Stanley Collins, les héros principaux se poursuivent en auto.
- Comme le montre le croquis schématisé ligure 1, la scène représente au tout premier plan un passage à niveau, avec la voie sortant d’un tunnel. Dans le lointain, la route B et la voie ferrée Y, peintes sur le décor, serpentent au milieu d’un vaste paysage, dont la perspective et l’effet crépusculaire se combinent pour donner une réelle sensation de profondeur.
- Tout au bout de la route apparaît un point lumi-mineux : le phare de l’auto qui va en suivre les sinuosités, en même temps que la voie ferrée est parcourue par le chapelet des lumières du train.
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- 16: ~ UNE CATASTROPHE AU THÉÂTRE
- L’effet est obtenu le plus simplement du monde. Le trajet de la route est transparent, celui du train l’est également, mais par intermittences régulières ; on promène derrière le premier une petite lampe électrique et plusieurs réunies dans une lampe-boîte derrière le second.
- Pour compléter l’illusion, sur le dernier lacet de la route de r en r', passe dans une rainure une auto miniature, munie de lampes minuscules.
- A ce moment le train a disparu; puis du tunnel émerge une énorme locomotive de grandeur naturelle,-véritable merveille de construction, avec tous scs organes, ses immenses roues, la vapeur qui fuse de toutes parts, les lueurs d’incendie de son foyer alimenté par des feux de ben gale.
- Au moment où le train s’engage entre les barrières fermées du passage à niveau, l’auto arrive à toute vitesse, et dans un fracas épouvantable, s’abat sur les barrières qu’elle brise, se renverse et prend feu !
- Rien ne manque à la catastrophe, qui, malgré son aspect terrifiant, se réalise avec la plus grande simplicité. Le plan incliné sur lequel dévale l’auto est relevé à gauche, au bas de la pente, facilitant la culbute de la voiture qui verse à droite, par suite du détachement des roues de ce côté. L’auto est retenue par un solide câble A, l’arrêtant net dans sa course, la tension d’un autre, a, un peu plus court, ayant fait sauter les chevilles maintenant les roues. L’incendie se produit automatiquement, grâce à un récipient placé sous le châssis et contenant de l’eau qui se
- répand sur du sodium : celui-ci s’enflamme au contact de l’eau et allume un feu de bengale. L’éclatement de pneus est traduit au mieux par des coups
- de revolver tirés dans la coulisse, en même temps qu’on y provoque tout le fracas nécessaire. Quant aux voyageurs de l’auto, ils échappent miraculeusement à la mort, et pour cause !... Ils se contentent de contempler, de la coulisse, la chute de leur véhicule (conduit par un mannequin de chauffeur), puis, à l'abri d’un buisson, ils gagnent, sans être vus, la voiture renversée, de laquelle ils semblent surgir en se dégageant....
- Un autre tableau mérite de retenir aussi notre attention. Pour n’être pas plus dramatique, son effet est néanmoins d’un grand réalisme. Nos héros sont à bord d’un paquebot, dans un salon. Tout à coup, le funeste roulis se fait sentir et ce signe de l’agitation des flots est complété par les crêtes des vagues qui viennent fouetter les hublots. Ces trucs sont élémentaires : le plancher du salon repose (1, fig. 2) sur une calotte sphérique, et grâce à ce seul point d’appui l’ensemble bascule en tous sens sous l’impulsion des machinistes. Quant au fouette -ment des vagues sur les hublots, il faut être prévenu ou assister à sa produc ti on pour croire qu’un tel effet est obtenu au moyen de riz, teinté en vert, et envoyé à l’aide de pelles contre les vitres!
- Dans cette scène encore, l'illusion est complète. Elle nous fait admirer l’ingéniosité déployée au théâtre, car c’est une science réelle de savoir réaliser de façon si simple ce qui semble si compliqué. R.
- Fig. i. — Comment se produit Vaccident d’auto.
- Fig. 2. — A bord du paquebot. i. Disposition de ta scène pour provoquer le roulis et le tangage. — 2. Comment les machinistes simulent les vagues sur les hublots.
- Le Gerant : P. Masson.
- Imprimerie Laiiwie, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2116.
- 13 DECEMBRE 1913.
- LE CANAL DE PANAMA
- DE
- (Phot. Nadarô
- L'œuvre gigantesque, menée à bien par la ténacité et la méthode américaines, est achevée. Le canal de Panama va s'ouvrir. Ce sera une grande date de l'histoire industrielle et économique de notre époque. Nous ne saurions oublier qu'une bonne part de gloire en revient à notre pays : gloire chèrement achetée au prix de tant d’existences et d'espérances englouties dans les tranchées de Culebra
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- et les marais du Chagres, mais qui ne doit nous en être que plus précieuse. Aussi croyons-nous répondre aux vœux de nos lecteurs en consacrant tout un Numéro à l'histoire, à la description et aux conséquences économiques de cet admirable ouvrage.
- HISTORIQUE DU CANAL
- Les précurseurs. — Rarement idée fut plus long-temps — et plus longuement — mûrie que celle du canal reliant les océans Atlantique et Pacifique. Aussitôt après la découverte de Colomb et deBalboa, le roi Charles-Quint chargea Fernand Cortès de s’assurer s’il n’existait pas à cet endroit une communication naturelle entre les deux mers. L’explo-
- reprise. La République de la Nouvelle-Grenade, récemment constituée, donnait à une Compagnie française une concession pour la création d’une voie navigable à travers l’isthme de Panama. Guizot, alors premier ministre, s’intéressa à la question et, en 1840, chargea M. Garella, ingénieur des mines, de dresser un double projet de canal à écluses et che-
- Fig. i. — Tracé du canal de Panama.
- Celle figure n'est pas régulièrement orientée vers le Nord, le canal se dirigeant du Nord-Ouest (à Colon) au Sud-Est (Panama) à cause de la courbure géographique de Visthme.
- ration ayant donné un résultat négatif, Charles-Quint, en 1534, prescrivit l’étude d’une voie artificielle entre le Chagres et le Pacifique. Mais, sous Philippe II, son successeur, cette idée fut complètement abandonnée parce que, disait-il* l’ouverture de ce canal serait contraire à la volonté de Dieu qui avait mis une barrière entre les deux mers.
- Ce n’est qu’en 1858, que l’idée fut sérieusement
- 42’ Année, —- 1" Semestre.
- min de fer. Ce projet fut soumis à une Commission d’inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées qui concluait qu’il y avait lieu d’y donner suite, mais à la condition que les puissances maritimes de l’Europe et des États-Unis s’entendraient entre elles pour la construction du canal ou pour le faire exécuter par une société privée subventionnée avec garantie d’intérêts.
- Ce projet arrivait trop tôt, l’entreprise paraissait
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- au-dessus des forces de l’industrie de l’époque. Les choses restèrent en l’état jusqu’en 1876. A ce moment, un grand événement s’était réalisé. Le canal de Suez était percé depuis quelques années et l’entreprise constituait un magnifique succès, non seulement technique, mais financier. Aussi, encouragés par ce précédent, Bonaparte Wyse et le général Türr reprirent la question de Panama, l’étudièrent sur place et le premier obtenait en 1878, du gouvernement colombien, la concession du canal.
- La période française. — A la même époque, c’est-à-dire en 1876, la Société de Géographie de Paris constituait une Société en vue d’étudier le problème de Panama. Cette Société était présidée par Ferdinand de Lesseps, le grand homme à qui l’on doit le canal de Suez. Mis en présence de la concession Wyse, Ferdinand de Lesseps fonda alors, en 1879, le Congrès international des études du canal interocéanique qui devait étudier les divers projets en présence, tant à Panama qu’au Nicaragua. Après avoir adopté comme solution définitive le canal de Panama, le Congrès se trouva en présence de deux projets. Le premier, dû à M. Godin de Lépinay, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, qui' proposait un canal à écluses en transformant la vallée du Chagres en un lac dont le niveau devait être maintenu à 24 m. au-dessus du niveau de la mer. Du côté de l’Atlantique, cinq. écluses de 4 m. 80 de chute chacune devaient racheter la différence de niveau entre le lac et la mer. Six écluses de 4 m. 50 de chute chacune étaient établies du côte du Pacifique. Le second projet, qui était celui
- de M. Wyse, était un canal à niveau sans écluse entre les deux mers. C’est à ce dernier projet que le Congrès se rallia. Les dépenses étaient estimées à 1200 millions de francs sur lesquels 455 millions étaient affectés aux charges financières. Une Commission technique envoyée sur les lieux estima, comme le Congrès, la dépense à 1200 millions.Toutefois, afin de faciliter le lancement de l’affaire, M. de Lesseps crut devoir diminuer le montant de la dépense en le ramenant à 600 millions et en promettant l’ouverture du canal à niveau pour l’année 1889. La Compagnie fut donc constituée le 5 mars 1881 au capital de 500 millions. On rachetait le chemin de fer de Colon à Panama, moyennant la somme de 100 millions. Une souscription publique avait couvert deux fois les 500 millions demandés pour former le capital de fondation de la Société.
- Les travaux, commencés en 1882, furent distribués à une série de petits entrepreneurs. Mais, en 1885, on s’aperçut qu’avec ce.système il serait absolument impossible d’achever les travaux dans le délai prévu, c’est-à-dire en 1889. La production mensuelle des déblais était tout à fait insuffisante et on reconnut que le cube de déblais à extraire était environ double de celui prévu. On s’adressa alors à de grands; entrepreneurs; mais, malgré tous les efforts de ces derniers, il fallut reconnaître que la production des chantiers était encore insuffisante et ne permettrait, pas de terminer le canal dans les délais prévus. La: pénurie de main-d’œuvre, les ravages de la fièvre jaune constituaient un terrible obstacle au développement des travaux. ' '
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- Fig. 3. — Ville de Panama et flotte du Pacifique en kji3.
- C’est alors qu’on se décida à faire étudier un projet de canal à écluses qui, provisoirement, permettrait de livrer passage à la navigation, tout en laissant la possibilité de poursuivre la construction du canal à niveau. Le projet approuvé par une Commission consultative, constituée par M. de Lesseps et présidée par M. Daubrée, comprenait dix écluses de 8 et Tl m. de chute (5 sur chaque versant) et plaçait le niveau des eaux du bief départagé à 49 m. au-dessus du niveau de la mer.
- La catastrophe. — Dans le but de se procurer l’argent necessaire pour ces travaux, M. de Lesseps demanda l’autorisation d’émettre pour 600 millions de valeurs à lots. Cette autorisation fut obtenue et, le 8 juin 1888, cette émission ne put donner que 225 millions. Un nouvel essai fait le Tl décembre 1888 fut un échec complet.
- La Compagnie fut alors amenée à cesser ses paiements et les administrateurs se retirèrent. Le 4 février 1889, le Tribunal de Commerce prononçait la dissolution et la mise en liquidation de la Société.
- La Compagnie avait alors dépensé 1435 millions de francs dont 500 millions d’actions, 1035 millions d’obligations et 100 millions de ressources diverses. Sur 120 millions de m. cubes à extraire, suivant le projet du canal à niveau, une cinquantaine seulement avaient été extraits. Quant à ce qui concerne le canal à écluses, il restait encore à extraire 35 millions de m. cubes. Les maçonneries étaient à peine ébauchées.
- Les erreurs financières qui conduisirent la Compagnie du canal à la ruine ont eu, en France, de
- trop douloureuses répercussions, pour que nous croyons nécessaire d’insister sur ce point. Elles eurent, en tout cas, une conséquence plus fâcheuse encore que les pertes d’argent : l’abandon d’une œuvre qui eût fait à notre pays le plus grand honneur et qui, on l’a reconnu depuis, avait été, au point de vue technique, fort bien engagée.
- Vaines tentatives de reprise. — Aussitôt après la dissolution de la Compagnie du canal universel interocéanique, le liquidateur M. Gautron chargea une Commission présidée par M. Guillemain, ingénieur des Ponts et Chaussées, d’étudier ce qu’il y aurait lieu de faire pour poursuivre la construction du canal. Cette Commission, dans son rapport déposé en 4890, reprenait l’idée préconisée par M. Godin de Lépi-nay. Mais, dans le but de diminuer la profondeur de la tranchée de la Cule-bra, qui forme le point de partage des eaux entre l’Atlantique et le Pacifique, et afin de ne pas donner une trop grande hau-
- Fig. 4. — Une excavalrice dans la Culebra en 1886. (Phot. M. Luùyt.)
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- Fig. 5. — Colon en 1886. Frank-Slreel.
- teur au barrage qui devait retenir les eaux du lac ainsi formé, on proposait d’établir deux barrages, l’un à Bohio, l’autre à San Pablo, en créant deux lacs superposés, le bief supérieur étant alimenté directement par le Cliagres. Deux échelles de deux écluses de 8 et 1 1 m. de chute, rachetaient la différence de niveau entre le bief de partage et le niveau de la nier. Sur le versant Pacifique, quatre écluses réparLies en trois groupes rachetaient la différence de niveau. Mais, après examen sur les lieux, on s’aperçut que la construction du barrage à San - Pablo présentait de très grandes difficultés et qu’il y avait lieu d’y renoncer.
- Deux nouvelles solutions furent alors proposées. L’une par Wyse et Jacquemin, reprenant encore l’idée de Godin de Lépinay, formait un lac unique dont le niveau se trouvait à 50 m. au-dessus de la mer et qui était alimenté par le Chagres. Sur chacun des versants la différence de niveau était rachetée par trois écluses.
- L’autre, par M. Dumas, préconisait un bief de partage relevé à la cote 41 au-dessus de la mer, maintenu par les barrages de Bas Obispo et de Paraiso. Quatre écluses sur chacun des versants rachetaient la différence de niveau entre le bief supérieur et le niveau de la mer. Le bief de partage était alimenté au moyen de pompes électriques prenant l’eau dans le Chagres.
- Pendant que les ingénieurs élaboraient ces différents projets, se créait, en 1894, une nouvelle Compagnie française au capital de 60 millions.
- Elle devait poursuivre les études , nécessaires pour démontrer la possibilité de l’exécution du canal, contrairement à l’opinion publique qui, à la suite des échecs précédents, était
- devenue hosLile à cette nouvelle entreprise.
- Les travaux furent alors repris dans la tranchée de la Culebra et une Commission technique fut chargée d’étudier un nouveau projet en prenant comme base, s’il y avait lieu, ceux qui avaient été précédemment étudiés. Cette Commission, après de longues discussions, s’arrêta à un projet qui comportait deux lacs superposés avec un bief de partage alimenté par une rigole dérivée du Haut-Chagres. Quatre écluses sur chaque versant rachetaient la différence de niveau entre le bief de partage et le niveau de la mer.
- La Commission, dans son rapport du 20 février 1899, émettait l’avis que le projet présenté par elle était exécutable et exigerait une dépense de 500 millions et une durée d’exécution de dix ans et qu’alors il serait possible d’ouvrir à la navigation le canal de Panama. Mais, comme d’un autre côté, Pacte de concession accordé par le gouvernement colombien expirait le 51 octobre et qu’il était impossible d’achever les travaux pour cette date, on obtint, dans le courant de 1900, du gouvernement colombien, une prorogation de six années moyennant une indemnité de 4 millions de francs.
- La période américaine. — Tel était l’état de la question lorsque, vers 1899, des circonstances imprévues conduisirent la Compagnie nouvelle à entamer des pourparlers avec le gouvernement des États-Unis en vue de la vente de sa concession à ce gouvernement. Dès lors, la France s’efface complètement, cédant la place à la grande nation américaine, qui va se mettre à l’œuvre, avec une énergie et des ressources que jamais, jusqu’alors, l’humanité n’avait déployées dans une entreprise de travaux publics.
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- Émue, pendant la guerre hispano-américaine, des difficultés que la marine américaine avait rencontrées pour amener dans la mer des Antilles la partie de sa flotte qui se trouvait sur les côtes du Pacifique, l’opinion publique aux Etats-Unis se prononça en faveur d’un canal interocéanique.
- Le gouvernement des États-Unis, de son côté, revenant à l’idée du général Grant, d’un canal conslruit par les Américains, pencha vers la construction du canal du Nicaragua qui, dès 1887, avait été concédé à un de ses concitoyens. C’est alors que la Compagnie nouvelle du canal de Panama intervint, en 1898, pour demander au gouvernement des Etats-Unis de faire des études comparatives entre les canaux de Panama et du Nicaragua. Pour résoudre la question d'une manière définitive, le Président Mac Kinley institua, le 10 juin 1899, l’Islhmian Canal Commission présidée par l’amiral Walker et qui avait comme mission d’examiner les deux projets. Après un premier vote qui, pour des raisons d'ordre politique, approuvait la poursuite du canal du Nicaragua, cette môme Commission, quelques mois plus tard, sur une nouvelle proposition de la Compagnie française, qui offrait de céder tout son actif pour 200 millions de francs, se prononçait pour la route de Panama. Cette décision adoptée, après de violentes discussions, d’abord par le Sénat et ensuite par la Chambre des Représentants, devint loi le 26 juin 1902 sous le nom de bill Spooner.
- De son côté l’assemblée générale des actionnaires de la Compagnie nouvelle Française ratifiait, le 4 août 1904, la vente faite au gouvernement des États-Unis. Le sort du canal interocéanique était donc enfin décidé. Après avoir examiné les différents
- projets antérieurs, l’Isthmian Canal Commission se ralliant, en 1901, à un projet, qui n'est autre, sauf' quelques légères modifications, que celui présenté tout d’abord par Godin de Lépinay et ensuite par Wyse et Jacquemin : un seul bief surélevé à la cote 27 m. 45 au-dessus de la mer. Deux écluses sur le versant de l’Atlantique et trois sur le versant du Pacifique.
- En présence des critiques très vives soulevées par ce projet, le Président Roosevelt institua, le 24 juin 1905, une Commission consultative composée de 15 ingénieurs dont 8 pris parmi les ingénieurs américains les plus réputés et 5 comprenant des ingénieurs étrangers. Elle avait pour mission de décider définitivement entre le canal à niveau et le canal à écluses.
- Après examen de la question sur les lieux, la Commission se divisa en deux fractions. La première fraction, dite de la majorité et composée de 4 membres américains et de 5 membres étrangers, se prononçait pour le canal à niveau. La seconde fraction, dite de la minorité, composée de 5 autres membres Américains préconisait le canal à écluses avec un seul bief surélevé.
- Les rapports de ces deux fractions furent soumis à l’Isthmian Canal Commission qui se prononça à son tour en faveur du canal à écluses. Après de violentes discussions tant au Sénat qu’à la Chambre de§ Représentants, le projet du canal à écluses l’emporta enfin sur celui à niveau et fut définitivement adopté en juin 1906.
- Il comporte un bief unique maintenu à 25 m. 90 au-dessus de la mer. Mais le barrage et les écluses projetées à Bohio dans le projet dé
- Fig. — Obispo, vue de Lu gare en 1888.
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- 1901, sont repor-tés à Gatun.
- Sur le versant du Pacifique une écluse est prévue à Pedro-Miguel et deux en un seul échelon à Mira-fïorès.
- Telle est la genèse de l’histoire du canal de Panama. Ainsi que le dit si justement M. Dumas dans le remarquable mémoire qu’il a publié dans les Annales des Ponls et Chaussées, « s’il est pénible pour les esprits français de constater un aussi triste aboutissement de leurs efforts, leurs regrets peuvent, toutefois, être atténués du fait que, si le canal de Panama s’achève, ce n’est pas grâce aux efforts d’une société privée étrangère plus habile que les deux sociétés françaises, mais directement par le gouvernement des Etats-Unis qui a mis au service de cette œuvre les ressources de son colossal budget ». Et M. Dumas ajoute avec raison que « si les ingénieurs français n’ont pas la gloire d’achever le canal, ils ont au moins le mérite d’avoir exécuté les travaux les plus difficiles du début et indiqué nettement la solution du problème. »
- L'action des diplomates. — Dans ce qui précède nous avons fait l’historique du canal de Panama au seul point de vue technique, en laissant de côté une autre question qui, cependant, est liée à la première. Nous voulons parler des problèmes diplomatiques.
- Vers le milieu du siècle dernier, un traité avait été conclu entre les États-Unis et la Grande-Bretagne (traité Clayton-Bulwer) qui stipulait que les États-Unis, tout en garantissant la neutralité du canal interocéanique, en partageraient le contrôle avec la Grande-Bretagne. Or, pour réaliser l’idée américaine, c’est-à-dire, la construction d’un canal par les Américains et en territoire américain, il fallait tout d’abord, pour le gouvernement des États-Unis, s’affranchir des garanties de neutralité ét de contrôle stipulées dans le traité Clayton-Bulwer et, pour cela, obtenir du gouvernement britannique une modification radicale de ce traité. Des négociations furent donc entame'es en 1900, entre M. Hay, secrétaire d’État aux États-Unis et M. Pauncefote, ambassadeur d’Angleterre; elles aboutirent le 10 novembre 1901 au traité Hay-Pauncefote qui stipulait que le canal interocéanique (Nicaragua ou Panâma) pou-yait être construit sous les auspices du | gouvernement des États-Unis, l’Angleterre renonçant au profit des États-Unis à tout droit de contrôle. Il stipulait, en outre, que les États-Unis seraient libres de prendre toutes les mesures qu’ils jugeraient utiles
- pour assurer par leur propre force la défense des États-Unis et le maintien de l’ordre public.
- Le gouvernement des États-Unis obtenait donc complète satisfaction sur le premier point puisquelerespect de la neutralité était laissé à sa discrétion. Restait le deuxième point : la construction du canal sur territoire américain. Après de longues négociations fut signé, le 22 janvier 1903, le traité Hay-Herran par lequel la Colombie cédait aux États-Unis pour une période de cent ans renouvelable à leur gré, c’est-à-dire à perpétuité, une bande de terrain de 10 kilomètres de largeur couvrant le tracé du canal de Colon à Panama, sauf ces deux villes, mais y compris les quatre petites îles qui commandent l’entrée du canal sur le Pacifique. Les États-Unis s’engageaient à terminer le canal à écluses dans un délai de 12 ans et le canal à niveau dans un délai de 22 ans. La Colombie devait recevoir un capital de 50 millions de francs aussitôt après la ratification du traité et, à partir de la 9e année, une annuité*de 1 250 000 francs.
- Approuvé par le Sénat américain, le 17 mars 1903,1e traité Hay-Herran fut renvoyé au Congrès de Colombie. Celui-ci, le 10 août 1903, réclama des modifications nombreuses et importantes, que le gouvernement des États-Unis refusa d’accepter. Le 12 septembre 1903, le Sénat colombien se séparait alors sans avoir pris aucune résolution.
- En présence du rejet du traité Hay-Herran, un mouvement séparatiste qui, depuis quelque temps, couvait dans l’isthme de Panama éclata subitement et, le 3 novembre 1903, la République de Panama était proclamée. Le nouvel État était reconnu officiellement le 7 novembre 1903 par le gouvernement des Etats-Unis et successivement par la plupart des autres puissances.
- C’est alors que M. Bunau-Varilla fut nommé ministre plénipotentiaire de la République de Panama à Washington. Le 18 novembre 1903, le traité Hay-Bunau-Varilla entre les États-Unis et la République de Panama reproduisait les conditions du traité Hay-Herran, sauf que la largeur de la zone concédée aux Etats-Unis était de 8 kilomètres de chaque côté de l’axe du canal. Aussitôt après l’approbation du traité Hay-Bunau-Varilla, le gouvernement des États-Unis fit prendre possession de la zone du canal sous les ordres du Ministre de la Guerre. R. Bonnin.
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- SOUVENIRS DE PANAMA PENDANT LA PÉRIODE FRANÇAISE
- M. Maurice Luuyt, ingénieur au Corps des Mines, qui accompagna en 1886, à Panama,
- M. Armand Rousseau chargé par le gouvernement français de vérifier les travaux du canal, a bien voulu nous communiquer les notes inédites qui résumaient ses impressions de l'époque. C'est un instantané rétrospectif montrant quelle était, en 1886, l'opinion prophétique d'un ingénieur très compétent. Le rapport confidentiel de M. Rousseau qui exposait avec plus de développement des vues analogues a été présenté au ministre en avril 1886, et iniblié en 1893. D’autre part, notre excellent collaborateur V. Forbin, qui, deux ans plus tard, séjourna, à plusieurs reprises, dans la zone des travaux, évoque quelques épisodes qui feront bien comprendre le caractère à la fois grandiose et tragique de l'entreprise française à l'approche, de la catastrophe.
- UN RAPPORT D'INGÉNIEUR EN 1886
- La Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama fondée en 1881 a pris comme point de départ les conclusions formulées par un Congrès international tenu à Paris en 1879; elle s’est rangée à la solution du canal à niveau, en adoptant comme tracé celui qu’avaient préconisé à ce Congrès Bonaparte Wysc et Reclus. La longueur de la voie de communication à ouvrir entre les deux océans est de 74 kilomètres, la largeur au plafond de 22 mètres et la profondeur de 9 mètres. Les courbes de raccordement doivent avoir 2500 mètres de rayon.
- . Au début, les travaux ont été confiés à MM. Cou-vreux et Hersent, le traité prévoyant d’ailleurs qu’au bout.de deux ans leur régie intéressée pourrait se transformer en entreprise. A l’expiration de cette période il a été reconnu d’un commun accord que la situation ne comportait pas l’organisation de vastes .chantiers et les travaux ont été morcelés'en un grand nombre de petites entreprises.
- Vers la fin de 1885, la moitié seulement du cube de déblais à extraire a fait l’objet d’une adjudication. Sentant la nécessité d’activer les travaux et de faire un puissant effort, la Compagnie vient de résilier toutes les petites entreprises et de passer avec six grandes Sociétés de construction des traités embrassant l’exécution complète du canal, dans un délai qui expire le 1er juillet 1889.
- En même temps, elle renforce la direction des travaux dans l’isthme et fait venir de France à cet effet une pléiade d’ingénieurs, de constructeurs et
- d’employés, parmi lesquels un nouveau directeur,-M. Léon Boyer.
- Actuellement, la période des travaux préparatoires étant terminée, l’extraction des déblais et les dragages sont en pleine activité.
- Le tracé du canal et de ses dérivations a été re-^ porté sur le terrain, déboisé et débroussaillé dans toute l’étendue des entreprises. De nombreux sondages, poussés jusqu’au plafond du canal, c’est-à-dire jusqu’à la cote — 9 ont permis de reconnaître la nature des terrains traversés.
- Un terre-plein déjà couvert de maisons et de constructions, bordé d’appontements desservis par des voies ferrées, a été établi à proximité de Colon, au débouché même du canal dans l’Atlantique. Des chantiers sont ouverts sur . toute la largeur de l’isthme; des ateliers, des magasins et des hôpitaux ont été construits ; enfin des logements d’ouvriers et d’employés, ainsi que des bureaux sont installés: dans toutes les sections des travaux.
- Environ 10000 hommes y sont occupés; et sur un volume total à extraire évalué à 120 millions de
- mètres euhes, on en a enlevé 15 millions,: soit 1/8. Mais le visiteur a l’illusion que le travail est beaucoup plus avancé, car aux abords de Colon, le canal a été creusé sans difficulté dans la basse vallée du Rio Chagres qu’il recoupe plusieurs fois et on peut déjà circuler en bateau à vapeur sur une quinzaine de kilomètres. Cette navigation au milieu d’une belle végétation j. animée
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- VOYAGES A PANAMA EN 1888-1889
- par la présence des villages indigènes haut perchés sur pilotis, agrémentée par la rencontre de caïmans, d'urubus (vautours des tropiques) et autres oiseaux, ne manque pas de-pittoresque.
- En dépit de cette impression favorable, un calcul très simple montre l’impossibilité d’achever le canal dans les délais impartis.
- Avec le personnel dont on dispose, on peut faire un million de mètres cubes par mois. Pour avoir achevé au 1er juillet 1889 (c’est-à-dire dans quarante mois) d’extraire 105 millions de mètres cubes, il faut doubler ou tripler la production. Même avec le secours des engins plus puissants qu’on est en train d’installer, il faut augmenter dans une forte proportion le personnel ouvrier.
- ' Or, c’est là qu’on se heurte à une des plus grosses difficultés du problème. La fièvre jaune qui est à l’état endémique dans l’isthme n’atteint que peu les hommes de couleur ; ceux-ci résistent mal aux refroidissements et dans certains cas aux fièvres paludéennes, mais ils échappent à peu près à la fièvre jaune. Aussi est-ce presque exclusivement parmi eux que sont recrutés les ouvriers des chantiers de terrassement. Les meilleurs sont fournis par la Jamaïque; mais le recrutement dans une île de 700 000 habitants est assez limité et beaucoup d’entre eux, après avoir économisé un petit pécule, retournent dans leur patrie ; il est difficile de les retenir ou de les persuader de revenir une fois qu’ils sont partis. On a essayé sans succès de recruter des nègres sur la côte d’Afrique (Khroumans) et des Guanches aux îles Canaries. On vient tout récemment d’amener de la Guadeloupe et de la Martinique un contingent de 1200 nègres ; or, à peine arrivés, ils se sont plaints de n’être pas assez bien traités ; ils ont déserté les chantiers et demandé en masse leur admission à l’hôpital. La Louisiane aurait été à même de fournir un personnel ouvrier considérable, mais les Etats-Unis, alléguant les doléances formulées par les nègres recrutés dans les Antilles françaises, entravent l’embauchage de leurs concitoyens.
- Pour en finir avec cette question du personnel, il faut Rajouter que, pendant les années 1884 et 1885, la mortalité a été d’emdron 7 pour. 100 par an, soit
- plus du triple de ce qu’elle est en France. Rien que pour maintenir l’effectif au même niveau, il faut donc un afflux constant de l’extérieur.
- On ne peut s’empêcher de trouver audacieux l’engagement qu’ont pris les entrepreneurs d’avoir fini le 1er juillet 1889 ; et on serait volontiers disposé à admettre un retard pourvu qu’on ait l’assurance d’arriver au bout. Mais il y a bien d’autres aléas à envisager.
- Au point de vue technique d’abord. Il est évident, en effet, que les tranchées devront se resserrer au fur et à mesure qu’elles s’approfondiront, l’écoulement des eaux y sera moins bien assuré ; il y aura à redouter de plus en plus la mauvaise tenue des terres, qui donne lieu à des glissements comme on en a déjà vu.
- Enfin les perspectives financières ne sont pas rassurantes. Le total des dépenses nouvelles à faire est évalué à 874 millions, soit très sensiblement le double de ce qui a été dépensé jusqu’ici (458 millions). La Compagnie n’indique comme ressources réalisables que 755 millions, ce qui fait ressortir une insuffisance de 121 millions. Or, d’a-prcs les dépenses déjà faites, le chiffre de 874 millions, qui fait ressortir le prix de revient du mètre cube à 8 fr. 50, est insuffisant. Lorsqu’on a d’aussi gigantesques travaux à évaluer, disait un Américain à l’époque où se discutait la question du tracé, il faut estimer la dépense aussi consciencieusement que possible, d’après l’expérience que l’on a acquise, puis majorer de 10 pour 100 le chiffre ainsi obtenu, et enfin doubler le tout. C’est une boutade qui finira peut-être par devenir la vérité.
- En résumé, un effort considérable vient d’être fait pour accélérer la continuation des travaux. Malgré de très sérieuses difficultés qu’elle devra surmonter, l’œuvre paraît viable ; mais elle ne s’achèvera pas dans le délai fixé, et elle exigera de lourds sacrifices. Si la Compagnie française ne parvient pas au bout de sa tâche, l’affaire sera reprise par les étrangers désireux de ne pas laisser perdre les résultats obtenus ; et ce seront vraisemblablement les Etats-Unis. Le canal de Panama présente un tel intérêt politique et économique pour les Etats-Unis, qu’ils le surveillent étroit tement et feront tous leurs efforts pour avoir la haute main sur ses destinées. M. Luüyt.
- Fig. io. — Une tranchée à l’époque française. Pedro-Miguel, 1886. (Phot. M. Luuyt.)
- VOYAGES A PANAMA EN J888-J889
- Il est des détails dont on garde aussi nettement la mémoire, à vingt-cinq années de distance, que s’ils dataient d’hier.
- En compagnie d’un ingénieur des mines, M. Félix Charlaix, de Lyon, engagé comme moi au service d’une compagnie anglo-française qui avait acquis des
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- droits de propriété sur des gisements aurifères situés au centre des forets vierges du Darien (Colombie), j’avais pris place dans un compartiment de l’express de Saint-Nazaire— le train dit transatlanticjue — généralement bondé de voyageurs à destination de Panama.
- C’était dans les premiers jours de 1887. Nous étions huit dans le compartiment, tous de vieux « Panaméens »,'sauf moi, le jeune débutant tout ému de se trouver en compagnie de ces distingués « anciens », dont la conversation ne pouvait manquer d’être instructive.
- Si ma mémoire m’est fidèle, il y avait là, outre M. Charlaix, qui avait traversé l’isthme plus de trente fois au cours de ses voyages, deux entrepreneurs du canal, un chef de bureau de la compagnie, un Américain, propriétaire du premier hôtel de Panama, un Levantin de Smyrne, recruteur de terrassiers italiens, ün ingénieur de nationalité norvégienne, le joyeux èt gigantesque Trempé, que tous les familiers de la « Zone » ont connu.
- Mes compagnons avaient des relations communes, et la conversation que j’espérais instructive, simplement, ne tarda pas à devenir désagréablement impressionnante.
- « Y a-t-il longtemps que vous avez rencontré l’ami X.:.?
- — Comment ? vous ne savez pas qu’il est mort l’hiver dernier à Bas-Obispo?
- — Première nouvelle! Et l’ami Y...?
- — Je viens de lire dans le Slar and Herald (le journal de Panama), observa quelqu’un, que ce brave Y... avait été enterré en décembre. »
- Sur vingt noms mentionnés au cours de ce charmant échange de nouvelles isthmiques, quinze au
- moins étaient ceux de camarades décédés ! Et ces lugubres annonces n’émotionnaient personne dans le compartiment, sauf moi — qui trouvais qu’on mourait bien facilement dans une région que j’allais habiter!
- En posant le pied sur le sol de la « Zone », ma première impression fut un sentiment d’horreur.
- Je m’étais avancé dans la principale rue de Colon — des fondrières de boue et des amas d’immondices entre des alignements de maisons de bois — quand je vis accourir le Train de la ligne transisthmique, qui traversait la ville à voie ouverte, sans que la moindre barrière se dressât le long des rails.
- Le train marchait à toute vitesse. A l’avant de la locomotive, un homme faisait résonner une énorme cloche sans interruption, et les nègres qui sautillaient de traverse en traverse plutôt que de courir le risque d’être engloutis dans la boue immonde se rangeaient précipitamment hors d’atteinte.
- Soudain, je poussai un cri d’alarme : un homme d’une soixantaine d’années, un Européen (probablement d’origine italienne), s’attardait dam gereusement sur la voie. En m’approchant je remarquai que le malheureux ne se traînait qu’à l’aide de béquilles. L’homme posté à l’avant de la machine hurla un juron anglais, en réponse au geste éploré de mes deux bras — et les roues du pesant véhicule passèrent sur le corps de l’infirme....
- Le train aux roues ensanglantées nous emporte vers Panama, loin de cet infernal Colon où l’on s’attarde le moins possible. Les wagons des différentes classes communiquent entre eux par une allée centrale, et la curiosité m’entraîne dans les com-
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- 26 : . ...VOYAGES A PANAMA EN 1888-1889
- partiraenls réservés aux hommes de couleur.
- Des nègres et des métis sont montés à une petite station; les contrôleurs, Américains du Nord comme l’est tout le personnel de la ligne, passent entre les banquettes et demandent à voir les tickets, d’un ton rogue. Des querelles éclatent. Sous mes yeux, un nègre jamaïcain, qui répond d’un ricanement à une question du contrôleur, reçoit en pleine face un formidable coup de poing. Un autre, qui avoue être monté sans billet, est précipité en bas du train en marche, sous les regards terrorisés de ses compagnons.
- Nouvel arrêt dans une gare, et nouvelles disputes. Un pauvre diable de Colombien qui n’est pas familier avec les us et coutumes du Panama Railroad regarde d’un air hébété un contrôleur qui l’interroge en une langue dont il ne connaît pas un traître mot. A-t-il enfin compris qu’il lui demande le petit bout de carton acheté tout à l’heure à la gare? Sa main soulève le pan de sa vareuse, vers la hanche droite — le geste familier en Amérique aux hommes prompts à exhiber leur revolver....
- Geste fatal! Prompt comme l’éclair, le contrôleur a tiré l’arme qu’il porte ouvertement à la ceinture, et le Colombien s’affaisse sur la banquette de bois, le front troué. J’ai été le seul témoin blanc de ce drame rapide, et la police colombienne recueillera ma déposition, à mon arrivée à Panama. Mais le meurtrier est Américain — et ses chefs hiérarchiques s’arrangeront à le faire embarquer secrètement le soir même, à destination de San Francisco.
- Me voici à Panama, la ville où l’on s’amuse, où l’on s’enrichit, où l’on meurt. Mme Sarah Bernhardt donne ce soir-là sa perpétuelle Dame aux Camélias au Tecitre Nacional, une grange où les plus basses places se sont payées cinq pesos (25 francs). Mais je ne suis pas venu si loin pour entendre de la littérature, et je préfère flâner le long des rues, malgré les colonnes de poussière que fait tourbillonner le nôrte, le vent qui souffle du Nord durant la saison sèche (l’hiver des Tropiques).
- Sous les regards indifférents des agents de police, recrutés pour la plupart dans les montagnes de l’Antioquia, et qui présentent (on dit qu’ils descendent des Juifs chassés d’Espagne) des traits sémitiques, les roulettes fonctionnent un peu partout, dans le hall d’un hôtel, ou chez un barbier, ou encore dans des boutiques sans devanture. Je vois des hommes tirer des poches de leur veste des sacs de grosse toile remplis de demi-écus — la pièce la plus commune, — les vider devant le croupier, Colombien ou Cubain, perdre sans sourciller, et partir de leur pas d’automate pour aller chercher de nouveaux sacs en quelque banque dont les affiches annoncent qu’elle reste ouverte toute la nuit.
- Quelle est cette rue toute ruisselante des lumières que déversent sur la chaussée les boutiques aux devantures largement ouvertes? C’est le quartier du plaisir.
- Demain matin, les garçons d’hôtel frapperont
- vainement aux portes de plusieurs chambres. Parmi ceux qui font la fête ce soir, il en est — des hommes à l’apparence robuste — qui ne se réveilleront pas; et leur fin, mystérieuse et soudaine, sera mise sur le compte de la fièvre amarilla, l’infernale fièvre jaune, le terrible fléau de la « Ligne » avec qui on s’habitue bientôt à vivre côte à côte.
- Etendu sur un lit confortable qu’enveloppe un immense moustiquaire, j’entreprends, pour m’endormir plus vite, de récapituler les observations recueillies durant cette première journée d’isthme.... Quelle horreur ! Un cancrelat, gros comme une souris, me court sur le visage ! Et je suis descendu dans le meilleur hôtel de la ville ! J’apprendrai demain que, dans d’autres établissements, les voyageurs, torturés par des hordes de ces blattes gigantesques, ne peuvent fermer l’œil de la nuit.
- Après quinze mois de séjour au fond des forêts du Darien — où les chauves-souris vampires menacent chaque nuit de vous saigner, où des boas longs de six à huit mètres élisent domicile dans le chaume des huttes, où l’on se déclare satisfait quand on peut s’asseoir devant un rôti de singe ou un ragoût de perroquet, — je suis revenu à Panama, en pleine canicule, en pleine saison de fièvre jaune. Blessé, malade, épuisé, je me suis fait admettre à l’Hôpital des Etrangers, situé sur le sommet de l’Ancon, au-dessus de l’Hôpital de la Compagnie.
- En ma qualité de malade payant, j’ai pour logis la moitié d’un pavillon spacieux, séparé en deux chambres par une cloison en jalousies. De ma véranda, je découvre un paysage superbe : montagnes, forêts, vallées; cadre prestigieux où l’on s’attendrait à vivre une vie de rêve. Souvent des oiseaux-mouches s’en viennent bourdonner tout près de moi, au-dessus d’un bouquet que la bonne sœur française a placé au seuil de ma porte. Charmantes et mignonnes créatures qui méritent bien le poétique nom que leur a donné l’espagnol : visita-flores.
- Cet hôpital est réservé aux Européens qui ne font pas partie du personnel de la Compagnie du canal, et l’on y voit surtout des marins. Il m’arrive fréquemment de causer avec eux, de leur faire raconter leurs aventures et exposer leurs rêves d’avenir, de leur rendre visite dans leurs salles, maintenant que les soins des bonnes religieuses m’ont remis à peu près sur pied.
- Voici un jeune hommë-— vingt-cinq ans, peut-être— que je n’avais pas encore remarqué. Il a fait quelques pas sur la spacieuse galerie couverte qui entoure le bâtiment, et, debout contre la balustrade, il contemple longuement le riant paysage et le ciel idéalement bleu. Je m’informe. C’est un marin breton, atteint de fièvre jaune, et que l’on a isolé avec d’autres malades dans une salle contiguë qui sert de lazâret.
- Ses traits intelligents et sympathiques m’attirent ; et il y a une flamme si étrange dans ses yeux noirs qu’il ouvre tout grands vers l’azur! Lentement, longuement, il les promène vers les forêts et les mon-
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- tagnes, hoche tristement la tête, et, résigné, rebrousse chemin vers la salle des pestiférés. Je le suis du regard tandis qu’il traverse silencieusement la large véranda pour disparaître dans un couloir étroit.
- Dix minutes plus tard, l’homme de qui j’avais appris à l’instant l’identité du jeune Breton venait compléter tragiquement son information : le pauvre gars était retourné s’étendre sur son lit, pour y mourir. Sentant sa fin imminente, il avait voulu voir une fois encore les forêts souriantes et le ciel azuré.
- Pourquoi faut-il que la découverte du Dr Finlay, l’immortel enfant de Cuba, n’ait pas encore reçu l’approbation du monde savant? Ce ne sera que dans quatre ou cinq ans que les pays à fièvre jaune déclareront la guerre au malfaisant moustique dont la piqûre inocule à l’homme le germe fatal. Elle aurait eu lieu dix ans plus tôt, cette sublime découverte, et les Français achevaient le percement de l’isthme.
- Les Européens tombent comme des mouches, en cette fin de canicule. J’ai eu la permission de sortir de l’hôpital et de faire ma première promenade en ville, au trot de la mule péruvienne attelée à un fiacre américain. Ma promenade n’a duré que deux heures, et j’ai croisé d’innombrables enterrements. Je me suis décidé à les compter après en avoir laissé passer une dizaine, et j’en ai compté trente-huit.
- On m’avait affirmé que les personnes mortes de la fièvre jaune étaient souvent mises en bière avant d’avoir rendu leur dernier soupir, et j’avais haussé les épaules. Mais des faits vont modifier mon opinion. ^
- Le soir même de ma première sortie, tandis que je fume une dernière cigarette sur la véranda de mon pavillon avant d'aller me coucher, des bruits de roues m’attirent dans la direction de .la cour qui sépare l’hôpital des Étrangers, de l’hôpital de la Compagnie. Je vois descendre de la voiture un homme de taille gigantesque, que soutiennent quatre compagnons aidés par des infirmiers. Sous l’éclat des lampes électriques, sa face m’apparaît livide ; ses yeux éteints; son corps et ses membres de colosse, sans vitalité.
- « Le cantinier de la Boca, m’apprend une sœur. On nous a prévenus vers 6 heures qu’il venait d’être atteint. Le pauvre,! ».
- Trois heures se sont écoulées, et le mal a fait de terribles ravages. Mais voici une annonce
- peu souriante : le malade passera la nuit dans la chambre contiguë. Nous sommes encore à l'époque où l’on croit que la contagion s’opère « par l’air ambiant », et la perspective de vivre près d’un pestiféré, sans autre protection que les. jalousies qui séparent nos deux chambres et qui laisseront passer librement l’air contaminé, me cause une impression désagréable — mais fugitive — heureusement ! Un quart d’heure plus tard, je dors, du profond sommeil de la jeunesse.
- Quel est l’imbécile qui s’amuse à planter des clous en pleine nuit? — Non, ce n’est pas un cauchemar. Quelqu’un plante réellement des clous dans la chambre voisine. Ce pauvre cantinier de la Boca serait-il devenu fou? — Je passe un vêtement, tourne autour du pavillon, interroge un infirmier.
- « C’est votre voisin. Et pas commode, vous savez ! Il était si gros qu’il a fallu lui fabriquer un cercueil exprès, avec des vieilles caisses. »
- Je rentre dans ma chambre et regarde à ma montre : onze heures. La mort va vite en ce climat maudit. L’arrivée du malade, son agonie et son ensevelissement ont pu s’entasser en ces cent vingt minutes. Encore une cigarette, et je me recouche.... Et c’est en admirant mon indifférence que je me rendors — à deux mètres du cercueil fraîchement cloué.
- « Eh bien ! mon petit Français ! Vous avez le sommeil dur! »
- La jeune sœur rit gaîment sous les ailes de sa cornette blanche; et je proteste, tandis qu’elle pose mon déjeuner sur la table :
- « Mais je n’ai pas dormi si bien que vous le supposez, ma sœur! J’ai rêvé toute la nuit qu’on frappait à ma porte !
- — Alors, vous avez rêvé la réalité ! »
- Et j’apprends cette horreur. Un peu avant minuit, on avait débarrassé la chambre voisine de son lugubre colis pour y installer un nouveau malade, qui succombait vers trois heures et demie, et que l’on « clouait » immédiatement. Trente minutes plus tard, le temps de changer les draps, la chambre avait un nouvel occupant — que les fossoyeurs venaient reprendre à la pointe du jour.
- La petite sœur avait raison d’envier mon sommeil.
- 1889. — La région qui fut dans le monde, durant dix ans. le meilleur client des vignerons champenois, est tombée dans le marasme. Des bruits sinistres ont d’abord circulé le long de la « Ligne » avant de se répandre
- Fig. i3. — Indienne de la zone du canal.
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- dans les pays voisins : la « Compagnie » branle sur ses bases. Puis c’est la nouvelle colossale, inouïe, incroyable : la a Compagnie » est en faillite !
- Du jour au lendemain, que de rêves écroulés ! Du nègre jamaïcain à l’ingénieur européen, du modeste manœuvre au puissant fonctionnaire, vingt mille personnes, accourues des quatre coins de la terre à la formidable curée, ont cru jusqu’au dernier moment que « Panama durerait toujours » !
- Rares sont les hommes sensés qui ont économisé une partie de leurs salaires. Le grand nombre a vécu au jour le jour sans s’alarmer du lendemain. Le nègre a mangé sa paie dans les tripots de bas étage, et l’entrepreneur a dilapidé ses somptueux revenus avec une insouciance égale. Quelle débâcle ! Mais quelle aubaine pour les juifs de Curaçao, qui achètent au dixième de leur valeur des mobiliers de millionnaires et des caves de grands-ducs !
- Au fond de nos forêts vierges du Darien, la nouvelle de la catastrophe nous a réjouis, après le premier moment d’émotidn. Les affaires ne s’accommodent pas de sentimentalisme, et nous saluons un événement qui va diminuer sensiblement le prix de la main-d’œuvre. Notre agent de Panama ne nous a-t-il pas écrit qu’il était assiégé chaque jour par des centaines de gens de toutes races et de tous métiers qui demandaient à travailler à n’importe quel prix? Il y a en ce moment sur la « Ligne » des
- milliers d’hommes qui auraient pu ramasser une fortune, et qui n’ont plus les moyens de partir du pays pour aller gagner leur vie ailleurs.
- Un médecin de la Faculté de Paris sollicite un emploi de comptable. Un ancien colonel hongrois, qui parle couramment sept ou huit langues, s’offre connue gardien de chantier. Un Ecossais de famille noble, qui commanda jadis un navire de guerre vénézuélien, affirme qu’il sait soigner admirablement mules et chevaux : il partira comme palefrenier. Et combien d’autres, qui gagnèrent longtemps de 50 à 100 francs par jour, et qui supplient maintenant qu’on les engage à des prix de manœuvres !
- Une centaine d’hommes nous sont expédiés. Parmi les deux ou trois milliers qui ont vainement sollicité passage à bord de notre petit vapeur, une cinquantaine de forcenés décident de s’acheminer vers les mines par voie de terre. Les malheureux ! Ignorent-ils donc qu’à quelques kilomètres à l’Est de la « Ligne », s’étendent d’impénétrables forêts hantées d’indiens implacables, de bêtes féroces, de serpents venimeux ? Mais on n’a jamais su ce que devinrent ces nouveaux Argonautes.
- Et qui diable se serait soucié de leur sort, au milieu de ce « sauve-qui-peut », la plus grande débâcle industrielle des temps modernes ?
- Y. Foiusix.
- LE CANAL DE PANAMA
- Description générale du canal. — Le canal part de la baie de Limon en face de Colon (plan fig. I ) pour rejoindre à Gatun le Chagres, rivière très sinueuse dont il coupe vingt-huit fois le cours.
- étant formé des chenaux maritimes. La profondeur normale du canal est de 15 m-. 70 avec un minimum de 12 m. 20.
- Du côté de l’Atlantique et sur une longueur de
- 'Uj U.
- Plan, cC'ecau (25,90)
- PUz/oncts ( 12.20')
- mer>_ .(0,00)___
- Plafirnd/âiLi canal/ (-12,50)
- 0KIL.
- Fig. 14 — Profil en long du canal de Panama actuellement en voie d'exécution.
- Arrivé à Bas-Obispo, le canal abandonne le cours du Chagres qui tourne brusquement à l’est, pour emprunter la vallée du Bas-Obispo en se dirigeant Arers la Cordillère des Andes qu’il franchit par une tranchée au col de la Culebra. Il rejoint ensuite la vallée de Rio Grande pour atteindre le Pacifique à l’ouest de Panama à Balboa près du groupe des îles Naos, Flamenco, Culebra et Perico.
- La longueur totale du canal est de 81 km, mais 65 km seulement sont dans la terre ferme, le reste
- M km, le canal est au niveau de la mer des Antilles dont les marées ne donnent qu’une dénivellation de 0 m. 61. La largeur du chenal dans ce bief maritime aussi bien que dans celui du Pacifique est de 150 mètres.
- A Gatun, une échelle de 3 écluses de 8 m. 65 de chute chacune permet d’accéder au bief de partage auquel on a donné le nom de lac de Gatun. Son plan d’eau est maintenu à la cote de 25 m. 90 au-dessus du niveau de la mer au moyen d’un immense barrage
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- en terre (barrage de Gatun), dont la crête est arasée à 55 m. 07 au-dessus du niveau de la mer et au milieu duquel est construit un déversoir régulateur dont nous verrons plus loin l’utilité.
- La longueur du bief de partage entre l’écluse de Gatun et celle de Pedro-Miguel qui le limite sur le versant du Pacifique est de 51 km. La largeur du chenal au plafond varie entre 500 et 200 m. Dans la tranchée de la Culebra, cette largeur au plafond est de 91 m. 50.
- Le tracé dans les biefs maritimes est pour ainsi
- La longueur du bief maritime sur le Pacifique est d’environ 12 km jusqu’à l’ile de Naos où on atteint les grands fonds. Un brise-lames, construit à l’ouest de la ville de Panama, abritera le canal contre les courants venant de l’est.
- Sur le versant de l’Atlantique, dans la baie du Limon, deux brise-lames abriteront cette baie contre les vents du nord.
- Ayant ainsi donné une idée générale du canal, nous décrirons brièvement les ouvrages principaux, qui le composent, tels que le barrage de Gatun, le
- Fig. i5. — La tranchée de la Culebra en sa partie la plus profonde. Vue prise de Contractons Ilill en içi3.
- dire un alignement direct; dans le lac de Gatun qui forme le bief de partage il est au contraire très sinueux, mais les courbes ont un grand rayon avec élargissement du canal dans ces courbes.
- La descente du bief de partage sur le Pacifique a lieu d’abord au moyen de l’écluse de Pedro-Miguel de 9 m. 15 de chute qui conduit à un bief intermédiaire de 2 km de longueur et ensuite au bief maritime au moyen de l’échelle de 2 écluses de Mirallorès. Le bief intermédiaire entre les écluses de Pedro-Miguel et de. Mirafïorcs a son plan d’eau à 16 m. 75 au-dessus du niveau moyen du Pacifique dont les marées donnent des dénivellations de 6 m. 10, de telle sorte que la hauteur de chute de l’écluse de Miraflorès varie suivant là marée.
- déversoir de Gatun, les écluses et les travaux d'excavation de la tranchée de la Culebra, travaux qui ont été exécutés sous la haute direction du colonel Geo. W. Gœthals du corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis, ingénieur en chef des travaux du canal. Nous terminerons par l’estimation du prix de revient du canal.
- Mais auparavant, il nous paraît utile d’indiquer le rôle important que doit jouer dans l’économie du canal le lac de Gatun qui sert de bief de partage. Pour cela il nous faut dire quelques mots du régime hydrologique de la région et de ses conséquences.
- Le lac de Gatun. — Son rôle. — Le Chagres qui, avec ses affluenls, alimente le lac de Gatun a un débit extrêmement variable. Considérable pen-
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- Fig. 16. — Dragues à cuiller dans la tranchée de Culebra. (Phot. Underwood et Underwood.)
- dant la saison pluvieuse qui dure de mai à décembre, ce débit va en diminuant pendant la saison sèche de décembre à mai. De plus, le Chagres est sujet à des crues considérables et rapides, surtout en décembre, qui font passer en quelques heures son débit de quelques dizaines de mètres cubes à 3 ou 4000 mètres cubes par seconde.
- Étant donné que l’exploitation du canal exige un débit aussi régulier que possible, il était absolument
- c’est-à-dire à un tonnage près de cinq fois plus grand que celui qui passe dans le canal de Suez. Or, il est à présumer, tout au moins pendant un certain laps de temps, que ce tonnage sera loin d’être atteint.
- En cas d’insuffisance pendant la saison sèche, il serait, du reste, toujours possible d’emmagasiner un volume d’eau supplémentaire considérable en établissant à Alhaguela sur le haut Chagres un barrage que la seconde Compagnie française avait déjà prévu et étudié.
- Quant à l’évacuation des crues subites et rapides du Chagres et dont nous venons de parler, elle se fera au moyen du déversoir installé au milieu du barrage de Gatun. Il peut débiter 4000 mètres cubes par seconde, c’est-à-dire un débit supérieur aux plus grandes crues connues.
- Barrage de Gatun. — Le barrage de Gatun est un ouvrage extrêmement important qui, comme nous l’avons dit, sert à maintenir le niveau du lac de Gatun à la hauteur normale de 25 m. 90 au-dessus du niveau de la mer et au milieu duquel se trouve le déversoir régulateur dont nous avons parlé. A son extrémité Est se trouve l’échelle des 3 écluses. Le barrage est construit (fig. 32) entre les deux collines qui terminent à son extrémité aval
- Enrochements sur 3m. d'épaisseur
- Surface normale du Lac de Gatun (25,90)
- 3omSo 3o So j,3m'2o -----....................
- Enrochement
- Enrochement
- Fig. i~. — Coupe du barrage de Gatun.
- nécessaire de régulariser le débit des eaux du Chagres et de ses affluents. C’est le but du lac de Gatun dont la surface, d’environ 42 500 hectares, permettra, tout en amortissant la vitesse des eaux de crues, de provoquer des variations de niveau peu sensibles et qui, du reste, pourront être régularisées par le déversoir de Gatun. En principe, à la fin de la saison pluvieuse, c’est-à-dire en décembre, on s’arrangera de manière que le niveau des eaux du lac de Gatun se trouve à 0 m. 61 au-dessus du niveau normal et, pendant la saison sèche, on le laissera s’abaisser à 1 m. 06 au-dessous de ce même niveau normal, ce qui laissera encore un tirant d’eau suffisant dans la tranchée de la Culebra. En résumé, le lac de Gatun emmagasinera pendant la saison pluvieuse une tranche d’eau de 1 m. 67 qui sera ultérieurement utilisée pendant la saison sèche. Cette .tranche d’eau dé 1 m. 67, prise sur toute la surface du lac de Gatun (42.500 hectares), correspond à un volume d’eau de 700 millions de mètres cubes qui, répartis sur les quatre mois de sécheresse, donnent un débit de 70 mètres cubes par seconde. En ajoutant à ce débit fourni par le lac celui du Chagres, on obtiendra sans difficulté, pendant la saison sèche, les 118 mètres cubes par seconde que les ingénieurs américains jugent nécessaires en se basant sur 48 éclusées par jour correspondant à un tonnage de 87 millions de tonnes brutes,
- la vallée du Chagres avant son débouché dans la mer. Il se compose (fig. 17) d’une partie centrale étanche composée d’un mélange de sable et d’argile déposé par la méthode hydraulique (Sluicing System), très employée depuis quelques années en Amérique du Nord et au Mexique, et maintenu de chaque côté à l’amont et à l’aval par des enrochements.
- La longueur totale du barrage à la crête est de 2745 m., y compris le déversoir et l’écluse. Sur une
- Fig. iQ. — Une section de travail à la Culebra : drague à cuiller travaillant le fond du canal; pont suspendu de Empire dans le fond. (Phot. Underwood et Underwood.)
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- Fig. iç. — I. Les 35ooooo m3 de téton employés aux digues et écluses de Panama formeraient une pyramide recouvrant la gare de Pennsylvanie à.New-York. — II. Les glissements de terre représentent i5oooooo m3 qui formeraient une pyramide plus haute que le plus haut gratte-ciel de New-York. — III. Les matériaux extraits du canal formeraient une ligne, longue de i5 km., de 63 pyramides, chacune de la taille de la grande Pyramide d'Êgÿpte. — IV. Un train de wagons plats chargés de tous les déblais du canal ferait quatre fois le tour de la Terre. (D’après Scieijtific American.)
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- longueur de 155 m. seulement il est soumis à la pression d’eau maximum de 25 m. 90, le profil du terrain se relevant très rapidement de chaque côté de l’ancien lit du Chagres ; sur la moitié de sa lon-
- au-dessous du niveau de la mer. Heureusement les alluvions qui la recouvrent offrent elles-mêmes une fondation imperméable et incompressible pouvant supporter sans danger le poids du barrage.
- Sas supérieur---------------Sas médian
- Eyiïoiymr (fi)
- Fig. 20. — Plan des écluses de Gatun : A, barrage de sécurité; B, chaînes; C, portes de garde; D, portes; E, portes intermédiaires ; F, portes d’ebbe.
- gueur cette charge d’eau n est que de 15 mètres.
- ' Avant d’entreprendre la construction du barrage on a d’abord enlevé la terre végétale et les troncs
- Celle opération terminée, on a établi les deux lignes d’enrochements parallèles à l’axe du barrage dont l’une, celle d’amont, a une hauteur de 18 m.
- d’arbre, de manière à faire reposer ce barrage sur les alluvions qui recouvrent la roche argileuse compacte qui constitue le sous-sol et qui fournit une excellente fondation mais qui, malheureusement, à l’endroit du barrage, s’enfonce à plus de 40 m.
- et celle d’aval une hauteur de 9 m. Ces enrochements proviennent de la tranchée de la Culebra distante de 42 km. Entre ces deux lignes d’enrochements dès dragues déversent leurs déblais argilo-sableux au moyen de couloirs, et les matières
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- en suspension se déposent lentement pendant que l’eau qui leur a servi de véhicule s’écoule. On pense obtenir ainsi un remblai solide et imperméable.
- L’épaisseur maximum du barrage à la base est de 800 m. et à la crête de 50 m. 48. Au niveau du lac cette épaisseur est de 120 m. Quant à la crête du barrage, elle est arasée à 55 m. 07 au-dessus de la mer avec une revanche de 9 m. 15 au-dessus du niveau du lac, revanche largement suffisante. Le volume de remblai du barrage est d’environ 18 millions de mètres cubes, et la dépense, y compris le déver-
- Par suite de cette forme circulaire du déversoir, les courants d’eau qui s’échappent des vannes situées aux deux extrémités de l’ouvrage s’entre-choquent lorsqu’ils arrivent au bas du déversoir et la violence du courant à l’aval se trouve ainsi amortie.
- La figure 51 donne une coupe suivant l’axe du déversoir. Comme on le voit, celui-ci est formé d’un massif de béton dont le profil à l’aval est constitué d’une courbe composée, à la partie supérieure, d’une parabole, puis ensuite d’une droite suivie d’un arc de cercle tangent à l’horizontale. La para-
- soir régulateur, est estimée à 70 millions de francs.
- Déversoir de Gatun. — Le déversoir de Gatun, comme nous l’avons vu, a pour but non seulement de maintenir dans le bief de partage le niveau des eaux à la hauteur voulue et variable suivant les saisons, mais aussi et, surtout, d'évacuer pendant Ja saison pluvieuse les crues subites et-rapides du Chagres dont le débit atteint, nous l’avons dit, 4000 mètres cubes à la Seconde. Un déversoir de superficie eût obligé de donner à celui-ci une longueur par trop exagérée. On a donc dit y renoncer et adopter un barrage avec vannes régulatrices permettant un plus grand débit par mètre courant. I)e plus (fig. 21), on a donné tà celui-ci une forme circulaire en plan, ce qui, pour une même longueur d’ouyrageA._ donne _uii plus grand développement.
- bole a été établie de telle sorte que la lame d’eau lui reste adhérente lorsque l’épaisseur de celle-ci est de 1 m. 85. On a donné à cette disposition le nom à'ogee.
- Le barrage est divisé, au moyen de piliers, en quatorze ouvertures de 14 m. 41 de largeur. Chacune de ces ouvertures est munie d’une vanne Sloney. La crête du déversoir est arrosée à la cote 21,04 au-dessus du niveau de la mer, soit à 4 m. 86 au-dessous du niveau normal du lac de Gatun.
- Lorsque, au commencement de la saison sèche, le niveau des eaux du lac aura été surélevé, comme nous l’avons indiqué plus haut, de 0 m. 61 au-dessus du niveau normal, les quatorze ouvertures du déversoir ouvertes en grand pourront débiter un volume d’eau de 4400 m3 à la seconde, débit supé-
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- Fig. 23. — Balboa. Chargement des barques qui
- portent le sable aux chantiers de Pedro-Miguel et Gatun. (Phot. Underwood et Undenvood.)
- rieur à celui constaté jusqu’ici dans le Chagres, au moment de ses plus fortes crues en décembre.
- Les vannes Stoney qui ferment les quatorze ouvertures du barrage ont une largeur de 14 m. 42, une hauteur de 5 m. 80 et pèsent chacune 42 tonnes. Leur course est de 6 m. 85. Chacune de ces vannes est manœuvrée au moyen de chaînes actionnées par un moteur électrique.
- Le barrage régulateur de Miraflorès qui ne sert qu’à évacuer les eaux du Rio Grande dont le débit est relativement faible, a le même profil et la même disposition que celui de Gatun. Mais on lui a donné un tracé rectiligne; il n’a qu’une longueur de 152 m. et se compose seulement de huit ouvertures de 14 m. 41 de largeur.
- Écluses. — Sur toute la longueur du canal exis-
- tent, ainsi que nous l’avons dit précédemment, trois groupes d’écluses ; l’un à Gatun qui donne accès de l’Atlantique dans le bief de partage et qui comporte trois écluses échelonnées; un autre, à Pedro-Miguel, d’un seul échelon et qui fait communiquer, du côté du Pacifique, le bief de partage avec un bief intermédiaire; puis, le troisième groupe à Miraflorès qui fait communiquer ce bief intermédiaire avec le Pacifique. Ce dernier groupe se compose de deux écluses échelonnées.
- Chacun de ces groupes est formé d’écluses jumelées, c’est-à-dire doubles, permettant à un navire de remonter pendant qu’un autre navire descend dans l’autre série d’écluses qui lui est accolée. C’est ainsi que fonctionneront normalement ces groupes d’écluses. Toutefois, dans le cas d’avarie à l’une des écluses, l’échelle d’écluses qui lui est accolée pourra être utilisée pour le service pendant les réparations.
- Les sas des écluses ont 55 m. 55 de largeur et 505 m. de longueur. Le tirant d’eau sur les seuils est de 12 m. 50. Ce sont les plus grandes écluses actuellement en service dans le monde.
- À chaque ligne d’écluses les sas sont divisés en deux par des portes intermédiaires qui permettront d’économiser l’eau dans le cas où il s’agira d’éclu-ser des navires de moins de 167 m. de longueur.
- La figure 20 montre la disposition générale des écluses de Gatun. Toutes les autres écluses ont la même disposition. Ainsi qu’on le voit, chaque groupe d’écluses est formé d’un radier général en béton sur lequel s’appuient les trois bajoyers également en béton. Ce radier, dont l’épaisseur est variable suivant le terrain sur lequel il est fondé, a une largeur variant entre 410 et 120 m. Le bajoyer central a 18 m. 50 d’épaisseur et les bajoyers latéraux une épaisseur à la base de 15,24.
- A tous les groupes d’écluses le bajoyer médian est prolongé de 500 m. à l’amont et à l’aval de
- Fig. 2 4.
- L’excavation hydraulique dans la tranchée de Culebra. Les matériaux provenant du glissement du Gold Hïll sont délités par de puissants jets d'eau et entraînés vers la rivière Obispo. (Ph. Underwood et Underwood.)
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- l’ouvrage afin de permettre d’y attacher les navires en attendant l’ouverture des portes de l’écluse.
- Dans chaque bajoyer est ménagé un aqueduc destiné à amener les eaux du bief supérieur dans le sas supérieur, puis, de sas en sas, jusqu’au bief inférieur.
- Dans les bajoyer s latéraux les aqueducs ont une section circulaire de 5 m. 48 de diamètre et dans le bajoyer central cet aqueduc a la forme d’un fer à cheval d’une section de 23 m2 60, comme les précédents.
- Dans chaque sas (fig. 20) partent des aqueducs
- DE PANAMA ..........—......... =s 35
- On estime que la durée totale du passage des trois groupes d’écluses sera de trois heures : une heure et demie pour le passage des écluses de Gatun et le même temps pour les deux groupes d’écluses du côté du Pacifique. Quant à la durée du passage d’un navire d’un océan à l’autre, on l’estime à environ 10 à 12 heures.
- Le niveau de l’eau (fig. 20) dans le bief supérieur et dans les différents sas est maintenu au moyen de portes busquées C et D pouvant être manœu-vrées isolément et successivement. Tout navire entrant dans ces sas aura donc à franchir deux
- Fig. 25. — L'achèvement des écluses supérieures de Gatun (vues du phare). (Phot. Underwood et Undervvood.)
- des bajoyers latéraux onze conduits transversaux alternant avec dix autres conduits transversaux partant de l’aqueduc du bajoyer central. Ces conduits de 3 m2 50 de section et percés dans le radier du sas débouchent dans celui-ci par cinq orifices. C’est par ces orifices que pénètrent dans le sas ou s’en échappent les eaux destinées à une éclusée. Afin d’éviter dans ces sas des avaries aux navires pouvant résulter de courants trop violents, la vitesse d’élévation ou de descente des navires sera limitée à 0 m. 61 par minute. Dans ces conditions, le. remplissage ou la vidange du plus grand sas qui contient un volume d’eau de 90 000 m3 se fera en 15 minutes avec un débit de 110 m3 par seconde.
- portes pour y entrer soit de l’amont, soit de l’aval.
- Dans le but de protéger d’une manière encore plus efficace ces portes contre le choc d’un navire, on a disposé en avant de celles-ci des chaînes B qu’on peut tendre à volonté au travers du sas au moyen de deux pistons hydrauliques placés dans une chambre disposée dans les bajoyers de l’écluse. Ces chaînes ont pour but d’amener progressivement l’arrêt des navires avant qu’ils puissent venir en contact avec les portes. On a calculé qu’un navire de 5000 tonnes de déplacement et marchant à la vitesse de 5,5 nœuds serait arrêté par cette chaîne sur une distance de 21 m., inférieure à la distance qui sépare la chaîne des portes. Un navire de
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- Portes busquées des écluses. — L’ensemble des trois groupes d’écluses du canal se compose de 12 sas, qui, en y comprenant les portes de garde et d’ebbe, nécessitent 46 portes à deux vantaux. Suivant le groupe d’écluses, la hauteur de ces portes
- /7SZ0 ' ...J varie entre 14 m. 45 et 25 mètres qui est celle à
- l’extrémité aval de l’échelle d'écluse de Miraflorès. Du type de portes à faces planes et entretoises horizontales, chaque vantail en acier, d’une épaisseur de 2 m. 18, a une largeur de 19 m. 81. Le poids de chaque vantail, suivant sa hauteur, varie entre 500 et 750 tonnes. Le poids total de l’ensemble des portes pour les trois groupes d’écluses est de 60 000 tonnes. Chaque vantail est divisé, dans le sens de sa hauteur, en deux compartiments. L’inférieur est étanche et plein d’air, de manière à augmenter la flottabilité du vantail et diminuer les efforts produits sur les tiges d’ancrage qui le fixent aux bajoyers. De plus, ce compartiment étanche est subdivisé en trois sections par des cloisons verticales, de telle sorte que si la paroi d’une des sections venait à être rompue, les deux autres conservant leur étanchéité, la flottaison du vantail ne serait que partiellement diminuée.
- Le dispositif pour la ma-
- Fig. 2Û. — Coupe et plan du barrage de sécurité placé en tête des sas supérieurs.
- J 0 000 tonnes avec une vitesse de 4 nœuds et un navire de 60 000 tonnes à la vitesse de 1 nœud 5 seraient arrêtés sur la même distance. Après l’ouverture des portes la chaîne retombe dans une
- rainure ménagée dans les bajoyers et dans le radier.
- En cas de réparation des sas et dans le cas où, par des circonstances imprévues, les portes busquées qui commandent l’entrée amont du sas supérieur viendraient, malgré la chaîne, à être brisées par le choc d’un navire, on a disposé à 60 m. environ, en amont de la porte d’entrée du sas supérieur, un barrage mobile qui peut être, en cas d’accident, amené en travers du canal en formant un rideau étanche retenant l’eau en amont des écluses (fig. 26).
- ,À la partie inférieure de chaque ligne d’écluses se trouve une porte d’ebbe s’ouvrant en sens inverse de la porte busquée qui la précède. Elle a pour but de protéger cette derrière.
- . *Comme on le voit, toutes les mesures de sécurité ont été prises et répondent aux objections de la majorité de la Commission de 1905 contre le canal à bief surélevé qui craignait que, par suite d’avaries aux portes d’écluse résultant du choc des navires, il ne se produise des accidents sérieux et, ce qui serait plus grave, la vidange du bief, de partage dans le cas de rupture des portes du sas supérieur, comme cela s’est produit aux écluses de Sault-Sainte-Marie, dans la région des Lacs.
- manœuvre des portes d'écluse.
- nœuvre des portes mérite une mention. Il est dù à un ingénieur attaché au canal, M. Schildhauer. Représenté sur la figure 27, il se compose d’une bielle l fixée, d’un côté, à la parlie supérieure de la -, porte et, de l’autre, à une roue horizontale actionnée par une série d’engrenages actionnés eux-mêmes, par l’intermédiaire de l’arbre a, par un moteur électrique de 55 chevaux. La caractéristique intéressante de ce système de manœuvre de la porte est que, comme on peut s’en rendre compte sur la figure, pendant que la grande roue d’engrenage, mise en mouvement par le moteur électrique, tourne à vitesse constante pen-
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- Fig. 29. — Vue actuelle de la région de Culebra. Les irrégularités des rives sont dues aux glissements. (Phot. Underwood et Underwood.)
- dant la fermeture de la porte, l’extrémité de la bielle l fixée à l’engrenage et, par suite, l’autre extrémité qui actionne le vantail, marche à une vitesse variable qui est, précisément, minimum au moment du départ et au moment de la fermeture des vantaux, le contact enlre les deux vantaux se fait donc sans choc au moment de la fermeture.
- Locomotive électrique servant au halage des navires. — Avant de terminer ce qui a trait aux écluses, il nous reste à dire un mot du mode de halage des navires dans ces écluses. Le halage, comme nous l’avons dit, se fera au moyen de locomotives électriques circulant sur des voies établies sur les bajoyers. La vitesse de halage sera de 5,2 kilomètres à l’heure et le nombre des locomotives employées variera suivant les dimensions du navire. En général, ce halage se fera au moyen de quatre locomotives : deux en tête, une sur chaque bajover, servant à haler le navire, et deux à l’arrière, une sur chaque ba-joyer, qui auront pour but de maintenir le navire dans l’axe du canal.
- Les locomotives circuleront sur des voies en palier, sauf au passage d’un sas à l’autre où elles auront à franchir un plan incliné de 0 m. 50 par mètre. Il y aura deux voies de service, l’une pour le halage du navire et l’autre servant au retour de la locomotive, après le halage. Les voies de halage sont munies d’une crémaillère ; quant aux voies de retour, elles seront à simple adhérence, sauf sur les plans inclinés qui se trouvent entre chaque sas où elles seront également munies de crémaillères. Aucun aiguillage n’existe sur ces voies, sauf aux deux extrémités.
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- La puissance de chaque locomotive électrique à moteurs triphasés est d’environ 140 chevaux. Quarante de ces machines seront mises en service.
- Construction des écluses. — La construction des groupes d’écluses et des barrages-déversoirs est un travail vraiment colossal quand on songe que le cube de maçonnerie à mettre en œuvre dépasse 5 millions de mètres cubes, la plus grande partie en béton composé de une partie de ciment, trois de sable et six de pierre cassée. Aussi a-t-il été nécessaire d’employer pour la construction de ces groupes d’écluses des méthodes spéciales qui méritent d’être signalées. Nous en dirons quelques mots.
- Chantier des écluses de Gatum — Le ciment qui provient des Etats-Unis ainsi que le sable et le caillou extraits des carrière' delà côte et qui doivent servir à la confection du béton sont amenés par navires dans un petit port créé provisoirement sur les bords de l’ancien canal français où sont installés les appareils de déchargement. Ceux-ci se composent d’une série de transporteurs funiculaires Lidgerwood, supportés à leurs extrémités par des pylônes de 26 mètres de hauteur. Ces transporteurs sont mobiles sur des voies espacées de 244 mètres. Les bennes servant au déchargement et qui circulent sur ces câbles sont actionnées par des moteurs électriques de 150 chevaux disposés dans les pylônes. Elles déposent le sable et le caillou pris dans les navires en deux tas séparés, pouvant contenir 150000 mètres cubes de caillou et 70000 mètres cubes de sable. Quant au ciment, il est emmagasiné sous des hangars.
- Au-dessous des plates-formes qui reçoivent le sable, le caillou et le ciment, sont disposés des tunnels dont le toit est muni de trappes, par lesquelles on
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- laisse tomber dans des wagonnets le sable, le caillou et le ciment. Les wagonnets à traction électrique transportent ces différentes matières aux chantiers de fabrication du béton placés sur la rive ouest de l’écluse.
- Le béton une fois fabriqué dans les bétonnières au nombre de huit, est versé dans des bennes qui circulent sur des transporteurs funiculaires doubles dutypeLidgerwood etl’amènent aux différents points d’emploi dans l’écluse. Ces transporteurs de 244 mètres de portée sont supportés, à chacune de leurs extrémités, par des pylônes de 26 mètres de
- et distantes l’une de l’autre de 70 mètres, sur lesquelles circulent des trains qui déversent du sable et du caillou de manière à former d’un côté de l’estacade un approvisionnement de sable et, de l’autre, de caillou. Au milieu de l’intervalle compris entre ces deux estacades se trouve une autre voie de circulation pour les trains chargés de ciment.
- Des ponts roulants à double volée de 46 mètres de portée de chaque côté du pylône, qui leur sert de soutien, peuvent se déplacer le long des voies de roulement installées parallèlement aux estacades et
- Fig. 3i. — Coupe du déversoir de Gaticn suivant son axe. Les cotes en pieds anglais.
- Fig. 32. — Plan d’ensemble du barrage de^Gatun.
- hauteur pouvant circuler sur des voies parallèles à l’axe de l’écluse. Chaque câble est desservi par un moteur électrique de 150 chevaux qui sert au déplacement de la benne. De plus, chaque pylône est muni d’un moteur de 37 chevaux permettant le déplacement du pylône sur les voies de roulement.
- Avec cette installation on met facilement en f oeuvre 1800 mètres cubes de béton par journée de 9 heures.
- Chantiers de l’écluse de Pedro-Miguel. —
- Pour la mise en place du béton de l’écluse de Pedro-Miguel on a employé une méthode toute différente.
- En amont de l’écluse et dans le fond du canal on a établi deux estacades de 10 mètres de hauteur
- entre elles. Sur chacune des volées de ces ponts roulants sont disposées des bennes commandées électriquement qui viennent puiser dans les approvisionnements de sable et de caillou des estacades les matériaux nécessaires à la fabrication du béton et les déversent dans les bétonnières installées dans le pylône servant de support au pont roulant. Le béton fabriqué est ensuite repris par des wagons qui l’amènent au-dessous d’une autre série de ponts roulants mobiles qui circulent sur des voies placées dans les sas et, au moyen de bennes, mues électriquement, le déposent à l’endroit voulu pour la construction des bajoyers.
- Tranchée de la Cule-bra. — La tranchée de
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- Fig. 34. — La jonction de l’Atlantique et du Pacifique. Une charge de 20 tonnes de dynamite fait sauter le dernier barrage, à Gamboa.
- la Culebra, qui franchit la chaîne des Cordillères entre Bas-Obispo et Pedro-Miguel, a une longueur de
- 12 kilomètres environ et sa profondeur, qui est très variable, atteint à Gold-flill un maximum de 94 mètres dans l’axe du canal. Le cube total à extraire est d’environ 95 millions de mètres cubes.
- La largeur au plafond du canal est de 91 m. 50 avec un tirant d’eau normal de
- 13 m.70. Apartir de ce plafond les talus delacunette sont prévus avec une inclinaison de 1 sur 10 jusqu’à 3 m. 05 au-dessus du plan d’eau. Ace point, de chaque côté du canal, est ménagée une berme de 12 m. 20 de largeur à partir de laquelle on prévoit pour letalus normal de la tranchée une inclinaison moyenne de 5 sur 2 sur une hauteur de 45 mètres. En ce point, se trouve une banquette de 15 mètres de largeur au-dessus de laquelle la pente du talus est prévue à 2 mètres de hauteur pour 1 debase.
- La tranchée de la Culebra est ouverte au travers d’une masse d’argile rouge sans consistance reposant sur une couche rocheuse fissurée et traversée par des couches de lignite et qui n’offre aucune consistance. Si, dans ces conditions, vient à creuser dans cette masse in stable une tranchée, l’équilibre se trouvera rompu et des éboulements pourront se produire. C’est précisément ce qui s’est produit dès le début des travaux sous la direction des ingénieurs français et ce qui se produit encore à l’heure actuelle et ce qui est la cause de difficultés sans nombre pour les ingénieurs américains. Le cube total supplémentaire à extraire par suite des éboulements dépasse 22 millions de mètres cubes.
- Les déblais de la tranchée de la Culebra sont extraits au moyen d’excavateurs à cuillère munis de poches d’une capacité de 1 mètre cube. Ces poches sont munies de griffes afin de pouvoir mordre dans les roches les plus dures et charger des blocs de rocher préalablement désagrégés à la dynamite. Cette désagrégation préalable se fait au moyen de trous de mine forés avec des perforatrices à air comprimé ali-
- Fig. 35. — Après Vexplosion. La première embarcation qui vogua sur les eaux des deux Océans.
- mentées par trois stations centrales installées entre Bas-Obispo et Pedro-Miguel.
- Les déblais provenant de la tranchée sont transportés à Gatun pour la construction des talus rocheux du barrage. Ils servent également à l’exécution des remblais de la déviation du chemin de fer de Panama dans les parties oùle tracé a dû être modifié pour éviter son inondation par le nouveau lac de Gatun. Le reste est mis en dépôt dans la plaine de Tavernilla sur le versant Atlantique et, sur le versant du Pacifique, à Miraflorès et à Balboa, à une distance moyenne de 15 à 20 kilomètres.
- Les wagons servant au transport des déblais d’une capacité de 3 à 15 mètres cubes sont, après avoir été chargés, groupés en trains qui sont conduits à la décharge. Ce déchargement se fait mécaniquement grâce à un dispositif qui permet de décharger en 10 minutes un train de 24 véhicules. 38000 mètres cubes de déblais sont ainsi amenés à la décharge par journée de huit heures.
- - Formes de radoub. — En vue de la ré-
- paration des navires transitant dans le canal une forme de radoub de grande dimension sera construite à Balboa. Elle aura une longueur de 305 m., une largeur de 33 m. 55 et un tirant d’eau sur les tins de 10 m. 67 au niveau moyen de la mer. Une autre forme de radoub, mais de plus petites dimensions, sera construite près de la première. Sa longueur sera de 106 m. 75, sa largeur de 21 m. 67 et son tirant d’eau de 4 m. 12 au niveau moyen de la mer. Sur le versant Atlantique on conservera la forme de radoub construite parla Compagnie française à Mount-Hope dont la longueur est de 91 m. 50, la largeur de 15 m. 25 et le tirant d’eau de 3 m. 96.
- Dépôts de charbon et de pétrole. — A Cristobal sera installé , un dépôt de charbon pouvant contenir 200 000 tonnes de charbon au minimum. A Balboa, près de la forme de radoub, se trouvera un autre dépôt pouvant contenir 100000 tonnes de charbon.
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- I)c plus, à Cristobal et à Balboa seront construits des réservoirs pour 40000 barils de pétrole. Des ateliers de réparation seront installés à Balboa.
- Prix de revient du canal. — Les dernières estimations, faites par les ingénieurs américains et approuvées par le Congrès, portent cà 1876 millions
- Si, tà ce total nous ajoutons les 70 millions pour les fortifications et les sommes dépensées antérieurement par les deux Compagnies françaises qui sont de 1479 millions de francs, nous arrivons au prix total de 5325 millions de francs, soit près de 41,5 millions de francs par kilomètre.
- Fig. 36. — Le débouché du canal de Panama. (Phot. Underwood et Underwood.)
- de francs la dépense à faire par le gouvernement américain pour l’achèvement du canal. Dans ce total, le barrage de Gatun entre pour la somme de 68 millions de francs, les écluses de Gatun pour 129 millions, la tranchée de Culebra pour 40 millions, les écluses de Pedro-Miguel pour 65 millions et celles de Miraflorès pour 99 millions ; les travaux sanitaires pour 100 millions, l’administration civile, l’indemnité à la nouvelle Compagnie française pour 200 millions.
- Comme comparaison nous rappellerons le prix de revient du canal de Suez, tout en faisant remarquer les moins grandes difficultés techniques de ce dernier. Le canal de Suez, dont la longueur est de 164 km, coûte à l’heure actuelle 670 millions de francs en y comprenant 255 millions dépensés depuis l'ouverture pour l’élargissement, l’approfondissement du chenal et autres travaux d’amélioration. Cette somme représente une dépense de 4,4 millions par kilomètre. R. Bonnin.
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- On a pu dire que le canal de Panama a été percé grâce aux médecins plus encore qu’aux ingénieurs. En effet, jusqu’au moment des travaux américains, la région de l’isthme était une des plus ' malsaines du globe, et la plus
- Fig-,37,.
- Le pétrolage des eaux stagnantes dans la région du canal.
- contrée par les Français avait été l’énorme mortalité des travailleurs. Sans aller jusqu’à dire qu'il y a un ouvrier enterré
- grande difficulté ren-
- sous chaque traverse du Panama Railroad, il faut bien; convenir que le personnel de la Compagnie française fut décimé par la malaria et surtout par la fièvre jaune ; les souvenirs de M. Forbin à ce sujet sont suffisamment éloquents, et'la statistique les confirme en établissant qu’un homme sur 15 mourait chaque année !
- Qu’est-ce donc que la fièvre jaune? Et comment les Américains ont-ils réussi à s’en débarrasser?
- Après une incubation de 2 à 4 jours, la fièvre jaune débute brusquement, violemment par un frisson suivi d’une élévation de température (39°,5-40°), puis la température s’abaisse progressivement pour redescendre en 3 ou 4 jours à 37°. Aussitôt après le frisson, surviennent des maux de tête intenses, des douleurs orbitaires, une lassitude générale, et surtout le coup (le barre, douleurs lomliaires afroces. Le
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- malade s’agite continuellement, la face tuméfiée, la peau scche, les yeux injectés, les gencives gonflées et saignantes, la langue blanche, le palais enflammé. Souvent aussi apparaissent des vomissements, le caractéristique vomitonegro.
- Fig. 38.
- La cause de la fièvre jaune, Stegomyia calopus.
- Le patient rend de la bile, puis des matières de plus en plus noires provenant des hémorragies stomacales. Vers le troisième jour de l’infection, la peau devient jaunâtre, puis se fonce jusqu’à une teinte acajou. La mort survient souvent pendant cette période. Parfois, vers le quatrième jour, la fièvre et les douleurs cessent; le malade se sent mieux et croit à sa guérison; celle-ci n’est pas impossible, mais fréquemment aussi, cette période de calme ne dure que quelques heures, deux jours au maximum, puis la fièvre, les vomissements reparaissent, la peau du malade fonce encore, et celui-ci, abattu, devient inconscient, tombe dans le coma, meurt.
- Tel est le tableau terrifiant de la fièvre jaune.
- D’où vient-elle? Quelle est sa cause? Comment expliquer sa contagion ?
- La fièvre jaune existe depuis fort longtemps. à Panama qui semble même être son foyer d’origine. Déjà, les troupes espagnoles de Christophe Colomb en furent éprouvées dès leur arrivée en Amérique. Elle fut propagée par les voyageurs aux Antilles, puis au Brésil et enfin au xvmR siècle sur la côte occidentale d’Afrique par les bateaux négriers, et depuis, elle est restée endémique dans ces pays. Mais beaucoup d’autre?5ont été atteints à diverses reprises. Des épidémies ont eu lieu fréquemment en Floride, dans les vallées du Mississipi et du Missouri, sur la côte Atlantique jusqu’au Canada, sur la côte Pacifique jusqu’à San-Francisco. New-York a été infecté continuellement de 1741 à 1860.
- Toutes les côtes de l’Amérique du Sud ont subi de multiples attaques.
- En Europe, la fièvre jaune a été maintes fois importée, mais heureusement sans s’y établir définitivement. Dès 1701, Cadix fut atteint de fièvre jaune, et de 1730 à 1830, 80000 personnes en moururent.
- En 1821, Barcelone eut 70 000 cas et 20000 décès; en 1804, Livourne 2000 cas et 711 décès.’ En France, Marseille reçut plusieurs fois des malades atteints de fièvre jaune sans que la maladie se propageât, et l’on n’en connaît que quelques cas, à Bordeaux et Rochefort en 1811, à Pauillac en 1880, à Saint-Nazaire en 1908.
- La fièvre jaune provient donc de Panama. Transportée un peu partout, elle ne s’est répandue que dans quelques pays, ne causant dans les autres que des épidémies plus ou moins graves, généralement de peu de durée.
- Depuis longtemps, on sait que la fièvre jaune est fréquente sur les côtes et dans les endroits marécageux, dans les pays chauds et humides, qu’elle se développe surtout dans les villes,- principalement dans les quartiers sales, sans distribution d’eau, et qu’elle frappe surtout les blancs et les mulâtres.
- A quoi est elle due? Pendant longtemps on a incriminé le sol, le climat, les miasmes, jusqu’à ce que, la bactériologie étant née, on l’ait attribuée à un microbe. Mais le microbe de la fièvre jaune est encore inconnu; il existe, mais il est si petit qu’il passe à travers les bougies des filtres et que le microscope ne le révèle pas.
- C’est au médecin cubain Finlay que l’on doit la connaissance du mode de transmission de la fièvre jaune : le microbe inconnu est inoculé par un moustique, le Stegomyia cahpas. Ainsi s’expliquent les particularités de la fièvre jaune : sa présence dans les endroits humides et chauds, sa répartition géographique, le fait qu’on l’évite en se protégeant la nuit des piqûres d’insectes. La belle découverte dé Finlay fut confirmée par les Américains Redd, Carrol, Agramonte, Lazear, par les Français Marchoux,
- Fig. 3g. — L'hôpital d’Ancon et ses palmiers royaux.
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- 42 . :---- LA FIEVRE JAUNE
- Salimbéni, Simond, par les Brésiliens Barreto, Bar-ros, Rodriguez. La fièvre jaune peut donc être vaincue.
- En attendant , la découverte possible d’un vaccin ou d’un sérum, on a déjà un moyen de combattre efficacement le fléau. Puisque là où vivent des Ste-gomyici, il y a crainte de fièvre jaune, il suffit de détruire les moustiques pour écarter tout danger.
- La découverte de Finlay s’était produite trop tard, pour que les Français en aient tiré parti à Panama. Même les Américains, au début de leurs travaux, ne songèrent pas à l’appliquer. Mais bientôt, ils se rendirent compte de son importance et engagèrent, énergiquement la lutte contre les moustiques et les maux qu’ils occasionnent : la fièvre jaune et la malaria.
- En mai 1905, ils organisèrent un service sanitaire sévère. Fonctionnaires, travailleurs, indigènes, tous durent se soumettre à une série de mesures efficaces. Tous les locaux furent désinfectés chaque quinzaine par des fumigations à l’acide sulfureux. Chaque habitant dut utiliser une moustiquaire intacte, non déchirée, sans aucune ouverture permettant le passage des moustiques. Panama fut divisée en 8 districts surveillés chacun par un médecin qui devait chaque jour visiter toutes les habitations et y ordonner toutes mesures sanitaires utiles dont il pouvait exiger l’application, ayant les pouvoirs d’un officier de police. Tous les travaux du canal furent, provisoirement arrêtés, et les hommes ainsi rendus disponibles, employés aux travaux de voirie. Les rues, véritables marécages pendant la saison des
- pluies, furent pavées de briques cuites imperméables ; des égouts furent partout construits; des canalisations d’eau de source furent substituées aux citernes et aux fontaines d’eau stagnante.
- Les résultats de ces mesures ne se firent pas attendre. En juin 1905, il y avait ü2 cas de fièvre jaune dans la région de l'isthme, en juillet 42, en août 27, en septembre 6, en octobre 5, en novembre 2, en décembre 1. En 1908, il n’y eut en tout qu’un seul cas de fièvre jaune à Colon, et depuis, on n’en a plus entendu parler. Le Stegomyia calo-pus est devenu une rareté presque introuvable.
- Dans toute la région du canal, les mêmes mesures furent prises. Toutes les eaux stagnantes furent drainées ; là où elles ne pouvaient l'être immédiatement, les prairies humides, les flaques d’eau furent recouvertes de pétrole ; tous les réservoirs d’eau furent couverts. Enfin, toutes les ouvertures des maisons d’habitation furent munies de toiles métalliques, plus efficaces et moins pénibles qu.e les moustiquaires. La création d'hôpitaux à Anconet à Colon, de dispensaires le long du canal complétèrent ces mesures.
- Et, grâce à cet effort intelligent, soutenu, systématique, la région de Panama, une des plus malsaines et des plus meurtrières du globe, est devenue aussi peu - dangereuse que nos pays d’Europe. Les dépenses faites pour ces mesures prophylactiques ont économisé nombre de vies humaines, ont permis le travail régulier, et ont certainement contribué pour une bonne part, la plus grande peut-être, au succès de l’œuvre américaine.
- René Merle.
- JuNorJ __
- ' Tropique du (anci rtrfia--- ------------------
- 5ÉNÉGAI
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- fontevid
- Fig. 40. — Régions à Stegomyia calopus où les épidémies de fièvre jaune sont à craindre.
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- --------------- --------------------------------------- 43
- LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES DE L’OUVERTURE DU CANAL
- ET LES INTÉRÊTS FRANÇAIS
- C’est à des points de vue très divers que l’ouverture du canal de Panama mérite de fixer l’attention de tous ceux qui suivent les transformations du monde contemporain. Nous nous proposons d’étudier ici les conséquences qu’aura nécessairement au point de vue économique la mise en contact des deux principales mers du Globe, en insistant sur le profit que nous-mêmes pourrons en retirer.
- C’est avant tout aux Etats-Unis que le percement de l’isthme sera avantageux. La construction du canal, disait Mac Kinley dans son message du mois de décembre 1898, nous est indispensable, et notre politique nationale exige qu’il soit dominé par nous.
- C’est en s’inspirant de cette pensée que le travail considérable qui élait encore nécessaire lorsqu’in-tervint, le 20 juin 1906, la décision du Sénat de Washington, a été rapidement achevé (*). Le canal est aujourd’hui la chose de l’Union, et il est établi sur un territoire dont l’Union s’est assuré la concession, qu’elle peut fortifier, et qui est soumis à sa juridiction.
- La dépense a été considérable, et on comprend que les économistes se posent la question de savoir si les milliards qui ont été nécessaires à son achèvement trouveront leur rémunération. Mais ce n’est là, aux yeux des Américains, qu’une question sëcon-daire. Les calculs auxquels on s’est livré auraient eu jadis plus d’utilité qu’ils n’en ont aujourd’hui. C’est la question d’intérêt national qui est prépondérante et les difficultés financières de l’heure présente paraissent peu de chose en comparaison des profits directs ou indirects sur lesquels on compte.
- Le premier avantage, celui qui frappe tout d’ahord, c’est la facilité avec laquelle les Etats de l’Est, où la vie industrielle est si intense, pourront correspondre par mer avec la côte du Pacifique. Les Etats de •l’Ouest vont prendre une grande importance : les grains, les bois, les matières premières qu’ils fournissent en abondance trouveront aisément de nouveaux marchés. L’ouverture du canal aura aussi pour conséquence un « rajustement » des tarifs de chemins de fer dans toute l’Amérique du Nord, dans le Dominion, comme dans les Etats-Unis.
- Nous deyons nous attendre, d’autre part, à de grands changements dans les rapports entre les deux Amériques. Le canal qui sépare l’Amérique du Nord de l’Amérique du Sud, doit être en réalité, ainsi que l’a fort bien dit M. Paul de Rousiers, considéré comme un « trait d’union » entre les deux parties du Nouveau Monde. New-York est maintenant singulièrement rapproché de l’Equateur, du Pérou, du Chili ; San-Erancisco et les ports du Pacifique vont nouer des relations avec le Brésil et l’Argentine. „
- 1. Yoy. à cet égard le livre de Sir John'Foster Fraser. Panama and what it means, London, 1.913.
- Le Panaméricanisme n’est sans doute encore qu’un rêve, mais le percement de l’isthme de Panama apparaît tout de même aux Américains comme un moyen de favoriser sa réalisation (1). Le président Wilson l’a dit nettement il y a quelques jours : les •États-Unis ne peuvent voir d’un œil indifférent les pays de l’Amérique du Sud mis en exploitation par des capitalistes européens. Il est bien certain en tout cas que les Américains pourront faire maintenant dans des conditions avantageuses des expéditions considérables de fonte, d’acier, de machines et aussi de pétrole et de charbon sur toute la côte américaine du Pacifique où le charbon est fort cher: on le paye jusqu’à 80 fr. la tonne! Ils pourront en retour se procurer dans de meilleures conditions les guanos du Pérou et les nitrates du Chili, si utiles pour fertiliser les plaines du Texas et de la Louisiane qui ont besoin d’engrais.
- Il est probable que les minerais de cuivre, d’argent, les produits forestiers, au lieu d’être échangés en Europe contre les fers, les huiles, les outils, les liqueurs, les vêtements, les articles de mode, viendront le plus possible, eu égard à la diminution de la distance, à Galveston ou à la Nouvelle-Orléans, à Philadelphie ou à New-York. L’évolution qui se prépare a pour les États-Unis une grande importance, car c’est l’Europe qui a eu jusqu’ici dans les républiques de l’Amérique méridionale, l’influence prépondérante. Elle est aussi près des ports de la côte ouest de l’Amérique du Sud que les ports atlantiques des Etats-Unis. De New-York à Callao par le détroit de Magellan, il y a 9613 milles ; de Plymouth à Callao, il y a 9750 milles. La différence est insignifiante. De New-York à Callao par Panama, il n’y aura plus que 3563 milles, tandis que de Plymouth la distance sera encore de 5860. Le port, déjà très important, de Galveston, qui a derrière lui un vaste hinterland, va prendre sans doute une énorme extension.
- Les Américains ont un autre désir. Us entendent jouer un rôle prépondérant, dans l’océan Pacifique. Cette question les préoccupe d’aütant plus que leur commerce avec la Chine, par suite de l’importance prise par le Japon, a diminué depuis quelques, années. Ils comptent profiter de l’ouverture du canal de Panama pour lui donner une impulsion décisive et ce n’est pas sans raison qu'on a célébré à San-Francisco la destruction du barrage de : Gamhoa, par des fêtes qui ont été comme le prélude de la grande exposition qui doit s’ouvrir en 1-915. Ils sont unanimes à penser que l’importance du Pacifique grandira au cours de ce xxe siècle qui
- 1. Y. II. A. Fried. Panamerica, 1910. — John Baiuiett. ThePanamerican Union, Washington, 1912. —Yoy. aussi le travail publié par la revue allemande Export, 25 septembre et 2 octobre 1913.
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- n’est encore qu’à ,son début et nous réserve sans doute quelques surprises.
- New-York est maintenant rapproché non seulement des divers archipels océaniens et de l’Australie, mais aussi de la Chine et du Japon; la distance de New-York à Yokohama est diminuée de 5700 milles. Pour Shanghaï, la diminution est de 1600 milles, de New-York à Sydney on gagne 5800 milles, de New-York à Melbourne on en gagne 2500. La diminution pour les ports de la Nouvelle-Zélande est de 5000 à 5500 milles.
- En dépit des efforts des Américains, l’Australasie est restée jusqu’ici principalement cliente de l’Angleterre. On espcre que cela va changer. New-York sera plus près de l’Australie que ne l’est la Grande-Bretagne. Il y aura une différence de 2424 milles à son profit. Et il y a bien des raisons de penser qu’un jour le commerce de l’Australasie se fera par Panama et se dirigera vers les Etats-Unis, de préférence à l’Angleterre. Or ce commerce va sans cesse en augmentant. Le commissaire américain, M. Emory Johnson, a calculé qu’il serait enl915 de 919000 tonneaux venant de Panama, et de 746000 venant de l’Australasie. Les chiffres deviendront en 1925 : 1 160000 tonneaux et 941000.
- Ce n’est pas tout. Beaucoup de navires venant du Pacifique à destination de l’Europe occidentale, n’ont pas un chargement complet. Les navires qui doublaient le cap Ilorn ou le détroit de Magellan vont dorénavant pouvoir prendre un fret complémentaire dans les ports américains du nord Atlantique. Et inversement les paquebots européens à destination du Pacifique trouveront avantage à relâcher dans les ports des Etats-Unis, spécialement à New-York, qui espère devenir, pour le plus grand profit des Américains, un port énorme de transbordement. On comprend que dès maintenant, les industriels aidés par les banquiers préparent une campagne d’exportation dans la direction du Pacifique. L’Extrême-Orient, on en a la preuve depuis quelques années, a pour eux une grande force d’attraction. Il faut s’attendre à les voir faire de nouveaux efforts pour concurrencer l’Europe dans des pays qui achètent beaucoup d'objets manufacturés et de produits métallurgiques. La soie du Japon va d’autre part arriver plus aisément aux Etats-Unis qui en font une grande consommation. Le rapprochement des deux pays développera des relations commerciales qui causeront certainement quelque préjudice aux marchés de Milan et de Lyon. Que d’espérances permet de concevoir cet immense empire chinois de 400 millions d’habitants ! Il possède de si grandes ressources ! Il y a là des mines à exploiter, des usines à fonder, des chemins de fer à construire. Que d’efforts tentants pour un peuple, comme le peuple américain, audacieux, entreprenant, bien outillé, doué au plus haut point du génie des affaires !
- Il va sans dire que les Américains ont aussi considéré les avantages que leur assure au point de vue militaire le percement de l’isthme. Quel avantage en
- effet, pour eux, de pouvoir concentrer rapidement leur flotte dans l’hypothèse d’un conflit, qui n’est pas impossible, avec le jeune rival asiatique, le Japon! C’est à ce conflit qu’a fait allusion le Président Roosevelt lorsqu’il a déclaré à Chicago, le 2 avril 1905, que le percement de l’isthme était « l’exploit matériel le plus important qui s’imposait à l’énergie de ses compatriotes ». Il ne peut manquer de favoriser la politique impérialiste des Etats-Unis. Nous devons nous attendre à voir ceux-ci accroître leur flotte. La doctrine de Monroe s’est tellement transformée qu’elle est devenue une application du principe d’intervention. Elle conduit les Etats-Unis à une politique « mondiale » inquiétante pour l’avenir. Les formules qui leur ont servi jadis à se défendre contre les ambitions de l’Europe leur servent aujourd’hui à la conquête de terres nouvelles : l’annexion des îles Philippines est très significative à cet égard(').
- Les Américains entendent donner un grand essor à leur marine, aux constructions navales beaucoup d’extension, et les chantiers où on applique de plus en plus le procédé de la fabrication en séries sont déjà remarquablement outillés. Le message du Président Taft du 24 août 1912 laisse entrevoir ce qu’on attend de l'ouverture du canal au point de vue du développement maritime des États-Unis.
- Si l’ouverture du canal de Panama doit surtout profiter aux Américains, die aura aussi pour d’autres peuples une certaine importance. Toute la vie maritime mondiale en ressentira le contre-coup. Comme le faisait justement remarquer le Dr Vauglian Cornish, expert maritime, dans une conférence qu’il faisait, le il juin dernier, à l’Institut colonial de Londres, le commerce suit le pavillon. Ce seront les nations les mieux outillées au point de vue des transports maritimes, qui feront dériver vers elles les nouveaux courants d’échanges. Il n’y aura pas une simple transposition vers Panama, des lignes commerciales qui passent par le cap Ilorn, ou le canal de Suez. L’activité éconorcrque sera modifiée par un raccourcissement des distances qui permettra l’adduction plus rapide, et par suite moins coûteuse, de nombreux produits d’Europe dans des régions où ils étaient vendus trop cher pour qu’on en pût faire une grande consommation. L’Amérique centrale devenant une contrée de transit prendra nécessairement aussi un grand développement. Les compagnies de navigation européennes inaugureront des services nouveaux, des soudures se feront entre les lignes de navigation d’Extrême-Orient et les lignes de l’Atlantique. Les Antilles anglaises, françaises, danoises, ne seront plus dans une sorte de cul-de-sac maritime. Elles pourront servir de base d’opération et de ravitaillement aux navires qui se
- î. Très significative aussi la politique des États-Unis vis-à-vis du Mexique. On veut briser Huerta comme on avait brisé Porfino Diaz. Yoy. aussi le récent ouvrage du Dr Bingham, professeur à l’Université de Yale : The Monroe Doclrin,an obsolète Shibbolëth.
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- rendront dans le Pacifique, et elles entreront plus largement dans les nouveaux courants de l’activité mondiale. Voici déjà les Anglais qui ont formé un syndicat pour la construction d’un grand port charbonnier dans la Jamaïque. Voici le prince Valdemar de Danemark qui s’occupe de créer une société au capital de 20 millions de couronnes pour aménager dans Pile de Saint-Thomas un port où pourront pénétrer des navires de 15 000 tonnes. Voici l’Allemagne, dont on connaît les ambitions coloniales, qui s’efforce d’obtenir un coin de terre à Haïti, pour y établir au moins un dépôt de charbon. Elle a même organisé des voyages d’étude pour examiner ce qui pourrait être fait.
- Il est impossible d’indiquer avec précision toutes les conséquences possibles du percement de l’isthme ; plusieurs des éléments de la concurrence qui s’établira entre le canal de Suez et celui de Panama sont encore imparfaitement connus. Ainsi, il est incontestable que les navires qui passeront par l'isthme de Suez pourront desservir plus d’escales que ceux qui passeront par Colon et Panama. La plupart des navires venus des ports européens à destination de l’Australie, préféreront sans doute la voie de Suez qui leur permettra de toucher à un grand nombre des stations importantes : Alexandrie, Aden, Bombay, Colombo, Madras, Singapour, Batavia, Saigon, Hong-Kong, Shanghaï, et sur ce parcours les steamers trouvent du charbon dans de bonnes conditions. Le canal de Suez, parce que canal à niveau, aura vraisemblablement une supériorité sur le canal à écluses de Panama(!).
- 1. M. Philippe Bunau Yardla croit qu'on arrivera forcément à créer un canal à niveau. Il pense que le trafic en 1933 ne sera pas inférieur, à 44 millions de tonnes, et il estime que, bien avant cette date, le canal actuel (qui n’est à ses yeux qu’une étape vers le canal définitif) sera inutilisable pour les gros navires.
- Mais les divers ports de l’Europe vont être singulièrement rapprochés de toute la côte occidentale de l’Amérique.
- Dans quelle mesure vont-ils développer leurs relations avec elle? On ne peut encore le dire. Seuls les voiliers qui viennent chercher le nitrate au Chili, et qui s’approvisionnent dans de petits ports mal outillés, trouveront avantage à doubler le cap Ilorn ou à passer par le détroit de Magellan.
- Et c’est ici que se pose la question du « passage » par le nouveau canal. On avait pu espérer, il y a quelques années, que les navires de toute nationalité seraient placés sur le même pied. Les espérances qu’avait fait naître le traité Hay-Pauncefote, du 18 novembre 1901, se sont maintenant évanouies. L’exemption des taxes de péage a été accordée par la loi du 15 août 1912 aux navires américains(1). Les protestations des nations européennes seront probablement inefficaces. On parle bien de suspendre l’application de l’article qui accorde aux navires américains l’exemption des droits de péage jusqu’au moment où le canal pourra vivre sans percevoir ces droits. Il ne faut voir là qu’un procédé plus habile que ne l’eùt été la révocation pure et simple de l’article accordant une exemption aux navires américains, mais le résultat sera le même car la suspension sera indéfinie!
- Si les avantages que nous pourrons retirer du percement de l’isthme de Panama sont minimes à côté de ceux qu’escomptent les Américains, nous ne devons pas oublier cependant que nous possédons dans le Pacifique méridional des îles qui ont une
- 1. Le Panama Canal Àct accorde le privilège d’exemption des droits de péage, non seulement aux navires de cabotage américain, mais aussi aux navires à long cours battant pavillon américain que leurs armateurs consentiraient à mettre à la disposition du gouvernement des États-Unis en temps de guerre.
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- Fig. 42. — Une rue à Colon en 1886. (Phot. M. Luuyt.)
- certaine importance. Ne pourraient-elles devenir une escale pour les lignes de navigation à destination de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande? L’ile de Tahiti est dans une situation géographique très avantageuse. Ni les possessions anglaises (îles Fidji), ni les possessions allemandes (îles Samoa) ne sont aussi bien placées, et aucune des îles de l’archipel de Cook (à 540 milles de Tahiti), n’offre de port ou de rade qui puissent abriter un transatlantique.
- Tahiti, qui est situé dans la région des vents alizés, possède une rade profonde, déjà fréquentée. C’est une île verdoyante et riche, qui peut devenir aisément un dépôt de produits variés et même un lieu de tourisme. Sans doute quelques travaux sont nécessaires, mais ils pourront être faits plus économiquement que partout ailleurs. Le rapport de la mission technique qui a été envoyé l’an dernier par le gouvernement français conclut nettement en faveur d’une amélioration du port de Papeete(:). Il fait remarquer que le déroutement des navires passant par Tahiti à destination de l’Australie, sera peu considérable ; il ne sera guère que de 200 milles pour les navires se dirigeant sur Sidney, et de 255 milles pour ceux qui se rendront à Auckland, et il sera compensé en partie par une navigation plus facile. Lorsque l’archipel des Tuamotu, que Bougainville avait appelé l’archipel dangereux, sera devenu plus familier aux marins, ceux-ci n’hésiteront pas à le traverser, et le déroutement sera réduit alors de 75 milles au moins. La substitution probable des huiles lourdes au charbon diminuera sans doute un jour l’intérêt d’un dépôt de charbon à Papeete, et il est probable que la plupart des lignes à destination de l’Australie continueront à prendre la roule de Suez; M. Jullidière croit cependant que la création de cé dépôt est nécessaire, il pense même qu’elle pourra devenir une entreprise rémunératrice, M. Douvry estime, de son côté,-que la plupart des
- 1. Ge rapport figure en Annexe m Journal officiel Au. 16 janvier 1913. Cf. le commentaire qui en a été donné par M. Froment Guieysse dans l'Océanie française, juin 1913, p. 462, et un article de France-Amérique, août 1913, p, 95.
- paquebots traversant le canal de Panama à destination du Pacifique feront escale à Tahiti. Ces navires auront intérêt à remplacer par du fret une partie du charbon dont ils auraient besoin s’ils devaient faire sans escale le long trajet qui sépare Panama de l’Australasie. 11 prouve même, et les chiffres qu’il produit sont significatifs, qu’une escale à Tahiti procurera aux armateurs de notables profits.
- Mais il importe, pour que Papeete puisse prendre une certaine importance, de faciliter l’approche de nos îles et de s’occuper de l’éclairage de la future route du Pacifique. Quatre phares ont déjà été prévus ; un éclairage, supprimant toute incertitude et tout danger, doit nous permettre d’organiser, à notre profit, la meilleure des routes traversant le Grand Océan. Après avoir éclairé les approches de Tahiti, il faudra faciliter l’entrée de la rade de Papeete; les dimensions actuelles de la passe sont insuffisantes ; elles doivent être portées à 150 m. et il faut lui donner une profondeur suffisante pour que tous les navires y pénètrent facilement. Il faut aussi que le dépôt de charbon soit pourvu d’un outillage moderne et que les quais soient modifiés de façon à permettre l’accostage aux plus grands navires. On s’occupe heureusement de ces questions et le ministre des colonies a ouvert un concours pour la construction d’un certain nombre de phares. La colonie de son côté a déjà, voté un crédit de 900 000 francs, dont 700 000 doivent être affectés aux travaux des phares, et 200 000 à l’installation d’un poste de télégraphie sans fil.
- Les dépenses de mise en état du port de Papeete et de scs approches, qui ne dépasseraient pas 7 millions, seront d’une grande utilité pour la mise en valeur de nos possessions polynésiennes qui sont quatre fois grandes comme la Martinique, et qui pourraient développer largement leurs ressources actuelles (café, coton, vanille) et même devenir des centres de peuplement. Nous sommes en droit de nous dire que, quels que puissent être les efforts des Anglais ou des Allemands en faveur de leurs propres colonies, le port de Papeete, si nous nous décidons à faire tous les travaux nécessaires, aura, grâce à sa situation géographique, chance d’êlre fréquenté par la plupart des paquebots à passagers et des paquebots mixtes à destination de l’Australie.
- Mais il ne faut pas que la nouvelle route profite uniquement aux navires des autres pays. Il faut naturellement que notre marine française en retire aussi quelques avantages.
- L’ouverture du canal de Panama attire l’attention du côté des Antilles. Nos vieilles colonies dont la situation n’est pas brillante pourront-elles profiter de l’œuvre qui vient de s’accomplir? Les
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- enquêtes qui ont élé faites à ce sujet, celle de la mission Jullidière en particulier, ne permettent pas de croire qu’elles tireront grand profit de l'ouverture du canal. Il faut bien reconnaître que les navires qui se dirigeront sur Panama n’auront guère de fret à prendre à la Martinique ou à la Guadeloupe, et il est peu probable qu’ils viennent y chercher du charbon. Les États-Unis se proposent, en effet, d’organiser à l’entrée et à la sortie du canal des dépôts où le charbon sera vendu à un prix maximum de 26 francs la tonne. Il coûterait forcément plus cher dans nos Antilles où d’ailleurs les dépenses de chargement sont très élevées. Gréer un parc à charbon dans nos Antilles, ce serait une dépense hors de proportion avec les profits qu’on en retirerait.
- On s’est demandé si des installations nouvelles en vue de la réparation des navires n’auraient pas quelque utilité. Ne conviendrait-il pas notamment d’agrandir la forme de Fort-de-France? La mission Jullidière s’est nettement prononcée pour la négative, et elle fournit, pour justifier son opinion, des raisons péremptoires. Il faudrait qu’une forme de radoub, pour être vraiment utile, eût les dimensions des écluses du canal de Panama, et c’est par dizaines de millions que se chiffrerait la dépense. Nous ne devons pas oublier, d’autre part, que les Américains s’occupent de construire un ouvrage de ce genre à l’extrémité du canal sur la côte du Pacifique. Enfin, il faut remarquer que la route directe de Bordeaux à Colon passe entre Haïti et Porto-Rico. Une escale à la Guadeloupe allongerait de 100 milles au moins.
- Ce n’est pas à dire qu’il n’y ait rien à faire pour accroître l’activité économique de nos Antilles. Il convient de prévoir le développement possible d’un trafic qui a depuis quelques années fait de sensibles progrès. (Les exportations ont doublé depuis dix ans.) Il faut améliorer le port de la Pointe-à-Pitre, draguer la partie de ce port qui est située devant l’appontement de la Compagnie transatlantique, créer un appontement d’accostage pour grands navires, et installer un poste de télégraphie sans fil. Il convient aussi de construire à Fort-de-France une digue de protection de la baie du carénage, d’augmenter la longueur des quais, de construire un phare et de faciliter l’accostage des navires de petite dimension et des chalands.
- Le percement de l’isthme de Panama duit attirer notre attention sur l’Amérique centrale et l’Amérique méridionale dont la prospérité et l’importance vont s’accroître. Nos produits français y jouissent d’une grande réputation. Leur qualité exceptionnelle leur permet de lutter victorieusement contre les produits similaires des autres,; pays, si la différence de prix n’est pas excessive. Pour certains articles, comme les vins de Champagne, lés vins fins, les cognacs, les articles de parfumerie, nous jouissons d’une sorte de monopole.
- Nous pourrons, de notre côté, recevoir dans des conditions plus avantageuses les produits de l’Équa-
- teur, du Pérou, de la Bolivie et du Chili, cacaos, sucres, nitrates de soude, etc. Le double transbordement qu’exigeait la route empruntant le chemin de fer de Panama à Colon était si coûteux, que le trafic avec l’Europe se faisait surtout à l’aide de voiliers contournant l’Amérique du Sud.
- Nous, devons profiter aussi de la prospérité croissante deces jeunes républiques du Centre-Amérique qu’on a comparées à des enfants turbulents et tapageurs. Il ne faut pas que les États-Unis accaparent tous les marchés qui vont se constituer et soient seuls à exploiter les grandes ressources naturelles de ces contrées. Le dernier rapport de notre chargé d’affaires, 31. Bnrré-Ponsignon, nous montre les progrès considérables qu’a faits depuis quelques années la jeune république de Panama. Elle a passé, au début de son exislence, par une période difficile, cherchant à s’instruire et à s’outiller. Depuis 5 ou 6 ans, elle a fait im gros effort, ses exportations ont triplé depuis 1906, la crise commerciale de 1908-1909 est déjà oubliée, la plupart des maisons de commerce font preuve d’activité, l’esprit d’initiative se développe et le marché s’élargit. La hausse des prix qui est très marquée en Amérique doit permettre à nos produits français, qui sont chers en général, de lutter plus aisément. Nous devons nous dire aussi que le Mexique sortira un jour de la phase difficile qu’il traverse en ce moment. Scs mines attireront les capitaux et les énergies qui sont nécessaires pour leur mise en valeur.
- Préoccupée des efforts considérables que font les Compagnies étrangères, notre Compagnie trans-
- Fig. 43. — Type de végétation sur les bords du canal. Cactus géant.
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- atlantique est décide'e à agir et à organiser de nouveaux services. Le gouvernement ferait oeuvre utile en lui promettant une subvention supplémentaire dans le but de l’indemniser des droits de passage qu’elle devra payer. Les Anglais et les Allemands se préparent à organiser de nouveaux services le long des côtes du Pacifique. Si nous ne faisons pas comme eux, nous laisserons échapper une clientèle prête à venir à nous et nous ne trouverons même plus rien à prendre à Colon. Notre intérêt national est en jeu, il faut que le pavillon français se montre dans ces pays de culture latine où la France recueille tant de sympathie. Cela est d’autant plus nécessaire qu’entre deux bateaux, de qualité égale, on préfère ordinairement le bateau français, où la cuisine est meilleure et où il y a plus de confort. Des navires français auront certainement du succès auprès des Péruviens, Boliviens, ou Chiliens
- qu’il ne l’est aujourd’hui. On ne peut savoir dans quelle mesure l’ouverture du canal de Panama agira sur le cours des frets. On a construit beaucoup de na\ires de toute sorte depuis quelques années. A moins d’une augmentation de trafic énorme, il y aura trop de navires en circulation dans le monde. Le cours des frets s’en ressentira forcément.
- La France peut en somme espérer recueillir dans une certaine mesure les fruits d’une entreprise qui aurait du rester française. Si nous ne pouvons, lorsqu’on prononce le nom de Panama, nous défendre d’un sentiment de tristesse, car il évoque le souvenir de bien des souffrances et de bien des ruines, nous avons pourtant le droit d’être fiers en pensant que celte oeuvre est due à notre initiative, en pensant que l’isthme de Panama a été percé grâce à nous, sinon par nous et pour nous. Oui, Panama deviendra comme Suez une voie internationale, cl nous devons
- Fig. 44. — Le Pérou (9000 tonneaux ; 6600 chevaux) de la Compagnie générale transallanlique, qui assure, par un service lû-mensuel, les relations entre la France et Colon. Cette compagnie étudie, actuellement, un projet de ligne utilisant le canal de Panama, de manière à desservir les ports
- américains du Nord et du Sud-Pacifique.
- disposés à venir en Europe et que Paris attire plus qu’aucune autre ville du monde (*).
- Mais pour pouvoir apprécier exactement les conséquences économiques du percement de l’isthme de Panama, il faudrait pouvoir connaître le trafic qui se fera par le canal, et ce trafic sera influencé par les tarifs et par l’importance des réductions auxquelles vont consentir les chemins de fer transcontinentaux. L'Isthmian Commission de 1901 a évalué le trafic à 6118755 tonnes pour 1901, et M. Emory Johnson a cru pouvoir fixer à 26 pour 100 P accroissement-dans la période 1910-1915, ce qui donnera pour 1915 un tonnage de 10 499 479 tonnes, et pour 1925 17 millions de tonnes environ. Mais bien des faits peuvent modifier ces chiffres. On ne sait encore dans quelle proportion le nombre des voiliers qui devront faire la dépense d’un remorquage onéreux diminuera. On ne peut savoir quelle influence exercera le prix du charbon qui sera bientôt moins cher dans les ports de l’Amérique du Sud
- 1. Voy. sur les mesures qu’il serait utile de prendre, Bulletin de la Fédération des industriels, juin 1915, p. 512.
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- chercher à y trouver quelques dédommagements aux millions qui ont été engloutis dans les boues du Rio-Chagres ou dans les tranchées de la Culebra.
- Panama sera un des grands chemins des siècles futurs et aura une action considérable sur la vie économique de l’humanité. Notre pays est, au point de vue géographique, bien placé sur la nouvelle ligne de circulation maritime qui entoure maintenant le globe, et qui rendra à la Méditerranée une partie de l’importance qu’elle avait perdue.
- Le percement de l’isthme de Panama doit nous déterminer à faire de nouveaux efforts, à perfectionner notre outillage, à améliorer nos moyens de transport, à nous répandre davantage dans le monde, à nous montrer plus souvent dans des régions où nous jouissons d’un grand prestige. La France se consolera des déboires qu’elle a éprouvés, si, dans les luttes nouvelles, auxquelles elle va être forcément mêlée, , elle parvient à reconquérir la situation à laquelle ses traditions séculaires, comme ses qualités nationales, lui permettent de prétendre.
- Georges Blondel,
- Professeur à l’École des Sciences Politiques.
- Le Gérant :-P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. 4
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- LA NATURE. — N° 2117.
- 20 DÉCEMBRE 1913.
- LE 5e SALON DE LA LOCOMOTION AÉRIENNE(1)
- Le public suit, avec un intérêt qui devient un peu anxieux, les nouveautés qui lui sont présentées à l’occasion de chaque manifestation de l’industrie aéronautique. Il a confusément l’impression, qui
- Or, au Salon actuel, il n’y en a plus un seul.
- Ce n’est pas à dire qu’on ne fasse aucune recherche chez nous. On en fait, et de fort intéressantes, c’est plutôt l’esprit de méthode qui y manque.
- Fig. i. — Le stand Morane-Saulnier.
- est fort juste, que les progrès réalisés dans la construction ont une allure un peu vagabonde; il n’aperçoit pas, et pour cause, de ligne de conduite, ni de programme d’améliorations méthodiques, qui président aux efforts de notre industrie. On en est toujours, en effet, aux essais impromptus , aux improvisations de toute sorte, et cela pourra paraître un danger, si nous n’oublions pas que des nations voisines ont au contraire apporté un soin extrême à n’avancer que très méthodiquement.
- Si l’on veut un exemple frappant, que l’on se rappelle la rapide fortune du type « Canard ». Un de nos constructeurs ayant mis sur pied un appareil de ce type, on vit de tous côtés s’envoler des nuées d’autres « Canards ».
- L Le Salon ferme ses portes le 25 décembre (au Grand-Palais des Champg-Élysiées).
- Les dirigeables. — La place qu’occupent dans ce Salon les dirigeables montre bien qu’en dépit d’une propagande assidue, ce n’est point décidément de leur côté que vont l’enthousiasme et l’espoir du
- public français-Un modèle réduit du Clément Bayarcl IV voisine avec quelque s photographies de VAstra XIV, construit pour l’amirauté britannique selon le système « trilobé » de l’ingénieur TorrèsQue-vedo. Ce système confère aux ballons souples quelques-unes des qualités des « rigides » et, en effet, tandis que jusqu’à présent (en mettant à part le minuscule Baby anglais), c’étaient les grands rigides Zeppelin, types Hansa ou Yictoria-Louise, qui avaient réalisé les plus grandes vitesses, nous voyons la Société Àstra étaler avec une légitime fierté un certificat officiel établissant que son engin a réalisé une vitesse de
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- 42' Année. — 1" Semestre.
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- LE 5e SALON DE LA LOCOMOTION AÉRIENNE
- Fig. 3. — Le stand Nieuport et le biplan Dünne.
- plus de 82 km à l’heure. Souhaitons que les prochains dirigeables français en fassent tous autant^).
- Quant à notre unique rigide, le Spiess, il n’est pas sorti de sa laborieuse période de mise au point, et la Société Zodiac se borne à exposer sa photographie.
- On a surtout regardé la nacelle, exposée en vraie grandeur, destinée à un prochain dirigeable Àstra à grande vitesse.
- Les aéroplanes. — L’année 1915 a été remplie par le bruit des performances accomplies par des pilotes de premier ordre, sur les monoplans Morane-Saulnier. Rappelons seulement la fantastique randonnée de Brindejonc des Moulinais à travers l’Europe, et la traversée plus prodigieuse encore de la Méditerranée par l’intrépide Garros. Si les pilotes de ces appareils se sont montrés hors de pair, les constructeurs ont droit également à des félicitations. Ils ont cherché du nouveau et l’ont trouvé dans un appareil dit monoplan parasol.
- Ce qui le caractérise, c’est l’élévation des ailes qui forment un véritable toit au-dessus de l’aviateur, dégageant entièrement son . champ visuel.
- Cet appareil est visible dans la ligure 1, à la partie gauche du stand.
- L’aérostable des frères Moreau a subi des modifications notables/
- Nous ne rappellerons pas le principe de cet appareil bien connu de nos lecteurs et qui s’est signalé tout particulièrement à l’attention par l’attribution qui lui a été faite par la Ligue aérienne du prix de stabilisation automatique Henri Bonnet ; on sait que la nacelle,, animée d’un mouvement pendulaire qui commande les dépla-
- i. Notre Fleurus, le dernier construit, n’atteint pas 60 kilomètres à l’heure.
- céments de la queue, pouvait être 'automatiquement bloquée en cas de rafale subite ou d’à-coups d’inertie, par l’action d’une palette combinée avec une massclotte; ce dispositif a été supprimé, et il n'y a plus qu’un double frein amortisseur constitué par deux tubes pneumatiques placés, l’un en avant, l’autre en arrière de la nacelle, et qui limitent avec douceur scs déplacements lorsqu’un choc tend à la projeter brusquement.
- En outre de cette modification apportée à l'agencement du mécanisme de stabilisation, l’appareil exposé en comporte deux autres qui sont immédiatement visibles ; d’abord le châssis d’atterrissage s’est augmenté d’un équipage de deux petites roues supplémentaires déportées très en avant des roues principales, et qui s’opposent au capotage lors des atterrissages.
- Ensuite, la voilure du nouvel aérostahlc (qui ne présente plus cette torsion qui, d’après les travaux du Dr Amans, fournit un sérieux appoint à la stabilité transversale), est d’une constitution très spéciale : formée uniquement de couches du vernis dit « émail-lite » appliquée sur un support d’étoffe très fine, elle est transparente; cette disposition a été adoptée dans le but de diminuer la visibilité de l’appareil. Utilisée sous cette forme, l’émaillite n’est plus un vernis, un accessoire, c’est une véritable plaque, de o mm 5 d’épaisseur, pesant environ 400 gr. par mètre carré, que l’on tend sur les nervures et les longerons qui forment le bâti intérieur des ailes, absolument comme on ferait d’une toile ordinaire.
- La résistance mécanique à la crevaison de ces plaques est remarquable.
- Seulement, tandis que la toile est opaque, la plaque émaillite transparente laisse apercevoir toute la membrure qu’elle recouvre, et permet de reconnaître immédiatement toute avarie qui a pu l’atteindre.
- Fig. 4 — L’hydroaéroplane Breguet,.
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- IV Autriche et l’Italie ont d’ailleurs précédé la France dans l’essai de ce nouveau procédé de construction.
- La maison Farman a composé son stand d’une manière intéressante, mais un peu paradoxale. On n’y trouve pas ses modèles classiques bien connus chez nous et répandus dans les armées étrangères, et par contre on y trouve un appareil d’étude, dont le châssis d’atterrissage est réduit à deux roues placées immédiatement sous l’aile inférieure du biplan, tandis quë le moteur et le fuselage ont été remontés jusqu’au plan de l’aile supérieure : disposition qui a pour but de remonter le centre de gravité par rapport aux ailes tout en le rapprochant du sol, ce qui, dans l’esprit des constructeurs, doit améliorer la stabilité et éviter les capotages à l’atterrissage solution un peu cavalière peut-être d’un problème
- Fig- à. — Le biplan Bristol.
- complexe. L’autre appareil exposé dans le stand est un avion marin de belle allure, type Maurice Farman.
- L’intérieur du fuselage des avions Farman est d’un confort séduisant ; on dirait une véritable petite automobile. Le passager est assis sur un siège capitonné ainsi que le pilote, et celui-ci, placé en avant, a devant lui, abrités du vent par un vaste capot et un pare-brise transparent, sa carte et ses instruments de contrôle. C’est donc bien le confort moderne... ou presque.
- Le biplan Dünne, que l’on voit dans le stand Nieuport (fig. 5), ne représente pas exactement le type d’appareil que le commandant Félix a si brillamment piloté au-dessus de Paris d’abord, puis en Anglè- V>V, terre ces derniers mois. Il en diffère par son châssis d’atterrissage : celui que l’on voit au ..Salon est articulé
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- en avant, de sorte que les roues peuvent s’effacer au choc du sol, et que l’appareil prend contact avec le terrain un peu à la façon d’un animal qui s’agenouille (la même conception a été également appliquée dans le châssis des nouveaux biplans Blériot).
- Pour le reste, on reconnaîtra la forme caractéristique en Y horizontal, de ce biplan si singulier. L’orientation des ailes vers l’arrière a dispensé l’inventeur de prévoir un empennage pour assurer la stabilité longitudinale. Quant à la stabilité dans le sens transversal, elle paraît remarquable en ce sens que l’appareil s’est montré rebelle aux glissements sur l’aile. Il n’en est pas de même, paraît-il, de la stabilité de route : l’appareil dérive sans cesse et avance en zigzags.
- Il n’y a au Salon que deux aéroplanes de marques étrangères, et ce sont des aéroplanes anglais : le Bristol et le F. A. B. Les Allemands se sont donc
- Les
- Fig. — Gnome 7 cyl. monosoupape. Gnome 200
- complètement abstenus, tandis que nous avions vu leurs appareils figurer dans les premières expositions.
- Le Bristol est un beau biplan dont la construction est remarquablement soignée. Il porte, sur le fuselage, un cylindre rotatif entouré de petites torpilles aériennes qu’il peut lancer une à une à la volonté du pilote, lequel fait usage d’un système de visée spécial.
- Le F. A. B. (lisez : Franco-British-Aviation) est un avion marin constitué, selon la formule appliquée d’abord dans le Donnet-Lévêque, par une véritable barque surmontée d’une voilure de biplan. Un dispositif curieux permet d’adapter sur cette coque de navire une paire de roues qui, déclanchées à volonté par le pilote et guidées par une coulisse, peuvent venir former, au-dessous de tout l’appareil, un châssis d’atterrissage ordinaire. En vol normal au-dessus de l’eau, ces roues « de secours » sont ramenées au niveau du plan porteur inférieur du biplan.
- L’hydroaéroplane Breguet présenté est de type acquis par le Ministère de la Marine à la suite du concours de Deauville. Son large flotteur central et
- son phare (celui-ci imposé par l’administration de la marine) lui donnent un aspect inusité. Le flotteur central, très important comme on peut le voir (fig. 4), est flanqué de deux flotteurs latéraux plus petits qui sont, comme lui, reliés élastiquement au bâti général de l’appareil. Ces flotteurs latéraux ne sont pas placés, comme ceux dits béquilles, aux extrémités de l’envergure : ils occupent une position moyenne qui les laisse tremper dans l’eau en permanence pendant la navigation en surface.
- Le monoplan Borel présente un nouvel essai de la singulière disposition appliquée naguère dans les torpilles Paulhan-Tatin : l’hélice est située à l’extrémité arrière de l’appareil (fig. 15).
- Deux appareils à incidence variable : le Paul Schmilt et le de Beer.
- Le premier est un biplan ; ses ailes forment un ensemble rigide qui pivote autour d’mfaxe horizontal, dont la position (près du plan supérieur) a été cal-
- chev. 18 cyl. Anzani 65 chev. 10 cyl.
- culée de telle sorte que la ligne selon laquelle s’exerce la poussée de Pair passe constamment par le centre de gravité, quelle que soit l’incidence. Le gouvernail de profondeur (il n’y a pas d’empennage fixe) se manœuvre indépendamment des ailes. L’appareil, qui a fait ses preuves, est acquis par l’armée.
- Le second, visible dans le stand Ratmanoff (fig. 12), est un monoplan dont les ailes peuvent tourner autour d’un longeron spécial. Le pilote commande par un seul levier tous les mouvements de chacune des deux ailes et du gouvernail de profondeur.
- Dans les deux appareils, le réglage de l’incidence des ailes se fait à volonté par deux commandes : l’une pour les grandes variations, l’autre pour les petites variations d’incidence. Par exemple, sur le Paul Schmitt, le pilote agit soit par un volant qui fait varier de 3 degrés à chaque tour l’incidence des ailes, soit par un autre volant dont chaque tour ne correspond qu’à 20 minutes.
- Le put die a retrouvé enfin des silhouettes qui lui sont familières : le rouge monoplan Rep, avec ses allures ramassées et sa construction robuste, le mo-
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- noplan Blériot classique, accompagné de monoplans blindés et de biplans.
- Signe des temps : plusieurs des appareils exposés portent cette alléchante enseigne : « Avec cet appareil on peut faire le looping. » On est charmant.
- Les moteurs. —• C’est dans le domaine des moteurs que l’industrie de l’aviation paraît avoir prouvé le plus d’activité. Quelques nouveautés sont présentées auxquelles on doit attribuer mieux qu’un regard, en raison du renom des constructeurs qui les exposent.
- Le moteur Gnome monosoupape. —- C’est un événement que l’introduction sur le marché d’un nouveau type de ce moteur Gnome qui a fourni depuis quatre ans une carrière si fertile en succès que son histoire semble étroitement liée à celle de l’aviation elle-même.
- Or, ce Salon nous montre un modèle modifié, dont l’on parlait depuis quelque temps et qui est maintenant prêt, paraît-il, à recevoir le baptême de l’air.
- cylindres, et inaccessibles. La solution nouvelle consiste à conserver la soupape d’échappement dans sa position ancienne (en la renforçant il est vrai : son épaisseur est portée à 6 mm au lieu de 2 et son ressort remplacé par un autre, sorte de « ressort de souricière » adopté déjà sur le Salmson), et à supprimer purement et simplement les soupapes d’admission. Quand les pistons sont à l’extrémité centrale de leur course, ils viennent découvrir des lumières d’admission qui mettent en communication le fond de leur cylindre avec l’essence qui remplit le carter.
- Cette essence; au lieu d’être, comme dans l’ancien moteur, fournie par un carburateur, est injectée par une petite pompe, et le centre du carter se trouve envahi par un mélange trop riche en essence pour s enflammer.
- Le piston va donc fournir sa course comme si de rien n’était, puis revenir en arrière, expulser les
- Les moteurs.
- Fig. 8. — Anzani, ioo cher. 14 cyl. Le Rhône, 100 cher. 11 cyl. Salmson, 200 cher. 14 cyl.
- Le perfectionnement introduit marque une étape dans l’évolution qui nous entraîne vers la suppression inlégrale des soupapes. La soupape est le cauchemar de ceux qui construisent les moteurs et de ceux qui les utilisent. Déjà des types de « sans soupapes » fort ingénieux ont été proposés et construits. Nous citerons le Esselbé, le Beck, etc. Aucun cependant ne s’est encore généralisé.
- C’est qu’en effet la difficulté semble considérable d’affranchir la construction de ces auxiliaires qui font payer si cher leurs services. Et c’est déjà beaucoup d’avoir pu, comme l’a fait la maison Gnome, réussir à supprimer du moins l’une des soupapes, celle de l’admission.
- Dans le moteur Gnome que nous connaissions jusqu’ici, chaque cylindre portait à son sommet une soupape d’échappement commandée, et c’étaient les pistons eux-mêmes que l’on avait percés de trous ou lumières qui portaient les soupapes d’admission : on conçoit combien les effets d’inertie formidables qui entrent en jeu dans la rotation du moteur rendent délicat le fonctionnement de ces organes entièrement livrés à eux-mêmes dans l’intérieur des
- gaz en sens inverse par l’orifice de la soupape d’échappement qui s’ouvre alors, et revenir vers le centre comme le veut le rythme du moteur à quatre temps ; mais ici intervient un nouvel artifice : pendant une partie de sa course de retour, la soupape d’échappement reste ouverte (fonctionnant alors comme soupape d’admission), laissant entrer l’air extérieur : le gaz carburé trop riche qui pénètre par les lumières du piston vient alors s’appauvrir à souhait en se mélangeant à cet air neuf, forme avec lui un mélange désormais inflammable; bien entendu, la soupape d’échappement se ferme enfin; et tout est prêt à recommencer dans le même ordre.
- Avant de quitter la description de ce moteur, signalons encore une innovation heureuse, quoique d’un autre ordre. Le type à 7 cylindres est marqué 75 chevaux et, nous assure-t-on, en donne effectivement plus de 80. C’est là une heureuse réaction contre l’habitude qu’avaient de plus en plus les constructeurs de moteurs, de majorer les puissances indiquées.
- Pour juger du progrès réalisé, on notera que les cylindres de ce 75-chevaux ne sont pas plus gros et
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- guère plus longs que ceux des 50-chevaux de l’ancien type.
- Une autre variante porte 9 cylindres, et fait 120 chevaux.
- Cet effort vers la simplicité et l’allégement nous amène à des'moteurs de' 1 kilogramme par cheval, chiffre fatidique qu’on eût à peine osé prévoir il y a 20 ans, alors que les-techniciens appelaient de tous leurs vœux le moteur de moins 5 kg par cheval qu’ils avaient reconnu nécessaire pour le vol humain.
- Le type de moteur Gnome, que nous connaissions jusqu’ici et que celui-ci semble appelé à remplacer, était déjà d’une légèreté remarquable (1 kg 5 par cheval). Mais on lui reprochait de consommer beaucoup d’essence et surtout d’huile de graissage, de
- De même, la consommation d’essence a été réduite, même dans la marche au ralenti.
- Cette marche au ralenti (jusqu’à 200 tours) s’obtient par une modification du jeu de la soupape d’échappement qui, fonctionnant alors d’une manière volontairement insuffisante, laisse une partie des gaz brûlés subsister dans la chambre d’explosion : ce réglage s’exécute très simplement à l’aide d’un volant placé à portée de la main du pilote. Le ralenti se produit d’une manière très progressive, et, une fois le régime lent établi, la consommation par cheval est plus faible qu’en régime normal.
- On juge de l’intérêt de cette souplesse quand on songe que le type Gnome actuellement employé, ne descend guère qu’à 800 tours. On se préoccupe
- Fig. g. — Bateaux glisseurs à hélices aériennes. Le stand Tellier.
- telle sorte que si l’on envisageait la charge complète constituée par le moteur et par ses approvisionnements pour un vol d’assez longue durée, on trouvait que des moteurs notablement plus lourds, mais aussi plus sobres, reprenaient l’avantage. A cet égard, encore de grands progrès ont été réalisés dans le monosoupape.
- La consommation d’huile a été considérablement diminuée par une meilleure répartition du graissage : tandis que dans le-Gnome normal, beaucoup d’huile était chassée directement, à travers les lumières des pistons, vers le fond des cylindres où la projetait la force centrifuge, on a, dans le monosoupape, prévu une bielle creuse; celle-ci amène au piston l’huile qui s’y arrête : ne passe de l’autre côté du piston que la fraction d’huile que ce piston lui-même entraîne par frottement sur les surfaces lubrifiées voisines du carter.
- d’ailleurs de lui adapter une variante du carburateur Zénith qui lui permette d’augmenter sa marge de variation : dans cette variante, le jet compensateur qui caractérise le carburateur ’Zénith a été disposé concentriquement au jet principal. •
- Le S. H. K, qui réalise lui aussi le poids fatidiqüc de 1 kilogramme par cheval, est 'un monosoupape) mais d’un tout autre genre que le nouveau Gnome : si la culasse de ses 7 cylindres porte bien une soupape unique, celle-ci assume le double rôle de soupape d’admission et de soupape, d’échappement; selon quelle s’élève ou s’abaisse, elle découvre soit un passage direct vers l’air extérieur: échappement, soit une lumière donnant accès dans le corps du piston : admission.
- La distribution est assurée ici par une came unique.
- Le moteur S. H. K. fait également du ralenti, jusqu’à près de 300 tours, mais ce n’est plus par
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- la soupape d’échappement que se fait le réglage : c’est son carburateur Avioto (système II. Lelarge) qui se charge, à mesure qu’on diminue l’admission des gaz, de régler automatiquement ce régime. Ce nouveau type de carburateur est donc remarquable par sa souplesse. Il l’est aussi par son économie. Il mérite une description (fîg. 10).
- Le cylindre qui surmonte l’ensemble est le niveau constant, dispositif classique, dont le nom indique suffisamment le rôle. L’essence, dont le niveau supérieur est- ainsi maintenu invariable, descend continuellement, du cylindre supérieur dans le corps même du carburateur; elle est alors conduite par un tuyau jusqu’à l’orifice appelé gicleur, au sortir duquel elle est pulvérisée par le courant d’air. Ce courant d’air entre par de larges ouvertures rectangulaires, obturées en partie, comme on le voit sur la figure, par des spires métalliques, disposition destinée à éteindre les retours de flamme (1).
- Une fois pulvérisée,l’essence pénètre dans l’ajutage d’admission et prend le chemin des cylindres. Mais un léger intervalle d’air est ménagé entre l’extrémité du gicleur et l’ajutage d’admission (appelé diffuseur) : dans ce petit espace l’essence jaillit, à l’abri des remous, d’un afflux tranquille, de telle sorte qu’elle s’étale en nappe : cette nappe, très mince, se présentant par sa tranche au courant d’air, est finalement pulvérisée et c’est dans cet état qu’elle entre dans le diffuseur.
- De .fait, la consommation d’essence au cheval-heure qu’on a pu réaliser avec ce carburateur, appliqué à un moteur d’aviation à refroidissement
- Fig. io. — Le carburateur Avioto (système Lelarge).
- Fig. ii. — Bateau glisseur Blèriot.
- par l’air, s’abaisse jusqu’à 280 grammes, ce qui ést un résultat remarquable. Quant à la souplesse, ce carburateur paraît marquer une étape, importante dans la technique de là marche au ralenti : on sait en effet que, jusqu’à, présent, c’est une chose fort délicate que de faire variër l’admission des gaz dans un moteur à explosion. Sir l’on n’y met pas des précautions quasi maternelles, lé moteur témoigne son mécontentement en- toussotant avec une insistance fâcheuse. e, : U
- On connaît le rotatif le Ifbône, différent au premier aspéct d’avec le Gnome, grâGe a ses tubulures d’admission très visibles (l’admission du Gnome se fait par l’inLérieur du carter) et par les doubles soupapes qui surplombent le fond sphérique des cylindres (fig. 8) ; ses dispositifs essentiels, les bielles des pistons visant exactement le centre du maneton, et deux cames Suffisant pour commander toutes les soupapes ; l’interchangeabilité précieuse de ses cylindres, son équilibrage, et par suite ses faibles vibrations. On se souvient enfin qu’il a bouclé la boucle avec Chevillard, et entraîné Gilbert sur' 980 kilomètres à travers l’Europe, de Paris à Put-tnitz, le 51 octobre dernier, à une vitesse de près de 200 kilomètres à l’heure, si bien que la coupe Pom-mery faillit lui échoir in extremis par le jeu d’un article de son règlement qui semblait, il y a trois ans, du domaine du fantastique.
- 1. Un essai officiel tout récent du Conservatoire national des Arts et Métiers a démontré l’efficacité de cette disposition. On a provoqué volontairement une cinquantaine de retours de flamme dans un moteur Gnome pourvu de ce carburateur : la flamme n’a jamais franchi la barrière des spires métalliques, tandis qu’elle jaillissait à l’extérieur "aVec un carburateur simple toile métallique.
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- Pour les grandes puissances, on cite toujours le Salmson (Can-lon-Unné), et, de plus en plus, l'Anzani, dont la construction a réalisé des progrès de bon augure.
- Le Salmson emploie le carburateur Zénith, qui va prochainement être essayé sur le Rhône.
- Pour en terminer à cette occasion avec les carburateurs, signalons le carburateur Ramon-dou, en usage sur le Breguet, et le carburateur Claudel, lequel se montre cette an- '
- née sous un nouvel aspect qui le prépare mieux à s’adapter aux moteurs d’aviation.
- Petit à petit, toutes les combinaisons se réalisent dans la construction des moteurs, dans le mouvement relatif des pistons et dés cylindres. . ;
- Le bon vieux moteur d’automobile qui monta sur les premiers avions actionnait des pistons, sans chercher malice, avec ses cylindres fixés, ce qui est conforme à la sagesse et aux traditions.
- Puis vint le Gnome, paradoxal, qui lança dans une rotation double et simtiltanée à la fois cylindres et pistons, lesquels d’ailleurs s’en accommodèrent à merveille. : : . 1
- Voici_ maintenant que l’Edelweiss, dont les états de service, il est vrai, sont - bien embryonnaires encore, nous représente une solution plus étrange encore : cette fois les pistons sont fixés en étoile autour d’un bâti circulaire, et ce sont les cylindres qui s’agitent d’un mouvement simplement alternatif (le moteur n’est pas rotatif).
- Les rôles sont donc décidément intervertis. On <voit les conséquences : le refroidissement, l’accessibilité des pièces (les bielles, attachées naturellement aux cylindres, se trou- ——«
- vent extérieures, ainsi que le vilebrequin) se présentent sous des aspects séduisants. Ce moteur a été essayé à Villacoublay, par le Dr Espanet, sur un monoplan Nieuport. * ,
- Un autre moteur exposé, le
- Fig. 12. — Le stand Ralmanoff et le de Beer.
- moteur E. J. C., va plus loin dans l’insolite : c’est, si l’on veut, un rotatif intégral, où tout est mobile, cylindres, pistons, vilebrequin; aucune pièce n’est fixe, D’autres stands consacrés aux gracieux aéroplages, aux beau-coitp moins gracieux camions transporteurs, aux voitures-treuil s pour cerfs-volants du capitaine Saconney, aux sections historiques ou purement scientifiques, aux accessoires tels que les phares à pétrole pour l’éclairage des aérodromes (stand Paris-Igni-cole) ont intéressé le public, mais c’est toujours vers les grands oiseaux qu’il se sentait attiré.
- Il s’est arrêté avec recueillement devant les vétérans des grandes épreuves — ou leurs modèles, — devant le monoplan Nieuport, d’Hélen et de la coupe Michelin, auréolé de la gloire de ses 20 000 kilomètres, devant les rapides monoplans Ponnier, grâce auxquels Emile Védrines serra de près le Deperdussin de Prévost à la coupe Gordon-Bennett.
- Il a constaté l’absence de quelques autres : les biplans Voisin, le stabilisateur automatique Doutre, qui n’ont pas, bien loin de là, disparu pour cela de l’industrie aéronautique, et à qui l’armée s’est largement adressée ces temps derniers.
- Tel fut ce Salon de 1915. Recueillons-nous maintenant en attendant celui de 1914 : tout fait prévoir que l’année qui va s’écouler sera, pour la construction française, décisive, et que la suprématie primitive de notre pays en matière d’aviation va s’y jouer définitive-
- ment.
- Fig. i3. IJhèlice arrière de l’aéroplane Borel.
- R. Chassériaud.
- 1. Cette question de l'éclairage pour la navigation aérienne nocturne, déjà avancée outre-Rliin, commence à être sérieusement envisagée chez nous. Une étude approfondie de la question vient d’être faite par SI. André Blondel, membre de l’Institut, dans la Technique aéronautique et dans Science et art de V Éclairage.
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- LES CAVERNES DE MORAVIE
- Au nord-est de Briinn, capitale de la Moravie (Autriche), une zone de calcaires dévoniens a été travaillée par les eaux souterraines si activement, qu’on
- de Hertod (1669), Nagel (qui, en mai 1748, par ordre de l’empereur François Ier, fit descendre notamment dans l’immense gouffre à ciel ouvert de
- Fig', r. — Le'grand gouffre de la grotte de Slonp.
- peut y admirer aujourd’hui une magnifique série de phénomènes du calcaire. C’est la région du Karst morave qui couvre plus de 100 km 9. Depuis plus de deux siècles et demi, elle a été l’objet de recherches scientifiques, particulièrement de la part
- la Mazocha profond de 158 m.). Wankel (1856 et suivantes), Mladek (1868), Martin Kriz, Koudelka (depuis 1881), Koritska, Trampler, etc., y avaient visité et décrit une centaine de gouffres et abîmes.
- Depuis l’année 1899, M. le Dr Karl Àbsolon,
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- LES CAVERNES DE MORAVIE
- conservateur du musée morave à Brünn, a repris, avec les nouveaux moyens (téléphone, bateau démontable, magnésium, etc.) de la technique moderne des explorations souterraines, l’investigation détaillée de ce sous-sol. Il a si considérablement accru les données scientifiques sur le Karst morave que cette région est aujourd’hui une des plus remarquables du monde pour la géographie souterraine; M. Absolon publie ses résultats dans un magnifique ouvrage, orné de grandes photographies, planches et coupes, dont le 1er volume est terminé (1). Malheureusement, cet ouvrage, le -plus beau qui ait été', jusqu’à présent, consacré aux cavernes, est écrit en langue tchèque, inaccessible par conséquent à la plupart des lecteurs. Aussi, l’auteur a-t-il eu l’excellente idée d’en publier tout récemment un excellent résumé illustré en allemand {-).
- L’ensemble des phénomènes du Karst morave peut se synthétiser comme suit :
- Dans les environs de la localité de Sloup, plusieurs vallées sont brusquement fermées par des escarpements au pied desquels les cours d’eau se perdent dans des cavernes ouvertes en gouffres. Jadis, ces eaux continuaient leur écoulement dans le prolongement de thalwegs aujourd’hui desséchés. A plusieurs kilomètres de distance, ces eàiiXirevoient le jour par diverses résurgences, dont la principale donne naissance à la rivière Punkwa. Les plateaux élevés de 150 à 200 m. au-dessus des thalwegs, sont criblés de dépressions, gouffres d’absorption ou
- 4. Kras Moravsky, par le Dr Absolon, in-4°, Prague, (Wiesner, édit.), 248 p. Prix : 46 francs. Nos figures en reproduisent quelques planches, mais en réduction.
- 2. Führer dur ch den Mâhrischen Karst,, insbesondere seine Grotten und Hohlen. Brünn, 4942, Carl Winiker.
- dolines d’effondrement dont la principale est la Mazocha. Grâce aux dernières recherches de M. Absolon, voici le résumé des connaissances actuelles sur ce réseau hydrographique souterrain.
- La grotte la plus étendue est celle de Sloup-Sosuvska, gigantesque ensemble de galeries ornées de belles concrétions, dômes, gouffres intérieurs et fragments de rivières souterraines, de 5 km de développement total. L’un des abîmes a 64 m. de profondeur. Pour atteindre l’étage inférieur, en 1908, il a fallu agrandir artificiellement l’orifice du plus grand gouffre. Le niveau normal des eaux est à 593 m. d’altitude, 40 m. plus haut que le fond de la Mazocha (voy. ci-après) distante de 4500 m. ; mais après les pluies, les siphonnements naturels élèvent beaucoup ce niveau. Les deux cours d’eau souterrains (600 m. en tout) rencontrés, dans les grottes jumelles de Sloup-Sosuvska, sont de toute évidence, une petite portion du réseau hydrographique souterrain venant ressortir à la Punkwa. Les deux grottes pratiquées aux dépens des fissures naturelles du calcaire présentent un remarquable parallélisme dans la direction principale dfe! leurs galeries Elles montrent aussi que les anciennes eaux extérieures y ont trouvé le moyen de s’enfouir de 60 à 70 mètres.
- AHolstein, au sud-est de Sloup, le torrent deBila-voda se perd dans les gouffres de la Rasovna en terrifiantes cascades après les pluies (fig. 4). Dès 1857, on y était descendu à 56 m. de profondeur. De 1899 à 1905, M. Absolon a dû y effectuer 18 expéditions pour y reconnaître le plan et la coupe reproduits (fig. 7 et 9) (1 km de galeries auxquelles on accède par deux abîmes). Les recherches, très dangereuses à cause de la rapidité avec laquelle
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- les eaux peuvent envahir la caverne, ne sont pas terminées.
- Sur les plateaux de la région, il s’est ouvert à diverses reprises des dépressions (dolines) sous l’action des eaux souterraines (notamment en 1854, 4882,-1902, etc.).
- Près d’Ostrov, dans la vallée sèche, à 2 km sud de là Rasovna, et 5 km nord-est de la Mazocha, la Kaiser-Hôhle présente cette particularité Curieuse de posséder deux entrées et de conduire à une série de plusieurs petits canaux ou lacs soupçonnés dès 1748, mais découverts en 1904, à 15-50 m. au-dessous du niveau de la surface (fig. 8).
- LeD1 Kriz avait pu déterminer le niveau du premier de ces lacs à l’altitude de 455 m., 100 m. plus bas que le fond de la Mazocha, mais 40 m. plus haut que les galeries de la Rasovna; c’est donc un affluent latéral du drainage souterrain et la négation absolue d’une nappe d’eau unique. La longueur totale des bassins est de 160 mètres.
- La Mazocha, un des plus-beaux gouffres du monde, mesure 158 m. 40 de profondeur, 281 m. de longueur et 126 m. de largeur à l’orifice; au fond : 150 m. sur 45. Son bord le plus élevé est à 489 m. d’altitude (fîg. 6). La première descente authentique est celle que Nagel fit exécuter en 1748, par des paysans de Sloup. L’étude détaillée en a été faite de 1900 à 1910, par M. Àbsolon et ses collaborateurs qui, à diverses reprises, ont passé plusieurs jours dans le fond. Ils avaient vainement cherché une issue praticable à l’homme aux deux petits lacs (bassins plutôt) qui en occupent le fond à 551 m. d’altitude. L’un d’eux n’a pas moins dé 15 m. 50 de profondeur. Ce sont encore deux témoins du drainage souterrain actuel. Mais deux
- petites grottes contre la paroi ouest du fond du gouffre, notamment la Kuchar-Hôhle, se présentaient comme d’anciens écoulements obstrués, dans la direction de la Punkwa.
- En 1904, M. Absolon prévoyait qu’une petite fissure pleine d’eau de la Kuchar-Hôhle devait communiquer avec la Punkwa. De forts courants d’air attestaient une prolongation vers l’ouest.
- Au sud de Sloup, l’Odes-Thal (vallée déserte) possède à diverses hauteurs 14 grottes à stalactites où des déblaiements feraient certainement découvrir tout un labyrinthe. Malgré un grand nombre d’essais, en bateau, on n’a pu pénétrer que de 80 m., dans 5 salles pleines d’eau de la Punkwa, la plus grande source de la Moravie, à 520 m. seulement, à vol d’oiseau, du fond de la Mazocha.
- Mais en 1909, 26 septembre et suivants, la réexploration de toute une série de cavités en a fait découvrir une du plus grand intérêt, à 18 m. plus haut que la sortie de la Punkwa et à une petite distance. La curieuse coupe schématique (fîg. 2 et 5) dressée par M. Absolon, montre comment cette Punkwa-Hôhle est une suite de siphonnements étranglés et d’expansions agrandies en salles aujourd’hui ornées de magnifiques concrétions. Elle révèle surtout un ancien cours d’eau souterrain allant de la Kuchar-Hôhle (au fond de la Mazocha) jusqu’à la vallée de la Punkwa. Il y a là un dispositif de réservoir de résurgence qui n’est pas sans analogie avec celui de la grotte de Lombrive, à Ussat, dans l’Ariège. Grâce à la libéralité du prince Salm (qui a donné plus de 126000 francs pour rendre accessibles les découvertes du Dr Absolon), cette grotte a été commodément aménagée pour les visiteurs et elle permet d’établir que le système de résurgence de la
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- Mazocha Punkwa comprend actuellement :
- 1° Le lit inférieur encore actif, siphonnant et long de 400 m. à vol d’oiseau, connu seulement sur 80 m. à la sortie ;
- 2° Un lit desséché à cascades et vases communicants (Punkwa-Hôhle ) qui est flanqué latéralement de :
- 3° Canaux intermédiaires entre celle-ci et la résurgence et servant de trop-plein temporaire aux crues souterraines après les pluies;
- 4° L’immense regard effondre' de la Mazocha ;
- 5° D’autres émissaires anciens mal connus plus haut situés dans les parois de la Mazocha (Herik-Hôhle). La distance entre le fond atteint dans,la Punkwa-Hôhle et la Kuchar-Hôhle n’était en 1909 que de 73 m. et la différence de niveau de 12 m. Les travaux de désob-
- struction entrepris en mai 1913, aux frais du prince Salm, réduisirent, en deux mois de déblais, cette distance à 25 m. en descendant précisément de 12 m. ; on se mit alors à déblayer une autre grotte (Bal-ken-Hohle) au fond de la Mazocha : on découvrit un réseau de galeries, au bout duquel on put entendre le bruit des travailleurs du côté Punkwa. À l’heure actuelle la jonction doit être opérée. Le point le plus élevé de la Punkwa-Hôhle est de 389 m.,37m. 60 au-dessus du lac inférieur de la Mazocha.
- Beaucoup d’autres cavernes environnantes témoignent que tout un labyrinthe de galeries à découvrir existe certainement entre lâ Mazocha et la vallée de la Punkwa. Celle-ci d’ailleurs ne paraît pas avoir achevé son œuvre de creusement souter-
- Fig. 4. — Cascade souterraine et lac au fond de la Rasovna.
- Fig. 5. — Katharin-Hôhle. Forêt de stalagmites.
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- rain, car, à peine sortie de sa grotte, elle se perd let 1884. Du 22 au 27 août 1904, Àbsolon, après de nouveau en terre sur 100 m. de longueur. avoir fait fermer les écluses de la vallée, y découvrit
- Fig. ù. — Intérieur - du gouffre de la Mazocha.
- À 5 km au sud de la Mazocha, la rivière de Jedownitz se perd dans un gouffre de 116 m. de profondeur. Wankcl y pénétra dès 1857; le D1' Kriz en atteignit très périlleusement le fond, le 2'8 juil-
- I une galerie terminée par un siphon, qui ne permit ! pas.de ressortir par la résurgence correspondante ; dans la vallée de Josephtal. On a pu y faire la 1 curieuse installation industrielle d'une turbine sou-
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- terraine utilisant la chute de l’eau, sur 87 m. 50 de hauteur. (Voy. La Nature, 11 janvier 1908, Informations, p. 42.)
- fUne dernière caverne digne de mention est la
- tions naturelles des plus belles cavernes d’Autriche.
- Le petit volume de M. Absolon se termine par un résumé de ce qui concerne l’homme paléolithique, la faune et la •flore souterraines en Moravie.
- P JL H N DE LB (Vallée de JiOLSTEJH)
- or'** /
- psr-J
- y. ^/NC J pale! galerie
- Echelle :
- ,/T ABSOLON S7MJX 1303
- Fig. 7.
- Kalharin-IIôhle, à l’issue du Diirres-Thal (vallée desséchée où l’on compte 64 grottes) à 2 km sud-ouest de la Mazocha. Dans une grande salle connue
- Le résultat d’ensemble de ces importantes recherches est le suivant :
- Il y a trois groupements d’eaux souterraines dans
- COUPE
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- L 'ENTRÉE
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- Fig. 8. — Kaiser-Hôhlc.
- depuis longtemps, l’agrandissement artificiel de petites fissures où passait un fort courant d’air fit découvrir, le 17 octobre 1909, une nouvelle salle magnifique de 114 m. de long, remplie des plus • admirables concrétions.
- . La forêt de stalagmites rivalise avec les décora-
- le Karst morave : Sloup-Mazocha-Punkvva, au nord, le plus important — Jedownitz-Kiritein, au milieu —L et le Ricka-Bach-Ochoz, le,plus petit, au sud.
- La Runkwa, type accompli de cours d’eau souterrain, est formée, au nord-est de la Mazocha, par la concentration des ruisseaux engloutis dans cette
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- LE BILLET DE BANQUE « PARLANT » -.-.-------63
- direction, entre Sloup et Ostrov. On ne connaît qu’une petite partie du labyrinthe creusé, approfondi, et abandonné dans ses parties supérieures par ces eaux toujours descendantes. La surface du sol ainsi minée peut être évaluée à 20 km2, dans une masse calcaire de 200 m. d’épaisseur moyenne.
- Enfin, Àbsolon a été amené à reconnaître que la théorie du Dr Grund sur la nappe de fond ou Grundwasser du Karst est inexacte en Moravie. Il a constaté, en effet, que les eaux de la grotte de Sloup, de la Rasovna, de la Kaiser Hôhle, sont à 40, 60 et 100 m. au-dessus du fond de la Mazocha. Et il
- rains entrecoupés de cascades et parfois allongés en bassins selon les accidents du sous-sol.
- Comme la même conclusion a été tirée des explorations récentes des grandes cavernes du Dachstein (Voy. La Nature, n° 2104, 20 septembre 1913), et comme, depuis 25 ans, mes propres recherches antérieures, parties des Causses de France pour s’étendre jusqu’aux Katavothres du Péloponnèse et à la Mammuth-Cave du Kentucky, n’ont cessé aussi d’accumuler les arguments matériels à l’encontre des théories allemandes de la Grundwasser, il est nécessaire — sous peine d’absurde entêtement —
- Gouffre et f\ryjEj\E Souterpaute
- vêla f{A50VNA
- OS /O 1 s po M
- PROf/L delà CALER/E MARIE u A. —
- V GOUFFRE
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- PR OPIL £N LONG DF LA galer/e/kpr/a/cipale^
- Fig. 9.
- conclut très justement que les différents embranchements constitutifs de la Mazocha sont exclusifs de l’existence de toute Grundwasser ; ils démontrent au contraire que l’eau circule dans des lits souter-
- que les géographes, géologues et ingénieurs renoncent définitivement à la conception, radicalement fausse, d’une nappe de fond à la base des formations calcaires. E.-A. Martel.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 décembre 1913.
- Éloge de M. Michel Lévy. — M. De Launay donne lecture d’un mémoire sur l’œuvre de M. Michel Lévy, le savant géologue, membre de l’Institut, mort il y a deux ans.
- Spectre d’arc des métaux. — M. Hamy décrit un appareil qu’il a imaginé pour produire le spectre d’arc des métaux à l’aide du courant alternatif. Cet appareil, d’un emploi facile, résout un problème dont la solution était depuis longtemps désirée par les spectroscopistes.
- La surface solaire en 1913. — M. Guillaume a continué à l’Observatoire de Lyon, pendant le 5e Iri-mestre 1913, ses observations de la surface du Soleil. Il constate que le nombre de taches s’est maintenu au minimum précédemment atteint il y a un an. Il signale que la prolongation d’une période de minimum a déjà
- — Présidence de M. Guyon.
- été notée en 1810. M. Baillaud ajoute que M. Flajolet, du même observatoire, a spécialement étudié les variations de la déclinaison de l’aiguille aimantée.
- Propriétés des sécrétions des glandes muqueuses des batraciens. — Mme Phisalix présente un nouveau travail sur les1 propriétés venimeuses et les propriétés vaccinantes des glandes muqueuses des batraciens et des poissons. La sécrétion muqueuse de la grenouille rousse, par exemple, devient vaccinante contre l’action des mucus toxiques et contre celle de la vipère aspic. Cette sécrétion chez d’autres espèces se montre venimeuse et immunisante (grenouille verte, salamandre terrestre, salamandre du Japon). '
- [A suivre.) Cil. DE VlLLEDEUIL.
- LE BILLET DE BANQUE « PARLANT »
- - Si bizarre que paraisse ce titre, il exprime une réalité : un inventeur propose un nouveau système de banknotes qui énonceront à haute et intelligible voix leur valeur respective, au grand désespoir des faussaires dont les coupables procédés seront dénoncés verbalement par leurs propres ouvrages ! .
- Le lecteur sérieux ne continuerait pas plus loin la lecture de cet article si nous ne nous hâtions d’indiquer que l’inventeur n’est pas un chevaucheur de chimères. M. A. E. Bawtree, ingénieur électro-chi-
- miste, est considéré en Angleterre comme la plus haute autorité en matière de billets de banque. 11 est la terreur des faussaires, et c’est à lui qu’ont recours financiers, banquiers, collectionneurs de timbres-poste pour découvrir faux' et contrefaçons.
- Au récent congrès de l’Association Britannique pour l’avancement des sciences, il lut un rapporl fort applaudi sur les procédés que devraient employer les banques d’Etat pour déjouer les entreprises des faussaires et rendre les billets de banque inimitables.
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- LE BILLET DE BANQUE « PARLANT »
- Membre de la Société Royale de Photographie, il prouva en septembre dernier que les timbres-poste des plus hautes valeurs fiscales pouvaient être aisément contrefaits ; il exposa en public un tableau de 56 timbres, les uns authentiques, les autres faux, et les meilleurs experts ne réussirent pas à distinguer les uns des autres.
- Après ce préambule, qui nous a paru indispensable, nous aborderons la description sommaire de la nouvelle invention de M. Bawtree.
- Comme l’expose le brevet anglais (n° 27, 765, A. D. 1910) dont nous possédons une copie, cette
- l’interventiorf d’une machine de construction fort simple, il est facile de reproduire, sur un ou plusieurs bords du papier destiné à devenir un billet de cinq livres, ces zigzags et ces courbes. Ainsi, tous les billets de cinq livres comportent une dentelure qui est le fac-similé du « record » phonographique de l’expression five pounds.
- Pour qu’on puisse entendre le billet authentique prononcer ces mots magiques, témoignage de son honnête fabrication, l’inventeur a imaginé deux appareils, sommairement décrits dans ses spécifications. L’un consiste en un gramophone très simplifié, dont le stylet suit les sinuosités du bord traité ; les sons déterminés sont émis assez haut pour que l’observateur les perçoive en conservant à ses oreilles deux tubes acoustiques, tandis qu’il fait glisser le papier entre deux plaques de métal. Dans l’autre appareil, l’expérimentateur souffle dans un tube, et l’air, en pénétrant dans la chambre sonore par les sinuosités des dentelures du
- En soufflant dans cet appareil on fait dire au billet sa valeur.
- invention porte sur deux points : la fabrication de billets de banque dont les bords seront dentelés d’une façon en apparence irrégulière, mais qui correspondra à des ondes sonores déterminées, et la construction de petits phonographes spéciaux qui permettront d’entendre les sons correspondants à ces ondes.
- En France, les billets ont des bords rectilignes. Mais il n’en est pas ainsi dans bien d’autres pays, en Angleterre, en Allemagne, en Amérique, oh les billets, imprimés sur du papier fabriqué à la main, ont des bords irréguliers, ce qui est causé par les bavures de la pulpe. On ne saurait, par exemple, trouver deux banknotes de la Banque d’Angleterre exactement semblables et superposables. M. Bawtree propose de « régulariser ces irrégularités » et d’en faire un nouvel obstacle à l’audace grandissante des faussaires.
- A l’aide d’un procédé de photogravure qu’il serait inutile de décrire ici, il obtient une matrice dont le bord, avec ses zigzags et ses courbes, représente exactement la ligne tracée par le stylet d’un phonographe auquel on a fait enregistrer, par exemple, les mots five pounds (cinq livres sterling). Avec
- Petit phonographe simplifié pour faire, parler le «(§>
- bord du billet, que l’on glisse entre deux feuilles métalliques, produit des bouffées dont la fréquence et l’intensité correspondent aux ondes sonores déterminées et reproduisent les mots voulus. Si le billet reste muet, c’est qu’il est contrefait !
- Enfin, M. Bawtree a encore simplifié son système en conseillant l’emploi de matrices métalliques reproduisant les dentelures d’un billet authentique. En les superposant à un billet douteux, il sera aisé de voir si ses dentelures correspondent exactement.
- En résumé, M. Bawtree propose, à l’aide d’un moyen aussi ingénieux que simple, de compliquer la tâche des contrefacteurs, maintenant surtout que les progrès de la photogravure leur fournissent les moyens d’imiter les banknotes à la perfection.
- Y. Fôrbix.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleürus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2118. ;..:.::.:......: ==: 27 DECEMBRE 1913.
- JOUETS MÉCANIQUES D’AUTREFOIS
- Nous nous extasions quelquefois sur l’ingéniosité d’un jouet mécanique aperçu à la vitrine d’un marchand et, par un rapprochement immédiat, notre esprit se complaît dans un légitime orgueil, devant les, merveilles de notre « siècle de progrès ».
- Et pourtant le xvme siècle, si fertile en chefs-d’œuvre artistiques, connut un artisan qui créa, de toutes pièces, des jouets qui atteignirent du premier coup à une perfection devant laquelle on doit encore s’incliner aujourd’hui.
- Fig. i. — La Musicienne telle qu’elle était au XVIIIe siècle.
- Je veux parler de Pierre Jaquet-Droz, communier du Locle et de la Chaux-de-Fonds, bourgeois de Valangin, qui sut donner à l’horlogerie une impulsion nouvelle, grâce à la division du travail qu’il organisa, et surtout grâce à son génie. Il naquit à la Chaux-de-Fonds, le 28 juillet 1721. Ses parents, cultivateurs aisés, ayant remarqué son intelligence, voulurent le faire entrer dans les ordres et l’envoyèrent,. à cet effet, à Bâle suivre des cours de théologie. A cette époque, sa sœur, ayant renoncé à l’industrie neuchateloise du temps, la dentelle, pour s’occuper d’horlogerie, le jeune théologien, qui avait suivi ces travaux avec beaucoup d’intérêt, abandonna ses livres et entreprit d’imiter sa sœur.
- 42' Année. — 1,r Semestre.
- Rapidement, il parvint à une habileté très grande et exécuta des pièces remarquables.
- Le pays était alors gouverné pour le compte du roi Frédéric II, par lord Keith, seigneur écossais, que l’on appelait Milord Maréchal. Or, un jour que celui-ci traversait le village des Ponts, le peintre émailleur Louis Benoît lui présenta Jaquet-Droz. Lord Keith, qui avait vécu à la cour d’Espagne, encouragea l’horloger à aller présenter ses pendules et ses automates au roi Ferdinand VI.
- Fig. 2. — La Musicienne telle qu’elle est actuellement.
- Mais Jaquet-Droz hésitait; marié à Marie-Anne, fille d’Abram Louis Sandoz-Gendre, lieutenant-civil de la Chaux-de-Fonds, ayant un fils, Henri-Louis, né le 13 octobre 1752, une fille, Charlotte, née en 1755, il avait vu mourir sa femme peu de temps après la naissance de cette fille. Enfin il se décida et se mit en route le 14 avril 1758.
- Voici la nomenclature des pièces qu’il présenta au roi à Madrid :
- En nègre qui, en frappant sur un gong, répond aux questions qu’on lui fait ; une pendule qui sonne lorsqu’on l’interroge (le mécanisme, très bien équilibré, se déclanche quand il est frappé par les ondes sonores) ; une horloge marchant très long-
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- 66 =i==z=::. JOUETS MÉCANIQUES D'AUTREFOIS
- temps sans être remontée et basée, dit-on, sur de la flûte ; à côté, se trouvent un agneau bêlant et l’inégale dilatation des métaux ; un orgue automa- un chien qui aboie en se tournant vers son maître.
- Fig. 3. — L’Écrivain. Fig. 4. — Vue du mécanisme intérieur de Vécrivain.
- tique; un chien veillant une corbeille de fruits et qui aboie quand on y
- touche et, enfin, une horloge dite : Le Berger, à grande sonnerie, carillon, équation du temps, quantième perpétuel, lever et coucher du soleil, apparition en leur temps des principales étoiles, signes du zodiaque, baromètres et automates. Au-dessous du cadran se trouve la reproduction d’une pièce de style Louis XV richement ciselée. Quand l’heure sonne, le carillon se fait entendre, puis l’écho. Une dame assise au balcon accompagne la musique du geste, prend de temps en temps une prise de tabac et s’incline quand on ouvre le verre
- Fig. 5. —• Trois lignes écrites en 1796.
- de l’horloge.
- Éeêe fïGch'ùli schoefte resoet}
- efta
- Fig. 6.— L’Amour conduit par un papillon.
- Un dessin original qu’exécute le dessinateur.
- tV côté, un amour tient
- sur son poing un oiseau qui chante. Au sommet de ! Fonds, emportait-il 2000 pistoles, une fortune à‘ la pendule, Jaquet-Droz a installé un berger jouant I l’époque.
- Au-dessous de ces figures, deux enfants se balancent : brusquement l’un d’eux se renverse pour faire tomber l’autre, puis se tourne du côté des spectateurs en montrant son compagnon du doigt.
- Malheureusement pour Jaquet-Droz, la reine, malade depuis quelque temps, mourait au mois d’août et le roi, souffrant lui-même, remettait l’audience promise de semaine en semaine.
- Enfin il fut reçu le 2 septembre et le roi prit grand plaisir à admirer toutes ses œuvres dont il acheta une partie. Le reste fut richement acquis par les seigneurs de la cour. Aussi, quand l’artiste reprit le chemin de la Chaux-de-
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- JOUETS MÉCANIQUES D’AUTREFOIS —.....:.. 67
- Une des pièces les plus curieuses qu’ait produites cet artiste est YEcrivain.
- Cette poupée, qui représente un enfant de deux ans assis devant une petite table, écrit ce qu’on veut, comme une véritable personne. Après avoir trempé sa plume dans l’encrier, il la secoue pour en chasser l’excès d’encre et se met au travail. Le mécanisme intérieur est des plus compliqués. Autour d’un disque vertical se trouvent autant d’encoches qu’il existe de lettres ou de signes. On glisse un taquet dans chacune des encoches correspondant à la lettre que l’on veut et le mouvement se trouve transmis à la main à l’aide de leviers et de joints à la cardan. Jacquet-Droz céda cette pièce à son fils moyennant la somme de 4800 livres.
- Le Dessina leur qu’il exécuta également présente beaucoup d’analogie avec VEcrivain et en a le même aspect extérieur. Il dessine, avec autant de facilité, un petit chien, puis écrit dessous : « mon toutou ».
- 11 exécute aussi les portraits de Louis XV, George III d'Angleterre,
- Louis XVI, Marie-Antoinette et un dessin curieux : l’Amour conduit par un papillon.
- On cite là-dessus une anecdote assez amusante.
- Jaquet-Droz présentait ses automates à Marie-Antoinette et il lui annonça que le dessinateur allait exécuter son portrait. Mais, dans son trouble, il le fit manœuvrer de travers et l’on vit apparaître sur le papier « Mon toutou ». Cela jeta, parait-il, un froid dans l’assistance.
- Leschot, l’associé de Jaquet-Droz, avait, à la suite de cela, été mis en rapport avec la famille royale ; aussi, on prétend qu’après l’évasion si discutée du Temple il aurait accueilli le jeune Dauphin, et son fils, Frédéric Leschot, se serait trouvé lié intimement à la vie de Naundorf, le présumé Louis XVII.
- La Joueuse de clavecin joue maintenant de l’harmonium, car à la suite de certaines péripéties on lui a retiré son instrument primitif et troqué son costume Louis XV contre un autre beaucoup moins seyant. Elle a cinq mélodies dans son répertoire et fut évaluée, dans l’inventaire de 1786, à 4800 livres, soit 2400 livres de moins que le dessinateur.
- La complète réussite de Jaquet-Droz l’avait engagé à passer en Angleterre oii le roi George III lui lit, dit-on, grand accueil.
- Il fonda à Londres, en 1775, une manufacture de pièces mécaniques et de montres qui trouva, chose curieuse, son écoulement en Chine. Il associa à son entreprise Maillardet,, et chargea des employés de
- sa maison de parcourir les Pays-Bas et la France avec ses automates. Parmi les pièces curieuses qu’il exécuta à Londres, il faut admirer une boite rectangulaire, d’or massif, richement émaillée et peinte. Si l’on appuie sur un bouton imperceptible, le couvercle s’ouvre et un petit oiseau se montre et bat des ailes.
- Puis il ouvre le bec et siffle un air ; il gazouille ferme et ouvre les yeux, enfin se couche dans la boîte et le couvercle se referme. Cette merveille est signée : « Jaquet-Droz et Leschot, London ».
- On a fait depuis bien des imitations d’oiseaux chantant qui n'égaleront jamais l’original.
- Il existe également une montre dont le cadran est entouré d’une couronne de perles et de rubis de l’Inde. Le bâti est orné de feuillages en or ciselé de diverses couleurs. Le fond de la boite est en émail flinqué et au centre, dans un cadre de perles, on voit une minuscule et ravissante ciselure d’ivoire.
- L’oiseau et cette montre font partie d’un ensemble de bijoux de grande valeur déposés au musée du Technicum du Loclc et appartiennent à M. James Favrc-Brandt, de Yokohama. Ils viennent du pillage du Palais d’Été en 1860.
- Que sont devenus les trois principaux automates depuis la mort de leur auteur jusqu’à nos jours?
- La tradition veut qu’ils soient restés un certain temps en Espagne. On dit qu’ils furent exhibés à Paris en 1825. Puis on les retrouve en 1850 à la Fleur-de-Lys, au Locle; c’est ensuite le silence pendant soixante années.
- En 1894, le musée neuchàtelois indique leur présence à Dresde, où ils sonL depuis fort longtemps, chez un mécanicien allemand nommé les avait achetés à
- Tous ces chefs-d’œuvre sont maintenant la propriété de la Société d’Archéologie du canton de Neuchâtel qui les a achetés à un collectionneur de Berlin, M. Cari Marîels, pour la somme de 75 000 francs.
- On voit que les automates, comme leur auteur, eurent une existence des plus mouvementées.
- Toutes ces merveilles sont heureusement arrivées jusqu’à nous sans être détériorées, ce qui nous permet de constater, de visu, l’habileté extraordinaire de ces arLisans du xvme siècle qui, avec des moyens rudimentaires, arrivèrent à des résultats véritablement surprenants.
- IlEMUQtiEZ-PmuaPE.
- ‘USi"’
- Fig. 7. — Horloge dite « Le Berger ».
- Martin. Le grand-père Martin
- dans la première partie du xixe siècle.
- Paris,
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- LA THÉORIE DES MUTATIONS ET LA PALÉONTOLOGIE
- L’évolution des Cérithidés.
- La théorie de l’évolution apparaît aujourd’hui à la plupart des naturalistes comme l’explication la plus facile des faits observés.
- Le désaccord, par contre, commence aussitôt qu’il
- Bassin
- du Hampshire
- Bassin de Paris
- Cotentin
- Loire-tnferieure
- C rarinodosunv
- C panatunv 1 C.eloriqcdun v
- Fig. i. — Tableau schématique de l’évolution du Campanile. (.D'après Boussac.)
- s’agit, soit de rechercher les causes, soit même, ce qui paraît cependant plus simple, de déterminer « l’allure » réelle de l’évolution. Il suffit de rappeler, et à titre d’exemple, en ce qui concerne les causes ou facteurs de l’évolution, que les théories de Darwin, celle notamment de la sélection naturelle, demeurent en pleine discussion, tantôt considérées comme entièrement satisfaisantes, tantôt non moins absolument rejetées.
- La théorie des « mutations »
- — dont les grands traits sont déjà connus de nos lecteurs!1)
- — a récemment occasionné beaucoup de discussions.
- La seule recherche raisonnable, à cet égard, est de voir s’il y a ou s’il n’y a pas de « mutations », et, s’il y en a, comment elles se font. Aussi peut-il être intéressant de signaler le travail qu’un paléontologiste, M. J. Boussac, vient de consacrer à l’évolution des Cérithidés d’un étage géologique du bassin de Paris (2).
- Les Cérithidés sont des mollusques gastéropodes marins, appartenant au groupe des Prosobranches,
- 1. La théorie des mutations, n° 18.55, 12 décembre 1908.
- 2. J. Boüssac. Essai sur l’évolution des Cérithidés dans le nummulitique du bassin de Paris. Annales Hebert, 1912.
- et dont on trouve encore des représentants dans les mers actuelles. Ils sont surtout d’une extrême abondance dans les terrains tertiaires, où ils offrent les tailles les plus variées et où leurs coquilles — que les figures ci-jointes dispensent de décrire — atteignent parfois des dimensions considérables, faites, semble-t-il, à dessein pour la joie des collectionneurs débutants.
- Lé but de l’auteur, au moment où il a commencé son étude, était d’ordre étroitement géologique : il se proposait * d’établir des parallélismes précis entre les Cérithes du bassin de Paris et ceux des régions avoisinantes, Belgique , Angleterre, Massif armoricain, de façon à permettre Lutilisation de ces fossiles comme points de repère stratigraphique. Pour cela, il ne fallait pas seulement se livrer à un catalogage et à des déterminations minutieuses, mais tenter
- d’établir la filiation réelle des types considérés. C’est ainsi qu’un travail sur l’évolution d’un groupe sortit du travail géologique projeté et, son intérêt propre croissant, finit par rejeter celui-ci au second Plan-
- Bien entendu, on ne saurait suivre ici pas à pas une telle étude généalogique. Comme tous les travaux qui portent sur les mollusques fossiles, elle s’appuie sur les changements observés dans l’orne-
- Bassin de Paris Cotentin Hampshire
- Lattorfien C.conc t tXDUJtb \
- Ludien J L
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- Bartonien - * - C Godirü- * - / '+
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- Lutétien C.ecl lino ides —var.
- jFig. 2. — La généalogie du rameau des Cerithium Echinoides. (D'après Boussac.)
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- LA THÉORIE DES MUTATIONS ET LA PALEONTOLOGIE
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- menlation de la coquille, filets et cordonnets longitudinaux, carènes, rangées de tubercules ou de den-ticules, côtes et nodosités, caractères de la paroi voisine de l’ouverture, etc. En analysant, comparant, et sériant ces caractères, on arrive à grouper les formes voisines et successives en petits arbres généalogiques ou phy'llums : telle est, par exemple (fîg. 5), la succession des formes du Cerithium Echinoides. En rapprochant ensuite ces rameaux élémentaires, on dégage, dans une certaine mesure, l’histoire 'de l’ensemble du groupe : ainsi, c’est en rapprochant les trois rameaux Gi ganteum, Cormicopiae, Parisiense, qu’est obtenu (fig. 1) le tableau schématique de l’évolution du genre Campanile, voisin des Gérithes ; et de même les conclusions sur l’évolution de ces derniers sont appuyées sur l’étude distincte d’une vingtaine de rameaux. Cela dit, voici ce qu’observe M. Boussac :
- Tout d’abord, il y a un certain nombre de cas où l’apparition de formes nouvelles se fait suivant ce processus lent, total, graduel, que nous pouvons appeler lamarclrien : c’est par une modification de Y ensemble des individus que l’espèce souche se trouve, à partir d’un moment donné, remplacée par l’espèce nouvelle. Ainsi, le Cérithe tricarinatum devient (en passant du « lutétien » à F « auver-sien ») l’espèce Crispiacensis, et celle-ci, d’étage en étage, se change d’abord en Arenularia (barto-nien), puis en Vouaslensis (ludien) (fig. A). En règle
- dues à des « lacunes de nos connaissances.... » Le cas de beaucoup le plus fréquent, et somme toute, sous la réserve des « exceptions » qu’on vient de voir, la règle, c’est la mutation brusque, du type de de Yries. Les types de ce genre sont reconnaissables à leur « stabilité », comme on dit aujourd’hui, ou, comme eût dit Cuvier, à leur « fixité ». Ils constituent ce que de Yries nomme des espèces
- Fig. 4.
- L’évolution lente du Tricarinatum. (.D’après Boussac.)
- générale, dans ces cas, la forme souche ne persiste pas, parallèlement, à côté de la forme fille : et cela se comprend puisqu’il s’agit d’un mouvement d’ensemble, et que c’est la forme mère qui est, si l’on ose dire, devenue elle-même la forme fille. Mais ce cas d’évolution lente n’est pas le plus fréquent : « C’est même presque l’exception » dit M. Boussac, qui n’en cite que quatre, et qui ajoute, au surplus, que ce ne sont peut-être que des « apparences »,
- Fig. 3. — Les Cerithes principaux de Ta généalogie des Cerithium Echinoides. (.D’après Boussac.)
- élémentaires, analogues aux petites espèces de Jordan : elles fluctuent toujours dans des limites distinctes et ne montrent pas avec le temps de changements lents et graduels. « Chacune d’elles—-écrit M. Boussac, ne faisant pas ici de théorie et résumant seulement ce qu’il a vu — peut donner latéralement une ou plusieurs variétés..., mais pendant toute la durée de son existence elle reste la même, et elle est aussi nettement différente des unités les plus proches à la fin qu’au début. On constate seulement qu’en vieillissant, les espèces perdent leur pouvoir évolutif et [= c’est-à-dire] ne peuvent plus donner naissance à aucune forme nouvelle. » Ainsi, dans le rameau phylétique du Cerithium echinoides, déjà cité, l’espèce echinoides présente des individus toujours identiques dans le lutétien, l’au-versien et le bartonien, comme l’espèce Pleuroto-moides reste identique pendant l’auversien et le bartonien, cette espèce étant cependant la descendante d’une variation de la précédente. Contrairement à ce qui se passait tout à l’heure, la mère et la fille, ou plutôt l’espèce mère et les espèces filles, car il y en a plusieurs, subsistent parallèlement et distinctes.
- La concordance avec les observations et les règles présentées par M. de Vries irait,-d’après M. Boussac, jusqu’à un détail très menu :
- a) L’apparition des nouvelles espèces élémentaires se fait brusquement, sans formes intermédiaires : ainsi, et entre autres, la forme rusticum (toujours dans le rameau Echinoides) apparaît d’un coup, nombreuse, et avec ses caractères définitifs ;
- b) L’apparition d’une nouvelle espèce élémentaire s’accompagne de l’apparition, en nombre restreint, d’individus provenant eux aussi de la forme souche
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- 70 ======= UN NOUVEAU TYPE DE NAVIRE DE GUERRE
- et qui sont comme des ébauches de la forme nouvelle, nés à côté d’elle, mais n’ayant pas abouti : on sait que suivant M. de Yriés, la mutation brusque se produit dans un état de « crise » ou d’ « affolement », au cours duquel apparaissent un certain nombre de variétés dont seulement une partie survivront en donnant une descendance ;
- c) La mutation semble, dans l’histoire d’une espèce, un phénomène périodique, et non pas un état permanent : ainsi l’espèce Echinoides est stable pendant tout le lutétien, puis elle « mute » à la limite de cet étage et de l’auversien (naissance du Pleurotomoides) et redevient stable pendant tout l’auversien, puis, à nouveau, mute au début du bartonien (naissance du Godini), reste stable pendant la suite du bartonien, et mute encore à la base du ludien (naissance du Rusticum).
- Ces constatations, on l’a vu, sont basées sur l’étude de rameaux distincts : elles 11e valent donc, primairement, que pour eux. La seconde partie du travail de M. Boussac est de montrer qu’elles valent aussi pour l’ensemble des Cérithes considérés. Ce n’est pas, selon lui, chaque rameau seulement, mais l’ensemble de la faune constituée par leur réunion qui a ses périodes de mutation — celles-ci relativement courtes, et séparées par des intervalles, relativement longs, de stabilité et de stérilité : tous les rameaux phylétiques de Cérithes, à ce qu’il montre, varient en même temps, de même que leurs intervalles de stabilité coïncident; en outre, les périodes de mutations des Cérithes se produisent toujours à la limite d’un étage géologique à l’autre. Gomme, d’autre part, et par là même, ces périodes de mutations des Cérithes coïncident avec les chan-
- gements généraux de la faune de la région, eux-mêmes reliés aux mouvements de faunes de toute l’Europe, tant continentale que méditerranéenne, ce serait, pense M. Boussac, à « des causes externes très générales » qu’il faudrait rattacher le « déclanchement » des mutations succédant à des « époques » stables....
- Il est inutile de souligner l’intérêt et la portée de ces observations, prudemment et savamment conduites.
- 11 serait vain d’ailleurs de leur accorder une valeur définitive qu’elles n’ont peut-être pas. Des objections sont possibles : par exemple, on peut se demander si les espèces nouvelles, apparues soi-disant par mutation, ne seraient pas simplement des formes produites au cours, d’une évolution lente, mais dans un autre domaine géographique, et dont la brusque apparition s’expliquerait par un changement de courants marins ; mais cette objection même, impressionnante pour une région dont l’étude géologique ne serait qu’ébauchée, paraît fort douteuse : il faudrait expliquer pourquoi ces courants n’apportent que des formes toutes voisines des espèces qui les ont précédées, si voisines qu’elles semblent leurs descendantes directes, et comment aussi les formes intermédiaires que supposerait leur formation lente auraient si totalement disparu, dans une région cependant extrêmement étudiée. Admettons simplement qu’il serait prématuré de faire trop fond sur le travail de M. Boussac en faveur de la théorie des mutations. Elle et lui n’ont, suivant le mot de Lamarck et d’Eschyle, qu’à s’en remettre au temps pour les justifier s’ils doivent Têlre.
- Jean-Paul Lafitte.
- UN NOUVEAU TYPE DE NAVIRE DE GUERRE
- Le cuirassé-torpilleur.
- Une des particularités du matériel naval moderne est qu’il se trouve perpétuellement en état d’évolution, qu’il s’agisse d’ailleurs de marine de guerre ou de marine marchande.
- On est pénétré de cette vérité quand on pense que le premier cuirassé La Gloire fut lancé en 1859 et qu’on étudie les incroyables transformations par lesquelles a passé ce type de navire pour arriver à celui que nous connaissons aujourd’hui et qui, évidemment, n’a lui, non plus, rien de définitif.
- J’ai signalé (n° 2100, Informations, du 25 août 1915) un projet de navire établi par l’éminent ingénieur en chef des constructions navales italiennes, M. Cuniberti, préconisant un bâtiment de
- combat, presque sous-marin, ou du moins affleurant l’eau, cuirassé dans sa partie supérieure et portant
- un armement uniquement composé de tubes lance-torpilles.
- Dans un article delà Revista Marittima (mai 1913), M. Cuniberti expose que la torpille automobile a vu son mécanisme se perfectionner de façon considérable depuis dix ans. On envisage, en effet, actuellement qu’elle peut être employée avec grandes chances de succès aux distances de 6 à 7000 m. Sa vitesse a prodigieusement augmenté, elle atteint 40 nœuds, et la charge d’explosif qu’elle porte lui donne une puissance formidable. Elle est donc devenue une arme très redoutable dont il est possible de tirer
- Tube lance-torpilles
- Tubes
- Fig. 1. — Coupe longitudinale du cuirassé-torpilleur.
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- tm parti considérable, tout différent de celui qui lui a été réservé jusqu’à présent.
- À cette arme nouvelle il faut un effort convenable. Une règle primordiale de la construction navale veut, en effet, qu’il y ait équilibre, sur un bâtiment de combat, entre les qualités offensives et défensives. Le canon étant jusqu’ici la seule arme envisagée, le cuirassé, son affût possédait cet état d’équilibre par la présence du blindage qui le couvrait. Il n’en était pas de même pour l’affût de la torpille. Celle-ci est portée par de petits bâtiments sans protection aucune, et il n’y a à leur bord aucune relation entre leur énorme puissance offensive et leurs qualités défensives qui sont nulles ou à peu près.
- M. Cuniberti estime que les grandes évolutions navales correspondent à une période de dix années.
- Fig. 2. — Cuirassement du navire.
- Assez drôlement, il compare cette évolution à celle qui se produit dans les modes féminines dans lesquelles un type primitif se modifie peu à peu jusqu’à l’exagération, jusqu’au moment où un changement radical balaie d’un seul coup toute la garde-robe.
- Cette évolution est sur le point,, ajoute-t-il, de se produire pour le cuirassé armé de seuls gros canons, qu’on a vu, en effet, apparaître il y a une dizaine d’années avec le Dreadnought. Donc M. Cuniberti entrevoit l’apparition du navire de combat tout torpilles (tutti siluri) pour remplacer le tout gros canons (ail big-guns) qui, dit-il, a fait son temps. Et de cette conception a découlé le projet de bâtiment décrit dans le n° 2100 de La Nature.
- Mais un autre ingénieur italien, M. Lorenzo d’Àdda, préconise une autre solution du problème posé par M. Cuniberti. Comme lui il admet, bien entendu, un armement uniquement composé de tubes lance-torpilles; mais, au lieu d’un navire presque sous-marin, il préconise un véritable cuirassé, très forte-
- ment protégé, puisqu’il le couvre d’un blindage de 40 cm à la flottaison, de 52 cm au-dessus, très rapide, 25 à 26 nœuds, portant dans un réduit 15 canons de 15 cm pour se défendre tout de même contre les torpilleurs ordinaires, et sous la flottai-
- Fig. 3. — Plan horizontal montrant la disposition de l’artillerie : i5 canons de i5 cm.
- son, à l’abri des obus, 20 tubes lance-torpilles répartis comme le montre le croquis ci-contre.
- Le déplacement de ce cuirassé-torpilleur, dont le Moniteur delà Flotte a reproduit les plans, serait de 10000 tonnes, la puissance de ses machines (turbines Parsons) de 52 000 chevaux, sa longueur de 151 m. Un navire ainsi conçu serait évidemment un adversaire redoutable. Sa vitesse lui permettrait de forcer au combat l’adversaire qu’il poursuivrait, son énorme cuirasse le mettrait à l’abri des coups les plus dangereux et une volée de ses puissantes torpilles, volée qu’il lui serait loisible de renouveler, finirait par avoir raison de l’ennemi, sinon en le détruisant, tout au moins en le mettant hors de combat.
- Certes, il ne faut point envisager les projets ébauchés par MM. Cuniberti et Lorenzo d’Adda comme comportant une réalisation imminente. Mais
- Fig. 4. — Plan horizontal montrant la disposition des 20 tubes lance-torpilles placés sous la flottaison.
- la haute compétence de leurs auteurs, la logique de raisonnement dont ils découlent ne permettent pas de les négliger. Il faut tout au moins y voir une indication très intéressante et c’est à ce titre que j’ai cru utile de signaler le cuirassé torpilleur aux lecteurs de La Nature. Sauvaihe Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- LES DERNIERS CÈDRES DU LIBAN
- Il n’existe guère dans le monde une essence plus célèbre que le cèdre du Liban. Ce nom seul évoque l’apogée de la puissance des Israélites, quand le roi Salomon demanda aux forêts du Liban les charpentes de son temple. Il a créé des légendes qui sont encore acceptées comme des articles de foi : telle, la touchante histoire du fameux cèdre de notre Jardin des Plantes rapporté dans son chapeau par le bon Bernard de Jussieu, et qu’il arrosa de sa ration d’eau durant une longue traversée, alors que l’illustrer botaniste avait tout simplement rapporté le jeune plant des environs de Londres, du Jardin de Ivew.
- Les amis des arbres apprendront avec peine que les cèdres du Liban acclimatés un peu partout en Europe sont beaucoup plus nombreux que ceux qui ornent encore de leur majestueuse ramure les montagnes syriennes. Comme le constate M. John D. Whiting, de Y American Colony de Jérusalem, qui a visité récemment la région et publié sur son voyage une très intéressante relation dans le National Géographie Magazine de Washington, les forêts du Liban ne sont plus qu’un souvenir. Les pentes de cette célèbre chaîne de montagnes sont presque entièrement dénudées. /
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- Il n’existe plus qu’un groupe compact de cèdres, situé sur les pentes du Djebal-el-Arz (Montagne des Cèdres), à une journée de marche du village de Bcherreh. Les arbres, au nombre de 400 environ, sont massés sur une petite colline à une altitude de 2105 m. au-dessus du niveau de la mer, en vue des neiges éternelles qui recouvrent la cime du Dahr-el-Kodib, le point culminant du massif.
- Le groupe est maintenant protégé par une muraille circulaire construite par les Maronites, et qui empêche les chèvres de dévorer les jeunes plants. Une petite chapelle s’élève au centre du parc, que
- Warwick Castle. On sait donc d’une façon certaine que ces plans importés sont vieux de huit cents ans.
- S’il fallait en croire les natifs, les géants du Djebal-el-Arz auraient l’âge que Bonaparte accordait aux Pyramides : quarante siècles! Comme M. Whi-ting causait avec le prêtre maronite, gardien du parc, et qu’il exprimait son admiration mais aussi le regret qu’il ressentait à constater qu’il restait si peu de cèdres, le brave homme déclara, gravement :
- « Il n’y en a jamais eu plus, depuis quatre
- . Fig. i. — Le dernier îlot de cèdres du
- les chrétiens indigènes révèrent et fréquentent comme un lieu de pèlerinage. Durant l’été, de nombreuses familles viennent y camper sous la lenle, et plus d’im membre des colonies étrangères de Tripoli et de Beyrouth le choisit comme villégiature, malgré l’absence de toute hôtellerie.
- Les arbres les plus vieux atteignent une hauteur de 27 m. environ, et le plus gros du nombre mesure à la base une circonférence de 15 m. 55. Il est imposible de déterminer leur âge, qui est certainement de plus de mille ans. Les Croisés, remplis d’admiration à la vue de ces géants, tentèrent d’acclimater leurs rejetons en Europe, et l’un d’eux, le comte de Warwick, planta sur ses domaines plusieurs cèdres qui sont encore la gloire du fameux parc de
- Liban, protégé par un mur de clôture.
- mille ans. L’histoire nous enseigne que la forêt n’a pas diminué d’un seul arbre depuis le déluge!
- — Cependant, protesta timidement le voyageur, Salomon tira de ces montagnes tout le bois de construction- qu’il lui fallut pour .édifier son temple et son palais. La forêt devait donc être beaucoup plus vaste! »
- La réponse du distingué interlocuteur démonta l’Américain :
- « C’est bien vrai que le roi Salomon tira de ces montagnes une grande quantité de bois, mais c’était bien longtemps avant le déluge ! »
- Et un pèlerin maronite qui assistait, plein d’une respectueuse admiration, à l’étalage de ces trésors d’érudition, apporta un argument plus décisif encore.
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- Désignant quelques cèdres hauts de 40 à 45 cm, il affirma :
- « Tenez, khciwadjal (seigneur). Ces petits arbres que vous voyez là! Eh bien, ils n’ont pas
- présence prouve que la chaîne était abondamment boisée dans les temps anciens. On se fera une idée de la façon dont la splendide forêt fut saccagée sous le règne de Salomon en relisant certains passages
- Fig. 2. — Au milieu des derniers cèdres du Liban.
- cessé de grandir depuis le temps du Christ! » D’après M. Whiting, on rencontre encore çà et là dans le Liban quelques bois de cèdres, mais leurs arbres ne peuvent se comparer, comme hauteur et comme grosseur, aux géants du Djebal-el-Arz, Leur
- du Livre des Rois. Sur la prière de son allié, Hiram, roi de Tyr, réunit une armée de 70000 bûcherons sidoniens qui, sous les ordres de 600 ingénieurs ou contremaîtres, abattirent les plus beaux arbres du' Liban. Y. Forbîn.
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- TRANSMISSIONS SOUS-MARINES DE FORCE MOTRICE
- Les quotidiens annonçaient, il y a quelque temps, l’installation prochaine de câbles sous-marins, destinés à transmettre la force motrice de l’intérieur de la Suède, à Helsingôr, en Danemark.
- Ce projet, du plus haut intérêt, n’est pas sans précédent. Trois transmissions sous-marines de force électrique fonctionnent depuis l’année dernière sur les côtes de la Baltique.
- lés à côté l’un de l’autre, les chevalets destinés à porter les tambours à câbles. Les extrémités des 4 câbles devant relier Stralsund à Dânholm, ont été fixées, après la pose des câbles, sur un troisième ponton ancré en pleine mer, sur lequel le montage des manchons a été effectué.
- Un vapeur transporta les pontons sur les lieux, et, en les remorquant, effectua le déroulement des
- i. L’atterrissage d’un câble au moyen de bateaux de pêche. — 2. Le déroulement d’un câble sur un ponton. — 3. Les tambours dérouleurs de câble.—- 4. Pose d’un câble dans sa tranchée.
- C’est tout d’abord le réseau alimentant l’ile de Rügen, il communique avec l’usine génératrice de Stralsund, par deux câbles à haute tension, posés à tràvers là baie de Stralsund, en passant par la pëtite île de Dânholm, alimentée également en courant. Chacun de ces deux câbles est, sur le parcours Stralsund-Dânholm, de 355 m., et entre Dânholm et Rügen, de 1550 m. de longueur; afin de faciliter la fabrication de ces dernières sections, on les a composées de deux câbles, respectivement de 750 et 600 m., réunis en pleine mer par des manchons à haute tension.
- Ces câbles ont été transportés sur 6 tambours par chemin de fer jusqu’à Stralsund, et de là, sur le bac, jusqu’à la grue tournante des chantiers royaux. On y avait monté, sur deux pontons instal-
- tambours. Les travaux de pose commencèrent sur la côte de Rügen et finirent à Dânholm. Ici et là, on avait, à cause du peu de fond, creusé une tranchée de 6 m. de largeur et de 1 m. de profondeur, s’avançant dans la mer jusqu’à environ 200 m. Sur la côte de Rügen, où la mer n’a que 2 m. de profondeur, le vapeur ne put amener les pontons que jusqu’à environ 150 m. du rivage; aussi cette section de 150 m., ainsi que le câble de 40 m. de longueur destiné à être installé sur terre, durent-ils être montés sur la côte escarpée d’environ.20 m. de hauteur, au moyen du cabestan installé à bord du vapeur et d’une aussière d’acier, passant sur une poulie établie sur le rivage.
- Les travaux d’installation, rendus extrêmement délicats par le temps orageux, ont duré 6 jours.
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- A PROPOS DU CANAL DE PANAMA
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- Les essais d’isolement faits immédiatement après ont donné de très bons résultats.
- Ces câbles à trois torons ont une section de cuivre de 5x55 mm9. Us sont isolés au papier imprégné et comportent une enveloppe de plomb et une armature en fds de fer ronds ; ils fonctionnent sous une tension de 15000 volts.
- En novembre 1912, on procéda à l’installation de deux câbles analogues, chacun de 450 mètres de longueur, entre le bac de Wittow et la péninsule du même nom, dans l’île de Rügen. Afin de faciliter le passage de ces lourds câbles sur le fond, en partie fort boueux, on dut les attacher à des bateaux de pêcheurs sur lesquels ils s’appuyaient successivement. Les bateaux étaient espacés de 25 mètres et les câbles y étaient fixés à chaque bord au moyen de cordages. Lorsjque les bouts de câbles furent enfin ancrés au rivage, on coupa les cordages et les câbles tombèrent à l’eau. L’installation était achevée.
- La troisième transmission sous-marine de force motrice est celle de l’usine génératrice de Lübeck, à
- travers le détroit de Fehmarn, à l’île du même nom. Tour installer les deux câbles à 11000 volts de 5 X 25 mm9, on avait disposé deux bouées sur la côte de Fehmarn. Un câble d’acier installé au préalable à travers le détroit d’environ 1 kilomètre de longueur, servait au halage de pontons portant à bord les câbles à haute tension.
- Après avoir transporté les câbles sur les pontons jusqu’à Fehmarn, on y amarra les deux bouts dans la maçonnerie de la sous-station, après quoi on hala le ponton, en tirant sur le cabestan de façon à dérouler les câbles à la vitesse de 50 à 40 mètres par minute. Les extrémités des câbles ainsi installés ayant été ensuite attachées aux pontons, on y prépara la réu-nionravec les deux autres sections. Après avoir solidement ancré le ponton, on procéda au déroulement des deux autres sections dont on avait au préalable transféré les bouts sur le ponton ancré, de la même façon que pour les premières. Le montage des deux manchons de connexion dura 2 jours eL 2 nuits. Dr. A. Gradenwitz.
- La jonction de deux tronçons de câble au moyen d'un manchon de connexion.
- A PROPOS DU CANAL DE PANAMA
- Notre numéro consacré au Canal de Panama nous a valu sur des points techniques particuliers de nombreuses demandes de renseignements complémentaires, de la part de lecteurs qu’ont vivement intéressés les formidables travaux menés à bien par les Etats-Unis.
- Il nous est impossible de revenir sur une question qui, pour être traitée en détail, exigerait plusieurs volumes.
- Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer ceux de nos lecteurs désireux de l’étudier plus à fond, au remarquable mémoire publié en mars-avril 1912, dans les Annales des Ponts et Chaussées, par M. A. Dumas, ingénieur des Arts et Manufactures, rédacteur en chef du Génie civil.
- Sous le titre : « Le Canal de Panama », M. Dumas qui, lui-même, a été ingénieur à Panama pendant la période française et y joua, comme nous l’avons dit, un rôle important, a écrit sur l’œuvre des ingénieurs américains, l’étude d’ensemble la plus complète qui ait été publiée en France. Elle est illustrée de très nombreux dessins techniques originaux qui en augmentent encore l’intérêt. Les plans et coupes,fig. 14, 17, 21, 26, 27,28, 51 et 52, qui illustrent notre article sur le Canal de Panama, ainsi que les principaux renseignements historiques et techniques, ont été extraits du travail de M. Dumas et nous devons l’autorisation de les reproduire à l’obligeance de l’auteur à qui nous sommes heureux de rendre ici hommage.
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- LE PLUS GRAND PONT DU MONDE
- Les villes de New-York et de New-Jersey sont séparées l’une de l’autre par l’Hudson, large en cet endroit de plus d’un kilomètre. Comme il n’existe pas de pont sur ce fleuve, les deux cités communiquent entre elles au moyen de ferry-boats transportant les voyageurs et les voitures, voire même les trains entiers de chemin de fer. Les inconvénients d’un tel système ne sont pas à démontrer.
- Afin de remédier à pareil état de choses éminemment préjudiciable à leurs intérêts et au développement de leurs réseaux, les compagnies du chemin de fer du New Haven et du Pennsylvania résolurent de construire, avec l’aide des deux Etats de New-York et de New-Jersey particulièrement intéressés dans la question, un pont suspendu reliant les deux rives et donnant passage à tout le trafic ainsi qu’aux lignes ferrées.
- Ce monument aura des dimensions fantastiques : la longueur totale de l’ouvrage sera, en y comprenant les viaducs d’approche, de 4850 mètres dont 2558 appartiendront au pont même.
- La travée principale aura une portée de 878 mètres. Les fondations des deux pylônes sur lesquels elle reposera seront à 7 mètres et demi au-dessus du niveau des hautes eaux et les pylônes eux-mêmes s’élèveront à 166 m. 25 au-dessus des basses eaux. Le pont sera suspendu à 52 mètres au-dessus du fleuve au moyen de deux fuseaux constitués par des membrures en forme de chaînettes et supportant le tablier par des montants verticaux. Au centre du monument, il y aura quatre voies, deux pour le chemin de fer souterrain et deux pour les trains. De chaque coté de ces voies centrales passera une chaussée large de 11 mètres destinée aux voitures et aux lignes de tramway de New-Jersey. Enfin, à l’extérieur de chacune de ces deux chaussées, il y aura un trottoir de 2 m. 50, et une ligne pour les trolleys de New-York. Toutes ces voies seront au même niveau, de sorte qu’en cas d’arrêt sur Lune ou l’autre des lignes de transport, le voyageur pourra facilement quitter le train ou le tram dans lequel il se trouvera et traverser le pont à. pied ou prendre un autre moyen de locomotion. La largeur totale de l’ouvrage sera de 62 mètres et la surface du tablier de la partie suspendue aura, par conséquent, plus de 9 hectares.
- Comparé à d’autres constructions de son genre, le pont de l’Hudson laisse loin tout ce qui a été fait jusqu’ici. Ceux qui en approchent le plus sont : le Wiesen Viaduct en Suisse dont l’ensemble mesure 5050 mètres environ, le pont de l’Ohio à Cairo (Illinois) long de 5220 mètres et le pont de la Tay (Ecosse) mesurant 5287 mètres.
- Les ingénieurs demandent 4 ans pour livrer à la circulation ce nouveau pont qui révolutionnera tout le commerce new-yorkais. Ils en évaluent le prix à la coquette somme de 210 millions.
- L. Kuextz.
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- LA QUESTION DE L’OR
- La question de l’or présente une acuité croissante, qui ne semble pas faite, du moins au premier abord, pour faciliter l’utopie de la paix universelle. Le moindre incident, tel qu’un mouvement gréviste au Transvaal, par lequel un équilibre difficilement maintenu se trouve un moment rompu, fait ressortir la gravité du problème et amène à peser les conséquences très diverses, économiques et sociales, que la raréfaction de l’or peut comporter. Ce problème, il est le suivant en deux mots. D’un côté, les besoins d’or mondiaux croissent dans une proportion énorme; de • l’autre, les gisements d’or connus s’épuisent vite sans qu’on en trouve de nouveaux. De ces deux premiers points, il en résulte un troisième, c’est que l’or, devenu plus rare, acquiert une valeur marchande plus forte : ce qui se traduit, en premier lieu, par la baisse des valeurs mobilières, avec lesquelles les liens du métal jaune sont particulièrement étroits, toutes les fois que les affaires représentées par ces valeurs ne tirent pas un bénéfice direct du loyer plus fort attribué au numéraire. Je voudrais successivement examiner ces trois points, que j’ai eu déjà plus d’une fois l’occasion de traiter précédemment (J), afin de montrer quels faits nouveaux sont venus influencer, dans un'sens prévu, une évolution à peu près fatale.
- Et d’abord, les besoins d’or augmentent énormément pour deux causes en partie solidaires : parce qu’on consomme de plus en plus d’or pour les emplois industriels (bijoux, montres, etc.), qui, on l’oublie trop souvent, absorbent régulièrement 25 à 50 pour 100 de la production; ensuite, parce qu’on frappe de plus en plus de monnaie d’or, à titre de gage métallique et d’instrument de circulation international.
- L’un et l’autre de ces faits sont la conséquence de cette unification dans les formes extérieures de vie, de cette interpénétration croissante entre les races jusqu’alors les plus distinctes, qui est une des caractéristiques les plus essentielles de notre temps. Des peuples entiers, composés de centaines de millions d’hommes, s’adaptent aux habitudes de vie européenne, prennent nos besoins de luxe et de confort, empruntent momentanément chez nous les moyens nécessaires à leur transformation. Tout cela se paye avec la seule monnaie internationale que l’on ait encore trouvée, avec l’or. L’étalon d’or est successivement adopté par tous les pays. Tous les pays, amenés à emprunter des capitaux au dehors, sont conduits à se créer des ressources en or pour payer les intérêts. Et ce ne sont pas seulement les nations, ce sont tous les emprunteurs quelconques, pour lesquels l’or représente un gage nécessaire. Tout le papier qui circule sous la forme de valeurs mobilières, de billets de banque, de chèques, de lettres de change, d’effets de commerce, constitue autant de promesses de payer en or à une échéance déterminée. C’est, en somme, le stock d’or mondial qui forme la base nécessaire de toute la circulation fiduciaire et qui assure les échanges de' toutes, les valeurs mobilières. L’accroissement considérable de cette richesse mobilière dans le monde a donc, pour contre-partie, des besoins d’or de plus en plus grands.
- Sans doute, le monde n’a aucun besoin d’avoir une
- 1. Notamment dans mes ouvrages : L'or clans le monde (Armand Colin); La . conquête minérale (Flammarion) et, récemment, au tome 3 de mes Gîtes minéraux et métallifères, p. 465 à 485. 1 - •
- richesse en or égale ni même assimilable à sa richesse mobilière, gagée, d’autre part, sur toute une immense fortune immobilière. C’est précisément un des grands avantages des instruments d’échange fiduciaires, qui tendent à se développer, d’éviter des maniements de numéraire inutiles. Ainsi, dans la période décennale de 1902 à 1912, le stock des monnaies d’or a augmenté de 14 milliards, tandis que le crédit-papier (billets de banque, valeurs mobilières, effets de commerce) augmentait de 525 à 550 milliards. Avec le temps, cette disproportion doit tendre à s’accroître, parce que, les placements étant répartis de plus en plus sur l’ensemble de la terre, il devient de moins en moins vraisemblable qu’une crise universelle détermine à la fois tous les porteurs de papier à réclamer de l’or. Mais, par contre, le monde entier devient de plus en plus solidaire d’une crise partielle qui affecte un pays localisé et les crises, en s’atténuant, deviennent plus fréquentes, parce qu’en cas de besoin, un pays ainsi éprouvé est amené à demander l’aide financière de tous les autres.
- Ainsi les besoins d’or mondiaux s’accroissent aujourd’hui très vite, et on ne voit pas de terme prochain à cette situation, étant donnée l’immensité des régions qui restent encore à mettre en valeur et vers lesquelles les hommes de notre époque se précipitent en tous sens. On ne saurait plus songer à la solution bâtarde d’un second étalon monétaire qui a servi autrefois. Outre l’impossibilité de maintenir entre ces deux métaux une relation fixe et universelle, le platine est beaucoup trop rare et trop près de son épuisement; l’argent est de trop faible valeur par rapport à l’or pour pouvoir être autre chose qu’un appoint. Le développement du crédit-papier (chèques, etc.) facilitera les choses pour l’usage intérieur d’un pays; mais, pour l’emploi international, il exigera longtemps encore lui-même un gage métallique très important.
- Or, et c’est le second point à mettre en balance, les gisements d’or qui ont donné lieu depuis vingt ans à une production colossale s’épuisent maintenant et cela d’autant plus vite que les besoins précédemment indiqués conduisent à une exploitation intensive. En trente ans, de 1880 à 1910, la production d’or annuelle est devenue quatre fois et demie plus forte. En 1890, le monde ne produisait encore que 615 millions; en 1912, il en a produit 2476 millions. Sur ces 2,5 milliards, le Transvaal à lui seul fournit aujourd’hui 976 millions, soit 59,4 du total, tandis que la production du reste du monde a baissé de 1588 millions en 1909, à 1500 millions en 1912. C’est là surtout le point capital qu’il faut retenir. En attendant quelque grande trouvaille toujours possible dans les pays neufs, le monde entier devient de plus en plus dépendant de ce tout petit coin aurifère du Wihvatersrand, tandis que, partout ailleurs, aux États-Unis, en Australasie, au Canada même, les découvertes nouvelles ne compensent déjà plus l’épuisement des gisements anciens. Il me sera permis de rappeler que j’ai, depuis longtemps, annoncé ce phénomène, à un moment où cette prophétie semblait avoir quelque chose de paradoxal, en montrant que, si l’or provient originellement de la profondeur du globe, ses fortes concentrations locales, sur lesquelles on a vécu jusqu’ici, les placers, puis les affleurements de filons constituaient une richesse tout à fait superficielle et éphémère. L’or, est toujours venu des confins de la
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- civilisation, et la civilisation existera bientôt partout. Il n’y a pas d’illusion à se faire sur la résurrection momentanée de vieux pays aurifères, où, par des procédés plus perfectionnés, on arrive à reprendre des gisements réputés finis. Cette ressource-là, nous l’aurons encore longtemps; mais elle est de très second ordre. Assurément, il existe d’immenses masses de minerais d’or à teneur aujourd’hui trop faible pour être utilisable et qui, demain, entreront en jeu, surtout si le prix de l’or s’élève sensiblement. D’une façon absolue, il y aura toujours de l’or à extraire, ne fût-ce que dans les mers. Mais cet or coûtera de plus en plus cher, et c’est l’affirmation de cette loi géologique qui seule nous importe.
- A cet égard, le monde entier, par le fait qu’il est devenu étroitement solidaire du Transvaal, souffre aujourd’hui encore de la malheureuse guerre anglo-boer qui a ruiné financièrement le crédit de ce pays, en même temps qu’elle provoquait, dans toute la politique anglaise, une transformation, dont la conséquence brutale (il est vrai, facilitée par une réduction d’intérêt) a été la baisse des Consolidés anglais de 115 à 72. Le Transvaal présente, en effet, à côté de ses vieilles mines qui se meurent l’une après l’autre au milieu de l’indifférence générale, d’énormes gisements à minerais plus pauvres, desquels se détournent les capitaux découragés par les suspensions de dividendes, les spéculations dans le vide, les impôts et les grèves. Ces minerais-là sont encore pourtant une des plus sûres ressources sur lesquelles on puisse compter dans un avenir assez prochain.
- Donc, si nous envisageons maintenant les.effets de cette disette d’or, qui, après un moment d arrêt dans les dix dernières années, semble reprendre à nouveau, nous voyons aussitôt que l’or, plus demandé, doit se payer plus cher : d’où hausse de l’intérêt (le numéraire étant plus disputé) et abaissement du capital ancien, dont l’intérêt, fixé par un contrat, n’a pas augmenté ; d’où également diminution du prix des matières premières.... Et c'est pourquoi les économistes nous démontrent périodiquement que le prix de la vie a diminué depuis 1870, quoique chacun,, en faisant ses comptes, ait, d’année en année, la démonstration douloureuse du contraire(J).
- Séances des 8 et 15 décembre 1913. Niveau de haute précision. — MM. A, Broca et Ch. Florian décrivent un niveau de haute précision qu’ils ont inventé. On sait que le niveau à bulle offre le grand inconvénient d’être trop facilement influencé. L’approche de l’observateur suffit pour cela; d’autre part l’emploi du bain de mercure est le plus souvent difficile à cause des trépidations du sol. MM. Broca et Florian ont réussi à s’affranchir de ces inconvénients en constituant un bain de mercure transportable à mouvements amortis.
- A cet effet, ils superposent au mercure une couche de glycérine. La paroi supérieure de la boîte à mercure est constituée par une lame de verre à faces parallèles en contact avec la glycérine. Au centre de sa face extérieure est un collimateur objectif muni d’un oculaire auto-collimateur. Cet objectif est donc à immersion dans la glycérine et la déviation dans le plan focal correspond à trois fois l’angle dont a tourné le bâti autour de la verticale, pour une rotation du système égale à 180°. On
- 1. Vov. La Nature, n° 2115, 6 décembre 1913. « La vie chère ». Le blé qui valait 30 francs le quintal de 1871 à 1880, valu, en 1912, 28 francs.
- En même temps que le caractère plus international du commerce régularise les prix, la raréfaction de l’or compense, pour les substances à marché mondial qui servent de base au calcul des économistes, l’enrichissement déterminé par les lois sociales; elle ne le compense plus dès que la main-d’œuvre intervient pour une forte part, ou dès que les impôts jouent d’une façon plus aiguë et c’est de quoi nous nous apercevons tristement.
- Arrivé là, il ne semble pas qu’il y ait grand mal pour le consommateur, rentier ou fonctionnaire, à ce que l’or augmente de prix, si la conséquence est, pour lui, de payer les marchandises moins cher et de toucher plus d’intérêt sur le placement de ses économies, la valeur de son capital ancien eût-elle fortement baissé sur le papier. Mais les conditions changent pour le producteur, pour l’industriel, pour le commerçant, pour tous ceux qui empruntent plus chèrement les capitaux nécessaires et tirent un moindre profit d’une marchandise, obtenue, pour bien des raisons, à plus de frais. De même pour l’ouvrier vulgaire, dont le travail, marchandise comme une autre, doit nécessairement tendre à diminuer de valeur, s’il ne réussit pas, par des moyens de pression qui n’ont rien à voir avec la question de l’or, à imposer des augmentations de salaires, dont le choc en retour se fait alors immédiatement sentir sur ses achats de première nécessité et réduit ainsi l’avantage qu’aurait pu présenter, pour lui, l’avilissement des prix. Sans entrer dans une discussion pour laquelle la place nous manque ici, 011 voit que la rareté de l’or ne doit pas être précisément une cause de paix sociale, pas plus que de paix internationale, conformément au vieux proverbe d’après lequel, quand il n’y a plus de foin au râielier, les chevaux se battent. La seule atténuation qu’on puisse envisager dans un avenir très lointain, c’est le cas où l’impossibilité de se procurer les fonds nécessaires aux dépenses de guerre amènerait, chez les grandes nations entièrement ruinées et réduites à faire faillite, un désarmement partiel. Mais ce n’est vraiment pas là, à notre époque, et du moins avant de dernières et terribles luttes, une considération sur laquelle on puisse sérieusement insister.
- L. De Launay. •
- — Présidence de M. Guyon. peut éclairer l’image et observer l’image de retour à l’aide de la seconde moitié de l’objectif. L’appareil est réglable à 0 au moyen d’une pièce à deux mouvements rectangulaires placée à l’oculaire. L’appareil est complètement amorti et peut être remué sans inconvénient.
- Fouilles de Langeac. — M. P. Termier fait savoir que M. G. Vasseur vient d’opérer de nouvelles fouilles à Langeac (Lot-et-Garonne) et qu’il a ainsi mis à jour des documents paléontologiques nombreux. La faune de Langeac ne comprend pas moins de 54 espèces à l’heure, actuelle; la moitié de ces espèces est déjà connue par les découvertes opérées à Saint-Gérand-le-Puy dans l’aqui-tanien de la Limagne; 25 espèces appartiennent à des mammifères.
- Élections. — M. Duhcm, professeur à la Faculté dos Sciences de Bordeaux, est élu membre non-résidant.
- M. le Président fait l’éloge des académiciens disparus eu 1913 : MM. Teisserenc de Bort, Cailletet, Alfred Picard. *
- Il est /ensuite procédé à la proclamation des récompenses. Cil. DE VlLLEDEUiL.
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- LA MACHINE A VOTER
- L’invenlion de M. ' l’ingénieur Stelian Russo, de Bucarest, ne manquera pas de soulever une certaine émotion dans les milieux politiques. Elle a bien choisi son heure pour se produire, à une époque où les promoteurs des réformes électorales recherchent des moyens pratiques pour assurer le secret du vote. Quand nos lecteurs auront lu la description que nous allons présenter en nous servant des notes qu’a bien voulu nous adresser M. Armand Nau-
- La cabine, fort élégante d’aspect (tig. 1), est percée d’une porte unique surmontée d’un enregistreur qui compte les électeurs qui en franchissent le seuil, et d’un timbre qui résonne chaque fois que les boutons dont nous allons parler sont actionnés.
- Tant que la porte reste ouverte, les mécanismes sont condamnés à l’inertie, et ne reprennent leurs fonctions qu’après qu’elle a été fermée. Suivons donc le citoyen qui traverse la salle, présente sa
- Fig. i. — La salle du vole.
- mesco, noLre confrère et ami de Roumanie, ils conviendront que la cabine essayée récemment à Ivry-sur-Seine constitue une innovation bien primitive, par comparaison avec Yautomate de M. St. Russo.
- Comme nous le verrons, les avantages de l’appareil sont multiples :
- T1 II assure le secret du vote, même au milieu d’une place publique ; 2° il supprime le bulletin de vote, qui prête à la fraude; 5° il supprime également le dépouillement du scrutin, cause de querelles ; 4° il permet aux illettrés de voter en connaissance de cause; 5° il oblige rélecteur à faire tout son devoir de citoyen ; 6° il assure une grande rapidité dans les opérations électorales ; 7° il règle automatiquement ces opérations et rend impossibles les fraudes ou tricheries.
- carte d’électeur au président du bureau, eL pénètre dans la cabine, dont un agent de police referme ia porte derrière lui (fig. 2).
- Seul désormais avec sa conscience d’électeur, il se trouve devant trois tableaux surmontés des noms des trois partis en présence : conservateurs, radicaux, socialistes. S’il ne sait pas lire, il peut aisément identifier chaque tableau grâce au signe symbolique (étoile, croix, triangle) qui sert comme d’écusson à chaque parti. Ces tableaux étalent les portraits des candidats, soulignés de leurs noms. Ainsi, l’illettré, guidé par les photographies, ne peut confondre entre eux ni les différents partis ni les différents candidats.
- Enfin, il a fait son choix. 11 n’a plus qu’à appuyer sur le bouton en forme de cylindre disposé sous
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- chaque nom ; ce bouton s’enfonce sous la pression du doigt et ne revient à sa position première que lorsque la porte se rouvre, c’est-à-dire après que l’électeur a fini de voter. Il se trouve donc dans l’impossibilité matérielle de -voter deux fois pour la même personne.
- Supposons qu’il y ait six députés ou six conseillers municipaux à élire.
- L’électeur devra appuyer sur six des cylindres, mais en conservant la liberté de les choisir soit dans le même tableau, soit dans les divers partis.
- Tout ce que l’automate lui demande, c’ sur six cylindres différents, ni plus ni moins.
- S’il est partisan d’une grève électorale partielle, s’il ne veut désigner que trois ou quatre candidats alors que la machine a été réglée avant la séance pour six mandats, la porte refuse obstinément de se rouvrir.
- De même, s’il lui prend la fantaisie d’actionner plus de six boutons, le septième reste inerte.
- L’automate a fait son devoir dignement ; il refuse de s’associer à de pareilles facéties !
- Tous les électeurs de la circonscription se sont succédé dans l’ingénieuse cabine. Le scrutin est clos. Le président et ses assesseurs apprennent par le cadran de l’enregistreur placé au-dessus de la porte le nombre exact des électeurs qui ont fait acte de citoyen.
- Ils pénètrent dans la cabine pour procéder au dépouillement du scrutin. Point d’urne à vider!
- Plus de bulletins à additionner! L’automate s’est acquitté déjà de cette .mission. Le président introduit
- une clé dans la serrure qui mainienait en place une plaque métallique (fig. 5) disposée au-dcssns de la rangée de portraits, dans chaque tableau. 11 relève cette plaque sur ses charnières, et découvre ainsi de petits cadrans disposés au-dessus de chaque photographie, et qui ont enregistré au fur et à mesure les voix accordées à chaque candidat. Au centre du tableau, un autre cadran accordées à chaque parti. Le dépouillement est terminé ; il a duré quelques minutes, le temps de relever les plaques!’ Nous ne sommes pas surpris d’apprendre, d’après les notes de M. Armand Naumesco, que la machine de M. l’ingénieur Russo ait permis à 10 000 électeurs de voter en moins de six heures, dépouillement du scrutin y compris.
- Il est bien entendu que cette ingénieuse machine se prête à toutes les opérations électorales, quel que soit le nombre des candidats. Avant l’ouverture, le président du scrutin la règle suivant le nombre des sièges à pourvoir en actionnant un dispositif fort simple.
- Quel accueil le monde politique réserve-t-il à cette invention? Nos plus humbles circonscriptions seront-elles dotées un jour ou l’autre d’une machine à voter? Il faut le souhaiter sans trop l’espérer!
- J. d’Izier.
- Fig. 2. — L’électeur, seul dans la cabine, consulte les photos et pousse le bouton qui lui convient.
- est d’appuyer | indique le total des voix
- Fig. 3. — Intérieur de l’appareil montrant les photographies des candidats et leur nombre de voix.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtoe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2119.
- 3 JANVIER 1914.
- LES BLESSURES ET LA CHIRURGIE DE GUERR1
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- Les récentes guerres balkaniques ont fourni de nombreux renseignements sur les effets des projec-
- l’aspect des blessés qui leur arrivaient et les interventions chirurgicales qu’ils pratiquèrent. Mais il n’est
- Fig. i. — Débris divers : obus, shrapnell, boîte à poudre, recueillis devant Andrinople. — En avant, trois chargeurs à balles bulgare, turque et serbe; les quatre balles : bulgare, turque, serbe et grecque; à droite, .balles de fusil et shrapnell, cylindre de shrapnell de près de 3oo grammes (dans le thorax d’un soldat serbe), petit fragment d’obus, extrait de la cuisse, par le Dr Laurent.
- tiles de guerre modernes et les ressources de la chirurgie en campagne.
- La proximité des lieux où se réglait le conflit a permis à nombre de chirurgiens européens de venir au secours des blessés, d’assister l’une ou Tau-. tre des armées en présence, et de'se -rendre compte des effets des armes à feu employées, canon s et fusils semblables à ceux des armées des grandes puissances.
- Déjà plusieurs chirurgiens ont raconté ce qu’ils ont vu et ce qu’ils ont fait.--Des internes. des hôpitaux de Paris, ayant servi dans les divers hôpitaux de campagne, ont décrit
- 42* Année. — 1" Semestre.
- pas de récit plus complet, plus vivant, plus documenté que celui que vient-de publier dans la Presse Médicale, M. le Dr 0. Laurent. Nous attendions avec impatience cette étude pour parler de la question^ des effets des projectiles à nos lecteurs.
- Le Dr Laurent, chirurgien des hôpitaux et professeur à l’Université libre de Bruxelles, a exercé pendant onze mois dans les Balkans. Lors de la prise d’An-drinople, il dirigeait le service chirurgical d’un grand hôpital de campagne, tout près de la ville assiégée et il eut l’occasion d’y voir un grand nom-
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- Fig. 2. — Perforations par projectiles. — i. Étui métallique {mince) à cigarettes d’un soldat turc perforé par'shrapnell bulgare (mort); 2. Balle bulgare avec cartouche, traversée par une balle turque trouvée dans la capote d’un soldat bulgare; 3. Balle-cartouche où s’est implantée Une balle bulgare (Dr Pélopitoff).
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- 82 —.....—LES BLESSURES ET LA CHIRURGIE DE GUERRE
- Fig. 3. — Blessure cervico-peclorale à[ quatre orifices par balle grecque tirée à 5o mètres (/> Laurent).
- bre de soldats peu après qu’ils avaient été blessés. Puis, pendant la guerre si meurtrière des Alliés, il dirigeait un service de l’hôpital Alexandra, à Sofia, où l’on concentrait les blessés : 58 000 arrivèrent en un seul mois à la gare de Sofia. Le Dr Laurent vit donc, soigna et étudia les blessures le&qdus diverses et ses constatations ont une grande valeur.
- La Bulgarie, dont le Dr Laurent soignait les, blessés, compte 4500000 habitants et plus de 500000 soldats. Pendant la guerre turque, 55 000 furent blessés, 50000 tués; pendant la guerre des Alliés 012 000 furent blessés, 16 000 tués. En tout, 150 000 furent atteints, soit 1 sur 5 soldats ou 5 sur 100 habitants. Le douzième de l’effectif mourut, soit 1 pour 5 ou 4 blessés. Et dans cette statistique n’entrent pas les morts de maladie, fort nombreux. La mortalité de l’armée fut donc énorme.
- 55 pour 100 des morts avaient été atteints à la tète, 55 à 40 pour 100 au tronc, 5 pour 100 aux membres. Les blessures du crâne étaient les plus dangereuses, mais celles de l’abdomen ont provoqué environ un tiers des morts immédiates ou rapides. Les fractures des grands os furent très nombreuses et généralement très compliquées.
- 82 à 84 pour 100 des blessures étaient dues aux balles de fusil, 15 à 17 pour 100 aux shrapnells et seulement 1 pour 100 à l’arme blanche.
- 75 pour 100 des blessures guérirent sans complications. En moyenne, 10 à 12 pour 100 dés blessures étaient à la tête, 1 à 2 pour 100 au cou, 6 à 8 au dos, 9 à 12 au bras et à l’épaule, 7 à 9 à l’avant-bras et au coude, 22 à 29 à la main, 1 à 2 à l’abdomen, 15 à 17 à la cuisse et au genou, 9 à 10 à la jambe, 9 à 15 au pied. Les plaies cutanées guérirent en 1 à 5 semaines, les plaies des parties
- molles en 4 à 6, les fractures en 4 à 9. Parmi les blessures infectées, 40 pour 100 étaient dues aux shrapnells, 10 à 28 pour 100 aux balles de fusil.
- Telle est la statistique de la dernière guerre, du côté bulgare. Certes, ces chiffres peuvent varier suivant les circonstances, et comme le dit le D1'Laurent, a chaque bataille a sa physionomie chirurgicale particulière ».
- Les balles employées dans les Balkans étaient des balles modernes, petites, légères. Leur danger réside surtout dans leur grande vitesse. Aux distances rapprochées, jusqu’à 500 ou 500 mètres, elles produisent de véritables effets explosifs ; elles sont encore perforantes jusque vers 1500 mètres, puis leurs effets s’atténuent et elles ne sont plus que vulné-rantes et même contusives.
- Le point d’entrée de la balle a un aspect très variable : la peau peut être éraflée, abrasée, perforée comme à l’emporte-pièce, dilacérée même; quelquefois l’orifice est presque imperceptible; d’autres fois il atteint 10 à 20 centimètres quand la balle a été tirée à courte distance. Les soldats tirant le plus souvent couchés, on observe parfois des orifices multiples ; ainsi, la figure 5 représente un homme atteint par une balle qui, entrée dans le cou, est sortie pour pénétrer dans le thorax et ressortir près de l’aisselle ; telle encore la figure 4. Souvent les balles traversent le corps dans toute sa longueur, entrant par l’épaule, ressortant par la cuisse, par exemple.
- D’autres fois, les balles tirées à courte distance produisent de véritables blessures explosives, broyant les os qu’elles réduisent en « sable osseux », les muscles, les tendons, les vaisseaux,.les nerfs, même à une certaine distance. Les mêmes blessures peuvent être produites par les shrapnells, par des balles
- Fig. 4. — Enfilade de Vépaule droite à la région rénale gauche, par balle tirée à 800 mètres ayant traversé le nerf radi.dl droit (Dr Laurent).
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- LES BLESSURES ET LA CHIRURGIE DE GUERRE ===== 83
- déviées frappant le culot ou le côté en avant, ou encore par des balles déformées par ricochet sur un terrain rocheux ou sur des arbres. Ces blessures sont souvent mortelles, et elles sont tellement horribles, qu’à Mustapha, dit le D1' Laurent, beaucoup de soldats et d’officiers bulgares se plaignaient que l’ennemi employât des balles explosives.
- Le projectile traverse généralement le corps sans s’y arrêter. Parfois il reste dans les tissus : dans 1 cas sur 4 pour les shrapnells, dans 1 sur 10 pour les balles. Le D1 Laurent a trouvé le projectile dans le corps 22 fois sur 100.
- Les shrapnells produisent des blessures très différentes de celles des balles. « Perdant beaucoup plus vite leur vitesse que les balles de fusil, dit le Dr Laurent, il est aisé pour le soldat de s’abriter lorsque le shrapnell éclate à quelque distance : il lui suffit d’un léger obstacle, du sac d’infanterie, surtout dans la marche en tortue, d’une pelle dont il se protège la tète, d’un peu de terre qu’il fait glisser sur sa tète. Le soldat se rit assez souvent du shrapnell ; il lui arrive souvent de retrouver des balles de shrapnell dans sa capote, dans ses vêtements, mais il n’y retrouvera jamais de balles de fusil ! » L’obus n’est très dangereux que lorsqu’il éclate à 10 ou 20 mètres au-dessus de la troupe. Ses fragments produisent des délabre-
- Fig. O. — Double amputation de la main droite, et d’une partie de la main gauche, par explosion d’uneflombe.
- Fig. 5. — Blessure par shrapnell, le quinzième jour, avec éraflure de l’épine de l’omoplate; le corps de l’os n’est pas dénudé (D1 Trifanojfl
- ments plus grands que la balle, mais aussi souvent plus superficiels (fig.,5). Les blessures sont moins fréquentes que celles des balles : d sur 5, mais plus souvent infectées. 11 est vrai que leur guérison est plus fréquente. Dans un cas, le D1 Laurent put extraire un fond de shrapnell de 500 gr. (fig. 1) qui s’était logé dans la cavité thoracique gauche d’un soldat serbe, et celui-ci guérit rapidement!
- Telles sont les principales blessures causées par les armes modernes.
- Quel est le rôle du chirurgien en présence de ces maux?
- Le médecin inspecteur général Delorme disait au XXVe Congres de l’Association française de Chirurgie : « La chirurgie de guerre ne s’improvise pas plus que les autres spécialisations. » Le D' Laurent dit de même : on ne s'improvise pas chirurgien de guerre. « J’étais arrivé, dit-il, sur le théâtre des opérations, persuadé que ma pratique chirurgicale me permettrait de bien remplir ma mission : je me suis vite aperçu qu’il n’en était rien. La chirurgie du champ de bataille demande une éducation professionnelle intense. Une nation qui se fierait sur le dévouement de ses médecins civils pour assurer convenablement les soins aux blessés en temps de guerre se préparerait aux plus cruelles désillusions. Les
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- 84 ...—— LA SÉCURITÉ DES VOIES FERRÉES
- médecins civils ne sauraient être appelés trop souvent à des manœuvres se rapprochant le plus possible de la guerre : les Balkans sont, à l’heure actuelle, peuplés d’estropiés et d’infirmes qu’une éducation médicale appropriée à la guerre aurait sauvés. »
- Cette pratique chirurgicale, dans les détails de laquelle nous n’entrerons pas ici, est toute différente de la pratique civile. Sauf dans les cas d’hémorragie ou - d’infection où l’intervention est obligatoire, la pratique acquise dans les dernières guerres a montré que les opérations doivent être très prudentes ; dans bien des cas, qu’il s’agisse de plaies du crâne ou de l’abdomen, le nombre des morts est plus grand chez les blessés opérés que chez les autres, et les risques d’infection, le mauvais état de santé et la moindre résistance des soldats en campagne, font souvent au chirurgien militaire un devoir de s’abstenir.
- Ce n’est pas cependant qu’il n’y ait rien à faire. Que les chirurgiens expérimentés soient dans les formations de l’avant, prêts à intervenir hâtivement, que chaque corps d’armée ait sa voiture de radiographie, que les infirmiers militaires soient instruits, particulièrement à faire des bandages de fractures, que tous les hommes sachent se servir de leur paquet de pansement individuel qui peut leur rendre d'immenses services, enfin que tous les combattants soient protégés aux régions les plus essentielles et les plus fréquemment atteintes : tête, mains, cœur, par des casques et des plaques métalliques suffisamment résistantes, tels sont quelques-uns des enseignements de la dernière guerre, qu’il est utile d’appliquer en France.
- Puissent des études comme celle du D1' Laurent contribuer à sauver la vie de nombreux blessés et rendre moins terribles les affreuses conséquences de la guerre! R. M.
- LA SÉCURITÉ DES VOIES FERRÉES
- L’appareil répétiteur mécanique des signaux, système de Braam.
- La Nature a traité récemment (l) de la question de la sécurité des voies de chemins de fer et décrit un certain nombre d’appareils destinés à la répétition des signaux sur les locomotives, les uns à commande mécanique, les autres à commande électrique. Parmi les premiers on a décrit l’appareil système de Braam, construit par les ateliers Marre et Bariquand, appareil qui, dans ces derniers temps, a subi quelques modifications. Aussi croyons-nous intéressant d’y revenir d’autant plus que, mis à l’essai aux chemins de fer de l’État dès 1901, il a été soumis sur ce même réseau, et sous sa dernière forme, à des essais méthodiques et contrôlés depuis le 1er novembre 1912, c’est-à-dire depuis plus d’une année. Nous en donnerons {dus loin les résultats.
- Description de l’appareil. — Cet appareil (fig. 1) est mis en fonctionnement au moyen de deux leviers pendentifs F placés de part et d’autre du rail qui viennent en contact avec deux pédales situées au droit du signal et qui se relèvent au moment de la fermeture de ce signai.
- Ce double contact provoque le déclanchement du mécanisme contenu dans la boite de déclanchement G fixée sur le tablier de la locomotive.
- Si un seul des deux leviers pendentifs était accidentellement mis en action, soit par un obstacle léger placé sur la voie, soit par toute autre cause, aucun mouvement ne se produirait, le double contact étant absolument nécessaire pour son fonctionnement.
- Le dispositif à double levier est fixé sur la barre A B qui est elle-même fixée sur la partie non suspendue de la locomotive. Les leviers pendentifs se trouvent donc indépendants des mouvements de flexion dus aux ressorts de la locomotive contrairement à ce qui se produirait dans l’appareil précédemment décrit, ce qui assure la régularité ’ des attaques des pédales par les pendentifs et supprime les chances de ratés pouvant être imputés à l’appareil.
- Dans le numéro du 15 novembre 1915 (n° 2112).
- A l’intérieur de la boite de déclanchement G se trouve un mécanisme qui est libéré par le débandage d’un ressort au moment de l’effacement de la partie supérieure K de la tige N K rappelée de haut en bas par le mouvement des deux leviers pendentifs au moment où ceux-ci entrent en contact avec les pédales d’un signal fermé. Ce déclanchement, à son tour, provoque les autres fonctions mécaniques du système tels que : avertissements par une sirène à vapeur, mise en action par la décharge de l’air comprimé du réservoir principal, enregistrement par un stylet qui vient perforer la bande du chronotacbymètre Fiaman. Ces mouvements, qui se produisent du reste statiquement, sont indépendants de la vitesse et, par conséquent, des contacts des leviers pendentifs avec les pédales. Ces mouvements, se produisent dans la boîte de cabine H aumoyen de dispositifs mécaniques qui provoquent la décharge de l’air, qui actionne la sirène à vapeur I et les perforateurs sur la bande Fiaman J au moyen de commandes souples spéciales. Quant à l’appareil Fiaman, il ne subit aucune modification, une simple fenêtre pour le passage du stylet étant seulement ménagée dans la carcasse.
- En plus de ces appareils la boîte de cabine II comporte un bouton-poussoir sur lequel le mécanicien, dans le but de prouver sa vigilance, doit appuyer lorsqu’il voit un signal fermé. En appuyant sur ce bouton, celui-ci fait un trou spécial sur la bande du chronotachymètre Fiaman qui enregistre alors, comme le montre la figure 2, l’attention apportée dans son service par le mécanicien.
- Résultats des essais. — Ainsi que nous l’avons dit, ces appareils fonctionnent sur le réseau de l’État en expériences régulières méthodiquement contrôlées depuis l’hiver 1912 et sont en exploitation normale sur 20 locomotives entre Saintes et Bordeaux.
- Il résulte de ces expériences qu’après un parcours d’environ 700 000 km et après avoir franchi plus de 100 000 signaux dont environ 12 000 étaient fermés
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- LA SÉCURITÉ DES VOIES FERRÉES
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- aucun raté dû à l’appareil n’a été constaté pour aucun des appareils montés sur les 20 locomotives.
- On a également constaté qu’au point de vue de l’attention dû mécanicien, le bouton-poussoir dont nous avons parlé plus haut, avait eu pour résultat d’aiguiser l’atten-
- fournis, il résulte des expériences faites pendant une année aux chemins de fer de l’Etat que les dépenses d’entretien ressortent à 0 fr. 10 par jour et par locomotive.
- Tel est, brièvement décrit, l’appareil à commande mécanique du système de Braam sous sa dernière forme.
- P/a sirène
- 'JJu mécanicien ^Jtage automatique g'esrsTgt'3^1' .
- Flexible
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- té mécanicien'''^
- au mécanicien
- lécfan/hemenL coté oppose
- Fig. i. — Appareil répétiteur mécanique des signaux. Système de Braam.
- tion de ces agents. Ainsi, au début des essais dans le mois de décembre 1912, sept défauts d’attention ont été constatés, tandis qu’à partir de février 1913, on n’a eu à relever aucun défaut d’attention du mécanicien.
- Une dernière question à résoudre était celle relative à la crainte qu’il pouvait y avoir de voir se rompre les pendentifs sous les chocs répétés de ceux-ci contre les pédales.
- Des expériences faites aux chemins de fer de l’Etat en vue de s’assurer de la solidité de ces pendentifs, il résulte que ceux-ci ont supporté, sans aucune déformation, près de 10000 chocs à une vitesse moyenne de 1041un à l’heure (vitesse maxima atteinte 115 km) pendant 2 h. 15 m., ce qui représente un choc tous les 0,8 de seconde. Or, en pratique, les chocs ne se produisent qu’au droit des signaux fermés, c’est-à-dire à des intervalles de 1 heure à 1 h. 1/2 environ qui sont près de 6000 fois plus grands que les intervalles des 10 000 chocs consécutifs subis sur le banc d’épreuve installé spécialement à Issy-les-Moulineaux par le chemin de fer de l’État.
- Enfin, d’après les renseignements qui nous ont été
- Sans préjuger du choix à faire entre les appareils répétiteurs à commande mécanique ou à commande électrique, choix que nous laissons à d’autres plus autorisés, nous pensons, cependant, que le nouvel appareil de Braam mérite d’attirer l’attention des ingénieurs.
- Dans le précédent numéro de La Nature nous disions que, sauf sur le réseau du Nord, aucune des autres Compagnies de chemins de fer françaises ou étrangères ne munit, généralement, sauf de rares exceptions, ce signal avancé, d’avertisseurs annonçant au mécanicien, par un moyen quelconque placé sur la locomotive, sa fermeture. A ce sujet nous devons réparer une omission en ce qui concerne la Compagnie d’Orléans. Celle-ci munit ses signaux avancés de pétards qui, au passage de la locomotive, lors de la fermeture de ce signal, préviennent le mécanicien. Ce dispositif, qui est en service à l’Orléans depuis plus de 50 ans, a donné à cette Compagnie toute satisfaction, puisque, d’après les renseignements qu’elle fournit, il n’y a pas d’exemple d’un accident dû à ce qu’un mécanicien ait brûlé un signal avancé. R. Bonnin.
- Signal carré
- Signa! avancé
- Mécanicienattentif / Jointage Je FappareJ àja position
- Fig. 2. — Bande du chronotachymètre Flaman.
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- M. George Wharton James, directeur de Oui Weest (Pasadena, Californie), qui a vécu de longues années parmi les Ropis, dont il parle la langue, a publié sur eux, durant ces dix dernières années, une série de livres (The Indians of the Painled Deserl, In and Around the Grand Canyon, Indian Baske-try, etc.), qui forment la plus intéressante monographie qu’on n’ait jamais publiée sur une tribu indienne.
- Cette race de cultivateurs paisibles a su défendre son existence et son indépendance, au cours des siècles, contre les sanguinaires Apaches et contre les avides conquistadores espagnols, avant de résister victorieusement aux convoitises américaines.
- Cette huitième merveille du monde qu’est le Grand Canyon du Colorado — la plus profonde et la plus large blessure qui éventre l’écorce terrestre — sert de frontière aux domaines des Hopis, domaines qui s’avancent d’autre part au cœur de cette région éminemment pittoresque que les premiers explorateurs espagnols décorèrent du nom de Desierto Pintado, le Désert aux mille couleurs.
- Le voyageur qui débouche du canyon de Keam voit soudain se dresser dans les airs un plateau supporté au-dessus des vallées désertiques par des murailles presque perpendiculaires, que les érosions ont rongées et déchiquetées. Ce plateau, qui présente l’aspect d’une main gigantesque tendue vers le Sud, se subdivise en trois colonnes qui sont comme les doigts de cette monstrueuse main, et servent d’assises à des mesas (tables, petits plateaux) séparées entre elles par des abîmes larges de 10 à 15 kilomètres.
- C’est sur ces plates-formes aériennes que se dressent les sept villages des Hopis : Walpi, Oraïbi, Siehumavi, Ilano (ou Tewa), Machonganavi, Chi-paulùyi, Chungopavi. D’où qu’il vienne, le voyageur ne peut atteindre ces nids d’aigle qu’en gravissant des sentiers de chèvres, et les indigènes eux-mêmes ne peuvent communiquer d’un village à l’autre qu’en franchissant des ravines aux parois taillées à pic.
- Plusieurs autorités, et, à leur tête, le Dr J. Walter Fewkes, l’anthropologiste bien connu, inclinent à penser que les Hopis seraient les descendants des cliff-dwellei's, cette race, mystérieuse qui se bâtit jadis de véritables villes sous de vastes cavernes difficilement accessibles. Mais les Hopis croient que leurs ancêtres prirent naissance dans les sombres profondeurs du Grand Canyon.
- À l’exemple des autres tribus du groupe des Pue-blos, ils bâtissent sur leurs mesas de massives maisons aux murs de grès qui comprennent jusqu’à trois étages. Au temps peu éloigné (1870) où les Apaches terrorisaient ces populations agricoles, ces demeures étaient de véritables forteresses sans portes ni fenêtres extérieures. On n’y avait accès que par une ouverture pratiquée dans le toit, que les habitants, par temps de pluie, bouchaient avec une plaque de pierre translucide.
- FETE DES SERPENTS »
- Une longue échelle extérieure leur permettait de gagner cette trappe, et une échelle intérieure donnait accès dans les chambres. A la moindre alerte, l’échelle extérieure était hissée, sur la toiture et les agresseurs se heurtaient à d’infranchissables murailles! Depuis que les Apaches, décimés par les Américains, emprisonnés ou expatriés, ont été réduits à l’impuissance, les Hopis ont percé des portes et des fenêtres dans les épaisses murailles de leurs demeures.
- Traitée comme une esclave chez presque toutes les tribus du Nouveau Monde, la femme, chez les Hopis, est l’égale de l’homme. C’est elle qui édifie et possède la maison, tout en confiant à l’époux le soin d’apporter les matériaux lourds. Elle consent à se charger de la cuisine, mais abandonne à l’homme le soin de tisser les vêtements et couvertures et de tricoter bas et autres lainages. .f .
- Elle est admise à remplir certaines fonctions sacery dotales, et c’est toujours la grand’mère (ou, à son défaut, une tante maternelle) qui baptise l’enfant; cérémonie qui n’a, d’ailleurs, aucun rapport aveoAlç christianisme.
- Les Hopis ont conservé intactes les pratiques religieuses de leurs ancêtres. Durant plus d’un siècle (1545 cà 1680), les Espagnols s’efforcèrent de les convertir au catholicisme, et plusieurs « longues robes » (nom que les indigènes donnaient aux missionnaires) réussirent, à force de patience et de bonté, à fonder fçà et là des paroisses. Mais les exactions des conquérants provoquèrent de terribles « Vêpres Siciliennes ». Le 10 août 1680, tous les blancs — prêtres, soldats, fonctionnaires, marchands — fixés dans la région des Pueblos furent massacrés, et l’Espagne, après quelques tentatives infructueuses, renonça à sa vengeance.
- Parmi les pratiques religieuses des Hopis (dont le nom signifie en leur langue « peuple de paix » ), nous choisirons la plus étrange: la Fête des Serpents. Les reptiles qui figurent dans cette cérémonie comptent parmi les plus dangereux que l’on connaisse : ce sont des serpents à sonnette (rattle-snakes), des crotales, dont la morsure est presque toujours mortelle.
- Selon la légende des Hopis, leurs voisins immédiats (Zunis, Paiutis, Havasupaïs) et les hommes blancs, vivaient sous la terre. Quand ils devinrent trop nombreux, les « dieux d’en bas » les expatrièrent vers la surface en les faisant passer par un des précipices du Pis-is-baï-ya (le Grand Canyon), près de l’endroit où le Petit-Colorado se jette dans le fleuve. Leurs bandes se dispersèrent vers les quatre points cardinaux. Ceux qui allèrent vers le Nord étaient les Hopis. Un froid terrible les fit reculer, et ils édifièrent des maisons. Mais ils s’aperçurent que l’emplacement choisi pour leur village était défavorable : « les nuages y étaient petits » et le maïs poussait mal.
- Tiyo, le fils aîné du chef, conçut le projet héroïque de redescendre dans le monde souterrain
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- pour y implorer les « dieux d’en bas ». Il se construisit donc un bateau en forme de cercueil, et, se confiant aux rapides du Colorado, dont le cours s’achève, dans les entrailles de la terre, il fut emporté dans son étrange esquif, qui ne s’arrêta qu’au bout de plusieurs mois. Regardant alors par un trou ménagé dans la paroi massive, il aperçut la Femme-Araignée, déesse qui tisse les nuages dans le, ciel et distribue la pluie, et, sur son invitation, il sortit de son bateau..
- >, La déesse, le', traita bienveillamment, lui donna une poudre qui lui permettrait de se rendre invi-
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- compagnes se reposaient, elle tressa une corbeille assez spacieuse pour les contenir tous les trois. Bientôt, un « fil de la Vierge » descendit gracieusement des nuages, s’attacha au panier, puis l’emporta vers le monde extérieur.
- De retour parmi les siens, Tiyo annonça que lui et son frère épouseraient solennellement les jeunes filles dans seize jours, et les deux couples se retirèrent chacun dans un kiva, chambre souterraine qui sert à la fois de temple, et de lieu de réunion pour les membres d’une confrérie religieuse. Le cinquième jour après l’annonce de la nouvelle,
- Fig. i. — La cérémonie de la purification interne.
- sible à volonté, et lui montra le puits qui donnait accès dans le Chi-pa-pou, le monde souterrain où il rencontrerait le peuple des Antilopes-Serpents. Le chef de cette tribu de demi-dieux l’accueillit avec amitié et lui enseigna les cérémonies grâce auxquelles il pourrait arrêter les nuages et produire la pluie. Il lui confia un tiponi (étendard sacré) que son peuple devrait révérer pour s’assurer la protection des « dieux d’en haut », et il lui offrit deux vierges, versées dans l’art de composer des antidotes contre la morsure des serpents ; l’une serait sa femme, tandis que l’autre épouserait le frère de Tiyo.
- L’heure vint pour le jeune chef de retourner vers sa mesa. De nouveau, la Femme-Araignée l’invita à s’arrêter dans sa maison ; et tandis que Tiyo et ses
- remontant de leur monde souterrain, les esprits du clan des Serpents apparurent dans le monde supérieur, pénétrèrent dans les kivas pour participer à la fête, se gorgèrent de pollen de maïs, puis disparurent sans laisser de traces.
- Mais les deux jeunes filles révélèrent à Tiyo qu’ils s’étaient métamorphosés en serpents, et le chef, anxieux de les faire participer aux réjouissances, ordonna à ses hommes de descendre dans les vallées, d’y capturer tous les serpents, de les apporter dans les kivas, de les laver dans l’eau sacrée, et de danser avec eux. Il leur fallut quatre jours pour s’emparer des reptiles dispersés dans les quatre coins du monde, et, en grande cérémonie, ils les lavèrent, leur adressèrent leurs suppliques,
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- et dansèrent avec eux. Ils les rapportèrent ensuite dans les vallées, et les relâchèrent; et les esprits-serpents s’en retournèrent dans le monde souterrain
- sente de curieuses mosaïques faites avec des sables de différentes couleurs ; on y remarque des dessins de nuages, et quatre lignes brisées représentant des éclairs, le symbole du clan des Antilopes ; deux de ces éclairs sont mâles, les deux autres sont femelles. À la place d’honneur est planté le tiponi (fig. 6), objet sacré constitué par un bâton orné de plumes d’aigle. Trois des côtés de l’autel sont marqués par trois rangées de bàhos, ou bâtons à prières.
- Durant les trois journées suivantes, les Antilopes s’enferment dans leur kiva, chambre souterraine creusée dans le roc, et où ils descendent à l’aide d’une longue échelle (fig. 5).
- -îMttr.
- Fig. 2. — Les danseurs divisés en groupes. Les « Antilopes » dansent devant les « Serpents ».
- pour transmettre aux dieux les requêtes de leurs frères humains.
- La fête basée sur cette légende a lieu tous les deux ans dans chaque village durant la première quinzaine de septembre.
- La première journée est consacrée
- Fig. 4. — Les prêtres saisissent les serpents à poignées.
- à l’érection de l’autel du clan des Antilopes, confrérie religieuse qui joue, avec le cla'h des Serpents, le principal rôle dans les solennités. Cet autel occupe un des coins de la principale place du village ; il pré-
- Fig. 3. — L’entrée du Kiva où se retirent les prêtres avant et après la cérémonie.
- Les Indiens non initiés aux mystères du clan n’y ont point accès. C’est là que les Antilopes consacrent à tour de rôle tous les objets et vêtements qui figureront dans la cérémonie én soufflant sur eux la fumée d’une pipe sacrée (omowouh) emplie de tabac sauvage, tout en chantant les sente chansons léguées par les ancêtres. D’autres formalités prennent place parmi ces préliminaires. Nous n’en citerons qu’une : le grand-prêtre des Antilopes va planter des bahos (fig. 5) devant la petite grotte consacrée à la F emme-Araignée.
- De leur côté, les membres du clan des Serpents ne restent pas inactifs. Enfermés dans leur propre kiva, ils procèdent solennellement à la confection du liquide magique qui leur permettra de manier
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- impunément les redoutables crotales. Un panier imperméable est placé sur un petit autel, et les initiés y jettent des coquilles, des amulettes, des débris de noix écrasées et de bâtons. Puis un des prêtres
- tribuée, et crachent dans le récipient la matière triturée. On y verse encore l’eau de pluie contenue dans des gourdes.
- Les chants et prières qui ont accompagné ces
- Fig. 5. — i. Les bahos, bâtons à prière plantés devant la grotte de la « Femme-Araignée; 2. La purification des serpents; 3. Le costume des prêtres des Antilopes; 4.Danses religieuses sur la place publique; .5. Ramasseur domptant un serpent à sonnettes à coups de plumes; 6. Les prêtres chasseurs rentrent au village.
- y vide une gourde remplie d’un liquide magique après l’avoir balancée solennellement vers les six. points cardinaux des Ilopis (dont le zénith et le centre de la terre). Tous les assistants s’accroupissent autour de la corbeille, mâchent une certaine plante que les plus vieux des prêtres leur ont dis-
- cérémonies cessent brusquement. Au milieu du plus profond silence, chaque prêlre brandit un « fouet à serpent », baguette qui sert de manche à une touffe de plumes d’aigle. Un prêtre allume la pipe sacrée, dont le grand-prêtre tire des bouffées qii’il souffle dans le liquide, et il la passe à son voi-
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- sin, qui répète son acte. Tous les assistants eh font de meme à tour de rôle.
- Agitant une petite gourde emplie de cailloux, le grand-prêtre récite une prière, et tous les participants, sedbuant un instrument semblable, se mettent à psalmodier rapidement, et d’une voix rauque, des litanies, tandis que l’un d’eux maintient debout au milieu du panier un bâton noir au sommet duquel est attachée une plume. Balançant rythmiquement devant eux leurs « fouets à serpent », ils entonnent successivement quatre cantiques.
- 'Soudain, le prêtre qui tenait le bâton noir brasse vigoureusement le liquide dans le panier, et la» chambre souterraine s’emplit du cri de guerre des Hopis, lancé à pleine Aroix par les participants. Puis le même prêtre brasse le liquide avec ses mains, cependant que ses compagnons hurlent à tue-tête un chant guerrier, et, dès qu’il y a versé de la farine sacrée, les voix s’apaisent graduellement. ^
- Maintenant, le silence est absolu dans le kiva, et les acteurs gardent une immobilité parfaite. Après de longues minutes, le grand-prêtre ajoute une nouvelle quantité de maïs dans le liquide, et ses compagnons "l’imitent. Un dernier brassage, et le grand-prêtre asperge de ses mains mouillées les six points cardinaux, puis remonte à l’air libre pour répéter cette opération. Le charme est parachevé. Un prêtre puise de la mixture dans une calebasse, y pétrit de la terre blanche, et en barbouille la poitrine, le dos, les joues, les avant-bras et les jambes du grand-prêtre. Tous les autres prêtres sont « peints » de même façon. Désormais, ils n’auront plus rien à craindre des serpents.
- Le moment est venu pour les Hommes-Serpents d’aller inviter leur frères, les Esprits-Serpents. Après avoir récité une ardente prière, chaque homme reçoit une houe, un fouet à serpent façonné de deux baguettes empennées, un sac de farine de maïs (consacrée précédemment dans le-kiva par la fumée de la pipe sacrée), et un petit sac em peau de daim où il recueillera les reptiles."Avant que les hommes s’élancent à leur recherche, le clan dresse solennellement son autel, qu’ornent les statuettes en bois des deux dieux de la guerre (Pu-u-kon-hoy-a et Pal-oun-hoy-a).
- La chasse dure quatre jours et se pratique successivement vers le Nord, l’Est, le Süd, l’Ouest. Habitués dès l’enfance à connaître les antres des crotales, animaux sacrés que l’on n'importune que pour cette fête, les chasseurs les atteignent aisément. Dès qu’un homme aperçoit un serpent, il lui récite une prière, le saupoudre de farine sacrée, le frappe doucement des plumes de son fouet, et, le saisissant par le cou, le dépose dans son sac. Vers le soir, à la fin de chacune de cès quatre journées, les prêtres chasseurs remontent au village pour déposer leurs captifs dans une grande jarre de terre, au fond du kiva.
- Le huitième jour, au lever du soleil, les prêtres des Antilopes* vêtus jusqu’à mi-corps de fourrures et d’étoffes aux broderies symboliques (fig. 5),
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- ouvrent la série des cérémonies publiques en exécutant sur la place des danses religieuses ; ils tiennent dans chaque main des tiges de maïs. Durant la nuit sumnte, tous les jeunes gens du village descendent dans la plaine et se rassemblent autour d’une source, si loin que les spectateurs postés sur les rebords de la mesci pourront à peine les distinguer sous les éclats du soleil levant. Sur un signal de leur chef, les jeunes guerriers, presque entièrement nus, une clochette suspendue à leur cou, s’élancent avec la rapidité de l’antilope : c’est à qui arrivera le premier à l’entrée du village, au sommet de la sente à pic. Hommes, femmes, enfants, tous revêtus de leurs plus beaux costumes, les uns penchés au-dessus des précipices,, les autres massés sur les toits des maisons, suivent avec enthousiasme cette lutte de vitesse. Enfin, le vainqueur arrive à l’entrée du village, où les prêtres l’aspergent de farine et d’eau consacrées, et on le conduit dans le kiva des Antilopes, où le grand-prêtre lui fait présent de bâtons à prières, de farine sacrée et d’amulettes.
- Le neuvième jour de la fête, à midi, les affiliés du clan des serpents descendent dans leur kiva; prudemment, les profanes se tiennent à respectable distance de l’entrée, car ils courraient le risque, en cette heure solennelle, d’enfler et d’éclater s’ils surprenaient, même involontairement, les secrets du clan ; ou encore, une hideuse corne leur pousse-- rait au milieu du front, et ils expireraient après une agonie atroce.
- Cette heure solennelle, c’est le lavement des reptiles, et l’on ne connaît qu’un « visage pâle » qui ait assisté à cette étrange cérémonie : M. George Whar-ten James.
- Au nombre de trente-cinq ou quarante, les initiés se sont assemblés dans la chambre souterraine. Leur chef commence une prière qu’achève un autre prêtre, et, sur le signal de ce dernier, tous entonnent un cantique. Trois vieux prêtres fument la pipe sacrée sur un grand récipient rempli d’une eau rapportée d’une source éloignée, et le soulèvent en le, présentant successivement aux dieux des six points du monde.
- Le grand-prêtre donne un signal, et, aussitôt, deux hommes plongent leur bras dans la grande jarre de terre, en sortent chacun un ou deux reptiles qui se tordent férocement, et les passent aux vieux gardiens de l’eau sacrée. Ceux-ci plongent les serpents dans l’eau à diverses reprises, et les chanteurs élèvent alors leur voix jusqu’au hurlement. Soudain, les vieillards retirent de l’eau les redoutables serpents et les lancent sur les têtes des prêtres accroupis sur l’autel qui occupe le fond de la chambre, et, en ce moment, les chanteurs interrompent leur hymne pour hurler le terrible cri de guerre des Hopis. Puis, d’autres reptiles sont tirés de la jarre*^ e.t les mêmes cérémonies recommencent jusqu’à ce que les cent ou cent cinquante crotales aient été purifiés dans l’eau consacrée, avant d’être jetés sur les prêtres accroupis près de l’autel — un emplace*
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- ment d’un mètre carré où deux hommes se sont efforcés de retenir la masse grouillante et sifflante.
- Bientôt apparaît, suivi de ses acolytes, le grand-prètre des Antilopes. Ceux-ci ont édifié sur un des côtés de la place le km, un berceau de ramures à l’intérieur duquel ont été déposées les jarres qui contiennent les serpents.
- Au pied de cette hutte, une planche (qu’on aperçoit sur cette même photographie) recouvre un trou profond représentant l’en-lrée du monde souterrain.
- Le grand-prêtre répand une pincée de farine consacrée sur cette planche, la heurte fortement du pied, saute plusieurs fois sur elle, et ses hommes, rangés en ligne, l’imitent. Par quatre fois, ils font la ronde devant le kisi, en heurtant violemment la planche quand ils passent dessus. Ainsi, ils attirent l’attention des dieux du monde souterrain et leur rappellent que la danse est sur le point de commencer.
- Rangés en ligne devant la hutte, et psalmodiant des litanies d’une voix basse et monotone, les Antilopes attendent maintenant les Serpents, qui font enfin leur apparition solennelle. Ils répètent les cérémonies précédentes (farine versée sur la planche, coups de pied sur celle-ci, etc.), puis, formant une ligne, font face au kisi. Les Antilopes viennent se ranger devant eux (fig. 2), et, chantant, agitant des crécelles, les deux rangées exécutent une danse qui consiste à balancer le corps
- de gauche à droite et d’avant en arrière sur les jambes immobiles.
- Après 10 ou 12 minutes de cet exercice, les Serpents paraissent comme hypnotisés ; leurs yeux sont
- hagards et leurs mouvements son I ceux d’automates. Soudain, leur grand-prêtre s’avance et rompt leur ligne en les divisant par groupes de trois, et le premier groupe pénètre dans le kisi. Là, le premier entré s’agenouille, et reçoit d’un prêtre un serpent qu’il saisit au cou entre ses dents; le deuxième le tient serré contre lui en passant un de ses bras sur son épaule ; le troisième suit de près. Les rôles respectifs des trois hommes sont nettement définis. Le premier est le « porteur » de serpent; le deuxième est le « guide » du premier, sa mission
- consistant à le soutenir pour l’empêcher, en son état d’hypnotisme, de tomber en catalepsie; le troisième est le « ramasseur », ses fonctions consistant à capturer le reptile quand il tombe de la bouche du « porteur ».
- Les deux premiers tracent en dansant sur la place trois quarts de cercle. A ce moment, le « porteur » laisse tomber le crotale pour pénétrer à nouveau dans la hutte, recevoir dans sa bouche un autre reptile et recommencer ses évolutions. Pendant ce temps, le « ramasseur » s’occupe du premier serpent, qui s’apprêtait déjà à prendre la fuite. Avec une pincée de farine sacrée dans une main, et, dans
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- 92 ========== LA PROPULSION ÉLECTRIQUE DES NAVIRES
- l’autre, son « fouet à serpents », il s’avance rapidement, répand la farine sur le fuyard, et, prompt comme l’éclair, le saisit par le cou (fig. 5).
- Les autres trios sont entrés successivement en action, si bien que, pendant plus d’une heure, une chaîne ininterrompue de « porteurs » (avec leurs serpents vivants), de « guides » et de « ramasseurs » trace et retrace en dansant le même cercle sur la place, et sans jamais oublier de passer sur la planche et de la heurter deux fois du pied pour retenir l’attention des puissances souterraines. Et cela dure jusqu’à ce que tous les reptiles (nous avons dit qu’ils dépassent la centaine) aient fait leur .tour de danse. Quand les « ramasseurs » ne peuvent * plus, en raison de' leur nombre, garder dans leur main gauche les serpents, ils les confient aux prêtres Antilopes, qui, rangés en ligne, ne cessent pas de chanter en agitant leurs crécelles.
- Quand il ne reste plus un seul crotale dans le kisi, le grand-prêtre trace un cercle sur le sol avec de la farine sacrée, et, sur un signal, tous les prêtres, les Antilopes comme les Serpents, s’élancent vers le cercle et y jettent les reptiles qu’ils tenaient dans leurs mains ou dans leur bouche, en crachant respectueusement sur eux ; et les profanes, à quelque distance qu’ils se tiennent, crachent avec la même révérence dans la direction du cercle. Apparaissent alors une douzaine de jeunes filles aux cheveux gracieusement disposés en forme de fleurs de courges (fig, 7). Elles s’approchent du cercle où grouillent les crotales et versent sur leur masse rageuse la farine sacrée qu’elles apportent dans des plats d’osier multicolore. A son tour, et en récitant des
- prières, le grand-prêtre asperge d’eau consacrée les hideux reptiles.
- Soudain, à son signal, les prêtres des Serpents bondissent sur cette horrible masse, y plongent les mains, se redressent avec deux pleines poignées de crotales qui se tortillent furieusement en sifflant, et s’élancent de toute la rapidité de leurs jarrets sur les pentes abruptes de la mesa, qu’ils descendent avec des bonds de chamois. Parvenus dans la vallée, ils déposent sur le sable leurs redoutables captifs, s’agenouillent pieusement devant eux, leur recommandent de transmettre leurs prières aux puissances « d’en bas », et regagnent la mesa avec la même rapidité.
- Ils s’arrêtent à l’entrée du village autour d’un bassin rempli d’eau du ciel, se dépouillent de leurs ornements sacerdotaux, lavent la peinture blanche dont ils s’étaient barbouillés, et procèdent aussitôt à la « purification interne ». Encore hors d’haleine après leur course effrénée, ils avalent de pleines gorgées d’un violent émétique que leur ont apporté des jeunes filles, et, sans rien perdre de leur dignité, solennellement, rejettent presque aussitôt lé liquide. Puis, d’un pas alerte, ils se dirigent vers leur chambre souterraine, leur kiva, où ils se réconfortent à l’aide des plats et friandises que les femmes leur descendent par grandes quantités au bout d’une corde.
- Telle est l’étrange et mystérieuse Danse des Serpents que célèbrent, de nos jours encore, et avec une ferveur que n’a pas diminuée le voisinage ‘ immédiat de la civilisation américaine, les sept villages aériens des Hopis. Y. Forbin.
- LA PROPULSION ELECTRIQUE DES NAVIRES
- On sait l’intérêt qui s’attache à la question de l’utilisation de la transmission électrique sur les navires. L’industrie moderne a créé un type de machine à vapeur d’une valeur énorme pour la navigation, à raison de la restriction de ses dimensions et de son poids, ainsi que de son excellent rendement ; cette machine, la turbine, ne donne toutefois son maximum qu’à des vitesses de rotation élevées, dépassant sensiblement celles de rotation les plus avantageuses pour les hélices de propulsion; les
- moyens de réduction ordinaires sont insuffisants ; il faut un procédé d’une grande souplesse, se prêtant
- parfaitement au réglage; c’est la transmission électrique qui répond le mieux à la condition, c’estpour-quoi on en étudie l’adaptation à la navigation dans le monde entier ; elle constituera vraisemblablement demain un nouvel instrument de progrès dans la construction des navires de toute catégorie, navires decommerce( navires de transport, navires de guerre. Nous ne saurions donc nous abstenir de signa-
- Fig. i. — Groupe turbo-générateur sur la plate-forme d’essai.
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- LA PROPULSION ÉLECTRIQUE DES NAVIRES ====== 93
- 1er la tentative pratique que fait en ce moment la marine américaine, sur un grand charbonnier, en vue de l’étude expérimentale de la propulsion par l’électricité.
- Le charbonnier sur lequel est entreprise l’épreuve appartient à un groupe de trois bâtiments du même genre, mais équipés différemment : l’un, d’une machinerie à vapeur ordinaire, l’autre, de deux turbines agissant sur les hélices par l’intermédiaire d’engrenages, le troisième, dont nous nous occupons, d’une turbine, dont la puissance est transmise aux essieux électriquement.
- La transmission électrique comporte un outillage intermédiaire assez complexe : d’abord une génératrice, qui reçoit son mouvement de la machine primaire, de la turbine ; puis des moteurs électriques, auxquels est transmise, par des canalisations électriques, l’énergie de la génératrice et qui sont couplés eux-mêmes aux axes des hélices de propulsion ; enfin, des appareils de réglage et de contrôle, au moyen desquels on agit sur le courant de la dynamo, pour commander le fonctionnement des moteurs ; la partie essentielle de cette dernière partie de l’outillage est constituée par des rhéostats, sur lesquels on dépense, à la mise en marche et aux petites vitesses, l’excédent de tension que fournit la génératrice, par un procédé à peu près analogue à celui que nous voyons appliqué journellement sur les tramways.
- Les photographies que nous donnons ci-contre représentent les organes principaux de l’équipement que nous venons de décomposer, dans le système
- expérimenté sur le charbonnier américain. La figure 1 montre le groupe générateur, comprenant la turbine et la génératrice ; la figure 2 illustre les deux moteurs de propulsion et l’on voit à la figure 5 l’un des rhéostats (il y en a un pour chaque moteur) de ré-glage.
- Cet ensemble d’appareils, relativement complexe, comme nous l’avons dit, semble devoir alourdir beaucoup le
- bâtiment sur lequel il est monté; en réalité, cependant, il n’en est pas ainsi ; le poids de l’installation électrique est largement compensé par l’économie que l’on réalise sur celui de la machine motrice même ; c’est ainsi que, dans le cas dont nous parlons, les constructeurs de la machinerie (la grande Société américaine General Electric Company) avaient pris l’engagement de réaliser toutes les aptitudes requises avec un poids total ne dépassant pas celui d’une machine simple : les essais préliminaires montrent qu’ils y sont parvenus entièrement; il sera extrêmement intéressant de suivre les ^ essais pratiques auxquels ! le système sera soumis ; ils constitueront un en-, seignement d’une portée générale; de leurs résultats dépendra peut-être l’orientation à donner à la construction navale.
- Marchand.
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- WYROUBOFF
- M. Wyrouboff, professeur d’histoire des sciences au Collège de France, était Russe de naissance : il devait à cette origine une intelligence souple, lui permettant de s’assimiler les connaissances les plus variées ; il étudia la médecine, dirigea la revue positiviste de Comte, fit de nombreuses recherches de cristallographie et de chimie, professa au Collège de France l’histoire des sciences, et tout cela avec la même facilité, la même aisance, comme en se jouant. ’ Il parlait et écrivait le français, avec une correction et une élégance que l’on rencontre rarement chez nos compatriotes; c’est qu’en effet, dès l’âge de huit ans, il parlait couramment, non seulement sa langue maternelle, mais encore l’allemand et le français. Grâce à cette connaissance des langues vivantes, il put entrer à l’École de la noblesse de Saint-Pétersbourg, où l’appelait la situation sociale de sa famille; il y reçut une instruction encyclopédique qui développa ses qualités naturelles, et, à sa sortie, possédant une fort jolie fortune, il explora la Perse, pays alors à peu près inconnu. 11 parcourut ensuite l’Europe occidentale, travaillant successivement dans les laboratoires de Naples, de Genève, de Berlin. Comment l’amour de la science s’était-il emparé de Wyrouboff? Je ne sais, mais toujours est-il qu’à 25 ans, il publiait son premier travail sur la coloration de la fluorine, associant dès le début les deux sciences qui devaient faire la joie de sa vie scientifique, la chimie et la minéralogie. Expliquer les propriétés physiques des cristaux en s’appuyant sur la seule structure, tel a été son but en cristallographie. Il a publié de nombreux mémoires sur les différents chapitres de cette science : sur l’individualité de la particule cristalline, l’origine de la polarisation rotatoire, le polymorphisme,
- l’isomorphisme. La chimie lui fournissait des matériaux, qui d’ailleurs étaient également utilisés par son ami Mallard, que ses goûts poussaient plutôt vers la méthode physique. Pendant 20 ans, les chimistes de Paris lui ont envoyé, pour être étudiés, les cristaux obtenus dans leur laboratoire ; de plus il entreprit des recherches d’un caractère plus exclusivement chimique sur les silicotungstates, sur les terres rares avec son ami Yerneuil. Wyrouboff s’était en effet fixé à Paris et fait naturaliser Français ; il aimait la France et le prouva bien en 1870; sa conduite lui valut la croix de la Légion d’honneur. Il était très fier de sa décoration ; quand on voulut le nommer officier au titre scientifique, il refusa, ne voulant pas que la rosette cachât le ruban de 70. Dernièrement encore, déjà malade, apprenant que l’on distribuait une médaille aux combattants de l’année terrible, il fit toutes les démarches pour l’obtenir et réunit ses amis pour fêter sa décoration : ce fut la dernière réunion. Il n’avait pas d’ailleurs oublié sa patrie et il prit part à la campagne contre la Turquie, puis aux guerres intestines d’Espagne. Il ne tarissait pas d’anecdotes sur cette dernière campagne, pendant laquelle, disait-il, il n’avait jamais vu de blessé.
- Très spirituel, très paradoxal, il était la vie des réunions auxquelles il assistait; mais s’il était combattif, jamais ses attaques ne cachaient la moindre arrière-pensée. D’une grande dignité de caractère, il n’admettait aucune compromission; aussi était-il mal vu dans le monde officiel ; mais il s’en consolait facilement en pensant aux amitiés sincères qui l’entouraient et qui ne l’oublie-
- ronl Pas' F. Wallerast,
- Membre de l’Institut.
- CHRONIQUE
- Essais d’électroculture. — Les effets de l’électricité sous ses diverses formes sur la végétation ont déjà fait l’objet de bien des expériences, mais sans que des conclusions nettes puissent être encore formulées. La question reste ouverte. M. Herbert G. Dorsey y apporte une nouvelle contribution. Les expériences ont été faites à Moraine Farm, dans la fertile vallée de Miami River, près de. Dayton (États-Unis). Nous les résumons d’après Electrical World. Elles ont porté sur l’effet des courants électriques et sur l’effet de diverses radiations.
- Un premier lot de terrain fut soumis à l’action de courants à haute fréquence, traversant des fils tendus à 0 m. 40 du sol, et mis à la terre. La différence de potentiel entre le sol et les fils était de 10 000 volts. La fréquence du courant atteignait 200 000 périodes par seconde. La puissance mise en jeu était de 150 watts ; la haute fréquence était produite au moyen d’une bobine de Tesla. L’installation fonctionnait 1 heure le matin, 1 heure le soir.
- Un lot n° 2 était illuminé 5 heures par jour, après le
- coucher du soleil, par une lampe à incandescence de 100 watts à filaments de tungstène et à globe rouge.
- Le lot n° 5 était illuminé dans les mêmes conditions par une lampe à vapeur de mercure Cooper-IIewitt.
- ’ Le lot n° 4 servait de témoin.
- Dans le lot n° 5, fut enterré un réseau de fils connecté au pôle négatif d’un réseau à courant continu à 110 volts. La borne positive de ce réseau était constituée par une petite pomme d’arrosoir au milieu de laquelle passait une électrode de charbon isolée de l’enveloppe métallique; celle-ci connectée au pôle positif. L’eau s’électrolyse ainsi; et se remplit de gaz; avec cette eau on arrose le lot.
- Les lots 6 et 7 furent traités par du courant continu ou alternatif, commercial, circulant entre électrodes de-', charbon plantées dans le sol. Les expériences de stimulation ne commencèrent qu’après la germination. Elles portèrent sur des laitues et radis.
- Les courants à haute fréquence donnèrent des résultats remarquables ; pour les laitues une majoration de
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- 75 pour 100 par rapport au lot témoin. La lumière rouge pour les radis, violette pour la laitue vient en second rang. L’arrosage électrique, au contraire, fut nuisible.
- Ces intéressantes expériences qui semblent attribuer aux courants oscillants à haute fréquence une inllüence heureuse sur la végétation seront continuées.
- La querelle des algues. — L’exploitation des algues a pris en ces dernières années une grande importance. Mais, en même temps, elle soulève un conflit entre les deux catégories d’exploitants qui utilisent ces végétaux : les pêcheurs et les fabricants d’iode.
- Les algues sont en effet l’une des sources principales de l’iode, et l’emploi de cette substance s’est subitement accru, en raison de la consommation considérable qui en est faite, depuis quelques années, par la chirurgie. Elles servent encore à fabriquer des gélatines végétales du genre de l’agar-agar, et des engrais pour l’agriculture.
- D’autre part, les algues ont une grande importance pour la pisciculture ; car elles donnent abri aux poissons et aux invertébrés qui font sa nourriture.
- Gomment concilier les intérêts contradictoires de la pèche et de l’industrie? M. J. Délogé a examiné la question dans un récent Bulletin de l’Institut océanographique. Il propose, comme remède, que l’on sacrifie à l’industrie un tiers des prairies de goémon de fond et qu’on réserve à la protection du poisson les deux autres tiers. Le tiers réservé à l’industrie est précisément celui qui se découvre aux marées très basses ou que l’on peut atteindre à ces marées avec les faucilles actuelles longues de 4 mètres.
- Il suffirait donc qu’une réglementation interdit la récolté du goémon à l’aide de tout engin autre que les faucilles longues de 4 m. ou permettant d’atteindre les goémons à plus grande profondeur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 décembre 1913. — Présidence de M. Appell.
- La fermentation alcoolique. — M. Maquenne expose que MM. Fernbach et Schœn ont observé que la proportion d’acides élaborés par la levure au cours de la fermentation alcoolique augmente beaucoup, lorsque par addition de craie, on sature ces acides au fur et à mesure de leur formation ; c’est un fait qui est à rapprocher de ce que l’on sait déjà des fermentations lactiques et buty-x’iques. Les auteurs s’étant trouvés par ce procédé en présence d’une quantité notable d’acides formés par la vie de la levure ont pu en entreprendre l’étude qui n’avait point encore été faite jusqu’ici. Ils y ont reconnu l’existence d’un acide cétonique, l’acide pyruvique, qui n’avait jamais été signalé dans la fermentation alcoolique. Cette constatation, par suite des rapports qui existent, d’une part, entre l’acide pyruvique et la dioxyacétone ou la méthylglyoxal, produits de dédoublement du sucre, et, d’autre part, entre le même acide et l’aldéhyde, par conséquent l’alcool ordinaire, offre une grande importance au sujet du mécanisme encore incertain de la fermentation alcoolique, car elle permet de considérer l’acide pyruvique comme l’un des termes intermédiaires de la suite des transformations qui convertissent le sucre en alcool et en anhydride carbonique.
- Localisations cérébrales. — M. L. Perrier fait connaître que M. Robinson, ayant examiné le cerveau d'un malade qui avait succombé à une crise d’épilepsie jackso-nienne survenue assez longtemps après une contusion assez violente de l’occiput, trouva le cerveau rempli de pus; la masse cérébrale avait été attaquée d’une façon profonde. “Et cependant l’état général du malade ne faisait pas prévoir cette destruction qui aurait dû sc produire par des désordres bien apparents.
- Cosmogonie. — M. Bigourdan rappelle qu’en 1880, M. Paye chercha comment une nébuleuse sphérique k densité croissante de la périphérie au centre avait pu donner naissance au soleil primitif imaginé par La'place. M. Emile Belot a repris l’idée de Paye et la généralise en l’appliquant à des couches cylindriques indéfinies en rotation, ressemblant aux formations tourbillonnaires. Il trouve qu’il existe dans une telle nébuleuse trois couches
- cylindriques remarquables; la première contenant le maximum de matière, la seconde où se trouve le maximum de force centrifuge, la troisième possédant la vitesse langentielle maxima. Les rayons de ces trois couches sont sensiblement dans le même rapport que la distance de Jupiter (masse maxima), de Saturne (masse de densité minima) et celle (environ 15) qui sépare, dans le système solaire, la région des planètes à rotation directe de celle à rotation rétrograde.
- Physiologie végétale. — M. Raoul Combes a précédemment réussi à isoler une substance jaune dans les feuilles vertes et à la transformer synthétiquement par réduction, en dehors de tout organisme, de façon à obtenir la substance rouge des feuilles d’automne. Il vient de réaliser la transformation inverse.
- La pullulation des microbes dans un milieu agité. — M. Adrien Lucet a démontré expérimentalement qu’une agitation régulière des milieux liquides employés en bactériologie pour la culture des microbes favorise le développement de ceux-ci, contrairement à ce que l’on croyait. En soumettant des bouillons à un mouvement lent et continu, il a pu obtenir, en effet, des cultures jusqu’à huit fois plus abondantes des agents de la diphtérie, de la fièvre typhoïde, du choléra, de la dysenterie, de la morve, du tétanos.
- Absorption de l’oxyde de carbone par le sang. — M. Nicloux montre par des expériences faites en dehors de l’organisme, que si l’on met du sang au contact d’une atmosphère plus ou moins riche en oxyde de carbone, la quantité de gaz toxique fixée par le sang est en relation définie avec la quantité d’oxyde de carbone contenue dans l’atmosphère.
- Distillation de la houille. — M. A. Gautier explique que MM. Pictet et Bouvier ont distillé la houille dans le vide à une température inférieure à 450°. Ils ont obtenu un goudron qui ne contient pas trace de phénol. Traité par le sodium, il dégage de l’hydrogène et donne une substance décomposable par l’eau qui est un alcool se rattachant à la série aromatique, de la nature du menthol. Cu. de Villedeuil.
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- LE NOUVEL AQUARIUM DE BERLIN
- Berlin possède, depuis peu, un nouvel aquarium remarquable à bien des points de vue.
- Sur l’initiative de M. Hermes, et avec le concours de la Municipalité de Berlin et du Ministère de l’Instruction et des Cultes, il s’est installé dans l’enceinte du Zoological Garten.
- Ce n’est pas seulement un gigantesque aquarium que le magnifique bâtiment à trois étages (de 53 m. de longueur, par 55 de largeur), élevé à proximité de la Porte des Éléphants, est destiné à loger. C’est au rez-de-chaussée que se trouve Yaquarium proprement dit, réparti, par portions à peu près égales, entre les organismes d’eau douce et d’eau de mer ; il comporte 25 grands bassins (de 2 m. 50 de longueur), dont 11 à eau de mer et 14 à eau douce, ainsi que 25 bassins à eau de mer et 25 bassins à eau
- l’eau douce et l’eau de mer. Le grand château d’eau joint, à l’aquarium renferme, pour chaque espèce d’eau, un réservoir d’où s’alimentent les différents bassins.
- Le Jardin zoologique ne contenait jusqu’ici que des mammifères et des oiseaux, en nombre, il est vrai, plus grand que dans'la plupart des autres jardins d’acclimatation (environ 1400 espèces). Grâce à l’aquarium qu’on vient d’inaugurer, ses collections se trouvent désormais étendues au monde animal tout entier. L’ornementation du bâtiment, les surfaces disponibles de la façade et des salles — tout a été utilisé pour compléter rinslruction vivante qu’on reçoit en parcourant l’aquarium. C’est ainsi que se trouvent reproduits, par des tableaux ou des sculptures, les congénères fossiles des pensionnaires de la maison,
- Vue du nouvel aquarium de Ber-lin.
- douce"de dimensions plus modestes. Au premier, se trouve le terrarium, c’est-à-dire 19bassins degrandes dimensions et une soixantaine de petits bassins réservés aux reptiles et aux amphibies. L’ensemble du vaste hall central (de 27 m. de longueur et de 10 m. de largeur), au plafond vitré, a toutefois été converti en fleuve des tropiques ou « creek » à moitié sec, à la végétation luxuriante, où les crocodiles se reposent sur les bancs de sable et où les tortues aquatiques prennent leurs ébats dans les mares. Cet immense panorama, auquel donne accès une passerelle en bambou, est unique en son genre. Au second étage, nous trouvons enfin un vaste insectarium où une longue série de cages nous fait voir, dans des conditions identiques, autant que possible, à leur vie naturelle, les habitudes des insectes. Une annexe relativement modeste renferme les bureaux d’administration, les habitations des employés et les laboratoires scientifiques, munis d’aquariums et de terrariums. Au sous-sol du bâtiment principal, se trouvent les pompes et les grands bassins à clarifier
- autant que les os retrouvés dans les couches tria-siques, jurassiques, etc., permettent de les reconstituer. Ceci s’applique surtout aux grands reptiles, sauriens antédiluviens plus ou moins gigantesques. La pièce principale de cette collection est un iguanodon de 5 m. de haut, trônant, en grandeur naturelle, devant le bâtiment, sur une voûte rocheuse, à côté du grand pont sur le hassin qui donne accès à l’aquarium. En dehors de ces reconstitutions, où l’imagination a forcément sa part, on voit d’intéressants restes fossiles réels, entre autres, un ichtyosaure parfaitement conservé.
- Ce qui distingue, surtout le nouvel aquarium, c’est qu’on s’est attaché , à donner, autant que possible, des « tranches » de vie naturelle : ainsi, les habitants des côtes retrouvent, à l’aquarium de Berlin, leurs rochers natifs d’Héligoland, de Naples, de Rovigno ; les méduses vivent dans un vaste bassin vitré de tous côtés et qui donne l’illusion de la mer. C’est de^l’excellente vulgarisation scientifique.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, rue.de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2120. =:=.~...... :8, 10 JANVIER 19U.
- VOLCANS DES NOUVELLES-HÉBRIDES
- Eruptions de
- Si l’on regarde la disposition des volcans actifs ou éteints des Nouvelles-Hébrides, Banks et Torrès, on voit que tous sont situés sur une ligne dirigée obliquement N.-N.-O. S.-S.-O. et passant par le milieu du groupe. Au contraire, les lies situées à droite et à gauche de cette ligne, et qui sont les plus vastes, sont constituées par le sol primitif et par des soulèvements coralliens.
- Cette ligné ignée se trouve dans le prolongement des volcans de la Nouvelle-Zélande au sud, et des
- l’île Ambrym.
- ne donne plus maintenant que des fonds de 5 à 6 mètres. Le volcan, ouvert sur le flanc de la montagne, rejette encore constamment des tourbillons de vapeurs et de fumées accompagnés de cendres et de blocs en ignition. Lorsqu’il pleut, les phénomènes augmentent d’intensité.
- En 1886 le volcan, de l’île Mai, qui s’ouvre sur un sommet haut de 550 mètres, entra pour la dernière fois en activité, en même temps que celui d’Ambrym.
- Au centre N Épi se trouve un volcan éteint qui
- Fig. i. — Cratère du Benbow, d’après une vue prise par le O Purrey Cost. (Geographical Journal, VIII, 1896.)
- volcans des Mariannes et du Japon méridional au nord; elle est parallèle à la Nouvelle-Calédonie et à la côte E.-N.-E. de l’Australie.
- Trois volcans sont constamment en activité : Tanna, Lopevi, Benboiv (Ambrym) ; un volcan soiis-marin près d'Epi et Tongoa paraît par intermittences ; deux présentent seulement des fumerolles et des solfatares, Aoba et Vamia Lava (Banks). Très nombreux sont les volcans éteints.
- En 1876, l’île de Tanna fut fortement éprouvée par une éruption qui sembla cependant, en partie, avorter, car elle détermina surtout une modification des côtes par soulèvement des fonds marins. C’est ainsi que la baie de la Résolution, qui offrait presque jusqu’au rivage des fonds de 16 à 20 mètres,
- parfois, cependant, laisse échapper quelques vapeurs et gaz. Les indigènes se rendent alors au volcan et jettent de la terre dans l’orifice.
- Lopevi, véritable pyramide haute de 1457 mètres, eut sa dernière éruption en 1880. Son sommet se perd presque toujours dans les nuages mêlés à la fumée qui, depuis 1898, s’échappent à nouveau de cette haute cheminée. Tout près de là, le volcan de Pau Uma (555 mètres) a cessé à peu près toute manifestation depuis sa dernière éruption datant de 1897.
- A la même époque fut signalé, aux Nouvelles-Hébrides, dans le sud de l’île Tongoa, un volcan sous-marin lançant des pierres et des fumées.' Peu à peu il émergea, formant une île; puis il s’éteignit,
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- 42' Année. — 1" Semestre.
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- VOLCANS DES NOUVELLES-HEBRIDES
- s’affaissa, et disparut sous les eaux. De nouveau, il se. manifesta en 19.00-1901,1 . émettant. alors; surtout des Hoolonnes énormes d’eau sortant •'d’un-grand bouillonnement.-:
- C’est l’île Am-brym,, de nouveau en décembre -19-1-5 - siège d’une violente éruption, qui est le centre le plus important de l’activité volcanique moderne dans les Nouvelles-Hébrides. Àmbrym, dont le nom signifie « feu » en langue indigène, possédait, lors de mon séjour aux Hébrides, trois volcans éteints situés chacun à un angle de cette île triangulaire, et un volcan en activité s’ouvrant sur un haut et large plateau occupant le centre de l’ile.
- Le Pic M'mnei à l’O., le Mont Tuyio au N. sont depuis longtemps éteints. Leurs éjections semblent n’avoir consisté qu’en boues brunâtres et en cendres noires. Le volcan de la pointe S.-E. eut sa dernière éruption en 1888, donnant lieu à une large coulée de laves s’écoulant vers le N.-E., assez loin dans la mer. En 1899 il émettait encore des jets de vapeur.
- Lorsqu’on a franchi les 0 à 700 mètres d’altitude à laquelle s’élève.le vaste plateau qui occupe le centre de File, on arrive dans un cirque dénudé, au sol aride formé de sables et de cendres, délimité par des falaises à pic, vérita-
- bles murs immenses où s’arrête la végétation. Dans ce vaste cirque se rencontrent de l’E.àl’O., suivant la plus grande largeur de l’île, presque sur une même ligne droite, trois bouches du volcan central. La première, à l’E., se ferma à une date inconnue. Puisl’ouvcr-ture se fit plus centrale, au pied d’un cène haut de 1526 mètres, le Mont Marum ; depuis 1884, elle n’émet plus de vapeurs ni de fumées. La troisième bouche,au contraire, est en activité. Appuyé au MontBenbow, ce cratère présente une ouverture supérieure qui semble mesurer 2 kilomètres environ de circonférence. Elle diminue avec la profondeur jusqu’à une plate-forme qui paraît n’en plus mesurer qu’un. À ce niveau on aperçoit : d’un côté un petit lagon, d’un autre côté Forifice de la cheminée d’où s’échappent constamment des fumées, des cendres, des vapeurs. Souvent les projections prennent une intensité plus grande. On distingue alors deux colonnes de couleurs bien différentes, distinctes lune de l’autre et juxtaposées comme les canons d’un fusil de chasse. L’une, absolument blanche, est apparemment formée de vapeur d’eau au milieu de laquelle se produisent, par moments, des projections d’eau li-
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- quide; l'autre, LouLc noire, conlient, avec des gaz divers, des cendres et de gros blocs incandescents lancés dans les airs avec accompagnement de détonations violentes; ils retombent pour la plupart dans le lagon qui, alors, est en ébullition. Parfois des sources boueuses apparaissent bouillonnantes. Constamment, dans ces cas, sans interruption de plus d’une minute, des éclairs éclatent entre les nuages et les colonnes de projections. Tel était le régime du volcan d'Ambrym en 1901-1902.
- L’avant-dernière grande éruption du volcan de Benbovv remonte à 1894. Le volcan s’ouvrit suivant une large brèche dirigée E.-O. Une énorme coulée de laves s’épandit vers l’O., se divisant en deux-branches. Sur son trajet se voient des cylindres énormes de laves, jetés pêle-mêle comme des canons sur un champ de bataille.
- Ce sont des enroulements de lave qui enveloppèrent des troncs d’arbres, et qui subsistent seuls aujourd’hui, le bois ayant été détruit.
- L’activité du foyer interne se manifeste encore à Àmbrym par la présence de nombreuses sources thermales. Depuis Port Vcito jusqu’à Iianon, c’est-à-dire sur toute la moitié des côtes, on ne trouve que des eaux non potables.
- Les sources chaudes sont particulièrement nombreuses à Baiin et à Taby. En ce dernier point coule une véritable rivière de 40 à 50° C. dégageant des odeurs sulfhydriques.
- À l’histoire des troubles volcaniques d’Ambrym se ratta-
- chent des légendes et des faits intéressants. Dans le courant de l’année 1902, à la mission d'Olcil, sur la cote S.-O. d’Ambrym, le IL P. Suas, en faisant creuser, pour tracer un chemin, une profonde tranchée, traversa successivement : sur une épaisseur de 2 mètres les sables noirs et les cendres qui couvrent uniformément le sol de cette partie de l’ile; puis une terre rouge ayant l’aspect de la brique, dure comme du roc, épaisse de 4 mètres et paraissant s’étendre sur toute la région; enfin du sable analogue à celui de la surface. Or, dans ce sable, le R. P. Suas mit à découvert de larges pierres plates, entassées comme celles qui recouvrent aujourd’hui les tombes des indigènes employant l’inhumation ; sous ces - - < - pierres il trouva des cadavres
- humains. Ces restes étaient si friables qu’en y touchant seulement on les réduisait en poussière. Cependant à l’ouverture de ces tombes on reconnaissait que les morts avaient été ensevelis dans la position accroupie, les jambes croisées en tailleur. Or, ce mode d’ensevelissement ne se retrouve plus actuellement chez aucun peuple des Nouvelles-Hébrides ; mais il s’observe chez les Australiens. Dans ces sépultures, le R. P. Suas ne trouva, comme vestiges de civilisation, que des débris de poteries dont j’ai pu "prendre le dessin reproduit ici.
- Actuellement on ne fabrique plus de poteries aux Nouvelles-Hébrides, sauf un peu à Espiritu Santo, à Poussey. On en fait aux
- Fig. 6. — Pêcheur à l’arc.
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- îles Salomon. À Pentecôte on trouve parfois des débris de vases très anciens absolument pareils à ceux découverts dans les sépultures de Olal. C’est
- rcnt en pirogue, sur l’île d’Ambrym. A quelques kilomètres de Baiin, dans Ambrym, se trouve un village qui s’élevait, autrefois, sur le rivage de la mer. Parmi
- une poterie grossière faite d’argile rouge mélangée d’un peu de terre à sable noir, épaisse de presque un centimètre et ornée de dessins rudimentaires qui rappellent les motifs ornementaux zoomorphes de la Nouvelle-Guinée (1).
- Ce fait rapproché d’autres, que nous avions rapportés ailleurs (2), permet de déduire l’existence ancienne d’une race plus industrieuse que l’actuelle et qui aurait été détruite par des envahisseurs et par des éruptions volcaniques.
- Enfin, pour finir avec Àm~ brym, voici deux légendes se rapportant aux phénomènes volcaniques de l’île. Les indigènes racontent que les Anciens leur ont conté qu’autrefois l’île était paisible; que les gens d'Aoba étaient alors, au contraire, victimes de leur volcan. Or, ils s’en rendirent maîtres et, une nuit, l’apportè-
- 1. Yoy. Deniker : Races et peuples de la Terre, Rein-wald, édit., 1900, p. 237, fig. 61. — 2. Dr P. R. Joly. Notes
- les poissons de la côte il en était un « tabou » (sacré, défendu). Or, une femme, enfreignant les ordres des Esprits, en mangea certain jour. Aussitôt la terre gronda, et la mer, à tout jamais, s’éloigna du village.
- Dans les autres îles du groupe, on ne trouve que des volcans éteints. Cependant dans Àoba, don t le sommet monte à 1200 mètres et présente, au milieu d’un plateau, deux petits lacs occupant les anciens cratères, se trouvent des fissures par lesquelles s’échappent des vapeurs et des fumées.
- Vanuci Lava (Banks) possède des solfatares permanentes avec sublimation de soufre. Celui-ci fut l’objet d’un début d’exploitation. Ces solfatares constituent deux groupes sur le versant de la montagne.
- Après avoir traversé une végétation luxuriante, au
- sur les Nouvelles-Hébrides : ethnographie. Communication à la Soc. d’anthropologie de Paris, 3 mai 1904
- Fig. 8. — Fragment de poterie trouvé à Olol (/902).
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- VOLCANS DES NOUVELLES-HÉBRIDES ======== 101
- milieu de laquelle cascadent des torrents d’eaux, les unes rouges, les autres d’un bleu lactescent, on arrive, à 6 ou 700 mètres d’altitude, dans de vastes brèches dénudées où fument les premières solfatares. Les roches y ont subi des modifications chimiques d’autant plus intenses qu’on approche davantage du point d’émissions sulfureuses. Des amas de soufre sublimé s’échappent, en sifflant, des jets de vapeurs et de gaz. En plusieurs points bouillonnent et s’évaporent de vastes mares d’eau boueuse gris verdâtre. Tout à côté, sort, bouillante, l’eau bleuâtre qui court plus bas à travers la forêt verte. A 100 mètres plus haut se rencontre le second groupe de solfatares. Le cratère éteint occupe presque le sommet par 914 mètres.
- Dans les îles situées de part et d’autre de la ligne éruptive, N.-N.-O., S.-S.-E., que nous avons indiquée, le corail, les madrépores paraissent constituer une grande partie du sol. C’est ainsi que les vastes et si fertiles plaines d'Espiritu Santo sont de nature corallienne. La rivière Sarakata roule sur un lit de coraux presque jusqu’à sa source, aux environs de Tolomako. A cet endroit, de hauts rochers coralliens à pic et déchiquetés furent pris naguère pour les ruines d’une grande cité qui . aurait été construite et fortifiée à la fin du xvie siècle, par les compagnons de l’explorateur Quiros. Cependant dans toutes les îles on retrouve des traces de roches volcaniques.
- Les phénomènes sismiques sont très fréquents. Les raz de marée s’observent particulièrement aux environs de Vanua Lava. Les tremblements de terre sont presque constants autour d'Ambrym. Le maximum d’intensité et de fréquence se constate de décembre à mai, pendant la saison chaude, correspondant au maximum des pluies. Les principaux points de départ des secousses sont Tanna et Ambrym. Lorsqu’un tremblement de terre se produit, on l’entend venir : il s’annonce par un grondement semblable au bruit de la vague qui déferle au loin. Ce bruit, les animaux et les indigènes le connaissent bien : les coqs rappellent, les chevaux et le bétail restent immobiles et se campent raides sur leurs pattes, les indigènes crient. Le plus souvent les ondulations sont assez lentes pour qu’on les suive des yeux : les arbres, surtout les cocotiers, se penchent les uns après les autres suivant la progression de l’onde sismique. Parfois, plus rarement, la secousse est verticale, subite, forte et courte. Les secousses sont particulièrement violentes aux époques d’activité du volcan d’Ambrym.
- Malgré l’éruption qui vient tout récemment de bouleverser Ambrym, on peut considérer que l’importance volcanique de ce groupe, jadis considérable, est en régression. L’activité éruptive se localise à Ambrym et à ses environs. Elle se manifeste par accès qui paraissent présenter une périodicité de huit à dix ans : 1876, soulèvement des fonds de la baie de la Résolution à Tanna; 1886, éruption d’Ambrym et de Mai; 1894, éruption d’Ambrym;
- 1897, apparition d’un volcan sous-marin entre Epi et Tongoa; 1901-1902, réapparition de ce volcan; 1913, éruption d’Ambrym.
- Les Nouvelles-Hébrides, Banks et Torrès, grâce à leur étendue sur cinq degrés de latitude, grâce à leur disposition autour d’une ligne et d’un centre d’éruption bien déterminés, à la présence de volcans à tous les degrés de vitalité, constituent un champ d’observation et de recherches parfait pour l’étude du volcanisme et de la dynamique interne.
- Mais la géologie des Nouvelles-Hébrides présente d’autres intérêts. Elle montre, en effet, que ces îles ont à leur base un sol de même nature que celui de la Nouvelle-Calédonie : on. y retrouve les mêmes roches, les mêmes gisements minéraux, les mêmes couches sédimentaires. C’est ainsi que j’ai rencontré du plomb argentifère dans le nord de Vaté, du cuivre, du nickel, du cobalt et du chrome dans Mallicol o, Epi, Aoba. Dans le sud-ouest de Mallicolo,se voient des grès, des schistes identiques à ceux qu’on observe autour de Nouméa. De Port-Stanley au nord de Mallicolo le faciès des collines rappelle absolument celui du sud-ouest calédonien. 11 est donc évident que la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides font bien partie d’un même système néo-calédo-hébridais.
- A mi-route entre la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides les îles Loyauté (Ouvea, Mare, Lifou), disposées en ligne N.-S., à peu près parallèlement aux précédentes, sont encore un vestige témoin de la continuité primitive de ces terres. En effet, bien qu’elles paraissent composées de seuls madrépores, ces îles, surtout les plus grandes, Mare et Lifou, contiennent des roches, des terrains identiques à ceux de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides. Elles constituent donc le trait d’union.
- De plus les secousses produites par les volcans néohébridais sont très souvent ressenties aux îles Loyauté, et parfois, mais plus rarement,- sur la côte E. de la Nouvelle-Calédonie.
- Qu’on me permette d’exprimer ici un regret et un vœu. Comme tous ceux qui ont parcouru et étudié ces groupes d’îles, je déplore que les Nouvelles-Hébrides et la Nouvelle-Calédonie unies géologiquement, complément les unes de l’autre en tant que productions agricoles et autres, n’aient pas été unies administrativement sous notre unique et complète domination. Une erreur du commandant français qui, le premier, parcourut les Nouvelles-Hébrides en fut la cause. Il crut, à la légère, qu’elles manquaient d’eau potable ; dans son rapport, il les déclara sans intérêt ni utilité pour nous. Il est probable que ce commandant à courte vue n’avait visité que la côte volcanique d’Ambrym. L’éruption actuelle de cette île rappelle l’attention des Français sur ce groupe. Puissent nos compatriotes, et surtout nos dirigeants, se renseigner, et saisir la très grande importance scientifique, commerciale et politique qu’offrent pour nous les Nouvelles-Hébrides. Dr P.-R. Joly.
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- LE CONGRES DE LA BAGUETTE DIVINATOIRE A HALLE SUR LA SAALE
- Un Congrès de la Ligne allemande pour l’étude de la baguette divinatoire (Q a eu lieu à Halle sur la Saale du 18 au 20 novembre 1915.
- Cette Ligue, issue du Congrès de Hanovre en 1911, a, comme on sait, publié depuis sa fondation une série de rapports intéressants; mais la nécessité d’un échange de vues plus intime entre les adhérents se faisait sentir.
- Le Congrès de Halle était présidé par M. le « Berg-hauptmann » Scharf, notable représentant des Mines allemandes, ce qui atteste l’intérêt que cette administration apporte à la solution du problème. 11 s’y trouvait aussi trois représentants des Landesgeologen, ces fonctionnaires allemands chargés de l’étude des questions géologiques intéressant les services publics. On sait que ces derniers se sont révélés comme les principaux adversaires des baguettisants. Ces messieurs, aujourd’hui, consentent à discuter, et ne parlent plus, comme il y a deux ans, d’ « insanité » et de « vertige ».
- Le Congrès débuta le 18 au soir, par une conférence du Dr Aigner, de Munich, président de la Ligue, sur l’état actuel de la question. Après quelques mots d’historique, et l’exposé, illustré de projections, des principales opérations auxquelles il avait assisté, le conférencier présenta sa théorie personnelle du phénomène, fondée sur l’ionisation de l’atmosphère résultant de l’influence de la radioactivité du sol, à laquelle différentes substances notamment les eaux, font écran. D’après M. Geokel, ce rayonnement décroît peu jusqu’à 4000 m. de hauteur ; mais, par contre, beaucoup au-dessus d’un petit filet d’eau, et lors de la formation de la rosée. L’explication des mouvements de la baguette serait la suivante : le phénomène physique de la radioactivité influencerait l’organisme du baguettisant, qui peut alors en percevoir les variations par la mise en jeu de réflexes dont ces mouvements sont les initiateurs. Explication d’ailleurs encore provisoire.
- Cette tendance, générale en Allemagne, de ne considérer que des applications géologiques, jointe aux difficultés, reconnues dans les précédents Congrès, de la détermination de petites masses métalliques dans des maisons où il est impossible à qui que ce soit de prévoir toutes les causes de perturbation, avait fait éliminer toute recherche de cet ordre. Les questions proposées comportaient les déterminations suivantes :
- 1° Couches souterraines de potasse (sylvine avec gypse et anhydrite) au-dessus de la mine royale de Schœnebeck ;
- 2° Cavités souterraines dans le gypse, près d’Eisleben ;
- 5° Galeries souterraines remplies d’eau, près d’Eisleben ;
- 4° Gisements de lignites près de Halle et à Côthen ;
- 5° Conduites souterraines d’eau douce ou salée, canalisations électriques à la saline de Diïrrenberg, etc.
- Pour éviter l’encombrement et la gêne bien connue résultant de la présence du public, seuls les baguettisants et les contrôleurs assistaient aux opérations; en outre, ceux des résultats qui pouvaient être constatés sans délai ne furent énoncés qu’en séance finale. Pas de photographes, encore moins de cinémas. Par suite de l’extension du programme, plusieurs opérations eurent lieu le même jour; il est par suite impossible à tout assistant d’en offrir de visu une relation complète. Quoi qu’il en soit, je fis partie du petit groupe qui se rendit le 19 au
- 1. Verband zur Klarung deç Wünscliebrutonfrage. Voy. au sujet du mouvement d’opinion qui s’est produit antérieurement en Allemagne, l’article du Dr Yigen dans La Nature du 17 août 1912.
- matin à Schœnebeck sur les gisements de potasse.
- Le choix du site géologique propre à de telles expériences offre des difficultés spéciales. Deux ordres bien différents de faits peuvent, à mon avis, être distingués : d’abord l’obtention des réactions en elle-même, ensuite l’interprétation physique et géologique des causes de ces réactions. A l’heure actuelle où la preuve décisive de l’objectivité de ces causes ne paraît pas encore faite, il me semble que la première considération doit être prépondérante. Or, si les modes de réaction sont individuels, en revanche, les « lignes de réaction » obtenues par différents opérateurs munis du même appareil ou d’appareils comparables diffèrent peu. C’est cette quasi-coïncidence constatée dans le travail collectif des Congrès de Paris et de Halle qui me parait être la meilleure preuve de l’objectivité de ces phénomènes. La détermination des accidents de la topographie souterraine résulte, elle, d’une interprétation qui peut être vraie ou fausse. Comme c’est elle qui offre une valeur pratique, il faut, dans l’état actuel de la question, que cette interprétation soit assez simple pour être immédiate, et à la portée de personnes parfois peu instruites. Or, deux cas me paraissent seuls répondre à la question :
- 1° Celui de couches ou de fdons verticaux ou très redressés; 2° celui de couches horizontales présentant des cavités ou des piliers à parois verticales. En effet, dans ces deux cas, les lieux de variation de la radiation, si radiation il y a, sont des surfaces cylindriques presque verticales dont les intersections avec le sol donnent naissance à des lignes de réaction dessinant une projection horizontale de l’objet qui suffit à en définir la forme.
- C’est ce qui semble avoir eu lieu à Schœnebeck où, aux trois points aujourd’hui reconnus par les travaux, les déterminations des baguettisants correspondent à la réalité. Là, malgré la complexité du gîte, les couches sont'très redressées.
- Les déterminations de trajets de filets d’eau dans le « jardin provincial )> et de conduites dans la saline offrirent aussi des résultats favorables, en dehors toutefois de l’influence des courants électriques, par suite de la faible profondeur. Les déterminations de cavités furent, paraît-il, moins exactes. Or, le sous-sol des environs de Halle se compose de schistes très redressés et contournés du permien présentant des joints gypseux et ferrugineux à pendages très variables. La conductibilité de la roche pour les radiations subit de ce fait des variations locales aussi intenses qu’imprévues ; par suite, quand même les parois seraient verticales, il en résulte des déformations parfois considérables des « projections apparentes » affectant aussi celles du contenu des cavités. Les interprétations classiques ne s’appliquent plus : d’où des erreurs.
- Ce serait à mon avis ce qui constitue la principale difficulté de telles recherches. C’est pour ces raisons que les diagnoses de baguettisants en général, ou correspondent à la réalité, ou n’ont parfois aucun rapport apparent avec elle.
- Je dois cependant ajouter que le choix des sites géologiques des expériences du Congrès de Halle témoignaient de la compétence remarquable des organisateurs en ces matières, et que les résultats, dont l’ensemble ne sera connu qu’après des travaux d’une certaine durée, contribueront à fortifier l’idée de l’objectivité des causes des mouvements de la baguette, au moins dans certaines mains, et avec des opérateurs en garde contre l’autosuggestion. ^ E. Noël,
- Ancien Élève de l’École Normale Supérieure. Ingénieur
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- LA GARE SAINT-LAZARE SOUTERRAINE
- L’ancienne Compagnie des chemins de fer de l’Ouest avait élaboré un projet d’agrandissement de la gare Saint-Lazare qui a été repris et complété par l’État et dont la réalisation est en cours d’exécution. Depuis 1887, en effet, date à laquelle fut construite la gare actuelle, le trafic des voyageurs a augmenté dans une énorme proportion. De 28 millions qu’il était à cette époque, il est passé à plus de 65 millions en 25 ans; on peut même admettre que l’augmentation se chiffre annuellement par plus de 1 million de voyageurs. La nouvelle administra-'tion devant être prévoyante a donc basé scs projets de réorganisation sur l’extension future du réseau qui nécessairement doit atteindre à une limite cependant bien difficile à déterminer. D’autre part, le trafic est très irrégulier. Maximum entre 6 et 8 heures du malin, il diminue fortement pendant la journée pour redevenir intense, aux mêmes heures de la soirée. Certaine journée de Grand Prix, la gare Saint-Lazare a eu à assurer le transport de 250 000 voyageurs.
- Le trafic a augmenté dans les mêmes conditions sur les grandes lignes. Naguère on atteignait un maximum journalier de 20 000 voyageurs ; actuellement le total atteint parfois 40 000. C’est que les stations balnéaires des côtes de la Manche et de l’Océan attirent de plus en plus des Parisiens qui vont et viennent, plusieurs fois par semaine, sur l’une ou l’autre ligne du réseau. Ces conditions ont fait de la gare Saint-Lazare une station à flux et et reflux humain régulier et périodique, amplifié à chaque saison.
- L’exploitation doit donc s’inspirer de ces variations du nombre des voyageurs pour en assurer l’acheminement régulier dans tous les sens, quelle que soit l’affluence. Or, si la gare elle-même comporte un nombre de voies (27) qui pourrait être suffisant, l’entrée de ces voies se présente dans des conditions désastreuses. Jusqu’en 1910, 6 voies seulement existaient pour le service des trains se présentant à l’entrée de la gare et pour ceux qui la quittaient. Ces six voies constituent le passage auquel on a donné le nom de « goulot » des Bati-gnolles, passage à l’entrée duquel les trains attendaient autrefois pendant des heures entières leur tour d'acheminement. On résolut alors d’élargir le goulot par la construction de deux autres voies presque entièrement couvertes par la rue de Rome.
- Ce goulot, représenté par le souterrain des Batignolles, comportait antérieurement trois tunnels affectés comme suit aux grandes lignes et aux lignes de banlieue :
- Un tunnel aux lignes d’Auteuil et du Champ de Mars ;
- Un tunnel aux lignes de Versailles, Marly, les Moulineaux et la Garenne ;
- Un tunnel aux lignes de Saint-Germain, Àrgen-teuil, grandes lignes, aux trains de marchandises, aux machines et matériel.
- La construction d’un quatrième tunnel a permis de séparer les grandes lignes de celles de Saint-Germain et d’Argenteuil. Les premières empruntent, en effet, un tunnel spécial sous lequel circulent encore les trains de marchandises, les machines isolées et le matériel; mais, à la sortie du tunnel, un embranchement se sépare des grandes lignes pour être affecté uniquement aux trains de marchandises, aux machines et au matériel se rendant au dépôt des Batignolles.
- On a introduit ainsi plus de régularité dans les départs, les arrivées des trains ; mais ces améliorations ne suffisent pas encore à assurer une exploitation aussi intense qu’il est devenu indispensable de la réaliser et qui nécessiterait presque le doublement des huit voies actuelles du goulot.
- Or, la largeur de ce passage ne pourrait être augmentée qu’au prix de sacrifices financiers considérables représentés par l’achat de nombreux immeubles sur la droite des voies entre la gare" des Batignolles et le boulevard des Batignolles. C’est pourquoi l’Administration des chemins de fer de l’Etat a décidé de recourir à un moyen moins onéreux qui réside dans l’établissement d’une gare souterraine affectée aux lignes prochainement électrifiées d’Auteuil et de Saint-Germain-en-Laye, le souterrain devant se continuer hors du goulot pour se diviser en deux branches attribuées chacune à sa destination spéciale.
- La gare souterraine comprendra 8 voies qui se réuniront deux à deux avant l’entrée sous le tunnel des Batignolles qui sera ainsi franchi en souterrain par 4 voies nouvelles. On trouvera également l’espace suffisant pour la pose de 2 voies dans le goulot lui-même en démolissant cet illustre tunnel qui comporte quatre souterrains séparés l’un de l’autre par des murs d’épaisseur variable. En démolissant deux de ces murs on reliera les. trois souterrains en un seul; le dernier construit, sous la rue de Rome, conservant sa forme actuelle.
- Lorsque tous ces travaux seront terminés, la gare Saint-Lazare disposera de 24 voies aériennes normales, au lieu des 27 voies actuelles et de 8 voies souterraines; le goulot comprendra 10 voies aériennes et 4 voies souterraines. Il a été nécessaire de diminuer le nombre des voies de la gare aérienne pour permettre l’élargissement des quais et faciliter l’introduction du nouveau système de manutention des bagages que nous étudierons dans un prochain article. Plus tard, lorsque le besoin s’en fera sentir, il sera toujours possible d’augmenter la capacité totale en élargissant la gare souterraine.
- Le tunnel des Batignolles qui va disparaître a une longueur de 351 m. Il s’étend entre le boulevard des Batignolles et la rue de la Condaminc et présente des particularités assez curieuses que l’on ne retrouve dans aucune des constructions ana-
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- LA GARE SAINT - LAZARE SOUTERRAINE
- La gare Saint-Lazare souterraine. — Pour mettre la gare Saint-Lazare à la hauteur des exigences actuelles du trafic, on supprime le goulot des Batignolles.et Von construit une nouvelle gare souterraine à 8 voies électriques.
- Les voies souterraines se raccordent aux voies aériennes à la hauteur des ateliers des Batignolles.
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- logues. En premier lieu il supporte, sous le boulevard des Batignolles, le souterrain de la ligne du chemin de fer métropolitain n° 2 (Porte Dauphine-Nation). Ensuite il est traversé par les rues des Dames et de la Condamine. Enfin, des immeubles actuellement démolis le couvraient sur toutes les surfaces disponibles entre ces voies. L’emplacement de ces immeubles disparaîtra pour laisser les voies du goulot à l’air libre et des ponts remplaceront les chaussées actuelles. Le pont de la Condamine aura 8 m. de portée; celui des Dames 10 m. et celui des Batignolles 41 m. d’une seule portée. La construction de ce dernier sera assez délicate puisqu’elle doit être faite sans que la circulation des trains du Métropolitain soit interrompue.
- Gare souterraine — Le cahier des charges distribué aux entrepreneurs désireux de prendre part au concours pour la construction de la gare souterraine pose en principe la nécessite d’établir les voies nouvelles à une profondeur aussi faible que possible sous la gare actuelle;
- La gare souterraine sera située en bordure de la rue de Rome; elle occupera une largeur de 75 m., inférieure par conséquent à la moitié de celle de la gare aérienne dont les 27 voies s’étendent sur un peu plus de 150 m. La longueur totale de la gare proprement dite sera de 200 m. L’ensemble sera constitué par 4 tunnels séparés les uns des autres par des murs de soutènement percés d’ouvertures qui confondront les 4 tunnels en un seul. Les 8 voies seront desservies par des quais de 4 m. 50 de largeur et 150 m. de longueur élevés à 0 m. 85 au-dessus du niveau des rails; la sortie des wagons et l’entrée des voyageurs dans les voitures se feront donc de plain-pied.
- Le niveau des rails de la gare actuelle est à la cote 58,60 environ et les quais à 59,45; le sol de la gare souterraine sera à la cote 29 environ, c’est-à-dire qu’il se trouvera à une dizaine de mètres sous la gare actuelle, au-dessus du chemin de fer Nord-Sud (25 m. 54) et du Métropolitain (vers 25 m.). La cour de Rome, près du bâtiment de la gare, étant à la cote 55,95, les voyageurs n’auront à descendre, pour arriver à la gare souterraine, qu’un
- escalier de hauteur à peu de chose près égale à celle de. l’escalier actuel conduisant à la salle des pas perdus.
- L’entrée se fera en réalité par deux escaliers placés l’un à gauche, l’autre à droite des trois, escaliers actuels. Les voyageurs pénétreront dans un vaste vestibule ou ils trouveront les guichets de distribution des billets, puis par les salles d’attente accéderont sur une large galerie donnant accès aux quais. Ceux venant du métropolitain et du chemin de fer Nord-Sud parviendront au vestibule d’entrée par des passages souterrains qui pourront être utilisés également par les voyageurs quittant la gare pour prendre le métro.
- Enfin, de t la galerie donnant accès aux quais partiront des ascenseurs et des monte-charges transportant les voyageurs et les marchandises à la gare aérienne.
- La ligne d’Auteuil entrera en souterrain immédiatement après le pont de la rue Tocqueville. Les deux voies descendront avec une rampe de 0,025 m. par mètre. Peu d’instants après, les trains s’arrêteront à une nouvelle station dite « Batignolles-Voya-géurs » qui sera située entre les ponts des rues Saussure et Cardinet. Cette stalion aura 250 m. de longueur en palier et ressemblera tout à fait aux petites gares de banlieue. Les voies d’Auteuil se dirigeront alors vers la gare Saint-Lazare en suivant une pente qui ne sera jamais supérieure à 0,025 m.
- Les voies de la ligne électrifiée de Saint-Germain pénétreront dans le sol à 110 m. après le viaduc du chemin de fer de ceinture et suivront une pente qui ne sera jamais supérieure à 0,020 par mètre. Le souterrain viendra s’accoter à celui de la ligne d’Auteuil un peu après la sortie-de la nouvelle gare des Batignolles. Les deux tunnels continueront leur route côte à côte jusqu’à la gare souterraine à l’entrée de laquelle ils se dédoubleront pour s’épanouir chacun en deux souterrains à 2 voies constituant la gare proprement dite.
- Dans un prochain article nous étudierons spécialement les importantes modifications apportées à la garé Saint-Lazare actuelle, principalement les procédés de manutention des bagages.
- Lucien Fournier.
- L’INSTITUT INTERNATIONAL DE PHYSIQUE
- L’organisation du travail scientifique et les Instituts Solvay.
- On a fêté à Bruxelles, en septembre, à la fois les noces d’or de M. et de Mme Ernest Solvay et le cinquantenaire de la fondation de la Société industrielle Solvay et Cie. On sait que M. Solvay est l’inventeur de la soude industrielle à l’ammoniaque, qui a peu à peu détrôné l’ancien procédé Leblanc et qui produit les deux tiers de la soude employée aujourd’hui dans le monde (*).
- 1. Pour cet historique voy. : E. Soi.vay. Coup d’œil rétrospectif sur le procédé de fabrication de la soude à l’am-
- A cette occasion, l’Académie des Sciences avait chargé M. Haller de remettre à M. Solvay la « médaille Lavoisier », en même temps qu’il lui remettait la « médaille Nicolas Leblanc )) au nom de la Société Chimique de France et une « adresse » au nom de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Un certain nombre de personnalités savantes de divers pays, entre autres MM. Appel],
- moniaque (Congrès international de chimie appliquée, 1903). Berlin, 1904.
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- Chabrié, Lorentz, Sir William Ramsay représentaient également diverses institutions. De son côté, M. Solvay — qu’il faudrait appeler le roi de la soude, si ce langage n’était réservé aux seuls milliardaires américains — avait réparti pour la même occasion une somme de 5 millions en multiples libéralités : 500 000 francs à l’Université de Paris pour le développement de l’Institut de Chimie appliquée, 500 000 à l’Université de Nancy, pour l’Institut électro-technique, 500 000 pour l’attribution de prix quadriennaux à décerner par les Congrès internationaux d’Hygiène, 250000 à l’Université du Travail de Charleroi, 1000 000 à des œuvres d’éducation ouvrière et pour l’étude des lois sociales, 100 000 à la Ligue nationale belge contre la tuberculose, etc...
- On voit qu’à côté des préoccupations économiques et sociales, les préoccupations scientifiques tiennent une large place dans la pensée de M. Solvay. La « Science » est chez lui une véritable passion, et il l’a célébrée, dans le discours qu’il a prononcé à son jubilé, avec une flamme toute lyrique(1).
- « Je ne saurais vivre, s’est-il écrié, sans m’éclairer, sans chercher à projeter de la lumière.... J’étais sans doute plus enfant encore que jeune homme lorsque ces vers superbes d’un grand poète philosophe, s’adressant à l’Homme, se gravèrent pour toujours dans ma pensée et dans mon âme :
- Comme un feu que tout alimente Ta raison, sans cesse croissante,
- S’étendra sur l’immensité;
- Et ta puissance qu’elle assure N’aura de borne et de mesure;
- Que l’espace et l’éternité.
- « Oui, nous saurons.... Oui, nous purifierons demain toutes nos sciences en en refoulant pour jamais les derniers restes occultes... la matière et l’énergie nous apparaîtront bientôt dans leur toute simple et définitive réalité... nous dévoilerons la constitution exacte de l’espace éthéré et le mécanisme précis de la genèse stellaire.... Le roi des êtres vivants, infimes et grands, connaîtra la place qu’il occupe, avec ses inférieurs, au sein du Tout, du
- 1. Pour le lexlo complcl ; Revue scientifique. 25 octobre •1913, p. 533.
- Tout qu’il connaîtra également : il créera l'êlrc vivant rudimentaire et définira la pensée dans leur naïve simplicité, — il établira et suivra les formules de l’évolution nécessaire de ses groupements sociaux, dont il préviendra les grands heurts chaotiques, — il saura, il verra, il comprendra, il formulera, — et il appliquera.... »
- Poésie et réalité ! comme a dit le plus grand des poètes allemands. Il semble sans doute que cette foi généreuse soit d’un extraordinaire simplisme, et — quoi qu’on puisse penser des quelques travaux scientifiques de M. Solvay — cet hymne à la science, pour empoignant qu’il soit, n’est assurément pas d’un savant : il faut, pour en apprécier la valeur, le tenir moins comme un jugement objectif et valable relativement à la science, que comme un mythe directeur, un principe d’action, — dont il importe peu de savoir qu’il soit faux en lui-même, pourvu qu’il se traduise en fondations et, comme dit M. Solvay, en applications. Après avoir signaléles donations généreuses deM. Solvay, nous voudrions justement insister sur ses véritables fondations scientifiques et, notamment, sur la plus récente et la plus significative de toutes, l’Institut international de physique.
- Les deux premiers « Instituts » fondés par M. Solvay furent celui de physiologie (1892) et celui de sociologie (1901). Tous deux ont leur siège et leurs locaux, à Bruxelles, au Parc Léopold, à proximité du Muséum d’histoire naturelle. L’Institut de physiologie comprend en réalité deux Instituts : l’un, dit l’Institut Solvay, et relevant directement de son fondateur, a pour programme « de chercher à définir le rôle des agents physiques et, en particulier, de l’électricité dans les phénomènes de la vie » ; l’autre, l’Institut universitaire de physiologie, a pour but des cours pratiques de physique médicale et de chimie physiologique permettant à « la totalité des étudiants en médecine d’accéder aux études pratiques de la physiologie spécialement au point de vue chimique et physique », — et cela non seulement de façon à « perfectionner l’enseignement universitaire en général », mais aussi à « former un certain nombre de chercheurs aptes à se vouer à des travaux de laboratoire approfondis » et en particulier à
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- travailler à l’Institut Solvay. On voit que la fonction de cette première fondation est double : elle fait à Y enseignement une part au moins aussi large qu’à la recherche scientifique. D’autre part, dans la partie consacrée à la recherche, les théories personnelles du donateur interviennent largement : il est « convaincu », dit-il, que « l’électricité joue un rôle prépondérant « dans les phénomènes de la vie, et crée son Institut pour voir formuler les solutions qu’il « prévoit devoir être données » au problème biologique tel qu’il le comprend (1). Enfin le caractère personnel est encore souligné du fait que tandis que, pour l’Institut universitaire, il s’en remet à un conseil d’administration pour le choix du directeur, pour l’Institut Solvay, au contraire, il se réserve entièrement ce choix.
- La conception de l’Institut de sociologie est plus nette et plus large. La réserve personnelle y est disparue. La préoccupation d’enseignement y a cédé franchement le pas à celle de science : on y vient non pour apprendre la sociologie, mais pour aider à la faire. Tout un personnel scientifique y conduit des enquêtes coordonnées et systématiques, dont les résultats sont édités dans des publications constituant des séries multiples. C’est un laboratoire.
- L’Institut international de physique se présente tout autrement. A l’inverse des précédents, il ne comporte pas de locaux, et ses membres sont dispersés à travers l’Europe. Un bref historique est le meilleur moyen de montrer sa nature et son originalité.
- Son origine est dans un « conseil de physique » — sorte de congrès restreint et privé — qui se tint à Bruxelles fin octobre 1911, sur l’initiative de M. Solvay et qui réunissait une vingtaine de savants : Lorentz, II. Poincaré, Brillouin, Langevin, de Bro-glie, J. Perrin, Mme Curie, Nernst, Planck, Rubens, Sommerîeld, Wien, Warburg, Lindemann, Jeans, Rutherford, Einstein, Hasensehrl, Goldschmidt, lvamerlingh Onnes, Knudsen (Lord Ragleigh et van der Waals, participants, n’avaient pu venir). L’objet du travail commun était l’étude d’un certain nombre de questions d’actualité, relatives aux théories moléculaires et cinétiques. Il avait semblé, en effet, à M. Solvay que la refonte que sont en voie de subir les principes de la théorie classique de la matière, rendrait utile un échange de vues entre les chercheurs les plus compétents, et dégagerait sans doute, parmi les interprétations admises, celles qui se trouvent en accord avec les résultats de l’observation et celles qui doivent être transformées. Sans entrer dans le détail des discussions qui s’établirent, ce qu’il appartiendrait de faire à un physicien, il suffit de constater ici qu’elles furent aussi fécondes que l’avaient espéré et M. Solvay et les savants qui avaient répondu à son appel (2). Quoique aucune disposition
- LE. Solvay. Du rôle de l’électricité dans les phénomènes de la vie animale. Bruxelles, '1894, p. 6-7.
- 2. Le procès-verbal in extenso des séances a été publié par Laxgevin et de Bkogue : La théorie du rayonnement et les quanta. Paris, Gàuthier-Yillars, 1912.
- n’eùt été, sur le moment, prise dans ce sens, il paraissait souhaitable dès lors que, suivant la marche qu’ont suivie les Congrès (Q, l’institution, de temporaire, devînt permanente et périodique. C’est à ce souhait qu’est venue répondre, en 1912, la création de l’Institut international de physique.
- Le but de celui-ci, tel qu’il est défini par ses statuts, est « d’encourager des recherches qui soient de nature à étendre et surtout à approfondir la connaissance des phénomènes naturels... principalement en vue du progrès de la physique et de la chimie physique. » Son siège social est à Bruxelles, mais ce n’est là qu’un siège administratif : le personnel de l’Institut est en réalité disséminé à travers le monde et son activité régie par quelques organes coordinateurs. Il comporte une commission administrative de trois membres (M. Solvay, et MM. Heger et Tassel, professeurs honoraires de l’Université de Bruxelles), un comité scientifique international de neuf membres ordinaires (Lorentz, président jusqu’à 1922, Mme Curie, Brillouin, Goldschmidt, Kamerlingh Onnes, Knudsen, Nernst, Rutherfort Worburg) auxquels peut être adjoint un membre extraordinaire. Un des rôles de ce comité scientifique est de réunir à Bruxelles, à des dates fixées par lui, un conseil de physique analogue à celui de 1911 (2). En même temps, soit le comité scientifique seul, soit la commission administrative seule, soit les deux organes d’accord, ont pour mission de répartir des subsides et des bourses d'études : au cours de l’exercice 1912-1913, il a été ainsi attribué dix-huit subsides (au total 40550 francs) à des savants allemands, anglais, français, hollandais, russes et suisses, pour des recherches se rattachant aux questions traitées au dernier conseil de physique, et trois bourses d’études (au total 11000 francs) à des jeunes gens belges. Les ressources nécessaires au fonctionnement et aux œuvres de l’Institut sont assurées non par une rente, mais par un capital d’un million, qui doit être géré de façon à être épuisé en trente ans, c’est-à-dire en 1942, date prévue pour la dissolution.
- Il va de soi que M. Solvay n’a pas inventé de toutes pièces les remarquables organismes qu’on vient de décrire. Il n’a fait que se conformer, comme d’autres donateurs, au vaste mouvement qui se traduit partout par des fondations de laboratoires, d’instituts et de conseils scientifiques (s).
- 1. Pour l’histoire du Congrès, voy. : P. Otlet. L’Organisation internationale et les Associations internationales (Rapport n° 1 du Congrès des Associations internationales. Bruxelles, 1910). Bruxelles, 1911.
- 2. La seconde réunion du Conseil de physique s’est tenue fin octobre de cette année. Le programme portait sur l’examen de quelques questions relatives à la constitution de la matière. Il y a été joint des conférences sur les sujets suivants : structure de l’atome ; phénomènes récemment découverts par M. Laue ; pyro et piézo-clectricité ; structure moléculaire des corps solides.
- 5. On se souvient, par exemple, des admirables conférences données il y a deux ans par la Société française de physique (La Nature les a résumées) : c’était avant tout une œuvre
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- Mais il a su se tenir à la tête de ce mouvement et élargir sans cesse l’esprit dans lequel il faisait ses fondations ; grâce à sa puissance financière il a mis à l’état de réalités ce qui n’était qu’à l’état de tentatives ou même de rêve; et si son Institut de physique n’est pas encore l’organisme de direction, de coordination, et de travail systématique qui est souhaitable, c’est du moins la plus solide ébauche d’un tel organisme qu’on ait jusqu’ici réalisée pour l’ensemble d’une science. Il semble d’ailleurs que M. Solvay ne doive pas s’en tenir là. M. Tassel a bien voulu m’écrire en effet (*) qu’un nouvel Institut, fondé il y a quelques mois par M. Solvay, est actuellement en voie d’organisation. Il aura pour but d’aider aux progrès de la science chimique, et présentera, me dit M. Tassel, une certaine analogie avec l’Institut de physique. Le chimiste allemand W. Ostwald signalait d’autre part récemment (2) que
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- M. Solvay, mis au courant de ses efforts pour la réalisation d’un Institut international de chimie, avait promis à cette œuvre une contribution pécuniaire de 250000 francs. Cette rencontre de M.Ostwald et de M. Solvay — si, comme il semble, c’est d’elle que doit sortir l’Institut de chimie — serait particulièrement intéressante. Le travail des chimistes est déjà arrivé, grâce surtout au développement de la chimie industrielle allemande, à un très haut degré d’organisation; M. Ostwald, d’autre part, se consacre aux questions d’organisation et, en particulier, dans le domaine chimique, il y porte un esprit à la fois pratique et puissant. Il ne serait donc pas surprenant que le nouvel Institut de M. Solvay — suivant la règle générale à toutes ses fondations — soit encore d’un type d’organisation scientifique plus élevé que tous les précédents, y compris l’Institut de physique. Jean-Paul Lafitte.
- CtgTNi.^C/^3
- LA PHYSIQUE DU DISCONTINU
- La Société française de physique vient d’organiser une série de conférences faisant suite à celles de 1912, dont nous avons rendu compte dans La Nature (vov. les nos 2010, 2012, 2014, 2017, 2021, 2026).
- Ces conférences, dont la première a eu lieu le 27 novembre, seront consacrées aux questions les plus actuelles de la physique, science qui, à l’heure présente, s’enrichit et se transforme avec une vitesse si grande, que des exposés périodiques et généraux s’imposent pour permettre de saisir les phases fugitives de sa rapide évolution.
- Comme le disait M. Ch.-Ed. Guillaume en ouvrant cette série de conférences, le fait marquant, capital, de la physique moderne est l’introduction du discontinu.
- Il y a environ 2000 ans que l’on soupçonne que la matière n’est pas continue, qu’elle est formée de particules infiniment petites ; il y a seulement 50 ans que l’on a commencé à montrer expérimentalement l’existence des atomes et de la non-homogénéité qui se trouve à la base du monde. L’étude micrographique des alliages et des métaux, les propriétés des gaz, les décharges électriques dans les tubes à vide, la radioactivité, les beaux travaux de J’école de Cambridge, nous ont fait peu à peu entrevoir la structure de l’infiniment petit. Dans une des dernières conférences qu’il ait faites,
- d'enseignement, mais c’était aussi, dans une large mesure, un puissant effort de synthèse scientifique, assez comparable à celui du Conseil de physique. La Société de physique a décidé d’ailleurs de donner celte année une nouvelle série ; on y traitera les questions suivantes : La physique du discontinu (Langcvin) ; les progrès de nos connaissances concernant les rayons Roentgen (de Broglie) ; les cristaux liquides (Mauguin) ; la radioactivité et la classification des éléments (Mme Curie) ; biréfringence magnétique des liquides purs, amiotrophie et orientation des molécules (H. Mouton) ; symétrie des cristaux et symétrie moléculaire (Cotton) ; le mouvement des particules lumineuses dans les gaz (Fabry) ; effet Zeeman et phénomènes magnéto optiques (J. Becquerel).
- 1. 27 septembre 1913. Je remercie M. le professeur Tassel des renseignements précieux dont je lui suis redevable.
- 2. W. Otswald. Denkschrift über die Grïmdung eines internationalen Institute fur Chemie. Leipzig, 1912 (résumé dans la Revue générale des Sciences, 15 novembre 1912).
- Henri Poincaré résumait clans ces termes, et les progrès accomplis, et les questions nouvelles qu’on posait : « Quand Démocrite a inventé les atomes, il les considérait comme des éléments absolument indivisibles au delà desquels il n’y avait plus rien à chercher; derrière l’atome il ne voulait plus de mystère. Malheureusement, chaque découverte de la physique nous révèle une nouvelle complication de l’atome. Et d’abord les corps que l’on croyait simples et qui, à bien des égards, se comportent tout à fait comme des corps simples, sont susceptibles de se décomposer en corps plus petits encore. L’atome se désagrège en atomes plus petits. Ce qu’on appelle la radioactivité n’est qu’une perpétuelle désagrégation de l’atome. Ce n’est pas tout, dans l’atome nous trouvons encore bien d’autres choses; nous y trouvons d’abord des électrons; chaque atome nous apparaît comme une sorte de système solaire où de petits électrons négatifs jouant le rôle de planètes gravitent autour d’un gros électron positif qui joue le rôle de soleil central. Outre ces électrons captifs, il y a des électrons libres, comparables aux comètes qui circulent d’un système stellaire à l’autre et qui établissent entre ces systèmes éloignés comme un libre échange d’énergie....
- « Mais nous ne sommes pas au bout, après les électrons, voici venir les magnétons ou atomes du magnétisme. »
- Ce n’est pas tout encore, les lois des transformations radioactives portent la marque du hasard, mais d’un hasard interne pourrait-on dire, d’un hasard qui s’exerce uniquement à l’intérieur de l’atome. Celui-ci est donc un monde soumis aux lois statistiques, c’est-à-dire un monde formé d’un grand nombre d’éléments, fermé aux actions extérieures, et sur lequel les perturbations du milieu n’ont aucune répercussion.
- La tâche du physicien en présence d’une telle complexité n’est pas simple, et, comme le disait M. Langevin dans sa conférence sur la physique du discontinu, pour passer des propriétés de l’individu à celles de l’agrégat, l’instrument jusqu’ici employé, le calcul différentiel et intégral, n’est plus assez souple, assez délicat et il faut s’adresser au calcul des probabilités pour pouvoir suivre d’assez près les frémissements mêmes de la matière que certaines expériences nous ont révélés.
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- Le calcul des probabilités, qui l’ait ainsi son entrée magistrale en physique, fut pendant longtemps considéré comme une récréation de mathématiciens. Les problèmes des boules rouges et des boules noires, des coups de roulette ou des combinaisons d’écarté inspiraient au public, et aux physiciens eux-mêmes, la même méfiance que les martingales infaillibles des professeurs de cercle. Comment ne pas sourire, en effet, au seul énoncé de problèmes tels que les suivants : un jeu de 52 cartes renferme 4 rois, quelle est la probabilité pour qu’en tirant successivement 5 cartes on obtienne 5 rois? (le calcul montre que l’on a une chance sur 2480) ; ou bien celui-ci, du à Henri Poincaré : Pierre joue à l’écarté avec un inconnu qui, la première fois qu’il donne les cartes, retourne le roi, quelle est la probabilité pour que le partenaire de Pierre soit tricheur de profession ?
- Mais cependant, Bolzmann en édifiant la théorie cinétique des gaz avait montré tout l’intérêt, et aussi toute la rigueur, des raisonnements mathématiques du calcul des probabilités. Dans certaines lois, en effet, la trace même du mode de raisonnement disparait, laissant subsister un résultat global, statistique, que l’expérience vérifie. Dans d’autres cas, les chances de réalisation d’un certain état étant moins grandes, des fluctuations peuvent se produire par rapport à cet état, et, là encore, l’expérience est venue confirmer les prévisions du calcul. Une des applications les plus intéressantes est l’explication de la couleur bleue du ciel.
- La lumière émise par le Soleil ne se propage sous forme d’un pinceau blanc unique que si le milieu qu’elle traverse est homogène, c’est-à-dire dans le cas de l’atmo-
- sphère, si la densité de l’air ne varie pas brusquement d’un point à un autre. Or, l’air, ainsi qu’on l’a démontré, est formé de molécules animées des mouvements désordonnés qui caractérisent la matière même. Par suite, la densité en un point quelconque de l’espace est perpétuellement variable dans le temps et elle diffère perpétuellement aussi de la densité de l’air en des points voisins. Dans ces conditions, les /luctuaiions de densité entraînent la diffusion de la lumière, comme le ferait un milieu trouble. Ce phénomène de diffusion est bien connu, c’est lui qui rend visible un rayon de soleil dans l’air où sc trouvent des poussières. Mais plus les poussières deviennent fines, plus la lumière diffraclée ainsi latéralement vire au bleu. Ce même phénomène s’étend aux molécules d’air considérées comme des poussières sur lesquelles viennent se heurter les ondes lumineuses.
- Ainsi, comme le faisait observer M. Lange vin, on raisonne maintenant en physique comme au jeu de pile ou face ou à la roulette et les lois du hasard, lois qui ont semblé si longtemps mystérieuses d’une part et imaginaires de l’autre, car on concevait difficilement des règles régissant ce qui par essence est le caprice même, ont acquis droit de cité en physique. Mais les problèmes que l’on est appelé à traiter par ces nouvelles méthodes sont singulièrement plus compliqués que les problèmes ordinaires de jeu. Il faut que les mathématiciens s’attachent à la résolution d’un certain nombre d’entre eux, en particulier ceux relatifs aux séries de corps d’une certaine catégorie dans un intervalle donné, pour que les physiciens puissent interpréter et soumettre au calcul des phénomènes dont ils sont en quelque sorte la transposition physique. II. Yigserox.
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- Séances des 29 décembre 1913 et 5 janvier 1914. — Présidence de M. Appell.
- L'élévation du tonnage des navires. — M. Bertin développe les conséquences des principes qu’il a posés dans ses communications antérieures relatives aux inconvénients de l’élévation du tonnage des navires. On doit considérer que le rendement utile d’un navire est le rapport du poids du chargement au poids du déplacement d’eau. Pour les paquebots, ce rapport cesse d’augmenter au delà de 30 000 tonneaux ; de 50 000 à 50 000 tonneaux il varie peu, ce qui permet au chargement d’augmenter. Mais au delà, le rendement décroît et vers 100 000 tonneaux le poids du chargement s’annule. On se trouve bientôt en présence du bateau impossible. Pour les cuirassés, les limites ne sont plus les mêmes. Le rendement croît jusque vers 50 000 tonneaux, mais il croît d’autant plus lentement qu’on approche de la limite. Entre 45 000 et 50 000 tonneaux l’augmentation du rapport est à peine la cent-vingtième partie de ce qu’elle est lorsque l’on passe du tonnage de 5000 tonneaux au tonnage de 10000; elle est inférieure à la limite d’erreur du calcul.
- Hérédité d’une maladie du blé. — La rouille du blé est une maladie cryptogamique caractérisée par des taches de la tige et des feuilles. M. Guignard expose que le champignon existe déjà dans les enveloppes du grain de blé ; au moment de la germination il envahit la plantule et attaque de proche en proche toutes les cellules. La maladie ne peut être considérée comme héréditaire, comme on l’a prétendu, que si la graine est infectée non pas seulement superficiellement, mais dans
- sa masse. M. Blaringhem, dit M. Guignard, n’a pu démontrer cela, mais il a étudié un phénomène de même ordre propre à la graine de la rose trémière. Cette plante présente également une sorte de rouille. En ensemençant ses graines dans un liquide stérilisé, après les avoir stérilisées, il a vu que la rouille n’apparaissait que si l’on ajoutait au liquide du glucose. Cette expérience tend à démontrer que le parasite existe dans l’intérieur de la plante, mais qu’il ne peut se développer que dans certaines conditions. En résumé, l’expérience est favorable à l’hypothèse de l’hérédité.
- Le sucre du sang. — M. Dastre expose que MM. Bierry et Fandard ont effectué des recherches sur le sucre du sang. Ce sucre existe dans le plasma et non dans les globules, à l’état libre ou à l’état combiné avec des matières albuminoïdes. La teneur du sang en sucre libre est en rapport avec la température de l’animal. Aussi est-elle maximum chez les oiseaux. Le rapport du poids de sucre libre et de sucre combiné est propre à chaque espèce d’animal. Chez le poulet il est < 1 ; chez le chien égal à 1 ; chez le cheval > 1. Les auteurs ont encore trouvé qu’il y a moins de sucre libre dans le sang veineux que dans le sang artériel.
- L’entrainement des microbes par l’air. — M. Trillat a étudié l’influence de la tension superficielle des liquides sur l’entrainement des microbes par un courant d’air. Si les volumes des gouttelettes formées sont dé dimensions telles, qu’elles puissent échapper à Faction de la pesanteur, elles deviennent, pour ainsi dire, indéfi-
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- niment transportables, pourvu que le microbe soit de l'ordre de grandeur de ces gouttelettes. De même, le détachement et l'entraînement dans l’air de microbes fixés sur un substratum humide est encore une question de tension superficielle dépendant de la nature du support. M. Trillat remarque que ces conditions d’expérimentation sont réalisées dans certains actes de la vie, notamment dans l’acte de parler et d’expirer l’air. Dans le premier cas, il sc produit toujours une pulvérisation microbienne, c’est-à-dire un ensemencement de l’air, tandis que dans le second, l’entraînement des microbes est presque nul.
- Les algues du détroit de Gibraltar. — Le prince Roland Bonaparte rappelle que l’on rencontre à marée basse sur la côte océanienne de la France une algue ressemblant quelque peu à une bruyère, dont les teintes irisées, vertes, bleues, violettes, sont changeantes : c’est une plante du groupe des Fucacées appelée Cysloseira cricoides. M. Sauvageau a utilisé la considération de la distribution de cette plante dans la Méditerranée pour établir le rapport de la flore de cette mer et de la flore océanienne. Au moyen d’une subvention prélevée sur le fonds Bonaparte, M. Sauvageau a parcouru le détroit et les côtes de la Méditerranée qui y aboutissent. Le Cystoseira ericoides est abondant dans tout le délroit et remonte jusqu’à Malaga. On ne le trouve plus à Banyuls où vit une autre espèce, le C. mediterraneu qui parait en dériver. Au sud, il s’étend jusqu’à l’Algérie où le) C. stricta qui parait aussi en dériver le remplace peu à peu. Une autre espèce de l’Océan, le C. granulata, devient vraisemblablement le C. selaginoides de la Médi-
- terranée par l’intermédiaire d’une forme inconnue. Inversement, des espèces méditerranéennes, si bien transformées qu’on ne leur connaît plus de correspondant océanique, sortent de la Méditerranée et vivent dans la baie de Cadix.
- Géologie du nord de l’Afrique. — M. Fermier expose que M. Painvin a apporté une contribution nouvelle à la connaissance de la géologie des hauts plateaux situés au nord et au nord-ouest de Bou Denib (confins algéro-maro-cains du sud). L’auteur a constaté la présence de fossiles du cénomanien, de l’aalénien, du lias moyen.
- La plaine roumaine. -— M. P. Fermier, résumant un travail de M. Valsan sur les terrains de la plaine roumaine orientale, démontre l’existence d’un affaissement récent d’une partie de cette plaine et signale le déplacement progressif du Danube, de l’ouest à l’est. ;
- La tectonique provençale. — M. Pierre Fermier présente une Note de M. Emile Haug sur la zone des collines jurassiques de Na?is (Yar). Ces collines, situées au nord de la chaîne de la Sainte-Baume, sont un lambeau de recouvrement long de 17 km, formé de terrains jurassiques et reposant partout sur le crétacé supérieur du pays autQclitone. L’étude de ce lambeau monlre qu’il vient du nord-ouest et non pas du sud-est comme le croyait Marcel Bertrand. C’est un fait nouveau, très important pour la tectonique provençale.
- Élection. — M. de Grossouvrc est élu correspondant de la Section de minéralogie en remplacement de M. Depéret nommé récemment membre non résidant.
- Ch. de Villedeuil.
- LA NOUVELLE ANNEE AU JAPON
- Les Japonais célèbrent la nouvelle année par une série de l'êtes sur lesquelles le Jcipan Magazine, de Tokio, nous apporte des renseignements curieux.
- Les fêtes débutent par le siisuhaki, qui signifie littéralement le « nettoyage de la maison ». Le même jour, tous les Japonais, à quelque classe qu’ils appartiennent, nettoient leurs demeures de fond en comble. Meubles, statues des dieux, literies, objets de cuisine, tout est déposé pêle-mêle dans la rue, où l’on transporte également les planchers et les cloisons.
- Ce n’est pas un pareil jour que le louriste peut visiter une ville japonaise, car l’atmosphère est imprégnée de poussière. La vieille coutume est réglementée depuis peu par la police, qui contraint les habitants à faire leur susuhaki le même jour. Les négociants eux-mêmes procèdent, au nettoyage de leurs magasins et entrepôts, pratique qui prend alors le nom de osoji, ou grand époussetage.
- Après cette journée consacrée à l’hygiène, les Japonais célèbrent le kamaclo-harai, la fête du four. Kamado est le nom du pochon, petite poêle où l’on fait bouillir le riz et les autres aliments de la famille; on le considère comme un objet sacré, que protège un dieu spécial. Les derniers jours de l’année, cette divinité gagne les hauteurs du ciel pour informer le dieu suprême de la conduite qu’a tenue la famille durant l’année écoulée. Pour se ménager
- les bonnes grâces du divin messager, la famille lui fait réciter des prières par des prêtres qu’on invite au repas.
- Mais cette fête n’est plus aussi généralement observée dans les grandes villes depuis l’introduction... des fourneaux à gaz! Le Japonais se refuse à croire que le dieu du réchaud ancestral puisse protéger un objet aussi moderne, et de fabrication étrangère.
- On célèbre ensuite le ivakamegari-no-Chinji, qui prend place le 51 décembre. Les dévots se rendent en pèlerinage au Temple de Hayahito, à Chimo-noseki. C’est un des plus anciens temples de l’archipel; les plus vieux écrits en font mention. Le jour de la fête, les prêtres shintoïstes, tout habillés de blanc, descendent un escalier qui part du temple pour atteindre le rivage de la mer, où il s’enfonce, dit la tradition, jusqu’à une profondeur inconnue. Ils remontent avec des paquets d’algues marines qu’ils consacrent au dieu du temple avant de les distribuer aux fidèles.
- Le Ier janvier, les Japonais célèbrent le tochi-no~ ichi. En ce jour, des foires ou bazars s’organisent dans le voisinage des temples et des chapelles; on y vend surtout des lanternes et autres décorations qui servent à célébrer la nouvelle année mais aussi des objets de ménage. La coutume veut qu’on commence la nouvelle année avec des choses neuves,
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- 112 LA NOUVELLE ANNÉE AU JAPON :________...............-=
- et une Japonaise croirait provoquer le mauvais d’usine ou le chef d’une famille invite ses amis et sort si elle se servait .ee jour-là d’un balai usagé. ses subordonnés à un banquet donné « pour dire
- i. Temple de Hayahilo, pèlerinage de Nouvel _A.n. — 2. Marchand de réchauds; les poêles à cuire le riz qui jouent un si grand rôle dans les Fêles du Nouvel An. — 3. Les petites boutiques du Nouvel An dressées aux portes des Temples. — 4. Une Japonaise achetant des balais pour la Nouvelle Année.
- Enfin vient le bonenkai, journée durant laquelle adieu à la vieille année ». Et l’on boit le saki à on échange les vœux de bonne année. Le directeur l’oubli des injures et des malheurs passés.
- Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie Laiuire, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE — N° 2121.
- 17 JANVIER 1914.
- LE MUSÉE D’ARTS ET MÉTIERS DE MUNICH(1)
- Fonder un musée des sciences naturelles et techniques qui soit une histoire vivante de l’esprit de recherche et d’invention de l’homme dans tous les temps et dans tous les lieux, et au milieu duquel s’élève un hall d’honneur, consacré à ceux qui ont illustré la culture moderne, source de connaissances nouvelles pour l’érudit, d’idées fécondes pour le technicien, d’enseignement pratique pour le peuple : telle est la pensée qui a présidé à la fondation, en 1903, du Deutsches Muséum de Munich.
- peut faire comprendre le principe qui y a présidé.
- La première partie est consacrée à la connaissance souterraine de la planète, la géologie. Mais ici, contrairement à l’ordre suivi dans la plupart des collections, on n’a pas représenté l’histoire de la terre, mais la connaissance progressive de cette histoire ; on montre, par exemple, en images ou en relief, les théories successives sur les éruptions volcaniques et leurs causes, sur la formation des montagnes, le rôle des agents atmosphériques, l’eau, l’air, les
- Fig. i — La galerie d'aviation au Musée de Munich.
- L’association des ingénieurs lui donna son patronage, les autorités les plus hautes de l’industrie y apportèrent un concours effectif; on forma aussitôt un comité composé de plusieurs centaines de noms connus, afin d’avoir pour collaborateurs à cette œuvre immense des spécialistes de toutes les branches et, avant la fin de la même année, on commença à réunir dans des locaux provisoires les premiers éléments de la future collection.
- Une ancienne caserne désaffectée et un musée abandonné furent peu à peu remplis d’une quantité innombrable d’objets et l’inauguration officielle eut lieu le 2 janvier 1906.
- Les salles ouvertes depuis lors au public occupent 13 000 mètres carrés. Une rapide énumération ne saurait en donner qu’une faible idée, mais elle
- glaces, puis on dépeint, toujours par les mêmes procédés, les transformations des opinions reçues, suivant le cours des siècles, pour arriver au développement et aux certitudes de la science' moderne.
- Et, comme suite à ces découvertes, nous voyons exposés tous les instruments que l’ingéniosité et la technique ont imaginés pour étudier les phénomènes : les appareils de mesure des tremblements de terre, les progrès successifs des cartes géologiques et minières, la représentation de l’histoire des exploitations souterraines, les localisations des minerais et des combustibles, ces minerais eux-mêmes, le forage des puits et le percement des galeries, les
- 1. Cet article de notre collaborateur M. Victor Cambon est extrait d’un ouvrage qu’il prépare sur les Derniers progrès de l’Allemagne.
- 42* Année. — 1" Semestre.
- 7. — 143
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- 114: : LE MUSEE D’ARTS ET METIERS DE MUNICH
- extractions dans tous: les temps? puis-les procédés perfectionnés, l’aération, les machines d’exhaure, un modèle en miniature,de l’installation d’une mine, qui sera exécutée ultérieurement, en grandeur naturelle, dans les sous-sols du monument définitif;
- Plus loin, voici les fonderies, l'es forges, Ta sidérurgie de tous les métaux, depuis les origines jusqu’à nos jours, et tous les procédés par lesquels ces opérations ont abouti à:la technique:d’aujourd’hui. Tout est figuré par des plans en relief, des dessins, des modèles et des échantillons. >
- Viennent ensuite les divers moyens de discipliner les forces naturelles, les roues hydrauliques et les turbines, Tes moulins à vent, la marmite de Papin, les plus vieilles machines à vapeur, dont on s’est procuré maints exemplaires originaux; les hémisphères d’Otto de Gerickc, enfin les innombrables machines et moteurs modernes.
- Les moyens de transport occupent une place considérable et sont divisés en trois groupes : 1° les appareils à force vivante, brouette, chaise à porteurs, voitures, traîneaux, diligences ; 2° les chemins de; fer et les automobiles avec les instruments que leur service met en œuvre, depuis la locomotive de Stephenson (authentique) jusqu’aux signaux et aux aiguillages, sans oublier les premiers véhicules automoteurs de Serpollet, de Daimler et de Benz ; 5°; la traction électrique.
- Les collections de physique et d’astronomie renferment tous les appareils dont ces sciences font usage; on voit là le télescope d’Herschell, les appareils originaux de Tycho-Brahé, la copie des instruments imaginés par Galilée ; des cartes astronomiques de toutes les époques ; un observatoire complet muni de tous ses instruments optiques et mécaniques; la géodésie et son matériel de précision.
- Les mathématiques donnent carrière à une riche exposition de tableaux, de dessins, de photographies et de représentations graphiques et géométriques.
- Dans la cinématique, nous voyons côte à côte un modèle des balances usitées chez les anciens Egyptiens, les romaines et les plus récents trébuchets de précision.
- L’optique avec les instruments à l’aide desquels furent découvertes les lois de la lumière ; dés lunettes, des microscopes, l’analyse spectrale, la structure de l’œil, de ses défauts, de ses maladies.
- Les memes développements sont donnés à la météorologie, à la chaleur, à la théorie des ondes lumineuses, calorifiques, sonores. L’acoustique présente une collection particulièrement intéressante d’appareils de démonstration, de mesure et d’instruments de musique de tous pays, jusqu’aux phonographes et aux gramophones.
- Trois salles spacieuses sont consacrées à l’électricité et au magnétisme.
- La chimie et l’industrie chimique offrent un assemblage imposant d’appareils et de modèles d’usines, parmi lesquels les matières colorantes sont les plus largement représentées. Les grandes décou-
- vertes de Lavoisier, de Leblanc et de Solvay montrent ce qu’est devenue la chimie moderne, après la période empirique de l’alchimie. Et à cet égard l’une des curiosités caractéristiques du musée est la reconstitution complète, avec ses réactifs, ses cornues et ses fourneaux, du laboratoire d’un alchimiste au xvie siècle ; sur des étagères sont disposés des bocaux renfermant toutes les drogues connues à cette époque. Puis voici le < laboratoire de Liebig (1859) qui à servi de modèle ou de type à tous les laboratoires modernes.
- L’électrochimie, cette science actuellement si fertile en découvertes, est représentée au complet. —Dans la salle de l’écriture nous apparaissent d’abord les signes sur les silex ou les os taillés, les inscriptions cunéiformes, les hiéroglyphes, les tablettes en pierre, en plomb, en cire et les stylets, aux différents âges, jusqu'à Ta découverte de Gutenberg; les premières presses et finalement la machine à écrire, à la suite de laquelle se succèdent toutes les phases de l’art, inauguré par Daguerre, de la photographie.
- Et la mesure du temps, les cadrans solaires, la clepshydre, le sablier, les fabriques d’horlogerie de la Forêt-Noire constituent une autre salle.
- En poursuivant la visite on parvient dans le domaine des industries textiles, filature, tissage et matières premières diverses.
- Dans la section de l’agriculture et des produits agricoles, chacun s’arrête devant un champ labouré (en réduction) dans lequel travaillent les instruments aratoires divers dont l’homme s’est servi, depuis la pièce de bois épointé, jusqu’à la charrue à traction électrique. Puis se profilent' les modèles des diverses industries agricoles. On n’a eu garde d’oublier à Munich la miniature fidèlement reconstituée de la brasserie de Spatenbrâu en 1812.
- Dans le hall de la navigation, voici les galères carthaginoises et les bateaux des Wildngs, les gondoles de Venise et la nef de Christophe Colomb, les grands voiliers de la Hanse et les géants actuels qui sillonnent les océans, sans compter la marine de guerre ancienne et moderne, qui a été installée par les soins du ministre de la Marine de l’Empire. Rien de ce qui là concerne n’a été oublié, ni les phares, ni les instruments, de; sondages, ni les mesureurs de vitesse, ni les installations de ports, de docks, de chantiers.
- Dans l’autre, partie — l’ancienne caserne — sont plus; spécialement, réunies, les applications industrielles des sciences, matériaux de construction, travail des métaux;'organisation dès services publics, ponts, routes, canaux, tunnels, aménagements des villes, usines à gaz, à eau, à électricité. L’industrie de l’éclairage public et privé a un développement, extraordinaire. /
- La section de l’habitation réunit les modèles de tout ce dont l’homme s’est servi pour s’abriter, depuis la caverne des primitifs jusqu’aux palais et aux palaces modernes. Cette partie, peut-être la
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- plus féconde en enseignements pratiques, s’étend longuement sur les conditions nécessaires que la science prescrit aux demeures actuelles.
- Tout ce qui concerne le chauffage, l’éclairage, l’aération, l’aménagement des eaux pures ou souillées, l’hygiène, y est minutieusement présenté. Dans une des salies, on a construit côte à côte deux immeubles, l’un chargé de toutes les tares d’insalubrité qu’on a pu imaginer, l’autre répondant aux conditions de l’hygiène et du confort les plus raffinés. Ah! combien de bâtiments trouveraient là plutôt leur condamnation que leur apothéose !
- Enfin la surprise à laquelle on n’aurait pu s’attendre : un étage entier réservé à la conquête de l’air.
- A l’origine de la majorité des découvertes brille un inventeur français ; puis, le plus souvent, son application ou son développement a pris le chemin de l’étranger.
- Mais il est visible que les Allemands ont voulu avant tout accumuler les trophées de la science et de la technique germaniques, et c’est ce qui a engendré la salie d’honneur où sont réunis les statues ou portraits de tous les hommes — pourvu qu’ils fussent Allemands — qui ont illustré l’art, la science ou la technique. Derrière chaque figure, sur la muraille, leur biographie et leur œuvre sont gravées en une longue page de marbre.
- Mais cette entreprise d’enseignement national n’aura tout son épanouissement que lorsqu’un cadre grandiose l’aura mise en pleine valeur.
- L’empereur a posé, au printemps de 1906, la première pierre d’un monument qui s’élève, aujourd’hui presque achevé, dans une île de l.’Isar, qu’il occupe tout entière. Cet édifice, on nous le dit, sera le plus grand musée scientifique du monde; il
- Fig. 2. — La section d'astronomie.
- couvre une surface de 4000 mètres et l’ensemble des salles d’exposition mesurera 25000 mètres carrés. Il aura pour annexe une autre construction qui renfermera une bibliothèque, des collections de dessins et de photographies et un hall de lecture, plus une grande salle de conférences, ainsi que des laboratoires de démonstrations et de démontages d’appareils.
- Une remarque est nécessaire à propos des récents musées et collections dont les villes allemandes s’enrichissent. Ils sont toujours construits après une étude minutieuse des conditions d’espace, d’éclairage, de distribution et d’agrandissements éventuels que réclame leur destination. Ces conditions, ainsi remplies, ajoutent singulièrement à la valeur des objets et à la facilité de les examiner. A cet égard, le Deutsches Muséum, dont l’inauguration est prochaine, tendra vers la perfection.
- La construction seule de cet édifice, dont la ville a offert l’emplacement, aura coûté 10 millions de marks.
- La ville de Munich a donné 1 million de marks, le gouvernement bavarois 2 millions, l’Empire 2 millions, et c’est tout. Les souscriptions particulières et les sociétaires feront le reste.
- Déjà ces souscriptions, affluant de tous les points de l’Empire,'s’élèvent à des chiffres qui ont bien lieu de nous stupéfier. Et c’est sur cés souscriptions que l’on a compté pour commencer et poursuivre l’œuvre', alors qu’on avait pour assurée à peinela moitié de la somme nécessaire à la construction du seul bâtiment. Parmi eux se trouvent 5 souscripteurs de 100000 marks chacun, 1 de 80000, 1 de 60 000, 1 de 40000; puis 22 souscripteurs de plus de 10 000 marks ;
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- en somme 2 260000 marks avaient été gracieusement offerts à la fin de 1910.
- Les visites des collections actuelles apportent aussi leur contingent; bien que le prix d’entrée ne soit que de 20 pfennigs, il constitue un revenu croissant qui est annuellement de près de 80 000 marks.
- désignés pour y faire des conférences suivies et régulières, les unes à l’usage des personnes instruites, les autres à la portée des intelligences populaires.
- Pour en faciliter la fréquentation, aussi bien que la visite des collections et le travail dans la biblio-
- Fig. 4. — Une exposition animée d’instruments aratoires en miniature.
- Les rapports officiels disent simplement que l’opinion publique ayant accueilli avec beaucoup de faveur cette création, l’industrie et les particuliers apporteront tous lés; subsides nécessaires, à son achèvement.
- Déjà l’industrie a tenu.à honneur de, meubler les salles d’innombrables appareils sortis de ses ateliers; certaines firmes du pays et même beaucoup de maisons allemandes installées à l’étranger ont envoyé des éléments de matériel d’une précieuse valeur et l’on peut dire que tout ce qui est d’actualité est fourni gratuitement au musée.
- 11 n’entre pas dans les conceptions de faire d’une telle institution un simple objet de curiosité; on veut que ce soit une œuvre utile, une matière à documentation et à enseignement.
- Des professeurs d’universités ou des techniciens, des ingénieurs, des spécialistes de tous ordres sont
- thèqtte, des réductions de prix sont demandées aux administrations de chemins de- fer. Des groupes d’étudiants de tous les'pays, y accourent, puis des
- associations d’ouvriers suisses, autrichiens, russes.
- ; On a décidé de fonder une caisse spéciale pour défrayer de ces voyages les visiteurs pauvres. Guillaume II s’est inscrit le premier pour 4000 marks. Nombre de villes ont également souscrit de fortes subventions.Bref, le capital de cette fondation s’est bien vite élevé à 280000 marks. En 1909, on a envoyé aux États-Unis une commission chargée d’étudier ce qui avait été créé de semblable dans les grandes villes américaines et de s’inspirer au besoin de leur expérience. Cette démarche confirme la remarque souvent faite que les Allemands n’apprécient plus dans le monde, au point de vue industriel, que deux peuples, eux et les Américains du Nord. Vis-à-vis de ces derniers leur estime se
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- hausse jusqu’à la crainte et jusqu’à l’envie. J’ai lu tout dernièrement dans une revue allemande un article d’un professeur de Leipzig qui déplorait l’accaparement par les Etats-Unis de tous les objets rares ou utiles aux collections. Il terminait en déclarant que si ce mouvement continue, tout ce qu’il y a d’intéressant en Europe aura dans quelques années traversé l’Atlantique.
- Si'l’on comparede Deutsches Muséum à l’établissement similaire que nous avons en France, le Conservatoire des Arts et Métiers, on reconnaîtra que nos collections sont plus riches et plus soignées
- Une dernière observation. Tandis que toutes les pièces du Conservatoire reposent immobiles et silencieuses sous des vitrines, le Deutsches Muséum s’est donné pour tâche de les présenter en action.
- Le Deutsches Muséum devra être non seulement administré, classé, enrichi, entretenu, surveillé, mais encore exploité (c’est le mot dont se sert le rapport), c’est-à-dire que tous les appareils, anciens ou modernes, devront pouvoir, s’ils en sont susceptibles, être mis en marche. On prévoit pour ces divers objets une annuité de 400 000 marks, dans laquelle ne sont pas compris l’eau, le gaz, le chauf-
- jusque vers la fin du xixe siècle; puis, à partir de cette époque, il y a chez nous une éclipse, comme
- si un génie malfaisant avait subitement.......mis...la
- technique industrielle au cran d’arrêt, au moment même où les inventions industrielles étaient plus abondantes que jamais ; ce génie malfaisant c’est le manque de place. Le Conservatoire est bondé. Dès lors, ou bien nous nous laisserons définitivement distancer par les Allemands, ou bien il faudra continuer en un autre local le classement des objets nouveaux qui gisent dans les greniers.
- Une remarque identique pourrait s’adresser à nos autres établissements scientifiques, Sorbonne, École centrale, Muséum, etc. ; nous avons le tort de les construire inextensibles, comme si la science ne devait ni évoluer ni s’accroître.
- fage et l’électricité que la ville de Munich fournira gratuitement, à tout instant du jour et jusqu’à une heure avancée de la nuit. Pour couvrir ces dépenses futures, de nouvelles listes de souscriptions circulent perpétuellement.
- Déjà à tout visiteur qui passe, une notice très apparente indique quelle manœuvre il doit faire pour mettre en mouvement l’appareil. Au besoin, il appelle un gardien pour l’y aider. Dans le musée définitif, un grand nombre de machines seront perpétuellement en marche.
- Ainsi guidée, la visite du Deutsches Muséum est une leçon de choses qui ' ne saurait manquer d’être comprise et c’est ce qu’ont voulu ses fondateurs.
- Victor Cambon, Ingénieur E. C. P,
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- FLEURS ULTRA-VIOLETTES
- Si — ce qui n’est pas absolument invraisemblable — on réussissait un jour à hausser d’une fraction; d’octave l’échelle de nos perceptions visuelles, de manière que cessant d’être sensible à la lumière visible, l’œil le devint à la lumière invisible comprise entre 5160 et 5260 unités Angstrom, le sujet ainsi modifié verrait le ciel, le sol, le feuillage et la
- ultra-violette de la longueur d’onde indiquée plus haut. Les photograveurs qui pratiquent la trichromie savent que, des trois photographies d’un visage, celle qui est faite en lumière bleu-violet est toujours plus noire et plus chargée de rides et autres défauts que les deux autres. L’inverse est vrai pour la photographie faite en lumière orangée ou rose. L’absorption
- Fig. j. — Petit garçon blanc photographié entre une négresse et une indienne, à gauche en lumière ultra-violette, à droite en lumière blanche.
- plupart des objets à peu près comme nous les voyons. Peut-être douterait-il même du changement opéré dans sa vision jusqu’au moment où on l’introduirait dans un lieu où il pourrait contempler des fleurs et des êtres humains, un bal, par exemple. Un spectacle macabre lui révélerait alors l’étrangeté de
- croissante de la peau pour les petites longueurs d’onde devient manifeste surtout dans l’invisible ultra-violet. La photographie ci-jointe, d’un petit garçon blanc placé entre une négresse et une Indienne montre que, dans la région comprise entre 5160 et 5260 unités Angstrom, il n’y a plus de dif-
- Morjihmuin. Papavenna f\ia.H’Ciiia. Thebaina, Na rcdma. PbeIklouina
- Chininum. Ciuchonina Cinchon'ulina. Quinidina. ]%iUima. Hyo.seIfamina
- ; Bracift£f fafcina. 5uyhmn.i Brut ira, krknna Asp^nM
- Ârtait ma^ l’yj laniina._ EJ?J irina. HH je bore ina.. Acomtina. \frratrina. Fig. 2. — Quelques alcaloïdes photographiés, à gauche en lumière ultra-violette, à droite en lumière blanche.
- ses perceptions visuelles : toutes les danseuses seraient transformées en de vieilles négresses portant sur leurs corsages blancs ou clairs des fleurs d'un noir de jais!
- Les fleurs, la peau humaine blanche, un grand nombre d’alcaloïdes, quelques autres substances organiques ou minérales, telles que l’acide picrique, le sous-nitrate de bismuth, l’oxyde de zinc, le carbonate de cérium:, le vert de Schweinfurth sont en effet les principaux objets qui deviennent méconnaissables dans les photographies faites en lumière
- férencc appréciable de couleur entre nègres et blancs. Quant aux fleurs, c’est au professeur Wood que nous devons la première observation faite à leur égard. En 1911, le savant américain nota que, dans une photographie faite à travers un objectif de quartz argenté, quelques fleurs blanches paraissaient noires. En répétant ccs expériences sur un total de 72 fleurs de toutes couleurs et appartenant aux familles les plus diverses, nous avons constaté que l’absorption des radiations ultra-violettes par la corolle était un phénomène très général,
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- 5 fleurs seulement, 4 pour 100, faisant faut-il voir dans la matière colorante de la corolle non seulement une différenciation destinée à attirer les insectes, mais encore l’analogue du pigment de la peau humaine, c’est-à-dire un organe destiné à protéger des cellules délicates contre les radiations de très courte longueur
- sur les 72, soit à peu près exception à la règle. Peut-être
- dition énoncée ci-dessus, les
- Fig. 3. — Fleur mâle de courge, coupée en deux, photographiée à gauche en lumière ultra-violette, à droite en lumière blanche.
- la lumière des grandes altitudes satisfait à la con-
- seconds parce que la moindre quantité de rayons ultra-violets contenus dans la lumière solaire au niveau de la mer est réfléchie, de bas en haut, par la mer, sur le visage.
- Le fait même que la corolle non . seulement réfléchit, mais de plus concentre souvent la lumière et la chaleur sur les
- d’onde. Là où le pigment dont notre peau est couverte est rela-tivement peu abondant, les «coups de soleil», d’origine solaire ou électrique (surtout près de l’arc jaillissant entre le charbon et certains métaux) se produisent facilement et sont bien connus et redoutés des alpinistes,des baigneurs et des ouvriers électriciens qui pratiquent la soudure électrique. Le pigment augmente rapidement dans la peau quand celle-ci est exposée journellement à une lumière riche en ultra-violet. Les montagnards et les marins sont bronzés, les premiers parce que
- étamines et l’ovaire, paraît expliquer l’absorption qu’elle pratique sur les radiations de très courte longueur d’onde funestes aux tissus vivants en général et — s’il faut en juger par l’ac tion des rayons X sur les cellules-œufs — particulièrement nuisibles aux ovules non fécondés.
- Nous avons dit que sur un total de soixante-douze fleurs il y avait trois exceptions. Ces trois fleurs (Tarcum-cum clens-leonis, Cucurbila Pepo, Cassia pub encens) , non seulement n’absorbent pas Vultra-violet, mais de plus le réfléchissent puissamment.
- Fig. 4. — Fleurs el feuilles de Cassia pubescens. {Photo en lumière ultra-violette et en lumière blanche.)
- Fig. 5. — Fleurs de pissenlit (Taraxacum dens-leonis).
- /I gauche en lumière blanche, à droite en lumière ultra-violelle.
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- 120 —...- QUELQUES ENSEIGNEMENTS DES RÉGIONS POLAIRES
- « Fleurs ultra-violettes » est une qualification qui leur convient. Il est vrai que notre œil, insensible à l’ultra-violet, ne nous révèle absolument rien de leur curieuse teinte; si néanmoins cette insensibilité cessait pour un moment, ces trois fleurs nous apparaîtraient à' de grandes distances comme des taches claires sur le1 fond sombre de la végétation. Dans un'bouquet elles contrasteraient étrangement au milieu des autres fleurs uniformément noires. Telles que notre œil les voit, ces trois fleurs ne sont pas, .comme on'pourrait le supposer, d’une couleur photogénique voisine de l’ultra-violet, bleu ou violet, par exemple. Elles sont au contraire toutes les trois d’une couleur jaune orange spectralement bien éloignée de l’ultra-violet. Outre la lumière invisible
- Fig. 6. — Fleurs et
- lettes. Voyez, par exemple, les fleurons centraux du chrysanthème, Yasclepias currasavica, qui, bien que de couleur orange, satisfont à la règle générale et absorbent puissamment l’ultra-violet.
- L’une de ces trois fleurs anormales, Cucurbita pepo, ne réfléchit l’ultra-violet qu’à l’extérieur et au pourtour supérieur et intérieur de la corolle. Pour les deux autres la réflexion s’opère sous une incidence telle que la lumière invisible ainsi renvoyée semble avoir l’espace environnant plutôt que la fleur même pour destination. Peut-être l’ultra-violet joue-t-il ici le même rôle que les vives couleurs visibles de la corolle, celui d’attirer les insectes. Si tel était le cas, il faudrait admettre que certains insectes perçoivent la lumière ultra-violette comprise
- li’Asclepias Currasavica.
- ultra-violette, ces fleurs anormales réfléchissent donc une assez forte proportion des longueurs d’onde correspondant à l’orange. 11 est possible que le pouvoir de réfléchir la lumière ultra-violette soit exercé chez les fleurs par une substance chimique orangée et que toutes les fleurs ultra-violettes soient de couleur orange. Il est d’autre part certain que toutes les fleurs de couleur orange ne sont pas ultra-vio-
- entre 5160 et 5260 unités Angstrom, et nous avouons que cette supposition nous paraît plus plausible que l’hypothèse opposée par laquelle on admettrait que toutes les rétines, grandes ou petites, simples et compliquées, d’animaux diurnes ou nocturnes, sont faites sur le même plan et sont destinées à percevoir la même invariable échelle de longueurs d’onde. G. Michaud et F. Tristan,
- Professeurs à l’École Normale do Costa-Rica.
- QUELQUES ENSEIGNEMENTS GÉOLOGIQUES DES RÉGIONS POLAIRES
- La géologie, dont le fondement le plus solide est l’étude des phénomènes actuellement en jeu sur la surface de la terre, a nécessairement dû négliger pendant longtemps ceux de ces phénomènes qui se produisent dans les régions alors à peu près inabordables. Peu à peu ces lacunes tendent à se combler, à mesure que l’exploration de la terre devient plus complète et que les recherches scientifiques peuvent s’y généraliser. C’est ainsi que de très grands progrès ont été récemment réalisés et sont encore à attendre dans trois groupes de régions jusqu’alors bien peu connues : les profondeurs océaniques, les zones désertiques, les régions polaires. Je me conten-
- terai aujourd’hui de montrer par quelques exemples rapides ce que peuvent nous apprendre ces dernières (1). i
- Les régions polaires sont, avant tout, les principaux centres de glaciation. C’est donc là qu’il faut aller chercher un enseignement sur les effets variés que . produisent les glaces : notamment sur ceux qu’elles ont pu réaliser pour nos régions tempérées d’Europe ou d’Amérique, dans la phase très voisine de nous qu’on appelle la période glaciaire. Mais il faut
- 1. On trouvera un résumé remarquable de ces questions dans l’ouvrage récent de Otto Nordenskjôld' sur le Monde polaire. Armand Colin, 1913.
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- QUELQUES ENSEIGNEMENTS DES RÉGIONS POLAIRES —.. 121
- bien remarquer que les conclusions à en tirer à cet égard ne se bornent pas à cette seule période si récente, sur laquelle la géologie nous renseigne le
- sition, la suture géologique inexplorée entre les extrémités connues de nos continents. Ces deux pôles offrent enfin, pour la science de la tectonique
- Fig.'i. — Cap des Trois-Perez (Terre de Graham). Cliché Gain, mission Charcot.
- mieux, précisément parce qu’elle est très récente et que les effets n’èn ont pas encore été détruits. Des phénomènes glaciaires du même genre avaient déjà du se produire antérieurement et, plusieurs conséquences nous apparaissent dans le passé sous une l'orme restreinte, parfois problématique, plus il importe d’être en éveil pour les déterminer.
- D’autre part, le pôle boréal, environné. par nos continents, est aussi le centre météorologique de tous les principaux mouvements des airs et des eaux qui se produisent dans notre hémisphère. Le continent antarctique, au contraire, forme la tran-
- sr- \ :
- qui étudie les mouvements anciens de l’écorce terrestre, un contraste absolu : autour du pôle nord,
- preuve de déplacements verticaux alternatifs ayant porté, tantôt vers le haut, tantôt vers le bas, des compartiments à strates horizontales ; au pôle sud, formidables plissements tertiaires analogues à ceux des Andes, accolés probablement comme ceux-ci à un plateau pri-
- Fig. 2. — Terrasse marine devant la lisière ouest des glaciers maire.
- de la Terre d’.Ellesmere (d’après une gravure extraite de Quatre Parmi tnm? Ipc
- années dans les glaces du Pôle, par le capitaine Sverdrup,
- Flammarion, éditeur). enseignements
- que nous apportent les explorations polaires, contentons-nous d’en envisager ici quelques-uns relatifs à la glaciation. D’une façon générale, on constate, depuis une
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- 122 —= QUELQUES ENSEIGNEMENTS DES RÉGIONS POLAIRES
- période récente dite glaciaire ou plutôt depuis Un groupe de périodes auxquelles ce nom s’appliquerait mieux, un recul des glaces qui se ; manifeste au Groenland comme au Spitzberg, dans l’Amérique du Nord comme dans l’Europe septentrionale, dans l’Antarctide comme dans la zone boréale. A des moments qu’il serait prématuré de supposer contemporains, mais qui, par contre, ne se sont pas contre-balancés, ainsi qu’on l’a affirmé, des régions arctiques aux régions antarctiques, on a vu d’immenses pays aujourd’hui découverts, surmontés d’une calotte de glace continue formant inlandsis. Néanmoins, cette inlandsis n’a jamais été générale, pas plus qu’elle ne l’est aujourd’hui dans les régions les plus septentrionales et, par exemple, la Sibérie semble y avoir échappé. Comme le recul de cette glaciation a été plus ou moins marqué depuis lors suivant les pays, nous pouvons observer aujourd’hui : au Groenland, un inlandsis complet, tel qu’fi a du exister sur la Scandinavie et l’Allemagne d u Nord à l’époque glaciaire, avec poussée du champ de glaces vers le sud jusque dans des régions relativement chaudes ; en Islande, un inlandsis à demi disparu ; en Scan-dinavie, les aspects qui se. produisent peu après la fusion ; dans l’Allemagne du Nord, les aspects résultant d’une fusion plus ancienne. Et, comme je le disais tout à l’heure, il y a bien des chances pour que d’autres régions nous offrent de semblables phénomènes remontant au début du tertiaire, au secondaire, au primaire.
- Quand on examine les inlandsis ou les glaciers, on est frappé de voir combien le développement intense des glaces peut se trouver juxtaposé avec des végétations abondantes, parfois même avec des végétations de pays chauds et combien aussi ce développement peut être influencé par de très faibles variations du climat. Les exemples sont innombrables de régions libres de glace isolées au milieu d’un inlandsis : sur la côte nord du Groenland et sur les îles voisines, au Jamesonland, à l’Isfjord du Spitzberg, dans les îles voisines des Shetland du Sud, au nord des îles Seymour et SnowIIill en Antarctide, etc. Au sud de la Terre de Feu, on trouve, à deux pas des glaciers, des bandes de perroquets verts et des colibris. En Nouvelle-Zélande, des glaciers descendent
- à travers des forêts verdoyantes jusqu’à 200 mètres au-dessus de la mer, etc. De même en Sibérie, vers Irkoutsk, on a des forêts sur un sol gelé jusqu’à 200 mètres de profondeur.
- Il importe d’avoir présentes à l’esprit ces observations précises pour répondre aux objections que l’on a souvent tirées de la faune et delà flore quand il s’est agi de prouver l’existence de glaciers aux époques primaire ou secondaire. Et il faut aussi, dans le même ordre d’idées, se rappeler les variations nombreuses de climat qu’ont présentées récemment les zones glaciaires les plus caractérisées : au Spitzberg, en Scandinavie, etc. ParLout où les traces de glaciation sont assez nombreuses pour avoir pu être bien étudiées, on a constaté des alternances réitérées de phases glaciaires et de phases interglaciaires. Il parait bien hardi de vouloir, comme
- on l’a fait très généralement, identifier, numéro par numéro, ces phases glaciaires d’une région à celles d’une autre et de vouloir les rattacher toutes par suite à de grands phénomènes généraux, astronomiques ou d’origin'e interne. On a beaucoup plutôt l’impression que des variations assez fàiblês à l’origine dans le régime des vents, dans celui des courants et dans les apports d’humidité, analogues (avec plus d’intensité) à celles qui produisent aujourd’hui nos années sèches et nos années humides, ont pu développer ou réduire énormément le champ des glaces. Pour s’en rendre compte, il suffit d’imaginer le changement que produirait, dans le climat de notre Europe, un détournement du Gulf Stream, ou, plus simplement, la barrière qu’opposent de simples forêts à des cyclones et à des vents chargés de pluie arri-vant de l’Atlantique. Dans le temps comme dans l’espace, il semble que ces phases de la glaciation aient eu souvent un caractère local : ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu’il faille nier l’existence de grandes phases glaciaires ayant présenté un caractère de généralité particulier. Pour expliquer leur existence, on garde le choix entre diverses hypothèses : ou bien, comme l’a supposé Arrhénius, une modification sensible dans la teneur en acide carbonique de l’air après une période de volcanisme, ou le changement général des conditions orographiques après un grand plissement montagneux, ou
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- QUELQUES ENSEIGNEMENTS DES RÉGIONS POLAIRES —123
- encore le déplacement corrélatif des courants marins, ou enfin une modification plus lointaine dans l’état de la chromosphère solaire.
- Parmi les conséquences de la glaciation que l’on peut espérer constater dans nos terrains géologiques, je laisserai de côté les moraines trop bien connues. Mais on a signalé de bien curieux phénomènes pouvant nous expliquer, sans intervention de mers ni de fleuves, certaines vastes formations de galets roulés ou de blocs anguleux.
- Ainsi, en Islande, l’existence de foyers volcaniques ignorés sous un champ de glaces produit parfois un
- de végétation et de vie se reconstituent. Nordens-kjold a expliqué de la même manière les énormes masses de galets roulés qui, sur 60 mètres d’épaisseur, recouvrent, par-dessus les dépôts tertiaires, le nord de la Terre de Feu.
- Ailleurs, par exemple au Groenland, des alternatives de glaciation et de dégel déterminent une véritable stratification de couches continues renfermant des matériaux hétérogènes : pierres anguleuses et cailloux de toutes dimensions, mêlés avec de l’argile très fine. Un autre phénomène bien intéressant que l’on a constaté au Spitzberg et dans les rivières de
- Fig. 4. — Folgefond (Norvège). (Phut. L. Rudaux.)
- étrange combat des deux éléments rivaux, le feu et l’eau, déterminant ce qu’on appelle un Jôkellopp ou Jokullhaupt. « Soudain, dit Nordenskjôld, le feu ayant triomphé, l’eau ja,illit des glaciers en cascade. Un fleuve se précipite en une masse écumante et mugissante de plusieurs kilomètres de longueur. D’énormes blocs de pierre et de glace sont projetés sur toute la campagne; les glaçons entraînés par le courant s’amoncellent en terrasses atteignant plusieurs kilomètres de longueur et la hauteur de trente mètres. D’autres masses de glace demeurent ensevelies dans la vase, où elles creusent en fondant d’énormes cavités. » Ainsi, sans aucune variation de climat, se produit un dépôt sédimeiitaire considérable, par-dessus lequel des conditions nouvelles
- Pierres des îles Falkland, ce sont ce qu’on appelle les terres fluides ou les glaciers de boue. Une grande accumulation de neige vient-elle à fondre en imbibant profondément son substratum, il peut en résulter une sorte de pâte molle qui descend suivant la topographie en produisant non pas des zones minces comme l’eau courante, mais de larges bandes étroitement accolées finissant par laisser des traînées singulières de pierres anguleuses.
- Signalons encore le rôle qu’il convient d’attribuer à la glaciation dans la formation de certaines pénéplaines et plates-formes marines. Nul agent d’érosion et d’aplanissement 11’est plus actif. On pourrait également envisager la curieuse histoire des fjords : ces vallées creusées par le glacier, puis descendues
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- dans la mer qui y a laissé des terrasses, puis remontées de manière que ces terrasses se montrent aujourd’hui parfois à de grandes hauteurs. 11 y aurait lieu aussi de signaler les cas où des aspects géologiques anciens se sont trouvés ensevelis sous la glace, préservés par elle et conservés jusqu’à nous, comme les Mammouths gelés dans la glace fossile des côtes sibériennes ; et ce problème si discuté de la bipola-
- rité des organismes qui ramène aux deux pôles des formes végétales et animales semblables et analogues, introuvables dans ces régions intermédiaires. Je dois me contenter ici de mentionner tant de problèmes passionnants ; le livre de Nordenskjôld, auquel j’ai emprunté la plupart des faits précédents, est, pour le géologue et le naturaliste, un des plus suggestifs qu’on puisse lire. L. De Launay.
- LA STATISTIQUE PAR LES MACHINES
- Dans le cours de l’année 1910, arrivaient à Washington, de toutes les parties de l’immense République américaine, des bulletins relatifs à 100 millions d’individus. Gomment faire pour dépouiller ces énormes et monotones documents ?
- Aux États-Unis, on pense tout de suite, en présence d’une difficulté quelconque, à l’emploi de quelque machine. Une machine pour lire des bulletins statistiques et les dépouiller? Est-ce concevable?
- On mit la question au concours vers 1885, en vue du recensement de 1890. Le vainqueur du concours fut M. Hollerith ; sa machine, très ingénieuse, fut introduite en Europe par le directeur deJa statistique autrichienne. C’est à Vienne que j’ai vu cette machine, que je l’ai expérimentée par moi-même. Je l’ai introduite en France l’année suivante et l’ai décrite ici même (Nature du 1er septembre 1894). Elle fut employée pour le recensement professionnel français de 1896. Depuis cette époque, M. March, directeur de la statistique de France, inventa une machine fondée sur un principe entièrement différent et qui rend les plus grands services.
- M. Hollerith a complètement transformé la sienne. 11 l’a considérablement perfectionnée. Sous sa forme nouvelle, elle est d’un emploi général aux États-Unis. Elle est employée non seulement par le Census Office (immense ministère dont l’analogue n’existe pas en Europe), mais aussi par un grand nombre de bureaux de statistique de villes (à commencer par celui de New-York) et par les bureaux de-statistique des Compagnies de chemins de fer, qui s’en servent pour établir leurs tarifs, par ceux des Compagnies d’assurance, etc., etc. Elle est aussi employée pour le recensement anglais.
- Une machine ne peut lire que des points ou des trous. Dans la machine Hollerith — comme dans le métier Jacquard — ce sont des trous que lit la machine. 11 faut donc commencer par transformer en cartes trouées les bulletins de statistique. Ce travail est long (quoique beaucoup moins long qu’une copie quelconque). On peut traduire par des trous 150 ou 200 bulletins par heure. Une fois que ce premier travail est exécuté, on peut dire que l’opération est finie, tant la machine chargée de lire les trous opère rapidement.
- Donc, quelle que soit la statistique qu’il s’agisse d’établir, trois opérations successives sont nécessaires : 1° traduire en trous le contenu de chaque
- bulletin statistique ; 2° classer les cartes ainsi trouées conformément aux cadres établis pour la statistique projetée ; 5° compter les cartes ainsi classées (et, au besoin, totaliser les chiffres qui y sont inscrits).
- Comment sont faites les cartes à trouer ? Ces cartes, grandes à peu près comme la main, sont divisées en colonnes verticales, portant le plus souvent dix chillres, les uns au-dessous des autres (et en outre le signe X et le signe N). En haut de la colonne se trouve en abrégé l’indication du genre de renseignement statistique qu’elle représente. Par exemple, voici les deux colonnes qui sont relatives à l’âge et les trois colonnes relatives à la profession :
- AGE
- PROFESSION
- N
- X
- 0
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 0
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8 9
- 0
- 1
- 2
- 5
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8 9
- 0
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8 9
- Si la carte est relative1 à un individu âgé de 55 ans, on fera un trou correspondant au chiffre 5 dans la première colonne, et un trou correspondant au chiffre 5 dans la deuxième colonne. Il en sera de même dans les autres colonnes, chacune ayant une signification conventionnelle arrêtée d’avance.
- S’agit-il de traduire en trous la profession, on aura fait une nomenclature'des professions comprenant, par exemple, 999 rubriques. Si la profession marquée sur le bulletin de recensement porte dans la nomenclature le n° 545, on fera les trous correspondant à ces 5 chiffres.
- Sous aucun prétexte, il ne faut percer deux trous dans la même colonne. La machine que nous allons décrire ne pourrait pas les lire.
- Voici le principe de la ( machine à classer les cartes ainsi perforées. Elle est constituée par un meuble ayant un peu plus de 1 m. 50 de haut. On place en haut de la machine les cartes à classer. On pousse une aiguille de façon qu’elle soit au niveau du renseignement que l’on veut analyser. On met la machine en relation avec une source électrique. Elle
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- marche aussitôt. En un instant, elle a divisé ces cartes en 11 paquets (plus un douzième paquet consacré aux erreurs s’il y en a). Chacun de ces paquets comprend des cartes de même nature. Par exemple, si on a voulu diviser la population par âges, chacun de ces paquets correspondra à une division décennale d’âge. Le premier comprendra toutes les cartes relatives aux âges de 0 à 9 ans; le secondées cartes de iO à 19 ans, etc.
- Veut-on avoir ensuite la distinction des années d’âge, on place le premier paquet en haut de la machine, on pousse d’un cran l’aiguille qui indique à la machine ce qu’elle a. à faire, et on la met eïéï| rapport avec une source électrique. En un clin d’œil elle aura divisé le paquet de cartes en 10 paquets : le premier relatif à la première année de la vie, le deuxième à la deuxième année, et ainsi de suite.
- En une heure, la machine peut classer ainsi 15 000 cartes! On peut donc dire qu’elle agit instantanément.
- Nous allons expliquer comment ce merveilleux résultat est obtenu. Si le travail effectué est très rapide, la description en est forcément assez longue. Nous le résumerons en disant que chaque carte successivement est prise par la machine et introduite entre des rouleaux qui la promènent du haut en bas contre l’aiguille que l’on a tout d’abord poussée de façon à faire comprendre à la machine le travail qu’on lui demande. Tant que cette aiguille s’appuie sur du carton, il ne se passe rien; mais dès qu’elle rencontre un trou, elle entre en contact avec une pièce métallique; elle ferme ainsi un courant électrique qui commande une petite manœuvre que nous décrivons ci-dessous : la carte se trouve ainsi dirigée vers la boite qui lui est destinée.
- Suivons maintenant avec plus de détails le voyage exécuté par nos caries perforées. On les a placées, avons-nous dit, sur la plate-forme supérieure de notre machine (fig. 1). Cette plate-forme (fig. 2) est limitée des trois côtés par une bordure STT. On lès a placées verticalement entre un plateau ver-
- tical J et la bordure S située à l’opposé. Le plateau J est serré contre les cartes au moyen d’une barre tirée par des ficelles KK', au bout desquelles se trouvent des poids qu’on ne voit pas sur notre figure. Au pied de la bordure S se trouve une fente D. C’est par là que s’engagera notre carte perforée. Elle est poussée au-dessus de cette fente, comme nous venons de le dire, par le plateau J.
- Et en outre elle y est enfoncée par le cadre M qui, successivement, monte et descend, étant actionné par la roue À et le levier O. Chaque fois qu’il descend, il pousse une carte dans la fente D ; elle descend donc au-dessous de la plate-forme et nous verrons tout à l’heure ce qu’elle y devient.
- Avant de la suivre là, remarquons, pour être complet, les précautions prises pour que le cadre M fonctionne bien. Dans sa partie supérieure se trouve une plaque de métal P qui déborde sur son bord antérieur si légèrement qu’on ne s’aperçoit de la saillie qu’en y promenant le doigt. Cette saillie avance d’une quantité exactement égale à l’épaisseur d’une carte. C’est elle qui rencontrera la carte et la poussera dans la fente. La surface M l’empêche de se plier. Le ressort H, les piliers QQ, les; pièces RR qui leur correspondent, assurent la régularité des mouvements. Voilà donc notre carte poussée sous la plate-forme.
- Elle s’y place (fig. 5j entre deux rouleaux R et DDD. DDD est en ébonite, et ne sert qu’à actionner la carte; R, beaucoup plus important, est en cuivre, mais supporté par une monture isolante en ébonite. La languette C charge ce rouleau d’électricité.
- La carte passe entre ces deux rouleaux ou plutôt entre le rouleau B et l’aiguille de cuivre A qui est également chargée d’électricité. Cette aiguille A est mobile ; on la place où on veut, suivant le résultat qu’on veut obtenir. Supposons qu’on veuille classer les cartes selon dix classes d’âges (0-9 ans) (10-19 ans, etc.), on placera donc l’aiguille exactement en face de la colonne correspondante (on y sera aidé par la crémaillère J). Supposons que l’individu que
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- LA STATISTIQUE PAR LES MACHINES
- Fig- 2. Plate-forme de la machine à classer.
- Les rouleaux el Vaiguille qui opèrent automatiquement le classement.
- j Wm
- VAa.
- C'
- Les godets classeurs.
- représente la carte perforée soit âgé de 40 ans. Lorsque cette carte s’engagera entre les deux rouleaux, l’aiguille À rencontrera successivement tous les chiffres de cette colonne. Tant qu’elle sera séparée du rouleau À par du carton (c’est-à-dire tant que passeront les chiffres 9, 8, 7, 6,5) il ne se passera rien de particulier. Mais le chiffre
- Fig. 5. — Le mécanisme qui dirige la carte vers son godet classeur.
- Fig. 6.—L’électro-aimant de verrouillage-pièce essentielle du mécanisme classeur.
- 4 est remplacé par un trou. Donc l’aiguille A touchera à ce niveau le rouleau B. Le courant électrique sera fermé et aussitôt, en dessous des rouleaux, s’ouvrira une sorte de bouche qui avalera notre carte et qui la dirigera dans le godet correspondant à Page de 40 à,49 ans.
- Voici comment : A chacun de ces godets (11g. 1 et 4)
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- correspond une paire de fils qui y conduisent (fig. A), en sorte que la carte engagée entre les deux fils A et les deux fils 5 se dirige tout naturellement (nous verrons tout à l’heure pourquoi) vers le godet A.
- Comment donc faire pour que la carte s’engage entre les deux fils A et les deux fils 5 ?
- Ces fils sont placés à côté les uns des autres. Le fil A et le fil 5 s’écarteront de chaque côté, et c’est dans l’hiatus ainsi formé que notre carte s’engagera. Nous allons expliquer comment se forme cet hiatus.
- Nos onze fils, de chaque côté de l’appareil, vont s’accrocher chacun à l’une des onze planchettes superposées C (fig. 5). Ces planchettes présentent en P une sorte de dent qui s’engrène avec un crochet FF, lequel appartient à une sorte de fer à cheval muni sur sa convexité d’un crochet N.
- Chacun de ces fers à cheval présente deux particularités importantes qu’on n’a pas pu représenter sur la figure pour ne pas la surcharger : l°un ressort tout à fait analogue à celui que l’on voit en J, et qui tire le fer à cheval à notre droite ; 2° une charnière analogue à celle que l’on voit en H et qui donne à chaque moitié de notre fer à cheval une certaine mobilité. Tous sont d’ailleurs traversés par deux piliers SS qui les rattachent l’un à l’autre. À l’intérieur des fers à cheval se trouve une' came M dont le rôle est important.
- Elle tourne constamment sur elle-même; elle est munie de gradins en spirale dont chacun correspond à l’un des fers à cheval. Au commencement de son mouvement, elle n’oppose aux fers à cheval aucun gradin ; elle résiste donc à tous les ressorts qui tendent à tirer la branche centrale des fers à cheval à droite, c’est-à-dire à écarter leurs branches extérieures FF ; puis, continuant à tourner, elle présente au fer à cheval inférieur (celui qui correspond au nombre zéro marqué sur la carte perforée) un gradin qui permet à la branche centrale de ce fer à cheval de suivre le ressort qui le tire vers notre droite et qui force ses branches extérieures à s’écarter et à presser en F sur la planchette correspondante : ensuite, la came, continuant à tourner, pré-
- sente un gradin au deuxième fer à cheval (celui qui correspond au nombre 1 marqué sur la carte perforée) et voilà la branche centrale de ce fer à cheval qui, actionné par son ressort, se porte aussi vers notre droite.
- Il en arrive autant au troisième, puis au quatrième fer à cheval (qui correspondent aux nombres 2 et o marqués sur la carte). Voilà donc nos quatre fers à cheval inférieurs légèrement tirés vers la droite, tandis que les 6 autres sont restés en place.
- Supposons que ce soit le nombre 4 qui soit remplacé par un trou sur la carte perforée : tout m changer! Ce trou, nous l’avons vu, a déterminé la fermeture d’un courant ; ce courant anime un électro-aimant représenté par la figure 6. Cet
- électro-aimant at-
- ......'""T,';:-;; ^ tire une sorte de
- verrou À qui s’engage dans les crochets N des 6 électro-aimants restés en place et les empêche de bouger. Dès lors, la came M peut continuer son mouvement de rotation et leur présenter des gradins libérateurs ; malgré ces gradins, les fers à cheval ne bougeront pas ; ils sont immobilisés par le verrou N.
- Or, les fils conducteurs de notre carte sont, on se le rappelle, attachés à des planchettes actionnées par les fers à cheval. Ces planchettes ne tardent pas à se mettre en mouvement. Les bras de levier EE, poussés par la came L, se portent à notre droite; ils s’épaulent contre les encoignures TT et poussent toutes les planchettes à notre droite en sorte que P se trouve à droite de F. Puis, la came L continuant à tourner, les bras de levier E se portent à notre gauche. Les planchettes d’en haut, tirées par leur ressort, reviennent aussitôt à gauche; celles d’en bas ne le peuvent pas, car les pointes F pressent sur elles ; elles ont été placées à gauche de P ; elles y restent. Et voilà comment se forme l’hiatus demandé. Il est complété par l’étrier DG. La came Iv, justement au même moment, lui permet de céder au ressort J. Sa branche D vient presser sur les planchettes. Celles d’en bas ont leur dent Q à droite de cette branche D ; elles continuent donc, étant tirées par leur ressort, à se porter à droite jusqu’à ce que
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- l’encoignure R vienne s’épauler sur la branche D.
- L’hiatus, alors créé entre les fils d’en haut et les fils d’en bas, est assez grand pour que la carte perforée s’y engage. Dès lors, il lui suffit de descendre pour gagner sans encombre le godet qui lui est destiné. Elle opère ce mouvement de descente parce qu’elle est poussée par une chaîne sans fin, très visible sur notre figure 1. Cette chaîne sans fin est armée de « doigts » qui poussent les cartes en bas, impartialement, quel que soit le godet vers lequel les dirigent leurs fils conducteurs. Notre figure 4 montre assez comment la carte arrivée au niveau du godet qui lui est destiné vient s’y loger d’elle-même. Une plus longue explication paraît superflue.
- Une fois qu’on a classé les cartes suivant les décades d’âges auxquelles elles se rapportent (0-9 ans ; 10-19 ans, etc.), il est très facile si on le veut de les classer par année d’âge; on fait passer chacun d’eux à nouveau par la machine, après avoir un peu déplacé l’aiguille A de façon à la mettre sur la colonne des unités (et non plus sur la colonne des dizaines). En très peu de temps, elle aura divisé chaque paquet en dix sous-paquets dont chacun ne contiendra que les cartes d’une année déterminée.
- Reste à compter le nombre des cartes contenues dans chaque sous-paquet. La machine représentée figure 7 exécute ce comptage incomparablement plus vite et plus sûrement qu’on ne pourrait le faire à la main. Cette machine sert à deux fins : elle est une machine à additionner (grâce à un organisme assez compliqué que nous décrirons plus tard), et elle est une machine à compter les cartes. Elle remplit cette dernière fonction par un mécanisme des plus sim-
- ples : on place le paquet de cartes à compter en haut de la machine, sur la plate-forme de gauche en A. Cette plate-forme est construite exactement comme celle de la machine à classer que nous avons décrite tout à l’heure. Donc, chaque fois que le cadre M descend, il pousse une carte entre deux rouleaux dont l’un est un rouleau métallique chargé d:’électricité. De l’autre côté de la carte, se trouvé; en ^regard d’une quelconque de ses colonnes de chiffres, un petit balai métallique chargé d’électricité. Tant-que la carte n’est pas perforée, il ne se passe rien ;crîïais dès que le balai passe devant un trou, il touche;rJc rouleau métallique; un courant se forme et va actionner la roue d’un compteur. En un clin d’œil, toutes les cartes du paquet y ont passé. On relève le chiffre marqué par le compteur; on le ramène à zéro, et on recommence avec un autre paquet de cartes. Rien n’est plus simple.
- Les Américains ont trouvé que ce comptage ne se fait pas encore assez vite, et ils ont annexé à la machine un rouage qui double la rapidité de l’opération.
- Voici mieux encore. Nous venons de voir comment on compte les cartes; cela suffit pour les besoins ordinaires d’un recensement de la population, mais non pas pour une statistique de l’exploitation d’un chemin de fer par exemple. Chaque carte représente une expédition et contient notamment le poids et la valeur de la marchandise expédiée. Il s’agit de totaliser ces poids et de totaliser aussi ces valeurs. La machine s’en charge sans jamais commettre d’erreur. Mais il faut pour cela lui ajouter un organisme ingénieux que nous décrirons une autre fois.
- Dr Jacques Bertiulon.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 janvier 1914.
- Embryologie. — En examinant les œufs non fécondés de faisan doré, M. Lécaillon a constaté que le germe commence néanmoins à se segmenter comme dans les œufs de poule en pareil cas. Il se produit ainsi de nombreux blastomères inégaux comme dans l’œuf fécondé, mais ils dégénèrent bientôt et leur développement s’arrête. Il y a là un cas de parthénogenèse naturelle rudimentaire qui, d’après l’auteur, serait frequent ou même général chez les animaux.
- Rajeunissement de la pomme de terre. — Depuis plusieurs années, les pommes de terre sont atteintes de maladies qui sont la marque d’une dégénérescence. C’est que la pomme de terre est une plante vieillie, affaiblie par une très longue reproduction asexuée. C’est la même plante que l’on propage depuis plusieurs siècles par le bouturage de ses tubercules. MM. Sartory, Gratiot et Thiébaut ont pensé qu’il fallait s’adresser à la graine pour obtenir le rajeunissement. Mais on sait que l’obtention des tubercules par semis est très difficile et aléatoire, de plus plusieurs années sont nécessaires pour que les tubercules atteignent une certaine grosseur. Les auteurs ont eu l’idée de faire intervenir un champignon
- Présidence de M. Appell.
- inférieur pour favoriser le développement des tubercules. Au printemps 1911 ils ont pu obtenir' ainsi 60 plants qui portèrent à l’automne des tubercules en nombre variable-, de la grosseur d’une noix pour la plupart, dont d’autres pesaient 150 grammes et étaient comestibles. Ces derniers ont été conservés pour être plantés en 1912 et ont donné des plants très vigoureux exempts de maladies tandis qu’à côté les plans étaient malades. Toutes les touffes donnèrent des tubercules de grande dimension; chaque touffe en produisit 3800 grammes en moyenne. L’un des tubercules venus par semis en 1912 produisit en 1913, 8 touffes portant 64 pommes de terre et pesant ensemble 8355 grammes. Quant aux semis de 1913, ils ont donné des résultats encore meilleurs que ceux de 1911. Certaines graines ont donné des pieds portant 100 pommes de terre qui pesaient plus de 1400 grammes. Il y a donc lieu d’espérer que la méthode de MM. Sartory, Gratiot et Thiébaut permettra de régénérer rapidement la pomme de terre, et même, par des croisements et des sélections, d’arriver à des variétés présentant les qualités .désirables au point de vue de l’alimentation.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris,
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- LA NATURE. — N° 2122.
- 24 JANVIER 1914.
- LE TRANSPORT DES MACHINES GIGANTESQUES MODERNES
- De plus en plus, la force motrice nécessaire à l’alimentation de grands districts est produite au moyen d’unités énormes. On ne recule plus devant les turbines de 20 000, 50 000 et même 40000 chevaux. Si la construction de ces machines géantes comporte
- traire, devenir fort pénibles et, par conséquent, assez coûteux pour s’opposer à la réalisation d’un projet d’installation donné. Ajoutons que, même dans les grands centres, le choix d’un itinéraire accessible à ces machines gigantesques est souvent un problème
- toutes sortes de problèmes mécaniques et électriques, fort ardus, leur transport présente des difficultés que le public ignore souvent et qui sont parfois presque insurmontables.
- On peut même dire aujourd’hui que les seules
- géographique fort compliqué, car il faut s’assurer que les chaussées, et surtout les ouvrages d’arl, ponts ou tunnels, se prêtent au passage de semblables charges et de pareilles pièces.
- Nous devons à un ingénieur de l’usine Sulzer
- Fig. 3. — Transport d’une chaudière par un attelage de bœufs.
- limites aux dimensions des machines modernes sont celles qu’imposent les moyens de transport. Tant qu’il s’agit d’installer ces machines dans une grande ville, où le transport est facilité par les chemins de fer et les voies navigables, la tâche est, à la vérité, relativement facile. Aux endroits éloignés des grands centres, les transports de machines peuvent, au con-
- frères, à Winlerthur, quelques indications relatives à certains cas particulièrement typiques. Nous les résumerons ci-après, afin de donner à nos lecteurs . une idée des problèmes variés que l’art de l’ingénieur, surtout dans les pays d’outre-mer, est appelé à résoudre.
- Lors de l’installation d’une usine de force motrice
- 42' Année — 1er Semestre.
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- Fig. ../. — Chabolle de marteau-pilon traînée par 35 chevaux et destinée aux usines Renault.
- aux Andes argentines, les frais si énormes que le coul de construction de la maçonnerie s’en trouva porté à 10 fois le prix normal. Songez qu’il faut souvent faire transporter les pierres, à de grandes distancés, par des mulets, ou, comme en Égypte, "par des chameaux (fig. 1). L’absence de grues, de cabestans, de camions assez robustes, etc., oblige bien souvent à imaginer des méthodes spéciales pouvant compenser les défauts de l’outillage, d’autant plus qu’on manque parfois, même dans les grandes villes, des engins de levage les plus indispensables. C’est ainsi qu’on traite souvent de grandes chaudières, voire même des gazomètres tout entiers, comme des coques de navire, en les faisant flotter sur les rivières ou le long des côtes, d!un
- de transport furent
- Fig. 5. — Transport d'une turbine à vapeur dans un faubourg de Paris.
- endroit à Faulre, soit qu’ori ne dispose pas de bàti-monts de transport ou que l’atterrissage présente des difficultés. Plusieurs chaudières à tube-foyer, destinées aux mines d’argent ët de plomb d’Alma-grcra (Espagne), sur la côte de la Méditerranée, durent, par exemple, faire une traversée improvisée de ce genre. Étant données les grandes difficultés qu’aurait présentées le transport de pièces si lourdes jusqu’à la première station de chemin de fer, on choisit le transport par mer, malgré l’absence de ports et d’ap-pontements même rudimentaires. Comme, d’autre part, les chaudières étaient assez robuste s pour affronter sans danger les brisants, elles furent halées à terre, du paquebot amarré à la rade. Dans un cas analogue, les chaudières flottantes purent
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- LE TRANSPORT DES MACHINES GIGANTESQUES MODERNES =—- 131
- être retirées, sur un chemin de roulement improvisé de planches et de rouleaux, à l’aide d’une locomotive de manœuvre dont les rails se continuaient jusqu’au voisinage immédiat du rivage. La figure iî représente des transports de chaudières en Égypte, sur les bords du Nil.
- Les ingénieurs ont souvent à créer de grands centres de force motrice dans des pays neufs, à population clairsemée, dépourvus de voies ferrées ou navigables. C’est le cas de beaucoup de régions de mines et de chutes d’eau, où l’ingénieur j se voit dans la nécessité de recourir à des chariots de paysans, pour transporter des machines de dimensions et de poids souvent fort respectables.
- La figure 5 représente un transport de ce genre dans un district d’outre-mer, isolé entièrement de tout réseau de chemin de fer ; il s’agit d’une mine dont l’étendue et le rendement ne suffiraient pas à j ustifier l'installation de nouveaux chemins de fer.
- Or, comme dans ces contrées éloignées, les routes sont, en général, fort défectueuses, que les voitures de transport enfoncent souvent jusqu’aux essieux et que les ponts franchissant les rivières ne sont pas assez robustes pour porter des poids lourds, ces transports sont onéreux et longs. Souvent il faut construire des ponts spéciaux.
- Ajoutons à ces difficultés l’insuffisance trop fréquente des ouvriers disponibles. Bien qu’on s’attache souvent à compenser leur manque d’instruction en multipliant leur nombre, il faut tenir compte du fait que des ouvriers en nombre excessif ne gênent que trop souvent l’ingénieur surveillant les travaux de montage. Improviser des mécaniciens avec des paysans ignorants, dont on ne parle parfois
- pas la langue, u'esL évidemment pas une tâche aisée.
- Quelquefois on se heurte à des obstacles imprévus, ainsi les rivières praticables en temps ordinaire sont gelées. C’est ce qui fut, par exemple, le cas d’une grande machine à vapeur destinée à être; transportée en amont de l'embouchure du Dniepr.; Comme la rivière n’était pas libre de glace et que-le montage ne pouvait être différé plus longtemps,,
- I les différénles pièces de la machine durent, pendant
- de longs jours, être transportées sur terre.
- Voici un autre exemple, tout différent et fort remarquable. La figure 5 représente le transport, dans un faubourg de Paris, de pièces dé machines appartej nantà deux grandes turbines à vapeur de 10000 chevaux j munies de leurs gé[ nératrices. Comme l’usine électrique, construite sur les bords de la Seine, ne disposait pas de voies de raccord, et que sur le bord du fleuve, au contraire, était montée une grue suffisamment robuste, on choisit la voie fluviale, les différentes pièces de la machine durent être, sur de simples chariots, transportées jusqu’au fleuve à travers la ville de Paris. Le matin du dimanche était prévu poulie transport par voitures, il exigea environ six heures et demie ; les pièces les plus lourdes avaient un poids chacune de 55000 à 40000 kilogrammes.
- Pour terminer, nous signalerons (fig. 0) les difficultés de transport qui se sont récemment produites dans une autre capitale européenne, Londres. Le cylindre visible dans l’illustration appartient a une grande machine à vapeur de 6000 .CV dont les différentes parties durent être transportées, sur des échafauds, le long de la Tamise jusqu’au siège des travaux.
- D' A. Grades witz.
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- MINES NEOLITHIQUES DE SPIENNES (BELGIQUE)
- Si le champ à cailloux de Spiennes — situé à 4 km au S.-E. de la ville de Mons — est connu de tous les préhistoriens comme le centre minier néolithique le plus important de l’Europe occidentale, l’on peut dire que, jusqu’à ce jour, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce fameux plateau, parsemé d’instruments en silex et de débris de
- En 1887, MM. le baron Alf. de Loë et E. de Munck déblayèrent un puits de 8 m. de profondeur (*) et, en 1889, M. L. de Pauw fouilla deux ateliers superposés (2).
- En '1912, M. le comte Louis Cavens, dont les libéralités à l’égard de nos Musées ne se comptent plus, avait offert à notre service des fouilles son
- généreux concours financier qui permit d’entreprendre l’étude complète du remarquable centre minier de Spiennes.
- Le plateau crétacé situé sur la rive droite de la Trouille, surmonté d’un manteau limoneux de faible épaisseur et que l’on nomme « Camp à cayaux » (le champ à cailloux), fut celui où le service des fouilles des Musées royaux du Cinquantenaire commença ses importantes recherches. Ces travaux qui débutèrent en 1912,çontinuè-rent^en 1915 et seront poursuivis jultérieure-ment, de ma-
- Puits 2
- Puits 1
- -----9
- LEGENDE
- USii Hu.rn.Vi de ùux^dee EZE) J)eclîefc& oie. fcoùl 1m_=J Humui et ctcu-e. l£Ml OâiC'm.e.'i'vLà L—I Ct-ütLe- b”ïl C & eti ton de U-o-
- lüDB(!oc» de etni-e Atçjlit. jauivt.
- IfSad Ro^-noas de 6lCex E§1 Ataille vetCe
- Fig. i. — Coupe de la mine de silex néolithiques de Spiennes. *
- taille, n’avait pas encore été l’objet; de recherches scientifiques complètes.
- C’est en 1867 seulement, que l’ouverture d’une tranchée pour 1’établissement de la voie ferrée fit mettre au jour plus dé 25 puits verticaux traversant léTimon supérieur, l’ergeron, les cailloux et le sable landénien, pour arriver finalement à la craie et aux bancs à silex. .5
- MM. A. Briart, F. Cornet et H. Houzeau de Lehaie, ont publié une étüdc sur cette découverte (*). T
- 1 . Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Artset des Lettres du Hainaul, 5e série, tome II, 1868. Compte rendu du congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques, 6Ç session, Bruxelles 1872, p. 270 à 299 et pl. 29 et 50.
- nière à en retirer tous les éléments permettant de refaire Thistoirc de la mine' à l’époque néolithique.
- Deux puits, distants l’un de l’autre dune douzaine de mètres, furent complètement vidés.; l’iin a atteint la profondeur de 16 mètres, l’autre s’abaissaifàun peu plus de 14 mètres.
- 1. Em. deMükck. Fouilles U'un puits cle l’époque néolithique pratiquées à Spiennes par M. le baron Alf. de Lo'à {Bull, de la Soc. d’Anthropologie de Bruxelles, tome VI, 1887-18*88), — Baron A. de Loë et E. de Mdxck. Notice’ sur des” fouilles pratiquées récemment sur l’emplacement 'du. vaste -atelier néolithique" de' Spiennes: {Compte rendu du congrès international d’anthropologie 'et d’archéologie préhistoriques, 10° session, Paris T889, p. 569 et 612).’'
- 2 L. de Pacw et E. Vax Ovekloop. Les ateliers préhistoriques de Spiennes. (Bull. Soc. d’anthropol. de Bruxelles, t. VIII, 1889-1890.)
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- Fig. 2. — Grand pilier naturel en craie entourant le puits n°i et soutenant les vailles des galeries; à la partie supérieure, on remarque un banc de silex non exploité par les néolithiques.
- Ces puits (voir la coupe, fig. 1), dont le diamètre à la surface est pour l’un de 5 m. 50 et pour l’autre de 2 m. 50, ont une forme évasée vers la surface puis, à partir de 3 m. 50 à 2 m. 50 de profondeur ils deviennent cylindriques et ont alors un diamètre 1res sensiblement régulier de 1 mètre.
- L’un de ces puits s’élargit à sa base en forme d’entonnoir renversé, constituant ainsi une sorte de voûte en encorbellement ; l’autre puits ne présente qu’un très faible élargissement inférieur.
- La composition des matériaux de remplissage (voir coupe des puits 1 et 2) nous montre d’une
- Fig. 3. — Galeries cvidèes de silex avec étroits piliers naturels en craie pour soutenir la voiile (Spiennes).
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- façon bien nette que ces puits, après avoir été abandonnés par les mineurs, servaient ensuite soit à y
- Fig, 4. —. Spécimens parfaits de pics de mineur, longueur 20 à 22 cm.
- précipiter les déchets de taille des ateliers établis à la surface du sol et au voisinage des puits, soit à y déverser les déblais provenant du creusement d’autres puits. Le puits n° 2, par exemple, montre que sa partie inférieure a été remplie par les déblais enlevés dans les galeries (craie et petits rognons de bons silex). Au-dessus, nous constatons une couche dé 1 m. 50 d’épaisseur renfermant des déchets de taille, donc constituée par des déblais provenant des ateliers de surface; puis 10 m. de hauteur contenant de la craie et des rognons de silex de mauvaise qualité, par conséquent formés de déblais provenant du creusement d’un puits'"-.voisin. Le tout était recouvert d’une couche de 2 m. d’épaisseur d’argile mélangée de craie et de nombreux déchets dé taillé, dos outils ébréchés, des matières premières non utilisées, etc. Celte couche est donc composée de déblais descendus d’un atelier de taille de silex établi près de l’orifice du puits.
- 'Le puits n° 1 montre nettement que les matériaux remplissant l’entonnoir supérieur sont également formés de déchets provenant d’un atelier de taille; ce qui est presque général pour tous les orifices de puits que nous avons examinés jusqu’à ce! jour. , .
- 'Du fond de ces puits partent des galeries dans toutes les directions, ou, pour mieux dire, c’est à ce niveau que les mineurs. néolithiques ont.évidé le banc à silex de bonne qualité, Afin de soutenir les
- voûtes, ces hommes avaient ménagé, à des distances assez variables, des piliers de divers diamètres suivant les nécessités du travail (fig. 2 et 5).
- Si le mineur néolithique est descendu à une aussi grande profondeur au sein du terrain crétacé, négligeant: la dizaine de bancs de silex qu’il avait traversés en forant le puits, c'est qu’à ce niveau seulement il pouvait rencontrer le silex de qualité nécessaire pour la bonne taille des instruments. La puissance, de ce banc à silex était assez variable mais, très généralement, son épanseur moyenne était de 40 à 50 cm; ce n’est donc que'dans une position couchée ou à genoux que le mineur néolithique extrayait les rognons de silex qui, ensuite, étaient remontés à l’extérieur.
- Nombre de passages ont été déblayés par nous de la craie meuble, de fragments crayeux et de rognons de silex qui les encombraient, rejetés là par les mineurs qui remblayaient les vides laissés par l’extraction du silex, pour continuer leur travail plus loin.
- Dans ces remblais, sur un trajet partiellement fouillé de plus de 100 mètres de longueur, nous avons mis au jour environ 1500 pics en silex, c’est-à-dire des outils émoussés et usés par le travail d’extraction et qui avaient été abandonnes sur place par le mineur (fig. 4). On a découvert également de nombreux fragments de grès ayant servi de marteau et arrondis par l’usage.
- Jusqu’à présent, nous n’avons trouvé de fragments de poteries qu’en un point seulement des galeries, et nous n’avons encore découvert, actuellement, aucune des lampes primitives dont on devait très vraisemblablement se servir.
- Fig. 5. — Fragment de craie montrant les traces des coups de pics laissés sur les galeries par les mineurs néolithiques (Spiennes).
- Nos investigations dans ces antiques mines, où partout l’on retrouve l’empreinte si nette des coups
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- laissas sur les parois crayeuses par le pic en silex du mineur (fig. 5), nous ont montré combien était gigantesque le travail accompli à Spiennes par l’homme néolithique. Pour s’en faire une idée, il suffira de dire que, sur une surface de 16 mètres sur 24 mètres, sur laquelle ont porté principalement nos recherches, nous avons découvert 9 puits dont la profondeur devait atteindre de 14 à 16 mètres. Sur cette surface de 400 mètres carrés, la distance constatée jusqu’à présent entre ces puits varie de 2 m. 50 à 8 mètres. Cette superficie ne représentant qu’une très infime partie du « Champ à cailloux ». On peut donc évaluer par centaines et même par milliers le nombre des puits creusés à Spiennes par ces peuplades primitives.
- Ajoutons que ce prodigieux travail . n’a été accompli*qu’à Laide.de ces/grossiers pics en silex retrouvés en si grand nombre dans les galeries abandonnées par les mineurs. Lorsque, prenant un pic en main, on.essaye de creuser la craie à l’aide çle ces instruments rudimentaires, on se rend compte de l’effort énorme développé par le
- mineur pour arriver au surprenant résultat obtenu.
- L’étude des parois du puits n° 2 nous a permis de constater qu’elles offraient des entailles se faisant vis-à-vis et destinées à recevoir des pièces de bois fixées horizontalement en travers du puits. Ces pièces, qui n’étaient pas disposées parallèlement les unes au-dessus des autres, offraient un dispositif semblable à celui d’un primitif escalier tournant. Par cet escalier rudimentaire, le mineur pouvait facilement descendre et remonter dans le puits.
- Afin de permettre la visite de cette étonnante mine néolithique, on vient de placer une échelle en fer à l’intérieur du puits n° 2. On peut donc maintenant voir en détail les parois de ce puits et parcourir les galeries souterraines menant au puits n° 1.
- .lusquloii s’étend, ce labyrinthe de galeries ou de bancs évidés? Nous ne saurions le dire; maisJ1 est certain .que l’on se trouve ici en présence d’umdes plus prodigieux travaux . de mine datant de l’époque néolithique, c’est-à-dire de 2000 ans et plus avant Père chrétienne. E. Rahir,
- Attaché dos Musées royaux du Cinquantenaire.
- LES NOUVELLES .USINES
- DE LA COMPAGNIE PARISIENNE DE DISTRIBUTION D’ÉLECTRICITÉ
- Nous avons-exposé ici même, comment à la suite d’une délibération du Conseil municipal de 1907, Parivallait être diviséuen zones pour la distribution de l’énergie électrique par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité, la C. P. D. E., née de laifusion des anciens secteurs. Un article de cette convention de 1907 spécifie que le courant devra être fourni aux différents postes de transformateurs oui aux sous-stations de transformation, sous forme de' courant' biphasé 12 500 volts, 42 périodes par 2 usines situées l’une au nord, l’autre au. sud-ouest de1 Paris. Ces deux- usines conformément aux termes’ deJa convention, sont entrées-en-service en janvier 1914 : l’usine nord, avec une puissance provisoire de" 75 000 kilowatts pouvant être, ultérieurement portée à 150000 par des* agrandissements; prévus dès aujourd’hui, à Saint-Ouen, à proximité 'de; la Seine et du chemin de fer du* Nord l’usine sud-ouest avec une puissance actuelle de 25 000 kilowatts pouvant être plus Aard augmentée jusqu’à 50000, à Issy-les-Moulineaux, entre la Seine et la ligne du chbmin de fer de l’État, en bordure du champ d’aviation.
- Ces deux usines, conçues sur les données les plus modernes, munies de tous les perfectionnements mécaniques que l’industrie met à la “disposition de l’ingénieur, sont absolument les mêmes aux dimensions près. Une rapide description de l’usine nord nous donnera une vue d’ensemble de cette centrale, l’une des plus puissantes usines à vapeur du monde.
- Les terrains occupés par l’usine s’étendent sur une surface de 12 300 mètres carrés entre la rue. des..
- Bateliers, la rue Ardouin,'le boulevard Victor-IIugo et le quai de Seine, à Saint-Ouen, derrière les tribunes du champ de courses. Une coupe générale de l’usine perpendiculaire à la rue des Bateliers, permet de séparer les bâtiments en cinq groupes : le bâtiment du tableau en bordure de la rue des Bateliers, le Hall, des machines, la salle des pompes, les chaufferies, les silos à charbon et à mâchefer. La plus grande partie en est construite en béton armé, l’emploi delà charpente métallique ayant été réduit aux parties hautes des silos et des. chaufferies, au hall des machines, aux planchers de celhall et à certaines parties des massifs des turbines et des alternateurs, aux planchers du tableau. Quant au, bois, son emploi a été rigoureusement ’ interdit’. Les bâtiments principaux ont leur plancher à la cote 30,40 supérieure à la plus haute cote de la crue.de 1910 qui a été de 30,05, et par conséquent àTabri des plus hautes inondations ; le plancher de -la salle...', des .-..machines proprement dite est; à la cote 5.7,"40.
- Quand, on étudie l'installation d’une usine de^ctle importance, on fse trouve./de^ suite en présence de deux grosses difficultés : l’approvisionnement en eau, et l’approvisionnement en charbon. C’est pour les résoudre facilement que les ingénieurs ;?.de la C. P. D. E., ont situé les emplacements de leurs usines à la fois à proximité de la Seine, et à-proximité d’une voie ferrée à laquelle. elles sont réunies par des embranchements particuliers. _____^
- Approvisionnement en eau.. Salle des pompes. — Les eaux sont amenées à l’usine de la façon sui-
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- Fig. i. — Vue extérieure de l’usine : A, salle des machines; B, salle des pompes; C, chaufferie D, transporteur de charbon; E, silos à charbon en [béton armé; F, évacuation du mâchefer
- Fig._2. — La salle des pompes de Vusine de Saint-One».
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- Fig. 4. — Les 8 groupes turbo-alterna leurs de l’usine de Saint-Ouen {à gauche, le poste du chef de manœuvre).
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- vaiite. Dans les fondations d'une oslaeacle eonslrni Io sur la Seine, et qui sert aussi pour l'approvisionnement en charbon, est aménagée la chambre de prise d’eau fermée du côté de la rivière par un double jeu de grilles : la première grille, dite dégrossissante, destinée à s’opposer au passage des détritus présen-
- ta
- tant quelque volume, est formée de barreaux assez forts et munie d’un dispositif spécial permettant l’enlèvement des matières ainsi arrêtées ; la seconde
- est une grille à mailles fines, qui arrêtera les dernières particules solides dont est chargée l’eau, et sei compose de deux parties pouvant s’élever ou s’abaisser alternativement pour subir un nettoyage complet. De cette chambre part une galerie souter-
- raine, la~'galërfë~tiuâffîffîëè~7rmii\'~'Viffitû& des vannes et des robinets nécessaires, qui conduit l’eau à deux chambres aménagées sous la salle des pompe5!. — Une série de pompes puissantes puisera l’eau froide dans ces chambres pour l'envoyer dans lés condenseurs, installés sous les turbines, où à?son contact la vapeur qui vient d’agir sur les aubes en produisant de l’énèrgie, se condensera. Lesèeaux froides qui “ne sont en somme que des càùx de circulation, sortiront des^cdndenseurs,“pour aller se rassembler dans des galeries et de là être évacuées à la Seine. Les eaux de condensation, au contraire, qui Sont des eaux chaudes, sont “envoyées aux bâches alimentaires, et de là'reprises pour alimenter les chaudières où elles sont à nouveau transformées en'vàpeur. Nous'nous trouvons donc en présence de cette particularité, que les eaux destinées à fournir la vapeur travaillent en circuit fermé : ce'sont, lou- jours ies mêmes qui servent, tour à tour à l’état d’eau ou à l’éiat de vapeur. Il est bien évident qu’en raison des pertes inévitables de vapeur, il y aura à certains moments, un manquant d’eau : il faudra donc pour y remédier faire à nouveau le plein des bâches alimentaires. C’est pour cela que les pompes qui envoient l’eau aux chaudières sont agencées de façon à pouvoir puiser à la fois dans les bâches et dans la chambre d’eau de la salle des pompes.
- Approvisionnement en charbon. — Comme nous l’avons dit, tout à l’heure, l’estacade en Seine sert aussi à l’approvisionnement de l’usine en charbon ; elle est, à cet effet, reliée au parc à charbon par lin chemin de fer à voie normale, installé sur un long viaduc en béton armé qui traverse tous les terrains de l’usine à une hauteur suffisante pour ne pas gênèr la* source. Le charbon sera puisé mécaniquement par des grues électriques dans les chalands amarrés à l’estacade, et déversé dans les wagonnets accouplés de façon à former des trains de 80 à 100 tonnes, remorqués par une locomotive électrique alimentée en courant continu à 220 volts. Ces trains alimenteront-le parc, prévu provisoirement pour un approvisionnement de 40 000 tonnes de charbon ; du parc, le charbon est envoyé, toujours mécaniquement, au moyen de différents transporteurs, à des silos correspondant aux groupes de chaufferies, puis de là, par une nouvelle série de transporteurs, 6 à des trémies automatiques qui le dévèrsenUdirectc-merit sûr les" foyers des chaudières. Une usine de celte importance, et desservant5 une ville Tomme * Paris‘avec des' besoins continuels et toujours" croissants,*'ne peut" cesser de fonctionner, ne8serait-ce que pendant un temps très court. Aussi a-t-ôn prévu le cas où une crue de la Seine, la gelée,Votf toute autre cause empêcherait les chalands de venir jusqu’à l’estacade, et l’usine a été reliée au chemin de fer du Nord au moyen d’un embranchement, qui servira concurremment avec la ligne électrique allant à la Seine, à assurer l’approvisionnement en charbon.
- L’évacuation des mâchefers et des cendres a été
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- étudiée avec le meme soin que l’approvisionnement en eau et en charbon. L’usine produira, chaque jour, un nombre respectable de tonnes de mâchefer; or, c’est aujourd’hui un produit qui a sa valeur : il sert à faire des hélons, des briques, des terrasses et peut, de ce fait, constituer une source intéressante de bénéfices ; il était donc judicieux de chercher à en tirer tout le parti possible. Pour cela le mélange de mâchefer et de cendres tombe du foyer dans un sous-sol spécial où un procédé de triage approprié permet d’en éliminer les cendres, partie inerte et sans valeur. Le mâchefer utilisable est repris par un transporteur, concassé dans un appareil prévu à cet effet, s’il est trop gros, et envoyé dans des silos d’où on peut le livrer facilement aux acquéreurs, soit par la Seine au moyen du chemin de fer électrique qui la relie à l’usine, soit par le chemin de fer du Nord, soit enfin, tout simplement, par tombereaux, par la rue Ardouin.
- Production de la vapeur. — Le charbon et l’eau étant amenés à l’usine, visitons maintenant les chaufferies où sont installées les chaudières destinées à produire la vapeur. Pour utiliser le mieux possible la chaleur contenue dans le charbon, rien n’a été négligé des ressources que l’industrie moderne met à la disposition de l’ingénieur. Chaque batterie de chaudières est complétée par des économiseurs destinés à réchauffer l’eau d’alimentation avant de l’envoyer à la chaudière; les foyers sont munis des dispositifs les plus récents de régulation et de contrôle du tirage, ce qui en plus de la grande
- économie procurée, aura encore l’avantage de supprimer complètement les fumées.
- Les chaudières sont réparties entre deux groupes de chaufferies, l’un contenant 10 chaudières Belle-ville et 10 chaudières Babcok, l’autre 20 chaudières Babcok, ces deux groupes étant séparés par une rue de 20 mètres de largeur. Chacun d’eux occupe un bâtiment carré de 44 mètres de côté, tout en béton armé, dans lequel les chaudières sont montées par groupesdechaquecôté de rues de chauffe ayant7m. 50 de largeur. Nous nous ferons une idée de la puissance de ce formidable enfer, quand nous saurons que chaque chaudière devra fournir, par heure, en service courant, 10 000 kg de vapeur à la pression de 16 kg, et surchauffée à 550 degrés, cette quantité devant être portée à 14 000 kg en surcharge. Ceci suppose qu’en hiver, aux heures de forte charge, le soir, il sera consommé une cinquantaine de tonnes de charbon à l’heure dans l’usine. Les 4 cheminées également en béton armé, hautes de 57 mètres au-dessus de la plate-forme de l’usine, larges de 5 m.20, élèvent leurs longs fûts cylindriques au-dessus de l’ensemble et complètent son aspect imposant.
- Production du courant. — La vapeur produite dans ces chaufferies est envoyée à des turbines pouvant réaliser chacune une puissance de 20000 chevaux, accouplées directement à des alternateurs d’une puissance de 12 000 à 15 000 kilowatts. Ces machines ont ceci de particulier que, alors qu’il y a quelques années, on se contentait pour les turbo-alter-
- Fig. 7. — Le transporteur de charbon.
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- nateurs de 6000 à 8000 kilowatts d’iine vitesse de rotation de 850 tours par minute, on n’a pas hésité dans leur construction à aborder la vitesse formidable pour de semblables masses de 1250 tours par minute : on obtient ainsi des groupes plus économiques et moins encombrants. Les machines sont au nombre de huit, installées dans un hall de 140 mètres de longueur sur 26 de largeur et proviennent des firmes suivantes : 1 groupe Rateau, 2 groupes Société alsacienne de constructions mécaniques, 2 groupes Compagnie de Fives-Lille, 5 groupes Société des Ateliers du Nord et de l’Est (Jeu-mont). Enfin, en bout du hall, contre le pignon côté Seine, sont installées 5 commutatrices de 750 kilowatts destinées h fournir du courant continu à la tension de 2*20 volts pour les services auxiliaires de l’usine et pour la charge d’une puissante batterie d’accumulateurs, formant réserve d’excitation, installée dans un bâtiment annexe. Toute la tuyauterie des machines et des chaudières a été installée par les soins de la Société Alsacienne de constructions mécaniques.
- La manœuvre de cette installation est des plus simples, et due aux conceptions hardies des ingénieurs de la Compagnie. Tous les appareils de manœuvre et de sécurité : sectionneurs, disjoncteurs, coupe circuits, interrupteurs, sont réunis dans un bâtiment à deux étages en bordure de la rue des Bateliers, et répartis dans des groupes d’alvéoles, correspondant chacun à un alternateur. Chacun de ces appareils est muni d’un dispositif de commande à distance relié à un poste central qui a vue sur toute la salle des machines, où se tiendront le chef de manœuvre et ses électriciens devant des claviers munis de touches, dont chacune servira à coupler ou à retirer du circuit telle ou telle machine par de simples gestes analogues à un pianotage. Les feeders de départ sont disposés à l'intérieur d’une galerie en sous-sol et appuyée sur des tablettes en béton armé. Ils sont au nombre de 32, chacun d’eux comprenant 4 câbles de 100 cm2 de section environ. Aux étages dans des galeries parallèles à celles où sont les appareils de manœuvres, sont les barres d’essai des machines, les barres d’essai des feeders, les barres générales de l’usine, pour l’installation desquelles on a pris le même luxe de garanties de sécurité que pour tout le reste.
- Telle qu’elle est conçue, l’usine Nord pourra fournir à certaines heures d’hiver très chargées, alors que les multiples clients de lumière auront déjà allumé la plus grande partie de leurs lampes, et que les ateliers utilisant la force électrique n’au-
- ront pas encore fermé leurs portes, une puissance de près de 75 000 kilowatts, tout en gardant un certain nombre de machines en réserve pour parer à un imprévu quelconque. Ceci veut dire que si toute cette puissance était utilisée à allumer des lampes de 16 bougies à filaments métalliques, telles que nous les employons dans nos appartements, 4 millions et quelques centaines de mille de ces lampes pourraient être allumées simultanément. Avec toutes ces lampes, en admettant qu’on les espaçât entre elles de 10 centimètres, on pourrait illuminer sans difficulté 225 lylomètres de rues, soit tous les boulevards extérieurs, les grands boulevards, les grandes transversales, et toutes les rues, ou avenues importantes, en mettant une girandole de lampes sur chaque trottoir !
- Cette puissance maxima ne sera demandée à l’usine que pendant un temps très court par jour : une heure ou deux ; c’est ce que les électriciens appellent la pointe parce que sur le diagramme des puissances fournies par Fusine dans les 24 heures, dont nous donnons ci-contre un schéma, la courbe à cette période de la journée présente une pointe très marquée. Aux heures ordinaires de la journée, le service pourra être assuré très largement avec trois machines. C’est donc uniquement pour franchir cette pointe de si courte durée qu’il faudra mettre en service deux ou trois autres machines; ajoutons à cela qu’il faut avoir toujours des groupes en réserve pour parer à une avarie de ceux en service et nous comprendrons pourquoi l’usine comprendra 8 turbo-alternateurs alors que 3lui sont suffisants pendant la plus grande partie de la journée. Or l’usine achevée coûtera une trentaine de millions, soit près de 4 millions par groupe : ce chiffre nous permettra de nous rendre compte de ce que coûte aux grandes firmes électriques l’obligation d’être toujours en mesure de donner satisfaction à la demande du consommateur.
- L’usine Sud-Ouest, à Issy-les-Moulineaux, est absolument identique, comme principe, à l’usine Nord dont elle représente exactement la moitié ; toute son installation a été faite par les soins de MM. Schneider et Cie, de notre grand établissement national du Creusot.
- Ces deux usines, tout à fait remarquables, seront visitées souvent par les ingénieurs de tous les pays passant à Paris : ils pourront en emporter la preuve que les Français, lorsqu’ils le veulent, ne le cèdent en rien aux autres peuples pour la hardiesse de leurs conceptions et la perfection de leurs réalisations. A. Martin.
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- Fig. 8. — Diagramme des puissances fournies par une usine électrique en 24 heures. Remarquer Vimportance de la pointe du soir.
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- LES PROGRES
- DE NOS CONNAISSANCES CONCERNANT LES RAYONS DE RŒNTGEN
- M. cle Broglie, dans une conférence faite à la Société française de physique, le 12 décembre 1915, a retracé l’histoire complète des rayons de Rœntgen, ces rayons mystérieux qui, il y a une vingtaine d’années, bouleversèrent la physique et frappèrent de stupeur le grand public.
- Les rayons X étaient bien faits pour étonner à première vue; leur puissance de pénétration qui est, avec des dispositifs convenables, vraiment extraordinaire, la propriété du rayonnement d’ètre arrêté plus ou moins complètement par les différents corps et par suite la possibilité d’obtenir sur un écran convenable, ou une plaque photographique, la silhouette des objets cachés, de saisir l’invisible et de réaliser l’un des rêves des utopistes, assura la vogue des rayons de Rœntgen. Tout le ; monde chercha des applications, désirant voir, qui à travers les murs, qui à travers les malles, les paquets, les colis, qui à travers le corps humain, certains même demandant plus et entrevoyant la possibilité de lire les pensées, sinon l’avenir. Aussi l’histoire des rayons X comprend-elle une première période pendant laquelle, après avoir étudié leurs propriétés générales rapidement découvertes, on s’occupa surtout des applications pratiques et des perfectionnements techniques.
- On sait comment prennent naissance les rayons X et comment on les a découverts : à la fin de 1895, le professeur Rœntgen, de Wurtzbourg, étudiait dans son laboratoire les faisceaux cathodiques de îlittorf, quand il fut surpris de voir sur sa table des cristaux de platino-cyanure de baryum et des fragments de verre d’urane devenir fluorescents. Ces objets se trouvaient hors de la direction du faisceau cathodique, Rœntgen en conclut qu’il partait des parois du tube un rayonnement nouveau : les rayons X étaient découverts.
- La source des rayons X est située, ainsi qu’on l’a depuis longtemps mis en évidence, au point où le faisceau cathodique rencontre un obstacle. Chose curieuse et qui en ces derniers temps était restée obscure, on a avantage à constituer les électrodes auxiliaires génératrices de rayons de Rœntgen, les anticathodes comme on les appelle, à l’aide des métaux à poids atomique élevé, platine ou tungstène.
- La propriété sans doute la plus remarquable des rayons X est leur grande pénétration et la complète inexistence des phénomènes analogues aux phénomènes optiques'; les rayons X ne sont ni réfléchis, ni réfractés, ni diffractés et, comme l’ont montré, il y a déjà quelques années, MM. Perrin et Gouy, si ce rayonnement est, comme la lumière, un phénomène vibratoire, la longueur d’onde doit être excessivement petite, au moins le centième de la longueur d’onde de la lumière verte, c’est-à-dire de Tordre de 10-7 centimètres. C’est M. Raveau qui, en 1896, avait le premier émis cette hypothèse que les rayons X constituaient une extension, une prolongation très lontaine de l’ultra-violet extrême. Comme nous le verrons, de toutes récentes expériences ont pleinement confirmé cette hypothèse.
- L’absence des phénomènes optiques s’explique très bien dans le cas d’une longueur d’onde très petite; ce qui se passe alors, pour des miroirs parfaitement polis, est analogue à ce que l’on observe sur les surfaces rugueuses. On démontre facilement que là hauteur des rugosités nécessaires pour éteindre une radiation est
- proportionnelle à la longueur d’onde de cette radiation, et inversement proportionnelle au cosinus de l’angle d’incidence des rayons. C’est ainsi, par exemple, que des verres recouverts de noir de fumée et qui, sous l’incidence normale, ne donnent aucune image d’une source lumineuse, donneront, sous l’incidence rasante, une image d’une grande netteté, d’abord rouge, puis blanche quand l’angle d’incidence augmente.
- Comment se produisent les rayons X, c’est ce qu’il est assez facile de comprendre en considérant Fonde d’accélération. Supposons une particule électrisée et en mouvement, comme celle qui constitue un rayon cathodique, elle est environnée d’une chevelure de lignes de force. Quand la vitesse est constante, à cette chevelure de lignes de force électrique s’adjoignent des lignes de force magnétique; mais les lignes de force, tout en restant rectilignes, tondent à se ramasser dans une direction transversale au mouvement. Si on communique une accélération au système, tout se passé comme si on secouait la chevelure, un frisson se propage suivant les lignes de force, c’est Fonde d’accélération.
- Si la particule cathodique tombe sur l’anticathode, elle est brusquement arrêtée et par suite subit une variation énorme d’accélération ; il en résulte une émission d’onde : ce sont les rayons X. Le phénomène est moins pur en réalité, la particule électrique n’est pas instantanément arrêtée, elle pénètre sans doute à travers les molécules superficielles du métal et suit un parcours en zigzags dans l’intérieur même de l’anticathode, ce qui complique un peu les phénomènes.
- Une particularité bien connue des tubes de Rœntgen est de nécessiter une différence de potentiel plus grande quand le tube devient « dur », c’est-à-dire donne des rayons très pénétrants. Le phénomène a été expliqué théoriquement par Sommerfeld qui est forcé d’admettre l’hypothèse suivante, assez singulière : plus les projectiles vont vite, plus le temps nécessaire à leur arrêt complet est court.
- L’étude des rayons X, pendant plusieurs années après leur découverte, semblait avoir livré tous les secrets du nouveau rayonnement et seules les applications pratiques et particulièrement médicales avaient progressé lorsqu’en 1897 Sagnac découvrit le rayonnement secondaire qui est émis par les corps frappés par les rayons X. Il y a ti’ansîormation véritable des rayons, transformation qui dépend de la nature du métal de l’anticathode et des corps secondaires frappés.
- Dans le rayonnement secondaire étudié par Curie, Sagnac et Dora, il semble qu’il y ait trois sortes de radiations : des rayons non déviables, analogues aux rayons X et aux rayons y du radium, des rayons déviables, analogues aux rayons cathodiques, et enfin des rayons X diffusés. De l’étude de ce dernier rayonnement, J. J. Thomson a déduit le nombre d’électrons contenus dans la matière; ce nombre est très proportionnel au poids atomique et l’on explique par là là grande absorption, que nous avons signalée, des corps à poids atomique élevé.
- Ces rayons X de fluorescence, comme on les appelle parfois, ont une intensité qui passe, pour chaque corps, par une valeur critique et la vitesse du faisceau est proportionnelle au poids atomique du corps excité.
- Enfin, tout récemment, MM. Bragg père et fils,
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- 142 .....:. • : POSTE RÉCEPTEUR DE T. S. F.
- Friedrich, lvnipping et Laue ont pu montrer que les rayons X sont bien constitués, par des perturbations périodiques de l’éther de longueurs d’ondes très petites. Nous avons décrit en détail ces belles expériences dans La Nature (n° 2095). Nous n’y reviendrons pas. Rappelons simplement que le principe qui a guidé les expérimentateurs a été le suivant : puisque, ainsi que nous l’avons dit plus haut, les miroirs et aussi les réseaux que nous savons construire sont rugueux et grossiers à l’échelle des rayons X, il fallait chercher dans la nature des miroirs et des réseaux naturels, plus parfaits. Les cristaux répondent à tous nos desiderata et en employant, grâce à leur usage, des miroirs et des réseaux moléculaires, les savants que nous venons de citer et M. de Broglie plus particulièrement, ont pu reproduire tous
- les phénomènes fondamentaux de l’optique et confirmer de la façon la plus éclatante et la théorie de Bravais des réseaux et l’idée émise par MM. Perrin, Gouy et Raveau de la vibration périodique de Rœntgen. Ainsi se prolonge l’échelle des vibrations : le terme ultime est formé par les rayons X de longueur d’onde infiniment petite ; ensuite viennent les rayons ultra-violets, les rayons visibles, les rayons infra-rouges qui conduisent, sans transition brusque, grâce aux belles recherches de MM. Ruhens et XVood, aux ondes hertziennes. De 10 ~7 centimètres à 10“ centimètres le physicien moderne peut suivre, avec l’augmentation progressive des longueurs d’ondes, les variations correspondantes des propriétés. C’est l’un des ensembles les plus harmonieux de la science moderne. II. Vigneron.
- POSTE RECEPTEUR DE T. S. F. SANS ANTENNE NI FIL DE TERRE
- on sait moins et ce (surtout la lu'.élaire
- La plupart des pratiquants de la T. S. F. n’ignorent pas que l’orientation d’une antenne réceptrice a une certaine importance, mais ce que qu’il importe que chacun sache Administration qui s’apprête à édicter des règlements pour les amateurs indiscrets) c’est que si l’on s’oriente suffisamment bien par rapport à un poste émetteur peu distant, plus n’est besoin ni d’antenne ni de fil de terre.
- En effet, il suffit pour percevoir un radiotélégramme quand on n’est pas éloigné de plus de 5 à 6 km d’un poste imporlant, d'orienter un simple tube de carton sur lequel on aura embobiné une soixantaine de mètres de fil isolé, de 0/10 de millimètre de diamètre, de façon que le plan d’une spire de ce solé-noïde passe par le poste émetteur.
- Quoique ce simple énoncé soit déjà suffisant pour que l’on puisse arriver au but envisagé sans autres détails, je m’empresserai d’ajouter pour venir en aide à ceux qui sont désireux de répéter cette expérience, ce qui m’a Récepteurs
- téléphoniques
- série; je n’ai rien pu entendre avec les téléphones de basse résistance;
- -4° Ainsi qu’on le pratique généralement avec avantage pour les postes récepteurs avec antenne et fil de-terre, mettre en dérivatio.n sur la bobine un condensateur réglable. Je dois seulement dire que celui qui m’a donné 'V'N le meilleur résultat était formé
- | ' v P* de 10 tubes de laiton de 5 mm
- de diamètre et de
- Bobine
- Condensateur
- réglable
- Condensateur
- fixe
- Détecteur
- été suggéré à la suite de nombreux tâtonnements. :
- 1° Pour noyau du solé-noïde : employer de préférence un long tube de petit diamètre; plutôt qu’une bobine grosse et courte; j’ai obtenu le meilleur résultat avec un tube de carton, de 50 cm de longueur et de 5 cm de diamètre ;
- 2° Pour détecteur : employer le- détecteur 'électro-lytique ; les détecteurs à cristaux et ceux à gaz ionisé ne m’ont donné aucun résultat;
- 3° Pour récepteur téléphonique : employer une paire de téléphones de 4000 ohms de résistance montés en
- orP5o —1------x
- 20 cm de longueur chaussés de 10 tubes de verre servant de diélectrique, puis de 10 autres tubes de laiton de 10 mm de diamètre. Ces derniers formant l’armature extérieure du condensateur se touchent, tandis électrolytique tubes isolés
- qui forment armature intérieure sont groupés par 1,2,5,4 tubes pour aboutir aux 4 plots d’un manipulateur capable de mettre en circuit ces combinaisons et leurs intermédiaires et obtenir ainsi toutes les capacités possibles ;
- 5° Enfin, il est bon de mettre sur l’un des fils de la bobine un condensateur fixe, à lames d’étain.
- D’ailleurs voici le schéma de la disposition qui jusqu’à présent a le mieux réussi entre mes mains depuis que j’ai eu connaissance des propriétés d’un solénoïde orienté en télégraphie sans fil. J’ignore l’auteur delà découverte de ces propriétés intéressantes; mon devoir eût été de signaler ici son nom et. je regrette de ..ne pouvoir le faire. >
- 11 va sans dire que ce dispositif peut affecter des formes très diverses ; aussi faut-il s’attendre bientôt à
- Schéma de la disposition d’un, poste récepteur de T. S. F. sans antenne ni fil de terre.
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- ACADEMIE DÉS SêiÉMÉF.S-^--••••••-' - - —. 143
- ce que quelque ingénieux constructeur établisse un poste récepteuruabsolument portatif et parfaitement dissimulable dans un >;vêlement, par. exemple,, les conditions pour qu’un poste récepteur de ce genre fonctionne étaiit : l°!que le porteur doive s’orienter dans la position précitée vers le poste émetteur et 2° qu’il n’en
- Soit.distant que. de quelques kilomètres — à moins que — pour ne pas avoir le droit de fonctionner, il ne soit désormais, interdit aux piétons de cheminer dans les directions où il serait possible de surprendre des radio-télégrammes. Mais ce sera dans ce cas, sans doute, une interdiction fort difficile à appliquer. P. Dosne.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 12 et 19 janvier 1914. — Présidence de M. Appell.
- Enregistrement des signaux de T. S. F. — M. Bigourdan expose que MM. Tauleigne, Ducretet et Roger ônt'construit un appareil enregistreur des signaux de télégraphie sans lil que l’on reçoit généralement au moyen du téléphone. Les essais d’enregistrement opérés jusqu’à ce jour sont nombreux. Les appareils les plus sensibles emploient un galvanomètre très délicat avec enregistrement photographique. Ce sont des appareils de laboratoire exigeant une installation parfaite et difficile à réaliser. L’appareil combiné par les auteurs est au contraire robuste, facile à régler sans connaissances spéciales et ainsi peut être mis dans toutes les mains. Il se compose essentiellement d’un détecteur électrolytique spécial et d’un relais magnétique polarisé. Le relais polarisé par deux aimants a sa palette soutenue par un ressort qui agit par torsion. Dans les essais qui ont été pratiqués, on a pu enregistrer les signaux de la Tour Eiffel, à une distance de 17 kilométrés, avec une antenne de 12 mètres placée à 12 mètres au-dessus du sol. On a pu également les enregistrer à Dijon (275 km) avec une antenne de 60 mètres et sans avoir même à régler l’accord au maximum de sensibilité'.
- Géologie du Maroc.'— M. Pierre Termiev-résume un travail de M. Louis Gentil sur la structure géologique du plateau des Béni M’tir (Maroc Central). Ce plateau est une table de jurassique horizontal reposant sur du permo-trias ondulé qui repose lui-même sur du carbonifère plissé. C’est la continuation, bien plus loin vers l’est qu’on n’aurait pu,le supposer, de la structure de la Chaouia. L’affaissement du plateau, probablement à l’époque pliocène, a eu pour conséquence l’ouverture de nombreuses bouches volcaniques.
- Les. dolomies des Pyrénées. — M. Longchambon présente un travail sur la sédimentation carbonatée et la genèse des dolomies dans la chaîne pyrénéenne. Il cherche à rattacher aux périodes de grandes érosions consécutives à la formation des chaînes de montagnes, la naissance de la dolomie parmi les sédiments marins.
- Géologie de la Provence. — M. llepelin a étudié les modifications apportées aux nappes provençales par les mouvements alpins. M. P. Tcrmier fait connaître que l’auteur combat les récentes conclusions de M. Ilaug sur la multiplicité des nappes dans la région de la Sainte-Baume. Il n’y. aurait en réalité qu’une seule nappe avec des mouvements secondaires postérieurs à l’oligocène, mouvements parfois très intenses et capables de donner l’illusion de charriages multipliés.
- Géologie du Roussillon. — M. Mengel a opéré des recherches sur l’oscillation des lignes de rivages pliocènes du Roussillon. De l’étude de deux lignes de rivages, l’une à la cote 180-225 m., l’autre à la cote 280 m., il résulte qu’il s’est produit à la fin du pliocène, un véritable mouvement orogénique dans toute la partie orientale des Pyrénées.
- La température de fusion de l’arsenic. — M. Moureu expose que la détermination de la température de fusion de l’arsenic présentait des difficultés telles qu’elle était connue à 500° près. M. Goubau a entrepris cette détermination dans des conditions nouvelles. Il s’est servi de vases de quartz qui sont bien plus résistants que le verre ; de plus, il a opéré dans une atmosphère formée par un gaz inerte. Il a ainsi trouvé que la température de fusion de l’arsenic est de 817°.
- La croissance des algues. — M. Mangin expose que la croissance des algues a été à Roscoff l’objet des recherches de Mme Lemoine. La connaissance de celte croissance est intéressante à cause de l’exploitation des algues brunes sur nos côtes et de l’utilisation du maerl pour l’amendement des terres. De plus, ces recherches ont une portée biologique considérable au point de vue des formations coralliennes. La croissance des algues calcaires est très lente — quelques millimètres par an; celle des algues brunes est plus rapide; en France, les laminaires peuvent croître de 10 à 50 et même 50 cm par an. La croissance est variable naturellement suivant les région^. Pour les fucus, elle est plus rapide à Saint-Vaast qu’à Roscoff, station moins abritée.
- Election. •— M. Vasseur, de Marseille, est élu correspondant de la section de minéralogie en remplacement de M. Gosselot, récemment élu membre non résidant.
- Élection d'un membre titulaire. — L’Académie procède à l’élection d’un membre titulaire de la section de médecine et chirurgie, en remplacement de M. Lucas-Charapionnière décédé. Au premier tour de scrutin, le professeur Charles Richet, l’éminent physiologiste dont les travaux ont été récompensés il y a quelques semaines par le prix Nobel, a été déclaré élu.
- Pour empêcher l’usage nuisible de l’acide borique. — MM. Gabriel Bertrand et Agulhon ont imaginé une méthode de dosage de l’acide borique dont la simplicité va permettre aux laboratoires de réprimer aisément l’uâàge nuisible de l’acide borique et du borax, comme agents conservateurs du lait, du vin et d’autres substances alimentaires. A défaut d’une méthode vraiment pratique, on se contentait presque toujours de rechercher seulement la présence de l’acide borique, sans tenir compte de ce fait, découvert par MM. Gabriel Bertrand et Agulhon, que les cendres des produits d’origine animale et végétale renferment normalement des traces de cette substance; aussi, les contestations entre les délinquants et les experts étaient-elles parfois très difficiles à résoudre et les jugements un peu arbitraires.
- Les spectres des rayons de Rœntgen. — M. Bouty présente une Note de M. de Broglie et une Note de MM. de Broglie et F.-A. Lindemann concernant les spectres des rayons de Rœntgen qu’on peut aujourd’hui, grâce aux méthodes ainsi décrites, photographier et même voir directement comme les spectres lumineux ordinaires. Le
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- 144 === CARABINE-MITRAILLEUSE AUTOMATIQUE POUR AÉROPLANES
- développement de nos connaissances au sujet de ces rayons restés longtemps mystérieux a été extraordinairement rapide et promet de devenir, dit M. Bouty, un des chapitres les plus attachants de la physique.
- Les phénomènes de pholocatalyse. — On sait que les phénomènes de « pholocatalyse » jouent un rôle capital dans la nature. La chlorophylle qui permet de capter l’énergie solaire est un agent photocatalyseur; aussi, l’élude du mécanisme par lequel agissent les photocala-
- lyseurs présente-t-elle un grand intérêt. MM. Victor Henri et Marc Landau ont porté leur attention sur l’action photocatalytique des sels d’urane, le père du radium, et montrent que l’action photocatalytique est liée à l’absorption des rayons ultra-violets, c’est-à-dire à des propriétés particulières des électrons de l’uranium. Ce sont donc les constituants ultimes de l’atome de l’uranium qui lui donnent la propriété de rendre les corps sensibles à la lumière. Ch. de Viiledeuil.
- CARABINE-MITRAILLEUSE AUTOMATIQUE POUR AÉROPLANES
- Ü ’ intéressants essais ont été poursuivis récemment à Bis-ley, le grand aérodrome militaire d’Angleterre, avec une mitrailleuse portative inventée par M. Lewis.
- Dans l’esprit de l’inventeur, elle doit servir aussi bien pour tirer d’un aéroplane vers le sol, que pour tirer sur un aéroplane en plein vol.
- D’après l’inventeur, les avantages de sa mitrailleuse sont les suivants :
- Son poids est relativement minime (12 kg environ).
- Le refroidissement rapide est assuré par un courant d’air provoqué par l’explosion.
- Le recul est à peine sensible.
- L’appareil est très simple, facile à transporter, et comporte très peu d’accessoires.
- Le canon ne s’échauffe pas assez pour qu’on ait à le changer, jusqu’à usure complète. .
- Les essais de Bisley paraissent avoir justifié ces prétentions. Malgré le fort vent qui régnait, le tireur, logé sous le pilote, a réussi à loger 14 balles sur 30
- dans une cible constituée par une toile étendue sur le terrain. Les munitions employées étaient celles du fusil américain Springfield.
- Des tirs terrestres suivirent, à des distances variant entre 200 et 500 mètres. Un des essais consista à tirer consécutivemen t 500 cartouches, avec des magasins contenant .chacun 47 cartouches. Le temps moyen employé pour tirer ces 47 cartouches fut de 5 secondes, et le temps perdu pour le changement de magasin fut de 6 secondes. Les experts du War Office estiment qu’on aurait pu réduire notablement cette perte de temps en employant deux hommes, l’un pour ôter le magasin vidé, l’autre pour fixer en place le magasin plein.
- On constata au 500e coup que réchauffement, sans être toutefois excessif, aurait empêché un homme de transporter l’arme en la tenant à pleine main sur une longue distance. On remédiera à cet inconvénient en munissant l’arme d’une courroie formant boucle.
- D’après le Daily Mail, à qui nous empruntons ces détails, les experts se sont déclarés très satisfaits. Il reste à exécuter des essais plus complets, rappelant les épreuves que l’arme aurait à subir en guerre. On veut s'assurer, notamment, si l’arme ne serait pas mise hors de service par une balle qui -,frapperait le magasin. En outre, on recherchera si l’inventeur n’a pas obtenu la diminution de poids aux dépens de la robustesse.
- De prochaines expériences permettront de résoudre ces diverses questions.
- Carabine-mitrailleuse montée sur un aéroplane.
- Le Gérant P. Massos. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2123.
- 31 JANVIER 1914.
- LA SCIENCE ET L'INDUSTRIE en 1913
- L’ASTRONOMIE
- Les nébuleuses. - Les nébuleuses onl-elles un éclat variable? Ce serait fort important au point de vue cosmogonique : c’est là une question que, seule, pourra résoudre la photographie, malgré les nombreuses affirmations qui se produisent de^: uis un siècle à ce sujet. En particulier, le 50 mars 1845,
- 11C à la 5e grandeur : il s’agissait, par comparaison des spectres, d’en déduire les températures. Les résultats obtenus (*) s’accordent assez bien avec ceux de Wilsing et Scheiner; les étoiles du type hélium sont les plus chaudes, les étoiles rouges à spectres de bandes sont les plus froides. On a,
- Soleil
- 'pâ/fuuô o^Cënïaure
- Fig. i. — /. Hypothèse d'une atmosphère de calcium environnant l’étoile double p Scorpion. 2. Distance relative de quelques étoiles. — 3. Les Pléiades et la nébuleuse de Mérope.
- liind découvre la nébuleuse n° 6760 du catalogue N G C de Dreyer; d’Àrrest soupçonne sa variabilité en 1852; Borrelly la considère Actuellement comme dans une phase maximum. Cette observation emprunte une importance spéciale à la haute habileté de Borrelly, serait fort utile de poursuivre sans relâche l'observation (*) de cette nébuleuse.
- Les étoiles. — Pendant deux ans, Rosenberg a étudié photographiquement les spectres des 70 étoiles les plus brillantes de''l’hémisphcre boréal, de la 1. Cf. BiutiuiiDAs. Comptes rendus, t. CI.YII, p. 7.
- par exemple : Sirius 27000°, Véga 22000°, Algol 12000°, la Polaire 5000°, Arcturus 5000°, Alde-baran 2000°.
- Par l’aspect et le déplacement relatif des raies spectrales, on peut se faire une idée des conditions de pression dans l’atmosphère de l’étoile étudiée : et, ainsi, Adams (2) trouve que, dans l’atmosphère émettant la lumière de Sirius, la pression est 12 fois supérieure à celle de la photosphère solaire, ce qui
- 1. Astronomischc Nachnchten, n° 4628.
- 2. Aslrophijsical Journal, août 1913.
- 42° Année.
- 1W Semestre.
- 9. - 145
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- L’ASTRONOMIE
- 146
- confirme l’hypothèse que Sirius est une simple masse de gaz, sans surface définie de condensation.
- Les étoiles des classes A et B de la classification de Harvvard ont fait l’objet d’importantes études spectrales.
- Les étoiles de la classe B ont un spectre marqué par les lignes de l’hélium et de l’hydrogène : Merrill constate(*) que leur distribution concorde avec celle des étoiles à lignes brillantes, particulièrement distribuées, entre 160° et 340° de longitude galactique; il y* a plus de chance de les trouver parmi les grosses étoiles, celles à fort éclat intrinsèque, et certains de leurs groupements (comme pour les Pléiades) ne paraissent pas fortuits.
- 70 | Ophiucus, y Vierge, et %
- Bouvier sont des couplés physiques qui o dirent un intérêt particulier : grands axes notables. et périodes relativement courtes; Seeavait prétendu que 70 Ophiucus ne,rentrait pas dans la discipline de l’attraction universelle, mais Laue a montré qu'il s’agissait assurément d’erreurs systématiques dans les mesures et, pour \ Bouvier, on peut pareillement expliquer.^) les anomalies, observées.
- Lorsque, dans une binaire spectroscopique, la période de variation de vitesse égalera période photométrique, c’est que, sans doute, la composante la plus faible influe sur le pouvoir rayonnant de l’atmosphère - de la plus brillante et en -détermine les variations d’éclat : en étudiant II R Lyre, Kiess montre(3) qu’aucun des processus admis, à ce jour (Roberts, Duncan) n’explique .entièrement les phénomènes. Pour .[3 ,Scorpion, déjà étudié par Slipher, Duncan.imagine une atmosphère, de calcium enveloppant tout le .système et ; produisant l’effet d’un milieu résistant sur ces soleils, jumeaux (4) : dès 1904, Hartmann avait déjà supposé que des nuages de calcium expliquaient
- -1. Lick Observatorv, Bulletin, n° 257.
- 2. Astronomisclie Nachrichten, »° 4601.
- 3. Lick Observatory, Bulletin,, n*. 232. . .. ...
- 4. I.cnvcle Observulory, Bulletin, :>? 34. I. Jl.. .u" 3.
- l’absorption du rayonnement stellaire de o Orion ; Zacchus Daniel donne la même explication (*) pour la spectroscopique BD —i— 1° 945; Slipher retrouve les mêmes phénomènes dans le Scorpion, Orion, Persée.... Le nuage de calcium est-il ainsi fréquent dans l’univers sidéral?...
- Et l’étoile Polaire, si souvent prise pour étalon! Sa variabilité, soupçonnée par Hertzsprung, est confirmée par StebbinsQ) : à: quelle étoile se fier ?
- L’étoile temporaire des Gémeaux,.découverte en 1911, offre un intérêt tout particulier : Barnard montre la singularité de son spectre ; , Slôcum évalue qu’elle est loin de nous... 296 années de lumière! Les Pléiades sont un peu plus près,d’après
- Plummer, 130 années de lumière. La nébuleuse de Mérope ne serait brillante que par réflexion de la lumière de l’étoile : c’est, l’hypothèse de Slipher, confirmée par Hertz-sprung(3).
- Mais toutes les nébuleuses ne sont pas associées à une étoile brillante, et ce mécanisme ne peut être général.
- Mouvements stellaires. — L. Boss et B. Boss admetlentla théorie générale de Kapteyn sur l’existence de deux courants stellaires généraux et de sens contraires, et la précisent ; s’il existe une 1 sorLe de polarité dans l’univers, du moins les étoiles tendent à s’orienter, les mouvements s’infléchis-sônt pour devenir- parallèles à deux directions préférées. Queues cômétaires, extension des rayons coronaux, champ magnétique du Soleil et in-, fluences électro-magnétiques entre la Terre et. Iç; Soleil son), .autant d’idées connexes, aujourd’hui acquises, et les distributions et mouvements stellaires sont encore brillamment étudiés par Eddingîon. :
- Système solaire. — Les comètes. —En se basant sur des mesures photométriques, Oreoff s’efforce de déterminer la masse du noyau de la comète de
- 1. Astrono?nische Nachrichten, n°-4655. T
- 2. Astrnmmische Nachrichten, »0 4596. ' . '
- 3. Aslronomiache Nachrieltfen, nu 4670.
- Fig. 2. — i cl 2. Aspects dupliques du Iir satellite de Jupiter, d’après Bernard et Amann._3. Aspect des bandes de Neptune, d’après 3ée. — 4. Dimensions comparées d’Uranus et de Neptune.
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- L’ASTRONOMIE
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- Fig. 3. — Aspect télescopique de la planète Jupiter (septembre uji3).
- Ilalley (A) : il réussit à évaluer que la niasse du noyau
- est comprise entre et 9 y y h’ ^ masse de ^a
- terre étant prise pour unité, peut-être même moins encore—donc moins de50000000détonnes... rien.
- Des comètes nouvelles : celles de Schaumasse, Metcalf, Neujnim (d’aspect stellaire, de période 17 ans 1 /2 d’après Einar-son et Nichoison, peut-être identique à 1889 VI selon Chofardet), Zinner (peut-être identique à celle de Giacobini 1900 III) ;,.la plus brillante est celle de Westphal, retrouvée par Delavan, et qui appartient au groupe Neptunien avec les comètes Pons, Brooks, 01-bers et Halley.
- : Tout cela constitue une intéressante contribution à la connaissance de notre système : mais c’est régulier, annuel, et les progrès sont lents..../
- !, ^Bulletin de VAcadémie de Saint-Pétersbourg, 1913,
- Planètes et satellites. — Depuis 1846, la mesure des diamètres planétaires se poursuit régulièrement, à travers, mille difficultés : Wirtz trouve pour Neptune (J.) un diamètre supérieur à celui d’Uranus; en discutant toutes les mesures, Abetti(2) observe que le diamètre paraît d’autant plus petit que l’ouverture de l’instrument et le grossissement augmentent.
- Les bandes équatoriales observées -suç les planètes sont liées, aux rotations de ces (corps : observé successivement sur Jupiter, Saturne, • et , ce phénomène vient d’être mis en évidence sur Neptune, par See (3.),. Dimyiddie . et Peters l'inclinaison, du „ plan du satellite, selon Brown, serait d’environ 18° sur l’équateur ..de
- 1. Annales, de lObservc-iqire.de, Strasbourg, A. IV. t 2. Mémorie délia, Socieia degir Spectroscopish ila-liani. , ,
- 3, Àslronqmische Nach-richien, n° 4636.
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- la planète — ce que confirment les observateurs de bandes.
- Jupiter aurait une enveloppe vaporeuse jaune clair, de gaz très condensés ; par-dessus, une couche de faible hauteur serait très absorbante pour les radiations de la couche sous-jacente ; la tache rouge correspondrait à un lac très chaud des couches profondes, où seraient appelées à affluer de toutes parts les masses gazeuses ; l’albédo de Jupiter serait fonction de l’activité solaire, plus faible de 0,2 à l’époque du minimum. Telles sont les conclusions de Laue(1).
- Le premier satellite de Jupiter est remarquable par son disque elliptique. Son éclat subit plusieurs oscillations, se succédant comme des marées : vu sa très faible densité (à peine supérieure à celle de l’eau), s’agirait-il d’un essaim de météores (2), comme pour l'anneau de Saturne?
- Le nombre des petites planètes s’accroît sans cesse : nous avons déjà dit que tout travail, à cet égard, devenait stérile en dehors d’une collaboration internationale et il faut louer Cohn du zèle et de la compétence qu’il apporte à la réalisation d’un plan méthodique de recherches et d’observations. L’étude de Fabry permet d’une façon élégante l’identification beaucoup plus rapide d’un nouvel astéroïde (5).
- En etudiant à nouveau la loi de Bode, Charlier conclut à un anneau de corpuscules, non régulièrement répartis, entre Mercure et Yénus : est-ce là l’explication des anomalies de Mercure? L’action de cet anneau serait-elle négligeable sur le mouvement de la Lune? Espérons que quelque éclipse de Soleil permettra d’apercevoir les principaux de ces nouveaux astres et d’élucider les problèmes connexes si importants.
- Bosler a montré que le rayonnement solaire entraîne une diminution de masse tout à fait inappréciable pour nous (i), mais qu’il peut en être autrement pour des systèmes stellaires à température très élevée. Seares croit à la probabilité d’un effet Zeemann dû au champ magnétique général du soleil (B) : les pôles seraient voisins de ceux de la rotation et la polarité correspondrait à celle de la terre—conclusion opposée à celle de Birkeland (6). Citons encore les intéressantes recherches de Saint-John pour élucider la distribution des vitesses dans le tourbillon solaire (7).
- Kimüra reprend d’une façon méthodique l’analyse harmonique en taches solaires (8) : la période semble plus près deTl ans 1/9 que de 11 ans 1 /8, avec de nombreuses petites périodes plus courtes ; entre la période ’de?81 ans de Wolf, il y en a une autre de 56 ans, très exactement les 2/5 de la précédente.
- 1. Astronomische Nachrichten, n° 4675.
- 2. Pickeriog.
- 3. ’Bulletin astronomique, février 1913.
- ' A. he Radium, mai 1013. “ “ —~
- 5. AstrophysicaJ Journal, 1013.
- 6. Comptes vendus, août 1915. •••»
- ~ *?. Astrophysical Journal, t. XXXY1I, n° 5, p. 322-353;
- 8. Monlhly Notices, hTXXIIÏ, n° 7, mai 1 iil3.
- r Àbbot, Fowle et Àldrichj1) poursuivent leurs importantes déterminations de la constante solaire : elle paraît sujette à des fluctuations irrégulières, ayant leur origine dans le soleil lui-même, et sa valeur croît avec le nombre des taches. Le dépouillement de nombreuses observations photographiques montre à Dyson à et Maunder(2) que les taches des hautes latitudes tendent à s’éloigner de l’équateur solaire, celles des basses latitudes à s’en rapprocher.
- A l’occasion de la dernière éclipse totale du soleil (17 avril 1912), Tikhoff a pu mettre en évidence que la lune n’avait pas d’aplatissement sensible; il montre en outre (3) que, sans instruments spéciaux, on peut étudier la chromosphère, les protubérances et même la couronne en dehors de la totalité — et ceci peut avoir une importante répercussion, en étendant aux éclipses partielles les études qui étaient réservées jusqu’à présent aux éclipses totales.;
- Phénomènes terrestres. — Stôrmer a fait une nouvelle expédition pour ses recherches sur les aurores boréales (4) : plus de 4000 déterminations d’altitude pour ces phénomènes mystérieux, des vues cinématographiques et de minutieuses recherches sur les relations avec les perturbations magnétiques. À la suite de longues recherches sur les anomalies de la réfraction, Perrine(3) conseille de se placer, en dehors des courants d’air et vents violent s,’Te j)lus près possible deT’atmosphèrc libre,
- c’est-à-dire.dans une station d’altitude; en outre, il faut conseiller les longues poses photographiques, qui viennent équilibrer les conditions diverses, et’ l’emplacement de la station, au point de vue des bonnes conditions atmosphériques, est aujourd’hui un élément de premier ordre à considérer, étant donnée la précision croissante exigée dans toutes les déterminations.
- L’influence de la dispersion atmosphérique, les différences entre la réfraction visuelle et la réfraction aslroiiomique, autant de points qui interviennent dans la détermination rigoureuse des positions stellaires et qui se trouvent éclairés par les beaux travaux de Hertzsprung, Esclangon, etc....
- Théorie. — Le problème des trois corps est envisagé par Sundmann d’une façon simple et très originale. Le problème des trois corps est-il résolu ? Non pas : il est déplacé, le point de vue change, si élégant soit-il, et les difficultés restent.
- En astronomie, comme ailleurs, la variété des aperçus augmente, chaque perfectionnement entraîne de nouveaux besoins et de nouveaux mystères, les problèmes se compliquent —et l’avenir reste entier aux coopérations générales et aux travaux de longue haleine. Jean Mascart. / '
- J. Srailhsouiau Institution : Annales of tlie astronomicctl Institution, t.. IIL. * ,. ..
- ~"~2.MonthlyNolicespi:'llCŒJ, n“ 9.
- 3. Mitteilungen der Poulkovo, t. Y, nos 6 et 7.
- " 4. Annales des Sciences de Kristiania: Classe mathéma-
- tique,' 1913, n° 4.
- 5. Iiick Obscrvatory, Bulletin, n° 231.
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- LA PHYSIQUE
- La nature des rayons X. — La périodicité des éléments. — Expériences de transmutation des corps simples. — Photographie des ions dans les gaz. — Expériences à grande échelle sur les rayons cathodiques. — Le principe de relativité. — Un nouveau spectre de l’hydrogène. — Expériences en T. S. F. — Réactions chimiques et rayons de courbure.
- Prof. Kammerlingh Onnes.
- L’année 1913 a montré l’importance de plus en plus grande des questions relatives aux substances radioactives et aux radiations qu’elles émettent. On très gros effort a été fait dans ce domaine ouvert par Becquerel et Curie, et les résultats obtenus intéressent à la fois les physiciens, les chimistes, les naturalistes et les médecins.
- Les recherches d’Einstein, en vue de relier à la théorie des électrons, les phénomènes de gravitation, rebelles jusqu’ici à tous nos efforts d’explication, ont mis sur la "sellette un principe auquel certains physiciens avaient attribué un caractère absolu : le principe de relativité et par cela même les axiomes qui sont à la base de nos conceptions sur la lumière, la masse, l’énergie, l’éther.
- Les calculs de probabilités, tels que ceux que pourraient faire les mathématiciens, joueurs de roulette, en vue de trouver une martingale infaillible, s’introduisent de plus en plus en physique; grâce à eux, les. physiciens espèrent obtenir, à partir des lois expérimentales, des renseignements sur la structure intime de la matière.
- A ces questions de radiations et d’ionisation d’une part, de physique théorique d’autre part, se rattachent un certain nombre de travaux expérimentaux que nous allons examiner rapidement.
- Les expériences sur la nature des rayons X. — Les expériences sensationnelles de MM. Laue, Friedrich et Ivnipping, déjà décrites dans La Nar tare (5 juillet 1913), ont été le point de départ de nombreuses recherches.
- Malgré les progrès de la technique des rayons X* la théorie était restée impuissante à expliquer, avec preuves à l’appui, la nature de ces radiations ; on soupçonnait que ces rayons sont dus à des perturbations de l’éther beaucoup plus rapides que les perturbations lumineuses ; les travaux de M. Laue sur l’analogie des rayons X et des rayons lumineux viennent d’en donner la démonstration.
- Prenons un réseau, c’est-à-dire une plaque de verre sur laquelle on a gravé un quadrillage à mailles très petites, contenant, par exemple, 500 traits au millimètre. La lumière traversant un tel réseau donne, sur une plaque photographique, des dessins dont la symétrie s’explique en admettant que la lumière est due à des vibrations périoT-diques de l’éther. Les clichés obtenus permettent de déterminer la rapidité de ces vibrations. .
- Des dessins identiques ont été obtenus par le passage des rayons X à travers les cristaux. Tout en apportant une belle confirmation des hypothèses de Bravais sur la structure réticulaire des cristaux, ces expériences montrent que les rayons X sont dus à des vibrations de l’éther 1000 fois plus rapides que les vibrations lumineuses.
- Ce premier point obtenu, on a cherché à repro: duire avec les rayons X tous les phénomènes étudiés en optique (réflexion, réfraction, diffraction, etc,), d’où l’éclosion d’un grand nombre de travaux expérimentaux. Un pinceau de rayons X tombant sous une incidence rasante sur une lame de mica clivée éprouve une réflexion régulière (Bragg, de Broglie). Une substance frappée par les rayons deBœntgen et composée d’atomes plus lourds que ceux du cab cium, donne un rayonnement dont le pouvoir pénétrant est caractéristique de la substance frappée (Barkla). Ce phénomène est pour les rayons X ce que la fluorescence est pour la lumière ordinaire. De véritables spectres comportant des raies et. des bandes comme les spectres lumineux ont été obtenus. Bref l’identité des rayons X et des rayons lumineux semble parfaitement établie expérimentalement.
- On sait que les substances radioactives émettent 3 sortes de rayons : les rayons a, projectiles d’hélium chargés positivement ; les rayons (3, particules d’électricité négative (électrons) se déplaçant à grande vitesse; enfin les rayons y qu’on rapprochait des rayons X. Par des expériences analogues à celles de Laue, M. Norman Shaw a montré que les rayons y
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- sont des vibrations de l’éther, 10 ou 100 fois plus rapides que les vibrations des rayons X ; il s’en produit par seconde'environ 100 milliards de milliards (20 zéros).
- La périodicité des éléments. — Il existe depuis longtemps une classification des corps simples, due à Mendeleeff, dans laquelle les corps, écrits dans l’ordre, de leurs poids atomiques, se groupent en 8 colonnes, chaque colonne comprenant des éléments se ressemblant chimiquement. Cette classification s’est prêtée à des vérifications intéressantes lors de la découverte de nouveaux corps simples, le gallium, le germanium, le scandium qui sont venus occuper des places laissées primitivement vacantes. La découverte , des gaz rares de l’atmosphère (argon, néon, hélium, etc.) a encore apporté une confirmation en créant une nouvelle colonne, la colonne zéro. Le tableau de Mendeleeff porte donc 9 colonnes numérotées de 0 à 8. .
- M. F. Soddy vient de montrer que la classification de Mendeleeff s’accommode également des éléments de désintégration des substances radioactives.
- Les travaux les plus récents ont amené sir’J. J. Thomson à donner de l’atome le schéma suivant : des corpuscules (électrons) chargés négativement | sont concentrés au centre d’une masse d’électricité positive, lé tout formant ce qu’on appelle le noyau de l’atome.
- L’électricité positive du noyau est aussi formée de corpuscules ; ces derniers fourniront, dans l’explosion radioactive, les boulets d’hélium (rayons a) ; leur charge est. double de la charge d’un électron et cette dernière est la plus petite charge électrique qu’on puisse envisager (atome d’électricité)) Si on appelle 1 la charge d’un électron, un corpuscule positif possède la charge 2. Les électrons et. les corpuscules positifs du noyau sont maintenus solidement ensemble et se rient des efforts destructeurs des chimistes. En dehors du noyau, à la surface de l’atôme, voyagent d’autres particules négatives, et celles-ci s’accrochant en quelque sorte aux particules correspondantes des autres atomes permettront la formation dés combinaisons chimiques. La chimie fournira des renseignements sur ces particules extérieures et seulement sur celles-là. Comment atteindre lés électrons du noyau? Projetons, à l’intérieur du noyau, une particule.négative étrangère (on enverra sur la matière un faisceau de rayons cathodiques). Cette particule introduite ainsi sans invitation préalable sera boùsculée par les corpuscules au voisinage desquels .elle passera; elle sera poussée tantôt dans un.sens, tantôt dans l’autre ; les déviations quelle subira né se balanceront pas exactement de même que si l’on jette, en Pair, 1000 fois de suite, une pièce de monnaie) , le nombre de ,piles n’est pas égal au nombre de fâéès. Ainsi, la particule n’aura pas
- à la sortie, la même direction qu’à l’entrée ; de la déviation subie on pourra déduire le nombre des électrons qui auront agi; ce nombre est double ou triple du poids moléculaire; le noyau de l’atome de mercure contiendrait environ 500 corpuscules négatifs. Comment sont-ils distribués? C’est un proTiTeme"qu'àTraité"ïï’J.Th6mson et qui à "com duit à une explication très ingénieuse de la notiorf chimique de valence.
- ; Arrivons maintenant aux idées de M. Soddy' Comme l’atome est électriquement neutre', la chargé négative représentée par l’ensemble des électron^ est égale à la charge des corpuscules positifs. Sup4 posons, avec M. Soddy, que l’atome d’un corps Contient en dehors du noyau un nombre d’électron^ égal au numéro de la colonne à laquelle il appartient dans le tableau de Mendeleeff : 0 pour un corps de la colonne 0 ; I pour un corps de la colonne I ef ainsi de suite jusqu’à 8. L’atome de radium, sé classant à côté du baryum, dans la 2° colonne, contiendra 2 électrons extérieurs au noyau. Assistons!* son5"explosion ; il se détache du noyau1 un corpuscule positif (atome d’hélium) ;! l’atome de radium perdant de ce fait1 une charge 2, les charges négatives* l’emportent sur les charges positives ;j cet état ne peut durer ; l’atome doit redej venir neutre en abandonnant 2 charges négatives unité, par exemple les 2 électrons qui voyagent en dehors du noyau. Le nouvel atome obtenu ne possédant' plus d’électrons libres extérieurs au noyau se placera dans la colonne 0 ; l’expérience montre, en effet, que le radium donne, en se transformant, l’émanation, corps simple qui se classe à côté des gaz rares de l’atmosphère dans la colonne 0.
- Considérons le radium D; se rapprochant du plomb, il appartient à la 4e colonne (4 électrons en dehors du noyau); l’expérience montre que l’explo-' sion de l’atome de radium D détache du noyau un électron (charge négative unité). Cette fois les charges positives l’emportent sur les charges négatives ; pour redevenir neutre, l’atome absorbera par la surface un électron; nous aurons donc maintenant, en dehors du noyau, 5 électrons, corps de la colonne 5; c’est le radium E. Une 2e transformation analogue conduira à un corps de la 6e colonne ; on aura le radium F et l’expérience montre bien que ce corps, se rapprochant du tellure, se place dans la colonne 6.
- En résumé, l’émission d’une particule positive a amène une rétrogradation de 2 dans l’ordre du groupement chimique; au contraire, l'émission d’un électron (particule (3) produit un déplacement inverse de l’unité (Soddy, Fajans).
- Ainsi le système périodique des éléments, de Mendeleeff, semble être l’expression de l’évolution de la matière. Les recherches dé Soddy et de Fajans conduiront sans' doute'1 A rattacher les composés.-
- Fig. i. — Expérience de Laue sur les rayons X.
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- radioactifs de l’actinium à ceux de l’uranium et dû radium. Tous les produits radioactifs appartiendraient ainsi à une même famille que l’on chercherait ensuite à relier aux corps simples ordinaires.;
- Signalons, en terminant, que ces considérations ont donné aux savants qui s’occupent de radioactivité, la conviction qu’il existe des corps de poids atomiques différents, ayant pourtant des spectres et des propriétés chimiques identiques," corps qu’il sera par suite impossible de séparer par voie chimique. Il y a là tout un ensemble de recherches d’une importance considérable. Les merveilles déjà révélées par l’étude des corps radioactifs ne sont sans doute rien à côté de celles qui nous attendent.
- Expériences sur la transmutation des éléments, — Sir William Ramsay d’une part, MM. Collîe et Patterson d’autre part, prétendent, après des recherches indépendantes, être arrivés au même résultat : la transmutation de l’hélium en néon. Sir W. Ramsay pense que, par la décharge électrique, l’hydrogène peut être polymérisé en hélium dont l’atome est 4 fois plus lourd que l’atome d’hydrogène. Après introduction d’oxygène, l’hélium donnerait du néon; on aurait l’équation chimique inattendue :
- hélium (poids de l’atome — 4) -+- oxygène (16) ' — néon (20).
- La combinaison de deux corps simples donnerait naissance à un autre corps simple.
- Nous n’insistons pas sur ces expériences sensationnelles, car elles font l’objet de vives critiques de la part de J. J. Thomson. On sait qu’en 1906, Ramsay avait annoncé la transformation du cuivre en lithium ; ces résultats, qui ne purent être reproduits par Mme Curie, sont actuellement considérés comme non prouvés.
- J. J. Thomson a poursuivi l’étude du nouveau gaz que la méthode des rayons positifs lui a fait découvrir; La'Nature a décrit en son temps (1911) cettè méthode. Le nouveau gaz, que J.J. Thomson appelle X3, a-un poids atomique égal à 5, triple de celui de l’hydrogène. Ce gaz est très stable, résiste à l’action de l’oxygène et de l’étincelle électrique. Serait-il, par rapport à l’hydrogène, ce que l’ozone est par rapport à l’oxygène?
- La photographie des ions dans les gaz. — M. C. T. R. Wilson est parvenu à illustrer photographiquement le mécanisme de.formation des ions
- dans les'gaz. Ses' très belles expériences ont fait l’objet d’un article spécial dans La Nature (15 novembre 1913). Des renseignements très précieux sur'les ions et leurs rencontres avec les molécules ont été ainsi obtenus.
- Les expériences de M. Birkeland. — M. Birke-land, de Christiania, a réalisé des décharges électriques dans des vases à vide de très grande capacité (1000 litres) avec, comme cathode, un globe de 56 cm de diamètre,, le courant de décharge pouvant atteindre 400 milliampères. À celte grande échelle," les phénomènes obtenus sont'captivants.
- La figure 3 représente l’appareil monstre. Quand le globe employé comme cathode n’èst pas magnétique, les taches de départ des décharges électriques' se répartissent d’une façon plus ou moins uniforme. Magnétisons le globe-cathode; les taches se rangent
- aussitôt, en moyenne, en deux zones parallèles à l’équateur magnétique du globe. Les taches du soleil présentent justement une disposition analogue; M.Birkeland pense qué les taches du soleil sont des centres d’émission pour des faisceaux de rayons cathodiques, faisceaux provoquant sur notre terre les aurores boréales et les perturbations magnétiques constatées.
- Dans d’autres expériences, M. Birkeland reproduit certains aspects bien connus présentés par les astres l’anneau de Saturne, les nébuleuses spirales.
- Le principe de relativité. — Depuis quelque temps nous assistons à un conflit entre deux conceptions du monde : la vénérable mécanique de Galilée et de Newton et la jeune théorie électromagnétique ’ de Maxwell et Lorentz. La première, créée pour l’interprétation des phénomènes du mouvement visible, a comme référence la vérification de ses lois aussi bien par les astres les plus lointains que par les molécules les plus petites des gaz ; la seconde s’adapte mieux à la physique entière ; elle constitué une discipline très distincte avec ses notions spéciales de milieu transmettant les actions de proche en proche, de champ électrique et de champ magnétique caractérisant l’état de ce milieu.
- Les divergences entre ces deux théories ont été mises en relief par le résultat négatif des expériences entreprises pour mettre en évidence un mouvement relatif de la matière pesante et de-l’éther. Ces expériences doivent utiliser!des phénomènes électriques et lumineux qui, seuls, ont prise sur l’éther. De plus, l’effet cherché ne peut être notable que si lé système matériel a uné vitesse appréciable par rap-
- Fig. 2. — Parcelle de radium émettant des rayons
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- port à celle de la lumière. Les vitesses qu’on peut réaliser artificiellement sont trop petites ; il faut s’adresser à la seule vitesse naturelle importante, celle de ïa terre sur son orbite et cette vitesse n’est encore que de 50 kilomètres par. seconde, 10 000 fois plus petite que 'celle dé la lumière. Différents expé-rimèntateurs ont donc cherché à déceler un mouvement de translation de la terre par rapport à l’éther; en particulier, Michelson s’est mis en mesure d’ob-
- ’ • 1
- server, si elle existait, une différence de 7-,
- ' 100 000
- dans les nombres donnant la vitesse de la lumière dans deux directions rectangulaires. Toutes les expériences, échouèrent ; leur insuccès conduisit les'physiciens à généraliser et à admettre qu’en aucun cas'nous ne pourrons mettre en évidence un mouvement dé translation ;d’un système par des expériences effectuées à l’intérieur de ce système. En d’autres termes, nous sommes condamnés à ne jamais- atteindre que les mouvements relatifs de deux: systèmes matériels et non leurs mouvements de translation propres (mouvements absolus) par rapport à l'éther,'supposé immobile. C’est là le principe de relativité qui, par ses conséquences, a ouvert :à nouveau la'discussion sur les bases de la
- physique....
- L’accord entre' là théorie électromagnétique et le principe de relativité exige que tout corps en mouvement de translation se contracte dans le sens de la translation sans changer de dimensions dans le sens transversal; il faut donc renoncer a la conception de corps mécaniques solides de dimensions inaltérables par le mouvement. La règle du parallélogramme des vitesses ne s’appliquerait plus pour les vitesses comparables à celle de la lumière ; ainsi, 2 projectilès émis par un grain de radium, en sens inverses, chacun avec une vitesse de 250 000 kilomètres par seconde, auraient' une vitesse relative, non de 500 000 kilométrés, mais dé 296 000 kilomètres par seconde. La vitesse de la lumière serait une barrière qu’aucune vitesse, qu’il s’agisse de matière en mouvement ou d’ondes qui se propagent, ne pourrait jamais dépasser.
- ? On voit à quelles conséquences incompatibles avec la mécanique de nos pères nous conduisent la théorie électromagnétique et le principe de rela-livité. •
- • En présence de ces conclusions étranges, certains physiciens comme Walter Ritz, se sont demandé s’il ne vaut pas mieux renoncer à l’existence de l’éther et regarder les espaces interstellaires comme des milieux dépourvus de toute substance physique, sièges d’une énergie spéciale : l’énergie électromagnétique; ainsi l’air et les objets qui nous entourent et participent au mouvement de la terre, ne seraient pas, comme le veut la théorie de l’éther immobile, frappés par un vent d’éther d’unè vitesse de 50 kilomètres par seconde. D’autres physiciens, au contraire, ne comprenant pas ce que peut devenir, avec les idées de Ritz, l'énergie lumineuse, pendant les
- 8 minutes qu’elle met à venir du soleil à la terre, proposent de rendre à l’éther un peu de la substan-tialité qu’on voulait lui refuser. ' ;
- Ces discussions forceront-elles, comme se le demande M. Brillouin, la gravitation à sortir de son magnifique isolement, vœu trop souvent déçu de tons les physiciens qui rêvent de la constitution d’une vaste synthèse scientifique comprenant à la fois, la gravitation, les phénomènes électromagnétiques et les actions moléculaires et atomiques ? Quel que soit l’avenir réservé à de telles controverses, celles-ci appellent des expériences nouvelles et laisseront sans doute par là une trace durable dans la science.
- Les basses températures. — Lé prix Nobel, pour la physique, a été attribué à M. Kammerlingh Onnes, professeur àT’Université de Leyde. M. I(. Onnes a créé, à Leyde, et mis à la disposition des savants du monde entier un admirable outillage pour la pror duction et l’utilisation des basses températures descendant jusqu'à -— 272° ; grâce à cet outillage qui demanda au savant hollandais 50 années d’ef-forls persévérants, l’hélium fut liquéfié pour la première fois, le 10 juillet 1908.
- M. Kammerlingh Onnes est aussi l'auteur de travaux sur la conductibilité des métaux aux basses températures. La résistance électrique des métaux diminue quand la température s’abaisse et finit par devenir négligeable. Ce résultat extrêmement important a permis d’envisager la construction d’un électro-aimant de grande puissance. Pour obtenir de grands champs magnétiques, il faut lancer dans l’électro-aimant un courant très intense, mais alors les quantités de chaleur dégagées deviennent considérables; la nécessité d’un système spécial de réfrigération créé des difficultés qui font qu’à' l’heure actuelle, on se contente de champs de 50000 gauss (55 000 gauss avec des pièces en ferro-cobalt). Dans un métal plongé dans l’hydrogène liquide, on pourrait faire passer un courant formidable sans que la quantité de chaleur dégagée devînt gênante il suffira donc d’employer 2 bobines plongées dans un bain d’hydrogène liquide. Signalons seulement une difficulté pratique qui se présente; il faut transporter le courant formidable, qu’on veut envoyer dans les bobines, depuis les machines électriques (qui fonctionnent nécessairement dans l’air ordinaire) jusqu’aux récipients à hydrogène liquide; cela ne peut se faire qu’au moyen de câbles extrêmement gros, qu’il faut relier ensuite au fil fin des deux bobines; cette liaison constitue un problème délicat. On peut espérer pourtant que les difficultés seront vaincues et que, bientôt, la science s’enrichira des champs de 100000 gauss; ces champs, appliqués aux atomes, activeront la danse des électrons et les forceront sans doute à décrire leurs occupations.
- Galvanomètres pour l'enregistrement des signaux de T. S. F. —M. Abrahâm, d’une part, M. Tur-pain, d’autre part, ont présenté à la Société Française de Physique, des dispositifs d’enregistrement des
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- signaux de T. S. F. Un galvanomètre extra-sensible est inséré dans le circuit d’un détecteur à cristaux ordinaire. M. Abraham emploie un galvanomètre à cadre mobile, genre Despretz-d’Arsonval dont la construction est adaptée au but poursuivi. Le miroir mobile du galvanomètre réfléchit l'image d’un point lumineux sur une bande de papier photographique, se déroulant rapidement. Afin de connaître à chaque instant la vitesse de la bande et pouvoir par suite mesurer le temps qui s’écoule entre l’arrivée de deux signaux consécutifs, on inscrit sur la bande, en même temps que les signaux,les vibrations d’un
- d’àutrepart. L’heure de Paris était envoyée par T. S. F-et, dans chacune des villes ci-dessus, l’heure locale était obtenue par des observations astronomiques.
- La France et les Etats-Unis ont décidé de procéder à la délermination directe, par T. S. F., de la différence de longitude entre Paris et Washington. Pour de telles distances, il devient indispensable de tenir compte du temps nécessaire à la propagation des ondes (2/100 de seconde pour Paris-Washington). De délicates expériences de mesure de la vitesse des ondes hertziennes sont actuellement en train sous l’habile direction de M. Abraham. Les dispositifs
- Fig. 3. — Les expériences de Birkeland sur les aurores boréales.
- (Figure extraite de l’ouvrage : The Norwegian Aurora Polaris Expédition, par Birkeland, vol. I.)
- diapason. Ce dispositif enregistre des courants de l’ordre du cent-millionième d’ampère ; il a permis à M. Abraham d’inscrire, à Washington, des signaux envoyés par la Tour Eiffel.
- Les dispositifs de M. Turpain sont analogues et ont été décrits dans La Nature (25 mai 1915).
- La vitesse des ondes hertziennes. — Le problème de l’enregistrement des signaux de T. S. F., est extrêmement important pour la géodésie de haute précision. L’établissement des cartes nécessite souvent la détermination de la dilférence des longitudes de deux points du globe; cette détermination revient à la comparaison des heures locales de ces deux points. C’est ainsi que des mesures de différences de longitudes ont été faites entre Paris d’une part et Brest, Bizerte, Bruxelles, Alger, Toulouse, Nice,
- qu’il emploie permettent d’apprécier le 1/10000 de seconde et d'évaluer par suite la vitesse de propagation avec au moins deux chiffres significatifs exacts.1
- Réactions chimiques et rayon dé courbure. — Nous terminerons en signalant les recherches de M. Reboul, de Nancy. M. Reboul a montré que l’action chimique d’un gaz sur un solide dépend essentiellement de la forme de ce dernier ; elle est plus vive aux points où la courbure moyenne du solide est plus grande. Les phénomènes doivent intervenir dans leur m\ stérieux pouvoir catalytique. M. Reboul a indiqué, en plus, la curieuse conséquence suivante : line pointe peut jouer un rôle de protection contre les actions chimiques pour les corps environnants de même qu’une pointe protège, en électricité^ les objets qui l’entourent. &, Brbsçih.
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- LA CHIMIE
- Idées de Werner. — Engrais azotés et engrais phosphatés. — Analyse des gaz. — Hydrogénations. — Réversibilité des actions fermentaires.
- • Dr Alfred Werner.
- ou groupes d’atomes, qu’on put s’occuper de la distribution de ces groupes autour de l’atome de carbone central et arriver aux constructions ci-dessus. Mais les atomes des corps minéraux s’associent selon les circonstances, 2,3, 4,5, elc.., atomes; rien ne .s’était montré constant et le chimiste se trouvait dans la situation d’un architecte à qui on demanderait de construire une maison en donnant pour le nombre des pièces des chiffres contradictoires.
- M.- Werner, étudiant des sels complexes tels que les cobaltamines, découvrit que certains éléments métalliques ont la propriété de grouper autour d’eux un nombre déterminé d’atomes ou associations d’atomes; 6 pour le cobalt, le fer, le platine, le chrome, etc.... Ces 6 atomes occuperaient les sommets d’un octaèdre dont le centre porterait l’élément métallique. Deux corps possédant le même nombre d’atomes et par suite la même composition centésimale, pourraient encore différer par les positions occupées dans l’octaèdre par les 6 atomes groupés autour de l’élément métallique.
- Les vues de M. Werner jettent une vive lumière sur la constitution des sels complexes de la chimie minérale, et conduisent à la découverte de très nombreux composés. ;
- Le problème de l’azote et les engrais azotés. -—
- De grands problèmes : synthèse des produits azotés* isoméries de Werner en chimie minérale; synthèses du caoutchouc et des matières albuminoïdes, hydrogénations, fermentations et réversibilité des actions fermentaires, en chimie organique, stimulent depuis quelques années l’activité des chimistes.
- Les idées de Werner. — Le prix Nobel, pour la chimie, a été attribué, cette année, à M. Werner, de Zurich, auteur de remarquables travaux sur les formules de constitution des corps de la chimie minérale. On sait que le chimiste cherche à faire correspondre, à chaque composé, une formule rappelant les propriétés chimiques et la composition centésimale du composé. L’étude de celui-ci conduit à dessiner en quelque sorte la répartition des atomes dans la molécule, répartition dont dépendent les propriétés du corps. Les travaux de Pasteur, Le Bel, Vaut’ Hoff ont permis de doter chaque composé organique d’un dessin, parfois compliqué, utilisant des pyramides, des octaèdres, véritable construction dans l'espace, rappelant fort bien les propriétés du composé. Ces dessins n’ont pas seulement pour but l'amusement des chimistes ; ils ont, par exemple, servi de guide à Emil Fischer dans ses célèbres recherches sur la synthèse des sucres.
- Rien de pareil n’existait, avant Werner, pour les composés de la chimie minérale. C’est quand on eut reconnu la tétravalence, du carbone, c’est-à-dire le fait qu’à chaque atome de carbone sont unis 4 atomes
- Les lecteurs de La Nature ont été tenus au courant des solutions proposées pour la fixation industrielle de l’azote en vue de la fabrication synthétique de l’acide azotique et des engrais azotés.
- La revue de l’an dernier a signalé les recherches de Haber sur la synthèse de l’ammoniaque. La Bas-dische Anilin und Soda Fabrik prépare maintenant l’ammoniaque en faisant passer, sur du fer, un mélange d’azote et d’hydrogène comprimé à 30 atmosphères. L’hydrogène est obtenu à partir du gaz à l’eau, en séparant par liquéfaction, l’oxyde de carbone. La Badische Anilin a breveté un procédé qui élimine l’oxyde de carbone en faisant barboter*les gaz, sous pression, dans une solution alcaline.
- La Société française des Nitrures met au point le procédé Serpek ; il consiste à préparer i’azoture d’aluminium en chauffant, à 1500°, dans un courant d’azote contenant une légère proportion d’hydrogène, un mélange de bauxite et de charbon. L’azo-ture préparé est ensuite attaqué par une lessive de soude. L’intérêt du procédé consiste en l’obtention économique d’alumine pure, par suite d’aluminium, et la production simultanée d’ammoniaque.
- L’ammoniaque, préparée synthétiquement, est transformée en acide azotique par oxydation en présence de mousse de platine. De nombreux travaux ont eu lieu cette année en vue d’améliorer le rendement. L’acide azotique obtenu , est neutralisé par l’ammoniaque; on obtient l’azotate d’ammoniaque. Des expériences sur la valeur de ce corps comme
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- LA CHIMIE
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- CONSTRUCTIONS EN CHIMIE MINÉRALE
- N H3
- Cl
- N H3
- IJ octaèdre de Werner.
- (Un sel de cobalt : coballamine.)
- Ces 2 sels (plalitètrachlordiammoniaques) ont la même composition mais des propriétés différentes (les constructions qui les représentent1' ne sont pas superposables).
- engrais se poursuivent,; si les conclusions sont favorables, l’industrie de l’azote synthétique tendra de plus en plus vers la formation d'azotate d’ammoniaque, composé plus riche en azote, rendant plus faible le prix de transport pour un même poids d’azote.
- Les engrais phosphatés. — Les phosphates naturels ne sont pas directement assimilables par les plantes ; on doit les amener n sous forme soluble en traitant, par l’acide sulfurique, la roche phosphatée moulue. M. Spencer B- Newberry a trouvé que par une calcination pratiquée dans des conditions convenables, on rend assimilable le phosphate le plus résistant. Dans le procédé à l’acide sulfurique, il se forme du sulfate de chaux qui diminue la richesse du produit ; un phosphate naturel contenant 50 pour 100 d’acide phosphorique total donne un produit contenant seulement 15 à 16 pour 100 d’acide phosphorique assimilable ; par le procédé Newberry une roche à 32 pour 100 d’acide total donnerait 50 pour 100 d’acide assimilable et sans mélange d’autres substances. Des expériences en grand
- CONSTRUCTIONS EN CHIMIE ORGANIQUE
- Le tétraèdre, base des constructions, exprimant la tétravalence du carbone! (Méthane.)
- L'acide maléique (i) et l'acide fumarique (2) ont même composition mais des propriétés différentes (les constructions qui les représentent ne sont pas superposables).
- ' tétraèdres (dichlorhydrine de la glycérine).
- sont entreprises; si elles réussissent, on assistera peut-être à une transformation profonde de l’industrie des phosphates, transformation qui aurait sa répercussion
- sur celle dé l’acide sulfurique. .
- Hydrogénations. — Les travaux de MM. Sabatier et Sénderens sur l’hydrogénation des corps en présence de catalyseurs, ont inspiré, comme les années précédentes, de nombreuses recherches.
- On s est occupé particulièrement du problème important de l’hydrogénation des huiles pour leur transformation en corps gras. La faculté de préparer, à partir d’une huile grasse liquide ordinaire, un corps gras ayant un degré de consistance déterminé et voulu, fait que l’hydrogénation des huiles est fort intéressante pour la fabrication des graisses comestibles et celle des savons. Les huiles, qui ne pouvaient donner autrefois que des savons de consistance molle, fournissent maintenant des savons durs de plus grande valeur. L’hydrogénation rend utilisables les huiles de poisson et de baleine,1 elles sont complètement désodorisées. Des études systématiques sont entreprises, de-'
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- puis quelques années, sur l’influence, au point de vue hydrogénation, .du remplacement du nickel catalytique par d’autres métaux. M. Vavon a publié, cette année, les résultats, fort intéressants, qu’il a obtenus par l’emploi de noir de platine, platine très divisé dû à un procédé spécial. Les aldéhydes aromatiques s’h'drogcnent presque quantitativement. Quand un corps possède plusieurs fonctions capables d’être hydrogénées, l’hydrogénation se produit en plusieurs temps. Les diverses fonctions ne s’hydro-gènent pas simultanément mais l’une après l’autre. En mesurant continuellement la quantité d’hydrogène fixée, on peut suivre la réaction et s’arrêter au moment où une seule fonction est hydrogénée. Les travaux de M. Vavon mon rent toute la souplesse de cette méthode et semblent devoir conduire à des résultats importants concernant le mécanisme encore inconnu des actions catalytiques.
- L’homologue supérieur du méthane, l’éthane, semble pénétrer dans l’industrie. Utilisant l’hydrogénation de l’éthylène en présence de ponce imbibée de nickel, une usine d'essai, à Bittcrfeld, produit journellement 25 kilogrammes d’élhane liquide. L’éthane, à cause de son point d’ébullition très bas (— 95°), pourrait servir à l’obtention de basses températures.
- Analyse des gaz. — La séparation et le dosage des carbures d’hydrogène gazeux constituent un chapitre important de l’analyse des gaz. Le problème présente une difficulté particulière quand il s’agit d’un mélange de plusieurs carbures homologues. MM. Lebeau et Damiens ont fondé une méthode de séparation basée sur la distillation fractionnée des carbures liquéfiés grâce aux basses températures données par l’air liquide. Pour l’analyse des carbures acétyléniques, ils ont indiqué deux nouveaux réactifs fort commodes : l’iodo-mercurate de potassium pour les carbures acétyléniques et une solution à 1 pour 100 d’acide vanadique dans l’acide sulfurique concentré pour les carbures éthyléniques.
- La réversibilité des actions fermentaires. — M. Emile Bourquelot vient, par des recherches d’une importance capitale, de démontrer la réversibilité des actions fermentaires. Jusqu’ici on n’avait considéré les ferments que comme des agents de décomposition des substances complexes ; il est prouvé maintenant qu’ils sont capables de reconstruire ce qu’ils ont détruit.
- Il y a déjà vingt ans que, pour expliquer les réactions d’hydrolyse (décomposition d’un corps par l’eau) incomplètes produites par les ferments, on avait pensé que ces réactions étaient limitées par les réactions inverses, qu’il y avait réversibilité, qu’un même ferment possédait deux propriétés contraires : une propriété hydrolysante et une propriété synthétisante. Mais ce n’était là qu’une hypothèse et les chimistes-qui avaient observé des réactions synthér Usantes avec lès ferments, ou bien avaient oblenu autre chose que ce-que l’hypothèse de la réver-i-bilité donnait, ou bien n’avaient.pu caractériser les
- produits de la réaction. La preuve décisive, nécessaire, qu’un composé défini qui est hydrolyse par un ferment peut être régénéré par ce même ferment, n’avait pas encore été apportée.
- Les expérimentateurs ne se servaient pas de ferments définis. M Bourquelot vit là la cause de leur insuccès. Il fallait donc, ou bien employer un ferment unique (ce qui n’est pas possible dans l’état actuel de nos connaissances, les produits fermentaires étant des mélanges de ferments non séparables) ou bien se placer dans des conditions telles, qu’un seul pût entrer en action. M. Bourquelot s’attaqua aux glucosides (corps résultant de l’action des alcools sur le glucose). Ses expériences le conduisirent d’abord à préciser les conditions d’action des ferments, et il arriva à des résultats en désaccord avec les idées actuelles : c’est ainsi que l’émul-sine hydroly>e les glucosides même dans les liquides fortement alcooliques, titrant 95°; de plus> il n’est pas nécessaire que l’émulsine soit en solution ; son action paraît s’exercer par simple contact.
- L’émulsine transforme les glucosides en un mélange d’alcool et de glucose. Or, en faisant réagir l’émulsine sur du glucose en solution alcoolique, on reproduit synthétiquement le glucoside. On pourrait dire, il est vrai, que l’émulsine, qui est un mélange de ferments, contient des ferments hydrolysants et des ferments synlhétisants différents des premiers, mais cela n’est pas, car les mêmes conditions (degré de là solution alcoolique, température, etc...) qui arrêtent l’hydrolyse empêchent également la synthèse. On peut même ajouter que l’activité hydrolysante et l’activité synthétisante du ferment sont identiques et l’expérience suivante • est appelée à devenir classique : partons du méthylglucoside (produit de l’action du glucose sur l’alcool mélhylique) en quantité telle qu’on aurait par décomposition complète 1 gr. de glucose pour 100 cm5 d’alcool et hydrolysons par l’émulsine; la décomposition se produit avec une certaine vitesse ; elle s’arrête au bout de dix-huit jours; partons maintenant d’une solution de 1 gr. de glucose dans 100 cm3 d’alcool méthylique; l’émulsine donne du méthylglucoside; la synthèse se poursuit avec la même vitesse que l’hydrolyse et s’arrête également au bout de dix-huit jours; les deux états d’équilibre sont identiques; il s’agit bien de deux réactions inverses, et de deux réactions inverses s’effectuant avec la même vitesse.
- Il y a entre le mode d’action de l’émulsine et la formation des éthers-sels (recherches de Berthelot) une analogie frappante qui se poursuit dans les détails ; la seule différence essentielle provient de ce que, pour les glucosides (hydrolyse ou synthèse), on fait intervenir un agent emprunté aux êtres vivants, tandis que pour les éthers (hydrolyse ou synthèse) on a recours à la chaleur.
- Caoutchouc. — Les recherches en vue d’une synthèse industrielle du caoutchouc continuent très activement sans que rien de sensationnel et de définitif ait été annoncé cette année. G. Bivesch.
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- LA BOTANIQUE
- De nombreux travaux de laboratoire parus cette année ont étudié l’action de la lumière sur la biologie végétale; citons notamment celui où M. E. Rosé a fait ressortir les diflérences de vie d’une plante de grand soleil, comme le Pois et d’une plante d’ombre comme Teu-crium Scorodonia en les cultivant sous des châssis formés de toiles métalliques laissant passer plus ou moins de lumière, il a vu que le Pois ne supporte qu’une diminution d’un quart dans l’insolation : il peut alors vivre encore nor-
- Ce n’est pas assez que d’étudier l’action de la lumière blanche : il faut voir la part qu’y prennent
- Fig. i.
- Cultures de pois à des èclairemenls d’intensités croissantes. (D’après E. Rosé.)
- malement, mais son poids sec diminue d’un tiers. Si la lumière est réduite de moitié, la fleur peut encore se former, mais ne fructifie pas; enfin quand la lumière se réduit au tiers, il n’y a plus qu’une végétation maladive. — Le Teucrium mène encore une vie normale avec une lumière solaire réduite des deux tiers; son poids, il est vrai, se réduit des trois quarts. Il ne diminue pas de façon appréciable si la lumière n’a perdu qu’un quart de son intensilé. Quant aux variations des feuilles selon ces diverses intensités, elles sont fort curieuses : le limbe s’amincit à mesure que la lumière diminue, et le poids en reste constant, car la surface s’accroît d’un cinquième pour le Pois, allant jusqu’au double pour Teucrium.
- M. Raoul Combes a étudié, à la suite de Curtel et de Lubimenko, l’influence de l’éclairement sur la formation des graines et sur leur pouvoir germinatif; ses conclusions sont que, sauf un optimum,
- le nombre de
- aBC B E'b F graines formé
- aussi bien que leur poids sec total, augmentent avec la lumière; en revanche, l’intensité de celle-ci diminue un peu leur pouvoir germinatif.
- Fig. 2. — Groupements des bactéries le long d’un microspectre. (D’après Engelmann.)
- M. Laurent Raybaud, continuant ses travaux sur ce sujet, montre que le passage de l’obscurité à la lumière, et surtout aux rayons ultra-violets, contracte assez violemment le protoplasma.
- les diverses radiations. Un point capital est de savoir quelles sont celles qui provoquent la plus forte pholo-synthèse par décomposition du gaz carbonique donné aux plantes vertes. On a attribué ce rôle aux radiations violettes (Sennebier), jaunes (Daubing, Sachs, Pfeffer), rouges (Timiriazef), rouges et bleues (Engelmann). M. Dangeard, projetant un faisceau dispersé par un prisme en quartz sur des cultures de Chlorella vulgaris et de Scenedesmus acutus, a montré que le maximum d’absorption des radiations est entre i 660 et i 670, c’est-à-dire du côté du rouge, entre les raies B et C. U admet d’ailleurs que la croissance de la plante est exactement proportionnelle à l’absorption du carbone par décomposition de CO2, ce que nie M. Combes. Deux élèves de M. Dangeard, M. et Mme Moreau, ont étudié le développement des spores (conidies) de la moisissure nommée Botrytis cinerea, sous ce spectre pur; Costantin attribuait peu de différence à l’action des diverses radiations, Klein plaçait l’optimum dans le rouge orangé, Reidemeister dans le bleu violet, conclusion qui est aussi celle de M. et Mme Moreau. ;
- D’autres travaux se rapportent d’une façon plus immédiate à l’agronomie. M. Gagnepain observe que les pollens des plantes sauvages sont beaucoup plus souvent fertiles que ceux des mêmes plantes cultivées (moins de la moitié germent chez celles-ci, beaucoup plus de la moitié chez celles-là) ; et l’auteur en tire diverses conclusions sur les causes de l’infertilité si fréquente des hybrides. Les expériences de MM. Dubard et Urbain prouvent que si l’on supprime l’albumen d’une graine pourvue de ces réserves, celles que contient l’embryon péuvent lui suffire à se développer. La question de l’influence des corps radioactifs sur la végétation, continue à passionner beaucoup de chercheurs : M. Molisch, en faisant agir les sels de radium sur les bourgeons terminaux
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- L'AGRICULTURE
- d’hiver de l’érable, du lilas et du marronnier, les voit se réveiller et se développer en décembre; trop longtemps prolongée, cette excitation les tue; trop courte, elle n’agit pas.Tout comme les procédés de forçage par le bain tiède ou l’éther, l’émanation radioactive n’agit pas au début ni à la fin de la période de repos hiémal, et comme eux, elle est inactive sur le hêtre et le gingko. M. Stoklasa trouve que de très faibles quantités de nitrate d’uranium ou même de plomb augmentent sensiblement la végétation, pas autant toutefois que le radium; M. Foulques était arrivé l’an dernier à des conclusions contraires : MM. Petit et Ancelin, qui constatent eux aussi un accroissement de la germination par une radioactivité faible, expliquent peut-être cette divergence en faisant remarquer qu’une partie des résultats obtenus peut être due à l’action d’ordre catalytique obtenue par les traces de métaux divers que contiennent les minerais radioactifs. Ceci nous conduit à l’étude très intéressante et fort mystérieuse encore, des « infiniment petits chimiques » étudiés par G. Boullanger, Javillier et
- surtout Gabriel Bertrand, qui en a fait l’objet d’une très remarquable conférence au VIIIe Congrès de Chimie appliquée, à New-York, où il développe l’importance du manganèse comme agent transitoire d’oxydation. De même ordre est sans doute l’étude de la « reviviscence » par chauffage stérilisateur ou chloroformisation, des sols épuisés par quelques cultures, bien que très riches encore pour le chimiste qui les analyse ; deux heures de chauffage à 100° doublent le rendement d’un terreau marneux mélangé de fumier. Pour A. D. Hall, le chauffage a tué certains organismes qui paralysent l’action des bactéries utiles (nitrifiantes) du sol. Pour moi, la question est plus complexe, et porterait en partie sur la coagulation des « poisons du sol » récemment mis en évidence par l’école américaine.
- Signalons enfin un beau travail de M. Servettaz, qui a cultivé plusieurs Mousses en milieu complètement aseptique. Les résultats de ses observations sont d’ordre peut-être un peu spécial, mais pleins d’intérêt pour le biologiste, et non pas seulement pour le bryolôgue. Rémi Ceilliek;
- L’AGRICULTURE
- Les récoltes. — La motoculture. — Les insectes auxiliaires. — Le doping. — Les floralies gantoises.
- L’année 1915 a . été très ordinaire, autant que peuvent le faire connaître les statistiques provisoires déjà établies.
- En France, les principales cultures ont donné les résultats suivants (*) :
- 1912. 1913.
- Froment.... . . . 90.991.500 87.833.200 Q
- Seigle . . . 12.382.200 13.555.350 Q
- Orge . . . 11.014.200 10.940.200 Q
- Avoine. .... . . . 51.541.600 54.358.150 Q
- Vigne . . . . . . . . 54.668.124 41.053.832 111
- Tabac ...... ... 226.272 162.220 Q
- Betteraves .; . . . . . 72.221.045 60.300.910 0
- Pommes de terre . . . 150.251.550 130.000.000 Q
- Fourrages verts. . . . 153.102.680 127.000.000 Q
- Prés naturels. . . ., . 183.460.630 181.000.000 Q
- Prairies artificielles . . 155.292.870 ' ( . • 139.000.000 -i . Q
- r.. Le nombre des têtes de bétail augmente lente-
- ment. Il était :
- au 1 er janvier 1912. au 1er janvier 1913.
- Chevaux. . 5.236.110 3.222.140 • ).
- Mulets. ’. . 194.040 196.410
- Anes . . . 560.590 ‘ 558.660
- ' Bovins . . 14.435.550 14.705.900
- Moutons. 1. 16.425.550 16.467.700
- Porcs... 6.719.570 6.903.750
- . Chèvres. . 1.424.180 1.408.520
- On peut dire que la question la plus étudiée cette année a été la motoculture : Congrès de Soissons, puis semaine de Grignon, ont montré que le moteur à explosions peut rendre en agriculture les mêmes
- f 1. D’après les Bulletins de statistique agricole de VInstitut international d’agriculture et le Journal Officiel.
- services et produire les mêmes heureuses transformations que partout où il a été introduit.
- A Soissons, le Congrès de motoculture, réunion d’agronomes et d’ingénieurs, avait pour but de déterminer les besoins des premiers en ce qui concerne les moteurs et les outils et d’étüdier les possibilités de construction des seconds. Ses résultats furent des plus intéressants : aux tracteurs lourds à moteur lent, adhérant par leur propre poids, la tendance générale est de substituer des tracteurs légers, à moteur rapide, à adhérence artificielle. Cette adhérence est réalisée, soit par un câble (fig. 2), soit plus souvent par des palettes (fig. 1 et 5), soit encore par une chaîne sans fin munie de palettes sur laquelle appuient les roues du tracteur (fig. 5). A côté des grands tracteurs, utilisables seulement dans la grande culture, on a vu apparaître de petites machines automotrices très légères, très maniables (fig. 5), peu coûteuses, qui font rapidement les travaux les plus divers : labourage, binage, sarclage, fauchage, etc. Les appareils de culture ne présentaient pas un moindre intérêt : la curieuse charrue Stock (fig. 1), presque en équilibre oscillant sur ses deux grandes roues à palettes a traîné 6 socs creusant à 20 cm., avec une facilité de commande et de virage surprenante ; plusieurs appareils pulvérisent absolument la couche arable du sol, ne laissant aucune motte derrière eux ; la charrue Maillet destinée au travail des vignes, laboure en rechaussant les souches grâce à un mécanisme ingénieux. Sans citer ici tous les appareils, il faut dire que pour la première fois, le Congrès de Soissons a montré une importante série d’appareils, fonctionnant tous; la
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- L’AGRICULTURE
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- Fig. i à 5. — En haut : à gauche, (i) labo-ureuse Stock; à droite, (2) le moto-treuil. En bas : à gauche, (3) tracteur et laboureuse Caterpillar; à droite, (4) machine Lefèbre. Au centre : (5) faucheuse Bauche.
- période d’essais semble donc terminée et la motoculture va bientôt entrer dans la pratique, pour économiser la main-d’œuvre agricole. Reste à améliorer encore les questions de carburants, de moteurs, mais c’est là le domaine des ingénieurs plus
- que des agronomes. A Grignon, le Ministre de l’Agriculture a organisé une série d’expériences de culture mécanique contrôlées officiellement : 12 machines de systèmes très différents y ont pris part et ont permis d’étudier les qualités de chacune dans
- Fig. 6. — /, rameau de mûrier chargé, de Diaspis; 2,mâle de Diaspis pentagona; 3, la nymphe; 4, femelle vite en dessous; 5, femelle, àspecl extérieur, avec jeune larve; 6, Prospaltella Berlesei;
- le même piquant un Diaspis; 8, sa larve dans uue femelle de Diaspis; 9, sa nymphe; 10, Rizo-• - biüs lophantæ; //., sa larve; 12, sa nymphe.
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- 160 —r:-—-—........—......LA PHYSIOLOGIE
- les conditions diverses de terrain et de culture.. On y a revu un certain nombre des appareils du Congrès de Soissons. Le rapport officiel de ces expériences n’a pas encore paru.
- La lutte contre les insectes nuisibles à l’agriculture au moyen d’autres insectes nuisibles aux premiers, prend une grande importance. Cette année, en France, deux combats se sont livrés : la lutte victorieuse contre la cochenille, Iceryct purchasi, au moyen de la coccinelle Novius cardinalis, que La Nature a déjà relatée (n° 2109), celle contre une cochenille du mûrier, Diaspis pentagona (fîg. 6). Cet insecte, originaire du Japon, s’est répandu en Italie en 1885, et depuis y ravage le mûrier. La, France, désirant se protéger, a pris des mesures sévères, fort gênantes pour l’élevage du ver à soie et le commerce des deux nations. Aussi, les savants italiens, Berlese, Silvestri, ont-ils recherché l’ennemi qu’on pourrait opposer au Diaspis; Berlese en a découvert un, le petit hyménoptère Prospaltella Berlesei, Silvestri en a trouvé d’autres, notamment la coccinelle Rhizobius lophanlæ, et l'on peut espérer que bientôt les Diaspis auront disparu pour le plus grand bien des deux pays.
- Une question fort délicate a été soulevée cette année au sujet des chevaux de courses. On sait" que, quelquefois, des personnes déloyales n’ont pas hésité à « doper » des chevaux. Le « doping » consiste à injecter à un cheval, quelque temps avant la course, certaines substances chimiques excitantes : caféine, strychnine, cocaïne, héroine, etc., ou à lui faire boire un stimulant : champagne, thé, café. Le cheval ainsi traité, est grandement excité; il peut gagner la course contre des concurrents plus valeureux que lui. Mais le « doping » n’est pas seulement une fraude manifeste, il présente encore un très
- grand danger puisqu’il altère la santé du cheval et peut le transformer en un étalon médiocre. Aussi, les Sociétés de courses se sont-elles inquiétées de ces pratiques et ont-elles cherché à les empêchey. Malheureusement, un « dopage habile est difficile, à déceler; l’excitation d’un cheval n’est pas suffisante pour le rendre suspect, car beaucoup d'animaux nerveux s’agitent simplement à la vue du public,' au bruit des tribunes, etc. M. Kaufmann, professeur, à l’Ecole d’Alfort, avait proposé un procédé secret, utilisé déjà sur les hippodromes autrichiens, et sa méthode, acceptée par les Sociétés françaises, avait fait disqualifier quelques chevaux, quand des protestations s’élevèrent; une Commission officielle fut nommée qui, après une longue série d’expériences, vient de décider que le « doping » peut être reconnu, les alcaloïdes donnés au cheval se retrouvant pendant 24 heures dans sa salive où ils peuvent être décelés par la méthode de Stas-Dragcnndorf. Voici donc les Sociétés de courses nanties maintenant d’un moyen précis et indiscutable de reconnaître les fraudes, et elles l’appliqueront sévèrement pour le plus grand bien de l’élevage français.
- Signalons en terminant les Floralies de Gand qui ont eu lieu cette année et ont présenté le même intérêt que les précédentes. On sait que depuis 1809, la ville de Gand organise tous les cinq ans une Exposition d horticulture célèbre dans le monde entier.. Celle de cette année coïncidait avec l’Exposition internationale et l’on a pu y admirer de merveilleuses plantes, particulièrement des contrées tropicales, des orchidées rares et extraordinaires, et bon nombre de nouveautés horticoles qui faisaient des serres et des salles des Floralies de véritables paradis terrestres.
- Daniel Claude
- LA PHYSIOLOGIE
- Le congrès de Groningue.— Les traités.— Les lipoïdes. — Les sécrétions internes. — Le liquide céphalorachidien. — Diamètre et rapidité des nerfs. — Le fonctionnement du cerveau. — Les chiens décérébrés.
- Le 9e Congrès international de Physiologie s’est tenu en septembre à Groningue, sous la présidence du professeur Hamburger. Les principaux résultats obtenus depuis trois ans, date du dernier Congrès, y ont été exposés et démontrés, et Pawlow y a fait une intéressante conférence sur les méthodes ingénieuses qu’il emploie (méthodes des réflexes déterminés et des analyseurs) pour l’étude des fonctions nerveuses supérieures.
- Deux bons traités français de physiologie ont paru cette année, celui d’Ar hus (4e édition), celui de Gley (2e édition), tandis que se continue la publication du magistral tiandbuch der verglei-chenden Physiologie, de Winterstein.
- Parmi les multiples publications intéressant la physiologie, nous ne citerons que quelques questions d’un intérêt actuel.
- Les lîpdMes; — Des divers constituante de la ma-
- tière vivante, les lipoïdes occupent la plus grande attention. On a donné le nom de lipoïdes aux substances cellulaires solubles dans l’éther; certes, ce groupement est artificiel puisqu’il rassemble les graisses neutres, les acides gras, la cholestérine, les phosphatides, etc., mais il est fort intéressant parce que tous ces corps ont en commun certaines propriétés importantes. Dès 1899, Hans Meyer et Overton ont reconnu que les anesthésiques sont tous solubles dans les lipoïdes et que leur intensité d’action est proportionnelle à cette solubilité et inversement proportionnelle à leur solubilité dans l’eau. Les cellules vivantes n’absorbent que les. substances solubles dans les lipoïdes, ce qui conduisit Overton à admettre que les cellules sont enveloppées par une mince couche de lipoïdes/jouant un rôle capital dans la perméabilité et les échanges cellulaires ; certes, cette théorie n’est peut-être pas exclusive, puisque les sucres, inso-
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- LA PHYSIOLOGIE
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- Hypophyse
- Thyroïdes et parathyroïdes
- lubies dans les lipoïdes, doivent nécessairement pénétrer dans la cellule, par un mécanisme encore
- Rate
- Fig. i. — Les glandes à sécrétion interne.
- ainsi solidaires les unes des autres par un mécanisme autre que le système nerveux ». De ces glandes, quelques-unes sont aujourd’hui connues, nous les rassemblons dans le tableau suivant :
- inconnu, mais elle est fort intéressante et a conduit récemment Vervvorn à admettre que les oxydases
- Cap.surrénales Cellulaires, qui seraient attein-Corpsjaune [e> dans la nar-cose, la Fatigue, les intoxications, sont fortement liées, sinon apparentées aux lipoïdes delà cellule. Ces mêmes lipoïdes constituent, d’après les récentes recherches de Fauré-Frémiet, Mayer et Schaeffer, la substance même des mitochondries auxquels les histologistes attribuent un rôle capital dans le fonctionnement cellulaire. Entin, cette année, Mayer et Schaeffer ont distingué parmi les lipoïdes des tissus, leur teneur en acides gras (sans affinités pour l’eau) et leur teneur en cholestérine (qui favorise l’imbibiDon par l’eau); le rapport de la cholestérine aux acides gris est constant pour chaque tissu; plus il est grand, plus le tissu peut absorber d’eau, si bien que ce « coefficient lipocytique » caractérise chaque espèce cellulaire et détermine, certainement pour une grande part, son imbibition, son absorption, sa sécrétion, sa croissance, sa turgescence, sa cyto-lyse, etc. Ainsi, les lipoïdes, derniers venus de la chimie physiologique, occupent aujourd’hui la première place dans les recherches.
- Les sécrétions internes. — Les sécrétions internes ont été l’objet d’un intéressant rapport de Gley au XVIIe Congrès international de Médecine de Londres. On sait qu’il existe dans l’organisme un certain nombre de glandes (fig. 1) qui déversent leurs produits de sécrétion dans le sang. Ces glandes, dont la fonclion fut reconnue par Claude Bernard, puis par Brown-Séquard, jouent un rôle important dans le maintien de l’équilibre des fonctions organiques. Leur physiologie, encore mal connue, a provoqué nombre de recherches récentes. Claude Bernard découvrit le premier que le foie déverse dans le sang du sucre produit par la transformation du glycogène; Brown-Séquard généralisa et modifia la notion de sécrétion interne en admettant « que chaque tissu et plus généralement chaque cellule de l’organisme sécrète des produits ou des ferments spéciaux qui sont versés dans le sang et qui viennent influencer, par l’intermédiaire de ce liquide, toutes les autres cellules rendues
- ORGANE.
- Pancréas. . .
- Surrénales. .
- Thyroïdes . .
- Parathyroïdes. Rate . . . . Corps jaune .
- FONCTION.
- Transformation et utilisation des sucres. . . . 7
- Régulation de la croissance.
- EFFETS DE LA DESTRUCTION.
- Diabète pancréatique grave.
- Maladie bronzée d’Addison.
- Crétinisme, myx-œdème
- Convulsions, mort. ?
- Intestin .
- Thymus . . Hypophyse.
- Nutrition et évolution de ?
- l’ovule.
- Sécrétine provoquant les ?
- sécrétions pancréatique, biliaire et intestinale.
- ? ?
- V Gigantisme et acro-
- mégalie?
- Tonies sécrètent, des produits, la plupart encore inconnus aujourd'hui, qui agissent comme excitants fonctionnels spécifiques et auxquels Starling a donné le nom d’hormones. L’étude de ces glandes est entre-
- 1Matricules latéraux _ HPVentricule.
- TV?Ventricule. Ponction in.tra-
- - ventriculaire.
- Canal épetidymaire.
- Fig, 2. — Le système nerveux et le liquide céphalo-rachidien.
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- 162
- L’ANTHROPOLOGIE
- prise avec activité; nul doute quelle apportera de nouvelles et riches contributions à la physiologie générale, en même temps quelle révélera de nouveaux mécanismes pathologiques et par conséquent le moyen de les guérir.
- Le liquide céphalo-rachidien. — Peut-être voisin des produits de sécrétion interne est le liquide céphalo-rachidien. Il entoure les centres nerveux entre leurs deux enveloppes, l’arachnoïde et la pie-mère; il occupe au centre de la moelle un canal qui se dilate en ventricules dans le bulbe et le cerveau; il entoure les racines nerveuses, les nerfs crâniens, etc.; toutes les cavités qui le renferment communiquent entre elles et forment une véritable poche où baigne le système nerveux central. On connaît sa composition, mais sa fonction est moins bien déterminée. Certes, il protège les centre', il facilite leurs déplacements lors des mouvemenis de la colonne vertébrale, mais ce ne doit pas être là son seul rôle. A-t-il une fonction nutritive ou bien recueille-t-il les produits d’excrétion? Présente-t-il de simples mouvements de flux et de reflux réglant la pression intracrânienne ou bien circule-t-il réellement? Vient-il des plexus choroïdes et sort-il dans les lymphatiques? Quoi qu’il en soit, il a fourni récemment le moyen d’aborder directement les centres. La ponction lombaire, pratiquée sur le liquide céphalo-rachidien au bas de la moelle, renseigne sur les variations de sa composition en rapport avec l’état des centres nerveux; l’injection lombaire d’anesthésiques : rachicocaïni-sation, rachistovaïnisation, etc., produit l’insensibilité de la région inférieure du corps tout en laissant sensible le haut du tronc, la tête, et en conservant la conscience, à tel point que des chirurgiens ont pu s’opérer eux-mêmes au ventre ou aux jambes, sans douleur. Le quatrième ventricule est •un autre point où l’on peut aborder le liquide céphalo-rachidien, et si la pratique médicale ne l’a pas encore beaucoup utilisé à cause du voisinage du bulbe, les physiologistes y ont réussi quelques belles expériences.
- Diamètre et rapidité des nerfs. — On ne sait toujours rien de précis sur l’influx nerveux, si ce n’est qu’il n’est pas de nature électrique, puisqu’il ne parcourt au maximum que 30 m. par seconde, et l’on discute actuellement sur sa nature physique ou chimique. Lapicque a montré, en ces dernières
- années, que chaque nerf a une rapidité particulière, harmonique avec la rapidité de contraction du muscle qu’il commande. Lapicque et Legendre viennent de constater que cette rapidité du nerf est liée à sa grosseur; plus une fibre est grosse, plus elle est rapide. Ce rapport devra intervenir dans les théories sur la nature de l’influx nerveux, en même temps qu’il fournira un nouveau moyen d’analyser le fonctionnement. des centres et des voies de conduction.
- Fonctionnement du cerveau. — Soula, en dosant dans le cerveau les divers groupes de substances azotées, a mis en évidence que le fonctionnement nerveux s’accompagne d’une destruction des substances albuminoïdes, celles-ci se reformant pendant le repos. Le cerveau fonctionne donc en consommant, non des sucres comme le muscle, mais bien des substance' azotées qu’il dissocie par un processus encore inconnu.
- Les chiens décérébrés. — L’observation des animaux sans cerveau est pleine d’intérêt, mais l’expérience est très difficile à réaliser chez les animaux supérieurs. Seul, Goltz était parvenu à faire vivre deux chiens quelque temps après leur avoir enlevé la presque totalité des hémisphères cérébraux. Les chiens de Goltz, privés de mémoire, étaient incapables de suffire à leurs bernins, de chercher leur nourriture; mais ils se tenaient debout, marchaient, réagissaient normalement aux bruits, se mettaient en colère à l’occasion, criaient et cherchaient à mordre, exprimaient la sensation de faim, etc. Cette expérience difficile vient d’être à nouveau réussie par Zeliony sur 4 chiens dont un vit encore plus de 1 à mois après l’opération. Les chiens décérébrés. sont de véritables automates, sans aucune spontanéité, sans instincts, ni émotions, ni intelligence, insensibles aux caresses, aux menaces, à la vue d’autres chiens, etc. Ils n’ont aucune mémoire ; ils ne savent pas chercher la nourriture ni la prendre quand elle est près d’eux; la vue du fouet, les repas répétés chaque jour aux mêmes heures ne leur laissent aucun souvenir. Par contre, l’acuité sensorielle semble conservée : une lumière vive fait fermer les yeux, l’animal rejette la viande imprégnée de quinine, il retire la patte plongée dans l’eau trop chaude ou trop froide, mais tous ces actes sont sans colère, ni dégoût. Ces expériences permettent de distinguer les fonctions essentiellement cérébrales. R. Legendre.
- L’ANTHROPOLOGIE
- Les Eskimos de la Terre Victoria. — M. Forbin a signalé, ici, la découverte d’Eskimos blonds, au golfe Coronation (Terre Victoria). Il ne s'agit pas, comme on l’a dit, de « tribus » aux yeux bleus, au teint clair, à la barbe et aux cheveux bouclés et tirant sur le roux, mais — ce qui est déjà' bien remarquable — d’individus trouvés par Stefansson parmi les 2000 -Eskimos - inconnus' qu’il a décou-,.
- verts et étudiés. Stefansson pense que leur présence témoigne d’une époque lointaine où des mariages seraient intervenus entre Eskimos et les premiers colonisateurs Scandinaves au Groenland. Avant cette découverte, on connaissait deux grands groupes d’Eskimos, ceux de l’Est, depuis la terre de Grinnell et le Groenland jusqu’au Labrador, et ceux de l’Ouest sur la côte Nord de l’Alaska, et, entre.ces deux
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- groupes, malgré des mœurs assez semblables, on ne connaissait pas de communication : le grand intérêt de la découverte de Ste-fansson est d’avoir établi l’existence de celle-ci. Cette découverte pose un grave problème de civilisation. En Alaska, le contact européen a été un désastre pour les Eskimos. Grâce aux armes à feu (qu’ignorent encore ceux du golfe Coronation) ils ont à peu près exterminé les caribous qui sont leur principale nourriture et se sont réduits eux-mêmes à la famine. Ils ont de plus été ravagés par la rougeole, la tuberculose, la syphilis : bref, leur nombre n’est plus que la dixième partie de ce qu’il était lors de la découverte par les Russes. Pourra-t-on protéger les nouveaux Eskimos Fig- I- contre de pareils dangers?
- Une nouvelle expédition Stefansson est partie au milieu de 1915, pour l’extrême Nord américain, où elle doit séjourner plusieurs années, chercher des terres nouvelles dont l’existence est soupçonnée à l’extrême Nord-Est, et étudier les nouveaux Eskimos. L’expédition compte un de nos compatriotes, l’ethnographe et américa-niste bien connu H. Beuchat, le premier Français qui participe au travail d’exploration arctique depuis 1854, où le lieutenant de vaisseau Breton est mort à la recherche de l’expédition. (Une dépêche d’Ottawa, 24 décembre, annonce que le vapeur Kcirluk, à bord duquel se trouvent plusieurs membres de l’expédition, dont M. Beuchat, est parti à la dérive, entraîné par une banquise.) ,
- Le « Rameau d’or » de M. Frazer et l’anthropologie sociale. — M. Frazer vient de terminer son monumental Rameau d’or.. L’ouvrage, commencé en 1889, publié d’abord en deux volumes en 1890, forme maintenant sept parties et dix volumes (1). Si l’on met à part la Vôlkerpsychologie de Wundt et le travail collectif accompli, en France, par le groupe de VAnnée sociologique, cette « étude sur la magie et la religion » est le plus vaste effort qu’on ait
- 1. J. G. Fiiazer. The Golden Boitgh : I. The magic Art and Evolution ofkings (2 vol.); II. Tahoo and the Périls of the Soûl ; III. The dying god ; IV. Adonis, Allis, Osiris ; V. Spirits of the corn and of the wdd (2 vol.) ; VI. The Scapegoat; VII. Balder the Beauliful, 2 vol. (Londres, Macmillan, 8°). Du même : Psyche’s Task, suivi de The scopc of social anthropology (2° édit , 1913. Londres, Idem).
- , 2. La Nature, 16 août et H octobre 1913, p. 206 et 324.
- 3. A. IIrülicka. Early man in South America. Smiths. Inst. Bureau of American Ethnology. Bulletin 52, 1912.
- 4. 30 août. 19J3, p. 229.
- 5. Publiée dans Y Anthropologie, 1913, p. 419-443.
- tenté pour décrire les institutions primitives et comprendre les états de pensée qui les conditionnent. Par la formidable quantité des faits réunis, l’ouvrage constitue ce qu’on eût appelé au moyen âge une « somme » de l’anthropologie sociale. Les pratiques de la magie, les formes primitives de la royaulé, les interdictions religieuses, les croyances relatives aux âmes, aux esprits des. moissons, des cultures, des forêts, les . mythes primitifs et antiques, n’ont jamais eu d’explorateur plus clairvoyant et mieux informé.
- L’homme dePiltdown. —L’homme fossile américain. — On a suffisamment parlé ici de l’homme de Piltdown (2), pour qu’il n’y ait pas lieu d’y revenir.
- Non moins important est le travail que l’ethnolo-giste américain, A. Ilrdlicka, a mené à bonne fin en 1912. De temps à autre, on le sait, une découverte d’homme fossile est annoncée en Amérique. Un savant américain, aujourd’hui décédé, Fi. Ameg-hino, avait, pendant de longues années, décrit toute une série de trouvailles d’ossements qu’il rapportait à l’homme, et sur lesquels il s’était appuyé pour présenter toute une histoire de l’homme et de ses origines dans l’Amérique du Sud. M. Ilrdlicka a entrepris l’enquête qui s’imposait. Sa conclusion est entièrement négative et fait justice, définitivement, des échafaudages d’Ameghino : aucune découverte d’ossement humain faite jusqu’à présent dans l’Amérique du Sud ne peut être considérée comme relevant de la paléontologie(3).
- La civilisation nègre. —On a lu ici(4) le résumé donné par M. Gradenwitz des très belles trouvailles archéologiques effectuées en Afrique centrale par l’anthropologiste allemand Frobenius. C’est un nouvel et très bel exemple d’art africain, ajouté à ceux que l’on connaissait déjà et dont plusieurs ont été signalés ici. Dans le même sens, le Dr II. Neel a fait, en mai 1913, une remarquable communication (3) à l’Institut français d’anthropologie, sur des statuettes en pierre et en argile, provenant de l’Afrique occidentale, sur les frontières du Liberia et de la Guinée française, et notamment de chez les Kissi. Ce fait, et d’autres, attestent de plus en plus qu’il y a eu, à une certaine époque, non seulement un art africain, nègre, mais une civilisation nègre, d’un type bien plus élevé qu’on ne le croirait d’après l’état actuel des tribus. (Je donne ci-joint, grâce à l’obligeance de M. Joyce, du British Fig. 3. Muséum, un bois sculpté, ancien attribut royal, rapporté par M. J. W. S. Macfic de chez les Bushongo), „ Jean-Paul Lafitte. ,
- Fig. i, 2,3. Sla luettes en bois sculpté de Shongo, dieu du ton nerre et de la lumière des Bushongo.
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- LA MÉDECINE
- Les microbes de la rage et de la poliomyélite. — La constante d’Ambard. — Les blessures de guerre. — Vaccination antityphique. — Les injections d’oxygène. — La chimiothérapie. — La guerre aux mouches.
- Les microbes. — La connaissance d’une maladie contagieuse n’est complèle que lorsqu’on l’a transmise aux animaux, qu’on a découvert son microbe et qu’on a cultivé ce dernier en dehors de l’organisme. Mais pour beaucoup de maladies, les irois stades n’ont pas été franchis, notamment quand l’agent microbien est si petit qu'il échappe à la vue et n’est pas arrêté par les filtres. C’était le cas jusqu’à cette année pour la rage et la poliomyélite épidémique.
- Pasteur avait Lien montré dès 1881, que la rage est contagieuse, qu’elle peut être, inoculée expérimentalement et que sa virulence est augmentée par injections successives à des lapins ou atténuée par passages répétés sur des singes, d’où une possibilité d’immuniser contre la rage que Pasteur appliqua à l’homme avec succès. Mais le microbe de la rage restait inconnu. Cette année, un Japonais, Hideyo Noguchi, de l’Institut Piockfeller de New-York, appliquant une nouvelle mélhode qui lui avait déjà permis l’année dernière de cultiver le spirille de la fièvre récurrente, a réussi la culture du virus rabique. En plaçant de petits fragments de cerveaux d’animaux enragés dans un milieu spécial, il a vu se développer de très petits corpuscules et d’autres plus gros, nucléés (fig. 1); ces corpuscules se multiplient activement, peuvent être réensemenccs dans de nouveaux tubes et peuvent à tous les stades donner la rage aux animaux auxquels ils sont inoculés. Cette importante découverte permettra sans doute de connaître prochainement le cycle du microbe de la rage et fournira probablement aussi de nouveaux moyens de la combattre.
- Le même Noguchi, en collaboration avec S. Flex-ner, a également réussi à cultiver le microbe de la poliomyélite épidémique, cause d’une terrible maladie des enfants caractérisée par une paralysie motrice flasque suivie rapidement d'atrophie musculaire. La maladie est connue depuis 1840, mais ce n’est qu’en 1908 que Landsteiner réussit à la transmettre au singe, prouvant ainsi sa nature infectieuse. Restait à connaître le micro-organisme qui la produit. Le même milieu de culture que nous avons signalé plus haut, ensemencé avec un fragment de moelle d’un individu (homme ou singe) mort de pohomyé-lile, montra à Flexner et Noguchi, au bout de 5 jours, de petits corpuscules, visibles seulement à l’utra-microScope, d’une taille 0,15 à 0,50 p. ; ces cultures, injectées au singe, lui inoculent la poliomyélite; là encore, le microbe est donc trouvé et cette découverte aura d’heureuses conséquences.
- L’analyse des urines a été de tout temps un précieux moyen de diagnostic. En ces dernières années, les travaux d’Ambard ont précisé les renseignements qu’on en peut tirer. Ambard a montré qu’il y a un rapport constant entre la concentration de l'urine en urée, le débit de l’urine et la teneur du
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- sang en urée. Chacun des trois facteurs peut varier et varie, même normalement, particulièrement sous l’influence des repas, mais leur rapport établi par Ambard reste constant pour un individu dans un état de santé donné; chez l’homme sain, il est égal à 0,07. Voici donc un précieux moyen de connaître l’état de fonctionnement des reins. Il suffît de mesurer l’urine émise en un temps donné et de doser l’urée qu’elle contient, en même temps qu’on prélève un peu de sang pour y effectuer le même dosage. L’urée du san_r, le débit d’urine, sa concentration en urée et le poids du patient, permettent d’établir la constante uréo-sécréloire de ce dernier. Itans le cas d’insuffisance rénale, le coefficient augmenle, même si le trouble est très léger. Cette nouvelle méthode à déjà rendu de nombreux services dans le diagnostic des néphrites, de l’urémie, dans le contrôle du traitement de déchloruration, et même dans la pratique chirurgicale quand il s’agit de connaître la valeur fonctionnelle d’un rein qu’on veut opérer.
- La guerre des Balkans a fourni de nombreux renseignements sur les blessures et la chirurgie de guerre. Nous avons déjà signalé les importantes constatations qu’on a pu faire (n° 2119).
- Nous ne reparlerons pas non plus de la vaccination antityphique qui fut exposée ici même par leurs auteurs, Chantemesse (n° 2073) et Vincent (n° 2065). Elle se répand de plus en plus et vient d’être rendue obligatoire dans l’armée.
- Parmi les nouveaux procédés thérapeutiques, il nous faut citer les injections sous-cutanées d’oxygène. Depuis longtemps, on faisait des inhalations d’oxygène aux malades atteints d’étouffements ou menacés d’asphyxie, mais en ces dernières années on a utilisé une nouvelle voie d’introduction plus efficace. L’idée en vint à la suite d’une erreur accidentelle : en 1900, un médecin espagnol de Valence, Domine, ayant voulu faire une injection de sérum à un typhique, lui injecta de l’air 'par suite d’un défaut de l’appareil; le malade s’en trouva tel ement soulagé que le docteur n’hésita pas à renouveler les injections, non plus d’air cette fois, mais d’oxygi ne pur. Ce nouveau moyen thérapeutique fut introduit en France par Ramond en 1911, et depuis il s’est généralisé ses effets ne sont jamais dangereux et donnent souvent d’excellents réf-ultats ; régulation de la respiration, diminution de la fièvre, augmentation des urines, sensation de bien-être, sommeil réparateur. Cette année, le Dr Toulouse l’a utilisé avec succès pour l’amélioration de certains états aigus des maladies mentales.
- Au Congrès international de médecine de Londres, le professeur Ehrlich a fait une fort intéressante lecture sur la chimiothérapie dont il est le père . incontesté. On sait que le but de la chimiothérapie
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- est de découvrir des substances toxiques pour tel ou tel agent pathogène sans l’être pour l’organisme infecté. Un très grand nombre de substances ont déjà été étudiées à ce point de vue et beaucoup ont donné de> résultats intéressants, les unes en étant directement toxiques pour les parasites pathogènes, les autres en provoquant la formation dans l’organisme d’une réaction contre un agent pathogène déterminé (substances anti) ; mais, malheureusement, parmi elles, il en est de toxiques pour l’organisme également et d’autres auxquelles les parasites s’accoutument, leur faisant perdre peu à peu leur pouvoir thérapeutique. Les plus connus sont actuellement les composés arsenicaux : acide arsénieux, atoxyl, salvarsan, néosalvarsan, les couleurs de benzidine : trypan-rot et try-pan-blue, et certaines couleurs du groupe de fuchsines : fuchsine, violet de méthyle, etc., auxquels on pourrait ajouter certains composés d’antimoine, de mercure, de quinine, etc. Certaines de ces substances sont nettement ef-licaces contre telle ou telle try-panosomia'C ou spirochétose, et le principe de la méthode chimiothérapique est tellement général qu’on peut espérer, dam un avenir peu éloigné, la victoire contre un grand nombre de maladies infectieuses.
- Une question qui préoccupe en ce moment les
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- hygiénistes est celle de la lutte contre lès mouchés. 1 La mouche commune est reconnue de plus en plus ' dangereuse; elle peut propager des maladies très graves : fièvre typhoïde, dysenterie, < holcra, tuber-i culose et joue certainement le principal rôle dans! les épidémies de diarrhée des jeunes enfants si1 meurtrit res en été ; elle est capable de transmettre1 ces maladies parce qu’elle se nourrit sur les ordures, sur les fumiers, les matières fécales, les craihats, les substances en putréfaction où elle récolte de nombreux microbes, souvent fort dangereux, qu’elle dépose ensuite sur les aliments non protégés dans les maisons et les boutiques. Aussi la lutte contre elle s’organise-t-elle partout; en Amérique, une vériLable croisade a été prêchée : articles de journaux, brochures, leçons à l’école préconisent les meilleurs moyens de destruction. En Italie, une ordonnance a prescrit de protéger par des voiles ou des vitrines le pain et les pàtis-eries. En France, après un remarquable rapport du Dr Vail-lard, le conseil départemental d’hygiène de la Seine a fait afficher et distribuer celte année une notice pour attirer l’attention du public sur ce danger trop longtemps méconnu. Nous en reparlerons dans la saison où les mouches reparaissent. R, M.
- Cultures du virus de la rage obtenues par Noguchi.
- L’INDUSTRIE ELECTRIQUE
- Les machines géantes et les machines à grande vitesse. — Les transports de force. — La traction électrique. — L’électricité et l’automobile. — Les lampes. — Les convertisseurs à mercure. — Téléphonie. —
- Télégraphie sans fil.
- L’industrie électrique est sans doute la mieux organisée et la plus disciplinée qui soit au monde. Un petit nombre de firmes se partagent un marché qui s’étend chaque jour, sous l'impulsion notamment du prodigieux développement des réseaux de distribution. Ces groupements mènent derrière eux à la bataille .industrielle de véritables armées de savants, d’ingénieurs, de techniciens, d’ouvriers, et disposent de ressources financières énormes. Dans ces conditions lés problèmes techniques qui viennent à se poser sont promptement résolus; les progrès sont anonymes et sans éclat, mais continus et rapides.
- Machines génératrices. — Machines géantes et machines à grande vitesse. — Le problème du jour est de réaliser des unités aussi puissantes que possible.
- Parsons vient de construire pour Chicago un groupe électrogène commandé par turbines à vapeur atteignant une puissance de 25 000 kilowatts et tournant à 750 tours par minute, Les groupes
- de 20 000 kilowatts qui eussent paru monstrueux voici trois ans sont nombreux aujourd'hui.
- Comment dépasser les records actuels? Il semble impossible de construire plus grand et plus lourd. A cet égard, à moins de construire sur place et de toutes pièces, on a atteint les limites compatibles avec nos moyens de transport, voies ferrées, routes, ponts, engins de levage.
- Le problème est donc d’obtenir, à moindre poids et moindre encombrement, des machines plus puissantes; il faut pour cela les faire tourner plus vite, les vitesses de rotation pratiquées depuis l’emploi généralisé des turbines à vapeur marquent un progrès considérable et qui s’accentue chaque jour.
- Mais les chiffres actuellement pratiqués, pour élevés qu’ils soient,n’alteignent pas encore la limite imposée à la force centrifuge par la résistance des matériaux modernes.
- : D. ns une magistrale conférence à la Société des Ingénieurs civils de France, Maurice Leblanc a abordé le domaine des machines futures à très
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- grandes vitesses. Guidé par ses beaux travaux pour la réalisation d’une machine frigorifique à vapeur-d’eau évaporant l’eau sous l’effet du vide créé par un compresseur rotatif à grande vitesse, il a indiqué avec précision les obstacles qui se présentent et les voies à suivre : il faut empêcher la formation de certains états vibratoires qui tendent à prendre naissance aux vitesses dites critiques, et qui sont dangereux pour la machine. A la lumière d’une nouvelle théorie de l’arbre flexible de Laval, l'éminent conférencier a indiqué à cet effet des Fig:z. — Un isolateur moyens aussi simples qu’in-pendanl les essais de génieux. Il faut également haute tension. équilibrer automatique-
- ment le rotor, ce qui peut être fait aussi par des moyens simples. Voilà pour la partie purement mécanique du problème. M. Leblanc montre qu’on peut; atteindre avec une roue de turbine à vapeur de Laval actuelle, des vitesses périphériques. de 460 mètres par seconde. Une machine de 300 chevaux construite sur de telles données, ne pèserait pas plus de 100 grammes par cheval. Partant de là, il indique comment devrait être construite une turbine à roue unique, de semblable vitesse, pour utiliser avec le rendement maximum la force vive de la vapeur.
- Mais ce n’est pas tout que.de construire des machines motrices à-grande vitesse ; il faut pouvoir réaliser des machines réceptrices directement accouplées aux premières. M. Leblanc a montré comment l’on peut concevoir des dynamos tournant, elles aussi, aux vitesses qui viennent d’être indiquées; nous ne pouvons nous étendre; disons seulement que--la question dù refroidissement des organes, déjà très importante pour les machines rapides d’aujourd’hui, devient capitale pour les machines de demain.
- Les transports de force. — La première transmission d’énergie électrique remonte aux expériences de Marcel Deprez à Greil, en 1887 :100 chevaux de Creil à Paris, sur 53 kilomètres. Quel chemin parcouru depuis cette date ! Nous trouvons aux États-Unis, une ligne, la Pacific Light and Power Go, qui mesure 450 kilomètres et fonctionne sous 150 000 volts alternatifs. Deux autres distributions, toujours aux États-Unis, mesurent 380 kilomètres à 140000 volts. L’Europe, pour des raisons géographiques, ne peut présenter semblables chiflres. Haute tension et grande portée sont synonymes; dans l’Europe surpeuplée les centrales électriques
- n’ont pas à chercher leur clientèle à 400 kilomètres de l’usine.
- Aussi les États-Unis donnent-ils le ton en matière de haute tension. C’est de là-bas que nous viennent les principaux types du matériel nécessaire pour manœuvrer les formidables quantités d’énergie mises en œuvre dans les distributions modernes; Interrupteurs et disjoncteurs automatiques dans l’huile, transformateurs à bain d’huile refroidis par circulation d’eau, parafoudres électrolytiques, etc., nous viennent d’outre-Atlantique. Les figures ci-contre nous montrent quelques-uns des derniers-nés de ces familles.
- Signalons à ce propos une curieuse innovation dans la disposition classique des usines à haute tension. On sait que le courant alternatif est d’abord produit par des machines de tension moyenne, le plus souvent I2 00Ô volts. Puis des transformateurs portent cette tension , à la valeur voulue pour le transport; opération inverse au poste d’arrivée : des transformateurs baissent à nouveau la tension jusqu’à une valeur compatible avec les applications du courant. Les postes de transformation contiennent en général les transformateurs, les interrupteurs à haute tension et les appareils de sécurité. Tous ces
- Fig. 2. — Un transformateur à iSoooo volts. (Construction de la General Electric C°, de Schenectady, Etats-Unis:)
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- appareils contiennent de l’huile isolante, fort combustible, d’où graves dangers d’incendie.. D’autre part, les effluves émanant de plus haute tension, produisent de l’ozone dangereux à respirer. On s’est résolu à mettre en plein air tous les appareils constituant la sous-station moderne ; celle-ci prend alors un aspect de bric-à-brac fort original, sinon très esthétique.
- Chaque système paraît avoir ses avantages propres et le choix de la solution est en réalité un cas d’espèce. Aussi les exploitants, sans attendre l’issue de ces querelles académiques, prennent des décisions et passent à l’exécution.
- En France, les Chemins de fer du Midi ont mis en service des locomotives monophasées sur les
- Fig. 3. — Appareillage électrique haute tension. — i. Pylône. — 2. Interrupteurs d’extérieur Westinghouse.— 3. Interrupteurs à servo-moteur de la General Electric C° de Schenectady.— 4. Vue intérieure d’un transformateur de 'la General Electric C°. — 5. Bornes haute tension [de i5oooo à 80000 volts) remplies 'd’huile: — 6. Transformateur à refroidissement par circulation d’huile
- de la General Electric O.
- Traction électrique. —; Le développement de là traction électrique sur des voies ferrées à, grand trafic a, été rapide en ces derniers temps. On électrifie de tous côtés.,À vrai dire, les ingénieurs ne sont pas encore d’accord sur le choix des solutions, et dans les assemblées techniques bien des lances sont rompues entre, partisans de la traction électrique à courant continu haute tension, à courant alternatif monophasé, à courant alternatif triphasé.
- lignes récemment électrifiées. Il faut noter que des difficultés sont soulevées par suite des troubles provoqués par ce système de traction dans les lignes télégraphiques et téléphoniques voisines. Le système monophasé paraît être le plus malheureux de tous! à cet égard et il faudra évidemment trouver un remède à cette situation fâcheuse, si l’on ne veut1 pas voir ce mode de traction, économique à tant d’égards, condamné dans la plupart des cas.
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- Les Chemins; de fer de l’Etat poursuivent l'électrification de la banlieue de Paris en continu 600 volts. Aux États-Unis, en pareil cas, on adopte franchement la solution plus hardie mais plus éco-nomi |ue du courant continu à 1200, et depuis peu à 2600 volts.
- Un grand fait à noter, l’ouverture du tunnel de Lôtschberg en juillet; il est desservi par desloco-motives électriques à courant monophasé 15000 volts. Chacune de ces machines développe 2500 chevaux.
- L’expérience faite ayant été favorable, il a été décidé d’électrifier 5000 km de lignes fédérales suisses à commencer par le Saint-Gothard ; le système adopté sera le monophasé.
- En Al'emagne, progrès sur la ligne Magdebourg-Leipzig-Ilalle, électrifiée en monophasé 15000 volts. L’Italie a rendu électrique la ligne à pente raide du Mont-Cenis. Nous sommes ici dans le pays d’élection du système triphasé. On compte déjà en service dans toute l’Italie 48 locomotives de ce type.
- Les banlieues de Londres, New-York, Berlin s’électrifient avec la même ardeur que la banlieue jparisienne.
- Aux Etats-Unis, le monophasé et le courant continu 2400 volts se livrent une ardente bataille, encore indécise.
- L’électricité et les automobiles. — Les véhicules automobiles à accumulateurs électriques jouissent aux Etats-Unis d’une faveur qui n’est pas sans surprendre les ingénieurs d’Europe. Car l’accumulateur est un réservoir d’énergie fort pesant, très coûteux, et qui ne saurait se comparer à l’essence de pétrole. Or, il y a actuellement
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- Fig. 4. — Le support d’antenne du poste d’essai du système Goldshmidt.
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- aux États-Unis 57 000 véhicules électriques dont 12 000 commerciaux et 25 000 de plaisance. C’est que ce lype de voilure est admirablement adapté à la circulation dans les villes : la conduite en est; pour ainsi dire, enfantine, démarrages faciles, marche silencieuse, pas de gaz d’échappement qui empestent les rues. La voiture électrique respecté le repos du citadin si odieusement brimé en Europe par les bruyants poids lourds
- L’électricité a conquis, sous une autre forme, l’automobile. L’éclairage éleclrique des voitures a fait des progrès rapides. Il n’est plus de voiLure élégante qui n’ait sa dynamo d’éclairage secondée par une batterie d’aecumulatenrs.'JEt l’on profite de cette pelite usine électrique installée à bord pour lui faire accomplir toutes les besognes accessoires : mise en marche du moteur, manœuvre de la sirène, gonflement des pneus et même une fonciion vitale : l’allumage du mélange détonant dans le moteur.
- L’éclairage électrique. — Un fait très important : la découverte simultanée en Allemagne et aux Et ils-Unis du moyen de construire en les remplissant d’azote pur, des lampes à incandescence de plusieurs milliers de bougie, ne consommant que 1/2 watt par bougie. Ce résultat a été acquis grâce à une belle série de recherches méthodiques..
- Les convertisseurs à vapeur de mercure. — Ces appareils qui sont, en somme, des lampes à arc de mercure, ont trouvé dans ces dernières années quelques applications à l’éclairage, et à la production de rayons ultra-violets.
- Une application bien plus importante leur est réservée qui parait sur le point de [rendre un grand essor : on sait que ces arcs au mercure font-l'effet de soupape électrique et ne laissml passer le courant que dans un sens. Celte propriété s’utilise jour transformer très simplement le courant alternatif en courant continu. Dans ces derniers lemps, on a réussi à faire des convertisseurs à enveloppes métalliques, donc très solides, et d’une puissance allant jusqu’à 500 kilowatts. Aussi envisage-t-on de nouvelles et nombreuses applications, à la traction par exemple. Le convertisseur a aujourd'hui un magnifique avenir.
- Téléphone. — La difficulté du recrutement du personnel a mis à l’ordre du jour dans tous les pays le problème du téléphone automatique. En France, Nice possède un bureau automatique qui fon lionne d’une façon satisfaisante; aussi envisage-t-on une application plus hardie : il est question d’installer à Paris même un bureau automatique.
- Télégraphie sans fil. — L’année 1915 a été une année de progrès commerciaux plus que techniques. Sous l’impulsion de la Conférence de Londres, 2000 navires se sont équipés d’appareils radiotélé-graphiques; 2500 se disposent à suivre cet exemple. La Compagnie Marconi a entrepris, pour le compte du gouvernement anglais, la construction de neuf grandes stations ultra-puissantes, formant une vraie chaîne à travers le monde.
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- En France, nous suivons cet exemple avec une bien regrettable et peu compréhensible lenteur. Le grand et utile projet du réseau mondial qui avait été dressé il y a de longs mois déjà est presque en panne : on n’a commencé que les postes de Saigon et de Tombouctou.
- En Belgique, Bruxelles envoie aujourd’hui des radiotélégrammes à 5000 km. Si l’on songe qu’à 4000 km, on arrive aujourd’hui à échanger des messages à raison de 60 mots à la minute, on reconnaîtra que la concurrence faite par les réseaux de la T. S. F. aux câbles sous-marins commence à devenir sérieuse.
- On a beaucoup parlé cette année des alternateurs à haute fréquence. L’ingénieur allemand R. Gold-schmidt a pu établir, par des procédés extrêmement
- Fig. 6. — Valve Holweck avec sa boîte de réglage.
- ihgénieux, un alternateur à 50 000 périodes, mettant en jeu une grande énergie. On a érigé de puissantes stations d’essai pour expérimenter le
- système. Mais il n’y a pas encore de résultats probants. Pour l’instant, on continue donc, malgré les tentatives faites de toutes parts, à se servir
- Fig. 5. — Poste de T. S. F. à bord d'un aéroplane. {Poste de la Société française radioélectrique.)
- des étincelles pour produire les ondes hertziennes.
- En France, M. Béthenod et la Société française radioélectrique ont amélioré et facilité la syntonisa-; tion des stations à étincelles, au moyen du système dit à onde unique qui permet d’obtenir entré deux stations un accord remarquablement précis.
- Signalons un nouveau type de détecteur d’ondes basé sur le principe des émissions cathodiques, et parmi eux la valve Holweck rigoureusement indéréglable et d’une sensibilité qui l’a fait adopter pour la détermination de la différence de longitude Paris-Washington.
- Terminons en notant deux intéressantes réalisations de postes légers pour aéroplanes : le poste Rouzet installé sur un dirigeable Astra; le poste Société française radioélectrique installé sür un avion Breguet. À. Troller,
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- L’année 1913, bien que signalée par de superbes voyages et exploits aériens, s’est terminée en France dans un malaise dont les causes ont été fréquemment dénoncées et qui n’a heureusement rien d’irrémédiable.
- Nous parlerons peu des dirigeables : en Allemagne ils se sont signalés surtout par des catastrophes ; en France la réfection de notre flotte de dirigeables n’est pas assez avancée encore pour qu’on ait du nouveau à dire; quant aux autres pays,ils n’ont pas témoigné d’une activité bien spéciale à cet égard.
- L’aviation, au contraire, est en pleine effervescence. Condamnée provisoirement par son vice radical, l’insécurité, à n’avoir aucune application civile, elle se prépare de mieux en mieux à jouer dans la guerre de demain le. grand rôle qu’on s’accorde à lui attribuer. Que la prochaine guerre européenne ne débute par des reconnaissances stratégiques confiées à des
- navires aériens, et même que les premières hostilités ne soient exercées par eux, voire entre eux, c’est ce dont on ne doute plus guère.
- Tandis que le dirigeable sera vraisemblablement chargé de reconnaissances nocturnes à grande portée, et de destructions d’ouvrages importants, l’avion volera, soit avant le combat pour des reconnaissances stratégiques, soit pendant le combat pour des reconnaissances tactiques; dans lesquelles il accompagnera parfois la cavalerie (avion de cavalerie), soit même pour faciliter le réglage de l’artillerie (avion d’artillerie).
- A mesure que son rôle grandit, son armement se complique: il emporte déjà des bombes; il emportera bientôt des mitrailleuses, et déjà on s’occupe de le blinder. Quant à la forme et à la conception générale des appareils, on ne peut citer que peu d’exemples de modifications radicales,
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- Fig. i. — Le biplan Sykorski à 4 moteurs de 100 chevaux chacun.
- Le monoplan Morane-Saulnier se présente cependant sous une forme toute nouvelle, celle du monoplan parasol. De même, l’on a vu apparaître l.es Di-plans décalés à plan inférieur débordant du commandant Dorand, et le Diinne en Y horizontal de la maison Nieuport.
- Mais c’est à l’étranger que nous trouvons la plus singulière innovation. Il s’agit de l’appareil établi par l’ingénieur Sykorsky, appareil dénommé Le Grand.
- Le Grand est un biplan à fuselage de dimensions
- inusitées ; l’envergure n’atteint pas moins de 28 m. Bien entendu, tout est à l’avenant et on ne sera pas étonné de trouver huit roues au train d’atterrissage, une suface portante de 120 mètres carrés, et surtout 4 moteurs de 100 chevaux chacun, actionnant 4 hélices ; c’est dire que le poids de l’appareil est énorme : 2700 kg à vide et quatre tonnes en ordre démarché.
- Le Sykorsky, malgré ses dimensions énormes, a fort bien volé.
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- L’àvenir dira quelle est l’importance d’une telle conception. Beaucoup de bons esprits estiment qu’elle est très grande. Il leur apparaît, en effet, et c’est mon avis, tout à fait impossible d’admettre que l’aviation se constituera définitivement comme un moyen de locomotion normale avec ces aéros si légers, si fragiles que l’on construit actuellement.
- Comme l’a dit l’aviateur Tabuteau, les appareils qui volent sont fragiles et instables, les appareils stables et robustes volent mal.
- Dans ces conditions, les constructeurs sont fort hésitants ; la plupart d’entre eux, séduits par l’opinion de leurs pilotes, cherchent à faire un appareil très léger, très maniable, qui, comme l’on dit, fait le bouchon sur les vagues aériennes : le pilote suit les impulsions du vent, il se garde de résister, car tout casserait brusquement. C’est en somme l’appareil dont le type idéal est le monoplan, qui n’a jusqu’ici été capable d'enlever d’une façon bien pratique qu’un seul passager, et qui, en outre, se casse sous le moindre prétexte aux atterrissages.
- Il faut, pour l’avenir de l’aviation, envisager une conception radicalement différente, celle de l’appareil lourd et robuste.
- L’aviateur Pégoud a eu l’incomparable courage de quitter, à l’aide du parachute construit par M. Bonnet, un monoplan en plein vol et s’est très heureusement tiré de cette aventure sans précédent. Bien entendu on peut assimiler, dans le problème de la sécurité, le rôle joué par le parachute à celui que joué la pompe à incendie dans les sinistres. Il est évidemment préférable qu’une maison soit ininflammable; mais si, pour une raison ou pour une autre, elle ne lest pas, on est bien content d’avoir les pompes pour éteindre le feu.
- Les grandes épreuves. — Seules quelques grandes épreuves restent vivaces, qui retiennent l’attention du public, parce qu’elles ont un sens et que chacune sanctionne une recherche technique poursuivie dans une voie déterminée.
- Ce sont d’abord les coupes Gordon-Benett, épreuves de vitesse (soit des ballons libres, soit des aéroplanes) .
- La coupe Gordon-Benett d’aviation s’est longtemps égarée hors de France. Védrines est allé la chercher en Amérique, et Prévost l’a maintenue en France cette année encore, par tout près de 204 kilomètres à l’heiire.
- Une épreuve de vitesse est assurément interes-
- H.Curtias; 20ktnen 15'50 soit 75k.m78 à l'heure.
- 19 091 .*....... i i
- Gr.White; 100k?*ert 1Ï1 soit 98R.m36 à l'heure
- 1910 ..—..m ii i ..............
- 1911 l'heure
- Prévost; 200ktne/7 JW/f 200h!"50 à l'heure. ..
- 1913............. . ...............-.......:.......
- Fig. 4. — La coupe. Gordon-Benett depuis l’origine.
- 1911 Hélen 1252 km. 800
- .1909. Farman 231- km.
- 1910.Tabuteau 58é- km 3
- 1908 W.Wright
- Fig. 3. — La coupe Michelin depuis Vorigine.
- santé comme expression de la limite de ce qu’on peut faire. Mais ce serait une grosse erreur de croire que les appareils établis en vue de cette épreuve sont couramment utilisables. Les constructeurs établissent, en effet, pour la coupe Gordon-Benett, de véritables monstres, pourvus de moteurs d’une puissance excessive, et que seuls quelques grands ténors de l’aviation, des Prévost ou des Védrines, consentent, pour une fois, à piloter.
- La couper Pommery, réglementée par la Ligue nationale aérienne, est destinée à récompenser le plus long raid en ligne droite accompli en un jour. Elle est échue définitivement à Brindejonc des Moulinais pour son raid Villacoublay-Varsovie (1382 km.). Rappelons que, à son premier semestre, le 30 avriF 1911 (la coupe dure 5 ans), elle fut attribuée à Védrines pour un voyage Paris-Poitiers : 336 kilomètres.
- Renouvelée pour une nouvelle période de trois ans1 par la générosité du marquis de Polignac, la coupe Pommery a été dotée d’une réglementation bien' plus large : elle se courra sur deux journées consé-' cutives, le départ ayant toujours lieu en France ! Verrons-nous des atterrissages en Asie?
- La coupe Michelin nous a montré cette année un! aéroplane assez robuste et un pilote assez endurant1 pour couvrir 20000 kilomètres en circuit fermé. C’est Helen sur un monoplan Nieuport qui a ainsi* parcouru la moitié du tour de la terre, en une1 ronde monotone, mais fantastique.
- Legagneux s’est fait traîner sur un Nieuport par un moteur Le Rhône jusqu’à 6150 mètres : ce ne sont plus les Alpes, c’est l’Himalaya. Le lieutenant allemand Sahlatnig a enlevé 3 passagers à 2850 mètres, 4 passagers à 1015 métrés'': deux records. Notre compatriote Frangéois a cette année . emmené 6 passagers prendre l’air à 850 mètres de hauteur. • -
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- 6) 50 5880
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- 4960 4.8JO
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- 27Jec.
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- Garros a franchi la Méditerranée, Brindejonc a survolé l’Europe, Yédrines a été de Paris au Caire. C’est un Anglais, le capitaine Longcroft^), qui détient cette année le record de distance sans escale par
- 1046 kilomètres ;, cette performance a été effectuée par un biplan BE2 dont le siège du passager avait été. remplacé par un réservoir.
- C’est un Allemand, le lieutenant Stôffler, qui a réalisé le plus long vol (avec escales) en 24 heures, par 2160 kilomètres.
- Notre compatriote Seguin a volé pendant 15 heures 5 minutes au-dessus de la campagne le. 15 octobre dernier.
- Enfin le record de l’habüeté paraît détenu par Pégoud, Che-villiard et leurs émules.
- L’aéronautique à l’étranger. — Les autres pays étrangers se hâtent de se constituer une industrie aéronautique nationale. C’est chose faite en Russie, en Autriche, en Italie, au Japon. De petites nations comme la Belgique. (2) ou la Norvège sont singulièrement avancées à cet égard. Le cas le plus curieux est peut-être celui des États-Unis, qui ont vu naître l’aviation et qui ont si peu fait pour elle depuis sa naissance : deux millions de dépenses pour l’aéronautique en cinq cinsl A l’heure actuelle les États-Unis ne possèdent que 17 avions — moins que la Belgique — et pas un seul dirigeable!
- L’aviation anglaise, révélée au public français par M. Delaunay à la Société française de Navigation aérienne, est une des meilleures qui existent. Elle comporte uniquement des biplans, les Anglais considérant le monoplan comme dangereux.
- Une commission des accidents qui fonctionne chez eux très régulièrement, enquête sur chaque chute mortelle et publie ses conclusions. ; ; -
- Le biplan-type utilisé par l’armée anglaise se nomme le BE2; excellent planeur, il a été étudié dans tous ses détails à l’aide d’essais de laboratoire; un de ses dérivés, le RE, possède la vitesse de 130 kilomètres à l’heure, enviable pour un biplan : plus rapide encore serait, paraît-il, le SE, qui joue en Angleterre le rôle d’avion de cavalerie. .
- En Allemagne, les dirigeables Zeppelin ont été victimes de catastrophes retentissantes, qui, venant après tant d’aulres, semblent avoir enfin ébranlé la confiance du public d’outre-Rhin.
- L’explosion du dirigeable de la Marine LZI, dans laquelle ont trouvé la mort 19 personnes, a causé une telle émotion que des modifications du type ordinaire des Zeppelin ont été mises à l’étude. Mais il n’y a pas à proprement parler d’arrêt dans la construction des engins rigides.
- Quant à l’aviation allemande longtemps chétive, elle a, au cours de cette année, réalisé son rêve, qui, comme tous les rêves allemands, n’était pas modeste. Fortement organisée, disciplinée, solidement outillée en matériel, et, quoi qu’on ait dit, richement pourvue en excellents pilotes, elle a vu consacrer sa jeune gloire lors de l’épreuve dite du prince Henri:
- Aucun journal français n’a transcrit les paroles qu’adressa le prince Henri, patron de cette épreuve, aux aviateurs allemands groupés autour de lui au champ d’aviation de Pforzeim.. Les voici dans toute leur saveur germanique... ou pangermanique : « Je dis que depuis un an vous avez colossalement beaucoup appris [Kolossal viel gelernt) ! » C’est donc depuis un an que la transformation est accomplie. Tout indique qu’elle est réelle.
- L’aviation maritime. — Nulle part le problème de l’avion marin n’est mûr : les difficultés techniques à vaincre sont beaucoup plus grandes que dans le cas de P avionTerrestre, qui est du moins en repos sur le sol lorsqu’il y est parvenu sans,dommage, tandis que son frère marin a tout à craindre des vagues.
- , L’aviation nocturne.—: Grande question, qui sollicite énergiquement nos efforts.
- 1. Communication de M. Delaunay à la Société française de Navigation aérienne.
- 2. On annonce la prochaine mise en service d’un^dirigeable Zodiac destiné à la place d’Anvers. . . : :
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- Fig. 5. -—r Les progrès des vols d’altitude "depuis iço8.
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- Fig. 6. — Quelques faits importants de l’année aéronautique. — i. Hydroaéro Bore! au concours de Deauville. — 2. Escadrille militaire passée en revue par le roi d'Espagne à Bue. — 3. Pégoud, le virtuose du vol renversé. — 4. Le monoplan de Prévost, gagnant de la coupe Gordon-Bennett. —: 5. Le monoplan Nieuport de Helen pendant le concours pour la coupe Michelin.
- Consultés sur-l'opportunité de l'entraînement au vol nocturne, beaucoup d’aviateurs ont fait des réserves, des constructeurs aussi. Cependant en Allemagne le problème est non seulement à l’ordre du jour, mais déjà partiellement résolu. Quatre phares à Johannisthal, un à Lindenberg, un autre à Nauen, etc., signalent de loin les terrains d’atterrissage. Chez nous, d’intéressantes propositions sont faites par les spécialistes. On pouvait voir au dernier Salon de la locomotion aérienne, les phares au pétrole de « Paris Ignicole » déjà essayés en Angleterre, à Hen-don, et, à bord de l’hydravion Breguet, un projecteur électrique. Enfin il y a déjà longtemps que le comte de Lambert a fait des essais en emportant à bord de son aéroplane un phare Astra (type automobile) (*).
- Les moteurs. -—L’année 1915 a été un peu l’année du moteur Le Rhône, ce nouveau rotatif dont la robustesse et l’excellente fabrication sont venus disputer sur le marché la place toujours
- î. Sous l’impulsion de la Ligue nationale aérienne, des phares, encore peu puissants, viennent d’être placés aux aérodromes tlériol cl'Karman, à Bue.
- prédominante occupée par le moteur Gnome.
- Le moteur léger, c'est d’abord la possibilité d’augmenter la force motrice disponible pour un même poids : et cela, c’est de la sécurité.
- Déjà beaucoup de nos appareils actuels, dont la stabilité proprement dite est très précaire, trouvent, en effet, un appoint important de sustentation dans leur moteur. Quand la puissance employée à bord d’un avion est plus grande qu’il n’est nécessaire pour assurer la sustentation normale, lé surplus trouve son emploi dans une tendance continuelle à monter qui s’oppose aux amorces de chute. Augmenter cette masse de> puissance disponible, passer d’un moteur plus ou moins tangent, à un moteur surabondant, c’est donc faire un pas vers la sécurité.
- C’est ensuite la possibilité de mettre n’importe quoi d’utile sur l’avion : appareil de sûreté, de mesure, de télégraphie sans fil, d’éclairage, etc. : bref tous ces auxiliaires dont l’emploi s’impose de plus en plus, mais qui dans l’état actuel des choses, se présentent uniformément, pour le pilote sous cet unique aspect peu engageant : du poids en plus.
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- Actuellement, après les réalisations intéressantes de moteur s-monosoupapes, avec lesquels de lkg 500 par cheval (type Gnome actuel) nous passons à 1 kg par cheval (monosoupapes Gnome,S. H. K., etc.) on peut entrevoir, au dire des spécialistes, autrement que comme une limite inaccessible, le poids de un dcmi-Jiilog par cheval.
- Le moteur sûr, c’est la suppression de la cause d’accidents la plus fréquente peut-être, la panne.
- C’est ensuite la possibilité des grands vols au-dessus des régions dangereuses (traversée de l’Inde par exemple, dans le vol, dont l’idée est déjà lancée, de Paris à Saigon), ou la nuit > « ?
- au-dessus de régions quelconques et inconnues.
- Le vol à moteur humain, le vol à voile, le vélotorpille. — L’Avielte a été l’objet de nombreuses tentatives, mais sans grand succès. Rappelons à ce propos que ce problème qui séduit — et ruine — aujourd’hui tant d’inventeurs, ne peut être résolu tant qu’ un nouveau principe de sustentation, différent de celui des aéroplanes actuels, et infiniment plus efficace, n’aura pas été trouvé : cette démonstration a été clairement faite par M. Constantin ici même.
- Il ne s’agit donc pas d’une impossibilité absolue : mais encore une fois c’est à des principes de sustentation nouveaux, inédits, que l’on devra s’adresser.
- Le problème du vol sans moteur, c’est-à-dire à la façon des oiseaux, ce problème qui a séduit Mouillard et que cherchaient les Wj ses fidèles. Ils se sont réunis au Cong humain. Aucune solution pratique n mais nous rappellerons que M. Cons sion ici même à un appareil cap a irrégularités du vent pour se soute appareil est en voie de réalisation. 1
- Les idées du même auteur (J) i à l’avancement viennent en même t
- Fig. 8.
- une consécration éclatante dans le succès du vélo-torpille. M. Etienne Bunau Varilla a imaginé d’envelopper une'bicyclette d’une sorte de cage ovoïde où l’homme disparaît presque entièrement. Résultat : le cycliste Berthet, sur cet engin, a couvert, au Vélodrome d’hiver, deux kilomètres (départ lancé) en 1 minute 2 secondes 3/5, battant tous les records acquis à l’honnête bicyclette de nos pères (1 minute 10 secondes 5/5).
- Tel est en 1915, l’état de l’aéronautique et telles sont les perspectives qui s’ouvrent à elles. Sans doute la vérité n’est pas toujours plaisante et le lecteur français n’a pas à se réj ouir de tout ce que nous avons dit. Mais ce n’est pas. par des paroles pessimistes que nous voulons terminer.
- Aujourd’hui, la crise que traverse l’aéroiiau-tique, et spécialement notre aviation, a pris une acuité telle qu’elle éclate à tous les yeux. Il n’y a pas lieu de s’étonner non plus que ceux-là mêmes qui ont le plus, .contribué à la créer la dénoncent le plus énergiquement.
- Sans doute il y a beaucoup de mécontentements, dont les journaux enregistrent les échos : constructeurs sans commandes, pilotes naguère grisés par la popularité, aujourd’hui moins payés souvent que des chauffeurs d’automobiles, inventeurs déçus, capitalistes ruinés. Mais si nous savons faire le très grand effort d’énergie nécessaire, nous pouvons nous remède n’est pas très difficile à 'insécurité que ' l’aviation est ma-urité qu’il faut lui donner. Or les înts sont unanimes à dire qu’on ntenant, par l'a simple application mus et éprouvés, par la proscrip-îrreurs meurtrières dûment consta-vées, obtenir beaucoup plus de sé-
- - Le phare aéronautique
- mîetnhl. tirés dp Rprliti
- T. Colles aussi do M. Alex. Sée,qui, il ; dans une lettre, se « faire fort de faire co reur 45 km dans l’heure, quand on voudr procédé très analogue à celui qui vient d exemple d’une réalisation qui aurait pu è tardive, s’il y avait quelque communient du sport et celui' de la technique.
- ingéniosité ni la bonne volonté qui tous; et les perspectives qui s’ou-i trop belles pour que nous renon-uivre, sans parler de l’iirgence des e la défense nationale.
- R. Chassériaud:
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- LES MARINES
- Les navires de guerre. — L’année 1913 a été une'période ' particulièrement active au point de vue de la construction navale militaire chez toutes les puissances possédant déjà un grand état maritime, et aussi chez d’autres comme l’Italie et l’Autriche qui tendent à se rapprocher rapidement des premières. Cette activité guerrière, qui a d’ailleurs toutes les apparences de vouloir se prolonger, a coïncidé, phénomène assez curieux, avec les déclarations deux fois répétées, par lesquelles M. Churchill, premier lord de l’Amirauté, a convié l’Allemagne à modérer, en même temps que l’An-
- tendance à augmenter les déplacements : ils atteignent 30 000 tonneaux pour les cuirassés, 6 à 8000 tonneaux pour les éclaireurs, 1800 tonneaux pour les torpilleurs d’escadre.
- En France, les faits marquants de l’année ont été : l’entrée en service des deux premières unités, Jean-Bart et Courbet, du programme naval. Ces deux navires sont actuellement rangés, dans la lre armée navale, sous le pavillon de l’amiral Boué de Lapeyrère. Les deux unités suivantes : France et Paris vont commencer leurs essais. Ces 4 navires déplacent 23 500 tonneaux, et portent 12 canons
- gleterre, la course à la construction des cuirassés.
- Pour mettre les choses au point M. Churchill, dans le dernier de ces discours retentissants, a d’ailleurs affirmé que si l’Allemagne metlait, en chantier un navire de plus que le nombre sur lequel on compte, l’Angleterre en ferait aussitôt construire deux de plus.
- De tout ceci il n’est rien résulté. L’Allemagne a passé outre avec quelque dédain et continué, avec une rigueur mathématique et une méthode qu’il faut admirer, la réalisation de son programme naval.
- Les constructions navales en 1913 ont montré une disposition à une classification plus étroite des types de navires de guerre, qui se bornent actuellement à. 3 types : les navires de ligne,,les éclaireurs, les torpilleurs, (torpilleurs.proprement dits et sous-marins). Dans chaque catégorie il y a une
- de 50 cm en 6 tourelles dont 2 latérales. Leur vitesse est de 22 nœuds.
- . Les cuirassés Bretagne, Provence et Lorraine ont été lancés en 1915 et seront prêts en 1915. Leurs caractéristiques sont identiques à celles du Courbet, mais les 6 tourelles de 30 cm sont toutes placées dans l’axe du navire.
- En 1915 encore, on a mis en chantier les 4 cuirassés de 25 500 tonnes : Flandre, Gascogne, Languedoc, Normandie,. à bord desquels nous inaugurons le canon de 54 cm et aussi la tourelle quadruple. On trouvera à bord de ces puissantes unités 5 tourelles placées dans l’axe et 12 pièces de 54 centimètres.
- 11 nous reste donc pour l’achèvement du programme naval à mettre en chantiers 6 bâtiments au cours des 4 années qui vont suivre jusqu’en 1917.
- Nos 17 navires nouveaux ajoutés aux G Danton
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- 176 .............LES MARINES
- et aux 5 Patrie, compléteront bien, en effet, le nombre de 28 bâtiments de ligne fixé par ce programme. 11 nous faut maintenant penser à le corser.
- Nous trouvons encore chez nous, sur les chantiers en 1913, 2 torpilleurs d’escadre et 28 sous-marins.
- Il faut signaler, parmi les innovations appliquées en 1913, une nouvelle répartition de nos navires de l’armée navale, par laquelle la division, unité tactique, jusqu’à présent composée de 3 navires, en compte désormais quatre.
- Le plus puissant navire lancé. en 1913 est le
- Unis 10, France 8, Italie G, Russie 5, Japon h, Autriche 3, Espagne 2, Brésil 3, Argentine 2, Turquie 1.
- Marine marchande. — Les principaux faits de 1913 intéressant la marine marchande sont d’une part, en France, la création d’un sous-secrétariat d’Etat de la marine marchande, organisme bien nécessaire pour la bonne marche d’un service aussi important jusqu’alors ressortissant à 4 ministères. Le premier titulaire du sous-secrétariat d’État à la marine marchande a été M. de Monzie .dont l’activité, le bon vouloir, et les idées ont été très appré-
- Fig. 2. — Nos nouveaux cuirassés. (Nous devons ce cliché à l’obligeance de la Ligue Maritime.)
- cuirassé anglais Queën Elizabeth, à bord duquel pour la première fois on trouve des canons du calibre de 58 cm, au nombre de 8. Le déplacement est de 27 000 tonnes et la longueur de 183 m. La vitesse atteindra 25 nœuds.
- Il est vrai que la Russie prépare 4 cuirassés-croiseurs de 52500 tonneaux dont la vitesse sera de 28 nœuds, et qui seront armés de 12 canons de 55 cm. Ces bâtiments doivent être prêts en 1917.
- Voici à propos des Dreadnought quelques renseignements sur le nombre et la répartition des navires de ce genre actuellement à flot.
- ciés. Il faut noter aussi l’entrée en service des paquebots Gallia et Lutetia de la nouvelle Compagnie de navigation Sud-Atlantique qui met enfin au service des passagers entre l’Europe, le Brésil et la République Argentine des navires dignes de nous.
- A l’étrangér, nous devons signaler l’apparition du paquebot allemand monstre Imperalor dont les débuts ont été contrariés par plusieurs accidents. Enfin, l’ouverture réelle, sinon officielle du canal de Panama, doit être portée au compte de Fannée 1915 et ce seul fait suffira à la rendre mémorable au
- Il en existé 97, dont 52 appartiennent à l’Angleterre.-Puis viennent l’Allemagne avec 21, États-
- point de vue maritime comme à tout âutre
- S. J.
- Le Gérant : P. Masso.v — Imprimerie Laiiiuie, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2124. =
- 7 FÉVRIER 1914.
- LA RADIOGRAPHIE DANS LES ARMÉES EN CAMPAGNE
- L’emploi des rayons X a mis à la disposition des chirurgiens un puissant moyen d’investigation, mais, jusqu’à présent, ils ne pouvaient l’utiliser que dans les hôpitaux ou dans des cliniques spécialement installées à cet effet ; et c’est précisément à l’endroit où l’extraction des projectiles, la détermination exacte des fractures, se présentent le plus souvent, sur le champ de bataille, qu’ils manquaient complètement de matériel radiographique. Il s’agit en effet d’appareils assez délicats, qui exigent une source d’électricité relativement puissante, deux
- à la déplacer rapidement sur de longues distances, tantôt à actionner une dynamo de 110 volts et 15 ampères qui produit le courant nécessaire pour obtenir, avec un temps de pose restreint, une bonne radiographie des parties les plus profondes du corps humain. Quant à l’éclairage, il est assuré par une batterie d’accumulateurs qui se charge avec la dynamo.
- Le laboratoire, constitué par la voiture elle-même, réunit toutes les commodités dans un espace restreint. On y trouve une large table pour la manipu-
- Fig. i. — La tente a été déployée sur le côté de la voilure; les appareils ont été disposés pour une radiographie.
- conditions qui paraissent s’opposer à une installation devant être rapidement transportable en un point quelconque. Si on se contente d’un matériel léger, on est obligé de sacrifier la puissance et, de ce fait, les avantages qu’on peut retirer de l’emploi des rayons X deviennent si minimes qu’ils ne compensent pas les inconvénients qu’entraînent le transport et l’entretien des appareils de ce genre.
- Si l’on veut faire de la radiographie en campagne il est indispensable d’avoir une installation homogène et autonome, qui forme un bloc complet, comprenant dans un espace aussi restreint que possible ce qui est nécessaire, et qui reste cependant facilement mobilisable.
- C’est en s’inspirant de ces principes que MM. Radi-guet et Massiot ont construit la voiture radiologique automobile représentée ci-contre. Celte voiture se suffit à elle-même, son moteur étant employé tantôt
- lation des châssis, le séchage des plaques, etc. Une cuve, garnie de plomb et munie d’une claie en bois, est destinée aux opérations du développement et du fixage. L’alimentation d’eau est assurée par un réservoir de 50 litres qu’on peut remplir de l’extérieur. Les cases destinées à contenir les plaques en réserve sont garnies de plomb de façon à les garantir de l’action des rayons X. Toutes les ampoules fragiles sont placées dans des boîtes capi-tonées. L’éclairage en rouge ou blanc est fourni par des lampes alimentées par les accumulateurs, de façon qu’on puisse développer même quand le moteur ne tourne pas.
- La dynamo peut être embrayée sur le moteur depuis le siège du conducteur, le courant produit est envoyé à un tableau de distribution qui le répartit vers les divers appareils et qu’on aperçoit sur notre gravure.
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- On a placé le transformateur, les résistances qui servent à varier l’intensité du courant primaire et tout le circuit de haute tension à proximité du malade de façon que l’opérateur puisse choisir et faire varier lui-même le régime auquel doit fonctionner l’ampoule ; on a obéi surtout à cette considération qu’il est plus facile de transporter, sans danger, en un point éloigné, le courant de basse tension que celui de haute tension. Il peut arriver, en effet, qu’on soit amené à placer la tente où se fait l’opération assez loin de la voiture.
- Le transformateur est à deux enroulements primaires, l’un pour le fonctionnement en régime faible, 1’ autre pour le fonctionnement intensif.
- Un tableau comprenant le m il li ampèremètre et la soupape électrique, se trouve à la partie supérieure du t r ansformateur ; pour le transport ce tableau se replie et on loge la tente dans une caisse spéciale.
- La bobine qui porte le câble de déroulement, qui a 25 mètres de long, sert en même temps de rhéostat pour le courant primaire; les résistances
- nécessaires se trouvent logées dans lame même de cette bobine.
- Le lit d’opération se replie et se loge dans un sac qui est accroché contre la voiture pour le transport. Il a été spécialement étudié pour présenter le maximum de commodité et de solidité ; le porte-ampoule est aussi parfaitement rigide et amovible, son montage se fait très rapidement sur une partie quelconque du lit. Il peut arriver que la photographie ne soit pas nécessaire et on a prévu ce cas
- en . ajoutant au matériel de la voiture une chambre noire qui permet, en plein jour, l’examen radioscopique sur l’écran phosphorescent.
- Cette voiture constitue en somme le laboratoire aussi complet qu’on peut le désirer et on pourra l’utiliser non seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix pour aller faire de la radiographie dans les endroits qui ne sont pas pourvus du matériel nécessaire à cette opération, comme par exemple dans les champs d’aviation et dans les petits hôpitaux militaires. G. Mareschal.
- LA LUTTE CONTRE LES LIMACES
- On se plaint, un peu partout, des dégâts des limaces, dans les potagers, les jardins et les champs. Par les temps doux et humides, elles mettent à mal les jeunes semis de légumes et peuvent, en outre, souiller les salades de germes de maladies (germes d’ascarides lombricoïdes), ramassés sur les matières fécales. Elles mettent en coupe réglée les jeunes trèfles, les semis de blé, seigle, orge, les leverolcs, les colzas, etc. Elles s’en prennent, aussi* aux fleurs, coupent les tiges, sucent les boutons. Au printemps, après un hiver sans gelées, les escargots envahissent les vergers, les vignobles. Ils grimpent sur les arbres d’ornement, sur les arbres fruitiers, sur les ceps, rongent les bourgeons ou nuisent à leur épanouissement par leur bave visqueuse.
- Qu’il s’agisse de la petite limace grise, la plus commune (Limax agrestis), appelée « loche » dans-quelques régions, de la limace des jardins (Ariwv hortensis), noire ou rougeâtre, ou de colimaçons,
- escargots, hélix, etc., la lutte n'est pas commode, pour peu que l’ennemi abonde : il opère la nuit et il se couvre d’une cuirasse gluante.
- Le jour, il reste tapi dans les anfractuosités des murs, sous les pierres, sous les mottes, aux environs des bois, des fossés, dans tous les endroits frais et abrités du soleil, le long des murs, dans le lierre, les hautes herbes, les broussailles, les ronces, les haies des sentiers et des terres incultes. Défricher ou brûler cette végétation spontanée dans le voisinage des plantations est la première précaution à prendre. C’est aux abords de leurs retraites, qu’elles quittent à la tombée de la nuit, et qu’elles regagnent de bon matin, qu’il faut faire usage des armes dont on dispose.
- La chasse directe est, sans contredît, le procédé le plus efficace. On' se munit d’une lanterne et, armé de. ciseaux, de pincettes ou d’une fourchette au bout d’un bâton, on coupe, écrase ou pique le mollusque dévastateur : un pot contenant un peu de
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- sulfate de cuivre, de sulfate de fer ou de pétrole achèvera l’œuvre de mort.
- Le raclage exécuté avec des croskills légers est, paraît-il, d’un usage très courant en Angleterre, sur les jeunes semis de céréales. Toutefois, l’humidité les rend souvent impraticables ou elle en atténue les effets.
- Des pots renversés, des planches rugueuses, des pierres plates, des branchages, des plaques de mousse humide, des tuiles, etc., placés dans les lieux infestés, appuyés contre les murs, sous les espaliers, avant l’hiver, serviront de refuge aux gastéropodes destructeurs.
- Le soir, après arrosage, si la terre n’est pas suffisamment humide, mettre par places, des écorces de melon bien mûr, des écorces d’orange, des rondelles de carotte, de pomme de terre crue, des feuilles de jeune laitue, des feuilles et fleurs d’acacia, de petites planchettes de 20 à 50 cm2 imprégnées de graisse, tenues un peu au-dessus du sol, et espacées de 8 à 10 cm; ou encore des feuilles de chou, de salade graissées. On dit beaucoup de bien de petits tas de gros son humide déposés par-ci, par-là, ou dans des trous, que l’on recouvre d’une tuile. Ou encore, on trace une ligne de défense autour de la plate-bande à préserver. I n bon piège consiste dans un pot à fleurs ordinaire, percé de trous sur les côtés, que l’on enterre à la hauteur de ces trous, puis que l’on munit d’un couvercle, après avoir versé un peu de bière.
- 11 y a aussi les plantes qui attirent les limaces et que l’on peut répartir en quelques points du lieu à protéger, telles.sont : fèves, salades, persil, cerfeuil, choux, mélisse-citronnelle, marjolaine, sariette, thym, menthe, etc. D’autres, au contraire, auraient la propriété de les éloigner comme la moutarde blanche, le chanvre, etc.
- La sciure par les nuits très sèches, les écailles d’huîtres pulvérisées, les soies de porc coupées en petits morceaux, la paille de fer, un cordon de crins, de paille tordue, les branches d’ajonc épineux, les têtes de chardon à cardère, peuvent mettre obstacle à la marche de l’envahisseur.
- On emploie aussi des substances corrosives, acides, bases, mais qu’il faut renouveler après la pluie ou après une forte rosée. Il ne faut pas toujours compter sur leur entière efficacité. A leur contact les limaces et les escargots expulsent une grande quantité de bave qui les isole du corps actif. Il en est de même des poisons qu’on veut leur faire avaler pour peu qu’ils aient quelque goût. On prétend que les matières pulvérulentes, en formant autour de leur corps une sorte de revêtement, peuvent entraîner l’asphyxie.
- En ce qui concerne les matières toxiques, nous ne saurions trop recommander à l’opérateur de prendre de sérieuses précautions : ne pas se frotter les yeux ni les lèvres, ne pas fumer, laver lès légumes avant de les consommer. Éloigner des appâts les enfants, les chiens, la volaille. Ne pas donner à celle-ci les
- limaces empoisonnées. Certains produits peuvent également nuire aux jeunes feuilles des plantes ; en cas de doute, faire un essai préalable.
- On recommande particulièrement la cendre de four à chaux bien tamisée et bien sèche, la chaux vive récemment éteinte, que l’on répand le soir ou de grand matin, à la volée ou en lignes, autour des parties à protéger. Au besoin, dans la journée on lave ou bassine les feuilles avec un arrosoir, et le soir on fait une nouvelle application. Citons encore la chaux hydraulique en poudre, la cendre tamisée seule ou mélangée à du plâtre, à du sel marin, à de la suie (40 pour 100 de sel, 40 pour 100 de cendre, 20 pour 100 de suie). Les scories de déphosphoration qui agissent par leur chaux libre sont un peu moins actives, mais elles ont l’avantage de servir d’engrais (500 à 400 kg. par hectare sur les jeunes semis de seigle). Dans les jardins et, même, en grande culture, c’est le sulfate de fer qui est généralement préféré. Il vaut, en gros, 5 fr. 50 à G francs les 100 kg (500 kg à l’hectare sur les semis de seigle, de blé, sur les champs de trèfle). Le sulfate de cuivre, plus cher (60 francs les 100 kg) s’emploie dissous dans l’eau (5 à 4 kg dans 100 litres). On en asperge les haies, les lieux fréquentés par les limaces. S’il y a des plantes à ménager, il faut ajouter, en outre, à la solution autant de chaux pour éviter les brûlures. On badigeonne aussi les pieds des arbres, des vignes avec de l’eau contenant 5 kg de ce sel par 10 litres d’eau. On imbibe encore de cette solution de la sciure de. bois. En ce qui concerne la vigne, le sulfatage ordinaire appliqué contre le mildiou, mais donné de bonne heure, peu de temps après l’épanouissement des bourgeons, fait fuir les escargots. On peut entourer l’arbre ou le cep d’une bande d’écorce trempée dans un bain de sulfate de cuivre ou la plate-bande d’une ganse de 2 à 5 cm de largeur et traitée de même. Voici une formule un peu plus compliquée. On trace autour du pied de la plante, une ligne circulaire, soit avec de la poix, soit avec un mélange composé d’asphalte bouilli dans du marc d’huile, soit avec une sorte de peinture composée de la manière suivante.
- Dans 100 parties d’eau bouillante, faire dissoudre 25 parties de sulfate de cuivre; ajouter une partie de farine et 5 parties d’ocre. A l’aide d’un pinceau, tracer sur le pied une ligne circulaire large de 10 cm et à 15 à 20 cm du sol. Nous ne signalerons que pour mémoire, et pour les petites cultures, l’eau céleste, ou dissolution de sulfate de cuivre à 4 à 5 pour 100 dans de l’ammoniaque.
- Signalons encore, parmi les engrais, le superphosphate de chaux, le nitrate de soude pulvérisé, le nitrate de chaux, le sulfate d’ammoniaque répandus de grand matin, en évitant d’en laisser tomber sur les feuilles. La suie est très énergique, mais elle est rare, Le purin, l’urine agissent par leur carbonate d’ammoniaque. On les mélange, quelquefois, avec la suie et laisse fermenter. La chaux-azote, ou
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- cyanamide, le crud ammoniac des usines à gaz contiennent des produits cyanures toxiques pour les limaces. On emploie, aussi, l’eau de goudron du gaz, étendue d’eau jusqu’à ce quelle ait la couleur du café clair.
- Comme émulsion, citons celle que l’on obtient avec 1 1. 25 d’huile de colza, 0 k. 1 de savon vert et 8 1. 4 d’eau, ou encore : savon 0 kg 5, pétrole, ou huile lourde de goudron, 0 kg 5 à 1 kg, compléter à 10 1. avec de l’eau. On imbibe, aussi, la sciure de bois avec une solution d’acide phénique, d’huile lourde de pétrole, de carbonyle, etc. La poudre de tabac s’applique en lignes protectrices autour des semis, mais elle perd de son efficacité par un temps humide.
- soleil. Il suffit de les humecter au moment de s’en servir.
- Contre les escargots qui grimpent aux vignes, mettre au pied de la sciure imbibée d’arsénite de cuivre à la mélasse, et pulvériser de cette mélasse empoisonnée sur la souche, surtout à la partie inférieure. On peut, à cet effet, employer la bouillie sucrée Michel Perret. On fait dissoudre 1 kg 5 de cette poudre dans 75 litres d’eau; d’autre part, on fait fondre 500 grammes d’arséniate de soude dans 25 litres d’eau et l’on y verse la bouillie, en agitant constamment. On peut tremper également le son dans cette solution. On emploie de même l’arséniate de cuivre, ou pourpre de Londres.
- L’électrocution des limaces n’est pas à la portée
- Fig. i à 4. — Les ennemis des Escargots et des Limaces. — 1, Escargot attaqué par un Procrustes coriaceus. — 2, Limace grise et staphylin. — 3, Arion des jardins-et carabe doré. — 4, Hélice némorale attaquée par des Lampyres mâle et femelle.
- Le commerce livre des produits divers comme la poudre antilimace Schlœsing que l’on projette sur l’ennemi avec un soufflet.
- M. Paul Noël, directeur du laboratoire entomolo-gique de Houen, recommande tout particulièrement l’appât suivant. On fait une pâte bien homogène, s’émiettant bien, avec un kilo de gros son de blé délayé dans deux verres d’eau, et 100 grammes d’arsénite de cuivre (vert de Scheele ou vert de Paris). Ou bien on mélange un litre de son avec un décilitre de mélasse noire, dans laquelle on a incorporé une cuillerée à soupe d’arsénite de cuivre. Oh dispose des boulettes grosses comme le poing dans les endroits ravagés. On peut faire des galettes qui se conservent indéfiniment : dans 1 kilo de son, ajouter 100 grammes d’arsénite de cuivre, de l’eau et de la gomme arabique en quantité suffisante pour obtenir une pâte, avec laquelle on fait des galettes de 100 grammes environ, que l’on fait sécher au
- de tout le monde. M. Ugo llalberger plante de petites tiges de cuivre distantes de 5 mètres qu’il relie à un courant de 10 volts et il obtient de bons résultats.
- Il est des auxiliaires que l’on oublie trop, et que l’on devrait s’efforcer de protéger, les ennemis naturels des limaces et des escargots, tels que crapauds, que les Anglais, dit-on, ne craignent pas de payer 3 francs la douzaine, les grenouilles, les hérissons, certains reptiles. Parmi les insectes, il y a le Pro-custes coriaceus, sorte de scarabée de 35 à 58 millimètres de longueur, complètement noir, à ailes convexes rugueuses, dont la larve, utile aussi, porte de gros tubercules sur les côtés de chaque anneau de l’abdomen ; le carabe doré et le carabe pourpre ; le Silpha ihoracica (corselet fauve, élytres noires), le Silpha lœvigata (d’un noir brillant) ainsi que sa larve, et le Silpha obscura; le staphylin, le ver luisant, le drile flavescent. Parmi les oiseaux il faut
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- LE DANGER DES ONDES HERTZIENNES — 18!
- citer les cigognes, les merles, les corbeaux. Quant aux poules, on ne peut les laisser circuler partout. Et puis elles se dégoûtent assez vite des limaces qui, dit-on, communiquent un mauvais goût à leurs œufs. Nous ne devons pas trop compter sur les glan-
- dines, ces escargots carnassiers du Mexique qui mangent limaces et escargots, mais qui, hélas! craignent le froid et l’humidité et semblent ne pas s’acclimater dans notre pays. Antonin Rolet,
- Ingénieur agronome.
- LE DANGER DES ONDES HERTZIENNES
- On sait que la brusque décharge de l’étincelle électrique est la source d’une énergie rayonnante capable de provoquer à distance sur des appareils appelés résonateurs de puissants mouvements vibratoires susceptibles d'engendrer à leur tour de nouvelles étincelles, phénomène observé la première fois par le physicien allemand Hertz à l’aide d’un cercle métallique à coupure étroite placé dans un champ inducteur oscillant.
- Or, voici qu’on vient d’utiliser en Angleterre cette curieuse propriété de l’étincelle électrique pour faire sauter à distance la carcasse d’un vieux navire.
- Les détails de l’opération exécutée par les ingénieurs anglais ont été gardés secrets, mais une expérience analogue peut être réalisée par des moyens très simples :
- Remplissez d’un mélange convenable d’oxygène et d’hydrogène (deux volumes d’hydrogène pour un volume d’oxygène) un ballon de verre que vous fermerez avec un bouchon de paraffine, au travers duquel vous aurez fait passer obliquement deux longues aiguilles d’acier dont les pointes émoussées et polies viendront se toucher presque à l’intérieur du flacon.
- Reliez ensuite chacune des aiguilles à deux longs fils isolés, que vous étendrez à terre ou que vous suspendrez à de petites potences dans des directions diamétralement opposées. Soit que vous expérimentiez un jour d’orage ou que vous opériez au voisinage d’une station de télégraphie sans fil, vous n’attendrez pas longtemps l’onde inductrice qui, faisant naître une étincelle entre les extrémités des aiguilles en regard, fera sauter votre flacon comme un pistolet de Yolta.
- L’expérience de l’Amirauté est peut-être la première expérience où l’on ait volontairement fait agir des ondes hertziennes pour une œuvre de destruction; il n’est pas certain, toutefois, que le navire sacrifié soit la première victime de la résonance électrique et j’imagine qu’on pourrait mettre raisonnablement à l’actif de cette dernière plus d’un effroyable méfait.
- La répétition accidentelle de l’expérience de Hertz est, en effet, beaucoup plus commune qu’on ne croit à cause des nombreux résonateurs que le
- hasard dispose un peu partout, sans que nous nous en doutions, sur le chemin parcouru par les ondes électriques ; et il suffit que cette répétition se produise dans un milieu inflammable pour allumer l’incendie.
- Je serais désolé de jeter inutilement l’épouvante parmi les marins, les mineurs, les aéronautes ; cependant, le souvenir des récentes catastrophes où tant des leurs ont trouvé une mort restée mystérieuse me donne le courage de leur dire :
- « Craignez les ondes électriques qui naissent des orages ou qu’utilise la télégraphie sans fil! La rencontre imprévue de ces voyageuses qui franchissent les mers avec la vitesse de la lumière, qui s’entre-croisent brutalement dans l’espace et jusqu’au sein des mines les plus profondes peut causer des malheurs. »
- Pour qu’un paquebot brûle sous une nuée d’orage ou au voisinage d’une station de télégraphie sans fil, il suffit de quelques chaînes ou d’une caisse de ferraille oubliées dans l’atmosphère surchauffée d’une cale à charbon....
- Il n’est besoin, pour qu’un navire saute, que de quelques obus trop rapprochés dans une soute à munitions mal aérée....
- Pour qu’un ballon dirigeable explose, c’est assez d’un contact imparfait ou d’une coupure étroite dans l’armature métallique de son enveloppe....
- Il ne faut, enfin, qu’un peu de poussière de charbon isolant de ses rails un chariot d’acier pour que le grisou s’enflamme dans une mine....
- Les ondes hertziennes rencontrant les masses conductrices de ces chaînes, de ces obus disposés côte à côte, de cette charpente métallique, de ces rails et de ce chariot séparés seulement par l’épaisseur d’une couche de poussière y déterminent par induction des courants alternatifs engendrant, aux endroits où les masses forment entre elles des contacts imparfaits, l’étincelle incendiaire.
- Les exemples suivants souligneront encore l’importance de la puissance inductrice de ces ondes :
- Au poste de télégraphie sans fil duMont-Valérien, à plusieurs kilomètres de Paris, l’émission de la station du Champ de Mars fait naître, par résonance, des étincelles de plusieurs millimètres de longueur
- Expérience du flacon explosant (Fr. Duroquier).
- A. Aiguilles d’acier à pointe arrondie et polie.
- B. Ballon d’essai rempli d’un mélange détonant. CO. Fils métalliques isolés reliés aux aiguilles.
- I. Bouchon de paraffine.
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- ,82 ..ttt- LE DANGER DES ONDES HERTZIENNES
- aux pointes des détecteurs de la table de réception.
- Aux vacances dernières, j’ai remarqué sur le pont d’un transatlantique dont le poste de T. S. F. émettait des signaux, la présence de petites aigrettes brillantes entre deux mailles d’une chaîne posée sur un panneau de bois à l’avant du bateau.
- Un matelot électricien embarqué sur le Condé m’a affirmé qu’il savait tirer des étincelles de la pointe d’une torpille suspendue dans l’entre-pont chaque fois que le poste de bord radiotélégraphiait.
- . Quel amateur de T. S. F. n’a observé lui-même, les jours de pluies orageuses, ces petites perles de feu qui s’égrènent en crépitant à l’extrémité libre d’une antenne, lorsque cette extrémité voisine avec la terre?...
- Les dangereux effets d’induction des ondes hertziennes ne me paraissent pas seulement à
- me poussa à relever sur une carte la position de mon laboratoire par rapport aux deux stations perturbatrices. Je trouvai que mon laboratoire était également éloigné de Rochefort et de Paris.
- Je cherchai alors l’emplacement des régions où, sous le bénéfice de l’hypothèse une première fois vérifiée, l’interférence des ondes émanant des plus puissantes stations ratiotélégraphiques pouvait créer des zones de résonance dangereuses et je constatai, cette fois avec un étonnement ému, que le milieu de la droite imaginaire qui relie la Tour Eiffel à Bizerte, notre plus grande station méditerranéenne, marque l’emplacement de la rade de Toulon où les cuirassés sautent si étrangement....
- Que le milieu de la droite qui relie la Tour Eiffel à Glifden, le plus grand poste européen, est au-dessus des mines de Cardiff qui furent récemment
- AMERIQUE
- O C E A
- Clifden''
- Z\) R OPE ____Paris
- ’t /Anché'J bdre-et-Loire) Rochefort,^ \ çAa
- Lieu de la catastrophe du "Volturno "
- NORD
- Glace-Bay
- Bizerte
- QUE
- AFRIQUE
- craindre sous une nuée orageuse et aux abords des postes d’émission; je les redoute encore tà mi-chemin de deux stations puissantes en travail.
- L'interférence des ondes doit, en effet, donner naissance en cette région à des mouvements électriques particulièrement violents (Q, n'ayant pas le caractère stationnaire, mais analogues aux ventres de tension que détermine par endroits, le long d'un conducteur isolé ci l'une de ses extrémités le passage de courants alternatifs de haute fréquence.
- Disposant d’un poste de T. S. F. d’étude en Touraine, j’avais, maintes fois constaté que les appareils les plus délicats de ma table de réception étaient, mis à mal lorsque les stations de Rochefort et dé la Tour Eiffel transmettaient simultanément et j’avais pu même renouveler sur mon antenne l’expérience du flacon explosant.
- Un jour, la répétition de ce curieux phénomène me donna l’idée du principe énoncé plus hauQet
- 1. Les oncles émanant des stations à transmission sur étincelles rares ou ronflantes sont infiniment plus redoutables que tes ondes émanant des stations utilisant des étincelles nombreuses ou musicales, la quantité d’énergie libérée étant, toutes choses égales, d’autant plus importante que le nombre des étincelles libératrices est moins fréquent.
- le théâtre d’une terrible explosion de grisou....
- Que le milieu de la droite qui relie la Tour Eiffel à Glace-Bay, le plus grand poste américain, marque l’emplacement où brûla mystérieusement le Vol-turno....
- Qu’il n’y ait dans ces observations rapprochées qu’un simple jeu du hasard, je le souhaite avec les plus optimistes ; je conseille, cependant, aux intéressés de se tenir prudemment sur leurs gardes !
- L’expérience décrite et les exemples cités ne démontrent-ils pas suffisamment la nécessité de prendre toutes les précautions possibles contre les effets dangereux des ondes hertziennes et d’éviter sur les bâtiments où fonctionne un poste de T. S. F. la présence de résonateurs dans tout local offrant des craintes d’incendie ?
- r Je serais particulièrement heureux si, pour éveiller une telle préoccupation, ces lignes ne restaient pas tout à fait inutiles.
- L’application de la résonance électrique à la télégraphie sans fil est, sans aucun doute, la plus importante découverte de ce temps ; le génie des hommes en a fait un auxiliaire de salut contre les plus grands périls, puisse leur imprévoyance ne pas en faire aussi une semeuse de désastres ! Franck Düroquier.
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- LA NEIGE DANS LES GOUFFRES DES PYRÉNÉES
- Fig. i. — Le pic d’Anie (2 504 m. au fond) et la vallée qui le sépare du Soum de Lèche. Vue prise du gouffre d’Escuret [avril içi3).
- 11 est intéressant de chercher à reconnaître comment les abîmes engouffrent les précipitations, dans les régions montagneuses surtout, où elles sont très copieuses. Pluie ou neige, atteignent une grande abondance dans la portion occidentale du versant français des Pyrénées et surtout vers le Pic d’Anie (2504 m.), autour duquel deux explorations hydrologi ques ont été faites en 1908 et 1909 par M. E.-À. Martel et ses collaborateurs, par ordre du Ministre de l’Agriculture, sur l’initiative de M. Dabat, directeur général des Eaux et Forêts.
- Ces expéditions, dont je m’honore d’avoir fait partie, nous ont permis de reconnaître le développement con-
- sidérable des phénomènes souterrains dans la région limitrophe de la frontière espagnole à l’ouest du Pic d’Anie (fig. 1) . Il existe là une zone absolument trouée en écumoire ! Plus particulièrement sur les flancs du Soum de Lèche (1835 m.) et dans ses environs immédiats nombre d’accidents se rencontrent, très spécialement dignes d'intérêt. Il serait inutile ici de dénombrer tous les gouffres qui trouent le Soum de Lèche (j’en ai trouvé un récemment ayant échappé à nos investigations antérieures, fig. 4), et impossible de préciser le développement de la fissuration de l’ensemble du massif.
- Deux gouffres très profonds > celui de la Pierre Saint-Martin (fig. 7 à 9) et celui d’Escuret, s’ouvrent sur le ver-
- Cabane du Trou de Coup.
- sant nord et presque au sommet (1700 m.) du Soum de Lèche : ils ont 60 et 100 m., respectivement, de profondeur ; au mois d’août 1908, leur exploration (incomplète pour le premier à cause des chutes de pierres) les révéla comme occupés au fond par un bouchon de neige, très important à Escuret. — Sur le versant nord et plus bas vers 1500 m., d’autres puits moins profonds contenaient aussi à la même date de la neige sur une grande épaisseur ; quand ils ne sont pas disposés en talus sur une pente, ces amas de neige se présentent sous l’aspect d’un tas isolé des parois, et s’élevant au milieu du puits. A constater ces accumulations persistantes au cours de l’été, on est tenté d’admettre qu’elles sont les restes d’un comblement
- Fig. 3. — Uit grand entonnoir du versant N; du Soum ' de Lèche. — Talus et corniche de neige (avril içi3).
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- 184 ......NEIGE DANS LES GOUFFRES DES PYRENEES
- hiverna], opinion motivée par- la' disposition plus ou moins en entonnoir de l’ouverture des gouffres, et renforcée encore par l’assertion des pâtres de ces régions. Mais les observations-qjtie j’ai poursuivies depuis trois ans et précisément à la fin de l’hiver tendent à démontrer qu’il en e9t tout autrement : je l’avais soupçonné des l’abord devant la difficulté
- Fig. 4. — Nouveau gouffre trouvé sur le versant N. du Soum de Lèche, non comblé par la neige (avril igi3).
- d’admettre le remplissage de ces profonds et naturels « nivomètres » par des précipitations qui, somme toute, se traduisent par une épaisseur de quelques mètres de neige, une dizaine tout au plus.
- C’est à l’époque du début de la fonte annuelle des neiges que j’ai surtout examiné ces gouffres, et chaque année pendant plusieurs jours. Or, aucun ne s’est montré rempli réellement, quoique certains
- offrissent l’apparence du remplissage, étant obstrués par un bouchon de neige compacte et glacée (fig. 7 à 9) ; quant aux petites ouvertures, elles disparaissent sous le nivellement de neige général du sol. Pour les ouvertures moyennes, et dans certaines circonstances, un véritable pont s’établit, engendré sans doute par les couches successives
- Fig. 5, 6. — Trou de Coup. — 1. L’orifice vu en été. — 2. Fusion du bouchon de neige qui le recouvre en hiver.
- débordant en corniche les unes par-dessus les autres et arrivant ainsi à obstruer une ouverture même relativement grande. Le vent chassant la neige et les tourbillons prenant naissance (ainsi que je l’ai reconnu expérimentalement) à l’ouverture de ces trous, dont les bords offrent des aspérités de hauteurs inégales, doivent être les agents principaux qui facilitent l’établissement de ces formations. On
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- voit, sur la figure 5, l’embryon d’une telle corniche ayant tendance à s’établir au niveau de l’ouverture d’un large entonnoir. Si, au contraire,l’ouverture est très grande, comme à Escuret, avec disposition inclinée d’une des parois, celle-ci se recouvre seulement d’un important talus de neige. Il en est de même pour les vastes entonnoirs. Sur les étroits orifices, comme le trou de Coup (fig.5,6),qui disparaissent totalement, je le répète, sous le nivellement général, les ponts s’établissent avec la plus grande facilité.
- Tassée sous son propre poids et cimentée par des fusions partielles, la couche neigeuse devient très compacte. A l’époque de la fonte, celle-ci commence à se faire sentir au contact des points d’appui (tig. 6), aidée en cela par le suintement ; ponts ou talus s’écroulent alors partiellement ou en entier et finissent par tomber au fond en manière d’avalanche. Ainsi s’explique aisément la présence estivale des masses glacées décrites plus haut, même à une
- LA NEIGE DANS LES GOUFFRES DES PYRÉNÉES
- Fig. 7, 8,9. — Gouffre de la Pierre Saint-Martin. — 1. L'orifice en été. — 2. Bouchon de neige en hiver (avril 1911). — 3. Corniches de neige en avril içi3.
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- faible profondeur et nullement pro-portionnées, comme importance, aux profondeurs des gouffres considérés. En effet, si le remplissage avait été total, ou presque, on ne voit pas pourquoi la neige ne persisterait pas à un niveau général moyen, à partir des ouvertures, profondeur commandée par l’influence des divers facteurs extérieurs engendrant la fusion et l’ablation, et qui ne saurait être considérable.
- De même que pour la rupture du bouchon, l’ablation delà neige tombée se fait surtout au contact des parois, ce qui explique l’isolement des tas glacés au milieu, dans les excavations à peu près verticales. II. se pourrait même que la fusion se continuât lente-' ment au cours de la saison hivernale, dans le cas d’obstruction complète (ou presque) ; alors l’équilibre de la température, d’une réalisation déjà si difficile par une ouverture étroite, ne s’établit plus avec l’air extérieur, et le gain acquis pendant le libre accès estival doit persister un long temps2
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- 186 :.. : LA NEIGE DANS LES GOUFFRES DES PYRÉNÉES
- Cotte stabilité de l’air d'un puits — sans libres ramifications provoquant des courants d’air — est telle que, par exemple, au Trou de Coup (90 m. de profondeur), dès 15 m. je n’ai pu noter qu’une variation diurne de 1°, tandis qu’à l’extérieur elle était de dix à douze fois plus forte.
- C’est pourquoi, sans doute, l’examen — dans les cas possibles — de l’intérieur de certains puits avant la chute des « avalanches » montre qu’alors ne
- ture ne parviennent pas à se concentrer au fond. En plus des gouttes d’eau et surtout des flocons, susceptibles d’être rejetés sur les bords grâce aux tourbillons provoqués par la disposition des parois, cette même cause éolienne peut prélever aussi une certaine quantité de neige pulvérulente sur la surface des ponts et talus, réduisant ainsi les produits de la fusion ultérieure. Jusqu’à quel point ces conditions se traduisent-elles par un résultat sensible?
- Fig. io. — Grand entonnoir du versant N. du Soum de Lèche, en été. Comblement du fond par les éboulis, et allure de la stratification.
- s’aperçoit aucun dépôt vraiment important de neige fraîche,Tes flocons lors des premières chutes pouvant fondre en partie avant leur arrivée au fond, à de rares exceptions près.
- Les masses tombées en avalanches résistent mieux. Il suffit d’invoquer les conditions de chute, les ayant fortement tassées. Il arrive souvent qu’à l’air libre, les analogues débris d’avalanche persistent d’une façon inusitée en raison même de leur masse et de leur nature. Dans les Pyrénées on peut citer, par exemple, l’avalanche tombée aux environs de Ba-règes vers 1300 m. le 6 février 1889 et dont les derniers débris n’étaient pas encore fondus le 20 octobre!... Il y a certainement disproportion entre de telles masses et celles qui tombent dans les gouffres ; mais les conditions respectives des deux événements font compensation.
- Les relations de l’intérieur avec l’extérieur sont certainement fort complexes. Les conditions qui se réalisent aux niveaux des ouvertures, par suite de la disposition et de l’orientation de ces dernières, ont une grande importance, et, à cause des remous dont il a été question plus haut, il est possible dans certains cas que toutes les précipitations capables de.tomber sur la surface correspondant à 1 ’ouver-
- II serait intéressant de le déterminer. Mais en tous cas, il serait peut-être téméraire d’assimiler tous les gouffres à autant de pluviomètres totalisateurs.
- Les observations suivantes, pour terminer, tendent à confirmer pleinement en les amplifiant les vues de M. Martel qui estime que les gouffres ne servent plus à l’alimentation du sous-sol que par absorption en petit, mais constituent en somme les témoins d’une action antérieure dans des conditions differentes, disparues ou très amoindries.
- Au Soum de Lèche, ces formations se rencontrent sur les versants sud et nord de la montagne, et leur allure générale est la même, à savoir : direction de l’axe, qui est incliné vers le sud par rapport à la verticale; une paroi presque parallèle à cet axe, tandis qu’en face s’est établie une pente d’inclinaison et de profondeur variées. Quoique situées sur des versants opposés, ces excavations ont par rapport les unes aux autres une disposition identique (fig. 41). C’est une conséquence du redressement local de la stratification. Si bien que les abîmes de la Pierre Saint-Martin et d’Escuret sont à contre-pente, leurs entonnoirs ne recueillant actuellement que ce qui y tombe directement, alors que les autres peuvent collecter tous les produits
- Fig. ii. — Coupe N.-S. du Soum de Lèche.
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- STABILISATEUR AUTOMATIQUE WRIGHT POUR AÉROPLANES = 187
- du ruissellement supérieur, sur une large surface. On constate également que les deux premiers sont beaucoup plus profonds que les seconds, lesquels sont le plus souvent des entonnoirs sans profondeur considérable, mais très vastes d’entrée (fig. b et 10). Tout fait croire que ce sont des gouffres obstrués. La chute des masses de neige entraîne celle de nombreux matériaux, représentés tant par la quantité des poussières atmosphériques formant un sédiment non négligeable, que par l’action mécanique du glissement des avalanches qui tend à dégrader, en l’agrandissant, le bord de l’entonnoir ; la chute des neiges, au lieu d’avoir creusé les gouffres comme certaines hypothèses l’admettent, tendrait plutôt à les combler tout en agrandissant leur ouverture. À ces débris abandonnés par les fusions annuelles s’ajoutent ceux provenant du ruissellement proprement dit.
- Cette manière de voir semble confirmée encore par l’examen du Trou de Coup, demeuré très profond (90 m.), mais ne possédant qu’une étroite
- ouverture partiellement obstruée de gros blocs éboulés la rapetissant encore (fig. 5) ; les chutes de neige y sont réduites au minimum, à tel point qu’il n’en reste pas en été. D’autre part, à la Pierre Saint-Martin et à Escuret, près du sommet et à contre-pente, la profondeur est également considérable. Ainsi ces derniers gouffres paraissent les témoins restants d’une disposition topographique tout autre, d’un ancien versant, continuation, de celui du nord actuel, ou tout au moins d’un fond qui s’est surcrcusé, présentant maintenant la structure d’un immense et accidenté lapiaz dont l’aspect montre clairement l’importance de l’œuvre qui s'est accomplie ici.
- Comme conclusion générale, il faut admettre que ces formations remontent à une époque extrêmement reculée, antérieure au modelé présent de la région, et se sont établies par suite d’actions dont le travail et l’ampleur se poursuivaient sur une échelle singulièrement plus considérable qu’actuellement. Lucien Rudaüx.
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- LE STABILISATEUR AUTOMATIQUE WRIGHT POUR LES AÉROPLANES
- Les Wright, qui ont créé l’aéroplane, se sont de bonne heure ingéniés à lui donner la stabilité. Toutefois le stabilisateur automatique qu’ils avaient breveté en 1909 n’avait pas jusqu’à présent reçu la consécration du lancement commercial. Voici qu’au contraire une série d’informations, lancées d’Amérique, viennent d’aviser la vieille Europe que les temps sont révolus; des descriptions, vagues à souhait, sont venues exciter notre curiosité, tandis que des témoignages enthousiastes, produits en abondance dans la presse, nous font pressentir des merveilles. Il s’agit d’un appareil non encore définitif peut-être, mais réalisé, et qui a volé.
- Il y a exactement 10 ans que fut vécue cette grandiose et silencieuse épopée des premiers vols humains, réalisés dans les solitudes de Daylon, et que le monde entier devait ignorer pendant 4 ans encore. Seul survivant de ces journées héroïques, Orville Wright porte un nom dont le prestige est immense. Or, il n’a pas hésité à proclamer que son stabilisateur donnait enfin la clef du problème de la sécurité et allait mettre fin à l’hécatombe des aviateurs. D’autre part, l’enthousiasme des feuilles d’outre-Atlantique est nuancé d’un certain scepticisme. Qu’en est-il au juste? Une description, plus précise, publiée par Scientific American, va peut-être nous éclairer.
- D’après cette revue, l’appareil est, tout au moins dans ses caractéristiques essentielles, représenté par la figure I. Il ne diffère que par des détails de construction du dispositif décrit dans le brevet primitif. Il vise à la fois l’équilibre dans le sens latéral et dans le sens longitudinal. Le principe de stabilisation appliqué pour l’équilibre latéral est
- celui du pendule ; on sait en quoi il consiste : si les commandes d’un avion sont reliées à une masse pesante librement suspendue, cette masse tend naturellement à rester selon la verticale, et par suite rappelle l’aéroplane entier dans la position primitive, lorsqu’il tend à s’en écarter.
- On aura donc une tige A lestée à son extrémité inférieure (qui oscille entre les butées H), et une transmission grâce à laquelle les mouvements de cette tige commanderont ceux des dispositifs de stabilisation latérale que tout avion possède : gauchissement (ou ailerons) et gouvernail de direction. Cette transmission se fait par le robinet à trois voies B, qui règle l’envoi de l’air comprimé du réservoir C, vers le servo-moteur D : celui-ci pousse la tige E, en avant ou en arrière et, dès lors, la poulie J entraîne les câbles de commande G reliés aux extrémités des ailes et au gouvernail.
- Dans le sens longitudinal, l’équilibre est basé sur un tout autre principe : cette fois il n’y a plus de masse oscillante, mais un petit plan 5 qui forme girouette : orienté de manière à s’effacer exactement dans le vent lorsque le vol est horizontal, il commande, par le cadre 6 (mobile entre les butées 9), et la tige 7, une transmission tout à fait semblable à celle qui vient d’être décrite pour l’équilibre latéral (robinet à trois voies 4, servo-moteur 1). Cette fois le mouvement est naturellement communiqué, par la tige 2 et la poulie 3, au gouvernail de profondeur, visible à la partie droite de la figure.
- Quand l’aéroplane oscille dans le vent, le plan 5 est pris par dessus ou par-dessous par le courant d’air : il fait girouette et actionne alors la transmission.
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- 188 = STABILISATEUR AUTOMATIQUE WRIGHT POUR AÉROPLANES
- Le stabilisateur Wright. (F
- Ainsi, si le principe de stabilisation latérale est celui du pendule, celui qui s’applique à la stabilisation longitudinale est celui de la girouette, c’est-à-dire de l’empennage. Or, le pendule comme l’empennage sont bien connus. L?un et l’autre sont appliqués dans beaucoup d’appareils actuels, ceux dont, le centre de gravité est bas (4) et ceux dont l’empennage n’est pas placé à l’envers — ce qui s’est vu et continue à se voir.... L’un et l’autre enfin ont leurs
- ÉRUPTIONS VOLCANIQUES ET
- Depuis la terrible éruption du Taal, volcan de Me de Luçon, le 30 janvier 19H (Voy. n° 2065), quatre nouvelles éruptions volcaniques ont été signalées dans le Pacifique, celles du volcan Asama-Fama au Japon, le 8 mai 1912, du Mont Katmai dans l’Alaska, le 6 juin 1912, d’Ambrym aux Nouvelles-Hébrides (voy. n° 2118) et du Sakurashima au Japon. La première a été étudiée par le professeur Omori qui a fait à son sujet des constatations intéressantes sur les variations de la pression barométrique, la seconde par MM. G. G. Abbott etE. Fowle qui effectuèrentpendantl’été 1912 de nombreuses observations pyrhéliométriques et spectrobolométriques, respectivement au Mont Wilson en Californie et à Bassour en Algérie.
- De l’ensemble des mesures, ces savants ont déduit que l’intensité du rayonnement solaire durant cette période a présenté une forte dépression qui atteignit environ 20 pour 100 dé la valeur normale. En outre, les déterminations spectrobolométriques leur ont permis d’établir que cette diminution était tout particulièrement marquée dans la région infra-rouge du spectre.
- Cette remarque faite par C. G. Abbott et E. Fowle
- 1. Notamment l’appareil Moreau.
- roduit de Scientific American.)
- défauts, qui sont classiques : dans les rafales, le pendule agit à contresens, tandis que l’action de l’empennage, semblable aux carabiniers célèbres, arrive souvent trop tard.
- Et ceci dicte notre conclusion : l’introduction de cet appareil sur le marché peut être un événement commercial, mais nullement un' événement technique. Son insuffisance est depuis longtemps démontrée. R. Chassériaud.
- TEMPÉRATURES TERRESTRES
- est digne d’êtré notée. Elle nous enseigne, en effet, que les dimensions des particules interposées sur le trajet du rayonnement solaire étaient, dans leur ensemble, beaucoup plus grandes que celles des corpuscules qui provoquent le bleu du ciel.
- La diminution de la transparence atmosphérique ne présenta point, d’ailleurs, un caractère local. Les observations effectuées, en effet, en divers points de la surface du globe, montrent que, pendant cette période, le ciel présenta généralement un aspect brumeux particulier qui lui donnait en certaines régions « l’apparence dénommée par les météorologistes, Macherel Sky », bien qu’il n’existàt pas de nuages, à proprement parler.
- Aussi, adoptant l’opinion de G. Ilellmann(I) MM. C. G. Abbott et E. Fowle exprimèrent-ils l’avis que la cause première de la décroissance du rayonnement solaire devait être recherchée dans une influence exercée sur la transparence de l'atmosphère par les poussières projetées dans l’espace, par l’éruption du volcan du Mont Katmai, en Alaska.
- 1. Meteorologische Zeitschrift, janvier 1913.
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- - ÉRUPTIONS VOLCANIQUES ET
- M. C. G. Abbott avait déjà formulé une hypothèse semblable (Yoy. Monthly Weather Review, vol. XXX, 1902, p. 172) à propos de la dépression, pour la période 1884-1886, des moyennes annuelles de l’intensité du rayonnement solaire d’après les mesures faites par Crova à Montpellier. M. C. G. Abbott avait attribué cette dépression à la présence dans l’atmosphère des poussières provenant de l’éruption du Krakatoa en 1885.
- Plus récemment M. Dufour à Lausanne (Yoy. Y Insolation en Suisse, p. 29), M. II. II. Kimball à Black Montain (Voy. Abnormal variations in insolation; Monthly Weather Review, n° 5; 1905), puis M. E. Marchand au Pic du Midi (Annuaire de la Société météorologique de France pour 1905, p. 40-45), constatèrent une diminution analogue, de décembre 1902 à février 1904, qu’ils attribuèrent aux poussières projetées dans l’atmosphère lors de l’éruption de la montagne Pelée.
- Il semble naturel de penser que les perturbations dans l’intensité de la radiation solaire doivent avoir leur répercussion sur les phénomènes météorologiques observés à la surface du globe, mais il convient aussi d’ajouter que le problème est extrêmement complexe et présente de grandes difficultés.
- L’étude de cette question a été commencée par P. Langley dans un important mémoire publié dans Astrophysical Journal (vol. XIX, p. 505-521), sous le titre « On a possible variation of the solar radiation and its probable elîect on terrestrial température ».
- J’ai moi-même montré que la quantité de chaleur que la surface de la Terre reçoit du Soleil, présente une variation dont la période est sensiblement égale à celle de la variation de l’activité solaire évaluée par le nombre des taches, des facules ou des protubérances. Les courbes figuratives des deux phénomènes sont analogues, mais inverses. De plus, alors que les courbes des taches, des facules et surtout des protubérances accusent une allure nettement descendante, la courbe des calories présente au contraire une marche ascendante (*).
- Le problème a été repris ces temps derniers par MM. C. G. Abbott et E. Fowle, à l’occasion de l’éruption du Mont Katmai (2).
- Les températures terrestres sont sous la dépendance d’un si grand nombre d’influences variables que souvent les effets généraux se trouvent à peu près complètement masqués par quelques causes secondaires locales. Les recherches effectuées par divers auteurs ont cependant établi que les températures terrestres présentent une périodicité analogue au cycle des taches solaires d’environ 11 ans. Kopper, Arctowski, Nordmann, Newcomb, Abbott et Fowle, et d’autres, ont trouvé que la température atteint généralement une valeur maximum au moment du minimum des taches solaires (3). En réalité, l’accroissement de température est plus grand que celui qui résulterait uniquement d’un affaiblissement du rayonnement solaire occasionné par la présence de taches, de sorte qu’il est permis de supposer que leur apparition est accompagnée de quelque phénomène secondaire qui affecte les températures terrestres. Certaines fluctuations thermiques, d’ordre général, ne peuvent être complètement expliquées par la seule influence des taches solaires (4).
- 1. Voy. J. Loisel. Thèse de doctorat ès sciences physiques.
- 2. C. G. Abbott et F. E. Fowle. Volcanoes and climate dans Smithsonian Miscellaneous Collections, vol. LX, n° 29.
- 3. Voy. J. Loisel. Cycles solaires et météorologiques. La Nature, n° 1983.
- 4. Yoy. C. Flammabion et J. Loisel. Bulletin de la Société astronomique de France, 1912, p. 292.
- TEMPÉRATURES TERRESTRES == 189
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- MM. C. G. Abbott et F. E. Fowle ont recherché si en combinant l’influence des taches avec celle des brouillards volcaniques sur le rayonnement solaire, il ne serait pas possible d’obtenir une correspondance plus étroite entre les phénomènes solaires et les températures terrestres.
- La courbe du haut (fig. 2) est la courbe régularisée de la radiation solaire pour la période 1880-1910; la courbe suivante est la courbe adoucie des taches solaires d’après Wolfer; la 5° est une combinaison des deux précédentes ; la dernière représente la marche générale de la température à la surface des États-Unis.
- Bien que les courbes des taches solaires et des températures terrestres offrent dans leur allure générale une grande analogie, elles laissent apercevoir aussi de nombreuses discordances. Par exemple, le maximum des taches solaires de 1895, a été plus important que celui de 1885 ou de 1906. La courbe des températures indique cependant un accroissement général de température pour l’ensemble de la période. De même encore, la température a commencé à décroître en 1890, quoique le soleil fût en repos, à une époque de minimum, et commence à se relever en 1892, alors que les taches solaires n’avaient pas encore atteint leur phase maximum.
- Les autres parties des courbes révèlent des discordances analogues.
- Toutefois, si l’on compare la courbe, la combinaison des taches solaires et des brouillards volcaniques avec celle de la moyenne des températures maxima pour les Etats-Unis, la correspondance apparaît plus frappante. De même la courbe des températures moyennes montre des fléchissements qui coïncident singulièrement avec les dates de grandes éruptions. Mais, si nous considérons la courbe thermique pour l’ensemble de la région, la relation, quoique apparente, ne ressort pas d’une façon bien nette. Il est vrai qu’il y a lieu de tenir compte de l’intervention d’influences perturbatrices et que c’est peut-être trop espérer que de croire possible une parfaite analogie.
- En terminant cette étude préliminaire, MM. C. G. Abbott et F. E. Fowle expriment l’opinion que la question de l’influence des poussières volcaniques sur les températures terrestres, mérite d’être prise en considération et qu’il semble qu’on puisse considérer comme infiniment probable que les grands brouillards, tels que ceux produits par les éruptions de 1885, 1888, 1892, peuvent abaisser la température en divers points du globe peut-être de plusieurs degrés. J. Loisel.
- CHRONIQUE
- Les brevets d’invention en France. — 11 a été
- accordé en 1912, 15 787 brevets (dont 1681) certificats d’addition) contre 15 595 en 1911. Sur ce nombre, 7557 provenaient de France ou des colonies françaises, 5000 d’Allemagne, 1689 des Etats-Unis, 1168 de Grande-Bretagne,-458 de Suisse, 577 de Belgique, 557 d’Autriche, 248 d’Italie, 129 de Russie, 122 de Hongrie.
- L’exportation des chevaux français. — On a
- émis récemment la crainte que nos exportations de chevaux, et particulièrement de chevaux d’armes, ait pris une telle extension que le recrutement de notre armée en soit menacé. M. Marcel Vacher vient de remettre les choses au point dans le Bulletin de la Société nationale d’agriculture. D’après les statistiques officielles, notre
- élevage produit chaque .année 50 000 chevaux en excédent. En 1912, nous avons importé 6585 chevaux dont un millier environ, venant surtout de Belgique, destinés à la boucherie. En 1910, nous en avons importé 9569 et en 1911, 7795. En 1912, nous avons exporté 52 690 têtes au lieu de 50 617 en 1911 et 27 118 en 1910. Ainsi, nos importations diminuent et nos exportations augmentent, mais cela n’est qu’une preuve de l’activité de notre élevage national. Sur les 22 500 chevaux d’armes exportés, 5570 ont été achetés par l’Allemagne, 4107 par la Belgique, 4496 par la Suisse, 5759 par l’Italie. Les statistiques douanières relatives aux neuf premiers mois de 1915 n’indiquent aucune augmentation des achats faits par l’étranger. Les craintes exprimées par divers journaux sont donc exagérées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 26 janvier et 1 février 1914. — Présidence de M. Appell.
- Variation du pas des vis micrométriques. — En astronomie beaucoup de mesures de précision se font à l’aide de fils que déplace une vis micrométrique travaillée avec le plus grand soin, de telle sorte que tous les pas sont bien égaux. Mais la valeur angulaire qui correspond à ce pas est modifiée par la température. La détermination de l’influence de la température sur une vis est une opération longue et délicate. M. Bigourdan indique un procédé simple qui utilise une méthode indiquée récemment par M. Lippmann pour déterminer par autocollimation la véritable distance focale d’un objectif.
- Production de champs magnétiques intenses. — La production de champs magnétiques intenses est un desideratum des physiciens. O11 l’obtient habituellement à l’aide d’électro-aimants. Or, réchauffement des bobines
- impose pratiquement une limite à l’intensité des courants employés et, par suite aux champs réalisés. MM. Deslandres et Pérot ont imaginé un appareil de faible poids, qui utilise comme conducteur un ruban large, mince, placé dans un courant de pétrole refroidi. Le pétrole refroidi enlève l’excès de chaleur provoqué par le passage du courant; de plus il offre l’avantage de constituer un isolant excellent. MM. Deslandres et Pérot ont pu ainsi réaliser un champ de 50 000 gauss et il est à prévoir que l’on pourra atteindre un chiffre sensiblement plus élevé.
- Géologie de la Lorraine. — M. Pierre Termier expose qu’un sondage pratiqué à Bois-Chaté (Lorraine) a permis à M. René Nicklès d’établir une coupe de l’infra-lias et du trias de Lorraine en ce point. L’épaisseur totale du lias qui est de 224 mètres dans la région de Pont-à-
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- LES GLACES ET LES USINES HYDRAULIQUES
- Mousson est à Bois-Chaté de 568 mètres. Par contre le trias inférieur y est beaucoup moins épais qu’à Pont-à-Mousson.
- Géologie du Var. — M. P. Termier fait ensuite connaître que diverses observations de M. J. Repelin ont amené ce géologue à penser qu’il n’y a pas dans la partie septentrionale du Var une grande nappe (nappe du Roussillon de MM. Haug et Léon Bertrand), mais seulement des plis couchés à faible chevauchement.
- Origine des dolomies. — M. Longchambon a étudié la répartition de la dolomie dans les cycles sédimen-taires. La phase dolomitique suivrait, dans la période de destruction de chaque grande chaîne, la phase de dépôt des grès rouges.
- Lampe à vapeur de mercure. -— M. Bouty expose que MM. Darmois et Maurice Leblanc ont réussi à utiliser le courant alternatif dans la vapeur de mercure. Le rendement de l’appareil est de 1/5 de watt par bougie.
- Le sucre du sang. — MM. Bierry et Albert Ranc présentent un travail sur le sucre protéidique du sang. Us ont établi les rapports qui existent entre les poids de matières albuminoïdes et de ce sucre chez différents animaux, qu'il s’agisse de sang artériel comme de sang veineux. *
- Anaphylaxie indirecte. — M. Richet expose que si l’injection des substances colloïdes détermine des phénomènes d’anaphylaxie, on n’a jamais réussi à en observer à la suite d’injections de substances non colloïdes. Il a obtenu à l’aide du chloroforme des résultats qui paraissent au premier aspect renverser les faits admis. Pour caractériser ces résultats, il s’est adressé à la leucocytose. La chloroformisation ne détermine ni le jour même, ni les jours suivants la multiplication des leucocytes. Mais si à un chien qui a été déjà soumis à la chloroformisation, on administre de nouveau le chloroforme quelques jours plus tard, on observe cette multiplication. Quelle explication peut-on donner de cette particularité? On sait que le chloroforme agit sur le rein et le foie; il provoque la désintégration des cellules rénales et hépatiques. Cette désintégration a lieu avec production de colloïdes. Ce sont ces colloïdes qui par voie indirecte déterminent l’anaphylaxie. 11 faut donc désormais distinguer deux anaphylaxies, la première directe, la seconde indirecte. Peut-être le phosphore qui agit sur le foie provoque-t-il l’anaphylaxie indirecte.
- Perméabilité des feuilles pour les rayons ultraviolets. — M. Mangin fait connaître que M. Dangeard a étudié, par un grand nombre d’expériences, la transpa-
- rence des feuilles vis-à-vis des rayons ultra-violets fournis par la lampe en quartz à vapeur de mercure. Chez un certain nombre de plantes dont plusieurs fougères, les feuilles sont plus transparentes que le verre pour ces rayons. En effet, les rayons de longueur d’onde 253 traversent encore ces feuilles alors que le verre arrête les rayons ultra-violets à partir de 500. C’est un résultat assez inattendu si l’on songe que les feuilles ont une structure complexe. Les feuilles de primevère et celles de bégonia ont la même transparence que le verre pour la radiation ultra-violette, alors que celle-ci est complètement absorbée par un grand nombre d’autres feuilles.
- Notice scientifique. — M. De Launay fait hommage d’une notice détaillée sur la vie et l’œuvre de Michel Lévy. La partie scientifique est très développée et donne à cette notice un puissant intérêt.
- Poisso?is apodes. — M. Roule présente un mémoire sur les phases larvaires et la métamorphose des Nemich-tydés, poissons apodes remarquables par la longueur de leur museau effilé en bec pointu. Ces larves proviennent des croisières du prince de Monaco.- L’auteur leur a donné le nom de Tilurella nemichtydes et décrit successivement la larve elle-même, puis l’hémilarve ou phase de métamorphose. Ce développement embryonnaire se rattache au type leptocéphalien qui paraît être général et caractéristique chez les Apodes.
- Géologie de la Provence. — M. Pierre Termier présente un travail de M. Haug sur la zone triasique de Vüuveauhe, au- nord de Marseille, entre Pont-de-l’Étoile et Saint-Zacharie. Cette zone déprimée est formée par du trias charrié, comme Marcel Bertrand l’a vu depuis longtemps. Ce trias supporte au sud des lambeaux jurassiques mais décollés de leur substratum triasique et dont le plissement secondaire est beaucoup plus compliqué. Ce manteau jurassique a été traîné directement sur le crétacé autochtone. M. Termier analyse ensuite un mémoire de M. Léon Bertrand sur la prolongation de la nappe du Roussillon dans le sud-ouest des Alpes-Maritimes, jusqu’à la vallée du Var. Les curieux accidents tectoniques de la région de Grasse et du Broc sont dus à des replis de la nappe en question. La nappe est un phénomène pyrénéo-provençal. Les replis sont des mouvements alpins qui ont affecté la nappe longtemps après sa formation.
- Élection. — M. Parenty, de Lille, est élu correspondant de la section de mécanique en remplacement de M. Duhem, récemment passé membre non résidant.
- Ch. de ViiAEDEüir,.
- LES GLACES ET LES USINES HYDRAULIQUES
- Les glaces peuvent gêner gravement l’exploitation des usines hydrauliques, glaces de fond, glaces de surface, ou autres, dont on a expliqué jadis ici la formation dans les cours d’eau. Les froids que nous venons de subir, donnent à cette question qui se pose assez rarement pour les usines françaises situées hors des montagnes, un intérêt d’actualité.
- Un ingénieur canadien, M. Howard T. Barnes, s’est occupé, il y a quelque temps déjà, des procédés divers au moyen desquels les usines hydrauliques canadiennes luttent contre les-glaces qui parfois arrêteraient complètement leur fonction-
- nement, si l’on ne trouvait moyen d’y mettre ordre.
- Au Canada, dans le courant d’une seule nuit, on verra le caractère d’un cours d’eau changer complètement, par suite de la formation de ponts de glace, de vrais barrages, etc., qui modifieront le niveau de l’eau, pourront obturer les canaux par lesquels elle s’écoule normalement ; les phénomènes varieront d’ailleurs totalement d’un hiver à l’autre, sans qu’on puisse rien prévoir en la matière. Trois espèces de glaces peuvent se distinguer, suivant leur mode de formation même : ce sera Ja glace de surface, que tout le monde connaît, et qui se forme
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- 192 ============ LES GLACES ET LES USINES HYDRAULIQUES
- surtout là où l’eau de surface est tranquille ; c’est ensuite une glace menue que les Canadiens appellent pour cela « frazil » (du français fraisil), qui se forme par une agitation de la surface, par exemple dans les chutes d’eau, les rapides, et qui va ensuite s’accumuler en grandes quantités dans les eaux plus tranquilles.
- C’est elle qui vient donner le plus de préoccupations aux ingénieurs des stations hydro-électriques. Se présentant, en effet, sous la forme de minces feuilles ou d’aiguilles effilées, elle s’accumule et constitue comme des barrages suspendus en dessous de la glace de surface.
- On l’a rencontrée dans le Saint-Laurent, en massifs de 24 mètres et plus d’épaisseur, sous la glace superficielle; elle gêne, modifie le cours de l’eau, en se disposant parallèlement au lit de la rivière, au point où elle s’est accumulée. Enfin il ne faut pas oublier la glace de fond, dont la formation a été étudiée m i n utieusement ici; elle se produit là où il n’existe pas encore (de glace superficielle, en s’accrochant au lit de la rivière ; mais elle peut ensuite s’enlever , venir à flotter, et entraîner avec elle des pierres souvent énormes arrachées au lit du cours d’eau. Parfois, elle arrêtera au passage du frazil apporté à son contact par les courants. Mais tant que la glace de fond s’accumule en demeurant accrochée effectivement au fond, elle peut causer des crues, qui ne sont pas sans balayer un peu le frazil.
- C’est celui-ci qui est le plus à redouter, et il se forme principalement quand la température passe par des alternatives de réchauffement et de refroidissement, tandis que le froid intense et
- durable gêne bien moins le fonctionnement des usines.
- Quand cette menue glace arrive à l’usine, elle est susceptible d’abord de venir se fixer aux barreaux des grilles qui sont toujours disposées sur les canaux d’amenée pour arrêter les corps flottants,
- elle se collera de même aux vannes et aux turbines; et elle peut assez vite intercepter le passage de l’eau et arrêter par suite le mouvement des machines. 11 a donc fallu recourir à des moyens artificiels pour faire fondre ce frazil, ou plus exactement pour l’empêcher de demeurer attaché aux surfaces au contact desquelles il vient, barreaux des grilles, etc. On ne pouvait naturellement songer à réchauffer toute l’eau passant par le canal d’amence, et l’on se contente d’appliquer un système de canalisations et d’injection de vapeur ou de chauffage électrique, pour les barreaux des grilles, les envevcloppes des turbines,
- où la glace ne peut plus « prendre ». Nous montrons l’effet obtenu au moyen de ces canalisations de vapeur, qui chauffent les barreaux de grille, en étant protégées elles-mêmes d’une déperdition de chaleur trop marquée par du papier goudronné et des baguettes debois. On voit la différence qu’il y a entre la même grille suivant qu’elle est réchauffée ou non : bien entendu, il faut toujours que des hommes viennent racler le frazil pour le faire passer par les intervalles de la grille, mais rien n’est plus simple, puisqu’il se détache très aisément; tandis qu’autrement, l’enlèvement de la glace nécessite un travail acharné pour un bien mince résultat.
- P. de Mériel.
- Fig. i. — Prise d’eau de l'usine encombrée par les glaçons.
- Fig. 2. — Les tuyaux de réchauffage de la grille ont produit leur effet.
- Le Géxant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2125.
- 14 FÉVRIER 1914.
- FOURRURES ET PLUMES EN 1913
- Plus que jamais la population'animale du globe utile à l’homme est menacée, et cette fois ce n’est plus seulement par des chasseurs inconscients, qui ne voient dans le gibier qu’un beau coup de fusil, mais bien par des autorités haut placées, qui sont supposées avoir fait une enquête complète près de toutes les personnes compétentes, et qui pensent devoir agir dans l’intérêt des populations humaines et des animaux domestiques. On propose tout simplement, pour arriver à la disparition des1 maladies désignées sous le nom de Trypanosomiases, de procéder à une destruction systématique de tout le gros gibier africain, considéré comme le réceptacle des parasites du sang que les Mouches Tsé-Tsé transmettent par leur piqûre. J’ai été fâcheusement surpris en lisant certains articles qui considèrent cette mesure, digne du moyen âge, comme une nécessité inéluctable de l’heure présente.
- Deux savants anglais, Min ch en et Àustin, ont déjà protesté contre un tel projet, en montrant combien il serait inefficace. Il n’est pas douteux que les mouches piquantes, privées de leur proie habituelle, se jetteraient sur les petits Mammifères et les Oiseaux, peut-être même sur les vertébrés à température variable,
- Reptiles et Batraciens, qui portent aussi dans leur sang des Trypanosomes.
- On avait pu croire, à la suite de la mission du Dr Roubaud, au Congo, mission si bien conduite au point de vue scientifique et dont les conclusions sont très nettes, que l’on allait diriger tous les efforts vers la destruction des Mouches Tsé-Tsé, qui sont en réalité les véritables porteurs du virus de l’infection ; il semble maintenant que cette voie soit abandonnée pour’une autre plus directe, en apparence au moins, surtout plus facile à suivre, mais qui peut fort bien aboutir à un échec désastreux.
- On ne le sait que trop, par des exemples sans nombre : il est presque toujours dangereux de modifier l’équilibre d’une faune qui renferme à la fois des herbivores et des carnivores qui font leur
- proie des premiers. Réussira-t-on à détruire, dans toute l’Afrique équatoriale, les Lions et les Panthères qui se nourrissent des Antilopes, particulièrement visées par ce décret d’extermination? Ces redoutables carnassiers se rejetteront sur les animaux domestiques et sur l’Homme lui-mêmej1).- De plus, on détruira une source importante de nourriture pour les indigènes et les colons. Quoi qu’il en soit, il est du devoir des naturalistes, de protester énergiquement contre une mesure aussi barbarë et qui semble bien peu justifiée.
- La question de la réglementation de la chasse, en France et dans nos colonies, qui se rattache étroitement à la précédente, ne semble pas avoir fait un pas depuis l’année dernière. Deux Commissions, celle de la Chasse en Afrique, au Ministère des Colonies, et celle de la Protection des Oiseaux, à celui de l’Agriculture, ont siégé pendant toute l’année 1912, et ont travaillé, avec une activité qui ne s’est pas démentie, à élaborer des projets de règlements sur les sujets qui leur étaient soumis ; des rapports très complets ont été déposés entre les mains des ministres compétents. Est-il donc vrai, comme des personnes bien informées l’avaient prédit dès le début, que ces rapports dormiront, avec tant d’autres, dans les cartons des bureaux, et que des intérêts politiques ou locaux prévaudront, encore une fois, contre la voix de la justice et de l’intérêt général du pays ?
- La question de la protection des Oiseaux est tout à fait à l’ordre du jour à notre époque ou la mode féminine fait une telle consommation de plumes, et surtout d’aigrettes et de « flancs » de Paradisiers. Les plumes d’Autruche semblent un peu délaissées cet hiver (2) ; serait-ce parce que l’on a
- J. Par mie étrange contradiction, le Gouvernement de l’Est africain anglais s’est vu force d’édicter ‘ un règlement qui limite la destruction des Lions, tant les. sportsmen se montraient avides de rapporter en nombre cette royale dépouille.
- 2. Aux dernières nouvelles, on me dit que l’on va revenir aux plumesd'Aulruche,"mais en leur donnant un «tour» particulier.
- Chinchillas; à gauche, mâle adulte faisant la roue.
- Fig. 2. — Le putois.
- 42* Année. — 1" Semestre.
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- appris, comme nous le disions l’année dernière ici meme, que cet Oiseau est domestiqué et que, par suite, le prix de ses plumes va forcément devenir plus abordable? La mode, en effet, n’estime que ce qui est rare et coûte cher. C’est ce qui arrive pour les plumes de l’Aigrette dont le prix augmente sans cesse. Cependant on nous apprend que, de divers côtés, des industriels entreprenants ont fondé des « Parcs à Aigrettes »,pour essayer de domestiquer ce bel Oiseau et de remporter le prix de 10 000 fr., dont nous avons parlé dans une causerie précédente (1).
- Les journaux nous ont appris la campagne que le Gouvernement des États-Unis a entreprise contre la mode des plumes d’Oiseaux ornant le chapeau des élégantes. Toutes ces parures ont été saisies sans égards et sans pitié sur la tête et dans les bagages des dames venant d’Europe et débarquant à New-York. Je doute fort que cette mesure draconienne eût pa§sé sans protestation devant le Parlement, dans un pays de liberté à outrance comme le nôtre. Les marchands de plumes s’en sont néanmoins inquiétés ; et pourtant, il y a bien peu de chances que semblable interdiction soit imitée en Europe, malgré toutes les Sociétés protectrices des Oiseaux qui se sont fondées en Angleterre et sur le continent-
- On a prêché la substitution des fleurs artificielles aux plumes pour l’ornement des chapeaux : on a prêché dans le désert! Pour mon compte personnel —- je parle en Ornithologiste, — je m’explique très bien la préférence que nos dames ont pour les plumes gracieuses et légères, au détriment des lourdes fleurs artificielles, dont on a même essayé de faire des « aigrettes » dont l’aspect rappelle ces bâtons de cerises que les enfants achètent au printemps ! Les premières sont la nature même, les autres, une imitation qui reste toujours imparfaite. Les couleurs tendres de ces fleurs sont, en été, un déjeuner de soleil ; en hiver, la moindre goutte de pluie les, tache et-les flétrit sans retour. Au contraire, l’aigrette lilanche brave,1a pluie, le soleil et le vent; une aigrette de 200 francs dure 20 ans chez une femme soigneuse ; combien de parures de fleurs artificielles, devra-t-elle renouveler dans le même espace de temps?
- Les fourrures empruntées aux Mammifères suivent,' comme les, plumes, les fluctuations de la
- mode. Je ne parle pas de ces hideuses peaux de Renard que l’on se jette en travers des épaules, tête, pattes et queue pendant au hasard, et qui font ressembler une Parisienne du xxe siècle à une sauvagesse de l’âge de pierre. La suppression des queues noires dans l’hermine classique de nos ancêtres est beaucoup plus heureuse, car elle donne aux pelisses et aux étoles une blancheur neigeuse très douce à l’œil. Mais, n’en doutez pas, les queues héraldiques dorment dans les tiroirs des fourreurs et reparaîtront avant qu’il soit longtemps.
- Une fourrure toujours très estimée,-et qui semble adoptée par la mode cette année, est le Chinchilla. On sait qu’elle est fournie par un Rongeur, plus petit que le Lapin, qui habite les Andes du Pérou et de la Bolivie. La peau est très mince et le pelage, d’un gris de perle plus ou moins foncé, est d’une finesse et d’une légèreté extrêmes ; il se froisse et se salit rapidement, ce qui contribue naturellement à lui donner du prix(1). Une fourrure qui ressemble un peu — de très loin — à celle du Chinchilla, et qui est apparue depuis quelques années dans le commerce, porte le nom barbare de KamtschatkoL Elle est noire avec la pointe des poils blancs, ce qui lui donne un aspect moiré assez agréable à l’œil. Son prix est beaucoup plus abordable que celui du Chinchilla. J’apprendrai à mes lectrices que cette fourrure est simplement la peau du Lapin blanc de Sibérie qui a subi une préparation et une teinture spéciales, et j’espère que cette révélation ne les empêchera pas de s’en revêtir. Tout récemment on s’est avisé de donner à ces peaux de Lapin un gauffrage en forme de coquilles qui leur prête un aspect assez original, mais d’un goût plus que douteux, et qui les dénature complètement.
- La peau du Vison, qui est un Putois aquatique, est depuis longtemps connue et recherchée,presque à l’égal de celle de la Loutre. Cet hiver, on porte des fourrures en peau de .Putois, petit carnivore indigène dont le pelage, varié de brun .et de jaune, est beaucoup moins fin que celui du Vison. Celte peau valait à peine 5 ou 6 francs il y a quelques années, mais le talent du fourreur et le caprice de la mode, qui exige toujours du nouveau, en ont tait hausser le prix, E. Trooessàm1, Professeur au Muséum National;
- ARBRE A CAOUTCHOUC GIGANTESQUE
- Le Bulletin de la Société belge d?Éludes coloniales nous fait connaître un arbre à caoutchouc de valeur extraordinaire. A la frontière de la Bolivie et du territoire brésilien de l’Acre, un Hevea brasiliensis, probablement le plus grand du. monde, atteint 8 m. 25 de circonférence à la base. Ce colosse de la llore amazonienne, vraisemblablement très âgé, donne chaque jour plus de 10 kilogrammes de caoutchouc, pendant 120 jours par an; au prix actuel de cette substance, son revenu est de 10 800 francs par 1. D’après un journal anglais, le problème est déjà résolu dans l’Inde; les pêcheurs du lac Manchar, dans le Si ntl. élèvent*les Aigrettes pour avoir leurs plumes.
- an, soit la rente d’un capital dp 500 000 francs. Il appartient à une famille de seringueiros de sept personnes, qui l’exploite et vit de son produit. Il est certainement peu d’arbres d’un aussi bon rapport. Aussi le surintendant du service de défense du caoutchouc au Brésil vient-il de le faire photographier et d’étudier avec soin les conditions dans lesquelles il vil pour connaître les causes de sa prospérité et chercher à l’imiter ailleurs, avec le temps, bien entendu.
- .1. La destruction de ces petits Rongeurs était devenue si intense que les gouvernements de leur pays ont dû en interdire la chasse pendant plusieurs années.
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- BATTERIES MOBILES SCHNEIDER SUR VOIE FERRÉE
- Les batteries mobiles sur voie ferrée, que les établissements Schneider du Creusot ont construites pour divers gouvernements étrangers, le Pérou, le Danemark et la Russie entre autres, ont pour but
- Indépendamment des avantages ci-dessus énumérés, les batteries mobiles en offrent encore d’autres très appréciables : d’abord une discrétion complète dans les projets de défense puisqu’aucun
- Fig. i. — Batterie mobile d’obusier dé 200 mm a tir rapide, roulant et tirant sur voie ferrée.
- d’assurer la défense des côtes, d’une façon efficace et économique. Elles peuvent, en effet, remplacer les ouvrages fixes ou semi-permanents. Grâce .à, leur mobilité, elles circulent aisément dans; un [périmètre assez étendu, se portent rapidement aux
- ouvrage préliminaire ne signale leur emplacement aux adversaires, puis une meilleure utilisation du matériel — les pièces ne se trouvant pas immobilisées dans un fort, — ensuite l’inutilité de l’établissement de routes stratégiques pour la circula-
- Fig. 2. -r- L'obusier de 2o cm à tir rapide sur plate-forme de chemin de fer.
- endroits menacés du littoral, entrent immédiatement en action ou se retirent soit pour se porter ailleurs, soit pour éviter les coups de l’artillerie ennemie. En définitive, cette réunion momentanée d’un certain nombre de bouches à feu constitue un fort mobile aussi puissant que peu coûteux.
- tion des canons de siège ou de campagne. Et même, en temps de paix, une voie ferrée établie dans ;ce but concourt au développement économique du littoral, en facilitant le transport des marchandises ou des voyageurs le long des côtes.
- Une batterie mobile Schneider (fig. 1) comprend
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- BATTERIES MOBILES SCHNEIDER SUR VOIE FERRÉE
- deux obusiers de 200 millimètres montés chacun sur leur afïût-truck, un fourgon à munitions, et un wagon à personnel avec observatoire. Cet ensemble forme un train de 4 voitures, qu’une locomotive peut remorquer sur une ligne à voie normale.
- Chaque obusieren acier Schneider se compose d’un tube renforcé à l’arrière par un manchon muni d’adents qui le réunissent au traîneau tandis qu’à l’avant une frette-agrafe le solidarise avec ce dernier. La fermeture de culasse, établie pour l’emploi de douilles métalliques, se manœuvre rapidement par un seul mouvement continu d’un levier. Un appareil de mise de feu à percussion et répétition permet au pointeur de tirer sous tous les angles.
- Le traîneau, constitué par un bloc en acier forgé, dans lequel se trouvent ménagés les logements des freins hydrauliques et du récupérateur à réservoir d’air, est fixé à l’obusier au moyen d’agrafes et de clavettes qui rendent aisée sa séparation d’avec la bouche à feu. A sa partie supérieure, il porte des glissières garnies de bronze pour le recul sur le berceau.
- L’affût, sur lequel repose la partie oscillante au pointage vertical, comprend deux flasques entretoisés en acier et réunis par une plate-forme circulaire en tôle avec chemin de roulement destiné à la circulation du chariot amenant les munitions (fig. 2), qu’on y envoie du xvagon attelé à une des extrémités du truck. En outre, trois agrafes placées Lune à l’avant et deux à l’arrière de l’affût maintiennent celui-ci sur la sellette pendant le tir de l’obusier qui se pointe latéralement dans une direction quelconque, grâce à différents mécanismes et à un appareil de visée.
- Le truck avec ses deux boggies n’offre rien de bien particulier sauf deux volets, articulés
- de chaque côté, à la jonction de la partie basse et des parties surélevées de la plate-forme. A l’extrémité libre de ces volets, se trouvent des vis calantes s’appuyant sur de larges semelles métalliques qu’on met en terre dans la position de tir, comme le montre notre figure 2. D’autre part, le système d’attelage de tamponnement central, les essieux, roues et boîtes à graisse, ne diffèrent guère des modèles employés par les compagnies de chemins de fer.
- Visitons maintenant le ivagon à munitions (fig. 4) destiné à approvisionner les deux obusiers attelés à chaque extrémité du train-batterie. Son aspect extérieur rappelle un fourgon à bagages, mais la toiture porte 6 hublots ouvrant à l’intérieur et deux garde-corps formant une galerie centrale. Dans chaque panneau avant et arrière, on a ménagé une porte à coulisse munie d’une glace sans tain fixe à sa partie haute. L’intérieur de ce wagon se divise en trois compartiments séparés par des cloisons en tôle d’acier de 6 millimètres d’épaisseur, pourvues chacune d’une porte semblable à celles des bouts de la voiture. Quant au châssis formé de deux longerons entretoisés entre eux, il repose sur 5 essieux par l’intermédiaire de ressorts de suspension montés sur les hoîtes à huile et se termine, à chaque extrémité, par une plate-forme d’accès avec passerelle à relèvement pour faciliter la circulation entre le wagon et les affûts-trucks.
- Dans les deux compartiments extrêmes, aménagés pour recevoir les munitions, se trouvent 64 obus pesant au total 7500 kilos environ. A côté de ces projectiles, on emmagasine les douilles qui contiennent les charges et on les place verticalement sur leur culot dans des tasseaux garnis de feutre.
- La manipulation des obus s’effectue à chaque extrémité du wagon, au moyen d’un bras arti-
- Fig. 3. — Le wagon à personnel avec Vobservatoire développé.
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- LA STÉNQTYP1F - 107
- culé dans un support fixé au toit de la voiture et dont l’autre bout se termine par un palan à corde, permettant de prendre tous les projectiles pour les déposer sur la gouttière de chargement. De son côté, le compartiment central, pourvu d’une table à volets avec tiroirs, armoires, et deux coffres longitudinaux formant banquettes, sert de table 4-
- d’artifices.
- Terminons la description des différentes parties qui constituent une batterie mobile Schneider par le wagon à personnel (fig. 3) voisinant d’ordinaire avec la locomotive afin de pouvoir le détacher plus aisément des autres voitures, soit en vue d’une reconnaissance, soit pour choisir un point d’observation plus avantageux. Ce wagon, dont le corps, le châssis et le frein des roues ressemblent à ceux du fourgon de munitions, diffère de celui-ci par le cuirassement et un observatoire. En outre, il a seulement deux essieux. Des blindages formés de plaques d’acier assemblés avec couvre-joints recouvrent ses panneaux de tête et ses parois longitudinales.
- Ainsi que notre illustration permet de s’en rendre compte, Y observatoire se compose de deux cheminées mobiles, guidées l’une dans l’autre par un tube
- fixe boulonné sur le châssis. En ordre de marche, celles-ci rentrent dans le cylindre fixe; mais, développées, elles saillissent de 5 mètres, ce qui élève l’observateur de 9 k 10 mètres au-dessus des rails. La manœuvre de ce poste télescopique s’effectue à l’aide d’un treuil avec câble autorégulateur, qu’au homme actionne de l’intérieur du wagon. Un disque à charnière , monté sur le haut du tube fixe, recouvre tout le système quand les cheminées sont rentrées et un tuyau acoustique met en communication la sentinelle avec le dedans de la voiture, cloisonnée de manière à former un compartiment analogue aux wagons de 2e classe des chemins de fer. Dans la partie non occupée par l’observatoire, sont disposés de plus le mécanisme et des banquettes servant à ranger les effets des artilleurs.
- En résumé, la batterie mobile Schneider, aux organes ingénieusement combinés, permet le transport sur rails des pièces de fort calibre, de façon à en accumuler rapidement un grand nombre sur un point donné et à tirer sur la voie même sans avoir de plate-forme à construire.
- Jacques Boyer.
- Intérieur du wagon à munitions.
- LA STÉNOTYPIE
- La sténographie qui a rendu et rend encore chaque jour de si grands services, est actuellement concurrencée par deux méthodes que la perfection mécanique rend de plus en plus intéressantes : la phonographie et la sténotypie. On sait que la première est représentée. par des appareils s’inspirant du phonographe. La correspondance parlée est enregistrée sur un cylindre ou un disque et la dactylographe la recopie. Les accessoires de la méthode sont le cornet acoustique dans lequel on parle et le récepteur téléphonique que la dactylographe coiffe pour lire la dictée., La ,seconde méthode est, représentée parles machines à sténographier qui sont actuellement- tout à fait au point.
- Le mieux que l’on puisse, dire de ces dernières est qu’elles constituent un progrès sur les deux méthodes précédentes. Elles présentent sur la sténo-
- graphie l’avantage d’une plus grande rapidité permettant de saisir sans fatigue musculaire toute conversation, tout discours, tout compte rendu d’assemblée ou de réunion, quelle que soit la vitesse des émissions. La plus orageuse des réunions publiques n’échappe pas à un bon sténotypiste. De plus, la machine écrivant en caractères ordinaires, la lecture de la bande bénéficiera de cet avantage et sa copie à la machine à écrire s’effectue sans aucune fatigue et sans erreur. -, ; f . -f . r
- V .'La méthode qui consiste à dicter son courrier dans un cornet acoustique, a de son côté de grands avantages, puisqu’elle permet de dicter : son courrier, quand bon vous semble, et par-suite de diviser au mieux le travail de ceux qui conçoivent? et de ceux qui sont de simples exécutants. Mais'elle;n’abrège en rien le travail réel du dactylographe,,elle
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- 19& ....—' ' ' LA STÉNOTYPIE
- lui évite seulement les dérangements constants pour venir prendre le courrier sous la dictée. Bénéfice évidemment appréciable, mais qui se multiplierait encore si l’opérateur en reproduisant la dictée du phonographe pouvait augmenter sa vitesse. La phonographie trouvera donc intérêt à s’associer avec la sténotypie.
- La sténotypie est actuellement représentée par plusieurs modèles de machines intéressantes.
- Nous allons décrire l’une d’entre elles, la machine Grand jean, qui a fait ses preuves dans les meetings les plus mouvementés.
- Le clavier, composé de vingt touches plus une centrale, est disposé suivant les deux côtés d’un angle obtus afin que les deux mains se présentent naturellement sur les touches. Celles-ci portent les sons simples : s (se, ze), etc. (voir le dessin de ce clavier) représentés par les consonnes, les voyelles avec leurs sons normaux et quelques touches phonétiques comme R qui donne le et re à la fin d’une syllabe, y qui se traduit par je, etc. Tous les signes s’impriment sur une bande de papier de 3 cm. 5 de largeur et représentent tous un son.
- L’apprentissage est donc très simple et on peut s’exercer soi-même très rapidement, dès que l’on possède le doigté indispensable à acquérir pour atteindre de grandes vitesses.
- Mécanisme. — Chaque touche commande un levier articulé terminé par un signe, tous les signes étant groupés sur une rangée horizontale de la largeur de la bande de papier. Celui-ci est porté à l’ar-
- rière de l’appareil par un"tambour N monté sur deux supports B qui se replient à l’intérieur de la machine pendant le transport après avoir enlevé le rouleau de papier M. Ce papier passe entre deux guides 0 0,
- contourne le laminoir de caoutchouc P et vient s’enrouler après l’impression sur le tambour R dont le support À est également mobile pour rabattre ce tambour sur la machine au repos.
- Le ruban encreur est enroulé sur un tambour C placé à l’avant du mécanisme ; il s’engage ensuite entre un cylindre mobile f et une olive g en caoutchouc, puis il est ramené sur un second tambour-magasin après être passé sur le cylindre lisse e. Le ruban encreur se déplace à chaque touche, s’enroulant sur le tambour récepteur. Lorsque le premier magasin est épuisé, un mécanisme automatique intervient pour permettre au ruban d’accomplir le trajet en sens inverse, c’est-à-dire de venir s’enrouler sur le premiér tambour et ainsi de suite. L'encre est ainsi distribuée uniformément sur toute la longueur de la bande de papier.
- L’enroulement du papier imprimé s’effectue par l’intermédiaire d’un mécanisme très simple (fig. 5) appartenant au support du cylindre récepteur. Celui-ci porte un pignon denté D placé à l’extrémité de l’axe du tambour, sur lequel se meut une petite crémaillère C terminant un levier L fixé au support par son axe d’articulation À. Ce levier se termine par fine branche B qu’une tige T chasse légèrement de bas en haut chaque fois que l’on appuie sur une touche.
- Fig. 2. — La sténotype ouverte pour montrer le mécanisme. — C, Couvercle métallique; NM, tambour portant le papier; m, tambour sur lequel s’enroule le pompier; A, support du tambour m; G, cylindre du ruban encreur ; P, cylindre de caoutchouc sous lequel passe le papier pour recevoir l’impression.
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- LA DÉLIMITATION DU CONGO :.. 199
- Gette action oblige la crémaillère à descendre en entraînant le pignon D sans entraîner le tambour à cause de la présence d’un système de rochet. Mais dès que l’on cesse d’appuyer sur la touche, le ressort R rappelle vivement le levier L et la crémaillère chasse le tambour dans la direction indiquée par la flèche.
- Nous n’insisterons pas sur les particularités mécaniques de cette machine à sténographier: observons seulement que ces machines font plus vite et mieux
- Fig. 3. •
- Schéma montrant le dispositif d’enroulement du papiér.
- la besogne si ardue des sténographes dont les services doivent se limiter à la correspondance commerciale. Ce n’est qu’exceptionnellement que la sténographie parvient, comme à la Chambre des Députés et au Sénat, à saisir le compte rendu in extenso des séances, mais au prix d’un effort considérable
- partagé d'ailleurs par plusieurs sténographes se relayant toutes les 2 ou 5 minutes. Par ces machines, et grâce à elles seulement, la sténographie deviendra l’auxiliaire indispensable de la justice. En nous plaçant à un autre , point de vue, ajoutons que les sténotypistes très expérimentés, capables de faire une moyenne d’au moins 180 mots à la minute peuvent se créer des situations indépendantes très avantageuses. M. Grandjéan, qui est non seulement un
- Fig. 4. — Schéma montrant le trajet parcouru-par le papier et celui du ruban encreur.
- constructeur, mais un virtuose sur sa machine, nous affirme que chacune de ses heures de travail lui est payée 40 francs. Sa collaboration est devenue indispensable dans les réunions les plus mondaines comme dans celles où se discutent les grands et graves problèmes sociaux. Lucien Fournier.
- LA DÉLIMITATION DU CONGO
- À la suite de l’accord du 4 novembre 1911 entre la France et l’Allemagne au sujet de leurs possessions en Afrique équatoriale, une commission mixte de délimitation, composée de membres nommés en nombre égal par les gouvernements français et allemand, était chargée de déterminer le tracé de la nouvelle frontière des possessions respectives en Afrique équatoriale des deux puissances. Les travaux sur le terrain sont terminés et les deux commissions française et allemande viennent de rentrer en Europe.
- L’article 4 de la convention relative aux possessions d’A. E. F. esquissait ainsi le programme des travaux des commissaires de la délimitation : « Ils devront autant que possible faire suivre à la frontière les limites naturelles indiquées par les cours d’eau, et, dans le cas où la frontière couperait la direction des rivières, lui faire suivre la ligne de partage des eaux. »
- La marche de l’ensemble des travaux de délimitation fut discutée et déterminée à la conférence de Berne, à laquelle prirent part les chefs des expéditions française et allemande.
- La nouvelle frontière comportait un développement d’environ 3000 kilomètres à vol d’oiseau, et son tracé se, déroulait én grandè partie sur des
- régions encore peu connues ou même totalement inexplorées. Il était donc indispensable d’établir une carte de la région frontière, tout le long du tracé théorique défini par l’accord du 4 novembre.
- Cette carte devait permettre de remplacer ce tracé théorique par une suite de lignes naturelles, autant que possible rivières, ou à défaut lignes de faîte, de façon à laisser aux deux puissances des surfaces territoriales équivalentes à celles que leur donnait le traité. Cette carte devait donc comprendre une étendue suffisante de part et d’autre du tracé théorique, de façon à permettre l’étude de toutes les solutions possibles et l’évaluation des compensations territoriales le long du nouveau tracé.
- Les études sur le terrain furent attaquées simultanément, tout le long du tracé, par toute la commission française fractionnée en 7 détachements appartenant aux 4 brigades prévues.
- Le choix et l’emploi des méthodes d’exécution des travaux étaient laissés à la disposition de chacune des deux commissions ; la conférence de Berne avait seulement décidé que pour servir de base aux travaux astronomiques de détermination de longitudes absolues, un certain nombre d’opérations seraient faites contradictoirement en quelques points remarquables ’ de la frontière : les Français, au
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- LA DELIMITATION DU CONGO
- moyen de l’astrolabe à prisme par la méthode de hauteurs égales de lune et d’étoile, posée par M. Driencourt et de la lunette astronomique par la méthode des occultations d’étoiles ; les Allemands, au moyen d’un instrument de passage par la méthode des culminations lunaires.
- Les commissaires français et allemand se sont, au cours des opérations sur terrain, retrouvés en des points prévus de leur zone respective d’études pour comparer les résultats obtenus, résultats dont
- torpilleur suivant des cheminements recoupés. Pour rattacher l’ensemble des positions à un point unique, on a employé les signaux horaires émis par le poste de T. S. F. de Brazzaville, où fonctionnait un astrolabe à prisme. La position de Brazzaville a été déterminée, il y a quelques années, par des observations de longitude absolue faites par M. Cureau et par M. Périquet, chef de la mission actuelle de délimitation, observations dont les résultats étaient parfaitement concordants. Certains détachements possédaient le matériel permettant d’établir une antenne de fortune et un récepteur-; les signaux émis par
- Brazzaville ont été perçus jusqu’à 400 kilomètres, grâce à une antenne de longueur d’onde voisine de celle de l’antenne d’émission ; mais il est à prévoir que si, avant les opérations, on avait eu le loisir d’étudier une installation réceptrice parfaitement syntonisée avec le poste émetteur de Brazzaville, et comportant une antenne du genre indiqué plus haut (poste récepteur qui aurait été
- En haut : Un village français sur la frontière. — A gauche : Rencontre des missions allemande et française. — A droite : Les célèbres chutes de la Vana qui forment aujourd’hui la frontière.
- les écarts ne devaient comporter que les erreurs pratiquement presque nulles, inhérentes aux méthodes scientifiques employées.
- Afin de coordonner d’une façon indiscutable l’ensemble des levers d’exploration, la commission française a déterminé tout le long de la frontière un réseau d’environ 250 positions astronomiques différentes par plus de 400 stations, la plupart à l’astrolabe à prisme. Quatre de ces instruments étaient utilisés sur le terrain : il y avait en plus en service dans les brigades 2 théodolites.
- Les différences de longitude ont été déterminées par transport de temps au moyen de montres de
- installé d’une façon identique à chaque station), on aurait pu entendre Brazzaville de stations beaucoup plus éloignées.
- Les différences de longitude mesurées par transport de temps, ont d’ailleurs donné un accord tout à fait remarquable avec celles déduites des observations absolues, ou des observations mesurées par T. S. F. Certaines positions ont aussi été déterminées par occultations d’étoiles au moyen .d’une lunette astronomique de visée toujours horizontale construite récemment, par M. Jobin, sur les données du chef de la mission française. Les lunettes astronomiques ordinaires sont très encombrantes et diun
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- emploi difficile en campagne, lorsqu’on est obligé d’avoir un objectif de grande dimension. M. Périquet ayant éprouvé ces inconvénients dans de précédentes missions a fait construire une lunette de dimensions réduites, en brisant le faisceau lumineux au moyen d’un système de miroirs et de prismes à réflexion totale, et en faisant sortir le rayon par un tourillon de la lunette. L’opérateur qui pour une observation n’a pas à se déplacer en azimut, vise horizontalement, quelle que soit la position de la lune dans le ciel.
- Pour les calculs de longitude absolue, il était nécessaire de posséder les coordonnées exactes de la lune aux instants d’observation.
- On s’est servi, à cet effet, des résultats des observations faites en même temps dans divers observatoires du monde et communiquées, avec obligeance, le plus rapidement possible par ces observatoires, notamment par ceux de Paris, Greenwich, Lyon et Bordeaux. Pour les calculs primitifs on s’était servi des tables de corrections aux coordonnées de lune établies par l’observatoire de Gottingen; les calculs définitifs établis au moyen de coordonnées précises ont d’ailleurs fourni •
- des résultats peu différents des premiers.
- La topographie de la région frontière a été exécutée sur tout un réseau extrêmement serré de cheminements afin de démêler avec précision les lignes caractéristiques du terrain; il ne pouvait être question sur un aussi vaste champ d’opérations et en un temps aussi court d’exécuter un lever et un nivellement par les procédés réguliers ; letude de la météorologie est venue leur apporter une grande simplification et a permis l’emploi de méthodes rapides et donnant toute la précision désirable. Des études,faites par M. Périquet au cours de ses précédentes missions et à nouveau pendant celle-ci, ont permis de constater la permanence de la marée barométrique diurne dans
- : r; / 'i
- ’ i i \ *
- Des noirs font dans VAlima un barrage qui procure du pois-
- son à la mission.
- Un officier de la mission faisant des observations astronomiques.
- toute l’Afrique équatoriale. Grâce à cela,, par des mesures à l’hypsomètre et au baromètre altimétrique compensé . (l’étude /à l’hypsomètre permet de suivre les variations instrumentales, des. baromètres anéroïdes dont on se sert), on a pu obtenir un ensemble de cotes-preuves (c’est-à-dire à 20 mètres près). De la lecture du baromètre anéroïde à un instant donné de la journée, connaissant l’état de l’instrument et celui de la variation diurne de la pression barométrique, on déduit immédiatement la cote de la station.
- Cette méthode est applicable dans toutes les régions analogues, mais une condition essentielle de sa bonne utilisation est la connaissance de l’heure à la lecture du baromètre. Elle remplace l’emploi de la méthode qui consiste à appliquer la formule de Laplace au moyen de deux observatoires, dont l’un fixe, dans lequel on fait des observations suivies de pressions, températures,hygrométrie, tension de la vapeur d’eau.
- L’ensemble des études faites sur le terrain a permis, outre l’établissement d’nne carte détaillée au 1/200 000e qui est en cours de rédaction, de toute la région frontière depuis Libreville jusqu’à Fort-Lamy, de recueillir tous les renseignements nécessaires à la géographie économique et à l’ethnographie de nos possessions équatoriales.
- La faune et la flore des régions parcourues ont été étudiées spécialement par les deux médecins de la mission, les Drs ’Ringenbach et Guyomarch, aidés dans cette tâche par tous les membres de la mission qui colligeaient les matériaux d’étude.
- Elles sont extrêmement variées et il est impossible d’en donner en quelques lignes la physionomie; les observations' recueillies n’ont d’ailleurs fait que confirmer de précédents travaux. Toutefois, parmi les
- Train de cerfs-volants supportant une antenne de T. S. F.
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- collections rapportées par la mission et non encore étudiées, se trouve une très riche collection d’échantillons des bois de la forêt équatoriale dont l’étude révélera pent-être des richesses nouvelles.
- Pour arriver à rassembler une collection aussi complète que possible d’échantillons des espèces forestières de l’Afrique équatoriale, M. Périquet et les divers chefs de brigade employaient une méthode originale. Ils formaient des équipes de noirs, à qui ils promettaient une prime pour chaque essence nouvelle dont ils rapporteraient un spécimen. Il se trouva maintes fois que les chercheurs rapportèrent en même temps deux tronçons absolument identiques', semblait-il. Aux observations des Européens, ils affirmèrent que les deux tronçons appartenaient à des espèces différentes. Ces mêmes échantillons présentés à d’autres indigènes non prévenus furent également différenciés par ces derniers. M. Périquet et ses collaborateurs ont été obligés de conclure après plusieurs expériences du même genre qu’il existait entre certaines essences forestières, des différences perceptibles aux sens des nègres, et inappréciables aux yeux des blancs.
- Les études ethnographiques ont particulièrement retenu l’attention des membres de la mission qui avaient pour cela des questionnaires précis. De nombreux rameaux des diverses , races africaines ont été identifiés et en particulier le chef de mission signale l’existence dans toutes les régions forestières des négrilles ou pygmées déjà rencontrés par tant de voyageurs. Le pygmée, qui est le diminutif du nègre très grand généralement,
- giques et bactériologiques; ils ont pu étudier notamment le microbe de la filariose et de la maladie du sommeil : ils ont constaté la régression marquée de cette dernière. Certaines de leurs observations, véri-
- Carte de la délimitation du Congo,
- n’est pas tout petit. Ses caractéristiques sont l’allongement des bras et le prognathisme. Les pygmées ne vivent, que dans la forêt et principalement de chassé; la seule expression de la forme sociale’chez eux est celle de la famille. ,
- Les médecins dotés d’un matériel scientifique complet ont poussé très loin leurs études anthropolo-
- fiées actuellement à l’Institut Pasteur, permettent de croire qu’ils ont trouvé plusieurs microbes nouveaux des maladies observées en Afrique équatoriale.
- IP c'onvient de se féliciter des résultats scienti-fiques d’une mission dont ,1e but, avant tout essentiellement politique, né semblait pas permettre d’espérer là réalisation'. Axdkk Gaf.iot.
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- La lutte contre la fièvre typhoïde.
- Le Ministère de l’Intérieur vient de publier une statistique sanitaire des villes de France, peuplées de plus de 50000 habitants, de 1887 à 1911 (1). C’est la reproduction des tableaux dressés par MM. Paul Roux, sous-directeur de l’hygiène publique au ministère, et Louis Masson, et qui ont figuré officiellement, en 1913, à l’exposition de Gand. Ces tableaux numériques et graphiques, qui représentent un labeur considérable et des plus utiles, embrassent pour la première fois et pour une période de 25 ans l’état de la mortalité des villes de 30000 âmes, suivant les diverses causes et suivant l’âge. Assurément,. ce n’est pas le tableau complet de la mortalité de la France, puisque toutes les villes et agglomérations moins importantes n’y figurent pas, mais une statistique aussi complète représenterait un travail véritablement formidable, et qui ne pourra d’ailleurs être tenté dans l’avenir qu’à partir de l’année 1906 ; parce que c’est de cette date seulement que la statistique sanitaire s’est exercée sur les agglomérations peuplées de moins de 5000 habitants.
- Cependant, dans la limite où il était permis de la réaliser, la statistique présentée est considérable et capitale, car ces tableaux donnent une idée très parlante et très frappante de l’amélioration de la santé publique, due aux progrès de l’hygiène depuis 25 ans dans les 80 principales villes de France (Paris, 14 villes de plus de 100000 habitants et 65 villes de plus de 50000).
- À titre de spécimen voici quelques-unes des indications qu’on y relève :
- La fièvre typhoïde, de 3466 décès en 1886 et 4450 en 1887, est progressivement tombée à 1406 pour 1909 et à 1130 pour 1910, avec ùrie majoration accidentelle de 2753 en 1899 et 2782 en 1900, période des travaux de l’exposition. En 1911 elle est remontée à 1710 décès à cause de la chaleur et de la sécheresse, qui ont influé sur la qualité et l’excès d’absorption des eaux d’alimentation. En 1912, d’après les chiffres non encore publiés et que nous a obligeamment communiqués M. Paul Roux, on est revenu à l’état satisfaisant de 1910 pour cette maladie (2).
- La variole, 2966 décès en 1886, 957 en 1887, et 2027 en 1888, tombe à cause de la vaccination obligatoire à 46 en 1908, 35 en 1909, 25 en 1910
- 1. Un album in-folio oblong (non mis dans le commerce).
- 2. La Statistique sanitaire de la France pour l’an-
- née 1911 (publiée en 1915; 2e partie, p. 275), donne pour la France-entière, depuis 4906, le nombre de décès suivant par fièvre typhoïde. 1906 : 5453, 1,4 pour 10000; — 1907 : 5135-1,5;—1908 : 4855-1,2; — 1909 : 5857-1;— 4910 : 5165-0,8 ; — 1911 : 5283-1,5. — Pour la diphtérie : 5514 en 1906, 0,8 ; — 2840 en 1911, 0,7, etc. Pour la diarrhée infantile : 1906,: 41699-10,6; — 1910 : 24632-6,2; — 1911 : 55 285-15,'4. » . ' *
- et 12 en 1911. Ses épidémies ont causé 2204 morts en 1902, 1852 en 1905, 2939 en 1907.
- Pour la diphtérie et le croup, les décès oscillent de 5779 à 4501 de 1886 à 1893. Dès que le1 sérum antidiphtérique du Dr Emile Roux entre en scène, les décès tombent à 1586 en 1895, 699 en 1905, 702 en 1906, 824 en 1911, etc. Et nous ne savons pas la proportion exacte (avant 1906) des bienfaits que cette admirable découverte a répandus parmi le reste de la population.
- Pour la tuberculose le succès est moindre. De 25000 décès par an environ pour la période de 1386 à 1890, les chiffres montent à 51 292 pour la période de 1906 à 1910 avec des maxima de 32 008 en 1907, 51 988 en 1908, et 21 664 en 1911. Il est vrai que l’accroissement (près de 50 pour 100) de la population des villes de plus de 50000 habitants fait qu’en réalité il y a léger progrès dans le pourcentage des décès (voir ci-dessous).
- Quant au cancer, il est en augmentation absolue : de 5815 par an en moyenne pour la période 1886-90 il passe à 9605 pour celle de 1906-1910 et arrive à 10298 en 1911 ayant ainsi presque doublé dans les villes de plus de 50 000 habitants.
- La diarrhée et Yentérite infantiles (au-dessous de 2 ans) passent de 10 095 en 1887 et 15 745 en 1892, à 6822 en 1910 et remontent brusquement à 12204 en 1911, évidemment sous l’influence des eaux contaminées.
- Les morts violentes passent de 2082 en 1887 à 4465 en 1911, à cause de l’accroissement de la circulation et de la vitesse des moyens de transports.
- Enfin les suicides sont de 1801 en 1887 (le minimum) 2847 en 1897 (le maximum) et 2852 en 1911.
- Si l’on examine le tableau des proportions pour 10 000habitants, on constate que la fièvre typhoïde est tombée de 7 pour 10000 (1887) à 1,5 (1909, 1910 et 1912), la variole de 4,7 à 0,01, la diphtérie de 6,5 (1888) à 0,8 ou 0,9 (1906 à 1911).
- Pour la tuberculose il n’y a qu’un bien mince progrès. Cependant les efforts de la commission permanente présidée par M. Léon Bourgeois et de M. Juil-lerat pour le casier sanitaire de Paris, ne sont pas demeurés stériles. Les décès étant de 40 pour 10000 en 1890 et de 35,1 en 1911 parce que la population des villes de 50 000 habitants est passée de 6 269 219 en 1886 à 9012 596 en 1911.
- Mais le cancer est en réel accroissement, de
- 8.5 pour 10000 en 1887 à 11,4 en 1912.
- Pour la diarrhée infantile on trouve 14,8 pour 10000 en 1887/19,6 en 1892,7,8 en 1910, et
- 13.5 en 1911. Pour les morts violentes 3,0 en 1889, 4,9 en 1911. Pour les suicides, 2,8 pour 10000 en 1887; 3,8 en 1897; 2,4 en 1911. :
- En résumé, sauf pour le cancer et dans une faible
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- mesure pour la tuberculose, il ressort de cette statistique que, en 25 ans, le total des décès dans les villes de 50000 habitants et plus s’est réduit de 26,52 pour 1000 (1886)àl8,08(1) pour 1000 en 1910 et 19,5 pour 1000 en 1911.
- Telle est la consécration des efforts combinés
- par moyennes quinquennales. Les plus intéressants de ces tableaux dont nous reproduisons quelques-uns (diphtérie et croup, tuberculose, pneumonie, cancer, fièvre typhoïde, morts violentes), figurent la proportion des décès pour 10000 individus de chaque groupe d’âges de 1887 à 1911.
- Un des plus éloquents est celui de la diarrhée ou entérite infantiles, comparée aux autres causes réunies; il figure le schéma des décès par colonnes mensuelles ; on y voit que c’est au cours de l’été : juillet, août, septembre, que la diarrhée infantile
- FIÈVRE TYPHOÏDE
- Mortalité pour iooooo individus. (i centimètres 12 décès )
- des liygiénistes et des savants, qui ne marchandent point leur talent, leur peine et leur dévouement, et des administrations supérieures qui, en matière d’hygiène, savent accomplir tout leur devoir et devraient servir de modèles à tant d’autres rouages gouvernementaux.
- Les tableaux par groupe d’âges de 0 à 1 an, de 1 à 19 ans, de 20 tà 59 ans, de 40 à 59 ans, et au-dessus de 60 ans, donnent les détails des décès et
- fait le plus de victimes, à l’époque même où les autres maladies causent le moins de décès ; et on y constate que 1911 a dépassé en fait de chiffres pour les victimes de la diarrhée infantile tous ceux des années précédentes sauf 1898. Ce dernier tableau et celui de la fièvre typhoïde prouvent nettement,
- MORTS VIOLENTES
- Mortalité tour iooooo individus. (i centimètre = 12 décès.)
- de leurs causes pour chacun de ces groupes. Enfin des tableaux en couleur font connaître la proportion des décès pour chaque groupe d’âges selon les causes,
- 1. Et même 17,84 pour 1000 d’après la Statistique internationale publiée pour 1911 (p. 288).
- par corrélation avec les conditions météorologiques de 1911, combien la question de l’eau potable pure demeure vitale en France. Or, c’est seulement en 1915 (par une circulaire du 5 août) que le Ministère de l’Instruction publique a comblé une capi-
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- - ----- '• 25 ANNÉES DE LA SANTÉ DE LA FRANCE 205
- taie lacune que j’avais signalée(1) dans la loi du 15 février 1902 sur la santé publique. lia enfin soumis à l’examen géologique et bactériologique
- mentation d’une école « en faisant remettre en état un puits public sis à proximité de son école ».
- Mais il reste deux autres points sur lesquels la loi
- 118) 1B88 1889 I89D 1191 189? 1193 1898 119S 1896 1891 1891 1899 1999 1901 1903 1903 1901 1906 1906 190) 1908 1909 1910 191 1
- Mortalité des enfants de o à i an de 1887 à ign. Nombres absolus par colonnes mensuelles;
- 1 centimètre égale 53o décès.
- préalables imposés aux communes par la circulaire du 10 décembre 1900, toutes les alimentations en eaux potables, des écoles. Depuis longtemps cette mesuré s’imposait, car il arrivait que des communes effectuaient des dépenses considérables pour se procurer de bonne eau potable et que, par suite de négligences ou circonstances diverses, les écoles de ces communes restassent alimentées par des puits ordinaires : généralement creusés dans les cours et plus ou moins étanches, ces puits risquaient souvent de se trouver contaminés par des cabinets ou fosses d’aisanees contigus ; de là un danger permanent pour la population des écoles et l’inutilité des dépenses faites d’autre part par la commune. La réalité indéniable du danger des porteurs de germes en matière de fièvre typhoïde, rendait donc indispensable la nouvelle prescription du Ministère de
- de 1902 doit être modifiée : l’un qu’elle a sciemment écarté, l’autre auquel elle n’a point songé.
- Le premier se rapporte aux captages industriels privés et il y a 9 ans que je l’ai signalé également (1) sans qu’on y ait encore pris garde.
- CANCER ET TUMEURS Mortalité
- pour 10 000 individus.
- (.1 centimètre = 12 décès.)
- &3‘&25S|3i3ië,l£!§i§|Sj§jgjS|3li£j§|§:it sj-j-s
- de 1 ô 19 ana de 20 à 89 ans
- rinstruclion publique. D’autant plus qu’un arrêt du Conseil d’État du 18 janvier 1907 avait déclaré qu’une commune avait suffisamment fourni à l’ali-
- 1. hotice de titres et travaux scientifiques (p. 51 ; Paris, Masson, éditeur, T911). • .
- « L’article 52 de la loi de 1902 précise que « la présente loi n’est pas applicable aux ateliers et manufactures ».
- 1. Congrès de VA. F.‘À. S., Cherbourg, 1905J p. 1023.— Yoy. aussi Traité d’hygiène Brouardel et Mosny, fascicule 2.‘
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- 206 ======= 25 ANNÉES DE LA SANTÉ DE LA FRANCE
- « Conséquences: l°une usine a dans son enceinte un gouffre ou un abîme, une distillerie possède une bétoire, elle y jettera toutes ses eaux usées, toutes ses vinasses, et contaminera les eaux souterraines d’une région entière;2° elle peut capter une mauvaise source ou creuser un puits détestable qui rendra malades ses ouvriers et répandra au dehors des maladies transmissibles 1 C’est permis ! Les industriels échappent à la loi !
- « A quoi donc ont pensé ceux qui ont rédigé
- par des cabarets, et qui risquent de répandre des épidémies typhiques au sein de villes et surtout de garnisons pourvues par ailleurs d’excellente eau potable. Je ne serais point embarrassé de citer de nombreux exemples de ce fâcheux état de choses, mais je ne saurais entrer ici dans la délation des noms.
- Le second point concerne les chemins de fer. Leurs gares, stations, ateliers, passages à niveau, ne sont pas toujours reliés à une adduction d’eau
- et voté cet article? Je le dis tout haut : à respecter la liberté, c’est-à-dire à ménager les intérêts de l’électeur influent, de l’important personnage qu’est le gros chef d’industrie. Et quand une usine dans l’Est de la France est incendiée par un orage, le 13 août 1901, son produit se déverse dans la rivière voisine pour sortir à une résurgence lointaine, tandis que ses puisards mènent tout son sewage à d’autres sources (?) ignorées. A quoi sert-il de faire des lois pour les tuer dans l’œuf par de pareilles énormités d’exception ! »
- Ce lamentable article 32 permet donc aux ouvriers d’usine, dans les villes comme dans les campagnes, de boire à de mauvais puits ou à des sources mal captées dans l’enclos des manufactures, à proximité des fosses d’aisances : ainsi ils peuvent aller répandre au dehors les germes pathogènes qu’ils y auront absorbés. Le souci de la santé publique et de la mortalité française exige que la loi fasse sur ce point une brèche dans le mur de .la propriété usinière. La question est aussi importante que celle des mauvais puits occultes, irrégulièrement conservés
- potable pure. Dans les principales gares, il est vrai, la distinction est soigneusement faite aü' moyen d’inscriptions entre l’eau potable et l’eau non potable ; je pourrais même en citer, qui fournissent soigneusement au public de précises indications, par exemple celle de Grenoble, où la fontaine est pourvue de l’inscription : Eau 'potable, eau de ville de Grenoble, source de Rochefort (qui est très bonne). Mais ce système de la double canalisation est condamné en principe par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France ; il laisse en effet subsister le risque, surtout aux jours d’affluence, que les gens pressés, indolents ou même ignorants comme les promeneurs du dimanche ou les ouvriers et soldats en déplacement, se trompent sciemment de robinet et s’abreuvent, faute de temps ou par paresse, aux robinets d’eau non potable plus aisément à leur portée. Rien, dans la loi de, 1902, ni dans la circulaire du 10 décembre 190Q du Ministère de l’Intérieur ne permet de pallier ce danger, pas plus que celui des puits mal situés ou mal construits ^dans les petites stations, les ateliers et
- DIPHTÉRIE ET CROUP
- Mortalité pour ioooo individus. (z centimètre — n décès.)
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- CHRONIQUE
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- les maisons de gardes-barrières. Pour ces dernières notamment, le péril est grand, parce que l’enclos, de leur jardinet est toujours restreint, et qu’on y a creusé le puits à proximité du trou à fumier où toute la famille du garde jette en général ses déjections. La question est évidemment difficile à résoudre à cause de l’isolement à peu près général de ces maisons. Toutefois, une bonne citerne serait encore moins mauvaise que les puits dont elles se servent.
- D’autres insouciances ne sont pas moins préjudiciables ; telle, par exemple, celle d’une station (que je ne veux pas nommer) de moyenne importance du Midi de la France. J’y ai constaté ce qui suit au cours d’une enquête officielle. L’adduction d’eau de la ville passant sous la voie ferrée, à la sortie même de la gare, il existait là un regard librement ouvert, dans lequel les hommes d’équipe puisaient avec des seaux sales à même le courant qui va alimenter la population !
- Ces faits et desiderata relèvent du Ministère des Travaux publics, auquel incombe le devoir de compléter et corriger, en ce qui le concerne, la loi de 1902.
- Ce qui a été fait depuis treize ans contre les dangers de l’eau potable de mauvaise qualité s’est montré trop efficace pour que la tâche entreprise ne soit pas continuée et parachevée. Assurément l’origine hydrique n’est pas la seule cause de la fièvre typhoïde, de la diarrhée, de l’entérite, etc., mais elle est la principale, les porteurs de germes et d’autres facteurs indéniables n’intervenant dans la propagation que sur une proportion réduite. Assurément, il est aussi juste et heureux de constater que les sérums antityphiques de Chantemesse, Widal et Vincent, qui ont déjà fait merveille dans la Marine et dans l’Armée, vont réduire encore efficacement la mortalité par fièvre typhoïde, mais il n’en faut pas moins continuer activement la lutte pour la protection des eaux potables en France.
- Le-Ministère de l’Intérieur, par sa circulaire du 10 décembre 1900 ordonnant pour tous les captages d’eau des communes l’étude géologique et
- bactériologique préalables, a pris une mesure éminemment salutaire et bienfaisante ; la loi du 15 février 1902 a établi le périmètre de protection des captages et interdit le jet des ordures et animaux morts dans les gouffres, bétoires, pertes et abîmes.
- De par la loi du 51 mars 1905, article 102, et des circulaires subséquentes, le Ministère de l’Agriculture subventionne, au moyen de prélèvements sur les fonds du pari mutuel les communes qui sont en règle avec les dispositions précédentes. Au Ministère de la Guerre, une circulaire du 25 décembre 1907 a créé un Conseil supérieur de surveillance des eaux d’alimentation destinées à l’Armée, dont le rôle est des plus actifs et efficaces grâce aux enquêtes sur place qui sont confiées à ses membres dans chaque cas embarrassant. Au Ministère de la Marine, la circulaire du 15 septembre 1909 a institué une Commission supérieure pour le même objet : la prophylaxie des maladies infectieuses et la surveillance des eaux d’alimentation de la Marine. Ses délégations ont déjà révisé les alimentations'en eaux potables des arsenaux de Cherbourg, Brest, Lorient, Toulon, etc. Enfin l’Instruction publique vient de soumettre les eaux des écoles à sa circulaire du 5 août 1915.
- Il n’y a donc plus que le Ministère des Travaux publics qui ait à intervenir pour protéger l’eau potable en France contre les dangers des mauvais captages des usines et des chemins de fer, qui échappent actuellement à tout contrôle. Il est d’autant plus nécessaire d’organiser ce contrôle et de fermer ces dernières portes restées ouvertes à la propagation des maladies d’origine hydrique, que la France compte encore, pour la période de 1906 à 1910, environ deux à trois fois plus de décès par lièvre typhoïde que l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse et les Pays-Bas [et trois fois moins environ que l’Espagne et l’Italie (1)].
- Souhaitons que 25 ans encore d’efforts comme ceux fournis depuis 1886 fassent en 1956 tomber la mortalité générale de la France aux taux qu’ont déjà réalisés l’Allemagne (14,02 pour 100), l’Angleterre (15,50) et les Pays-Bas (J5,55).
- E.-A. Martel.
- CHRONIQUE
- La soie artificielle d’algues. — La revue lrIndustrie textile (15 novembre 1915) signale, sous ce titre, que le Dr L. Sarasin, de Meran, est arrivé à produire une nouvelle soie artificielle, d’un brillant incomparable et possédant des propriétés techniques remarquables, avec le mucus des algues rejetées par la mer en quantités prodigieuses sur tes côtes de Normandie, de Norvège, d’Ecosse, du Canada, et connues fréquemment sous le nom de laïuj. On prophétise un grand avenir à ce produit, jugé, parait-il, très favorablement par les autorités compétentes et pour l’exploitation duquel s’est formé un syndicat de. capitalistes anglais.
- Acclimatations d’animaux imprévus. — On sait que les jardins botaniques des diverses grandes insti-
- tutions scientifiques du monde jouent un rôle imprévu dans la distribution géographique5 de certains animaux invertébrés. En y apportant les plantes lointaines avec leurs racines et la terre qui y adhère, on introduit en même temps toute une faune minuscule dont beaucoup d’espèces disparaissent plus ou. moins vile tandis que quelques autres résistent, s’acclimatent et deviennent les hôtes de leur nouveau pays d’adoption. Les serres de notre Muséum national sont ainsi un milieu d’acclimatation animale, maintes fois exploré et où l’on a fait à diverses reprises de curieuses découvertes. Le plus connu de ces exemples est celui d’une., petite méduse \... Statistique. sanitaire internationale, p. 280 de la Statistique sanitaire de la France pour '1911.
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- d’eau douce, Limnocodium Soiverbyi, découverte en 1880 dans les bassins de la Royal Botanical Society de Londres, où elle avait été introduite avec des Victoria regia, ces plantes aquatiques aux feuilles flottantes énormes. En 1892, Beddard découvrit dans les mêmes bassins un ver d’eau douce fort intéressant : Branchiura Soiverbyi, qui, depuis, a été retrouvé en divers jardins d’Europe ; récemment M. Frédéric Keyl (Zeitschrift für weissenschaftliche Zoologie) vient de signaler sa pré-
- sence à Gôttingen, Hambourg, Francfort, Dublin, dans des bassins à Victoria regia, et aussi, fait plus intéressant, dans le Rhône, à Tournon, où le ver semble s’être acclimaté. Voici donc introduite dans notre faune française une espèce tout à fait exotique qui, si son arrivée n’avait pas été reconnue comme étant le fait de l’homme, aurait compliqué singulièrement le problème de sa répartition géographique. Et rien ne dit que le même fait ne s’est pas déjà produit pour d’autres animaux.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 février j 9 j 4. -
- Le litre ,et le décimètre cube. — On trouve dans le système métrique deux unités de mesure : le kilogramme et le litre liées l’une à l’autre par un liquide de référence. Lorsqu’il s’est agi d’instituer des étalons, on a construit le mètre qui par définition devait être la 10 000 000e partie du quart du méridien terrestre ainsi qu’un corps métallique qui devait représenter le poids du décimètre cube d’eau distillée. Or, il est arrivé que le mètre étalon ne satisfaisait pas rigoureusement à sa définition et que le kilogramme étalon ne représentait pas le poids d’un décimètre cube d’eau distillée. On reconnut d’ailleurs que la construction d’un kilogramme étalon était d’une difficulté très grande. Lorsque la Conférence internationale des poids et mesures se réunit en 1870, la question était en cet état : elle décida de conserver les deux étalons sans que l’on s’embarrassât des définitions et l’on dit que le litre était le volume d’un kilogramme d’eau distillée. M. Lallemand exprime le désir que l’Académie examine la question de savoir si le litre doit être maintenu dans la liste des mesures scientifiques et qu’elle émette un avis qui serait ensuite soumis à l’Association internationale des académies lors de sa réunion à Paris.
- Anatomie de la fleur. — M. G. Bonnier présente le résumé des recherches qu’il a effectuées avec M. Jean Friedel sur quelques points de l’anatomie de la fleur. H en résulte que, dans beaucoup de cas, l’examen d’une coupe transversale, faite à un certain niveau dans les fleurs de diverses espèces d’un même genre, suffirait pour caractériser ces espèces.
- La rouille des végétaux. — M. G. Bonnier résume ensuite un travail de MM. Eriksson et Hammarlund sur la maladie de la rouille des végétaux. Cette maladie attaque les roses trémières. Les auteurs montrent qu’on peut, par l’introduction d’un liquide toxique dans les racines, arrêter ou affaiblir l’attaque du champignon parasite sans nuire à la plante attaquée. On comprend qu’il pourrait résulter de ces faits intéressants une nouvelle méthode pour combattre les maladies des plantes cultivées.
- La conductivité électrique du sérum sanguin. — Depuis quelques années, l’analyse chimique du sérum sanguin a pris une grande importance en pathologie. MM. Widal et Javal ont montré qu’il existe, au cours du mal de Bright, deux syndromes différents : la rétention chlorurée ou chlorurémie et la rétention azotée ou azotémie. M. Javal indique un nouveau moyen d’apprécier la rétention chlorurée du sérum sanguin et des
- Présidence de M. Appell.
- humeurs circulantes de l’organisme par la mesure de la conductivité électrique de ces sérosités. Les sels autres que le chlorure de sodium, c’est-à-dire les électrolytes non chlorés, ont, au point de vue de la conductivité, une valeur fixe qu’il est facile de retrancher du chiffre total pour avoir la part des chlorures. Au contraire, les chlorures varient d’un sujet à l’autre et dans les différentes périodes de la maladie. On rencontre couramment des écarts de plus d’un gramme par litre qu’il est très utile de connaître. Le procédé de la résistance électrique permet de les mesurer rapidement.
- Nouvelle carte de la Lune. — M. Puiseux expose que M. Le Morvan a entrepris la publication d’une nouvelle carte photographique de la Lune. Cette carte constituera un document précieux s’ajoutant à la grande carte de la Lune dont M. Maurice Lovwy avait entrepris la publication et qui a été achevée par M. Puiseux.
- La densité des métaux fondus. — M. Le Chatelier analyse un mémoire de MM. Pascal et Jougneaux sur les densités des métaux fondus. Cette délermination peut aujourd’hui s’opérer avec une précision bien plus grande qu’il y a quelques années grâce à l’emploi des ballons en silice fondue dont le coefficient de dilalation est très faible. Les auteurs ont pu suivre la variation de la densité du métal fondu jusqu’à 1200°. L’étain présente cette particularité qu’à une certaine température, il y a un changement d’orientation de la courbe qui représente les densités. On en conclut qu’à cette température apparaît un état allotropique différent.
- Le halage funiculaire des bateaux. — M. Ed. Imbeaux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, fait connaître que le procédé de halage funiculaire des bateaux qui avait été imaginé par M. Maurice Lévy et qui avait été délaissé à cause de la question des moteurs à vapeur à employer pour déplacer le câble, vient d’être repris et perfectionné à l’aide de moteurs électriques sur le canal de la Marne au Rhin. L’essai est des plus heureux, car l’économie sur les frais de halage est de 50 pour 100 en même temps que le temps est réduit des deux tiers.
- L’arc alternatif à vapeur de mercure. — M. Bouly résume une Note de MM. Darmois et Maurice Leblanc, décrivant un moyen perfectionné de produire un arc alternatif dans la vapeur de mercure. Dans leurs premiers essais, le facteur de puissance, c’est-à-dire le rapport de l’énergie utilisée à l’énergie dépensée, n’était pas considérable, et ne dépassait guère 0,50 ; les auteurs sont parvenus à modifier ce facteur et à le porter à 0,80. Ch. de Yilledeuil.
- Le Gérant : P. Masson.'-
- Imprimerie Lahuiie, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2126.
- 21 FÉVRIER 1914.
- LE DINGO D’AUSTRALIE
- l’attribuer approximativement au pliocène moyen, époque où les îles de la Sonde, et peut-être une petite partie du nord de l’Australie, étaient reliées à l’Indo-Chine. D’ailleurs, tout semble indiquer que cette liaison continentale n’a été ni très large, ni de longue durée, puisque aucun autre type de mammifères placentaires n’a pris le même chemin; les Muridés et les Canidés sont les seuls mammifères que l’on puisse considérer comme cosmopolites, en dehors de l’influence toute moderne de l’homme. Au point de vue géologique, on sait qu’entre Timor
- Le Dingo de la Nouvelle-Hollande.
- est peu d animaux dont 1 origine ait mis la sagacité des naturalistes à une plus rude épreuve que le Dingo de la Nouvelle-Hollande, qui n’est ni un loup, ni un chien domestique, bien qu’il tienne un peu de l’un et de l’autre. Pendant longtemps on a cru qu’il avait été amené par l’homme sur le continent australien; mais,plus récemment,on a trouvé des débris fossiles de ce chien dans les couches pliocènes et quaternaires de la colonie de Victoria, mêlés à ceux de grands marsupiaux depuis longtemps éteints (Noloiherium, Diprolodon), et dans ces
- couches on n’a rencontré aucune trace de la présence de l’homme. Il a donc fallu se rendre à l’évidence, et admettre que le Dingo avait précédé celui-ci sur le continent de la Nouvelle-Hollande.
- Il n’en est pas moins certain que le Dingo n’est pas originaire de cette terre, si singulière par sa faune, exclusivement composée de mammifères aplacentaires (Didelphes et Ornithodelphes), à l’exception d’un certain nombre de genres de rats et de souris. On doit admettre aujourd’hui que le Dingo est venu à la suite de ces Muridés, qui lui servaient probablement de nourriture, et qu’il est venu comme eux d’Asie, ou plutôt de Malaisie, où l’on trouve des mammifères placentaires très voisins du Dingo ,et des muridés australiens. Il est difficile de dire à quelle époque se place cette migration, la géologie de cette région étant encore mal Connue; on peut
- 42’ Année. — 1*' Semestre.
- et l’ilc Melville, on trouve. le fond à moins de 200 mètres, et l’on doit se rappeler les éruptions volcaniques qui bouleversent encore de nos jours toute cette région, et qui furent beaucoup plus fréquentes à l’époque tertiaire.
- C’est dans le récit du Voyage autour du monde de l’étrange aventurier qu’était William Dampier, que l’on trouve, pour la première fois, l’indication de la présence d’un chien sauvage en Australie. C’est en 1688, qu’il naviguait sur les côtes de ce pays. « Nous ne vîmes, dit-il, aucun animal, ni aucune trace de bêtes, excepté une seule fois, et ces traces semblaient indiquer la présence d’un animal aussi gros qu’un dogue de forte race. » Et un peu plus loin : « Mes hommes virent deux ou trois bêtes ressemblant à des loups affamés, maigres comme autant de squelettes, n’ayant que la peau sur les
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- LE DINGO D’AUSTRALIE
- os....» Aujourd’hui, l’animal n’est que trop connu des colons, en raison des dégâts qu’il commet.
- Le Dingo sauvage est de la taille d’un chien de berger ou d’un petit loup, et par ses formes ressemble beaucoup à l’un et à l’autre. Son pelage est d’un roux uniforme, plus pâle en dessous ; ceux qui ont d’autres teintes ne sont pas considérés comme de race pure. Avant la colonisation, le Dingo se contentait d’ordinaire d’iin assez maigre gibier, de rats et surtout de lézards, dont on trouve les os en abondance dans ses excréments. Actuellement, si l’on en croit les rapports officiels, il s’attaque aux moutons qui sont, comme on sait,.la principale richesse des colons. En l’année 1897, dans la Nou-
- dans ce dernier pays du Lycaon pictus), chassent en troupe et à courre. Le Dingo ne chasse que par couple ou par petites familles, et, presque toujours, il attend sa proie à l’affût. Jamais il n’attaque l’homme.
- Bien qu’on ait prétendu le contraire, le Dingo est très capable de venir à bout d’un kangourou de moyenne taille. « Un matin, dit M. Niçois, dans ses Skelches among the Carnivora, j’entendis le trot bruyant d’un kangourou qui traversait à toute vitesse un taillis peu éloigné, et, saisissant mon fusil,, je me couchai à terre espérant pouvoir tuer l’animal. Quelques instants après, apparut un Dingo qui suivait le bord extérieur du couvert, parallèlement au
- Jeunes Dingos.
- velle-Galles du Sud seulement, le nombre des moutons tués par les Dingos s’éleva à 172 571, soit 2,54 pour 100, sur un total de 44 millions de têtes. Aussi fait-on une chasse active aux Dingos, et la prime accordée pour leur destruction est assez élevée, variant, suivant les districts de 6 fr. 25 à 50 francs par tête. En 1897, on en a détruit 59 264 dans la Nouvelle-Galles et le Queensland, sans que leurs méfaits aient paru notablement diminués.
- Le Dingo est plus rusé que courageux ; on ne peut le prendre au piège et il ne touche pas aux appâts empoisonnés ; il lui faut une proie vivante. En une seule nuit, il met à mal un bon nombre de moutons ; ceux qu’il ne fait que mordre, sans les tuer, n’en succombent pas moins à leurs blessures. Il s’attâque aussi aux jeunes poulains et aux veaux.
- Ses mœurs diffèrent de celles des véritables loups qui, partout où on ne les a pas à peu près exterminés, notamment en Russie et en Afrique (il s’agit
- kangourou, et s’arrêtant de temps en temps pour écouter. Je n’avais encore jamais vu un kangourou chassé par un chien sauvage, et j’observai avec beaucoup d’intérêt. Tout à coup, à moins de 100 mètres de moi, le kangourou qui ne se doutait point de la présence du chien, sortit du couvert ; le Dingo se précipita sur lui et le saisit par une épaule. Au même instant, un second Dingo sortit du taillis et saisit à son tour le kangourou par l’autre épaule. » Avant que M. Niçois ait pu intervenir, le pauvre animal était tué et déjà presque entièrement déchiré.
- Les indigènes australiens ont eu de tout temps l’habiLude d’élever des Dingos en domesticité pour les utiliser à la poursuite du gibier. Ils s’emparent des petits que leur mère a déposés dans le creux d’un vieil arbre et les emportent pouri les nourrir avec le même soin que leurs propres enfants. « Le Dingo, dit Lumholtz, est ùn personnage important de la famille ; il dort dans la hutte, on lui donne
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- abondamment à manger, non seulement de la viande mais aussi des fruits. Son maître ne le frappe jamais, mais se contente de le menacer. Il le caresse comme un enfant, le débarrasse de ses puces et l’embrasse sur le nez. Quoique le Dingo soit fort bien traité, il.se sauve souvent, et dans ce cas, il ne revient jamais. Aussi, il n’est jamais absolument domestiqué; mais il est cependant très utile aux indigènes, car il a un flair excellent et peut suivre à la trace toute sorte de gibier; il n’aboie pas. Il chasse avec moins d’ardeur que nos chiens, mais son allure est très rapide, et il prend souvent le gibier à la course. Quelquefois,il refuse tout à coup d’aller plus loin et son maître le hisse alors sur ses épaules, manière de cheminer que le Dingo apprécie fort. » Le Dingo ne suit que son maître, de telle sorte que l’Européen qui veut s’en servir à la chasse est forcé de se faire accompagner par celui-ci.
- Depuis que l’on a amené des chiens domestiques d’Europe, les Dingos apprivoisés par les indigènes se sont croisés avec les nouveaux venus. Ces alliances n’ont jamais lieu avec les Dingos sauvages. Les métis qui sont assez recherchés par les colons, varient beaucoup de pelage : les individus noirs ou noirs et blancs ne sont pas rares et, d’après Gould,ces croisements remonteraient à une époque assez ancienne, car déjà avant 1798, on avait remarqué des individus de deux couleurs, rouges ou noirs. Les indigènes, comme nous l’avons dit, préfèrent les Dingos de race pure.
- En résumé, quelle idée doit-on se faire du Dingo? Doit-on le considérer comme un chien ou comme un loup? D’après ce que nous avons dit en commençant, il n’est pas douteux que le Dingo est une espèce sauvage du genre Canis, bien distincte du chien domestique, mais assez voisine par ses caractères de celui-ci et surtout du petit loup de l’Inde (Canin pallipes), que l’on doit considérer comme la souche principale, sinon unique, de toutes nos races domestiques (1). Si l’on compare le crâne du Dingo à celui du Canis pallipes, on constate que tous deux se ressemblent plus entre eux qu’ils ne ressemblent aux grands loups du nord de l’Europe et de l’Asie ; les mœurs de ces deux espèces sont aussi moins féroces que celles du Canis lupus et des autres espèces qui s’en rapprochent, et leur manière de chasser est différente. On trouve dans les îles de la Sonde, notamment à Sumatra,' un chien sauvage (Canis sumalrensis Gray), qui est très probablement plus voisin encore du Dingo que le Canis pallipes de l’Inde, mais le Muséum de Paris ne possède pas de crâne de ce chien de Sumatra, et je n’ai pu comparer ses caractères à ceux du Dingo. Il est donc impossible actuellement de décider si ces deux canidés appartiennent à une seule et même espèce, ou constituent deux espèces distinctes; en tout cas ils sont certainement distincts du Canis pallipes de ^ Tnde. g Trouessart,
- Professeur au Muséum National.
- UNE SOUPAPE ÉLECTRIQUE : LE CONVERTISSEUR A VAPEUR DE MERCURE
- Les générateurs électriques industriels produisent l’énergie électrique sous forme de courant continu ou sous forme de courant alternatif sinusoïdal. L’intensité du courant électrique produit peut être représentée en fonction du temps par une droite telle que AB (fig. 1) dans le cas du courant continu, par une courbe telle que celle de la figure 2 dans le cas du courant alternatif sinusoïdal. On voit sur cette dernière figure que l’intensité du courant change de signe en s’annulant aux points C, D, E;
- A B
- Fig. i.
- ceci signifie au point de vue physique que si l'on considère par exemple un fil conducteur parcouru par un courant, quand le sens du courant sera de droite à gauche pendant le temps CD, il sera de gauche à droite pendant le temps DE. Le temps qui s’écoule entre deux instants successifs où le courant reprend la même valeur F et II par exemple, s’appelle la période du courant; le nombre de périodes par seconde est la fréquence du courant alternatif, elle varie u'iitrc 15 et 100 pour les applications industrielles.
- Du fait que le courant alternatif change de sens après chaque demi-période, il résulte qu’il est impropre à certains usages : à la production des phénomènes qui changent de sens en même temps
- F H
- Fig. 2.
- que le courant, car ce qui est produit pendant une demi-période se trouve détruit pendant la demi-période suivante. Nous pouvons citer par exemple la charge des accumulateurs ; si le sens du courant est tel qu’il charge la batterie pendant une demi-période donnée, il provoquera la décharge pendant la demi-période suivante. La projection à l’aide d’un arc électrique est difficile avec le courant alternatif; on sait qu’elle nécessite la formation au
- 1. Thoukssaht. L’Origine préhistorique du chien domestique {Revue des Idées, 15 juin 1911, p. 588-411).
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- SOUPAPE ÉLECTRIQUE
- charbon positif d’un cratère incandescent, ce qui est évidemment impossible si chaque charbon est à tour de rôle positif et négatif.
- Cependant, à part ces applications particulières, le courant alternatif présente de tels avantages (facilité de production et d’utilisation, transformation aisée de sa tension Zf B _¥B à 1’ aide d’appareils statiques)
- que toutes les nouvelles ins-Fig. 3. Fig. 4. tallations de distribution d’é-. lectricité sont faites en courant alternatif, et que même l’on transforme peu à peu les installations faites à l’origine en courant continu.
- Les consommateurs pour lesquels l’emploi de cette dernière forme de courant constitue un avantage marqué sont donc obligés de trouver un procédé simple pour transformer en courant continu le courant alternatif qui leur est fourni par leur secteur. Ceci peut s’efï‘ectuer à l’aide d’un appareil tournant, commutatrice ou moteur générateur consistant en un moteur à courant alternatif entraînant une génératrice à courant continu, mais ceci peut être aussi fait à l’aide d’appareils statiques; le convertisseur à vapeur de mercure qui fait l’objet principal de cet article appartient à cette dernière classe
- Le principe de cet appareil repose sur le phénomène suivant. Considérons une lampe à vapeur de mercure telle que celle figurée schématiquement sur la figure 3 avec une électrode en mercure B et une électrode solide (graphite ou fer) A. Il est très aisé d’allumer cette lampe et de la faire fonctionner
- Fig. 8. — Schéma des connexions électriques d’un convertisseur. — i, Primaire du transformateur; 2, Secondaire du transformateur ; 4, Ampoule; 5, Self; D, H, Anodes ; ,E, Cathode; K, Electrode d’amorçage; B, Point neutre du transformateur; PG, Circuit continu = d’utilisation. "* ' . '*•
- sur courant continu si le mercure joue le rôle de pôle négatif et le graphite le rôle de pôle positif,
- c’est-à-dire de faire traverser la vapeur de mercure qui la remplit par un courant allant dans le sens AB; mais il est absolument impossible de la faire fonctionner sur courant alternatif. Bien plus même, si cette lampe est maintenue artificiellement amorcée à l’aide d’une électrode auxiliaire A' (fig. 4) et qu’on dispose une source de courant alternatif aux bornes AB, il ne passera que les demi-ondes du courant alternatif circulant dans l’appareil dans le sens AB, les autres seront arrêtées; c’est dire que l’appareil constituera une véritable soupape électrique ouverte pour les courants de sens A B, fermée pour ceux de sens inverse. Le courant qui traverse la soupape peut alors être représenté par la courbe de la figure 5. Un montage simple permet, en uli-
- Temps
- Fig. 5.
- Temps Fig. 6.
- Tem ps Fig. 7-
- lisant deux soupapes, de juxtaposer dans un circuit unique les deux demi-ondes de manière à obtenir un courant qui peut être représenté par la figure 6. Enfin, en introduisant des bobines de self dans le circuit continu, on peut diminuer les ondulations du courant de manière à obtenir des formes de courant telles que celles de la figure 7 se rapprochant autant, que l’on veut de la forme du courant continu AB.
- Comment, à partir de cette expérience de laboratoire, a-t-on pu réaliser un appareil industriel? Les deux soupapes ont été réunies dans une ampoule en verre avec une cathode commune A; ceci a permis de supprimer l’électrode auxiliaire qui servait à maintenir l’ampoule amorcée (électrode A' de la figure 4).
- La figure 9 représente une ampoule capable de produire un courant continu de 30 ampères sous 410 volts. A est l’électrode négative en mercure; B les deux électrodes positives en graphite ; D une chambre qui sert à la condensation du mercure vaporisé à l’électrode néigative où il retombe sous forme de gouttelettes : on évite ainsi une trop grande élévation de la température de l’ampoule et par suite de la pression intérieure. Le premier amorçage est réalisé à l’aide d’une anode auxiliaire en mercure A'' ; en basculant l’ampoule, on établit un court-circuit entre le mercure de l’électrode A et
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- SOUPAPE ÉLECTRIQUE =
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- Fig. 9. — Ampoule monophasée : 3o ampères, 110 volts.
- Fig. 10. — Ampoule triphasée . 3o ampères, 220 volts.
- celui de l’électrode A", en redressant l’ampoule ce court-circuit est rompu et il jaillit une étincelle qui détermine l’amorçage de l’ampoule.
- Le schéma de la figure 8 fait comprendre comment, à l’aide d’un transformateur au milieu de l’enroulement secondaire duquel on a accès, on peut juxtaposer les deux ondes comme représenté sur la figure 6.
- Pendant une demi-onde le courant suit le chemin BAHEFGB, pendant la demi-onde suivante le chemin BGDEFGB; il traverse donc toujours le circuit d’utilisation F G dans le même sens. On a donc réalisé ainsi une source de courant continu dont le pôle positif est la cathode de l’ampoule E et le pôle négatif le point neutre du transformateur B.
- Pour le courant triphasé on utilise des ampoules à trois bras (fig. 10).
- Ces ampoules en verre sont construites en plusieurs dimensions suivant l’intensité du courant que l’on veut redresser, les plus grandes sont construites pour 40 ampères, ia dimension des chambres de condensation (D fig. 9) dépassant pour des intensités supérieures les limites pratiques. On peut mettre alors plusieurs ampoules en parallèle, mais on est assez rapi-
- Fig. 11. — Tableau, de charge de batterie de 3o ampères au moyen d’un convertisseur à mercure.
- dement limité dans cette voie qu’on ne peut considérer que comme une solution provisoire. La figure 11 représente la réalisation pratique d’un de ces appareils, destiné à la charge des batteries d’accumulateurs et débitant 50 ampères, tous les instruments accessoires nécessaires au fonctionnement de l’appareil sont groupés sur un tableau de marbre. Des appareils analogues, sont communément employés pour la marche des arcs de projection de cinématographie, pour la charge des batteries d’accumulateurs, la marche des petits, moteurs, la conduite d’appareils médicaux, etc.
- On peut dire aujourd’hui avec certitude que les convertisseurs à vapeur de mercure ne seront plus limités aux appareils de petite capacité avec ampoules en verre; de longues et patientes recherches, effectuées simultanément en Amérique et en Allemagne, ont abouti à la réalisation d’appareils où l’ampoule en verre a été remplacée par un récipient métallique pouvant supporter des températures plus élevées et que l’on peut d’ailleurs refroidir facilement par une circulation d’eau.
- Les formes de ces récipients métalliques sont d’ailleurs inspirées des formes des am-
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- poules en verre. La figure 12 représente un appareil construit pour une capacité de 100 kilowatts ( 300 ampères,
- 350 volts) et qui mesure environ 1 m. 50 de haut.
- Il est entièrement construit en fer et refroidi par de l’eau, les anodes pénètrent dans les bras latéraux à travers un joint étanche qui les isole en même temps électriquement de l’appareil.
- L’appareil est réuni à une pompe à mercure capable de donner un très bon vide; pour que l’appareil fonctionne bien la pression intérieure à froid doit être maintenue au voisinage de 0,006 millimètre.
- Plusieurs de ces appareils ont déjà été installés et ont donné des résultats satisfaisants, nul doute que la généralisation de leur emploi dans l’industrie ne soit proche.
- C’est sans doute dans la traction électrique qu’ils trouveront leurs premières applications ; on sait que la traction par courant alternatif présente de gros inconvénients qui compensent
- la facilité de production et de transport du courant. En dehors du moins bon rendement des moteurs, l’emploi des lignes électriques alternatives jette la plus grande perturbation dans le fonctionnement des réseaux télégraphiques et téléphoniques voisins ; en outre, l’usage du courant alternatif empêche l’emploi des câbles souterrains, on doit se contenter des lignes aériennes dont la sécurité est plus faible.
- Il est possible, sinon probable, qu’une période de réaction viendra dans laquelle le courant alternatif sera transformé en courant continu aussitôt créé pour être transporté par câbles souterrains; pour cet usage le convertisseur présentera sur les commutatrices et les groupes moteurs générateurs de très grands avantages, rendement meilleur et pratiquement indépendant de la charge, prix d’achat moins élevé, etc., avantages qui doivent lui assurer un brillant avenir .
- Maurice Leblanc fils.
- Fig. 12. — Convertisseur métallique triphasé : ioo kilowatts, 3oo ampères, 35o volts.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 février 1914. — Présidence de M. Appell.
- Origine des trypanosomes des vertébrés. — M. Laveran rappelle que, dans une série d’expériences, faites en collaboration avec M. G. Franchini, il a montré que des rats et des souris pouvaient être infectés en leur inoculant des flagellés de la puce du chien ou de Ÿ Anopheles maculipennis. Par de nouvelles expériences opérées de façon à réaliser les conditions naturelles, MM.1 Laveran et Franchini montrent que des rats et souris exposés aux piqûres des puces de rats (Cirotophyllus fasciatus) dans un cristallisoir servant à l’élevage de ces puces se sont infectés. Les résultats de ces expériences sont favorables à l’opinion émise par les auteurs que les. trypanosomes et Leishmania des vertébrés ont pour origine les flagellés des invertébrés.
- , Hypothèse sur les aurores boréales, — M, Georges
- Claude confirme ses précédentes recherches relatives à l’influence du diamètre des tubes à néon sur la différence de potentiel aux bornes de ces tubes. Cette différence de potentiel tombe à la moitiéj au tiers, au quart quand le diamètre double, triple, quadruple, etc. Si l’on considère un tube de diamètre très grand, on voit qu’il fonctionnerait avec une' différence de potentiel infime aux deux bornes. Indépendamment des applications à l’éclairage on aperçoit, dit M. d’Àrsonyal, une conséquence importante au point de vue de la physique du globe. Les aurores boréales qui ne sont que des déchargés électriques de section énorme ne réclameraient que des différences de potentiel bien inférieures à celles qu’on pouvait, croire nécessaires.
- Ch. de Villebeuil, ,
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- LE DANGER DES ONDES HERTZIENNES
- Un de nos lecteurs nous communique l’intéressante note qui suit ;
- « Dans La Nature du 7 février, M. Franck Duroquier a très justement fait observer le danger que pouvait offrir la propagation des ondes de Hertz.
- « Voici quelques nouveaux faits personnels que je suis heureux d’exposer aux lecteurs de La Nature.
- « Il m’est arrivé, très souvent, en passant près de la Tour Eiffel, au moment d’une émission, de poser le pied d’une chaise en fer sur une des bouches d’eau qui se trouvent aux quatre coins du carré formé par le trou dans lequel pénètre l’antenne et de tirer de la chaise, en l’approchant du grillage qui entoure la petite pelouse, des étincelles d’environ 1/2 centimètre de longueur.
- « Deux pièces de monnaie convenablement orientées et tenues à la main à une distance suffisante l’une dé l’autre sont rapidement rejointes a chaque onde par une étincelle violacée.
- « D’ailleurs, en frottant un soulier garni de- clous contre la bouche d’eau dont j’ai parlé plus haut,, on arrive à obtenir des étincelles très brillantes : et - très bruyantes.
- « En me servant du dispositif des 2 pièces métalliques, j’ai pu prendre le Bulletin météorologique sans aucun détecteur, ni microphone, sous la Tour même, à environ 200 m. de l’extrémité inférieure de l’antenne.
- « Même au Trocadéro ou à l’Ecole militaire, on parvient à produire des étincelles de luminosité assez intense pour qu’on puisse lire à vue les radiogrammes émis par la Tour. »
- « L’expérience du ballon de M. Duroquier peut être reproduite, mais d’une manière un peu moins brutale.
- « On sait que, sous l’influence des étincelles électriques en quantité suffisante, l’azote et l’hydrogène se combinent pour former AzII3, l’ammoniaque. Mais la combinaison est moins facile que celle de l’oxygène et de l’hydrogène. En effet, tandis qu’une seule étincelle suffit pour enflammer le mélange II2 —f- O (réaction dégageant 59 calories par molécule) il faut une série d’étincelles pour que la combinaison AzII3 s’opère. Or, celte dernière réaction est limitée par la réaction inverse à 6 pour 100 environ ; on peut néanmoins faire disparaître tout l’azote à l’état d’ammoniaque en l’absorbant par un peu d’acide sulfurique ou en le dissolvant dans l’eau.
- « Dans le ballon de M. Duroquier on peut mettre trois volumes d’hydrogène et un volume d’azote r et exposer l’appareil monté de la même façon que le montait M. Duroquier à l’action des étincelles produites par les ondes hertziennes. Mais on a eu soin de munir le ballon d’un tube fin plongeant dans-une cuve à eau, mélangée de teinture de tournesol rougie. Sous l’action des étincelles,1 la combinaison se produit et, comme le gaz ammoniac est très soluble dans l’eau et que de plus il y a eu contraction de 50 pour 100 dans la combinaison, on voit le liquide monter dans le tube et bleuir, mettant ainsi en évidence le caractère basique de l’ammoniaque ainsi formé.
- « L’expérience faite à 10 km de Paris donnait des résultats assez sensibles après 20 minutes de; passage d’étincelles dans le mélange. » J. S.
- KONIA
- Avant de briser son appareil sur les pentes du Taurus, dans sa tentative vers le Caire, l’aviateur
- l’ont visitée également. On ignore trop combien curieuse et facile d’accès est cette ville historique
- . i j ; ... :
- Fig. i. — Mosquées et grand cimetière des derviches tourneurs.
- jDaueourt avait fait escale à Konia (ou Konieh), sur Je haut plateau d’Asie Mineure. Plus' heureux que lui, Yédrines, Marc Bonnier et des aviateurs turcs
- célèbre, si considérablement déchue de. sou. importance passée. Nous avons expliqué, au n°f2009 (25 novembre 1911), comment elle $st reliée, à
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- Fig. 2. — Une rue à Konia.
- Constantinople, depuis 1896, par les 455 premiers kilomètres du fameux chemin de fer de Bagdad, à travers l’étrange pays d’Anatolie.
- Konia, dans l’antique Lycaonie, fut l’Iconium des Grecs;, elle vit passer les 10000 Grecs de Xénophori, les armées d’Alexandre le Grand et le cortège de Cicéron proconsul de Cilicie (51 av. J.-C.); le séjour de saint Paul et de saint Barnabe y a laissé de pieux souvenirs; son principal rôle dans l’histoire fut d’être la capitale des Turcs seldjoucides. C’est au xie siècle (en 1074) que les Turcs, descendant de Seldjouck, arrivèrent des bords du lac d’Aral, en hordes conquérantes, pour faire d’Iconium la capitale de leur empire sur l’Asie Mineure. Leurs luttes contre Byzance avaient déjà étendu leur domination et leur gracieuse ornementation architecturale jusqu’à Ani, la capitale de l’Arménie; mais les trois premières croisades les mirent aux prises avec l’Europe occidentale et, le 26 mai 1190, l’empereur Frédéric Barberousse entrait vainqueur à Iconium. Le sultan Aladin (de 1219 à 1254) fut un des meilleurs et des plus grands souverains seldjoucides. C’est lui qui prit le croissant comme emblème .des musulmans et qui concéda le territoire de Brousse au turcoman Ertogroul ; celui-ci fut père d’Osman, le fondateur de la dynastie des Osmanlis et de la puissance ottomane. Au temps d’Aladin les murailles de Konia possédaient 108 tours, construites en matériaux antiques et la ville était une
- des plus magnifiques d’Asie. Les Mongols firent commencer la décadence (en 1294), que Mahomet II consomma en 1466.
- Il ne subsiste que des débris des splendeurs d’antan. Et la situation de Konia, vers 1000 à 1100 mètres d’altitude, entre un grand désert salé et les montagnes pelées de la Cilicie, ajoute singulièrement à la mélancolie des ruines et des souvenirs.
- Comme à Angora, le voyageur qui sort de la gare est surpris par le contraste entre le confortable du chemin de fer et les troupesimmenses de chameaux, qui viennent abriter sous les hangars les marchandises et les denrées (tapis, céréales, coton) venues de l’intérieur du pays.
- La modernisation européenne est fort peu avancée dans la Konia actuelle, qui conserve un singulier et misérable caractère, grâce à ses murailles et maisons presque toutes construites d’argile séchée au soleil. Après la pluie, elle semble un amoncellement de boue, que dominent quelques rares monuments modernes et les débris des vieux édifices.
- Le palais d’Aladin n’a guère conservé qu’une muraille avec un portail de marbre de 1220. Sâ destruction date surtout de 1850 et son grand minaret s’est récemment écroulé. A côté, la mosquée d’Aladin est sur le plan arabe, diminutif de celle de Cordoue, avec des voûtes portées par 50 colonnes antiques. A l’intérieur, on préserve une profusion de faïences et de tapis précieux. Un turbé (chapelle funéraire) voisin renferme les tombes en faïence bleue de plusieurs sultans. Au voisinage, le minaret jadis couvert de faïences de l’Indsché-Dschami (mosquée) a été détérioré par la foudre il y a peu d’années.
- La mosquée Karatai, datant de 1251, est ornée de beaux marbres sculptés et de faïences, comme beaucoup d’autres plus ou moins ruinées.
- Fig. 3. — Portail du palais d’Aladin*
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- Au centre de la ville, la mosquée de Sélim (1512) est intacte et surchargée de lins ornements d’un goût parfois douteux.
- Mais la capitale attraction de Konia est le couvent des derviches tourneurs (mevlana), le plus important ordre religieux de la Turquie; il lut fondé, en 1275, par le philosophe Dschelal-Eddin, né en 1207, en Àfganistan et qui vint professer à Konia à partir de 1255. Le chef de l’ordre a comme privilège de ceindre l’épée d’Osman à chaque nouveau sultan turc à la mosquée d’Eyoub. L’ensemble du couvent, malgré ses modestes dimensions, est une des merveilles de l’Orient. La mosquée qui ren-
- Fig. 4. — Mosquée de VIndsché-Dschami.
- ferme le tombeau du fondateur est surmontée d’une coupole de forme arménienne conservée absolument intacte. Sous son revêtement de faïence bleue, étincelant au soleil depuis plus de 700 ans, cette mosquée abrite les deux salles de danse, où les tourneurs se livrent chaque vendredi à leur cérémonie, et surtout le mausolée de Dschelal et de ses descendants. Voici sept siècles passés que sur cette tombe
- Fig. 5. — Palais d’Aladin.
- Fig. 6. — Bazar à Konia.
- s’accumulent les plus précieux tapis, broderies, bijoux, objets d’art et ex-voto les plus bizarres qu’ait pu imaginer le fanatisme oriental. Les étrangers sont admis à contempler toutes ces reliques, à distance respectueuse, sous condition de ne pas effleurer du bout du pied le rebord même des tapis du sanctuaire.
- De l’autre côté de l’originale cour du couvent,
- Fig. 7. — Muraille et tombeau à Konia.
- vrai jardin de tombes et de fontaines, autour duquel sont rangées les cellules des derviches, une autre mosquée sert aux cérémonies du culte musulman. Du grand cimetière aux tombes irrégulièrement plantées et éparses qui flanquent le couvent, la vue des étranges monuments est une des plus saisissantes qu’on puisse contempler. D’autres mosquées ont plus ou moins mal conservé les débris de leurs décorations extérieures et de leurs faïences intérieures.
- Telle est à grands traits la curieuse Konia. Prochainement nous ferons un tour dans ses environs immédiats. E.-À. Martel.
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- L’HORLOGERIE ÉLECTRIQUE DANS LES OBSERVATOIRES ET LA T. S. F.
- ' Nous avons eu déjà l’occasion d’entretenir nos Ilecteurs des progrès réalisés dans l’horlogerie électrique, qui présente le très grand avantage, par rapport à l’horlogerie ordinaire, de supprimer : complètement toute espèce de remontage et de permettre, d’autre part, d’établir des réseaux de distribution d’heure, dans lesquels les horloges réceptrices donnent toutes à tout moment des indications !concordantes.
- Pendant longtemps, l’horlogerie électrique est restée dans un certain discrédit, résultant très probablement de ce que les applications qui en avaient !été faites par les différents horlogers n’avaient pas 'été suffisamment étudiées au point de vue technique.
- Depuis quelques années, grâce aux travaux de Cornu et de Lucien Brillié, il a été pratiquement démontré qu’établie dans des conditions rationnelles
- Fig. r. — Schéma-dés connexions de l’appareil transmetteur.
- ment sont disposées différentes roues avec des leviers établissant aux moments voulus des contacts électriques; ces roues ne peuvent avoir qu’une dimension assez modérée, 2 à 3 cm de diamètre environ, en raison de la nécessité de conserver à la pendule astronomique sa marche de haute précision; il en résulte que la Vitesse circonférentielle des roues étant relativement faible, il est difficile d’obtenir des émissions parfaitement régulières et précises.
- En fait, les Observatoires étrangers n’ont pas encore, jusqu’à présent, réalisé automatiquement l’émission des signaux horaires. Il en est autrement à l’Observatoire de Paris et les délégués des États étrangers qui ont assisté à la deuxième Conférence internationale de l’heure, ont pu voir en fonctionnement dans la Salle des pendules de l’Observatoire les 2 appareils réalisés par des constructeurs français et qui, depuis le mois de juillet 1913, assurent normalement au monde entier l’envoi de la dépêche horaire.
- Nous avons décrit dans notre numéro du 29 no-
- , Interrupteur
- interrupteur , r .
- automatique\ am'a/”
- Signaux } préliminaires
- l’horlogerie électrique était susceptible d’une précision au moins égale, sinon supérieure, à celle des meilleures horloges astronomiques et cela dans des conditions de construction beaucoup plus simples.
- ' La mise en service, à l’Observatoire de Paris, d’horloges électriques pour la transmission des signaux horaires arrêtés par les 2 Conférences internationales de l’heure, d’octobre 1912 et d’octobre 1913, fournit la plus éclatante confirmation de la haute précision que l’on peut attendre des horloges électriques.
- Dès la première Conférence internationale de l’heure, il avait été convenu en effet qu’en raison de l’importance de la dépêche horaire envoyée 2 fois par 24 heures, l’émission de cette dépêche serait faite automatiquement; cette émission devait être faite avec la plus grande précision possible et la Conférence avait émis le vœu que cette précision fût de la 1 /2 seconde ou même du 1/4 de seconde, si possible.
- Divers constructeurs se sont préoccupés de réaliser les desiderata de la première Conférence internationale. Une solution a été étudiée en Allemagne pour la transmission de cette dépêche par une pendule astronomique : sur l’axe de la roue d’échappe-
- vembre 1915 le premier de ces appareils; nous donnons ci-dessous la description d’ensemble de l’appareil transmetteur Brillié-Leroy basé sur des principes tout différents.
- Cet appareil est une véritable horloge électrique à mouvement de rotation continu ; il est mis en mouvement par une petite magnéto recevant son courant d’une batterie de piles. Ce mouvement est synchronisé par une horloge électrique du type que nous avons déjà décrit précédemment (*), synchronisée elle-même par une horloge astronomique. Le mouvement du moteur est transmis aux différentes parties de l'appareil par une série de roues et de pignons placés dans le socle. Une minuterie constituant l’horloge astronomique actionne 5 aiguilles se déplaçant sur 5 cadrans correspondant aux secondes, minutes et heures. Cette minuterie commande un contact actionné, suivant le dispositifbien connu, par un premier levier dont la chute est'produite par l’encoche d’un disque fixé sur l’axe de l’aiguille des heures et qui libère, par sa chute, un deuxième levier venant tomber, au moment voulu, dans T encoche d’un disque fixé sur l’axe de l’aiguille
- 4. Voy. La Nature, n° 2114, du 29 novembre 1913.
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- L’HORLOGERIE ÉLECTRIQUE DANS LES OBSERVATOIRES------ 219
- des minutes. Pour l’émission des signaux horaires ce contact sera le premier à s’établir et le dernier à se rompre. Le moteur commande, d’autre part, une roue-commutateur faisant un tour en 5 minutes. Cette roue porte un secteur dont la longueur correspond à 55 secondes environ et qui ferme successivement 3 contacts a, b, c (fig. 1) disposés sur 5 dérivations du circuit émetteur. Trois autres secteurs, correspondant à des émissions de 8 secondes environ peuvent fermer un contact établi sur une 4e dérivation du même circuit. Le moteur commande enfin un ensemble de 8 disques tournant à raison d’un tour
- la grande vitesse circonférentielle des disques.
- Relèvement automatique des leviers produisant les transmissions horaires. — Pour éviter que les leviers ne soient en permanence appuyés sur la circonférence des disques, un dispositif mécanique, commandé par la roue des heures, produit la chute des leviers sur le pourtour des disques quelques minutes avant l’émission de la dépêche et leur relèvement quelques minutes après.
- Fonctionnement de l’appareil en dehors des heures réglementaires. — Une manette spéciale T permet, d’autre part, de produire ce mouvement
- ~ir-
- TOUR EIFFEL
- Fig. 2. — Poste distributeur de signaux horaires : H, Pendule directrice < Leroy >•; B, Pendule-relais synchronisée; C, Appareil transmetteur; A., Tableau de connexions (voltmètre, ampèremètre, etc.). — Connexions de l’horloge directrice : D, Inverseur de courant pour remise à l’heure; P, Condensateur; t, Écouteur téléphonique ; p, Pile de l’écouteur téléphonique ; p', Pile de synchronisation ; p", Pile de remise à Vheure; I, Interrupteur de remise à l’heure; R. Rhéostat. — Connexions de l’appareil transmetteur : P, Batterie; P', Batterie de rechange; a, Ampèremètre; v, Voltmètre; c, Commutateur permettant de changer de batterie; dd', Commutateurs permettant d’ajouter un ou deux éléments de la batterie; e, Commutateur permettant de faire les émissions en dehors des heures normales, après manœuvre de la manette spéciale T existant sur l’appareil transmetteur.
- toutes les 10 secondes, la vitesse circonférentielle des disques étant de 30 mm environ.
- Ces disques sont munis d’encoches produisant la chute de divers leviers, les uns établissant, les autres coupant le courant actionnant le relais des appareils de T. S. F. Les contacts de ces leviers s’établissent ou se rompent sur l’une ou sur l’autre des 4 dérivations mentionnées ci-dessus.
- On conçoit que par le jeu de ces différents dispositifs, on puisse, d’une part, mettre en circuit aux moments voulus successivement les différentes dérivations au moyen de la roue-commutateur faisant un tour en 5 minutes (3 minutes d’émission, 2 minutes d’intervalle), d’autre part, donner les établissements et ruptures de courant aux instants demandés avec une très grande précision, grâce à
- des leviers à tels instants qu’on le désire. 11 suffit alors d’établir un contact spécial en réunissant les deux bornes L et E de l’appareil pour que les émissions de courant se produisent.
- La vérification de l’appareil, faite au moyen de chronographes à diapason de très haute précision, a montré que les différents signaux sont donnés avec la précision des 5/100es de seconde, ce qui correspond à la précision des meilleurs appareils astronomiques. L’installation faite à l’Observatoire de Paris a montré qu’en plus de ses qualités de simplicité et de commodité, l’horlogerie électrique possédait aussi la haute précision et la possibilité de se prêter à la solution des problèmes les plus complexes avec une facilité inconnue en horlogerie mécanique. R. Yiu.ers,
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- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE TREMPE
- L’usine Vickers Ltd vient de mettre au point un nouveau procédé qui permet de tremper des pièces d’acier coulé ou forgé de dimensions quelconques,
- face subit l’action refroidissante de la masse d’eau froide dans. laquelle elle est plongée et prend la dureté qui correspond à celte trempe.
- Fig. i. — Pratique de la trempe par la surface.
- sans déformation et sans nuire aux effets d’un traitement thermique antérieur. La trempe peut être localisée à toute partie voulue de la surface ; les objets ainsi traités sont immédiatement prêts à servir, sans aucun traitement ultérieur.
- Ce procédé consiste en un chauffage exl reniement rapide de la surface. Dans le cas, par exemple, d’une roue dentée, au lieu de chauffer chaque dent et de la tremper ensuite, on ne fait à la flamme qu’effleurer la surface, comme d’un pinceau, aux endroits voulus. Le chauffage intense et la vitesse de transmission de la chaleur portent la surface immédiatement à la température de trempe.
- Aussitôt après le passage de la flamme, la sur-'
- La trempe se continue, en général, jusqu’à environ 1,5 mm de profondeur. En prolongeant légèrement le chauffage, on peut toutefois réaliser des effets plus profonds (jusqu’à environ 5,0-4,5 mm) ; grâce à un mouvement ondulatoire ou rotatif communiqué à la flamme, on l’empêche de brûler la surface d’acier.
- Le degré de dureté d’un objet donné peut être modifié facilement, selon les cas; on n’a qu’à faire repasser la flamme très rapidement sur la surface ou à ralentir le refroidissement. Dans la fabrication d’un engrenage d’automobile, par exemple, on laisse, en général, à la surface des dents, la dureté du verre, tout en donnant à leurs extrémités arrondies une ténacité plus grande.
- Fig. 2. — Roue à couronne trempée par le procédé Vickers et soumise à des épreuves de résistance très rigoureuses.
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- LES CRISTAUX LIQUIDES ... = 221
- Tandis que la trempe en coquille nécessite l’emploi d’aciers extra-doux ou d’aciers au nickel doux, le nouveau procédé permet d’employer un acier quelconque d’une forte résistance à la traction, après lui avoir fait subir, au préalable, tout traitement thermique et mécanique voulu. Dans certains cas, il y aura même avantage à combiner les deux procédés de trempe..
- On pourrait croire que les pièces d’acier trempées d’après le procédé Vick ers présentent une surface cassante, mais l’expérience prouve le contraire. Toutes les recherches jusqu’ici faites ont mis en évidence la parfaite solidarité entre les endroits trempés et non trempés d’une même pièce.
- Tandis que la trempe en coquille est meilleur marché pour les petits objets à tremper sur une grande partie de leur surface, le nouveau procédé est d’un fonctionnement beaucoup plus économique et rapide pour les lourdes pièces coulées ou forgées qui me doivent être trempées que sur une petite partie de leur surface. •
- Dans le cas 'de réparations urgentes, le nouveau procédé de trempe de la surface présente de grands avantages; il permet, en effet, de terminer, au préalable, le travail mécanique et d’opérer ensuite la trempé en une demi-heure au maxi-Dr À. Gradenwitz.
- Fig. 3. — Fracture d’une dent d’engrenage trempée par le nouveau procédé.
- quelques minutes, mum.
- LES CRISTAUX LIQUIDES
- Voilà deux mots qui éveillent dans notre esprit deux idées à première vue incompatibles et que des savants notoires refusent même encore d’associer : un cristal n’est-il pas un corps à contours nettement définis et par suite sans aucune analogie avec un liquide qui, par essence, épouse toutes les formes qu’il nous plaît de donner au vase qui le renferme ?
- Historiquement, c’est bien là la différence qui tout d’abord a frappé les observateurs. Le mot cristal vient d’un mot grec qui désigne la glace. Mais, on a reconnu depuis longtemps qu’une foule de corps possèdent, comme la glace, la propriété de se solidifier en prenant des forme géométriques et on leur a donné le nom générique de cristal. La définition classique est la suivante : un cristal est un corps solide homogène et anisotrope. Par corps anisotrope il faut entendre un corps dont les propriétés, dilatation, résistance à la rupture, propriétés optiques ne sont pas les mêmes dans toutes les directions. On interprète les phénomènes observés en admettant, avec Bravais, que les particules du cristal ont toutes la même orientation, chacune d’elles occupant l’un des nœuds d’un réseau, c’est-à-dire l’un des points où se coupent dans l’espace trois séries de plans parallèles régulièrement espacés. D’ailleurs on ne sait presque rien sur ces particules, et il semble rationnel d’admettre qu’elles sont formées d’unnombre, probablement assez grand de molécules, réunies en un petit édifice doué de certains éléments de symétrie.
- Il y a quelque vingt-cinq ans qu’Otto Lehmann a découvert certains corps dont les propriétés venaient singulièrement bouleverser la théorie précédente, si claire et si simple, et les cristaux liquides niés d’abord, ont peu à peu retenu l’attention des savants et fourni, sur la constitution de la matière, des aperçus nouveaux. Ce sont les résultats des travaux de Lehmann et de ses élèves, Vorlânder et Prick en
- Allemagne et de M. Mauguin en France qui ont été exposés, il y a quelques jours, à la Société française de Physique par M. Mauguin, chargé de cours à la Faculté des Sciences de Nancy.
- Au début, Lehmann ne trouva que quelques rares corps organiques, l’oléate d’ammonium, le para-azoxyphénétol, le benzoate de cholestérine, présentant les nouvelles propriétés ; mais depuis, grâce surtout aux travaux de Vorlânder, on connaît plusieurs centaines de corps donnant des cristaux liquides.
- Quelles sont donc les propriétés de ces composés? Prenons comme exemple l’azoxyanisol. A la température ordinaire c’est un corps solide jaune cristallisé. À 116° il fond et donne un liquide trouble. A 454° brusquement la masse s’éclaircit, et on obtient une solution jaune clair nettement séparée du liquide trouble qui peu à peu disparaît. Si on refroidit on retrouve exactement les mêmes états. C’est une transformation analogue à celle que l’on observe avec le soufre qui à 96° passe de la forme prismatique à la forme octaédrique.
- C’est le liquide trouble qui renferme les cristaux liquides . Les gouttes liquides cristallines qui le constituent possèdent des propriétés optiques extrêmement curieuses. Lorsqu’on les observe au microscope en couche épaisse en employant la lumière polarisée, c’est-à-dire la lumière dont la nature a été changée par passage à travers un nicol, la préparation apparaît transparente en certains endroits, opaque en d’autres et les détails rappellent tout à fait ceux que l’on obtiendrait en, plaçant dans le champ du microscope une série de cristaux excessivement petits et orientés au hasard. C’est cette diversité d’orientation qui permet d’expliquer l’opacité de la préparation. Il y a, entre un cristal solide et le liquide trouble, la même différence, au point de vue optique, qu’entre un morceau de spath par exemple et un
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- 222 z—T":::::-::'-:-:-:-::::--'::......... — LES CRISTAUX LIQUIDES,
- bloc de marbre. Ce dernier est bien constitué d’une infinité de particules cristallines, de petits cristaux, mais tous -ces éléments qui individuellement sont transparents, lorsqu’ils sont enchevêtrés, mélangés, orientés au hasard, donnent un magma opaque; la lumière qui peut traverser sans grande perte chacun d’eux pris isolément subit, au passage de l’un à l’autre, des réflexions et des réfractions qui très rapidement éteignent ses vibrations.
- S’il est impossible de reconstituer en partant du marbre un cristal de spath en orientant individuellement chaque cristal élémentaire de façon à rendre son axe parallèle à une direction commune, il n’en est pas de même avec les cristaux liquides. On peut très facilement produire leur orientation générale et la préparation se comporte alors globalement comme une lame cristalline. L’un des procédés consiste à placer la préparation entre les pièces polaires d’un électro-aimant. Le dispositif expérimental est le suivant (fig. 1): la substance à étudier, placée dans une
- que ce cristal possède la propriété caractéristique de faire tourner le plan de polarisation de la lumière qui le traverse et c’est ce que l’on nomme la polarisation rotatoire. Seulement, lorsqu’on opère avec le cyanbenzol, lès effets sont très marqués : une lame de un millimètre seulement d’épaisseur ferait tourner le plan die polarisation de 15 000 degrés.
- Lorsqu’on observe certains liquides cristallisés qui se comportent au point de vue optique comme des lames de calcite, on observe un phénomène curieux. La lame qui, examinée entre deux niçois croisés en lumière parallèle, Semble, noire laisse cependant, lorsqu’elle-est violemment éclairée, passer une partie de la lumière, et on aperçoit alors un pointillé de petites taches brillantes dans un état d’agitation analogue à celui que présente le mouvement brownien des particules ultra-microscopiques. Pourtant ces liquides sont absolument purs, il n’existe en suspension dans leur sein aucune particule brownienne et M. Mauguin pense que l’on surprend
- Eiectro aimant
- Nico! 'analyseur Préparation ii/coi Po/ariseur
- petite cuve que l’on peut chauffer électriquement, est introduite dans le champ magnétique et éclairée en lumière convergente. Si on dispose sur le trajet des rayons lumineux, dont la direction est celle des lignes de force du champ magnétique, deux niçois croisés, on aperçoit alors le phénomène de la croix noire et des anneaux colorés : la préparation se comporte comme une lame de spath observée suivant l’axe optique (fig. 2).
- Un moyen plus simple et qui ne nécessite pas l’emploi d’un électro-aimant à axe évidé, consiste à employer des plaques de verre rigoureusement propres, que l’on a fait par exemple bouillir plusieurs heures dans l’acide sulfurique avant de les rincer à l’eau distillée et à l’alcool. Dans ces conditions, toutes les particules élémentaires de la préparation, on ne sait trop sous quelle influence, s’orientent automatiquement de façon que leur axe optique soit perpendiculaire aux lames de verre. Celles-ci jouent donc le rôle du champ magnétique dans l’expérience précédente ; si l’on touche la préparation en un point, on change l’orientation des cristaux et la lumière qui était par exemple éteinte réapparaît. Quant à l’amplitude des effets observés, elle est considérable, l’azoxyanisol est deux fois plus réfringent que le spath.
- Avec le cyanbenzol, autre corps organique, on obtient l’équivalent d’une lame de quartz. On sait
- ici l’agitation même des molécules liquides. Dans le mouvement brownien, l’agitation interne détermine le déplacement des particules solides que montre l’ultra-microscope. Tels des flotteurs sur une mer tourmentée, elles obéissent aux impulsions irrégulières qu’elles reçoivent. Ici, au contraire, les petits cristaux, sous l’action directrice exercée par les frontières matérielles de la préparation, ne peuvent plus se déplacer librement. Ils peuvent seulement osciller autour de leur position d’équilibre. Par suite, la direction de leur axe subit des fluctuations par rapport à la direction normale aux lames qui limitent la préparation. Il en résulte que la lumière qui est éteinte lorsque ces directions coïncident est partiellement rétablie lorsqu’elles diffèrent légèrement.
- Si au lieu de placer la préparation entre deux lames de verre, on la place entre deux lames cristallines, de mica ou de gypse, il est naturel de penser que les actions d’orientation que ces lames exercent ne seront plus symétriques par rapport à la normale et que les apparences observées alors seront différentes. C’est bien ce que l’expérience a montré. Cette part active jouée dans le phénomène par les frontières de la masse liquide, permet de comprendre un phénomène curieux qui, dès le début des recherches, avait surpris Lehmann à | juste titre. Si, par exemple, on chauffe une prépa-
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- LA FAUNE AQUATIQUE AERIENNE DES PLANTES-RÉSERVOIRS r= 223
- ration cristalline d’azoxyphénétol, chaque cristal, lorsque la température est suffisante, est remplacé par une plage liquide de même propriété optique et occupant'sa place. Puis, la température s’élevant toujours, vers 168° apparaît le liquide clair. En refroidissant alors la masse, on constate que les mêmes plages se reforment aux mêmes endroits, redonnant finalement le même arrangement cristallin. Ce phénomène s’interprète très bien en supposant que, malgré la fusion globale, lés cristaux laissent. une couche de molécules orientées très fortement adhérentes à la surface du verre. Lors du refroidissement, cette couche redéterminera l’orientation générale de l’agrégat cristallin. Et il semble bien qu’il en soit ainsi, car lorsqu’on fait glisser l’une par rapport à l’autre les deux lames de verre, le contour unique se dédouble en deux contours identiques solidaires de chacune des lames.
- ! Si on fait tourner l’une des plaques de verre par rapport à l’autre, tout se passe comme si l’on avait réalisé un empilement hélicoïdal de lamelles cristallines, une sorte d’escalier tournant. Enfin si l’on soulève légèrement la lame supérieure, bien que le liquide cristallin soit mis ainsi en mouvement violent et conflue vers la région centrale, aucune modification n’est observée dans les phénomènes optiques. On est ainsi conduit à admettre que les actions directrices qui s’exercent sur les cristaux liquides sont assez puissantes pour déterminer leur orientation instantanée même lorsqu’elles sont en mouvement. 1
- Telles sont les propriétés découvertes récemment aux cristaux liquides qui s’étaient t surtout imposés à l’attention des premiers observateurs par les apparences bizarres qu’ils présentaient et que La Nature a précédemment décrites (n° 1905). H. Vigneron.
- LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE DANS LA HAUTE ATMOSPHÈRE
- Grâce aux campagnes méthodiques de ballons-sondes, effectuées dans ces dernières années, notre atmosphère nous est connue avec assez de précision jusqu’à une hauteur d’environ 50 km (Voy. L. Rudaux ; Les hautes régions de l'atmosphère, La Nature, n° 1883, 26 juin 1909).
- Dans les hautes altitudes, la raréfaction de l’air est extrême ; la pression en hauteur mercurielle est de 0 mm 106 à 60 km ; de 0 mm 0192 à 60 km ; de 0 mm 009 à 140km; de 0 mm 00329 à 500 km; de 0 mm 00162 à 500 km (Voy. A. Trotter : La composition de la haute atmosphère, n° 2005, La Nature, 28 octobre 1911).
- Toutefois, il convient d’avouer que sur les valeurs de la pression atmosphérique à de grandes hauteurs, nous ne savons que peu de chose, car, en raison de l’incertitude des formules barométriques, celles-ci ne sauraient être appliquées avec quelque chance de sécurité.
- Aussi, serait-il fort intéressant de reprendre et de développer une ingénieuse méthode indiquée par Lord
- Ramsay qui semble avoir passé à peu près inaperçue. Elle permettrait de se faire une idée sur les valeurs numériques de la pression à de grandes altitudes.
- Ce savant a constaté que la ligne verte caractéristique du spectre du krypton reste visible sous une pression de 0 mm 000055. Or, cette raie se trouve dans le spectre des aurores boréales et il semble bien établi que celles-ci se tiennent fréquemment à des altitudes comprises entre 100 et 200 km, et même, parfois jusqu’à 500 km. Or, le kypton est un des gaz les plus lourds de notre atmosphère.
- La conclusion serait donc que la densité de l’air n’est nullement négligeable à ces altitudes. Quelle que soit, en effet, la, cause de la présence de ce gaz lourd à de telles hauteurs, il n’y saurait demeurer si la densité de l’air n’y conservait une valeur appréciable.1
- Cette remarque suffit à montrer combien doivent être complexes les modifications quej subit la constitution physique de notre atmosphère avec l’altitude.
- 3§Ts&.<^e,§*>
- LA FAUNE AQUATIQUE AÉRIENNE DES PLANTES-RÉSÉRVOIRS
- Dans les grandes forêts tropicales, il n’existe pas de marcs permanentes, ce qui se comprend vu la chaleur torride qui y règne et qui provoque une évaporation très intense. On y rencontre cependant en abondance des multitudes d’animaux, depuis des insectes, par exemple des Moustiques et des Libellules, jusqu’à des Grenouilles, dont les pontes ne peuvent venir à bien que dans un milieu aquatique. Ce n’est là qu’une anomalie apparente, car on a constaté que ces larves peuvent se,développer dans l’eau accumulée à l’aisselle de certaines feuilles et y accomplir tout leur développement. M.- C. Picado vient de publier un remarquable travail j1) sur ces Plantes-réservoirs et les êtres qui l’habitent, lesquels représentent plus de 250 espèces dans la région de Costa-Rica. Les plantes étudiées appar-
- 1. C. Picado, Les Broméliacées épiphytes considérées comme milieu biologique. (Jh. de la Faculté des Sc. de Paris, 1915, parue dans le Bulletin scientifique du Nord de la France, d’où proviennent les photographies que nous reproduisons.)
- tiennent à la famille des Broméliacées et sont épiphytes, c’est-à-dire vivent non pas sur la terre mais sur les branches des arbres, où elles sont cramponnées solidement par leurs racines. La plupart ont les feuilles fortement réunies à la base — le « plumet » qui est au bout des ananas en. donne une assez bonne idée — et s’engainant les unes les autres de manière à constituer j de vastes godets où s’accumulent l’eau de brouillards nocturnes et toutes sortes de détritus : ce sont |de véritables mares aériennes. Ce milieu biologique spécial peut être défini de la manière suivante : marécage permanent, fractionné, élevé au-dessus du sol, dont l’eau provient'd’une condensation quotidienne et sur place de l’eau atmosphérique; à boue cellulosique imputrescible dans les conditions normales.
- Cette absence de putréfaction dans les mares bro-méliennes semble due à l’activité propre de la plante. Les Broméliacées épiphytes sécrètent, en effet, une
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- 224 ,= LA FAUNE AQUATIQUE AÉRIENNE DES PLANTES-RÉSERVOIRS
- gomme exerçant une double action diastasique. Les trouvent parce que leurs parents y sont venus pondre, ferments amylolytique et tryptique issus de cette soit en volant, soit en rampant le long des feuilles
- Broméliacées développées sur les branches d'un arbre.
- La récolle d’une Broméliacée.
- gomme digèrent, au moins en partie, les détritus animaux et végétaux tombés entre les feuilles. Grâce à leur s écailles foliaires, les plan tes absorbent non seulement les sels minéraux, mais aussi les substances ternaires et protéiques provenant du dédoublement des détritus retenus par les feuilles, lesquelles réalisent un véritable dia-lyseur, enlevant constamment aux mares formées tous les produits capables d’altérer la pureté de leur eau.
- Les animaux quel’onrencontre dans les mares
- aériennes des Broméliacées sont surtout des Insectes, des Crustacés, des Vers, des Gastéropodes, des Batraciens, représentés rarement par l’être adulte, plus souvent par sa larve ou sa ponte. La plupart s’y
- Broméliacées gigantesques (Aechmea).
- humides; quelques-uns sont disséminés par le vent. En outre de son intérêt biologique, l’étude dont
- nous venons de parler présente un intérêt pratique. La connaissance de la faune « bromélicole » explique,en effet, l’exisLence de certaines maladies infectieuses (paludisme, filariose, etc.) dans les régions dépourvues de mares terrestres de l’Amérique. Les mares broméliennes abritent les hôtes intermédiaires (Moustiques,. Co-pépodes, etc.), des parasites, dont le cycle évolutif se termine chez l’homme ou chez quelques animaux sylvicoles, les Singes par exemple. C’est ainsi que ces maladies y persistent, même en l’absence des hommes, même en l’absence de mares terrestres. Henri Coupin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahoke, rue de Fleurus, 9, à Paris,
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- LA NATURE. — N° 2127.
- 28 FÉVRIER 1914.
- LES INSECTES CATALEPTIQUES
- Beaucoup d’animaux présentent le mystérieux pouvoir de s’immobiliser quand une brusque excitation vient les surprendre. Un choc, un subit changement de température ou de lumière ; suffira à montrer le phénomène chez des protozoaires placés vivants sous le microscope : les amibes contractent leurs pseudopodes et se mettent en boule, les dif-flugies rentrent tout leur protoplasma dans la coque,
- parfaite qui peut rouler comme une bille. J.-H. Fabre a décrit l’hypnose de nombreux coléoptères qui, mis sur le dos, baissent la tête, ramènent leurs pattes contre le corps et «. font le mort » ; la bête à bon Dieu, la coccinelle, en est un exemple présent à toutes les mémoires. Holmes(J) a observé récemment la même « simulation de la •' mort » chez un insecte d’eau douce, la ranâtre, qui vit dans les
- Fig. i à 6. — Quelques attitudes du Dixippus morosus en état cataleptique.
- les vorticelles arrêtent leur mouvement ciliaire, etc. ; l’état d’immobilité dure quelque-temps, puis, le calme revenu, les mouvements reparaissent. De même, les vers tubicoles rétractent leur panache et rentrent dans leur tube à la moindre alerte. Beaucoup de crabes, étudiés récemment par Polimanti(1), s’immobilisent, quand ils sont brusquement stimulés, souvent après avoir appliqué étroitement toutes leurs pattes et pinces contre leur corps. Les iules, les cloportes se mettent en boule, et' certaines espèces réussissent à prendre la forme d’une sphère
- 1. 0. Poliîiam’i. Zeitschrift fur all<j. Physiologie, Bel XIII, 1912.
- 42’ Année. — 1" Semestre.
- mares stagnantes; celle-ci entre en catalepsie aussi bien dans l’eau qu’à sec ; le phénomène se produit aussi sur un animal dont la tête est coupée, même sur les fragments d’un animal coupé en morceaux.
- Certaines araignées, les épeires entre autres, ont le même pouvoir. Enfin, il n’est pas jusqu’à certains vertébrés qui présentent le même instinct. On connaît l’expérience du coq cataleptique, décrite pour la première fois par le père Kircher en 1641 : un coq est placé sur un sol foncé, on lui applique le bec sur le sol, puis on trace lentement une ligne blanche devant le bec : l’animal reste immobile, 1. Holmes. Journal of compar. Neurology, 190(3.
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- 226 LES INSECTES
- hypnotisé. Une oie ou une poule, placée sur le dos, y reste parfois immobile. Certains autres oiseaux apprennent à faire le mort quand le chasseur approche, et utilisent cet instinct pour leur défense. Et l’homme ne peut-il faire de même, si l’on en croit La Fontaine, dont le compagnon voyant arriver l’ours :
- .... plus froid que n’est le marbre
- Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent.
- La simulation de la mort est donc un instinct qu’on rencontre chez beaucoup d’animaux, depuis < les infimes protozoaires jusqu’aux vertébrés si complexes et si développés. Nous n’avons cité là que quelqües exemples pour montrer sa généralité, ne cherchant pas à établir la liste complète des simulateurs qui serait infiniment plus longue. Certes, tous les faits que nous avons rapportés ne sont peut-être pas absolument de même nature, mais ils suffisent pour poser le problème : comment les animaux font-ils les morts? Pourquoi le font-ils? Quelle est l’origine et l’utilité de cet instinct? Hélas! pour celui-ci comme pour tous les autres, poser le problème n’est pas le résoudre, et, de toutes les explications proposées, aucune n’est satisfaisante.
- Dire que c’est un phénomène d’inhibition, de tétanie, d’hypnose, de catalepsie, dire que les animaux ont peur, sont effrayés, ou qu’ils simulent la mort, ou que c’est un effet de leur volonté, n’est pas expliquer. Les simulateurs savent-ils qu’ils font le mort? Autre question insoluble. Cette simulation leur est-elle utile? On pourrait prétendre qu’ils se dissimulent et échappent ainsi à leurs ennemis, mais Danvin a déjà fait remarquer que les attitudes cataleptiques des insectes ne sont pas du tout celles des animaux morts ; de plus, on sait bien aujourd’hui comme le mimétisme et l’homochromie sont des protections peu efficaces et il est fort probable que la simulation de la mort ne l’est guère plus.
- Aussi, plutôt que de discuter toutes les opinions émises et d’insister sur l’insuffisance de chacune d’elles, croyons-nous plus intéressant de relater les dernières observations faites sur la catalepsie des insectes, qui ont porté sur un phasmide, Dixippus morosus.
- Les phasmides sont des insectes, des orthoptères, d’aspect étrange, dont beaucoup ont l’aspect d’une tige ou d’un bâton; presque tous vivent dans les régions équatoriales et l’on n’en peut rencontrer en France que deux espèces, les Bacilles, qui vivent dans le midi. Ceux des régions tropicales sont beaucoup plus intéressants, telle l’étrange Phyllie dont l’abdomen aplati et les élytres imitent à tel point des feuilles qu’on la cite partout comme un des exemples les plus typiques de mimétisme, tel encore le Dixippe dont nous allons conter les exploits.
- Le Dixippus morosus est un phasmide du nord de l’Inde et de l’Afghanistan. Depuis quelques années, des individus ont été apportés vivants en Europe et s’y sont reproduits, de telle façon qu’on a pu étudier leur biologie. Déjà 0. Meissner, de Pots-
- CATALEPT1QUES —............ . —
- damQ), a fait connaître leur ponte, leur mode de croissance, leurs mues, leurs colorations, leurs mœurs, l’autotomie# et la régénération de leurs pattes, tous faits intéressants sur lesquels la place nous manque pour insister ici. En Suisse, Blanc a déjà pu en élever six générations depuis 1910. Le Dixippus n’est donc plus une rareté zoologique, et nombre de laboratoires en possèdent déjà.
- Mais aucun trait de la vie de ces animaux n’est aussi extraordinaire que ceux révélés récemment par Peter Schmidt, de Saint-Pétersbourg(2), relativement à leur catalepsie.
- Les Dixippus, comme la plupart des phasmides, ont l’aspect d’une brindille de bois mort; ils sont d’une couleur- verdâtre, tachée de rouge sur les fémurs et les avant-bras. M. Schmidt a élevé de ces insectes dans des vases de verre, à la température ordinaire, en les nourrissant de persil. D’ailleurs, les Dixippus ne semblent pas difficiles, puisqu’on peut les laisser jeûner plusieurs jours, que M. Blanc les nourrit de feuilles de lierre et de rosier et qu’ils se développent aussi bien — quoique plus lentement — à 10-12° qu’à 18 ou 20°. Après l’éclosion, les jeunes se déplacent à peine, ceux de 5 à 6 cm de long sont presque toujours inertes et cette immobilité augmente de plus en plus avec l’âge.
- Tout le jour, ils restent immobiles, les quatre pattes postérieures écartées du corps, les deux antérieures allongées le long des antennes qui sont aussi très rapprochées (fîg. 1). Quelquefois, principalement la nuit, le Dixippus remue. Il commence par se balancer sur ses pattes d’avant en arrière et d’arrière en avant, puis se déplace, marchant ou courant, à la recherche de sa nourriture. Son repas terminé, il reprend sa position de repos, et la garde pendant des heures, immobile. Se repose-t-il, dort-il ainsi? A première vue, il semble plongé dans un profond sommeil ; mais le Dr Schmidt a montré que ce sommeil est très particulier.
- Qu’avec une pince, on relève la tête, ou qu’on écarte les pattes antérieures et les antennes (fig. 2), l’animal ne se réveille pas et garde cette nouvelle position pendant des heures. Qu’on le renverse (fig. 5), qu’on le fasse tenir sur les pattes de devant ou de derrière, ou qu’on le couche sur le côté, le Dixippus reste aussi immobile. On peut même faire mieux : le Dr Schmidt place un individu la tête en bas, le corps en l’air, reposant sur la tête et les quatre pattes antérieures (fig. 4), il reste ainsi 4 h. 1/2 ; il le courbe en arc de cercle (fig. 5), même résultat. Enfin il le couche sur deux livres, la tête appuyant sur l’un, l’extrémité postérieure de l’abdomen sur l’autre (fig. 6); l’animal reste ainsi suspendu plusieurs heures et peut même supporter des fardeaux, représentés par des feuilles de papier, assez lourds pour le courber, sans qu’il s’éveille.
- Dans cet état, les muscles du Dixippus sont donc
- 1. 0. Meiss.neh. Zeitschrift für wissensch. Insekten-biologie, Bd V, 1909.
- 2. I*. Schmidt. Biologisches Cenlralblalt, Bd XXXIII, 1915,
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- LA SIMILI-GRAVURE ET SON HISTOIRE . —----: 227
- contractés, mais en même temps assez souples pour qu’on puisse changer les positions de l’animal ; ils ont cette flexibilité de cire qu’on observe chez les hommes en catalepsie.
- Bien qu’insensible,, comme nous venons de le voir, le Dixippus peut être éveillé de sa torpeur. Mais il faut pour cela une forte excitation, par exemple le pincement de l’extrémité de l’abdomen, le chauffage à 58 ou 40°, ou une série de fortes décharges électriques. L’animal éveillé réagit énergiquement au moindre stimulus; couché sur le dos, il se retourne; pincé, il cherche à s’enfuir et sa sensibilité est alors très délicate.
- Ce qui est curieux, c’est que l’état cataleptique ne peut être provoqué expérimentalement. M. Schmidt a essayé d’endormir des Dixippus en les massant, les immobilisant, etc., rien n’y a fait. L’animal est d’autant plus excité qu’on le touche davantage, tandis qu’il suffit de le laisser tranquille un moment pour qu’il retombe dans sa léthargie.
- Pour connaître le rôle du système nerveux dans cet étrange phénomène, M. Schmidt a coupé à des Dixippus endormis les antennes, les pattes et même une partie'de l’abdomen sans aucun effet. Par contre, si l’on sépare un insecte endormi en deux parties, l’une comprenant la tête et le prothorax, l’autre le reste du thorax, les deux paires de pattes postérieures et l’abdomen, la partie postérieure survit 12 jours environ, mais réagit à toutes les excitations et ne peut plus reprendre l’état cataleptique, tandis que la partie antérieure meurt au bout de 2 ou 5 jours, mais conserve jusqu’au bout la
- possibilité de redevenir inerte. Si l’on coupe la chaîne nerveuse entre la deuxième et la troisième paire de pattes, seule la partie antérieure peut encore s’immobiliser. Il semble donc que les ganglions cérébroïdes jouent le rôle principal dans la « simulation de la mort » des Dixippus.
- Piéron avait remarqué que la lumière paraît provoquer la catalepsie puisque des animaux conservés constamment à l’obscurité perdent l’habitude de se tenir immobiles. Schmidt croit que les facteurs externes n’interviennent pas et que seules agissent des causes internes inconnues. Les Dixippus tombent donc en léthargie sous une influence indéterminée, mais que nous ne savons ni connaître ni faire agir; pour employer le mot de Schmidt, il s’agit là d’une autocatalepsie.
- Comme on le voit, ce phénomène est quelque peu différent de la « simulation de la mort » de beaucoup d’autres animaux, qu’on sait provoquer par divers excitants. Par contre, il semble se rapprocher beaucoup. des phénomènes de catalepsie qu’cfti observe chez l’homme. Est-ce à dire qu’il nous renseignera sur le mécanisme de ce dernier état?
- Quoi qu’il en soit, la catalepsie des Dixippus est un fait très intéressant, qui mérite d’être étudié à fond et étendu si possible à d’autres insectes. Le champ des expériences à entreprendre est vaste et peut être abordé par tous. L’observation des Dixippus dans leur habitat naturel, celle des autres insectes qui présentent ces si curieux états de sommeil (Q décrits par Fabre, fourniront certainement de nouveaux éclaircissements. René Meule.
- LA SIMILI-GRAVURE ET SON HISTOIRE
- À notre époque où la photographie joue un rôle si considérable dans l’illustration de l’imprimerie, il nous paraît intéressant d’exposer sommairement en quoi consiste et comment fut solutionnée cette question si importante, qui bouleversa complètement l’industrie de la gravure et de l’imprimerie. Le procédé dit de la simili-gravure est aujourd’hui de beaucoup le plus employé. Pendant une longue période, il fut même, on peut dire, le seul.
- C’est à Nicéphore Niepce que revient l’idée première d’obtenir une gravure par la lumière. A cet effet, une gravure ou un dessin à la plume, ayant été appliqués sur une feuille d’étain recouverte d’une couche de vernis composé de bitume de Judée, la feuille était, après exposition au soleil, lavée à l’essence, qui dissolvait tout le bitume de Judée, resté soluble aux endroits protégés par les traits de la gravure ou du dessin, tandis qu’à travers les parties transparentes du papier la lumière avait pour action de rendre le bitume de Judée insoluble.
- Ce vernis protégeait le métal pendant qu’une morsure à l’acide gravait en creux tous les traits du dessin où le métal était mis à nu.
- Le Musée de Chalon-sur-Saône possède la planche
- originale de Niepce, et le Conservatoire des arts et métiers une gravure tirée en taille douce sur une de ces planches, le portrait du Cardinal d’Amboise qui date de 1826. Comme on le voit, ces premières tentatives précèdent même la découverte de la photographie.
- Plus tard, Foucault s’ingénia à transformer un daguerréotype en planche d’imprimerie. L’atlas du cours de microscopie de Donné a été illustré par des gravures de ce genre obtenues par Foucault.
- Fizeau, par un procédé analogue, obtint une vue du Pont d’Arcole et de l’hôtel de ville qui figure dans les « Excursions Daguerriennes ». Ceci exposé, on peut en déduire que la gravure par la lumière, la zincographie, la gravure chimique, était solutionnée par Nicéphore Niepce, et il y a vingt ans à peine que le bitume de Judée fut remplacé par la colle de poisson bichromatée, dont les propriétés, sous l’influence de la lumière, sont à peu près les mêmes pour une moins longue exposition. Toutes les manipulations, tours de mains concernant la gravure des planches par l’acide seraient d’ordre secondaire et superflu ici. car cette question est
- 1. Fabre. Souvenirs enloinologiques, 7e série.
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- 228 LA SIMILI-GRAVURE ET SON HISTOIRE
- traitée dans tous les manuels de zincographie.
- De là à faire de la photogravure il n’y avait qu’un pas à franchir, il fallait trouver le moyen de transformer une image photographique à modelés con-
- ou trame semble avoir été le point de mire de tous les chercheurs.
- C’est Fox-Talbot, de Philadelphie, qui fit breveter en 1852 un procédé de décomposition des demi-
- Fig. i.
- Une trame agrandie.
- Fig. 2, 3 et 4. — Simili-gravures agrandies du dégradé M {fig- 5) obtenues avec 3 trames de plus en plus fines.
- tinus en une image sectionnée composée d’éléments discontinus donnant la même sensation.
- En imprimerie en général et surtout en typogra-
- teintes au moyen d’un réseau constitué par une étoffe à trame fine. Plus tard, il fut amené à ligner des glaces, et c’est lui qui, le premier, indiqua le
- Fig. 5. — Comment s’obtient la photographie tramée de l’original M.
- phie on ne peut imprimer que du noir pur, il faut donc que les demi-teintes soient représentées par des hachures ou des points plus ou moins gros et plus ou moins espacés.
- Pour sectionner l’image, l’application d’un réseau
- perchlorure de fer comme mordant des planches à graver.
- C’est un Français, Berchtold, qui prit le premier brevet pour la confection des trames lignées sur verre, ce qui réalisait l’idée de Talbot.
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- En 1864, Mattey employait une gaze de soie; en 1866, Kiewic se servait de canevas. La même année, les frères Bullock eurent l’idée de tirer un dispositif d’un négatif recouvert d’une gaze de soie fine.
- En 1865, le général prussien von Egloffstein se servait d’une trame à lignes ondulées pour l’obtention de gravures en taille douce.
- En 1872, un brevet anglais fut pris pour l’emploi du tulle; en 1875, Woodbury, qui nous dota plus tard de la photoglyptie, intercalait une mousseline entre le négatif et le positif ; en 1877, Taffé se servait de toile à tamis.
- En 1878, les frères Bullock utilisaient, les premiers, la trame lignée pour la prise des clichés; la meme année, Yves lignait des glaces recouvertes d’un collodion opaque spécial.
- En 1879, W. Swan employa pour la prise des clichés la trame quadrillée.
- En 1882, Meisenbach prenait un brevet d’auto-typie qui consistait à exposer le cliché avant le développement devant un réseau ligné sur carton.
- En 1884, Gaillard, à Berlin, Angerer et Goeschl, à Vienne, perfectionnaient un châssis qui permettait de tourner de 90° les trames lignées pendant une exposition afin d’en faire un quadrillage. En 1885, la Société des Arts graphiques se servait d’une gaze de soie.
- En 1886, Deville prenait au Canada un brevet pour la fabrication des trames à damier; la même année, Gauble emprisonnait entre deux glaces une gaze de Saint-Gall teinte en noir.
- La même année, les frères Brunner, de Winter-thur, livraient au commerce des plaques de gélatinobromure préparées sur verre tramé photographiquement; en 1887-1888, Max Lévy, de Philadelphie,
- Fig. 7. — Fragment agrandi d’une similigravure de « La Nature ».
- entreprenait l’exploitation du brevet Deville pour la fabrication des trames.
- Mais tous ces lignages, tous ces quadrillages étaient réguliers, d’égale grandeur, et les demi-teintes restaient indiquées seulement par les différentes tonalités du cliché.
- Il fallait alors, pour obtenir la gravure d’un tel cliché, faire ronger à l’acide certaines parties en épargnant graduellement certaines autres, et finalement le graveur devait, à l’échope, procéder à
- certains remaniements et par maintes retouches, remettre l’image en valeur et lui donner des lumières.
- C’est sur un principe sensiblement différent qu’est fondé le procédé dit « américain », aujourd’hui en usage dans le monde entier. Le qualificatif « américain » paraît du reste assez injuste. Car c’est un de nos compatriotes, M. Cannevel, qui eut le mérite le premier de concevoir et d’appliquer ce principe,
- Fig. 6. — L’appareil original de M. Cannevel pour obtenir les photographies tramées, actuellement au Conservatoire des arts et métiers.
- dès 1885. Il consiste à intercaler dans la chambre noire une trame sur verre, mobile, de façon à pouvoir être placée à distance convenable entre la plaque sensible et l’objectif.
- L’application d’une trame, dans l’intérieur de la chambre noire, a pour résultat de transformer une image à modelés continus d’opacité variable, en une image discontinue formée exclusivement de points d’une même opacité, mais d’inégales dimensions, et dont l’assemblage plus ou moins espacé donne la sensation d’une teinte proportionnelle aux valeurs de l’image originale dans chaque région correspondante.
- C’est par des recherches empiriques que l’inventeur solutionna la question ; l’explication du phénomène ne vint que plus tard et nombreux sont les auteurs qui ont traité cette théorie de la trame. Nous nous bornerons à exposer succinctement celle émise par M. Ch. Féry, professeur à l’Ecole rde physique et chimie et à l’École du livre, la seule d’ailleurs consacrée exacte par plus de dix années d’expérimentation. Un exposé de MM. Clerc et Calmels, communiqué à l’Académie des sciences par l’organe de M. le général Sebert le 11 mai 1908, est venu confirmer cette théorie.
- La figure 5 représente une chambre noire C munie d’un objectif quelconque dans laquelle la trame T peut se déplacer entre l’objectif et la plaque sensible P.
- La distribution de la lumière es! limitée par un diaphragme D. On remarquera, figure 5, que, derrière chaque maille transparente de la trame, le diaphragme jouant le rôle de source lumineuse secondaire projette des faisceaux lumineux qui, par leurs croisements, forment des cônes de lumière, tandis qu’ils font derrière chaque point opaque une
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- LES SOURCIERS
- zone d’ombre que la divergence des rayons lumineux caractérise nettement en cônes d’ombre, qui sont raccordés aux cônes de lumière par une zone de pénombre dégradée. Nous supposons que la trame employée est quadrillée et du genre de celle représentée, amplifiée pour la démonstration figure 5, qu’elle est normale, c’est-à-dire à bandes noires égales aux intervalles transparents et que les deux linéatures se croisent à angle droit. Dans ces conditions, le sommet des cônes de pleine lumière et les sommets des cônes d’ombre sont dans le même plan. Ce sont tous ces cônes de lumière qui viennent former des taches d’une même opacité en impressionnant l’épaisseur totale de la couche sensible P ; mais la grandeur de ces taches varie avec l’intensité lumineuse de chacun de ces cônes de lumière et de leur zone de pénombre qui est plus ou moins large dans les parties correspondant aux zones plus ou moins claires de l’image ; elles sont plus ou moins petites dans les parties plus ou moins sombres, lesquelles, pour un temps de pose donné, le sommet du cône de lumière a seul pu pénétrer la couche sensible.
- Ces taches affectent la forme d’un damier dont la linéature, conformément aux lois de l’optique, est inverse de celle de la trame dans les demi-teintes intermédiaires. Ces taches s’arrondissent à mesure qu’elles deviennent plus petites, et cela aussi bien dans les réserves faites par les sommets des cônes d’ombre dans les noirs. La figure 2 montre un cliché obtenu avec la trame figure 1 d’un original dégradé M figure 5.
- Les figures 5 et 4 montrent des clichés d’un même original obtenu avec des trames moins grosses.
- Non seulement le temps de pose pour l’obtention de ces clichés joue un grand rôle, mais l’écart qui doit exister entre la trame et la plaque sensible qui varie suivant l’ouverture du diaphragme employé est très important.
- Il s’agit donc de repérer l’emplacement exact de la trame afin de pouvoir, après toutes les manipulations de châssis, la remettre en place convenable pour l’exposition du cliché.
- Dans l’appareil primitif de M. Cannevel, aujourd’hui au Conservatoire des arts et métiers, ce repérage se faisait à l’aide de la vis moletée fixée au-dessus
- de l’appareil; mais dans les appareils modernes perfectionnés, le déplacement de la trame se commande par crémaillère et le repérage se fait à l’aide d’une vis micrométrique de butée.
- L’appareil de fortune dont se servait l’inventeur, que nous reproduisons ci-dessous est en tous points conforme à ceux employés de nos jours. C’est par ce procédé que sont illustrés nos plus beaux ouvrages, nos plus riches publications et même nos journaux quotidiens.
- La plupart des trames sur verre pour simili-gravure, nous viennent aujourd’hui des Etats-Unis. Pourquoi cet accessoire indispensable, né en France, n’a-t-il pu y donner naissance à une industrie ? Les raisons nous en ont été données par l’inventeur; elles sont bonnes à retenir, car. elles s’appliquent fort exactement à bien d’autres inventeurs et d’autres inventions.
- M. Edouard Cannevel disposait de faibles ressources, il fabriquait ses trames lui-même en photographiant au collodion des rayures imprimées sur indienne.
- Malheureusement l’industrie du moment n’étail. pas prêle à recevoir son invention, il n’y avait ni papier, ni encre, ni machine pour imprimer des reliefs si peu appréciables. Le papier couché n’était pas né et nos papiers de journaux actuels sont des papiers de luxe à côté de ceux de l’époque.
- D’autre part, on n’a pas encore réussi, en France, à graver une trame sur verre. Il y a à la Société d’Encouragemènt un prix de 5000 francs qui n’est pas encore décerné, que nous sachions. Seuls les Américains, merveilleusement outillés, y sont parvenus quelques années plus tard, et en livrèrent au commerce à d’excellentes conditions, d’où le nom de « simili-gravure américaine ».
- La simili-gravure, nous l’avons dit plus haut, n’est plus aujourd’hui le seul procédé employé pour reproduire mécaniquement des photographies en impression. Depuis très peu de temps, des procédés apparentés à la gravure en creux, et jusqu’alors réservés aux tirages restreints et de luxe, ont pu être adaptés aux grands tirages et se faire, à côté de la simili-gravure, une place appréciable. Nous y. reviendrons. R. Villers.
- LES SOURCIERS"1 — EXPÉRIENCES DE L’ÉTÉ 1913
- À propos de la question des sourciers j’ai déjà relaté ici même (n° 2082, 19 avril 1913) les expériences auxquelles je fus mêlé lors du « Congrès » de mars 1915.
- Tout intéressants que fussent les faits constatés, ils ne pouvaient suffire à établir une opinion définitive et je voulus me renseigner plus complètement par l’observation directe.
- Pressentant l’amplitude et la variété du sujet, je ne voulus point disperser mes efforts et aborder à la fois l’étude des manifestations du phénomène
- et celle de ses causes, et je me cantonnai provisoirement dans l’examen de ces deux questions :
- 1° Existe-t-il vraiment des personnes capables de déceler dans les profondeurs du sol la présence d’eaux, de métaux ou de minéraux invisibles à la surface?
- 2° Ces mêmes personnes peuvent-elles, par les
- 1. Les observations de M. Viré ne pourront manquer d’intéresser/vivement nos lecteurs. Elles sont données ici par l’auteur sous sa responsabilité personnelle.
- (Note de la Direction.)
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- réactions de la baguette, seules ou aidées dîme méthode scientifique basée sur ces réactions, déterminer la nature, la forme, et la profondeur de ces substances (*) ?
- La première question fut assez vite résolue par des expériences personnelles.
- Etant donné, comme je l’âi exposé dans l’article précité, qiie j’étais moi-même apte à sentir tourner la baguette et à voir s’agiter le pendule dans mes mains, je passai sur des cavités ou des eaux souterraines connues, et toujours l'instrument s’agita au bon endroit. > . ;
- Mais une objection se posa tout de suite à mon esprit. Comme je connaissais les’ lieux, n’é-* tais-je pas victime d’une -auto-suggestion? Et alors l'expérience perdait toute valeur.
- Je me transportai donc dans des régions dont j’ignorais complètement la disposition souterraine. C’est ainsi qu’à Luzech (Lot), je parcourus seul la route qui joint cette ville à Puy-l'Evêque. Sur 2 km je rencontrai trois zones de réaction, que je marquai d’une façon apparente.
- Je priai alors quelques habitants de m’accompagner, et aux trois points, juste sur l’axe de la zone d’influence, on me fit voir un canal industriel souterrain et deux sources qui se jettent dans le Lot au niveau des eaux moyennes, et sont complètement invisibles de la route.
- Il en fut de même sur la colline de PImpernal, dans la même commune.
- 1. Toulc expérimentation comporte une partie financière, qui, en la circonstance, était loin d’être négligeable. Nos sourciers, bien qu’ils aient fait preuve d’un véritable désintéressement, sont des professionnels qu’il était nécessaire d’indemniser dans la mesure du possible, d’héberger et de transporter d’un point à un autre. Les travaux de sondage et de terrassement nécessaires à la vérification de leurs indications sont parfois considérables. Le Ministère de l’Agriculture et la Commission des Sourciers de l’Académie des Sciences ayant décidé de rester prudemment dans l’expectative, j’aurais été réduit à mes seules ressources, si la Société anonyme du Puits de Padirac, sur l’initiative de son président M. le vicomte J. Fernex, n’avait généreusement décidé de partager avec moi les fous d’expérimentation de cette campagne 1915. Je tiens a lui adresser ici mes très sincères remerciements. . '
- Ces expériences et quelques autres, exécutées avec même succès, suffirent à asseoir ma conviction et je n’hésitai plus à m’adresser à des sourciers professionnels pour résoudre la seconde question.
- J’utilisai les lalenLs do MM. Probst, Pélaprat el l’abbé Mermet, tous trois renommés en leur art. Laissant de côté toute expérimentation de laboratoire, je les plaçai dans la nature, lieu ordinaire de leurs travaux.
- Je ne rapporterai pas ici toutes nos expériences, qui furent nombreuses, et dont les résultats furent tous communiqués à la Commission des Sourciers de l’Académie des Sciences.
- Je choisirai seulement les plus frappantes par leurs résultats ou leur originalité.
- Eaux et cavités souterraines. — Mis en présence d’un gouffre que nous ne connaissions ni l’un ni l’autre, VIgue du Bourrât ou Igve Caniarel près de Luzech (Lot) M. Pélaprat nous en donna bien vite la profondeur, 18 m. 50. Il nous déclara qu’une fissure impénétrable amenait de l’eau du côté E. et qu’une autre également impénétrable l’absorbait à l’O. Un diverticule existait à PE. long de 4 mètres, large de 0 m. 60. Mis au courant par hasard de ces déclarations, M. le chanoine Albe, qui n’assistait pas à l’expérience, consulta les notes qu’il avait prises lors d’une descente de cette igue, qu’il avait effectuée en 1897 et les déclara absolument concordantes avec les données de M. Pélaprat.
- A Cournoux, commune de Saint-Yincent-Rive-d’Olt, M. Pélaprat et moi vîmes une ouverture de grotte inconnue de tous deux. Il en jalonna les contours sur le sol, indiqua deux branches bouchées, celle du N. à 50 mètres de la bifurcation, celle de l’0. à 10 mètres. Je relevai son tracé; puis je descendis avec des aides dans la grotte et en fis le plan à l’intérieur. Les deux plans concordèrent rigoureusement.
- Au puits de Padirac près de Rocamadour (Lot), M. Pélaprat et M. l’abbé Mermet furent chargés de suivre la rivière souterraine.
- Pour la partie amorit, voici ce qu’en dit M. E.-A
- Fig. i. — MM. Pélaprat et Viré opérant à Padirac. (Cl. Martel.)
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- tracé de la rive occidentale.... Il a même indiqué des encoches formées par des dents de rochers sur les parois delà galerie. Ce dernier détail est remarquablement conforme aux accidents intérieurs connus.
- « Parvenu à 150 mètres au S.-S.-E., il s’arrêta subitement en disant : « Voilà la fin de la cavité ». Il se trouvait précisément au-dessus du point... où le cours d’eau sort en siphonnant par dessous une voûte mouillante impénétrable.
- « La profondeur qu’il indiqua était de 82 mètres, conforme à l’épaisseur (80 m.) du plateau donnée par le baromètre.
- « Une erreur fut commise sur le sens du courant.
- « En résumé cette expérience est absolument probante et les résultats fournis par M. Pélaprat sont particulièrement remarquables. »
- Quelques jours après, M. l’abbé Mermet reprit l’expérience et arriva exactement aü même tracé.
- Ils suivirent tous deux le cours aval de la rivière, jusqu’à l’extrémité connue, avec quelques' variantes provenant sans doute d’affluents laté-
- Fig. 2. — Padirac. Gouffre vu de la galerie d'amont. (Cl. Martel.)
- Martel, qui vérifia les expériences de M. Pélaprat :
- « Le problème consistait pour l’opérateur à figurer à la surface du sol le tracé de la galerie de 150 [mètres située en amont du gouffre et dont le plan souterrain avait été refait le 10 décembre 1899(1) avec une exactitude très suffisante pour contrôler les résultats obtenus par M. Pélaprat.
- « Ce dernier ne connaissait absolument rien du sous-sol.... M. Pélaprat a déterminé exactement le tracé de la rive orientale ainsi que sa longueur. Mais il a donné comme formant la rive occidentale... un tracé divergent correspondant sans doute à un affluent temporaire... qu’il remonta jusqu’à une perte de ruisselet, à plus de 1 km de distance.
- « Le lendemain dans la matinée M. Pélaprat reconnut le véritable
- 1. E.-A. Martel. Padirac. Paris, Delà-grave, 1901,
- Fig. 3, — Grottes de Lacave. Les 3 Parques. (Cl. Viré.)
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- raux inconnus, puis bifurquèrent et aboutirent dans la vallée de la Dordogne à deux fontaines, celles de Gintrac et celle de Granou situées respectivement à 15 et 15 km environ du point de départ.
- Malgré la concordance remarquable de la première partie de l’expérience avec le plan deM. Martel, trop d’inconnues invérifiables existaient dans le trajet souterrain de la rivière de Padirac pour que la seconde partie pût être considérée comme autre chose qu’une épreuve éliminatoire. Il était nécessaire d’opérer dans des conditions meilleures.
- Grôtt és de Lacave. — Aux grottesdeLacave, situées également près de Rocamadour, les données étaient plus rigoureuses et présentaient moins de lacunes.
- Nous possédions un plan de précision au millième dressé il y a quelques années par M. l’ingénieur Edouard Brunet,, et dont nous avions conservé les données rigoureusement secrètes.
- Un plan pourtant des grottes de Lacave avait été publié antérieurement à l’achèvement de ce plan et à celui des explorations mêmes : très suffisant pour F usage touristique auquel il était destiné (') il présentait des inexactitudes et des lacunes qui en faisaient un véritable piège pour les sourciers fraudeurs qui eussent tente de le reproduire sur le sol.
- MM. Pélaprat, Probst et l'abbé Mermet furent chargés séparément de piqueter sur le sol du plateau qui renferme les grottes de Lacave tous les accidents souterrains qu’ils pourraient rencontrer.
- M. Mermet, qui vint en premier lieu, repéra tout d’abord un tunnel artificiel, servant d’accès aux grottes, large de 2 m. 50,'haut de 2 mètres, placé
- 1. Le Lot (Padirac, Rocamadour, Lacave). Guide du touriste, du naturaliste et de Varchéologue, par A. Viré. (Collection Boule), Paris, Masson, 1907.
- entre 75 et 110 mètres de profondeur, sous'ses pieds. II.le suivit sür 350 mètres de longueur, en indiqua la bifurcation et l’entrée dans, les grottes naturelles dont il suivit les parois sur plusieurs centaines, de mètres de long (fig. 5).
- Relevé soigneusement au millième, son jalonnement vint, se superposer exactement et mathé-ma tiquement, dans. toute sa longueur et ses moindres détails, au plan de M. Brunet. Il ten même quelques semaines après pour M. Probst, puis pour M. Prodel, gardien-chef des grottes qui s’était révélé baguetti-sant au cours des expériences.
- Ces messieurs révélèrent en outre une rivière souterraine, sur 1200 mètres de long, qui vient se ramifier à la sortie en un delta à 4 branches, sortant en quatre résurgences temporaires, bien connues de nous, mais ignorées des trois premiers opérateurs; puis plusieurs kilomètres de galeries inconnues, que nous faisons rechercher par des sondages.
- Les expériences de Lacave sont les plus précises et les plus caractéristiques de toutes celles que nous avons jusqu’ici entreprises ; 1° parce qu’elles ont porté sur plusieurs kilomètres de galeries souterraines consécutives, de natures diverses (galeries sèches, rivières, parties naturelles, galeries artificielles, etc.) enfouies à une profondeur moyenne de 100 mètres; 2° parce que, pour les parties connues-, les sourciers nous les ont indiquées jusque dans leurs plus minutieux détails, sans une erreur, sans une faute. Ajoutons que les profondeurs données par. eux,: et le sens du courant des eaux, ont été reconnus exacts.
- Squelettes. — M. Pélaprat se déclarant capable de reconnaître un squelette enfoui, nous le mîmes ,à l’épreuve. Au Puy d’Issolud, commune de Yayrac
- Fig. 4. — Padirac. Dernière partie connue de la rivière souterraine. (Vue de 20 mètres de hauteur.) (Cl. Martel.)
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- '(Lot), il détermina 5 sépultures. Les fouilles donnèrent, en effet, 5 squelettes aux profondeurs indiquées. Un quatrième devait être, selon lui, accompagné d’une petite masse de fer. La fouille donna un squelette, muni d’un scramasax ou grand couteau de fer de l’époque franque.
- des probabilités et elle pourra être encore dépassée, pensons-nous, quand les sourciers se défieront davantage d’eux-mêmes, consentiront à opérer moins rapidement, et pourront ne travailler que deux heures par jour.
- Est-ce à dire pourtant qu’ils soient infaillibles?
- Fig. 5. — Plan des grottes de Lacave.
- A Limogne (Lot), il indiqua la présence d’un squelette dont la tête et le thorax étaient engagés sous les fondations de l’église et qui fut trouvé dans la position indiquée.
- Métaux. — Enfin à Luzech, j’indiquai, à 4 mètres de profondeur, des matières qui n’étaient pas de l’eau. Ce diagnostic fut confirmé par M. Péla-prat. Les fouilles donnèrent à 4 mètres de profondeur un petit tas de scories de fer, des pointes de flèches en fer et des anneaux en bronze (fig. 6).
- Un grand nombre d’autres expériences, non encore vérifiées, sont en cours. Nous en reparlerons après l’execution des sondages nécessaires.
- Tel est le résumé succinct de nos observations de 1915. Grâce à la remarquable précision de la plupart d’entre elles, et surtout de celles de Lacave, nous sommes désormais édifié et nous pensons que le procédé des sourciers est appelé à rendre les plus grands services dans la recherche des eaux, des métaux et des minéraux.
- De nos recherches et du dépouillement des attestations de personnes sérieuses qui ont fait travailler nos sourciers pratiquement sur les mines de fer ou de houille, nous retirons cette conclusion qu’ils ont donné 90 à 95 pour 100 de réussites. Cette proportion dépasse sensiblement ce que pourrait donner le calcul
- Nous île saurions raisonnablement le prétendre cl nous avons constaté nous-mêmes une erreur grave et deux erreurs vénielles chez M. Pélaprat. Au Puv d’Issolud, il a indiqué l’existence d’une muraille qui n’a point été rencontrée par les fouilles, et d’un ossuaire humain qui fut reconnu n’être autre chose qu’un amas de débris de cuisine composé d’os d’animaux. A Ca-hors, il a donné comme galerie libre une fosse remplie d’argile. A Lourdes, M. Mermet se serait trompé sur la présence de l’eau.
- Mais le savant, l’ingénieur, le naturaliste, le médecin ne commettent-ils eux-mêmes aucune erreur et le public croit-il devoir pour cela se priver de leurs services ? Ce serait folie de le faire, et l’on ne peut vraiment pas se montrer plus rigoureux pour les sourciers.
- Mais à côté des bons sourciers, il y a aussi les mauvais : ceux qu’une éducation professionnelle insuffisante empêche de bien localiser leurs sensations, et ceux qui n’ont pour eux qu’une imperturbable assurance et le désir d’exploiter la crédulité publique. Nous en avons rencontré quelques-uns.
- Aussi conseillons-nous fortement au public de faire une enquête sérieuse sur la valeur professionnelle des sourciers qui lui proposent leurs services.
- Armand Viré.
- Fig. 6. — Objets en métal découverts avec la baguette à Luzech.
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- L’humanité, qui a longtemps dépensé ses richesses minérales sans compter, paraît arriver à un de ces tournants de la vie où l’on commence à se demander de quelles ressources on pourra disposer pour la finir. On n’en est pas encore à l’économie, mais on fait ses comptes. Tout d’ahord, le Congrès géologique de Stockholm a publié, sur les ressources en fer, une vaste enquête que l’on s’occupe actuellement avec activité k compléter et à préciser. Et voici le Congrès géologique international du Canada qui nous apporte, sur les ressources en houille, une magnifique publication en trois gros volumes avec
- encore, à la suite d’un simple tableau numérique sans aucune discussion, les réserves actuelles en houille de l’Espagne monter à fi,2 milliards de tonnes contre 4,5 milliards en France, ou encore de voir attribuer 27 milliards de tonnes de réserves probables à la Colombie, alors que le grand bassin belge de Haine-Sambre-Meusc est compté seulement pour 5 milliards de réserves actuelles. Généralement, plus le pays est mal connu, plus on a facilement jonglé avec les chiffres, tandis que les géologues de France, de Belgique, etc., ont apporté une grande prudence dans leurs évaluations (f). Ces observations ne sont
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- Fig. i. — Carte des gisements de combustibles minéraux en Europe et en Asie (d’après The Coal Resources of the World). — Les charbons ont été distingués d’après leur âge géologique.
- un allas, où se trouvent étudiés tous les gisements houillers du monde entier ('). Sans doute ce travail, qui est le premier en date dans cet ordre d’idées, n’est pas sans présenter quelques défauts inévitables en pareil cas ; et d’abord la disproportion entre les descriptions suivant que les auteurs, pris dans les divers pays, ont cru devoir s’étendre plus ou moins, ou se sont montrés plus ou moins optimistes. On est surpris, par exemple, de voir des charbons aussi problématiques que ceux de Madagascar occuper autant de pages que tous ceux de l’Afrique du Sud, ou la moitié autant que ceux de la Belgique ; de voir
- 1. The Goal Resources of the World. Morang et C°, édile ors, à Toronto, Canada, prix : 25 dollars. Le résumé introductif a été traduit dans la note technique 558 du Comité des houillères de France, 15 novembre. 1915.
- pas à proprement parler des critiques contre un énorme effort, auquel on doit applaudir; elles ont simplement pour but d’indiquer que les conclusions numériques de l’ouvrage ne doivent pas être adoptées comme paroles d’évangile. Nous ne saurions ici, sans multiplier des tableaux qui intéresseraient seulement quelques spécialistes, entrer dans le détail de cette vaste enquête. Nous nous bornerons donc à de brèves réflexions générales.
- Et d’abord, quel a été le principe adopté? D’une façon générale, on a classé : dans les réserves actuelles, tous les charbons formant des couches de 50 cm au moins, à moins de 1200 m. de profondeur; dans les réserves probables, les couches de
- 1. On a, par exemple, compté à l’actif des Étals-Unis font un immense bassin de lignite à pou près inexploité.
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- LES RESSOURCES EN COMBUSTIBLES DU MONDE
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- Fig. 2. — Carte des gisements de combustibles minéraux dans VAmérique du Nord (d’après The Coal Resources of the World).
- 60 cm au moins, jusqu’à 1800 m. d’épaisseur. 11 est facile de voir que l’on a fait là preuve d’un grand optimisme et supposé des progrès considérables de l’industrie extractive, qui demeurent à l’état d’espérance. Actuellement, dans un pays aussi industriel que la Belgique, la limite de 50 cm a été très rarement atteinte. A 40-50 cm, on ne peut souvent même pas exploiter quand la couche est trop dure ou le terrain trop mauvais. De même, la profondeur de 1200 m. paraît, en moyenne, bien difficile à atteindre aujourd’hui, en raison de l’élévation habituelle de la température, du développement des manifestations grisouteuses, etc. On objecte à cela que chaque jour amène des perfectionnements nouveaux. On fait également remarquer que les vieux bassins charbonneux ont toujours donné au dernier moment la surprise d’une survie. Néanmoins, en ce qui concerne les réserves réellement actuelles, nous serions porté à admettre un fort coefficient de réduction, surtout étant donné le désir manifeste qu’ont éprouvé certains pays neufs de grossir démesurément leurs richesses, d’autant plus faciles à enfler qu’elles sont plus vaguement explorées. Voici, par exemple, l’Asie qu’on nous présente avec une ressource de 1279 milliards, dont 20 seulement reconnus, ou l’Océanie avec 170 milliards, dont 4 reconnus. Il est trop évident qu’il y a là beaucoup de fantaisie. Le tableau des réserves certaines, malgré une restriction précédente, peut inspirer un peu plus de confiance. Il aboutit, comme total mondial, à 716 milliards, dont 414 dans l’Amérique du Nord et 274 en Europe, La consommation mon-
- diale actuelle est de . 1,2 milliard. Elle était de 217 millions en 1870, de 559 en 1880, de 515 en 1890, de 765 en 1900, de 1145 en 1910. Elle a donc doublé tous les 20 ans. Si l’allure de la courbe que nous traçons ici (fig. 5) se prolongeait suivant la même loi, jusqu’en 1950 — ce qui n’a rien d’invraisemblable, étant donné le mouvement d’expansion actuel — on arriverait, à cette date, à une consommation de 5 milliards et, en l’an 2000, on aurait dépassé 15 milliards. En tenant compte de cette loi d’-accroissement, nos 716 milliards de réserve seraient donc épuisés dans un siècle. Quand on compte sur 5 à 6 siècles dès à présent assurés, on oublie le progrès constant et de plus en plus rapide de la consommation.
- Ne nous inquiétons pas trop pour l’avenir mondial, puisque nous sommes évidemment en droit de compter sur les immenses réserves, non plus certaines, mais probables, de la Chine, des États-Unis, du Canada, de la Sibé- / °
- rie, de l’Australie. Admettons qu’il y ait bien dans le monde, comme i’affirme l’enquête, 7597 milliards de tonnes probables ou possibles : soit des ressources pour un millier d’années, en tenant compte de ce que le développement humain doit forcément se ralentir lorsque la population aura atteint le chiffre compatible avec la j
- superficie et avec les res- j sources alimentaires de la terre. C’est assez, en tout cas, pour nous rassurer quelque temps. Mais une situation plus immédiatement critique est celle de l’Ëurope, où les calculs atteignent un degré de
- Fig. 3. — Courbe de la consommation houillère dans le Monde, prolongée par continuité jusqu'en iç5o.
- 1310
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- 1930
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- précision relative suffisant pour raisonner avec quelque fondement. Elle l’est d’autant plus que, lorsqu’il s’agit d’une matière comme la houille ayant passé par la forme organisée et localisée à la surface du globe, on ne peut pas, comme pour les métaux, compter sur des réserves internes, en toute hypothèse illimitées.
- Les réserves des grands bassins houillers de l’Europe, les seules avec celles de l’est américain
- Ce simple tableau montre aussitôt combien la façon d’apprécier a été différente suivant les auteurs, puisque la Belgique et la Russie ont compté toute leur richesse en houille comme simplement probable, quand la plus grande partie en est beaucoup mieux démontrée que les richesses réputées certaines d’autres parties du monde. Ces ressources probables de la Belgique correspondant surtout aux découvertes récentes de la Campine et de l’extrémité
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- A/ Bassin deWealden S» — Q-ffcowor'è,,
- Berlin
- Lignites du .Brandebourg
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- Bassin de la Haute Silésie
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- WURTEMBERG?
- Ensemble de la Bavi
- Lignite
- Fig. 4. — Répartition de la production des combustibles minéraux en Allemagne. (.D'après The Coal Resources of the World.)
- dont l’évaluation présente une réelle valeur scientifique, peuvent se classer par ordre d’importance dans l’ordre suivant [en milliards de tonnes (*)] :
- Allemagne RECONNU 104 PROBABLE 319 TOTAL 423
- Grande-Bretagne. . . 141 48 189
- Russie d’Europe. . . )) 60 60
- Autriche 15 39 54
- France 4,5 13 17,5
- Belgique. ..... )) 11 11
- Espagne 6 2,7 8,7
- Hollande 4,4 4,4
- 767,0
- 1. Je crois inutile de .mentionner les 8,7 milliards attribues au Spilzberg(?) et les 3,7 milliards de lignite de la Bosnie-Herzégovine.
- méridionale du llainaut, comme celles des Pays-Bas et une partie de celles de l’Allemagne viennent d’être trouvées dans les dix dernières années. Ces découvertes de date récente sont en faveur de ceux qui considèrent la prudence comme inutile et qui escomptent d’avance, en tout ordre d’idées, les inventions de l’avenir. Il n’en est pas moins vrai qu’en Europe occidentale les extensions à attendre des recherches futures pour les bassins houillers deviennent de moins en moins probables comme chiffres importants, précisément parce qu’on a déjà beaucoup cherché en France, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre.
- Prenons la Belgique. M. Renier estime que ce
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- grand pays industriel pourra alimenter sa propre consommation un siècle et demi. En Allemagne, le bassin silésienà lui seul peut contenir 166 milliards de tonnes, dont 60 à 80 jusqu’à 1000 m. de profondeur. Sur le taux actuel de 50 millions de tonnes par an, on pourrait travailler 1200 ans et même probablement 1600 ans. La Westphalie contient 25 milliards d’assurés jusqu’à 1000 m. et, très probablement, 52. Si on allait jamais à 2000, ces chiffres seraient portés respectivement à 59 et 56. La Westphalie, en descendant à 1500 m. et en comptant comme exploitables toutes les couches de plus de 50 cm, pourrait donc alimenter 674 ans sa production actuelle. Le district à l’ouest du Rhin promet encore 10 milliards et la Sarre 8.
- Enfin, en ce qui concerne la France, un travail très consciencieux de M. Defline aboutit aux chiffres suivants jusqu’à 1200 m. de profondeur en milliards de tonnes :
- CEKTA1K PK01UULE POSSIELE
- Bassin de Valenciennes . 5,8 5 2,7
- Saint-Etienne 0,15 0,27 0,27
- Alais 0,07 0,57 0,51
- Au total, nous avons dit qu’il admettait 4,5 milliards comme reconnus en France et, au total, 17,5 comme reconnus, probables ou possibles. La production de 1911 était de 59 millions de tonnes avec une tendance déjà décroissante (1) et la consommation de 59,5 millions : c’est-à-dire que, dès à présent, la France produit à peine les deux tiers de sa consommation. Même au taux de la production actuelle, ces réserves ne constituent pas, dans l’ensemble, plus d’un siècle d’assuré, et, très supérieurs pour certaines mines du nord, les chiffres seraient, dans le centre, en moyenne très inférieurs.
- Il est donc malheureusement trop certain que, dans un avenir assez rapproché, la France deviendra de plus en plus tributaire de l’Allemagne, en admettant que le développement industriel de l’Allemagne permette à ce pays de continuer à exporter ses charbons; il est certain aussi que, dans un avenir relativement court pour la vie des peuples, l’Europe tout entière sera obligée de recourir aux autres parties du monde, si celles-ci ne trouvent pas des débouchés suffisants dans leur propre consomma-
- tion. Il est donc facile de prévoir des déplacements industriels qui retireront à l’Europe sa suprématie industrielle actuelle, somme toute assez récente. En cela, comme en bien d’autres matières, l’Europe s’occupe activement à organiser contre elle-même une formidable concurrence dans les autres continents, auxquels elle fournit à la fois un outillage et des armes.
- Maintenant, aurons-nous toujours besoin de combustibles minéraux et, de même que ceux-ci ont remplacé les combustibles végétaux, ne seront-ils pas remplacés à leur tour avant leur épuisement définitif? En dehors des énergies depuis longtemps connues (sinon toutes utilisées) comme la force des marées, la chaleur solaire, la houille blanche, on peut aujourd’hui penser à la radioactivité et à l’énergie intra-atomique. Il ne faut pas oublier toutefois, à cette occasion, comme on le fait souvent même quand on parle de l’électricité, que, pour développer et libérer ces énergies, il faudra commencer par une dépense d’énergie correspondante. Ce pourront être des engins mécaniques merveilleux, ce ne seront pas des créations de forces nouvelles. Nos forces se ramènent à peu près toutes à l’utilisation de l’activité cosmique ancienne ou récente (développement des végétaux houillers, aspiration' des eaux vers les cimes, marées, etc.), ou encore à la recherche de l’activité analogue et particulière à la terre, que- celle-ci a pu emmagasiner, par exemple à l’état de chaleur interne ou de radium. Cette chaleur interne et cette énergie propre au radium, totalement inutilisées jusqu’ici, deviendront peut-être des ressources.
- Ajoutons incidemment une dernière remarque! Pour produire quelque 8000 milliards de combustibles minéraux, combien n’a-t-il pas fallu de végétaux accumulés et très accidentellement préservés de la combustion dans la durée des temps géologiques ; donc quelle absorption d’acide carbonique emprunté à l’air? Et, le jour où cet acide carbonique aura été restitué aux couches inférieures de l'air par nos cheminées d’usines, quels changements (dont nous avons déjà le prodrome sur les grandes villes industrielles) ne manqueront pas d’être réalisés peu I à peu dans nos climats ? L. De Launay.
- LES MIGRATIONS DES POISSONS
- Nos connaissances actuelles sur les migrations des poissons sont tellement insuffisantes, qu’il est intéressant de signaler une nouvelle hypothèse que viennent d’émettre MM. L. Fage et R. Legendre dans le dernier numéro des Comptes rendus de la Société de Biologie. Ces auteurs ont constaté que la sardine est toujours composée, pour 78 pour 100 de son poids, d’eau et de matières grasses. Mais le rapport de ces deux composants n’est pas constant. L’été, les sardines s’enrichissent en graisses qui 1. Pour l’ensemble du Nord et du Pas-de-Calais, la production a etc de 29 888000 t. en 1912 et 29 619 000 t. en 1915.
- atteignent à la fin de l’été 15 pour 100 du poids total, et en même temps s’appauvrissent en eau. L’hiver, au contraire, elles consomment leur graisse, que l’eau vient remplacer. Rapprochant ces constatations de celles déjà faites sur deux autres espèces de poissons migrateurs, le hareng et le sprat, MM. Fage et Legendre montrent le rapport de ces variations, agissant sur le poids spécifique avec les déplacements verticaux de ces poissons. En effet, les poissons légers, riches en graisse, vivent en surface où les pécheurs peuvent les atteindre, et disparaissent au début de la mauvaise saison, quand leur graisse dimi-
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- nue et que leur poids spécifique augmente, pour se réfugier dans les eaux plus profondes où. les engins de pêche ne peuvent jusqu’à présent aller les capturer.
- Les observations de MM. Fage et Legendre prennent un caractère général si on les rapproche de celles que vient de faire 0. Polimanti dans le Biochemisches Zeitschrift. Ce dernier auteur a constaté que les poissons de la baie de Naples qui vivent ordinairement en surface sont beaucoup plus légers et plus riches en graisse que
- ceux qui habitent sur le fond et surtout que ceux qui y sont sédentaires. De plus, on sait depuis longtemps que les œufs de poissons qui flottent à la surface de la mer contiennent un globule huileux, que celui-ci sert à la nutrition de l’embryon et que sa disparition coïncide avec le moment où l’embryon quitte la surface pour continuer son développement dans des eaux plus profondes. Tous ces faits montrent l’importance du poids spécifique dans le mode de vie des poissons.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 16 et 23 février 1914. — Présidence de M. Appell.
- Enregistrement des radiolèlégr animes au moyen du têlégraphone de Poulsen. — M. P. Dosne enregistre avec facilité tous les radio télégrammes dont l’intensité à la réception est suffisante pour être perceptible à quelques centimètres de l’écouteur en substituant tout d’abord au téléphone du récepteur de T. S. F. un amplificateur de son, puis en reliant celui-ci aux bornes de l’écouteur d’un télégraphone de Poulsen. Par cette voie, le courant microphonique servant de véhicule aux sons renforcés parvient avec toutes ses variations dans une bobine de fil fin au centre de laquelle se trouve un petit stylet de fer doux en contact avec un plateau ou une bande d’acier qui se déplace. Les variations • d’aimantation du stylet laissent sur l’acier une sorte d’écriture magnétique qui a la propriété, lorsque plus tard cela repasse sur le stylet qui l’a inscrite, de provoquer dans les téléphones auquel il est relié, la répétition des signaux enregistrés.
- Action physiologique de certaines toxines diluées. — MM. Pengold et Yiolle présentent une note sur la dilution des toxines cholériques. On peut injecter à un lapin une faible quantité de ces toxines sans ( déterminer la mort. Mais si l’on injecte un centième de centimètre cube dilué dans 50 cm3 d’eau distillée l’animal meurt alors que l’injection de 50 cm3 d’eau distillée est inoffensive. On peut varier l’expérience, injecter d’abord les 50 cm3 d’eau distillée puis, une heure après, le centième de centimètre cube de toxine, l’animal succombe.
- U entrainement des microbes. — M. Roux analyse ensuite un nouveau travail de MM. Trillal et Fouassier concernant l'entraînement des microbes en suspension dans l’eau, lorsque l’on fait passer un courant d’air. Non seulement la tension du liquide, mais aussi la nature du microbe et son âge exercent une influence sur l’entrainement. En se basant sur cette observation, MM. Trillat et Fouassier ont pu classer quelques espèces microbiennes d’après leur facilité à être entraînées et ils ont pu opérer des séparations microbiennes comme celles du Bacillus subtilis et du Bacillus prodigiosus. D’après les auteurs, les microbes sont d’autant plus entrainables qu’ils peuvent être contenus dans de plus fines gouttelettes. Les formes volumineuses exigent des gouttelettes plus lourdes et par conséquent moins entrainables.
- . ' Préparation de métaux purs. — M. Haller adresse une Note de M. Billy décrivant une méthode pour la préparation de certains métaux, le titane, le vanadium, le zirconium, le cérium, qui n’ont pas encore été obtenus exempts de toute impureté. Il fallait pour préparer
- ces métaux réduire leur chlorure par l’hydrogène ou par le sodium, à haute température, d’où attaque des récipients et entraînement d’impuretés. M. Billy emploie l’hydrure ,de sodium qui n’exige qu’une température basse ; enfin, il emploie un appareil tout en terre qui 11’introduit pas d’impuretés dans le produit. L’auteur estime qu’on pourra, grâce à ces métaux, préparer des corps nouveaux, et effectuer des mesures magnétiques réclamées par les physiciens et que les traces de fer rendaient incertaines.
- Le poids du corps et les radiations solaires. — M. Miramond de la Roquette, médecin-major, a étudié sur des cobayes tenus en cages vitrées à Alger les variations de la ration alimentaire sous l’action du rayonnement solaire. La ration journalière d’entretien de ces animaux en hiver, pour une température moyenne de 15°, a été de 4 gr. pour 100 gr. d’animal vivant; de 5 gr. au printemps et en automne pour une température moyenne de 22°; enfin de 2 gr. en été pour une température moyenne de 50°. De même les besoins alimentaires de l’homme sont moindres en été qu’en hiver dans les pays chauds. Certains indigènes du Sud algérien ont une alimentation extrêmement réduite, 1200 à 1500 calories au lieu de 5000 en Europe. L’augmentation du rayonnement solaire compense la réduction de la ration. D’après l’auteur, il y a utilisation directe par les tissus de l’énergie rayonnante. C’est ainsi que les nègres habitués à vivre demi-nus au soleil et dont la peau pigmentée absorbe le maximum de rayonnement, ont peine à s’acclimater dans le Nord malgré «les vêtements chauds et la nourriture abondante. L’auteur déduit l’utilité de régimes différents d’été et d’hiver, de pays chauds et de pays froids, et, en thérapeutique, l’indication pour les goutteux, les obèses, de cures de soleil avec alimentation réduite.
- Mesure du potentiel à distance. — M. Szilard a présenté et décrit il y a quelques mois un électromètre petit, maniable et précis dont il est l’inventeur. Aujourd’hui il applique cet appareil à la mesure du potentiel des corps, sans qu’ils lui soient réunis par un fil. L’appareil est en communication avec un disque recouvert d’une pâte dans laquelle on a incorporé T/10e de milligramme de bromure de radium. Si l’on place à distance le corps électrisé devant le disque, l’air qui se trouve ionisé devient conducteur et la connexion se trouve établie sans fil. Comme il existe une proportion constante pour une distance donnée entre l’indication du voltmètre et le potentiel de la source, on voit que l’on peut déduire très aisément celui-ci.
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- LE LIVRE DES FONTAINES DE ROUEN
- Le sang cl’un mammouth. — M. Edmond Perrier expose que Je tissu; et les, organes de la partie du mammouth'! découvert aux îles du Grand Liakostky et dont le cbmte .de Stenbock Fërmor a fait don au Muséum, sont arrivés dans un état de conservation suffisant pour se prêter aux recherches histologiques. De plus, on a trouvé
- dans les veines une matière brune qui paraissait être le résidu du sang. MM. Gautrelet et Neuville ont recueilli 3 à 4 centimètres cubes de ce magma. Ils y ont reconnu tous les caractères d’un coagulum albuminoïde donnant les réactions de l’hématine. C’est donc bien le résidu du sang de l’animal. Cn. de Yilledeuil.
- LE LIVRE DES FONTAINES DE ROUEN
- Il existe, à la Bibliothèque de Rouen, un curieux manuscrit de 1524, par Jacques Le Lieur, seigneur de Bresmetot et du Bosc-Bénard-Commin qui vient
- et par sentence commune ont écrit que l’élément de l’eau, entre les autres éléments et corps élémentaires, est tant profitable, utile et nécessaire à tous instants,
- Reproduction d’un ancien plan des canalisations de Rouen, sur lequel sont représentés des deux côtés de la rue les maisons et les monuments supposés rabattus sur le côté. L’église est celle de Notre-Dame.
- d’être luxueusement reproduit en fac-similé. Le but de l’ouvrage est de renseigner minutieusement sur les captages et les canalisations d’eau qui, au xvie siècle, alimentaient la ville. On peut également en tirer, et c’est ce qui avait été déjà fait dans des publications antérieures, une figuration des rues de la ville avec ses monuments à l’époque de la Renaissance : figuration qui présente surtout un intérêt local.
- Le livre débute par une profession de foi hygiénique : « Les philosophes et physiciens qui grandement ont travaillé pour subtilement chercher, enquérir et connaître tant par raisons naturelles que par longues et laborieuses expériences, les propriétés et utilités des choses créées, uniformément
- que la vie humaine ne pourrait être de longue durée sans l’usage d’icelui.... » Puis vient la description point par point de toutes les canalisations : par exemple, de « la fontaine de Dernestal, autrement nommée la fontaine de Carville «, à laquelle nous empruntons notre figure. Le document est précieux pour l’histoire de l’hydrologie et c’est à ce titre que nous le signalons. Malheureusement l’auteur n’avait, cela se conçoit, aucune préoccupation géologique. Il n’y a donc rien à tirer de son livre pour l’origine des eaux, qui sortent toutes à peu près uniformément « d’une citerne de maçonnerie couverte de pierre et est ladite citerne pannée à huit pans ; et contient, de dehors en dehors, de trois à quatre toises.... »
- P. Sallior.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2128.
- 7 MARS 1914.
- L’ÉLECTRO-AIMANT DU MUSÉUM
- Il y a électro-aimant et électro-aimant ; comme il y a lunette et lorgnette. Les électro-aimants de laboratoire, créés pour obtenir, non une utilisation mécanique de l’énergie électrique comme cela a lieu pour les électro-aimants industriels, mais un champ magnétique aussi élevé que possible et destiné à l’étude de certains phénomènes, physiques, ne peuvent pas plus être comparés à ces derniers que la grande lunette d’un observatoire astronomique à une o jumelle » de théâtre ou de campagne.
- Les progrès réalisés sur l’étude du ferromagné-.
- fesseur Jean Becquerel de pousser plus loin ses travaux de magnéto-optique, est, en effet, un appa-. reil... respectable; son poids est d’environ 1600 kg et sa hauteur d’environ 1 m. 60. Les photographies ci-jointes permettent, d’après ces chiffres, d’établir, à vue d’œil, ses dimensions réelles.
- Le progrès réalisé dans cet appareil sur les précédents n’est pas, comme on pourrait le supposer, dû à l’effet de ses seules dimensions. Ce qu’il faut pour obtenir un champ intense c’est : 1° réaliser des bobines, c’est-à-dire un circuit électrique, dans
- Fig. i. — Le nouvel électro-aimant du Muséum.
- tisme sont, au fur et à mesure de leur élaboration, appliquées à la construction d’électro-aimants de laboratoire, de plus en plus puissants. Celui qui nous occupe ici représente le « record », tant pour la dimension, que par la puissance du champ magnétique obtenu. Les données d’après lesquelles il a été construit ont été établies par M. le professeur P. Weiss, du Polytechnicum de Zurich, ancien élève de l’École Normale supérieure de Paris, et, de l’avis de tous les physiciens compétents, le maître incontesté en tout ce qui se rapporte aux questions de magnétisme.
- Cet électro-aimant, offert par la Société des Amis du Muséum à la Chaire de Physique appliquée aux Sciences naturelles, afin de permettre à M. le pro-
- lequel on puisse faire passer une intensité de courant aussi forte que possible sans l’échauffer rapidement ; ce qui limiterait le temps des expériences, et ne permettrait aucune de celles demandant une exposition de quelque durée au champ magnétique; 2° obtenir « un circuit magnétique » dont l’aimantation à saturation soit aussi élevée que possible.
- La première de ces conditions a été réalisée par un procédé très ingénieux : au lieu d’employer des fils conducteurs ordinaires, M. P. Weiss a formé ses bobines d’un enroulement de tube de cuivre, dans lequel on peut faire passer un rapide courant d’eau qui refroidit ainsi le circuit électrique pendant toute la durée nécessaire de l’expérience. Les bobines contiennent 1000 tours de tube et sont
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- L’ELECTRO-A]MANT DU MUSÉUM
- divisées en 10 sections, en dérivation pour le courant d'eau, de façon à permettre d’en faire passer la quantité nécessaire k la réfrigération, et en série pour le courant électrique; dans chaque section l’arrivée de l’eau se fait au centre de la bobine, et la sortie à la périphérie ; de cette façon le noyau de fer de l’électr'o ne s’échauffe jamais.
- La seconde condition résulte de la découverte faite par M. A. Preuss, étudiant sous la direction du professeur P. Weiss les propriétés des ferro-cobalts, que le composé défini Fe2Co a une aimantation à saturation de 10 pour 100 supérieure à celle du fer.
- Malheureusement l’industrie n’est pas encore en mesure de fournir des masses de ferro-cobalt suffisantes pour former en entier des circuits magnétiques d’électro-aimants, surtout de cette taille ; néanmoins les noyaux dont sont munies les pièces polaires dont nous donnons le dessin ci-dessous, sont suffisants pour augmenter de 5 pour 100 environ l’aimantation que l’on obtiendrait avec des pièces polaires semblables entièrement en fer de Suède.
- Champ (en gauss).
- Fio. 2.
- Vue latérale de Vélectro-aimant.
- Diamètre sur front. 3,00 m.
- Entrefer. 2,00 mm
- 1,00
- Ampères-tours. 23 000 50 000 100 000 200 000 200 000
- Fer. Ferrocobalt.
- 59 800 gr.
- 43 540
- 45 780 47 570 52 580
- 41 840 gr. 45 790
- 48 020
- 49 990 55 170
- Puissance employée. 0,54 kw 1,57 5,5 22 22
- Ce tableau, donnant quelques mesures exécutées par MM. Piccard et Fortrat au laboratoire de M. P. Weiss, montre le gain dù au ferrocobalt; mais où les chiffres deviennent suggestifs c'est quand on compare les différents champs obtenus, avec les puissances employées à les produire. On voit alors que ce gain, dû au ferrocobalt, si peu important en apparence, correspondrait à une augmentation de puissance dépensée, dans la proportion de 1 à 4, pour obtenir ce même gain avec des pôles de fer ordinaire. Ce simple aperçu doit suffire à donner une idée des difficultés à surmonter .lorsqu’il devient nécessaire, pour le progrès de la Physique, d’avoir recours à
- FU
- des champs magnétiques de plus en plus puissants.
- Actuellement la recherche de cette augmentation de puissance a pour but de pousser toujours plus loin l’étude des phénomènes magnéto-optiques : phénomène de Zeeman, polarisation rof atoire magnétique de la lumière, biréfringence magnétique..., etc., enfin de toute question pouvant augmenter nos connaissances sur les mouvements des électrons, ces constituants universels de toute matière, et de rechercher les liens entre ces mouvements et les phénomènes dont l’éther environnant est le siège. Le champ magnétique est, en effet, le seul agent physique qui nous permette d’explorer, en les modifiant, tous les mouvements intra-atomiques, sans porter aucune atteinte à l’intégrité de l’atome.
- Un autre fait à relever dans le tableau précédent est le faible espace auquel il faut arriver, entre les pièces polaires, pour obtenir ces champs élevés. Que peut-on faire dans si peu de place? Il y a là, en effet, un cercle vicieux : en augmentant l’espace disponible, par l’écartement des pièces polaires, on diminue vite l’intensité du champ; pour augmenter le champ (but principal), il faut diminuer l’espace utilisable. Toute la tactique, toutes les facultés du physicien doivent donc, avec un appareil semblable, tendre à restreindre les « exigences » de l’expérience. Ainsi, pour étudier le phénomène de Zeeman (action du champ sur une source lumineuse placée entre les pièces polaires), on réduira autant que possible la dimension de cette source; on emploiera si l’on peut l’étincelle électrique, source lumineuse du plus faible volume. Dans le phénomène de Zeeman sur les spectres d’absorption, étude qui a été pour M. le professeur Jean Becquerel le sujet de plusieurs découvertes du plus haut intérêt, ce savant a employé des cristaux de terres rares dont certains avaient à peine le volume d'un millimètre cube.
- Voilà pourquoi le matériel des recherches de laboratoire demande à augmenter sans cesse d’importance avec les progrès de la Physique moderne. Voilà enfin pourquoi il est si difficile de reculer la
- Coupe des pièces polaires en ferro-cobalt.
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- limite de paissance disponible et de réaliser des recherches apportant à la Science un appoint réel.
- Beaucoup de personnes penseront que pour augmenter le rendement d’un appareil comme l’électro de M. P. Weiss il suffit d’augmenter encore l’intensité du courant électrique, ainsi que le débit de l’eau dans le tube circuit, après l’avoir refroidie autant que possible. Or, dans les conditions de marche maximum, c’est-à-dire avec un courant électrique de 200 ampères, un courant d’eau à la température de 15° C. à l’origine, et entrant dans le tube sous une pression de 50 à 55 mètres, cette eau sort de l’appareil à une température de plus de 50°. Considérons maintenant que : pour passer de 48 020 gauss à 49 990 il a fallu augmenter la puissance active dans la proportion de 1 à 4 ; qu’en augmentant encore cette puissance dans les mêmes proportions l’augmentation correspondante du champ serait très inférieure à celle réalisée dans le précédent exemple, car nous approchons déjà de très près ce point asymptotique où l’on est « bloqué » par la saturation magnétique du fer. D’autre part, la chaleur dégagée par le courant, d’après la loi de Joule, est proportionnelle au carré de l’intensité de ce courant. Il est facile, par ces simples aperçus, de voir jusqu’à quel point a déjà été poussé l’effort utile. Plus tard, il faut l’espérer, on obtiendra des champs magnétiques beaucoup plus intenses, avec des appareils absorbant des puissances considérables ; mais ce progrès reste subordonné au perfectionnement des méthodes de réfrigération permettant d’absorber les grandes quantités de chaleur développées dans les conducteurs par le passage du
- courant. Les essais tentés dans cette voie par MM. Deslandres et Perot nous permettent d’augurer un succès important et peut-être dans un délai assez rapproché.
- De grands espoirs avaient été fondés sur l’emploi des « superconducteurs », ou conducteurs électriques, qui, refroidis à la température de l’hélium liquide sous pression réduite (*), atteignent une conductibilité qui est plusieurs dizaines de milliers de fois supérieure à leur conductibilité à la température ordinaire. Il faut malheureusement renoncer à ces espoirs, les dernières expériences du grand physicien Kamerlingh-Onnes nous ont appris que par un phénomène des plus curieux et encore incompréhensible, cette superconductibilité cesse brusquement, pour remonter à des valeurs normales, aussitôt que le champ magnétique produit atteint un millier de gauss.
- Mais n’anticipons pas sur des faits non encore publiés officiellement et terminons par un « mot »
- Quelqu’un à qui M. le professeur Jean Becquerel exposait les besoins nouveaux et toujours croissants des laboratoires, besoins correspondant aux nouvelles méthodes de travail, objectait : « Mais cependant, autrefois on a fait de magnifiques découvertes avec des moyens quasi insignifiants ; les savants de ce temps-là possédaient donc un génie supérieur à celui des savants d’aujourd’hui? »
- La réponse fut simple :
- « Monsieur, autrefois Jean Bart a gagné de magnifiques batailles navales avec des navires en bois. »
- L. Matout,
- Assistant au Muséum.
- LES GRANDS PORTS DE FRANCE
- Si, comme nous le disions dans un précédent article de La Nature (12 oct. 1912), le tonnage de la majorité des navires de la flotte marchande mondiale est modéré et se tient entre 2000 et 5000 tonnes, il n’en est pas moins vrai que la tendance actuelle des armateurs, aussi bien pour les paquebots que pour les cargos, est une accentuation très marquée de l’accroissement du tonnage des navires, surtout pour les lignes interocéaniques et, notamment, celles qui franchissent l’Atlantique. Ainsi, dans cet ordre d’idées, nous citerons les deux grands paquebots à voyageurs récents dont l’un, anglais, est encore en construction et l’autre, allemand, est en service depuis quelque temps déjà. Ces deux navires sont destinés au service entre l’Europe et New-York. Le premier, 1 ’Aquitania, d’un déplacement de 55000 tonnes et dont la vitesse sera de 25 nœuds, a une longueur de 269 m. 90, une largeur de 29 m. 10 avec un tirant d’eau de 10 m. 57. Le second, Yhnperalor, d’un déplacement de 55 000 tonnes et dont la vitesse est de 22 nœuds, a une longueur de 268 m. 40, une largeur de 29 m. 28 et un tirant d’eau de 10 m. 57.
- Dans ce même article nous indiquions les causes de cet accroissement du tonnage des navires et les avantages économiques qu’il est possible d’en retirer, avan-
- tages qui se traduisent par une augmentation de l’utilisation commerciale du navire, c’est-à-dire un accroissement du poids des marchandises ou des voyageurs transportés relativement au déplacement du navire. Mais nous montrions en même temps que le bénéfice provenant de cet accroissement de l'utilisation commerciale va en s’affaiblissant jusqu’à se réduire presque à rien lorsque le navire s’enfle outre mesure. Nous ajoutions également que, si, pour cette raison et pour d’autres d’ordre technique, l’accroissement du tonnage des navires tend vers une limite qui semble déjà atteinte, il est d’autres considérations qui viennent encore à l’appui de cette limitation. Parmi celles-ci nous citerons les dépenses considérables de ces énormes navires (800 fr. environ par tonne de déplacement), les difficultés de les manœuvrer dans les ports, de trouver à l’aller et au retour un stock de marchandises suffisant pour remplir leur cale et, enfin, chose capitale, les dépenses énormes que nécessitent, pour recevoir ces navires, l’approfondissement des ports et des chenaux d’accès ainsi que la construction des ouvrages d’art de ces ports.
- 1. M. le professeur Kamerlingh-Onncs a obtenu parla liquéfaction de l'hélium une température de 1,1 degré absolu, soit en terme ordinaire 271u,9 au-dessous de zéro,
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- Aussi, en présence de ces diverses considérations, paraît-on admettre, à l’heure actuelle, comme maximum des dimensions des navires : une longueur de 500 m., une largeur de 50 ni. et un tirant d’eau de 10 m. 50. C’est donc, en se basant sur ces chiffres, que devront être établis, à l’avenir, les ouvrages d’art des ports servant de points d’attache ou d’escale pour ces navires. Voyons donc ce qui a été fait dans cet ordre d’idées dans les différents ports français, servant de points d’attache ou d’escale aux grands navires faisant le transit entre ces ports et l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Extrême-Orient.
- Les ports français qui servent de ports d’attache ou d’escale aux navires transatlantiques sont : Boulogne, le Havre, Cherbourg, Saint-Nazaire, La Pallice, Bordeaux et Marseille. Quels sont les travaux faits ou en cours d’exécution dans ces divers ports en vue de la réception de ceâ navires ?
- Boulogne. — A Boulogne, point cl’escale pour les transatlantiques allemands et hollandais qui se dirigent vers l’Amérique du Nord et du Sud, des travaux importants sont en cours d’exécution en vue d’améliorer le mouillage de ces navires dans la rade (voy. La Nature du 21 déc. 1912). Un prolongement de 600 m. de la digue Carnot donnera à ce mouillage un meilleur abri et des dragages porteront d’abord à 10 m., et dans quelques années à 12 m. au-dessous des plus basses mers, les profondeurs de ce mouillage. Ces travaux sont estimés à 15 millions. •
- En vue de l’augmentation constante du trafic de ces transatlantiques, dont le nombre des escales augmente chaque année, la Chambre de Commerce a fait étudier un projet de fermeture de la rade dans sa partie Nord, au moyen d’une nouvelle digue, à l’abri de laquelle serait dragué un second mouillage permettant de recevoir ces transatlantiques. Ces derniers travaux sont estimés à 50 millions.
- Le Havre. — Au Havre, point d’attache de nombreuses lignes maritimes et, notamment, des navires de la Compagnie générale Transatlantique qui font le service entre ce port et New-York, des travaux importants, et spécialement destinés aux navires de cette dernière Compagnie, sont en cours (voy. La Nature du 11 oct. 1915-). Ces travaux consistent dans la création en emprise sur la mer d’un bassin de marée, c’est-à-dire sans aucune écluse, permettant ainsi la sortie des navires en vitesse à toute heure de marée et sans aucune perte de temps, chose capitale pour des navires pour lesquels tout temps gagné est un avantage précieux. Ce bassin de marée est composé de deux darses, séparées par un môle dont le quai Nord de la darse Nord de ce bassin, d’une longueur de 1000 m., pourra recevoir trois navires de la Compagnie Transatlantique. Le long de ce quai, une souille creusée à 12 m. au-dessous du zéro permettra de maintenir toujours à flot ces navires.
- A l’angle N.-E. de ce bassin de marnée sera construite une forme de radoub de 500 m. de longueur, mais pouvant être portée ultérieurement à 550 m., et dont le seuil est arasé de manière à recevoir à toutes les pleines mers des navires de 12 m. de tirant d’eau et d’une largeur de 57 m. 50. Le bassin de marée sera creusé à 6 m. au-dessous du zéro, comme les deux avant-ports qui le précèdent, mais ces profondeurs pourront être portées à 12 m. au fur et à mesure des besoins, ce qui permettra l’accès du bassin de marée à toute heure pour tous les plus grands transatlantiques. On estime à 87 mil-
- lions les dépenses occasionnées par la construction de ce bassin de marée, qui sera terminé en 1914, et la forme de radoub en 1920.
- Nous ajouterons qu’un quai de marée ou d’escale, de 500 m. de longueur, est en service depuis quelque temps et peut recevoir à la fois deux grands transatlantiques faisant escale au Havre. Une souille de 9 m. a été draguée au pied de ce quai d’escale.
- 11 n’est pas douteux qu’à la suite de ces travaux et de ceux aujourd’hui exécutés et décrits dans La Nature, le port du Havre pourra reprendre la place qu’il aurait toujours dû occuper, en le mettant à la tète des ports maritimes modernes.
- Cherbourg. — Nous ne citerons que pour mémoire la rade de Cherbourg, qui sert de mouillage aux nombreux navires transatlantiques, anglais, allemands et américains qui, en.se dirigeant vers New-York ou en revenant, font escale à Cherbourg. Le mouillage dans la rade est, comme profondeur, largement suffisant pour les plus grands transatlantiques.
- Saint-Nazaire. — L’importance du port de Saint-Nazaire est due non seulement à ce qu’il sert de point d’attache aux navires de la Compagnie Transatlantique faisant le transit entre ce port et l’Amérique centrale et du Sud, mais aussi à ce qu’il existe à Saint-Nazaire des chantiers très importants de construction navale, destinés à la construction des grands navires, et pour la marine marchande, et pour la marine militaire.
- Il faut donc, pour ces navires, des bassins à grand tirant d’eau et des chenaux d’accès de profondeur suffisante pour le passage de ces navires. Or, malgré les travaux importants faits dans ces dernières années au porl de Saint-Nazaire, ceux-ci ne répondent plus aux besoins actuels et, surtout, le chenal d’accès au travers du banc des Charpentiers qui barre l’entrée de la Loire n’offre plus un tirant d’eau suffisant.
- Pour améliorer ces conditions défavorables on avait d’abord projeté de créer, comme au Havre, un bassin de marée en emprise sur la Loire où les'profondeurs d’eau sont considérables. Mais, dans la crainte que cette emprise sur le cours de la Loire ne soit une cause de modifications dans le régime des marées de ce fleuve au détriment de sa partie amont, et, aussi, en présence des dépenses considérables que cela entraînait, on a dû renoncer à cette idée. On a donc étudié un autre projet, qui sera prochainement soumis aux Chambres et qui consiste à construire une forme de radoub de 580 m. de longueur et de 50 m. de largeur munie de portes à ses deux extrémités, de manière à permettre aux très grands navires de pénétrer de la petite rade dans le bassin actuel de Penhoet, Le fond de ce bassin, qui est actuellement à la cote de 4 m. au-dessous du zéro, sera dragué à la cote de 6 m. au-dessous du zéro et, comme le plan d’eau dans ce bassin est maintenu par pompage à la cote de 6 m. au-dessus de zéro, on obtiendra dans ce même bassin un tirant d’eau de 11 m. suffisant pour les plus grands . navires. En plus de cela, un troisième bassin faisant suite au bassin de Penhoet sera creusé dans la plaine de Means : une longueur de 800 m. de quais sera immédiatement construite dans ce bassin, et leur prolongement aura lieu au fur et à mesure des besoins.
- Quant au chenal d’accès qui traverse le banc des Charpentiers, et qui est actuellement creusé à 7 m. au-dessous du zéro, il sera dragué à la cote de 8 m. au-dessous du zéro, ce qui donnera un tirant d’eau maximum dans le chenal de 11 m, aux hautes mers de morte eau. On
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- estime à 52 millions les dépenses occasionnées par ces nouveaux travaux, y compris l’approfondissement du chenal des Charpentiers.
- La Pallîce. — Le port de la Pallice situé à 5 km à l’ouest de la Rochelle et qui débouche dans une rade sûre, bien abritée du côté du large par l’ile de Ré, offrant des fonds stables de '12 m. au minimum au-dessous des plus basses mers, sert de point d’escale à de nombreux navires se rendant dans l’Amérique centrale et du Sud et notamment à la Steam Ship C° qui fait le
- Ce programme serait réalisé en trois étapes. Dans la première, on transformerait Pavant-port actuel en un vaste bassin de marée en construisant au large un môle de 7G0 m. de longueur, destiné à protéger l’entrée contre les vents du nord-ouest qui sont les plus à redouter. L’avant-port actuel serait approfondi et dragué à 7 m. au-dessous du zéro et les jetées actuelles seraient transformées en quais de marée avec terre-plein en arrière. Des souilles de 55 m. de largeur et creusées à 10 m. au-dessous du zéro seraient ménagées aux pieds des jetées
- LONDRES
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- Nantes
- Genève
- -Verdoi
- V Turin
- Bayonnev
- Tou/on
- Port-Vendres
- Carte indiquant les grands torts de France servant de points d'attache oit d’escale
- aux transatlantiques.
- service entre l’Angleterre et les côtes ouest de l’Amérique du Sud.
- Le port actuel, inauguré en 1890, se compose d’un avant-port formé par deux jetées convergentes creusé à 5 m. au-dessous du zéro et d’un bassin à flot communiquant avec cet avant-port au moyen d’une écluse à sas. Les dimensions de ces ouvrages et surtout les profondeurs d’eau devenant insuffisantes en présence de l’augmentation des. dimensions des navires, la Chambre de Commerce de la Rochelle a pris l’initiative d’un programme de travaux d’améliorations et d’agrandissement qui sera prochainement soumis aux Chambres.
- ainsi transformées en quais de marée et permettraient en tout temps le séjour des navires.
- Dans la deuxième étape, le môle d’abri du large serait transformé en quai d’escale accessible à toute heure aux navires de 10 à 12 m. de tirant d’eau.
- Enfin, dans la troisième étape, on utiliserait les ouvrages construits dans les deux premières étapes pour créer un vaste avant-port à grande profondeur, donnant alors accès à un nouveau bassin qui se développerait au nord de l’établissement actuel.
- Les travaux de la première étape sont estimés à 25 millions.
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- 246 : . : LA MÉCANIQUE AU SERVICE DE LA TÉLÉPHONIE
- Bordeaux. — Comme il a été dit dans l’article paru dans le n° 2005 de La Nature du 14 octobre 1911, le port de Bordeaux, situé sur la Gironde, à 98 km de la Pointe de Graves, n’est accessible qu’à des navires ayant un tirant d’eau maximum de 7 m. A la suite de dragages qui se poursuivent actuellement, on espère, dans quelques années, faire parvenir à Bordeaux d’une seule traite des navires calant 8 m. et même 8 m. 50. Toutefois, ces profondeurs sont insuffisantes pour les grands navires de la Compagnie Transatlantique, qui se dirigent vers l’Amérique Centrale et du Sud. Aussi sont-ils obligés de faire escale à Pauillac, où des appontements très bien installés ont été construits à cet effet. Actuellement la Gironde, en aval de Pauillac, permet en tout temps, et même par les marées les plus défavorables, la montée de navires calant 8 m. Des dragages actuellement en cours permettront de recevoir des navires de 10 m. de tirant d’eau. Mais, en présence de l’ouverture prochaine du canal de Panama qui, certainement, amènera à Bordeaux des navires de plus en plus grands, on considère que l’avant-port de Pauillac ne remplira plus les conditions voulues. Aussi a-t-on mis à l’étude la construction d’un port dans une rade située près du goulet de la Pointe de Graves, dans des fonds qui atteignent de 12 à 15 m. au-dessous du zéro des cartes et, par conséquent, largement suffisants pour les plus grands navires. On estime à 25 millions les dépenses de ce nouveau port.
- Marseille. — Le port de Marseille, le plus important de France au point de vue du trafic, puisque son tonnage de jauge a atteint en 1911, 19 633 000 tonnes, c’est-à-dire supérieur à celui du port de Gênes, son rival, qui, la même année, n’a atteint que le chiffre de 14 818 000 tonnes, se compose, en outre du Port Vieux qui, par suite de son manque de profondeur, ne peut pas recevoir les navires modernes, de six autres bassins construits à la suite les uns des autres en emprise sur la mer. La surface d’eau de ces bassins est de 194 hectares et celle des terre-pleins, servant aux manutentions des marchandises, de 90 hectares. Le développement total des quais est de 22 kilomètres.
- Parmi ces bassins, celui de la Joliette de 20 hectares de surface d’eau est le seul qui soit affecté aux paquebots des lignes maritimes ayant leur point d’attache à Marseille : Compagnie générale Transatlantique, Messageries maritimes, Compagnie Fraissinet, Compagnie des Transports maritimes, Compagnie de navigation mixte, etc. A ce propos il est intéressant de rappeler que le nombre des voyageurs embarqués et débarqués à Marseille en 1911 a atteint le chiffre de 555 000. La profondeur d’eau dans le bassin de la Joliette est de 6 m. le long du mur
- de quai et de 10 m. près de la digue extérieure.
- Quoi qu’il en soit, malgré les dimensions considérables de ces bassins et leur grand développement de quais, ils ne suffisent plus aux besoins du trafic qui devient chaque jour de plus en plus considérable. Aussi, en prévision de l’avenir, une loi du 27 juin 1909 a autorisé la construction d’un nouveau bassin, celui de la Madrague, établi à la suite et au nord du bassin de la Pinède. Ce nouveau bassin est aujourd’hui en cours de construction. Composé de deux darses, il sera limité au sud par le môle de la Madrague attenant au bassin de la Pinède, au nord par le môle du cap Janet, à l'est par le quai de rive et, à l’Ouest, par la digue extérieure qui sera prolongée vers le nord sur une longueur de 500 m. afin de servir d’avant-port. Le long de cette digue extérieure, la profondeur d’eau dépasse 25 m. et le long du mur de quai 10 m. Dans la traverse du cap Janet est ménagée une ouverture de 100 m. de largeur donnant accès de l’avant-port dans le bassin de la Madrague. Une autre ouverture ménagée dans le quai de rive de la darse Nord donnera accès à de nouveaux bassins de radoub qui seront construits ultérieurement. Elle servira en même temps de débouché au canal de Marseille au Rhône actuellement en cours d’exécution.
- Lorsque, dans quelques années, le bassin de la Madrague sera achevé, on prévoit la construction d’un nouveau bassin, le bassin Mirabeau, construit en prolongement vers le nord du bassin de la Madrague.
- Comme on le voit, la France ne reste pas en arrière pour mettre ses grands ports en état de faire face aux augmentations de trafic et à l’accroissement du tonnage des navires que nous signalions au début. Ceci est d’autant plus nécessaire qu’un événement maritime d’une grande importance est sur le point de se produire. L’ouverture du canal de Panama qui aura lieu vers la fin de cette année aura pour conséquence une modification radicale dans les relations maritimes internationales. Les côtes occidentales de l’Amérique du Nord et du Sud qui regardent le Pacifique se trouvant ainsi' rapprochées non seulement du continent européen, mais aussi des ports de la côte Est des Etats-Unis, un accroissement de trafic et des rivalités commerciales s’établiront entre l’Europe et les Etats-Unis. Aussi toutes les Républiques américaines et le Canada se préparent-ils à faire face à cet accroissement de trafic en améliorant leurs différents ports et principalement ceux qui regardent le Pacifique. Dans un prochain article nous nous proposons de donner quelques indications sur ces travaux qui, pour certains ports, sont d’une réelle importance.
- R. Bonnin.
- LA MÉCANIQUE AU SERVICE DE LA TÉLÉPHONIE
- Nous avons expliqué récemment le principe de la téléphonie interurbaine. Nos lecteurs se souviennent que les demandes de communication émanant d’un abonné parisien pour un abonné de la province sont reçues aux « Archives » par les annotatrices, mises directement en communication avec l’abonné appelant par l’intermédiaire de la téléphoniste de cet abonné. Ces annotatrices inscrivent sur une fiche le nom de la ville demandée, le numéro de l’abonné et
- l’heure à laquelle la communication est demandée. Puis elles consultent le tableau indicateur des durées d’attente dont nous avons déjà parlé également, et répondent à leur correspondant que le circuit sera mis à leur disposition dans 10 minutes, un quart d’heure, une demi-heure, etc.
- Cela fait, la fiche est glissée dans un tube pneumatique qui la porte instantanément à la table de tri d’où elle sera envoyée, toujours par l’intermé-
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- LA MÉCANIQUE AU SERVICE DE LA TÉLÉPHONIE -. — 247
- diairc d’un tube, à la téléphoniste desservant la ville demandée. Cette fiche prend place après celles qui l’ont précédée et la téléphoniste avertit
- Opératrice \ 5? Étage
- JO
- Retour des ffches f à la Table de tri
- Table pp d'Annotatrice
- Air comprimé
- Fig. 2. — Schéma montrant la distribution générais des tubes à air comprimé au centre téléphonique de la rue des Archives. Fig. 3. — Détail du- mécanisme d’envoi des fiches établi sur la table de distribution et de celui de réception des fiches sur la table interurbaine.
- Fig. 4. — Schéma du système de retour des fiches mal dirigées. Fig. 5. — Une fiche portant les cadrans à flèches indication.
- l’abonné dès que le circuit peut lui être attribué.'
- Nous allons étudier en détail cette organisation mécanique introduite au. bureau de la rue des
- Table de distribution Ouverture pour le ticket T Envoyeur
- Table interurbaine
- Récepteur /.
- 4r
- Filtre d'air Envoyeur ouvert Envoyeur fermé
- r~~« ipssàn ^SËil
- Valve rotatrice réceptrice
- Transmission Circuit Conjoncteur Oba.
- c $ 5,5 o Taxo— un,,i— Date Ko annotalrico ko
- ° o & Nom du circuit
- Origine Demandé Réception Attente
- Localité
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- 248 LA MECANIQUE AU SERVICE DE LA TÉLÉPHONIE
- Archives ; elle remplace avantageusement les dames « boulistes » qui étaient chargées de porter elles-mêmes les fiches sur les tables.
- L’emploi des tubes pneumatiques dans la téléphonie interurbaine constitue une nouveauté particulièrement intéressante, parce que les échanges entre les tables des annotatrices et celles où aboutissent les réseaux s’effectuent avec une très grande rapidité, sans bruit et sans confusion. Il a été imaginé par la Compagnie française Thomson-Houston et l’expérience qui en a été faite au bureau des Archives montre qu’il réalise un sérieux progrès sur l’ancien système.
- Les tubes se présentent sous la forme de rubans tubulaires del2 mm d’épaisseur sur 72 mm de largeur. Cette forme particulière leur a été donnée pour leur permettre de recevoir les fiches faites d’un papier assez fort dont une portion se replie sur l’autre.
- On constitue ainsi une sorte de piston épousant les dimensions intérieures du tube et sur lequel agit l’air comprimé.
- Le réseau des tubes est représenté par le schéma (fig. 2). Un faisceau part des tables des annotatrices et se termine au-dessus de la table de tri dans une sorte de hotte qui oblige les fiches à tomber devant les employées. Là, les petits papiers sont lus, puis, d’après leurs indications, dirigés sur les tables interurbaines des 4e ou 5e étage. La table de tri est nécessaire, parce que chaque annotatrice est appelée à demander des communications pour tous les circuits français et étrangers aboutissant à l’interurbain. Or, si chacune d’elles devait diriger ses fiches sur les tables auxquelles elles sont destinées, il faudrait « multipler » le réseau de tubes devant elles. Une telle organisation, pratique lorsqu’il
- s’agit de fils , devient impraticable avec des tubes.
- Toutes les fiches de toutes les annotatrices tombent donc sur la table de tri. Cette table reçoit l’origine de chacun des tubes aboutissant aux tables interurbaines. Les employées chargées de cette surveillance dirigent ensuite les fiches sur leurs circuits respectifs. Les tubes fonctionnent avec une pression d’air de quelques grammes seulement supérieure à la pression atmosphérique; on n’utilise la dépression que pour le retour à la table du tri des fiches mal dirigées. Ce retour s’effectue par une canalisation spéciale courant sur toute la longueur de toutes les tables interurbaines ; chaque téléphoniste qui a un renvoi à faire ouvre une petite trappe, engage sa fiche et la dépression contenue dans le tube l’aspire pour l’amener de nouveau à la table de tri d’où elle repartira ensuite en bonne direction.
- Le fonctionnement de ces tubes est intéressant à examiner.
- Chacun d’eux aboutit au niveau de la table et son ouverture est fermée par une légère trappe métallique (fig. 5). Notre dessin montre également la canalisation d’arrivée de l’air comprimé qui est accolée à la première. Au repos, l’air comprimé ne circule pas dans le tube; dès que l’on engage la fiche, l’ouverture supérieure cède, puis se referme, et le papier plié reste dans la partie supérieure du tube jusqu’à ce que l’annotatrice ait appuyé sur le bouton B. Ce bouton ag’t sur un levier horizontal articulé en A avec un registre qui, normalement, ferme la communication entre les deux tubes. Mais le mouvement de bascule déterminé par la pression du boulon B ouvre le registre à l’air comprimé qui
- Fig. 6. — L'arrivée des fiches sur la table de tri. Les opératrices dirigent ces fiches sur les tables interurbaines.
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- LA MECANIQUE AU SERVICE DE LA TÉLÉPHONIE ......249
- se précipite dans la canalisalion et pousse la fiche comme un léger piston. En quelques secondes, celle-ci arrive sur la table interurbaine.
- Il ne suffit pas, pour la bonne exécution du service, que l’envoi de la fiche ait eu lieu; il faut encore que l’opératrice sache que cette fiche est arrivée à destination. Ce renseignement est fourni par une petite lampe électrique L.
- En abaissant le levier horizontal, l’opératrice a également déterminé l’envoi d’un courant électrique dans un électroaimant spécial E dont l’armature, figurée en pointillé, colle sur le noyau. La lampe L s’allume en même temps, puisqu’elle appartient au jnême circuit, et elle reste allumée tant que la fiche se Lrouve dans le tube. Son arrivée est assez brutale pour chasser vers l’arrière un ressort R, normalement en contact avec une pointe P. Lorsque ce contact est rompu, le circuit de la lampe et de l’électro l’est également; l’une cesse d’éclairer et l’autre libère son armature.
- Tout rentre dans l’ordre et l’opératrice sait que sa fiche est entre les mains de la téléphoniste.
- Un second bouton, placé à côté du premier, intervient seulement lorsque, pour une cause fortuite, une fiche est restée en panne dans le tube; en appuyant alternativement sur l’un et l’autre boutons l’opératrice effectue des envois successifs et espacés d’air comprimé qui finissent par avoir raison du léger piston.
- Nous avons dit qu’en cas d’erreur de direction les fiches font retour- à la table de tri par une canalisation unique pour un groupe de tables. Sur cette canalisation, qui se termine par un filtre d’air pour maintenir la dépression à une faible valeur, sont branchés des envoyeurs à raison de un pour deux
- téléphonistes. Notre dessin (fig. 4) est suffisamment clair pour nous dispenser d’expliquer comment l’ouverture du couvercle soulève la trappe de communication par laquelle la fiche est absorbée. Le tube aboutit, par un autre plus étroit dans lequel le pli de la fiche s’écrase au-dessus de la table de tri, à une valve rotative réceptrice constituée par une boîte au-dessus de laquelle débouche la tubulure d’aspiration reliée à la turbine à vide. Le tube effdé se termine en face de deux cylindres
- de caoutchouc C tournant en sens inverse qui saisissent la fiche dès qu’elle se présente et l’obligent à tomber sur la table.
- Les fiches, parvenues aux téléphonistes desservant les tables interurbaines, ne terminent pas ainsi leur carrière. Dès que la communication qu’elles sollicitent est demandée, l’opératrice les engage dans un appareil spécial dit Calcu-lograpke qui enregistre les manœuvres téléphoniques. Le cal-culographe est pourvu de deux poignées verticales. À l’aide de la poignée de droite on imprime, Sur la fiche, un cadran horaire indiquant, par une flèche et un index, l’heure à laquelle la communication est établie, ainsi que deux cadrans correspondant : l’un à une unité de conversation de 5 minutes, l’autre à une heure. Lorsque la conversation est terminée, on glisse de nouveau la fiche dans l’appareil et, à l’aide du levier de gauche, on imprime deux flèches à l’in1 térieur de ces deux derniers cadrans. Les positions relatives des flèches et des cadrans indiquent la durée de la conversation : sur notre modèle, 5 minutes 1/2.
- Le contrôle se trouve ainsi assuré.
- Enfin, la téléphoniste est également chargée
- Fig. /. — Les turbo-compresseurs à moteurs électriques fournissant l’air comprimé dans le réseau de tubes du central téléphonique interurbain (rue des Archives).
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- d’avertir les abonnés que l’heure de fin de conversation approche. Pour la dispenser d’être constamment attentive, on a mis à sa disposition un compteur spécial, actionné comme le précédent appareil par un mouvement d’horlogerie et comportant un cadran sur lequel sont inscrites les divisions 0, 3, C, 9 correspondant au même nombre de minutes. Dès que l’aiguille du compteur approche de la division 3 un contact s'établit et allume une lampe qui reste dans cet état jusqu’à ce que les 3 minutes soient écoulées. L’appareil fonctionne sous l’action d’une manette que l’on pousse vers la droite aussitôt que la conversation s’engage.
- En ramenant cette manette vers la gauche, le mouvement d’horlogerie se remonte pour un nouveau comptage et l’aiguille est reportée sur le zéro.
- Fig. 8. — Compteur de conversation.
- Toutes ces opérations paraissent longues et compliquées, la pratique les simplifie. Le travail étant effectué par plusieurs opératrices, chacune accomplit sa fonction avec méthode et les communications s’établissent très rapidement. Les attentes, sur la plupart des circuits, dépassent rarement une demi-heure en temps normal, mais il faut bien considérer que ces longs fils téléphoniques sont victimes d’accidents fréquents les rendant inutilisables parfois pendant de longues heures. Une branche d’arbre qui les effleure, une ficelle de cerf-volant qui les enveloppe lorsque la pluie tombe et voilà un dérangement à repérer et à faire relever par des ouvriers. Les circuits sont les plus grands ennemis de la téléphonie! Lucien Fournier.
- CADRAN SOLAIRE DONNANT L’HEURE LÉGALE
- Pour avoir l’heure exacte, dans le sens le plus rigoureux du mot, il faudrait, semhle-t-il a priori, d’après la définition même de l’heure, s’adresser à des cadrans solaires, mais malheureusement, outre que l’ombre du style d’un cadran ne frappe juste sur la méridienne à l’heure de midi que 4 jours dans le courant d’une année, l’heure vraie n’a plus cours dans nos usages puisqu’elle a été officiellement remplacée par celle d’un méridien conventionnel, qu’elle est la même pour tout un État.
- Aussi les cadrans solaires qui ont bravé le Temps et se trouvent encore sous tant de formes curieuses et souvent gracieuses sur les murs d’antiques demeures, ces instruments qui, comme dit le poète, « marquent en silence les pas muets du Temps », semblent-ils avoir cessé de vivre, et c’est le Temps à son tour qui est destiné à en effacer bientôt les derniers vestiges.
- Cependant, malgré tous les progrès et toutes les commodes conventions, il est encore assez rare en pratique de constater de parfaites concordances entre nos horloges, portatives ou non, et il importe peu à chacun, lorsque notre montre avance ou retarde, s’il faut d’un tour de clef la remettre au pas, aussi ai-jé pensé qu’avec le Soleil aussi il était des accommodements et j’ai réalisé dans ce but, sans plus de prétention à la rigueur scientifique, la construction d’un cadran solaire donnant avec une grande approximation — et avec un grand succès — le temps moyen civil, autrement dit l’heure légale.
- Tout d’abord voyons ce qui manque au cadran solaire classique pour qu’il donne le temps moyen conventionnel.
- 11 lui manque : 1° d’avoir son midi réglé non
- plus sur la ligne méridienne locale, mais à droite ou à gauche de celte ligne et à une distance qui soit en rapport avec la distance du méridien local à celle du méridien conventionnel ; il lui manque aussi 2° de ne pouvoir se prêter par l’ombre d’un style fixe battant sur une surface fixe à indiquer des heures qui varient selon l’époque de l’année.
- 11 fallait donc avant tout, pour arriver au but, abandonner toute construction inamovible et conséquemment adopter pour constituer ledit cadran une surface essentiellement mobile autour de la base du style, afin qu’elle puisse prêter, par un décalage approprié selon la longitude du lieu et selon la saison de l’année, aux corrections nécessaires.
- C’est en effet ce que je fis en inscrivant les lignes horaires à la façon ordinaire eu égard à toutes les conditions du lieu, non plus sur le mur, mais sur une surface métallique indépendante de celui-ci, bien plane, bien verticale et bien mobile autour de la base du style gnomique.
- Dans ces conditions il ne restait plus qu’à procéder au mécanisme des corrections périodiques. Avant de décrire ce mécanisme il est nécessaire de spécifier en quoi consistent matériellement les corrections auxquelles j’ai fait allusion.
- 1° Correction due à la longitude du lieu. — Comme tous les lieux situés à l’est de celui qui comprend le méridien conventionnel d’un État, voient le soleil de midi en avance, d’un temps précisément égal à celui dont on se sert en pratique pour exprimer leur longitude par rapport à ce même méridien, il s’ensuit conséquemment que le nouveau cadran mobile destiné à donner la même heure que l’heure du lieu du méridien d’origine, devra être corrigé par décalage du même nombre
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- CADRAN SOLAIRE DONNANT L’HEURE LEGALE
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- de minutes dans le sens du retard. On procéderait dans le sens contraire pour les lieux de longitude occidentale.
- C’est ainsi qu’un cadran situé à Troycs dont la longitude est 6 m. 58 sec. (et conséquemment marquant midi sept minutes local alors qu’au méridien de Greenwich il est midi juste) devra être décalé une fois pour toutes pour que la ligne méridienne" passant par la base du style ne coïncide plus avec le midi du cadran mobile, mais avec midi moins sept minutes.
- Pour la même raison un cadran situéàAuch, dont la longitude est occidentale et sc trouve notée par 7 minutes exactement, devra être réglé sur midi plus 7 minutes. De cette façon trois cadrans situés l’un à Greenwich et les autres à Aueh et à Troyes indiqueraient midi juste au même instant sur leur surface mobile.
- 2° Correction due à la saison.
- — La Terre, par suite de son mouvement de rotation combiné avec celui de sa translation dans l’espace, se trouve pendant sa course annuelle à des distances variables du Soleil et par suite, étant tantôt plus voisine de celui-ci (en automne et en hiver) et tantôt plus éloignée (en été et au printemps), il on résulte des attractions et des vitesses de rotations variables et conséquemment des avances et des retards d’un jour sur l’autre qui empêchent le Soleil de se retrouver le lendemain d’une observation à heure déterminée au même point de l’espace par rapport au style du cadran; mais on connaît fort heureusement ces perturbations sous le nom d’équations du temps.
- Voici le résumé de ces avances (H-) et de ces
- etards
- du midi vrai sur le midi moyen.
- 1" janv. lo janv. l"i'év. 15 Icv. l"mars
- + 4' + 10' -+- 1i + Il h- 13
- l" avril A' lo avril 0 1" mai —5' 15 mai — 4' l01- juin •—3' 15 juin 0
- 1" juillet 15 juillet 1" août 15 août 1" sept. 15 sept.
- +- 6' G'
- ~t~ 4' 0',30"
- 1" ocl. —10' 15ort. —14' 1" nov. —16' 15 nov. —15' 1" déc. —10' 15 déc. — 4
- Fig. i. — Le cadran solaire de la < donnant l’heure légale.
- 15 mars + 9
- Devenant à notre cadran, il faudrait donc à la correction de longitude, qui se fait une fois pour toutes, ajouter la correction de l’équation du temps,
- autrement dit pouvoir décaler encore une fois la partie mobile du cadran autour de son centre de la quantité correspondante de part et d’autre du point où se trouve déjà porté par la première correction le midi conventionnel, et de plus, que cette correction fût faite de temps en temps.
- D’ailleurs que l’on ne s’exagère pas la servitude de cette correction; un coup d’œil sur le tableau ci-dessus démontrera tout d’abord qu’il suffira de la faire tous les 15 jours pour n’avoir à subir dans le pire des cas qu’une erreur maximum de 4 minutes dans le courant de 10 mois de l’année, et que si la correction est indispensable dans les mois de décembre et de janvier, il est presque inutile de la faire depuis mars jusqu’en juillet.
- Tout ce qui précède s’appliquerait sans rectification au cadran solaire dit équatorial, c’est-à-dire à celui qui se construit sur un plan parallèle à celui de l’équateur, car dans ce cas, qui est le plus simple, la construction du cadran consiste à diviser un cercle tracé sur ce plan en 24 secteurs horaires égaux et à y planter normalement un style rigide à leur intersection.
- Lorsqu’il s’agit, au contraire, d’un cadran vertical
- Florera
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- (celui que l’on sous-entend toutes les fois qu’on parle de cadran solaire) il faut malheureusement sacrifier encore quelque chose à la précision; en effet, ici les sectéurs horaires n’étant plus égaux, il s’ensuit qu’un même décalage angulaire ne correspond pas rigoureusement sur tous les secteurs horaires au même temps, mais comme ici encore il n’y a que pour la première et la dernière heure du cadran (les moins consultées certainement) que cette erreur est sensible, on peut passer outre.
- Il est enfin à noter que dans les cadrans verticaux fortement déclinants, l’erreur ci-dessus s’exagère d’un côté du cadran (toujours pour les heures extrêmes) alors qu’elle s’atténue d’autant sur l’autre côté. Aussi est-il convenable de préférer en prin-
- doute intéresser quelques lecteurs en indiquant grosso modo que pour arriver à cette construction il m’a fallu d’abord déterminer la déclinaison du mur et que je l’ai obtenue en traçant sur le sol, jusqu’à la hase du mur, la direction du plan méridien local, opération qui se fait généralement en observant à deux moments bien exactement égaux en temps, avant et après l’heure du midi local, la direction des deux ombres portées par une tige parfaitement verticale plantée dans le sol, et prenant comme direction du plan méridien la bissec-
- 8. Angle de déclinaison du mur X. Angle du complément de la latitude
- Fig. 2. — Gabarit servant à fixer la position du style du cadran solaire.
- Avance ou retard-__ de / 'heure moyenne sur l'heure vraie.
- Limites de variation de l'heure pendant le cours d’une année ( les 2position s extrêmes du cadran mobile
- Position moyenne du cadran qui correspond précisément i aux (Jours (2é-0éc. 31 Août j 15 Avril et 15 Juin) où l'heure] moyenne se confond avec 1 l'heure vraie. j
- Tableau des repères du guide du cadran qui correspondent i aux positions de celui-ci pour] chaque mois de fan née
- Cadran mobile
- 2-5 Décembre (Ombre du Style la plus courte de fan née)
- 31 Août
- 15 Avril
- Méridienne du temps moyen
- 15 Juin (Ombre du Style la plus longue de fan née.)
- Méridienne ' du lieu
- 'oupille d'appui sur l'appendice du cadran
- Fig. 3. — Les divers organes du cadran solaire de la « Florera
- cipe, pour construire ce genre de cadran, les orientations de murs qui ont une faible déclinaison.
- Description du cadran de la Florera. — Le cadran que je vais décrire connu, dans certaine région bien ensoleillée d’Italie, sous le nom de cadran de la Florera, a été construit par moi en août 1910 dans une villa située à Aglié-Canavese non loin de Turin (longitude 21 minutes ouest du méridien de l’Europe centrale et latitude : 45° 22'). Le mur sur lequel il fut construit déclinait à l’occident exactement de 15°.
- Quoique ce ne soit pas le lieu ici de décrire la façon de tracer les cadrans solaires, je puis sans
- trice de l’angle formé. C’est alors que l’on détermine sur le mur par une ligne bien verticale abaissée du pied du style futur l’intersection du plan méridien avec le mur, autrement dit la méridienne.
- Enfin, étant donné que le style doit se trouver dans le plan méridien, et de plus, être incliné suivant l’axe du monde, je me suis servi pour arriver à ce résultat d’un gabarit formé de deux planches triangulaires dont un angle o était précisément de 15°, c’est-à-dire égal à la déclinaison du mur et qui étaient clouées par leurs côtés AB et DE sur une autre planche destinée à recevoir provisoirement le style et son étrier avec leurs pattes de scellement,
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- ACADEMIE DES SCIENCES — 253
- le tout bien maintenu de façon que le style fasse avec le côté AD un angle égal au complément de la latitude locale, c’est-à-dire 44° 58' (fig. 2) ; on conçoit alors qu’ayant préparé dans le mur les trous de scellement pour le style et son étrier, le gabarit étant appliqué au mur, le style se trouve ainsi fixé dans la position requise, puisqu’il est, en effet, dans le plan méridien et incliné suivant l’axe du monde.
- Ceci fait, ayant enlevé le gabarit, puis mis en place la surface de tôle semi-circulaire destinée à devenir le cadran mobile, on procède au tracé des lignes horaires :
- Supposons que, dans les conditions de notre cadran, nous soyons au 15 juillet.
- Etant donné que le méridien du lieu est en longitude occidentale de —21' et que pour ce jour l’équation du temps est —(— 6', il s'ensuit, d’après ce qui précède, qu’à l’heure du midi moyen conventionnel l’ombre du style ne tombera pas sur la méridienne, mais qu’elle y tombera exactement à midi 27 minutes (21 + 6). On marquera donc provisoirement midi moins 27 minutes sur le cadran à la coïncidence de la méridienne ; il ne restera plus qu’à observer l’heure légale, montre en main, dans cette position du cadran et noter sur le cadran mobile la place exacte de l’ombre du style au moment des heures, des demies et des quarts (les 5 minutes se traçant par interpolation).
- Je me hâte toutefois d’observer que ce moyen est le moins exact de tous, aussi n’est-ce que pour désigner provisoirement les heures que je l’indique, car il importe d’opérer ensuite le tracé définitif par les moyens bien connus, inutiles à rappeler ici, moyens d’ailleurs qui permettent de rectifier les erreurs fort communes dues à la pose du style, à la non-verticalité absolue du mur, etc.
- Enfin, le cadran étant complètement tracé avec ses heures, ses demies, ses quarts et de 5 en 5 minutes, il ne reste plus qu’à le pourvoir d’un appendice quelconque apte à le faire décaler de la quantité convenable suivant les cas et, pour éviter tout calcul et toute hésitation, d’imaginer un tableau de repères pour' les positions que le cadran devra prendre de 15 en 15 jours.
- Dans ce but, j’ai tout simplement pourvu le cadran d’un long appendice qui vient aboutir sur un tableau où la place de chaque mois et de chaque quinzaine correspond automatiquement aux deux corrections susmentionnées.
- Il n’est pas rare qu’un cadran solaire soit agrémenté de la courbe du temps moyen, c’est-à-dire la courbe fermée eu 8 que parcourt pendant l’année l’extrémité de l’ombre du style. Cette courbe qu’il est très facile de tracer soi-même en se servant des tables de l’équation du temps pour les abscisses et des tables de la hauteur du soleil en fonction de la hauteur du style comme ordonnée, et pour chaque jour de l’année, a l’agrément de donner aussi, par ce fait, la date de chaque jour à l’heure du midi moyen local.
- Pour notre cas, cette courbe a encore l’avantage de contrôler les corrections imprimées au cadran, aussi l’ai-je ajoutée dans cette intention.
- Enfin, je dois ajouter, pour compléter la description du cadran solaire de la Florera, le dispositif moins sérieux qui semble être un cadran lunaire, mais qui n’est en somme qu’une table illustrée des corrections qu’il faut faire aux indications du cadran solaire lorsque c’est la lune qui projette son ombre sur les lignes horaires. J’en pourrais faire grâce au lecteur si je ne pensais que cela pourra aussi lui être utile au pur point de vue esthétique pour corriger l’effet décoratif détestable produit par le nouveau cadran solaire mobile hémicirculaire. Ce n’est d’ailleurs que dans ce but qu’il a été imaginé et il n’a pas d’autre prétention. J’ai simplement figuré sur le mur même et sur un demi-cercle complétant à la vue celui du nouveau cadran solaire les 5 aspects bien reconnaissables de la pleine lune des 2 quartiers et des 2 phases intermédiaires. Ces phases, qui correspondent aux âges 7, 10 1/2, 14, 17 1/2, 21, correspondent aussi à des repères du cadran virtuellement divisé en 28 parties, mais dont 14 seulement sont visibles; enfin des chiffres arabes sont disposés de telle sorte que chaque heure ainsi figurée corresponde à chacune de ces divisions augmentée d’un cinquième, autrement dit que chaque jour lunaire corresponde à 50 minutes de temps.
- Il est facile alors de comprendre que le chiffre arabe correspondant à la phase reconnue dans le firmament (si c’est une de celles .figurées) ou à une phase intermédiaire, qu’il est facile d’interpoler par la pensée, correspondra à la correction par avance ou par retard qu’il faut appliquer à l’heure indiquée par l’ombre lunaire du style du cadran mobile pour obtenir l’heure civile véritable du moment de l’observation. P. Dosne.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 mars 19)4. — Présidence de M. Appell.
- Propriétés des tubes au néon. — il. d’Arsonval rappelle que dans une précédente communication M. Claude a montré que le voltage nécessaire pour actionner les tubes au néon diminue quand le diamètre du tube augmente. L’auteur explique aujourd’hui que
- cela n’établit pas la supériorité des gros tubes sur les tubes étroits, car la production de la lumière dépend du produit des volts par les ampères, c’est-à-dire de la puissance dépensée. De très gros tubes sont de détestables instruments. Au contraire le rendement demeure excel-
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- 254 ===== UNE MALADIE COLLOÏDALE : LA PELLAGRE
- lent et de l’ordre d’un demi-watt par bougie jusqu’à de très faibles diamètres, 10 millimètres et moins.
- L’hélium des grisous. — M. Moureu expose que les recherches qu’il a faites en collaboration avec M. Lepape ont établi que les grisous renferment de l’hélium. Ainsi les mines d’Anzin lancent dans l’atmosphère 4000 m3 d’hélium par an, d’après la proportion habituelle du volume de ce gaz au volume de grisou. La mine de Frankenholz (Westphalie) projette dans l’atmosphère 5650 m3 d’hélium par an, soit 10 m3 par jour. Les quantités d’hélium dégagées par les sources thermales sont bien plus faibles, toutefois la proportion d’hélium dans la masse gazeuse émise est quelquefois beaucoup plus
- forte que dans les mines. Quelle est l’origine de l’hélium du grisou? Quelles sont les matières radioactives des houilles? le radium et le thorium. MM. Moureu et Lepape ont dosé le radium et le thorium dans des échantillons provenant de différentes mines. Les proportions trouvées pour ces deux élémcifts radioactifs sont minimes et ne permettent pas d’expliquer la présence de si grandes quantités d’hélium dans le grisou. Cet hélium est de l’hélium o fossile » comme l’argon, le néon, le krypton et le xénon dont les auteurs ont pu établir la présence constante dans le grisou. II est, en tout cas, hors de doute qu’il n’y a qu’une minime fraction de cet hélium qui soit de formation récente.
- Cn. ue Yuledeuil.
- UNE MALADIE COLLOÏDALE : LA PELLAGRE
- Dans certaines régions de la Roumanie, de l’Espagne, de l’Égypte, des États-Unis, et surtout en Italie, on connaît une grave maladie, la pellagre, caractérisée par des éruptions, des trouilles gastro-intestinaux, auxquels succèdent souvent une folie particulière et la mort. En Italie, la pellagre est une dès causes d’aliénation et de mort les plus fréquentes et, de ce fait, a donné lieu à de très nombreuses recherches, dont les dernières, qui viennent d’être publiées (Q, font de cette maladie une intoxication d’un genre tout nouveau qui mérite, à ce point de vue, d’être signalée.
- Suivant les constatations faites en Italie par la Commission pellagrologique provinciale, la pellagre serait actuellement moins fréquente qu’il y a une vingtaine d’années. Les statistiques donnaient en ï 881 un chiffre de 104 067 pellagreux qui s’est réduit en .1910 à 55869. On compte parmi eux environ 4000 décès par année et plusieurs centaines de cas nécessitant l’internement des individus dans les hospices d’aliénés. 54 provinces d’Italie sont contaminées. Dans le Latium où les ravages de la pellagre sont très limités, on a constaté cependant au cours du premier semestre de 1913, 46 cas (dont quelques-uns douteux) répartis entre 12 communes. Dans la province de Rome la maladie a toujours été et reste stationnaire comme nombre et localisée aux lieux où elle s’est antérieurement manifestée. Malgré cela si l’on considère l’Italie entière, on constate nettement la diminution des cas de pellagre. Celle-ci est-elle due aux effets de la campagne poursuivie avec acharnement pendant ces dernières années? Pour le savoir, il faut être fixé sur la nature de la pellagre. Or, les opinions ont beaucoup varié à ce sujet.
- Les causes de la maladie, qui atteint particulièrement les populations rurales et s’étend aux besliaux et autres animaux domestiques, ont été l’objet de nombreuses recherches. Lombroso et son école avaient émis la théorie maïdique qui inculpait l’alimentation avec du maïs altéré (1 2). Elle donna lieu à la loi italienne du 21 juillet 1902 sur la prévention et le traitement de la pellagre qui fut la base de la lutte entreprise contre la maladie.
- Le professeur Guido Tizzoni attribua ensuite le développement de la pellagre au Streplobacillus pellagræ
- 1. Alessaxdbi. Annali d'Igiene sperimentale, vol. XX, 1910; Alessanuiu et Sciala. Policlinico, 1913; La Nuova Agricultura del Lazio, 1915; Bulletin de l'Institut International d’Agriculture, février 1911.
- 2. D’où les noms de maïdisme et de psyclionévrose maï-
- dique donnés parfois à la pellagre.
- dont on constate l’existence dans le maïs avarié. Puis la théorie de Sambon rejeta tout le mal sur des diptères ou moucherons de la famille des Simulides, vivant dans les eaux courantes et capables de communiquer et de propager par inoculation la pellagre.
- Les recherches poursuivies récemment à l’Institut d’hygiène de l’Université de Rome sous les auspices de son directeur, le professeur Celli, par les professeurs Alessandrini et Scala posent la question sur un terrain tout nouveau. Le fait que la maladie est toujours localisée et qu’elle sévit uniquement dans les contrées où l’on consomme des eaux provenant de sols argileux, ou les ayant traversés dans leur cours, a conduit ces derniers savants à attribuer à la pellagre une origine hydrique. Après avoir démontré qu’on ne peut expliquer la contagion par la présence d’un parasite animal dans les eaux argileuses, ils ont établi, par des expériences concluantes faites sur des lapins, des chiens, des singes et des cobayes, que l’agent de la maladie contenu dans l’eau est de nature minérale. C'est maintenant à une intoxication chronique causée par la silice en solution colloïdale dans les eaux de composition particulière que l’on attribue les manifestations de la pellagre. Voici quel serait le mécanisme de cette intoxication :
- « L’argile est la cause première du mal, car l’eau de pluie, cn réagissant sur elle, l’hydrolyse en acide sili-cique et alumine hydratée, composés qui, dans les conditions de celte hydrolyse, peuvent tous deux passer dans l’eau sous la forme colloïdale. Mais, comme la silice et l’alumine colloïdale sont incompatibles entre elles et se précipitent l’une l’autre, il ne reste dans l’eau que l’excès de silice sur la quantité nécessaire pour la précipitation de l’alumine, et le composé colloïdal silice-alumine (qu’il ne faut pas du tout confondre avec le silicate d’alumine, l’argile) forme le dépôt et reste en partie en suspension colloïdale si fine qu’elle cause cette opalescence persistante, fréquente dans les eaux que boivent les pellagreux. Une fois parvenue dans l’organisme humain, la silice provoque une rétention de chlorure de sodium lequel, cn venant au contact des matières protéiques des tissus, se transforme en acide chlorhydrique, déterminant ainsi une véritable acidose minérale. »
- Telle est la nouvelle théorie de la pellagre.
- Mais toutes les eaux siliceuses ne sont pas pellagrogènes. Cela tient à ce que la silice colloïdale peut être influencée par certains sels neutres contenus en solution dans les eaux, qui atténuent ou exaltent sou effet toxique.' Les recherches des professeurs Alessandri et Sciala leur ont
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- LE FUNICULAIRE DU KOLLERERBERG (BOZEN)
- montré que les carbonates alcalins et alcalino-terreux et surtout le carbonate de chaux suffisent à empêcher l’action nocive de la silice.
- Un nouveau traitement de la pellagre peut être basé sur cette dernière constatation. Il consiste à neutraliser l’acidose minérale au moyen d’une substance alcaline. Les auteurs l’ont essayé sur des animaux et sur des hommes pellagreux : en leur injectant du citrate diso-dique, ils ont obtenu d’excellents effets, qui permettent aujourd’hui de préconiser pour la prophylaxie de la pellagre l’effet neutralisant du carbonate de calcium sur la silice colloïdale. Pratiquement, ce moyen très simple
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- consiste uniquement à fournir aux eaux pellagrogènes un excès de carbonate de chaux sous forme de petites pierres calcaires. Ce traitement préventif vient d’être appliqué par la Commission pellagrologique de Rome dans quelques-uns des centres du Latium où la pellagre est localisée. Malgré cela, le maïs avarié qui reste un prédisposant très sérieux, continuera à être l’objet d’une sévère prohibition.
- Il nous a semblé intéressant de signaler celle curieuse application de la chimie physique à l’explication et au traitement d’une maladie, heureusement peu connue en France. R. M.
- LE FUNICULAIRE DU KOLLERERBERG (BOZEN)
- Une intéressante installation de transport aérien, pour le service des voyageurs, a récemment été mise en service sur le Kollererberg, au sud de Bozen, Tyrol.
- Elle appartient au système de funiculaire Blei-chert, bien connu pour les transports industriels.
- L’équipement roulant se compose de deux voitures qui font la navette, en sens inverse et simultanément, sur la ligne aérienne. La vitesse de marche de ces véhicules va régulièrement jusqu’à 5 m. à la seconde, soit 10800 m. à l’heure.
- Le chemin de roulement est constitué par deux cables d’acier placés parallèlement l’un à l’autre à 40-50 cm de distance, sur des supports métalliques appropriés. Les deux voies montante et descendante sont à 6 m. environ de distance; elles sont ancrées solidement à la station de montagne et tendues dans la station de la vallée au moyen de poids ; la tension est réglée de telle façon que le système ne soit jamais soumis à un effort dépassant le cinquième de la limite qu’il peut supporter.
- Le dédoublement du càhle pour chaque voie a pour but de donner toute sécurité et de diminuer l’usure des câbles et les efforts de flexion.
- La propulsion des véhicules sur les câbles porteurs est assurée au moyen de deux câbles tracteurs en fd acier coulé; ces câbles font plusieurs tours sur une grande poulie qu’actionne la machine motrice dans la station de montagne et ils vont se rattacher à chaque bout aux véhicules.
- . Des disques égalisateurs installés à proximité de la poulie motrice répartissent les efforts de traction sur les deux câbles ; l’effort maximum auquel ceux-ci sont soumis correspond au huitième de charge de rupture, dans les conditions les plus difficiles. Des câbles d’équilibrage ou contre-câbles sont fixés de l’autre côté pour compenser le poids des câbles de tirage; des tendeurs automatiques, placés dans la. station inférieure, assurent l’uniformité de la tension des contre-câbles.
- Les supports de la voie sont en fer, ils sont plantés sur des fondations en béton ou directement dans le roc, lorsque la chose est possible.
- À leur partie supérieure, ils sont munis de sabots porte-câbles, sur lesquels passent les câbles porteurs; ces sabots sont mobiles dans le sens de la
- marche et perpendiculairement, de manière que le passage des voitures se fasse sans choc et que la charge soit également répartie sur les deux porteurs.
- Sur les sabots sont agencées des poulies à gorge profonde, pour les-câbles de tirage et les contre-câbles.
- La commande de la poulie est électrique.
- La machine motrice comporte 2 ou o grandes poulies ; celles-ci sont reliées au moteur par l’intermédiaire d’un renvoi à engrenages.
- La machine est munie de trois freins; le frein principal actionné automatiquement ou à la main agit directement sur les poulies et détermine donc l’arrêt instantané.
- Les voitures sont formées de trois parties principales : la cabine, la suspension et le mécanisme de roulement.
- La capacité est de 11, 15, 19 et 21 personnes, non compris- le conducteur.
- Le mécanisme de roulement est formé d’un chariot à huit galets, sur lesquels le poids se répartit uniformément; un dispositif d’arrêt automatique avec quatre freins agit directement sur les câbles et détermine l’arrêt des véhicules lorsque la vitesse vient à dépasser une limite déterminée ; ces dispositifs d’arrêt sont dimensionnés de façon à pouvoir remplir chacun le rôle qui est assigné à l’ensemble.
- L’installation est conditionnée de telle façon que, si l’un des câbles de support ou de traction venait à se briser, la machine motrice serait immédiatement arrêtée, de façon automatique, afin que le conducteur et le mécanicien puissent s’entendre avant de continuer le service.
- Les dispositifs d’arrêt peuvent être mis en action par le conducteur au moyen d’une poignée ; un dispositif de débrayage.: automatique détermine alors automatiquement l’arrêt de la machine motrice; l’opérateur peut aussi demander l’arrêt à la station, avec laquelle il est en communication téléphoniquement; dans les deux cas, les dispositifs de serrage sont dégagés sans difficulté et le voyâge peut ainsi se poursuivre avec le minimum de retard.
- D’ailleurs, pour toute garantie, la voiture est munie d’un appareil de sauvetage à l’aide duquel le conducteur pourrait descendre les passagers à terre,
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- LE FUNICULAIRE DU KOLLERERBERG (BOZEN)
- s’il arrivait qu’une interruption de service immobilisât l’installation.
- Au surplus, la machine motrice est munie d’une commande à main, qui permettrait d’actionner les poulies directement si elle était avariée.
- Dans la station se trouve un indicateur qui montre à chaque instant au mécanicien delà station quelle est la position occupée par la voiture ; le service est donc très facile et très sur; de plus, la machine motrice ralentit automatiquement sa vitesse au moment où le véhicule approche des points extrêmes; elle s’arrêterait d'elle-même s’il arrivait que, par accident, le machiniste dépassât le point de débarquement normal ; le dispositif d’arrêt employé à cette fin agit sur le frein principal; l’installation est telle que la machine ne peut plus être mise en marche que dans la direction opposée.
- En haut : Le funiculaire à la station.
- En bas : Voilures montant et
- descendant sur le funiculaire.
- L’arrêt automatique se produit encore, en agissant sur le frein principal et en coupant le courant du moteur si la vitesse dépasse la limite fixée.
- Enfin, un frein électro-magnétique placé sur l’arbre du moteur immobilise celui-ci si le courant vient à faire défaut.
- Sur le toit de la sLation est placé un aéromètre qui fait retentir une cloche d’alarme lorsque le vent est tellement violent que la mise en marche de l’installation pourrait présenter des dangers.
- Le funiculaire du Kollererberg a 1650 m. de longueur; la différence d’altitude, entre les points extrêmes, est de 840 m. ; l’une des portées a 400 m. de longueur; la plus haute tour mesure 27 m. ; lorsqu’elle y passe, la voiture se trouve à 430 m. au-dessus du point le plus bas. II. Marchand.
- Le Gerant : P. Massox. — Imprimerie Lamine, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2129. =:::: ' ---.-.-.— 14 MARS 1914.
- ROUISSAGE BACTÉRIOLOGIQUE DU LIN
- Quand on étudie notre industrie du lin on observe toute une série de faits inattendus qui surprennent ajuste titre.
- La France était autrefois un gros producteur de lin. En 1860, nous possédions plus de 105 000 hectares ense -mencés en lin.
- Cette production n’est plus aujour-d’hui que de 28 000 hectares, après être descendue à 18 000 en 1908, et cependant le lin de France est supérieur, en qualité, à tous les lins du monde.
- Le lin, en tant que textile, a-t-il donc tendance à disparaître et sera-t-il bientôt supplanté par le coton? Certainement non, car il répond à des besoins auxquels le coton ne peut satisfaire. Toutes les toiles
- de quatre millions de quintaux de lin brut, de sorte que les besoins de notre industrie seule exigeraient
- la mise en culture de 80 000 hectares. Et nous n’en possédons que 280001 Notre production agricole de lin est donc capable d’alimenter à peine le tiers de notre industrie.
- Mais ce n’est pas tout. Notre lin français, pour les 2/5, sort de France sous forme de lin brut, pour être roui en Belgique, et nous importons plus de 800000 quintaux de lin teillé qui viennent pour les 9/10 de Russie. Notre lin français, le plus beau de tous, est donc expédié à l’étranger. En revanche, notre filature française s’alimente en Russie.
- Fig. j. — Le vouloir.
- fines : batistes, linons, dentelles, beaucoup de tissus très solides ou très beaux, toile à voiles, toile tailleur, velours, etc., sont faits en lin.
- La filature du lin demeure prospère même dans notre pays. Elle consomme, rien qu’en France, plus
- On cultivait autrefois le lin un peu partout sur notre territoire, car les 3/4 de nos départements sont aptes à celte culture. Aujourd’hui celle-ci est presque confinée aux départements de la Seine-Inférieure, du Nord, du Pas-de-Calais. On en cul-
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- ‘258 : —: ROUISSAGE BACTÉRIOLOGIQUE DU LIN
- Fig. 3. — L’essoreuse-laveuse. -
- tive encore un peu en Bretagne, en Lot-et-Garonne et dans l’Est. Mais notre grand centre linier est le pays de Caux.
- Après la récolte, en juillet, le lin français est acheté par les Belges et transporté sur les bords de la Lys où il subit, l’été suivant, les opérations du rouissage, puis, l’hiver suivant, les opérations du teillage. Ce n’est qu’aprcs deux ans que le lin transformé en lin teillé (filasses et étoupes) est prêt à être livré à la filature. Le lin français, après avoir subi en Belgique la transformation en filasse, est vendu principalement à l’Irlande pour être filé et tissé.
- S’il revient en France, comme c’est fréquemment le cas, c’est sous forme de fil ou d’articles manufacturés : linons, batistes, dentelles, etc.
- Pourquoi, dira-t-on, la France vend-elle à la Belgique le lin qu’elle produit et achète-t-elle en Russie celui dont elle a besoin ? C’est que le lin brut, tel qu’il est récolté, ne peut être immédiatement utilisé pour la filature, qu’il doit subir deux transformations, le fouissage et le teillage, qui nécessitent, la première une eau particulière, la seconde des ouvriers spéciaux qu’on ne rencontre qu’en Belgique, dans la vallée de la Lys. ..
- Le rouissage est une fermentation spéciale agissant sur lus matières gommo-résineuses ou ciment qui unissent les fibres entre elles et à la partie ligneuse de la tige de lin.
- Ce rouissage, dont le degré de perfection plus ou moins avancée décidera de la valeur de la fibre, est accompli de plusieurs façons. Il peut être fait à terre, à la rosée, c’est le rorage. Système très ancien, il donne une filasse forte, mais de qualité médiocre ; en outre, soumis aux variations atmosphériques, il est tout à fait irrégulier. Il est fait plus souvent dans l’eau courante, aux bords de la Lys, rivière belge renommée pour ses vertus soi-disant mystérieuses au point de vue du rouissage. La filasse
- obtenue par ce dernier système est de meilleure qualité, mais l’opération est soumise aux conditions climatériques qui la rendent toujours aléatoire et très coûteuse. Elle ne peut être pratiquée que pendant les mois d’été, quand la température est favorable.
- Le teillage est l’opération complémentaire indispensable du rouissage. Il consiste à broyer la partie ligneuse des tiges ou chènevotte pour la séparer de la fibre que l’on assouplit ensuite au moulin flamand. Ce travail est fait par des ouvriers belges très expérimentés.
- Ces différentes opérations s’échelonnent sur près de deux années et majorent; la valeur du lin brut de près de 75 pour 100.
- Dans le n° 2024, La Nature a décrit les procédés classiques de rouissage du lin employés dans la vallée de la Lys. Depuis, moins d’un an a suffi pour apporter à cette industrie séculaire des transformations d’une importance capitale pour l’avenir.
- Le problème d’un rouissage plus sûr et plus économique que le procédé flamand a depuis longtemps tenté de nombreux chercheurs, qui ont eu recours à des procédés divers et plus ou moins scientifiques. Les procédés mécaniques ont tous échoué, qui tentaient de détruire mécaniquement la substance gommo-résineuse agglutinant les fibres.
- Les procédés chimiques, tout aussi nombreux, avaient jusqu’à présent eu le même sort, car ils ne permettent pas de doser la destruction de la matière gommo-résineuse, dont une partie doit être respectée, pour permettre aux fibres de rester soudées entre elles pendant les opérations de l’étirage en filature. Le rouissage à la vapeur et le rouissage à l’eau chaude, bien des fois expérimentés, n’avaient jamais donné que des déboires.
- Mais, depuis quelques mois, deux nouveaux procédés de rouissage, l’un chimique, l’autre bactériologique, ont vu le jour et semblent échapper aux
- Fig. _/. — L’essoreuse.
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- = rouissage bactériologique du lin
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- nombreux reproches que méritaient les méthodes imaginées jusqu’à présent.
- L’un d’eux, le rouissage chimique, imaginé par M. Peufaillit, applicable au lin, au chanvre et à la ramie, qui consiste à traiter ces plantes textiles à une température déterminée, en autoclave, sous pression, en présence d’eau et de pétrole lourd, a été récemment décrit dans La Nature (n° 2084).
- Presque en meme, temps que ce nouveau procédé de rouissage chimique, est apparu un nouveau procédé bactériologique également d’un grand interet industriel : le procédé Feuillette. Il a déjà été l’objet d’essais très concluants entrepris à la station d’essais de machines par MM. Max Ringelmann et Fernand de Condé(‘) et vient d’être réalisé industriellement à la linerie de Goderville [pays de Caux(2).]
- Voici en quoi il consiste : après battage, le lin est mis par un appareil spécial en gerbes, appelées bonjeamr, qui sont placées verticalement au nombre de 150 dans de grandes caisses en bois à claire-voie, appelées ballons (lig. 2). Ces ballons sont maintenus immergés dans une cuve ; cette cuve ou rou-toir (fig. 1) qui peut être en bois, en maçonnerie, en ciment armé, etc., reçoit constamment une petite quantité d’eau tiède, de manière à maintenir la température à près de 25° C., température qui a été reconnue la plus favorable au développement des microbes du rouissage, existant naturellement sur les tiges de lin.
- Le rouissage développe une certaine chaleur, contribuant à maintenir cette température optimum; cependant, il est nécessaire, dans certaines saisons, d’entretenir cette température : on utilise pour cela un serpentin à eau chaude ou à vapeur, placé dans
- 1. Bulletin mensuel de renseignements agricoles, septembre 1912 et Annales de la Science agronomique, 1915.
- 2. Bulletin de la Société industrielle du Nord de la France, septembre 1915.
- Fig. 6. — Un wagonnet de lin séché et la loile sans fin portant la paille à la défibreuse.
- Fig. 5. — Un wagonnet du séchoir.
- le fond de la cuve, la vapeur étant celle d’échappement du moteur.
- Un faible courant d’eau tiède, arrivant d’une façon très régulière, assure le renouvellement de l’eau dans la cuve de rouissage; le rouissage en eau stagnante donne, en effet, des produits colorés de qualité inférieure; un courant d’eau trop fort aurait pour effet de diluer le bouillon de culture ; la bonne qualité du lin roui à la Lys tient surtout, semble-t-il, à la vitesse convenable du courant de cette rivière.
- L’eau tiède amenée dans la cuve de rouissage est conduite par des tubes verticaux au fond de cette cuve; le départ d’eau se fait, au contraire, au niveau supérieur, à l’endroit où le bouillon de culture est le plus riche, par un déversoir ; le débit de l’eau est réglé à l’arrivée.
- Les ballons pleins de bonjeaux tendent à flotter ; on les maintient immergés par des crochets solidaires de la cuve.
- Les ballons sont disposés de façon à mettre les tiges de lin verticalement, et, chaque jour, les ballons sont élevés, retirés de l’eau, retournés, puis immergés à nouveau (fig. 2), de façon qu’au total les tiges de lin soient immergées le même nombre d’heures la tête en haut et la tête en bas; on a remarqué, en effet, que le lin rouit plus rapidement près de la surface de l’eau; ce retournement a donc pour but de régulariser le rouissage sur toute la longueur de la tige. Ce retournement des ballons a encore pour effet d’aérer le lin, favorisant le développement des microbes du rouissage, qui sont aérobies, au détriment des microbes de la putréfaction ou autres microbes gênants qui pourraient avoir tendance à se muL
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- tiplier. Un pont roulant permet la manœuvre facile des caisses immergées dans la cuve.
- On voit immédiatement un des avantages de cette méthode : l’industriel devient maître des conditions du rouissage ; il peut régulariser le travail des microbes en évitant les variations de température qui retardent leur action; le lin met donc beaucoup moins de temps à rouir qu’en rivière. Le fonctionnement du routoir est continu : chaque jour, on retire de la cuve un certain nombre de ballons rouis et l’on place à l’extrémité opposée le même nombe de ballons non rouis, la circulation des ballons se faisant en sens inverse du courant d’eau de manière qu’ils rencontrent d’abord l’eau la plus chargée de microbes....
- Le lin roui, sorti du routoir, est transporté dans une essoreuse-laveuse (fig. 3) où, sous l’influence d’un courant d’eau, il se débarrasse en un quart d’heure de l’excès de matière gommeuse et des impuretés; il est ensuite essoré (fig. 4), puis séché. Pour cette dernière opération, on place les tiges de lin sur les claies d’un wagonnet (fig. 5) qui est conduit dans un long couloir au bout duquel tourne un ventilateur à air tiède. Les wagonnets avancent peu à peu vers le ventilateur, rencontrent un air de plus en plus chaud et sec, et sortent par une ouverture latérale avec leur chargement complètement séché.
- Tout ce traitement est rationnel, continu, et peut avoir lieu sans arrêts en toutes saisons.
- Le lin roué et séché est conduit par une toile sans fin (fig. 6) à une défibreuse mécanique qui réalise simultanément les opérations du teillage, telles qu’elles sont pratiquées en Belgique. 11 y est soumis à l’action d’une série de marteaux cannelés tandis que la chènevotte est aspirée par un ventilateur.
- Les essais faits à Paris, en hiver, avec de l’eau de Seine, à la station de machines du Ministère de l’Agriculture, ont été très démonstratifs. 100 kg de lin brut ont fourni 82 kg de lin prêt à rouir et 100 kg de bonjeaux de qualité très ordinaire ont donné . 15 kg 6 de bonne filasse. Le peignage, le filage de cette filasse, la teinture, les essais de résistance des fils obtenus furent tout à fait satisfaisants, et M. Ringelmann a pu terminer son rapport en disant :
- « La conclusion finale est que le procédé soumis à notre examen est excellent, tout en étant on ne peut plus simple. Mes collaborateurs et moi n’avions jamais fait de rouissage; cependant, dès le début des essais, avec de l’eau de Seine, et dans une installation de fortune, par la période la plus froide de l’année, nous avons réussi à rouir aussi bien que les praticiens de la Lys, soi-disant possesseurs de nombreux secrets ou tours de main. Il nous a simplement suffi d’étudier et de suivre les diverses opérations d’une façon rationnelle.
- « 11 est plus que probable qu’il en serait de même pour le rouissage du chanvre.
- « La quantité d’eaux résiduaires est assez faible pour être, sur des surfaces restreintes, utilisée en irrigation ou épurée par le sol nu, sans qu’il soit nécessaire de l’envoyer dans les cours d’eau. Le procédé expérimenté permet donc de supprimer, d’une façon complète, la contamination de ceux-ci.
- « En terminant ce rapport, il est permis de souhaiter que nos compatriotes exploitent, par coopératives, des procédés de ce genre, dont l’application constituerait une source importante de revenus à nos cultivateurs de lin. »
- Ce sera là aussi notre conclusion.
- Daxiel Claude.
- LES AMPOULES A RAYONS X
- L’ampoule réglable de M. Coolidge.
- Il est inutile de rappeler les services que rend aujourd’hui à l’humanité, l’ampoule à rayons X, précieux auxiliaire du chirurgien et du médecin. Si son maniement est maintenant bien connu, il n’en est pas moins fort délicat pour beaucoup de raisons,
- ampoule à rayons X perfectionnée, beaucoup plus souple à manier que les ampoules actuelles, beaucoup plus durable
- aussi. On saisit immédiatement toute
- Fig. i, — Production des rayons X Fig. 2. — Ampoule dite à « focus ». La cathode a la forme d’un par choc des rayons cathodiques miroir concave. Les rayons cathodiques sont concentrés sur une contre la paroi de verre de l’ampoule. anticathode, et y donnent naissance, par choc, aux rayons X.
- et ne peut être confié qu’à des praticiens spécialisés. Or, voici que d’Amérique nous arrive une
- l’importance pratique que peut présenter l’invention. Elle est issue du laboratoire de recherches
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- de la General Electric C°, à Schenectady : celui-là même dont sortit naguère la lampe à incandescence de 1/2 watt. Rien de surprenant à cette coïncidence ! Ce sont des investigations du même ordre qui ont donné naissance à ces deux applications, en apparence si différentes : à savoir les recherches méthodiques entreprises par MM. Langmuir et Coolidge sur les particules électriques émises par les corps incandescents.
- Pour faire comprendre le fonctionnement de la nouvelle ampoule et le progrès qu’elle réalise, il nous faut tout d’abord rappeler ce qu’est l’ampoule à rayons X ordinaire.
- Lorsqu’on cherche à faire passer une décharge électrique dans un tube de verre où règne un vide de l’ordre de 1 /1000e de millimètre, le phénomène présente un aspect tout particulier : l’intérieur du tube est devenu sombre ; cependant les parois deviennent, par endroits, phosphorescentes : l’électrode négative ou cathode émet en effet des rayons, dits rayons cathodiques, qui sont constitués par des atomes d’électricité négative, des électrons projetés à grande vitesse selon une trajectoire rectiligne et perpendiculaire à la surface qui les émet.
- Lorsque ces corpuscules électriques viennent à rencontrer une paroi solide, le verre du tube par exemple, ils l’échauffent et le rendent phosphorescent, mais de plus, de ce bombardement naissent des radiations d’une catégorie spéciale, les rayons X.
- Le plus souvent, la cathode d’une ampoule à rayons X est constituée par une sorte de petit miroir concave K; l’anode est placée en un point quelconque; mais au foyer du miroir on dispose une petite surface d’un métal convenable, c’est l’anticathode. Les rayons cathodiques sont concentrés sur elle; et ce bombardement intensif donne lieu à une abondante émission de rayons X.
- Examinons d’un peu plus près le phénomène des rayons cathodiques, puisque c’est lui qui est le point de départ des rayons X.
- L’émission de ces corpuscules ultra-rapides se fait sous diverses influences : tout d’abord le tube contient encore quelques traces de gaz; celles-ci, sous l’action du champ électrique, s’ionisent, c’est-à-dire se séparent en un noyau positif ou ion, de masse appréciable, et un élément négatif qui n’est autre que l’atome d’électricité ou électron. Le choc des ions positifs volumineux contre la cathode en
- désagrège partiellement le métal, et libère encore des électrons qui sont projetés dans le sens des lignes de force, c’est-à-dire perpendiculairement à la cathode. Remarquons de suite que ces mouvements d’ions et d’électrons sont très gênés, quand le tube est très peuplé de ces diverses particules, c’est-à-dire quand la pression du gaz n’y est pas très faible.
- Mais d’autre part, si le gaz vient à disparaître complètement, il n’y aura plus d’ions, partant plus de chocs contre la cathode; les émissions cathodiques sc raréfieront et la production de rayons X tombera à zéro. Or, en fait, lorsque la décharge s’est prolongée un certain temps dans le tube, on constate que les traces de gaz qu’il contient ont pour ainsi dire disparu ; elles sont allées se coller sur les parois et y restent obstinément adhérentes. Le tube devient dur : c’est là un inconvénient très gênant. Car, pour maintenir l’émission des rayons cathodiques et la production des rayons X, on est obligé d’augmenter progressivement le voltage aux bornes de l’ampoule, et il arrive un moment où celle-ci ne fonctionne plus. Il faut ajouter que les rayons Rœntgen ont des propriétés différentes selon le degré de vide des tubes. Les rayons des tubes nions, c’est-à-dire où le vide est encore peu élevé, donnent des images photographiques riches en contraste ; mais ils sont peu pénétrants et ne traversent les corps opaques que sur une faible épaisseur.
- Les tubes durs, au contraire, donnent des rayons très pénétrants, ne convenant pas davantage à toutes les applications.
- On a imaginé de nombreux dispositifs dont certains extrêmement ingénieux, pour retarder le durcissement des tubes, ou pour les régénérer lorsque le vide est devenu excessif.
- Mais on ne setait jamais rendu complètement maître du phénomène et l’on peut dire que jusqu’à maintenant, il était impossible d’obtenir à un moment quelconque avec une ampoule donnée des rayons X d’un pouvoir pénétrant déterminé. Cet inconvénient complique singulièrement la pratique de la radiographie.
- M. Coolidge a tenté avec succès, semble-t-il, de le faire disparaître. Il emploie des tubes où règne un vide aussi parfait que possible, obtenu au moyen de la pompe Gaede. Les vides qu’il réalise sont de l/100ede micron et même davantage.
- Fig. 3. — La radiographie d’une main au moyen d’une ampoule ordinaire à « focus ».
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- Ceci paraîtra paradoxal, après cc qui vient d’être dit sur l’influence du vide. Mais M. Coolidge a raisonné comme suit : la production de rayons X exige dans l’ampoule la présence préalable d’électrons. Or, il existe d’autres moyens que le choc d’ions positifs d’un gaz sur la cathode pour libérer des électrons. On sait aujourd’hui que les corps incandescents en émettent également et selon une fonction bien déterminée de la température (J). Il convient donc de se débarrasser des ions gazeux,
- électrique que lui amènent les tiges A et B en molybdène. C’est cette spirale qui alimentera l’ampoule en corpuscules électriques. Les 2 tiges de molybdène se continuent par deux fils de cuivre; ceux-ci à leur tour sont soudés à 2 filaments de platine qui traversent le verre de l’ampoule. Les lils de molybdène sont scellés directement dans une pièce de verre spécial C ayant le même coefficient de dilatation que le molybdène. Ce scellement ne sert que de support, l’étanchéité étant assurée seulement par le scellement extérieur. L’extrémité E est en verre identique à celui de l’ampoule, et en conséquence il a fallu intercaler entre E et C toute une série de verres intermédiaires T), pour compenser la différence de dilatation entre le verre de C et celui de E. L’un des fils de cuivre est entouré d’un tube de verre pour éviter tout court-circuit entre les deux fils. Le filament est chauffé par le courant d’une batterie d’accumulateurs bien isolée du sol; ce
- v3Ë5> -o\q/1.
- Fig. 4. — Schéma de montage de l’ampoule réglable Coolidge.
- Fig. 5. — La cathode et sa spirale chauffante en tungstène T.
- gj [g—---------------~ç=T^
- Fig. (>. — Détails de construction de l’anode et la cathode de l'ampoule.
- cause de l’inconstance des ampoules. Et l’on produira l’émission des électrons en chauffant électriquement la cathode; ce procédé a le grand avantage de permettre de régler aisément l’intensité d’émission des électrons, en agissant simplement sur le courant de chauffage de la cathode et par suite sur la température de celle-ci. C’est ce qui a été réalisé dans l’ampoule représentée sur les figures 4 et 5.
- Un filament de tungstène, enroulé suivant une spirale plane, est échauffé par le passage d’un courant
- 1. Cette fonction est d’après Richardson : q = a \/'f c T où q est le nombre d’électrons émis dans une seconde par un lilament incandescent, T sa température absolue, a, b des constantes, e la base du système de logarithmes népériens.
- courant peut être réglé à telle valeur qu’on le veut entre 5 et 5 ampères, au moyen d’un rhéostat et d’un ampèremètre. On peut ainsi porter la température du filament de 1890 à 2540 degrés absolus.
- La cathode est formée par un tube cylindrique en molybdène, supporté par'deux tiges P Q de molybdène soudées à la pièce de verre C. L’une de ces deux tiges est de plus soudée à la tige conductrice B, et sert ainsi à former le pôle négatif de l’ampoule conformément au schéma de montage de la figure.
- L’anode II sert également d’anlicathode ; elle est en tungstène fondu, et reliée au pôle positif de la source de courant par un fil de molybdène I; ce dernier repose sur des blocs de molybdène R, R, R, remplissant tout le tube ; leur but principal est de refroidir assez le filament pour qu’à la soudure K il ne présente pas une température excessive, nuisible à l’étanchéité. :
- Le vide qui règne dans le tube ainsi construit est tel que lorsque la spirale n’est pas chauffée, une
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- tension de 100000 volts entre les électrodes ne provoque aucun passage d’électricité. Seul donc, le chauffage de la spirale donne lieu à l’émission des particules cathodiques.
- Outre sa constance et ses facilités de réglage, l’ampoule de M. Goolidge jouit d’une autre propriété qui peut être parfois avantageuse : elle fonctionne sur du courant alternatif. La cathode F doit par définition être réunie au pôle négatif d’une source à haute tension, l’anode H au pôle positif. Or, en courant alternatif, le sens du courant s’inverse à chaque période et chaque borne est tour à tour positive et négative.
- Il faudrait donc, pour pouvoir fonctionner sur courant alternatif, arrêter au préalable la fraction du courant qui se présente positive en F et négative en H. Cela exige des dispositifs spéciaux tels que les soupapes à vapeur de mercure, ou autres.
- Fort heureusement, l’ampoule construite comme nous venons de le dire joue elle-même le rôle de soupape, c’est-à-dire que la fraction du courant qui se présente positive à la cathode F, ne peut franchir l’espace qui sépare celle-ci de l’anode; la raison s’en comprend aisément, puisque seule la spirale chauffée disposée à l’intérieur de la cathode F assure
- l’alimentation de l’ampoule en corpuscules électriques et que ceux-ci, chargés négativement, ne peuvent que transporter un courant négatif de F en H. Cependant, quand l’anode bombardée par les rayons cathodiques devient trop chaude, ceci n’est plus exact, et l’ampoule n’est plus alors qu’une soupape imparfaite.
- Il sera donc en général préférable d’utiliser du courant de sens constant. Ajoutons que, à l’encontre de ce qui se passe dans les ampoules usuelles, le voltage au départ est le même que le voltage en fonctionnemént normal. Ce qui simplifie sensiblement la manipulation de l’ampoule.
- La cathode n’étant soumise à aucun bombardement provenant des gaz résiduels ne se désagrège pas, et par suite l’ampoule reste fort longtemps utilisable.
- Enfin elle permet, et c’est là son mérite primordial, de réaliser des faisceaux homogènes de rayons X, de tel pouvoir pénétrant que l’on désire.
- On voit que M. Coolidge a fait faire à l’ampoule Rœntgen un notable progrès, qui sera, sans aucun doute, vivement apprécié par tou s ceux qui emploient journellement ce moyen de recherches.
- A. Trou,rr.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mars 1914. — Présidence de M. Appell.
- Un nouveau paratonnerre. — M. Yiolle expose que M. Szilard a imaginé de munir le paratonnerre ordinaire d’un écran recouvert d’une pâte au bromure de radium. Cet écran est placé sous la pointe. Comme conséquence, la couche d’air environnant l’écran devient, suivant la quantité de substance employée, plusieurs millions de fois plus conductrice que naturellement. Cette conductibilité assure, même à une distance considérable de la pointe, un fort abaissement du potentiel normal de l’atmosphère et réalise en même temps un échange d’électricité entre les différentes couches superposées. Simultanément, un écoulement d’électricité se produit entre l’atmosphère et la terre, non pas par des décharges disruptives limitées à une seule pointe, mais par un courant constant passant à travers une nappe d’un rayon de plusieurs dizaines de mètres. La conductibilité progressive de l’arc vers la pointe concentre l’écoulement dans sa direction. Cet écoulement sera d’ailleurs d’autant plus intense, que le potentiel régnant sera plus élevé. M. Szilard, sur ces principes, a construit un paratonnerre d’essai consistant en trois tubes de laiton s’emboîtant les uns dans les autres et ayant une longueur totale de 3 m. 50 réductible à volonté. Cette série de tubes est montée sur un support massif en ébonite reposant sur un socle en fonte et sur l’extrémité supérieure une couronne de petites pointes est disposée et en dessous un écran portant l’enduit radioactif contenant 2 milligrammes de bromure de radium. Cet écran a un diamètre de 0 m. 25; il est légèrement bombé vers le haut. La substance radioactive est appliquée enfermée dans un émail sur la face supérieure, sous forme d’une couronne circulaire de 0 m. 028 de largeur placée à
- égale distance du bord et du centre. La pluie sera donc sans action sur l’appareil. L’intensité du courant qui s’écoule d’une façon constante est très variable; il est compris entre 10~7 ampères et 10-16 ampères.
- Le caillage du lait. — M. de Gironcourt, explorateur, révèle un procédé rapide de caillage du lait, usité chez les Touareg. Le caillage est dû à l’intervention d’un streptobacille isolé par M. Sartory. C’est donc un ferment nouveau, mais analogue à celui du célèbre lait caillé bulgare.
- Traitement du bégaiement. — M. le Dr Marage expose que le bégaiement est un état choréique intermittent de tous les organes de la phonation : poumon, larynx et bouche. Pour guérir cette affection, il faut faire voir au malade son affection, puis le moyen d’y remédier. Par suite, M. Marage a cinématographié en même temps sur le même fdm un sujet bègue et un sujet normal prononçant la même phrase; il les a ensuite photographiés séparément; enfin, il a photographié les vibrations de la voix normale et de la voix bégayante. Chez les bègues les mots durent trois fois moins que chez le sujet normal; de plus, ils sont séparés par des repos deux fois plus brefs. Enfin, il n’existe aucun intei’valle entre les syllabes. Le bègue parle vite parce qu’il respire mal et qu’il est toujours à bout de souffle ; il faut donc avant tout traitement lui apprendre à respirer. Pour obtenir ce résultat il suffit de lui faire exécuter les trois exercices respiratoires que M. Marage a indiqués dans une communication en 1907. Ce procédé est employé depuis plusieurs années à Nantes à l’Ecole des sourds-muets de la Persagotière par MM. les professeurs Coissard et Rangé ; il donne les meilleurs résultats. Cn. re YiiXEREun,.
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- Le canon a été longtemps la seule arme du combat sur mer. Dans la lutte qu’il a dû soutenir contre la cuirasse placée sur les flancs du navire de ligne, il s’est constamment amélioré et on p,eut dire que, sauf progrès de détail, le canon est arrivé dé nos jours, au plus haut point de perfection qu’on en puisse attendre.
- . Mais vers 1870, apparut une autre arme, la torpille automobile, inventée et construite par Whitehead, qui montra sa puissance dans la guerre entre le Chili et le Pérou. Elle
- Fig. i. — Un lancement de torpille pour essai.
- n’était cependant pas encore bien redoutable, son poids ne dépassait pas 180 kg et elle ne portait qu’une charge de 15 kg de fulmi-coton. La distance à laquelle on pouvait l’utiliser ne dépassait guère 200 m. et elle la parcourait à une vitesse moyenne de 8 nœuds. .... ........
- Le génial inventeur de cet admirable instrument est né à Bolton le Moors, en Angleterre, le 3 janvier. 1823.
- A 14 ans il quitta l’école primaire et entra comme apprentiaManches-ter dans une usine dont . sein oncle était directeur.
- A 21 ans, il .
- était dessinateur aux. Chantiers de la Méditerranée à Marseille, puis en 1847 passa à Milan où il s’occupa de machines à'tisser la soie et fit breveter quelques importantes inventions dans cette branche. Il fut ensuite directeur du Siabilimento Tecnico Trieslino et en 1858 fonda à Fiumé un établissement de travaux mécaniques maritimes qui prospéra rapidement, dont il devint seul propriétaire en 1872 et qu’il transforma en une usine de constructions de torpilles.
- L’histoire de l’évolution de la torpille Whitehead
- Fig. 2. — i, la première torpille; 2, la torpille actuelle; 3, le bateau dirigeable de Luppis.
- est la suivante. En 1860, le capitaine Luppis, de la marine autrichienne, conçut l’idée d’un bateau destiné à la défense des côtes, dirigeable à distance, et portant une charge d’explosif, qui devait s’enflammer au choc contre le bâtiment ennemi. En 1864, Whitehead et Luppis s’associèrent pour réaliser l’invention, qui fut bientôt reconnue impraticable; mais Whitehead pensa que le bateau dirigeable devait se transformer en un projectile sous-marin ayant sonindépendance dès le moment où ilétaitmisàl’eau.
- La première
- torpille fut construite et achevée en octobre 1866. En dépit de perfectionnements nombreux et importants, la torpille automobile : n’était encore, au moment où la guerre éclata entre la Russie et le Japon, qu’une arme de valeur incertaine; Les Japonais l’employèrent cependant en grandes masses, par centaines, et il n’est que juste de reconnaître qu’ils lui durent le succès éclatant de la surprise par laquelle les hostilités débutèrent devant Port-Arthur le 8 février 1905 où les cuirassés Cesarevitch et
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- ïietvizane, le croiseur Pallada furent gravement endommagés.
- Il en fallut encore une légion pour avoir raison de l’héroïque cuirassé Kniaz Souvarov qui flottait
- désemparé, incendié et croulant 24 heures après la bataille de Tsushima.
- En dépit de ces résultats obtenus au milieu d’une foule d’insuccès, la guerre russo-japonaise fut consi-
- Fig. 4. — Magasin des torpilles prêtes pour la livraison; il ne leur manque que leurs cônes de choc
- qui se fixent au dernier moment.
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- déréc comme entraînant la faillite de la torpille.
- Cette impression n’était point exacte et la torpille en a appelé de ce jugement Irop hâtif.
- De toutes'parts on s’est mis à l’œuvre pour la perfectionner et on y est pleinement arrivé. Les perfectionnements ont porté sur presque tous les mécanismes de la torpille, notamment sur sa machinerie. Par l’emploi de réservoirs à air plus grands, on a augmenté énormément la portée qui peut atteindre aujourd’hui 10000 mètres.
- D’autre part, il importait extrêmement de parcourir cette distance avec une vitesse telle que le bâtiment visé ne pût fuir devant la torpille, ni même manœuvrer pour l’éviter, comme un gamin évite par un mouvement du corps, la pierre qui est lancée sur lui. On y est parvenu en employant des réchauffeurs d’air qui augmentent la pression de l’air avant son arrivée dans la tuyauterie des moteurs, où il remplace, on le sait, la vapeur des machines ordinaires des navires.
- Ce progrès a été extrêmement important. En plus
- AUTOMOBILE ===================
- sensiblement rectiligne en la munissant d’un gyroscope qui agit sur le gouvernail de direction et ramène toujours l’axe de la torpille sur la direction qui lui a été donnée au départ.
- Cet appareil est connu sous le nom de son inventeur, l’ouvrier Obry, des ateliers Whitehead à Fiume. Il a subi de nombreux et importants perfectionnements. Primitivement le gyroscope était mû par un ressort, dont l’action ne durait pas,, de sorte que la force directrice de l’Obry diminuait rapidement avec la vitesse de rotation du gyroscope. On fut conduit à le munir d’une petite turbine actionnée par l’air comprimé des machines ; le modèle actuel de l’Obry est mû par une petite dynamo.
- Il suffit donc, maintenant, de bien viser pour être assuré de toucher le but. Ce n’est pas d’ailleurs chose facile, car pour revenir encore à une comparaison déjà employée, mais qui donne une idée fort exacte de la situation, les éléments qui entrent dans l’appréciation de la visée d’un lancement de torpille automobile sur un navire sont de même
- Fig. 5. — La torpille Bliss-Leavill : P, plongeur; G, aiguille de sûreté; C, explosif; D, amorce; B, réservoir d’air; J, soupape de remplissage; K, soupape hydrostatique; H, pendule; M, turbine; SH, surchauffeur; O, servo-moteur de plongée; V, gyroscope; T, ressort du gyroscope; GV, gouvernail horizontal; GH, gouvernail de plongée; FG, commandes de gouvernail; E, arbre de l’hélice; I, hélice.
- du grand avantage que le chauffage de l’air a procuré dans la question de la propulsion, il a porté remède à un très grave inconvénient de l’ancien système. Le changement de température dû à la détente et au travail de l’air comprimé était si considérable, que, à sa sortie, l’air était souvent bien au-dessous de zéro. Les lubrifiants versés sur toutes les parties tournantes de la machinerie gelaient, ce qui produisait des désordres fâcheux.
- Les divers systèmes employés pour réchauffer l’air des torpilles sont en général basés sur l’emploi d’une flamme d’alcool, placée soit dans le réservoir d’air lui-même, soit sur le trajet de l’air entre le réservoir et les machines.
- | Voici, à titre d’indication, quelques chiffres montrant l’accroissement des vitesses obtenues en employant le réchauffeur d’air. Il s’agit là d’une torpille de 457 mm de diamètre.
- Air. NON KKCHAURFI : Ain cuAun
- 1000 mètres. 35 nœuds. 45 nœuds.
- 1500 — 50 - 40 —
- 2000 — 28-25 - • .58 —
- 5000 — 25-24 — 52 —
- 4000 — 18-20 — 28 —
- Enfin, par une autre disposition très ingénieuse, on est arrivé à donner à la torpille une trajectoire
- nature que ceux que doit combiner un chasseur devant une compagnie de perdreaux et on sait combien il est facile de se tromper en cette matière.
- Il faut ajouter encore, pour avoir une idée exacte des perfectionnements dont la torpille a été l’objet, que la quantité d’explosifs qu’elle porte a été considérablement augmentée. Au lieu des 15 kg des débuts, on en emploie actuellement dont le cône renferme 136 kg de coton-poudre, capable de causer de grands ravages mêmé dans les coques les mieux défendues.
- Voici où en sont les différentes marines sur cette question des torpilles.
- En France, les modifications adoptées ont conduit à un type de torpilles de 45 cm de diamètre, portant une charge de 108 kg de fulmi-coton (dont la puissance d’explosion est quatre fois celle de la poudre noire), mais que certains officiers trouvent néanmoins insuffisante. Le poids de la torpille est de 1200 kg. La portée demandée est de 9000 m. La vitessè au départ est de 42 nœuds jusqu’à 2000 m., et la vitesse moyenne sur tout le parcours reste de 28 nœuds.
- Le prix de cet engin de précision approche de 20 000 francs. Disons de suite que la vogue est revenue à la torpille ainsi perfectionnée, et que nos
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- LES RADIOÉLÉMENTS ET LEUR CLASSIFICATION 267
- cuirassés neufs sont tous munis de 6 tubes lance-torpilles placés sous la flottaison à l’abri des coups directs des projectiles et que nos sous-marins des derniers modèles portent 8 tubes.
- L’Angleterre emploie des torpilles de 533 mm de diamètre, des types Armstrong et Hard-Castle. Ces deux modèles portent 150 kg d’explosif. Leur vitesse est de 45 nœuds au départ, mais la seconde garde sa vitesse plus longtemps que la première.
- L’Allemagne place à bord de ses cuirassés une torpille de 550 mm de diamètre, avec 128 kg d’explosif ; et sur ses croiseurs et torpilleurs un autre modèle de 500 mm, de 4000 m. de portée seulement. On étudie une torpille de 600 mm, de grande portée et de grande vitesse.
- Aux États-Unis le modèle adopté est celui de la maison Bliss-Leavitt de 535 mm de diamètre, 136 kg de coton-poudre, de 56 nœuds de vitesse à 1000 m, et 30 nœuds à 4000 mètres. On expérimente une torpille dont la portée utile atteindrait 9500 mètres.
- La Russie est la seule puissance avec la France qui ait gardé le modèle de 450 mm, mais avec une charge de 125 kg. La portée de ses torpilles, du modèle Whitehead, dépasse 6000 mètres.
- Quant à l’emploi que la tactique moderne recom-
- mande de faire de ces armes ainsi perfectionnées et véritablement terribles, il consiste non plus en lancements isolés sur un bâtiment seul, mais bien en un tir en gerbe. Ce tir, ce lancement simultané d’une certaine quantité de torpilles sur une ligne de bâtiments est considéré comme devant donner des résultats certains. C’est aux contre-torpilleurs, d’ailleurs très improprement nommés, qu’incombera cette opération, soit de nuit, soit plus souvent de jour. Lorsqu’après les premières passes d’un combat naval, une certaine confusion se sera produite et que quelques navires donneront des signes de faiblesse, ils procéderont à leur charge en masse. Cette charge les conduira, ou du moins conduira quelques-uns d’entre eux à 2 ou 3000 m. de l’ennemi et il n’est pas douteux que lancées à cette distance un certain nombre de torpilles frapperont le but. On estime généralement qu’à 4000 m. on aurait 30 pour 100 de touchés. Si l’on en admet seulement 10 pour 100 et que sur 40 torpilles lancées, par exemple, 4 arrivent à destination et mettent 2 ou 3 cuirassés hors de combat, on aura atteint un résultat énorme qui légitimera des pertes inévi-
- ta^es- Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- LES RADIOÉLÉMENTS ET LEUR CLASSIFICATION
- Le premier exemple de transmutation qu’il ait été donné aux savants d’observer, est la transformation du radium en hélium. Bien que cette production d’hélium n’ait pas trop stupéfait les chimistes qui, depuis les temps les plus reculés, ont toujours tenté de transformer les éléments, elle fut acceptée de différentes manières par les savants ; les uns y virent un fait réel, les autres seulement une sorte d’interprétation et non une réalité fondée sur une hase expérimentale solide.
- C’est particulièrement en chimie que les conquêtes récentes de la radioactivité n’ont pas reçu la place méritée et ne sont pas encore considérées à leur juste importance. Non pas que les chimistes répugnent aux aperçus nouveaux, mais plutôt parce que la radiochimie opère dans des conditions déconcertantes : c’est la chimie de l’infiniment petit, les quantités de matières maniées étant couramment de l’ordre du millionième de gramme, et c’est une science dont la technique opératoire toute nouvelle est empruntée en grande partie à la physique. Or, si étrange que cela puisse paraître, il subsiste encore entre les deux sciences un fossé, vestige du gouffre qui, auparavant, en faisait deux domaines sans aucune communication.
- Cependant, il faut reconnaître que c’est à la physique que la chimie doit ses progrès les plus marqués. L’analyse spectrale, les lois de symétrie, l’emploi sans cesse généralisé de la balance, du spectroscope, des propriétés électiques et magnétiques et maintenant l’usage, en radiochimie, de l’électromètre jusqu’alors réservé aux seuls physiciens, ont permis d’étendre le champ des investigations chimiques d’une manière particulièrement fructueuse.
- Les hypothèses radioactives ont permis aux physiciens de découvrir une trentaine d’éléments nouveaux qui se
- détruisent en plus ou moins de temps, mettant pour diminuer de moitié en donnant un autre corps, les uns 1010 années, d’autres quelques secondes. Le nombre croissant de ces éléments éphémères, • de ces radioéléments, a donné des inquiétudes à ceux mêmes qui les découvraient : devait-on bien parler d’éléments et ne faisait-on pas fausse route en voulant considérer comme des individualités définies ces corps multiples dérivant les uns des autres et dont on avait parfois tant de peine à déceler l’existence éphémère? Heureusement la cohérence des résultats obtenus a rassuré les savants; le terrain sur lequel ils se hasardent est sûr.
- Ce sont ces justifications des théories émises, et l’exposé des grandes lignes de la radiochimie, que Mme Curie a présentés le 13 février, dans une conférence faite à la Société de Physique, devant un très nombreux auditoire composé en majorité de physiciens.
- L’une des preuves qui ont semblé décisives aux radio-chimistes pour justifier l’existence des corps nouveaux qu’ils décelaient, est que ces corps rentrent très facilement dans la classification périodique des éléments due à Meudeleeff. Ce savant, en dressant une table des corps simples rangés d’après l’ordre de grandeur de leurs poids atomiques, a découvert d’intéressantes relations entre ce poids et les propriétés des corps considérés. Les éléments analogues apparaissent toujours à intervalles réguliers ; par suite, si l’on décompose la série en un certain nombre de sections de telle manière que les premiers termes de toutes ces sections appartiennent à une même famille déterminée, les éléments occupant le second rang seront aussi des éléments apparentés, de même pour le troisième rang, etc.
- Nous avons dressé le tableau complet de Mendeleeff en tenant compte des éléments récemment trouvés, qui
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- 268 : LES RADIOÉLÉMENTS ET
- rentrent dans ce qu’on peut appeler l’enclave des terres rares. Quelles que soient les objections que l’on peut formuler relativement à la portée théorique de la classification périodique des éléments, il n’en est pas moins vrai qu’elle constitue à l’heure actuelle la seule tentative heureuse d’ordonnancement logique des corps simples.
- Non seulement la position d’un élément est définie dans le tableau, mais les propriétés de cet élément sont une sorte de moyenne entre celles des éléments qui l’encadrent, de sorte qu’il devient possible d’indiquer approximativement le poids atomique et les propriétés des corps simples inconnus dont la place est marquée par les vides qui subsistent dans les diverses séries. L’expérience a confirmé ces vues : il existait entre le zinc et l’arsenic un vide. M. Mendeleeff avait nommé ckaaluminium, le corps qui devait remplir cette place et auquel il assignait un poids atomique de 68, une densité de 5,9, etc. Plus tard, M. Lecoq de Boisbaudran a reconnu au gallium, de densité 5,9 et poids atomique 69,8 les propriétés de l’ekaalüminium ; de même le scandium et le germanium sont venus se placer dans les vides existant dans le tableau. Enfin, plus récemment, les terres rares, les substances radioactives et les radioéléments eux-mêmes, sont entrés dans le tableau général comme des corps simples ordinaires.
- Mais si les radioéléments sont instables, comment peut-on les classer et surtout par quelle propriété‘ les caracté-rise-t-on? Par leur période ou leur vie moyenne. La période d’un élément, ou sa vie moyenne, est le temps que met cet élément pour se désintégrer de moitié. Ces durées sont extrêmement variables dans une même famille dont tous les termes se déduisent les uns des autres par transmutation. Dans le compte rendu de la conférence de M. Debierne sur la transformation des corps radioactifs (Nature, n° 2026), nous avions donné à titre d’exemple le tableau de la famille du radium. Nous le complétons aujourd’hui par celui des familles du thorium et-de l’actinium en établissant une correspondance entre les trois émanations de ces corps qui, ainsi que nous allons le voir, semblent être trois états correspondants.
- En effet, en regardant le tableau II à partir des trois émanations qui, toutes trois, se comportent comme des gaz inertes, condensables à basse température, solubles dans les liquides, et donnent des dépôts actifs, on voit que l’évolution se poursuit d’une façon analogue dans les trois familles, en particulier il se produit, au même stade, une bifurcation : les produits C donnent chacun deux radioéléments. Enfin les rayonnements des substances qui se succèdent à partir des émanations dans les trois familles sont de fnême nature pour des substances de même rang.
- Il est probable qu’il y a mieux qu’une coïncidence et qu’une analogie chimique pourra être trouvée entre les termes correspondants.
- On peut classer en deux catégories les transformations connues jusqu’à présent : celles qui se font avec émission de particules 8 et qui ne semblent pas donner lieu à un changement de poids atomique et celles qu’accompagne une émission de particules a. Dans les transformations de cette catégorie, le poids atomique du nouvel atome est plus petit que celui de l’atome générateur. La diminution, d’après les idées admises à l’heure actuelle, doit être égale au poids atomique de l’hélium, soit 4 environ. Si on tient compte de ce fait, et qu’on dresse la liste des poids atomiques des différents termes, on trouve : uranium, 258,5; radium, 226,5; émanation, 222,5;
- LEUR CLASSIFICATION i-................-........
- radium A, 218,5; radium B, 214,5; radium C, 214,5; radium D, 210,5; radium E, 210,5; polonium, 210,5; terme final inconnu, 206,5. Chose curieuse, en partant de l’actinium et du thorium, on trouve aussi comme terme ultime un nombre très voisin de 206.
- Ce dernier nombre représente sensiblement le poids atomique du plomb qui serait alors composé de trois corps de poids atomique très voisin, mais indiscernables par les moyens actuels.
- On arrive aussi à cette conclusion lorsqu’on examine la façon dont se comportent les radioéléments dans la classification de Mendeleeff. Les colonnes verticales comprennent des corps dont la valence principale est la même. Soddy étudiant les radioéléments a énoncé la règle suivante : quand il y a émission d’une particule a par un radioélément, la place du produit obtenu s’obtient dans le tableau de Mendeleeff en sautant une colonne de droite à gauche; s’il y a expulsion d’une particule p, le déplacement a lieu de la gauche vers la droite et n’est que d’une colonne, c’est-à-dire qu’au point de vue de la valence, une émission de particules a abaisse de deux le degré. Par exemple, l’émanation du radium se déduit au point de vue de la classification du radium (de valence deux) en diminuant de deux sa valence, ce qui conduit à lui donner la valence zéro et à la placer dans la colonne des gaz inertes. Au contraire, l’émission d’une particule 8 augmente de un la valence.
- D’autres analogies se révèlent aussi entre les éléments des diverses familles et conduisent à grouper au point de vue chimique les radioéléments dans le même ordre qu’au point de vue des propriétés radioélectriques. En particulier, dès le début des recherches, M. et Mme Curie constatèrent que le radium suit le baryum dans ses réactions. Mais il faut cependant remarquer que dans un minerai le radium existe en traces tellement infimes qu’il ne pourrait être précipité seul, la solubilité de ses sels, si faible soit-elle, étant plus que suffisante pour assurer le maintien en dissolution. Le baryum, en se précipitant, exerce sur les sels de radium une action d’entraînement très énergique, grâce à laquelle on peut les isoler de la solution. Cet exemple montre qu’il faut prêter attention, dans l’étude des propriétés chimiques des corps radioactifs, aux phénomènes parasites qui peuvent avoir une grosse importance, étant données les quantités minimes sur lesquelles on opère.
- Ou a constaté que les radioéléments ont des propriétés électrochimiques analogues à celles des autres corps : on peut électrolyser leurs sels, ils occupent un certain rang dans la série des tensions de Volta, ils sont déplacés de leurs solutions par certains métaux, etc. Mme Curie réalisa à ce propos une expérience frappante. Ayant fait bouillir dans l’acide chlorhydrique une lame de platine restée longtemps en contact avec de l’émanation du radium et qui avait ainsi acquis des propriétés radiantes très nettes, Mme Curie montra que, non seulement la lame de platine était redevenue neutre, mais encore que la radioactivité était maintenant dans la solution : en y plongeant une lame de nickel, elle détermina la précipitation de l’émanation sur cette lame qui devint active.
- Tels sont les principaux résultats auxquels a conduit l’étude des radioéléments. Quelles conclusions peut-on en tirer? D’abord, ces corps nouveaux se rangent si bien dans la série des corps simples connus, que leur existence est ainsi justifiée et que l’on est très tenté de généraliser pour tous les atomes ce que l’on a déduit pour 1 certains. Dans ces conditions, les transformations radio-
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- LES RADIOÉLÉMENTS ET LEUR CLASSIFICATION ......... 269
- actives s’étendraient à tous les corps et détermineraient leur place dans le tableau de Mendeleeff. Les radioéléments, d’autre part, ne se distinguant pas des autres éléments au point de vue chimique, comme ils contiennent
- actuels, à condition qu’on y distingue deux sortes d’électrons : ceux du noyau dont l’expulsion donne une particule p, ceux des anneaux périphériques dont le nombre fixe les propriétés physiques et chimiques de l’édifice.
- TABLEAU I.
- Hélium Lithium Glucinium Bore Carbone Nickel Oxygène Fluor
- 4 17 9 11 12 14 16 19
- Néon Sodium Magnésium Aluminium Silicium Phosphore Soufre Chlore
- 20 23 24 27 28 31 32 35,5
- Argon Potassium Calcium Scandium Titane Vanadium Chrome Manganèse Fer Nickel Cobalt
- 40 39 40 44 48 51 52 55 56 58 59
- Krypton Cuivre Zinc Gallium Germanium Arsenic Sélénium Brome
- 82 64 65 70 72 75 71 80
- Xénon Rubidium Strontium Yttrium Zinc Niobium Molybdène — Rhodium Palladium
- 128 85 87 89 90 94 96 103 106
- — Argent Cadmium Indium Étain Antimoine Tellure Iode
- 108 112 114 119 120 127 126
- — Cæsium Baryum Lanthane Cérium Praseodyme Néodyme Samarium
- 13 137 138 141
- — Dysprosium Erbium Ytterbium Lutécium Tantale Tungstène — Osmium Indium Platine
- 166 172 183 184 191 193 194
- — Or Mercure Thallium Plomb Bismuth —
- 197 200 204 206 208
- Emanation — Radium Actinium Thorium Uranium X Uranium —
- du radium 226 232 238
- de l’hélium, peut-être tous les atomes connus sont-ils I Arrivera-t-on jamais à perfectionner ce modèle, à péné-formés à partir de l’hélium, ou même d’un corps plus I trer la nature intime de la matière, à donner, à toutes
- TABLEAU IL
- Uranium 1 4 Uranium 2 (?) 9,10° ans a
- 2,105 ans ot
- Y Uudiouranium (?J i *
- Y liranium X 35,5 jours Pt Thorium 4,1010 ans OC
- 4
- Mésothorium 1 7,9 ans 8,9 heures
- Ionium 5,1Û5 ans a 4 Môsothorium 2 . Pr Actinium
- 1 4 4
- Kadiolhorium 2,9 ans a Radioactinium 28,1 jours P a
- 4 4
- Radium 2900 ans a [3 Thorium X 5,25 jours *p Actinium X 15 jours a
- 4 4
- Émanation du radium 5,5 jours a Emanation du thorium 76 secondes ' CL Emanation de l’actinium 5,6 secondes a
- 4 4 2,105 sec.
- Radium A 4,3 minutes a Thorium A 0,2 seconde CL Actinium A a
- 4 4 4
- Radium B 38,5 minutes p Thorium B 15,5 heures P Actinium B 52,1 minutes p
- 4
- Radium C. 18,1 minutes pt Thorium C, 79 minutes CL Actinium C, 2,1 minutes a
- 4 4 4
- Radium C', 2,103 sec. a Thorium C2 2,10* sec. a 9 ? ' ?
- , Radium C. 2 minutes p , Thorium D 4,5 minutes Pt Actinium D 7,2 minutes Pt
- 4 4 4
- Radium D 4 Radium E 21 ans p 9 9 9 9 9 9
- 6,9 jours p
- Y Radium P (polonium) 1 202 jours a
- Y 9 9 9
- simple,l’hydrogène. C’est l’unité de la matière entrevue... sinon prouvée.
- Quant à l’arrangement interne de l’atome, il semble que le modèle le représentant analogue à celui d’un système solaire, noyau positif au centre, anneaux d’électrons à la périphérie, soit le mieux adapté aux résultats
- les questions qui surgissent en foule en présence de résultats si nouveaux, une solution satisfaisante? Ceux qui s’occupent de la science de"demain seraient fort embarrassés pour le dire : les savants actuels, plus modestes, espèrent, travaillent, et ont foi dans l’avenir.
- II. Vigneron.
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- LES PONTS BASCULANTS
- Du Chemin de fer électrique de New-York, New-Haven et Hartford.
- La grande Compagnie américaine du chemin de fer de New-York, New-Haven et Hartford a fait
- Fig. i. — Un des ponts basculants du chemin de fer électrique, ouvert.
- établir sur les rivières Bronx et Hutehinson deux grands ponts basculants qui peuvent être considérés comme les ouvrages de ce genre les plus intéressants auxquels la commande électrique ait été appliquée aux Etats-Unis.
- Les deux ponts sont remarquables, à raison de leurs dimensions peu communes.
- Le chemin de fer en question comporte six voies sur la plus grande partie de son parcours ; ces voies sont très chargées ; il était donc indispensable de réaliser des ouvrages qui fussent d’un maniement rapide et sûr.
- Chacun des deux ponts est formé de trois parties et chaque partie supporte deux voies; le système du pont basculant était le mieux approprié à la solution du problème posé, parce qu’il ne demandait' pas de pilier de support central susceptible d’obstruer le canal à franchir, ni d’élargissement de ce canal.
- Chaque aile dé pont est actionnée par deux moteurs Westinghouse de 25 chevaux, alimentés en courant continu à 550 volts; ces moteurs sont montés sur l’aile mobile même et ils agissent au moyen de pignons engre-
- nant avec des crémaillères cintrées lixées sur la partie fixe ; cette disposition est à noter.
- Dans les conditions normales, les deux moteurs fonctionnent ensemble, comme un tout; mais ils peuvent être contrôlés séparément cl ils sont de capacité suffisante pour actionner l’aile correspondant, à vitesse réduite ; ils sont munis d’un frein électrique; un frein de sûreté peut en outre arrêter l’aile.
- Les moteurs, les freins et les autres appareils sont étanches à l’eau; ils sont montés de telle manière que le pont puisse exécuter un déplacement de 9U°, en passant donc de la position horizontale à la positif n j verticale.
- Le courant électrique est amené aux moteurs au moyen d’un câble souple qui se dépose, au repos, dans une rigole et suit le pont dans son mouvement.
- L’installation est contrôlée à partir d’une tour où sont réunis, outre les appareils de commande proprement dits, les instruments [pour la signalisation. Avant de mettre les ailes en mouvement, l’opéra-
- Fig. 2. — U articulation de la partie mobile du pont.
- teur détermine le fonctionnement des signaux; il dégage ensuite les arrêts et ferme le circuit des moteurs ; cette dernière opération est rendue impossible aussi longtemps que les précédentes ne sonL
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- LA REACCLIMATATION DE LA FAUNE ALPESTRE -.. 271
- pas achevées ; quatre points de contact sont échelonnés sur le parcours pour provoquer l’allumage de lampes de signalisation et le fonctionnement d’une sonnerie avertisseuse.
- Conformément à la pratique couramment appliquée pour les installations d’extraction, de levage, d’ascenseur, etc., des contacts auxiliaires de sûreté provoquent automatiquement le déclenchement d’un interrupteur commandant le circuit principal, ce qui amène l’arrêt des moteurs et du pont, s’il arrive que le mécanicien n’exécute pas la manœuvre en temps voulu.
- Des lampes indicatrices sont placées sur le canal et avertissent en tout temps les bâtiments de la position occupée par le pont.
- Les ailes peuvent au besoin être actionnées à
- la main, au moyen de chaînes sans fin et d’une manivelle ; la manœuvre, exécutée ainsi, est très lente et très pénible ; jusqu’à présent, on n’a jamais eu à en faire usage.
- Les figures que nous donnons ci-contre montrent le pont ouvert (fig. 1 ), l’articulation d’une aile avec la partie fixe (fig. 2.), et le mécanisme de commande par pignons de crémaillères cintrées (fig. 5); le pont a été construit par la Pennsylvania Steel Company de Steelton, Pa, et l’équipement électrique provient des ateliers de la Westinghouse Electric and Manufacturing Company, de Pittsburgh, Pa.
- Les deux ponts basculants du chemin de fer électrique de New-York à New-Haven et Hartford sont certainement parmi les plus remarquables travaux de l’industrie américaine actuelle. H. M.
- LA REACCLIMATATION DE LA FAUNE ALPESTRE
- Si bon nombre de Suisses se réjouissent du progrès de « l’industrie du tourisme » à laquelle leur pittoresque pays, jadis l’un des plus pauvres du monde, doit sa prospérité grandissante, il en est qui remettent sincèrement le passé, qui se lamentent sur la disparition de ces « choses nationales », dont ils ne retrouvent le souvenir que dans les récits des doyens de la montagne. Mais ils ne se lamentent pas passivement ! Ils ont rêvé d’une résurrection de ces choses disparues, et le rêve entre, dans le domaine des réalités.
- C’est un fait malheureusement trop certain que la Suisse, en l’espace d’un demi-siècle, a réussi à exterminer complètement la faune qui animait jadis ses admirables paysages. Ne versons pas des larmes hypocrites sur la disparition des loups et des ours, mais déploronsl’extermination radicale du bouquetin, et l’extermination presque complète du chamois, du cerf, du chevreuil, de la marmotte, et d’autres espèces'inoffensives.
- Au commencement du siècle dernier, il existait encore de nombreuses bandes de bouquetins en Suisse centrale; mais, déjà, l’on comprenait que leur extermination n’était plus qu’une question
- ! d’années, et des lois cantonales intervinrent pour en interdire la chasse. Le massacre continua, cependant. En 1811, fut abattu par un braconnier le dernier des bouquetins des Grisons. D’autres bandes se maintinrent quelque temps dans le massif du Mont-Blanc et dans les Alpes du Valais. Vers 1860, alors qu’on admettait généralement que VIbex alpinus n’était plus qu’un souvenir, une bande d’une quarantaine d’individus fut découverte dans le massif du Mont-Rose, sur le versant suisse. Elle fut bientôt exterminée par les chasseurs.
- Seules, les bandes qui habitaient le versant italien du même massif évitèrent la destruction, grâce à la compagnie de gardes-chasse qui protègent contre les entreprises des braconniers les hautes vallées où se sont réfugiés les sauvages ovines, en une région comprise dans un domaine royal. Le roi d’Italie s’est réservé exclusivement le droit de les chasser.
- En avril 1915, il n’existait donc plus en Suisse un seul bouquetin vivant en liberté. Un mois plus tard, soit le 9 mai, les montagnes d’Helvétie voyaient gambader sur leurs cimes une petite bande de cinq bouquetins ! Cette apparente contradiction mérite quelques lignes d’explication.
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- LA RÉACCLIMATATION DE LA FAUNE ALPESTRE
- Ces revenant s de la faune helvétique représentaient le résultat d’un long et noble effort tenté par une société suisse qui,sous le nom de Commission des Parcs Rustiques, së propose non seulement de constituer de vastes « parcs nationaux » ou cantonaux où l’œuvre de la nature sera respectée, mais encore de repeupler ces domaines en y réacclimatant des représentants des espèces animales appartenant à la faune de montagne : bouquetins, chamois, cerfs, lièvres des Alpes, marmottes, mouflons de Corse, etc.
- Dans ce but, la Commission constitua il y a quelques années dans un parc de Saint-Gall un petit troupeau de bouquetins J® pur-sang, provenant des vallées italiennes, et qui compta bientôt seize
- l'aide de jumelles, suivre les joyeux ébats des agiles mammifères, bondissant de rocher en rocher.
- Ces heureux résultats ont produit une vive émotion dans toute la Suisse. Plusieurs cantons ont demandé à la Commission des Parcs Rustiques, populairement connue sous le nom de « Pierre-et-Paul », de les aider à repeupler leurs cimes. Les Grisons ont décidé de consacrer une somme importante à la réacclimatation du bouquetin. Dans l’Oberland Bernois, où de nombreuses communes (Interlaken, Unterseen, Lauterbrun-non, etc.) ont une tête de bouquetin sur leur blason, on ,,.... .ïk s’occupe activement de cetLe P question. Grâce à l’ini-
- tiative de M. le D1' F. Michel, conseiller national,
- Caravane transportant à dos d'homme les bouquetins qui doivent répeupler les sommets du Graue Hôrner. — En médaillon : Un couple de bouquetins.
- têtes. Une première expérience fut tentée le 9 mai 1915 : cinq bouquetins, dont trois femelles, furent transportés à dos d’homme dans des caisses à claire-voie vers les sommets du Graue Hôrner (2849 m.) qui dominent Ragaz, où la liberté leur fut rendue. Quelques semaines plus tard, on jugea utile de remmener à Saint-Gall un des mâles, qui, décidément, ne trouvait pas de son goût cette liberté reconquise, et s’obstinait à rechercher la compagnie de l'espèce humaine! On le remplaça par un autre mâle moins familier, plus farouche, et, aux dernières nouvelles, l’expérience paraissait couronnée de succès ; deux naissances avaient grossi le troupeau d’lbex, et l’on pouvait, à
- l’Oberland Bernois a décidé la constitution d’un « parc naturel » dans le massif du Harder, où l’expérience du Graue Hôrner sera renouvelée.
- Cette réacclimatation de la faune alpestre se heurte, d’ailleurs, à de nombreuses difficultés. Nous ne parlons pas de l’acquisition des bouquetins, qui coûtent 1500 francs par tête. Mais il est difficile de maintenir les animaux dans les parcs naturels qu’on leur destine, et de les empêcher de passer dans les districts voisins, où il sera pratiquement impossible de les défendre contre les entreprises des chasseurs et des braconniers.
- G. BoutiboiNne.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2130.
- 21 MARS 1914.
- LES OISEAUX ET LA PARURE
- En ces derniers mois, nous avons assisté à une véritable campagne de certains protectionnistes des oiseaux contre la mode et l’industrie qui les emploie. Tandis qu’en France, au mois de mars 1912 ainsi qu’en octobre 1913, le Gouvernement déclarait qu’il avait eu l’occasion de faire savoir au Gouvernement anglais qu’il « n’avait pas de motif légitime de donner son adhésion à une proposition établissant en France une prohibition sur les oiseaux et plumages nécessaires à l’industrie des Plumes pour modes ou parures, qui aurait pour conséquence de porter une grave atteinte à des industries faisant vivre une population ouvrière française d’au moins
- Si en France et en Allemagne, où l’industrie des plumes occupe des milliers d’ouvriers et d’ouvrières et représente une part non négligeable du commerce tant intérieur qu’extérieur, aucune mesure législative n’a été prise, une campagne d’opinion ne s’y poursuit pas moins contre la mode actuelle. Lel7no-Arembre dernier, s’est réunie à Berne une conférence internationale pour la protection de la nature où l’on s’est beaucoup occupé de la défense des oiseaux. Les plumassiers ont répondu à ces attaques : en organisant un comité d’ornithologie économique (*) qui doit étudier les meilleurs moyens pour protéger, maintenir et encourager l’accroissement des espèces
- Fig\ i.— Quelques oiseaux sauvages . ... utilisés pour la parure : de gauche à
- 50000 personnes et provoquant plus de. 100 millions d’affaires », au mois d’octobre dernier, les Etats-Unis promulgaient un bill qui interdit l’introduction et l’emploi dans ce pays des plumes de tous les oiseaux sauvages, et l’on connaît les incidents qui marquèrent les débuts de son application : confiscation des plumes des chapeaux de dame par la douane américaine, à leur arrivée aux États-Unis!
- d’oiseaux utiles, notamment celles employées pour la parure, afin d’en assurer un approvisionnement régulier sans en menacer l’existence.
- Ces divers événements, l’actualité de cette question de la plume et de la , parure, son importance pour notre pays, son intérêt zoôlogique autant .qu’économique, nous ont décidés à mettre sous les yeux de nos lecteurs un exposé/de ses • deux* aspects, zoologique et industriel.
- LES PLUMES DES OISEAUX UTILISÉES POUR LA PARURE
- Les oiseaux utilisés pour la parure sont fort nombreux. Outre l’autruche, l’aigrette, les paradisiers dont tout le monde connaît les noms, combien en est-il d’autres dont les plumes, transformées par l’industrie de la mode et rendues plus ou moins méconnaissables, sont vendues sous un nom pompeux. Si beaucoup de fourrures sont faites de peaux de lapin, beaucoup de plumes chatoyantes ont pour modeste origine un coq, une oie, une
- dinde de nos basses-cours. D’autres oiseaux sont élevés dans des fermes spéciales : autruches, nandous, faisans, paons, etc. Quelques oiseaux sauvages exotiques, les oiseaux-mouches, le lopho-phore, le marabout, ont eu leur temps de vogue. Enfin, les oiseaux de nos pays que les amateurs de
- 4. Le comité anglais s’est constitué sous la présidence de M Ghalmers-Mitchell, secrétaire de la Société zoologique de Londres; le comité français vient d’clrc formé.
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- 274 LES PLUMES DES OISEAUX UTILISÉES POUR LA PARURE
- chasse poursuivent comme gibier de plume, faisans, perdreaux, hérons, etc., fournissent aussi leur contingent aux besoins de l’industrie qui associe leurs plu-
- Les naturalistes (*) distinguent quatre espèces d'autruches, vivant dans des régions différentes de l’Afrique : Struthio camelus du nord de l’Afrique et de
- Fig. 2. — Une bande d'autruches du Cap.
- mes aux précédentes sur les chapeaux de nos élégantes.
- Si nous voulions parler des différentes espèces d’oiseaux proportionnellement à leur importance pour la plumasserie, il nous faudrait consacrer presque tout cet article à l’autruche et aux oiseaux de basse-cour, car les oiseaux .sauvages et les exotiques représentent une faible part du total des plumes utilisées pour la mode. Nous parlerons tout de même de ces derniers un peu plus longuement.
- L’autruche. — L'autruche, le plus grand de tous les oiseaux actuels, est bien connue de tous,
- (car on en rencontre depuis longtemps dans les jardins zoologiques d’Europe. Son importance économique fait- d'elle la reine de la mode, et mérite qu’on lui consacre la première place dans cet article. Inutile de rappeler sa silhouette, sa haute taille (2 m. à 2 m. 50), sa tête chauve, son long
- cou et ses'longues pattes dénudés , ses courtes ailes, sa queue riche en belles plumes touffues.
- •L Uiù'SEG&.vx. L'Élevage de l'autruche; Récolte et commerce des plumes, Paris, in-8. 150 p.. 1915.
- Kilos Francs
- l’Arabie, <î>. molybdophanes du Somaliland, 6'. mas-saicus du Massaïland, S. australis du Cap et de l’Afrique du Sud, mais toutes se ressemblent beaucoup.
- Autrefois, on rencontrait des troupeaux d’autruches sauvages dans toute l’Afrique, au sud de l’Atlas, en Arabie et en Syrie jusqu’à l'Euphrate. La destruction qu’on en fit fut si intense que les troupeaux devinrent rares, et qu’aujourd'hui, l’espèce serait presque disparue si on ne l’avait domestiquée. Qu’il suffise de citer que lors de la conquête de l’Algérie, nos officiers détruisirent à peu près toutes celles des oasis du Tell, et qu’on vendait, pour les manger, les œufs d’autruche 25 centimes il y a quelques années en Mauritanie. Aujourd’hui, l’autruche sauvage est protégée par des lois sévères dans les colonies anglaises et les fermes d’élevages suffisent à assurer la conservation et la multiplication de l’espèce australe. L’espèce du Soudan est aussi protégée.
- Peu 'd’oiseaux ont été l’objet d’autant de légendes,
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- dont beaucoup sont encore répétées aujourd’hui. Sa voracité a fait croire qu elle se. nourrissait de cailloux, d’éclats de verre, de bois, etc., et qu’elle ne buvait pas. BuL fon admet même quelle peut avaler en petite quantité du fer porté au rouge. Pline, et après lui Pierre Bc-lon, lui ont fait une belle réputation de bêtise en affirmant qu’elle se croit sauvée si, lorsqu’elle est poursuivie, elle peut cacher sa tête derrière un arbre ou une pierre.D’autres ont même prétendu qu’en s’enfuyant, elle se défend en lançant des cailloux à ses ennemis. Quand elle couve, lâ femelle quitte parfois momentanément son nid, en ayant la précaution de recouvrir ses œufs de sable pour les cacher, aussi a-t-on affirmé que l’autruche ne couve pas, mais qu’elle enfouit ses œufs dans le sable et s’en remet à la chaleur solaire pour faire éclore les couvées. Les Arabes admettent même qu’elle est issue d’un oiseau et d’un chameau. Bien .entendu, aucune de ces fables n’a résisté à l’observation.
- Il y a plus d’un siècle que les colons hollandais du Cap possédaient des autruches domestiquées provenant d’autruchons sauvages ; divers voyageurs en ont également vu dans d’autres régions de l’Afrique : Lyon,en 1820,dans l’Ouadaï, Raffinel dans le Haut Sénégal, etc., mais le véritable élevage ne date que de la deuxième moitié du xixe siècle. Jusqu’en 1865, tou-, tes les plumes arrivant en Europe provenaient d’autruches tuées à la chasse, et leur raréfaction progressive faisait craindre la disparition des espèces. La Société d’Acclimatation s’émut et fonda un prix pour encourager la domestication de l’espèce tde Barbarie; il fut décerné en 1862 à M. Hardy, directeur du Jardin du Harrnha (Algérie), qui, le I premier, obtint en captivité trois générations sucees-j sives. Un peu partout, les mêmes tentatives furent L tentées, et bientôt on commença, dans la'colonie
- du Cap, des essais de reproduction et d’incubation artificielle. Les résultats furent surprenants : en 1865, il n’y avait au Cap que 80 autruches domestiques; en 1875, elles étaient devenues 21751. Les plus gros bénéfices furent alors fournis par le commerce des autrü chons et des reproducteurs : les nouveau-nés valaien L 125 francs, les autruchons de 5 mois 350 à 750 francs; les couples d’adultes 17000 à 25000 francs. A cette période de succès rapides, succéda un brusque arrêt dù aux épidémies qui se développèrent « dans les élevages et dont on ne connaissait pas le traitement. La produc-tion des plumes qui avait atteint 247 000 livres en 1885 tomba à 198000 en 1891. Mais ce ne fut qu’une période difficile à passer. Bientôt les maladies furent connues (x) et purent être évitées et, l’usage de la plume d’autruche se généralisant, l’élevage redevint prospère.
- Les ventes de plumes, toujours plus considérables, comme on peut le voir sur le graphique 5, ont été en 1911 de 576000 kg valant près de 60000000 de francs.
- Actuellement, le troupeau du Cap comprend plus d’un million de tètes. Quelques petits fermiers élèvent 5 ou 4 autruches qui vont paître le jour avec les moutons et rentrent le soir au kraal. Mais la plupart des exploitations sont beaucoup plus importantes et ont une organisation plus perfectionnée.
- Dans les régions pauvres, au sol bon marché, on laisse les autruches paître la végétation naturelle (veld) ; elles sont parquées au nombre de 300 à 500 dans des camps de 5000 à 5000 hectares clo-
- 1. Los autruches peuvent i mourir . dp t'aulhrçx .pii ; d’une paralysie subite des membres semblant duo à lipe, intpxica-tiori digestive. Elles' souffrent' aussi ' de' parasites ’intdmps, tænia, strongle, sciérostomc: qui ' Auiife'nt-' 'Êeàucbüp’à^là1 produel ion des plumes.. • - •' . '
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- Fig. 6. — Le paradisier émeraude.
- turés de murs de pierres sèches ou de haies artificielles et de fils de fer. Leur élevage est très économique et nécessite peu de main-d’œuvre, mais les animaux restent assez sauvages, les pertes par accident sont assez fortes et les pontes peu abondantes.
- Dans les régions plus riches, on crée des luzer-nières artificielles bien irriguées, beaucoup plus coûteuses, mais ou les autruches peuvent vivre au nombre de 12 à 15 par hectare et donner jusqu’à 100 œufs par an. On recueille les œufs régulièrement et on les place dans des couveuses artificielles.
- Enfin, dans certaines exploitations, on pratique un système mixte, les autruches'étant envoyées alternativement dans le veld, puis dans la prairie artificielle.
- Les reproducteurs sont sévèrement choisis ; ils sont inscrits sur un « stud-book » officiel, et cette sélection continue a déjà permis d’améliorer beaucoup les produits. La ponte est généralement de 12 à 16 œufs, à raison d’un tous les deux jours ; l’incubation dure 42 à 45 jours ; le mâle et la femelle y contribuent. Les jeunes sont extrêmement fragiles jusqu’à 5 mois et : doivent être isolés. Au sixième mois, ils fournissent une pre-
- mière récolte de plumes, les spadones. Les récoltes successives ont lieu tous les 8 ou tous les 12 mois. Chaque adulte fournit de 600 à 700 grammes de plumes par an.
- Pour recueillir les plumes, on conduit l’autruche dans un box ; on lui encapuchonné la tête dans une sorte de chausse, puis on coupe les plumes-des ailes avec un sécateur (fig. 3) à environ ’2 centimètres de la peau ; deux mois après on enlève les douilles restées en place. On arrache parfois encore les petites plumes du corps et les rectrices.
- Les résultats obtenus dans la colonie du Cap ont incité divers autres pays à tenter l’élevage de l’autruche. Au Transvaal, dans l’État d Orange, dans le Natal et l’Afrique orientale anglaise, certains résultats ont déjà été obtenus. En Australie, en Nouvelle-Zélande, en Égypte, à l’île Maurice, des fermes ont été créées. Des pays n’appartenant pas à l’Angleterre ont également commencé l’élevage, mais le gouvernement du Cap, désireux de conserver son avance, après avoir frappé chaque autruche exportée d’un droit de 2500 francs et chaque œuf d une taxe de 125 francs, vient d’interdire sous les peines les plus sévères toute sortie d’autruches de la colonie. Malgré cela, des fermes existent actuellement dans le sud-ouest africain allemand et surtout aux Etats-Unis, en Californie et dans l’Arizona, où le troupeau compte plus de 10000 adultes rapportant déjà'près de 2 000 000 de francs. Nos colonies françaises sont assez mal partagées ; quelques fermes existent en Algérie, en Tunisie, au Soudan et à Madagascar, et il serait intéressant de les développer. Faut-il rappeler, à titre de curiosité, la ferme de Nice et celle de Hagenbeck, à Stellingen, dont Là Nature a déjà parlé (n° T 900).
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- Le Nandou. — En Amérique du Sud, on rencontre un oiseau plus petit que l’autruche, mais lui ressemblant beaucoup, le nandou ou Rhea. Il est surtout abondant dans la République Argentine, où il vit en troupes. La femelle rappelle tout à fait l’autruche femelle par son plumage grisâtre, mais le mâle se distingue par du noir sur la tête, la nuque et le dos. Le mâle couve les œufs et a la singulière habitude, dit-on, d’en briser un au moment où les autres vont éclore, de manière que les insectes viennent en nombre auprès du nid pour nourrir les jeunes.
- Actuellement, plus de 50 000 nandous sont élevés en captivité dans les fermes de l’Argentine et de l’Uruguay et fournissent annuellement 100 000 kilos de plumes dites « vautour », d’une valeur moindre que celles d’autruche. Elles servent à faire des
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- de l’île, ces oiseaux sont protégés et aucune peau ne peut être exportée. Il en est de même pour L914 dans la partie allemande. On ne poursuit que les mâles, qui seuls portent de chaque côté un’panache orangé, car les femelles avec leur plumage terne ont peu de valeur dans le commerce ; étant donné que cet oiseau est polygame, le nombre des mâles doit être plus faible que: celui - dès femelles. Une compagnie allemande de la Nouvelle-Guinée essaie en ce moment lëur élevage et sir -.W. Ingram vient de tenter à Tobago leur acclimatation qui a'réussi puisqu’il a obtenu des jeunes (La Nature, n° 2127 et Rev. franc. d'Oriiith., déc. 1915).
- L’aigrette. — -Les aigrettes sont des hérons blancs dont les différentes espèces se rencontrent en Europe, ;en Afrique, en Asie et en Amérique. J’ai déjà donné ici même (n° 1869) la description
- Un garcero. (Les points blancs qu’on aperçoit sur les rives sont des aigrettes.)
- Fig. 8. —
- plumeaux et à imiter les paradisiers. Des essais d’acclimatation de cette espèce, en France, ont été faits dans divers départements sous l’inspiration de M. Debreuil.
- ! Les Paradisiers. — Les oiseaux de Paradis sont une des merveilles du monde tropical. Pendant longtemps, on ne connut en Europe que l’un d’eux, par ses magnifiques plumes et par une légende qui prétendait que cet oiseau céleste n’avait pas de pattes, ne descendait jamais à terre, vivait dans l’azur où il se nourrissait de rosée et nichait dans les nuages d’où le nom à'apoda que lui donna Linné. On sait aujourd’hui, qu’il en existe plusieurs espèces (Y. La Nature, n° 200.8). Ces oiseaux ne sont nombreux que dans la Nouvelle-Guinée et les îles adjacentes . sur une superficie d’environ 780000 kilomètres carrés." La plus grande partie de la Nouveile-Guinée est d’ailleurs encore mal connue et couverte de forêts vierges impénétrables. Les indigènes Papous les châssent pour leurs plumes,.ruais aujourd’hui, dans la partie anglaise
- des principales espèces et de leurs nue.
- Le plus grave reproche que l’on a fait aux plu-massiers est l’utilisation de leurs plumes, ce qui favorisait leur destruction et aurait produit leur disparition en certains pays. Mais si quelques-uns des faits rapportés sont réels, ce reproche n’est plus guère valable acluellement. En Afrique, les aigrettes ont à peu près disparu de l’Algérie et de la Tunisie à la suite de notre conquête, mais elles existent encore en Egypte, au Bahr-el-Gazal, au Mozambique, au Maroc et surtout dans l’Afrique occidentale française, où elles sont protégées par un décret de 1911 interdisant l’exportation de toutes les plumes d’aigrettes autres que celles provenant des réserves. En Chine,, l’aigrette a presque disparu, à la suite des chasses intensives des Chinois, qui utilisaient leurs plumes pour la fabrication des éventails, puis qui les; ont vendues aux Européens.. En Amérique, l’aigrette prospérait dans toute la zone intertropicale depuis le sud des États-Unis jusqu’au.Chili; aujourd’hui, elle n’est plus abondante qu’au Vénézuéïa et
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- au Paraguay où elle est sévèrement protégée. Aux chasses meurtrières et inutiles a succédé un nouveau procédé de récolte des plumes. Les aigrettes sont réunies dans des garceros, au bord des cours d'eau, où elles vivent en troupes innombrables ; la chasse y est rigoureusement interdite, par quelque procédé que ce soit, et l’on se contente de ramasser, après la mue, les nombreuses plumes qui jonchent les buissons et le sol. Les garceros appartiennent à des particuliers, qui paient un impôt à l’État et font eux-mêmes la récolte ou louent le droit de ramasser les plumes.
- En ce moment, divers essais sont tentés pour élever d’aigrette, à Ceylan entre autres, et un prix de 10 000 francs a été créé en France pour la première ferme à aigrettes qui réussira en territoire français.
- Autres oiseaux exotiques. — Les oiseaux exo-tiquesutilisés actuellement pour la parure sont moins nombreux que jadis. En effet, pour qu’une espèce donnée soit utilisable, il faut qu’elle soit aisée à capturer et représentée par un grand nombre d’individus. Et dès ique ceux-ci diminuent, les gouvernements ont la sagqsse d’édicter de sévères mesures de proteclion et de créer Ùes réserves nationales. Aussi les fantaisies dd là mode sont-elles forcément* limitées et ne peuvent-elles le plus souvent durer longtemps.
- En Australie, les oiseaux-lyres, après avoir été poursuivis quelque temps, sont aujourd’hui protégés et il né s’en exporte guère que 200 à 500 par an.
- Pendant1'quelques années, les mouettes et les goélands 'de la côte atlantique des États-Unis furent recherchés ' pour/leur plumage, et leur nombre diminua " En ?T903;- le . gouvernement établit des réservés Alans- les îles de la côte, du Maine au Texas, qui ont suffi à protéger les espèces.
- Dans l’Orégon méridional où vivent d’immenses troupes de grèbes, une campagne de chasse s’organisa en 1908; les États-Unis créèrent aussitôt des réserves nationales autour des lacs de la région.
- Les colibris, qui furent tellement à la mode il y a un peu plus de quinze ans, ont vu leur vogue disparaître et de plus leurs pays d’origine, l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, le Mexique, ont interdit leur exportation, sauf dans un but scientifique.
- Et il en est ainsi pour la plupart des oiseaux sauvages.
- Tous les états australiens, à la suite du Queensland, classent les oiseaux de leurs pays en trois catégories : 1° ceux qui sont protégés toute l’année : oiseaux utiles à l’agriculture, oiseaux de mer, ibis, hérons, aigrettes, mouettes, sternes, etc.; 2° ceux, qui sont protégés pendant la période de reproduction : émeus, cygnes, oies, canards, etc. ; 5° les oiseaux nuisibles qui peuvent être chassés en toute saison : cormorans, corbeaux, cacatoès, poules d’eau, platycerques, etc. Les colonies anglaises ont suivi et beaucoup d’autres pays ont également pris des mesures efficaces de protection.
- Aux États-Unis, la réglementation, quoique du
- même genre, est encore plus sévère. Une loi récente (1915) interdit même l’entrée de toute dépouille partielle ou totale d’oiseaux sauvages.
- A la suite des Etats-Unis, la plupart des Etats ont créé des réserves où la chasse est toujours interdite. Il y en a 51 aux États-Unis (300 000 km5*), 55 en Australie, elles sont nombreuses en Afrique, dans les colonies anglaises, allemandes et portugaises. Rien n’a été fait par la France. N’importe qui peut aller dans nos colonies et tuer ce qui lui plaît, sauf les aigrettes. En Europe les réserves sont aussi importantes. C’est par cette méthode généralisée qu’on pourra sauver toutes les espèces menacées de disparition.
- Les oiseaux indigènes. — Ce serait une grave erreur de croire que toutes les plumes utilisées proviennent des oiseaux exotiques. Les oiseaux sauvages indigènes, oiseaux gibiers et oiseaux nuisibles, en fournissent aussi, et même la plus grande partie, sinon comme valeur, tout au moins comme quantités. Faisans, perdrix, coqs de bruyère, hérons, grues, bécasses, corbeaux, cygnes, oies, canards, grèbes, cormorans, sternes, vautours, aigles, etc., qui sont poursuivis par les chasseurs sans souci de la mode, lui fournissent cependant leurs plumes.
- Et surtout les oiseaux de basse-cour; poules et coqs, faisans, oies, canards, dindes, sont un précieux appoint pour l’industrie des plumes. Certaines espèces de faisans, de canards, de dindes sont élevées surtout pour leur plumage. En France, en Hongrie, dans l’ouest des États-Unis, on recueille annuellement plus de 100 000 kg de plumes de dinde. Les plumes de canard chinois, bien choisies, valent jusqu’à 200 fr. le kilogramme. La Russie, la Sibérie, la Galicie, l’Autriche, nous envoient des plumes de coq, de poule, de canard, de pintade, de dinde; l’Angleterre, des plumes de faisan, de canard, de pintade et de dinde; la Hollande, des plumes de pigeon, de canard, d’oiseaux de mer; la Norvège, celles des palmipèdes, etc.
- La France, qui tient la tête de l’industrie plumas-sière, ne s’occupe pas encore suffisamment de la production des plumes brutes, puisque, d’après la Vie agricole et rurale, les 68 départements français où s’effectue l’élevage des oiseaux n’ont produit en 1911 que :
- Plumes d’oies.4.700.000 francs.
- — de dindons ... 860.000 —
- — de canards. . . . 560.000 —
- de pigeons. . . . 280.000
- — de coqs et poules. 2.870.000 —
- Soit au total ..... 9.270.000 francs.
- sur pliis de 20 millions de francs d’achats de plumes brutes d’oiseaux de basse-cour et plus de 100 millions d’exportation de plumes préparées.
- 11 y a certainement là une nouvelle source de revenus à développer dans notre pays.
- A. Menegaux,
- Assistant, au Muséum.
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- L’INDUSTRIE DES PLUMES
- Quelle que soit la beauté des oiseaux dont on utilise les plumes, que celles-ci proviennent des splendides paradisiers ou des vulgaires coqs et poules, elles ne peuvent être utilisées telles qu’on les récolte, et leur mise en valeur nécessite de multiples
- ment fidèles, et je ne crois pas qu'elles soient prêtes à l'abandonner.
- Quelles sont les manipulations qui transforment la plume brute, souvent terne, parfois conrte, défectueuse, en ces splendides panaches que nous
- Fig. i. — Les docks de Londres.
- préparations, fort délicates, auxquelles, rien qu’à Paris, s’emploient plus de 40 000 ouvriers 'et, ouvrières.
- L’industrie de la plume est presque aussi ancienne que notre civilisation, puisque à Home déjà, existaient des plumas-siers qui savaient teindre les plumes de diverses couleurs. Elle fut importée d’Italie en France, au xvi° siècle, et depuis lors s’y développa constamment jusqu’à devenir une industrie presque exclusivement française, parisienne, devrait-on dire. Actuellement, en effet, nous importons annuellement plus de 80 millions de francs de plumes brutes et exportons 160 millions de francs de parures de plumes.
- Jusqu’au xixe siècle, la plume fut la parure des hommes aussi bien que des femmes. Il suffirait de rappeler François Ier au camp du Drap d’Or, Henri IV et son panache blanc, Louis XIV et sa cour, Napoléon et ses maréchaux, pour que nous nous souvenions de leurs parures, le plus souvent de plumes d’autruche. Aujourd’hui, il n’y a plus guère que la cour d’Angleterre où l’on voit des coiffures d’hommes garnies avec profusion de plumes, mais partout, les dames ont conservé le goût des ornements empruntés aux oiseaux; depuis le règne de Louis XVI, elles y surit restées eonstam-
- admirons sur les chapeaux de. nos élégantes ? Nous les résumerons ici, d’après l’excellent ouvrage qne M. Ed. Lefèvre fait paraître en ce moment Q) et, où l’on trouvera tous les détails de cette question.
- Les plumes des oiseaux exotiques arrivent en Europe dans des caisses de bois recouvertes de fer-blanc et de papier où on les a. emballées par paquets avec du camphre et du poivre. Les oiseaux entiers arrivent, préparés dans les pays d’origine, vidés et bourrés d’étoupe imbibée d’antiseptiques, ou bien ouverts et disposés en peaux plates séchées et tannées.. Le principal marché est à Londres où existe un « Feather Sale .» avec des docks fort bien aménagés pour la conservation (fig.’l).
- Nettoyage, — A leur arrivée à l’atelier, les plumes sont sorties de leurs caisses, pesées lot par lot et triées par qualités. Puis une ouvrière nettoie la tige, gratte et taille le pied, après quoi, on attache les plumes à une ficelle, isolément ou par paquets, .pour faciliter leur manipulation ultérieure. Chaque groupe constitue un « filet » (fig. 2) composé de 30 à 40 piquets. Les filets sont mis, à tremper dans de l’eau savonneuse tiède, puis rincés. ,On les foule alors en les frottant sur des planches
- 1. Lefèvre. Le commerce et Vindustrie de la plume ipeur -parure. Paris, 1914.
- Fig. 2. — Un filet de plumes. (Ph. Lefèvre.)
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- portant des rainures semi-circulaires d’environ 15 millimètres de diamètre, le pied en avant, puis en les brossant avec une brosse en chiendent. Un nouveau lavage au carbonate de soude, un nouveau rinçage, un traitement à l’acide oxalique dilué terminent le nettoyage préliminaire de la plume qui est ensuite amidonnée. L’amidon, en séchant, a, en effet, la propriété de faire gonfler et ouvrir la plume et de faciliter les traitements ultérieurs.
- Les filets sont essorés, puis attachés à un tambour (fig. 5) qui, en tournant, les bat sur une table en opaline. L’excès d’amidon se détache et tombe en même temps que les plumes sèchent.
- On termine la dessiccation dans une chambre chauffée à 40°.
- Blanchiment et teinture. — La plume est maintenant débarrassée de ses impuretés, dégraissée, gonflée, mais elle a encore sa teinte naturelle, et l’on sait comme la mode est variable et exige de couleurs variées. La plupart des plumes ne conservent donc pas leur vraie teinte, et, sontdécoloréesou colorées suivant la fantaisie du moment.
- Les procédés de blanchiment sont nombreux et diffèrent suivant la nature des plumes. Autrefois, on employa le bain d’urine fermentée et de sel de soude, puis le soufre. Aujourd’hui, ces vieilles méthodes, incertaines et imparfaites/ sont abandonnées et l’on n’utilise guère plus que deux procédés chimiques : l’eau oxygénée et le permanganate de potasse. Le bain de permanganate de potasse, suivi d’un traitement au bisulfite de soude, est le moins employé parce .qu’il donne un blanc moins , durable et qu’il altère facilement le duvet. Le trempage dans l’eau
- oxygénée est préféré dans la plupart des cas.
- Après rinçage, les plumes sont d’un blanc cru, parfois un peu jaune ; on les azuré au moyen d’un peu de bleu d’outremer ou mieux de violet de Paris. Si elles doivent être employées blanches, il n'y a plus qu’à les sécher.
- Si l’on veut les colorer, on passe les plumes au bain de teinture. Nous n’entrerons pas ici dans les détails de cette opération qui diffère peu de la teinture des autres produits animaux : laine et soie. La plupart des substances colorantes employées sont des produits solubles dans l’eau : produits naturels organiques comme l’indigo, l’or-seille, le curcuma, le campêche, le cachou, la cochenille,etc., rarement utilisés aujourd’hui ; substances minérales naturelles telles que sulfates de fer et de cuivre, et surtout colorants artificiels, dérivées de l’aniline, aux teintes éclatantes et pures, bien que moins stables et moins durables que les colorants naturels. Certaines de ces teintures se
- fixent directement sur la plume, mais d’autres nécessitent l’emploi d’un mordant approprié.
- La teinture est une des opérations les plus délicates delà pltï-masserie et demande des ouvriers très habiles. En effet, généralement, on ne cherche pas à obtenir la teinte voulue par un seul trempage, mais bien par une série de bains dans lesquels la plume est laissée un temps convenable^).
- Toutes les plumes né sont pas d’une couleur unie.
- 1. Pour certaines plumes, difficiles à teindre et, qui, par suite, doivent rester longtemps dans im bain bouillant, on emploie aujourd'hui un procédé imaginé par M. Lefèvre, qui consisté à faire agir la teinture sous pression, dans un'auto-clavc approprié. : . • •• ' •
- Figr'3. — La machine dite Magdeleine pour le battage des plumes.
- Fig. 4. — Un atelier de teinture.
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- On vend également des plumes de plusieurs nuances. Les plumes ombrées sont teintes uniformément de la couleur la plus claire, puis immergées partiellement dans un bain de couleur plus foncée où on les agite pour obtenir une teinte bien fondue, sans démarcation brusque. Les plumes bordées sont claires au centre et sombres sur les bords, ou inversement; pour cela on les teint uniformément en clair, puis on fait une réserve en enfermant entre deux planchettes la partie qui doit rester claire et en faisant agir ehsuite un bain de couleur foncée. La forme de la planchette varie suivant le dessin que l’on désire; elle permet de produire des zébrures, des rayures, des taches, etc. Les plumes nacrées, aux reflets irisés, sont obtenues par une série de teintures el de décolorations successives. Il n’est pas jusqu’à l’aérographe qui est utilisé pour réussir des tons fondus et dégradés ou des décalques de dessins.
- Après les diverses opérations de la teinture, les plumes sont essorées, puis séchées.
- La plume, ainsi teinte ou seulement blanchie, n’est pas encore prête à être livrée à la modiste. En effet, toutes ces manipulations l’ont quelque peu aplatie, ses barbes sont légèrement couchées sur la côte ; pour lui donner meilleure apparence et l’élargir, on appuie en plusieurs temps le pouce sur la tige, de l’extrémité vers la base, opération délicate puisque la tige est fragile, surtout au bout, et des barbes s’étalent au maximum.
- Avec certaines plumes bon marché telles que celles du coq, de l’oie, de la dinde, du cygne, du nandou, du faisan, très touffues et aux barbules abondantes, on obtient des imitations plus ou moins imparfaites de plumes chères, du paradis entre autres, en les « brûlant » avec précaution au moyen de divers acides. La figure 5 montre la transformation qu’on obtient ainsi. •; .
- Assemblage, montage et frisage. — Le traitement industriel, chimique, des plumes est maintenant terminé. On pourrait les utiliser telles quelles pour la parure, et on les emploie ainsi parfois. Mais souvent aussi on les transforme, par des montages appropriés, pour leur donner plus de volume ou pour en faire les multiples objets qu’exige la mode.
- Les plumes sont classées suivant leur longueur, leur largeur, la grosseur du duvet, de la tige, les défauts des barbes, etc. On choisit dans les divers lots les brins qui, montés ensemble, dissimuleront le mieux leurs imperfections et prendront le meilleur aspect. Cet « assortissage » est suivi du « parage » qui consiste à tailler les tiges avec un couteau spécial et à permettre le montage de plusieurs brins ensemble. Pour les plumes d’autruche dites « amazones », on réunit ainsi et l’on coud ensemble deux ou trois brins, plus pour les plumes ordinaires. Les très petites plumes sont collées sur une carcasse au moyen d’une dissolution de gutta-percha. Les plumes cousues passent quelques instants dans la vapeur d’eau ;
- elles y gagnent en souplesse, leur duvet gonfle et l’on peut alors leur donner une forme définitive. Les plumes d’autruche sont frisées au moyen d’un couteau à lame incurvée et émoussée qu’on passe en appuyant délicatement sur l’extrémité des barbes. D’autres sont gaufrées avec un fer chaud.
- Les plumes sont alors prêtes pour la vente. Cette description succincte des manipulations de la plume permet de se faire une idée du nombreux personnel qu’elles nécessitent et, par conséquent, de l’importance économique de cette industrie pour notre pays, puisque la plumasserie et la mode sont presque exclusivement françaises.
- André Breton.
- Fig. 5. — Plume de coq avant et après brûlage. (Ph. Lefèvre).
- Fig. 6. — L’atelier de montage.
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- .tir, .tir,.tir. .tir, .tir, .tir, .tir, .tir, 1tir .tir, .tir,
- Vi//Av*/'A\'// Av//Av//. V.'//Av//A\'y/ Av// Av//Av//
- UNE TURBINE A VAPEUR DE MERCURE
- Il semble paradoxal de. chercher à réaliser une machine à vapeur, fonctionnant avec une antre vapeur que celle de l’eau, si facile à produire. Aussi, lorsqu’on apprend qu’un ingénieur américain, M. Emmet, ingénieur-conseil de la plus riche Société électrique des Etats-Unis, la (îeneral Electric C°, se propose de construire une puissante turbine à vapeur de, mercure, ne peut-on se défendre d’un premier mouvement de surprise.
- Tous les traités de mécanique ne prétendent-ils pas, s’appuyant sur le principe de Carnot, qu’il est inutile de chercher mieux que la vapeur d’eau? Le principe de Carnot est le suivant : le rendement maximum d’une machine thermique évoluant entre les deux températures
- T -f- f et T est ^ ^ ; il est indépendant de la
- nature du corps qui sert à transmettre la chaleur de la source chaude à la source froide en produisant le travail.
- Mais aucune de nos machines n’a un rendement s’approchant de celui indiqué par Carnot. Entre les chiffres actuels et le maximum théorique, il y a une marge qui autorise bien des investigations et celles qui portent sur la vapeur de mercure ne sont paradoxales qu’en apparence.
- Le type le plus pratique de machine à vapeur, au moins pour les puissantes unités, est aujourd’hui sans conteste la turbine à vapeur. La vapeur produite dans une chaudière épuise son énergie sur une série de roues successives. La théorie indique que le procédé le plus avantageux serait le suivant : détendre la vapeur de manière qu’elle prenne une ' très grande vitesse, qui serait employée à faire tourner une roue de Laval. Le meilleur rendement s’obtient quand la vitesse à la périphérie de la roue est la moitié de la vitesse de la vapeur. Or, cette condition conduit pour les grosses unités à des vitesses incompatibles avec les ressources mécaniques actuelles de l’industrie : de la vapeur d’eau détendue de 400° à 50° prend en effet une vitesse de près de 1300 m. à la seconde.
- Il faut se résoudre à un compromis : de là ces roues successives montées sur un même arbre, qui constituent les turbines modernes. Mais c’est, au détriment du ren-
- dement organique de la machine, qui de plus prend des dimensions considérables.
- Une vapeur lourde, comme celle de la vapeur de mercure, prendrait, pour une détente entre deux limites de température analogues à celle de l’exemple précédent, une vitesse notablement plus faible.
- On pourrait donc utiliser sur une seule roue toute son énergie cinétique, et cela avec le rendement maximum inhérent à ce type de transformation d’énergie. Résultat qui ne peut actuellement être obtenu avec la vapeur d’eau.
- On conçoit donc que ces considérations aient encouragé M. Emmet à expérimenter la vapeur de mercure.
- Les difficultés pratiques étaient considérables : elles résidaient dans la chaudière à qui il fallait assurer, une parfaite étanchéité de joints, et une bonne transmission de la chaleur entre le foyer et le liquide à vaporiser. Après de nombreux essais, M./Emmet annonce qu’il a réussi à créer un type de chaudière parfaitement étanche et à bon rendement; et il a installé un groupe turbo-moteur d’expériences qui lui a donné des résultats riches en promesses.
- Aussi l’inventeur envisage-t-il dès maintenant la construction d’un groupe ayant les mêmes dimensions qu’une turbine à vapeur d’eau de 500 chev. On pourra ainsi comparer utilement les gains d’encombrement que l’on peut réaliser avec ce nouveau système.
- M. Emmet estime que les turbines à vapeur de mercure réaliseraient un gain de 45 pour 100 sur la consommation de charbon de.< turbines à vapeur d’eau; il n’évalue pas la diminution d’encombrement, mais il estime qu’elle serait très considérable. ,
- Il conclut en déclarant que la turbine à vapeur de mercure promet d’être presque aussi économique, au point de vue consommation de combustible, que, le moteur Diesel ; elle aurait sur lui l’avantage de la simplicité mécanique et d’une construction beaucoup plus aisée. Il ne faut pas oublier, en effet, que le moteur Diesel est soumis, et là est la cause de son bon reiidë-ment, à des températures et pressions extrêmement élevées. A. T.
- LES AURORES POLAIRES ET LE CINÉMATOGRAPHE
- Nos lecteurs ont été soigneusement tenus au courant des progrès réalisés dans l’étude et dans la photographié des aurores polaires. S’ils veulent bien parcourir la collection de ce journal, ils retrouveront U) deux photographies prises en 1900 par M. J. Westman, de la Mission Russo-Suédoise pour la mesure d’un arc du méridien. Ces photographies sont des essais donnant une idée bien imparfaite, il est vrai, des aurores polaires,- mais constituent toutefois, pour cette époque, d’importants documents.
- Un très grand progrès fut apporté, en 1910, par M. Cari Stôrmer, professeur à l’Université de Chris-
- 1. Yoy. n° 1735. du 11 août. 1906.
- tiania, qui entreprit à Bossckop, au Nord de la'Norvège, au-dessus du 70e degré de latitude, une expédition pour l’étude des aurores polaires.
- Paulsen avait émis l’hypothèse, en 1896, que l’aurore polaire est le résultat d’une phosphorescence de l’air produite par des rayons cathodiques provenant des plus hautes couches de l’atmosphère. M. Kr. Birkeland, après avoir entrepris une série d’expériences sur le parcours dés rayons cathodiques dans un champ magnétique, a ; conclu qu’il faut, attribuer au Soleil les rayons produisant l’aurore polaire, rayons qui sont surtout absorbés aux pôles magnétiques terrestres. .......
- Les expériences deM. Kr. Birkeland ont été le point
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- LES AURORES POLAIRES ET LE CINEMATOGRAPHE .r; 283
- de départ des recherches de M. Stôrmer, qui s’est livré, notamment, à une étude très complète des trajectoires des corpuscules électrisés dans le champ d’un aimant.
- Ce dernier auteur a abordé la recherche de toutes les formes de trajectoires suivies par des corpuscules s’échappant du Soleil et parvenant à la Terre, qui, on le sait, joue le rôle d’un aimant.
- C’est là un travail considérable de calcul qui n’a pas exigé moins de 5000 heures de labeur ardu.
- Mais on a vu (‘) que ce travail a eu sa récompense dans la concordance remarquable qui existe entre les points où aboutissent, sur un globe figurant la Terre, les trajectoires calculées par M. Stormer et les expériences réalisées dans des tubes à vide par M. Kr. Birkeland.
- C’est pour étudier les aurores et leurs modifications, pour mieux se rendre compte de leurs propriétés, que M. Stormer a entrepris ses deux expéditions de 1910 et de 1915; afin de rapporter le plus grand nombre de documents précis et impersonnels, il eut recours à la photographie.
- En 1910, à Bossekop;
- M. Stôrmer utilisa des objectifs de cinématographe, particulièrement lumineux, dont l’ouverture était de 25 mm et la longueur focale de 50 mm seulement, et il employa les plaques les plus rapides.
- Une seconde station, outillée exactement comme celle de Bossekop, fut installée à une distance de 4 km 1/2, pour permettre de prendre des vues conjuguées des aurores, servant à la mesure des hauteurs. Les résultats photographiques obtenus dépassèrent de loin ce qui avait été réalisé précédemment (2).
- 1. Voy. n° 1998, du 9 septembre 1911.
- 2. Vov. n» 1977, du 15 avril 1911.
- 44 vues simultanées furent le butin de cette campagne.
- En entreprenant, au printemps de 1915, une nouvelle expédition à Bossekop, M. Cari Stôrmer s’est proposé de compléter les résultats de son expédition de 1910, qui ne donnaient pas toute satisfaction pour la détermination des hauteurs. La distance de 4 km 1/2 entre les deux stations était notamment trop petite par rapport à la hauteur des aurores. Le programme de la nouvelle expédition comportait, en plus de la détermination de la forme et de l’altitude des aurores, l’étude de leur position dans l’espace, la photographie de leurs spectresetl’étudedeleurs transformations rapides par le cinématographe.
- La seconde station fut établie à Store Ivorsnes, à 27 km 1/2 de Bossekop, la ligne joignant les deux postes étant orientée sensiblement Nord-Sud (Bossekop au Sud). Les photographies ont été prises à Store Korsnes par M. Bernt J. Birkeland, qui avait déjà assisté M. Stôrmer en 1910. A Bossekop, les clichés furent pris par M. Stôrmer et son assistant, le sergent Ottem.
- Les observateurs, grâce à une aimable autorisation de la Direction des Télégraphes, avaient toutes les nuits à leur disposition, à partir de 7h50m, la ligne téléphonique Bossekop-Korsnes. Ils purent par ce moyen prendre au même instant, des deux stations, des photographies de la même partie d’une aurore.
- Une amélioration de l’installation téléphonique fut réalisée sur celle de 1910 par l’emploi d’un casque téléphonique et d’un microphone fixé à la poitrine,1 laissant l’entière liberté des mains. Ce perfectionnement a permis d’utiliser les courts.instants où l’ati-
- Fig. i. — Aurore polaire en draperie, photographiée à Store Korsnes, le 3 mars içi3, par M- Car! Stormer. On voit à travers l’aurore le groupe des Pléiades et au-dessus la planète Saturne.
- La distance de l’aurore, aux environs de Saturne, est de 400 km et son altitude de 120 km environ.
- | Fig. 2. — Aurore polaire photographiée à Bossekop,
- le 14 mars içi3,par M. Cari Stôrmer. Le jet lumineux se projette devant la constellation delà Grande Ourse, facilement reconnaissable.
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- 284 • — : LES AURORES POLAIRES ET LE CINÉMATOGRAPHE
- rore atteignait sa plus grande intensité lumineuse.
- En outre, les appareils photographiques, en général les mêmes qu’en 1910,Jurent munis d’un dispositif permettant d’obtenir sur la plaque sensible, en même temps que l’image de l’aurore, l’image d’une montre éclairée.
- L’heure est donc enregistrée sur la photographie ainsi que la durée de pose, que l’on déduit de la surface couverte par l’aiguille des secondes.
- Pour éviter la perte de temps provenant du chargement des châssis dans un laboratoire obscur, chaque station, en plus de 40 châssis ordinaires chargés à l’avance, était munie de caisses spéciales permettant le chargement et le déchargement des plaques en plein air.
- On put ainsi, certains soirs, prendre jusqu’à 80 photographies simultanées dans chaque station.
- En tout, 636 paires de photographies simultanées ont été prises, sur lesquelles 447 paires sont bien réussies. A raison de 10 pointés par cliché, on en déduira plus de 4000 altitudes exactes.
- Toutes les formes de l’aurore ont été photographiées et, par suite de la grande longueur de la base, les parallaxes sont très marquées, variant entre 5° et 15°.
- Cet effet de parallaxe est bien visible sur les photographies con-j u g.u é e s, grâce aux étoiles devant lesquelles l’aurore se projette. Les étoiles . sont déformées sur le bord du champ de l’objectif, qui ne couvre que la partie centrale des plaques, ........
- Les premiers calculs conduisent, pour une aurore mesurée, celle du 5 mars 1915, à une altitude de 120 kilomètres environ.
- En combinant certaines de ces photographies conjuguées, M. Stôrmer a réalisé des vues stéréoscopiques remarquables; c’est un très curieux spectacle de voir l’aurore, légère et vaporeuse, suspendue dans l’espace, en avant des étoiles.
- Le spectrographe se composait d’un prisme de 60° placé en avant d’un objectif « Kino-stigmat ». Il a permis de prendre un certain nombre de clichés intéressants sur lesquels on voit, en dehors de nombreux spectres d’étoiles, quelques images monochromatiques, enchevêtrées, de l’aurore.
- Le cinématographe a donné lieu, fréquemment, à des mécomptes, la pellicule n’étant pas, en général, impressionnée pour des durées d’exposition inférieures à 2 secondes.
- Toutefois, quelques aurores très lumineuses ont permis d’obtenir de bonnes images avec des expositions de 0s,o à ls, toutes les 2 secondes. Dans la vue reproduite ici . (fig. 3), chaque image a été posée 4 secondes.
- M. Stôrmer travaille, actuellement, à la mesure et au dépouillement des documents recueillis au cours de son expédition.
- La rédaction de ces matériaux exigera, à n’en pas douter, beaucoup de temps ; mais elle apportera certainement une nouvelle contribution importante à notre .connaissance de l’aurore polaire. . . Eîi. Toüchet.
- Fig. 3. — Transjormations d’une aurore polaire observée vers l’Ouest., à Bossekop, le 8 avril iqi3, enregistrées an cinématographe par M. Cari S tonner. Chaque image a été exposée 4 secondes (iire de haut en bas).
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Un relai pour T enregistrement des signaux.
- La télégraphie sans fil vient seulement de résoudre une difficulté que le détecteur électrolytique avait pu éluder : l’inscription normale des signaux Morse sur un appareil récepteur. Nos' lecteurs se souviennent avoir vu, à l’origine de la T. S. F., des bandes de papier portant des signaux Morse d’ailleurs parfaitement illisibles. Le tube radio-conducteur avait permis cette merveille de saisir les ondes au passage et de les obliger à manifester leur présence dans un récepteur Morse. Mais chacune de ces ondes, ou plus exactement chaque train d’ondes issu d’une étincelle donnait naissance à un et parfois deux ou trois
- galvanomètres à miroir qui permettent la photographie des signaux sur une bande de papier sensibilisé; cette méthode exige des appareils très délicats, impraticables, d’ailleurs, dans la plupart des stations.
- Le nouveau relai inventé et construit par MM. Tau-leigne, Ducretet et Roger, apporte une solution inédite à ce problème, une solution particulièrement intéressante par la robustesse et la facilité de réglage des appareils et par la netteté des signaux enregistrés. Il est associé avec un détecteur électrolytique modifié convenablement pour permettre son emploi
- Fig. i. — Poste complet de T. S. F. équipé avec les appareils Tauleigne, Ducretet et Roger : A, Relai nouveau : F, Sonnerie; E, Nouveau détecteur électrolytique; B, Bouton de réglage du détecteur ; M, Récepteur Morse; X, Clé permettant de varier la vitesse de déroulement du récepteur; S, Réglage de Self; C, Commutateur à trois plots ':'récepteur Morse; sonnerie, récepteur au son; RR, Récepteurs téléphoniques du poste permettant de recevoir au son. Ce posté est pourvu d’un détecteur à galène D. -
- points successifs. Or, un trait de l’alphabet télégraphique étant constitué par une série de trains se trouvait enregistré sur lé papier par une série plus longue de points dont l’ensemble constituait, avec beaucoup de bonne volonté, un trait Morse. Nous ne rappellerons pas l’irrégularité de cés signaux qué le mauvais fonctionnement des appareils rendait tout à fait illisibles.
- Le détecteur électrolytique permit de tourner la difficulté en instituant la lecture au son à l’aide de récepteurs téléphoniques; mais on se rendait bien compte qu’il serait très utile de pouvoir enregistrer sur les dépêches afin d’en faciliter la lecture et d’éviter les erreurs et les répétitions toujours très nombreuses sur les longues distances.
- On a essayé divers dispositifs pour obtenir ce résultat, en particulier l’enregistrement par des
- dans tous les cas, même dans les stations de bord, plus particulièrement soumises au déréglageà cause des mouvements des navires.’ r -
- Dans ce nouveau détecteur, le fil de platine' de l’électrode positive ' se continue hors du tube de verre sur une'longueur de plusieurs millimètres ; sa pointe peut être immergée plus ou moins dans le liquide à l’aide d’un bouton de réglage; elle plonge, non dans le vase, mais dans un tube capillaire ouvert par la base et terminé à sa partie supérieure par une sorte de petit entonnoir. Dans ce tube, et en raison de son faible diamètre, le liquide conserve toujours la même hauteur,' malgré lés mouvements que peut subir le détecteur; la pointe, une*fois réglée, reste constamment plongée d’une même quantité dans le liquide.
- Le relai, qui constitue l’organe essentiel du sys-
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- TELEGRAPHIE SANS FIL
- tème, comporte deux aimants permanents dont les extrémités polaires sont ramenées l’une en face de l’autre. Chacune d’elles est pourvue d’un enroule-
- après avoir subi une déviation, se trouve ramené dans la position du repos. Lorsqu’une onde est captée par l’antenne, elle produit une dépolarisa-
- Fig. 3. — Un élément d’aimant permanent avec ses deux bobines.
- Butoir de travail.
- Ressort.
- ment parcouru, dans le sens convenable, par le courant de la pile qui traverse l’électrolytique et qui amène les pôles de même nom aux extrémités se faisant face. On voit sur notre schéma que les pôles de même nom appartiennent à un aimant différent.
- Entre ces pôles oscille une plaque légère de fer doux disposée verticalement et soutenue par une lame-ressort longue et line. Cette lame est tendue horizontalement entre deux supports fixés sur le couvercle de la boite. L’un de ces supports comporte un bouton de manœuvre qui permet de tordre légèrement la lame et de favoriser ainsi les mouvements de la plaque de fer doux dans un sens ou dans l’autre. C’est là une méthode de réglage très ingénieuse qui peut être corrigée encore par l'éloignement ou le rapprochement du second support, manœuvre permettant de donner plus de longueur à la lame ou de diminuer cette longueur. Le degré de torsion se trouve ainsi légèrement modifié.
- La lame-ressort est surmontée de l’index du relai qui obéit, par conséquent, aux mouvements de la plaque, corrigés par la lame. L’index oscille entre deux butoirs : l’un de travail et l’autre de ce dernier étant constitué par
- Butoir de repos.
- Index
- -Lame _ Ressort.
- -Plaque _ Armature des bobines.
- Fig- 4-
- N
- repos,
- un corps isolant. Cet index est fait de deux parties : une tige rigide et une très légère lamelle métallique formant ressort. Cette lamelle
- Fig. 5. — Le nouveau délecteur électrolytique.
- E, électrode positive ; N,électrode négative; V, tube capillaire.
- don dans le détecteur et, par conséquent, une augmentation de l’intensité du courant qui traverse les bobines du relai. La plaquette de fer doux, attirée, entraîne l’index dont le léger ressort vient appuyer sur le butoir de travail pour envoyer le courant d’une pile locale (5 éléments) dans le récepteur Morse. Ce dernier fonctionne et enregistre un contact.
- Mais ce contact est de plus longue durée que le courant qui l’a provoqué à cause de la valeur assez grande de la self-induction des bobines. Cette self amortit pour ainsi dire les oscillations du levier dont le ressort assure la permanence du contact malgré les variations d’intensité produites par la succession des étincelles du poste transmetteur, même dans le cas d’emploi du système à étincelles rares. L’armature du récepteur Morse reste donc collée sur ses noyaux aussi longtemps que le manipulateur transmet un trait, et le papier enregistre ce trait comme, s’il était transmis par un poste télégraphique ordinaire.
- La netteté de la transmission apparaît, d’ailleurs, dans les fragments de bande que nous reproduisons. Ces résultats ont été obtenus sur des distances de 175 kilomètres avec une antenne de 12 mètres de longueur et 12 mètres de hauteur; avec une antenne de 60 mètres on a enregistré les signaux de la Tour Eiffel à Dijon.
- E
- \J
- TU
- -<u
- c. £
- Fig. 6.
- I
- est portée par la tige ; elle s’en détache très peu et présente son extrémité en face du butoir de travail.
- Le système étant mis sur réception, le courant de la pile locale traverse le détecteur, l’électrode positive se polarise rapidement et le levier du,relai,!
- Le progrès accompli est d’autant plus intéressant que la grande sensibilité et la légèreté des organes permettent l’inscription à toutes des, vitesses sans
- crainte de voir chevaucher les signaux.
- . . Lucmx Toikxiuh
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mars 1914 [suite). — Présidence de M. Appéll.
- Eaux se irraines. — M. De Launay présente une Note de M j.-A. Martel sur la caverne et la rivière souterraine la Beatus-Hôhle au lac de Thun (Suisse), qui contrib ut à démontrer l’inexactitude de la théorie de P ad (adoptée par Penck et son école) sur la Gr, casser ou eau de fond de la hase des formations calcaires.
- La configuration de la Terre. —M. P. Termier analyse un mémoire de M. Émile Belot sur les lois physiques qui ont régi la configuration de la Terre. Sur la Terre et sur Mars, les océans dominent beaucoup dans l’hémisphère austral. Ce fait peut être attribué à la translation de ces deux planètes dans la direction sud-nord à travers la nébuleuse primitive. Le frottement de cette nébuleuse sur la surface extérieure de l’atmosphère planétaire y déter-
- mine une circulation nord-sud qui se complète à la surface du noyau par une circulation sud-nord. C’est donc autour de l’antarctide que des courants verticaux froids peuvent atteindre le noyau et que la température peut être inférieure à 564°, température critique de l’eau. La condensation des océans a donc dû. se produire autour du pôle sud et a déterminé des courants vers l’équateur, ce qui explique la forme en pointe des continents austraux. Le calcul fondé sur le régime permanent des vitesses de ces courants ‘et de la matière solide qu’ils transportent est vérifié par les mesures directes : ainsi, au-dessous du niveau des mers, à 2000 mètres de profondeur, la largeur des océans est constante sur les parallèles de l’hémisphère austral et, d’autre part, la largeur des continents est pareillement constante sur les parallèles de l’hémisphère boréal. Cn. dé Yilledeuil.
- LE « FLOTTEUR-CANOT » DU COMMANDANT DE RYCKER
- L’idéal pour un canot est d’être stable et de ne pas chavirer. Mais ces deiix qualités, qu’on confond quelquefois, ne sont pas toujours solidaires. Un canot stable peut chavirer et inversement un canot inchavirable peut manquer de stabilité.
- Le type d’une embarcation très stable est une caisse longue, large et peu profonde; c’est la forme utilisée dans les glis-seurs, notamment dans leglis-seur Blériot (La Nature, n°21'17).
- La surface portante est très grande si bien que le canot oscille peu, mais il n’est pas défendu contre les agitations de l’eau qui, aussi bien qu’un déplacement de la charge intérieure, peuvent le faire chavirer.
- Inversement une sphère lestée est un type de flotteur inchavirable, mais qui oscillera facilement, malgré son équilibre stable ; cette dernière forme a été utilisée par un capitaine norvégien pour un engin de sauvetage composé d’une sphère en tôle d’acier de 5 mètres de diamètre, pouvant contenir 16 passagers ; cette sphère creuse ne permet aucune navigation.
- Le commandant de Rycker, du régiment des grenadiers'de Bruxelles, a depuis quelques années étu-1 dié l’influence du mouvement de l’eau sur la stabilité des embarcations, et ses recherches l’ont conduit à imaginer un modèle de canot d’un nouveau
- genre qui réunit de précieuses qualités de stabilité et d’inchavirabilité, .
- Du glisseur, il possède le fond presque plat qui le rend très porteur et lui permet d’échouer facilement; seule une petite quille défend la tôle du fond contre les chocs et les déformations (fig. 1); du glisseur encore il présente les flancs droits. L’avant et l’arrière sont deux circonférences (fig. 2) ; celle d’avant légèrement pointue, celles d’arrière de plus court rayon, pour augmenter la navigabilité. En vitesse le canot flotte sur son arrière, l’avant hors de l’eau. De la sphère, il conserve les qualités d’inchavirabilité, grâce à un dispositif mobile d’équilibration latérale (fig. 2 AN, MB), avec contrepoids. Une superstructure au profil approprié (fig. 1 ADE) refoule l’eau des vagues qui s’écoule dans le creux de la superstructure sans pénétrer dans le canot. Enfin une ligne de flotteurs F ajoute encore à la stabilité.
- Ainsi conçu, le flotteur-canot du commandant de Rycker se compose dans son ensemble :
- • 1° D’une coque comprenant .la, coque proprement dite ABC, la superstructure ADE, le dispositif mobile GD; 2° d’un flotteur; 3° d’accessoires divers.
- La coque proprement ditede forme, de compo-
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- 288 = LE « FLOTTEUR-CANOT » DU COMMANDANT DE RYCKER
- sition, de dimensions variables suivant la destination du canot (canot de rivière ou de mer), peut être construite pour chaque type, d’après les derniers perfectionnements, assurant la plus grande stabilité.
- La superstructure, pontage partiel au profil approprié, est destinée à s’opposer à l’introduction de l’eau, à rétablir l’équilibre automatiquement en' cas de remous, à servir de logement au flotteur placé intérieurement et à former en cas de chavirement une véritable « cloche à air » qui maintient au canot devenu « radeau » un franc-bord élevé, ce qui facilite le 'redressement.
- Le dispositif mobile, qu’on peut fixer au canot, quand il en est besoin, est destiné à maintenir ou à ramener le système dans là position d’équilibre. 11 est constitué par des flotteurs fixes ou mobiles, placés latéralement, et maintenus à distance par des tiges mobiles légèrement inclinées. L’inclinaison des tiges a pour objet d’amortir l’effort dû à la pression des flotteurs sur l’eau, en agissant automatiquement. Ce dispositif, placé au-dessus de la ligne de flottaison en charge, n’entrave pas la marche.
- En cas de renversement du canot, il suffit d’exercer une traction sur l’extrémité de la tige mobile du dispositif pour redresser le canot.
- Le flotteur est de construction à la fois légère eL robuste; il est indépendant de laj coque, d’une grande force de flottabilité, inaltérable, ' indestructible à l’encontre des compartiments j étanches généralement employés pour assurer l’irisubmersibilité. Il est placé obliquement à l’intérieur du canot sous la superstructure, de manière à'empiéter le moins possible sur le volume intérieur.
- En cas d’immersion du canot, il donne toute sa force, fait émerger la superstructure, ce qui facilite l’évacuation de l’eau embarquée et par suite, la remise rapide de l’embarcation dans son état normal.
- Sa forme * particulière s’oppose au déplacement
- éventuel de la charge intérieure, cause de chavirement.
- , Enfin divers.accessoires peuvent être ajoutés au canot, tels qu’un système permettant la rapide évacuation de l’eau embarquée ; un moteur placé à - l’abri dans une chambre complètement étanche, etc. Pour la navigation dans les eaux peu profondes, agitées, coulant sur des fonds rocheux, on préservera la coque contre les chocs, en l’entourant de fascines (placées dans le sens longitudinal) et formées de matières souples, légères, appliquées étroitement sur la coque au moyen de petits cables passant dans des attaches fixées sur tout le pourtour de celle-ci. On n’en fera usage qu’en cas de nécessité.
- Dans le même ordre d’idées, la quille et éventuellement l’hélice seront protégées par des dispositifs spéciaux.
- Le flotteur-canot, utilisé comme barque de sauvetage, peut être pourvu d’approvisionnements et d’objets de secours divers. Des compartiments étanches sont prévus sous les banquettes. Ils peuvent contenir de l’eau douce, des vivres, des vêtements, etc.
- L’ingénieux principe du flotteur-canot du commandant de Dycker trouve son application partout où . il sera nécessaire d’employer un appareil stable, insubmersible, indestructible, inchavirable dans les barques de sauvetage, les barques coloniales, les bateaux de chasse, etc.
- Les expériences déjà faites à Zeebrugge» dans des conditions très variées ont montré qu’un flotteur-canot tel que celui représenté sur nos figures, qui est de très petite taille, peut naviguer facilement, même dans les remous, le ressac, les brisants, les hauts-fonds, sans rien perdre de sa stabilité. Ce nouveau genre de canot est donc intéressant à signaler comme offrant une très grande sécurité, et rendra certainement de ce fait de nombreux services. A. B.
- ' Fig. 2.
- Plan du-flotteur-canot.
- Fig. 3. — Le flulleur-canol à sec, montrant le dispositif mobile.
- Fig. 4. — Coupe du flotteur-canot : MN, ligne de flottaison quand le
- canot est rempli d’eau.
- ,Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie Lahuu;, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2131.
- 28 MARS 1914.
- LA TRAVERSÉE DE L’ATLANTIQUE EN AÉROPLANE
- Parmi les exploits aériens, s’il en est qui frappent vivement l’imagination dés' peuples, ce sont bien les vols au-dessus de la mer. « Voler au-dessus de la mer,, a dit M. Paul Painlevé, c’est la légende des légendes. » Qu’on se rappelle l’enthousiasme qui salua, le 25 juillet 1909, la première traversée aérienne de la Manche, par Louis Biériot! Et tout récemment l’admiration que souleva l’heureux coup d’audace qui porta René Garros d’une rive à l’autre de la Méditerranée.
- par ses travaux aéronautiques, M. Alexandre Dumas, que revient le mérite d’avoir le premier posé le problème d’une manière complète et radicale (*). La hardiesse des vues qu’il a exprimées a séduit les uns et désorienté les autres, mais, en somme, a intéressé très vivement tout le monde.
- Une ère nouvelle de l’aviation. — Ce qui caractérise l’étude de M. Alexandre Dumas et ce qui a décidé l’initiative de la Société française de Navigation Aérienne, c’est qu’on n’envisage nullement
- Fig. i. — L’aérobus Sikorsky.
- Et voici qu’on parle d’aborder, en avion, la traversée de l'Atlantique. Le grand journal anglais Daily Mail offre un prix de 250 000 francs au héros de ce raid fantastique, et déjà un concurrent s’est inscrit : c’est M. Rodman Wanamaker, de Philadelphie, qui met en ligne un hydroavion Curtiss de 200 chevaux, à fuselage-coque, que le lieutenant américain Porte sera chargé de piloter de Terre-Neuve en Irlande. Enfin, mieux encore, le plus ancien de nos groupements aéronautiques, la Société française de Navigation Aérienne, vient, le 26 février, dans une séance solennelle à laquelle assistait le prince Roland Bonaparte, de décider la mise à l’élude de la préparation technique d’une telle traversée.
- C’est à un jeune ingénieur français déjà connu
- ici une épreuve qui pourrait être réalisée par un de nos avions actuels.
- Sans doute il n’est pas impossible de concevoir qu’un des appareils que nous sommes habitués à voir triompher dans les grands raids, aidé par un vent favorable et monté par des hommes d’une résistance physique exceptionnelle, puisse, parti d’Europe, parvenir en Amérique ou inversement; un moteur de 500 chevaux, l’entraînant à une vitesse moyenne de 140 km à l’heure, pourrait assurer le succès d’une telle tentative; cela durerait quelque 50 heures, consommerait deux ou trois tonnes d’essence et d’huile... et ne prouverait rien du tout.
- 1. Communication présentée à la Société française de Navigation Aérienne, 2G lévrier 1914.
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- 290 LA TRAVERSÉE DE L’ATLANTIQUE EN AÉROPLANE
- Déjà le célèbre vol de Garros ne prouve pas qu’on sache traverser la Méditerranée, mais seulement qu’un pilote émérite, servi par beaucoup d’audace et beaucoup de chance, l’a un jour traversée. Si l’on mesure l’état actuel de l’aviation aux traversées maritimes qu’elle permet, on doit se borner aujourd’hui à faire entrer en ligne dé compte la traversée de la Manche; la traversée normale de la Méditerranée, plus encore celle de l’Atlantique, restent du domaine de l’avenir.
- Pour que cet avenir se réalise, il faut que l’aviation entre dans une voie toute nouvelle, il faut qu’elle entre dans l’ère des grands appareils; on doit entendre par là des avions capables d’emporter une dizaine de personnes, de leur offrir un minimum de confort, inconnu actuellement, pour manger, dormir, se reposer, au cours d’une randonnée
- sur un tel avion, la répartition des poids :
- 4 moteurs de 200 chevaux(*) . . . 1080 kg
- Approvisionnement............... 4200 —
- Poids de l’appareil proprement dit . 2420 —
- 10 hommes....................... 700 —
- 9000 kg
- On voit bien qu’il ne peut s’agir de réaliser un appareil de ce genre sans aborder des études nouvelles. Dès maintenant, le succès de ces recherches paraît assuré par les résultats fort encourageants déjà obtenus par quelques hardis isolés; qu’il nous suffise de citer l’hydravion géant de Jeanson-Colliex, formé par l’assemblage en tandem de deux biplans de 27 m. d’envergure, pesant 4000 kg et actionné par 2 moteurs Chenu, à circulation d’eau, de 200 chevaux chacun, — et mieux encore les grands avions de Sikorsky dont le gouvernement russe
- de 50 ou 100 heures; de leur assurer enfin un minimum de sécurité également très supérieur à celui dont on semble se contenter actuellement.
- C’est dire que le moteur de cet avion de demain ne devra, pas plus qu’un moteur de locomotive, connaître là panne; qiie les manœuvres, exigeant des efforts considérables, se feront par l’intermédiaire d’un servo-moteur, sur lequel un stabilisateur automatique exercera son action constante pour aider le pilote et parer à ses défaillances. Et, en fait, l’avant-projèt élaboré par M. À. Dumas comporte un avion de 9 tonnes, 400 mètres carrés de surface portante, 500 chevaux de puissance trac-tive : celle-ci sera demandée à un moteur fixe, plus léger que le rotatif lorsqu’on fait entrer en ligne de compté les approvisionnements nécessaires pour une durée supérieure à 9 heures. Voici quel serait, .
- 1. Il y aurait sans cesse 2 moteurs en marche et 2 au repus.
- vient de consacrer, dit-on, le remarquable succès par des commandes assez sérieuses.
- C’est cette nouvelle orientation de la construction, c’est l’abandon des appareils-jouets actuels pour les aérobus puissants et sûrs qué va, on l’espère, provoquer l’émulation en vue de la traversée de l’Atlantique.
- Le choix d’un trajet. — Et maintenant, quelle route choisir pour ce voyage?
- M. Alexandre Dumas préconise celle des Açores et Terre-Neuve, avec les étapes suivantes :
- Paris-Angra (Açores), 54 heures.
- Angra (Açores), Saint-Jean (Terre-Neuve), 51 heures.
- Saint-Jean (Terre-Neuve)-New-York, 22 heures, ce qui, avec un total de 10 heures pour les arrêts de ravitaillement, donne 97 heures pour toute la traversée.
- On peut encore, laissant de côté le trajet terrestre initial Paris-Brest, établir une variante de ce même
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- CONTRE LE CADRAN DE 24 HEURES
- 291
- PUIS
- l V CANAÙ7V/ lTATS-UNIS f
- >^Srjÿ' ,
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- ' 1? Bermudes
- 'Andra (I. Tercerra)
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- fI S. Miguel)
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- i. Madère j
- Fig. 3. — La Traversée de l’Atlantique en aéroplane. — Les trajets possibles.
- parcours avec deux escales aux Açores, selon les étapes suivantes, dont j’indique les longueurs
- d’après le Bureau des longitudes :
- De Brest à Ponto-Delgada (Açores). 1948 km De Ponto-Delgada à Porta (Açores). 278 .—
- De Porta aux Bermudes.......... 5572 —
- Des Bermudes à New-York . ... 1252 —
- Sur ces parcours, on rencontrerait les conditions atmosphériques les plus favorables en été : des vents modérés soufflant de l’Est-Nord-Est aideraient le vol de l’avion vers l’Amérique; les voyageurs n’auraient qu’à vérifier avant le départ, par la lecture des télégrammes météorologiques des Açores, que le régime normal des vents est bien établi. Des Açores aux Bermudes, ils rencontreraient normalement à cette époque un courant aérien soufflant du Sud-Est.
- Une escale en Portugal pourrait d’ailleurs couper la première partie du trajet.
- l’Irlande et Terre-Neuve. En voici les grandes divisions :
- De Brest à Cork (Irlande)................. 515 km
- De Cork (Irlande) à Saint-Jean (Terre-Neuve). 5847 km
- De Saint-Jean (Terre-Neuve) à New-York. . 1982 km
- Mais ici les v*nts dominants soufflent de l’Ouest pendant toute l’année (ils sont surtout violents l’hiver) ; cette circonstance doit faire rejeter ce trajet pour les voyageurs partant de Francé et le recommande par contre aux aviateurs partant d’Amérique.
- A noter que la brume rend les atterrissages incertains à Terre-Neuve.
- Quoi qu’il en soit, nous allons assister bientôt à l’essai de M. Wanamaker; d’autres, plus mûris, suivront sans doute, mais c’est par un travail méthodiquement poursuivi dans les laboratoires et dans les ateliers de construction, que se préparera l’avènement du navire aérien transatlantique vraiment digne de ce nom. B. Chasséiuaujj.
- Une autre route (route du Nord) est possible par
- CONTRE LE CADRAN DE 24 HEURES
- Le nouveau bureau de poste de la rue Bergère à Paris vient d’èlre doté d’un cadran partagé en 24 sections, au lieu de 12 comme habituellement, mais la petitesse des divisions en rend la lecture assez pénible.
- Ayant été: l’un des promoteurs de la numérotation de 0 à 24 heures pourles horaires des services de transports, je voudrais montrer le peu d’utilité, voire les inconvénients, qu’il Y aurait, par contre, à diviser en 24 parties les cadrans memes des horloges et des montres.
- Les besoins, en effet, ne sont pas les mêmes dans les deux cas :
- Pour les horaires de trains, avec la chiffraison de 0 à 12 heures, deux fois répétée, il est souvent difficile de savoir si les heures indiquées sont
- du matin ou du soir. Certaines conventions assez simples permettent, il est vrai, de les distinguer, mais ces conventions varient d’un pays à l’autre, voire dans un même pays, et c’est une source de méprises. Ainsi, tantôt on imprime en deux couleurs différentes les heures de jour, et les heures dites de nuit (de G heures du soir à 6 heures du matin) ; tantôt, pour ces dernières, on souligne les chiffres des minutes; tantôt on intercale aux endroits convenables, dans les horaires, les mots matin ou soir, ou, simplement, les abréviations m et s, dans les pays de langue française et en Italie; met t (abréviations de manana et tarde) en Espagne; vm et mu (pour vormit-lag et naehmittag) en Allemagne; m et aft (pour monjon
- Fig. i. — Cadran de i2 heures sans chiffres.
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- 292 --LA MANUTENTION PNEUMATIQUE DES GRAINS
- et afton) en Suède ; am et pm (pour ante meridiem et post meridiem) en Angleterre, etc., etc.
- Avec la chiffraison de 0 à 24 heures, toute ambiguïté disparaît et les distinctions ci-dessus deviennent inutiles. Aussi, cette chiffraison, depuis longtemps usitée en Italie, même dans la vie courante, a-t-elle été successivement introduite aux Indes, au Canada, en Belgique, en Espagne, et tout dernièrement en France.
- Son adoption universelle, pour les horaires de toutes natures, n’est qu’une affaire de temps.
- Mais, pour les montres et les horloges, la situation est tout autre.
- Au moment où on les consulte, en effet, pour avoir l’heure, on sait toujours si midi est ou non passé ; autrement dit si l’heure lue est du malin ou du soir. Au lever du soleil, par exemple, lisant 6 heures, on ne sera jamais tenté de confondre avec 6 heures du soir.
- D’ailleurs, le plus souvent, on ne lit pas les heures inscrites sur le cadran. D’après les positions, relatives des deux aiguilles par rapport aux divisions et bien que les chiffres mêmes, en raison de la distance, aient cessé d’être lisibles, beaucoup de paysans, même illettrés, savent parfaitement, dans la campagne, apprécier de fort loin et à la minute près, l’heure exacte à l’horloge du clocher de leur village.
- Le chiffrage des heures est donc à peu près inutile.
- Sur le cadran ci-contre, entièrement dépourvu de chiffres, personne n’hésitera à lire 5 heures 12 minutes (fig. 1).
- On voit à Vienne, sur le Ring, et à Paris même, des horloges publiques au cadran non chiffré. La lecture de l’heure y est tout aussi facile.
- Si, sur les horloges des gares, on a cru devoir reproduire, à côté de la vieille numération de 1 heure à 12 heures, la chiffraison complémentaire de 15 heures à 24 heures, c’était surtout pour facililer la lecture des horaires aux personnes non encore familiarisées avec la nouvelle numération. Mais, avec le temps
- et l’accoutumance qui s’ensuivra, cette addition deviendra de moins en moins nécessaire.
- On passe aisément, en effet, de l’un à l’autre des deux systèmes en ajoutant au nombre lu dans l’après-midi sur le cadran, ou en retranchant, suivant le cas, de l’heure, supérieure à 15, lue sur un horaire, une dizaine et deux unités.
- Ainsi, par exemple, si on lit, dans la soirée, 9 heures sur une horloge, on en conclura que l’iieure correspondante d’un Indicateur des trains, serait :
- 9 -f 2 + 10 = 21 heures ;
- ou inversement, si le tableau de marche porte 21 heures, on saura que l’ancienne notation correspondante serait : 21 — 2 —10 = 9 heures du soir.
- En résumé, sans apporter d’avantages appréciables, l’adoption du cadran de 24 heures ne ferait que ’ rendre moins commode la lecture des heures, et moins précise celle des minutes. Mieux vaut conserver le cadran actuel en y remplaçant les chiffres par de gros traits de division
- — celui de midi au besoin un peu renforcé. Tout au plus
- — pour faciliter les références avec les horaires — pour-
- rait-on ajouter, en petits caractères, en regard de ces traits, la chiffraison habituelle de 1 à 12 et son complément de 15 a 24. Cn. Lallemand,
- Membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes.
- Fig.- 2. — Le premier cadran de 24 heures à Paris. Le cadran de la Gare Saint-Lazare qui n’est en réalité qu’un cadran de 12 heures dont les inscriptions changent à midi et à minuit.
- LA MANUTENTION PNEUMATIQUE DES GRAINS
- Pour la manutention des grains en vrac, on emploie depuis longtemps des élévateurs à godets s’il s’agit de les déplacer dans le sens vertical et de transporteurs hélicoïdaux ou à tablier sans fin quand on doit les acheminer dans une direction horizontale ou faiblement inclinée.
- Et, vu les perfectionnements apportés à ces différentes catégories d’engins de levage, on arrive maintenant à
- charger ou à décharger des cargaisons, sans grande dépense de force motrice, le navire fût-il ancré à
- Fig. 1.— Schéma du fonctionnement d’un élévateur pneumatique système Luther.
- une centaine de mètres du lieu d’emmagasinage. Mais tous ces appareils offrent un inconvénient capital. Sitôt qu’on change la direction d’acheminement de la matière, on doit intercaler une rallonge ou autre organe auxiliaire, en sorte qu’une installation primitivement simple finit par se compliquer démesurément. La manutention des grains amenés par mer présente, en effet, des difficultés techniques qui varient dans des limites considérables suivant la dimension des navires, la position du chargement et le mode
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- -.. LA MANUTENTION PNEUMATIQUE DES GRAINS —.........................-.. - 293
- de gerbage. En particulier, lorsqu’on commence à ment un peu plus de force que les autres transpor-décharger des céréales en Trac, le. grain se trouve teurs,maisils offrent certains avantages appréciables:
- Fig. 2. — Élévateurs pneumatiques Luther installés récemment sur le Weser, à Brake (Allemagne).
- juste aux écoutilles (L m. 50 à 6 mètres au-dessus du niveau de l’eau), ce qui oblige à amener le bas de l’élévateur juste à cette hauteur. Peu après, quand l’appareil plonge plus bas dans la cargaison, il doit descendre jusqu’à fond de cale, à une profondeur d’au moins 6 mètres au-dessous du niveau de la mer. Une fois le bateau déchargé, il faut remonter l’extrémité inférieure du transporteur au-dessus du point le plus élevé du pont, soit à 12 mètres environ au-dessus de la ligne de flottaison du cargo-boat. En définitive, l’extrémité inférieure de l’élévateur doit pouvoir comporter un écart de 18 mètres dans le sens vertical et encore ce chiffre est-il dépassé dans les transatlantiques modernes.
- Aussi, pour vaincre de si grandes difficultés, les techniciens imaginèrent le transport pneumatique qu’on a réussi à perfectionner au cours des dernières années. Les élévateurs à air comprimé consom-
- simpliçité de manœuvre, économie de place, augmentation de la valeur de la marchandise par la possibilité de séparer la poussière des grains au cours de leur manutention, etc.
- L’un des types les plus récents d’élévateurs pneumatiques a été construit par la maison G. Luther, de Brunswick (Allemagne), et en voici le principe (fig. 1). On raréfie fortement et de façon continue l’air dans un récipient v, à l’aide de pompes à pistons verticaux ou horizontaux. L’air extérieur se précipite alors à travers la toile de la houche d’aspiration suspendue au milieu de la masse des grains, et les entraîne au moyen de tuyaux ; puis ils tombent dans le fond de la trémie et de là dans un peseur double d formant sas à air. Ce dernier (fig. 5) se compose de deux bennes R, R, qui, oscillant autour d’un axe horizontal T, peuvent être amenées alternativement sous l’orifice de l’entonnoir V. Une fois un de ces récipients plein,
- Fig. 3. — Coupe du peseur
- double de l’élévateur formant sas à air.
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- 294 = PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L’AGE DU RENNE
- il dépasse le poids de F autre qui prend alors la position de remplissage et comme il est sans communication avec Y, l’air entrant par son extrémité supérieure force ' un clapet inférieur à s’ouvrir; par suite il se vide dans la chambre o d’oii on le dirigera à l’endroit voulu, au moyen des tuyaux r, r.
- Le tableau suivant résume les conditions de tra-
- vail des éléA7ateurs Luther.
- Force absorbée par Quantité rie. crains
- les appareils. manutentionnés par heure,
- 12 chev. 20 tonnes.
- 75 3> 40 »
- 155 » 75 »
- 175 » 100
- 250 » 150
- Notre photographie (fig. 2) représente une installation particulièrement importante de ce genre qui fonctionne, depuis peu, sur le Weser à Brake (Allemagne) et qui comprend quatre transporteurs à tlèche mobile d’une puissance globale de 560 000 kg à l’heure. Les trois premiers sont établis sur des pontons à tablier longs de 500 mètres et le quatrième sur un grenier à silo. D’autre part, cinq moteurs rotatifs d’un ensemble de 1000 chcv. assurent la marche de ces engins que complètent des appareils de glissage disposés dans des tours de déchargement mobiles et deux élévateurs à godets amenant le grain vers les tabliers qui le conduisent au grenier ou dans des allèges par-dessus le navire.
- Jacques Boyer.
- «S'SNVS*#»
- LES PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L’AGE DU RENNE
- En 1878, don Marcelino de Sautuola, notable { sur F « antiquité de l’homme ». Il y a là, en effet, propriétaire espagnol des environs de Santander, | des cavernes en grand nombre, qui paraissent des
- Fig. i. — Bison polychrome dWltamira.
- collectionneur, numismate, archéologue — et le tout simplement en amateur — revint de Paris, enchanté de l’Exposition universelle. Il y avait vu surtout les collections de préhistoire. Et il se demandait, en rentrant dans sa rude province montagnarde, à quelques kilomètres du golfe de Gascogne, si cette région ne fournirait pas, elle aussi, pour peu qu’on s’en donnât la peine, des documents
- sites rêvés pour l’habitation du « premier des hommes »....
- De fait, des recherches rapides, dans quelques-unes d’entre elles, livrèrent assez d’outillagé et d’objets préhistoriques pour que Sautuola, encouragé, décidât de fouiller, d’une façon plus rigoureuse, une grotte de son voisinage, sur le territoire de Santillane, et dont un chasseur, en 1868, avait
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- PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L’AGE DU RENNE ....:::::::: 295
- découvert l’entrée étroite, masquée par des broussailles....
- Cette grotte, Sautuola l’avait visitée déjà en 1875. Au fond des galeries, sur les parois, il avait remarqué quelques dessins en noir. Mais il y avait attaché si peu d’importance qu’il n’y pensaitplus, et, en 1879, il trouvait d’ailleurs trop d’objets dans le remblai de la grotte pour songer même à en regarder les murailles.
- Il emmenait avec lui sa petite fille. Elle jouait ou interrogeait les mystères de l’ombre. Un jour, elle s’écria : « Papa, il y a des bêtes au plafond 1 C’est un taureau ». Sautuola releva du sol où elle était penchée la belle barbe noire qui couvrait son visage, songea aux dessins de 1875, et, au lieu de rassurer l’enfant comme sans doute la pensée lui en était venue, il haussa la lumière de sa lampe vers le point que lui montrait en Pair une petite main tendue. Ainsi furent découvertes les gravures et
- Fig. 3. — Grand cerf élafhe (Allamira).
- peintures sur rocher de la grotte de Juan Mor-
- 1. Peintures et gravures murales des cavernes paléolithiques publiées sous les auspices de S. A. S. le prince Albert Ier de Monaco, Monaco, collection grand in-4°, avec planches en couleurs et en noir (se trouve à Paris, chez Masson et Cin). Sont parus : E. Cartailhac, H. Breuii., Ai.cax.de del Rio. La caverne d’Altaniira à Santillane, près San-lander {Espagne), 1906, 275 p., 57 pl., 205 fig. (45 francs); L. Capital, II. Peïrony, II. Breuil. La caverne de Font de Gaume aux Eyzies [Dordogne), 1910, 271 p., 65 pl., 244 fig. (80 francs); II. Alcai.de del Rio, II. Bredil, L. Sierra. Les cavernes de la région Cantabrique [Espagne), 1911 [le titre extérieur porte : 1912], 265 p., 100 pl., 258 fig. (100 francs); II. Breuii,, H. Obermaier, II. A. del Rio. La Pasiega à Pucnte Viesgo [Santander), 1915; 64 p., 91 lig., 50 pl. prix 50 fr. (Y. notre Bibliographie au n° 2125, 14 février
- 1914, p. 87). Salojion Reinacii a publié, d’autre part, un très précieux Répertoire de l’art quaternaire, Paris, Leroux,
- 1915, in-12, 205 p. et pl., où les peintures et gravures sont données en croquis (5 francs).
- Fig. 2. — Bison mugissant {Allamira).
- lero, baptisée par la suite caverne d’Altamira....
- Or, l’année d’avant celle-Là, en 1878, et dans une toute autre région, à Aiguèze, dans le Gard, un « instituteur public » de Saint-Just, M. Léopold Chiron, avait fait une découverte analogue. Dans une grotte dite « de Chabot », du nom de son propriétaire, il avait remarqué des dessins entaillés et enchevêtrés sur les parois de droite et de gauche. Il crut démêler ici des oiseaux les ailes ouvertes, là un arc tendu et cinq ou six personnages. Il en prit d’abord un estampage, et, plus tard, des photographies....
- C’est de ces deux découvertes, qu’est sortie la connaissance de l’art pariétal des cavernes, marquée, depuis dix-neuf ans, par une série de prodigieuses trouvailles, et dont les documents, longtemps épars, se réunissent depuis quelques années, grâce au prince de Monaco, en un magnifique Corpus (*).
- La chose pourtant n’alla pas sans peine ni combat. On vient de le voir, les premières découvertes sont de 1878 et 1879 : or, jusqu’en 1895, leur authenticité fut presque unanimement niée.
- — Grande biche {Allamira).
- Fig. 4.
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- PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L'AGE DU RENNE
- Fig. 5.
- Cet épisode n’a plus aujourd’hui qu’une valeur historique : il est bon cependant de le raconter à grands traits, parce qu’il illustre les conditions réelles du progrès scientifique et que ces conditions, bien comprises, rendent indulgent pour des erreurs qui semblent facilement aussi monstrueuses, une fois reconnues, qu’elles étaient, d’ailleurs, naturelles sur le moment.
- L’immense
- majorité de nos savants est faite de professeurs ; ce n’est même, le plus souvent, qu’en cette seconde qualité qu’ils ont uneexistenceoffi- ' ,
- cielle, et, quelques efforts qu’on ait déjà faits, nous avons beaucoup plus une organisation d’instruction publique qu’une véritable organisation scientifique, surtout qu’une organisation scientifique de recherche sur le terrain. Aussi,
- si les savants compétents, en charge, savent parfaitement explorer un domaine scientifique déterminé, la piste qui y mène leur est-elle souvent révélée par d’autres, par des « amateurs » comme Sau-tuola et Chiron, et comme le fut avant eux le fondateur même de la paléontologie humaine et de la préhistoire, Boucher dePerthes. Le rôle de ceux-ci est si grand qu’une histoire minutieuse de la plupart des sciences montrerait peut-être en eux les principaux fournisseurs de nouveaux matériaux d’étude — mais aussi leur innombrable production, désordonnée dans l’ensemble, dans le détail embrouillée de confusions ou d’erreurs, gâtée par des considérations accessoires, exagérées ou surannées, se présente, il faut l’avouer, comme un énorme fatras (.*) : une immense patience seule peut y bluter le bon
- 1. Voir dans Alcide Ledieu, Boucher de Perthes (Abbeville,
- Deux mammouths se suivant. Graffile léger. (Font de Gaume.)
- jy
- Fig. 6. — Rennes affrontés polychromes (Font de Gaume)
- Fig. 7. -en noir
- grain de l’ivraie. Quand enfin certains de ces travaux paraissent dignes d’un examen précis, la probité même d’une sévère méthode peut conduire
- à les faire rejeter à tort : c’est ce qui se passa pour Chiron et Sau-tuola.
- Chiron semble n’avoir jamais douté que les gravures observées par lui fussent d’âge quaternaire. Il attendil cependant une dizaine d’années avant d’en parler officiellement,
- dans une communication à la Société d’Ànthropologie de Lyon en 1889. Le professeur Chantre, qui lut
- cette communication, rapprocha les gravures signalées, qu’il supposait de « l’âge de la pierre polie », de celles de la même époque qu’on trouve sur plusieurs points de la France, notamment en Cham-- pagne et dans le Gard, et il annonça son inten-* tion d’aller voir
- la grotte Chabot. L’année suivante, une demi-douzaine de membres de l’4cadémie de Vaucluse, dont le siège est à Avignon, se rendirent à Aiguèze, et visitèrent diverses grottes fouillées par Chiron, entre autres celles « du Figuier » et la grotte Chabot. Le rapporteur de l’expédition, R. Val-lentin, secrétaire de l’Académie, juge au tribunal de Montélimar, à moins qu’il ne fût receveur des domaines à Villeneuve-lez-Avignon (2), fit en rentrant un vif éloge des trouvailles d’objets effectuées dans ces grottes, par Chiron, depuis 1878 — puis, juste avant de conclure et d’engager celui-continuer ses fructueuses recherches », il
- 40‘
- w
- Tête d’un loup (Combar elles).
- ci a «
- 1885) la liste des publications de Boucher de'Pcrlhes : sa graphomanie est évidente.
- 2. En 1890, deux Vallentin étaient membres titulaires de cette Académie : rien n’indique lequel des deux est le nôtre.
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- exécuta en six lignes les dessins gravés : « Sur les parois de la grotte [de Chabot], on distingue, dit-il, assez nettement une série de lignes gravées grossièrement et sans esprit de suite; l’assemblage en est bizarre. Tous les membres présents de l’Académie ont estimé qu’on ne pouvait
- Altamira était d’ailleurs bien supérieur à la grotte Chabot. Dès 1880, il publia, à Madrid, une brochure, d’une trentaine de pages, où il exposait ses découvertes préhistoriques dans la province de Santander, donnait, en quelques planches, une image des peintures d’Altamira, identifiait les animaux figurés, déclarait ces œuvres paléolithiques et faisait appel, en terminant, aux études de spécialistes autorisés. Sur quoi, articles enthousiastes dans les journaux espagnols, affluence de visiteurs venus de tous côlés, excursion du roi Alphonse XII à la caverne d’Alta-j mira, visite du bon géologue Yilanova, professeur à : l’Université de Madrid. Yilanova confirma les con-- clusions de Sautuola, et fit sur ses trouvailles, à Santander, en 1880, une série de conférences. Il
- Fig. 8.
- Harde de biches en fuite et aux aguets (Cavalanas).
- les dater des temps préhistoriques et qu’ils étaient vraisemblablement d’une époque relativement récente ». Il semble que Chantre ait été du même avis. Chiron ne se tint pas pour battu et, en 1893, il publia une nouvelle notice, avec des photographies, sur les dessins de la grotte Chabot, dans le premier volume de la Revue historique, archéologique, etc., du Vivarais, fondée par Paul d’Albigny. Pratiquement, l’affaire n’en était pas moins enterrée. C’est seulement quelques années plus tard, en 1896, lorsque des faits nouveaux eurent fait reviser le
- procès d’Altamira, que la grotte Chabot fut, elle aussi, et par ricochet, réhabilitée. Le Dr P. Raymond signala à nouveau les gravures (mais en déclarant ne pouvoir conclure), Lombard Dumas trouva un mammouth que n’avait pas vu Chiron ; enfin en 1901, le Dr Capitan donna pleine raison à celui-ci (1).
- A l’inverse de Chiron, Sautuola fut, dès le début, absolument affirmatif
- Fig. 9. — Bison noir peu modelé (Castillo).
- ce qu’il avait trouvé à
- 1. Le récit de l’épisode de la grotte Chabot, dans La caverne d'Altamira (p. 20) est erroné. La bibliographie y indique, en ce qui concerne le travail de Chiron : « Léopold Chiron. Le Magdalénien du Bas Vivarais (Revue hist. et arch. du Vivarais, t. I, 1878, p. 457-442, avec 2 photos). — La Grotte Chabot [idem, 15 octobre 1893, p. 17). — Notes sur les dessins de la Grotte Chabot, dans le Bull. Soc. d’Anthrop., Lyon, 4 mai 1889, p. 96-97, — Rapport sur les grottes Chabot et du Figuier, dans Acad, de Vau-
- voulait, de plus, les signaler au Congrès anthropologique de Lisbonne qui s’ouvrait en septembre de la même année, et ce serait alors évidemment le triomphe; on terminerait le Congrès, pensait-il, par une excursion à Altamira! Il fallut déchanter. Les meilleurs préhistoriens d’Europe se trouvaient au Congrès : Quatrefages,
- • 'VT Virchow, Morlillet, Ca-
- pellini, Evans, Pigorini, Cartailhac, Chantre, Ca-zalis de Fondouce ; aux premières ouvertures de Yilanova, ils sourirent, et Vilanova garda le silence.
- Peu de temps après, M. Harlé, ingénieur des Ponts et Chaussées, collaborateur de ces Matériaux pour Vhistoire primitive de l'homme qui étaient Y Anthropologie d’alors, s’en fut visiter Altamira. Il étudia la grotte et ses peintures avec un soin minutieux, et fit, dans les Matériaux
- cluse, t. IX, 1890, p. 544. » Ces indications sont à rectifier comme suit : Chiron. La Grotte Chabot, commune d’AiguèZe (Gard) (Bull. Soc. d’Anthrop. de Lyon, t. VIII, 1889, p. 96-97). — Roger Vallentin. Les grottes du Figuier et de Chabot sur les bords de l’Ardèche (Mém. de VAcad, de Vaucluse, 1890, t. IX, p. 344-48). — Chiron. Le Magdalénien dans le Bas Vivarais (Revue hist., arch., lût. et pittor., du Vivarais, t. I, n° du 15 octobre 1893, p. 437-442,2 photos).
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- PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L’AGE DU RENNE
- ('1881, p. 275 sqq.), un véritable « rapport d’expert », clair, lucide, probe, décisif, qui ne laissait rien debout de la découverte.
- Parfaite méthode excellentes raisons : on ne re-Irouve pas trace, disait-il, de fumée au plafond de la caverne ; quelques-uns des animaux sont très artiste-ment peints, avec un air de fraîcheur; presque par tout la peinture peut s’enlever ,avec le doigt, etc. Bref, selon lui : « On doit conclure pour tous ces dessins, et surtout pour ceux dont l’exécution a exigé le plus de temps, -qu’ils datent d’une époque où l’éclairage était très perfectionné », et, pour préciser, il semble probable qu’ils ont été faits dans l’intervalle des deux premières visites de M. de ^ ^
- Sautuola, de 1875 à
- 1879 : méthode parfailc ----------
- et conclusions fausses. Ce { rapport, quand on le relit aujourd'hui, parait irréfutable encore : combien
- ne dut-il pas le paraître davantage, en toute bonne foi, au Congrès de l’Association française pour l’a-
- Fig. io. — Petit cheval noir modelé passant aux teintes plates (Castillo).
- Fig. ii. — Signes en noir (bonshommes?) (Castillo).
- qu’une macédoine d’arguments douteux mêlés . à quelques bonnes raisons, et qu’une accusation de faux volontaire contre M. Ilarlé, qui ne pouvait que faire rire tout haut : mauvaise métbode au service d’une vérité certaine, ce qui arrive aussi. ...
- Àltamira fut donc rayé : personne ne parle plus des peintures dans les publications, et en 1889, au Congrès anthropologique de Paris, Vila-nova lui-même, plus las sans doute que sceptique, parlait d’autre chose. Il ne restait, pour croire à la découverte de Sautuola, que, d’un côté, quelques Espagnols, et de l’autre, avec ce sûr instinct qui discerne le vrai en dépit des mélhodes, le plus grand préhistorien français.l’au-tmv deV Art pendant T âge du Renne (*), Edouard Piette ; il écrivait en 1887 à M. Cartailhac : u Don Marcelino de Sautuola m’a envoyé sa brochure.... Je ne doute pas que ces peintures ne soient de V époque magdalénienne.... »
- vancement des sciences, réuni à La Rochelle en 1882, lorsque Vilanova en colère ne sut invoquer contre lui, sur un ton agressif et violent même, dans un mauvais français qui devait faire rire tout bas,
- Comment le problème d’Altamira se trouva-t-il
- 1. Posthume, public par H. Breuii, et Fischer. Masson et C‘% 1907. Voir l’article de E.-A. Martel, L’Art pendant l’âge du Renne (La Nature, n° 1852).
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- PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L’AGE DU RENNE
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- enfin résolu dans le sens de Piette? Comme le sont beaucoup de problèmes scientifiques, en cessant de se poser. Jusqu’en 1894 — la grotte Chabot n’ayant jamais été qu’une affaire de province, sans adversaires illustres, et en elle-même, d’ailleurs, fort disproportionnée — les peintures d’Altamira avaient été uniques : c’est l’argument fondamental qu’elles avaient contre elles. En 1894, E. et G. Berthoumcyrou aperçurent des gravures sur rocher dans une grotte de Dordogne, à la Mouthe, près des Eyzies. M. E. Rivière les étudia à partir de 1895, et leur authenticité fut admise par MM. Capitan, d’Àult du Mesnil, Féaux et Cartailhac. Piette, aussitôt, rappela les peintures d’Àl-tamira. En 1896, Fr. Daleau, qui, depuis quinze ans, poursuivait, dans la Gironde, le déblaiement de la grotte de Pairet non Pair, où, dès 1885, il avait remarqué sur la paroi des lignes entre-croisées, reconnut, dans ces lignes et dans d’autres, le dessin d’une douzaine d’animaux, les contours d’un cheval notamment. La grotte de Chabot est réhabilitée en 1901. En 1897, Félix Régnault et Jammes découvrent des peintures à Marsoulas, dans la Haute-Garonne. En 1901, et à huit jours de distance, deux grotles des Eyzies, en Dordogne, celle des Combarelles (’) et celle de Font de Gaume, en livrent de nouvelles, à MM. Peyrony, Capitan et Breuil. Et bientôt elles se multiplient, aussi bien en France qu’en Espagne : les sites sont
- calde del Rio, leP. Sierra, Cartailhac, abbé Breuil, etc. Toutes ces grottes, non seulement se répartissent sur un immense territoire, mais l’uniformité des sujets et des techniques indique en même temps, à travers ce territoire, l’existence d’une civilisation unique. D’aulre part, la nature des animaux représentés, l’étroite et évidente parenté des œuvres sur ro-
- \
- Fig. 14. — Inscription symbolique (?) (la Pasiega).
- aujourd’hui au nombre d’une cinquantaine, dont les principaux sont, outre ceux déjà cités les grottes de Niaux (Ariège, découverte du commandant Mo-lard, 1906), du Portel (Ariège, découverte de MM. Jeannel et Jammes, 1908), la grotte d’Alpera (Espagne, province d’Albacete), la grotte de Castillo (Santander), l’abri de Cogul (province de Lérida), la grotte de Hornos de la Pena (Santander), la grotte de Pindal (province d’Oviedo), trouvailles de MM. Al-1. Yov. C.AiTfAN et ItuF.rn.. La Nature. n° 1503. 15 mars 1902.
- Fig. i3. — Signes divers et lecliformes (la Pasiega).
- cher avec Tes œuvres gravées ou sculptées sur pierre ou sur os, ne laissent non plus aucun doute sur leur âge géologique, sur leur place dans la préhistoire : leur ensemble appartient à cet âge du Renne dont Piette a décrit ce qu’on pourrait appeler les arts mineurs, à ce magdalénien qui est la division supérieure des temps paléolithiques et où vivait, dans ces mêmes régions, la race humaine dite de Cro Magnon....
- Mieux qu’une longue et inerte description, les gravures. ci-jointes empruntées à la collection des Peintures et (/rayures murales (1), font saisir ce qu’a été l’art pariétal de l’âge du Benne. Les dessins d’animaux, gravés ou peints, y sont l’énorme majorité, les plantes étant, exclues, et l’homme n’étant représenté que par quelques rares croquis, tous d'un art fort inférieur, et la plupart encore d’une identification très douteuse. Les espèces animales figurées ne sont pas moins d’une trentaine : l’antilope, le bison, le blaireau, le bœuf, le canard, le cerf, le chamois, le chat, le cheval, le chien, la chèvre, le cygne, le daim, l’élan, l’éléphant, le glouton, l’isard, le lièvre, le lion, le loup, la loutre, le mammouth, l’ours, le phoque, le renard, le renne, le rhinocéros,le sanglier, la truite, le thon.... Toutes naturellement ne le sont pas avec la même abondance : la truite, qui se trouve en petit nombre et
- 1. Toutes ces gravures nous ont etc communiquées aimablement par les éditeurs des Peintures et gravures murales avec l’assentiment de S. A. S. le prince de Monaco, à qui nous adressons tous nos remerciements (N. B. L. R.'.
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- 300 = PEINTURES ET GRAVURES MURALES DE L'AGE DU RENNE
- dessinée sur l’argile du sol, à Niaux seulement, et un unique dessin du thon, ou d’un poisson voisin, qui se trouve à Pindal, sont, par exemple, les seules images de poissons. D’autres identifications sont douteuses (1). Les animaux de beaucoup les plus fréquents sont les biches, les chevaux, les bisons, dont la fréquence varie d’ailleurs suivant les lieux et suivant, semble-t-il, les époques : à Font de Gaume par exemple, sur deux cents animaux, on compte 80 bisons, 40 chevaux, 23 mammouths; à Àltamira au contraire, bien que les bisons soient très nombreux et les chevaux abondants, la prédominance est aux biches; enfin, il parait bien que dans l’ensemble la supériorité du nombre ait appartenu suc-
- lignes du corps, sont des pièces admirables : ils donnent la magnifique impression d’une force calme, immobile et prête à bondir. D’autres, qui mugissent, les sabots rapprochés, la queue dressée, le col tendu, ceux-ci qui galopent, ceux-là qui sont couchés et ramassés sur eux-mêmes, des cerfs qui luttent ou qui s’affrontent en paissant, des sangliers qui foncent (à Niaux), un grand nombre trahissent une sûre maîtrise technique; M. l’abbé Breuil qui en a reproduit les couleurs et les traits dans des séries de beaux pastels, méticuleusement établis sur place au prix d’un immense et souvent pénible labeur, nous les a restitués avec le plus heureux talent (*) : on peut, grâce à lui, se les figurer tels
- PLAN DE LA CAVERNE
- LA PASIEGA (Puente Viesgo)
- Echelle en mètres
- comblée de fierrail/ea
- Fig. i5. — Plan de la Pasiega (labyrinthe compliqué, d’accès difficile, où les figures et signes sont parfois placés en des points d’abord périlleux).
- cessivement d’abord au cheval, puis aux cerfs et aux biches, et pour finir, au bison. D’une manière frappante, la grande masse de ces animaux, sinon leur totalité, comme il avait semblé d’abord, .est, suivant la remarque de M. S. Reinach, faite d’animaux utiles à l’homme et généralement gras et rebondis. A côté d’eux le nombre des carnassiers est infime....
- Les admirables planches en couleurs des quatre luxueux volumes déjà publiés aux frais du prince de Monaco montrent quelle beauté pouvait atteindre la peinture de l’âge du Renne. De grands bisons — il en est un qui mesure 1 m. 50 des naseaux à la racine de la queue — peints en rouge et en noir savamment nuancés, en rouge pour les parties où la peau est à nu, en noir pour celles qui sont fournies de laine, avec des rehauls de gravure autour de l’œil, des cornes, du mufle et de quelques larges
- 1. Ainsi l’admirable rhinocéros de Font de Gaume est contesté par M. Martel, mais à tort, semble-t-il.
- qu’ils apparaissaient sur le fond roussâtre de la caverne, aux plafonds ou sur les murailles, aussi bien dans les salles vastes, que dans les boyaux étranglés ou les recoins mystérieux parfois difficiles d’accès où on ne sait quelle intention a situé leurs images. Toutes les œuvres ne sont pas de cette valeur : il y a des croquis informes et des dessins ratés. Elles ne sont pas non plus de cette unique technique. Outre ces peintures polychromes, faites de rouges, de noirs et de jaunes variés, il y a de simples gravures au trait, sans couleurs, des dessins linéaires en noir et en rouge, n’offrant guère qu’un contour, des dessins modelés en noir, des fresques de teinte unie, noire ou brune, des fresques rouges faiblement modelées. Comme d’ailleurs ces diverses peintures ou gravures se superposent fréquemment et, à ce qu’il semble, toujours dans le même ordre, il n’est pas impossible de décrire dans ses grandes
- 1. Les originaux de l’abbé Breuil sont aux archives du Musée anthropologique de Monaco.
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- LA LOI DES DISTANCES DES PLANETES ET SATELLITES = 301
- lignes, la succession de ces techniques : la gravure au trait simple semble avoir été la première et la fresque polychrome la dernière. A côté enfin de ces images d’êtres vivants on trouve des dessins plus ou moins schématiques, signes divers en noir ou en rouge, empreintes de mains droites ou contours, plus fréquents, de mains gauches, peut-être représentations d’armes semblables au boomerang australien, caractères alphabétiformes mais n’étant cependant sûrement pas des lettres, etc., etc....
- Si l’âge géologique de tout cet ensemble n’est, on l’a vu, pas douteux et de la fin du paléolithique, son âge social — le niveau de civilisation auquel il correspond — ne l’est pas davantage. L’indication qu’il donne est la même que fournissait le matériel connu antérieurement : on est évidemment en présence d’une civilisation primitive, non point sans doute du type le plus bas, mais comparable, avec le vague qu’implique un champ si large, à celle des Peâux-bouges, et même, d’une part, des Australiens et, d’autre part, des nègres de l’ethnographie actuelle. La ressemblance essentielle, qui est étroite, entre l’art des cavernes françaises et espagnoles et celui de tous ces peuples « inférieurs » a d’ailleurs été très bien mise en relief par les auteurs de la collection des Peintures et gravures. Rien donc de plus vraisemblable et, quant à moi, je pense, de plus certain, que l’existence, chez les peuplades antiques qui ont produit cet art, d’une mentalité, de mœurs et d’institutions analogues à celles des peuplades qui leur correspondent aujourd’hui. Il va de soi seulement que cette conclusion, déjà acquise
- avant la découverte de Part pariétal, est d’un caractère général et ne permet pas sans doute d’accepter comme définitives les quelques explications — par la magie, par le totémisme — trop précises qu’on a tenté d’en tirer.
- D’autre part, quel est l’âge historique de ces œuvres peintes ou gravées, c’est-à-dire de l’âge du Renne? A ce sujet, les découvertes n’ont rien apporté. Feu Andrew Lang a rapproché l’art préhistorique de l’art mycénien (*) et M. Martel a songé à une contemporanéité avec les premières civilisations égyptiennes (Évolution souterraine, p. 506).Hoernes a signalé la ressemblance, jusqu’ici inexpliquée, qui existe entre la décoration d’un laâton de bois de Renne de Lortet et une peinture de vase du style du Dipv-lon(2). Moi-même, j’ai essayé ailleurs(3) de montrer, à la suite des découvertes de sculptures de l’âge du Renne qui se sont produites dernièrement (4), que, pour des raisons théoriques, tout cet art semble indiquer l’existence par ailleurs d’une civilisation, préexistante et plus grande, dont il aurait subi la lointaine influence, et, tout en étant sans aucun doute paléolithique, serait cependant beaucoup plus récent, quant au nombre de siècles, qu’on ne le croit généralement ; c’est-à-dire que le magdalénien serait plus rapproché de nous que ne le prétendent encore nombre d’auteurs et que, préhistorique pour l’Europe occidentale, il a pu être contemporain d’autres civilisations exotiques dites protohistoriques.... Mais jusqu’ici, les faits n’ont donné aucune réponse à ces questions, ni à ces difficultés de synchronisme.
- Jean-Paul Lafitte.
- LA LOI DES DISTANCES DES PLANÈTES ET SATELLITES
- - et la stabilité du système solaire.
- Plusieurs astronomes, à la suite de Newcomb, croient encore qu’il n’existe pas de loi des distances des planètes et satellites au centre de leur système. Cette opinion peut, à la rigueur, se soutenir si elle vise la loi de Titius-Bode (R„ = 0,4 -f- 0,5 X 2n) qui permet empiriquement de trouver en unités astronomiques des valeurs approchées des distances des planètes en formant la suite : 0, '!, 2, 4, 8, 16, 52..., multipliant chacun de ces nombres par 0,5 et ajoutant au produi. 0,4. L’objection que cette loi donne pour la distance de Neptune 58,8 au lieu de 50 n’a qu’une faible valeur parce que la loi des distances ne s’applique probablement pas à la région rétrograde d’un système, et Neptune est dans cette région puisque sa rotation est rétrograde. Mais la loi de Bode est en contradiction avec la Mécanique céleste, ce qui est beaucoup plus grave : en effet, elle donne une distance très exacte (5,2) pour Jupiter et très inexacte (10 au lieu de 9,5) pour Saturne. Si dans le passé ces planètes géantes ont changé de distance, ce ne peut être que par leur attraction mutuelle. Or, le rapprochement de Saturne, d’après la loi de Bode, est 14 fois plus grand que ne le veut la Mécanique céleste.
- Il ne suffit pas pour rejeter une loi empirique qu’elle présente de légers écarts avec la réalité : les trois lois empiriques de Kepler ne sont qu’approximatives. Si
- Newton avait adopté à leur égard l’altitude sceptique que nous dénonçons plus haut, il n’aurait pu démontrer l’universalité de la gravitation.
- La seule différence qui existe pour les astronomes entre les lois de Kepler et la loi des distances, c’est qu’ils ont expliqué très simplement les premières par la loi de Newton et qu’ils n’ont pu .y rattacher la dernière. Mais cet échec ne suffit pas non plus pour qu’on la rejette a priori.
- En adaptant à la Science moderne les idées de Descartes, j’ai pu édifier une nouvelle Cosmogonie tourbillonnaire (s) et démontrer une loi des distances plus simple (2 paramètres au Jieu de 5) et plus précise que celle, de Bode : cette nouvelle loi a été présentée en 1905 à l’Académie des Sciences par H. Poincaré. Le tableau ci-dessous des distances calculées et observées
- 1. S. Reixa.ch. Répertoire..., p. 21.
- 2. Idem, p. 125.
- 5. La sculpture dans les Pvrénécs (Revue du Mois, 10 avril 1912).
- 4. Bas-reliefs de Laussel (Dordogne) : chevaux, sculptés, figures humaines ; statuettes de la caverne du Tue d’Audubert (Ariège) : bisons (découverte du comte Bégouen en 1912).
- 5. Voir mon Essai de Cosmogonie tourbillonnaire, Pans,
- 1911.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- lie laisse aucun doute sur la réalité de cette loi; il fait ressortir en outre bétonnante correspondance entre le système solaire et le système de Saturne :
- LOI EXPONENTIELLE DES DISTANCES Xn DES PLANÈTES ET SATELLITES
- xn — a — t:*‘ (a rayon du tourbillon générateur).
- Système solaire
- n. Distances : Calculées ;. Observées.
- 1. Anneau zodiacal . . . 0,2888 ))
- 2. ----- — ... 0,2915 »
- 5. — — ... 0,3065 a
- 4. 0,3386 »
- 5. Mercure 0,5904 0,3870
- 6. 0,4878 )>
- 7. Vénus. . 0,6714 0,7253
- 8. Terre . 1,017 1
- 9. Mars. . 1,668 1.5236
- 10. Cérès, etc 2,893 2,75
- 11. Jupiter. . 5,201 5,2028
- 12. Saturne 9,546 9,5588
- 13. Uranus. 17,728 (19,185)) g"
- 14. Neptune ,(30,055) S %
- Système de Jupiter
- x„. — 0,795 = '1,7175"'.
- 1. V. . . 2,5125 2,55
- 2. 3,7447 »
- 5. I. . . 5,8713 5,955
- 4. Il .. . 9,4964 9,439
- 5. 111.. 15,7396 15,057
- 6. IV.. . . 26,462 26,486
- 7. 44,876 »
- 8. 76,508 »
- 9. VI-VH. 160-167
- 10. 221,155 »
- 11. VIII. . 384,37 557 (rétro)
- Système de Saturne.
- xn — 0,1 — 1,511".
- 1. Anneau ( : 1,411 . 1.2-1,5
- 2. — 1 ! 1,819 1,5-1,96
- 5. t 2,355 1,96-2.5
- 4. Mimas. 3,07
- 5. Eneclade 3,974 5.94
- 6. Télhys. 5,177 4,87
- 7. Dioné . , 6,756 6,25
- 8. Rliéa . 8,826 8,73
- 9. — 11,546 ))
- 10. . . 15,098 »
- 11. Titan . 19,762 20,22
- 12. Ilypérion -X . . . . . 25,877 24,5-24,2
- 15. — 33,89 D
- 14. — 44,40 »
- 15. Japet . . 58,18 58,91
- » — . . y>
- 19. 171,67 T>
- 20. Phébé. . 225,05 (S Ï14) (rétro)
- Système il' Uranus ,r„ —4,9 = '1,496».
- 1 . . . 6.596 ))
- 2. Ariel . . . 7,138 7,04
- 3 . . . 8,245 ))
- 4. Uinbriel . . . . . . . 9.908 9.91
- 5 . . . 12,390 ))
- 6. Titania . . . . . . . 10,105 16,11
- 7. Obéron . . . . . . . 21.66 21,52
- La formation brusque à leurs distances actuelles de toutes les planètes serait incompréhensible dans l’hypothèse de la nébuleuse unique de Laplace : elle est, au contraire, toute naturelle dans la Cosmogonie tourbillonnaire qui considère à l’origine deux nébuleuses, l’une tourbillonnaire T rencontrant l’autre, une nébuleuse amorphe N douée seulement de translation. Dans ce choc semblable à celui d’une Nova, le tourbillon T se met à vibrer et lance dans la nébuleuse N autant de nappes concentriques qu’il y a de centres de vibration.
- Dans chacune de ces nappes planétaires où la résistance de milieu diminue la vitesse de translation, il n’y a qu’un niveau et à ce niveau qu’un point où la vitesse tangentielle est opposable à la vitesse relative de la nébuleuse N. En ces points seulement, en même temps dans toutes les nappes, se formeront des tourbillons, noyaux de futures planètes. Cette rapidité et cette simultanéité d’expansion des nappes ont été d’ailleurs observées en 1901 dans les anneaux nébuleux de Ja Nova de Persée.
- 11 y a un siècle, Lagrange et Laplace, en se servant des séries de la Mécanique céleste, croyaient avoir démontré l’invariabilité des distances moyennes des planètes, et par là la stabililé du système solaire. Mais H. Poincaré a montré que ces séries, au lieu d’être convergentes, sont divergentes : la stabilité du système solaire reste donc incertaine. Mais la loi des distances permet de dissiper cette incertitude. En effet, si depuis l’origine du monde, les distances des planètes avaient changé par Faction des marées, de leur attraction mutuelle, etc,, et si ces perturbations s’étaient accumulées, celles-ci auraient été différentes pour les grosses planètes et pour les petites, pour les planètes voisines du Soleil et pour les planètes éloignées : en un mot on ne reconnaîtrait plus aucune loi des distances pour les planètes ou satellites. Le fait que cette loi subsiste inchangée depuis l’origine, montre que depuis 100 à 200 millions d’années la stabilité du système solaire existe, et n’a aucune raison de disparaître dans l’avenir à moins que le système solaire approche trop de la nébuleuse d’Andromède qui s’avance vers nous avec la vitesse menaçante de 500 kilomètres par seconde.
- Ainsi l’existence certaine de la loi des distances démontre à la fois la stabilité du système solaire et le peu d’importance cosmogonique de Faction des marées ou des attractions mutuelles des planètes ou satellites.
- Emile Belot,
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 16 et î3 mars 1914. — Présidence de M. Appell.
- Accoutumance des ferments aux toxiques. — M. Richet expose les résultats des recherches qu’il a entreprises sur l’accoutumance des ferments aux substances toxiques. Cette accoutumance est un fait connu. M. Richet en a
- étudié les conditions sur le ferment lactique qui donne une facilité spéciale à cause de l’acidité qu’il communique à la liqueur. Il a comparé Faciion de ce ferment sur le lait normal et sur le lait additionné d’un sel arsc-
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- BAROMETRE MARIN A ÉBULLITION ' .....—.....: 303
- nical, puis Faction d’un ferment du lait arsenical sur le lait normal. Le ferment naturel se différencie ; il se produit une variété qui est accoutumée à l’arsenic. Quinze autres substances donnent le même résultat pour le ferment lactique sur lequel ont porté les recherches. L’accoutumance est spéciale à la dose. Mais ramené dans le liquide normal Je ferment ne continue pas à évoluer dans le même sens.
- Le fonctionnement des nerfs. — M. Henneguy résume un travail dans lequel M. et Mme Lapicque et M. Legendre exposent que, d’après leurs observations, diverses substances, les anesthésiques, la cocaïne entre autres diminuent l’excitabilité nerveuse. Ces substances produisent en même temps un gonflement de la gaine de myéline des fibres. Quand la myéline bouche la fibre le nerf est devenu inexcitable ; si l’on débarrasse le nerf de son poison, il peut redevenir normal et excitable.
- Stratigraphie de la sierra de Majorque. —M. Pierre 'fermier fait connaître, d’après un travail de M. Fallot, la composition des trois éléments tectoniques superposés qui constituent cette sierra. Il relève les traces d’un plissement ancien post-jurassique, d une émersion ante-albienne, d’une émersion ante-oligocène. Quant au charriage, il est post-burdigalien.
- Origine de l'azote du grisou et des sources thermales. — M. Moureu développe des considérations intéressantes pour expliquer la similitude entre l’azote brut, c’est-à-dire avec ses gaz rares, extrait du grisou et celui extrait des gaz des sources thermales. Cette ressemblance donné lieu d’admettre que dans les deux cas l’azote brut a une même origine. La conséquence est que l’azote du grisou ne vient pas de la houille, pas plus que celui des gaz des sources thermales qui se trouvent parfois dans des lieux fort éloignés des terrains houillers. Cet azote brut, analogue à celui de l’atmosphère par les rapports des volumes des gaz qui s’y sont incorporés, provient de la nébuleuse originelle. A cause de leur inertie les gaz rares ont pu traverser toutes les phases de la genèse de la terre sans que le rapport de leurs volumes soit altéré. L’azote brut pris dans les roches se dégage soit sous l’effet de la chaleur, soit dans les eaux minérales; celui des poches de gaz se dégage par la dislocation des couches de l’écorce terrestre qui sont le siège de mouvements locaux. Il se diffuse alors dans les terrains et peut atteindre les terrains houillers.
- Une anomalie de l'hydrogène. — M. d’Arsonval expose que la propriété du charbon de bois d’absorber les gaz est tellement énergique à la température de l’air liquide, qu’on peut, en y recourant, faire dans une enceinte ce vide fantastique, imperméable même à la décharge électrique, qu’on appelle le vide de Hittorf. On croyait que cette propriété était liée à l’aptitude à la liquéfaction, en sorte que l’hydrogène très rebelle à celle-ci devait être peu absorbé. Or, M. Georges Claude, ayant appliqué à la fabrication des tubes au néon cette
- propriété du charbcin refroidi, a constaté que l’hydrogène dégagé par les électrodes est rapidement éliminé alors que le néon subsiste. M. Claude a alors entrepris des mesures directes qui lui ont montré que l’hydrogène fait effectivement exception à la règle déduite des aptitudes à la liquéfaction et qu’il est 100 fois plus absorbé que le néon, au lieu d’être moins absorbé que ce dernier gaz. On retrouve donc à cette basse température cette propriété si spéciale de l’hydrogène en vertu de laquelle il se condense dans les corps, cobalt, palladium, platine et qui doit tenir non pas à une action chimique, mais bien plutôt à la forme ou à la masse de l’atome.
- Variation de la dépense énergétique chez l’homme. — M. d’Arsonval résume un mémoire de M. J. Bergonié, de Bordeaux, sur la variation des dépenses énergétiques de l’homme pendant le cycle nycthéméral. Rationnellement les disponibilités d’énergie à chaque heure du cycle devraient être commandées par la variation des besoins. Or, la courbe de ces variations n’a pas encore été déterminée. Cependant pour un sujet donné, dont le genre de vie est régulier, soumis à la ration d’entretien depuis longtemps, on peut tracer cette courbe en prenant pour abscisses les heures et pour ordonnées les dépenses énergétiques. On sait, en effet, que 80 pour '100 de l’énergie est dissipée en chaleur et que, d’autre part, l’influence prépondérante sur cette dissipation est la variation de la température du milieu. Donc, si l’on trace la courbe de la variation nycthémérale de la température pour un jour moyen et que l’on prenne l’inverse de ses variations, c’est-à-dire l’image de cette courbe vue dans un miroir plan convenablement placé, on aura la courbe de répartitions des dépenses énergétiques du sujet soumis ce jour-là au milieu extérieur. Chacun de nous a sa courbe de dépenses énergétiques qui caractérise le genre de vie, courbe qui peut se modifier avec les jours, les saisons, les vêtements. Les courbes de deux sujets peuvent avoir lu même forme sans avoir la même surface (ration alimentaire).
- La recherche des gîtes pétrolifères. — M. de. Launay résume une Note de M. Durandin dans laquelle l’auteur expose un procédé original de recherche des gîtes pétrolifères. M. Durandin, qui est géographe ét non géologue, s’est mis à relever les noms de localités qui pourraient rappeler la présence du pétrole. Par ce procédé, il a indiqué l’existence probable d’un gîte en Algérie dans une région où l’on n’aurait pas eu l’idée de chercher le pétrole et on l’y a trouvé. Il a relevé de même en Indochine un nombre considérable de noms qui pourraient se rapporter à l’existence du pétrole. Mais la vérification n’a pas encore été faite.
- Fougères d’Afrique. — Le prince Roland Bonaparte présente un Mémoire dans lequel il étudie deùx importantes collections de fougères d’Afrique faisant partie de la collection du Muséum.
- Cit. DE VlLI.EDEUlL.
- BAROMÈTRE MARIN A ÉBULLITION
- L’instrument dont je vais donner la description a été construit pour pouvoir donner, à bord d’un navire, la valeur de la pression atmosphérique à un vingtième de millimètre près, et sans nécessiter aucune' correction. Il est basé sur le principe bien
- connu du thermomètre hypsométrique, mais il est caractérisé par quelques détails de construction qui en rendent la manipulation plus aisée et l’observation plus précise.
- Tout d’abord, étant donné que tous les navires
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- BAROMÈTRE MARIN A ÉBULLITION
- possèdent, aujourd’hui, une installation électrique, j’ai pensé utiliser le courant électrique du bord pour obtenir réchauffement de la chaudière et l’ébullition
- Fig. i. — Le baromètre à ébullition et sa chaudière chauffée électriquement.
- de l'eau. A cet effet, la chaudière est construite comme les théières d’appartement où l’on fait bouillir l’eau par réchauffement provoqué dans un conducteur résistant par le passage du courant. On arrive ainsi à porter à l’ébullition, en 4 minutes, avec 110 volts, l’eau nécessaire à l’opération.
- Celte eau est contenue dans la petite chaudière A (fig. 2), entourée du conducteur dont les bornes sont en E. Au-dessus de la chaudière est un tube à double paroi, destiné à contenir le thermomètre : la double paroi, par la circulation de la vapeur, préserve le tube central du refroidissement.
- Le thermomètre est d’un modèle particulier fabriqué par Fuess. Je n’ai pas cru pouvoir utiliser les thermomètres usités en France, et gradin s sur l’extérieur d’une tige épaisse : car, ayant adapté un microscope i\l à oculaire micrométrique pour apprécier les subdivisions des degrés tracés sur l’échelle thermométrique, les images de ceux-ci n’eussent pas été au point en même temps que celle de la colonne mercurielle dans le cas des thermomètres à grosse tige dont les divisions sont, par l’épaisseur même de cette tige, trop éloignées de la colonne. Le ther-^ipridèlre de Fuess, au contraire, est construit avec 'très fin, appliqué sur une plaque d’émail translucide sur laquelle sont tracées les divisions ;
- cette tige et cette plaque sont enfermées dans une chemise de protection, en verre soudé, et qui porte gravés les deux traits de repère de la division. De cette façon, la division et la colonne de mercure sont assez rapprochées l’une de l’autre pour que leurs images soient au point en même temps.
- Le thermomètre hypsomélrique est divisé directement en demi-millimètres de mercure, et sa chiffrai-son donne directement la hauteur barométrique correspondante. Comme le micromètre permel de lire le dixième des divisions thermométriques, on voit que l’on a ainsi : le dixième de 1/2 millimètre, c’est-à-dire le vingtième de millimètre de mercure. Etant donné le principe de l’appareil, il ne comporte aucune correction, ni de température, ni de capillarité, ni de gravitation.
- Afin de faciliter la lecture dans le microscope, une petite lampe électrique L est placée en face de celui-ci, dans un petit projecteur qui éclaire par transparence l’échelle translucide d’émail et en permet une lecture très précise. Cette lampe est alimentée par une dérivation du courant qui sert à produire l’ébullition de l’eau. Ajoutons que la hauteur totale de l’instrument est de 40 centimètres.
- Tel est ce petit appareil dont la figure 2 reproduit la photographie.
- In dépendam-mentdel’absence de toute correction, il a l’avantage d’être abso-lumentinsensible aux mouvements du navire, et de donner, malgré cela, une précision de 1/20 de millimètre. C’est un grand avantage sur les baromètres dits « marins », qui sont très paresseux et qui donnent à peiue le quart de millimètre comme précision effective. De plus, la durée totale de l’observation ne nécessitant que 5 minutes, on a là' un instrument commode et sûr pour contrôler, chaque jour, la marche des anéroïdes et des enregistreurs du bord.
- Alphonse Beuget.
- Fig. 2. — Coupe du nouveau baromètre.
- Le Gérant : 1’. Masson. — Imprimerie L.uiune, rue de Fleuriis, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2132.
- = 4 AVRIL 1914.
- LES MOUCHES AUX YEUX D’OR
- Les « mouches aux yeux d’or », quel joli nom pour un insecte, et comme il est gracieusement porté par les Chry-sopes (fig. 1) ou Hémérobes, ces petits Né-vroptères au corps d’un vert v d’émeraude pale, aux ailes transparentes et irisées, ner-vées de vert, et surtout aux yeux, vivants bijoux, passant par tous les tons de l’or bruni à l’émeraude e t du lapis au plus rouge rubis!
- Cette vivante merveille ne se contante pas d’être belle, elle est bonne aussi pour nous, humains, en nous apportant l’aide la plus efficace.
- Je voudrais vous
- conter son histoire, en me servant des documents photographiques remarquables d’exactitude et de vie que vient de nous apporter M. J.
- J. Ward.
- Vous connaissez sûrement les Chry-sopes, car ils vivent tout près de nous, dans les jardins, les bosquets, les bois et même viennent passer l’hiver à l’abri de nos demeures. Jusqu’au printemps on les trouve immobiles, dans un coin, les ailes repliées.
- Plus souvent, ce sont les derniers cocons de l’année qui hibernent et donnent directement l’année suivante des individus ailés. Dès les premiers beaux jours, ils s’éveillent, s’agitent et deviennent nombreux autour de nous tout l’été et même tout l’automne, bien longtemps après que les autres insectes ont disparu. Les soirs d’été, ils accourent aux lampes et viennent se poser sur le livre ou forme tache blanche sur la table. Leur vol est bien facile à reconnaître car il est plus lent que celui d’aucun papillon ; l’insecte va en ligne droite, laborieusement, bien que ses ailes vibrent rapide-
- ment, et, comme fatigué de son vol, descend dans le cercle de la lumière. La capture est des plus
- aisées, soit au vol, soit sur la v table, et l’in-\. \secte ne se dé-' Yend guère, paoût au plus, c-T/pris a la main, sepermet-ilunc légère incongruité ; il dégage une odeur désagréable et tenace, qu’on est tout étonné de voir produite par une si jolie petite bête, odeur dont on n’arrive à se débarrasser qu’apres plusieurs lavages, et qui protège probablement les Chrysopes contre certains
- Fig. i. — Le Chrysope, <• mouche aux yeux d'or », pondant qc leurs enne-
- sur les feuilles de lilas (grandeur naturelle). (Phot. J. J. Ward.)' jg
- Les Chrysopes sont très prolifiques. Pendant la saison chaude où la nourriture est abondante, ils se développent rapidement, pondent à intervalles peu éloignés et deviennent extrêmement nombreux. Leurs œufs sont bien faciles à reconnaître : petites perles blanches portées au bout d’un fil translucide qu’on rencontre collées sur les tiges et les feuilles, entre autres celles du lilas (fig. 2 et 3). Quelquefois, deux œufs ont été pondus sur une seule tige.
- La manière de pondre ces œufs est curieuse. Le Chrysope, ayant choisi le lieu où il va déposer son œuf, appuie l’extrémité de son abdomen contre la feuille ; il en sort une goutte visqueuse, gélati-
- Fig. 2. — Les œufs du Chrysope, grandeur naturelle.
- papier qui
- neuse, l’insecte relève alors brusquement son abdomen aussi haut que possible, étirant ainsi un fil blanchâtre qui durcit aussitôt à l’air ; au sommet de cette fragile colonne, l’œuf est déposé. À quoi sert ce mode de ponte, peu fréquent chez les Insectes? Nous laissons au lecteur le soin d’imaginer la
- 42“ Année. — 1" Semestre.
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- réponse qui lui plaira. Cet œuf pédicule, semblable à un petit champignon, intrigua autrefois beaucoup les botanistes qui, faute d’observation prolongée, en avaient fait une espece : Ascophora oralis.
- Ce simili-champignon reste inaltéré pendant sept ou huit jours, suivant la température qu’il fait; puis..il se fend à la partie supérieure et il en sort une toute petite larve. Elle reste quelques minutes, tel Simeon le Stylite, immobile au haut de sa. colonne, au milieu de sa coque brisée, puis elle se risque à descendre pour atteindre la : feuille, à la recherche des pucerons.
- C’est que cette petite larve est vorace ! Un puceron deux fois gros comme elle passe-t-il à sa portée, elle se précipite sur lui, l’attaque au moyen.de ses fortes mandibules (fig. 4), et malgré sa résistance, le vainc. Vingt-cinq minutes après, elle abandonne la dépouille de sa victime dont elle a sucé les liquides, ne laissant que sa peau. Ce premier repas l’a mise en appétit et elle se hâté de chercher une nouvelle proie. Son besoin de nourriture est formidable.
- Une larve âgée de dix jours, dévore jusqu’à trente et quarante pucerons par heure. M. J.
- J. Ward en vit d’affamées, attaquer, à défaut de pucerons, des œufs du papillon du chou, et même des larves de leur famille plus jeunes qu’elles ou, faute de mieux, des œufs non encore éclos. Est-ce pour cela que les œufs sont perchés au haut de leur colonnette? Car les larves qui vident les œufs à leur portée, ne touchent jamais au fil qui les supporte.
- La figure 5 montre ces actives petites larves chassant sur les tiges et les feuilles les pucerons dont elles font leur proie. Elles ne sont pas 1res jolies, avec leur corps aplati, ridé, poilu, parfois recouvertes des cadavres des pucerons quelles ont mangés. En les observant avec une loupe, on peut connaître leur mode d’attaque
- habituel (fig. 6) : elles se précipitent sur le puceron, lui enfoncent dans le corps leurs puissantes mandibules, et sucent jusqu’à ce que seuls restent sa peau et ses parties solides. Pendant douze jours, la larve du Chrysope va ainsi, ravageant tous les parasites des plantes qu’elle rencontre : aphides, mites, etc., devenant chaque jour plus affamée et plus féroce, à tel point que, complètement développée, elle arrive à dévorer jusqu’à un puceron par minute. Elle mérite bien alors le nom de « Lion des Pucerons » qu’on lui a donné.
- Quel précieux auxiliaire pour l’homme ! Cet appétit insatiable, cette rapidité de développement et de multiplication font du Chrysope le meilleur défenseur des plantes de nos jardins, un défenseur plus sûr et plus efficace que les fumigations, les bouillies mouillantes, les solutions de nicotine et tous les moyens chimiques dont nous disposons.
- Les feuilles ornées des petites perles blanches devraient être précieusement gardées, soignées, et l’on verrait bientôt disparaître tous les ennemis, toutes les « pestes », comme disent les Anglais, de nos rosiers, de nos lilas, de nos arbres fruitiers.
- Après le douzième jour, l’appétit de la larve se ralentit.
- Celle-ci sent en elle-même les approches de sa transformation. Bientôt elle tisse quelques fils soyeux qu’elle sort de son abdomen ; elle en fabrique une sorte de balle dont elle s’entoure, et en quelques heures, la larve a disparu; elle est devenue une nymphe dans un cocon
- (fig- 7).
- Elle reste ainsi seize jours, immobile; puis le cocon s’ouvre au sommet par un orifice circulaire et l’on en voit émerger, tel un diable sortant de sa boîte, l’insecte parfait, le Chrysope ailé, qui devient immédiatement beaucoup plus grand que le cocon qui le renfermait. Ses ailes s’allongent, s’irisent, son corps se colore,
- Fig. 3. — Œufs de Chrysope grossis; à gauche, deux œufs anormaux sur une même lige.
- Fig. 4. — Tête de la larve du Chrysope, montrant ses fortes mandibules (grossie).
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- ses yeux se dorent, et il s’envole, laissant là le cocon vide, et aussi sa mauvaise odeur persistante. Le cycle est révolu.
- Sept jours dans l’œuf, douze jours à l’état de larve, seize jours comme chrysalide, cela fait pour le cycle complet environ cinq semaines.
- Plusieurs générations se succèdent donc pendant les beaux jours, depuis le mois de juin jusqu’en novembre; chaque femelle pondant jusqu’à quarante œufs par nuit, on peut ima-
- II ne faut d’ailleurs pas moins que cette pullulation pour équilibrer la prodigieuse fécondité des pucerons, puisque Réaumur a compté qu’un seul puceron peut en une année donner naissance à 5904900000 individus et que Huxley a évalué qu’un seul puceron, et toute sa descendance, après dix générations, pèseraient autant que cinq cent millions d’hommes.
- Heureusement que les « mouches aux yeux d’or » sont là(‘) !
- Pensons à leur grande
- Fig. . 5. — Larves de Chrysope chassant. (Phot. J. J. Ward.)
- Fig. 6.
- IJaUaque d'un puceron.
- Fig. 7- — Trois cocons de Chrysope sur des feuilles de ronces. (Phot. J. J. Ward.)
- giner quelle armée peut donner en une seule année i œuvre quand elles viennent le soir nous visiter à la un seul œuf de Chrysope. * | lampe. - René Merle.
- LA TÉLÉGRAPHIE ACOUSTIQUE PAR LA SIRÈNE ÉLECTRIQUE BLÉRIOT
- On sait que dans les marines de guerre les différentes unités qui naviguent en groupes plus ou moins compacts reçoivent les ordres du navire amiral par l’intermédiaire de signaux optiques visibles par temps clair seulement et à une distance assez réduite. La télégraphie sans fil a complété cette liaison d’une manière insuffisamment précise et il vaut mieux la réserver pour les longues portées, entre les navires et la côte, par exemple. Il y avait donc place pour un troisième mode de correspondance
- entre les unités d’une même-flotte ; cette place vient d’être prise par la sirène à commande électrique Blériot qui est adoptée par la marine française.
- Cet appareil diffère de toutes les sirènes actuelles en ce sens qu’il constitue un système de télégraphie acoustique basé sur le principe du sounder ou par-
- i. Les Chrysopes ne sont pas nos seuls auxiliaires contre les pucerons ; la larve de la mouche appelée Syrphe, la Coccinelle ou Bête à Bon Dieu et sa larve contribuent aussi à les détruire. •
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- leur Morse. Sa portée est de 2600 mètres. À cette I distance les émissions sonores, longues et brèves, I
- Fig. i. — La sirène électrique. Ensemble montrant le groupement des organes. Les flèches inférieures indiquent les entrées d’air; les trois flèches Y1 VaV5, indiquent le sens de rotation des ventilateurs ; les flèches supérieures sont celles de la sortie de l’air de l’émetteur de son.
- sont nettement perçues par les officiers de marine familiarisés avec la lecture au son depuis l’introduction de la T. S. F. à bord. La sirène n’est donc autre chose qu’un puissant sounder actionné par un moteur électrique.
- Ce premier organe, le moteur, ne comporte aucune particularité; sa puissance est de J kw cà 5000 tours. Il entraîne directement l’arbre de la sirène sur lequel sont calés trois éléments de ventilateur : Vl5 V2, V3, montés en série afm de réaliser une pression considérable (4 m. d’eau) dans l’émetteur de son.
- Chaque ventilateur est constitué par un rotor calé sur le prolongement de l’arbre de l’induit ; ce rotor est constitué par deux plaques, l’une À plane, l’au-
- tre B conique, réunies par des arches d’une courbure spéciale donnant d’abord une grande rigidité à l’ensemble du système et présentant cette particularité que l’air, aspiré par. les ouvertures E à une vitesse nulle, est précipité à la périphérie du ventilateur à une vitesse supérieure à celle propre du rotor. Chaque Arentilateur tourne dans un stator S, sorte de carter immobile relié à ses voisins par des écrous. L’une des faces du stator est lisse et épouse la face conique du ventilateur qui tourne sans la toucher. L’autre face, également conique, porte un système diffuseur ED (fig. 4) comportant des ailettes hélicoïdales terminées à la périphérie par un relèvement contre lequel vient frapper l’air sortant du ventilateur. Cet air est donc ramené vers le centre de l’appareil parles ailettes; mais comme ses ailettes sont fixes et accusent une forme particulière, la vitesse de l’air se trouve transformée en pression. Cette pression jh acquise dans le premier ventilateur se transporte dans le second élément et l’air y prend encore une vitesse propre, comme dans le premier. A la sortie du deuxième ventilateur, l’air a une pression pl plus une vitesse Yj, cette dernière se transformant encore en pression dans le second diffuseur. Les deux pressions s’ajoutent à l’entrée du troisième ventilateur et elles deviennent p2. Dans ce dernier ventilateur, l’air reprend encore une vitesse Y transformée en pression à la sortie du diffuseur. La pres-
- Opercule
- .Rotor
- -Stator
- Moteur
- Fig. 2. — Coupe de la sirène électrique.
- sion totale à la sortie du troisième élément est donc égale à p~. L’air entre alors dans l’émetteur de son.
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- tant qu’une commande extérieure n’intervient pas, et qui peut prendre, sous l’action de la commande, deux positions ayant pour effet de fermer ou d’ouvrir les fenêtres pratiquées dans les deux cylindres entre lesquels il se meut. Mais comme le rotor tourne pendant que l’opercule est actionné.. l’ouverture ou la fermeture dépendent de la position relative de ces deux organes. Pendant la fermeture, l’air contenu à l’intérieur de l'appareil ne peut s’échapper et aucun
- Fig. 3. — U émetteur de son avec, au-dessus, les organes de commande électrique et au-dessous le dernier élément •< stator » du ventilateur. T gauche ce stator est ouvert pour laisser apercevoir les ailettes fixes et l’intérieur de l’émetteur de son.
- Le nombre des éléments ventilateur-diffuseur peut être augmenté ou diminué selon la portée que l’on veut obtenir. L’appareil à trois éléments porte à 2600 mètres, à 5000 tours.
- L’émetteur de son E (fig. 1 et 5) termine les trois éléments. 11 est constitué, comme toutes les sirènes, par une partie cylindrique fixe à l’intérieur de laquelle tourne un autre cylindre calé sur l’arbre moteur. Les deux cylindres sont percés d’un certain nombre d’ouvertures O, ayant toutes les mêmes dimensions. Entre ces deux organes : rotor et stator est intercalée une mince cloison également cylindrique et également percée d’ouvertures semblables. Cette cloison constitue l’opercule M qui demeure immobile
- STATOR DU VENTILATEUR
- Fig. 4.— Un élément du stator du ventilateur montrant les ailettes hélicoïdales ED .Le ventilateur laissant apercevoir ses ailettes.
- son n’est produit ; mais lorsque l’opercule ouvre, l’air fuit au dehors et la sirène fonctionne comme une sirène ordinaire.
- Si, par un procédé mécanique quelconque, on
- exerce sur l’opercule une série d’actions brèves et longues, la sirène laissera passer des émissions brèves et longues, lesquelles, groupées dans l’ordre alphabétique Morse, constitueront un vrai système de télégraphie optique. Pour réaliser cette télégraphie, il suffit de commander électriquement, à l’aide poyet d’un, manipulateur Morse ordinaire, les déplacements de
- VENTILATEUR
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- LA TÉLÉGRAPHIE ACOUSTIQUE
- l’opercule. Cette commande a été réalisée de la manière suivante :
- A l’intérieur d’un carter fixé a l’extrémité de l’émetteur de sons est placé un électro-aimant à deux bobines EA (fig. 2) dont l’armature B est pourvue d’une tige entourée d’un ressort de rappel R. Cette tige agit sur un volant "V lequel appuie, pendant les attractions de l’armature correspondant aux envois de courants, sur une tige T agissant sur un bouchon de liège L. Cette tige traverse le bord intérieur de l’opercule de sorte que celui-ci se trouve entraîné
- lcment que M. Bossu, ingénieur électricien, qui l’a imaginée, a dù se livrer à de nombreuses expériences d’acoustique avant de passer à la construction définitive de l’appareil. Le passage de l’air à travers les éléments de ventilateurs et de diffuseurs a révélé des surprises acoustiques que l’état actuel de cette science ne permettait pas de prévoir, notamment pour ce qui concerne les relations de vitesse et de pression de l’air. C'est ainsi que l’on a constaté que l’émetteur de son étant fermé pendant la rotation de la sirène, la pression intérieure
- Fig. 5. — Les unités des escadres modernes correspondent entre elles par la télégraphie acoustique au moyen des sirènes Blériot.
- dès que le bouchon, formant frein, vient appuyer sur le fond du rotor. Les déplacements de l’opercule sont limités par une seconde tige T' qui parcourt une fenêtre égale, en longueur au demi-pas, c’est-à-dire à la moitié de la largeur totale d’une fenêtre et d’un intervalle. Le ressort de rappel R' ramène cette tige ainsi que l’opercule à la position de départ (fermeture du passage de l’air) après chaque émission.
- Comme la vitesse du rotor et celle de l’opercule sont très grandes (5000 tours), la manipulation peut être suffisamment rapide pour se rapprocher de celle de la transmission Morse ordinaire.
- Nous n’insisterons pas. sur les particularités de construction de cette nouvelle sirène. Ajoutons seu-
- est très inférieure à ce qu’elle devient au moment du passage de l’air par les ouvertures. La construction est, d’ailleurs, particulièrement intéressante : pour éviter la formation de ventres et de nœuds sur l’axe d’entraînement, il a fallu équilibrer la sirène non seulement statiquement, mais encore dynamiquement et d’une façon parfaite à cause de la longueur de l’arbre. Cet axe est bagué de bronze sur toute sa longueur et des roulements à billes lui donnent, ainsi qu’aux pièces mobiles de l’émetteur de son, une souplesse qu’il était indispensable de réaliser dans un appareil dont le fonctionnement dépend principalement de la vitesse de rotation.
- Les essais de réception de cette sirène ont eu lieu au mois de juin sur le plateau d’Hérouville, à Fin-
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- tersection de deux routes se coupant à angle droit. L’appareil fut placé dans un champ d’avoine à la hauteur des tiges afin de se rapprocher le plus possible des conditions normales à bord d’un sous-marin. On constata, à la suite de plusieurs essais, que les signaux portaient à 2500 mètres avec un minimum d’erreur cà peu près insignifiant,
- malgré le vent qui soufflait parfois en rafales.
- La sirène peut émettre des sons sur trois notes differentes : RE2 dièze à 4590 tours par minute, LT5 à 5220 tours et LAa à 5220 tours, le nombre d’ouvertures des rotor, stator et opercule étant proportionnel à la note à obtenir et à la vitesse de rotation. Lucien Fournier.
- LE MUSÉE DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- et les récents progrès de la section métallurgique.
- La Nature a publié tout récemment un très inté- façon générale, l’accroissement très net de toutes ressant article de M. Cambon, l’auteur bien connu les sections du musée; jamais les modèles ne sont
- Fig. i. — Ensemble de haut fourneau moderne et de ses appareils accessoires. A gauche : le hall de coulée et la salle des moteurs; au centre : le haut fourneau avec sa cage métallique et les appareils d'épuration des gaz; à droite : les appareils Cowper à chau ffage du vent; au-dessus :
- l’appareil de chargement.
- de Y Allemagne au travail, faisant ressortir l’effort considérable fait par le Deutsche Muséum. Quelques regrets se sont glissés, relatifs à l’état stationnaire de notre Musée du Conservatoire national des Arts et Métiers et au manque de place qui empêche son développement.
- Nous voudrions faire ressortir brièvement ici les progrès importants qui, contrairement à ce que certains peuvent penser, ont été apportés durant ces toutes dernières années, et montrer ce que l’on serait en droit d'espérer de notre Musée national, si l’on n’était arrêté par une surface beaucoup trop restreinte.
- Avant d’envisager plus spécialement ce qui a trait à la partie métallurgique, nous devons noter d’une
- entrés plus nombreux, plus intéressants que depuis dix ans.
- D’autre part, on reproche à ces modèles d’être inactifs ; mais, dans cette voie, les progrès récents ont été considérables et actuellement le public peut, lui-même, mettre en mouvement des machines à vapeur, des tramways électriques, des locomotives, des modèles de cinématiques.
- Enfin, il est bon de remarquer qu’on a procédé à l’installation d’un sismographe en 1911, d’un tableau complet pour expériences radiographiques en 1912, d’un poste complet récepteur et transmetteur de T. S. F. en 1913, que furent inaugurés en 1905 l’important Musée de prévention des accidents du travail et d’hygiène industrielle, et
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- qui ont accueilli, pour la plupart, avec la plus grande bienveillance, les demandes qui leur ont été faiLes. La plupart ont adressé des dons d’argent au Conservatoire; quelques-uns ont bien voulu faire exécuter des modèles reproduisant des ateliers ou appareils de leurs usines ou de leur construction.
- On conçoit aisément l’importance que les professeurs du Conservatoire attachent à ces modèles qui facilitent singulièrement leur tâche à l’amphithéâtre, en rendant leur exposé plus aisé et plus clair. Mais il y a plus : se rappelant les origines de l’enseignement dans ce grand établissement, M. Bouquet, son directeur actuel, a créé des conférences publiques qui sont faites au Musée même, dans la matinée du dimanche, du mois de décembre au mois d’avril. Ces conférences, qui rassemblent un public très intéressant, permettent aux élèves de coudoyer les modèles et échantillons qu’ils ne peuvent qu’aper-
- jFig. 2. — Appareil de chargement d'un haut fourneau moderne. A gauche : le gueulard du haut fourneau sur lequel vient se poser la benne chargée de minerai ou de coke; à droite : la cabine d'où un ouvrier commande électriquement toutes les manœuvres. Le mouvement de l'appareil est commandé extérieurement par un boulon électrique.
- en 1908 l’exposition permanente d’appareils de sauvetage.
- On peut donc justement dire que les progrès du Musée de notre Conservatoire national des Arts et Métiers n’ont jamais été aussi importants. Mais examinons spécialement ce qui a été fait dans la partie métallurgique.
- Le développement pris, en trois ou quatre ans, par cette section est dû, avant tout, à la générosité des maîtres de forges et des métallurgistes français
- Fig. 3. — Anciennes aciéries Bessemer montrant les deux cornues, les appareils de commande des mouvements et du soufflage, la poche de coulée et la fosse demi-circulaire des lingoticres.
- cevoir à l’amphithéâtre. Mais pour que cet enseignement ait vraiment toute l’utilité que l’on peut en espérer, il faut que nos galeries renferment les appareils les plus modernes, les pro* duits les plus récents de l’industrie.
- La revue des progrès effectués dans la section de métallurgie nous apparaît comme fort aisée et très logique si nous nous appuyons sur le programme du cours. Celui-ci comporte trois années d’enseignement, divisées chacune en trois parties ; en voici l’ordonnancement :«
- lre année : Métallurgie proprement dite.
- A) Métallurgie générale : opérations métallurgiques, fours, combustibles, etc. ; B) Sidérurgie : fabrication de la fonte, des aciers, du fer; C) Métallurgies autres que celles du fer : cuivre, plomb, argent, or, zinc, aluminium, etc....
- 2e année : Propriétés et traitements des produits métallurgiques.
- A) Propriétés des produits métallurgiques : Essais mécaniques, physico-chimiques, etc. ; B) Alliages :
- Fig. 4. — Four Martin moderne (Société française de constructions mécaniques, à Denain). A remarquer la forme des brûleurs, l’indépendance de la sôle, les chambres à poussière et les récupérateurs.
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- Fig. 5. — Ensemble cl’aciérie Martin moderne. i‘° Iravëe à droite : les gazogènes et l’arrivée des matières premières; 2° travée : la mise en boîte des matières; 3e travée : les appareils d’inversion, la chargeuse, les fours et les récupérateurs ; 4e travée : les fosses de coulée avec lingotières en ligne,
- pont-roulant, poches de coulée, etc.
- fontes, aciers ordinaires et spéciaux, bronzes, laitons, etc., etc.... Constitution, propriété, emplois; C) Traitements thermiques et chimiques : trempe, recuit, revenu, cémentation, dépôts, brasures et soudures.
- 3e année : Travail des produits métallurgiques.
- À) Fonderie; B) Forgeage, laminage, étirage, tréfilage, emboutissage, etc. ; C) Travail sur machines-outils.
- La partie sidérurgique a subi des progrès de grande importance; l’un des plus beaux modèles, construit sur les indications delà maison Munier, de Frouard, représente un haut fourneau avec tous ses accessoires, monte-charge, batterie de Cowper, appareils d’épuration des gaz du premier et du second degré, hall de coulée avec possibilité de recevoir la fonte dans la poche qui va l’entraîner liquide à l’aciérie ou de laisser le métal se solidifier en gueuse. Le haut fourneau coupé permet de se rendre aisément compte de l’appareil de chargement, de la disposition des tuyères, de son profil intérieur.
- D’autre part, les conduites de gaz et d’air, les vannes qui les commandent, montrent clairement la marche des produits gazeux, et particulièrement la séparation des gaz épurés en produits se rendant après l’épuration du premier degré aux appareils de chauffage
- du vent, et en produits utilisés dans les moteurs (la salle des moteurs existe) après l'épuration du second degré. Un autre modèle du meme constructeur montre un système tout récent de chargement; la benne contenant le lit de fusion, le coke, monte verticalement d’abord et gagne ainsi le plan du gueulard, puis, toujours actionnée par un même ouvrier qui commande tous les mouvements d’une cabine indépendante, elle se meut horizontalement et vient se placer suivant l’axe du gueulard; elle descend ensuite, vient obturer elle-même le four, tandis que s’ouvrent des registres qui, en l’absence de cette benne, assurent la fermeture. A ce moment, le bas de la benne, qui forme cône, s’abaisse et les matières se répandent dans le four. C’est bien là une disposition des plus intéressantes, une de celles
- qui s’est le plus vulgarisée sous une forme un peu différente avec le .Skip et les bennes : Stàhler. Le véri-p table -intérêt de ;ce modèle ‘réside en sa vie; car il se meut devant le spectateur, lequel assisté à toute l’opération, peut la suivre attentivement, la répéter autant qu’il lui plaira, puisqu’il lui suffit de presser iim bouton électrique situé à sa portée, hors de la cage de verre qui recouvre l’ensemble.
- En rapprochant de ces deux reproductions très modernes quelques anciens modèles : un haut
- Fig. 6. — L’aciérie au creuset Jacob Holtzer. Vue sur les gazogènes ; on aperçoit derrière les ouvriers occupés à la coulée.
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- Fig. 7.— Grand waterjacket moderne des usines Fig. 8. — La presse Ilarraet pour la
- de Givet (Cil! française des métaux). En haut : les compression des lingots d'acier. Au fond :
- portes de chargement; en dessous : les jackets (cite- les lingots coupés, traités et non traités par
- mise de circulation d’eau); en bas : le creuset ce procédé; à droite : lingot avec poche
- formant avant-creuset et la rangée des tuyères. de relassure.
- fourneau de Trignac, datant de 1886, un haut fourneau beaucoup plus ancien avec chauffage du vent qui passe dans des tubes placés à la partie supérieure, un autre four avec le système Cal-der, etc.;. ; le professeur a ainsi les éléments les mieux faits pour frapper l’esprit des élèves.
- Le Conservatoire possède deux modèles d’aciérie Bessemer; elles n’ont guère qu’un intérêt historique; nous nous préoccupons de la reproduction d'une aciérie Thomas. Au point de vue des autres modes de fabrication de l’acier, le Musée possède une collection très remarquable : voici, en quelque sorte, les progrès du four Martin, depuis le four sans brûleurs, ou à brûleurs horizontaux, jusqu’au four à brûleurs inclinés, à
- récupérateurs indépendants de la sole; d’ailleurs un modèle reproduit l’une des plus belles aciéries Martin de France, celle des usines de Saint-Étienne. Ce modèle est d’une clarté saisissante : voici tout
- d'abord la travée réservée à l’arrivée des matières, à leur triage, à leur mise en caisses pour le chargement mécanique; voici le hall des gazogènes modernes, avec leur double fermeture et leur décrassage automatique ; l’un de ces gazogènes est figuré en coupe. La travée suivante est celle où se meut la chargeuse qui vient desservir la batterie des fours, prend les caisses, les transporte en pivotant, les introduit dans le four et les y bascule. Tous ces mouvements peuvent être reproduits à la main devant les élèves.
- Fig. ç. — Le four à platine de Henri Sainte-Claire Deville. (Au-dessus les chalumeaux pour la fusion.)
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- LE MUSÉE NATIONAL
- Fig. 10. — Four de traitement thermique Fichet et Heurtey avec gazogène accolé. Au-dessous : les récupérateurs céramiques sans inversion.
- Suivant la disposition classique, les fours, dont l’un est coupé en long et en travers, se trouvent à cheval sur cette travée et la dernière qui est celle de la coulée, avec ses fosses à lingotières, son pont roulant, ses poches, etc. La coupe du four est fort remarquable, puisqu’elle laisse voir les brûleurs, les portes de chargement, les trous de coulée, les chambres de récupération avec leurs empilages, ainsi que leurs relations avec les gazogènes, l’air et la cheminée par l’intermédiaire des appareils de renversement.
- La fabrication de l’acier au creuset est représentée par une reproduction de l’un des ateliers les plus justement renommés en France, celui de MM. Jacob Holtzer, à Unieux (Loire).
- Enfin, nous ne pouvons terminer ce qui a trait à la sidérurgie, sans signaler les différents modèles que nous possédons de fours électriques; le four lléroult, du type basculant à trois électrodes, qui est répandu dans le monde entier, non seulement pour concurrencer le creuset, mais aussi pour superaffiner et par conséquent améliorer le métal ordinaire, l’acier à rails notamment; le four Girod, qui joue déjà un rôle si important dans l’industrie et qui est caractérisé par ses masses polaires situées dans la sole de l’appareil; le four Chaplet, du type fixe, tel qu’il était utilisé, il y a quelques années, aux forges d’Àllevard. Le type oscillant à deux queues n’est pas encore au Musée. Quant au four Stassano, il a eu quelques avaries dans un transport récent; on le répare. Pour être complète, cette collection devra s’augmenter — ce qui ne saurait tarder — d’un four Keller et d’un ou deux types
- DES ARTS ET MÉTIERS ===_, 315
- de fours à induction, tels que le Frick et le Roechling.
- Les métaux autres que le fer ne sont pas aussi bien représentés ; c’est ainsi que les métallurgies du plomb, du zinc, de l’or et de l’argent ne sont mises en vue que par des modèles fort anciens.
- En métallurgie du cuivre, un nouveau modèle de la Compagnie française des métaux reproduit le water-jacket de leurs usines de Givet, avec sa disposition un peu spéciale du creuset formant avant-creuset ; il donne une très juste idée de ces grands appareils introduits récemment dans les métallurgies du cuivre et du plomb et permettant de passer plus de 300 tonnes de minerais par 24 heures. Le convertissage de la matte sera représenté incessamment par les deux premiers appareils de David qui ont été utilisés aux usines d’Éguilles (Vaucluse) où la méthode a été découverte.
- Quant à l’aluminium, cette métallurgie si française, elle est représentée, grâce à la Compagnie des produits chimiques d’Àlais et de la Camargue, par la reproduction des appareils historiques ayant servi à la fabrication du métal par la méthode d’Henri Sainte-Claire Deville. Un four électrique à sole conductrice et l’ensemble d’un atelier d’électrométallurgie feront ressortir, d’ici peu, les avantages du procédé actuel.
- Il est bon de noter que nous possédons des docu-
- Fig. ii.— La salle des Établissements Schneider et C!o. A gauche : une plaque de blindage ayant subi l’essai de tir. En avant: une coupole. En. arrière : un ancien plan des usines. Au fond une collection de produits fabriqués par les usines.
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- ments intéressants sur ces deux métallurgies de 1 aluminium et du platine, toutes deux sorties du laboratoire d’Henri Sainte-Claire Deville à l’École normale supérieure, puisque la reproduction du four à platine occupe un vaste emplacement.
- Il a été beaucoup plus aisé et moins coûteux de réunir les modèles et échantillons relatifs à la seconde partie du cours; les méthodes d’essai seront, d’ici peu, rassemblées dans la salle dite du travail des métaux; nous possédons déjà des moutons rotatifs, le modèle d’un pendule Charpy, les appareils de mesure de dureté, les appareils de détermination des températures élevées, etc.... Il serait intéressant de constituer ainsi un petit laboratoire moderne. Une collection très remarquable d’alliages a été adressée au Conservatoire par les grandes forges et l’on y trouve, notamment dans la salle spécialement affectée aux usines du Creusot, dans les vitrines des Forges de la Marine et d’IIomécourt, de la Société de Commentry-Fourchambault, de Firminy, etc..., la collection la plus remarquable en tant qu’aciers spéciaux. Bien entendu, les principaux échantillons, les pièces les plus importantes comportent toutes indications utiles sur les propriétés mécaniques, leurs traitements et leurs emplois. Les traitements thermiques ont pris, depuis peu, une telle place, non seulement dans l’industrie métallurgique, mais aussi dans la construction mécanique, qu’on a dû leur donner un rang important dans l’enseignement du Conservatoire, par conséquent dans le Musée. Différents fours y figurent déjà, notamment celui offert par MM. Fichet et Ileurtey, qui représente l’un des types les plus modernes, avec gazogène accolé et récupérateurs céramiques ; le même massif comporte, d’ailleurs, un four à cémenter et recuire et un four à tremper à moufle. Les questions de soudure sont encore représentées par les procédés alumino-thermiques qui peuvent engendrer aussi des métaux purs dont le Conservatoire possède une
- très belle collection, chrome, manganèse, etc....
- Enfin, le travail mécanique des métaux a fait de tout temps très bonne figure au Musée, l’atelier d’orfèvre, la collection de laminoirs à tôles, blindages, profilés, les marteaux pilons, les martinets, ornent depuis longtemps les salles spéciales ; à ces anciens modèles sont venus s’ajouter un modèle de la presse moderne Breuer-Schumacker, de la presse Harmet avec des coupes de lingot montrant l’effet si intéressant de ce procédé sur la poche de retas-sure, une série de fours de fonderie, dont certains très récents : four Fiat, fours Rousseau, four Morgan, etc., tous modèles avec coupe indiquant clairement la marche des gaz. Le moulage mécanique est représenté par plusieurs reproductions de machines modernes, notamment celles offertes par MM. Bonvillain et Ronceray.
- Évidemment, il nous faut encore bien des efforts pour que cette collection soit à peu près au point; on ne peut, d’ailleurs, espérer l’y voir entièrement ; car les progrès se succèdent, surtout en métallurgie, avec une telle rapidité que le Musée ne peut les suivre sans des difficultés insurmontables, même lorsqu’on n’est arrêté ni par les questions pécuniaires ni par l’espace.
- Le but qu’il est nécessaire d’atteindre l’est déjà partiellement : les élèves qui se pressent chaque jour plus nombreux et plus avides d’apprendre sur les bancs et dans les galeries du Conservatoire trouvent dans notre Musée National les modèles essentiels qui complètent singulièrement leur instruction.
- Mais il faut que les grands Établissements métallurgiques français veuillent bien continuer à s intéresser à la question et que l’on prévoie d'importants agrandissements. Dans ces conditions, nous naîtrons plus rien à envier au Deutsche Muséum. Léon Guillet,
- Professeur du cours de métallurgie et travail des métaux du Conservatoire National des Arts et Métiers.
- LES CONSTANTES CELLULAIRES : NOUVELLE THÉORIE PHYSIOLOGIQUE(l)
- Je voudrais exposer aux lecteurs de La Nature les recherches récentes de deux physiologistes français dont les noms méritent d’èlre connus de tous, MM. André Mayer et Georges Schaeffer (3). Ces recherches, d’une très
- 1. Nos lecteurs trouveront dans cet article l’exposé d’une
- des plus importantes decouvertes de la physiologie contemporaine. De même que la théorie des ions a rénove la physique et lui a ouvert de nouveaux horizons, de même, croyons-nous, la doctrine établie par MM. Mayer et Schaeffer est le point de départ d’une nouvelle orientation de la physiologie, qui sera fertile en découvertes du plus haut intérêt, et en applications médicales de la plus grande importance. N. D. L. H.
- 2. Journal de Physiologie cl de Pallioloqie générale. 1911, p. 527; 1915, p. 510, 534, 773, 984;' 1914, p. L 23; Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, t. 155, 156, 157; Comptes Rendus de la Société de biologie, 1906-1913, passim.
- grande portée générale, sont susceptibles, en effet, d’intéresser le grand public au même litre que les savants. Elles nous font apercevoir sous un jour tout à fait nouveau la vie de la cellule, en même temps qu’elles nous apportent des renseignements précis sur sa structure et les lois qui règlent son fonctionnement.
- L’idée fondamentale qui a présidé à ces recherches et qui est à la base de tous les travaux récents de physiologie, c’est que, la vie n’utilisant aucune forme d’énergie qui lui soit propre, tous les phénomènes vitaux doivent pouvoir s’expliquer par des lois physico-chimiques. Le problème auquel MM. Mayer et Schaeffer se sont attachés est celui des échanges entre la cellule et le milieu, problème passionnant entre tous, véritable clef de voûte de la physiologie générale.
- _ Ce problème a dès longtemps excité la sagacité des biologistes. Au cours de ces vingt dernières années, de
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- LES CONSTANTES CELLULAIRES
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- nombreuses contributions y ont été apportées, sans que la question fondamentale gagnât beaucoup en clarté. Pour se représenter le mécanisme des échanges, la plupart des auteurs font appel à l’existence d’une membrane qui entoure la cellule animale tout comme la végétale; le transport d’eau-, de sels, d’autres substances nutritives se ferait à travers cette membrane, qui, pour certains, est l’analogue d’une simple vessie de baudruche, de composition immuable, et joue dans cette fdtration un rôle entièrement passif; — pour d’autres, au contraire, peut se modifier sous l’influence du milieu, devenir plus ou moins perméable. Les échanges, en particulier les échanges d’eau, si importants dans la cellule vivante dans laquelle l’eau constitue les trois quarts du poids total, seraient réglés essentiellement par des lois d’osmose, l’eau passant du milieu moins concentré vers le milieu plus concentré. Ce mouvement, ce courant d’eau serait plus ou moins rapide suivant la plus ou moins grande perméabilité de la membrane. Cette conception, qui présente l’avantage d’ètre assez simple, n’explique malheureusement pas la multiplicité et la diversité des réactions cellulaires.
- MM. Mayer et Schaeffer ont abordé le problème d’une autre façon. Ils ont considéré non plus son côté dynamique, mais son côté statique, et se sont demandé, s’il y avait des équilibres cellulaires.
- Ils étaient d’ailleurs amenés à cette question par la considération d’un autre problème biologique, celui de l’immunité. Nous ne pouvons, dans le cadre restreint de notre article, songer à décrire ce phénomène que beaucoup de lecteurs connaissent sans doute (voy. La Nature, n° 1927). Disons simplement qu’il s’agit d’une résistance particulière que peuvent présenter les cellules animales à l’égard de différents poisons, de toxines microbiennes par exemple. Les auteurs qui se sont occupés de la question ont beaucoup insisté sur ce fait que l’immunité était presque toujours spécifique : la cellule résiste à un poison déterminé, non à d’autres; ils en ont conclu qu’elle peut disposer de substances défensives spéciales, spécifiques, les « anticorps » : chaque poison ou « antigène » demandant un « anticorps » particulier.
- Cette conception présente le désavantage d’être extrêmement compliquée et de ne pas fournir d’explication générale des phénomènes, puisqu’elle attribue à une cause nouvelle chaque cas particulier découvert. Ainsi, pour les échanges des cellules, on nous présente une théorie directement transportée de la physique dans la biologie, et beaucoup trop simple, et, dans le cas de l’immunité, une théorie directement inspirée des constatations des naturalistes, et beaucoup trop compliquée.
- MM. Mayer et Schaeffer se sont demandé s’il était indispensable d’admettre l’existence de ces substances hypothétiques nombreuses, si l’on ne pouvait pas expliquer le phénomène par des variations quantitatives, variations de proportion d’un petit nombre de composés, toujours les mêmes.
- Ces corps, constituants fondamentaux des cellules et des liquides de l’organisme, existeraient toujours. Leurs proportions, facteurs normaux de l’équilibre cellulaire, pourraient varier au cours des phénomènes d’immunité. Ainsi les deux problèmes, problème des échanges, problème de l’immunité, conduisent à la même question : existe-t-il des équilibres cellulaires?
- Pour répondre à cette question il fallait procéder à une étude chimique de différents tissus, préciser très exactement leur composition. Cette étude, extrêmement
- laborieuse, comprenant des milliers de dosages, montra qu’effectivement on pouvait admettre la présence dans la cellule de constituants fondamentaux, à taux fixe, invariable; que, de plus, entre ces constituants fondamentaux, il existait des rapports fixes, caractéristiques pour une cellule donnée, mais pouvant varier d’un tissu à l’autre, d’une espèce animale à l’autre. Pour une espèce cellulaire donnée, les rapports sont immuables et, les expériences de M. Terroine et Mlle Weill exécutées parallèlement l’ont prouvé)1), indépendants de l’état de nutrition (inanition, suralimentation) de l’animal. Il y a là un équilibre remarquable; apparemment la cellule veille à ce que sa composition ne soit pas modifiée par les échanges avec le milieu.
- Quelles sont ces substances fondamentales? D’abord l’eau qui constitue la plus grande partie de tout organisme vivant, ensuite les sels, les albuminoïdes et enfin les graisses et les substances voisines qu’on groupe sous le nom de lipoïdes.
- Quelles sont les conditions de l’équilibre entre ces constituants? Comme chacun d’eux garde dans l’édifice cellulaire ses propriétés physico-chimiques, il en résulte nécessairement qu’à l’intérieur de la cellule les propriétés physico-chimiques de chacun des constituants doivent être en équilibre avec les propriétés de tous les autres. Parmi ces constituants permanents, il en est un dont l’étude est particulièrement intéressante et suggestive : c’est le groupe des lipoïdes. On peut classer ceux-ci, en vue de notre démonstration, en deux catégories : cl’une part les composés d’acides gras comme ceux qui formei.t toutes les graisses neutres que nous connaissons; d’autre part une substance particulière dont le rôle biologique est considérable, la cholestérine. Cette substance, on connaissait depuis longtemps son rôle dans la sécrétion biliaire; c’est elle qui constitue en majeure partie les calculs biliaires ; on sait aujourd’hui qu’elle se trouve dans toutes les cellules animales et végétales. La teneur des tissus en acides gras, constante pour une espèce cellulaire donnée, varie peu d’un tissu à l’aufre. La teneur des tissus en cholestérine, par contre, pré-
- cholestérine
- sente des variations importantes. Le rapport ———----------
- acides gras
- que MM. Mayer et Schaeffer appellent coefficient lipocy-lique est caractéristique, dans une espèce animale, pour un organe donné. De plus, si l’on classe, dans tous les organismes considérés, les organes par rapport à ce coefficient, on obtient toujours le même ordre : c’est pour le sérum sanguin que le coefficient est le plus élevé ; viennent ensuite : le poumon, le rein, le foie, les muscles. Mais il y a mieux encore. On peut, parmi ces lipoïdes, distinguer deux grands groupes : les glycérides, essentiellement substances de réserve, formant les dépôts de graisse de nos tissus, et les phosphatides (graisses phosphorées), constituants fondamentaux et permanents du protoplasma. Si, au lieu de déterminer la quantité totale des acides gras, on dose le phosphore lié aux lipoïdes, on constate que le taux de ce phosphore lipoïdique, rapporté au poids frais des organes, est constant pour un tissu donné et ne dépend pas de l’espèce considérée. Ainsi, pour 100 gr. de tissu frais, il y a 0 gr. 14 de phosphore dans le foie, 0 gr. 12 dans le rein, 0 gr. 10 dans le poumon de tous les mammifères et oiseaux étudiés.
- Si maintenant on envisage un autre constituant fonda-
- 1. Journal de Physiologie cl de Pathologie générale, 1913, p. 549.
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- mental des cellules, l’eau, on retrouve la même constance, et l’on voit de plus que la quantité d’eau contenue dans un tissu est intimement liée à la quantité des lipoïdes qui s’y trouvent ; il y a, entre l’eau et les lipoïdes, un équilibre remarquable.
- Voici quelles sont les conditions de cet équilibre. Pour que l’eau puisse être retenue par la cellule, il faut qu’elle se mélange à ses constituants, qu’elle les imbibe. Pour les albuminoïdes aucune difficulté ; mais pour les lipoïdes? Chacun sait que les graisses ne se mélangent pas avec l’eau. Elles seront donc, aussi bien les composés d’acides gras que la cholestérine, un obstacle à la pénétration de l’eau, à l’imbibition. Mais s’il en est ainsi pour les acides gras seuls ou pour la cholestérine seule, les choses ne se passent plus de même pour le mélange cholestérine + composés d'acides gras. En effet, la cholestérine se dissolvant dans les composés d’acides gras leur confère la faculté d’imbibition. Plus un mélange de corps gras contiendra de cholestérine, et plus il se laissera pénétrer par l’eau, plus le taux de l’eau sera élevé; et ce rapport n’est pas quelconque ; on peut montrer que la teneur des cellules en eau à l’état normal, ainsi que l’imbibition de fragments de tissus placés dans l’eau, est proportion-
- „ acides gras cholestérine
- nelle aux rapports -, - , — ou -------------p——r.-----
- 11 chotesterme phosphore lipoïdique
- (coefficients lipocytiques).
- Si, à la lumière de tous ces faits nouveaux, nous nous demandons quels sont les principes du fonctionnement de la cellule et par quoi sont réglés ses échanges de matière, la première conclusion qui se dégage est la suivante : si, à côté de la pression osmotique, il y a une autre force motrice, la position de la question essentielle se trouve entièrement modifiée. En effet, le jeu de la pression osmotique était uniquement réglé par la concentration moléculaire des deux côtés de la membrane, et, dans ces conditions, il était peu important de savoir quelle était la composition chimique ou la structure des substances qui se trouvaient à l’intérieur de la cellule. Au contraire, après tout ce que nous savons maintenant, ces questions-là deviennent fondamentales et méritent une attention toute particulière.
- Quelle est d’abord la structure du protoplasma? Les histologistes ont décrit les aspects les plus divers, des formes granuleuses, filamenteuses, réticulées, etc. L’aspect le plus schématique qu’on en donne est celui d’un réseau dont la trame serait formée par des albuminoïdes et les lacunes par des enclaves de lipoïdes ou d’hydrates de carbone. Les recherches de MM. Mayer et Schaeffer montrent que toutes ces formes sont artificielles, liées uniquement au procédé de fixation. En fait, le protoplasma est une solution colloïdale homogène contenant en suspension des granules microscopiques ou ultrami-croscopiques ; ces granules sont intimement liés au solvant qui est l’eau et forment avec lui une sorte d’empois ou de gelée, d’une plus ou moins grande viscosité, suivant qu’il y a plus ou moins d’eau. C’est ce qu’on exprime en disant que le protoplasma est un gel. MM. Mayer et Schaeffer ont pu reproduire expérimentalement un gel analogue, et ils ont étudié ses modifications sous l’action de différentes substances.
- L’action des acides est particulièrement frappante; en milieu acide, les granules du gel augmentent, d’ultrami-croscopiques deviennent visibles au microscope, puis se séparent du solvant, se précipitent. On a ainsi une suspension de grains dans l’eau, sans liaison entre le solvant et les particules, un sol. Or, la plupart des fixateurs
- employés en histologie ont une réaction acide ; dès lors, l’aspect des préparations histologiques fixées s’explique fort bien par l’action du milieu. Des sels modifient également la structure des colloïdes cellulaires; ils peuvent soit déterminer, soit empêcher leur précipitation, c’est-à-dire modifier leur liaison avec l’eau, faire varier leur imbibition.
- Une dernière question se pose maintenant ; dans ce gel protoplasmique, quelle est la place, quel est le rôle des lipoïdes? Jusqu’à ces dernières années, on les localisait au niveau de la membrane cellulaire, en leur attribuant un rôle important dans les variations de perméabilité de cette membrane.
- Depuis, des histologistes ont décrit sous le nom de mitochondries des granulations ou filaments répartis dans le protoplasma de la plupart des cellules animales ou végétales (La Nature, n° 2017).
- L’analyse microchimique montre que ces mitochondries sont constituées essentiellement par des lipoïdes phos-phorés. Ainsi, loin d’être localisés dans la membrane, ces lipoïdes sont au contraire répartis à l’intérieur de la cellule, dans tout le protoplasma. Nous connaissons déjà leur rôle dans l’imbibition, nous n’y reviendrons pas; ajoutons simplement que, suivant la réaction du milieu, suivant sa composition, sa concentration, ils seront tantôt incorporés au gel protoplasmique, tantôt séparés, sous forme de granulations de dimensions variables. Dans chaque cas, il s’établira, entre les albuminoïdes, les lipoïdes, les sels et l’eau, un équilibre physicochimique; la composition et la structure de la cellule seront l’expression de cet équilibre.
- Nous voyons combien complexe, dans son ensemble et dans ses détails, est la structure et, partant, la vie physico-chimique de la cellule. Il est clair qu’une explication simpliste comme celle qui ne fait jouer de rôle qu’à la pression osmotique, ne peut correspondre à la réalité, puisqu’elle ne retient de tout le protoplasma que sa membrane limitante externe. A côté de la pression osmotique, d’autres forces, et parmi elles principalement la pression d’imbibition, doivent intervenir dans le mécanisme des échanges.
- Le travail de MM. Mayer et Schaeffer nous ouvre ainsi un champ de recherches immense. Pour l’étude du mécanisme des échanges, leur conception n’exclut aucune des théories connues. Si l’existence même du protoplasma résulte d’un équilibre entre ses constituants, toutes les propriétés physico-chimiques de ces constituants comptent. Les recherches futures devront donc porter sur l’interaction entre les différentes forces en présence : force électro-motrice, pression osmotique, pression d’imbibition, solubilité, etc.
- Dans le domaine des équilibres cellulaires, de la composition permanente des tissus, une étude s’impose — et MM. Mayer et Schaeffer l’ont commencée déjà — c’est celle du mécanisme régulateur de cette composition. Comment joue*t-il? Quelles sont ses variations physiologiques et pathologiques, quelle est l’étendue de ces variations, quel est l’écart maximum compatible avec la vie? Voilà une série de problèmes d’équilibres protoplasmiques qu’il faut intercaler entre la pure analyse chimique des tissus et le problème du métabolisme (échanges généraux de matière et d’énergie dans l’organisme), puisque l’équilibre cellulaire commande le métabolisme.
- Enfin, dans la question de l’immunité, un point est d’ores et déjà acquis : la résistance des cellules aux
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- CURIEUX RÉSULTATS D’UNE TEMPÊTE ====== 319
- agents extérieurs dépend directement de leur composition. Le cas des globules rouges est particulièrement frappant. On sait que lés globules de différentes espèces animales sont inégalement résistants vis-à-vis des agents nocifs. Si l’on analyse chimiquement les globules, on constate que les variations de résistance sont parallèles aux variations de composition chimique d’une espèce à l’autre. En est-il toujours ainsi? Arrivera-t-on à expliquer tous les phénomènes de l’immunilé par des variations
- purement quantitatives des constituants cellulaires?
- Nous voyons quelle est l’importance des problèmes que permet d’aborder le travail de MM. Mayer et Schaeffer. Leur position est très solide parce qu’elle est ouverte sur l’avenir. Des questions qu’ils ont abordées, ils nous donnent mieux qu’une solution, ils apportent une direction et une méthode. Dans l’ascension de la biologie vers la précision physico-chimique, leur travail est plus,qu’un échelon : ils ont frayé une route. I. Meyerson.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o mars 1914. — Présidence de M. Appel!.
- Genèse d'un minerai. — M. A. Gautier communique les résultats d’analyses qu’il a faites de minerais appartenant à un même type. Ces divers minerais proviennent de grottes et de cavernes, où ils sont formés par l’action du guano ou de matières organiques sur la roche ou sur l’argile. Le guano donne naissance à du phosphate d’ammoniaque et il se produit au contact de l’argile ou de la roche un phosphate double d’alumine et de potassium. Un échantillon conservé dans les collections provient de l’action du guano sur des débris de basalte. Ces minerais du groupe minervite ont l’aspect du kaolin, mais à l’air sec, ils perdent de l’eau et deviennent farineux. Cette poudre est composée de petits cristaux. Ils sont tous solubles dans les acides étendus, mais inîusibles et se transforment par la chaleur en une matière très dure. L’eau bouillante ne leur enlève pas leur potasse. S’ils étaient abondants, ils constitueraient un engrais excellent. On peut jusqu’à un certain point les comparer aux glauconies.
- Méthode de précision pour la détermination des longitudes. — M. Lippmânn remarque que la détermination d’une différence de longitude par le procédé des observations méridiennes et de la transmission électrique de signaux d’une station à l’autre, c’est-à-dire la méthode de haute précision, comporte un assez grand nombre de soirées d’observations, l’interchangement des observateurs et l’exécution d’une masse considérable de calculs. Cette méthode présente,en outre,l’inconvénient de ne pas atteindre une précision aussi grande qu’on le désire. Il a imaginé un procédé .photographique ne nécessitant qu’un faible effort de travail et qui paraît, au contraire, devoir fournir une précision de 0",1 c’est-à-dire la précision que l’on peut atteindre dans la mesure des angles à l’aide des instruments à cercles gradués et à micromètres. Le principe de ce procédé est le suivant. M. Lippmânn produit une étoile artificielle occupant le
- zénith de l’instrument et il photographie cette étoile artificielle au milieu des étoiles du ciel. En employant ensuite les procédés de repérage employés dans la confection de la carte du ciel, il détermine, par rapport aux étoiles avoisinantes, la position du zénith. Si dans les deux stations, on a effectué la photographie de l’étoile zénithale artificielle au même moment, la différence des ascensions droites des deux étoiles artificielles donnera la longitude. 11 est d’ailleurs sous-entendu que la transmission électrique ou la télégraphie sans fil seront nécessaires pour agencer l’expérience.
- Nouveau projecteur de lumière. — M. d’Arsonval décrit un disposilif de projecteur de lumière, imaginé par M. Cannevel. Il est constitué par un miroir à échelons composé d’éléments paraboliques et annulaires combinés avec un miroir sphérique. Toutes les paraboles ont le même foyer. Une partie de chaque fragment de parabole projette directement les rayons vers l’infini, tandis que l’autre partie, masquée par l’échelon suivant, renvoie également les rayons vers l’infini, mais par l’intermédiaire de l’anneau qui relie les deux échelons. Grâce à leur incidence, ces derniers rayons passent par le miroir sphérique placé au fond du miroir annulaire tronconique à échelons. En résumé, le miroir tronconique réfléchit comme à l’ordinaire les rayons émis à l’amère du foyer lumineux, tandis que le miroir tronconique réfléchit ceux de l’avant. Ce dispositif à échelon a non seulement l’avantage d’augmenter notablement la surface réfléchissante, mais celui de faire que les images projetées par les anneaux ne se juxtaposent pas exaclement. En pratique, on peut utiliser comme sources lumineuses, les lampes à filaments incandescents.
- Élection. — M. Jung, de Genève, est élu correspondant de la section d’anatomie et zoologie.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- CURIEUX RÉSULTATS D’UNE TEMPÊTE
- Un remarquable phénomène s’est produit récemment sur la côte Sud de l’Angleterre. Une violente tempête soufflant de l’Est souleva des vagues énormes qui déplacèrent près de Pélt-Level, aux environs d’Hastings, un banc de sable. Quand la mer se fut calmée, les pêcheurs constatèrent qu’une vieille carcasse de navire émergeait des flots.
- Une enquête permit bientôt de l’identifier : c’était l’épave de la Greal-Anne, navire de guerre qui
- avait sombré en 1690 durant la bataille de Beachy-Ilead, et n’avait jamais été aperçu depuis lors. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la vénérable relique reste encore visible au-dessus de la surface de la mer, par les temps calmes.
- Tel n’a pas été le sort d’une autre restitution que fit la mer du Nord à la même époque, sur les rivages du comté de Norfolk. La tempête avait fait rage durant deux jours. Au retour du calme, un facteur
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- 320 ===== CURIEUX RÉSULTATS
- rural crut rêver en apercevant de nombreuses murailles de pierres qui couvraient un vaste emplacement où le brave homme était certain d’avoir vu rouler les vagues, trois jours auparavant!
- La nouvelle de la découverte se répandit sur le littoral comme une traînée de poudre, et, l’après-midi de ce même jour, des centaines de paysans et de pêcheurs accoururent contempler les mystérieuses ruines. Versé dans les traditions locales, un maître d’école rappela une vieille légende qui voulait qu’une ville eût été engloutie par la mer en ces mêmes parages.
- Le digne magister avait été bien servi par sa mémoire. Les ruines aussi inopinément mises à jour
- D’UNE TEMPÊTE ::..................y:-::.' :
- tion quelques jours plus tard, les ruines convoitées s’étaient déjà évanouies ! La mer avait repris possession de sa conquête séculaire !
- On aura deviné ce qui s’était passé. Combinant scs efforts avec ceux d’un vent violent qui soufflait du Sud-Est, la marée avait déplacé un énorme volume de sable sous lequel gisaient les ruines. Durant deux jours, celles-ci étaient restées à ce point dégagées que les chercheurs de trésors avaient pu fouiller le sol mis à sec, sans grand succès, d’ailleurs, puisque leurs trouvailles se limitèrent à quelques objets domestiques : clés, poteries, instruments de travail.
- Mais, le troisième jour, moins de.deux heures
- La réapparition d'un village englouti par la mer.
- étaient celles d’un gros village que la mer avait envahi vers la fin du xvie siècle. A l’encontre de ce que racontait la légende — un brusque cataclysme qui avait enseveli la ville sans laisser à ses milliers d’habitants le temps de s’enfuir! — l’engloutissement n’avait pas eu lieu d’un seul coup. La mer avait mis un quart de siècle à parfaire son œuvre de destruction.
- Tandis que pêcheurs et paysans s’enhardissaient à fouiller le sol des maisons en ruines dans l’espoir d’y découvrir des trésors, la nouvelle, publiée dans le Daily Mirror avec accompagnement de photographies, produisait une certaine émotion dans les milieux scientifiques de Londres. Une société archéologique préparait aussitôt une expédition qui entreprendrait des fouilles sur le terrain rendu par la mer.... Hélas ! quand elle parvint à destina-
- après la prise des photographies que nous reproduisons ici, la marée montante, secondée cette fois encore par le vent, revenait à l’assaut, et ramenait le sable dans sa position précédente. De nouveau, les ruines étaient ensevelies, et, qui sait, pour plusieurs siècles encore.
- Quelques témoins de cette brève réapparition affirment que le clocher de l’antique église présentait une hauteur de 10 mètres au-dessus du sol le jour où le facteur rural fit connaître sa découverte, mais qu’il s’écroula la nuit suivante.
- Pour étrange qu’il soit, le phénomène que nous venons d’exposer n’est pas unique. Dans les Antilles, on a vu parfois la mer se retirer à plusieurs kilomètres du rivage et mettre à découvert des épaves et des écueils dont personne ne soupçonnait l’existence. ; '
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lajiüre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2133.
- 11 AVRIL 1914.
- LES NOUVELLES INSTALLATIONS
- de la Faculté des
- La Sorbonne a'était agrandie si considérablement lorsque son nouvel édifice fut construit qu on pouvait croire que ses locaux seraient suffisants pendant de longues années pour ses nombreux services. Et cependant, la voici déjà trop petite. Comme une ruche active et en plein développement elle est obligée d'essaimer un peu partout. Elle possède déjà hors de ses murs, cinq laboratoires provinciaux : Wimereux, Roscoff el Bctnyuls pour la zoologie marine, Fontainebleau pour la botanique, et l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr. A Paris même, ta chimie appliquée est installée rue Michelet, l’évolution des êtres organisés rued'Ulm, la chimie biologique à l’Institut Pasteur, tandis que renseignement préparatoire à la médecine (P. C. N) s'est établi le long du Jardin des Plantes, rue Cuvier. Celte année va voir la création de
- DU LABORATOIRE DE MÉCANIQUE
- sciences de Paris
- nouvelles annexes détachées du grand palais universitaire. Dans le vaste terrain qui s’étend entre la rue Saint-Jacques et la rue d’Ulm, où s’élève déjà l'Institut océanographique, on achève la construction d'un Institut de Chimie et d'un Institut de Radiologie, auxquels s’ajouteront prochainement un Institut de Géographie, un Institut de l'Art et une Bibliothèque des Arts. Sur le boulevard Raspail, les fondations du Laboratoire cl’Évolution sortent du sol, tandis qu'en face, le Laboratoire de Mécanique vient d'être inauguré. Nous avons demandé aux professeurs, chefs des nouveaux services, de les décrive pour La Nature et de nous indiquer les travaux qu'ils comptent y poursuivre. Nous donnons aujourd'hui le premier de celle série d'articles, que M. le Professeur Kœnigs a bien voulu écrire pour nous.
- Je suis heureux de l’occasion qui m'est offerte d’intéresser les nombreux lecteurs de La Nature aux efforts que mes collaborateurs et moi-meme avons faits pour développer le Laboratoire de Mécanique de la Faculté des Sciences de Paris.
- C’est en 1897, en prenant possession de la chaire de mécanique physique et expérimentale, que j’ai créé ce Laboratoire. La nouvelle Sorbonne était à cette époque en voie de reconstruction ; malheureusement, tous les locaux en avaient été déjà distribués entre mes collègues plus anciens, en sorte que le Laboratoire n’aurait pas disposé d’un seul mètre
- carré, si le doyen d’alors, M. G. Darboux, n’avait eu la générosité de me céder une partie importante des salles mises à la disposition de son propre service. Mon enseignement, suivant une tradition ancienne, interrompue toutefois par mon prédécesseur M. Boussinesq, mon enseignement, dis-je, avait pour objet la cinématique et la théorie des mécanismes. En harmonie avec cet enseignement, j’établis un atelier pour la construction des modèles qui lui étaient nécessaires. A vrai dire, c’est la seule installation mécanique à laquelle je pouvais prétendre au troisième étage de la Sorbonne où mon
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- servi'ceélaitlogé.
- Encore eus-je la chance que des circonstances architecturales de l’immeuble me permissent d'établir sur des poutres d’acier des sommiers offrant une assiette suffisante à mes machines-outils.
- On conçoit aisément que le bruit produit par ces machines et les trépidations qu’elles imprimaient devaient avoir une répercussion fâcheuse dans les services de mes collègues placés aux étages inférieurs et même jusque dans les amphithéâtres de lettres voisins, où ils imposaient avec une autorité désagréable à nos éminents philosophes la réalité du monde extérieur. Des réclamations ne pouvaient manquer de se produire ; elles me furent fort agréables. On a même calomnieusement prétendu que j’avais tout fait pour les provoquer. Quoi qu’il en soit, ces réclamations nous furent éminemment utiles ; elles entrèrent pour une bonne part dans les motifs desquels résulta notre déménagement de la Sorbonne.
- Les Domaines ayant mis à la disposition de M. le recteur Liard un immeuble désaffecté et, d’autre part, les Chambres, après d’actives démarches de M. le Doyen Appell et de moi-même, nous ayant accordé les modestes crédits indispensables à noire nouvelle organisation, notre installation au 90 du Boulevard Uaspail fut une chose décidée. Je ne dirai rien des lenteurs administratives qui retardèrent la mise en possession des locaux, ni des longs travaux de maçonnerie nécessités-par l’état de vétusté de l’aile qui nous était destinée et dont on dut supprimer un étage pour garantir la solidité dé reste. Bref, en octobre 1912, la première machine s’installait dans les locaux appropriés à leur nouvelle destination.
- Ces locaux comprennent principalement une vaste salle de 52 métrés sur 12 qui sert aux machines. Dans le sol, on a pratiqué des massifs de maçonnerie bétonnée en prévision des machines; lourdes présentes ou futures ; des caniveaux couverts de
- plaques de lôle rendent aisés l’adduction du gaz et de l’eau de ville ainsi que l’écoulement des eaux usées ou l’évacuation des gaz brûlés. Une grande plate-forme rainurée et des fers rainurés disposés de place en place, permettent les installations volantes qui doivent jouer un rôle important dans le fonctionnement du service. En avant du tableau d’électricité, une grande plate-forme rainurée est destinée à supporter les dynamos, le groupe convertisseur et la commu-tatrice de40 chevaux. Sur la fig. 1 d’ensemble, on voit à gauche le tableau électrique dont je parle et en avant la plate-forme des dynamos; un peu plus à à droite on remarque le grand volant du moteur à gaz expérimental, de 30 chevaux, 220 tours, à double régulation, avec faculté de faire varier les compressions et circulations indépendantes autour du cylindre et autour de la culasse. Des orifices spéciaux permettent des relèvements de température; un réservoir d’air comprimé facilite la mise en marche; enfin, par une innovation toute spéciale au Laboratoire, un calorimètre placé sur le tuyau d’évaeüa-tion des gaz permet de calculer un coefficient nécessaire â l’estimation des calories évacuées avec les gaz brûlés. Un frein de Prony, dont on voit le bras à droite vers le bas du moteur, permet l’estimation de la puissance, que l’on peut aussi évaluer électriquement. 1
- Au premier plan de la fig. 1 on aperçoit en raccourci la machine pour lés essais de traction de_50 tonnes (système Delaloë) que la fig. 2 montre avec plus de détails. Cette machine a été acquise grâce à une subvention de 5000 francs des amis de l’Université. Sur une table à droite de la fig. 2 se trouvent l’appareil pour diviser les barreaux d’essais et l’appareil à billes de Brinell, système Guillery, pour les essais de dureté. La maison Malicet et lïlin qui a fourni cet appareil au Laboratoire, a consenti une remise importante sur le prix.
- Dans le premier plan à droite de la fig.. 1 on aperçoit le mouton-
- Mo ii Ion-pendule Charpy.
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- Fig. 4. — Installation pour Vessai des moteurs à explosion.
- pendule système Charpy, pour les essais au choc, que la fig. 3 montre à une plus grande échelle. Ce bel appareil est un don gracieux de la Compagnie Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons. Ces divers appareils constituent un ensemble très intéressant pour l’étude expérimentale des propriétés mécaniques des métaux.
- Les progrès incessants de la construction des moteurs nous imposaient la loi de réserver une place importante aux installations volantes.
- Elles sont destinées à recevoir les types les plus récents et les plus intéressants de machines que les constructeurs ne manqueront pas de nous confier pour en faire une étude basée sur la méthode scientifique. Il n’entre pas dans notre pensée d’ouvrir un office d’essais industriels ; c’est là la tâche du Conservatoire des Arts et Métiers ou du Laboratoire de l’Automobile-Club.
- Nos recherches, plus minutieuses que ne le comporte l’essai industriel courant, demanderont trop de temps pour que nous ne bornions pas nos investigations à quelques types choisis en raison de quelque circonstance spécialement originale ou utile qu’ils présenteront.
- La fig. 4 présente une installation volante de ce genre; c’est un moteur de 43 chevaux, 1800 tours, à essence, mis à notre disposition par les Sociétés Aster et Sigma. On voit, en avant, le grand cylindre horizontal du calorimètre; le tréteau porte les cadrans des pyromètres électriques (couples cuivre—- cons-tan tant) qui donnent les températures d’entrée et de sortie des gaz. En arrière est la dynamodynamomètre de 60 chevaux, destinée à mesurer la puissance. Cette dynamo a été fournie au Laboratoire par la Société Panhard et Levassor avec une très forte remise sur le prix.
- La précision des recherches, qui est de règle dans un laboratoire scientifique, nous impose la vérification et le tarage des appareils de mesure. La fig. 5 nous montre, sur deux tables voisines, une balance pour le tarage des ressorts d’indicateur et une presse ppiir le tarage des plaques de mâno-graphe; ces appareils ont été étudiés et construits par l’atelier du Laboratoire.
- La fig. 6 nous montre encore un appareil étudié et construit au Laboratoire. C’est une ha-
- Fig. 5. — Balance pour le tarage des ressorts d’indicateur et presse pour le tarage des plaques de ma-nographe.
- Fig. 6. Balance dynamo métrique Renard pour l'élude des hélices.
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- lance dynamométrique système Itenard. Cet appareil, grâce à un double système de couteaux, l’iin longitudinal, l’autre transversal, permet de mesu-
- Fig. /. — Accéléromèlre Boyer-Guillon et Auclair.
- rer à la fois le couple moteur d’une hélice et sa force de propulsion. Il a servi à mon dévoué préparateur M. Auclair dans ses recherches au point fixe.
- La fig. 7 représente un autre appareil également étudié et construit au Laboratoire et qui a été imaginé par Mil. Boyer-Guillon et Auclair pour l’étude des mouvements périodiques. Il a été baptisé par ses auteurs accéléromètre universel, par opposition avec un autre accéléromètre plus spécial imaginé par les mêmes auteurs et dont un modèle est au Conservatoire des Arts et Métiers. Un dispositif spécial imprime à la poutre un mouvement oscillatoire déterminé et l’appareil enregistre ces oscillations avec une régularité qu’il est possible d’apprécier. Ce même appareil, transporté sur un véhicule, permettra d’évaluer la qualité de ses ressorts ; transporté sur le parquet d’un immeuble, il permettra de se rendre compte des trépidations que lui font subir les ébranlements provenant de la rue ; cet appareil a un champ d’utilisation extrêmement étendu, surtout sous la
- Fig. ç. — Appareil Lumet pour étudier le pouvoir lubrifiant des huiles.
- forme nouvelle où le Laboratoire de mécanique physique l’a construit.
- La fig. 8 représente un exemplaire de grand
- modèle, le plus grand et le plus puissant qui existe certainement, du barogyroscope de Gilbert. Cet appareil donne, par la déviation de l’axe d’un tore tournant à la vitesse de 5500 tours, une manifestation de la rotation terrestre. Cet appareil, ainsi que tout un ensemble de modèles de mécanismes, a été construit par l’atelier à l’époque où il était logé au 5e étage du palais de la Sorbonne.
- La fig. 9 représente un appareil pour étudier le pouvoir lubrifiant des huiles très ingénieusement conçu par M. Lumet, le distingué ingénieur du Laboratoire de l’Automobile-Club ; la construction en a été confiée à la maison Carpentier. Les relations entre le Laboratoire de mécanique physique de la Sorbonne et celui de l’Automobile-Club ne datent pas d’hier. A l’époque où je n’avais aucun moyen de mettre mes élèves en contact avec les machines, et de leur faire exécuter des manipulations" en harmonie avec l’enseignement que j’avais orienté vers les moteurs thermiques, je dus me féliciter que mes
- bonnes relations avecDwelshauvers-Déry etM. Hubert à Liège, avec le Conservatoire des Arts et Métiers à Paris, eL avec le Laboratoire de l’Automobile-Club, alors à Levallois-Perret, m’ouvrissent des Laboratoires amis où mes élèves trouvèrent l’accueil le plus aimable et le plus empressé. Par un juste retour, lorsque le Laboratoire de l’Automobile-Club fut en voie de transfert dans la belle installation qu’il occupe actuellement à Neuilly, son savant directeur, M. Lumet, vint s’installer chez nous et y entreprit une série de belles recherches sur les moteurs thermiques où le calorimètre fut pour la première fois employé.
- C’est chez nous également que M. Lumet, sur son appareil à huile, entreprit les premières expériences qui aient été exécutées dans un aussi large champ de mesures, sur le pouvoir lubrifiant des huilés en fonction de la température.
- Ces relations du Laboratoire de mécanique avec les éléments les plus distingués de l'industrie ne peuvent qu’être profitables à l’un et à l’autre. Si le ,premier a la méthode et le souci de la critique scientifique, la seconde a les suggestions positives
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- des problèmes imposés par la réalité. Et, il faut aussi l’ajouter, l’industrie a en plus les ressources qui font malheureusement trop défaut, surtout en France, aux Laboratoires purement scientifiques, car chacun sait qu’à l’étranger la science pure est toujours associée aux institutions industrielles. Souhai-
- tons que mon appel soit entendu et que l’industrie, ainsi qu’elle a commencé à le faire, aide et soutienne un Laboratoire qui n’a d’autre but que de mettre à son service la Science. G. Kœnigs,
- Professeur-Directeur du Laboratoire de Mécanique physique et expérimentale de la Faculté des Sciences de l’Université de Paris,
- LES APPLICATIONS DE L’HYDROGÈNE INDUSTRIEL
- Nous avons montré dans une précédente note combien nombreuses et économiques sont les méthodes qui fournissent de nos jours l’hydrogène destiné à différentes branches de l’industrie. Nous dirons aujourd’hui quelles, sont les applications pour lesquelles ces méthodes sont nées. Deux groupes bien différents les comprennent : dans l’un c’est la résolution de grands problèmes économiques auxquels ne peuvent s’attaquer que les grosses installations ; dans l’autre ce sont des utilisations heureuses qui ont assuré la possibilité de certains travaux ou l’abaissement du prix de revient de certains produits.
- Nous passerons sous silence la consommation croissante que fait d’hydrogène l’aéronautique puisqu’elle l’utilise directement sans le faire entrer dans aucune réaction nouvelle et nous parlerons d’abord des applications du premier groupe.
- Synthèse de l’ammoniac. — Ce problème, l’un des plus importants de la chimie moderne, a été réalisé au point de vue technique par le professeur Haber, au point de vue pratique par la Badische Anilin und Soda-Fabrik. Depuis qu’en 1881, Golenson obtint de très faibles quantités d’ammoniac avec le mélange d’azote et d’hydrogène soumis à l’influence des étincelles électriques, la possibilité de fournir aux végétaux sous forme d’ammoniaque l’azote tiré de l’air et mis sous cet état éminemment propre à son absorption, n’a cessé de passionner l’esprit des chercheurs : c’est d’abord Haber qui, après une étude complète des conditions de l’équilibre de l’ammoniac, opère à 1000° en présence d’un catalyseur : le fer, mais à la pression ordinaire ; c’est Niernst qui travaille à 50 à 75 atmosphères à basse température en présence de platine : d’un côté la température élevée correspond à des conditions d’équilibre défavorables; de l’autre, la température trop basse affaiblit l’action catalytique des métaux. Une combinaison des deux méthodes donne la solution du problème. On utilise une haute température (700°), une forte pression (200 atmosphères) et on soustrait l’ammoniac aussitôt formé à cette action en le condensant à basse température : le catalyseur le plus favorable est l’uranium qui donne facilement 8 pour 100 d’ammoniac (Haber). Les ingénieurs de la Badische ont fait le reste. Ils ont mis au point l’installation industrielle et l’ammoniaque synthétique concurrence déjà le nitrate de soude du Chili : le problème est aujourd’hui résolu.
- Fabrication de l’eau oxygénée. — L’eau oxygénée est un produit dun usage chaque jour grandissant. Sans compter son emploi en médecine comme agent antiseptique, on sait son utilisation pour le blanchiment de la soie sauvage, des plumes d’autruche, du lin, des éponges, de la laine, de l’ivoire, des os, de la paille, etc. En un mot, c’est notre grand convoyeur d’oxygène. Obtenir ce corps économiquement est d’un
- intérêt considérable. Or, l’eau oxygénée est formée avec absorption de chaleur. La combinaison de l’eau et de l’oxygène absorbe environ 21 calories. Sans l’intervention d’une énergie étrangère, c’est-à-dire d’une combinaison qui dégagera une quantité de chaleur supérieure à celle nécessaire pour la production d’eau oxygénée, celle-ci ne se formera pas. Généralement on s’adresse au bioxyde de baryum dont la réaction sur l’acide chlorhydrique dégage de la chaleur :
- Ba O2 + 2HC1 = BaCl2 + IDO2 + 22 calories
- Bioxyde de ac. chlorhy- Chlorure de (------eau oxygénée
- baryum drique baryum
- Cette réaction est coûteuse.
- Mais la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène dégage 58 calories ; si donc l’on opère avec l’hydrogène en présence d’un excès d’oxygène dans certaines conditions il y aura possibilité d’obtenir l’eau oxygénée : c’est ce qu’a fait de Hemptinne au moyen de l’effluve électrique. Il obtient 3 grammes d’eau oxygénée par kilowattheure et le prix de revient est très intéressant.
- Hydrogénation des huiles. — C’est l’application la plus heureuse des dernières méthodes scientifiques à l’industrie. On transforme des huiles qui donnaient des savons mous en corps solides donnant des savons durs ; les huiles de poissons et de baleine peuvent être utilisées, car elles sont par là même désodorisées : on obtient avec de l’huile de coton ou toute autre huile végétale un produit de la consistance et des propriétés du saindoux comestible et pouvant le remplacer au moins en partie. La méthode est simple : basée sur les travaux de Sabatier et Sanderens elle consiste, comme on l’a déjà indiqué ici, à combiner molécule à molécule l’hydrogène à l’acide oléique liquide en présence d’un catalyseur, généralement le nickel :
- C18H34Q3 + H* = C‘«lP«Oa
- acide oléique acide stéarique
- Toute la valeur des procédés réside dans le dispositif permettant d’effectuer l’hydrogénation dans un temps très court, dans le choix et la préparation du catalyseur qui peut être aussi le palladium, enfin dans la pureté de l’hydrogène employé qui doit être exempt de chlore ou d’hydrogène sulfuré tuant le catalyseur. L’hydrogène électrolylique est celui qui convient le mieux; c’est généralement un sous-produit, aussi les frais de fabrication sont-ils insignifiants. Cette industrie a déjà pris une grande extension en Allemagne.
- Nous décrirons maintenant dans le deuxième groupe d’autres applications d’un intérêt moins général quoique aussi considérable.
- Filaments métalliques. — Les lampes destinées à l’éclairage électrique sont aujourd’hui constituées en
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- grande majorité, pour des raisons d’économie dans la consommation, par un fil métallique à base d’un métal dit rare : osmium, tunsgtène, tantale, porté à l’incandescence dans une atmosphère non oxydante. Or, l’hyrogène intervient dans la préparation de ces métaux.
- Le tungstène qu’on trouve à l’état de tungstates soit de fer et de manganèse (coolpoun), soit de calcium (schee-lite) est d’abord décomposé par un acide en acide lungs-tique, lequel transformé en anhydride est réduit sous l’influence de la chaleur par un courant d’hydrogène. De même le tantale est aujourd’hui le produit de réduction de l’anhydride tantalique, état sous lequel il se trouve dans son minerai. Enfin l’osmium, qui s’obtenait autrefois par réduction de l’acide osmique au rouge au moyen de l’oxyde de carbone, est également préparé avec l’hydrogène en opérant à température moins élevée. Ces réductions faciles ont diminué le prix de revient de ces métaux rares et en facilitent par là chaque jour la consommation croissante.
- Chalumeau oxyhydrique. — On sait que cet appareil permet d’utiliser la flamme extrêmement chaude que produit l’hydrogène par sa combinaison avec l’oxygène, le mélange des gaz amenés par deux conduits différents bridant à l’origine et ne produisant de cette façon aucune explosion; trois applications importantes sont nées de cette découverte : le coupage et perçage des métaux, la fusion du quartz, la fabrication des pierres précieuses.
- Coupage et perçage des métaux. — On porte à la plus haute température dans la région la plus élevée du dard de la flamme du chalumeau, le métal à couper ou percer qui est généralement le fer : on met au début un excès d’oxygène; le fer s’oxyde, cet oxyde fond, produisant un décapage parfait de la surface : le métal cède alors rapidement devant la flamme. C’est ainsi qu’on peut couper des tôles épaisses de 50 centimètres en moins d’une minute, pratiquer aisément des trous d’homme; c’est ainsi encore qu’on peut abattre par coupage des constructions en fer, tel le vieux pont de Cologne dont la démolition récente a pu se faire sans le bruit des marteaux et avec un gain considérable sur le temps prévu.
- Rappelons également les multiples utilisations de la soudure autogène applicable à tous les métaux à faible conductibilité pour la chaleur.
- Pour le plomb on se contente généralement d’alimenter le chalumeau avec de l’air : les bords à souder bien nettoyés et rapprochés sont léchés par le dard du chalumeau dont la flamme doit être réductrice ; pour le
- fer, on a appliqué cette méthode à la fabrication des tuyaux coudés, en particulier des cadres de bicyclette d’un seul tenant, des pinces pour automobile : autrefois on brasait, aujourd’hui on soude. On fond de même les métaux précieux : l’or, l’argent, le platine. La fonte s’affine sous son influence, perd son carbone à l’état d’oxyde et devient fer ductile et malléable.
- Fusion du quartz. — Le chalumeau à hydrogène permet la transformation du quartz en un verre limpide qu’on peut travailler. Ce verre de quartz a trouvé récemment une application intéressante. A l’opposé du verre ordinaire il se laisse traverser facilement par les rayons chimiques, et, soufflé, en ballons, il a permis la réalisation de multiples synthèses faites à l’aide des rayons ultra-violets qui agissent ainsi aisément de toute leur énergie chimique à travers la paroi de quartz sur les produits en réaction.
- M. Daniel Berthelot a pu ainsi effectuer toute une série de synthèses biologiques grâce à la lampe à vapeur de mercure à paroi de quartz concentrant ses rayons dans des récipients également en quartz.
- Fabrication des pierres artificielles. — C’est à Yerneuil que l’on doit cette application du chalumeau à l’obtention des pierres précieuses. Il s’agissait de reproduire l’alumine cristalline avec ses colorations (rubis, saphir, topaze). En collaboration avec Fremy, Verneuil résolut le problème par l’action du fluorure de baryum sur l’alumine amorphe à la température du chalumeau ; le procédé est d’ailleurs encore aujourd’hui en partie secret : on juge aisément de son importance commerciale.
- On voit combien variées sont les branches de l’industrie où l’hydrogène entre en jeu. On ne peut plus dire aujourd’hui qu’il soit un produit résiduel parce que plusieurs usines le fabriquent spécialement en vue de ces applications. Malheureusement à côté de celles-ci beaucoup d’installations qui en produisent de grosse quaniités sont mal outillées pour l’utilisation sur place.
- Elles hésitent encore devant de coûteux procédés qui n’ont pas fait suffisamment leurs preuves et préfèrent laisser perdre les milliers de mètres cubes qu’a libérés accessoirement l’énergie électrique ou calorifique. Mais les utilisations de l’hydrogène ne s’arrêteront vraisemblablement pas là et chaque fabricant bientôt, soit qu’il puise dans leur liste déjà longue et plus sûrement établie, soit qu’il s’adresse à celles qui viendront, pourra, dans un avenir rapproché, choisir le meilleur traitement de ce « résidu » qui dans une industrie prospère doit constituer le meilleur des bénéfices. A, Detœuf.
- L’EXPOSITION « PANAMA-PACIFIC » ET L’AVIATION
- La direction de l’Exposition Internationale « Panama-Pacific », qui sera inaugure'e l’anne'e prochaine à San-Francisco, vient de faire connaître les grandes lignes de la course aérienne around lhe globe (autour du globe) qui sera livrée en mai 1915.
- Les prix formeront un total de 500000 dollars, soit plus d’un million et demi de francs, qui constituent de beaucoup la plus grosse somme qu’on ait jamais consacrée à une épreuve sportive.
- Tous les engins aériens à moteur (les « plus lourds que l’air » comme « les plus légers ») seront admis
- au concours. Le comité arbitral sera composé de cinq membres appartenant à diverses nationalités, et qui seront choisis d’après leur compétence en hydrographie, météorologie, science militaire et navale.
- Des contrôles seront établis à des distances convenables le long de la route, dont les étapes principales sont indiquées comme suit :
- Des terrains de l’Exposition « Panama-Pacific » à Cheyenne, soit 1000 milles (1600 km), deCheyenne à Chicago (même distance), de Chicago à New-York
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- L’EXPOSITION « PANAMA-PAC]F1C » ET L’AVIATION
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- (même distance), de New-York à Belle-Isle, entre Terre-Neuve et le Labrador (même distance).
- De Belle-Isle, les concurrents s’élanceront au-dessus de l’oce'an Atlantique pour gagner le cap Farewell, au sud du Groenland, soit 610 milles (976 km). Deuxième traversée de l’Océan pour atteindre Reykjavik (Islande), soit 6'0 milles (1072 km). Troisième traversée entre l’Islande et Stornaway (Hébrides), soit 570 milles (912 km).
- Les étapes suivantes les conduiront à Londres, via Edimbourg, soit 550 milles (880 km) ; à Paris, soit 500 milles (480 km) ; à Berlin, soit 500 milles (800 km); à Varsovie, soit 550milles(560 km); à Saint-Pétersbourg, soit 675 milles (1080 km); à Moscou, soit 450 milles (680 km).
- Ils aborderont alors les plus longues étapes : de Moscou à Tomsk, par-dessus les steppes sibériennes, soit 1200 milles (1920 km); de Là à Irkoutsk, soit 900 milles (1440 km); puis à Karbin, soit 1500 milles (2280 km); puis, à Vladivostok, soit 500 milles (800 km). 1
- Suivant le rivage de la Corée, ils franchiront la mer du Japon pour atteindre Kobé, soit environ 800 milles (1280 km), et Tokio, soit 550 milles (560 km).
- De la capitale japonaise, ils gagneront le cap Brou-ghton, soit 750 milles (1200 km) ; puis, en suivant la chaîne des îles japonaises et des Kouriles, le Kams-chatka, soit 1100 milles (1760 km).
- L’étape suivante sera la pointe extrême du continent asiatique, le cap Dejneff ou Oriental, soit 800 milles (1280 km).
- 50 milles (48 km) les sépareront de la pointe extrême de l’Amérique, le cap du Prince-de-Galles. Après cette traversée du détroit de Bering, ils fileront vers Sitka, Alaska, soit 1250 milles (1970 km), puis, vers Vancouver (Colombie Britannique), soit 600 milles (960 km), et vers Steattle, soit 150milles (240 km). Enfin, ils atteindront leur point de départ, les terrains de l’exposition, au prix d’une dernière randonnée de 1500 milles, soit 2080 km.
- Sur cet énorme total de 22 760 milles (soit environ 56 420 km), la plus longue traversée au-dessus de la mer sera celle de l’Atlantique entre le Groenland et l’Islande, distance de 1072 km sans relais
- possibles ; les récents progrès de l’aviation permettent de croire qu’un tel exploit n’est pas au-dessus des moyens de nos champions de l’air ; d’ailleurs, des navires à marche rapide sillonneront cette partie de l’Océan, prêts à secourir les aviateurs en détresse.
- La direction de l’Exposition Panama-Pacific déclare que l’itinéraire que nous venons d’indiquer a été fixé après de longues délibérations auxquelles ont pris part, de vive voix ou par correspondance, de nombreux aviateurs de réputation mondiale. Plusieurs avis furent hostiles à la traversée de la
- Le parcours du « Tour du Monde en aéroplane organisé par VExposilion de San-Francisco.
- Sibérie, mais on peut faire remarquer à ce sujet que le vaste territoire sibérien jouit d’un climat tempéré à l’époque où se courra l’épreuve, soit de mai à août.
- Outre le million et demi de francs que se partageront les vainqueurs, l’Exposition distribuera des prix dits additionnels à ceux des aviateurs qui auront fourni la plus grande vitesse entre les différents points de contrôle. Les concurrents qu’un accident empêchera de terminer le circuit pourront donc récupérer les dépenses que leur aura occasionnées leur participation.
- On nous permettra de souhaiter que nos vaillants aviateurs français se couvrent de gloire — et d’or 1 -r— en cette circonstance. V. Forbix.
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- LES FORMES DE MOINDRE RÉSISTANCE DANS LE RÈGNE ANIMAL
- Leurs applications en mécanique.
- Je parlerai surtout des. formes de moindre résistance et j’entends par formes de moindre résistance celles qui demandent le minimum d’efforts pour pénétrer dans la matière. Cette question a de tout temps intéressé les constructeurs de bateaux, de ballons, aussi bien que les fabricants d’outils à travailler le bois, les métaux et autres substances ; elle passionne «Me nos jours les constructeurs d’aéroplanes et de propulseurs, car toute diminution de résistance entraîne plus de vitesse, ou, pour une même vitesse, un moteur moins fort.
- Pour avoir des idées convenables sur cette question, j’emploierai la même méthode que précédemment (a) : observer d’abord la nature, et ensuite expérimenter.
- Les jardiniers connaissent bien la Courtillière (Gryllotalpa), trop bien même : c’est un sapeur-mineur de première classe dont les méfaits égalent l’habileté; sa patte-râteau est un chef-d’œuvre de mécanique. La rapidité avec laquelle elle fait ses galeries est due à la fois à la forme et aux mouvements de ces râteaux ainsi qu’à la forme du thorax. Tout le monde connaît les Bousiers, entre autres le Scarabée, grand fabricant de pilules, jadis adoré par les Égyptiens, si admirablement décrit par Henri Fabre: certaines pattes jouent le rôle de râteau, d’autres celui de compas conformateur, la tête celui de pelle. Mais Fabre est plutôt préoccupé de la fabrication des pilules, que de la résistance même du milieu ; la courbure céphalique a-t-elle uniquement pour but la confection de la pilule ? N’est-elle pas aussi destinée à pénétrer et détacher la matière avec le minimum d’efforts?
- Je reconnais volontiers que l’analyse des phénomènes est difficile avec des machines compliquées comme celles des artistes susdits ; il faut éliminer pour le moment les pattes et nous adresser à la tête seule.
- La fig. 1 nous montre des profils céphaliques de Trigle, d’Esturgeon, de Dauphin, de Plataniste, de Mouette. Ce sont des proues rigides à courbures pour ainsi dire invariables, et qui écartent le milieu sans l’intermédiaire d’aucun organe voisin; elles
- i. Voir l'article intitulé : En flânant dans La Nature, n° 2081, du 2t nov. 1912.
- reçoivent seules le premier choc du fluide, et seule leur géométrie peut être mise en rapport avec ce choc.
- La ligne dorsale du profil céphalique est ondulée à 5 branches : elle débute par une petite branche convexe, suivie d’une longue branche concave, que nous appellerons concavité p>rodorsale ou frontale; celle-ci se continue par une ligne convexe sur le restant de la tête. La ligne ventrale est légèrement convexe, presque plate parfois sur les bords ; elle est dans les parties médianes plus ou moins souple, dé-pressible, et peut s’ombiliquer, si bien que dans une section sagittale, la pointe du museau ou du bec est concave-convexe, c’est-à-dire convexe en haut, concave en bas. :
- L’Esturgeon, la Trigle sont des animaux de fond, fouillant sans cesse la vase pour y chercher leur nourriture. Le Plataniste fait de même; c’est un genre de Delphinide, voisin du Dauphin, mais à museau beaucoup plus allongé, moins cependant que celui des Lepidostées. LeDauphin fait des bonds fantastiques et pique de la tête avec une très grande vitesse. La tête de Mouette a comme chez tous les oiseaux la concavité prodorsale très nette, mais la pointe du bec sert à fouiller et déchiqueter : il est prudent d’éliminer la forme spéciale de cette pointe dans le cas qui nous occupe, pour retenir seulement le schéma général du profil céphalique, tel qu’il est exposé plus haut.
- Ce profil est surtout caractérisé par une concavité prodorsale. Quel rapport a ce profil avec la résistance ? Est-il un indice de grande vitesse ? mais il manque chez des Poissons très rapides. La seule conclusion logique serait qu’il caractérise une pénétration par plongées et relevées alternatives ; convaincu, en outre, que la nature emploie les meilleures courbes dans ce but, j’ajouterai que ces courbes sont celles de moindre résistance à la pénétration. J’en vois déjà une première preuve chez les Bousiers qui se retirent relativement propres du chantier stercoral, tandis qu’un Carabe ou un autre céléoptère serait complètement crotté. Cet argument n’est pas cependant irréfutable.
- Je vais donner des preuves plus décisives, en expérimentant d’abord sur la pointe d’attaque, puis sur l’ensemble de la proue.
- Le burin de tourneur à profil de poisson est un outil remarquable. — Je prends une tige d’acier cylindrique et je burine une extrémité de manière à imiter le profil dorsal trigloïde ; la section droite terminale est ombiliquée, concave, ainsi qu’on le voit dans la section axiale (P, fig. 3). La courbe a i b est l’analogue de la ligne dorsale, et amp de la ligne ventrale ; le tranchant circulaire (alpl., P7) est l’analogue des bords (A' A', fig. 1).
- / Les éléments de cette tête sont : l’angle du tran-
- > % Fig. i. — Le Scarabée ' à tête en forme de pelle.
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- chant a, — le diamètre D ; — la flèche ombilicale h ; plus je creuse l’ombilic et plus le tranchant est mince ; il serait encore plus mince, si la branche ai était elle aussi concave, et dans ce cas a serait un point de rebroussement (K, fig. 4) —• la largeur e et hauteur H de l’étranglement. Il faudrait encore tenir compte des angles y du plan du tranchant avec la génératrice du cylindre à tourner, et |3 avec la circonférence du cylindre. On les fait très petits au-dessous de 10°, quand la matière est dure.
- On remarquera que j’ai pris une première licence avec la tête animale : celle-ci n’a qu’un plan de symétrie, celui de symétrie bilatérale ou plan sagittal tandis que ma tête en acier est un solide de révolu-
- constances, le saphir d’Édison à troncatures planes ne me donnait que de la boue, ou de la poussière. Le fait seul d’obtenir un long copeau me démontrait sans conteste la supériorité d’un tel burin sur les outils habituels du tour ; il pénétrait évidemment beaucoup mieux dans la matière ; mais il y a copeaux et copeaux. La méthode acoustique est d’une grande sensibilité ; elle m’a montré que les copeaux en forme de rubans plans valent miçux que les copeaux en tire-bouchon. L’inscription était plus moelleuse, d’un timbre plus fidèle sur les cylindres rabotés avec copeaux en rubans.
- J’ai pu ainsi reconnaître que le burin avec la petite convexité initiale donnait un meilleur poli que le
- Fig. 2. — A, profil ^'Esturgeon (A.', face ventrale)-, B, profil de Trigle (B’, face ventrale); C, profil de Dauphin; D, de Plataniste; E, de Mouette.
- tion. J’ai plusieurs motifs de procéder ainsi. 1° C’est plus facile. J’ai donc commencé par un tranchant circulaire, sauf plus tard à essayer des courbes différentes comme a, b, c (pseudo-Trigle) et ai &2 c3(pseudo-Esturgeon) (fig. 6). 2° La ligne de profil est toute seule, isolée des autres facteurs ; elle peut revendiquer pour elle seule les résultats obtenus. 5° Si je fais de cet outil un burin de tour, je n’ai qu’a fileter le corps de la tige, et la fixer dans un écrou massif sur un support de chariotement (M, fig. 7) Le filetage permet de rapprocher le burin du cylindre à tourner, et de faire un copeau aussi épais, ou aussi mince qu’on veut; le tranchant étant circulaire se trouvera toujours en état de couper la matière.
- Mes premiers essais ont porté sur les pâtes phonographiques ; j’ai pu ainsi obtenir de magnifiques copeaux soit sur des pâtes cireuses, visqueuses, soit sur des pâtes dures et sèches. Dans les mêmes cir-
- tranchant formé par une arête de rebroussement. Dans ce dernier cas, le burin est un vrai rasoir, pénètre bien, trop bien même, car il semble attiré par le cylindre et broute ; le réglage est plus délicat que celui du burin à petite convexité initiale.
- L’expérience seule m’a appris à déterminer les éléments du burin en fonction de la substance. Je n’emploie pas évidemment le même diamètre et 1 e même angle du tranchant, pour le bois et pour le cuivre, pour le liège ou le caoutchouc.
- Le tournage du caoutchouc est très curieux ; je monte un tube de caoutchouc sur une tige en bois roulant entre pointeaux. Je n’obtiens pas de copeaux mais un second tube de caoutchouc ; à chaque tour du manchon, le burin détache une largeur de substance égale à celle du pas de chariotement, mais la matière ne se détache pas sous forme.de ruban ; elle se retrousse sur le manchon, et à la fin du tour-
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- LES FORMES DE MOINDRE RÉSISTANCE
- nage, nous avons deux tuyaux au lieu d’un seul.
- Le tournage du liège m’a permis défaire des poulies excessivement précieuses pour mes machines à trier et enfiler les perles. Je ne connais aucun autre
- b
- Fig. 5. Fig. 6.
- Fig. 3, 4, 5. — Détermination des éléments d’un burin à profil de trigle.
- Fig. 6. — Profils de burins e-n forme de pseudo-trigle et de pseudo-esturgeon.
- outil de tourneur permettant de faire un travail de ce genre. J’ai eu particulièrement à me louer de cette forme de burin pour tourner des cylindres de plomb, de zinc, et de certains alliages plus ou moins visqueux ; avec les burins ordinaires, l’outil s’encrasse, s’échauffe, et se refuse à cylindrer proprement.
- Le cylindrage du bois donne un beau poli, avec de faibles vitesses de rotation, avec un tour à mé-
- taux. On peut aussi tourner le cuivre et l'acier, mais pour l’acier il faut don-
- Fig. 8.
- La machine à enfiler les perles.
- ner un grand angle au tranchant, et prendre peu de matière ; il faut réserver l’outil pour le polissage final.
- L’observation des poissons inspire un burin ins-cripteur pour phonographes. — Le même principe m’a permis de faire des burins inscripteurs bien supérieurs aux burins habituels, en ce sens qu’ils ne s’encrassent jamais, quelle que soit la consistance de la pâte. Ils peuvent, en outre, repasser jusqu’à lOfois de suite dans le sillon déjà tracé sans le détériorer, si bien qu’on peut faire tout seul un trio, un quatuor, en chantant successivement à la tierce, à la quarte, à l’octave, en sifflant le même air, ou en le reprenant avec un autre instrument. J’avais utilisé cette propriété pour les récréations et exercices
- phonographiques, etmême pourle travail de bureau, où on pouvait à la rigueur se passer de tête ronde, mousse.
- Je dois dire que le burin inscripteur était dissymétrique de droite à gauche1, et demandait une certaine pratique pour être bien travaillé. La description n’offrirait aucun intérêt pour le public, en l’absence de toute éducation phonographique; l’amateurpho-nographique n’existe pas plus que le premier jour il y a 20 ans; si j’ai tenu à mentionner cette forme c’est qu’elle vient à l’appui de ma thèse, et démontre une pénétration plus facile dans la matière. On tente depuis peu l’emploi du phonographe comme machine à dicter la correspondance (Dictographe, Business phonograph, Ronéophone, etc.). Edison a pris il y a un an un brevet pour un nouveau burin destiné à ce genre de machines ; il est de forme discoïde, comme le mien, mais biconvexe et non biconcave ; en outre,
- Fig. 7. — Burin de tourneur à profil de trigle.
- il ne se place pas comme le mien, le cercle du disque à 10° sur les génératrices du cylindre, mais à 90°,
- comme unefraise circulaire à une seule dent, et en effet, le cercle est taillé de manière à faire une dent de fraise.
- Ce nouvel outil d’Edison n’est guère meilleur que ses premiers comme facilité de pénétration, mais il se prête mieux à faire un très petit sillon ; en combinant cette forme avec un pas de chariotement plus petit, Edison vise à doubler la correspondance sur une même longueur de cylindre. Mon outil se prête encore mieux à cette augmentation, parce qu’il peut se faire lui aussi à un très petit calibre, et en outre permet une rotation du cylindre au moins deux fois moindre que celle des machines américaines ou similaires. Il y a bientôt vingt ans, je correspondais par petites bobines postales de 2 à 4 cm. de calibre sur 4 cm de longueur ; un support à lunette double à deux inscripteurs marchant simultanément me permettait de faire deux phonogrammes identiques, et d’en garder un, comme une copie de lettre.
- Pour enfiler les perles, rien ne vaut une aiguille ondulée à tête de Trigle. — L’aiguille est de forme ondulée (fig. 8) ; l’extrémité antérieure qui plonge
- 1. Type Esturgeon [abc P' fig. 2), mais la joue d’attaque est. plus étroite que la joue arrière.
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- dans les perles a la forme trigloïde. L’expérience m’a appris quelle était la meilleure ondulation à donner; quand on s’écarte des courbures que j’ai trouvées, les aiguilles sautent en l’air et cassent les fils.
- Dans le cas du burin, c’est le cylindre qui court au-devant du tranchant ; de meme ici, ce sont les perles qui courent au-devant de l’aiguille.
- On trouvera sans doute que l’aiguille à perles est une application lointaine bien inattendue des observations zoologiques. On ne voit pas a priori la moindre analogie entre une aiguille et unTrigle par exemple; la tête de Trigle fouille la vase comme une charrue, et la matière glisse et s’échappe comme sur un ver-soir en trajectoire ondulée. La perle, elle, ne s’échappe pas; il y en a bien 10 ou 12 pour 100 qui par hasard ont le trou en face de la tête de l’aiguille ; elles sont enfilées, poussées en avant d’abord par le courant des perles, puis par la rotation de roues en liège dentées, (IL, R2, R3... R4) et finissent par arriver au chas, d’où elles tombent sur les fils souples. Elles tombent et cheminent poussées à la fois par la pesanteur et un dispositif spécial qui les oblige à suivre une trajectoire ondulée. Cette ondulation est le caractère commun du profil trigloïde, du burin tranchant, et de l’aiguille à perles.
- Avec des aiguilles droites, ou avec un fil souple, on enfile mal; il se produit des résistances considérables, qui rendent tout travail impossible. La machine à enfiler, basée sur la trajectoire ondulée à ondulations convenables (l), est le triomphe du principe qui dit : la ligne ondulée est le plus court chemin d'un point à un autre.
- Ligne d’attaque et profils d’ailes. — Le bord d’attaque d’une aile d’insecte ou d’Oiseau forme le plus souvent une ligne ondulée gauche. La branche proximale est concave, la branche principale est convexe; celle-ci ne fait jamais défaut.
- Quel est le rôle du bord d’attaque curviligne à deux branches, ou à une seule branche ? Le problème est complexe ; si on étudie la physiologie du vol, il faudrait considérer les vitesse et direction des molécules aériennes, en fonction du mode de mouvement, des épaisseurs, formes et élasticité des nervures. Lorsqu’on expérimente des pales rotatives, il faudrait comparer deux types, ne différant l’un de l’autre que par la forme de la ligne d’attaque, Lune rectiligne, l’autre curviligne. Je ne crois pas qu’on ait fait des comparaisons de ce genre. J’ai pour ma part expérimenté des pales rotatives hélicoïdales à bord d’attaque rectiligne, et d’autres à peu près de même surface et diamètre, à bord d’attaque curviligne; celles-ci étaient supérieures,
- 1. J’ai décrit ccs ondulations dans divers brevets en 1901. Une machine industrielle a fonctionne à Marseille, à 50 aiguilles seulement, donnant 50 mètres à la minute de perles enfilées sur fil souple. Ces perles étaient du calibre'dit 3 zéro, et les aiguilles avaient 0,26 mm. de section.
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- débitaient un plus grand volume d’air à travail égal, mais elles étaient élastiques, et déformé zooptère; la supériorité constatée pouvait être le fait de divers facteurs du type zooptère. On pourrait aussi avancer que ces divers facteurs influencent à la fois la grandeur de la résistance et la marche du centre de poussée.
- Parmi ces facteurs figure en première ligne la forme des profils. Partisan de la ligne ondulée, j’estimais qu’on pouvait aussi l’appliquer aux profils, du moins dans la région proximale, et en fait, dans certaines de mes pales zooptères, il se formait dans cette région sur la face dorsale une dépression très nette, une concavité prodorsale. Je n’avais pas cependant fait figurer ce profil dans les facteurs constants du vol, parce qu’il manque assez souvent et en tout cas ne se trouve pas dans la région distale.
- Il était réservé à un ingénieur distingué, M. Constantin, de montrer le rôle important de la concavité prodorsale, au grand bénéfice de l’aviation. M. Constantin est parti d’un point de vue différent du mien ; il s’est basé surtout sur la déviation dorsale du courant d’air, sur la dépression considérable qui en résulte, ce qui augmente la sustentation ; mais en même temps les expériences faites chez M. Eiffel démontrent une traînée moins considérable. J’ai repris cette question dans mon laboratoire, et vérifié en effet une augmentation de montée et une diminution de traînée (L.
- Les lecteurs de ce journal sont déjà au courant de l’aile Constantin(2). Je ferai seulement remarquer que le profil de cette aile débute par une concavité, tandis que dans mes expériences de xrérification, je la faisais précéder d’une petite convexité, pour éviter autant que possible un point de rebroussement. Ce détail a-t-il pour les profils de voilures l’importance qui m’avait frappé pour les burins? Je laisse à l’expérience le soin de répondre.
- On peut se passer des animaux pour trouver des solutions originales en mécanique, mais je persiste dans cette idée que la géométrie animale est une mine inépuisable d’applications industrielles. Peu importe qu’au début des observations on ne puisse expliquer tous les phénomènes qui se produisent, qu’on les ignore même en partie; si le point de départ est bien choisi, el qu’on ait quelque discipline scientifique, on transforme peu à peu l’idée primitive et on l’adapte aux cas les plus variés. Avec une seule ligne de Trigle, on arrive à des outils de tourneur, à des inscripteurs phonographiques, à des aiguilles à perles; à des profils de voilure et d’hélices aériennes, et (la place me fait défaut pour développer), à des pelles, des fraises et des charrues perfectionnées. Dr Amans.
- 1. Études de quelques profils, par Dr Amans (Congrès de Tunis de l’Assoc. franc. Avancement des sciences, mars 1915 I 2. Voy. n° 2102, du 6 septembre 1913.
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- LA BIREFRINGENCE DES LIQUIDES PURS
- Lorsque l’on place certains liquides dans un champ électrique ou magnétique, on constate qu’ils prennent, dans la direction, des lignes du champ des propriétés optiques différentes de celles que l’on observe dans des directions perpendiculaires. En particulier, le liquide se comporte comme une lame cristalline uniaxe, c’est-à-dire que les vibrations lumineuses parallèles aux lignes de force et les vibrations perpendiculaires se propagent avec des vitesses différentes.
- C’est à Kerr que l’on doit la première observation de ce genre, mais c’est Majorana qui mit en évidence ces phénomènes auxquels on donne souvent le nom de « phénomènes de Majorana ». Ce physicien a trouvé, en 1902, que certaines préparations colloïdales (renfermant les particules ultra-microscopiques dont nous avons déjà parlé si souvent à propos des mouvements browniens), placées dans une petite cuve entre les pôles d’un fort
- E/ectroaimant
- Nicol
- L**f't* absorbante
- Nicol analyseur1 et dispositiEde mesure
- Prisme à „ réflexion totale
- électro-aimant et éclairées par un faisceau lumineux perpendiculaire au champ, rétablissaient la lumière entre deux niçois croisés placés à l’extinction, lorsque l’électroaimant était excité. Sous l’influence directrice du champ, les particules ultra-microscopiques en suspension s’orientent donc, ce que l’on peut facilement mettre en évidence : si on ajoute, comme l’a fait Schmauss, de la gélatine au colloïde actif, et qu’on laisse le mélange se prendre en masse par refroidissement dans le champ de l’électroaimant, la gelée obtenue retirée du champ garde ses propriétés optiques et reste biréfringente. Une des préparations colloïdales qui conviennent le mieux pour cette expérience est un produit pharmaceutique, le fer Bravais, mais seulement celui qui est préparé depuis très longtemps.
- Dans le phénomène de Majorana, les particules en suspension dans le liquide jouent le rôle actif, et sont la cause directe des effets observés”. Cependant MM. Cotton et Mouton ont pu mettre en évidence la biréfringence magnétique dans des liquides purs, ce qui les a conduits à admettre que de même que les particules solides s’orientent dans les champs, de même les molécules de
- certains corps, par suite sans doute de leur structure particulière, sont susceptibles de se disposer régulièrement sous l’action du champ magnétique ou électrique. Ce sont les résultats de leurs communes recherches que M. Mouton, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur, a exposés le 27 février aux membres de la Société française de Physique.
- Le dispositif employé pour les expériences est le suivant (fig. 1) : une lampe à vapeur de mercure du modèle de M. Dufour dont les rayons lumineux sont renvoyés horizontalement (par un prisme à réflexion totale) et rendus parallèles par une lentille, traversent des cuves absorbantes destinées à séparer les diverses raies du mercure. Le faisceau passe ensuite à travers un nicol polarisateur, puis à Iravers le tube contenant le liquide soumis à l’action du champ magnétique et enfin à travers un nicol analyseur. Lorsque l’électro-aimant
- fonctionne, la lumière qui était éteinte, les niçois étant disposés avec leurs sections principales perpendiculaires, est partiellement rétablie. C’est donc dire que la vibration lumineuse dans son passage dans le tube à expérience a tourné légèrement, et l’on mesure cette rotation par une des méthodes classiques.
- L’électro-aimant utilisé dans les dernières recherches est un appareil du type Weiss à noyaux de 17,5 cm de diamètre. -Tout le dispositif électrique est renfermé dans une chemise à l’intérieur de laquelle un courant d’eau empêche réchauffement exagéré de l’enroulement. MM. Cotton et Mouton étudièrent d’abord la nitrobenzine qui se révéla comme le corps présentant la biréfringence magnétique avec la plus grande intensité.
- Mais ce corps est loin d’être le seul à jouir de la nouvelle propriété : tous les corps de la série aromatique la possèdent aussi et quelques rares corps de la chimie grasse. De plus, pour ces derniers composés, la biréfringence est beaucoup moins marquée que pour les corps aromatiques.
- Les résultats généraux déduits de l’étude d’un grand nombre de corps sont les suivants : la biréfringence est proportionnelle à l’épaisseur des liquides traversés par le faisceau lumineux et elle est proportionnelle au carré du champ agissant. Le facteur de proportionnalité pour la nitrobenzine est 2,55 10~12.
- Il était naturel de comparer les deux biréfringences, magnétique et électrique, et c’est ce qu’ont fait MM. Cotton et Mouton. Ils ont trouvé que, dans les limites des erreurs d’expériences, ces deux propriétés varient suivant la même loi en fonction de la longueur d’onde de la lumière éclairante, elles diminuent quand la longueur d’onde augmente; quant à l’action de la température,
- Dispositif Cotton et Mouton pour l’élude de la biréfringence magnétique.
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- UN NAVIRE DIRIGÉ PAR LES ONDES HERTZIENNES :r:. 333
- elle est analogue sur les deux phénomènes : la biréfrin-
- 1
- gence magnétique diminue de j-p- par degré environ, et
- 1
- la biréfringence électrique de ^ environ. Ces résultats
- sont bien conformes à ce que prévoit la théorie que nous allons maintenant exposer rapidement.
- Ici encore,, supposent MM. Cotton et Mouton, la biréfringence est due à une orientation produite par le champ magnétique, mais il faut nécessairement que ce soient des éléments plus petits que les particules ultra-microscopiques puisque l’on ne peut les déceler par les moyens optiques qui servent à mettre celles-ci en évidence. On pourrait sans doute admettre l’existence à l’intérieur du liquide d’associations moléculaires, mais il est plus simple de penser que ce sont les molécules elles-mêmes qui, placées dans un champ magnétique, sont soumises à des couples et tendent à s’orienter. Cette orientation serait d’ailleurs loin d’être complète, car d’une part l’agitation thermique vient sans cesse perturber l’ordre qu’essaye d’établir le champ magnétique et nous comprenons alors pourquoi la biréfringence diminue quand la température s’élève, c’est-à-dire quand l’agitation interne devient plus violente; d’autre part ce n’est que dans des champs plus intenses que ceux que nous pouvons réaliser actuellement qu’on pourrait avoir un phénomène plus marqué.
- L’hypothèse d’après laquelle ce seraient les molécules elles-mêmes qui s’orienteraient rend compte du rôle
- prépondérant joué par la structure chimique des liquides organiques qui deviennent biréfringents s’ils appartiennent à la série aromatique tandis que la plupart des corps de la série grasse se montrent inactifs.
- Il semble alors que, dans les théories par lesquelles on cherche à expliquer les phénomènes électriques et magnétiques, il y ait lieu de supposer une structure des molécules compatible avec l’existence des couples directeurs électrique et magnétique que le phénomène de Kerr et la biréfringence magnétique mettent en évidence. Au point de vue pratique le nouveau phénomène fournit aux chimistes un procédé d’étude qui sera sans doute de quelque utilité puisqu’il présente le caractère remarquable d’exister dans les classes entières de corps organiques dont la molécule possède certains caractères de structure particuliers et qu’il semble qu’à certains groupements que l’on peut fixer en bloc sur les divers corps (tels que les groupements NO2, Cil3, Br, I, Cl...) correspondent des biréfringences caractéristiques qui, si elles ne sont pas additives, entraînent pourtant une variation de la biréfringence que l’on peut prévoir a priori.
- Mais il faudrait, pour continuer ces études et étendre les résultats, disposer de champs magnétiques de grande intensité. Grâce aux subventions recueillies, MM. Cotton et Mouton disposeront bientôt du gros électro-aimant que les savants réclament depuis si longtemps et sur lequel ils comptent tant pour arracher à la matière le secret de sa structure intime. H. Vigneron.
- UN NAVIRE DIRIGÉ PAR LES ONDES HERTZIENNES
- Nous sommes tellement préoccupés par l’utilisation pratique des ondes hertziennes que nous en oublions, sinon le boire et le manger, du moins le côté pittoresque. Un de nos lecteurs de Cognac, M. Brunet, vient de nous rappeler cette vérité. La télégraphie par les ondes, limitée encore aujourd’hui à la réception des signaux, ne saurait constituer le seul attrait que puissent offrir les vibrations de l’éther.
- Il est une foule d’applications auxquelles on ne songe pas et qui seraient bien intéressantes à étudier. Je n’en veux pour preuve que le petit navire que vient de construire notre correspondant et qui obéit parfaitement à la commande d’un posle transmetteur placé sur le rivage du bassin, de l’étangsur lequel letrans-atlantique en réduction évolue à la volonté de
- l’opérateur. Est-il un plus beau jouet que celui-là? Mais, pour construire une semblable petite merveille, il ne faut être avare ni de son temps, ni de son ingéniosité, ni de sa science. Nos lecteurs vont en juger.
- Dans les flancs de la construction, qui mesure 55 centimètres de longueur et pèse 50 kilogrammes, sont logés les appareils que représente notre photographie et dont nous donnons le schéma de l’installation.
- Un tube de Branly T est intercalé dans un circuit (......) comportant
- un relai D lequel, sous l’action des ondes, est parcouru par le courant, fourni par un accumulateur A. La palette E de ce relai étant attirée forme un second circuit (—) qui actionne le dé-cohéreur B et, selon la position occupée par un distributeur F, soit un
- Fig. i. — Le na'vire dirig eable par les ondes hertziennes.
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- UN NAVIRE DIRIGE PAR LES ONDES HERTZIENNES
- Elëctros L et contacts M
- ^ Electr-os commandant lé qouvernaii soit à droite soit a gauche
- t (r ^
- ^ une petite roue dentée fixée , sur la tige du ..gouvernail «
- Fig. 2. — Photographie de l’appareillage
- A, accumulateurs 2 volts; A.,, accumulateurs io volts; Ao, accumulateurs 4 volts; A- accumulateurs 8 volt ; Av accumulateurs 8 volts; T, tube de Branly; B, électro du décohéreur; C, marteau du décohéreur; D, éleclro du relai; E, contact du relai; F, distributeur; /, plots du distributeur: I, contacts du distributeur; II, lampes signaux; G, moteur mécanique du distributeur; K, interrupteur lampes; L, éleclros actionnant, le contact du moteur gouvernail; Lp é'ectros actionnant le contact du moteur gouvernail; L2, électros actionnant le contact du moteur gouvernail ; M, contact du moteur ; Mlt contact du gouvernail droit ; Mj, contact du gouvernail gauche ; N, lampës indiquant la situation du gouvernail'; O, électro commandant le gouvernail; P, masse deTélectro; Q, segment et roue dentée du gouvernail ; R, moteur de l’hélice ; S, tubes lance-torpilles; X, ressorts de rappel.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
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- des éleclros L, L'1, L2, soit un des tubes lance-torpilles SS.
- Les contacts M, M1, M2, actionnés par les électros L*, L1, L2, ferment à leur tour différents circuits. Le premier M envoie le courant de la batterie A3 sur le moteur R qui entraîne l’hélice : les contacts M1 et M2 ferment le circuit de la batterie A4 sur les lampes N et sur les clectros 0 qui commandent le gouvernail par un secteur denté Q.
- Le distributeur F est actionné par un moteur mécanique Ç : il est constitué par un arbre portant des doubles plots parallèles, c’est-à-dire qu’il répartit à la fois le courant de la batterie A1 sur les organes L,
- L1, L2, S,S et celui de 4 volts fourni par la batterie A2 sur des lampes-signaux II placés dans le mât avant. Ce mât est ajouré afin de laisser apercevoir ses signaux, quelle que soit la position occupée par le navire
- Le fonctionnement s’explique facilement. Au moment de la mise à l’eau, on remonte le moteur G du distributeur ; celui-ci tourne et les5 lampes II du mât avant s’allument successivement.
- Nous avons dit que les plots du distributeur sont parallèles; les couleurs des lampes correspondent donc aux commandes dans l’ordre suivant :
- Lampe rouge 5 commande le moteur de l’hélice.
- — verte 4 ~
- / ' v ° \ é Moteur r
- Accu.
- Fig. 4.
- blanche o rouge 2 verte 1
- le gouvernail à droite. — à gauche.
- — le canon avant.
- — — arrière.
- Par conséquent si on envoie un train d’ondes au
- moment oh la lampe rouge 5 est allumée, le relai E fonctionne et ferme le circuit ( — ). Aussitôt le petit marteau M (schéma fig. 4), solidaire de l’armature de l’élecfro L“, et le marteau duTdécôhéreur frappent chacun un coup. Le courant ne passe plus dans le tube et le second circuit (—) est également rompu.
- Mais sous le choc du marteau M (fig. 4) la pièce A qui se trouvait dans la posilion de gauche a pris celle indiquée par la figure de droite; le marteau s’est relevé et a repris la posilion de gauche tandis que la pièce A reste dans la position de droite pour
- fermer le circuit (------- — ) du moteur. L’hélice se
- met à tourner et le bateau avance; si on veut l’arrêter une étincelle éclatant au moment oh la lampe rouge 5 sera visible, coupera le circuit du moteur que l’on rétablira dans les mêmes conditions.
- Les mêmes faits se reproduisent à volonté sur les autres organes pour obliger le pelit navire à • r' . , effectuer toutes les commandes que l’on désire. Nous devons cependant signaler encore la manœuvre du gouvernail qui s’effectue à l’aide des électros 0 et O1 lesquels agissent sur deux pièces-armatures P et P1 solidaires d’un arc denté Q actionnant ur. pignon également dénié monté sur la tige du gouvernail. L’inclinaison donnée ainsi au gouvernail a été calculée pour faire décrire au navire en marche 1 /8 de tour dans le temps que met je distributeur pour faire un tour complet, soit 8 à 10 secondes. Si donc, après avoir agi sur le gouvernail, on laisse la pièce P bloquée sur l’électro 0, le navire décrira un cercle complet. 1
- Nos lecteurs vont sans doute se demander, ainsi que je l’ai-fait moi-même, ce qui se produirait si une onde étrangère venait se greffer sur les émissions normales. Cette qùeslion, inspirée par la vision delà torpille dirigeable, vision très lointaine encore, n’est pas à envisager ici. M. Brunet a voulu faire un jouet, et non résoudre le problème de la télémécanique sans fil. 11 a réussi pleinement et son navire, qui peut être dirigé sur une longue distance, dépasse de cent coudées tous ceux que l’on constriiit actuellement pour l’instruction et l’amusement, des enfants. Lucien Fournier.
- - Le fonctionnement du marteau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 avril 1914. — Présidence de M. Appell.
- La transmission du typhus exanthématique. — M. Roux résume un travail de MM. Sergent, Folley et Viala sur la transmission de la fièvre récurrente et du typhus exanthématique par les poux. Les auteurs, ayant entrepris de vérifier la transmissibilité de la fièvre récurrente par les poux à des sujets qui de bonne volonté se prêtaient à l’expérience, ont transmis en même temps le typhus exanthématique. La transmission de la fièvre récurrente n’offrait, en effet, que fort peu d’inconvénient parce qu’aujourd’hui on fait disparaître cette maladie avec une seule injection de la substance 606; mais il n’en est pas de même du typhus exanthématique. Or, des expériences faites sur .des singes ont permis. de constater que le virus.de celte dernière maladie passe
- dans les lentes des poux et que les larves qui naissent de ces lentes transmettent la maladie.
- Traitement des pustules charbonneuses. — M. Roux, après avoir rappelé que, d’après des • travaux antérieurs, on savait que le bacille pyocyanique tue les bactéries charbonneuses, expose que MM. Louis et Forti-neau ont appliqué cette propriété au traitement des personnes atteintes de pustules malignes. Ils' ont injecté 10 cm3 de culture stérilisée de bacilles pyocyaniques au voisinage des pustules. En général, une injection suffit; quelquefois deux injections ont été nécessaires. Leurs expériences ont porté sur 50 malades ; il n’v a eu que 5 décès et ces décès se sont produits à l’égard de per-sonnes-déjà bien malades au début.
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- UN HOMME FOSSILE AFRICAIN ?
- L’Homme d’Oldoway
- Le Dl Hans Reck, de Berlin, vient de signaler à la Société Géologique de celte ville une découverte qui — si son authenticité est reconnue — serait capitale pour la paléontologie humaine : il s’agit en ell'et d’un homme fossile, exhumé dans l’Afrique orientale allemande. Voici, accompagnés d’une photographie due au D1' Reck, et obligeamment communiquée par l’IUustrated London News, les premiers renseignements sur la découverte.
- L’expédition au cours delaquelle elle s’est produite, organisée par l’Institut et le Muséum de Géo-
- sement : le D1' Reck en conclut que l’homme n’a pas été enterré, et qu’au contraire, par suite d’un accident quelconque, son squelette s’est trouvé englobé, comme un fossile ordinaire, dans la formation naturelle du tuf : on pourrait supposer, par exemple, que l’homme s’était noyé et que son corps reposait sur le fond du lac où s’est déposé le tuf. D’autre part, tenant pour acquise la contemporanéité de la couche de tuf et de l’homme d’Oldoway, M. Reck indique que, tant par sa situation strati-graphique que par son contenu paléontologique, la
- L'Homme d'Oldoway : photographie prise par le Dr Reck après la découverte et montrant le fossile humain en place.- (D’après Illustrated London News.)
- logie et de Paléontologie de l’Université de Berlin, avait pour programme la recherche de vertébrés fossiles tertiaires, et elle avait entrepris dans ce but des fouilles systématiques au site connu sous le nom de « puits » d’uldoway. C’est un ensemble de couches de tuf volcanique, où le D1’ Reck distingue cinq principaux horizons géologiques. Les fouilles, en trois mois, donnèrent environ 1700 ossements d’animaux, mêlés à des traces d’industrie humaine, sous la forme surtout de débris de cabanes.
- L’homme fossile a été trouvé sur la pente inclinée du « puits ». Il reposait dans l’épaisseur d’une couche de tuf, à peu de profondeur sous la surface,' et avec cette circonstance remarquable que la couche en question ne présentait aucun remaniement ni aucune trace de travail destiné à un enfouis-
- couche visée apparaît comme d âge quaternaire et même, plus rigoureusement, paléolithique. L’examen des fossiles, actuellement en cours de route vers Berlin, pourra seul montrer si ces conclusions sont, comme il semble, entièrement légitimes.
- L’homme d’Oldoway est un squelette fort complet. Il offre un crâne volumineux, dolichocéphale, d’un type franchement « négroïde », rapprochable aussi bien de certains types nègres actuels que du fameux Homme de Grimaldi, découvert il y a quelques années dans les grottes desBaoussé Rôussé et étudié par le Dr R. Verneau. Il résulterait donc de sa découverte à la fois l’attribution aux races africaines d’une très grande antiquité et la reconnaissance au type humain de Grimaldi d’une très large extension géographique.
- Jean-Paul Laffite.
- Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie I.aiiuhe, rue de Kleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2134.
- 18 AVRIL 1914.
- AUTOMOBILES SCHNEIDER
- POUR STÉRILISATION DE L’EAU PAR L’OZONE
- Les usines Schneider, qui avaient déjà i’an dernier présenté l’automobile chirurgicale Boulant, dont nous avons donné la description détaillée n° 2045, ont établi cette année une nouvelle voiture destinée à la stérilisation des eaux impures, et à la production d’eau potable, soit aux colonies, soit sur les champs de bataille.
- Sur la voiture Boulant, il existait une installation de stérilisation de l’eau par les rayons ultrasviolet s,
- organiques, donnera une eau claire et limpide, dans laquelle il restera encore plus de 2 ou 5000 germes, et cette eau, malgré une épuration dont le coefficient dépasserait ainsi 99 pour 100, serait absolument impotable et dangereuse.
- On doit donc réserver le filtre pour clarifier l’eau, et lui adjoindre un système de stérilisation efficace.
- La stérilisation par la chaleur, bien que rendant
- Automobile Schneider a stérilisation par Vozone, en station au bord d’une rivière.
- mais son débit journalier restait relativement restreint et d’un prix de revient assez élevé. Dans la nouvelle installation, c’est à l’ozone que l’on s’est adressé comme agent de stérilisation, en adaptant à l’automobile le système qui utilise les procédés Otto.
- L’eau peut être le véhicule des maladies les plus graves, et en particulier de la fièvre typhoïde ou du choléra; or, pour débarrasser une eau des bacilles typhiques ou des spirilles du choléra, la filtration ne suffit pas, il faut aussi la stérilisation absolue, i.
- Les filtres réalisent certainement une réduction considérable du nombre des germes, mais ils ne produisent pas un arrêt complet. La filtration, par exemple, d’une eau d’égout contenant 5 millions de germes au centimètre cube et diverses impuretés
- l’eau lourde et indigeste, peut suffire pour de petites installations particulières, elle serait inadmissible comme procédé industriel.
- Quant à la stérilisation par les produits chimiques, iode, permanganate de potasse, hypochlorites, etc., elle risque de produire l’intoxication de ceux qui l’emploient. '
- L’électricité est venue apporter au problème une solution élégante et réellement pratique.
- Un premier procédé consiste à faire passer l’eaù en lame mince, devant une source lumineuse très riche en rayons ultra-violets, lampe, à vapeur de mercure dans un tube de quartz par exemple. Il a contre lui un prix de revient relativement élevé, précisément à cause de l’obligation où l’on se
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- 42* Année.
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- trouve de faire circuler l’eau sur une très faible épaisseur, pour être sûr de la stérilisation complète.
- Avec les procédés Otto, on utilise l’action de l’ozone introduit en émulsion dans l’eau à stériliser. L’oxygène de l’air, polymérisé et transformé en ozone sous l’influence de décharges électriques, est mis en contact avec,l’eau polluée, dont il brûle les microbes et les.germes d’une manière complète.
- Il faut pour cela deux choses : 1° un appareil dans lequel on puisse soumettre l’oxygène .de l’air aux décharges électriques, c’est-à-dire le producteur de l’ozone ;i 2° des organes spéciaux de mise en contact intime de l’eau et de l’ozone, qui constituent le stérilisateur proprement dit, et comprennent, en fait, deux parties distinctes, l’émulseur et la colonne de self-contact.
- La production de l’ozone exige la production de l’effluve, et le passage de l’air à travers l’effluve.
- L’effluve se produit entre les surfaces intérieures de deux plaques non conductrices d’électricité dont les surfaces extérieures sont maintenues à des voltages différents.
- Ces plaques sont constituées par des glaces placées par groupes de 2, sur les faces extérieures desquelles on a appliqué des plateaux métalliques creux, que l’on empêche de s’échauffer par une circulation d’eau intérieure.
- Ces plateaux sont mis en communication les uns avec la terre, les autres avec le côté haute tension d’un transformateur, de manière à réaliser la différence du potentiel nécessaire à la production de l’effluve.
- L’air atmosphérique est aspiré entre les diverses plaques par des tuyauteries appropriées, grâce au fonctionnement même de l’émulseur dont nous allons parler.
- L’émulseur est constitué par deux cônes, opposés par le sommet, et disposés dans une chambre d’aspiration: L’eau préalablement filtrée, pénètre dans le cône convergent supérieur, et s’écoule par le cône divergent inférieur. Un léger espace est réservé entre ces deux cônes, pour permettre, dans la chambre d’aspiration, la production d’une aspiration avec entraînement de l’air ozoné, qui s’v trouve sans cesse amené par cette aspiration même. C’est en réalité une véritable trompe à eau.
- On obtient ainsi dans le cône divergent une émulsion d’eau et d’ozone, qui descend par un tube assez long dans un bac de réception.
- Ceci posé, l’installation complète de la voiture automobile Schneider a été comprise de la manière suivante :
- Le châssis, actionné par un moteur à explosion de 40HP, comporte une carrosserie fermée, dans laquelle on a installé aine dynamo génératrice, une pompe, une batterie de filtres, l’appareil spécial à'p'ro-
- L’EAU PAR L’OZONE-
- duction de l’effluve et l’émulseur. À l’intérieur on installe une vaste bâche à eau en toile, qui sert de bassin de décantation, dans lequel une électropompe, actionnée par le courant de la génératrice, envoie l’eau, qu’elle puise dans la source impure près de laquelle on s’est installé.
- L’eau se débarrasse dans le bac de décantation des impuretés lourdes et grossières, elle se clarifie complètement par son passage dans les filtres rapides qui sont constitués par des disques multiples en coton comprimé, elle est stérilisée par son mélange intime avec l’ozone dans l’émulseur, et elle est recueillie dans un bac de réception, d’où elle peut être livrée immédiatement à la consommation .
- Ce véhicule présente un grand intérêt : pour certaines entreprises coloniales, où le personnel reste exposé à de graves maladies du fait des eaux dont il dispose ; pour les services de guerre aux colonies, et même en France dans certains cas, lorsque des épidémies locales se déclarent. Il ne se passe pas de saison, en effet, sans que certains corps de troupe né se trouvent dans la nécessité de faire bouillir les eaux de boisson, pour éviter certains dangers momentanément signalés.
- Des véhicules de ce genre trouveraient certainement leur emploi, dans certaines organisations du service de santé, en temps de guerre.
- Pour montrer tout l’intérêt que présente la stérilisation, nous rappellerons à titre d’exemple le relevé suivant, du Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, semaine du 16 au 22 septembre 1912 ; on y verra que les eaux les plus pures contiennent encore un nombre de bactéries respectable, dont il vaudrait mieux préserver tout au moins les gens débilités ou affaiblis, comme le seront les blessés,
- ou les malades en temps de guerre. Itacléries. Moyenne annuelle.
- Réservoir de t Eau de Vanne. . . . 70 749
- Monlsouris / Eau du Loing. . . . 00 805
- Réservoir de Ménilmontant | Eau de Dhuis. . . . 11-7 _ 756
- Réservoir 'de Montre tout | Eau de l’Avre . . . 105 1 247
- : Bassins filtrants 1 Eau de-Seine brute . 21 400 59 955
- d’Ivry | Eau de Seine filtrée. 74 158
- Bassins filtrants ( Eau de Seine brute . 45 650 95 484-
- de Suresnes ( Eau de Seine filtrée. 87 76
- Bassins filtrants [ Eau de Marne brute . 5 040 »
- 1 Eau de Marne filtrée. 580 » ‘
- de Saint-Maur f Eau de Marne ozonée. 0 »1
- Ainsi qu’on peut le voir par ce tableau, s’il est vrai que le filtrage a une très réelle efficacité, séulé l’eau ozonée stérilisée reste plus pure que la meih leurc des! eaux de sources distribuées à Paris, i
- j- Dürad. >
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- L’OISEAU-MOUTON
- Bien avant que les hommes blancs aient fait leur apparition en Nouvelle-Zélande, les Maoris, qui sans en avoir l’air, s’affirment comme des gourmets
- Fig. i. — L’oiseau-mouton.
- déserts, des détachements s’occupent, en fourriers vigilants, de la, confection des nids. C’est alors que les anciens Maoris, qui attendaient avec impatience
- Fig. 2. — Femme Maori plumant les oiseaux-moutons.
- d’un parfait éclectisme, mangeaient l’oiseau-mouton (mutton-bird).
- Ils le firent goûter aux premiers Européens qui débarquèrent sur leurs côtes et ceux-ci n’hésitèrent pas à le déclarer excellent. Bientôt le nombre des amateurs s’accrut et la consommation de ces volatiles suscita une véritable industrie.
- Qu’est-ce donc que l’oiseau-mouton?
- Chaque année au commencement du printemps les innombrables îlots situés le long-dès côtes de la Nouvelle-Zélande et surtout des côtes méridionales sont visités par des myriades d’oiseaux qui arrivent des mers antarctiques en bataillons serrés.
- Ils s’avancent en colonnes de compagnie, si l’on peut se permettre ce terme militaire qui convient assez à des oiseaux si disciplinés,- en colonnes parallèles de 400 mètres de front, rasant littéralement la crête des vagues. Et le spectacle de cette invasion ne manque pas de pittoresque, assure M. D. W. 0. Fagan. Ce sont des milliers de dos noirs qu’éclaire çà et là l’extrémité blanche des ailes.
- Lorsque les oiseaux se sont partagé les ilôts
- ce précieux arrivage, se mettaient en campagne, armés de longs filets montés sur deux grandes perches, tendus entre deux canoës. Ils allaient au-devant des oiseaux migrateurs et lorsque les premières colonnes arrivaient à leur hauteur, ils dressaient brusquement le filet dans les mailles duquel des centaines de volatiles s’emprisonnaient d’eux-mêmes.
- Aujourd’hui les blancs qui s’occupent de l’industrie de l’oiseau-mouton, ont perfectionné cette méthode primitive et capturent les jeunes dans les nids. La moisson est ainsi plus abondante et la chair des jeunes oiseaux est plus délicate que celle de leurs parents.
- Contrairement à beaucoup d’oiseaux de mer qui se contentent de déposer leurs œufs un peu au hasard dans les ondulations du sable, sur le rivage, les oiseaux-moutons qui sont une des nombreuses espèces du genre Diomedea (palmipèdes de la famille des lon-gipennes) apportent un soin tout particulier à la construction de leur nid, qu’ils creusent dans le sable de la côte, le long des dunes ; au fond de ce nid profond de 2 mètres, ils déposent 4 œufs. Et
- Fig. 3. — Préparation des algues qui servent d'enveloppe aux oiseaux fumés.
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- c’est un spectacle très curieux que de voir le rivage des îlots néo-zélandais troué de milliers de terriers, comme s’ils avaient été envahis par une armée de lapins. -
- Les oiseaux-moutons capturés sont transportés
- par canoës jusqu’aux établissements où on les prépare pour la consommation. Ils y sont plumés et lavés par des femmes Maoris, qui exécutent ce travail avec une étonnante dextérité.
- Puis, lorsqu’ils sont prêts à être empaquetés, elles les passent à des indigènes, dont la mission consiste d’abord à souffler les singulières enveloppes dans lesquelles on conserve les volatiles. Ces enveloppes ne sont autres que les poches naturelles d’une algue marine voisine de nos Laminaires qu’on recueille en abondance le long des rochers de la côte.
- Depuis des siècles, les Maoris se servent de ces sacs végétaux qui ne coûtent rien, sinon la peine de les ramasser. Et, comme les Européens qui exploitent l’oiseau-mouton ont constaté qu’il était difficile de trouver une enveloppe plus parfaite pour faire leurs expéditions, ils ont conservé le vieux procédé des indigènes.
- Ces poches d’algues sont en effet imperméables, souples et élastiques. Elles ont d’autre, part des
- vertus antiseptiques. Les oiseaux qu’on y entasse sont donc parfaitement protégés et si l’on n’ouvre pas ces paquets, on peut les conserver pendant plusieurs années.
- On fume aussi les oiseaux-moutons en les coupant en deux et en les suspendant par centaines sous des huttes basses où l’on brûle du bois vert. Empilés ensuite dans des tonneaux, on les expédie en Australie où on les consomme comme des harengs saurs.
- Mais les vrais gourmets préfèrent l’oiseau-mouton frais, qui recèle dans sa chair tendre la saveur particulière et le parfum sui generis de l’Océan. Dégusté par exemple avec de petites huîtres de roches de l’île Stewart, il constitue, paraît-il, un plat digne de Lucullus.
- Mentionnons enfin une particularité relative à l’histoire de l’oiseau-mouton : il s’agit du lézard tuatera (Sphenodon punclatus) dont l’existence est intimement liée à celle de l’oiseau.
- Ce singulier saurien est long de 60 centimètres et reçoit de l’oiseau-mouton une très écossaise hospitalité. Disparu du reste du monde, le tuatera vit encore sur les côtes des îles de la Nouvelle-Zélande et précisément dans les nids des oiseaux-moutons, avec
- Fig. 5. — Le lézard (Sphenodon punctatus) parasite de l’oiseau-mouton.
- lesquels il s’entend très bien. Il sort rarement à la lumière du jour et joue le rôle de cerbère dans le terrier de son hôte. Lorsqu’il est attaqué il se défend avec une rare énergie et sa crête, qui se hérisse alors sur son dos, lui donne l’aspect fantastique d’un monstre en miniature. Maurice Dekobiia.
- Fig. — Les oiseaux prêts à être expédiés.
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- Séance du 6 avril 1914 (suite). — Présidence de M. Appel!.
- Speclroscopie sidérale. — M. Yillard résume un travail de MM. H. Bourget, ,Ch. Fabry et H. Buisson sur la nébuleuse d’Orion. Les opérations des auteurs, com-
- mencées en 1911, ont eu pour objet d’étudier, à l’aide des interférences, les diverses radiations monochromatiques émises par la nébuleuse et eu particulier la .me?.
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- sure des vitesses radiales aux divers points de l’astre, de déterminer les longueurs d’ondes des raies inconnues et enfin d’obtenir la largeur des diverses lignes, largeur dont on peut déduire des indications sur la température et les poids atomiques des gaz lumineux. Une très forte ligne ultra-violette non attribuable à un gaz connu a été reconnue ; c’est la raie du Nébulium. Comme l’a dit M. Wright, elle est double. Le gaz inconnu qui l’émet a un poids atomique supérieur à celui de l’hydrogène, qui doit être voisin de 3. Une raie verte correspond également à un gaz inconnu; le poids atomique de ce gaz est supérieur à celui de l’hydrogène et doit être de 2. Or il est très remarquable que la récente classification des corps proposée par Rydberg admet l’existence de 2 corps entre l’hydrogène et l’hélium dont le poids atomique est i. Les deux gaz inconnus existant dans la nébuleuse satisfont donc à cette classification ; leur existence avait été prévue par la théorie avant d’être trouvée par l’expérience. Enfin le maximum de la température des gaz lumineux a été évaluée à 15 000°.
- La configuration de la cote sud d’Angleterre. — M. Pierre Termier expose les vues de M. Robert César-Frank sur la relation entre la forme des côtes du littoral méridional de l’Angleterre et la constitution géologique de ces côtes. On relève une différence considérable de
- configuration entre la partie située à l’ouest de l’Exe, et la partie comprise entre l’Exe et le Cap Forcland South. La première est constituée par des terrains primaires, la deuxième est constituée par des terrains secondaires. Dans cette dernière partie, il n’y a plus que des anses ouvertes largement sur la Manche, séparées par des promontoires triangulaires dont l’un est l’ile de Wight.
- Mutations morphologiques permanentes chez des microbes. — M. Roux fait connaître que Mme Victor Henry a obtenu des formes de microbes nouvelles et fixes par l’irradiation de cultures microbiennes dans des tubes de quartz par les rayons ultra-violets. Par ce procédé, des bacilles du charbon donnent de véritables nouvelles races de microbes qui se distinguent do l’ancienne par la forme, les réactions chimiques et leur action pathologique. Ils provoquent, en effet, une maladie toute différente du charbon, qui ressemble à celle produite par le microbe de la diphtérie ou par le staphylocoque. On peut donc se demander si les nombreux microbes générateurs de tant de maladies, n’ont pas une origine commune, ou tout au moins ne proviennent pas d’un nombre limité de formes primitives qui, sous l’action de la lumière solaire, ou des conditions du milieu, se sont transformées et ont donné lieu à un grand nombre de races différentes. , Ch. de Yuxedeuil,
- LA FIEVRE AERIENNE AU XVIIIe SIECLE
- L’aviation a pris le premier pation de nos contemporains prodigieuse rapidité , nos plus chimériques espoirs. Il est curieux, par comparaison, de relire les journaux de la fin du xvme siècle et de voir à quel point les débuts de l’aéronautique avaient suscité la même fièvre, fait tenter les mêmes expériences, provoqué les mêmes espérances, comporté les mêmes discussions. Dans cet ordre d’idées le mieux est de lais-ser parler les textes. Je me bornerai donc à quelques coupures prises au jour le jour dans les correspondances et dans les gazettes du temps :
- rang dans la préoccu-et réalise, avec une
- ces petits journaux si courts, dont les quatre pages in-4°, paraissant une ou deux fois par semaine,
- offraient si peu de place aux développements et rassemblaient pourtant les nouvelles politiques de toute l’Europe avec un soin que n’égalent pas toujours nos journaux actuels. Vers 1783à 1786, une grande partie des nouvelles de France y est consacrée aux J progrès journaliers de l'aéronautique; à la traversée de la Manche, à la formation d’une escadrille aérienne, aux essais concurrents de nos amis les Anglais, aux nouveaux parachutes, etc. Commençons par exemple en 17 85, Fig. /. année remarqua-
- ( I axe perpendiculaire (3 TnaniVelle rjui aboutit aux rouage*
- L2 i-ngramures (4 Cordages pour iiftr etramener/ei Voile*
- Tfioun. dit direcUon» est adapte au. Wallon, parti. U lb janvier du. jardin
- rrvadamx Va.ÇçTr'tWS. d cx&on. et retrouvé te 21 du. même, mob derrière frigTWmorAnU
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- 342 ====== LA FIÈVRE AÉRIENNE AU XVU1' SIÈCLE
- ble, où l’on a vu, le 7 janvier, la première traversée delà Manche par Nicolas Blanchard etleD1’ Jefferies, précédant de plus d’un siècle celle de Blériot et, le
- vres. Il a été applaudi aux divers spectacles où il s’est présenté et il était juste qu’il n’eût pas à se plaindre de son heureuse témérité. M. Pilastre du Rosier paraît décidé à l’imiter puisqu’il doit repartir pour Boulogne; mais ces deux entreprises sont bien différentes. Celle à venir est contrariée par les vents dominants sur la Manche ; la pointe du comté de Kent une fois manquée, les côtes d’Angleterre s’écartent tellement au Nord et à l’Ouest qu’on peut parcourir les airs dans la mer d’Allemagne ou dans l’Océan pendant bien des jours avant de toucher terre. Il est même difficile de prévoir la durée de ce séjour aérien. On assure qu’en conséquence M. Pilastre prend des vivres pour 6 mois et que son ballon est imperméable. Les esprits ardents l’envoient déjà en Amérique. Tout est possible, disent-ils, puisqu’on a traversé la Manche. En accordant cette universelle possibilité, on conviendra que celle de passer un bras de mer de 7 lieues n’est pas tout à fait de la même nature que celle de parcourir 1500 à 2000 lieues sur l’Atlantique. »
- En même temps, on décide d’élever à Calais une pyramide, à la gloire de Blanchard et Jefferies, avec ces vers (où l’on pourrait même trouver un pressentiment de l’entente cordiale) :
- Autant que le Français, l’Anglais fut intrépide ;
- Tous les deux ont plané jusqu’au plus haut, des airs ;
- Tous les deux, sans navire, ont traversé les mers ;
- Mais la France a produit l’inventeur et le guide 1
- Pendant plusieurs mois, il n’est question que de Pilâtre du Rosier, qui achève les réparations à son ballon. L’Académie de Lyon a proposé un prix pour la direction des aérostats. On essaie des parachutes. Les journaux remarquent que la navigation aérienne a maintenant ses commandants comme elle a ses
- Fig. 2. — Première traversée de la Manche par les aéronaules Blanchard et Jefferies, le 7 janv. i^85. (Cabinet dés Estampes. Rec. Ib 3, fol. 1.)
- 15 juin, la mort lamentable de Pilâtre du Rosier, qui a eu de nos jours tant de tristes équivalents. On avait cependant, cette année-là, dans la politique intérieure, l’affaire du Collier et celle du « Mariage de Figaro » ; mais on était tout à l’aéronautique, dont les,.premiers essais, je le rappelle, avaient été faits deux ans auparavant en 1783, par Montgolfier et Pilâtre du Rosier (1).
- Dès que Blanchard a traversé la Manche, toute la France est dans l’ivresse et ne voit plus de limites aux entreprises des aéronautes. Le Mercure de France, sorte de journal officiel, écrit le 25 janvier 1785 : « Le zèle de M. Blanchard n'est point resté sans récompense. Sa Majesté lui a accordé une pension de 1200 livres et une gratification de 12 000 li-
- 1. Voy. La Nature du 15 avril 1882. Traversée de la-Manche en ballon, par Gaston Tissaxdieh. Notre figure 3 montre en parallèle les deux traversées de la Manche par Blanchard et par Blériot.
- Blanchard a Gefft
- 7 JANVISB /7âS
- Fig. 3. — Les deux premières traversées de la-Manche en ballon par Blanchard (1*85) et en aéroplane par Blériot (igoç).
- historiographes. Mais voici, le 17 juin, la catastrophe de Pilâtre du Rosier. Les journaux l’annoncent le 24 juin (pour en raconter tous les détails le 28) et, ce même 24 juin, un écrivain qui a eu dans la suite quelque célébrité politique, Jean-Paul Marat, docteur en médecine de l’Université de Saint-André (Écosse), médecin des gardes du corps de Mgr le comte
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- LA FIÈVRE AÉRIENNE AU XVIIIe SIÈCLE — — 343
- d’Artois, rappelle eri ces termes lyriques les prévisions qu’avait fait concevoir ce projet : « Quelle fut, dit-il, l’admiration des Français en voyant des hommes intrépides, emportés sur cette frêle machine, planer dans les plaines éthérées, au-dessus des montagnes, des fleuves, des mers et, comme l’aigle superbe, envahir l’empire d’Eole! Dès ce moment, les têtes furent tournées. Également livrées au feu d’une imagination en délire, elles se divisèrent en deux classes, dont l’une semblait tout espérer, et l’autre semblait tout craindre. Désormais on n’allait voir régner sur la terre que désordre,
- de l’Etat, le salut de la Patrie. Toujours l’estime publique sera le prix d’une noble audace('»
- Vers le même moment, d’ailleurs, un publiciste nommé David Bourgeois, dans une brochure sur Y Art de voler, exprimait à la fois les mêmes espoirs et les mêmes craintes sur les inconvénients de l’aviation pour les barrières douanières et pour la morale. Quant aux images des nouveaux engins, elles sont assez nombreuses pour qu’on ait pu en rassembler les reproductions dans un fort beau volume (2).
- Le 7 janvier 1786, on inaugure, dans la forêt de Guines, la colonne projetée à la gloire de Blanchard
- Fig. 4. — Divers projets sur la descente en Angleterre. (Cabinet des Estampes. Suppl. » La Bédoyère », pièce provenant de Laterrade. Qb. igq.)
- trouble et confusion. Rien ne pourrait bientôt se dérober à l’audace des mortels entreprenants. Plus dé barrières contre les entreprises des voleurs et des contrebandiers ; plus d’asile assuré pour la beauté indigente et vertueuse ; plus de ressource contre les incendiaires ; déjà l’avare tremblait pour ses trésors ; et les mères vigilantes redoutaient de voir leurs filles donner des rendez-vous, au-dessus des nuages, à quelque amant chéri!... » Et, célébrant l’héroïsme qui venait d’aboutir à un désastre, le même Marat, que l’on aime à voir exprimer de si bons sentiments, s’écrie : « Si jamais une expédition périlleuse peut être de saison, c’est lorsqu’elle est entreprise pour le bien de l’humanité, le bonheur
- et c'est l’inévitable banquet, avec les toasts — que l'on se contentait alors d’appeler des discours — mais qui n’en sont pas moins vibrants d’enthousiasme et prometteurs d’immédiates réalisations.
- En même temps on imagine, comme le montrent nos figures 6 à 8, des ballons dirigeables à hélices ou à voiles, des ballons militaires lançant des bombes, des combats aériens (fig. 5), etc.
- 1. Ce document est reproduit dans un ouvrage de 51. Andbé Fribourg, Les questions actuelles et le passe, qui contient un chapitre piquant sur l’aviation et son public au xvm° siècle.
- 2. L'histoire aéronautique par les monuments : un volume chez Marty, éditeur, 20, rue Bertrand, Paris, auquel nous empruntons la plupart de nos figures.
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- 344 Li".: LA FIÈVRE AÉRIENNE AU XVIIIe SIÈCLE
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- 5. — Caricature représentant le combat aérien de deux vaisseaux, chacun de îoo pièces de canon, à arcs, d’acier au lieu de poudre à canon; et de iooo hommes d’équipages, l’an ioo dé Vinvention des machines aérostatiques. (Cabinet des Estampes. Rec, I b 4, fol. 29.)
- Fig. 6 et 7. — Représentation du vaisseau-volant aérostatique de Blanchard. (Cabinet des Estampes. Rec. I b .2, fol. 3o.) Le véritable navigateur aérien. Projet des plus fantaisistes dé. Stoupy Béjou. (Cabinet des Estampes. Rec. I b 4, fol. 10.)
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- LA FIÈVRE AÉRIENNE AU XV] 11« SIÈCLE —.345
- Notons incidemment, comme il n’est rien de nouveau sous le soleil, qu’à cette époque aussi le gouvernement se préoccupait des jeux de paris ruineux auxquels donnaient lieu les courses de chevaux et arrivait à les interdire définitivement (28 mars 1788).
- Mais bientôt ; les déceptions viennent, comme l’excès d’engouement pouvait le faire aisément prévoir. Les Annales de Linguet écrivent en 1788 :
- Ils ont-fini de même par devenir.un joujou de l’oisiveté et une ressource du charlatanisme. Dans le Ballonisme, l’appareil du spectacle était imposant, ses accessoires curieux, le courage du principal acteur intéressant. Si ses retours étaient ridicules, ses départs étaient majestueux et quoiqu’à voir le soir ou le lendemain rentrer lourdement en charrette, avec ses ailes en paquet derrière lui, l’oiseau qu’on
- Fig. 8. — « Nous sommes ici en admirant le départ du vaisseau-volant ». Caricature'populaire dirigée contre Blanchard dont on aperçoit la figure à l’intérieur de son vaisseau-volant. (Cabinet
- des Estampes. Rec. I b'2, fol. 41.) - > •
- « Une nouveauté qui a fait bien une autre fortune [qu’une découverte astronomique], qui a joui de toute sa gloire, ce sont les ballons nés subitement, parvenus subitement à toute leur perfection et à peu près éclipsés avec autant de promptitude qu’ils avaient'brillé avec éclat. C’était, je l’avoué, une idée bien propre à exalter l’esprit de la multitude que celle de cette conquête sur un élément inaccessible jusqu’ici.... Mais, faute de trouver les moyens de direction, les ballons, après avoir eu la même vogue que l’électricité, ont eu le, même sort; ils, ont fait aussi des enthousiastes, ils ont eu aussi des martyrs.
- avait vu s’envoler pompeusement ,1a veille, les gens sensés , lui eussent plus .volontiers, décerné des sifflets que des couronnes, cependant comme ces deux scènes si différentes n’avaient pas les mêmes témoins.... » . ..
- Peu après, en 1789, la France était prise d’autres préoccupations et, pendant quelques années, lès journaux, multipliés à l’infini, eurent une autre pâture : ce qui n’empêcha pas les enlèvements de ballons de jouer, comme, chacun le sait, un rôle important dans toutes les fêtes républicaines.
- L. De Launay.
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- SYMÉTRIE DES CRISTAUX ET SYMÉTRIE MOLÉCULAIRE
- Tel est le tilre de la 1res intéressante conférence que M. A. Cotton, professeur adjoint à la Sorbonne, a faite le 13 mars aux membres de la Société française de Physique.
- On parle sans cesse d’atomes, de molécules, mais plus on en parle, plus naît en nous le désir de connaître leur structure. On sait déjà beaucoup de choses sur les molécules, on connaît leur nombre, on évalue presque rigoureusement leur dimensions, on sait quelles propriétés électriques,elles possèdent; mais, dans l’édifice relativement très compliqué qu'elles représentent, tous les éléments que nous supposons entrer dans leur constitution sont-ils disposés au hasard? On peut hardiment répondre non. Les molécules doivent présenter des caractères de symétrie très nets.
- De simples considérations de chimie pure avaient déjà conduit depuis longtemps à cette conclusion, en particulier en chimie organique. Une branche même de cette science, la stéréochimie, cherche à prévoir par des hypothèses simples et logiques toute une série de propriétés des corps isomères.
- On considère dans cette doctrine la figure formée dans l’espace par un atome de carbone tétra-atomique et quatre atomes ou radicaux monovalents X et on représente alors la molécule par le schéma 1 : le carbone est au centre d’un tétraèdre régulier dont les radicaux X occupent les sommets. On représente en général plus simplement le corps CX4 par le schéma 2. On voit que l’ensemble ainsi réalisé présente un certain nombre d’éléments de symétrie : en particulier 6 plans de symétrie. Mais si on remplace trois des radicaux X par les radicaux monoatomiques Y, Z, V (fig. 3), sans même faire appel à la déformation, très probablement introduite dans la molécule par suite de l’inégalité des forces X, Y, Z, Y nous voyons que la figure formée par C et ses quatre radicaux différents ne sera plus superposable à son image symétrique comme précédemment, elle n’admettra plus de plans de symétrie : nous aurons alors un carbone asymétrique.
- Dans le cas où il y a plusieurs atomes de carbone unis dans la molécule, on arrive à des représentations un peu plus compliquées telles que celles représentées sur les figures 4, 5 et 6. On voit immédiatement que si l’on substitue à un atome X un atome Y la symétrie de la molécule s’abaisse, par exemple elle n’admet plus de centre de symétrie, d’axe de symétrie, etc.... Y a-t-il une corrélation entre ces propriétés trouvées sur le papier et ce qu’on observe réellement sur les cristaux? En d’autres termes y a-t-il un reflet des propriétés de la molécule sur celles du cristal? Il semble que dans certains cas, oui; par exemple le corps C2H6 présente, cristallisé, plusieurs plans de symétrie, le corps C2H5C1 n’en a plus qu’un seul. Malheureusement la stéréochimie ne peut nous donner des renseignements très complets sur la disposition interne des molécules. Comment faire alors?
- Il semble que l’étude des cristaux puisse fournir un moyen de pénétrer l’arrangement des atomes, mais il ne faut pas oublier, dès le début, que la molécule peut posséder, étant un système limité, des éléments , de symétrie plus nombreux, et d’ordre plus élevé, que les cristaux qui sont des systèmes réticulaires illimités. Mais si certains caractères de la molécule manqueront dans le cristal, d’autres au contraire seront communs;
- c’est de ceux-là que nous allons parler maintenant.
- Les cristallographes se sont surtout occupés de la disposition relative des faces des crisIaux et de leur orientation, et ce n’est que depuis peu d’années que des recherches d’autre nature sont venues compléter leurs résultats. Nous ne citerons que pour mémoire les expériences des diffractions des rayons X que M. de Broglie a exposées dans une conférence dont nous avons rendu compte ici même et qui fournissent des renseignements non seulement sur les radiations de Rôntgen, mais encore sur les cristaux qui ont servi à les diffracter. L’étude des propriétés élastiques, calorifiques, donne aussi des indications qui bien que moins complètes n’en sont pas moins à retenir. Mais c’est surtout aux propriétés optiques, magnétiques et électriques que l’on s’est adressé avec le plus de succès.
- On sait que dans un cristal qui présente la double réfraction comme le spath d’Islande par exemple, il existe trois directions respectivement perpendiculaires deux à deux pour lesquelles le rayon incident normal à la lame cristalline considérée la traverse sans déviation ni décomposition apparente. Ces trois directions privilégiées définissent ce qu’on appelle les axes d’élasticité optique du cristal et servent d’axe à un ellipsoïde, appelé ellipsoïde des indices, qui suit les règles de symélrie du cristal et le caractérise complètement au point de vue optique. En général les trois axes de cet ellipsoïde sont inégaux, mais si le cristal a un axe principal, appartient au système quadratique par exemple, deux des axes de l’ellipsoïde optique deviennent égaux et l’ellipsoïde est alors de révolution.
- De même qu’il existe un ellipsoïde optique, il existe un ellipsoïde magnétique et un ellipsoïde électrique.
- C’est ainsi par exemple que si on place une lame de sidérose (carbonate de fer cristallisé) taillée perpendiculairement à l’axe optique dans un champ magnétique relativement peu intense (1000 gâuss par exemple) la lamelle se met à osciller rapidement et se place normalement aux lignes de force du champ magnétique (la sidérose est en effet paramagnétique).
- Au contraire un cristal de spath d’Islande s’oriente de façon que son axe optique soit perpendiculaire à la direction des lignes de force.
- On peut ainsi très facilement mettre en évidence l’existence d’axes principaux d’aimantation et en déduire l’ellipsoïde de Thomson ou ellipsoïde magnétique. Ces recherches sont relativement faciles, car l’orientation de la matière est indépendante du milieu ambiant et de la forme du cristal; il n’y a pas de phénomènes accessoires tels que ceux de conductibilité que l’on rencontre dans l’étude de l’ellipsoïde d’électrisation. Cependant les recherches concernant ce dernier sont plus nombreuses. C’est qu’en effet nous sommes mieux outillés pour produire des champs magnétiques et ce serait le moment de rappeler les services que rendrait un gros électro-aimant si la grande presse et les journalistes heureux de s’occuper pour une fois de science n’avaient parlé à l’infini de cette très intéressante question.
- Quoi qu’il en soit, et avec les résultats acquis, on a pu soumettre à l’expérience les conclusions de la théorie électromagnétique de la lumière qui arrivant à une formule d’après laquelle le carré de l’indice de réfraction est égal à la constante diélectrique, conduit à donner aux deux ellipsoïdes, optique et électrique, les mêmes
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- SYMÉTRIE DES CRISTAUX ET SYMÉTRIE MOLÉCULAIRE — — 347
- axes. Grâce à la connaissance de ces 5 ellipsoïdes, on pourrait classer en familles tous les corps cristallisés et trouver sans doute des analogies chimiques ou des simi-
- X X
- Fig. i.
- Fig. i et 2. — Représentation du carbone symétrique.
- litudes de formule permettant d’entrevoir certaines propriétés structurales de la matière.
- Tout ceci permet-il de conclure des cristaux aux molécules? Et d’abord, quel est l’état des molécules dans un cristal? Sont-elles immobiles aux nœuds du réseau comme le supposent les cristallographes? Au contraire sont-elles animées du mouvement éternel que leur attribuent les physiciens cinétistes? Chose curieuse, les cinétistes ont été conduits à considérer surtout les atomes (les rayons restants ont la période propre des atomes, les chaleurs spécifiques sont relatives aux atomes, etc.); pour eux, les molécules disparaissent; elles existent pourtant encore : les propriétés chimiques en témoignent. Les deux points de vue sont parfaitement conciliables : un mouvement peut admettre des éléments de symétrie et il est probable que les molécules des cristaux sont encore animées de mouvements de faible amplitude. Les déplacements d’ensemble existent aussi, ainsi qu’en
- témoigne par exemple la variation des propriétés ma-
- Fig. 3.
- Fig. 4.
- Fig. 3. — Une molécule asymétrique.
- Fig. 4. — Représentation d’une molécule à 2 carbones doublement liés.
- gnétiques avec la température; mais tous les mouvements respectent l’orientation et la disposition moyenne des molécules.
- Qu’y a t-il aux nœuds des réseaux? Sont-ce des molécules ou dès assemblages plus compliqués? Il semble que la réponse ne puisse guère être formulée .à l’heure actuelle; on possède seulement des indications.
- M. Brillouin a étudié le .problème au point de vue mathématique. pour les nombreux corps dimorphes que
- nous connaissons. 11 a montré que si on admet qu’une des formes cristallines comporte des molécules uniques aux nœuds du réseau, on peut, par le calcul, déterminer la symétrie des assemblages de molécules qui occupent les sommets du réseau des cristaux de la seconde forme cristalline. Les vérifications avec le spath et l’aragonite
- Fig. 5. Fig. 6.
- Fig. 5. — Représentation d’une molécule à 2 carbones simplement liés.
- Fig. 6. — Représentation d’une molécule à 2 carbones triplement liés.
- sont bonnes, mais l’hypothèse qui est à la base de la théorie est-elle exacte? Pour cela il faudrait pouvoir étudier les corps à l’état liquide, de façon à voir si dans ce cas, où il s’agit de molécules indépendantes, les mêmes propriétés subsistent.
- On est ainsi conduit à étudier les liquides. Mais ici notre bagage de résultats est maigre : il est simplement négatif, c’est-à-dire que, si l’on peut dire quels sont les éléments de symétrie qui manquent on ne peut préciser ceux qui existent.
- Il y aurait cependant, comme l’indique M. Cotton, un moyen tout au moins théorique d’avoir des indications plus précises sur la structure moléculaire : ce serait de
- Fig. /. — Représentation du benzène.
- combiner l’action simultanée du champ électrique et celle du champ magnétique. Dans ces conditions, malgré l’action perturbatrice de l’agitation thermique, les molécules - doivent tendre à s’orienter dans une direction
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- déterminée. On aurait alors un liquide qui présenterait la symétrie des molécules elles-mêmes.
- Malheureusement les difficultés rencontrées dans la réalisation de ce programme pour les liquides purs n’ont pas encore été levées. Par contre, MM. Cotton, Mouton et Drapier ont pu constater une orientation très nette des particules ultra-microscopiques qui existent dans ce qu’ils ont appelé des liqueurs mixtes. Ce sont des liquides contenant en suspension des poudres cristallines extrêmement divisées.
- Ils ont constaté l’existence de la-biréfringence, qui augmente avec les champs et disparaît plus ou moins rapidement quand l’action d’orienlation . cesse. Ces expériences mériteraient d’être poursuivies sur les nom-
- breuses liqueurs mixtes que l’on connaît en chimie, sur les fumées qui sont aussi biréfringentes (vapeurs d’indigo, fumée de tabac), et sur les cristaux liquides de Lehmann. C’est à l’heure actuelle la seule voie dans laquelle on puisse songer à s’engager pour arriver à la connaissance de la structure des molécules.
- Si les tentatives échouent, il faudra chercher un autre champ directeur, mais le choix n’est pas très varié : peut-être l’étude des actions qui s’exercent à la surface libre des liquides, et celle des lames minces fourniraient-elles leur solution. S’il n’en était rien, il faudrait à tout jamais renoncer à l’espoir de surprendre la structure même de l’édifice qui constitue la molécule.
- II. Yigneuon.
- UNE NOUVELLE MACHINE DOMESTIQUE A GLACE
- La catégorie des machines à absorption n’était 1 généralement corrosif, très avide de vapeur d’eau, jusqu’à présent représentée que par un seul type, | La machine Westinghouse-Leblanc, dont nous
- ___Chaudière à absorpti
- el a distillation
- Condenseur
- et
- évaporaleur
- O O O O
- Fig. i et 2. — Coupes transversale et longitudinale d'une machine Minimax.
- celui des machines à ammoniaque sans groupe de compression, avec, comme avantage, la simplicité du dispositif et comme inconvénient capital, prohibant son usage pour les besoins domestiques, la haute pression supérieure à 10 atmosphères et la température élevée amenant à la longue une décomposition de l’ammoniaque.
- D’autre part, la catégorie des machines frigorifiques à vide est actuellement représentée par le type Westinghouse-Leblanc bien connu et les quelques types dérivés de l'appareil Carré avec condenseur absorbèur d’acide sulfurique ou tout autre corps
- avons déjà fait une monographie dans un précédent numéro, remarquable par sa simplicité et l’absence
- de tout produit chimique, n’a pas encore été adaptée aux besoins domestiques pour de petites productions de glace ; non qu’elle y soit inapte, mais parce qu’elle nécessite de la vapeur (de la vapeur à' basse pression pouvant cependant parfaitement convenir) ; et't qu’en conséquence, (i son emploi, : dans ce sens, serait mieux indiqué pour déplus grosses productions de glace, de l’ordre de 50 kg à l’heure pour un centre de production où il y a une source de vapeur. Nous signalons, en particulier, leur applica-
- Fig. 3. — Vue d'ensemble d’une machine à main Minimax.
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- UNE NOUVELLE MACHINE DOMESTIQUE A GLACE
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- tion tout indiquée dans les centrales d’électricité où la vapeur d’échappement leur serait, pour ainsi dire, fournie gratuitement.
- Nous nous réservons, du reste, de revenir prochainement sur les adaptations de cette très intéressante machine W.-L. dans les centrales à vapeur.
- Les machines à vide à acide sulfurique ont, comme inconvénient, de nécessiter une pompe à air, capable de produire un vide de l’ordre de 3 à 1/2 mm de mercure, ce qui est certes très élevé.
- Une telle pompe se maintient difficilement en état pour un travail de longue durée ; il faut tenir
- compte des propriétés corrosives de l’acide auquel les métaux, habituellement employés, ne peuvent résister.
- L’avantage de ces machines est de nécessiter moins de puissance et de produire la glace plus rapidement que celles à ammoniaque à absorption.
- Une machine à glace réunissant les avantages des
- Fig. 4. — Une machine a glace Minimax commandée par une petite roue hydraulique à augets (on détache les coquilles de glace produites dans la machine).
- deux types précédents, sans en avoir les inconvénients capitaux, est cependant possible, et elle existe actuellement, industriellement; elle est, d’autre part, extrêmement simple. Sa description est l’objet du présent article. C’est une machine du type à vide et à absorption à la fois.
- Comme l'indiquent les figures 1, 2 et 3, elle comprend : une chaudière A réunie à une chaudière B, par un axe horizontal creux, l’ensemble pouvant tourner sur 2 paliers.
- La chaudière A est en partie remplie du liquide absorbant qui doit présenter la propriété, à l’état dilué, d’être difficilement conge-
- lable, c’est-à-dire de pouvoir servir à la transmission du froid. Après remplissage avec ce liquide, l’air de la machine est évacué soit par une pompe, soit par simple ébullition, et la machine, par un dispositif approprié, est rendue pour longtemps étanche à l’air extérieur. Le liquide absorbant doit rester neutre au contact de l’appareil. Le liquide le
- Fig. 5. — Les deux pièces essentielles' d’une machine Minimax : la chaudière à absorption et à distillation, et le condenseur-vaporisateur. A droite le bloc de glace tel qu’on le retire
- de la machine.
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- plus convenable paraît être une dissolution de chlorure de zinc ou encore une dissolution sodique concentre'e à laquelle on ajoute un corps avide d’eau. En renversant l’appareil, le liquide absorbant est amené dans la seconde chaudière B d’où il s’écoule de nouveau dans A. Il en reste une petite quantité dans la chaudière B qui sert de condenseur, et ce reste a pour but de constituer le liquide incon-gelable, par son mélange avec l’eau produite par la condensation dans B.
- Le liquide abmrbant est réchauffé par le foyer C, puis distillé. L’eau à l’état de vapeur s’échappe dans la chaudière B qui est refroidie par l’eau ruisselant à sa surface, de sorte que la vapeur se condense sur ses parois.
- Pour empêcher toute ébullition excessive, la chaudière A est munie d’un certain nombre de disques métalliques ou de côtes D, etc. (la figure 2 représente un de ces disques perforés en coupe). Ces organes intérieurs peuvent être en tôle, en fil de fer, etc. Par leur bon contact métallique avec les parois de la chaudière, ils conduisent rapidement la chaleur dans toutes les parties du liquide. Ces disques, côtes ou autres, ont aussi pour but de présenter la plus grande surface possible pour permettre une rapide absorption, ce que la rotation de toute la machine autour de son axe longitudinal vient encore aider. Après distillation, le foyer est éteint. On recouvre alors la chaudière B du récipient annulaire où doit produire la glace, on fixe convenablement ce dernier et on le remplit d’eau par le tuyau d’amenéeF qui est fermé après le remplissage.
- Cet appareil où se fait la glace E est recouvert d’une enveloppe isolante I. La chaudière A est alors refroidie par ruissellement extérieur ; l’eau distillée en B diminue et est alors absorbée dans A, où le sel restant possède toujours sa propriété absorbante. D’autre part, du fait du changement d’état de B se vaporisant vers A, il résulte, comme on sait, une soustraction de chaleur au taux de 600 calories environ par kg de vapeur évaporée, et ceci aux dépens de l’eau contenue dans le récipient annulaire. Le refroidissement considérable amène en peu de temps la formation de glace à la surface de la chaudière B. L’eau de refroidissement pour les chaudières A et B peut être commodément amenée par un tuyau percé de trous G.
- Cette machine fonctionne, en résumé, complètement sous le vide ; mais celui-ci est obtenu dans l’ensemble de l’appareil une fois pour toutes, ce qui fait qu’on peut se passer absolument de pompe à vide.
- Quant aux deux récipients A et B, on comprend maintenant leur double rôle successif qu’ils peuvent chaque fois remplir en toute efficacité, à savoir :
- Dans la première opération : Évaporation d’eau de A vers B :
- A) est le distillateur ; B) est le condenseur.
- Dans la seconde opération : Évaporation d’eau à
- l’absorbeur, c’est-à-dire de B vers A, et consécutivement production frigorifique :
- B) est l’évaporateur ; A) est l’absorbeur.
- Quant à la solution de chlorure de zinc renfermée dans les chaudières (d’ailleurs en cuivre), les essais de laboratoire ont prouvé qu’elle peut se conserver inaltérée et indéfiniment dans le vide et, d’autre part, que les parois de l’appareil sont inattaquables par elle.
- La figure 4 représente une machine de ce genre, du type de o kg de glace à chaque opération.
- Elle est commandée par une roue à augets, d’une très grande simplicité; quelques filets d’eau tombant dans chacun des augets donnent à tout le mécanisme, le mouvement nécessaire.
- Les lampes étant allumées sous le cylindre . lisse, la personne chargée de l’opération peut s’en aller et continuer sa besogne habituelle. Elle sera appelée par une sonnerie, après 27 minutes, c’est-à-dire, lorsque la première période, dite de chauffage, sera terminée.
- Elle éteindra les lampes et arrêtera le mouvement de rotation de l’appareil.
- Ensuite commence la deuxième opération, dite de congélation.
- Pour cela, elle recouvrira le cylindre à ailettes au moyen du chapeau de congélation et le remplira d’eau potable.
- Puis, la machine sera de nouveau mise en marche et la personne pourra se retirer.
- Elle sera appelée à nouveau par la sonnerie lorsque la congélation sera terminée et n’aura plus qu’à enlever le chapeau et détacher les coquilles de glace avec un poinçon comme l’indique ladite figure 4. On voit au pied de la machine les demi-coquilles de glace ainsi détachées.
- Si l’on préfère ne pas user d’eau comme force motrice, on peut employer un petit moteur à air chaud, activé par une simple lampe à pétrole ou à alcool.
- Le mouvement de la machine peut être également obtenu à la main, la force d’une femme ou d’un enfant suffisant amplement.
- La figure 5 représente le corps de cette machine et le bloc de glace tel qu’il en a été retiré.
- Ces machines construites par la Société Minimax, sont établies pour des productions de 1 1/2, 5, 6, 12 ou 25,kg de glace par opération.
- Elles répondent donc, comme on vient de le voir, à la formule très simple et caractéristique ;
- Eau -j- feu = glace
- Elles sont silencieuses, peu encombrantes,- automatiques, non explosibles, toujours prêtes à fonctionner pt d’un bon rendement.
- Pour produire un kilogramme de glace, ellesne consomment, en effet, que soixante grammes de pétrole, ce qui représente environ une dépense de moins de 2 centimes. C’est appréciable. F. Serbar.
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- LES VARIATIONS DU CLIMAT DE NEW-YORK
- M. Henry Arctowski, le météorologiste bien connu, a récemment publié (American Geographical Socielyr-t. 45) un résumé de très longues et minutieuses observations sur le climat de New-York et il en a tiré quelques conclusions qui nous paraissent présenter un intérêt général. Un premier groupe d’observations est relatif au nombre d’heures moyen pendant lequel on a vu le soleil. La courbe correspondante affecte une forme très significative. De 1877, elle baisse très fortement jusqu’en 1890, si bien que la durée moyenne journalière passe de 8 h. 55 à 6 h. 6; puis elle se relève avec la même netteté. Une telle différence de 2 heures et demie dans la durée de l’éclairement solaire n’a pu manquer d’avoir des conséquences de tous genres sur l’hygiène, l’économie politique, etc. Sur cette courbe générale sè greffent des oscillations périodiques, au nombre de 15, dont la durée moyenne est de 25 mois. Le graphique montre, en outre, que chacune de ces vagues descend plus vite qu’elle ne remonte.
- Si l’on examine, d’autre part, la courbe des ^températures moyennes, on voit que la température, avec la forme sinusoïdale habituelle sur laquelle nous reviendrons, a eu une tendance générale à croître à New-York dans la même période. En outre, elle offre* entre 1869 et 1911, 19 dépressions, espaéées en moyenne (comme les durées d’éclairement solaire) de 25 mois. On peut donc en conclure que les deux phénomènes sont influencés par la même cause périodique, sans doute astronomique; mais, dans le détail, ii n’y a pas correspondance entre ces deux systèmes de dépressions. Quant à la variation de la pression atmosphérique, elle suit exceptionnellement.... de_._18.89_ à, 1897,.._ rnais . seulement pendant cette phase, la courbe de l’éclairement solaire,, comme elle le fait constamment sur l’équateur.
- Si nous revenons sur la courbe des températures entre 1870 et 1910, et si nous la comparons avec les courbes semblables pour Varsovie et pour Balavia, nous observons une identité remarquable entre New-York et
- Varsovie depuis 1886, avec les deux mêmes points bas. -A. Batavia, station équatoriale, les variations sont beaucoup moins fortes. M. Arctowski, dans ses « Enchaînements des variations climatiques » (Bruxelles, 1909), a étudié le phénomène. En 1891, une région de hautes températures (pleion) couvrait le Canada, tandis qu’un antipleion (point bas), occupait le Kansas. En 1892, le centre de l’antipleion avait atteint le YVinnipeg, celui du pleion le Texas. Pu s le déplacement s’est continué dans le même sens : il a déterminé l’ascension progressive des températures moyennes à New-York (influencée, d’autre part, d’une façon mal déterminée par le développement de l’agglomération urbaine), tandis qu’un changement inverse était ' observé dans l’Arizona et le New Mexico.
- On remarque encore qu’à New-York, le passage des pleions et antipleions a plus d’influence en hiver qu’en été. En Australie c’est l’inverse.
- Enfin, M. Arctowski a comparé les diagrammes de. température de diverses villes nord-américaines avec celui d’Arequipa au Pérou. L’examen, même sommaire, est instructif. Tandis que les courbes des États-Unis ont une tendance générale ascensionnelle depuis 1900, celle d’Arequipa s’abaisse d’une façon caractéristique. Malgré cette-allure opposée, la courbe d’Arequipa a quatre dépressions comme celle de New-York, qui la suit avec un retard de 5 mois. Il y a indépendance entre la marche des pleions et antipleions accusée par ces dépressions et celle des vagues à longue amplitude.
- Il faudrait maintenant arriver à faire l’étude complète de ces vagues de chaleur qui se subdivisent, se groupent „et_ricochent_comme„les.vagues de l’Océan. Dès à présent., quand on entre dans le détail, on s'aperçoit combien la question est coinplexe. Il ne faut pas s’imaginer, en effet, qu’on ait tous les 25 mois régulièrement, à New-York une vague de chaleur : ce qui permettrait de calculer d’avance les périodes chaudes se succédant tous les deux ans avec un retard d’un mois.
- P. Salliok.
- UNE NOUVELLE MÉTHODE D’ENSEIGNEMENT DES LANGUES
- Les méthodes d’enseignement des langues vivantes ne se comptent plus; mais toutes peuvent "se ramener à deux principales : la méthode grammaticale et la méthode directe.
- La méthode grammaticale consiste à appliquer aux langues vivantes le système employé depuis très longtemps pour renseignement des langues mortes : le professeur explique pendant de longues années les règles de* grammaire les plus délicates, apprenant à ses élèves à disposer harmonieusement, en des thèmes innombrables, les mots qu’ils auront appris. Jamais le professeur ne parle la langue qu’il enseigne ; par suite comment ses élèves pourraient-ils parvenir à la parler? Aussi quelle désillusion lorsqu’un de ces élèves, après son .cours
- d’études, se rend dans le pays dont il croit avoir appris la langue : il est incapable de comprendre et d’être compris! Ce résultat était tellement éclatant qu’une réaction violente se manifesta contre la méthode grammaticale et dés pédagogues bien intentionnés préconisèrent ce que l’on a appelé la méthode directe.
- C’était tomber d’un excès dans un autre. Le professeur fut invité à ne parler, dès la première leçon, que la langue étrangère qu’il enseignait et l’élève fut astreint à oublier sa langue maternelle, en franchissant le seuil de .la classe. Pour tâcher de se faire comprendre le professeur devait se livrer à une mimique que, d’ailleurs, la plupart des élèves ne saisissaient pas.
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- 352 ...: UNE NOUVELLE MÉTHODE D’ENSEIGNEMENT DES LANGUES
- Pour être juste, il faut cependant retenir qu’avec la méthode grammaticale l’élève se constitue un Arocabulaire et apprend les règles imposées à l’assemblage des mots ; avec la méthode directe, il habitue sa langue et son oreille à prononcer et saisir les sons.
- Le problème consiste donc à imaginer une méthode rationnelle conduisant à la lois à ces deux résultats. S’il est facile à résoudre pour les étudiants des villes qui peuvent prendre des leçons avec un professeur, il n’en est pas de même lorsque la personne qui désire apprendre une langue est loin de tout professeur ou ne dispose ni du temps ni parfois aussi de l’argent indispensables. Nombreuses sont les méthodes d’enseignement individuel, mais toutes sont purement grammaticales.
- Par une ingénieuse application du phonographe, les écoles internationales ont solutionné élégamment le problème.
- Le professeur est ici remplacé par le phonographe qui répète à l’élève, et cela autant de fois que celui-ci le désire, tous les mots de la leçon que l’élève suit sur son livre.
- Les phrases types, qui servent à illustrer les règles de grammaire et qui constituent une conversation sont aussi répétées par le phonographe.
- Voilà donc résolue une partie du problème : l’élève entend les sons qu’il lit.
- Mais ce n’est pas tout : il faut encore qu’il les apprenne correctement. Ici encore le phonographe intervient.
- L’élève croit-il avoir saisi la prononciation exacte,
- il change le disque du phonographe qu’il remplace par un disque de cire vierge, il utilise le système enregistreur de la machine qu’il trouve dans la caisse d’accessoire qui accompagne l’appareil, et il enregistre son exercice phonographique sur le disque. Celui-ci est ensuite envoyé au siège de l’Ecole, où des professeurs [l'examinent, notent les imperfections et écrivent à l’élève pour lui signaler les défauts dont il doit se corriger. L’élève en prend note, écoute à nouveau les mots sur le disque « professeur » et, à la fin du prochain exercice phonographique qu’il expédie à l’école, répète les mots qu’il avait mal prononcés. La correction recommence et cela autant de fois qu’il est nécessaire pour , arriver à un résultat satisfaisant.
- Tout cela naturellement sans préjudice des exercices écrits de composition que l’élève fait seul et que l'Ecole lui retourne soigneusement corrigés.
- Les avantages de la méthode sont aisés à comprendre : modicité du prix, les écoles restant à la disposition de l’élève pendant 5 ans et le matériel devenant sa propriété ; facilité d’apprendre à tout moment, quelque court que soit le temps dont il dispose, et quelle que soit l’heure à laquelle il est libre; correction à la fois du langage parlé et écrit. Aussi le développement de ce mode d’enseignement est-il extraordinaire : 40 000 élèves aux Etats-Unis et en Angleterre témoignent de son succès. En France, où une succursale vient d’être fondée il y a quelques mois, le chiffre des inscriptions atteint déjà plusieurs centaines. H. V.
- Fig. i.
- Élève enregistrant un exercice phonographique.
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2135.
- LES TUBES AU
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- 25 AVRIL 1914.
- La liquéfaction de l’air ne met pas seulement à la disposition de l’industrie l’oxygène et l’azote ; en la dirigeant convenablement on peut encore* obtenir, comme sous-produit, le néon, un de ces gaz rares découverts par Ramsay dans l’atmosphère terrestre et jouissant, de curieuses propriétés électriques. Aussi M. Georges Claude eut-il récemment l’idée de l’appliquer aux besoins de l’éclairage. En le mettant dans des tube£ de Plücker, c’est-à-dire dans des tubes où le gaz raréfié est traversé et rendu lumineux par un courant électrique, il a pu réaliser une lumière étrange sans doute, mais se prêtant à de magnifiques effets décoratifs, et aussi très économique puisque, d’après les calculs de l’inventeur, elle reviendrait seulement à un demi-watt par bougie.
- À la vérité, cette lumière rouge d’un bel effet décoratif dénature les couleurs des objets, car elle ne contient pas de radiations bleues. Un bouquet d’œillets écarlates, par exemple, se présente encore sous un aspect assez agréable, tandis que des fleurs bleues paraissent d’un noir de jais.
- Nous indiquerons plus loin le remède proposé par l’inventeur pour pallier ce défaut, mais voyons auparavant comment les usines d’air liquide produisent le nouvel illuminant.
- Le néon et l’hélium, se liquéfiant moins facilement queleurs autres compagnons gazeux, M. Claude, en poussant progressivement la condensation de l’air, réussit à les préparer industriellement presque à l’état pur et en assez grande quantité. Quoique le néon n’entre dans la composition de la couche atmosphérique que dans la proportion de lpour 66 000, néanmoins dans1 un appareil à air liquide Claude, d’une puissance de production de 50 mètres cubes d’oxygène liquide à l’heure, passe un courant de gaz rares représentant plus de 100 litres de néon au bout de la journée, quantité suffisante pour fabriquer quotidiennement 1000 tubes luminescents de 1000 bougies chacun. - - -
- Mais la fabrication de ces tubes ne va pas sans difficultés techniques. L'une des principales réside dans ce fait qu’une très petite quantité d’azote ou d’hydrogène suffit pour annihiler les propriétés éclairantes du néon. Cette sensibilité à l’action des gaz étrangers est même si forte qu’en introduisant du néon à 98 pour 100 dans un tube de Geissler où on a fait le vide, les gaz occlus dans les électrodes ou les pores du verre et qui se dégagent lors du passage du courant, abaissent à rien son rendement lumineux au bout de quelques secondes de marche.
- Afin de confectionner pratiquement des tubes
- au néon capables de conserver leur éclat d’une façon indéfinie, M; Claude dût imaginer un procédé d’auto-puri-fication du capricieux élément, au fur et à mesure du dégagement des impuretés sous l’influence du fluide électrique. Il utilisa donc, dans ce but, la propriété que possède le charbon de bois d’absorber énergiquement les gaz aux très basses températures. Ce corps paraît jouer une sorte de rôle catalytique déterminant dans sa masse un commencement de liquéfaction. Les fortes pressions mises en jeu par les forces capillaires compléteraient l’action de la température. Ainsi le charbon refroidi absorbe activement l’azote et l’oxygène, màis très faiblement le néon et l’hélium.
- Après avoir donc scellé (fig. 1), des éléctrodesde cuivre aux extrémités d’un long tube, on le purge, à l’aide de la pompe à vide, des impuretés libérées par le passage de courants énergiques. On le charge ensuite de la quantité voulue de néon purifié, puis on plonge dans l’air liquide le récipient de charbon qu’on y a préalablement soudé. On peut alors faire passer le courant électrique dans le tube.
- Au début de l’opération, on aperçoit à peine la luminescence du néon qui ne s’intensifie que peu à peu, les impuretés dégagées diffusant vers le charbon qui les retient. Au bout de quelques heures, la
- Fig. i. — Pose des électrodes de cuivre à Vextrémité des tubes à néon.
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- 42* Année. — 1" Semestre.
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- pénible formation se trouve achevée et désormais | pour l’éclairage des monuments. Ainsi pendant le brillant éclat du tube persiste quand on le dernier Salon de la locomotion aérienne de
- Fig. 2. — Atelier de fabrication des longs tubes à néon.
- le sépare à la lampe du réservoir à charbon.
- Toutefois, les premiers tubes fabriqués de la sorte par M. Claude lui donnèrent encore des mécomptes et s’étei-gnaient après cinq ou six heures de fonctionnement par suite de la disparition du néon, capté par le cuivre des électrodes.
- Mais il lui suffit d’augmenter la surface de ces dernières pour accroître leur durée. Actuellement des tubes à néon de 5 mètres de long, tels ceux qu’on voit sur les tréteaux de la vue ci-contre (fi g. 2) marchent plus de 1000 heures, dans des conditions normales. Ils peuvent donc rivaliser, à ce point de vue, avec les meilleures lampes à incandescence.
- Jusqu’ici, on emploie surtout les tubes au néon
- Paris, la colonnade du Grand-Palais était embrasée de la sorte et durant les fêtes du Millénaire normand 50 tubes au néon de 6 mètres de longueur faisaient ressortir magnifiquement les beautés architecturales de l’église de Saint-Ouen, à Rouen. Quand il s’agit d’employer les tubes au néon à la décoration des enseignes de magasin, on leur donne les formes désirées en les contournant au chalumeau (fig. 5) de façon à pouvoir les fixer sur une ossature en bois.
- Après quoi on s’assure de leur bon fonctionnement avant livraison en exécutant au laboratoire de l’usine (fig. 4) les mesures électriques et photo métriques nécessaires.
- Voici les tubes au néon fabriqués, examinons, à
- Fig. 3. — Coudage des tubes au chalumeau à gaz.
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- EXPLOSION DE POUSSIÈRES DE PAPIER ========== 355
- présent, les conditions de leur fonctionnement. D’abord ils s’accommodent seulement du courant alternatif et exigent, par conséquent, un organe de transformation pour pouvoir se brancher sur des secteurs à courant continu.
- D’après les chiffres qu’a bien voulu nous fournir M. Georges; Claude, sous un régime de un ampère, un tube de 6 mètres (soit 5 mètres utiles) fournit environ 900 bougies et le rendement de l’énergie dépensée ressort à 0,72 watt, par bougie.
- A son fonctionnement très économique le néon
- les usines, les chantiers, les salles de lecture, halls ou pièces d’appartement, M. Claude propose d’adjoindre à ses appareils des tubes correcteurs mixtes à néon et mercure qui donnent une lumière très riche en rayons bleus. On réalise,.par exemple,:iiine correction parfaite et on obtient un effet lumineux très joli, en disposant concentriquement deux tubes rectangulaires, l’un rouge, l’autre bleu. C'est ainsi que M. Claude avait éclairé la salle de la Société des Ingénieurs civils, lors de la conférence qu’il fit devant le Président de la République. Ces nouveaux
- Mesures électriques et photomètriques des tubes terminés.
- Fig. 4. —
- joint un avantage physiologique incontestable; ses radiations sont peu fatigantes pour l’œil.
- Toutefois, comme nous le notions au début de cet article, il a l’inconvénient d’éclairer les objets en rouge orangé. Pour corriger cette impression, dans
- appareils, après quelques perfectionnements de détail auxquels travaille actuellement leur inventeur, vont donc prendre une place importante parmi les sources lumineüses industrielles et meme de luxe.
- Jacquf.s Boyer.
- EXPLOSION DE POUSSIÈRES DE PAPIER
- On sait que des poussières organiques ou riches en matières organiques, lorsqu’elles sont dans un grand état de division, peuvent, au contact d’une flamme, former avec l’air des mélanges explosifs. Dans cet ordre d’idées nous pourrions citer des accidents graves produits à la suite d’explosions de poussières de farine dans les minoteries et dans les boulangeries, de poussières du charbon dans les mines, de poussières de sucre dans les raffineries, de poussières d’amidon, de fécule, de liège. Mais jusqu’ici on n’avait jamais eu à signaler des explosions de poussières de papier, matière, cependant, éminemment organique. Aussi croyons-nous intéressant de dire quelques mots de l’explosion de poussières de papier survenue à Tourcoing, lë 31 mai 1913,
- dans l’usine de M. Jules Petit pour la fabrication des tubes en papier, explosion qui causa la mort de deux ouvriers; et qui fut l’objet d’une expertise et d’un rapport du Directeur du laboratoire municipal de Lille dont les conclusions méritent d’être retenues.
- L’usine en question fabrique des tubes ou fuseaux en papier destinés à servir de supports pour les fils en filature ou en tissage. Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de fabrication de ces tubes de papier. Nous rappellerons seulement qu’elle nécessite une sorte de meulage qui a pour résultat de produire une poussière extrêmement intense. Cette poussière produite par chacune des machines à meuler, appelée gratteuse, est amenée par un tuyau en tôle dans un collecteur souter-
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- rain à F extrémité duquel se trouve un ventilateur aspirant qui envoie les poussières dans une chambre à poussières. Cette chambre mesure 18 mètres de longueur, 3 m. 25 de largeur et 3 m. 50 de hauteur. La production de poussières est d’environ 100 kilogrammes par jour. Une porte en tôle, placée à chacune des extrémités de la chambre de poussières, permet l’accès de cette chambre. De plus le plafond de cette même chambre do poussières est percé de deux cheminées. En marche normale de l’usine les deux portes de tôle étant fermées, le ventilateur aspirateur envoie toutes les poussières dans la chambre sous forme de brouillard qui, aspiré par les cheminées, est obligé de fdtrer au travers des filtres placés à la base des cheminées. Ceux-ci arrêtent les poussières qui tombent sur le sol tandis que l’air, débarrassé des poussières, s’échappe par les cheminées. Tous les samedis, après l’arrêt des grat-leùses et du ventilateur aspirateur, on enlève à la pelle les poussières et on nettoie les filtres. Ces poussières, mises en sacs, sont vendues, au prix de 3 à 4 fr. les 100 kg, comme engrais ou pour la fabrication des enduits calorifuges. Un fait important à signaler c’est que la jmise en sacs des poussières et le battage des filtres produisent un brouillard intense. Si l’on représente -par 10 l’intensité du brouillard pendant le fonctionnement du ventilateur cette intensité est d’environ 40 à 50 pendant la mise en sacs, c’est-à-dire que le brouillard est 4 à 5 fois plus épais. De plus, la chambre est obscure et, pour y pénétrer, les ouvriers sont obligés de se munir de lumières.
- Le samedi 31 mai 1913 quatre ouvriers, munis de deux lanternes en bon état et qui n’avaient pas de vitres cassées ou fêlées, entrèrent dans la chambre de poussières pour procéder à la mise en sacs des poussières et au nettoyage des filtres, le ventilateur étant arrêté. Le travail commencé à 4 h. 45 fut momentanément arrêté à 5 h. 30; puis, quelques minutes après, un ouvrier retourna avec une lanterne dans la chambre de poussières pour continuer le travail, pendant qu’un deuxième ouvrier montait sur le toit de la chambre pour le battage des filtres d’une des cheminées.
- Tout à coup une violente détonation se produisit. L’ouvrier fut entouré de flammes et brûlé sur tout le corps. Quant au deuxième ouvrier il sentit une bouffée d’air chaud et fut brûlé aussitôt par une gerbe de flammes jaillissant par la cheminée. Quant à la chambre de poussières elle était fortement lézardée et des flammes
- sortaient des fissures. Aucun des ouvriers ne fumait.
- A la suite de l’explosion ces poussières furent soumises à l’analyse par M. Bonn, chargé de l’expertise. Il résulte de ces analyses que ces poussières à l’état sec contiennent 17,35 pour 100 de cendres (matières minérales) et 82,65 pour 100 de matièrés organiques. Leur teneur en humidité était, en moyenne, de 4,50 pour 100. Elles sont donc très combustibles et peuvent ainsi former avec l’air un mélange explosif semblable à celui formé par les poussières de blé, de farine, de charbon, etc.... Dans le but de s’en assurer on procéda à l’expérience suivante. Dans un flacon rempli de ces poussières de papier on insuffla de l’air et le nuage ainsi obtenu s’enflamma nu contact d’une flamme.
- Enfin, M. Bonn a cherché à se rendre compte de la puissance d’inflammation et, par suite, d’explosion des poussières de papier. Un échantillon moyen de poussière fut envoyé à la station d’essai de Liévin où, comme on sait, un laboratoire dirigé par M. Tafîanel a été installé pour étudier d’une manière méthodique les explosions des poussières et notamment leurs inflammabilité. Il résulte des essais que la poussière de papier soufflée en nuage avec de l’air sur la flamme cle l’inflammateur (méthode du tube de poussières) donne pour 1 gr. de poussière une flamme de 47 cm de longueur; que le degré d’inflammabilité de la poussière de papier, quoique un peu moindre, est, cependant, de même ordre de grandeur que-celui du charbon pur de Liévin (30 pour 100 de matières volatiles, , 7 à 8 pour 400 de cendres, réduit par broyage en poussières extrêmement fines passant presque entièrement au tamis de 200).
- Comme conclusion M. Bonn admet que les poussières de papier sont éminemment inflammables et peuvent, en mélange avec l’air, donner, au contact d’une flamme, une explosion dans un .endroit clos. Il est donc imprudent de s,e servir, pour éclairer la chambre de poussières, de lanternes ordinaires. L’emploi de lampes électriques n’offre, à son avis, aucun danger, car, en cas de rupture ou d’éclatement de la lampe, il peut se produire une étincelle, mais celle-ci, ainsi que l’expérience l’a démontré, ne peut déterminer l’inflammation de l’air chargé de poussières de blé ou de farine dont le degré d’inflammabilité est, cependant, plus grand que celui des poussières de papier. Quant à la lampe de mineur il n’y faut pas songer, cor celle-ci s’obstrue très rapidement par suite de la poussière qui remplit les mailles des toiles métalliques. B. Bonkix.
- LES GLACES FLOTTANTES ET LES PAQUEBOTS
- La catastrophe du Titanic a étonné beaucoup de personnes ignorantes des dangers de la navigation dans les parages du Grand Banc de Terre-Neuve. Comment, se disaient-elles, un navire de l’importance de ce grand paquebot (66 000 tonnes de déplacement) peut-il couler après un abordage avec un iceberg! Hélas, les plus grands navires sont bien peu de chose lorsque, lancés à une vitesse de 22 nœuds, ils viennent à frapper contre un obstacle un peu résistant! Ils écrasent leur avant, ou, ce qui est plus grave, ils se déchirent sur une grande longueur, mettant au même moment plusieurs compartiments étanches en communication avec la mer,
- et les pompes les plus puissantes ne peuvent lutter avec succès contre l’envahissement de l’eau.
- Lorsqu’en 4898, par brume épaisse, h Bourgogne coula en 45 minutes après avoir été déchirée sur une longueur de plus de 50 mètres, par l’ancre du navire en acier qui l’avait abordée, il n’y eut qu’un cri dans la presse étrangère contre l’incurie des Français qui ne savaient ni construire un navire, ni le faire naviguer ! Les Tribunaux de tous les pays firent justice de ces allégations intéressées et ne trouvèrent rien à blâmer, tant dans la construction que dans l’organisation du sauvetage et l’habileté nautique du commandant de la Bourgogne. Qua-
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- LES GLACES FLOTTANTES ET LES PAQUEBOTS —... 357
- Fig. i. — Un iceberg.
- torze ans après, par temps très clair, le Titanic frappé de la même façon, sombra, entraînant avec lui un nombre triple de victimes. Et, cependant, ce bâtiment neuf avait bénéficié de tous les progrès, et ils sont nombreux, réalisés depuis 1898 dans l’art de la construction navale.
- 11 n’entre pas dans le cadre de cette étude de rechercher s’il y a eu des fautes commises dans la dernière catastrophe. On se propose seulement d’indiquer ce qu’il faudrait faire pour éviter, autant que possible, le renouvellement de pareil accident.
- Tout d’abord, il faut admettre que la navigation, dans la région comprise entre les méridiens de 40° et 50° ouest de Greenwich et les parallèles de 40° et 50° Nord, est excessivement dangereuse du 15 mars au 15 juin.
- C’est à cette époque, en effet, que les glaces flottantes amenées vers le
- Sud par le courant du Labrador, abordent cette région où elles rencontrent le Gulf Stream qui les emporte, en général, vers l’Est et même vers le Nord, où elles retrouvent le courant polaire qui les dirige, à nouveau, vers le Sud. Elles ont donc un mouvement de translation presque circulaire et elles restent dans les limites indiquées plus haut jusqu’à leur fonte définitive qui se produit en moins d’un mois.
- Cette partie de l’Océan est donc, à l’époque considérée, très dangereuse à traverser puisqu’elle est pleine de glaces et, que souvent, il y a de la brume.
- Le seul moyen pratique d’éviter un accident est donc de passer au sud du 40e parallèle. Dans certains cas, les glaces descendent plus au Sud, mais alors, il n’y a généralement pas de brume, et, avec un service de veille bien organisé, on doit voir un iceberg dan-
- LABHAÙOR
- Ç our
- Fig. 2. — Trajet habituel des glaces, m • Champs de glaces. — a Icebergs isolés.
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- 358 LES GLACÉS FLOTTANTES ET LÉS PAQUEBOTS
- gereux assez à temps pour pouvoir l’éviter, surtout si l’on est prévenu à l’avance de la possibilité de rencontrer des glaces. Mais, comment savoir que l’on va trouver des icebergs venant du Nord, si tous les navires suivent une route très Sud?
- Par une patrouille convenablement organisée dans la région dangereuse, qui indiquera aux navigateurs, par l’intermédiaire de la T. S. F., que des glaces ont été vues tel jour, à tel endroit, et que leur route probable est dans telle direction.
- Les États-Unis, cependant bien désintéressés dans la question, puisqu’il n’y a en tout que quatre paquebots transatlantiques battant le pavillon étoilé, ont résolu le problème de la façon la plus large et la plus intelligente. En 1912, aussitôt après l’affaire du Titanic, les croiseurs américains Chester et Birmingham circulèrent dans la région des glaces et rendirent les services les plus signalés.
- En 1913, pendant que les Compagnies de navigation affrétaient le navire baleinier Scolia pour croiser au Nord du 45e parallèle et reconnaître les masses de glaces descendant du Nord, le gouvernement américain détacha, en permanence, du 8 avril au 1er juillet, deux petits bâtiments du service de la Douane, le Seneca et le Miami dans la fameuse région de stationnement des glaces dont on a parlé plus haut, de 40° à 50° ouest de Greenwich et du 45e parallèle à la limite la plus sud des glaces.
- Pendant ces trois mois, il y eut toujours l’un de ces navires en croisière, circulant au milieu des icebergs, étudiant leur marche, leur fonte, et envoyant de nombreux messages aux bâtiments passant dans ces parages.
- Les services qu’ils ont rendus sont au-dessus de tout éloge, et les gouvernements étrangers pourraient peut-être reconnaître le zèle et le dévouement des capitaines qui ont commandé ces très petits navires : les capitaines C. E. Johnson et A. S. Gamble.
- Il faut avoir navigué dans cette région connue de tous ceux qui l’ont traversée sous les noms significatifsde Rolling forties, Boaring forties. Trou du Diable, Gueule d'Enfer pour comprendre l’énergie de ces hommes qui, sur ces coques de noix, ont tenu la mer par tous les temps, courant les plus grands dangers, puisqu’ils devaient demeurer au milieu des glaces flottantes, dans la tempête, la brume ou la pluie.
- Cette année encore, le gouvernement des États-Unis doit faire recommencer cette patrouille, et les navigateurs, marins ou passagers, îe béniront.
- Mais ces croisières ont eu un autre intérêt ; elles ont permis d’établir irréfutablement quelques points de doctrine et de dissiper des erreurs partagées par beaucoup de marins.
- Ces distingués officiers, les capitaines C. E. Johnson et A. S. Gamble, ont fait des remarques très curieuses que l’on va essayer de résumer.
- Les icebergs sont tous différents les uns des autres ; ils affectent les formes les plus variées.
- Ils sont tantôt arrondis, tantôt pointus ; quelquefois, ils sont plats (ce sont les plus dangereux), ou ils ont plusieurs pics. Leur hauteur maximum est d’environ 50 mètres. (Il en a été vu de plus de 100 mètres,- dans les mêmes parages, en 1905.)
- La visibilité est très variable. Par temps clair, un gros iceberg a été aperçu à 18 milles. Avec ciel couvert, on en a vu à 15 milles. Si l’horizon est un peu embrumé, le sommet d’un iceberg est distinct à 11 milles. Mais dès que le temps se bouche, la visibilité diminue rapidement ; avec brume légère, la glace paraît à 2 milles; avec brume épaisse, à 20l) mètres ; dans la pluie à 2 milles environ.
- La nuit, par lune brillante, on voit un iceberg à 2 milles et demi; à la lumière des étoiles, sans lune (cas du Titanic), on distingue une glace à l’œil nu à 1 mille et avec les jumelles à 2 milles. Enfin, si le ciel est couvert et sombre, mais l’horizon visible, il est possible de voir le danger à un demi-mille. Dans ce cas, l’iceberg paraît noir ; dans les autres cas, son éclat tranche sur l’espace environnant.
- L’emploi des projecteurs n’est pas à recommander, l’observateur risquant d’être ébloui, surtout si l’atmosphère n’est pas très pure.
- On a beaucoup parlé de l’écho donné par les icebergs. Si la face opposée au navire qui s’en approche est verticale, il peut y avoir écho. Mais, généralement, les faces sont inclinées, et 90 pour 100 des expériences tentées en courant sur les glaces ont été sans résultat.
- S’il y a écho, il y a obstacle ; mais l’absence d’écho ne veut pas dire qu’il n’y ait pas d’obstacle.
- Jusqu’à présent, beaucoup de personnes croyaient qu’une baisse de la température de l’eau de mer indiquait le voisinage d’un iceberg.
- Les observations répétées des officiers américains ont prouvé qu’il n’en était rien. Il arrive, en effet, que l’on navigue pendant dix ou douze heures dans de l’eau à 0'J, par temps clair, et que l’on ne voit rien.
- Quand la température de l’eau est constante, il faut être à une longueur de navire pour voir le thermomètre varier, et quelquefois, il monte !
- La température de l’air, au voisinage d’un iceberg, ne subit pas de changement appréciable.
- Le meilleur indice de l’approche d’une glace consiste dans l’apparition de petits glaçons.
- On peut encore noter le bruit de la mer frappant sur la flottaison de l’iceberg, mais cette information ne peut être obtenue que par temps presque calme, sans vent.
- En résumant ce qui précède, on voit que la présence d’une glace, soit la nuit par temps clair, soit le jour par brume, n’est signalée par rien de certain : ni la température de l’eau, ni celle de l’air, ni l’écho de la sirène ne viendront indiquer au navigateur qu’il court sur un danger.
- 11 ne reste donc plus qu’à suivre les conseils de la prudence, c’est-à-dire :
- 1° Suivre des routes au sud de la région dange-
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- LES COLONIES D’OISEAUX DU GRAND OCÉAN
- reuse qui devra être, chaque anne'e, parcourue par des navires spéciaux ;
- 2° Par nuit noire ou par temps bouché, si l’on sait être à proximité de glaces, marcher à une allure qui permette d’arrêter le navire dans sa longueur ;
- 5° Redoubler de surveillance, regarder aussi bien devant que le long du bord et placer des vigies doubles à des étages différents, de façon à
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- apercevoir soit la base, soit le sommet des icebergs;
- 4° Ne pas hésiter à arrêter le navire si l’on croit voir quelque chose devant.
- Ces précautions étant prises, si le navire est bien construit, bien compartimenté et bien commandé, les passagers n’auront qu’à dormir tranquilles et à s’en remettre à la volonté de Celui qui décide de toutes choses. Cl Poncelet.
- LES COLONIES D’OISEAUX DU GRAND OCÉAN
- Depuis si longtemps que les mers de l’Extrême-Orient sont parcourues dans tous les sens par d’innombrables navires, nous aurions quelques raisons de supposer qu’elles n’ont plus rien à nous apprendre. Mais l’aventure que nous raconte M. Dean C. Wor-cester dans le Philippine Journal of Science nous prouve qu’elles sont loin d’avoir révélé tous leurs mystères.
- Nous avons déjà présenté aux lecteurs de La Nature ce très distingué savant qui, devenu ministre de l’Intérieur des Philippines, poursuivit plus activement que jamais ses études sur les races humaines et sur la faune de l’archipel. C’est grâce à ses travaux que nous commençons à connaître l’ethnographie fort compliquée de ces régions, carrefour où se sont heurtées, sans se mélanger, tant de races diverses. M. Dean C. Worcester donne actuellement aux États-Unis des conférences sur l’ethnographie des Philippines, qu’il illustre de projections cinématographiques, prises par lui-même. Souhaitons qu’il fasse tôt ou tard profiter de ce régal le monde scientifique français.
- Depuis dix années qu’il parcourait l’archipel, M. Worcester avait lieu de croire que l’ornithologie de la région ne lui gardait plus d’importants secrets. Il savait que des collecteurs d’histoire naturelle avaient trouvé dans l’archipel plusieurs spécimens de fous à plumage brun (Sula leucogastra) et un unique spécimen de fou à pattes rouges (Sula piscator). Mais il avait la conviction que c’étaient là des individus-de passage, et qu’aucune de ces espèces de palmipèdes, de la
- famille des pélécanidés, ne nichait dans ces parages.
- Aussi, sa surprise fut grande, en un certain après-midi de juin, d’apercevoir dans la mer de. Jolo, entre l’île Kalusa et Puerto-Princesa (île de Palaouan), une énorme bande de fous qui planait
- au-dessus d’un banc de poissons. Il donna ordre au capitaine du vapeur de s’en approcher, mais les oiseaux s’enfuyaient à l’approche du navire, ne laissant en arrière qu’un beau spécimen adulte que la balle de M. Worcester avait atteint.
- Quelques semaines plus tard, tandis que le Secrétaire de l’Intérieur explorait un groupe d’îlots situé au large de la côte Est de Palaouan, son attention fut attirée par un banc de sable qui n’émergeait que d’un mètre par marée haute. Gomme il l’examinait à l’aide d,e ses jumelles, il vit s’envoler une multitude de sternes (hirondelles de mer) qui s’abattirent de nouveau après avoir tracé quelques cercles dans l’air.
- La saison des nids était close pour la majeure partie des espèces. Mais que pouvaient faire ces palmipèdes sur un îlot complètement dépourvu de végétation, sinon couver leurs œufs ou élever leurs petits?Cependant, cette explication allait à l’encontre de toutes les données admises jusqu’à ce jour, car les ornithologistes croyaient qu’aucune espèce de sternes ne possédait de terrain de ponte dans cette partie de l’Océan.
- S’embarquant dans un canot du bord, M. Worcester se faisait conduire sur l’îlot, où il constatait la présence d’un nombre incalculable de nids, appartenant presque tous à l’espèce à nuque noire
- Fig. i. — Un vol de fous à plumage brun.
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- LES COLONIES D’OISEAUX DU GRAND OCEAN
- Fig. 2.
- Une femelle et son petit.
- (Slerna melanauchen). 11 remarqua pourtant dans la nuée de sternes qui voltigeait au-dessus de lui quelques rares .représentants de l’espèce orientale à pattes roses (Sterna gracilis). Les nids étaient constitués par.de légères, dépressions dans le sable, et ne contenaient qu’un œuf, deux au plus; certains étaient ornés de débris de coquillages et de corail blanc, disposés harmonieusement en cercle.
- Dans le cours de la même année, le Secrétaire d’Etat apprenait l’existence d’une autre colonie d’oiseaux de mer beaucoup plus importante, et profitait de ses premiers jours de loisir pour la visiter.
- Ce fut en cette occasion qu’il prit, en collaboration avec M. Charles Martin, l’habile photographe officiel du Gouvernement des Philippines, les beaux documents que nous sommes heureux de reproduire sur ces pages.
- Cette colonie est située sur l’île Bancoran, au centre de la mer de Jolo ou de Sulu. De formation corallienne, cette île, inhabitée par l’espèce humaine, est recouverte ^ partiellement par une végétation assez abondante.
- jq Dean ^ Worcester y constata la présence d’innombrables fous appartenant aux deux espèces que nous mentionnons plus haut. Il put étudier les habitudes de ces curieux palmipèdes, que nous traitons d’écervelés, et que les Anglo-Saxons appellent des nigauds (booby).
- Les fous à plumage brun nichent sur le sol; les fous à pattes rouges, dans
- les arbres. Les deux espèces ne font pas très bon ménage, et la seconde compte dans ses rangs d’éhontés pillards, qui guettent sans cesse une occasion propice pour voler les matériaux que la première rassemble laborieusement dans le but d’en édifier ses nids. Dès qu’un fou « terrestre » s'éloigne pour aller pêcher en mer, un fou « aérien » accourra vers son nid et en enlèvera quelques brindilles qui épaissiront la
- Fig. 4. — Un fou sur son nid.
- 1 . Fig. 3. — M. Worcester ait milieu des nids de fous à plumage brun.
- litière de son propre nid. Ces brigands aux pattes rouges ne se contentent pas de dépouiller sournoisement leurs cousins au plumage brun : ils pratiquent entre eux l’attaque à... bec armé, si l’on peut dire! Ce sont des voleurs de grand chemin que n’arrête aucun scrupule !
- M. Worcester assista fréquemment à la scène suivante.
- Un fou qui revient vers son nid avec une branche dont
- la grosseur parait enviable à ses congénères, est assailli dans les airs par cinq ou six chenapans qui le régalent d’une copieuse distribution de coups de bec et de coups d’ailes, accompagnée de bruyantes injures.
- Odieusement rossée, la victime du guet-apens s’entête à conserver un bien laborieusement acquis. Mais scs agresseurs réussissent presque toujours à la terrasser sur le sol, et l’un des larrons s’enfuit avec la branche, que ses complices lui disputent avec acharnement. La mêlée ne cesse qu’après que la branche a été déposée dans un nid. Et c’est là un asile sacro-saint que les moins scrupuleux respectent.
- Surveiller des fous terrestres pendant qu’ils construisent leur nid constitue un des spectacles les plus amusants.
- Ces nids sont construits de bois mort, de feuilles desséchées, et de branches vertes encore munies de leurs feuilles. Les oiseaux, si nigauds qu’ils soient — à en croire leurs parrains! — sc montrent fort adroits à briser du bout du bec ces petites branches et à les détacher du tronc.
- La femelle, reconnaissable à son cou jaune-citron, qui est d’un bleu sombre chez le mâle, se tient
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- LES COLONIES D’OISEAUX DU GRAND OCEAN
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- Fig. 5. Fou à pattes rouges perché sur un arbre.
- solennellement assise sur son nid, le buste et le cou dressés haut, tandis que son conjoint apporte les matériaux, qu’il lui présente pièce par pièce. Elle tourné et retourne la feuille ou le morceau de bois vermoulu qu’elle vient de recevoir dans son bec, le place à l’endroit qu’elle a choisi, en choisit soudain un autre, et déplace la feuille ou la brindille deux ou trois fois avant de se décider.
- Cependant, le mâle s’impatiente : que de temps perdu à ces caprices de femelle! Il s’enhardit à démontrer qu’il est le maître, après tout! Saisissant une branchette, il l’insère dans les assises du nid! Tragi-comédie! Furibonde, la dame du logis arrache la branche et la rejette au loin, dédaigneusement. Itude leçon pour l’audacieux! Il saura désormais que femelle est maîtresse chez elle, et que le droit lui appartient exclusivement de construire son home selon ses goûts. D’autres leçons de bonne conduite attendent ce pauvre mari qui fit mine de s’émanciper : un geste de bec, empreint d’un souverain mépris, repoussera les premiers matériaux qu’il apportera, tout penaud. Gageons qu’il ne s’avisera plus de longtemps à vouloir se poser en architecte ! *
- Malgré la grande différence de coloration qui existe entre . ces deux espèces de fous, leurs œufs ont exactement la même
- coloration : blanc, avec une teinte bleutée par transparence. Ces gros palmipèdes aux formes ramassées s’enlèvent du sol avec agilité pour se réfugier sur les arbres; mais, quand on les surprend sur un terrain couvert de buissons, il est facile de les
- capturer à la main, car leurs courtes pattes ne leur permettent pas de marcher rapidement.
- Si les mâles s'enfuirent à l'approche deM.Wor-cester et de ses compagnons, les femelles restè-
- rent courageusement sur leurs œufs.
- Tout d’abord, elles trahirent leur inquiétude en croassant bruyamment et en enlevant de leur nid des débris qu’elles posaient sur le sol. Quand on voulut les soulever pour compter leurs œufs, elles se défendirent à coups de bec. M. Wor-cester n’éprouva pas de difficultés à photographier les bonnes mères à bout portant, soit à un mètre et demi de distance.
- Nous ne résisterons pas au plaisir de faire d’autres emprunts à la remarquable relation de M. Worcester, publiée dans le Philippine Journal of Science ; elle abonde en traits pris sur le vif.
- Sur un îlot voisin, le Récif de Meander, le savant voyageur découvrit une colonie des plus variées qui comprenait deux espèces de sternes (Sterna borealis et St. fuscata), vivant côte à côte, et une troisième espèce de la même famille, Anous slolidus, ainsi qu’un grand nombre de fous à plumage brun. Une multitude d’oiseaux avaient disposé leurs nids sur cet îlot, long de 200 mètres sur une largeur d’une centaine de mètres. Un coup de fusil tiré sur une frégate (Fregala siquila) fit s’élever une telle quantité d’oiseaux que l’air en était littéralement obscurci. Le sol était couvert d’œùfs, dont une forte proportion d’œufs stériles.
- Ce récif était complètement dépourvu de végétation, mais les fous, habitués à construire des nids (à l’encontre des sternes qui se contentent d’un trou creusé dans le sable), avaient satisfait leur instinct en déchiquetant les troncs apportés parles courants et en entassant ces débris vermoulus sur les parois d’une poche aménagée dans le sable. Une ingénieuse et patiente femelle avait eu la constance de tailler dans un tronc flotté ùn trou assez large pour recevoir ses deux œufs. D’autres surprises attendaient le savant sur l’île de Cavilli, que recouvre une forêt épaisse. Cette île était habitée par de nombreuses espèces d’oiseaux de mer, fous, sternes, frégates. Une énorme quantité de rats en complétait la faune.
- A première vue, M. Worcester prit pour des pétrels certains oiseaux qui volaient en grand nombre
- Fig. 6. — Une bande de fous sur la plage.
- Fig. 7. — Fou sur son nid dans les Meander Reejs.
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- 362 ======= LES COLONIES D’OISEAUX DU GRAND OCÉAN ==:::', —---:
- au-dessus des arbres. Quand d’heureux coups de I naturaliste et pour ses compagnons. Ils les accom-fusil l’eurent mis en possession de plusieurs indi- | pagnèrent en croassant joyeusement, tels de braves
- Fig. 8. — Sterna borealis sur la plage des Tubajataja Reejs.
- vidus, il constata qu’il espèce nouvelle.
- La science a consacré depuis lors cette découverte en donnant à ce palmipède de la merdeJololenom de Micranous Worcesleri.
- On a souvent traité de fables les récits des anciens navigateurs parlant de l’étonnante familiarité des oiseaux sauvages qui apercevaient des hommes pour la première fois.
- M. Worcester eut plusieurs fois l’occasion de vérifier l’exactitude de tels faits. Les fous à pattes rouges de cette diatement d’amitié, —
- se trouvait en présence d’une | propriétaires heureux de faire visiter leurs domaines
- à des étrangers de marques, et parurent navrés de les voir se rembarquer. Un bon nombre les escortèrent jusqu’au navire, et plusieurs poussèrent leur affectueuse démonstration à des limites inattendues : ils se perchèrent sur les épaules de leurs visiteurs !
- Au moment où le navire s’apprêtait à lever l’ancre, un spectacle extraordinaire s’offrit aux yeux des voyageurs. Nous ne croyons pas qu’il ait été
- île de Cavilli se prirent immé* I décrit jusqu'à ce jour. Des bandes considérables de le coup de foudre! — pour le 1 fous a pattes rouges, qui avaient probablement
- Fig., ç. — Œufs et \eunes de Sterna borealis.
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- LES COLONIES D’OISEAUX DU GRAND OCÉAN......... 363
- passé la journée à pécher au large, commençaient | famille finissaient par triompher de leur valeu-à regagner leurs nids en rapportant des poissons | reuse obstination, et rattrapaient adroitement au
- Fig. 10. — Stcrna fuscata sur la plage des Meander Reejs.
- aux. femelles et aux petits. Soudain, surgirent de la forêt une cinquantaine de frégates qui s’avancèrent en ligne de tirailleurs. Seuls, ou par paire, les larrons se portèrent à la rencontre des fous, qu'ils frappaient à grands coups de bec pour les contraindre à dégorger leur butin.
- Malheureux pères de famille qui se voyaient frustrés du produit d’une journée laborieuse ! Certains, sachant par expérience que toute résistance serait inutile et ne leur vaudrait que d’être abominablement rossés, s’exécutaient sans attendre une seconde sommation. Docilement, ils tendaient aux pirates un poisson, deux, trois, qui passaient de bec à bec, puis, s’éloignaient sans montrer une trop grande hâte, heureux pour leur progéniture d’avoir réussi à dissimuler au fin fond de leur panse quelque menu fretin.
- Mais d’autres défendaient leur bien avec un beau ' courage !
- Sous la grêle de coups, ils serraient étroitement leurs mandibules comme # pour empêcher le poisson de sortir malgré eux !
- Héroïsme déployé en pure perte! Les impitoyables détrousseurs de pères de
- vol le butin dégorgé. M. Worcester observa l’habile tactique d’un couple de frégates qui travaillaient de compagnie. L’une d’elles attaquait le fou par en haut, en lui criblant de coups de bec le crâne et le dos, tandis que la seconde, postée en dessous, récoltait les fruits de l’agression. Sur sept poissons dégorgés par l’infortunée victime, cinq furent cueillis ainsi par le complice à plusieurs mètres au-dessus des vagues.
- Mais les pêcheurs devenaient de plus en plus nombreux, trop nombreux même pour la rapidité de gestes de pillards, et la plupart réussirent à franchir indemnes la ligne de leurs ennemis et à regagner leurs nids sans avoir à payer tribut.
- Regrettons que ces intéressantes colonies d’oiseaux soient souvent visitées par les voleurs d’œufs, indigènes de race malaise et de religion musulmane, les Moros, qui en font d’abondantes récoltes. Nous souhaitons que les nobles efforts de M. Dean C. Worcester aboutissent, et qu’une loi du Congrès américain interdise sévèrement cette pratique.
- Y. Forbiïv.
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- LE MECANISME DE LA MEUNERIE
- On s’imagine généralement que la transformation des grains en farine constitue industriellement une opération très simple, ne consistant guère qu’en
- Broyeur O farme nome
- Cylindres broyeurs
- Fig. i.
- -y,
- CD
- Convertisseur à gruaux
- Mouture par cylindres.
- une mouture suivie d’un tamisage convenable. C’est
- dans les rustiques moulins à meunerie était ainsi réduite à
- vrai en principe. Et vent d’autrefois, la son extrême simplicité. Mais aujourd’hui, les choses diffèrent du tout au tout : tant pour obtenir les farines très pures exigées par la boulangerie pour la confection des pains extrablancs, que pour améliorer les rendements et les prix de revient, la meunerie a complètement rénové ses méthodes. Les opérations essentielles du broyage et des tamisages se font dans des appareils plus perfectionnés, et surtout elles sont
- répétées, elles se succèdent dans un ordre complexe et savamment réglé. Si bien que maintenant, nos grandes minoteries sont d’appareillage et de marche compliqués à l’égal des industries les plus perfectionnées. On en jugera par les schémas de la marche des produits de meunerie que nous reproduisons ci-après.
- Les grains subissent pendant ou après le battage un premier nettoyage qui les débarrasse des balles adhérentes, des poussières, des graines atrophiées
- ou des mauvaises herbes. Toutefois, le traitement est toujours incom -plet, de sorte qu’on doit l’exercer à nouveau, par des méthodes plus efficaces, dès l’arrivée au moulin.
- L’étude complète des procédés de nettoyage des grains employés en meunerie exigerait un gros volume, et nous ne pouvons songer à décrire le moindre appareil. 11 nous suffira, pour donner une idée convenable de la complication du travail, d’en montrer un exemple. Un nettoyage assez complet pour blés durs comporte un mouillage, ce qui a pour effet de laver parfaitement la surface des
- Mélanges
- Fig. 2. — Mouture par meules.
- grains, et de faciliter la mouture. Dans ces conditions, voici comment s’opère la marche du nettoyage. Les grains tombent d’abord dans un tarare, cylindre garni de toiles métalliques laissant passer les grains trop petits (fig. 5). Ils passent ensuite dans d’autres cylindres à alvéoles qui séparent les particules, non
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- LE MÉCANISME DE LA MEUNERIE
- 365
- plus d’après la grosseur, mais selon la forme, — les grames trop longues, ou rondes, étant éliminées. Vient alors un brossage pour l’enlevage des pous-
- ainsi, laquelle est toujours trop grossière, on prend soin de la tamiser pour éliminer la farine qui de la sorte ne pourra plus s’échauffer lors des
- Ressorts
- Boulange
- suspension
- Sons et
- gruaux
- Fig. 3. — Bluterie centrifuge.
- Fig. 4. — Coupe d'un « plansicliter », tamis perfectionné.
- sières, puis un lavage suivi d’un essorage, lequel est lui-même complété par un très léger mouillage. Finalement, les grains lancés par la force centrifuge frottent contre le revêtement d’émeri d’un cylindre, ce qui les débarrasse des particules dures extérieures ; et ils ne se rendent au broyage qu’après avoir subi l’action d’aimants qui retiennent les clous ou autres impuretés du même genre.
- On sait qu’au broyage par meules, exclusivement usité autrefois, on a maintenant substitué un peu partout la mouture par cylindres. Cependant, l’un et l’autre genre d’écrasement des grains peuvent coexister dans un même moulin.
- C’est même ce qui arrive le plus souvènt. Les deux genres d’appareils, en effet, n’agissent pas de la même façon et conviendront tour à tour selon le traitement à faire subir aux particules à moudre. Dans la meule (fig. 2), le grain entrant au centre doit cheminer jusqu’à la périphérie en traversant successivement des rainures qui le cisaillent, des anfractuosités rugueuses de la pierre, qui le déchirent; la masse mi-écrasée frotte contre une grande surface, les sons peuvent être coupés, écrasés, il peut y avoir échauf-fement. Avec les cylindres, au contraire, la méthode succède au désordre. Tombant entre deux rouleaux de métal homogène, strié de façon parfaitement régulière (fig. 1), les grains sont écrasés presque instantanément de façon exactément réglée par le plus ou moins d’écartement des cylindres. Et avant de remoudre la « boulange » obtenue
- broyages successifs, car la mouture par cylindres comporte toujours plusieurs passages.
- Dans ces conditions, on conçoit que les cylindres se soient imposés pour le broyage des grains; mais pour le traitement des masses déjà homogénéisées, telles que les divers bas-produits, où il faut un broyage extrêmement long et énergique, et où la faible quantité de matière à moudre ne permet pas d’employer une batterie d’éléments broyeurs, les meules sont généralement préférées.
- Chaque broyage effectué en meunerie est immanquablement suivi d’un tamisage.Pour cette opération encore, on emploie maintenant de nouveaux types d’appareils qui trouvent à côté des anciens une place, sans provoquer, non plus leur disparition. C’est ainsi qu’aux blutoirs polygonaux, on préfère souvent-maintenant des bluteries dites centrifuges, dans lesquelles la poudre à tamiser est incessamment remuée au contact de la paroi tamisante par des brosses circulaires (fig. 5), on obtient ainsi un grand rendement, car presque toute la surface du tissu est utilisée à la fois. Par contre les soies tamisantes sont de la sorte très rapidement usées. Aussi, selon les cas, emploie-t-on dans le même moulin des bluteries polyédriques et centrifuges (% 1).
- A moins toutefois qu’on n’ait remplacé les unes et les autres par des « plansichters », perfectionnement du tamis primitif, composé d’une série d’éléments plats superposés parallèlement avec inter-
- Blé sale
- Distributeur
- Tarare cribleur émotteur
- Trieurs a graines rondes et longues
- Brosse à blé
- Y Laveuse,essoreuse
- Sf Mouilleur
- Boiss ?<3ux à blé mouillé
- Colonne a manteau d’émail
- i Aimant
- Fig. 5. — Le nettoyage du blé.
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- 366 ......7--... = ACADÉMIE DES SCIENCES
- position de parois disposées soit pour évacuer à l’extérieur le résultat d’un tamisage, soit pour ramener le « refus » du tamis précédent sur le tamis suivant (fig. 4). L’appareil forme caisse, suspendue par ressorts et animée mécaniquement de fréquentes petites secousses : cela permet la réunion d’une grande surface tamisante, et la réparation ou la modification rapide de l’appareil par substitution d’éléments interchangeables, que l’on peut empiler en nombre variable
- Enfin dans les installations modernes, le blutage est complété d'un sassage, classement des particules non plus seulement d’après leurs dimensions, mais d’après leur légèreté. Les sasseurs dont il exisle quantité de systèmes consistent tous en un appareil à courant d’air qui entraine la fine farine et la sépare des parcelles plus denses.
- Mis en action de façon convenable, et selon mille manières diverses selon les installations, ces appareils permettent de transformer les grains en farine selon quantité de méthodes. On peut toutefois sérier ces dernières en deux catégories : mouture basse et mouture haute. En mouture haute, les grains sont d’abord broyés très peu finement, on les tamise et on obtient les sons, un peu de farine inférieure, et des gruaux qui, broyés et blutés à plusieure reprises, donneront de la belle farine. En mouture basse au contraire, la boulange d’abord obtenue est très fine, ce qui donne de suite une plus grande proportion de farine. Dans le premier cas, on n’obtient guère que que 60 pour 100 de farine de gruau, tandis qu’en mouture basse on arrive à 80 pour 100 et plus de rendement en farines marchandes. Aussi tous les moulins ou presque travaillent-ils maintenant en mouture basse.
- Cette méthode peut d’ailleurs être pratiquée aussi bien avec des meules qu’avec des cylindres : on en jugera ainsi que des différences d’installations et de travail quç présentent les deux genres de mouture, d’après les schémas que nous donnons des moulins de moyenne importance montés d’une et d’autre façon (fig. 1 et 2).
- Avec les meules, chacun des dix appareils de mouture travaille la même matière de la même façon : la « boulange » obtenue est réunie et homogénéisée dans un mélangeur, après quoi on précède aux blutages : d’abord dans desbluteries proprement dites,
- pour séparer la farine, puis dans des diviseurs qui séparent le son des gruaux, ensuite remoulus dans des meules spéciales.
- Au contraire, dans les installations modernes à cylindres (fig. I) près de chaque broyeur, entre les cylindres duquel passera partiellement toute cette masse des grains à moudre est interposé un appareil tamiseur. On sépare ainsi au cours de la première mouture, en tête, la farine « noire » formée des poussières logées dans les fentes des grains, que le premier broyage a simplement séparés en deux : et en queue, après un dernier passage très énergique, qui pulvérise toujours un peu de son, la farine « bise ». Le produit de tous les blutages intermédiaires est classé par blutage en « finots », « semoules», « farines », selon la grosseur des particules constituantes. Ce qui ne passe pas est sassé, broyé et bluté : de tout ce qui est passé, on retire par divers tamisages, delà farine, des finols qui seront remoulus, puis naturellement sassés, blutés, etc.
- En principe, il s’agit toujours, onle voit, de faire alterner des opérations de broyageet des traitements classants. On conçoit que cela se puisse faire demille diverses façons. Selon les exigences de la clientèle qui préfère des produits plus ou moins purs, selon la nature des grains à traiter, les prix respectifs des divers produits de la meunerie, on est amené à modifier le travail et l’installation. Et plus, naturellement, on se rapproche de la perfection, plus l’ensemble devient complexe ; c’est pourquoi en général, dans les grandes minoteries, l’installation ne diffère pas seulement de celle des petits moulins par la capacité de production des appareils, mais par la marche du travail.
- Il est encore des minoteries plus compliquées. Et dans tous les moulins, on pratique quantité de traitements connexes dont nous n’avons rien dit : blanchiment de la farine projetée dans une atmosphère de peroxyde d’azote, brossage des sons’ dont on sépare ainsi les farines adhérentes, filtration de l’air chargé de folles farines, etc., etc. Mais ce ne sont plus là des opérations tout à fait indispensables. On en peut abandonner l’étude aux seuls professionnels. Il n’était pas permis, au contraire, d’ignorer les principes de la puissante industrie moderne grâce aux progrès de laquelle nous devons de pouvoir manger notre pain quotidien. L. François.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 14 et 20 avril 1914. — Présidence de M. Appell.
- Conséquences de l'accroissement des dimensions des navires. — M. Bertin présente une nouvelle étude des conséquences de l’accroissement des dimensions des navires au point -de vue du chargement transportable et de la vitesse à réaliser. La tendance à cet accroissement a pris un essor qui ne s’est pas encore arrêté, bien
- qu’elle force à construire des navires d’un prix exorbitant. M. Bertin a fait une première application de sa méthode de calcul aux paquebots; il à trouvé que le maximum de rendement à grande: vitesse éïaiLyaüein t lorsque le tonnage était de 30 000 tonnes. Pour les paquebots de moyenne vitesse, il montre que ce maxi-
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- L’ENREGISTREMENT DES RADIOTÉLÉGRAMMES ===== 367
- mura est atteint à 10 000 tonnes. La loi est encore plus sensible pour les cargos. Pour la marine de guerre, le calcul est plus complexe, parce qu’à l’inverse des paquebots, les navires de guerre ne sont pas d’un type uniforme. Ce qui est frappant, c’est que l’avantage des grandes dimensions diminue très vite pour les cuirassés. Pour les navires d’un tonnage de 5000 à 15 000 tonnes, le poids du chargement croît dans une proportion importante; mais de 15 000 à 50 000 l’augmentation est faible, il finissait par devenir nul. Or, il y a tendance, dans certaines marines, à construire des croiseurs aussi forts que des cuirassés. Cependant pour porter 8000 à 9000 tonnes d’artillerie avec une vitesse de 30 à 52 nœuds, il faudrait un tonnage énorme. Il y a donc un maximum absolu à partir duquel le chargement transportable diminue ou la vitesse diminue. Les deux classes de navires croiseurs et cuirassés doivent donc rester distinctes. Dans les types de plus petits tonnages on trouve aussi une loi analogue (torpilleurs).
- Le kalali asar méditerranéen et le kalah asar indien. — M. Laveran communique le résultat de ses nouvelles recherches sur le kalah asar. Le macaque est sensible au kalah asar méditerranéen comme au kalah asar indien. L’injection du virus du kalah asar méditerranéen immunise l’animal contre cette maladie. Or, l’animal ainsi immunisé est réfractaire au kalah asar indien. Il semble donc qu’il y a identité entre les deux maladies.
- Chenille vivant en symbiose avec des fourmis. — M. Bouvier résume un travail d’un entomologiste du Muséum relatant des observations faites dans l’Afrique
- tropicale orientale, sur une chenille qui vit en symbiose avec des fourmis dans des galles de la grosseur d’une noix que l’on trouve sur des acacias. Ces galles sont très nombreuses, elles sont produites par des fourmis qui en font leur magasin. Les fourmis y accumulent des feuilles hachées. La chenille ne se nourrit pas des œufs de fourmis; elle est herbivore. Parmi les caractères morphologiques qui lui sont propres, il y a lieu de remarquer qu’elle porte des stigmates placés à l’extrémité de cheminées protégées par des poils.
- Spèclroscopie. — MM. Ilamy et Millochau décrivent un dispositif fournissant les radiations d’arc des solides en faisant emploi des courants alternatifs. M. Victor Ilcnry adresse un mémoire indiquant un procédé de calcul des éléments du spectre d’absorption des corps d’après leur constitution chimique.
- Application de la cnjoscopie. — MM. Cornée et Urbain exposent une méthode d’application de la cryoscopie à la détermination des sels doubles en solution aqueuse.
- Propriété du sous-azolure de carbone. — Le sous-azoture de carbone est un corps qui a été obtenu pour la première fois par M. Moureu. Il possède une puissance de réaction extraordinaire. Il donne avec l’ammoniaque et les amines tertiaires des réactions très énergiques et avec les amines primaires et secondaires des réactions plus faibles. C’est un corps difficile à préparer et encore très peu connu pour cette raison. Mais il est à prévoir que si l’on parvient à le préparer aisément il fournira quantité de réactions très importantes.
- Cir. DF, VlFFEDFOr..
- L’ENREGISTREMENT DES RADIOTÉLÉGRAMMES
- Par le Télégraphone de M. Poulsen
- Notre collaborateur M. Dosne, sanfiliste amateur très averti, a eu l’excellenle idée de tenter l’inscription des signaux radioté-légraphiques, non sur une bande de papier, mais sur le disque d’acier du télégraphone de M. Poulsen.
- La Nature a parlé, à son heure, de cet étrange appareil que l’inventeur présenta à l’Exposition Universelle de 1900. Il était constitué alors par une bobine en fil d’acier que l’on faisait tourner sous une bobine réceptrice. Le fil enregistre Y écriture magnétique de la parole et celle-ci est reproduite dans un récepteur téléphonique lorsque les spires influencées passent une seconde fois sous ce récepteur. L’appareil dont s’est servi M. Dosne diffère de ce premier modèle en ce,, sens que le fil d’acier est remplacé par un disquf, -également en acier, tournant sous un léger stylé-de fer doux appartenant à l’équipage électro-
- magnétique récepteur de l’appareil. Cet équipage se meut de la périphérie au centre pendant l’inscription, de sorte que celle-ci s’effectue suivant une spirale, comme celle de la parole sur les disques des phonographes.
- L’appareil Poulsen n’a pas été établi en vue de l’enregistrement des signaux de T. S. F. ; la bobine du style inscripteur, calculée pour être utilisée comme enregistreur téléphonique agissant, par conséquent, sous l’action d’une émission beaucoup plus intense, demanderait à être modifiée, adaptée à ce nouveau genre de travail qui lui est demandé. D’ailleurs M. Dosne s’est parfaitement rendu compte de cette nécessité et il a déjà eu l’ingénieuse idée de saupoudrer le plateau d’aeier portant les inscriptions d’un corps magnétique réduit en une poudre très fine (du fer réduit par l’hydrogène), avec l’espérance que cette
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- 368 r——.... L’ENREGISTREMENT DES RADIOTÉLÉGRAMMES
- poudre s’agglomérerait aux traces aimantées inscrites par le style de fer doux. Dans ces conditions, quoique de prime abord le renforcement ait paru à peine sensible, on a cependant pu le constater au laboratoire de T. S. F. de la Tour Eiffel d’une manière très originale.
- Pendant l’expérience, les signaux de Cleethorpe et ceux de Clifden étaient perçus cà l’oreille, mais le plateau n’enregistrait que les premiers, plus accentués que ceux de Clifden. Or, après l’intervention du fer réduit, les signaux de Clifden devinrent perceptibles.
- Notre schéma (fig. o) montre l’installation de M. Dosne. Elle comprend un poste récepteur de T. S. F. avec détecteur à cristaux; l’écouteur télé-
- F enregistrement, se comportent comme de simples récepteurs et répètent la dépêche.
- Remarquons incidemment que la vitesse d’inscription d’une dépêche peut être modifiée pour la répétition. On peut, en effet, faire tourner le disque à une vitesse très réduite si l’on n’est pas fortement entraîné à la lecture au son ; mais, dans ce cas, les signaux perdent de leur intensité. Au contraire, si la vitesse de répétition est plus grande que celle d’enregistrement, les signaux gagnent en intensité.
- Le même disque peut servir indéfiniment si on ne désire pas conserver une inscription. Pour effacer l’écriture magnétique, il suffit de passer sur l’acier les deux pôles d’un courant qui accompagne l’appareil.
- A
- (T'
- Poste récepteur de T. S. F.
- Télégraphone Pou/sen
- RenForçateur de son
- Fig. 3. — Poste récepteur de T. S. F. : A, antenne; D, détecteur à cristaux; T, terre; K, condensateur fixe; Kj, condensateur réglable. — Renforçateur de son : Rt, premier récepteur; Mj, son microphone ; R2, deuxième récepteur; Ma, son microphone; P, pile 2 v. — Télégraphone Poulsen : P, plateau d’acier; B, bobine Poulsen; S, style de fer doux dont l’extrémité inférieure effleure la surface du plateau P; tu premier écouteur conjugué au renforçateur ; t2, deuxième écouteur
- de l’appareil Poulsen.
- phonique a été enlevé et remplacé par un renforçateur Ducrétet et Roger. Enfin le télégraphone Poulsen est branché à la place du téléphone haut-parleur du renforçateur, en attachant aux bornes de l’un des téléphones qui complètent l’appareil Poulsen, les deux fils reliant habituellement le renforçateur au haut-parleur.
- Dans ces conditions il suffit, pour enregistrer une dépêche reçue par le poste normal de T. S. F., de mettre en rotation le plateau d’acier poli pour que les fluctuations du courant, passant par les téléphones et microphones conjugués du renforçateur de son, déterminent, dans la bobine de fil isolé et très fin de l’appareil Poulsen, un champ magnétique variable auquel participe le petit style de fer doux constituant le noyau de la bobine. On surveille l’inscription en mettant à l’oreille l’un ou l’autre des téléphones de l’appareil Poulsen, lesquels, après
- Nous attirons l’attention de nos lecteurs sur ce fait que l’apparéil n’enregistre que les signaux qu’il entend. Si le récepteur téléphonique ordinaire du poste de T. S. F., demeure muet pour certaines ondes, le disque d’acier sera également insensible à leur perception. Avec une antenne de fortune, à Paris et dans un certain rayon, on enregistrera les signaux de la Tour, et au loin, avec une bonne antenne , le disque « prendra » les signaux des postes éloignés, dans les mêmes conditions que le récepteur .téléphonique.
- Cette application du télégraphone Poulsen à la radiotélégraphie est réellement intéressante : il suffirait, pour la rendre tout à fait pratique, d’établir une bobine réceptrice spéciale ne demandant peut-être qu’un plus grand bobinage de fil.
- Lucien Fournier. ,
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiictie, rue de Fleuras, 9, à Paris.
- Fig. 4. — La bobine d’accord du poste récepteur ordinaire.
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- LA NATURE. — N° 2136.
- 2 MAI 1914,
- L’EXPOSITION ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE
- L’Exposition annuelle de la Société de Physique a eu lieu le 16 et le 17 avril. Dans les locaux de la Société' d’Encouragement pour l’industrie nationale, ont été rassemblés pendant de courtes heures les appareils nouveaux' de tous les constructeurs français.' Ne pouvant les citer tous, nous allons décrire brièvement les plus originaux.
- Mesure des vitesses par la T. S. F. — La télégraphie sans fil a été utilisée par MM. Duval et Ancel au contrôle automatique et à la mesure des vitesses (balistique générale, son, pesanteur hydraulique, etc.). Le principe des appareils exposés à la Société de Physique est le suivant : le projectile au départ traversant deux plaques ou filets métalliques ferme à son passage le contact d’un circuit d’émission d’ondes et un enregistrement graphique ou photographique s’opère à ce moment précis.
- A son arrivée au poste récepteur le projectile ferme un second circuit qui donne lieu à une seconde émission et à un second
- Fig. i.
- Interrupteur universel L. Capelle.
- Ions donc légèrement les volants P un par rapport à l’autre, la durée des contacts avec furie où l’autre branche du frotteur 6 sera plus longue que celle des interruptions et nous trouverons sans peine la position qui donne au courant sa valeur maximum pour une vitesse ou des circonstances déterminées.
- Un système de pignons coniques tel que celui représenté (13g. 1), permet de faire à volonté varier la vitesse du volant 1.
- Cet interrupteur s’adapte à toutes les bobines d’induction et peut livrer passage aussi bien à des quantités énormes d’électricité qu’à des quantités infimes. Il permet de régler instantanément les durées relatives des interruptions et des passages de courant de manière à obtenir le maximum de rendement dans chaque cas envisagé. Enfin il donne à volonté de 1 à 50 000 interruptions par seconde par une manœuvre très simple.
- Récepteur téléphonique à résonance.. M. Camillerapp, -dont la . douille
- Fig. 3.
- Le monochromateur.
- enregistrement. Les vitesses peuvent être contrôlées en cours de route par des appareils analogues.
- . Interrupteur universel. — M. L. Capelle expose un interrupteur universel construit par M. Ancel et dont le principe est le suivant(fig. 1). Supposons un volant métallique 1 portant des encoches 2 garnies d’ébonite. Le courant arrive au volant par la borne 4, le flotteur 5 et l’axe 5. Lorsque le ressort 6 appuie sur une partie métallique, le courant passe; quand il appuie sur l’ébonite le courant est interrompu. Si le volant porte 50 encoches et sonne à un, deux:., tours par seconde, on aura 50, 100.,. interruptions par seconde.
- Au lieu d’un volant si on en place detix 1,1' (fig. 1) absolument pareils, juxtaposés sur le même arbre mais pouvant se décaler l’un par rapport à l’autre d’une quantité déterminée, quand les encoches et les parties métalliques se correspondent exactement, les durées des passages et des interruptions de courant sont identiques. Mais comme le courant met plus de temps à s’établir dans une bobine qu’à y disparaître, il y a du « temps perdu » pendant l’interruption. Déca-
- élastique est connue des lecteurs de La Nature, expose un nouveau récepteur téléphonique à résonance dans lequel l’éleclro-aimant n’agît pas directement sur la membrane, mais au milieu d’une corde ou d’une lame tendue perpendiculairement au centre de celle-ci (fig. 2). ...
- Ce dispositif présente l’avantage d’agir .sur un système ayant une fréquence propre, déterminée, facilement réglable par la tension de la corde, celle-ci s’obtenant à l’aide d’une vis. L’étude mécanique démontre que la disposition employée constitue un système amplificateur de l’action de l’électro-aimant.
- D’autre part, les efforts mécaniques suivent sensiblement la même loi que les efforts électromagnétiques de l’électro-aimant, ce qui est une excellente condition pour obtenir une bonne résonance et une grande sensibilité.
- Monochromateur. — L’emploi de la lumière monochromatique est particulièrement important dans les mesurages physiques et surtout dans l’examen optique de minéraux et de cristaux. En
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- outre, certaines préparations biologiques et histologiques sont examinées plus favorablement à la lumière monochromatique (ou presque monochromatique) qu’à la lumière blanche. C’est surtout pour les préparations colorées que la couleur du fond est d’une grande importance, car la sensibilité de notre œil est très différente pour les contrastes entre les diverses couleurs.
- La maison Cogit expose un petit monochromateur composé d’une petite boite qui se monte ou se descend sur un support simple et contient : un prisme de Hilger qui donne une déviation constante de 90° pour le rayon qui passe au minimum de déviation, le dispositif de rotation et l’objectif-lunette (fig. 5). Les deux tubes, perpendiculaires l’un sur l’autre, contiennent chacun une lentille d’éclairage et sont pourvus d’une fente.
- L’ouverture de sortie peut être dirigée vers le miroir du microscope, ce qui permet d’employer l’appareil comme une lampe. Au-dessus de la fente d’entrée est disposé un petit prisme à réflexion totale de sorte que les rayons d’une lampe peuvent y être dirigés parallèlement au tube de sortie, sans que le réglage nécessite une attention spéciale.
- Le faisceau des rayons divergents à la v fente d’entrée, est transformé par un objectif collimateur achromatique en un faisceau lumineux parallèle, qui traverse le prisme. Les rayons sortant du prisme rencontrent ensuite l’objeetif-lunette également disposé à l’intérieur de la boîte, qui projette un spectre dans le plan de la tente de sortie. La partie visible a une longueur d’environ 12 mm. En tournant le prisme on peut faire passer le spectre au-dessus de la fente de sortie, ce qui permet de projeter à volonté toute partie du spectre.
- Postes radio-télégraphiques Magunna. — M. Ma-gunna expose des postes légers de T. S. F. à note musicale qui ont été conçus en vue d’unir les avan-
- tages de la légèreté, de la simplicité et du transport facile à ceux de l’émission dite musicale.
- On sait qu’un poste récepteur de télégraphie sans fil perçoit non seulement les ondes de son correspondant, mais encore toutes celles qui viennent frapper son antenne, soit qu’elles émanent d’autres postes occupés à d’autres transmissions, soit qu’elles aient leur origine dans les phénomènes électriqües de l’atmosphère (bruits parasites particulièrement intenses et gênants dans les pays chauds).
- Malgré les dispositifs de syntonisation électrique couramment employés, il en résulte une grande
- confusion èt l’impossibilité à certains moments de discerner, dans le téléphone récepteur, lés signaux du correspondant au milieu des signaux étrangers et des bruits parasites.
- Mais lorsque les émissions d’un poste sont musicales, c’est-à-dire qu’elles ont une fréquence constante, le son qu’elles produisent dans le téléphone récepteur est une note chantante bien déterminée qui se distingue facilement des sons des autres postes et des bruits atmosphériques. Ce phénomène présente quelque analogie avec ce qui se produit quand, dans une salle remplie d’une foule nombreuse et bruyante, deux personnes parviennent à causer et à s’entendre maigre le tumulte environnant. Si l’une d'elles vient, par instants, à modifier même légèrement sa voix ordinaire, l’autre ne peut plus suivre la conversation.
- Il en est de même en T. S. F. et l’oreille de l’agent réceptionnaire distingue d’autant plus aisément les signaux de son correspondant que celui-ci utilise pour son émission une note plus parfaitement musicale.
- La source de courant employée dans les appareils Magunna est une génératrice spéciale entraînée, suivant les cas, soit par un moteur électrique, soit par un moteur à essence d’une puissance d’un cheval environ.
- Fig.< 4. — Le poste radio télé graphique Magunna.
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- Le courant continu à 220 volts, fourni par cette génératrice, est transformé en courant ondulatoire isochrone par un convertisseur spécial.
- Le principe du convertisseur est le suivant (fig.5) : on entretient en vibrations continues un diapason en mettant en contact l’arête vive extérieure de l’une de ses branches avec une courroie se déplaçant d’une façon continue et régulière devant l’arête.
- Deux poulies à gorges à axes verticaux supportant une courroie sans fin, sont entraînées par un petit moteur électrique de 1/40 de cheval placé aux bornes de la génératrice du poste. Un diapason fixé rigidement sur un support est en contact avec la courroie par une arête ; la tension de la courroie peut être réglée en déplaçant la poulie entraînée. Dès que la courroie archet est en mouvement, le diapason entre en vibrations. Il porte un contact à lame atone, faisant interrupteur avec une borne à contact réglable. Le vibreur ainsi réalisé est monté en série aux bornes de la génératrice avec le primaire d’un transformateur et un manipulateur Morse. Il remplit ainsi un rôle analogue à celui du trembleur d’une bobine d’induction. Un condensateur est monté en dérivation sur la coupure du vibreur et supprime l’étincelle de rupture.
- La fréquence du courant ainsi obtenu est égale à celle du diapason et par suite rigoureusement constante et indépendante de la vitesse des moteurs et de la génératrice du poste. On obtient ainsi des notes musicales, c’est-à-dire des émissions d'une périodicité rigoureusement isochrone, ce qui facilite la réception et permet dans certains cas d’en augmenter la sécurité par l’emploi de petits monophones spéciaux.
- Le type normal comprend deux fréquences, savoir : 640 et 768 vibrations doubles par seconde. On peut à volonté transmettre sur l’une ou l’autre de ces deux notes et même passer de l’une à l’autre en cours de manipulation par la manœuvre d’un commutateur unipolaire.
- Un autre type plus léger ne comporte qu’une seule fréquence.
- La puissance du poste, mesurée sur le primaire
- du transformateur est d’environ 300 volts-ampères efficaces. La portée normale est de 80 à 100 kilomètres.
- Microscope binoculaire. — Il est facile d’obtenir le relief stéréoscopique en microscopie lorsqu’il s’agit de faibles grossissements. On emploie pour cela un microscope comportant 2 objectifs et naturellement 2 oculaires. Mais lorsqu’on veut passer à de forts grossissements, la distance frontale des Moteur objectifs devenant très
- '/io HP courbe, l’objet à exami-
- ner est également très petit.
- On doit donc se servir d’un seul objectif dont on divise l’image derrière Schéma lui, en deux parties,
- du dispositif convertisseur allantchacuneàl’oculaire à diapasons. correspondant.
- Il y a deux manières de faire cette division : ou bien les rayons sortant de l’objectif sont partagés en deux groupes allant chacun vers un œil, c’est la division géométrique, ou bien chaque rayon seul est divisé en deux parties, lesquelles fournissent deux images, c’est la division physique.
- C’est cette dernière division qui a été adoptée dans le nouveau microscope binoculaire de Leitz exposé par la maison Cogit, (fig. 7).
- Derrière l’objectif est placé un prisme collé par-.tjagg; transversalement. par une couche argentée étafîie de telle façon qu’une partie des rayons, composant l’image totale, soit réfléchie dans un second prisme qui renvoie cette image partielle dans un des oculaires tandis que l’autre partie des rayons, comprenant également l’image totale, traversela glace argentée et est.ré-fléchie à son tour à l’aide/ d’un autre prisme dans le second oculaire.
- Dans le microscope binoculaire le tube de microscopie ordinaire a été transformé en une boîte plate contenant le système à prismes binoculaire. Sur la boîte sont disposés les deux oculaires dont la distance peut être réglée suivant l’écartement des yeux de l’observateur à l’aide d’un bouton se trouvant entre les deux oculaires et actionnant deux leviers à l’intérieur de la boîte, L’écartement peut varier entre 55 mm et 75 mm. L’objectif gauche est pourvu d’un dispositif de réglage indépendant permettant d’obtenir la mise au point exacte au cas où les
- Archet
- Le poste Magunna.
- Fig. 5.
- Fig. 6. — Le convertisseur système Magunna.
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- L’EXPOSITION ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE
- Fig. /. — Marche des rayons lumineux dans le microscope binoculaire.
- deux yeux sont différents. Tous les genres d’oculaires et d’objectifs peuvent être utilisés avec cet instrument qui convient aux mêmes emplois que le microscope monoculaire ordinaire.
- Scie alternative sans réaction extérieure. — La section des os à la scie à main est souvent très pénible pour le chirurgien, car elle exige de lui un effort musculaire considérable. Ces manœuvres de force sont longues et la fatigue musculaire rapidement atteinte ne va pas sans nuire à la précision des mouvements de l’opérateur.
- La maison Gaiffe présente une scie sans réaction extérieure bien qu’alternative et mue par un moteur électrique (fig. 8). La lame de scie conique est remplacée par deux lames minces accolées et reliées à un dispositif mécanique très simple les animant de mouvements égaux et de sens contraires. Dès lors, les réactions créées par le travail de chacune des lames, étant égales et opposées, s’annulent complètement et l’appareil à main ainsi que la partie à scier restent parfaitement immobiles. On peut alors effectuer sans aucune fatigue et en quelques secondes tous les travaux de sciage et de chantournage.
- L’appareil, très léger, se relie par un flexible aux moteurs type chirurgical déjà employés pour la trépanation; il est entièrement métallique et peut être stérilisé à sec.
- Pompe Roubaud. —
- M. Roubaud expose une nouvelle pompe à vide dont le principe est le suivant. Dans un corps de pompe vertical pénètre par le bas un piston (fig. 9). L’herméticité est assurée par du mercure contenu dans un réservoir annulaire qui fait corps avec le piston. De cette manière, là partie inférieure du corps de pompe plonge constamment dans du mercure.
- Quand le piston descend, il y a à la ; fois aspiration de gaz par un tube latéral et aspiration de mercure par le joint piston-corps de pompe.
- Fig. 8.
- Scie alternative sans réaction extérieure.
- Quand le piston monte, le gaz enfermé dans la chambre est chassé avec le mercure à la partie supérieure de la pompe par un orifice que ferme un clapet. Le mercure redescend dans le réservoir annulaire mobile par un tuyau de déversement. Avec cet appareil le gaz peut être recueilli et, en outre, par l’adjonction d’une chambre supplémentaire superposée à la chambre principale, on peut expulser l’air de celle-ci à une pression très faible. On combine deux de ces corps de pompe de façon à avoir le double effet et on obtient un appareil robuste, «rjgjgh puisque tout en acier, qui très rapidement fait le vide de Crookes dans une ampoule aussi bien que les fragiles trompes à mercure d’un emploi si délicat et mieux que les pompes à piston d’un fonc- ç
- tionnement si souvent défectueux. Là pompe
- Appareil Runge-Regnier pour la li- Roubaud. quéfaction des gaz. — Cet appareil de démonstration permet, tout en imitant la marche des appareils industriels utilisés actuellement, d’obtenir avec un tube de gaz comprimé (5000 litres à 150 atmosphères) environ 150 centimètres cubes de gaz liquide.
- Le mode de fonctionnement est le suivant (fig. 10) : le gaz sous pression passe dans le serpentin détendeur A, puis immédiatement dans le re-froidisseur B contenant un mélange réfrigérant (glace et sel, glace et chlorure de calcium, neige carbonique et éther, etc.) Le gaz subit dans cette partie un abaissement de température, avant de continuer son chemin dans la partie inférieure G du détendeur pour aboutir à une soupape de détente D réglable au moyen d’un pointeau dont l’exlrémité est en Z.
- Le gaz comprimé traverse cette soupape, se détend et se rend dans une éprouvette à double paroi en verre argenté, montée au moyen d’un caoutchouc sur l’appareil de détente. Le gaz : se détendant produit un refroidissement qui se communique de bas en haut dans la spirale du détendeur; De telle sorte que le gaz s’écoulant dans la spirale se refroidit graduellement et la réfrigération s’augmente d’elle-même jusqu’à Ce que la température de liquéfaction — 194° G soit atteinte; à ce moment le gaz liquide s’écoulera. -L’éprouvette argentée où l’on recueille le gaz
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- liquéfié porte une fenêtre transparente permettant de suivre les phases de la liquéfaction (brouillard, gouttelettes venant se rassembler sur les parois, etc.)
- Avec un tube de 5000 litres de gaz comprimé à 150 atmosphères, on obtient en 8 minutes environ l’apparition des phénomènes de liquéfaction, et au
- branches E et F d’un tube manomètre de forme appropriée contenant un liquide conducteur de l’électricité, le mercure de préférence.
- Dans la branche manométrique F est disposé un conducteur électrique G dont la résistance R varie suivant une loi déterminée en fonction de sa hau-
- Fig. io. — Appareil Runge-Regnier pour la liquéfaction des gaz. Fig. ii. — Appareil électrique de mesure de débit de vapeur.
- bout d’un quart d’heure on obtient 150 centimètres cubes de gaz liquéfié avec une dépense de 1000 litres environ du gaz comprimé.
- Appareil électrique de mesure de débit de vapeur. — La maison Carpentier expose un appareil électrique de mesure de débit de vapeur construit par la Société belge des appareils Rateau.
- Il s’agit de mesurer le débit du fluide qui circule dans la conduite k (13g. Tl), pourvue du rétrécissement B. Pour ne créer qu’une très faible perte de charge dans la conduite, le rétrécissement B est de faible importance, et, grâce aux Tonnes proportions du divergent, la faible perle de charge peut être presque entièrement récupérée.
- La dépression créée au rétrécissement étant relativement faible tandis que pour àvoir la plus grande approximation il convient d’avoir une différence de pression plus grande, on dispose dans la conduite un multiplicateur de dépression. Comme le représente la figure, cet appareil est constitué de plusieurs tubes convergents-divergents disposés l’un dans l’autre, la sortie du premier débouchant au col B du grand convergenl-diVergent extérieur, la sortie du second débouchant au col du précédent et ainsi de suite. De cette façon chaque convergent-divergent multiplie environ par 5 lia perte de charge précédente et avec seulement deux convergents-divergents intérieurs la A différence de pression .primitive est inûltipliée par 5x5 — 25.
- Le col du'rétrécissement du dernier convergent-divèrgènt et une-partie normale quelconque de la conduite?A sont reliés par des tuyaux C D, aux deux
- Fig. 12. à distiller
- teur d’immersion dans le mercure. Ce conducteur peut être tout droit et à section variable ou bien formé d’un fil enroulé sur un tube isolant, suivant une seule spire ou un nombre quelconque de spires à pas variables.
- L’une des extrémités du conducteur d’une part et le mercure d'autre part sont reliés électriquement à un appareil de mesure, tel qu’un ohmètre à déviations proportionnelles à l’aide duquel on peut évaluer ainsi la résistance de la partie non immergée du conducteur.
- Appareil à distiller le mercure. — Le schéma (fig. 12) représente l’appareil construit parM. Régnier et dont le fonctionnement est le suivant.
- On remplit de mercure le récipient A communiquant au moyen d’un caoutchouc avec l’appareil L, R, B, D. En élevant doucement ce récipient et en l’abaissant, on fait le vide dans la partie L, R, B disposée comme une pompe à mercure.
- En P P' on a disposé des électrodes que l’on peut relier à une source d’électricité (courant continu) ; on a alors une lampe à vapeur de mercure. Le mercure distillant de L vers R vient en partie sc condenser dans R, passer en B et s’écouler en D où on le recueille. Cet appareil se fait en verre ou en quartz.
- Renforçateur de télégraphie sans fil. — La maison Ducreiet et Roger expose un modèle de renforçateur enregistreur pour télégraphie sans fil que La Nature décrira prochainement en détail.
- IL Vigneron.
- — Appareil le mercure.
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- RABAT. — LA NAISSANCE D'UNE CAPITALE
- Remplissez un sac de pions, de dames, de dés à jouer et videz le tout sur un tapis de billard, vous aurez une image assez exacte de la ville européenne de Casablanca. Chacun y a construit sa maison comme il voulait, l’a orientée à sa guise, y accède par où bon lui semble. Pas de plan d’ensemble,
- égouts, de l’éclairage, des monuments publics, des moyens de transport que les ingénieurs perdent la tête à vouloir installer dans ce dédale de rues étroites, orientées au hasard, sans issues, d’une longueur disproportionnée avec le nombre des habitants à prévoir.
- Mosqûét
- ^ /'
- PALAIS'
- SULTAN
- Le plan de la ville future.
- Fig. i.
- aucune place, ni squares, ni jardins publics, milles perspectives. Les rues ont la largeur que les lotissements particuliers ont daigné leur accorder; jamais plus de 15 mètres, souvent moins de 8. Chaque propriétaire se montre jaloux de perdre un pouce de terrain et, les autorités du début ont laissé faire. 50 000 Européens vivent déjà dans cette ville ainsi conçue.
- Le mal est aujourd’hui sans remède; on s’en aperçoit maintenant que l’on songe à établir des
- Nonobstant, Casablanca, à cause de'son port en construction, sera la grande place de commerce du Maroc ; mais si elle ne peut prétendre à l’avantage d’être une capitale, l’individualisme des spéculateurs et le nonchaloir des autorités en porteront dans l’avenir la responsabilité.
- Le général Lyautey arriva fort à temps pour empêcher qu’il en fût de même à Rabat. Frappé de ce qu’il ne pouvait plus que constater à Casablanca et guidé par son instinct d’artiste, il décida que la
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- RABAT. — LA NAISSANCE D'UNE CAPITALE---:—.... 375
- seconde ville construite par la France au Maroc serait aussi attrayante que la première était inesthétique.
- Mais la tâche était malaisée, car déjà les spéculateurs avaient accaparé les terrains à plusieurs kilomètres à la ronde autour de la ville indigène. Il s’agissait de bouleverser leurs combinaisons et de créer du grandiose là où l’on avait projeté du mesquin. Même aujourd’hui nombre d’esprits étroits n’ont pas encore compris que leurs terrains ne valent que par la position qu’ils occupent et qu’en cédant au domaine public une voie de 25 mètres ils font une meilleure opération qu’à entasser
- Dakar, Capetown, Durban, Alger, Oran. En Algérie notamment, le seul chef-lieu que l’on ait maintenu dans l’hinterland, Constantine, est resté stationnaire et se voit dépasser et en quelque sorte supplanter par Bône. Partout, à moins de nécessités économiques majeures, le point d’intersection entre la terre et l’eau est le siège pour ainsi dire obligatoire où s’établit le conquérant qui exploite le pays.
- D’autre part, les beautés naturelles et le passé historique de Rabat combattaient en faveur du choix de Lyautey. Peu de villes occupent une situation aussi privilégiée.
- Assise sur un promontoire escarpé qui domine
- Fig. 2. — Vue de Rabat-, (Phot. Schmitt.)
- des immeubles le long d’une ruelle de 25 pieds.
- Les sympathies de Rabat ne se sont réfugiées auprès du général qu’à dater du jour où il lutta contre les vues des parlementaires qui, pour des considérations d’intérêt supérieures, voudraient transporter la résidence de Rabat à Fez.
- Sans revenir ici sur les discussions et les sophismes présentés par les partisans de ce transfert, qu’il me soit permis d’ajouter aux raisons qu’on leur a opposées la remarque qu’ils méconnaissent une loi économique d’ordre général.
- To'utes les capitales de pays ou de provinces que la civilisation moderne a créées dans les régions nouvelles, sont maritimes, aussi bien en Amérique que sur le continent,africain. Faut-il citer Rio de Janeiro, Pernambuco, Buenos-Ayres, Montevideo,
- l’embouchure du Bou-Regreg, vis-à-vis Salé, le vieux repaire de pirates barbaresques, Rabat comprend une pointe aiguë, la Kasbah clés Oudaias, sorte de citadelle avancée, surplombant la barre-éternellement tumultueuse du fleuve; en arrière s’étend la ville arabe, encerclée d’une première enceinte de hautes murailles qui se profilent en sombre sur le ciel bleu; des portes monumentales aux arceaux harmonieux les découpent. Çà et là des mosquées, des fontaines décorées de motifs charmants ; et, en vue de tous les points de l’horizon, la haute silhouette de la tour Hassan, sœur jumelle de la tour de Marrakech et de la Giralda de Séville, chefs-d’œuvre de la grande époque arabe.
- Puis, en dehors, après qu’on a traversé 2 kilomètres de jardins et de vergers, apparaît une
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- 376 _________ RABAT". — LA NAISSANCE D'UNE CAPITALE
- deuxième enceinte, dont le développement n’a pas moins de 8 kilomètres et qui, comme la première, vient mourir au nord dans l’Océan, à l’est dans le Bou-Regreg.
- C’est entre ces deux enceintes, soit sur les pentes
- douces qui entourent la ville indigène, soit sur les falaises qui bordent l’Atlantique, que sera construite la cité française.
- Au delà encore, en remontant d’une lieue le Bou-Regreg, s’élève, au penchant de la colline, la curieuse kasbah du Chellah, entourée de murs en ruines, où l’on pénètre par une porte vénérable enguirlandée de fines arabesques.
- A l’intérieur divague un fouillis de verdure et d’arbres touffus, entremêlés d’une demi-douzaine de marabouts étincelants de blancheur.
- Une source abondante, dont la réputation de pureté est bien établie, provoque toute cette végétation. Le Chellah, constamment animé par des files d’indigènes et de bourricots porteurs d’eau, est la promenade classique des Européens de Rabat.
- Insensible aux récriminations intéressées, le général Lyautey a fait dresser sous ses yeux, par les architectes de la Résidence, un plan d’ensemble qui respecte et met en valeur ce décor magnifique.
- Dès ordonnances précises l’accompagnent. C’est ainsi qu’il est interdit de construire dans un large rayon autour de la première enceinte, afin que rien ne puisse cacher à la vue la ligne imposante de la grande muraille arabe. Les façades de toutes les maisons à édifier doivent être soumises à la Résidence, le style mauresque leur est imposé — comme
- à Nuremberg le style gothique; — leur hauteur maxima fixée à l’avance. Dans une certaine zone, réservée aux villas, la surface bâtie ne doit pas excéder le tiers de la superficie occupée, les deux autres tiers seront en jardins.
- A son arrivée, le général Lyautey trouva en construction, à l’entrée de la ville arabe, destinées à loger des services de l’État, quatre bâtisses de pierre, affligées de cet aspect massif et maussade dont le génie militaire a la spécialité. Il s’empressa de les remanier et aujourd’hui ces constructions, avec leurs arcs outrepassés et leurs balcons de bois ajourés d’arabesques, décorent le boulevard principal au lieu de le déshonorer.
- Il y a plaisir d’artiste à circuler à travers les jalonnements établis et les terrassements commencés des grandes avenues de 1(1, 25, 50 mètres même, qui sillonneront la ville future.
- Nombre de vergers-d’arbres à fruits naguère frustes et broussailleux ont été émondés et débarrassés de leurs déplaisantes haies d’aloès et de cactus que remplace une main courante en bois : enchantement imprévu pour le promeneur que l’apparition de ces bosquets d’orangers qu’il
- Fig. 4. — Une des belles portes de Rabat.
- ne soupçonnait pas quelques semaines plus tôt.
- Le culte des arbres existants — si rares au Maroc ! — a été poussé très loin. Au milieu des artères nouvellement percées çà et là, quelques futaies isolées se dressent, emmurées de leur motte de terre ; tout le monde sait que cé sont; des protégés de Mme Lyautey. On les y respectera jusqu’à ce que soient devenus grands ceux qu’on plante dans les. parcs publics. . . . •
- Fig. 3. — Une fontaine de Rabat. (Phot. Schmitt.)
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- RABAT. — LA NAISSANCE D’UNE CAPITALE
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- Car il y aura de nombreux parcs et jardins publics à Rabat et la culture physique n’y sera point oubliée ; on aura un polo, des tennis, un foot-ball, etc. ; tout ce que les villes anglo-saxonnes ont coutume d’offrir à leurs habitants. On commence à tracer et à planter un jardin d’essai où seront réunis, comme à celui d’Alger, les ,• échantillons variés de la flore ma- ‘ rocaine. Des perspectives sont mé- -nagées sur les principaux points qui ‘'y'*''-, ., attirent les regards. Aux pieds de la tour Hassan s'étendra un parterre d’où l’on embrassera l’admirable panorama qui s’y épanouit.
- [Déjà "des Aillas s’élèvent conformas à ces vues et les architectes, stimulés par l’initiative d’en haut, réalisent des conceptions charmante^ Un hôtel somptueux, du style maure lë plus délicat, s’ouvrira prochainement et sera, sans doute, le plus élégant de toute la cité Nord-africainë. Le propriétaire à qui ses moyens permettent de dépenser sans compter, n’y a -ménagé ni le confort* ni l’esthétique. Enfin, sur le ? faîte de la colline, se dressera le palais de la Résidence.
- C’est à peine si de rares et lourdes constructions, antérieures à l’arrivée du Résident, resteront pour déparer cet ensemble. Tout ce qu’on en peut dire,
- la barre redoutable et sans profondeur. Mais depuis deux ans l’industrie privée s’est ingéniée à construire des navires à voile et à vapeur, d’un faible tirant, capables.de la traverser à marée haute quand la mer est clémente. Aussitôt entrés dans la rivière
- Fig. 6.— Rabat et l'embouchure du Bou-Regre,
- c’est qu’elles serviront de repoussoir à l’œuvre qu’il a entreprise.
- Au point de vue économique, on ne peut songer, faute de ressources suffisantes, à doter Rabat d’un port en eau profonde. On aura toujours à franchir
- Fig. 5. — La maison de convalescence de Salé.
- ils trouvent du fond et un calme absolu. Dès à présent l’estuaire du Bou-Regreg est constamment parsemé de bateaux de mer que l’on n’y avait pas coutume de voir les années précédentes.
- Sur les bords, on commence à établir des terre-pleins; là s’élèveront des quais et des entrepôts pour- la douane, dont l’absence jusqu’à ce jour a été lamentable pour le commerce local.
- Toutefois, Rabat n’est point destinée à devenir une ville d’affaires; mais les aménagements qu’on lui prépare, non moins que son admirable climat, en feront une résidence recherchée et une villégiature d’hiver pleine d’attraits. j
- Il semble bien que le général Lyautey, tel le philosophe qui démontrait le mouvement en marchant, ait trouvé le meilleur expédient qui pût assurer à Rabat son rang de capitale du protectorat marocain, la séduction.
- Pour atteindre son but, il lui a fallu non seulement un goût sûr, une volonté forte et tenace, mais encore le prestige qu’il s’est acquis par une action militaire et politique qui restera dans l’histoire comme un modèle et qui, dès à présent, marque sa place sur la terre d’Afrique, à côté des Bugeaud, des Kitchener et des Cecil-Rhodes. Victor. Cambok,
- Ingénieur dns Arts et Manufactures
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- LES EXTINCTEURS D’INCENDIE A ÉCUMES
- L’emploi de plus en plus général de l’huile comme combustible à bord des navires, le développement extraordinaire des moyens de locomotion et de transport automobiles ont eu pour conséquence la création, soit à bord, soit dans les agglomérations, de stocks de combustibles très importants. Eminemment inflammables, ces accumulations de matières volatiles constituent des dangers permanents et il a fallu organiser la lutte contre l’incendie avec des moyens d’action suffisamment puissants.
- lange de deux liquides conservés séparément jusqu’au moment de l’emploi. La mousse produite occupe un volume 8 à 10 fois supérieur à celui des deux liquides générateurs. La réaction qui lui donne naissance dégage aussi de l’acide carbonique qui se trouve alors entièrement emmagasiné dans la mousse. Il résulte de l’augmentation de volume une diminution correspondante de la densité.
- Par suite de cette faible densité, il est possible d’envoyer la mousse par un orifice de gros diamètre
- Fig. i à 4. — U11 incendie dans un bac de benzine est éteint par les écumes. Les diverses phases de l’extinction.
- Le problème était assez difficile à résoudre, car la nappe enflammée flotte sur l’eau que Pon pourrait projeter sur elle, et le sable n’a dans ces conditions aucune efficacité. C’est alors que l’on a cherché le moyen de produire au-dessus de la nappe en feu un matelas d’acide carbonique, corps incombustible et incomburant, qui, empêchant l’arrivée de l’oxygène de Pair jusqu’au liquide, éteint l’incendie par asphyxie. Mais restait à trouver le support pour l’acide carbonique suffisamment léger pour flotter à la surface des cuves de pétrole ou de benzine. On s’est alors adressé aux mousses.
- Le corps extincteur est une mousse épaisse et adhésive qui garde sa résistance à l’air même sous l’effet de la chaleur. Elle est produite par le mé-
- à grande distance et dans un temps relativement court en n’utilisant qu’une pression beaucoup moindre que celle qui serait nécessaire poür un liquide quelconque. Grâce à son grand volume, sa compacité et ses qualités adhésives, elle inonde et recouvre les corps incendiés quelles qu’en soient la forme et la matière et s’attache même à des parois verticales. D’autre part la mousse ne contient aucune substance nuisible, toutes les parties aeides ayant été neutralisées. Elle ne détériore donc pas les objets et peut s’enlever facilement sans laisser de traces même sur les étoffes, meubles, etc.
- Ce procédé d’extinction a été étudié pendant longtemps surtout en Amérique, son inventeur, un Français du nom de Laurent, n’ayant jamais pu trouver
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- dans sa patrie l’accueil auquel son procédé avait droit. Les liquides générateurs qu’on y emploie sont, d’une part, un mélange d’une partie de glu, une demi-partie de glucose, 7 parties et demie de bicarbonate de soude, un quart d’acide salicylique pour 100 parties d’eau, et d’autre part une solution de sulfate d’aluminium contenant 10 parties de sel pour 100 d’eau. Lorsqu’on mélange ees deux solutions il se forme du sulfate de soude et d’aluminium hydraté avec production d’acide carbonique. La glu et le sucre forment la mousse, et l’acide salicylique agit comme déshydratant.
- Les appareils utilisés en France et qui sont construits par la Société « Le Parfait » pour la production. de là mousse sont très variés. Il existe des engins de modèle réduit et portatif disposés de telle sorte que par leur simple retournement les liquides viennent se combiner dans une chambre de mélange où la mousse se produit avec la pression nécessaire à sa projection. Le jet atteint jusqu’à 10 ou 12 m. en hauteur. Ces appareils sont d’une application générale en particulier dans les magasins. . ;
- D’autres appareils fonctionnent par simple déversement sans pression, leur application est plus appropriée à l’extinction des liquides inflammables répandus sur des sols imperméables ou contenus dans des récipients. La mousse
- versée lentement se répand sur la surface enflammée et étouffe le feu sans qu’il y ait risque, sous l’effet d’un jet violent, de projeter le liquide en feu. Certains plus puissants, munis de pompes et montés sur roues, réunissent les propriétés des deux précédents modèles. Grâce à un dispositif approprié ils peuvent être rechargés en cours de fonctionnement.
- Enfin, ce système se réalise également par des installations fixes adaptées à chaque cas particulier et constituées par un réseau de conduites souterraines partant d’une station de pompes, mues à la main ou mécaniquement, et aboutissant soit à des réservoirs de liquides inflammables, soit à des tuyauteries flexibles munies de lances, soit à des dispositifs à ruissellement aménagés au plafond des locaux à protéger.
- Fig. 5. — Extinction d’un incendie à l'intérieur d’un local.
- A cette description sommaire ajoutons la relation de quelques expériences faites avec le procédé à mousse.
- Une expérience eut lieu avec un appareil à jet d’une contenance de 8 litres, dans une chambre disposée comme un cabinet de toilette. On plaça une table garnie de rideaux sur laquelle on disposa des peignes en celluloïd et deux savonnières ainsi qu’une glace à main. A droite et à gauche de la table étaient deux chaises recouvertes de housses en mousseline, en dessous une corbeille en jonc pleine de papier, au-dessus de là table un chambranle recouvert d’une tenture, en damas et par-dessus deux tentures de dentelle et deux attrape-mouches en papier.
- On mit le feu et on laissa brûler pendant une minute environ! On put ensuite se rendre maître de l’incendie en.25 secondes avec un seul appareil.
- D’autres expériences furent faites avec le même appareil sur des morceaux de rognures de celluloïd, sur delà paille, sur des caisses d’emballage, etc.
- Il a été fait avec les mêmes appareils une série d’expériences ^‘sur des liquides enflammés. Nous n’en rapporterons qu’une, remarquable par son importance : on avait établi un réservoir en maçonnerie, ouvert, de 10 m. de diamètre et 0 m. 60 de profondeur.'
- Ce réservoir fut rempli de 15 000 kg de benzine brute à laquelle on mit le feu. Après avoir laissé durer le feu pendant 5 minutes on mit en action le système extincteur. La mousse s’étala sur le liquide enflammé. Le vent ayant violemment repoussé la flamme et la fumée sur le côté on put constater la lutte entre le feu et la mousse s’écoulant de l’une des conduites. La mousse répandue faisait reculer les flammes. Elle s’étendit sur toute la surface du liquide en combustion ; le feu s’affaiblit au fur et à mesure et, lorsque la mousse fut assez épaisse, il s’éteignit complètement* On avait brûlé environ 1000 litres de benzine sur les 15 000 contenus dans le réservoir. .
- Il semble donc que les extincteurs à écume constituent un moyen des plus pratiques et des plus efficaces pour la lutte contre les incendies.
- ........ II. Néron.
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- LES VARRONS DES BOVIDÉS
- Depuis quelques années, une grosse mouche cause aux éleveurs, aux bouchers et aux tanneurs, des inquiétudes de plus en plus considérables. La guerre lui a été déclarée en tous pays, en Allemagne, en Danemark, en Italie; la Bourse aux cuirs de Bruxelles vient d’appeler les savants à son aide ; les tanneurs allemands ont mis sa tête à prix : 25 000 francs qui récompenseront celui qui fera disparaître la méchante bête, ou tout au moins qui supprimera ses méfaits. En France, une Association pour la destruction du varron s’est constituée en 1910, et récemment le Ministère de l’Agriculture a chargé M. Lucet, membre de l’Académie de Médecine, assistant au Muséum d’His-toire naturelle, d’étudier cette question.
- Ce déploiement d’activité est fort compréhensible. Le varron coûte chaque année cent soixante millions à l’Allemagne, cent cinquante à l’Angleterre, cent à la France/soit près d’un demi-milliard pour . l’Europe entière. Aux États-Unis, le varron n’est pas moins nuisible, puisque ses ravages s’élèvent à deux cents millions.
- Quelle est donc cette mouche si néfaste? quels sont ses méfaits? comment y remédier ?
- < Qn comprend sous le nom de varrons, deux espèces de mouches de la famille des Œstridés1: l’hypo-derme du bœuf (Iiypoderma bovi) et l’hypoderme à lignes (Iiypoderma lineatà) (fig. 1).
- L’hypoderme du bœuf est connue depuis la description qu’en a donnée De Geer en 1776. C’est une grosse mouche, de 15 à 15 millimètres de long, noirè, très velue. Son thorax est orné de trois ou quatre bandes longitudinales noires sans poils; une bande transversale grisâtre court derrière la tête, une autre marque le début de F abdomen, la pointe de l’abdomen est jaune orangé ; il en sort une tarière courte, cylindrique et noire. Les ailes sont brunes ou enfumées, sans aucune tache.
- ' L’hypoderme à lignes est un peu plus petit : 12 à 13 millimètres. Il est également noir et très velu. Sa décoration est sensiblement la même que celle de l’hypoderme du bœuf, sauf que la bande grise manque derrière la tête et que la fin de l’abdomen est plus rouge ; ses ailes sont beaucoup plus claires, hyalines, non enfumées
- L’hypoderme du bœuf est commun dans toute
- l’Europe, celui à lignes dans l’Amérique du Nord ; il se rencontre également en Europe d’ailleurs.
- Ni l’une ni l’autre de ces deux mouches ne piquent ni ne sucent; leur tarière comme leur trompe sont petites, inoffensives, et cependant....
- L’histoire complète du développement de l’hypoderme du bœuf est encore incomplètement connue, malgré les nombreuses recherches qu’elle a provoquées : celle de l’espèce américaine, probablement identique, a pu être' établie par C. Curtice et nous la résumerons ici.
- Les hypodermes vivent à l’état adulte de juin à septembre. On les rencontre dans les prés, sur les haies des pâturages, sur les arbres et les feuilles des plantes. Ils y courent très vite, volant seulement aux heures les plus chaudes du jour pour effectuer leur ponte. Chaque mouche ne vit guère que cinq à six jours, et pendant ce temps elle ne semble pas prendre de nourriture. Pendant sa courte vie, la femelle peut pondre de 300 à 500 œufs. On la voit, au début de l’après-midi, bourdonnant au-dessus d’un bœuf, sur lequel elle s’abat rapidement pour coller un oeuf sur un poil; elle repart aussitôt pour recommencer son manège, bourdonner encore et pondre bientôt un nouvel œuf. Elle répète celte opération jusqu’à .dOvèt -12 fois en un quart d’heure. Sa ponte terminée, elle meurt.
- On a dit que le bourdonnement des varrons agace le bétail et le met en fureur. Mais M. Lucet a pu enfermer une génisse avec des hypodermes sans que la pauvre bête en ait manifesté le moindre mécontentement, et il est bien certain que les bovidés n’ont aucun instinct qui les prévienne des dangers que la mouche va leur faire courir, et même que le bruit de son vol et son attouchement ne causent pas cette « furie du bétail » qu’on a décrite un peu trop complaisamment.
- L’œuf de l’hypoderme, blanc, en forme de fuseau, a environ un millimètre de long. Il est collé à un poil du bœuf par un mince fdanicnt. Dans sa coque, se trouve déjà une petite larve munie de minuscules épines. Le bœuf, en se léchant, détache l’œuf, l’avale et l’introduit ainsi dans son tube digestif, où la larve va subir de mystérieuses transformations.
- M. G. Curtice a pu établir le cycle de ces métamorphosés pour l’hypoderme à lignes d’Amérique.
- Fig. i. — En haut, Hypo-denna bovi femelle; au milieu, Iiypoderma lineata mâle; en bas, œuf d’Hypo-derma très grossi.
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- LES VARRONS DES BOVIDÉS
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- Nous le résumerons ici d’après le Précis de Parasitologie de Brumpt :
- L'œuf pondu sur les poils en juin renferme un embryon. Avalé, il donne naissance à une larve au premier stade, entièrement revêtue de petites épines. Elle se fixe dans l’œsophage où elle subit une première mue et donne une larve au deuxième stade, entièrement dépourvue d’épines, sauf autour de la bouche et des stigmates postérieurs. Vers décembre, on la rencontre en différents points du corps, et elle arrive sous la peau quelle perce. Elle mue et donne 'une larve au troisième stade qui forme une tumeur furonculeuse. Elle mue et donne une larve adulte au quatrième stade présentant dans sa partie antérieure un sillon particulier où se fera la sortie delapupe.
- Elle tombe à terre en mai ou juin, durcit et donne une 'pupe dans laquelle se différencie la nymphe qui donne l'insecte parfait ailé. Il éclôt 3 ou 4 semaines après et pond aussitôt de nouveaux œufs. Le cycle est ainsi révolu.
- L’histoire de Yllypo-derma bovi est moins parfaitement connue. On sait, d’après les études de Yaney, que le bœuf en se léchant, récolte les larves qui se collent à sa langue, la quittent ensuite pour descendre dans l’œsophage et dans l’estomac dont elles traversent les parois. Arrivées dans le péritoine elles voyagent jusqu’au canal céphalo-rachidien où elles demeurent tout l'hiver sans causer aucun trouble grave.
- Au printemps suivant, elles en sortent pour venir se fixer sous la peau du dos et des reins. Elles y déterminent des poches pleines de liquides, véritables tumeurs, car elles grossissent alors beaucoup ; ce sont des gros vers gris jaunâtre ou brunâtre de 22 à 28 millimètres de long sur 10 à 15 de large; leurs onze anneaux sont munis de rangées d’épines et leur extrémité postérieure possède deux appareils respiratoires, deux stigmates, que la larve passe à travers un trou circulaire qu’elle a percé dans la peau, afin de s’assurer l’air nécessaire à sa respiration et aussi une porte de sortie pour l’avenir. Vers la fin de mai ou le début de juin, la larve, arrivée au dernier stade de ses transformations, sort de la peau, et se laisse choir sur le sol. On â dit qu’alors elles s’enfouissent dans la terre ou le gazon, mais les récentes recherches de M. Lucet ont montré que les dernières méta-
- morphoses ont lieu sur le sol; à l’air libre, les larves enterrées artificiellement ressortant du sol avant de se transformer en nymphes. En 24 à 36 heures, la larve devient une chrysalide. Elle reste dans sa pupe 25 à 50 jours, après quoi on en voit sortir une mouche ailée, adulte, qui aussitôt s’accouple et se met à pondre en bourdonnant.
- Longtemps, on a cru que la vie de la mouche dans le bœuf, l’hypodermose, n’avait aucun inconvénient pour celui-ci. Mais l’on a appris à mieux connaître les méfaits de toutes sortes que le varron peut causer. Lorsque les larves sont nombreuses sur un veau, elles peuvent arrêter sa croissance; sur une vache, elles tarissent son lait; toujours elles causent de la douleur, de l’inflammation, de la suppuration, qui empêchent l’engraissement, troublent la croissance, diminuent la qua-lité_ de la viande, quand même elles ne la rendent pas tout à fait inutilisable par suite des réactions fébriles qu’elles déterminent. De plus, chaque larve provoque dans la peau un trou et une zone altérée, irréparables, qui, lorsqu’ils sont nombreux, transforment la peau en écumoire et diminuent beaucoup la valeur des cuirs varronés.
- Aussi, cherche-t-on de tous côtés à se débarrasser des bypodermes et à arrêter leur propagation.
- La nature nous fournit déjà un moyen de limitation. On sait, en effet, que les années humides sont particulièrement néfastes aux varrons. Les nymphes, immobiles sur la terre mouillée, sont rapidement envahies par des moisissures qui les tuent. Mais la météorologie est beaucoup trop capricieuse pour que ce moyen puisse suffire.
- L’Association française pour la destruction du varron, dans une instruction destinée à être affichée dans toutes les communes de France, recommande les deux procédés suivants ;
- 1° Puisque ces insectes ne pondent que pendant le vol, au moment le plus chaud du jour, de juillet à septembre, et seulement sur les bovidés chez qui leurs larves évoluent, on peut déjà nuire à leur reproduction en entravant cette ponte. Il suffit, là où le système d’élevage le permet, de rentrer les animaùx à l’étable aux heures où le soleil est le plus ardent.'
- 2° Puisque, en outre, les hypodermës ailés, ceux-là même qui seuls pondent,'naissent'exclusivement des larves ayant achevé leur développement
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- Fig. 2. — Le cycle évolutij d'un Hypoderme (Hypoderma diana) : i, œuf; 2, 3, 4, Içirves à divers stades; 5, pupe; 6, adulte.
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- UN VÉTÉRAN DU MONDE VÉGÉTAL
- sous la peau des bovidés infestés, on peut, en tuant celles-ci, détruire à coup sûr les autres ; pour cela il n’y a qu’à extraire ces larves, avant leur maturité, des tumeurs qui les renferment, soit à l’aide de pressions latérales exercées avec les mains sur les tumeurs, soit mieux encore à l’aide de petites pinces et après avoir agrandi d’un coup de canif l’ouverture que les tumeurs présentent dans leur centre.
- Les essais qu’on a tentés pour détruire les var-rons, au moyen de frictions avec des pommades mercurielles, n’ont pas donné de bons résultats. Elles tuent bien les larves, mais risquenL de provoquer une grave intoxication. Les autres pommades produisent le même effet en asphyxiant le parasite dont elles bouchent les stigmates ; mais celui-ci, après sa mort, se décompose et l’abcès, qui déprécie la peau, n’est pas évité; Ces jours-ci, le Dr Lucet a fait connaître à l’Académie des Sciences une nouvelle méthode de dévarronage extrêmement pra-
- ACADÉMIE D
- Séance du 27 avril 1914. -
- La propagation de Véleclvicité dans les lignes hétérogènes. — M. André Léauté étudie la propagation de l’electricité sur les lignes formées de plusieurs tronçons. C’est le cas de la plupart des lignes de transport de force ou de lumière, aussi le problème abordé par M. Léauté présente-t-il un intérêt particulier au point de vue des applications. L’auteur montre que la théorie admise jusqu’à présent prête à la critique et doit être revisée.
- La rouille du blé. — M. G. Bonnier dépose deux Notes traitant de la propagation de la rouille du blé par les germes de champignons mêlés aux graines des céréales. "D’après l’une des notes qui est due à M. Eriksonn, de Stockholm, la propagation de la rouille a lieu par la graine elle-même, dans laquelle se rencontrent des sortes de kystes de rouille. Ces germes observés sur les grains n’ont aucune importance. Pour M. Beauverie, au contraire, la maladie pourrait se propager par ces germes et la question n’est pas encore résolue. Mais, que ce soit d’une manière ou d’une autre, il est maintenant acquis que le passage du champignon de la rouille du blé par l’épine-vinette n’est pas indispensable à la propagation de la maladie, d’une année à l’autre.
- . Effets des projectiles à distance. — M. Laveran résume un travail de M. Laurent qui, pendant la guerre turco-bulgaré, a pu observer des commotions nerveuses sur des sujets qui n’avaient point été blessés. On connaissait déjà le «vent du canon» et on lui rapportait certains accidents. Mais le phénomène était regardé comme hypothétique. Il ne peut plus en être ainsi aujourd’hui en pré-
- tique ; elle consiste à injecter dans la tumeur un demi ou un centimètre cube de teinture d’iode ou de solution de Gram (iode, 1 gr. ; iodure de potassium, 2 gr ; eau, 200 cm5) ; le parasite est ainsi tué, mais sa résorption ne provoque pas d’abcès à cause du grand pouvoir antiseptique du liquide injecté.
- A ces mesures, on peut encore ajouter une précaution fort simple qui consiste à garder à l’étable les animaux varronés aux heures ou les larves quittent la peau pour tomber sur le sol et s’y transformer en pupes, c’est-à-dire de 6 heures à 9 heures du matin. Les pupes sont ensuite recueillies et détruites et le danger dercon(agion est ainsi évité.
- Il est temps, que partout la lutte s’organise contre les varrons des bovidés. Espérons que les belles recherches actuellement poursuivies par le Dr Lucet et que les efforts de l’Association qui s’est fondée en France réussiront à débarrasser notre élevage de cette « peste » trop coûteuse. René Merle.
- •s SCIENCES
- Présidence de M. Appell.
- sence des faits observés pendant la guerre turco-bulgare et même pendant la guerre russo-japonaise. Ces commotions sont le résultat du choc des ondes aériennes déterminées par les projectiles ou leurs éclats. On conçoit d’ailleurs qu’un phénomène qui n’était pas très apparent avec les vitesses des anciens boulets soit devenu très manifeste avec les vitesses bien plus grandes des obus modernes.
- Une échelle de température nouvelle. — M. Boutv résume une Note de M. Peckzalsky relative à une échelle nouvelle de température. L’auteur conserve les deux températures servant de point de repère, la température de la glace fondante et celle de l’eau bouillante, mais il prolonge l’échelle en dessous.de la première et au-dessous de la seconde suivant une fonction exponentielle, de telle sorte que le zéro absolu est remplacé par — 00, Dans ces conditions, quelques phénomènes de physique se représentent plus simplement qu’avec l’échélle ordinaire. Il est à remarquer que le procédé de M. Peckzalsky n’est pas en contradiction avec le principe de Carnot, car dans cette échelle, les machines qui ont des rendements égaux sont caractérisées non plus par des rapports égaux des températures de la chaudière et du condenseur, mais par des différences égales.
- Élection. — M.' Becke, de Vienne, est élu correspondant de la section de minéralogie en remplacement de M. Rosenbusch, d’Heidelberg, décédé.
- Décès. — M. le Président annonce la mort de M.' Suess, de Vienne, associé étranger et exprime les regrets que cause à l’Académie- la perte du savant géologue autrichien. Cn. de Villedeuil.
- UN VÉTÉRAN DU MONDE VÉGÉTAL
- Les événements qui se produisent actuellement au Mexique, ont rappelé l’attention sur un vétéran du monde végétal situé dans cette zone tourmentée : le célèbre cyprès chauve du cimetière de Santa Maria del Tule, petit village de l’intendance d’Oaxaca,découvert en 1803 par l’illustre Humboldt,
- lors de son fameux voyage dans l’Amérique équatoriale. -
- Se basant sur sa circonférence gigantesque et sur l’extrême lenteur de croissance de l’espèce', des botanistes compétents, entre autres les professeurs De Candolle et Asa Gray, ont calculé que cet arbre
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- UN VETERAN DU MONDE VEGETAL .v 383
- extraordinaire devait avoir entre 5 et (3000 ans.
- Le professeur Asa Gray, ayant examiné un cyprès chauve abattu, trouva, d’après le j nombre de cercles concentriques observés sur une section de la tige,qu’ilétaitâgé de 670 ans, tout en n’ayant que quatorze pieds de circonférence.
- Tant est lente la croissance dans ce genre de Cu-pressinées qu’il avait fallu, à ce spécimen, près de sept siècles pour atteindre un diamètre de cinquante-quatre pouces.
- Or, le cyprès de Santa Maria a un pourtour de cent vingt-six pieds, soit un peu plus de trente-huit mètres. Après cela, peut-on s’étonner du grand âge attribué à ce vénérable ancêtre mexicain ?
- L’exactitude de cette mesure fantastique a été vérifiée, pour' la dernière fois officiellement, en 1903, par le docteur Von Schrenk, arboriculteur du Missouri Bolanical Garden de Saint-Louis.
- Ce dernier vient de rappeler ce. fait dans le Saint-Louis Post IDispatch qu’il a bien voulu nous communiquer, pour nous servir de guide.
- Alors au service des Eaux et Forêts, l’éminent arboriculteur faisait un voyage d’étude, dans le sud du Mexique, lorsqu’il vint à passer à Santa Maria. Connaissant de réputation le fameux cyprès, il résolut de l’examiner de près et d’en déterminer, si possible, l’âge approximatif.
- • Il se présenta au maire du village comme fonctionnaire américain en lui exprimant le désir de voir le fameux géant. Le maire le reçut de façon
- charmante et, tout en l’accompagnant à l’endroit désiré, il lui apprit que l’arbre était considéré
- comme sacré dans toute la con-' trée.
- Arrivé au cimetière, le docteur Von Schrenk déclara qu’il allait creuser dans le cyprès un trou de deux pieds de profondeur et en enlever un fragment d’un demi-pouce de diamètre.
- Le « mayor » ne voulut rien savoir et M. Von Schrenk dut se contenter de mesurer la circonfé-photographie qui illustre notre article.
- Il photographia également une inscription gravée sur l’arbre par Hum-boldt, 111 ans auparavant : elle est aujourd’hui entourée par une épaisse couche d’écorce, preuve indéniable de la prodigieuse vitalité du cyprès, mais l’on peut encore y distinguer la signature du célèbre naturaliste allemand.
- Somme toute, nous pouvons bien, avec je professeur Asa Gray, appeler le cyprès de Santa Maria del Tule, le « Nestor » des Cupressinées et, probablement, de tout le règne végétal.
- En effet, en n’attribuant au cyprès mexicain que 5000 ans, minimum très faible, il laisse encore loin derrière lui les plus vieux arbres connus : le dragonnier d’Ora-tava (île de Ténériffe), 4500 ans, un séquoia de la Californie, 40U0 ans, et un baobab du Sénégal, 4000 ans également.
- Cinquante siècles 1 Si ce témoin des époques préhistoriques pouvait parler! L. Kuentz.
- Fig. i. — Le cyprès de Santa Maria del Tule auquel on attribue entre 5 et 6ooo ans.
- rence du cyprès et de prendre la
- Fig. 2. — L’inscription tracée'par Humboldt, sur le célèbre géant, il y a plus d’un siècle, entourée aujourd’hui d’une épaisse couche d’écorce, témoigne de la prodigieuse vitalité du cyprès.
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- UNE GRUE GÉANTE
- La récente inauguration d’une grue de 250 tonnes fait époque dans l’histoire de la construction de ces engins de levage.
- En 4888, la ville de Hambourg possédait une grue qui, alors, était la plus grande du monde; aujourd’hui, c’est de nouveau un chantier naval de cette ville qui revendique l’honneur de posséder la grue la plus puissante qui existe.
- La première tâche que cette grue doit accomplir consiste à aménager définitivement le Valerland,
- nouveau des dimensions verticales des navires. Lorsqu’elle est complètement relevée, la pointe de la flèche atteint une hauteur de plus de 100 mètres au-dessus de la surface de l’eau. Elle dominerait donc de beaucoup par exemple les tours de Notre-Dame.
- Cette grue, à fonctionnement complètement électrique, comporte deux engins de levage absolument indépendants, à savoir un chariot, susceptible de porter la charge maxima de 250 000 kg à 54,5 m. et une charge de 110 000 kg à 55,0 m. de distance
- La grue géante du port de Hambourg.
- frère de Ylmperator, paquebot géant de 56 000 tonnes, lancé il y a quelques mois. C’est ainsi que le vaisseau le plus grand se trouve placé sous la grue la plus puissante du monde, à proximité, du reste, de la cale de construction la plus grande (construite par les mêmes usines), visible au second plan de la figure.
- Quelques chiffres relatifs à cette grue géante présenteront sans doute de l’intérêt :
- Conçue comme grue-marteau à volée variable, cette machine, d’une puissance de 250 tonnes, comporte une flèche de plus de 90 mètres de longueur, dont le bras antérieur, fixé par un dispositif à charnière, peut être soulevé de façon à satisfaire toutes les exigences et même à s’adapter à un accroissement
- du centre de la grue, et une grue tournante de 20 000 kg, pouvant se déplacer sur toute la longueur de la flèche. Cette grue auxiliaire soulève une charge de 10000 kg jusqu’à 75,5 m. de distance du centre de la grue principale et, par conséquent, dessert un champ de travail de 147 m. de diamètre, soit d’une superficie de près de 47 000 m2.
- Deux hpmmes suffisent à assurer le fonctionnement dé la grue. Le mécanicien qui dirige, la grue principale est logé dans la cabine disposée sous le bras de charge delà flèche. Afin de pouvoir travailler avec toute la sécurité voulue, après la tombée de la nuit, on a installé, à-côté de la place du mécanicien, un projecteur éclairant dhine lumière intense, Iç champ de travail de l’engin. Dr A. Gradekwitz.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2137.
- 9 MAL 1914.
- LES VENUES D’EAU DU TUNNEL DE GRENCHENBERG (SUISSE)
- Le danger des recoupements d’eaux souterraines par les travaux de percement de tunnels n’a pas encore suffisamment retenu l’attention des ingénieurs et des entrepreneurs, qui les considèrent trop volontiers comme des accidents exceptionnels. Cependant la rencontre de la grande faille du Larzac, dans le tunnel de Tour-nemire (Aveyron), de la poche d’eau de Fontille et de la grotte de Murel sur la ligne de Brive à Souillac (Lot), des sources froides et chaudes du Simplon, de l'abîme du tunnel de l’Orso, Italie, de celui du Mont-d’Or (*) et des venues d’eau du Somport (2) la catastrophe du Lôts-chberg sous la vallée de la Kander, etc., ne sont que quelques-uns des exemples et avertissements dont il importerait de tenir compte.
- Il vient de s’en manifester un nouveau dans le Jura suisse, aux travaux du tunnel de Gren-chenberg, entre Grenchen (Grange) et Moutiers-Granval, dans le raccourci de Berne à Delémont, à une dizaine de kilomètres au sud-est du tunnel de Weissen-stein, entre Soleure et Moutiers, qui avait déjà présenté lui-même des difficultés en ce genre (3).
- Plan
- Fig. i. — Plan et coupe de la caverne recoupée d'après la Schweizerische Bauzeitung de Zurich.
- 1. Yoy. n°I943, 27 âoul 1910. —2. Voy. n« 2023 et 2030, Supplément. —
- 5. Yoy. n° 1932, Suppl.
- 42e Année. — 1" Semestre.
- La Schweizerische Bauzeitung (numéro du 15 novembre 1913) donne, à ce sujet, les détails suivants
- dans un article de M. l’ingénieur en chef Custer :
- Le tunnel du Grenchenberg doit mesurer 8767 mètres, à travers un chaînon du Jura,sous le sommet du Graitery, le vallon de Chaluet et le Grenchenberg (allit. 1405 m.). Les deux cimes représentent chacune un grand anticlinal du Jura, aux strates très redressées et disloquées. On avait prévu quelles seraient celles des assises (inclinées en moyenne à 45°) qui se montreraient soit perméables, soit
- imperméables. Mais il semble que les recoupements de filets d’eau aient de beaucoup dépassé les prévisions. Du côté sud notamment, en janvier et février 1915, entre les kilomètres 1,503 et 1,488, on rencontra deux venues d’eau de 35 litres-seconde et 50 litres-seconde. Peu après, la source du Dorfbach à Grange tarissait complètement, ainsi que cela résulte de constatations officielles du Bureau hydrographique suisse. Heureusement que des précautions avaient été sagement prises pour que le village ne fut pas privé d’eau : une pompe put lui assurer 10 litres par seconde, en attendant qu’une deuxième lui rendit 23. - 385
- Fig. 2. — Venue d'eau au kilomètre i,588..
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- 386= LES VENUES D’EAU DU TUNNEL DE GRENCHENBERG
- 1606 et 1614 mètres; on s’en préserva tant bien que mal, espérant avoir surmonté les difficultés, lorsque le 20 mai, à 5 heures et demie du matin, on creva une autre veine d'eau entraînant de grosses pierres, des paquets d’argile et du sable. Le débit général du tunnel remonta à 830 litres-seconde. Cette fois, on avait traversé une grande crevasse en forme de caverne remplie d’eau, d’argile et de pierrailles, dont le débit s’abaissa de 650 litres-seconde, le 28 mai, à 467 litres-seconde le 18 juin. L’exploration de la caverne révéla qu’elle était creusée dans le séquanien au contact du kimméridgien.
- La cavité remonte vers l’est sur 5 à 4 m. de largeur et 8 à 10 de hauteur; elle se Lermine par un bassin où l’eau vient de la profondeur, qui a été trouvée de 8 mètres.
- De l’autre côté du tunnel, à l’ouest, la grotte est bien plus importante, large de 3 à 5 m., haute de 20 à 50 m. et allant toujours en remontant. On y a trouvé des cascades qui ne tardèrent pas à tarir. Dans cette partie on pense que le remplissage de l’eau dépend des saisons et des précipitations atmosphériques dans l’autre, l’arrivée en
- Fig. 3. — Venue d’eau au kilomètre 1,606.
- Clichés communiqués par la Scliweizerische Bauseitung de Zurich.
- les 50 litres-seconde dont il avait besoin; mais le trouble n’en fut pas moins préjudiciable, notamment pour les installations électriques qu’actionnait l’ancienne source.
- Après recoupement d’autres veines d’eau, on retomba, le 25 février 1915, sur une venue de 100 litres par seconde, qui monta bientôt à 180 litres-seconde et porta à 402 litres-seconde toute l’eau évacuée par le tunnel.
- Croyant qu’il s’agissait d’une simple accumulation d’eau dans la montagne, on résolut d’abord d’attendre son épuisement naturel, mais le 19 mars le débit s’était élevé à 477 litres-seconde. On entreprit donc au kilomètre 1,588 un travail de détournement, mais on ne réussit qu’à libérer d’autres eaux, qui doublèrent le débit et encombrèrent le tunnel de sable et d’argile. Le 26 mars, le débit atteignait 809 litres-seconde, mais le 2 avril il commençait à baisser et se trouvait réduit le 29 avril à 574 litres. On reprit donc le travail; puis, quelques mètres plus loin, une nouvelle irruption d’eau se lit jour, entre
- Fig. 4. — Orifice de là caverne au kilomètre i,6i5.
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- RÉVOLUTION DANS L’ART DE LA TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE = 387
- siphon indique qu’il y a communication avec d’autres fissures aquifères dont le contenu s’écoule par pression hydrostatique (fig. J).
- En résumé, du 27 janvier au 20 juin 1915, il est sorti du tunnel en chiffres ronds 6 000 000 de mètres cuhes d’eau et l’on n’a vu tarir, à l’extérieur, que la seule source du Dorfbach à Grenchen, correspondant pour cette période à 622 000 m5 seulement, soit le dixième de l’évacuation par le tunnel. L’emmagasinement dans l’intérieur de la montagne était donc considérable. La décroissance du débit a permis de continuer le travail.
- Mais il serait intéressant de savoir si les pluies de l’équinoxe d’automne n’ont pas fait remonter, comme c’est à peu près certain, le débit des eaux souterraines recoupées ; et il y aura lieu surtout de bien examiner l’importance de la crue, qui se pro-
- duira certainement au printemps après les pluies de l’équinoxe et la fonte des neiges.
- Ce serait une capitale erreur de croire qu’on a vidé une fois pour toutes des réservoirs statiques au sein de la montagne; il faut tout au contraire s’attendre à voir des crues et des maigres se manifester tour à tour aux fissures aquifères rencontrées, en subordination étroite avec les pluies et infiltrations saisonnières extérieures, conformément aux données nouvellement reconnues de l’hydrologie intérieure des calcaires fissurés.
- Du coté nord du tunnel, le terrain étant plus imperméable, on a rencontré moins de sources, quoique deux d’entre elles débitassent encore au début 150 litres et 500 litres-seconde respectivement. La température des eaux recoupées a varié selon les endroits de 9° à 16°. E.-À. Maiitel.
- UNE RÉVOLUTION DANS L’ART DE LA TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE
- Les statistiques des administrations postales, télégraphiques et téléphoniques montrent que dans le monde entier, le trafic des correspondances s’accroît d’une façon
- C ANS 0
- Street L o n d o n £ C
- Fig. i. — Fragment de bande du siphon recorder et fragment de bande Morse.
- prodigieuse ; il y a en nous un besoin sans cesse croissant de nous tenir en communication avec nos semblables et les communications industrielles et commerciales, de plus en plus étendues, font se multiplier à l’infini les échanges de toute nature.
- La télégraphie sous-marine, qui est, par essence, le moyen de télégraphie intercontinentale, ne fait pas exception à cette loi; on aurait pu croire — et l’on a cru — qu’elle souffrirait d’une façon désastreuse de la concurrence de la radiotélégraphie; heureusemènt il y a place aujourd’hui pour tous les procédés et, bien au contraire de ce que craignaient les Compagnies intéressées, la prospérité de celles-ci s’accentue plus que par le passé.
- On a évalué que, dans les conditions normales, l’accroissement des correspondances télégraphiques sous-marines est de 100 pour 100 sur une période de 10 ans; mais en ces derniers temps des modifications apportées aux conditions d’acceptation et la création de nouvelles catégories de correspondances ont accentué encore la progression.
- Il n’a donc point cessé' d’être intéressant pour les exploitants des câbles sous-marins d’améliorer et d’accélérer les méthodes de travail; de tout temps, les procédés de transmission de télégraphie par câble ont été
- beaucoup moins rapides que ceux utilisables sur les lignes aériennes, de sorte que c’est précisément pour les communications dont les frais d’installation sont les plus élevés que les rendements sont les moins bons.
- Le procédé de communication télégraphique le plus répandu et le plus simple, le procédé Morse ordinaire (avec signaux enregistrés) ou perfectionné (avec signaux auditifs) est basé, comme on le sait, sur la représentation des lettres, des chiffres, etc., par des combinaisons de signaux alternativement longs (barres) et courts (points).
- Jusqu’à présent,, même en employant les appareils les plus sensibles, il n’a pas été possible de produire les émissions sur les câbles de grande longueur de manière à former ces signaux conventionnels ; par suite des phénomènes de propagation des émissions électriques, les impulsions envoyées sont déformées et les signaux deviennent indéchiffrables.
- On est obligé de travailler avec des émissions alternativement positives et négatives et de distinguer les deux éléments des signaux par leur direction. Ainsi par exemple la lettre e, qui est représentée dans le code
- Fig. 2.
- Principe du système Gbit.
- Morse de la télégraphie ordinaire par une émission courte (point), est formée dans la télégraphie sous-marine par une émission positive ; tandis que la lettre i, repré-
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- 388 = RÉVOLUTION DANS L’ART DE
- sentée par une émission longue (barre) dans le système Morse,, est donnée dans la télégraphie sous-marine par une émission négative.
- En même temps que le mode de formation des signaux, diffère le système de transmission et de réception.
- Pour la transmission, on emploie — à la place du manipulateur ordinaire — une clef double à l’aide de laquelle on peut produire à volonté des émissions positives ou négatives. Pour la réception il est fait usage, au lieu des instruments très simples utilisés dans le système ordinaire, d’un galvanomètre ou d’un siphon-recorder et les signaux sont ou bien lus à l’appareil (galvanomètre) et différenciés par le sens de la déviation qu’ils produisent, ou bien enregistrés, sur une bande de papier en un trait sinueux (siphon recorder) ; les deux méthodes de transmission sont extrêmement difficiles et délicates ; on n’a cessé, mais sans succès vraiment définitif, de chercher à les améliorer, dans le but notamment d’augmenter la capacité de transmission des lignes.
- A TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE ==
- à des distances beaucoup plus grandes, à la condition de faire en sorte que le sens des émissions soit renversé à chaque signal.
- De nombreuses tentatives avaient été faites pour réaliser un dispositif mécanique ou autre, susceptible d’effectuer automatiquement ce renversement; mais elles n’avaient pas abouti jusqu’à présent.
- Le problème vient d’être résolu, paraît-il, par un inventeur anglais, M. J. Gott, de Hove (Sussex, Angleterre), ingénieur en chef de la Commercial Cable Com-pany.
- Le procédé de M. Gott est simple et ingénieux; il est basé sur l’emploi d’un relai polarisé qui renverse automatiquement les connexions entre le transmetteur, la source d’énergie et le câble avant chaque signal, en même temps qu’il décharge le câble (c’est-à-dire qu’il le relie à la terre) pour le libérer de toute action résiduelle.
- Le relai utilisé pour produire ce renversement est un relai sensible, de type quelconque, du même genre
- CANADA
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- PACIFIQUE
- Fig. 3. — Ligne Londres-Bamfield.
- Un seul procédé a donné de bons résultats dans cet ordre d’idées : il consiste à appliquer le système duplex, c’est-à-dire à travailler dans les deux sens simultanément; sur les câbles duplexés la transmission dans chacun des sens est un peu moindre qu’elle ne serait en travail simple ; néanmoins, le rendement total est à peu près double; aussi le duplex est-il appliqué d’une façon pour ainsi dire générale aujourd’hui.
- Il est à remarquer toutefois que ce système est réalisable avec tous les systèmes de travail, de sorte que si l’on parvenait à agir directement sur la vitesse de travail simple, on réaliserait immédiatement un progrès général, pour les lignes exploitées en duplex comme pour les autres.
- Le procédé à doubles émissions de la télégraphie sous-marine est nettement moins rapide que ne peut l’être le procédé usuel par signaux longs et courts, de sorte que l’application de celui-ci procurerait non seulement une grande simplification d’outillage, mais encore l’augmentation de la capacité de transmission que l’on désire réaliser.
- Dans les conditions habituelles sur les câbles sous-marins, le système Morse n’a jamais pu être employé pour des distances dépassant 800 km; toutefois il a été, reconnu qu’il serait possible de transmettre à l’allure normale et avec un maximum de clarté et de rapidité,
- que ceux que l’on emploie couramment dans la télégraphie ordinaire.
- La figure ci-contre permet de se rendre compte du fonctionnement du système.
- La transmission se fait comme dans la télégraphie usuelle, au moyen d’une clef ou manipulateur M. Au point milieu (pont), de ce manipulateur est reliée la ligne ; le butoir de travail, qui se trouve normalement en communication avec une pile, est également connecté ici à la source ; mais, par l’intermédiaire du relai R, il se trouve en communication avec le levier c de ce relai, levier oscillant entre deux butoirs b' et b" qui sont reliés aux pôles opposés d’une batterie divisée B ; le butoir de repos du manipulateur, qui est normalement relié à la terre, est utilisé de la même façon; seulement sur la liaison se trouve le relai auquel nous avons fait allusion plus haut.
- Supposons qu’au moment où le travail commence le levier se trouve dans la position indiquée par la figure. Si l’opérateur déprime la clef, il met le câble en communication avec le butoir de travail et de là, successivement, avec le levier, le butoir b' du relai et de la pile positive, qui est reliée à ce dernier ; il se produit donc sur le câble une émission de courant positive, longue ou courte selon le temps pendant lequel le levier est maintenu dans la position de travail.
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- FABRICATION DES VERRES DE LUNETTES =r.— 389
- Lorsque le levier est abandonné à lui-même et reprend sa position de repos, le câble se trouve en communication avec le butoir de repos, et, par là, avec le relai; il se décharge sur celui-ci ; les enroulements sont disposés de telle façon que, sous l’effet du courant de décharge, le levier se déplace et se porte sur le butoir b", correspondant à la pile négative; comme il n’a pas de rappel, il reste dans cette position après que le courant de décharge a cessé.
- Au signal suivant, lorsque le manipulateur est de nouveau abaissé, son levier trouve donc le butoir de pile en relation avec la source négative et c’est une émission négative qu’il produit sur le câble ; à la fin de cette émission, l’action analysée ci-dessus se renouvelle.
- On peut facilement, par les mêmes procédés, réaliser une translation directe entre une ligne aérienne et un câble ; il suffit pour cela de relier ladite ligne au relai et de disposer les connexions pour le levier de celui-ci de la même façon que le manipulateur, dans le cas dont nous venons de parler. De la même façon encore, on peut substituer à la transmission manuelle, le travail automatique, en remplaçant simplement le manipulateur par le système de l’appareil Wheatstone.
- Ces deux perfectionnements sont d’une importance capitale, le relayage entre une ligne aérienne et une
- ligne sous-marine comporte généralement une opération de réceplion et de retransmission intermédiaire qui occasionne des pertes de temps; d’autre part, avec le Wheatstone, il devient possible de travailler à une vitesse indépendante de l’habileté de l’opérateur.
- Les signaux sont reçus, au poste d’arrivée, au moyen d’un instrument du même genre que ceux habituellement employés sur les câbles, mais dont le levier est muni d’un dispositif de contact approprié; dans chacune des positions extrêmes du levier le système provoque la fermeture du circuit local, sur lequel est inséré un appareil de réception ordinaire, un sounder par exemple.
- Comme la transmission, la réception est donc beaucoup plus simple que dans les modes de travail anciens.
- Bref, bien qu’elle soit d’une haute sensibilité et n’exige pas d’autre appareil ou instrument que ceux que l’on peut trouver normalement dans toute station sous-marine, la méthode de M. Gott donne la solution d’un problème qui occupait les ingénieurs électriciens de la télégraphie sous-marine depuis de longues années.
- Elle est d’ailleurs déjà appliquée depuis quelques mois entre Londres et New-York et elle a, en outre, été expérimentée entre San-Francisco et Londres, ainsi qu’entre Montréal, Toronto, Winnipeg, Victoria et Bamfield (Côte de Vancouver) (fig. 5). H. Marchand.
- FABRICATION DES VERRES DE LUNETTES
- Chacun sait que l’œil humain peut être comparé à une chambre noire ou chambre photographique dans laquelle l’iris, percé en son centre de la pupille, joue le rôle de diaphragme, le cristallin celui de lentille convergente, et dontl’écran sensible n’est autre que la rétine.
- Malgré sa perfection habituelle, il peut arriver que le cristallin, ou la cornée aient une convexité trop grande ou trop petite, irrégulière même, ou que, dans la vieillesse, il se produise une diminution de l’humeur aqueuse et du corps vitré et peut-être un aplatissement et une rétraction du cristallin.
- Dans chacun de ces cas la vision devient confuse, l’image se formant en avant ou en arrière de la rétine, ou étant défectueuse (astigmatisme).
- - Ce sont là, fort heureusement, des altérations de la vision auxquelles il est facile de porter remède par l’emploi de lunettes appropriées, munies, dans le cas de myopie par exemple, de verres concaves qui diminuent la convergence de ces mêmes rayons.
- La fabrication de ces verres de lunettes d’une très grande variété, en raison des foyers différents
- qu’ils doivent présenter afin de pouvoir s’adapter aux différents degrés de myopie ou de presbytie, nécessite une suite d’opérations fort curieuses que nous pourrons suivre dans les vastes ateliers appartenant à la Société des Lunetiers, à Ligny-en-Barrois (Meuse).
- CeLte Société elle-même a une origine si intéressante que nous ne saurions vraiment la passer sous silence.
- Fondée en 1849 par treize ouvrierslunetiers, disposant seulement d’un capital de 5000 fr., elle connut de pénibles débuts et ne put se maintenir que grâce à l’énergie et au labeur obstiné de ses fondateurs.
- Aujourd’hui, après 64 années d’existence, elle est restée ce qu’elle était au début, une sorte de coopérative ouvrière, sans actionnaires ni commanditaires, se gouvernant elle-même et appartenant en commun à tous, mais la petite Société du début possède maintenant neuf belles usines, occupant 2500 ouvriers et ouvrières.
- C’est là un si bel exemple des résultats auxquels il est possible d’arriver par le travail et la volonté que nous nous en voudrions de ne pas le faire connaître.
- Fig. i. — Taillage des verres sphériques en rond ou en ovale à l’aide de la machine à tailler ou tournelte.
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- La Société des Lunetiers possède deux usines à Ligny ; c’est dans celle qui porte le nom d’usine des
- Fig. 2. — Détermination de l’épaisseur des verres, à 2/roes de millimètre près, à l’aide de la « berlinote ».
- Battants que se fabriquent les verres de lunettes.
- Ori emploie pour cette fabrication un verre spécial, dont la composition garantit la durée et la qualité, et étudié pour atténuer au possible les imperfections inhérentes à une lentille simple, ce qu’est en somme un verre de lunette.
- Ce verre est livré à la fabrique en feuilles de différentes épaisseurs allant de 1 1/2 à 10 mm, épaisseurs nécessaires pour l’obtention des différents foyers.
- Indépendamment des verres de lunettes blancs, il est fabriqué aussi dans cette usine, en toutes couleurs : jaune, fieuzal, fumé, bleu, vert, roüge, anal-goscopique, etc., etc., des verres spéciaux bien adaptés aux besoins innombrables de l’Ocularistique.
- La fabrication d’un verre de lunette nécessite une suite de travaux dont nous détaillerons comme suit les différentes phases :
- Taillage, passage, glantage, dégrossi, bloquage, douci, poli; décollage, trempage et essuyage et enfin vérification et empaquetage.
- Taillage. — Les feuilles de verre sont tout d’abord, à l’aide d’un diamant de vitrier, coupées en bandes, et chacune de ces bandes passe entre les mains de l’une des ouvrières chargées de leur vérification.
- Celle-ci, placée devant une fenêtre, assombrissant la bande de verre en interceptant la lumière à l’aide de son bras replié (ceci afin d’éviter le reflet du jour sur le verre) recherche les défauts intérieurs de cette bande tels que points, bulles, stries, et les marque d’un point à l’encre.
- Les bandes de verre ainsi préparées sont ensuite remises aux tailleuses chargées d’y découper les verres.
- Ces ouvrières, placées devant une petite machine dite machine à tailler, ou plus simplement tournette, placent la bande de verre sur le socle de la machine, sur lequel, à l’endroit même où le diamant découpera dans le verre un rond ou un ovale, est dessiné
- un rond ou un ovale de mêmes dimensions. Donnant alors un tour de manivelle, elles décrivent sur la bande (en évitant avec soin les défauts marqués à l’encre) à l’aide d’un diamant fixé à la partie inférieure, soit une circonférence, soit, grâce à un ingénieux mécanisme, un ovale parfait. Il suffit alors de laisser tomber sur la table, de quelques centimètres de hauteur, les bandes ainsi découpées, pour que les verres s’en détachent seuls.
- Ces verres taillés sont ensuite remis à d’autres ouvrières, qui, au moyen de pinces spéciales, enlèvent les bavures ou les défectuosités de la taille; celte opération s’appelle Véquarrissage.
- Passage à l’épaisseur. — La même feuille de verre présente inévitablement des différences d’épaisseur. Il s’ensuit forcément qu’après le taillage les verres ronds et ovales présentent les mêmes inégalités. Il est donc nécessaire de procéder à leur classement, et c’est cette opération que l’on nomme passage à F épaisseur.
- Celle-ci est indiquée à l’aide de 26 numéros conventionnels, représentant 26 épaisseurs différentes qui serviront à faire les différents foyers.
- Le passage à l'épaisseur s’effectue au moyen de l’appareil appelé berlinote.
- Fig. 3. — Groupe de 4 machines à polir. Les verres collés sur la balle seront amincis sur leur périmètre et donneront des verres convexes.
- Cet appareil se compose essentiellement d’une table horizontale de faible largeur munie de chaque côté d’une tablette inclinée dans laquelle sont dessi-
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- nées des glissières, au nombre de 7 pour chaque tablette, et auxquelles correspondent en avant et en arrière 7 longues boîtes.
- Au-dessus de la tablette, une barre horizontale est traversée de 14 pièces de fer en forme de boulons fixées, sur cette barre à l’aide d’écrous, et dont la hauteur au-dessus de la tablette horizontale est réglée de 2/10 en 2/10 de millimètre.
- Les verres pris un par un par l’ouvrière sont passés sous les dents de fer de l’appareil jusqu’au moment où leur épaisseur est égale à l’intervalle existant entre la tablette et la partie inférieure de la dent de fer. Ils sont alors poussés par l’ouvrière dans la glissière correspondant à cette dent et, par celle-ci, tombent dans la case située à la partie inférieure avec les autres verres de même épaisseur.
- Glantage. — Les verres ronds ou ovales ainsi classés sont réunis par quantités variant suivant les foyers et accompagnés d’une fiche indiquant le nombre de verres et le foyer à obtenir.
- Ils constituent alors, ce qu’en -terme de métier on appelle des blocs.
- i Ces blocs sont livrés à des ouvriersqui les chauffent au préalable très fortement sur des réchauds spéciaux, puis les enduisent
- sur une face d’une petite masse de ciment assez malléable à base de poix; cette opération se dénomme glantage.
- Dégrossi. — La phase de travail qui suit consiste à dégrossir le verre, c’est-à-dire à lui donner approximativement le rayon de courbure devant engendrer tel ou tel foyer.
- Pour cela l’ouvrier, installé devant son tour à dégrossir, amène en contact avec un outil de fonte, de courbure appropriée, tournant horizontalement à grande vitesse, le verre qu’il tient d’une main, pendant que de l’autre il fait passer sur l’outil le grès humide qui use le verre et lui donne ainsi la courbe désirée.
- Bloquage, douci, poli. — Les verres ainsi dégrossis sont ensuite bloqués, c’est-à-dire juxtaposés sur un outil convenablement chauffé, ayant à peu près la même courbure que ces verres et sur lequel ils se collent par l’intermédiaire de la masse de ciment à laquelle ils adhèrent.
- Les verres destinés à donner des convexes, ainsi
- Fig. 4.
- bloqués sur la surface externe d’une portion de sphère, ou balles, sont ensuite mis en contact avec la face intérieure d’une calotte sphérique en mouvement, enduite d’émeri de plus en plus fin, et convenablement amenés à une courbe parfaite. Cette phase de travail s’appelle le douci.
- Les verres concaves, bloqués à l’intérieur d’une calotte sphérique ou bassin, sont mis en mouvement sur une portion de sphère ou balle et avec les mêmes émeris amenés à une courbe déterminée.
- Il ne reste plus alors qu’à polir ces différents verres au rouge d’Angleterre, matière que l’ouvrier polisseur étale sur des balles (pour les concaves) ou bassins (pour les convexes) montés d’un feutre spécial, et qui viennent frotter sur les verres doucis.
- ‘Les machines à polir pour verres sphériques sont
- ord i n a i r e m en t groupées par 4 et la calotte mobile fixée angulai-rement à l’extrémité d’un arbre vertical, par une monture excentrique, se meut circulair ement sur la calotte immobile.
- Le premier polissage terminé, le verre rendu convexe ou concave sur l’une de ses faces est évidemment resté brut sur l’autre face.
- Certaine catégorie de verres à bon marché est laissée en cet état, sans aucun polissage sur le deuxième côté; on lui donne le nom de koylos.
- Si le verre, au contraire, doit être bi-convexe ou bi-concave, ou périscopique, il lui faut passer une seconde fois par toutes les phases de travail que nous venons d’énumérer, la partie déjà polie étant maintenant enduite de ciment et l’autre face soumise à l’action du grès, des émeris et du rouge à polir.
- Lorsque les verres doivent être très convexes ou très concaves, ils sont placés sur des balles ou bloqués dans des bassins d’un rayon très petit.
- Au cas contraire, où leur concavité ou leur convexité doit être très faible, le rayon de ces appareils augmente considérablement.
- Les rayons de courbures employées pour les verres de lunettes varient ainsi de R = 25 mm, jusqu’à R = 4 mètres ; ceci peut donner une idée de l’énorme quantité de matériel et d’outillage dont doit disposer le fabricant pour donner satisfaction à toutes les demandes.
- Table octogone groupant iô machines à polir pour foyers forts.
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- 392 ======= FABRICATION DES VERRES DE LUNETTES
- Le nombre des machines dont dispose l’usine des Battants pour travailler les verres sphériques est, de ce fait, très important; ces machines sont, comme nous l’avons dit déjà, réunies le plus souvent par 4, et il en existe, dans les ateliers, des batteries consi-dérables; quelquefois aussi ces machines sont groupées par 16 sur une sorte de table de forme octogonale.
- On aura, par ailleurs, une idée assez juste de la consommation formidable de verres de lunettes, quand on saura qu’à elle seule l’usine de la Société des Lunetiers, dans laquelle nous venons de suivre la fabrication, déverse annuellement, sur le marché mondial, plus de 12 millions de verres, qu’elle produit avec sept cenls machines sphériques.
- Décollage. — Mais reprenons notre visite, un
- à l’eau courante et les essuient ensuite. Ils sont alors parfaitement propres, placés dans des plateaux à galeries et portés au magasin de choisissage.
- Choisissage et Empaquetage. — Dans une salle d’un éclairage parfaitement approprié au travail de vérification qu’elles ont à faire, environ 60 femmes ou jeunes filles procèdent au choisissage définitif des 58 à 40 000 verres de lunettes qui arrivent journellement dans leur magasin.
- Ces ouvrières vérifient les verres un par un, mettent à part et renvoient aux ateliers ceux qui présentent des défectuosités de travail, vérifient les foyers, classent les verres par dimensions, épaisseurs, genres, bi-convexes, bi-concaves, plans concaves, et assortissent par teintes les verres de couleur. Ces verres sont ensuite découpés et lapidés en tous cali-
- Fig. 5. — 6o femmes on jeunes filles, dans cet atelier, procèdent au choisissage définitif des 38 à 40000 verres jabriqués journellement.
- moment interrompue, et nous retrouvons les blocs de verres entièrement polis ou polis seulement sur une surface. Après que la première surface des verres convexes ou concaves est terminée, il faut évidemment les détacher de la masse de ciment que forment les blocs et à laquelle ils adhèrent très fortement.
- Cette opération est obtenue par un procédé spécial qui fait que les verres se détachent de leur alvéole avec une très grande facilité. Ce travail de décollage est naturellement répété après que la seconde surface est polie à son tour. • .
- Trempage. Essuyage.—Les ouvrières qui décollent les verres terminés des deux côtés les placent dans des coulisseaux à encoches au fond desquelles ils reposent sur leur tranche. Ces verres, à ce moment, sont souillés de rouge, de ciment, et il est nécessaire de procéder à leur nettoyage. Pour cela les coulisseaux sont portés à l’atelier de trempage et plongés dans de grands bassins en plomb remplis d’eau et d’acide sulfurique au 1 /10e.
- Quand ils ont séjourné dans ce bain pendant 8 à 10 heures, on les retire, et des ouvrières les lavent
- bres dans une usine spéciale que la Société possède à Longueville (Seine-et-Marne).
- Cristal de roche. — Outre les verres blancs et de couleurs, employés par la Société des Lunetiers, pour la fabrication des verres de lunettes, il est encore.fait usage, pour cette fabrication, de cristal de roche venant ordinairement de l’Amérique du Sud ou de Madagascar.
- Ce cristal de roche ou quartz hyalin est expédié en balles d’une centaine de kilogrammes, les cristaux étant cousus, à l’aide d’une lanière de même peau, dans la peau d’un animal fraîchement tué. Cette peau encore chaude et souple au moment de l’emploi ne tarde pas à se dessécher et à se racornir ; à l’arrivée elle forme avec les cristaux qu’elle contient un véritable bloc.
- Ces cristaux sont dressés sur une de leurs bases perpendiculairement aux arêtes de cristallisation. Ils sont ensuite fixés par cette base sur un plan vertical et, à l’aide de câbles d’acier entraînant des matières pulvérulentes extrêmement dures et humectées d’eau, roulant sur des poulies parallèlement i’un à l’autre, et se déplaçant suivant leur axe, le
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- FABRICATION DES VERRES DE LUNETTES ===== 393
- cristal est découpé en lamelles qui sont ensuite travaillées comme le verre ordinaire.
- Ces verres de cristal de roche, outre leur trans-
- sphérique il est fabriqué également, par la Société des Lunetiers, un verre de lunette dit verre cylindrique dont la production est égale actuellement
- Fig. 6. — Sciage du cristal de roche. Le quartz est découpé en lamelles perpendiculaires aux arêtes de cristallisation à l’aide de câbles d’acier.-
- parence, présentent cette particularité de ne pas se couvrir de buée, ou très peu, lorsque leur porteur, venant du dehors ou du froid, pénètre dans une salle surchauffée et dont l’atmosphère est saturée de vapeur d’eau.
- Leur prix par contre est très élevé, en raison tout d’abord du déchet considérable à l’arrivée, beaucoup de ces cristaux présentant intérieurement des parties nuageuses qui en interdisent l’emploi, et par suite des pertes occasionnées par la difficulté d’obtenir des verres qui soient rigoureusement perpendiculaires à l’axe, pour éviter les effets de la bi-réfringence, ainsi que par la difficulté de travailler cette matière.
- Cylindriques. — Indépendamment des verres de lunettes de forme ovale ou ronde et de courbure
- au dixième de la production totale de l’usine, et va toujours en augmentant. Ce verre coupé en carré est travaillé sur une portion de cylindre de courbure appropriée alors que les verres ronds ou ovales sont sur une portion de sphère.
- Toutes les phases de la fabrication de ce genre de verre sont les mêmes que pour les verres sphériques, desquels ils ne diffèrent que par leur forme carrée et leur courbure engendrée par un cylindre, d’un rayon plus ou moins grand, suivant le numéro à obtenir.
- Dans le vaste hall où sont groupées les batteries de machines cylindriques, grâce à une combinaison d’engrenages et d’excentriques, la pièce mobile (balle ou bassin) se meut sur l’autre pièce en un mouvement de va-et-vient, d’avant en arrière, et de gauche à
- Fig. 7. — Une machine à polir pour verres cylindriques. Les verres coupés en carrés seront ensuite arrondis ou ovalisés.
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- droite, sous la surveillance des ouvriers. Ce travail se poursuit à grand bruit. Les verres cylindriques sont livrés soit en plans cylindriques, c’est-à-dire avec leur deuxième surface travaillée plan, soit en "'sphéro-cylindriquesV c’est-à-dirë avec' lé 2e côté surfacé d’un numéro sphérique approprié.
- Mais dans tous les cas, qu’ils soient plans cylindriques ou sphéro-cylindriques, ils constituent une catégorie très distincte de verres spéciaux, bien appropriés aux différentes altérations de la vision, et d’ailleurs font l’objet presque exclusif des ordonnances de messieurs les oculistes qui mettent à profit la propriété qu’a le cylindre de corriger l’astigmatisme, ce défaut si fréquent de l’œil.
- Toriques. — Il est de plus fabriqué, à l’usine des Battants, un verre spécial, dit verre torique, épousant absolument la forme de l’œil, et qui constitue un progrès énorme sur les autres genres de verres. Ce verre torique est poli sur une minuscule machine créée pour cet usage, spéciale à cette usine, et qui est une véritable petite merveille.
- Refoulage des grosses pièces optiques. — Lorsqu’il s’agit d’obtenir de grosses pièces pour lesquel-
- les la matière livrée par les verreries ne présente pas assez d’épaisseur, le fabricant a recours au procédé suivant appelé refoulage.
- Les morceaux de glace ou dalle de St-Gobain sont ramollis dans un four chauffé à 800° et utilisés par refoulement.
- Le bloc de verre ramolli étant placé dans un moule de courbure et de forme appropriées, une sorte de coin est abaissé à l’aide d’un balancier et le bloc comprimé entre les deux pièces prend la forme de celles-ci.
- Ce procédé de refoulement est surtout utilisé pour la fabrication des verres convexes ou concaves à faces fortement incurvées. qu’on n’obtiendrait au polissage qu’après un long travail et beaucoup de perte de matière.
- C’est par cette méthode qu’on obtient les réflecteurs d’automobile ou miroirs Mangin, les lentilles de loupes ou de condensateurs, les prismes de toutes sortes et autres pièces de même nature et de grandes dimensions qui sont fabriquées en grandes quantités par la Société' (les Lunetiers.
- Georges Lanorville.
- PHILIPPE VAN TIEGHEM
- Philippe van Tieghem, qui vient de mourir à 75 ans, le 29 avril, était secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences depuis 1908 et aussi doyen, par l’ancienneté, sinon par Page, de la savante compagnie. On voit disparaître avec lui l’une des plus glorieuses figures dé la science de notre pays; c’était le maître 'incontesté de tous les botanistes français qui, de près ou de loin, sont presque tous ses élèves. Il devait sa situation prépondérante à l’immensité de son labeur, à l’importance de ses découvertes, à la probité de sa vie scientifique, à la noblesse de sa personnalité morale.
- Yan Tieghem était absolument fils de ses œuvres. Il était né le 19 avril 1859 à Bailleul (Nord); son père, qui faisait le commerce des Antilles, était mort de la fièvre jaune avant sa naissance, et sa mère, après lui avoir donné le jour, ne tarda pas à succomber sous le chagrin qui l’accablait. Orphelin dès sa plus tendre enfance, le jeune Philippe fut élevé par son oncle et sa tante, Paul et Stéphanie Bubbe, puis par ses sœurs; sa jeunesse connut plus la sévérité puritaine que la joie et; la gaîté', il apprit ainsi de bonne heure à compter surtout sur lui-même. Reçu second à l’Ecole normale supérieure en 1858, il y conquit ses grades et devint agrégé des sciences physiques et naturelles en 1861. Apprécié de ses maîtres, il fut agrégé-préparateur de Botanique et de Minéralogie à sa sortie de l’Ecole. Sous la direction de Pasteur, il prépara sa thèse qui porta sur la fermentation ammoniacale. Il entrait donc dans la science sous la forte discipline de ce grand homme et c’est ainsi que ses premières recherches furent
- orientées vers les infiniment petits. C’est par leur étude qu’il se classa rapidement hors de pair. Sa thèse fut considérée comme un travail de Chimie et le conduisit au doctorat ès sciences physiques ; mais il "avait la ferme intention de devenir botaniste et il prépara résolument un second doctorat sur les Aroïdées; c’est'en 1867 qu’il conquit ce nouveau grade. Il fut nommé, en 1864, maître de conférences de Botanique à l’Ecole normale, après la mort de Dalimier, chaire occupée précédemment par Payer.
- Les sciences naturelles, à celte époque, n’avaient guère droit de cité dans l’enseignement secondaire et la place qu’elles occupaient rue d’Ulm était bien restreinte. Yan Tieghem n’avait qu’un petit laboratoire sous le toit, à côté des salles d etude des élèves de troisième année : c’est là qu’il fit ses belles recherches sur les Mucorinées qui ont'contribué puissamment à faire connaître son nom en France et à l’étranger. C’est d’abord seul, puis avec la collaboration de son premier élève, Le Monnier, qu’il découvrit tout un monde nouveau qui, par la richesse de son polymorphisme, par l’élégance de ses arborisations, de ses festons et de ses fructifications, émerveilla les botanistes. C’est l’ensemble de ses travaux sur les Champignons microscopiques qui classèrent van Tieghem parmi les premiers crypto-gamistes de son temps et le conduisirent tout jeune, à 37 ans, à l’Académie des Sciences et bientôt au Muséum d’Histoire naturelle où il devint professeur-administrateur en mai 1879.
- En réalité, il avait beaucoup d’autres titres 'aux
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- suffrages de ses collègues, car il avait mené de front, avec les études capitales dont il vient d’ètre question, un très grand nombre d’autres recherches importantes. Elève de Pasteur, il ne pouvait se désintéresser des Bactéries et il porta une vive lumière sur la partie botanique de leur histoire ; il a été un des premiers à signaler leurs affinités avec les Algues bleues. L’étude de la gomme des sucreries, qui envahit parfois entièrement les cuves des fabricants de sucre, lui révéla nettement des ressemblances frappantes avec les Nostocs, ces masses gélatineuses tremblotantes vert bleuâtre qu’on voit se développer parfois sur le sol. La parenté ainsi mise en lumière a été confirmée par l’examen d’autres types bactériens. Un bacille particulier fixa l’attention de van Tieghem, l’Àmylobacter, qui est le grand agent de' destruction des matières végétales. C’est un des organismes les plus répandus, qui joue un rôle capital dans le retour à l’état plus simple des composés organiques"; il a d’ailleurs rempli cette fonction capitale dans les temps passés. Ce résultat fut étendu par le paléontologiste Renault, qui découvrit dans la houille de nombreuses espèces de Bactéries, agents delà formation de cette roche.
- La physiologie, qui avait fait l’objet des premières recherches de van Tieghem, devait, à maintes reprises, attirer à nouveau son attention.
- Parmi les travaux où se révèle le plus son ingénieuse habileté et son esprit inventif, je citerai ceux qui ont porté sur les germinations fractionnées et dans lesquels il montra le rôle de l’albumen en nourrissant de jeunes embryons à l’aide d’une pâte artificielle dans le cas de graines où la partie albumineuse a été enlevée. Ses études sur la vie dans l’huile, sur la germination du pollen sont également des plus intéressantes.
- Mais c’est surtout l’Anatomie végétale qui a absorbé sa puissante activité. L’analyse de son œuvre dans ce domaine est impossible parce qu’elle est immense ; elle rappelle les monuments des bénédictins. Ses premières recherches sur les Aroïdées le conduisirent à la découverte des principes qu’il devait .établir et confirmer plus tard sur la symétrie des plantes. Il introduisit dans un pareil domaine une précision et une rigueur mathématique qui
- surprirent les naturalistes. Les organes une fois bien définis par la structure, il appliqua sa méthode à la solution d’une multitude de questions touchant la structure du pistil (mémoire qui obtint le prix Bordin en 1867), la constitution de l’ovule, l’orientation de l’embryon, la constitution de la graine, etc. Cette œuvre fut couronnée par un grand mémoire sur la racine en 1871.
- Dans ces travaux de' jeunesse, on voit apparaître les ébauches de tous ceux qui, repris à l’âge mûr, devaient illustrer la fin de sa vie ou servir de point de départ aux recherches de ses élèves qui se pressèrent en grand nombre, attirés par son immense savoir et par l’aménité de son caractère.
- Dès 1871, il aborde l’étude du tissu sécréteur, ce qui le conduit à montrer, dans des mémoires extrêmement nombreux et étendus, toutes les applications heureuses et parfois inattendues que l’on peut faire de l’anatomie à la classification pour découvrir les affinités souvent obscures des végétaux. Parmi les exemples les plus remarquables à citer, on doit mentionner ceux des Conifères, des Ombellifères et Pittospo-rées, etc. Sur l’Anatomie pure, ses travaux sont infiniment nombreux et ne peuvent être analysés ici faute de place.
- L’Anatomie expérimentale et l'étude de l’action du milieu, qui a pris dans ces dernières années une importance considérable, se trouvent en puissance, dans ses mémoires sur l’Utriculaire (1868) et sur la Moschatelline (1880). La question des parasites est une de celles qui l’ont le plus passionné. Dès 1870, il pose les premiers jalons de cette étude par l’examen du Gui et des Santalacées ; mais c’est à partir de 1895 qu’il attaque ce problème avec un redoublement d’activité et les mémoires, les notes se succèdent sans interruption. Ces travaux devaient d’ailleurs servir de préface à la grande enquête sur l’immensité de la classification du règne végétal et l’un de ses derniers grands mémoires porte sur l’œuf des plantes et sur l’ovule comme base des groupements des plantes en famille (1901).
- On est saisi d’étonnement et d’admiration devant l’énormité du labeur fourni par un seul homme. Il suffisait à une telle tâche avec. simplicité, sans
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- fatigue, grâce à un esprit d’ordre merveilleux qui l'empêchait de perdre un seul instant. En plus de ses travaux scientifiques, il faisait face à de nombreuses fonctions qui eussent accablé tout autre que lui. Professeur de Biologie à l’École centrale des Arts et Manufactures de 1873 à 1886, professeur à l’École normale de jeunes filles de Sèvres de 1885 à 1912, professeur de Biologie végétale à l’Institut agronomique de 1898 à 1914, il a partout provoqué l’admiration de ses élèves par l’élégance, la sobriété, la logique d’une parole admirablement ordonnée, méthodique et toujours au courant des progrès de la
- restées célèbres et des savants de grande notoriété sont venus souvent de bien loin recueillir sa parole. Son Traité de Botanique est un véritable monument et sous la forme d’Éléments il a pénétré partout dans l’Enseignement.
- La mort de van Tieghem creuse un vide profond dans la science française ; c’est un chef et un maître vénéré et aimé de tous ceux qui l’ont connu qui disparaît. Une consolation, si l’on peut en avoir une devant un tel deuil, est qu’il laisse après lui le noble exemple d’une vie pleine de grandeur entièrement consacrée au culte passionné et exclusif de la
- J. Costantix, Mnmbre de l'Institut.
- science. Certaines de ses leçons au Muséum sont
- vérité désintéressée.
- LES CORDEAUX DÉTONANTS ET L’AMORÇAûE LHEURE
- Les besoins toujours croissants de l’industrie et les exigences grandissantes de l’art militaire ont conduit, non seulement à employer des quantités d’explosifs de plus en plus considérables, mais aussi à les mettre en œuvre par masses de plus en plus grandes, soit en concentrant toute la masse en une charge unique, soit en divisant cette masse en un nombre plus ou moins grand de charges, distinctes, mais appelées à détoner toutes au même instant;
- C’est ainsi que, récemment, à Panama, pour détruire le dernier barrage du canal qui séparait les deux océans, on a fait détoner, d’un seul coup, 20 tonnes de dynamite.
- La raison de l’emploi des explosifs par grandes masses est facile à saisir : l’effet utile de l’explosif, c’est-à-dire son effet de dislocation, est accru généralement dans une proportion importante par le fait de la détonation simultanée de plusieurs charges voisines, et, d’un autre côté, certains effets de rupture ne peuvent être obtenus que par la concentration en un même point d’une masse considérable d’explosif.
- Le problème s’est ainsi posé d’obtenir la détonation complète et instantanée d’une grosse masse d’explosif concentrée en une charge unique ou divisée en des charges distinctes.
- Ce problème est d’ailleurs, même dans l’hypothèse d’une charge unique, moins simple qu’il ne le
- paraît au premier abord et cela tient à ce que la transmission de la détonation dans l’intérieur d’une masse.d’explosif obéit à des lois fort complexes et variables avec la nature de l’explosif, si bien qu’un explosif peut avoir une grande puissance et transmettre néanmoins assez mal la détonation.
- C’est un fait d’expérience que, même avec des explosifs très puissants, la détonation provoquée en un point d’une masse d’explosif ne se transmet pas forcément à toute la masse, dès que cette masse devient tant soit peu considérable.
- Une partie de la charge peut ainsi échapper à l’explosion et se comporter comme une matière inerte; elle se trouve alors mélangée aux débris produits par l’explosion, et, comme elle a conservé son pouvoir explosiE et que généralement rien ne décèle sa présence, elle peut donner lieu plus tard à des accidents graves.
- Il y a donc dans la recherche de la détonation complète de l’explosif autre chose qu’une question d’économie et de rendement, il y a une haute question de sécurité. Ce phénomène, d’une portion de l’explosif échappant à la détonation, se produit d’ailleurs non seulement quand la masse d’explosif est constituée par des cartouches ou des charges distinctes simplement juxtaposées, mais encore quand elle est parfaitement continue et malgré le bourrage qui, d’une manière
- Mèche de mise de feu'-..
- Bourrage, en terre
- ''Cartouches
- Fig. ï. — Coupe par l’axe d’un trou de mine [Amorçage usuel).
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- LES CORDEAUX DÉTONANTS ET L'AMORÇAGE LHEURE= 397
- générale, favorise la transmission de la détonation.
- En fait, le problème est double : il faut trouver le moyen de faire détoner au même instant des charges séparées, et il faut aussi trouver celui de faire détoner complètement une charge donnée.
- La première partie du problème est celle qui a tout d’abord attiré les chercheurs et elle a été résolue par l’emploi de l’électricité et par l’emploi des cordeaux détonants.
- Mais il n’en a pas été de même de la seconde partie, plus spéciale et plus particulièrement délicate : celle-ci n’a été vraiment résolue qu’à partir du
- Mèche de
- mise de Terrain
- naturel
- ^Cartouches ^''d'explosif
- Fig. 2. — Coupe par l'axe d'un trou de mine (Amorçage Lheure).
- gences multiples des grands travaux publics : c’est ainsi qu’on a employé un cordeau Lheure au trini-trotoluène pour faire exploser simultanément 125 coups de mine renfermant ensemble 3250 kg de dynamite lors de la destruction du souterrain d’Hollebeck1 en Belgique le 3 novembre 1910, et que plus récemment, le 22 mai 1913, on s’est servi du même cordeau pour obtenir l’explosion simultanée de 259 coups de mine, chargés de 600 kg de dynamite dans le sautage du rocher de Torméry [Savoie (2)].
- Les « cordeaux détonants » ou « tubes détonants »
- moment où M. Lheure a montré qu’on pouvait obtenir la détonation complète d’une charge de mine quelconque, si longue qu’elle fût, par une transformation très simple des cordeaux détonants devenus, non plus de simples transmetteurs île feu-, mais de véritables engins détonateurs, d’énergie comparable à celle des amorces au fulminate et possédant en plus une souplesse parfaite.
- C’est à ce titre que les artifices en question méritent d’être étudiés d’une façon particulière et, à ce titre aussi que, par leur rusticité et par leur facilité et sécurité d’emploi, ils sont par excellence des engins militaires.
- Ces qualités d’ordre militaire ne les empêchent pas d’ailleurs de s’adapter parfaitement aux exi-
- se présentent sous forme de longs tubes filiformes de quelques millimètres de diamètre ; l’intérieur de ces tubes est rempli d’un explosif brisant tel que coton-poudre, mélinitc, trinitrotoluène’, etc. ; quant au tube lui-même, il est constitué par un métal mou (plomb ou étain).
- On les fabrique d’une façon relativement très simple en étirant au laminoir ou à la filière un gros tube de plomb ou d’étain préalablement rempli d’explosif.
- Le tube, qui n’a au début que quelques mètres de longueur, arrive ainsi en fin d’opération à en
- 1. Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France. Novembre 1910.
- 2. Yoy. n° du 7 juin 191ô.
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- LES CORDEAUX DÉTONANTS ET L'AMORÇAGE LHEURE
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- avoir une centaine : il est alors enroulé en couronnes comme les mèches ordinaires dont se servent les mineurs.
- A partir de ce moment, on peut couper ces cordeaux, les soumettre à des chocs ou à des frictions violentes, bref les maltraiter de toutes façons sans risquer de les faire détoner prématurément.
- Même dans un foyer ardent, ils ne détonent pas ; ils brûlent lentement et tranquillement.
- Pour obtenir leur fonctionnement détonant il est indispensable de les exciter d’une façon spéciale et particulièrement violente au moyen d’une amorce au fulminate chargée de 1 gr. ou 1 gr. 50 de fulminate de mercure qu’on fixe à Lune de leurs extrémités et qui jouit de la propriété de faire explosion sous l’action de la simple flamme d’une mèche ou d’une amorce électrique ordinaire.
- Sous l’action de cette amorce au fulminate, le cordeau détonant détone avec une vitesse, variable pour les différents cordeaux, mais qui est de l’ordre de 6000 mètres par seconde.
- Cette vitesse est suffisante pour que le cordeau détonant puisse servir, au même titre que l’électricité, à actionner les différents détonateurs d’un groupe de charges explosives, que l’on veut faire détoner simultanément.
- En fait, c’est précisément pour réaliser des explosions simultanées et en vue des usages militaires que les cordeaux détonants ont été imaginés vers 4880 par la Commission française des substances explosives (x), et c’est cette Commission qui a étudié les propriétés du nouvel artifice et qui a fixé la manière de P utiliser.
- Une dizaine d’années plus tard, vers 1890, MM. Mallard et Lechâtelier tentèrent d’utiliser les cordeaux détonants dans les mines.
- Ces deux savants qui avaient constaté la grande sécurité qu’offrait l’emploi du cordeau en présence du grisou, cherchaient à adapter cet artifice au tirage des coups de mine dans les galeries grisouteuses.
- Toutefois leur tentative n’eut pas de succès et les cordeaux détonants ne pénétrèrent pas dans les mines.
- D’ailleurs, les progrès effectués dans le tir par l’électricité enlevèrent bientôt tout intérêt au cordeau détonant en tant qu’engin transmetteur de feu dans les exploitations souterraines et, pendant très longtemps, l’emploi de cet artifice resta strictement limité aux usages militaires en vue desquels il avait été créé.
- Mais en 1904, au cours de recherches personn lies sur les explosifs, M. Lheure, ingénieur des Poudres et Salpêtres, constata que le cordeau détonant n’est pas seulement un engin détonant très sûr, mais qu’il peut aussi, sous certaines conditions, constituer un engin détonateur extrêmement puissant, et qu’en outre ce détonateur d'un nouveau genre possède la souplesse en même temps que la
- —1. Mémorial des poudres et salpêtres, loir.e II.
- puissance, ce qui permet, en l’employant convenablement, d’obtenir, à coup sûr, la détonation complète d’une charge de mine quelconque.
- A l’amorçage en bout seul usité, et regardé comme seul possible jusqu’alors, M. Lheure substituait l’amorçage sur toute la longueur de la charge.
- L’idée en soi était très simple, mais en même temps très pratique et très originale comme on va le voir.
- Pour comprendre la nouveauté et l’intérêt de l’amorçage Lheure il faut considérer qu’une charge de mine (fig. 1) est constituée par une série de cartouches longues et minces enfoncées l’une après l’autre dans un trou dont le diamètre ne dépasse guère 5 à 4 centimètres et dont la longueur est de l’ordre du mètre (à Ilollebeck la longueur des trous de mine variait de 0 m. 70 à 1 m. 90; à Torméry elle allait de 0 m. 60 jusqu’à 4 mètres).
- La dernière cartouche est munie à son extrémité d’un détonateur au fulminate de mercure susceptible d’être actionné par une mèche ou par un courant électrique et c’est ce détonateur seul qui, dans l’amorçage usuel, doit provoquer la détonation de toute la charge explosive.
- Un bourrage en terre, placé au-dessus de cette charge, achève le remplissage du trou de mine et augmente les effets de l’explosion en retardant la détente des gaz.
- On a donc, en définitive, dans les trous de mine des charges explosives longues et minces dont on provoque l’explosion par un amorçage en bout.
- La pratique montre que cet amorçage n’a pas une efficacité suffisante pour les explosifs de mine qui sont en général des explosifs peu sensibles et que nombreux sont les coups de mine dans lesquels il reste un culot explosif ou explosif « non détoné » qui se mélange aux déblais, constituant ainsi un danger des plus sérieux.
- Les accidents causés par ces explosifs « non dé-tonés » sont constants et, sans remonter bien loin, on peut rappeler que le 17 juin 1913, aux travaux du canal de Luq-Àcherey, un terrassier a fait éclater, d’un coup de pic, une cartouche de dynamite « non détonée » et qu’une dizaine d’ouvriers ont été blessés, dont 5 mortellement, par cette explosion inopinée.
- L’amorçage système Lheure (fig. 2), consiste essentiellement à substituer au détonateur usuel placé en bout de la charge un détonateur très allongé allant de bout en bout de la charge de mine, ce détonateur allongé étant constitué par un cordeau détonant de grosseur appropriée à la sensibilité de l’explosif.
- Avec l’amorçage usuel (fig. 1) l’onde explosive provoquée en A par le détonateur avait à parcourir dans l’explosif la longueur AB qui est de l’ordre de 1 mètre.
- ,j Avec l’amorçage Lheure (fig. 2) c’est le détona-; teur lui-même qui va de A en B et l’onde explosive n’a plus à parcourir dans l’explosif qu’un chemin
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- —-........... ..................: PROJECTILES
- égal au rayon des cartouches, c’est-à-dire 1 à % centimètres.
- Le dispositif (1) exige un parcours d’onde explosive d’autant plus long qu’il y a plus de cartouches, c’est-à-dire une charge plus forte; le dispositif (2) n’exige de l’onde que le même parcours, de 1 à 2 ' centimètres, quel que soit le nombre des cartouches de la charge.
- Il est facile de comprendre que les interruptions de détonation, possibles théoriquement et pratiquement fréquentes avec l’amorçage en bout du dispositif (1), sont rendues complètement impossibles théoriquement avec l’amorçage de bout en bout du dispositif (2).
- On conçoit également qu’avec ce dernier amorçage où l’onde ne parcourt que 1 ou 2 centimètres, on puisse faire détoner complètement n’importe quelle matière explosive, si peu sensible qu’elle soit, en ayant recours à des cordeaux quelque peu puissants.
- Ce.n’est pas seulement en théorie que le système d’amorçage Lheure se montre satisfaisant : Fauteur a rendu son système parfaitement pratique en créant un cordeau au trinitrotoluène, dont l’efficacité ne laisse rien à désirer, dont le maniement ne présente aucun danger et qui est en même temps suffisamment économique pour pouvoir être employé dans l’industrie.
- Quelques mines à l’avant-garde du progrès (les mines de Lens en particulier) ont introduit le nouvel amorçage dans leurs exploitations et sont parvenues par ce moyen non seulement à suppprimer les détonations incomplètes, mais encore à augmenter très sensiblement le travail de leurs explosifs (*).
- PROJECTILES I
- Pour améliorer le coefficient balistique des projectiles, on cherche depuis longtemps à les fabriquer avec un métal aussi lourd que possible. A cet égard, le tungstène se présente dans des conditions particulièrement intéressantes, puisque sa densité est de 19,13. Celle de l’acier est 7,92, celle du cuivre 9,00, celle du plomb durci coulé 8,88. Aussi, depuis longtemps déjà, a-t-on envisagé l’emploi du tungstène pour les projectiles. Dans la Revue d’artillerie, M. le capitaine Roger-Vasselin fait l’historique de ces tentatives et donne quelques indications sur les études faites en France.
- De 1901 à 1907, dit-il, des expériences furent faites à la Commission de Versailles, sur des balles fabriquées par l’Ecole de Pyrotechnie et composées d’un alliage de tungstène. Leur densité moyenne était de 14. MM. Der-guesse et Wyckoff ont breveté en février 1909 (brevet français 399 666) un alliage de fer et de tungstène très dense à 79-67 pour 100 dé fer. La Commission de Versailles commença une série d’expériences sur des balles dont le noyau était constitué par ce nouvel alliage. Les
- 1. Annales des Mines (août 1907) et Bulletin de l’Industrie minérale.
- N TUNGSTENE 399
- Le dispositif d’amorçage précédemment décrit est le dispositif type ; il comporte naturellement des variantes pour les différents cas de pratique.
- On peut notamment, pour faciliter le chargement des trous de miné, disposer le cordeau sur le côté des cartouches (au lieu d’embrocher celles-ci sur le cordeau) et prolonger le cordeau jusqu’à le faire sortir complètement du trou de mine (fig. 3).
- C’est ce dispositif qui a été employé à Hollebeck et à Torméry où l’on voulait combiner l’amorçage de bout en bout avec le tir simultané d’un grand nombre de charges de mine.
- Il a suffi pour obtenir ce dernier résultat de relier par un cordeau détonant transmetteur de feu tous les tronçons de cordeau détonant amorcés qui sortaient des trous de mine.
- C’est le fait de la simultanéité d’un grand nombre d’explosions déchargés déminé, simultanéité obtenue par l’emploi d’un cordeau détonant, qui paraît avoir seul retenu l’attention des spectateurs et avoir fait l’objet des comptes rendus de la presse.
- Le système d’amorçage intérieur des charges méritait également d’être signalé, car, s’il était nécessaire, dans ces explosions considérables de centaines ou de milliers de coups de mine, de porter la détonation dans toutes les charges à la fois, il n’était pas moins indispensable de faire participer à l’explosion la charge complète de chaque trou de mine et cela pour éviter l’ensemencement des déblais avec des cartouches d’explosif non détoné et prévenir les ao-cidents, terribles peut-être, qui auraient pu en être la conséquence. À. Bérard,
- Inspecteur général eu retraite.
- Directeur honoraire des Poudres et Salpêtres
- i TUNGSTÈNE
- expériences furent tenues secrètes. Toutefois, on en eut vent à l’étranger, car des journaux techniques suisses et allemands signalèrent que les projectiles Derguesse ont perforé à 1000 m. les plaques qui, à 600 m., protègent contre la balle D.
- Il est hors de doute, dit M. Roger-Vasselin, que la balle au tungstène présente de grands avantages. A égalité de poids, en raison de la plus forte densité de leur métal, elles ont sur les autres balles l’avantage de n’offrir à la résistance de l’air qu’une surface moindre de trois dixièmes.
- Pourquoi donc la balle au tungstène n’est-elle pas dès maintenant adoptée? C’est surtout une question de prix. Le tungstène est rare. Sa production atteint annuellement dans le monde entier 2000 à 3000 tonnes au maximum. Et cependant il a de nombreuses applications : les ferro-tungstènes employés en sidérurgie, et la fabrication des filaments des lampes électriques à incandescence modernes. Pour faire un demi-milliard de balles à 16 gr. de tungstène et 100 millions de balles de shrapnels à 10 gr. de tungstène, il faudrait un approvisionnement de 10 000 tonnes du précieux métal. On voit de suite combien serait difficile et coûteux cet approvisionnement.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mai 1914. —
- Le fer du Calvados. — M. Douvillé dépose un Mémoire de M. Cayeux, dans lequel l’auteur expose les résultats des recherches entreprises sur son conseil par différentes sociétés minières et métallurgiques pour découvrir le prolongement oriental du hassin de May (Calvados) et celui de la couche de minerai exploitée à May. Une trentaine de sondages opérés en 1911 et 1912 ont mis en lumière plusieurs faits intéressants. Le hassin a été suivi jusqu’à l’est des premiers contreforts oxfordiens où s’est arrêtée l’exploration. En même temps qu’ils ont doublé la longueur reconnue du gîte — elle est maintenant d’une quarantaine de kilomètres — les sondages ont révélé l’existence de minerai de fer exploitable dans les schistes à calymènes. En outre, ils ont établi cette particularité, importante au point de vue économique, que, vers l’est, la formation silurienne sc rapproche de plus en plus . du chemin de fer de Caen à Paris et qu’elle traverse la ligne de Mézidon à Caen.
- Préparation du germanium. — M. Moureu remet une
- Présidence de M. Appell.
- Note de M. Jacques Bardet sur la préparation du germanium. L’auteur avait précédemment annoncé que parmi les « corps rares » contenus dans l’eau de Vichy se trouve le germanium. L’auteur a traité 100 kg du résidu terreux qui se précipite au cours de l’évaporation des eaux destinées à la fabrication des sels de Vichy. Ces 100 kg de résidus coi’respondent à 250 tonnes d’eau minérale. En procédant par des séparations régulièrement suivies au spectrographe pour ne pas perdre le précieux métal, il est arrivé à obtenir G centigrammes d’oxyde de germanium pur. Cette quantité correspond à une teneur de l’eau égale à 24 cent-millionièmes de milligramme par litre d’eau. On peut comparer ce genre d’analyse à l’extraction du radium. Dans cette extraction également on procède par séparation en suivant les’opérations, non pas toutefois au spectrographe mais à l’électroscope. Grâce au nouveau moyen d’analyse, il est possible d’obtenir des quantités infimes de matières, qu’on n’aurait jamais pu isoler par les anciennes méthodes. C11. de Viixedeuil.
- LA JUNGLE AU CIRQUE
- La Maison Karl Hagenbeck, dirigée par les deux fds de son regretté fondateur, a inauguré à
- bondit en pleine liberté sur un promontoire de rochers qu’entoure:un fossé profond-de sept mètres, invisible pour le public, qui peut s’offrir l’illusion de croire qu’il passe quelques heures en contact avec les terribles carnassiers. Dix tigres du Bengale forment un autre tableau impressionnant. Des singes gambadent librement de roche en roche, et des perroquets et autres oiseaux peu-
- l’Olympia de Londres, vaste établissement où se tiennent les expositions d’automobiles, un spectacle qui constitue une innovation intéressante.
- Des centaines de fauves et d’oiseaux sauvages, amenés de Hambourg, ont été installés dans des décors qui reconstituent leurs habitats respectifs. Autour d’une mare africaine entourée de palmiers verdoyants, des zèbres et des antilopes suivent les ébats des pélicans et des grues. Dans un décor australien, des flamands et autres oiseaux propres à rîle-continent retrouvent une parfaite reconstitution de leur pays d’origine. Une troupe de lions
- Deux paysages reconstitués : Un rivage polaire.
- plent les ramures des arbres. Ailleurs, ce sont des ours blancs, des lions de mer et des pingouins qui peuplent un coin de rivage polaire. Nous ne pouvons qu’applaudir à ce genre de spectacle, qui donne aux foules le goût des études d’histoire naturelle.
- Le Gérant : P. Mxssox. — Imprimerie Laiiüke, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2138.
- 16 MAI 1914.
- LA NOUVELLE GARE SAINT-LAZARE AÉRIENNE
- Dans un précédent article, nous avons montré quelles modifications seront prochainement introduites dans la disposition des voies aboutissant à la gare Saint-Lazare afin de remédier à la gène introduite dans le service général par l’exiguïté du goulot des BatignoUes. Huit voies souterraines, creusées
- barquement trop étroits et toujours encombrés de tricycles pleins de bagages, se croisant dans les deux sens. Les bagages, causes de l’encombrement, en sont aussi les victimes et les voyageurs doivent attendre dans la salle de distribution trop exiguë l’arrivée souvent très tardive des colis qu’ils dé-
- Fig. i. — Aspect de la future gare Saint-Lazare. On remarque, à Vavant des quais, les monte-charges récemment construits; sur la droite de la figure, une galerie souterraine réservée à l’acheminement des bagages destinés aux fourgons d’avant; au fond, les monte-charges de ces bagages.
- sous la gare actuelle, faciliteront le trafic à la surface.
- D’autres améliorations sont en cours d’exécution ; elles se rapportent à l’aménagement de la gare elle-même et à la manutention des bagages. Nous allons les étudier sommairement.
- Les huit voies souterraines de lu gare Saint-Lazare auront permis de décongestionner, non seulement le goulot d’entrée, mais aussi tous les services annexes. Les voyageurs connaissent les difficultés de se créer un passage sur les quais d’em-
- sirent emmener avec eux. De-ci de-là, quelques modifications de détail avaient été apportées par l’ancienne compagnie de l’Ouest, mais toutes étaient demeurées insuffisantes par suite de l’impossibilité de s’agrandir devant laquelle on se heurtait.
- Si on compare les deux plans de la gare actuelle et de la gare future, on constate d’abord la disparition d’une partie des anciennes constructions qui formaient un angle avec les plus récentes et devant lesquelles s’arrêtaient les trains des grandes lignes. Le hall donnant accès sur les quais se prolonge
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- 42e Année. — 1" Semestre.
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- maintenant en ligne droite sur la même longueur que la salle des Pas-Perdus et parallèlement à cette salle; Les quais des grandes lignes vont donc être légèrement prolongés pour se présenter à la même hauteur que ceux des lignes de la banlieue.
- De plus, les bureaux actuellement élevés entre les voies de la grande banlieue disparaîtront ainsi d’ailleurs què les sçrvices (ateliers de l’équipe volante, lampisterie, usine électrique) qui se trouvent encore à l’entrée du pont de l’Europe. La disparition de ces constructions va donner un peu d’air à l’énorme plate-forme sur laquelle reposent les voies, et la descente à l’étage inférieur des lignes électrifiées d’Auteuil et de Saint-Germain permettra de diminuer le nombre des voies de surface qui ne seront plus que 24 au lieu de 27. Du coup la largeur des quais pourra être augmentée sensiblement : certains d’entre eux auront 8 et même 9 m. Quant à leur longueur, elle augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne du côté de la rue de Rome pour se diriger vers la rue d’Amsterdam; elle passe de 195 m. à 500 mètres.
- Une importante mesure a encore été prise pour moderniser le service de distribution des bagages à l’arrivée.
- Actuellement encore, les voitures de ville se présentent à la cour d’arrivée, longue et étroite, par la place de Budapest et descendent une forte rampe. Cette cour est limitée, du côté de la gare, par les locaux réservés aux bagages, ceux de l’octroi, de la douane et même des bureaux administratifs. D’autre part des immeubles ferment cette cour sur l’angle que font les rues de Londres et d’Amsterdam et ne lui laissent que l’étroit passage en pente pour l’entrée des véhicules et une sortie insuffisante sur la rue d’Amsterdam. Tous ces immeubles vont disparaître. La cour intérieure pourra ainsi être couverte entièrement et, par une heureuse coïncidence, le sol de cette couverture qui aboutira au premier étage des bâtiments actuels, se trouvera être à la même altitude que la place de Budapest. La livraison des bagages s’effectuera donc pour ainsi dire au niveau du sol, alors que, depuis la sortie des trains, ils s’élèveront par un chemin de roulement, jusqu’au premier étage. Non
- seulement la gare disppsera d’,un espace plus considérable pour la répartition des bagages sur les tables de livraison, mais les services de la consigne à l’arrivée, des douanes et de l’octroi bénéficieront encore largement de la transformation.
- Bagages au départ. — Ces améliorations eussent été de peu de valeur si l’Administration de l’Ouest-Etat avait conservé le mode actuel et suranné d’acheminement des bagages au départ. Ce mode était condamné dès les premières conversations relatives à la transformation de la gare et on peut dire que les premiers travaux lui ont été réservés. Ces tra-vaux'avancent d’ailleurs rapidement.
- Les voyageurs accompagnés de bagages s’arrêteront devant le pavillon en façade sur la cour du Havre. Des hommes chargeront les colis sur des tricycles et les dirigeront devant des rangées de bascules où ils seront pesés aussitôt. On remettra au voyageur un ticket portant le nombre et le poids de ses colis, et sans plus s’en occuper, celui-ci montera l’escalier qui le conduira à la salle des)- Pas-Perdus où al prendra son billet et fera enregistrer ses bagages à un bureau voisin, ;
- Les bagages, aussitôt pesés, seront dirigés dans une vaste salle arrière, triés en colis destinés ;à l’avant ou à l’arrière dés trains, et aussi par destination. Toute une série de monte-charges électriques, semblables à ceux qui existent déjà, s’empareront des colis dits d’arrière; les montant-aù-niveau des quais les hommes d’équipe les chargeront directement dans le fourgon. Pour effectuer la manutention des bagages d’avant sans emprunter la voie des quais qu’il fallait désencombrer à tout prix, on a résolu de recourir à un.chemin deroulement souter--rain transportant les colis jusqu’en face du fourgon, d’avant. A cet effet deux tunnels ont été creusés sous la gare, à une certaine distance l’un de, l’autre et aboutissent à une salle également souterraine perpendiculaire aux quais, à peu près sous! les fourgons. De cette salle, à laquelle aboutissent les tricycles chargés, montent des ascenseurs qui' traversent les quais en face des portières des! fourgons et ! amènent ainsi les tricycles à la hauteur de chargement. Les hommes d’équipe n’ont
- Fig. 2. — Un monle-charge, système Stigler.
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- plus qu’à les prendre et à les empiler dans les fourgons. Le monte-charge descend ensuite les tricycles vides et en prend une nouvelle cargaison, remonte, et se vide par le même procédé. Dès que cette installation sera terminée les quais seront complètement débarrassés de ces encombrants véhicules et des hommes affairés et bruyants qui les poussent.
- La manutention des bagages ainsi envisagée est avantageuse, non seulement pour les voyageurs, mais pour les colis eux-mêmes qui ne subissent aucune manipulation et cessent d’être empilés pêle-mêle sur les tricycles. De plus, elle procure une économie considérable de personnel, chaque tricycle poussé à la main nécessitant une armée de 50 à 60 manœuvres sans cesse occupés à ce va-et-vient.
- Chaque galerie affectée au transport des bagages a une largeur de 5 m. environ. Les appareils sont construits par deux sociétés différentes, mais ils se ressembleront
- passage des ouvriers chargés de la visite des appareils.
- Les appareils transporteurs sont constitués par un tablier formé de palettes en bois reposant à leurs extrémités sur des cornières en acier reliées elles-mêmes à deux chaînes; notre photographie (fig. 4) montre nettement cette construction. Ces chaînes soutiennent des galets de 20 cm de diamètre qui sont creux et remplis d’huile assurant le graissage automatique des axes. La gorge dé ces galets est creuse pour faciliter le roulement
- Fig. 4 — Une vue du mécanisme placé à Vextrémité du transporteur.
- tout à fait sauf dans quelques détails de peu d’importance. Nous allons décrire ceux de la Compagnie des Transporteurs Simplex dont un modèle d’expérience a été construit pour servir à l’étude du système définitif.
- Chaque galerie a 3 m. de largeur : elle comportera deux transporteurs de 1 m. de large utilisés l’un pour l’aller, l’autre pour le retour : entre eux on aménagera un tablier fixe de 1 m. de largeur qui sera utilisé pour le transport des bagages en cas d’arrêt des transporteurs : sous ce tablier la galerie sera plus profondément creusée afin de permettre le
- Fig. 3. — La manutention mécanique des bagages à la gare Saint-Lazare. Une vue générale du transporteur électrique : le tricycle va s’engager sur la rampe circulaire pour quitter le tablier mobile.
- sur un rail de profil approprié.
- Les palettes en bois ne sont pas planes, mais arrondies à leur surface supérieure : le tablier présente donc des ondulations qui permettent de caler parfaitement les tricycles et qui donnent, à l’extrémité du chemin de roulement, une surf ace. absolument cylindrique permettant d’approcher très près de la surface d’épaisses pièces d’acier sur lesquelles les tricycles glissent automatiquement grâce à leur vitesse de translation. L’homme chargé de la réception n’a donc qu’à les recevoir pour les conduire au monte-charge qui doit les élever au niveau des quais de départ. Les deux tabliers marchent en sens inverse puisque l’un sert à l’aller et l’autre au retour, leur longueur est de 250 mètres.
- Ils sont commandés chacun par un moteur électrique de 50 chevaux et par l’intermédiaire de deux trains d’engrenage. Ces moteurs peuvent donner,
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- par la manœuvre du rhéostat d’excitation, toutes les vitesses comprises entre 530 et 1000 tours par minute, ce qui correspond, pour la vitesse de l’appareil roulant, à des chiffres variant de 0 m. 25 par seconde à 0 m. 75.
- Si l’on se contentait de la vitesse de 0 m. 25 à la seconde, les tricycles mettraient 1000 secondes à parcourir le souterrain, soit environ 16' 1/2, c’est-à-dire au minimum 20 minutes depuis leur dépôt par le voyageur jusqu’à leur entrée dans le fourgon. Or les voyageurs, n’admettront jamais que des bagages arrivant 20 minutes avant le départ du train ne puissent être admis. C’est ainsi que la nécessité d’une grande vitesse des transporteurs a été reconnue obligatoire et imposée aux constructeurs. Avec la vitesse de 75 cm par seconde, les tricycles mettraient seulement 5 minutes et demie pour franchir le tablier, de sorte que, 10 minutes avant le départ du train, les bagages pourraient encore prendre place dans le fourgon de tête ; c’est là un minimum que la pratique ne permettrait guère de réduire et qui paraît, d’ailleurs, très suffisant. D’autre part le débit des transporteurs est considérable; on peut les charger d’un tricycle tous les 4 mètres, or à la vitesse de 75 cm à la seconde, la capacité serait de 660 tricycles à l’heure, supérieure à toutes les prévisions. On peut donc obtenir avec de tels appareils une rapidité de manutention inconnue jusqu’à ce jour.
- Les bagages d'arrivée doivent également cesser d’emprunter les quais pour leur acheminement vers
- la salle de distribution. On a résolu cet autre problème d’une manière aussi élégante que le précédent. Sous chaque quai circuleront, en souterrain également, des tapis roulants qui recevront les colis par des trappes ouvertes dans les quais à la hauteur des fourgons. Ces tapis de quais se déverseront sur un autre tapis circulant sur toute la longueur du hall d’arrivée et se prolongeant jusqu’à la salle de distribution du premier étage qu’il atteint par un plan incliné. C’est d’ailleurs le système adopté dans toutes les gares modernes.
- Le service de la poste bénéficiera lui aussi d’une manutention automatique. Chacun a assisté au déchargement des sacs de dépêches à la gare Saint-Lazare au moment des départs pour les ports d’embarquement, en particulier pour le Havre. Dix ou quinze autos postales viennent se ranger le long du quai de la cour du Havre et vident pêle-mêle leurs sacs sur le trottoir. Les sous-agents de l’administration les chargent sur des tricycles et leur font parcourir le même trajet qu’aux plus vulgaires colis. Ce procédé manque de rapidité et de sécurité ; de plus il encombre les abords de la gare. Prochainement les sacs sortis des autos disparaîtront dans des trappes s’ouvrant au bord du trottoir. Ils seront reçus sur des chemins de roulement qui les conduiront directement, par un souterrain spécial, en face des wagons postaux en partance. C’est là encore un progrès énorme et il faut féliciter l’Etat d’avoir songé à améliorer ce service de transbordement dans la gare la plus chargée de Paris. R. Doncières.
- LES COULEURS DE L’ATMOSPHÈRE
- Les salons de peinture ont maintenant ouvert leurs portes et bientôt les artistes s’apprêteront à aller à la mer, à la montagne, renouveler leurs sensations et admirer la nature embellie par le soleil
- « Sans qui les choses ne seraient pas ce qu’elles sont ».
- Profitons de cette occasion pour examiner, au point de vue scientifique, les aspects que nous fixent les toiles des artistes, et cherchons une explication physique des apparences que nous pourrons nous-même recueillir en vacances. Nul guide n’est plus attrayant que le Dr Albert Heim, le doyen des géologues suisses qui a publié un délicieux petit volume, Luft Farben, comprenant tout ce qui concerne les illuminations et les colorations du ciel, dépeintes par un admirateur passionné. Feuilletons ensemble.
- Celui qui, pour la première fois, cherche à peindre d’après nature un lointain montagneux est surpris de la quantité de blanc et de bleu de cobalt qu’il est conduit à mélanger aux verts et aux gris des rochers pour leur conserver leurs tonalités ; les couleurs de l’arrière-plan ne se distinguent que par de faibles nuances de celles du ciel de l’horizon! Toutes les couleurs des objets éloignés sont, dans un
- tableau, de faibles et délicates variations de l’azur du ciel. C’est qu’en effet une masse d’air considérable nous sépare de l’horizon. Lorsque cet air est lui-même fortement illuminé par le soleil, ses particules diffusent la lumière et l’arrière-plan se trouve ainsi recouvert d’un voile bleu de ciel d’autant plus opaque que l’air est plus fortement éclairé. Avec une luminosité très intense et une grande distance, l'écran aérien peut à peine être distingué de la teinte du ciel à l’horizon.
- Avec un éloignement de 100 m., par une claire journée, on peut déjà nettement observer l’écran azuré : un arbre apparaît teinté d’un vert bleuté, alors que cette coloration n’existe pas à 50 mètres.
- C’est encore grâce à cet écran aérien que nous ne voyons pas les étoiles pendant le jour. De même, lorsque la masse d’air n’est pas éclairée, lorsque le ciel est couvert par exemple, un lointain montagneux apparaît plus vigoureux, plus précis, plus riche en détails que lorsque l’écran qui nous en sépare est en pleine lumière. C’est l’explication très simple du fait suivant bien connu des fervents de la montagne. Par une journée ensoleillée tous les détails d’un pic dont on examine le côté ombré sont
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- LES COULEURS DE L’ATMOSPHÈRE
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- voilés par l’écran illuminé ; sitôt qu’on pénètre dans son ombre, l’éblouissement cesse, la montagne se dévoile et on peut en admirer à l’aise tous les détails.
- La raréfaction de l’air produit encore en montagne d’autres effets d’optique. C’est ainsi que les objets sont beaucoup plus éloignés en réalité qu’ils ne le paraissent. Les sommets lointains paraissent soudés entre eux alors qu’ils sont séparés par de larges vallées. Les rochers gardent leurs couleurs vives et tranchées jusqu’à une très grande distance, leurs teintes et leurs contours n’étant plus adoucis par l’écran bleuté comme c’est le cas dans l’air plus dense des basses régions.
- Si maintenant on cherche à peindre une montagne . neigeuse ou des nuages, c’est-à-dire des corps émettant beaucoup de lumière, on constate qu’il faut teinter fortement les blancs de jaune. De même qu’il existe un lointain bleu, il existe aussi un lointain jaune, mais la coloration de la transparence jaune conserve le même effet, que l’écran d’air soit éclairé ou non, alors que le lointain bleuté est uniquement dû à l’illumination de l’atmosphère.
- Les récits des grands ascensionnistes nous apprennent aussi qu’aux grandes altitudes, le paysage est baigné d’une lueur sépulcrale : les ombres propres et les ombres portées sont noires et à peu près de même intensité, les rochers éclairés reflètent violemment les couleurs crues. Plus haut encore, les roches noires se distinguent à peine du ciel, noir lui-même, et tout ce qui est baigné par les rayons lumineux est d’un blanc cru aveuglant très douloureux. Le voile bleu a disparu, mais on le retrouve si on regarde vers le creux des vallées et le monde inférieur apparaît gris violet au-dessous de l’observateur.
- Un des phénomènes naturels d’une beauté surprenante et que les peintres reproduisent souvent est celui des faisceaux de rayons. Sous la forme de bandes claires et foncées disposées radialement, la trajectoire des rayons solaires se dessine dans l’atmosphère qui nous baigne.
- C’est la reproduction, sur une grande échelle, du faisceau de lumière dans un appartement : le trajet lumineux est rendu visible, sur un fond obscur, par les poussières qui se trouvent sur son passage et qu’il illumine. C’est même sur cette propriété que l’on s’appuie pour reculer la limite de visibilité des microscopes : c’est le principe de l’ultra-micro-scope. Au lieu d’éclairer directement comme dans les dispositifs ordinaires, où les particules apparaissent opaques sur fond lumineux, on éclaire latéralement, de façon à voir les particules comme des points brillants se détachant sur un fond obscur.
- Dans la nature, de jour, un ciel nuageux interrompu joue le rôle de l’ouverture pratiquée dans un volet ; lorsque le soleil se lève ou se couche, les montagnes, les nuages, comme aussi les arbres et les édifices se trouvant à l’horizon en représentent
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- les bords dentelés. Plus l’atmosphère est trouble
- Le crépuscule (d’après Vouvragefie Heim). — Cette figure montre les diverses régions de l'atmosphère éclairées successivement par les rayons du soleil couchant.
- On petit essayer d’expliquer ainsi les colorations successives du ciel au crépuscule.
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- ETHNOGRAPHIE MEXICAINE
- plus l’alternance des rayons" clairs'et sombres est visible. C’est par un ciel couvert que les clairs rayons lumineux pénétrant par les déchirures des nuages apparaissent avec la plus grande vigueur. Souvent même, se trouvant dans l’ombre projetée d’une montagne, on voit au-dessus de soi des faisceaux sombres se propageant dans le ciel à une très grande distance. Ainsi, même dans l’air limpide, la différence entre les rayons d’ombre et de lumière est visible. Cette apparition de la ligne droite, de la géométrie, dans le paysage, produit des effets picturaux saisissants souvent reproduits dans les paysages.
- Dans certains cas, ces faisceaux peuvent être colorés; des rayons clairs se prolongeant sur un fond sombre deviennent bleutés ; si le soleil est à l'horizon, l’arrière-plan étant vivement éclairé, ils sont jaunes, les faisceaux d’ombre étant souvent d’un bleu profond ; lorsqu’ils sont formés à l’horizon et qu’ils se propagent dans le rougeoiment du soir, leur couleur est souvent d’un magnifique bleu vert. Un des phénomènes les plus impressionnants, qui frappe le plus les observateurs et force l’admiration de;ceux même que n’émeut pas la nature, est le
- coucher du soleil et la pourpre glorieuse dont est revêtu le ciel après sa disparition. Commençant par une tache de couleur saumon, la pourpre du couchant se propage dans les hautes régions du ciel et remplit tout l’espace ambiant d’une sombre teinte rouge pleine de mystère. Lorsqu’on se trouve en montagne dans la zone où se produit le phénomène, on est étonné de constater combien cette lumière particulière d’un rouge chair produit peu d’ombre et baigne en quelque sorte tout le paysage. De même que le jour le ciel, les montagnes et les vallées sont estompées par l’écran bleu, de même au crépuscule ces objets sont noyés dans une luminosité pourpre, cuivrée ou jaune rougeâtre. A quoi doit-on attribuer ces apparences? Il est difficile de le savoir exactement, plusieurs théories ont été proposées, au demeurant peu satisfaisantes.
- Mais, si bien des phénomènes naturels sont inexpliqués, la nature, comme le dit le Dr Heim, étant toujours plus compliquée que nous ne le désirerions, leur étude captive le savant, que l’habitude de l’observation rend plus que tout autre apte à goûter les plaisirs artistiques. II. Vigjveron.
- ETHNOGRAPHIE MEXICAINE
- Sans avoir à en tirer vanité, le Mexique occupe depuis plus d’un an le premier rang de l’actualité. Le fâcheux coup d’État qui renversa du pouvoir le général Porfirio Diaz, durant sa trente-septième année de présidence, ouvrit pour ce malheureux pays une ère d’anarchie que les nombreux amis qu’il compte en France auraient souhaitée plus courte. On sera tenté d’admettre que la dictature quasi paternelle du général Diaz était le meilleur régime que pût désirer le Mexique, quand nous aurons exposé de quels éléments ethniques est constituée cette grande et jeune nation.
- Son territoire, qui est de 1 983 259 km2 (auxquels il convient d’ajouter 4042 km2 d’îles et îlots), est habité par une population que le dernier recense-mént (1910) fixait à 15063207 âmes. Les Indiens de race pure entrent pour 37 pour 100 dans ce total. Les métis (Hispano-Indiens) en forment les 43 pour 100, et les Mexicains de race blanche n’entrent que pour un cinquième dans l’ensemble de la population. L’élément étranger est d’environ 100 000 têtes, dont 50 000 Américains, 20000 Espagnols, 6000 Français, 5000 Anglais, 5000 Allemands, 3000 Chinois. D’importantes colonies japonaises, protégées bruyamment par les autorités mexicaines (que l’on soupçonna d’avoir conclu un traité d’alliance avec le Japon contre les États-Unis), se sont constituées depuis 3 ou 4 ans dans les provinces riveraines du Pacifique.
- Nous ne nous occuperons ici que des autochtones, qui forment, en somme, le gros de la nation. Quand nous aurons noté que la très grande majorité de ces Indiens ne savent ni lire ni écrire (les illettrés sont
- au nombre de plus de 8 millions au Mexique, soit une proportion de plus de 50 pour 100), nous nous expliquerons déjà pourquoi une dictature sage et modérée pouvait seule empêcher l’ancienne Nouvelle-Espagne de retomber dans cette ère de révolutions et de pronunciamentos qui fut son histoire, depuis la proclamation de l’Indépendance (1821), jusqu’à l’avènement de Porfirio Diaz (1877).
- Les américanistes ont fini, semble-t-il, par se mettre d’accord sur l’origine des Mexicains. On ignore, à vrai dire, quelle était la race qui occupait le pays avant les invasions semi-historiques dont les traditions et aussi les monuments hiéroglyphiques nous ont légué le souvenir. A une époque qui coïncida peut-être avec l’ouverture de Père chrétienne, sept familles pu tribus, parlant toutes la même langue, le nahuatl, et qui avaient eu pour berceau la partie sud-ouest des États-Unis actuels, se mirent successivement en route vers le Sud, suivies bientôt par d’autres tribus qui parlaient des langues très différentes entre elles, et qui n’avaient pas de racines en commun avec le nahuatl.
- Nous donnerons les noms de ces sept tribus principales, en suivant l’ordre chronologique de leurs invasions. Toutes existent encore, et restent fidèles à leur langue ancestrale. Ce sont : les Sochomilcos, les Chalcas, les Tepanecos, les Tescucans, les Tlat-luicans, les Tlascalans et les Aztecas.
- Plusieurs ethnographes, notamment M. E. Seler, croient pouvoir ajouter quelques noms à cette liste, notamment celui des Chichimèques, qui jouèrent un rôle si important dans l’histoire de la conquête espagnole. Nous ferons grâce aux lecteurs de la
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- transcription des autres noms, en raison de leur orthographe compliquée.
- D’apres le très intéressant ouvrage que la Pan-American Union vient de publier à Washington sous le titre de Mexico, on peut diviser les tribus actuelles en 16 groupes linguistiques, qui sé subdivisent en un grand nombre de « sous-tribus ». Nous citerons les principaux de ces groupes par ordre d’importance.
- Au groupe Nahuatl, réparti dans presque toute l’étendue du Mexique, appartiennent les tribus des Aztèques, des Chalcas, des Huicholes, des Tlascalans, des Yaquis. Le groupe Piman est resté compact dans le Nord-Ouest, soit dans les Etats de Ch ihuahua, de Sonora et de Du-rango. La langue Otomian est parlée surtout dans le Centre (Mexico,
- Queretaro). Le Mayan a pour domaine la partie méridionale, de l’État de Vera-Cruz au Honduras.
- L’Atapascan, langue des Apa-ches, est parlé dans l’extrême Nord, soit dans les États de Sonora, de Chihua-hua et de Coa-huila ; c’est la langue de plusieurs tribus qui vivent dans le Sud des États-Unis. Nous citerons encore le Yuman (Basse-Californie et Sonora), le Zapotecan et le Zoquean.
- Ne nous dissimulons pas que l’ethnographie mexicaine est des plus embrouillées, et qu’il est matériellement impossible d’en parler clairement dans un article trop réduit. La difficulté à surmonter est d’autant plus grande que les 155 tribus officiellement reconnues se subdivisent en sections qui, isolées dans des vallées parfois inaccessibles, ont évolué des coutumes très différentes.
- A l’encontre du traitement accordé par les États-Unis d’Amérique à une partie des Peaux-Ro.uges, les États-Unis du Mexique considèrent tous les
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- Indiens comme des citoyens de la République. Gardons-nous de nous fier à cette étiquette officielle qui pourrait nous faire croire que les autochtones mexicains sont tous parvenus au même degré de civilisation ou de culture intellectuelle.
- Si certaines tribus ont fourni au pays des hommes éminents, comme le président Benito Juarez — le seul chef d’État mexicain qui ne soit pas mort de mort violente — on peut dire d’une façon générale que les indigènes forment une masse ignorante,
- qu’ils sont restés , ; ; . " ' j primitifs, ou,
- dans le cas des tribus dont les ancêtres couvrirent le Mexique de monuments splendides, qu’ils sont retournés à la sauvagerie.
- Dans l’impossibilité où nous sommes de consacrer une monographie à chacune des principales races, nous nous occuperons ici de quelques cas particuliers.
- Le Dr Aies Hrdlicka, de YA-merican Muséum of Natural His-tory, a eu l’occasion de visiter dans les montagnes de l’État de Morelos plusieurs villages peuplés exclusivement d’Aztèques. L’anthropologie et la linguistique ont permis d’établir nettement qu’ils descendent en ligne droite, et sans le moindre mélange, des fondateurs de Mexico, nom dérivé de Mexitli, le dieu de la Guerre.
- Ces survivants d’une race illustre n’ont conservé du passé que leur langue. Ils ont oublié totalement la pratique des arts en honneur chez leurs ancêtres, ne savent plus construire des maisons de pierre, ni sculpter, ni peindre, et encore moins écrire. Certains savants s’étaient bercés de l’espoir que les plus intelligents parmi ces Indiens pourraient les aider à déchiffrer les hiéroglyphes aztèques, dont on a vainement cherché la clé, leurs tentatives ont piteusement échoué. Ces dégénérés n’ont conservé,
- Fig. i. — Une passe dans la Sierra Madré.
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- ETHNOGRAPHIE MEXICAINE
- dans leurs traditions, aucun souvenir de la grandeur passée de leur race. Le seul indice de leur religion ancestrale est qu’ils invoquent, au même titre que Jésus et la Vierge, le Soleil, la Terre et le Feu.
- Les Ilnicholes, qui appartiennent au même groupe
- haricots, pomme de terre, courge, etc.), mais ignorent l’usage de la charrue. Ils cultivent également le coton, dont ils se servent pour tisser des étoffes. Ils savent tisser de jolis rubans et ceintures, aux décorations réellement artistiques.
- Ils ont toujours refusé de se laisser christianiser,
- Fig. 2. — i. Indiens Huicholes enrôlés par les révolutionnaires. — 2. Transport d’indiens recrutés. 3. Six frères métis engagés dans les bandes rebelles. — 4. Types d’indiens de la Cordillère. 5. Tombe d’un officier mexicain fusillé par les insurgés.
- linguistique, ont conservé plus d’originalité. Ils habitent, au nombre d’environ 5000, une région de la Sierra Madré que défendent de hautes montagnes escarpées. Les Espagnols neles soumirent qu’en 1722, mais leur domination resta nominale, et cette tribu serait demeurée, dit-on, aussi primitive qu’à l’époque de la conquête.
- Ils se livrent activement à l’agriculture (maïs,
- et pratiquent encore la religion ancestrale. Leurs principales divinités sont le dieu du Feu, le dieu « Cerf », et le dieu de l’Eau. Ils adorent le premier dans deux grottes dont ils ont su garder l’emplacement secret, et à l’intérieur desquelles ils célèbrent périodiquement des fêtes symboliques. La région est insuffisamment arrosée, et ils passent le plus clair de leurs loisirs à implorer des dieux la tombée
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- d’une pluie bienfaisante. Leurs prières prennent une expression curieuse : quand ils désirent obtenir une grâce, ils fabriquent une flèche, y attachent d’étranges amulettes en forme de disques ou de triangles, et vont la piquer dans la chaise disposée au fond de la grotte, et qui sert de siège à la divinité, quand elle consent à remonter du fond de la terre pour visiter ses fidèles.
- Il convient de placer au dernier degré de l’échelle les farouches tribus du groupe Yuman, qui habitent la Basse-Californie et les rivages du Sonora.
- Plusieurs n’ont jamais été soumises, ni par les Espagnols, ni par les Mexicains, et il en est chez qui
- les explorateurs les plus intrépides n’ont jamais pu pénétrer. C’est le cas des Seris de la grande île de Tiburon, qui pratiquent encore le cannibalisme — habitude culinaire qu’ils ont trop souvent assouvie
- Fig. 3. — Indiens civilisés de la Sonora:
- aux dépens des voyageurs américains débarqués sur leurs rives peu hospitalières....
- Tous les Indiens du Nord ont gardé leur humeur belliqueuse, et c’est bien parmi eux que se recrutent ces bandes d’insurgés qui, depuis deux ou trois ans, ont horrifié de leurs barbares exploits le monde
- civilisé et transformé la guerre civile en une trop longue série de boucheries. Aces sauvages, qui gagnaient une existence précaire sur les fermes et dans les mines, leurs chefs offrent une solde quotidienne d’un dollar, et le droit de piller vaincus et non combattants. On les châtiait jadis, quand ils faisaient parler la poudre; et ils ne peuvent que souhaiter la prolongation d’une période où on les récompense pour faire le coup de feu!
- V. Forbin.
- LES DANGERS DES ONDES HERTZIENNES
- il.
- Il est actuellement établi que les ondes hertziennes peuvent causer des perturbations sur les circuits électriques, de quelque nature qu’ils soient, avoisinant les stations transmetlrices de quelque importance, particulièrement les grandes sta- : tions. Nous allons expliquer aussi brièvement que g
- possible comment naissent les dérangements, quelle est leur nature et décrire un système protecteur approprié, d’après une étude approfondie de M. G. F. Gray parue dans General Electric Review.
- La théorie de la transmission par les ondes hertziennes est basée sur ce fait qu’une décharge à haut voltage sur une antenne se radie dans l’espace sous la forme d’ondes électro-magnétiques. Une partie extrêmement faible de ces ondes est transformée en énergie électrique oscillante ordinaire dans l’antenne réceptrice. Or, on sait que tout conducteur introduit dans un champ magnétique variable est parcouru par une force électromotrice induite ; la
- Fig. i. — Schéma d’un poste transmetteur. A droite, une antenne réceptrice.
- puissance de cette force électro-motrice efst directement proportionnelle à la longueur du conducteur et inversement proportionnelle à l’éloignement de l’antenne émettrice du champ électro-magnétique, l’énergie radiée se dissé-B minant dans tous les sens
- autour de l’antenne. - . : • Un autre facteur intervient encore dans la puissance de l’énergie induite. Examinons la fi gure 1 qui est le diagramme très simplifié d’un circuit de transmission. A représente l'antenne transmettrice, S est une machine statique, E la terre et G l’éclateur. La machine S étant mise en marche, A se trouve chargé à un haut potentiel positif; déconnectons S et diminuons la distance de G jusqu’à ce qu’une étincelle jaillisse. A se décharge, l’électricité commence à s’écouler sur E dès que l'étincelle apparaît ; il naît alors un courant électrique entre G et la terre. Mais A est un circuit inducteur, le courant tend donc à persister après que A et E ont
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- atteint le même potentiel. Il s’échappe ainsi de l’antenne plus d’électricité positive qu’il n’est nécessaire pour la porter à un potentiel normal et, à la fm de l’opération, son potentiel est inférieur à celui de E. Toutefois cet écoulement cesse graduellement et laisse A négatif par rapport à E, avec une différence de potentiel moindre que ce qu’elle était au début. Cette différence de potentiel ne serait peut-être pas assez grande pour faire jaillir une nouvelle étincelle en G, mais les gaz ionisés par le passage de la première étincelle facilitent la production de la seconde et un écoulement électrique inverse a lieu. Ce sont là des oscillations qui, dans la pratique, se continuent plusieurs fois jusqu’à ce que E et A soient revenus au même potentiel. En un millième de seconde le phénomène s’est produit; sa durée dépend de la dimension et de la forme de l’antenne, de la distance d’éclatement, de la résistance de l’antenne, de la somme d’énergie perdue par la chaleur, par la naissance de courants de Foucault et enfin par radiation dans l’espace.
- Considérons maintenant ce qui se produit dans l’antenne réceptrice B. L’énergie est radiée dans l’espace sous la forme d’ondes électro-magnétiques qui ne sont que les lignes de force du champ créé au départ.
- A l’instant précis où la décharge commence à se produire en G, le champ magnétique prend naissance et augmente ensuite d’intensité. L’antenne B étant atteinte par les lignes de force, par les ondes, est chargée inductivement par une masse électrique positive à l’extrémité supérieure et négative à l’extrémité inférieure, pendant la première décharge en G, puis négative à l’extrémité supérieure et positive à l’extrémité inférieure pendant la décharge suivante en G qui est de sens contraire, et ainsi de suite.
- Mais si la fréquence des oscillations dépend des conditions que nous avons énoncées, elle est constante pour un circuit déterminé. Admettons que les antennes A et B soient tout à fait semblables ; elles vibreront à une même période et lorsque la décharge sera terminée en G les charges déplacées en B reflueront des extrémités de cette antenne vers le centre pour se neutraliser. Ce phénomène ne se produit qu’après un certain nombre d’oscillations.
- Lorsque celte charge de B commence à refluer, l’extrémité supérieure étant à un potentiel plus
- élevé que l’extrémité inférieure, la décharge de G commence à décroître et par conséquent la ligne de force à se contracter. Le conducteur B est alors coupé par cette ligne de force dans le sens inverse (on peut comparer le phénomène au retour de la vague) et cette nouvelle ligne de force ajoute une force électromotrice induite tendant à favoriser le déplacement de la charge de B, c’est-à-dire à amener plus rapidement la charge positive au bas de l’antenne et la charge négative à la partie supérieure. 11 se produit ainsi une augmentation de charge induite se traduisant par des différences de potentiel de plus en phis élevées donnant naissance à des vagues de courant de plus en plus lourdes. C’est ainsi que la transmission des signaux devient possible sur des distances considérables et c’est également de là que provient le danger des émissions radiotélégraphiques. Ce phénomène a reçu le nom de résonance.
- La résonance n’existe que si les périodes des deux circuits considérés sont à peu près les mêmes. On remarque, par l’examen de la courbe-(fig. 2), que les conditions de résonance d’un circuit augmentent avec le voltage, et la syntonie relativement facile à réaliser dans les postes à faible voilage devient presque impossible lorsque le voltage atteint une très grande valeur. Si la période normale du circuit récepteur est très inférieure à celle du circuit transmetteur les courants s’éteindront dans l’antenne réceptrice avant l'arrivée d’une nouvelle onde émise par A; dans ce cas* le potentiel maximum sera celui induit par l’onde primitive. Si la période de B est beaucoup plus grande que celle de A, sa charge ne suivra que partiellement les impulsions transmises et le voltage en sera fortement diminué. Cette dernière condition réalise le phénomène de l’oscillation forcée tandis que si les circuits sont identiques on obtient la véritable condition de résonance, la syntonisation.
- Si les conditions de résonance sont parfaites entre deux postes, il est encore indispensable, dans la télégraphie sur les longues distances, d’utiliser des machines transmettrices puissantes parce que l’énergie est transmise dans toutes les directions. Cette énergie est donc recueillie par tous les conducteurs, quels qu’ils soient. Cette grande facilité à recevoir les signaux hertziens a initié les amateurs
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- Milliers de périodes par seconde
- Fig. 2. — Courbe de résonance.
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- aux mystères de la réception. Un certain nombre, particulièrement aux États-Unis où chacun est libre d’installer non seulement un poste récepteur mais aussi un poste transmetteur, ont alors construit des postes émetteurs plus ou moins puissants dont les ondes ont brûlé des appareils de mesure voisins; des lampes à incandescence se mettent à luire, donnant une lumière pâle et intermittente ; des plombs se volatilisent, etc. Les perturbations sont particulièrement intenses dans le voisinage des stations puissantes, telles que celles des navires. C’est ainsi que M. G. F. Gray a observé une étincelle de 6 mm jaillissant entre un câble de hauban et un tuyau métallique sur un des steamers de la rivière Hudson.
- En vue d’étudier les causes de ces phénomènes et de rechercher les moyens de protéger les circuils électriques, un certain nombre d’expériences ont été entreprises. En premier lieu on a voulu déterminer la valeur des potentiels réellement atteints dans la pratique ; des stations côtières et des stations sur les navires de guerre servirent aux expériences. Sur un navire, un éclateur de 6 mm de distance entre les électrodes . fut détruit par le voltage amoncelé à l’extrémité d’un fil de 10 m. de longueur rattaché à l’antenne à une faible distance au-dessus du pont. Dans un autre cas, une échelle de corde descendant du sommet d u mât avait accumulé suffisamment d’électricité pour faire jaillir un arc de 6 mm. La charge électrique était assez puissante pour produire des vésicules sur l’épiderme et une contraction musculaire considérable ; insuffisante pour donner la mort, elle était cependant telle qu’une personne ne pouvait la supporter en se plaçant entre le cordage et la terre. Une femme, montée sur une boîte isolée près de l’antenne, possédait un potentiel induit suffisant pour subir un choc violent en touchant une carcasse métallique reliée à la terre. Un long fil posé parallèlement à l’antenne accusait un potentiel induit moins élevé, quoique considérable. On voit que les charges induites accumulées dans les corps avoisinant l’antenne et dues par conséquent aux oscillations forcées peuvent atteindre une valeur qui les rend dangereuses.
- Voici une autre expérience. On a relié à la terre, par l’intermédiaire d’une bobine sans noyau, un fil de 10 m. de longueur. Le nombre des spires de cette bobine étant suffisant pour produire une résonance normale, le potentiel de cette bobine s’éleva à une puissance telle que des étincelles jaillissaient entre deux pointes distantes de 2 cm 5 lune de l’autre ; ces pointes se volatilisèrent. La tension mesurée à cet éclateur atteignait 25 900 volts alors
- que sans bobine, le même fil n’était capable que de fournir une étincelle de 8 dixièmes de millimètre.
- Des expériences de laboratoire succédèrent à celles dont nous venons de parler. Dans un cas, une antenne de 66 m. de longueur fut élevée à 8 m. du sol, et bien que le courant de haute fréquence de cette antenne n’eût qu’une intensité de 2 ampères, on obtint des étincelles de 6 miîi. d’une antenne réceptrice ayant à peine 53 m. de longueur. Cette expérience fournit l’occasion d'enregistrer un résultat plutôt inattendu. L’antenne réceptrice ayant été mise à la terre à une extrémité, on obtint des étincelles de un quart de millimètre de longueur en amenant cette antenne à 5 m. au-dessus de l’antenne transmettrice ; d’autre part, une seconde antenne réceptrice de même longueur, en fil isolé, mise à la terre et placée à 5 mètres au-dessus de l’antenne transmettrice, donnait des étincelles de longueur double. Pendant cette expérience, un watt-heure-mètre, installé dans un immeuble voisin, a été brûlé deux fois par les courants induits dans les lignes de ce circuit de service.
- Une autre expérience fut faite avec l’antenne de YElectrical Engineering Department of Union University Schenectady N. Y. On utilisa trois lignes réceptrices dont les différentes positions sont représentées par la figure 5. Des observations effectuées, il est résulté que la charge par rapport au sol varie très fortement selon les cas. En général cette charge est inversement proportionnelle à la distance de l’antenne et directement à la longueur du fil récepteur,, excepté lorsque cette longueur est telle qu’elle donne des effets de résonance. La présence d’un fil voisin relié à la terre peut élever, plutôt qu’abaisser le voltage induit même quand ce fil est situé au-dessus de celui soumis aux essais. D’autre part, la liaison en parallèle des fils récepteurs élève le voltage par rapport au sol. Si une extrémité est mise à la terre, le voltage s’élève à l’autre extrémité. Bref, il paraît impossible actuellement d’établir des règles, des lois fixant les phénomènes, tellement les résultats sont différents dans chacun des cas observés. Avec le circuit indiqué par notre troisième figure on obtient des tensions assez élevées pour tirer des étincelles de 6 millimètres entre les fils horizontaux et le sol et on constate des courants de 0,1 ampère lorsque ces fils sont mis directement en communication avec le sol.
- La suite logique de ces expériences résidait dans la recherche des moyens propres à protéger les circuits contre les courants des antennes transmet-trices. On constata d’abord qu’en renfermant le fil récepteur dans une gaine métallique ou une enve-
- Ampérémètre
- 3.2 Amp.
- 11 S Volts', alternatif
- Fig. 3. — Expérience sur des antennes horizontales.
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- loppe de fils tressés, mise à la terre à des distances assez rapprochées, on obtenait une protection efficace. Mais ce procédé n’est pas toujours pratique. Dans certains cas le protecteur qui donne les meilleurs résultats est le paratonnerre à cellule d’aluminium directement relié au sol ; mais alors il convient d’observer que pour être efficaces, les paratonnerres doivent êfre reliés aux bornes des appareils à protéger et que les communications avec la terre doivent être courtes et non susceptibles d’éprouver elles-mêmes les influences des ondes hertziennes. La cellule d’aluminium est constituée par une pellicule qui s’oppose au passage du courant dynamique : mais elle ne peut protéger que les courants continus; elle résiste peu de temps aux courants alternatifs et ne peut intervenir utilement dans ce cas, sauf cependant si les appareils à protéger ont une valeur considérable ; il faut alors visiter fréquemment les paratonnerres.
- Les expérimentateurs ont également essayé avec quelque succès d’intercaler entre la ligne et la terre une résistance très peu inductrice.
- Mais le système paraît ne devoir être pratique que lorsque les courants induits sont très faibles.
- Les paratonnerres lumineux à vide furent ensuite
- essayés. Ces appareils sont constitués par un éclateur de 1 mm dans lequel l’étincelle jaillit entre une électrode en forme de disque et la paroi intérieure d’un tube métallique dans lequel on a fait le vide. L’étincelle éclate lorsque le courant continu atteint de 500 à 550 volts et le courant alternatif de 200 à 400 volts. Lorsque ce paratonnerre est branché sur une ligne de courant alternatif, il assure une protection très satisfaisante. On intercale quelquefois une faible résistance en série avec ces tubes ; si l’on ne pratique pas ainsi, les fusibles de ligne, entre les connexions du paratonnerre et la source d’énergie, doivent avoir au moins une capacité de 25 ampères ; le mieux est encore de les supprimer.
- Des expériences eurent lieu ensuite avec les deux types de protecteurs : cellule d’aluminium et paratonnerre à vide, installés sur les lignes d’immeubles situés dans le voisinage d’une station d’amateur. La figure 4 montre la situation respective
- Fig. 4. — Position relative des circuits de hctnière dans un groupe d'immeubles et de l'antenne d'une station transmettrice.
- des immeubles et du poste radiotélégraphique.
- L’appareil transmetteur du poste comportait un transformateur, un condensateur à plaques de verre, un éclateur rotatif donnant environ 600 étincelles par seconde et un transformateur d’oscillations à bobine plate. Au secondaire, la tension s’élevait approximativement à 13 000 volts et le débit à 2, 8 ampères. Le courant de transmission était emprunté à un circuit de 115 volts à 60 périodes. L’antenne comportait 8 fds de 24 m. de longueur distants les uns des autres de 0 m. 65; son extrémité la plus basse était à 15 m. de hauteur et l’autre à 20 mètres. La longueur d’onde fut évaluée approximativement entre 200 et 500 mètres.
- Lors de la première expérience, les fils de lumière de 115 volts se rendaient du poteau G aux immeubles D, E et F.
- ________________________J |_____ Les fils de E étaient
- alors parallèles à — l’antenne et placés directement au-dessous. Dès les premières émissions du poste radiotélégraphique, dont la puissance avait été portée à son maximum, des perturbations se produisirent dans l’immeuble E ; les fils d’attache d’un lustre brûlèrent ; ce lustre tomba aussitôt et une flamme continua à jaillir entre l’attache métallique du lustre et le tuyau du gaz alimentant le lustre. Des essais effectués sur ce point avec l’éclateur à vide accusèrent des tensions induites de 500 volts et même davantage. L’attache ayant été réparée et isolée, on installa deux cellules d’aluminium sur les fils d’arrivée immédiatement après leur entrée dans la maison de manière à les relier en pont entre les deux feeders extérieurs, le troisième fil de la distribution étant mis à la terre. On ne constata plus alors aucune perturbation dans cet immeuble.
- Pendant que ces effets se produisaient dans l’immeuble E, on observait des pétillements dans Fim-meuble D. L’autre immeuble voisin F eut également deux attaches de lustre affectées par les décharges et un arc jaillit entre les rosaces. Une douille ayant été courtcircuitée les fusibles sautèrent.
- La proximité de l’antenne étant la cause de ces perturbations, les fils de lumière furent déplacés et disposés comme l’indique la fig. 4. Deux jours après, les décharges induites brûlèrent le compteur de l’immeuble F. Les essais effectués à l’aide de l’écla-
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- teur à vide accusèrent une tension de 500 volts. Il est curieux de noter qu’aucun phénomène analogue ne se manifesta dans les immeubles D et E, cependant beaucoup plus rapprochés de l’antenne.
- Des parafoudres à vide furent installés sur les lignes d’arrivée de F dans les mêmes conditions que précédemment ; une faible résistance fut cependant disposée en série avec les tubes. Ce dispositif eut pour effet de supprimer les phénomènes dans cet immeuble. Quelques jours plus tard, l’immeuble À eut à souffrir à son tour des mêmes faits : filaments de lampes brisés, pétillements, etc. L’installation de parafoudres lui assura également une parfaite immunité. Puis ce fut le tour de l’immeuble C dans lequel les fusibles se volatilisèrent et qui fut protégé, ainsi que tous les autres, par les mêmes moyens.
- Pendant les essais, on constata également que de hauts voltages étaient induits dans l’immeuble E, même lorsque l’installation intérieure de l’immeuble était isolée du secteur. Ce phénomène ne pouvait s’expliquer que par l’induction sur les fils intérieurs, à travers la toiture et les planchers, produite par l’antenne. La présence des parafoudres maintint le potentiel au-dessous des valeurs dangereuses, mais
- il s’éleva encore sur certains points éloignés des parafoudres. Il convient donc de multiplier les parafoudres et d’en installer même sur les lignes de terre.
- Les installations dont nous venons de parler sont demeurées en service pendant six mois environ et aucune plainte ne s’est plus élevée. Quant à la cellule d’aluminium, elle donne également d’excellents résultats, mais les plaques ont l’inconvénient de chauffer et de se détériorer rapidement.
- De ces nombreuses expériences, conduites avec une méthode rigoureuse et précise, nous pouvons conclure que la présence des stations transmettrices puissantes constitue un réel danger pour les circuits électriques avoisinants, et particulièrement sur les navires de guerre. D’ailleurs, on avait déjà constaté maintes fois la production de flammes entre des circuits induits, mais aucune mesure de précaution ne parait avoir été prise à la suite des faits observés. Au Champ de Mars, le soir, on peut constater ces flammes en approchant une chaise de fer d’une bordure métallique. La Nature a d’ailleurs révélé ces faits (n° 2124) qui confirment les expériences de M. Gray. Lucien Fournier.
- EDUARD SUESS
- Eduard Suess, le grand géologue autrichien, qui vient de mourir à 83 ans, a été un des fondateurs de la géologie moderne et, dans cette science, l’initiateur le plus puissant du mouvement d’idées contemporain. Il a exercé une influence considérable, moins par ses travaux personnels sur le terrain (') que par la façon géniale dont il a rapproché, rassemblé, et en quelque sorte aggloméré pour en faire une masse solide les travaux du monde entier; et cette influence, il l’a particulièrement exercée, ce semble, sur la science française qui, grâce à Marcel Bertrand, puis à Termier, pour ne citer que les chefs de file, a su dégager les germes féconds renfermés dans son œuvre, des germes encore enveloppés dans une gangue germanique et, par une culture latine, les a amenés à leur complet épanouissement. L’ouvrage où il a résumé ses idées, la Face de la Terre, est bien connu de tous ceux qui s’intéressent à la géographie ou à la géologie. C’est un très gros livre en plusieurs volumes, dont la publication, longuement espacée sur plus d’un quart de siècle (2), a été un événement scientifique. Cet ouvrage si fameux a cependant, il faut l’avouer, déçu plus d’un lecteur inexpérimenté qui l’abordait sans préparation suffisante ; mais ses obscurités mêmes sont sillonnées en tout sens de lumineux éclairs. On y trouve tout, à la condition de ne l’y pas chercher. Il faut y voir un travail cyclopéen, comparable à ces accumulations de blocs en béton qu’une volonté puissante fait tomber l’un après l’autre dans la haute mer pour construire une digue et qui, après s’être amoncelés longtemps dans l’ombre, finissent par émerger victorieusement au-dessus des flots. Aucun plan, ou du moins un plan sans cesse modifié et, dès le début, à peine
- 1. Il avait débuté par des recherches paléontologiques.
- 2. Le livre sur les Alpes, die Enstehung der Alpen, est de 1875. Bas Anllitz der Erde a commencé à paraître en 1883.
- perceptible. Visiblement, l’auteur a écrit beaucoup moins pour ses lecteurs que pour lui-même, extrayant au jour le jour de ses immenses lectures le document d’abord, puis l’idée génératrice qui lui paraissaient utilisables pour un édifice dont l’architecture se dessinait peu à peu dans son cerveau. Jamais il n’a éprouvé le besoin qui aurait torturé un Français d’aboutir à une vue d’ensemble. Sa cathédrale reste engagée dans des maisons basses qui en cachent la perspective et l’ordonnance; mais, comme il arrivait autrefois pour nos cathédrales gothiques avant qu’on ne les eût ennuyeusement isolées sur de grandes places vides, elle n’en apparaît peut-être que plus haute et plus belle parce qu’on a eu quelque peine à l’aborder et parce qu’il a fallu longtemps tourner autour en levant la tête pour en découvrir l’ensemble. Gomme dans les cathédrales également, où, d’un siècle à l’autre, on a repris, reconstruit, ajouté des parties hétérogènes, au déplaisir des archéologues hypnotisés par l’unité de style, on y trouve côte à côte du roman et du gothique, avec de la Renaissance et même du « Modem Style ». Rien de moins classique. Une idée qui semble arriérée voisine avec une intuition évocatrice de l’avenir.
- C’est ainsi que tout l’ouvrage débute le plus bizarrement du monde par un long chapitre historique sur le déluge, comme si sa conception primitive avait été dominée par l’idée attardée de chercher un rapprochement entre le déluge biblique et les mouvements généraux des mers dans les temps géologiques. Nous passons aux régions ébranlées, aux dislocations et aux volcans. Puis il est question des montagnes (à l’occasion desquelles nous trouvons de longues études sur l’Adriatique et sur la Méditerranée), puis des mers; et nous croyons un moment tenir une division générale du plan. Mais tous les fascicules qui composent le troisième volume sont de nouveau consacrés aux montagnes. L’un
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- est, en réalité, presque exclusivement un résumé et une mise au point des travaux russes sur l’Asie ; le second nous initie aux progrès réalisés récemment dans la géologie dos Alpes ; le troisième revient encore une fois en Sibérie, pour consacrer d’autres chapitres à l’Afrique australe ou à l’Amérique du Sud.
- Il faut prendre les hommes de génie a en bloc » et ces critiques ne diminuent pas la valeur d’un ouvrage colossal qui a été le livre de chevet de tous les géologues contemporains. Elles montrent seulement ce qu’il a fallu y ajouter de clarté et d’ordonnance méthodique pour en faire l’œuvre admirable édifiée, sous l’impulsion première partie de Suess, par notre école française.
- Suess a, d’ailleurs, été mêlé, en dehors de la géologie,
- à une foule de questions qui montrent l’amplitude de son esprit. Dans un ordre d’idées touchant encore à sa science préférée, il a contribué pour beaucoup à mettre Vienne, par des travaux de canalisation, à l’abri des inondations du Danube ou à fournir la capitale d’une bonne eau potable. Il a également pris une part à la querelle du bimétallisme. Il a été, enfin, comme homme politique, l’un des chefs du parti libéral autrichien, le défenseur de'l’école non catholique, l’adversaire des antisémites. Très autrichien, comme c’était son devoir et, ainsi qu’il le rappelait un jour, ayant cinq fds qui, en cas de guerre, auraient eu à prendre le fusil contre la France, il a cependant aimé noire pays, qui lui a apporté un juste tribut d’admiration et d’honneurs. L. De Launay.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i i mai 1914. — Présidence de M. Appell.
- Phénomènes anaphylactiques. — M. Richet rappelle qu’il a démontré qu’alors qu’une première chloroformisation ne produit pas de leucocytose, une seconde chloroformisation suivant la première,à;un mois d’intervalle provoque au contraire une leucocytose intense. En même temps certaines substances du foie sont désagrégées et passent dans le sang. Il s’est aujourd’hui appliqué à rechercher si les substances qui attaquent le foie, administrées à l’animal, ne détermineraient pas pareillement l’anaphylaxie. Il a essayé le phosphore à l’état de phosphore de zinc et, après avoir déterminé la do$e mortelle, il a administré à un animal qui avait antérieurement subi la chloroformisation une dose non': toxique. Dans ces conditions il a vu le phénomène se; produire tout comme sous l’effet d’une deuxième chloroformisation.
- L’amidon naturel. — M. Maquenne communique un travail de M. Ch. Tanret relatif à la composition immédiate de l’amidon naturel. L’amylose et l’amylopéctine, que MM. Maquenne et Roux ont signalées dans la fécule de pomme de terre, se rencontrent dans toutes les autres variétés d’amidon, mais en proportions variables suivant l’origine de l’amidon étudié. Celui-ci varie donc par sa composition chimique autant que par la forme et les dimensions de ses grains. M. Tanret signale en même temps une propriété très curieuse de là cellulose (papier à filtrer, coton). Cette substance absorbe très bien par voie de teinture l’amylose tandis qu’elle ne touche pas sensiblement l’amylopectine. Elle fournit donc un moyen très sûr et très simple de séparer et de caractériser, par la différence des couleurs qu’elles prennent avec l’iode, ces deux substances.
- Production de rayons ultra-violets. — M. Lippmann résume une Note de M. de Kowalski, de Fribourg, dans laquelle l’auteur décrit un procédé économique de production des rayons ultra-violets basé sur l’emploi de l’étincelle oscillante comme source de rayons. L’auteur a constaté que pour cette expérience, le métal Invar convenait mieux que l’aluminium. L’énergie est plus grande avec l’invar'. Enfin il n’est pas nécessaire de disposer d’une grande fréquence. Vingt étincelles à la seconde fournissent un très bon rendement.
- Géologie de l’Espagne. — M. P. Termier analyse une communication de M. Louis Mengaud sur la tectonique d’une partie de la province des Asturies. Le pays de nappes signalé antérieurement dans la province de San-
- tander se prolonge dans les Asturies. Il y a, semble-t-il, trois séries superposées.
- La vulcanisation du caoutchouc. — M. Dastre résume un travail de MM. Ilelbronner et Bernstein sur des expé-: riences concernant la vulcanisation du caoutchouc. Cette opération qui consiste à incorporer du soufre au caoutchouc est assez compliquée et nécessite l’emploi de la chaleur. Les auteurs la réalisent à la température ordinaire en 10 secondes en utilisant l’action des rayons ultrâ-violéts sur le soufre. On mélange une solution de soufre et une solution de caoutchouc à la température ordinaire. Le mélange est un liquide clair. Mais si l’on soumet ce mélange pendant 10 secondes aux rayons ultra-violets, on obtient après évaporation du liquide une membrane ayant les propriétés du caoutchouc vulcanisé. Il suffit d’une très petite quantité de soufre pour que le phénomène se produise, 6 pour 1000, alors que les procédés usuels comportent l’emploi de quantités de soufre bien plus grandes. Enfin, il est à noter que si l’on conserve en flacon fermé le mélangé impressionné, il ne se forme pas un dépôt, contrairement à ce que l’on devait attendre.
- Les migrations du saumon. —M. Edmond Perrier analyse un mémoire de M. Roule sur les migrations du saumon et les conditions de la ponte. L’auteur a observé que ces poissons fréquentaient certaines rivières de la Bretagne et évitaient les autres. Il s’est demandé si les eaux de ces rivières ne présentaient pas quelque différence, et il a constaté que les eaux des rivières fréquentées étaient plus oxygénées que les eaux des rivières évitées. La migration serait dont liée à un besoin respiratoire.
- L’allaitement des jeunes enfants. — M. A. Gautier présente un mémoire de MM. Variot et Fliniaux sur l’allaitement. Les auteurs ont constaté que l’allaitement artificiel au biberon, pratiqué suivant leur méthode lorsque la mère est débilitée, donne au bout d’une année des enfants dont le poids est presque égal à celui des enfants nourris au sein. Mais l’allaitement mixte, même lorsque la mère est débilitée ou ne peut, en raison de son travail, nourrir son enfant pendant certaines heures de la journée, est celui qui donne les plus beaux enfants.
- Le venin des serpents. — M. Edmond Perrier rappelle que des recherches antérieures ont permis de reconnaître que le sang des serpents venimeux renfermait
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- une substance toxique comme la salive; de même, on savait que le sang de certaines espèces non venimeuses renfermait une substance toxique. Mme Physalix démontre aujourd’hui que cette substance existe dans la salive de ces serpents. En résumé, s’ils ne sont point venimeux, c’est parce que la structure de leurs crochets ne s’y prête pas.
- L’Ethnographie de Madagascar. — M. Grandidier présente en son nom et en celui de son fils le tome II de Y Ethnographie de Madagascar. C’est le 22e volume d’un grand ouvrage sur la grande île africaine commencé en 1872. Les auteurs décrivent l’aspect physique des Malgaches ainsi que leurs caractères physiques et mo-
- raux, leur vie sociale. Ils donnent soixante types montrant la diversité des races qui depuis longtemps se sont croisées à Madagascar.
- Correspondance de Humboldt. — Le prince Roland Bonaparte présente un ouvrage intitulé : Lettres inédites de Humboldt. Il s’agit de lettres adressées à Aimé Bonpland. Ce Bonpland, après avoir été pendant 4 ans le compagnon de Humboldt dans son célèbre voyage à travers l’Amérique, était rentré en France pour devenir intendant de l’impératrice Joséphine à la Malmaison, puis en 1816 était parti pour le Paraguay. Il se fixa dans la République Argentine et entretint jusqu’à sa mort une active correspondance avec Humboldt. Ch. de Viuedeuil.
- LE PHARE CANNEVEL
- Des solutions sans nombre ont été proposées pour améliorer les moindres détails de nos automobiles actuelles. En ce qui concerne les phares, on peut dire que l’éclairage électrique doit, nécessairement, prendre la place de tous les autres modes, non seulement par la qualité de sa « flamme », tnais aussi par la simplicité de son emploi. Quelle que soit la source lumineuse, il est en outre nécessaire de recourir à un projecteur.
- Mais, la question de l’électricité n’est pas plus tranchée pratiquement quecelledes projecteurs ; c’est-à-dire que les appareils actuels pêchent encore par leurs deux éléments essentiels.,
- Le.s phares actuels sont constitués, en principe, par dcsi réflecteurs paraboliques métallique^ revêtus intérieurement d’une couche 'd’argeqt.
- Si le pouvoir ,çle réfraction dp, l’argent est très grand quand le métal vient d’être bruni à la sanguine, cette qualité s’atténue rapidement par l’oxydation; on sait, de plus, que le nettoyage le plus soigneux laisse toujours des traces, légères, mais réelles qui, à la longue, contribuent encore à diminuer l’intensité du faisceau lumineux. L’intervention du miroir Mangin pouvait être intéressante à la condition de faire passer le faisceau lumineux à travers un verre strié, mais le procédé entraînait une trop grande absorption de lumière.
- Nous en arrivons à examiner un dispositif nouveau, imaginé par M. Cannevel, qui se présente avec une formule particulièrement originale et ingé-
- nieuse. Dans ce système, le miroir sphérique constituant le réflecteur principal est maintenu ; mais il est prolongé par un second miroir circulaire à échelons composés d’éléments paraboliques et annulaires combinés avec le miroir sphérique. Nous n’insisterons .pas sur l’étude optique de ce système qui est nettement indiquée dans les deux ligures schématiques que nous publions et dans lesquelles la marche des rayons lumineux est très apparente. On voit que presque tous les rayons qui frappent lune quelconque des surfaces sphérique ou parabolique sortent parallèlement à l’axe du phare.
- Le mode de construction de ce miroir parabolique présente également une originalité qui l’éloigne de la fabrication courante. II.est étar bli en verre très mince et argenté par métallisation. Il importe, en effet, que l’argenture fasse partie intégrante du verre afin d’éviter les conséquences résultant d’une différence des coefficients de dilatation des deux matières en présence. La méthode électrique seule permettait de résoudre élégamment ce problème.
- M. Cannevel emploie une cloche en verre de 40 cm de diamètre et de 36 cm de hauteur pourvue de deux tubulures dont l’une permet de faire le vide, comme sous une cloche pneumatique. Au centre de la cloche s’élève verticalement un axe solidement fixé à la base et terminé par une pointe sur laquelle s’appuie la base d’un tube entourant
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- l’axe et supportant le miroir. De chaque côté de cette cloche s’élèvent deux électrodes reliées à une
- poulie sur laquelle passe une cordelette de transmission. L’aimant étant mis en rotation autour de
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- Fig. 2 et 3. — Figures schématiques montrant la marche des rayons lumineux dans l'appareil optique du phare Cannevel.
- source électrique de 150 000 Volts représentée par un transformateur polarisé.
- La seconde tubulure est utilisée pour l’introduction d’une atmosphère à basse pression d’hydrogène dont la présence permet d’éviter l’oxydation de l’argent. Lorsque l’on utilise du courant continu, la cathode est nécessairement en argent, puisque c’est ce métal qui doit être polarisé et porté sur la surface du verre. Si l’on emploie du courant alternatif, l’anode et la cathode sont en argent. Ajoutons que le transport du métal s'opère par volatilisation, soit à l’état d’oxyde comme dans les tubes de Geissler, soit à l’état pur si la cloche contient une faible quantité d’hydrogène, comme c’est le cas ici. *
- Il importe également que l’incrustation soit régulière.
- Pour obtenir ce résultat,
- M. Cannevel a monté, sur le cylindre porteur du miroir, un barreau d’acier aimanté qui constitue en quelque sorte l’armature d’un aimant permanent en fer à cheval embrassant la calotte de la cloche extérieurement. Cet aimant est porté par un axe vertical soutenu par une potence et pourvu d’une
- Fig. 4. — La cloche de verre C dans laquelle est enfermé le miroir parabolique M, Ce miroir est maintenu entre deux supports RR fixés à un tube T. Ce tube tourne autour de l'axe X; il porte un barreau E actionné par l'aimant HH, P poulie d’entraînement de l’aimant H. B tubulure permettant de faire le vide dans la cloche C. AA électrodes.
- la cloche entraîne le barreau d’acier aimanté et en même temps le miroir sur lequel la couche d’argent se dépose avec une très grande régularité.
- • Le miroir, qui reste fragile,', est alors enrobé dans une masse de cuivre de 1,5 mm d’épaisseur et enchâssé dans la monture du phare qui ne diffère pas, extérieurement, des phares actuels. Le progrès qui vient d’être accompli réside donc à la'fois dans la forme à échelon du miroir parabolique et dans le mode d’argenture de ce miroir qui est incontestablement supérieur aux procédés actuels.
- Dans ses derniers essais M. Cannevel a pu, en employant du courant continu et un dispositif légèrement modifié, abaisser le potentiel qui est de 150 000 volts avec l’alternatif à 800 volts continu, avec un vide de cinq centièmes de mille, alors dan*s ce cas l’anode occupe le centre du miroir, tandis que la cathode est d’une surface beaucoup plus grande que le miroir lui-même qu’elle entoure complètement. Cette ceinture est à 2 cm de l’espace noir qui suit l’effluve. L. F.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- UN BOOMERANG GÉANT
- Le Gyroptère A. Papin et D. Rouilly
- LA NATURE. — N° 2139
- 23 MAI 1914.
- Dans la séance du 4 mars 1912, M. Lecornu présentait à l’Académie des Sciences le principe d’un nouvel appareil de navigation aérienne dont la construction devait être entièrement différente de tout ce qui avait été imaginé jusqu’alors. Les auteurs de l’appareil, MM. A.Papin et D. Rouilly, se sont ensuite préoccupés de la réalisation pratique de leur idée et le Gyroptère, fruit de cinq années de travaux, vient d’être exposé devant les techniciens les plus compétents qui lui ont reconnu une valeur théorique indiscutable. La mise au point définitive, qui sera incessamment suivie des premiers essais, révélera les qualités pratiques du nouvel engin qui ne participe ni de l’aéroplane, ni de l’hélicoptère, ni de l’ornithoptère et, cependant,
- très élargi se terminerait par une construction à angle droit pourvue d’une ouverture ovale extrême. Cette caisse sonore, qui devient ici une canalisation pneumatique, est entièrement construite en bois, chaque partie étant solidement maintenue par de nombreuses frettes également en bois. L’intérieur est recouvert d’une toile et une seconde toile enveloppe extérieurement tout l’appareil qui doit présenter le minimum de résistance à l’air.
- Le gyroptère ne comporte ni avant ni arrière; c’est un corps tournant sur lui-même, une pale d’hélice lancée en l’air, équilibrée par une portion de seconde pale, à laquelle nous donnerons le nom à’avant pour faciliter nos explications, et qui intervient seulement pour équilibrer l’aile par le poids
- utilise les mouvements de chacun de ces appareils.
- Le principe est tiré de l’étude approfondie des mouvements giratoires dont le boomerang et surtout la graine ailée du sycomore sont un exemple saisissant. Cette dernière est une hélice à une pale tournant autour d’un axe immatériel et capable de prendre des angles d’attaque variables ; la graine équilibre l’aile et l’ensemble tombe en chute très ralentie grâce à la grande colonne d’air intéressée à son mouvement. C’est un parachute idéal qui peut être transformé en hélicoptère à une seule pale en y adaptant un moteur.
- L’appareil se présente sous la forme d’un corps très allongé, constitué par une tête et une queue, capable de tourner autour d’un axe situé à un tiers environ de la longueur totale ; la nacelle occupe le centre de rotation ; elle demeure immobile au milieu de l’énorme machine, grâce à un artifice que nous expliquerons plus loin.
- On se fera une idée assez exacte du gyroptère en le comparant à une boîte à violon dont le manche
- du moteur qui y est installé. Ce moteur actionne une sorte de turbine, qui fait naître un torrent d’air et le chasse comme un ouragan dans l’intérieur de l’appareil d’où il sort par l’extrémité recourbée de l’aile en produisant sur l’air ambiant l’effet de réaction nécessaire pour imprimer un mouvement de rotation à l’ensemble. Nous sommes donc en présence d’un tourniquet aérien dont le principe a été proposé fréquemment parles théoriciens, mais dans la réalisation pratique duquel jamais personne ne s’était aventuré parce que la théorie n’en était pas connue.
- Nous dirons donc que le moteur est situé à l’avant de l’appareil, dans la tête. C’est un moteur « Le Rhône », rotatif, à 9 cylindres faisant 80 CV à 1200 tours (‘) ; sa construction a été simplifiée en ce
- 1. Il ne fallait pas songer, dans' la construction d’un appareil aussi étrange, à mettre en marche le moteur à la main. Tout système automatique eût convenu, mais les inventeurs ont préféré mettre à la portée de la main du pilote, un simple levier commandant deux secteurs, sur chacun desquels est arrêté un câble de lancement. Ce cable passe sur une poulie
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- UN BOOMERANG GÉANT
- sens que ses cylindres ne comportent pas d’ailettes, la vitesse de l’air qui les frappe étant largement suffisante pour réaliser le refroidissement. A l’extrémité de ces cylindres est fixée une couronne de palettes d'une construction spéciale, constituant un ventilateur et tournant par conséquent à la même vitesse que le moteur. L’air est aspiré par une ouverture circulaire pratiquée dans la caisse, au-dessus du moteur, et refoulé dans la canalisation générale.
- Cette canalisation entoure la nacelle qui en est isolée latéralement et occupe le centre du système. Cette nacelle se présente sous la forme d’un baquet circulaire reposant sur un roulement à billes ; elle est maintenue dans une position verticale par des galels latéraux mobiles. Sous le plancher se trouve une chambre dans laquelle l’air peut pénétrer ; cette chambre communique par une large canalisation verticale prise sur l’intérieur de la nacelle avec une antenne, sorte de gros tube en bois capable de recevoir un mouvement de rotation autour de son
- objet est de compléter le système amortisseur.
- Le courant d'air se rend ensuite à l’intérieur de l’aile et s’en échappe par la tuyère perpendiculaire à l’aile avec une vitesse de 100 mètres à la seconde, le débit d’air correspondant à environ 7 mètres cubes à la seconde. La surface de l’aile, qui est la surface active, est de 12 mètres carrés seulement et l’appareil pèse, en ordre de marche, pilote compris, 5U0 kilogrammes.
- La photographie que nous reproduisons est incomplète en ce sens que l’on remarque, sur le dessin, une tuyauterie partant, du moteur et se terminant devant la nacelle. Cette tuyauterie est destinée au réglage automatique du carburateur ; elle est parcourue par le courant d’air et introduit cet air dans un soufflet relié au débit d’essènee par une tringle. Le soufflet éprouvé les variations delà colonne d’air, s’ouvre et se ferme alternativemént dé quantités suffisantes pour introduire un réglage rigoureux sur le débit de l’essence.
- L’appareil, construit par M. Grémont, a été étu-
- L
- H
- A, aile; B, noyau central; C, C, ventilateur; D, arbre du moteur (poulie d’en-trainemenl pour la mise en marche depuis le siège du pilote). L’ensemble B et C constitue le violon ; F, réservoir d’huile;
- J, nacelle; K, antenne terminée parla tuyère L; I, flotteur-amortisseur lenticulaire; G, tuyère de sortie du courant d’air.
- axe longitudinal à la volonté du pilote. Cette antenne se termine par une tuyère recourbée ouverte à l’air libre, de sorte que le courant s’échappant par cette tuyère produit sur l’air ambiant une réaction suffisante pour empêcher la nacelle d’être entraînée dans le mouvement giratoire de l'ensemble et pour produire en même temps les effets de changement de marche de tout le système. Elle constitue donc un gouvernail répondant à tous les besoins.
- Sous la nacelle se trouve une sorte de flotteur lenticulaire, qui remplit en même temps les fonctions d’appareil amortisseur. Il est construit en bois et toile et sa surface inférieure porte une calotte métallique qui facilite la rotation sur le sol, la surface de contact diminuant au fur et à mesure de l’allègement du gyroptère mis en rotation.
- A l’intérieur du flotteur, de gros cylindres de caoutchouc mousse sont disposés verticalement. Leur
- fixée sur l’arbre du moteur et renvoyée sur elle-même par une seconde poulie plus petite. Le pilote actionne le levier alternativement à droite et à gauche et la grande poulie est toujours entraînée dans le même sens. Le moteur part après deux ou trois allées et venues. •,/
- dié de manière à réaliser la « chute en feuille », c’est-à-dire qu’en cas de panne du moteur, il tombe en tournant comme le fait une aile de sycomore ; pendant la chute il se produit également une entrée d’air atmosphérique dans la caisse du gyroptère par la tuyère; cet air s’échappant par l’antenne permet encore de diriger l’engin dans une certaine limite et de choisir son lieu d’atterrissage. Mais pour s’élever, le gyroptère doit posséder un angle d’attaque approprié. Cet angle lui est communiqué automatiquement par l’effet gyroscopique du groupe propulseur que l’on fait intervenir par l’inclinaison convenable de son plan de rotation par rapport au plan de rotation de l’ensemble et aussi grâce à un sens de rotation convenable tendant à affermir l’équilibre général. Le moteur tourne en sens inverse de l’appareil et les effets gyroscopiques de l’un et l’autre systèmes assurent, d’abord un angle d’attaque automatiquement pris au départ, et ensuite une stabilité de route parfaite.
- 11 y a lieu de remarquer que, grâce à la forme de l’aile, le jeu des déplacements du centre des poussées a pour effet de concourir au maintien de l’angle
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- d’attaque lors d’une descente; d’autre part, par suite de la rotation en « entonnoir » que décrit forcément l’appareil (à l’image de la graine ailée), le centre de gravité demeure toujours en dessous du centre de sustentation. Enfin le gyroptère lui-même constitue dans son ensemble à la fois un volant et un gyroscope capable d’accumuler sur place, tout en l’asservissant au maintien de son équilibre, une force considérable.
- Nous avons dit que la direction dans le sens horizontal est donnée par la tuyère dont le courant d’air réagit sur l’air extérieur d’une manière suffisante s’il est convenablement dirigé. L’axe général du système s’incline alors légèrement et le déplacement dans la direction voulue s’effectue grâce à l’effet de propulsion décrit par Maxim qui a démontré que cet effet est tout à fait comparable à celui du vol ramé des oiseaux. Sous un certain angle, une hélice effectue pour ainsi dire des bat-
- tements comme les ailes des meilleurs ramiers.
- Ajoutons encore que, dès l’instant où l’appareil parcourt une trajectoire horizontale, la puissance qui assure sa sustentation est absolument de même ordre que celle absorbée par un aéroplane de même poids en ordre de marche; c’est seulement pour obtenir l’essor vertical de l’appareil qu’il est indispensable de disposer d’une puissance supérieure.
- Le gyroptère solutionne donc trois problèmes que l’on a posés en vain jusqu’ici à l’aéroplane : les départs et les atterrissages directs, le stationnement ou la progression dans l’air à la volonté du pilote et enfin la chute extrêmement ralentie en cas de panne du moteur. Par sa tenue générale, ce curieux engin échappe à toutes les conceptions actuelles concernant la navigation aérienne ; sa technique a été si solidement établie que l’on peut fonder les plus grandes espérances sur l’avenir qui lui est réservé.
- Lucien Fournier.
- LE TREMBLEMENT DE TERRE DE SICILE
- JDe terribles cataclysmes rappellent si souvent l’attention sur l’instabilité de la côte sicilienne qu’il est peut-être inutile de reproduire, à l’occasion du désastre récent, des explications géologiques déjà données après celui du 25 décembre 1908. qui détruisit Messine (*). A cette époque, le centre sismique fut un peu plus septentrional qu’aujourd’hui ; il atteignit, en même temps, une région occupée par une grande ville, en sorte que le nombre des morts fut beaucoup plus considérable ; mais la cause profonde reste la même. C’est toujours cette série de taches noires qui, sur les cartes des spécialistes, marque, depuis longtemps, toute la région allant de Cosenza à Monte-Leone, Messine et Catane. C’est toujours le même système de dislocations orogéniques qui continue et continuera à jouer. La région atteinte est, cette fois encore, sur la faille du détroit de Messine prolongée au S.-S.-W. vers l’Etna : faille qui a si fortement contribué, dans le passé, à donner sa structure au massif calabrais. La relation avec les volcans voisins, qui s’accuse dans une certaine mesure par un réveil concomitant dans l’activité de l’Etna, semble bien être une relation de solidarité (les deux phénomènes pouvant tenir à une même cause profonde), beaucoup plutôt qu’une relation directe de cause à effet. Enfin, nous nous contentons de mentionner la controverse qui eut lieu, à ce propos, entre Suess, le géologue autrichien mort récemment, et Mercalli, le sismologue italien dont nous avons eu également cet hiver à déplorer la mort accidentelle. Suess expliquait tout par une ellipse d’effondrement avec axes radiaux. Mercalli a montré qu’il y avait indépendance générale entre certains de ces centres d’ébranlement, malgré leur rapprochement géographique. Il est malheureusement certain que
- 1. Voir les n”9 1859 et 1860 des 9 et 16 janvier 1900 et Les Tremblements de terre, par de Montbssds de Ballore,p. 521.
- la secousse, par laquelle viennent d’être détruites Aci-reale, Linera, Bogiardo, Zafferana, etc., ne sera pas la dernière comme elle ne fut pas la première (*), et nous pouvons emprunter à une correspondance inédite duxviiie siècle, que nous allons publier très prochainement (2), une description relative aux effets du désastre de 1785, qui semble exactement et curieusement calquée sur les descriptions modernes. Le 5 février 1785, un mouvement, dont l’intensité dépassa encore celle du fameux tremblement de terre de Lisbonne, détruisit tout le bas de Messine, notamment toute la Palazzata, ou cercle de palais, symétriquement construits autour du port. En même temps, s’écroulaient Reggio, Palmi Baggnara, Seminara, Terranova, Casalnueva, Oppido et surtout Scilla où périt le prince du même nom, écrasé par une barque, puis Catanzaro, Monte-Leone, etc. Le centre sismique paraissait être au Monte-Àspero, dans les Apennins. 27 villes ou Alliages de la Calabre furent détruits et l’on estima le nombre des morts à 26 470. Les mouvements continuèrent jusqu’au 26 avril 1785. Cinq ans après, l’architecte Auguste Mareux parcourait la région et voici le spectacle terrifiant qu’il notait sur son journal quotidien :
- Le 29 mai 1788, nous nous trouvâmes mouillés dans le port de Messine pour dîner. L’état affreux de cette ville nous donna un serrement de cœur qui nous ôta l’appétit. Nous vîmes toutes les maisons du quai, depuis
- 1. En l'an 526, on croît qu’il y eut 150 000 morts.
- 2. Celte correspondance, qui est surtout intéressante comme formant un journal complet de la Révolution, paraîtra en un volume sous le titre : Une famille sons la Révolution. Toussaint Mareux, membre de la Commune de 4792 et directeur du théâtre Saint-Antoine. Quelque temps auparavant, Goethe avait visité et décrit les mêmes ruines de Messine (10 au 15 mai 1787); mais sa description est très sommaire et il préfère s’étendre sur quelques types caricaturaux de Siciliciens.
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- un bout jusqu’à l’autre, renversées toutes sans exception. Le palais du Sénat, appelé la Palazzata, qui est d’une grandeur énorme, a été renversé d’un bout à l’autre et il n’en reste que les cours extérieures dont une partie est tombée. Nous vîmes la ville après le dîner et nous la trouvâmes encombrée de pierres des maisons écroulées. On commence à la rebâtir, mais cela va très doucement. La partie la plus élevée n’a pas souffert du tremblement, ou fort peu. Aussi, tous les habitants se sont portés de ce côté et y ont établi des baraques en bois, de manière que la partie basse de la ville est déserte et n’offre que l’aspect de la destruction.
- Lé 2 juin, nous partîmes de Messine sur une petite felouque armée de 12 hommes, et nous allâmes à Scilla. Le château est situé sur un rocher qui s’avance dans la mer et une partie est tombée, lors du tremblement. Dans la partie haute, toutes les maisons ont été détruites, ce qui obligea les habitants et le prince de • Scilla à descendre à la marine croyant y être plus en sûreté. Mais tous les éléments semblaient avoir conjuré contre ces pauvres habitants; car, à peine furent-ils rassemblés au bord de la mer, qu’il vint une vague qui monta à plus de trente-six pieds d’élévation. Elle emporta tous ces pauvres malheureux qui s’y étaient réfugiés comme dans un lieu sûr. Peu de temps avant, la mer y avait baissé à cet endroit : ce qui lit croire qu’il s’était formé d’abord une ouverture au milieu du phare qui, venant ensuite à se resserrer, aurait produit cet effet. Parmi ceux qui se sauvèrent à Scilla, il y en eut deux qui échappèrent bien singulièrement. L’un, qui était sur un tonneau, se trouva justement porté dans une fenêtre des maisons qui sont sur la plage et resta dans la maison jusqu’à ce que la vague fût retirée. Une femme fut portée sur un arbre où elle se trouva accrochée par les cheveux, ce qui la retint et, par conséquent, la sauva. On évalue la perte à 2500 personnes.
- Après avoir examiné les tristes débris de cette ville, nous allâmes à Bagnara, autre ville située plus en dehors du détroit. Elle a plus souffert que Scilla, car toute la haute ville a été entièrement ruinée ; on évalue la perte des habitants à plus de 4000 âmes. Le château, dont les murs avaient plus de 18 pieds d’épaisseur, a été démoli comme la plus légère maçonnerie. Les habitants ont construit des baraques dans le bas de la ville. Rien n’est plus étonnant que le récit qu’on nous a fait des personnes qui se sont sauvées. Une jeune fille est restée 9 jours sous les ruines, ayant son pied pris et ayant sa mère et sa sœur mortes sur le dos. Le sang de ces deux personnes, lui coulant sur le pied, lui forait une plaie qu’elle a encore ; elle a perdu entièrement son pied et elle marche avec une béquille. Un autre, étant à table avec sa femme et son enfant, les vit périr tous deux et se trouva enfermé sous les ruines sans être blessé. Comme il se trouvait sous des planches* il se fit passage avec son couteau et en fut quitte pour une légère contusion au dos. Il y eut une infinité d’accidents pareils. Enfin, dans le nombre des personnes qui restent actuellement, il y en a peu qui n’aient été blessées et qui n’en portent encore quelques marques.
- Le 3 juin 1788, nous fîmes de là une petite excursion dans la partie la plus endommagée de la Calabre où nous vîmes des choses presque incroyables, telles que des montagnes jetées à 300 toises de leur ancienne place, des plaines changées en immenses vallons, des villes englouties sans qu’on en puisse voir la moindre trace,
- des montagnes devenues lacs, des cours de rivières changés : en un mot, toute une province bouleversée et qui éprouve continuellement les secousses les plus violentes. La première xille que nous vîmes, fut Santa Eufemia, où nous ne trouvâmes pas un pied de maçonnerie en bon état. Tout a été détruit de fond en comble et, elle n’offre plus que le spectacle de la destruction. Il périt, dans cette malheureuse ville, 950 habitants. Nous continuâmes notre route et nous vîmes Sinopolis Superiore, qui nous parut encore plus ruinée. Il y périt 600 habitants. De là, nous allâmes à Sinopolis \eccio que nous trouvâmes encore plus ruinée ; car, à mesure que nous avançâmes dans les terres, nous trouvâmes plus de dégâts. On évalue le nombre des gens qui y périrent à 600 personnes. Au sortir de cet endroit, nous vîmes un terrain de plus de douze milles de tour enfoncé de plus de 300 pieds, et la terre retournée de fond en comble, de manière que ce terrain, qui était assez élevé, ne ressemble plus maintenant qu’à un immense cratère. La chose la plus remarquable dans cet endroit est une partie de terrain d’environ 30 ou 40 toises, sur laquelle se trouvait une femme. Ce terrain ne s’enfonça point, cette femme eut le bonheur d’échapper et de jouir, en même temps, de ce grand spectacle. Nous passâmes à travers ce cratère et nous allâmes à Cotzoletto, ou, du moins, à la place où il était, car il n’en existe pas une seule pierre. Il s’est formé, dans cet endroit, un lac extrêmement profond et on est actuellement occupé à le dessécher. Ce travail est un des plus beaux et des plus grands qu’on puisse voir en ce genre. On a été obligé de percer un canal de 2700 palmes de longueur, à travers une montagne élevée de 80 palmes. Au-dessus-de ce canal, il y a 4 soupiraux pour renouveler l’air et le grand canal est à peu près au niveau du fond du lac afin de pouvoir en faire couler toutes les eaux. Il y a ensuite un canal de plusieurs milles de longueur, qui conduit les eaux à la rivière. On s’occupe de ce travail depuis 4 ou 5 ans et on a déjà desséché plus de 100 lacs; il y en avait 160 après le tremblement. De 900 habitants que contenait Cotzoletto, 600 périrent, la moitié sous les décombres, et l’autre par les maladies épidémiques. Les 300 autres étaient répandus dans la campagne. Après avoir parcouru tous les travaux du lac de Cotzoletto, nous allâmes à Seminaro. Nous vîmes en chemin la chose la plus singulière et qui paraît incroyable à ceux qui ne l’ont pas vue. C’est un terrain détaché d’une montagne et porté à plus de 300 toises de sa place sur un autre terrain sans avoir subi d’autres changements que son inclinaison, qui se trouva opposée à celle qu’elle avait eue auparavant. Il y avait, sur ce terrain, un arbre, sur lequel était un homme qui n’a souffert aucunement; nous avons vu cet arbre : c’est un limonier. Après avoir examiné ce phénomène, nous arrivâmes à Seminaro que nous trouvâmes entièrement ruinée. Les habitants se sont retirés sur la hauteur et y ont construit des baraques. Le nombre des personnes qui y ont péri monte à 2700 et, il ne se passe pas 4 ou 5 jours sans qu’on ne ressente quelques secousses très fortes; il faut convenir que ces habitants ont bien du courage de rester dans un pays où ils risquent continuellement d’être engloutis. Enfin, nous retournâmes à Bagnara et à Messine. En quittant cette ville le 7 pour Taormina, nous observâmes que le tremblement ne s’était pas fait sentir plus loin qu’elle ; car, hors des portes, nous trouvâmes les maisons en fort bon état. L. De Launay.
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- LES NOUVELLES MACHINES
- POUR LA FABRICATION DES BOUTONS DE NACRE
- Depuis près d’un siècle, une industrie s’est développée dans le département de l’Oise, et particulièrement dans la région qui avoisine la petite ville de Méru. Cette industrie, qui a pris, depuis quinze ans surtout, une extension considérable, est celle du bouton de nacre, objet d’un commerce très important.
- Les m atièr es pr emi ères employées pour la confection des boutons sont la nacre franche et une grande variété d’autres coquilles présentant des reflets irisés et qui sont connues sous le nom de trocas, burgau, luilio-lide, palourde. Elles proviennent de l’Australie, de l’île de Ceylan, de Madagascar, de Tahiti, de la Nouvelle-Calédonie et du Japon.-Le principal marché de ces coquilles est à Londres, mais, depuis quelques années, elles arrivent au Havre en grande quantité.
- Jusqu’à ces derniers temps, les diverses opérations de la fabrication des boutons, à l’exclusion du sciage des coquilles, de l’écroûtage et du polissage, s’effectuaient dans des ateliers de famille. L’ouvrier achetait un tour ou le prenait en location et découpait les boutons que sa femme ou ses fdles perçaient, façonnaient et encartaient, mais cette méthode de travail, à l’aide d’outils primitifs, devra se modifier à bref délai par suite de la création de nouvelles machines à grand rendement fonctionnant au moteur. L’antique « tour à découper » mû simplement à la pédale ne saurait soutenir la concurrence des nouvelles « machines infernales » qui produisent quatre ou cinq fois davantage dans le même temps.
- La fabrication des boutons ne comporte pas moins de huit opérations successives qui sont : 1° le découpage des pions ; 2° l’écroûtage ; 3° le façonnage ; 4° le gravage ou guillochage; 5° le perçage ; 6° le poinçage ; 7° le polissage; 8° l’encartage. Chaque bouton doit donc passer entre les mains de huit ouvriers différents.
- A l’arrivée à l’usine, les coquilles sont tout d’abord triées par catégories de grandeur et d’épaisseur suivant la dimension des boutons qui devront y être taillés, puis elles subissent un nettoyage superficiel. Les coquilles de forme conique sont ensuite sciées
- par tranches parallèles lorsque les boutons doivent être découpés sur le tour ordinaire au pied., Cette opération est rendue inutile avec les nouvelles machines en service depuis plusieurs mois déjà dans les usines et dont la combinaison est due à MM. Pinguet père et fils, mécaniciens-constructeurs à Méru.
- Ces machines permettent de détacher des coquillages, des pions cylindriques du diamètre des boutons demandés, et le travail s’opère avec une rapidité extraordinaire grâce à l’application d’un principe tout différent de celui mis à profit dans les tours au pied. L’outil coupeur n’est plus une fraise munie de dents triangulaires sur tout son pourtour, mais un simple tube en acier spécial dont l’extrémité présente l’aspect de créneaux régulièrement espacés mais non tranchants. Le principe appliqué est le même que dans les scies à couper le marbre ou les pierres; la matière est débitée par le frottement opéré par le tube qui tourne sur son axe avec une vitesse qui n’est pas inférieure à 53 m. par seconde, correspondant à 400 tours par minute pour des boutons de 12 lignes (environ 26 mm de diamètre). Plus le bouton est petit, et plus la vitesse de rotation de l’outil est grande ; c’est ainsi qu’elle atteint 12 000 tours par minute pour des boutons de 4 lignes (9 mm). Cette vitesse est donnée à l’outil par un double renvoi de transmission, à l’aide de poulies et de courroies. '
- On comprend sans peine qu’avec de pareilles vitesses périphériques, le métal s’échauffe considérablement. Or, il est de première nécessité d’éviter cet échauffement, sinon pour l’outil lui-même qui est en acier ne se détrempant pas malgré la chaleur dégagée, mais pour la nacre qui prendrait alors une teinte jaunâtre lui retirant toute sa valeur marchande, ses irisations disparaissant pour ne laisser subsister qu’une surface terne sans aucun reflet. Cet inconvénient est évité, dans la machine considérée, grâce à un procédé ingénieux de refroidissement. Un courant d’eau sous pression arrive dans l’intérieur de la fraise par un tube central appelé baguette, qui distribue l’eau sur toute sa périphérie comme ferait une
- Fig i. — Machine à découper la nacre à grand travail.
- Fig. 2. — Tour à coupelles boutons mû au pied.
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- pomme d’arrosoir annulaire. Le liquide passe dans les vides ou créneaux de l’outil et se déverse ensuite
- Fig. 3. — Machine à écroiiter et façonner à l'aide de la meule carborundum.
- dans une canalisation qui le rejette au ruisseau.
- Les coquillages de trocas, très employés actuellement, présentant une forme conique, la machine à découper est munie d’un support réglable, muni d’une vis de pression pour l’immobiliser à la distance voulue. Cet agencement a pour but de soutenir la coquille pendant le découpage du pion. Ce doigt ou crochet s’engage par sa pointe dans les creux de la coquille et maintient celle-ci en place devant l’outil découpeur.
- Cet outil doit donc être animé d’un mouvement d’avance et de recul facultatif, et sa course est limitée selon l’épaisseur de la coquille travaillée. Les constructeurs ont ingénieusement associé le levier-poignée des tours usuels avec une double glissière à ressort encadrant le tubed’amenée d’eau. En serrant de la main droite ce levier à double courbure, on fait avancer l’arbre porte-fraise en avant ; la fraise pénètre dans la coquille et découpe le pion ; en desserrant les doigts, le ressort se détend et ramène l’outil en arrière dans sa position primitive tandis que le disque de nacre tombe dans une boîte ad hoc. On déplace le coquillage tenu de la main gauche, une nouvelle pression sur le levier-poignée reproduit le même effet et un autre pion tombe. Ces mouvements peuvent se succéder assez rapidement pour
- Fig. 4. — Machine à façonner les boutons.
- qu’un ouvrier puisse découper de 60 à 80 grosses de boutons de 4 à 6 lignes dans sa journée de 10 heures, alors qu’avec le tour mû au pied, c’est tout au
- plus s’il peut, dans le même temps, en produire 16 grosses de même grandeur.
- La machine absorbe de 2 à 5 chevaux environ pour ce travail, et sa manœuvre ne nécessite aucun apprentissage préalable.
- Ecroûtage. — Cette opération consiste à dresser la face arrière du bouton afin de donner à celui-ci son épaisseur définitive. Elle s’effectue sur une meule en carborundum et le disque de nacre ou de trocas est maintenu pendant le travail par un mandrin extensible. Le profil voulu est donné au préalable à la tranche de la meule au moyen d’un diamant; cette meule, qui tourne à grande vitesse (3500 tours par minute), est montée sur un chariot et amenée en contact du bouton à travailler. Un ouvrier habile peut arriver à écroûter 100 grosses de pions par jour, et ce travail est payé de 4 à 6 centimes par grosse.
- Façonnage. — Il peut s’exécuter selon deux procédés distincts : soit à l’aide de la meule de carborundum, comme dans l’opération précédente, soit à l’aide d’une mèche à profil constant maintenue dans
- Fig. 5. — Machine à percer les boutons.
- un chariot mobile. On façonne à la meule les boutons désignés sous les noms de barrettes, demi-hussards et certaines façons simples ; les cuvettes, sébiles, bourrelets, viennois, sous-gorge, fantaisie, sont méchés.
- Gravage. — Les dessins en creux que portent certains boutons sont exécutés avec une meule de faible diamètre tournant à allure très rapide, comme pour l’écroûtage ou le façonnage. Cette opération, réservée aux boutons de luxe, est celle qui réclame de l’ouvrier le plus d'habileté et de sens artistique.
- Perçage. — Les boutons doivent être percés de deux ou quatre trous équidistants pour le passage du fil destiné à les retenir. Ce perçage s’exécute à l’aide d’un tour au pied, dont le mouvement est transmis par une courroie ou une corde, à une mèche ou aiguille en acier trempé, méplate et tranchante sur ses côtés. Cette aiguille peut se déplacer, sur un trajet réglable à volonté, au moyen de vis de butée, de manière à forer un trou dans le bouton maintenu sur la face antérieure d’un mandrin en bois dur. Un rochet à quatre dents et un cliquet fournissent automatiquement la division et donnent l’emplacement exact des trous. L’ouvrière
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- poussele levier de droite à gauche, comme le coupeur et le ramène ensuite à sa position première le trou une fois percé, tandis que, de la main gauche, elle fait pivoter le mandrin qui porte le bouton. La production varie entre 20 à 40 grosses par journée de 10 heures. On a essayé des machines multiples, à grand rendement, mais il ne paraît pas qu’elles soient encore parfaitement au point et, en fait, elles ne sont pas en service général.
- Ponçage, Polissage, Encartage. — Le ponçage s’effectue dans des tonneaux en fer tournant à raison de 50 tours par minute, et le polissage dans des récipients contenant de la sciure de bois et delà stéarine pulvérisée.
- Enfin les boutons sont blanchis à l’aide d’eau oxygénée chaude et livrés aux encarteuses qui les cousent par douzaines ou par grosses, suivant la dimension des boutons, sur des cartons recouverts ou non d’une feuille de clinquant ou paillon, destinée à faire ressortir leur éclat et leurs nuances.
- Triage. — Entre chacune des opérations qui viennent d’être énumérées, et, pour éviter toute perte de marchandise, les pions ou les boutons doivent être classés par catégories d’épaisseurs, avant de passer d’un ouvrier à l’autre. Ce classement est opéré très rapidement et automatiquement à l’aide
- de machines très ingénieuses dites trieuses qui se composent, en principe, de deux cylindres inclinés, tournant sur leur axe, par une transmission à engrenages, et dont on règle l’écartement à volonté, de manière qu’il aille en croissant de l’avant à l’arrière. À mesure qu’ils avancent par le seul effet de leur poids, les disques de nacre tombent dans des compartiments séparés contenus sous la machine, à mesure qu’ils trouvent l’espace voulu pour cylindres accolés. Le débit de ces machines est considérable.
- ; : Nous venons de pas-
- ser en revue les différentes phases par où doivent passer la nacre et ses divers succédanés avant d’être transformés en boutons prêts à être livrés au commerce et employés. On a pu voir quelle importance la mécanique a prise dans cette industrie qu’elle est en train de modifier radicalement par suite de la création et de l’adoption des nouvelles machines à découper à grand travail. Il en résultera évidemment, dans un temps prochain, une transformation complète dans l’organisation du travail ; il reste à souhaiter que cette évolution ait lieu sans secousses et sans difficultés économiques d’aucun genre.
- H. DE Graffigxy.
- UTILISATION DES VAPEURS NATURELLES PROVENANT DES « SOFFIONI »
- de Toscane
- Il résulte d’une enquête très complète faite récemment par le « Congrès géologique international du Canada » (Voir Nature du 28 février 1914) que la réserve possible mondiale en charbon s’élève au chiffre de 7397 milliards de tonnes, réserve qui, en tenant compte de l’augmentation progressive annuelle de la consommation, peut suffire pour une durée d’un millier d’années. Ainsique le dit l’auteur de l’article, il n’y aurait donc pas trop lieu de s’alarmer. Mais, si, d’un autre côté, on considère l’Europe seule, il résulte de l’enquête que les conditions sont toutes différentes et deviennent même critiques. La production en charbon de la France ne suffit plus à sa consommation et elle doit avoir recours à la Belgique, à l’Allemagne et à l’Angleterre, tant que celles-ci pourront distraire une partie de leur production sans nuire à leur consommation personnelle.
- Mais il n’est pas douteux que, dans un avenir plus ou moins éloigné, il arrivera un moment où l’Europe ne trouvera plus chez elle le charbon nécessaire à sa consommation. Ce sera donc aux réserves possibles de l’Amérique, de la Chine, de l’Australie qu’elle devra avoir recours, d’où modification radicale et déplacements industriels qui enlèveront à l’Europe sa suprématie industrielle actuelle.
- Il paraît donc sage de songer à l’avenir et de voir si, en prévision d’une diminution de la production de charbon ou, tout au moins, dans le but de ménager les ressources de demain, il n’y aurait pas lieu de chercher à utiliser les énergies que la nature a mises à notre disposition et qui, jusqu’ici, sont restées pour la plupart inutilisées, telles que les marées, la chaleur solaire, les chutes d’eau et
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- la chaleur interne de la terre. C’est dans cet ordre d’idées que nous croyons intéressant de signaler un essai fait récemment en Italie, essai qui a pleinement -réussi, et qui a pour but d’utiliser comme force motrice les sources naturelles de vapeur de la Toscane.
- On sait, en effet, que dans la partie Nord de la Toscane, près de la ville de Yolterra, existe une région où se trouve un grand nombre de sources boraciques, les unes d'eaux chaudes appelées lagoni, les autres de vapeurs naturelles qui portent le nom de soffioni.
- Au début du siècle dernier, des usines furent installées dans le but d’extraire l’acide borique contenu dans les eaux chaudes des lagoni. Très rudimentaires au début,, ces usines, vers, 1820, prirent un développement considérable grâce à l’énergique persévérance d’un Français, Fran--, çois de Lardarelle,
- -/qui créa un procédé à la fois simple et économique pour l’extraction de l’acide borique. Ce procédé, qui est encore en usage à l’heure actuelle, consiste à recueillir les vapeurs naturelles des soffîoni et à chauffer avec ces vapeurs les eaux chaudes des lagoni contenues dans de grandes chaudières en plomb et à extraire l’acide borique.
- En présence des excellents résultats obtenus avec ce procédé on créa, dans ces dernières années, une société importante, la Societa boracifera cle Larda-rello qui possède actuellement sept usines de fabrication d’acide borique et exploite 71 lagoni et plus de 300 forages artificiels. A Lardarello se trouve l’usine centrale avec tous les services généraux.
- Étant donné la quantité considérable de sources de vapeur naturelle qu’il est possible de rencontrer dans la région, on s’est demandé si,' outre l’extraction de l’acide borique, il n’y aurait pas lieu d’utiliser ces vapeurs pour la production de la force motrice, soit en actionnant des dynamos, soit tout autre‘moteur industriel, tout en profitant des progrès récents delà turbine à basse pression. Mais une difficulté se présentait. Ces vapeurs naturelles con-
- tiennent environ 4 pour 100 en volume de gaz incondensables et, notamment, de l’acide sulfhydrique en proportion appréciable rendant impossible l’emploi de cette vapeur dans la turbine sans amener une détérioration rapide du moteur. Il fallait donc créer un nouveau type de chaudière où la vapeur naturelle serait utilisée seulement pour produire une vapeur secondaire provenant de la vaporisation d’eau pure et qui, elle, servirait à l’alimentation de la turbine à basse pression.
- La Société d'Exploitation des Procédés évapora-toires du système Proche et Bouillon fut chargée d’exécuter ce programme en appliquant un type de chaudière fort intéressant étudié par elle et qui, tout en possédant une grande puissance de vaporisation et une surface de chauffe modérée, peut fonctionner sous des pressions très réduites.
- Les figures 2 et 5 représentent la vue de cette chaudière. Comme on le voit, elle se compose de quatre éléments tubulaires inclinés semblables et que parcourt en série la vapeur primaire, c’est-à-diré la vapeur naturelle provenant des soffîoni. La figure 4 donne la coupe schématique d’un de ces éléments qui se compose d’un corps cylindrique à l’intérieur duquel se trouve un faisceau de tubes de 50 mm de diamètre et de 3 m. de longueur.
- La vapeur naturelle venant du soffîoni pénètre dans le premier élément de la chaudière par l’ouverture A (fig. 2 à 4) ; puis, après avoir circulé autour du faisceau tubulaire, elle sort de ce premier élément par l’ouverture B pour entrer ensuite, au moyen du tuyau C qu’on voit sur les figures 1 à 3, à la partie supérieure du second élément où, après avoir circulé autour du faisceau tubulaire, elle ressort à sa partie inférieure. Elle entre ensuite à la partie supérieure du troisième élément pour en ressortir à la partie inférieure et, enfin, elle entre dans le quatrième élément pour en ressortir à sa partie inférieure et s’échapper dans l’atmosphère par le tuyau D qu’on voit sur les figures 1 et 2. La vapeur naturelle parcourt donc en série les quatre éléments de la chaudière ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- Fig. i. — Forage des « soffioni ».
- A droite et à gauche du puits de forage on voit les canalisations de vapeur naturelle.
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- Fig. 2 et 3. — Vues de la chaudière.
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- ENREGISTREMENT DES SIGNAUX DE T. S. F.
- Par suite de cette disposition, la vitesse de la vapeur naturelle autour des tubes, qui est maxima dans le premier élément de la chaudière, va en diminuant à mesure qu’elle approche du dernier élément, d’où elle s’échappe dans l’atmosphère, tout en conservant, cependant, une vitesse moyenne élevée. Il en résulte que la richesse du mélange en gaz incondensables va en augmentant, au fur et à mesure que celui-ci s’approche du dernier élément et qu’à la sortie de ce dernier élément le mélange évacué sera très riche en gaz incondensables et très pauvre en vapeur.
- L’intérieur du faisceau tubulaire est rempli d’eau pure jusqu’au niveau a b qui est réglé au moyen du régulateur E (fig. 5). Elle est amenée dans
- vapeur, elle rentre dans la circulation du faisceau tubulaire.
- La vapeur produite par les quatre éléments et qui s’est accumulée dans le réservoir M, quoique déjà séchée, contient encore, cependant, une certaine humidité qui serait préjudiciable au bon fonctionnement de la turbine. Aussi, pour la sécher complètement et, même, lui donner un certain degré de surchauffe, on envoie cette vapeur au moyen du tuyau 0 (fig. 1 et 2) dans un sécheur de vapeur S chauffé par la vapeur naturelle qui lui est amenée par le tuyau Y. C’est cette vapeur prise au sécheur qui sert au fonctionnement de la turbine.
- Cette chaudière, installée dans l’usine centrale de Lardarello, fournit la vapeur à un turbo-alternateur destiné à fournir l’énergie électrique aux diverses localités de la région et, notamment, à la ville de Vol-tera. Elle reçoit par heure à la pression de 3,5 kg, 2900 kg de vapeur naturelle provenant des soffioni et fournit environ 2500 kg de vapeur secondaire à la pression de 3 kg, soit 25 kg par mètre carré de surface de chauffe totale de la chaudière qui est de
- Fig. 4. — Coupe longitudinale d'un des corps de la chaudière.
- chaque élément au moyen du tuyau F en communication soit avec un réservoir surélevé, soit avec une pompe.
- Cette eau contenue dans le faisceau tubulaire et chauffée par la vapeur naturelle qui circule, comme nous l'avons dit, autour de ces tubes, entre en ébullition dans chaque tube à la partie supérieure duquel elle s’échappe projetée par la vapeur qui s’est formée dans sa masse. Tous ces jets viennent frapper la plaque tubulaire avant de la chaudière (fig. 4). La vapeur produite se sépare, passe par la tubulaire T et vient s’accumuler dans le réservoir M placé transversalement au-dessus des quatre éléments de la chaudière. Quant à la partie humide de cette
- 100 m2. La turbine à basse pression consommant environ 14 kg de vapeur par kilowatt, c’csL donc une puissance de 180 kw que fournit la turbine qui actionne l’alternateur.
- La Societci boracifera de Lardarello étudie en ce moment l’installation d’un nouveau groupe de 1800 kw., ainsi que d’autres de plus grande puissance. R. Bonntx.
- QUELQUES APPLICATIONS DE L’ENREGISTREMENT DES SIGNAUX DE T. S. F.
- Le problème de l’enregistrement des signaux de Ti. S. F. est extrêmement important à cause de ses applications à la chronométrie, à la géodésie de haute précision, enfin à la détermination de la vitesse et du mode de propagation des ondes hert-
- ziennes.
- L’établissement des cartes nécessite souvent la connaissance de la différence entre les longitudes de deux points A et B du globe ; cette différence s’obtient par la comparaison des heures marquées, au même instant physique par deux pendules placées respectivement en A et B. Le procédé employé est le
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- ....... ENREGISTREMENT DES
- suivant : une troisième station C émet un signal qu’on reçoit à la fois en A et B ; à quelques corrections près, sur lesquelles nous reviendrons, le signal C est perçu au même instant en A et B ; on compare les heures indiquées par les pendules à cet instant bien déterminé.
- De nombreuses différences de longitudes ont été ainsi déterminées. C’est par ce procédé qu’on délimite actuellement les frontières franco-libériennes et franco-allemandes du Congo-Cameroun. Le Service géographique l’emploie pour établir la carte du Maroc. Cette méthode rend, en particulier, les plus grands services quand il s’agit de dresser les cartes de régions d’accès trop difficile pour permettre l’usage des procédés géodésiques ordinaires. Quand les grands centres radiotélégrapbiques, projetés par la Conférence internationale de l’heure, seront créés par les différentes nations, il sera possible de relier, entre eux et d’une façon très complète, les divers continents, d’y rattacher toutes les îles éparses, dont la position est encore imparfaitement connue, de dresser une carte du globe terrestre dépassant de beaucoup, en précision, toutes les cartes actuelles.
- Au point de vue physique, on peut espérer, en enregistrant des signaux convenablement émis, déterminer la vitesse de propagation des ondes hertziennes. Cette vitesse est-elle, comme le veut la théorie, égale à la vitesse de la lumière? Quels sont les rôles respectifs de l’eau et de la terre dans la propagation des ondes à travers les mers et les continents? Problèmes très importants qui viennent de recevoir un commencement de solution. Dans les conférences de Pâques, données par la Société française de physique, M. Henri Abraham, professeur à la Sorbonne, et le commandant Ferrié, chef de la Station radiotélégraphique de la Tour Eiffel, ont exposé les résultats des travaux effectués à Paris et à Washington, travaux que La Nature, dans sa revue de physique (n° 2125), avait annoncés à ses lecteurs. Ces travaux ont eu pour but : d’une part, de rechercher, avec le maximum de précision, la différence entre les longitudes de ces deux villes ; d’autre part, de déterminer la vitesse de propagation des ondes hertziennes à travers l’Atlantique.
- La détermination d’une différence de longitudes consiste, nous l’avons dit plus haut, à recevoir en A et B les signaux émis par une station C. Cette réception peut se faire de deux façons : 1° à l’oreille ; 2° par la photographie. Le deuxième procédé est de beaucoup le plus précis ; il ne fait pas intervenir l’observateur et ce qu’on appelle son « équation personnelle ». Le premier procédé est, par contre, d’un emploi plus général. Quiconque a déjà écouté dans un récepteur de T. S. F. sait que, non seulement les signaux s’y trahissent, mais qu’en même temps un orchestre, parfois infernal, de bruits divers appelés parasites s’y fait entendre. Décharges électriques lointaines, perturbations de toute nature dans l’état de l’atmosphère, friture de cause inconnue, etc... viennent agacer l’oreille et couvrir
- SIGNAUX DE T. S. F. ===== 427
- la voix des signaux; enregistrés par la photographie, ils fournissent un dessin terriblement embrouillé, dont on ne peut tirer parti. Il peut se faire, pourtant, qu’une oreille exercée arrive à reconnaître, au milieu de tous les parasites, la voix, seule intéressante, du poste C, de même qu’on peut suivre, au milieu du brouhaha général d’un salon, la conversation d’une seule personne. La réception à l’oreille sera donc possible alors que la photographie, enregistrant tout indistinctement, ne pourra fournir aucun renseignement utile. En résumé, quand on le peut, il faut employer la méthode d’enregistrement photographique ; on ne peut pas toujours et on doit alors se contenter de la méthode à l’oreille. Nous dirons d’abord quelques mots de celle-ci.
- Réception à l’oreille. — Il s’agit de déterminer, avec le plus de précision possible, l’instant d’arrivée en A ou B d’un signal émis par le poste C ; pour cela, on écoute ce signal et, en même temps, le tic tac d’une pendule très bien réglée et battant la seconde. Le dispositif employé est représenté schématiquement par la figure 1. Quand le balancier de la pendule vient toucher la pointe A, et cela se produit à chaque oscillation complète, un courant électrique, fourni par la pile P, passe dans un circuit comprenant un condensateur C, shunté par une forte résistance R = 25 000 ohms, et le primaire d’un transformateur T. Le secondaire fait partie d’un circuit ordinaire deréception de T. S. F. Dans le téléphone, placé en dérivation entre les points M et N, on entend à la fois les signaux du poste G d’émission et les sons, très brefs, produits par la pendule, c’est-à-dire espacés de 1 seconde. La comparaison est alors facile; le signal de T. S. F. arrive, par exemple, entre la 50e et la 31e seconde, plus près de la 50e; en interpolant, on peut obtenir l’heure 1
- d’arrivée du signal à | de seconde près. Ce n’est
- pas une grande précision. Il faut remarquer que cette mesure exige de l’observateur un certain nombre de réflexes (réception du signal par l’oreille, transmission au cerveau, réaction de celui-ci, etc...) durant chacun un temps, petit, il est vrai, mais pourtant sensible. Entre l’instant d’arrivée d’un signal et le moment où l’observateur inscrit cette arrivée, il s’écoule un temps inconnu, variable non seulement d’un observateur à l’autre, mais aussi, pour un même observateur, d’un instant à l’autre, temps qui limite la précision de la méthode.
- On obtient de bien meilleurs résultats en faisant émettre, par le poste C, une série de signaux espacés
- de ^1 — seconde. Ces signaux sont obtenus
- en commandant le manipulateur qui déclenche les étincelles hertziennes par une petite pendule à période réglable et munie d’un contact électrique se fermant à chaque oscillation complète. On entend donc, dans le téléphone, une série de points
- espacés de f 1 — tttt 1 seconde en même temps
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- 428 ========== ENREGISTREMENT DES SIGNAUX DE T. S. F.
- que les tocs, espacés de 1 seconde, dus à la pendule de la figure 1. On cherche à déterminer le moment d’arrivée du premier point. Dans ce but, remarquons que les points et les tocs ne coïncident
- Fig. /. — Réception simultanée, au téléphone, des signaux de. 7. S. F. et des battements d’une pendule.
- pas en général ; cependant de temps en temps une coïncidence se produit : le point et le toc se produisent à la fois; on note ce moment. On trouve, par exemple, que le 56e point de la série émise par G se produit juste en même temps qu’un toc (lre coïncidence) et qu’à ce moment la pendule marque 16h 42m 35s; on en déduit que le premier point est arrivé à l’heure :
- 16u 42m 35s — 55 ou 16h 41™40®, 55.
- C’est la méthode du « vernier acoustique » bien connue des physiciens et des horlogers, qui l’emploient au réglage de leurs chronomètres.
- Cette méthode a été utilisée pour les mesures Paris-Washington. Elle ne supprime pas l’interven-
- iSource
- lumineuse
- Fig. 2. — Dispositif d’enregistrement des déviations galvanométriques.
- tion de l’observateur et son « équation personnelle ». On a reconnu cependant, au moyen de la méthode d’enregistrement étudiée plus loin, que, dans le cas des signaux brefs dits « signaux scientifiques » de
- la Tour Eiffel, l'heure d’arrivée du premier signal peut être déterminée avec une erreur absolue inférieure à gQQ de seconde. Malheureusement, quand
- les signaux doivent être écoutés à grande distance ou encore dans des pays chauds à perturbations électriques intenses, les « parasites deviennent gênants et il est nécessaire de remplacer la série des points par une série de traits plus facilement perceptibles, surtout quand ils sont dus à des étincelles musicales. La précision, dans ce cas, est
- g
- moindre et il peut s’écouler 5, 6 et même de
- seconde entre l’instant exact d’une coïncidence et l’instant relevé. Chose curieuse, la coïncidence est toujours prise avant, l’heure notée est en avance sur l’heure réelle.
- La méthode, que nous venons d’étudier, a un inconvénient : il ne se produit, pendant la durée de l’émission, qu’un pelit nombre de coïncidences, 4 ou 5 par exemple. Il peut alors se faire que toutes soient brouillées et rendues inobservables par la faute des parasites. On a proposé de faire émettre des points exactement espacés de 1 seconde, comme les tocs de la pendule. Points et tocs seraient dans le téléphone, soit constamment confondus, soit décalés, les uns par rapport aux autres, d’une quantité constante qu’il s’agirait d’évaluer. On dispose-
- ZÜ/L
- Fig. 3. — Enregistrement de signaux.
- rait, dans ce but, d’un troisième appareil, permettant de produire des signaux, encore espacés de 1 seconde, mais déplaçables, dans le temps, d’une quantité mesurable. On ferait d’abord coïncider ces signaux avec les tocs de la pendule, puis avec les points de T. S. F.; en mesurant le déplacement, on aurait la valeur du décalage constant existant entre les points et les tocs. On poursuit, actuellement, la mise au point de cette méthode.
- A l’heure actuelle, on peut dire qu’il est possible,
- à l’oreille, de comparer, à de seconde près,
- deux pendules respectivement placées à Paris et Washington.
- Cette comparaison une fois faite, il reste à déterminer l’état de ces pendules par rapport aux phénomènes célestes afin de voir de combien l’heure marquée diffère de l’heure astronomique. Les astronomes de l’observatoire de Washington procèdent actuellement à cette détermination.
- Enregistrement photographique. — La méthode d’enregistrement photographique est plus précise parce qu’elle ne fait intervenir, en aucune façon, d’observateur et son « équation personnelle ». Un
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- ENREGISTREMENT DES SIGNAUX DE T. S. F. :y::::.:.,:, — 429
- galvanomètre extra-sensible est inséré dans un circuit de réception de T. S. F. C’est un galvanomètre à cadre mobile, genre d’Àrsonval. Le cadre, très petit (1 à 2 m. de large), se déplace dans un champ intense (20 000 gauss) fourni par un électro-aimant E (fig. 2). Un miroir M, aussi court que possible (1 m. et même moins) dans le sens de l’axe, est solidaire du cadre. La lumière d’une lampe Nernst ou d’un arc électrique traverse une fente verticale F, se réfléchit sur le miroir et fournit, après passage dans l’objectif photographique 0 et la fente horizontale Fa, un point lumineux extrêmement fin et brillant. Ce point est reçu sur une bande BB de papier photographique; il inscrit sur la bande les déplacements du cadre galvanométrique.
- Sur une bande placée à 1 m. 50 du miroir, le déplacement du point lumineux peut dépasser 2 décimètres pour un courant de 1 microampère. Le
- On peut inscrire enfin sur la bande les oscillations du balancier de la pendule astronomique. Pendant la durée d’une demi-vibration du diapason, on peut considérer le mouvement de la bande de
- Fig. 5. — Mesure de la vitesse des ondes hertziennes.
- papier comme rigoureusement uniforme et, par
- 1
- une interpolation facile, trouver, à —de se-
- retour au zéro du cadre s’effectue en -r-- de se-
- 10
- conde. Quand les ondes hertziennes frappent l’antenne de réception, un courant passe dans le galvanomètre, fait dévier le cadre, la déviation s’inscrivant sur la bande de papier. Si les étincelles productrices des ondes se succèdent très rapidement le galvanomètre ne revient pas au zéro entre deux étincelles : on a la courbe (a) ; dans le cas contraire on obtient la courbe (b) (fig. 5). Si le mouvement du papier est uniforme et si on connaît la vitesse de déplacement, on peut déterminer l’heure d’arrivée d’un signal. En réalité, aucun système ne permet de donner au papier un mouvement 1
- régulier à plus de près. On tourne la difficulté
- en inscrivant sur la bande les vibrations d’un diapason. L’expérience a montré qu’un diapason non entretenu donne des vibrations dont l’isochronisme 1
- est réalisé à près. On inscrit ces vibra-
- 1 UUU UUU 1
- tions en fixant un miroir à l’une des branches du
- Fig. 4. — Enregistrement simultané des signaux et des vibrations d’un diapason.
- diapason ; par un dispositif optique analogue à celui utilisé pour suivre le déplacement du miroir du galvanomètre, on obtient, sur la bande de papier sensible, une série de traits (fig. 4) ; l’intervalle entre deux traits représente le chemin parcouru par la bande pendant la durée d’une demi-vibration.
- conde près, l’heure d’arrivée du signal. En réalité, pour une mesure de différence de longitudes, on n’a pas besoin de cette grande précision, car la mesure exige la connaissance de l’heure astronomique et les astronomes ne savent guère la déterminer à 1
- plus de ^ de seconde près. En somme, étant donné
- l’imperfection des pendules actuelles, la précision de la méthode d’enregistrement photographique, employée pour la mesure d’une différence de longitudes, n’est pas plus grande que la précision de la méthode de réception à l’oreille.
- Vitesse de propagation des ondes hertziennes. — La méthode photographique retrouve tous ses avantages quand il s’agit de déterminer la vitesse des ondes hertziennes. Il n’y a pas besoin, dans ce cas, de connaître l’heure astronomique et par conséquent d’employer des pendules imparfaites.
- Les expériences faites reposent sur le même principe que les expériences dites « des coups de canon réciproques » qui ont permis à Régnault de mesurer la vitesse du son. Régnault établissait deux postes de tir à distance connue. Quatre coups de canon étaient tirés ; 2 à chaque poste. A l’aide de chronomètres, on notait, à chaque poste, les temps s’écoulant entre les moments de départ des coups et .d’arrivée du son. Bans les expériences de M. Abraham, les coups de canon sont remplacés par des émissions de T. S. F. et les chronomètres par des diapasons non entretenus.
- Supposons deux bandes sensibles se déroulant simultanément à Paris et Washington (fig. 5) et sur lesquelles, par le dispositif étudié plus haut, on enregistre les signaux de T. S. F, et les vibrations de diapasons. Paris émet un signal et inscrit en a le moment de départ; ce signal traverse l’Atlantique, et, atteignant Washington, s’enregistre en A ; Washington émet à son tour un signal B reçu en b
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- 430 -----------' LA TERRE SE DESSECHE-T-ELLE? :
- à Paris. Un 5e et un 4e signal C et D sont, de la meme façon, émis respectivement par Paris et Washington et reçus en c et d. Ces quatre signaux correspondent aux quatre coups de canon de la méthode de mesure de la vitesse de son. En comptant le nombre de traits du diapason intercalés entre les divers points, on détermine les temps l, t', t., t'., s’écoulant entre les moments d’inscription des signaux. Il est facile de voir que les différences t — t' et i.—t'. représentent, chacune, le double du temps mis par les ondes pour franchir la distance Paris-Washington. Cette distance étant connue, on en déduit la vitesse de propagation des ondes hertziennes.
- On vérifie, sur le graphique lui-même, que les vibrations des diapasons employés sont bien isochrones; Àa et Ce représentent le même temps (temps de traversée de l’Atlantique); si les vibrations du diapason de Washington restent bien isochrones, on doit avoir, dans l'intervalle A a, le même nombre n de traits que dans l’intervalle Ce.
- i
- On trouve que l’isochronisme est réalisé à 7-^-^
- 1 1 000 000
- près, ce qui est suffisant. La même vérification se
- fera pour le diapason de Paris en considérant les
- intervalles B b et D d qui doivent contenir le même
- nombre n' de traits. Remarquons que le rapport
- 11
- —, est égal au rapport des durées de vibrations des deux diapasons.
- Nous n’insistons pas sur les multiples causes d’erreur que comporte l’application de cette méthode, simple en principe. Il a fallu les étudier et les vaincre une à une. Signalons seulement les résultats obtenus : les expériences Paris-Washington
- ont fourni, pour la vitesse des ondes hertziennes, le nombre 293 000 kilomètres par seconde*± 2 0/0, moyenne d’un certain nombre de mesures.
- Le temps mesuré dans les expériences (double du temps mis par les ondes pour franchir la distance
- 4
- des deux stations) est d’environ de seconde; il a donc fallu, pour obtenir l’approximation de 2 0/0, mesurer ce temps à de seconde près, au
- moins.
- Des expériences préliminaires avaient eu lieu entre Paris et Toulon; la distance de ces deux villes est relativement faible (698 km) et le temps mis par les ondes pour la franchir n’est que de 2
- de seconde. Cependant la précision obtenue a
- été plus grande, car les communications entre Paris et Toulon sont plus faciles à établir qu’entre Paris et Washington et les inscriptions plus nettes. Ces expériences ont donné 296 100 km par seconde à 2
- 1 0/0près; 1 0/0 sur Jqqq de seconde, cela fait une
- 2
- erreur de qqq de seconde sur l’appréciation de
- la durée de voyage des ondes.
- M. Abraham a terminé sa conférence en disant que, d’après ses expériences, la vitesse des ondes hertziennes semble légèrement inférieure à la vitesse delà lumière. Des expériences plus précises encore pourront, seules, confirmer ce fait important et provoquer, par là même, une mise au point des théories actuellement adoptées pour l’explication du mécanisme de propagation des ondes hertziennes.
- G. Bresch.
- LA TERRE SE DESSÈCHE-T-ELLE?-
- M. J. W. Gregorv vient d’examiner eette vieille question dans un article du Geographical Journal. Prenant la Palestine comme exemple d’un pays soi-disant en voie de dessèchement., il montre que lorsqu’on examine les souvenirs dignes de loi se rapportant à la répartition des palmiers et de la vigne, et les autres faits mentionnés par les écrivains de l’Ancien Testament, on ne trouve aucune indication de changement de climat; de plus l’opinion des savants autorisés ne penche pas en faveur de ces changements. On peut en dire autant de l’Égypte. Après avoir examiné ensuite les preuves des changements climatériques en Grèce, Cyrénaïque, Europe septentrionale et méridionale, Hongrie et Roumanie, Asie centrale et occidentale, Afrique, Amérique du Nord et Groenland, l’auteur arrive à la conclusion suivante : il a pu se produire des changements climatériques dans les derniers temps géologiques ; mais,dans les temps historiques, il n’y a pas eu de changement de climat mondial.
- Les données géologiques montrent que le passage du climat de la Période glaciaire au climat actuel s’est fait de deux façons. Dans quelques contrées, il y a eu une élévation graduelle de température depuis la disparition de la glace, accompagnée d’une augmentation ou d’une
- diminution d’humidité. Dans d’autres contrées, aux conditions glaciaires a succédé une période chaude et sèche, suivie de nouveau par des conditions plus humides. Cette augmentation d’humidité caractérise les climats actuels des Pays Scandinaves, de l’Allemagne, de la Hongrie, de la Roumanie, l’est et le sud de l’Amérique du Nord, une partie de l’Afrique du Niger au Cap, et il y a quelques traces du même changement suivant une période sèche post-glaciaire, en Angleterre. Comme on a démontré que la précipitation atmosphérique avait augmenté pour ces parties du monde, il est naturel de compter en compensation sur une diminution dans d’autres contrées, et l’on est disposé à admettre que l’Asie centrale se dessèche de plus en plus.
- Il faut pourtant rappeler qu’il est aisé d’exagérer l’extension de ce changement en attribuant à de récents changements climatériques les effets de variations préhistoriques. Car l’archéologie et l’histoire montrent que l’Asie centrale, et même les côtes de la Perse et du Béloutchislan, avaient un climat très sec dans les temps les plus recidés dont on ait des souvenirs humains, que la mer Caspienne était, au ve siècle, au moins aussi pëtite et aussi basse qu’à présent et que les déserts d’Afrique et
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- LA DÉSINFECTION DE L’AIR CONFINÉ
- 431
- d'Asie sont gagnés çà et là par la culture. Mais bien que de nombreux savants se prononcent en faveur d’un dessèchement progressif de l’Asie, il ne manque pas non plus de voix autorisées pour soutenir le contraire.
- On peut expliquer ces vues contradictoires par le fait que, dans l’Asie centrale, le désert s’élargit en quelques endroits et se resserre en d’autres. Il est pourtant probable que la précipitation atmosphérique totale dans l’Asie centrale a diminué, tandis qu’elle augmentait en quelques parties de l’Europe. Les variations dans Ja distribution de la précipitation atmosphérique doivent résul-
- ter d’une altération considérable du niveau du terrain ; l’exhaussement d’un continent doit rendre la précipitation atmosphérique plus forte sur les bords et plus faible dans l’intérieur. L’augmentation de la pluie sur les cotes hâterait cependant leur affaissement par dénudation, et de nouveau la pluie balaierait l’intérieur du pays; l’équilibre géographique, à moins d’être entravé par de nouveaux exhaussements des côtes, finirait donc par rétablir la distribution de la pluie et par faire revivre les régions désolées au cœur d’un continent. (D’après le Bulletin de VInstitut international d’agriculture.)
- LA DÉSINFECTION DE L’AIR CONFINE
- réservoir
- 'Dans les salles de conférences, de.procédions cinématographiques, de café et d’école, où s’entassent pendant un temps assez long des foules souvent très denses, l’air est rapidement pollué par les exhalaisons, les fumées de tabac, le gaz des lampes. Le meilleur moyen d’obvier à cela est d’aérer. Mais ce n’est pas toujours très possible. Force est alors de désinfecter l’air confiné, et ce de façon tolérable pour les occupants de la pièce ; ni le chlore ni même le formol lie sauraient être mis en jeii.
- On ne pratique guère le plus souvent jusqu’à présent, comme traitement désinfectant, que des projections de liquides parfumés, ou des fumigations . avec des lampes à mousse de platine. C’est tout à fait insuffisant, et on ne peut de la sorte obtenir qu’une apparence de désinfection.
- Pour épurer vraiment l’air chargé de miasmes, a pensé M. le Pr Richet, il faut opérer comme on fait pour épurer les gaz dans l’industrie ; c’est-à-dire par filtration et lavage. Et il conçut un petit appareil qui filtre et lave l’air d’une pièce, qu’un même ventilateur électrique aspire d’un côté pour renvoyer propre et lavé de l’autre. Les ailettes de ce ventilateur tournent avec une grande rapidité et déplacent environ 800 mètres cubes d’air par heure. Au-dessus des ailettes est placé un réservoir débitant très lentement (pendant à peu près 3 heures) un liquide (glycérine, eau savonneuse ou eau simple). Ce liquide est, par la vive rotation des ailettes, projeté en très fines gouttelettes dans l’intérieur du cylindre qui renferme le ventilateur.
- Par la mise en marche du mécanisme, tout l’air contenu dans une pièce est attiré dans P appareil, où il se précipite. C’est ainsi que va s’accomplir la purification : l’air rencontre des particules liquides, lesquelles, tourbillonnant de toutes parts, se transforment en pluie finement pulvérisée, dont les glo-
- Appareil pour de l’air
- bules entraînent avec eux tous les germes atmosphériques, poussières organiques et minérales, microbes, spores, champignons, moisissures, etc.
- Le produit de cette épuration aérienne.tombe dans le bassin placé au-dessous du cylindre. L’analyse bactériologique de ce fleuve bacillaire permit de constater que c’était une véritable « purée » de germes toxiques.
- On peut d’ailleurs facilement se rendre compte de la puissance de captation par l’aérofiltre des matières en suspension dans l’air. Si, dans un local fermé, on procède au balayage et à l’époussetage, toutes les poussières de la pièce viendront s’emmagasiner dans l’appareil au lieu de s’accrocher et de s’étaler sur les meubles, tentures et murailles.
- Et on peut juger du nombre des cadavres par le fait qu’un mètre cube d’air dans un appartement peut contenir pendant l’époussetage 45000 bactéries (pour 12 000 avant balayage); qu’un gramme de poussière dans une chambre de ville recèle 1500000 à 2000000 de germes; et qu’un centimètre cube de boue parisienne bat le record avec 1000 000000 de germes! (Miquel.) Toutes ces impuretés pourront être d’autant mieux retenues qu’outre l’action d'adhérence physique par les gouttelettes, on peut produire dans l’appareil une action chimique épurante en ajoutant au liquide de lavage diverses substances : potasse ou soude pour enlever l’acide carbonique, essences de fleurs pour parfumer l’air.
- D’un relatif bon marché (250 fr.), facile à transporter d’une pièce a l’autre, mû électriquement par simple raccord à n’importe quel support d’ampoule électrique, l’aérofiltre Richet rendra certainement de grands services dans les locaux où il est difficile de renouveler l’air pollué par la réunion d’un grand nombre de personnes. A. G
- la désinfection confiné.
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- *i2 = - 4r*&-
- LA NOUVELLE VOIE NAVIGABLE BERLIN-STETTIN
- La grande voie navigable reliant la ville de Stettin, principal port de mer prussien, avec Berlin, sera prochainement ouverte au trafic. D’une longueur d’environ 100 km, cette voie navigable pour les bateaux de grand tonnage — l’une des plus importantes de l’Europe — commence à Plôtzen-see près- Berlin, et, après avoir suivi d’abord le canal de Span-dau, puis la rivière Havel, jusqu’au lac de Lehnitz, passe au bief supérieur d’environ 50 km de longueur, au moyen d’une écluse de 5,8 m. de hauteur. Le bief supérieur utilise, sur une distance d’environ 6,5 km, le canal Maltzer, rectifié et élargi, au niveau de l’eau, à 38 m. et, après avoir croisé, à Zerpenschleuse, le canal de Finovv, longe le bord septentrional de ce dernier jusqu’à ce qu’il atteigne la vallée de l’Oder à Niederfmow.La descente vers cette vallée (d’environ 36 m.) est effectuée, d’une part, au moyen d’une simple série d’écluses comportant quatre étages, chacun de 9 m. ; d’autre part, on installera soit une seconde série d’écluses, soit un dispositif de levage mécanique. De fsiederfinow à Hobensaaten, la nouvelle voie navigable suit le cours du vieux Oder; l’une de ses branches s’y déverse à Hohensaaten, à travers deux écluses de touage, tandis que l’autre branche va terminer dans le canal de décharge qui se continue jusqu’à Friedrichsthal,
- garanti par des barrages contre les crues du fleuve. On a l’intention d’utiliser le lit du fleuve, surtout pour la descente, et le canal de l’Oder, pour la montée. La nouvelle voie navigable offre une section normale de 68,0 m. carrés. Elle a, au niveau de l’eau, 33,0 m. de largeur, une profondeur de 3,0 m. au centre et de 2,3 m. sur les côtés (à 10 m. de distance de l’axe). Sa section suffit pour loger, l’un à côté de l’autre, deux chalands de 8,0 m. de largeur, de 65,0 m. delongueur, d’un tirant d’eau de 1,52 m. et d’une capacité de 600 tonnes. Au nord d’Eberswalde, la voie navigable croise le chemin de fer Berlin-Stettin ; à ce point, le canal, d’une largeur de 27,0 m., a
- des parois verticales permettant la rencontre de 3 bateaux.
- La construction de la nouvelle voie navigable a nécessité de très nombreux ouvrages d’art, 8 écluses, 40 ponts, 3 passages , 2 conduites, etc. Le rendement total de la descente de Nie-derfmow est d’environ 5 millions de tonnes, pour un service de 15 heures et de 4,9 millions, polir un service de 24 heures. Permettant le transport de marchandises dans des chalands 3 fois 1/2 plus grands que ceux autrefois en usage, cette nouvelle voie navigable réduira considérablement les frais de transport
- Dr A. Guadenwitz.
- Le Gérant : P. Massok.— Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2140.
- 30 MAI 1914.
- LE PETIT COMBATTANT DTNDO-CHINE
- Betta splendens
- Au moment oh va s ouvrir la première Exposition internationale d'insectes vivants, de poissons d'ornement et d'oiseaux de volière, nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs un des plus beaux poissons exotiques qu'ils pourront y contempler.— N. I). L. 1'.
- De toutes les jolies espèces tropicales qui se partagent actuellement en Allemagne et, trop exceptionnellement, en France la faveur des amateurs
- et pugnax tout aussi curieux, mais moins jolis, certes, exigent, pour vivre et se reproduire, des habitations un peu plus vastes.
- d’aquarium, aucune ne réunit peut-êlre plus l’originalité des formes, la beauté de la coloration, la familiarité dès mœurs et la facilité de reproduction que le petit poisson combattant ou Betta splendens de la famille des Labyrinthidés. Avec son proche parent, le Betta rubra, dont les mœurs et l’aspect général sont à peu près identiques, il représente les formes naines du genre, tandis que les Betta bellica
- Pour ces petites espèces, longues de 4 à 6 cm, habituées à fréquenter les minces flaques d’eau des rizières indo-chinoises, un aquarium d’une dizaine de litres, au voisinage de la fenêtre, constitue un véritable monde dans lequel elles évoluent sans la moindre crainte de l’observateur occupé à les admi rer ou à les étudier. Quelques tiges de Myriophyl-lum, plantées dans un peu de sable, les abritent et
- 26. — 453
- 42' Année. — 1" Semestre.
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- 434 r::,::::—.rr^~ LE PETIT COMBATTANT D’INDO-CHINE
- Fig. 2. — La ponte dans l’aquarium.
- mettent en valeur la richesse de leur coloration, tandis qu’à la surface une ou deux touffes flottantes de Riccia serviront de substratum à leur curieuse nidification d’écume. Pour que leur bien-être soit complet, l’eau, rarement renouvelée, de leur demeure doit être maintenue à une température aussi voisine que possible de 25° ou même de 50°, surtout pendant la période de reproduction, résultat qu’une petite veilleuse à paraffine placée sous l’aquarium permet d’obtenir aisément dans n’importe quelle pièce de nos habitations.
- C’est au pisciculteur français Jeunet que l’on doit la première introduction en Europe et la multiplication du Bettci splendens. Il en obtint vers 1895 plusieurs centaines d’individus et, par lui, l’espèce ne tarda pas à se répandre en Russie et en Allemagne où on la trouve couramment aujourd’hui. Comme toutes les espèces faciles à élever, le prix s’en est très rapidement abaissé et est devenu abordable au plus modeste des amateurs d’aquariums.
- Lorsqu’on suit pendant quelques instants les évolutions de ces curieux animaux,'on ne sait ce que l’on doit le plus admirer de la variabilité de leur forme et de leurs couleurs ou de leur élégance. À l’état de calme, le Betlci splendens pourrait en effet passer presque inaperçu. Le mâle et la femelle ont une couleur d’un brun jaunâtre strié de brun sombre; leur forme, pour élancée qu’elle soit, rappelle celle de beaucoup d’autres espèces; mais survienne la plus légère excitation et tout change instantanément. Les nageoires se distendent et se colorent ; le dos se recourbe, les ouïes se gonflent
- et font saillie de chaque côté de la tête à la façon d’un parachute. Le mâle surtout prend l’aspect de ces monstres que l’imagination des artistes chinois et japonais s’est plu si souvent à reproduire. Et à ce moment nulle description et nulle peinture ne sauraient rendre la richesse des reflets métalliques qui revêtent le corps si bizarrement contourné. Le dos est d’un brun rouge irisé de bleu sombre tandis que le ventre et les flancs passent alternativement et suivant les incidences de la lumière, du rouge au vert, au jaune et âu bleu foncé avec des points brillants représentant les saillies des écailles sur lesquelles vient se jouer la lumière. Les nageoires elles-mêmes participent de cette merveilleuse coloration et le poisson ne saurait être comparé à ce moment qu’à la gorge du plus brillant colibri.
- Plus modeste dans ses manifestations et plus calme en apparence, la femelle présente des nageoires moins développées et des couleurs un peu moins vives, mais la souplesse, on pourrait presque dire la langueur, de ses évolutions toujours lentes et gracieuses lui imprime un cachet que l’on ne peut aussi se lasser d’admirer.
- Pour provoquer à volonté ces changements de coloration, les possesseurs de Betta en séparent souvent les couples dans le même aquarium par une double cloison formée d’un verre transparent et d’un verre dépoli glissant sur le premier. Tant que les animaux ne peuvent s’apercevoir, leur attitude reflète une dignité pleine de calme, mais il suffit d’enlever la cloison dépolie pour voir les deux rivaux prendre la position de combat, se diaprer des plus vives couleurs et faire mine de se précipiter l’un
- Fig. 3. — Un aquarium d’appartement et son couple de comballanls.
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- LA RIGIDITÉ ET LA SOLIDITÉ DES NAVIRES .......:.... — 435
- sur l’autre, manifestation rendue d’ailleurs absolument platonique grâce à la cloison transparente demeurée en place et qui s’oppose à de pénibles voies de fait. Je suis assez porté à croire cependant que ces attitudes si belliqueuses en apparence n’auraient pas des suites aussi graves qu’on se le pourrait figurer si l’aqüarium était assez vaste et assez densément planté, si surtout les Belta se trouvaient en compagnie d’un certain nombre d’autres espèces.
- Ce n’est pas cependant seulement par la beauté de leur coloris que nos petits poissons méritent de retenir notre attention. Comme la plupart des autres Labyrinthidés, dont le Macropode est le plus connu, ils présentent la curieuse particularité de déposer leurs œufs dans un nid d’écume construit par le mâle à la surface de l’eau et il n’est pas de spectacle plus attrayant que celui des phases de la reproduction d’un couple de Betta splendem ou de Betta rubra.
- Dès que surviennent les premiers beaux jours, souvent dès le mois de février ou de mars, il suffit d’isoler un couple de ces poissons dans un petit aquarium bien garni de plantes flottantes et chauffé à 26° ou 28° pour voir le lendemain ou le surlendemain se faire les apprêts de la nidification. Prenant dans sa bouche quelques bulles d’air, le mâle les rejette vers la surface en choisissant uu point couvert de plantes flottantes entre lesquelles les bulles vont se nicher. Inlassablement, il répète la même manœuvre au point de former un large radeau d’écume assez semblable à de la mousse de savon et qui persiste grâce au mucus sécrété par l’animal. De temps à autre, il interrompt sa besogne pour faire la roue autour de sa compagne qui revêt aussi ses plus brillantes couleurs. On voit alors les deux poissons tourner gracieusement en cercle l’un autour de l’autre, monter et descendre mollement entre les plantes aquatiques, puis se séparer un instant afin de parfaire la fragile construction à laquelle ils confieront leur progéniture. Aussitôt le nid terminé, la ponte a lieu et dure environ deux ou trois heures. Sous leur plafond d’écume les deux époux se promènent lentement ; le mâle enlace la femelle qui se renverse et, la comprimant de son corps courbé en arc de cercle, lui fait émettre une dizaine d’œufs qui tombent lentement vers le fond, semblables à de petits grains opalins d’un millimètre de diamètre. Mais ils n’ont pas le temps de se disperser très loin; un à un ils sont recueillis par le père vigilant qui les happe dans sa bouche et les rejette au milieu des bulles d’air où se passera désormais leur évolution. A chaque nouvelle étreinte, on peut voir se reproduire la même série d’opérations et
- lorsque la ponte est terminée le nombre des œufs réunis dans le nid atteint le chiffre de 500 à 500.!
- Désormais les soins de la famille n’incombent plus qu’au père qui sans relâche entretient son nid, y rejette les œufs, les dispose régulièrement dans la masse écumeuse et chasse jalousement loin du nid là femelle qu’il est d’ailleurs prudent de retirer dès la fin delà ponte. Vingt-quatre heures après celle-ci, les jeunes Betta éclosent, mais demeurent encore quelques jours sous l’égide paternelle, ramenés sans merci dans le nid dès qu’ils font mine de s’en écar-i ter. Bientôt pourtant la besogne du malheureux devient écrasante; de toutes parts s’échappent dé jeunes émancipés ivres dê liberté et comme à ce moment l’instinct paternel commence à se doubler d’un formidable appétit, bien naturel après une si longue série de tracas, la séparation devient sinon inévitable, du moins nécessaire pour l’intégrité à venir de la petite famille. Il ne reste plus qu’à fournir à celle-ci les animalcules microscopiques qui constituent sa nourriture du premier âge. Un' nouet de salade gros comme une noisette, déposé à la surface de l’aquarium, favorise la pullulation des infusoires et les jeunes Betta grossissent rapidement non sans subir un déchet dont leur possesseur doit prendre malgré tout son parti. En huit jours le sort de l’élevage est nettement dessiné et, si les conditions favorables se sont trouvées heureusement réunies, on a le plaisir de voir une trentaine, parfois même une cinquantaine de solides petits alevins longs de 2 ou 3 mm qui picorent inlassablement à la surface de l’aquarium ou contre ses parois. On les nourrit alors, soit avec de petites Daphnies soigneusement tamisées, soit avec du ver de vase très finement haché et délayé dans l’eau deux fois par jour. Leur croissance est assez rapide quoique fort inégale ; certains individus atteignent la forme adulte et se trouvent aptes à la reproduction dès la fin du quatrième ou du cinquième mois, mais le nombre en est relativement faible et la plupart des jeunes n’atteignent leur plein développement qu’à l’âge de 6 ou 7 mois. 15 ou 20 jours après la ponte, les parents peuvent être à nouveau réunis et se mettent presque toujours en devoir de fonder une nouvelle famille.
- Puissent ces quelques lignes inspirer aux lecteurs de La Nature, le désir de tenter l’élevage de ce charmant, discret et si peu exigeant petit compagnon. Ils y trouveront à la fois le plaisir des yeux et la satisfaction que donne toujours l’observation de la vie intime des animaux.
- Fabre-Domergue.
- LA RIGIDITÉ ET LA SOLIDITÉ DES NAVIRES
- Un navire moderne, dans la construction duquel l’acier seul est employé, peut être considéré comme une poutre métallique creuse et sa solidité est fonction, pour employer le terme des mathématiciens,
- de la résistance qu’offre cette poutre aux différents efforts qu’elle est appelée à supporter et que la mer lui impose. Le plus important de ces efforts est celui de la flexion dans le sens de la longueur.
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- 436 ===== LA RIGIDITÉ ET LA SOLIDITÉ DES NAVIRES
- Fig. i. — Vue intérieure du vapeur Thessaly, montrant comment se placent les membrures longitudinales.
- On conçoit en effet assez bien que lorsque le navire se promène sur une mer agitée, il prend son point d’appui sur un certain nombre de lames, ce nombre étant proportionné à la longueur du bâtiment d’une part, et, d’autre part, à la distance qui sépare ces lames.
- Si, poussant les choses un peu loin, mais en restant cependant dans la limite de ce que tous les marins ont vu plus ou moins souvent par très grosse mer, il arrive que le bâtiment n’est plus porté que par une lame unique, au moment où cette lame passe sous le centre du navire, le poids de l’avant et de l’arrière tend à faire fléchir les extrémités, et si les efforts qui peuvent être émormes, ne trouvaient pas, pour les équilibrer, une résistance suffisante dans la membrÿhe du navire, on verrait celui-ci se briser et disparaître.
- Le fait s’est d’ailleurs produit.
- La poutre que forme le navire doit donc présenter dans le sens de la longueur une rigidité telle qu’elle puisse supporter sans faillir l’épreuve- dont je viens de parler.
- Les constructeurs ont jusqu’à présent assez aisément résolu le problème. Le navire moderne se présente sous la forme d’un parallélépipède dont la rigidité est assurée par un système de double fond cellulaire qui s’étend sur toute la longueur du navire. Sur ce double fond prennent appui les couples transversaux, qui jouent ici le rôle des côtes dans notre corps. Les couples symétriques de chaque bord sont reliés à hauteur de chacun des ponts par une cornière appelée barrot. Et sur ces barrots se fixeront des tôles qui formeront les ponts.,
- De même sur la face externe des couples se placeront les tôles de bordé qui constitueront la coque. Notre poutre apparaît donc constituée, au-
- dessous, par le fond du navire, solide entre-croisement de poutrelles d’acier formant véritablement une double coque sur une certaine hauteur, en dessus par le ou les ponts supérieurs, et sur les côtés par les tôles de bordé.
- Ce système a donné des résultats suffisants, tant qu’une certaine proportion a été conservée entre la longueur et la hauteur des bâtiments. Ils le seraient encore si, à mesure qu’augmente la longueur des navires, on pouvait augmenter aussi leur hauteur. Cela saule aux yeux!
- Mais la nécessité de ne pas dépasser un certain tirant d’eau marqué par la profondeur de l’eau dans les passes et entrées des ports est venue s’interposer et on construit actuellement des navires de 250 et 500 m. de longueur, pour lesquels la règle de proportion de la longueur à la hauteur, condition sine qua non de la solidité de la poutre, n’est plus observée.
- Il a donc fallu songer à trouver quelque chose de nouveau, la solution consistant à augmenter l’épaisseur des fers ne pouvant être envisagée parce qu’elle accroîtrait les poids dans une proportion inadmissible.
- Nous venons de voir qu’avec le système actuellement employé, le navire avec sa série de côtes , ou couples, très rapprochés, les uns des autres, est très bien compris pour résister aux efforts transversaux, mais qu’il manque d’organes assurant sa résistance contre le travail de flexion. Dans la longueur, c’est donc sur le renforcement de la coque dans le sens de la longueur, que portent actuellement les recherches des constructeurs.
- Un des systèmes nouveaux employés consiste à ménager dans la tôle qui recouvre le flanc du navire, sur toute sa longueur, deux plis arrondis qui forment saillants.’ Ces plis ou rides constituent en quelque sorte deux poutres longitudinales qui doivent évidemment renforcer sérieusement la rigidité générale. Ce système, d’invention anglaise, a été appliqué sur quelques bâtiments de commerce et donne des résultats satisfaisants. C’est le principe du « corrugated ship ».
- Fig. 2. — Dessin montrant la disposition des couples transversaux et des liaisons longitudinales dans le j*—' système Isherwood.
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- LA RIGIDITÉ ET LA SOLIDITÉ DES NAVIRES ===== 437
- Fig. 3. — Application du Système Isherwood à la construction du vapeur Altmark à Hambourg-,
- Il en est un autre, également anglais, qui paraît rigidité longitudinale des navires. C'est le système
- devoir résoudre définitivement le problème de la Isherwood, qui n’en est plus à faire ses essais puis-
- Fig. 4. — Double fond cellulaire du vapeur Arnfried en construction à Brême.
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- que, comme le montrent les renseignements suivants fournis par le « Lloyd Français », plus de 500 navires,, actuellement en service, ou près d’y entrer, sont construits d’après son principe.
- De 1908 à 1913, il a été construit, d’après le système Ishersvood, 206 navires jaugeant ensemble 89è 500 tonnes brutes. Au 1er janvier 1914,96 autres, jaugeant 526000 tonnes brutes, étaient en construction.
- Le « Lloyd Français » ajoute : « Déjà 85 armateurs ont adopté ce système Isherwood et 62 constructeurs de la Grande-Bretagne et du continent l’ont mis en pratique. »
- Voici comment est comprise, dans les grandes lignes, la construction Ishenvood. Elle tend, naturellement, à donner aux navires les' liaisons longitudinales qui leur manquent actuellement, ou f qui sont du moins.insuffisantes, en raison des longueurs employées, toujours plus grandes.
- Pour ne pas augmenter le poids de la coque du navire,
- M. Isherwood a été conduit à diminuer assez sensiblement le nombre des couples transversaux"^ ~ët~ à les espacer de 5 et même 4. mètres. Cet espacement peut d’ailleurs ne pas rester ab'Scilumént régulier ' ! ' et se subordonné aux conditions' d’H’a-bitabilité ou de répartition des cales de chargement.
- |Le double fond de la construction actuelle est conservé par M. Isherwood. Outre qu’il est un des facteurs principaux de cette rigidité longitudinale pig, 5. — Les membrures longitudinales qu’on recherche, il présente dans les fonds du steamer Kennmore. encore l’avantage de limiter l’importance des voies d’eau en cas d’échouage.
- Les couples conservés, qui sont de fort échantillon, sont découpés, -sur leur face externe, à intervalles d’un mètre environ, pour recevoir des barrots à boudin ou des fers profilés qui s’en vont
- ainsi de l’avant à l’arrière sur toute la longueur du navire et constituent, en réalité, d’autres couples longitudinaux, ceux-là qui enserrent, pour ainsi dire, complètement le navire dans le sens de la longueur.
- D’autres barres semblables sont fixées aux barrots qui relient les uns aux autres les couples transversaux et soutiennent les ponts.
- Sans être grand clerc en matière de construction navale, on comprend sans peine quel tout homogène et rigide constitue ce double système de couples
- longitudinaux et transversaux invariablement rivés les uns aux autres et recouverts des tôles des ponts du bordé qui apportent encore leur appoint à la solidité de la masse.
- En plus des avantages qu’il présente au point de vue de la solidité générale de la coque, ce système de construction offre encore ceux de l’économie par suite de la suppression d’un certain nombre de pièces métalliques, d’une plus grande rapidité de montage, enfin d’une augmentation de la capacité intérieure du navire, laquelle se traduit par un accroissement du fort.
- Jusqu’à présent, les marines militaires n’ont pas essayé le système Isherwood. Ceci s’explique assez pour les grands cuirassés dans la construction desquels la rigidité est assurée par un entrepont cellulaire, analogue au double fond, et qui placé à mi-hauteur du navire crée une liaison très forte.
- Mais pour les bâtiments de moindre échantillon, tels que croiseurs, et surtout conlre-torpilleurs, où on sacrifie quelquefois un peu trop de la solidité générale au besoin d’avoir des coques légères, on ne voit pas, a priori, ce qui pouvait faire écarter ce système.
- J Sauvaire Jourdain.
- LE PARC NATIONAL DU HAUT=VENEON
- Les parcs nationaux doivent assurer la protection intégrale et absolue des paysages : sites, richesses minéralogiques et géologiques, monuments naturels, faune et flore, tout doit être conservé, tout dôit être respecté. Rendre à la nature son aspect primitif et sauvage, permettre aux animaux;et aux plantes autochtones de se développer en .toute liberté, en formant des associations variées, créer en quelque sorte de vastes laboratoires de biologie, tel est le but que se sont assigné les créateurs des Parcs nationaux. Entreprise difficile
- s’il en fut, car il faut, d’une part, disposer d’espaces considérables et, d’autre part, s’adresser à une nature vierge ou semi-vierge, que l’homme n’a pas déjà trop fortement marquée de son empreinte. Il est déplus nécessaire que la mise à ban de ces grandes étendues terrijoriales ne retentisse pas trop profondément sur le.idëveloppement économique du pays. •Foute l’étendue du Parc national doit être, en effet, .soustraite .aux entreprises des hommes, et se transformer en un véritable sanctuaire de la vie. Ici donc pas de chasseurs, pas de pêcheurs, pas d’hôteliers,
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- pas d’animaux domestiques pouvant entraver le développement des espèces végétales ou concurrencer les espèces animales. L’homme se défend d’intervenir, autrement que par voie detimidereconstitution.
- De même, en effet, que l’on se permet de resceller une pierre dans la façade d’un édifice historique qui s’écroule, de même aussi on cherche, dans les Parcs nationaux, à replacer la nature dans son cadre original, en réintroduisant les animaux et les végétaux qui ont disparu, mais qui ont toutefois laissé des traces indiscutables de leur existence dans la région.
- Cette reconstitution demande d’ailleurs à être faite d’une manière discrète, en laissant toujours aux forces naturelles le soin de décider du sort des entreprises humaines.
- C’est ainsi que la réintroduction des végétaux ne s’opérera jamais que par la graine, et non par des plantations.
- Il va sans dire que les Parcs nationaux sont ouverts sans rétribution à tout venant; mais cela même implique et un aménagement rudimentaire et une surveillance de tous les instants. Un aménagement, par la création de sentiers et de huttes ou d’abris pour les gardiens et les visiteurs; une surveillance, par l’installation de gardes obéissant à une consigné inflexible. C’est ainsi que le lieutenant-colonel, directeur du Parc national de Yellowstone, possède tout un régiment pour faire observer à la lettre les règlements.
- Le Parc national du Haut-Vénéon. — Les Etats-Unis et la Suisse étaient Jusqu’alors les seules nations qui, ayant compris futilité, l’intérêt et la beauté de ces Parcs nationaux, en avaient poursuivi et obtenu la réalisation. En France, on y songeait, on en parlait; l’idée flottait en quelque sorte dans l’air, mais sans parvenir à cristalliser. Tour à tour,
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- on mettait en avant l’Esterel, la Grande Chartreuse et Fontainebleau pour servir de cadre cà cette institution. C’était oublier que l’Esterel et Fontainebleau sont peuplés de mosaïques humaines et qu’on ne pouvait, sans porter un coup funeste aux industries régionales, supprimer radicalement les exploitations forestières et l’extraction des ciments en Chartreuse. Une telle mesure eût entraîné la mort sans phrases du tramway de Saint-Laurent-du-Pont à Saint-Béron, et eût isolé la Chartreuse du reste du
- monde. Ce n’était pas précisément ce que l’on voulait. Au surplus, comme l’ont très bien compris nos voisins de la Suisse, ce n’est qu’en montagne que l’on peut trouver des éten-dues suffisamment vastes et bien adaptées au but que se proposent les Parcs nationaux. Or, parmi toutes les montagnes de France, je ne crois pas qu’il en existe de mieux appropriées à cette fin que lé massif du Pel-voux. Les vallées glaciaires en auge, ouvertes dans ce massif, sont d’un abord difficile et, partant, faciles à verrouiller et à garder.
- ,l’ajoute que l’industrie n’ayant pas encore pénétré dans cette région reculée, rien n’en ternit l’éclat et la beauté.
- Quant au côté économique, le choix était d’autant plus heureux, qu’en raison de la faible densité de la population, on pouvait considérer comme possible et facile l’extension presque indéfinie du Parc. Ainsi, la commune de Saint-Christophe-en-Oisans, sur le territoire de laquelle se trouve le noyau du Parc national, a une superficie de 25000 hectares pour 462 habitants seulement. La proportion est à peu près la même dans la commune du Pelvoux. Et l’on pouvait d’autant moins m’adresser le reproche de réduire à la famine les habitants de ces hautes vallées, que la municipalité de Saint-Christophe
- Fig. i. — Boisements du Carrelet. Forêt de pins de montagne s'élevant jusqu’à 2q5o mètres.
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- avait loué à l’Etat et à différentes Sociétés ses pâturages ruinés. Bien au contraire, la création d’un Parc national dans l’Oisans est le seul moyen de retenir et d’enrichir la population pauvre et clairsemée de ce pays. Avant 15 ans, Saint-Christophe et La Bérarde seront devenus de nouveaux Zermatt.
- On sait combien puissante est l’érosion torrentielle et glaciaire. En amont du Bourg-d’Oisans, se trouve la digue de la Croix du Plan, rempart bien faible et tout à fait provisoire contre les formidables apports du Vénéon et de la Romanche. Ces apports
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- des régions inférieures de cette vallée. Ce sont, en effet, les avalanches qui, en raclant le sol dénudé et déboisé, viennent étaler leurs cônes jusque dans le torrent et fournissent à ce dernier les matières qu’il propulse. Cela est si vrai que, depuis la rupture de son pont d’aval, le Plan du Lac, cette merveilleuse oasis située à mi-cours du Vénéon, a été enseveli sons une couche de blocs, de graviers et de boue, épaisse de 7 à 8 mètres. C’est d’ailleurs un fait bien connu de tous les hydrau-liciens que l’envasement est la pierre d’achoppe-
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- DEPARTEMENT
- Fig. 2. — Croquis d’ensemble du Parc national de Saint-Christophe-en-Oisans.— A, Noyau du Parc national, acheté par l'État à la commune de Saint-Christophe : 4248 hectares; B, B, B, B, Pâturages loué par l’État et différentes sociétés à la commune de Saint-Christophe : 8714 hectares; C, Parties dont l’acquisition a été préparée par MM. d’Alverny, inspecteur des Eaux et Forêts, à Briançon, et Muller, conservateur à Gap : environ 5ooo hectares; D, D, DD, Parties à réunir progressivement au Parc national : environ 12 000 hectares.
- ment des grands réservoirs projetés dans nos Alpes.
- Par ces quelques chiffres, ôn voit de quelle importance est * la stabilisation des montagnes du cirque de la Bérarde. Déjà, on parlait de les englober dans un périmètre de reboisement, et de coûteux barrages en menaçaient toutes les gorges. Or, la restauration des montagnes met en présence deux écoles : l’une qui, sur les traces de Surell, attend le salut surtout des forces naturelles; l’autre qui ne tient pour efficaces que les barrages et la maçonnerie. Je suis personnellement pour la première de ces écoles : elle a fait ses preuves à Saint-Christophe
- ont formé, en atterrissant dans la vallée, la plage dite de Buclet. Or, un ingénieur de haut talent, M. Philippe Breton, a montré que cette plage s’exhausse de 24 millimètres par an, et que lé volume annuel des matériaux charriés par le Vénéon est d’environ 45000 mètres cubes! En ce moment, la différence de niveau entre la plage et la plaine (fig. 6 et 7) atteint déjà 5 mètres. On devine le danger permanent qui en résulte pour le Bourg-d’Oisans.
- Or, il est incontestable que ces matériaux proviennent en majeure partie du bassin du Haut-Vénéon, et non, comme l’objectait certain reboiseur,
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- par la mise en défends des pâturages, poursuivie durant 5 ans et qui a déjà fait reverdir la montagne. En interdisant donc aux ingénieurs et aux forestiers l’accès du Parc national, on aura bien travaillé pour les finances de l’État. Les enseignements qui découleront de cette interdiction seront •également du plus haut intérêt, puisqu’ils permettront de suivre, pour ainsi dire pas à pas, les progrès de la reconstitution naturelle des pelouses et des forêts et de mesurer les trésors d’énergie latente que la nature tient en réserve dans son sein.
- On a reproché au cirque de la Bé-rarde sa sauvagerie et sa dénudation.
- Mais il ne faut pas oublier que ces montagnes, aujourd’hui si arides, ont été boisées, boisées même jusqu’à une altitude tout à fait insoupçonnée. Sans prétendre que la végétation forestière récupérera son ancien domaine, j’estime qu’elle se réinstallera facile-
- G’est une erreur de dire qu’il n’existe pas de e forêt dan s-le Parc national. Le boisement
- Fig. 4. — Dans le Parc national. — Versant nord de la Télé du Chéret. Cône d'avalanche sur lequel s’installent des taillis épais d’aune vert, abri et refuge du Tétras à queue fourchue.
- ment jusqu’aux limites actuelles des derniers pins de montagne, : soit vers 2450 mètres d’altitude.
- Fig. 3. — Dans le Parc national. — Glacier du Says et Mont Gio-berney; en bas et à gauche, front du glacier de Pilatle. En avant, amoncellement chaotique de blocs charriés par les avalanches et que propulsera le Vénéon.
- du Carrelet est incontestablement une des reliques les plus précieuses de nos Alpes. C’est du reste grâce à lui qu’on parviendra, en le délimitant à l’aide de repères apparents, à résoudre ce grand problème de la dégradation du climat alpin. De deux choses l’une : ou bien cette forêt ira en se rétrécissant, et alors on sera fondé à invoquer un changement de climat; ou bien elle s’agrandira, et alors on pourra dire d’une façon certaine que le recul delà végétation forestière n’est pas le fait des phénomènes naturels, mais bien exclusivement celui de l'homme. On a également objecté qu’il y a beaucoup de déserts morainiques et de glaciers dans le Parc
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- national. Là encore je dis qu’il était nécessaire et bon qu’il en fût ainsi. Saris doute, les glaciers sont soumis à des périodes rythmées d’avancement et de recul; mais l’avancement ne compense plus le recul,* et nombreux sont déjà les glaciers qui ont disparu dans nos Alpes méridionales. Le Pel-voux est le dernier réservoir important de houille blanche que nous possédions en allant vers le sud. Son prix, en tant que producteur d’énergie,' est inestimable. Nous devons le défendre par tous les moyens possibles. Or, pourquoi les glaciers disparaissent-ils? Est-ce donc que la
- Fig. 5 (en haut).
- Vue du bassin moyen du torrent des Pattes, à Chantelouse (Isère). — Conséquences du déboisement et des abus de pâturage sur les versants liasiques. (Cliché Hulin.)
- Fig. 6 (au milieu).
- Digue de la Croix-du-Plan, et plage de Buclet. Le Vénèon domine la vallée de 3 mètres. (Cliché André Breton.)
- Fig. 7 (en bas).
- Plaine du Bourg-d’Oisans, menacée par le Vénèon et la Romanche. Au fond, digue de la Croix-du-Plan. (Cliché André Breton.)
- température du globe s’élève? Ce n’est pas l’avis des géologues qui assurent que le refroidissement de l’écorce terrestre se poursuit. C’est donc alors que le climat devient plus sec et plus froid. Mais il est permis de se demander si le recul des glaciers n’est pas un fait concomitant avec la disparition des forêts. Seule, la forêt est capable, comme la mer, de rendre à nos montagnes cette précieuse humidité qui se transforme en précipitations neigeuses. N’ai-je donc pas raison d’affirmer que la création du Parc national soulève des problèmes d’une haute importance économique et scientifique?
- J'attache également un grand prix à la végétation clairsemée des déserts morainiques. N’est-ce pas là, en effet, que se produisent les premières manifestations de la vie? Or, si on laisse le mouton libre de détruire cette végétation primordiale, on s’expose à voir s’abaisser les zones de toutes les autres associations végétales, car tout s’enchaîne dans la nature, ainsi que je l’ai si souvent démontré.
- Telles sont en raccourci les raisons dirimantes qui m’ont fait choisir le cirque de la Bérarde pour y installer le premier Parc national français. A l’heure actuelle, il comprend une masse de 4248 hec-
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- tares achetés par l’État à la commune de Saint-Christophe pour un prix de \ 00 000 francs. Et dans cette étendue figurent les reboisements du Carrelet, indispensables à la protection des nombreux chamois et des petits tétras existant encore en ces parages et à celle des bouquetins et des grands tétras, que l’on se propose de' réintroduire bientôt. Bouquetins et grands tétras ont en effet jadis animé toutes ces montagnes, et il suffira de protéger les couples‘ d’amorce, de les retenir par une nourriture appropriée (foin et sel pour les bouquetins et chamois, marc de raisin pour les tétras) pour voir, les uns et les autres, se multiplier à nouveau. Les chasses royales d’Italie, si vives en bouquetins, peuvent nous servir d’exemple et d’encouragement. En dehors de ce noyau, 8714 hectares constitués par des pâturages, loués à la commune pour une durée trop faible de 2 ans, forment un appoint respectable à la masse centrale et donnent
- au Parc national une étendue totale de 12 962 hectares. En moins d’un an, la France a donc mis debout un projet dont elle peut s’enorgueillir à bon droit, surtout si l’on songe que le Parc national suisse de la Basse Engadine ne compte encore que 5860 hectares. J’ajoute que mes camarades et amis, MM. d’Àlverny, inspecteur à Briançon, et Muller, conservateur à Gap, ont préparé un vaste projet d’acquisition sur la commune du Pelvoux, qui portera à près de 20 000 hectares l’étendue de notre Parc ^national du Dauphiné. Et le jour où l’on aura réuni à ce dernier les pâturages morainiques à Elyna spica.ta du Lac Noir, le glacier du Mont de Lans et quelques prairies du Lautaret, on aura constitué là une réserve qui ne le cédera en rien, par ses richesses botaniques et par ses beautés naturelles, au Parc national américain du Yellowstone lui-même. Alph. Mathey,
- Conservateur des eaux et. forêts.
- LES PORTIÈRES HOMICIDES DES WAGONS
- Nous employons ce titre par analogie avec celui de 1 ’Alpe homicide devenu classique pour désigner les accidents de montagne, mais en ne lui donnant pas d’autre signification réelle que « les portières dangereuses ». Nous entendons par là signaler simplement les accidents très nombreux et souvent mortels d’enfants et même de grandes personnes tombées par des portières dans le cours de la marche des trains. Si, en effet, on va au fond des choses, on reconnaît que, dans les trains comme dans les montagnes, les accidents sont toujours imputables a l’imprudence ou à la légèreté humaines : imprudence des parents qui devraient surveiller les enfants voyageant avec eux ou ne devraient pas les laisser voyager seuls ; légèreté des grandes personnes distraites qui, se réveillant la nuit, ouvrent par mégarde les portières donnant sur la voie (le cas est plus fréquent qu’on ne croit) en croyant .ouvrir des portes .de . couloir ou de water-closets. Mais, on peut et l’on doit chercher à rendre moins dangereuses les portières de wagons, de façon, sinon à supprimer complètement, du moins à réduire lé plus possible le nombre des accidents auxquels elles donnent lieu.
- C’est pour répondre à ces préoccupations qu’ont été créés les systèmes de fermeture des portières par serrure et loqueteau automatiques que nous avons décrits il y a quelques années. Mais ces systèmes, dont l’étranger n’a jamais voulu, commencent à être, même en France, moins en faveur, parce qu’on leur reproche d’être d’une compréhension difficile pour les voyageurs, du fait qu’ils exigent, pour ouvrir la portière, la manœuvre successive de deux poignées dans un ordre déterminé.
- Ces systèmes présentent une sécurité suffisante pour les personnes mal éveillées qui ne peuvent vraiment pas confondre la portière extérieure manœu-
- vrable seulement par le mouvement de deux poignées avec une portière de couloir ou de water-clo-set à poignée toujours unique. Mais pour les enfants le système à serrures avec loqueteaux automatiques, malgré ses deux poignées, ne présente guère de sécurité parce qu’il est facile à des enfants jouant avec les deux poignées, qui sont toutes deux bien à leur portée, d’ouvrir successivement ces deux poignées dans l’ordre voulu ; ceci est d’autant plus facilement réalisable que seule la serrure est un peu dure à ouvrir : tous les loqueteaux s’ouvrent avec une facilité extrême.
- Nous avons remarqué au Concours Lépine de l’an dernier un système qui nous paraît présenter beaucoup de ‘sécurité pour les enfants et tout autant pour les personnes mal éveillées, que les systèmes à deux poignées tout en n’en ayant qu’une seule. Dans ce système la sécurité est obtenue d’une manière très efficace en soustrayant la poignée intérieure de la serrure à l’atteinte des enfants ou des grandes personnes mal éveillées.
- Pour cela on la dispose tout en haut de la portière de sorte que les enfants ne peuvent guère l’atteindre sans que les parents les voient.
- Plusieurs systèmes basés sur ce principe avaient déjà été proposés, mais aucun n’avait été accepté par les Compagnies de chemins de fer parce que tous exigeaient, pour reporter en haut la commande de la serrure, une série de leviers aux bielles assez compliquées et ayant surtout le gros inconvénient d’affaiblir considérablement le bois du montant de portières (très étroites en regard des vitres) dans lequel il fallait les loger.
- M. Daligaut, invénteur du système exposé au Concours Lépine, a réussi à tourner la difficulté en utilisant les propriétés des curieux appareils de com-
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- 444 ======= LES PORTIERES HOMICIDES DES WAGONS
- mande à distance du système Herzmark qui ont été décrits il y a peu de temps dans La Nature. Rappelons que ces appareils consistent en un tout petit tube en cuivre pouvant épouser toutes les sinuosités les plus grandes. A l’intérieur de ce tube coulissent une gaine flexible et un câble central solidaires et se terminent soit sur des pistons rectilignes, soit sur des poulies dites « sigma » pouvant marcher dans les deux sens. M. Daligaut, qui avait employé les appareils Herzmark sur une automobile, a eu l’idée de commander à distance les serrures de wagons à l’aide de ces appareils.
- Gomme on le voit sur la photographie ci-jointe, il a disposé, à l’intérieur du compartiment dans le bandeau de portière situé au-dessus du store, une poignée métallique que l’on tire de bas en haut pour ouvrirla serrure. A cette poignée métallique est suspendue une courroie en cuir à la portée des collégiens ou des personnes petites. L’ensemble est néanmoins assez haut pour ne pas pouvoir être manœuvré par inadvertance par des voyageurs mal éveillés et croyant aller dans le couloir ou les water-closets.
- Les jeunes enfants ne peuvent pas non plus l’atteindre et les enfants plus âgés ne peuvent pas y toucher sans lever les bras et attirer ainsi l’attention des parents. Le grand avantage du système est de joindre à une grande sécurité une simplicité parfaite de manœuvre.
- Ce qui rend pratique le système, c’est que, grâce à l’emploi des appareils Herzmark, la commande de la serrure du haut de la portière a pu être réalisée à l’aide d’un tube, pas plus gros qu’un crayon, posé sur le montant même de portière, sans entailler aucunement le bois, en contournant les différentes parties du store qu’il a dû éviter. Ce tube Herzmark se raccorde, d’une part, à une poulie montée sur
- l’axe de la poignée supérieure et, d’autre part, à un secteur (la place faisant défaut pour loger une poulie complète) monté à la place de la poignée intérieure habituelle sur l’axe de la serrure situé, comme d’habitude, à la ceinture de la portière et qui porte une poignée extérieure du type ordinaire.
- Les dimensions du système sont si réduites qu’on peut l’adapter à toutes les anciennes serrures existantes, ce qui est un point important à considérer.
- Avec ce dispositif d’ouverture de sécurité appliqué à une serrure de portière, on peut se dispenser
- d’ajouter un loqueteau. Toutefois rien n’empêche, si l’on veut augmenter encore la sécurité, d’ajouter à la serrure un loqueteau à commande intérieure directe, ou inversement, sur des portières existantes munies de serrures et de loqueteaux à commande intérieure, de conserver la commande directe de la serrure et d’adapter au loqueteau le système Daligaut de commande par le haut.
- Le but de l’inventeur en présentant son système au Concours Lépine n’était pas de le faire connaître aux Compagnies de chemins de fer qui ne visitent guère cette petite exposition et dont l’une d’elles avait d’ailleurs accepté d’essayer le système avant le Concours. Il a voulu faire une sorte de referendum en le soumettant au grand public et en recueillant ses impressions. Non seulement il a pu entendre son système apprécié parla grande majorité des visiteurs, mais il a pu voir l’opinion du public consignée dans un grafitti tracé par un visiteur sérieux en réponse à une plaisanterie facile d’un gavroche, preuve indélébile que des milliers de personnes ont vu comme nous et que la photographie a curieusement reproduite. Si l’on ajoute foi au proverbe : « Yox populi, vox Dei » l’épreuve est concluante. G. Durand.
- Fermeture des portières. Système Daligaut.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 mai 1914. — Présidence de M. Appeil.
- Les gouffres des terrains tertiaires. — JJ. E.-A. Martel décrit les gouffres des bois de Vertus (Marne) qui contribuent à alimenter l'émergence de même nom ; comme plusieurs autres de la région parisienne ces points d’absorption démontrent que certaines assises tertiaires, théoriquement imperméables, peuvent présenter des perforations accidentelles, par où risquent de se produire des contaminations dans les eaux souterraines de la craie.
- Les substances minérales dans les plantes. — MM. Maquenne et Demoussy recourent à un courant électrique faible (en pratique 0%005) insuffisant pour nuire ;i la végétation, pour produire artificiellement l'entraînement de substances minérales. Les plantes peuvent perdre ainsi une partie importante de la potasse qu’elles renferment, à l’exclusion presque complète des autres matières minérales. Cette grande mobilité de la potasse chez les végétaux explique pourquoi l’on trouve souvent moins d’alcali dans une récolte de céréales au moment de sa maturation que lorsqu’elle commence à épier. La potasse est renfermée dans les plantes à l’état de combinaisons salines facilement ionisables. La chaux, au contraire, y est à l’état de combinaisons insolubles (sulfate, oxalate, etc.).
- L’origine du fluor dans l’organisme. — Deux origines sont possibles, l’eau de boisson et les aliments. M. A. Gautier a appliqué son procédé d’analyse, qui permet d’estimer le dixième de milligramme de fluor, à l’examen des eaux de différents fleuves, de diverses rivières, de sources et de lacs de France. Il a constaté ainsi que les eaux qui proviennent de pays granitiques et qui n’ont pas ruisselé sur des sols calcaires sont bien plus riches en fluor que si elles avaient passé sur ces sols. Les eaux des sols calcaires sont d’ailleurs les plus pauvres. Mais la teneur maximum en fluor est au surplus bien faible, 0 milligr. 6 par litre. Dans ces conditions, il faut conclure que les 2 à 3 milligrammes non fournis par la boisson proviennent des aliments.
- Nouvelle sonde océanique. .— S. A. S. le prince dé Monaco décrit un appareil imaginé par M. Berget pour obvier aux inconvénients que présentent les sondes actuellement en usage. Pour employer celles-ci dans de bonnes conditions, il faut que le navire opère de longs stationnements sur place, théoriquement sur la verticale de la sonde. Lord Kelvin avait déjà imaginé un appareil
- plus commode basé sur la compressibilité de l’air ; M. Berget s’est adressé à la compressibilité de l’eau qui croît régulièrement jusqu’à 1000 atmosphères de pression. La nouvelle sonde est un manomètre dont la branche fermée contient de l’eau à sa partie supérieure ; la partie inférieure recourbée en U contient du mercure. La branche fermée se compose d’un petit réservoir se prolongeant par un tube étroit et gradué. L’intérieur de ce tube est argenté. Par suite quand lemeicure comprimant l’eau pendant la descente de l’appareil monte dans le tube étroit, il dissout l’argenture jusqu’au point où il s’est arrêté. On connaît ainsi la quantité dont l’eau s’est comprimée. On en conclut la pression qu’elle a supportée, c’est-à-dire la profondeur à laquelle elle est parvenue. L’appareil a 0 m. 25 de long; il a été gradué expérimentalement à l’aide cl’une presse hydraulique. Les profondeurs ainsi mesurées sont exactes à ± 10 m. près. On voit immédiatement qu’il n’est pas du tout nécessaire que le navire stoppe quand on descend la sonde, car celle-ci marquera toujours la profondeur maxima à laquelle elle est parvenue.
- Les cétisocétimines. —r Les eétisocétimines forment une nouvelle classe de composés azotés découverte par MM. Moureu et Mignonac. Elles dérivent des cétiinines qu’ils ont déjà décrites dernièrement. La dérivation se fait avec élimination d’ammoniac. Elles contiennent un atome d’azote pyridique en chaîne ouverte. Les agents d’hydratation les dédoublent en ammoniac et en deux molécules de cétone.
- Les microbes dans l'air humide. — D’après les recherches de MM. Trillat et Fouassier, les microbes en suspension dans l’air jouent le rôle de noyaux de condensation de l’humidité. Ce fait que les auteurs ont mis en évidence, prouve l’existence de gouttelettes microbiennes atmosphériques. MM. Trillat et Fouassier ont étudié les propriétés de ces gouttelettes. Ils ont montré que le refroidissenient brusque de l’atmosphère a pour effet de transporter les miciribes et de les localiser dans certaines régions déterminées. Les surfaces refroidissantes les attirent au. loin presque instantanément. Ce transport microbien s’effectue même avec triage de germes, les plus petits étant portés le plus loin. Ces notions nouvelles jettent un jour sur la genèse de certaines épidémies ; elles pourront être utilisées pour l’assainissement et la disposition des lieux habités.
- Cil. DE VlLLEDEüIL.
- L’AUDITION ET
- Si les principes des Beaux-Arts découlent de la nature même de nos facultés, comme nous nous sommes attaché à le montrer dans un récent ouvrage (*), le grand écueil d’une telle façon devoir, c’est la suite des règles empiriques de la musique, lesquelles sont d’ordinaire considérées comme l’émanation d’une sorte d’harmonie extérieure à nous.
- Les règles de la musique dérivent aisément de
- i. L’Éducation posthume de M. de la Verdurette. Essai d’une psychologie des Beaux-Arts.
- LA MUSIQUE
- quelques principes fondamentaux qui fixent : .
- 1° La constitution des sons müsicaux;
- 2° La constitution des accords consonants ;
- 5° La constitution des gammes.
- Nous allons montrer que ces trois principes s’expliquent assez facilement en tenant compte, d’une part, de la constitution si complexe de l’oreille interne, et de l’autre, de certaines nécessités qui s’imposèrent dès le début aux facteurs d’instruments de musique.
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- L’AUDITION ET LA MUSIQUE
- Le lecteur trouvera ci-contre quatre figures. Les ligures 2 et 3 représentent l’assemblage des osselets. On remarquera l’étrangeté des connexions en particulier sur la jointure du marteau et de l’enclume : cette jointure est nettement hélicoïdale. Il faut en outre tenir compte que cet ensemble est commandé par deux muscles. L’un s’accroche sur le manche du marteau presque au niveau de l’apophyse grêle et tire à peu près perpendiculairement au tympan; l’autre s’insère sur l'étrier au niveau de la cuvette de l’os lenticulaire. Il tire parallèlement à la base de l’étrier et au plan des branches de cet étrier. Ces muscles ne sont pas représentés; de l’autre bout ils sont fixés aux parois de l’oreille moyenne. Les osselets sont maintenus en place par des ligaments assez compliqués.
- La figure 1 représente l’oreille interne, sa forme et sa situation dans le rocher; elle indique exac-
- male à la direction de la rampe tympanique, tandis que la fenêtre ovale est à peu près parallèle à la ves-tibulaire. Les deux sont très voisines.
- La figure 5 est un schéma de la section du limaçon montrant les positions relatives des rampes vestibulaire et tympanique et du canal cochléaire. On y a négligé la forme des muqueuses des deux rampes et donné quelques détails sur le canal. On voit dans ce dernier la position de la membrane recouvrante et des cils auditifs. On sait que c’est à ces derniers qu’on attribue le rôle principal de l’audition. En effet, nous supposerons que l’impression nerveuse de l’audition résulte, pour la plus grande part, de l’application de la membrane recouvrante sur les cils des cellules de Corti et nous verrons plus loin comment.
- Yoici maintemant les hypothèses fondamentales du système que nous sommes en train d’expliquer.
- Canal carotidien.
- Fig. i. — Forme et situation de Voreille interne dans Vos du rocher.
- tement les rapports des différentes parties de l’organe. On remarquera tout particulièrement les positions relatives de la fenêtre ronde et de la fenêtre ovale. Notons que les vibrations du tympan arriveront à l’oreille interne par deux chemins : 1° par la chaîne des osselets; 2° par l’air de l’oreille moyenne jusqu’à la fenêtre ronde. À propos de cette dernière il est digne de remarquer que la membrane qui la ferme est placée au fond d’un véritable petit pavillon de phonographe dont le rôle semble être de renforcer Fonde qui vient la frapper. Quant à la figure, elle représente le limaçon qui est de tous les organes de l’oreille le plus complexe et le plus difficile à étudier. On a mis en évidence la façon dont il est divisé dans toute sa longueur en deux régions appelées, l’une, la rampe tympanique, l’autre la rampe vestibulaire. La bande qui les sépare est le canal cochléaire, lequel ne monte pas tout à fait au bout du limaçon, mais laisse en haut une communication entre les deux rampes. On remarquera que la fenêtre ronde est à peu près nor-
- On sait que tout le labyrinthe osseux est rempli d’un liquide clair appelé la périlymphe. Ce liquide a sensiblement les propriétés physiques de l’eau et en particulier un coefficient d’élasticité très voisin.
- Le labyrinthe membraneux dans lequel débouchent les extrémités nerveuses contient un autre liquide appelé endolymphe, ayant un coefficient d’élasticité du même ordre que celui de la périlymphe. En d’autres termes les liquides du labyrinthe sont pratiquement incompressibles.
- En général les liquides peuvent être le siège d’ondes de deux espèces différentes. Les unes sont des ondes d'élasticité et donnent lieu à une variation de volume sur leur passage. Elles demandent la mise en jeu de forces énormes et leur vitesse de propagation dans l’eau est d’environ 1500 mètres à la seconde. Les autres sont des ondes de viscosité ; elles ne provoquent pas de variation de volume mais une simple déformation : telles sont les vagues. Leur vitesse de propagation peut ne pas être supérieure à 2 mètres à la seconde. Pour les sons les plus bas
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- Fig. 2. externe.
- perceptibles (56 périodes à la seconde) les premières demandent des longueurs d’onde d’environ 40 mètres et les autres 6 centimètres. On voit que pour ces dernières, leurs dimensions sont de l’ordre de celles de l’oreille.
- Notons également que les ondes d’élasticité peuvent engendrer des ondes de viscosité et vice versa.
- Ceci posé, en tenant compte de la valeur démesurée des forces nécessaires pour la mise en jeu d’ondes d’élasticité, nous dirons que l’oreille doit s’arranger de façon à n’en pas recevoir, mais à tout transformer en ondes de viscosité facilement amortissables. Quand l’organe ne pourra y arriver, il se produira un véritable martelage des parois de l’oreille interne et par suite souffrance. C’est lorsque l’oreille fonctionnera au mieux que nous aurons les sons musicaux et les accords.
- Yoici quel peut être le mécanisme. Nous supposerons que la véritable transmission du son se fait par l’intermédiaire du tympan et de l’air de l’oreille moyenne jusqu’à la fenêtre ronde, la fenêtre ovale n’ayant qu’un rôle d’amortisseur destiné à éviter la transformation des ondes de viscosité en ondes d’élasticité. On peut se figurer la chose de la façon, suivante : Arrivée à la fenêtre ronde — laquelle comme on sait, n’est point plate mais cylindrique, les centres de courbure étant à l’intérieur de l’oreille moyenne— l’onde aérienne va se transformer en une onde de viscosité dans la périlymphe.
- Pour Cela il faut
- admettre que sous l’effet de l’onde aérienne une partie de la fenêtre ronde s’enfonce et qu’une autre s’avance de façon à toujours garder un volume constant.
- Cela se traduira par une sorte de plissement de la membrane basilaire, plissement de section sinusoïdale ne comportant pas de compression proprement dite des liquides du labyrinthe. En sorte que tout se passe comme si l’onde n’affectait à vrai dire que la membrane basilaire et les liquides voisins.
- Cette onde passera de la rampe tympanique à
- Fig. 3. — La chaîne des osselets, vue par sa partie antérieure : i à 4, marteau; 5, enclume; 6, os lenticulaire; 7, étrier.
- la rampe vestibulaire. Si au moment où elle débouche devant la fenêtre ovale, celle-ci cède, l’onde sera amortie.
- S’il survient une vibration formée d’une série d’ondes et que dans la périlymphe du limaçon la longueur d’onde X soit plus petite que la somme des rampes vestibulaire et tympanique, nous aurons dans le même moment au moins deux bourrelets, dont l’un remontera la membrane basilaire, tandis que l’autre descendra le long de la membrane du limaçon (v. fig. 4). À un certain moment elles seront dans le même plan : il se produira alors une application particulièrement énergique de la membrane recouvrante sur les cellules ciliées de l’appareil de Corti. Cette impression nerveuse caractérisera la vibration. Car la distance de l’extrémité des deux rampesàla tranche du canal cochléaire impressionné sera X/2 : un même son impressionnera toujours les mêmes nerfs.
- Mais pour que les mouvements de la fenêtre ovale correspondent aux ondes qui lui viennent de la fenêtre ronde il faut qu’ils soient liés de façon convenable à ces derniers. Quand on examine la question on voit que le seul moyen de résoudre le problème est le suivant : commander la fenêtre ovale
- par le tympan,
- - La chaîne des osselets, vue par sa partie 1 à 4, marteau; 5 à 7, enclume; 8, étrier.
- Rampe vestibulaire. Limaçon membraneux.
- Canal cochléaire et organe de Corti.
- Rampe tympanique.
- mais en ménageant un décalage
- Rampe vestibulaire. Limaçon membraneux. Canal cochléaire.
- Rampe vestibulaire.
- Fig. 4. — Le limaçon
- de phase convenable dans la transmission. Le moyen pratique d’obtenir ce décalage c’est d’agir sur la rigidité de la chaîne des osselets en modifiant l’élasticité de l’ensemble. Ce résultat sera atteint par le jeu
- des muscles qui commandent la chaîne. Dès lors on voit qu'il se produit une accommodation de ï oreille pour un son, du même genre que F accommodation de l'œil pour une distance.
- La théorie montre facilement que l’oreille accordée pour une vibration fondamentale le sera pour tous ses harmoniques. Ainsi s’explique tout simplement la différence que trouve l'oreille entre les sons musicaux faits d’une note fondamentale accompagnée d’un certain nombre d’harmoniques et les bruits faits de vibrations quelconques auxquelles elle ne peut s’accommoder complètement. On com-
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- L'AUDITION ET LA MUSIQUE
- prend également pourquoi il y a des accords con-sonants faits de vibrations composées donnant lieu aux mêmes remarques que les sons musicaux, c’est-à-dire comportant une vibration fondamentale ornée d’autres vibrations harmoniques.
- Il reste maintenant à élucider la question de l’origine des gammes qui sont la caractéristique de notre système musical.
- Ce système, nous le tenons, comme on sait, des Grecs dont saint Ambroise avait recueilli les principes pour les appliquer aux chants d’Eglise.
- Voyons comment les choses purent se passer au début. En somme, quelque fins que fussent les Hellènes, ils n’eurent pas plus que nous le don naturel qui leur eût permis d’inventer tout d’un coup un système dont nous avons tant de mal à comprendre la genèse. Quant à croire qu’Apollon ou Minerve leur ait distribué un solde de lyres ou de flûtes
- tout ac- Membrane,
- cordées, - -personne n’y pense assurément.
- Les Grecs commencèrent sans doute comme toutes les peuplades et se servirent au début de gammes fort irrégulières.
- Mais ils prirent de bonne heure l’usage de s’accompagner d’instruments, et au lieu de leur faire donner n’importe quels sons ils eurent assez de délicatesse pour chercher à produire des accords consonants. Cela les conduisit à chercher un système pour réaliser rapidement des accords de ce genre et ce fut l’affaire de tâtonnements très longs. En pratique, la chose ne pouvait se faire qu’en ayant des instruments à sons fixes et invariables.
- En fait d’instruments, ils ne connaissaient que les lyres et les flûtes à bec. Les premières ne gardent pas le ton et les cordes cassent assez souvent : il était donc fatal que ce fût la flûte à bec qui devînt le diapason de la musique ancienne. Or, ceux qui en ont joué savent que pour être pratique à tenir dans les mains, elle doit être percée de G trous, ce qui, en comptant le son obtenu tous les doigts baissés, donne la possibilité de produire sept sons (les anciens n’avaient pas de clefs). D’autre
- part on ne fut pas sans remarquer le phénomène de la reproduction des sons à l’octave dans les tuyaux ouverts. Et c’est ainsi qu’entre la note la plus basse d’un flageolet et son octave, on intercala les sept tons caractéristiques de nos gammes.
- Pour leur détermination exacte, il faut se reporter à la théorie des accords qu’on dut chercher à rendre aussi agréables que possible. Cela conduisit à fixer de façon nette les intervalles de quarte et de quinte. Pour les autres, il y eut du flottement et cela fut sans doute l’origine des différentes gammes mineures, en outre de la majeure. Il faut remarquer que c’est cette dernière qui donne la plus belle série d’accords de quinte (d’intervalle 3/4). Or, il semble que l’intervalle de quinte ait joué aux débuts de la musique un rôle très grand. 11 est même probable
- qu’il eut alors celui quenous donnons à l’octave. Car il est en somme aussi plaisant que ce dernier et celui qui n’a que l’oreille pour distinguer le meilleur doit y trouver de la difficulté.
- ---Nerf
- acoustique,
- Cellules de Cortv Fig. 5. — Coupe transversale d’un tour de spire du limaçon.
- D’ailleurs, ce que nous savons dé la musique ancienne nous montre que dans leur système ; les' notes étaient groupées par tétracordes disjoints, c’est-à-dire par groupes de quatre notes tels que la première de l’un formât avec la première du suivant un intervalle de quinte : cela ressemble fort à une gamme réduite. En outre, les Grecs firent un très grand usage de la flûte double : cette dernière était faite de deux flûtes accordées en quinte dans lesquelles on soufflait en même temps. Cet instrument dut sans doute sa vogue à ce que les accords qu’elle produisait en place des sons un peu aigrelets de la flûte simple, avaient quelque chose du moelleux de la lyre à laquelle Apollon était si favorable. Ce fut peut-être la cause de la jalousie furieuse qui poussa le dieu des vers à faire écorcher vif le malheureux Marsyas dont le seul crime fut de trop bien jouer des instruments à vent : comme on voit, ce n’est pas seulement de nos jours que le Chantecler de M. Rostand aurait eu à se plaindre de ses collègues.
- Le Poijtoukee.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE
- QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE — 1914
- premier semestre
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences (Comptes Rendus des séances), 15,65, 78, 95,110,128. 143, 190, 208, 214, 239, 255, 263, 287, 502, 319, 355, 340, 366, 382, 400, 414, 454.
- Acclimatation d’animaux imprévus, 207.
- Acide borique : pour empêcher l’usage nuisible, 143.
- Aéronautique, 169.
- Aéroplanes : stabilisateur automatique Wright, 187.
- Aéroplane : traversée de l’Atlantique, 289.
- Aérostation : fièvre au xvinc siècle, 541.
- Agriculture, 158.
- Air confiné: désinfection, 431.
- Air humide : microbes, 445.
- Algues : croissance, 145.
- Algues du détroit de Gibraltar, 111.
- Algues : querelle, 95.
- Algues : soie artificielle, 207.
- Allaitement des jeunes enfants, 414.
- Alpes : réacclimatation de la faune, 271.
- Amidon naturel, 414.
- Amorçage Lbeure des cordeaux détonants, 396.
- Ampoules à rayons X, 260.
- Anaphylaxie, 414.
- Anaphylaxie indirecte, 191.
- Angleterre : configuration de la côte Sud, 541.
- Animaux : formes de moindre résistance, 328.
- Anthropologie, 162.
- Aquarium de Berlin, 96.
- Arbres : exploitation en Argentine, 5.
- Arbre vétéran, 382.
- Supplément au n* 2140 de La 'Nature
- Arc alternatif à vapeur de mercure, 208. Argentine : exploitation des arbres, 5. Arsenic : température de fusion, 145. Astronomie, 145.
- Atlantique : traversée en aéroplane, 289. Atmosphère : couleurs, 404.
- Atmosphère (Pression dans la haute), 223. Audition et musique, 454.
- Aurores boréales : hypothèse, 214. Aurores polaires et cinématographe, 282. Automobiles Schneider pour la stérilisation de l’eau par l’ozone, 357. Aviation et Exposition « Panama-Pacific», 526.
- Azote du grisou et des sources thermales : origine, 305.
- B
- Baguette divinatoire : congrès de Hallc-sur-la-Saale, 102.
- Baromètre marin à ébullition, 303. -Batteries mobiles Schneider sur voie ferrée, 195.
- Bégaiement : traitement, 263.
- Berlin : nouvel aquarium, 96. Berlin-Stettin : voie navigable, 432. Betta splendens, 433.
- Blessures et chirurgie de guerre, 81. Billet de banque parlant, 63. Biréfringence des liquides purs, 352. Botanique, 157.
- Boutons de nacre : fabrication, 421. Brevets d’invention en France, 190.
- du 30 mai 1914.
- c
- Cadran de 24 heures (Contre le), 291. Cadran solaire donnant l’heure légale, 250.
- Caillage du lait, 263.
- Calvados : fer, 400.
- Canal Berlin-Stettin, 452.
- Canal de Panama, 75.
- Canal de Panama :
- — : Historique, 17.
- — : souvenirs, 23.
- — : canal, 28.
- — : fièvre jaune, 40. ‘ '
- — : conséquences économiques, 45.
- Canot-flotteur du commandant deRycker,
- 287.
- Caoutchouc : vulcanisation, 414. Carabine mitrailleuse automatique pour aéroplanes, 144.
- Catalepsie des insectes, 225.
- Catastrophe au théâtre, 15.
- Cavernes de Moravie, 57.
- Cèdres du Liban, 71.
- Cérilhidés : évolution, 68.)
- Cerveau : localisations, 95. Cétisocétimines, 445.
- Champs magnétiques intenses : production, 190.
- Chenille vivant en symbiose avec des fourmis, 367.
- Chevaux français : exportation, 190. Chiens sans queue : descendance, 15. Chimie, 154.
- Chirurgie et blessures de guerre, 81. Cinématographe et aurores polaires, 282. Classiques de la science, 12.
- Climat de New-York : variations, 351. Coccidies du lapin, 15.
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- 450 — ' =
- Combattant d’Indo-Chine, 433.
- Combustibles : ressources du monde, 255.
- Compagnie parisienne d'électricité : nouvelles usines, 435.
- Conductivité électrique du sérum sart-guin, 208.
- Congo : délimitation, 199.
- Conservatoire national des Arts et Métiers, 311.
- Constantes cellulaires, 316.
- Convertisseur à vapeur de mercure, 211.
- Cordeaux détonants et amorçage Lbeurc, 396.
- Cosmogonie, 95.
- Côte Sud d’Angleterre : configuration, 341.
- Couleurs de l’atmosphère, 404.
- Cristaux liquides, 221.
- Cristaux et molécules : symétrie, 345.
- Cryoscopie : application, 367.
- Cuirassé-torpilleur, 70.
- D
- Décimètre cube et litre, 208. Désinfection de l’air confiné, 431. Dessèchement de la terre, 450. Dcutsehes Muséum, 115.
- Dingo d’Australie, 209.
- Discontinu : physique, 109. Dolomies : origine, 191.
- Dolomies des Pyrénées, 143.
- E
- Eaux souterraines, 287.
- Electricité : industrie, 165.
- Électricité : propagation dans les lignes hétérogènes, 382.
- Électro-aimant du Muséum, 241.
- Électroculture : essais, 94.
- Embryologie, 128.
- Énergétique : variation de la dépense chez l’homme, 303.
- Enseignement des langues : nouvelle méthode, 351.
- Éruptions de l’ile Ambrym, 97.
- Éruptions volcaniques et températures terrestres, 188.
- Espagne : géologie, 414.
- Ethnographie de Madagascar, 415.
- Ethnographie mexicaine, 406.
- Explosion des poussières de papier, 555.
- Exposition « Panama Pacific » et aviation, 326.
- Exposition de la Société de physique, 369.
- Extincteurs d’incendie à écumes. 378.
- F
- Faune alpestre : réacclimatation, 271. Faune aquatique aérienne des plantes-réservoirs, 225.
- Fer du Calvados, 400.
- F’erments : accoutumance aux toxiques, 302.
- Fermentation alcoolique, 95.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Feuilles : perméabilité pour les rayons ultra-violets, 191.
- Fièvre aérienne au xvm° siècle, 341. Fleur : anatomie, 208.
- Fleurs ultra-violettes, 118.
- Fluor : origine dans l’organisme, 445. Fluorescéine : emploi à longues distances, 15.
- Fontaines de Rouen : livre, 240.
- Force motrice : transmission sous-marine, 74.
- Fougères d’Afrique, 303.
- Fouilles de Langeac, 78.
- Fourmis : chenilles vivant en symbiose, 367.
- Fourrures et plumes en 1913, 195. France : grands ports, 243.
- France : 25 années de santé, 203. ' Funiculaire du Kollererberg, 255.
- G
- Gare Saint-Lazare aérienne, 401.
- Gare Saint-Lazare souterraine, 103. Géologie : enseignements des régions polaires, 120.
- Géologie du nord de l’Afrique, 111. Géologie de l’Espagne, 414.
- Géologie de la Lorraine, 190.
- Géologie du Maroc, 143.
- Géologie de la Provence, 143, 191. Géologie du Roussillon, 143.
- Géologie du Var, 191.
- Germanium : préparation, 400.
- Glace : machine domestique, 348.
- Glaces flottantes et paquebots, 356. Glaces et usines hydroélectriques, 191-Glandes muqueuses des batraciens : propriétés des sécrétions, 63.
- Gouffres des terrains tertiaires, 445. Grains : manutention pneumatique, 292. Grenchenberg : venues d’eau du tunnel, 385.
- Grisou : hélium, 254.
- Grue géante, 384.
- Guerre : blessures et chirurgie, 81. Gyroptère Papin et Rouilly, 417.
- H
- Halage funiculaire des bateaux, 208. Hélium des grisous, 254.
- Hérédité d’une maladie du blé, 110. Homme fossile d’Oldoway, 336.
- Hopis et leur fête des serpents, 86. Horlogerie électrique dans les Observatoires et T. S. F., 218.
- Houille : distillation, 95.
- Humboldt : correspondance, 415. Hydrogène : anomalie, 303.
- Hydrogène industriel : applications, 525.
- I
- Insectes cataleptiques, 225.
- Institut international de Physique Solvay, 106.
- J
- Japon : nouvel an, 111.
- Jouets mécaniques d’autrefois, 65. Jungle au cirque, 400.
- K
- Kalah Asar, 567.
- Kollererberg : funiculaire, 255. Konia, 215.
- L
- Laboratoire de mécanique de la Sorbonne, 321.
- Lait : caillage, 263.
- Lampe à vapeur de mercure, 191. Langeac : fouilles, 78.
- Langues : nouvelle méthode d’enseignement, 351.
- Liban : derniers cèdres, 71.
- Limaces (Lutte contre les), 178. Liquides purs : biréfringence, 332.
- Litre et décimètre cube, 208. Locomotion aérienne : 5e salon, 49. Longitudes : méthode de précision pour la détermination, 319.
- Lorraine : géologie, 190.
- Lune : nouvelle carte, 208.
- Lunettes : fabrication des verres, 389.
- M
- Machine domestique à glace, 548. Machine à voter, 79.
- Madagascar : ethnographie, 415.
- Majorque : stratigraphie de la Sierra, 503. Mammouth : sang, 240.
- Manutention pneumatique des grains, 292.
- Marines, 175.
- Maroc : géologie, 145.
- Mécanique : laboratoire de la Sorbonne, 521.
- Médecine, 164.
- Métaux fondus : densité, 208.
- Métaux purs : préparation, 239. Meunerie : mécanisme, 564.
- Mexique : ethnographie, 406.
- Microbes dans l’air humide, 445. Microbes : entraînement, 239.
- Microbes : entraînement par l’air, 110. Microbes : mutations morphologiques permanentes, 341.
- Microbes : pullulation dans un milieu agité, 95.
- Migration des poissons, 238.
- Migrations du saumon, 414.
- Mines néolithiques de Spiennes, 132. Minerai : genèse, 519.
- Molécules et cristaux : symétrie, 546. Moravie : cavernes, 57.
- Mouches aux yeux d’or, 305.
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-
-
-
- Munich : Musée d’Àris èt Métiers, 113. Musée d’Arts et Métiers de Munich, 113. Musée du Conservatoire national des Arts et Métiers, 311.
- Muséum : électro-aimant, 241..
- Musique et audition, 445.
- Mutations et paléontologie, 68.
- N
- Navires : conséquences de l’accroissement des dimensions, 566.
- Navire dirigé par les ondes hertziennes,
- 533.
- Navires : élévation du tonnage, 110. Navires : propulsion électrique, 92. Navires: rigidité et solidité, 435.
- Neige clans les gouffres pyrénéens, 183. Néon : tubes, 555.
- Nerfs : fonctionnement, 503.
- Niveau de haute précision, 78. New-York : variations du climat, 351. Nouvelles-Hébrides : volcans, 97.
- O
- Observatoires : horlogerie électrique et T. S. F., 218.
- Oiseaux : colonies du Grand Océan, 559. Oiseau-mouton, 359.
- Oiseaux et parures, 275.
- Ondes hertziennes : danger, 181, 215, 409.
- Or : question, 77.
- Oxyde de carbone : absorption par le sang, 95.
- P
- Paléontologie et mutations, 68.
- Panama : historique, 17.
- — : souvenirs, 23.
- — : canal, 28.
- — : fièvre jaune, 40.
- — : conséquences économiques, 45. Panama : canal, 75.
- Paratonnerre nouveau, 263.
- Parc national du llaut-Vénéon, 458. Parure et oiseaux, 273.
- Pathégraphe, 10.
- Peintures et gravures murales de l’âge du renne, 294.
- Pellagre : maladie colloïdale, 254. Pétrole : recherche des gîtes, 503. Phare Cannevel, 415.
- Phonographe, maître de langues, 10. Photocatalyse, 144.
- Physiologie, 160.
- Physique, 149.
- Physique du discontinu, 109.
- Physique : exposition de la Société, 569.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Physique : Institut Solvay, 106.
- Planètes et satellites : loi des distances,
- 501.
- Plantes-réservoirs : faune aquatique aérienne, 223.
- Plantes : substances minérales , 445. Plumes et fourrures en 1913, 193. Plumes : industrie, 279.
- Plumes des oiseaux utilisées pour la parure, 273.
- Poids du corps et radiations solaires, 239. Poissons apodes, 191.
- Poissons : migrations, 238.
- Poisson d’ornement, 433.
- Pôles : enseignements géologiques, 120. Pomme de terre : rajeunissement, 128-Ponts basculants, 270.
- Pont le plus grand du monde, 76.
- Ports de France, 213.
- Portières homicides des wagons, 443. Potentiel : mesure à distance, 259. Poussières de papier : explosion, 355. Pression atmosphérique dans la haute atmosphère, 223.
- Projecteur de lumière nouveau, 519. Projectiles : effets à distance, 582. Projectiles en tungstène, 599. Propulsion électrique des navires, 92. Provence : géologie, 143, 191.
- Provence : tectonique, 111.
- Pustules charbonneuses : traitement, 335. Pyrénées : dolomies, 143.
- Pyrénées : neige dans les gouffres, 185.
- R
- Rabat, 574.
- Radioactivité en agriculture, 15.
- Radioéléments : classification, 267.
- Radiographie dans les armées en campagne, 177.
- Radiotclégrammes : enregistrement, 567.
- Radiotélégrammcs : enregistrement par le télégraphone Poulsen, 239.
- Rayons de Rœntgen : progrès de nos connaissances, 141.
- Rayons de Rœntgen : spectres, 143.
- Rayons X : ampoule réglable Coolidge, 260.
- Rayons ultra-violets : production, 414.
- Répétiteur mécanique de signaux, système de Rraam, 84.
- Rivage : variations de la côte Sud de Bretagne, 15.
- Rouen : livre des fontaines, 240.
- Rouille du bic, 582.
- Rouille des végétaux, 208.
- Rouissage bactériologique du lin, 257.
- Roumanie : plaine, 111.
- Roussillon : géologie, 143.
- S
- Salon de la locomotion aérienne, 49. Sang ; sucre, 110, 191.
- 451
- Saumon : migrations, 414.
- Sécurité des voies ferrées, 84.
- Serpents : venin, 414.
- Sérum sanguin : conductivité électrique, 208.
- Sicile : tremblement de terre, 419. Similigravure et son histoire, 227. Sirène électrique Blériot, 307.:
- Sol'fioni de Toscane : utilisation, 423. Soie artificielle d’algues, 207.
- Soleil : surface en 1915, 63.
- Solvay : Institut international de physique, 106.
- Sonde océanique nouvelle, 445. Sorbonne : laboratoire de mécanique, 321.
- Soupape électrique, 211.
- Sourciers : expériences de l’été 1915, 230.
- Sous-azoture de carbone : propriété, 367. Spectre d’arc des métaux, 63.
- Spectres des rayons de Rœntgen, 143. Spectroscopie, 367.
- Spectroscopie sidérale, 340.
- Spiennes : mines néolithiques, 132. Stabilisateur automatique Wright pour aéroplanes, 187.
- Statistique par les machines, 124. Sténotypie, 197.
- Stérilisation de l’eau par l’ozone : automobile Schneider, 537.
- Sucre du sang, 110, 191.
- Suess (Eduard), 413.
- Symétrie des cristaux et symétrie moléculaire, 546.
- T
- Télégraphie acoustique par la sirène Blériot, 307.
- T. S. F. : applications de l’enregistrement des signaux, 426.
- T. S. F. : danger, 181, 409.
- T. S. F. : enregistrement des signaux, 143.
- T. S. F. et horlogerie électrique dans les Observatoires, 218.
- T. S. F. : navire dirigé, 553.
- T. S. F. : poste récepteur sans antenne ni fil de terre, 142.
- T. S. F. : relai pour l’enregistrement des signaux, 285.
- Télégraphie sous-marine : révolution, 587.
- Télégraphone Poulsen, 367.
- Télégraphone Poulsen : enregistrement des radiotélégrammes, 259.
- Téléphonie (Mécanique au service de la), 246.
- Températures : échelle nouvelle, 582,
- Températures terrestres et érupliohs volcaniques, 188.
- Tempête : curieux résultat, 519. .
- Terre : configuration, 287. rjj.
- Terre : se dessèche-t-elle?, 430.
- Théâtre : catastrophe, 15.
- Tonnàge des navires : élévation, 110.
- Torpille automobile, 264.
- Toscane : utilisation des soffioni, 423.
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- 452 r:........."
- Toxines diluées : action physiologique, 239.
- Transmissions sous-marines de force motrice, 74.
- Transport des machines gigantesques, '129.
- Tremblement de terre de Sicile, 419.
- Trempe : nouveau procédé.
- Trypanosomes des Vertébrés : origine, 214.
- Tubes au néon, 355.
- Tubes au néon : propriétés, 253.
- Tungstène : projectiles, 399.
- Tunnel du Grencbenberg : venues d’eau, 585.
- Turbine à vapeur de mercure, 282.
- Typhus exanthématique : transmission, 535.
- INDEX ALPHABÉTIQUE :
- U
- Ultra-violet : fleurs, 118.
- Usines hydroélectriques et glaces, 191. Usines nouvelles de la Compagnie parisienne d’clectricité, 135.
- V
- Van Tieghem, 594.
- Yar : géologie, 191.
- Varrons des Bovidés, 580.
- Végétal : vétéran, 582.
- Venin des serpents, 414.
- Verres de lunettes : fabrication, 589.
- Vertébrés volants, 1.
- Vie chère, 12.
- Vis micro métriques : variation du pas,
- 190.
- Vision dans l’eau, 8.
- Voies ferrées : sécurité, 84.
- Volcans : éruptions et températures terrestres, 188.
- Volcans des Nouvelles-Hébrides, 97. Vulcanisation du caoutchouc, 414.
- w
- Wagons : portières homicides, 443. Wyroubolf, 94.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- A. B. — Le flotteur-canot du commandant de Rycker, 287.
- À. C. — La désinfection de l’air confiné, 431.
- A. T. — Une turbine à vapeur de mercure, 282.
- Amans (Dr). — Les formes de moindre résistance dans le monde animal, 329.
- Belot (Emile). — La loi des distances des planètes et des satellites, 301.
- Bérard (A.). — Les cordeaux détonants et l'amorçage Llieure, 596.
- Berggt (Alphonse). — Baromètre marin à ébullition, 505.
- Bertillon (Dr Jacques). — La statistique par les machines, 124.
- Blondel (Georges). — Les conséquences économiques de l’ouverture du canal de Panama et les intérêts français, 45.
- Bonnin (R.). — Historique du canal de Panama, 17. — Le canal de Panama, 40. — La sécurité des voies ferrées, 81.
- — Explosion de poussières de papier,355.—Utilisation des vapeurs naturelles provenant des soffioni de Toscane, 423.
- Boutibonne (C.). — La réacclimatation de la faune alpestre, 271.
- Boyer (Jacques). — Batteries mobiles Schneider sur voie ferrée, 195. — La manutention pneumatique des grains, 292.
- — Les tubes au néon, 353.
- Brescii (G.). — La physique, 149. — La chimie, 154. — Quelques 'applications de l’enregistrement des signaux de T. S. F., 426.
- Breton (A.). — La vie chère, 12. — L’industrie des plumes, 279.
- Cambon (Y.). — Le musée d’arts et métiers de Munich, 131.
- — Rabat, la naissance d’une capitale, 374.
- Ceillier (Rémi), — La botanique, 157.
- Chassériaud (R.). — Le 5e salon de la locomotion aérienne, 49. — L’aéronautique, 169. — Le stabilisateur automatique Wright pour aéroplanes, 187. — La traversée de l’Atlantique en aéroplane, 289.
- Claude (Daniel). — L’agriculture, 158. — Rouissage bactériologique du lin, 257.
- Costantin (J.). — Philippe Yan Tieghem, 594.
- Coupin (Henri). — La faune aquatique aérienne des plantes réservoirs, 223.
- Coutaud (A.). — L’exploitation des arbres en Argentine, 5.
- Dekobra (Maurice). — L’oiseau-mouton, 359.
- Detœuf (A.). — Les applications de l’hydrogène industriel, 325.
- Doncières (R.). — La nouvelle gare Saint-Lazare aérienne, 401.
- Dosne (P.). — Poste récepteur de T. S. F. sans antenne ni fil de terre, 142. —Cadran solaire donnant l’heure légale, 250.
- Durand (G.). — Les portières homicides des wagons, 443.
- Durau. — Automobiles Schneider pour la stérilisation de l’eau par l’ozone, 337.
- Durocquier (Franck). — Le danger des ondes hertziennes, 181.
- Fabre-Domergue. — Le petit combattant d’Indo-Gliine, 453.
- Forbin (V.). — Voyages à Panama en 1888-89, 24. — Le billet de banque parlant, 65. — Les derniers cèdres du Liban, 71. — Les Hopis et leur fête des serpents, 86. — L’exposition Panama-Pacific et l’aviation 526. — Les colonies d’oiseaux du Grand Océan, 559. — Ethnographie mexicaine, 406.
- Fournier (Lucien). — La gare Saint-Lazare souterraine, 105. — La sténotypie, 197. — La mécanique au service de la téléphonie, 246. — T. S. F. : relai pour l’enregistrement des signaux, 285. — La télégraphie acoustique par la sirène électrique Blériot, 307. — Un navire dirigé par les ondes hertziennes 533. — Enregistrement des radiotélé-grammes par le télégraphonc Poulsen, 567. — Les dangers des ondes hertziennes, 409. — Legyroplère Papin et Rouilly 417.
- François (L.). — Le mécanisme de la meunerie, 364.
- Gariot (André). — La délimitation du Congo, 199.
- Gradenwitz (à. ). — Transmissions sous-marines de force motrice, 71. — Le nouvel aquarium de Berlin, 96. — Transport des machines gigantesques modernes, 129. — Un nouveau procédé de trempe, 220. — Une grue géante, 384. — La nouvelle voie navigable Berlin-Stettin, 432.
- Graffigny (H. de). — Les nouvelles machines pour la fabrication des boutons de nacre, 421.
- Guillet (Léon). — Le Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers, 311.
- 11. M. — Les ponts basculants, 270.
- H. Y. — Nouvelle méthode d’enseignement des langues, 351.
- Henriquez-Phillipe. — Jouets mécaniques d’autrefois, 65.
- Izier (J.d’). — La machine à voter, 79.
- J. S. — Le danger des ondes hertziennes, 215.
- Joly (Dr P. R.). — Yolcans des Nouvelles Hébrides, 97.
- Koenigs (G.) — Les nouvelles installations du laboratoire de mécanique de la Sorbonne, 321.
- Kuentz (L.). — Le plus grand pont du monde, 76. — Un vétéran du monde végétal, 382.
- L. F. — Le phare Cannevel, 415.
- Lafitte (Jean-Paul). — La théorie des mutations et la paléontologie, 68. — L’institut international de Physique Solvay, 106. — L’anthropologie, 162. — Peintures et gravures murales de l’âge du renne, 294. — Un homme fossile africain, 536.
- Lallemand (Ch.). — Contre le cadran de 24 heures, 291.
- Lanorville (G.). — Fabrication des verres de lunettes, 389.
- Launay (L. de). — Les classiques de la science, 12. — La question de l’or, 77. — Quelques enseignements géologi-
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- 454 :::::::. — LISTE DES
- ques (les régions polaires, 120. — Les ressources en combustibles du monde, 235. — La fièvre aérienne au xviir siècle, 341. — Eduard Suess, 413. — Le tremblement de terre de Sicile, 419.
- Leblanc fils (Maurice). — Une soupape électrique : le convertisseur à vapeur de mercure, 211.
- Le Poutodkel. — L’audition et la musique, 445.
- Legendre (R.). — La physiologie, 160.
- Loisel (J.). — Eruptions volcaniques et températures terrestres, 188.
- Luuyt (M.). — Souvenirs de Panama pendant la période française, 23.
- Marchand (H.). — La propulsion électrique des navires, 92. — Le funiculaire du Kollererberg, 255. — Une révolution dans l’art de la télégraphie sous-marine, 587.
- Maresciial (G.). — La radiographie dans les armées en campagne, 177.
- Martel (E.-A.). — Les cavernes de Moravie, 57. — 25 années de la santé de la France, 203. — Konia, 215. — Venues d’eau du tunnel du Grcnchenberg, 385.
- Martin (A.). — Nouvelles usines de la C!e parisienne de distribution d’électricité, 155.
- Mascart (Jean). — L’astronomie, 145.
- Matheï (Aliui ). — Parc national du Haut-Vénéon, 458.
- Matout (J.). — L’électro-aimant du Muséum, 241.
- Menegaux (à.).. — Les plumes des oiseaux utilisées pour la parure, 273.
- Mériel (P. de). — Les glaces et; les usines hydrauliques, 191.
- Merle (René). — Les vertébrés volants* 1.— La fièvre jaune, 40. — Les insectes cataleptiques, 225. — Les mouches aux yeux d’or, 505. — Les varrons des Bovidés, 580.
- Meyerson (J.). — Les constantes cellulaires : une nouvelle, théorie physiologique, 316.
- Michaud (G.), et Tristan (F.). — Fleurs ultra-violettes, 118.
- Néron (IL). — Les extincteurs d’incendie à écumes, 378.
- Noël (E.) — Le congrès de la baguette divinatoire à Ilalle-sur-la-Saalc, 102.
- R. — Une catastrophe au théâtre, 15.
- AUTEURS :---=:
- Poncelet (Commandant). — Les glaces flottantes et les paquebots, 556.
- R. M. — Les blessures et la chirurgie de guerre, 81. — La médecine, 164. — Une maladie colloïdale : la pellagre, 254.
- Rahir (E.) — Mines néolithiques de Spicnnes, 152.
- Rolet (Antonin). — La lutte contre les limaces, 178.
- Rudaux (L.). — La neige dans les gouffres pyrénéens, 185.
- S. J. — Les marines, 175.
- Sallior (P.). — Le livre des fontaines de Rouen, 240. — Les variations du climat de New-York, 351.
- Sauvaire-Jodrdan. — Le cuirassé-torpilleur, 70. — La torpille automobile, 264.
- Séailles (J. C.). — Le phonographe, maître de langues, 10.
- Serbaii (J.). — Une nouvelle machine domestique à glace, 348.
- Touchet (Eh.) — Les aurores polaires et le cinématographe, 282.
- Troller (A.). — L’industrie électrique, 165. — Les ampoules à rayons X, 260.
- Trouessart (E.). — Fourrures et plumes en 1913, 195. — Le Dingo d’Australie, 209.
- Vigneron (H.). — La vision dans l’eau, 8. — La physique du discontinu, 109. — Progrès de nos connaissances concernant les rayons de Rœntgen, 141. — Les cristaux liquides, 221. — Les radioéléments et leur classification, 267. — La biréfringence des liquides purs, 332. — Symétrie des cristaux et symétrie moléculaire, 346. — L’exposition de la Société de Physique, 569. — Les couleurs de l’atmosphère, 404.
- Villedeuil (Ch.). — Comptes Rendus des séances de l’Académie des Sciences, 45, 63, 78, 95, 110, 128, 143, 190, 208, 214, 239, 253, 265, 287, 502, 319, 335, 340, 566, 382, 400, 414, 445.
- Villers (R.). — L’horlogerie électrique dans les observatoires et la T. S. F., 218. — La similigravure et son histoire, 227.
- Viré (Armand). — Les sourciers : expériences de l’été 1915, 250.
- Wallerant (F.). — Wyroubolf, 94.
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES.
- Comptes rendus des séances (Ch. du Yillededil), 15, 65,
- 78, 95, 110, 128, 143, 190, 208, 214, 259, 253, 263,
- 287, 502, 319, 335, 340, 566, 382, 400 ... . 414, 445
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE.
- L’aslronomie (J. Mascart). . 145
- Cadran solaire donnant l’heure légale (P. Dosne). . . . 250
- Contre le cadran de 24 heures (A. Lallemand)..........291
- La loi des distances des planètes et satellites (E. Belot). 501
- Surface solaire en 1915.............................. 63
- Cosmogonie............................................ 95
- Variation du pas des vis micrométriques...............190
- Le litre et le décimètre cube.........................208
- Nouvelle carte de la lune.............................208
- Méthode de précision pour la détermination des longitudes ..............................................519
- Spectroscopie sidérale.............................. 540
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- La vision dans l’eau (II. Vigneron).............. 8
- Les classiques de la science (L. de Launay)............ 12
- L’Institut international de physique (J.-P. Lafitte) . . 106
- La physique du discontinu (II. Vigneron)...............109
- Progrès de nos connaissances concernant les rayons de
- Rœntgen (IL Vigneron)................................141
- La physique (G. Brescii)................................149
- L’électro-aimant du Muséum (L. Matobt) ....... 241
- Les cristaux liquides (II. Vigneron).................... 221
- Les ampoules à rayons X (A. Troller)...................260
- Los radio-éléments et leur classification (II. Vigneron) . 267
- Baromètre marin à ébullition (À. Berget)...............505
- Biréfringence des liquides purs (H. Vigneron), .... 352 Symétrie des cristaux et symétrie moléculaire (H. Vigneron) ..............-.................................346
- L’exposition de la Société de Physique (il. Vigneron). . 369
- Les couleurs de l’atmosphère (H. Vigneron)..............404
- Spectre d’arc des métaux................................ 63
- Niveau de haute précision............................... 78
- Température de fusion de l'arsenic................. . . 143
- Spectre des rayons de Rœntgen.................... 143
- Production de champs magnétiques intenses .... 190
- Lampe à vapeur de mercure.............. ..... 191
- Densité des métaux fondus...............................208
- Spectroscopie.........................................367
- Application de la cryoscopie .........................367
- Échelle nouvelle de température.......................582
- Production de rayons ultra-violets,...................414
- 2. Chimie.
- Wyroubolî (F. Wallerant).............................. 94
- La chimie (G. Brescii)................................154
- Applications de l’hydrogène industriel (A. Detœue). . . 525
- Distillation de la houille............................ 95
- Photocatalyse...........................................144
- Préparation de métaux purs..............................259
- Anomalie de l’hydrogène...............................303
- Propriété du sous-azoture de carbone..................567
- Préparation du germanium. . ................... . 400
- Amidon naturel......................................... 414
- Vulcanisation du caoutchouc . ..........................414
- Les cétisocétimines.....................................445
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Cavernes de Moravie (E.-A. Martel)..................... 57
- Volcans des Nouvelles-Hébrides (D1' P. R. Joly) .... 97
- Congrès de la baguette divinatoire à Ilalle-sur-la-Saale
- (E. Noël).......................................... 102
- La neige dans les gouffres pyrénéens (L. Ruraux, . . . 185
- Éruptions volcaniques et températures terrestres (J.
- Loisel).............................................188
- Les sourciers : expériences de l’été 1913 (A. Vire) . . 250
- Les ressources en combustible du monde (L. de Ladnay). 235 Quelques enseignements géologiques des régions polaires
- (L. de Ladnay)......................................120
- Eduard Suess (L. de Ladnay)........................... 413
- Le tremblement de terre de Sicile (L. de Ladnay) . . . 417
- La terre se dessèche-t-elle? ..........................450
- Variations du rivage de la côte Sud de Bretagne. . 15
- Emploi de la fluorescéine à longues distances ... 15
- Géologie du Nord de l’Afrique .........................111
- La plaine roumaine.....................................111
- Tectonique provençale................................ 111
- Géologie du Maroc.................................... 143
- Les dolomies des Pyrénées .............................143
- Gréologie du Roussillon . ............................143
- Géologie de la Lorraine..............................190
- Géologie du Var.... .................................191
- Origine des dolomies.................................191
- Géologie de la Provence. .... . . ... . . 143, 191
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-
-
-
- 456 z=:., = TABLE
- L'hélium des grisous...............................
- Eaux souterraines..................................
- La configuration de la terre................. . . .
- Stratigraphie de la Sierra de Majorque.............
- Origine de l’azote du grisou et des sources thermales.
- Recherche des gîtes pétrolifères...................
- Genèse d’un minerai................................
- Le fer du Calvados.................................
- Géologie de l'Espagne..............................
- Nouvelle sonde océanique...........................
- Gouffres des terrains tertiaires...................
- 2. Météorologie.
- La pression atmosphérique dans la haute atmosphère. . Les aurores polaires et le cinématographe (E. Touciilt). Les variations du climat de New-York (P. Sallior) . . Hypothèse sur les aurores boréales..................
- 3. Biologie. — Physiologie.
- La physiologie (R. Legendre)......................
- Les insectes cataleptiques (R. Merle).............
- Les constantes cellulaires (J. Meyerson)..........
- Les formes de moindre résistance dans le monde animal
- (Dr Amans).....................................
- L'audition et la musique (Le Podtounel)...........
- Propriétés des sécrétions des glandes muqueuses des
- batraciens.....................................
- La fermentation alcoolique........................
- Localisations cérébrales..........................
- Pullulation des microbes dans un milieu agité. . . Absorption de l’oxyde de carbone par le sang . . .
- L’entraînement des microbes par l’air.............
- Sucre du sang.................................110,
- Anaphylaxie indirecte.............................
- L'entraînement des microbes....................... •
- Le sang d’un Mammouth.............................
- Conductibilité électrique du sérum sanguin........
- Action physiologique de certaines toxines diluées. . Le poids du corps et les radiations solaires....
- Le caillage du lait...............................
- Accoutumance des ferments aux toxiques............
- Fonctionnement des nerfs..........................
- Variation de la dépense énergétique chez l’homme. Mutations morphologiques permanentes chez les microbes....................................
- Phénomènes anaphylactiques........................
- Migrations du saumon..............................
- Le venin des serpents.............................
- L’origine du fluor dans l’organisme...............
- 4. Zoologie. — Paléontologie.
- Les. vertébrés volants (R. Merle)....................
- La théorie des mutations et la paléontologie (J.-P. Lafitte) .............................................
- Nouvel aquarium de Berlin (A. Gradenwitz)............
- La lutte contre les limaces (A. Rolet)...............
- Le Dingo d’Australie (E. Trouessart)...................
- Fourrures et plumes en 1913 (E. Trouessart)..........
- MATIÈRES
- Les migrations des poissons............................238
- La réacclimatation de la faune alpestre (C. Boutiboxne). 271
- Les oiseaux et la parure...............................273
- Les plumes des oiseaux utilisées pour la parure (A. Mene-
- gaux)...............................................275
- Les mouches aux yeux d’or (R. Merle). .................505
- L’oiseau-mouton (M. Dekobra)...........................539
- Les colonies d’oiseaux du Grand Océan (V. Fordin) . . 359
- Varrons de Bovidés (R. Meri.e).........................580
- La jungle au cirque....................................400
- Le petit combattant d’Indo-Chine (Fabre-Domergue)'. . 455
- descendance des chiens sans queue...................... 15
- Embryologie............................................128
- L'exportation des chevaux français.....................190
- Poissons apodes........................................191
- Acclimatation d’animaux imprévus.......................207
- Origine des trypanosomes des vertébrés.................214
- Chenille vivant en symbiose avec des fourmis. . . . 567
- Correspondance de llumboldt............................415
- 5. Botanique. — Agriculture.
- L’exploitation des arbres en Argentine (A. Goutaud) . . 5
- Les derniers cèdres du Liban (Y. Forbin)................. 71
- Fleurs ultra-violettes (G. Michaud et F. Tristan). . . . 118
- La botanique (R. Ceilmer)................................157
- L’agriculture (D. Claude)................................158
- La faune aquatique aérienne des plantes réservoirs
- (H. Coupin)...........................................225
- Rouissage bactériologique du lin (Daniel Claude) . . . 257
- Un vétéran du monde végétal (L. Kuentz)..................382
- Philippe Van Tieghem (J. Costantin)......................594
- Radioactivité en agriculture............................. 15
- Essais d’électroculture.................................. 94
- La querelle des algues .................................. 95
- Physiologie végétale..................................... 95
- Hérédité d’une maladie du blé............................110
- Les algues du détroit de Gibraltar.......................111
- Rajeunissement de la pomme de terre......................128
- Croissance des algues....................................143
- Perméabilité des feuilles pour les rayons ultra-violets. 191
- La soie artificielle d’algues............................207
- Anatomie de la fleur.....................................208
- La rouille des végétaux..................................208
- Fougères d’Afrique.......................................303
- La rouille du blé........................................328
- Les substances minérales dans les plantes .... . 445
- V. — GÉOGRAPHIE.
- Souvenirs de Panama pendant la période française
- (M. Luuyt)............................................ 25
- Voyages à Panama en 1888-89 (V. Forbin).............. 24
- Konia (E.-A. Martel) ...................................215
- La délimitation du Congo (A. Gariot)..................199
- Curieux résultats d’une tempête.........................319
- Rabat (V. Cambon). .....................................374
- Venues d’eau du tunnel du Grenchenberg (E.-À. Martel) . 585
- Parc national du Haut-Vénéon ( A. Mathey)............ 438
- Configuration de la côte sud d’Angleterre............341
- DES
- 254
- 287
- 287
- 303
- 503
- 303
- 519
- 400
- 414
- 445
- 445
- 223
- 282
- 551
- 214
- 160
- 225
- 316
- 328
- 445
- 65
- 95
- 95
- 95
- 95
- 110
- 191 •
- 191
- 239
- 240
- 208
- 239
- 239
- 263
- 502
- 303
- 505
- 341
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- 414
- 445
- 1
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- 96
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- 209
- 193
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- TABLE DES MATIÈRES
- 457
- VI. - ANTHROPOLOGIE. - ETHNOGRAPHIE. ARCHÉOLOGIE.
- Les Ilopis et leur fête des serpents (Y. Forbin) .... 86
- Le nouvel an au Japon...................................111
- Mines néolithiques de Spiennes (E. Rahir)...............132
- I/anthropologie (J.-P. Lafitte).........................162
- Le livre des fontaines de Rouen (P. Sallior)............240
- Peintures et gravures murales de l’àge du renne (J.-P. Lafitte) .................................................294
- Homme fossile d’Oldoway (J.-P. Lafitte).................336
- Ethnographie mexicaine (Y. Forbin)......................406
- Fouilles de Langeac .................................... 78
- Ethnographie de Madagascar..............................415
- VII. - MÉDECINE. - HYGIÈNE.
- La fièvre jaune (R. Merle)......................... 40
- Rlessures et chirurgie de guerre (R. M.)........... 81
- La médecine (R. M.)..................................164
- 25 années de la santé de la France (E -A. Martel) . . 203
- line-maladie colloïdale : la pellagre (R. M.)......254
- La désinfection de l’air confiné (A. G.).............431
- Maladies coccidiennes du lapin............... . . 15
- Pour empêcher l’usage nuisible de l'acide borique. . 143
- Traitement du bégaiement.............................265
- Transmission du typhus exanthématique................335
- Traitement des pustules charbonneuses................335
- Kalah asar ......................................... 567
- U allaitement des jeunes enfants.....................414
- Les microbes dans l'air humide.......................445
- VIII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- Le phonographe, maître de langues (J.-C. Seau,les) . . 10
- Une catastrophe au théâtre (R.).......................... 15
- Billet do banque parlant (Y. Forbin)..................... 63
- Jouets mécaniques d’autrefois (II. Piiillipe)............ 65
- Transmissions sous-marines de force motrice (A. Gradek-
- witz)................................................... 74
- La machine à voler (J. u'Izier).......................... 79
- Le Musée d’Arts et Métiers de Munich (V. Cambox). . . 113
- La statistique par les machines (Dr J. Bertillon) . . . 124
- Transport des machines gigantesques modernes (A. Gra-
- DEXWITZ)................................................129
- Les glaces et les usines hydrauliques (P. nu Mkriel). . 191
- La sténotypie (L. Fournier)................................197
- L’industrie des plumes (A. Breto.n)..................... . 279
- Une turbine à vapeur de mercure (A. T.)....................282
- La manutention pneumatique des grains (J. Boyer) . . . 292
- Le Musée du Conservatoire national des Arts et Métiers
- (L. Guillet)................‘.........................511
- Nouvelles installations du laboratoire de mécanique de la
- Sorbonne (G. Kœnigs)............'.....................521
- Une nouvelle machine domestique à glace (F. Serbar) . 348
- Nouvelle méthode d’enseignement des langues (II. Y.) . 551
- Explosion de poussières de papier (R. Bonnin)..............555
- Le mécanisme de la meunerie (L. François) ..... 364
- Les extincteurs d’incendie à écumes (II. Néron) .... 578
- Une grue géante (A. Gradenvvitz)...........................584
- Fabrication des verres de lunettes (G. Lanorville). . . 389
- Les nouvelles machines pour la fabrication des boutons
- de nacre (H. de Graffigny)............................421
- Les brevets d’invention en France........................190
- 2. — Électricité.
- Nouvelles usines de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (A. Martin).........................155
- Poste récepteur de T. S. F. sans antenne ni fil de terre
- (P. Dosne).............................................142
- L’industrie électrique (A. Troller)......................165
- La radiographie dans les armées en campagne (G. Mares-
- cual)................................................ 177
- Le danger des ondes hertziennes (F. Durocquier) . . . 181
- La mécanique au service de la téléphonie (L. Fournier) . 246
- Une soupape électrique : le convertisseur à vapeur de
- mercure (M. Leblanc fils) .............................211
- Le danger des ondes hertziennes (J. S.)..................215
- L’horlogerie électrique dans les observatoires et la T. S. F.
- (R. Yillers)...........................................218
- T. S. F. : relai pour l’enregistrement des signaux (L. Fournier) ...................................................285
- Télégraphie acoustique par la sirène électrique Rlériot
- (L. Fournier)..........................................307
- Navire dirigé par les ondes hertziennes (L. Fournier) . 553
- Les tubes au néon (J. Royer).............................355
- Télégraphonc Poulscn (L. Fournier).......................567
- Une révolution dans l’art de la télégraphie sous-marine
- (II. Marchand).........................................587
- Les dangers des ondes hertziennes (L. Fournier) . . . 409
- Quelques applications de l’enregistrement des signaux
- de T. S. F. (G. Brescii)............................. 427
- Enregistrement des signaux de T. S. F................... 145
- L’arc alternatif à vapeur de mercure.....................208
- Un nouveau paratonnerre..................................265
- Enregistrement des radiolélégrammcs au moyen du
- télégraphone Poulsen...................................239
- Mesure du potentiel à distance...........................259
- Propriété des tubes au néon..............................255
- Propagation de T électricité dans les lignes hétérogènes ...................................................582
- 3. — Photographie.
- La simili-gravure et son histoire (R. Yillers)..227
- 4. — Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Historique du canal de Panama (R. Bonnin)............... 17
- Le canal de Panama (R. Bonnin).......................... 28
- A propos du canal de Panama............................. 75
- Le plus grand pont du monde (L. Kuentz) ...... 76
- Le funiculaire de Kollererbcrg (H. Marchand)............255
- Un nouveau procédé de trempe (A. Gradenvvitz) . . . . 220
- Les ponts basculants (H. M.)............................270
- Utilisation des vapeurs naturelles provenant des soffioni
- de Toscane (R. Bonnin)........................... 423
- Lanouvelle voie navigable Berlin-Stlelin (A. Gradenvvitz) 452 Le halage funiculaire des bateaux..................... 208
- 5. — Mines et métallurgie.
- Les cordeaux détonants et l’amorçage Lheure (A. Bérard). 596
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-
-
- 458 ...:..;____ TABLE DES
- 6. — Transports. — Chemins de fer. Automobilisme.
- La sécurité des voies ferrées (R. Bonnin).................. 84
- La gare Saint-Lazare souterraine (L. Fournier) .... 103
- Automobiles Schneider pour la stérilisation de l’eau par
- l’ozone (Düreau).........................................337
- La nouvelle gare Saint-Lazare aérienne (R. Doncières) . 401
- Phare Cannevel (L. F.)......................................415
- Les portières homicides des wagons (G. Durand) . . . 443
- Nouveau projecteur cle lumière............................319
- 7. — Aéronautique.
- Le 5e Salon de la locomotion aérienne (R. Chassériaud) . 49
- Carabine-mitrailleuse automatique pour aéroplanes. . . 144
- L’aéronautique (R. Chassériaud). . .....................169
- Le stabilisateur automatique Wright pour aéroplanes
- (R. Ciiasséiuaud)....................................187
- La traversée de l’Atlantique en aéroplane (R. Chassériaud). 289 L’exposition « Panama-Pacific » et l’aviation (V. Forbin). 526 La fièvre aérienne au xvme siècle (L. de Launay) . . . 341
- Le gyroptôrc Papin et Rouillv (L. Fournier) ..... 417
- 8. — Marine. — Art militaire.
- Le cuirassé-torpilleur (S. Jourdan)................. 70
- Les marines (S. J.)......................................175
- MATIÈRES
- Les grands ports de France (R. Bonnin).....................243
- Batterie mobile Schneider pour voie ferrée (J. Boyer) . 195
- La torpille automobile (Sauaoure Jourdan).............. . 264
- La propulsion électrique des navires (H. Marchand) . . 92
- Le flotteur-canot du commandant de Rycker (À. B.). . 287
- Les glaces flottantes et les paquebots (Cl Poncei.et). . . 556
- Projectiles en tungstène...................................599
- La rigidité et la solidité des navires (Sauvaire-Jourdan). 435
- L'élévation du tonnage des navires.....................110
- Conséquences de Vaccroissement des dimensions des
- navires ................................................566
- Effets des projectiles à distance........................582
- IX. - ÉCONOMIE POLITIQUE.
- La vie chère (A. Breton)............................. 12
- Les conséquences économiques de l’ouverturo. du canal de Panama et les intérêts français (G. Bi.ondei.) ... 45
- La question de l’or (L. de Launay)................... 77
- X. — NUMÉROS SPÉCIAUX.
- Le canal de Panama..................................... 17
- La science et l’industrie en 1915......................145
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
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- PARTS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAIIURE 9, Rue de Fleuras, 9
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à 15Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
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- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
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- N° 2115. — 6 DÉCEMBRE 1913.
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- Avis de l’administration. — L'échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 décembre (n° 2118), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant celte époque et de joindre une des dernières bandes de la rerue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 18 décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n auront pas, avant celte date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (4 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1893 a 1902 — J9o3 à 1912), au prix de 28 francs au lieu df 36 francs pour les volumes brochés, et de 42 francs au lieu de 5o francs pour les volumes reliés. — Ces 4 volumes se vendent séparément au prix de :
- Tome I. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome IL Broché 10 fr. Relié 13 fr. 5o.
- Tome III. Broché 6 fr. Relié 9 fr. 5o.
- Tome IY. Broché 10 fr. Relié 13 fr. 5o.
- Prix décernés par l’Académie des Sciences. —
- Navigation : Prix extraordinaire de la marine (6000 fr ), destiné à récompenser tout progrès de nature à accroître l’efiicacilé de nos forces navales. L’Académie décerne : un prix de 1800 fr. à M. Le Prieur, enseigne de vaisseau, inventeur du moyenueur de mesures télémétriques dit L. Y. P.; un prix de 1800 fr. à M. Geynet, capitaine de frégate, pour un perfectionnement apporté à la hausse des canons; un prix de .1800 fr. à M. Violette, lieutenant de vaisseau, pour divers travaux et en particulier pour le perfectionnement du périscope; un prix de 600 fr. à M. R -E. Godfroy. enseigne de vaisseau, pour son ouvrage intitulé : Etude sur les marées. — Prix Plumey (4000 fr. ) : M. Paul Risbec, directeur des chantiers des Messageries maritimes à La Ciotat, pour ses travaux relatifs aux carènes et hélices, forces d’inerlie des machines et vibrations du navire. — Zoologie : Prix Savigny (i5oo fr.) : M. Henri Neuville, pour les résultats qu’il a obtenus dans ses voyages en Ethiopie et dans le pays Sornali-Dank;ili. — Prix généraux : .Prix Petit d Ormoy (Sciences naturelles) (10000 fr.) : M. Jules Lefèvre, professeur au lycée du Havre, pour l’ensemble de ses travaux. — Prix Fanny Emden (3ooo fr.) : Les arrérages sont partagés : 2000 fr. sont attribués à M. Guillaume de Fontenay, potir son Mémoire intitulé : Sur quelques réactions au contact de la plaque photographique; 1000 fr. sont attribués à
- M. Jules Courtier, pour son ouvrage intitulé : Rapport sur les séances d'Eusapia Pallcidino à ÏTnstilut général
- psychologique. — Prix Laplace (les œuvres de Laplace) • M. Boutleville, sorti premier de l’Ecole Polytechnique et entré, en qualité d’élève-ingénieur, à l’Ecole des Ponts et Chaussées. — Prix Félix Rivot (25oo fri)
- Le prix est partagé entre MM. Demay et Perrin, entrés les deux premiers, eu qualité d’élèves-ingénieurs, à l’Ecole des Mines, et MM. Boulteville et Renaud entrés, les deux premiers, au même litre, à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées.
- Études sur la radioactivité des eaux météoriques et des eaux minérales. — Un savant espagnol. M. Mun'oz del Caslillo, avec l’aide de divers collabo-raleurs, a effectué un certain nombre de recherches sur la radioactivité d’eaux de provenances diverses, qui Font conduit à des résultats extrêmement intéressants. II a constaté que de l’eau de pluie, recueillie en hiver, contenait une proporlion notable d’émanation qui allait en diminuant, ainsi qu’une certaine quantité d’ions qui avaient disparu au bout de douze jours. De la neige, tombée à Madrid en février, présentait aussi une radioactivité assez marquée. Le môme savant a mesuré l’acti-vilé de l’air du sous-sol; pour l’extraire, il introduisait dans des fossés de 2 mètres de profondeur, à des hauteurs différentes, des appareils formés d’un carreau horizontal surmonté d’uu cylindre que l'on garnissait de petites pierres et communiquant avec l’extérieur par un tube de fer vertical; on pouvait ainsi à un moment quelconque extraire l’air du sous-sol. Les mesures et observations, faites en automne, ont montré qu’il n’y a pas de relations entre les activités comparées de l’air dii sous-sol et de l’air atmosphérique. L’activité de l’air d’un sous-sol de consistance assez dure paraît plus grande que pour un sous-sol mou. Jusqu’à 2 mètres au-dessous de la surface, la radioactivité croît avec la profondeur. D’autres déterminations, effectuées en hiver, sur les activités comparées de 1 air du sous-sol et de l’air atmosphérique, ont permis de constater, en outre, que les variations de pression et de radioactivité de i’air du sous-sol sont de même sens que celles de l’air atmosphérique, et que la température et la direction du vent ne paraissent pas exercer d influence sur la radioactivité du sous sol. Enfin, M. del Caslillo a,effectué aussi des mesures de la radioactivité de plusieurs sources d’eaux minérales espagnoles et il a noté, pour les eaux de Rivas (Geroua), de Caldas de Tuy (Pontevedra). de la Sierra Fuansanta (Murcia) et de Garganton (Gûa-darrama), une certaine activité. ;
- Les mines de radium du Colorado. — Les Américains se sont émus récemment en apprenant que les minerais de radium du Colorado, les carnolites, fournissaient les trois quarts de la production mondiale de radium et que ces minerais étaient absorbés à bas prix par le marché
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- INFORMATIONS
- européen. A la suite d’un rapport publié par le bureau des lùktes de Denver le prix des carnotites augmenta de 33 pour 100, en sorte que des minerais jusqu’alors inutilisables à 2 pour ioo d’oxyde d’-Uranium purent entrer en considération. Si on laisse de côté ces carnotites, on sait que les pechblendes de Joachiinsthal, celles de Gilpin County au Colorado, etc., quelques minerais divers, tels que les autunites du Portugal, fournissent la plus grande partie du radium. Mais on connaît moins l’importance industrielle des carnotites, dont le nom rappelle T'éminent chimiste Adolphe Carnot et qui, en dehors du Colorado, n’existent guère en quant tés appréciables que dans le Ferghana, en Turkestan. Ces carnotites se trouvent dans les comtés de Montrose et San Miguel, au Colorado et, dans l’Utah, à Green River, Table Mountain, etc. Elles furent signalées, pour la première fois, en 1881. On en envoya un lot à Leadville, où on y reconnut pour a5 fr. d’or par tonne, chose assez singulière, car ce. ne sont pas des minerais aurifères. En 1896,'la présence de l’uranium fut déterminée. En 189g, un lot expédié en France fut étudié par Friedel et Cumenge qui lui donnèrent son nom. Une exploitation commença en 1902 et produisit une dizaine de tonnes d’oxyde d uranium. Pendant plusieurs années, on s’occupa uniquement de l’uranium et du vanadium associé et c’est seulement en 1912 que l’American rare metals company commença l’extraction pour radium. Les Américains songent, eu conséquence, à transporter aux Etats-Unis une industrie extractive du radium, qui a été jusqu’ici à peu près monopolisée par l’Autriche et la France.
- Marguerite anormale. — On sait que les capitules des fleurs d’un grand nombre de Composées contiennent à la périphérie des fleurs à corolle gamopétale irrégulière, les pétales étant inégalement développés, tandis que les fleurs du centre sont gamopétales régulières, ayant « leurs pétales tous pe^ tits et égaux. Chez la Marguerite entre autres, les fleurs du pourtour n’ont chacune qu une longue languette blanche à trois dents, ligule formée par la fusion de trois pétales, les deux autres étant atrophiés, et les fleurs centrales, jaunes, n’ont que des pétales très réduits. Mais, parfois, des anomalies apparaissent, telle celle que représente la ligure ci-jointe. Dans celte Marguerite, les (leurs périphériques sont normales, mais les plus centrales se sont transformées en fleurs ligulées. d’où le singulier aspect de ce capitule, obser vé par un de nos correspondants d’Angleterre qui nous en a envoyé la photographie.
- Découverte d’un diamant dans le Congo français.
- — M. Brustier, qui nous avait déjà signalé des g'sements stannifères dans le Kouango français, nous informe aujourd’hui que l’étude de ces alluvious stannifères l’a amené à y découvrir un certain uornbre de minéraux paraissant provenir des massifs de pegmatile voisius : Cassilérite, fer titane, spinelles et gemmes diverses, parmi lesquelles se serait trouvé, d’après lui, un diamant du poids de 1 carat 1/4 d uue limpidité et d’un éclat parfaits. Ce petit cristal est composé de 24 facettes triangulaires courtes et paraît mâché.
- Une exploitation de cuivre à la cuiller. — A Cop-per Fiat, dans le Nevada, on exploite une mine de cuivre dans des conditions assez spéciales, à ciel ouvert, à la cuiller (steam-shovel). C’est un de ces gisements, dits p >rphyriques, formés d’une grande masse de miue-ai pauvre à i-l pour 100 de cuivre tpyrite cuivreuse) intercalée dans un porphyre altéré et atteignant un cube de plus de 5o millions de tonnes. Le gisement en questi m
- a 1200 m. de long sur 400 de large et est recouvert par 35 m. de stérile. On commence par faire sauter le ter-ram à la mine avant de l’extraire à la cuiller. Cette .explosion se fait soit par « gopher holes » assez coûteux, dans lesquels on prépare, à la base du banc à abattre, un système de galeries en forme de T, soit par « blast holes » de i5 cm de diamètre forés verticalement et chargés d’explosifs à la base. En 1913, on a foré 23o6 semblables trous de mine représentant au total 22 km, ce qui représente nue moyenne de 10 m. Chacun de ces trous nécessite doue une sorte de sondage que l’on pousse toujours au-dessous du niveau à atteindre (16 m. pour 14 m. d’épaisseur utile). Le Mining and scientific Press de San-Kranciseo, du 25 octobre 1913, donne à ce sujet tous les renseignements techniques.
- Chemin de fer du Hedjaz et l’Islam. — M. Blancken-horn, dans un récent article de la Geographische Zeitschrift où il étudie le chemin de fer du Hedjaz (Damas à Médine), insiste sur l’utilité que présënterait un tracé transarabien anglais, coupant à angle droit la ligne turque dans le voisinage de Maah. Cette oasis, située à 459 km de Damas et qui compte 3ooo habitants., élait une halte caravanière très importante avant le chemin de fer, et, pendant la construction de celui-ci, a joué un rôle considérable comme siège de la direction des travaux. Les fameuses ruines de Petra en sont à une journée de distance. D’autre part, Maah n’est qu’à 1 10 km, à vol d’oiseau, d’Akuba, sur la mer Rouge, et un embranchement sur ce parcours (assez coûteux à établir à cause de la différence de niveaux) serait très utile pour faciliter le commerce avec l’Egypte. Les 1480 km de voie déjà ouverts, de Damas à Médine, ont, dit M. Blanckenhorn, déjà commencé à transformer la vie de l’Arabie. Tandis qu’au temps où les pèlerinages ne se faisaient que par caravane, l’aller et retour de Damas à Médine coûtait 23oo francs et demandait deux mois, il coûte, par chemin de fer, 200 francs et demande cinq jours : aussi le nombre des pèlerins, qui était d’environ 3ooooo par an, s’accroît-il d’année en année. D’une étude des possibilités économiques de la région, M. Blanckenhorn tire la conclusion que les Turcs se tromperaient en ne voyant, dans la ligne du Hedjaz, qu’un instrument de puissance militaire et religieuse; cette voie, selon lui, a au contraire une très grande importance financière, commerciale et économique. Elle est appelée, quand elle sera complète, à rétablir les relations entre la Méditerranée et le golfe d’Akuba au nord et Aden au sud, et elle ouvre la possi-bil'té de communications avec le chemin de fer d’Anatolie, celui du Cap au Caire, Tripoli, l’Algérie et le Maroc. Son avenir parait considérable.
- Les roches marneuses de l’Ombrie (Italie). — On
- a récemment Hïectué diverses recherches expérimentales sur des roches marneuses dont on a découvert un abondant gisement dans 1 Ombrie. Ces roches, calcinées à 800", ont fourni d’excellents ciments à prise rapide; additionnées de chaux et calcinées à 1400", elles ont donné de bons ciments portlandiens. Ces déterminations techniques sont intéressantes au point de vue de l’avenir des applications des nouveaux dépôts.
- Sur les appareils d’essais des métaux par choc. —
- L’essai des métaux par choc présente des dillicullés pra-tiqu es qui ont été l'objet d une étude récente par MM. G. Charpy et A. Cornu [Revue de Métallurgie, nov. »913). Ces savants se sont rendu compte que, pour obteu r une eompara’son entre les barreaux métal iques en dépit d inévitables inégalités locales.il convenait de leur imprimer seulement fies déformations assez faibles, très infé-rieuresà celles déterm’nant un commencement de rupture. Des essais ont eu pour but de rechercher si, en opérant sur des barreaux non entaillés, la tare par flexion au mouton-pendule donnait des résultats bien identiques et concordants entre eux. On a opéré au mouton-pendule de 3o kg avec une hauteur de chute de 1,3-14 m. et au mouton-pendule de 3oo kg avec une hauteur de rhute de 3 197 m. L’erreur relative moyenne a été : dans le premier cas, de i.f pour 100; dans le second, de 1,0 pour 100, c’est-à-dire que l’on peut compter sur l’identité pratique des résultats. Il faut toutefois tenir grand compte du frotte-meut sur- les appuis anguleux et adopter, pour les couteaux et appuis, une forme très rigoureusement définie et ne présentant pas d’angles aigus.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Éclairage <«*
- Cônes^ protecteurs et abat-jour diffuseurs pour lampes électriques suspendues et becs renversés à gaz. — Les foyers lumineux modernes ont l’inconvénient de fatiguer beaucoup les yeux, non pas tant par leur intensité que par leur éclat. On devrait donc toujours les soustraire à la vue directe. Cette précaution est maintenant observée d’une façon à peu près générale pour les becs de gaz à manchons incandescents droits que l’on entoure d’un tronc de cône en verre dépoli ou opaline et que l’on surmonte d’un abat-jour, mais on la prend rarement pour les becs renversés à gaz, à cause de la difficulté de réalisation. Pour la môme raison, on ne masquait pas jusqu’à présent les lampes électriques suspendues, ce qui est un tort avec les lampes à filament métallique, dont l’éclat, beaucoup plus vif que celui des anciennes lampes ordinaires au charbon, est mauvais pour les yeux.
- La cristallerie du Bourget vient de créer des appareils très simples de montage et d’un prix modique, qui permettent de soustraire complètement à la vue directe toute lampe à incandescence, à gaz ou électrique et d’obtenir une lumière diffuse, étendue et très douce. Ces appareils se composent d’un cône C en verre op dc ou opa-
- line entourant la source lumineuse et d’un abat-jour diffuseur en même substance, de forme spéciale incurvée, qui étale, en même temps qu’elle les renvoie vers le bas, les rayons lumineux directs ou réfléchis à l’intérieur du cône ; ces deux organes absorbent très peu de lumière.
- La figure représente le montage ingénieux employé pour les lampes électriques suspendues (celui pour becs à gaz renversés est analogue). Avant d’introduire la lampe dans sa douille à baïonnette, on enfile sur son culot une petite collerette métallique A sur laquelle on a serré au préalable par 3 vis Y l’abat jour. Cette collerette vient reposer naturellement sur l’embase du culot de la lampe. Après que la lampe munie de son abat-jour est mise dans la douille, on monte le cône fermé protecteur C, tout simplement en l’accrochant aux 3 vis Y de la collerette à l’aide de 3 chaînettes B à perles de verre fixées à son intérieur et se terminant par des sortes de pinces à crochets doubles; on peut, en mettant l’un ou l’autre de ces crochets sur les vis, placer le cône à 2 hauteurs différentes suivant que la lampe est plus ou moins près de l’œil. Les chaînettes à perles de verre ne donnent qu’une ombre très atténuée. Quoiqu’on puisse avec un peu d’habileté, sortir de la douille la lampe avec tout son ensemble d’appareils, il est plus prudent, quand on veut sortir la lampe, de décrocher d’abord le cône inférieur, l’abat-jour vient ensuite avec la lampe.
- Nous n’avons pas représenté les appareils pour lampes électriques ou becs à gaz droits parce qu’avec leur tronc de cône et leur abat-jour prenant appui sur la base du bec, ils ont à peu près l’aspect des appareils connus déjà en usage. La forme de l’abat-jour est toutefois mieux étudiée, elle diffuse mieux la lumière. Une disposition analogue, par tronc de cône et abat-jour reposant sur une monture, peut être employée pour les lampes électriques à pied.
- Pour les lampes électriques suspendues à contrepoids, nous pensons que l’on a avantage à supprimer le cône
- inférieur c qui risquerait trop de se casser, en gardant seulement l’abat-jour diffuseur, mais en protégeant la vue par une enduction de la lampe avec le vernis jaune spécial de la Société du Loréïd. La même disposition, avec simple abat-jour diffuseur et lampe jaunie, sans cône inférieur, peut encore être employée pour des lampes électriques suspendues fixes d’usines, par raison d économie. — Cristallerie du Bourget, 49, rue de Paradis, Paris ou le Bourget (Seine). Vernis Loréïd, Société du Loréïd, 14, rue Etienne-Marcel, Paris.
- *> Photographie <-#
- Stéréo-classeur Astra. — Cet appareil est destiné à faire passer devant les yeux, dans un stéréoscope, une série de vues classées auparavant dans des paniers séparés qu’on substitue les uns aux autres à mesure de leur épuisement.
- Le principe nouveau qui le distingue des appareils similaires et le rend indéréglable, consiste dans la suppression du chariot généralement employé pour recevoir les paniers.
- Ceux-ci portent eux-mêmes la crémaillère, venue dans le moulage, qui engrène directement avec les pignons mis en mouvement par la manivelle.
- Cette disposition assure un fonctionnement certain des tiges qui viennent soulever les plaques et évite que celles-ci passent devant ou derrière la plaque, comme cela se présente parfois avec d’autres systèmes. Un dispositif spécial, qu’on manœuvre au moyen d’un bouton placé sur le côté de l’appareil, permet de régler les tiges selon qu’il s’agit de plaques simples ou de plaques doublées, comme le sont en général les autochromes. Les plaques restent toujours engagées dans les rainures du panier, même lorsqu’elles sont en position pour être devant les oculaires. De cette façon on est toujours assuré qu’elles retomberont exactement à leur place normale. Quand on veut choisir une vue spéciale sans passer par toutes celles qui la précèdent, il suffit de manœuvrer le bouton qui est disposé à cet effet pour que la plaque choisie apparaisse, et, pour faciliter ce choix, ou a placé sur le côté de l’appareil un compteur qui indique le numéro de la vue, c’est-à-dire son emplacement dans le panier. Les inscriptions faites entre les deux images stéréoscopiques sont visibles dans une petite glace située au-dessus de l’appareil. — Ce stéréo-classeur se trouve chez M. Tufféry, 77, boulevard Saint-Michel, Paris.
- *»> Objets utiles
- Le cacheteur « Weber ». — Ce petit appareil nous a paru fort pratique pour fermer à la cire les objets quelconques. 11 est constitué par une petite; lampe à essence ou même à alcool portant une pince dans laquelle s’engage le bâton de cire à cacheter On dispose la lampe de manière que la flamme atteigne l’extrémité de la cire qui s’échauffe et fond rapidement. Au moment de la laisser tomber sur le pli à fermer on retourne le bâton de manière que la flamme, en s’élevant verticalement, cesse de chauffer la cire. On étale celle-ci sans aucune diffî-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- culté et on appose le cachet. Pour en faire un second, on retourne la cire pour la chauffer de nouveau et on pratique comme précédemment. On peut donc fermer
- l’ig. i. — Le Cacheteur Weber : Position de chauffage de la cire.
- un pli avec autant de cachets que l’on désire sans avoir à éteindre la lampe ou à la rallumer; sa flamme amollit normalement la cire et celle-ci se dépose avec toute la
- l ig. 2. — Le Cacheteur Wéber : L’appareil étant retourné, la cire tombe normalement sur l’enveloppe.
- fluidité désirable sans aucun danger, sans perdre de temps. C’est à notre avis ce qu’il y a de mieux et de plus simple dans le genre. Après usage, la lampe est fermée par un bouchon. — Le cacheteur Wéber est en vente, 3, rue Ternaux, à Paris.
- Bretelles sans boutons à attaches instantanées indécousables « Eclair ». — Pourquoi 6 boutons qui se décousent pour tenir un pantalon quand 3 attaches
- indécousables suffiraient? Telle est l’idée que M. Geffroy a réalisée en inventant la bretelle 1’ « Eclair ». Les paires de boutons sont remplacées par de petites plaquettes métalliques fixées à demeure au pantalon et surmontées d’un crochet dans lequel s’engage l’anneau de la bretelle ; la plaque très légère lie peut se rouiller, elle ne peut s’arracher et rend très rapide l’enlèvement des bretelles. D’ailleurs la figure ci-jointe fera mieux comprendre tous ces avantages qu’une longue description. — En vente chez M. G. Geffroy, Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir).
- 8>> Jouets
- Animaux marcheurs. — On sait quel succès ont obtenu, près des petits, les animaux en peluche. Ils ont remplacé les traditionnelles poupées auprès des enfants qui les aiment pour leur pelage, leurs formes parfois grotesques et surtout pour leur solidité.
- On fabrique maintenant des animaux articulés et marcheurs, ce qui ajoute un charme déplus à leur anatomie sans nuire à leur solidité, car le mécanisme est enfermé dans line garniture épaisse qui lui permet de subir sans
- Fig. i.
- L’ours marcheur.
- dommage les chutes les plus brutales. Le mécanisme lui-même est très robuste et laisse loin en arrière la fabrication allemande qui ne peut lui être comparée à aucun point de vue.
- Yoici comment est réalisée la marche des animaux. Le mécanisme, remonté par une clef, entraîne un arbre à deux manivelles, une à chaque extrémité, placées à i8o°. Chaque manivelle M est engagée dans deux glisseurs A et B solidaires chacune
- d’une jambe métallique. Lorsque le mécanisme est remonté, la manivelle en tournant entraîne les leviers-glissières et leur communique un mouvement oscillant de haut en bas, mouvement répété par les jambes de l’animal, mais dans le sens horizontal. Les pieds arrondis qui terminentles jambes glissent sur le sol et ia combinaison des mouvements produit la progression. La jambe droite de devant avance en même temps que la jambe gauche de derrière, de sorte que l’animal se tient parfaitement d’équilibre à tous les moments de sa marche. — Ces animaux marcheurs : chiens, chats, moutons, lions, ours, éléphants, etc., sont construits par M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Jambe
- Fig. 2. — l.c mécanisme des animaux marcheurs.
- L’exceîltric-nègre. — L’excentric-nègre est un clown d’un très beau noir qui joue de l’accordéon. En réalité, l’accordéon est représenté par un ressort à boudin qui sert de rappel à tout le mécanisme. Pendant le jeu, le chapeau, les yeux, la langue du personnage se déplacent de droite à gauche d’une manière... charmante!
- Les deux bras et les deux jambes sont articulés à la naissance et se prolongent derrière le sujet par des leviers coudés assemblés comme l’indique notre dessin. L’extré-
- L’excentric-nègie. — I, vu de face; 2, le mécanisme.
- mité de ces leviers se termine par un trou dans lequel on engage l’une des extrémités du ressort-pince R-L’assemblage est tel que chaque tige du ressort commande un bras et une jambe. L’un des bras porte ensuite un ergot qui actionne une pièce mobile, la pièce porte-chapeau — yeux et langue — qui, mobile autour du point A, se balance alternativement de droite à gauche et de gauche à droite, exécutant, en somme, les mêmes mouvements que les bras et les jambes. Il suffit donc d’agir sur les deux branches du ressort R pour composer tous les mouvements voulus, lents ou rapides, amples ou réduits, du célèbre clown. — L’inventeur est M. Jeannel, 9, rue d’Alsace, à Bécon (Asnières), Seine.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La prophylaxie du furoncle. — Un dicton populaire dit : « Qui a un clou, en aura beaucoup. » Et rien n’est plus justifié. Bien souvent un furoncle s’accompagne d’autres furoncles, cinq, six et souvent plus autour du furoncle initial ou sur la plus grande partie du corps. Cette pullulation tient à la facilité extrême avec laquelle se propage à la surface de la peau enflammée le staphylocoque, l’agent microbien de cette maladie. Le furoncle est, de ce fait, très contagieux et très facilement inoculable.
- Le Dr Gallois croit, et il a eu maintes fois l’occasion de le démontrer, qu’on peut prévenir cette contagion, qu’on peut établir la prophylaxie de la furonculose en modifiant les pansements habituels. Il ne pense pas que le traitement interne ait une influence favorable sur la marche et l’issue de la maladie. La levure de bière, les alcalins, l’arsenic ou toute autre médication par ingestion, peuvent avoir leur utilité dans certains cas déterminés, dans certains états constitutionnels, mais ils n’ont, d’après notre collègue, aucun effet utile sur l’évolution du furoncle et surtout sur sa propagation.
- Pour obtenir ce résultat, il faut supprimer l’eau dans les pansements ; plus de cataplasmes, plus de compresses humides qui calment évidemment la tension douloureuse par la chaleur et leurs principes émollients, mais qui ont le grave inconvénient de ramollir l’épiderme, d’irriter le revêtement cutané et de favoriser ainsi la pénétration du microbe dans les glandes de la peau. « Pansez, dit M. Gallois dans son intéressant article de la Presse Médicale, les furoncles comme vous voudrez, pourvu que vous ne fassiez pas entrer d’eau dans le pansement ». Le pansement sec, les poudres,les pommades, les emplâtres conviennent infiniment mieux. Voici au surplus comment M. Gallois traite la furonculose.' Il commence par savonner la région sur une assez grande distance; ce savonnage enlève les débris croù-teux, les fragments d’épiderme macérés et les microbes déposés à la surface : le savon est un antiseptique moyen, mais il a ses qualités. Après ce savonnage, on lave la surface malade avec une solution antiseptique, eau
- oxygénée au quart, acide phénique au cinquantième ou autre agent antiseptique. Puis on touche tous les petits points enflammés, tous les follicules susceptibles d’être envahis par le staphylocoque avec la solution d’iodoacé-tone dont j’ai donné jadis la formule; je la répète :
- Iode métalloïde..............% grammes.
- Acétone......................5 —
- Ce liquide est fort caustique et il faut toucher très légèrement les points contaminés. Un bout d’allumette sur laquelle on enroule un brin d’ouate stérilisée permet de ne faire qu’une cautérisation fort légère, mais suffisante pour détruire le microbe. Si le furoncle est en voie d’évolution, il ne faut pas se servir de l’iodoacétone qui serait trop douloureuse ; la solution antiseptique suffit.
- Ce nettoyage pratiqué, on recouvre la surface de la région infectée avec du lint antiseptique sur la face velue duquel on étale une pommade formée de glycérine, d’amidon et d’un agent antiseptique, oxycyanure de mercure, par exemple, au dix-millième.
- Si l’on n’a pas de lint, se servir d’ouate plutôt que de gaze hydrophile La partie est recouverte d’ouate, puis d’une bande stérilisée. Inutile d’ajouter que toutes ces pièces de pansement doivent être renouvelées pour éviter une nouvelle contagion. ,
- Le malade éprouve par celte méthode un soulagement immédiat au moins aussi grand qu’avec le cataplasme classique. Dès le lendemain, car le pansement doit être fait chaque jour, le clou en évolution semble flétri et la détente se produit. Ce qu’il y a de certain, c’est que les follicules se guérissent sans donner lieu à de nouveaux furoncles et qu’on peut obtenir ainsi la prophylaxie de la furonculose. Le traitement est simple et à la portée de tous. Un détail important : veiller à ce que les vêtements, surtout le linge de corps, chemise, col, cravate, soient soigneusement lavés et désinfectés, car on pourrait sans cela réinoculer à jet continu les glandes de la peau et n’avoir qu’une guérison éphémère. Dr A. C.
- .„3teD
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour hydrofuger lainages et cotonnades, c’est-à-dire les rendre non point absolument imperméables, mais capables d’arrêter la pluie tout en laissant passer l’air (ce qui est, pour des vêtements, très hygiénique), voici comment il convient d’opérer. Le tissu est naturellement bien lavé s’il y a lieu, après quoi on le baigne dans un bain tiède d’eau de savon à 10 pour ioo (bon savon de Marseille de préférence, le savon noir donnant un apprêt qui sent mauvais). On sort les tissus bien imprégnés, on les essore avec soin, puis on plonge dans un bain de sel métallique capable de former au sein de l’étoffe un savon insoluble qui empêchera les fibres de pouvoir se mouiller. Divers sels peuvent servir à cela.
- Sulfate ferreux. — On l’emploie en solution à io pour 100, il est d’usage très économique et donne un apprêt bien efficace. Mais le tissu est coloré en teinte rouille, ce qui est parfois un inconvénient.
- Sulfate cuprique. — A recommander pour apprêter les bâches, les toiles à tente, auxquelles il donne une teinte vert pâle bien caractéristique. Le savon de cuivre présente le grand avantage de rendre l’étoffe non point seulement hydrofuge, mais très résistante à la pourriture, aux moisissures.
- Sulfate d’alumine. — Ne modifie pas la teinte du tissu, et sera en conséquence souvent préféré, d'autant qu’il est très bon marché. L’apprêt donc étant un peu moins efficace que ceux au fer ou au cuivre, il convient, quand on a terminé le traitement, après rinçage, de recommencer à savonner, à essorer, à passer au bain de sel et à rincer. Inutile d’ailleurs de recommencer encore ensuite. ( Laboratoire de La Nature.)
- Le collage des tissus. — Sur la demande d’un abonné, nous fîmes quelques essais pour fixer des étoffes de divers genres (cotonnade, lainage, soierie) sur
- des surfaces de nature différente (métal, bois, carton) en employant les colles les plus usuelles (colle de pâte, gomme du Sénégal, colle forte). Voici les conclusions d’intérêt pratique qui résultent de nos essais.
- Dans tous les cas, la colle forte s’est montrée de meilleur pouvoir adhésif que les autres colles; et la colle de pâte fut toujours inefficace. Il importe de badigeonner le bois, le carton ou le métal, mais non l’étoffe, sans quoi le liquide imprègne le tissu, le traverse, et vient tacher le côté apparent. Il est indispensable de nettoyer la surface à garnir et qu’elle soit bien sèche. La solidité du collage est bien améliorée quand on peut exercer une pression pour bien joindre le tissu à son support pendant quelques heures. Naturellement, la colle forte sera faite à la façon ordinaire, c’est-à-dire' en bouillon assez visqueux, employée bien chaude et recouverte du tissu aussitôt après badigeonnage.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Pour utiliser les peaux de taupes. — Que la taupe soit un être nuisible, arrachant et culbutant les racines de plantes cultivées, ou bien au contraire que ce soit un auxiliaire très utile, grand destructeur d’insectes; le fait est que dans les campagnes, on attrape souvent des taupes à l’aide de pièges cachés sous les buttes fraîches de taupinières. Quoique l’animal possède une très jolie fourrure, on n’en fait rien le plus souvent parce qu’elle est très petite. Voici un curieux moyen de s’en servir pour la confection d’une bourse originale.
- On commence par inciser le cadavre renversé sur le dos, tout le long du ventre, depuis les pattes antérieures jusqu’aux pattes postérieures. On détache ensuite la peau de chaque côté le plus loin possible, on sépare du corps les pattes postérieures et la queue, on dépouille alors le corps jusqu’aux pattes de devant, on enlève ces
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- dernières, et on retire la peau jusqu’au nez. Une section faite à la base du crâne permet d’enlever le corps ; on retire finalement la cervelle et on gratte le crâne pour bien enlever toutes les chairs adhérentes.
- Crâne et peau, côté chair, sont alors badigeonnés avec la mixture Browne, qui assurera la conservation tout nussi bien que le savon de Bécœur, toujours d’emploi dangereux en raison de sa teneur en arsenic. Ce produit
- se'prépare avec a5o gr. savon blanc râpé qu'on fait dissoudre dans 5oo gr. d'eau bouillante; on ajoute j5o gr. de blanc d’Espagne, on remue, on relire du feu, et on ajoute 19 gr. de chlorure de chaux linement broyé. Pour masquer 1’odeur.désagréable du mélange, on peut ajouter après refroidissement 10 à 20 gr. de teinture de musc, mais
- ce n’est pas indispensable. On conserve en bocaux hermétiquement bouchés.
- La peau étant bien badigeonnée, on laisse sécher. Ensuite on bourré le crâne avec'de l’étoupe, on en glisse un peu le long des joues, dans le cou, et on retourne la peau. 11 n’est pas nécessaire de placer des yeux de verre, ou de modeler les mâchoires avec du mastic : la tête de taupe est, somme toute, peu apparente une fois la bourse terminée. La bourse proprement dite est faite en peau de chamois, de dimensions propres à ce que le bas entre dans la peau dont on coud régulièrement les bords à la bourse, la partie coulissée dépassant seule (Yoy. la fig.).
- Contre la tique de la volaille. — Contre la tique de la volaille (Agas persicus), qui cause de grands dégâts en transmettant le Spirochaela Marchouxi (agent de la Spirochétose des poules), M. Laurie a obtenu de bons résultats à l'aide d'injections de salvarsan, mais il pense que le seul remède radical consiste à exterminer les tiques. Il a expérimenté dans ce but plusieurs méthodes et il a trouvé que la meilleure consistait dans l’emploi d’une émulsion de kérosène, à 5 ou 10 pour 100. Les tiques sont détruites par une immersion d’une minute dans la solution ; dans la pratique, la pulvérisation et. même le lavage des poulaillers avec le liquide se sont montrés ellicaces. Il ne faut pas employer, pour la construction des poulaillers, du vieux bois fissuré qui sert d’abri aux tiques. (D’après la Vie agricole et rurale.)
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Ilédactiou publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonneme it. En raison de l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — Abonné 2185*92. — L’opération que vous vous proposez de faire est formellement interdite.
- M. C. d’il., à Nice. — Nous n’avons trouvé chez aucun spécialiste de ces cartouches à fumées asphyxiantes non toxiques, et ne savons quels produits on emploie pour cela à la Préfecture de police. La projection à la face de poivre pulvérisé ne vous suffirait-elle pas ?
- 7)7. J. P., à Paris. — a) Vous trouverez plusieurs formules de bain pour nickeler le cuivre par simple immersion dans le volume de J. Michel, Coloration des métaux, p. (Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Auguslins. Prix : 3 francs, broché). Toutefois, ce procédé est d’application délicate, et nous conseillons de préférer plutôt l’argenture par immersion, facile à réussir (Voy. formules dans les Recettes de l’atelier, p. 220. Masson, édit. Prix : 3 francs, relié). — b) Une antenne de T. S. F. présente, en effet, du danger en cas d’orage si elle demeui e réunie aux appareils récepteurs — c) Vous trouverez du fil en platine de tous diamètres, chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain; le platine se vend habituellement au poids (de 7 à 10 francs le gramme, selon cours du métal et finesse du fil).
- M. Requillart, rue Georges-Ville, à Paris. —Nous ne voyons guère qu un fil en « invar » qui soit pratiquement indilatable. Si l’elîort n’est que de 3o grammes, inutile d’employer de fil tressé : le fil très fin nécessaire est assez souple. Vous trouverez sans doute l’article chez un fabricant d’appareils géodésiques, par exemple Morin, rue Dulong, Paris.
- M. P. G., à Poitiers. — C’est une excellente idée fort originale que d’utiliser des sous étrangers à confectionner des étiquettes de jardin. Pour les graver, il faut : i° les frotter au papier de verre pour aplanir le relief; 20 chauffer à la flamme d’une lampe à alcool, puis frotter avec un morceau de paraffine, et dès que le métal est bien couvert de graisse fondue, laisser refroidir à plat; 3° graver le nom avec un stylet d’acier; 4° attaquer avec de l’acide nitrique pur ou étendu de son volume d’eau ; plutôt que de faire des rebords en
- cire pour transformer le sou en cuvette, prendre de petites houppes d’ouate qu’on tremjDe dans l’acide et qu’on pose sur le sou : en quelques minutes, la gravure est achevée ; 5° pour enlever la paraffine, chauffer et frotter avec un chiffon.
- M. P. Bagnol, professeur à Guéret. — a) Sur les détecteurs à cristaux pour T. S. F., voir l’article de Chalmarès publié en 1910 (1 p. 46) dans La Nature. Voir aussi les Recettes de l’atelier, p. 141. — b) La pâte à polycopier peut être refondue aussi souvent qu’on veut : cela ne l'abîme pas. Pour effacer les traits fixés dans la gélatine, on peut passer une éponge mouillée dans 1 eau chaude, mais cela « use » la pâle à polycopier. — c) Il nous semble aussi qu’un métal suffirait et que le cuivre du bouchon ue sert à rien; d’ailleurs, les vieux auteurs tels que Violette (Manipulations chimiques, in-8, Paris, 1829) indiquent l’emploi du zinc seul, d) Plusieurs ouvrages de science amusante conseillent, en effet, de couper du verre avec des ciseaux, en opérant sous l’eau. Est-ce pour amortir les vibrations qui risqueraient de provoquer des fêlures? Nous ne savons trop que penser. Mais nous savons, pour l’avoir essayé, que couper du verre avec des ciseaux donne d’aussi mauvais résultats sous l’eau que dans l’air! On abîme les ciseaux, on découpe très irrégulièrement le verre... et ou risque fort de provoquer des cassures dans les parties à conserver.
- M. l’abbé L. L., à P aris. — Non, on ne peut pas réparer soi-même un écran dont on ne connaît pas la composition. On peut faire assez facilement des écrans à grand rendement lumineux avec de la peinture d’aluminium qu’on trouve toute préparée, ou bien en la faisant soi-même avec du vernis à tableau mélangé de poudre impalpable d’aluminium.
- M. E. de C., à Londres. — Vous aurez le catalogue des montres oméga chez Ivirby, 5, rue Auber, Paris.
- M. Peters, ingénieur, à Bruxelles. — Ajoutez du fil de façon à avoir 2 ou 3ooo ohms de résistance. Le tarif des fils vous donne leur section et leur résistance.
- M. Pierre Grisnard, à Paris. — Le système Soudarl fonctionne seulement avec un cohéreur à limaille ; il faut, en effet, pour répondre au but visé, décohérer après avoir envoyé un courant dans le relais pour faire fonctionner l’installation. Il vous sera très facile de construire vous-même un tube Branly et de le mettre en dérivation sur une installa lion montée en Oudin. Si votre installation est celle que vous nous signalez
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- BOITE AUX LETTRES
- (fig. 2, p. ioo, n° 2042), il votis suffira de relier le côté antenne du cohéreur à la borne L de l’appareil téléphonique par un fil ordinaire sur lequel vous intercalerez un commutateur à une branche mobile autour de son axe et à deux plots. L’un de ces plots sera isolé et l’autre sera relié au fil du cohéreur, l’axe de la manette commulatrire étant relié à la borne L. L’appareil Sou-dart vient d’être mis en construction. L’inventeur nous préviendra dès qu’il sera mis en vente.
- M. le D' Carlos Aguire, Plata, Honda. — La glycérine des suppositoires est solidifiée par la gélatine, l’agar-agar ou le savon. Pour employer la gélatine, d’ailleurs surtout usitée, on découpe en menus morceaux i5o gr. de gélatine blanche extra et on fait macérer pendant environ une heure dans 200 c. c. d’eau. On chauffe ensuite au bain-marie, en remuant, et quand le mélange est devenu homogène, on ajoute 600 à 700 gr. de glycérine purifiée neutre à 3o° B, chauffée au préalable vers 75° C. La masse bien remuée est versée dans des moules de bronze soigneusement graissés à la vaseline.
- M. L. L., k Concarneau. — i° Pour obtenir, sur l’élevage industriel du canard, dans les grandes fermes américaines, des renseignements plus détaillés que ceux contenus dans notre n° 2o34, du 18 mai 1912, il serait indiqué de s’adresser au Consul général américain à Paris, 3-, avenue de l’Opéra, qui vous guiderait dans vos recherches, ainsi qu’à la Société zoologique de New-York. Nous ne possédons, comme adresses, que celles de la ferme de M. Weber, à Wrentham, au sud do Boston, ou la vente actuelle atteint parfois 5oooo canetons par an, et de rétablissement créé en Angleterre, sur le modèle des fermes américaines, par M. L. B. Pur-
- dey, à Harrow-Wiald, près de Stanmore (Middlesex), auquel a été affecté un capital de 3oo 000 francs, et qui livre sur le marché de Londres, en moyenne, 5oo pièces par jour. A cet établissement, on élève surtout le canard de Pékin, mais cet élevage industriel peut se faire également avec le canard grand Rouen français et le canard d’Aylesbury. Yous auriez, probablement, la possibilité d’obtenir des renseignements par l’intermédiaire de la Société des aviculteurs français, 46, rue du Bac, et de la Société nationale d’aviculture de France, 34, rue de Lille, à Paris. Voyez aussi M. R.oulIier-Arnoult, directeur de l’Ecole d’aviculture de Gambais, près Houdan (Seine-et-Oise) ; — 20 Quant à la documentation sur l’élevage même du canard, voici les publications que vous pourriez consulter : L’agriculture nouvelle, 18, rue d’Enghien, Paris, nos suivants : année 1895, p. 201 ; 1901, p. 851 ; 1902, p. 937; 1903, p. 331, 454, 516, 552; 1904, p. 336, 356, 496; 1910, p. 314 [Les manufactures de canards), 837, 917; 1912, p. 299, 996; L’industrie du canard, par H.-L.-A. Blanchon, 1 vol. franco, 2 fr. 75; Canards, oies, par le même, 1 vol. franco, 4 fr. 4°; Les palmipèdes de la basse-cour, par E. Leroy, 1 vol. franco, 4 fr. 3o; Les palmipèdes domestiques, par Mé-guin, i vol. franco, 3 fr. 5o; Nouvel art d'élever, multiplier, engraisser les canards, par F. Routillet, 1 vol. franco, o fr. 60; L’élevage en grand de la volaille, par W. Palmer, 1 vol. franço 1 fr. 70; La basse-cour, par C. Arnould, 1 vol. 4 fr. 5o; Canards, par E. Perrier et Salmon, 1 vol. 2 fr. 25; Les oiseaux de basse-cour, par Gh. Cornevin, 1 vol. 8 fr. 5o ; Les oiseaux de basse-cour, par R. Saint-Loup, x vol. 4 fr* 5o; Aviculture, par Ch. Yoitellier, 1 vol. 5 fr. 5o. On trouve ces ouvrages à la librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’examen des fcnvrrtrres 3 Daniel Claude. — 'Comment la Tour Ivifîel envoie T’heure n travers le mande :: Jacques Boyek. — Le vol humain sans moteur : Constantin.. — L’épuration des eaux d’égunt à Paris :: Lucien Fournier. — Alfred Busse! Wallace : Bene Merue. — Les nîdulaires oti champignons nids d'oiseaux. 3 A. Acloque-. — Académie des sciences : C11. de Viixedkutl. — TJnc dépêche dans une bombe : Bené Doncières.
- Supplément. — Résultats du concours de photographie en cerl-volant de Lu Nature. — La -périodicité des taches solaires. —. La position de Taxe du Soleil. — Les aurores boréales et les perturbations magnétiques. — L’industrie et les emplois du radi uni, etc.
- Compte rendu du 42e Congrès des délégués et ingénieurs de l’Union internationale des Associations de surveillance des chaudières à vapeur, tenu à Munich, dn 26 au 28 juin 1912. Traduction française, par L. Descroix. In-8‘ de 275 pages. 1:1. Dunod et E. Pinat, édit. Prix : 8 francs.
- On sait qu’il existe, dans la plupart des pays du continent européen, des associations chargées de surveiller les appareils à vapeur, chaudières, récipients et machines, de concourir avec les propriétaires de ces appareils au maintien de ces derniers en bon état de fonctionnement au moyen de visites périodiques, et à l’application des décrets et règlements de police concernant la construction, l’installation, la conduite desdits appareils, enfin, d’étudier tous les problèmes touchant à l’économie de production et d’utilisation de la vapeur. Pour travailler de façon plus efficace et plus rapide au progrès des appareils à vapeur au double point de vue de la sécurité et de l’économie, les associations de surveillance ont, depuis longtemps, créé une Union au sein de laquelle leurs ingénieurs et délégués étudient en commun les problèmes de technique ou de législation qui se posent à eux. Les rapports des ingénieurs sont soumis à la discussion de leurs collègues dans des congrès annuels qui, en raison des origines allemandes de Y Union et de la prédominance numérique des Associations de langue allemande, se tiennent principalement dans cette langue.
- Il a paru, cependant, aux ingénieurs de l’Union que la participation importante des pays de langue française et autres pays latins méritait une édition française des Congrès et dont le premier volume vient de paraître.
- Electricité agricole, par A. Petit. Deuxième édition revue et augmentée. In-18, 486 pages, g5 fig. J.-B. Baillière, éditeur. Prix : 5 francs; cartonné, 6 francs.
- Après des considérations générales sur l’adaptation de l’électx'icilé. à la ferme, sur l’énergie et quelques notions générales d’électricité, cet ouvrage étudie la production de l’énergie électrique et ses facilités : conditions de prix, mécaniques et électriques. M. Petit étudie tous les appareils compris entre les appareils générateurs et récepteurs dans un chapitre « Transport et Distribution ». Enfin, sons le titre « Utilisation », l’auteur étudie toutes les applications pratiques de l’électricité à la ferme : utilisation mécanique, pour l’éclairage et le chauffage, applications agricoles de l’électro-chimie. Sont encore décrits le traitement des accidents dus à l’électricité, un certain nombre d’installations-types, la conduite, l’entretien, les accidents qui surviennent aux installations électriques, la manière d’étudier un projet et de l’exécuter.
- La photographie des Monuments et des Œuvres d’artr par Martin Sabon. In-8° 104 p., 76 fig. et 24 pi. Chax’les Mendel, éditeur, Paris. Prix : 10 fr.
- La photographie est l’auxiliaire indispensable des études d’art et d’archéologie. En fournissant un incoxn-parable moyen de copie et de multiplication des beautés de notre pays, elle contribue à les faire connaître et à les faire aimer. Pour l’amateur éclairé qui d’aventure voudrait contribuer à celte belle œuvre, il n’y a pas de guide plus sûr et mieux informé que l’ouvrage de M. Martin-Sabon ; il y trouvera des indications précises, complètes, sur tous les points qu’il importe de connaître pour aborder cette application avec des chances sérieuses de réussite immédiate. Tout le bien que nous pourrions dire de cet ouvrage ne pourrait d’ailleurs qu’affaiblir l’impi'ession qui se dégage à la
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- BIBLIOGRAPHIE
- lecture d’un texte savamment ordonné, à l’examen d’une illustration abondante et d’une remarquable exécution.
- Agenda Oppermann pour 1914, 1 vol. de poche, relié uni. Béranger, éditeur, Paris. Prix : 5 francs.
- Dictionnaire allemand-français et français-allemand des termes et locutions scientifiques. Chimie, Physique, Mathématiques, Minéralogie, par R. Corni:hert. In-8°
- de 282 pages. H. Dunod et E. Pinal, édit., Paris. Prix : cartonné, 9 francs.
- Dans la civilisation actuelle, tout homme doit connaître plusieurs langues ; les scientifiques en particulier doivent en posséder trois : l’allemand, l’anglais et l'italien. Ce nouvel ouvrage qui facilitera la lecture des ouvrages scientifiques allemands a été conçu dans un esprit très pratique et s’adresse à tous ceux qui s’occupent de science, tant théorique qu’appliquée.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- CSSC“
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 nov. 1913. 7°, 0 N. W. 1. Couvert. 0,7 Pl. cesse vers t 1). 40 ; bruine et jd. de 19 h. 40 à 21 h. 25;' très n.
- Mardi 23 5°, 1 S. 2. Pluie. 0,8 Pluie de 7 h. à 7 h. 23 et à 9 h. ; brame; couvert.
- Mercredi 26 . . . . 7°, 8 S. 2. Couvert. 1,4 Pl de 3 h. à 6 h. 50 ; de 10 h. 40 à 11 h. 10 ; de 1 7 h. à 20 h. ; couv.
- Jeudi 27 9°, 6 w. S. w. 1. . Couvert. 1,0 Couv. ; forte brame ; pi. de 18 h. 40 à 19 li.: bruine de 20 h. 30 à 25 b. 45.
- Vendredi 28 ... . 11°, 6 W. N. W. 3. Couvert. J> Couvert ; forte brume.
- Samedi 29 10°, 2 N. N. W. 2. Couvert. 9 Couvert ; forte brume.
- Dimanche 30 ... . 5°, 0 S. W. 2. Couvert. 0,1 Couvei’t; brouillard toute la journée; bruine dans la soirée.
- NOVEMBRE 1913. — SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 NOVEMBRE 1913.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, ies pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 20 novembre au xrr décembre. — Le 2a. Pression élevée sur tout le continent, supérieure à 770 mm sur le S.-O., le N.-E. et les Açores; dépression très profonde au N. des Iles-Britanniques : Islande, 719 mm; Féroé, 743; Ecosse, 751. Pluies sur l’O. et le S.; neige en Russie : Besançon, 2a mm; le Mans, 19; Nantes, 5; Dunkerque, 4. Temp. du matiu : Arkhangel, — 8°; Belfort, + 2; Limoges, 3; Bordeaux, G; Nantes, 10; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 7°^3 (normale : 4°>7)- — Le 26. Pressions plus hautes sur presque tout.le continent : Bade, 740 mm; Chrisliansund, 74 > ; maximum de 775 mm dans le S.-O. et l’E. Pluies sur presque toute l’Europe et l’Algérie : Biarritz, 23 mm; Nantes et Paris, 1. Fortes chutes de neige sur les Pyrénées et le Massif Central. Temp. du matin : Moscou —70; Besançon, o; Gap, -f*a; Marseille, 4", Biarritz, 10; Alger, x3; -moyenne à Paris : 6°,7 (normale : 4°,6). — Le 27. Fortes pressions sur l’O. fet les Açores : Horla : 775 mm; Bretagne, 776; dépression sur le N. et l’Islande : Bodoe, 743 ; Reijkiavik, 735. Pluies sur le N., l’O. et le Centre : Clermont-Ferrand, 4 mm; Biarritz et Charle--ville, 3; le Havre et Bordeaux, 2; Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, —8°; Marseille, -f 2 ; Belfort, 4; Lyon, 5; Bordeaux et Paris, 10; Nantes, ti; Perpignan, i3 ; moyenne à Paris : 9°,7 (normale : 4°,5). — Le 28. Fortes pressions sur l’O. de l’Europe ; Horta, 772 mm; Brest et la Corogne, 776; dépression sur le N. Bodoe,
- du Bureau Centra] Météorologique.
- 733. Pluies sur l’O., le N. et le Centre : Biarritz, 7 mm; le Havre et Perpignan, 5 ; Besançon, 3 ; Nantes, Lyon et Paris, 1. Temp. du matin : Arkhangel, —70; Belfort,
- —|— 1 ; Marseille, G; Bordeaux, 9; Cherbourg, i3; Alger, 16; moyenne à Paris : 9°,7 (normale : 4°.3), — Le 29. Fortes pressions sur l’O. : Brest, 776; Toulouse, 770; dépressions sur le N. (Uleaborg : 7^1 ) et 1 Islande (Akureyri : 731). Pluies sur le N. et le Centre : Puy de Dôme et Pic du Midi, 5 mm; Belfort, Besançon et Nancy, 1 mm; chutes de neige en Finlande. Temp. du matin : Arkhangel, — 70; Belfort, -(-G ; Toulouse, g; Perpignan, 1 3 ; Alger, iG; moyenne à Paris : 1 x° (normale : 4°p — Le 3o. Centre de dépression sur Bodoe : 721 mm; hautes pressions sur l’O. et le S.-O. : Madrid, 770; Berne, 776. Pluies sur le N. de l'Europe; en France, temps sec. Temp. du matin : Clermont-Ferrand et Besançon, -{- 10 ; Marseille, 5 ; Nantes, 7 ; Biarritz, 10, Cherbourg, 11 ; Alger, i 5; moyenne à Paris : (nor-
- male : 40). — Le iei décembre. Minimum barométrique en Finlande : 726 mm; la pression baisse sur l’O. Plxiics sur le N. et l’O. : la Hague, 3 mm; Charleville et Saint-Mathieu, 2. Temp. du matin : Akureyri, — 101; Arkhangel, — 2; Saint-Pétersbourg, +2; Belfort et Paris, 5: Biarritz, 8; Brest, 9; Port-Yendres, n; Malte, 16; moyenne à Paris : 5° (normale : 3°,9). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 28, à x h. 42 min. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. —Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJ*/
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- N° 2116. — 13 DÉCEMBRE 1913
- SUPPLÉMENT.
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- INFORMATIONS
- OJK.,
- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 décembre (n° 2118), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 18 décembre aux abonnés qui, préférant çe mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (4 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1893 à 1902 — 1903 à 1912), au prix de 28 francs au lieu de 36 francs pour les volumes brochés, et de 42 francs au lieu de 5o francs pour les volumes reliés. — Ces 4 volumes se vendent séparément au prix de :
- Tome I. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome IL Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome III. Broché 6 fr. Relié 9 fr. 5o.
- Tome IV. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- L’azoture d’aluminium. — Les lecteurs de
- Nature savent que l’aluminium se combine à l’azote dans de certaines conditions pour former un composé défini; mais ce qomposé est obtenu difficilement pur et ses propriétés n’avaient pas été définitivement lixées. MM. Fichier et Spengel viennent de combler cette lacune; ils préparent l’azoture d’aluminium de la façon suivante : en chautTant vers 8oo°, dans un tube de nickel, de l’alu minium pulvérisé dans un courant d’azote sec et bien privé d’oxygène, une réaction énergique se produit, qui élève en quelques instants la température jusque vers i3oo°. Après refroidissement dans un courant d’azote, le pi'oduit est en morceaux presque blancs, présentant quelques parties grises, à forte teneur en azo-ture. Ce produit brut peut être purifié par un court chauffage dans un courant d’àcide chlorhydrique sec ; l’azoture obtenu est alors blanc. Il n’est pas attaqué par l’hydrogène; les halogènes, chlore et brome, ne l’attaquent qu’à température élevée. L’air et l’oxygène n’agissent guère qu’à partir de 760°; les agents d’oxydations les plus actifs sont les bichromates de potassium et de plomb et le bioxyde de sodium. L’azoture n’est attaqué par le soufre qu’à près de 4oo°, par le phosphore, que vers 520°; l’oxyde de carbone est sans action à iioo0; mais, à cette température, l’acide carbonique réagit comme oxydant Enlin la densité de l’azoture d’aluminium pur cristallisé est de 3,18. Il nous a semblé intéressant de fixer les propriétés d’un corps qui, en raison de la diffusion de l’aluminium, peut être amené, un jour
- ou l’autre, à jouer un certain rôle dans la science et dans l’industrie.
- Sur la formation du méthane pur au moyen du carbur'é d’aluminium commercial. — On sait qu’en principe la décomposition par l’eau du carbure d’aluminium donne naissance à du méthane; mais, en réalité, il se produit d autres réactions secondaires qui compliquent le phénomène. Si l’on opère en été, au-dessus de 140 ou 15°, on rencontre dans le gaz obtenu plus d’hydrogène que l’hiver et M. Hauser a pensé que cette anomalie provenait du kaolin ayant servi à préparer l’aluminium, lequel retient des alcalis que l’on retrouve dans l’eau qui entoure les morceaux de carbure; il se forme alors une petite quantité d’aluminàte de soude. Pour éviter cette impureté, il est nécessaire de renouveler journellement l’eau qui recouvre le carbure; on arrive ainsi à avoir, même en été, un méthane ne contenant pas plus de 4 millièmes d’hydrogène. On peut s’en débarrasser totalement en le chauffant dans un tube de palladium qui absorbe seulement l’hydrogène. Il y a là une nouvelle méthode simple pour préparer le méthane pur. On peut aussi y arriver, d’après MM. Campbell et Parker, en préparant d’abord ce méthane par l’action de l’eau chaude sur le carbure d’aluminium; le gaz obtenu renferme comme impuretés de l’acétylène et de l’hydrogène. Le premier est enlevé par barbotage dans une solution de chlorure cuivreux ammoniacal qui se combine à lui ; le second est enlevé en additionnant le gaz d’un léger excès d’oxgène et en le faisant passer sur du noir de palladium à 90-1000 qui, dans ces conditions, détermine seulement la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène. L’analyse du méthane ainsi traité le montre sensiblement pur.
- Influence de la pesanteur sur l’évolution. —- Voici une théorie que nous ne présentons pas comme exacte, mais simplement comme une hypothèse assez ingénieuse à ajouter à beaucoup d’autres. 11 s’agit d'expliquer les disparitions successives des espèces fossiles au cours des périodes géologiques. Un Allemand, M. Bruno Müller, s’est demandé si l’augmentation de la pesanteur, due à la condensation de la matière terrestre par le refroidissement, n’aurait pas pu intervenir pour rompre les conditions d’équilibre des grands animaux nageurs. Suivant lui, quand le rayon terrestre a diminué assez pour entraîner une forte augmentation de la pesanteur, on a vu disparaître des animaux lourds ou à coquilles lourdes, dont le poids spécifique était auparavant égal à celui de l’eau : des sauriens, des crustacés géants à boucliers pesants, des ammonites à forte coquille.... Il suffit de remarquer que le milieu marin a dû subir une variation égale à celle de l’organisme renfermé dans ce milieu. Si le poids spécifique était égal auparavant, il est resté
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- INFORMATIONS
- égal, d'autant plus qu’il ue peut s’agir ici d’une brusque rupture d’équilibre, comme si la surface de l’eau tombait soudain de plusieurs kilomètres Arers le centre de la terre.
- . Le graphite à Madagascar. —Madagascar a exporté, dans le premier semestre de 1913, 2406 tonnes de graphite valant en gros un million contre 1121 tonnes pendant la même période de 1912. Cette industrie se développe activement. De nouvelles découvertes ont amené à faire, en igi3, plus de mille déclarations de bornage et l’on-a .organisé 6 usines de raffinage sur les gisements déjà explorés.
- Industrie cuprifère du Katanga- — Cette industrie centrafricaine s’organise avec peine, mais progressivement. En 19 n, on a produit 966 tonnes de cuivre ou lingots à 90 pour 100; en 1912, 2404 t. à y5 pour 100; en 1913, 6240 t. à 96 pour 100. La moyenne par four et par jour était de 11,3 t. en 1911 ; elle est montée aujourd’hui à 15,6 t. En même temps, le prix de revient de la tonne s’est abaissé à 700 francs sur place, soit 1000 francs rendu à Anvers. Les frais de transport, qui sont encore énormes, ne permettent de traiter que des minerais tenant de 12 à i5 pour 100 de cuivre.
- La stabilisation automatique des aéroplanes. —
- Le New York Herald annonce que Orville Wright a imaginé un stabilisateur automatique pour aéroplanes, qui simplifiera dans des proportions considérables la pratique de la navigation aérienne. On ne possède aucun autre détail sur la nouvelle création du célèbre inventeur américain. Il convient cependant de rappeler que le problème de la stabilisation automatique a fait, dès l’origine, l’objet des préoccupations des frères Wright et que voici plusieurs années qu’un brevet de stabilisateur a été pris en leur nom. Nous avons mentionné déjà les expériences d’Orville Wright à ce sujet, faites avec un aéroplane sans moteur. Rappelons aussi que le même problème a été étudié avec succès en France par MM. Doutre et Moreau.
- Le froid dans la conservation des olives. — Un
- auteur italien, M. Sani, indique une nouvelle application du froid à la conservation des olives; il a constaté que ces fruits, ' conservés pendant deux mois au-dessous de o°, ont fourni une huile de qualité parfaite, et bien plus facile à clarifier que celle qui est obtenue avec des olives conservées à la température ordinaire pendant 8 à 10 jours. L’industrie des corps gras pourra tirer un utile parti de cette observation.]
- A la recherche d’un alphabet. — Un missionnaire du Tr’avancore, le Révérend J. Knowles, a cherché un remède contre, l’ignorance extraordinaire de la population des. Indes, où la proportion des illettrés est de 90 pour 100 pour les hommes et de 99 pour 100 pour les femmes. La faute en est, selon le distingué linguiste, au grand nombre de langues et d’écritures employées dans ce vaste pays. On n’y compte pas moins de 200 langues ou dialectes et de 5o différents systèmes d’écritures : ceux-ci comprenant chacun de 5oo à 1000 caractères ou signes différents. Le total des caractères indispensables pour imprimer des livres ou journaux en ces langues indigènes monte à 20 000, alors que ces 200 langues ne comprennent en leur ensemble que 53 sons élémentaires distincts. Il faut ajouter que l’étude de cés alphabets offre parfois des difficultés insurmontables ; un grand nombre de caractères sont fort compliqués ; il est difficile de les lire, de les écrire ou de les imprimer. Avec d’autres linguistes, M. Knowles demande au Gouvernement indien de constituer une commission qui serait chargée d'élaborer un alphabet applicable à toutes les langues de la péninsule hindoustanique, et qui serait basé sur l’alpbabet romain, que l’on compléterait avec des signes qui exprimeraient les sons spéciaux à l’Inde. Pour les langues les plus compliquées, le nombre des caractères ne dépasserait pas 53, avec une moyenne de 37 caractères pour la totalité des langues. La lecture, l’écriture et l’impression de ces langues ne présenteraient plus de difficultés insurmontables, et un indigène d’une intelligence moyenne pourrait apprendre en dix leçons à lire sa laugne maternelle. Souhaitons, pour l’avenir des Indes, que cet intéressant projet entre rapidement dans la voie de la réalisation.
- Production mondiale des récoltés en 1913. —
- (Bulletin de statistique agricole, édité par l’Institut international d’agriculture de Rome, d’oct. 1913.) Pottr le froment, la production totale des pays suivants : Prusse, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne et Irlande (à l’exclusion de l’Ecosse), Hongrie, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Roumanie, Russie d’Europe (63 gouvernements), Suisse, Canada, Etats-Unis, Inde, Japon, Russie d’Asie ( 10 gouvernements), Algérie (à l’exclusion du département d’Alger), Tunisie est de 891 9io 535 quintaux, soit 104,2 p. 100 de la production de l’année dernière (855 861 83ï quintaux). Pour le seigle, la Russie d’Europe a donné 246 711 35o quintaux. Pour l’ensemble des pays indiqués pour le froment, moins la Grande-Bretagne et l’Irlande, l’Inde, le Japon, l’Algérie et la Tunisie, la production est évaluée à 407870876 quintaux, soit 100 p. 100 de là production de l’année dernière, qui était de 407724889 quintaux. Pour Yorgë, la production française est de 10940200 quintaux contre 11 014 209 en 1912. Dans l’ensemble des pays indiqués pour le froment moins l’Inde, la production de cette année est estimée à 270904261 quintaux, soit 101,2 p. 100 de la production de l’année dernière (272700485 quintaux). Pour Vavoine, la production de la France est évaluée celle année à 54 338 i5o quintaux contre 5i 541 600 en 1912. Pour l’ensemble des mêmes pays que pour Forge, la production de cette année est de 570651 t5o quintaux, soit 96.6 p. 100 de la production de l’année dernière (590467067 quintaux). La production du maïs, dans l’ensemble des pays suivants : Espagne, Hongrie, Italie, Russie d’Europe (63 gouvernements), Suisse, Canada, Etats-Unis, Japon, Tunisie, est estimée à 704889923 quintaux, soit 78,7 p. ioo de la production de l’année dernière (895468455 quintaux). La production de la Hongrie, évaluée le mois dernier à 46 93o 171 quintaux, est évaluée maintenant à 49 354789 quintaux. Pour le riz (73032000 quintaux). Pour la betterave à sucre, en Prusse ( 133 119280 quintaux, soit 102,7 P01ir mu de la production de 1912), en Belgique (14250000 quintaux, soit 82,4 p. 100 de la production de 1912), en Italie (19000000 de quintaux, soit 115 p. 100 de la production de 1912) et dans les Pays-Bas (i3go3 8io quintaux, soit 63,9 P" 100 de la production de 1912). Pour l’ensemble des pays suivants : Prusse, Hongrie, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suisse, la production de cette année est évaluée à 249042918 quintaux contre 201979685 en 1912, soit 98,8 p. 100 de la production de 1912. Pour la vigne, la production de l’Italie qui était estimée en septembre à 55 millions d’hectolitres de vin est descendue à 52 millions ( 117 p. 100 de la production de 1912). Pour l’ensemble des pays suivants : Espagne, Italie, Luxembourg, Suisse, Algérie (à l’exclusion du département d’Alger), la production est évaluée cette année à 72287724 hectolitres, soit 112,9 P- 100 de celle de 1912 qui s’élevait à 64024570 hectolitres. En ce qui concerne le coton, la production de l’Egypte est évaluée à 3 419021 quintaux, soit ioi,5 p. 100 de la production de 1912.
- L’absorption par Fargile. — Nous avons déjà signalé ici même l’étude systématique de l’absorption par l’argile de divers corps en solution, étude qui a été effectuée par Roldand. Le même auteur a étendu ces recherches à l’absorption des odeurs; il a constaté que le kaolin est la substance la plus sensible vis-à-vis des odeurs, qu’elle absorbe même à l’état de traces. Il en a conclu que l’odeur spéciale caractéristique du kaolin est due au développement de bactéries pendant la kaolinisation géologique des feldspaths; l’odeur ainsi produite aurait été absorbée et conservée pendant des siècles.
- Les fantaisies de la foudre. — Les journaux hongrois citent ce cas curieux. Il y a 5 ans, six paysannes du vi lage de Ivoppanysanto (Hongrie) étaient en train de faucher du foin, quand la foudre tomba sur elles. Cinq furent tuées sur le coup. La survivante, une jeune fille de 18 ans, nommée Johanna Lose, fut relevée inanimée, et l’on constata qu'el'e avait perdu l’usage de la parole. Le 5 août dernier, la pauvre muette était occupée à récolter le foin du même champ, quand elle fut de nouveau frappée par la foudre Cette fois encore, on la trouva évanouie; mais, quand elle revint à elle, sa famille eut la douce surprise de l’entendre parler aussi distinctement qu’avant son premier accident,
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- Automobilisme
- L’Automatic-Protector. — Nous avons signalé récomment un appareil protecteur pour les automobiles. Il est destiné à prévenir le conducteur de la voiture qui en suit une autre, qpe celle-ci va changer de direction, ralentir ou s’arrêter. On sait que jusqu’ici les conducteurs se contentaient, faute de mieux, d’allonger le bras gauche ainsi que le font les cochers de fiacre. Cetle méthode est peu pratique eu automobile et le geste passe souvent inaperçu. C’est pourquoi nous voyons
- Fig. i, — L’Automatic-Protector à l’arrêt.
- Il est constitué par un petit tube métallique terminé par une bourre d’amiante et coiffé d’un chapeau percé
- apparaître de temps à autre un nouveau signal protecteur.
- L’Automatic-Protector est constitué par une lanterne éclairée à l’électricité, au pétrole ou à l’acétylène, que l’on installe à l’arrière de la voiture. Elle présente,'sur une de ses faces, le damier rouge et blanc en usage dans les chemins de fer et indiquant l’arrêt complet. L’autre face de la lanterne présente le feu rouge réglementaire et en même temps elle éclaire le numéro de'la
- de trous. À l’intérieur est enfermé le brûleur, tube plus petit rempli par une mèche sur laquelle on verse de l’essence ou de la benzine jusqu’au refus. Ce dernier étant mis en place dans la chaudière, on visse le fond et
- les vapeurs d’essence traversant le tampon le rendent incandescent dès que I on approche une allumette enflammée. L’appareil ne produit pas de flamme, mais une sorte de charbon incandescent, protégé parle chapeau-grille et répandant une douce
- à
- m umnn 1
- Fig. 3.
- Fig- 4.
- Fig. 6.
- chaleur. — L’appareil est en vente, au prix de i fr. 5o* "au Comptoir de vulgarisation des Petites inventions, 94, rue Saint-Antoine, à Paris.
- voiture. L’appareil est monté sur un roulement à billes et il agit automatiquement dès que le conducteur appuie sur la pédale de débrayage, sans aucune commande spéciale, par conséquent, et sans que le conducteur ait à s’en occuper. Le montage ne présente aucune difficulté ; il suffit de relier l’appareil par un simple câble au débrayage. Il serait à désirer que son usage se généralisât sur toutes les voitures; on éviterait ainsi bien des accidents. — L’Automatic-Protector est en vente, au prix de 5o fr., chez M. Henry Chagny, u3,rue de Maubeuge, à Paris.
- Chauffage
- Un poêle dans la main. — On a imaginé, jusqu’ici, toutes sortes d’appareils de chauffage collectif, ils remplissent d’ailleurs parfaitement le but en vue duquel ils ont été créés et, grâce à eux, le froid s’arrête à la porte de nos appartements. Mais quand nous sommes dehors, il nous reste nos poches pour réchauffer nos mains. Les dames ont le manchon, préférable sans aucun doute, mais inapplicable au sexe fort. Voici un petit appareil qui rétablira l’équilibre en permettant à chacun de se promener avec son poêle, essentiellement mobile, dans la main, la poche ou le manchon.
- Sg'Ssi, Objets utiles
- Le protège-boue. — Cet objet, bien que se présentant sous l’aspect d’un éperon, est destiné à un usage
- tout pacifique et terre à terre, mais indiscutablement’ utile, et tous ceux qui ont pesté contre les taches de boue qui souillent les vêtements les jours de pluie apprécieront l’idée ingénieuse de M. Sévère Jutas, l’inventeur du protège-boue.
- Le « protège-boue » dont notre figure montre la forme s’adapte, comme un éperon, entre le talon et la
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- semelle de la chaussure. Il se compose d’une pièce de métal mince dont l’extrémité se recourbe vers le bas et de deux tiges percées chacune d’un orifice rectangulaire. Une petite pointe permet de fixer la lame dans le talon; les deux trous livrent passage à une courroie qui fera le tour du cou-de-pied. Ainsi toute la chaussure se trouve entourée d’une bordure de métal qui arrête les projections produites par la marche sur uu sol boueux.
- Par suite, plus de pantalons ni de jupes misérablement crottés. — Pour tous renseignements, s’adresser à l’inventeur : M. Sévère Jutas, i, rue de la Rapine, Lille.
- 'Electricité
- Les lampes à filaments métalliques ne vivent pas.
- — Les lampes à filament métallique, malgré les grands progrès réalisés récemment dans leur fabrication, deviennent très fragiles après un certain nombre d’heures d’allumage. Ceci provient de la cristallisation du blâment due aux allumages et aux extinctious. On ne saurait mieux comparer ce phénomène qu’avec celui de la trempe brusque des outils en acier; ceux-ci deviennent cassants et se brisent au moindre choc. Ou peut aussi attribuer cette fragilité au refroidissement irrégulier des filaments.
- La lampe à filament métallique n’est économique qu'à la condition de vivre. Il importe donc de la protéger
- D
- La pièce C est fixée à des ressorts situés dans la partie D.
- contre les chocs. Nous donnons ici le dessin d’un modèle de douille élastique. Cet appareil a été pris en considération par les Compagnies de chemins de fer du Nord-Sud et du Métropolitain, qui procèdent actuellement à des essais.
- Eu dehors de son emploi dans les Compagnies de traction, cet amortisseur, dont il existe d’autres modèles, peut convenir parfaitement pour toutes les lampes recevant des chocs ou soumises à des vibrations, notamment dans les magasins situés sur le passage des autobus et tramways ou au voisinage d’une station du Métropo-, litain. — Cet appareil breveté et déposé est construit par M. Lemonsu, mécanicien, 22, rue Yiolet, à Paris.
- Jouets
- La boîte de constructio ns métalliques « Structator ».
- — Nous avons déjà eu l’occasion de constater ici même que les boîtes de constructions données comme jouets aux enfants subissent, oserons-nous dire, une évolution. La boite n'est plus un mélange de pièces appartenant toutes à un même objet qu’il s’agit de reconstituer. Elle est devenue une collection de pièces variées, chacune d’elles étant répétée à plusieurs exemplaires, et se prêtant à des assemblages très divers. Le contenu d’une boîte unique constitue un magasin de pièces détachées soigneusemetfÉ1 cataloguées parmi lesquelles l’eDfant puise celles qui lui permettront de confectionner un assemblage tel qu’il l’aura préalablement décidé. L’objet peut ainsi varier de formes avec l’objet réel, devenir le point de départ d’une construction dont il sera seulement une partie, être Ensuite transformé en plusieurs objets différents. Dans ce.s boîtes, l’enfant trouve donc tous les éléments nécessaires à une collection de constructions réelles ou fantaisistes présentant pour lui un intérêt toujours nouveau. C’est là le propre d’un vrai jouet : ne jamais lasser l’enfant, l'amuser sans cesse et l’instruire. Aucune distraction n’est certainement plus instructive que celle qui oblige l’enfant à se servir de ses mains pour concrétiser sa pensée. Lui-même transforme l’abstrait en concret pour le plus grand bien de sa jeune
- intelligence. La boîte « Structator » a été établie sur ces données : théorique et pédagogique. Son créateur, un professionnel de l'enseignement, était à même de résoudre ce problème de l’étude par le jouet.
- En principe, la boite comporte deux éléments essentiels : les joints et les tiges. Les joints sont de trois sortes : joints droits, joints d’angle et joints en T. Les tiges s’engagent aisément dans les ex-t rémités des joints; on les maintient fortement en place à l’aide d’anneaux coniques que l’on engage avec une pince spéciale jointe à la boîte.
- Les assemblages s’effectuent donc sans aucune difficulté.
- Ce premier matériel est complété par un certain nombre de pièces soigneusement préparées et étudiées qui permettent la construction d’objets mobiles montées à l’aide d’anneaux à rotation, chaînettes, moyeux planchettes, planches
- Fig. 1. — Une scie circulaire.
- sont
- leur
- roues, poulies, qui ressort permettant galets, tiges courbes, constituant des bases pour les constructions. Toutes ces pièces sont métalliques.
- Il est utile d’observer que la méthode de construction n’exige l’emploi d’aucuu écrou pour la jonction des pièces, sauf des boulons à quatre pans. Le montage et le démontage en sont donc grandement facilités.
- Des cahiers de dessin sont joints à la boîte. Ils s’inspirent d’une méthode également très neuve qui consiste à permettre aux enfants de reproduire par le dessin l’objet qu’ils ont construit. Les tout petits s'intéresseront à la copie pure et simple sur un papier transparent ; les autres pourront suivre leur inspiration et exécuter des dessins de perspective d’après nature ou des dessins techniques. La méthode est d’ailleurslonguementexpliquée sut la couverture de chaque cahier. La boîte de constructions « Structator » s’exécute en plusieurs modèles qui se différencient parle nombre des objets qu’elles permettent de construire et les prix. Les tarifs sont les suivants :
- Fig. 2. — Une chaise.
- Boîte n° 1 pour construire 3o modèles. 9 fr. 5o
- — 2 — 48 - !9
- — 3 — 66 — 29
- — 4 — 8J — 44
- — 5 — 102 — 65
- — 6 — 120 — 115
- — 7 140 — i65
- — 8 — i5o — 240
- Le « Structator » se vend partout dans les bazards,
- laisons de jouets, magasins de nouveautés , etc.
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- VARIÉTÉS
- La suppression des fêtes mobiles. — La précocité de la fête de Pâques célébrée cette année le 23 mars a rappelé l’attention publique sur l’inconvénient des fêtes mobiles. Le tableau de ces fêtes s’accroche sur le calendrier ordinaire à la façon d’une gravure ou d’une photographie sur un mur d’appartement ! A peu près personne, en aucun pays, ne sait pourquoi Pâques fut cette année le 2,3 mais, alors que l’an dernier il fut le 7 avril et qu’en 1914 il sera le 12! Beaucoup s imaginent que ces variations de date qui se répercutent par-ci par-là tout le long de l'année ecclésiastique sont de pures fantaisies.
- Il semble bien en tous cas qu’il y ait dans la fixation de la fêle de Pâques et des mobiles qui en dépendent une anomalie qui n’a plus de raison d’être.
- Si nous nous plaçons au point de vue astronomique, nous devons reconnaître que, ayant accepté un calendrier basé sur l’année solaire, il est singulier d’y faire intervenir l’année lunaire pour la fixation d’une époque, d une date.
- Si nous nous plaçons au point de vue religieux, l’anomalie n’est pas moindre. Pourquoi, en effet, la date de la mort du Christ est elle mobile, alors que celle de sa naissance est fixe?
- Si celle-ci est fixe, celle-là le doit être aussi. Si la première est mobile, pourquoi la seconde ne le serait-elle pas ?
- Il y a là un dilemme dont il est difficile de sortir.
- Du moment qu’on n’a vu aucune difficulté à fixer la naissance de Jésus au 25 décembre, on ne voit pas du tout pourquoi on n’adopterait pas un jour déterminé d’avril pour célébrer sa mort et sa résurrection. On aurait, en adoptant une solution logique, l’avantage d’expulser du calendrier un cycle lunaire abandonné de tous les peuples civilisés et dont on ne s’explique guère l’étrange incursion!
- Il ne doit pas être difficile de trouver la date fixe rationnelle de la fête de Pâques. Si Jésus a été crucifié le 14e jour de la lune de mars, ce ne doit pas être un calcul formidable pour les astronomes que de déterminer quel jour c’était. Et la fête de Pâques tombera chaque année ce jour-là. On la pourra célébrer à loisir ledit jour ou la renvoyer au prochain dimanche.
- On peut lire dans les Motifs du sénatus-consulte présentés au Sénat conservateur le i3 fructidor an XIII, par Regnauld de Saint-Jean d’Angely et Mounier ces très justes réflexions :
- « C’est parce que le Concile de Nicée, où l'on ignorait la vraie longueur de l’année et l’anticipation des équinoxes dans le calendrier Julien, avait établi pour la
- célébration de la Pâques une règle devenue impraticable par le laps du temps, et c’est par l’importance que Grégoire XIII mit à assurer à jamais l’exécution du canon du Concile relatif à la fêle de Pâques qu’il entreprit sa réformation.
- « Tous les embarras du calendrier sont venus de ce qu’il fut commencé dans un temps où, par ignorance de l’année solaire, on était forcé de se régler sur la lune, et de ce qu’ensuite, lorsqu’on eut une connaissance moins inexacte du cours du soleil, on ne voulut pas renoncer tout à fait à l’année lunaire pour ne point déranger l’ordre des fêtes réglées primitivement sur la lune (’1). »
- Ces réflexions s’appliquent non seulement aux fêtes religieuses mobiles, mais aussi à la longueur des mois, à la date du commencement de l’année, et à d’autres usages conservés de siècle en siècle depuis Numa !
- En nous en tenant simplement à ce qui a trait aux fêtes religieuses, il semblé que le moment serait venu d’opérer la réforme é’émenlaire de celles qui sont mobiles, cette réforme pouvant s’effectuer par un simple décret s’appliquant à tout l’univers catholique.
- Ce décret fixerait le jour de la fête de Pâques au quantième correspondant au jour de la résurrection de Jésus, la célébration pouvant être renvoyée si l’on veut au dimanche suivant. La logique y trouverait son compte.
- Les astronomes aussi, puisqu’un- des principaux vestiges de l’année lunaire désuète et anachronique disparaîtrait des calendriers.
- Le public également pour qui Pâques serait aussi facile à trouver que Noël.
- Les administrations civiles n auraient aucune objection à soulever contre une mesure qui ne toucherait en rien aux prérogatives du pouvoir civil.
- Quant au canon du Concile de Nicée, la meilleure preuve qu’il n’y a guère lieu de le faire intervenir en cette affaire, c'est que seuls à peu près les Russes l’observent encore dans une rigueur qui confine à l’absurdité.
- La fixation de la fête de Pâques, entraînant la suppression des autres fêtes mobiles, nous paraît s’imposer et pouvoir s’exécuter le plus facilement du monde (2).
- Léopold Reverchon.
- 1. O11 trouvera ces motifs dans Y Annuaire des Longitudes pour l'an 1806, avec le texte du sénatus-consulte et le rapport de Laplace. C’est dans cet Annuaire qu’a été exécuté le retour officiel au calendrier grégorien. Le dernier jour du calendrier républicain fut le 10 nivôse an XIII (3i décembre i8o5).
- 2. O11 vient précisément de nous apprendre que la date île la mort du Christ fut selon toute probabilité le 7 avril de fan 3o de fère chrétienne.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- COL
- C5*“
- Soudure en pâte autodécapante. — L’un de nos abonnés, M. Henri Paillard, chimiste à Paris, a l’extrême obligeance de nous communiquer la formule suivante, qu’il élabora pour préparer aisément une telle soudure. Se procurer pour quelques sous, chez un marchand de fournitures de laboratoire, un creuset de terre cuite, facile à chauffer, niché dans le charbon du foyer de la « cuisinière » et dans lequel on fera fondre :
- Plomb ... ..... 45o grammes.
- Etain...................55o —
- Lorsque la fusion des deux métaux est effectuée, agiter de façon à obtenir un alliage homogène et couler dans un moitié quelconque ou sur un dallage.
- Préparer, d’autre part, le liquide décapant suivant :
- Glycérine.............. . 100 c. c.
- Chlorure d'ammonium. . . 5 grammes.
- Pulvériser le chlorure, puis ajouter la glycérine; en agitant de temps en temps le chlorure finit par se dissoudre entièrement dans la glycérine.
- L’alliage solidifié et froid est alors limé assez finement, puis, avec la poudre métallique ainsi obtenue, on forme une pâte en y ajoutant la quantité que l’on juge convenable de glycérine chlorurée.
- La soudure est alors prête pour l’usage. Le point de fusion, relativement peu élevé de celte soudure (i5o° C. environ), ainsi que sa forme pâteuse, rendent son usage très pratique dans bien des cas. •
- Nouveau procédé pour la conservation des viandes.
- — M. Yasseux vient de faire les plus intéressants essais d’où il résulte qu’on peut fort bien conserver pendant très longtemps la viande, grâce à l’emploi d’un antiseptique dont personne,certes, ne suspectera l’innocuité; du sucre en poudre !
- La viande fraîchement tuée est tout simplement mise dans du sucre en poudre : pendant deux ou trois jours, le sucre absorbe l’humidité delà viande et se transforme en sirop qu’on peut utiliser à cet état, ou chauffer pour l'écupérer le sucre. La viande sortie du sirop est à nouveau entourée de sucre, elle se racornit peu à peu et peut être conservée pendant des mois sans s’altérer aucunement, en boîtes fermées tout simplement d’un couvercle amovible.
- Au moment de l’emploi, on secoue les morceaux de viande en recueillantla poudre (servant à sucrer le café), on met à tremper dans l’eau pour enlever le goût de sucre qui ne plaît guère qu’aux consommateurs belges.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Et on fait cuire à la manière habituelle. L’inventeur, qui propose l’emploi de sa méthode pour le ravitaillement des armées, l’a employée avec succès aussi bien pour la viande de boucherie que pour le porc, le poisson et pour la volaille.
- (Bulletin de iAssociation des chimistes.)
- Pour augmenter la résistance des semelles de chaussures. — Un de nos lecteurs, M. M. Barbier, nous écrit : « Pour répondre au désir exprimé p. 198 du dernier supplément, je m’empresse de faire savoir que depuis bien longtemps j’emploie et fais employer autour de moi avec le plus grand succès le vernis copal blanc pour accroître la résistance des semelles de chaussures; mais il faut l’appliquer à plusieurs couches, tant que le cuir petit en absorber, jusqu’à refus, comme dit votre article. »
- Poudre à nettoyer. — On trouve depuis quelque temps chez certains droguistes de petites boîtes métalliques renfermant une poudre cristalline verte, à parfum agréable. Il suffît de saupoudrer les mains mouillées avec ces (lus cristaux, puis de frotter, pour obtenir un parfait nettoyage.
- Analysée au Laboratoire de La Nature, la poudre au nom mystérieux s’est révélée être tout simplement du carbonate sodique hydraté, vulgo « carbonade », coloré avec des traces de vert synthétique et parfumé au nitro-benzine. Rien n’est plus facile que de préparer une imitation du produit : on pulvérise du carbonate de soude cristallisé et on tamise. On peut colorer en arrosant avec une solution de 1 pour 100 de vert brillant, et faisant sécher, mais c’est assurément bien inutile; inutile aussi de parfumer. Le produit convient surtout très bien pour ateliers de mécanique, garages : on le met dans une boîte près de l’évier. Naturellement, il coûte dix fois moins, à le préparer ainsi par kilogramme à la fois, que si l’on achète la poudre de marque.
- Pâte à polycopier. — Nous publiâmes déjà les formules de plusieurs tels produits : on en trouvera la collection dans les Recettes de l'atelier. Voici une nouvelle formule dont nous pouvons répondre pour l’avoir essayée avec succès. La pâte est faite avec :
- Gélatine blonde en minces plaquettes. 5oo gr.
- Glycérine à 28°........................ 1 000 c.c.
- Eau.................................... 1 600 c.c.
- On chaulï'e le mélange en remuant, au bain-marie, dans quelque casserole suffisamment grande, après avoir laissé tremper la gélatine dans l’eau pendant une nuit. La masse devient rapidement homogène et peut être coulée dans sa cuvette. (Laboratoire de La Nature.)
- Patinage du cuivre en gris et en noir. — Préparer une solution de sulfure de calcium (sel de Barèges des droguistes) à concentration variant de 2 à 5o gr. par liire d’eau ordinaire selon intensité du patinage désiré. Il importe d’employer du sulfure de préparation relativement récente, en plaques restées noires et à cassure vitreuse sous leur enduit gris poudreux : le sulfure en elîet s’oxyde peu à peu au contact de l’air, et quand la masse entière est devenue d’un gris terne, le produit ne vaut plus rien.
- Le cuivre au préalable hieu nettoyé (par exemple, eu frottant avec un chiffon imbibé d’acide nitrique) est plongé dans la solution sulfurée : il noircit aussitôt. On peut graduer l’intensité du patinage en tenant compte de ce qu’en augmentant la durée du bain et la concentration de la solution, ou obtient des nuances plus foncées. Il est facile de s’arrêter à temps et de régler la concentration des bains en faisant quelques essais préalables avec des sous par exemple. L’échelle des teintes obtenues commence au gris d’acier, passe au noir gris, puis ait noir bleuté, à jolis reflets bien nourris.
- (Laboratoire de La Nature.)
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une ban 'e d’abonneme ît. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — A. P. Liège. — La question posée échappe à notre compétence, il faut consulter un ingénieur-conseil.
- M. Ch. M. fils. — i° Sur la viticulture, voici la nomenclature des ouvrages offrant la meilleure documentation : Viticulture, par Pacottet, 1 vol. franco, 5 fr. 40; Les vignes, par Ach. Müntz, 1 vol. franco, 12 fr. 60; Viticulture moderne,. par E. Chancrin, 1 vol. 3 fr. 3o ; La culture intensive de la vigne, par Coste-Floret, 1 vol. 1 fr. 65; Les travaux du vignoble, parle même, 1 vol. 6 fr. 5o; Instructions pratiques sur la reconstitution et la culture rationnelle des vignobles, par Rougier, 1 vol. 4.fr. ; Traité de là vigne et ses produits, par Portes et Ruyssen, 3 vol. 3g fr. 80, franco; Conseils pratiques sur la viticulture, par J.-M. Guillon, 1 vol. 1 fr. 65; Etude générale de la vigne, par le même, 1 vol. 6 fr. 5o; Traité pratique de viticulture, par J. Daurel, r vol. 1 fr. 65; Lm vigne et le vin, par P. Jamain, 1 vol. et un atlas, 3o fr. 60 franco; La viticulture moderne, par E;, Berger, 1 vol. o fr. 70; La viticulture, par P. Andrieu, 1 vol. 5 fr. 40; Traité de viticulture, par A. de SaporLa, 1 vol. 5 fr. 5o; Traité général de la vigne et des vins, par E. Viard, 1 vol, i5 fr. 60; Manuel de viticulture pratique, par E. Durand, 1 vol. 4 fr- 5o; Le matériel viticole, par R. Brunet, 1 vol. 6 fr. 5o; — 20 Sur les analyses agricoles : Analyses agricoles, par R. Guillin, i vol. 6 fr. 5o; Analyse et essai des matières agricoles, par Vivier, 1 vol. 5 fr. 5o; Tableaux synoptiques pour Vanalyse du lait, du beurre et du fromage, par P. Goupil, 1 fr. 5o,; Pour l’analyse des engrais et des amendements, par le même, 1 fr. 5o; Traité d’analyse des
- matières agricoles, par L. Grandeau, a vol. 18 fr. 60; Guide pratique pour l’analyse des terres, par Lagatu et Sicard, 1 vol. 6 fr. 5o ; Analyse des matières agricoles, par A. Larbalètrier, 1 vol. o fr. So; Analyse des engrais, par L. LTIote, 1 vol. 2 fr. 75; Manuel du chimiste agricole, par A.-F. Pouriau, 1 vol. 4-fr. 4o; Chimie appliquée à Vagriculture, par Ronna, 2 vol. 16 fr. ; Analyses alimentaires, par R. Guillin, 1 vol. 5 fr. 5o; Méthode pour l’analyse rapide de la terre arable, par Pagnoul, 1 vol. 2 fr. 5o ; Procédés pratiques pour Vessui^des farines, par Cauvet, 1 vol. 2 fr. ; Tableaux synoptiques pour l’analyse des farines, par Marion et Manget,
- 1 vol. 1 fr. 5o; Méthodes analytiques appliquées à l’agriculture, par Ach. Müntz, 1 vol. 25 fr. ; Analyse des matières alimentaires, par Ch. Girard, 1 vol. 26 fr. 5o; Analyse des matières agricoles, par A. Hubert, 1 vol.
- 2 fr. ; Contribution à l’étude de la chimie agricole, par Schlœsing, t vol. 12 fr. 5o; Analyse chimique des végétaux, par Dragendorff, 1 vol. 12 fr. 5o; Précis d’analyses volumétriques appliquées aux substances agricoles, par Lagatu et Sicard, 1 vol. 4 fr- i Analyse élémentaire des substances végétales, par J. Alquier, 1 vol. 3 fr. ; Analyse immédiate des aliments végétaux du bétail, par le même, 1 vol. 3 fr. Les trois derniers ouvrages se trouvent à la librairie Masson et- Cie ; les autres, à la librairie Horticole.
- M. L. M., à Epernay. — On a déjà fabriqué des agglomérés combustibles avec de la sciure de bois, soit en comprimant après malaxage avec un peu de goudron, soit en chauffant fortement avec des presses (voir le volume sur Les combustibles industriels, par Colomer Lordier, in-8°, Dunod, éditeur, 47> quai des Grands-Augustins).
- M. Courtonne, à Badalona. —Vous trouverez des formules d’encres pour stylo dans les Recettes de l’atelier, p. 4 (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain, 3 fr. relié).
- M. R. M., à Saint-Maurice. — Pour enlever le tartre
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- BOITE AUX LETTRES
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- se déposant dans les vases en aluminium où l’on fit bouillir de l’eau calcaire, laver tout simplement avec de l’acide sulfurique ou de l’acide nitrique étendus d’eau (mais jamais avec de l’acide chlorhydrique).
- M. le commandant M., à Toulon. — Pour assainir l’air d’une salle de réunion, si on ne peut monter un ventilateur pour bien aérer, ce qui est bien préférable à tout, le mieux est de se procurer Y aéro-filtre du Dr Richet construit par Lequeux, 63, rue Gay-Lussac, à filtration et en quelque sorte lavage de l’air, qui retient ainsi les microbes et les corpuscules des fumées.
- M. i.otiis Lagrange, à Liège. — Les règlements de franc-bord admettent une plus grande immersion en été qu'en hiver, en été tropical qu’en été. Ceci, sans doute, en raison du fait que les gros temps sont plus rares dans la belle saison. On a tenu compte aussi de ce que la densité de l’eau diminue quand la température s’élève. Les voiliers ont la même marque en hiver et en été, ce ;qui tendrait à prouver que l’on admet qu’ils doivent être enfoncés de la même façon en tout e saison sauf, toutefois, pendant la saison d’hiver dans le Nord Atlantique où dn leur impose une réduction de tirant d’eau de 3 pouces, quelles que soient leurs dimensions. Les vapeurs ayant moins de 100 mètres de long supportent également une réduction de franc-bord de a pouces dans l’Atlantique Nord, en hiver, en raison des très mauvais temps habituels. On admet donc que pour un navire à vapeur d'une certaine longueur les mauvais temps importent peu..
- M. Ii. G., 3o, à Tiaret. — Pour conserver la pâte à papier qui s’aigrit, il faut y ajouter un antiseptique.
- Pour le choix de l’agent et la dose à employer, voir les Recettes du laboratoire, p. i3a (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 francs, relié).
- M. Alfred Franck, ingénieur à Bucarest. — Les fluates s’appliquent sur pierres calcaires et non sur ciment. Voir pour détails de leur application les Recettes de la maison, p. 28$ (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 francs, relié). Les fluates sont vendus chez Kessler, fabricant de produits chimiques à Clermont-Ferrand.
- M. P. D. — Nous ne connaissons pas de verre bon conducteur de l’électricité. Si vous nous renseigniez sur l’usage visé, peut-être pourrions-nous vous indiquer une matière convenant à l’emploi?
- M. Jacques R., à Paris. — Le ciment préparé en malaxant de la glycérine et de la litharge ne prend pas : la masse reste pâteuse et à la longue la glycérine, nullement modifiée au point de vue chimique, absorbe l’eau et coule. La formule est absolument à rejeter.
- M. L. Franck. —a) La seccotine est à base de colle de poisson, b) En principe, il n’est pas de bons désincrus-tants : il faut épurer l’eau avant entrée dans la chaudière, et non pas après. Et il faut l’épurer en combinant un procédé spécial d’après la composition des impuretés de l’eau, que l’on fait avant tout analyser. Voir pour cette question l’appendice du volume Ze contrôle chimique des combustions industrielles, par Chaplet (Gauthier-Yillars, édit., 53, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : 9 francs).
- BIBLIOGRAPHIE
- atL.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les vertébrés volants : René Merle. — L’exploitation des arbres en Argentine : A. Coutard. — La vision dans l’eau : H. Vigne-hon. — Le phonographe, maître de langues : J.-C. Séailles. Les classiques de la science : L. de Launay. — La vie chère : A. Breton. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. -— Une catastrophe au théâtre : R.
- Supplément, — Etudes sur la radioactivité des eaux météoriques et des eaux minérales. — Les mines de radium du Colorado. — Marguerite anormale. — Découverte d’un diamant dans le Congo français. — Une exploitation de cuivre à la cuiller. —- Chemin de fer du Hedja-/. et l’Islam. — Les roches marneuses de l’Ombrie (Italie). — Sur les appareils d’essais des métaux par choc.
- L1 éclairage électrique des automobiles, par Léo Robida. 1 vol. illustré, 120 pages. Bibliothèque Omnia> 34, rue Pergolèse, Paris. Prix : 2 francs.
- L’éclairage électrique s’impose aujourd’hui à bord des automobiles luxueuses et demain son emploi sera général. M. Robida, avec beaucoup de eompéteuce et de clarté, expose les principales solutions proposées pour obtenir un éclairage constant avec une dynamo commandée par le moteur de la voiture, et il décrit en détail quelquesdypes qui ont fait leurs preuves.
- J.a pratique des moteurs Diesel, description, conduite, incidents de marche, par Jean Lorfèvre, enseigne de vaisseau, préface de M. Paul Painlevé, membre de l’Institut. In-d” de 320 p. avec 24 planches hors.texte, librairie technologique E. Monroty, 3o, rue Jacob, Paris. Prix : 15 francs.
- L’auteur a réuni dans cet ouvrage les éléments nécessaires à l’instruction de quiconque peut avoir à conduire des moteurs Diesel. Il a partagé le volume en deux parties principales : dans la première, après les explications théoriques nécessaires et îles renseignements sur les huiles combustibles et celles de graissage, on trouvera une description très détaillée des moteurs Diesel à 4 et à 2 temps; dans la seconde partie; l’auteur, donne toutes les indications nécessaires à la conduite pratique des moteurs Diesel.
- Lectures scientifiques sur la Chimie : I. Généralités, biographies, par Henri Coupin. Armand Colin, Paris.
- 1 voJ, in-18, illustré. Prix : 3 francs.
- Notre collaborateur M. H. Coupin a recueilli, dans
- ces « Lectures sur la Chimie », comme il l’avait fait dans un précédent volume sur la Physique, des pages empruntées à d’illustres chimistes, remarquables à la fois par leur intérêt scientifique et par leur belle tenue littéraire. Le lecteur y trouvera d’intéressantes vues générales, traitées dans un esprit tantôt philosophique, tantôt pratique, ainsi que de vivantes biographies qui, choisies avec discernement, représentent toute l’histoire de la Chimie, depuis Albert le Grand jusqu’à Marcellin Berthelot.
- La mécanique de la vie, par Félix Le Dantec. Bibliothèque de culture générale. 1 vol. in-18. Ernest Flammarion, Paris. Prix : broché, 1 fr. 5o.
- L’auteur fait, en une centaine de pages, un exposé de l’ensemble de la Biologie où il met en lumière la merveilleuse unité des phénomènes vitaux. On.y retrouve l’exposé des théories philosophiques que l’auteur a déjà soutenues, avec le même esprit combatif, dans de nombreux ouvrages.
- Les jardins de France, par H. Stein, in-40, 100 pi.; Longuet, éditeur, Paris. Prix : 90 francs.
- Ce magnifique album est la plus riche documentation que nous connaissions sur l’art des jardins. Destiné à fournir des modèles et à servir d’instrument de travail aux architectes, aux jardiniers, aux amateurs et aux propriétaires de jardins, il contient un grand nombre de plans et de dessins inédits empruntas à diverses collections. On y trouve les modèles les mieux choisis et les plus heureux des diverses sortes de jardins, tels que les conçut le goût français depuis le moyen âge jusqu’à la création du jardin anglais et anglo-chinois, à la fin du xviii® siècle.. Utile conclusion de l’Exposition de l’art des jardins de cette année et de la célébration du 3e centenaire de Lenôtre, il sera le meilleur guide pour connaître cet art si français et.l’appliquer.
- Traité du paysage de Léonard de Vinci, traduit par Péladan, in-8°, 175 p., i4o fi g. et 28 dessins du Vinci; Delagrave, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Faisant suite au Traité de la peinture, ce nouveau livre, traduit pour la première fois en français sur le Codex Vaiicanus, complète la pensée du grand maître du xvi° siècle sur la peinture. La série des conseils qu’il donne et des réflexions qu’il suggère sur le
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- BIBLIOGRAPHIE
- paysage, l’ombre et la lumière, en font un guide merveilleux pour les artistes, une lecture pleine d’intérêt pour les curieux de la grande figure qu’est le Yinci.
- Dix mille kilomètres à travers le Mexique (1909-1910), par le comte Vitold de Szyszlo, membre de la Société de Géographie de Paris. 1 vol. in-i6avec 16 gravures. Librairie Plon-Nourrit. Prix : 4 francs.
- Les agitations dont le Mexique est le théâtre donnent
- un pressant intérêt d’actualité au récit de voyage que vient de publier M. le comte Yitold de Szyszlo. C’est un livre de bonne foi et de sincérité. Evitant les routes battues et les banalités descriptives, l’auteur a fidèlement rendu les multiples aspects de la terre des Aztèques, énuméré ses ressources, rassemblé de précieuses observations sur le climat, la flore, les cultures, l’industrie, le commerce, la colonisation, les moeurs, les formations ethniques du pays.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" dcc. 1913. 5°, 0 S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert ; bruine jusqu'à 8 heures ; brouillard le matin.
- Mardi 2 8°, 0 S. S. W. 3. Couvert. J> Couvert.
- Mercredi 3 4°, 0 S. 3. Couvert. D Couvert; un peu de bruine; brume le matin.
- Jeudi 4 7°, 0 S. W. 3. Couvert. 3,3 Nuageux ; quelques averses ; un peu de grêle à 14 b. 50.
- Vendredi 3 1°, 0 S. W. 2. Beau. 8,2 Presque couv. ; averses avant 3 h. ; pluie après 12 h. 30; gelée bl.
- Samedi 6 8°, 1 S. 2. I’luie. 16,1 Couv. ; ]>1. jusqu’à 12 h. 15 et à partir de 17 h. 30; brouill. à 10 h.
- Dimanche 1 ... . 1°, 4 N N. E. 2. Beau. 0,6 Pluie cesse vers 1 b.; gelée blanche; nuageux.
- DÉCEMBRE 1913. — SEMAINE DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 1913.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri ^ boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 2 au 8 décembre. — Le 1. Pression élevée sur le S. de l’Europe : Clermont-Ferrand, 772 mm; dépressions sur le N. (Vardoe : 727) et l’Islande (743). Pluies sur le N., le Centre et 10. : Charleville, 3 mm. Temp. du matin : Uleaborg, —8°; Saint-Pétersbourg, — 1 ; Clermont-Ferrand, -f- 1 ; Marseille, 2 ; Lyon et Toulouse, 4; Brest, 10; Port-Yendres, i3; cap de Garde et Malte, i5; moyenne à Paris : 6°,7 (normale : 3°,5). — Le 3. Dépression sur le N. et les Iles-Britanniques : Féroé, 738 mm; Yalenlia, 749; pression supérieure à 765 sur le S. Pluies sur le N. et l’O. : Dunkerque, 5 mm; Charleville, 3. Temp. du matin : Vardoe, —5°; Limoges,
- — 2; Toulouse et Belfort, -(-3; Nice, 8; Boulogne, 10; Alger, i3; Malte, i5; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 3°,7). — Le 4- Profonde dépression sur le N. de l’Europe : Christiania, 732 mm; Saint-Pétersbourg, 742; Yarmouth, 745 ; fortes pressions sur l’Atlantique (Horta : 770) et le S.-E. Pluies sur le N. et l’O. : Nantes, 12 mm; Rochefort, 11 ; Dunkerque, 7; Paris et Charleville, 3. Temp. du matin : Haparanda, —90; Saint-Pétersbourg, -j- 1 ; Gap et Madrid, 2 ; Bordeaux, 5 ; Nice, 10; Alger, i5; moyenne à Paris ; 6°,9 (normale : 3°,6).
- — Le 5. Profonde dépression sur le N. : Uleaborg, 721 mm; fortes pressions sur le S.-O. : Biarritz et Horta, 771- Pluies sur le N. et l’O. : Pic du Midi, 12 mm; Biarritz, 9; Puy de Dôme, 8; Rochefort, 5; Be-
- du Bureau Central Météorologique.
- sançon et le Havre, 4; Paris, 1. Temp. du matin : Spitzberg et Akureyri, -— io°; Arkhangel, —fi; Limoges, o; Besançon, -f-2 ; Brest, 9; Biarritz, 10; Alger, 12; moyenne à Paris 6°,3 (normale : 3°,5). — Le 6. Basses pressions sur presque toute l’Europe : minimum près d’Arkhangel, 745 mm. Pression élevée sur l’Espagne : Madrid, 775 mm. Pluies sur le N. et l’O. : Nantes, 28 mm; Brest, 23; Puy de Dôme, 21; Besançon, 17; Charleville, i3; Paris, 10. Temp. du matin : Haparanda,
- — 6°; Varsovie, o; Nancy, -{-2; Nice, 6; Bordeaux, 11; Brest et Livourne, 12; moyenne à Paris : 5°, 1 (normale ; 3°,4). — Le 7. La pression se relève sur l’O. : Bretagne, 763 mm; Biarritz, 765; dépressions sur l’Islande et la Russie. Pluies sur le N. et l’O. : Besançon, 22 mm; le Havre, 16; Paris, 15 ; Lyon et Biarritz. 12; Brest, 5. Temp. du matin : Haparanda, — 14°; Bruxelles,
- — 4; Charleville, — 2; Nantes et Brest, 10; Biarritz et Alger, i3; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 3°,3). — Le 8. Pression plus élevée sur le Centre et l’O. : maximum à Clermont : 772 mm; dépression sur le N.-O. : Islande 732. Pluies sur le N., l’O. et le S.-E. Temp. du matin : Haparanda, —17°; Belfort, —3; Clermont-Ferrand, —|— 1 ; Brest, 10; Biarritz, 12; Alger, i5; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 3°,3). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 5, à 2 h. 59’min. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL, HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiéne publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne <t La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris 1VIc)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2117. — 20 DÉCEMBRE 1913.
- SUPPLÉMENT.
- JfcD
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- INFORMATIONS
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- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 décembre (n° 2118), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 18 décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (4 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1893 à 1902 — 1903 à 1912), au prix de 28 francs au lieu de 36 francs pour les volumes brochés, et de 42 francs an lieu de 5o francs pour les volumes reliés. — Ces 4 volumes se vendent séparément au prix de :
- Tome I. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome IL Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome III. Broché 6 fr. Relié 9 fr. 5o.
- Tome IY. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Vitesse fantastique de la nébuleuse d’Andromède.
- — Le Bulletin n° 58 de l’Observatoire Lo^ell contient une importante étude de M. V.-M. Slipher sur la vitesse radiale de la nébuleuse d’Andromède. On sait que l’on désigne ainsi la vitesse dans le sens du rayon visuel, vitesse dont la détermination se fait an moyen d’observations spectroscopiques.
- Les spectrogrammes, mesurés au spectrocompara-leur Hartmann, ont donné, pour vitesse moyenne de la nébuleuse, et pour l’ensemble des clichés pris du 17 septembre au 3i décembre 1912, la vitesse formidable de 3oo km par seconde! La grandeur de cette vitesse, dit M. Slipher, est de beaucoup la plus élevée que l’on ait observée.
- L’astronome de Flagstafï suggère en outre que, dans son vol rapide à travers l’espace, la nébuleuse peut avoir rencontré une étoile obscure, d’où une collision ayant donné naissance à l’étoile nouvelle qui apparut près du noyau de la nébuleuse en i885.
- En rendant compte des recherches de M. Slipher à la Société astronomique de France, M. Flammarion a fait remarquer que, s’il n’y a pas d’autre explication du déplacement dés raies, cette vitesse, depuis l’époque des observations d’Hipparque, il y a vingt s èc es environ. correspondrait a un déplacement de 19 trillions de kilomètres, parcours de l’ordre même des distances célestes.
- Or, la nébuleuse d’Andromède est abseuie du catalogue d’Hipparque, bien qu’elle soit actuellement visible
- à l’œil nu, surtout pour le ciel d’Alexandrie. Faut-il en conclure, dit M. Flammarion, que son rapprochement en vingt siècles serait suffisant pour augmenter son éclat ?
- La parallaxe de cette nébuleuse, déterminée par M. Karl Bohlin, est de o",i7- La distance correspondante
- — que la lumière parcourt en 19 ans — est de 181 trillions de kilomètres. Ainsi, depuis vingt siècles, la distance serait diminuée de 1/10 environ de sa valeur.
- Mais les astronomes savent l’extrême difficulté de ces recherches et il est prudent, pour le moment, de n’en considérer les résultats que comme provisoires.
- L’essaim des petites planètes. — M. Fritz Cohn vient de publier dans les Astronomische Nachrickten. n° 4688, le tableau des éléments et des numéros des dernières petites planètes calculées. Ce tableau se termine par le n° 754. Dans une seconde notice du même journal, M. Cohn donne le tableau des dernières petites planètes « baptisées » du n° b~o ou n" 727 avec quelques lacunes. Le nombre des petites planètes augmente de pins en plus et leur « baptême » devient de plus en plus difficile.
- Le « rayon de courbure » et l’intensité des réactions chimiques. — Ou.sait que la chimie physique se préoccupe, entre autres choses, de déterminer les variations que fait subir à la réaction de corps mis en présence leur état physique, état dont l’importance est notamment bien connue dans le cas des substances poreuses. M. Reboul a montré dernièrement dans le Radium (mai 1913) que l’intensité des réactions chimiques est également fonction — du moins qixand il s’agit d’un gaz et d’un solide mis en présence — de la forme géométrique de ce dernier. Il a opéré en introduisant, sous basse pression, dans des vapeurs diverses (chlorure de soufre, d’iode, de brome, chlore, etc.), des corps métalliques de formes géométriques régulières, prismes, cônes, sphères.... Le résultat uniforme de ces expériences est que c'est toujours aux points où la courbure moyenne est la plus grande que l’attaque commence et qu’elle devient le plus énergique : la concentration du gaz en un point donné de la surface de contact est proportionnelle à la courbure en ce point. C’est là un nouveau cas de concordance entre les lois qui régissent le contact des liquides et des solides et celles du contact des solides et des gaz.
- Récentes expériences sur î’anabiose. — On sait que l’on désigne par le mot d’anabiose ce singulier état
- — connu depuis longtemps chez les animaux inférieurs —- où, toutes les fonctions vitales étant suspendues, la mort cependant ne se produit pas dans l’organisme. Un biologiste russe, M. Bachmetief, a pu montrer que les
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- INFORMATIONS
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- mêmes faits s'observent également chez les animaux supérieurs, et jusque chez les mammifères. C’est le cas, notamment, chez un certain nombre d’insectes qui meurent à une température de — io°, mais qui vivent (en anabiose) à — 5° et, chez certains, à — 70. Des chauves-souris et des souris blanches ont pu, de même, être'amenées par lui, grâce à une respiration artificielle, à un état de léthargie anabiotique à des températures inférieures à zéro. M. Bachmetief pense que ces données pourraient être utilisées dans la recherche d’un moyen de lutte contre la tuberculose : les bacilles de Koch mourant ou deveuant incapables de se reproduire après avoir subi pendant deux ou trois semaines une température de — 6°, si l’on pouvait maintenir un malade à — 8Ü, la guérison serait, selon lui, assurée. En attendant que cette méthode hardie sctit réalisable, le même savant est d’avis qu’on pourrait réduire en anabiose les animaux qui ne produisent pas en hiver (brebis, abeilles, etc.), ou qu’on transporte à grande distance (bétail, volaille, etc. ) pour les ranimer ensuite en temps voulu : dès à présent M. Bachmetief a appliqué, avec succès, sa méthode au transport du caviar (Revue scientifique).
- L’oxyde de carbone dans l’antiquité. — D’après le professeur Neuberger (Congrès des naturalistes allemands, à Vienne), les Grecs auraient eu des connaissances assez précises sur l’action physiologique de ce gaz : Aristote en signale les dangereux effets, et Galien décrit les manifestations de l’asphyxie qu’il provoque. La description est correcte, mais Galien, au lieu d en attribuer la cause au gaz lui-même, l’attribue, comme tous les anciens, à la dessiccation de l’air dans un appartement aux murs humides chauffé par un réchaud. Julien l'Apostat, qui faillit succomber à l’intoxication par l’oxyde de carbone, assigne la même cause à son accident, et la même erreur s’est continuée, tenace, jusqu’à nos jours. C’est un ancien médecin du roi de Prusse Frédéric Ior, Fr. Hoffmann, qui, à la suite d'un accident (quelques gardes avaient été trouvés asphyxiés dans une cabane, à côté d’un feu de charbon), reconnut le premier, en 1715, la nature exacte de l’intoxication et détermina la marche à suivre pour secourir les victimes.
- Nouveau procédé de conservation du bois! — Il a
- été expérimenté aux Etats-Unis, nous dit 1 e Bulletin des Ingénieurs civils, notamment par la Virginia Raihvay and Power Cy. Il est dû à M. R. A. Mass. La substance préservatrice est la paraffine fondue additionnée de silice et d’une certaine proportion de naphtaline. Cette dernière. grâce à sa nature volatile, pénètre dans les pores et canaux intérieurs du bois, les dilate et amène une active circulation qui chasse la sève et l’humidité et les remplace par la substance préservatrice. Celle-ci en se solidifiant remplit les A’ides intérieurs d’une masse compacte qui ne peut couler, est imperméable à l'eau et acides organiques, et jouit de propriétés antisepticpes qui assurent la conservation indéfinie du bois. La silice est employée sous forme pulvérulente du genre kiesel-guhr. On dit que l’opération ne dure que 4 heures au lieu de 12 à 24 nécessaires pour le créosotage. Les bois ainsi préparés n’ont aucune odeur, ne se fendent pas et ne se laissent pas attaquer par les tarets ou les autres vers marins, surtout grâce à la présence de la silice. Le traitement n’est pas compliqué ; c’est une immersion pure et simple qui ne dure jamais plus de 4 heures. Le prix de revient est minime.
- Action de l’eau de mer sur les parties cuivrées des constructions maritimes. — Dans les constructions maritimes, on emploie souvent, pour faire des a.ssem-blages de diverses pièces, des colliers en cuivre qui se trouvent immergés et soumis par conséquent, d’une façon constante, à l’action corrosive de l’eau de la mer. On a cherché à se rendre^compte de l’action ainsi produite et ou a constaté que des colliers en bronze, soumis pendant deux mois à l’action de l’eau de la mer, perdent une légère part e de leur poids et se recouvrent partiellement d’un dépôt de sous-oxyde de cuivre. Il convient donc, tout au moins au bout d’un certain temps, de surveil er ces parties métalliques.
- Les grouses d’Ecosse. — Le Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation nous apprend une mauvaise nouvelle : les grouses d’Ecosse sont, actuellement menacées. Il y a quelques années encore, certaines battues
- tuaient en tin jour jusqu’à un millier de grouses (Masclef, Histoire naturelle cynégétique). Mais ces beaux tableaux de chasse ne seront plus si l’on ne prend de sérieuses mesures contre un petit coléoptère, le Lochmæa sutu-ralis, qui fait périr les grouses par un de ces moyens indirects dont Darwin a montré l’importance dans la-lutte entre les espèces. Le Lochmæa n’attaque pas les grouses, mais il dévore les sommités des bruyères dont celles-ci font leur principale nourriture, et il les prive ainsi de leur aliment préféré. Les rameaux attaqués prennent une teinte de rouille qu’on avait d’abord attribuée à la gelée; mais on a reconnu que le coléoptère en est l’auteur. Ses œufs se développent dans la mousse humide, au pied des bruyères; après l’éclosion, les larves grimpent le long des tiges et dévorent leur sommet, puis elles se métamorphosent et l’insecte adulte continue le ravage commencé. De même couleur que la bruyère, se laissant tomber à la moindre a'erte, 1 insecte est difficile à voir; il est également difficile à détruire, puisque les insecticides chimiques risqueraient d’empoisonner les moulons qui pâturent ces landes de bruyères. Le seul moyen de s’en débarrasser serait de drainer le sol et de supprimer ainsi les mousses humides où il pond ses œufs. On éviterait ainsi la disparition d’un des gibiers de plume les plus réputés.
- Un bureau téléphonique flottant. — C’est à New-York qu’il va être installé. Il doit permettre aux passagers en partance de rester jusqu’à la dernière minute en communication avec la terre ferme. Le bureau flottant servira de central pour toutes les lignes téléphoniques installées sur les navires et donnera la communication avec la terre ferme. 11 sera relié aux différents quais par des câbles dont les extrémités aboutiront à des boites de branchements des câbles se rendant aux navires. Le navire amarré aux quais, il suffira de relier le poste téléphonique du bord à l’une de ces boîtes de quai.
- L’application du gaz d’éclairage au gonflement des ballons. — Le premier emploi du gaz d’éclairage pour le gonflement des ballons est généralement attribué à l’aéronaute anglais Green et daté de 1818. M. L. Bertin (Les premiers emplois du gaz de houille en aérostation) montre qu’il faut en réalité remonter à une date sensiblement plus reculée. Selon lui, cette utilisation aurait été faite dès 1783, simultanément et indépendamment l’un de l’autre, par J. P. Minckelers, professeur à l’Université de Louvain, et par Alexandre Lapostolle, pharmacien à Amiens. Minckelers obtenait le gaz en soumettant la houille à une décomposition pyrogénée, et fit son premier gonflement d’un ballon le 21 novembre : l’expérience ayant réussi, elle fut répétée à plusieurs replises à Louvain et à Anvers. Les expériences de Lapostolle sout analogues : il fit en même temps l’étude des produits goudronneux qui se formaient pendant la préparation du gaz et qu’il séparait par un barbotage dans l’eau.
- Essence d’aiguilles de pin. — En distillant les aiguilles des pins, on prépare en Russie et dans le Tyrol une essence fort employée, surtout en Amérique, pour faire des pulvérisations parfumées et antiseptiques dans les salles de réunion, pour faire certains vernis, et comme solvant pour crèmes à chaussures ayant une odeur très agréable. Cette esssence, qui coûte près de 3 francs le kilogramme, peut être préparée synthétiquement axrec l’essence de térébenthine coûtant quatre fois moins. M. Dubocq Iraite ce dernier produit par un gaz de chlore sec; il obtient du chlorhydrate depinène, qui, chauffé avec de l’acétate de plomb et de l’acide acétique, donne de l’acétate d’isobornyl, constituant principal et essentiel du produit naturel.
- Exposition internationale urbaine de Lyon. — La
- vil'e de Lyon organise une Exposition internationale urbaine qui aura lieu de mai à novembre prochain. Son but est de faire connaître les progrès de la vie dans la cité moderne : transports, voirie, eaux potables, égouts, espaces libres, assistance, protection de l’enfance, lutte contre l’alcoolisme et la tuberculose, habitation et ameublement, éclairage et chauffage, alimentation, etc. Le Commissariat général est à l’Hôtel de Ville de Lyon.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *_> 'Electricité
- La borne « Record ». — L'inventeur a élabli deux modèles différents de celle nouvelle borne destinée à faciliter l’attache des fils conducteurs du courant sur les appareils électriques.
- Les deux modèles sont constitués par une tige filetée traversant le bois et serrée sur son support, de part et d’autre, par un écrou agissant sur une rondelle métallique. La partie supérieure de la tige, qui n’est pas filetée, se termine par une tète arrondie. Luire la tête et l’épaulement est engagé un ressort à boudin. Dans l’un des modèles, celui qui convient pour les liaisons rapides et de peu de durée, le ressort appuie sur une petite plaque à oreilles et à rainures. Les rainures sont disposées de part et d’autre de la plaque, à l’origine
- La borne I. Modèle à tète ronde.
- de chaque oreille; elles facilitent la mise en place des lils (un fil par rainure) qui se fait très rapidement en appuyant sur uue oreille. Cette manœuvre a pour but de laisser un espace libre entre la plaque et la tète de la borne, espace dans lequel on introduit très facilement le fil. Le second modèle assure une connexion définitive et robuste. Il suffit d’appuyer sur la rondelle qui remplace la plaque précédente pour pouvoir enrouler l’extrémité du fil autour de la borne, sous la tète, le ressort serre ensuite fortement la rondelle contre le fil qui se trouve ainsi solidement maintenu.
- Ces deux modèles de la borne « Record » conviennent parfaitement dans toutes les installations électriques parce qu’elles suppriment les ennuis résultant de la perte des écrous et assurent un contact parfait. Les appareils télégraphiques, téléphoniques, les sonneries, les tableaux, les coupe-circuits, etc., seront avantageusement servis avec ces nouvelles bornes. — L’inveuteur-constructeur de la borne « Piecord » est M. L. Champcix, 26, rue Hoche, à Pantin (Seine).
- cône renversé en épousant celle du pas de vis de l’écrou. Le coinçage est donc réalisé daus toute la hauteur de 1 écrou qui peut toujour s descendre, mais ne peut plus remonter. Lorsque l’on retire la vis conique, les branches reprennent leur position première et l’écrou s’enlève aisément. — Le nouveau boulon de sûreté est en vente chez M. Martineau, 12, rue Guilbert, à Villetnonble (Seine).
- *> Hygiène
- Inhalateur de poche « Atox ».— Voici la saison des rhumes. En même temps qu’elle, apparaît un petit appareil fort ingénieux, destiné à les éviter. L’inhalateur de poche « Atox » se compose d’un étui en métal nickelé, à l’intérieur duquel est une douille de même métal percée à sa partie supérieure de cinq petits trous; cette douille creuse renferme un papier buvard spécial imbibé d’un liquide, T « Atox », volatile, agréable à respirer, dont les vapeurs ont une action bactéricide. Pour charger l'inhalateur, on louvre, on verse sur le papier 20 à 3o gouttes du liquide, on le referme et l’appareil est prêt à fonctionner. Il restera actif pendant plusieurs mois. Pour s’en servir, on tire la douille intérieure juste assez pour que les cinq petits trous placés en cercle deviennent visibles, après quoi on applique la grande ouverture circulaire, pratiquée dans la douille extérieure à la partie opposée, contre le nez, de façon que la douille se trouve hermétiquement en contact avec la narine, sans pour cela pénétrer à l’intérieur de la cavité nasale. L’appareil est alors tenu dirigé en avant avec une légère inclinaison. Dans les cas de coryza aigu, on aspire alternativement par les deux narines l’air saturé des vapeurs dégagées par l’appareil, aussi fréquemment que possible, par périodes de deux minutes entrecoupées d’intervalles courts. Pour plus d’efficacité, on peut boucher avec, le doigt la narine opposée.
- Le mouchoir peut être également humecté de liquide Atox. Cet inhalateur, inventé par le Dr Woerndt, de Stockholm, est présenté dans une boîte contenant l’appareil, un flacon de liquide et des feuilles de rechange. — Dépôt général : Pharmacie G. Roussent, 77, rue Rambuteau, Paris. Prix : 3 fr. 75.
- L’ « Atox », prêt à servir et prêt à être rechargé.
- *»> Mécanique ^
- Boulon^de sûreté. — Ce nouveau boulon procède d’un principe nouveau qui lui assure une qualité faisant défaut
- à la plupart de tous ceux quiexistent : ilest iudesserrable. La partie fi etée du boulon est traversée par une fente diamétrale et elle est percée, dans l’axe, d’un trou cylindrique fileté. Les contre-écrous (on en emploie deux lorsque l’écrou fatigue) sont filetés avec un taraud légèrement conique dans toute sa longueur; ils portent une marque V vue du boulon; a, vue montrant la qui indique la partie fente diamétrale; JB, Coupe du bon- supérieure. Dès que le Ion montrant la vis conique; C, as- contre-écrou est vissé pect normal du boulon avecsesécrous. à foud, on engage une
- „ , . _ _ vis conique dans le trou
- cylindrique. En descendant, cette vis écarte légèrement les deux branches du boulon et elles prennent la forme d’un
- Objets utiles
- Fixe-serviettes « Magik ». — Quand on se sert d’un clou pour accrocher les serviettes ou les essuie-mains, on s'expose toujours à quelques désagréments : en tirant, on les déchire, en essuyant, on les décroche, et si, par hasard, l’essuie-mains ou le torchon n’a plus d’attache, il risque fort de passer son existence sur une chaise ou sur un meuble, traînant partout jusqu’à ce que, sali trop vite par ces voyages, on l’envoie au bain... ou à la lessive. Le fixe-serviette « Magik » est destiné à éviter ces inconvénients. .La figure ci-jointe est assez claire pour éviter une longue description. On y voit que la serviette est serrée entre deux brosses dures fixées à la périphérie d’un cylindre creux de métal verni, muni de deux oreilles pour laccrochage. L’essuie-mains, enfoncé entre les deux brosses, y reste suspendu assez solidement pour ne pas se décrocher chaque fois qu’on s’en sert. — En vente à l’Anglo-French Trading Cy, 10, rue d’Ea-ghien, Paris.
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- Le boulon do
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- Buvard-règle. — Ce nouveau buvard présente une ingénieuse particularité refusée jusqu’ici à tous les objets destinés seulement à éponger l’encre : il peut servir de règle pour tracer des traits, à côté de ceux
- qu’il éponge instantanément,
- 11 se présente sous la forme de buvards ronds à feuilles amovibles, mais le support du papier est constitué par une lame d’acier. La tige portant la poignée occupe le centre de la lame et deux leviers s’en détachent à la partie supérieure pour venir se fixer sur les extrémités afin de maintenir la lame dans une forme régulière. Les feuilles de buvard se replient, de part et d’autre, sur une réglette métallique pourvue d’une tige filetée qui traverse la lame et que l’on serre à l’aide d’un écrou.
- La poignée peut descendre en entourant la tige centrale. Quand on exécute cette manœuvre, les deux leviers obligent la lame à se redresser et à prendre une position horizontale. C’est alors que l’on se sert de cette lame comme d’une règle plate permettant de tracer des traits à l’encre sans salir les traits préalablement tracés. La position rectiligne de la lame est maintenue permanente en agissant sur la poignée que l’on tourne légèrement vers la droite. Pour donner au buvard la forme circulaire on tourne la poignée dans l’autre sens et la lame qui se comporte comme un ressort reprend sa position normale. — Le Buvard-règle est en vente, au prix de 3 fr. 5o, au Comptoir de vulgarisation des Petites inventions, g4, rue Saint-Antoine, à Paris.
- Fig. 2. — Le buvard-règle utilisé comme règle plate.
- Jouets
- Jouets aériens. — M. Pichancourt a repris le problème du jouet aérien pour imaginer, sinon des mécanismes nouveaux, du moins des formes inédites et fort gracieuses. D’ailleurs, au point de vue mécanique, il a réalisé une aviette qui est tout à fait réussie.
- Elle se présente avec deux ailes battantes et une large queue fixée au châssis. Ce dernier, constitué avec des fils de fer, loge le moteur, faisceau de brins de caoutchouc actionnant les
- L’aviette.
- ailes. Ce moteur agit sur un vilbrequin ne faisant qu’un seul coude, mais ce coude est lui-même coudé, de sorte que les deux tringles reliées aux ailes se trouvent désaxées l’une par rapport à l’autre. Lorsque les ailes occupent leur position la plus élevée, qu’elles prennent dans le battement, chacun des pieds de bielle est situé à une distance égale de l’axe de l’appareil (quelques millimètres seulement). Cette disposition permet de communiquer aux deux ailes des battements très réguliers. Le résultat est d’ailleurs
- Fig. 2. — Pigeon.
- merveilleux : l’aviette, dont le moteur a été remonté, est posée sur le sol, roule sur ses deux roues en tandem sous l’action du battement des ailes et s’élève ensuite du sol pour parcourir une dizaine de mètres. Ce jouet peut même emporter un passager qui ne serait pas plus lourd
- que lui.
- L’oiseau volant llllW est construit sur le
- Fig. 3. — Demoiselle
- Ballon.
- meme principe, mais il ne comporte pas de roues de lancement. Par contre, le mécanisme est habillé de soie. Le jouet prend donc tout à fait la forme d’un bel oiseau aux ailes puissantes, qui parcourt aisément ses 2Ô à 3o mètres.
- Sur le principe de l’hélicoptère, avec deux paires d’ailes dont une seule paire est mobile, M. Pichancourt a construit la Demoiselle volante et le Ballon.
- Ce dernier est particulièrement gracieux parce qu’il figure une mont-golfière aux couleurs vives s’élevant dans l’air, à io et
- i5 mètres, sous la seule poussée de son hélice aérienne.
- Cette collection est réellement intéressante. Chacun de ces objets fera, sans aucun doute, la joie des petits garçons et des petites filles — M. Pichancourt habite 34, rue de la Glacière, à Paris.
- Le tourniquet aérien. — C’est encore un beau jouet aérien qui est appelé à un réel succès. Le tourniquet se compose d’une flèche lestée pour guider la trajectoire terminée à sa partie supérieure par une légère hélice à pales articulées sur la flèche afin de pouvoir être repliées le long de cette flèche. Elles s’effacent donc pendant que la flèche s’élève à une grande hauteur.
- A la fin de l’ascension, la flèche tend à tomber; mais les pales de l’hélice se développent et grâce à leur pas se mettent à tourner, à faire le tourniquet, s’opposant ainsi à la chute rapide de la flèche qui descend très gracieusement en décrivant une course en spirale.
- Le contrepoids de la flèche l’oblige à descendre constamment dans la position verticale. On lance le tourniquet à l’aide d’un vulgaire lance-pierre en engageant l’élastique
- Fig. 2.
- Le lancement de la flèche.
- Fig. 3.
- La fleche-héliee décrivant
- le tourniquet aérien.
- Fig. 3.
- dans le crochet qui termine la flèche. — Le tourniquet aérien est en vente chez Leuillieux, 14, rue Le Bua, Paris (XXe).
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- JfcD
- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en novembre 1913, par JVl. Ch. Dufour.
- Le mois de novembre 1913, avec une température moyenne de 9°,46, en excès de 3°,64 sur la normale, a été exceptionnellement chaud, très couvert, pluvieux : c'est celui qui, dans les 40 années que comprend maintenant la série des observations du Parc Saint-Maur, présente la température moyenne la plus élevée, et, depuis 1851, il n’y a eu qu’un seul mois de novembre encore plus chaud, novembre 1822, dont l’excès sur la normale a atteint 4°,2.
- Le minimum absolu moyen de novembre est—4°,i; le minimum absolu de novembre 1913 est seulement de — o°,2, il a été observé le 20. Cette première gelée de la saison froide 1918-1914 est la plus tardive depuis 1874. Les plus précoces se rencontrent en 1881 et 1912 à la date du 5 octobre. Le maximum absolu de la température i8°,o a été relevé le 10.
- L’humidité relative moyenne est en excès d’environ
- 3 pour 100.
- La nébulosité moyenne 8,0 est l’une des plus élevées qur 1 on trouve en novembre dont la nébulosité normale à Saint-Maur est de 7,1.
- La durée totale de l’insolation est de 3o heures, en déficit de 33 heures sur la normale et le rapport d’insolation qui est normalement de o,23 est tombé à o,n.
- La hauteur mensuelle de pluie s’est élevée à 69“™,6; le rapport de cette quantité d’eau à la normale de novembre est de 1,51 ; on a compté 23 jours pluvieux, 8 de plus que le nombre normal.
- Les conditions météorologiques de novembre ont eu pour conséquence une certaine activité de la végétation : des rosiers ont refleuri et, vers le i5 novembre, l’on rencontrait des myosotis et des coquelicots épanouis.
- Pression barométrique (Alt. 5ora,3). — Moyenne des 24 heures : 758““,48; minimum absolu : 741““,5 le i3 à
- 4 heures et 5 heures; maximum absolu : 770““,8 le 19 à ioh4om.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, ^,49; des maxima, n°,98; des 24 heures, 9°,46. Minimum absolu, —o°,2 le 20; maximum absolu, i8°,o le 10. Amplitudes diurnes : moyenne du mois : 5°,49; la plus élevée, io°,3 le 10; la plus faible, 2°,2 le 23. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, 3°,74 ; des maxima, i6°,46. Minimum absolu, —4°,8 le 20; maximum absolu, 270,8 le n. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. ora,3o) à 9 heures : xo°,63; à
- 21 heures : io°,65 ; (prof. om,65) à 9 heures : uü,4i ; à
- 21 heures : ii°,39 (prof. 1 m.) à 9 heures : i2°,o2; à
- 21 heures : n0,99- De la Marne. — Moyennes : le ma-
- tin, io°,o7; le soir, io°,i3; minimum: 8°,26 le 20; maximum : i2°,62 le ier.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 7mm>99 : minimum absolu : 4mm,6 le 20 à 5 heures et 7 heures; maximum absolu : nmm,2 le ier à 7 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 89,9. Minimum absolu : 54 le i3 à 12 heures et i3 heures et le 19 à i3 heures et 14 heures; maximum absolu : 100 à 19 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 8,0. Moyenne diurne la plus faible : 0,7 le 19; 7 jours entièrement couverts.
- Insolation. — Durée possible : 274 heures; durée effective : 3o heures en 16 jours; rapport : o,ir.
- Pluie. — Total du mois : 69”“,6 en 75h,3 ; maximum en 24 heures : 20ram,o le ior.
- Nombre de jours : de pluie : 23 ; de pluie appréciable (supérieure ou égale à oram,i) : 23 ; de pluie supérieure ou égale à imm : i4; à 5mm : 4! à iomm : 1 ; à 2omm : 1 ; de gelée : 1 ; de brouillard : 6 ; de brume : 8 ; de rosée : 6 ; de gelée blanche : 5; de halos lunaires : 1.
- Fréquence des vents : calmes, 24.
- N 2 S.-E. . . . 20 w . . . . 29
- N. N. E . 20 S. S. E. . 52 W. N. W . 3o
- N. E. . . i5 S . . . . . 116 N. W. . . 23
- E. N. E. . I S. S. w . . 188 N. N. W . 10
- E • • . . 7 s. w . . . i3i
- E. S. E. . 7 w. s. w. . 45
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3m,58; moyennes diurnes : la plus élevée 6ra,8 le i3'; la plus faible : im,4le 23. Yitesse maximum : 1 im,4 le i3 à 5h 4om; direction correspondante : Sud-Ouest.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m,i3; minimum : 2m,25 le 5; maximum : 4m>39 le 20.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression : + imra,o4; température : +3°,64; tension de la vapeur : -j-imn,,68; humidité relative : —j— 2,7; nébulosité :
- -j-1,0; pluie : —|— 23mm,6 ; jours de pluie appréciable : ~j-8 ; insolation : —33 heures.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (3o jours) : 65 volts; moyenne diurne la plus élevée : 97 volts le 28; la plus faible : 17 volts le 22. Moyenne des 6 journées où l’on n’a observé ni précipitation, ni brouillard persistant : 69 volts; moyenne diurne la plus élevée : 97 volts le 28 ; la plus faible : 44 volts le 20 ; la variation diurne de ces 6 journées ne paraît pas bien nette.
- Radiation solaire. — 6 observations, faites le 10 et le 11, ont donné pour valeur maximum Q=:ocal,99 le 10 entre nh37m et nh4om et le xi à i2h 2“.
- Taches solaires. — On n’a encore constaté la présence d’aucune tache aux dates où l’état du ciel a permis l’observation du Soleil.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 7, 12; faibles le 8 et le 28; assez forte 2 au 3.
- Mouvements sismiques. — Le 4> début vers io,l24m, ph. pie. de ioh4im à ioh55m, fin à irh3om; le 6, début à ioh44ra i8s, fin vers 11 heures; le 9, faible mouvement entre i4h i5m et i5h iom ; le 10, début à 2ih32m 1 is, ph. pie. de 22h 26“ à 22’*42m, fin le 11 à oh3om; le 11, très faible mouvement entre i3 heures et i4h3o; le 12, très faible mouvement entre g1* 27“ et 9h5om; le i5, début à6hi5m, ph. pie. de 6h 4'2m à 61* 55m ; fin vers 8 heures; le 17, faible mouvement de 2211 19“ à 23hioI“; le 19, début à 3h 39” 45’, ph. pie. de 41'19“ à 41’35m, fin vers 6 heures; le 21, début à i51l36m22s, fin à le 22,
- début à i6h 191” 24% fin à i6h 3om ; le 23, début vers 2ih 25'", ph. pie, de 22hom à 2211 14ra, fin vers 24 heures; le 29, début vers 2h5m, fin à 3h 5om.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- OSf.
- Record de la respiration artificielle. — Pendant combien de temps est-il possible de maintenir en vie un malade par la seule respiration artificielle ? C’est un point qui n’est pas encore établi. Il semble toutefois qu’on puisse jusqu’à présent considérer comme un record le fait que S. F. Derioujinsky a présenté au XII" Congrès des chirurgiens russes et que vient de signaler la Presse médicale.
- Il s’agit d’un paysan de 21 ans qui, à la suite d’une angine probablement diphtérique, fut pris de paralysie.
- Au bout de deux semaines de paralysie totale, quelques mouvements reparurent dans les membres supérieurs, quand le 5 février survinrent des troubles respiratoires : la respiration s’accéléra (40 à la minute), devint superficielle avec des arrêts momentanés. Il fallut pratiquer la respiration artificielle, et, grâce au concours
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- HYGIENE ET SANTÉ
- de jour et de nuit des élèves de l’école d’infirmiers, on la continua sans interruption du 5 au 20 février. Le 8 féviier, le pouls était monté de 100 à i5o, mais le 10 il reprit sa fréquence normale. Le 20 février, le malade se reprit à respirer spontanément en même temps qu’ap-
- paraissaient des troubles de la déglutition, mais le 26 la respiration s’arrêta de nouveau et il fallut recommencer la respiration artificielle. Ce ne fut que le icr mars qu’elle se rétablit définitivement. Le malade revenait de loin!
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond egalement, clans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme n. Kn raison do l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- A propos du « Pathégraphe. » — L'appareil décrit sous ce nom dans notre n° 2ii5 a été imaginé par M. le Dr de Pezzer qui l’avait communiqué, dans sa forme actuelle, à l’Académie des Sciences dans sa séance du ti janvier 1909 (voy. n° 1861 de La Nature).
- Renseignements. — M. A. Cardot, à Alger. — Vous trouverez des renseignements très complets sur le chauffage central dans l’ouvrage de Rictochel, récemment publié par la librairie Béranger frères, 15, rue des Saints-Pères, Paris. — Vous trouverez également à la librairie Dunod et Pinat, 49. quai des Grands-Augustins, Paris, de bons ouvrages plus sommaires.
- M. II., à Varzy. — Les concavités des coupes creuses hémisphériques d’un anémomètre à moulinet doivent être tournées du même côté de façon que, à un moment donné, deux coupes opposées présentent, au vent, l’une sa partie concave, l’autre sa partie convexe. La pression étant plus forte sur la partie concave que sur la partie convexe, l’appareil tourne sous l’impulsion qu’il reçoit du vent, le côté convexe des coupes étant en avant du mouvement. Soit r la vitesse linéaire d’une coupe, Y celle du vent. En supposant nulles les résistances du mécanisme, on démontre qu’il faut, pour que l’équilibre existe, que l’on ait : V : v= constante (1).
- Autrement dit, il faut qu’il existe un rapport constant entre la vitesse à mesurer V et la vitesse r enregistrée. On admet généralement que la vitesse du moulinet est environ trois fois moindre que celle du vent qui le fait tourner, et que, par suite, on obtient la vitesse du vent en multipliant par 3 celle indiquée par le moulinet. En réalité, la résistance du mécanisme n’est pas nulle et il paraît plus exact d’admettre non pas unlrapport tel que ( 1), comme le font généralement les constructeurs, mais une relation à deux termes de la forme : V ~ Ar -(- B.
- Cette formule — d’ailleurs empirique — donne une valeur négative pour r tant que V u’est pas supérieur à B. Pour une valeur de V suffisamment grande, le coefficient B devient négligeable et l’on retombe alors sur la première relation. On tare les anémomètres eu les disposant sur un manège auquel on imprime des vitesses de rotation connues.
- M. Chotin, professeur au collège de La Malgrange. — i° On peut empêcher l’acide de grimper le long des tiges surmontant les plaques d’accumulateurs, en nettoyant le métal, puis l’enduisant dune couche de paraffine chaude; — 2° Qu’entendez-vous par « démonter des ba< s en celluloïd » ? S’il y a des parties collées, vous pouvez les décoller eu ramollissant avec un fer chaud, et recoller ensuite (voy. formules de colle dans les Recettes de Vatelier, p. 2g3, 1 vol. in-12, Masson, éditeur, prix : 3 francs, relié). Mais votre bac risque fort d être moins solide après qu’avant!
- G Toulnnib, à La Queue-les Avelines. — i° A propos des liquides anticongélateurs : Certains ont proposé le chlorure de magnésium, mais par crainte de la dissociation de ce produit vers ioo degrés, et mise en liberté d’acide chlorhydrique; il vaudrait mieux employer le chlorure de calcium plus soluble, à la dose de 100 gr. par litre d’eau, c’est assez économique, puisque ce sel vaut environ o fr. 5o le kg. On peut aussi employer le sulfate de soude et le carbonate de soude à 10 pour 100 qui sont très stables. Néanmoins, avec les solutions
- salines, il est prudent de vidanger de temps à autre pour renouveler la solution. La glycérine neutre à forte dose, 25 pour 100, peut garantir suffisamment contre le gel, mais sa solution s’échappe plus facilement que l’eau pure, par capillarité par les joints. L’alcool est très à recommander parce qu’ou le trouve partout, qu’il n’a aucune action nuisible sur les organes, et qu’il ne s’évapore pas irès rapidement, quoi qu'on en croie; il faut l’employer à la close de 25 pour 100 et ajouter de temps à autre un litre d’alcool, lorsque l’eau ne sent plus. On peut faire tout un hiver avec 8 à 10 litres d alcool au plus ; — 20 Filtrage de Vhuile : Les huiles de graissage souillées n’ont pas besoin d’être régénérées, il suffit de les filtrer pour les débarrasser des particules métalliques et des impuretés qui s’y sont mélangées. Ce filtrage est assez difficile, on peut le réaliser cependant par le procédé suivant : remplir un tuyau de plomb ou de verre, d’une mèche de lampe, et en faire un siphon à branches assez inégales, amorcer ce siphon eu le trempant dans de l’huile propre, et l’installer ensuite, la petite branche dans un récipient élevé contenant l’huile souillée, et la grande branche au-dessus d'un récipient récepteur. Il n’y a plus ensuite qu’à avoir la patience d’attendre. Ces huiles filtrées doivent être réservées, pour les organes moins délicats que le moteur de préférence; — 3° Carburateurs des aéroplanes : Sur les aéroplanes, on n’emploie pas le carburateur à vase à niveau constant, mais un carburateur alimenté par pression avec débit réglable par pointeau. On a dù préférer ce système précisément en raison des variations de position de l’appareil dans l’espace. Sur beaucoup d’appareils, l’essence du grand réservoir est montée dans un petit réservoir annexe, prévu pour produire une pression constante au carburateur, et l’ascension de l’essence est commandée par une pompe à engrenages, actionnée par une petite hélice aérienne spéciale mue par le vent de la marche. Ce dernier dispositif, assez en honneur, est dû au lieutenant d’artillerie Mayols.
- 1253-7923. — Nous ne connaissons pas de firmes françaises ou étrangères s’occupant spécialement de la fabrication de moteurs industriels fonctionnant avec l’huile de créosote comme combustible, et quoique ce liquide ait élé eu effet utilisé, il n’en n’a guère été question dans des ouvrages spéciaux. Dans la pratique, avec un carburateur approprié, 011 peut faire fonctionner un moteur à peu près quelconque avec les combustibles suivants : essence, benzol, alcool carburé, alcool pur, pétrole lampant, huile de goudron et huile de créosote, paraffine et naphtaline. Il suffit pour cela de disposer d’un réchauffage initial convenable et suffisant. M. Fouque, 35, rue ViHic-rs-de-lIsle-Adam, à Paris, construit un carburateur utilisant indifféremment tous les liquides ci-dessus, et M. Brillé, des établissements du Creuset, a mis au point la carburation par la naphtaline d’une manière magistrale. Comme aide-mémoire traitant delà construction des moteurs à explosion, je ne saurais trop vous recommander l’ouvrage de L. Lacoin, Construction cl réglage des moteurs à explosions, 34, rue Pergolèse, Paris, librairie Omnia. Vous y trouverez tous les renseignements dont vous avez besoin.
- Abonné, à Llirson. — La pâte à polir les métaux (pie vous nous avez envoyée est un simp’e mélange de silice précipitée (environ 40 pour 100) avec une matière grasse quelconque de consistance très fluide (presque 60pour 100). Elle diffère des autres qui sont souvent à base de silice fossile (fines carapaces d’infusoires.
- M. L. Guyomar, 14, rue de la Corderie. —La maison Nilzel, 32, rue Turbigo, s’est fait une spécialité des enduits lumineux pour cadrans d’appareils de précision.
- M. C. Mary, 9, rue de Flandre. — i° Cône isolant
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- BOITE AUX LETTRES
- pouvant être tourné, et résistant à 2000, le mieux serait de prendre un carton pour joint de vapeur surchauffé; — Cahen, 16, rue de Toul, et Bertrandias, 80, rue de la Roquette, fondent à Paris tous genres d’alliages de plomb, d’étain, d’antimoine. Pour juger de la température d’un corps, plutôt que de le toucher avec des baguettes d’alliages à points de fusion connus, il faudrait y déposer de minces pastilles en alliages Car, à cause de la conductibilité du métal, la baguette ne fondra qu’avec une différence des températures; — 3° les Recettes du laboratoire et les Recettes sportives sont dès à présent parues.
- Diederich, à Lyon. — Le caoutchouc Durit, insoluble dans l’essence, se trouve chez tous les fournisseurs d’accessoires automobiles, Mestre et Blatgé, l’Intermédiaire, etc ... Quant aux tuyaux métalliques flexibles à joints de caoutchouc ordinaire, ils ne peuvent évidemment yjas être utilisés pour raccorder des canalisations
- d’essence ou d'huile. Tous trouverez les tubes de soudure rapide chez les mêmes fournisseurs sous le nom d auto-soudure « le Globe ». C’est une pâte spéciale permettant de souder automatiquement sans acide, le cuivre, 1 acier, le zinc, etc. Elle suffit pour des soudures peu importantes, mais pour de fortes soudures, comme son prix est plus élevé que celui d’un bâton d’étain, on bornera son emploi à celui de décapant et on ajoutera de l’étain pour charger la soudure. Ces tubes sont commodes pour les automobilistes, parce qu’ils dispensent d’emporter des décapants souvent gênants et malpropres.
- M. B ri gnon à El-Kantara. — Nous avons obtenu un apprêt du même genre que celui de l’échantillon, avec une solution de goudron végétal et de brai dans le benzol. Pourriez-vous nous envoyer un écheveau du produit non apprêté? Nous vous ferions volontiers quelques essais, en vous envoyant les échantillons avec indication des formules de chaque apprêt.
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- BIBLIOGRAPHIE
- QfSt.,
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le Canal de Panama : Historique du canal : R. Bonnln. — Sou-\ cuirs de Panama pendant la période française : Un rapport d’ingénieur en 188(3 : M. Luuyt. — Voyages à Panama eu 1883 1889 : V. Forbin. — Le canal de Panama : R. Bonnin.— La fièvre jaune : Rene Meule. — Les conséquences économiques de l’ouverture du canal et les intérêts français: Georges Blondel.
- Supplément. — L’azoture d’aluminium. — Sur la formation du méthane pur au moyen du carbure d’aluminium commercial. — Influence de la pesanteur sur l’évolution. — Le graphite à Madagascar. — Industrie cuprifère du Katanga. — La stabilisation automatique des aéroplanes. — Le froid dans la conservation des olives, etc.
- Guide pour les manipulations de chimie biologique, par Gabriel Bertrand et Pierre Thomas. 2e édition, revue et augmentée. In-8° de xxvm-468 pages, avec 60 fig. II. Dunod et E. Pinat, Paris. Prix : relié, 9 francs.
- Parmi les problèmes que la chimie biologique s’applique à résoudre, beaucoup ont un intérêt philosophique très élevé ou présentent des applications de premier ordre. Le « Guide pour les manipulations de chimie biologique » de MM. Bertrand et Thomas renferme un grand nombre d’exercices pratiques relatifs à la composition élémentaire et immédiate des êtres vivants, aux diastases, aux principales fermentations. Les opérations telles que la volumétrie, l’examen au microscope, l’emploi du polarimètre et du spectro scope, la centrifugation, etc., sont décrites au fur et à mesure des besoins, pour les apprendre en les appliquant. Le choix des exercices est tel qu’il permet déjà un grand nombre d’applications courantes.
- Trucs d'ateliers, 2000 formules, procédés et tours de main pour le peintre en bâtiment, par Dessaint. 2 vol. in-8° de 760 p. Juliot et Coquet, éditeurs à Dourdan (Seine-et-Oise). Prix: broché, 16 fr.
- Par suite même de son étendue et de son complet, ce recueil convient plutôt aux professionnels qu’aux amateurs. Les techniciens de la peinture trouveront là quantité de recettes commodément classées par. ordre alphabétique, et relatives aux badigeons, colles, mastics, ciments, vernis, patines, mixtures diverses à nettoyer, à polir, à dorer, etc. Certaines recettes sont très longues et constituent les véritables chapitres d’un Manuel du peintre en bâtiment.
- Les sols humides, par R. Dumont, ingénieur agricole, professeur spécial d’agriculture. 1 vol. in-8° (Bibliothèque rurale), illustré de 52 gravures, librairie Larousse, 13-17, rue Montparnasse, Paris. Prix : broché,
- 2 fr. ; relié toile, 3 francs.
- Etant donné le nombre considérable de terrains marécageux ou tourbeux dont souvent on ne tire pas tout le parti possible, ce livre rendra service en apprenant ce qu’il est utile de savoir sur le dessèchement et l’assainissement des sols humides, l’exploitation des ||
- marais, lagunes et marécages, les cultures appropriées aux sols tourbeux, etc....
- Sylviculture. Manuel pratique, par A. Jacquot. In-8°, 257 p. Berger-Levrault, éditeur, Paris. Prix : 5 fr.
- Manuel réellement pratique où l’on trouvera condensées toutes les notions indispensables de l’économie forestière : culture, entretien et amélioration des forêts, assainissement, aménagement, gestion, exploitation des bois. La question toute d’actualité du reboisement donne à cet excellent traité une importance d’autant plus grande qu’on y trouvera clairement et méthodiquement traité tout ce que doit savoir le propriétaire ou le régisseur d’un domaine forestier.
- Manuel de la fabrication de la glycérine, suivi d’un aperçu de la Chimie technologique des matières grasses, par Feld et Vortsman. i vol. 146 pages. Chez H. Grossmann, 1, rue de la Herse, Douai, 1913. Prix : 5 francs net.
- L’anaphylaxie, par Ch. Richet, 2e édition, in-18, 286 p., Alcan, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Richet, le titulaire du prix Nobel de cette année, expose en cet ouvrage sa plus importante découverte, dont nos lecteurs connaissent déjà tout l’intérêt.
- Le Passé du Pyrênéisme, par H. Béraldi. In-8°, Paris, igi3 (non mis dans le commerce) : t. I, les Pyrénées avant Ramond ; t. II, Ramond avant les Pyrénées, i'° partie.
- Ce nouvel ouvrage du savant bibliophile refond, avec une documentation plus précise, le t. I de Cent ans aux Pyrénées. Après les t. III et IV nous aurons La seconde découverte des Pyrénées : les tours d’horizon de Schrader. — Comme d’habitude nous exprimons le regret que l’édition soit restreinte de ces études si curieuses et si importantes pour l’histoire de la Découverte des Pyrénées.
- Revue de géographie, publiée sous la direction de M. Ch. Vélain, t. VI, Paris, Delagrave, 1912, in-8°. Prix : i5 francs.
- Renferme trois intéressantes études de M. E. Clias-signeux sur l’Irrigation dans le delta du Tonkin, de * M. le Dr Louis Lehmann sur l’Irrigation dans le Valais et de M. Erland Nordenskiold sur la Vie des Indiens dans le Chaco (Amérique du Sud). Les deux premières sont d’ordres historique et économique, la troisième fourmille de données curieuses sur les moeurs, fêtes et légendes des Indiens de l’Amérique du Sud.
- La science et la réalité, par le Dr Pierre Delbet. In-18, Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- La plupart des ouvrages de philosophie scientifique, publiés dans ces dernières années, semblent avoir pour but de jeter la suspicion sur la science. L’auteur de ce nouveau livre se propose au contraire d’établir la valeur absolue de la science. La conclusion qui se
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- BIBLIOGRAPHIE
- dégage de son ouvrage est que la science est libérée de toute empreinte humaine. Bien qu’imprécise et fort •incomplète, elle nous fait cependant connaître la réalité.
- Problems of Genetics, par W. Bateson. In-8, 258 p., lig. et pl., Yale University Pi’ess, New-Haven, Connecticut. Prix : relié, 20 francs.
- Conférences faites à l’Université de Yale. Bateson
- y étudie le problème de l’évolution du point de vue génétique. On y trouvera clairement exposés le problème des petites espèces cordaniennes, la théorie des mutations, la critique de l’influence du milieu, etc. Sa conclusion est que les facteurs actuels ne permettent pas d’expliquer l’apparition des nouvelles variétés que nous devons nous contenter de noter soigneusement, en attendant que les progrès futurs permettent leur interprétation.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 déc. 1913 . 2°, 9 S. 2. Couvert. 0 Gelée blanche ; couvert jusq. 13 h. ; beau ensuite ; couronne lunaire.
- Mardi 9 1°, 4 S. 3. Couvert. 0,1 Gelée blanche; bruine de 13 à 17 h ; couvert.
- Mercredi 10 ... . 7°, 3 W N. W. 2. Couvert. 0,3 Pluie de 2 h. 10 à 33; couvert ; lorlc brume.
- Jeudi 11 8°, 6 N. W. 2. Couvert. 0,1 Couvert; bruine l’après-midi; très forte bruine.
- Vendredi 12 ... . 7°, 2 S. W. 2. Couvert. 0,1 Couvert; brume; bruine de 21 h. à 24 b.
- Samedi 13 8°, 3 W. N. W. 2. Pluie. 0;1 Couv. jusq. 10 li.; très rmag. ensuite; brouillard à 9 h.
- Dimanche 14 . . . 0°, 5 S. S. W. 2. Beau. 9 Couvert; gelée blanche ; halo.
- DECEMBRE 1913. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 1913.
- Lundi I Mardi | Mercredi l Jeudi | Vendredi | Samedi ' Dimanche
- G MIDI G hl ! N 6 MIDI G MIN G MIDI G. MIN G MIDI G MIN C MIDI G MIN G MIDI G MIN G MIDI G
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 9 au i5 décembre. — Le 9. Profonde dépression sur l’Islande et le N. de l’Europe : Seydisfjord, 722 mm; Christiansund, 789; pressions élevées sur le S. : maximum à Belfort, 774 mm. Pluies et neiges sur le N. de l’Europe; beau temps en France, sauf sur le littoral de la Manche. Temp. du matin : Kuopio, —140; Moscou, — 4: Clermont-Ferrand, — 2; Toulouse, -j- 4; Nantes, 8; Calais, 10; Brest, 11; Alger, i5; moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 3°,2). — Le 10. Fortes pressions sur l’O. :
- « Bretagne, 773 mm; la Corogne, 774: profonde dépression sur le N. et l’Islande; neiges et pluies sur le N., le Centre et l’O. 1 Clermont-Ferrand, 25 mm; Biarritz, 6; Dunkerque. 5; Charleville, 3. Temp. du matin : Spitz-berg, —170; Uleaborg, —12; Moscou, —5; Belfort, -|- 5 ; Nantes, 9; Alger, 11 ; Biarritz, 12; moyenne à Paris : 4°.7 (normale : 3°,i). — Le 11. Hautes pressions sur l’O. : Bretagne, 772 mm; dépressions sur la Russie et l’Islande : Isafjord, 732. Neige et pluies sur le N. et le Centre : Ouessant, 8 mm; Puy de Dôme, 5 ; Belfort, 4* Temp. du matin : Uleaborg, — 170; Moscou, -f- 1 ; Berlin et Belfort, 4 ; Biarritz et Paris, 9 ; Alger, 12 ; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 3°, 1). — Le 12. La dépression d’Islande s’étend vers l’E. et le S. : minimum aux îles Féroé : 738 mm; pressions plus basses sur l’O., voisines de 770 mm sur le Centre et le S -O. de la France.
- du Bureau Central Météorologique.
- Neiges et pluies sur la moitié N. de l’Europe. Temp. du matin : Uleaborg, — io°; Moscou, —4; Belfort et Clermont-Ferraud, 4; Toulouse 7; Brest, 10; Alger, 12; moyenne k Paris : 8°.4 (normale : 3°). — Le i3. Pression élevée sur l’O., supérieure à 770 mm sur lTrlande et le golfe de Gascogne dépressions sur l Islande (7 î7 ) et le N. : Stockholm 741 • Pluies sur le N. et l’O. : cap Gris-Nez, ri mm; Servance, 7; Cherbourg, 5; Brest, 3. Temp. du matin : Arkhangel. —110; Saint-Pétersbourg, o; Clermont-Ferrand, —|— 4; Toulouse, 6; Nancy. 7; Brest, 9; Alger, 11; Malte, i5; moyenne à Paris : 7°,q (normale : 2°,9). — f,e 14. Fortes pressions sur l’O. : Bretagne, 775; dépressions sur la Scandinavie (Helsing-fors : 739) et l’Islande. Neiges en Russie; pluies sur le N. et le Centre de l’Europe : Rochefort, 3 mm. Temp. du matin : Arkhangel, — i3°; Nantes, — 1 ; Charleville, 0; Bordeaux, -(-3; Brest, 8; Perpignan, 10; Alger, 13 ; moyenne à Paris : 6°,8 normale : 2°,9). — Le 15. Pression supérieure à 770 sur l’O et le S.-O. ; dépressions sur la Russie (Riga : 748 tnml et l’Islande. Pluies sur la moitié N. de l’Europe: en France, quelques ondées dans l’E. Temp. du matin: Christian a, —5°; Toulouse, —1; Marseille, -f-4 ; Alger, 12; moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 20,8). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 13, à 3 h, x min. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Na.tur& » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2118. — 27 DÉCEMBRE 1913.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- L’orbite de 0 Céphée. — Les Céphéides constituent une classe particulièrement intéressante à cause de la relation qui existe entre leurs variations de lumière et la vitesse radiale : en outre, ô Céphée est assez brillante pour supporter une étude avec grande dispersion. Le caractère binaire de ô Céphée fut découvert par Belo-pnlsky (Astron. Nachr. i36 [i8g4|, Astroph. Journal 1 [«895] à la suite des mesures de vitesse radiale effectuées à Pulkowo avec un spectrographe : il conclut à un groupe à éclipse, comme dans le système d’Algol ou celui de p Lyre. Etendant ses mesures de 1894 à 1908 (Milteil Pulkowo, 3 [1909]), le même auteur conclut que la vitesse du système ô Céphée est variable, avec une période de 6,36 années. Des anomalies aussi étranges légitiment l'importante élude que J. Moore a voulu entreprendre avec les ressources si puissantes du mont Hamilton (Lick Observatary, Bulletin. n° »34) : il y a un excellent accord avec les détermina ions de Belo-polsky, sauf en ce qui concerne l'excentricité. Certaines petites corrections sont apportées aux courbes de lumière, mais l’intervalle de temps est trop court pour trancher la question si importante de la variation de vitesse. Si l’on songe aux innombrables observations visuelles faites à propos des Céphéides et de 0 Céphée en particulier, aux documents photométriques du Dr Stebbins (Astroph. Journal, t. 27 [1908]) et aux éléments spectroscopiques dont il s’agit ici, on voit que cette c'asse de variables est aujourd hui une des mieux élud ées, une de celles qui, à côté de quelques points mystérieux encore, permettent les conclusions les plus précises.
- Une éruption aux Nouvelles Hébrides. — Une
- éruption volcanique d’une grande violence s est produite à l ile d Ambrym (Nouvelles-Hébrides), le 6 décembre. Les dégâts sont considérables et le nombre des victimes s’élève à ioo. Cinq cratères se sont ouverts dans la région de Deeppomt sur laquelle mte pluie très épaisse de cendres et scories n’a cessé de tomber du 6 au n décembre. La configuration de la côte de Deeppomt est absolument tr ns formée. Toute la population de la région a dù abandonner les lieux.
- Sur la réduction des sulfates alcalino-terreux. —
- L’étude de la réduction des sulfates alcalino terreux, de baryum, de strontium et de calcium, à l’état de sulfures, présente une grande importance industrielle, car c’est généralement de ces corps que l’on part pour préparer les sels de ces métaux, du moins pour les deux prè-miérs. M. Marinô a déterminé à ce sujet les températures de réduction de ces sulfates alcalino-terreux par différents gaz réducteurs : l’hydrogène les réduit vers 525-55o°; l’oxyde de carbone, vers 640-670°; le méthane, vers 676-700°. Ces nouveaux modes de réduction pour-
- raient peut-être concurrencer le procédé de réduction des sulfates alcalino-terreux par le carbone.
- Action de la décharge silencieuse sur l’amidon.
- — Jusqu’à ces derniers temps, il était admis que l'amidon ne pouvait se détruire ou se transformer que sous" des influences d’ordre chimhjue ou biologique; mais l’emploi des rayons ultra-violets a permis d étendre celle faculté à certains agents physiques. La décharge électrique silencieuse provoque aussi cette action ; c’est ainsi qu’un empois d’amidon à 1 pour 100, soumis pendant environ 2 heures à cette décharge, se transforme en grande partie en glucose; la transformation est presque totale si l’expérience est prolongée pendant 3 heures.
- Une nouvelle source de force motrice. — On vient d’utiSiser. pour la première fois, la puissance de jail is -sement d’une source artésienne à la production de l’électricité en Australie. En effet, à Thargomindah, dans le Queensland, on vient d’équiper, au moyen de turbines et de dynamos, un puits artésien dont le jaillissement convenablement utilisé donnera pour l’éclairage de la ville une puissance utile de 65oo kilowatts 11 est rare d’avoir une pression et un débit aussi élevés qu'à Thar-mindah, mais il existe sans doute des cas assez nombreux où, avant d’utiliser l’eau jaillissante, on pourrait en extiaire utilement un certain nombre de chevaux de puissance, sans nuire eu rien aux autres emplois de l’eau obtenue.
- La sécurité en chemin de fer. — Un ingénieux statisticien a calculé" sur les bases les plus sérieuses qu’aux Etats-Unis, pour 2275 122 voyages sans accident, il y a un seul voyage dangereux. Eu sorte que, pour quelqu’un prenant tous les jours le chemin de fer pour aller à ses affaires et eu revenir, il n’y a qu’une chance d’accident en 3792 années! Comme en France, les catastrophes de chemin de fer sont encore infiniment plus rares qu’aux Etats-Unis, on voit qu’on peut voyager longtemps et souvent avant que la statistique ne vous condamne à mort !
- Le réseau ferré des Indes. — Durant l'année 1912, les Indes ont mis en service 668 milles (1068 km.) de voies ferrées, ce qui porte à 33 484 milles (53 574 km) la longueur totale du réseau en exploitation. Au 3i décembre 1912, ou comptait 2455 milles (3928 km) de voies en construction. Le bénéfice net qu’a produit le réseau a été de 823 33 lakhs de rou lies (soit environ 137 260000 fr.). 417 a3o ooopassagers ont été transportés (contre 389 860000 pour iqit). Les voyageurs ont payé en moyenne par mille (1609 m.) 2,45 pies (un peu plus d’un centime). 78470000 tonnes de marchandises ont été transportées.
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- 'soit une augmentation de 7,21 millions de tonnes sur 1911. Le coût du transport d’une tonne par mille a été de 4,66 pies (un peu moins de 5 centimes). Le Times, à qui nous empruntons ces chiffres, ajoute que les charbonnages des Indes et de Birmanie ont produit un total de 14 710000 tonnes, soit une augmentation de 2 millions sur 191-1. L’importation de charbon anglais est tombée de 245 o4o tonnes ( 1911 ) à 144 800 tonnes.
- Une fraude originale sur les compteurs à gaz à paiement préalable. — Les faits suivants se sont passés à Honolulu, et sont relatés par notre confrère Y Industrie électrique. Le îirecteur de la Compagnie du gaz de Honolulu savait qu’un abonné fraudait, et, depuis un an, le personnel de la Compagnie cherchait en vain à savoir comment. On ne trouvait rien dans la boîte à monnaie du compteur à paiement préalable et cependant il y avait consommation visible de gaz. On avait beau remplacer le compteur, on n’arrivait pas à prendre l’abonné en défaut. Quand les contrôleurs de la Compagnie l’interrogeaient, il répondait qu’il ne manquait pas de gaz et qu’il, ne mettrait pas de monnaie dans le compteur tant que le gaz ne lui manquerait pas. La Compagnie, menaça, écrivit, envoya des inspecteurs, le tout sans résultat. De guerre lasse, elle fit offrir à l’abonné la forte somme, avec promesse de ne pas le poursuivre s’il révélait son secret. Il la prit au mot et un rendez-vous fut fixé pour les explications. Le moment venu et devant les représentants de la Compagnie, l’abonné exhiba un moule en fer et une machine à glace à éther, versa dans le moule un peu d’eau qu’il transforma en quelques secondes en un disque de glace ayant les dimensions de la pièce de monnaie, introduisit ce disque dans la fente du compteur en faisant marcher la manivelle, et eut ainsi sa provision de gaz assurée. Quant au disque de glace, une fois tombé dans la boîte à monnaie, il s’empressa d’y fondre, sans laisser la moindre trace du détournement de gaz dont il avait été le complice inconscient.
- Acclimatation du Tinamou. — Le Tinamou, cet oiseau de l’Amérique du Sud dont l’aspect et le vol rappellent nos râles, a été introduit en France, comme nouveau gibier, il y a quelques années. Les Tinamous voient bas, peu de temps, ce qui n’est pas une recommandation pour les chasseurs; de plus, effrayés, ils entrent dans un curieux état cataleptique, la tête tombante, le corps flasque, mais, aussitôt à terre ou lâchés par le chasseur qui les croit morts, ils ouvrent les yeux et prennent brusquement leur vol avec un grand bruit d’ailes, au grand étonnement du Nemrod surpris par cette résurrection. Dans leur pays d’origine, les Tinamous sont très prolifiques et c’est même cette qualité qui les fit introduire en France. Mais ici, on n’avait ob" serve de pontes que dans les faisanderies, les individus lâchés en liberté disparâissant sans laisser de descendance. Cette année, nous apprend le Bulletin de la Société nationale d’Acclimatation, on a pu obtenir, tant en France qu’au Jardin Zoologique de Londres, des petits de l’espèce tachetée (Nothura maculosa). Vers la fin de juin, on vit dans les hautes herbes un Tinamou mâle couver trois œufs dans un nid rudimentaire formé de quelques brins d’herbe et de feuilles. Aussitôt éclos, les petits furent abandonnés et auraient .certainement péri si on ne les avait confiés à une poule qui en prit soin. L’élevage du Tinamou en France est donc encore loin d’être réalisé.
- Introduction d’animaux marins en Nouvelle -Zélande. — La Nature a déjà signalé (n° 2036) les essais d’acclimatation de nouveaux poissons en Nouvelle-Zélande. Dans les eaux douces, on a réussi à acclimater la truite arc-en-ciel, le saumon à dos bleu, le saumon de Californie, la carpe, la tanche, la perche. Dans les eaux marines, on a essayé d’introduire des harengs, des plies, des aiglefins. Un rapport récent de M. T. Anderson, au Ministère de la Marine d’Angleterre, relate les derniers essais effectués. Au mois de janvier dernier, M. Anderson a transporté de Plymouth à Port-Chalmers (Nouvelle-Zélande) 43 homards, 5o crabes et 3oo jeunes turbots vivants; presque tous sont arrivés en bon état le ier mars et.seront.utilisés pour des expériences d’acclimatation. Par contre, 60000 œufs de harengs, placés dans des appareils réfrigérants pour retarder leur incubation, n’ont pas survécu au delà du 14 février, peut-être à
- cause d un accident survenu dans la distribution d’eau,, si bien que l’introduction du hareng en Nouvelle-Zélande-n’est pas encore réalisée cette année.
- Conservation des raisins de table par les Chinois.
- — M. J. Ph. Wagner vient de faire à la Société nationale d’Agriculture une intéressante communication sur la manière dont les Chinois conseivent leurs raisins de table. On sait qu'en France, on obtient des raisins en toute saison en faisant des cultures forcées et qu’on conserve jusqu en hiver les grappes coupées à l’automne, mûries au plein air ou sans abri, et portées sur des fragments de sarments, en faisant tremper l'extrémité de la branche dans des flacons remplis d eau et qu’un peu de charbon de bois empêche de se putréfier. Les Chinois ont une méthode toute différer te. Les grappes de raisins, choisies saines, sans aucune tare, sont coupées avant d’êlre complètement mûres et plantées dans des betteraves à sucre aussi profondément que possible. Les betteraves, munies chacune d’une ou plusieurs grappes suivant leurs grosseurs, sont placées dans un endroit frais et sec, sorte de silo, recouvert d’un réseau de fil de fer, surmonté d’une feuille de papier ou de toile sur laquelle on tasse une épaisseur de terre de 10 à 25 cm. Ainsi enfermées dans cet espace clos, obscur, sec où l’air ne se renouvelle pas, les grappes mûrissent lentement et s’enrichissent en sucre aux dépens de la betterave dont elles absorbent le jus. On peut ainsi conserver les raisins frais jusqu’en février, mars, et même au delà. Le procédé est assez simple pour tenter des amateurs.
- - Septième centenaire de Roger Bacon. — Un Comité s’est formé récemment en Angleterre pour commémorer en 1914 le septième centenaire de la naissance du célèbre moine et philosophe Roger Bacon. Une statue lui sera élevée et, ce qui est mieux encore, grâce à l’activité de M. Picavet, de la Faculté des lettres de Paris, dont on connaît la haute compétence en ce qui concerne l’histoire des philosophies au moyen âge, l’édition définitive et complète de ses œuvres (dont beaucoup sont encore inédites) semble en voie d’aboutir. On a vu récemment, ici même (22 novembre 19x3, p. 429), comment M. Duhem, en étudiant les Précurseurs parisiens de Galilée, a montré qu’en dépit de préjugés simplistes la physique était déjà au xive siècle, au moins chez un petit groupe de savants, entrée dans la voie expérimentale qui devait assurer son bel épanouissement du xvne siècle. Roger Bacon se rattache éminemment, et un siècle plus tôt, à ce même mouvement, trop ignoré. Comme l’a rappelé M. Picavet (Académie des Sciences, i3 octobre), Roger Bacon a cherché, avant Descartes, à appliquer les mathématiques à la physique, « pour en tirer l’explication de toutes choses ». De même, son optique est supérieure à celle de Witelo, dont Képler commenta les écrits avant de se livrer à ses recherches originales. Les fragments publiés en 1614 de son Opus majus ont été utilisés par les contemporains avec les travaux de Scheiner et de Képler. Précurseur de la chimie véritable et delà réforme du calendrier, il paraît enfin n’avoir pas été sans influence lointaine sur la découverte de l’Amérique. 11 se distinguait, suivant M. Picavet, profondément des plus grands de ses contemporains, Albert le Grand, saint Thomas d’Aquin, Ain-cent de Beauvais, en ce que tandis, que ceux-ci se contentaient de faire la « somme » des connaissances acquises par les Grecs, les Arabes et les Juifs, et leur synthèse au point de vue chrétien, il s’efforçait, par l’observation et l’expérience, d’en vérifier la valeur et de les augmenter de jour en jour. Ingénieur en même temps que penseur, il a aussi, dans la conception des « engins » qu’il a ou réalisés ou (plus souvent) projetés et rêvés, devancé des inventions qui se sont réalisées depuis et quelques-unes très tardivement : poudre à canon, vaisseaux sans rameurs, voitures sans attelage, miroirs comburants, lentilles grossissantes, etc. Il faut ajouter que Roger Bacon n’a pas été non plus un « cas » isolé, dans son temps et que, lui aussi, se rattachait certainement à une tradition préexistante. C’est ainsi que, dans ses « inédits », il affirme être redevable delà meilleure partie de son savoir scientifique à un certain Pierre de Maricourt, qu’il appelle le « maître des expériences», et dont le nom, semble-t-il, paraît bien indiquer une origine picardè.
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- "Électricité
- Une nouvelle borne à ressort pour les fils électriques.— Cette nouvelle borne, imnginée par M.Schmid, l’inventeur du Morsophone, est appelée à remplacer toutes les bornes actuelles à vis. Elle se présente sous de même aspect que ces dernières, mais elle comporte, intérieurement, un trou cylindrique pratiqué verticalement dans l'axe de la borne. Au fond de ce trou est placé un ressort à boudin sur lequel appuie un piston terminé par un bouton supérieur Le piston peut donc glisser verticalement dans le cylindre : il est maintenu constamment dans une même position par un prisonnier intérieur engagé dans un méplat pratiqué dans le piston. La borne est percée, comme les anciennes, d’un trou dans lequel on engage le fî 1 ; mais le pistou porte un trou semblable! correspondant, lorsque l’on appuie sur
- La nouvelle borne pour fils électriques.
- le bouton, avec celui qui traverse la borne. Ôn engage le fil lorsque les trous sont en face l’un de l’autre et on abandonne le piston à l’action du ressort. Celui-ci cbasse le piston qui serre fortement le fil. On obtient ainsi des contacts parfaits. — M. Schmid habite n, rue de la Gare, à Bar-le-Duc.
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- Les grands instantanés en couleurs sur auto-chromes. — Pour faire de l’instantané en couleurs il faut réunir deux conditions essentielles : i° avoir des émulsions très sensibles; 20 employer un objectif à grande ouverture muni d’un obturateur à grand rendement. Si l’onne trouve pas dans le commerce de plaques d’une extrême sensibilité, ce n’est pas qu’on ne sache pas les fabriquer, mais c’est surtout parce que leur conservation est trop limitée.
- IL faut se résoudre à hypersensibiliser soi-mème les plaques du commerce, ce qui est facile avec un peu de soin. Plusieurs formules de sensibilisation ont été proposées, les plus connues et les plus efficaces sont celles de M. Simmen et celles de M. Monpillard. On les trouve toutes préparées dans le commerce. Afin de faciliter leur emploi, M. Yalot a imaginé un petit matériel très simple qui peut s’emporter en voyage.
- Bien que les plaques ainsi préparées puissent se conserver plusieurs jours, il est toujours préférable de les employer peu de temps après leur traitement.
- Le matériel que M. Yalot a fait construire pour le 9X12 par M. Mackenstein, se compose d’une boîte ayant 34 centimètres de long sur 17 de large et 17 de haut, qui contient le flacon de bain hypersensibilisateur et la cuvette essoreuse. C’est cette boîte elle-même qui est utilisée pour terminer le séchage des plaques ; à cet effet, elle comporte des rainures sur les côtés et un double fond dans lequel on met du chlorure de calcium. La formule de sensibilisation qu’il préconise est celle qui a été décrite par M. Simmen dans le Bulletin de la Société française de photographie (1911, p. 38g).
- Pour hâter le séchage dans la boîte, il est essentiel de faire d’abord un bon essorage; comme celte opération doit se passer dans l’obscurité la plus complète, il ne faut pas qu’elle soit compliquée. M. Valot la résout en laissant tout simplement écouler le liquide lentement. Pour obtenir ce résultat, il a établi une cuve dans laquelle on verse le bain et qui porte des rainures pour recevoir les plaques ; un robinet, dont le débit est calculé en raison du but à atteindre, est placé à la partie inférieure. Au bout de trois minutes, temps l’econnu suffisant pour que le bain pénètre l’émulsion, on ouvre le robinet et on recueille le liquide qui sera utilisé à nouveau ultérieurement, il peut se conserver indéfiniment
- en flacon bien bouché. L’essentiel est que l’écoulement soit réglé de telle sorte que la nappe horizontale, en descendant lentement, entraîne par capillarité, aspire en quelque sorte l’excès de bain qui reste à la surface. C’est là tout le secret de la cuve essoreuse de M Yalot. Cette particularité, en apparence paradoxale, de voir un liquide qui se sèche pour ainsi dire de lui-même, est connue depuis longtemps ; les anciens opéi’ateurs au collodion humide avaient déjà constaté que, au sortir du bain d’argent, la plaque retenait d’autant moins de liquide qu’on la sortait plus lentement. Il n’y a aucun inconvénient à ce que, comme c’est le cas ici, la partie inférieure des plaques baigne plus longtemps dans le sensibilisateur que la partie supérieure. L’action du bain ne doit pas être inférieure à trois minutes, mais elle peut être supérieure sans que cela change quoi que ce soit au résultat.
- Le fait d’hypersensibiliser les plaques permet d’opérer par un temps couvert et d’employer des objectifs de rapidité moindi’e, c’est-à-dire faire usage du diaphragme pour les scènes qui comportent une grande profondeixr de champ, avec premiers plans assez rapprochés. Si, d’autre part, on veut employer des objectifs à très grande ouverture, on pourra, avec des scènes ne comportant que peu de profondeur de champ, arriver au 1/100' et même au 1/200° de seconde; mais cela sera rarement nécessaire.
- Enfin, l’obturateur de plaque pei’mettra encore d’augmenter la rapidité.
- A cet effet, M. Gaumont a fait établir un nouveau
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- type de Spido qui comporte un objectif à — et un obtu-
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- râleur de plaque qui peut se régler même quand il est armé. La pose peut vaxûer du 1/12' au i/xooe de seconde. On peut passer de la largeur maximum de 8 cm d’ouverture de la fente, à la largeur minimum de 1 mm, en tournant une manette placée sur le bouton de remontage; on a encore un autre mode de réglage qui consiste à tendre le ressort moteur pour faire varier la vitesse de la fente devant la plaque. On peut enfin faire la pose en deux temps lorsque le rideau est complètement ouvei’t, comme pour la mise en plaque et la mise au point. Le nouveau Spido ainsi disposé offre donc toutes les ressources nécessaires pour faire de grands instantanés sur plaques autochromes.
- Nous reproduisons ici la formule de l’hypersensibi-lisation qui est employée par M. Yalot pour les grands instantanés en coxxleurs.
- Eau distillée.............. 668 cm3
- Alcool à 4o°................. 333 —
- Ammoniaque à 22°............ 8 —
- Sensibilisateur............... 20 —
- Le sensibilisateur est ainsi composé :
- A) Pinaverdol.................o gr. 5o
- Alcool à 4o°...............2$o cm3
- B) Pinachrome.................o gr. 25
- Alcool à 40°...............a5o cm3
- G) Pyuacyanol.................o gr. 25
- Alcool à 4°°...............a5o cm3
- On mélange pour faire le sensibilisateur :
- A) 35 cm3 B) 35 cm3 G) 18 cm3.
- Objets utiles
- Pour les épingles à chapeaux. — Le piquant problème des épingles à chapeaux est déjà solutionné par les protège-pointes ; mais il paraît que les dames hésitent à s’en procurer parce que cette sorte de petit manchon métallique, plus ou moins artistique, ne, .s’harmonise pas convenablement avec la coiffure. Elles n’hésitent même pas : elles dédaignent souvei’ainement les p r o tè ge-pointe s.
- Il fallait trouver mieux, et c’était assez difficile. En réalité, le remède consiste à couper l’épingle quand elle est trop longue et à l'allonger quand elle est trop courte ; dans tous les cas, il pex’met de maintenir le chapeau sans menacer les passants. Quelque pai’adoxale que paraisse cette solution, elle est cependant très ingénieusement appliquée par M. Ed. Garnier qui fournit,
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- avec une seule tête, toute une série d’épingles de différentes longueurs. Chaque épingle se termine par une partie filetée que l’on visse très simplement sur la tête
- amovible pourvue d’un écrou et d’une petite molette de serrage. Comme la mise en place de l’épingle se fait avant celle du chapeau, le petit travail ne présente aucune difficulté et aucune dame ne se dérobera à ce léger devoir. Le lendemain, on peut arborer un grand chapeau avec une grande épingle et le surlendemain un tout petit avec l’épingle ad hoc. En résumé, il faut avoir une épingle par chapeau; mais la combinaison préconisée par M. Garnier permet d’utiliser, tant qu’elle plaît, une tête d’épingle artistique que l’on préfère, avec n’importe quel chapeau et sans risquer d’éborgner ses voisins. — M. Garnier habite 7, avenue des Tilleuls, à Paris.
- Porte-plume réservoir « Gaud » safety se chargeant avec de l’eau. — Les stylographes seraient parfaits s’il ne fallait pas les recharger de temps à autre et s’ils ne fuyaient pas quelquefois. Ce nouveau porte-plume évite les inconvénients des manipulations d’encre et les fuites; il se charge avec de l’eau qui se transforme en encre au contact d’un bâtonnet d’encre solide placé à l’intérieur. Mais ce qui en fait l’intérêt principal et la nouveauté, c’est que le bâtonnet d’encre n’est pas épuisé après un seul remplissage d’eau, il suffit au contraire pour la quantité d’eau résultant d’un grand nombre de chargements successifs. L’étui chargeur C percé de quelques trous renferme l’encre solide ; il est fixé au bouchon B et par son extrémité formant pointeau vient obturer complètement la partie À où l’on verse l’eau. Pour transformer cette eau en encre il suffit de desserrer d’un ou deux tours le bouchon B, l’étui chargeur démasque alors l’orifice D par où l’eau arrive en contact avec l’encre solide au moyen des petits trous pratiqués dans le chargeur. On fait osciller l’appareil 4 ou 5 fois ou plus suivant la coloration désirée et on revisse à fond le bouchon B.
- Pour écrire, on desserre légèi’ement la jonction inférieure à vis J, l’encre arrive a'ors à la plume avec une régularité parfaite; pour le transport, on ferme la jonction en revissant.
- Lorsque la provision d’encre liquide est épu:-sëe, on dévisse le bouchon B et on remet de l’eau qui se transforme en encre comme précédemment et ainsi de suite jusqu’à épuisement de l’étui chargeur. Ce dernier permet de faire un sixième de litre d’encre liquide, sans autre soin que de renouveler la provision d’eau. C’est donc un service de plusieurs mois dont dispose la personne faisant un usage constant du porte-plume « Gaud ». Quant à l’étui chargeur, il se remplace aussi facilement qu’une plume ; les étuis sont livrés chargés, à la demande, d’encre de couleur ou d’encre communicative.
- Tous les détails de construction ont fait l’objet d’une étude minutieuse ; la plus grande précision est apportée à la construction de toutes les parties et au réglage de chaque porte-plume. Le « Gaud » se trouve chez M. Y. Degen, constructeur, rue de la Perle, 14, à Paris.
- Jouets
- La sablographie. — La sablographie est une distraction artistique à la portée des enfants qui peuven s’initier, à peu de frais, aux mystères des coloris, faire leur apprentissage de la peinture. On peut également définir la sablographie ; une peinture au sable.
- Dans une boîte, sont rangés douze flacons contenant du sable de couleurs différentes. À côté, un flacon de colle; le second compartiment renferme douze godets. Les accessoires sont représentés par deux pinceaux et une planchette sur laquelle on fixe les dessins à colorier à l’aide de quatre punaises. Une enveloppe contient un
- certain nombre de dessins ; l’enfant peut en augmenter la collection de lui-même, dès qu’il commence à dessiner à peu près correctement.
- Il commence par enduire de colle, avec un pinceau, la partie du dessin qu’il désire teinter, puis, avec une petite spatule également contenue dans la boite, il prend le sable qu’il a préalablement versé dans un godet et en projette une petite quantité sur la partie humide. Le sable s’attache et le surplus est rendu au godet en inclinant la planchette. Les autres parties du dessin subissent le même traitement, à tour de rôle, avec des sables différents et le sujet prend un joli aspect de peinture en relief. Naturellement les sables peuvent être mélangés pour modifier les teintes. Cette initiation à la peinture nous paraît intéressante, car les enfants aiment tous à mettre des couleurs sur du papier; tous sont de petits barbouilleurs et cette passion enfantine n’est pas de celles que les parents doivent combattre. — La sablographie est en vente chez M. Kratz Boussac, x4, eue Martel, Paris.
- Le Sablograplie.
- Le zèbre savant. — Les animaux savants ayant tenu la chronique en haleine pendant quelque temps, M. Jean-net, l’un des inventeurs les plus en vue des concours Lépine, n’a eu garde d’oublier qu’il est' possible de
- rendre un âne ou un zèbre mécanique aussi savant qu’on le désire. Celui de M. Jeannet répond à trois questions posées l’une après l’autre en appuyant sur les trois boutons placés en face du zèbre.
- D’abord le zèbre ne tient pas du tout à être un âne et il secoue énergiquement la tête de droite à gauche quand on lui pose la question insidieuse : « Etes-vous un âne têtu ? » Mais si on lui demande : « Etes-vous un zèbre malin? » il agite convenablement la tète de bas en haut pour manifester sa satisfaction. Enfin, si on lui dit : « Montrez votre talent », il se dresse gentiment sur ses pattes de derrière et reste dans cette position, pourtant anormale pour un zèbre, aussi longtemps qu’on le désire.
- Les trois boutons I, II, III commandent chacun un levier placé dans le socle du jouet, comme le montre notre dessin.
- Al’intérieurdela jambe arrière du zèbre un levier vertical D peut être actionné par le bouton I dans le sens vertical et latéralement par le boulon IL Dans le premier cas, on fait répondre NON à l’animal par
- le mouvement oscillant de la tête, de droite à gauche. Le levier D agit en effet sur une sorte de balancier H qui oscille horizontalement en entraînant la tête. Avec le levier B (boulon II) on exerce une traction sur le levier L et la tête oscille d’avant en arrière. Enfin, le bouton III agit sur le levier C qui tire fortement sur la queue de l’animal et oblige celui-ci à osciller autour de l’arliculation E de ses pattes arrière. Le zèbre se soulève. — L’inventeur est M. Jeannet, rue d’Alésia, 9, à Bécon (Asnières) Seine.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Qtft..
- La préparation de l'encaustique. — Le préfet de police, ému du nombre assez élevé d’accidents survenus dans la préparation de l’encaustique à chaud, a demandé au Conseil d’hygiène les recommandations à faire pour éviter ou diminuer les accidents. M. Lindet, qui a été chargé d’étudier la question, a fait une enquête auprès des frotteurs professionnels, des valets de chambre, des employés de magasin Or, les uns emploient l’encaustique préparée à froid et s’en trouvent bien; d’autres préparent l’encaustique à chaud et s’en trouvent aussi bien. La divergence d opinions tient à ce qu'e les uns et les autres n’emploient vraisemblablement ni la même cire, ni le même dissolvant.
- Les cires vendues dans le commerce pour le cirage des parquets ne sont pas des cires pures d’abeilles ; celles-ci sont tr.ip chères et on les additionne communément pour cet usage de stéarine, de paraffine, de cire
- de Camauba. Or, tandis que la cire pure d’abeilles, mise en petits fragments, se dissout très bien en 24 heures dans l’essence de térébenthine, les autres cires ne s’y dissolvent pas; de plus, l’essence de téré-bentine, qui n’est cependant pas d’un prix très élevé, est fréquemment adultérée par addition de pétrole.
- Ces détails expliquent comment, dans certains cas, l’encaustique ne peut être préparée qu’à chaud. Beaucoup de ceux qui l’emploient ont la précaution de faire le mélange et îa dissolution au bain-marie loin de tout foyer et les accidents signalés de brûlures, d incendie sont dus à la maladresse ou à l’ignorance des gens qui n’observent pas cette sage précaution. M. Lindet insiste pour que la préfecture fasse connaître la nécessité, pour la préparation de l’encaustique à chaud, de s’éloigner de tout foyer et de faire opérer la fusion sur un bain-marie retiré du feu et sans lumière ni foyer voisin. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Contre lés scorpions. — Nous avons reçu un certain nombre de réponses à la question posée par un de nos lecteurs.
- M. Fillatreau, propriétaire-colon en Tunisie, nous dit : « Un procédé pour la destruction des scorpions autour des fermes : avoir beaucoup de volailles ». M. Deroye, de Tunis, répond : « Un procédé pour attraper, empoisonner ou chasser les scorpions, je n’en connais pas, mais en voici un pour les détruire, ce qui est mieux : i° dans les maisons, les chats sont les ennemis-nés des scorpions dont ils se régalent; 20 hors des maisons lâchez les poules, elles n’en laisseront pas un. » Mme Mé-nétret, qui a vécu en Perse où les scorpions sont nombreux, nous dit : « Les Persans ont imaginé le piège suivant qui leur réussit très bien ; dans un endroit obscur de la maison, on établit un lit de sable mouillé recouvert de quelques briques cassées Tous les matins, on soulève les briques; les scorpions s’y donnent rendez-vous, car ils préfèrent les endroits obscurs et humides. Les poules font la chasse aux scorpions et les tuent d'un coup de bec. Les chats les tuent d’un coup de patte sans se faire piquer. Ceci peut vous paraître invraisemblable. Moi-même je ne pouvais le croire et, pour y ajouter foi, il m’a fallu être témoin d’un pareil fait. J’avais mon petit chat à côté de moi, me tenant compagnie; tout à coup, je le vis donner un rapide coup de patte ; je regardai ce qu’il avait pu ainsi attraper, un scorpion gisait à terre et Minet de me quêter une récompense comme prix de son adresse. » Enfin un autre de nos abonnés propose d’essayer le sulfure de carbone.
- La cause est donc entendue. Contre les scorpions, lâchez les chats et les poules. La chose est simple et facile à pratiquer.
- Pour mouiller facilement les poudres. — On a
- parfois des difficultés pour réaliser le mouillage de certaines poudres comme la fleur de soufre, le lycopode, l’indigo. Il est très facile de rendre ces produits instantanément môuillables en leur mélangeant de o,5 à 3 pour roo de savon en poudre bien sèche. Essayée au Laboratoire de La Nature, d’après un brevet allemand, la méthode fut reconnue très efficace et fort commode.
- Engraissement artificiel des pigeons. — Il se vend tous les ans une énorme quantité de pigeons à Paris et à Londres. Les pigeons italiens forment les deux tiers de la consommation mondiale, les pigeons français et belges l’autre tiers.
- Pour que fi engraissement artificiel soit efficace, il faut maintenir les oiseaux au repos, dans l’obscurité et dans l’immobilité la plus complète. La température doit être de 18 à 20° et l’atmosphère plutôt humide que sèche. Les pigeons doivent être sains et bien en chair.
- L’engraissement peut être pratiqué toute l’année, mais 1 époque la plus favorable est de mai à juillet quand la reproduction est le plus active et que la vente est favorisée par l’absence de gibier.
- Pour commencer l’engraissement, on choisit le mo-
- ment où les plumes commencent à apparaître sous les ailes et où l’on voit bien distinctement les tuyaux des plumes des ailes et de la queue, ce qui arrive entre le 20e et le 25° jour après la naissance.
- La base de l’alimentation pour l’engraissement est le millet du Danube mélangé de lentilles, de blé et de riz. Il n’est pas bon d’employer du maïs, ni du sarrasin, ni des pâtes employées d’ordinaire pour l’engraissement des oiseaux de basse-cour. Le millet du Danube doit former les trois quarts de l’aliment et c’est seulement l’autre quart qui est constitué par les graines recommandées ci-dessus. Le millet français peut remplacer celui du Danube, mais il a l’inconvénient de coûter plus cher. Le millet est mis à macérer 12 à i5 heures dans l’eau froide et les autres grains sont donnés tels quels.
- Le temps nécessaire pour l’engraissement est de 2 à 5 jours, 6 au plus, parce que, passé ce temps, les pigeons n’en éprouvent plus aucun effet. On reconnaît d’ailleurs qu’on doit le cesser quand il reste encore dans le gésier au moment du repas une certaine quantité d’aliments du repas précédent.
- Les gaveuses mécaniques ne peuvent servir puisque ce ne sont pas des pâtes, mais des graines qui sont données aux pigeons. Deux personnes sont nécessaires pour pratiquer l’engraissement. Un aide présente les pigeons un à un à l’opérateur. Il les tient par la tête avec la main gauche, le pouce et l’index de chaque côté du bec, tandis que de la main droite il maintient les pattes et le bout des ailes. L’opérateur introduit alors dans le bec ouvert la quantité d’aliment qu’il juge nécessaire et l’enfonce avec le doigt. Le pigeon est ensuite mis dans un panier et ces paniers sont placés dans des caisses superposées dans un endroit obscur. Un bon opérateur traite 800 pigeons à l’heure.
- Le jour où l’on doit tuer les pigeons, on les alimente légèrement; on leur donne quelques heures avant 800 grammes d’eau légèrement salée afin de blanchir leur chair et de lui donner un grain plus fin; on les maintient ensuite à une température de 25 à 3o° C, afin que l’eau salée produise tout son effet. (D’après la feuille d’information du Ministère de l’Agriculture.)
- Pour graver sur le bronze. — On forme une surface très satisfaisante en fondant et mélangeant intimement i/3 de cire d’abeille, i/3 de brai végétal et i/3 d’asphalte. Le mélange ainsi obtenu est appliqué à chaud : on y ménage les réserves nécessaires, puis on grave au moyen d’un mordant convenable, par exemple 1 partie d’acide nitrique pour 4 parties d’eau. Lorsque la morsure est assez profonde, on rince à l’eau et l’on nettoie très facilement la surface avec un chiffon imbibé de benzine ou d’essence.
- Pour imperméabiliser les toiles de bâches. — On
- dissout à chaud dans l’eau du savon et on ajoute une solution de sulfate de fer. il se précipite un savon de fer insoluble qui, lavé, séché, puis mélangé à l’huile de lin, donne un vernis souple, imperméable et ne craquant pas.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont sit-nalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme at. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Rectification. — Dans le petit article que nous avons récemment consacré à la façon de distinguer l’antipyrine du pyramidon, il s'est glissé une petite erreur. Le collaborateur de M. Gerké est M. d’Amélia et non pas M. d’Aurélia.
- Renseignements. — M. Monrocq, éditeur, Le Perreux. — Pour regarnir les joints d’un carrelage, employer le ciment métallique dont formule est donnée p. 298 des Recettes de la maison (3 francs relié, chez notre éditeur).
- Un abonné, à Paris. — Merci de votre observation. Nous savons que les colles de dextrine et amidons grillés conviennent au collage du bois et sont économiques. Mais notre recette ne concernait que les adhésifs très usuels, et on ne trouve pas des dextrines chez tous les épiciers comme la gélatine ou la gomme arabique. Si vous avez coutume d employer la dextrine pour collage sur bois, voudriez-vous nous envoyer la description de votre façon d’opérer ? Nous insérerions bien volontiers cette intéressante recette.
- Abonnement 2012-1086. — i° Pour donner à l’albâtre une teinte jaunâtre indestructible à la lumière, faire baigner longuement dans une solution de sulfate ferreux, puis essuyer et exposer au soleil. — 20 Le dépilatoire indiqué dans les Recettes de la maison ne fait pas épaissir le poil, et ne retarde pas sa croissance qui se poursuit normalement; il permet tout simplement d’enlever la partie du poil dépassant la peau. En raison de l’action des sulfures sur l’épiderme, il serait dangereux d appliquer le dépilatoire aussi souvent qu’on se rase par exemple : il faut le réserver pour les duvets et poils follets qu’on peut fort bien n’enlever qu’une fois par semaine. — 3° Les vibrations de flammes sont des phénomènes de résonance très connus : la plupart des traités de physique s’en servent comme exemple classique montrant l’influence des vibrations les unes sur les autres quand elles sont en rapport simple.
- M. Rross, à Bruyères. — Le goût du bouchon du vin est, en effet, dû à la mauvaise qualité des bouchons; on peut l’éviter en parallinant ceux-ci, on peut le faire disparaître par traitement à l’huile (Voy. p. 258 des Recettes de la campagne, in-12 relié, 3 francs, chez notre éditeur).
- M. L. le Doyen. — Quand on trouve dans une eau des vers de vase... elle n’est évidemment pas potable! Nous ne croyons pas que la connaissance de la faune d’une eau puisse sérieusement renseigner sur son degré de potabilité. C’est la flore microbienne qu’il faut connaître : d’où nécessité d’une analyse bactériologique.
- M. Bailly, à Bourd. — i° Pour rendre plus mobile un bain de plomb fondu, vous pourriez essayer d’y allier d’autres métaux en vous guidant pour les points de fusion à obtenir d’après les nombreuses formules du volume Travail des métaux (p. 212 et suivantes) (in-12, 4 fr. 5o ; Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins) ; 20 le zincage par immersion en bain de métal fondu n’est jamais extrêmement solide tout simplement parce que la couche de zinc fixée reste très mince (moins de 10 millièmes de millimètre). On peut avoir plus de solidité en opérant par électrolyse.
- M. Macqueron, à Meudon. — Le benzol, avec la naphtaline, l’aniline, et le phénol, sont les plus importants des composés organiques contenus dans le goudron de houille. Dans la distillation du goudron, on a entre 5o et 2000 des huiles légères de densité 0,84 constituant l’essence légère de houille (6 pour 100 du poids) composée en majeure partie de benzol; entre 2000 et 2200 on a des huiles lourdes (25 pour 100 du poids) contenant naphtaline, aniline et phénol; ensuite on a des portions encore plus lourdes et enfin un résidu ou brai. — Le benzol est lavé à l’acide sulfurique, puis à la soude, pour éliminer la naphtaline et les produits sulfureux dont la présente à la combustion donnerait de l’acide sulfureux néfaste pour le moteur. — Ce lavage fait aussi disparaître les goudrons qui encrasseraient et boucheraient les
- divers filtres de la canalisation et du carburateur. Le liquide obtenu est rectifié, on obtient de la benzine pure par distillation entre 80 et 1200. Mais dans l’intervalle on a divers benzols qui sont à 35, 4°--- 90 pour 100 suivant qu’ils contiennent des produits distillant au-dessous de ioo° dans la proportion de 35, 4o--- 90 pour 100. Ces benzols out des applications particulières, les uns servent à préparer les couleurs rouges, les autres les bleues, etc., suivant leur composition même. C’est le benzol à 90 pour 100 qui est utilisé dans les moteurs, il est constitué par 84 pour 100 de benzène, i5 pour 100 de toluène et 1 pour 100 de xylène. Ces benzols s’emploient dans les moteurs par un simple réglage du carburateur utilisé pour l’essence, augmenter le poids du flotteur, et diminuer le diamètre du gicleur. 11 est bon de prévoir aussi un rechauffage un peu plus énergique. Son inconvénient en hiver est de se congeler assez facilement. On y remédie par une adjonction d’un peu d’essence qui se mélange très bien et ne trouble pas le fonctionnement de la carburation. Avec 20 pour 100 d’essence le point de congélation descend au-dessous de — 120 Tout ce qui précède vous indique les conditions que doivent remplir les benzols pour automobile. Il ne doivent contenir ni naphtaline, ni goudron, ni produits sulfureux : à cette condition ils sont sans aucune action sur les organes du moteur. — Vous trouverez des indications sur ces corps dans les ouvrages de chimie, ou dans la plupart des ouvrages récents concernant l’automobile.
- M. le Dr Bureau, à Nantes. — Réargenter une glace est, en effet, le seul bon moyen de supprimer les taches du tain. Mais cela ne coûte pas 3o francs par mètre carré : au Comptoir général du trust français des gla-ceries, on demande, croyons-nous, 4 ou 5 francs (8, rue Boucry, Paris). Par ailleurs vous trouverez dans les Recettes du laboratoire (p. 72) des recettes pour argenter les glaces, et dans les Recettes de la maison (p. 157) un procédé de réparation du tain (2 vol., 3 francs relié, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain).
- M. Joliot, rue Grenier-Saint-Lazare, à Paris. - Par principe, nous ne faisons au Laboratoire de La Nature aucune analyse particulière payante. Mais, selon le genre des produits à essayer, nous pouvons vous indiquer des laboratoires commerciaux spécialement bien qualifiés dans chaque cas.
- M. J. M. Lecou, à Bucarest. — a) Pour tous renseignements sur le patinage et la décoration des bronzes d’éclairage, voir les Recettes de l’atelier (Masson, édit., 120, boulevard Saint Germain, 3 fr. relié) et la Coloration des métaux (Desforges, édit., 29, quai des Grands-Augustins, 3 fr. broché). — b) Le mastic Serbat (p. 100 des Recettes de l’atelier) est d’une nuance se rapprochant du bronze patiné noir; pour vous donner une formule sûre, il faudrait connaître la teinte de votre bronze. — c) Le stuc est plus brillant que le plâtre aluné, la différence de prix est minime. — d) On peut sans laver peindre à l’huile sur murs badigeonnés avec enduits à la colle : il suffit de bien frotter avec une brosse en fils métalliques. — d) Il s’agit sans doute de chauffage central par la vapeur à basse pression ? Dans ce cas, comme par l’eau chaude, les tuyaux ne sont pas habituellement couverts de calorifuges : ils servent, dans une certaine mesure, de radiateurs, ce qui n’est pas un mal, et la chaleur ainsi perdue est petite, parce que la surface est faible, et la température interne pas très élevée. — e) Autres réponses prochainement.
- M. Hijo de Antonio Elosegui, à Toloza. — Voir les Recettes de la maison, p. 240 et 241 (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain, 3 fr. relié). L’imperméabilisation par huilage est surtout à recommander dans votre cas.
- M. K.-G., à Soultzsbach. — Pour détruire un arbre assez fort — un sureau — ayant poussé entre un mur et un mausolée, dans un cimetière, arbre qui menace d’endommager la construction, et que l’on ne peut, faute de place suffisante, arracher complètement avec ses racines, il est indiqué de recourir à l’emploi d’un ingrédient chimique, en procédant de la manière suivante : le diamètre de l’arbre étant suffisamment gros, percer, avec une tarière, quelques trous obliques dans le tronc, et remplir ces trous avec une solution concentrée d’arsé-niate de potasse, produit que l’on peut se procurer aisément dans le commerce, chez les marchands de pro-
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- duits chimiques : de la sorte on réussira à tuer cet arbre par empoisonnement, l’arséniate de potasse se répandant dans les canaux séveux. Ce procédé a été bien des fois employé avec succès pour détruire des arbres, même très gros.
- M. Charles J. à Moscou. — Plusieurs formules de mixtures pour empêcher les courroies de glisser sont données dans le volume Fabrication des produits d’entretien pour usines, par Ehrsam (Dunod, édit., quai des Grands-Augustins, in-8°, io fr. broché).
- M. Perrin, à Barsac.— Des renseignements, d’ailleurs succincts (mais nous n’en connaissons guère de plus complets) sont donnés sur Vagglomération des sciures de bois, par Colomer et Lordier, dans leur ouvrage : Les combustibles industriels (Dunod-Pinat, éditeurs, 49» quai des Grands-Augustins, Paris).
- M. Allary, à Brest. — i° Il est parfaitement exact que les surfaces convexes sont plus stables que les surfaces concaves; mais c’est Y aéroplane entier qui est retourné dans les expériences de Pégoud : la situation relative des centres de gravité et de sustentation est donc inversée pendant le vol à l’envers. — 20 II est au contraire inexact que la qualité portante soit la même à l’envers
- et à l’endroit : l’appareil tombe rapidement pendant la deuxième phase de l’expérience de Pégoud (il perd i oo m. pour se retourner et i5o m. pour se rétablir, d’après les indications de M. Blériot).
- M. A. Sait, à Saint-Maur-les-Fossés.— i° La maison Méker, 3y, rue Danton, Levallois-Perret, vend de petits fours à gaz, à brûleur tangentiel, permettant de fondre l’or sous la moindre pression. — a0 S’agit-il de conserver les rameaux feuillus du buis, ou dubois? — 3° Les spécialités pharmaceutiques prônées dans les réclames sont de composition souvent secrète; mais on trouve des formules analogues aux dosages réels dans le formulaire des spécialités de pharmacie et de parfumerie, par Cerbelaud (in-8, ih francs, chez Maloine, rue de l’Ecole-de-Médecine).
- Question à nos lecteurs. — Un de nos abonnés nous demande des renseignements sur une poudre végétale provenant’ du Japon, et qui, dissoute dans l’eau chaude, servirait pour imperméabiliser les tissus. Ce produit, nommé Konjalnt, n’est mentionné dans aucun ouvrage concernant cette spécialité. Un de nos lecteurs d’Extrême-Orient pourrait-il nous renseigner sur son origine ?
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le 5° Salon de la locomotion aérienne : II. Ciiasseriaud. — Les Cavernes de Moravie : E.-A. Martel. — Académie des sciences; séance du 8 décembre : Ch. de Villedeuil. — Le billet de banque parlant : Y. Forbin.
- Supplément. — Vitesse fantastique de la nébuleuse d’Andromède. L’essaim des petites planètes. — Le « rayon de courbure » et l’intensité des réactions chimiques. — Récentes expériences sur l’anabiose. — L’oxyde de carbone dans l’antiquité. — Nouveau procédé de conservation du bois. — Action de l’eau de mer sur les parties cuivrées des constructions maritimes. — Les grouses d’Ecosse. — Un bureau téléphonique flottant. — L’application du gaz d’éclairage au gonflement des ballons.
- Vorage en France, par Ardouin-Dumazet. 3e édition refondue et considérablement accrue des 18e série : Flandre, et 19e série : Hainaut et Cambrésis. 2 vol. in-12, de chacun 400 p., nombreux croquis. Berger-Levrault, éditeurs, Paris. Prix : broché, 3 fr. 5o; relié en percaline, 4 fr.
- Mis à jour avec le plus grand soin, en tenant compte des grandes transformations économiques de ces pays, ces deux livres ont été complétés par de nouveaux passages, notamment sur le littoral de Flandre et la région montueuse de Cassel. Le développement des grandes villes : Lille, Roubaix, Tourcoing, Dunkerque, a été particulièrement étudié. Signalons aussi les chapitres consacrés à la région orientale du Hainaut, cette trouée de l’Oise qui redevient d’une si haute importance pour la défense de notre pays. Le lecteur retrouvera dans ces pages nouvelles toutes les qualités de style et de vie qui ont fait le succès dix Voyage en France.
- La conquête du Maroc (mai 1911-;nars igi3), par le colonel Sainte-Chapelle, i vol. grand in-8°, avec 2 cartes. Berger-Levrault, éditeurs, Paris. 1913. Prix : 3 fr. 5o.
- Ce livre contient le récit de tous les événements militaires, politiques et diplomatiques qui ont marqué au Maroc ces deux dernières années, si remplies d’événements tragiques, de hauts faits guerriers. Il montre le développement progressif et sûr de notre protectorat.
- Pour l’ouvrier moderne : écoles, classes, cours, examens professionnels, par C. Caillard. In-8° de vm-282 p., avec figures. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Prix : 4 fr. 5o.
- La publication de ce volume a pour objet de faciliter la tâche des départements, des communes, des Comités départementaux et cantonaux, des Chambres de commerce, des Associations professionnelles et syndicales, des Sociétés de toute nature ou des particuliers qui veulent organiser l’enseignement profes-
- sionnel. On y trouve les moyens à employer avec types d’écoles ou de cours fonctionnant déjà, ainsi que des programmes d’examens professionnels. Le choix délicat de professeurs, de contremaîtres, de contremaîtresses, d’instructeurs, est également envisagé.
- Traité de téléphonie. Extraits de American Téléphoné Practice, par Ivempster B. Miller, traduit de l’anglais par Gilles, i vol. in-8° de 264 pages et 210 figures. Geisler, éditeur, Paris, 1 g 13. Prix : 6 francs.
- Le livre original constitue une encyclopédie dans laquelle tous les sujets ayant directement rapport à la téléphonie ont été traités. La traduction n’a retenu que les chapitres les plus importants concernant l’organisation des bureaux centraux téléphoniques.
- Etudes minéralogiques sur VIndochine française : minéraux, minerais, gisements, eaux et limons, industrie minérale, indigène, statistique, par Gaston Dupouy. 1 vol. de 438 pages, avec 2 cartes, chez Emile Larose. Prix : 10 francs.
- Ce bel ouvrage, composé avec un soin très attentif par un homme parfaitement renseigné, rendra les-plus grands services à tous ceux qui s’intéressent, scientifiquement ou pratiquement à l’industrie minérale de l’Indochine. Deux cartes en facilitent la lecture..
- L'élevage de l’autruche. Récolte et commerce des plumes, par A. Ménégaux, in-8°, 158 p., fig,, Challamel, éditeur, Paris.
- Cet ouvrage, très documenté, décrit l’autruche, son. plumage, son élevage, la récolte et le commerce des^ plumes. On y trouvera tous les renseignements nécessaires les plus complets et les plus récents sur les-divers élevages pratiqués jusqu’à ce jour.
- Cahiers du service géographique de l’armée, n° 33. Rapport sur les travaux exécutés en igio,in-8°, 62 pages-et 18 planches.
- Ce fascicule expose les opérations effectuées en France, en Algérie, Tunisie et axx Maroc. Une nouvelle triangulation est en cours d’exécution pour la carte au i/5oooo°, notamment dans le massif de l’Oisans. Les planches donnent les tableaux djassem-blage et l’état d’avancement des divers travaux en cours. La carte du Maroc au i/5ooooe comptait, au 3i décembre 1910, 7 feuilles en magasin, 3 en achèvement et 1 en préparation.
- Les maladies sociales, par Paul Gaultier. Paris, Hachette. Prix : 3 fr. 5o.
- M. Paul Gaultier dont nous avons déjà eu l’occasion de signaler les ouvrages sur la vrçtie éducation et sur les grands problèmes de la pensée contemporaine, aborde aujourd’hui un sujet douloureux, celui des maladies sociales qui gangrènent notre France : la
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- BIBLIOGRAPHIE
- criminalité de l’enfance, l’alcoolisme, la dépopulation, la pornographie et le suicide. Pour chacune, il établit son diagnostic sur une enquête méthodique et précise avec chiffres à l’appui, il montre la gravité du mal et il indique un remède. Bornons-nous au cas de l’alcoolisme, la plus déplorable de ces maladies parce qu’elle est peut-être la plus facile à guérir le jour où la communauté s’y décidera résolument et parce qu’elle entre pour beaucoup dans le développement des autres. Il a suffi, en 1880, d abolir le décret qui soumettait l’ouverture des cabarets à une autorisation, pourvoir, en deux ans, s’ouvrir 3a 000 cabarets, non compris Paris, si bien qu’il y a aujourd’hui en moyenne 1 cabaret pour 82 habitants et, dans 1 Eure, i cabaret pour 11, tandis qu’en Suède il en existe 1 pour 5ooo, en Angleterre 1 pour 43o, en Allemagne 1 pour 246.’ Et, à ce chiffre, il faut ajouter les bouilleurs de cru qui, par leur vente clandestine, font perdre 100000 millions par an au Trésor. Le premier remède à employer est élémentaire : limiter les cabarets. Les Suédois et les Norvégiens, les Américains, les Hollandais nous ont montré l’exemple. La lutte contre l’alcoolisme doit être engagée résolument et M. Paul Gaultier, en la prêchant, mène le bon combat.
- Précis d agriculture. Agriculture théorique et pratique. Chim.e et comptabilité agricole, par A. Petit. Félix Alcan, éditeur, Paris, 1912. Prix : 3 francs.
- L’ouvrage, très bien fait, est divisé en 4 parties : i° 1 agriculture générale : le sol (sa constitution, son amélioration par l’aménagement des eaux, les engrais, etc.), les phénomènes météorologiques; 2e les cultures spéciales, la viticulture, la cidrerie, la sylviculture, l’arboriculture; 3° le petit et le gros bétail, les animaux de basse-cour, l’apiculture, la sériciculture, la législation concernant les animaux domestiques; 4° aperçus économiques sur les lois, sociétés de crédit, et une comptabilité agricole. En consultant ce précis, le petit propriélaire, l'agriculteur y trouveront ce qu’ils ne doivent pas ignorer.
- La psychologie des phénomènes religieux, par James H. Leuba, traduit de l’anglais par Louis Cons. In-8 444 P- Librairie Félix Alcan, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur s’est efforcé de procéder d’une façon aussi scientilique que la nature des questions traitées le permettait. 11 a puisé ses données dans les travaux de spécialistes de l'anthropologie, de la sociologie et de . la psychologie, et aussi dans des documents qu’il avait . rassemblés lui-même de première main. On trouvera dans ce remarquable ouvrage une série de réponses aux questions si difficiles de la nature de la re igion, . de son origine et de celle de la magie, de ses rapports avec la morale, la mythologie, la métaphysique et la psychologie, l’élude de scs formes les plus récentes et des conclusions sur son avenir.
- The full récognition of Japan, par R. P. Porter. Oxford University Press. Londres, 1911. 1 vol. in-8°, 770 p. 10 sh. 6.
- L'auteur, journaliste anglais bien connu, a réalisé un tableau d’ensemble, aussi complet que possible, de l’état actuel du Japon, surtout en ce qui concerne la situation économique, mais sans négliger les questions artistiques ni même politiques. Fait dans un esprit
- tout objectif, son livre est une véritable mine de renseignements.
- Insect Biographies with Peu and Caméra, par J. J. Ward, In-8°, 206 p., nombreuses photos et microphotographies. Jarrold et Sons, éditeurs, Londres. Prix : relié, 6 sh.
- Nos lecteurs ont pu déjà admirer le talent photographique de M. J. J. Ward. Ils le retrouveront avec plaisir dans cet ouvrage et ne prendront pas moins d’intérêt aux biographies d’insectes qui l’accompagnent. Ces interviews d’insectes chez eux, dans leur vie libre, sont parmi les plus intéressantes que nous connaissions, et elles sont présentées parfaitement.
- Desert and Water Gardens of the Red Sea, par Cyril Crossland. In-8°, 158 p., 91 fîg., 2 cartes. Cambridge University Press. Prix : relié, 10 sh. 6 d.
- La région décrite par l’auteur : environs de Suakin et Port-Soudan est une des moins connues du monde. C’est un désert, peuplé de quelques nomades, bordé de récifs. M. Crossland a étudié sur place les habitants et les récifs de coraux et donne de ces derniers une description fort intéressante, de laquelle nous comptons parler bientôt dans celte Revue.
- The tribes of norlhern and central Kordofan, par H.-A. Mac Michael. Cambridge. University press., 1912.
- 1 vol. in-8° de 269 p., 10 sh. 6 (Camb. Archæol. and Ethn. séries).
- Le Kordofan, province administrative du Soudan anglo-égyptien, à l’ouest du Nil, au nord du Bukr et Gazai, a pour population : les Nitba, qui sont les autochtones, les Arabes nomades du Nord, et une race mêlée arabe et noire. Le présent livre, laissant les Nuba de côté, fait l’histoire générale du Kordofan (les Pharaons, l’occupation romaine, la domination arabe, la conquête égypto-lurque, l’insurrection ma-d iste) puis, une à. une, l’histoire de chacune des tribus actuelles. Carte, index, bibliographie.
- Researches on Irritability of Plants, par Jagadis Chuxder Bose In-8°, 376 p., 190 fig. Longmans, Green and C°, éditeurs, Londres, 191.3. Prix : rel é, 8 fr. 4°-
- M. Bose, professeur à Calcutta, a recherché sur diverses plantes très sensibles, entre autres la sensitive, les lois qui régissent les mouvements dus à 1 irritabilité. Il y a appliqué les méthodes qu’on emploie pour l’étude des muscles et a trouvé une série de résultats nouveaux et intéressants. En effet, au degré près, les I ssus des plantes montrent exactement les mêmes phénomènes d orientabililé que ceux des animaux; tous les êtres vivants, plantes et animaux, présentent donc identiquement la même irritabilité et l’on peut espérer résoudre sur les plantes les questions difficiles à aborder chez les animaux.
- The Snakes of Europe, par G.-A. Boulenger in-8°, 269 p., 4a fig-. i4 pL, Melhuen et C°, éditeurs, London. Prix : relié. 6 sh.
- Ce livre, écrit par l’homme le plus compétent en herpétologie, contient tous les renseignements nécessaires à l’étude des serpents d’Europe : classification, caractères, coloration, organisation, venins, mœurs, distribution géographique que suit la description de toutes les espèces, la plupart représentées par des | illustrations.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude îom,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEHVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 doc. 1913. 7°, 0 S.W..2. Couvert. D Couvert ; brume.
- Mardi 16 -4°, 5 s. w: 2. Couvert. 1,1 Couvert; bruine de 12 h. à 14 heures.
- Mercredi 17 .... 7°, 1 W N. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert; pluie de 9 h. à 10 h ; forte brume.
- Jeudi.18 2°, 4 N. 3. Très nuageux. J» Nuageux; jusqu’à 151i. ; couvert ensuite; gclce blanche.
- Vendredi 19 ... . 1°, 6 N. N. E. 3. Beau. » Beau ; gelée blanche.
- Samedi 20 4°, 5 N. N. E. 2. Beau. » Beau ; gelée blanche; faible brouillard dans la soirée.
- Dimanche 21 . . . 6°, 1 N. N: E. 2. Beau. » Beau ; gelée blanche; givre ; brume.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiéne publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « Là Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (Wj
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2119. — 3 JANVIER 1914
- SUPPLEMENT.
- IgC
- Une nouvelle comète <1913 f.). — D’après un télégramme de M. Hussey, transmis à M. Pickering, directeur de l’observatoire de Harvard college, une nouvelle comète, la sixième de l’année 1913, a. été découverte le 17 décembre 1913 par l’astronome Delavan. Elle était assez faible, de 11e grandeur, visible dans un grand télescope. D’après une observation de M. le Dr Graff, On distinguait un petit noyau de 3o" et une courte queue. L’éclat de cette comète va augmenter, car elle se rapproche du soleil. Une première orbite, calculée par M. Kobold, a donné, comme date du passage au périhélie, le 2 mars 1914.
- La loi de Bode. — Les distances des diverses planètes au corps central sont entre elles comme les termes d’une progression géométrique auxquels on aurait ajouté un nombre constant 0,4. Sans doute, cette loi n’est pas parfaite : elle représente même assez mal la distance d’un corps lointain comme Neptune; mais, du moins, sa simplicité même lui donne un caractère fort intéressant au point de vue historique. Avec de bienlégèi'es modifications dans sa forme, la loi de Titius, dite loi de Bode, s’applique en effet à un grand nombre de systèmes célestes et l’on a été conduit à penser qu’elle avait un caractère cosmogonique réel. Mais cette tendance de lui accorder des rapports avec la mécanique originelle n’est pas sans un grave danger. En effet, si les planètes ou leurs satellites ne lui obéissent pas d’une façon tout à fait satisfaisante, rien n’est plus tentant que de dire : cette loi s’appliquait exactement aux distances originelles ; si elle est quelque peu en défaut aujourd’hui, c’est la cause seule des perturbations mutuelles, ou de l’effet des marées, qui ont apporté de lentes modifications. C’est-à-dire que les systèmes se sont trouvés formés, brusquement, avec des distances satisfaisant la loi de Bode! Or, rien n’est plus simple, puisque tous les auteurs admettent au contraire un processus progressif à partir d’un état nébulaire : les marées et perturbations ont eu tout loisir d’exercer leur action, par conséquent, pendant les lentes transformations et les mots mêmes de distances originelles ne gardent plus grand sens. Cette grave critique subsistant, il faut reconnaître que la dernière tentative de miss A. Blagg (Monthly Notices, t. LXXIII, n° 6) n’est pas sans intérêt : introduisant un logarithme moyen pour la progression des distances, l’auteur trace une courbe qui ressemble à la courbe d’éclat d’une étoile variable et périodique ; chaque astre est alors un point, plus ou moins voisin de la courbe, tout comme les observations d’une variable se répartissent tout autour de la courbe de lumière. Il reste à expliquer les écarts et pourquoi, précisément, les
- points ne sont pas tout à fait sur la courbe. Nous ne suivrons pas l’auteur dans ses développements sur les actions perturbatrices..., mais il nous a paru utile de signaler une nouvelle tentative, assez ingénieuse, sur ce sujet. ;
- Emploi de la conductivité électrique pour distinguer les couleurs naturelles des couleurs artificielles. — En Russie, on a trouvé récemment, dans la mesure de la conductivité électrique des solutions de matières colorantes, un moyen simple et sûr pour distinguer les couleurs artificielles des couleurs naturelles animales ou végétales et pour reconnaître leur présence dans les substances qui ne doivent contenir que ces dernières. On a étudié jusqu’ici un certain nombre de colorants artificiels et naturels ; et prenant comme unité la résistance d’une solution donnée d’un colorant artificiel, on a déterminé la résistance des autres colorants, en solutions aqueuses ou alcooliques. On a constaté que les solutions aqueuses des colorants d’origine animale ou végétale ont une résistance plusieurs fois plus grande que celle des solutions des colorants tirés du goudron de houille ; . la différence est encore plus marquée pour les solutions alcooliques. D’autres recherches ont aussi montré que la mesure de la résistance électrique fournit un moyen précieux pour découvrir l’addition de colorants artificiels aux colorants naturels, particulièrement dans les substances alimentaires. Si ces conclusions se généralisent, il y aura là un procédé précieux et facile à employer pour distinguer les deux sorles de matières colorantes et pour dépister les fraudes alimentaires qui sont à l'ordre du jour.
- Essais rapides des couleurs et teintures. — U
- s’agit ici des couleurs organiques, généralement dérivées des goudrons de houille, et des teintures qu’elleB servent à obtenir. On a constaté que les couleurs suivantes : bleu de méthylène, violet de méthyle, vert Victoria, magenta, éosine, blanchissent à la température ordinaire sous l’action d’une solution convenablement concentrée d’eau oxygénée; on peut disposer l’expérience de façon à en faire un essai de stabilité. L’ordre de stabilité des couleurs ci-dessus dépend de la durée des expériences. Si l’on prend comme critérium Je blanchissement complet, l’ordre de stabilité est le suivant : bleu de méthylène, violet de méthyle, éosine, vert Victoria, magenta. L’arc au mercure sous quartz produit aussi le blanchissement, mais dans un ordre différent. Les laques, c’est-à-dire les combinaisons des matières colorantes avec une substance métallique, sont sensiblement plus stables à l’action de l’eau oxygénée et de la
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- INFORMATIONS
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- lumière que les couleurs correspondantes. On a constaté également que le blanchissement de certaines couleurs, telles que le bleu de méthylène et l’écarlate, sous l’action de la lumière, est fortement accéléré par la présence de glycérine. Cette sensibilisation est due à la formation d’aldéhyde et les couleurs qui ne blanchissent pas par réduction sont insensibles à l’action de la glycérine. Sous l’action de la lumière et de l’air, la glycérine, au contact de ce dernier corps, donne de l’aldéhyde glycérique qui px’ovoque le phénomène en question.
- Rendement des pompes Humphrey à Chingford.
- —i Les pompes Humphrey installées au réservoir de Chingford, en Angleterre, comprennent quatre grosses pompes d’un débit journalier effectif de plus de 200 ooo m3 et une « petite » pompe débitant de son côté plus de ioo ooo m5 par jour à une hauteur de 8 à 9 m. A la suite d’essais de longue durée, les rendements suivants ont été constatés : consommation, environ 435 gr. d’anthracite par cheval-heure effectif, mesuré en eau élevée ; rendement thermique des pompes (rapport entre la quantité d’énergie contenue dans les gaz utilisés et de travail effectif récupéré), 22,40 à 22,5o pour 100. Les constructeurs avaient garanti que la consommation ne dépasserait pas Soo gr. par cheval, mesure en eau élevée. On voit qu’ils ont largement tenu la garantie donnée et réalisé un rendement d’autant plus remarquable que la compression était faible dans les pompes à explosion en raison de la faible hauteur de refoulement.
- La télégraphie sans fil en chemin de fer. — La
- Compagnie américaine du chemin de fer de Lackawanna poursuit depuis quelque temps des essais d’emploi de la télégraphie sans fil à bord de certains de ses trains. La possibilité de communiquer entre les trains en marche et les stations présenterait bien souvent en effet une réelle utilité. C’est ainsi, d’ailleurs, qu’au cours des essais, un conducteur étant tombé malade, son remplacement fut possible à la station sans perte de temps, le suppléant ayant été prévenu par sans fil. De même, dans un autre cas, le train en essai étant comble, un •wagon supplémentaire put être préparé d’avance et accroché sans retard au train à son arrivée en gare. L’exacte observation des horaires est une nécessité de plus en plus impérieuse du chemin de fer moderne et de ce point de vue seul l’adoption de la télégraphie sans fil à bord des trains serait justifiée, mais il y a des raisons de sécurité et des arguments de commodité qui favoriseront les progrès rapides de ce mode de communication en Amérique surtout où nombre de trains sont déjà pourvus de postes téléphoniques permettant aux voyageurs de se mettre à chaque station, pendant l’arrêt, eu communication avec le réseau général; la possibilité de télégraphier à tout instant, en route, serait dans ces conditions bien accueillie sur les grands express américains.
- Association des Parcs nationaux de France. — A
- la suite de l’initiative prise par M. Mathey, conservateur des forêts, à Grenoble, de constituer un premier parc national français, dans la vallée du Haut-Vénéon (cirque de la Bérarde, Isère), le Congrès international forestier organisé au printemps de I9i3, par le Touring-Club de France, décida la création d’une association des Parcs nationaux. C’est la réalisation des idées que nous avons souvent exprimées ici (*). Nous ne pouvons donc que renvoyer à nos précédents articles pour ce qui concerne la nécessité et l’opportunité de cette création. Mais nous devons tout au moins faire connaître les principales dispositions des statuts. L’association a pour but la création et l’entretien de parcs nationaux et de réserves protégées en France. Son siège social est 65, avenue de la Grande-Armée, à Paris. Pour en devenir membre, il faut adresser au conseil d’administration une demande signée par deux sociétaires. Il y a 6 catégories de membres : fondateur (200 fr. une fois payés) ; à vie (100 fr. une fois payés) ; donateur (20 fr. par an) ; titulaire (10 fr. par an) ; souscripteur (5 fr. par an) ; adhérent (1 fr. an). Le président, pour 19x3, est M. Henri Defert; M. Mathey et le comte Clary sont vice-présidents. Il est à souhaiter
- 1. Voy. n03 1677, 1813, 1862, 1991, 1994, 2018, 204I, 2067, 2097 > —: voir aussi : La Montagne, revue mensuelle du Club Alpin français, juillet, août 19x3.
- que la nouvelle association devienne l'apidement puissante et riche comme celles de Suisse et d’Allemagne, de façonjà pouvoir sauvegarder, à bref délai, le plus grand nombre possible des beaux sites de France qui se trou-vent de plus en plus menacés par les convoitises industrielles et commerciales.
- Champignon monstre. — De temps à autre, on trouve des champignons énormes, qui dépassent de beaucoup les dimensions de ceux que nous sommes habitués à voir. Tel est celui dont un de nos abonnés, M. Bordeaux, avocat à Thonon-les-Bains, nous adresse la photographie. C’est un cèpe des châtaigniers, Boletus edulis, qui fut trouvé très frais, la mousse était pres-
- Un cèpe pesant 1 kg /,oo.
- que absolument blanche. Ses . dimensions sont : grand axe dù chapeau, o m. 2g5 ; petit axe, o m. 23; périmètre, o m. 84; hauteur totale, o m. 21; plus grand diamètre de la tige, o m. x5; son poids atteignait 1 kg 400.
- La culture du thé. aux Indes. — Une siatistiquc officielle citée par le Times nous apporte des chiffres impressionnants sur la culture du thé aux Indes. Depuis i885, la superficie des plantations a augmenté dans la proportion de 108 pour 100, tandis que l’augmentation de la production montait à 3i4 pour 100. Sans tenir compte de la production de la Birmanie, où le thé est transformé en condiment (letpet), la récolte de 1912 a donné en chiffres x'onds 296 millions de livres (une livre égalant 453 grammes). La culture et le commerce du thé occupent aux Indes 643 ooo personnes, et le capital des compagnies engagées dans cette industrie forme un total de 17 millions et demi de livres sterling, so t environ 437 millions de francs. On compte dans le nombre go compagnies indigènes (ayant leur siège social aux Indes) avec un capital de 2 millions et demi fie livres, soit 62 millions de francs. Presque toujours ces compagnies sont prospères; en 1912, 76 de ces compagnies ont distribué des dividendes représentant i3,2 pour 100 de leur capital. Malgré les progrès énormes delà production, l’Inde continue à importer du thé (fourni en grande partie par la Chine) ; en 1912, celle importation a été de près de 9 millions de livres, soit une diminution de 2 millions sur 19x1 ; un peu plus du tiers de eette quantité a été réexpédié comme thé étranger en Afghanistan et dans le Golfe Persique. D’autre part, l’exportation de thé indien a augmenté en 1912 de près de 18 millions de livres.
- Expédition du Dr de Filippi au Karakoram. — Le
- D' de Filippi, dont nous avons récemment analysé le magnifique ouvrage (voir n° 2111) sur le Karakoram, est reparti, en juillet dernier, pour la même région avec le prof. O. Marinelli et plusieurs autres collaborateui’s. L’expédition qui doit durer deux ans a reçu du gouvei’-nement italien tous les instruments scientifiques nécessaires. Le gouvernement indien a accordé une subvention de 25 ooo fr., l’adjonction d’un topographe et diverses autres facilités. Le roi d’Italie a souscrit pour 10000 fr., le Dr de Filippi lui-même pour 5oooo, etc.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Télégraphie sans fil
- Les réglettes du Morsophone.
- Télégraphie sans fil : le « Morsophone ». — La
- passion peut-être excessive que j’éprouve pour tout ce qui concerne les découvertes relatives à la télégraphie sans fil me fait considérer le Morsophone comme l’invention la plus remarquable entre toutes celles qui figuraient au concours Lépine. Il est profondément regrettable que le jury ne l’ait pas ainsi comprise, car l’inventeur méritait un grand prix exceptionnel. Nos lecteurs seront certainement de notre avis.
- La diffusion de la télégraphie sans fil, sa vulgarisation, sont entravées par une grosse difficulté : l’étude des signaux Morse, la pratique de la lecture au son. Les
- plus audacieux amateurs, ceux qui ne reculent devant aucune difficulté, n’ont pas hésité à s’astreindre à un labeur sérieux, à un travail de déchiffrement soutenu et nullement
- encouragé par les sanfîlistes de la Tour Eiffel qui vont toujours trop vite pédant la transmission des dépêches météorologiques. On copie péniblement les points et les traits, puis on s’efforce de déchiffrer une écriture presque toujours indéchiffrable. Beaucoup d’amateurs abandonnent la partie et se contentent d’écouter les signaux horaires.
- M. Schmid, de Bar le-Duc, a sans doute connu ces difficultés, car il a su imaginer une méthode d’apprentissage que nous recommandons vivement à nos lecteurs. Cette méthode comporte un appareillage électrique très simple complété par des réglettes, sur chacune desquelles est gravée une lettre de l’alphabet ou un chiffre. La boîte contient donc 34 réglettes. Ces réglettes sont en carton, en bois, ou en une matière isolante quelconque. Sur une des faces, et à égale distance des extrémités, sont encastrés les signaux Morse, points et traits, représentant une lettre. Ces signaux sont constitués : les points par une masse métallique carrée de 3 mm de côté environ, les traits par une masse semblable, de même largeur, mais de i cm de longueur. L’espace réglementaire entre les points et les traits est respecté.
- L’appareillage électrique est enfermé dans une boîte en bois Comportant une pile et un électi’O-aimant dont l’arinature est montée en trembleur. Les chocs de la palette donnent lieu à un ronflement sonore tout à fait semblable au bruit que fait un parleur-ronfleur utilisé dans la télégraphie ordinaire. Sur la boîte se trouve
- une réglette en bois servant de guide et en face de cette réglette deux contacts métalliques arrondis séparés l’un de l’àutre, montés en ressorts, et reliés l’un et l’autre à chacun des pôles de la pile.
- Pour s’exercer à la lecture au son, il suffit de prendre toutes les réglettes, dans quelque ordre que ce soit, et de les promener sur la boîte en appuyant un de leurs boi ds contre la réglette fixe qui sert de directrice. Lorsque les contacts métalliques constituant une lettre de l’alphabet Morse viennent se placer au-dessus des
- Le ronfleur du Morsophone.
- deux contacts de la boîte, le circuit du ronfleur est fermé et on entend le bruit : bref pour un point, long pour un trait. On s’accoutume ainsi très rapidement aux combinaisons sonores de chaque lettre et, en très peu de temps, ces combinaisons se retiennent.
- Les réglettes portent, sur leur face neutre, une flèche indicatrice qui permet de les placer toujours dans le même sens afin d’en tirer toujours les mêmes lettres. On mélange les réglettes comme on le ferait avec les jetons d’un jeu de dominos, faces sur la table, et on tire au petit bonheur, sans regarder. Quand une lettre est passée et que l’on a bien retenu la combinaison, on regarde la réglette du côté des contacts et on voit si on a réussi la lecture. Sans aucun doute, en quelques heures, le moins bien doué, télégraphiquement parlant, saura reconnaître tous les signaux, les lire au vol, même en augmentant la vitesse.
- Nous n’insisterons pas sur cet appareil qui nous a paru remarquablement ingénieux ; c’est d’ailleurs le seul qui ait été construit jusqu’ici pour permettre à n’importe qui de s’initier aux mystères de la lecture au son. — L’inventeur est M. Schmid, 12, rue de la Gare, à Bar-le-Duc. Les appareils sont de deux modèles : i3 fr. et 25 fr. Dans le premier les réglettes, faites en carton, et le parleur sont renfermés dans un cartonnage ordinaire. Dans le second, les réglettes sont en bois et un joli coffre contient le tout. L. F.
- *»> Automobilisme
- Le bandage élastique « Mello-Marquès ». — Les
- divers essais de roues élastiques n’ayant pas encore entraîné la suppression du pneumatique, les inventeurs ont résolu de tourner la difficulté en imaginant le bandage élastique. Celui que nous allons décrire, inventé par un ingénieur brésilien, M. Mello-Marquès, présente l’avantage immédiat d’être sensiblement du même poids que le pneumatique qu’il remplace ; il s’applique à tous véhicules. Les premiers essais auraient été, paraît-il, fort encourageants.
- Le bandage se compose d’un nombre déterminé de ressorts plats D fixés tout autour de la roue H au moyen de plaquettes spéciales E et de tirefonds F. La roue porte la jante métallique G qui maintient habituellement le pneumatique. Ces ressorts sont fixés sur une seconde jante B constituée par une couronne ou deux couronnes jumelées au moyen de boulons C. Cette jante B porte enfin la bande de roulement A en caoutchouc entoilé.
- Lorsqu’une charge produit l’écrasement des ressorts s’appuyant sur le sol par la jante extérieure, ceux qui leur sont diamétralement opposés s’allongent en sens inverse, car les deux jantes, rapprochées près du sol, s’éloignent à la partie supérieure de la roue. Dans les
- Le bandage élastique « Mello-Marquès ». (Coupe.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- positions intermédiaires, ce déplacement relatif d’une jante par rapport à l’autre tend à déformer les ressorts. Ils réagissent donc tous simultanément lorsqu’une charge vient modifier leur forme normale. De plus, si un ressort s’écrase, ses deux parties supérieure et inférieure appuient sur leur jante respective sur une plus grande
- Vue de face d’une roue pourvue du bandage élastique « Mello-Marquès ».
- largeur qu’à l’état normal; la partie libre du ressort diminue de longueur et sa puissance de réaction augmente. Les ressorts peuvent être mis à l’abri de la boue et de la poussière par des protecteurs en cuir ou en caoutchouc.
- La bande de roulement A en caoutchouc entoilé possède une section triangulaire curyiligne. La charge étant appliquée en son milieu trouve une bonne hauteur de caoutchouc : de plus, grâce à cette forme spéciale, la charge tend à entraîner le caoutchouc de l’extérieur du bandage vers l’intérieur, effet entraînant une plus grande résistance sur ce point qui est celui d’application de la charge.
- De chaque côté du bandage a été noyé un câble qui l’empêche de s’écarter de sa jante B. Dans l’application aux voitures industrielles, on peut opérer avec un seul bandage et des ressorts de largeur appropriée ou avec deux bandages possédant chacun leur bande de roulement spécial. — Le constructeur du bandage élastique Mello-Marquès est M. Maurice Michel, ingénieur, 53, rue Laugier, à Paris.
- *> Photographie <1*
- Le thermophotomètre. — Beaucoup d’amateurs ne se rendent pas compte de l’importance de la température en photographie. Dans le développement, au-dessus de ao°C, le bain est trop rapide; au-dessous de io°C,le dé-: veloppement devient excessivement lent, l’image
- A apparaît difficilement, et souvent l’opérateur attribue à tort ce défaut à un manque d’exposition. Dans l’emploi des papiers au bromure, la température joue aussi un. grand rôle, et une épreuve passant d’ùn bain de révélateur chaud à un bain de fixage plus froid de quelques degrés, risque de se couvrir d’ampoules.
- Le thermophotomètre est un thermomètre destiné à prendre la température des bains ‘photographiques.
- A cause de la forme du réservoir à mercure, la température peut être prise rapidement dans deux à trois millimètres de bain seulement; la lecture est très facile, même W à la lumière rouge du laboratoire. En effet, Il les chiffres des températures comprises entre • îp 14 et i&°C, sont écrits arec une encre spéciale qui les rend seuls visibles. L’amateur peut donc voir très rapidement s’il travaille dans de bonnes conditions ;- s’il n’est pas nécessaire de chauffer ou refroidir son bain, et jusqu’à quel point. — Le thermophotomètre est vendu 1 fr. 75 par M. Victor Leroy, 12, Entre-Deux-Places/Arras.
- I
- Objets utiles
- Le nouveau glissétiquettes Y Z. — Ce petit matériel de bureau mérite d’être signalé à cause de sa grande simplicité. Est-il rien de plus désagréable à mettre en place qu’une étiquette qui doit être changée assez souvent? On la fait tenir par ses extrémités et elle tombe; on la colle et on ne peut plus l’enlever, on la visse et on détériore le meuble.
- Avec les glissétiquettes nouvelles tous les ennuis disparaissent. Ce sont des punaises transformées. Elles portent une pointe centrale que l’on enfonce à l’endroit choisi et une partie relevée en forme de rainure qui se présente verticalement. Lorsque les deux points ont été choisis on enfonce ces glissétiquettes à fond en les orientant l’une en face de l’autre : une seconde pointe les empêche de tourner. L’étiquette est alors engagée dans les deux petites glissières par ses extrémités. On peut donc la remplacer par une autre quand ôn le désire, sans toucher aux petits supports. Le prix des glissétiquettes est de o fr. 40 la boîte de 20 en acier nickelé et o fr. 5o en acier doré. Les 8 bandes d’étiquettes coûtent o fr. 10. Elles sont en vente chez M. Zuber, 36, rue Neuve-des-Boulets, Paris, XI°.
- Coupe
- de l’appareil à nettoyer les vitres.
- Appareil à nettoyer les vitres. — Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs cette nouvelle invention qui permet d’obtenir le nettoyage instantané des vitres, glaces transparentes ou dépolies de n’importe quelle forme ou grandeur, à l’aide d’un appareil très simple et très pratique. Cet appareil, le VVindow Cleaner, a l’avantage de supprimer tous les accessoires encombrants, tels que : échelle, récipients, torchons, peaux de chamois, etc., et d’éviter les chutes, accidents et responsabilités qui en peuvent résulter.
- Dès à présent, et à l’aide de ce simple instrument, une vitre de 1 mètre carré est nettoyée en 8 secondes d'une façon
- parfaite et sans fatigue. L’invention consiste en un appareil dans lequel se trouve assemblés, d'une manière simple, peu encombrante et très pratique, un dispositif de lavage et d’essuyage.
- L’appareil à nettoyer les vitres se compose de quatre parties :
- i° Un récipient métallique A qu'on remplit d’eau additionnée de 1J10 d’alcool dénaturé ; 20 une partie spongieuse B toujours alimentée par ce réservoir, qui sert au décrassage des vitres ; 3° une lame amovible de gutta C permettant d’obtenir l’essuyage instantané par un seul mouvement de haut en bas; 4° un dispositif D pour fixer un manche de longueurappropriée pour atteindre les vitres hors déportée de Vue extérieure de l'appareil la main. . à nettoyer les vitres.
- Toutes les pièces sont montées d’une façon amovible et peuvent être changées ou nettoyées facilement.
- Cet instrument d’un genre nouveau, d’un prix! peu élevé et d’un intérêt incontestable, trouvera sa place partout. — En vente chez Windovv Cleaner, 7, rue Saint-Georges, Paris, au prix de 8 fr. 5o; pour la province, 9 fr. 5o, franco.
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- VARIÉTÉS
- Ou peut-on acheter du bon cidre? — La surproduction qui, cette année, caractérise la récolte des pommes à cidre, attire de nouveau l’attention sur l’excellente et si hygiénique boisson qu’une fabrication rationnelle permet d’obtenir avec elles. Aussi, nombre d’habitants des grandes villes, notamment de Paris, désireux d’apprécier jiar eux-mêmes les qualités et les propriétés curatives que le cidre possède et que le professeur Motais, d’Angers, a si bien mises en lumière, se demandent-ils où ils doivent l'acheter. Je vais le leur indiquer succinctement, en me bornant aux régions les plus renommées.
- Aire de production du cidre. — Le cidre est fabriqué dans 64 départements répartis en neuf régions, mais surtout dans quatre provinces : Normandie, Bretagne, Maine et Picardie qui possèdent les terrains et le climat les plus favorables à la culture des pommiers qui en produisent les fruits.
- Classement commercial des cidres. — Jusqu’ici, on ne connaît vraiment que quatre classes de cidres désignés sous le nom de leur province d’origine : cidres de Normandie, cidres de Bretagne, cidres du Maine, cidres de Picardie.
- Or, par suite de la composition différente des terrains de ces provinces, et plus encore par celle des nombreuses variétés qui en forment la Pomone indigène, le cidre obtenu dans chacune d’elles possède des propriétés physiques, chimiques et gustatives assez particulières pour présenter une caractéristique toute spéciale qui suffit à les bien dilîérencier. Toutefois, avant de préciser cette caractéristique, je tiens à dire que, pour plusieurs raisons, il existe dans chacune de ces régions de très bons cidres de valeur sensiblement égale, au regard de la composition chimique et de l’influence hygiénique, entre lesquels, seul, le goût du consommateur a le droit d’établir une préférence. Il s’ensuit de là que les caractères que je vais indiquer s’appliquent en bloc à l’ensemble des cidres de la province, mais que dans celle-ci il se trouve des zones où ces caractères sont, tantôt très concentrés, tantôt, au contraire, surtout dans les parties limitrophes, très diminués au point de n’avoir plus de différence bien distincte.
- Caractères généraux. — Cidres de Normandie. — Ils sont hauts en couleurs, varient du blond orangé au blond rouge plus ou moins vif, alcooliques 5 à 8°, corsés, parfois un peu amers, assez limpides et fruités.
- Cidres de Bretagne. — Ils sont de coloration moyenne, variant de la nuance ambrée au blond orangé, assez alcooliques 4 à 70, plus légers que corsés, limpides et assez fruités, parfois un peu aigrelets.
- Cidres du Maine. — Ils se rapprochent beaucoup de ceux de Normandie qu’ils concurrencent fortement à Paris depuis quelques années.
- Cidres de Picardie. — Selon la région où ils sont produits, ils ressemblent à ceux de Normandie ou à ceux de Bretagne.
- Il en résulte que les cidres de Normandie et du Maine sont plus colorés, plus alcooliques, plus corsés et sup-
- portent mieux la garde et l’eau que les cidres de Bretagne et de Picardie.
- Provenances. — A côté des caractères généraux propres à la grande région, il en est certains autres particuliers à des centres, à des zones ou à des crus renommés dont la connaissance peut faciliter le choix du consommateur. Aussi comme chaque région peut fournir une assez grande diversité de cidres, voici pour la Normandie, selon que le consommateur désirerait un cidre alcoolique et corsé ou gracieux et fruité, quelques indications plus spéciales. Pour les autres provenances, je ne citerai que les principaux centres dont le rayon de culture est susceptible de produire l’un ou l’autre genre de boisson.
- Normandie. — Cidre alcoolique et corsé : Calvados : surtout le pays d’Auge, Lisieux, Pont-Lévêque, Bozulé et Orbec. — Seine-Inférieure : Pays de Caux, Yvetot, Gournay. — Orne : Alençon, Argentan, Yimoutiers. Cidre gracieux et fruité : Manche : l’Avranchin, le Cotentin, Carentan, Yalognes. — Eure : les plateaux du Roumois et du Neubourg, Pont-Audemer, Beuzeville, Brionne, Bernay.
- Bretagne. — Ille-et-Vilaine : la Guerche de Bretagne, Rennes, Redon, Montfort. — Finistère : Fouesnant, Concarneau, Pont-Aven, Châteaulin. — Côtes-du-Nord : Bi-nan, Pontrieux, Guingamp. — Morbihan : Vannes, Ploermel, Queslemberg.
- Maine. — Sarthe : Saint-Paterne, Ballon, Beaumont, Bonnélable, la Ferté, le Mans. — Mayenne, : Chàleau-Gontier, Craon, Cossé-le-Vivien, Montours, Ernée.
- Picardie. — Somme : Abbeville, Doulens, Rue, Oise-mont, Roye. — Aisne : la Thiérache et le Nouvion, Yervins, Chauny, Saint-Quentin.
- Poirés, — Les amateurs de cette boisson très agréable, surtout à l’état mousseux, pourront la tirer de trois départements : Orne, Eure, Mayenne. L’Orne possède les crus les plus renommés, notamment dans le Passais, Domfront, Mortagne, Fiers. L’Eure en produit de bons dans les environs de Pont-Audemer, Evreux et Bernay ; la Mayenne vante ceux de Lassay, Couptrain, Ambrières et le Horps. Enfin, si l’on me demandait dans quelle région il vaut mieux acheter du cidre, je répondrais : en Normandie, mais j’ajouterais : veut-on un cidre d’une belle robe blond rouge, chaud, corsé, de longue garde et supportant bien l’eau? qu’on le demande au Calvados, surtout au pays d’Auge, et fabriqué avec des pommes tardives; désire-t-on, au contraire, un cidre de la nuance des blés, léger, gracieux, bien fruité et « rappelant son buveur » ? qu’on le tire de la Manche, particulièrement de l’Avranchin, et préparé avec des pommes de seconde saison.
- Mais quelque réputée que soit la provenance, il importe toujours de s’assurer de la qualité du cidre par l’envoi d’un échantillon, car, à cause de la délicatesse et de la diversité de sa constitution, il n'est guère de boisson qui, au cours de son existence, soit autant menacée par les microgermes nocifs que le « beau pommé » ou « la boisson d’or ». A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Quand les dyspeptiques doivent-ils boire? — J’ai fait connaître l’année dernière aux lecteurs de La Nature (Voy. n° du 12 juillet 1912) les recherches de deux physiologistes américains, MM. Nattill et Hanck, touchant l’influence des boissons prises pendant les repas sur la digestion. Ils concluaient que l’on doit boire en mangeant, ce que nous faisons tous depuis des temps immémoriaux, et ils protestaient par là même contre l’application stricte et trop universelle du régime dit sec. A mon avis, entre la restriction complète des bois-soins et l’absorption de quantités considérables de liquide, il y a un terme moyen et qui doit être le bon. Bu reste, les recherchés de MM. Nattill et Hanck étaient d’ordre purement physiologique et s’appliquaient à des estomacs en parfait état.
- Il n’en saurait être de même pour les gastropathes, pour la masse innombrable de dyspeptiques, et notre
- collègue Leven, très compétent sur ces questions de physiologie et de pathologie gastriques, donne dans la Presse médicale des conseils pratiques dignés d’être médités et appliqués par bien des malades.
- On a cru pendant longtemps, et les physiologistes l’ont confirmé, que l’eau ne séjournait pas dans l’estomac et passait en quelques minutes à travers le pylore dans l’intestin. Or, ces données sont erronées et on a pu vérifier le fait maintes fois à l’aide de la radioscopie. L’eau passe très vile de l’estomac dans l’intestin, mais à condition que l’estomac soit en état de vacuité complète; l’eau froide met environ 10 minutes à franchir le col gastro-intestinal; l’eau chaude ne met que 5 minutes environ. Mais, si vous mettez dans l’estomac un aliment quelconque, même en très petite quantité, 3o à 40 gr. de pain ou autie aliment, le liquide séjourne dans l’estomac pendant plusieurs heures. Aussi,
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- HYGIÈNE ET SANTE
- combien de fois snrprend-on à cet examen radioscopique l’erreur de sensation éprouvée par .les malades : tel qui croit avoir l’estomac plein, rempli, l’a absolument vide; tel autre qui se dit l’estomac vide et avoir besoin de le remplir, l’a encore chargé de produits alimentaires.
- Le liquide ajouté en quantité aux aliments et qui séjourne par conséquent longtemps dans la cavité stomacale devient nuisible, il dilue à l’excès les sucs nutritifs, excite les contractions de la paroi musculaire, provoque les spasmes et fatigue à l’excès un organe paresseux ou déjà malade.
- En suivant les conseils de notre confrère, les dyspeptiques, et ils sont légion, trouveront bien souvent un soulagement à leurs maux. Il faut boire avant le repas et de préférence boire chaud, thé très léger, infusions de camomille, tilleul, anis vert; ne jamais boire après le repas ou 2 ou 3 heures après. Les estomacs normaux
- n’ont pas évacué dans ce délai le contenu ingurgité. Voici, par exemple, comment M. Leven dirige le repas. Un malade déjeunant à midi et dînant à 7 heures et demie prendra i5o gr. de boisson chaude à n heures et demie et 5o à 100 gr. au plus au repas ; à 7 heures, il boira encore i5o gr. d’infusion et prendra la même dose qu’au repas du matin. Au total, la ration liquide des repas sera de 4 à 5oo gr., non compris les potages le soir, s’ils sont tolérés et le liquide du premier déjeuner du matin.
- Avec cette réglementation, tout dyspeptique, quelle que soit la forme de la dyspepsie, que l’estomac soit dilaté ou non, trouvera un bénéfice réel. L’alimentation ne causera plus de révolte ou de douleur et la dose de liquide ingurgité est en tout cas bien suffisante pour parer à tous les besoins de l’organisme. Essayez, la méthode est simple et M. Levep a l’expérience de cette innovation bien modeste. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Lessive liquide pour le linge. — Il est facile de préparer soi-même une lessive liquide, de qualité excellente, au moins égale aux marques diverses que lance le commerce. Pour cela, faire tout simplement dissoudre dans fi5 litres d’eau chaude 35 kg de savon noir ordinaire. Après avoir bien remué, on agite et on décante. On peut rendre la lessive plus énergique en ajoutant 1 à 2 kg de sel Solvay, voire même pour avoir encore plus de puissance détersive autant de silicate sodique.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Pour patiner le platine en noir. — Le métal bien décapé est plongé dans une solution aqueuse à 5 ou
- 10 pour 100 de sulfate cuprique, après quoi on le chauffe dans la flamme d’un brûleur Bunsen. Le noir grisâtre obtenu est si solide qu’un décapage à l’acide nitrique ne fait que l’affaiblir, sans le détruire. Il est probable que le cuivre s’allie au platine fortement chauffé, et que si même on enlève finalement le métal attaquable à l’acide,
- 11 reste du platine à l’état réduit, lequel est noir comme on sait. On peut cependant rendre au métal précieux son éclat blanc en décapant dans un bain de bisulfate sodique fondu.
- Comme lors du premier chauffage, il convient d’aller jusqu’au rouge, les pièces à brasures ne peuvent guère être soumises à ce traitement. On peut brillanter les hauts reliefs en frottant avec un chiffon saupoudré d’un abrasif très finement pulvérisé : ceci mênre donne des tons beaucoup plus jolis que le noir uniforme.
- (Laboratoire de la Nature.)
- Poudre à nettoyer. — Voici comment, d’après nos analyses, on peut préparer une poudre blanchâtre vendue dans les grands magasins en boîtes métalliques assez grandes au prix de o fr. 65. Mélanger intimement :
- Sable blanc tamisé................80 gr.
- Soude Solvay...................... 6 —
- Poudre de savon...................14 —
- Tenue au sec, la poudre se conserve indéfiniment. Elle sert à nettoyer les mains, les casseroles, tout ce qu’on veut. Eviter toutefois de l’employer à nettoyer l’aluminium. (Laboratoire de la Nature.)
- Pour combattre la chlorose des végétaux. — On
- sait que [la maladie atteint surtout les plantes végétant eu sols très calcaires, et qu’elle est produite par un manque de fer, que le carbonate de chaux empêche de se solubiliser. M. Mazé, de l’Institut Pasteur, et ses collaborateurs, au cours de nombreuses expériences, parvinrent à combattre victorieusement la maladie en offrant aux plantes des sels de fer ne risquant pas d’être inso-lubilisés par le calcaire. Pour la vigne, le meilleur des traitements préventifs consiste à badigeonner les ceps et les sections de coursons avec une solution de sulfate ferreux; un remède efficace est la pulvérisation sur les feuilles d’une solution de nitrate de fer à 20 gr. par hectolitre. Pour les légumineuses, on préférera un arrosage avec une solution faible de sulfate ferreux.
- (Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences.)
- BOITE AUX LETTRES
- OÉL
- CS*~
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les -faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Question à nos lecteurs. —• Le bruit des fils téléphoniques. — Un de nos lecteurs nous pose un problème difficile que nous soumettons à notre tour à tous ceux de nos lecteurs qui auraient pu avoir l’occasion de résoudre des difficultés du même genre. « Je viens vous demander, nous écrit notre correspondant, ce qu’il faudrait faire pour faire disparaître d’un gros fil de fer, long de 4P m-, les vibrations qu’occasionne le moindre vent. L’administration des Postes et Télégraphes a fait placer sur le toit d’une maison voisine de la mienne une grande herse supportant des fils télégraphiques et téléphoniques. Pour retenir cette herse, solidement posée,
- l’administration n’a rien trouvé de mieux que d’accrocher des fils sur les toits de ma maison, de telle sorte que les chambres qui sont sous la toiture deviennent presque inhabitables tant le bruit occasionné par ces fils, pendant la nuit, est désagréable et énervant. N’y aurait-il pas moyen de remédier à cet état de choses? »
- Renseignements. — M. A. C. G., h Paris. —- Pour enlever les taches d’encre sur le papier, opérer comme il est indiqué dans les Recettes de Vatelier, p. 24. (Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain. Prix : relié, 3 francs).
- M. Charles J., à Moscou. — Porir tout ce qui concerne le cardage, voir le récent ouvrage de Lamoittier : Triage, peignage et filature de la laine (Dunod, édit., 4g, quai des Grands-Augustins. Prix : 20 francs), et celui de Faux : Travail des laines à peigner (Béranger, édit., rue des Saints-Pères. Prix : 35 francs).
- M. Delplanque, à Montferrand. — Relativement aux
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- indications bibliographiques sur le blanchiment, voir le volume Blanchiment, del’Encyclopédie Léauté, qui, étant paru l’an dernier, est bien mis à jour pour toutes les nouvelles publications.
- M. C. M., à Rouen. — L’incident que vous signalez, relatif aux fuites qui se produisent dans tous les joints avec un mélange de glycérine et de carbonate de soude, n’a rien de surprenant. En excluant les raisons d’acidité ou d’alcalinité excessives, qui évidemment expliqueraient, par attaque des surfaces, les fuites constatées, il faut uniquement s’en prendre à la capillarité. Certains liquides visqueux comme la glycérine, le moto-glycérol, etc., ont une capillarité particulière qui les fait s’échapper facilement par les interstices des récipients où on les enferme. L’essence et l’alcool ont des propriétés analogues, mais leurs fuites se voient moins parce que le liquide s’évapore à mesure, et qu’on ne constate son départ que par la vidange du réservoir. Yous pourriez essayer l’alcool à la dose de 25 pour ioo, en ajoutant de temps à autre, quand l'eau ne sent plus, un litre d’alcool. Ce liquide, placé dans le cas d’un
- radiateur, ne s’évapore guère et on peut faire un hiver complet avec une dizaine de litres. Il ne présente aucun inconvénient et on le trouve partout. On peut ainsi employer le chlorure de calcium à la dose de ioo gr. par litre au prix de o fr, 5o le kilogramme, renouveler le liquide de temps à autre, pour éviter les inconvénients qui résulteraient d’une légère dissociation possible. En Russie, on n’opère pas autrement, mais on éprouve, par les grands froids, les plus grandes difficultés pour la mise en route. Pour empêcher l’eau des phares ou des générateurs à acétylène de geler, vous avez deux moyens pratiques, alcooliser l’eau dans la proportion de 25 pour 100, ou la sucrer avec de la mélasse, ce qui ne présente aucun inconvénient, surtout le premier procédé. On peut recommander d’ailleurs l’emploi des bouteilles d’acétylène dissous dans l’acétone, dont le prix est assez faible, et qui sont d’un usage extrêmement commode et propre.
- Abonné 2470. — Il est impossible de répondre à une question médicale, sans voirie malade. Nous ne pouvons donc nous substituer au médecin.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Jouets mécaniques d’auti-efois : Henriquez-Phillipe. — La théorie des mutations et la paléontologie : Jean-Paul Lafitte. — U11 nouveau type de navire de guerre : Sauvaire Jourdan. — Les derniers cèdres du Liban : V. Forrin. — Transmissions sous-marines de force motrice : A. Gradenwitz. — A propos du canal de Panama. — La question de l’or : L. de Launay. — Académie des sciences : Ch. de Yilleoeuil. — La machine à voter : J. d’Izier.
- Supplément — L’orbite de B Céphée. — Sur la réduction des sulfates alcalino-terreux.— Une nouvelle source de force motrice. La séc-irité en chemin de fer.— Acclimatation du Tinamou. — Le réseau ferré des Indes, etc.
- La morale psycho-»ociologique, par G.-L. Duprat, in-18, 410 P-, O- Doin, éditeur, Paris, 1912. Prix : cartonné, 5 francs.
- Montrer qu’en fait la morale psycho-sociologique aboutit à formuler des préceptes de conduite formant un système rationnel, sans dépendre d aucune philosophie métaphysique ou religieuse ou même empiriste et utilitaire. Après avoir indiqué la méthode qui permet de tels résultats, défini l’induction morale distincte de l’induction sociologique, l’auteur a tiré d’une multitude de données sociologiques les formules
- des principaux devoirs et l’indication des principaux droits; puis il a étudié les causes de la faute, le déterminisme des actions morales et immorales pour aboutir à un appel à l’éducation, à la rééducation des anormaux, à la fonnation sociale des futures générations.
- Cours d’hygiène générale et industrielle, par E. A. Batailler et Tresfont. In-16 jésus, avec 148 fxg. H. Dunod et E. Pinat, édit. Paris. Prix : 5 francs.
- Dans cet ouvrage, les notions d’anatomie ont été résumées le plus simplement possible, mais sans oublier les points essentiels. L’hygiène générale, l’hygiène alimentaire, l’hygiène de l’habitation ont été traitées d’une façon complète. Quant aux maladies infectieuses et à l’hygiène industrielle, on a cru devoir leur accorder l’importance qu’elles méritent.
- Comment on installe et administre un cinéma, par E. Kress. Cinéma Revue, 118, rue d’Assas, Paris. Prix : o fr. 75.
- Cette brochure contient des notions nombreuses et variées sur les nécessités de construction et d’aménagement des salles, sur les formalités et règlements imposés aux exploitants par l'Administration pour la sécurité des spectateurs; sur l’installation de la cabine de l’opérateur.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
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- Du 16 au 26 décembre. — Le 16. Basses pressions sur le N. et l’E. : minima aux îles Shetland, <j5o mm et près de Kharkof, 753 ; pressions élevées sur l’O. : Irlande, 770; Limoges, 773. Pluies sur le N., le Centre et l’E. : Charleville, 6 mm; eap Gris-Nez, 3. Temp. du matin : Kuopio, —90; Limoges, —4; Lyon, —2; Toulouse, — 1 ; le Mans, -j-1 ; Marseille, 4: Brest et Alger, 10; moyenne à Paris : 4°>7 (normale : a°,6). — Le 17. La pression barométrique s’élève sur le W. et le N. de l’Europe (Irlande : 777 mm). La dépression de la veille se déplace vers le W. de l’Allemagne (Cassel : 760). Pluies sur le YY. et le Centre du continent. Temp. du matin : Gap, —20; Limoges, o; Paris, -f- 7; moyenne à Paris ; 70 (normale : 2°,6). — Le 18. Fortes pressions sur presque toute l’Europe : maximum sur l’Angleterre :
- 778. Pression un peu basse dans les parages de l’Islande et sur la Méditerranée (Livourne : 761). Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —70; Marseille et Paris : + 2; Nantes, 6; Brest, 8; Alger, i3; moyenne à Paris : 3°,9 (normale : 2°,5). — Le 19. La pression reste élevée sur presque toute l’Europe. Maximum sur l’Angleterre :
- 779. P’aibles dépressions sur la Méditerranée occiden-
- tale (Ajaccio : 762) et sur l’extrême N. (Yardoe : 744). Pluies et neiges sur le N. et l’E. de l’Europe. En France : Pergignan, 22 mm; Cette, 12. Temp. du matin : Charleville, —3°; Paris, —2; Limoges, -j-2; Marseille, 6; moyenne à Paris : —i° (normale : 2°,5). — Le 20. Pressions très élevées des Iles-Britanniques à la mer Noire (Shields et Prague ; 773). Neige sur le N. du continent. Pluies dans le S. En France : Perpignan, 17 mm; Marseille, i5. Temp. du matin : Paris. —5°; Nancy et le Havre, —3; Marseille, +9; Alger, 12; moyenne à Paris : —2°,6 (normale : 2°,4). — Le 21. Pression élevée sur la moitié S. du continent; dépasse 77S sur le Centre et le YY. Profonde dépression dans l’Extrême N. (Yardoe : 784)* Pluies sur le N. de l’Europe et en Italie. Temp. du matin : Budapesth, —70; Paris, — 6 ; Brest, -f- 2 ; Nice, 7 ; moyenne à Paris :
- — 3°,3 (normale : 2°,4). — Le 22. La pression s’abaisse légèrement sur le YY. de l’Europe, en restant supérieure à 775 dans le Centre et l’E. de la France. Dépression sur le S.-E. (Moscou : 742). Neiges dans le N. et l’E. En France : beau temps. Temp. du matin : Moscou,
- — ii°; Paris et Belfort, —8; Nancy, —6; Brest, +2;
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Cette, 5; moyenne à Paris : —5°,4 (normale : 2°,4). — Le a3. La pression baisse sur le W. de l’Europe. Faibles dépressions sur le golfe de Gascogne et sur la Scandinavie (jSo). Fortes pressions sur le S.-E. (Athènes : 769). Pluies et neiges sur le N. et le W. de l’Europe. En France : Dunkerque, i5 mm; Cherbourg, 6. Température du matin : Saint-Pétersbourg, — io°; Besançon, —9; Paris, —6; Nice, +4; Palerme, 16; moyenne à Paris : —3°,3 (normale : 2°,3). — Le 24. Une dépression couvre presque toute l'Europe ; minimum au S. de la Scandinavie (Skudesness : 741)- Fortes pressions sur les Açores. Temp. du matin : Spizberg, — 270; Saint-Pétersbourg, —12; Paris, +1; Lyon, 2;
- Biarritz, i3. Dépression sur l’Islande. — Le 25. Neiges sur le N. du continent. Pluies sur le Centre et le W. En France : Cherbourg, 3 mm; Charleville, 1 mm. Temp. moyenne à Paris : o°,7 (normale : 2°,3). — Le 26. La dépression de la veille s’étend vers le S.-E. (îles Féroé : 741)- Une autre dépression au large de l’Irlande. Pressions élevées sur le S.-W. du continent. Pluies sur le N., le Centre et le W. de l’Europe. En France : Cherbourg, 14 mm; Gris-Nez, i3; Brest, 4-Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, — 220; Clermont-Ferrand, — 6; Lyon, —2; Paris, -j-3 ; Alger, 10; moyenne à Paris : 4°> 1 (normale : 2°,2). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 20, à 4 h. 16 m. du soir.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur ; altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 déc. 1913. 7°, 7 Calme. Brouillard. » Gelée blanche; givre; brouillard de 30 m. à 16 heures.
- Mardi 23 5°, 5 Calme. Couvert. » Gelée blanche ; "ivre ; nuageux ; brume ; brouillard à 21 heures.
- Mercredi 24 ... . 0°, 6 Calme. Couvert. 2,2 Gel bl. ; givre; verglas; pi. et grains de neige le m. ; couvert le m.
- Jeudi 23 2°, 9 Calme. Beau. 0 Gel bl. ; givre ; lin brouill. à 9 h. ; beau jusq. 13 h. nuag. ensuite
- Vendredi 26 ... . 3°, 4 S. W. 3. Couvert. » Très nuageux.
- Samedi 27 4°, 1 S. W. 3. Couvert 6,4 Couvert ; pluie de 10 h. 50 à 14 h. 23.
- Dimanche 28 ... . 2°,-6 N. E. 2. Pluie. 26,7 Pluie dv U h. 30 à 7 h. 50; ensuite neige, cesse à 12 heures.
- DÉCEMBRE 1913. — SEMAINES DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 28 DECEMBRE 1913.
- La courbe suvérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre iz labri à boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l’Institut,
- Professeur à 1 Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit (TTl*}
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2120. — 10 JANVIER 1914
- SUPPLEMENT.
- INFORMATIONS
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- Les oxydations photochimiques. — Certains phénomènes d’oxydation sont accélérés par l’aclion de la lumière et les expériences relatives à cette influence ont déjà tenté un certain nombre d’auteurs. Au sujet de la benzine, Bancroft a récemment observé que, quand ce carbure est oxydé par l’ozone, il se forme surtout de l’acide oxalique ; avec l’eau oxygénée, il se fait un mélange de phénol et d’acide oxalique. Quand le phosphore humide s'oxyde en présence de la benzine, le produit principal est l’acide oxalique quand la réaction a lieu à l’obscurité; mais quand elle se fait en plein soleil, il se forme un mélange d’acide oxalique et de phénol. L’effluve électrique ou le soleil agissent sur un mélange d’air et d’ean pour produire de l’eau oxygénée. A la surface de la terre, la lumière du soleil tend plutôt à détruire l’ozone qu’à le former. Quand le phosphore humide s’oxyde au soleil, le rendement en ozone diminue et celui en eau oxygénée augmente. Ces essais tendent à montrer la complexité de ces phénomènes d’oxydation qui peuvent paraître si simples au premier abord.
- Le radium de la houille.—MM. Lloyd et Cunningham, de l’Université d’Alabama (Etats-Unis), viennent de publier à ce sujet un mémoire capital dans VAmerican Chemical Journal (juillet igi3). Leur méthode a consisté à fondre avec du sulfate acide de potassium le résidu insoluble des cendres des charbons essayés, traitées d’abord par l’acide fluorhydrique et par l’acide chlorhydrique, procédé qui donne une liqueur où se trouve tout le radium présent dans les charbons. Ils ont trouvé que les proportions de radium variaient, suivant les charbons essayés, de 1 à i5, la teneur moyenne étant de 2 gr. i5 de radium par million de tonnes de cendres, ce qui représente o gr. 166 par million de tonnes de charbon. Cette teneur, pour faible qu’elle soit, est nettement supérieure à celle des roches sédimentaires, et le fait semble donc indiquer que les plantes, matière première du charbon, sécrètent des quantités de radium relativement très grandes. D’après la Revue Scientifique (i3 décembre igi3, p. 754) les déterminations des deux savants américains sont tout à fait concordantes avec celles, inédites encore, qu’ont obtenues en France MM. Moureu et Lepape sur des houilles d’origine européenne. Il faut ajouter que le travail de MM. Lloyd et Cunningham sur la houille est le début d’une étude qui se propose pour but la détermination minutieuse de la distribution du radium dans les roches, lès minéraux et les eaux de l’Etat d’Alabama, étude dont il est à peine besoin de souligner l’importance générale.
- Que deviendra l’outillage du Canal de Panama? —
- Maintenant que les travaux du Canal touchent à leur fin, on peut se demander ce que deviendra, après l’achèvement, l’énorme outillage accumulé dans la zone du Canal
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- où il sera sans utilité. L’administration du Canal conservera évidemment une certaine portion du matériel pour les travaux à prévoir dans l’avenir. Quant au reste, on annonce dès maintenant qu’une large part en sera envoyée en Alaska où elle servira aux travaux de port, de mines, et de chemins de fer. Ajoutons qu’il subsistera sans doute peu de chose des véritables villes où s’abritent en ce moment les milliers de travailleurs employés au creusement du Canal. La région panamienne n’offre pas, en temps normal, les ressources nécessaires à la vie de tant de personnes. Ses richesses agricoles ou minières ne justifient pas la présence d’une population si nombreuse. Aussi est-il vraisemblable, qu’après l’achèvement du Canal, on détruira purement et simplement une partie des cités édifiées le long dit Canal par les ingénieurs américains.
- Mines et carrières de la régence de Tunis. —
- M. Berthon vient de donner, dans le Bulletin de la Société de VIndustrie minérale (septembre 1913) des chiffres intéressants à ce sujet. Depuis le décret de i8ç>3 sur le régime légal des mines, on n’a pas enregistré moins de 18 000 demandes de permis de recherches de 3oo hectares chacune, soit le quart de la superficie du territoire tunisien, et il existe actuellement 46 concessions de mines métallifères : 36 pour minerai de plomb, zinc et métaux connexes, 7 pour minerai de fer et connexes, 1 pour mir nerai de cuivre. De 1900 à 1912 les bénéfices nets déclarés par les concessionnaires se sont élevés à 24 millions de francs et les redevances payées à l’Etat à un million et demi. En ce qui concerne les phosphates, qui sont le domaine minier principal de la Tunisie, l’exploitation s’est montée en 1912 à 1867829 tonnes (42 g5o 000 fr.), et l’exportation, de 1899 à 1912, a atteint 11 254 5oy tonnes (243 960 000 fr.) qui ont fourni à l'Etat, sous forme de redevances, 11 804000 fr. L’industrie extractive tunisienne occupait en 1911 15787 ouvriers, ce qui représente un total de plus de 12 millions de francs de salaires.
- Les digues-barrages du royaume de Saxe. — Le
- bureau hydro-technique du royaume de Saxe avait exposé à Leipzig, en igi3, une carte de 87 barrages exécutés dans les vallées du pays. Le plus grand est celui de , Eibenstock qui retient 22 millions de mètres cubes ; le plus haut est celui de Bôllenz, élevé de 45 mètres, et le principal, quant à l’élendue de la surface submergée, i74oma, est à Zschopau. Le cube total emmagasiné dans, tous ces barrages est de 235 millions de mètres cubes,, ne dépassant pas beaucoup dans leur ensemble celui de ) la plus grande digue d'Allemagne, Ederlal (202 millions . de mètres cubes). Ce chiffre est encore bien au-dessous de la retenue réalisée par le barrage Roosevelt aux Etats-Unis (1600 millions de mètres cubes) et même du projet
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- INFORMATIONS
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- de M. l’ingénieur Williem à Serre-Ponçon sur la Durance (600 millions de mètres cubes).
- L’île-forteresse d’Héligoland. — Héligoland, que l’Angleterre échangea en 1890 contre Zanzibar, a été rapidement transformée par l’Allemagne en une forteresse navale qui est comme « le Gibraltar de la mer du Nord ». Un correspondant du Daily Mail, qui a pu visiter l’île après un intervalle de deux années, a été surpris des transformations exécutées en si peu de temps. Une muraille massive a été construite autour de l’ile; elle l’encercle presque complètement; elle la protège contre les empiétements de la mer, qui la rongeait d’année en année. D’énormes pièces d’artillerie, montées sur des plates-formes mobiles, dites à disparition, la défendent du côté de la haute mer. Un tunnel, qui la traverse entièrement de l’ouest vers le nord, permet de ravitailler rapidement les batteries. De puissants projecteurs électriques peuvent foudler l’horizon dans tous les sens. Un poste de télégraphie sans fil a été installé. A l’aide de matériaux apportés à grands frais delà côte ferme, on a construit au sud de l’ile une île artificielle dont la superficie est égale à la moitié de la première. Elle comporte un port où pourront se réfugier torpilleurs, destroyers, sous-marins et petits croi seurs ; le correspondant anglais y compta 41 torpilleurs et 1 2 sous-marins. Cette île artificielle, dont l’accès est interdit au public et dont les abords sont défendus par un véritable labyrinthe de ronces métalliques, possède des magasins de munitions aux murailles blindées et des hangars pour dirigeables et hydro-avions. La garnison, qui ne comprenait que 100 hommes il y a 5 ou 6 ans, en compte maintenant 1200.
- Les stations de télégraphie sans fil. — Il existe actuellement de par le monde a3o stations radiotélégra-phiques ouvertes au service public, ainsi réparties : Canada, 32; Angleterre, 25; Russie, 22; Allemagne, 20; Italie, 20; Brésil, 16; Indes orientales, 11, Espagne, 9; France, 8. En outre, 1200 navires de commerce environ sont pourvus de postes radiotélégraphiques dont 590 navires anglais, 253 navires allemands et seulement 90 bâtiments français.
- Nouvelle ascension du mont Mac-Kinley. — L’archidiacre Hudson Stuck, missionnaire épiscopal dans l’Alaska, accompagné de MM. Katum, Kastens et Harper, réussit à atteindre la pointe extrême du mont Mac-Kinley. le 7 juin 1913 ; un temps superbe a permis de constater que celte fois le résultat était définitif. D’après le degré d’ébullition de l’eau, l’altitude a été évaluée à 25.5oo pieds (62 j8ra). A la lorgnette, on a nettement distingué le signal érigé, en 1910, par l’expédition Ihomas Lloyd sur le sommet nord qui est plus bas. On sait qu'en 1912, MM. Parker et Browne n’avaient pas pu affirmer, en raison du brouillard, qu ils avaient effectivement atteint le point culminant proprement dit du sommet constitué par une longue crête en fer à cheval.
- La rage à L’Institut Pasteur (1912). — D’après les Annales de l'Institut Pasteur (septembre 1913), 3g5 personnes mordues par des animaux enragés ou suspects — soit 53 de plus qu’en 1911 — ont été soignées en 1912 à l’Institut Pasteur de Paris et ont subi le traitement antirabique, sa,ns. qu’aucune mort ait été signalée. Sur ces personnes, . 18 étaient de nationalité étrangère, les 377 autres -françaises, dont 118 de la Seine. Les morsures se répartissaient comme suit : 59 à la tete, 191 aux mains, i45 aux membres.
- L’Institut scientifique du Maroc. — Cet Institut, qui sera probablement installé à Rabat, vient d’être créé par le général Lyautey dans le but de coordonner les. efforts des savants qui s’occupent du Maroc et de préparer systématiquement la mise en valeur de ce .territoire : c’est notre ami et collaborateur M. Louis Gentil, professeur à la Sorbonne, qui a été placé à la tète de l’institution. Son premier soin, a-t-il déclaré, sera d’entreprendre une carte géologique du Maroc, de façon à faciliter l’exécution des grands travaux publics et 1 inventaire des richesses minières. L’étude des eaux viendra ensuite, à la fois dans le but de trouver les nappes et sources d’éau pure qui permettront d’enrayer la. lièvre typhoïde, et de reconnaître les ressources dont pourra disposer l’agriculture. Enlin, l’Institut scientifique étudiera l’application au Maroc des principes de la Science agricole moderne, de façon à améliorer les procédés de ’ culture indigène là où ils existent et à
- conquérir, par exemple par le dry-farming, la plus grande partie des territoires en friche.
- Géodésie des Alpes françaises. — La 11e campagne géodésique de M. Paul Helbronner dans les Alpes françaises a opéré tout autour de la place d’Albertville, dans la vallée de Beaufort et à l’Est d’Annecy. Par les crêtes du Mont Joly elle s’est rattachée aux levés de MM. Henri et Joseph Yallot pour la carte du Mont Blanc. Depuis 1903, M. Helbronner a effectué 1026 stations géodésiques sur les sommets des Alpes entre Grenoble, Gap, Briançon, la frontière Italienne et Sallanches (voy. la carte jointe aux comptes rendus de l’Académie des Sciences du 3 novembre 1913.).
- La baguette divinatoire. — M. Paul Lemoine vient de publier dans le Bulletin de la Société philomathique de Paris (10e série, t. Y, n0> 1-2, 1913, p. 17), quelques observations sur la baguette divinatoire effectuées à Toulouse dans des conditions qui éliminaient complètement Jes risques de supercherie et les éléments de suggestion. Il en résulte que le phénomène est bien réel, que les baguettes de verre ne donnent jamais de résultat, que l’influence des eaux et des masses métalliques sur la baguette peut « se comparer au phénomène produit, soit par les parfums, soit par la radioactivité », que « les diverses matières agissent sur la baguette d’une façon très variable », que la brique possède un pouvoir isolant » que « la baguette cesse de tourner si les deux poignets de l’opérateur sont reliés d'une façon quelconque », qu’il y a 10 à 20 pour 100 d’individus sensibles à l’action de la baguette, que dans les expériences défavorables la fatigue de l’observateur a pu jouer un rôle et que « la plupart des résultats négatifs ont été obtenus lorsque la pression atmosphérique était faible ». M. Lemoine formule les conclusions suivantes : « Il semble difficile d’expliquer tous ces faits par des phénomènes .de suggestion. Iis sont trop nombreux et ils constituent un ensemble trop conforme aux possibilités physiques. Il paraît plus probable que divers corps produisent des émanations, que nous appellerions rliabdoactives. Celles-ci sont susceptibles d’agir sur certains organismes pour y produire les réflexes qui font tourner la baguette. Puisque le pouvoir rhabdoactif est si universellement répandu, il n’est pas absurde de supposer que les eaux souterraines le possèdent, grâce aux sels dissous qu elles contiennent. Ces émanations rliabdoactives disparaîtraient plus ou moins rapidement à l’air, ce qui expliquerait pourquoi, dans certains cas, la baguette ne pourrait mettre en évidence ni les cours d’eau superficiels, ni les conduites artificielles (aqueducs, etc.). »
- Grand abîme dans le Jura suisse. — M. le Dr E.
- Fleury, Yerneuil-sur Avre (Eure), a exploré un nouvel abîme à Forney-Dessus, près Lajoux (Jura bernois). Depuis fort longtemps déjà, on connaissait là de nombreuses dolines (emposieux), qui se suivent régulièrement sur une longue distance. Tout récemment, l’auteur, accompagné par quelques amis, notamment par M. J. Enard, de Delémont. et par MM. Nussbaum, Conscience, Courvoisier, Gogniat, a pu descendre jus qu’à une profondeur de i54 m. dans une de ces dolines, à une centaine de mètres au sud de la route de Lajoux à Fornet (979 m. d altitude) ; c’est une cavité en forme d’entonnoir, de près de 25 m. de, diamètre et qui est entourée de marais tourbeux dont elle reçoit les eaux. Au fond de l’entonnoir, s’ouvre une petite fissure qui aboutit à ud véritable abîme. Cette cheminée est entièrement creusée dans les calcaires séquaniens. La première des-ente, tout àfait verticale(i9 m.), aboutit à une plateforme large de 1 m. 70, et longue de 3 m., le diamètre du 1 uîts est de 4 à 5 m , il se poursuit directement en profondeur par une série de descentes et de plates-form s jusqu’à 154 1°- et même davantage, si l’on en juge par les sondages effectués. Les parois de ce> abîme présentent de nombreuses traces dVrosion (de disso’u-tioni, surtout dans !a partie supérieure. Il y. a tou' l eu il espérer qu’avec un outillage plus perfectionné, il sera possible d’atleindre enlin le fond. Le voninage des gorges du Pichoux et d’Undervelier, où les sources vaurlusiennes sont si fréquentes et parfois si abondai tes, donne d’ailleurs à cette question un intérêt tout particulier. (Extrait des Eclogæ geologicæ Helveti<?, vol. XI, n° 6, p. 771.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Télégraphie sans fil
- Un appareil automatique pour la transmission et la réception des signaux. — Cet appareil s’inspire du phonographe auquel il emprunte son cylindre de cire, mais il s’en éloigne par l’application qui en a été si élégamment tirée : la transmission et la réception automatiques des signaux Morse, que ces signaux soient transmis par un lil conducteur ou par l’intermédinire des ondes électriques, ce dernier mode de télégraphie sera le seul envisagé dans celte étude.
- L’inventeur, M. Léon Champeix, a imaginé un manipulateur spécial qui repose sur le socle même de l’appareil. Ce manipulateur est à trois touches : une pour
- Fig. i. — L’appareil Léon Champeix vu de face.
- les points, une pour les traits et la troisième pour effectuer les séparations entre les lettres et entre les mots; il envoie les courants nécessaires dans un électro-aimant. En même temps, par l’intermédiaire d’organes mécaniques, chaque touche entraîne, d’une quantité proportionnée au signal ou à l’espacement qu’elle représente, un cylindre de cire semblable à ceux des phonographes. Un outil raboteur a préalablement creusé un léger sillon dans la cire ; ce sillon est gravé par un levier terminé par une pointe de saphir; l’électro-aimant agit sur ce levier. Chaque touche du manipulateur effectue donc deux opérations simultanées, l’une mécanique; l’autre électrique; mais le cylindre continue à être entraîné pendant une fraction de temps un peu supérieure à la durée de l’action électrique. Les copeaux de cire sou-
- Fig. 2. — L’appareil Champeix vu de côté.
- levés par le taillant circulaire du saphir sonit ainsi enlevés du cylindre et la trace laissée par l’outil ne quitte pas brusquement la cire, ce qui favorise la chute et la sortie du saphir explorateur chargé de la transmission automatique.
- L’inscription des signaux est donc régulièrement distribuée sur le cylindre. Lorsqu’une dépêche a été entièrement enregistrée, le chariot qui porte la pointe exploratrice est ramené au point de départ, puis le saphir suit les ondulations tracées dans le sillon et à chaque chute il commande un système de leviers qui établit un contact avec un plot relié aux appareils transmetteurs de T. S. F. La production des ondes s’effectue donc avec la même régularité que l’inscription des signaux.
- Pour enregistrer un télégramme transmis par une station quelconque, il suffit d’agir sur un commutateur qui envoie le courant d’un relais dans l’électro-graveur. La pointe de saphir agit comme précédemment. Un appareil ronfleur monté aux bornes du contact actionné par le saphir permet la lecture au son de la dépêche et sa répétition autant de fois et à la vitesse que l’on désire, le cylindre étant toujours entraîné par son moteur électrique.
- Nous allons expliquer sommairement le mécanisme de ce curieux appareil en nous aidant des schémas que nous avons établis.
- Il est installé sur un socle dans lequel est enfermé le moteur électrique qui commande le cylindre par une courroie. L’arc du cylindre entraîne à son tour, par une série d’engrenages, un arbre fileté horizontal A (fig 3) sur lequel est engagé un peigne fixé sur un chariot porteur de l’équipage graveur, reproducteur et effaceur des signaux. Pendant la rotation du cylindre, le chariot est donc entraîné transversalement.
- Ce chariot porte une plate-forme E dont la hauteur est réglable par une tige de suspension à vis et à écrou T et par une fourchette articulée en F. Deux vis YY facilitent le déplacement de la plate-forme et permettent de donner à l’outil graveur l’angle de coupe optimum.
- L’outil de saphir A est porté par un levier coudé articulé en J. L’extrémité de ce levier est reliée par un
- — Schéma montrant le mécanisme de l’appareil Léon Champeix.
- fil de soie S à l’armature de l’électro-aimant M. Lorsqu’un courant traverse cet électro, l’outil A pénètre dans la cire du cylindre. Dès que le courant cesse, le ressort de rappel R relève l’outil au-dessus de la cire.
- La pointe exploratrice K est également articulée sur la plate-forme E, mais elle demeure immobile pendant l’enregistrement et à une certaine distance du cylindre. Dès que I on désire transmettre, on règle la pointe exploratrice en agissant sur les vis de réglage de la plate-forme E ; en même temps, l’écartement entre 1'extrc-mité du levier coudé L et le contact de transmission Z se trouve ramené à sa hauteur normale. Ce contact est relié, soit aux organes transmetteurs de T. S. F., soit au ronfleur écouteur. Chaque creux du cylindre dans lequel pénètre la pointe K détermine un contact entre le levier L et le plot Z et, par conséquent, l’envoi d’un courant dans les appareils. Le ressort R' assure la pénétration régulière de la pointe K dans les creux delà cire.
- Le manipulateur est à trois touches : points, traits, espaces. Les deux premières provoquent l’entraînement du cylindre et l’envoi de courants dans l’électro-graveur M ; le dernier, qui est situé entre les deux autres, actionne seulement le cylindre. Sous chacune-des deux premières touches est fixée une lame-ressort, isolée électriquement de la touche et se terminant à une certaine distance d’un plot pourvu d’un contact à ressort. Le contact pénètre dans le plot à la fin de la course de la lame. Sur l’extrémité de cette lame L (fig. 4) vient appuyer une autre lame N fixée dans le bâti et reliée par lui avec la pile, alors que le plot P est relié avec l’électro-graveur. Dès que la lame L commence à descendre, sous l’action du doigt sur la touche, la lame N suit le mouvement et l’envoi du courant dans l’électro-graveur a lieu lorsque la lame L atteint le contact à ressort du plot P. Ce dernier cède sous la pression et la descente continue. Mais, à un moment
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Fùî. 4.
- Une touche du manipulateur.
- donné, la lame N rencontre un butoir C qui l’empêche d’accompagner L dans sa course ; aucun courant ne passe plus bien que la liaison persiste entre L et P. La fin de la chute de la touche est utilisée pour continuer le mouvement de rotation du cylindre et permettre à la pointe de saphir d’enlever le copeau de cire qui pourrait
- retomber dans les creux.
- La touche des intervalles n’envoie aucun courant ; elle agit sur le cylindre, ainsi que les deux autres, parl’in-termédiaire de roues dentées en laissant échapper : l’une deux dents (points), les autres quatre dents (traits et espaces). Pour les intervalles entre les mots on appuie deux fois sur la touche. Pour recevoir une dépêche sur le cylindre de cire, on conserve l’équipage graveur à l’outil de saphir tel que nous l’avons décrit, puis on fait intervenir un électroaimant — signal qui fonctionne au moment de l’appel. L’armature de ce relais décroche un levier porteur de contacts qui ferment le circuit du moteur entraînant le cylindre et celui de l’électro-graveur M. L’appareil gravera lui-même la dépêche. De plus, comme il est nécessaire de le protéger contre les courants parasites, une minuterie rompt le circuit du moteur au bout d’un temps déterminé si aucun signal ne suit immédiatement le premier signal reçu.
- Le rabot Y permet d’effacer automatiquement les traces du télégramme et d’en inscrire un autre à la place. Ajoutons encore que le cylindre de cire peut être enlevé de son support si l’on désire conserver le document qui a été enregistré.
- La forme actuelle de cet appareil peut être modifiée, notamment pour ce qui concerne le cylindre de cire qui céderait la place à un disque. Dans tous les cas, l’appareil est très intéressant puisqu’il permet la transmission et la réception automatiques ainsi que la répétition d’une dépêche autant de fois qu’on le désire. Il peut même être utilisé comme appareil d’étude pour les débutants dans l’art de saisir au vol les combinaisons des signaux Morse. — L’inventeur, M. Léon Champeix, habite 26, rue Hoche, à Pantin (Seine).
- ^parhegravée
- Fig. 5. ;—La forme des sillons avant et après le passage de l’outil graveur.
- Automobilisme
- La Jumelle élastique articulée Mamet. — Cette jumelle remplit les fonctions d’un amortisseur remar-.quable par sa grande simplicité. Elle est constituée par deux leviers dont les bras sont dans la proportion de 1 à 3. Les deux petits bras s’articulent sur le même axe
- 1 \
- La jumelle élastique Mamet. — I, au repos ;
- II, sous l’action d’un choc.
- et les deux grands bras sont réunis par un simple ressort à boudin. Les ressorts F et G de la voiture se fixent comme le montre notre dessin sur l’un et l’autre des coudes des leviers. Cet appareil se présente dans des conditions* avantageuses parce que le ressort travaille à l’extension : les effets produits par les chocs sont transmis par les grands bras de leviers au ressort qui peut
- s’allonger fortement et absorber ainsi plus facilement le choc que s’il n’était susceptible que d’une course réduite. De plus l’absorption des. chocs paraît devoir être très rapide; on éviterait ainsi les à-coups que l’on ressent encore fréquemment avec certains autres amortisseurs plus compliqués. Les essais effectués au concours international d’amortisseurs de Bruxelles ont donné d’excél-lents résultats. Il s’installe à l’avant et à l’arrière des voitures, à quelque marque, qu’elles appartiennent. La jumelle élastique est en vente aux établissements Mamet, 100, rue du Dôme, à Billancourt.
- Cbjets utiles
- Le cadenas Para. — Entre autres articles d’exportation, l’industrie allemande s’est ingéniée à produire des cadenas inviolables d’une fabrication plus ou moins soignée et d’une inviolabilité douteuse. A l’étranger on se laisse prendre aux apparences, de sorte que la fabrication française se trouve complètement battue par la camelote allemande, pour ce qui concerne cette production. Le cadenas « Para » est appelé à prendre la place de ces produits médiocres d’une industrie incomplète.
- Le cadenas est fait de deux parties pénétrant l’une dans l’autre, constituant un ensemble qu il est absolument impossible de séparer avec un outil quelconque. Seule la clef, qui comporte des encoches permettant une variété infinie de combinaisons, peut ouvrir l’appareil. La partie
- Le cadenas Para. — 1. Partie femelle; 2. Partie mâle; 3. La clef; 4. Introduction de la clef pour l’ouverture du cadenas;
- 5..Le cadenas ouvert-.
- B porte une tige T, carrée sur notre dessin, mais qui peut prendre une forme quelconque, sur laquelle sont fixés des ressorts-lames R. La partie A est munie d’un orifice C dans lequel on introduit la tige T ; cet orifice a exactement la même forme et les mêmes dimensions que la tige T. Quand on introduit la tige dans son orifice, les lames R se compriment d’abord, puis s’écartent dès qu’elles ont dépassé le bord intérieur de l’orifice C. La liaison est ainsi établie par l’ouverture de ces sortes de griffes sur lesquelles il faut agir pour opérer la séparation des parties A et B. La clef doit être d’une très grande précision : elle est constituée par une lame plate dont l’extrémité T est recourbée à angle droit, de manière à former un talon que l’on introduit par l’ouverture F pratiquée à côté de la tige T de telle sorte que cette dernière ne puisse être vue de l’extérieur. Le talon T’ est évidé; il possède en outre des encoches correspondant aux lames L et augmentant la difficulté de faire une clé sans avoir en mains la partie sur laquelle elle doit être engagée. La grande multiplicité des combinaisons dépend donc à la fois de la forme de la tige, du nombre et de la disposition des ressorts et enfin de la disposition de l’ouverture F par rapport à la tige T. Ajoutons enfin que les deux parties A et B sont reliées par une petite tige en fil d’acier qui empêche de perdre l’une ou l’autre de ces parties lorsque leur liaison ne doit pas être effectuée. L’inviolabilité de ce cadenas est absolue et sa construction remarquablement soignée.
- Le cadenas Para est fabriqué par M. J. Labadens, 7, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris.
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- VARIETES
- L arôme artificiel des fruits. — On a souvent remarqué que les fruits ayant séjourné dans un local où s’exhalent des odeurs plus ou moins pénétrantes'contractent facilement et assez rapidement un arôme rappelant l’odeur même des substances dans le voisinage desquelles ils se trouvaient placés. Cette observation ne doit pas être confondue avec celle relative aux parfums acquis par des fruits provenant de végétaux dont les canaux séveux ont absorbé des liquides nutritifs ou des sirops parfumés ou aromatiques. On sait, d’ailleurs, que par un processus très simple on peut faire acquérir à diverses sortes de fruits, au raisin par exemple, le goût de framboise.
- L’influence des odeurs — des mauvaises odeurs s’entend — sur la qualité et la conservation des fruits, est telle, du reste, que l’on conseille toujours de conserver les fruits dans un local parfaitement sain, exempt de toute odeur susceptible de les faire gâter ou d’altérer leurs qualités.
- Il semble donc rationnel d’admettre que si les fruits peuvent contracter un arôme particulier sous l’influence de mauvaises odeurs, ils pourront de même, sous l’influence d’un phénomène — ou d’une loi physiologique — encore inexpliqué, et qui serait du domaine du chimiste ou du botaniste, être sensibles au voisinage des bonnes odeurs et contracter ainsi un arôme agréable, tout différent de leur arôme naturel. En 1910, un arboriculteur distingué, M. P. Tricaud, d’Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) signa^it, dans VAgriculture nouvelle, une sorte de truquage des fruits — truquage inoffensif et qui, en l’espèce, ne saurait être considéré comme une fraude — bien au contraire — consistant à communiquer aux fruits un arôme particulier. Il s’appuyait sur les observations faites par lui, que des poires de diverses variétés, placées dans une pièce où se trouvaient des boules de naphtaline, avaient conservé, bien qu’elles aient été exposées au grand air, pendant longtemps après leur séjour dans cette pièce, l’odeur de naphtaline dont elles s’étaient fortement imprégnées ; leur goût aussi s’était modifié de bizarre façon. Des poires des variétés Berga-motte, Suzette de Bavay, Saint-Germain d’hiver et Belle de Noël exhalaient cette odeur très prononcée de naphtaline jusqu’au cœur même du fruit. Les diverses variétés ne s’étaient pas approprié l’odeur ambiante dans les mêmes proportions ; le goût des poires Bergamotte était plus profondément modifié que celui des poires Suzette de Bavay, au point que les dégustateurs crurent se trouver en présence d’une espèce nouvelle. Le même phénomène se produisit sur des pommes enfermées dans un tiroir contenant des boules de naphtaline, mais ce tiroir ayant été tenu hermétiquement clos, les fruits, sursaturés de l’odeur de naphtaline, devinrent immangeables.
- On s’est demandé s’il est possible d'expliquer scientifiquement ce phénomène et d’en tirer une déduction utile à interpréter pratiquement. On sait que le fruit ne meurt pas quand il est cueilli; il continue à vivre et à respirer jusqu’au moment où il entre en décomposition. Cette absorption des essences volatiles ne se fait pas
- seulement par la respiration; le fruit, comme tout être vivant, peut les absorber aussi par sa peau. Cette hypothèse — car ;ce n’est là qu’une hypothèse — paraît admissible.
- Des poires que nous avions placées avec des gousses de vanille dans des caissettes formant un fruitier portatif (fruitier de Dombasle) contractèrent, à des degrés divers, l’arome de la vanille. Chez certains fruits, cet arôme était assez fortement prononcé, ce qui donnerait à penser que l’on ne se trouvait pas en présence d’un parfum fugace, mais assez persistant pour qu’il se conservât jusqu’au moment de la consommation des fruits.
- Des expériences multipliées offriraient donc un réel intérêt, et pourraient probablement conduire à une interprétation pratique de cette aptitude qu’ont les fruits à s’assimiler les odeurs ambiantes; par exemple, il est des fruits qui se conservent facilement et longtemps, qui sont beaux et juteux, mais fades et par conséquent délaissés. On peut supposer que ces fruits, par un séjour dans un milieu contenant des produits odorants bien appropriés, pourraient acquérir le goût et le parfum qui leur manquent. Ce serait, assurément, pour l’arboriculture, un progrès, un gain aussi appréciable que l’obtention d’une espèce nouvelle.
- Les chercheurs, arboriculteurs professionnels et amateurs, peuvent s’engager dans cette voie de l’expérimentation qui, probablement, leur offrira mieux qu’un simple intérêt de curiosité, mais des résultats dont il semble facile d’entrevoir les heureuses conséquences, dans le domaine pratique. Henri Blin.
- Fusil à percussion à deux coups et un seul canon.
- — Je possède dans ma salle d’armes un fusil acheté à la Salle des ventes de Grenoble, il y a 4 ou 5 ans, et qui présente l’étrange caractéristique suivante :
- Un seul canon, rayé. Deux chiens fixés sur des platines, vissées l’une à droite de la monture, l’autre à gauche ; le chien gauche avance de 7 centimètres sur le chien droit. Deux cheminées pour capsule, placées respectivement à droite et à gauche du tonnerre et également à 7 centimètres en avant l’une de l’autre. Deux détentes. Point de date ni de marque d’aucune sorte à ce fusil, qui paraît avoir été fabriqué avec des pièces de rencontre par un amateur audacieux et entendu.
- Pour utiliser cette arme originale, le tireur commence par introduire une première charge (poudre, bourre et balle) correspondant à la lumière de droite ou postérieure; il bourre fortement et hermétiquement, puis introduit la seconde charge, qui correspond à la lumière de gauche ou antérieure. Il ne reste plus qu’à mettre les capsules et à presser successivement les deux détentes, en ayant le plus grand soin de tirer le coup gauche ou antérieur le premier, sous peine de faire éclater le canon.
- En examinant attentivement l’arme, on remarque que le tonnerre primitif a été prolongé en arrière par un allongement placé après coup et habilement jointoyé.
- Bien que cette arme paraisse avoir servi, nous n’avons pas eu la témérité de l’essayer.... L. Jacquot.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Le Konjaku, poudre servant à Vimperméabilisation des tissus. — En réponse à la question posée dans notre n° 2118, M. A. Luttringer, docteur ès sciences, nous écrit : « Je ne connais pas cette poudre, mais je ne serais pas surpris qu’elle fût en relation étroite avec les produits préconisés dans le brevet allemand n° 147 029. Ce brevet a pour objet le traitement des tissus, soit simultanément, soit successivement, par une matière
- extraite des racines de plantes appartenant à la famille des Amorphophallées, en particulier au genre Conc-phallus, et par des substances qui laissent, par évaporation de leurs solutions, des couches élastiques imperméables à l’eau. La matière légère et économique extraite des Amorphophallées ne moisit pas et rend. imperméable à l’air, tandis que le caoutchouc fournit une pellicule imperméable à l’eaul »
- Renseignements. — M. Langlois, 7, rue Yilledo, Paris. — Des formules de bains servant à dénickeler sont données dans les Recettes de l’atelier, p. 92 et 229 (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix: 3 fr., relié).
- M. C. P., avenue de Messine, Paris. — On ne peut
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- avec une crème pour cuir nuancer en rouge une valise de cuir jaune : il s’agit là de véritable teinture qu’il faut laisser aux professionnels.
- AI. le lieutenant de AI., à Saint-Cyr. — i° La couche d’argent des boutons est si légère, qu’en voulant retirer le vert-de gris tout est parti! D’ailleurs, en principe, on ne, peut, sans abîmer l’argenture, enlever une tache produite par altération du métal sous-jacent ; — 2° Sous le nom de « siccatifs pour parquets », les maisons Caron, 58, rue du Cherche-Midi, Paris; Dufour, 122, rue de Lagny, Montreuil-sous-Bois; Revel, 54, route de Flandre, Pantin, fabriquent des enduits pour planchers qu’on ne veut pas cirer. L’article se fait en plusieurs teintes, comme celui de votre prospectus allemand.
- AI. le professeur F. Corio, à Spezia. — Toutes les méthodes que nous connaissons pour préparer les divers échantillons de collections zoologiques sont réunies dans les Recettes du laboratoire (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Prix : 3 francs, relié).
- AI. Chosseler, rue Pasteur, à Nancy. — Vous trouverez dans le volume Coloration des métaux (Desforges, édit., 29, quai des Grands-Augustins. Prix : 3 francs, broché) de nombreuses recettes pour noircir ou bleuir l’acier. Il faudrait les essayer comparativement pour voir laquelle permet d’obtenir la nuance « blued ».
- AI. A. Sagnier, ingénieur agricole à Sars-Poteries. — i° Vous trouverez chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, tous les produits chimiques usités dans le commerce; — 20 II ne suffit pas de distiller sur la chaux de l’alcool dénaturé usuel pour préparer l’alcool absolu : la plupart des impuretés dénaturantes distillent. Si vous devez employer de grosses quantités d’alcool, le mieux serait de demander au fisc l’autorisation de dénaturer de l’alcool extra-neutre en y ajoutant un produit ne gênant pas à l’emploi.
- Nos 2573-1290. — Les taches sur le linge faites avec une teinture para pour cheveux sont très difficiles à enlever : l’eau de Javel peut être essayée, mais le tissu souffre du traitement. Les lavages alcalins des cheveux et de la barbe seront de préférence faits avec de l’eau ammoniacale à 5 pour 100 si l’odeur ne déplaît pas (parce que l’alcali disparaît par évaporation) ; à défaut, employer le carbonate de soude, puis rincer à l’eau. On peut savonner après teinture, mais avec des savons de soude (savons blancs) à l’exclusion de savons mous.
- AI. l’économe de l’Ecole normale, à Bourges. — Si les anciens cirages étaient préparés avec de l’acide sulfurique, les crèmes modernes n’en contiennent pas. x\u contraire, certaines pâtes ininflammables sont même alcalines, ce qui d’ailleurs ne vaut rien pour le cuir. Vous trouverez des formules de ces crèmes dans les Recettes de l’atelier (p. 277) publiées chez notre éditeur.
- AI. Parmentier, à Redon."— Pour le dégommage des scies à bois résineux, ne pourriez-vous, en place des huiles solubles, inefficaces, employer une solution aqueuse alcaline? L’ammoniaque et le carbonate sodique émulsionnant en effet les résines, il se pourrait qu’il y ait lubrification. Nous ne garantissons rien, mais un essai vous renseignera.
- AI. G. Vidal, à Buenos-Ayres. — Vous vous conseillons le Traité général de photographie, par E. Coustet, chez Delagrave, i5, rue Soufflot, Paris.
- AI. J.-T. Beaupreau. — Pour arrêter la chute des cheveux, voici deux bonnes formules :
- Huile de ricin . . . Goudron de Norvège Chloroforme .... Teinture de benjoin . Alcool à 90° ....
- 4 grammes.
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- i5 —
- 20 —
- q. s. pour compléter un litre.
- Autre pommade : Mélanger parties égales de liqueur de Van Swietenet eau de Cologne et tous les deux jours brosser le cuir chevelu avec une brosse à dents imbibée de ce mélange.
- AI. G. Leleu, à Paris. — i° On peut ajouter de l’huile à l’essence ou au benzol, employés dans les moteurs d’automobiles ; 20 le rendement du moteur s’en trouve généralement un peu amélioré ; 3° les meilleures proportions du mélange sont 5 pour 100 d’huile minérale au plus et 95 pour 100 d’essence ou de benzol. Le mélange doit être fait de manière aussi homogène que possible, et pour cela il sera bon de préparer, par agitation préa-
- lable, dans un bidon, une dissolution par parties égales, que l’on versera dans le réservoir de la voiture avant son remplissage. Quelle est l’action de cette huile pour augmenter le rendement? Les divers auteurs ne sont pas d accord. Les uns, comme Rochet-Schneider, qui a été un des premiers à préconiser le graissage de l’essence, prétendent qu’avec les moteurs à graissage sous pression, en raison des précautions prises pour éviter 1 excès d huile dans les cylindres, on est arrivé à ne plus graisser assez les pistons, en vue d’empêcher la fumée : le moteur est de ce fait gêné dans son fonction-nemeat surtout lorsqu’il est neuf. En graissant l’essence, chaque cylindrée explosive apporte son petit contingent d’huile, et, permettant un meilleur graissage de la chambre et du cylindre, en augmente ainsi le rendement mécanique. D autres font remarquer que l’essence et l’huile minérale sont de la même famille, que l’essence distille, du pétrole de 3o à i3o° avec une densité qui va en croissant, avec la température de la fin de l’opération. Si on ajoute par suite à de l’essence de densité 0,700 de 1 huile de densité 0,900 dans la proportion de g5 contre 5, la densité finale du produit devient 0,710 et tout se passe comme si oi employait un combustible légèrement plus lourd, capable de fournir un meilleur rendement thermique. En fait, il est à croire que ce sont les premiers qui ont raison, car. avec de l’essence graissée, on trouve toujours au démontage les chambres légèrement onctueuses. D’ailleurs, ce qu’on constate effectivement, c est que ce procédé n’améliore sensiblement le rendement que sur les voitures neuves, sur certaines voilures à graissage sous pression très strictement réglé; il ne serait pas à recommander en fait sur un moteur qui a déjà tendance à fumer. Dans tous les cas, il ne faut pas dépasser 5 pour 100 d’huile et avoir bien soin de faire un mélange bien homogène par agitation préalable, sous peine d’avoir des ratés et des difficultés de mise en marche.
- AI. L. Buidin, à Bordeaux. — Des formules pour préparer les feux de Bengale diversement colorés sont données dans les Recettes de la maison, p. 271 (3 francs relié, chez notre éditeur). Nous les avons même essayées avec succès.
- M. J. AI. J., à Bucarest. — Nous ne connaissons pas d’album des essences forestières du monde. On ne peut indiquer .la surface de chauffe d’un radiateur « du commerce » ; cela dépend de la construction, et il faut demander à chaque fabricant les renseignements sur chacun de ses modèles.
- AI. F. E , à Paris. — Merci de vos intéressantes remarques. Comme matière à ajouter au tabac pour donner de la cohésion aux cendres, on pourrait essayer le silicate de soude ou de potasse, employés à très faible dose.
- AI. Trenel, fabricant de boutons, à Henouville. — Vous trouverez, p. 291 des Recettes de l'atelier (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : relié, 3 fr.), une formule pour leinlure de la nacre en noir. Pour procédés de teinture plus industriels, demandez leurs catalogues aux fabricants de matières colorantes, Bayer et C'1-’, Fiers, Croix, près Roubaix.
- M. L. Landcmard, à Paris. — Le « chewing gum » est une gomme extraite par incision, des troncs de zapotes, arbres de l’Amérique centrale. Voir « l’industrie du chiclé, par M. de Périgny, daus La Nature, n“ i852, 21 novembre 1908.
- AI. A. G., rue François-Ier, à Paris. — L’anomalie de coloration du plumage, du bec et des pattes, et les nombreuses variations de celte coloration, que vous avez observées chez des pigeons ne peuvent s’expliquer, a priori, que par un phénomène dû à l’une ou l'autre des causes suivantes, mais qui ne seraient qu’hypothétiques : i° Obtention de la coloration naturelle par reproduction entre deux sujets présentant la teinte que l’on désirait fixer, et, par conséquent, en faisant une sélection très rigoureuse et très suivie, dans ce sens, parmi les jeunes, de manière à obtenir la transmission de ce caractère aux descendants; 2° Obtention de la coloration par un procédé artificiel consistant, sans doute, à introduire dans la nourriture des s\ibstances — inoffensives, bien entendu — ayant une action plus ou moins directe sur le pigment. L’hypothèse de l’emploi d’une teinture appliquée sur le plumage, le bec et les pattes ne semble guère admissible, et nous ne saurions dire si ces plumages aux couleurs vives et variées
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- BOITE AUX LETTRES
- peuvent être les résultats de croisements avec des espèces exotiques, n’ayant jamais eu l’occasion d’observer le fait. Il eût été intéressant de savoir si le duvet, sous les plumes, était de même teinte que celles-ci. Nous savons, cependant, qu’en 1899, M. Piobin, directeur de l’élablis-sement d’aviculture d’Aulun, signalait le cas de deux poules présentant un plumage rose absolument semblable aux plumes du flamand, mais il fut impossible de connaître l'origine de ces poules, ni d’expliquer cette bizarrerie. Quant à la coloration artificielle, possible en employant des substances appropriées, nous ne sommes pas fixé sur leur nature, eu égard aux diverses teintes
- dont il s’agit. Toutefois, à titre de simple indication pouvant confirmer cette dernière hypothèse, nous pouvons dire qu’on réussit à donner aux plumes des oiseaux une coloration rouge, en mélangeant à leur nourriture une assez forte dose de poivre de Cayenne. En 1870, un marchand de canaris, Emile Porden, obtenait ainsi des canaris à plumage d’un beau rouge. Mais cette observation n’explique pas l’obtention des colorations verte, rose et jaune que vous avez vues chez des pigeons, en Suisse, et peut-être obtiendrez-vous des explications plus complètes sur ce phénomène, en vous adressant à M. E. Trouessart, au Muséum d’histoire naturelle, à Pai’is.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les blessures et la chirurgie de guerre : R. M. — La sécurité des voies ferrées; l’appareil répétiteur mécanique des signaux, système de Braam : R. Bonnin. — Les Hopis et leur « fête des serpents » : V. FoniriN. — La propulsion électrique des navires : Marchand. — WvrouboIT : F. Wallerant. — Chronique.— Académie des sciences ; séance du 22 décembre i()t3 : Cir. de Vini.EDKUir,. — Le nouvel aquarium de Berlin : l)r Al.l-RED GRADENWITZ.
- Supplément. — La loi de Rode. — Emploi de la conductivité électrique pour distinguer les couleurs naturelles des couleurs artificielles. — Association des Pares nationaux de France, etc.
- Recherches expérimentales sur le coupage des fers et aciers par les chalumeaux à jet d'oxygène, par Pc. Amédéo, ingénieur de PUnion de la soudure autogène. Brochure illustrée de 72 pages publiée par l’Union de la Soudure autogène, 104, boulevard de Clichy, Paris. Prix : 3 francs, franco.
- L’auteur examine les points suivants : mécanisme du coupage ; influence de la pureté de l’oxygène ; influence de la pression de coupe ; chauffage préalable de l’oxygène de coupe; altération du métal au voisinage du trait de coupe; comparaison des différents systèmes de chalumeaux ; prix de revient du découpage. L’ouvrage est à la fois d’une haute portée technique et d’un vif intérêt pratique.
- Les accessoires de l'automobile, par F. Carlès. i vol. in-8° (12X19) de vni-372 pages, avec 178 figures. II. Dunod et E, Pinat, éditeurs, Paris, 1913. Prix ; broché, 4 fr- 25.
- Donner à l’automobiliste les notions nécessairés pour faire son choix parmi les nombreux accessoires qui lui sont offerts, pour surveiller l’installation ou la faire soi-même, pour entretenir toujours l’appareil en parfait état de fonctionnement, tel est le but de cet ouvrage. La grande expérience pratique de l’auteur est un sur garant que ce but a été atteint.
- /.'anatomie de la voiture automobile. Tome iBr, le châssis : direction, suspension, transmission, roues, par F. Carlès. In-8° jésus (19X28) de 211 pages, avec 236 fig. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, 1913. Prix : broché, i5 francs.
- Ce livre contient une étude très fouillée de la direction, de la suspeüsion et de la transmission des voitures automobiles. L’auceur s’est préoccupé aussi des relations qui existent entre les fonctions des divers organes. Bref, il a écrit une étude cinématique de la voiture automobile.
- La télégraphie et la téléphonie simultanées et la télé--plioitie multiple, par K. Berger, traduit de l’allemand par P, le Normand. Ib-8° (25-16) de iv-i34 pages, avec m fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, igi3. Prix ; 4 fr. 5o. . Lb:
- Cette étude aussi'intéressante au point de vue théorique et technique qu’historique méritait detre traduite. Les télécommunications multiples n’utilisant qu’un seul fil pour transmettre à la fois plusieurs dépêches sont plus que jamais à l’ordre du jour, et
- l’on attend d’elles l’amélioration du rendement des résea ux actuellement surchargés.
- Traité d’Entomologie forestière, par A. Barbet. In-8°,, 624 36; fig., 8 pl. en couleurs. Berger-Levrault,
- édite 1rs, Paris-Nancy. Prix : 18 fr., relié 20 fr.
- Ecrit à l’usage des forestiers, ce livre offre un plan nouveau qui le rend facile à consulter. En effet, après avoir décrit les caractères zoologiques des insectes, l’auteur les groupe d’après les arbres qu’ils habitent. C’est ainsi qu’on peut trouver rapidement le nom de ceux qui attaquent les racines, le tronc, les branches, l’écorce, les rameaux, les feuilles, d’épicéa, de pin, de sapin, de chêne, de bouleau, de peuplier, etc.
- Entre l'Olympe et le Taygete, par Joseph Mélot. 1 vol. in-16 illustré. Plon-Nourrit. Prix : 3 fr. 5o.
- La Grèce attire plus que jamais l’attention des érudits et des économistes. L’intérêt qu’elle excite se partage entre la pensée et l’art dont ce pays fut le foyer, entre les légendes héroïques et les progrès de la civilisation. M. Mélot a parcouru et nous décrit; les grands sanctuaires, les cités mycéniennes, les vestiges de la puissance byzantine, les monastères isolés, la Thessalie et la Béotie, théâtre d’une renaissance économique, enfin Athènes, où palpite le cœur de l’Hel-lade unifiée et grandie.
- La Corse, par Albert Quantin, Perrin et Cie, Paris,. 1914. Prix ; 5 francs.
- Alerte récit de voyage qui donne un tableau sincère des beautés et des imperfections de la Corse. Alternativement décriée ou trop vantée, l’île de misère ou l’île de beauté est impartialement décrite en ce volume dans sa nature, ses hommes, son présent, son avenir.
- Elles in relation to disease. ATon bloodsuching flies, par G. S. Graham Smith, in-8°, 292 p., 32 fig., 24 pl.r Cambridge University Press. Prix : 10 sh. 6 d.
- En ce moment où la guerre aux mouches est déclarée de toutes parts, ce livre vient à son heure, qui révèle tous leurs méfaits. L’auteur ne s’occupe que des mouches non piquantes, examine leur structure, leurs habitudes, et signale leurs dangers. Typhoïde, choléra, tuberculose, anthrax, diphtérie, et bien d’autres fléaux, peuvent être transmis par notre ennemie la mouche. Le réquisitoire de M. Smith rassemble très complètement toutes les accusations portées jusqu’à ce joui*.
- Die Strudehvürmer ( Turbellaria), par P. Steinmann et E. Bresslau. In-8°, 388 p., i5G fig., 2 pl. Klinkhardt, éditeur, Leipzig. Prix :9m., relié 10 m.
- Excellente monographie des Turbellariés, donnant de nombreux détails sur la systématique, l’anatomie, la biologie, le développement de ces vers inférieurs.
- Tintenfische mit besonderer Berücksichtigung von Sepia und Octopus, par Werner Th. Meter. In-8° 148 p., 3i fig., 3 pl. Klinkhardt, éditeur, Leipzig. Prix : 4 m., relié 4 m- 80.
- Il est peu d’animaux aussi intéressants que les Céphalopodes, et notamment que les pieuvres et les seiches. Leur anatomie, leur physiologie, leurs modes de vie, leur systématique et leurs affinités avec d’autres mollusques fossiles, sont simplement décrits dans
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- BIBLIOGRAPHIE
- ce petit livre qui donne une idée suffisante de ce qu’on doit connaître.
- Lebensgewohnheiten und Instinkte der Jnsekten, par O. M. Reuter, in-8°, 448 p., 84 fig., Friedlander et Sohn, éditeurs, Berlin. Prix : 16 marks.
- Les 62 pages de bibliographie qui terminent cet ouvrage indiquent combien l’on a déjà écrit sur les
- mœurs et les instincts des Insectes. C’est donc un grand service qu’a rendu M. Reuter en rassemblant tous ces documents, en les classant suivant un ordre méthodique et en les condensant en un volume où l’on trouvera facilement tout ce qui a déjà été observé, écrit et commenté des mœurs et des instincts, toujours curieux, souvent étranges et si mystérieux des Insectes.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 . ETAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 déc. 1913. 1°, 4 S. S. W. J. Couvert. 0.0 Presq. couv.; petite neige de 9 h. 20 à 9 h. 30: f. brouül. dans la s.
- Mardi 30 1°, 9 N. N. W. 2. Eclaircies. » Nuageux le m ; couvert le s. ; un peu de grésil avant 6 h. ; brume.
- Mercredi 31 ... . 4°, 2 N. 5. Couvert » Beau après 7 heures.
- Jeudi 1" janv. 1914. 0°, 3 N. 2. Petite neige. 0,0 Nuag. de 11 h.à 17 h.; couv. av., après; un peu de neige jusq. 7 b.
- Vendredi 2 2°, 9 Calme. Couvert. 0,0 Couv. ; un peu de neige, de grésil et de bruine de 15 b. -iO à 17 h.
- Samedi 3 0°, 9 Calme. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à 13 ii. ; brouillard toute la journée.
- Dimanche i ... . 1°, 3 S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert; bruine de 1 h. 15 à 2 h. 30.
- DECEMBRE 1913. - JANVIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI 29 DECEMBRE I9I3 AU DIMANCHE 4 JANVIER 1914.
- courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du pii lieu indiquent : •be épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, therpiomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Dit 27 décembre 1913 au 5 janvier 1914. — Le 27. Profonde dépression sur le N. (Skudesness : 737 mm); fortes pressions sur la Méditerranée. Mauvais temps sur le N.-O. Pluies sur le N., le Centre et l’O. : Cherbourg, 14 mm; Gris-Nez, i3. Temp. du matin : Àrkhangel, — 200; Saint-Pétersbourg, —14; Gap, —8; Toulouse, —1; Lyon, o; Brest, +9; Malte, 13 ; moyenne à Paris : 4°.1 (normale : 2°,2). — Le 28. Profondes dépressions sur la Russie (Moscou : 729 mm) et les Iles-Britanniques (Skudesness : 741); fortes pressions sur le S.-E. et l’Islande. Pluies et neiges, abondantes sur le N.-O. de la France : Le Mans, 57 mm; Nantes, 48; Lorient, 42-Temp. du matin : Spitzberg, —a5°; Charleville, —j— a ; Toulouse, 4; Lyon, 7; Alger, 11; moyenne à Paris : 5°,i (normale : 2°,2). — Le 29. Profonde dépression sur le S. et le Centre (Gênes : 742 mm) ; la pression remonte sur l’O. Pluies sur toute l’Europe : Gap, 20 mm; Nancy, 18; Paris, i5; Biarritz, i3. Temp. du matin : Hàparanda : —210; Lyon et Nancy, o; Nantes et Bordeaux, -f-1 ; Alger, 12; moyenne à Paris : i0,g (normale : 20,2). — Le 3o. Même état barométrique. Pluies sur tout le continent. Temp. du matin : Arkhangel,
- — ig°; Besançon, —4; Clermont-Ferrand, —3; Bordeaux, o; Brest, -f-3; Alger, 10; moyenne à Paris :
- — o°,7 (normale : 2°,x). — Le 3i. Pression élevée sur le N. et l’O. (Iles-Britanniques : 776 mm); dépressions sur le S.-E. et l’Islande. Pluies et neiges sur presque
- du Bureau Central Météorologique.
- toute l’Europe. Temp. du matin : Arkhangel, —21°; Gap, —7; Nancy et Clermont, —5; Marseille, —3; Alger, -j-6; moyenne à Paris : —i°,3 (normale : 2°,i).
- — Le 2 janvier. Pression élevée sur l’O. (Irlande : 779 mm); profonde dépression sur le N. (Haparanda : 735). Pluies et neiges sur le N., le Centre et le S.; en France, beau temps. Temp. du matin : Belfort, —120; Clermont, — 11 ; Toulouse, — 10; Biarritz, —4; Alger,. -[-4; Cherbourg, 3; moyenne à Paris, — o°,8 (normale*: 2°,i). —Le 3. Fortes pressions sur l’O. et le S.; dépressions sur le N. de la Russie et l’Islande. Pluies sur l’O. et le N. Temp. du malin : Flaparanda -— io°; Marseille et Clermont, —8; Belfort, —7; Alger, —[— 5 ; Cherbourg, 9; moyenne à Paris : — i°,8 (normale : 2°,i).
- — Le 4- La dépression d’Islande s’étend vers l’E. (Féroé : 742 mm). Neige et pluie sur le N. et le Centre. Temp. du matin : Haparanda, —24°; Belfort, —4 J Marseille, —3; Bordeaux, -j- 1 ; Alger, 11 ; moyenne à Paris : i°,9 (normale : 20,1). — Le 5. Profonde dépression sur le N. (Christiansund : 731 mm); fortes pressions sur le S.-O. (Madrid : 772). Neige et pluie sur la moitié N. de l’Europe. Temp. du matin : Haparanda,
- — u5°; Gap, — 6; Biarritz, -)- 1 ; Nantes, 6; Brest et Dunkerque, 9; Alger, 12; moyenne à Paris : 3° (normale : 2°,i). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 4> à i3 h. 9 min.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe}
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2121. — 17 JANVIER 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- Actions chimiques dues aux rayons ultra-violets et aux rayons du radium. L'Institut pour V étude du radium a effectué récemment quelques expériences intéressantes sur les actions chimiques produites par les nouvelles radiations. On a constaté que des solutions d’acides acétique, oxalique, malonique, succinique, malique, tartrique, placées dans des ballons de quartz, perméables aux rayons ultra-violets, à la lumière d’une lampe à mercure distante de 8 centimètres, accusaient une diminution d’acidité par suite de la décomposition d’une certaine proportion d’acide. La vitesse de cette décomposition augmente avec la durée d’exposition à la lumière de la lampe, mais ne croît pas proportionnellement à la concentration de l’acide. Il n’y a pas intervention de l’oxygène atmosphérique dans cette décomposition, car en faisant le vide dans les ballons où sont les acides, la vitesse de décomposition reste pratiquement la même. Les iodures sont également décomposés par les rayons ultra-violets et par les rayons pénétrants du radium; mais les effets d’une lampe de quartz, placée à 8 centimètres de la solution d’iodure, sont obtenus dans un laps de temps 200 à 800 fois plus petit que ceux produits par des rayons pénétrants de 80 à 200 milligrammes de radium métallique sous forme de sels. Enfin, les solutions de glucose, exposées aux rayons pénétrants de 106 milligrammes de chlorure de radium à 5-io° pendant l’espace de 285o heures, sont restées inaltérées; dans les mêmes conditions, l’alcool absolu est transformé en aldéhyde et acide. Quant aux acides malonique et succinique, ils ne sont que faiblement altérés par exposition aux radiations de 245 milligrammes de chlorure de radium ou de 187 milligrammes de carbonate de radium pendant une durée de 10 à 11 jours. Entin, les rayons émis par 42 milligrammes de chlorure de radium, à des températures de 3 à 8° et pendant un temps de 4000 heures, ne réduisent qu’un millième d’une solution d azotate d’argent.
- Les gaz des soffioni boracifères d’Italie. — Nos
- lecteurs savent que l’acide borique se rencontre souvent en dissolution dans les eaux de certains petits lacs de Toscane où il est amené par des jets de vapeur qui, sortant des crevasses du sol, l’abandonnent en dissolution dans l’eau. Ces jets de vapeur dégagent en même temps des gaz qui ont déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études et qui viennent d’être analysés com plètement. On y a trouvé 92,2 pour 100 d’acide carbonique; 2,0 pour 100 d’hydrogène sulfuré; 1,78 de mé thane; 2,45 d’hydrogène; 0,18 d’oxygène; i,35 d’azote; 0,0245 d’argon et o,oi55 d’hélium.
- « Boutons » volcaniques. — On trouve en Australie, répandue sur toute l’étendue de la vaste île-continent, nne curieuse petite pierre qui offre souvent l’aspect
- d’un bouton tel qu’en emploient les tailleurs. L’imitation est parfaite ; le petit disque présente un cœur en relief et un rebord nettement tracé. Le Queenslander, de Bris-bane, cite à ce sujet un intéressant rapport de M. E. J. Dunn, géologue officiel de la Colonie de Victoria, qui prouve que ces pierres, appelées australites, sont d’origine volcanique et non météorique, comme on l’avait cru jusqu’alors. La matière qui les constitue est un verre acide volcanique, identique avec l’obsidienne pour sa structure et sa composition. Leur forme rappelle la goutte d’eau qui s’amasse au bas d’une bulle de savon, et elles sont évidemment les résidus de bulles de verre que lancèrent les volcans australiens, à nne époque qui remonte probablement à l’âge tertiaire. M. Dunn explique comme suit leur dispersion sur des territoires qui ne furent jamais le théâtre de manifestations volcaniques. Lancées à une hauteur de plusieurs milliers de mètres par les cratères en éruption, les bulles de verre furent emportées au loin par les courants aériens supérieurs. Quand elles éclatèrent sous l’action d’un brusque refroidissement, leurs parois très fines se réduisirent en poussière, mais la partie inférieure, plus épaisse, tomba sur le sol et s'incrusta dans le terrain alors en formation. Leurs formes symétriques, leur composition chimique et leur distribution prouvent nettement que ces étranges boutons ne sont pas d’origine météorique.
- Chute d’un bolide en Bretagne. — Le 8 janvier, un bolide a été aperçu en divers points de la France : à Gommentry, à Martizay (Indre), à Alençon, à Tours, à Thouars, à Cholet, enfin à Paimpol. Sa trajectoire n’a pas encore été exactement établie. Il était lumineux, d’un blanc éblouissant comparable au magnésium et continué par une traînée lumineuse blanche. Il traversait l’atmosphère sans bruit. A Alençon on l’a vu pendant 4 secondes, à 8 heures 20 minutes et sa traînée était inclinée à 6o° sur l’horizon. Enfin, il a dû tomber en mer, au large des côtes bretonnes, où une violente secousse a été ressentie vers minuit à Carhaix et à Paimpol.
- L’inventeur du Dreadnought. — Le lieutenant général Vittori Cuniberti, du corps des Constructions navales d’Italie, qui vient de mourir à Rome à l’âge de 5g ans, était, de l’aveu même des constructeurs anglais, l’inventeur de ce type Dreadnought, que la marine britannique fut la première à réaliser (en 1905), et que toutes les marines du monde ont adopté depuis. L’inventeur italien avait publié en igo3 un mémoire et des plans sur ce qu’il appelait le « navire de guerre idéal », et où il proposait la construction de cuirassés de 17000 tonnes avec blindages de 3o centimètres. Ses compatriotes accueillirent son projet avec dérision, mais, dès la fin de 1904, l’Amirauté britannique mettait à l’étude un cuirassé qui réalisait les idées hardies de
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- INFORMATIONS
- M, Cuniberti, idées qui ont fait leur chemin dans le monde, puisque l’on compte actuellement à flot 102 navires de ce type.
- Le stabilisateur automatique pour aéroplane de Orville Wright. —O. Wright, qui poursuit depuis plusieurs années, presque depuis les débuts de l’aviation, la recherche d’un stabilisateur automatique pour aéroplane, vient d’expérimenter publiquement un appareil dont le Daily Mail donne la description suivante. Ce stabilisateur ressemble, en principe, au régulateur à boules de la machine à vapeur, dont le fonctionnement est familier à tous : lorsque la machine s’emporte, les balles du régulateur s’élèvent par la force centrifuge et obstruent l’arrivée de la vapeur, diminuant ainsi la vitesse du piston; lorsque la vitesse diminue, les balles retombent, permettant de nouveau l’arrivée de la vapeur en plus grande quantité. Les choses se passent de même, avec quelques modifications, en ce qui concerne le stabilisateur Wright : lorsque l’aéroplane tangue ou roule, un pendule se meut, mettant en marche un petit appareil qui est lui-mème actionné, à l’aide d’un engrenage, par un moulin à air tournant grâce à la vitesse de l’aéroplane dans l’air. Ce petit appareil fait gauchir les ailes et contrôle automatiquement le gouvernail de profondeur. Plus les mouvements de tangage ou de roulis sont grands, plus est grande la puissance employée pour corriger ces mouvements. Orville Wright a récemment fait dix-sept vols avec un aéroplane muni de son stabilisateur Il a été surveillé attentivement pendant ces vols et l’on a remarqué qu il ne se servait de ses mains que pour diriger sa machine. Ceci est d’autant plais remarquable qu’un vent très fort souillait ce jour-là. Cette description est trop vague pour qu'il soit possible, dès maintenant, de comparer la solution de O. Wright aux deux solutions bien connues de nos lecteurs, fournies par les deux Français Doutre et Moreau.
- L’expédition Shackleton. — Sir Ernest II. Schack-leton, qui vient de rendre public son projet de traverser le continent antarctique d’une mer à l’autre, n’est pas un nouveau venu dans le domaine des explorations polaires. Il avait fait partie, comme commandant en second, de la première expédition Scott (1901-1904) En 1907, il dirigea en personne une nouvelle expédition, ei s’avança jusqu’à 179 km du pôle Sud. Ce fut au cours de cette exploration qu’il découvrit la route qu’emprunta en 1912 le regretté capitaine Scott. L’itinéraire qu’a choisi M. Shackleton lui imposera une marche de 2800 km, dont 1280 à travers des régions totalement inexplorées. Il soulève en outre des difficultés énormes, car il contraindra l’expédition à organiser deux bases de secours sur les rivages de chacune des deux mers. L’expédition partira de Buenos-Ayres, probablement en octobre prochain. Ses deux navires emploieront des huiles lourdes comme combustible. Le plus petit des deux se ravitaillera en Nouvelle-Zélande pour aller constituer une base dans la mer de Ross, que s’efforcera d’atteindre le peloton de six hommes qui, sous la conduite de Shackleton, tentera la traversée du continent. L’expédition emportera 120 chiens d’Alaska et de Sibérie, deux traîneaux munis d’hélices et de moteurs d’aéroplane, et un aéroplane de médiocre envergure, qui ne servira qu’à constituer des dépôts de vivres. D’après les calculs de l’explorateur, l’expédition ne pourra pas donner de ses nouvelles avant le printemps de 1916.
- Le tourisme sur le Rhône. — Autrefois, on descendait le Rhône en bateau : Richelieu, Mme de Sévigné, Musset employèrent '-e moyen de transport. Mais depuis 1904 il n’y avait plus sur le Rhône de bateaux de voyageurs. M. Edouard Herriot, maire de Lyon, nous apprend, dans le Journal, une bonne nouvelle : le tourisme nautique sur le Rhône va renaître. En effet, une Compagnie lyonnaise pour la navigation de plaisance s’est constituée, grâce à l’appui des départements du Rhône et de Vaucluse, des villes de Lyon, Valence et Avignon et de la chambre de commerce d’Avignon; elle fait construire en ce moment aux chantiers d’Arles un çoche d’eau moderne, Ville de Lyon, de 5(i mètres de long sur 12 de large avec machine de 5oo chevaux. Ce bateau-salon, du type de ceux des lacs de Genève et de Zurich, ptrurra transporter 1200 personnes. Sous le pont principal, dit M. Herriot, à l’arrière, on a ménagé plusieurs cabines pour les voyageurs qui désireront passer
- la nuit à bord. Sur ce pont seront disposés le salon-salle à manger des premières classes, éclairé par de larges baies qui permettront de suivre le paysage ; un salon spécialement réservé aux dames, en érable teinté, orné d’un mobilier Directoire, et, à l’avant, une sorte de large rouf formant rotonde. Un escalier monumental, à double développement, conduit au pont-promenade. « La Ville de Lyon entrera en service en mai prochain, au moment de l’ouverture de l’Exposition de Lyon. Elle descendra le Rhône de Lyon à Avignon en 8 heures avec escale à Valence et le remontera en un jour. Des conventions conclues avec la Cie P.-L.-M permettront de combiner le voyage par eau et celui par chemin de fer. Cotte nouvelle voie fera parcourir une des plus belles régions de France, falaises abruptes, défilés étroits, villes et ruines perchées pittoresquement sur les bords du fleuve, paysages du Nord et du Midi. Elle réalisera, avec les services d autos de la Camargue, la voie ferrée de la Côte d’Azur et la route automobile des Alpes, un des plus beaux circuits touristiques connus.
- Injections de sucre dans l’organisme. — lie D' Iïen-riquez vient de relater dans le Bulletin de VAcadémie de Médecine les heureux effets de l’injection de fortes solutions de sucre. Depuis longtemps déjà, on emploie avec succès, dans les états de déqjression grave où le cœur défaut et la sécrétion urinaire diminue, le sérum artificiel, simple eau salée qu’on injecte lentement. Le Dr Ilenriquez a essayé l’emploi d une solution de sucre concentrée à 3oo gr. par litre, dont il injecte en une heure 25o à 3oo c. c. Ce nouveau remède a produit d’excellents effets, améliorant l'état général, tonifiant le cœur, excitant les reins, désintoxiquant l’organisme. C’est un moyen de plus dont disposera l’art médical pour aider l’organisme à se défendre dans les cas graves ou désespérés.
- Invasion de rongeurs. — Le nord-est de la province sibérienne de Tobolsk est en proie à une étrange invasion que les autorités s’efforcent de combattre par tous les moyens possibles, expose le Times. Chassés probablement par l’annonce d’un froid d’une rigueur exceptionnelle, de véritables hordes d'écureuils, de taupes, de rats et de mulots ont envahi les régions cultivées, répandant la terreur dans les villages. Ils pénètrent dans les fermes et dévorent les provisions de grain et de fourrages. Mais il est un autre péril plus grave que cette destruction ; on redoute que les envahisseurs véhiculent le germe de cette peste pulmonaire qui ravagea la Mandchourie et une partie de la Sibérie orientale en 1911.
- Les souris et l’aviation. •— Un curieux incident est relaté par le Daily Mail. Un officier aviateur, le lieutenant Fletcher, venait d’atterrir sur son biplan après avoir couvert les 800 kilomètres qui séparent Montrose de l’aérodrome d’Aldershot, quand il aperçut une souris qui, affolée, bondissait à travers une des ailes et se réfugiait dans les profondeurs du hangar. Quelques instants plus tard, un mécanicien découvrait un nid de souris construit dans un coin de l’aile inférieure avec des débris d’étoupe ; cinq ou six souriceaux s’y pelotonnaient frileusement. Le biplan avait été laissé inactif pendant une quinzaine de jours, et les entreprenants rongeurs avaient profité du délai pour y fonder une famille ! On doit supposer que les souris d’Aldershot ont été les premières de leur espèce à recevoir le baptême de l’air!
- Chats pour entrepôts^ frigorifiques. — Les Américains, rapporte Y Industrie frigorifique, viennent de découvrir une espèce nouvelle de chats. La ville de Pittsburg possède de nombreux entrepôts frigorifiques où l’on conserve viande, volailles et poissons. Malgré la température rigoureuse qui y règne, les rats s’y acclimatèrent fort bien et en peu de temps pullulèrent. Les chats, au contraire, que l’on voulut charger de la défense des entrepôts, mouraient tous en peu de temps. C est alors que des industriels firent venir des régions polaires des chats d’une espèce jusqu’ici peu connue. Ces animaux sont blancs, pourvus d’une riche et épaisse fourrure, et doués d’une puissance musculaire remarquable. Leurs moustaches touffues leur donnent un aspect particulièrement rébarbatif. Ces chats sont, paraît- 1, de terribles ennemis des rats. Ils en firent de tels massacres qu’aujourd’huî les entrepôts de Pittsburg sont complètement débarrassés de leurs hôtes malfaisants.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *> Télégraphie sans fil
- L’ « Ondophone », récepteur de T. S. P. — L’ « On-dophone » est certainement l’un des plus petits appareils de T. S. F. qui existent. Il est constitué uniquement p;o-un récepteur téléphonique, lequel porte du côté opposé à la plaque vibrante, et extérieurement, un minuscule détecteur. C’est donc l’appareil transportable par excellence. La petitesse de ses dimensions n’exclut nullement sa sensibilité. Le constructeur allirme que les signaux de la Tour Eiffel sont perçus d'un endroit quelconque de France en branchant l’appareil sur les bornes d’un fil de ligne téléphonique en utilisant une conduite d’eau ou de gaz comme lil de terre. Si l’on peut disposer d’une
- antenne faite d’un seul Blly. | hl de 3o mètres de
- 1 L tTs" longueur tendu à 5 mè-
- tres au-dessus du sol, <>n peut entendre à
- Fig. i. — Los éléments constitutifs de l’Ondophone.
- Fig. a. — Régiiigo du détecteur.
- 4oo kilomètres. A 3o kilomètres il suffit, pour recevoir, d’utiliser comme antenne un parapluie ouvert et tendu à bout de bras. Aucune bobine d’accord n’intervient. Le détecteur est à galène ; ses bornes sont accolées directement à celles du récepteur téléphonique dont la résistance est de 5oo ohms. Naturellement la pile est supprimée. De chaque borne du récepteur part un fil de 2 mètres de longueur terminé par une pince spéciale permettant de brancher instantanément le récepteur sur une antenne et une prise de terre quelconque.
- Les dimensions de l’appareil sont telles qu’il peut prendre place dans une poche de gilet. Il convient donc à tous ceux qui se déplacent fréquemment, aux touristes, surtout, désireux de n’être jamais privés des renseignements que donne si gracieusement notre grand poste national. L’appareil est en vente (20 fr. i chez M. Horace Hurm, 14, rue J.-.L-Rousseau, Paris.
- 'Electricité <-*
- Le signalement lumineux des passages à niveau.
- — Les progrès de l’automobile ont déterminé, sur les routes, un énorme accroissement du trafic; les véhicules mécaniques de tous genres, piqués d’émulation, prennent des vitesses parfois excessives. Aussi la nécessité se fait-elle sentir de plus en plus pressante de disposer aux passages à niveau, surtout la nuit ou en temps de brouillard, des signaux optiques permettant aux conducteurs des voitures de reconnaître, à temps, si les passages sont ouverts ou fermés. Ces signaux, constitués par des lampes éclairant un signal peint en noir sur une vitre dépolie, doivent évidemment fonctionner avec une régularité absolue et leur intensité lumineuse doit être suffisante pour leur assurer une visibilité parfaite.
- L’usine Julius Pintsch, à Berlin, vient de mettre au point un dispositif de signalement lumineux qui nous paraît solutionner ce problème d’une façon satisfaisante.
- Ce dispositif comporte un cylindre en acier rempli d’acétylène dissous, un régulateur de pression, un appareil d'allumage et d’extinciion (analogue aux appareils d'éclairage pour escaliers), une lampe-signal munie d’un dispositif à éclipses et une lanterne montrant, sur une vitre dépolie, le signal optique conventionnel.
- La figure i est une vue d’ensemble de ce dispositif dé signalement; la figure 2 fait voir les détails des appareils
- montés sur le bras à contrepoids de la barrière, le couvercle étant relevé.
- Dans le tuyau amenant le gaz à la lampe on a inséré, au point de rotation du levier de la barrière, une soupape qui, au moment de la descente de la barrière, ouvre le passage du gaz, du coté du bec principal de l’appareil
- d’éclairage, elle le referme au moment de la montée, un bec auxiliaire de l’appareil à éclipses brûle constamment en veilleuse.
- L’appareil à éclipses peut être réglé pour diverses durées d’éclairage et d’obscurité. On choisit en général un flamboiement de o,3 seconde, suivi de 0,7 seconde d’obscurité.
- La figure 3 représente un dispositif analogue pour signaler les courbes étroites ou les endroits daugereux sur les routes d’automobiles.
- Comme l’interruption périodique de l’éclairage assure une forte économie de gaz, le fonctionnement et l’entretien de ces dispositifs sont relativement bon marché ; on n’a à changer les cylindres à acétylène dissous qu’après un service assez prolongé (d’environ 3o jours).
- Fig. 3. — Dispositif signalement pour routes d’automobiles.
- *>> Chauffage
- Chauffe-eau « Le Magic ». — Cet appareil, bien que d’un très petit volume — c’est certainement le plus petit (hauteur o m. 37, largeur o m. 09) vendu jusqu’à ce jour — est d’une construction robuste et d’un fonctionne-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ment parfait; son prix est aussi modique (3à francs sans les accessoires) et sa pose est des plus aisées.
- Il ne nécessite aucun tuyau d’échappement, la combustion des gaz de son foyer étant absolument complète. Le débit est minime, un litre et demi d’eau à la minute à une température de 45°, débit plus que suffisant pour les usages ci-après et pour lesquels plus particulièrement il a été établi : laboratoires pour chimistes, docteurs, chirurgiens, pharmaciens, dentistes, coiffeurs, etc., pour les applications industrielles; cabiuets de toilette, cuisines, etc., pour les applications domestiques.
- Si l’on désire avoir de l’eau plus chaude que 4^°, il suffit de diminuer le débit d’eau en fermant plus ou moins le robinet d’arrivée d’eau.
- Le foyer se compose d’un brûleur Bunsen spécial dune grande puissance de chauffe avec une consommation l’estreinte de gaz. L’intérieur contient un système tubulaire d'une seule pièce et d’une grande surface de chauffe malgré son petit volume. La tubulure d’écoulement d’eau étant filetée à son extrémité peut recevoir un tube métallique flexible sur lequel on peut monter : jet droit, pomme de schampoing, etc. On peut également y adapter une olive, permettant d’y fixer un tube en
- caoutchouc pour soins internes.
- Le brûleur est coudé lorsque cet appareil est destiné à être adapté à un réchaud. Au moyen d’une attache de forme spéciale, il est possible de l’adapter àn’im-porte quel système de réchaud.
- Voici son mode d’allumage, soit avec veilleuse, soif sans veilleuse
- Sans veilleuse. — x° Ouvrir le robinet d’eau ;
- 2° Allumer le brûleur en ayant bien soin d’enfoncer l’allumette enflammée par un des deux trous percés spécialement sur le cylindre de l’appareil, jusque sur le tamis de ce brûleur et ouvrir doucement l’arrivée du gaz à ce moment.
- Avec veilleuse. — i° Ouvrir le robinet d’eau;
- 2° Ouvrir le robinet de fermeture du bas de la veilleuse ;
- 3° Ouvrir et allumer la veilleuse qui donne une flamme pénétrante au-dessus du tamis du brûleur;
- 4° Ouvrir doucement le robinet d’arrivée de gaz.
- Pour arrêter l’appareil, il faut d’abord fermer le robinet du gaz. ensuite celui de l’eau.
- En n'allumant pas le brûleur de cet appareil, il est évident que tous les usages de l’eau froide peuvent se faire. — Cet appareil est fabriqué par la Société « Le Magic », 14j rue Beaugrenelle, Paris, XVe.
- Jouets -cai
- Course cycliste.— Ce jeu de course cycliste comporte une sorte de tapis roulant, actionné par un mécanisme moteur à ressort, et sur lequel se déplacent plusieurs cyclistes placés de front. Le ressort N étant tendu par la clef G, ainsi que le montre notre schéma figure 2, les cyclistes se placent d’eux-mêmes au point de départ. Puis ils partent vers le but, très lentement, pendant que la piste qui se déplace sous les roues communique à ces dernières un mouvement de rotation rapide qui se transmet aux jambes des cyclistes. On a ainsi le spectacle de cyclistes péda'ant à toute vitesse et luttant coude à coude, alors que leur déplacement est assez lent pour prolonger la lutte et conserver ainsi au jeu tout son intérêt.
- Le mécanisme permet d’obtenir des allures inégales pour chaque cycliste pendant la durée de chaque course et différentes d’une course à la suivante. Le rythme est tout à fait dû au hasard : il est donc impossible de prévoir quel sera le gagnant, d’autant plus que pendant une course les cyclistes peuvent se dépasser mutuellement Tout près du but, même, le dernier peut regagner de l’avance et battre ses voisins sur le poteau. De plus, le mécanisme moteur est ainsi établi qu’au début l’allure est lente, elle augmente ensuite peu à peu pour se terminer à l’emballage.
- Ce mécanisme comporte le ressort à boudin N attaché à un câble qui s’enroule sur un tambour conique K, muni d’une gorge hélicoïdale dans laquelle s'engage le câble. L'ouverture du cône est établie d’après la varia-
- Fig. i. — La course cycliste.
- tion de la puissance du ressort considérée entre sa tension initiale et sa tension extrême, de façon à agir plus énergiquement sur l’arbre du cône à la fin du déroulement qu’au début, ce qui permet d’obtenir l’allure initiale lente et l’emballage final. Ce cône moteur commande par l’engrenage E l’un des tambours R de la piste mobile. Sur l’axe du même cône sont placées de petites bobines coniques B (une par cycliste) sur lesquelles s’enroulent les fils dont l’extrémité libre est attachée à un cycliste. Le cône moteur actionne donc simultanément la piste roulante R et les bobines d’enroulement des fils qui entraînent les cyclistes vers le but. Mais ces bobines sont touLes de formes différentes et les cônes sont inversés : les fils ne se trouvent ainsi jamais ensemble sur les mêmes diamètres de ces cônes. Ainsi, si le fil du cycliste A s’enroule près de la base du cône auquel il est attaché, celui du cycliste B s’enroulera près du sommet de son cône.
- On conçoit qu’ainsi le cycliste A sera plus vite tiré vers le but que le cycliste B, c’est donc A qui gagnera.
- Fig. 3. —• Schéma du mécanisme de la course cycliste.
- Pour la position A! BMes deux cyclistes arriveraient ensemble et, pour A" B", le cycliste B gagnerait.
- Mais chaque fil, avant de s’enrouler sur le cône, est guidé par une lunette L percée d’autant de trous qu’il y a de cy-N clistes et la position de cette lunette devant les cônes est commandée par une came M que commande par engrenage le cône moteur. La position de cette lunette varie donc constamment et les fils ne s’enroulent jamais de la même façon l’un par rapport à l’autre. Chaque cycliste pourra donc être tour à tour gagnant ou perdant et cela sans que l’on puisse prévoir le retour de la chance, la came changeant de position à chaque départ. — L’inventeur de la course cycliste est M. E. Billioque, 46, rue Servan, à Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- JANVIER-FEVRIER-MARS 1914.
- Les heures sont données en temps moyen légal compté de o à 14 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L’équinoxe de printemps se produira le 21 mars, à iih iim. À cette époque, les jours et les nuits ont une durée égale. Le Soleil remonte de l’hémisphère austral du ciel dans l'hémisphère boréal.
- Il y aura lieu de poursuivre chaque jour l’observation du Soleil. Après quelques signes d activité, la surface solaire est redevenue calme, et ne montre, en général, ni tache, ni facule. Le minimum solaire actuel se prolonge de curieuse façon.
- II.
- PLANETES
- Mercure traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne et du Verseau. Il atteindra sa plus longue élongation du soir le
- 22 février, à 180 5' à l’Est du Soleil. Cette élongation sera la plus petite de l’année, et comme la planète sera peu élevée sur l’horizon pour Paris, elle sera difficilement observable. On pourra la rechercher cinq à six jours avant etaprès le 22 février. Mercure se couchera le 6 février, à i7h 39“, le
- 6 mars, à 18h 29™. Diamètre : le 5 janvier, 4^,8; le 6 février, 5", 1 ; le 6 mars, io'.i; le 16 mars, 10",8. Une intéressante conjonction de Mercure avec l’étoile X Verseau, de grandeur 3,8, se produira le 14 février, à 18 heures, à o°5/ Sud.
- Vénus, dans le Sagittaire en janvier, traversera le Capricorne en février, puis le Verseau et une partie des Poissons, en mars. Elle est inobservable, arrivant en conjonction supérieure et passant de l’autre côté du Soleil, le 11 février 1914.
- Mars trône d’un vif éclat rougeâtre dans les hauteurs du ciel. Il sera en opposition le 5 janvier, dans la constellation des Gémeaux, où il se déplacera assez lentement, jusqu’au i3 février, dans le sens rétrograde, puis ensuite dans le sens direct. Voir la carte ci-jointe, que nous reproduisons d’après l’Annuaire astronomique, avec l’autorisation de M. Flammarion.
- Cette année, en opposition, le diamètre de Mars sera assez petit : il atteindra i5" seulement le 5 janvier (il dépasse parfois 25").
- L’étude de Mars peut être entreprise à l’aide d’instruments de moyenne puissance. Pour utiliser les dessins, il est nécessaire de connaître comment ils sont orientés par rapport à l’observateur; on y parvient au moyen de tables spéciales publiées dans le Nautical Alma 11ae et dont un extrait, très suffisant pour les amateurs, est donné dans Y Annuaire astronomique de M. Flammarion pour 1914-
- Diamètre de Mars, le 5 janvier, i5",o; le 6 février, 11",4; le 6 mars, 9",5.
- Jupiter, dans le Capricorne, sera en conjonction avec le Soleil, le 20 janvier. Il sera pratiquement inobservable pendant ce trimestre.
- Saturne, dans le Taureau, est très favorablement placé pour l’observation, présentant ses anneaux avec leur ouverture maximum. Il est passé en opposition le
- 7 décembre 1 g 13 et sera en quadrature orientale le 3 mars 1914-
- Voici les principaux éléments du système des anneaux :
- DATES
- 3 janvier
- 4 février 8 mars .
- 1" avril .
- GRAND AXE EXTÉRIEUR
- 46",0 . 43",9 41", 4 5lJ",7
- PETIT AXE EXTÉRIEUR
- 20",4 19", S 18".3 17",8
- HAUTEUR DE LA TERRE AU-DESSUS DU PLAN DE L’ANNEAU — 26° ;6'
- — 26° 19'
- — 26° 29'
- — 26° 59' .
- HAUTEUR DU SOLEIL AU-DESSUS DU PLAN DE L'ANNEAU
- — 26° 35'
- — 26° 37'
- — 26° 40’
- — 26° 42'
- Diamètre équatorial du globe de Saturne, le 5 janvier, to", i ; le 6 février, 19",2; le 6 mars, 18",2.
- Une petite lunette permet d’admirer en partie le beau
- spectacle de la planète. Ainsi, un objectif de om,o4o permet de deviner l’anneau; un objectif de 0m,O95 de reconnaître la division de Cassini; un objectif de om,io8 de voir l’anneau intérieur transparent. Voir aux précédents Bulletins (notamment en janvier-février-mars 1913) ce que nous avons dit relativement à l’observation des satellites de Saturne.
- Uranus, dans le Capricorne, est pratiquement inobservable. Nous en parlerons au prochain Bulletin.
- Neptune, dans la constellation du Cancer au début de janvier, passera dans la constellation des Gémeaux au milieu du mois. Il sera très près de l’étoile 85 Gé-meatix et sera en opposition le 17 janvier, passant alors au méridien vers minuit.
- On peut trouver Neptune au moyen d’une petite
- lunette et d’une bonne carte céleste, telle que celle donnée par Y Annuaire astronomique pour 1914.Cette carte, dressée d’après les grandes cartes d’Ar-gelander, contient toutes les étoiles de la région où la planète se déplace pendant l’année, jusqu’à la grandeur g,5 environ.
- Sil on dispose d une monture équatoriale, la position suffira. Voici, en conséquence, les positions de Neptune pour les prochains mois :
- DATES
- 5 janvier. .
- 6 février. . 6 mars . ,
- ASCENSION DROITE
- 7 h. 57 m.
- 7 h. 55 m.
- 7 li. 50 m.
- DECLINAISON •+20° 18' + 20“ 28' -+- 20° 30'
- DIAMÈTRE
- 2",3 2”,3 2",5
- Neptune présente, dans les instruments assez puissants, un disque bleuâtre; son éclat est de 8e grandeur environ.
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse annulaire de Soleil. —Une éclipse annulaire de Soleil, invisible à Paris, aura lieu les 24-25 février. La phase annulaire ne sera visible que des régions polaires australes. L’éclipse sera visible comme éclipse partielle de la partie australe de l’océan Pacifique. L’éclipse commencera à 2ih4bra (temps moyen de Paris), le 24 février, et finira à 2h4im> le 26. La plus grande durée de la phase annulaire sera de 5m 3os.
- Éclipse partielle de Lune. — Une éclipse partielle de Lune, visible à Paris, se produira le 12 mars. La grandeur de cette éclipse sera de o,gi5, le diamètre de la Lune étant pris pour unité. Au milieu de l’éclipse, il ne restera qu’un mince croissant lumineux au Sud-Ouest de la Lune. Voici les éléments de cette éclipse :
- Entrée de lu Lune dans la pénombre à...........1 h. 41 m.
- Entrée dans l’ombre à..........................2 h. 42 m.
- Milieu de l’éclipse à......................4 h. 14 m.
- Sortie de l’ombre à............................5 li. 45 m,
- Coucher de la Lune à Paris.....................G h. 13 m.
- Lever du Soleil à Paris........................6 li. 14 m.
- Sortie de la pénombre à........................6 h. 46 m.
- Les observateurs devront porter leur attention sur la plus ou moins grande visibilité de la partie de la Lune plongée dans l’ombre de la Terre, et sur les colorations, aussi bien de cette partie que de la partie restant éclairée. La Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris, sera très heureuse de recevoir les observations que l’on voudra bien lui communiquer.
- Conjonctions
- Le 11 janvier, Mars en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 0° 34' S.
- Le 14 janvier, Mercure en conjonction avec Vénus, a 5 h., à 1°4' S.
- Le 22 janvier, Mercure en conjonction avec Jupiter, à 14 h., à 1“40' S.
- Le 25 janvier, Vénus en conjonction avec Jupiter, à 19 h., à 0“33' S.
- Le 25 janvier, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 21 b., à 3° 22' K.
- Le 25 janvier, Vénus en conjonction avec la Lune, à 21 h., à 2° 48'N.
- Le 7 février, Mars en conjonction avec la Lune, à 13 li., à 1° 9' S.
- Le 14 février, Mercure eu conjonction avec À Verseau (gr. 5,8) à 18 h à 0° 0' N.
- Le 22 février, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 16 h., à 2° 56' N.
- Le 22 février, 1'ranus en conjonction avec la Lune, à 19 h., à 2°59' K.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OK
- Le 26 février, Mercure en conjonction avec la Lune, à 12 h., à 1°56'K. Le 4 mars, Jupiter eu conjonction avec Urauus, à 10 h., à 0°9' N.
- Le 7 mars, Mars en conjonction avec la Lune, à 5 h., à 1°49' S.
- Le 22 mars, Uranus en conjonction avec la Lune, à 3 h., à 2°52' N.
- Le 22 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 9 h., à 2°26' N.
- Le 24 mars, Mercure eu conjonction avec la Lune, à 16 11., à 1°8' iN.
- Le 27 mars, Vénus en conjonction avec la Lune, à 22 h., à 4° 16' S.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 7 janvier. . . jjl Bélier. 5,7 2 li. 14 ni. Appulsc ;i0',9 du bord.
- 12 — y. Gémeaux. o,7 7 h 47 m. 8 h. 27 m.
- IS- 45 Lion. o,8 5 h. 7 m. 5 li. 49 ni.
- IS — p Lion. 4,0 7 h. 27 m. 8 1). 18 m.
- 21 — b Scorpion. 4,7 6 li. 52 m. Appulsc à 4',5 du bord.
- 51 • • ô Poissons. 4-,8 21 li. 27 m. 22 li. 25 m.
- 3 féviier . . E Bélier. 4,6 17 li. 2 m. 18 h. 24 m.
- 6 — 1848 B. A. C. 5,0 20 h. 21 ni. 20 h. 42 m.
- Tl — a Lion (llégutm). 1,5 5 B. 59 m. 6 b. 50 m.
- 18 — % Scorpion. 5,2 6 b. 20 m. 7 h. 56 m.
- 2 mars . . ;j. Bélier. 5,7 16 h. 48 m. 18 h. 0 m.
- DATES ETOILE OCCULTÉE CK. VNDEIU COMMENCEMENT FIN
- o- L — . Les Pléiades :
- 0- i — . 16Taureau (Celæno). 5,4 23 h. 53 m. 0 11. 53 m.
- 17 Taureau (Mectre). 3,8 0 h. 15 ni. Appulsc à 5\S
- 4 — du bord 1.
- 4 — . 20 Taureau (.Ua'iaj. 4,1 0 h. 16 ni. 1 li. 2 m.
- 4 — . 20 Tairean (Aslérope I) 5,8 0 li. 18 ni. 1 h. 8 m.
- 4 — 18 Taureau. 5,6 0 h. 29 ni. Appulsc à 7',0
- du Bord
- S — . v- Gémeaux. 3,7 ; li. 32 ni. 4 h. 57 ni.
- II — . 45 Lion. 5,8 1 h. 6 ni. 2 h. 0 ni.
- il — . p Lion. 4.0 . ) Ii. 54 ni. 4 li. 17 ni.
- lt — . 49 l.ion. 5.7 4 ii. 50 ni. 5 lu 38 m.
- 15 — . 49 Vierge. 5,2 25 Ii. 1 ni, 23 b. 21 m.
- Etoiles filantes. — Les 2 et 3 janv: ier, chute c les
- Bootides. Radiant : [3 Bouvier.
- Étoiles variables. — Miuima de l’étoile variable Algol(p Persée) :
- 9 janvier (23l'lo"); 12 (20b 5'°) : 30 (0''58“). — 1" lévrier (21h 47"! ; 4 (18‘57“); 21 (25h 52”) ; 24 (20h 22”), —16 mars (22**7*»); 19 (1S1o6";;>.
- Le 17 mars, maximum de Mira Ceti (o Baleine), variable de 3,3 à 8,5, Em. Touchet.
- Jteo
- 10D
- HYGIENE ET SANTE
- La conservation des microbes par les mouches.
- — Nul animal n’est plus désagréable et en même temps plus malfaisant que la mouche : désagréable par sou bourdonnement, par l’agacement qu’elle occasionne en venant se poser sur la main, la figure, malfaisant par la contagion qu’elle répand partout où elle passe. La mouche ne se nouriüt pas que de nos aliments et de choses propres ; elle va chercher son repas dans les ordures, les excréments, la pourriture; puis, de là, les pattes et le corps imprégnés de mille souillures, va se poser partout, de préférence dans les cuisines, les salles à manger et naturellement sur les produits alimentaires.
- La Préfecture de police, à l’instigation du Conseil d’hygiène, a répandu en très grand nombre des affiches dans lesquelles on trouvera exposés les méfaits de ce vilain insecte et les conseils les plus utiles pour sa destruction. Dans les endroits où elles pullulent, un des meilleurs moyens est celui qu’a préconisé la Nature, le filet à papillons qui les prend par vingtaine à la fois et permet une destruction facile.
- C’est une nécessité de plus en plus impérieuse que de combattre la pullulation de la mouche. En quelques semaines, un seul animal donne naissance par générations successives à des milliers d’individus qui portent en eux, même après leur mort, les germes infectieux. Je dis bien, après leur mort : les expériences de Beresolî le démontrent amplement. Ce médecin a voulu s’assurer si les microbes, avalés par les mouches et retenus dans
- leur tube digestif, restaient indemnes et conservaient leur pouvoir virulent pendant leur sommeil hivernal et si, le printemps venu, l’insecte pouvait répandre ces microbes sur les aliments ou sur les plaies de malades.
- Le résultat de ces recherches fut des plus nets. Un certain nombre de mouches furent cueillies à la fin du sommeil hivernal; la surface du corps ayant été soigneusement désinfectée pour éviter toute erreur de contamination par contact, on ouvrit l’abdomen et le produit retiré du tube digestif donna, dans plus de i5o cas, des cultures absolument virulentes. On y trouvait un peu de tout : avec des agents non pathogènes on rencontra du proteus, des staphylocoques, et en particulier le staphylocoque pyogène et le bacterium coli, proche parent du bacille typhique.
- La mouche garde donc intacts pendant son sommeil les microbes qu’elle a recueillis dans ses pérégrinations et absorbés et n’attend que le réveil, au retour des effluves printaniers, pour répandre, au hasard de son vol et de ses poses, son contenu morbigène. Il y a plus : les mouches qu’on a tuées après leur avoir fait ingérer des cultures microbiennes, ces mouches mortes et à moitié desséchées ont encore dans leur tube digestif des microbes dont quelques-uns peuvent être cultivés, par conséquent sont encore bien vivants et nocifs. Morte la bête, mort n’est pas le venin, dans ce cas. Aussi doit-on inculquer partout, et ce devrait être un petit côté de l’enseignement scolaire, la notion du danger des mouches et de la nécessité de les détruire. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Mixture économique pour collage du bois. — Voici comment on la prépare, d’après les indications aimablement communiquées par un de nos lecteurs. On chauffe au bain-marie un mélange de poids égaux d’eau et de dextrine, vendue chez les marchands de couleurs, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de grumeaux. Si la cuisson doit être longtemps prolongée, il convient d’ajouter juste assez d’eau pour remplacer le liquide évaporé.
- Brillant pour métaux. — L’analyse d’une pâte, de marque commerciale appréciée, destinée à brillanter les métaux, nous permit d’élaborer une très simple formule pour préparer Un tel brillant. Il suffit de se procurer de la silice précipitée chez n’importe quel marchand de produits chimiques et de bien mélanger an mortier 4o gr. du produit avec 5o gr. d’une huile végétale quelconque (bon marché de préférence : colza par exemple). Il faut ajouter à l’huile io gr. environ de suif ou d’axonge pour avoir une consistance convenable. Naturellement cette quantité varie selon le degré d’onctuosité que l’on
- désire, et selon que la mixture sera employée l’été ou l’hiver. On peut très bien utiliser à la confection du brillant les huiles ou graisses rançies, leur acidité contribuant rapidement à polir la surface métallique : le produit commercial que nous avons analysé avait ainsi une assez forte acidité naturelle.
- (Laboratoire de La Nature.) Pour préparer l’encaustique sans danger. — Pour éviter tout risque d’inflammation des vapeurs du solvant servant à préparer l’encaustique, un de nos lecteurs, M. Runieau, emploie la méthode suivante qu’il eut l’obligeance de bien vouloir nous communiquer.
- On fait chauffer jusqu’à fuëion complète la cire, puis on la verse en mince filet dans l’essence froide (habituellement on prend 5oo gr. d’essence pour z5o gr. de cire) bien remuée sans cesse. La dissolution est immédiate, et on obtient en quelques minutes vm encaustique très homogène, aussi bien avec l’essence de térébenthine qu’avec l’essence de pétrole.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme ît. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Traverse en béton élastique. La maison Asbeston-Gesells-chaft, 6, Schicklerstrasse, à Berlin, détient tous les brevets de cette traverse.
- Correspondance. — Le Cidre. Notre collaborateur M. Jacquot nous écrit à propos de l’article de M. Truelle: a Aux régions productrices de cidre que vous indiquez,
- vous auriez pu ajouter la Haute-Savoie. En Chablais, •( en effet, on fabrique une grande quantité de cidre — a surnommé dans le pays vin de montagne — qui est ex-x cellent. Les paysans le consomment surtout eu hiver « parce que celte boisson étant peu chargée en alcool, a ils redoutent le froid qu’elle leur occasionnerait s’ils «. l’absorbaient en été. Certains propriétaires font du cidre forcé, conservé dans de petits tonneaux cerclés « de fer et qui mousse en pétillant comme du champagne. »
- Renseignements. — M. de la Bastide, à Allogny. —• Il n’est pas pratique de réencrer des rubans dactylographiques épuisés, parce que quand l’encre est usée, le tissu lui-même abîmé par les coups des marteaux-caractères ne vaut plus grand’chose l
- M. Noael, à Le Guéry. — Vous trouverez dans les Recettes du laboratoire, p. i3a, la liste des antiseptiques usuels avec leur efficacité comparée (i vol. in-la, édité chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain, 3 francs relié). Ceci vous permettra de faire quelques essais; en l’espèce le sulfate cuprique nous paraîtrait convenir. Pour les propriétés des diverses caséines, au point de vue applications pratiques, voir l’étude de Bellzerdans le Moniteur Scientifique de 1909, p. 256 à 261 (Quesneville, 12, rue de Boci, Paris, 2 francs le numéro).
- 31. Bidonl, rue du Buisson Saiut-Louis. — De nombreuses recettes pour bronzer le laiton sont données dans les Recettes de l’atelier (Masson édit., 120, boul. Saint-Germain, 3 fr. relié).
- M. Arquembourg, rue du Moulin-Vert. — Pour agglo-
- mérer le liège en poudre à l’effet de mouler des calorifuges, on a fait breveter cinquante mixtures ! Ainsi l’étude de la question sort un peu du cadre de la Boîte aux lettres. Nous savons que le brai, le lait de chaux, des empois amylacés sont surtout employés.
- M. P. Borrine fils, à Dompaire (Vosges). — Editeurs de collections d’ouvrages sur les professions artisanes : Mulo (Manuels Roret), rue Hautefeuille ; Hetzel (Bibliothèque des professions), rue Jacob; B. Tignol (Actualités industrielles), quai des Grands-Augustius; Garnier frères (Bibliothèque d’utilité pratique), rue des Saints-Pères. Tous envoient leurs catalogues sur demande. — Ouvrages sur l’analyse des eaux : Analyse des eaux, par Fabre-Domergue (Tignol, éditeur) ; Tableau synoptique pour l’analyse de l’eau, par Goupil (Baillière, éditeur, rue Hautefeuille); Analyse microbique des eaux, par G. Roux (Baillière) ; Analyse chimique et épuration des eaux potables, par Guichard (Gauthier-Yillars, édit., quai des Grands-Augustius); Analyse de l’eau, par Obmuller (Béranger, édit., rue des Saints-Pères).
- M. Gustave T., à Arras. — A la Compagnie de Saint-Gobain, on nous a indiqué comme épaisseur convenable de glace, donnant toute sécurité pour votre aquarium 26 mm. Voirp. 315 des Recettes de la maison (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain, 3 francs relié) la formule d’un ciment pour verre résistant à l-’eau.
- M. Fallon, à Paris. — i° Pour coller le papier d’étain sur verre, afin de confectionner divers appareils électriques, voici comment recommande d’opérer M. Abraham dans son ouvrage bien couuu Expériences de physique : Poser d’abord le papier d’étain sur une glace de verre propre et lisser la surface avec le doigt. D’autre part la surface du verre à recouvrir est enduite d’une couche de suif aussi légère que possible, étendue avec un chiffon. Ou pose alors la feuille d’étaiu sur la surface grasse et on produit l’adhérence eu frottant lentement, quoique assez fortement avec une gomme molle de caoutchouc mouillée au préalable. Il faut frotter en allant du centre vers les bords pour bien chasser les bulles d’air interposées et l’excès de suif — 20 II serait mauvais d’enduire des lampes électriques formant résistance, d’une couche opaque arrêtant la lumière : leur température interne s’élèverait de telle sorte que le filament serait rapidement mis hors d’usage.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Y’olcans des Nouvelles-Hébrides : D1' P.-R. Jour. — Le congrès de la baguelte divinatoire à Halle sur la Saale : H. Noël. — La gare Saint-Lazare souterraine : Lucien Fournier. —• L’Institut international de physique : Jean-P nul Lafitte.— La physique du discontinu: H. Vigneron. — Académie des sciences: Ch. de ViLLEDEtJH,. — La nouvelle année . u Japon.
- Supplément. — Les oxydations photochimiques. — Le radium de la bouille. — Que deviendra l’outillage du Canal de Panama? Mines et carrières de la régence de Tunis. — Les digues-bar-rages du royaume de Saxe. — L’ile-forteresse d’Héligoland. — Les stations de télégraphie sans fil, etc-
- Mission hydrographique Congo-Oubangui-Sanga, 1910-1911, par M. H. Roussiliie, préface de M. Rena.ub. 2 vol. in-8. E. Larose, éditeur, Paris, 1913.
- Eu 1910, le Gouverneur général de l’Afrique équatoriale française, M. Merlin, chargeait M. l’ingénieur, hydrographe Roussilhe et ses collaborateurs d’élu-ci 1er les moyens d’aménager, comme voies de transport, le cours, du Congo et de ses affluents français. Les études effectuées au. prix des plus grandes peines et avec une maîtrise consommée, apportent un élément précieux au développement du Congo français, C’est leur procès-verbal détaillé qui est consigné dans les deux beaux volumes publiés par le chef de la mission.
- E aéronautique navale militaire moderne (France et étranger), par Charles Lafon, lieutenant de vaisseau,
- aviateur-aéronaute. 1 vol. in-8° (22x14)1 a55 pages,. 5i fig. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, 1913. Prix : 7 francs.
- Le capitaine Lafon montre, pour la première fois, que l’aéronautique côtière et celle de haute mer doivent relever de deux services entièrement différents, l’un rattaché aux ports et l’autre aux forces navales,, l’un utilisant les hydravions et l’autre devant rechercher,, outre les dirigeables, des appareils absolument différents de tout ce qui existe jusqu’à ce jour, afin de pouvoir affronter la haute mer. On trouve de plus, dans cet ouvrage, les principaux règlements intéressant l’aviation militaire et navale, ainsi que les conditions à remplir par les jeunes gens, de plus en plus nombreux, qui demandent à servir dans ces corps.
- La machine à vapeur, par A. Witz, correspondant de l’Institut. 3e édition. 1 vol. in-16 de 432 pages avec 144 figures. J.-B. Baillière et fils, éditeur, Paris, 19x3, Prix : cartonné, 5 francs.
- M. Witz, l’éminent ingénieur et professeur, a condensé sous une forme claire, méthodique et précise, la théorie et la pratique des machines à vapeur, en mettant l’une et l’autre à la portée de tous. Après avoir exposé les notions de thermodynamique nécessaires à l’établissement de la théorie générique des moteurs à vapeur, l’auteur expose les ti’avaux de Hiru et de son école sur lesquels est fondée la théorie expérimentale : l’influence des enveloppes de vapeur, de la surchauffe et des détentes multiples ressort de cette étude et de
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- BIBLIOGRAPHIE
- l’analyse délicate des actions de paroi. Un chapitre est consacré à la détermination expérimentale de la puissance des machines par la mesure de leur travail indiqué et effectif, à l’aide de l’indicateur et du frein : les formules par lesquelles on calcule ces puissances sont établies ensuite et appliquées aux divers cas de la pratique. Les organes de la machine à vapeur sont décrits en détail, puis vient une monographie des meilleurs types.
- Notions élémentaires et pratiques de T. S. F., par E. Batjdran. i vol. illustré, in-8°, 108 p., 7qfig. Geissler, éditeur, Paris, iyi3.
- Petit volume à l’usage des personnes qui possèdent un poste do T. S. F. d’amateur, et veulent comprendre le comment et le pourquoi des montages. L’ouvrage est très clairement écrit, et conçu dans un esprit pratique qui l’assure de rendre de sérieux services à ses lecteurs.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 janv. 1914. 4°, 2 S. W. 4. Couvert. 65 Couvert ; pluie de 20 h. 15 à 24 h., continue.
- Mardi 6 2“, 9 W. 2. Nuageux. 3,8 Pluie cesse à 0 h. 30; pluie, neige, grêle et grésil l'après-midi.
- Mercredi 7 0°, 9 N. W. 2. Beau. 0,1 Pluie de 0 h. 10 à 20; gelée blanche; beau.
- Jeudi 8 — 1°, 0 S. 2. Peu nuageux. 0,3 Gelée blanche; très nuageux; brume; petite pluie le soir.
- Vendredi 9 4°, S S. S. W. 2. Couvert. 0,4 Couvert; petite pluie de 8 h 15 à 9 h. ; bruine le soir.
- Samedi 10 10°, 2 S. W. 2. Couvert. 6,3 Couvert; pluie de 7 h. , 0 à 10 h. 50 et de 13 h. 45 à 20 h. 30.
- Dimanche 11. . . . 8", 0 S. S. w. 1. Couvert. 5,1 Couv. jusq, 19 h.; beau ensuite; pi. une partie du temps jusq. 14 h.
- JANVIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE II JANVIER 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- r Du au n janvier. — Le 6. Basses pressions sur presque toute l’Europe : Skudesness, ^36 mm; Nice, 756; fortes pressions sur l’Espagne : Madrid, 772. Neiges et pluies sur l’O. : Puy de Dôme, i5 mm; Roche-fort, 10; Biarritz, 9; Belfort, 6. Temp. du matin : Uleaborg, —28°; Budapest, —5; Berne, —2; Nantes, -J- 4 ; Clermont-Ferrand, 5; Alger, 9; Biarritz, 10; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 2°,i). — Le 7. Pression plus élevée sur l’O. ; dépression sur la Russie et le S.rE Neiges et pluies sur le Centre et l’O. Temp. du matin : Kuopio, —220; Belfort,—1; Calais, Nantes et Marseille, -f- 2 ; Brest, 5 ; Biarritz, 7 ; Alger, 12 ; moyenne à Paris : i°,5 (normale • 20,1). — f.e 8. Hautes pressions sur le S.-O,; dépression sur l’E. et le S. de l’Islande (Skudesness : 748 mm). Neiges sur le N., le Centre et l’O. : Dunkerque, i3 mm; Lorient, 9; Charleville, 7; Biarritz, 6. Temp. du matin Arkhangel, — 270 ; Clermont. Ferrand, —5; Bordeaux, — 1; Brest, +8; Alger, 10; moyenne à Paris : i°,8 mormale : 2°,i). — Le 9. Profonde dépression sur la Baltique (Memel : 739 mm); dépression sur l’Islande et les Iles-Britanniques ; fortes
- pressions sur le S.-O. (Madrid : 777) et l’extrême N. (Haparanda : 767). Neiges et pluies sur le Centre et l’O. : Charleville, 22 mm; Dunkerque, 20; Belfort, 19; Limoges, 6. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg,
- — 20°; Berne et Lyon, —3; Dunkerque, Nantes et Alger, io ; Biarritz, 11 ; moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 20,1 ). — L,e 10. Aire de fortes pressions du S.-O. au N.-E. (Madrid : 773); dépressions sur le S.-E. et l’Islande. Pluies sur l’O., le Centre et l’E. : Dunkerque, 33 mm; Besançon, 26; Charleville, 17. Temp. du matin Haparanda, —270; Moscou, —- 14; Berlin, —5. Belfort et Clermont-Ferrand, -j-6 ; Alger, 9; Brest et Marseille, 10; moyenne à Paris : io°,i (normale : 2°,i). — Le 11. Pressions très élevées sur le N. (Finlande ; y85 mm; Christiania, 782) ; dépressions sur l’Islande (Isafjord : 745) et au large des Açores (Horta : 767). Pluies et neiges sur l’O et le N. : Biarritz, 18 mm. Temp. du matin : Haparanda, —31°; Stockholm, J—14; Nancy,
- — 1; Clermont-Ferrand, +4: Bordeaux, 7; Brest, Perpignan et Alger, 10; moyenne à Paris : 4°(3 (normale : 2°,2).
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- i
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier f
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- ...-... V
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJ*j
- \
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2122. — 24 JANVIER 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
- L’oxydation de fazote dans l’arc voltaïque. — Nos
- lecteurs savent qu’actuellement une certaine partie de l’azote combiné, nécessaire à l’agriculture sous forme d’engrais, est fournie par l’acide nitrique obtenu par oxydation de l’azote dans l’arc électrique, acide que l’on combine à la chaux pour faire le nitrate de chaux, forme commerciale sous laquelle il est vendu et fait concurrence au nitrate de soude du Chili. Pour obtenir les meilleurs rendements possibles dans la nouvelle industrie, il convient d’étudier le phénomène dans toutes les conditions possibles, et l’on vient en Russie de donner une contribution intéressante à cette étude. Ôn a examiné l’influence, sur l’oxydation de lazote dans l’arc voltaïque, de la vitesse d’arrivée de l’air,’ de son degré d’humidité et de la nature des électrodes. A mesure que la vitesse d’introduction de l’air dans le four électrique augmente, le rendement en produits nitreux augmente aussi, mais jusqu’à une certaine limite. Dans le four dont les auteurs se sont servis, le maximum de rendement avait lieu pour un passage de 270 litres à l’heure d’air sec et de 225 à 23o litres d’air humide saturé à 160. Dans la pratique, il vaut mieux encore des vitesses supérieures à celle correspondant à la proportion maximum de produits nitreux. La quantité de ces produits obtenue pour l’unité d’énergie dépensée augmente aussi avec la vitesse du courant d’air; avec le four employé, ou a obtenu un maximum de 78 grammes d’acide nitrique par kilowatt pour un passage de io5o litres à l’heure. La présence de l’humidité dans l’air augmente le rendement en vapeurs nitreuses et l’effet est d’autant plus marqué que la vitesse de l’air est plus grande. La nature des électrodes possède une assez grande influence ; c’est avec le cuivre qu’on obtient le meilleur rendement; le mélange obtenu contient 3,5 pour 100 de produits nitreux, alors que, dans les mêmes conditions, il n’en contient que 2,5 pour 100, si l’on fait usage d’électrodes en charbon. Il y aura lieu évidemment de tenir compte de ces observations dans la production électrique de l’acide nitrique et des nitrates.
- Eruption volcanique au Japon. — Le volcan Sakurashima qui forme une île dans la baie de Kagoshima, au sud de l’île Kiou-Siou, est entré en éruption le 12 janvier. Sakurashima, T «île aux cerisiers », n’était apparue, d’après la tradition, qu’en l’an 716, à la suite d’un premier séisme. Le dimanche xi janvier, des secousses se firent sentir, et se répétèrent plus de deux cents fois jusqu’au lundi, puis l’éruption commença : on vit d’abord d’énormes colonnes de brouillard lumineux sortir des flancs du volcan, puis l’île tout entière disparut dans la fumée ; quarante minutes plus tard, le sommet vomit de la lave et d’énormes blocs de pierres. La chaleur du volcan fut ressentie jusqu’à Kagoshima; à Nagasaki,
- distant de cent milles, la ville fut couverte de cendres. Les premières nouvelles reçues annoncent que l’île de Sakurashima est totalement ravagée, tant par les chutes de l’ocs et les coulées de lave que par le raz de marée qui a suivi l’éruption, la côte occidentale aurait même sauté. Kagoshima, ville de 70000 habitants, renommée pour ses fabriques de porcelaine, a beaucoup souffert, d’autant plus qu’un tremblement de terre et un incendie ont ajouté au désastre du volcan. Le nombre des morts est encore inconnu. Au centre du Japon, le volcan Acana vient également d’entrer en éruption. Rapprochées des éruptions actuelles des volcans des Nouvelles-Hébrides dont parlait La Nature dans son avant-dernier numéro, ces catastrophes indiquent un réveil intense de l’activité sismique le long de la [ligne de fractures de la côte orientale d’Asie» ,
- ’ '1
- Le décrassage des moteurs d’automobile par l’oxy;-gène. — M. R. Granjon signale, dans la Revue de la soudure autogène, une curieuse application de l’oxygène au décrassage des parois des chambres d’explosion des moteurs d’automobile. Il arrive fréquemment, en effet, que, par suite surtout de la décomposition de l’huile de graissage à haute température, il se forme sur les parois des dépôts adhérents de carbone agglomérés par du goudron. On conçoit aisément les troubles qui peuvent résulter de la présence de ces crasses ; pour les enlever il faut démonter le moteur, opération toujours redoutée de quiconque n’est pas mécanicien de métier. Le décrassage à l’oxygène signalé par M. Granjon est beaucoup plus simple et peu coûteux. Il’ consiste à brûler rapidement, dans l’pxygène, les dépôts en question. Yoici comment se fait l’opération : le moteur étant en fonctionnement, on ferme le robinet d'arrivée de l’essence et on laisse tourner jusqu’à 1 arrêt de façon à vider complètement le carburateur, précaution indispensable pour éviter les risques d’incendie. On découvre ensuite le moteur, on enlève les bouchons de visite des soupapes pour accéder aux chambres d’explosion. La: chambre de circulation d’eau est maintenue pleine d’eau. On opère cylindre par cylindre, en ramenant le piston de chacun d’eux au point mort supérieur, de façon à ce que lés deux soupapes soient fermées et que la chambi’e d’explo'-sion soit seule découverte. Prendre de sérieuses pré^-caütions contre l’incendie; recouvrir de chiffons mouillés les parties de la carrosserie voisine du moteur, tenir à proximité un extincteur d’incendie, ou plus simplement un ou deux siphons d’éau de Seltz.’On prend alors un tube d’oxygène du commerce muni de son manodéten-deur; par un tube de caoutchouc on le conduit sous la pression dé 2 kg à un tube de cuivre légèrement coudé à sou extrémité et perforé d'un orifice de i à 2 mm de diamètre. Il suffit maintenant d’imbiber d’essence uù
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- INFORMATIONS
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- fragment d’ouate gros comme une noix, de l’allumer, de le laisser tomber dans la chambre d’explosion par l’ouverture du bouchon de la soupape et de lancer immédiatement l'oxygène en introduisant le chalumeau. Le dépôt charbonneux qui tapisse les parois du moteur se mettra immédiatement à brûler en projetant des étincelles par les orifices On promène le jet d’oxygène dans toutes les parties de la chambre. L’opération dure 2 minutes par cylindre et ne consomme guère que 25o à 4oo litres d’oxygène pour tout un moteur.
- Les traverses en béton élastique. — On a, ces
- temps derniers, essayé à diverses reprises de construire des traverses en béton armé, mais malgré leur grande
- La lubrique des traverses en nsbeston.
- solidité et une durée à peu près illimitée, ces traverses n’ont été jusqu’ici adoptées que dans des cas très rares, à cause du peu d’élasticité du béton. Il est vrai qu’on a voulu tourner celle ditlîculté en incrustant, dans le corps de la traverse, des blocs de blois assurant, pour les rails, un support élastique, mais dans ce procédé, on se heurte également à de sérieux inconvénients : fragilité du matériel, mouvements indépendants du bois, aux divers degrés de température et d’humidité et qui rendent le béton cassant, etc. Une usine allemande vient de mettre sur le marché une traverse en bélen armé dont les supports de rails possèdent toutes les qualités du bois. Malgr é son élasticité, cette traverse présente une grande solidité. Les incrustations de bois y sont, en effet, remplacées par des blocs d’un béton élastique, dit asbeston, mélange de ciment et de libres d’amiante, macérées dans Veau, qui unit une élasticité s’approchant de celle du bois à une solidité remarquable. L’asbeston forme avec le béton armé environnant une masse homogène qui, par conséquent, présente une grande résistance aux intempéries. Les rails se fixent sur les traverses en asbeston, absolument de la même manière que sur les traverses en bois. L’expérience pratique et les essais Faits au Bureau royal des Essais techniques à Dresde font voir que les clous, les vis, les tirefonds, même dans le cas d’un travail saccadé, y adhèrent bien pins solidement que dans le bois. D’autre part, le poids très élevé de la traverse en « asbeston » (le triple de celui d’une traverse en bois) assure une position constamment stable des rails.
- 1 Le jaseur de Bohême. — Ces jours-ci est apparu sur nos marchés un oiseau que l’on n’a pas coutume d’y rencontrer : le jaseur de Bohême. Le jaseur, à peine gros comme une grive, ressemble à un petit geai, d’après la note que lui consacre M. Ternier dans le dernier Bulletin de la ligue française pour la protection des oiseaux. Sa couleur est cendrée rougeâtre, plus foncée en dessus qu’eu dessous; les plumes de la queue sont noirâtres et bordées de jaune à l’extrémité ; la tête porte une huppe; les ailes sont noires et présenlent une série de taches jaunes, disposées en Y chez le mâle, en lignes chez la femelle: chaque rémige porte au bout de la tige une sorte de petite griffe rouge vif ou rose. Le jaseur vit habituellement en Laponie, en Finlande, en Bologne, en Bohême, dans tout le nord-est de l’Europe; on ne le voit que très rarement chez nous, et c’est certainement aux grands froids que nous subissons qu’il
- faut attribuer sa migration actuelle, assez abondante pour qu’on le trouve assez communément au marché à bas prix (5o centimes pièce ces jours-ci).
- L’origine du Brahmapoutre. — L'Asie française nous apprend que les capitaines Bailey et Morshead viennent de résoudre sur le terrain le problème de l’origine du Brahmapoutre. Depuis longtemps, on connaît sur le plateau tibétain un fleuve, le Tsangpo, qui coule au sud de Lhassa et longe le versant nord de l’Himalaya; on le soupçonnait d’être le cours supérieur du Brahmapoutre. mais toutes les tentatives faites par les Anglais pour s’assurer de l’identité des deux cours d’eau avaient échoué. La zone intermédiaire en Ire la plaine et le haut plateau est en effet extrêmement difficile à parcourir, couverte de forêts très denses, peuplée de sauvages primitifs et sans organisation sociale. Malgré ces difficultés, les deux officiers anglais ont pu traverser tout le pays compris entre le Tsangpo et le Brahmapoutre déjà connus, réussissant à se faire recevoir des Tibétains et des Abors. Ils ont ainsi identifié les deux cours d’eau. Etant douué la différence d’altitude des deux lits du fleuve, ou avait supposé l’existence de chutes imposantes, peut-être plus importantes que celles du Niagara et du Zambèze ; les dépêches déjà reçues des capitaines Bailey et Morshead annoncent qu’il n’eu est rien et que la descente du plateau se fait par une série de très grands rapides. Voilà donc un point important de géographie élucidé.
- Cartes marines françaises. — Depuis le i5 septembre 1913, toutes les cartes marines et publications nautiques du service hydrographique de la marine de France ont adopté le méridien de Greenwich comme initial. La longitude par rapport à Paris sera conservée entre parenthèses. La notation pour le compas sera faite désormais vers la droite, du nord à l’est, puis au sud, de o" à 36o°. Llouest sera désigné par un W et non plus par un O.
- Fillettes xiphopages. — De temps à autre, apparaissent chez l’homme des cas tératologiques. Un des plus fréquents est celui de deux enfants soudés l’un à l’autre depuis l’ombilic jusqu’à l’appendice xiphoïde, auxquels Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a donné le n >m de xiphopages. Le Dr Le Filliàtre vient d’en présenter un curieux exemple à I Académie de médecine. Les deux fillettes dont il s’agit, âgées actuellement de 5 semaines, sont en très bonne santé ; elles sont liées l’une à l’autre sur la
- face ventrale, mais la radiographie a montré que leur dualité physique est absolue ; il semble en être de même de leurs personnalités physiologiques et psychiques. Cependant quelques vaisseaux font communiquer leurs deux sangs, leurs foies sont peut-être sondés et il y a libre passage entre leurs deux péritoines. Le Dr Le Fil-lîrttie se propose, dès que l’âge aura augmenté leur résistance, de les séparer l’une de l’autre de manière à leur assurer une vie indépendante et une croissance normale. .
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- <#*s, Jlutomohiîisme
- Le refroidissement des moteurs. — Théoriquement, il y aurait intérêt à ne pas refroidir le moteur, -afin d utiliser au mieux les calories fournies par le combustible, mais la nécessité d’assurer la lubrification des cylindres empêche de dépasser la température de 200 à 3oo°, où les huiles sont décomposées, et au delà de laquelle on aurait un grippage certain.
- Aussi, tous les moteurs à explosions sont-ils munis d’un dispositif de refroidissement.
- Pour les moteurs de faible puissance, comme ceux des motocycles, et pour certains moteurs d’aviation, on se contente de refroidir directement par l’air, en augmentant la surface de contact avec ce fluide, au moyen de nombreuses ailettes, convenablement disposées pour activer la radiation de la chaleur.
- Toutefois, pour qu’il y ait réellement refroidissement suffisant par ce procédé, il est absolument indispensable que l’air se renouvelle très vite, c’est-à-dire que le moteur soit soumis à un rapide courant d’air.
- En effet, lorsqu’un corps chaud est exposé à l’air, il se produit deux phénomènes :
- i° Une certaine quantité de chaleur est utilisée à échauffer les molécules d’air immédiatement en contact avec lui;
- 2° Une certaine quantité de chaleur est rayonnée de tous côtés, à travers l’air, sans l’échauffer d’une manière appréciable. Cette chaleur rayonnante échauffe les corps voisins, et réciproquement; si les corps voisins sont chauds, ils rayonnent de la chaleur à leur tour.
- L’examen de ces deux phénomènes montre que, pour un cylindre garni d’ailettes, chaque ailette échauffe l’air au contact, et rayonne de la chaleur de tous côtés. Si l’air est immobile, le refroidissement obtenu ne sera guère plus rapide que celui que l’on réaliserait sans ailettes, parce que dans ce cas on ne perd que la chaleur rayonnante envoyée normalement à la paroi du cylindre, par la tranche même des ailettes, puisque la chaleur rayonnée par la surface de ces ailettes sert à échauffer l’ailette voisine qui se trouve dans des conditions analogues. Comme d’autre part l’air est très mauvais conducteur de la chaleur, les molécules échauffées par le contact réagissent très peu sur leurs voisines.
- On ne peut donc compter réaliser un bon refroidissement qu’en renouvelant constamment les molécules
- échauffées par contact, au moyen d’une puissante ventilation. Ce raisonnement s’applique également aux surfaces actives des radiateurs à eau, dont nous parlerons plus loin.
- Pour les moteurs de voiture et les moteurs fixes puissants, on a préféré avoir recours au refroidissement par
- A
- Fig. i. — Grouvelle cloisons ;
- Radiateur cloisonné type : A, arrivée d’eau ; B C, D, enceinte réservoir
- E, tubes à ailettes; F, sortie d’eau.
- plus sûr, quoique plus compliqué.
- L’eau est1 contenue dans un circuit ouvert à l’air, pour qu’en aucun cas la température ne puisse dépasser celle
- de l’ébullition à la pression atmosphérique, soit xoo environ, on est sûr ainsi que la paroi des cylindres ne dépassera guère ce chiffre, et qu’il ne se produira aucune surpression dangereuse.
- Pour éviter d’avoir à emporter un très grand approvisionnement d’eau, on fait passer l’eau, au fur et à mesure de son échauffement, dans un radiateur spécial, ou elle se refroidit pour retourner ensuite aux cylindres.
- Avant de décrire les divers systèmes de refroidissement par l'eau, il est bon de connaître comment se pose le problème, on pourra ainsi, soit prévoir l’installation du refroidissement par l’eau pour un moteur
- donné, soit apprécier à première vue si un dispositif présenté peut être suffisamment efficace.
- On admet généralement que, pour procurer aux cylindres un refroidissement suffisant, il faut leur enlever par seconde un nombre de calories égal à deux ou trois fois le nombre de calories que le moteur transforme en travail.
- Dans un moteur développant 20 chevaux par exemple,
- « 20 "5
- il se transforme en travail ------------— — 3^38 calories
- 4‘-a5
- (425 est l’équivalent mécanique de la chaleur).
- Il faudra que l’eau entraîne environ deux fois et demie ce nombre, ou 3,528 X 2,5 = 8,82 calories.-
- Si le radiateur adopté abaisse la température de l’eau qui y passe de i5°, pour absorber les 8,8a calories ci dessus, il faudra faire passer, alîtour des cylindres, par seconde,
- = o lit. 588 i5
- ou 2116 litres à l’heure.
- Ces nombres sont inté-ressam s à connaître pour pouvoir déterminer les sections des tuyaux de circulation.
- Onadmet généralement une vitesse de circulation de l’eau de 1 mètre par seconde lorsqu’elle est commandée par pompe, et de o m. i5 seulement lorsqu’elle a lieu uniquement par thermo-siphon.
- gpd
- Fig. 2. — Fragment de radiateur nid d’abeille : A, tube prismatique; B, intervalle réserve à l’eau; C, passage de l’air; D, soudure.
- 11 faut de plus toujours exiger que l’orifice de sortie d’eau sur les cylindres soit placé au point le plus haut, pour éviter la formation de poches de vapeur qui empêcheraient les parties de la paroi en contact avec elles de se refroidir. Quant à l’entrée d’eau, elle se fera de préférence vers le bas, et du côté des soupapes d’échap-pement.
- i° Refroidissement par pompe. — Le système complet comprf nd un réservoir d’eau, une pompe, les chemises d’eau des cylindres, un radiateur et un manomètre de surveillance.
- Actuellement, le radiateur est organisé de manière à constituer à la fois le réservoir et l’organe de radiation. Il comprend généralement une enceinte de forme caractéristique de la marque de la voilure, divisée intérieurement en deux parties par des cloisons étanches. L’eau arrive des cylindres dans une des parties et ne peut se rendre dans l’autre qu’en traversant toute la partie active du radiateur, elle sort ensuite de cette seconde partie pour retourner aux cylindres.
- Quant à la partie active, elle peut être constituée par une batterie de tubes parallèles garnis extérieurement d’ailettes, par des tubes lisses plats ou cylindriques de petit diamètre droits ou cintrés, ou par un dispositif spécial de tubes connu sous le nom de nid d’abeille.
- Le schéma (fig. x) montre comment est constitué ua radiateur cloisonné, à tubes parallèles garnis d’ailettes; Quant au nid d’abeille, il est constitué par une série de petits tubes, généralement prismatiques, disposés les uns à côté des autres, en laissant entre eux un très petit espace, que l’on rend étanche vers les extrémités des tubes, au moyen de soudure. L’eau circule ainsi en lames très minces entre les tubes, tandis que l’air de refroidissement passe à travers les tubes eux-mêmes
- Quant à la pompe, elle peut être de divers types à peu près équivalents. Les plus employées sont les pompes centrifuges, les pompes à palettes extensibles et les pompes à engrenages, elles sont assez connues pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en faire la description. Elles sont actuellement toutes commandées mécaniquement par le moteur, et il est prudent, surtout avec les pompes à engrenages, de prévoir, entre l’arbre d’entraînement et l’arbre de la pompe, une liaison élastique capable d’éviter une ruplure possible de l’arbre de pompe, ou même des engrenages de la pompe.
- La pompe doit être placée en série sur la partie du
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- circuit allant du radiateur au bas des cylindres, et son débit doit s’effectuer du radiateur vers ces derniers.
- Le manomètre installé sur le tablier de la voiture, en dérivation sur la canalisation, indique à tout instant au conducteur que la pompe fonctionne bien, il est généralement gradué en centimètres d’eau.
- Le refroidissement par pompe présente l’avantage de permettre uue circulation certaine, quelle que soit la quantité d’eau restante dans le radiateur; par contre, il est plus compliqué que le thermo- siphon, comporte un plus grand nombre de raccords en caoutchouc sujets à fuites, et expose aux risques des avaries de pompe.
- Il s'impose généralement pour les moteurs de puissance élevée, dont le refroidissement exige une circulation assez intense.
- 2° Refroidissement par thermo-siphon — Ce système ne comporte que le radiateur réservoir comme précédemment, et les chemises d'eau des cylindres. La circulation d’eau est "Uniquement assurée par la différence de densité qui existe entre l’eau chaude et l’eau froide.
- La différence des températures extrêmes de l’eau étant assez faible, la force mise eu jeu ainsi est également très faible, il importe par suite de faciliter la circulation de l’eau le plus possible, en lui laissant un passage large, aussi simple que possible partout, et en disposant verticalement les tubes actifs du radiateur.
- , La partie inférieure du radiateur est réunie à la partie inférieure des cylindres par un gros tuyau légè-
- Fig. 3. — Circulation par thermo-siphon : A, radiateur à tubes verticaux; B C, tubes de raccord inclinés; D, cylindres.
- rement incliné de bas en haut vers les cylindres ; les chemises d’eau sont assez larges, et leur partie supérieure est x'éunie par un gros tube incliné à la partie supérieure du radiateur.
- , L’eau circule ainsi du fait de son échauffement de bas en haut autour des cylindres, et du fait de son refroidissement de haut en bas dans le radiateur.
- Ce système est très simple et d’un fonctionnement très sûr, les usines Renault n’en ont jamais employé d’autre, même pour leurs grosses voitures. Il est très apprécié sur les camions automobiles.
- Comme son fonctionnement exige que le siphon soit amorcé, il est indispensable que le radiateur soit toujours assez plein d’eau pour que le niveau ne descende jamais au-dessotis de l’orifice du tuyau venant de la partie supérieure des cylindres. Dès qu’il n’en n’est plus ainsi, le thermo-siphon ne fonctionne plus et l’eau commence à entrer en ébullition et à s’échapper en vapeur. Le conducteur doit alors refaire le plein le plus tôt possible, pour ne pas courir le risque d’épuiser complètement son réservoir et d’aAarier son moteur.
- Si par inattention le conducteur avait laissé tourner un instant son moteur’sans eau, il faudrait, pour réapprovisionner le radiateur, attendre que les cylindres soient suffisamment refroidis, car le contact de beau froide pourrait en occasionner la rupture.
- Il y a un grand intérêt à ce que la circulation d’eau soit bien étanche pour réduire au minimum les réapprovisionnements d’eau; les eaux étant toujours plus ou moins calcaires on y gagnera de beaucoup moins entartrer les chemins d’eau.
- En hiver, on pourra éviter les méfaits du gel en ajoutant à l’éau 7.S pour ioo environ de glycérine neutre, ou même d’alcool dont l’évaporation reste pratiquement assez lente dans le circuit tel qu’il est organisé.
- , D. Renaud.
- Objets utiles
- Bracelet porte-pelote. — Cette petite invention s’adresse seulement aux dames, à celles qui aiment employer leurs moments de loisir à faire du crochet ou à tricoter. Est-il rien de plus ennuyeux à maintenir en place qu’une pelote de laine ou de lil sans cesse agitée, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, par la traction du fil lui-même? A chaque instant elle s’échappe aussi loin qu’elle peut eu laissant sur le parquet une longueur d’elle-même qu’il faut lui restituer aussitôt, en inter-rompant son ^ 2
- travail. La pelote de fil est un petit animal malicieux qui joue mille tours à sa propriétaire, lui fait perdre son temps, et même le fil... de ses idées.
- Pour l’assa-gironvientd’in-venter un appareil — vraiment le mot est trop présomptueux — un joujou plutôt, qui la maintient en bonne place et l’empêche de s’enfuir. C’est le bracelet porte-pelote. A un gentil petit bracelet extensible pour laisser passer aisément la main, on a fixé par un anneau brisé une sorte d’étrier porteur de la pelote. L’étrier est constitué par un disque métallique léger, de la grosseur d’une pièce de 5 francs portant en son milieu une boucle également métallique et allongée. On engage cette boucle dans le centre de la pelote et on la fixe dans le mousqueton suspendu à l’anneau. Le bracelet se porte au bras gauche et on commence le travail en dégageant l’extrémité extérieure du Cl. Les deux mains sont entièrement libres : on travaille donc sans aucune gêne et la pelote reste bien sagement emprisonnée, ne livrant son fil qu’au fur et à mesure des besoins. Ce porte-pelote peut servir pour toutes les formes de pelotes, même celles qui sont enroulées sur des cartons. — Il est en vente chez MM. Kirby-Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
- Le porte-pelote.
- Grâce au porte - pelote les mains sont entièrement libres pour le travail.
- Petit appareil pour plier carton mince et papier fort. — Qu’on veuille ajouter un ou plusieurs feuillets à quelque album, qu’on veuille transformer du papier fort en dossiers : il est indispensable de plier la feuille selon une ligne bien droite, sans que la surface s’écaille vilainement. Les papetiers font ces plis à l’aide de machines spéciales assez coûteuses. "A défaut de tels appareils, nous pouvons fort bien construire un petit système de plieuse donnant d’excellents résultats. Clouons sur une planchette deux tringles pareilles placées parallèlement et distantes entre elles de 3 mm par
- Fig. i. Détails de l’appareil.
- exemple (fîg. î). A l’un des bouts, nous perçons en travers un trou, dans lequel s’articulera une plaque de tôle fixée par sa partie supérieure à une planchette un peu plus longue que nos tringles, placée de champ, et terminée par une poignée (fîg. 2).
- Sur la partie de la planchette qui arrive en regard de la mince séparation des tringles, nous avons fixé une aiguille à tricoter, en enfonçant ses deux bouts tordus d’équerre après chauffage au rouge. Le tout est choisi, puis adapté de manière que les surfaces des planches étant bien en contact, l’aiguille vienne juste s’encastrer dans l’évidement. Dans ces conditions, qu’on soulève la poignée, qu’on interpose une feuille de bristol et qu on appuie, la feuille est tordue à plusieurs reprises sous l’action du fil métallique, modelant là une sorte de menue gouttière. Désormais, . on pourra facilement plier le bristol ; la gouttière forme charnière et le pli se fait toujours en bonne place, sans risque d’abimer la feuille.
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- VARIETES
- >
- Les radiotélégrammes de la Tour Eiffel. — Des
- changements récents ont été apportés dans les radio-télégeammes d'intérêt général expédiés régulièrement par le poste de la Tour Eiiïel. Voici, d’après la Revue industrielle, comment se font actuellement les émissions.
- Les bulletins de 8 h. et de i5 h. sont supprimés, mais celui de io h. 5o m. a été notablement augmenté.
- Un second bulletin est transmis à 17 h.
- A 10 h. m- la Tour Eiffel envoie l’heure, toujours d’apmès l’ancienne méthode, et, aussitôt après, un bulletin météorologique qui se rapporte aux stations suivantes indiquées par les lettres et données dans l’ordre suivant :
- Rekiavik (Islande), R; — Valentia (Irlande), V; — Ouessant (France), O; — La Corogne (Espagne), CO;
- — llorta (Açores), HO ; — Saint-Pierre et Miquelon, SP.
- PARIS; — Clermont-Ferrand, CF; — Biarritz, BI ;
- Marseille, M; — Nice, N; — Alger, A; — Stornoway (Irlande), SY ; — Shields (Irlande), SFI ; — Le Helder (Hollande), 1IE; — Skudesness (Scandinavie), SK; — Stockholm (Scandinavie), ST; — Prague (Autriche), P;
- — Trieste (Autriche), T; — Rome, R.
- Pour chacune de ces stations, les trois premiers chiffres indiquent : la pression barométrique en dixièmes de millimètre, le chiffre des centaines excepté; les deux suivants, la direction "du vent suivant la rose des vents graduée de 1 à 32 ; le 6e, la force du vent graduée de o à 9, le 7e, la nébulosité de l’atmosphère; le 8e, pour ceux qui en ont 8, l’état de la mer gradué de o à 9.
- Les indications sont donc analogues à celles qui étaient données auparavant; il a été ajouté les dixièmes de millimètre pour la pression et le 70 chiffre dont voici la signification :
- o, beau; — 1, peu nuageux; — 2, nuageux ; — 3, très nuageux; — 4, couvert; •— 5, pluie; — 6, neige; — 7, brumeux; — 8, brouillard; — 9, orage.
- Il est donné ensuite des prévisions générales pour le temps en France, et en dernier lieu la vitesse et la direction du vent à la Tour Eiffel ainsi que la vitesse et la direction probable dans la soirée.
- Comme exemple nous donnons ci-dessous le bulletin du 12 octobre :
- BCM — R. 5860623 — V. 60216444 ~ O. 66oi8325
- — CO. 67218122 — HO. 54620342 — SP. 680241.
- Forte pression Europe dépression ouest Irlande. Paris. 7011820 — CF. 7111814 — BI. 683io3i4 —
- M. 67008201 — N. 67000012 — A. 66904321 — SY. 62512424 — SH. 67116144 — HE. 66802221 — SK. 70700011 — ST. 6882624 — P. 685i6i5 — T. 6640620
- — R. 66100006.
- Probable : vent modéré sud-ouest Manche Bretagne variable Méditerranée nuageux FL ouest 8 probable ouest 6.
- Lequel doit se traduire comme suit :
- Rekiavik : pression barométrique, 758,6; vent est-nord-est très faible; ciel très nuageux. — Valentia : pression 760,2; vent du sud modéré; ciel couvert; mer agitée. — Ouessant : pression 766; vent sud-sud-ouest faible; temps nuageux; mer houleuse. — La Corogne : pression, 767,2; vent sud-sud-ouest peu sensible; ciel nuageux; mer belle.
- Et ainsi de suite pour*tous les autres.
- 00 dans la direction du vent indique un vent nul.
- Des X à la place des chiffres indiquent que les données correspondantes ne sont pas connues.
- La lin qui est abrégée signifie :
- Probable : vent modéré du sud-ouest sur la Manche et la Bretagne, vent variable sur la Méditerranée, temps nuageux. — A la Tpur Eiffel, vent de l’ouest, 8 mètres; probable ce soir vent de l’ouest, 6 mètres à la seconde.
- On voit que ce bulletin a été beaucoup amélioré et les renseignements qu’il contient lui donnent une grande importance.
- Le bulletin de 17 h. se rapporte aux stations suivantes : PARIS ; — Brest, BR: — Biarritz, BI ; — Nice, N ; — Valentia. V; — Skudesness, SIv ; — Rome, R; — La Corogne, CO.
- Les chiffres ont la même signification que ceiix du
- matin; il est encore donné des prévisions générales, la vitesse et la direction du vent ainsi que celles probables le lendemain matin.
- Voici celui du i3 octobre :
- BCM —Paris. 7370401 — BR. 71918333 —BI. 70104212 —- N. 65920312 — V. 63oi654 — SK. XXXXXXXX — R. 6420802 — CO. XXXXXXXX.
- Baisse barométrique lente Ouest Europe vent d’est faible beau temps plusieurs jours Fl est 4 probable est 7.
- Les deux télégrammes météorologiques sont donc très complets et rédigés avec un soin méthodique ; nous devons toutes nos félicitations et nos remerciements au Bureau central météorologique ainsi qu’au service radio-télégraphique militaire pour l’effort qu’ils ont bien voulu faire pour doter la F’rance d’un service d’informations métérologiques modèle.
- Une amélioration encore à signaler : Probablement à la suite de réclamations d’amateurs inexercés, l’ancien télégramme était transmis avec une lenteur qui exaspérait certainement beaucoup d’autres auditeurs.
- Maintenant les bulletins sont transmis une première fois à une allure plus convenable; ensuite ils sont répétés avec une transmission excessivement lente : c’est la leçon pour ceux qui apprennent à lire, les autres n’ont qu’à raccrocher les récepteurs.
- Les bulletins météorologiques étrangers ne sont pas changés; la transmission de Gleethorpes est beaucoup améliorée, l’émission est nette et la transmission bien lisible quoique rapide.
- Ce bulletin, qui est très apprécié, a perdu un peu de sa valeur pour nous depuis la transformation de celui de FL.
- Norddeich n’a rien changé à son bulletin; l’indicatif de ce poste, qui était IvND, est maintenant KAV.
- On n’entend plus le poste qui avait pour indicatif POZ.
- Par suite d’une convention internationale intervenue à Londres le service de l’heure devait être changé à partir du 1er juillet dernier.
- Les postes désignés pour ce service devaient transmettre les signaux horaires à une heure déterminée et suivant un rythme également déterminé.
- Le poste de la Tour Eiffel observe bien la convention et donne à 10 h. les signaux suivant la nouvelle méthode, mais il n’en est pas de même de Norddeich qui continue à les donner à midi suivant son ancien procédé.
- Toujours d’après cette convention, pendant la transmission des télégrammes météorologiques, tous les postes qui peuvent gêner la réception devaient faire silence; hélas! ceux qui reçoivent les différents bulletins peuvent apprécier ce que valent les conventions internationales ; on croirait entendre le « Concert européen » symbolisé par les journaux politiques.
- Les nouvelles sont maintenant données à heure fixe, c’est à 20 h. exactement que la Tour Eiffel les donne avant le service de la marine.
- C’est encore là une grande amélioration; on pourrait peut-être critiquer un peu le choix de ces nouvelles et leur fraîcheur, mais en présence des efforts déjà faits iî ne faut pas être si exigeant.
- Les nouvelles sont répétées le lendemain matin à 7 h:
- Le poste de Norddeich a supprimé son service de presse de 9 h. 3o m. du matin; celui du soir existe toujours ainsi que celui de Poldhu.
- L’heure tardive de la transmission de ces derniers télégrammes les rend sans intérêt pour nous d’autant plus qu’il faut les traduire en français.
- Depuis quelque temps, tous les matins vers 9 h. 3o m., un poste assez puissant transmet des nouvelles en français ; c’est un poste ayant pour indicatif SR qui paraît transmettre à un autre ayant pour indicatif GD ; SR doit être un poste privé situé à Paris ou aux environs.
- A cette heure les nouvelles ont beaucoup d’attrait, car elles ne sont pas encore dans les jouimaux : il y a là une initiative très intéressante à encourager; cependant il ne faudrait pas que cette transmission ait lieu à io h. quand la Tour Eiffel donne l’heure et Cleethorpes son bulletin météorologique.
- Elles ne perdraient pas de leur valeur à être données
- dil 61 l%-
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- VARIÉTÉS
- un peu plus tai*d, par exemple vers midi et demi, à cette heure il y a peu de transmissions et le poste SR pourrait être en possession de toutes les dernières nouvelles de la nuit et de la matinée ; de plus beaucoup plus de personnes seraient libres pour les écouter.
- La télégraphie sans fil prend tous les jours de l’importance; le récent sauvetage des passagers d’un navire en feu lui donne encore un relief marqué; espérons que, dans quelque temps, nous aurons encore des améliorations à signaler.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour augmenter la durée des semelles d-e chaussures. — Nous avons dit qu’il suffisait, d’après essais faits au Laboratoire de la Nature, de les badigeonner avec du vernis copal. Un de nos lecteurs nous fit savoir qu’on obtenait ainsi d’excellents résultats pratiques. Voici l’observation que veut bien à ce sujet nous transmettre M. Chapail, pharmacien à Couvet : « Ce moyen est excellent et ce n’est pas assez de dire un ressemelage sur deux. Seulement il est dangereux parce que sur les pentes glissantes on ne peut circuler avec de telles chaussures sans crainte de tomber à terre.... » Ceci complète fort utilement nos précédents renseignements. Nous remercions notre aimable lecteur et souhaitons que tous ceux qui mettent ainsi en pratique nos recettes veuillent bien nous documenter de la sorte sur le résultat de leur expérience !
- Pour colorer l’argent en noir. — Faire dissoudre environ 5 gr. de sulfure de calcium (sel de Barèges des droguistes) dans à peu près ioo cm3 d’eau ordinaire. Plonger dans ce liquide l’objet d’argent à noircir, qu’on aura naturellement nettoyé tout d’abord, puis l’exposer, en le tenant avec des pinces, à l’action de la chaleur (mettre dans une flamme de lampe à alcool ou de brûleur à gaz). Sitôt chaude, la pièce devient d’un beau noir solide : il suffit alors de l’essuyer.
- Pour avoir un noir très « plein », on renouvelle deux ou trois fois le traitement. Pour avoir un gris bistré, on opère une fois, avec une solution très faible (un demi-gramme dans ioo cm3 d’eau). Le sulfure s’abîmant à l’air,
- qui l’oxyde peu à peu pour en faire du sulfate, n’acheter le produit qu’au moment de l'emploi, et s’assurer en cassant les morceaux que la couche grise poudreuse qui recouvre la matière noire vitreuse est très mince.
- (Laboratoire de la Nature.)
- Table d’engrenages. — « Pour fileter sur un tour dont la vis de chariot a un pas en pouces, des vis mesurées en modules on emploie une roue d’engrenage de 97 dents. »
- La différence avec le pas exact, sur une longueur de i mètre, vaut à peine a/iocs de millimètre.
- MODULE ROUE DE LA INTERMÉDIAIRES ROUE DE, LA
- — POUPEE — VIS MÈRE
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- (Extr. de l’ouvrage La Fraisage de Jurthe-Nietzschke, trad. Varinois.)
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. G.-G., Canoës. — On lave le canal des tuyaux de pipe avec de l’alcool, mais de l’alcool bon goût, non de l’alcool à brûler.
- IF Vachy, Orléans. — Il est difficile de répondre d’une manière formelle aux deux questions que vous posez d’une façon trop limitative. Il n’y a pas d’amortisseur meilleur qtte tous les autres, mais pour qu’un amortisseur soit bon, il faut qu’il satisfasse à diverses conditions : i° ne pas gêner les oscillations des ressorts, quand ces derniers travaillent normalement, marche sur route raboteuse ou sur pavé grossier mais régulier ; 2° avoir une action progressive d’autant plus énergique que l’amplitude de l’oscillation devient importante ; 3° être toujours prêt à agir quelle que soit la répétition des causes d’oscillation anormale. Il suffit, pour le choix d’un amortisseur, de voir s’il satisfait ou non à ces conditions. Par exemple l’amortisseur Krebs des voitures Panhard, qui est réglé pour ne produire aucune action, tant que l’essieu n’oscille pas à plus de 2 centimètres, en dessus et en dessous de sa position d’équilibre, qui agit progressivement par un serrage dû à des rampes obliques, en proportionnant son action à l’importance même de l’oscillation, et qui est basé uniquement sur le frottement pour être toujours prêt à agir, répond bien à la définition indiquée, c’est un bon amortisseur. Les amortisseurs à liquide sont également satisfaisants si leurs orifices
- d’écoulement sont organisés pour permettre les trois qualités ci-dessus, etc. Il faudra par suite, avant de faire son choix, examiner l’appareil pour en bien comprendre le principe et le fonctionnement, vous ne devrez adopter qu’un type répondant aux qualités indiquées. B. — ,1e ne comprends pas bien ce que vous entendez par le meilleur régulateur d’essence paradmisson de prise d’air supplémentaire. A l’heure actuelle un très grand nombre de carburateurs automatiques sont à air additionnel, commandé soit par soupape, soit par boisseau à piston, soit par billes clapets de divers poids, soit par trompe à air. On peut vous recommander le Jarnac dû à Grouvelle qui est à billes clapets, le Berliet qui est à air additionnel, par trompe à air sans aucune pièce mobile. Il existe aussi des carburateurs automatiques simples et excellents, sans prise d’air additionnel, comme le Zénith et le Claudel. En fait, vous n’avez que l’embarras du choix, mais si votre carburateur actuel marche bien, gardez le, car il est difficile de régler, après coup, un carburateur étranger sur une voiture.
- M. C. S., à Cremeaux. — On peut très bien mouler une carte en relief avec de la pâte à papier, mais pour permettre le séchage il faut n’appliquer qu’une couche très mince à la fois, et en superposer plusieurs. On peut aussi, et cela vaut mieux, n’appliquer que des feuilles de papier encollé (voirp. 201 des Recettes du Laboratoire).
- Abonné 2188-927. — On peut peindre des décors de théâtre sur du calicot tendu sur panneaux ou des feuilles de papier fort, après avoir badigeonné deux ou trois fois (attendre chaque fois que soit sèche la couche précédente) avec de la colle de peau chaude dans laquelle on a délayé du blanc de Meudon.
- M. R. M., à Wyneghem. — L’élevage du bouledogue
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- BOITE AUX LETTRES
- n’cst pas spécialisé en France, dans une région déterminée; c’est même, actuellement, l’élevage le moins pratiqué, en ce qui concerne les races canines. Pour être renseigné, il conviendrait de s’adresser au Club du Bouledogue français, dont le siège est à Paris, à la « Société Centrale pour l’amélioration des races de chiens », 38, rue des Mathurins. Ce Club édite une brochure contenant la liste des membres dont beaucoup sont marchands; la plupart habitent Paris ou les environs. On peut se procurer également, à l’adresse ci-dessus, la liste des récompenses et le catalogue de la dernière Exposition canine des Tuileries où on trouvera facilement des renseignements complets sur les chenils intéressants, d’éleveurs et d’amateurs. Le secrétaire du Club peut
- donner aussi quelques utiles indications. Pour demande d’achat, s’adresser, en outre, à la Direction des services canins, Jardin zoologique d’Àcclimatation du Bois de Boulogne, à Paris, à M. Lesèble, ancien directeur de ces services, 46, rue du Bac, à Paris. D’autre part, voici des adresses d’éleveurs et d’amateurs, que nous donnons sous les réserves d’usage : M. Albouis, 22, rue des Gobelins, Paris; M. Payeur (éleveur spécial), 40, rue Sarnson, Paris; M. Chasserat, à Bourges; M. Maurat, les Sables-d’Olonne (Vendée) ; M. Allier, 5, rue de Tilsitt, Paris ; M. Albert Latz, éleveur à Ens-Kirchen (Province rhénane); The Kennels, ferme de la Justice, à Noisy-le-Grand (Seine-et-Oise) ; Fernand Rochez, à Binche (Belgique).
- lffO
- BIBLIOGRAPHIE
- CM.
- eut
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Le Musée d’Arts et Métiers de Munich : Victor Cambon. — Fleurs ultra-vi det'es : G. 'Micuaud et F. Tristan. — Quelques enseignements géologiques des régions polaires : L. De Launay. — l a statistique par les machines : Dr Jacques Bertii.lon. — Academie des sciences : séance du 5 janvier 1914. — Présidence de M. Appell : Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — Actions chimiques dues aux rayons ultra-violets et aux rayons du radium. — Les gaz des solfloni boracitères d Italie. <1 Boutons a volcaniques. — Chute d’un bolide en Bretagne. — L’inventeur du Drcadnought. — Le stabilisateur automatique pour aéroplane de Orville Wright, etc.
- Les Recettes et Procédés utiles de La Nature. — Recettes de la maisou. Recettes de l’atelier, Recettes du laboratoire, Recettes de la campagne, Recettes sportives, 5 vol. reliés toile illustrés, vendus séparément. Masson, éditeur, Prix : 3 francs le volume. Paris 1913 et lyij.
- Les Recettes et Procédés utiles de La Nature sont
- ; maintenant au complet. Ces 5 volumes sont, pour une bonne part, l’œuvre de nos lecteurs mêmes. Car c’est souvent sur leurs demandes et sur leur impulsion que les Recettes et Procédés figurant dans cette collection ont été étudiés, voire imaginés. D’autres nous ont été communiqués par des lecteurs expérimentés. C’est donc là le fruit d’une longue collaboration qui remonte aux origines mêmes de notre Revue, et qui a donné naissance tout d’abord aux Recettes et Procédés utiles si appréciés du regretté G. Tissandier. Mais depuis la rédaction de cette nouvelle collection, les conditions de la vie se sont profondément modifiées; des. connaissances nouvelles, des machines nouvelles, des produits nouveaux ont pris place dans l’existence de tous les jours, et il importait d’en tenir compte. C’est ce que l’on a essayé de faire dans la présente collection; tout d’abord, comme lindiquent les titres de chaque volume, on s’est efforcé de réaliser un classement méthodique des recettes, de façon à faciliter l’usage de ces petits volumes et à le rendre réellement pratique. On a voulu aussi que chaque recette ou procédé recommandé au lecteur ait été au préalable soumis à un examen critique, puis pratiquement expérimenté, et ne fût conseillé qu’en pleine connaissance de cause. Cette œuvre de révision et d’expérimentation a été assurée par M. A. Chaplet, directeur de notre t aboratoire, aidé pour les recettes sportives par M. Mareschal, pour lès Recettes de la campagne, par M. H. Rousset,
- Manuel des directeurs et contremaîtres de petites usines à gaz, par Coudurier. 3e édition revue et complétée par H. Bouron. In-8° de 44^ pages. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 7 fr. 5o,
- Ce manuel, dont la troisième édition vient de paraître, est spécialeraent destiné aux directeurs et contremaîtres de petites usines à gaz. En revoyant cet ouvrage, en y intercalant le résumé, parfois un peu étendu, des: progrès réalisés depuis cette époque dans la fabr calion et. surtout dans l’emploi du gaz, M. Bouron a répondu à un besoin réel. Il traite notamment des fours et de leur construction des barillets, de la
- condensation, de l’épuration, de l’émission, de l’ou-" tillage, des sous-produits, des canalisations, du pouvoir éclairant, de l’éclairage public et privé, des gaz de matières diverses, etc.
- Le perfectionnement des plantes, par L. Blaringhem.
- 1 vol. in-18, avec 3o figures dans le texte. Ernest Flammarion, éditeur, Paris. Bibliothèque de culture générale. Prix : 1 fr. 5o.
- Les découvertes de Pasteur ont provoqué dans les sciences et la pratique médicale une révolution profonde ; M. Blaringhem s’est proposé de mettre en relief leurs applications dans un tout autre domaine, celui de la recherche et de la production méthodique de nouvelles variétés de céréales, de fleurs et de fruits. f;En exposant l’histoire de nos fraisiers cultivés, M. Blaringhem a indiqué comment on peut distinguer, dans les plantes cultivées, ce qui constitue un individu pur ou hybride, une variété proprement dite, une espèce élémentaire, une espèce systématique. Pour préciser la valeur de ces groupes, il montre que les lois de Mendel, dont il fait un exposé détaillé, sont vérifiées jusque dans leurs conséquences mathématiques par les croisements entre variétés d’une même espèce ; que les croisements entre espèces élémentaires et entre espèces systématiques sont dominés par les règles de Naudin. Il fait à ce sujet l’historique des progrès réalisés en horticulture et en agriculture par l’emploi des procédés d’hybridation.
- i° Carnet de campagne d’un officier turc {oct.-déc. 1912). De Sul-Oglou à Tchataldja, par le lieutenant Selim-Bey. 1 vol. illustré i36 p., Berger-Levrault, éditeur, Paris, igi3. Prix : 2 francs.
- 20 Avec les vaincus. La campagne de Thrace (oct. 1912-mai'igi3). 1 vol. illustré, 34o p., par G. Rémond. Berger Levrault, éditeur, Paris, igi3. Prix : 3 fr. 5o.
- 3° Mon commandement au cours de la campagne des Balkans de 1912, par Maiimoud-Moukhtar-Pacha, traduit par le lieutenant Ménart. i vol. illustré, 192 p. avec croquis. BeTger-Levrault, éditeur, Paris, 1913. Prix : 3 francs.
- 4° Sur les pas des alliés. Andrinople-Thrace-Macédoine, par le capitaine Ripert d’Alauzier. i vol. illustré, 33o p., Berger-Levrault, éditeur, Paris, 1914. Prix:
- 5 francs. ...
- La double guerre des Balkans a soumis partiellement à l’épreuve de la pratique les théories militaires en cours dans les diverses armées européennes. L’étude détaillée de ces rudes campagnes s’impose donc à tous ceux qui s’inléressent à quelque litre aux sciences militaires. Et tout document sincère sur l’histoire longtemps obscure des guerres balkaniques est précieux à cet égard. C’est le cas des quatre ouvrages ci-dessus : le carnet du lieutenant Selim nous montre le rôle de la cavalerie turque au début dé la guerre; il fut utile et glorieux au milieu du' désarroi général. Rien de plus émouvant ni de plus instructif que les notes de ce jeune officier; assistant désespéré et impuissant à une déroule sans nom-. M. G. Rémond est un journaliste courageux et généreux; il s’est bien gardé, comme tant d’autres, d’accabler les vaincus; ses des
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- MP-
- BIBLIOGRAPHIE
- criptions colorées et sympathiques u’en font que mieux comprendre les causes de la débâcle turque; ce reporter qui a su garder son sang-froid et son libre jugement au milieu des paniques, du typhus et du choléra, a su entrevoir la renaissance de l’armée turque sous l'impulsion d’hommes énergiques comme Djemal-Bey et Enver-Bey. Et effectivement, l’histoire de ces derniers mois a montré que ce miracle s’est réalisé. Mahmoud-Mouktar-Pacha, l’énergique commandant de la 2e armée de l’Est, un des rares généraux turcs qui firent figure de chef, donne des détails
- stratégiques du plus haut intérêt sur les batailles de Kirk-Kilissé, Bunar-Hissar et Tchataldja. Nous voici maintenant du côté des vainqueurs; après la fin de la guerre contre les Turcs, le gouvernement, français envoya, sous la direction du colonel P. de Mondésir, une mission étudier les champs de bataille balkaniques. Le capitaine d’Alauîier a réuni en volume les notes quotidiennes prises sur le terrain à Andrinople, Bunar-Hissar, Koumanoyvo, Monastir, etc., sous la conduite d’officiers bulgares, grecs ou serbes. C’est une vivante et saisissante leçon d art militaire.
- 'IgD
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- atL
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSER VATIONS GÉNÉRA LES
- Lundi 12 jnnv. 1914. — 4°, 6 N. E. 4. Beau. 0,0 Bcaujusq. 9 h.; puis iuiag.;eouv. apr. 15 h.; un peu de neige à 16 li.
- Mardi 13. — 5°, 2 N. E. 3. Peu nuageux. » Nuageux le matin ; couvert le soir.
- Mercredi 1 i — 5°, 7 N. N. E. 4. Très nuageux. 0,0 Presque couvert; un peu de neige à diverses reprises.
- Jeudi 13 — 5°, 6 N. E. 4. Couvert. » Peu nuageux.
- Vendredi 16 . . . . — 8’\ 0 ' N. N. E. 2. Beau. » Beau; brume.
- Samedi 17. . . . . — 8°, 6 N. N. E. 1. Beau. » Beau; gelée blanche; brunie.
- Dimanche 18. . . . - 8", ! N. N. E. 1. Beau. ” Gelée blanche ; couvert de 8 à 12 b. ; brouillard à 9 heures.
- JANVIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI I2 AU DIMANCHE I8 JANVIER 1914.
- | Lundi I Mardi [ Mercredi | Jeudi
- nonmm
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du la au 18 janvier. — Le 12. Fortes pressions sur le N.-O. : Kuopio et Christiania, 786 mm; faibles dépressions sur la Méditerranée et les Açores. Quelques chutes de neige sur le Centre. Temp. du matin : Kuopio,
- - 3i°; Moscou,—24; Belfort, —g; Nantes, o; Brest, 2; Nice, 8 ; Biarritz, 10; Alger, 11 ; moyenne à Paris :
- — 3°,3 (normale : 2°,2), — Le i3. Fortes pressions de l’O. à l’E. : Skudesness, 782 mm; Ecosse et Saint-Pétersbourg, 779. Neiges et pluies sur le N., l’O. et le S. Temp. du matin : Helsingfors, —220; Clermont-Ferrand, —8; Besançon, —7; Toulouse, —4; Biarritz, —<2; Nice, +3; Brest, 4; Alger, 12; moyenne à Paris : —- 20,8 (normale : 2°,2). — Le 14* Dépressions sur la Méditerranée (Livourne : 750 mm) et le N. de la Russie; fortes pressions du N.-O. à l’E. : Feroé, 778 mm; Shields, 776; Scilly et Kiev, 772. Pluies sur le S.; neigés sur le N. et l’O. : Toulon, 10 mm; Limoges, 6. Téinp. duLmatin : Spitzberg, — 270; Lemberg, —18; Nancy et Glërm ont-Ferrand, — 7 ; Toulouse —6 ; Marseille, — 5; Biarritz, —;3; Brest, +3; Alger, 7; moyenne à Paris : — 3°,6 (normale : 2°,2). — Le i5. La pression baisse sur presque toute l’Europe. Pluies et neiges sur le N. et le S. : cap Çroisette, 32 mm; Perpignan, .17; cap Sicié, 10; neige abondante dans le Midi
- du Bureau Central Météorologique.
- de la France. Temp. du matin : Arkhangel, —19°; Toulouse et Clermont-Ferrand, — 10 ; Marseille et Lyon,
- — 9; Nancy, —7; Biarritz, —5; Nantes, —4; Brest, 41 Alger, 8; moyenne à Paris : —40; (normale :
- 20,2). — Le 16. Baisse continue; dépressions sur li Méditerranée (Cagliari : fSo mm) et le N.-E. (Moscou : y5o). Pluies et neiges sur le N. et le S. : Nice et cap. Çroisette, it mm ; Toulon et Perpignan, 9. Temp. du matin : Arkhangel, —290; Besançon, —n; Nancy,
- — 9 ; Bordeaux, — 7 ; Alger, —(— 4 : . moyenne à. Paris :
- — 5°,2 (normale : 2°,3). — Le 17. Basses pressions sur presque toute l’Europe. Neiges dans le N. et l’O., pluies dans le S. : Marseille, 8 mm. Temp. du matin : Moscou, — 220; Belfort, —10; Bordeaux, —8; Nantes,
- — 7; Marseille, o; Alger, -(-7; moyenne à Paris :
- — 5°,4 (normale : 2°,3). — Le 18. Dépressions sur le S.-E., le N. et les Açores; la pression se relève sur le N.-O. et l’E. Neiges dans le N. et l’E. ; pluies dans FO. et le S. Temp. du matin : Moscou, —- 27°; Mémel, — t'4; Cbarleville, —9; Bordeaux, —8; Lyon,—7; Marseille,
- — 6; Lorient, —f— 1 ; Brest et Rome, 4; Alger, 10; moyenne à Paris : —5°,2 (normale : 20,3). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 12, à 5 h. 9 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (YVj
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2123. — 31 JANVIER 1914.
- SUPPLEMENT.
- JfeD
- Isc
- INFORMATIONS
- Notre couverture. — La belle médaille dont la reproduction orne notre couverture est Y œuvre du regretté maître Chaplain. Nous devons à l’obligeance de ses héritiers l’autorisation de la faire figurer ici. Nous leur en exprimons tous nos remerciements.
- Une bonne nouvelle pour les sans-filistes. — Un
- grand nombre de nos lecteurs, fervents de la T. S. F., nous ont demandé de leur dire si l’administration des Télégraphes ne se disposait pas à intervenir désagréablement dans leurs installations. Nous nous sommes renseignés près de l’Administration elle-même et nous avons appris que les bureaux sont en train de préparer un projet qui donnerait satisfaction à tout le monde, pour ce qui concerne la réception des radiotélégrammes. Ce projet sera vraisemblablement basé sur la plus grande liberté pour ce qui concerne l’installation des antennes et celle des postes récepteurs. Toutefois, on se réserverait de soumettre les autorisations qui seraient demandées à une taxe très minime représentant en quelque sorte un tarif d’abonnement. Dès que le projet sera définitif, nous nous empresserons d’en faire connaître les détails à nos lecteurs.
- Nécrologie : Fernand Four eau. — L’explorateur africain Fernand Foureau vient de mourir. Depuis 1876, il avait accompli une série de missions scientifiques dans le Sahara, dont la plus célèbre, celle de 1898 à 1900, fut conduite avec le commandant Lamy. Au cours de cette expédition, Foureau traversa le Sahara algérien, puis le Tchad, et après une lutte meurtrière contre le sultan Rabah, au cours de laquelle Lamy succomba, atteignit le Congo, reliant ainsi toutes nos colonies de l’Afrique occidentale.
- Chute d’un bolide en Bretagne. — A propos du bolide aperçu le 8 janvier dernier en divers points de la France, dont La Nature a parlé dans le n° 21x1 plusieurs lecteurs nous envoient des renseignements complémentaires. A Paris, M. le Dr Weisgerber a aperçu entre 8 heures 1/4 et 8 heures 1/2, dans le ciel absolument clair, une lueur semblable à un éclair ou une projection. A Chinon, M. Janin, juge au Tribunal civil, nous signale quil n’a pas vu le bolide, mais qu’il l’a entendu : « J’étais à mon bureau, nous écrit-il, quand un bruit formidable me surprit : il peut être comparé à celui d’une boule grossièrement arrondie roulant sur un platéau sonore, ou encore à un chariot animé d’une grande vitesse : j’attribuai ce fracas insolite d’abord à un éboulement, puis à un coup de tonnerre, mais il se prolongeait outre mesure, et il me sembla qu’il s’éloignait dans la direction O.-S.-O., passant presque au-dessus de moi. Les personnes qui ont vu la lueur disent que la fulgurance, légèrement bleutée, paraissait courir »
- sur le sol et pénétrer sous les portes : illusion d’optique évidemment. Le bolide avait la grosseur apparente de la lune, présente dans le ciel à ce moment, émettait des étincelles multicolores, et était suivi d’une queue. Il n’a pas laissé de traces dans l’atmosphère. » A Tours, le bruit fut si violent qu’on crut un moment que la poudrière venait de sauter. Enfin, des pêcheurs, qui se trouvaient au large de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, prétendent l’avoir vu tomber dans la mer près de leur bateau.
- Production mondiale du cuivre. — La production mondiale du cuivre en 1913 se compare de la façon suivante avec celle des années précédentes en milliers de tonnes :
- 1911 1912 1913
- Etats-Unis 492 563 . 557
- Japon 52 62 65
- Mexique. 62 74 53
- Espagne et Portugal . . 53 60 52
- Australasie 42 48 46
- Russie y i . ' 27. 33 44
- Chili 33 39 40
- Canada. 26 36 36
- Pérou 28 26 26
- Allemagne 22 24 25
- Total (avec divers). . 887 1020 1000
- On remarquera que la production a diminué depuis 1912 : ce. qui correspond avec la crise économique générale, dont on trouve l’écho dans la diminution propre aux Etats-Unis et aussi avec les troubles particuliers qui ont agité les deux pays du Mexique et du Japon.
- Contre les aéroplanes. — L'Amirauté britannique vient de mettre en chantier un navire d’un type tout nouveau, et qui fera contraste avec les formidables superdreadnoughts lancés depuis 2 ans. Le Royal Oak ne jaugera que 25 000 tonnes. Sa vitesse nominale sera de 25 nœuds, et il emportera 2000 tonnes de charbon, en outre de son approvisionnement en pétrole. Il sera armé de canons de i5 pouces et de 6 pouces, mais son armement consistera principalement en pièces à tir rapide, dont l’inclinaison pourra atteindre la verticale, et qui serviront à repousser les attaques des dirigeables et des aéroplanes. Son tirant d’eau présentera une réduction inaccoutumée, de sorte qu’il offrira une ciule très restreinte aux projectiles des sous-marins. On ajoute que les navires dé cette nouvelle classe comporteront probablement des plates-formes pour le lancement et l’atterrissage des hydro-aéroplanes.
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- INFORMATIONS
- Les dangers de l'aviation. — Du récent volume de M. Roger Dépagniat sur les martyrs de l’aviation, nous extrayons les renseignements suivants qui sont peut-être
- le témoignage le plxxs éloquent des progi’ès depuis 1908. Aviateurs. Kilomètres parcourus. accompl Morts.
- 1908. . 5 1.600 1
- 1909. . 5o 44-ooo 3
- 1910. . 5 00 960.000 29
- 1911 . . . i.500 3.700.000 78
- 1912. . . 5.800 Soit : 20.000.000 140
- 1908. . . une mort pour 1.600 km de vol.
- 1909. . — i5.000 —
- 1910. . — 33.000 —
- 1911. . — 47.000 —
- 1912. . — i4o.000 —-
- Ainsi, de 1908 à 1912, le nombre des accidents mortels a proportionnellement diminué de 100 à 1, si l’on considère les distances parcourues, de 10 à 1 si l’on compte les aviateurs. C’est là la preuve la plus indiscutable des progrès de chaque année, et il faut souhaiter qu’ils continuent. L’aviateur Weymann n’a-t-il pas déclaré au Temps que ce sera bientôt chose plus facile et moins dangereuse de conduire un aéroplane qu’une automobile.
- Les glaçons de la Seine. — A la suite des basses températures qui régnaient depuis le milieu de la première quinzaine de janvier, la Seine a charrié du 16 au 25 des glaçons, d’abord sous forme de petites plaques isolées, puis groupés en de véritables trains
- Les glaçons de la Seine le 19 janvier.
- de ces mêmes plaques de plus en plus étendues. Quoique très nombreux, ces bancs de glaçons, rendant la navigation difficile ou impossible même, avaient du mal à se souder, entraînés trop rapidement et facilement disloqués par la violence du courant dans la traversée de Paris surtout, le fleuve étant en crue légère. Pour retrouver un pareil aspect de la Seine, il faut remonter à l’hiver i8g5, beaucoup plus rigoureux encore ; alors le fleuve ayant commencé à charrier le Ier février se prit très rapidement, pour rester dans cet état du 9 au 23’de ce mois.
- Un piano dans un ballon. — Le ballon a déjà servi à bien des ascensions originales. L’histoire de l’aéronautique ne relate-t-elle pas en effet des ascensions à cheval ? En voici une qui mérite également de figurer dans les fastes de la locomotion aérienne. Une jeune fille d’India-nopolis voulant se rendre compte des variations de sonorité de son piano à diverses altitudes, le fît attacher à un ballon; un siège solidement fixé lui permit de rester assise devant le clavier et de se livrer à cette expérience. Le ballon monta jusqu’à 1000 mètres et redescendit à 12 kilomètres de son point de départ.
- Nouvelles découvertes sous le Dachstein (Autriche). — Le sous-sol du massif du Dachstein (voy. n° 2104, 20 septembre 1913), n’a pas fini de livrer ses secrets* Une nouvelle exploration de la Mammut-Hôhle vient de révéler à MM. Bock et Hobelsperger d’importants
- prolongements, extrêmement difficiles à parcourir, mais remarquables par les deux particularités suivantes. Us ont conduit à des crevasses du sol, profondes de plus de 3o m., en bas desquelles grondait un cours d’eau. En outre, sous des dépôts érodés par les eaux de suintement, on a trouvé un conglomérat de o m. 5o à 2 m. d’épaisseur, semblable à des dépôts extérieurs de la même région et d'âge miocène. Ce serait la preuve définitive de l’âge très reculé du creusement de ces cavernes. La profondeur atteinte dans la Mammut-Hôhle dépasse maintenant 120 m. Ajoutons que le ministère de l’Agriculture d’Autriche a alloué une subvention de iSooo francs pour les travaux d’approche et d’aménagement de ce groupe remarquable de cavernes.
- Un génie de la musique du treizième siècle. — On
- a récemment signalé, dans l’église Saint-Maurice de Tienne, une curieuse figure du xiii5 siècle qui semble représenter un génie de la musique et qui serait, dans ce cas, la seule de ce genre, actuellement connue. C’est un claveau que décorent deux figures en fort relief: un ange debout tenant un phylactère sur lequel sont figurés quatre portées de plain-chant et un personnage inconnu jeune et gracieux qui s’appuie sur lui. Ce dernier, qui pourrait représenter l’inspiration musicale, est presque entièrement couvert de plumes d’oiseaux et ceint de pampres. Il ressemble à un génie antique. Cette figure vient d’être moulée pour le musée de sculpture comparée du Trocadéro, qui continue à s’enrichir de nombreuses merveilles.
- Réhabilitation du cormoran. — On se souvient peut-être encore de l’information que nous avons précédemment publiée sur la pullulation des lapins, puis des chats en Australie. Un nouvel exemple, que vient de publier VOrnithologiste, montre encore combien il faut de prudence dans les décisions relatives à l’utilité ou à la nuisance des animaux. En Australie, sur les bords du fleuve Murray et sur les lacs voisins, vivaient en paix, il y a quelques années, des bandes de quelques milliers de cormorans. Les pêcheurs se plaignirent que ces oiseaux détruisaieut les poissons, notamment les jeunes saumons, et pour les satisfaire, on déclara le cormoran animal nuisible et on lui fit une guerre si acharnée qu’il disparut. Mais les saumons ne devinrent pas plus nombreux pour cela, au contraire. L’idée vint alors de rechercher ce que mangeaient les pauvres cormorans et l’on découvrit qu’ils dévoraient anguilles et écrevisses, sans toucher aux saumons. Et les anguilles, débarrassées de leurs ennemis, avaient pullulé, quand on s’aperçut qu’elles étaient les seules coupables, mangeant la laitance des saumons ! Aujourd’hui, mieux renseignés, on protège lès quelques cormorans sauvés du massacre, mais quand redeviendront-ils assez nombreux pour débarrasser les pêcheurs australiens des anguilles ?
- La descendance des immigrants en France. — Une
- conséquence de la dépopulation de la France est l’immigration toujours plus grande d’éléments étrangers. Tandis que les uns s’en réjouissent, la considéi’ant comme un des meilleurs remèdes au ralentissement de notre natalité, les autres redoutent qu’elle fasse perdre peu à peu à notre race ses qualités et son individualité. Actuellement, le nombre des étrangers résidant en France est d’environ 1 200000; certains ne sont que de passage dans notre pays, y restent célibataires et retournent plus ou moins rapidement dans leur pays d’origine, mais beaucoup d’autres se fixent à demeure, contractent mariage avec des autochtones et ont des enfants. Bien que les documents sur l’hérédité humaine soient encore peu nombreux, le Dr Laumonier vient de donner dans la Gazette des hôpitaux les résultats de ses recherches, et ils sont des plus rassurants. D’après ses observations, les enfants d’union mixte ressemblent plus à celui de leurs parents dans le pays d’origine duquel ils naissent et se développent. Les traits du visage, la forme du corps se rapprochent du type français chez 60 pour 100 environ des enfants nés de ces mariages mixtes; à la deuxième génération, le type se retrouve chez 70 pour 100, à la troisième chez 80 pour xoo des enfants. Il y a donc peu à peu absorption de l’élément étranger et l’on n’a point à craindre la dénationalisation résixltant en France des unions de nos compatriotes avec des immigrés.
- «*•«*>
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- ..... -.
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique -r*
- L eau a la campagne. Moto-pompe à air chaud. — Ce groupe (fig. i) se compose essentiellement : i° d’un support en fonte disposé intérieurement pour utiliser le
- plus complètement possible la chaleur produite par une lampe à pétrole L (fig. 2); 20 d’un appareil moteur très simple qui transforme en énergie mécanique la chaleur produite par la lampe ; 3° d’une pompe en bronze,
- Fig 1. — La moto-pompe.
- Fig. 2 et 3.—Le fonctionnement de la'pompe.
- aspirante-foulante, soit à piston cylindrique pour certains types, soit à piston circulaire pour certains autres.
- Le fonctionnement de l'appareil moteur est basé, comme on le voit, sur la dilatation de l’air chaud. Cette dilatation (fig, 2) a pour résultat l’élévation du piston P, qui, par l’intermédiaire d’une bielle B, actionne deux petits volants et détermine le jeu de la pompe. L’air chaud, après avoir soulevé le piston jusqu’au sommet de sa course, se trouve brusquement refroidi par un manchon circulaire M dans lequel circule automatiquement l’eau aspirée et refoulée par la pompe. A ce moment, un piston secondaire D, dit piston « déplaceur », relié au volant par un dispositif fort simple, chasse sous le piston moteur une nouvelle provision d’air chaud etassure de cette façon la marche régulière de l’appareil (fig. 3).
- Ainsi le fonctionnement de ce groupe est extrêmement simple. Pas d’organes compliqués dans leur mécanisme, pas de pièces délicates susceptibles de se fausser ou de se détériorer, même par un travail de très longue durée.
- Réservoir
- Cabinet de toilette
- de ban
- Cuisine
- Vestibuli !
- 4. — L’installation de la pompe.
- Entre des mains même inexpérimentées, il peut donc fournir un service on peut dire presque illimité.
- Il convient d’une façon générale pour toutes les installations d’eau qui comportent une élévation maxima de i5 m. ; son application type consiste à l’employer pour
- remplir un réservoir d’alimentation d’où l’eau pourra être ensuite distribuée partout où elle sera nécessaire (fig. 4)' Dans les installations comportant une élévation totale de 15 m., il faut toujours placer la pompe à 6 m. 5o ou 7 m. du niveau minimum de l’eau, de façon à ne pas avoir une hauteur de refoulement trop considérable.?
- Pour son bon fonctionnement, il est indispensable que la pompe soit bien cl’aploinb et que les brides d’aspiration et de refoulement soient bien ajustées. Le tuyau d’aspiration devra être placé de telle sorte que la crépine soit toujours noyée franchement de i5 à 20 centimètres dans l’eau; quant au tuyau de refoulement, il sera dirigé vers le réservoir d’eau à remplir.
- L’allumage de la lampe s’opère ainsi : dévisser la clé centrale et remplir le réservoir de pétrole aux trois quarts de sa contenance; revisser aussitôt la clé, puis dévisser de 2 ou 3 tours la soupape moletée placée au centre de ladite clé. Verser un peu d’alcool à brûler, ou à défaut un peu de pétrole, dans la petite cuvette circulaire située à la partie inférieure du/brùleur et allumer cet alcool. Lorsque ce dernier esty sur le point de s’éteindre, revisser à fond la soupape moletée et donner quelques coups de pompe ; à ce moment, le pétrole gazéifié s’échappe du brûleur et s’allume de lui-même si l’alcool n’est pas encore éteint. Différemment, il faut allumer immédiatement le pétrole gazéifié, une allumette suffit. Pour obtenir une flamme haute, il faut donner environ une quinzaine de coups de pompe ; pour une flamme basse, il faut, au contraire, dévisser très légèrement la soupape moletée placée comme il est dit dans la clé centrale, et revisser rapidement la soupape sitôt que la flamme est descendue à la hauteur voulue. Cette soupape doit demeurer légèrement dévissée lorsqu’on ne fait pas usage de la lampe afin d’éviter la sortie du pétrole sous l’action de la pression.
- Pour mettre en marche, on introduit le brûleur sous le bâti de la pompe de façon à chauffer la partie inférieure du cylindre qui apparaît au centre du bâti; après 2 minutes de chauffage, on fait exécuter un tour complet aux volants en les aidant avec la main, la pompe commence immédiatement à fonctionner.
- D’expériences nombreuses, il résulte qu’en moyenne un litre de pétrole suffit pour élever 5ooo litres d’eau à 8 m. de hauteur et 35oo litres à i5 m. de hauteur.
- N- Diam. du piston. Dimensions de la base du moteur. Haut. totale. Poids net. Détail horaire à 8 m. de haut. Débit horaire à 15 m. de haut. Prix.
- 5806 45 mm ‘26x26 cm 64 cm 2d kg 225 lit. 150 lit. 175 fr.
- 5806 A 60 » 50x30 » 78 » 40 » 700 » 500 » 325 »
- 5806 B 80 » 31x34 » 95 » 80 » 1500 » 1000 » 475 »
- Le tableau ci-dessus donne les caractéristiques de cette moto-pompe à air chaud aspirante et refoulante construite par la Manufacture d’armes et de cycles de Saint-Etienne et qui est appelée à rendre de signalés services à la campagne.
- Echafaudage rapide. —La réparation et P entretien des immeubles nécessitent l'emploi d’échafaudages qui sont plus coûteux par la main-d’œuvre nécessaire à leur édification que par le prix des matériaux employés,
- Fig. x.
- ceux-ci pouvant toujours être utilisés ultérieurement. M. L. Huguet a pensé qu’il serait intéressant de faciliter l’installation de ces constructions éphémères, qui doivent présenter cependant une grande solidité. Il a utilisé à cet effet le système de croisillons en ciseaux, déjà mis
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- à profit pour certaines échelles extensibles. Lorsqu’on a replié un assemblage de ce genre il tient fort peu de place (i). Une échelle de 8 m., quand elle est à moitié ouverte, et de 16 m. quand elle est complètement déployée (2), n'a plus que 1 m. 25 quand on la replie sur elle-même. On peut en outre régler la hauteur totale en ajoutant ou en retranchant les croisillons nécessaires. Plusieurs de ces échelles complètement développées et placées verticalement parallèlement l’une à l’autre à la distance de 3 m. environ (U, puis reliées par des planches, et munies de grands X comme croisillons de consolidation des échelles entre elles, présentent un échafaudage solide ayant toute la résistance désirable pour offrir le maximum de sécurité. Il supprime les trous dans les murs pour y introduire les boulins des échafaudages ordinaires, ainsi que ceux à creuser dans le sol pour y introduire les mâts.
- Pour l’intérieur des monuments, on ne peut pas toujours facilement entrer, dans les salles à réparer, les
- Fig. 4.
- pièces de bois de grande dimension nécessaires à l’installation de l’échafaudage. Avec le système Huguet, au contraire, on peut introduii-e par les ouvertures les plus petites les croisillons assemblés en petit nombre, puis, une fois introduits, obtenir par leur addition successive toutes les hauteurs qu’on désire.
- En outre, 1 exécution rapide ne grève pas le prix d’une réparation qui, par elle-même, est souvent minime et qu’on hésite à faire à cause des frais accessoires. — Chez M. Léonce Iliaguet, à Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais).
- Jouets \
- Le petit télégraphiste. — La télégraphie est à l’ordre du jour et, en attendant que tous les jeunes gens
- aient acquis la pratique de la lecture au son qui est assez longue à obtenir à cause de la difficulté de l’étude,
- on a songé aux tout petits qui veulent aussi être des futurs télégraphistes. C’est pour eux qu’a été construit le petit jouet bien coquettement présenté sous le nom de petit télégraphiste.
- La boîte contient tout le matériel nécessaire, car c’est un jeu de télégraphiste et non un poste de télégraphie. Cependant l’enfant peut s’amuser à faire lui-même une dépêche imprimée. Dans le fond de la boîte est installée sur un axe horizontal une roue des types qu’il actionne à la main. Il reconnaît aisément les lettres car, en face de chaque type, est imprimée la lettre correspondante. Sous la roue passe la bande de papier traditionnelle qui se déroule du rouet et s’enroule ensuite sur un tambour. Pour imprimer il suffit d’appuyer sur un levier qui chasse le papier contre la lettre et le fait avancer d’une longueur de bande convenable.
- L’enfant constitue ainsi des mots, des phrases, une dépêche entière. Puis il enlève sa bande imprimée, prend une formule bleue qu’il trouve dans le couvercle soulevé et colle sa bande, l’adresse et le texte à leurs places respectives. Il ne lui reste plus qu’à plier sa dépêche et à l’envoyer au destinataire... par la poste.
- Bien entendu la dépêche, pour être parfaite, doit porter toutes les estampilles normales. Un timbre humide avec tampon est à portée de la main dans ce but. La boîte contient six rouleaux de papier-bande, une fiole de colle, une bouteille d’encre, un pinceau, une boîte de plumes, un encrier, un essuie-plume, une gomme, un carnet, des feuilles de télégrammes, des cartes postales, etc., enfin tout le matériel indispensable au télégraphiste professionnel. C’est là un beau jouet pour les petits qui y passeront d’agréables moments. — Le Petit Télégraphiste est en vente chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris, au prix de 12 francs.
- 'Protection des oiseaux
- Nichoir artificiel. — « Aux petits des oiseaux, il donne la pâture », et sa bonté semble être toujours plus vigilante, puisque l’on se plaint partout de la multiplication des insectes nuisibles. Mais si les oiseaux ont encore la pâture, trop souvent ils n’ont plus de gîte, l’homme abattant les arbres, coupant les forêts où les oiseaux fontleurnid. Et cependant, il nous faut bien protéger les oiseaux si nous voulons sauver nos récoltes. Bien des nids artificiels ont déjà été proposés : pots de fleurs accrochés aux murs, boîtes en bois, bûches creuses, etc.
- Mais ils sont d’autant plus appréciés des oiseaux qu’ils se rapprochent plus des nids naturels. Aussi, croyons-nous utile de signaler le nichoir ingénieux que vient d’imaginer un fervent ami des oiseaux et que représente notre figure. Ce nichoir artificiel a tout à fait l’aspect d’un nid de pic abandonné; tout y est : diamètre et forme du trou d’entrée, profondeur du nid, rugosité du bois. Tous les oiseaux utiles qui logent dans les bois : mésanges, rossignols, fauvettes, bergeronnettes, rouges-gorges, grimpereaux, martinets, sittelles et même les chouettes, hiboux et petits ducs, s’y trouvent chez eux. Yoici un moyen de protéger et d’attirer dans votre voisinage de gais compagnons qui, vous remercieront de votre bonne action en faisant d’utile besogne. — « Le Nichoir », 77, rue Cardinet, Paris.
- Fig. 3.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
- 00^
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en décembre 1913, par M. Ch. Dufour.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique est en excès de 2mra,7; celle de la température, en excès de o°,5. Le mois se divise en deux périodes nettes : une période chaude du ierau 18, et une période du 19 au 3i j où les moyennes diurnes, sauf celles des 26 et 27, sont inférieures aux normales. Le 22, où l’on observe le minimum absolu, —70,8, la moyenne diurne est trop basse de près de 8°. Le maximum absolu a été de jo°,3 le i3.
- Il y a eu i3 jours de gelée dont 7 consécutifs du 19 au 25 et 3 sans dégel.
- L’humidité relative et l’insolation sont à peu près normales.
- Le nombre de jours de pluie appréciable, i5, est régulier, mais la hauteur totale de pluie s’élève à 66mm,i ; la normale de décembre est 44mn\5; le rapport est donc de i,49- Deux journées ont fourni, en effet, des apports considérables : le 6, on recueille i6mm,i; la hauteur d’eau mesurée dans la journée du 28 est de 27mm,i ; une partie provient de la fusion de la neige tombée en abondance le matin entre 8 heures et midi, formant sur le sol une couche qui n’a disparu complètement que le 5 janvier. On avait déjà observé quelques grains de neige mélangée à la pluie dans la matinée du 24.
- Pression barométrique (Alt. 5ora,3). — Moyenne des 24 heures : 761mm,47 ; minimum absolu : y37mm,5 le 8 à io’"5om; maximum absolu : 772mm,9 le 21 à 9 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, o°,68; des maxima, 5°,74,' des 24 heures, 3°,26. Minimum absolu, —7°,8 le 22; maximum absolu, io°,3 le i3. Amplitudes diurnes : moyenne du mois : 5°,06 ; la plus élevée, g°,9 le 9; la plus faible, i0,q le 11. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, — i°,g5; des maxima, 9°,43- Minimum absolu, —i2°,i le 22; maximum absolu, i7°,8 le i3. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 6°,18; à
- 21 heures : 6°, 12; (prof. om,65) à 9 heures : 70,86 ; à
- 21 heures : 7°,79 (prof, r m.) à 9 heures : g°,i2; à 21 heures : 9°,o5. De la Marne. — Moyenne : le matin, 5°,79; le soir, 5°,86. Minimum: 20,57 le 31 ; maxi-
- mum : 90,01 le 2.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5mm,17 ; minimum absolu : 2mm,2 le 3i à 16 heures et 17 heures; maximum absolu : gmm,o le 6 à 12 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,0; minimum absolu : 52 le 4 à *4 heures ; maximum absolu : 100 à 14 dates différentes. ^
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,2;
- 2 jours clairs : le 20 et le 21 ; 6 jours entièrement couverts : les 2, 3, 6, 11, 15, 27.
- Insolation. — Durée possible : 256 heures; durée effective : 46 heures en 16 jours; rapport : 0,18.
- Pluie. — Total du mois : 66mm, 1 en 7ih,g, Maximum en 24 heures : 27mm,i le 28.
- Nombre de jours : de pluie : 16; de pluie appréciable (supérieure ou égale à omm, 1) : i5; de pluie supérieure ou égale à imm : 7; à 5mm : 4; à iomm : 2; à 20““ : r; de neige, 3; de grêle, 1 ; de grésil, 2; de gelée : i3 dont 7 consécutifs du 19 au 25 et 3 sans dégel; de brouillard : 9 ; de givre, 6; de verglas, 3; de brume : 10; de gelée blanche : 13 ; de halo lunaire : 1.
- Fréquence des vents : calmes, 59.
- N . . . . 42 S. E. . . . I S. W. . . 22
- N. N. E . 91 S. S. E. . . 11 W. N. W. 4i
- N. E. . . 49 S . . . . . 58 N. W. . . 26
- E. N. E. . 3 S. S. W . . 148 N. N. W . 36
- E . . . . 2 s. w . . . 119
- E. S. E. . 1 w. s. w. . 35
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3“,5g ; moyennes diurnes :1a plus élevée 7m,3 le 4; la plus faible : om,5 le 22. Vitesse maximum : i3m,6 le 4 à x4h 35m; direction correspondante : W. S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m,oi ; minimum : 2m,6i le 25; maximum : 3m,6o le 3i.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression : -j- 2œm,75; température : -j-o°,52; tension de la vapeur :
- — omm,07 ; humidité relative : — 1,5 ; nébulosité :
- — 0,1; pluie : -f-2imm,6; jours de pluie appréciable : — 1 ; insolation : — 4 heures.
- Radiation solaire. — Des mesures en ont été faites le 19, le 20 et le 3i. La valeur la plus élevée a été obtenue le 3i à i2hi5m; on a trouvé Q=ocal,8i.
- Taches solaires. — On a suivi 2 groupes de taches, en 12 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu détachés aux dates des 4> 5, i3, 18-21, 25 et 26 décembre.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles le 7 et le 9; faibles le 4 et le 27; modérée 25-26.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements ont été peu nombreux et généralement faibles en décembre 1913 : ceux qui ont donné des déplacements un peu notables se sont produits le i5 : ph. pie. de i8h28m à i8h43m; le 21, ph. pie. de i6h 17“ à i6h33m, fin vers i7!l5om; le 25, début à 6h55m6s, ph. pie. de qh 2m à 7h9“, fin vers 7** 35m.
- Les appareils ont encore enregistré des mouvements très faibles le ier, ph. pie. de 22h 54m à 22h5gm; le 3, ph. pie. de 8h52ra à gh2m; le 6, ph. pie. de i5h35m à i5h 44”; le 10, entre 6h37m35s (?) et 8h3om; le 14, entre 7h 5om et 8h35m; le 29, entre ioh32m et n110“ environ.
- Floraisons. — Le ier, nardosmia fragrans ; le 9, chimo-nanthus; le 10, rose de Noël.
- VARIETES
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- Les locomotives de la Compagnie P.-L.-M. à l Ex-position de Gand. — La Compagnie du P.-L.-M. a exposé à Gand deux types de locomotives : l’une, du type Pacific, à quatre cylindres équilibrés, compound et vapeur surchauffée, destinée à la remorque des trains rapides et lourds; l’autre, du type Consolidation, à quatre cylindres équilibrés, compound et vapeur surchauffée, destinée à la remorque des trains de marchandises à marche accélérée. Nous décrirons brièvement ces deux types de^ locomotives d’autant plus intéressants que le mode de fonctionnement de la vapeur définitivement adopté pour ces machines, principalement pour la première, l’a été à la suite d’essais comparatifs très complets que nous résumerons.
- i° Locomotive type Pacific. — Cette locomotive à quatre cylindres équilibrés, à trois essieux couplés avec bogie
- à l’avant et essieu porteur à l’arrière, a été construite en 1909 dans les ateliers de la Compagnie comme locomotive compound à vapeur saturée. Aussitôt sa mise en service, elle fut comparée "à une locomotive de même puissance, mais à quatre cylindres égaux à vapeur surchauffée et simple expansion. Cette dernière ayant montré une supériorité marquée sur la machine compound à vapeur saturée, la Compagnie fit construire un lot de locomotives à quatre cylindres égaux, à vapeur surchauffée et simple expansion. Depuis, un nouveau type de machine, toujours de même puissance, mais compound et vapeur surchauffée ayant été mis en service et s’étant montré nettement supérieur aux deux types précédents, la Compagnie décida de transformer la locomotive compound à vapeur saturée, construite en 1909, en une locomotive compound à vapeur surchauffée, mode
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- VARIÉTÉS
- de fonctionnement de la vapeur qui, à la suite des essais précédents, donne le maximum d’économie de combustible et le maximum de puissance. C’est cette locomotive ainsi transformée qui est exposée à Gand. (Yoy. La Nature du 29 juin 1912.)
- Timbrée à 16 kg, la chaudière est à foyer élargi débordant les longerons. Elle est munie d’une boîte à feu du type à berceau. La surface de grille est de 4 m2 25. La surface du foyer est de i5 m2 87 et celle des tubes, dont la longueur est de 6 m., de 2o3 m2 44, soit une surface totale de chauffe de 219 m2 31, correspondant à 5i fois la surface de la grille. Le surchauffeur du type Schmidt a une surface de 70 m2 63, soit les 0,822 de la surface de chauffe totale. Les cylindres haute pression extérieurs qui actionnent le deuxième essieu couplé ont un diamètre de o m. 42 avec une course de piston de o m. 65. Les cylindres basse pression intérieurs qui actionnent le premier essieu couplé ont un diamètre de o m. 62 et une course de pistons de o m. 65. Le rapport des volumes des cylindres est donc de 2,13. Le diamètre des roues couplées est de 2 m., celui des roues du bogie de 1 m. et celui des roues de l’essieu porteur arrière de 1 m. 35. La distribution est du type Waischaert avec tiroirs cylindriques admettant la vapeur par les arêtes intérieures. L’axe de la chaudière est à 2 m. 90 au-dessus des rails. La locomotive pèse à vide 83,89 tonnes et en ordre de marche g3,34 tonnes. Le poids adhérent est de 55,5o tonnes, soit i8,5o tonnes par essieu. Le poids suspendu est de 70,84 tonnes et le poids non suspendu de 22,5o tonnes.
- Cette locomotive a été mise à l’essai entre Laroche et Blaisy, section de ligne la plus difficile de la grande artère Paris-Marseille. Elle comporte un profil qui aboutit à Blaisy par une rampe continue de 8 mm par mètre après avoir racheté une différence de niveau de 3i8 m. 21 sur un parcours de i33 kilomètres.
- Le tonnage des trains d’essai a été successivement de 278, 384 et 4S7 tonnes, non compris la machine et le tender. Avec une charge remorquée de 487 tonnes et une vitesse moyenne de 90 km à l’heure, la puissance moyenne indiquée sur les pistons a été de 1868 chevaux et celle absorbée au crochet du tender de 1260 chevaux, soit un rapport de 1,48. L’eau vaporisée par kilogramme de charbon a été de 7 kg 70 et la dépense de charbon par cheval-heure indiqué sur les pistons de 1 kg 07 et la dépense d’eau de 8 kg 3i.
- Grâce à ce nouveau type de locomotive on a pu gagner
- 23 minutes sur l’horaire actuel du train dit « Côte d'Azur rapide » entre Laroche et Blaisy lorsque son tonnage est de 278 tonnes. Avec un poids remorqué de 487 tonnes le temps gagné est de i3 minutes.
- 20 Locomotive type consolidation à quatre essieux couplés et bissel à l’avant. — La Compagnie du P.-L.-M. ayant à commander un certain nombre de locomotives neuves destinées à la remorque des trains de marchandises directs et à marche accélérée, celle-ci décida de diviser sa commande en trois lots : le premier comprenant des machines compound à vapeur saturée; le second, des machines à simple expansion, quatre cylindres égaux et à surchauffe; le troisième, des machines compound à surchauffe. Dans l’esprit de la Compagnie cette division de la commande avait pour but de vérifier du même coup non seulement si la surchauffe est économique pour ce type de trains, contrairement à ce que des essais précédents semblaient indiquer, mais si elle permelterait de reArenir ou non à la simple expansion et aux timbres réduits comme certains ingénieurs le pensent.
- La locomotive exposée, étudiée par la Compagnie et construite par les ateliers de construction de Batignolles, appartient à ce dernier type, c’est-à-dire qu’elle est compound, à quatre Cylindres et à surchauffe.
- Timbrée à 16 kg, la chaudière est munie d’une boîte à feu Belpaire. La surface de grille est de 2 m2 98. La surface de chauffe du foyer est de i5 m2 49 et celle des tubes, dont la longueur est de 4 m., de i34 m2 26, soit une surface totale de chauffe de 149 m2 95 correspondant à 5o fois la surface de grille. Le surchauffeur du type Schmidt a une surface de 33 m2 63, soit 0,22.5 de la surface totale de chauffe. Les cylindres haute pression extérieurs qui actionnent le troisième essieu couplé ont un diamètre de o m. 40 avec une course de piston de o m. 65. Les cylindres basse pression qui actionnent le deuxième essieu couplé ont un diamètre de o m. 58 avec une course de piston de o in. 65. Le rapport des volumes des cylindres est donc de 2.10. Le diamètre des roues couplées est de 1 m. 5o et celui des roues du bissel de 1 m. La distribution est du type Waischaert avec tiroirs cylindriques admettant la vapeur par les arêtes intérieures. L’axe de la chaudière est à 2 m. 75 au-dessus des rails. La locomotive pèse à vide 64 t. 88 et, en ordre de marche, 70 t. 74. Le poids adhérent est de 61 t. 200, soit i5 t. 3oo par essieu. Le poids suspendu est de 55 t. 06 et le poids non suspendu de i5 t. 68. R. Bonnin.
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Le fusil à deux détentes et à un seul coup. — A propos de l’article de M. Jacquot, paru en Variétés dans notre n° 2120, M. Fel et M. Ingold, 17, rue du Casino, Saint-Dié, nous signalent que le fusil mentionné par M. Jacquot présente les plus grandes analogies avec une arme décrite par Tschudi, dans le « Monde des Alpes » p. 35o, 2e édition française. Traduction de O. Bourrit, Genève, Georg, 1870. Ce fusil à un seul canon rayé, et à 2 batteries placées l’une derrière l'autre du même côté, était autrefois d’un usage universel dans le Valais.
- i* Le cadenas Para et le cadenas Indo-Chinois. — M. le capitaine Péri nous écrit :
- « J’ai pensé qu’il serait intéressant pour les lecteurs de La Nature d’apprendre que le « Cadenas Para » décrit dans le numéro 2120, du 10 janvier courant, est utilisé, sous une forme identique, en Chine et en Indo-Cbine. C’est le « cadenas national », si j’ose dire, dont le prix varie dé i5 à 5o centimes suivant la taille et le métal utilisé (fer ou cuivre) ».‘
- " Renseignements. — M. Guillemé,L,a. Roche-sur-Yon. — Le crésyl Jeyes cristallise bien quand il subit une
- température de 8°, mais il suffit pour dissoudre les cristaux de chauffer uu peu. S’il s’agit d’une imitation pour laquelle le chauffage soit inefficace, il nous est bien difficile de répondre sans avoir analysé les cristaux. Peut-être pourrez-vous essayer l’action de la soude, telle qu’elle est décrite page 245 des Recettes du laboratoire (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain, 3 fr. relié).
- M. J. /., Cannes. — Comme produit fluide, inconge-lable, n’attaquant pas le cuivre et inattaquable par le gaz d’éclairage, nous pouvons vous indiquer une solution saturée de chlorure calcique. La densité est 1,4. L’été, il y aura évaporation, mais serait-ce impossible d’ajouter alors de l’eau?
- M. Simon Leleu, au Quesnay (Nord). — i° Au théâtre, les effets de neige sont obtenus soit en jetant simplement du haut des cintres de petits morceaux de papier blanc, soit, ce qui vaut mieux, en jetant de même des petites houppes d’ouate. Sur les vêtements des acteurs, on peut simuler la neige en projetant avec un balai de la mousse épaisse de savon; ou ce qui est plus propre, en saupoudrant avec des tournures d’os résiduelles d’atelier de tabletterie. 20 On obtient une carboline de bonne qualité en mélangeant 70 kg. huile créosotée de distillation de goudron, 20 kg huile d’anthracène et 10 kg goudron de hêtre (Ehrsam). Pour faire disparaître l’odeur, il faut du chauffage, de l’aération... et de la patience. 3° C’est sans doute le platine qui s’altère sous l’influence de la chaleur, des vibrations, peut-être de l’ozone produit par les étincelles (?) 4° Nous ne connaissons pas ce
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- BOITE AUX LETTRES
- fabricant. 5° Vous trouverez de nombreuses formules d’alliages pour recuit de l’acier dans le volume de Michel, Travail des métaux (Desforges, édit., 29, quai des Grands-Augustins). 6° Pour utiliser une plaque d’accu dont la borne s’est détachée, il suffit de la resouder à l'étain, de laver, de sécher, de paraffiner le haut et de remetti'e en place.
- M. X. Y., à Lavaur. — Pour enlever les taches de rouille sur marbres blancs, laver avec uoe solution aqueuse de protochlorure d’étain. Pour enlever les taches de mouche sur cadre doré, frotter avec du blanc d’œuf mélangé d’un peu d’eau de Javel, puis battu en neige. Nous comprenons mal vos reproches : ces recettes ayant déjà été publiées ici autrefois, puis réunies en volumes sur la demande de lecteurs, il est tout naturel de vous renvoyer pour de telles formules aux Recettes de la maison où vous trouverez plus de détails que nous ne pouvons en donner ici.
- M. E. S., Liège. — La pâte blanche pour coller les photos est tout simplement un empois amylacé avec un peu de salicylate de méthyle qui parfume et antiseptise. Mais nous avons mal réussi à faire la synthèse après l’analyse ! Et nos colles imitations n’avaient pas la consistance de l’original, probablement à cause de quelque tour de main qui nous manquait.
- M. Hervochon, rue Crébillon, à Nantes. — Pour patiner l’ivoire en marron, le mieux serait de baigner longuement les pièces dans une solution de ferrocya-nure de potassium, puis, après imprégnation, de laver, d’essuyer et de passer un pinceau imbibé d’une solution faible d’azotate d’urane. Avoir soin de faire d’abord des essais sur de petits bouts d’ivoire avant d’opérer sur une belle pièce.
- 5&-FM, à Serrières. — i° Pour traiter un fût ayant le goût de moisi, procéder comme suit : si le fût n’est pas très atteint, le rincer avec une solution d’acide sulfurique au i/ioe, puis le laver à grande eau. Si la moisissure est très prononcée, défoncer le fût, le brosser et le racler énergiquement, rincer ensuite avec 5 à 6 litres d’eau bouillante contenant en dissolution 60 à 70 gr. de bisulfite de chaux; laisser séjourner,
- agiter de temps à autre pendant quelques jours, faire sécher pendant 24 heures, rincer avec 5 litres d’eau bouillante contenant en dissolution 200 à 25o gr. de sel de cuisine. Laver à grande eau avant d’entonner; — 20 Traitement le plus rationnel du mildiou. Sur feuilles et grappes : les bouillies cupriques, bien préparées, se valent comme efficacité (bouillie bordelaise, bouillie bourguignonne, etc.); au point de vue économique on peut s’en tenir soit à la première composée de : sulfate de cuivre, 1 kg 5oo; chaux grasse en pierres, o kg 750; eau, 100 litres, ceci pour saisons ou régions sèches; porter la dose de sulfate à 2 kg, et celle de la chaux grasse à 1 kg pour saisons ou régions humides; soit à la bouillie bourguignonne, dans laquelle le carbonate de soude à 900 (Solvay) remplace la chaux, à raison de o kg 675 dans le premier cas, o kg 900 dans le second. — Contre l’oïdium, employer le soufre en poudre, trituré, fm et bien pur; trois soufrages : au début de la végétation, à la floraison et à la véraison. Pour combattre en même temps le mildiou de la grappe, associer à 70 kg de soufre 3o kg de sulfostéatite à 20 pour 100 de sulfate de cuivre; répandre avec soufflet ou soufreuse. Pour forte attaque d’oïdium, mettre par hectolitre de bouillie i5o gr. de permanganate dé potasse ; bien soufrer le lendemain ; — 3° Pour la préparation des vins mousseux, vous trouverez tous les détails techniques dans les ouvrages suivants : Manuel du travail des vins mousseux, par Weinmann, x vol. 2 fr. 5o ; Les vins de luxe, par Y. Sébastian, 1 vol. 5 fr. 5o; Etudes sur le vin mousseux, par Salleron et Mathieu, 1 vol. 7 fr. 5o ; Manuel général des vins mousseux, par Edouard Robinet, 1 vol. 5 fr. 60; Etudes sur la conservation des vins mousseux, par L. Mathieu, 1 vol. 7 francs. Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris ; — 4° Conservation des pommes de terre : cave saine, étendre les tubercules au fond d’une caisse, sur couche de sable bien sec, continuer la stratification en alternant les couches de sable et de tubercules, terminer par une couche très épaisse de sable. Pour les poires et les pommes, voir La Nature, n° du 11 septembre 1909.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le transport des machines gigantesques modernes : Dr À. Graden-Witz. — Mines néolithiques de Spiennes (Belgique) : E. Rahir. Les nouvelles usines de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité : À. Martin. — Les progrès de nos connaissances concernant les rayons de Rœntgen : H. Vigneron. — Poste récepteur de T. S. F. sans antenne ni fil de terre : P. Dosne. Académie des sciences : Ch. de Yilledeuil. — Carabine-mitrailleuse automatique pour aéroplanes.
- Supplément. — L’oxydation de l’azote dans l’arc voltaïque. — Eruption volcanique au Japon. — Le décrassage des moteurs d’automobile par l’oxygène, etc.
- Le moteur humain et les bases scientifiques du travail profèssionnel, par Jules Amar. In-16 de xvi-622 pages, aVéc 3o8 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 12 fr. 5o.
- L’auteur a voulu réunir les éléments physiques et physiologiques relatifs au travail professionnel dans un texte qui se suffise à lui-même. Il a examiné le système de Taylor qui a produit, dans toutes les industries, un profond retentissement. L’augmentation du rendement de l’ouvrier soulevait le problème des rapports du travail et du salaire. En dehors de quelques observations incidentes, il s’est tenu à l’écart de ces discussions économiques. Il met en évidence les raisons de s’entendre qu’employeurs et employés trouvent dans une organisation scientifique du travail. L’intérêt de l’ouvrage est accru par une magistrale préface de M. Le Chatelier.
- Les agendas Dunod pour i:g i4- — 10 petits : volumes 10 X 15, reliés peau souple, Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1914- Chaque volume : 3 francs.
- Ces agendas constituent, sous forme condensée, en même temps qu’un memento, une véritable encyclopédie industrielle, facile à consulter et tenue au courant chaque année des progrès essentiels : le volume Bâtiment est dû à MM. Debauve et Aucamus, le volume Chemins de fer est dû à M. P. Blanc; signalons deux nouveaux chapitres sur la surchauffe et sur l’électrification des voies ferrées; la Chimie a été rédigée par M. Javet; le Commerce, par M. G. Le Mercier; la Construction automobile, par MM. Favron et Caries; l’Electricité, par M. Montpellier; la Mécanique, par M. Izart; la Métallurgie, par M. Levât; les Mines, par M. Levât; les Travaux publics, par MM. Debauve et Aucamus.
- Les laboratoires sidérurgiques, par A. Ledebur, 9e édition traduite de l’allemand par Michel Diamant et Maurice Coste. In-8” de 224 pages, avec 26 figures. H. Dunod et E. Pinat, Paris. Prix : 6 francs.
- Le manuel de Ledebur a eu en Allemagne un succès considéx-able. Il est présenté sous une forme très concise, qualité que l’on trouve rarement dans les ouvrages de langue allemande.
- La face de la Terre, par Ed. Suess, traduction de Mar-gerie. Tome III, 3° partie avec 1 carte en couleur, 2 planches et (92 figures. Armand Colin, Paris. Prix 1 12 francs.
- Le monument élevé par Ed. Suess à la géologiè touche aujourd’hui à son couronnement. Encore une 4® partie contenant l’index de l’ouvrage et nous pourrons en apprécier la beauté dans tout son ensemble. La partie qui vient de paraître comprend, comme les précédentes, des chapitres un peu divers dont lé lien déjà visible apparaîtra mieux plus tard : sur les cas-
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- BIBLIOGRAPHIE
- sures africaines, sur les Océanides (Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, Carolines, Nouvelle-Zélande, etc.), sur les Alaskides, les Montagnes Rocheuses, l’apparition des Andes et l’édifice Andin. On y admire toujours la même ampleur d’érudition mise en œuvre par un puissant esprit. Nous remarquerons notamment (p. 1012) cette conclusion que les plus grandes fosses océaniques sont, comme les plus hautes montagnes, les plus jeunes.
- Travail des métaux, par J. Michel, i vol. in-12 de 356 pages avec 153 figures. H. Desforges, éditeur,
- 2g, quai des Grands-Augustins, Paris (VIe). Prix : broché, 5 francs; cartonné percaline, 5 fr. yS.
- L’auteur a rassemblé commodément, et de telle sorte que chaque renseignement y puisse être trouvé en un clin d’œil, une très riche collection de recettes sur la composition et la préparation des alliages, sur le moulage et la fonderie, sur l’outillage, les montages sur machines-outPs, la confection de dispositifs ingénieux et pratiques, l'aciérage du fer, la trempe, le recuit et le revenu des aciers, les soudures et brasures.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- esse"
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 janv. 1914. - 8°, 7 N. N. E. 1. Beau. » Gelée Blanche; givre; très nuageux; Brouillard à 6 heures.
- Mardi 20 — 1°, 5 N. E. 1. Couvert. » Gelée blanche ; couvert ; grains de neige le matin.
- Mercredi 21 — 3°, 0 N. N. E. 1. Couvert. » Nuageux ; brume.
- Jeudi 22 — 8°, 5 N. E. 1. Beau. » Gelée blanche ; beau ; brume.
- Vendredi 23 ... . — 9°, 9 N. E. t. Beau. » Gelée blanche; couvert de 8 à 18 h. ; brume.
- Samedi 24 — lt°, 6 Calme. Beau. » Gelée blanche ; beau ; brouillard à 9 heures.
- Dimanche 23. . . . — 8", 8 S. 1. Beau. » Gelée blanche ; givre ; brouillard faible ; beau.
- JANVIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 JANVIER 1914.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : ottrbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri- ci >oule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après lès bulletins
- Du 19 au 25 janvier. — Le 19. Fortes pressions du N.-O. au S.-E : Skudesness et Varsovie, 768 mm; basses pressions sur la Méditerranée occidentale et les Açores. Neiges dans le N., le Centre et l’O. Temp. du matin : Kbarkof, —23°; Uleaborg, — 11; Toulouse, —10; Perpignan et Lorient,—4; Marseille, —2; Biarritz, 4; Alger, 9; movenne à Paris : —4°>3 (normale : 2°,3). — Le 20. Pression élevée sur le N.-O. et PE. : Skudesness, .768 mm; Moscou, 770; dépressions sur la Méditerranée et les Açores. Neiges dans le N., le Centre et l’E. Temp, du matin : Spitzberg, —-35°; Christiania,—20; Moscou, — i5 ; Besançon, —8; Toulouse, —5; Toulon et Dunkerque, —4; Nice, 4; Alger, 9; moyenne à Paris ; — i°,4 (normale : 2°.4). — Le 2t. Fortes pressions sur le N.-O. : Schîelds, 767 mm; dépression sur l’extrême N. : Vardoe 746. Neiges dans le N., le Centre et l’E. Temp. du matin : Spitzberg,— 26° ; Bruxelles,—10 ; Clermont-Ferrand et Marseille, —5; Toulouse, —4; Brest, 1 ; Malte, ix ; moyenne à Paris : — 3°.7 (normale : 3,0,4), — Le 22. Pression élevée sur le N.-E. et le Centre; dépressions sur l’Islande (Reijkiavik : 746 mm) et le S.-E. fBrindisi : 742). Neiges dans le N., le Centre et l’Ê. Temp. du matin : Spitzberg, — 23°; Varsovie, — 11 ; Charleville, —10; Toulouse, —9; Clermont-Ferrand,
- du Bureau Central Météorologique.
- — 6 ; Bordeaux, —4; Brest, —2; Alger, 10; moyenne à Paris : — 5°,6 (normale : 2°,4). —Le 23. Pression élevée sur le N.-O., le Centre et le S. (Prague : 771 mm); dépression sur l’Islande (Isafjord : 737 mm) et les Iles Britanniques. Neiges dans l’E.; pluies sur les Iles Britanniques. Temp. du matin : Arkhangel,—220 ; Spitzberg, — 16; Clermont-Ferrand, — 11 ; Lyon, — 8 ; Toulouse, — 4i Brest, —3; Naples, 5; Alger, 10; moyenne à Paris : —6°,9 inormale : 2°,5). — Le 24. Dépression sur les Iles Britanniques et la Scandinavie : Seydisfjord, 7Î2 mm; Irlande et Christiansund, 755; fortes pressions sur le S. Pluies dans le N. Temp. du matin : Spitzberg, — 14° ; Nancy, — 12; Vienne et Paris, — 11 ; Nantes, —8; Lyon, —7; Moscou, — 6; Toulouse,—2; Biarritz, 4: Alger. 9; moyenne à Paris : —6°,2 (normale : 20,5). — Le 25 La baisse barométrique continue sur le N. et l’O. ; profonde dépression sur l’extrême N. : Bodoe. 725 mm; hautes pressions sur le Centre : Est de la France, 779 mm. Neiges et pluies sur le N. et l’O. Temp. du matin : Bucarest, —17°; Charleville, —10; Nantes, —9; Lyon. —5; Nice, 4; Alger, 11 ; moyenne à Paris : 2°,8 (normale : 2°,5). — Phases de la Lune :
- Dernier Quartier le 19, à o h. 3o m.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL. HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président dé la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (Yls)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2124. — 7 FÉVRIER 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- Emploi de l'alumine comme agent de dessiccation.
- — Pour dessécher certaines substances, on a préconisé jusqu’ici différents corps de nature acide : acide sulfurique concentré, anhydride phospltorique ; ou basique : potasse, chaux vive, chaux sodée; ou neutre : chlorure de calcium, dont l’emploi était réglé par la réaction également acide, basique ou neutre du corps à dessécher. On vient de préconiser un nouvel agent de dessiccation, l’alumine anhydre Al2 O3, dont l’effet serait comparable à celui de l’acide sulfurique ou de l’anhydride phosphorique 'et dont l’usage serait plus commode et plus général. L’emploi de cette alumine serait "favorable en ce sens qu’on pourrait facilement la régénérer à l’état anhydre par un simple chauffage, qui la rendrait propre à servir de nouveau. Il était intéressant de signaler l’usage de ce nouveau dessiccateur au moment où il va peut-être se répandre, si les résultats obtenus confirment les espérances qu’il a fait naître. Ëjjjsf
- Extraction du caoutchouc par l’électricité. — Un
- ingénieur allemand., M. Georg von Hassel, établi depuis de longues années au Pérou où il explore et étudie pour le gouvernement péruvien les ressources en caoutchouc du territoire, vient d’imaginer un nouveau procédé d’extraction du latex qui, s’il donne en pratique les mêmes résultats que dans les nombreuses expériences déjà effectuées, économisera considérablement la main-d’œuvre. Nous empruntons à VIndia Rubber World la description de ce procédé : sur le tronc des arbres à caoutchouc on fixe des feuilles de tôle en forme de canal creux. Chaque feuille est divisée en deux séries de i5 à 3o sections; chaque section comprend un mécanisme pour l’extraction du latex et un récipient pour le recueillir, au fond duquel se fait la coagulation. Sur chaque arbre, on place, selon sa grosseur, de 2 à 9 de ces canaux et on les relie à une station centrale électrique qui peut envoyer successivement le courant dans chacune des sections. Le courant met en action le mécanisme extracteur de la première section, le latex coule dans le récipient inférieur où il coagule en présence d’un acide. Un ou deux jours après, on.fait fonctionner de même la deuxième section, puis la troisième, etc. On recueille le caoutchouc coagulé quand toutes les sections ont opéré, et l’on replace l’appareil sur"d’autres arbres. Ce procédé économise le temps et la main-d’œuvre, puisqu’un seul ouvrier peut faire ainsi la besogne de 40; les arbres sont entaillés légèrement et cicatrisent très vite ; enfin les appareils peuvent être mis en marche avant le lever du soleil au moment où le latex coule le plus abondamment. Dans les expériences déjà faites, 5o ou 60 arbres étaient entaillés simultanément; l’inventeur pense qu’on pourrait aussi bien exploiter 5ooo arbres à la fois. Espérons que le procédé de
- M. von Hassel réussira dans la pratique, car il serait susceptible de diminuer beaucoup le prix du caoutchouc.
- Production du fer et de la houille en France. —
- On possède maintenant les premières estimations de la production minérale française en igi3. La production lorraine de minerai de fer a subi un gros accroissement prévu de 2 262 000 t., passant de 12 687 000 à i5 149000 t. Auboué a dépassé 2 000000 de t., Homécourt atteint 1800000 t. et quatre autres concessions se tiennent au-dessus de 1 000 000 : Pienne, Tucquegnieux, Landres, Amermont-Danmai’y. Pour la houille, il y a, au contraire, un ralentissement marqué et non moins caractéristique. La production du Nord et du Pas-de-Calais a baissé de 289000 t. sans qu’aucune grève soit intervenue, tombant de 29 888 000 à 29 498000 t. C’est là un symptôme qui mérite d’attirer l’attention.
- La télégraphie sans fil et les pompiers. — On vient de créer à New-York un service d’avertissement des pompiers par T. S. F. Ce service est destiné aux bateaux amarrés dans le port et qui doivent pouvoir prévenir d’urgence le service des pompiers lorsqu’un incendie se déclare à bord. Le cas est fréquent et autrefois les secours arrivaient souvent beaucoup trop tard. Il arrivait aussi que l’incendie fût déjà éteint par les services du bord, avant l’arrivée du bateau-pompe. Celui-ci, cependant, ayant été prévenu, devait venir jusqu’au voisinage du bateau sinistré pour se rendre compte de l’inutilité de sa venue. La télégraphie sans fil permettra de faire disparaître ces inconvénients et d’augmenter en conséquence l’efficacité des services chargés de la défense contre le feu.
- Un turbo-alternateur de 35 000 kilowatts. — De
- plus en plus gigantesque! Il y a trois ans, on considérait comme un record fantastique les unités de 10 à i5 000 kilowatts. L’an dernier Parsons a installé à Chicago un groupe turbo-alternateur de 25oôo kilowatts. Ce chiffre va être encore dépassé. La General Electric C° de Schenectady, aux Etats-Unis, construit actuellement pour la Philadelphia Electric C° une turbine Curtis de 35 000 kilowatts. Cette formidable unité mesurera 20 m. de long et pèsera environ 600 tonnes. Grâce aux progrès réalisés dans la vitesse de rotation des alternateurs accouplés aux turbines, on envisage maintenant la construction d’unités de 5oooo kilowatts. Ajoutons que la même General Electric G0 a en construction 3 groupes de 3oooo kilowatts et 3 groupes de 20000 kilowatts. Aux Etats-Unis également, la Westinghouse Machine C° annonce qu’elle construit couramment des unités de 20000 kilowatts tournant à i5oo tours par minute. Parsons, le grand constructeur anglais, arrive à des résultats similaires. On voit que la concurrence entre constructeurs a réalisé des prodiges.
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- INFORMATIONS
- Curieux effet du gel sur une plante. — On sait que lorsqu’une plante gèle, le phénomène n’est pas aussi simple qu’on se le figurerait de prime abord. En effet, l’ensemble de la niasse cellulaire ne se congèle pas en bloc; mais, sous l’influence du froid, le protoplasme a la propriété de se contracter et, par une énergique plas-molyse, expulse une grande parLie de son eau. Le suc cellulaire, plus concentré à la suite de cette déshydratation passe en quelque sorte à l’état de vie ralentie et, dans bien des cas, pourra supporter impunément les rigueurs de l’hiver. L’eau rejetée s accumule dans les espaces vides du végétal, méats et lacunes, et s’y congèle. D’ordinaire, le membre gelé n’augmente pas beaucoup de volume et devient seulement raide et cassant; dans quelques cas, cependant, la glace se forme en si grande quantité qu’elle rompt les écorces et fait saillie au dehors, en forme de lames ou de bourrelets atteignant parfois, d’après les auteurs, unà deux centimètres.
- Lames de glace ondulées à la base des tiges de Verbesina', les rameaux sont Couverts de cristaux de givre (cliché J. Dayet).
- C’est un cas du même genre que j’observe depuis plusieurs années, de façon très constante, au Jardin botanique de Besançon, sur une touffe de Verbesina virgi-nica, composée exotique, voisine des Inules. La plante, encore fleurie en octobre, se dessèche aux premiers froids et, dès qu’il gèle, on voit la base des tiges s’entourer d’un manchon de glace très apparent.' Chaque brin, qu’il soit resté en placé pu qu’on l ait coupé au ras du sol, comme ; orl le fait généralement à l’automne, laisse sortir par lès fentes de l’écorce des lamelles radiantes très minces et très fragiles ordinairement plus ou'moins ondulées, courbées comme on peut s’en rendre compte sur la photographie prise en décembre dernier. La quantité d’eau expulsée atteint dans quelques cas 16 à 20 c.c. Ce curieux phénomène ne se produit, au jardin, que sur cette seule plante, et toujours avec la même intensité. Cette propriété du Verbesina est liée à quelques particularités de sa biologie. L’eau ne peut provenir que de la souche, assez volumineuse, qui reste vivante, à l’abri, dans la terre. Les cellules du rhizome sont gorgées d’une substance voisine de l’amidon, mais soluble dans l’eau, Vinuline. La dilution de cette réserve doit être fort diminuée par le froid et c’est sans doute l’eau ainsi chassée qui est refoulée au dehors. L’écorce, striée longitudinalement et ailée, se prête plus facilement à des déchirures radiales et favorise certainement la format:on des lamelles de glace. On ne peut guère expliquer autrement que par ces dispositions spéciales de la plante cette façon de se comporter différente de ce qui se passe habituellement chez les végétaux et remarquable par la netteté et l’intensité de l’expulsion de l’eau sous l’influence du froid (*).
- I. On a signalé un cas analogue chez Ritmex scutatus; v. description et photogr, in IVaturw, Wochenschrift vnr. p. 624 (1909).
- Les poissons sentent-ils? — Question très discutée. En 1884, Aronsohn observa que les poissons rouges, qu’on nourrit de pupes de fourmis, refusent cet aliment quand il est mélangé d’un peu d’huile de girofle. En 1888, Steiner montra que la roussette ne reconnaît plus sa nourriture quand on lui a coupé les bulbes olfactifs. Mais Nagel (1894) chez le barbeau, puis Sheldon (1909) chez la roussette ne purent observer ce dernier phénomène. Dans le n° 775 du Bulletin of the Bureau of Fi-sheries, MM. G. H. Parker et R. E. Sheldon viennent de rapporter de nouvelles expériences faites sur le poisson-chat, le Mustelus et le Fundulus qui semblent trancher la question. Si l’on présente à l’un de ces poissons deux paquets identiques dont un seul renferme de la nourriture, il distingue celui-ci. Mais si on lui coupe les bulbes olfactifs ou si on lui bouche les narines d’un tampon de coton ou si on les lui coud, il ne sait plus choisir. Il suffit de lui rouvrir les narines pour qu’il retrouve son odorat. Les poissons peuvent donc sentir. A moins qu’on ne prétende que l’odorat est le pouvoir de reconnaître seulement des gaz et des vapeurs, et qu’on appelle goût cette sensibilité à distance dans le milieu liquide.
- Trèfles à quatre feuilles. — Puisque les trèfles à quatre feuilles ont réputation de porter bonheur, il serait agréable d’en cultiver. Mais la cause qui les produit est encore aussi peu connue que la recetie pour être heureux. Hugo de Vries avait déjà longuement étudié les trèfles à folioles multiples dans son ouvrage Espèces et Variétés. M. J. Perriraz vient de reprendre cette question dans le dernier numéro des Archives des Sciences physiques et naturelles, et arrive à cette conclusion que les trèfles anormaux sont dus à deux causes, l’une héréditaire, l'autre nutritive. Après une saison humide, les trèlles à 4 et même à 5, 6 ou 7 folioles sont relativement nombreux; on observe aussi alors, mais plus rarement, des trèfles à 2 feuilles. On voit sur certains individus le passage de la forme à 3 folioles à celle à 4 Par dédoublement du limbe suivant une ou plusieurs nervures développées anormalement ; ces formes dues au milieu externe se produisent sans suite et peuvent devenir rares une année après qu’elles ont été abondantes. Mais certaines plantes sont héréditairement anormales et se reproduisent chaque année avec les mêmes caractères quand le milieu reste le même; les influences externes ne font que modifier la grandeur des folioles. Il y a donc des variétés de trèfles à quatre feuilles, et aussi des trèfles à trois feuilles qui deviennent dans certaines conditions quadrifoliés. Il serait intéressant de connaître exactement les facteurs qui interviennent.
- Où Christophe Colomb est-il enterré? — Parmi les « clous » que prépare le gouvernement américain pour rehausser l’éclat de l’inauguration solennelle du canal de Panama, il en est un qui lui réserve bien des mécomptes. Il s’agit de placer sur le cuirassé Oregon, qui viendra en tête des navires de guerre appelés à défiler le long du canal, les restes mortels de Christophe Colomb. Or, deux villes au moins se disputent âpre-ment l’honneur de posséder dans leurs murs les ossements de l’illustre Génois : Séville, en Espagne et Santo-Domingo, aux Antilles. Colomb, qui mourut à Valladolid en i5o6, avait demandé dans son testament que son corps fût transporté à Santo-Domingo, ville qu’il avait fondée et où habitait sa famille. Sa requête ne fut exaucée que longtemps plus tard, probablement vers i54o; son cercueil fut transporté solennellement à Santo Domingo et placé dans la cathédrale. En 1795, quand l’Espagne céda cette ville à la France, elle fit enlever de la crypte un cercueil qui passait pour contenir les ossements du grand voyageur et lui ménagea une nouvelle sépulture dans la cathédrale de la Havane. Un siècle plus tard, en abandonnant Cuba aux Etats-Unis, elle rapporta ce même cercueil à Séville. Mais les Dominicains avaient toujours affirmé qu’on s’était trompé de cercueil en 1795, et que leur cathédrale devait posséder encore les précieuses reliques. De fait, en 1877, un prêtre mit à jour dans la vieille église un cercueil qui contenait des ossements, et dont le couvercle portait deux inscriptions mentionnant les noms et qualités de Christophe Colomb. Deux squelettes c’est trop, même pour un grand homme; et l’on ne sait encore lequel des deux inaugurera le canal.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mécanique
- Le Vigilant. — Pour être protégé efficacement contre les entreprises des cambrioleurs, il suffit de se tenir derrière sa porte, un browning au poing. La méthode n’est pas très pratique, mais on peut aisément obtenir d’un appareil qu’il remplisse les fonctions de sentinelle et vous réveille à la moindre tentative d’effraction. Les cambrioleurs n’attendront pas la suite de l’aventure pour prendre le large et aller chez le voisin mal protégé. Le Vigilant sera cette sentinelle.
- C’est un simple détonateur attaché à l’extrémité d’une chaînette. Il est constitué par un tube métallique à l’intérieur duquel une pointe remplit les fonctions de percuteur. Cette pointe forme l’extrémité delà tige qui traverse le tube dans toute sa longueur et s’arrête au dehors.
- Le « Vigilant » mis en place derrière une porte.
- Coupe du
- Vigilant ».
- tube métallique; d, tige terminée par le percuteur; g, ressort à boudin retenu par la rondelle f\ i; goupille; j, c, chaînettes; b, attache de la chaînette fixe c; m, bouchon de'liège pourvu de la capsule au fulminate n.
- La tige est entourée d’un solide ressort à boudin s’appuyant d’une part sur le fond du tube et d’autre part sur une rondelle-écrou vissée sur la tige.
- Pour armer le détonateur, on le place la pointe sur un bouchon de bois et on appuie fortement jusqu’à ce qu’un trou apparaisse dans la tige sortant du tube. On introduit une goupille dans ce trou. La goupille appartient à une seconde chaîneti e. Les deux chaînettes sont alors fixées à deux points fixés dans le mur de part et d’autre de la porte et le tube est fermé avec un bouchon de liège à l’intérieur duquel on aura placé une capsule de fulminate. On comprend que l’ouverture de la porte obligera la goupille à sortir de la tige et cette dernière, sollicitée par son ressort, fera éclater la capsule. Le bruit suffira à produire les effets voulus : mettre en fuite les cambrioleurs et donner l’éveil.
- Le Vigilant, qui peut s’appliquer aux tiroirs-caisses, aux fenêtres, comme aux portes de coffres-forts, est en vente chez M. Léon Bressonnet, 9, rue Jules-Siegfried, à Paris. -
- Zootechnie
- Abreuvoir pour bestiaux. — Dans beaucoup d’élevages encore, l’eau nécessaire aux bestiaux leur est distribuée à l’aide de seaux remplis, plus ou moins rapidement, à la pompe ou au puits voisin, ce qui ne laisse pas, lorsque le nombre des animaux est élevé, d’occasionner une perte de temps assez considérable.
- Dans d’autres fermes, il existe, près d’une pompe ou d’un puits, quelquefois même, et c’est le cas le plus heureux, à proximité d’une source, un abreuvoir où les bestiaux sont conduits à heures régulières.
- L’inconvénient dans ces deux cas est que les animaux sont obligés, pour étancher leur soif, d’attendre que soit arrivée l’heure de la distribution ou de la conduite à l’abreuvoir, distribution ou conduite qui, d’autre part, prennent un temps précieux.
- Dans tous les cas où la chose est possible, c’est-à-dire lorsque l’élevage dispose d’eau coûtante, provenant d une source, et c’est un cas qui se présente assez fréquemment, en pays de montagnes, ou même en terrain simplement accidenté, le petit abreuvoir dont nous donnons une photographie rend les plus grands services.
- Placé au bas des auges, à raison de un pour deux têtes de bétail, et entre ces deux animaux, il est relié aux autres abreuvoirs semblables par une canalisation de fonte placée horizontalement.
- Un filet d’eau venant de la source court jour et nuit dans ce tuyau horizontal, renouvelant sans cesse l'eau contenue dans les abreuvoirs, et la maintenant toujours fraîche et pure. Un dispositif de réglage quelconque,
- placé à l’extrémité aval de la canalisation de fonte, permet de maintenir l’eau, dans les petits abreuvoirs, au niveau désiré.
- Les bestiaux à la disposition de qui sont mis ces petits abreuvoirs ne tardent pas à les connaître. Bien qu’ils soient fermés, à l’aide d'un couvercle à charnières (relevé sur notre gravure), pour que les débris de nourriture ne puissent souiller l’eau qu’ils renferment, les animaux ne sont nullement embarrassés pour boire. De l’extrémité du museau, ils le soulèvent et le maintiennent forcément dans cette position aussi longtemps qu’ils boivent. Ce couvercle retombe de lui-même dès qu’ils relèvent la tête, et il suffit de passer quelques minutes dans l’étable, pour peu que celle-ci contienne une dizaine de bêtes, pour entendre le bruit que font ces couvercles en retombant. Les jeunes animaux, et ceux qui proviennent d’un, autre élevage, sont vite familiarisés avec le mécanisme de cet abreuvoir, et l’usage fréquent qu’ils en font montre combien il est utile d’assurer aux bestiaux, pendant leur séjour à l'étable, une eau constamment fraîche et renouvelée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- «*§tss. Ameublement »*«$>
- Objets utiles
- Bureau pliant Multiplex. — Les meubles pliants présentent, dans certains cas, de gros avantages sur les modèles courants, ils sont très utiles lorsque les locaux dont on dispose doivent servir à deux lins, mais surtout lorsqu'ils sont appelés à remplir plusieurs fonctions.
- Le bureau Multiplex a été conçu dans ce but puisqu’il sert à la fois de bureau, de table de dessinateur et de tableau noir : il permet le travail assis ou debout et la caisse qu’il forme, quand il est fermé, peut contenir soit le matériel du dessinateur, ses planches en cours d’exécution, soit encore les livres de comptabilité ou autres. Etant démontable, la planche de travail peut se placer
- I. — Le bureau « Multiplex » replié.
- Multiplex » disposé comme un bureau ordinaire.
- horizontalement, être inclinée et soulevée à la hauteur que l’on désire. Elle est surmontée de deux rayons avec tiroirs que chacun utilise selon ses besoins.
- La planche qui sert de fermeture au coffre, lorsque le bureau est replié, est une planche de précision format Grand Aigle (no X 73); elle est également utilisable comme tableau noir et en même temps comme dessus de bureau. Son montage est combiné de façon à lui laisser la pins grande liberté et à permettre au té le plus long de glisser dans tous les sens. Lorsque le meuble est
- c s.f Figl 3. — Le « Multiplex » table à dessin.
- Fig. 4. — Le tableau noir surmontant le « Multiplex ».
- muni ou garni de drap ou de feutre, on utilise pour le dessin une autre planche qui prend place dans le coffre. Les différentes transformations du meuble s’opèrent très rapidement et la stabilité est parfaitement assurée, quelle que soit la position de la planche. Des poignées permettent son déplacement rapide.
- Lés constructeurs ont établi sur le même principe le bureau Mereurex destiné plus spécialement aux comptables et à la tenue des livres : comme le précédent, il permet le travail assis ou debout, à volonté, et le coffre est agencé pour contenir tous les livres et registres. Il ne comporte pas de rayonnage supérieur.
- Le bureau Multiplex est établi à partir de g5 fr. et le bureau» Mereurex à partir de no fr. Le fabricant est M. L.-G. Niogret, 20, rué d’Angoulême, à Paris.
- Support de biberon. — Ce support se visse sur le rebord du berceau. Il comporte une tige coulissante eî une bague à articulation embrassant la bouteille à lait. On l’ajuste de façon à amener la tétine dans la bouche de l’enfant que l’on peut alors abandonner à lui-m.ême. Avec les biberons sans tube actuellement en usage, il n’y a pas à craindre que l’enfant boive trop vite et s’étouffe.
- Ce petit appareil sera bien accueilli des mamans occupées. — Louet, i, rue du Maure, Paris.
- Coupe-fruits. — On coupe les fruits : pommes, poires avec un couteau à dessert ; on extrait ensuite le milieu et enfin on pèle chaque quartier. Cette méthode antique méritait d’être abandonnée, notre modernisme exigeant mieux. Ce mieux est représenté par le coupe-fruits en nickel argenté, que met en vente la maison Kirby, Beard et Cie. Un cercle plus gros que les plus gros des fruits est divisé en quatr-e secteurs par quatre rayons se rattachant, au centre, à un autre cercle de petit diamètre. Les rayons et le cercle intérieur sont des lames coupantes. Il suffit donc, après avoir posé le fruit sur une assiette, de le trancher avec le nouveau couteau pour que
- Fig. 1. — Le coupe-fruits.
- les quatre parties soient nettement séparées ; en même temps la partie centrale, qui contient les pépins, est détachée de chaque quartier. On fait ainsi quatre parties égales, appropriées et prêtes à être pelées. Pour faciliter l’opération, le coupe-fruits a été pourvu de deux oreilles sur lesquelles on appuie : l’opération s’effectue en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et chaque convive n’a plus qu’à peler sa part, avec toute la grâce et l’élégance qui caractérisent ce geste. — Le coupe-fruits est en vente chez MM. Kirby, Beard et C!e, 5, rue Auber, à Paris.
- Porte bagages pour bicyclettes ou automobiles.
- — Cet appareil est destiné à assujettir solidement un panier ou caisse de livraison sur un support à claire-voie fixé sur une bicyclette. Il consiste simplement en 2 anneaux montés par brides sous le panier ou la caisse et dans lesquels on passe une tige en fer légèrement recoui’bée. En faisant ensuite faire un demi-tour à celle-ci (la crosse dont elle est munie en permet le repérage facile) la courbure vient s’arc-bouter énergiquement sur le supporte! empêcher tout mouvement du panier, quelles que soient les trépidations de la marche. On débloque le panier en tournant la tige en sens inverse.
- Vu sa simplicité et son action énergique, ce dispositif pourrait être employé pour maintenir des malles ou coffres sur des automobiles avec beaucoup plus de sécurité que les courroies ou. attaches usuelles. --Louibe et Cio, 58-Go, rue Cambronne, Pains.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Interprétation médicale du knock-out. — Les
- assauts de boxe sont devenus depuis quelque temps journaliers en France; nous faisons concurrence maintenant à l’Angleterre et à l’Amérique. Poids lourds, poids moyens se disputent à l’envi les titres de cham-jûon et un de nos plus jeunes athlètes triomphait récemment, à la surprise générale du camp anglais, de leur boxeur le plus réputé. Parmi les lecteurs de La Nature, s’il n’y a pas de professionnels, il y en a bien, j’en connais deux pour ma part, qui pratiquent cet exercice merveilleux de culture physique. En tout cas, tous sont assez versés clans les sports pour connaître les termes classiques, empruntés malheureusement la plupart à la langue anglaise, comme si nous n’avions pas une langue suffisamment riche.
- Le knock-out est la mise hors de combat; il peut résulter d’un coup dans la région cervicale, au creux de l’épigastre, plus communément à la mâchoire inférieure, ce qu’on appelle un direct ou un crochet au menton. Quand ce dernier coup est appliqué dans les règles, tantôt l’adversaire qui l’a reçu s’effondre comme une masse, les bras inertes, les jambes fléchissant sous le poids du corps, dans un état syncopal qui se prolonge parfois quelques instants; tantôt, au contraire, il ne s’agit que d’une obnubilation passagère, de sensation vague de vertige avec un bourdonnement auriculaire qui fait dire aux boxeurs : ça sonne fort. La perte de connaissance complète est rare, mais la sensation d’étourdissement, d’éblouissement, variable d’intensité et de durée d’un sujet à un autre, est à peu près constante; comme les règles du combat ne permettent pas la reprise une fois compté dix parle manager, ce coup finit quelquefois brusquement la partie, comme on l’a vu il y a quelques jours dans la lutte de Sam Langford contre Curran où ce dernier fut mis knock-out en i5 secondes.
- Le coup sur l’épigastre peut effondrer un adversaire ; on s’en préserve plus facilement en général que du coup à la partie supérieure. Ce coup peut même être mortel. On réalisera facilement une petite expérience à l’aide d’une grenouille fixée, le dos étendu sur une planchette de liège. Une chiquenaude sèche sur le creux épigastrique amène très souvent la mort de la grenouille. Le choc agit sur un plexus important du grand sympathique, le plexus solaire, et la violence provoque par inhibition du système nerveux central une syncope qui peut être mortelle. Quelques anciens se souviendront certainement d’un procès sensationnel jugé il y a bien des années. Un gardien de la paix fut condamné pour avoir dépecé le corps d’une femme et jeté les morceaux aux égouts. Le malheureux prétendait n’avoir dépecé qu’un cadavre ; dans une crise de colère il avait tué cette femme d’un coup de poing à l’estomac. L’argument ne
- porta pas, puisque la condamnation à mort fut suivie de l’exécution. Je ne me rappelle pas s’il fut soulevé par la défense; il était en tout cas plausible et vraisemblable.
- Pour en revenir au knock-out par coup sur la mâchoire, quelle peut être l’interprétation physiologique de cette sidération passagère ou d’une certaine durée ? Plusieurs médecins ont pensé qu’il s’agit là d’une véritable commotion cérébrale par déplacement brusque et violent du liquide céphalo-rachidien; c’est l’explication admise par les professionnels. Le Dr Somen qui vient de publier sur ce sujet une étude fort intéressante l’interprète d’autre façon.
- S’il s’agissait d’un trouble dû à une commotion cérébrale, tout coup sur la tête, la tempe devrait immanquablement le produire; c’est ce qui n’est pas. L’accident ne survient qu’à la suite du crochet au menton; il a donc un caractère un peu spécial. M. Somen croit devoir lé l’approcher d’une maladie qui fait le désespoir des auristes, le vertige de Vlénière; dans cette affection, due à une lésion de l’oreille interne, on trouve les bourdonnements, les nausées et les vertiges, tous symptômes qu’on signale dans le knock--out. La lésion atteignant les canaux semi-circulaires amène par la répercussion sur le cervelet ces vertiges et ces troubles de l’équilibration. Il en est de même dans le crochet au menton ; le maxillaire est violemment frappé en dessous, le condyle de l’articulation temporo-maxiïlaire vient heurter violemment la cavité glénoïde, tout à fait au contact des organes si délicats de l’oreille interne. Par suite de ce contact intime, il y a ébranlement des canaux semi-circulaires et réflexe bulbaire ou cérébelleux qui détermine les troubles observés chez les boxeurs. Cette interprétation explique, dit M. Somen, pourquoi un coup porté latéralement sur le menton (crochet) est plus efficace pour déterminer le knock-out qu’un direct qui arrive de face sur le milieu du maxillaire. En effet, un coup latéral sur le menton produit un choc dans la cavité glénoïde du côté opposé seulement, tandis qu’un traumatisme médian, appliqué sur le milieu du menton, transmet le coup aux deux cavités glénoïdes à la fois et se trouve ainsi amorti par deux points d’appui au lieu d’un seul comme dans le premier cas.
- L’explication, pour ma part, me semble des plus plausibles ; ajoutons pour la justifier que des maîtres dans l’étude des maladies du système nerveux, comme le professeur Babinski, des médecins amàteurs de boxe, MM. Heckel, de Martel et Vincent partagent entièrement l’opinion de notre confrère. Le conseil que l’on peut donner au point de vue hygiénique, c’est qu’il faut abandonner aux professionnels ces coups violents à la mâchoire ou à l’épigastre capables d’amener des accidents d’une certaine gravité. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Destruction des campagnols. — Les indications suivantes, reproduites d’après M. Rabaté, ne concernent pas quelque moyen de destruction tout à fait nouveau. Mais elles précisent les détails opératoires qu’il convient de suivre pour appliquer avec le plus de chances de succès un des procédés reconnus à l’usage comme le meilleur.
- On se sert de noix vomique en sorte dite « concassée-ràpée » à litre garanti 2,5 pour 100 d’alcaloïdes (strychnine, brucine et autres poisons redoutables). L’efficacité du produit est telle que la quantité consommée en France cette année, à là suite d’essais concluants faits les années précédentes,.peut être évaluée à iooooo kg (importée de l’Inde et de Ceylan). Naturellement, le produit sera soigneusement mis hors de portée des enfants et de toute personne non spécialement chargée de son emploi.
- Dans une chaudière, de préférence du modèle dit « buanderie », conténant par exemple 80 litres, on fait bouillir 40 litres d’eau, puis on ajoute 5 kg de noix vomique et 5o gr. d’acide tartrique facilitant la solubilisa-
- tion des alcaloïdes. On laisse bouillir pendant une heure et demie, on ajoute 40 kg de blé et on continue à faire bouillir pendant une vingtaine de minutes, cependant que la masse est sans cesse brassée pour éviter toute fâcheuse adhérence des grains au fond du récipient. Le grain gonflé est versé dans une cuve en bois ou à défaut sur le sol; on laisse en repos pendant vingt-quatre heures environ, après quoi on place dans les endroits fréquentés par les dévastateurs. Au cas où l’emploi n’est pas fait: aussitôt préparation, il convient, pour éviter la venue dès moisissures, d’étaler le grain en couche peu épaisse sur sol cimenté ou carrelé, et de pelleter chaque jour une fois ou deux. (Journal d'agriculture pratique.)
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- La prise du plâtre. —MM. Àstruc et Juillet ont fait sur ce sujet de nombreuses expériences qui leur permirent d’arriver aux conclusions pratiques suivantes, que pourront utiliser tous les amateurs de travaux manuels.
- ' Pour avoir une prise rapide, on ne doit pas gâcher avec trop d’eau. Ainsi par exemple le mélange de 100 gr. de
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- plâtre et ioo gr. d’eau ne fait prise qu’en 3a minutes, tandis que ce temps est réduit à 20 minutes quand on emploie 100 gr. de plâtre pour 60 gr. d’eau (proportions recommandables).
- Pour avoir un moulage très dur, on peut ajouter au plâtre 1 pour 100 de poudre de guimauve, mais alors le temps de prise devient triple du temps normal. On peut encore augmenter d’autre façon le temps de prise, mais sans guère modifier la dureté, en ajoutant au plâtre 1 pour too de gomme adragante, de poudre de salep.
- Pour avoir une masse à prise très rapide, il suffit de faire dissoudre dans l’eau de gâchage un peu de sel marin ou d’alun de potasse (2 pour 100 du plâtre à mettre en œuvre). On obtient une prise en cinq minutes environ. (Journal de pharmacie et de chimie.)
- Teinture d’iode inaltérable. — La teinture d’iode est un si puissant antiseptique que son emploi s’étend tous les jours : désinfection des plaies, préparation des champs opératoires, asepsie des mains du chirurgien ; sans compter de nombreux traitements pour lesquels on l’utilîse. Son seul défaut est de n’être pas stable; au bout d’un certain temps, elle devient toujours acide, son
- iode se transformant partiellement en acide iodhydrique, corps irritant, si bien que l’on est dans la nécessité de renouveler de temps en temps sa provision pour n’utiliser que de la teinture d’iode fraîche, non encore décomposée.
- M. le pharmacien-major de ira classe Courtot vient de signaler dans le Journal de pharmacie et de chimie deux modes de préparation de la teinture d’iode qu’il a imaginés et qui la rendent inaltérable. Tous deux utilisent la propriété qu’ont les iodures alcalins d’empêcher la présence d’acide iodhydrique libre. Les deux formules sont :
- i° Iode...........100 gr. 20 Iode...........100 gr.
- Iodure de potassium 40 » Iodure de sodium 36 » Alcool fort .... 1000 » Alcool fort . . 1000 »
- La première composition a été acceptée par la Commission française du Codex en 1911 et de nombreux comprimés de mélanges d’iode et d’iodure ont été créés, dans le commerce, oour faire de la teinture d’iode instantanée. La même composition vient d’être adoptée par l’armée allemande et remplacera dans la réserve de guerre la teinture d’iode ordinaire.
- BOITE AUX LETTRES
- QtÊL,
- AVIS. Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Pour préparer l’encaustique sans danger. — Mme Poulain, de Tunis, nous écrit à ce sujet: « Votre n° 2118 du 27 déc. sous le titre « Hygiène et santé » traite de la préparation de P encaustique. La préparation au bain-marie est toujours dangereuse et méticuleuse; j’emploie le moyen suivant qui est de la plus grande simplicité et facile à vérifier. i° Je mets la quantité d’essence de térébenthine dans le pot à eiacaustique. a° Je prends un fer à repasser chaud et, loin de tout foyer, je fais fondre la quantité de cire nécessaire en la frottant sur le fer chaud au-dessus du pot à encaustique ; la cire fondue tombe dans l’essence et s y mélange. »
- M. A. Poisson, maire de Riom-des-Landes, nous communique l’intéressant procédé suivant pour le dégommage des scies travaillant le bois résineux : le plus simple est de passer de temps en temps sur la scie en travail à l’aide d’un pinceau un peu de pétrole.
- Renseignements. — M. dEscrienne, Les Buissons, par Caen. — De nombreux procédés pour empêcher les murs d’absorber l’humidité, de se salpêtrer, sont décrits dans nos Recettes de la maison, 3oi à 3o4.
- M. E. Sassard, à Pontarlier. — Voir pour le collage, le travail et les propriétés du celluloïd, l’ouvrage de W. Main, Le celluloïd et ses substituts (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 2 fr. 5o). Le volume étant récemment paru donne toutes les indications sur les autres ouvrages consacrés à cette spécialité.
- M. le lieutenant Neyret, à Genay. — On a préconisé en effet l’emploi de sulfure de carbone pour détruire les feux de cheminée parce que le produit donne en brûlant de l’anhydride carbonique et de l’anhydride sulfureux, gaz qui tous deux ne peuvent provoquer les combustions. Nous avons à dessein laissé de côté cette recette parce qu’étant donnée la grande inflammabilité du sulfure de carbone, le moindre défaut de précaution pourrait amener des accidents.
- M. R. V. R. — Plusieurs méthodes pour préparer les peaux de lapin et autres animaux, à l’effet de les conserver et de les utiliser comme fourrures, sont décrites dans nos Recettes du laboratoire, p. 142 à 144-
- M. Maurice Varinois, rue Poussin, Paris. — Les éponges en caoutchouc sont en effet obtenues par formation de gaz pendant la vulcanisation ; vous trouverez dans la revue Caoutchouc et gutta du i5 janvier 1911 une description complète du procédé, lequel est d’ail-
- leurs d’exécution très délicate (Cillard, édit., 49, rue des Vinaigriers, Paris).
- M. J, Rollin, à Lyon. — Pour empêcher la poussière des routes, on peut épandre en été, par temps bien sec, du goudron chaud d’usine à gaz. On peut aussi arroser avec des solutions de sels hygrométriques empêchant le sol d’être sec : la poussière y reste ainsi fixée. Voir nos Recettes sportives, p i3.
- M. X. Y., à Lavaur. — Pour nettoyer les terres cuites coloriées, les mettre tremper à pleine eau pendant une nuit, puis frotter doucement la surface immergée avec un blaireau. S’il sont très crassés, il faut les badigeonner avec une pâte de fécule et de benzine ou d’essence de pétrole, laisser sécher, puis épousseter. — Il y a beaucoup de « livres de cuisine pratique »; nous recommanderons de préférence à nos lecteurs celui de Mme Moll-Weiss, La cuisine rationnelle (Loin, édit., place de l’Odéon. Prix : 6 francs) parce que tout eu étant pratique, il est inspiré d’un esprit scientifique.
- M. P. de M., à Saint-Cyr. — Un enduit pour protéger un revêtement en paille, et de la pluie, et de la dent des chevaux, sera obtenu avec du coaltar. On le fluidifie par mélange avec 20 à 40 pour 100 d’essence de pétrole, pour faciliter l’application du pinceau. Opérer sur la paille bien sèche, par temps ensoleillé.
- M. Frugès, à Bordeaux. — Cette colle est une simple dissolution aqueuse de dextrine, analogue à la mixture dont nous avons dernièrement publié dans nos recettes le procédé de fabrication.
- M. Erhrard, rue de l’Espérance, à Paris. — Votre poudre destinée à enlever les taches d’encre nous semble composée de métabisulfite sodique simplement pulvérisé.
- M L. S,, à Liège. — La poudre destinée k être ajoutée à l’eau des radiateurs d’automobiles pour provoquer l’obturation des fissures s’est révélée être à l’analyse un simple mélange d’amidon et de débris cellulosiques (92 pour 100) nous paraissant provenir de déchets d’amidonnerie de maïs, colorés par un produit synthétique dérivé du goudron. Dans ces conditions, il nous paraît improbable que la poudre soit efficace.
- M. Joliot, rue du Grenier-Saint-Lazare. —Votre décapant est tout simplement du borax ordinaire fondu et moulé en cylindres.
- M. de Lens, hôtel Rosat, Château d’Œx. — Des nombreux articles de revues consacrés à l’industrie de la préparation des manchons à incandescence, aucun n’est assez pratiquement technique pour le but proposé. Il faudrait consulter l’ouvrage du Dr Bohm : Die Eabrikation der Glühkôrper für Gasglühlicht (1910, Knapp, édit., Halle-sur-Saale. Prix : 25 francs).
- M. L. Henchoz, Morges. — Nous ne voyons guère d’autre moyen qu’une action mécanique. Peut-être pourriez-vous l'amollir la masse en la chauffant?
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- BOITE AUX LETTRES
- M. P. L. F., à Lunéville. — Nous fîmes déjà au Laboratoire des essais pour mettre au point une recette pratique d’encre décalquable sur étoffe par passage d’un fer chaud : ce fut, hélas, sans succès !
- M. H. D., Puy-de-Dôme. — Les marques d’eaux capillaires dont vous nous parlez sont de valeur nulle. On les prépare avec beaucoup d’eau, un peu de glycérine, et très peu d’acétate de plomb qui rend à la longue les cheveux plus foncés. L’usage serait plutôt dangereux à cause de l’action des composés du plomb sur l’organisme.
- Un abonné pharmacien. — Le « décapeur universel » dont vous nous avez soumis un échantillon est une solution à io pour ioo de paraffine dans un mélange d’alcool, de benzol, de xylol et d’acétone. On tend à substituer ces produits neutres, n’abîmant pas les mains, aux anciens décapants à base d’alcalis caustiques Vous trouverez de nombreuses formules dans une étude de M. Coffigner (Moniteur de la Peinture, du 5 décembre 1911, 117, avenue de Choisy, Paris. Prix : o fr. 5o le numéro).
- M. G. V. H., à Liège-Saint-Lambert (Katana). — Jusqu’à présent, les procédés de destruction des fourmis blanches, dans les pays tropicaux, sont encore du domaine de l’expérimentation, et on ne connaît à cet égard, à l’heure actuelle, rien de bien précis. Voici les procédés qui peuvent être essayés : faire un trou peu profond, avec un pal, au centre de la fourmilière, et verser dans ce trou a5 à 3o gr. de sulfure de carbone; les vapeurs asphyxiantes font périr un grand nombre de fourmis, celles qui échappent disparaissent sans retour. En versant dans les fourmilières ouvertes du pétrole et y mettant le feu, on peut détruire la presque totalité des mâles, des femelles et des nymphes, ainsi qu’un très grand nombre de neutres ou d’ouvrières. On a préconisé
- aussi l’eau phéniquée, l’eau bouillante, l’eau additionnée d’un peu d’huile ou de sublimé corrosif, que l’on verse dans les nids; le mélange de sucre et de borax réduits en poudre à doses à peu près égales, et répandu sur le terrain parcouru par les fourmis; l’enlèvement de la fourmilière à l’aide d’une pelle, de manière à ramasser le gros de la population ouvrière et surtout les larves, les nymphes et les femelles, et immerger le tout dans un baquet rempli d’eau sur laquelle surnage 1 ou 2 cm d’huile commune, agiter ensuite avec un bâton, de manière à noyer toutes les fourmis. Enfin, on a conseillé également l’emploi du gaz Clayton et l’introduction de vapeurs sulfureuses dans les fourmilières, au moyen d’un appareil spécial produisant ces vapeurs en faisant brûler du soufre, et les chassant à l’aide d'un ventilateur dans les trous de fourmilières (appareil analogue à celui de Mayfarth, 48, rue d’Allemagne, Paris). De toute façon, il faut rechercher soigneusement les nids pour appliquer l’un ou l’autre des procédés de destruction indiqués ci-dessus.
- M. F. Delcros, à Bolquève. — i° Pour vernir le cuir, on emploie des mixtures donnant des pellicules très élastiques. On peut en préparer en faisant digérer à froid pendant quelques jours 60 gr. caoutchouc en dentelles dans Soo gr. essence térébenthine, jusqu’à dissolution (remuer constamment). On ajoute finalement un même volume de vernis copal; — 20 Pour lancer un dentifrice ou une eau capillaire, il n’est besoin d’aucune formalité. Mais il est prudent de faire déposer sa marque (écrire à l’Office national de la propriété industrielle, rue Saint-Martin, Paris). Et pour éviter tout ennui, certaines jurisprudences admettant que certains de ces produits sont monopoles des pharmaciens, il serait peut-être bon de vous assurer du concours d’un pharmacien diplômé pour la fabrication.
- JfcO
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précèdent numéro.
- La Science et l’Industrie en 1913 : Astronomie : Jean Mascart. — Physique et Chimie : G. Brescii, — Botanique : Réri Ceillier. — Agriculture: Daniel Claude. — Physiologie : R. Legendre. — Anthropologie : Jean-Paul Lafitte — Médecine : R, M. — Industrie électrique : A. Tkoller. — Aéronautique : R. Chassériaud. — Marines : S. J.
- Supplément. — Une bonne nouvelle pour les sans-filistes. — Chute d’un bolide en Bretagne, etc.
- Le Pôle meurtrier (Journal déroute du capitaine Scott), adaptation de Ch. Rabot, in-8°, 72 pl., Hachette et Cio, Paris. Frix : 20 francs.
- Le testament admirable du chef de l’expédition donne les raisons de son cruel insuccès et laisse deviner ce que furent ses luttes et ses angoisses; les carnets de notes trouvés sur le cadavre de Scott sont la plus poignante des lectures, les excellentes illustrations de l’ouvrage comptent parmi les meilleures qui aient jamais été publiées des régions polaires. Les géographes ne peuvent parcourir sans un chagrin profond ces pages, grandioses par leur laconisme dans la souffrance et leur résignation dans la déception, et ils saluent avec douleur l’héroïsme de ces victimes, auxquelles l’implacable concert de la fatalité et de la concurrence ravit le triomphe et donna la mort !
- Moteurs Diesel marins et fixes, par G. Supino, ingénieur traduit par L, Desmarest, avec 38o fig. dans le texte et 19 planches hors-texte; Bérenger, éditeur, Paris. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage, essentiellement pratique, se recommande à l’attention des ingénieurs qni s’intéressent au moteur Diesel. Il est divisé en deux parties. Dans la première, après avoir signalé les avantages du moteur Diesel, so’t dans les installations fixes, soit dans la marine, l’auteur passe en revue les combustibles qui peuvent être employés dans ces moteurs, ainsi que le mode de fonctionnement de ces derniers, soit à quatre
- temps, soit à deux temps. Il examine ensuite leur cycle ainsi que le rendement thermique qu’il est possible d’obtenir. Cette première partie se termine par l’examen des méthodes à suivre pour le calcul des dimensions à donner aux cylindres des moteurs Diesel, avec exemples à l’appui. Dans la seconde partie l’auteur étudie le mode de construction des divers organes qui constituent le moteur Diesel : bâtis, cylindres, arbres de manivelles, bielles, pistons, soupapes, pulvérisateurs et pompes à combustible. Nous attirons l’attention sur le chapitre où est traitée la question de la distribution des moteurs Diesel et des différentes méthodes employées pour obtenir le changement de marche dans les moteurs marins. Un chapitre spécial est consacré à l’installation des moteurs Diesel marins et un dernier à leur conduite,, à la mise au point et aux essais de réception.
- La dynamo à courant continu, par R. Swingedauw, F. Nègre et P. Beauvais, i vol. illustré, 3iop., Béranger, éditeur, Paris igi3. Prix: 10 francs.
- Cet ouvrage est le ier volume d’un cours complet d’électrotechnique générale et appliquée. Rédigé dans un but pédagogique, il est d’un style à la fois simple et clair; les auteurs ont fait un gros effort, pour débarrasser les exposés théoriques de toute complexité inutile 1 leur livre sera certainement travaillé avec plaisir et fruit par les jeunes élèves ingénieurs pour qui il a été écrit. Ajoutons que l’ouvrage est très complet et parfaitement au courant des plus récents progrès, et contient de nombreuses parties originales.
- Aéro-Manuel 1914> répertoire sportif, technique de l’Aéronautique, par Ch. Faroux et G. Bonnet, 3e édition, in-8° raisin (16 X a5) de 870 p., H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, 1914* Prix: 12 francs.
- L’Aéro-Manuel présente, dans un cadre clair et pratique, un ensemble coordonné de documents et de renseignements relatifs au sport, à la construction et à l’industrie aéronautiques, et trois grandes divisions : sport, technique, industrie. Dans la première partie se trouve condensée toute la documentation devant faciliter
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- ÜP'
- BIBLIOGRAPHIE
- les recherches clans l’histoire de l’aéronautique et de l’aviation. La deuxième partie, simple vade-mecum, est limitée aux définitions et aux explications essen tielles. La troisième partie aborde le domaine de la mécanique automobile. Enfin, un annuaire, constituant un répertoire complet de l’industrie aéronautique, termine cet utile ouvrage.
- Agenda aide-mémoire-agricole pour 1914, par G. \Yery, in-18, 43a p., Baillière, éditeur, Paris. Prix: 1 fr. 5o.
- Ce nouvel agenda très bien fait et très complet con-
- tient des tableaux pour la composition des produils agricoles et des engrais, pour les semailles et rendements des plantes cultivées, la création des prairies, la détermination de l’àge des animaux, le rationnement des animaux domestiques, l’hygiène et le traitement des maladies du bétail, la laiterie et la basse-cour, la législation rurale, les constructions agricoles, enfin une étude très pratique des tarifs de transports applicables aux produits agricoles et les nouveaux tarifs de douane. A la suite, viennent des Tableaux de comptabilité agricole.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- CS5C
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE YEIST DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU C.IEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 janv. 1914. — G0, 4 S. 3. Couvert. 7,6 Couv.; gel. ht ; lorte brume; pi. presq. continue à partir de lo h. 50.
- Mardi 27. . . . . . 2° 2 N. W. 2. Beau. 5,2 Très nuageux; pluie jusq. 5 li. 15; grêle à 16 h. 05; gelée blanche.
- Mercredi 28 0°, 4 S. S. E. 1. Couvert. » Couvert; gelée blanche; brouillard 600 m. à 9 heures.
- Jeudi 29 2°, 6 S. 2. Couvert. )> Couvert; faible brouillard à 9 heures ; brume ensuite.
- Vendredi 30 ... . 2°, 1 S. S. E. 2. Couvert. j> Couvert; faible brouillard dans la soirée.
- Samedi 31. . . . . — 1°, 6 S. S. E. 2. Couvert. 1) l’ou nung. ; faible brouillard à 6 b. ; brume ensuite; gelce blanche.
- Dimanche 1" lévrier. 2°, 2 • S. 2. . Couvert. 1> Gelée blanche; peu nuageux; forte brume.
- JANVIER-FÉVRIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI 26 JANVIER AU DIMANCHE I" FÉVRIER 1914.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- 6 MIDGG MIN G MIDI G. MIN G .lyliDI G MIN 6 MIDI G MIN 6 MIDI-G MIN G’ MIDI G MIN G MIDI G
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Ç* Du 26 janvier au ier février. — Le 26. Profonde dépression sur le N. : Bodoe, 730 mm; Skudesness et Stockholm, 742; pressions élevées sur le S. Pluies sur le N. et l’O. : Paris, i3 mm; Charleville, 10; Calais, 9. Temp. du matin : Spitzberg, — 9.5°; Yienue, — 12 ; Besançon, — 9; Moscou, -f-2; Nantes, 3; Nice, 7; moyenne à Paris : 20 (normale : 2°,6). — Le 27. Profondes dépressions sur le N. (Arkhangel : 728 mm) et l’Islande (Isa-fjord : 735); hautes pressions sur le S. et les Açores (Horta : 779)- Pluies sur l’O. : Belfort, 7 mm; Nancy et le Havre, 6. Temp. du matin : Arkhangel et Bucarest,
- — i5°; Toulouse, —2; Perpignan, Belfort, Clermont-Ferrand ét Le Mans,ô; Monaco, —f- 7 ; Alger, 10; moyenne à Paris : 2°,9 (normale : à0,6). — Le 28. Basses pressions sur le N. ; Islande, 729 mm; Yardoe, 742; fortes pressions sur les Açores et le S. O. : Horta, 775 mm; Biarritz, .773. Neiges dans le N., pluies dans le Centre, l’O. et le S. : Toulouse, 12 mm. Temp. du matin : Spitzberg,. — 35°; Arkhangel, — 23 ; Gap, — 6 ; Belfort,
- — 2; Toulouse, o; Marseille, -f 3; Bordeaux, 4; Brest, 8; Alger, 12 ; moyenne à Paris : i°,9 (normale : 2°,6). — Le 29. Basses pressions dans le N. : Bodoe, 731 mm; pressions élevées dans le S. et l’E. Pluies sur le N.-O.
- du Bureau Central Météorologique.
- Temp. du malin : Arkhangel, — 180; Moscou, — i4; Belfort, —8; Lyon, —3; Toulouse, 4 ; Brest, 8; Malte, it; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 2°,7). — Le 3o. Môme état barométrique. Pluies sur le N.-O. Temp. du matin : Spitzberg, —37°; Hapararada, — 12; Besançon, — 8; Clermont-Ferrand, — G; Toulouse, —2 ; Nantes, -f- 1 ; Alger, 11; moyenne à Paris : 20,7 (normale : 20,7). — Le 3i. Profonde dépression sur lé N.-O. : Yentmor, 724 mm; pression élevée sur le S. : Budapest et Lyon : 774 mm. Pluies sur le N.; en France, temps nuageux ou brumeux. Temp. du matin : Spitzberg, — 3o° ; Haparanda, — 12.; Berne, — 11 ; Besançon, —9; Clermont-Ferrand, — 4; Bordeaux, -f-6 ; Brest, 10; Alger, .11; moyenne à Paris : i°,4 (normale : o.°,y).— Le icr février. Dépressions sur l’extrême N. (Bodoe : 722 mm) et l’Islande (Westmanoer : 724); fortes pressions sur le Centre et le S. (Yienne, Belfort : 776).' Pluies sur le N. ; en France, beau temps. Temp. du malin : Spitzberg, — 32°; Arkhangel, — i5; Lyon, —5; Clermont-Ferrand, — 2 ; Bordeaux et Marseille, -f- 2 ; Brest et Alger. 10 ; moyenne à Paris : 3°,6 (normale : a0,?). -— Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 26, à 6 h. 34 m. . ' ; ;
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiêne publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « Lél Nâtiire » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2125. — 14 FÉVRIER 1914.
- INFORMATIONS
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- SUPPLÉMENT.
- La longitude Paris-Uccle. — Jusqu’à l’année 1912, la différence de longitude entre l’Observatoire de Belgique et les méridiens fondamentaux de Paris et de Greenwich n’était connue qu indirectement, et avec une précision tout à fait insuffisante puisque G. Lecointe avait montré que les écarts entre les diverses déterminations dépassaient os,47• U était devenu indispensable de se livrer à une détermination directe en employant les méthodes les plus récentes et, pour une détermination aussi importante, il était utile d’apporter un contrôle incontestable en joignant à la nouvelle méthode de la télégraphie sans fil l’ancienne méthode d’échanges de signaux par le télégraphe ordinaire. L’emploi continu de la méthode de retournement de la lunette pendant l’observation de chaque étoile permet de supprimer les influences de la collimation de l’axe optique, de l’inégalité des tourillons, de la valeur et des irrégularités du pas de la vis micrométrique; en outre, en raison de la faible distance existant entre les deux stations, et à cause de la très grande vitesse de transmission des ondes hertziennes, il a paru absolument inutile d’employer des émissions partant de chacun des deux points, et l’on s’est contenté de celles qui partaient de la Tour Eiffel. La description des instruments et l’exposé des méthodes ont été faits d’une façon détaillée par H. Renan ; les observations stellaires et les comparaisons de pendules ont été confiées à deux astronomes d’une habileté éprouvée, E. Delporte et E. Viennet, avec l’échange ordinaire des groupes d’observateurs. Le Mémoire (*) qui résulte de travaux aussi minutieux peut être considéré comme un modèle type, et servir désormais de base essentielle aux déterminations de longitudes ultérieures On se rend compte de la précision atteinte en considérant que les différences de longitude, conclues entre les piliers d’observation, sont : 8m 4%965 par la télégraphie sans fil; 8“ 4%955 par la télégraphie ordinaire ; et l’on voit que, s’il reste quelques divergences, on approche enfin du centième de seconde tant désiré.
- L’eau des sources thermales de Bath. — Nos lecteurs connaissent tous, au moins de nom, les célèbres sources chaudes minérales de Bath, dans le comté de Somerset, en Angleterre. Le célèbre chimiste, Sir William Ramsay, et un de ses collaborateurs, M. J. Masson, en ont fait récemment l’analyse ^approfondie ; ils ont trouvé par litre d’eau :
- Acide carbonique . . 5*5 c. c. Néon. ........... 2,554
- Azote............ 934 — Hélium........... 0,297
- Argon............ 7,265 Ailon.............. Traces.
- On se rappelle que ce dernier corps est le constituant de l’émanation du radium. Le principal solide dissous dans ces eaux est le sulfate de chaux, on y trouve aussi
- I. Annales de l'Observatoire royal de Belgique, t. XIV. 19(3.
- du lithium, du strontium, du brome et une trace de radium.
- L’eau des vais de Loire à Paris. — La Préfecture du département de la Seine vient de publier 1 rapports complémentaires sur le projet d’adduction à Paris des eaux des vais de Loire [voy. La Nature n° 2101, 3o août 1913(1 )]- Dans le ier de ces rapports, M. le Dr Thierry donne les principales conclusions suivantes : La nappe souterraine « des alluvions modernes du val de Loire est de bonne qualité ». Il suffira de prendre l’eau à une certaine distance du fleuve et de toute cause d’insalubrité. Le sol sableux du val de Loire constitue un filtre naturel et assure l’épuration des eaux. Les villes de Gien, La Charité, Nevers, Decize, La Machine, Saint-Thibaut, Sancerre qui s’alimentent par l’eau de ces sables « ont un état sanitaire très satisfaisant au point de vue des maladies hydriques ». L’eau est fraîche. Les puits devront être éloignés de la Loire de 4 à 5oo m. et leurs emplacements choisis un par un avec un périmètre de protection spécial à chacun. Ils devront être très multipliés pour éviter les inconvénients des pompages continus et intensifs, etc. De son côté, M. Diénert conclut de ses nouvelles études : « Tous les vais étudiés donnent, au point de vue chimique et bactériologique, des résultats comparables. Nos expériences actuelles apportent des preuves directes que les sables peuvent épurer avec certitude des eaux extrêmement contaminées, ce que beaucoup de pi’océdés d’épuration et de stérilisation ne pourraient arriver à faire. » — « Il suffit seulement de bien situer chacun des puits de captage, ce qu’une étude de détail permettra seule de faire. »
- Un concours de tracteurs militaires. — L’administration de la guerre organise, pour le mois de mars prochain, un important concours de tracteurs à adhérence totale qui lui permettra de choisir, en connaissance de cause, les types les plus aptes à assurer les divers services de guerre pour lesquels la traction automobile s impose. L’année dernière, un seul concurrent avait pu officiellement se présenter aux épreuves imposées et recevo:r des commandes de matériel importantes ; cela concernait seulement le tracteur Châ-tillon-Panhard. Cette année, les concurrents sont plus nombreux, on relève les firmes : Àriès, Balachowsky et Caire, Blum-Latil, Châtillon-Panhard, de Dion-Bouton, Renault, Schneider, et cela promet une lutte des plus intéressantes. Nous rappellerons que ces appareils doi-
- 1. Etude épidémiologique et hygiénique du périmètre d’alimentation, par le Dr Henry Thierry, chef des Services techniques.
- Études faites sur la qualité des eaux des vais de Loire, par M. F. Diénert, chef du Service de surveillance des eaux d'alimentation. In-4°, A9 pages et 33 pages. Paris, Imprimerie municipale de l’Hôtel de Ville.
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- INFORMATIONS
- vent avoir toutes leurs roues motrices, et être capables de remorquer des charges roulantes de 8 ou i5 tonnes, suivant qu’ils auront eux-mêmes un tonnage de 5 ou de 7 tonnes. Leur puissance doit être sutiisaute pour permettre le remorquage de ces charges, à l’allure de l’infanterie, sur les rampes de 6 pour ioo que l’on peut trouver fréquemment sur les roules nationales ou départementales. Ils doivent, en outre, pouvoir gravir des rampes de 18 pour ioo sans remorque, ou de 12 pour ioo avec leur remorque à pleine charge. L’autorité militaire, pour mieux se rendre compte des qualités d évolution de ces engins dans les régions où on aura le plus vraisemblablement à s’en servir, a arrêté le programme d’opérations suivant : du 2 au 4 mars les véhicules seront soumis à Reims aux opérations de pesage, examen et vérification. Le 5 ils se rendront à Chàlons, le 6 à Bar-le-Duc, le 7 à Toul, le 9 à Thiaucourt, le 10 à Yerdun, le 11 ils effectueront autour de Verdun des épreuves en terrain var é, le 12 à Briey, le 1 5 à Mont-médy, le 14 à Mézières, le 16 à Hirson, le 17 et le 18 à Saint-Quentin et environs, le 19 à Compiègne, le 20 à Yincennés, où auront lieu les vérifications des mécanismes du 21 au 24 mars. La longueur moyenne des étapes sera de 70 kilomètres par jour, et la Commission militaire procédera en outre à des essais en côte raide, à des marches en terrain varié, passages d’obstacles, essais de treuil ou de cabestan, etc. Il y a là un programme très dur à remplir. Quoique ces véhicules aient été demandés par l’administration militaire, pour son service personnel, nous ne saurions trop engager les industriels à suivre les épreuves, car ces eng ns sont capables d’une utilisation commerciale très importante, pour la grosse traction et dans de nombreux cas particuliers, carrières, mines, raffineries, grande culture, briqueteries, services dans les grands ports marchands, etc.
- Lé trinitrotoluène, explosif de l’avenir. — L’acide picrique base de la mélinite paraît avoir trouvé un sérieux rival dans le trinitrotoluène. Voici à ce sujet l’avis autorisé du capitaine Peloux dans la Revue d'artillerie d’octobre 1913, tel que le résume M. Garçon dans le Bulletin de la Société d'Encouragement à l’industrie nationale. « La manipulation de l’acide picrique est non seulement désagréable, par suite des taches jaunes très tenaces qu’il forme sous la peau, mais dangereuse en ce qu’il attaque assez fortement les muqueuses. Chauffé à haute température, il est capable de détoner à la moindre impulsion, et sa présence dans une usine peut transformer en désastre un incendie partiel. Enfin il forme avec plusieurs métaux, notamment avec le plomb, des picrates de nature extrêmement sensible, aussi dangereux que le fulminate de mercure; et on ne peut l’employer dans les obus qu’en recouvrant les parois d’une couche d’étain ou de vernis spécial II n’est donc pas étonnant que les spécialistes aient cherché de nouveaux explosifs plus aisément maniables et plus sûrs. Les études entreprises sur la plastoménite, mélange de di et trinitrotoluène et de nitrocePulose, vers 1890, avaient attiré l’attention sur le nitrotoluène qui semblait communiquer à cet explosif une remarquable stabilité. Quelques années plus tard, la Société Allendorf Schôenbeck, et la Société Carbonit à Hambourg livraient du trinitrotoluène, seul ou associé à des chlorates, sous le nom de trinol, triplastite, ou trotyl. Mais la vogue du trinitrotoluène date du jour où on s’avisa que son emploi rendait possible l’établissement de projectiles universels. Depuis lors, utilisé par les établissements privés constructeurs d’artillerie, mis en essai ou adopté, par les différentes puissances, il a pris une importance prépondérante et semble appelé à supplanter l’acide picrique et ses dérivés. » Des trois trinitrotoluènes isomères, c’est le méta : C6H2 . CH3 (NO2)3 3, 5. qui est
- l’explosif militaire; il fond à 8i° (les deux autres à 720 et 78°). En France, deux poudreries du service des poudres et salpêtres, celle d’Esquerdes et celle de Saint-Chamas, le fournissent sous le nom de tnlite. L’usine de Grenade en Espagne le fournit sous celui de trillite. C’est un corps cristallisé, de couleur jaune pâle, un peu moins lourd que l’eau, inodore, à peine soluble dans l’eau et nettement hygroscopique. Il est soluble dans l’alcool, l’éther, la benzine, le toluène. On a pu le conserver immergé pendant plusieurs années dans l’eau de mer sans qu’il ait perdu de son pouvoir détonant. Il
- fond à 8x°, sans dégager de vapeurs nuisibles. Si on continue à chauffer, il se décompose sans détoner. Au contact d'un corps en ignitio.u, il brûle rapidement avec une flamme fuligineuse. La limite non danger eu-e de sa compression est 3ooo kg ; cm2, alors que celle de l’acide picrique n’est que de i3oo kg : cm2. Il préseule une insensibilité aux chocs remarquable. Il n’est attaqué ni par les- métaux, ni par les sels. Un poids de 2 kg fait détoner j dg de matière, s’il tombe de 20 cm pour l’acide picrique; il-faut-80 cm- pour-la tolile. D’après M. Chalon, sa densité à l’état solide est o,"5; fondu, i,55; comprimé, 1,70, 1 gr. dégage ti^o calories et o,y8i 1. de gaz ; la température de détonation est 2366°. Pour,remplir les obus, on l’utilise à l’état fondu ou comprimé, ou à l’état.mixte. Un détonateur de 2 gr. de fulminate de mercure suffit à produire son explosion complète à l’état cristallisé ou fondu. Le triiiitrololuène est légèrement moins puissant que lacide picri [ue. Sa force peut être évaluée aux 34/37 de celle de l’acide picrique. « En plus du chargement des obus explosifs, des mines sous-marines et des lorp'lles, où il remplace peu à peu l acide picrique et le coton-poudre. le trinitrotoluène est utilisé à l’heu'e actuellepour .rétablissement des projectiles universels. On en fabrique des cordeaux détouants en le coulant dans un tube de pl >mb, ce qu’on ne peut faire avec la mélinite dont 1 emploi exige un tube d’étain, et dans les détonateurs, on peut remplacer les trois quarts du fulminale de .mercure par un poids moitié moindre de trinitrotoluène. ce qui dimiuue les dangers de la fabrication et le prix de revient des artifices. Le trinitrotoluène sert à constituer des pétards explosifs qu’on perce de part en part e(t ;qùi, enfilés comme les grains d’un rosaire, aù momenti du besoin, sur le cordeau détonant, n’exigent qu’un seul détonateur. Il entre enfin dans la composition de quelques explosifs, comme la triplastite. On peut dire, conclut M. Peloux, que son adoption a été la cause des progrès récents les plus nets dans la préparation et l’emploi des explosifs militaires. »
- Record d’altitude en aéroplane. — Un aéroplane nouveau venu, le biplan Schmitt. vient de faire brillamment ses preuves. Piloté par Garaix, il a enlevé, le 6 février, 5 personnes à 2750 mètres. Le biplan Schmitt se caractérise par le fait que 1 incidence des a les est variable et que le pilote peut la régler mécaniquement, à son gré, selon les exigences du moment. Le moteur est un Gnome 160 chevaux.
- Record du voyage sans escale en aéroplane. — L’aviateur allemand Ingold vient de faire, sans escale, un raid de l'jSo km, à la vitesse de 110 km à l’heure. Parti de Mulhouse à 7’* 35 du matin, l’aviateur arrivait à Munich à u1' 55 du soir après avoir passé par Rieso-Torgau en Saxe, Kottbus et Forst. Il faut noter que l’aviateur a volé au moins 6 heures de nuit.
- Un million et demi pour l’aviation. — M. Arnold Kruckman, directeur de l’aéronautique à l’exposition internationale, Panama Pacific, vient de câbler à M. Quinton, président de la Ligue nationale aérienne, pour lui demander son avis sur les dispositions à prendre en vue d’un circuit aérien autour du monde. Ce circuit est, dès à présent, doté d’un million et demi de prix ffooooo dollars). Ces prix seront répartis de la fayon suivante : 750000 francs pour le gagnant et -]5ooo< francs à distribuer entre les gagnants de certaines étapes. M . Kruckman informe M. Quinton que selon les méthodes employées par la I igue nationale aérienne, dans l'organisation de ses raids transcontinentaux, des dépôts d’essence et d’huile seront disposés à l’avance sur le parcours, tous les concurrents pourront les utiliser et éviter ainsi des dépenses personnelles. Sur les Océans, des postes de surveillance seront établis par des navires de toutes nationalités et l’on demandera à la Russie de créer des postes sur les étendues désolées de la Sibérie et de la Mandchourie.
- Cultures grainières du céleri. — Il existe en Pro- , vence et dans l'Anjou des cultures de céleri où I on récolte les fruits, vendus sous le nom de « céleri pour droguerie ». On exporte environ 3oo tonnes par an de ces graines, en Allemagne, en Angleterre. aux Etats-Unis, ce qui représente une valeur d’environ 3oooo francs. Le céleri pour droguerie est distillé à l’elfet d’obtenir une essence utilisée pour son arôme dans la préparation des bouillons concentrés.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Télégraphie sans fil
- Appareil avertisseur pour T. S. P. — Le besoin -de posséder un appareil avertisseur d’appel pour la T. S. F. se faisant de plus en plus sentir, les inventeurs portent actuellement leur ingéniosité sur ce problème. Nous avons déjà décrit plusieurs systèmes avertisseurs:
- Fig. i. — L’appareil avertisseur monté sur un poste récepteur de T. S. F.
- en voici un nouveau qui se présente dans des conditions très encourageantes.
- Il est constitué par un équipage mobile placé entre les branches d’un aimant permanent A. Cet équipage comporte une bobine constituée par un 111 métallique
- vanomètre est simplement branché sur le circuit du poste ordinaire entre le détecteur et le récepteur R et les connexions s’établissent par l'intermédiaire d’un double commutateur C. Le commutateur .occupant la position d’attente, les plots i et a, 3 et 4 g|pi reliés dès qu’un appel parvient au détecteur par l anténue le courant de la pile de ce détecteur est amené aux contacts i et 3 (par le récepteur R) qui ferment le circuit sur la bobine B par la barre métallique du commutateur double reliant les plots 4 et a. La bobine entraine son équipage mobile et l’index I rapproche les contacts E qui font partie du circuit de la sonnerie; ce le-ri fonctionne. Le commutateur est alors poussé sur. les deux contacts de droite (téléphonel et le récepteur téléphonique seul reçoit les courants venant du détecteur.
- La sonnerie fonctionne pour un seul appel, alors même que cet appel provient d’une onde vagabonde; dans ce cas l’appel n’est suivi, d’aucun autre et il n’y a lieu de se déranger que si la sonnerie continue à se faire entendre. Un poste appelle réellement.
- Nous devons signaler un détail de construction qui a son importance. Les deux contacts E sont montés sur des ressorts légers, en réalité ils sont consiitués par les extrémités rectilignes de deux légers ressorts à boudin, et placés perpendiculairement l’un par rapport à 1 autre. L’index agit sur l’une de ces pointes, la pousse doucement contre sa voisine et continue la pression même après le contact On obtient aiusi une liaison électrique parfaite entre les deux organes. L’étincelle de rupture est étoufTée par l’emploi d’un condensateur et le poste complet est équipé avec un résonateur Oudin. Ajoutons enlin que, dans la position d’attente, il n’y a pas lieu de craindre l’usure exagérée des piles ; celles-ci fonctionnant sur une résistance considérable peuvent rester plusieurs heures en circuit sans inconvénient.
- Tous les organes du poste sont montés sur une planchette qui se fixe facilement au mur et que I on relie par des fils aux antenne et terre habituelles. — Le constructeur est M. Chomeau, x/\i, rue Legendre, à Paris.
- *»> Jlmeublement
- La Favorite. — La Favorite est une armoire d’une facture toute nouvelle inspirée pour donner tonies satisfactions aux exigences de la toilette féminine: L’intérieur est semblable à celui de toutes les armoires, c’est à-dire
- Antenne
- Pile détecteur
- Pite sonnerie
- Terre
- wstm
- Fig. 2. — Schéma des connexions de l’appareil avertisseur.
- très fin et très long, capable de tourner sur elle-même sous 1 action des faibles courants venant du cohéreur. Le cadre porte un index qui l’accompagne et chasse une pointe métallique contre un contact à ressort très léger établissant un circuit avec la sonnerie. Notre photographie montre la disposition de ses organes et le schéma du poste que nous publions indique les circuits. Le gal-
- Fig. I. — La « Favorite montrant ses trois glaces.
- qu’il peut comporter des rayons pour le linge on encore un système de porte-manteau semblable à celui que montre notre photographie. Les porte-babils sont accrochés à un bras extensible formé de losanges d’acier assemblés comme ceux des anciens chandeliers égale-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ment extensibles. La partie supérieure de chaque losange porte un T qui, pour permettre la fermeture de l’armoire, s’engage sur une glissière vissée sous la planchette d’un rayon. Un roulement à billes est ménagé sur la glissière pour faciliter la manoeuvre.
- La facture de la nouvelle armoire réside donc simplement dans les portes de fermeture. Elle se présente sous l’aspect d’un meuble à une seule porte, mais en réalité 1 elle én comporte deux. L’une, la porté intérieure, qui se ferme comme toutes les autres portes d’armoire, s’ouvre ' ellé-mêmè en deux vantaux portant chacun une glace. On peut donc d’ores et déjà fermer l’armoire avec l’un } des vantaux-de cette première porte et obtenir une ar-: moire‘à glace ordinaire ; le second vantail, également ' pourvu d’une glace, prend par ses charnières une position ' angulaire quelconque par rapport au premier.
- La seconde porte, celle qui sert à la fermeture défini-tive'dé l’armoire, est constituée par un cadre portant.un vantail mobile capable de tourner autour de deux axes
- La « Favorite » ouverte.
- opposés situés au milieu des petites bases du cadre. D’un côté, le vantail présente une glace et de l’autre un panneau pleia. Cette glace, faisant face à celle de la première porte ouverte, constitue psyché avec la glace faisant le fond et fermant momentanément l’armoiré. Enfin, l’armoire lorsqu’elle est fermée peut, par le vantail mo-bile, se présenter soit sous la forme d’une armoire à glace, soit sous celle d’une armoire à panneau plein. Les combinaisons réalisées par ce système à trois portes et à trois glaces sont particulièrement intéressantes. Ajoutons enfin que le système est applicable à toutes les armoires à une ou deux portes; les fabricants se chargent des transformations.
- La Favorite est construite chezM. P. Laflineur et Cic, 102, rue de Charonne, à Paris.
- *»> Objets utiles
- Caisses d’emballage en bois de placage et bois ondulé. — Les caisses d'emballage en carton ordinaire ou ondulé, dont on fait un si grand usage actuellement, conviennent bien pour les transports par voitures, mais résistent mal aux manipulations brutales de chemins de fer.
- M. Simon confectionne des caisses d’un prix sensiblement égal et d’une solidité beaucoup plus grande eu remplaçant totalement ou partiellement le carton par du bois qu’il réussit à diviser en feuilles-extrêmement minces et même en ondulé; la fabrication de cet ondulé eu bois présentait des difficultés toutes spéciales. Le modèle le plus courant comprend une feuille extérieure de placage, uu ondulé en carton et une feuille intérieure en carton. Un'modèle extrêmement solide est constitué par un ondulé en bois entre deux feuilles de placage
- de bois. L’ondulé en bois est employé seul pour jcon-feclionner des enveloppes de bouteilles de vins fins, meilleur marché que celles en paillis. — Simon, 8, rue Lasson.
- Couvercle universel. — Dans toute cuisine qui se respecte, s’aligne une série de casseroles que la cuisinière entretient avec un soin jaloux. Chacune d’elles a sa destination et il faut aussi à chacune d’elles son couvercle. Or les séries de couvercles sont très encombrantes, surtout quand les casseroles sont nombreuses.
- Un inventeur
- i, Le couvercle universel ; 2, eu jjlace sur les casseroles.
- a mis son geme au service de nos modernes cordons bleus pour leur fournir le couvercle universel.
- Le moins que l'on puisse signaler de ce couvercle est son caractère réellement pratique puisqu’il peut couvrir indifféremment six casseroles de diamètres différents. Notre dessin montre bien comment un tel résultat est possible. Le couvercle est du diamètre de la plus grande casserole : il porte sur sa surface inférieure six encoches se rapprochant du centre et eutre lesquelles s’engagent les bords des casseroles. Il est ainsi parfaitement maintenu au dessus de chaque laille de casseroles courantes. Un anneau permet de le suspendre au mur et de l’enlever pendait la cuisson des aliments.
- Le couvercle universel est en vente au prix de : i franc eu fer blanc-poli, s>. fr. 6o en aluminium, dfr. en cuivre rouge, plus o fr. 85 pour le port, chez M. Renaut, 4L boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Roulette statique. — Les roulettes* installées sous les pieds des meubles : lits, fauteuils, sont mobiles autour de leur axe de rotation et autour de leur support. Cette mobilité ne donne pas toujours les effets désirables et, toujours, le déplacement de ces meubles laisse des traces désagréables sur les parquets ou bien détériore très rapidement les tapis. M. Henri Beau a perfectionné le roulement de ces accessoires en permettant le dép'acement de l’axe de rotation sur un chemin de roulement ménagé dans les jours servant de support à la roulette dont l’orientation par le pivot est maintenue. Quand on tire à soi le meuble pourvu de ces nouvelles roulëttés, l’axe de celle-ci tournant sur lui-même est ensuite sollicité sur le chemin de roulement et aucun effort ne s’exerce sur le parquet ou le tapis; il se pro-
- La nouvelle roulette peur meubles.
- 1. Pendant la traction du meuble. — i. Au rèpos.
- duit une sorte de départ progressif au lieu d’un arrachement brutal. 11 en est de même pour tous les arrêts et départs. Le chemiu de roulement de l’axe n’est pas horizontal; il est conslitué par deux plans inclinés formant un angle très obtus; au repos la roulette occupe le point haut, et pendant les déplacements elle, descend la rampe avant ou arrière selon que l’on pousse le meuble ou qu’on le lire. Le poids du meuble ramène toujours l’axe au sommet formé par ses deux guides_____La rou-
- lette statique est en vente chez M. Beau, io, impasse du Maine, à Paris.
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- VARIETES
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- Comment acheter du bon cidre et lui conserver ses qualités? — Pour boire du bon cidre il ne suffit pas de connaître les localités susceptibles d’en fournir, car il se pourrait que l’on en reçût qui fût de médiocre qualité; de plus, comme le meilleur cidre, s il n’est pas traité convenablement, peut devenir mauvais rapidement, comment donc acheter du bon cidre et lui conserver ses qualités? !
- Comment acheter du bon cidre? — Il importe, tout d’abord, de savoir que, d’après le décret du 28 juillet j908, aucune boisson ne peut être vendue sous le nom de « cidre » que si elle provient exclusivement de la fermentation du jus de pommes fraîches ou d’un mélange de pommes et de poires fraîches, extrait avec ou sans addition d'eau potable,- mais qu’il existe légalement deux sortes de cidres : le « cidre pur jus » et le « cidre » sans épithète. La première dénomination est réservée au cidre obtenu sans addition d eau, la seconde au cidre contenant au moins : 3°,5 d’alcool acquis ou en puissance; 12 grammes d’extrait sec à ioo° (sucre déduit)1 par litre ; 1 gr. 2 de matières minérales (cendres) par litre. Tout cidre, dont la composition serait inférieure à l’une quelconque des limites des principes ci-dessus, doit être appelé « petit cidre ».
- Or, lequel de ces deux cidres faut-il préférer? Le cidre pur jus; en voici les raisons. Lé cultivateur cidrier et le fabricant industriel connaissent bien, aujourd’hui, le décret précité, et ils savent à quelles pénalités ils s’exposeraient s’ils ne se conformaient pas exactement à ses prescriptions; c’est pourquoi si ou leur demande du cidre pur jus, on a tout lieu de croire cpie celui qu ils enverront, s’il n’est pas absolument indemne d’eau, n’en contiendra du moins qu'une très faible quantité, et que, par suite, sa composition chimique ainsi que sa valeur alimentaire seront notablement supérieures à celles du cidre ordinaire et que sa conservation en sera plus facilement assurée. En outre, on n’aura pas à payer de frais de transport ni de droit de circulation pour l’eau qui est tolérée dans la fal ricat’on de la dernière boisson, quantité qui va souvent de 20 à 3o pourjoo,,
- car, attendu que la loi ne l’a pas fixée, elle n’a de limite que dans l’obligation imposée au « cidre » de présenter à l’analyse la composition minimum indiquée plus haut.
- Toutefois, il ne suffit pas de demander du cidre pur, il importe de bien déterminer l’ensemble des propriétés gustatives et physiques que l’on veut qu’il possède : nature, saveur, limpidité, etc.
- Propriétés gustatives. — Nature. — Le décret du 28 juillet 1908 a autorisé le coupage des cidres avec les poirés et l’on pourrait être exposé à recevoir un liquide résultant d’un mélange de ces deux boissons provenant de purs jus. Ce cidre-poiré serait très agréable et très sain, mais comme il serait susceptible d’exercer sur le tempérament de certains consommateurs la même influence que l’on attribue au vin blanc, il faudrait donc, dans le cas où on la craindrait, spécifier cidre pur jus sans addition de poiré.
- Saveur. — Elle est influencée par le sucre, l’alcool et le tanuiu. Les citadins n’aiment guère que le cidre doux, aussi l’indiration de la deusité est-elle indispensable pour avoir la certitude qu’il possède encore une certaine quantité de sucre dont la proportion doit varier en raison de la destination du cidre. Désire-t-on le consommer à l’état pétillant ? il suffit qu’il soit légèrement sucré; veut-on, au contraire, le boire a l’état crémeux? il faut qu’il le soit davantage : dans le premier
- cas, une densité de 1,010 à 1,012 convient, tandis que
- dans le second elle doit s’élever entre i,oi3 et 1,018, environ. L’alcool est un des principaux facteurs de la valeur du cidre, aussi doit-il s’y trouver en solution ôü en puissance au titre de 5 à 6 pour 100. Quant au tanin) agent conservateur par excellence, comme il engendre les cidres amers que n’aiment pas les consommateurs, il faut, momentanément, n’en point parler.
- Propriétés physiques. — Limpidité. — Elle a également la plus grande importance, car elle est le meilleur caractère apparent d’une bonne constitution. Tout cidre trouble doit être absolument refusé, parce qu’il peut contenir les germes de maladies microbiennes, et, à plus forte raison, s’il a une consistance visqueuse.
- Odeur. — Elle doit être sui generis et rappeler, d’ailleurs, celle de la pomme fraîche écrasée et, par suite, complètement indemme de relents de paille, de moisi, de vinaigre, ou de tout autre mauvais goût.'
- Coloration. — Elle varie de la nuance’ ambrée aû blond rouge; toutefois, bien que celte dernière couleur soit la plus plaisante à l’œil, il ne faut pas être exigeant à cet égard, car celle-ci peut être obtenue au moyen de la cochenille. 11 faudrait refuser un cîdré qui noircirait ou se troublerait au contact de l’air.
- Yoici, en résumé, comment il faudrait libeller la commande pour avoir le maximum de certitude au regard de la livraison d’un bon cidre. :
- Yeuillez m’envoyer un échantillon de cidre pur jus, naturel, sans addition de poiré) titrant 5 à 6 pour 100 d’alcool, pesant — selon le cas — 1010 à T012 ou ioi3 à 1018 à i5°, très-limpide, indemne de toute altération ou n’ayant subi aucun traitement pour la dissimuler’; Lorsque l’échantillon reçu convient, on conclut alors l’achat conformément à l’échantillon. '
- Conservation du cidre. —Dès l’arrivée de là barrique) on s’assure qu elle est en bon état et qu elle n’a-pas coulé; on nettoie les trous d’évent qui ont permis le transport, puis on la met sur chantier la bonde légèrement inclinée et on laisse en cet état durant 10 à 15 jours pour permettre au cidre de « se refaire ». Ce délai écoulé, si le cidre destiné à la consommation journalière doit être tiré à la pièce, on remplace la bonde en bois par une bonde hydraulique ou un fausset aseptique, et, pour plus de précaution, quand on en a tiré 10 à i5 litres, on verse à la surface 5 à 6 centilitres d’huile d’olive ou de vaseline pure. Mais, pour être certain de le rendre pétillant, si, toutefois, il pesait bien entre 1010 et 1012, il n’y a que la mise sen bouteilles. Celles qui ont contenu des eaux de Saint-Galmier, Evian, Yillel, etc , sont suffisamment résistantes, et elles ont/ de plus, l’avantage d’être en verre blanc. Point n’est besoin de ficeler le bouchon. •’
- Lorsqu’on veut boire le cidre à l’état crémeux, il faut le mettre en bouteilles, en donnant la-préférence, aux champenoises. Pour éviter toute perte de liquide il est indispensable d’assujettir le bouchon, et d’autant plus que, pour assurer la solubilité de l’acide carbonique dégagé, on aura pris la précaution de coucher les bouteilles à la cave.
- Il va de soi que pour boire le cidre pur au repas on l’étend habituellement d’eau, comme on le fait pour le vin, à la quantité près. .
- Le prix du cidre pur jus, cette année, oscille entré i5 et 20 francs l’hectolitre chez le producteur, et, à Paris chez les marchands de cidre eu gros, entre 25 et 35 francs. Le « cidre » répondant à la formule officielle vaut 10 à 12 francs chez le producteur et i5 à 20 franc§ à Paris. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Destruction des herbes> dans les allées de jardin, les joints de pavés des* cours et les. terrains de tennis. — On s’est déjà occupé ici même de ces questions et l’on a recommandé l’emploi de divers produits destinés à faire disparaître les herbes gênantes: Un arrosage de mixture antiparasite est en effet bien moins coûteux qu’un arrachage à. la main ou à la x'aselte, et,
- d’autre pàrt, dans les courts de tennis par exemple, le moindre sarclage est impossible. On a proposé un assez grand nombre de produits pour empêcher aiasi la végétation, mais les uns sont peu efficaces et d’effet trop momentané, les autres ne conviennent pas dans tous lés cas, comme par exemple l’acide sulfurique dilué ou' le's-sulfates, inefficaces dès que le sol contient du calcaire.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- En fait, nous n’avons point songé à employer tous ces produits, ce qui nous eût entraîné beaucoup trop loin : nous nous sommes borné à essayer des mixtures commerciales ayant longuement fait leurs preuves de bon usage. D’autre part, nous avons préparé des mixtures que nos lecteurs pourront facilement reconstituer. Les produits ont été essayés comparativement dans les allées les plus herbeuses de notre jardin.
- Mixture du commerce. — On trouve dans le commerce deux types de mixtures pour la destruction des herbes : des so utions aqueuses concentrées de chlorure de calcium, comme le Bisulfol vendu par M. Aeh. Vilars, de Rouen: des lessives à base d’arséniales etarsénites alcalins comme le Nécrol fabriqué par la maisou Irulîaut, de Versailles; et la mixture importée des Etats-Unis par M. Boivin, pharmacien à Bourges : Idéal West Destroyer. De notre côté, nous a^ons emp oyé les procédés suivants que nous pouvons en toute confiance recommander à nos lecteurs. À l’usage, ils donnèrent sensiblement les mêmes résultats que les produits tout faits du commerce.
- Mixture au chlorure de calcium. — Faire une solution aqueuse de chlorure de calcium impur, contenant par litre environ 100 gr. de sel calciné. La mixture obtenue sera conservée en récipients bien bouchés, car elle présente une grande alGn té pour l’humidité ambiante. La solution ainsi préparée est peu colorée tandis que le Bisulfol est brun et elle coûte plus cher que le produit commercial, pris sur lieux de production cela parce que cette den ière mixture est un sous- produit industr el.
- Mixture à l'arsénite de sodium. — Faire chauffer dans une marmite de fonte 200 gr. d’acide arsénieux et 230 gr. de sel Solvay avec un demi-litre d’eau. Après dissolution ajouter suffisamment d’eau pour obtenir au moins un litre de liquide. Conserver le liquide en bonbonne à étiquette bien apparente et hors de portée des enfants : il s’agit d’un violent poison.
- Essais comparatifs. —Ils furent faits en double, sur des
- parcelles d’un mètre carré chacune, bien garnies de gazon vert et dru, dans un jardin en sable argileux, par une journée ensoleillée, précédée d’une journée de pluie légère et suivie d’aoord de deux jours de beau temps, puis de jours où il plut pas mal. Nous essayâmes chacun de nos produits, concurremment au Bisulfol et au Nécrol, à diverses dilutions, mais à doses uniformes d’un demi litre par mètre carré; épandu régulièrement avec un petit arrosoir.
- A doses de 5 p. ioo, en volume, les produits à base d’arsenic se montrent bien efficaces : quelques jours après l’arrosage, toutes les herbes sont grillées; avec 2 p. 100 on obtient uue destruction très nette, mais il reste encore un peu d’herbes vertes qui résistent. Les solutions de chlorure calcique doivent être appliquées à bien plus fortes doses (d’ailleurs, elles coûtent bien moins cher) ; avec une dilution à 20 p. 100 nous n’avons pas outenu de résultat marqué; avec le produit pur (et même dans une certaine mesure, avec la mixture étendue de son volume d’eau) les herbes sont détruites, mais moins rapidement qu’avec l’arsenic : au bout de hu<t jours, il restait encore des parties vertes qui ne se flétrirent complètement qu’en dix ou quinze jours.
- Nous tenons à faire observer que de tels essais, pour si soigneusement qu’ils furent effectués, n’ont point une exactitude absolue : par un autre temps, sur une autre nature de terrain, les résultats eussent peut-être un peu différé. Nous ne concluons donc point à la supériorité d un genre de produit sur l’autre: chacun appréciera, pourra d’autant mieux faire au besoin quelques essais que ces sortes d’expériences sonttrès aisément réalisables. De même si I on trouve parfois intérêt à préparer soi-mème les mixtures, il est dans bien des cas plus avantageux de les acheter toutes faites. Mais il est même alors intéressant de connaître l’agent actif du produit dont on se sert.
- (Laboratoire de La Nature.)
- J^D
- Igo
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Les jouets mécaniques de Jacquet-Droz (u°2ii8, 27 décembre 1 g 1 î ).—M. Perregaux, a lmi-nistrateur du Technicum du Locle. nous prie de réparer une omission involontaire. C’est dans une brochure publiée par M. Perregaux en 1907 sur les Jac jUet-Droz que notre collaborateur a puisé les renseignements nécessaires à la rédaction de son article sur les jouets mécaniques d’autrefois. Nous en donnons acte bien volontiers à M. Pcregaux.
- La rampe Laroche-Blaisy. — M. Varennes, ingénieur, veut bien préciser un détail donné à ce sujet dans nos Variétés, n° 212!. Dans ce numéro, il est dit: « La section de Laroche à B aisy comporte un profil « qui aboutit à Blaisy par une rampe continue de 8 mil-« limètres par mètre, après avoir racheté une différeuce « de niveau de 318 m. 21 sur un parcours de i3î km. » L’auteur de cet article fait là une erreur. Il n’y a pas de rampe continue de 8 tnm de Laroche à Blaisy. De Laroche à Tonnerre il y a une succession de faibles rampes de 1 à 2 mm par mètre, ces dernières eu faib e proportion. A partir de Tonnerre, il y a une succession de rampes faibles variant de 1 à 4 et 5 mm par mètre, jusqu au kilomètre 275 où commence la rampe de 8 mm jusqu’au kilomètre 288. Il n’y a donc que i3 km en rampe de 8 mm.
- Renseignements. — Abonné 3080-1721. — i° Vous trouverez de petites dynamos de 7} -watts à la Société A. E.-G., 42. rue de Paradis, Paris, et chez Heller et Coudray, 14, cité Trévise, Paris. — 20 Les indications d’ampérage et de tension s’entendent pour une machine
- en circuit fermé, fonctionnant dans les meilleures conditions.
- M. Clair, à Fontenay-le-Comte. — Avec une antenne appropriée vous pouvez avec l’appareil représenté par la ligure 2, décrit par M. Dosne, non seulement recevoir les émissions chantantes de la Tour Eiffel, mais celles d un poste quelconque, attendu que c’est à la qualité de l’antenne seulement que l’on doit d’entendre plus ou moins loin du poste d’émission, M. Dosne habite 204, boulevard Raspail, Paris.
- M. Chardin, à Pantin. — Non, la thorine et les autres oxydes des manchons à incandescence ne se volatilisent pas à l’usage. Ils s’usent parce qu’à la longue il y a modilication moléculaire et perte de compacité, et aussi parce que certaines impuretés du gaz peuvent supprimer la luminosité.
- M. S. de Smet, à Gand. — Le reflet bleu de votre tissu teint par passages successifs en bain de tannin et de sel de fer ne nous paraît pas dû aux impuretés du sulfate de fer. Il serait, croyons-nous, facile d obtenir uu plus joli noir en teignant dans un bain très dilué d’un brun basique (brun Bismarck par exemple); les colorants basiques pouvant ainsi servir à nuancer solidement, sans mordançage spécial.
- M. Vérax, boulevard Arago, à Paris. — Plusieurs formules de pâtes pour boucher les Assures de parquets sont données dans les Recettes de la maison (1 vol. in-12 à 3 francs relié, chez notre éditeur); nous recommandons le mastic à base de vieux papiers.
- Abonné 1996. à Poitiers. — Maisoù faisant le tirage de cartes-posiales en phototypie : Cathala frères, 31, rue de Bellefonds, Paris.
- M. lonescu, à Bucarest. — On appelle molécule-gramme d un corps, la quantité de ce corps qui pèse un nombre de grammes égal au nombre exprimant son poids moléculaire. Une molécule-gramme d’hydrogène, c’est 2 grammes d’hydrogène.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. J. T. A., à. Caracas. — Dans les milieux où le lait est exposé à s’altérer sous l’influence de diverses causes et d’une température très élevée, comme dans les pays chauds, la stérilisation par les rayons ultra-violets est évidemment à conseiller. En ce qui concerne le lait destiné à la fabrication du fromage et ce traitement préalable, il n’est pas à notre connaissance que des expériences aient été faites, dans ce sens, en France. A défaut d’indication sur la sorte de fromage à fabriquer (fromage afliné ou non affiné) on peut dire, dans tous les cas, qu’il faut toujours employer un lait très propre, filtré au tamis de crin. Technologiquement, on dit que le microbe est le collaborateur du fromager, lorsqu’il s’agit de la fabrication de fromages fermentés. Si, en
- raison des conditions de milieu et de température, on avait à craindre l’excès de fermentation, il conviendrait tout d’abord de n opérer que dans un local à température suffisamment basse et d’envisager, à titre d’essai, Futilité de l’opération susdite, la stérilisation ayant pour objet la destruction des microbes et bactéries pathogènes.
- M. J. L. 52, à Lunéville. — x° Oui, il vaut beaucoup mieux ouvrir deux comptes; 20 Faure. Eléments de commerce et de comptabilité. Masson, éditeur, Paris. Prix : relié, 4 francs.
- M. Merlin, à Malakof. — Pour enlever le dépoli d’une vitre en mica non exposée à une forte chaleur, il suffit de donner une couche avec un vernis bien transparent et incolore.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La radiographie dans les armées en campagne : G. Mareschau — La lutte coutre les limaces . Antonin Rouet. — Le danger des ondes hertziennes : Franck. Uuroquier. — La neige dans les gouffres des Pyrénées : Lucien Rudaux. — Le stabilisateur automatique Wright pour les aéroplanes : R. Chassériaud. — Eruptions volcaniques et tempétatures terrestres : J. Loiseu. — Académie des sciences : Ch. iie V iuledeuii,. — Les glaces et les usines hydrauliques : P. de Méribu.
- Supplément. — Emploi de l’alumine comme agent de dessiccation. Extraction du caoutchouc par l’électricité. — Production du fer et de la houille en France, etc.
- La télégraphie sans fil et la loi (Réglementation, technique usuelle), par A. Perret-Maisonneuve, juge au Tribunal civil d’Amiens. 1 vol. illustré, 487 p. Desforges, éditeur, Paris, 1914.
- Voici ud livre appelé à faire autorité en matière de T. S. F. L’auteur a mis sa science juridique au service des ondes hertziennes, et il a porté une vive lumière dans le domaine si confus des textes administratifs. M. Perret-Maisonneuve a réuni et comparé les textes législatifs des divers pays qui réglementent la T. S. F , aux points de vue international, commercial et militaire. 11 aborde et traite à fond la délicate question de la liberté des postes de réception : sa conclusion, du reste, est catégorique. Dans l’état actuel de nos loi, le droit pour chacun d’écouter les messages qui sillonnent l’air est aussi entier et absolu que celui de regarder la campagne avec une lunette d’approche. L auteur reconnaît néanmoins la nécessité d’une législation nouvelle, s’appliquant à un ordre de choses nouveau; mais il montre qu’elle doit être libérale, et . ses. arguments ne pourront pas ne pas être retenus par le législateur dans l’élaboration du futur Code de la radiotélégraphie. Ajoutons que M. Perret-Maisonneuve est un adepte des plus compétents de la T. S. F. Il le prouve par les excellents conseils pratiques qui terminent son utile ouvrage.
- Télégraphie sans fil, par S. Mariens. i broch., 102 p. Ch. Amat, éditeur, 11, rue de Mézières, Paris.
- Cet utile vade-mecum contient la liste des stations de T. S. F. qu'on peut entendre en France, avec les principales indications de service, l’explication des dépêches météorologiques et des signaux horaires, et quelques bons conseils pratiques. Cet ensemble de renseignements qui jusqu’ici n’était réuni dans aucune brochure sera bien accueilli des amateurs.
- Traité de chimie analytique minérale qualitative et quantitative, par L. L. de Koninck, 3e édition (2e édition française), 3 vol. reliés, nombreuses fig., Vail-lant-Carmanne, éditeur, Liège.
- Cette nouvelle édition de l’excellent traité de de Koninck est plus et mieux que l’ordinaire manuel; elle cont ent en effet, outre les notions pratiques et les procédés d’analyse les plus usuels, une grande part théorique relative aux méthodes et aux opérations gé-
- nérales de l’analyse. Le tome I traite des appareils de laboratoire, des opérations générales, des mesures de l’électrolyse, des procédés de recherche qualitative, des dosages, les deux suivants de l’analyse des métaux.
- Peintures et gravures murales des cavernes paléolithiques La Pasiega à Puente-Viesgo (Santander, Espagne), par l’abbé Breuil, le Dr Obermaier et H. Alcalde del Rio, in-40, 64 p., 91 fig-, 3o pl., Monaco, imprimerie Vve de Chêne, igi3.
- Le 23 mai 1911, le Dr Obermaier et M. Paul Wer-nert effectuaient à la caverne de la Pasiega (près Cas-tillo), d’accès difficile dans des rochers, une visite qui leur a révélé un nouvel ensemble de dessins et de peintures des plus remarquables, .auxquels est consacré ce 4evolume de la magniiique série publiée aux frais et par les soins du prince de Monaco. Le plan de la grotte dressé par M. Alcalde del Rio montre la complication de son labyrinthe et la multiplicité de ses ouvertures extérieures actuellement presque toutes obstruées. Les
- . dessins et peinture s s’y rencontrent, ainsi qu’on l’a déjà constaté dans plusieurs autres grottes, en des endroits d’accès ou de stationnement particulièrement incommodes. Un groupe spécial de signes indique, intentionnellement semble-t-il, l’orifice d’entonnoirs intérieurs, petits précipices profonds de i3 mètres qui ont jadis conduit les eaux anciennes vers des étages inférieurs (comme à Altamira). Il y a surtout des pein-tui’es représentant des biches, bisons, chevaux, cerfs, bœufs et bouquetins ; on a rencontré peu de gravures (graffitti). Une inscription symbolique placée à grande hauteur, pour être vue de loin, dans un point d’abord difficile, est particulièrement curieuse. Les figures noires sont peu nombreuses, les rouges prédominent ; les auteurs les classent en 6 séries de caractères distincts et en 3 phases chronologiques. Devant la multiplicité des étranges trouvailles de ce genre, on se demande où s’arrêteront leurs révélations, et surtout quand et comment on finira par acquérir quelques précisions sur leur date réelle et leur véritable destination. En attendant, les auteurs concluent ainsi : « La Pasiega complété notablement nos connaissances sur l évolution de l’art paléolithique dans la province de Santander... et nulle part peut-être plus que dans le labyrinthe de la Pasiega, aux galeries parfois périlleuses s’ouvrant par d’étroits pertuis au sommet d’une voûte inaccessible, nous n’avons eu le sentiment du mystère voulu et recherché dans une arcane interdite aux profanes ».
- Panama, par J. .F. Fraser, avec 20 photogravures et 1 carte, petit in-8°, Pierre Roger et Cîe., édit, Paris. Prix ; 4 francs.
- Traduction Georges Feuilloy. Excellent exposé général de l'entreprise de Panama, de ses difficultés techniques, des luttes contre la fièvre jaune, des vicissitudes historiques et financières, des pirateries de Morgan en 1671, de la réalisation de l’œuvre, des conséquences et de l’avenir du canal,
- Isis, revue consacrée à T histoire et à Vorganisation de la science, publiée par G. Sarton. In-8° (trimestriel,
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- BIBLIOGRAPHIE
- 64o à 800 p. par an). Isis, à Wondelgem-lez-Gand, Belgique. L’année : 3o francs.
- Cette nouvelle revue a pour but d’étudier la genèse et le développement des théories scientifiques, en tenant compte de tous les échanges d’idées et de toutes les influences que le progrès de la civilisation met en jeu. Chaque fascicule comprend : des articles originaux, une chronique, des revues générales, des notes et des analyses critiques, une bibliographie abondante. Signalons parmi les mémoires des fascicules 1 et 2 les travaux de G. Sarton sur VHistoire des Sciences,
- L. Guarcichi sur Y Histoire du mouvement brownien, F. Piadl sur Paracelse, D. E. Smith sur la Géométrie des Hindous.
- Die Verlandung der Swinepfortc, par K. Keilhack, de Berlin, avec 5 pl. Jahrbuch der Kônigl. Preufs. Geolo-gischen Landesanslalt fur 1911, t. XXXII, 20 heft. fasc. 2, Berlin 1912. Prix : 3 fr. 25.
- Intéressant mémoire sur les alluvionnements et le gain des terres à l’embouchure de l’Oder dans la Baltique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5o"’,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VÊTÎT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 février 1914. — 0°, 3 S. S. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; quelques nuages.
- Mardi 3 0°,0 S. S. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 4 — 2°, 1 S. 2. Beau. » Gelée blanche; givre; brouillard sur la Marne de 60 cm: beau.
- Jeudi 3 — 1°, 4 S. 2. Beau. » Gelée blanche; givre ; beau.
- Vendredi 6 — 0°, 3 S. S. E. 2. Beau. D Gelée blanche ; givre ; beau jusqu’à 14 b., très nuageux ensuite.
- Samedi 7 4°, 4 S. S. E, 2. Couvert. 1,4 Petite pluie à 8 h. et de 10 h. 30 à 12 h. 15 ; couvert.
- Dimanche 8 . . . . 7°, 1 S. 3. Nuageux. » Peu nuageux ; halo.
- FEVRIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 FEVRIER 1 914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 2 au 8 février. — Le 2. Profondes dépressions sur le N. et l’Islande : Bodoe, ’jZo mm; Reijkiavik, 727; fortes pressions sur le Centre et le S. : Budapest, 779; Belfort, 775. Pluies sur le N.; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, —-36°; Hermans-tadt, —i3; Belfort, —3; Marseille, +4; Nantes, 5; Brest, 7; Alger, 9; Biarritz, 12; moyenne à Paris : 2°,3 (normale : 2°,8). — Le 3. Même état barométrique. Quelques pluies sur le N.-O.; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, —37°; Belfort, —5; Marseille, -f- 1 ; Dunkerque, 2; Bordeaux, 5; Brest et Perpignan, 8; Biarritz et Alger, 11; moyenne à Paris : 3°,6 (normale : 2°,9). — Le 4- Même état barométrique. Quelques pluies et neiges sur le N. et les Iles-Britanniques ; beau temps en France. Temp. du matin : Spitzberg, —33°; Arkhangel, —'21; Belfort, —4; Limoges, —3; Marseille, -j-3; Brest, 8; Biarritz et Oran, 11; moyenne à Paris : 2°,4 (normale : 3). — Le 5. Même situation atmosphérique : dépressions sur l’extrême N. et l’Islande; pressions élevées sur le Centre et le S.-E. Pluies sur les Iles-Britanniques, la Scandinavie et l’Espagne; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, —25°; Vienne, —8; Nancy, —5; Marseille,
- -(-2; Nantes, 5; Brest, 8; Biarritz, 11; Malte, 12; moyenne à Paris : 2°,6 (normale : 3°,i). — Le 6. La pression baisse sur tout le continent; dépressions sur le N.-O. et les lies-Britanniques (Valentia : 748 mm). Pluies sur l’O. : Rochefort, 12 mm. Temp. du matin : Spitzberg, —290 ; Haparanda, —25; Belfort, -—3; Clermont-Ferrand, -f 3 ! Marseille, 7; Brest et Alger, 10; Biarritz, i3; moyenne à Paris : 5°,2 (normale : 3°,2). — Le 7. Basses pressions sur l’O. et le N. : îles Féroé, 736 mm; Valentia, 741; Horta, 741; hautes pressions sur le Centre et le S.-E : Bucarest, 771. Neiges dans le N.; pluies dans l’O. : Cherbourg, 14 mm; Brest, i3; Lorient, 8. Temp. Mu malin : Spitzberg, —32°; Haparanda, — 25; Belfort, -)- 1 ; Toulouse, 5; Brest et Marseille, 9; Alger, 10; Biarritz, 12; moyenne à Paris : 70 Inormale : 3°,2). — Le 8. Profonde dépression sur le N.-O. (Féroé : 733 mm); fortes pressions sur le S.-E. Neiges dans le N.; pluies sur l’O. : Lorient, 22 mm; Cherbourg, 19. Temp. du matin : Spitzberg, —28°; Vienne, —9 ; Saint-Pétersbourg, —3; Brest, 4-4 J Toulouse, 8; Alger, it; moyenne à Paris : io° (normale : 3°,3). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 3, à lo h. 33 m.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : *20, Boulevard Saint-Germain, Parts (YJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2126. — 21 FÉVRIER 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- Nécrologie : E- Durand-Gréville. — E. Durand-GréviUe, décédé à Paris, le 20 janvier 1914» avait fait en météorologie des recherches originales. Suivant lui, ce sont des masses de menus cristaux de glace qui, en se heurtant aux gouttelettes en surfusion, provoquent la formation de la grêle. Quant à la cause qui précipite ces éléments les uns contre les autres, il la trouvait dans le vent descendant qui accompagne le passage d’un ruban de grain. Frappé par cette remarque de Cirro-Ferrari, que les variations ordinairement observées dans la marche des éléments météorologiques pendant les orages se produisent quelquefois aussi dans l’intervalle qui sépare deux taches orageuses, il pensa que ces diverses manifestations pouvaient se rattacher à un même phénomène, le grain, offrant sur toute sa longueur un veut violent ou tempétueux, tandis que les lieux frappés par l’orage ou la grêle seraient dispersés sur un nombre restreint de ses points.
- Alphonse Bertillon. — Un de nos plus anciens et plus fidèles collaborateurs, Alphonse Bertillon, est mort le 13 février dernier. Ne à Paris le 23 avril 1853, frère du Dr Louis-Adolphe Bertillon, le statisticien connu, et du Dr Jacques Bertillon, chef de là statistique de Paris, tous deux collaborateurs le La Nature, Alphonse Bertillon imagina, en 1882, des procédés anthropométriques d identification. Il entra à la Préfecture de Police pour les faire adopter et n’y parvint que très péniblement. Aujourd’hui, les divers procédés de Bertillon : les fiches anthropométriques, les portraits parlés, les empreintes digitales, les photographies métriques qu’il décrivit dans La Nature]au fur et à mesure de leur invention, sont d’un usage courant dans tous les pays civilisés et ont rendu de nombreux services pour les enquêtes judiciaires et l’identification des récidivistes. L’école d’identification anthropométrique de la Préfecture de Police les enseigne à tous les agents de cette administration et à de nombreux fonctionnaires délégués par les gouvernements étrangers. Bertillon publia également diverses études ethnographiques et anthropologiques.
- Le nouveau traité pour l’évacuation des ordures ménagères de New-York {La Technique sanitaire et municipale, n° 11, nov. 1912 p. 411)* — A partir du 2 janvier 1914, et en vertu d’un traité du 3i juillet 1913, passé pour 3 ans, la ville de New-York a adopté un nouveau mode d’évacuation de ses ordures ménagères. Elle les transporte dans 19 dépôts déterminés, d’où l’entrepreneur traitant, M. Hart, les enlève pour les traiter par réduction dans une usine d’incinération. Ce procédé sépare les liquides des solides; ceux-ci vont dans des desséchoirs, tandis que les liquides sont traités pour l’extraction des graisses. L’installation est réalisée de manière à ne dégager ni odeur, ni gaz. En 1912 la quan-
- tité des ordures de New-York, Manhattan, Bronx et Brooklyn a été de 345 go3 tonnes (avec augmentation de 34 455 tonnes depuis 1907). Il est urgent que la Yille de Paris se décide à employer ce système, au lieu d’infecter ses rues le soir par l’étalage général de ses boîtes à ordures le long de tous les trottoirs. C’est une honte pour la capitale de la France d’avoir adopté un système aussi contraire à l’hygiène publique et -à la plus élémentaire propreté.
- Les cheminées du paquebot « Vaterland ». —Les
- ‘chantiers navals de Blohm et Yoss, à Hambourg, voient actuellement approcher de son achèvement final le « Vaterland », bateau à turbines, à quatre hélices, de la
- classe « lmperator » de la ligne Hambourg-Américaine : ses dimensions gigantesques sont supérieures encore à celles de son aîné. La fig. 1 représente le montage, sur )• la coque ou navire, d’une des trois cheminées géantes,
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- INFORMATIONS
- chacune d’elles se compose de deux parties, la cheminée extérieure et l’enveloppe destinée à la refroidir. Ces deux parties sont parfaitement visibles sur la figure: l'enveloppe extérieure est enfoncée surla cheminée intérieure par la grande grue des chantiers. L’enveloppe de la cheminée du « Yaterland », de 19 mètres de haut, présente une section-ovale de 9 X 6 mètres Cette cheminée s’élève à 45 mètres au-dessus de la ligne d eau.
- Le passage du Mont-Blanc en aéroplane. — L’aviateur Parmelin le 11 février, a ajouté un nouvel et magnifique exploita la liste de ceux que compte déjà l’aviation en montagne. Il a franchi le massif du Mont-Blanc, en partant de Genève pour atterrir à Aoste en Piémont. La traversée a duré de 1 h. 45 à 1 h. i5. Le trajet suivi a été le suivant : vallée de l’Arve, par Bonneville, Cluses et Sallanches,Vol du Bonhomme et vallée de la Doire Baltée.
- sant d’artillerie de bord, le poids du projectile atteint et dépasse même 5oo kg, la vitesse initiale allant jusqu'à 900 m. Ce qui correspond à une puissance de 25 millions de chevaux développée dans l’àme du canon pendant la durée de l’explosion. Ces chiffres donnent une idée des efforts for nidables que doit supporter le métal des pièces modernes.
- Les grandes cavernes du Todtes Gebirge. — On
- signale en Autriche que, depuis 191-1. M. Oscar Stipic aurait découvert d’immenses cavités dans le Todtes Gebirge, qui fait pendant au massif du Dachstein au nord-est des sources de la Traun et dont les plateaux calcaires sont dominés par le grand Priel (a5i4 m.). On parle d’un magnifique labyrinthe de cavernes ayant pour entrée un puits vertical de 5o m. connu sous le nom de grand Windloch (trou à vent) et comprenant toute une
- Parmelin abordant le massif du Mont-Blanc.
- Curieuse combinaison de deux industries. — La
- « régénération » des déchets de caoutchouc comporte une séparation totale des débris cellulosiques tels que toiles de bandages pneumatiques, de tuyaux à eau. En broyant, puis en ventilant, on entraîne bien la plupart des fibres, mais pour enlever ce qui reste, force est d’employer de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique, qui désagrège la cePulose, absolument comme dans l’épaillage des laines par exemple : il suffit de secouer et de laver ensuite pour enlever tous les débris. La gomme, d’ailleurs, souffre de traitements aussi brutaux qui lui font perdre partiellement son élasticité. D’autre part, on uti'ise la cellulose comme matière première de certaines industries, en particulier celles du celluloïd et de ses divers substituts ininflammables comme l’acétate et le formiate de cellulose.
- Un technicien vient d’avoir l’idée de combiner les deux traitements. Il malaxe les vieux caoutchoucs granulés avec de l’acide formique mélangé d’un peu de benzène qui facilite l’imprégnation, et d’un peu d’acide chlor hydrique pour provoquer la salification. Au bout de quelques heures on obtient une pâte devenant peu à peu très fluide. II. suffit finalement de filtrer pour isoler le caoutchouc parfaitement débarrassé de toutes ses fibres : du liquide, on précipite par addition d’eau le formiate cellulosique ensuite transformé en film dans les usines cinématographiques.
- La puissance développée dans les canons. —
- M. le commandant Régnault, dans une récente conférence aux ingénieurs civils, assimilait le canon à un moteur fher mique et calculait la puissance mise en jeu pour l’expulsion du projectile. Notre bouche à fru de campagne projette un obus de 7 kg environ avec une vitesse initiale de 5oo m. La force vive engendrée (1/2 m v*) est égale à 25 X io4 X 7/29, g lésignant l’accélération de la pesanteur, soit 87 5oo kilogrammètres. Or, la déflagration de l’explosif qui développe cette énergie dure environ 0,01 seconde. La puissance thermique m:se en jeu , ,, , . 87 5oo
- dans 1 âme du canon est donc de------
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- par seconde, soit n5ooo chevaux. Pour un matériel puis-
- kxlogrammètres
- série de dômes, de couloirs, de torrents, cascades et lacs souterrains. En juillet 1913, M. Stipic aurait atteint. 70 m. plus bas encore une puissante cascade intérieure-et une très large rivière, mais il resterait 800 m. de différence de niveau jusqu’aux sources de la Steyer au nord-est et de la Traun, qui sont alimentées par la circulation d’eaux souterraines de haut en bas dont on vient ainsi de constater l’existence.
- Oiseaux phosphorescents. — A diverses reprises on a observé des oiseaux lumineux la nuit. Le fait est bien connu pour les Rapaces nocturnes et l’on a attribué leur luminosité à des champignons fixés sur leur plumage, champignons qu’ils auraient récollés dans les trous-des arbres où ils se réfugient le jour On sait qu en effet les troncs d’arbre deviennent parfois phosphorescents, surtout sous l’écorce, quand s’y développe le mycélium d’un champignon : Armillaria mette a. On connaît également des cas de luminosité chez des oiseaux ne nichant pas dans des arbres, les Œdicnèmes par exemple, sans savoir la cause de cette phosphorescence M. Chap-pellier vient de faire connaître dans le Bulletin de la Société Nationale d'Acclimatation une curieuse observation de luminosité chez des cygnes, faite par M. Delacour de juillet à ortobre dernier : « M. Delacour a vu se produire un phénomène très net de luminosité sur un cygne ordinaire [C. olor) femelle âgée de deux ans. Cet oiseau habite une pièce d’eau proche de l’habitation avec un grand nombre le palmipèdes de toutes couleurs. Parles nuits obscures, alors que toutes les lumières étaient éteintes, on le distinguait parfaitement sur l’eau sous forme de tache lumineuse. Deux cygnes de Bewick (C. minor) présentaient le même phénomène, mais à un degré bien moindre ; un cygne à col noir (C. nigricollis} était absolument invisible ainsi qu’un cygne noir ( C. atra-tus) et tous les autre*- palmipèdes. Depuis le mois d’octobre, on n observe plus aucun oiseau phosphorescent sur la pièce d eau. » Il faut espérer que le phénomène se reproduira et permettra d’utiles observations, notamment l’ex 1 men microscopique des plumes qui révélera peut-être 'a présence d’un champignon cause delà phosphorescence.
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- Chronique de la T. S. F.
- Les précautions à prendre dans l’installation des ^petits postes. — Les amateurs, surtout ceux qui construisent eux-mêmes leurs appareils et procèdent à 1 installation complète de leurs postes, ne sauraient prendre trop de précautions s’ils veulent s’éviter des mécomptes •et surtout des échecs. Il ne faut pas oublier en elîet, que les appareils, surtout les détecteurs à galène, sont extrêmement délicats et qu’ils demandent non seulement à être maniés avec précaution, mais aussi à être installés dans des endroits propices.
- Il ne viendra certainement à l’idée de personne de monter un poste dans une cave humide; il ne faut pas non plus que la pièce choisie se prête à la culture des champignons domestiques. Si l'on installe les appare ls directement sur un mur frais, les contacts imparfaits ne tarderont pas à l’être beaucoup trop et à ne p us donner signe de vie. Il convient d’isoler les appareils du mur sur une solide planchette reposant eile-m me sur des lattes qui la mettront à labri de l’humidité. Surtout n’employez aucun feutrage qui condense la vapeur d’e u.
- Il est bien difficile d’établir une règle fixe présidant à l’installation de chaque poste, même en se Lasant sur la distance de la Tour Eiffel Certains détecteurs permettront de recevoir à plusieurs centaines de kilométrés avec uue antenne très rudimentaire (quelques mètres de fil tendus à la diable i et d’autres au contraire favorisés par de puissantes antennes, donneront des -ésultats tout à fait médiocres Très souvent, le succès dépend de l’habileté de l’expérimentateur. Il dépend aussi de son oreille. L’orei'le doit, en effet, s’h bitner à percevoir les sons du téléphone; il arrive fréquemment que deux correspondants s’entendent parfaitement aux deux extrémités d’un circuit téléphonique ordinaire alors que d’autres, venant immédiatement après, ne peuvent se comprendre. L’éducation téléphonique est donc nécessaire pour entendre convenablement, même lorsqu’il s’agit de signaux hertziens. Les débutants doivent donc être patients.
- L’antenne et le détecteur sont les organes essentie's de toute mslallation Nous ne disons pas comment doit être construite une antenne pour 1 excellente raison que personne n’est encore fixé sur la forme à lui donner. Il se nble cependant que l’antenne verticale soit préférable à l’antenne horizontale; ce mode de construction n est pas très fréquent dans les petits postes à cause des difficultés que l’on rencontre pour lui donner une 1 auteur suffis nte. On peut cependant choisir un •clocheton, un arbre élevé que l’on prolongera aisément de plusieurs mètres avec une perche les peupliers et les sapms peuvent faire d’excellents supports, à défaut du cloche'- communal qui a été recommandé par tous le s auteurs.
- Les amateurs qui construisent des postes « de vacances » peuvent avoir recours aux cerfs-volants et même aux ballons captifs, gonflés au gaz d’éclairage et auxquels on donne une capacité de io mètres cuoes env ron. Cerfs volants et ballons peuvent être construits par 1 amateur et l’un et l’autre appareil sont encore capables de se prê er à d’intéressantes études en dehors de la T. v F Les retenues du ballon et du cerf-volant peu > eut constituer l'antenne ; mais il est préférable de séparer les deux fonctions et de laisser au cordage son rôle naturel. Avec un fil de cuivre de o,5 mm de diamètre. monté à loo piètres, on peut facilement recevoir des nouvelles de tous les grands postes situés dans un rayon de iooo kilomètres; mais gare à l’électricité •atmospbéri tue !
- Il importe également de donner tous ses soins à la prise de terre ui joue un rôle import ant et que l’on négl ge peut-être un peu trop. Les pu ts sont excellents mais es citernes ne valent abso'umenl rien. J'ai assisté, un jour, il y a quelque a5 ans, à une scène burlesque dont le héros était un vieux commis principal d'origine postale. Tl désirait, je ne dirai pas mesurer, mais vulgairement essayer la prise de terre d’un fil télégra-
- phique qui était défectueux. L’excellent homme appelle un facteur, se fait apporter un seau d’eau près de lui et, avec une gravité solennelle, y plonge résolument son fil de terre ! La boussole n’a jamais voulu dévier et l’opérateur n’y a jamais rien compris!
- Un de nos lecteurs, M. G. Cambefort, nous paraît tout à fait se trouver dans une situation analogue. Son poste est pourvu d une antenne excellente qui doit lui permettre de recevoir des émissions à plus de iooo km de distance. Mais sa prise de terre est certainement la cause d’une mauvaise réception. Elle est constituée p r deux plaques de tôle galvanisée enfouies dans le sol à i m. de pr>«fondeur entre deux couches de charbon de bois abondamment arrosées. Mais, car il y a un mais, immédiatement sous la prise de terre se trouve un rocher sec. Malgré l’ar/osage, la terre est insuffisante et nous lui conseillons, s’il n’est pas trop é on né d’un point bas humide, de creuser une rigole •» quel ues décimètres de profondeur, dy enfermer un fil nu et de conduire ce fil en souterrain jusqu a un puits ou mieux un sol humide dans lequel sera noyée une plaque de zinc.
- On constitue encore une très bonne prise de terre en rayounant, autour du-fil de terre tout un réseau d’autres fils nus enfouis dans des rigoles, ayant une vingtaine de mètres de longueur.
- Dans un sol humide, au bord d’un cours d eau, d’un étang la prise de terre est toujours excellente ; mais on ne saurait trop se méfier des terrains secs. Une conduite d’eau constituera également une mauvaise terre s’il existe un point isolant sur cette conduite; dans ce cas il faut effectuer la soudure derrière le joint
- L antenne ne sert pas seulement à capter les ondes; elle constitue aussi un excellent paratonm rre. L’antenne placée au-dessus d’un toit peut donc devenir dangereuse pendant les tirages ; il est donc préférable de l éloigner des habitations et de recourir aux arbres, voire même aux mâts de bambou assemblés comme supports II n’est pas bien difficile de construire un mat de 20 à 3o m. avec des bambous de 2 m. que I on assemble à l’aide de larges viroles métalliques ; on mén ge un ou deux trous dans deux ou trois viroles pour y fixer des haubans de retenue et le mât tient parfaitement La seule difficulté que l’on pourra rencontrer réside dans le redressement du mât. monté et équipé sur le sol, mais deux hommes de bonne volonté en auront raison.
- Si le poste est placé à l'intérieur de l’habitation, il ne suffit pas en cas d’orage, de mettre l’antenne à la terre dans le poste; il est bien plus prudent de sortir le fil d’entrée et de le mettre directement à la terre hors de la maison. Les ondes atmosphériques captées par l’antenne forment, en effet un champ magm tique favorisant la production des étincelles, non seulement entre les appareils, mais aussi entre l’antenne et les masses métalliques trop rapprochées.
- On peut employer indifféremment les détecteurs électrolytiques ou les détecteurs à galène ; ces derniers sont cependant plus sensib es, mais ils se dérèglent trop facilement sous l’action du moindre choc, surtout lorsque leur construction est rud'mentaire. Les détecteurs électrolytiques présentent l’inconvénient d’être trop sensibles à l’action de l’électricité atmosphérique. Les uns et les, auires ont donc leurs avantages et leurs inconvénients et c’est à l’amateur à faire son choix après une expérience suffisante de chacun des appareils. Dans tous les cas. l’accord avec l’antenne est indispensable ; il faut donc employer des bob nes d’accord tr«s longues à cause des variations considérables de longueur des ondes étrangères. Lucien Fournier.
- Objets utiles
- La Pomponnette fait boire sans dégoût les médicaments nauséeux. — La tasse Pomponnette permet de boire les plus mauvais médicaments sans que le goût ni l’odeur en puissent être appréciés par le ma ade.
- Chacun a bu de l’huile de foie de morue et se souvient
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- de la grimace faite quand le verre approche des lèvres ; l’odorat est péniblement offusqué et le palais ne le sera pas moins quand le liquide viendra à son contact.
- On boit, une période d’accalmie succède, mais on craint l’instant qui va venir, celui qui dure entre la remise du verre sur la table et l’absorption gloutonne soit de la pastille de menthe, soit du bol de chocolat qui fera passer le mauvais goût.
- La Pomponnette évite toutes ces sensations désagréables. Yous buvez un liquide agréable dont vous respirez le parfum, puis la mauvaise drogue lui succède
- sans interruption, sans qu’aucun mélange puisse se produire; une bonne liqueur est ensuite dégustée, et le médicament est bu, vous ne vous en êtes pas aperçu, ni le goût, ni l’odeur ne l’ont révélé.
- La capacité totale de la Pomponnette sera le double du volume de la mauvaise drogue à boire, il faut la vider sans interruption, mais les enfants eux-mêmes pourront le faire et toute personne qui en fera l'essai de bonne foi ce pourra même indiquer le liquide absorbé entre les deux liqueurs agréables qui seront en général de l’eau sucrée légèrement parfumée.
- La Pomponnette se divise en trois compartiments superposés ; le 1“ et le 3S contiennent le liquide agréable, le 2°, celui du milieu, le médicament. Les deux séparations sont mobiles, elles doivent être enfoncées jusqu’à toucher le liquide du compartiment inférieur. Ces cloisons sont percées de fentes obliques étudiées de façon que, pour passer d’un compartiment à l’autre, le liquide doive parcourir une portion de chemin horizontal ; or, le frottement et cette disposition suffisent pour que, même pour des liquides de grande différence de densité, ceux-ci ne puissent se mélanger.
- On boit le liquide du Ier compartiment, le principe appliqué dans la bouteille aux oiseaux intervient et le 2e et le 3e compartiments restent pleins; ce n’est que quand les fentes se découvrent, c’est-à-dire quand le i'r compartiment est presque vide, que le 2e commence à se vider, de même le 3e ne se videra que quand le 2° ne contiendra plus de liquide.
- La Pomponnette, simple, facilement démontable, est d’une propreté et d’une simplicité et surtout d’une efficacité qui la recommandent à chaque famille. — Prix : a francs franco, s’adresser à l’inventeur Velut, 9, rue Cavallotti, Paris.
- Brosse à délustrer les vêtements. —11 n’existe, ou plutôt il n’existait jusqu’ici, pour délustrer les vêtements qu’une seule maniéré de procéder : les porter au dégraissage, c’est-à-dire opérer une remise à neuf. Les vêtements ont tous besoin, après quelque temps d’usage, d’un sérieux coup d’étrille, sans pour cette raison devoir passer au dégraissage. Mais il n’existait pas encore
- La brosse métallique.
- d’é trille pour les vêtements : le vide est comblé.
- Une brosse en fils souples et ondulés de cuivre constitue l’étrille que nous attendions sans nous en douter. Après avoir sorti la poussière par les procédés ordinaires, on passe la brosse sur l’étoffe d’un habit, d’un pantalon, sur le feutre d’un chapeau, dans le sens convenable et on voit la garde-robè reprendre, comme par enchantement, l'état de neuf.
- Cependant il ne faudrait pas abuser de la nouvelle brosse dont les soies métalliques ont la caresse un peu rude, mais l’usage modéré conserve à tous les vête-mente l’apparence du neuf pendant longtemps. — La nouvelle brosse est en vente, au prix de 2 fr. 75 (port o fr. 25) chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Le berceau pèse-bébé. —Actuellement, la croissance des bébés est mesurée chaque jour, au poids. L’alimentation est même surveillée avec une précision toute spéciale et la quantité de lait absorbée varie avec l’âge. Les pesées sont donc très fréquentes. Cette nécessité de peser les bébés à chaque instant oblige les parents à faire l’acquisition d’une balance spéciale qu’un inventeur veut
- Le pèse-bébé ouvert.
- supprimer. Il a imaginé, en effet, le berceau pèse-bébé, c’est-à-dire un berceau qui indique à tout instant le poids qu’il supporte. Le berceau est porté par quatre pieds en croix de saint André deux à deux. Chaque croix étant articulée au point de croisement des bras, la base des pieds s’écarte sous la charge. Les deux pieds avant et les deux pieds arrière sont reliés par une barre. Celle d’avant porte l’extrémité d'une tige à crémaillère qui engrène avec un pignon denté placé sous le plateau à cadran. Ce pignon porte une aiguille qui est entraînée d’une quantité de divisions correspondant au poids de l’enfant.
- Le principe est excellent sans aucun doute et si la précision des mesures est suffisante, le nouveau berceau rendra de grands services.
- L’inventeur a, en outre, complété son berceau par une baignoire cons-
- Fig. 2.
- tituée par une étoffe caoutchoutée que l’on fixe sur l’extrémité supérieure des quatre supports.
- Le constructeur est M. Jules Thirfau et fils, 110, boulevard Sébastopol, à Paris.
- Divers
- Porte-carnets Métro. — Les carnets de tickets que la Compagnie du chemin de fer métropolitain met à la disposition des voyageurs sont très appréciés par le public qui emprunte fréquemment ce moyen de locomotion. On achète un carnet pour s’éviter une attente devant le guichet, puis on en achète un second quand le premier tire à sa fin, on les loge tous deux n’importe où et au moment d’utiliser un ticket, on cherche dans toutes ses poches l’un^des deux carnets et le temps que l’on a voulu économiser se trouve ainsi perdu. Il faudrait avoir un carnet dans chaque poche. Les dames, plus favorisées que nous, les placent dans leur sac, au milieu d’un tas d’objets sans doute indispensables et ne les retrouvent plus du tout. Alors... un sac s’impose
- pour les carnets de métro. Ce sac, Le porte-carnets métro, porte-carnets, est en cuir de diverses
- nuances, avec fermoir métallique. On lui attribue une poche spéciale, un compartiment dans le sac à main et on est toujours sûr de trouver ses tickets quand on en a besoin. — Le fabricant, M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris, le met en vente au prix de o fr. jB (i5 centimes pour le port).
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur en décembre 1913, par M. Ch. Dufour.
- La pression barométrique a été supérieure à la normale pendant la plus grande partie du mois de janvier 1914. Le minimum absolu 748””, 6 le 6 est relativement élevé et la moyenne mensuelle 762””,04 est en excès de 3mm,i.
- La température moyenne a été de —o°,3i; elle est inférieure à la normale de 2°,6. Des froids vifs ont sévi du 12 au 25 janvier, date à laquelle le thermomètre montait, dans d’après-midi, à 4°, mais où l’on observait encore dans la matinée un minimum de — 9°.o. Le minimum absolu mensuel —n°,4 a été observé le 24. Il y a eu 24 jours de gelée, dont 16 consécutifs du 11 au 26, sur lesquels 14 consécutifs ont présenté des températures moyennes inférieures à o° et i3 consécutifs des maxima également inférieurs à o°. Ce n’est pas la période la plus froide, mais c’est la période la plus longue sans dégel que l’on rencontre dans les 41 mois de janvier que comprend actuellement la série des observations du Parc Saint-Maur.
- La durée totale de l’insolation, 68 heures, est en excès de 7 heures, la nébulosité inférieure à la normale.
- La hauteur mensuelle de pluie 35mm,5 s’écarte peu de la moyenne de 5o ans (1851-1900). Le rapport est de 0,91 ; mais on ne compte que 10 jours de pluie appréciable. 11 y a eu en outre 6 jours de pluie ou neige en quantité non mesurable.
- La Marne a charrié à partir du 16 janvier; elle transportait encore quelques glaçons le 26.
- Pression barométrique (Alt. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 762ram,o4; minimum absolu : 748”“,6 le 6. à 4'14ora; maximum absolu : 771““,9 le 2 à 10 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, —3°,35 ; des maxima, 2^,77; des 24 heures, — o°,3i. Minimum absolu, —n°,4 le 24; maximum absolu, ii°,7 le 9. Amplitudes diurnes : moyenne 6°, 12; la plus élevée, i3°,o le 20; la plus faible, i0,g le 10. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, — 5°,95 ; des maxima, 7°,82. Minimum absolu, —15°,9 le %\\ maximum absolu, i4°,6 le jo. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. o”,3o) à 9 heures : 20,12; à
- 21 heures : 2°,n; (prof. ora,65) à 9 heures : 3°,82; à
- 21 heures : 3°,78; (prof. 1 m.) à 9 heures : 5°,28; à
- 21 heures : 5°,22. De la Marne. — Moyennes : le ma-
- tin, i°,5y; le soir, i0,64- Minimum: o°,oo du 21 au 23; maximum : 4°,7* le 11.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 4mm, 16; minimum absolu : imra,9 le 24 à 7 heures et 8 heures; maximum absolu : 9mm,5 le 9 à 20 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 87,2; minimum absolu : 49 le 16à 14 heures; maximum absolu : 100 à 18 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 6,4; 5 jours entièrement clairs : les 7, 16, 17, 24, 25; 8 jours complètement couverts : les 2, 3, 9, 10, 20, 28, 29 et 3o.
- Insolation. — Durée possible : 269 heures; durée effective : 68 heures; rapport : o,25.
- Pluie. — Total du mois : 35mm,5 en 38h,5. Maximum en 24 heures : 7”“",6 le 26.
- Nombre de jours : de pluie : 16; de pluie appréciable (supérieure ou égale à omm,i) : 10; de pluie supérieure ou égale à iram : 6; à 5mm : 3 ; de neige, 7; de grêle, 2; de grésil, 3; de gelée, 24 dont 14 consécutifs et i3 également consécutifs sans dégel ; de brouillard : 9 ; de brume : 13 ; de givre, 3; de verglas, 1; de gelée blanche : 14 ; de halo lunaire : 1.
- Fréquence des vents : calmes, 48.
- N . . . 4i S. E. . . . 0 W . . . . 25
- N. N. E i4i S. S. E. . . 26 W. N. W . 10
- N. E. . 121 S 98 N. W. . . 25
- E. N. E. >7 S. S. W . . 124 N. N. W . 3
- E . . . 5 S. W . . . 41
- E. S. E. 2 W. s. w. . *7
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3m,i5; moyenne diurne la plus élevée : 7m,i le 5 ; la plus faible : im,2 les 2, 28 et 24; vitesse maximum : nm,5 le 5 à i8h27”; direction correspondante : S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 4m, 14 ; minimum : 2m,78 le 28; maximum : 4m,9i le 7.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression : -f- 3mm,o8; température : —2°,62; tension de la vapeur :
- — omm,76; humidité relative : —(— 0,1; nébulosité :
- — 0,6; pluie : —4””,o; jours de pluie appréciable :
- — 4 ! insolation : -}- 7 heures.
- Radiation solaire. — 8 observations faites à 7 dates différentes ont donné comme valeur maximum Q = ocal,83 le 12 à ioh 49”.
- Taches solaires. — On n’a constaté la présence d’aucune tache aux 14 dates auxquelles l’état du ciel a permis l’observation du Soleil.
- Perturbations magnétiques. — Faibles les 5, i4-i5, ' 16 et 22.
- Mouvements sismiques. — Le 8, début à ohi8”ii% phases confondues, fin vers oh 20” (tremblement de terre de Bretagne); le 12, début à gh4imos, ph. pie. de ioh i6mà ioh3i”, fin à i2h2om (distance probable environ 9600 km) correspond à 1’éruption volcanique du Japon; le 20, début à I2hi2mi7s, ph. pie. de i2h42”à i2h54m, fin vers i3h5o” (distanceprobable 85oo km); le 3o, début à 3h54m4is; ph. pie. de 4h 3om à 5h r, fin après 8 heures (distance probable 8100 km); le 3o, ph. pie. de 8h 33” à 8h4o”.
- Des mouvements très faibles ont été en outre enregistrés le 2, de 4h 3o“ à 5 heures; le 3, de gh55” à ioh3o”, de igh i5“ à i9h55m et de 22h5i”à 23h 10“; le 7, de 20h 6“ à 2oh5o”; le 8, de 5hi5” à 5h4om; le i5, de 2o''35” à 2ih35”; le 26-27, de 23h20”à oh 25”.
- VARIETES
- Cultures-express décoratives. — Certaines graines, en particulier celles d’agrostide, de cresson alénois, de lin, possèdent la propriété de germer sous l’influence de la moindre humidité, pour donner de petites plantes vertes, vigoureuses et drues, dont on peut mettre à profit la venue rapide pour faire certaines décorations curieuses.
- C’est ainsi que dans les quincailleries horticoles, on vend des bonshommes en terre cuite contenant au-dessus de la tête, des yeux et de la bouche, de petits évidements destinés à recevoir des graines. Qu’on arrose le tout, et la terre poreuse absorbe l’eau et retient l’humidité, ainsi conservée, à la constante disposition des plantes. Au bout de quelques jours, notre curieux bonhomme est orné de poils engazonnés dont le vert clair fait sur le rouge du visage le meilleur effet. Un fabricant de mix-
- ture à faire pousser les cheveux envierait la photo de notre héros coiffé en brosse, et la moustache dressée à la Guillaume, pour en orner ses prospectus !
- On peut aussi — mais la réussite est plus délicate et subordonnée à l’installation du jardin ambulant dans un endroit où rien ne risque de le détériorer — semer les graines sur la carapace d’une tortue ! On y place un morceau de drap, dont les bords forment bourrelets, on sème des graines et on arrose de temps en temps : au bout de quelques jours, la tortue, en se regardant dans un miroir, ne se reconnaîtrait plus ; elle a l’air d’un porteur de hotte se livrant au commerce du cresson....
- Une autre méthode consiste à mettre sur un vase plein d’eau une légère couche d’ouàte non hydrophile, puis à y semer des graines.)
- Le tout étant laissé dans un endroit tiède, sans agi-
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- VARIÉTÉS
- tation, pendant quelques jours, on obtient un singulier petit jar lin tlottant, où l.t limpidité de l’eau, la blancheur du coton et la verdure des herbes forment une jolie féerie de couleurs.
- Enlin, nous connaissons un dernier moyen d’utilisation permettant d’obtenir d’encore plus jolis elfets. Une « suspens on » rustique peut être faite avec une grosse éponge bon marché, trempée dans l’eau chaude jusqu’à ce qu elle soit complètement gonliée. On la presse modérément de maniéré à ne 1 égoutter qu’à moitié, puis on introduit dans les trous des graines mélangées de millet, de trèfle rouge, de pourpier, d’orge, de ray-grass, de
- lin, etc., toutes plantes à germination facile et rapide et à feuillages de tonalités et de formes très variées.
- La boule ainsi préparée est suspendue par une ficelle — assez grosse pour ne pas couper l’éponge — dans l’embrasure d’une fenêtre ensole liée (on peut d’ailleurs aussi, mais c’est moins pittoresque, poser l’éponge dans une coupe, ou même sur une assiette). Durant une semaine, on l’arrose modérément chaque matin d’une légère pluie fine : en peu de temps, on obtient une boule de verdure épaisse, aux feuillages joliment emmêlés dont les nuances diverses diaprent le fond vert de capricieuses bigarrures, H. Rousset.
- JfeC
- Igsc
- HYGIENE ET SANTE
- 05^
- La tuberculose dans les maisons de Paris. — La
- Préfecture de la Seine vient de publier le Rapport de M. Juilleral ichef du bureau admininistratif des services d’bygiene de la ville de Paris), sur les recherches oiïectuées au Bureau du casier sanitaire pendant l’année 1912 — relatives à la répartition de la tuberculose et du cancer dans les maisons de Paris. (Paris. E. Desfossés, imprimeur, 13, quai Voltaire, 1913)-En vo ci quelques intéressants extraits :
- « Le progrès que nous avions constaté depuis 1909, •dans la diminution de la tuberculose pulmonaire, s’affirme encore en 1912.
- « Cette année en effet (19ta), nous enregistrons seulement 1281 décès, soit 90 de moins qu’en 1911 ;
- « En comparant ce chiffre à ceux des années précédentes, nous voyons qu’il est inférieur de 168 à celui de 1910; de 433 à celui de 1909 et de 981 à ceux de 1907 et 1908
- « Depuis 1908, le progrès est donc constant, et si nous ajoutons qu’au tGr juin 19ï3, nous avons enregistré 363 décès de moins qu’à la même date de 1912, on voit que l’on peut espérer que l’heureux mouvement qui se produit depuis 4 ans ne semble pas devoir s arrêter encore.
- « u des maisons classées comme des foyers tuberculeux ont été démolies en 1912, ce qui, depuis igoî, porte à 61 le nombre de celles qui ont disparu et qui. dans leur ensemble, abritaient 4162 habitants.
- « Depuis ’9o5, l’administration poursuit avec persévérance et d’une manière méthodique l'amélioration des maisons classées comme tuberculeuses
- « Du ior octobre iqo5 au ï01, janvier 1912, le service d’hygiène a procédé à des enquêtes dans 2183 maisons comprises parmi les 5263 signalées comme des foyers de tuberculose.
- « Pendant l’année 1912, 275 maisons nouvelles ont été visitées, ce qui porte à 2758 le nombre des maisons enquêtées au ier janvier 1913.
- « Le bureau des services d’hygiène a poursuivi contre les propriétaires, en application de la loi du i5 février 1912, l’exécution des travaux ou l’observation des inter-
- dictions d’habiter reconnues nécessaires par le service technique de l’hygiène de l’habitation.
- « A la Hn de 1912, sur les 2758 maisons visitées, 1758 sont assainies; les autres sont en voie d’assainissement. »
- Conclusions. — « Tout d abord les travaux du Casier sanitaire ont démontré d’une manière précise que l’obs-cu ité du logement, l’absence de lumière solaire dams les chambres habitées est un des principaux facteurs, sinon le principal, de la propagation de la tuberculose.
- « En second lieu, ces travaux qui avaient fait connaître les maisons parisiennes dont la mortalité était anormale pour une période importante (du icr janvier 1894 au * 1 décembre 1904) ont amené M. le Préfet à rechercher les causes de cette nocivité particulière de certaines maison^ et les moyens d’y remédier.
- « La Commission spéciale composée de savants et de fonctionnaires, chargés en tpoî d'étudier la question, adopta le programme d’action que nous lui soumtme' et, depuis cette époque, c’est ce programme dont 1 exécution s est régulièrement poursuivie.
- « Les maisons que nous avions signalées comme des foyers de tuberculose ont été visitées minutieusement, et leurs propriétaires invités à y faire exécuter les travaux nécessaires pour les assainir, par application de la loi du 1 > février 1902.
- « Sur les 231 o.38 chambres dont se composent les 2758 maisons visitées au ior janvier 191 $, il en a été trouvé 11 922 absolument privées d’air et de lumière et il a été reconnu que c’était cette obseu'ité des chambres habitées qui constituait la tare particulière de ces maisons.
- « Dans i5n maisons, habitées par 1(4226 personnes, la suppression des chambres obscures a amené une diminution dans le nombre des décès tuberculeux, de 2,3q pour 1000 habitants
- « Leu à peu, par suite des travaux d’assainissement qui y sont exécutés, les maisons que nous avons notées comme tuberculeuses tendent à voir leur mortalité s’abaisser au taux moyen de la mortalité de la ville entière. »
- £0C
- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- aUL
- 3^
- Réparation des objets en marbre. — A 100 gr. de
- résine fondue à feu doux, incorporer 5 gr. de chaux vive pure (chaux de marbre) puis Ogr. d huile de lin
- D’autre part, mettre baigner i5o gr. colle forte dans le moins d eau possible puis chauffer jusqu à homogénéisation.
- Mélanger les deux mixtures et y incorporer suffisamment de craie lavée, ou de marbre convenablement coloré qu’on a pulvérisé très finement.
- On moule en bâtons se durcissant par refroidissement et qu il suffit de chauffer au moment de l’emploi pour transformer en un mastic bien fluide. Apres application et refroidissement, le ciment est gratté, puis poli comme le marbre.
- {Revue de chimie industrielle,)
- Mastic pour meubles. — Les fentes des meubles peuvent être mastiquées au mastic ordinaire des vitriers mais cela présente des inconvénients; les fentes paiais-sent en teinté plus pâle que le reste d^ la boiserie, la masse sub t eu séchant un retrait provoquant nullement de nouvelles fissures. Nous avons obtenu d’excellents résultats pour obturer les fentes de vieux meubles en bois d’essences diverses, en employant un ciment à base de vernis à l’ai ool dans lequel on malaxe suffisamment de blanc de Meudon. On prend un vernis coloré assorti a la nuance du bois (vernis acajou, vernis pitch| iu. ite.) et on y ajoute du blanc en poudre fine, tandis que le mélange est sans cesse malaxé, jusqu’à consistance convenable. On applique à la spatule ou au couteau de vitrier.
- (Laboratoire de La Aature.)
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- BOITE AUX LETTRES
- Q0L
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond égalent <‘iit dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements .im lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches m. nécessaires, il ne peut être répondu que
- dans un dé1 quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Convertisseurs à mercure à ampoule de verre, Société Westinghouse Cooper-Hewitt, rue du Pont, à Suresnes ; convertisseurs à enveloppes métalliques, Société française A. E. G., 42. rue de Paradis, Paris.
- Correspondance. — La volatilisation de la neige. — Un de nos correspondants, M. Charles, ingénieur à Oullins, a observé d’une façon frappante le phénomène de la volatilisation de la neige, sans fusion préalable. La couche de ne ge tombée le i3 janvier, pur une température de —6°, soumise pendant toute la journée et toute la nuit du 14 à des températures d’au moins — 5°, avait fortement diminué le i5 au matin et disparu dans toute la ville le i5 à midi, sans avoir subi de fusion et sans avoir été balayée par le vent. Le phénomène est très simplement explicable, car la glace a une tension de vapeur appréciable et, par les temps bien secs, elle s’évapore tout comme l’eau et cela sans passer par l’état liquide.
- Renseignements. — M. Henri Jeanson, Paris. — L’essence d’aiguilles de pin préparée dans le Tyrol est vendue par la maison Schimmel. de Leipzig.
- /. F.. Chartres. — Le mal de mer. — i° Le meilleur préservatif est de rester immobile, couché et le ventre modérément serré par une ceinture de flanelle; 20 aucun moyen n’est sûrement'efficace. Ce qui réussit aux uns ne réussit pas aux autres. L’antipyrine, le chloral et bien des médicaments ont été essayés. 3° il existe une Ligue contre le mal de mer, nous ignorons son adresse.
- M. le Dv G. Patrelt, à Bucarest. — Les charbons à combustion lente pour chaufferettes sont imprégnés d’un sel de plomb : ce procédé ne peut évidemment servir pour un combustible de calorifères. Les briquettes dont vous parlez doivent être simplement des agglomérés de tourbe, ou de poussière de charbon et de brai.
- 'M. Nogué, rue Turbigo. — A notre grand regret, nous ne pouvons aller à domicile pour démontrer l’appli-
- cation de nos recettes. Mais nous répondrons bien volontiers à toute demande p«>ur préciser un détail, ou donnerja raison d’un insuccès.
- M. A. Les Farges (Haute-Vienne). — A notre avis, si les eaux chargées de matières organiques en décomposition sont fertil santés et peuvent être utilisées pour l’irrigation des prairies (eaux de villes, de villages ou de cours de fermes), il ne nous paraît pas recommandable d’employer, à ce même usage, des eaux d usine, chargées d oléonaphtes, même dans la faible proportion que vous indiquez, non pas par l’analyse, mais par une simple évaluation manquant de précision. Il se peut, en effet, que ces eaux, contenant des substances grasses et répandues en forte quantité, occasionnent, à ia longue, un ralentissement, sinon une entrave complète, à la nitrification. Les dépôts, sédiments et irisations constatés le long des canaux et à la surface de l’eau de l’étang paraissent. à cet égard, un indice a retenir. D’autre part, nous ne pensons pas qu’on puisse compter sur des phénomènes de dialyse ou d’oxydation des hydr ocarbures qui constituent les huiles lourdes de pétrole ces phéno-mènes ne pouvant se produire que trop lentement et par conséquent sans supprimer tout inconvénient pour la végétation. Néanmoins, on peut essayer do réaliser unè sorte d épuration de ces eaux, à l’air libre, en leur faisant suivre un certain parcours avant de les répandre sur les prairies.
- M. J. Fallou, à Paris. — Voici les indices de réfraction desliquides très réfringents (plus de 1,6) : phosphore surfondu 2,06; sulfure de carbone 1,63 ; tribi-omure de phosphore 1,69 ; thallium-alcoolate 1,67; tribromoéthy-lène 1,61; bromonaphtalène 1.66; iodobenzène i,63q diiodométhane 1,74- Tous ces indices concernent la raie R du spectre. Sauf le phosphore, tous ces produits sont liquides à la température usuelle des manipulations.
- M. Herbin, à Buenos-Ayrcs. — Pour décorer une vitre en y collant des morceaux de verre, employer sim* plement une solution concentrée de silicate sodique : l’adhérence sera parfaite si vous opérez du côté non exposé à la pluie. Il serait dangereux d’employer un fondant fusible à chaud, parce qu’on risque.toujours de 'faire casser le verre en le chauffant plus à un endroit qu’à l’autre.
- Jteo
- 1go
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Fourrures et plumes en 1913 ; E. Trouessart. — Batteries mobiles Schneider sur voie ferrée : Jacques Boyer. — La sténotypie : Lucien Fournier. — La délimitation du Congo : André Gariot. 2$ années de la santé de la France : la lutte contre la fièvre typhoïde : E.-A. Marteu. — Chronique. — Académie des sciences ; Ch, de Viluedeuil.
- Supplément. — La longitude Paris-Uccle. — L’eau des sources thermales de Bath. — L’eau des vais de Loire à Paris. — Un concours de tracteurs militaires. — Le trmitrotoluène explosif de l’avenir. — Record d’altitude en aéroplane, etc.
- Publications du Dominion Observatory. L’observatoire d’Ottawa vient de publier les cinq premiers numéros d’une nouvelle publication qui s’annonce comme devant être fort importantè. Il est impossible ici de rendre compte rapidement des cinq fascicules qui renferment des études très variées : de Otto Klotz, sur le tremblement de terre du 28 avril 1913 ; de F. B. R.eid, sur le nivellement de précision du service géodésique ; de Douglas H. Nelles, sur les déterminations précises de niveau ; etc. Nous mentionnerons plus particulièrement une étude de W. E. Harper sur une binaire spectroscopique. Découverte par Moore en 1907 et classée par Haward dans le type hydrogène, l’étoile 88 de Tauri a fait l’objet de 28 spectrogrammes qui permettent de déterminer son orbite : la période de 3.5712 jours se trouve confirmée. Mais, bien que faible, le second spectre est suffisant pour fixer à 0,47 le rapport des masses des composantes, valeur inférieure à ce que
- l’on trouve généralement (entre 0,7 et l’uuité). Les déterminations de Lick au Mont Wilson ne sont pas entièrement d’accord avec celles d’Ottawa, et, cependant, l’on peut considérer ce couple intéressant comme actuellement bien déterminé.
- I. L’air, l’acide carbonique et Veau : mémoires de Dumas, Stas et Boussingault. i vol. in-8°. Prix : 1 fr. 3o.
- IV. Molécules, atomes et notations chimiques : mémoires de Gay-Lussac, Avogadro, Ampère, Dumas, Gaudin et Gerhardt. 1 vol. in- 8°. Collection des « Classiques de la Science ». Prix : 1 fr. 20.
- Nous avons déjà signalé, à l’occasion des deux premiers volumes parus, le grand intérêt de cette collection des classiques de la science. Les deux nouveaux volumes de la collection sont consacrés, l’un aux mémoires de Dumas, Stas et Boussingault sur la composition de l’air, de l’acide carbonique et de l’eau, l’autre aux travaux de Gay-Lussac, d’Avogadro, d’Ampère, de Dumas, de Gaudin et de Gerhardt qui ont conduit à la définition des poids moléculares et atomiques, à la notation chimique universellement adoptée aujourd’hui.
- Histoire de la musique, des origines à la mort de Beethoven, par M. J. Combarieu. Tome I : « Des origines à la fin du xvi° siècle ». In-8°, x-65o pages, avec de nombreux textes musicaux. Tome II : « Du xvn‘ siècle à la mort de Beethoven. » ln-8°, 708 pages, avec de nombreux textes musicaux. Colin, Paris. Prix de chaque volume ; 8 francs.
- Ce très important ouvrage, qui nous paraît combler
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- BIBLIOGRAPHIE
- une lacune, s’adresse à tous les amis de la musique et à tous ceux qu’intéresse simplement une histoire générale et complète de la civilisation. L’auteur y fait œuvre d’art en même temps qu’œuvre de science. L’ensemble de l’histoire de la musique est ramené par lui à trois périodes : i° la magie musicale et l’incantation chez les primitifs ; 20 le lyrisme religieux des cultes
- organisés; 3° l’art sécularisé. L’auteur, qui a poursuivi personnellement de longues recherches ne craint pas d’aborder l’étude des manuscrits eux-mêmes, d’exposer les questions techniques en apparence si ardues et dont jaillit souvent une brusque lumière. Il le fait avec simplicité et précision. L’ouvrage est accompagné de nombreuses citations musicales — souvent même
- de morceaux entiers. Comme ayant une ampleur particulière, nous indiquerons les chapitres sur Lulli et la cour de Louis XIY, sur les clavecinistes et les « brunettes » du xvm° siècle, sur J.-S. Bach, sur la Révolution et la musique, sur les commencements du romantisme avec Weber et Schubert. Au seul Beethoven, étudié comme homme et comme compositeur, sont consacrés les quatre derniers chapitres du second volume où I on trouve une analyse des 3s sonates pour piano, des IX symphonies et des 16 quatuors. M. Corriba-rieu termine en discutant une théorie de R. Wagner où toute l’esthétique musicale est en question. Le second volume comprend, avec les tables d’ensemble, un Index très étendu par noms propres et par matière.
- Jteo
- IgD
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- QâC
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur ; altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE do 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 février 1914. 6°,7 S. S. E. 2. Couvert. » Couvert jusqu’à 17 lu; peu nuageux ensuite ; halo.
- Mardi lu 3°,8 S. S. E. 2. Peu nuageux. » Nuageux le matin; beau le soir; gelée blanche.
- Mercredi 11 4°,2 S. S. E. 2. Peu nuageux. 0,4 Nuag. jusq. 9 h. ; couv. ensuite; gel. bl. ; averse à 231i. et à 23 h. 30.
- Jeudi 12 9°,1 S. S. W. 3. Couvert. » Nuageux jusqu’à lü b., beau ensuite.
- Vendredi 13 ... . 4°,3 S. W. 2. Beau. J> Beau le matin; nuageux le soir; gelée blanche.
- Samedi 14 8°,3 S. S W. 4. Couvert. S,2 Couvert; pluie à diverses reprises jusqu a 9 h. 30.
- Dimanche la. . . . il °,1 S. S. W. 3. Couvert. 0,3 Couvert ; pluie vers 1 h. bO et 20-21 heures.
- FEVRIER 1914 — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 FEVRIER 1914.
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- Lundi 1 Mardi l Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 9 au 14 février. — Le 9. Basses pressions sur le N. et l’O. : Féroé, ?3i mm; la Corogne, 751; hautes pressions sur le Centre et le S. : Budapest, 771 ; Odessa, 772. Neiges dans le N., pluies sur l’O. : Sîcié : 19 mm; La Hague, 10. Temp. du matin ; Spitzberg, —270; Arkhangel, —15 ; Vienne, —10; Gap, —2; Nancy, -f-3; Brest, 9; Toulouse, 10; Alger, 12; moyenne à Paris : 8°,7 (normale : 3°,3). — Le 10. Dépression sur l’Islande (Westmanoer ; 735 mm); la pression se relève sur l’O. Pluies sur le N. et l’O. : Cette, 23 mm; Ouessant, ifi; Sicié, i3. Temp. du matin : Spitzberg,
- — 25°; Arkhangel, —9; Berlin, +1; Nancy, 2; Toulouse, 7; Brest, 8; Alger, 14 ; moyenne à Paris ; 8° (normale : 3°,3). — Le 11. Basses pressions sur l’O. et le N. : Stornovvay, 734 mm; aire anticyclonique sur l’E. : Bucarest, 774 mm ; Prague, 77a. Pluies sur le N. et l’O. : ballon de Servance, 32 mm; Nice, 25; Bordeaux, 18; Cherbourg, t5. Temp. du matin ; Spitzberg,
- — 34°; Arkhangel, —16; Vienne, —4; Bordeaux, ~f- 5 ; Brest, 9; Marseille, 10; Alger, 14; moyenne à Paris : 70,8 (normale : 3°,4). — Le 12. Profonde dépression sur
- le N.-O. : Seydisfjord, 729 mm; fortes pressions sur le S. et l’E. Pluies sur le N. et l’O. : Nice, i3 mm; Cherbourg, 8. Temp. du matin : Arkhangel, —90 ; Vienne, — 7 ; Saint-Pétersbourg, -f- 2 ; Limoges, 7 ; Charleville, 9; Marseille, 11 ; Alger, i3; moyenne à Paris : 9°,i (normale : 3°,5). — Le i3. Basses pressions sur le N. et l’O. : Westmanoer, 733 mm; hautes pressions sur l’Espagne ; Madrid : 775. Pluies sur l’O. : Cherbourg, 3z mm; Brest et Limoges, 6; Paris, 5. Temp. du matin : Vienne, —6°; Saint-Pétersbourg,
- — 2; Belfort, o; Bordeaux, —5; Brest, 8; Marseille, 9; Alger, 13; moyenne à Paris : 7°,8 (normale ; 3°,5).
- — Le 14. Profonde dépression sur le N.-O. : Féroé, 724 mm; Ecosse, 730; hautes pressions sur l’E. et le S. ; Iiharkof, 774 mm; Madrid, 773. Pluies sur le N. et l’O. : Puy de Dôme, i3 mm; Charleville, 11; Paris, 1. Temp. du matin ; Spitzberg, —170; Varsovie, —3; Saint-Pétersbourg, o; Lyon, -}- 1; Charleville, 6; Brest, 10; Port-Vendres, 12; moyenne à Paris : io°,2 (normale : 3°,6). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 10, à 17 h. 35 m.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : tzo, Boulevard Saint-Germain, Paris (YPJ
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2127. — 28 FÉVRIER 1914.
- supplément.
- INFORMATIONS
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- Un danger de la télégraphie sans fil à bord de certains navires. — La télégraphie sans fil, qui a déjà permis de sauver un si graud nombre d’existences dans des naufrages ou autres accidents de mer, pourrait-elle devenir elle-même, dans certains cas, un élément de danger? Nous n’avons pas besoin de rappeler à nos lecteurs le récent article de M. Duroquier à ce sujet. Les _ appréhensions de M. Duroquier paraissent confirmées par une commuDication très intéressante que se prépare à faire, au monde maritime, le Bureau de la navigation des Etats-Unis, section du commerce. Il faut savoir le plus grand gré à l’Administration navale des Etats-Unis, qui a déjà donné et donne tous les jours de si grandes preuves de sa vitalité et de son activité, de chercher à écarter les chances d’accidents avant qu’ils se soient produits. Il s’agit ici des navires, plus nombreux d’année en année, qui transportent de la gazoline ou toutes autres substances pouvant dégager des vapeurs inflammables, vapeurs susceptibles de s’enflammer au dégagement d’une étincelle électrique. Voici les instructions que le Bureau de la navigation vient de donner à ses inspecteurs à ce sujet :
- « Lorsque vous inspecterez les appareils de télégraphie sans fil à bord de navires faisant les transports de gazoline ou substances similaires, qui peuvent être mises en feu par une étincelle électrique provenant du fonctionnement de l’appareil de T. S. F., vous porterez une attention particulière à l’isolement des antennes, au gréement métallique du navire, dans lequel des courants induits peuvent s’établir, lorsque l’appareil de T. S. F. est en action, provoquant ainsi la production d’étincelles entre les cordages métalliques. » L’attention des capitaines et propriétaires de navires et celle des Compagnies de télégraphie sans fil seront appelées sur ce danger.
- L’emploi de la T. S. F. à bord des navires engendre dans les antennes un énorme potentiel ou des voltages très élevés. Si l’isolement de ces antennes est quelque peu défectueux, ce haut potentiel détermine la production d étincelles électriques qui traversent l’isolant dans leur effort pour toucher le sol. Il n’est pas rare, à bord des bâtiments marins de la T. S. F., lorsque ces appareils fonctionnent, d’entendre le craquement des étincelles qui s’échangent entre deux cordages métalliques dans la mâture, ou de voir ces étincelles s’il fait nuit. Beaucoup de navires chargeant du pétrole, de la gazoline ou autre substance semblable, portent des appareils de T. S. F. Il arrive que les tuyaux d’aération des compartiments, où sont renfermées ces substances, s'élèvent assez haut et portent des orifices dans le voisinage des antennes ou de parties du gréement métallique où se produisent les étincelles dont il vient d’être parlé et il est facile de se rendre compte du danger
- auquel ces bâtiments sont alors exposés. Ils sont sous le coup d’une explosion générale qui les ferait disparaître en un instant. Sauvaire Jourdan.
- Epuration des vinasses résiduelles de distillerie.
- — Ce qui reste dans les alambics après que la distillation en fit partir l’alcool constitue la vinasse, riche en matières azotées, acides organiques et sels minéraux divers. On ne peut jeter la vinasse à la rivière, parce qu’elle fermente en infectant l’eau courante et ce serait d’ailleurs regrettable, étant donnée sa richesse en divers éléments utiles. Aussi a-t-on proposé force procédés pour l’utilisation de ces vinasses. Celui que viennent d’imaginer MM. Müntz et Notin se distingue par son originale simplicité. Ces savants font circuler le liquide dans des plateaux en y ensemençant des spores d’une moisissure (Sterigmatocystis nigra) se développant très rapidement dans ce milieu favorable. On obtient un feutrage qui, séché, constitue un des meilleurs engrais organiques connus ; et la vinasse est d’autre part débarrassée des trois quarts de ses matières organiques. Pour achever de l’épurer, il suffit de l’épandre en arrosages sur une colonne pleine de morceaux de tourbe : il y a oxydation bactérienne comme dans le traitement des eaux d’égoùt par le procédé Calmette : le liquide imputrescible et clair coulant au bas de l’appareil ne contient plus d’azole. Seuls restent les sels minéraux, qui rendent précieuse l’eau résiduaire pour les irrigations.
- Les différentes formes de l’arsenic. — Un certain nombre de substances et notamment de corps simples peuvent se présenter sous diverses formes possédant des propriétés physiques différentes. C’est ainsi que l’arsenic possède des formes très variées: l’arsenic métallique hexagonal, de densité 5,37 ; l’arsenic jaune cubique, obtenu par cristallisation dans le sulfure de carbone et de densité a,o3; L’arsenic gris ou noir, moins bien défini que les précédents, qui constitue les dépôts miroitants d’arsenic et de densité 4,60 à 4>72; l’arsenic brun foncé, formé par réduction des sels d’arsenic en solution aqueuse et de densité oscillant entre 3,7 et 4,7- Ces deux dernières variétés, dont l’étude avait été négligée jusqu’ici, viennent de faire en Allemagne l’objet d’un travail intéressant. Elles ne paraissent pas définies et ne sont que des états variables de désagrégation physique de la variété métallique, les produits brun plus ou moins clair représentant un état de division plus considérable que les produits miroitants noirs ou gris.
- Gisements de pétrole de l’Argentine. — D’après un article récent delà revueFrance-Amérique et d’après la statistique minière italienne, on vient de trouver d’importants gisements de pétrole en République Argentine dans des conditions qui sont tout à fait curieuses et propres à faire concevoir des espérances pour d’autres
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- INFORMATIONS
- régions. Sous la direction de l'ingénieur Hermitte, on a organisé, dans ce pays, tout un programme méthodique de prospections souterraines, auquel on s’étonne que les gouvernements européens ne se soient pas encore résolus, étant donnée la facilité qui en résulterait pour eux de nationaliser, suivant la tendance actuelle, des richesses minières nouvelles. C’est de cette façon qu’en 1907 on a trouvé, à 5oo mètres au-dessous du niveau de la mer (535 mètres de profondeur dans les sondages), une couche pétrolifère à Comodoro Ri-vadavia dans le vaste territoire situé entre le Rio Chubut et le détroit de Magellan, au sud de ' l’Argentiner. Aucun signe superficiel ne l’annonçait. Dès le premier sondage, on eut une colonne de pétrole de 25 mètres de haut donnant au début roo tonnes à l’heure. Une Commission se transporta sur place à la fin de 1911 et l’on a, depuis ce temps, foré une douzaine de puits qui ont trouvé le pétrole entre 5oo et 64o mètres.
- Le gouvernement s’est réservé une zone de 5ooo hectares. D’après les rapports, le débit moyen des puits jaillissants serait de 40 000 litres par puits et par jour, comparable à celui des puits de Bakou. L’étendue du champ pétrolifère est encore inconnue ; mais, dès à présent, cette découverte présente le plus grand intérêt pour l’Argentine qui devait dépenser 200 millions de francs par an en achats de combustibles à l’étranger. On a également signalé d’autres points pétrolifères dans les provinces de Saba et de Jujuy et dans le département de Cristobal au nord-ouest de la province de Santa-Fé., S’il en résultait la démonstration d’une zone pétrolifère en profondeur sur le flanc est de la chaîne Andine, l’avenir économique de l’Amérique du Sud sè trouverait singulièrement modifié.
- Gisements de graphite à Madagascar. —
- Depuis 1909, les découvertes de graphite se sont multipliées à Madagascar depuis le massif d’Ambu jusqu’à Fort-Dauphin. Le graphite est intercalé dans le gneiss décomposé et paraît en rapport avec des venues de pegmatite ou de quartz comme à Ceylan. La production s’est rapidement développée : i5oo tonnes en 191 r,
- 3ooo en 1912. Il s’agit là d’une découverte beaucoup plus importante pour notre colonie que celle des charbons très médiocres situés dans le sud-ouest à Japanera et Ambohibaty.
- Incubation artificielle et incubation naturelle. — Le Bulletin de l'Institut international d’agriculture donne les résultats d’une série d’expériences poursuivies par M. Bréchemin sur la valeur respective de l’incubation artificielle et de l’incubation naturelle. Les recherches ont porté, d’une part, sur trois dindes et trois poules auxquelles on confiait 100 œufs et, d’autre part, sur une couveuse artificielle où l’on plaçait 100 œufs préalablement mirés. Les expériences poursuivies pendant trois mois ont donné comme résultats : pour l’incubation naturelle, 158 poussins sur 24* œufs fécondés; pour l’artificielle,
- 209 sur 243. D’autre part, au bout de trois mois, il ne restait que 75 des 158 poussins confiés à l’élevage naturel, tandis qu’il en restait 194 sur les 209 élevés artificiellement. L’incubation et l’élevage artificiel sont donc très nettement supérieurs et doivent être préférés chaque fois qu’il s’agit d’une installation d’une certa ne importance.
- L‘étude des icebergs à distance. — Depuis la catastrophe du Titanic, les Américains ont fait, sur deux croiseurs, le Ckester et le Birmingham, des recherches destinées à trouver le moyen de déceler à distance les icebergs errants. On a d’abord songé à étudier la température de la mer et on a enregistré, à la surface, à 17 mètres de profondeur et à 5o mètres, des graphiques thermométriques cont nuf. La conclusion a été négative. L’action de refroidissement des icebergs est insignifiante et une foule d’autres causes donnent des effets supérieurs. On a également songé à se baser sur
- Le Zeuglodon.
- les échos sous-marins que pourraient donner ces montagnes de glaces immergées. En installant des cloches-sous le navire, on a, en effet, entendu quelques échos dont on essaye actuellement d’augmenter l’amplitude.
- Le Zeuglodon. — La galerie de Paléontologie du Muséum d’Histoire naturelle de Paris vient de s’enrichir d’une tête de Zeu-glodon que M. le professeur Boule a réussi à se procurer. En même temps, le National Muséum de Washington vient de terminer le montage d’un squelette tout entier du même animal. Ces Zeuglodon que l’on va donc pouvoir admirer en France et aux Etats-Unis sont de très intéressants animaux. Pris d’abord pour de gigantesques reptiles et baptisés du nom de Basilosaurus, reptile-roi, ils furent ensuite reconnus pour être des mammifères du groupe des Cétacés. Aujourd’hui, on en connaît de nombreux restes, et le squelette du National Muséum a été reconstitué au moyen de deux squelettes incomplets trouvés en 1894 et 1896 dans l’Alabama. Lés Zeuglodon étaient des cétacés énormes, pouvant atteindre jusqu’à 3o mètres de long — celui de Washington a 16 in. 5 — dont les mâchoires étaient munies de dents rappelant celles des phoques actuels; les membres antérieurs étaient hautement spécialisés pour la nage et rappelaient ceux des baleines et des lions-de-mer, les membres postérieurs étaient rudimentaires. Faut-il voir en eux les ancêtres des baleines comme certains caractères anatomiqties le feraient penser? Sont-ce des descendants du Zeuglodon, qui, rencontrés en mer, notamment dans la baie d’Along, ont donné lieu — comme on l’a prétendu — aux multiples descriptions du grand serpent de mer? Nous reproduisons simplement ici l’aspect du squelette du National Muséum.
- L’acclimatation à Tobago des oiseaux de Paradis. En 1911, sir William Ingram importa dans les petites îles de Tobago le grand Oiseau de Paradis. Son fils, M. Collingwood Ingram, vient de visiter cette île et envoie à la Société Nationale d'Acclimatation l’intéressante lettre suivante : « Nous avions, dit il, reçu des rapports encourageants, mais quelquefois contradictoires, et c’est avec un sentiment de réel soulagement que nous entendîmes, un peu après notre débarquement, le cri d’un Oiseau de Paradis ; nous ne pouvions nous y tro mper : ainsi, un Oiseau, au moins, avait survécu à son exil de trois ans. Bientôt un autre Oiseau se fit entendre et son camarade l’appelant, il s’éleva de la forêt et vola à travers la vallée ; il passa tout près de nous et, dans la clarté du soleil, je pouvais distinguer très nettement les détails de son plumage. Mon père ayant fait défricher différents endroits de l’île pour y cultiver des Papayers et des Bananiers qui attirent presque tous les Oiseaux, c’est dans ces parties que nous allions, le soir, pour voir les Oiseaux de Paradis. Nous vîmes plusieurs fois des Oiseaux seuls et, une fois, j’en observai quatre ensemble, deux jeunes mâles et, je crois, deux femelles. Nous pensions qu’aucun autre Oiseau n’aurait osé se mêler aux Oiseaux de Paradis, mais les Caciques (Ostenops decumanus) à queue jaune, beaucoup plus petits, sont cependant leurs maîtres et ne leur permettent pas de se nourrir sur les Papayers avant qu’ils n’aient eux-mêmes fini leur repas. Nous avons rencontré d’autres Oiseaux, tels que le beau Tangara bleu, des Oiseaux-Mouches, des Pinsons, des Roitelets et, en grande abondance, l’Oiseau moqueur; mais ces espèces sont inoffensives pour les Oiseaux de Paradis. 11 est impossible de dire d’une façon certaine si les Oiseaux de Paradis ont fait des nids et si leur nombre s’est augmenté dans l’été. En tout cas, mon Opinion personnelle est que leur nombre n’à pas diminué, et ce fait seul est très encourageant puisqu’il prouve qu’ils ont pu vivre, en liberté, pendant trois ans et demi ; je crois que maintenant il y a tout lieu d’espérer que la colonie s’accroîtra dans sa nouvelle patrie des Antilles. »
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chronique de la T. S. F.
- La conférence internationale pour la sauvegarde de la vie humaine à la mer. — La catastrophe du Titanic a montré combien les compagnies de navigation, du moins certaines d’entre elles, se soucient peu de s’entourer de tous les éléments indispensables pour assurer la sauvegarde de la vie humaine à bord. On peut dire, d’une manière générale, que les navires ne possèdent qu’un cloisonnement insuffisant, que la législation, les embarcations de sauvetage, l’éclairage, les règlements de T. S. F. sont tout à fait insuffisants.
- C’est dans le but de remédier à cet état de choses que l’Empereur d’Allemagne prit l’initiative de réunir une conférence internationale : le Gouvernement anglais sollicita la faveur de convoquer la conférence à Londres. Elle s’est réunie dans cette ville pendant les mois de novembre, décembre et janvier. Cette longue période de travail montre mieux que tout ce qui peut être écrit l’extrême importance des travaux.
- Tous les pays ont envoyé des délégations. La déléga-. tion française était présidée par M. Guernier, député de Saint-Malo et vice-président de la Commission de la Marine à la Chambre, qui a su jouer dans cette conférence un rôle tout à fait prépondérant. Les autres membres étaient MM. l’amiral Journet, Tréfeu, Boris, Frouin, Brenot et Géraud. Notre intention étant de parler seulement de la T. S. F. nous ne ferons qu’indiquer les grandes commissions qui se sont partagé le travail : Commission de la sécurité de la navigation (phares, éclairage), Commission de la construction (cloisonnement, incendie, etc.), Commission de T. S. F., Commission des engins de sauvetage, Commission des certificats, Commission de rédaction, présidée par M. Guernier.
- Commission de T. S. F. — La conférence radiotélé-graphique de Londres n’ayant aucune qualité pour imposer la télégraphie sans fil à bord des navires, n’avait pu que donner des indications que la récente conférence n transformées en règlement maritime international.
- A partir de la date, qui sera ultérieurement fixée, tous les navires qui ont 5o vies humaines à bord sont tenus d’installer des postes de T. S. F. sauf dans certains cas exceptionnels laissés à l’appréciation des Etats auxquels appartiennent ces navires et sous réserve qu’ils ne s’éloigneront pas à plus de i5o milles de la côte ou qu’ils n’auraient à bord qu’exceptionnellement plus de 5o vies humaines, mais cela seulement dans les régions tropicales où les navires sont parfois obligés de transporter des hotnmes d’un port à un autre pour effectuer le déchargement des marchandises.
- La conférence internationale radiotélégraphique de Londres avait cru devoir établir des catégories entre les navires; ce classement a été conservé par la récente commission. C’est ainsi que la première catégorie, comprenant les navires ayant une vitesse moyenne de i5 nœuds a été soumise à l’obligation ainsi que ceux d’une vitesse de i3 nœuds, ayant 200 vies à bord et effectuant un voyage de plus de 5oo milles entre deux ports consécutifs. Ceux-là sont obligatoirement tenus à assurer un service régulier de T. S. F. avec deux télégraphistes expérimentés.
- A la deuxième catégorie appartiennent tous les navires ayant au moins 2S vies à bord. Ils sont tenus à écouter pendant 10 minutes au début de chaque heure et à effectuer un service permanent pendant 7 heures consécutives par jour. De plus, le service d’écoute est permanent lorsqu’ils naviguent à plus de 5oo kilomètres de la côte.
- Enfin tous les autres navires appartiennent à la troisième catégorie; chez eux le service d’écoute est permanent lorsqu’ils s’éloignent à plus de 1000 kilomètres de la côte. Exception est faite cependant pour les baleiniers et les bateaux de pêche.
- Ce service d’écoute est une nouvelle organisation ne nécessitant pas la présence du télégraphiste. On peut utiliser des écouteurs (watchers) qui appellent le télégraphiste dès qu’ils entendent des signaux. Ajoutons enfin que la portée diurne de tous les postes de navires doit être d’au moins 100 milles nautiques.
- Une autre disposition extrêmement importante a été prise à l’égard de tous les navires : le droit de, réquisition. Tout navire en détresse dont les signaux ont été reçus par plusieurs autres navires a le droit de réquisitionner ceux qu’il juge le plus aptes à pouvoir lui porter secours; ceux-ci sont alors tenus de se rendre à toute vitesse à l’appel qui lui est adressé. D’autre part, tout navire non réquisitionné est obligé de porter assistance au navire en détresse tant qu’il n’a pas été avisé par celui-ci que son concours n’est pas nécessaire.
- La télégraphie sans fil eût rendu des services insuffisants si elle s’était bornée à courir au secours des navires en perdition. Il y avait un programme plus vaste à remplir, la Commission de T. S. F. l’a fort bien compris en instituant Yenvoi de messages dits de sécurité. Tous les incidents qui peuvent survenir en mer, les cyclones, les typhons, la rencontre d’icebergs, d’épaves, les modifications brusquement survenues dans la position et la forme des épaves fixes et amers d’atterrissage (bouées lumineuses, etc.) doivent être signalés par le navire qui les aperçoit. Dans ce but on a créé le
- signal de sécurité, constitué par trois traits (-—)
- (trois fois la lettre T) qui est suivi, une minute après, de la transmission de l’avis signalant le danger. Cette transmission est répétée à trois reprises successives et à 3 minutes d’intervalle. Toutes les grandes stations côtières ou continentales qui perçoivent cet avis sont également tenues de répéter le même message dans les mêmes conditions. Cette nouvelle réglementation, dont l’importance n’échappera pas, est due à l’initiative de l’administration coloniale française qui l’applique déjà, d’ailleurs, depuis quelque temps, dans plusieurs de nos colonies. Enfin, la conférence s’est associée aux vœux delà conférence de l’heure pour que tous les navires à voile et à vapeur faisant de longs voyages en mer soient tenus de recevoir les signaux horaires et météorologiques. Il n’est pas rare, en effet, de rencontrer des voiliers perdus en mer qui s’empressent de demander l’heure aux navires qu’ils rencontrent. Elle a également émis le vœu que l’on poursuive l’organisation de la T. S. F. appliquée à la météorologie.
- Ce règlement que nous venons de résumer n’est pas exécutoire immédiatement; on a accordé un délai de 1 an à tous les navires appartenant à la xre et à la 2e catégories et de 2 ans à tous les autres navires.
- Lucien Fournier.
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- Automobilisme
- L’autopart B. R. C- — Ce nouvel appareil de mise en marche automatique des moteurs à explosion est certainement le plus simple dé tous ceux qui ont été imaginés jusqu’ici. Cette qualité entraîne toujours la sécurité, et lorsqu’il s’agit de mise en marche de moteur la seconde est aussi précieuse que la première. Nous allons dire en peu de mots comment est construit l’appareil et comment il fonctionne.
- En avant du volant du moteur est fixée, par quatre pièces PP, une roue à rochëts A entraînée par un cliquet C qui termine une transmission souple Herzmark agissant dans les deux sens, à la traction et à la poussée. Cette transmission DF est logée dans une sorte de gouttière G fixée au châssis par des pattes AA et elle s’en échappe après avoir fait un demi-tour sous la roue à rochets pour se terminer par une poignée placée à portée de la main droite du conducteur.
- Le fonctionnement de l’appareil est enfantin. Quand le conducteur tire sur la poignée, le cliquet C s’engage devant une des dents de la roue et celle-ci entre en rotation, entraînant le volant et l’arbre du moteur, pendant un demi-tour. Si on repousse la poignée, le cliquet reprend sa position de repos et on peut recommencer une nouvelle traction si le moteur n’est pas parti à la première tentative.
- Ce rapide croquis de l’appareil donne une idée suffisante de sa simplicité. Nous ajouterons seulement que le cliquet est porté par un mécanisme qui l’oblige à effectuer les mouvements de chute et de relève dès que l’on agit sur la poignée ; ces mouvements ne peuvent donc être escamotés. D’autre part, la manivelle n’exige qu’un
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- SCIENCE APPLIQUEE
- effort réduit : lorsque le moteur est encore chaud il n’est pas même nécessaire de faire faire un demi-tour au volant pour le mettre en marche.
- Il y a loin d’un mécanisme aussi simple à ceux que nous connaissons, surtout si l’on envisage l’entrée en
- Volant
- ' X
- L'autopart B. !R. C. — Appareil de mise en marche des- moteurs à explosion.
- scène de la dynamo-moteur pour réaliser la mise en marche. L’autopart se met en place très facilement par les deux attaches sur les longerons du châssis et les deux autres sur le volant. La commande traverse simplement le plancher et vient se présenter sous la main du conducteur qu’elle ne gêne aucunement pour la conduite de la voiture.
- L’autopart est construit par MM. Rodrigues, Gauthier et Cie, 67, boulevard de Charonne à Paris.
- r> Cyclisme
- Le Détective. — Ce détective est un agent précieux pour les cyclistes dont les pneumatiques sont toujours susceptibles de laisser fuir, par d’imperceptibles fissures, leur fluide vital. Quand un accident de cette
- Fig. 1. — Le Détective.
- nature se présente, il faut y porter remède le plus tôt possible, mais d’abord procéder à la localisation de la fuite. Opération peu facile en vérité : un seau plein d’eau, que l’on se procure à la lointaine auberge, lorsque
- Fig. 2. —* La recherche d’u.neafuite à l’aide du Détective..
- le maLs’est, agrandi. Avec le détective, plus d’eau, plus
- même de seau. C’est le bonheur parfait. .........
- Figurez-vous une jolie petite cage à quatre compartiments fermés par des lames de mica; la base de la cage est en treillis métallique; on l’a convenablement arrondie afin de lui permettre d’emboîter le pneuma-
- tique blessé. A l’intérieur de chaque cage est enfermé un duvet extra-léger que le moindre souffle fera voltiger. Ce souffle, on le cherchera sur la chambre à air en promenant attentivement la cage sur toute sa longueur et sans avoir besoin de la démonter. Le duvet reste immobile quand aucune fuite n’existe, mais si un filet d’air s’échappe, quelque faible qu’il soit, immédiatement les légers captifs se mettent à danser et révèlent, dans leur cage, l’emplacement de la fuite.
- Un tel appareil est une vraie trouvaille qui évitera bien des ennuis aux cyclistes; aussi va-t-il prendre place dans tontes leurs trousses de réparations. —Le Détective est-en vente, au prix de 1 franc, aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Dessin
- Règle à dessin à trois curseurs. — La « Règle à dessin à trois curseurs » est une ingénieuse combinaison des appareils de dessin d’un prix souvent élevé : compas à ellipses, compas à trois pointes pour le modelage, équerre à hachures, règle à proportions, etc. Elle permet à tous de faire rapidement et avec une grande exactitude le croquis le plus difficile.
- Elle possède en outre des propriétés qui en fout une nouveauté intéressante et un outil indispensable à tous. Elle permet de prendre, à distance, les me- . sures nécessaires pour faire un dessin, soit d’après nature, soit d’après une gravure.
- Avec elle, plus de calculs sur le rapport des lignes, plus de fautes de perspective; on obtient très facilement et avec une grande exactitude la hauteur, la largeur d’un dessin, la position de chaque point, l’inclinaison des lignes, etc., etc. Enfin, chose remarquable, elle permet de dessiner à n’importè quelle échelle. h
- La règle à dessin à trois curseurs rend encore de grands services dans le dessin graphique : elle ^rmet de tracer
- Fig. 1. — La règle et.l’équerre disposées pour le tracé d'une ellipse.
- Fig. 2. — Quelques applications de la règle à trois curseurs : 1, tracé de quelques ligues équidistantes ; 2 et 3, mesures d’épaisseur; 4, tracé d’une ellipsé.
- les hachures, de dessiner les lettres et les différentes sortes de vis, etc., etc., de décrire les ellipses d’un mouvement continu. Dans l’étude du modelage elle est utilisée comme compas à trois pointes. » . s' 1 Une équerre spéciale accompagne la règle pour le tracé des ellipses. Une notice permet d’utiliser ses nombreuses propriétés; qu’il s’agisse de dessin industriel, de dessin artistique, de modelage ou de cartographie. Appareil avec équerre et notice, 2 fr. 5o franco. Déhut-Leguèbe, 19, quai du Moulinet, Charleville (Ardennes).
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- VARIÉTÉS
- L'arrivée des oiseaux. — C’est une erreur assez répandue que de croire que les Oiseaux migrateurs ne viennent nous visiter qu’au printemps. Leur mouvement de retour commence en réalité beaucoup plus tôt et quelques-uns arrivent alors qu’il fait encore très froid. On peut, à cet égard, dresser un calendrier, que, dans ses grandes lignes, l’on peut vérifier tous les ans. Evidemment, le retour a lieu un peu plus tôt dans le Midi que dans le Centre et un peu plus tard dans les années froides que dans les années chaudes, mais ce sont là des variations annuelles en somme de peu d’importance.
- Janvier. — Nos premiers visiteurs sont le Bec-croisé, à la physionomie si particulière, et Y Etourneau un peu ahuri, qui arrivent dès la deuxième quinzaine de janvier.
- Février. — Mais ce n’est là qu’un timide lever de rideau. En février, c’est toute une nuée d’oiseaux qui reviennent dans nos champs, nos bois et, même — bien qu’ils y soient encore rares — dans les étangs.
- Dès la première quinzaine se montrent Y Alouette lulu, la Bécassine ordinaire, la Litorne, le Pinson ordinaire, le Pinson des Ardennes, le Rouge-gorge, la Sarcelle.
- Dans la seconde quinzaine, il faut citer Y Alouette commune, la Draine, la Grive commune, la Grive mauvis, le Tarin, sans parler de ceux de la première quinzaine qui continuent à nous arriver par petites escouades.
- Mars. — Mars est, naturellement, encore plus riche que février. Dès le début, on peut constater la venue de la Bécasse, du Bouvreuil, du Canard siffleur, du Colvert, du Courlis, du Faucon, de la Grue, de la Marouette, du Milouin, de l’Oie sauvage, du Pigeon ramier, du Pilet, du Pluvier, du Râle d’eau, du Vanneau.
- Vers le milieu ou la fin de mars tout le monde voit à
- plaisir que viennent nous faire visite le Bruant jaune, la Cigogne, le Courlis, le Friquet, Y Hirondelle, la Mésange charbonnière, la Mésange bleue, la Mésange à longue queue, le Verdier.
- Avril. — En avril, à tous les oiseaux que je viens d’énumérer, viennent s’en joindre d’autres, non moins agréables, d’abord le Bec-figue, la Bergeronnette, le Chardonneret, le Chevalier cul-blanc, YEpervier, la Fauvette à tête noire, la Fauvette queue-rousse, le Gros-bec, la Huppe, le Morillon, Y Ortolan, Y Ortolan de roseaux, le Pluvier collier, le Pluvier guignard, le Rossignol, le Rossignol de murailles, le Tarier, le Traquet, le Traquet-motteux; puis, dans la seconde quinzaine, la Bécassine double,\sl Canepetière, la Cini, le Coucou, Y Engoulevent, le Gobe-mouches, le Linot, la Macreuse, le Pigeon bizet, la Tourterelle.
- Mai. — Notre faune ornithologique est maintenant presque au complet. Ce n’est cependant que .durant le joli mois de mai qu’il faut encore noter l’arrivée du Bécassea u-maubèche, de la Caille, du Chevalier guignette, .du Martinet, de la Pie-grièche, et, vers la fin, comme un original qu’il est, le Loriot mangeur de cerises.
- Tout cela fait un ensemble délicieux, tant par la gentillesse que par l’harmonie. Les oiseaux profitent de la douceur de notre climat pour fonder une famille et charmer la nature déjà cependant si jolie par elle-même. Malheureusement cette félicité ne dure pas. Petits et grands virtuoses nous quittent, du moins quelques-uns, dès le mois de juillet, ainsi que je l’indiquerai à cette époque encore trop lointaine pour ceux, dans la catégorie.desquels nous rentrons tous, qui ne rêvent que de vacances et, à l’instar des oiseaux, de « migrations » dans les villégiatures lointaines.
- Henri Coupin.
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- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible,,aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Rectification. — Pour enlever l’herbe des courts de tennis. — M. Vilars, fabricant du bisulfol, habite, non pas Rome, comme nous l a fait dire une erreur d’impression, mais Rouen, 4 bis, rue Duguay-Trouin.
- Correspondance. — Semelles résistantes. — A propos de notre recette pour augmenter la durée des semelles de chaussures en les enduisant de vernis copal, M. Hu-guier Truelle, de Troyes, nous fait très justement observer qu’on pourrait probablement pallier à l’effet glissant obtenu en ajoutant au vernis copal une solution de caoutchouc dans l’essence de térébenthine ou dans le sulfure de carbone. La gomme, dont on connaît les propriétés adhésives, empêcherait le dangereuxpatinage involontaire
- Pour empêcher des fourmis de revenir vers un lieu précédemment visité par elles. — Notre collaborateur, M. Cornetz, ingénieur, 67, rue Rovigo, Alger, nous écrit : « Pourrait-on, en supprimant l’éclairement, empêcher la réorientation vers un lieu de provende des fourmis qui ont fait le sujet de mon article du n° 2113 ? — La question présente quelque intérêt pratique. Les lecteurs qui aiment les théories ingénieuses trouveront l’hypothèse d’un repérage céleste, par exemple au moyen du soleil malgré ses déplacements, développée dans un intéressant travail de Santschi intitulé (( L’œil composé considéré comme organe de l’orientation chez la Fourmi », [Revue zoologique africaine, Bruxelles, vol. III, fasc. 2, décembre iqi3). Pour ceux qui préfèrent l’observation directe, quelques planches opaques leur suffiront quand viendra la belle saison. Lorsqu’ils auront découvert une longue file de fourmis domestiques venant de fort loin et aboutissant à une provende,
- il n’y aura qu’à balayer le sol meuble du jardin, à l’aplanir et à l’arroser, puis à disposer le plancher opaque sur quelques cales horizontalement au-dessus du sol et à 3 ou 4 millimètres de hauteur, en le plaçant entre le nid et le lieu d’où l’on aura enlevé la provende. Avec l’espèce Tapinoma dont il était; question dans mon article, l’observateur verra que la perturbation due éventuellement à l’obscurité dure fort peu et que les insectes arrivent à nouveau, en passant , sous le plancher, bien dirigés vers le lieu où fut la provende. La suppression de la lumière ne. les fa ;donc pas désorientés. J’ai observé par contre que lès fourmis moissonneuses (Messor-, barbants), répugnent à s’engager dans l’espace sombre créé par un plateau opaque placé horizontalement à 2, centimètres environ dù sol. Il faudrait voir si une telle répugnance est bien durable, auquel cas il. y aurait là un moyen d’empêcher les fourmis de revenir bien orientées vers un tas de blé qu’elles seraient venues piller le jour précédent. — Une telle expérience est à faire le soir ou le matin, au moment où la pose du plancher ne fait pas varier la température du sol. Je serais heureux que des lecteurs de La Nature emploient ce procédé et me communiquent leurs observations. — Le moyen le moins dispendieux, et il l’est encore trop, que j’aie trouvé jusqu’ici pour désorienter les fourmis, est de placer sur le sol, transversalement à la direction qu’elles suivent, une pile de chiffons imbibés de pétrole.
- Fusils à « 2 coups et à un seul canon », à 2 détentes et à un seul coup » (voy. n05 2120 et 2123). — M. le comte d’Esterno nous écrit à ce propos : « Je possède une carabine rayée ayant une baguette en fer pour forcer la balle, calibre 1 cm j/2, longueur du canon o,54, longueur totale 0,94, 2 chiens sur le même plan, 2 cheminées pour capsule et une seule gâchette. Le bois est en érable ou en citronnier. La carabine se plie et se met dans une botte pour chasser à cheval. Elle porte sur le canon, gravée en lettres d’or, cette inscription : « Le Page Arqc1' du Roi. » En faisant appel à mes sou-
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- BOITE AUX LETTRES
- venirs de famille, il me semble que cette arme fort jolie et très soignée devrait dater de quelque chose comme i83o ou 1840. »
- Renseignements. — M. de Jayle, à Bruxelles. — Pour ignifuger un tissu en même temps qu’on l’imperméabilise à l’huile de lin, plutôt que de badigeonner alternativement avec l’huile, et avec une solution boro-ammoniacalè, il convient d’incorporer à l’huile même un agent imcombustibilisant insoluble, tel que le phosphate ammoniaco-magnésien, finement moulu.
- M. Gourbeyre, à Saint-Amand. — Nous ne croyons pas possible à’imperméabiliser une capote d’auto sans teinter, ni graisser, ni baigner la toile ! Il faudrait tout démonter, puis laver et badigeonner d’huile de lin cuite par exemple.
- Un abonné, à Prague. — La composition des vernis pour violon est une question très complexe : il y a de nombreuses formules, mais la plupart ne valent rien. Voir pour l’étude de cette spécialité l’ouvrage de Fry : The Varnishes of the Italian Violinmakers (London, 1904); et surtout le récent volume de Greilsamer : Le vernis de Crémone (chez Lecène-Oudin, i5, rue de Cluny, Paris).
- M. Hervé de Beaulieu, à Boulogne-sur-Seine. — Pour souder le fer et la fonte, on peut employer la soudure à l’étain, mais ce n’est pas solide ; la brasure, mais il faut une forge ; la soudure autogène ou l’aluminothermie, mais il faut toute une installation spéciale et beaucoup d’habitude. Voir pour toutes ces méthodes le récent ouvrage de Michel, Travail des métaux (chez Desforges, 29, quai des Grand-Augustins, Paris).
- M. Jecon, à Bucarest. — Non, vous ne pouvez « aisément» transformer en bronze bruni un objet vernis doré : cela demande un tour de main dont la difficulté peut être appréciée d’après lecture de la description donnée dans le volume Coloration des métaux (Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins. Prix : 3 francs).
- M. Guillaumin, à Paris. — S’il existe plusieurs assez bons procédés pour supprimer les fumées industrielles (encore la perfection est-elle loin d’être atteinte), nous ne croyons pas qu’on puisse pratiquement débarrasser de leur suie les fumées de petits foyers domestiques.
- M. Henrotte, à Mina Geraes. — a) Il existe des machines à chaînes de bijouterie, mais pas que nous sachions à chaînettes pour chapelets ; vous pourriez vous adresser, à Dujardin, 48, rue des Francs-Bourgeois, spécialiste en outillage de chaîniste. — b) Pour photographier des petits objets de collections scientifiques, employer le « microphote », système Soulier, construit par Schrambach, i5, rue de la Pépinière, Paris.— c) Tous les droguistes vendent des mixtures à dorer au pinceau, à base de poudres bronzées : mais les enduits obtenus sont moins solides et moins jolis que la dorure.
- - M. G. de R. de B., h Gand. — Pour la documentation bibliographique sur le topinambour (culture et distillation), voyez les études, articles et ouvrages suivants : Journal d'agriculture pratique (26, rue Jacob, Paris), nos du 17 janvier 1878, Essai sur le topinambour, Molines ; du 23 janvier 1879, Pmusseau; Le topinambour et sa distillation, Delelis, 20 mars 1879; Culture et applications industrielles du topinambour, H. Tellier, 5 février ï885 ; année 1876, tome I, p. 632; Distillation, n° du 8 avril 1886 ; tome II de i885, p. 498 et 668; Boisson alcoolique de tiges de topinambours, n° du 25 novembre 1886, p. 782; Culture [Les plantes fourragères, par Gustave Heuzé, tome ïor, 1 vol. 3 fr. 5o, librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris) ; Journal d’agriculture pratique, n° du 29 janvier 1891 ; Le topinambour comme plante industrielle, Edmond Boniface; n° du 27 avril igo5, Fumure du topinambour, Henri Blin; Bulletin des Halles, 29, rue Jean-Jacques-Rousseau, Paris : nos du 3o août 1912, L’alcool de topinambour, du 26 et du 3o décembre 1912, La production du topinambour pour l’alcool industriel ; n° du 29 mars igi3, Sur l’industrialisation du topinambour, Henri Blin; Recherches sur le développement du topinambour, par F. Parisot ; Sur l’effanage du topinambour, par F. Parisot et L. Fourtou (Annales de l’Ecole nationale d’agriculture de Rennes, 1908 et 1909). Sauf l’ouvrage de Delbetz : Culture et distillation du topinambour, 1 vol. 1 fr. 25, qui est ancien, il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrage consacré, d’une façon toute spéciale, à cette question ; mais il existe de très nombreuses études éparses, publiées dans les journaux et revues agricoles,
- en France. Pour avoir une documentation bien complète, et à jour, il conviendrait de se procurer les fascicules des journaux contenant ces études. Voici les adresses des principaux journaux : Journal d’agriculture pratique (précité); L’agriculture nouvelle, i3, rue d’Enghien, Paris ; Progrès agricole, Amiens ; s’adresser, en outre, aux librairies indiquées ci-dessus et à la librairie J.-B. Baillière et fils, 1 g, rue Hautefeuille, Paris;
- M. le capitaine L., à Paris. — L’ébonite de bonne qualité résiste à l’eau; sans analyser le produit, on ne peut se prononcer sur sa qualité. Pour brillanter l’ébo-nite, on appuie un corps dur sur la pièce mise au tour, en humectant avec un peu d’essence de térébenthine.
- M. 2929-1553. — La Société de désinfection par les procédés Trillat (14, rue des Pyramides, Paris) vous fournira le formol en gros ainsi que des appareils pour l’emploi à la désinfection des grands appartements.
- 58. F. M., h Serrières. — A propos des vins mousseux, voir aussi le journal le Vigneron champenois, 6, rue Charles-Louis, Epernay.
- T. S. P.
- M. A. K., à Drauffel. — Si votre poste ne fonctionne pas, comment voulez-vous qu’on puisse vous entendre ? Etant établi comme vous nous le dites, vous devriez émettre des signaux perceptibles à 5o 1cm bien que la puissance dont vous disposez nous paraisse assez faible. Vérifiez soigneusement votre poste et augmentez la source d’énergie. On a répondu antérieurement à vos autres questions.
- M. le marquis de B. de G., à Bordeaux. — Les bruits proviennent vraisemblablement de l’induction qui vous est amenée par votre prise de terre ou par l’antenne si l’une ou l’autre sont trop rapprochées d’un circuit étranger. Pour vous en assurer, intercalez directement votre téléphone sur le seul circuit antenne-terre, c’est-à-dire sans passer par votre poste. Si ces bruits persistent, c’est qu’ils proviennent du voisinage de circuits téléphoniques ou de transport d’énergie.
- M. P. M., à Montpellier. — Votre antenne n’est pas assez puissante, surtout si elle est placée à une faible hauteur, pour recevoir à de très longues distances. La qualité de votre réception dépendra donc de votre installation. Cependant, avec un réglage approprié, vous devez recevoir de la Tour Eiffel, des Saintes-Marie-de-la-Mer et même de Toulon, surtout pendant la nuit. Si vous êtes environné d’obstacles naturels élevés, votre réception sera mauvaise. Nous dirons prochainement quelle paraît être la meilleure forme à donner aux antennes. Le poste aux initiales que vous nous signalez n’est certainement pas un poste commercial, lesquels ont tous trois initiales. Peut-être est-ce un poste militaire ou un poste de la marine.
- M. L. G., ingénieur, à Vienne. — Il est toujours possible de construire un relais, mais vous n’obtiendrez de bons résultats que si la construction est très soignée. Si vous employez les bobines d’un écouteur, la construction sera extrêmement délicate et devra être confiée à un mécanicien habile. D’ailleurs, nous décrirons très prochainement, en détail, le relais Tauleigne-Ducretet-Roger et le relais Chaudet, ce dernier pourvu d’un système renforçateur qui se l'approche de vos idées personnelles. Le renforcement des signaux; n’est cepen; dant pas obtenu par le relais, mais seulement par une combinaison de microphones et de téléphones dont le principe est dû au R. P. Alard. Les relais ont été imaginés pour permettre l’inscription sur papier des signaux Morse. Si vous poursuivez ce but, le principe du relais Chaudet pourra vous donner des idées exactes des appareils à imaginer. Pour ce cjui concerne la réception dont vous nous parlez ensuite, nous étudierons prochainement quels sont les postes que l’on peut entendre avec une station bien établie."
- M. Ch., à Bourg-la-Reine. — Il n’existe pas de brevet spécial de télégraphiste militaire, sanfiliste ou non. L’administration des télégraphes fournit, en effet, suffisamment de personnel pour satisfaire aux besoins de l’armée. De plus, on prend également les élèves sortant des écoles d’électricité qui ont été signalés spécialement par leurs directeurs. Voyez ce que vous pouvez faire dans ces conditions. Dans tous les cas, si vous êtes habile à la lecture au son, vous pouvez toujours signaler cette spécialité au Conseil de révision, à défaut d’un certificat d’un directeur d’école d’électi'icité.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Qât,
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le Dingo d’Australie : E. Trouessart. — Une soupape électrique : Maurice Leblanc fils. — Académie des sciences : Ch. de Villeukuïl. — Konia : E.-A. Martel. — L’horlogerie électrique dans les observatoires : R. Villers. — Un nouveau procédé de trempe : Dr A. Gradenwitz. — Les cristaux liquides : H. Vigneron. — La Faune aquatique aérienne des plantes-réservoirs : Henri Coupin.
- Supplément. — Nécrologies : E. Durand-Gréville et Alphonse Bertillon» — Le nouveau traité ]>our l’évacuation des ordures ménagères de New-Aork. — Les cheminées du paquebot « Vuterland », etc.
- Traité de géographie physique. Climat. Hydrographie. Relief du sol. Biogéographie, par Emm. de Martonne, professeur à l’Université de Lyon, chargé de cours de géographie à la Sorbonne. Ouvrage couronné par l’Académie des sciences, prix Binoux, et par la Société de géographie de Paris. 920 pages, avec 400 fig. et 2 cartes. Armand Colin, édit. Prix : 22 francs.
- | Les corrections et additions apportées à cette nouvelle édition intéressent 216 pages et 5o ligures dans le texte ; ce sont les parties consacrées à l’hydrographie, au relief du sol, à l’océanographie, aux sources, au relief calcaire, aux adaptations tectoniques, aux glaciers actuels et au relief glaciaire qui ont subi les remaniements les plus importants. L’ouvrage présente le tableau le plus fidèle des principes de la géographie physique. Dès sa première édition, il avait mérité de devenir classique parce que la compétence de l’auteur ne s’était pas éduquée seulement dans les cours et les laboratoires, mais qu’elle s’était éprouvée en face des difficultés des phénomènes et des problèmes de la nature, au cours de nombreux voyages en des régions diverses et lointaines.
- La grande géographie Bong illustrée, 5 ou 6 volumes in-folio (3o x 4o) et un globe terrestre. Bong et Cie, édit., 53, rue de Vaugirard, Paris (Voir notre Bibliographie, n° du 2 mars 1912, p. ni). Prix de souscription : broché, 265 francs; relié, 315 francs.
- Les tomes III et IV viennent de paraître. Le tome III renferme la Scandinavie, par M. Rabot; la Sibérie, par M. Paul Labbé; l’Asie occidentale et intérieure, par M. Aïtoff ; la Perse et l’Inde, par M.Harmand; la Chine, par M. Cordier; l’Indo-Chine, par M. de Lamothe et le Japon, par M. Froidevaux. — Le tome IV contient toute l’Afrique par MM. Pelet, Busson, Cabaton, Chesneau, et l’Océanie (terres du Pacifique), par M. Froidevaux.
- Etude économique d’une affaire minière, par J. Maurice. Béranger, Paris 1914.
- Ce livre, qui n’avait pas encore à notre connaissance d’équivalent réellement sérieux, comble une véritable lacune. Car il fournit les moyens d’étudier économiquement une affaire minière : non, comme on le fait trop souvent, à titre spéculatif, mais à titre industriel. Il ne s’agit pas ici de l’examen technique et géologique, pour lequel il existe d’autres ouvrages et qui n’est pas traité dans celui-ci. Mais, cet examen terminé, il reste à en tirer parti et à savoir interpréter les rapports d’ingénieurs. On en trouvera ici les moyens dans une série de chapitres consacrés à l’étude du minerai tout-venant, à la capacité de production, au prix de revient, à la valeur des minerais marchands, au capital, à l’estimation des mines. M. Maurice, qui a personnellement une grande expérience minière, nous présente un exposé très méthodique de la question et l’enrichit de nombreux tableaux, statistiques, etc.
- A. B. C. des teintures pour cheveux, par H. Lecoq, x vol. in-8® de 54o pages. Long, éditeur, rue de Moscou, Paris. Prix : relié, 12 francs.
- C’eût été dommage que M. Lecoq n’eût point fait profiter le public de son expérience de teinturier en cheveux. On trouvera dans ce volume, outre de nombreuses formules, d’excellents conseils sur les détails d’application. Si on peut critiquer un peu parfois la chimie de l’auteur, on ne peut que le féliciter de ses con-
- naissances psychologiques, au point de. vue des rapports entre le teinturier en cheveux et ses clients : il y a là des pages amusantes de fine observation !
- Traité de pisciculture et des pêches, par L. Roule, in-8, 734 p-, 35o fig., Baillière, éditeur, Paris. Prix : 20 fr.
- Une première partie traite des poissons dans la nature, dans leurs relations avec la pisciculture et . les pêches. La deuxième partie traite des pêches et de la pisciculture en mer, pêche littorale, pêche en eau profonde, pêche aux poissons migrateurs ou périodiques, morue, hareng, sardine, maquereau, thon. L’élevage et la pêche dans les étangs littoraux terminent cette partie, avec un chapitre spécial sur l’anguille. La troisième partie est consacrée à la pêche et à la pisciculture dans les eaux douces. Le dépeuplement des cours d’eau, le repeuplement des eaux douces, les questions relatives au saumon ainsi qu’à l alose et l’acclimatation viennent ensuite. Les principes généraux de la pisciculture et les élevages divers sont passés en revue : élevage de la truite, de la carpe, poissons d’ornement, etc. L’ouvrage est illustré de nombreuses figures.
- La vie inconsciente et les mouvements, par Th. Ribot, in-16, 172p., Alcan, éditeur, Paris. Prix: 2 fr. 5o.
- Ces essais se concentrent sur une question unique : les rapports de l’activité inconsciente avec le mouvement. En s’appuyant sur des faits et des raisons, M. Ribot propose une hypothèse basée sur les études récentes désignées depuis Freud sous le nom de Psycho -analyse, que, le fond, la nature intime de l’inconscient ne doivent pas être déduits de la conscience — qui ne peut l’expliquer — qu’ils doivent être cherchés dans l’activité motrice, actuelle ou conservée à l’état latent.
- Bas kleine Botanische Praktikum für Anfanger, par Strasburger, 70 édition revue par Koernicke. In-8°, ,264 p., i37 fig. Gustav Fischer, éditeur, Iéna. Prix : 6 m. 5o, relié 7 m. 5o.
- Le traité de pratique botanique de Strasburger est le livre de chevet de tous ceux qui étudient la botanique avec l’aide du microscope. Cette nouvelle édition, mise à jour, renseigne sur toutes les questions de technique : choix du microscope, pratique des coupes, réactifs et colorants des diverses substances, etc., le tout accompagné d’exemples nombreux et admirablement choisis.
- Leitfaden für das embryologische Praktikum und Grun-driss der Entwicklungslehre des Menschen und dev Wirbeltiere, par le professeur Albert Oppel, in-8°, 3i3 p., 323 fig.; Gustav Fischer, éditeur, Iéna. Prix : 10 marks.
- Après un bref rappel des théories actuelles de l’embryologie, ce livre décrit les matériaux usuels employés pour l’étude de cette science, les techniques d’examen, les expériences de mécanique du développement, le programme d’un cours pratique pour les étudiants. La 20 partie est consacrée à l’œuf ét à son développement; la 3° à la technique des coupes sériées et des reconstitutions ; la 4° à. la formation des tissus, des organes et des appareils. Cet excellent manuel pratique renferme ainsi tout ce qu’il est nécessaire de connaître pour les étudiants et les débutants en cette science.
- Handbuch der vergleichenden Physiologie, par Hans Winterstein, livraisons 35, 36, 37, 38, 3g, 40, Gustav Fischer, éditeur, Iéna. Prix de chaque livraison : 5 marks.
- La 35e livraison contient la suite de l’étude de Biedermanü sur la physiologie des substances squelettiques et de soutien; la 36% la fin du travail de R. Burian et le début de celui de J. Strohl sur l’excrétion chez les Invertébrés ; la 37e, la fin de l'étude de Biedermann et le début de celle de Fuchs sur la coloration et la fonction chromatique de la peau qui continue dans la 38e ;Ha 39e, la fin du travail de Babalc sur la mécanique et l’innervation de la respiration;
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- BIBLIOGRAPHIE
- la 40e, la suite de l'étude de Godlevvski sur la physiologie de la génération.
- Maize, its Llistory, Cultivation, Handling and Uses, with spécial reference to South Africa, par Joseph Burtt-Davy. In-8“,-83i p., 245 fîg. Longmans, Green and C°, éditeurs, Londres, 1914* Prix : relié, a5 sh.
- Destiné aux fermiers, aux étudiants et aux professeurs, ce livre est un véritable traité d’agriculture qui,
- outre son intérêt spécial pour les cultivateurs de maïs, en présente un général comme modèle d’étude complète d’une question de botanique appliquée. Les principaux chapitres traitent des conditions climatiques, de la distribution géographique, des caractères botaniques, de l’hérédité, des croisements, de la sélection des races et des variétés, des détails de culture, des parasites et des ennemis, de la mouture, du commerce, de la valeur nutritive, etc.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o)
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HECRES Dû MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 févr. 1914. 6°,6 N. E. 1. Couvert. 0,7 Tluie de 1 h. 15 à 30; couvert.
- Mardi 17 4°,0 N. N. E. 3. Couvert. 0,7 Pluie de 2 h. 45 à 3 li. 30; nuageux, gelée blanche h? ^oir.
- Mercredi 18 5°, 4 S. S. W. 2. Couvert. 1,5 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 19 1°,() S. S. W. 2. Beau. 1,6 Gelée blanche; pluie de 11 h. à 18 h. 20; couvert.
- Vendredi 20 ... . 7°,2 W. 2. Couvert. 2,3 Très nuageux; pl. de 16 h. 55 à 18 h. 20 et de 20 h.45 à 22 heures.
- Samedi 21 6°,9 S. 3. Très nuageux. 4,6 Pluie de 2 h. 20 à 3 li 35 et de 13 h. 50 à 14 h. 25; très nuageux.
- Dimanche 22 ... . 10°,6 S. 5. Pluie. 4,9 Couvert ; pluie le matin.
- FÉVRIER 1914 — SEMAI Nt DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 FÉVRIER 1914.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébidosilé de 0 à 10, les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Bu i5 fl« îî février. — Le i5. La dépression s’étend vers l’E. et le S. : Yalentia, 743 mm; Finlande. 750; fortes pressions sur le S. et 1E. : Bucarest, 776. Pluies sur la moitié N. : Le Havre et Cherbourg, 5 mm; Paris, 1. Temp. du matin : Spitzberg, —3a°; Moscou,
- — 5; Clermont-Ferrand, —j— 5 ; Boulogne et Alger, 10; Biarritz, 15 ; moyenne à Paris : it°,8 (normale : 3°,6).
- — Le 16. Dépressions sur le N. (Bodoe : 733 mm) et le golfe de Gascogne; hautes pressions sur le S.-E. (Bucarest : 773). Pluies sur le N. et l’O. : Aigoual, 27 mm; Dunkerque, 14 Ie Havre, 11; Cherbourg, 10. Temp. du matin : Spitzberg, —220; Bucarest, —10; Belfort,
- — 6; Clermont-Ferrand, -|~io; Alger, i3 ; Biarritz, 18; moyenne à Paris : 8°,i (normale : 3°,7). — Le 17. Dépressions sur l’extrême N. et l’Islande. Pluies sur la moitié N. de l’Europe : ballon de Servance, 21 mm; Cherbourg, 17; Lorient, 12. Temp. du matin : Her-manstadt, —16°; Yienne, —5; Nantes, +5; Alger, 11; Biarritz, 12; Palma, i3; moyenne à Paris : 5°,3 (normale : 3°,8). — Le 18. Dépressions de l’O. au N. : Stor-noway, 739 mm; fortes pressions sur le S.-E. Pluies sur le N. et l’O, : Bordeaux, 20 mm; Nancy, 11 ; Cherbourg, 10. Temp. du matin : Haparanda et Bucarest,
- — io°; Belfort, -f4; Nantes, 6; Clermont-Ferrand. 7; Biarritz, 9; Alger, 12; moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 3°,8). — Le 19. Basses pressions sur le N. et l’O.; minima en Ecosse (741 mm) et en Russie; fortes pressions sur l’Espagne seulement (768 mm). Pluies sur le
- du Bureau Central Météorologique.
- N. et l’O. : Rochefort, 12 mm; Besançon et Boulogne, 8. Temp. du matin : Arkhangel, —140; Belfort, 0; Clermont-Ferrand, -(- 4 ; Nantes, 7; Biarritz, 11; Alger, 12; moyenne à Paris : 5°,3 (normale : 3°,9). — Le 20. Pression basse sur presque toute l’Europe : Baltique, 743 mm; Maîin-Head, 742; fortes pressions sur le N. de l’Afrique : Alger, 765. Pluies sur le Centre et l'E. : Nantes, i5 mm; Charleville, i3; la Hague, 11 ; Paris, 5. Temp. du matin : Uleaborg, —20°; Nantes, -j- 3 ; Belfort et Clermont-Ferrand, 4; Brest, 8; Biarritz et Alger, 11 ; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 3°,9). — Le 21. Profonde dépression sur le l\.-0. : Irlande, 727 mm; Bretagne, 743; Pays-Bas, 747; autres dépressions sur les Açores et la Russie. Pluies sur l’O. ; quelques neiges dans le N. : Rochefort, 18 mm; Nantes, 17; Dunkerque, r4 ; Brest, 10; Paris, 3. Temp. du matin : Arkhangel,
- — 25°; Yienne, o; Belfort, Paris, Nantes et Brest, + 7; Clermont Ferrand, 10; Alger, i3; Biarritz, i5; Bilbao, 16; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 4°)- — Le 22. Situation atmosphérique troublée sur la moitié O. : Valentia, 722 mm; Brest, 729; Biarritz, 736; pressions basses sur tout le continent. Pluies sur la moitié O. ; neiges sur la Suisse et la Haute Italie : Gap, 36 mm; Lyon, 20; Rochefort et Charleville, 13 ; Toulouse, 10. Temp. du matin : Uleaborg, — 24°; Brest, -j- 6; Nancy, 8; Nantes et Biarritz, 9; Lyon et Marseille, i3; Perpignan et Alger, 16; moyenne à Paris : 8°, 5 (normale: 4°)-
- — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 17, à .9 h. 2.3 rn.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois == Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit (VT)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N® 2128. — 7 MARS 1914,
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
- La T. S. F. dans r Afrique équatoriale. — Peu à
- peu, le réseau télégraphique de l’Afrique équatoriale française s’enrichit de nouveaux postes radioélectriques, grâce à l’activité de nos vaillants officiers. Le capitaine Chaulard vient, en effet, en l’espace d’une année, de réaliser un véritable tour de force dans ces régions essentiellement inhospitalières et si fermées à la civilisation. Il s’était proposé de relier l’Ouadaï au réseau télégraphique terrestre représenté, jusqu’au Tchad, par deux ligues, celle de Dakar à Nguigmi et celle qui relie le Congo à Fort-Lamy. Les deux postes extrêmes de ces lignes, Nguigmi et Fort-Lamy, ont été également pourvus de stations radiotélégraphiques afin de relier entre eux les deux réseaux terrestres du Sénégal et du
- louis
- LAC TCHAD
- sforb Archambault
- Fort Crampei
- vers te Congo jÛe/ge et l'Afrique équatoriale J ffançatee
- Congo qui y aboutissent. Ces deux stations sont en outre les amorces du réseau que le capitaine Chaulard était chargé de construire. Ce réseau était primitivement limité à FOuadaï. Les appareils, enfermés dans des caisses, furent transportés à dos de bœufs et de chameaux à travers les forêts vierges, au prix de difficultés presque insurmontables. Cependant, en une année, les postes de Nguigmi, Fort-Lamy, Mao, Ati, Moussoro et Abecher, furent construits, et les communications s’établirent au fur et à mesure des installations prêtes. Ils disposent d’une énergie électrique de 2 à 3 chevaux seulement et de mâts de 3o m. et assurent des relations régulières sur des distances variant de a5o à xooo km. Le capitaine Chaulard ne s’est pas arrêté en si beau chemin. Accompagnant ensuite le colonel Largeau dans l’expédition du Borkou, il établit ensuite à Faya, près de Ain-Galatha, un poste qui était prêt à fonctionner le lendemain même de l’arrivée de l'expédition. Cette nou-
- velle station est semblable aux précédentes et elle communique régulièrement avec toutes celles de l’Ouadaï, y compris Fort-Lamy qui est la plus éloignée. Actuellement, grâce aux efforts du capitaine Chaulard, les dépêches de ces régions peuvent arriver à Paris en deux heures.
- Le voyage de Parmelin au-dessus du mont Blanc-
- — Le Président du Club suisse d’aviation nous adresse une communication au sujet du voyage de Parmelin rectifiant quelques chiffres indiqués par nous et précisant l’itinéraire du courageux aviateur : le départ de Collex ' Bossy a eu lieu à 1 h. 3g et l’atterrissage à Âosteà 3 h. 5m. Parmelin n’a pas suivi la vallée de l’Arve, il Va coupée trois fois : la première au-dessus de Bonneville, la deuxième vers Scionzier, la troisième à l’est de Saint-Gervais ; il a passé ensuite le long de l’arête ouest du Dôme du Goûter, puis, entre le mont Blanc et le mont Blanc de Gourmayeur à 534o m. d’altitude. C’est en planant entre le glacier du Fresnay et celui de la Brenva, qu’il survola Courmayeur d’où il se dirigea à l’altitude de 4200 m. en ligne droite sur Aoste où il atterrit.
- ,sr Perfectionnement dans les procédés pour l’argenture des miroirs. — On sait que la surface réfléchissante des miroirs est maintenant obtenue par de l’argent, réduit au sein d’unë solution nitratée : la couche métallique obtenue ainsi est extrêmement faible (27/1000 de millimètre). Aussi est-il indispensable de la recouvrir d’un enduit protecteur. Naguère, c’est par vernissage qu’on opérait, mais la protection laissait à désirer. Maintenant on obtient de bien meilleurs résultats en recouvrant électrolytiquement la couche d’argent d’une couche de cuivre dont l’épaisseur peut être réglée à volonté. MM. Declère et Grézy effectuent ce dépôt, relativement difficile à obtenir, en employant des électrodes en forme de grands peignes, dont chaque dent est composée d’une tige de laiton terminée en boule. A l’exception de cette boule, la surface est couverte d’un vernis isolant empêchant les dépôts métalliques. Chaque dent oscille librement, de manière qu’il suffit de poser un peigne sur une glace pour que toutes les dents passant par leurs boules terminales établissent le contact. Quant à l’électrolyte, c’est une solution de sulfate cuprique qui coule en mince nappe constamment renouvelée. Avec un courant de 25 ampères par mètre carré et de 4 volts, on cuivre une glace en vingt minutes.
- Nouvelle action des rayons ultra-violets. — Les rayons ultra-violets ont déjà fait beaucoup parler d'eux et nous avons tenu nos lecteurs au courant des diverses aclions qu'ils exerçaient sur un certain nombre du substances. On vient, en Amérique, de constater une
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- INFORMATIONS
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- nouvelle influence de ces mêmes radiations. Le platine colloïdal, c’est-à-dire le platine réduit, obtenu à l’état d e .p s (judo - S;0 lu ti o n par l’action, de certains réducteurs sur les sels de platine, possède diverses propriétés caractéristiques, notamment une activité catalytique qui détermine la combinaison entre eux de corps ou de gaz qui, sans cela, resteraient indifférents en présence les uns des autres. On a vu récemment que cette activité catalytique du platine colloïdal était détruite assez rapidement par son exposition à la lumière ultra-violette.
- L’incandescence du soufre. — Quand l’air passe sur du soufre chauffé au-dessous de son point d’inflammation, il se charge de vapeurs de soufre qui, quand la température diminue, se condensent à l’état de particules infiniment petites. M. Watson a constaté que c’était l’oxydation de ces particules qui donnait naissance au phénomène de l'incandescence ou « phosphorescence » du soufre qui se produit dans ces conditions avec formation d’acide sulfureux. Il y a là l’explication d’un phénomène qui' était resté obscur jusqu’ici.
- Le Kali aux Etats-Unis.— Les Etats-Unis absorbent le quart de la production mondiale en sels potassiques, et ils sont, pour cette consommation, presque tributaires de l’Allemagne. La dépense en engrais, généralement mélangés d’engrais azotés et phosphatés, est montée de ioo millions de francs en 1880 à. 600 millions en 1910. Elle est certainement appelée à s’augmenter beaucoup par suite de la pauvreté du sol ..dans certaines régions et des bons résultats obtenus dans la; culture du coton et du blé. Aussi les Américains ont-ils fait les plus grands efforts pour produire eux-mêmes la potasse. Dans l’Orégon, rUtah, la Californie, on a trouvé, en des contrées désertiques et sous un climat torride, quelques gisements impurs, mêlés d’argile, avec du borax et du carbonate de soude. Les résultats ont été médiocres. Outre les vieux procédés de lavage des laines et de traitement des cendres de varechs, on a également essayé d’utiliser certains silicates potassiques naturels tenant 8 à 8 pour roo de potasse, comme le feldspath, la leucite et la (glauconie. Enfin on extrait un peu d’alunite dans l’Utah et le long des Montagnes Rocheuses.
- Cheminée d’usine munie d’un chapeau régulateur
- de tirage. — Nous avons déjà eu l’occasion de parler des appareils Bos pour régulariser le t irage des cheminées (v. Science appliquée n° 2110, 18 nov. 1913). Us ont pour but d’empêcher le refoulement des gaz chauds dans la cheminée sous l’effet du vent. A cet effet, on coiffe la cheminée d’un chapeau où sont aménagés des tuyaux qüi canalisent intérieurement le vent, quelles que soient sa direction et son intensité et en utilisant la force pour augmenter l’aspiration. L’apjpareil Bos vient d’être appliqué à une cheminée d'usine et le constructeur nous communique la photographie ci-dessus; l’aspect des cheminées ainsi équipées ést assez curieux. Les résultats ont été, paraît-il, excellents.
- La statistique des prix Nobel. — De 1901 à igi3, soixante prix Nobel ont été déjà attribués. Si l’on classe ces ;prix par pays, en les comparant au chiffre de la population,-on voit que les pays les plus favorisés sont les trois,pays Scandinaves, la Suède, puis la Norvège et le Danemark ; ce qui, toute comparaison de mérite mise à part, .s’explique assez aisément par la nationalité du jury. Puis viennent la Hollande, la France avec x 4 prix pour 3p-;.millions ..d’habitants, l’Allemagne avec 18 prix pour 65 raillionsl Après quoi, on trouve la Suisse, la Belgique, L’Angleterre.; Enfin les Etats-Unis et la Russie ne. comptent ichaenn, qu’un seul prix, r
- ‘Ld teinture ën kaki. — Depuis quelques années, la prbdùcftidn dés teintes kàki sur cotonnades a pris une gà’ândé iinpbrtânce' en feintuife. Oû sait que cette nuance
- genre feuille morte est très employée par les coloniaux, dans certaines armées étrangères, et en particulier par les boys-scouts de tous pays. Les Hipdous qui inventèrent et baptisèrent le kaki (kaki signifie là-bas couleur de terre) opéraient la teinture en plongeant l'étoffe dans un bain de bouse de vache étendue d’eau. C’était économique et pittoresque, mais la méthode par trop primitive ne permettait point l’obtention de couleurs suffisamment solides. Il en est de même de divers autres procédés consistant à employer les infusions de chicorée torréfiée, les colorants diamines.le cachou, etc. Certaines matières tinctoriales artificielles comme les colorants sulfurés, les dérivés d’indanthrène, permettent bien d’obtenir des nuances relativement solides, mais donnent des teintes inégales, ne résistant pas bien aux-lavages, et pâlissant à la longue sous l’action de la lumière. Les bons kakis modernes sont obtenus par un mélange d’oxyde de fer et d’oxyde de chrome. On peut âisémént en obtenir en plongeant un tissu bien propre dans un bain de sulfate ferreux et étalant à 1 air après léger essorage. Mais pratiquement, l’opération est plus compliquée à causé dès exigences du client. On opère avec des solutions complexes de sulfate ferreux, pynqlignite. de fer, acétate de chrome, alun de chrome. En précipitant ensuite le métal sous forme d’hydrate, on pigmente solidement le tissu qui acquiert naturellement ainsi une forte charge pouvant dépasser 10 pour 100.
- La loi sur les monuments historiques. — Voici les principales dispositions de cette loi, dont on trouvera le texte intégral au Journal Officiel (4 janvier 1914» P- 129, sqq.j : (Art. Ier). Les immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public, sont classés comme monuments histo-. riques en totalité ou en partie par les soins du Ministre des Beaux-Arts.... Sont compris parmi les immeubles susceptibles d’être classés, les monuments, mégalithiques, les terrains qui renferment des stations, ou gisements préhistoriques et les immeubles dont le, classement est nécessaire pour isoler, dégager ou assainir un immeuble classé ou proposé pour le classement...., (Art. 2). Sont considérés comme régulièrement classés avant la promulgation de la présente loi : 10: les immeubles inscrits sur la liste générale des monuments, classés, publiée officiellement en 1900 par la dix-action des Beaux-Arts; 2° les immeubles compris ou non dans cette liste, ayant fait l’objet d’arrêtés ou de décrets de classement conformément à la loi du 3o mars 1887 (dans un délai de trois mois, la liste des immeubles ainsi classés avant la présente loi sera publiée à l’Officiel ; ensuite, la liste sera tenue à jour et rééditée au moins tous les 10 ans). (Art. 2) A compter du jour où l’administration des Beaux-Arts notifie au propriétaire sa proposition de classement, tous les effets du classement s’appliquent de droit à l’immeublè visé. Ces effets (Art. 8) suivent l’immeuble classé, en quelques mains qu’il passe. (Art. 9) L’immeuble classé ne peut être détruit ou déplacé, même eu partie, ni être l’objet d’un travail de restauration.de réparation ou de modification quelconque si le Ministre des Beaux-Arts n’y a donné son consentement. (Art. i4)Les objets mobiliers, meubles proprement dits ou immeubles par destination, suivent les mêmes règles. (Art. 18) Tous les objets classés sont imprescriptibles. (Art. 21) Leur exportation hors de France est interdite. (Art. 28) Lorsque, par suite de fouilles, de travaux ou d’un fait quelconque, on a découvert des monuments, des ruines, des inscriptions ou des objets, pouvant intéresser l’archéologie op l’histoire de l’art, sur des terrains appartenant à. l’Etat, à un département, à une commune, à un établissement' Publie ou d’utilité publique, le maire de la commune doit assurer la conservation provisoire des objets découverts et aviser immédiatement le préfet des mesures prises. .Même chose si la découverte a lieu sur le terrain d’un particulier. Dans les deux cas, et sùr le rapport du-préfet, le Ministre des Beaux-Arts statue sur les mesures définitives à prendre, La loi prévoit en, outre diverses dispositions pénales, ainsi jqu’un règlement d’administràtion publique pour déterminer, les détails de sou .application. Ce règlement sera rendu- après avis de la/ Commission des monuments historiques, çt cette Commission sefa également consultée par le Ministre des .Beaux-Arts pour toutes les décisions: prises en exécution.-.de là pressente, loi. - •- . . r:;;,' .
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Automobilisme
- . Le contrôleur d’essence Badois. — Le contrôle de ,1| essence .dans les réservoirs des automobiles est une opération minutieuse, souvent effectuée avec un à peu près préjudiciable au propriétaire de la voiture et dans tous les cas toujours longue et pénible avec la plupart
- Fig. I. — Détails (lu contrôleur d’essence r I, tiges guides; J, rondelle de liaison des tiges à leur base; B, contrepoids ; H, trous . dés tiges guides dans le flotteur; F, ruban gradué; C, cage circulaire, filetée se vissant sur le bouchon; G, collerette à créneaux; A, ouverture centrale.
- des appareils : indicateurs ou jauges, qui ont été imagines dans ce but. Le contrôleur Badois, qui vient d’être offert sur le marché, paraît devoir apporter plus de simplicité dans l’opération.
- Cet appareil se visse sur le bouchon du réservoir, qu’il s’agisse d’un réservoir à pression ou d’un réservoir
- par gravité ; et la lecture des indications se fait instantanément, au-dessus de la partie supérieure de l’appa'reil qui se fixe à l’intérieur du bouchon.
- Lê contrôleur comporte une plaque de liège qui rem-lés fonc-de flot- ; Quatre’ descen-verticale-! ment dans le réservoir ; deux de ces tiges ser-> vent de guides : au flotteur et les deux autres à un contrepoids. Le flotteur et le contrepoids' sont réunis par un ruban transparent et gradué, renforcé de chaque côté par deux petites Chaînettes très résistantes; Ce ruban
- Fig. 2. — Le contrôleur Badois monté. En haut le bouchon vu en plan.
- passe;,.en .outre,. sur une poulie fixée -à la partie supérieure,de . l’appareil dans, une. sorte de cage circulaire ; filetée. pour être,, vissée à: la , place du bouchon ; cette ; cage sert de, ,support aux quatre tiges guides. La poulie est construite en aluminium et, sa teinte spéciale a été tj choisie pour favoriser la transparence du ruban et la:! lecture des indications qu’il porte. Elle se visse à l’inté-
- rieur d’une collerette enveloppée du bouchon à créneaux qui assure une étanchéité complète. Ce bouchon porte une ouverture centrale qui permet la lecture du contrôleur.
- Le fonctionnement de l’appareil s’explique de' lui-même : le flotteur demeure constamment sur la surface du liquide dont les différents niveaux sont transmis au ruban, lequel demeure toujours rigide grâce au contrepoids qui tire constamment sur lui. Le montage^ peut s’effectuer par n’importe qui, sans aucune difficulté, en s’inspirant des instructions contenues dans la notice qui accompagne l’envoi.
- Le contrôleur d’essence Badois est vendu au prix de 75 francs chez M. J. Lacoste, 28-3o, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Musique
- Le « Joujuste » et le clavier simplificateur. — L’étude des instruments de musique comporte deux phases distinctes. La première est mécanique, la seconde esthétique. Pour être en parfaite possession du sens esthétique musical, l’instrumentiste doit posséder à fond
- Fig. 1. — Position du « Joujuste ».
- non seulement ce qui s’appelle « le métier », chose que l’expérience donne le mieux, mais encore l’exactitude pratique, l’économie dans le travail. Le directeur général des Ecoles populaires de musique de la Suisse romande, à Genève, M. Frank Choisy, vient de réaliser, dans le domaine des instruments à cordes et à claviers, des améliorations dont les élèves profiteront en tout premier lieu. , ,
- Le « Joujuste », le mot l’indique, est destiné à faciliter les débuts si pénibles des. violonistes et des violoncellistes. De quoi se compose le « Joujuste »? Une simple petite feuille de papier, sur laquelle se trouve indiquée la place des notes. On la glisse sous les cordes,
- Fig. 2. — Le clavier simplificateur Choisy.
- on en mouille les bords gommés que l’on fixe sur le manche de l’instrument, et le « Joujuste » est prêt à être utilisé, . t
- La figure 1 montre la position du « Joujuste » sur le viqlon. Il suffira ensuite de poser les doigts de la main gauche .sur, les. points noirs, pour dpnner le son exact des notes cherchées. Cette gymnastique de la main gauche apprendra au débutante, donner! la not'e juste dès le commencement de ses études., , r j
- Quant au clavier simplificateur du professeur Frank
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Choisy, il n’a pas la prétention de remplacer 1 instrument ' qu’il représente. Il peut, au besoin, permettre d’étudier sans instrument puisqu’il offre la même disposition que les touches blanches et noires du piano et maintenir ainsi la gymnastique des doigts. Cet avantage point négligeable est pourtant secondaire; il existe de nombreux essais de ce genre qui invitent les jeunes pianistes à se servir d’eux, avant de s’exercer sur un piano.
- M. Frank Choisy, en composant son « clavier simplificateur », a eu pour principal objectif de remédier à
- un défaut assez général chez les élèves, celui de confondre les diverses octaves du clavier.
- La façon de procéder est fort simple. Posez le clavier simplificateur, un carton collé sur toile, contre le fond des touches, il tiendra tout seul. Toutes les notes du piano s’y trouvant inscrites, j à la moindre hésitation, le « clavier simplificateur » répondra en indiquant la ; place exacte de telle ou telle note. C’est là un gros obstacle qui disparaît, par un procédé aussi simple que celui du « Joujuste. » 11 permet de s’exercer sans erreur possible, tout seul. Par la suite, et à mesure que l’élève se 'familiarisera avec les différentes octaves, le professeur supprimera le « clavier simplificateur ». — Le « Joujuste » est vendu o fr. Go et le clavier simplificateur,
- 3 fr. a5. M. Frank Choisy, 19, Grand’Rue, Genève.
- Fig.
- 3. — Détail du clavier simplificateur.
- Divers
- La lorgnette aux rayons X. — C’est sous ce nom bizarre que certains camelots diserts vendent pour quelques sous une mystérieuse et minuscule boîte dont ils dirent d’ailleurs constateràleursauditeursla propriété singulière. Regardons en mettant près de l’œil la lorgnette, et, à travers le trou ménagé au centre, notre main étendue du côté de la lumière. Nous avons la surprise de la voir vraiment semblable à une épreuve radiographique, du moins en ce qui concerne les doigts, car on ne peut voir dans la paume de la main à travers la silhouette osseuse. Mais la majorité des spectateurs ne s’arrête pas à ce détail.
- D’où vient cette apparente anomalie ? Les rayons X ne sont évidemment pour rien là-dedans. Cependant il s’agit bien là d'un appareil de physique amusante. Mais pas du genre indiqué par notre camelot. Démolissons, en effet, la lorgnette : nous voyons que c’est une simple boîte de carton portant des trous, dont l’un est fermé par une barbe de plume, collée au carton. Il est très facile de construire soi-même une pareille lorgnette qui fonctionne aussi bien que celles des commerçants de la rue et met comme elles en lumière le phénomène de la diffraction.
- Yue au microscope, la plume se révèle formée de
- Vue extérieure La lorgnette
- de la lorgnette, vue d’arrière.
- •t -.
- bandes parallèles extrêmement minces et alternativement transparentes ou opaques : c’est donc là un réseau de diffraction, analogue à ceux des physiciens, préparés en gravant, sur une plaque de verre, une infinité de petits traits parallèles (presque 1000 dans un millimètre).
- Comme la lumière chemine non en ligne droite, mais par ondes, la limite de l’ombre et de la lumière en deçà d’un écran n’est jamais parfaitement nette. En réalité,
- il y a une petite zone intermédiaire mi ombrée. Parce que l’écran n’arrête chaque vibration lumineuse que sur une partie de son circuit, les autres parties continuant à vibrer transmettent un peu de leur mouvement de l’autre côté de l’écran. Or, en plaçant côte à côte une infinité de petits écrans, on multiplie l’intensité de la diffraction jusqu’à la rendre très aisément visible.
- La lorgnette peut servir aussi pour regarder les flammes, qu’elle décompose en bizarres figures symétriques où se groupent joliment toutes les brillantes couleurs de l’arc-en-ciel.
- Eteignoir automatique. — Pour les personnes qui utilisent encore les bougies pendant la nuit, il est tout à fait indispensable de se munir d’un éteignoir automatique. On pose la bougie dans un coin et on l’oublie ou bien, si on a voulu lire au lit, on s’endort sans s’en apercevoir et la bougie brûle jusqu’au bout.
- L’éteiguoir
- automatique fermé et ouvert.
- De nombreux éteignoirs automatiques pour les bougies ont déjà été imaginés, jusque et y compris celui que l’on façonne soi-même avec une coquille de noix et qui, d’ailleurs, ne manque pas d’ingiénosité et d’élégance. En voici un autre que l’on trouve tout fait et qui remplit fort bien la fonction qu’on lui demande. Il est constitué par un tube, du diamètre de la bougie, pourvu de deux ailes qui s’ouvrent ainsi que le montre notre dessin et que l’on arrête à une hauteur quelconque de la flamme. Lorsque cette flamme atteint le point de contact des ailes, celles-ci se ferment brusquement grâce à l’action de leurs ressorts respectifs. Leur rapprochement s’effectue sur la flamme et la mèche, emprisonnée, s’éteint. — L’éteignoir automatique est en vente aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Nouvelle lampe hygiénique. — Cette nouvelle lampe est un article de luxe constituant une sorte de brûle-parfum. Elle est faite en porcelaine décorée et comporte un récipient dans lequel on verse de l’alcool à g5° que l’on parfume à son idée. Lorsque le récipient est rempli, ou à peu près, on introduit la mèche dans l’ouverture qui lui est affectée et on allume l’extrémité supérieure. On la laisse brûler environ deux minutes jusqu’à
- ce que la flamme ait porté au rouge la lentille d’amiante qui dissimule de la mousse de platine. On éteint alors la flamme et on met en place le couvercle de porcelaine. L’alcool continue à se vaporiser au contact de la mousse de platine qui reste incandescente et les produits de la combustion se répandent dans la pièce. — La nouvelle lampe hygiénique est en vente chez Kirby-Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Procédé pour déceler la fraude des huiles d’olive.
- — Quelques-uns de nos lecteurs des pays méridionaux (Midi de la France, Italie, Grèce, etc.) nous ont consulté au point de vue des caractères de pureté de l’huile d’olive, de sa coloration, et notamment sur le moyen de reconnaître les huiles d’olive fraudées. Nous avons donné, dans la Boîte aux lettres, les indications relatives à chaque cas particulier qui nous a été soumis. En ce qui concerne le moyen de reconnaître les huiles d’olive fraudées, voici un procédé répondant aux questions posées à ce sujet :
- Ce procédé, dû à M. R. Brullé, est basé sur l’emploi du nitrate d’argent dissous, dans la proportion de a5 pour ioo, dans de l’alcool éthylique à 90 degrés. On opère de la façon suivante : dans un tube à essai, on verse 10 cent, cubes de l’huile à essayer, avec 5 cent.
- cubes de la solution alcoolique de nitrate d’argent, et on laisse une demi-heure environ au bain-marie, puis on observe les teintes des huiles. L’huile d’olive pure conserve sa transparence et prend une teinte d’un beau vert-pré.
- L’huile adultérée avec de l’huile d’arachide pure prend une teinte brun rougeâtre ; avec le sésame, elle prend la coloration du rhum très foncé en couleur; avec le colza, elle devient noire, puis vert sale; avec le lin, la teinte est rougeâtre foncé ; avec le coton, elle devient noire; avec l’œillette, noir verdâtre; avec la cameline, noire et, au jour, en inclinant le tube, la teinte devient rouge-brique. Ce procédé est plus simple que celui qui consiste à faire bouillir l’huile à essayer avec de l’acide nitrique et de l’albumine en poudre et à observer ensuite sa coloration.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Les gâteaux à la crème toxiques. — Les gâteaux à la crème finiront par perdre leur bonne réputation ,r Saint-Honoré, crèmes à la royale, crèmes glacées ont. été accusés d’accidents d’empoisonnement plus ou moins graves. Ce n’est du reste pas d’aujourd’hui seulement que l’on accuse de ces méfaits ces divers entremets. Il y a quelque vingt ans, le Dr Yaughan signalait dans un journal médical de Philadelphie la toxicité de certains gâteaux préparés avec delà crème. Ces temps derniers le nombre des accidents, peu fréquents autrefois, s’est accru dans de larges proportions, puisqu’un jeune médecin, le Dr Lecoq, a pu, dans sa thèse, en réunir 700 cas observés en l’espace de 7 années, de 1900 à 1906, soit une centaine par année.
- Est-ce qu’on consomme davantage de ces pâtisseries, de ces entremets, tout comme on mange plus de viande, consommation en rapport avec l’accroissement du bien-être? Est-ce qu’on donne moins de soins à la préparation de ces pi'oduils culinaires? Le fait est là, et il s’est traduit d'une façon brutale il y a juste quatre mois par l'empoisonnement de toute une famille.
- On se rappelle l’émotion soulevée par ce que l’on a appelé les empoisonnements de Cholet. Une cinquantaine de personnes étaient réunies en un banquet à l’occasion d’un mariage. On servit à la fin du repas un gâteau à la crème. Trente-huit convives en mangèrent, tous furent plus ou moins gravement malades et douze d’entre eux succombèrent en quelques jours à des accidents gastro-entéritiques qui firent tout de suite penser à quelque empoisonnement accidentel ou criminel. Les convives qui n’avaient pas pris du gâteau furent indemnes de toute indisposition. De crime, il n’élait pas question; d’empoisonnement par un poison proprement dit, pas davantage. Il s’agissait cependant bien d’une intoxication, mais d’une forme toute particulière et que le professeur Ghantemesse, chargé d’une enquête, a nettement démontrée dans le rapport qu’il communiquait l’autre jour à l’Académie de Médecine. Les premiers médecins appelés à soigner les malades et les experts avaient prouvé qu’il n’y avait dans la crème aucun métal toxique, pas d’arsenic notamment, dont l’ingestion provoque des symptômes toxiques tout à fait analogues à ceux que présentèrent les malades.
- L’examen bactériologique, pratiqué par les D,s Papin et Gaudin d’Angers, fit découvrir dans la crème et dans le sang d’un malade un bacille paratyphique extrêmement pathogène. M. Rappin, directeur de l’Institut Pasteur de Nantes, avait de son côté décelé, dans le sang <b’une des victimes, un bacille spécial qu’il avait eu l’occasion d’observer au cours d’accidents produits par l’ingestion de caillebottes et de lait. M. Ghantemesse put, à son tour, reconnaître chez un des malades, mort au moment de son enquête, le même bacille que ses collègues. C’est un bacille mobile du groupe Gœrtner qui, cultivé dans la crème, la rend toxique au plus haut
- degré comme celle du dîner de Cholet et qui se laisse agglutiner par le sang des malades empoisonnés dans ce repas.
- Pour le prouver, M. Ghantemesse a préparé un gâteau à la crème royale dans les conditions et avec les détails indiqués par la cuisinière qui avait fabriqué la fameuse crème. Le point essentiel qu’il met en relief, c’est que le lait, le sucre, le zeste de citron sont bouillis, que les jaunes des œufs sont versés dans ce liquide bouillant, de sorte que, fussent-ils contaminés par quelques microbes fragiles, ceux-ci seraient détruits ou atténués par ce contact avec le liquide. Mais la crème ainsi préparée et versée dans les compotiers est agrémentée d’une garniture de blancs d’œufs battus en neige et qui ne soht pas chauffés. On saupoudre même cette neige albumineuse avec de la poudre de macaron écrasée et on passe le tout au four pendant environ deux minutes, de façon à dorer la couche neigeuse. ;
- Cette dernière opération, on le conçoit aisément, coagule l’albumine de la croûte superficielle, et si cette neige de blancs d’œuf contient quelque microbe nocif, ce dernier trouve là un milieu des plus propices à sa pullulation. Ajoutez que la crème, dans le cas parti--culier de Cholet, fabriquée la veille, fut gardée dans lin office surchauffé. Il n’en fallait pas plus pour le développement du microbe et l’infection du gâteau par les toxines sécrétées par lui. Des crèmes préparées dans les mêmes conditions que celle de la noce, ensemencées par des produits intestinaux de sujets bien portants, n'ont amené aucun accident chez les cobayes soumis à l’expérience. Par contre, une crème, infectée légèrement avec une culture du microbe recueilli dans 1 autopsie ou même un fragment de la vieille crème du banquet, amenait la mort des animaux en un ou quelques jours avec des désordres intestinaux semblables à ceux des victimes.
- La preuve était donc bien faite de la nocivité de celte crème par un agent microbien infectieux. Mais d’où venait-il? Comment s’était-il introduit dans la préparation? On avait pensé tout d’abord à un dépôt par les mouches qui abondaient dans la cuisine. Mais les mouches n’auraient déposé leurs saletés qu’à la surface et cette surface était indemne de souillures. En serrant de près l’enquête, M. Chantemesse put constater que plusieurs accidents de ce genre s’étaient produits antérieure meut quand on avait eu recours à la même cuisinière. IL devenait logique de penser que, sans le savoir, la pauvre femme était la cause de tout le mal; bien qu’elle n'eût jamais été arrêtée par aucune maladie, elle était en effet porteuse du bacille; ses produits intestinaux le contenaient en abondance et, faute de soins hygiéniques, la malheureuse portait avec ses gâteaux la maladie et là mort chez ses voisins. La théorie de la contamination par les porteurs de germes a trouvé là une confirmation éclatante.
- Il faut en conclure, comme l’a fait M. Ghantemesse,
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- HYGIENE ET SANTÉ
- quêtons les gâteaux à la crème doivent être préparés, avec du lait bouilli, des œufs bien frais, des aliments de premier choix, mais surtout il faut, qu’à l'exemple des chirurgiens modernes, les cuisiniers et. cuisinières prennent l’habitude de soins de propreté minutieux, dont le lavage fréquent, des mains constitue le plus simple et le plus utile.
- Une conclusion de cette enquête fort sagace va remettre sur le tapis, bien que ce soit de l’histoire ancienne, la question du procès retentissant de Mme Lafarge. Notre éminent confrère n’est pas éloigné de çro'ire que raccusation. d’empoisonnement par l’arsenic était fausse; on n’en avait trouvé que des traces dans le conduit gastro-intestinal et des doses impondérables dans les viscères, ce qui provoquait du reste cette bou-
- tade de Raspail qui su faisait fort de trouver de l’arsenic dans le fauteuil du président. Comme dans l’épidémie de Cholet; M. Lafarge aurait succombé à l’intoxication d’un gâteau à la crème préparé plusieurs jours à l’avance et arrivé avarié, contenant peut-être un bacille du même genre. Les accidents présentés par le défunt concordent de tous points avec ceux qu’on a observés chez les victimes de Cholet. On ignorait, il v a 60 ans, la question des gâteaux toxiques aussi, bien que celle des infections microbiennes-. Peut-être bien ne s’agissait-il que d’un cas de ce genre. Puissent les mânes de Mme Lafarge être consolées par cette réhabilitation posthume que je regarde, pour ma' part, comme très plausible. ' ' ' '
- Dr A. Çartàz.
- ipo
- BOITE AUX LETTRES
- csaU
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — A propos de notre récente recette sur la destruction des herbés dans les allées, M. Vilars, fabricant du bisulfol, nous fait remarquer que ce produit, pour produire une action maximum, doit être employé sur des plantes n’ayant pas reçu d’eau depuis plusieurs jours. Il attribue le pouvoir nocif non seulement au chlorure calcique contenu dans le liquide, mais aux sulfocyanures qu’il contient aussi, quoique inof-/fènsif poür les volailles qui picorent là (à l’encontre des solutions arsenicales).
- Renseignements. — M. E. I. F. — Il faut un timbre de quittance à partir de io fr. o5. Vous trouverez le Code de commerce à la librairie Laroze, rue Souffiot, Paris. Pour avoir une adresse télégraphique on paye une cotisation annuelle.
- . M. Belize, à Grivegnei, près Liège. — Aucun vernis pour tôle de lanterne à projection ne peut donner la certitude de ne jamais s écailler; pour noircir le métal et empêcher l’oxydation, il serait préférable d’employer Une patine analogue à celle décrite p. zo3 de nos Recettes de l’atelier (Masson, édit., 3 fr., relié), j'--M. L. B., 27-4. ~ La librairie Mulo (12, rue Haute-ïfeuille, Paris) a publié un Manuel Roret pour l’encadreur où vous trouverez diverses formules de mastics servant à stuquer les baguettes pour cadres.
- M. /. Plassard, rue de Babylone, à Paris. — Pour empêcher les bottines de chasse de « craquer », il faut .copieusement les graisser longtemps à l’avance en sorte que le cuir puisse être bien pénétré.
- M. Landréa. — i° On connaît deux procédés généraux permettant de conserver le jus de pommes indemne de toute fermentation et le cidre naturel assez peu fermenté pour rester très sucré, ce sont la pasteurisation et le sulfitage au moyen de l’anhydride sulfureux; malheureusement, la pasteurisation des cidres n’est pas encore résolue pratiquement comme elle l’est pour le vin,' à cause de la différence dans la composition chimique de cès deux boissons. L’anhydride sulfureux et le méta-bisulfite de potasse tuent ou paralysent les ferments pendant un temps plus ou moins long en raison de la ! dose employée. La loi tolère, aujourd’hui, la présence de 200 milligrammes d’acide sulfureux total par litre, à la condition qu’il n’y en ait que la moitié à l’état libre.
- a0 Les cidres qui, dites-vous « se conservent éternellement doux » lerdoivent, très, probablement, à ce qu’ils .ont été sulfités quand la fermentation avait abaissé leur densité entre 1025 et aoao, ou bien à ce qu’ils ont reçu par hectolitre, après fermentation presque complète, Soo gr. à 1 kg de sucre à l’état de sirop. Il est très rare que l’on emploie les glucoses, cassonnades ou mélasses, car le décret du 28 juillet 1908 spécifie le saccharose, c’est-à-dire le sucre de betterave ou de canne. — 3° Par suite, si vous tenez à boire du cidre « doux », sucrez-le comme il vient d’être dit, puis
- fermez la barrique avec une bonde hydraulique ou un fausset aseptique.
- M. II. II. P. J., à Quelen-Esbjerg, sanatorium Dan-mark. — i° Vous pourriez vous adresser à M. Godefroy, dessinateur, 16, rue des Saules, à Paris, mais nous ne pouvons vous garantir qu’il sera disposé à entreprendre le travail demandé. — 20 Pour les revues de marine, nous vous recommandons en première ligne Le Yachtï, 55, rue de Châleaudun, à Paris, puis The Yachting Mohtkfy, 43, Leicester Square, London, E. C. — 3° Gommé ouvrages de modèles : a) Manuel du petit yachtsman, '-par* Bonnet; b) Construction et gréement de modèles de bateaux, par de Gatus ; c) Model Yackt’s building, que vous pouvez vous procurer à la librairie dû Yacht, 55, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. Vittu de Kerraoul, à Paris. — Pour enlever le dépôt calcaire dans un réservoir de cuisinière, employer l’acide chlorhydrique, qu’on évitera de laisser longtemps dès que le métal sera visible. On ne peut empêcher ces dépôts de se produire qu’au prix d’une épuration qui n’est réalisable ni en petit, ni pour l’eau d’alimentation. 1 ‘
- M. Coulomb, à La Qùeue-les-Yvelines. — Nos Recettes de l’atelier contiennent, de nombreuses formules- pôür patiner le cuivre et ses alliages. Mais en général" les colorations obtenues sont mates; pour avoir du;brillant, il faudrait vernir ensuite. " : r : :; "
- M. L. B., à Paris. — Contre lesuintement àëè ldmpes à pétrole, des procédés sont décrits dans lésRecettes de la maison, p. 266. — Quand le tain d’une glacé est abîmé, il n’y a guère qu’un seul bon remède Y la réargenture. ^
- . ' M. L. R., à B.-O. — La cellophane et la biophane sont, croyons-nous, des matières à basé ’dê" viscose, fabriquées avec des déchets de coton, de la Soude et du sulfure de carbone (voir pour détails le volume "Le celluloïd, par W. Main, Masson, édit. Prix : 2 fr. 5oü. Qn s’en sert pour capsuler les flacons dë parfumerie, recouvrir les étalages, etc. '• ' ' -'v-’"l '
- M. Martin, à Melun. — Une excellente colle pour bois résistant à l’humidité est la glue marine composée de :
- Caoutchouc . , ........ 1
- Pétrole . . . . ........ 40.
- - Gommé laque . . . .. . , , . ,,r8o . >.
- On laisse le caoutchouc dans le pétrole pendant Une semaine en remuant de temps à autreUon ajoute la gomme laque et on chauffe en agitant jttsqù’à homogénéité. On applique à chaud. —- Pas plus poùr entailler solidement que pour bien nickeler une bicyclette",' il n’existe de procédés « faciles » : pour avoir dé bons résultats, il faut opérer comme chez le fabricant, ce qui n’est pas pratique pour un amateur. ' . ?
- M. D. F., à Lavaur. — Ce « lave-linge «« est tout simplement un bâton portant un cône en métal repoussé qui sert à fouleè le linge dans un baquet-d’eau de savon : son efficacité nous paraît douteuse.''-^ Nôüs ne croyons pas les « confits de viande >î1 càpablèS de geler par nos froids hivernaux. :— Pour enlever les taches de mouches sur terre cuite coloriée, plônger les pièces dans l’eau pendant une journée, puis promenée, en les laissant immergées, un blaireau à la surface. -4-
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- Pour enlever. les taches de rouille sur marbre blanc, faire : agir une solution tiède de protochlorure d’étain.
- Abonné 19^6, à Poitiers. — Pour noircir des traits gravés en creux sur ivoire, frotter avec du noir broyé à l’huile, qu’on aura mélangé d’un peu de siccatif. Enlever bexcès de noir avec un tampon bien lisse et laisser quelques, jours exposé à l’air avant de laver.
- M. X. Asile des convalescents de Saint-Maurice. — Nous avons obtenu d’excellents résultats dans le nettoyage de poteries d’étain (alliage de plomb et d’étain) en frottant avec un chiffon imprégné d’une solution de citrate d’ammoniaque (préparé en faisant dissoudre un peu d’acide citrique dans de l’ammoniaque).
- M. Alfredo de Araujo Lima, à San Paulo. — Nous
- n’avons pu, d’après un si petit échantillon., déterminer la composition de votre adhésif D’ailleurs, la préparation de ces produits est si délicate qu'il est avantageux de s’en procurer dans le commerce.
- Abonné n° 1973, à Herpont (Marne). —- Fabricant de timbres spéciaux pour marquer les œufs : Roux, 153, rue Oberlcampf; fabricants de boîtes en carton ondulé : Cassart, 72, rue de Crimée, Paris et Société française de carton ondulé, Exideuil-sur-Vienne (Charente).
- M. Bourras, quai de la Bibliothèque, à Lyon. — Le perchlorure de fer n’est pas liquide, et ce que vous ont vendu les pharmaciens n’est qu’une solution aqueuse. Vous trouverez le perchlorure en tablettes chez Pelliot, 27, rue des Francs-Bourgeois.
- BIBLIOGRAPHIE
- ose*
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les insectes cataleptiques : René Merle. — La simili-gravure et son histoire : R. Villers.— Les sourciers: expériences de l’été IÇ)l3 : Armand Viré. — Les ressources en combustibles du monde : L. De Launay. — Académie des sciences : séances des 16 et a3 février 1914 : Ch. de Villedeuil. — Les migrations dès poissons. — Le livre des fontaines de Rouen : P. Sallior.
- Simplement.. — Un danger de la télégraphie sans fil à bord de certains navires. — Epuration des vinasses résiduelles de distillerie. — Les différentes formes de l’arsenic. —- Gisements de pétrole de l’Argeniine, etc.
- Traité pratique de cinématographie, par Ernest Cous-tet. Tome I : Production des images cinématographiques. 1 vol. broché de i36 pages, 58 fîg. Comptoir d’édition de Cinéma-Revue, 118, .rue d’Assas, Paris. Prix : 3 francs.
- La première partie de cet ouvrage a pour objet la prise des vues cinématographiques. Elle comprend l’étude des surfaces sensibles et du matériel, l'agencement des ateliers et des laboratoires, la description des opérations qui conduisent à l’exécution des images destinées à la projection animée. Un dernier chapitre y est consacré à la couleur, dont la reproduction en cinématographie offre de grandes difficultés mais n’est pas insoluble, puisqu’il en existe déjà des solutions très curieuses et pleines d’avenir.
- Manuel de minéralogie pratique, par Malaise, 4e édition, revue et augmentée, i vol. illustré, 604 p., Béranger, éditeur, Paris et Liège, igi3. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce volume, dont le succès atteste la valeur, expose lés’ propriétés générales des minéraux; puis il énu-mère, en indiquant leurs caractéristiques, les minéraux qui se rencontrent en Belgique ainsi que ceux trouvés jusqu’à ce jour au Congo belge.
- Pourriez-vous me dire? par The Mau Who Knows, iro sérié..— Tome I, le moteur : constructions, conduites, pànnes, allumage, carburation, in-8° (12 X 19) 'de. vïï-363 p'., broché 4 fr. 5o; — tome II, le châssis : transmission, direction, freins, suspension, questions divëràes, in-8° (12 X 19) de vu-479 p., broché 5 fr. 5o H, Duùôd et E. Pinat, éditeurs, Paris, ig 13.
- Pourriez-vous me dire? Sous ce titre un peu énigmatique «pour les non initiés, l’auteur a réuni en deux volumes un certain nombre de questions touchant l’automobile -et l’aviation. Ces questions sont celles qui ont été; posées h La Vie Automobile par ses lecteurs. Les réponses à ces questions ont étéMonnées par des techniciens fort compétents et constituent, pour la plupart,.: de véritables chapitres d’allure scientifique, et néanmoins attrayante.
- L(t Suisse illustrée, par Albert Dauzat, in-40, 65o grav. et 23 pi,,'Larousse, éditeur. Prix: 19 francs.
- Continuant la belle série qui a déjà décrit la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la Hollande, l’Italie, la librairie Larousse nous met dans les mains le portrait du pays d’Europe le plus riche en beautés naturelles.. A notre époque de compilations médiocres et d’à peu près sans conscience, qui sont la tare de trop
- d’ouvrages, nous croyons que le meilleur éloge à faire de celui-ci est de signaler, entre autres mérites, sou exacte et moderne documentation; il est bien à jour des progrès récents, comme en témoignent les pages sur le percement du Lœtschberg, le projet de la Fam-cille, l’interdiction de l’absinthe, le chemin de fer delà Jungfrau, le Musée national de Zurich, le Parc national de l’Engadine ; toute la Suisse ancienne et actuelle, industrielle et touristique est représentée ici en fidèle tableau.
- Au iunnan et dans le massif du Kin-Ho (fleuve d’or),I par le D‘ A.-F. Legendre, in-8°. avec 16 grav. et une carte, Plon-Nourrit, éditeur. Prix: 5 francs. j
- On sait comment la dernière mission du D‘ Legendre) qui visitait le Yunnan, le Koeitcheou, le Setchouen occidental et le bassin du Yalong dans les Marches thibé-taines, fut interrompue par une alerte tragique, provoquée par le mouvement xénophobe que déclancha l'a: Révolution chinoise; cela fit courir un instant dans la presse le bruit du massacre total de la mission. Le récit alerte du livre initie le lecteur à l’existence intime
- de races peu connues, aux mœurs, coutumes et caractéristiques morales du peuple chinois et des abori-: gènes qui gravitent autour de lui, dans un pays presque impénétrable. L’hypothèse du péril jaune est envisagée' avec optimisme, et les chiffres cités permettent de conclure qu’un bel avenir est promis à l’Indo-Chine dans ses rapports avec la Chine du sud-ouest. '
- Ministère de l'Agriculture, direction générale des Eauaf et Forêts, services hydrauliques, région des Alpes, annexe du tome Y, cartes, 1912, par M. de la Brosse.
- Les planches 9 à 17 comprennent, à l’échelle du i/5ooooo,la carte des principales distributions d’énergie de la région des Alpes, avec listes explicatives (pl. IX) et 8 cartes au 1/B0000 (n° 10 à 17) des bassins de l’Arc, du Bréda, de la Haute-Durance (en amont de l’Ubaye) et du Guil. Ces cartes d’ordre purement hydrologique, débarrassées de la viabilité, et de topographie très simplifiée (courbes de niveau équidistantes de 5oo mètres), sont d’une admirable clarté et d’une exécution accomplie. Elles font connaître la superficie des glaciers, celle des bassins des cours d’eaux, les débits caractéristiques, les stations de jaugeage et les stations pluviométriques* >
- Le vieux Paris. Souvenirs et vieilles demeures, publié sous la direction de G. Lenotre. In-4\ 100 pages et nombreuses phototypies. Ch. Eggimann, éditeur, Paris.
- Cette belle publication présente un intérêt particulier à notre époque où toutes les curiosités de l’ancien Paris disparaissent une à une devant les nécessités , inéluctables de l’hygiène, ou sous la pioche plus discutable des spéculateurs. Le 3° fascicule, non moins luxueux que les 2 premiers, décrit la prison Saint-Lazare, la fontaine du Regard au Luxembourg, le voisinage de l’église Saint-Séverin, le vieux Charonne, l’horloge du Palais de Justice, etc.
- Notice sur les instruments de précision appliqués à l’œnologie, de J. Dujardin* contenant les règlements.
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- BIBLIOGRAPHIE
- d’administration publique, les méthodes officielles d’analyses (lois et réglementations), les nouveautés oenologiques de 1906 à 1912, et les renseignements et documents pour l’interprétation des résultats de l’analyse des vins par le service de répression des fraudes, d’après ces méthodes. 1 vol. cartonné toile, 5oo pages, 25o figures. Chez l’auteur, 24, rue Pavée, Paris. Prix : 4 francs; franco, 4 fr. 85; étranger, 5 fr. 5o.
- M. Dujardin, successeur de Salleron, vient de publier un supplément à sa notice éditée en 1906. Ce supplément a été rendu nécessaire par les nombreuses
- nouveautés oenologiques qui ont été la conséquence des lois de répression des fraudes, des règlements et circulaires qui les ont accompagnées de 1906 h ce jour.
- Annuaire de route de VAutomobile-Club de France. 1 vol., 700 p., publié par F Automobile-Club, 8, place de la Concorde, Paris, 1913.
- Ce guide routier donne sous forme condensée d’utiles renseignements touristiques sur les diverses localités de France.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o), Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEÜRES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRE* OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 févr. 1914. 5°,5 S. 2. Couvert. V Couvert ; gouttes à 10 heures.
- Mardi 24. . . . . . 3°,9 S. E. 1. Couvert. » Gelée blanche; nuageux.
- Mercredi 25 1°,6 N. 3. l’eu nuageux. » Gelée blanche ; forte brume à 9 h.; nuageux.
- Jeudi 26 2°,4 Calme. Couvert. » Gelée blanche ; brume; brouillard ; peu nuageux.
- Vendredi 27 ... . 2f’,0 N. E. 1. Couvert. » Gelée blanche; couv. le matin ; beau le soir ; brouillard 5 6 heures.
- Samedi 28 — 0n,2 N. N. E. 2. Brouillard. » Gelée blanche; brouillard à 01). de 150 m.; couv. le m. ; beau le s.
- Dimanche 1" mars . — 1°,6 S. s. w. 1. Brouillard. * Gelée bl. ; couv. le m. ; nuageux le s. ; brouillard le m. de 700 m.
- FÉVRIER-MARS 1914. — SEMAINE DU LUNDI 23 FÉVRIER AU DIMANCHE 1" MARS 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Pabrt à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Re'sumé général d’après les bulletins
- Du 23 février au ier mars. — Le a3. Profonde dépression sur l’O. : Ecosse, 724 mm; pression élevée sur le N.-E. : Moscou et Arkhangel, 766. Pluies sur l’O. et le S. : Bordeaux, i5 mm; cap Sicié, 6. Temp. du matin : Spitzberg, —34°; Haparanda, —22; Limoges et Lyon, -f- 2; Boulogne et Perpignan, 3; Brest et Toulouse, 4; Marseille, 7; Biarritz, 9; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 4°,x). — Le 24. Basses pressions sur l’O. et le Centre : Féroé, 739 mm; Biarritz, 737; Marseille, 742; fortes pressions sur le N.-E. : Kuopio, 769. Pluies sur l’O., le Centre, le S. et l’Algérie : Marseille, 54 mm; cap Sicié, 52; Toulouse, 32; Biarritz, 17; Clermont-Ferrand, 16. Temp. du matin : Spitzberg, — i5°; Kuopio, — 12; le Mans, o; Besançon, -f-2; Bordeaux, 6; Marseille, 8; Alger, i5; moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 4°,i). — Le 25. La pression se relève et atteint 770 mm dans le N.-E. et aux Açores; dépressions sur l’Islande (Reijkiavik : 737 mm) et la Méditerranée (Toulon : 742). Pluies sur l’O., le Centre et le S. : Cette, 20 mm; cap Sicié, 17; Nice, 9. Temp. du matin : Arkhangel, — 220; Belfort, +1; Nantes, 3; Bordeaux, 4: Brest, 6 ; Marseille, 7 ; Biarritz, 9 ; Alger, 1 x ; moyenne à Paris : 3°,9 (normale : 40*2)- — Le 26. Basses pressions sur l’Islande (Reijkiavik : 730 mm), les Iles-Britanniques et la Méditerranée occidentale; hautes pressions sur le N.-E. : Saint-Pétersbourg, 770. Pluies
- du Bureau Central Météorologique.
- sur le S. et l’O.; neiges dans le N. : Briançon, 29 mm; Nice, ri. Temp. du matin : Arkhangel, —210; Nantes et le Mans, o; Bordeaux, Toulouse et Belfort, -f-2; Brest et Biarritz, 6; Alger, 8; Nice, 11; moyenne à Paris : 3° (normale : 4°>3). — Le 27. Basses pressions sur le N. et la Méditerranée ; pressions supérieures à 765° sur les Pays-Bas et le N. de la France. Pluies sur les Iles Britanniques, l’Italie et l’Algérie; neiges en Scandinavie et dans le N. de la Russie. Temp. du matin : Spitzberg et Arkhangel, — 220; Clermont-Ferrand, —-1; Belfort, —1 ; Toulouse, 2; Brest, Biarritz et Nice, 8; Alger, 12; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 4°»3). — Le 28. Fortes pi'essions sur l’O. et le Centre; dépression sur le N.-O. : Reijkiavik, 731 mm; Féroé, 747. Pluies sur le Centre et l’O. de l’Europe et l’Algérie. Temp. du matin : Haparanda, — 170; Nantes, o; Bordeaux et Nancy, -J- 2; Cherbourg et Marseille, 6; Brest, 8; Alger, 11; moyenne à Paris : x°,9 (normale : 4°,4). — Le ier mars. Hautes pressions sur le S.-O. et le Centre : Madrid, 770 mm; Craçovie, 767; dépression sur le N.-O. : Seydisfjord, 734. Pluies sur le N., l’O. et le S. Temp. du matin : Arkhangel, —8°; Char-leville, —2; Besançon, -j-4; Bordeaux, 3; Lyon, 6; Perpignan, 10; Alger, 12; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 4°,4). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le a5-, à o h. 2 m
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- ABONNEMENTS, 12 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Taris (YJe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N# 2129. — 14 MARS 1914.
- supplément.
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- INFORMATIONS
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- Condensations pyrogénées de l’acétylène. — Sous diverses influences, l’acétylène est susceptible de se combiner, de se condenser, comme disent les chimistes, avec l’hydrogène ou avec d’autres gaz hydrocarbures; mais jusqu’ici on n’avait pas fait d’étude méthodique des produits qui peuvent prendre naissance dans ces conditions. MM. Meyer etîangen ont effectué récemment sur ce sujet des recherches intéressantes au point de vue des mélanges d’acétylène et d’hydrogène. Les mélanges passaient dans des fours électriques chauffés respectivement à 6oo°, G5o° et 8oo° et on recueillait les produits condensables ou gazeux qui se formaient. On a obtenu de 35 à 63 pour 100 de matières goudronneuses dans lesquelles, par distillation fractionnée, on a isolé notamment de la benzine, du toluène, de la naphtaline, de l’anthracène, du phénanthrène, du fluorène, de l’acé-naphtène, du chrysène et d’autres hydrocarbures complexes En faisant passer dans les fours un mélange d’acétylène et d’hydrogène saturé de vapeurs d’acide cyanhydrique, le goudron obtenu renferme de la pyri-dine Gs H5 N. Il y a dans ces expériences des indications sur lés modes de formation de ces corps dont on pourrait peut-être tenir compte dans la façon dont on conduit le chauffage et la distillation de la houille, suivant le but que l’on poursuit.
- L’alcool de bois. — On a pris force brevets pour transformer la cellulose des sciures en glucose qui, par fermentation, donne de l’alcool. On continue d’ailleurs toujours à en prendre de temps à autre de nouveaux. Toutefois, malgré le bas prix de la matière première, il ne semble pas que la jeune industrie donne des résultats bien pratiques. On en jugera d’après les renseignements donnés dans le Bulletin de VAssociation des chimistes, par M. Junien, ancien directeur d’une fabrique d’alcool de sciure. Pour saccharifier i5oo kg de sciure, on emploie 4°o litres d’eau et 81 kg d’acide sulfureux. Après chauffage à la vapeur pendant 6 heures, ou dilue fortement et on ensemence avec de la levure. Finalement on procède à la distillation par les procédés usuels de distillerie industrielle. On obtient de l’alcool... mais au prix de grandes difficultés : les appareils sont attaqués, les fermentations s’établissent très difficilement. Si bien qu’après plusieurs années de marche, l’usine en question n’avait produit qu’une soixantaine d’hectolitres d’alcool pur. Ceci d’ailleurs montre que le procédé, s’il n’est encore bien mis au point, pourra sans doute devenir un jour pratique.
- Un transport de chaudières original. — M. Gra-denwitz, dans un récent article, a mis en lumière les difficultés inhérentes au transport des lourdes machines modernes, il a indiqué quelques-uns des moyens em-
- ployés par les ingénieurs pour résoudre ce difficile problème. Yoici un nouvel exemple, également probant. Il y a quelques mois, les chantiers Normand, au Havre, construisaient de lourdes chaudières destinées au cargo : Amiral-Hamelin. Chacune d’elles pesait 45 tonnes. Le
- La mise à l’eau d’une des chaudières du cargo Amiral-Hamelin,
- transport par terre aurait été onéreux et difficile. On a choisi le transport par mer et, de chaque chaudière, on fit une sorte de radeau flottant qu’un remorqueur amena jusqu’au navire. Les chaudières furent mises à la mer à la façon d’un cuirassé : disposées d’abord sur un berceau eu bois glissant, on les lança comme une véritable embarcation. On avait eu la précaution de les munir d’une ceinture de futailles, qui assuraient leur flottabi-
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- INFORMATIONS
- lité, et grâce auxquelles elles émergeaient suffisamment pour pouvoir être saisies sans difficultés par la
- Le transport d’une chaudière.
- grue chargée de les hisser à bord du cargo. Nos photographies représentent deux phases de ce curieux voyage.
- Le laboratoire aérodynamique de Langley. — On
- connaît quel rôle joua ce grand précurseur de l’aviation que fut l’Américain Langley. Non seulement il s’est signalé par des expériences remarquables sur le vent, auquel il a consacré un ouvrage célèbre : « Le travail interne du vent », mais encore il avait poussé très loin les recherches dans la construction des aéroplanes proprement dits; dès 1892, il avait établi dans le plus grand secret un modèle d’aéroplane à vapeur, et, quatre ans plus tard, il avait réussi à réaliser un aéroplane véritable qui exécuta un vol effectif et qui, malheureusement, s’abîma dans le Potomac. On doit accueillir avec une vive satisfaction la nouvelle, que nous apporte une publication officielle récente delà Smithsonian Institution, de la réouverture de son Laboratoire. La direction de la Smithsonian Institution a, en effet, le ior mai 1913, pris les dispositions nécessaires pour créer un Comité d’organisation du Laboratoire d’aérodynamique de Langley. Il est entendu que les recherches théoriques et pratiques poursuivies dans ce Laboratoire devront avoir surtout pour but d’acci'oître la sécurité et le rendement de la locomotion aérienne, en vue de ses applications au commerce, à la défense nationale, et dans un but d’utilité publique. Mais la Commission ne devra, pas plus que la Smithsonian Institution, fournir des capitaux aux inventeurs ou faire de la construction industrielle. Par un paradoxe assez curieux, les Etats-Unis qui ont vu naître l’aviation ont une aéronautique militaire fort arriérée: l’armée ne compte pas plus de 17 aéroplanes; néanmoins, il est stipulé que les ministères de la Guerre et de la Marine auront deux représentants dans la Commission du Laboratoire Langley, et que des aviateurs militaires pourront s’employer à l’expérimentation systématique des dispositifs créés par le Laboratoire. Les dispositions matérielles comporteront des ateliers pour la Construction des aéroplanes et leur réparation.
- Des dispositifs de mesures de résistance des matériaux, un laboratoire proprement dit avec un ventilateur pour l’essai des surfaces portantes, etc., sont également prévus. On ne peut que se féliciter de voir se constituer une nouvelle organisation de ce genre, dont la France possède, grâce à M. G. Eiffel, le prototype le plus parfait.
- Magnésite de l’Eubée. — Les métallurgistes sont très avides de produits magnésiens et l’Eubée est un des pays qui leur en fournit le plus. La production a passé de 4.j. 000 tonnes en 1906 à ri4 000 tonnes en 1912. Les Transactions of Mining JEngineers (t. 46, 1” partie) donnent une description de ces gisements avec carte par M. Hogg.
- * Influence de l’alimentation sur la ptyaline. —
- Nous rappellerons à nos lecteurs que la ptyaline est un ferment soluble sécrété dans la salive et transformant l’amidon et les matières amylacées en maltose et en substances solubles assimilables par l’organisme. Il est donc intéressant, au point de vue physiologique, de
- suivre la formation et les variations de cette ptyaline.. On a constaté que l’intensité de son action augmente à la suite des repas et que cette augmentation est maxima trois heures après le repas du soir; de plus, l’activité de la ptyaline, faible après un repas formé de substances albuminoïdes, est la plus intense après un repas constitué par des hydrates de carbone et des amylacés, dont la transformation et l’assimilation nécessitent précisément une activité plus énergique de ce ferment soluble.
- Grande caverne en Nouvelle-Guinée. — Le Journal de Magdebourg du 28 novembre 1913 annonce que, dans la Terre du roi Guillaume (Nouvelle-Guinée), on aurait découvert une caverne à stalactites longue de 1400 m. et dont la plus haute voûte mesurerait 162 m. Ce serait donc la plus élevée du monde, dépassant les i38 m. de la Grotte Géante (près Trieste) et les 91 de Padirac et de la Recca ; mais le renseignement démande confirmation. On aurait trouvé dans cette grotte des outils, armes et intruments d’indigènes remontant à plusieurs centaines d’années.
- Les sept merveilles du monde. — Sous ce titre, le journal Le Matin a organisé, parmi ses lecteurs, un concours ayant pour objet de classer 45 grandes inventions modernes. Les 7 vainqueurs sont : i° l’aéroplane; 20 la T. S. F.; 3° le radium; 4° la locomotive; 5° la greffe humaine; 6° le sérum antidiphtérique; 70 la dynamo. Viennent ensuite dans l’ordre : le téléphone, le cinématographe, les rayons X, le télégraphe, l’automobile, la bicyclette, la Tour Eiffel, le dirigeable, le sous-marin, le frigorifique, l’antisepsie, le canal de Suez, le four électrique, la découverte des pôles, le phonographe, l’anesthésie, la machine d’imprimerie rotative, la photographie, les machines-outils, le microscope, le haut fourneau, la synthèse chimique, le chronomètre, la torpille, le tunnel du Simplon, le pont du Forth, la lampe à incandescence, le béton armé, la mélinite, l’analyse spectrale, le télescope, la machine à calculer, la machine à écrire, la presse hydraulique, le barrage du Nil, le scaphandre, le canon de marine.
- Les pigeons colorés de Lausanne. — Un de nos lecteurs nous avait demandé la cause des colorations anormales observées par lui sur les pigeons de la place Saint-François, à Lausanne. Un de nos abonnés, M. Traut, a l’obligeance de nous fournir l’explication suivante : « Gomme vieux Lausannois, je peux vous donner la clef de l’énigme. Un teinturier facétieux exerce son industrie non loin delà place Saint-François. De temps à autre il parvient" à capturer un pigeon qui ne sort de chez lui que paré des plus brillantes couleurs. L’opération est faite si adroitement, et les couleurs sont si bien choisies que ceux qui ne sont pas dans le secret s’y laissent prendre. Votre correspondant aurait pu voir en 1912 un chien qui avait eu le même sort que les pigeons. Au grand désespoir de son propriétaire, qui n’a jamais pu découvrir le teinturier coupable, le gentil toutou, tondu en lion, apparut un beau jour dans les rues, le corps teint en vert et les pattes et la queue en rouge Rien n’était plus cocasse que de voir la stupéfaction des chiens qui rencontraient ce collègue si superbement coloré. Cela faisait la joie des cochers de fiacre et des portefaix. L’explication de ces anomalies, pour n’être pas mendélienne, n’en est pas moins intéressante.
- D’autre part, le Bulletin de la Société nationale d’ac-. climatation donne la recette de ces teintures : « Choisir, autant que possible, un oiseau à plumage blanc ou clair et qui vient de muer; dans un verre d’eau tiède, additionné de quelques centilitres d’alcool à 95°, faire dissoudre de la poudre d’aniline de la couleur désirée ; un aide, ganté de caoutchouc, tient le sujet; l’artiste, au moyen de pinceaux de grandeurs appropriées, passe la solution sur la face supérieure, puis sur la face inférieure de chacune des plumes à teindre; pour la tête, on se sert d’un pinceau très petit, n’employant toujours que très peu de solution à la fois, les plumes devant être à peine mouillées. De cette façon, les couleurs sèchent rapidement et, au bout d’une douzaine d’heures, l’oiseau s’épluche, va, vient, mange, se baigne, , etc.', comme précédemment. »
- Ce procédé est connu depuis longtemps, et on Ta employé pour vendre fort cher au Marché aux OiseauX de Paris des oiseaux polychromes, des souris vertes, des rats roses et même tricolores, des chiens jaunes) etCi
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- Chronique de îa T. S. F. -c*
- Recherches sur les antennes. — Quelques-uns de nos lecteurs ont bien voulu nous faire connaître les résultats de leurs travaux, des recherches auxquelles ils se sont livrés, sur les meilleures conditions à réaliser pour construire des antennes. Nous les remercions bien vivement de leurs si intéressantes communications et leur laissons la parole.
- « Un fil de 20 m. de longueur, dit M. l’abbé Ferdinand Zahn, à quelques mètres au-dessus du sol, donne une réception très compréhensible de FL. Yoici, pour une cour de dimensions restreintes, un dispositif satisfaisant (fig. i et 2). Au-dessus du pavillon P, où était le récep-
- teur, sont attachés 4 bis, à 3 m. 5o au-dessus du sol. Ils divergent en « patte d’oie » et s’arrêtent à une palissade haute de 2 m. Des haubans égalisent leurs longueurs qui se trouvent ramenées à 14 m. Un fil reliant les extrémités 1, 2, 3, 4> améliora la réception. Ce jardin
- Récepteur/
- était entouré de maisons et d’arbres, à peu de distance d’une colline granitique masquant la direction de Paris.
- « Mais on n’a pas toujours un jardinet à. sa disposition, ou bien un propriétaire redoutant la foudre (!)..., la police (!!)..., s’oppose à l’établissement d’antenne extérieure. Dans ce cas, utilisons des conducteurs déjà existants, par exemple, les fils d’un réseau téléphonique (privé ou public), les fils de lumière; mais, pour éviter toute perturbation et les courts-circuits, il faut interposer, entre ces fils et la borne « antenne » du poste, un condensateur très isolé formé de quelques feuilles d’étain d’un décimètre carré. Il est plus élégant d’utiliser le dispositif préconisé à la Société de physique par M. Leimer, de Nancy : tendre le long des fils de réseau quelque i5 m. de fil isolé, le relier à la borne d’antenne. Les risques de court-circuit n’existent plus, le résultat est meilleur, il y a moins de parasites.
- « Yoici une « antenne » que l’on trouve à peu près partout et qui donne souvent des résultats excellents et que je n’ai pas encore vus signalés : un réseau de sonneries électriques ! ha. réception est nettement améliorée quand il existe dans la maison des fils de lumière. A titre d’exemple : dans le nord du département du Puy-de-Dôme, dans une vallée très fermée vers Paris, une maison à deux étages; réseau de sonneries allant dans toutes les pièces, longeant les fils de lumière. Dans une des pièces de l’appartement, il suffit de relier la borne « antenne » de l’appareil de réception à la paillette d’un
- bouton ou à un des fils dénudés (la borne de terre étant évidemment reliée à une terre décrite plus loin).
- « Yoici des résultats qui intéresseront des amateurs manquant de place pour faire une installation extérieure : le grand poste de F L, crépitant, le nouveau à émission musicale donne un son très bruyant permettant d’écarter le récepteur à 20 cm de l’oreille environ! Plus de i5 postes ont été entendus ! Norddeich (près de rooo km) dont le Zeittungsdienst de 22 h. 3o est lisible ! Metz, Rochefort, Oran, etc., etc.... La réception reste excellente en coupant les fils intérieurs du réseau de lumière, des conducteurs extérieurs, en enlevant les plombs du compteur.
- « Voici encore d’autres « antennes » que l’on a souvent à sa disposition : dans cette même localité, on a utilisé un tuyau de descente d’eau pluviale, de 8 m. de haut, soudé à un chéneau de 6 m. de long. L’audition des signaux de F L, même par la pluie, était excellente. Une nuit, des signaux horaires de Norddeich furent reçus nettement!
- « Les tuyaux de descente constituent souvent, dès qu’ils ont environ 5oo ohms de résistance par rapport à la « terre », un réseau suffisant pour recevoir les ondes. Yoici plus paradoxal : à 3oo km de Paris, une installation de chauffage central à vapeur fonctionnait parfaitement comme antenne, en utilisant comme terre la conduite d’eau qui rejoignait un peu plus loin la chaudière du calorifère. A la distance indiquée le résultat peut surprendre. Ce calorifère fournit d’ailleurs une « terre » très bonne par rapport à une antenne bien isolée !
- cc Mais si l’on ne possède ni cour, ni réseaux de sonneries, de lumière ou de téléphone, si les chéneaux sont muets, il ne faut pas encore désespérer : quatre fils de 8 m., tendus parallèlement dans un grenier, à 2 m. de distance l’un de l’autre, permettent de saisir F L. Quelques fils verticaux dans la cage d’escalier amélioreront la réception si l’on place, comme cela est préférable, le poste le plus près possible du sol.
- « Voici donc les conclusions acceptables comme conseils utiles. Si on le peut, construire une antenne extérieure. Si c’est impossible, essayer les conducteurs cités plus haut. Les résultats sont parfois extrêmement bons. Si par malchance ils ne donnent rien, installer alors une antenne intérieure. Dans tous les cas, il est avantageux d’avoir une bonne prise de terre. A la campagne, où il n’y a pas de canalisation d’eau, on constituera une terre excellente, en plaçant dans une petite tranchée profonde de quelques décimètres un fil de fer galvanisé de 3 mm de diamètre et de 10 m. de long; bien tasser autour de la braise de boulanger.
- « Dans l’hypothèse d'antenne réduite, bien surveiller l’isolement. On à grand intérêt à utiliser à l’extérieur des chaînettes de poulies en porcelaine, réunies par du chanvre paraffiné et non par du fil de fer. A l’intérieur, monter sur porcelaine, et si l’on peut sur porcelaine et chanvre paraffiné.
- « Ces expériences ont été faites en employant des détecteurs électrolytiques ou à cristaux. La constance des premiers (avec potentiomètre) les rend précieux dans ces recherches à inconnues multiples. »
- Un autre de nos lecteurs, M. G. Belloc, docteur ès sciences, s’est également livré à de bonnes expériences sur les terrains de l’Ecole normale d’instituteurs de Caen, où il a reçu d’ailleurs l’accueil le plus sympathique.
- « Deux antennes bien symétriques, dit M. Belloc, ont été placées sur les terrains de l’Ecole normale d’instituteurs de Caen; ces terrains, situés sur une hauteur, sont très dégagés et à 200 m. au moins de ces parasites que sont les fils télégraphiques, téléphoniques et surtout de lumière. Ces deux antennes se trouvent à une quinzaine de mètres au-dessus du sol et écartées l’une de l’autre d’une dizaine de mètres ; elles sont constituées, l’une en fil de cuivre, l’autre en fil de fer galvanisé. Leur longueur est de i5o m. environ; vers le milieu, chacun des fils a été sectionné en deux parties égales ; on dispose ainsi de quatre sections de y5 m. environ ; des prises d’antenne, reliées à chacune de ces sections, aboutissent à un coupleur à mercure, placé dans la salle de réception.
- « Les signaux sont reçus par un détecteur électro-
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- lytique associé à une bobine de réglage; deux ou quatre écouteurs téléphoniques de 5oo « et de 4000 w peuvent être intercalés en série et permettent à plusieurs observateurs d’écouter simultanément ; grâce au coupleur à mercure, on peut relier rapidement le détecteur à une combinaison quelconque des quatre sections d’antenne.
- « Résultats : I. Toutes choses égales d’ailleurs, l’intensité des signaux est indépendante de la nature du fil ; il n’a pas été possible de déceler une supériorité quelconque en faveur du cuivre; pour certains observateurs, le fer semblait même privilégié; — II. A la self près, toutes les combinaisons ont donné la même intensité sonore; ainsi une seule section produit le même effet que les quatre réunies, de même, on n'a pas perçu de différence entre deux sections en série ou deux sections en parallèle.
- « Observations : I. Un premier essai fait à la hâte avec un simple fil de 20 m., étendu à 1 m. 5o au-dessus du sol, avait déjà donné dés résultats tangibles ; — II. L’intensité sonore avec deux téléphones est très grande ; on a l’impression d’uD roulement de tambour à courte distance; — III. Près de l’oreille, le téléphone à 4000 w l’emporte sur celui à 5oo w ; mais à distance ce dernier lui est nettement supérieur, alors que ljécouteur à 5oo o> se fait entendre encore à 80 cm de l’oreille, pour avoir la même sensation avec l’autre, il faut le rapprocher à 40 cm environ; — IV. Le pôle -|~ de l’électrolyticjue est un fil au i/5o; il est alimenté par deux piles sèches servant aux petites lampes de poche.
- « Conclusions : Les résultats obtenus sont purement qualitatifs, j’ai l’intention de les transformer en résultats quantitatifs avec un bolomètre. Il sera intéressant aussi de rechercher l’effet des ondes autres que celles de la Tour Eiffel, »
- Un autre de nos lecteurs, que préoccupe la question d’économie, est d’avis qu’il est inutile d’employer du fil de cuivre; à prix égal, en effet, le fil de fer a une supériorité écrasante. Prenons donc du fil de fer galvanisé. Pour souder les raccords, la soudure en tubes est toute désignée. Si on n’a pas de lampe, on fixe, au bout d’un morceau de fil de fer que l’on tient à la main, un morceau de chiffon ou d’ouate gros comme une noix, qu’on trempe dans l’alcool à brûler; plus le vent est fort, plus la flamme est énergique.
- Pour les isolants, on emploiera, au lieu de porcelaine, du tuyau de caoutchouc, de vieilles chambres à air, et même tout simplement de la ficelle ou du bois, peints à l’huile ou couverts d’un enduit gras. Lorsque l’on fait des antennes d’appartement, on peut même se dispenser de les isoler si les murs sont suffisamment secs; si les murs sont humides, on pourra se contenter d’intercaler un morceau de liège (rondelle de bouchon), entre le fil et les clous qui les fixent.
- Prochainement, nous reviendrons sur ce sujet en étudiant l’installation rationnelle d’un poste d’amateur, telle que permettent de la concevoir les derniers progrès réalisés en la matière. Lucien Fournier.
- *•> Objets utiles ^
- Cuillère à sauce auto-dégraisseuse. — Les sauces grasses ne sont pas admises sans difficulté par tous les estomacs; il y a donc lieu, très fréquemment, de procéder à un dégraissage aussi complet que possible. Ce n’est pas toujours facile si l’on procède sans outil spécial. Heureusement le génie des inventeurs a pourvu élégamment à ce besoin. Nous possédons, en effet, des cuillères à sauce qui remplissent parfaitement le rôle qu’elles sont appelées à jouer dans l’art culinaire.
- Celle que représente notre dessin est aussi simple que pratique. C’est une cuillère ordinaire percée d’ün trou. Dans ce trou passe une tige terminée par une sorte de bouton remplissant les fonctions de soupape. La partie supérieure de la tige est emprisonnée dans une petite fourche terminant une lame-ressort engagée, d’autre part, dans une encoche pratiquée dans le manche de la cuillère. Pour dégraisser une sauce, on y plonge la cuillère et on la relève pleine; en appuyant légère-
- ment sur la lame-ressort on ouvre la soupape; la sauce maigre s’écoule et on laisse se fermer la soupape dès que le niveau de la graisse est atteint. En quelques
- manœuvres semblables toute Fa graisse est enlevée.
- Un autre avantage de cette cuillère réside dans son démontage rapide qui permet de nettoyer rapidement et complètement toutes les pièces. — La cuillère à sauce auto-dégraisseuse est en vente aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- **> 'Electricité
- Electro-cireuse « Unie ». — Cirer et brosser les parquets ou laver le sol, parfaitement, sans fatigue,
- sans grande dépense, sans avoir recours au frotteur, voilà ce que réalise l’Electro-cireuse « Unie ». L’appareil est des plus simples. Il comprend un chariot supportantune petite dynamo d’un quart de cheval-vapeur actionnant à grande vitesse un disque muni de brosses qui tourne en frottant sur le sol. Le chariot peut être conduit par un manche dans lequel passent les fils conducteurs qui se rendent d’une part à la dynamo et de l’autre peuvent être branchés au moyen d’un fil souple sur n’importe quelle prise de courant. L’appareil est mis en marche par la manœuvre d’un interrupteur de courant placé à l’extrémité du manche. On peut décrasser rapidement un parquet en plaçant sous la brosse de la paille de fer qu’elle étalera en frotlant; on peut également étaler ainsi de la cire liquide, puis, après séchage, la rendre brillante en passant sur le parquet l’Elec-tro-cireuse munie de sa brosse de soie, puis de sa carpelle; on peut encore laver un plancher ou un carrelage en fixant à l'appareil une autre brosse qui étendra de l’eau chaude à la potasse ou au savon noir. Dans tous .les cas, le nettoyage sera très rapide et se fera sans aucun effort, l’appareil adhérant de lui-même au sol par son poids d’environ 20 kilogrammes ; la dépense sera d’environ 10 centimes d’électricité par heure de travail. — L’Electro-cireuse « Unie », 3i, rue de Roanne, Annonay; agence à Paris, 71, boulevard Raspail.
- Emploi de la cuillère h sauce.
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- VARIETES
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- Les potages comprimés. —Depuis quelques années, diverses importantes fabriques de produits alimentaires lancent, par une publicité bien entendue, plusieurs marques de tablettes ou agglomérés permettant la préparation presque instantanée des potages par simple coction dans l’eau. Malgré le très gros mouvement d’affaires auquel donne lieu le commerce de ces produits, on sait très peu de chose sur la façon dont ils sont préparés ; les revues de chimie industrielle par exemple, qui, en général, ne manquent point de publier quelque mémoire concernant toute nouvelle industrie, ne mentionnèrent rien des détails techniques de ces nouvelles fabrications. Sans doute est-ce parce que les fabricants avaient d’autant plus intérêt à ne voir point divulguer leurs procédés que non seulement, il y avait à craindre de renseigner des concurrents, mais qu’on redoutait surtout, sans doute, que le consommateur s’effare de connaître leur cuisine un peu singulière. Les lecteurs de La Nature, familiers des choses de sciences, comprendront mieux l’économie de la technique nouvelle et son innocuité. Nous sommes heureux de les faire profiter des « tuyaux » inédits donnés par un ami de la partie, qui voulut bien trahir pour eux un peu du secret professionnel.
- On a dit que les cubes de bouillon étaient faits en concentrant dans le vide une sorte de pot-au-feu à base de viande. C’est invraisemblable, d’abord en raison du prix de vente des tablettes, qui ne permet point une aussi coûteuse fabrication, puis à cause de la différence de goût entre les potages comprimés et les extraits de viande préparés depuis longtemps en Argentine : on peut avec ces extraits corser un potage ou une sauce, mais non point faire du potage, comme le savent toutes les cuisinières. Les bouillons concentrés — au moins la plupart' de ceux du commerce — ainsi que les agglomérés pour potage (faits en comprimant de ces bouillons avec des purées de légumes, des aromates, des pâtes alimentaires) sont préparés par diverses méthodes toutes identiques à quelques détails près à celle que nous décrivons ci-dessous.
- La matière de base des « bouillons » est la viandine, obtenue par hydrolyse de matières protéiques soumises à l’influence de l’acide chlorhydrique. Certaines maisons emploient comme source de substance azotée le' gluten, d’autres le protoplasme des levures (on sait que les
- levures résiduelles de distillerie sont, des matières très riches en principes nutritifs, qu’on emploie mal la plupart du temps), une enfin de la caséine extraite du lait. Nous ne connaissons point les détails exacts du traitement, lequel varie d’une usine à l'autre, et reste d’ailleurs empirique, l’hydrolyse des protéines étant une question extrêmement complexe; d’ailleurs, en fait, les substances azotées modifiées de la sorte deviennent mieux assimilables. Finalement on sature l’acide par le carbonate sodique, ce qui donne du sel marin indispensable et pour conserver le bouillon et pour lui donner un bon goût. Parfois on incorpore un peu de dextrine, on ajoute toujours des traces d’essences de carottes et autres légumes ; s’il s’agit de préparer non point un bouillon, mais un potage, on mélange un peu de la viandine salée à des farines de pois, de haricots, à des oignons hachés et grillés, à toutes sortes de légumes et de pâtes usuellement employés à la confection des potages. On entoure de papier métallique ou paraffiné, on emballe et on vend.... Souvent aussi, on ajoute un peu d’extrait de viande véritable, et pour corser la saveur, et pour pouvoir affirmer que le potage est à base de bœuf !
- Si les potages aux pâtes et aux farines sont nouris-sants, les simples pseudo « bouillons » ne possèdent qu’une infime valeur alimentaire. Ils ressemblent d’ailleurs beaucoup en cela au bouillon de viande préparé à la cuisine! Mais ce sont des sortes de condiments dont la saveur agréable excite la sécrétion des sucs digestifs et stimule 1 appétit, bien que leur procédé d’obtention puisse paraître un peu trop... chimique, en fait, il n’y a pas lieu de suspecter les nouveaux produits. Les matières azotées servant à les préparer sont évidemment tout à fait inoffensives, l’acide provoquant l’hydrolyse est retiré du sel marin, puis finalement totalement ramené sous sa forme saline, avec de la soude carbo-natée, qui est une manière de sel de Vichy. Au reste, la consommation est maintenant énorme, et jamais on n’a constaté le moindre inconvénient de l’ingestion répétée des bouillons synthétiques. Ceux-ci rendent de précieux services dans les milieux ouvriers en permettant aux ménagères de préparer en quelques minutes 1 des soupes au fumet alléchant, qu’elles ne pourraient souvent pas, faute de temps, faire à la façon classique, sur le pot-au-feu. A. C.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pour tolérer le régime lacté. — Le lait est l’aii-rhent le plus facile et le plus simple à prendre ; avec trois litres de ce liquide on arrive au chiffre de calories nécessaire aux besoins de la nutrition. Mais cet aliment n’est pas toujours très bien toléré. Déjà chez l’enfant dont il constitue la nourriture exclusive on observe quelquefois des cas d’intolérance marquée; Fenfant est pris de diarrhée, d’entérite plus ou moins grave. Je veux bien que chez nombre de ces petits les accidents tiennent à un lait de mauvaise qualité, détérioré par des coupages criminels ou par le séjour dans des vases insuffisamment nettoyés, tels le biberon. Mais il est des cas bien, nets où le lait le meilleur est rejeté. Cette intolérance s’observe aussi chez l’adulte et tous les médecins vous citeront des observations où le lait n’a pu être supporté par l’estomac rebelle. Mais il en est d’autres, et ce sont les plus nombreux, où ce liquide est mal supporté parce qu’il est mal donné." Tel est le cas des malades soumis au régime lacté comme les cardiaques, les albuminuriques ou les simples dyspeptiques.
- Notre collègue, M. le Dr Leven, affirme que tous les malades digèrent le lait, mais il ajoute bien vite ce correctif, c’est que le régime lacté exclusif est un régime d’exception et dont la durée doit être fort courte, îoà iî jours au plus. De plus, il faut adopter un régime lacté minimum, un régime réduit, c’est-à-dire que la dose de lait absorbée par le malade ne doit pas dépasser i5oo grammes par 24 heures. A cette dose, le
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- régime est suffisant pour un malade en traitement au lit ou ne.se livrant pas à un travail fatigant. Avec ce litre et demi, à moins d’obésité chez le sujet, le poids du corps ne varie que de quelques dizaines de grammes, 200 grammes au plus, même après 20 jours de durée.
- Pourquoi cette intolérance de l’estomac avec des doses de deux à trois litres de lait ? M. Leven en a eu l’explication par l’examen radioscopique de l’estomac. Deux ou trois cents grammes de lait pur ou coupé d’eau séjournent dans l’estomac de 2 heures et demie à 3 heures. Un malade qui doit prendre trois litres de lait et quelquefois plus est obligé d’ingurgiter les vérrées à des intervalles trop rapprochés. Le repas précédent n’est pas encore digéré quand on vient prendre une nouvelle dose de lait; d’où l’intolérance, la mauvaise digestion et le dégoût qui en résultent.
- Pour éviter ces inconvénients il faut réduire la quantité de lait à prendre dans la journée à i5oo grammes. De plus, il faut diviser cette ration en cinq doses de 3oo grammes, soit la valeur de trois verres à bordeaux ou d’un verre et demi (verre à boire ordinaire). Ces doses seront données toutes les 3 heures entre 7 heures du matin et 7 heures du soir; la nuit doit être tranquille.
- Le malade se fatigue souvent du lait pur; donnez-Ie chaud ou tiède et aromatisez-le au choix du malade, avec de l’eau de fleurs d’oranger, de la vanille, un peu de café ou de thé. Recommandez-lui de boire lentement
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- et de se laver la bouche, après chaque prise du lait, avec une eau alcaline telle que Vais ou Yichy. Dans ces conditions il sera tout à fait exceptionnel d’avoir de l’intolérance et vous pourrez voir ce fait paradoxal de personnes qui n’avaient jamais supporté le lait, le
- tolérer, s’habituer à ce régime, y trouver même la satisfaction de l’appétit, la faim se trouvant rassasiée avec cette alimentation et en tirer en fin de compte le bénéfice qu’en attend le médecin pour leur état pathologique. Dr A. C.
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. E. L., à Lunéville. — Nous vous conseillerions l’électricité. La question de savoir s’il faut un moteur par machine, ou par groupe de machines, dépend essentiellement de la nature des machines, et de la façon dont elles travaillent, si leur marche est continue, ou si elles ont de fréquentes interruptions, et de la proportion pour chacune d’elles entre les temps de travail et d’arrêt.
- M. P. B. C., ingénieur. — Selon le degré de coloration de l’huile d’olive, on peut employer, pour la décolorer, l’un ou l’autre des procédés suivants : i° soumettre à un repos prolongé et filtrer ensuite à travers des lits de sciure de bois ou de coton disposés entre des tôles perforées ; 2° traiter l’huile par le permanganate de potasse, en pi’océdant comme suit : faire dissoudre x kg de permanganate en petits cristaux, dans 3o litres d’eau, puis mélanger peu à peu cette dissolution, d’une couleur pourpye intense, dans 3o kg de l’huile à décolorer, et remuer le tout, aussi souvent que possible, pendant deux jours, après quoi, on ajoute 20 litres d’eau et 5 kg d’acide chlorhydrique du commerce à 20-220 Baumé, et on brasse de nouveau énergiquement. Au bout de quelques jours, soutirer soigneusement l’eau acidulée. Quant à la neutralisation, il faut traiter l’huile par l’eau chaude, afin delà purger des traces d’acide, et la faire passer sur un filtre au charbon ou sur celui indiqué ci-dessus. Pour la détermination du degré d’acidité, en vue d’éviter le rancissement, et pour indications détaillées et adresses de constructeurs d’appareils, s’adresser à la Direction du Service de l’Oléiculture, à Marseille.
- M. R. D., à Saint-Moritz (Suisse). — i° Dans la préparation du yoghourt ou lait caillé bulgare, que l’on obtient avec la maya bulgare, il faut commencer par réduire le lait en le faisant bouillir, sous l'action d’une douce chaleur, dans des vases larges et peu profonds. Le lait, réduit aux deux tiers ou même à la moitié de son volume primitif, est versé dans des bols, où on l’additionne, après qu’il s’est refroidi à 5o°, de la maya (mélange de ferments où dominent les ferments lactiques) à raison de 2 cm3 du ferment par litre de liquide. La température étant maintenue à 5o°, le lait se caille dans un délai d’environ 5 heures, et après refroidissement le produit est bon à consommer. Bien qu’il soit possible d’obtenir ce lait fermenté sans recourir à nouveau aux grains ou ferments, mais en ayant à sa disposition une bouteille de yoghourt de deux ou trois jours pouvant servir de levain à trois ou quatre fois son poids de lait bouilli et refroidi, et en ayant soin de tenir la bouteille à l’abri des poussières, c’est-à-dire bien bouchée avec un tampon d’ouate, pour servir à ensemencer du nouveau lait et ainsi de suite, et si l’on considère que les germes ont été communiqués, une fois pour toutes, par un premier contact du lait avec le ferment en poudre, germes qui se multiplient à leur tour de façon à se transmettre et à se perpétuer d’un liquide à l'autre, il faut remarquer que ce mode d’ensemencement diffère de celui dont vous parlez, lequel consiste à ensemencer, avec une petite quantité de lait déjà caillé, du lait qui, s’il n’a pas été préalablement soumis à l’ébullition, peut contenir de mauvais ferments. La modification constatée dans l’aspect du liquide peut résulter de la dégénérescence de la semence, ou de la production de diastases qui coagulent la caséine. Le lait, même naturel, apporte
- toujours avec lui des germes venus de l’air. En somme, au lieu de procéder de cette façon, il est indiqué de se servir des grains que l’on aura conservés en les desséchant au soleil et les soustrayant ensuite aux poussières et à l’humidité. — 20 Demandez à la librairie Dunod et Pinat, 47> quai des Grands-Augustins, Paris, pour ouvrages sur moteurs à air chaud (fascicule du Dictionnaire des arts et manufactures, de Laboulaye, Machines thermiques, par Dejust) et pour l’éclairage à incandescence par le pétrole [L'éclairage industriel, par Berthier) ; à la librairie Masson et Cre, 120, boulevard Saint-Germain, Paris (Etude pratique sur les différents systèmes d’éclairage, par Defays et Pittet, L’éclairage, tome II, par Julien Lefèvre); à la librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris ( Les moteurs thermiques, par Rin-gelmann) ; — 3° Principes d’organisation scientifique des usines, par Fr. Taylor, 1 vol. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, IXe; s’y adresser aussi pour ouvrages sur moteurs et sur éclairage.
- i° M. Escard, à Compiègne. — M. W. A. Michelson a publié la description de son actinomètre avec le mode d’observation et les calculs afférents dans la Physi-kalische Zeitschrift de 1907. Nous ne connaissons aucune publication française ou anglaise qui ait reproduit ce mémoire. Il se résume à ceci :
- L’énergie calorifique du rayonnement solaire tombe normalement sur une lame mince, sur les deux faces de laquelle a été déposée une couche de noir de fumée. Ce rayonnement est partagé en deux parties : l’une est diffusée, l’autre est absorbée et pénètre à travers la lame. Les températures tx et f3 des faces étant peu différentes l’une de l’autre, chacune d’elles rayonne sensiblement la même quantité de chaleur, -, en représentant
- par q l’intensité du rayonnement solaire, c’est-à-dire la quantité de chaleur reçue normalement du soleil, par centimètre carré et par minute.
- Si donc, k désigne le coefficient de la lame, e son épaisseur, on a, d’après la loi de Newton :
- 2 e
- D’autre part, l’une des extrémités .de la lame est fixe, tandis que l’autre est mobile. Soit r le rayon de courbure. On a :
- r -j- e______1 -f- a tx
- r 1 —j- a
- -j— CL { ---- tç>)
- en négligeant les termes, toujours très petits, d’ordre supérieur.
- On en déduit :
- if, — f2 1
- c cl r
- et par suite :
- q =
- 120
- k
- a r
- Soit alors x le déplacement de l extrémité libre de la lame, Z la longueur de celle-ci. On peut écrire :
- r — 2rx} d ou -= —• (2)
- Combinant les équations (x) et (2), il vient finalement : 240 k
- relation qui fournit la mesure de q en fonction du déplacement de l’extrémité libre de la lame : la quantité de chaleur rayonnée dans l’unité de temps est proportionnelle au déplacement de la lame.
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- L’instrument de Michelson peut être utilisé, soit comme un appareil de mesures relatives, soit comme un appareil de mesures absolues en le graduant alors par comparaison avec un pyrhéliomètre de Knut Angstrôm.
- M. Michelson fit d’abord usage d’une lame mince de mica. Son choix se porta ensuite sur une lame bimétallique formée d'une lame de platine de 18 mm de longueur recouverte de cuivre électrolytique et prolongée par une aiguille d’aluminium fixée à son extrémité. L’état d’équilibre thermique de ce récepteur est atteint très rapidement, au bout de quelques secondes.
- Le système est fixé à l’intérieur d’un cylindre métallique jouant le rôle d’enceinte à température constante. Des ouvertures pratiquées dans la paroi permettent au rayonnement solaire d’atteindre les lamelles.
- 2° Vous trouverez des indications sur le pluviomètre totalisateur dans les Instructions météorologiques de M. Angot, éditées chez Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Toutefois, ce pluviomètre ne saurait être préféré au
- pluviomètre dit de Y Association scientifique ou bien encore au pluviomètre décuplateur. D’abord, il est plus cher, et ensuite, si la personne chargée des observations omet, par négligence ou oubli, de fermer après chaqüe opération le robinet conduisant au réservoir, le total de la pluie qui s’y accumule depuis la dernière mesure reste bien exact, mais on ne sait plus à quels jours se rapportent les observations.
- 3° Une étude assez détaillée sur les divers évaporo-mètres et les formules empiriques propres à représenter les observations, a été publiée dans la revue Monthly Weather Review, février 1909, pages 57 et suivantes, sous le titre A Proposed new formula for évaporation, et mai 1909 sous le titre Methods and apparatus for the study of évaporation, parle professeur C. F. Marvin. Vous trouverez dans ces deux mémoires les indications qui vous intéressent avec de nombreux détails, la description des divers appareils pour la mesure de l’évaporation et la discussion critique des résultats auxquels ils ont conduit.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L'électro-aimant du muséum : L. Màtout. —- Les grands ports de France : R. Bonnin. — La mécanique au service de la téléphonie : Lucien Fournier. — Cadran solaire donnant l’heure légale : P. Dosne. — Académie des sciences : Ch. de Ville-deuil. — Une maladie colloïdale : le pellagre : R. M. — Le funiculaire du Kollererberg (Bozen) : H. Marchand.
- Supplément. — La T. S. F. dans l’Afrique équatoriale. — Le voyage de Parmelin au-dessus du Mont-Blanc, — Perfectionnement dans les procédés pour l’argenture des miroirs. — Nouvelle action des rayons ultra-violets. — L’incandescence du soufre. Le Kali aux Etats-Unis, etc.
- Le sous-marin. Six conférences faites en igi3 aux élèves de l’Ecole Polytechnique par MM. Maurice, Marbec, PoiNcet, Mercier, ingénieurs du Génie maritime. 1 vol. illustré, i34 p. Imprimerie Paul Dupont, Paris, 1914. Prix : 3 francs.
- Ces conférences ont été instituées pour ouvrir à nos candidats ingénieurs des horizons sur les applications de l’enseignement théorique élevé qui leur est donné à l’Ecole Polytechnique. Elles sont remarquablement suggestives. Les conférenciers, qui sont tous quatre des techniciens éprouvés du sous-marin, ont indiqué les divers problèmes qui se posaient pour faire du sous-marin une arme de guerre maniable et efficace, et, sans entrer dans les détails, ils ont indiqué le principe des solutions adoptées et fait toucher du doigt les innombrables difficultés qu’il a fallu vaincre. Elles ne l’ont été que grâce à la mise en jeu de toutes les ressources scientifiques de notre époque ; il est juste d’ajouter que l’œuvre accomplie, et dont
- . le présent livre nous donne la synthèse, est œuvre essentiellement française et dont nos ingénieurs maritimes et notre Ecole Polytechnique peuvent s’enorgueillir à bon droit.
- Les apprêts textiles, par A. Chaplet, in-8° de YEncy-clopédie industrielle Lechalas, 36op., 67 fig. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1914.
- On ne se doute généralement pas de la variété des apprêts textiles, ni de leur utilité. On n’apprête pas seulement une étoffe pour lui donner de la raideur ou du brillant : c’est grâce à l’apprêt que sont obtenus les draps et autres chauds lainages feutrés, .les toiles imperméables pour dirigeables et aéroplanes, les décôrs incombustibles, les laines « renaissance » issues de vieux chiffons, la simili-soie faite avec du cotbtt ainsi rendu plus joli et plus solide, etc. M. Gha-plet décrit les Inombreux procédés d’apprêt des fils et tissus, en sorte que le sujet soit accessible à.tous, et que les techniciens spécialistes puissent commodément trouver dans l’ouvrage toutes sortes d’utiles rensei-. gnements sur les propriétés-des- matières premières,
- le fonctionnement des machines, les recherches de mixtures d’apprêt, l’étude bibliographique complète de tel ou tel sujet.
- La fermentation alcoolique, par Arthur Harden, traduit de l’anglais par G. Schaeffer, in-8°, i63 p., 8 fig.; Hermann, éditeur, Paris. Prix : cartonné 5 francs.
- Cette excellente monographie de la fermentation alcoolique intéresse tous les chimistes biologiques, qu’ils soient dans l’industrie ou dans les laboratoires d’études. On y trouve étudiés la zymase, les conditions de la fermentation, les produits, les phénomènes chimiques et le mécanisme de la transformation du sucre en alcool. Une abondante bibliographie termine le volume.
- La carrière d’un navigateur, par le Prince Albert de Monaco, in-8°, i5o grav., Hachette, Paris. Prix: 20 fr.
- Illustré de i5o gravures sur bois d’après les dessins de L. Tinayre ce volume constitue le récit personnel des croisières du Prince Albert de Monaco, décrivant toute une vie d’aventures maritimes à la recherche de l’inconnu et des secrets de la nature. Ce livre donnera au public une heureuse idée de l’œuvre poursuivie depuis tant d’années par le savant et éclairé Souverain.
- Le monde de la vie. Manifestation d’un pouvoir créateur, d’un esprit directeur et d’un but final, par Alfred Russel Wallace. Traduit de l’anglais par Mme G. Barbey-Boissier, avec un avant-propos de M. C. de Candolle. In-8, 110 figures. Félix Alcan, éditeur, Paris. Prix : i5 francs.
- L’illustre naturaliste anglais résume ce que l’on sait aujourd’hui de plus important sur l’évolution et la biologie des êtres vivants. Il étudie tour à tour les flores du globe, la distribution géographique des flores et des espèces, les modifications de la surface terrestre, et, après avoir examiné de très près la théorie darwinienne, il expose avec son originalité et son savoir encyclopédique les preuves d’un principe organisateur du monde. Cet ouvrage attire l’attention sur les phénomènes qui se passent dans le monde de la vie, phénomènes d’un tout autre ordre que les théories physico-chimiques, qui, en ces dernières années, ont accaparé presque exclusivement l’intérêt des savants et des chercheurs.
- Le Japon. Histoire et civilisation, par le Marquis de la Mazelière : t. YI, le Japon moderne; la transformation du Japon (1869-1910), in-16, 862p.,8fig. et une carte, Plon-Nourrit, éditeur, Paris. Prix: 5 francs.
- Après avoir, en 5 volumes déjà parus, retracé avec une précision lumineuse l’histoire du Japon féodal, du Japon shogunal, de la Révolution et de la Restauration, l’auteur, dans le sixième volume de son ouvrage monumental, définit, en s’aidant des sévères méthodes - qui dirigent ses .enquêtes et ses investigations, la por-
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- BIBLIOGRAPHIE
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- tée exacte de l’évolution, qui se poursuit sous nos yeux. Nous pouvons ainsi apprécier, à la lumière des faits et des chiffres, les caractères essentiels, les tendances véritables du régime nouveau : budget, organisation administrative, banques, institutions d’épargne et de crédit, voies de communication, chemins de fer, marine, industrie, commerce, agriculture, mouvements de la population, taux comparé des salaires et des
- denrées. La a' partie étudie la rénovation intellectuelle et morale du Japon depuis la Révolution de 1868 (religion, philosophie, science, éthique, art, littérature), et la répercussion qu’elle a exercée sur les conceptions politiques et sociales. Il est permis déjà, par cet exposé, de mesurer les rares qualités d’énergie et aussi les lacunes du grand effort d’un peuple encore trop peu connu.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES Dü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL rmiE en MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 mars 1914 . 3°, S W. N. W. 2. Peu nuageux. 1,5 Gel. bl.; pl. 3 h. 50 à 4 h. 10; de 14 h. 55 à 15 h. avec grésil; peu n.
- Mardi 3 0°,l S. 2. Nuageux. B Gelée blanche; très nuageux; brume.
- Mercredi 4 5°,3 S. W. 3. Pluie. 2,9 Pluie de 5 h. 15 à 8 h. 40 et à dill'érontes reprises; couvert.
- Jeudi 5 9°,6 S. W. 3. Couvert. 0.5 Pluie de 1 h. 15 à 20 et de 22 h. à 22 h. 25; couvert.
- Vendredi 6 10°,3 S. W. 5. Couvert. 0,9 Pluie à 4 h. 15. de 5 h. 10 à 30 et l'après-midi; couvert.
- Samedi 7 11V) W. S. W. 3. Couvert. 0,8 Pluie à 3 li. 10 et 5 h. 30, de 22 h. 45 à 21 h. ; très nuageux.
- Dimanche 8 . . . . 10\0 S. W. 4. Couvert. 0,2 Couvert; il a plu jusqu’à 0 h. 35.
- MARS 1914. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 MARS 1914.
- Lundi I Mardi [ Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 2 au 8 mars. — Le 2. Basses pressions sur le N. et le S.-O. ; fortes pressions snr les Açores (774 mm). Pluies et neiges sur le N., l’O. et le S. : Puy de Dôme, 27 mm; Nice, 20; Biarritz, 10. Temp. du matin : Spitzberg, —70; Breslâu, —2; Bordeaux, +4; Dun-ikerque, 5; Charleville et Marseille, 8; Alger, 11; moyenne à Paris : 4°i * (normale : 4°>5)- — Lé 3. Dépressions sur le N. (738 mm) et la Méditerranée (754) ; hautes pressions sur le S.-O. et l’Atlantique (Horta : 774); Neige et pluies dans le N., l’O. et le S. : Puy de Dôme, 59 mm; Biarritz, 28. Temp. du matin : Spitzberg, — ii°; Moscou, —-8; Belfort, —2; Bordeaux, -f- ( ; Brest, 6; Palerme, i3; moyenne à Paris 4°,i (normale : 4°,5). — Le 4- Basses, pressions sur le N. (Christian-sund : 739 mm) et le S.-E. (Brindisi ; 751); fortes pressions sur le S.-O. (Horla : 77a). Neiges dans le N. et le Centre; pluies . sur l’O. et le S. : ballon de Servance, 58 mm; Puy de Dôme, 18; Limoges, 10. Temp. du matin : Moscou, —6°; Saint-Pétersbourg, —3; Belfort, o; Toulouse et Dunkerque, +6; Brest, 9; Alger, 12; moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 4°• 6)- — Le 5. Profonde dçpression sur le N. : Christiansund, 737 mm; hautes pressions sur le S.-O. et les Açores. Neiges dans le N., pluies dans l’O : Servance, 61 mm; Pic du Midi, x 5 ; Rochefort et Dunkerque, 7 Temp. du matin : Spitz-
- berg, — 14° ; Saint-Pétersbourg, —2; Belfort et Marseille, -j-6; Toulouse, 8; La Calle et Barcelone, 12; moyenne à Paris : io°,5 (normale : 4°>7)- — Le 6. Basses pressions sur presque toute l’Europe : Shetland, 73o mm; Riga, 732. Neiges dans le N., pluies dans le Centre et l’O. : Pic du Midi, 2 5 mm; Besançon, 17; Limoges, 9. Temp. du malin : Spitzberg, —120; Moscou, — 5; Berlin, +4: Charleville, Brest et Marseille, 10; Biarritz, 11; Malté, 12; moyenne à Paris : ii°,5 (normale : 4°,7) — Le 7. Profonde dépression sur le N. et le Centre : Baltique, 780 mm; pressions supérieures à 765 sur les Açores, l’Espagne et l’Algérie. Pluies sur la moitié N. de l’Europe : Servance, 58 mm; Besançon, 20; Calais, 10. Temp. du matin : Spitzberg, —ao°; Saint-Pétersbourg, —3; Dunkerque, -j-5; Limoges, 9; Toulouse, 10; Marseille, 12; Alger, 16; moyenne à : Paris : 120 (normale : 4°,8). — Le 8. Basses pressions sur le N. et le Centre : Saint-Pétersbourg, 735 mm ; la pression se relève en Islande : 767 mm. Pluies sur le N. et l’Q. : Calais, 10 mm; Cherbourg, 8. Temp. du matin : Spitzberg, —180; Arkhângel, —8; Belfort, -f-7; Nantes, 10; Biarritz, 11; Alger, 14; moyenne à Paris : n°,2 (normale : 4°*9)- —Phases de la Lune : Premier Quartier le 5, à 5 h. 3 minutes.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à 1 Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hystiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, i 2 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : *20, Boulevard Saint-Germain, Taris (Y1e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2130. — 21 MARS 1914.
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- IgD
- INFORMATIONS
- Derniers renseignements sur la récolte des aigrettes au Vénézuéla. — Au moment de mettre sous presse, nous recevons communication d’un rapport de la Légation de France au Vénézuéla. Les renseignements fournis par l’agent consulaire de San Fernando di Apure confirment pleinement l’exactitude de ceux donnés par MM. Geay, Laglaize et Grisol; il dit n’avoir rien à ajouter ni à modifier. Cependant il veut préciser le point suivant : l’élevage de l’aigrette jusqu’à présent n’a pas obtenu un résultat pratique au Vénézuéla et a été abandonné presque aussitôt par tous ceux qui avaient tenté les premiers efforts. Peut-être doit-on accuser le manque de persévérance et cela ne veut point dire naturellement ' qu’il doit être considéré comme impossible. Nombre de familles ont dans leur « patio » quelques spécimens de ces oiseaux, mais cela ne peut être considéré comme un élevage rationnel.
- En réponse aux questions posées concernant la récolte des plumes il déclare que : 1° la très grande partie des plumes expédiées provient du glanage sur les buissons et même dans l’eau après Ja mue; 20 une bonne année peut fournir au Vénézuéla jusqu’à 1200 kilos de plumes, sur cette quantité à peine 1/8 doit être considéré comme provenant de la chasse. L’abondance de la récolte dépend presque uniquement de l’époque où les eaux noient la savane. Si le garcero s’est posé trop tard parce que la savane était sèche, on comprendra aisément que la mue a pu se produire en des lieux peu fréquentés et où on n’a pas l’habitude de glaner et la récolte se trouve alors diminuée de toute cette plume perdue. Cette année, les prix ont atteint 4800 et 5ooo francs le kilo au Vénézuéla pour la belle qualité aigrette, et 8000 francs et plus pour la crosse ; 3° une loi protégeant ces oiseaux existe pour tout le Vénézuéla mais n’a plus à intervenir maintenant, chaque propriétaire d’un garcero ayant reconnu qu’il était de son intérêt de protéger sa fortune en défendant formellement la chasse sur toute l’étendue de sa propriété ; 4° lé nombre des garceros n’augmente pas ainsi à l’infini. -Des lois naturelles viennent limiter le nombre des individus qui, en grand nombre, ne trouveraient plus la pâture nécessaire à leur existence. Une année de grande sécheresse, de violents orages, etc., peuvent également faire de grandes ruines; 5° les plus grands garceros au Vénézuéla se trouvent dans les Etats Apure, Guarico, Zamora et Portuguesa; 6° il n’existe aucun droit à la sortie des plumes, mais seulement un impôt sur les garceros.
- Les rappels téléphoniques. — L’administration française des téléphones vient de prendre une initiative très heureuse qu’il nous est agréable de signaler. Il s’agit du service des rappels qui fonctionne de la manière suivante. Lorsqu’un abonné doit s’absenter pen-
- dant quelques heures, et qu’il ne laisse personne à son domicile pour recevoir les communications qui peuvent lui être adressées, il informe de son absence momentanée le bureau des rappels organisé dans chacun des centraux téléphoniques, par l’intermédiaire de la téléphoniste qui le dessert. Le bureau des rappels donne alors l’ordre à la téléphoniste de lui passer l’abonné. A partir de cet instant, le service des rappels se substitue purement et simplement à l’abonné absent. Désormais toutes les personnes qui le demanderont trouveront sur son circuit une téléphoniste qui les préviendra de l’absence momentanée de leur correspondant, les informera de l’heure probable de son retour, et, en cas de besoin, s’ils le désirent, prendra elle-même la communication, ou tout au moins la nature de la communication qu’ils désirent faire. Rentré chez lui, l’abonné annonce son retour à la téléphoniste des rappels. Aussitôt, après vérification de son identité téléphonique, communication lui est donnée des coups de téléphone parvenus à sou adresse, avec tous les renseignements qui ont été donnés par les correspondants. L’organisation de ce nouveau service immobilisant un certain nombre d’opératrices, l’administration a établi une taxe supplémentaire qui s’ajoute à celle d’abonnement. Elle est de 3o francs, et on ajoute 20 centimes par communication dictée. Ce nouveau service sera certainement très apprécié en France. Il a d’ailleurs fait ses preuves en Norvège où il fut inauguré en 1910 et en Autriche où il est d’un usage courant depuis 1912.
- Rendement en os des animaux de boucherie. —
- Dans Y Hygiène de la viande et du lait, M. Fridon nous apprend que le poids d’os des animaux de boucherie est très variable et qu’il peut quelquefois atteindre et même dépasser le tiers du poids du corps. Les veaux contiennent 20 à 33 pour 100 d’os, les moutons et agneaux i5 à 3o pour 100. Ces énormes variations sont en rapport avec l’âge, la qualité et le poids des animaux. Plus l’animal est jeune, moins il pèse; moins il est de bonne qualité et plus les os représentent une grande partie du poids du corps.
- Un nouvel engrais. — On vend dans le Nord de la France, depuis une année à peine, des quantités énormes d un nouvel engrais présenté, sous divers noms de fantaisie, en une sorte de poudre noire assez fine, d’odeur assez marquée, d’ailleurs nullement désagréable. C’est avec des vinasses de distillerie qu’on prépare le produit. Le liquide sortant des colonnes dislillatoires, où il s’est débarrassé de tout son alcool, est concentré à l’élut sirupeux dans des appareils à multiple eflêt, genre Kestner. On le mélange ensuite avec de la poudre pulvérisée dans un bac à arbre central muni de bras. Puis
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- INFORMATIONS
- le tout est finalement séché et tamisé, après mélange éventuel de superphosphate pour faire de l'engrais, riche en azote et en potasse, un fertilisant tout à fait complet. Son effet est d’autant plus appréciable que, par suite de l’origine organique de ses principes actifs, tous sont rapidement assimilables.
- Le commerce de la France en 1913. —Les importations de notre pays ont atteint en 1913 le chiffre de 8 5o8 38oooo fr., en augmentation de 277634000 fr. sur 1912. Les exportations ont 6 8-5 387 000 fr., en augmentation de 162807000 francs.
- Nos importations se subdivisent comme suit :
- Objets d’alimentation............. 1916 544 °°o fr.
- Matières nécessaires à l’industrie. 494*^67000 fr. Objets fabriqués;.................1 65o 269 000 fr.
- Nos exportations se subdivisent comme suit :
- Objets d’alimentation............. 833 157000 fr.
- Matières nécessaires à l’industrie. 1 882 726 000 fr.
- Objets fabriqués..................3 5g3 632 000 fr.
- Colis postaux..................... 565872 000 fr.
- L’Eléphant d’eau. — Dans le n° 1964 de La Nature, M. le professeur Trouessart signalait la présence en Afrique d’un petit éléphant d’eau qu’un explorateur,
- d'Elephas africanus Fransseni, en mémoire du malheureux explorateur. L’éléphant d’eau est bien tel que l’avait observé M. Le Petit. Il est deux fois plus petit que l’éléphant d’Afrique; ses défenses sont huit fois moins volumineuses, ce qui explique que M. Le Petit ne les avait pas aperçues et aussi qu’on ne le chasse pas dans un but commercial. 11 vit par bandes de 10 à 20 à la lisière de la forêt et du lac, dans la vase où il se nourrit de végétaux. Les indigènes qui le connaissent depuis longtemps n'en avaient jamais parlé aux Européens. Les précieuses dépouilles que vient de recevoir le Musée de Tervueren vont permettre l’étude anatomique de ce curieux animal et aussi la recherche de ses affinités avec les autres éléphants actuels et fossiles que nous connaissons.
- L’Exposition de Leipzig. — Leipzig, qui est resté le grand centre intellectuel de l’Allemagne, organise pour le printemps de cette année une « Exposition internationale du Livre et des Arts graphiques » qui promet d’offrir un très vif intérêt. Notre illustration montre l’aspect général que présentera ce;te manifestation, qui se tiendra dans un vaste parc situé près du monument de la Bataille des Nations. Toutes les nations européennes et les Etùs-Unis d’Amérique y participeront. Les constructions et le plan général sont l’œuvre de
- Ce que sera l’Exposition du Livre à Leipzig.
- M. Le Petit, avait aperçu en 1910 dans le centre de l’Afrique entre la rive nord du lac Léopold II et la rive gauche du Haut-Congo. M. Le Petit avait entrevu, à un demi-kilomètre environ, une troupe de cinq de ces animaux au moment où ils plongeaient dans le lac, mais il n’avait pu en capturer aucun. Depuis, les savants du Musée colonial belge faisaient rechercher sans succès le petit éléphant et l’on en était arrivé à douter de l’observation de M. Le Petit; celle-ci est maintenant entièrement confirmée puisqu’une dépouille d’éléphant d’eau vient d’arriver à Tervueren. La capture du premier spécimen mérite d’être contée. Le lieutenant belge Franssen, décidé à rapporter coûte que coûte l’éléphant mystérieux, s’installa sur les bords du lac Victoria et finit par savoir des indigènes que l’éléphant d’eau existe — ils le nomment wakawaka — et qu’il habite une forêt vaseuse où aucun homme n’a jamais pénétré. Il décida de s’y rendre et bientôt il put tuer un individu dans le marécage au moment où une troupe d’une vingtaine s’y ébattait. Cette sensationnelle capture coûta cher d’ailleurs au vaillant officier; d’être resté 36 heures dans la vase, il fut pris d’un violent accès de fièvre paludéenne dont il mourut. La dépouille de l’éléphant, os et peau, préparée, puis transportée à la côte, fut expédiée au Musée colonial de Tervueren où elle vient d’arriver. On s’y occupe activement de monter les pièces reçues et de reconstituer, pour le montrer au public, l’animal auquel le directeur du Musée, le Dr Schoutten, donnera le nom
- deux architectes de grande réputation: MM. Weidenbach et Tschammer. Cette belle exposition sera digne de la seule ville au monde qui possède une Bourse de la Librairie.
- Congrès cerf-voliste de Boulogne-sur-Mer. — La
- Ligue française du Cerf-Vo'ant organise un important congrès destiné à grouper pendant deux journées tous ceux qui s’intéressent à la question du cerf-volant scientifique. Cette manifestation qui aura lieu à Boulogne-sur-Mer, les 3i mai et ier juin 1914, permettra à tous les cerfs-volistes de réaliser en commun des expériences qui établiront la réelle valeur du cerf-volant.
- Congrès préhistorique de France. —Le io° Congrès de la Société préhistorique française se tiendra à Aurillac du 23 au 29 août prochain; il visitera les principales curiosités du Cantal.
- Exposition internationale d’insectes vivants, de poissons d’ornement et d’oiseaux de volière. — Cette intéressante exposition aura lieu du 6 au 21 juin prochain, au Jardiu d’acclimatation, à Paris, sous les auspices des principales Sociétés françaises de zoologie et d’acclimatation. Ou y verra de nombreux insectes vivants, tant d’Europe que des pays exotiques, et leurs mœurs curieuses, des poissons d’ornement, si recherchés en ce moment, des oiseaux de volière au brillant plumage, etc. Secrétariat, 8, place de la Concorde, Paris.
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- Une nouvelle machine à tirer les calques. —
- ‘Depuis longtemps déjà, les industriels, les architectes, utilisent les papiers spéciaux pour obtenir des tirages de dessins établis sur les papiers-calque. On se sert généralement, dans les ateliers peu importants, de châssis ordinaires de grandes dimensions que l’on expose à la lumière du jour. Les épreuves obtenues sont blanches sur fond bleu. Certains papiers donnent même des épreuves noires sur fond blanc ayant tout à fait l’aspect d’un dessin original. Ce procédé n’est pratique que lorsque les travaux de ce genre sont peu importants.
- Pour les besoins des grandes industries on a conçu tout un matériel nouveau basé sur l’emploi de la lumière électrique. Des châssis de forme cylindrkpie furent construits en Angleterre, en Allemagne et en France : les plus connus sont l’appareil Hall qui est un cylindre vertical et celui de Shaw également cylindrique,
- La machine Follows et Lévy.
- mais horizontal. Dans l’un et l’autre tme lampe à arc est rendue mobile à l’intérieur du cylindre et sa lumière effectue l’opération. Mais le rendement est peu élevé à cause du temps perdu pour la mise en place des papiers. Aux Etats-Unis parut ensuite une machine spéciale construite par Williams Brown et Earle, mais coûtant cher et consommant trop de courant électrique. Puis, en Angleterre, Watts fît construire par Harden une machine dans laquelle l’avancement du papier se faisait à l’aide de rouleaux caoutchoutés ; au début elle eut un succès commercial considérable, mais le manque de netteté des reproductions et l’énorme quantité de courant dépensé nuisirent à son succès définitif. D’autres tentatives eurent encore lieu afin de réduire ces inconvénients ; on essaya même d’utiliser les lampes à vapeurs de mercure, sans atteindre un degré de perfection suffisant.
- Dernièrement, en France, MM. Follows et Lévy ont mis sur le marché une machine nouvelle, à débit illimité que représente notre photographie. Cette machine est portée par quatre pieds. Elle comporte une glace demi-cylindrique placée horizontalement sur le bâti; une toile sans fin, susceptible d’avancer à des vitesses différentes, est entraînée sous cette glace. Deux lampes à arc sont suspendues au-dessus; elles sont munies de réflecteurs spéciaux qui répartissent également la lumière sur toute la surface de la glace.
- L’entraînement de la toile s’effectue à l’aide d’un moteur électrique.. Ce moteur commande, par l’inter-
- médiaire d’une courroie, un petit axe horizontal terminé par une poulie conique à surface courbe, sur laquelle appuie constamment un galet en fibre qui tourne fou dans une fourche appartenant à l’arbre vertical qui sert de levier de changement de vitesse.
- Ce galet en fibre appuie d’autre part sur une seconde poulie-cône semblable à la première terminante également un petit axe horizontal, mais cet axe fait, avec le premier, un angle de go degrés. Théoriquement, ce système de poulies est disposé de telle sorte que les courbures de chacune d’elles appartiennent à un cercle dont le centre se trouve sur l’axe du disque de fibre. Ce disque appuie en permanence contre les deux poulies, mais lorsqu’il est sur le grand diamètre de la première, il frotte sur le petit diamètre de la seconde. On varie sa position en agissant sur le levier vertical afin d’obtenir les changements de vitesse désirés. On n’agit donc jamais sur le moteur qui tourne à une vitesse constante.
- La seconde poulie-cône est prolongée par un arbre portant une poulie ordinaire sur laquelle passe une courroie reliée à un système de vis sans fin commandant un engrenage à chaîne. La chaîne, que I on voit sur la droite de la photographie, actionne un cylindre qui entraîne la toile sans fin passant sous la glace. Enfin, à l’avant de la machine, sont placés deux cylindres appuyant l’un contre l’autre et assurant la tension constante et automatique de la toile.
- Les lampes ont été spécialement construites pour l’usage de la machine; elles permettent d’utiliser un voltage maximum aux bornes, supérieur de 20 pour 100 à ce que l’on obtient habituellement; la lumière est très riche en rayons actiniques. Avec une tension sur la ligne de 112 volts, le voltage à l’arc est de 96 volts ; les deux lampes de 8 ampères chacune ne consomment guère plus de 2 kw, la machine débitant mètres d’épreuves à l’heure.
- Le maniement de cette machine est extrêmement simple. On allume d’abord les lampes et on met le moteur en marche. Puis on introduit une extrémité du rouleau de papier sensible entre la glace et le cylindre mobile supérieur. Ce papier est aussitôt entraîné. Le calque à reproduire est ensuite engagé sur le papier sensible, entre la glace et lui. La toile entraîne le tout. Le premier calque étant engagé sous la machine, on en introduit un second et ainsi de suite, sans arrêt. Le papier sensible s’enroule de lui-même à l’arrière de la machine et le calque sort. Si l’on veut tirer une nouvelle épreuve de chaque calque, on les engage de nouveau sous la machine et ainsi de suite.
- On compte 5 kw de dépense par heure pour la machine en produisant : 140 m2 de tirage sur ferro-prus-siate extra-rapide; y S m2 sur ferro-prussiaie ordinaire; 80 m2 sur cyano ; 5o m2 sur sépia; 35 m2 sur hélio.
- Cette machine constitue donc un réel progrès et elle a sa place marquée dans toutes les grandes industries par l’économie de temps et de personnel qu’elle entraîne puisqu'un homme seul suffit à la conduire. — Elle est construite par MM. Follows et Lévy, 129, boulevaiM Richard-Lenoir, à Paris.
- c$>&. Horlogerie
- L’horloge « Motor » à remontage électrique. — La
- question du remontage électrique et automatique des mouvements d'horlogerie a fait, depuis longtemps, l’objet de recherches passionnées. Plusieurs systèmes ont vu le jour sans cependant entraîner la faveur publique. On se méfie, avec juste raison, de l’électricité comme agent moteur dans les mécanismes d’horlogerie et il fallait, pour s’opposer au courant défavorable qui s’était établi, présenter un système qui fût, sinon absolument parfait, du moins exempt de tares fondamentales. L’horloge « Motor », de fabrication française, qui se remonte automatiquement au moyen d’un petit moteur électrique, nous paraît tout à fait au point et son fonctionnement ne laisse plus rien à désirer. C’est la raison pour laquelle nous allons l’étudier.
- Le mouvement d’horlogerie, qui est appliqué aux pendules de toutes dimensions : rondes, cartels, pendules de voyage, etc., est exactement semblable à celui
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- d’une montre ordinaire et le moteur intervient pour remonter le ressort spirale en agissant sur le quatrième tour du ressort qui est considéré comme donnant la meilleure élasticité.
- L’induit C du moteur est emprisonné entre les deux pôles d’un aimant permanent; son axe se termine par une vis sans fin entraînant une roue dentée en ébonite A, laquelle actionne une seconde roue B, plus grande, qui agit par une forte démultiplication sur l’arbre carré entraînant le ressort. Ce dernier est enfermé dans un boîtier placé sous la roue B; cette roue agit donc
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- Schéma du remontage électrique des horloges “Motor”.
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- comme les doigts sur une clé de remontage ordinaire.
- Le moteur C est intercalé dans le circuit d’une petite pile sèche dont les dimensions, et par conséquent l’énergie électrique, dépendent du volume de la pendule. Selon les cas, la pile fonctionne pendant un, deux ou trois ans, c’est-à-dire que pendant ce laps de temps on n’a à toucher à la pendule que pour avancer ou retarder les aiguilles si l’on s’aperçoit, au bout de plusieurs mois, qu il y a un peu de retard ou d’avance.
- Les deux bornes de la pile sont reliées à deux petites masses métalliques porte-balais P et N, chacun des balais frottant sur le collecteur du moteur. Le positif arrive directement au collecteur; mais le négatif doit parcourir un chemin quelque peu compliqué. Un disque G, en ébonite, porte sur sa périphérie une lamelle d’argent E qui l’entoure sur la moitié environ de sa circonférence. Lorsque, par une action mécanique que nous définirons plus loin, ce disque se met à tourner (d’une très faible cjuantité) autour de son axe, l’extrémité de la lamelle E vient en contact avec une tige à ressort D fixée sur la porte-balai N. Le circuit du moteur est alors fermé et le remontage a lieu.
- Le disque G remplit donc les fonctions d’interrupteur. Ses mouvements sont commandés par un doigt H calé sur l’un des mobiles de la minuterie et faisant un tour en 2 h. 1/2. Pendant sa rotation il vient en contact, à un moment donné, avec un petit bras K solidaire du disque G et entraîne ainsi ce dernier pour réaliser la fermeture du circuit entre la lamelle d’argent E et la tige-ressort D.
- Aussitôt que le moteur tourne, la roue B entre également en rotation et, par une goupille L, force sur le bras M solidaire de G par l’intermédiaire d’un léger ressort. Le bras M cède sous la poussée et livre le passage à la goupille qui continue sa rotation pendant cinq minutes.
- A ce moment, E reste en contact avec D, ayant été maintenu pendant 3o secondes par la poussée de H sur K, temps nécessaire pour que la goupille L ait abandonné le bras M. La goupille ayant fait un tour complet rencontre de nouveati le bras M et recommence à le
- pousser; mais Iv n’agissant plus sur le disque G, celui-ci obéit à la poussée que le bras M reçoit de la goupille et effectue un petit mouvement de rotation en sens contraire du précédent. Le contact entre E et D est alors rompu et toute la partie électrique reprend sa position de repos.
- Ce joli mécanisme fonctionne avec une régularité merveilleuse. Chaque ah. 1/2 exactement, l’opération de remontage s’effectue pendant cinq minutes, nécessitant une dépense de courant insignifiante : 3 à 4 milliampères-heure. Plusieurs modèles d’horloges « Motor » ont été placés sur les véhicules de la Compagnie générale parisienne de tramways (Tramways-Sud). Malgré les trépidations et les chocs souvent violents, aucune d’elles n’a cessé de donner fidèlement l’heure. L’épreuve, cependant pénible, a été supportée vaillamment par l’appareillage électrique qui n’a jamais cessé de remplir sa fonction. — L’horloge « Motor » est en vente chez MM. E. Delagoutte et G. Balny, i32, rue de Turenne, à Paris. Les prix varient avec les modèles : de 80 à 175 francs.
- Jouets 'V'i'Sfc
- La Baptistine. — Nous avons décrit récemment cette nouvelle lessiveuse qui fut exposée au concours Lépine et se présente dans des conditions pratiques et théoriques supérieures aux lessiveuses actuelles. M. Renaut en a tiré parti d’une manière très intéressante en en faisant une sorte de jouet pratique pour les fillettes. Nous disons un jouet parce que la future ménagère trouvera dans sa boîte à Baptistine tout le matériel nécessaire au lavage et au repassage des vêtements de ses poupées : savon, planche à laver, fers, réchaud, brosse, sans compter la jolie petite lessiveuse qui fonctionne tout à Lit comme les appareils de grands modèles. On jouera
- donc à la blanchisseuse, d’abord avec la toilette des poupées, ensuite avec les fines pièces de sa garde-robe personnelle : mouchoirs, dentelles, chemisettes. C’est dire que la maman elle-même utilisera avec plaisir la mignonne lessiveuse pour son usage personnel, tout en donnant une excellente leçon à sa'fillette qui apprendra ainsi, en se jouant, son rôle de future maîtresse de maison économe et soigneuse. Ajoutons que les récipients et les réchauds sont faits en aluminium; ils pré-sement donc toutes les conditions de propreté désirables.
- La boîte qui contient ces objets est en vente chez M. Renaut, 43j boulevard de Strasbourg, au prix de 19 fr. 90; ajouter 1 fr. 5o pour le port.
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- RÉSUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en février 1914, par JVl. Ch. Dufour.
- La moyenne mensuelle de la pression ^55mm,^7 est inférieure de 3“m,65 à la normale ^ le minimum absolu 728mia,9 le 22 est l’un des plus bas observés depuis 1874; on a noté 727mm,9 en i8g3 et 728mm,2 en igo4-D’après E. Renou, la pression la plus basse observée à Paris, en février, depuis 1809, ramenée à l’altitude de 5o mètres, est de 724ram,o en 1823.
- La température moyenne est 6°, 19, en excès de 2°,55 sur la normale. Le minimum absolu est —- 2°,3 le 5 alors que le minimum absolu moyen de février est de — 6°,7; en outre, la somme des minima inférieurs à o° est seulement de io°,8; elle est normalement de 43° en février. A quelque point de vue qu’on l’envisage, février 1914 est donc un mois chaud.
- La durée totale de l’insolation 109 heures est en excès de 22 heures et le rapport d’insolation atteint o,38.
- La hauteur totale de pluie 23œm,6 ne représente que les 0,75 de la normale de février et sur les 11 jours pluvieux du mois il y en a 9 consécutifs du 14 au 22. Ces pluies ont eu pour conséquence une élévation du niveau de la Marne qui a atteint à l échelle du Parc la cote 4m,25 le 23 février.
- Pression barométrique (Alt. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 755mm,27; minimum absolu : 728””,9 le 22 à 13'1115™; maximum absolu : le ior à ioh35m.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des minima, 20,49 ; des maxima, io°,6o ; des 24 heures, 6°, 19. Minimum absolu, —2°,3 le 5; maximum absolu, i5°,o le 8 et le 10. Amplitudes diurnes : moyenne 8°,n; la plus élevée, n°,9 le 5 ; la plus faible, 3°,8 le 16. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, — i°,58; des maxima, 180,78 ; minimum absolu, —8°,6 le 5; maximum absolu, 290,1 le i3. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof, o^o) à 9 heures : 30,78; à
- 21 heures : 3°,93 ; (prof. om,65) à 9 heures : 4°,08; à
- 2i heures : 4°>i2; (prof. 1 m.) à 9 heures : 4°>5o; à
- 21 heures : 4°,f>4- De la Marne. — Moyennes : le ma-
- tin, 5°,g5 ; le soir, 6°,22; minimum : 3°, 58 le i6r; maximum : 8°,06 le 17.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 5mm,91 ; minimum : 3mm,8 le 2 à 7 heures et 8 heures; maximum : 9mm,7 le 14 à 18 heures-20 heures et le i5 à 2 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 83,6; minimum : 46 le 8 à 14 heures ; maximum : 100 à 14 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 5,61; 2 jours entièrement clairs : le 3 et le 4 ; 3 jours complètement couverts : les 14, i5 et 16.
- Insolation. —- Durée possible : 283 heures; durée effective : 109 heures en 23 jours; rapport : o,38.
- Pluie. — Total du mois : 23mm,6 en 24h,4' Maximum en 24 heures : 5mm,2 le 14.
- Nombre de jours : de pluie : 11 ; de pluie appréciable (supérieure ,ou égale ào“,i) : 11 ; de pluie supérieure
- ou égale à imm : 7; à 5mm : 1 ; de gelée 9, dont 6 consécutifs du iet au 6; de: brouillard : 4Dde brume : 2 ; de givre : 3; dé gelée blanche : 16; de halos : solaire, i ; lunaire, 2. .
- Fréquence des vents ; calmes, 3.2. v
- N . . . . 46 S. E..... 82 W ... . 7
- N. N. E . 5i S. S. E. . . 109 W. N. W. 2
- N. E. . . 26 S .... . 112 N. W. . . 1
- E.N. E. . 3 S. S. W . . i37 N. N. W . 6
- E . . . . 3 S. W ... 28
- E. S. E. . 8 W. S. W. . 19
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3m,85; moyenne diurne la plus élevée : 6m,8 le 22; la plus faible : om,9 le 26; vitesse maximum -, i3m,5 le 2i à i3h5o; direction correspondante : S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 3m, 19; minimum : 2m,67 le 8; maximum : 4m>33 le 28.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression :
- — 3mra,65; température : + 2°,55; tension de la vapeur : -(- omm,85 ; humidité relative : -j- 1,2; nébulosité :
- — 1,1; pluie : —7mm,7; jours de pluie appréciable :
- — 2; insolation : -j- 22 heures.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (16 jours) 69 volts; moyenne diurne la plus élevée 118 volts le 4; la plus faible 10 volts le i4- Moyenne des 7 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation orageuse, ni brouillard persistant, 87 volts ; amplitude diurne correspondante : 0,23; amplitude nocturne : 0,64.
- Radiation solaire. — Des mesures ont été faites aux dates des i°r, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 13, 17 et 24. La valeur la plus élevée a été Tal,i3 le 24 a i2h5m.
- Taches solaires. — On a suivi un groupe de taches du 2 au 5, ce groupe paraissait avoir disparu le 6. Il y a eu 8 jours sans observation, les 9, 11, 14-16, 19, 22, 25.
- Perturbations magnétiques. — Très faibles les 5, 6, x4-15 ; faibles les 3, 4» 28 ; modérées 17-18, 22-23.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements ont été peu nombreux et peu importants ; on les rencontre aux dates et heures suivantes : le 6, début à nh5im37s, fin à i2h 4om; le 7, début à 7hi2m28", fin à 8h25m le 10, début à ii'134m44% fin à i2h3om; le 10, début à i6h44m 583, fin à 171135m; le i5, début à i»*5i“, fin à 3 heures; le 23, début à ol‘4m, fin à o^ao”; le 24, début à 2ih54”) fin à 23 heures; le 26, début à 5h um i3\ pb. pie. de 51'2im à 6ll3m, fin à 8hiom; le 27, très faible mouvement de 4h 5m à 4h 4°m; 1® début à 5h23ra7s, fin à 6h 35ra.
- Floraisons. — Le 6, orme; le 9, perce-neige; le 10, primevère acaule; le 25, amandier.
- Le 16, une bande d’oies sauvages se dirige vers le Sud-Est.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Protection des plâtres soumis au régime du plein air. — Non abrité des vents, du soleil, des gelées, de la pluie surtout, car le sulfate de chaux est légèrement soluble dans l’eau, le plâtre conserve mal sa belle blancheur et les formes qu’il avait neuf : il s’effrite, se fissure, des mousses l’envahissent, qui le grisonnent et le verdissent. Cela peut parfois donner aux statues de jardin la note pittoresque de l’antique, mais ce genre de beauté ne convient pas toujours. Aussi a-t-on proposé divers moyens pour protéger les plâtres de l’action des intempéries. On en trouvera description dans les Recettes de la Maison ; mais non quelle est la valeur de chaque procédé, une étude comparative n’ayant, que nous sachions, pas encore été faite lors de cette publication.
- Nous fîmes cet essai. L’an dernier, des plaquettes de plâtre gâché et moulé comme à l’ordinaire furent re-
- couvertes de divers enduits, puis exposées à toutes les intempéries de l’inclémente saison : vents, froidures et pluies. Nous vîmes de la sorte quels enduits étaient plus efficaces. Voici les résumés des constatations faites :
- Huile de lin cuite. — On en badigeonna le plâtre tant qu’il en voulut boire, et il en absorba beaucoup (8 à
- 10 couches de suite). Ainsi traité, le plâtre reste mat,
- 11 devient d’un léger brun jaune, il durcit à peu près de la même façon que sous l’action d’un badigeon avec une solution de borax. La protection est réelle, mais elle ne suffit point : à la longue le plâtre se corrode.
- Cire. — Appliquée au fer chaud agissant sur des raclures dont on avait saupoudré le plâtre. La masse n’absorbe que très peu de cire, à moins que la plaque de plâtre n’ait été préalablement chauffée. Belle couleur jaune qui pâlit un peu à la longue. Le plâtre demeure absolument inaltéré.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Paraffine. — Fut employée de deux façons : à l’état fondu, étalée au fer chaud, et sous forme de dissolution dans le sulfure de carbone ; la solution pénètre bien mieux dans l’épaisseur du plâtre. Dans les deux cas, le plâtre devient légèrement gris, sa dureté n est pas modifiée. Dans les deux cas également, la protection est fort efficace.
- Stéarine. — Etalée au fer chaud agissant sur des raclures de bougie, elle donne donc un enduit cristallin faisant virer le blanc en gris pâle. Dureté non modifiée, pénétration très superficielle. (Par stéarine, nous entendons tout simplement la matière des bougies ordinaires, dont nous utilisâmes de vieux bouts.) L'enduit stéarique protège très bien le plâtre.
- Gélatine. — Un bouillon de collette à io pour ioo fut appliqué chaud sur le plâtre qui n’absorbe pas beaucoup de l’enduit parce que la colle se géléifie sitôt posée sur la plaque. Après séchage, l’enduit fut traité d’un côté par une solution aqueuse d’alun à 5 pour ioo, de l’autre par une solution pareillement concentrée de bichromate de potasse, et enfin sur une autre partie par du formol à 4° pour ioo coupé quatre fois son volume d’eau. Rien de tout cela ne dure d’ailleurs : la gélatine parfois se dissout, et parfois s’écaille sous forme de minces lamelles qui s’envolent.
- Conclusion pratique. — Pour protéger les plâtres, les enduire après nettoyage et séchage d’un bain chaud de stéarine, de cire ou de paraffine, cette dernière substance devant être préférée à cause de son moindre coût. Si possible, chauffer la surface à enduire pour faciliter l’imprégnation, ou tremper les objets entiers dans le bain chaud.. Si l’enduit n’est que superficiel,
- prendre garde de ne point rayer ou gratter la surface : l’eau pénétrerait là et rongerait peu à peu la masse sous-jacente. (Laboratoire de La Nature.)
- Le nickelage de l’aluminium. — MM. Canac et Tassilly ont réussi à nickeler parfaitement l’aluminium par le procédé suivant : on commence par décaper le métal en le faisant passer dans un bain de potasse à l’ébullition ; on brosse avec un lait de chaux et on trempe pendant quelques minutes dans un bain de cyanure de potassium à 2 pour 1000. Après passage dans chaque bain, la pièce est lavée à grande eau. Le métal est ensuite soumis à l’action d’un bain formé de 5oo gr. d’acide chlorhydrique, 5oo cm3 d’eau, 1 gr. de fer; au sortir de ce bain, il doit avoir un aspect particulier rappelant la moire métallique. Après un dernier lavage à l’eau, la pièce est prête à recevoir le dépôt de nickel par voie électrolytique. Le chlorure de nickel est préférable au sulfate. Après dépôt, on polit au gratte-bosse. La couche de nickel présente une remarquable adhérence.
- Préparation de l’encaustique. — Nous avons déjà donné des recettes pour préparer l’encaustique sans danger. Voici encore un procédé très simple que nous communique M. Avise et qui, dit-il, lui a toujours bien réussi : « Je fais fondre la cire (sans une goutte d’essence) à feu doux sur le fourneau de la cuisine dans un pot de grès — un ancien pot à moutarde — lorsqu’elle est liquide, j’éloigne mon récipient du feu et je verse doucement l’essence en agitant constamment, le mélange se fait bien et tout danger est écarté. Il est bon de sortir la cire du feu aussitôt qu elle est fondue sans la laisser trop chauffer. »
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, .la Rédaction publie les faits d‘un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. le vicomte d'Aldin, 38, rue Saint-Sulpice. — Pour donner à des bandes d’étain collées sur verre l’aspect des vieux plombs noircis de vitraux anciens, il suffit de les badigeonner au pinceau avec une solution aqueuse à 5 °/0 de bichlorure de platine.
- Abonné 3203-1964. — Pour enlever les taches produites par des teintures pour cheveux, dites « para», on fait agir alternativement l’eau de Javel et l’acide chlorhydrique au dixième. La paraphénylénediamine commerciale est en effet toujours un peu brunâtre, mais cela ne retire rien à ses qualités.
- M. P. Carré, rue du Four. — Si vous avez déjà formé des taches sur votre meuble en enlevant la cire, nous vous conseillons de chercher plutôt à faire disparaître tout l’encaustiquage (lavage aux solutions alcalines chaudes), sans quoi vous risqueriez d’avoir toujours une teinte mal unie. Pour avoir du bois ciré de diverses teintes, le mieux est de nuancer d’abord avec une solution aqueuse de brou de noix, de couleurs d’aniline diverses; après séchage, on donne une couche d’encaustique ordinaire.
- M. Bernard, rue de Beauvais, à Amiens. — Vous trouverez page 242 des. Recettes de la maison (Masson, édit. Prix : 3 francs) des formules d’ignifuges qui, employés avec mesure, ne retirent pas aux tissus leur porosité.
- M. J. G., h Rambervillers. — On ne peut songer à fabriquer soi-même le ferro-cérium, en raison des difficultés d’approvisionnement pour les métaux céritiques, et à cause des tours de main indispensables.
- M. R. Lesage, rue Legendre, à Paris. — a) Vous trouverez, p. 54 du Supplément de ce semestre, une recette pour préparer de la colle dextrinée. b) Des recettes de mixtures pour ignifuger le bois sont données dans les Recettes de l’atelier, p. 266; mais ces
- produits ne changent guère la teinte du bois (il est vrai qu’on peut peindre ensuite) ; pour avoir une peinture blanche ignifuge, il faut incorporer à une peinture à l’huile ordinaire 20 pour 100 de phosphate ammoniaco-magnésien en poudre fine.
- M. Mercier, boulevard Port-Royal, à Paris. — Pour décrasser le fond des casseroles où on a laissé brûler, du lait, pas d’autre moyen que le savon au sable, qui d’ailleurs abîme le métal. Si vous vous servez de casseroles en porcelaine, ce qui vaut mieux, vous pourrez détacher en faisant bouillir dedans une solution de carbonate sodique, et en frottant avec un chiffon.
- Cercle militaire de Versailles. — Il n’existe pas à notre connaissance de moyen pratique pour supprimer ou masquer l’odeur de l’alcool à brûler, et il faut de toute nécessité recourir à l’alcool pur du commerce même pour les usages extérieurs.
- M. P. V. de R., Belgique. — Vous trouverez dans tous les traités élémentaires de chimie la classification de Mendéleeff ; par exemple dans le Troost et Péchard, Masson, éditeur.
- M. le commandeur E. £., à Turin. — Il existe en effet un assez grand nombre d’appareils audiphones, microphones qui n’ont qu’une valeur restreinte et qui, dans le cas particulier, ne serviraient pas à grand’chose. Je ne crois pas qu’un instrument puisse remplacer un labyrinthe endommagé. Les méthodes de rééducation auditive ont donné quelquefois des résultats.
- Capitaine L., 89e. — Dans la fabrication des porte-plume réservoirs sérieux, on emploie le para pur vulcanisé, mais l’ébonite peut être utilisé sans inconvénient et sans crainte de voir la matière se gonfler au contact de l’encre. Voici quelques adresses de fabricants de pièces montées en ébonite : Antoine et Cie, 13, rue du Départ, à Paris; Baltaneck, 26, rue Tiphaine, à Paris; Lauget, 14, rue Fallempin, à Paris.
- Lecteur à Bucarest. — Pour empêcher les enduits en plâtre de se fendiller à la longue, le meilleur moyen nous paraît être d’incorporer à la masse, au moment du gâchage, des poils et de l’étoupe. Pour dissimuler ces fibres, on pourrait finalement enduire d’une peinture ou d’un stuc très mince.
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- T. S. F.
- M. André Hirsch, à Paris. —Pour effectuer ces expériences, reportez-vous à notre article sur l’électro-chro-mographe paru dans le n° 20i3 du 2,3 décembre 1911; vous trouverez des renseignements sur la préparation des divers papiers qui peuvent être employés ainsi que sur les pointes métalliques à utiliser. Vous trouverez également, dans le commerce, chez les marchands de produits chimiques, un produit tout préparé, . la phtaléine du phénol, qui est employé pour la fabrication des papiers indicateurs de pôles. On immerge une feuille de papier à filtre blanc dans une dissolution de sulfate de soude additionnée d’une petite quantité du produit. Pour l’utiliser mouillez-le légèrement, étendez-le sur votre pupitre métallique et tracez vos inscriptions avec le négatif de la pile. Il est à peu près certain que si votre détecteur est bien établi, les courants, quelque faibles qu’ils soient, se révéleront par des traces violettes sur le papier.
- M. C. B., principal de collège à M. — On nous a déclaré, à l’Administration des Postes et Télégraphes, que le projet dont nous avons parlé est encore entre les mains des ministères de la Guerre et de la Marine, pour approbation. Mais il n'y a pas lieu de s’en préoccuper, d’autant plus qu’il sera basé, ainsi que nous l’avons annoncé, sur le principe de l’autorisation la plus large, entraînant une déclaration obligatoire et peut-être une légère taxe d’abonnement (2 fr. ou 5 fr.). Vous pouvez donc procéder sans crainte à l’installation de votre poste, l’administration ne songe nullement à intenter des procès aux sanfilistes... ils sont trop nombreux! Pour la construction des bobines d’accord vous pouvez employer du fil émaillé, car cet émail est un isolant. Vous
- pouvez aussi utiliser du fil de cuivre de 1 mm de diamètre recouvert d’une double enveloppe isolante de soie. Spires jointives et un seul enroulement. Prochainement nous traiterons de la construction de ces appareils. Vous soulevez très à propos la question des téléphones récepteurs à grande résistance. Voici exactement ce qu’il faut entendre par là. On a remarqué que la sensibilité du récepteur téléphonique augmente avec le nombre des spires qui entrent dans la construction des électros. Plus il y a de spires, meilleur est le téléphone. Le corollaire est le suivant : pour avoir un grand nombre de spires il faut employer un fil très fin, et la conclusion : si on emploie du fil très fin on augmente la résistance, nous permettra de voir qu’il ne suffit pas, pour obtenir un bon résultat, de mettre une résistance auxiliaire en circuit. On n’a pas cherché la résistance, elle est venue toute seule! Le fil des meilleurs téléphones (Sullivan, Ducretet et Roger) est de i/iooe à 2/100e8 de millimètre seulement.
- Un de nos lecteurs brésiliens, M.. Alfredo de Aranjo Lima, a l’obligeance de nous indiquer un tour de main qu’il est nécessaire de connaître pour réussir à préparer le mastic de litharge-glycérinée, décrit p. 5 a de nos Recettes du laboratoire. On doit calciner fortement la litharge avant de la mélanger avec le liquide.
- M. L. Troussier, à N. — Il est très probable, à en juger par la faiblesse des signaux reçus par l’appareil de M. Dosne, qui ne 'comporte ni fil de terre ni antenne, que vous ne pourrez recevoir de cette façon les signaux à 400 km de Paris. Par contre, avec un fil de terre et sans antenne on a déjà reçu des radio-télégrammes à de plus longues distances, mais par des dispositifs spéciaux (voy. La télégraphie sans fil et la loi, par A. Perret-Maisonneuve, p. 3a3).
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Rouissage bactériologique du lin : Daniel Claude. — Les ampoules à. rayons X : A. Troller. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — La torpille automobile : Sauvaire Jourdan. — Les radioéléments et leur classification : H. Vigneron. — Les ponts basculants : H. M. — La réacclimatation de la faune alpestre : C. Boutibonne.
- Supplément. — Condensations pyrogénées de l’acétylène. — L’alcool de bois. — Un transport de chaudières original. — Le laboratoire aérodynamique de Langley. — Magnésite de l’Eubée. — Influence de l’alimentation sur la ptyaliue. — Grande caverne en Nouvelle-Guinée, etc.
- Albin Haller, biographie, bibliographie analytique des écrits, par Ernest Lebon, 1 vol. in-8 (28-18) de iv-120 pages, avec un portrait eu héliogravure, Gauthier-Villars, Paris igi3. Prix: 7 francs.
- M. Lebon continue la série de ses utiles biographies scientifiques en contant Pexistence et les travaux d’un des plus éminents chimistes de nos jours, qui compte également parmi nos plus actifs et féconds chefs d’école. ‘
- Annuaire pour 1914 publié par le Bureau des Longitudes Gauthier-Villars éditeur, Paris 1914* Prix: 1 fr. 5o.
- Ce précieux petit volume amélioré chaque année comprend une partie astronomique qni a été complètement refondue, des données physiques et chimiques et des notices scientifiques, de M. Hatt sur la déformation des images dans les lunettes, de M. Bigourdan sur le jour et ses divisions, de M. Baillaud sur la 17e conférence générale de l’Association Géodésique Internationale.
- Transport de force. Calculs techniques et économiques des lignes de transport et de distribution électrique, par C. Le Roy, ire partie, .1 vol. illustré, 172 pages, Hermann et fils, éditeurs, Paris 1912, Prix: 6 francs.
- L’auteur expose d’une façon élémentaire, mais complète avec de nombreux exemples numériques à l’appui, les méthodes qui règlent le calcul pratique des lignes électriques à courant alternatif.
- Précis d’Electricité Industrielle, par A. Goulliart, pro-. fesseur à l’Institut Electro-Technique de Lille, 1 vol. in-16 avec 402 fig. dans le texte, 2e édition refondue, Félix Alcan, éditeur, Paris 1913. Prix: 3 fr. 5o.
- Ce petit livre, clair et pratique, a eu le succès qu’il méritait. Sa 2e édition qui a encore été améliorée sera aussi bien accueillie que la première.
- Esquisse de la géographie botanique de la Belgique, par Jean Massart. In-8°, 2 volumes, avec 216 photo-typies, 246 stéréoscopes et n planches. H. Lamertin, édit., Bruxelles, 1910. Prix : a5 francs.
- Publié comme tome 7 bis du Recueil de l’Institut botanique Léo Errera, cet ouvrage est une description générale et scientifique de la flore belge. Il traite successivement du sol et du climat de la Belgique, de ses forêts et cultures et subdivise le pays en 16 districts géobotaniques avec tableaux des principales associations caractéristiques de chacun.
- La vie des vérités par le Dr Gustave Le Bon, i vol, in-18, Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o»
- Les peuples se passent facilement de vérités, ils ne peuvent vivre sans certitudes; M. Le Bon raconte l’histoire d’un grand nombre des certitudes successivement tenues, parles hommes, pour des vérités éternelles, et l’on y voit comment ces certitudes correspondaient aux besoins mystiques, affectifs ou rationnels de l’âme des diverses époques.
- Die Elektrischen Eigenschaften und die Bedeutung des Selens fur die Elektrotechnik, par Ch Ries, a® édition, 1 vol. illustré 190 pages. Prix. 5 mark. Librairie du journal « Der Meckaniker» Berlin, Nikolassee 2 Nor-mannenstrasse, 1913.
- M. Ries expose les diverses propriétés qui font du sélénium un corps si séduisant, très souvent aussi décevant, au point de vue des applications électrotechniques (résistivité électrique, sensibilité photoélectrique, transmission électrique des images). Il est impossible de trouver réunies ailleurs que dans cotte brochure les données nécessaires à l’établissement de tout instrument fondé sur le sélénium.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le nivellement des jouissances, par le vicomte Georges d’Avenel. i vol. in-18. Ernest Flammarion, Paris. Bibliothèque de philosophie scientifique duDr Gustave Le Bon. Prix : 3 fr. 5o.
- Suivant M. d’Avenel, il s’est produit en France, depuis 70 ans, deux phénomènes contraires et pourtant si étroitement liés que chacun des deux est la . conséquence de l’autre : le premier est l’accroissement des grandes fortunes, le second est le nivellement des jouissances. Dans une série de chapitres documentés qui vont de l’alimentation — les Français mangent beaucoup plus qu’autrefois — du logement, radicale-
- ment transformé, du train de maison et des domestiques, aux chevaux et voitures, qui ont changé de propriétaires, nous pénétrons avec M. d’Avenel cette portion d’histoire qu’il appelle les ténèbres de l’évolution des dépenses privées. Le nivellement, dit M. d’Avenel, consiste en ceci, que : le rapport des choses et leur valeur ayant été bouleversés, aussi bien pour les objets dits « superflus » que pour les objets dits « nécessaires », le peuple a acquis plus de vrai bien-être, plus de luxe utile que le riche. Au point de vue économique, les bienfaiteurs effectifs de l’humanité ne sont pas les organisateurs de bonté, mais les entraîneurs de travail.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES du matin THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 mars 1914 . 8°,9 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Couvert; pavé à moitié mouillé à 21 heures.
- Mardi 10 5°,9 W. N. \V. 3. Couvert. 0,2 Très nuageux; pluie de 2 h. 20 à 2 h. 30.
- Mercredi 11 1°,3 S. S. W. 2. Peu nuageux. 0,4 Tr. nuag. ; gel. bl. ; grésil av. 6 b. ; gouttes et neige .à 12 h. 40-45.
- Jeudi 12 S°,0 S. S. W. 4. Pluie. 4,5 Couvert ; pluie presque toute la journée.
- Vendredi 13 ... . 10°,3 S. 2. Forle bruine. 0.5 Couvert; bruine ou pluie de 6 h. à S b. 30.
- Samedi 14 10°, 4 S. 4. Couvert. 1,1 Couv jusq. 14 h. et après 20 h. ; beau lo r. du temps ; av. à 10 b. 50.
- Dimanche 15 . . . . 7°,6 S. W. 3. Couvert. 0,2 Couvert; pluie de 3 h. 40 à 3 h. 50; gouttes à 16 heures.
- MARS 1914. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 MARS 1914.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Re'sumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 9 au 14 mars. — Le 9. Basses pressions sur le N. et l’O. : minima vers Arkhangel et sur la mer du Nord. Pluies sur le N. et l’O. : Perpignan, 5i mm; Servance, 34; Rochefort et Calais, 12; Cherbourg, 11. Temp..du matin : Spitzberg, —200 ; Haparanda, —i3; Clermont-Ferrand, -j- 3 ; Bordeaux, 6; Brest et Biarritz, xo; Alger, 15 ; moyenne à Paris : i2°,i (normale : 5°). — Le 10. Basses pressions sur presque toute l’Europe : Hambourg, 743 mm; Arkhangel, 744; fortes pressions sur les Açores. Neiges et pluies sur le N., le Centre et l’O. : Besançon, 4° mm; Dunkerque, n. Temp. du matin : Spitzberg, — 18°; Reijkiavik, —9; Nantes, +4; le Havre, 5; Clermont-Ferrand, 8; Marseille, 13; Alger, 17; moyenne à Paris : 6°,7 (normale : 5°,2). — Le it. La pression se relève sur l’O. : Biarritz, 766 mm; la Corogne, 770. Dépressions sur le N. et l’Italie. Pluies sur le N. et l’O. : Cherbourg, 23 mm; Brest, 9. Temp. du matin : Spitzberg, —29°; Kuopio, — i4; Limoges, — 1; Nantes et Bordeaux, +2; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 4°,i (normale : 5°,3). — Le 12. Nouvelle dépression sur l’Islande (737 mm) et les Ile s-Britannique s (746) amenant des vents très forts et une mer grosse
- sur les côtes de la Manche et de la Bretagne; fortes pressions sur le S. (Toulouse : 771 mm). Neiges et pluies sur la moitié N. : Charleville, 18 mm; Cherbourg, 14 ; Nantes, 9; Paris, 4- Temp. du matin : Spitzberg, — 33°; Haparanda, — 16; Clermont-Ferrand, — 1; Belfort, -|- 1 ; Nantes, 8; Brest, 10; Alger, i3; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 5°,4). — Le i3. Même état barométrique : Reijkiavik, 745 mm; Yalentia, 751 ; .1a pression se relève sixr le S. (Madrid : 773 mm; Buca-rest : 770) et la Scandinavie. Pluies sur le Centre et l’O. : Cherbourg, 10 rom; Dunkerque, 9. Temp. du matin : Spitzberg, —26°; Uleaborg, —16; Belfort. + 6; Nantes, 10; Biariûtz, 11; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 11°,6 (normale : 5°,5). — Le 14. Centre cyclonique près de l’Irlande : Belmullet, 732 mm; Féroé et Yalentia, 740; hautes pressions sur le Centre et le S. Pluies sur l’O., le N. et le Centre : Calais, 9 mm; la Hague et Charleville, 8. Temp. du matin : Spitzberg, — 32°; Arkhangel, — 12; Cracovie, —4î Belfort, -{-8; Nantes, 11 ; Biarritz et Alger, i4; moyenne à Paris '• io°,7 (normale : 5°,7). — Phases de la Lune : Pleins Lune le 12, à 4 h. 19 m.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à' l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hysriène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois =; Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2131. — 28 MARS 1914.
- SUPPLÉMENT.
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- INFORMATIONS
- QSK.,
- Protestation contre la réglementation des fouilles.
- — Des mesures législatives, proposées au Parlement et même un moment votées en début de séance avec autant d’étourderie que de bonne volonté, ont vivement ému les principales Sociétés Savantes intéressées. Sous des prétextes séduisants, mais faciles à percer, il s’agit, en effet, d’attribuer à un ou deux personnages officiels le droit de faire inspecter, diriger, contrôler, empêcher ou paralyser par uu agent inférieur quelconque, toutes les recherches géologiques, paléoutologiques et préhistoriques de France. Cette mainmise de l’Etat, nécessairement incompétente dans son exécution réelle sinon dans son programme, offrirait une telle gravité scientifique que nous croyons devoir reproduire intégralement la protestation des Sociétés visées :
- « Les délégués officiels de la Société d'Anthropologie de Paris, delà Société géologique de France, de la Société préhistorique française, réunis, en commun, pour la défense de leur indépendance scientifique menacée par différents projets de lois, protestent énergiquement contre toute réglementation. Les projets de lois qui ont pu être suscités par le légitime désir d’éviter certains incidents, dont l’opinion publique s’est émue dans ces dernières années, se heurtent tous à des objections très graves : i° Si l’on essaye d’éviter les fouilles commerciales ou les fouilles faites par des étrangers, ou encore les fouilles faites par des incompétents, il est impossible de formuler cette restriction sans paralyser les chercheurs nationaux compétents et désintéressés. 20 L’exemple de pays étrangers où des lois restrictives sont en vigueur (Italie, Grèce, Turquie, etc.) montre clairement que le résultat de la réglementation est de faire détruire, changer de provenance ou maquiller les pièces les plus intéressantes et d’encourager les fouilles clandestines. 3’ L’obligation de subir un contrôle arrêtera la plupart des chercheurs et empêchera les découvertes qui, presque toujours, aboutissent libéralement à nos Musées. Ce contrôle sera, de plus, impossible à organiser d’une manière assez large et assez compétente pour qu’une tentative de recherche ne se heurte pas à des délais regrettables e tne finisse pas souvent par être abandonnée. Le remède serait donc pire que le mal.
- « En conséquence : les délégués des Sociétés posent comme absolument intangible le principe de la liberté complète des fouilles scientifiques. »
- Nécrologie : G. Westinghouse. — George Westinghouse vient de mourir à New-York à l’âge de 67 ans. Son uom est aujourd’hui dans le monde entier associé à celui du frein automatique à air comprimé, qui a rendu de si grands services à tous les genres de traction sur rail. L’idée première de ce frein appartient au Français Martin; mais il n’en est pas moins vrai que George Westinghouse* en la reprenant, sut la perfectionner, la
- rendre pratique et l’adapter à toutes les nécessités de l’exploitation des voies ferrées. La construction des freins Westinghouse alimente aujourd’hui de puissantes usines aux Etats-Unis, en Angleterre et en France, Westinghouse fut uu inventeur, dans toute l’acception du terme, et ses travaux ne se bornèrent pas à la question des freins. Initié tout jeune à la mécanique dans le modeste atelier de son père, il fut toute sa vie un mécanicien de premier ordre : on lui- doit un système de commande électro-pneumatique pour moteurs électriques de tramways ou de locomotives; des travaux sur la tur-Jbine à vapeur et les turbines à gaz. Dans ces dernières années, il réussit à mettre au point d’ingénieux engrenages réducteurs de vitesse permettant d’accoupler des turbines puissantes et à grande vitesse avec des- organes à rotation plus lente ; ces engrenages commencent à être utilisés à bord des navires. Westinghouse fut également un industriel entreprenant et persévérant, se plaisant aux vastes conceptions, sachant s entourer de techniciens d élite. C’est lui qui, associé à des électriciens hardis comme Shallenberger et Tesla, introduisit aux Etats-Unis vers i885 l’usage des courants électriques alternatifs. Il triompha des résistances acharnées que lui opposèrent la routine et l’ignorance et fonda une entreprise électrique qui compte aujourd’hui parmi les plus puissantes du monde. En ces dernières années on lui doit notamment la mise en valeur des lampes à vapeur de mercure de Cooper-Hewitt, et des systèmes de traction électrique par courants triphasés de M. de Kando, employés aujourd’hui en Italie. En France, son nom était associé à celui de M. Maurice Leblanc, l’inventeur des condenseurs, et des machines frigorifiques à vapeur d’eau, bien connus de nos lecteurs.
- Sir John Murray. — Le 16 mars est mort, dans un accident d’automobile survenu sur la route d’Edimbourg, à Glasgow, un des créateurs de l’océanographie, sir John Murray. Né à Cobourg (Ontario), en 1841, il fit ses études à l’Université d’Edimbourg, puis participa de 1872 à 1876 à l’expédition du Challenger à laquelle son nom restera toujours associé. Pendant vingt ans il étudia les immenses matériaux rapportés de cette croisière de quatre années dans tous les océans du monde, et rassembla les documents recueillis dans les cinquante volumes des « Challenger Reports », qui sont la base de toutes les recherches océanographiques modernes. Il étudia aussi les lochs d’Ecosse et trouva dans leur faune des traces d’une population animale arctique. Il fit encore de nombreuses autres expéditions scientifiques et publia récemment, en collaboration avec Hjort, les importants résultats de sa dernière croisière à bord du Michael Sars dans le volume : The Dephts of tke Océan, que nous avons cité à plusieurs reprises.
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- INFORMATIONS
- Etablissement de tramways souterrains à Chicago. — Depuis plusieurs années, la municipalité de Chicago se propose de doter la ville d’un réseau étendu de lignes souterraines. On peut prévoir aujourd’hui que ce projet sera bientôt réalisé, au moins en partie. D’après le plan soumis à ce propos au Conseil municipal, il s’agirait d’établir tout d’abord deux lignes souterraines traversant le centre de la ville, c’est-à-dire le quartier des affaires, et correspondant entre elles; les frais de construction de ces lignes sont estimés à i4 millions 1/2 de dollars (72 millions 1/2 de francs environ). D’autre part, on a également prévu l'établissement de trois autres tronçons souterrains, dont les frais de construction atteindraient 4-3 millions de dollars (21 millions 1/2 de francs environ). Toutes les lignes comprises dans le projet en question doivent servir au trafic accéléré de la Compagnie des tramways; la construction en serait entreprise aux frais de la Ville, qui les remettrait ensuite, selon les conventions d’un bail, à la Compagnie des tramways.
- Action du chlorure de calcium sur les routes. —
- On a préconisé, pour éviter la production et le soulèvement de la poussière sur les routes actuellement parcourues par de nombreuses automobiles, l’arrosage de la chaussée avec des solutions plus ou moins concentrées de chlorure de calcium, produit industriel résiduaire assez économique possédant des propriétés déliquescentes telles que les routes seraient maintenues constamment dans un certain état d’humidité qui fixerait la poussière et en empêcherait la dispersion. On vient de constater que. contrairement à ce qui avait été d’abord prétendu, deux traitements au chlorure de calcium sont incapables d'entretenir le bon état d’une route. Par contre, on a noté également que ce chlorure de calcium reste fixé assez volontiers sur la route et qu’il n’est pas éliminé par la pluie aussi rapidement qu’on aurait pu le croire a priori. L’emploi de ce corps peut donc être avantageux dans certains cas.
- 118 kilomètres à l’heure en canot automobile. —
- Cette vitesse vient d’être atteinte parle canot représenté
- Le canot à moteur Despujols en action.
- Le canot Despujols au repos.
- ci-contre et que M. Despujols construit en vue du meeting de Monaco. L’embarcation est munie de deux moteurs d’une puissance totate de 800 chevaux.
- Papillons protégés. — Pourquoi protéger les papillons. direz-vous, puisque leurs cheni les sont nos ennemies très néfastes? Il ne s’agit pas d’étendre les çaesures de protectionà toutes les espèces, ce qui serait une mesure très dangereuse dont nous ne tarderions pas à nous repentir. Mais il existe quelques papillons
- très rares et très beaux qui sont en train de disparaître et pour lesquels on pourrait peut-être sans inconvénients se laisser fléchir afin d’éviter l’extinction de leurs espèces. C’est ce que viennent de faire l’Allemagne pour le Parnassius Apollo, cette merveille qui a déjà disparu complètement de la Silésie, et la Suisse pour une espèce de Chelonia très recherchée par les collectionneurs. Le Bulletin de la Société nationale ’d'acclimatation, qui signale ces nouvelles mesures de protection, indique qu’en France on pourrait aussi prendre la défense de quelques espèces devenues extrêmement rares, par exemple le Thaïs Ilonoraiii qui a presque disparu de la région de Digne où il était exclusivement cantonné, et dont les rares exemplaires se vendent couramment de 80 à ioo, francs.
- Biberon pour éléphant. — Récemment, un jeune éléphant du Jardin zoologique de Londres tomba malade. Il fallut lui fournir un allaitement artificiel. Difficile problème, car les rations alimentaires d’un éléphant ne
- sont pas du tout comparables à celles d’un bébé humain, et nul biberon n’était assez grand pour contenir chaque tétée. Le gardien, homme ingénieux, résolut le problème, comme le montre notre photographie, au moyen d’un seau et d’un tube de caoutchouc. Mais que vont dire les adversaires des biberons à tube?
- Les microbes de l’œuf de poule. — La Store’s Agri-cultural Experiment Station des Etats-Unis a effectué en ces dernières années un grand nombre de recherches sur la flore microbienne des œufs de poule. M. Léo F. Rettger vient d’en rendre compte dans le Centralhlatt fur Bakteriologie. Les œufs provenant d’ovaires malades contiennent le Bacterium pullorum qui provoque la diarrhée blanche. Les œufs propres, d’aspect normal, provenant de poules saines, sont toujours très pauvres en bactéries ou même n’en contiennent pas. L’infection peu importante des œufs pendant la formation du blanc et de la coquille dans l'oviducte tient au fait que la muqueuse de l’oviducte et souvent aussi le blanc d’œuf ont un effet bactéricide. Si les œufs sont couvés artificiellement, ils ne contiennent que relativement peu de bactéries, même après trois semaines d’incubation, s ils étaient frais et propres lorsqu’ils ont été mis dans la couveuse. Dans des conditions normales, la coquille est imperméable aux microbes, mais, si elle est sale, il est possible que les microbes traversent la coquille. Lne haute température facilite le travail de décomposition des microbes dans les œufs. Les œufs doivent être enlevés du nid immédiatement après la ponte; le nid doit toujours être bien propre, afin d’augmenter la possibilité de conserver les œufs plus longtemps. On ne doit choisir que dés œufs propres, si l’on veut les conserver pendant un temps assez long. On doit les conserver dans un endroit tout à fait sec, à moins qu’on ne les conserve dans des liquides. Les œufs fécondés ne paraissent pas se putréfier pl is vite que les œufs non fécondés, car ils ne contiennent pas plus de microbes que ceux-ci. (D’après le Bulletin mensuel des Renseignements agricoles de l’Institut international d’Agriculture.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- L’équilibreur-freineur Tourtier. — La bicyclette est un instrument qui, on le sait, jouit d’un équilibre parfait à condition d’être en mouvement. Elle s’accom-
- L’équilibreur-freineur Tourtier.
- mode mal du ralenti. Il est cependant bien des cas où celui-ci s’impose, où il devient même nécessaire de rester
- momentaném e n t immobile, c'est ce qui se produit dans les embarras de circulation par exemple. Il n’yaqu’unechose à faire : descendre de sa monture. M. Tourtier vient d’imaginer un autre moyen, fort pratique, qui permet au cycliste de rester tranquillement assis et immobile sur sa selle, en attendant le moment de repartir. Le même dispositif s’applique aussi bien à la promenade, l’amateur de paysages qui veut jouir un moment d’un joli point de vue, ou le fixer sur la plaque photographique, ou encore prendre un rapide croquis, n’a qu’à déclancher son équilibreur ; la bicyclette est transformée en un siège immobile et parfaitement stable.
- L’appareil se compose de deux tiges d’acier, chacune d’elles est fixée à l’une des branches du pont inférieur du cadre et peut pivoter; leur mouvement est commandé par une manette placée sur le guidon à portée de la main, et reliée à l’équilibreur par des fils d’acier.
- On conçoit que, dans leur mouvement de rotation, les deux tiges de l’équilibreur en venant frotter contre le sol produisent un effet de freinage qui peut, dans les moments critiques, venir utilement en aide au frein normal.
- L’appareil pèse environ 900 grammes et se monte facilement sur toute machine. Il semble devoir être particulièrement bien accueilli des débutants qui, grâce à lui, retrouveront aisément et sans chute l’équilibre statique quand l’équilibre dynamique sera par trop compromis.
- Quand la bicyclette est au repos, l’équilibreur rend encore des services, il constitue un support tout trouvé à la machine.
- L’équilibreur-freineur Tourtier est en venle chez M. Tourtier, 169, boulevard Pereire, Paris, et chez M. Zorn, 17, rue du Château-d’Eau, Paris. Prix : 20 fr.
- *> Photographie <<*
- Pince pour déclancher automatiquement les obturateurs photographiques. — On trouve dans le commerce, sous le nom d’appareil permettant de se photographier soi-même, une petite pince analogue aux pinces à linge en bois à ressort en fil d’acier, mais portant des échancrures et des garnitures de pointes qui permettent de bander le ressort à l’aide d’un brin de papier fort portant des trous dans lesquels s’engagent les pointes terminales (voir fig.). Le papier est imprégné de sels facilitant sa combustion, et sa longueur est telle, qu’en allumant, tandis que se propage peu à peu la combustion, l’opérateur puisse aller se poser à l’endroit convenable devant l’appareil photographique. Lorsque l’ignition atteint le trou, la pince se détend tout à coup et fait fonctionner la poussette du tube Bowden qui actionne l’obturateur, aussitôt déclanché.
- L’appareil coûte un peu plus d’un franc : son acquisition n’est pas ruineuse. Yôici cependant un concurrent redoutable, conçu au Laboratoire de La Nature, fonctionnant à merveille et revenant... à o fr. 025. On le confectionne avec une pince à linge ordinaire, en donnant à chaque bout des traits de scie qui entaillent le bois sur une profondeur de 15 à 20 mm (voir fig.). D’un côté, on entre la poussette de l'obturateur, et, de l’autre côté, on rapproche les extrémités des leviers à l’aide d’une petite ficelle portant des doubles nœuds suffisamment rapprochés pour caler convenablement la pince qui, sous l’action de la ficelle, reste ouverte. En allumant le bout dépassant du cordonnet — dont la longueur fut déterminée expérimentalement en fonction du temps d’attente à obtenir — la combustion se propage peu à peu jusqu’au premier nœud, qui, désagrégé, cède en déclanchant la pince.
- Cela toutefois ne peut ainsi se produire qu’en employant une ficelle convenablement apprêtée, et capable de brûler lentement et régulièrement peu à peu quand on enflamme une extrémité. Pour préparer une telle mèche, on prend de la petite ficelle ordinaire à paquet, peu tordue, ou qu’on détord un peu, on la plonge pendant quelques instants dans une solution saturée aqueuse de nitrate de potassium (salpêtre), en la pressant entre les doigts dans le bain pour assurer une parfaite imbi-bition. On laisse sécher sans essorer, on enlève avec un chiffon les petites efflorescences et on coupe en bouts de longueurs convenables, qui seront finalement noués deux fois près d’une extrémité.
- *»> Dessin
- Petit grillage perspectif « Félix Millet ». — On
- sait de combien de difficultés est entourée l’étude de la
- L’équilibreur permet le tir à bicyclette.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- perspective : pour de multiples raisons, l'enfant ne comprend rien à l’abstraite théorie et il trace ses lignes sans se rendre compte des raisons qu’on lui énumère et qui doivent lui démontrer pourquoi deux lignes parallèles cessent de l’être sur son papier.
- M. Félix Millet a conçu pour les enfants, et pour faciliter également la tâche du professeur, un petit appareil que nous ne saurions trop recommander parce qu’il a sa place marquée à la maison où l’enfant s’entraîne volontiers, par amusement, à l’art du dessinateur.
- L’appareil se replie facilement dans une boîte plate que l’on transporte sans aucune difficulté. Le montage est très rapide; il s’effectue avec une grande précision à l’aide d’une règle A portant des trous dans lesquels s’engagent les extrémités des pieds BC et O. Les poids B et C supportent un panneau sur lequel se fixe la feuille de papier au moyen de pinces placées aux quatre angles. La mise en place de ce papier n’est pas nécessaire immédiatement parce que l’enfant n’y trace pas son dessin directement; il ne fait que le recopier, ainsi que nous le verrons plus loin. Les panneaux G et D
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- Le grillage perspectif pour faciliter renseignement du dessin.
- portent un cadre emprisonnant une vitre au mica sur laquelle est tracé un grillage de lignes formant des carrés de 2 cm de côlé. En arrière de ce grillage, une tablette horizontale également distribuée en losanges noirs et blancs permet de recevoir l’objet à dessiner qui doit être de petites dimensions pendant la période d’apprentissage. Les réglettes inférieures, passées dans les panneaux G et D, sont utilisées pour recevoir des poids représentés par des livres qui donneront à l’appareil toute la stabilité désirable.
- Sur le côté de l’appareil on engage une réglette G supportée en F par le cadre E et terminée par un viseur I ayant la forme de lunettes dont l’un des yeux a été fermé par un disque. L’enfant s’approche du viseur, y applique convenablement son œil de façon que s’il se déplace il puisse toujours reprendre le même rayon visuel, puis il observe l’objet à dessiner. Il aperçoit alors nettement, à travers la vitre grillagée, l’objet avec ses lignes fuyantes et il se familiarise d’autant plus vite avec la perspective qu’il lui est possible de tracer ces lignes sur la vitre, en se servant d’une plume. L’objet se trouve ainsi parfaitement dessiné.
- Il ne reste plus qu’à dessiner sur le papier. A l'aide d’une grille en carton, l’enfant trace sur ce papier un quadrillé tout à fait semblable à celui de la vitre. Il peut alors repérer aisément, sur chaque carré, la position de chacun des points d’arrêt des lignes de la vitre et tracer ces lignes sans aucune hésitation. Les contours de l’objet étant ainsi bien définis, il restera à lui enseigner la manière de placer les ombres. Nous avons vu des dessins ainsi tracés par de jeunes enfants et on est surpris de leur correction.
- Plus tard, lorsque ces études préliminaires sont terminées, on augmente les difficultés en élargissant le grillage de la vitre et celui du papier, enfin en les supprimant tout à fait. Lorsque les petits modèles d’objets ont fait l’objet de dessins .corrects, on peut passera des objets plus grands que l’on éloignera suffisamment de l’appareil pour leur permettre d’être aperçus dans leur ensemble à travers la vitre, et en ayant soin de les élever convenablement pour que la ligne d’horizon se présente
- normalement. Des (leurs, des paysages même, peuvent être dessinés ainsi.
- Ce léger matériel scolaire a sa place marquée dans toutes les écoles. Il est en vente dans tous les grands magasins et chez l’inventeur-fabricant, M. Félix Millet, 2, rue Gambetta, à Persan (Seine et-Oise).
- *t> Physique appliquée
- Éjecteur à gaz pour Bunsen. — Pour régler un brûleur Bunsen on est obligé d’agir sur l’arrivée du gaz ou celle de l’air; si on admet beaucoup de gaz, on obtient un jet de fort volume qui entraîne, par léchage, une certaine quantité d’air qui file le long du jet de gaz et avec lequel il ne se mélange jamais intimement. Le nouvel éjecteur permet au gaz de se détendre à l’entrée du cône A par où sort le mélange ; cette détente a lieu au moment précis où une certaine quantité d’air est appelée par les conduits B B ; le volume du jet devient ainsi plus considérable puisqu’il entraîne une grande quantité d’air à. grande vitesse avec lequel il forme pour ainsi dire un chalumeau. Il en résulte une économie de gaz et une augmentation de chaleur. L’appareil, appliqué aux réchauds à gaz, augmente leur puissance de chauffé dans une grande proportion.
- Le nouvel éjecteur, sur lequel se place directement le Bunsen, est en vente chez M. Beau, 10, impasse du Maine, à Paris.
- Objets utiles
- Hamac « Siesta » pour bains. —Yoici un objet d’une utilité pratique incontestable. Les baignoires ne sont pas toujours établies à l’usage de tout le monde et, en général, le corps ne s’y repose pas. La gêne étant presque toujours de courte durée, on la supporte stoïquement. Mais lorsque les bains doivent être prolongés, la fatigue ne tarde pas à se manifester et le patient compte les minutes. Avec le hamac Siesta, on peut se laisser aller à la béatitude, voire même au sommeil, sans aucun danger. Le hamac est simplement constitué par des san-
- I,<: hamac « Siesta ».
- gles de toile qui se fixent transversalement et dans le sens de la longueur aux bords de la baignoire. On s’allonge sur ces sangles et l’on s’y trouve très bien.
- Pour les enfants surtout l’usage du hamac Siesta est commode. Il évite d’abord l’achat d’une petite baignoire qui devient rapidement insuffisante. Ensuite il repose convenablement le bébé à la hauteur voulue, pendant que la tête, soutenue par une sangle longitudinale, émerge de l’eau sans pouvoir y tomber. Les mamans ne sont donc pas tenues à une surveillance constante et elles peuvent vaquer à d’autres occupations pendant que bébé prend son bain tout seul. Le hamac Siesta est en vente aux Etablissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Taris.
- Principe du nouvel éjeeteur à gaz
- pour Bunsen.
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- Ipo
- HYGIENE ET SANTE
- agi.
- Un inconvénient du port des lunettes. — Etre obligé de porter des lunettes, parce que la vue devient mauvaise, myopie ou presbytie, et se voir affligé de ce fait de tumeurs hypertrophiques à la racine du nez et sur les oreilles, est une aventure plutôt désagréable. C’est cependant ce qui vient d’arriver à un brave homme examiné par le Dr Polak. Depuis deux ans il portait des lunettes avec des verres de i3 dioptries, mais il constatait, au bout de quelques mois, que son nez et ses oreilles, sur lesquels s’appuyait la mince tige d’acier de la monture, étaient le siège d’une irritation avec rougeur et gonflement des tissus. Peu à peu les lésions devinrent de véritables saillies hypertrophiques.
- Les parties molles de la racine du nez paraissent, comme le décrit notre confrère, décollées et rejetées en avant par un sillon transversal ulcéré. La profondeur de ce sillon, purement apparente, résulte de l’hyperplasie des parties voisines, qui atteint presque un centimètre de hauteur. Du côté des oreilles, les lésions sont encore
- plus marquées ; en arrière se voient deux tumeurs du volume d'un œuf, partagées en plusieurs segments par des sillons profonds.
- Si le cas n’est pas unique, il est à coup sûr fort rare et les porteurs de lorgnons et lunettes peuvent se rassurer. Il est certain que chez ce malade les lunettes n’ont été que la cause déterminante de la production de ces lésions. La cause réelle tient à des troubles trophiques dont le malade présente des signes nombreux.
- Pas n’est besoin toujours de troubles trophiques pour expliquer la genèse de ces productions fibreuses. Au temps où l’on portait des boucles d’oreilles, mode qui tend à disparaître ou à être moins répandue, il n’était pas bien rare de voir des sujets, hommes ou femmes, car l’ânneau auriculaire était porté dans les campagnes par nombre de jeunes gens, avec des bourrelets fibreux enveloppant l’oritice où passait la boucle et formant parfois de petites tumeurs nécessitant une intervention chirurgicale.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Colle forte liquide et imputrescible pour le bureau. — M. Thieux, à l’obligeance duquel nous devons la formule suivante élaborée et expérimentée par lui, prépare comme suit une colle forte liquide pour le bureau. Mettre à baigner dans l’eau, pendant 24 heures, de la colle forte premier choix, puis faire chauffer d’abord doucement, ensuite (après fusion) à douce ébullition maintenue pendant environ 1 heure. Ecumer de temps à autre, et ajouter suffisamment d’eau pour que la consistance demeure semblable à celle du sirop de sucre ordinaire. Une goutte refroidie sur l’ongle ne doit pas se prendre en masse gélatineuse : si cela se produit, la gélatine est de médiocre qualité, et il faut continuer l’ébullition. Laisser refroidir, et quand le liquide est encore tiède, y verser par fraction et en remirant énergiquement de 10 à 12 pour 100 d’un mélange de 3o gr. alcool à 65° et 10 gr. acétone. On peut ensuite parfumer avec un peu de l’extrait favori. On ne doit jamais faire bouillir la mixture, en raison de la facile volatilisation de l’acétone et de la combustibilité de ses vapeurs.
- Colle photographique. — Un de nos abonnés, M. Gran-derye, a l’obligeance de nous envoyer la recette suivante dont il se sert. On cuit ensemble :
- Amidon de maïs . . . . . 100 grammes.
- Eau..................... . 100 —
- Adragante à 10 pour 100 . 100 —
- Après refroidissement, on y ajoute :
- Amidon de maïs non cuit . 5o grammes.
- Eau......................200 —
- On additionne le tout de 1 gr. de formol à 40 pour xoo ou de 1 gr. de salicylate de méthyle pour le conserver.
- La colle ainsi préparée est tiédie et passée à travers un linge. Elle peut être conservée très longtemps dans des flacons bien bouchés ou en tubes d’étaiu; elle doit être très voisine, comme composition, des colles pour photographies vendues dans le commerce.
- Bain de décapage. — Un de nos abonnés, M. Henry Schaeffer, de Mantes, veut bien nous communiquer la formule suivante d’un bain de décapage pour objets en cuivre Ou en laiton, qui lui donne d’excellents résultats en pratique. On ajoute 200 à 25o gr. de tournure de cuivre calciné (pour détruire les matières grasses) à un
- mélange de :
- Acide nitrique à 36°...........4 litres.
- Acide chlorhydrique à 22° . . . 200 c. c.
- Après dissolution, on ajoute 6 litres d’acide sulfurique à 66°, on laisse refroidir et reposer pendant environ deux jours, on décante et on ajoute :
- Acide nitrique.............3 litres.
- Suie calcinée ....... xo grammes.
- Les objets plongés dans le bain ne provoquent pas la |
- formation des désagx-éables vapeurs de pex'oxyde d’azote ; ils sont décapés très rapidement de façon parfaite.
- Pour lutter contre les campagnols. — Le Bulletin des Renseignements agricoles de l’Institut international d’agriculture signale un intéressant dispositif imaginé.par MM. Passerini et Marchi pour lutter contre les campagnols. Pendant l’automne de 1912, les terres colmatées de Bettolle, dans le Yal di Chiana, .en Italie, qui avaient été défrichées pour être livrées à la culture du blé, furent envahies par les campagnols en telles quantités que la récolte fut sérieusement compromise. •Après divers essais, on décida d’employer contre les campagnols du maïs empoisonné avec du phosphure de zinc qui les tue en 4 à 5 heures à la dose de 1 pour 100.
- Pour éviter que les oiseaux domestiques viennent picorer les grains empoisonnés, on renonça à verser le maïs sur le sol et MM. Passerini et Marchi imaginèrent le procédé suivant : les grains furent déposés au milieu de tuiles plates à rebords placées sur le sol, les bords en l’air, et recouvertes avec des tuiles semblables disposées en sens contraire, de manière que chaque couple de tuiles liée en croix avec du fil de fer, formât une sorte de boite ouverte aux deux côtés opposés. On trouva immédiatement des campagnols morts sur le sol et, dans les nids, de véritables hécatombes : jusqu’à 20 campagnols morts par nid. On étendit alors le traitement et l’on s’aperçut que, tandis qu’autrefois, il n’existait pas un seul mètre carré de terrain sans un trou au moins de campagnol, les trous avaient fini par disparaître totalement. On put aussi, grâce à cette méthode, épargner une grande quantité de maïs et de phosphure, du fait que l’appât était à l’abri de la pluie, ce qui permit de poursuivre la lutte de novembre 1912 à mars 1913.
- Les tuiles étaient placées sur le sol en plus ou moins grand nombre selon Importance de l’invasion. À mesure que les campagnols disparaissaient d’une zone,, l’appât était transporté dans une atitre. C’est ainsi qu’on plaça dans la propriété colmatée Passerini (11 o ha.) i435 pièges, constitués par 2870 tuiles. Chaque piège servit donc en moyenne pour 766 m2. Les frais totaux de lutte s’élevèrent à 415- francs et la dépense moyenne à 3 fr. 77 par hecfai’e. Dans la propriété colmatée Puccio (43 ha.) les frais atteignirent en moyenne 4 fr- 67 par hectare; il y fut employé un piège pour 452 m2.
- Durant la lutte, et justement au moment où la superficie était couverte de campagnols morts, apparut dans les terres colmatées un nombre notable de jeunes faucons qui vinrent se repaître de préférence des cadavres des rongeurs qui se trouvaient sur les pièges.
- Ce procédé de protection des grains empoisonnés contre la pluie et contre les animaux domestiques est tellement simple et pratique qu’il mérite d’être connu et utilisé,'
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond egalement, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Les assurances maritimes. — Les questions d’assurances maritimes sont extrêmement complexes, tant au point de vue des conditions qu’au point de vue des taux. Ces derniers sont influencés, bien entendu, non seulement par la nature des choses assurées et des risques couverts, mais par les conditions dans lesquelles la garantie est donnée. On peut évidemment assurer le même navire ou les mêmes marchandises pour le même voyage à des taux très différents suivant que la garantie est donnée « à tous risques » ou « contre perte totale » seulement, par exemple. Les deux principales catégories de risques qu’on garantit en assurances maritimes sont les corps de navires et les marchandises ou facultés.
- I. Assurances sur corps. — On distingue d’abord les navires en vapeurs et en voiliers, et, dans chaque catégorie, on met à part les navires pêcheurs. Les taux de primes varient principalement, dans ces diverses catégories : i° Suivant le service que fait le navire : long cours, grand cabotage, petit cabotage, grande pêche ou petite pêche, a0 Suivant l’armement, il y a des armateurs plus appréciés que d’autres, par les assureurs maritimes, pour la bonne conduite et l’entretien soigneux de leurs flottes. 3° Suivant la construction du navire et sa cote sur les registres spéciaux, cote donnée par des ingénieurs spécialistes (en France, cette cote est donnée par le bureau Véritas). 4° Suivant 1 âge du navire. Ces divers facteurs, auxquels il faut ajouter le facteur constitué par les conditions d’assurance proprement dites, ont une telle influence sur les taux de primes qu’il est bien difficile de donner autre chose que des exemples. Un paquebot appartenant à une grande Compagnie d’armement, n’ayant pas plus de quelques années de construction et faisant le long cours, sera assuré à tous risques au taux de 5 pour ioo environ par an Le même paquebot sera assuré à la classe très courante « franc d’avaries particulières sauf naufrage, collision, incendie ou échouement » (clause f. p. a.) qui exonère les assureurs de toute responsabilité si les avaries sont dues à d autres causes que ces événements majeurs, au taux de 2,75 pour 100 environ. Un vapeur chalutier paie 5 à 6 pour 100 pour l’assurance f. p. a. ; il est rare qu’on assure les chalutiers à tous risques. Les grands voiliers longs-courriers, dont le nombre se réduit d’ailleurs tous les jours, paient environ 8 pour 100 pour l’assurance tous risques, et 6 pour 100 pour l’assurance f. p. a. Un simple voilier pêcheur paie couramment 8 à 10 pour 100 pour l’assurance f. p. a. ou même pour l’assurance contre perte totale seulement; il trouverait difficilement une assurance à tous risques.
- II. Assurances sur marchandises ou facultés. — Ici les différences de taux sont encore bien plus grandes ; il va sans dire que ces taux sont, en effet, influencés par : i° le voyage ; 20 la nature des marchandises ; 3° les conditions d’assurance (nature des événements garantis, et des conditions de règlement telles que franchises, freintes de route, etc.). On ne traite évidemment pas des tissus comme des ciments, des liquides comme des cristaux, etc. Des tissus couverts à tous risques pour le voyage du Havre à New-York par grands vapeurs paient environ 0,20 pour 100; des liquides paient le triple. Des marchandises fragiles, d’une fragilité moyenne, comme les marbres, paient 10 pour 100; des glaces paient 25 pour 100. Si, pour le même voyage, l’assurance est conclue seulement f. p. a., le taux est réduit, à peu près pour toutes les marchandises, la fragilité n’entrant plus guère en ligne de compte étant donnés les seuls événements couverts, aux deux tiers de la prime tous risques afférents aux marchandises ordinaires, c’est-à-dire à o,i5 ou 0,166 pour 100. On transporte aujourd’hui un petit nombre de catégories de marchandises par voiliers : pour un voyage au long cours par grands voiliers; des ciments ou des nitrates, par exemple, paieront 2,5o pour 100 environ. Il y a une catégorie de marchandises qui
- mérite une mention spéciale : ce sont les espèces et métaux précieux, les titres, coupons et valeurs. Etant données les précautions particulières prises pour ces marchandises et le fait qu’elles ne craignent guère, en somme, que la perte totale, les taux sont beaucoup plus réduits; ils se comptent en « pour mille » et non plus en « pour cent ». Le voyage est ici le facteur presque exclusif de la fixation du taux, ces assurances se faisant presque toujours à tous risques ; ces taux varient à peu près de o,25 ou o,3o pour 100 (France à Angleterre) à 3 ou 4 pour 100 (France en Australie). Beaucoup d’autres choses que les navires ou les marchandises peuvent être couvertes par l’assurance maritime : le fret, le bénéfice espéré, la différence de conditions, etc..., tous risques pour lesquels on ne peut indiquer une tarification, en raison de l’impossibilité dans laquelle on se trouve de les comparer entre eux; tout est une question d’espèce et de circonstances.
- Renseignements. — M. J. Plassard, rue de Baby-lone, à Paris. — Vous trouverez plusieurs formules de mixtures pour nettoyer les cuivres dans les Recettes de la Maison (Masson, édit. Prix : 3 fr. relié).
- M. Ilijo de Antonio, Elosegui Tolosa. — a) Nous ne croyons pas qu’on puisse noircir le nez rouge d’un chien de façon indélébile, sans faire souffrir l’animal.
- — h). Pour réunir les petites pièces en acier, une brasure au laiton sera bien plus solide qu’une soudure à l’étain.
- Abonné 2485. — On peut rendre lumineux les cadrans de montre avec des vernis contenant des sels radifères. Ils ne se vendent pas au détail, pas plus que ces sels eux-mêmes, dont il ne faudrait d’ailleurs que des quantités infimes.
- M. Thibaudeau, à Parançay. — Vous trouverez d’intéressants renseignements concernant la dessiccation des bois, dans le mémoire de R. de Keghel « La sénilisation et la conservation des bois » paru en mars 1912 dans la Revue générale de chimie (Jaubert, édit., 155, boulevard Malesherbes, 2 francs le numéro).
- M. Desnoyers, avenue Daumesnil, Paris. — i° Pour donner aux moulages en plâtre l'aspect du bronze, badigeonner avec une solution concentrée aqueuse, de sulfate ferreux ou mieux de permanganate de potasse et exposer à la lumière Après séchage recommencer et ainsi de suite jusqu’à coloration suffisante. La teinte produite par l’oxyde de fer ou de magnésie est indestructible, et le plâtre est bien plus dur qu’avant coloration. Il est bon de le paraffiner ensuite, ou de le vernir.
- — 20 Pour l’éclairage, les piles Bunsen ou Leclanché valent mieux; il y a intérêt à marcher par l’intermédiaire des accus, mais seulement si vous pouvez les charger sur un secteur. ^
- M. II. D., à Dijon. — a) Pour avoir des encres jaunes présentant après séchage un très joli reflet, il suffit de préparer avec des feuilles d’or métallique. Voir le volume de Margival : Les encres, p. 65 (Masson, édit. Prix : 3 francs). — b) Pour identifier une telle algue, il serait indispensable de nous envoyer un spécimen.
- T. S. P.
- M. P. Pecqueriaux-Drouel, à Paris. — Voici, d’après la Télégraphie sans fil de S. Mariens, quels sont les principaux postes étrangers qui peuvent être reçus par une bonne station réceptrice :
- Gibraltar (B Y X) 4000 m. à 7 heures correspond avec Londres.
- Whitehall (B Y A) à gh 3o, bulletin météorologique; second bulletin à 2oh 3o.
- Cleethorpes (B Y B) 4000 m. à 10 heures, bulletin météorologique et prévisions (émission musicale); à 22 heures, bulletin météorologique.
- Norddeich (K A V) i65o m. Avant midi signaux horaires suivis à midi d’un bulletin météorologique; à 2 2h 3o des nouvelles sont transmises aux paquebots. Enfin avant minuit signaux horaires.
- Clifden (G D N) 10000 m. à i5 heures, bulletin météorologique ; presque toute la journée Clifden échange des télégrammes avec Glace-Bay sur 4000 km avec des ondes de 2000 mètres.
- Madrid (E G C) 2000 m. et Barcelone (E A B) 23oo m. échangent des dépêches avec Ceuta (E G D) et le cui-
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- BOITE AUX LETTRES
- rassé Giralda (E B I) (émissions musicales) de 21 heures à 22 heures.
- Bruxelles (B R X) 5ooo m. à 22h 45, envoi de nouvelles.
- Poldhu (M P D) 35oo m. à 23h 3o, transmission de nouvelles pour la direction du Journal de VAtlantique, imprimé à bord des paquebots (émissions musicales).
- Toutes ces transmissions ne sont pas perceptibles par les postes d’amateurs. Lorsque la longueur d’onde est très grande, il faut disposer d’une antenne d’au moins i5o m. et d’une excellente bobine d’accord.
- M. P. P., à Neuilly. — Votre antenne est placée dans de mauvaises conditions : trop basse, surtout étant donné le voisinage rapproché de grands arbres et de hautes constructions. Il faudrait que l’une de ses extrémités au moins tût à 20 m. Oui, il est prudent, même nécessaire de mettre votre antenne à la terre hors de votre poste, à l’aide de l’interrupteur à manette. Quant aux bruits insolites que vous nous signalez, nous ne
- pouvons les attribuer qu’à l’induction. Les crachements sont dus aux essais de téléphonie sans fil, par 1 arc électrique, effectués à la station d’expériences de Suresnes!
- M. P., à Paris. — Le fil de faible diamètre employé dans la construction des bobines a une résistance ohmique élevée; cette résistance provoque donc un amortissement dans le circuit oscillant auquel il appartient et, par conséquent, diminue l’acuité auditive de la courbe de résonance de ce circuit. Pour la même raison les effets de sélection sont moins précis. Cependant le diamètre du fil ne peut être augmenté hors d’une certaine limite parce qu’il se produit alors, à l’intérieur de ce fil, des courants de Foucault provoquant une absorption d’énergie, laquelle entraîne les mêmes effets que ceux que nous venons de signaler. On évite ces inconvénients en utilisant des fils de o,5 à 1 mm de diamètre.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les oiseaux et la parure.— Les plumes des oiseaux utilisées pour la parure : A. Menegaux. — L’industrie des plumes : André Breton. — Turbine à vapeur de mercure : A. T. — Les aurores polaires et le cinématographe : Em. Touchet. — Télégraphie sans fil : L. Fournier. — Académie des sciences : Ch. de Yil-ledeuil. — Le « flotteur-canot » de Rycker : A. B.
- Supplément. — Derniers renseignements sur la récolte des aigrettes au Vénézuéla. — Les rappels téléphoniques. — Rendement en os des animaux de boucherie. — Un nouvel engrais. — Le commerce de la France en 19i3. — L’éléphant d’eau. — L’exposition de Leipzig, etc.
- Précis d'hygiène, par le Dr Jules Courmont, professeur d’hygiène à la Faculté de Médecine de Lyon, avec la colliboration du professeur Ch. Lesieur, directeur du bureau d’hygiène de la ville de Lyon et du Dr A. Ro-chaix, chef des travaux d’hygiène de la Faculté de Lyon, 1 vol. in-8°, de xvi-810 p.. 220 fig. Masson et Cio, éditeurs, Paris. (Collection de Précis médicaux.) Prix : cartonné toile souple, 12 francs.
- Nous ne possédions pas encore de précis traitant de cette question très complexe qu’est l’hygiène. La conservation de la santé publique est une science sociale dépassant les limites de la médecine et faisant appel à des collaborations très variées. M. Courmont a réuni dans ce volnme non seulement toutes les découvertes scientifiques, mais encore les nombreuses obligations légales et les possibilités pratiques touchant à chacune des questions actuelles de l’Hygiène sociale. Pour tous ceux qui, par leur profession ou leurs fonctions, ont un rôle à jouer en hygiène sôciale, ce précis constituera un guide parfaitement documenté et compréhensible pour tous. Les principaux chapitres sont consacrés à l’organisation sanitaire légale, l’hygiène générale, lalimentation, les grands problèmes urbains, l’hygiène du travail, la prophylaxie des maladies infectieuses, parasitaires, épidémiques et aux grands fléaux sociaux. Paraissant aù moment où va s’ouvrir l’Exposition internationale urbaine de Lyon, ce livre, écrit par son commissaire général, est une magistrale introduction aux problèmes qui y seront discutés et aux solutions qu’on y trouvera exposées.
- installations téléphoniques. Notions spéciales d’électricité, description et fonctionnement des appareils, montage des postes d’abonnés et des postes centraux. Gu’de pratique à l’usage du personnel des Postes, Télégraphes, Téléphones et des monteurs électriciens, par J. Schils, 3° édition. In-8* de viii-326 pages, avec 2o5 fig. H. Dunod et E. Pinat, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Ce livre est destiné à rappeler aux agents chargés du montage, de l’entretien et de la surveillance des
- installations téléphoniques, les notions élémentaires d’électricité et de magnétisme, la description et l’installation des appareils qui leur ont été enseignées.
- Association internationale pour l’essai des matériaux.
- 2 vol. Prix : 32 francs.
- Cette Association, dont le secrétariat général se trouve à Vienne, fait paraître des communications en trois langues, français, anglais et allemand, que les personnes étrangères à la Société peuvent acheter chez Dunod et Pinat, à Paris, à des prix variables. Le compte rendu du dernier Congrès de New-York vient de paraître.
- Manuel pratique de jardinage et d'horticulture, par Albert 'Maumené. 20 édition, in-16, 900 p., 275 fig. Encyclopédie Roret, Mulo, éditeur, Paris. Prix : 6 fr.
- Cette nouvelle édition est un recueil précieux des procédés de culture les plus simples, les plus perfectionnés et les plus modernes, qui s’adresse surtout aux jardiniers et aux amateurs de jardins. Il comprend
- 3 parties, la 1" réservée aux notions générales et à la multiplication des végétaux; la 20 aux cultures potagères et fruitières; la 3° aux cultures d’agrément : création et plantation des jardins, floriculture, etc. Enfin, les dernières pages sont consacrées aux fleurs coupées, à l’ornementation des appartements, à la confection des bouquets.
- Historique de la guerre souterraine, par A. Genez, capitaine du génie, 1 vol. in-8 de 297 pages, avec 37 fig. et i3 planches hors texte. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, 1914. Prix : 5 francs.
- Le siège de Port-Arthur a prouvé que l’importance de l’art du mineur demeurait considérable. Le capitaine Genez a résumé en un livre substantiel l’histoire de cette branché de l’art militaire, fertile en traits d’héroïsme. Il a divisé son ouvrage en quatre parties : i° Travaux de siège, depuis l’antiquité jusqu’en 1487, date à laquelle apparaît l’usage de la poudre dans les mines. — 2* Période des brèches par la mine, qui s’étend jusqu’au siège de Candie (1669). — 3e De 1669 à 1762 (siège de Schweidnitz), période de l’offensive du mineur, qui va au-devant de son adversaire, par des galeries d’attaque ménagées sous le glacis. — 4“ En 1761 apparaît le globe de compress'on de Bélidor. C’est la dernière période de la guerre souterraine qui s’étend jusqu’à nos jours.
- Le massage dans les sports, |par Somen, in-i8, 212 p., 125 fig., Baillière, éditeur, Paris. Prix: 4 francs.
- Se basant sur les observations pratiqnes recueillies au cours d’une longue enquête dans les mil eux sportifs, et tenant compte des données physiologiques touchant les exercices physiques et le massage, le Dr Somen établit une méthode précise de massage athlétique susceptible, dans une large mesure, de prévenir ou d’atténuer les divers troubles de fatigue.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Fêtes du Siam, par Ivan de Sciiæck, in-B°, 97 gravures hors texte, Paris, Plon-Nourrit. Prix: 10 francs.
- En compagnie de S. A. I. le grand-duc Boris, l’auteur a assisté aux fêtes féeriques du couronnement récent de S. M. Maha-Vagiravudh, roi du Siam, qui succédait à son père, feu le roi Chulalongkorn. On a évalué les frais de ce couronnement fastueux à près
- de seize millions de francs. L’auteur nous fait visiter encore dans l’île de Java les temples bouddhistes de dimensions colossales, et à Ceylan les fabuleuses ruines d’Anuradhapura qu’on achève seulement de mettre au jour, et qui sont encore inconnues en France. Une centaine d’illustrations relèvent l’attrait de ce joli volume.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 mars 1914 . 10°,8 S. W. 5. Couvert. 3,2 Très nuageux; pluie de 8 h. 53 à 9 h. 50 et à 17 h. 40-50.
- Mardi 17 3°,0 W. S. W. 2. Beau. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Mercredi 18 4°,2 S. S. E. 4. Couvert. 6.5 Gelée bl. ; très nuag. ; pl. par intervalle mêlée de neige et de grésil.
- Jeudi 19 2»,8 S. S. W. 5. Couvert. 5,9 Très nuageux; pluie ue 15 h 15 à 50 et de 16 h. à 18 h. 50.
- Vendredi 20 ... . 9°,l S. 4. Pluie. 1,8 Pluie de 5 h. 40 à 7 h. 40 et de 14 h. 40 à 15 h. 20 ; très nuageux.
- Samedi 21 4°,1 S. S. W. 3. Couvert. 0.9 Gelée blanche ; nuageux ; pluie et gouttes par intervalles.
- Dimanche 22 ... . 4°,2 S. S. E. 2. Dluie. )) Gelée bl. ; couv. ; jil.de 4 b. 45 à 11 h. 45 et de 17 b. 40 à 21 h. 15.
- MARS 1914. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 MARS 1914.
- I Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi ) Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri, à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du i5 au 22 mars. — Le i5. Dépressions sur l’Irlande et le N. : Féroé, 738 mm; Danemark, 745. Pluies sur presque toute l’Europe; neiges dans le N. : Roche-fort et Boulogne, i3 mm; Biarritz, 11; Cherbourg, 10. Temp. du matin : Arkhangel, —170; Belfort, + 6; Toulouse, 9; Brest, le Havre, Bordeaux et Marseille, 8; Biarritz, x 1 ; Alger, i4; Biskra, 15 ; moyenne à Paris : 90,a (normale : 5°,7). — Le 16. Profonde dépression sur le N. et l’Q. : Christiansund, 737 mm; Shields, 740; fortes pressions sur les Açores et l’Espagne. Pluies sur toute l’Europe; ballon de Servance, 38 mm; Puy de Dôme et Charleville, ia; Besançon, i5. Temp. du matin : Arkhangel, —a3°; Lyon, -j-6; le Havre et Belfort, 8; Brest, 9; Marseille, 10; Perpignan, i5; moyenne à Paris : 8°,a (normale : 5°,8). — Le 17. La dépression s’étend vers l’E. et le S. : Memel, 734 mm; Livourne, j5i. Pluies sur toute l’Europe, Temp. du matin: Arkhangel,
- — ia°; Belfort, +1; Limoges, 2; Lyon et Bordeaux,
- 4; Brest, 5; Nice, 12; Alger, i5; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 6). — Le 18. Dépression sur l’O. (Stôr-novray : mm; Cherbourg, 745), l’E. et le S.-E. Pluies
- sur toute l’Europe : Monaco, 45 mm; Biarritz, 16; Calais, i5. Temp. du matin : Arkhangel, —2a0; Belfort,
- — 1; Lyon, o; Marseille, +4; Brest, 5; Cherbourg et Perpignan, 6; Biskra, 14 ; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : 6°,i). — Le 19. Dépression sur l’O. : Irlande, 737 mm; la pression se relève dans l’E. et le N.-E.
- Pluies abondantes sur 10. et le S. : Rochefort, 26 mm! Biarritz, 19; Limoges, 17; Bordeaux, i5; Cherbourg, 10. Temp. du matin : Arkhangel, —25°; Belfort, -f 1 : Clermont et Dunkerque, 2; Toulouse, 4; Brest, 6; Biarritz, 7; Alger, 14 ; moyenne à Paris : 4°,9 (normale : 6°,2). — Le 20. Profonde dépression à l’entrée de la Manche : Brest, 727 mm; pression inférieure à y55 sur presque tout le continent. Pluies sur l’O. et le S. : Gap, 19 mm; Limoges, 17; Bordeaux, Nice et Dunkerque, i4; Cherbourg, 12. Temp. du matin : Yardoe, — io°; Dunkerque -j- 3 ; le Havre, 6; Belfort, 7; Limoges, 9; Marseille, ix; Alger, 13 ; Biarritz, i5; moyenne à Paris : 8° (normale : 6°,3). — Le 21. Minimum sur la mer du Nord : Shields, 7Û5 mm; fortes pressions sur le N.-E. et les Açores : Horta, 772 mm. Pluies sur le Centre, l’O. et le S. : Rochefort, 24 mm; Lorient, 19. Temp. du matin : Arkhangel, —200; Belfort, o; Toulouse, Clermont-Ferrand et Dunkerque, -f- 3; Brest, G; Perpignan, 8; Alger, 15 ; moyenne à Paris : 5°,4 (normale : 6°,5). Le 22. Dépression sur le N. et l’O. ; basses pressions sut* presqué tout le continent. Neiges dans le N. et le Centre; pluies dans l’O et le S. Temp. du matin : Spitzberg, —23°; Uleaborg, —9; Belfort, o; Berlin, -j- 4 ; Brest, 6; Bordeaux, 9; Naples, 11 ; Païenne, i3; moyenne à Paris : 4°,9 (normale : 6°,6). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 18, à 19 h. 40 m.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 ft*. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (V7e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2132. — 4 AVRIL 1914.
- SUPPLÉMENT.
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : J. Houston. — Le professeur Houston qui vient de mourir a joué un grand rôle dans l’histoire électrique de notre époque, et son nom, associé à celui de Elihu Thomson, était fort connu en France. Né en 1847 à Alexandrie (Etats-Unis), Houston était professeur de géographie physique à Philadelphie en 1879, lorsque l’électricité, sous la forme de l’éclairage par lampes à arc, commençait à conquérir la grande industrie. Avec Elihu Thomson, lui aussi professeur à Philadelphie, Houston se lança sur cette voie nouvelle. Il contribua puissamment aux progrès des dynamos et des lampes à arc. . :
- Influence des matières étrangères sur l’activité des catalyseurs. — Nous avons déjà entretenu plusieurs fois nos lecteurs de l’action de certains corps dits « catalyseurs », agissant, pour ainsi dire, par leur seule présence pour déterminer certaines actions chimiques et nous avons déjà cité diverses recherches montrant que l’activité catalytique de ces corps diminue en présence de certaines impuretés. Deux auteurs allemands, MM. Paal et Windisch, ont étudié l’influence de diverses matières étrangères sur l’activité du platine appliquée à l’hydrogénation de l’huile de cotou par l’hydrogène, en présence de divers métaux platinés et en présence de quelques sels métalliques platinés. Le magnésium et le nickel n’influencent pas l’activité du platine; l’aluminium, le cobalt et le bismuth la diminuent fortement; le fer, le cuivre, le zinc, l’argent, l’étain et le plomb la font totalement disparaître. La magnésie et le carbonate de magnésium n’influencent pas non plus l’activité du platine ; le carbonate de plomb et le nitrate de bismuth agissent comme les métaux qu’ils renferment. Il y aura évidemment lieu de tenir compte de ces remarques dans toutes les opérations où l’on met en jeu l’activité catalytique du platine.
- Au sujet de l’azote actif. — On a signalé depuis quelque temps que le gaz azote, soumis à l’action de décharges électriques à haute pression, acquiert des propriétés beaucoup plus actives.
- On a remarqué notamment que, dans le gaz ainsi modifié, en repos ou en mouvement, il se produit une luminosité de couleur jaune d’or qui peut durer une minute après la décharge. Un examen plus approfondi du phénomène a montré qu'il était dû à la présence de faibles traces d’oxygène; si l’on opère avec de l’azote purifié, la luminosité diminue considérablement et peut même se réduire à une gaine autour des électrodes. Enfin, avec un appareil tout en verre et avec de l’azote rigoureusement pur, l’expérience devient absolument négative, tandis que l’introduction, dans l’appareil, d’une trace d’oxygène fait réapparaître immédiatement la luminosité. Cette apparence, qui a été attribuée à
- 1’ cc activation » de l’azote, ne se produisant pas dans l’azote pur, mais au contraire dans l’azote contenant des traces d’oxygène, constitue une réaction très sensible de ce dernier gaz.
- Dispositif de signalisation pour les monte-charge électriques. — L’Electr.ical World décrit un nouveau dispositif de signalisation, destiné à régler le mouvement des monte-charge électriques et qui a été appliqué lors des travaux de construction du nouvel Hôtel de Ville de New-York. L’homme chargé de la transmission des signaux porte une espèce de ceinture munie de boutons-poussoirs; à la ceinture est attaché un câble, dont les fils aboutissent, d’autre part, aux récepteurs destinés à transmettre les signaux. En appuyant sur les différents boutons, le préposé transmet divers signaux,' indiquant que le déplacement delà charge doit être lent ou rapide, qu’il faut arrêter immédiatement tout mouvement, etc. Lorsque les bâtiments en construction sont très hauts, ce qui est généralement le cas en Amérique, on peut placer des hommes munis de ceintures à boutons en différents points. Les appareils récepteurs sont constitués par des lampes de couleur, dans les circuits desquelles sont intercalées, d’autre part, des sirènes électriques qui retentissent en même temps que les lampes s’allument. Il y a intérêt à ce que chaque signal transmis et chaque mouvement du câble ou du levier du monte-charge soient enregistrés automatiquement sur une bande de papier; on peut ainsi, en cas d’accidents, déterminer les responsabilités. Afin d'éviter les accidents qui pourraient résulter d’une interruption dans la transmission des signaux, par suite d’une rupture du câble, ce dernier est muai d’une ligue de sûreté, qui normalement se trouve toujours sous courant; si toutefois le courant de celle ligne vient à être interrompu, une cloche d’alarme retentit auprès du machiniste. Ce dispositif de signalisation, qui peut également trouver son application dans l’exploitation des mines, dans la construction des tunnels ou dans celle des ponts, etc., est construit par la Y. et-G. Electric Fuse and Engineering C° de Bayonne (Etats-Unis).
- L’aviation au Japon. — M. le capitaine Tokugawa, de l’armée japonaise, titulaire d’un brevet de pilote français n° 289, ancien élève de M. H. Farman (ce qu’il rappelle non sans fierté), publie dans le Japon Magazine un curieux article sur les progrès de l’aviation dans son pays. Il expose que, depuis plusieurs siècles, les guerriers nippons savaient se faire enlever dans les airs par de gigantesques cerfs-volants pour franchir un bras de mer et débarquer dans une île. En 1712, un ingénieux bandit, du nom de Ivakinoki Kinsulce, inventa un engin grâce auquel il put gagner le toit du château de Nagoya et en enlever des ornements en or. Comme en Europe,
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- INFORMATIONS
- l’aviation est devenue strictement militaire au Japon; les 25 aviateurs que compte ce pays appartiennent tous à l’armée qui ne possède jusqu’ici que i5 aéroplanes, presque tous du type II. Karman. L’auteur a inventé un biplan qui, d’après ses propres déclarations, ressemble beaucoup au biplan Farman. Tolcio possède un aérodrome militaire à Tokorozawa; c’est là que périrent, en 1912, les deux premières victimes japonaises de l’aviation, les lieutenants Ivimura et Tokuta, qui montaient un Blériot. Il s’est fondé depuis peu au Japon une Association de l’Aviation militaire et une Ligue impériale de l’Aviation. Cette dernière, fondée par des particuliers, organise des épreuves et s'efforce de répandre le goût de l’aviation dans le pays; elle a acheté récemment plusieurs appareils en France; elle est dirigée par deux savants distingués, M. le professeur Tana-kadate, de l’Université impériale, et le Dr Yokota. A la lin de son remarquable article, M. Tokugawa observe que des courants dangereux circulent constamment à faible hauteur du sol, contraignant les aviateurs japonais à « faire de l’altitude ».
- Ce que nous coûtent les parasites des végétaux.
- — M. Paul Noël, directeur du Laboratoire d’entomologie agricole de la Seine-Inférieure, nous communique les renseignements suivants qu’il a obtenus en réunissant un très grand nombre de statistiques. On cultive en France 35o plantes utiles au maximum, se réparlissant ainsi : 16 arbres fruitiers, 28 plantes potagères,
- 58 plantes fourragères et céréales, 14 arbres forestiers, 54 arbres et arbustes d’ornement, 117 plantes d’ornement et 85 plantes médicinales. Ces plantes sont ravagées par environ 6000 espèces d’insectes dont certaines sont nuisibles à plusieurs plantes. Elles subissent en outre les attaques de 2000 maladies cryptogamiques ou microbiennes, parasites végétaux, etc., si bien que les ennemis des plantes sont au total au nombre de 8000 espèces. Les plantes cultivées produisent annuellement en France un rendement de 9 milliards en chiffres ronds. Les divers ennemis et parasites de ces plantes, s’ils étaient supprimés, augmenteraient la production d’envi-t-on 3 milliards. Cette perte annuelle de 3 milliards, établie d’après les données de très nombreuses statistiques, est importante à considérer; elle dépasse de beaucoup les évaluations que l’on fait habituellement, et elle justifie pleinement la création d’un service de phy-topathologie, de laquelle s’occupe en ce moment le ministère de l’Agriculture.
- Les animaux qui vivent sans boire. — Existe-t-il des animaux qui vivent sans boire? L’eau est tellement indispensable à la vie que la question semble superflue. Elle mérite cependant d’être examinée. Déjà, il y a quelques années, le Dr W. T. Blanford l’avait soulevée en affirmant que les Antilope cervicaprci qui vivent dans le désert de sable situé entre le lac salé Chillca et la mer ne boivent jamais d’eau. Cette observation avait été fortement mise en doute par les physiologistes qui niaient la possibilité de vivre dans de telles conditions. Il semble bien pourtant en être ainsi, puisque, d’après les observations du Dr R. E. Drake-Brockman, parues récemment dans The Field, un troupeau de gazelles (Gazella pelzelni) vit depuis 19 to dans la petite île de Saad-ud-Din sur la côte du Somaliland, où ne se trouve aucune source et où la chute annuelle de pluie est de moins de 7 centimètres ; ces gazelles n’ont donc à leur disposition que l’eau qu elles absorbent après les rares averses. De plus, la végétation est très pauvre, et elles ne peuvent, comme les antilopes du désert de Kalahari, suppléer au manque d’eau pendant la saison sèche en consommant des racines et des plantes bulbeuses riches en liquide.
- Une invasion dans les pots à confitures ! — Un de
- nos lecteurs belges, M. Kennes, qui suivit avec succès pendant plusieurs années les indications données dans nos recettes pour préparer et mettre en pots les confitures, observa cette année un bien singulier accident. En ouvrant les pots, il vit la surface des confitures parsemée de minuscules points blancs qui, regardés à la loupe, se révélèrent des acares parasites. De l’examen auquel voulut bien se prêter de façon toute gracieuse M. Fouilland, de la station entomologique de Rennes, il résulte que les microscopiques amateurs de confitures
- sont des tyroglyphes. On peut les tuer par chauffage de quelques minutes à ioo°, ou d’environ deux heures à 6o°; c’est même tout à fait indispensable, car ils se multiplieraient sans cela très vite. Pour éviter leur venue, le mieux est de désinfecter les locaux avec du gaz sulfureux (voy. p. 106 des Recettes de la maison) et de fermer les pots dès qu’ils sont remplis de confiture chaude.
- Les serpents qui font le mort. — Les animaux qui simulent la mort ne sont pas très rares, comme on a pu le voir dans un récent article de La Nature (n° 2127). A la liste de ceux qui y furent signalés, il faudrait ajouter quelques serpents.
- The Field cite trois espèces d’Ophidiens qui se transforment en bâton. Un serpent de l’Amérique du Nord, Ileterodon platyrhinus, est connu depuis longtemps à ce sujet; frappé ou tourmenté, il se roule sur lui-même, puis reste immobile, la bouche souvent ouverte, comme mort. Un autre du Sud-Afrique, Sepedon hæmachatæs a, d’après M. Fitzsimons, les mêmes habitudes. Enfin, M. Kathariner a récemment observé que des couleuvres (Tropidonotus natrix) vivant en captivité, prises à la main, deviennent flasques et pendantes, la bouche ouverte et la langue sortie; reposées à terre, elles se réveillent et reprennent leurs mouvements habituels. Les serpents peuvent donc simuler la mort; mais est-ce par peur ou par instinct de protection qu’ils se décident ? La question reste ouverte et mériterait d’être étudiée.
- Météorologie de la France en 1911 et 1912. —
- M. G. Eiffel vient de publier le 7e atlas météorologique d’après 25 stations françaises qu’il avait commencé en 1906. Il exprimait, dès l’origine de son entreprise, le vœu que cette publication fût continuée par un établissement scientifique, par exemple le Bureau Central météorologique. Diverses difficultés, notamment budgétaires, s’étant opposées à la réalisation de ce vœu, M. Eiffel a poursuivi cette œuvre lui-même avec la collaboration de M. Gautreau, secrétaire général de la Société météorologique. Nous avons expliqué jadis [La Nature, 2 juin 1906) selon quels principes nouveaux tout à fait rationnels et originaux, l’auteur a rompu avec certaines routines arriérées; comment, par exemple,
- 11 établit les températures moyennes non pas d’après la moyenne arithmétique d’une journée, d’un mois, d’une saison, d’une année, mais d’après les écarts extrêmes, le minimum de la nuit et le maximum de la journée, etc. Nous ne pouvons que renvoyer aux explications que nous avons fournies à ce sujet il y a 8 ans. Mais l’influence fâcheuse de la sécheresse et de la chaleur de 1911 sur la mortalité en France, particulièrement sur celle de la fièvre typhoïde (que nous avons fait ressortir dans un précédent article), exige que nous extrayions des deux derniers atlas de M. Eiffel les quelques données intéressantes qui vont suivre. Après une année extrêmement pluvieuse (1910), l’année 1911 a été spécialement sèche et son été exceptionnellement chaud. La température a atteint 38°,7 à Toulouse le 5 août et 37°,7 à Lyon le 10 août. Les fortes chaleurs commencées en juillet ont duré presque sans interruption jusqu’au
- 12 septembre. L’année 1910, avec un total de 775 mm d’eau pour toute la surface delà France, « avait été une des plus pluvieuses que l’on ait observée depuis longtemps » (la moyenne générale étant de 556 mm pour les 3o dernières années). L’année ign au contraire est une des plus sèches, 4^8 mm de pluie, soit un déficit de 128 mm sur la moyenne. Le mois d’août n’a donné que 9 mm d’eau. L’atlas de 1912 débute par cette déclaration regrettable qu’il est le dernier et que l’auteur « après ces 7 publications successives laisse à d’autres le soin de les poursuivre. » Il faut souhaiter que cette décision ne soit pas définitive. 1912 a été une année plus normale avec 661 mm de pluie, supérieure de io5 à la moyenne, et un maximum de température de 36° du 12 mai, époque où du 9 au 12 il a fait une chaleur tout à fait exceptionnelle dans toute la France. En août, au contraire, on n’a atteint 3o° que dans un petit nombre de stations. S’il est vrai et fâcheux que cette belle série de l’Atlas météorologique se trouve ainsi clôturée, elle constituera du moins uu véritable monument très utilement élevé à la météorologie française durant une période d’années assez longue, pour en avoir corrigé et complété la véritable physionomie.
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- Chronique de la T. S. F.
- Les radiotélégraphistes. — La situation de « radiotélégraphiste », ou opérateur à bord des paquebots, est-elle avantageuse? Telle est la question que nous posent plusieurs de nos lecteurs, disposés sans aucun doute à goûter à la vie de bord sous cette forme attrayante. Nous nous sommes livrés à ce sujet à une petite enquête, assez intéressante pour en faire l’objet d'une chronique.
- On ne naît pas « sanfiliste » comme on naît poète. Pour le devenir il est nécessaire, non seulement de savoir lire au son, mais encore de posséder des notions techniques suffisantes. Or, il n’existe pas d’école de T, S. F.; des cours sont simplement professés dans diverses écoles d’électricité, en particulier à l’Ecole supérieure d’Electricité. Un cours est également professé à l’Ecole d’hydrographie de Boulogne-sur-Mer. Enlin, quelques compagnies de T. S. F. ont elles-mêmes institué des cours libres dans lesquels peuvent se façonner de bons élèves. Çn résumé, jusqu’ici il n’existe aucune organisation préparatoire spéciale.
- Les compagnies recrutent alors leur personnel au petit bonheur; mais la marine de guerre fournit le plus fort contingent parce que les inscrits acquièrent, à bord des navires de l’Etat, des notions générales d’électricité et des connaissances théoriques et pratiques de T. S. F. qui en font d’excellents opérateurs à tous les points de vue. Ce sont des inscrits maritimes qui jouissent des avantages attachés à cette situation spéciale (retraite) et naviguent dans des conditions beaucoup plus avantageuses que les matelots. Les opérateurs sont donc assimilés aux matelots quant à la retraite — c’est dire qu’elle est très faible après 25 ans de navigation—alors qu’à bord ils sont assimilés aux officiers de pont. Il y a là une anomalie que M. Marcel Courtois, président de l’Union nationale des radiotélégraphistes français, nous a signalée et qu’il s’efforce de faire disparaître. Au Ministère de la Marine, on prépare, paraît-il, un projet de réorganisation en ce sens; il est inadmissible, en effet, que les opérateurs, versant plus que les matelots, ne puissent s’assurer qu’une retraite égale.
- L’administration des P. T, T. se réserve la haute main sur la désignation des radiotélégraphistes qui ne sont admis à bord qu’à partir de 16 ans pour les télégraphistes de seconde classe .et de 18 ans pour ceux de ire classe. La seule différence qui existe entre les deux classes réside dans l’habileté de la lecture au son. La Conférence de Londres de 1912 a exigé de tous les opérateurs la possession d’un certificat d’aptitudes professionnelles; ce certificat est délivré non sur les connaissances générales, mais sur la technique et la pratique d’un système. Ainsi les opérateurs de la Compagnie Marconi, possesseurs d’un certificat, ne peuvent être acceptés par une autre compagnie sans passer un nouvel examen basé sur la technique et la pratique des appareils de la compagnie à laquelle ils désirent appartenir.
- Le programme de l’examen a été fixé par la Conférence internationale de Londres. En voici le détail établi par la Compagnie Marconi.
- Partie technique. — Exercices pratiques de transmission et de réception auditive. Exercices de réglage. Une épreuve sur le fonctionnement des appareils comportant des notions générales sur la T. S. F. et plus particulièrement sur le système radiotélégraphique Marconi (pour ce qui concerne la Compagnie Marconi).
- Détail du programme technique. — Différence de potentiel. Courant électrique. Effets d’induction. Bobine de Ruhmkorff. Transformateurs. Condensateurs. Production du courant Principes des piles et des accumu lateurs. Dynamo à courant continu. Moteur continu. Alternateurs. Transformation du courant continu en courant alternatif. Groupe moteur générateur. Commu-tatrice. Principes d’entretien des divers appareils. Danger de la haute tension. Effets physiologiques. Px'écautions à prendre. Appareils de mesure. Voltmètres et ampèremètres.
- Oscillations électriques. Pourquoi est-il nécessaire d’avoir des oscillations rapides? Eclateur. Rôle de l’antenne. Rôle de la capacité. Rôle de la self. Périodes de
- 1 oscillation. Rapport entre le nombre d’oscillations par seconde et la longueur d’onde.
- Contrôle. Isolement. Longueur d’onde propre de l’antenne. Comment diminue-t-on ou augmente-t-on la longueur d’onde ? Liaison du circuit d’excitation et du circuit d’antenne. Montage schématique des circuits d’émission Excitation directe. Excitation indirecte.
- Détecteur. Rôle des détecteurs. Montage schématique des circuits de réception. Nécessité de l’accord de la réception et de l’émission.
- Examen pratique. — Epreuve sur le fonctionnement des appareils de la station. Réglage. Recherche des dérangements. Mise en marche des appareils. Moyens de réduire la portée.
- Partie administrative. — Une épreuve sur la réglementation de la P. S. F. et sur les dispositions du règlement télégraphique de Lisbonne en tant qu’elles s’appliquent aux radiotélégrammes.
- Les opérateurs étant appelés à naviguer sous tous les climats subissent ensuite un examen médical.
- Lorsque le candidat a satisfait à ces conditions (l’examinateur est un ingénieur ou un inspecteur des Télégraphes) on lui impose une traversée aller et retour comme essai pratique, puis on l’agrée en qualité de radiotélégraphiste. Il nous reste à dire quelle est sa situation.
- Nous n’avons pu obtenir de renseignements précis qu’à la Compagnie Marconi. On sent que les autres compagnies n’ont pas encore établi de programme nettement défini et les opérateurs doivent s’en rapporter à la compagnie qui les emploie.
- La Compagnie Marconi paie 100 francs par mois les radiotélégraphistes qui débutent. A ce traitement qui paraît dérisoire viennent cependant s’ajouter des avantages matériels sérieux. L’opérateur reçoit, à bord, la nourriture et le logement; il est habillé. A terre, il bénéficie d’une indemnité de table égale à celle des officiers de pont auxquels il est assimilé et qui varie suivant les postes : le Havre 4 fr. 5o, Marseille 4 francs. Dans le cas où le navire reste dans un poste un temps inférieur à celui prévu par l’horaire, le radiotélégraphiste perçoit encore une indemnité de redoublement égale à celle des officiers. Eùfin il reçoit encore une prime sur le trafic.
- Le total de ces indemnités et avantages en nature représente environ 125 francs par mois, de sorte que la situation du radiotélégraphiste vaut, au début, 22Ô francs par mois.
- Au bout d’un an de service, le traitement est porté à 125 francs et après 2 ans, à i5o francs. Le conti'at qui lie le télégraphiste à la compagnie est valable pour trois années.
- A l’expiration de ces 3 ans, la Compagnie Marconi impose un nouvel examen théorique à ses opérateurs, et elle se réserve le droit de les remercier ou de les conserver en augmentant ou non leur traitement, sans y être, d’ailleurs, obligée par un règlement quelconque. Cependant, en général, les bons opérateurs voient alors leur traitement porté à 200 francs par mois. Enfin, parmi les vieux télégraphistes, on choisit deux ou trois inspecteurs qui bénéficient d’une situation spéciale.
- A un autre point de vue, on exige des opérateurs une excellente tenue et on recherche autant que possible ceux qui connaissent au moins une langue étrangère. La pratique de la langue anglaise est presque obligatoire sur les paquebots de l’Atlantique-Nord et celle de la langue espagnole sur ceux se rendant dans l’Amérique centrale et dans l’Amérique du Sud. Toute école radio-télégraphique devrait donc instituer un cours pour chacune de ces deux langues.
- Ces renseignements, qui nous ont été très obligeamment communiqués par le directeur de la Compagnie Marconi, peuvent certainement être considérés comme donnant une idée générale de la situation des radiotélégraphistes, à quelque compagnie qu ils appartiennent. Quand ces télégraphistes sont des inscrits maritimes, ils trouvent là de sérieux avantages à leur situation ordinaire, c’est la raison pour laquelle le recrutement se fait surtout dans leurs rangs. Mais on ne peut encourager les jeunes gens ayant acquis de solides connaissances techniques à embrasser cette carrière. Cependant
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- ceux d’enlre eux qui désirent voyager pendant quelques années trouveront là une occasion unique de satisfaire, dans des conditions très intéressantes, leur passion momentanée.
- Il convient d’admettre également que cette situation des radiotélégraphistes n’est que passagère. L’obligation qui vient d être imposée aux compagnies de navigation d’établir des postes à bord de tous leurs navires va déterminer une refonte générale des organisations particulières. On estime, en effet, que d’ici deux ans 10000 navires seront atteints par le règlement international et le recrutement portera, non plus sur quelques unités, mais sur -i5 ooo radiotélégraphistes qui seront nécessaires à l’exécution du service dans toutes les mers du monde entier.
- Une telle armée va-t-elle être à la disposition des compagnies de navigation qui, après s’être montrées si rebelles à l’installation de postes à bord, ont conclu des arrangements, financiers ou autres, avec certaines compagnies de télégraphie sans fil? Nous estimons que le radiotélégraphiste doit être soustrait à l’influence même indirecte des compagnies de navigation. Il est pour ainsi dire chargé d’une surveillance permanente de la mer et des règles internationales. Or, il ne peut intervenir utilement que s’il jouit d’une indépendance absolue, que s’il représente l’Etat à bord de son navire. Il doit donc être, à notre avis, assimilé au commissaire du gouvernement. Si cette thèse, qui mérite d’être étudiée sérieusement, était admise, le radiotélégraphiste appartiendrait alors en fait et en droit à l’administration télégraphique, jouissant des mêmes avantages que les télégraphistes ordinaires avec, en plus, des avantages spéciaux semblables à ceux que l’on accorde aux agents des Postes embarqués.
- Le recrutement appartiendrait alors à l’administration de chaque Etat qui organiserait elle-même les cours théoriques et pratiques indispensables, y compris les cours de langues étrangères et on ne confierait la radiotélégraphie qu’aux jeunes gens ayant révélé des qualités tout à fait spéciales.
- Les administrations n’y trouveraient sans doute aucun avantage au point de vue pécuniaire, le trafic n’étant pas très intense, mais la sécurité de la navigation, qui seule doit être envisagée dans la réorganisation prochaine, y acquerrait sa valeur maximum. C’est là d’ailleurs l’esprit de la récente Conférence de Londres sur la sécurité de la vie humaine à la mer. Lucien Fournier.
- Agriculture
- Canne distributrice de blé empoisonné pour la destruction des mulots. — Les cultivateurs, pour détruire les mulots, véritable fléau de l’agriculture, emploient du blé empoisonné. Il faut introduire ce blé dans chaque trou de mulot que l’on rencontre. Cette opération est toujours longue et ennuyeuse. Il faut, en effet, parcourir la plaine en tous sens, avec, d’une main, un récipient quelconque contenant le blé empoisonné et de l’autre une petite cuillère pour verser un peu de ce blé dans les trous rencontrés. A chaque fois on est obligé de se baisser et, quelque atteution que l’on prenne, il est impossible de ne pas répandre quelques grains hors des trous. Ceci constitue un grand danger pour les animaux domestiques. Les oiseaux si utiles à l’agriculture, le gibier, les volailles peuvent trouver ces grains égarés, ils les mangent et en meurent. Et une opération qui avait été faite dans un but d’utilité devient alors néfaste aux cultivateurs. Les exemples sont nombreux de personnes qui ont trouvé en ces dernières années des perdreaux et faisans empoisonnés de cette façon.
- Avec la canne Mortimus tous ces ennuis n’existent plus. Elle se porte à la main comme une canne ordinaire et distribue les grains par la simple pression d’un bouton. Il n’y a pas à se baisser, ni à emporter de matériel, pas de blé hors des trous. Le cultivateur faisant sa ronde dans ses champs avec sa canne Mor-
- timus distribue de-ci de-là dans les trous qu’il rencontre la charge de blé empoisonné.
- Celte canne est des plus simples : elle se compose d’un tube creux destiné à recevoir la provision de blé qui est de près d’un litre. A l’extrémité inférieure existent deux cônes, dont le premier avec orifice plus petit et le second prolongé par un petit tube destiné à porter le blé à l’intérieur du trou. Une tige avec deux obturateurs traverse la canne dans sa longueur et est commandée par un bouton qui se visse à son extrémité. Un bouchon à vis, percé d’un trou pour le passage de la tige, ferme la canne et un ressort de rappel maintenant la tige fait appliquer les obturateurs sur leurs cônes respectifs. Quand on exerce une pression sur le bouton, les obturateurs s’éloignent de l’orifice des cônes et laissent échapper quelques grains de blé, environ 8 à io. Comme le premier cône distribue moins que le second avec le petit tube, ce deuxième ne peut jamais s’engorger. Il sert simplement à assurer une fermeture complète et à porter par l’intermédiaire du tube qui le prolonge le blé dans la terre. De plus, comme son obturateur rentre un peu dans le tube, il le débouche à chaque manœuvre de la terre qui pourrait l’obstruer. — La canne Mortimus pèse environ 75o grammes et est vendue 7 fr. 5o.
- Sifflet
- L’ancienne cafetière modernisée.
- c^ns. Objets utiles
- Cafetière des familles. — Depuis qu’il est revenu de mode de préparer le café au lait à la française, c’est-à-dire en faisant infuser le café dans le lait après ébullition, nous avons vu naître une collection de cafetières construites en vue de satisfaire à cette ancienne méthode. Elles sont sans aucun doute très intéressantes, mais est-ce une raison pour oublier tout à fait la bonne vieille cafetière des familles, vieille de trente ans au moins, qui a conservé son caractère pratique et possède tous les avantages des appareils plus jeunes et plus jiré-tentieux. Nos lecteurs voudront bien nous excuser de leur parler d’un revenant, mais il mérite de reprendre la place qui lui appartient, au milieu de ses luxueux confrères.
- La cafetière des familles se présente tout à fait sous l’aspect d’un filtre ordinaire : filtre au-dessus du récipient. Mais ici le filtre est mobile et composé de deux parties cylindriques dont les fonds sont les tamis habituels. On soulève le premier cylindre, le plus petit, on met le café moulu dans le grand, puis on l’emprisonne avec le premier qui se ferme sur le grand par un système à baïonnette. En somme cette boîte-filtre est tout à fait semblable à celle des cafetières russes que tout le monde connaît.
- L’eau étant mise dans le récipient jusqu’à la hauteur voulue, on soulève le filtre jusqu’au couvercle delà cafetière et, en tournant légèrement la tige de ce filtre, on le soutient au-dessus de l’eau par deux crochets fixés au couvercle ; ces crochets emprisonnent une tige diamétrale du petit cylindre et le café reste suspendu au-dessus de l’eau que l'on met à bouillir au-dessus du gaz ou d’un réchaud à alcool.
- Dès que l’eau bout, la vapeur s’échappe par.un sifflet situé en haut de la cafetière; la ménagère est ainsi prévenue qu’il faut arrêter le feu et descendre le filtre dans l’eau. Pour cela il suffit de dégager la tige de ses deux crochets. Le café se trouve alors en contact direct avec l’eau chaude et si on le laisse les dix minutes nécessaires, il abandonne tout son arôme. On peut alors enlever la boîte à café et servir.
- Cette cafetière est donc bien une réédition moderne de l’ancien appareil ; sa fabrication en cuivre rouge étamé à l’intérieur donne toutes les garanties voulues. — La cafetière des familles est en vente chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les greffes en caoutchouc. — On racontait jadis que le général de Gallifet portait, à la suite de la grave blessure reçue au cours de l’expédition du Mexique, blessure qui lui avait déchiré la paroi de l’abdomen sur une large étendue, une cuirasse métallique protectrice. Les malins prétendaient qu’elle était en or, de plus simples la disaient en argent. De l’histoire, un fait est sûr, c’est l’énormité du traumatisme et sa guérison; de l’appareil protecteur j’ignore les détails vrais et authentiques.
- M. Delbet, le chirurgien bien connu, vient de rééditer chez un de ses opérés cette histoire ancienne. Le malade était atteint d’une énorme hernie du gros intestin, donnant une véritable éventration. Après la réduction de la hernie, le chirurgien eut l idée de reconstituer la paroi abdominale effondrée au moyen d’une feuille de caoutchouc longue de 7 centimètres sur 4 ou 5 de large. La plaie a guéri sans incidents et le malade porte dans ses flancs, c’est le cas de le dire, une bande de caoutchouc qui remplace la paroi manquante et il n’en ressent aucune gêne.
- M. Delbet pense qu’aucun corps n’est aussi bien toléré que le caoutchouc dans les tissus vivants, à la condition bien entendu d’être aseptisé. Il a été conduit à employer ce procédé par les recherches de Victor Henry sur la constitution intime du caoutchouc. D’après ce physiologiste, le latex des plantes à caoutchouc est une émulsion à grains fins portant une charge électrique négative, c’est, en un mot, un véritable colloïde négatif, ressemblant de tous points aux colloïdes du sérum
- sanguin qui sont également électro -négatifs. L’expérience confirme cette ressemblance, car Tuilier et Cairel ont constaté que le sang circulant ne se coagule pas au contact d’une feuille de caoutchouc et depuis longtemps on a constaté que les tissus organiques ne réagissent pas au contact du caoutchouc qui reste intact des années quand il est inclus dans l’un d'eux. M. Delbet a retiré d’un kyste de la mâchoire un drain qui y était oublié depuis vingt ans et il existe nombre d’observations identiques. Ce sont ces propriétés du caoutchouc et cette tolé-x-ance parfaite qui ont conduit le chirurgien à tenter cette greffe abdominale. Déjà aupai’avant il en avait fait une d’un autre genre. Chez un malade dont le tendon extenseur du doigt était complètement adhérent à la phalange à la suite d’un traumatisme, et rendait la main impotente, il inséra après dissection une lame de caoutchouc enti’e l’os et le tendon pour remplir le rôle d’organe de glissement et prévenir de nouvelles adhérences. Le doigt fonctionne maintenant normalement et la greffe ne détermine ni gêne, ni même de sensation anormale; le malade ne se doute pas de sa présence.
- Voilà un débouché nouveau pour le caoutchouc dont la production devient, paraît-il, trop considéi'able et que n’épuisent pas tous les pneus des roues d’autos et de bicyclettes. Les greffes chirurgicales ne remédieront pas, je le crains, à cette pléthore industrielle; il faudrait en faire à tous les opérés de France et de l’étranger, mais il y a dans cette utilisation un peu nouvelle du caoutchouc des services importants à en attendre en chirurgie. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Q^.<
- Pour conserver les chenilles dans les collections entomologiques. — Dans la plupart des collections d’insectes, on ne trouve point de chenilles. C’est une lacune regrettable. Les entomologistes la connaissent et s’ils ne collectionnent point les larves près des insectes parfaits, c’est uniquement à cause des difficultés de préparation. Or, il est facile de surmonter ces petites
- Fig, 1. — Cage pour élever les chenilles.
- Fig. 2. — Étuve pour sécher les peaux de chenilles.
- difficultés en suivant les conseils suivants que donne M. Noël, dans son ouvrage : Ce que fai vu chez les bêtes.
- Élevage. — D’abord, il faut conserver les chenilles vivantes de manière qu’elles puissent acquérir leur plein développement. On peut aussi de la sorte, quand on possède plusieurs individus, en collectionner à tous les stades marquants de leur vie : c’est d’autant plus utile que certaines variétés subissent à chaque mue des changements radicaux. Une cage à chenilles sera faite en culbutant sur un pot à fleur plein de terre un cylindre de fine toile métallique (fig. 1). On enfonce dans la texme un godet plein d’eau et on y plante une bi-anche du végétal où la chenille a coutume de vivre.
- Préparation. — La chenille à point, on. la tue à la façon habituelle, puis on la vide. Pour cela, on place la bestiole sur un carré de papier buvard d’environ 10 cm de côté. De l’index gauche on lui maintient la tête sur le papier cependant que par son extrémité opposée, l’autre main appuie un petit agitateur de verre dans le but de faire passer les intestins au dehors. En roulant doucement trois ou quatre fois la baguette le long de la chenille, on transforme la malheureuse en une sorte de sac flasque aplati. Le papier absorbant les déjections, le tout se passe assez proprement.
- Ceci fait, la pointe d’un tube de verre finement effilé est introduite dans l’orifice de vidange de_s restes de la chenille, puis on l’y maintient avec une délicate ligature de fil fin. Il suffit alors de souffler doucement pour voir la chenille, telle la grenouille voulant devenir aussi grosse que le bœuf, se gonfler jusqu’à reprendre son volume primitif : on s’arrête là. L’insufflation sera de préférence faite avec quelque menue poire en caoutchouc du modèle servant pour les obturateurs photographiques, ceci pour éviter les accidents dus aux poils vésicants couvrant certaines chenilles comme celle du bombyx processionnaire-
- Fixage. — Reste à fixer la forme donnée à notre défunte chenille, dont la peau restée molle ne se maintiendrait pas longtemps gonflée. Il suffit de la dessécher, ce qui d’ailleurs, à cause de la fragilité de la mince dépouille, doit être fait avec beaucoup de précautions. On opère avec un dessiccateur spécial composé d’une petite cuvette en cuivre large de 10 cm et profonde de i5 cm, laquelle est posée sur une sorte de tore en métal appuyé sur un trépied (fig. a). Une lampe à alcool placée dessous chauffe la cuvette au centre de laquelle on descend la chenille à sécher, qui ne devra pas toucher le métal. Si la peau de chenille est colox’ée, on doit maintenir la dépouille au-dessus de la cuvette : la dessiccation devient plus longue, mais on risque moins d’altérer les couleurs.
- Quand la peau est devenue dure, on traverse la chenille par une épingle qui servira à la piquer au carton. On laisse tomber le long de l’épingle une petite goutte de colle à la gomme arabique qui, en séchant, empêchera tout glissement intempestif. L’opération est terminée!
- Gravure de l’aluminium. — L’objet à graver est légèrement chauffé de façon qu’en le frottant avec un
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- morceau de paraffine, on puisse le recouvrir sur toute sa surface d’une mince couche de graisse liquéfiée. On laisse refroidir en remuant de manière que l’enduit s’étale partout bien régulièrement, et sur l'objet bien froid on trace les inscriptions voulues en employant une pointe d’acier. Ceci fait, reste à procéder à la morsure.
- Pour obtenir des traits déliés, peu profonds et brillants, on répand sur la surface une solution aqueuse de soude caustique à 5 ou io pour ioo, qu on laisse agir pendant environ une dizaine de minutes, en prenant des précautions pour que soient bien baignés tous les endroits où passa le style. On rince ensuite à l’eau, on fait chauffer légèrement pour faire fondre la paraffine et on essuie avec quelques vieux chiffons.
- Pour avoir des traits épais, profondément gravés en mat, on mouille la surface mise à nu par le poinçon avec une solution à i pour ioo environ de sublimé corrosif. On laisse agir pendant quelques minutes, puis on lave très soigneusement à grande eau, on sèche la surface en y posant du papier filtre et on laisse à l’air. Le métal, aux endroits mis à nu, se met alors à s’oxyder de manière tellement rapide que l’inscription se révèle en haut relief constitué par des houppes d’alumine formées au détriment de l’aluminium. L’effet est extrêmement curieux. Cinq ou dix minutes suffisent largement pour que la corrosion soit assez profonde; il
- faut alors chauffer le métal, essuyer la paraffine fondue et continuer à chauffer assez fortement pour éliminer toute trace de sel mercuriel
- (Laboratoire de La Nature.)
- Pour conserver le cidre doux, voici comment on opère habituellement dans certains villages de Picardie. Dès que le cidre nouveau cesse de « bouillir » c’est-à-dire de fermenter tumultueusement en projetant par la bonde du tonneau où il est, on ajoute pour chaque hectolitre environ 40 gr. d’alun ordinaire préalablement pulvérisé. Le faible rôle antiseptique de cette substance suffit pour arrêter la fermentation et empêcher le développement des diverses bactéries nuisibles. Le cidre reste « doux », c’est-à-dire légèrement sucré, même si on le conserve sur lie, pendant toute l’année, voire pendant deux ans. Naturellement, l’alun employé à ces faibles doses ne peut nullement nuire aux consommateurs du cidre ainsi traité.
- Pour nettoyer cols et manchettes en celluloïd,
- un de nos lecteurs, M. Thieux, recommande l’emploi d’un mélange de trois parties alcool à 700 pour une partie acétone. Il suffît d'en imbiber un morceau de flanelle et de frotter doucement à la surface de l’objet : les crasses, la teinte jaune, tout disparaît. Ne jamais opérer près d’une lampe ou près du feu : l’acétone donne en effet de dangereitses vapeurs extrêmement inflammables.
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- BOITE AUX LETTRES
- OÊL
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le cadenas Para (Voy. Science appliquée, n° du 10 janvier 1914)- On nous avait déjà signalé que ce curieux cadenas que fabrique actuellement en France M. Labadens était le cadenas national de Chine et d’Indo-Chine. M. R. Bouchon nous écrit qu’un cadenas identique est également employé en Mésopotamie, et spécialement à Bagdad, où il est fabriqué par les forgerons du cru. Il est très répandu dans le désert.
- Renseignements. — M. R. P., h Paris. — Dénicotinisation du tabac. Voir notre « Boîte aux lettres », de mars 1912, page 143.
- Dr E. F., à Changis-Saint-Jean (Seine-et-Marne). — i° On peut, effectivement, faire périr ou revivifier un arbre en lui faisant absorber, par injection, une solution nocive ou une solution nutritive, suivant le but à atteindre. Pour faire périr un peuplier âgé de 8 à ïo ans, dont le diamètre est, par conséquent, suffisamment gros, on perce, avec une tarière, quelques trous obliques dans le tronc, jusqu’au cœur de l’arbre, et on remplit ces trous avec une solution concentrée d’arséniate de potasse que l’on peut se procurer aisément chez un marchand de produits chimiques (Etablissements Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, Paris). Ce procédé a été employé bien souvent, et avec succès, pour faire périr des arbres, même très gros. — i° Pour revivifier un arbre languissant, percer un petit trou au collet, y enfoncer un bouchon de liège ou un morceau de bois creux, dans lequel on insère un pe .it fragment de tube de verre auquel on adapte un tuyau de caoutchouc amenant le liquide contenu dans un vase placé à une hauteur de 1 m. à 1 m. 5o; avoir soin de ne pas enfoncer le morceau de bois jusqu’au fond de la cavité creusée par la vrille, afin de permettre à la solution nutritive de se répandre dans les vaisseaux du bois. Comme solution, employer : eau avec 5o grammes de sulfate de potasse ou de nitrate de potasse, ou de phosphate précipité, ou de nitrate de soude, ou bien encore du purin en mélange avec l’un de ces sels ; si l’arbre est chlorotique, employer une solution de sulfate de fer.
- M. Maurice Fabre, avenue Parmentier. — Le nickelage sur aluminium doit être fait après cuivrage dans un des
- bains dont la formule est donnée p. a3o du volume Coloration des métaux (3 francs chez Desforges, 29, quai des Grands-Augustins). En principe, les dépôts électrolytiques sur aluminium sont difficiles à obtenir; et pratiquement ils ne valent guère, car sitôt un point du métal sous-jacent mis à nu, le contact de la couche superficielle rend l’aluminium très attaquable par les divers réactifs.
- M. P. Bagnol, à Guéret. — Pour préparer l’isolant connu sous le nom de diélectrine, on fait chauffer de la paraffine à io5° dans un bain-marie à eau salée; puis on fait tomber lentement du soufre en fleur dans la masse remuée jusqu’à ce qu’elle soit à consistance de pâte épaisse. Il ne reste plus qu’à couler le produit sur les objets à garnir d’isolant.
- M. A. M., à Tournus. — La lecture du volume de Minet : Les fours électriques et leurs applications (in-8, Masson, édit., 3 francs) vous donnera sur la fabrication clu carbure de calcium des idées succinctes, mais nettes. Pour savoir si vos graphites conviennent à la fabrication, il les faudrait analyser. Et pour un devis d installation il serait indispensable de vous adresser à un spécialiste, M. Minet, par exemple, 4» rue Théodore-de-Banville, Paris. — Pour la taillerie de pierres dures, vous trouverez quelques renseignements dans le Manuel Roret du joaillier (Mulo, édit., rue Hautefeuille, 4 francs). Mais ce sera tout à fait insuffisant pour permettre de faire exécuter le travail : il serait indispensable de troiiverun ouvrier spécialiste d’une des rares villes françaises où l’on pratique cet art (Royat, par exemple, dans le Puy-de-Dôme).
- M. des Garets, à Blois. — Pour rougir du vernis copal, on y mélange une solution alcoolique de sang-dragon ou de fuchsine; pour brunir, agir de même avec du brun Bismarck. — On ne peut guère songer à le décolorer; peut-être pourriez-vous agiter avec du noir animal et filtrer? — On peut masquer l’odeur en y ajoutant n’importe quel « extrait » pour mouchoir.
- M. M. Dussange, à Sens. — Nous ne voyons guère, pour avoir de tels moules bien plus solides que ceux de plâtre, et faits en pâte modelable, que la terre cuite : vous pourriez essayer avec du kaolin dégraissé par le sable. — Tous trouverez des métaux en poudre à la Société française des couleurs métalliques, 53, quai de Yalmy, Paris. — Spécialiste en petits tours pour horlogerie et fine mécanique : Strube et fils, i5, rue Hortense, Montrouge.
- M. le Dv A. Voulgre, à Bayonne. —Sur la fabrication du carton comprimé et des objets en pâte à papier, nous
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- BOITE AUX LETTRES
- ne connaissons qu’un ouvrage : Die Fabrikation der Papiermaehé und Papierstoff- fVaaren, par Andès (5 Mk chez Hartleben’s, à Vienne). Fabricants d’objets en carton-pâte : Grout, 77, rue Chariot; Collignon, 3, rue Norvins, Paris.
- Dépôt noir sur zinc de piles Leclanché. — De nombreux sels métalliques en solution sont décomposés par le zinc sur lequel se dépose le métal en forme de poudre noire. Sans échantillon, nous ne pouvons vous fixer au juste. Mais il se pourrait fort bien que les pinces en cuivre, par exemple, s’abîment en laissant tomber du vert-de-gris dans la solution de sel ammoniac : vous étendriez alors un dépôt noir pulvérulent de cuivre sur les zincs.
- M. L. Bœuf. — Les appareils pour stimuler le tirage des cheminées, que nous décrivons dans les Recettes de la maison, sont moins des modèles commerciaux que des dispositifs réalisables pour un amateur : au vu des gravures, n’importe quel tôlier vous les fera. Mais aucun de ces appareils n’est toujours efficace dans tous les cas, et il en est de même des types du commerce. Les descriptions faites dans la « Science appliquée » le sont toujours gratuitement, mais elles sont faites d’après les renseignements donnés par le constructeur, que naturellement nous ne pouvons toujours vérifier.
- M. P. Benetrix. — Pour faire balancer longtemps une boîte, il faut la monter sur un dispositif à levier, analogue à celui des perroquets balanceurs, vendus comme jouets pour les enfants. Si le mouvement doit persister des heures, il faudrait naturellement faire installer par un horloger quelque système plus compliqué avec poids moteur.
- M. G. L.,k Paris. — Doser ce qu’un tissu contient de laine, de coton, de soie, est très faisable, mais il faudrait organiser un petit laboratoire ! Vous trouverez une méthode simple d’analyse dans le Dictionnaire des falsifications de Chevalier-Baudrimont-Héret (chez Ma-loine, place de l’Ecole de Médecine).
- M. Maurice II. — Industriellement on donne de la souplesse à la laine en l’imprégnant de matières grasses. Mais serait-ce ici bien pratique ? Vous pourriez toujours essayer !
- M. G. II., à Montpellier. — Pour prolonger la durée des semelles, les enduire de vernis copal (voy. n° 2112, Ier novembre 1913, « Recettes » p. 197).
- M. Bachmann, à Valence. — On peut, bien entendu, en employant un nombre suffisant de piles, d’un système quelconque, obtenir un éclairage. de durée relativement longue. Mais ce procédé est toujours extrêmement coûteux et ne peut se recommander. La pile peut être intéressante pour obtenir, d’une manière simple, des éclairages intermittents et de courte durée. Il ne faut pas lui demander davantage.
- T. S. P.
- M. A. Audéoud, à L. — Remerciements pour votre communication. Mais oui, on peut utiliser toutes les surfaces métalliques disponibles et isolées; elles constituent d’excellentes antennes, de même qu’une autre masse quelconque en liaison directe avec la terre donnera un bon contrepoids. Mais si votre antenne de fortune est accordée avec la Tour Eiffel, elle ne le sera sans doute pas avec les grands postes européens et, si vous voulez recevoir leurs signaux, il serait nécessaire d’avoir recours aux bons offices d’une self. Peut-être même seriez-vous obligé d’établir une antenne véritable. Toutes ces questions seront examinées prochainement dans nos chroniques.
- M. L., à Asnières. — Si vous employez du fil de plomb il est inutile d’utiliser du mercure dans votre tube; vous n’avez qu’à prolonger votre fil en conséquence. Vous trouverez du platine au bazar de l’électricité, 34, boulevard Henri-IV, à Paris, mais comme il ne vous en faut qu’une faible quantité, un horloger vous en cédera volontiers.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- La traversée de l’Atlantique en aéroplane : R. Chassériaud. — Contre le cadran de 24 heures : Ch. Lallemand. — La manutention pneumatique des grains : Jacques Boyer. — Les peintures et gravures murales de l’âge du Renne : Jean-Paul Lafitte La loi des distances des planètes et satellites et la stabilité du système solaire : Emile Belot. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Baromètre marin à ébullition : Alphonse Berget.
- Supplément. — Protestation contre la réglementation des fouilles. Nécrologie : G. Westinghouse, Sir John Murray. — Etablissement de tramways souterrains à Chicago, etc.
- Les derniers progrès de VAllemagne, par V. Cambon. 1 vol. illustré 276 pages. Roger, éditeurs, Paris. 1914. Prix : 4 francs.
- « La supériorité de l’Allemagne, dans son évolution « économique, est de mener de front avec une égale « sollicitude tous les progrès qui peuvent contribuer « à son développement. Science, productivité, com-« merce, administration s’harmonisent avec un en-« semble où l'on ne perçoit aucune lacune. » M. Gam-bon ne se contente pas d’affirmer; il prouve et sa démonstration est irréfutable. D’une plume alerte, il décrit tour à tour le progrès des installations minières d’Outre-Rhin, l’embellissement des villes, l’amélioration de leur hygiène, le développement formidable et méthodique des voies fluviales et ferrées, des ports de mer et des ports intérieurs. L’étonnant effort dont l’auteur avait déjà donné un si vivant tableau dans son Allemagne au travail ne s’est pas ralenti, bien au contraire. Il serait imprudent de ne pas vouloir s’en apercevoir et il faut être reconnaissant à M. Cambon de s’en être fait le sagace historien. Puisse son livre être lu, médité et susciter chez nous des activités méthodiques.
- Le Ciel, lectures et leçons de cosmographie pour tous, par J.-H. Fabre. In-18, 35i p., fig. et 16 pl. Delagrave, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- J.-H. Fabre n’excelle pas seulement dans l’étude et la description des mœurs des insectes;- c’est aussi un vulgarisateur de premier ordre. C’est ainsi que son nouvel ouvrage initie le grand public aux secrets de la cosmographie avec la clarté, la simplicité, la magie du style qu’on lui connaît.
- Principes de psychologie biologique, par José Inge-^ nieros. Traduit de l’espagnol par R. Delpeuch. In-8, 3g5 p., de la Bibliothèque de Philosophie contemporaine. Alcan, éditeur, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- En formulant les principes essentiels de son enseignement universitaire, l’auteur se propose de contribuer à l’établissement définitif de la psychologie comme science naturelle, étudiant la formation naturelle des fonctions psychiques dans l’évolution des espèces vivantes, des sociétés humaines et des individus. II veut l’affranchir du « wundtisme » qui l’éloigne de la philosophie et la réduit à une patiente virtuosité de laboratoire ; et du « bergsonisme » qui, dans sa préoccupation de la rendre intuitive, menace de la transformer en une élégante rhétorique aux métaphores contradictoires.
- Les explorations et les voyages des fourmis, par Y. Cor-netz. In-18, 192 p., 83 fig. Bibliothèque de culture générale. Flammarion, éditeur, Paris, 1914. Prix :
- 1 fr. 5o.
- Nos lecteurs connaissent déjà les belles recherches de M. Cornetz sur l’orientation des fourmis; ils trouveront dans ce petit livre un très grand nombre d’observations méthodiquement classées et sagement discutées.
- Les problèmes de la sexualité, par Maurice Caullery.
- 1 vol. in-18 illustré. Ernest Flammarion, éditeur,
- 143 gfr-
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- BIBLIOGRAPHIE
- Paris. Bibliothèque de philosophie scientifique du Dr Gustave Le Bon. Prix : 3 fr. 5o.
- Le problème de la sexualité ne peut s’éclairer que par son étude dans l'ensemb'e des organismes animaux et végétaux. L’auleur de ce livre a voulu rendre accessible au public cultivé ce vaste et intéressant domaine, dans son ensemble et dans ses parties les plus récentes. Il nous montre l’état actuel du problème du détermi-
- nisme des sexes mâle ou femelle, puis nous fail un tableau d’ensemble de la parthénogenèse naturelle et expérimentale, etc.
- Wissenschafiliche Ergebnisse der Deutschen Zentral-Africa-Expedition 1907-1908, t. v., ier fasc., Orthoptères, par James A. G. Reiin. In-8, 223 p. Ivlinkhardt et Biermann, éditeurs, Leipzig, 1914* Prix : 8 m. 40.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 mars 1914 . 1°,2 S. 2. Beau. 1,7 Nuag. jusq. 14 h.; couv. ensuite; gel bl : petite pl. de 17 à 21 h.
- Mardi 24 7°,7 S. S. W. 5. Couvert. 7,7 Couv. ie m.; nuag. le s. ; pl. à div. reprises avec grêle à 13 heures.
- Mercredi 23 5J,6 S. 1. Pluie. 6,2 Couvert; ptui-i à diverses reprises.
- Jeudi 26. . . ... 7°,7 w. g. Couvert. 6.0 Couvert jusqu’à 15 heures; nuag. ensuite; pl. à diverses reprises.
- Vendredi 27 ... . 3»,9 W. N. W. 2. Eclaircies. 3,2 Couv. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite; quelques averses; d>-ux orages.
- Samedi 28 2°,0 Calme. Beau B Beau; gelec blanche; btouillard bas jusq. 7 b.; l’aib. halo à 19 h.
- Dimanche 29 ... . 4°,5 S. E. 2. Très nuageux. » Gelée blanche; très nuageux.
- MARS 1914. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 MARS 1914.
- La courbe supérieure indique la nêbidosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 23 au 29 mars. — Le 23. La pression se relève sur l’O. et le Centre; elle est inférieure à 760 mm sur la mer du Nord et les Iles-Britanniques; fortes pressions sur le N. et les Açores. Neiges dans le N., pluies dans 10. et le S. : Lorient, 17 mm; Piochefort, 16; Boulogne, ro; Paris, 6. Temp. du matin : Spitzberg, — 170; Moscou, —3; Berlin, -{— a ; Lyon et Nancy, 4; Toulouse, 6; Marseille et Brest, 8; Alger, 13 ; moyenne à Paris : 6° (normale : 6°,8). — Le 24. Dépression sur le N. : Iles-Britanniques, 741 mm; Bretagne, 747; basses pressions sur tout le continent sauf le N.-E. Pluies dans l’O., le N. et le S. : Limoges, 23 mm; Toulouse, 19; Besançon, i5; Nice et Nantes, 10. Temp. du matin : Spitzberg, — 14°; Moscou, —7; Berlin, -f- 1; Belfort, 2; Lyon, 6; Toulouse, 7; Marseille, 9; Alger, i3; moyenne à Paris : 7°,g (normale : 6°,9). — Le 25. Basses pressions sur l’O. : centre cyclonique au large de l’Irlande (Valentia : ?35 mm). Pluies sur le Centre, l’O. et le S. : Saint-Mathieu, 26 mm.; Clermont-Ferrand, 12; Belfort et le Havre, 11. Temp. du matin : Spitzberg,
- -—34°; Arkhangel, —i5; Moscou, —9; Belfort, +2; Tienne, 3; Brest, 8; Marseille, 10; Alger, i5; moyenne à Paris : 7°,2 (normale : 70). — Le 26. Situation troublée sur l’O. et le Centré; dépression sur le Pas-de-Calais : 737 mm. Neiges dans le N., pluies dans le Centre, l’O. et le S. : Belfort, i5 mm; Toulouse, 9;
- du Bureau Central Météorologique.
- Paris et Dunkerque, 7. Temp. du matin : Spitzberg,
- — 270; Arkhangel, —14 ; Belfort, +4; Clermont-Ferrand, 6; Brest, 8; Biarritz, 11 ; Alger, 16; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 7°,2). — Le 27. Centre de la dépression près de Bucarest (738 mm); basses pressions sur le N. et l’O. ; elle se relève sur le S.-O. et l’Islande. Pluies dans le N., le Centre et 10. : Besançon, 11 mm. Temp. du matin : Spitzberg, —34°; Saint-Pétersbourg, — 4; Belfort, -J- 1 ; Charleville, 4; Bordeaux et Brest, 7; la Calle, 141 moyenne à Paris : 6°, 5 (normale : 7°,3). — Le 28. La pression se relève sur 10.; dépressions sur les Iles-Britanniques (Yalentia : 753 mm) et le S.-E. (Bucarest : 744)- Pluies sur la moitié N. : Brest, 7 mm; Lorient, 6. Temp. du matin : Arkhangel, —70; Stockholm, — 1; Charleville, o; Bordeaux, -f- 4; Brest, 8; Alger, i5; moyenne à Paris : 6°,5 (normale : 7°,5).— Ze 29. Dépressions sur les Iles-Britanniques (Irlande : 753 mm) et le S.-E. (Odessa : 75o); pression voisine de 765 sur la France, l’Allemagne et la Scandinavie. Neiges dans le Centre, pluies dans l’O. Temp. du matin : Spitzberg, ~3i°; Uleaborg.
- — 14 ; Belfort, -f- 1 ; Clermont-Ferrand, 2; Nantes et Toulouse, 8; Biarritz, 12 ; Alger, 16; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 7°,6). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 26, à 6 h. 9 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publiaue.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris i'Ylc)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2133. — 11 AVRIL 1914.
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- L’aéroptère. — Ce curieux appareil est actuellement en essai à Issy-les-Moulineaux. 11 a été imaginé par M. Domingo; au lieu d’ailes, il possède une surface formée par une sorte de cellule qui au moment de la descente doit faire parachute. La descente doit se pro-
- duire presque verticalement. Voici les dimensions de la machine. Longueur : 9 m.; largeur : 4 m- 5o. La hauteur ; de l’appareil entre le cintre et le bas du train d’atterris-. sage est de 8 m. La surface en parachute mesure 78 ni-. L’appareil est mû par un moteur Anzani de 100 chevaux.
- Extension du service radio-météorologique. —
- Depuis quelques mois les côtes austro hongroises assu-’ rent un service radio-météorologique par les stations : de Castelnuovo, Sebenico et Trieste aux navires qui en font la demande. L’observatoire de Trieste s’inspire, ' pour la rédaction de ce télégramme, des observations “qui sont transmises par les postes de : Trieste, Porer, Fiume, Lissa, Punta d’Ostro, Venise, Brindisi, Palerme, ' Corfou, Alexandrie. Un service analogue a été créé en
- réussie avec l’aide des stations transmettrices de Rêvai, Riga et Libau qui donnent les résultats des observations effectuées dans le bassin de la mer Baltique recueillies et coordonnées par l’observatoire Nikolajewiski à Saint-Pétersbourg. En cas de variations brusques de température ou à l’approche d’un orage, cet observatoire émet des avis spéciaux donnant des informations relatives à la direction et à la force du vent et aux contrées menacées parla tempête. En outre, la station de Reval communique aux navires, à il heures du matin (temps de Saint-Pétersbourg), des renseignements concernant le déplacement des bateaux-phares, les épaves, les. bas-fonds constatés dans les routes de navigation, ou les changements survenus dans la disposition des feux mobiles utilisés par la navigation.
- Un sel de zirconium sensible à la lumière. —
- On sait que le phénomène de sensibilité à la lumière est présenté surtout .par les sels des métaux nobles, or, argent, etc. On vient de signaler un sel de zirconium qui possède cette même propriété. L’hypophosphite de zirconium (PO3)2 Zr, H20 s’obtient par double décomposition entre l’hypophosphile de soude et le nitrate de zirconium en solution chlorhydrique. Il forme un précipité cristallin, perdant facilement son eau de cristallisation et qui, à la lumière directe du soleil, se colore très rapidement en violet foncé ; à la lumière diffuse du jour, la même transformation s’opère en plusieurs semaines. La cause de ces phénomènes n’est pas encore connue.
- Fabrication d’engrenages en tôle. — Ce nouveau mode de fabrication employé par la maison Herbert Ferry nous paraît présenterune solution intéressante et nouvelle du problème de la taille des engrenages.
- Dans ce nouveau procédé, on estampe à l’emporte-pièce des disques en tôle assez mince d’un diamètre convenable avec perforation axiale et mortaise d’assemblage. Ces disques sont ensuite entaillés sur leur périphérie et assemblés ensemble en nombre convenable pour obtenir l’épaisseur nécessaire et en décalant chaque disque d’une dent par rapport au
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- INFORMATIONS
- précédent. On obtient grâce à ce procédé : i° une compensation excellente des irrégularités de taille; a0 une trempe parfaite grâce à la faible épaisseur des éléments; 3° une grande économie dans le temps et le prix de fabrication. Une variante intéressante de ce procédé consiste à assembler les disques de tôle dentés de façon que les dents, au lieu de se trouver dans le même alignement, se présentent en quinconce, chaque disque étant séparé du précédent par une épaisseur de tôle. On obtient ainsi un entraînement tout à fait continu et très doux.
- Les huiles lourdes peuvent-elles servir à imperméabiliser le mortier?— Après M. JBied dont nous résumions naguère ici les travaux, après M. W. Page, et d’autres chercheurs encore, M. Férèt, du laboratoire des Ponts et Chaussées, à Boulogne-sur-Mer, étudie cette intéressante question.il fit de très nombreux essais avec des doses diverses de différentes huiles, en variant les conditions d’application. Or, les résultats obtenus sont loin de justifier les affirmations de certains techniciens trop enthousiastes. Dans quelques cas, on obtient bien une imperméabilisation relative, mais au prix d’une dépense considérable, et avec petite perte de la résistance et du pouvoir adhésif. L’huile ne jouant qu’un rôle d’interposition pour boucher mécaniquement les pores, peut être remplacée par l’addition aux mortiers, de sable à granule très fin ou de kaolin, comme on le constata au cours d’essais rapportés dans les Recettes de la Maison (p. 3oo). Substitution d’autant plus avantageuse que la dépense est moindre, et que les obturants en poudre ne peuvent être déplacés peu à peu par l’eau comme il semble que ce soit le cas pour l’huile.
- A la recherche d’un tube de radium. — L’Electri-cian rapporte comment fut retrouvé à l’hôpital de Liverpool un tube de radium d’une valeur de 25ooo francs enfoui par mégarde dans un tombereau d’ordures. Le tube avait été employé pour un pansement de malade, et devait rester appliquer toute une nuit. Le matin il avait disparu. On pensa tout d’abord que le patient l’avait avalé, on fît un examen du sujet aux rayons X. Pas de radium dans le corps du malade. Peut-être le tube était-il tombé sur le plancher et avait-il été enlevé avec les ordures. Déjà le tombereau où elles avaient été jetées auparavant sortait de l’hôpital. On le retint; mais c’eût été une opération fort désagréable et problématique que d’examiner son contenu. On fit une mesure à l’électroscope, l’appareil étant placé sur le rebord du tombereau. L’examen de l’électroscope ne laissa aucun doute suc la présence d’une matière radioactive dans le tombereau. On vida alors le véhicule et l’on y retrouva effectivement le précieux tube.
- Le spectre du Broken en Nouvelle-Zélande. — On
- sait en quoi consiste ce curieux phénomène de montagne (v. n° 19Ù0, 17 octobre 1910). Il arrive qu’un observateur voie son ombre projetée nettement sur un nuage en face de lui, et autour de l’ombre des auréoles concentriques présentant les couleurs de l’arc-en-ciel. En dehors des régions montagneuses, le phénomène s’observe très rarement. Le R. P. Soûlas nous écrit d’Okato (Ta-ranaki) en Nouvelle-Zélande, qu’il a pu admirer très fréquemment ces apparitions sur les collines avoisinant le Wangarnui. Le phénomène n’est un fait ni isolé ni local; par suite de la hauteur des collines au-dessus d’une vallée étroite, où régnent des brouillards épais et fréquents , I e s pectre du Broken s'observe en nombre de point s.
- Contre le bris des glaces. — La ville de New-York proprement dite, renfermée dans l’île de Manhattan, est construite sur une couche de roche d’une extrême dureté, que les terrassiers ne peuvent attaquer qu’à la dynamite. Depuis plusieurs années que la grande ville est transformée en un véritable chantier par les constructeurs de skrscrapers autant que par les entrepreneurs chargés de la construction des subwajs (voies ferrées souterraines), plusieurs compagnies d’assurances contre le bris des glaces ont dû déposer leur bilan. Le grand nombre de vitrines de magasins endommagées par les violentes vibrations provenant des explosions les avaient acculées à la mine. Les compagnies qui acceptent encore d’assurer les glaces dans les quartiers les plus exposés, et, plus particulièrement, dans ceux que traverse la nouvelle ligne souterraine en construction, imposent aux assurés l’obligation de munir leurs glaces d’un appareil ingénieux, bien que peu gracieux. A première vue, on dirait
- d’une simple croix de bois collée sur la face extérieure de la vitre; en réalité, ce sont deux croix, l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, et qui sont comme juxtaposées l’une sur l’autre avec l’épaisseur de da vitre entre elles deux. Comme le montre notre photographie, chaque glace est pourvue de deux groupes de croix, disposés symétriquement. Chaque croix comporte un bras supplé-
- mentaire dont l’extrémité libre sert à tendre un fil métallique dont les points d’attache sont situés en dehors de la vitrine. La tension de ces fils assure le contact constant entre la glace et les surfaces correspondantes’des bras latéraux de chacune des quatre croix. Grâce à ce dispositif, les vibrations causées par les plus violentes explosions demeurent sans effet sur les glaces les plus exposées, et quelles que soient les dimensions et l’épaisseur de celles-ci. Une expérience de six mois de durée a prouvé l’efficacité de ce système, si bien que les compagnies d’assurances trouvent profit à distribuer gratuitement ces appareils à leur clientèle. Reste à savoir si les miroitiers se félicitent d’une pareille invention qui doit sensiblement diminuer leur chiffre d’affaires !
- Contre la pourriture des bois. — La Revue des Eaux et Forêts signale d’intéressantes recherches effectuées par la Station d’essais de l’Etat danois sur la valeur des procédés de protection des bois contre la pourriture. Divers arbres, des pins sylvestres et des épicéas entre autres, furent coupés pendant l’hiver, refendus en 4 suivant les plans d’exposition nord, est, sud, ouest, et les pièces ainsi obtenues furent desséchées 3 mois à l’air libre sous des hangars, puis traitées de différentes manières. Les unes furent badigeonnées, d’autres immergées, d’autres injectées avec des goudrons, de la créosote, des sels, etc.; d’autres encore furent soumises à la carbonisation superficielle ou recouvertes de feuilles de zinc ou de fer. Toutes les pièces, au nombre de i3oo, furent mises en place dans un terrain herbeux, les unes dans le sens normal, les autres dans le sens inverse de celui qu’elles avaient dans l’arbre vivant, et le tout fut laissé en état pendant 7 ans. Les bois non préparés pourrirent assez vile : les pins de montagne en 3 ans, les sapinettes blanches en 4, les pins sylvestres et épicéas en 5 ou 6 ans Les autres furent examinés à la fin de l’expérience : on constata que les pièces d’exposition sud et les pièces enfoncées dans leur sens normal étaient en un état un peu meilleur que les autres. Parmi les produits employés en badigeonnage, les goudrons, les carbonyles, les créosotes et les peintures à l’huile donnèrent de bons résultats; les huiles contenant du cuivre 'es matières en suspension dans l’eau se montrèrent médiocres: les matières solubles dans l’eau eurent des effets variables et les peintures à base de caoutchouc furent satisfaisantes. L’immersion dans les goudrons, carhoüneums, créosotes, donna sensiblement les mêmes résultats que le badigeonnage avec les mêmes substances; le suhljmé au i/'io° fut excellent, le chlorure de zinc à 1 pour 100 excellent pour l’épicéa, moins bon pour le pin Toutes les méthodes d’injection, sauf celle au sulfate de cuivre à 1 pour 100, eurent de très bons effets. Enfin la carbonisation superficielle fut efficace pour l’épicé i. moins bonne pour le pm. En résumé, les goudrons, carbonyles et créosotes semblent les matières de choix à employer pour protéger les bois contre la pourriture.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- sçj> 'Électricité pratique
- Construction d’un petit transformateur. — La
- Nature a déjà exposé dans la Science appliquée les -avantages résultant de l’emploi de petits transformateurs abaissant la tension du courant alternatif des secteurs pour l’éclairage par lampes à bas voltage, le fonctionnement de sonneries ou de petits appareils, etc.
- Ces petits transformateurs se trouvent couramment dans le commerce; mais, comme ils sont d’un prix relativement élevé, l’amateur peut avoir intérêt à les cons -truire lui-même, ce qui ne présente aucune difficulté et réclame seulement un peu de soin et de patience.
- Les dimensions que nous donnons ci-dessous ne sont pas absolues, cependant on ne devra pas trop s’en écarter si l’on veut avoir un appareil fonctionnant bien.
- Les transformateurs, en effet, consomment toujours un peu de courant à vide, mais cette consommation doit être assez faible pour ne pas influencer les compteurs et, de plus, réchauffement qui se produit pendant le fonctionnement doit être aussi réduit que possible.
- Nous ne nous occuperons ici que du cas où l’on désire abaisser le voltage du courant; il serait aussi facile de construire un transformateur élevant ,1a tension du courant primaire, mais outre que ces hautes tensions n’offrent pas d’avantages usuels pratiques, elles présentent des dangers auxquels il est inutile de s’exposer.
- Commençons d’abord par la construction d’un transformateur abaissant la tension du secteur (que nous supposerons être du courant alternatif à no volts et 4a périodes, courant le plus usuel| à 28 ou 22 volts.
- Confection de la carcasse. —L’appareil se composera d’une carcasse en fer portant deux enroulements; cette carcasse qui constitue la partie la plus importante du
- transformateur peut affecter diverses formes dont voici les plus usitées :
- La carcasse que nous allons confectionner sera du modèle de la figure 3 qui nécessite moins de fer que les deux autres et présente moins d’encombrement.
- On découpe dans de la tôle mince de fer (et non d'acier) ayant, par exemple, o mm ^5 d’épaisseur, des pièces ayant la forme et les dimensions (fig. 4) exprimées en millimètres.
- Il faut découper un nombre suffisant de ces pièces pour arriver à former en les empilant l’une sur l’autre une épaisseur de 102 mm environ; cette pile forme un bloc de fer percé de deux trous carrés : c’est sur la partie centrale A de ce bloc que seront faits les enroulements ; mais, comme il serait difficile sinon impossible de mettre le fil autour de ce noyau, on confectionnera les enroulements séparément sur une bobine en carton et on placera ensuite les tôles comme nous 1 indiquerons plus loin.
- Confection de la bobine. —— On commencera par fabriquer une bobine rectangulaire en carton très- mince ayant la forme indiquée figure 5 et les dimensions suivantes :
- Fig. 4.
- Longueur du trou intérieur BC = n5 mm. Largeur — AB = 36 mm.
- Hauteur — — AD = 3() mm.
- Largeur uniforme des joues EF— 33 mm.
- On peut aisément la confectionner en trois parties : une bande (lig. 6) que l’on plie suivant les lignes indiquées et deux joues (fig. 7). Pour éviter les déforma-mations de cette bobine peu résistante, il sera bon de passer dans le trou central un morceau de planchette le remplissant entièrement et dépassant suffisamment de chaque côté pour pouvoir la manier plus facilement.
- On commencera par bien enduire sur toutes ses faces cette bobine de vernis isolant obtenu en faisant dissoudre 10 ou 15 parties de gomme laque blonde en écailles dans ioopar-ties d’alcool ordinaire. Une fois ce
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- Fig. Ü.
- verais bien sec on introduit dans le trou de la bobine le morceau de bois qui l’empêchera de se déformer et l’on procédera à l’enroulement : le fil du circuit secondaire étant plus gros c’est par lui que l’on commencera.
- On prendra du fil de cuivre de 2 mm de diamètre isolé par deux couches de coton dont on fera passer une extrémité par un petit trou t (fig. 7) percé dans l une des joues de la bobine et on laissera dépasser une longueur suffisante pour pouvoir établir les connexions dans la suite, soit environ 3o à 40 cm, puis on l’enrou-
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- lera bien régulièrement sur le noyau de la bobine en serrant les spires les unes contre les autres ; dès qu’une rangée sera terminée on passera une bonne couche de vernis à la gomme laque et on continuera de même jusqu’à ce que l’on ait mis 87 tours de fil si le courant secondaire doit être à 27 volts ou 71 tours seulement si l’on désire une tension de 22 volts. L’extrémité du fil passera dans un autre trou percé sur la joue de la bobine. On enveloppera cet enroulement de quelques tours de ruban mince bien serré puis enduit de vernis,
- de façon à le maintenir et à le séparer du circuit primaire que l’on va placer par-dessus; ce circuit se compose de 334 tours de fil de cuivre de 8 dixièmes de millimètre de diamètre isolé de deux couches de coton et qu’on vernira chaque fois qu’une rangée sera enroulée.
- Si les fils ont été enroulés avec soin, ils doivent tenir aisément sur la bobine que l’on achèvera en l’enveloppant de quelques tours de ruban mince bien serré et verni ensuite à la gomme laque de manière à bien maintenir les enroulements en place.
- Les quantités de fil nécessaires sont d’environ 3o à 35 m. de gros fil et 180 à 200 m. de fil fin.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- 11 ne reste plus qu’à placer la carcasse ; dans ce but, les plaques de tôle seront fendues suivant les lignes indiquées en pointillé (B, B, fig. 4), ce qui permet de les introduire une à une en repliant le métal (fig. 8) et en le remettant en place une fois la plaque posée. Dans cette opération, il faut mettre les parties fendues des plaques alternativement en haut et en bas de manière que chaque partie fendue se trouve placée entre deux parties pleines. De plus on intercalera de deux en deux une feuille de papier mince verni à la gomme laque, ce papier pouvant d’ailleurs être collé sur les plaques au préalable. Lorsque la dernière plaque sera mise en place, on rendra la carcasse rigide en serrant la partie supérieure et la partie inférieure entre des languettes de fer serrées par des boulons ; ces languettes (A, fig. 9) seront un peu plus longues d’un côté et repliées (B,fig. 9I afin de pouvoir fixer le transformateur sur une plaque de marbre, d’ardoise ou même de bois recouvert de carton d’amiante. Les extrémités du fil fin seront mises en connexion avec les fils du secteur en y intercalant toutefois un coupe-circuit avec un fusible pour 2 ampères et un interrupteur permettant d isoler le transformateur de la canalisation. Les extrémités des gros fils distribueront le courant à bas voltage qui sera amené aux lampes ou appareils d’utilisation et l’intensité débitée pourra s’élever jusqu’à 6 ou 8 ampères.
- Donnons pour terminer quelques indications pour la construction d’autres modèles de transformateurs; le
- bobinage et la mise en place des tôles découpées se feront de la même manière; seules la forme de l’appareil et les dimensions varient :
- Transformateur pour 27 volts.
- Dimensions clos plaques de tôle :
- AB i3o mm. EF 5o mm.
- BG i3o mm. FG 40 mm.
- DE 5o mm. DH 40 mm.
- (Pour la mise en place les tôles sont fendues suivant la ligne indiquée en pointillé figure 10.)
- Plaques en nombre suffisant pour arriver à une épaisseur (MN) de 4° mm.
- Nombre de tours du gros fil (secondaire) de la bobine : 177 tours en fil de 2 mm de diamètre; fil fin .(primaire) : 680 tours en fil de o mm 8 de diamètre. Intensité maxima à consommer à 27 volts : 8 ampères.
- Transformateur pour réduire le courant a 5 volts.
- AB = 85 mm. Epaisseur totale des tôles 27 mm.
- BC = i3o mm. Enroulement secondaire 35 spires en fil de 0 mm 8.
- DE = 25 mm.
- EF = 5o mm. Enroulement primaire 680 spires en fil de o mm 4-
- FG = 3o mm.
- DH = 3o mm.
- Dans tous ces transformateurs l’enroulement secondaire peut être fractionné afin de donner du courant à diverses tensions. Par exemple, avec l’enroulement indiqué plus haut et comportant 87 spires, on peut mettre un fil de dérivation à la 29e et à la 58° spire, ce qui.permet d’avoir des tensions de 9, 18 et 27 volts.
- Indiquons enfin un moyen simple de mesurer avec une approximation assez grande le diamètre des fils de cuivre : ce moyen consiste à enrouler autour d’un objet cylindrique quelconque, manche de. porte-plume, tige de fer, etc., le fil à mesurer, une vingtaine de spires que l’on serre fortement les unes contre les autres ; il est facile alors de voir la largeur occupée par ces 20 spires à l’aide d’un décimètre ordinaire à un demi-millimètre près : en divisant le nombre trouvé par 20 on a le diamètre du fil avec une approximation de i/4oe de millimètre.
- **_> Microscopie ^
- Nouvelle chambre humide pour l’examen microscopique. — Il existe de nombreux procédés pour l’examen microscopique entre lame et lamelle d’objets qui seraient déformés ou écrasés par le poids de la lamelle. L’examen en goutte pendante résout le problème, mais a l’inconvénient de n’être pas utilisable pour tous les objets et de montrer aux forts grossissements des phénomènes de réflexion et de réfraction souvent gênants. La chambre humide de Ranvier remédie à ce dernier inconvénient, mais elle ne permet d’obtenir qu’une seule épaisseur de liquide toujours la même, o mm 1. En employant des cales en papier ou en feuilles d’étain, on peut faire varier la distance entre la lamelle et la lame,
- mais on sait combien l’usage de ces cales est incommode par suite de leur manque de fixité.
- M. Legendre vient de décrire dans les Comptes rendus de la Société de biologie un tour de main très simple qui rendra service aux micrographes observant des objets à l’état frais.
- La lamelle, nettoyée, est saisie avec une pince, et l’on présente successivement ses quatre coins à la flamme veilleuse d’un bec Bunsen. Les coins se ramollissent, se courbent et forment quatre petites boules de verre qu’on peut obtenir de même grosseur en chauffant chaque extrémité de la lamelle pendant le même temps. Un peu d’habitude permet d’obtenir des boules de l’épaisseur que l’on désire. La lamelle ainsi préparée repose sur la lame seulement par ses quatre extrémités; la goutte de liquide baignant la préparation s’étale parfaitement et se trouve retenue- par capillarité sur les bords sans mouiller la lame en dehors de la lamelle. L’objet flotte librement dans cette chambre humide sans être comprimé.
- Objets utiles
- La grille merveilleuse. — Voici un petit objet d’apparence inoffensive qui a été imaginé pour la satisfaction des fumeurs de pipe. Tous les amateurs savent combien l’aspiration de la nicotine est désagréable et quels ennuis présente le nettoyage du fourneau qui s’impose assez fréquemment. Pour éviter ces petits
- La grille et sa mise en place dans la pipe.
- désagréments, il suffit d’introduire dans le fond de la pipe la petite grille que représente notre gravure; elle empêche le tabac de s’accumuler dans le fond, de se charger de nicotine et celle-ci d’arriver jusqu’à la bouche du fumeur. On l’enlève facilement par sa chaînette, on la nettoie et on la remet en place. — La grille merveilleuse est en vente aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris, au prix de o fr. 3o.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- AVRIL-MAI-JU1N 1914.
- Les heures sont données en temps moyen légal
- compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le Soleil atteindra sa plus forte déclinaison boréale le 22 juin prochain, à 6h55ra. Ce moment est celui du solstice d’été. On sait qu’à cette époque les jours sont les plus longs de l’année. A Paris même, au moment du solstice, la nuit n est jamais complète, il reste, dans la direction du Nord, à minuit, un léger crépuscule, car le Soleil n’est pas abaissé de x8° sous l’horizon.
- Cette année, le solstice coïncidera, à un jour près, avec la Nouvelle Lune. Si donc on a la bonne fortune d’avoir un ciel très pur et de se trouver loin d’une ville, on pourra très bien observer ce crépuscule de minuit. On pourra le suivre sans interruption du soir au matin, se déplaçant lentement du Nord-Ouest au Nord-Est, après être passé juste au Nord au milieu de la nuit.
- Le Soleil est toujours dans une période peu active. Une tache est apparue en mars dans une latitude très élevée, ce qui est souvent le signe d’une reprise de l’activité solaire et le début d’une nouvelle période. On ne peut encore affirmer que le minimum est dépassé; mais alors il se prolongerait d'étrange façon? L’observation continue du Soleil s’impose, car on doit s’attendre à présent à la production de taches importantes.
- Une grande tache est apparue au bord du soleil le 31 mars.
- IL — PLANÈTES
- Mercure traverse, pendant ce tiûmestre, les constellations des Poissons, du Bélier, du Taureau et des Gémeaux. Il sera à sa plus longue élongation du Soleil le 7 avril, à '27° 43’ à l’Ouest du Soleil, visible comme étoile du matin et, de nouveau, à sa plus grande élon gation le 19 juin, à 24° 52' à l’Est du Soleil, visible, par conséquent, comme étoile du soir. L’élongation du 7 avril est la plus grande de l’année, c’est aussi une des plus favorables pour l'observation de la planète. On pourra rechercher Mercure 5 ou 6 jours avant ou après ses élongations, mais ces délais sont parfois très étendus, selon la position de Mercure par rapport au Soleil et, naturellement, suivant les conditions atmosphériques.
- Le diamètre de Mercure sera de 7",g le 5 avril, de 5",3 le 5 mai, de 6",3 le 6 juin et 9",4 le 26 juin.
- Vénus, après être passée en conjonction inférieure avec le Soleil le 11 février 1914, s’est peu à peu écartée de cet astre et sera visible le soir. Pendant ce trimestre, elle traversera les constellations des Poissons, du Bélier et du Taureau. Elle se couchera de plus en plus tard après le Soleil : ih iom le 5 avril; ih 56m le 5 mai; 2h 17111 le 6 juin. Diamètre de Vénus, le 5 avril, 10", 1; le 5 mai, 10",7 ; le 6 juin, n",g; le 26 juin, 12",9.
- Vénus sera en conjonction avec la Lune, le 26 juin, à 9 heures, à o046/ Sud. Le lever de Vénus, le 26 juin, ayant lieu à 6h 34™, le phénomène sera visible en plein jour et sera très curieux à suivre.
- Mars, dans les Gémeaux, sera en quadrature orientale le ri avril. Son diamètre diminue peu à peu (7",4 le 5 avril; 6",o le 5 mai; 5",i le 6 juin) de sorte que les observations, avec de petits instruments, se borneront à satisfaire la curiosité. La planète sera visible le soir, se couchant de plus en plus tôt : à 2h 28™, le 5 avril; à ih gm le 5 mai ; à a3h 43m, le 6 juin.
- Jupiter, dans la constellation du Capricorne, se lève de plus en plus tôt : 3h3im, le 5 avril; xh 43m, le 5 mai; 231' 43m, le 6 juin; 22h24m, le 26 juin. Il sera en quadrature occidentale le 12 mai. Diamètre de Jupiter aux mêmes dates : 35",2; 38",4 ; et 45", 1.
- L’étude des variations de la surface de Jupiter est du plus haut intérêt et peut être entreprise avec des instruments moyens (om,io8 au moins). L’observation des mouvements des satellites est une excellente leçon de cosmographie, ces satellites figurant une sorte de système solaire en miniature Nous renverrons pour l’observation des phénomènes que produisent ces satellites passant devant ou derrière la planète, ou dans son ombre, etc., à ce que nous en avons dit aux précédents
- Bulletins. On trouvera un tableau des configurations des satellites de Jupiter dans Y Annuaire astronomique de M. Flammarion (p. 107, édition de 1914b et une liste des phénomènes principaux (p. i35 à i3g). Le 11 mai, de 5h 49“ à 7h im, disparition des quatre satellites de Jupiter.
- Saturne, dans le Taureau, sera dans de mauvaises conditions de visibilité pendant ce trimestre. Il se couche en effet de plus en plus tôt : 23h36m le 5 avril, 2ih 54mle 5 mai.
- On pourra l’observer en avril, très près de l’horizon, et les images seront peu satisfaisantes. Diamètre équatorial du globe de Saturne, le 5 avril, 17",3; le 5 mai, 16", 7.
- Uranus, dans le Capricorne, est visible dans la seconde partie de la nuit. Il sera en quadrature occidentale le 2 mai. Il sera constamment, pendant ce trimestre, à moins de un demi degré de l’étoile 21 du Capricorne, à l’Ouest, puis à l’Est de cette étoile. Dans une lunette de force moyenne, Uranus apparaît comme une étoile bleuâtre de 6e grandeur, avec un très petit disque de 4" environ de diamètre. On trouvera Uranus au moyen des deux cartes de Y Annuaire astronomique, ou encore, au moyen de ses coordonnées célestes, que nous donnons ici :
- DATES
- S avril. .
- 5 mai . .
- 6 juin . .
- LEVER ASCENSION DROITE
- 5 li. 19 m. 20 h. 54 m.
- 1 li. 23 m. 20 h. 57 m.
- 25 h. 57 m. . 20 li. 56 m.
- DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- — 18° 6' 5”,7
- — 17° 56' 3",8
- — 17° 59' 5",9
- Neptune, dans les Gémeaux, à un demi-degré environ au Nord de l’étoile 85 Gémeaux, sera en quadrature orientale le 16 avril. On pourra observer cette planète en avril et mai. Elle se couche de plus en plus tôt, comme on le voit dans le tableau ci-dessous, où nous donnons, en outre, les positions sur le ciel :
- DATES COUCHER ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 5 avril. . . 2 li. 52 m. 7 h. 49 m. -t- 20° 39' 2'',3
- 5 mai . . . 0 li. 35 m. 7 li. 50 m. -4- 20° 57' 2",2
- 6 juin . . . 22 h. 52 m. 7 li. 53 ni. + 20° 50' 2'',2
- Cette planète apparaît comme une étoile de 8e grandeur; dans un instrument assez puissant, on distingue un petit disque bleuâtre. Avec de très forts instruments et une atmosphère exceptionnellement ca'me, le disque apparaît traversé de plusieurs bandes parallèles, étroites, révélant une rotation. Ces bandes ont été signalées par plusieurs astronomes (See, Jarry-Desloges, G. Fournier).
- [III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions :
- Le 19 avril, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 0 h., à 1° 50' N.
- Le 24, Saturne en conjonction avec 1 Taureau (gr. 4,8), à 23 h., à 0° 5' S. Le 2 mai, Mars en conjonction avec la Lune, à 9 h., à 1" 57' S.
- Le 16 mai, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 1° 13' N.
- Le 16 mai, Vénus en conjonction avec Saturne, à 14 h., à 2° 10' N.
- Le 27 mai, Vénus en conjonction avec la Lune, à 9 h., à 5° 21' S.
- Le 30 mai, Mars en conjonction avec la Lune, à 17 li., à 0° 42' S.
- Le 12 juin, Uranus en conjonction avec la Lune, à 4 h., à 1° 48' N.
- Le 13 juin, Jupiter en conjonciion avec la Lune, à 1 h., à 0°43' N.
- Le 25 juin, Mercure en conjonction avec Neptune, à 23 h., à 0°11' S,
- Le 26 juin, Vénus en conjonction avec la Lune, à 9 h., à 0° 46' S.
- Le 28 juin, Mars en conjonction avec la Lune, à 4 h., à 0° 36' N.
- Occultations de planètes et d’étoiles par la Lune.
- — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- 7 DATES avril. . . ASTRE OCCULTÉ GRANDEUR a Lion (Régulus). 1,3 COMMENCEMENT 5 h. 50 m. FIN 4 li. 19 m.
- 29 — 1818 B. A. C. 5,6 19 h 19 m. 20 h. 18 m.
- 29 — 136 Taureau. 4,6 20 h. 56 m. 21 h. 19 m.
- 4 mai . . p Lion. 4,0 25 h. 16 m. Appulse àl',7
- 5 49 Lion. 5,7 0 h. 18 m. du bord. 1 h. 14 m.
- 14 — 6666 B. A. C. 5,7 1 h. 18 m. 2 h. 30 m.
- 17 — i Verseau. 4,4 1 h. 50 m. 2 h. 57 m.
- 30 MARS 17 h. 13 m. 18 h. 23 m.
- 51 — a . ion (Régulus). 1,0 16 h. 55 m. 18 h. 9 m.
- 4-5 juin. . . 83 Vierge. 5,7 23 h. 46 m. Oh. 8 m.
- 10 — x Sagittaire. 3,5 3 h. 3 m. 4 h. 12 m.
- 13 — 5 Capricorne, c Verseau. 2,9 0 h. 21 m. 0 h. 58 m.
- 13 — 4,8 22 h. 49 m. 23 h. 47 m.
- 20 — 47 Bélier. 5,8 0 h. 58 m. 1 h. 24 m.
- 21 — 28 Taureau. 5,2 1 h. 8 m. 1 h. 51 m.
- 27 — u Lion. 5,0 18 h. 59 m. 19 h. 49 m.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Nous attirons spécialement l’attention des observateurs sur l’occultation de Mars du 3o mai. La Lune sera à l’avant-veille du premier quartier; Mars disparaîtra par le bord obscur de la Lune et réapparaîtra du côté éclairé. Le phénomène se produira en plein jour, mais pourra être suivi avec un petit instrument. De même l’occultation de Régulus, du lendemain 3i mars.
- Etoiles filantes. — Du 19 au 22 avril, chute des Lyrides. Radiant : 104 Hercule.
- Du i’r au (5 mai, chute des Aquarides. Radiant : r\ Verseau.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) :
- 8 avril (20 h. 10 m ). Em. Touchet.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Piège à insectes. — L’ingénieux dispositif imaginé par M. Noël, et décrit dans son récent ouvrage : Ce que j’ai vu chez les bêtes, est très facile à construire par tout ami des petits travaux manuels; il revient à un prix
- très bas, il permet au collectionneur de faire sans peine un précieux butin, et au jardinier de détruire force parasites. Autant de bonnes raisons pour que nous reproduisions ici la description de M. Noël.
- Le piège est formé d’une sorte de petite armoire, facile à confectionner avec quelque emballage. Toutes les parois latérales sont percées de quelques trous répartis à volonté un peu partout ; et une des parois forme porte (V.fig.). Ouvrons cette porte en poussant la petite targette de côté : nous voyons que chaque trou est garni à l’intérieur d’une sorte de tronc de cône en fine toile métallique ; nous voyons qu’au
- centre de la boîte est ménagé un compartiment fermé par des toiles métalliques. Dans cet espace central sont fixés deux rouleaux guidant une bande de tissu : le rouleau du haut porte une petite manivelle servant à faire circuler la bonde, le rouleau inférieur est rni-plongé dans une auge pleine d’un sirop épais formé de miel ou de mélasse.
- Exposons la boîte dans le jardin : les insectes de toutes sortes perçoivent aussitôt de très loin l’alléchante odeur du miel : ils accourent à tire d’aile. Ils pénètrent par les trous, mais se heurtent à la cloison treillagée interne. Gênés pour sortir par les trous de cône ajourés, affolés par l’obscurité, les heurts, ils ne parviennent pas à sortir de la geôle et s’y accumulent jusqu’à ce qu’on ouvre la porte pour les recueillir dans un grand sachet de tissu; on peut ensuite les détruire en masse, ou y chercher des spécimens à collectionner.
- Il suffit pour remettre le piège en activité de tourner un peu la manivelle, ce qui provoque une imprégnation sucrée du tissu.
- Un conseil : les premiers jours, si quelque ruche se trouve, dans le voisinage du piège, on trouvera des milliers d’abeilles emprisonnées. Il suffit de relâcher les butineuses : dès le quatrième jour, leur expérience, sans doute colportée par toute la ruche, est telle qu’aucune abeille ne viendra plus se faire prendre.
- BOITE AUX LETTRES
- Q0L
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. P. Giret, à Charon. — Colin, fabricant d’instruments de chirurgie, 6, rue de l’Ecole de-Médecine, Paris.
- M. Déroché, à Esternay. — a) Ce lubrifiant pour canon de fusil est fort probablement une huile additionnée de savon en solution alcoolique ; mais on ne peut rien affirmer sans analyse. — b) Vous trouverez plusieurs recettes de zincage non électrolytique dans le volume Coloration des métaux, p. 226-227 (Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins, 3 francs).
- M. A. V. M. — On désodorise fort bien les huiles d’olive de basse qualité, mais par des procédés tout à fait industriels. Pour renseignements à ce sujet, vous adresser au Service de l’oléiculture, de Marseille, dépendant du Ministère de l’Agriculture.
- M. Proust, à Saint-Mandé. — Vous trouverez par les Recettes de l'Atelier une recette pour préparer l’encre à stylo genre Waterman (3 francs le volume relié, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain).
- M. Didier, rue Chardon-Lagache, à Paris. — Plusieurs recettes, que nous avons vérifiées au Laboratoire de la Nature, sont données p. 207, des Recettes de la Maison, pour enlever les taches de sels d’argent (3 francs le volume relié, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain). — Pour conserver frais les aliments pendant les chaleurs, le mieux est d’avoir un petit garde-manger à double paroi contenant de la glace, du type employé chez tous les charcutiers par exemple.
- M. l’abbé Thibault, Les Maillys. — Des indications
- très complètes pour fabriquer soi-même de petites piles sèches sont données p. 122 à 126 des Recettes de l’Atelier (Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain, 3 francs relié).
- M. Bonenfant, à Monimtone. — 1° Pour empêcher le cidre de durcir et de s’acétifier, il faut d’abord le soutirer de sa lie dans un tonneau très propre et bien méché, puis, s’il est destiné à la garde, y mélanger tous les mois, par hectolitre, i5o gr. de sucre blanc dissous à chaud dans son poids de cidre ou d’eau potable et fermer le tonneau avec une bonde hydraulique ou un fausset aseptique. Si on doit le consommer de suite en le tirant deux fois par jour à la pièce, on y ajoute une seule fois 200 gr. de sucre, par hectolitre ; on verse à la surface, pour ce volume, 3o gr. d’huile d’olive ou de vaseline pure et l’on bonde comme il a été dit. 20 Si le fût n’est que piqué, il faut le nettoyer à l’eau froide:, puis y verser une solution bouillante de cristaux de soude au i/ioe en quantité suffisante pour que les parois soient bien imprégnées et lavées; laisser 24 à 36 heures en contact, rouler plusieurs fois par jour, puis vider et rincer à grande eau froide, soufrer fortement et bouder complètement. Quand le fût possède une mauva se odeur tenace, le remède le plus actif est de le traiter au chlorure de chaux du commerce. Introduire une mixture de 200 gr. de ce corps dans to litres d eau, verser dessus un demi-litre d’une solution d’acide sulfurique au 1/20®, bonder rapidement et hermétiquement, rouler pendant 10 minutes, laisser en contact quelques heures, vider et laver à grande eau jusqu’à ce que toute odeur de < hlore ait disparu. Eviter de respirer les vapeurs. Assaisonner le tonneau avec du cidre bouillant avant de s’en servir à nouveau.
- Abonné 2485. — Il ne suffit évidemment pas de remplacer un spiral acier par un spiral palladium pour avoir une montre non magnétique. Le spiral palladium n’em-
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- BOITE AUX LETTRES
- pêche pas les autres pièces acier de l’échappement d’être influencées : lame acier du balancier, ancre, plateaux, roue d’échappement. En réalité il est très difficile, sinon impossible, de constituer une montre non magnétique avec des pièces d’acier à l’échappement et l’acier est difficilement remplaçable. On atténue — si on ne supprime pas — l’influence des actions magnétiques en enfermant le mouvement de la montre dans une boîte en fer doux. Cette boîte constitue un écran paramagnétique. On trouvera des renseignements sur ce sujet et sur la désaimantation des montres dans les Bulletins chronométriques de l’Observatoire de Besançon pour les années 1905, 1906, 1907, publiés par Lebeuf, directeur de cet Observatoire.
- M. L. D., à Montreuil. — Pour vulcaniser le caoutchouc à froid, on emploie la méthode Parkes. On plonge pendant 1 à 2 minutes les objets à vulcaniser dans du sulfure de carbone anhydre et pur contenant en dissolution 2,5 pour 100 de chlorure de soufre. On enlève, on fait sécher à 25°, on donne un nouveau bain d’une minute, on lave, puis on fait sécher. Le procédé ne convient bien que si le caoutchouc est en pièces peu épaisses.
- M. X., à Y. — Nous ne croyons pas qu’il soit dangereux d’employer le produit à teindre les moustaches : il entre d’ailleurs dans la composition de certaines teintures pour cheveux.
- M. le Dr Ph. Cliaslin, rue de Rennes, à Paris. — Le nouvel engrais de vinasses peut être employé sur toutes sortes de plantes, à doses variant de 25 à 75 gr. par mètre carré. Pour en avoir par petites quantités, vous pourriez demander un postal échantillon aux fils de De-rôme, à Bavay (Nord).
- M. C. Riche, à Paris. — i° Il ne peut y avoir de danger qu’en cas d’orage; la mise à la terre hors du poste s’impose. 20 Non, car elles constituent un danger. 3° Nous ne croyons pas que les compagnies d’assurances se soient intéressées à la question. 40 Pour éviter les décharges on emploie les parafoudres (un plomb fusible peut être suffisant). 5° Oui. 6° Inutile d’enterrer le fil. 70 Une antenne horizontale de 100 m. Oui, pour le cerf-volant. 8° Le réglage seul peut vous renseigner. 90 Oui, elles sont bonnes; les enchâsser dans un culot de plomb. io° L’article sur le relais Tauleigne a dû vous renseigner. ii° Demandez à Ducretet la notice sur le Haut-Parleur (75, rue Claude-Bernard).
- Marquis de Binos, à B. — i° L’utilité d’un parafoudre ne nous paraît nullement démontrée; le mieux est de mettre l’antenne à la terre hors du poste. L’isolement parfait de l’antenne est toujours indispensable; 20 Si vous disposez d’un terrain humide la dimension des plaques de fonte, de zinc ou de cuivre, de rubans sont de peu d’importance. Si vous utilisez des fils, déve-loppez-les en réseau assez étendu. Evidemment votre schéma est bien établi et le parafoudre protégera votre poste. Pas de distance requise entre les murs, les arbres et les fils. Si vous traversez un mur utilisez un manchon de porcelaine ou de verre pour y faire passer votre fil d’antenne. — Nous ferons tout ce qui sera possible pour donner satisfaction à nos lecteurs, en tenant compte de leurs désirs et des observations qu’ils sont à même de faire eux-mêmes. Les questions qui vous intéressent personnellement seront donc traitées, aussi complètement que possible, au cours de nos chroniques. Remerciements pour vos flatteuses appréciations.
- M. Hervé, à Y. — Pourquoi trois isolants pour un seul fil d’antenne ? Deux, un à chaque extrémité, suffisent. Yous avez de l’induction à la fois par votre terre qui n’est certainement pas très bonne (une conduite d’eau conviendrait mieux) et par votre antenne. Vous êtes donc placé dans de moins bonnes conditions que vous le supposez. Pour éviter cette induction il conviendrait de relever votre antenne, si vous pouvez le faire, à une dizaine de mètres au-dessus des circuits avoisinants et en prenant une meilleure terre. Nous vous conseillons aussi de placer un cordensateur entre les bornes de votre récepteur. Ce condensateur peut être fait de feuilles de mica et de papier d’étain alternées ou dix tubes de 1 cm de diamètre fixés les uns à côté des autres sur une planchette et réunis en série. Un seul gros tube dans lequel coulissera à frottement doux un second tube recouvert de papier paraffiné vous donnera également un condensateur suffisant et réglable par la pénétration du petit tube dans le grand. Votre installation étant modifiée comme nous venons de vous l’indiquer, vous recevrez certainement les grands postes belges et anglais. Pour la fabrication des cerfs-volants consultez l’ouvrage de M. Lecornu, à la librairie Nony, 63, boulevard Saint-Germain.
- Abonné 2857-15 t j. — Le prix de l’ouvrage de M. Ma-riens sur la T. S. F. est de 2 francs ; celui de M. Perret-Maisonneuve, 7 francs.
- M. A. Figon, à P. — Non, un détecteur à cristal ne peut actionner un relais précisément parce qu’il ne comporte pas de pile.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les mouches aux >eux d’or : JR.enk Merle. — La télégraphie acoustique par la sirène électrique Blériot : Lucien Fournier. — Le Musée du Conservatoire national des Arts et Métiers et les récents progrès de la section métallurgique : Léon Guillet. — Une nouvelle théorie physiologique : Les constantes cellulaires : I. Meyerson. — Curieux résultats d’une tempête.
- Supplément. — Nécrologie : J. Houston. — Influence des matières étrangères sur l’activité des catalyseurs. — Au sujet de l’azote actif. — Dispositif de signalisation pour les monte-charge électriques. — L’aviation au Japon. — Ce que nous coûtent les parasites des végétaux. — Les animaux qui vivent sans boire. Une invasion dans les pots à confitures, etc.
- lé automobile à la portée de tout le monde. Exposé simple et pratique du mécanisme d’une voiture automobile, par Maurice Sainturat, ingénieur civil, 2° édition, revue et augmentée, par H. Petit, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, secrétaire de rédaction de La Vie automobile, album in-4° oblong (35,X25) de 58 pages, avec 5i figures schématiques et 3 planches en couleurs comprenant 5 modèles démontables (1914). H. Dunod et E. Pinat, édit., 47 et 49. quii des Grands-Augustins; Paris, 6e. Prix : cartonné i3 fr. 5o.
- L’ouvrage de MM. Sainturat et H. Petit met réellement la description de l’automobile à la portée de tout le monde. L’ouvrage débute par un court historique
- indiquant les origines de la voiture automobile, puis étudie successivement le moteur, les carburateurs, l’allumage, le graissage, le refroidissement, les embrayages, le changement de vitesse, la transmission, le différentiel, la direction, les freins, le châssis, les roues, les essieux, les ressorts, la carrosserie. Un chapitre spécial est consacré au moteur sans soupapes. L’illustration est constituée dans le texte, par des dessins schématiques parfaitement clairs et accompagnés de légendes explicatives détaillées, hors texte par trois planches en couleurs démontables, permettant de voir dans tous ses détails, l’agencement interne de la voiture et, en quelque sorte, de disséquer cette dernière.
- Statistique et atlas des forêts de France, par M. Lucien Daubrée, t. II, in-folio, Ministère de l'Agriculture, Imprimerie Nationale, 1912.
- Le tome II et le dernier de cette belle publication vient de paraître (mars 1914) avec la date de 1912. Il contient les départements de Maine:et-Loire à l’Yonne. Nous rappelons que l’ouvrage comprend, pour chaque département, une matière descriptive des bois et forêts et une carte très claire (32ooqo° de l’Etat-Major) montrant en deux couleurs la répartition des forêts soumises au régime forestier et des forêts non soumises à ce régime. La surface totale des premières
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- est de 3148071 hectares produisant annuellement 7437632 m3 de bois d’œuvre, et de feu; celle des secondes est de 6 738 63o hectares produisant 16066079 m5. En tout 9886701 hectares de bois et forêts en France.
- Le petit atelier de Vamateur, par Pn. Marot. i vol.
- . in-4° couronne de 3oo pages, relié, 7 fr. 5o. Publications Oinnia, 34, rue Pergolèse, Paris, 1914.
- M. Marot enseigne à l’amateur le travail manuel, et lui en donne le goût. Le Petit Atelier constitue un guide précieux, en ce qu’il évitera à ses lecteurs de faire eux-mêmes, à leurs dépens, un apprentissage parfois rebutant.
- Guide-Manuel pratique de Vouvrier électricien, par H. de Graffigny, 4° édition refondue, 1 vol. in-12, 390 lig. H. Desforges, éditeur, Paris, 1914. Prix : 6 fr. 5o.
- La 4° édition du Manuel de l’ouvrier électricien comme les précédentes est de lecture aisée et accès sible à tous. Elle a été tenue au courant des récents progrès accomplis dans le domaine industriel de l’électricité.
- Réglementation, assurances et transports (Bibliothèque de l’Office central de l’acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris, 1 brochure de 64 p. (0,16x0,24). Prix : 1 franc.
- L’état actuel du développement des industries du carbure de calcium, de l’acétylène, de la soudure autogène et de tout ce qui s’y rattache, nécessite une connaissance parfaite des questions de réglementation, assurances et transports en la matière. Le but de cette brochure est de remplir le rôle d’informateur et de faciliter la connaissance parfaite et complète des droits et devoirs de chacun en matière de réglementation, d’assurances et de transports.
- L’esthétique de la lumière, par Paul Souriau, in-8% 439 p., 76 fîg., Hachette, éditeur, Paris, igi4> Prix : 10 francs.
- Excellente analyse des sentiments esthétiques que procurent la lumière et les couleurs. Les sensations de clarté et de colorations, leurs harmonies et leurs contrastes, les effets du clair obscur, les actions diverses des éclairages sont finement exprimés et conduisent l’auteur à étudier la lumière en peinture : effets de nuit, d’intérieur, de plein air, et la lumière au théâtre. L’ouvrage se termine par une étude de l’expression de la lumière, bienfaisante, stimulante, dynamique, source de joie.
- Carnet d’enregistrement des dépêches météorologiques transmises par la T. S. F., avec instructions pratiques pour la lecture et la traduction de ces dépêches. Geisler, éditeur, Paris, 1913. Prix : 1 franc.
- Ce carnet permet aux amateurs de s’initier eux-mêmes méthodiquement à l’enregistrement des dépêches de T. S. F. Ils y trouvent de plus tous les renseignements pratiques indispensables.
- The Fertilily of the Soil, parE.-J. Russel. In-18, 128 p., 9 fig., Cambridge University Press. Prix cartonné :
- 1 sh.
- Suite de leclures populaires sur les conditions physiques et chimiques de la fertilité du sol et les moyens de l’augmenter.
- The Life-Story of Insect, par G.-H. Carpentier. In-18, i34 p., 2.3 fig., Cambridge University Press. Prix : cartonné 1 sh.
- Bonne et courte esquisse des métamorphoses des insectes.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- cxt
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur ; altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES •
- Lundi 30 mars 1914 . 5°,S S. 2. Beau. s Gelée blanche ; nuageux : brume.
- Mardi 51. • 7°, 4 S. S. E. 2. Peu nuageux. B Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 1" avril. . 10°,3 S. S. E. 2. Nuageux. » Rosée; peu nuageux: halo solaire et. lunaire.
- Jeudi 2 1U°,1 S. 2. Nuageux. » Rosée: nuageux; halo: brume.
- Vendredi 3 10°,0 N. N. E. 3. Nuageux. ï> Rosée : ]iou nuageux.
- Samedi 4 S°,0 S. W. 2. Très nuageux. 2,3 Rosée: très nuag. ; jd.do 8 h. 45 à 10 h. 10 el de 13 h.23 à 14 h. 10.
- Dimanche 5 7°,3 S. 3. Beau 6,8 Couvert ; pluie de 3 b. 40 à 8 b. 33 et de 9 b. 40 à 11 b. 13.
- MARS-AVRIL 1914. — SEMAINE DU LUNDI 30 MARS AU DIMANCHE 5 AVRIL 1914.
- Samedi
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes dit milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre A l'abri à boule mouillée.
- Phases de la Lune : Premier Quartier le 3 avril à 7 h. 41 m- du soir.
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- LA IN Al URL
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL. HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à 1 École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène rmbliaue.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : «o, Boulevard Saint-Germain, Taris (Y7e)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2134. — 18 AVRIL 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Fernand Forest. — Fernand Forest, l’inventeur bien connu du premier moteur à explosions, vient de mourir à Monaco, pendant qu il participait au meeting de canots automobiles. Le 12 avril, il sortait du port sur son canot la Gazelle, une embarcation datant de 1888, la première qui ait été munie d’un moteur à explosions à quatre cylindres ; on le ramena à terre mourant.
- Né en 185 i à Clermont-Ferrand, Forest, simple ouvrier mécanicien, eut le génie des inventions de machines; la pins belle et la plus célèbre fut celle du moteur à explosions qui date de 1882; successivement il lit breveter un moteur à 4 cylindres, à soupapes commandées, à allumage par magnéto, à chauffage de l’air d’admission et à refroidissement par circulation d’eau qui est le modèle presque inchangé de tous les moteurs d’automobiles, d’aéroplanes et de canots actuels. Malheureusement, ses inventions vinrent trop tôt et les brevets étaient déjà tombés dans le domaine public quand ils reçurent toutes leurs applications.
- Nouvelle comète Kritzinger (1914 a). — La première comète de l’année vient d’être découverte par M. Kritzinger, astronome de l’observatoire de Bothkamp, le
- 29 mars, entre les constellations d’Ophinclms et du Serpent. Cette comète serait, d’après la dépêche de M. Kritzinger, de 90 1/2 grandeur et montrerait nde queue. Une observation de M. Palisa, de Vieone, faite le
- 30 mars, lui assigne un éclat plus faible (120 grandeur). M. H. Kobold, dans la circulaire 145 de 1 Observatoire central de Kiel, donne une première orbite calculée sur trois observations des 29, 3o et 3i mars. Le passage au périhélie, d’après ce calcul, aurait lieu le 31 mai prochain, et la comète augmente d’éclat. Elle monte presque directement vers l'hémisphère nord.
- Variation des latitudes. — L’étude de ce troublant problème se poursuit dans diverses stations internationales ; et généralement, pour la discussion des résultats, on les groupe par dixièmes d’année.
- , Ce procédé a l’inconvénient de faire totalement disparaître les variations à très courtes pério les et c’est peut-être là qu’il faut trouver une des origines des discordances qui persistent malgré tous les efforts. Schumann avait déjà tenté d’utiliser les observations faites dans les six stations internationales pour mettre en évidence des fluctuations rapides de la latitude; G. Boccardi, le très habile directeur de l’observatoire de Turin, vient de reprendre la. question d’encore plus près; muni d’observations dont l’erreur probable ne dépasse guère o",o4, faites .presque journellement, groupées de 3 jours eu 3 jours, Boccardi a pu réaliser des diagrammes qui mettent eu évidence des ondulations dans la latitude, .avec des amplitudes de o",2o à o",35, dune durée de 18 à 20 jours. C’est là un point tout nouveau et capital ;
- sa vérification définitive entraînera la modification de tout le plan des observations internationales, et il semble bien que de telles anomalies puissent êlre rapportées aux actions lunaires.
- Le convertisseur à vapeur de mercure et la traction électrique. — On sait (voy. n° 2126) les progrès accomplis par les convertisseurs Cooper-Hexvitt à vapeur de mercure. Ces instruments transforment aujourd’hui très simplement et avec un bon rendement le courant alternatif en courant continu. Depuis qu’on a réussi à les construire en récipient métallique, ils se prêtent aux applications les plus diverses. L’une des plus carieuses, des plus révolutionnaires en apparence, et en tout cas des plus riches en promesses dapplieà-tions pour l’avenir, est en cours d’expérience aux Etats-Unis ; c’est l’emploi de convertisseurs à vapeur de mer^ cure sur les locomotives électriques. On sait que le moteur électrique à courant continu est le moteur de traction idéal; par contre, c’est sous la forme de courant alternatif que l’électricité se prèle le plus simplement et le plus économiquement aux distributions à grande dislance. L’iléal serait donc d’amener le courant alternatif aux locomotives et de le transformer sur la machine même en courant continu. Le convertisseur à vapeur de mercure dépourvu de tous organes mobiles se prête particulièrement bien à ce rôle, la Pensylvania Rail-road C°, le New-York-New-lJaven and Hartford et la Westinghouse Electric and Mauufacluring C° se sont associés pour construire et expérimenter une locomotive munie de convertisseurs à mercure. La machine a 4 moteurs de 225 chevaux. Elle est actuellement en service sur les lignes de la New-llaven C° et les résultats paraissent satisfaisants.
- Le projet d’électrification du chemin de fer du Saint-Gothard. — Le conseil d’administration des chemins de fer fédéraux suisses a récemment consenti un crédit de 38 5ooooo francs pour l'électrification de 1 importanie ligne du Saint-Gothard. On sait que cette ligne qui, après avoir longtemps appartenu à une compagnie privée, est depuis quelques années incorporée dans le réseau fédéral suisse assure les relations d’une importante partie de l’Europe septentrionale et centrale (Allemagne, Belgique, Hollande, nord-est de la Fiance, Suisse septentrionale et centrale) avec l’Italie, Tous les trains destinés à cette ligne convergent vers Bâle; puis ils sont dirigés sur Lucerne, d’où part la ligne du S >int-Gothard proprement dite. Cette ligne, après un léger crochet, rejoint la rive du lac des Quatre-.Cautons qu’elle suit jusqu’à Flüelen, puis se d rige vers le Sud pour gagner le canton du Tessin. après avoir traversé celui d’Lri, en passant à Erstfeld et à Gôschenen. C’est auprès de ce dernier village, pittoresquement situé au pied du massif du Saint-Gothard, que se trouve l’entrée
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- INFORMATIONS
- nord du célèbre tunnel du même nom, le premier souterrain de grande longueur )i5 km environ) réalisé en Europe. La ligne sort de ce tunnel à Àirolo et, après avoir traversé le Tessin, gagne à Chiasso la frontière italienne, où elle se raccorde à la ligne qui aboutit à Milan. Le nombre des tunnels de la ligne et l’importance des rampes la désignaient tout particulièrement pour l'électrification, d’autant plus que dans les cantons traversés les chutes d’eau abondent. Mais l’administration des chemins de fer fédéraux a vraisemblablement voulu attendre les résultats de l’exploitation électrique des lignes du Simplon et du Lotschberg. Ces derniers ayant été satisfaisants, elle a décidé de mettre à 1 étude l’électrihcation de tout le réseau fédéral, en commençant par celle du Saint-Gothard. L’électrification de toutes les lignes suisses nécessitera évidemment des dépenses d’installation et de transformation considérables, mais, malgré l’amortissement de celles-ci, il ne semble pas douteux qu’elle constituera une opération avantageuse au point de vue économique, la Suisse possédant plus que le nombre de chutes d’eau suffisant et étant, d’autre part, entièrement tributaire de l’étranger pour le charbon. Le premier tronçon de la ligne du Saint-Gothard destiné à être électrifié est le tronçon Erstfeld-Bellinzona (no km), le plus dur, puisqu’il présente des rampes de
- 27 pour mille et que les tunnels qu’il comporte, dont celui du Saint-Gothard proprement dit, représentent
- 28 pour 100 de sa longueur. Pour l’alimentation de ce tronçon on a prévu, dans le canton d’Uri une centrale hydro-électrique à Àmsteg et deux sous-stations (à Àmsteg et à Goschenen), dans le canton du Tessin une centrale à Rittom et quatre sous-stations (à Piotta, Larvorgo, Biasca et Beilinzona). L’exploitation se fera par traction monophasée; on a prévu deux types de locomotives, un type lourd plus spécialement réservé aux trains express et un type plus léger pour les trains omnibus ; on a réservé la question de l’emploi d’un 3e type de locomotive pour les trains de marchandises; les locomotives du type léger serviront également de machines de renfort. Quant à celles du type lourd, elles développeront la puissance considérable de 3ooo chevaux et pourront atteindre go km en palier et 5o km : h. en rampe de 26 pour mille. Mais il n’y aura jamais par train plus de deux locomotives, dont l’une pourra se trouver en queue, tandis qu’actuellement avec la traction à vapeur certains express ou trains de marchandises lourds exigent trois machines, dont deux en tête et une en queue. Non seulement cette sujétion complique le service des locomotives, mais encore, étant donné le nombre des machines nécessaires et celui des tunnels traversés, il en résulte, aux abords de ces derniers et sur une assez grande longueur un dégagement de fumée intense, qui masque en partie aux voyageurs les aspects cependant si pittoresques de cette ligne. La traction électrique sera donc fort appréciée des nombreux touristes qui la parcourent et l’administration compte même que, grâce à elle, le trafic des voyageurs augmentera encore. On estime que l’électrification du tronçon Erstfeld-Bellinzona sera achevée vers 1918 et on envisagera ensuite celle de toute la ligne du Saint-Gothard, de Lucerne à Chiasso (225 km).
- La voie ferrée au Chili. — Le Chili vient de compléter son réseau de voies ferrées, et l’on peut maintenant s’embarquer sur un train près de la frontière péruvienne pour gagner Puerto-Montt, ville située tout au sud du pays. Le rivage chilien présente une longueur de 41 Go km. La longueur du réseau est de 3i32 km. Le millier de kilomètres qui marque la différence entre ces deux chiffres est représenté par la côte désertique qui s’allonge entre Puerto-Montt etlaTerre-de-Feu. Le Bulletin of the Pan-American Union, à qui nous empruntons ces détails, précise qu’il manquait encore un tronçon de 108 km pour relier entre elles plusieurs sections livrées depuis longtemps déjà à l’exploitation. Son inauguration solennelle a complété ce que les Chiliens appellent le Chemin de fer longitudinal, qui, tout en parcourant le pays dans toute sa longueur, est relié par des tronçons aux différents ports, et s amorce à la ligne transandine. Rappelons que le Chili fut le premier pays de l’Amérique du Sud à posséder une voie ferrée : celle qui fut ouverte en juillet i85i entre le port de Caldera et les mines d’argent de Copiapo.
- -Pour les entrepôts frigorifiques. — La Chambre des Communes du Canada vient d’être saisie d’une pro-
- position ayant pour objet jde réglementer les Entrepôts frigorifiques en fixant une limite de temps pour l'emmagasinage des viandes, poissons et produits de ferme. Les viandes fraîches, volailles, poissons, devront être retirés au bout de 4 mois — les œufs et beurre au bout de 6 à 7 mois. Une licence sera nécessaire pour tenir un établissement de ce genre. Le vendeur devra fournir la date d’entrée et de sortie des marchandises à l’acheteur. Il devra mensuellement faire un rapport au Ministre de l'Agriculture faisant connaître la quantité et l’espèce des marchandises qu’il possède. C’est en vue d’empêcher l’accaparement des denrées alimentaires que cette disposition tend à être adoptée. Les études faites sur le coût élevé de la vie ont montré le rôle que jouent les entrepôts frigorifiques sur le cours élevé des denrées alimentaires.
- Sur la présence de l’arsenic dans les terres arables. — L’analyse de vingt échantillons différents de sols italiens y a démontré la présence d’arsenic dans des proportions variant de 6 milligr. à o mgr. 18 pour 100 gr. de terre. On a constaté que ce sont les terres les plus ferrugineuses qui sont les plus arsenicales, soit parce que les minerais de fer ayant contribué à former ces sols contiennent souvent de l’arsenic, soit parce que celui-ci a été retenu plus énergiquement par les hydrates de fer existant dans la terre. En tout cas, ces faits expliquent bien pourquoi on trouve toujours des traces d’arsenic dans tous les végétaux.
- Les applications du transformateur Poettinger.
- — Le développement des applications du transformateur Foettinger que La Nature a décrit à plusieurs reprises (Yoir n° 2098) a été très rapide. Au ier janvier 1914 la puissance totale construite ou en construction est de 177 200 chevaux et comprend les appareils destinés aux
- navires suivants :
- Remorqueur le « Foettinger Transfor-
- mator »........................... 5oo chev.
- Croiseur à 3 lignes d’arbres.......45 000 —
- Yacht impérial « Ersatz Hohenzollern » . 3o 000 — Paquebot pour Panama « Amiral Yan
- Teipiz v. ... ...................20000 —
- Paquebot destiné au service des bains de mer et de la côte d’Azur « Kœningen Luise ». . . . .......... 6 000 —
- 3 croiseurs torpilleurs............y5 000 —
- 2 transformateurs, une installation Diesel. 760 — '
- Ces applications sont uniquement allemandes. Il est possible que, d’ici quelque temps, un certain nombre de navires français seront munis de ce dispositif qui corrige singulièrement les défauts inhérents à l’emploi des turbines à bord.
- La querelle du Pôle Sud. — Un étrange différend s’est élevé au sujet de la nouvelle expédition Sbackleton qui se propose, comme il a été dit, de partir de la mer de Wedell pour traverser de part en part le continent antarctique. A peine l’ancien lieutenant de l'infortuné Robert Scott avait il dévoilé son projet dans le Times, qu’une expédition autrichienne annonçait que la priorité lui appartenait. Et voici que l’on publie maintenant des Lettres Patentes issues en juillet 1908 « sous le Grand Sceau du Royaume-Uni ».. qui proclamaient l’annexion à là Grande-Bretagne de la Terre de Graham, et, conséquemment, des rivages de la mer de Wedell. Le Dr Kœnig, organisateur de l’expédition autrichienne, perd donc tous droits de choisir comme base celte région. La publication de ces Lettres Patentes est intéressante en ce qu’elle nous révèle qu’une partie du continent antarctique, dont la découverte est relativement récente, passe au rang de colonie, alors que l’Archipel du Spitzberg, fréquenté parles baleiniers depuis plus de trois siècles, est encore sans maître. La nouvelle colonie relève administra tivement du Gouvernement des Iles Falkland.
- La production du liège. — La péninsule ibérique fournit à elle seule 70 pour 100 du liège consommé dans le monde entier. En 1912 l'Espagne a exporté 78 000 tonnés de liège, dont 54780 ont été fournies par le disirict de Séville, i2 65o par la Catalogne, 7100 par la Galicie ét 3 |6o par les Castil es. C’est la région de Barcelone qui produit la meilleure qualité. On compte en Espagne 892 fabriques de liège et bouchons, distribuées dans 107 villes différentes. Cette industrie fait travailler 4o<>oo personnes qui reçoivent un salaire moyen quotidien de 3 fr. 40.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- OtL.
- cs^
- Chronique de la T. S. F.
- Le détecteur électrolytique et son montage. —
- On peut dire que la télégraphie sans fil est redevable au détecteur électrolytique de son rapide développement. Il a permis, en effet, de saisir les ondes à de très grandes portées grâce à sa sensibilité et d’utiliser le récepteur téléphonique pour la lecture au son des signaux. Sans lui, et aussi sans les détecteurs à cristaux qui sont venus bien longtemps après, la T. S. F. fût demeurée une découverte de très courte envergure.
- Le principe du détecteur électrolytique fut posé par
- stitué par une ampoule de verre contenant l’eau acidulée et dans laquelle étaient soudés le fil nu de platine et un tube de verre terminé par la pointe de platine au contact du liquide. Ce demi-fil, constituant l’anode, avait seulement i/ioo° de millimètre de diamètre et il plongeait de i/iooe de millimètre dans le liquide. La fermeture complète de l’ampoule et du tube de verre permettait le transport facile de l’appareil dans une petite boite.
- En même temps, la Société allemande Telefunken construisait un détecteur fait d’un vase en ébonite fermé par un bouchon de même substance traversé par les deux électrodes ; l’électrode sensible était légère-
- Antenne
- Fig. i.
- Antenne Terre
- P
- Détecteur
- Comment on monte un détecteur. — Fig. I : Montage direct. — Fig. 2 : Montage indirect. — Fig. 3 : Montage allemand. Fig. 4 : Comment le potentiomètre à curseur doit être installé sur un poste. — Fig. 5 : La partie réglable du potentiomètre est constituée par des bobines de quatre spires réunies par des plots sur lesquels se déplace une manette. — Fig. 6 : Principe du détecteur électrolytique exposé en 1900 par le Capitaine Ferrié.
- le capitaine Ferrié en 1900, au Congrès international d’électricité qui le décrivait ainsi : un vase Y (fig. 6) contenant de l’eau acidulée sulfurique repose sur un socle portant une potence dans laquelle est engagée une vis à large tête moletée T. A l’extrémité de cette vis est fixé un fil fin de platine effleurant la surface de l’électrolyte. Dans cet électrolyte plonge d’autre part un fil de platine formant la seconde électrode du système. Pour utiliser l’appareil, ajoutait le capitaine Ferrié, on l’intercale en série avec une pile de force électromotrice convenable et un écouteur téléphonique de manière que le positif de la source aboutisse à la pointe de’ platine, le négatif étant relié à l’autre fil de platine. L’écouteur répète alors les émissions du système Morse.
- Cet instrument primitif a donné naissance aux détecteurs actuels qui se présentent sous différentes formes. Le capitaine Ferrié établit le détecteur français con-
- ment recourbée et elle présentait l’avantage, sur le modèle français, de pouvoir être remplacée.
- Depuis, de nombreux modèles ont été imaginés. Nous citerons celui de la Société française radio-électrique à pointe interchangeable, celui de la télégraphie militaire qui comporte quatre pointes capables d’entrer en fonction alternativement en agissant sur une sorte de commutateur à plots; celui de M. Le Doyen, installé sur une planchette basculante à ressort qui le met hors circuit tant que le récepteur téléphonique est pendu à son crochet et qui se met automatiquement en position de travail dès que l’on enlève le crochet. Tous ces perfectionnements ne visaient que la forme, la praticabilité, pourrions-nous dire, sans faire intervenir d’éléments nouveaux dans l’instrument. Nous verrons plus loin à quelles recherches la modification des électrodes a donné lieu.
- La sensibilité du détecteur électrolytique dépend de
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- la source électrique à laquelle il est associé. L’idée paraissait donc tout à fait naturelle de lui associer un potentiomètre, appareil capable de modifier la tension électrique de la pile et de réaliser la « tension critique », laquelle correspond au degré d’acidité de l’eau introduite dans l’ampoule. Le potentiomètre est une bobine à curseur que l’on intercale dans le circuit pile-détecteur comme le montre notre schéma (lig. 4). cette bobine étant constituée par un fil de maillechort enroulé sur un tube de carton de manière que les spires se touchent. On dénude le fil suivant une génératrice pour permettre au curseur de se déplacer.
- Le rôle du potentiomètre a été démontré très simplement par M. Paul Jegou dans La Lumière Electrique. L’accumulateur débitant sur la résistance R y détermine un courant I. Suivant la position du curseur C la tension appliquée sur le détecteur, dont la résistance peut être considérée comme étant très grande par rapport à R, devient ri qui varie avec r, cette dernière étant capable de prendre toutes les valeurs comprises entre zéro et R par le déplacement du curseur. Ce réglage de la tension peut donc s’opérer très exacte^ ment.
- La construction des bobines avec curseur laissant toujours à désirer, il serait certainement préférable, dans la pratique, de relier les spires par quatre ou davantage aune couronne de plots sur lesquels viendrait se poser une manette commutatrice, ainsi que le montre la ligure 5. On sait enfin qu’il y a intérêt à utiliser des écouteurs téléphoniques de résistance élevée; les électros de ces écouteurs doivent être constitués par des enroulements de fil très fin et en couches très nombreuses et non en maillechort ainsi que sont établis les écouteurs de bazar. (Les écouteurs Sullivan, de 7000 à 10000 w, sont faits d’un fil de i/iooe à 1/200° de millimètre de diamètre; ceux de Ducretet et Roger également.)
- M. Jegou étudie ensuite les divers montages de l’antenne avec le détecteur électrolytique. Le plus simple est le montage direct (lig. 1) qui, ne comportant aucun réglage, donne des résultats imparfaits. On lui adjoint utilement une self et un condensateur ; mais, même dans ce cas, l’intercalation du détecteur dans l’antenne donne à celle-ci un amortissement considérable, lui permettant de vibrer pour toutes les longueurs d’ondes indistinctement. Il faut donc préférer à ces montages ceux dits en indirect (lig. 2) comprenant, en série sur l’antenne, une bobine de self qui prend le nom de résonateur pourvue du curseur dit d’antenne qui permet de mettre celle-ci en résonance pour la période des ondes transmises. Le condensateur C joue ici un rôle passif pour les ondes hertziennes; il n’intervient que pour s’opposer au passage du courant venant du détecteur.
- Un autre montage indirect est représenté par la figure suivante; c’est le montage allemand. On voit qu’il ne comporte pas de condensateur, ce qui permet au courant local de traverser le résonateur, lequel est mis à la terre sur la borne téléphone du détecteur, et la tension optima, due à la résonance par effet Oudin, est alors reportée directement sur l’autre borne du détecteur. Ces montages peuvent également être associés avec une seconde self indépendante de la self d’antenne sur laquelle cette dernière agit par induction. On constitue ainsi une sorte de transformateur dont les deux circuits sont séparés, on obtient alors le couplage en Tesla par opposition aux couplages précédents qui sont dits en Oudin.
- Nous avons parlé plus haut de tension critique-, dans la pratique, cette tension est celle qui permet au détecteur de révéler les ondes avec le maximum d’intensité. Elle dépend à la fois du liquide et des électrodes et n’existerait pas si les deux électrodes avaient la même surface. Dans les détecteurs ordinaires, la tension critique est d’environ 2 v. 6; mais si l’on utilise comme anode ou comme cathode des électrodes inactives peu ou pas attaquées par l’acide sulfurique, on obtient des résultats très différents. Voici un tableau des tensions critiques que nous empruntons à M. Jegou :
- Cathode plomb................2 v. 8 à 2 v. 9
- — platine..............2 v. 6 environ
- mercure..............2 v. 1 à 2 v, 2
- — mercure-zinc. ... 2 v. 9 environ
- — charbon..............2 v. 5 —
- 2 v. 3 environ 2 v. 2 —
- o v. 5 —
- o v.
- 2 v. à 2 v. 1
- En employant un liquide acidulé à l’acide azotique, M. Jegou a trouvé pour le platine comme cathode 1 v. 7 à 1 v. 8, pour le mercure x v, 2; avec un électrolyte à base de soude et cathode en ferro-nickel, 2 v. 5.
- Se basant sur ce fait que la tension critique anodique du plomb est très légèrement supérieure à celle fournie par deux éléments Leclanché montés en série et dont la force électromotrice est sensiblement de 1 v. soit 2 v. 92 pour les deux éléments, l’auteur a préconisé dès 1909 l’emploi de détecteurs à cathode de plomb pour constituer des détecteurs capables de se passer des services de potentiomètre. Ces récepteurs ont été spécialement étudiés comme récepteurs horaires et ils ont une grande sensibilité. D’autre part, la tension critique anodique et cathodique du mercure seul et de l’amalgame mercure-zinc a permis à l’auteur de construire un détecteur électrolytique sans source électrique.
- Une Ecole de Radiotélégraphie.
- Pour répondre aux questions dè nombreux lecteurs nous demandant s’il existe une Ecole de Radiotélégraphie, nous avons le plaisir de leur annoncer que cette institution existe aujourd’hui. Elle est aussi bien à l’usage des amateurs qui veulent apprendre la lecture au son, qu’à celui des jeunes gens qui désirent faire leur service en qualité de sapeurs télégraphistes ou devenir opérateurs à bord des navires. Cette situation nouvelle offre, en effet, de nombreux avantages qui ont été exposés tout au long dans une récente chronique. L’Ecole de Radiotélégraphie de Paris est située : 19, rue du Colonel-Moll, Paris.
- Lucien Fournier.
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- Un porte-outil universel. Le manche « Tient-Tout ». — Pour les amateurs de travaux manuels, voici un porte-outil tout à fait pratique qui remplace avantageusement les manches en bois toujours susceptibles de se briser pendant le travail.
- Ce nouveau porte-outil comporte une poignée en métal qui se termine par une partie recourbée à angle droit; la face extérieure de cet angle est pourvue de rainures. Dans ces rainures glisse un coin sur lequel s’appuie un écrou capable de serrer une tige à angle droit et dont les deux extrémités sont pourvues d’un pas
- de vis et par conséquent d'un éci’ou à oreilles. On constitue donc avêc l’équerre du manche et celle de la tige filetée un rectangle dans lequel on peut engager l’extrémité libre de l’outil et dont on augmente ou on diminue les dimensions à volonté. On tiendra aussi bien un tube de 22 mm qu’une lame de 2 mm d épaisseur, en agissant simplement sur les écrous. D’autre part, l’outil se trouvant maintenu fortement par quatre côtés, quelle que soit sa forme, est assujetti d’une manière parfaite. Un seul manche est donc nécessaire pour chaque outil, le montage et le démontage s’effectuant instantanément.
- Ce manche peut même recevoir des outils cassés; il serre leur extrémité avec autant de puissance et permet de s’en servir comme d’outils neufs si la brisure ne les a pas atteints en leur milieu. On peut également utiliser le manche Tient-Tout comme étau à main, puisqu’il est capable de serrer les petits objets que l’on désire travailler. — Ce porte-outil universel est en vente aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- SCIENCE APPLIQUEE
- Anode
- plomb . . . platine. . . mercure . , mercure-zinc charbon
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- VARIÉTÉS
- L’obole et la drachme et les formes primitives de la monnaie. — Divers textes antiques nous ont conservé la tradition qu’antérieurement à l'invention de la monnaie proprement dite, certains ustensiles de cuisine (le chaudron et le trépied, par exemple, aux temps homériques) auraient servi de valeurs courantes d’échange. L’obole notamment aurait pris son nom des « obélisques » qui correspondaient antérieurement à sa valeur et qui n’étaient que des broches à cuire la viande. De même la drachme, et cela semble justifié par l’étymologie, serait simplement le substitut de la « poignée d’obélisques » ou de broches, qui avait antérieurement sa valeur. Aristote raconte d’ailleurs que le roi Phidon, qui créa à Egine les premières monnaies d’argent, fit, à la suite de son invention, déposer des obélisques dans le temple de Hera à Argos, et, comme on le sait, l’usage d’autres monnaies que les lingots primitifs, parmi lesquels les obélisques, était interdit aux citoyens de Lacédémone, sous peine de mort.
- Ces traditions littéraires ont reçu confirmation en 1895 par des fouilles conduites dans les substructions de l’Héraion d’Argos par l’Ecole archéologique américaine d’Athènes, qui ont exhumé une poignée de broches, lesquelles étaient selon toute vraisemblance les obélisques de Phidon signalés par Aristote et qui sont aujourd’hui au Musée numismatique d’Athènes. M. J. Déchelette vient de reprendre l’examen complet de la question dans un remarquable mémoire, d’abord paru dans la Revue numismatique et publié sous sa forme définitive dans son volume sur la Collection Millon (Paris, Geuthner, 4°, 1913, p. 191-243). Il y montre que non seulement la tradition relative à l’obole et à la drachme est exacte, mais encore que le fait ne s’est pas limité au monde grec et’qu’on possède, en dehors de celui-ci, d’assez nombreux documents archéologiques attestant que l’emploi comme monnaie primitive de broches, de bronze ou de fer, isolées ou en poignées, a été, à une certaine date, général dans le monde antique. Une poignée de six broches en bronze d’origine étrusque, aujourd’hui perdue, a été publiée en 1762 par Caylus dans son Recueil d’antiquités, avec une description et des dessins assez
- précis pour permettre d’affirmer l’identité de l’objet avec une autre poignée de broches en bronze (différente seulement par des détails et incomplète, étant réduite à 5 broches sur 6) qui se trouve aujourd’hui au Musée de Rouen. Le poids de cette dernière montre en plus que non seulement ces poignées de broches étaient pour ainsi dire étalonnées, pesant un poids fixe, mais que leur poids correspond exactement à celui des monnaies romaines fondamentales. La ressemblance n’est pas moins étroite avec la poignée d’obélisques grecque et indique la communauté d’origine. A une date plus récente, des broches de fer ont succédé, chez les Etrusques, aux broches de bronze, mais en servant au même usage.
- M. Déchelette montre, en outre, de façon irréfutable, que les fameux « candélabres » étrusques, si abondants dans les monuments funéraires, étaient, en réalité, des landiers porte-broches. C’est probablement aux Etrusques que les Gaulois sénonais, établis en Italie au iv° siècle avant J.-C., ont pris l’usage des broches-monnaies en fer, dont on trouve de nombreux exemplaires dans leurs sépultures, notamment à Montefortino. L’usage s’est répandu ensuite dans le monde celtique, et l’on possède, soit des broches, soit des drachmes de fer (poignées de broches) provenant de diverses régions de la Gaule transalpine et aussi de Chalon-sur-Saône (Collection Millon). Enfin les broches-monnaies sont également connues dans la péninsule Ibérique, où leur présence paraît s’expliquer par l’action immédiate des Etrusques.
- La collection Millon, décrite par M. Déchelette, est particulièrement importante au point de vue de la préhistoire bourguignonne. Elle est surtout très riche en objets provenant de la forêt d’Othe (Yonne et Aube) qui a été, pendant tout le quaternaire, un centre de fabrication intense d’outils et d’armes de pierre. Elle contient également le résultat des fouilles de plusieurs remarquables sépultures gauloises (la Motte-Saint-Yalentin, Courcelle-en-Montagne) et du port de Cabillonum (Chalon-sur-Saône) grand entrepôt commercial de la Gaule centrale, d’une importance comparable, à certains égards, à celle de la station de la Tène. J.-P. L.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Mastic adhésif pour bois, pierre, nacre, marbre.
- — Un mastic se distingue d une colle en ce qu’il contient bien moins de constituant volatil; aussi, en séchant, le mastic subit-il un retrait bien moins prononcé.
- Quand on veut réunir des surfaces irrégulières, il faut toujours prendre un mastic et non une colle, parce que cette dernière ne pouvant remplir les espaces libres ne provoque l’adhérence qu’en peu d’endroits. On peut d’ailleurs transformer une colle en mastic : il suffit de lui incorporer une poudre de remplissage, dont les grains inertes jouent le rôle mécanique de liants; restés collés entre eux par un peu de l’adhésif, ils réunissent à travers les cavités les surfaces à joindre. Les grains doivent être très fins : le sable, par exemple, ne nous a donné aucun bon résultat. Nous obtînmes d’excellents résultats en ajoutant à une solution (20 gr. dans xoo cc.) de celluloïd dans l’acétone, suffisamment de blanc de Meudon en poudre fine (10 à 25 gr.),
- (Laboratoire de La Nature.)
- Pour boucher les fissures du bois, les joints de parquets. — Mélanger des poids égaux de blanc de Meudon et de litharge, broyer et tamiser s’il y a lieu, puis gâcher avec suffisamment d’huile de lin pour obtenir une pâte assez épaisse. On applique au couteau ou à la spatule sur les surfaces bien sèches. Le durcissement est assez long, il se produit sans retrait en sorte qu’on p<mt obturer des joinls larges. L’adhérence est telle que nous avons pu nous servir du mastic pour coller solidement entre eux deux morceaux de bois.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Nettoyage des gants. — Il s’agit en particulier des parties brillantées sur des gants de Suède ou autres
- peaux mates; cela se produit souvent aux endroits où frotte le bracelet par exemple. On peut aisément rendre l’apparence du neuf aux parties polies par le procédé que nous communique une aimable lectrice, Mlle Marcelle Main : frotter doucement la partie luisante avec de la toile émerisée ou du papier de verre d’un numéro moyen; on rend ainsi aisément la surface mate. Pour éviter qu’elle ne se rebrillante au moindre usage, on dégraisse ensuite en frottant longuement avec du son ou du rebulet; finalement on secoue et on brosse.]
- Le gratte-bosse. — Certaines gommes ou plutôt certains succédanés, proposés à l’usage de gomme à effacer encre et crayon, sont présentés sur le marché sous forme de tube métallique terminé en cône rectangulaire. Il peut être intéressant de signaler que le même résultat est obtenu avec le fil de verre livré sous le nom de gratte-bosse en botte ficelée en hélice. La présentation en tube rend l’usage plus pratique et plus élégant, car les fils sont obligés de se coincer en un faisceau compact et convergent alors que sous forme de botte ils divergent sous la pression exercée. De plus, ces derniers laissent échapper des fils qui pénètrent dans les tissus et peuvent créer des lésions douloureuses et graves.
- Pour faire disparaître l’odeur désagréable du carbure de calcium. — Yoici comment opère un de nos abonnés, M. Simon Leleu. Il arrose 100 kg de carbure avec 2 lilres d’une solution à 10 pour 100 de nitrobenzine dans le pétrole lampant. Après avoir subi ce traitement, le carbure, insensible à l’humidité atmosphérique, n’est plus attaqué et ne sent plus mauvais. En outre, lorsqu’on l’emploie, son attaque par l’eau des générateurs à acétylène est bien plus régulière que celle du carbure non traité.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure .du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bandé d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- canne Mortimus, décrite dans notre n° 2132, est en vente chez M. Geoffroy, à Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir). — Machine à glace Minimax, 4> rue Hunziger, Clicby. — La nouvelle méthode d’enseignement des langues. S’adresser aux Ecoles internationales, rue La Boëtie, Raris.
- Renseignements. — M. R //.-591, à Lille. — Un lavage avec de l’eau bouillante et une brosse aura raison du dépôt de cristaux formés dans vos piles du fait de la trop grande concentration de votre solution saline.
- Abonné 97, à Oran. — i° Il n’existe pas d’ouvrages traitant, spécialement, des cultures en terrains salés, mais des études éparses dans les journaux et revues agricoles. En voici quelques-unes : Mise en culture des terrains salés, par Henri Blin ; Le crambé maritime ; La Bacile maritime, par le même (Réveil agricole, i3, quai du Canal, Marseille, n's du 2 août 1896, du 29 août 1896, du 25 juillet 1897, du 5 janvier 1902). Le numéro du mois d’avril 1909, de la Revue Horticole tunisienne (Bulletin de la Société d’horticulture de Tunisie) à Tunis, contient une étude de M. Dussouillez, sur les plantes de terrains salés et leur résistance plus ou moins grande à l’action du chlorure de sodium. Le Bulletin agricole de l’Algérie et de la Tunisie (7, rue Desfontaines, Alger-Mustapha), n° du i5 août 1904, contient une étude de M. le Dr Trabut sur l’intluence du sel marin dans la culture potagère, et des résultats d’observations concernant la culture du Chinois (auran-tiacée) dans des terrains salés de la région de l’Habra. Le tome II de l'ouvrage Plantes industrielles, par Gustave Heuzé (1 vol. 3 fr. 75, librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris), contient un chapitre sur les Plantes salifères et leur culture. — 2° Pour être renseigné sur ces cultures, s’adresser à M. le Dr Trabut, directeur du Service botanique de l’Algérie, à Alger ; à MM. Bœuf, directeur et Guillochon, assistant, au Service botanique de la Tunisie, à Tunis; à la direction du Jardin botanique de Marseille ; au Journal d'agriculture tropicale, rue Jeanne-d’Arc, Paris; à M. Pru-dhomme, directeur du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne (Seine). — 3° On obtiendrait, aux adresses ci-dessus, croyons-nous, des indications pour se procurer échantillons, semences et plants. L ’Atriplex Jlalimus est préconisé comme plante fourragère à cultiver en terrains salés. Pour tous renseignements à ce sujet, et pour avoir des plants, s’adresser à M. Eugène Revest, horticulteur, à Bandol (Var),
- M. Cavé, à Notz-Marafin. — Ce procédé de dorure au chrysol n’est en somme qu’une méthode électrolytique avec appareillage simplifié. Vous trouverez des formules pour préparer vous-même les bains de dorure dans tous les traités de galvanoplastie (le plus coté chez les praticiens est le classique ouvrage de Roseleur, vendu i5 francs chez Pascalis, 5, rue Chapon).
- M. M. Varinois, Paris. — Vous trouverez p. 81 à 84> des Recettes de Vatelier (Masson, éditeur, prix : 3 fr.), de nombreuses indications concernant la soudure de l’aluminium. Aucun de ces nombreux procédés ne vaut d’ailleurs la soudure autogène.
- M. C. de P., à Udine. — Pour avoir bien propre le poil long des petits chiens, il n’est pas d’autres moyens que de bons lavages à l’eau de savon, et d’empêcher l’animal d’aller par les rues se vautrer dans la boue....
- M. Mauny, à Monthermé. — Comme petits appareils à laver le linge, nous vous recommandons les machines américaines, décrites ainsi que leur mode d’emploi, dans les Recettes de la Maison, p. 198 (Masson, éditeur, prix : 4 francs, relié). Vous trouverez des appareils de ce genre à Paris chez John, 207, faubourg Saint-Martin, et chez André, x5, boulevard Picpus. — Quincaillerie au détail pour fournitures cyclistes : Mestre et Blatgé, 5, rue Brunei, Paris.
- M. J. Baudot, rue Mansart, à Versailles. — Voir adresses à la réponse ci-dessus.
- M. G. L., à Lunéville. — Il ne faut pas, quand on prépare une poudre dentifrice, broyer le mélange des constituants, mais pulvériser et tamiser séparément chaque élément. Il est préférable de les acheter d’ailleurs finement moulus; c’est même tout à fait indispensable pour le savon par exemple, qu’on ne peut guère pulvériser soi-même.
- M. T'abregue, à Chartres. —Il est a priori impossible de fixer un procédé pour rendre plus solide au lavage une étoffe teinte on ne sait comment. Vous auriez des chances d’augmenter la solidité en traitant dans une solution chaude de sulfate cuprique à 5 pour 100 (dans un baquet de bois, sans jamais de contact au fer). Et vous éviterez de trop faire dégorger la teinte en lavant par simple savonnage, sans lessiver.
- M. Plassard. — Il est très simple, mais assez coûteux, d’installer des dispositifs de commande électrique à distance. Toutes les maisons d’appareillage électrique peuvent faire cette étude et vous faire l’installation.
- A. C. Union française, à Beyrouth. — Nous ne croyons pas que l’emploi de bouteilles genre Thermos pourrait accélérer l’ébullition de l’eau. Ces bouteilles sont à enveloppe parfaitement isolante et ont pour effet de conserver fort longtemps la température des substances qu’on y place. Les appareils électriques chauffants que l’on peut placer au sein de la masse à chauffer, et grâce auxquels on peut avoir une grande surface de chauffe, permettent d’obtenir rapidement l’ébullition. Vous en trouverez chez R. Heller, 14, cité Trévise, Paris; Heirgott, au Valdore (territoire de Belfort); Goi-sot, 10, rue Belidor, Paris.
- M. J. Toicachca-Loqueitio. — Voyez la réponse à M. Landréa (Boîte aux Lettres, 7 mars 1914) et les articles de M. Truelle dans les numéros 2125, du 14 février 1914 et 2119 du 3 janvier 1914.
- M. le Directeur des usines Bollinckx, à Huyssinghen. — Nous n’avons point de formules pour produits s’appliquant spécialement à votre cas. Voici deux mixtures pour joints qui nous paraissent devoir résister à l’huile ; mais il faut les essayer en petit avant toute application sérieuse : i° broyer du riz et le mettre en pâte épaisse avec un peu d’eau, malaxer avec de l’eau bouillante jusqu’à formation d’un liquide très visqueux, porter à l’ébullition; 20 faire dissoudre à chaud dans la glycérine le plus possible de gélatine.
- T. S. P.
- Communication. — Un de nos lecteurs, M. Simon Leleu, nous communique d’intéressants renseignements sur un détecteur qu’il a construit. C’est uu détecteur électrolytique dans lequel la baguette de plomb a été remplacée par une baguette de soudure à l’étain amalgamé ; il fonctionne sans pile et il a été essayé avec une bobine de Rhumkorff de 4 nxm d’étincelle produisant des ondes. La réception était perceptible à 10 m de distance dans une seconde pièce. Une chaînette traînant sur le parquet servait de prise de terre et une tige de laiton de 5o cm de hauteur plantée dans une bouteille servait d’antenne. Cet excellent résultat est dû vraisemblablement à l'emploi de la cathode mercure-zinc dont la tension critique, 2 v. 9, est égale à celle de la cathode plomb. Peut-être même cette électrode serait-elle supérieure à celle en plomb.
- M. Ramonède, à S. S. — i° Cela n’est guère possible et le prix de l’opération serait plus élevé que celui de la pile. 20 Le seul poste qui puisse vous donner l’heure, les bulletins météorologiques et ceux de nouvelles est FL. Comme vous vous trouvez à une grande distance, l’antenne que vous préconisez serait insuffisante, ainsi d’ailleurs que n importe quelle antenne intérieure. Pour l’installation d’un poste vous donnant toute satisfaction inspirez-vous de la description qui paraîtra prochainement dans une de nos chroniques. Nous ne voyons aucune utilité à employer deux détecteurs : celui à galène vous suffira.
- M. Raymond Proust, à St-M. — i° Pour construire un bon potentiomètre pour détecteur électrolytique servez-vous de fil de maillechort de x/io de mm, vous construirez 10 petites bobines ayant chacune xo ohms de résistance reliées, comme l’indiquera un schéma que
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- nous publierons prochainement, à une couronne de plo ts avec manette; vous obtiendrez donc une résistance réglable à laquelle vous ajouterez une seconde bobine de xoo ohms. Plus simplement vous pouvez vous contenter d’une bobine ixnique avec curseur. 2° Divers condensateurs réglables peuvent être imaginés, avec des tubes télescopiques, avec des feuilles d’étain et papier paraffiné en reliant deux feuilles à un bloc de cuivre. Vous obtiendrez ainsiune série de blocs en face desquels vous disposerez une barre également en cuivre. G’est là le dispositif du commutateur bavarois, une entaille pra-liquée dans chaque bloc et autaut dans la barre vous permettm d’introduire des fiches qui mettront dans le circuit un nombre variable de lames. 3° Pour dénuder un fil nous ne voyons pas de procédé plus pratique que celui que vous indiquez. 4° Vous pouvez consulter : Val-breuze (Gauthier-Villars), L. Fournier (P. Garnier), Duroquier (E. Orlhac), S. Mariens (librairie desScien es agricoles Charles Amat). Ce dernier vous donnera des
- indications suffisantes sur les postes que l’on peut entendre depuis Paris ; il n’existe pas de catalogue de ces postes
- Dr Ch. Decaux à L. — Plus vous mettrez d’écouteurs en série sur votre poste, moins vous entendrez parce que vous introduisez de nouvelles résistances sur le circuit. Donc, il ne faut pas encore en ajouter une autre indépendante. Nous répétons que la qualité d’un écouteur n’est pas fonction de sa résistance, mais du grand nombre de spires autour de ses noyaux, li ne faut jamais user de résistances supplémentaires autres que celle qui représente le potentiomètre, laquelle a un but bien déterminé. Pour faire entendre une 2e personne, il vaut mieux utiliser seulement deux écouteurs séparés. Il est très facile de fabriquer de la galène artificielle dans un tube à essai, chauffez de la fleur de soufre (i gr.) mélangée avec de la limaille de plomb très fine (5 gr.). Au bout de quelques instants la combinaison est terminée. Cassez le tube et réduisez en fragments votre galène.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les nouvelles installations du laboratoire de mécanique de la Faculté des sciences de Paris : G. Koenigs. — Les applications de l’hydrogène industriel : A. Detoeuf. — L'exposition « Panaina-Pacilic » et l’aviation : V. Forisin. — Les formes de moindre résistance dans le règne animal : Dr Amans. — La biréfringence des liquides purs : H. Vigneron. — Un navire dirigé par 1rs ondes hertziennes : Lucien Fournier. — Un homme fossile africain? : Jean-Paul Laffite.
- Supplément. — L’aéroptère. — Extension du service radio-météorologique. — Un sel de zirconium sensible à la lumière. — Fabrication d’engrenages en tôle. — Les huiles lourdes peuvent-elles servir à impermabiliser le mortier ? etc. ,
- La silice et les silicates, par Henry Le Cxiatelier. i vol. in-8° de 574 p. Chez A. Hermann. Prix : i5 francs.
- Dire qu’un ouvrage est signé par M. LeChatelier suffit pour en faire connaître la valeur. Avec la même méthode nouvelle qu’il avait déjà appliquée au carbone, l’auteur examine cette fois le silicium en reprenant à ce propos l’étude complète des silicates que les chimistes abandonnent trop généralement aux minéralogistes et en montrant le lien intime de la minéralogie, de la chimie et des applications pratiques. Pour tous les minéralogistes en particulier, qui ont une tendance à envisager les mêmes problèmes d’un autre point de vue, ce sera un livre de chevet.
- La protection des réseaux et des industries électriques contre les surtensions, par G. Capart. In-8° de vi-196 pages, avec 187 fig H. Dunod et E. Pinat,*Prix : 9 francs.
- Toute une nouvelle technique de la transmission d’énergie est actuellement, sans aucun doute, en voie de constitution. Les installations à 100 000 volts ont passé du domaine du rêve dans celui de la réalité. Les phénomènes de natures si diverses dont sont le siège les lignes doivent faire l’objet d’une rigoureuse analyse, indispensable préface à une solide protection.
- Nettoyage, détachage, dégraissage, blanchissage, blanchiment, par Herçay. In-12, 35a pages. H. Desforges, édit., Paris, iqi3. Prix : 3 fri 75.
- Complet, méthodique et d’emploi commode, ce volume s’adresse à la fois d’une part aux ménagères et aux personnes appelées à se débarrasser des taches qu'elles se sont faites ; d’autre part aux blanchisseuses et aux teinturiers professionnels.
- Les fleurs des prairies et dés pâturages, par E.-G. Camus. In-18, is5 p., roO fig., 100 pl. coloriées (Encyclopédie pratique du naturaliste^ Lechevalier, édit., Paris, igt4- Prix : cartonné 6 fr. 5o.
- Ce 3e volume contient, outre des données précises sur les diverses prairies et pâturages, la description et la figuration exacte des principales plantes qui les composent.
- Cours pratique d’électricité. Manuel à l’usage des ouvriers et conducteurs électriciens, par A. Podevyn,
- 1 vol. illustré, 3i5 p., Desforges, éditeur, Paris, 19x2. Prix : 4 fr. 5o.
- Cet ouvrage est simple, clair et pratique. Il sera donc utile aux débutants électriciens.
- Etat militaire de toutes les nations du monde en 1914*
- 1 vol. in-8 étroit. Berger-Levrault, éditeurs, 5-7, rue des Beaux-Arts, Paris, 1914- Prix : 1 fr. 25.
- Cette brochure, tenue au courant des derniers événements, contient des notices succinctes sur l’organisation, le recrutement et les forces de toutes les armées du monde.
- Transformisme et créationisme, contribution à l’histoire du transformisme depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, par J.-L. de Lanessan. In-8°, 352 p., de la Bibliothèque scientifique internationale. Alcan, édit,, Paris, Prix : relié 6 fiancs.
- Histoire des deux doctrines entre lesquelles se sont partagés les esprits que préoccupent les problèmes relatifs à l’origine de la matière, à la formation des divers corps qui composent l’univers, et à l’apparition, ainsi qu’au développement des êtres vivants qui peuplent la terre, depuis l’époque où les prêtres de la Chaldée posèrent, dans les marais grouillants de vie de l’Euphrate et du Tigre, les premières bases du transformisme, tandis que les lévites d’Israël imaginaient, dans les déserts sans vie de T Arabie, la croyance au créationisme.
- Comment on se bat au Maroc, remarques tactiques et procédés de combat, par le lieutenant Aymes. i vol. in-12. Berger-Levrault, édit., 6-7, rue des Beaux-Arts, Paris. Prix : 1 franc.
- Comment s’appliquent, dans cette campagne du Maroc, qui constitue pour notre armée la meilleure des écoles, les principes actuels de la guerre? Tel est le problème que s’est posé le lieutenant Aymes dans son intéressant volume : Comment on se bat au Maroc.
- Aux pays balkaniques après les guerres, par A. Muzet. In-8°, 248 pages. Pierre Roger et Cio, édit,, Paris. Prix : 4 francs.
- Conformément à son titre, ce livre intéressant montre ce que sont, dans leur nouvel état, le Monténégro, la Serbie et la Bulgarie. Il explique que là constitution de PAlbanie en pays indépendant est une profonde erreur politique.
- The Flea, par Harold Russel. In-x8, 125 p., 9 fig., Cambridge University Press. Prix : cartonné 1 sh.
- Les puces, humaine et animales, leur structure leur développement, leurs dangers, sont clairement décrits dans ce petit livre.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France. AVRIL 1914. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 AVRIL 1914.
- Lun rl i
- Mardi I Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe eu pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 3o mars au 12 avril. — Le 3o. Dépressions sur les Iles-Britanniques et le S. de la Russie; la pression se relève sur le S.-O. et le Centre : Madrid et Berlin, 772 mm. Pluies sur le N.-O. et le S.-E. Temp. du matin : Spitzberg, —32°; Haparanda, —10; Charle-ville, -(-5; Clermont-Ferrand, 8; Brest, xr; Alger, iG; moyenne à Paris : 9°,7 (normale : 70,8). — Le 3i. Hautes pressions sur tout le continent sauf l’Islande et l’Ecosse : Féroé, 749 mm. Pluies sur le N.; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, — 200; Arkhangel,
- — 14 ; Vienne, o; Belfoit. —j— 7 ; Clermont-Ferrand et Lyon, 5 ; Nantes, 7; Biarritz, 12; Alger, 14 ; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : 7°,9). — Le ier avril. Fortes pressions sur le Centre et le S. : Marseille, 773 mm; dépressions sur la Baltique et l’Islande : Stockholm, 753 mm; Féroé, y55. Pluies sur le N.; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, —210; Arkhangel,
- — 1 x ; Belfort, -(-9; Nantes, Clermont-Ferrand et Toulouse, 11 ; Alger, 14 ; Biarritz, 16; moyenne à Paris : i3°,q (normale : 8°,i). — Le 2. La pression baisse sur toute l’Europe. Pluies sur le N. et 10. : Cette, t5 mm; Clermont-Ferrand, 8. Temp. du matin : Arkhangel,
- — 190; Moscou, —1; Belfort, -{-8; Clermont-Ferrand, 9; Nantes, 11 ; Biarritz, u3; Alger, 20; moyenne à Paris : 140,5 (normale : 8",3). — Le 3. Basses pressions du N.-O. au S.-E. : Norvège, Allemagne, S. de la France : 755 mm; hautes pressions sur le N., le S.-O. et les Açores : Horta, 770. Pluies sur le N., le Centre et 10. : Toulouse, 33 mm; Cette, i5; Clermont-Ferrand, 12. Temp. du matin : Spitzberg, :— 23°; Arkhangel, —14 ; Nantes, +9; Clermont-Ferrand et Toulouse, 10; Marseille, i-3;'Alger, 16; moyenne à Paris: 12°,6 (normale: 80,4). — Le 4 Dépressions sur l’extrême N., le N.-O. et le S.-E.; pressions élevées sur le S.-O. et les Açores. Pluies sur l’0. et le N. : la Hagieet Rochefort. 11 mm; Nantes et Lor'ent, 10. Temp. du matin : Spitzberg,
- — i5°; Arkhangel, —3; Belfort, Nantes et Brest, -f- 8; Bordeaux. 9; Cleirmont-Ferrand, 10; Nice, 13 ; Alger, i4; moyenne à Paris : 8°,7 (normale : 80.7). — Le 5. Dépression sur le N.-O. (Stornoway : 742 mm) et le S.-E. Plnies sur PO. et le Centre : ballon de Servauce, 33 mm; Puy de Dôme, .23; Dunkerque, 16. Temp. du
- matin : Spitzberg,----25°; Kuopio, —8; Nancy, —f- 3 ;
- Bordeaux, 9; Marseille, 10; Nantes, 12; A'ger, xG; moyenne à Paris : 90,5 (normale : 8°,9). —- Le 6. Centre
- de dépression près de l’Ecosse : Stornoway, 731 mm; pression vo:sine de 770 sur le. S.-O. Pluies sur l’O. et le Centre : Besançon, 14 mm; Dunkerque, 12. Temp. du matin : Spitzberg, —32°; Saint-Pétersbourg, —4‘> Boulogne, -(-9; Brest et Nancy, xo; Clermont-Ferrand et Marseille, i3; Biarritz, 15 ; Alger, 18; moyenne à Paris : ii°,7 (normale : 8°,9). — Le 7. Basses pressions sur presque toute l’Europe : Stornoway, 733 mm; Shields, 740. Pluies sur presque tout le continent : Besançon, i5 ram; Brest et Lorient, 12; Biarritz et Belfort, 11. Temp. du matin : Haparanda, —20 ; Belfort, -f-6 ; le Havre, 8; Lyon, 11 ; Nice et Biarritz, 13 ; Alger, 22; moyenne à Paris : io°,3 (normale : 90). — Le 8. Bxsses pressions sur toute l'Europe : minima aux Féroé (736 mm) et sur le golfe de Gênes (749). Pluies sur presque tout le continent : Puy de Dôme,'17 mm. Temp. du matin : Spitzberg, —34°; Vardoe, —6; Belfort, -(-3; Limoges, 6; Brest et Bordeaux, 8; Marseille,
- 11 ; Alger, 20; moyenne à Par's : 7°,6 (normale : 9°,2).
- — l,e 9. Nouvelle dépression sur le N.-O. : Islande, 740 mm ; pression basse sur le Cenlre et le S.-E., plus élevée sur le S. O. Neiges dans le N.; pluies dans l’O., le Centre et le S. Temp. du matin : Arkhangel, — xi°; Belfort, -f- 5 ; Bordeaux, 6; Marseille, 8; Brest et Biarritz. 9; Nice, 13 ; Alger,, 14 ; Malaga, 17; moyenne à Paris : 9°.4 (normale: 9°,3). — Le 10. Profonde dépression sur le N. et l’0 : Féroé. 734. mm; la pression se relève sur le S. Pluies dans le N. et l’0. : Charleville, 21 mm. Temp. du matin : Arkhangel, —5°; Moscou,
- — 1 ; Lyon et, Berlin, -f 6; Toulouse, 1 1 ; Alger et Païenne, 16; moyenne à Paris : 120, r (normale : 90,4)-
- — L.e 11. Basses pressions sur le N. et PO. : Féroé, 7 î7 mm; fortes pressions sur le N.-E., et le S.-E. : Arkhangel et Bucarest, .772. Neiges dans le N. ; pluies dans l’O. et le S.-O. Temp. du matin :, Arkhangel,
- — i4°; Saint-Pétersbourg, + 1 ; Brest, 8; Bordeaux et Marseille, 12; Nancy 14 ; Alger, 19; moyenne à Paris : 13°,2 (normale : 9°,5). — f,e 12. Dépressions sur l’Islande et le N. de l’Afrique; la pression se relève sur l’O. Pluies sur le N. et les Iles-Britanniques ; en France, temps nuageux ou brumeux. Temp. du matin : Arkhnn-gel, — 14®; Moscou, —3; Lyon, -f- 7 ; Brest, 8; Toulouse, 12; Nancy, i3; la Calle, 27; moyenne à Paris : 12°,3 (normale : 9°,6). — Phases de la Lune ‘T Pleine Lune le 10, à i3 h. 29.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL, HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- ' _ Membre de l’Institut,
- PlOlesseur à l'Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène nubüoue,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2135. — 25 AVRIL 1914.
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- INFORMATIONS
- Observations de Saturne. — Alors que, sur 84 jours de la période 1912-1913, le prince Troubetzkoy avait pu faire 24 observations de Saturne, il ne put exammr cette plauete que 20 fois à la dernière oppoMtion (1913-1914) (Saggi di Astronumia, mars 1914) La grande bande é |uatoriale a perdu sa délicate teiute rose pour être habituellement jaunâtre; les autres petites bandes, lisses ou l'estounées, sont passées du gris verdâtre au roussàtre; et le pôle Sud, dont la calotte a été généralement invisible. a tiré sur le jaune. L’aspect général de Saturne se présentait avec une légère teinte prédominante jaune brun. La division d’Eucke est peu visible. L’auneau A est gris argent, comme un ruban de velours à côte, avec de fréquentes condensations claires ou obscures; borduré de blanc le long de la division de Cassini. En revanche, la division de Cassini est toujours visible, mais irrégulière aux anses; ou voit la teinte du ciel au travers, et l’on aperçoit aussi le pôle boréal. Les autres divisions paraissent instables. L’anneau B est blanc jaune, plus clair que la planète, avec des anses très brillantes. L’anneau C est brunâtre, déchiqueté aux anses, et plus facile à observer par des temps troubles. L’ombre principale est singulière, avec taches et proéminences.; on retrouve l’aspect polygonal observé par Bard; le satellite Titan semble avoir des variations .d’éclat. En résumé, nous possédons trop peu de bonnes et précises descriptions des aspects planétaires, comme celles du prince Troubetzkoy.
- Protection des lignes télégraphiques contre les troubles causés par les courants électriques industriels — Le voisinage de lignes de transport de courant alternatif est très fâcheux pour les ligues télégraphiques et téléphoniques. Le courant alternatif industriel induit dans ces lignes des forces électro-motrices qui sont souvent dangereuses pour le personnel et très gênantes pour es communications.
- Ces inconvénients se sont fait sentir d'une façon particulièrement intense au cours de l’électritication de voies ferrées existantes, par le système monophasé. Les lignes télégraphiques disposées le long de la voie sont, en effet, sur de longs parcours, parallèles à la ligne de traction. Lorsque, comme c’est le cas général, le retour se fait par le rail, il n’y a qu’un fil aérien parcouru par le courant alternatif, et il ne peut exister de compensation approximative des forces électro-motrices pertur batrices, comme cela peut se produire dans les cas où les courants de traction exigent plusieurs fils aériens (en triphasé par exemple).
- C est ainsi que sur la ligne de Perpignan à Prades (4t lcml récemment électrifiée en monophasé. 12000 volts, 16 périodes 2/3, le fil télégraphique est rendu complètement inutilisable pendant la marche des trains; les
- SUPPLEMENT.
- télégrammes sont illisibles ou complètement brouillés. L’uUministration des Postes et Télégraphes a même dû iuterdire la circulation des locomotives le jour. Si l’on songe que les Chemins de fer du Midi réalisent en ce moment par le même système un projet d’électrification, qui doit porter sur 400 km de voie, on saisira de suite la'gravité de la situation. Le pioblème se pose du reste avec la même acuité partout où l’on a employé la tractiœji monophasée.
- La recherche d’un remède à ces troubles a suscité de toutes parts les elïorts des inventeurs. De nombreux dispositifs ont été mis à l’essai.
- Des résultats particulièrement remarquables viennent d’être obteuus par M. Maurice Leblanc qui a imaginé un dispositif d’un principe entièrement nouveau en télé— g'aphie. Yoici, d’après les Annales des Postes et Télégraphes, en quoi il consiste. Les postes télégraphiques sout reliés aux lignes non plus directement, mais par riutermédiaire de transformateurs statiques qui réduisent, dans tel rapport que l’on veut, les forces électro -motrices développées sur la ligne ; on peut ainsi les ramener à une valeur telle qu’e les soient sans danger pour le personnel et sans influence sur les appareils. *
- L’originalité de ce dispositif tient à ce que les courants employés en télégraphie sont des courants continus produits par des piles ou des accus, et, à première vue, il semble paradoxal de les transmettre par l'intermédiaire d’un transformateur statique qui ne peut, de par soi» principe même, transmettre que des courants alternatifs. Mais il faut noter que chaque signal télégraphique est constitué par une émission momentanée de courant. Au début de l’émission, la force électro-motrice du courant part de zéro pour atteindre plus ou moins rapidement la valeur de régime, le phénomène inverse se passe à la fin de l’émission. Ainsi, au début et à la fin de chaque signal, il y a une période où la force électro-motrice du courant télégraphique est variable et par suite où le signal peut se transmettre à travers un transformateur convenablement calculé. r
- Partant de là, M. Maurice Leblanc a construit des dispositifs à la fois simples et ingénieux, pour mettre les lignes télégraphiques a l’abri des troub'es d’induction sans rien modifier d’essentiel aux postes télégraphiques actuels.
- Les essais faits à la fin de février 1914 au laboratoire de 1 Ecole supérieure des Postes et Télégraphes et sur la ligne Perpignan-Prades ont été couronnés de succès. La transmission au Morse a été mise entièrement à l’abri des courants perturbateurs et tout porte à croire que les résultats, après les mises au point nécessaires, seront analogues pour les appareils Hughes et Baudot.
- M. Maurice Leblanc, à qui la science électrique doit déjà la solution de tant de problèmes difficiles, lui rer>;d
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- INFORMATIONS
- ainsi un nouveau et signalé service. Le développement de la traction électrique monophasée, si intéressante à tant d’égaris, était, en effet, tenu partiellement en suspens par la question des troubles télégraphiques.
- Le marbre et l’éclairage. — Dans un journal allemand, 1 Elektrotechnische Zeitschrift, M. Vœge préconise l’emploi du marbre en remplacement du verre, pour réaliser des effets d’éclairage décoratifs. Il indique que, d’après un récent procédé de M. Engel, on réussit à fabriquer des plaques de marbre de 3 à 20 mm d’épaisseur, parfaitement translucides. Ce résultat est dû à un polissage spécial combiné avec un procédé d imprégnation. La translucidité serait supérieure à celle de plaques de verre blanc d’épaisseur normale. L'imprégnation se fait avec des huiles de diverses natures, à haute pression et haute température. On obtient ainsi des plaques de colorations diverses d un bel effet décoratif, et une lumière tamisée fort agréable à l’œil.
- Le téléphone à la porte des médecins. — A Berlin, relatent les Annales des Postes et Télégraphes, certains médecins ont modernisé lantique sonnette de nuit en la remplaçant par un téléphone relié à un appareil placé au chevet du docteur. Ce ui-ci peut ainsi communiquer sans retard avec le visiteur nocturne, parfois même donner une consultation sans quitter le lit.
- La plus grande fabrique d’automobiles du monde.
- — Les usines de la Ford Motor C° à High'and Park, Detroit (Etats-Unis), sont aujourd’hui sans conteste les plus puissantes usines d’automobiles qui soient au monde La valeur totale de leur production en iqi3 a attèint 4^0 millions de francs. La production quotidienne peut atteindre 1200 voitures. L’effectif du personnel est de «5 <>00 ouvriers et employés. Les bénéfices nets de la Société en 1913 ont été de 75 millions de fraucs, dont la moitié a été répartie entre le personnel. Le développement de la Ford Motor C° a été extraordinairement rapide. Son chiffre d’affaires n’était que de 7 millions de francs en 1906, de 28 millions en 1907; en 1910 il atteint déjà 83 millions; en 1911, K2Î millions; en 1912, 212 raillions, et enfin 4I0 millions en 1418. On voit quelle formi labié concurrence l’indu s trie automobile française rencontre aujourd’hui Oulre-Àtlantique. Ajoutons que la Ford Motor C° ne construit qu’un type de voiture. Cette spécialisation a permis l’organisation du travail en série et la diminution 4u prix de revient.
- La source thermale artésienne de Nancy. — La
- revue Hydrologica, du 25 janvier 1914, donne dans un article du Dr Barachon la description détaillée du sondage et du captage du parc Sainte-Marie, à Nancy, avec une coupe géologique au 1/20000 et diverses gravures. Dauleur rappelle que c’est une source thermale de 1800 litres à la minute et à la température de 36°, qui jâil'it du fond d’un puits artésien, en 1909, an cœur même de l’exposition de Nancy. Au po nt de vue médical, elle est comparable aux eaux d’Aix-les-Bains, Néris, Aix-la-Chapelle, etc. Commencé le 2t juillet 1908 par MM. Plan-chin frères, de Vichy, le sondage fut terminé le ïO juin 1909, à la profondeur totale de 800 m. 82. 11 a traversé 12 m. 5o d’alluvions et de thoarcieu, i5g m. 5o de lias, et 628 m. 22 de trias. Les derniers 92 m. 32 dont dans le grès des Vosges. Il a recoupé 5 n:veaux artésiens -i i° à 649 m. [i3 litres minute, température i8°] (anormale); 20 à 670 m. (120 litres minute, 3o°) ; 3° 690 m. (700 litres minute, 34°I ; 4° 708 m. (35°); 5° de 720 à 800 m. (36°). La ire évaluation de 3ooo litres pour les deux derniers niveaux avait dû être exagérée. On a disposé ee captage jaillissant appelé eau du parc Sainte-y/arie de façon à l’utiliser pour l’exploitation d’une station thermale.
- La mer des Sargasses. — On sait que diverses 'hypothèses ont été émises sur l’origine de la mer des. Sargasses, immense prairie flottante d algues brunes située entre les Açores les Canaries et les Bermudes. Les uns pensent que les algues qui la constituent ont "été arrachées aux rivages américains et entraînées par les flots. D’autres, constatant que-'les algues sont tou-
- jours récoltées à l’état stérile, admettent qu’il s’agit, dune espèce se maintenant par bouturages naturels-à l’état flottant depuis des siècles. La question vient, d’après la Revue scientifique, d'être reprise par l’algo-logue danois Boergesen. bes conclusions se rapprochent de la seconde des hypothèses susdites. Les espèces de la mer des Sargasses, au nombre de deux seulement, sont, en effet, bien différentes de celles de la côte américaine. Elles sont en pleine vitalité, et les exemplaires qu’on recueille n ont nullement le caractère de débris que supposerait un arrachement à des côtes. Elles n’ont pas de crampons fixateurs, et, de plus, leur abondance seule rend invraisemblable cette hypothèse. Si, comme il est possible, une origine première doit bien être cherchée sur les côtes américaines, elles ont perdu toute trace de ce temps éloigné et sont complètement adaptées à leur nouveau genre de vie. - -,
- V
- Une énigme glaciaire. — D’après le Geographisclier Zeitschrift, de Iéna. le Dr Maurer, directeur du Bureau central météorologique fédéral de Zurich, a discuté toutes les observations de températures et de précipitations atmosphériques, de i855 à 1912, au pied septentrional des Alpes. Il en a conclu qu’elles sont sans aucune relation avec les oscillations des glaciers. La période humide et froide de 1878 à 1891 n’a exercé nulle influence sur la progression des glaciers et l’on peut dire que, depuis 60 ans, la plupartdes glaciers de Suisse ont diminué. Il ne saurait être question en Suisse de la période oscillatoix-e des glaciers d’environ 35 ans dont on a beaucoup parlé, mais il est inexplicable, quant à présent, que ce retrait des glaciers soit si persistant.
- Les pluies en Lozère en 1912. — Les Cévennes de la Lozère continuent à être la région de France où il pleut le plus. D après la notice météorologique ponr 1912, publiée par la commission météorologique de ce département dans le Bulletin de 1 g13 (4e tri-mesire), de la Société d agriculture, industrie, sciences et arts de la Lozère, il est tombé en 1912, vers les sources du Tarn, de 2002 à 2102 mm d’eau dans 4 localités aux environs de Pont-de-Montvert. Vers les sources du Chassezac 2345 mm à Villefort (ait. 597 m.). Vers les sources des Gardon 2604 mm 5, à La Barque (altit. 1400 m.), 2i 18 mm à Vialas (altit. 622 m.), et 2089 mm à Saint-Elienne Vallée française (altit. 2067 m.). Lè nombre des jours de pluie a atteint 148 à Saint-Chély d’Apcher dans le bassin du Lot. Il serait à désirer que tous les départements possédassent une commission météorologique aussi utile que celle de la Lozère.
- Réglementation des fouilles en Egypte. — Tentéè par les offres des marchands d’antiquités, les fellahs de la vallée du Nil se livraient, en dépit des décrets du gouvernement, à des fouilles clandestines qui endommageaient ou détruisaient de précieux monuments. D’apres le Journal of Egyptian Archeology, le nouvel organe dé YEgypt Exploration Fund, le Gouvernement khédival vient de promulguer une loi dont les sévères dispositions sont de nature à faire réfléchir les vandales. Toute personne qui fouillera des ruines sans avoir obtenu une licence, ou qui fera paître des bestiaux parmi des ruines, sera passible d’une année de prison et d’une amende de 100 livres. Toute personne qui écrira un nom sur un monument ancien sera passible de 8 jonrs de prison et d’une amende d’une livre. Les marchands d’antiquités devront demander une licence au gouvernement, et seront tenus d’inscrire leurs achats et leurs ventes sur un registre que les autorités compétentes pourront examiner à toute réquisition. Seuls seront autorisés à fouiller lè sol les archéo'ogues dûment accrédités par des Gouvernements. des Universités, des Académies ou des Sociétés savantes; exception sera faite en faveur des particuliers qui'fourniront des références suffisantes; on pourra exiger d’eux qu’ils s’adjoignent des archéologues connus des autorités. Chaque expédition ne pourra obienir dë licences pour plus de deux sites; elle devra préciser à l’aide de plans la situation des fouilles qu’elle veut entreprendre. Parmi les obligations imposées, nous signalerons celle qui impose aux expéditions la lâche de combler les tranchées à la fin de chaque saison. La nouvelle loi découragera les entreprises des « détrousseurs de ruines », et comme telle, sera applaudie par les archéologues.
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- Le Motordock. — Nombre d’inventeurs ont étudié depuis longtemps divers systèmes de moteurs hydrauliques permettant de capter l’énergie contenue dans les courants des rivières, des fleuves et de la mer. Parmi ces systèmes il en est un étudié récemment par M. le comte Rolland de Pontbriand auquel il a donné le nom de Motordock qu’il nous paraît intéressant de signaler aux lecteurs de La Nature, tout au moins dans ses grandes lignes.
- Les fîg. i, 2 et 3 montrent en coupe longitudinale, en plan et en coupe transversale ce système de moteur hydraulique. Celui-ci se compose d’une sorte de caisson oblong b formant ponton présentant à sa partie antérieure et à sa partie postérieure deux vannes C et D et comportant sur toute sa longueur un canal a traversé par le courant d’eau qui le remplit complètement et dans lequel est logé l’arbre longitudinal e et des hélices h qui sont calées sur lui.
- Cet arbre est soutenu en divers points et notamment aux extrémités au moyen de paliers montés dans des croisillons f et g et, en son milieu, sont placés deux engrenages coniques i j qui transmettent la puissance captée à l’arbre vertical K muni soit d’engrenages, soit
- Dessin schématique du Motordock.
- Coupe longitudinale. Plan.
- Coupe transversale.
- de poulies actionnant les appareils d’utilisation.
- Au-dessus du canal a est disposé un plancher sur lequel peuvent être placés ces appareils d’utilisation et qui également peut porter des abris pour le personnel chargé de la surveillance et de la conduite du moteur.
- Au lieu d’un seul arbre longitudinal ce système peut comporter plusieurs arbres parallèles juxtaposés ou superposés dans plusieurs canaux distincts. Quant à la puissance captée elle dépendra de la section du ou des canaux, du nombre des hélices et de la vitesse du courant d’eau.
- Quant aux dimensions du ponton elles devront être choisies suivant l’endroit ou celui-ci devra être amarré et d’après la puissance à obtenir.
- Lors jue le courant d’eau entre par l’orifice des vannes antérieures et s’écoule à travers les canaux pour ressortir par les orifices des vannes postérieures, celui-ci détermine la rotation des hélices et, par suite, de l’arbre sur lequel elles sont calées. Cet arbre, à son tour, au moyen des roues d’angle, transmet la puissance ainsi captée aux appareils d’utilisation installés sur le plancher du ponton.
- Ce système de moteur peut trouver son application dans les plus petites rivières aussi bien que dans les grands fleuves et aussi lorsqu’il s’agit des courants alternatifs des marées. Seulement, dans ce dernier cas, ajoute M. de Pontbriant, il serait indispensable de recourir à l’emploi d’accumulateurs électriques afin d’éviter les arrêts se produisant au moment du renversement des courants et pendant la mer étale.
- Dans le cas de petites installations les appareils d’utilisation sont installés sur la berge. Dans les grandes installations, au contraire, le ponton serait aménagé pour recevoir tous les appareils d’utilisation, ainsi que le logement du personnel.
- Quant à l’amarrage du ponton il variera suivant les cir-
- constances. Il se fera soit en pleine eau, soit sur la berge.
- Lorsqu’une grande puissance sera nécessaire, il sera facile de grouper à peu de distance les uns des autres une série de pontons.
- Dans les petits cours d’eau et dans les rivières non navigables, à courant très faible, on pourrait adopter le dispositif suivant. La rivière serait barrée et un espace libre laissé au centre de ce barrage formerait la tête d’un canal fermé par une vanne et dans lequel serait placé le ponton de la longueur voulue; le canal pourrait être quelconque, planche ou maçonnerie. Toute l’eau de la rivière s’écoulant ainsi par ce canal, la vitesse du courant se trouverait augmentée et, par suite, la puissance captée.
- L’ensemble du système est de construction simple et peu coûteuse.
- Tel est dans ses grandes lignes le principe de Motordock. Reste à résoudre une question importante. Quelle sera dans la pratique la disposition la plus avantageuse à adopter et quel sera le rendement global obtenu avec ce moteur hydraulique? L’expérience seule pourra l'indiquer. (D’après ses premiers essais M. de Pontbriand indique un rendement de 25 à 3o pour ioo.) Aussi réviendrons-nous avec plaisir sur cette question lorsque nous connaîtrons le résultat des essais que poursuit en ce moment M. de Pontbriand. — Le Motordock est installé chez M. de Pontbriand, place d’Orléans, Saint-Brieuc. R. Boxxin.
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- Un nouveau détecteur électrolytique. — Un de
- nos lecteurs, M. Gouraut, professeur à l’école normale d’instituteurs de Caen, nous décrit un détecteur électrolytique qu’il a construit lui-même d’après le principe du détecteur de M. Jegou, qui fonctionne sans pile en utilisant les propriétés polarisantes de l’amalgame de zinc.
- Dans sa construction, notre correspondant a supprimé le fil de platine ainsi que la soudure du détecteur Jegou et en remplaçant le liquide amalgame par un cylindre de zinc qu’on peut amalgamer soi-même, très faiblement et qu’on substitue au plomb. L’appareil se compose donc d’un flacon de verre de i5 gr, F, contenant de l’eau acidulée au i/8, dans lequel plonge le tube ordinaire avec fil de platine ; ce tube contient du mercure maintenu par un tampon de coton C et un second de cire à cacheter C’. Le fil de platine s’arrête dans le bain de mercure et un second fil f, plongeant également dans la masse de mercure, traverse les deux tampons.
- La seconde électrode est constituée par un petit cylindre de cuivre B de 5 cent, de longueur et 3 à 4 mm de diamètre, auquel on soude un petit fil de cuivre f’.
- Notre correspondant ajoute que la sensibilité de ce détecteur est un peu moindre que celle d’un détecteur à pile ou à galène, mais suffisante pour recevoir, depuis Caen, les signaux de la Tour Eiffel.
- #l> Chimie pratique <«*
- Tube de distillation à fractionnements multipliés par condensation adiabatique. — Les nombreux appareils à distillation fractionnée, employés dans les laboratoires et dans l’industrie, sont tous basés sur le même principe qui consiste à provoquer des échanges thermiques et moléculaires entre vapeurs saturantes et liquides moins chauds, par voie de condensations et de réébullitions successives, pour obtenir à l extrémité de la chaîne l’émission des éléments les plus volatils des corps à séparer par voie de distillation. Ces effets sont réalisés dans des appareils à étages superposés, ou à plateaux. 11 en existe de nombreux modèles différant
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- eulre eux par des détails de construction souvent ingénieux, mais jamais essentiels.
- M. Chenard a eu l’idée d’utiliser le seul travail des vapeurs contre la pression extérieure pour obtenir, dans des conduits de grande longueur et de faible capacité, des fractionnements extrêmement rapides, avec une aisance et une intensité des plus remarquables.
- Cette conception simple a été appliquée par M. Chenard dans l’appareil que nous représentons ici (fig. i), dont la partie essentielle est un serpentin à axe horizontal S où les vapeurs circulent entre le ballon générateur B et le réfrigérant R sans autre résistance que celle de la pression extérieure.
- Deux thermomètres T et T' permettent de se rendre compte, pendant la distillation, de la température des vapeurs émises par le ballon générateur et de celle des fractions résultant de l’analyse opérée par l’appareil au moment où elles vont se condenser dans le réfrigérant.
- Les parties condensées pendant le passage à travers les spires du serpentin sont aussitôt renvoyées vers la branche inférieure L de l’appareil grâce à un système de tubes O, O', O'', etc., de faible diamètre, reliant la
- L’appareil distillatoire à fractionnements multiples Chenard.
- partie inférieure de chaque spire du serpentin au tube collecteur L qui les ramène dans le ballon.
- Avec ce dispositif, et par suite des effets thermiques réalisés adiabatiquement dans les spires du serpentin, cette partie de l’appareil est le siège d’échanges extrêmement intenses, se traduisant par le renvoi vers la chaudière d’un flux ininterrompu de liquides de condensation.
- On sait combien sont délicates et fastidieuses les opérations d’analyse par distillation quand la nature des corps étudiés force à opérer entre des limites très voisines des températures initiale et finale d’ébullition. Le tube de E. Chenard donne à ces opérations une rapidité en même temps qu’une aisance incomparablement supérieure à tout autre appareil; par la suppression des barbotages et des transports mécaniques de liquides dont ils s’accompagnent toujours, il assure une rigueur remarquable à la séparation des produits à fractionner.
- En outre, lorsqu’il s’agit de liquides dont le point d’ébullition est moins rapproché (par ex. eau et alcooli on obtient avec ce tube une séparation très nette des deux liquides, quel que soit le rapport du mélange soumis à la distillation et avec un rendement qu’on ne réalise pas avec les autres rectificateurs.
- Ainsi, en partant d’un liquide alcoolique faible (solution à io°), on arrive, avec le tube de Chenard, à séparer la presque totalité de l’alcool dans les premières fractions représentant le dixième environ du volume initial : le distillé a un titre supérieur à 90° et l’on peut régler l’ébullition du liquide de façon que ce titre reste constant jusqu’à ce que la distillation s’arrête.
- Raoul Neveu, constructeur, 16, 18, 20, rue Monsieur-le-Prince, Paris.
- *> Æimentation
- Le Mellimustimètre de R. Pique et V. Leroy. —
- Le Mellimustimètre Pique et Leroy est un densimètre établi spécialement en vue de donner par simple lecture le rapport entre la densité d’un moût de miel et le
- degré alcoolique que ce moût devra produire après fermentation. Réciproquement il indique dans la fabrication des hydromels la quantité de miel qu’il convient d’employer par hectolitre pour obtenir un produit d’un degré cherché.
- Les Glucomètres et les Mustimèlres, employés jusqu’à présent pour cet usage, sont gradués sur la base variable de 1 kg 5oo à 1 kg 800 de sucre de canne par hectolitre pour obtenir un degré d’alcool. Ces chiffres nécessitent d’importantes corrections quand on les utilise pour le miel. Ainsi, pour le moût de miel, il faut en pratique 2 kg 420 de miel par hectolitre pour obtenir un degré d'alcool. Celte indication n’est pas tout à fait conforme à celles données théoriquement par le calcul, mais c’est le résultat de nombreuses expériences faites avec des moûts de miel pur soumis à une fermentation normale. En un mot, les données du Mellimustimètre sont exactement conformes aux résultats d’une fabrication bien conduite ; et suppriment toutes les corrections.
- La graduation du Mellimustimètre est divisée en trois parties distinctes :
- La première, qui occupe entièrement un côté de la tige plate, indique les / \ densités des moûts ; la seconde, placée de l’autre côté de la tige, indique en kilogrammes la quantité de miel contenue par hectolitre dans le moût essayé ; tout à côté, la troisième graduation donne la richesse alcoolique qu’aura le moût après une fermentation normale.
- Exemple : Un moût de miel pur qui donnera à la température de i5 degrés centigrades une densité de 1,090 indiquera de l’autre côté de la tige 27 kg 5oo de miel contenus par hectolitre et le chiffre de 11,3 qui représente la richesse alcoolique qu’on obtiendra après fermentation. La graduation de l’instrument étant faite à i5 degrés centigrades, il est bon, pour ne pas fausser les résultats dans l’essai des moûts, de ne pas trop s’écarter de celte température.
- Il est bien entendu que l’essai, pour être exact, doit être fait lorsque le miel est bien fondu et qu’il forme une solution homogène, et surtout n’ayant subi déjà aucune fermentation. — Le Mullimustimètre est vendu chez M. Victor Leroy, 12, rue de la Taillerie, Arras. Envoi franco contre mandat-poste de 4 francs.
- **> Objets utiles
- Brosse automatique pour la poche. — On ne dira jamais assez de mal des brosses de poche, cependant si utiles, indispensables même, pour la moustache et la barbe qui ont particulièrement besoin d’être peignées et nettoyées très fréquemment. Mais ces brosses, même enfermées dans un étui soi-disant protecteur, sont de véritables nids de poussières, de microbes, ramassés dans les poches le plus bénévolement du monde. Et à chaque passage sur la moustache elles déposent une partie des impuretés qu elles tiennent eu réserve sur chaque poil.
- Pour éviter cette accumulation de souillures récoltées au contact d’autres objets, il fallait trouver un système de fermeture parfait. Le modèle que représente notre figure est constitué par une jolie petite boîte ennickel, delà dimension d’une boîte d’allumettes et se présentant sous la même forme. Le dos de la boîte La brogse automatique constitue le dos de la brosse. On- ouverte et fermée, fuit sortir celle-ci en appuyant simplement sur le côté de la boîte; la brosse bascule autour d’un axe et se présente normalement à la main Un simple mouvement de bascule remet la brosse en place dans sa boîte, en sécurité par conséquent Les soies se trouvent ainsi renfermées dans leur étui qui les protège en même temps contre les pressions accidentelles. — La nouvelle brosse automatique est en vente aux établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris,
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- Le spiroscope. — J’ai indiqué, il y a quelque temps (voy. La Nature, tome I, 1913, p. 181), l’ingénieux procédé de gymnastique respiraloire imaginé par le Dr Pes-cher, connu maintenant partout sous le nom du procédé de la bouteille. Pour rendre cette méthode plus simple
- et plus pratique, M. Pescher a fait construire un petit appareil très simple qui supprime le remplissage et le renversement de la bouteille ; il n’y a plus de manipulation inutile et l’appareil peut fonctionner indéfiniment pour une durée quelconque d’exercice. Il se compose de deux flacons gradués, d’égale capacité, réunis surun même pied et mobiles à la manière des plateaux d’une balance. Ces flacons sont munis à la partie supérieure de robinets d’air, qui permettent de réaliser d’une façon parfaite l’exercice respiratoire. L’insufflation pratiquée par le sujet chasse l’eau d’un réservoir dans un autre. Il est facile de graduer l’effort suivant l’âge, suivant le résultat à obtenir.
- Comme le fait remarquer notre collègue, l’entraînement respiratoire, rendu très simple et très facile par ce petit appareil, n’a pas que des applications médicales. Toute personne qui désire augmenter sa capacité respiratoire ou maintenir son souffle à un état satisfaisant pourra faire en chambre un exercice des plus simples.
- Chez les malades, la spiroscopie peut se faire au lit, sans le moindre mouvement et rien n’est plus aisé pour l’entourage ou le malade lui-même que de graduer l’exercice à son gré et suivant les besoins.
- Contre les piqûres de guêpe. — Les habitants de la Suisse française et de la région savoisienne usent d’un remède populaire contre les piqûres de guêpe ou d’abeille et ce remède serait des plus efficaces. Il réussit même dans une forme grave de ces piqûres, celles qui portent sur les lèvres, sur la langue, sur les muqueuses de la bouche ou de la gorge, comme cela arrive quand on mord à même dans un fruit où sont venus butiner ces insectes. Dans la bouche et sur ces divers points, la piqûre est des plus graves, car il se forme très rapidement un œdème et un gonflement des tissus qui peut amener des accidents de suffocation.
- En présence d’un cas semblable on recourt aux gousses d’ail. Quand la piqûre porte sur une partie accessible, comme la langue, les lèvres, on frotte vigoureusement le point piqué avec l'ail; si la piqûre est plus profonde, vers la gorge, on fait avaler des gousses d’ail, broyées et malaxées. Et dans la plupart des cas, l’œdème s’affaisse et les accidents sont conjurés. Le professeur Mer-mod, de Lausanne, vient de se porter garant de l’efficacité du moyen en communiquant à la Société vaudoise de médecine l’observation d’un malade qui, à la suite d’une piqûre de guêpe dans la gorge, avait été pris presque instantanément d’accidents de dysphagie et d’asphyxie, les aryténoïdes du larynx, avaient pris le volume d’une noix. On administra au malade des gousses d’ail et le malade guérit rapidement. A défaut d’ail, l’oignon cru agirait de même, mais moins sûrement.
- ,Je ne sais si ce remède est connu et employé dans d’autres régions; il est des plus simples, des plus efficaces, à la portée de tous et mérite d’être répandu. C’est probablement au principe actif de cette plante, l’essence qui est formée en grande partie de sulfure d allyle que sont dues ces vertus spéciales pour celte forme d’accidents. Dl A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Recettes de confitures. — Façon de procéder pour : i° Confitures d'oranges : Mettre tremper dans la bassine à confitures une douzaine de belles oranges avec 3 litres d’eau froide, faire bouillir pendant i5 à 20 minutes, jeter l’eau, remettre 3 autres litres d’eau froide, laisser bouillir encore jusqu’à ce qu’une tête d’épingle entre facilement dans la peau, jeter l’eau et remettre les oranges à tremper pendant 24 heures dans 3 nouveaux litres d’eau froide. Au bout de ce temps, sortir les oranges de leur bain, les couper en fines tranches et enlever les pépins. Faire un sirop avec 3 litres d’eau et 6 kg de sucre, jeter les tranches d’oranges dans ce sirop lorsqu’il est bien épais, laisser bouillir 20 minutes, et, avant de retirer la confiture pour la mettre en pots, y ajouter un verre de rhum; — 20 Confitures de coings : Prendre des coings bien essuyés, les couper en huit ou douze morceaux que l’on jette dans une bassine en cuivre avec la quantité d’eau nécessaire pour qu’ils baignent. Faire cuix’e une demi-heure, égoutter, enlever la fine pelure et les cloisons; peser les morceaux et le jus, mettre trois quarts de ce poids de sucre cristallisé. Porter le tout sur le feu et laisser cuire 1 heure environ, sans remuer; — 3° Confitures de cerises : Prendre 6 kg de cerises mûres, enlever les queues et les noyaux, égrener 1 kg de groseilles rouges, les mettre dans une bassine avec quantité d’eau nécessaire pour qu’elles baignent bien; faire bouillir, retirer au bout de 20 minutes, écraser les grains avec une cuillère en bois, passer le jus au tamis; tordre dans un torchon des framboises en quantité suffisante pour obtenir 5oo gr. de jus. Mettre dans la
- bassine à confitures les cerises et le jus de groseilles et de framboises, faire bouillir, écumer. Après une demi-heure d’ébullition, ajouter 6 kg de sucre, faire bouillir encore une demi-heure et mettre immédiatement en pots que l’on couvrira au bout de 4 à 6 jours ; — 4° Confitures de prunes : Choisir des fruits bien sains et pas trop mûrs, les fendre d’un côté, enlever le noyau avec soin : peser les prunes et mettre dans la bassine 400 gr. de sucre par livre de fruits, un demi-litre-d’eau pour chaque kilogramme. Faire cuire le sirop au petit boulé en l’écumant si besoin est, ajouter les prunes, soumettre à l’ébullition trois où quatr e fois de suite. Verser tout le contenu de la bassine dans un récipient en porcelaine ou en verre. Le lendemain, faire égoutter les prunes, remettre le sirop dans la bassine et le faire réduire encore au petit boulé, y plonger les fruits, soumettre encore à trois ou quatre bouillons, faire refroidir, recommencer le lendemain la même opération si, à la deuxième cuisson, les prunes ne sont pas assez cuites ni pénétrées de sucre. On retire ensuite les fruits pour les mettre en pots remplis à moitié seulement. Le sirop est recuit et versé dans les pots, en le faisant bien pénétrer autour des fruits. Autre recette plus simple, mais donnant des conlitures de moins belle apparence : mettre dans de grands pots en terre ou en porcelaine un lit de fruits et un lit de sucre, laisser ainsi de 4 à 10 heures. Verser le jus obtenu dans la bassine, faire cuire sur un feu clair et vif en remuant très souvent jusqu’à ce que le sirop soit très épais et les prunes bien cuites, écumer avec soin, mettre en pots et ne couvrir qu’au bout de 2 à 4 jours.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Colle imputrescible pour le bureau. — Un de nos
- lecteurs, M. Thieux, de Yialas, a l’obligeance de nous communiquer la recette suivante qui lui donne toute satisfaction. A de la colle faite de façon habituelle avec de l’eau et de la gomme arabique ou de la gomme du Sénégal, il ajoute le dixième en volume du mélange :
- Acétone....................io cm3
- Alcool .à 6o°..............3o —
- On peut employer de l’alcool à brûler, mais ce n’est pas à recommander, la colle ainsi faite ayant alors mauvaise odeur. On doit ne verser le mélange que peu à peu, en remuant bien la colle. On peut ajouter une ou deux gouttes d’acétate d’amyle ou une trace de musc artificiel : cela donne à la colle un arôme très délicat si l’on prend soin d’en employer très, très peu.
- Pour enlever les taches sur les creusets en platine. — Au cours de certaines manipulations, telles par exemple que l’analyse de cuirs par la méthode Baland, les creusets et capsules de platine employés dans les laboratoires se recouvrent de taches noirâtres résistant aux acides forts. M. Christo Manzofï pour enlever ces taches place sur le métal taché une pincée de poudre préparée en mélangeant :
- Carbonate ou bicarbonate de soude. . 5o gr.
- Borax.................................25 —
- Après avoir chauffé dans la flamme d’un brûleur Bunsen, on fait fondre la poudre saline sous l’action du chalumeau. Il suffit de laver finalement à l’eau chaude pour enlever toute trace de tache.
- (Annales de chimie analytique.)
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. E. Lfv., avenue Ledru-Rollin, Paris. — Les mixtures à nettoyer le marbre, décrites dans les Recettes de la Maison, doivent séjourner assez longtemps au contact de la surface salie : il est bon par exemple de les y laisser dessécher, puis d’enlever en brossant.
- M. Couvreur, Ecole industrielle de Gand. — Le papier peut être rendu transparent sans jaunir par application d’une couche dé vernis blanc à l’alcool (voy. notre Recette, p. 165 du Supplément d’avril 1912).
- M. de la Bastide, château de la Cour, à Allogny. — Pour étudier les propriétés des goudrons, brais, pétroles, etc., au point de vue de leurs applications pratiques, voir le volume Fabrication des huiles minérales (Ehrsam, éditeur, rue de l’Embarcadère, Charenton. Prix : 10 francs).
- M. C. Humbert, à Cervera de Pisuerga. — Pour coller les bandages en caoutchouc creux aux jantes de bicyclettes, on emploie des ciments à la gutta préparés selon les formules données dans nos Recettes sportives, p. 62 et 63 (Masson, éditeur. Prix : 3 francs, relié).
- M. A. B., à Marseille. — Nous donnons dans les Recettes de la Maison, p. 3o2 à 3o4 (Masson, éditeur. Prix : 3 francs, relié), plusieurs procédés pour combattre l’humidité des murs : le goudronnage nous paraît un des plus efficaces. Dans certaines contrées, nous vîmes l’effet des pluies très atténué par un revêtement des murs exposés aux vents faits avec des ardoises posées comme sur un toit.
- M. Sapet, à Tournus. — Nous ne savons si le poly-graphe est dans le commerce. En demandant l’appareil chez Morin, ix, rue Dulong, Paris, on pourra sûrement vous le procurer s’il se fait encore. Bien avoir soin de citer la source, ou de faire la description, pour qu’on puisse éventuellement vous donner quelque autre appareil semblable dont le nom différerait.
- M. Sajot, à Perpignan. — Les sciures servent en effet à fabriquer certains dallages, en les mélangeant à de la magnésie, laquelle par gâchage avec une solution de chlorure magnésien forme un ciment d’oxychlorure. Voici les noms et adresses de quelques fabricants de ces sortes de revêtements : Terrazzolith, 64, rue Petit; Porphyrolithe, 88, boulevard Magenta. Les sciures sont encore achetées par certains négociants qui les revendent aux cafetiers, polisseurs de métaux, fourreurs, etc. ; par exemple Balagnat, 27, rue Riquet; Gournay, 87, rue Petit; Mallaivre, 18, rue de Toul.
- M. J. L. abonné. — Nous analyserons la mixture que vous nous envoyez et vous tiendrons au courant de nos résultats. En tout cas, des formules de noirs à sabots furent données déjà dans les Recettes de l'Atelier, p. 259 à 261 (Masson, éditeur. Prix .: 3 francs, relié).
- M. Guérindon, rue de Castellane, à Paris. — Vous
- trouverez p^ 3x5 des Recettes de la Maison (Masson, éditeur. Prix : 3 francs, relié) la formule d'un mastic pour vitres de serre qui nous paraît convenir pour jointoyer solidement un monument de porphyre. Si les souillures sont produites par du carbonate de chaux et qu’il s’agisse d’une roche granitoïde, il suffit de laver à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique. Pour vous assurer de l’innocuité du traitement, mettre une goutte du liquide sur une surface du porphyre non salie : il ne devra point se produire d’effervescence.
- M. W. J. R. 2116. — Des colorations vertes pouvant résister à l’action des alcalis seront obtenues avec des solutions aqueuses de verts diamines B ou G (fabriqués par Casella, à Mainkur, Allemagne).
- M. J. Trachtenberg, rue Lesueur, à Paris. — C’est en effet une feuille mince de celluloïd qui protège l’étiquette en question. L’adhérence peut être obtenue par simple laminage entre rouleaux chauffés : une presse à satiner de photographe par exemple servirait commodément pour cela.
- M. E. D., à Charleville. — Vous trouverez un traité complet de l’art du vitrail dans le Manuel de peinture sur verre, de Reboulleau (Mulo, éditeur, 12, rue Haute-feuille, Paris. Prix : 4 francs).
- M. Mertens, à Malines. — a) Pour rendre le bois imperméable et capable de résister aux acides, il faut le faire bien sécher et l’enduire copieusement de paraffine appliquée au fer chaud. N’importe quelle essence peut être employée. — b) Pour les détails de construction des bobines de Ruhmkorff, voir le volume La bobine d’induction, par Armagnat (Gauthier-Villars, 53, quai des Grands-Augustins, Paris).
- M. François, à Saint-Mathurin-Plœmeur. — Vous pourriez obtenir un ciment assez élastique en chauffant longuement un mélange sans cesse remué de cire commune à cacheter les bouteilles avec 20 pour 100 de vieux caoutchouc et 20 pour 100 de suif. Il serait facile d’essayer une application sur quelques fissures (appliquer à chaud, sur surfaces bien sèches).
- M. P. P. fils, à Moulins.—Le produit dont vous nous avez soumis un échantillon contient des saponines : c’est sans doute un simple extrait aqueux de quillaya, de grains de nielle ou de sapindus. Nous fîmes sans succès quelques essais de reconstitution : il est bien difficile d’obtenir une bonne imitation de semblables mixtures.
- M. L. L., k Noisy. — Nous avons publié déjà une formule de peinture à l’aluminium pour écran à projection (Supplément du 20 semestre, 1912, p. 102).
- M. Garbe, à Saint-Valéry. — Les seuls colorants jaunes dont l’usage soit toléré pour nuancer les matières alimentaires sont la chrysoïne, l’auramine O et le jaune naphtol S. Le mieux serait de faire quelques essais avec ces substances. Au surplus les fabricants, tels que : Manufacture lyonnaise de matières colorantes (place Morand, Lyon), pourraient vous donner à ce sujet toutes indications désirées.
- M. Godart, à Nice. — Les perles en verre servant à faire les couronnes mortuaires et à décorer les robes de soirées proviennent de petits tubes en verre coloi’é,
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- BOITE AUX LETTRES
- découpés mécaniquement en menus tronçons par des petites machines du type guillotine. Reste à « arrondir » les bouts de ces petits cylindres, ce qui se fait en versant les perles mélangées de sable dans un four tournant chauffé à température de ramollissement du verre : en frottant les unes sur les autres, les perles arrondissent leurs arêtes. On sépare ensuite les perles du sable dans des trieurs, et on assemble les perles sur du fil à l’aide de métiers spéciaux.
- T. S. P.
- M. P., à A. — Nous ignorons le prix du relais Tau-leigne dont un modèle unique a été construit ; MM. Du-crétet et Roger, 75, rue Claude-Bernard, à Paris, vous renseigneront à ce sujet. Nous ne croyons pas qu’il soit possible de construire un appareil d'appel en utilisant le détecteur à cristaux qui ne comporte pas de pile.
- S. Leleu L. Q. — Oui, vous pouvez employer du fil de fer galvanisé sans l’isoler sur son parcours. Pas de citerne, mais un puits, les citernes donnent de très mauvaises terres. Oui, il vous suffira de fixer le fil de terre à la flèche métallique si tous vos haubans aboutissent à la flèche. Une seule poulie de porcelaine suffira à chaque extrémité de l'antenoe; vous ferez passer sur cette poulie un fil de fer, plutôt qu une corde, ou mieujc un câble métallique qui sera rattaché à votre flèche. Il est impossible de calculer la longueur d’onde d une telle antenne car cette longueur d’onde dépend de trop d’éléments : hauteur au-dessus du sol, longueur des fils, écartement, arbres ou obstacles naturels. Tout ce qu’on peut dire à ce sujet est qu’une antenne verticale parfaitement isolée, constituée par un fil unique, est égale à un quart de longueur d’onde. Nous utiliserons les renseignements que vous voulez bien nous communiquer sur votre détecteur.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Automobiles Schneider pour stérilisation par l'ozone : Durau. — L’oiseau-mouton : Maurice Dekoura. — Académie des sciences : Cii. de Vii.i.edeuil. — La lièvre aérienne au xviu’ siècle : L. De Launav. — Symétrie des cristaux et symétrie moléculaire : H. Vkineron. — Une nouvelle machine domestique à glace : F. Serbvr. — Les variations du ciimat de New-York • P-. Sallior. — Une nouvelle méthode d’enseignement des langues -H. Y.
- Supplément. — Nécrologie : Fernand Forest. — Nouvelle comète lvritzinger (1914 <*)• — Variation des latitudes. — Le convertisseur à vapeur de mercure et la traetiou électrique. — Le projet d’électrification du chemin de 1er du Saint-lVothard, etc.
- Les récents progrès du système métrique, rapport présenté à la ciuquième conférence générale des poids et mesures par Ch.-Ed. Guillaume, i vol. in-4° (33-25) de iv-1 18p., 1913, Gauthier-Villars, 5 francs.
- Notre éminent collaborateur M. Guillaume expose ici les progrès récemment accomplis par le Système métrique tant au point de vue de la technique mélrologique, attentive à la conservation de ses unités et à leur reproduction précise, qu’à celui du perfectionnement de sa structure, lui assurant un champ d’action d’étendue sans cesse croissante.
- Introduction à la chimie des complexes. Théorie et systématique de la chimie des complexes minéraux, par G. Urbain et A. Sénéchal. Grand in-8° de 480 p. avec figures. Hermann et fils. Prix : i5 francs.
- La question des complexes est toute nouvelle. Les auteurs ont discerné trois genres de complexes : les complexes parfaits, les complexes imparfaits et les sels doubles proprement dits. Ce te classification est justifiée par la différence de stabilité de ces diverses combinaisons au point de vue thermodynamique. Le chapitre relatif à la stabilité des complexes renferme un exposé simple et clair des principes de la thermodynamique et renferme au point de vue de la stabilité des composés chimiques des filées entièrement originales. La constance de la valence ou de l’indice de coordination dans les complexes parfaits est présentée comme une conséquence du frottement chimique qui maintient ces corps dans l’état thermodynamiquement instable, mais chimiquement stable que les auteurs appellent l’état de contrainte chimique.
- Le Hasard, par Emile Borel, professeur à la Faculté des sciences de Paris, 1 vol. in-16 de la Nouvelle Collection scientifique, avec fig. dans le texte. Félix Alcan. Prix : 3 fr. 5o.
- Cet ouvrage est divisé eu trois parties : la première est un exposé des principes de la théorie du hasard ; la deuxième est consacrée aux applications des lois du hasard aux diverses sciences, à l’irréversibdité eu thermodynamique et à la radioactivité; la troisième partie enfin a pour objet la portée philosophique des lois du hasard.
- Traité de chimie minérale, par H. Erdmann. — Tome second. — Etude des métaux. Grand in-8° de 33o pages:, avec 7 figures, 3 doubles planches spectrales, colo-‘ riées, 3 appendices et une table pour les calculs chimiques. A. Hermann et fils, Paris. Prix ; 10 francs.
- Nous signalerons particulièrement dans l’ouvrage l’étude sur les flammes colorées et les spectres des métaux, les développements étendus que l'auteur a donnés : sur les terres rares et particulièrement sur le radium, sur la métallurgie des métaux les plus importants tels que l'aluminium, le fer et l’or, enfin le .très important chapitre « Généralités sur les propriétés des éléments et de leurs combinaisons ».
- Les classiques de la science. II. Mesure de la vitesse de la lumière Etude optique des surfaces ; mémoires de Léon Foucault, i vol. in-8°, 3 planches hors texte, 5 gravures dans le texte, Armand Colin. Prix : 1 fr. 3o!
- III. Eau oxygénée et ozone : mémoires de Thénard SchOENBEIN, DE MaRIGNAC, SoRET, TrOOST, IIaUTE-feuille, Chappuis. i vol. in-8°, 1 planche hors texte. Prix : 1 fr. 20.
- Nous avons déjà signalé l’importance de cette collection. Ces deux volumes intéresseront l’un les physiciens, l’autre les chimistes. Les mémoires de Léon Foucault sur la vîtes-se de la lumière et l’étude optique des surfaces permettent de juger ce que la physique et aussi l’industrie doivent au génie original de ce grand savant. Les travaux de Thénard, Schoenbein, deMarignac, Soret, Troost, Hautefeuille et Chappuis* sur l’eau oxygénée et l’ozone, sont les témoins éloquents de la contribution importante apportée par ces savants à la chimie dans ses applications industrielles.
- Formules, recettes, procédés à l’usage des ingénieurs recueillis, choisis et coordonnés, par L. François* in-8° de vn-420 p., avec 127 fig., H. Dunod et E. Pmatl Prix : 9 francs.
- Voici quelques titres de cet ouvrage : I. Recettes pour le bureau (encres, colles, cire, effaçage des traits documentation technique...) — II. Recettes pour le laboratoire (à l’usage des chimistes, des photographes amateurs...) — III. Recettes pour l’usine (lubrifiants, calorifuges, extinction des incendies, inslallaiion électrique...) IV, Recettes pour l’atelier (montages sur les machines-outils, trempe, aciérage, recuit, patines, etc...) — V. Recettes pour le chantier (mortiers et bétons, moulages, peintures, nœuds et brêlages,..).
- Henri Poincaré. L’œuvre scientifique, l’œuvre philosophique, par V. ~\olterra, J. Hadamard, P, Langevin, P. Boutroux. I vol. in-16 de la Nouvelle collection scientifique, Librairie Félix Alcan. 3 fr. 5o.
- Si Henri Poincaré est obligé de lire dans l’autre mondE tous les ouvrages que l’on publie siir son œuvre, il doit avoir de quoi occuper tout son temps. Les études réunies ici sont dues à quatre écrivains scieiL tifiques ou philosophiques de premier ordre.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS '7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ODSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 avril 1914 . Il °,7 W. N. W. 6. Deau. 1,1 Très nuageux; quelques averses.
- Mardi 7 8°,9 W. N. W. 4. Couvert. L7 Très nuageux: jduie jusqu’il 1 h. cl un peu d 111s la soirée.
- Mercredi 8 5°.o S. S. W. 2. Couvert. 1,8 Très nuageux jusqu’à 15 h. ; nuageux ensuite ; quelques averses.
- Jeudi V* 5°,5 S. 2. Nuageux. » Nuageux le matin; très nuageux le soir; gelée blanche.
- Vendredi 10 ... . 10°,3 S. S. W. 3. Couvert. 2,0 Couvert; rosée; pluie de I5 h. à 18 h. 50.
- Samedi 11 9°,6 S. 2. Couvert. 1,6 Très nuageux; halo; pluie de 21 h. à 22 h. 43.
- Dimanche 12. . . . 9°,o N. N. E. 2. Très nuageux. )) Nuageux ; rosée ; halo.
- Lundi 13 10°, 4 Calme. Couvert. )) Rosée: brume; couvert.
- Mardi 14 11°,6 N. 3. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- Mercredi lo . . . 6°. 3 N. E. 4. Deau. » Gelée blanche ; quelques nuages.
- Jeudi 16 4»,7 N. E. 5. Deau. » Gelée blanche ; beau.
- Vendredi 17 ... . 8°,0 E. 2. Deau. » Gelée blanche; beau.
- Samedi 18 .... . 9°,0 E. N. E. 2. Deau. » Gelée blanche; beau.
- Dimanche 19 . . . . 10°,0 N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- AVRIL 1914. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 AVRIL 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du i3 au 19 avril. — Le i3. Dépressions sur le S.-O. et l’Islande : Malaga, mm; Vestmanoer, 739; pressions supérieures à 76a sur le Centre. Quelques pluies sur le N. et le N -O.; en France, beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, — 12°; Saint-Pétersbourg, -(-2; Dunkerque, 8; Lyon et Brest, 10; Is7ancy, 11; Bordeaux, 12; Nice, 16; Alger, 26; moyenne à Paris i3‘‘,g (normale : 90,7 ) - — Le 14. Dépressions sur l’extrême N., l’Algérie et l’Espagne; hautes pressions sur l’O. : Bretagne, 771 mm ; Irlande, 77 î. Neiges dans le N., pluies -dans le Centre; en France, beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, —3°; Moscou, +4; Brest et Dunkerque, 9; Clermont-Ferrand, 14 ; Alger, 16; Nice, 19;'moyenne à Paris : n° 5 (normale : 9° 8). — Le i5. Fortes pressions sur l’O. et le Centre : Angleterre, 776 mm; dépressions sur llslande, l’extrême N. et la Méditerranée. Neiges et pluies .dans le N. et le Centre; en France, beau temps. Temp. du malin : Arkhangel, i°; Berlin, 6; Brest, 7; Bordeaux, 10; Marseille, 16; Nice, 18 ; moyenne à Paris : 8°.4 (normale : 90,9). — Le 16. Haules pressions sur l’O. Yarmouth, 778 mm; Calais, 776 ; dépressions sur le N.-E., l’Algérie et l’Islande. Quelques pluies dans le Centre et le N.; en France ; beau temps. Temp. du
- du Bureau Central Météorologique.
- matin : Arkhangel, —3°; Charleville, -f- /j ; Cracovie et Paris, 5; Brest, 7; Bordeaux, 8; Marseille, 12; Alger, i5; Palerme, 18; moyenne à Paris : 8°.8 (norma e : io°). — Le 17. Baisse barométrique lente sur 1 O. ; dépressions sur l’Algérie et l’Islande; pressions supérieures à 770 mm sur F Allemagne et la Scandinavie. Eu France, beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, — 8°; Saint-Pétersbourg, 1 ; Lyon, 6; Nancy, 8; Brest, 9 ; Toulouse et Marseille, i3; Alger, 16; moyenne à Paris : ii°,5 (normale : io°.i). — Le 18. Fortes pressions sur presque toute l’Europe : Baltique, 7:9 mm. dépressions sur le S.-E. et le N. de l’Espagne. Très rares pluies dans le S.-E. de la France et de 1 Italie; Temp. du malin : Arkhangel, —6°; Moscou, -j- .1 ; Dunkerque, 7; Lyon, 8; Paris et Rome, 9; Bordeaux, 11 ; Marse lie, 12; Alger et Palerme, ta; moyenne à Paris : 12°, i (normale : io°,2). — Le 19. Hautes pressions sur le N.-O., le Centre et le S.-E. : Allemagne, 775 mm; Vienne, 773; Bucarest, 771. Quelques pluies dans le S. et l’Algérie : Clermont-Ferrand, 4 mm ; Biarritz et Toulon, 2. Temp. du matin : Haparanda. i°; Belfort et Nantes, 8; Paris et Clermont, 10; Biarritz. 12; Alger, i5; moyenne à Paris : i3°,3 (normale : io°,3). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 17, à 7 h. bi min.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Tarit (Yl*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2136. — 2 MAI 1914.
- SUPPLÉMENT.
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- INFORMATIONS
- Comète Kritzinger (1914 a). — Cette comète, dont nous avons annoncé récemment la découverte, augmente d’éclat. A la limite de visibilité, à la lin de mars, dans des instruments puissants (équatorial de om,26 de l’observatoire de Marseille), elle a pu être vue, le 16 avril, dans une petite lunette de 54mm seulement (observation de M. Rosetti Balanesco, à Bucarest). Son éclat augmente encore. Le passage au périhélie aura lieu à la lin de mai ou au début de juin. La comète traverse les constellations d’Ophinchus et du Serpent. Nos lecteurs qui voudraient rechercher cette comète la trouveront en s’aidant d’une carte sur laquelle ils reporteront les positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 26 avril............. 17 h. 50 m. 52 s. -+-UÜ32',7
- 30 —................. 18 li. ü m. 27 s. + 15° 18',3
- Le champ magnétique du Soleil. — Haie découvrait dernièrement [Astrophysical Journal, juillet içjid), et mesurait, un champ magnétique général dans le Soleil, bien intérieur à celui que l’on observe dans les taches : c’est l’occasion d’avoir un critérium pour étudier la valeur des diverses théories mises en avant pour expliquer les influences magnétiques du Soleil et c’est à cet examen méthodique que se livre D. Brunt dans un travail récent (Astronomische Nachrichten, n° 4690). La température élevée du Soleil exclut la présence d’aimants permanents dans son intérieur. Et si, pour la Terre, Lamb et Schuster [Proced. Physical Society, 24, 121, 1912) ont examiné la possibilité d’un champ magnétique résultant de courants électriques internes, l’origine et le maintien de tels courants restent complètement mystérieux : cette théorie ne parait pas davantage applicable au Soleil. Il est fort tentant d’expliquer le champ magnétique par les rotations de charges électriques dans le Soleil, mais la grandeur du champ reste alors difficile à légitimer, tout comme la stabilité de ces charges électriques. Sans doute, Schuster (loc. cit.) et Swann (Philos. Magazine (6), 24, 80,_ 1912) supposent que la seule rotation d’un corps important peut créer un champ magnétique : mais ce n’èst là encore qu’une vue théorique, qui aurait besoin de confirmation expérimentale avant d’être discutée plus en détail. Ilale avait suggéré la possibilité d’expliquer le champ magnétique général du Soleil par l’intégration d’un grand nombre de petits tourbillons et Brunt développe non sans succès cette idée en supposant des polarités inverses dans les deux hémisphères. Quelles que soient les difficultés rencontrées dans toutes les théories, on doit se louer d’exposés systématiques comme celui de D. Brunt, mettant en évidence les points délicats, mais laissant entrevoir cependmt l’espoir très net d’établir une connexion entre les champs magnétiques du Soleil et de la Terre : d’heureuses
- expériences comme celles de Salet et Millochau [Comptes rendus, 6 avril 1914) feront certainement avancer ces questions délicates.
- Le développement économique de l’Allemagne. —
- Quelques chiffres récemment publiés sur les progrès économiques et industriels de l’Allemagne peuvent être utiles à reproduire et à méditer. On sait assez que, de 1888 à aujourd’hui, la population a passé de 48 millions d’habitants à 66; mais ce qui est déjà remarquable et trop significatif, c’est qu’en même temps l’émigration a complètement disparu : i8 5oo émigrants en 1912 contre 1342000 entre ib8i et 1890. Cette énorme population trouve donc, dans la mère patrie, un emploi de plus en plus fructueux. Comme partout, il y a déplacement progressif de la campagne vers les villes, avec accroissement de la proportion active des individus qui, de 35,4 pour 100 en 1882, a passé à 39,7 en 1907. D’autre part, la puissance totale des machines à vapeur a plus que quadruplé en Prusse de 1882 à 1907. Le commerce extérieur de l’Empire a atteint, en 1912, 25 milliards. Depuis 1887, il a triplé, tandis qu’il doublait seulement en Angleterre et en France. Le tonnage des navires à vapeur a sextuplé dans la même période. Mais ce qui est moins connu, c’est l’accroissement correspondant de la fortune. Le montant des comptes courants et des dépôts dans les banques de crédit était de 1700 millions en 1890, il a été de 11 700 millions en 1912; les dépôts dans les sociétés corporatives ont passé de 800 millions à près de 4 milliards de francs. La totalité des dépôts dans les caisses d’épargne allemandes était, en 1888, de 5,5 milliards de francs et de 22,5 milliards en 1912. Les revenus peuvent être évalués pour la Prusse à 3o milliards, ou 750 fr. par tête d’habitant. Pour l’ensemble de l’Allemagne, on arrive environ à 5o milliards de revenu. En 1896, le revenu moyen par habitant qui est aujourd’hui de 730 fr. n’élait que de 5to fr. Quant \ la fortune moyenne par tête, elle paraît être aujourd’hui d’environ 58oo fr., ce qui met l’Allemagne au quatrième rang après la France, l’Angleterre et les Etats Unis; mais quand on envisage le chiffre global multiplié par le nombre d’habitants, soit 382 milliards, l’Allemagne dépasse maintenant de 20 pour 100 la France et l’Angleterre. En même temps qu’elle gagne 800 000 habitants tous les ans, elle gagne chaque année une dizaine de milliards.
- La préparation de l’acide bromhydrique. — L’acide bromhydrique est un corps dont la préparation possède la réputation d’être plutôt désagréable: aussi est-il intéressant d en signaler les mod fications qui tendent à la faciliter. Nous citerons à ce sujet des indications de M. Banus qui opère de la façon suivante : le brome s’écoule régulièrement stir une bouillie épaisse
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- INFORMATIONS
- faite de phosphore rouge (c’est-à-dire non inflammable spontanément) et d une solution aqueuse de bromure de potassium. Le gaz bromhydrique ainsi obtenu se purifie par passage dans un tube en U contenant encore des cristaux de bromure de potassium et du phosphore rouge. L’appareil, outre sa simplicité, a de plus l’avantage de fonctionner sans aucun joint de caoutchouc rapidement détruit par le gaz dégagé et peut donner a5o gr. d’acide bromhydrique.
- Présence de baryum et d’arsenic dans les tabacs manufacturés italiens. — Divers tabacs renferment parfois une certaine quantité de substances toxiques, indépendamment naturellement de la nicotine qu’on y trouve normalement. C’est ainsi que M. Spallino a trouvé dans les tabacs manufacturés italiens une petite quantité de baryum qui, traduite à l’état de sulfate, varie de 0,019 à o,o36 pour 100 du tabac séché à ioo°; une partie de ce baryum, correspondant de o,oo3 à 0,009 de sulfate pour 100, est à l’état soluble dans l’eau. On y rencontre aussi une quantité d’arsenic variant de o milligr. 08 à 1 milligr. 02 pour 100.
- Projet d’une installation hydro-électrique internationale à la frontière franco-suisse. — Une convention a été signée entre la France et la Suisse pour l’aménagement et le partage des forces motrices du Rhône à la frontière franco-suisse. Cette convention a pour but l’établissement d’un barrage à Pougny-Chancy, à frais communs par les concessionnaires des deux gouvernements. L’énergie captée à ce barrage doit être utilisée dans une usine centrale, qui serait établie auprès du village de la Plaise sur le territoire suisse.
- Pleur fossile. — Les fleurs fossiles sont assez rares, sauf peut-être celles que l’on trouve dans les dépôts d’ambre de la Baltique et de quelques autres points.
- Aussi, est-ce une bonne fortune que la trouvaille récemment faite par M. L.-C. Clenuc, de la Vanderbilt University, d’une flore de plus de a5o espèces de plantes, la plupart d’un caracière subtropical, dont beaucoup sont nouvelles. Cette riche flore fut rencontrée dans le sud du Tennessee ; elle appartient aux formations de W ilcox de l’éocène inférieur. Parmi les spécimens recueillis, M. Edward W. Derry vient de signaler dans les Pro-cedings of the U. S. National Muséum, une fleur parfaitement conservée, comme le montre la figure ci-jointe. Cette fleur nouvelle à laquelle il a donné le nom de Combretanthites cocenica présente un calice profondément lobé, à 4 ou 5 sépales, une corolle de 4 ou 5 pétales plus difficiles à distinguer, 12 étamines longuement pédiculées, un ovaire inférieur surmonté d’un long style probablement terminé par un seul stigmate. Cette fleur se rapproche des Mimosées et des Combrétacées, mais les fleurs le Mimosées ont des étamines plus longues et des anthères plus courtes et les Combrétacées un nombre d’étamines généralement 2 fois et non 3 fois plus grand que celui des pétales et des sépales.
- Les rails posés en 1913 au Canada. — On évalue à 334 450 milles, 025 120 km, la longueur de voies nouvelles posées pendant l’année par l’ensemble des Compagnies. Le Canadian Pacifique a posé en outre 25 43o milles, 40688 km de seconde voie. 164 milles, 262 km, de voie électrique sont maintenant terminés.
- Nouvelle utilisation de l’huile de baleine. — Jusqu’à ces dernières années, l’huile de baleine était assez peu demandée, car elle ne pouvait guère servir qu’à la fabrication de la glycérine et des acides gras, à cause de sa mauvaise odeur. Tout au plus, l’addition d’autres graisses permettait-elle de masquer cette odeur et d em-
- ployer l’huile de baleine à la confection des savons. La découverte de l’hydrogénation catalytique des huiles a complètement changé la valeur de cette huile. Le Dr H. Offerdahl-Larvik, qui vient d’étudier cette question dans le Péricliter d. deulschen PharmaJ;. Gesellschaft, signale qu’eu dix ans le prix de la tonne d’huile a passé de 34o à 480 francs. Aujourd’hui, la presque totalité de l'huile de baleine, soit 1 200 000 barils par an, est hydrogénée à chaud eu présence d’un métal catalytique : palladium ou nickel, et ainsi désodorisée. Les résidus séchés contiennent xo à 12 pour 100 d azote et 14 à i5 pour 100 d’acide phosphoriqne ; on les utilise comme engrais. L’huile hydrogénée est transformée en savon et le Dr Offerdahl-Larvik prévoit même sa prochaine utilisation comme substitut du beurre et du saindoux, les traces de nickel ou de palladium qu’elle peut contenir n’ayant, d’après lui, aucun effet physiologique néfaste et étant rapidement éliminées par l’organisme.
- Pigmentation et assimilation des plantes. — On
- admet généralement qu’en raison de l’absorption des rayons du spectre solaire par l’eau, les algues vertes vivent près de la surface, les algues brunes plus profondément, et enfin les algues rouges dans les régions les plus profondes où la lumière parvient. Une î-écente étude de M. A. von Richter [Ber. d. deutsch. bot. Ges.) montre que la répartition des algues en profondeur serait due à une tout autre cause. En effet, en étudiant l’assimilation des algues du golfe de Naples placées dans des vases et exposées à des lumières plus ou moins intenses et diversement colorées, M. von Richter a reconnu que la couleur de la lumière n’a aucune action et que seule son intensité agit sur le phénomène d’assimilation chlorophyllienne. La phycophéine des algues brunes, la phycoérythrine des algues rouges, la phycocyanine des algues bleues, qui leur donnentleurs couleurs particulières, ne jouent aucun rôle dans l’assimilation ; celle-ci n est due qu’à la chlorophylle que toutes les algues contiennent associée à leurs autres pigments. La répartition bathy-métrique des algues serait donc produite uniquement par leur plus ou moins grande sensibilité à l’intensité lumineuse, les algues de surface étant photophiles, celles de profondeur photophobes ; le pigment n’y serait pour rien. Cette nouvelle théorie est fort intéressante, elle expliquerait pourquoi on rencontre en certains points des algues rouges près de la surface, par exemple au milieu des algues brunes et dans les anfractuosités où la lumière ne pénètre pas.
- La réforme agraire en Russie. — A la séance du 11 décembre delà Société nationale d’agriculture, une intéressante communication de M. Sagnier a fait connaître l’état de la réforme agraire en Russie, d’après un rapport de la direction générale de l’agriculture à Saint-Pétersbourg. Des commissions agraires sont chargées de transformer l’antique organisation communiste des villages, c’est-à-dire de remplacer le régime du mir ou propriété collective par la propi'iété individuelle du paysan. Des oukases du 3 novembre igo5 et du 9 novembre 1906 ayant supprimé les redevances pour le rachat des terres, les commissions agraires entreprirent de lotir et de répartir les terres entre les paysans dans 47 gouvernements dé la Russie d’Europë. 5452 géomètres arpenteurs ont, de 1907 à 1911, arpenté une surface de iü775 9~5 déciatines (1 hectare 10 ares). La Banque des paysans, créée en 1882, avait pour objectif de morceler les domaines des grands propriétaires; ses avances s’élevaient parfois à 90 pour 100 du prix d’achat. On a acquis aussi, avec le concours des assemblées provinciales, 2 millions de déciatines appartenant atix apanages, domaines impéi’iaux. Il en est résulté la création d’un million de petits propriétaires, une amélioration immédiate notable de l’état des cultures. Le service des améliorations a, d’autre part, établi 285o exploitations modèles, 1621 dépôts de machines et instruments, 868 dépôts de trieuses de grain et batteuses de trèfle, 1087 stations de reproducteurs de l’espèce bovine. C’est une véritable révolution dans l’économie rurale de la Russie. Elle n’en est encore qu’à sa première phase. M. Edmond Théry a fait remarquer que, pour des motifs différents, le parti conservateur russe et les socialistes s’opposaient à cette réforme, et que l’amélioration des cultures qui en résultera fera un jour de la Russie le plus grand pays exportateur agricole du monde. ,
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Chronique de la T. S. T . 'S'S/§*>
- Les antennes en T. S. F. — M. Jacques Senart ^eut bien uous adresser quelques nouvelles observations sur les antennes; nous les accueillons avec d’autant plus de plaisir qu’elles sont pleines d’intérêt.
- « L’antenne, dit notre correspondant, compte pour plus de moitié dans la bonne réception des signaux radio-télégraphiques.
- « D’aucuns préconisent les antennes en fil de fer galvanisé, mais la supériorité du cuivre sur tous les autres métaux est incontestable. La simple expérience permet de le constater. Le plomb et le zinc peuvent servira la construction d’antennes; il semble que l’aluminium n ait p;is grande valeur pour cet usage; il est regrettable qu’il en soit ainsi, car les antennes seraient rendues plus légères et par conséquent plus résistantes à la traction. Nous ne nous occuperons dans la suite que des antennes de cuivre.
- « Une antenne composée d’un seul fil est bonne, mais elle ne donne pas des résultats aussi satisfaisants que tout un réseau de fils. Il ne faut cependant pas croire que la réception avec cinq fils par exemple soit cinq fois meilleure que la réception avec un seul fil. Ces quantités ne sont nullement proportionnelles. D’autre part, il ressort d’expériences personnelles que les lils parallèles sont préférables aux fils en éventail; il faut cependant que ces lils soient à une d<stance convenable. On ne peut d’ailleurs rien dire sur cette distance, plusieurs expériences répétées avec des éloignements différents sont seules capables de renseigner exactement.
- « En dehors de la longueur et de la forme de l’antenne, il existe un troisième facteur qui semble avoir une grande influence sur la réception, c'est 1 orientation de l’antenne.
- « L’antenne doit être tendue dans la direction du poste émetteur.
- « Cependant, dans les mêmes conditions, avec une antenne composée d’un seul fil de 3o mètres environ, maintenu à 8 mètres du sol et dirigé dans les deux expériences vers la Tour Eiffel, j’ai reçu à Bar-le-Duc (210 kilomètres de Paris) le bul'etin météorologique d’une façon beaucoup plus sensible le son ayant plus d’intensité qu’à Châlons-sur-Marne ( 1 So kilomètres de Paris), bien que mon antenne ait la même longueur et la même orientation, la réception ayant été faite dans les deux cas avec le même détecteur, le même écouteur et un fil de terre semblable.
- « Pour trancher la difficulté, il suffit de se servir d’antennes verticales.
- « Tels sont, par exemple, les tuyaux de poêle métalliques.
- « Je possède un tuyau de poêle entièrement en cuivre ; il mesure 6 mètres de long et ne dépasse le toit que de 5o centimètres. Inutile de dire qu’il n’est nullement isolé. Cette antenne improvisée, absolument intérieure par conséquent, est de beaucoup préférable à toutes les autres antennes dont j’ai pu disposer, si longues fussent-elles. Le dispositif utilisant le tuyau de cuivre m’a permis d’entendre avec le même détecteur des postes qu’aucune autre antenne extérieure horizontale ne m’a permis d’entendre.
- « Autre expérience tendant à démontrer la supériorité des antennes verticales sur les antennes horizontales :
- « Des fils de cuivre servant d’antenne, tendus verticalement dans un grenier, m’ont donné une réception plus intense, quant au son, que celle qu’on obtient en plaçant ces même fils dans la position horizontale.
- « Les antennes placées à l’intérieur des habitations ont l’avantage d’éliminer au moins partiel'ement le grésillement dû aux ondes parasites de l’atmosphère. Ces ondes sont parfois une véritable gêne pour l’auditeur qui perd souvent quinze ou vingt signes de suite, car il n'entend qu’un crépitement confus et continu qui rend impossib'e la bonne audition. D’autre part, ces antennes intérieures ont l’inconvénient de donner, à longueurs égales, un son beaucoup moins intense dans le microphone que les antennes extérieures; mais, par contre, avec elles, en cas d’orage, on est sûr de n’avoir aucun accident. »
- M. Senart soulève deux questions particulièrement
- originales : celle de l’emploi de l’aluminium et celle du tuyau de cuivre. La question de l’antenne est encore si mal connue que l’on ne peut pas dire a priori que l’aluminium ne puisse, donner de bons résultats. Un correspondant nous a affirmé, en effet, qu’à Paris, avec une antenne d’un seul fil, en aluminium et ayant quelque 5o mètres de longueur, on a pu recevoir des transmissions d’Alexandrie. Il ne faut donc pas écarter ce métal idéal de nos installations sans s’être assuré de sa valeur. Des essais comparatifs avec d’autres antennes, en cuivre ou en fer, doivent être effectués. Nous serions enchantés si quelques-uns de nos lecteurs nous faisaient tenir des renseignements sur ce sujet.
- Il paraît également nécessaire d’étudier la fameuse antenne tuyau-de-poêle, en cuivre, et de la comparer avec d’autres, ainsi que vient de le faire l’auteur de la communication que nous venons de reproduire. On sait, en effet, que la surface de l'antenne possède une influence sérieuse, peut-être serait-elle prépondérante, sur la qualité de la réceptiou. Là encore des expériences comparatives suivies s’imposent. Lucien Fournier.
- Mathématiques
- La Pythagore, table de multiplication automatique. — Il n’est pas de plus grande difficulté, pour les tout jeunes écoliers, que de s’initier aux mystères de la table de multiplication. Les malheureux bambins passent de loagues et interminables heures, pendant des mois et des mois, à répéter d’un ton las les nombres de l’ingrate table.
- Un instituteur, M. E. Plançon, a eu l’idée d’aider ces "petits martyrs à apprendre leur table en meitant entre leurs petites mains un jouet intéressant par lui-même. Ce jouet, c’est la Pythagore, que représente notre dessin.
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- L’inventeur est parti de ce principe que les enfants n’apprennent pas facilement parce que les chiffres ne disent rien à leur esprit. Partant de là il a voulu appliquer le principe de l’enseignement par l’aspect aux premières notions de mathématiques; le toucher et la vue sont simultanément intéressés.
- La table est constituée par une petite boîte métallique carrée pourvue de deux rangées de touches, l’une à gauche, l’autre à la base de la boîte. Le couvercle de celle-ci, qui est entièrement construite en métal, est perforé d’autant de trous qu’il y a de multiplications à effectuer. Le chiffre de l’unité n’est pas représenté : il y a donc 8 chiffres dans chaque colonne de touches et par conséquent 64 trous. Quand on appuie sur un des chiffres de la rangée inférieure (le chiffre 3 par exemple comme le montre notre dessin) tous les trous appartenant à la colonne verticale de ce chiffre sont découverts: si on appuie ensuite sur un autre chiffre (4 Par exemple) de la rangée de gauche, le nombre 12 apparaît dans le
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- trou placé aux croisements des deux rangées. La manœuvre est donc extrêmement simple. Celle table de Pythagore mécanique s’impose réellement dans toutes les classes enfantines ; elle doit faire partie du mobilier scolaire: elle doit être le premier « livre » que l’enfant emportera en classe et avec lequel il jouera à sa rentrée de l’école. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’elle serait indispensable à bien des papas que le labeur quotidien éloigne des réminiscences scolaires; mais combien de gens, malgré l’école obligatoire, ont oublié même cette nécessité élémentaire: savoir compter!
- La Pythagore est en vente aux Etablissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Photographie
- Intermédiaire pour cuve de lavage à plaques
- photographiques.---Certains modèles de ces cuves,
- <à cannelures disposées obliquement, peuvent servir indifféremment pour toutes grandeurs de clichés ; mais elles sont bien encombrantes. Aussi, dans la plupart des cas, les rainures ne peuvent contenir que des plaques d’une seule dimension. Yoici comment on peut alors aisément confectionner des sortes d’intermédiaires très commodes permettant le lavage de n’importe quelle
- Plaque découpée.
- 2. — Plaque à pointes pliées en équerre.
- grandeur de clichés. Prendre une feuille de zinc, achetée chez quelque couvreur, ou même une feuille de l'er-.blanc venant d’une boîte à biscuit qu’on dessoudera en .chauffant sous une flamme de lampe à alcool (choisir une boîte soudée et non sertie, ces dernières étant très difficiles à démolir). La découper avec de vieux ciseaux selon la forme de la figure 1, en ménageant autant de creux séparés par des languettes qu’on veut nicher là de plaques. Il faut que la hauteur entre côtés dentelés soit petite : moins de 6 centimètres, par exemple, pour permettre l’emploi de l'intermédiaire avec le 4,5 X 6. Il faut que les dents mesurent au moins 1 centimètre pour que, si la distance entre les deux intermédiaires logés
- Fig. 3. — Montage des plaques dans une cuvette photographique.
- dans les rainures est un peu trop grande, les plaques tiennent tout de même. Il faut enfin tailler les languettes en dents de scie et pas en rectangle, leurs côtés pouvant alors écorcher un peu la gélatine. Rabattre les languettes à angle droit (lig. 2) et placer deux pareils intermédiaires dans les rainures de la cuve, à distance telle qu’on puisse glisser entre les dents les clichés à laver : ils tiennent de la sorte fort bien.
- Si notre cuve contient des rainures fixées à un panier amovible, il nous faudra, pour éviter une catastrophe lors de l’enlèvement du panier, modifier un peu les intermédiaires : dans le bas, ils formeront gouttière pour empêcher les plaques de tomber, les languettes séparatrices étant alors relevées verticalement (fig. 3).
- Objets utiles
- Le « Vapora ». — Avoir la certitude de ne jamais brûler ni dessécher les mets que l’on cuit au four est une perspective fort agréable. C’est celle que nous offre le « Yapora ». Ce petit vase en terre poreuse se place, rempli d’eau, dans le four, entre le foyer et le plat à cuire; il sature d’humidité l’air du four, si bien que la
- viande ou l’entremets cuit, rôtit et se dore sans s’être déshydraté. Pour la viande notamment, le « Vapora », en empêchant son dessèchement, la rend beaucoup plus succulente, tout en lui faisant perdre beaucoup moins de son poids. Le a Yapora » se fait en deux grandeurs,
- Le «-Vapora » .
- mais a toujours la même forme, celle d’un cylindre qu’on remplit d’eau, reposant sur un pied vernissé, les deux parties étant reliées par une courbe qui diminue l’espace occupé en permettant au bord du plat de se loger dans cette gorge. A la partie supérieure du cylindre, une passoire en aluminium empêche l'eau de s’échapper au dehors en bouillant. — Etablissements M. L., 3, rue Marsoulan, Paris.
- Fixe-serviette simplifié. — Un de nos lecteurs nous communique 1 e moyen suivant. Pour fixer un torchon, une serviette ou un essuie-mains à un mur on utilise l’attache en cuivre d’une jarretelle hors d'usage et l’on procède comme suit : on suspend l’attache de jarretelle à deux pointes plantées obliquement de haut en bas et on accroche la serviette ou le torchon comme s’il s'agissait d’un bas.
- Fig. 1 et 2.
- Manière
- d’installer
- porte-serviette
- siniplilié.
- Nichoirs artificiels en zinc. — Dans le dernier Bulletin de la Ligue française pour la protection des oiseaux, M. Frédéric Hugues vient de décrire un nouveau nichoir artificiel en zinc, extrêmement simple à réaliser, qui a sur les nids creusés dans une bûche de bois l’avantage d’empêcher les loirs d’y grimper. Il est formé par un tuyau creux en zinc d’environ io à 12 cm de diamètre et de 1 m. 5o de hauteur, un tuyau de cheminée par exemple, qu’on perce de deux petits trous latéraux dont la paroi rabattue vers le bas constitue une plate-forme d’entrée. A 1 intérieur, le tuyau est divisé en 3 compartiments au moyen de 3petitsdisques circulaires percés de trous, qui sont reliés entre eux par 2 tringles recourbées en crochet vers le haut se fixant sur le bord du tuyau. Le tout est recouvert par un chapeau de cheminée qui protège le nid de la pluie. Le nichoir ainsi constitué est maintenu en place verticalement au moyen d’un pieu en bois, fixé solidement au sol, qui entre exactement dans la partie inférieure du tuyau. Beaucoup d’oiseaux adoptent les divers logements de ce nichoir : les mésanges charbonnières s’installent dans la partie supérieure, les mésanges bleues, les nonettes, les rossignols de murailles, les roitelets, les rouges-gorges dans les compartiments du bas, 25 à 3o nids de ce genre placés d: ns un parc de 2 5 hectares ont permis, en un an, la naissance de 200 mésanges. On dissimule les nids qui seraient peu élégants et trop visibles en les entourant de feuillage.
- Nichoirs en zinc à l’abri des Loirs.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- aSjL.
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en mars 1914, par M. Ch. Dufour.
- La pression barométrique a été basse pendant la plus grande partie du mois; la moyenne est inférieure de 4mm,4 à la normale. Le minimum absolu 727““,2 le 20, est le plus faible qui ait été enregistré en mars depuis l’origine des observations du Parc Saint-Maur, et depuis 18.09 on n en trouve en mars qu’un seul qui lui soit inférieur, 724““,o, à l Observatoire de Paris (1 ), soit 725““,6 à l’altitude du Parc Saint-Maur en mars i836.
- La température moyenne est en excès de i°,g. La nébulosité est élevée; la durée totale de l’insolation est seulement de 88 heures et le rapport d’insolation qui est normalement de 0,34 est tombé à 0,24.
- Le rapport de la hauteur mensuelle de pluie 59““,7 à la normale de mars est de 1,46 et l’on compte 23 jours pluvieux au lieu de 14, nombre moyen. La pluie a été mélangée d’un peu de neige le n et le 18 et de grêle le 24 et le 26. On a entendu un coup de tonnerre le 24 ; il y a eu un orage le 27.
- Le niveau moyen normal de la Marne, en mars, est de 3m,44 ; le niveau moyen du dernier mois a été 4m>74- La rivière en crue a atteint la cote 5ra,3g le 17, le 18 et le 28.
- Pression barométrique (Alt. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 7521,1 ,n, 13 ; minimum absolu : 727““,2 le 20 à i4"io"1; maximum absolu : 768““,8 le 3i à 9 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, 4°.‘8; des rnaxima, ii°,92 ; des 24 heures, 70,81. Minimum absolu, — 1 °,9 le Ier; maximum absolu, 20°,8 le 3i. Amplitudes diurnes : moyenne 7°,74; la plus élevée, i6°,2 le 3i; la plus faible, 2°,q le 8. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, i°,o5; des rnaxima, 23°,57. Minimum absolu, —6°,6 le icr; maximum absolu, 3g°,o le 3i. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 6°,90; à
- 21 heures : 7°,i6; (prof. o“,65) à 9 heures : 6°,84; à
- 21 heures : 6°,88; (prof. 1 m.) à 9 heures : 6°,82; à
- 21 heures : 6°,85. De la Marne. — Moyennes : le ma-
- tin, 70,72; le soir, 8°,02 ; minimum : 5°,82 le 3; maximum : io°, 45 le 3 1.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 6““,24. Minimum : 3“m,4 le 24 à 10 heures; maximum : io“,o le 6 à i4 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 78,8; minimum : 3a le 31 à i3 heures ; maximum : 100 à 8 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 7,7. Moyenne diurne la plus faible 0,4 le 31 ; 4 jours entièrement couverts : les 4> 6, 12, 22.
- Insolation. — Durée possible : 367 heures; durée effective : 88 heures; rapport : 0,24.
- Pluie. — Total du mois : 59““,7 en 75h,5. Maximum en 24 heures : 7n,m,7 le 24.
- Nombre de jours : de pluie : 23 ; de pluie appréciable (supérieure ou égale à omm,i) : 23; de p uie supérieure ou égale à imm : 14 ; à 5mm : 4 ; de neige, 2; de grêle, 2; de grés 1. 3; de gelée 4. dont 3 consécutifs; d’orage, 2; de brouillard : 2 ; de brume : 3 ; de gelée blanche : i3; de halo solaire : 1.
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 4m>99; moyenne diurne la plus élevée : gm,3 le 20; la plus faible : om,7 le icr; vitesse maximum :
- 1. E. Rcnou. Etudes sur le climat de Paris.
- i8m,2 le 20 à i3h4om; direction correspondante :
- S. S. W.
- Fréquence des vents : calmes, 26.
- N . . . . 1 S. E. . . . 23 W ... . 49
- N. N. E . 1 S. S. E. . . 34 W. N. W . 40
- N. E. . . 2 S.........65 N. VV. . . 32
- E. N. E. . o S. S. W . . 180 N. N. W . 19
- E ... 1 S. W . . . i65
- E. S. E. . 19 W. S. W. . 85
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 4m>74 î minimum : 3m,64 le 5 ; maximum : 5m,3g les 17, 18 et 28.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression : — 4mm,41 ; température : -j- i0,go; tension de la vapeur : -f-o““,88; humidité relative -j- 3,4 ; nébulosité :-]~i,5; pluie : -4- 18mm,7 ; jours de pluie appréciable : +9; insolation : — 38 heures.
- Electricité atmosphérique. — Huit journées utilisables. Moyenne générale : 77 volts; moyenne diurne la plus élevée : 124 volts le 17; la plus faible : 16 volts le i5.
- Radiation solaire. — Des mesures en ont été faites les 17, 28, 29 et 31. La valeur la plus élevée ical,2i a été obtenue le 29 à 11b 41 ™-
- Taches solaires. — On a suivi 2 taches ou groupes de taches en 18 jours d’observation. Un premier groupe a été vu le 16 et le 17; le 20 a été observé le 31 ; le Soleil a paru dépourvu de taches les 1, 2, 3, 7, 10, 11, 14, 1 5, 2i, 23, 24, 26, 28, 29 et 3o mars.
- Perturbations magnétiques. —Faibles les i-5, 11, 12, 24-27; modérées 6-7, 15, 17-18.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements assez nombreux peuvent être classés par ordre d’importance en 4 groupes : I. — Le 14, début à 2oh i2IU56s, ph. pie, de 20h45m à 21’' o“, fin 22h 25“ ; le 3o, début à oh 53“ 36% ph. pie. de ih 24“ à i1' 42™, fin 4 heures (distance 9000 km). IL — Le 6, début à 191'17“ 18% ph. pie. de igh52m à 2oh iom; fin 22h 1 om (distance environ 8000 km); le 18, début à 4h 32“o% ph. pie. de 5h2m à 5>l2i“, fin dans le suivant; le 18, début à ô'^g™!5, ph. pie. de 7h4m à 7lli7“, fin 8h 20“ ; le 28, début à iih5m52% ph. pie. de iih26m à nh36“, fin i2h25“ (distance 6900 km). III. — Le 4> début à i5h56migs, ph. pie. de i6h27” à i6h 58“, fin i8h5“; le 4> début à igl,2m3o% ph. pie. de igh37“ à i9h5g“, fin 21 heures; le 5, début à i7h59“35s, phases confondues, fin i8h5o“; le 13, faible mouvement de 5h 2gm à 5h55“; le 20, faible mouvement de 23h 3g“ à 23h 47“; le 27, début à ihio“9’, ph. pie. de ih45“ à i'‘55“, fin 211 4om (distance 5200 km). IY. — Très faibles mouvements le 3, de i3’'52m à i4''3om; le 4. de gh 14“ à 9h 3o“; le 4» de i4h a3m à i4h55“ ; le 7, de 4h 5a™ à 51' 2“ ; le 16, de 22h3o à 24 heures; le 21, de g1’ 56“ à ioh2o“; le 2i, de 201115“ à ioh 3o“ ; le 27, de i6h 4a“ à i6h 56“ et de i8h 36“ à 19 heures ; le 31, de 191' 35“ à igh 44m-
- Floraisons. — Le 8, violette des bois; le 9, pâquerette, crocus, glechoma; le 10, saxifrage à feuilles épaisses, forsythia viridissima; le 11, hépatique bleue; le 12, abricotier, épine noire; le 14, saule marsault; le 16, ribes aureum ; le 17, ribes sanguineum; le 19, buxus pyramidalis; le 20, buxus balearica; le 22, ma-honia à feuilles de houx; le 25, jacinthe (non cultivée); le 26, merisier, anémone des bois; le 28, pêcher de plein vent, ficaire; le 29, érable plane; le 3o, groseillier à grappes, groseillier épineux.
- Premier chant de la grive le 2.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Les infusions à la mode. — N’est-il point paradoxal d’importer à grands frais du thé chinois et du café brésilien, tandis que dans nos champs poussent à foison un grand nombre de plantes pouvant servir à la confection de boissons savoureuses? J’entends bien qu’elles ne contiennent pas de café ne, de théine ou autres alcaloïdes stimulants... mais puisqu’on décaféine le café
- maintenant, à l’effet de le rendre bénin et tolérable poulies nerveux ! Prenons donc de ces tisanes chères aux médecins d’autrefois. C’est ce que recommande dans le Temps M. le Dr Bouquet en remarquant la vogue mondaine dont commencent à jouir certaines infusions auparavant presque ignorées : verveine, citronnelle, par exemple.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nous avons essayé de préparer diverses infusions et les fîmes goûter à quelques amis. Ni la verveine, ni la citronnelle, cependant, paraît-il, appréciées des gourmets, ne parurent valoir la moindre de nos bonnes vieilles infusions classiques : feuilles d’oranger ou bractées de tilleul; surtout si on prend des doses assez fortes, l’infusion est âcre et déplaisante; et si on prend très peu de plantes sèches, le goût devient presque inexistant.
- Par contre, nous fûmes plus heureux avec des mélanges étudiés en vue de l’arome : les feuilles d’oranger mêlées d’un soupçon de verveiue donnent une boisson de goût délicat; de meme menthe et tilleul font bon ménage; les feuilles de cassis mêlées d’un très, très peu de citronnelle donnent aussi un arôme agréable.
- Fortement sucrée ou miellée, l’infusion atteint et dépasse la valeur alimentaire des boissons fermentées usuelles.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont su nalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme ît. En raison de l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Extincteur à écume « Le Parfait », 69, rue Caumartin.
- Renseignements. — Abonné 3128-1821. — M. Brunet habite 11, rue d’Angoulême, Cognac.
- M. P. K., à Paris. — Non, les nombres de bactéries après filtration signalés dans l’article sur l’automobile à stérilisation (n° 2134) ne s’appliquent pas aux filtres à bougie de terre poreuse (porcelaine, amiante, terre d’in-fusoires), mais seulement aux filtres à sable ou à charbon.
- M. Simon, à Suresnes. — La Compagnie P -L.-M. possédait, à la fin de 1913, 3566 locomutives, 3i84 ten-ders, 18 automotrices à vapeur, 7213 voitures à voyageurs, io5 683 wagons à bagages, marchandises ou de service. De plus la Compagnie doit recevoir, en 1914 et ig 15, 337 locomotives, 3o3 tenders, 534 voitures à voyageurs, 6891 wagons.
- M. le Trésorier du cercle militaire, à Versailles. — Pour enlever les dépôts calcaires dniis un cruchon de cuivre, employer l’acide chlorhydrique, puis rincer à l’eau. Opérer à froid, l’acide chaud attaquant le métal. Pour nettoyer des lames de mica salies par des fumées goudronneuses, les frotter avec du blanc de Meudon mis en pâte avec de l’eau.
- M. Delamarre, les Oliviers, à Nice. — Aucun cirage ne peut servir à redonner de la couleur au maroquin vert. Il faut appliquer, après nettoyage, une teinture (simple solution aqueuse de vert brillant, cristaux par exemple), puis, après séchage, encaustiquer avec une crème pour chaussures jaunes
- M. K. P. G., à Toulon. — On ne peut guère songer pratiquement à transformer soi-même eu plomb de chasse les déchets de ce métal : c’est en coulant dans dés passoires le plomb fondu eu haut d’une grande tour qu’on donne aux grains leur forme ronde.
- F. J., à Tripoli-Ville. — Les renseignements contenus dans votre lettre sont insuffisants pour vous donner les dimensions des poutres à employer et les distances à ménager entre ces poutres. — Des poutres en béton armé semblent bien trouver leur emploi dans ce cas. Pour en calculer les dimensions, vous trouverez tous les éléments nécessaires dans les nombreux ouvrages sur le béton armé et, notamment, dans l’ouvrage de M. Christophe sur le Béton armé, édité chez Béranger, rue des Saints Pères, à Paris.
- M. R. W., à Paris. — Ce n’est pas une peinture qui sert à nuancer les pailles servant eu sparterie : elles sont teintes en opérant ainsi : faire bouillir pendant 2 heures dans l’eau contenant 1 pour 100 de soude Solvay, puis rincer et plonger pendant 2 ou 3 heures dans un bain composé d’eau acidulée par 2 pour 100 acide pyroligaeux, et de doses suffisantes de colorants synthétiques basiques ou acides : fuchsine, rho-dauiue, chrysoïdine, auramine, vert brillant, bleus et violets méthyles, crocéine, jaune quinoline, alizarine, nigrosine....
- M. G. Spielmann, — Ces encres s’emploient en imprimerie seulement : on ne les vend pas pour tracer soi-même les dessins à la plume, et nous ne réussîmes pas à établir une formule pour en préparer convenant à cet effet.
- M. Henry Escavy. — Pour détruire les vers de terre on recommande d’arroser copieusement soit avec des solutions de carbonate d’ammoniaque (2 pour 100), de chaux (à saturation), soit avec des décoctions de feuilles de noyer ou de brou de noix fraîches. Le mieux serait de profiter de l’occasion pour diviser votre terrain en quatre et essayer comparativement chaque mixture : nous serions très heureux d’apprendre le résultat d’un tel essai.
- Abonné 3o37- — i° L’unité Angstrôm employée pour exprimer les longueurs d’onde des radiations lumineuses vaut un dix-millionième de millimètre ; 20 le « Curie » est la quantité d'émanation qui est en équilibre avec 1 gr. de radium, soit 0,60 mm3 d’émanation à o° et sous pression de 76 cm de mercure.
- M. G. Corbari, à S.-N. — La description technique des dispositifs dont il est parlé dans le numéro du
- 13 mai 1913 a été donnée aux comptes rendus de l’Académie des Sciences des jo février, 24 février, 10 mars,
- 14 avril et 28 avril 1913 ainsi qu’aux comptes rendus de la Société internationale des Electriciens , numéro d’avril 1913.
- Mlle J. C., à La Côte-Saint-André (Isère). — Même pour un élevage de petit amateur, il ne semble pas que la pratique de l’incubation artificielle, dans les limites très restreintes où vous l’envisagez, puisse offrir, économiquement, un réel intérêt. A votre question, on pourrait donc répondre que, pour 18 on 25 œufs, la meilleure couveuse serait la poule. La couveuse artificielle ne semble avoir sa raison d’être que pour une quantité de 5o à 60 œufs au minimum Nous n’en connaissons pas de système spécial.pour 18 ou 25, et la moyenne est de i5o à 200 ou 3oo œufs. Il faudrait donc, si vous vous en teniez au nombre que vous indiquez, faire construire une couveuse de dimensions appropriées, en vous adressant à un fabricant de couveuses. Quant au système le plus pratique, il est assez difficile de se prononcer, bon nombre des types de couveuses qui existent actuellement étant perfectionnés et ne différant guère que par le mode de chauffage (air chaud ou eau chaude). Le mieux serait de demander renseignements et catalogues aux constructeurs dont voici les noms et adresses : Franky-Farjon, à Houdan (Seine-et-Oise) ; Poinsot, à Gambais, près Houdan; Semet, à Houdan; Navet, à Rancourt. par Combles (Somme); Goujon, à Langeais ( Indre-et Loire) ; Mignard et CiB, à Mantes (Seine et-Oise) ; Comptoir général de l’élevage, 94. rue Saint-Dominique, Paris; Avicultura-Jersey. 8, nie du Louvre, Paris; Reignoux, à Bléré (Indre-et Loire) ; Tea Planiers Ld, 4. rue Caumartin, Paris; Sinet, 3o. rue des Prés-Hauts, à Chêtenay (Seine); Moutcro, à Courbevoie (Se ne); Lebaron. à I>iéville-les Rouen (Seine-Inférieure); Leroux. 5, rue Saint-Pierre, à Dourdan (Seine et-Oise) ; Pasrarel, 20, rue Victor-Hugo, à Tours; de Sainville, à Saint-Germain-des Prés (Loiret); Moret, 26, rue Rougemont, à Tonnerre (Yonne); Couvoir du Gravelin, à IHies (Nord).
- La Vitonière (Calvados). — L’insuccès dans vos essais de préparation du lait fermenté, dit Yoghourt, s’explique facilement si vous n’avez pas observé rigoureusement les conditions essentie'les, mais employé divers ferments autres que les ferments spéciaux indispensables. D’autre part, le mode opératoire a été décrit ici-même, et il suffit de suivre les indications données. La « maya » bulgare est un ferment spécial que l’on trouve sous forme de grains comme les grains de képhyr et de koumis. Nous croyons qu’il n’est pas très facile de s’en procurer en France, par la raison que ces laits fermentés sont préparés par des industriels, et que la pré-
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- BOITE AUX LETTRES
- paration domestique n’est pas de pratique courante. Toutefois, vous pourriez vous adresser à votre pharmacien pour vous procurer ces ferments ou, à défaut, demander une adresse, en écrivant à des spécialistes tels que M. Kayser, chef du Laboratoire des fermentations à L’Institut national agronomique , 16, rue
- Claude-Bernard, à Paris, ou à M. E. Boullanger, chef de Laboratoire à l’Institut Pastéur, de Lille. Renseignez-vous également auprès du Directeur des services agricoles de votre département, M. Hédiard, à Caen.
- M. P. Champion, rue de Tolbiac, à Paris — Pour empêcher de fuir un vase en terre poreuse, il suffit de l’enduire, après nettoyage et séchage, d’une couche de paraffine fondue, étalée avec une spatule de fer chauffée.
- M. C. Schief, à Padova. — Nous ne connaissons point ce « Saxol ». Sans doute, il n’est pas dans le commerce français. Pour vous renseigner, il nous faudrait des renseignements sur sa destination ainsi qu’un petit échantillon.
- T. S. P.
- Communication. — Les radiotélégraphistes. — A la suite de notre chronique sur la situation des radiotélégraphistes, nous avons reçu quelques renseignements complémentaires que nous nous empressons de faire connaître à nos lecteurs. Dans certaines compagnies de navigation, comme les Transports Maritimes, à Marseille, le Sud-Atlantique, à Bordeaux, le radiotélégraphiste est l'employé de la compagnie de navigation. Aux Messageries Maritimes, où les stations sont exploitées par la C. G. R., l’opérateur appartient à la compagnie exploitante. Les appointements dans ces diverses compagnies sont plus élevés qu’à la Compagnie Marconi. On débute à 175 francs pour atteindre, au bout de 5 ans, le traitement de 25o francs ; mais la tenue est à la charge du radiotélégraphiste. Quant à la retraite, elle est celle de tout le personnel naviguant, mais non porté sur les registres de l’inscription maritime et que l’on nomme « agents du service général »,
- dans lesquels sont compris le docteur, le personnel administratif (commissaires) et le personnel du restaurant.
- Renseignements. — Abonné 1249, Madrid. — Le transformateur décrit au n° 2i33 ne peut s’appliquer qu’au courant alternatif et serait absolument inopérant avec du courant continu.
- M. V. C., à St-A. — Un poste récepteur de radiotélégraphie convient parfaitement pour percevoir les ondes de la téléphonie sans 111, mais il faut utiliser les détecteurs à cristaux de préférence aux détecteurs électrolytiques. Différents montages sont également autorisés. Poulsen emploie toujours un condensateur sur l’antenne, soit entre le primaire et la terre, soit entre les bornes du primaire. Majorana n’utilise pas de condensateur sur l’antenne. Mais le réglage doit être très précis, et pour recevoir dans de bonnes conditions il faudrait d’abord que la transmission fût nette, ce qui n’existe pas encore.
- M. E. Legraux, à Ch. — La réception sans écouteur téléphonique a été fréquemment observée sur de petites distances à l’aide du détecteur à cristaux, mais les émissions musicales ne paraissent pas devoir être reçues de cette manière. On pourrait peut-être admettre que le phénomène est dû à cette particularité que le détecteur agit comme redresseur de courant; il souffle l’émission négative pour ne conserver que l’émi-sion positive; il y aurait donc une sorte d’interruption de courant entre chaque émission positive; ces fréquentes interruptions donneraient alors lieu à des vibrations permettant de saisir les signaux. Ce qui tendrait à le prouver serait votre expérience avec une tige à ressort, le ressort absorbant les vibrations. Pour obtenir un résultat il paraît donc nécessaire d’utiliser un délecteur à pointe rigide. Prochainement nous décrirons un détecteur téléphonique qui donne les résultats que vous nous signalez. Quant au fil de platine de votre électrolytique, nous ne voyons d’autre explication que celle-ci: n’auriez-vous pas employé le fil de platine que vous avez au préalable soumis à de fortes températures ?
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les tubes au néon : Jacques Boyer. —- Explosion de poussières de papier : R. Bonnin. — Les glaces flottantes et les paquebots : C1 Poncelet. — Les colonies d’oiseaux du Grand Océan : Y. Kor-bin. — Le mécanisme de la meunerie : L. François. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — L’enregistrement des radio-télégrammes par le télégraplione de M. Poulsen : Lucien Fournier.
- Supplément. — Observations de Saturne. — Protection des lignes télégraphiques contre les troubles causés par les courants électriques industriels. — Le marbre et l’éclairage. — Le téléphone à la porte des médecins, — La plus grande fabrique d’automobiles du monde, etc.
- La lumière, par A. Turpain, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, x vol. illustré, i36 dessins et photographies, 3o4 pages. Delagrave, éditeur, Paris, 19x4. Prix ; 7 fr„ 5o.
- Qu’est-ce, au point de vue physique, qixe la lumière ? Quelles applications l’industrie humaine a-t-elle tirées du progrès de nos connaissances scientifiques sur la lumière ? Telles sont les questions auxquelles répond l’ouvrage du distingué professeur de Poitiers. M. Turpain a traité son sujet dans un esprit de large vulgarisation, tout en restant ti’ès scientifique et très précis et il a écrit un livre à la fois attachant, amusant et instructif, en même temps que fort méthodique. Les ouvrages comme celui-ci développent chez leur lecteur le goût de la science et de l’investigation scientifique, sans exiger de lui une culture préalable très poussée, ni un effort excessif. Ils sont éminemment utiles.
- Guide élémentaire du monteur électricien, par Von
- Gaisberg, traduit par E. Boistel. In-8° de vi-356 p., avec 206 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 6 francs.
- Ce volume a eu, en moins de trente ans (1885-1912), quarante-cinq éditions dans son pays d’origine. C’est assez en dire la valeur.
- Constructions navales. Les accessoires de coque, par M. Edmond, i vol. illustré, 3oo p. (Encyclopédie scientifique). Doin, éditeur, Paris, 1914. Prix; 5 francs.
- Ce livre comporte l’examen méthodique des apparaux de mouillage, d’amarrage, de remorquage, du gouvernail, des tuyautages de coque, de la ventilation, des embarcations, ainsi que des considérations sur les principaux emménagements à envisager à bord des navires de guerre.
- Les oiseaux d'eau, de rivage et de marais, parL. Brasil, in-8, 35o p., 141 fig., librairie Baillière, Paris. Prix: 6 francs.
- Ce livre a un double but : permettre aux chasseurs d’identilier aisément leurs captures ; conti’ibuer à répandre dans notre pays le goût de l’ornithologie. Clairement écrit, bien illustré, il rendra certainement service.
- Paléontologie végétale, cryptogames cellulaires et cryptogames vasculaires, par Pelourde. In-18,400 p., 80 fig. Doin, édit., Paris. Prix : cartonné toile, 5 francs.
- M. Pelourde s’est proposé de faire connaître, sous une foi’me aussi condensée et complète que possible, l’état présent de la paléontologie végétale. D. ns ce premier volume, il étudie, en tenant compte de sa propre expérience et des nombreux travaux publiés en France et à l’étranger, le groupe des crypiogames cellulaires et celui des cryptogames vasculaires.
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- BIBLIOGRAPHIE
- A Text-Book of experimental psychology with labo-ratory exercises, par Charles S. Myers, 2e édition. 2 vol., in-8°, 66 fig., i pl. Cambridge University Press. Prix : io sh. 6 d.
- Cette 2e édition de l’ouvrage classique de Myers contient tout ce qu’il faut connaître de la psychologie expérimentale humaine, tout ce qui fut fait jusqu’à ce jour. Le tome I" est un manu» 1 où l’on trouvera décrites les expériences sur les sensations, le temps de
- réaction, la mémoire, le travail musculaire, l’attention, la pensée et la volition. Le tome II est un recueil d’exercices pratiques de laboratoire sur les mêmes sujets.
- Pearls, par W. J. Dakin. In-i8, 144 P-> 12 fig-> Cambridge University Press. Prix : cartonné, i sh.
- Résumé des faits les plus importants concernant les perles, leur formation, leur pêche.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE \ Ei\T DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN ' MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 avril 1914 . 10°,2 N. 1. Beau. B Beau; gelée blanche.
- Mardi 21 10°,9 S. S. E. 1. Peu nuageux. B Nuageux; rosée; gouttes à 8 h. 50.
- Mercredi 22 ... . 12°,8 S. S. w. 1. Quelq. nuages. B Peu nuageux; rosée; brume.
- Jeudi 25 11°,4 Calme. Beau » Beau jusqu'il 10 h.; nuageux ensuite; rosée; brume; halo.
- Vendredi 24 ... . 9°,5 Ealinc. Nuageux. » Nuageux, surtout le malin; rosée, brume; halo.
- Samedi 25 11°,2 N. 2. Couvert. 0,5 Couvert le matin, puis nuag. : beau après 17 b. ; pl. de 5 à 5 b. 20.
- Dimanche 26 . . . . 6°,7 N. N. E. 5. Beau. )) Gelée blanche ; beau.
- AVRIL 1914. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 AVRIL 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 20 ait a5 avril. — Le 20. Fortespressions sur presque toute l’Europe : Hambourg et Prague, 773 mm; dépressions sur l'Islande et l’Algérie. Pluies dans quelques stations du S.-O. : Marseille, 6 mm. Temp. du matin : Belfort, 8°; Cherbourg, 11 ; Biarritz, 13 ; Alger, i5; moyenne à Paris, 140 (normale : xo°,4)- — Le 21. Pression voisine de 770 mm sur FO., le Centre et l’E. : Belfort, 773; dépressions sur l’Islande, les Açores et l’Algérie. Pluies dans le N. de la Scandinavie et en quelques points d’Espagne. Temp. du matin : Arlchan gel, —i°; Clermont-Ferrand, -f- 8; Nantes, 9; Biarritz, 10; Alger, 18; moyenne à Paris : x3°,5 (normale : io° 5). — Le 22. Basses pressions sur le N.-O. : Akureyri, 741 mm; Féroé, 754; hautes pressions sur le S.-O., le Centre et le S.-E. : Cracovie, 773 mm. Quelques pluies dans l’0. des Iles-Britanniques. Temp. du matin : Arkhangel, —i°; Clermont-Ferrand, -)- xo; Nantes, 11; Nancy, i3; Bordeaux, 14; Alger, 16; moyenne à Paris : 12°,8 (normale : xo°,6). — Ze 23. Fortes pressions sur
- du Bureau Central Météorologique.
- l’O. : Bretagne, 773 mm; profonde dépression sur l’Islande (74J mm) et le N. Pluies sur le N.-O. ; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, —3°; Arkhangel, o; Moscou, —{— 6 ; Charleville, 8; Toulouse, 11; Nice et Alger, 17 ; moyenne à Paris : i4°>4 (normale : xo°,7). — Le 24. Fortespressions sur l’O. et le Centre : Brest, 775 mm; dépression sur le N. : Haparanda, 743. Pluies sur le N.-O. : Dunkerque et Nancy, 5 mm; Charleville, 4- Temp. du matin : Seydisfjord, —40; Arkhangel, —x ; Nantes, +8; Bordeaux, 4; Clermont-Ferrand, 12; Alger, 17; Nice, 20; moyenne à Paris : x20,5 (normale : io°,8). — Le 25 Fortes pressions sur 110. et le N. : Ecosse et Bretagne, 773 mm; Irlande, 776; dépressions sur l’extrême N. et l'Islande : Yardoe, 743 mm. Pluies sur le N. et le Centre : Nice, 14 mm; Clermont, ro. Temp. du matin : Bodoe, o°; Belfort, —j— 7 ; Clermont-Ferrand, 8; Nantes, 10; Alger, 16; Nice, 18; moyenne à Paris : 11°,7 (normale : xo°,9). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le o.B, à 11 h. 22 min.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E,-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à 1 École des Mines et à l’École des Ponts ét Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 11 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2137. — 9 MAI 1914.
- SUPPLÉMENT.
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- INFORMATIONS
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- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o mai (n° 2140), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue.. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 25 mai aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas,, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entièi'e, recevoir les Tables décennales (4 volumes, 1873 à 1882 ;— ï883 à 1892 :— 1893 à 1902 — igo3 à 1912), au prix de 28 francs au lieu de 36 francs pour les volumes brochés, et de 42 francs au lieu de 5o francs pour les volumes reliés. — Ces 4 volumes se vendent séparément au prix de :
- Tome I. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome II. Broché xofr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome III. Broché 6 fr. Relié 9 fr. 5o.
- Tome IY. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- La comète Delavan (1913 f). — La dernière comète découverte en 1913, par M. Delavau, pourra, si les pronostics se réalisent, devenir assez belle à la fin de l’été prochain. Dans une communication récente à la Société astronomique de France, M. H.-H. Kritzinger, astronome de l’observatoire de Bothkamp, expose que l’on peut diviser les comètes en trois types, quant au développement de leur éclat, suivant l’exposant du rayon vecteur dans la.,formule donnant l’éclat. Il y a tout d’abord les petites comètes, dont le coefficient, « la caractéristique du type », du logarithme du rayon vecteur est 5, puis les grandes, dont la caractéristique est 9, et enfin les plus grandes dont la caractéristique est . 13,. La comète Morehouse . (1908 III) appartient au 2e type. La comète de Halley (1910 II) au 3°. D’après M. Kritzinger, la comète Delavan appartiendrait à la seconde classe et pourrait atteindre la 2e grandeur vers la fin de l’été 1914. La queue pourra être visible à l’œil nu à la fin de juillet. Le passage au périhélie est fixé au 26 octobre igi j- M. Kritzinger ajoute que pendant les semaines où la comète sera circompolaire, elle pourra présenter ainsi un bel aspect.
- La poussière cosmique dans le plan du système solaire. — Les observations célestes révèlent que l'espace est parcouru par des essaims de poussière cosmique dont l’ensemble forme une quantité très appréciable de matière. Les étoiles filantes, la lumière zodia-calè sont des manifestations de ces particules. Comment
- cette matière est-elle distribuée dans l’espace ? On sait notamment qu’elle est répartie en courants météoriques, et qu’elle est plus dense au voisinage du Soleil. M. Fes-senkolî vient, à ce propos, de présenter une intéressante étude à l’Académie des Sciences. Les courants météoriques sont, dans la plupart des cas, distribués à peu près uniformément le long de leurs orbites. Ils re-pi'ésentent les restes de comètes périodiques captées autrefois par les planètés. Or, on peut s’attendre à un nombre extrêmement grand de courants météoriques, accumulés dans le système solaire depuis des millions d’années et, en raison de cela même, il est possible d’étudier l’ensemble de ces courants, quoique leurs orbites, prises isolément, soient inconnues. Pour trouver la distribution de la poussière cosmique dans le plan invariable du système solaire, M. Fessenkoff introduit les trois propositions que voici : i° la vitesse, d’une comète parabolique, en dehors de la zone d’activité du Soleil, peut être orientée d’une façon quelconque; 20 le genre, de l’orbite d 'une comète devenue périodique est indépendant de sa masse ; 3° l’ensemble des poussières cosmiques n’accuse pas de changement périodique. Moyennant ces diverses conditions, l’auteur arrive aux résultats suivants :
- Distance ap Solçil,....... . 1,00 0,73 0,30 0,25'0,20 0,15 0,10
- Densité de la poussière cosmique. 1,0 0,9 1,1 2,3 2,6 .3,3 5,2
- On voit, comme il fallait s’y attendre, que la densité de la poussière augmente au fur et à mesure que la distance au Soleil diminue. .
- Le 35e anniversaire de la lampe à incandescence électrique. —- Le 22 octobre 1914 marquera la date du 35° anniversaire de la lampe à incandescence électrique. C’est, en effet, le 22 octobre 1879 qu’Edison put faire ses premières observations sur la lampe qu’il avait, après de nombreux essais infructueux avec’ le platine et d’autres matériaux, péniblement réalisée en calcinant un filament de bambou. Edison observa sa première lampe avec attention et sans interruption pendant quarante-cinq heures, c’est-à-dire jusqu’à ce que le filament frit entièrement consumé. Quelque impârfaile’qùe fût cette première lampe si péniblement obtenue, quelque brève . qu’eût été sa durée et quelque élevée que fût sa consommation (qui dépassait 4,5 watts par bougie), le grand savant fut dès lors pénétré de la conviction qu’il possédait la solution du problème de l’éclairage électrique intérieur par petits foyers ; jusqu’alors, en effet, l’énergie électrique n’avait été utilisée pour fournir de la lrçpiière que dans quelques lampes à arc, d’ailleurs également très imparfaites. Il fallut néanmoins fournir encore Une somme énorme de travail, à laquelle Edison priCTaussi une large part, pour donner à la lampe à incandescence une forme pratique, la munir d’un culot d’une forme
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- commode, mettre an point le petit appareillage qui en était le complément indispensable (interrupteurs, coupe-circuits, douilles, etc.) et, enfin, augmenter la durée du filament et diminuer sa consommation. C’est ainsi que l’on réalisa la lampe à filament de carbone de 3 à 3,5 watts par bougie, qui fut longtemps sans être détrônée. Pendant vingt ans, en effet, seuls les procédés techniques de fabrication se perfectionnèrent, mais la consommation restait la même. Puis, vers le début de ce siècle, une connaissance plus approfondie des oxydes et des métaux à point de fusion élevé donna l’essor à une série de progrès ininterrompue. Rappelons que l’on vit ainsi paraître successivement la lampe Nernst à oxydes (1,7 watt environ par bougie), les lampes à l’osmium et au tantale (1,6 watt environ par bougie), qui furent supplantées par la lampe au tungstène (1,2 watt par bougie, puis 0,8 watt par bougie pour les grosses lampes de plusieurs centaines de bougies). Enfin, on sait que l’on a encore récemment perfectionné la lampe au tungstène, en remplaçant le vide de l’ampoule par de l’azote à la pression atmosphérique, ce qui a permis de porter le filament à 24°°°! sans qu’il se volatilisât, et d’obtenir ainsi une consommation de o,5 watt environ par bougie seulement. L’apparition sur le marché industriel de la lampe à filament de tungstène dans l’azote aura donc coïncidé, à quelques mois près, avec le 35® anniversaire de la première lampe à incandescence. Le tableau I, qui montre Rs nombres de bou-ies qu’ont permis successivement d’obtenir, pour une épense d’énergie de 1 kilowatt, les différentes lampes à incandescence, résume l’histoire des progrès accomplis en ces trente-cinq années. On voit que l’on obtient maintenant 2000 bougies pour 1 kilowatt, soit près du décuple de ce que pouvaient donner les premières lampes d’Edison. Ce résultat marque déjà un progrès considérable ; cependant, plusieurs savants ont montré que l’on n’a pas encore obtenu des matières incandescentes le maximum théorique du rendement lumineux dans l’état actuel de la science. Il n’est donc pas impossible que l’on fasse mieux et que l’on arrive à obtenir un jour peut-être 5ooo et même 10000 bougies pour une dépense d'énergie de un kilowatt.
- INTENSITÉS LUMINEUSES TOTALES SUCCESSIVEMENT RÉALISÉES POUR UNE DÉPENSE D’ÉNERGIE DE IOOO WATTS
- Années. Bougies.
- 1879. Lampe à filament de carbone, au début. ..... 220
- — — — — plus tard.................320
- 1904. — — —-à filament métallisé. 450
- 1897. Lampe Nernst.......................................600
- 1900. Lampe à l'osmium...................................650
- 1904, Lampe au tantale...................................650
- 1906. Lampe à filament de tungstène......................900
- 1911. Lampe à filament de tungstène pour grande intensité lumineuse (0,8 watt par bougie)............1250
- 1913. Lampe à (ilament de tungstène dans l’azote. . . . 2000
- Utilisation de l’eau du Vaal pour l alimentation des villes du Transvaal. — On projette de Construire une digue à 35 km à l’aval de Yereeniging, qui ferait refluer l’eau sur 65 km et formerait un réservo r de 100 000 000 de galons, auxquels on emprunterait journellement de 10 à 20 millions de galons. Pour alimenter Johannesburg, on devra élever l’eau au moyen de pompes à 286 m. 5o. L’ensemble de l’ouvrage coûtera près de 3o millions de francs. (Petermanns Mitteilungen, janv. 1914, page 32.)
- Établissements détruits pendant le mois de décembre 1^13 au Canada. — On évalue à 47 le nombre des établissements industriels ou commerciaux détruits par le feu ou autres causes en décembre 1913, la perte serait de 926 000 dollars, 4 63o 000 francs Le feu cause toujours de grosses pertes en hiver et les sinistres prennent vite une importance très grande, beaucoup de maisons étant construites en bois, avec un revêtement en briques ou en maçonnerie.
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- Empoisonnements par le son. — Sait-on qu’il existe desgftpns toxiques? On a relevé des sortes de véritables épidémies décimant les bestiaux nourris avec certains sons. Tous les sons d’ailleurs peuvent ainsi devenir de dangereux poisons : il suffit qu’au cours d’une conser-
- vation longue et mal assurée, certaines fermentations s’y développent qui produisent diverses ptomaïnes. MM. Marchandier et Goujon viennent de constater qü’il était fort simple de constater l innocuité d’un son : il suffit de doser son acidité. Tandis que le son normal contient en effet par kilogramme l’équivalent de 1 gr. 1/2 d acide sulfurique, les sons toxiques renferment en effet divers acides correspondant à plus de 3 gr. d’acide sulfurique.
- Le traitement de la peste. — En constatant que la peste bubonique est en recrudescence dans certains districts ruraux de l’Hindoustan, le Times of India enregistre les résultats importants obtenus en traitant les malades avec la teinture d iode. Le traitement, préconisé depuis longtemps par le Dr Booth Tucker, est décrit comme suit : on donne au patient une dose d’huile de ricin, que l’on fait suivre immédiatement de 5 à 7 gouttes de teinture d’iode délayées dans un peu d eau ; les bubons sonl badigeonnés avec cette même teinture; le malade est mis au régime du lait; le lendemain matin, nouvelle dose de 2 à 3 gouttes dans un peu d eau; s’il y a fièvre, quelques grains de quinine. Dans un village où le fléau se montra particulièrement virulent à son apparition, 5oo personnes furent emportées en quelques jours. Seuls 2 femmes et 7 enfants furent traités à la teinture d’iode, et furent sauvés. Dans deux.de ces cas, le médecin avait déclaré que les malades n’avaient plus qu une heure ou deux à vivre. Ce traitement, qui paraît être aussi efficace qn il est simple, mérite d’être signalé à l’attention de notre corps médical colonial.
- Implantation de cheveux. — Sera-ce le remède à la calvitie? La Revue scientifique nous apprend que le Dr A. Havas, directeur de la clinique dermatologique de L’hôpital Saint-Stépl ane, à Bucarest, vient de communiquer à die Umschau les résultats obtenus par son élève, le D1 Székely, au cours de ses essais pour transplanter des cheveux. Y’oici la recette : « On forme, avec un mince fil d’or, de o,o5 mm, une boucle tout juste visible à l’œil nu ; on y introduit un cheveu de femme doux, mince et flexible de 20 à 3o cm de façon à en laisser pendre deux bouts de longueur égale. La boucle ainsi ar née, est introduite à son tour dans une aiguille de Pravaz, courte et mince; on a soin de faire avancer la boucle, le bout de fil en avant, à la hauteur de la pointe de l'aiguille On recourbe alors le bout du fil autour de l’orifice de cette dernière, puis oit Je coupe, de manière à laisser une longueur de 2 à 3 mm pour former un petit crochet. La boucle doit être parfaitement mobile à l’intérieur de l’aiguille. C’est ainsi qu’on arme de cheveux plusieurs centaines d’aiguilles, o soigneusement stérilisées avant 1 usage. Le mode opératoire est le suivant : après avoir stérilisé et insensibilisé autant que possible l’en iroit à traiter, l’aiguille armée d’un cheveu est piquée verticalement dans la peau, puis elle est légèrement abaissée, pour qu’elle puisse avancer dans le tissu sous-culané où on lui communique une rotation de 1800. On retire l’instrument avec précaution, afin que le cheveu, ancré par le crochet de fil reste dans le tissu sous-cutané. Le cheveu se trouve ainsi implanté d -ns la peau. Les piqûres se font à 1 mm de distance, c’est-à-dire, à raison dune centaine par centimètre carré. Comme deux bouts de cheveu émergent de chaque piqûre, on aura implanté 200 cheveux sur chaque centimètre carré. En une demi-heure ou trois quarts d’heure, on peut ainsi implanter 400 à 5oo cheveux L’inflammation rapide produite autour de la boucle d or stérile. ne tarde pas à se cicatriser, elle concourt d’ailleurs à fixer plus solidement le cheveu, retenu d’abord j>ar le crochet seul. Le canal constitué par la piqûre se recouvre rapidement, sans inflammation apparente, d’une membrane qui disparaît à peu près au bout de 10 à 12 jours. Aucun ras d’inflammalion intense n’a été observé, pas plus que de la suppuration ou de la nécrose du lissu. » On arrive ainsi avec 1 gramme d or, à planter dans une tête complètement ahauve environ 5o 000 cheveux. Que deviennent-ils? VI. Havas affirme qu’ils p^aissent comme naturels, qu’ils ne causent aucune douleur et. qu’ils peuvent êlre lavés, brossés et peignés sans se casser et sans perdre leur lustre et leur flexibi ité. Certes, l’opération est bien tentante pour les chauves honteux, mais, tout de même 10000 ou 20000 piqûres! Ne vous semble t-il pas que c’est beaucoup?
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Le « Breaker ». — Ce petit appareil est appelé à rendre de nombreux services aux automobilistes. Il -empêche d’abord la mise eu marche du moteur lorsqu’une des vitesses est en prise ; ensuite, lorsque le moteur étant en marche le levier de vitesse quitte la position du point mort pour une cause quelconque, provoquant ainsi le démarrage inopiné de la voiture, il arrête le véhicule. La voiture est encore arrêtée automatiquement par l’appareil si le conducteur est victime, en route, d’un accident, lorsque le conducteur saute à bas de son siège en cas de danger ou bien s’il abandonne la pédale de débrayage.
- Fig. I.-—Le « Breaker » associé à sa pédale. Dans tous ces
- cas, le moteur
- cale instantanément. Le Breaker comporte donc un mécanisme d'arrêt enfermé dans une petite boîte posée sur le tablier, à côté du viseur de débit d’huile. Il est actionné par un flexible qui lui transmet le mouvement des roues comme à un compteur kilométrique. Une petite
- Fig. 2. — Le mécanisme du « Breaker ».
- pédale, se vissant sur la pédale de débrayage, complète l'installation. L’appareil peut d’ailleurs être actionné comme le compteur kilométrique par le même flexible.
- Le mécanisme est enfermé dans un bâti en aluminium B (fig. 3), pourvu à l’intérieur d’un bossage G (fig. 2) et d un tube central IL A 1 intérieur de ce tube central tourne un axe A actionné par le flexible. Cet axe est monté sur deux roulements à billes; il porte, à sa partie supérieure, une embase circulaire a et, au-dessous,
- une autre conique b. Cette dernière s’engage dans le cône d’un balladeur C monté fou sur le tube H. Ce bal-ladeur possède deux cames D et E ; il est constamment embrayé avec b par 1 action du ressort R, les deux extrémités de ce ressort étant fixées, l'une à la base du balladeur, l’autre dans le bâti. Un axe I sert d’articulation à une fourchette de débrayage reliée à la contre-pédale qui se monte sur la pédale de débrayage de la voiture au moyen d’une transmission flexible.
- Dans notre deuxième figure, on voit que l’axe, normalement fermé par un bouchon K, peut également recevoir une transmission qui actionnerait un compteur kilométrique.
- L’appareil est installé sur le circuit de l’allumage du moteur. Voici comment il fonctionne :
- Tant que les roues ne tournent pas, l’axe A demeure immobile ainsi que le balladeur. Le patin L qui est en relatioa avec la masse de la magnéto restera isolé, l’allumage fonctionnera donc naturellement et le moteur pourra être mis en route. Mais si le levier de vitesse n’était pas au point mort, les roues tourneraient,
- 1 axe A entraînerait le balladeur et une des cames viendrait buter contre le bossage G, tandis que l’autre serait en contact avec le patin L. Le courant étant rel'é à la masse de la voiture, l’allumage se trouverait coupé aussitôt.
- Si, à ce moment, le pied du conducteur appuie sur la pédalede débrayage la contre-pédale actionnera la commande flexible M et celle-ci obligera la fourchette de d é-brayage à éloigner le balladeur de la partie conique de l’axe A et le ressort, travaillant non seulement à la compression, mais encore à la torsion puisque les deux extrémités sont fixées l’une au bâti et l’autre au balia-drur. ramènera les cames à leur posit:on de repos Les contacts étant rompus, l’allumage sera rétabli. Donc, tant que le pied reste posé sur la pédale de débrayage, le moteur fonctionne, mais si le chauffeur abandonne cette pédale, le courant de la magnéto est mis à la masse et le moteur s’arrête. — Le Breaker est en vente aux ateliers Yerguet et Labinal, 170, avenue des Batignolles, à Saiut-Ouen.
- *»> Objets utiles <«*
- Chasse-mouches automatique. — La guerre aux mouches, officiellement déclarée, a donné naissance à différentes méthodes de destruction plus ou moins efficaces. Mais si l’on veut bien se rendre compte que les mouches ne sont dangereuses que lorsqu’elles se posent sur les aliments, sur les fruits, on pourra admettre qu’il n’est pas du tout nécessaire de les tuer pour les rendre inoffensives : il suffit de les chasser.
- Evidemment la chasse aux mouches n’intéresse que les enfants en bas âge pour les plaisirs qu’elle leur procure. Parvenus à l àge d’homme, ils ne s’en soucient plus et s’ils sont sans enfants, les mouches prennent leur revanche. Alors on a recours, bien inutilement, aux
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- Coupe du « Breaker
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- pièges à mouclies, d’aspect plutôt répugnant lorsqu’ils sont bien garnis. M. C. Royer a imaginé mieux : un chasse-mouches automatique. Une boite contenant un mouvement d’horlogerie porte une hélice à quatre pales qui tourne sans cesse, tant que le mécanisme fonctionne, au-dessus des assiettes contenant le fromage et les desserts. C'est tout. Il est bien évident que les mouches
- Chasse-mouche à hélice.
- ne sauraient supporter bénévolement le passage incessant de ces pales d’hélice à quelques centimètres au-dessus de leur tête sans prendre la fuite. C’est tout ce •qu’on leur demande. — Le chasse-mouches automatique est en vente chez M. C. Royer, 117, rue Saint-Charles, à Paris.
- Siège pliant « Le Confortable ». — Il existe un nombre si respectable de sièges pliants que l’on ne sait vraiment plus auquel donner la préférence. En voici deux modèles très pratiques et très robustes que nous pouvons recommander sans crainte à tous les excursionnistes.
- Le premier est à pied unique pourvu d’une pointe s’enfonçant dans le sol, retenu par une rondelle R. C’est un siège pivotant. Il comporte trois bras BBB qui se replient le long du pied P pendant le transport. On les
- relève au moment de s’en servir et la toile du siège qui est fixée par un angle à l’un des bras B est ensuite accrochée, par des boucles d’acier, aux deux crochets terminant les deux autres bras.
- Le pied P est encore surmonté d’une tige filetée F sur laquelle peut glisser une solide rondelle d’acier pourvue de trois encoches que I on place en face de chacun des bras B. Ou agit ensuite sur un écrou à oreilles E qui serre la rondelle sur les bras et oblige ceux-ci à s’écarter pour tendre convenablement la toile du siège.
- Sur le même principe a été établi un pliant à trois pieds. Ces pieds sont mobi es et reliés les uns aux autres par des leviers articulés sur les pieds et à leur point de liaison pour maintenir le siège dans une position absolument rigide. La tension de la toile s’opère comme nous l’avons indiqué pour l’autre modèle. — Les sièges pliants sont en vente aux Etablissements Kratz-Bousshc, 14, rue Martel, à Paris, aux prix de 7 fr. 5o le premier et 8 francs le second.
- Divers -c*
- Aquarium démontable. — Les naturalistes et les amateurs étudiant la faune d’eau douce ou d’eau de mer auront désormais à leur disposition, dans leurs voyages d’études, un nouvel instrument de travail, leur permettant d’observer et, le cas échéant, de photographier n’importe où et à tout moment, les échantillons recueillis au cours de leurs pérégrinations. L’aquarium démontable en zinc laminé, inventé par M. Friedrich Kuhlmann,
- à Wilhelmshaven, se léduit, quand il est plié, aux dimensions relativement minimes de 3 X '-*6 1/2 X 34 cm; son poids, y compris celui des glaces, est de moins de 3 kg ; en aluminium, il pèserait à peine 2 kg. On vient de mettre en vente des aquariums plus petits, et l’on en prépare d’autres plus grands, destinés aux missions scientifiques.
- Peu de temps suffit pour monter et remplir l’aquarium et. si tout a été prévu à cet effet, pour le charger de sable et l’orner de plantes. Pour le monter, on n’a, en effet, qu’à relever les parois latérales, réunies par des charnières au fond de l appareil, puis la paroi postérieure et la glace disposée dans la tôle du fond.
- On déplie ensuite le sac rectangulaire de caoutchouc, cimenté à celte glace par une masse spéciale, assurant l’étanchéité parfaite et on le retient, au besoin, aux parois latérales et postérieures au moyen de fiches jointes à lappareil (après quelque temps d’usage, on n’a plus besoin de ces fiches, la pression de l’eau étant suffisante pour assurer l’adhérence du caoutchouc). La courroie entourant la partie supérieure de l’aquarium donne aux parois la résistance voulue, elle se tend sous l’action de la pression et maintient l’appareil dans sa forme. L’aquarium une fois monté, on n’a plus qu’à préparer le sol — de préférence en sable fin, d’autant plus que cet appareil ne fonctionne, en général, que temporairement — et à le remplir comme à l’ordinaire.
- Comme, en voyage, on est le plus souvent pressé, cet aquarium comporte, pour faciliter la prise de vues photographiques, une seconde glace mince, parfaitement polie sur les bords, qu’on enfonce simplement dans le sol de l’aquarium, à une distance quelconque de la glace antérieure et qui, en retenant les animaux à photographier dans la zone de netteté parfaite, abrège de beaucoup l’attente du moment opportun.
- L’eau ne vient en contact qu’avec le verre, le caoutchouc préparé à cet effet et le mastic à base de caoutchouc. Or, toutes ces substances ne sont solubles ni dans l’eau douce, ni dans l’eau de mer. Si les aquariums d é montables ne sont pas destinés à remplacer les aquariums permanents, ils fonctionnent parfaitement pendant des mois, avec toute la sécurité voulue, comme aquariums d’étude à eau douce ou à eau de mer. Supportant parfaitement les climats tropicaux, ces appareils se prêtent à l’étude des animaux exotiques et à leur conservation sur place. M. Kuhlmann croit pouvoir garantir l’emploi ininterrompu de son appareil, dans les conditions les plus défavorables, au moins pendant un an. Dans le cas où le caoutchouc deviendrait cassant, on n’aurait du reste qu’à le remplacer. Les explorateurs emporteront, de préférence, plusieurs garnitures de caoutchouc de rechange et plusieurs glaces de réserve.
- Comme la composition spéciale du mastic à base de caoutchouc supporte parfaitement les hautes températures, rien ne s’oppose à chauffer ces aquariums, à l’aide de radiateurs suspendus à leur intérieur. On peut, du reste, les employer aussi sans eau comme terrariums, en les fermant, en haut, à l’aide d’un cadre en métal tendu de toile métallique.
- La couleur claire du caoutchouc facilite les vues photographiques en abrégeant les poses.
- Fig. 1. — L’aquarium plié.
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- VARIETES
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- Le « Calvados. » — Il ne s’agil pas du beau département que les trois règnes de li nature ont comblé de leurs dons, mais d’un de ses nombreux produits justement réputés : je veux parler de l’eau-de-vie de cidre qui porte ce nom. Le « Calvados » est à cette catégorie de spiritueux ce qu’est le « cognac » aux eaux-de-vie de vin. Sa réputation a, depuis longtemps, franchi les frontières de la Normandie, et il n’est guère, aujourd’hui, de restaurant select où l’on ne puisse le déguster. Et comme par suite de l'abondance de la dernière récolte de pommes, il en sera beaucoup distillé cette année, il y a quelque intérêt à faire connaître son origine et sa fabrication.
- Origine. — Malgré les recherches que mon érudit ami M. Gibault a faites dans les divers ouvrages géographiques, historiques et littéraires, malgré celles auxquelles je me suis livré dans tous les Traités ou publications scientifiques relatifs à la production, au commerce et à la législation des divers genres de spiritueux, il nous a été impossible de trouver un document se rapportaut à l’origine du mot « Calvados » appliqué à l’eau-de-vie de cidre. Quoi qu’il en soit, la première mention officielle de l’appellation régionale « Calvados » ne me paraît remonter qu’à la lettre de M. le Ministre de l’Agriculture au préfet de la Manche, en 1907, au sujet de la pétition du Syndicat des entrepositaires des vins et spiritueux des arrondjssements de Saint-Lô et Coutances protestant contre la prétention qu’avaient les habitants du Calvados de faire réserver aux seules eaux-de-vie de cidre fabriquées dans ce déjartement la dénomination de « Calvados. »
- Fabrication. —Elle ne diffère pas dans le Calvados de celle qui est suivie dans les autres départements normands. Bien convaincus que la meilleure eau-de-vie est obtenue par « repasse », c’est-à-dire par deux distillations successives, les bouilleurs de cru emploient encore ou l’ancien alambic brûleur, ou ceux que les maisons Egrot et Deroy ont perfectionnés dans ce sens, de préférence aux appareils qui donnent l’eau-de-vie de premier jet. Ces alambics contiennent environ 25o litres, mais comme l’on ne remplit la chaudière que jusqu’à i5 ou 20 centimètres du bord, on n’opère guère que sur 200 litres, ce qui nécessite six chauffes pour un tonneau de 600 pots ou 1200 litres.
- L’opération comprend deux phases : la première a pour but la préparation des « petites eaux blanches » ou flegmes ; la seconde, la rectification pour l’obtention de l’eau-de-vie. Les deux distillations ont lieu à feu nu.
- Dans la première, la mise en train demande une heure, environ, pour le volume ci-dessus et 4 à 5 heures pour être terminée. On arrête, généralement, dès qu’on a recueilli le quart du volume mis en œuvre, mais les praliciens avisés jugent ce moment venu quand une petite quantité du liquide alcoolique, qui sort du serpentin, versée sur le chapiteau, ne brûle plus au contact d’une allumette enflammée. Lorsque tout le cidre disponible a été transformé ainsi en « petite eau », on procède alors à la seconde phase : la repasse ou rectification.
- Cette seconde distillation exige, pour produire une eau-de-vie supérieure, les précautions suivantes : a) nettoyer parfaitement toutes les parties de l’alambic pour enlever toute odeur empyreumatique ; b) diriger régu-
- lièrement le chauffage au bois pour éviter tout coup de feu; c) maintenir l’eau du serpentin plutôt tiède que très froide; d) séparer absolument les produits de tête et de queue; e) cesser de recueillir l’alcool de cœur ou mère-goutte, titrant au début 77 à 8o°, dès qu’il ne pèse plus que 56° centésimaux.
- Le mélange des divers produits distillés de cette façon constitue alors le « Calvados », qui, en cet état, titre généralement 60 à 66°. On le loge ensuite dans des fûts en chêne qui, autant que possible, en ont déjà contenu, et on l’y laisse vieillir, à moins qu’on ne le livre de suite après l’avoir réduit, selon les cas, entre 60 à 5o° centésimaux, titre ordinaire pour la consommation.
- Ce qui constitue la supériorité du a Calvados » sur les autres eaux-de-vie normandes, c’est que les cultivateurs, qui tiennent à en faire une marque, ont grand soin, en dehors des précautions concernant la distillation, de ne metti-e en œuvre que des cidres purs préparés avec des variétés de choix appartenant à la troisième maturation, bien frui'és ou, tout au moins, birn droits en goût et conservant encore une faible quantité de sucre. Ils évitent absolument d’y mélanger des cidres défectueux ou piqués, des baissières ou des lies plus ou moins vieilles, comme cela a lieu pour les eaux-de-vie ordinaires.
- Caractères et qualités. — Absolument incolore au sortir de l’alambic, le « Calvados » acquiert durant sa conservation dans des fûts en chêne une jolie coloration plus ou moins ambrée; sa consistance devient légèrement onctueuse et, à la suite d’une lente éthérification, son odeur fine se mue en un bouquet fondu et moelleux où le palais exercé retrouve parfois encore les délicates eFfluves qu’exhalent certaines variétés de pommes bien mûres.
- Les qualités du « Calvados » varient naturellement eu raison de l année, de la nature des fruits, de la conduite de la distillation, et surtout d’après le terroir ou le cru. Ses marques les plus estimées sont produites dans le Pays d’Auge et, en particulier, par les crus de Mézidon, Livarot, Saint-Julien-le-Faucon, etc.
- Prix. — Ils dépendent de l’abondance de la récolle des fruits à cidre et, tout spécialement, de la qualité et de l’âge. Le « Calvados » jeune, titrant entre 60 à 65°, vaut de 180 à 3oo fr. l’hectolitre; vieux et marquant 5o à 52°, il oscille entre 400 et 600 fr. et l’on cite même le prix extraordinaire de 1000 à 1200 fr. pour un « Calvados » de finesse exceptionnelle et de grand âge. C’est en Angleterre que les qualités extra, appréciées de tous les vrais connaisseurs et des gourmets, ont le plus de chance d’être payées à leur valeur.
- Le département du Calvados qui, entre tous les départements cidriers, distille la plus grande quantité d’eaux-de-vie de cidre, aurait tout intérêt à se spécialiser complètement dans la production du « Calvados » et d’en affiner encore davantage les qualités, car en même temps qu’il rémunérerait suffisamment la valeur de ses cidres, il restreindrait la venie des eaux-de-vie nocives de tous genres auxquelles sont dues les manifestations les plus redoutables de l’alcoolisme, qui atteint son summum dans cette belle Normandie dont il menace si fortement dans ses sources les plus vives la prospérité économique, intellectuelle et physique !
- A. Truelle.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- La gymnastique chez les variqueux. — Petite infirmité que les varices, mais combien gênante; quand elles sont un peu développées, la marche devient pénible, difficile, car elle provoque de l cedème du pied et des douleurs quelquefois assez vives. Les 'chirurgiens n’hésitent pas maintenant, quand les varices ne sont pas trop volumineuses, à réséquer et supprimer le vaisseau dilaté. L’antisepsie permet l’intervention sans grand danger et la circulation se rétablit vite parles voies collatérales Mais avant d’en venir à cette ressource ultime, j’engage les victimes de ces troubles veineux à suivre les conseils
- du Dr Joly de Bagnoles de l’Orne, qui a une grande expérience de cette maladie et qui préconise, pour en atténuer les troubles, des moyens fort simples.
- Ne comptez pas, cela est sûr, réparer les valvules détruites, régénérer des tuniques avariées, ramener à son calibre primitif le vaisseau dilaté. Mais n’est-ce rien que supprimer les douleurs, rendre aux parois veineuses plus d’élasticité, améliorer en un mot un état fort incommode et souvent pénible. Que faire? de la culture physique, pour employer le mot très à la mode. Du mouvement et encore du mouvement et sous la forme de ce que
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- M. Joly appelle la gymnastique de la jambe en l’air.
- Le malade s’étendra à plat sur le dos, dans son lit, sur un divan, puis il s'efforcera de tenir les jambes aussi élevées que possible, à angle droit, s’il se peut, au-dessus du tronc. Commencez par une simple élévation de la jambe, dans cette position, pendant quelques secondes; pour faciliter le mouvement au début, appuyez le pied contre un mur. Pendant ce temps, quand vous aurez passé de quelques secondes à une minute, fléchissez et étendez successivement les orteils, faites mouvoir le pied, en rotation de droite à gauche. Renouvelez ces flexions et extensions de la jambe sur la cuisse et de la cuisse sur le bassin 2 à 3 fois par jour, sans prolonger l’exerci e au delà de 5 à io minutes suivant le degré de fatigue. On commence par une seule jambe et, avec nn peu d’entraînement, le malade arrive facilement à faire les mouvements simultanément avec les deux membres.
- Les séances doivent être courtes et répétées; un repos, le corps allongé, termine la séance qu’une friction alcoolique complète d’une façon utile.
- On favorisera l’action de ce traitement kinésithéra-pique en y associant la gymnastique respiratoire. On renforce ainsi l'effet des mouvements sur les membres. Le malade doit faire une large inspiration au moment de la contraction des muscles et expirer lorsqu’il détend ceux ci.
- Grâce à ces procédés, en somme 1rès simples et très faciles à mettre en pratique par le premier venu, on remédie très efficacement aux œdèmes dus à l'insuffisance veineuse et. après chaque séance de jambes en l’air, le malade ressent plus d’aisance, plus de légèreté dans le membre. En tout cas, le traitement, s’il ne donne pas de résultat définitif, est facile et ne fait courir aucun risque. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- La greffe du poirier. — Un de nos lecteurs, M. Rolet, d’Arles, en Provence, nous écrit : « La greffe est toujours une opération assez délicate, que beaucoup d’amateurs pratiquent sans pouvoir se flatter d’y réussir toujours. Des causes muliiples contrarfi nt le succès. Il en est une sur laquelle j’atlin rai l’attentiun : le retrait qu’éprouveut en séchant les parties d’écorce rapprochées et qui, s iso ant, laissent un vide où facilement pénètre l’air, cause de prompte dessiccation.
- « La méthode habituelle de gretïage à l’écusson (à la carte, comme l’on dit en certaius points de la Provence) comporte deux entailles perpendiculaires Faite au moment opportun pour cha |ue espèce d’arbres, lécorce lève bien, mais, en raison même des incisions faites, on ne découvre, au plus, sans risque de déchirure, qu une surface triangulaire. La partie basse du grelîou, taillée en pointe, est étroite et le recouvrement, dans cette partie, peu étendu. Quelque temps après l'opération, visitant les greffes, on constate souvent que malgré le lien (on emploie ici très peu les onguents et poix à greffer pour l’écusson), les écorces se sont retirées et recroquevillées, le greffon est alors découvert en partie ou totalement et ne tient que par les bourre-
- lets de sève arrêtée de chaque côté, surtout si la liga-,lure au-dessus est un peu serrée. Recouvrir de poix ou de mastic ou d’une ligature nouvelle nous a donné peu de succès à ce moment.
- « Pour augmenier la largeur du greffon dans le bas, donner plus d’ampleur au recouvrement, nous avons ajouté aux entailles en T une entaille supplémentaire horizontale inférieure, comme cela se fait ici pour la greffe du figuier et de l’olivier. Le découvert du sujet est plus facile, les parties en contact sont plus larges, la mise en place du greffon est plus aisée, le recouvrement plus siir. Il y a, il est vrai, une incision de plus et chance accrue de pénétration d’air, mais défaut largement, compensé, croyons nous, par les avantages retirés. I ne bonne ligature d’écorce (osier, saule, ormei préalablement assouplie par trempage à l’eau, suffira pour maintenir le greffon sans l’étrangler. Le retrait se manifeste toujours moins qu’avec la méthode habituelle.
- « Ayant sur'out expérimenté sur le poirier et plus réussi à la sève d’août qu’à celle de printemps, et ayant remarqué un nombre de manquants moindre qu’avec la méthode usuelle, nous signalons ce point à l’attention des amateurs. »
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseiguemeuts qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonuemenr. En raison de l’abomtance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Bauer, à Paris. — Pour la conservation du cidre. — t° Le procédé dont il est question a pu être employé jadis en Picardie, mais il y est peu répandu. L’alun n’est pas, d ailleurs, à recommander, car il ne remplit guère le but qu’on se propose, et surtout parce que, actuellement, son emploi tombe sous le coup de la loi du ier août 1905 sur la répression des fraudes concernant les cidres et les poirés. L’alunage ne figure pas au nombre des pratiques permises à l’article 4 du règlement d’administra tion publique du 28 juillet 190H. — 20 Le moyen naturel de conserver un cidre « doux ». c’est quand il a presque terminé sa fermentation dite'« tumultueuse » de le soutirer de sa lie dans un fût bien méché, alors qu’il marque encore io3o à 1028 au densimètre et de l’y laisser se clarifier complètement. Si l’on veut en faire un cidre fortement mousseux, on le mettra en bouteilles entre 1025 et 1020 de densilé; moyennement mousseux, entre 1019 et 1015 ; crémeux, entre 1 o 14 et 1010 ; pétillant, entré 1009 et ioo5. Enfin, si l’on désire le conserver « doux » en tonneau, il faudra le soutirer une seconde
- fois dans un fût très fortement méché, quand il pèsera 1015; verser à la surface 40 grammes, environ, d’huile de vaseliue pure, par hectolitre de contenance, et fermer hermétiquement avec un fausset aseptique ou une bonde en bois bien imprégnée de vaseline pure, mais non entourée d’un tissu quelconque.
- MM. Damp |?|, à Paris. — Pas d’autre remède qu’une bonne aération pour éviter les dépôts de buée sur les murs d’une pièce.
- M. Ed.-M., à Nantes. — Les expériences de laboratoire ont moutré que la lumière rouge active le développement de la végétation, allant jusqu’à tripler la croissance normale de la plante, et qu’elle lutte la maturation; par contre, sous l’influence de la lumière bleue, la croissance des plantes serait fortement ralentie, et même arrêtée. Mais ces observatioes n’ont eu, en réalité, que le caractère de recherches scientifiques, et il n’est pas à no re connaissance que, jusqu’ici, on en ait poursuivi l’application dans le domaine de la pratique horticole. D’autre part, votre question, posée très sommairement, ne nous fixe pas sur le but que vous voulez atteindre : spécialisation de la germination de graines de plantes diverses ou culture suivie de plantes en serre avec vitres colorées. Il y aurait, eu effet, une distinction à établir, suivant l’usage auquel la serre est destinée, telle coloration pouvant donner des résultats favorables dans un cas ou des résultats défavorables dans un antre. Quoi qu’il en soit, on doit
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- BOITE AUX LETTRES
- observer que, dans la pratique courante, c’est, le plus souvent, au blanchiment des vitres que l’on a recours, et que la couleur bleue n’est employée que pour ombrer, et dans des cas particuliers. Quant à la couleur rouge, elle parait avoir été rejetée sans doute à cause de la trop grande intensité de son action sur la végétation. Le mieux serait donc de faire, sur une certaine surface, des essais comparatifs avec verres diversement colorés et suivant l’objectif que l’on a en vue.
- T. S. P.
- Communication. — Un de nos lecteurs, M. Em. Legrand, nous signale qu’il a installé dans son laboratoire un relai Claude particulièrement bien l'églé qui fonctionne très bien avec les ondes de la Tour Eiffel. Le montage est le suivant : la pointe d’un détecteur à galène est reliée à l’antenne et le cristal est connecté à la terre. Le cadre du relai est branché en dérivation entre la pointe et le cristal du dé’ecteur. L’appareil permet de faire fonctionner un ronfleur grâce à une pile auxiliaire dont le circuit est fermé par les enroulements du cadre commandant des contacts. Le cadre se déplace uniquement sous l’action des courants induits
- de l’antenne qui doit être assez puissante si l’on veut obtenir un résultat avec un relai de médiocre sensibilité. Nous ajouterons que pratiquement un relai ne peut être actionné par des postes de faible puissance. Notre correspondant, qui habite Paris, reçoit très bien de la Tour, mais nous serions désireux de savoir s'il lui est possible de recevoir également des postes anglais ou allemands, car l’utilisation du relai réduit la sensibilité du récepteur.
- Louis Durand, à R. — Il existe une grande quantité de modèles de parafoudres et nous ne saurions affirmer que celui que vous possédez convient en T. S. F. Si vous tenez absolument à un parafoudre, choisissez-en un qui n’absorbe pas l’énergie de l’antenne, comme un paratonnerre à pointes par exemple. Placez-le en dérivation sur le récepteur (une pointe ou une série de pointes, selon le modèle, reliée à l’antenne et l’autre pointe à la terre). Nous ajoutons que la meilleure protection que l’on puisse réaliser réside dans la misé directe à la terre de l’antenne, hors du poste.
- René Buot, à St-A. — Nous allons faire des recherches et, d’après les renseignements recueillis, nous répondrons soit par la petite correspondance, soit par une chronique.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’exposition annuelle de la Société de physique : H. Vigneron. Rabat. La naissance d’une capitale : Victor Cambon. — Les extincteurs d’incendie à écumes : H. Néron. — Les varrons des bovidés : René Merle. — Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — Un vétéran «lu monde végétal : L. Kuentz. — Une grue géante : Dr A. Gradenwitz.
- Supplément. —• Comète Kritzinger (191.4 a). — Le champ magnétique du soleil. — Le développement économique de l’Allemagne. — La préparation de l’acide bromhydrique. — Présence de baryum et d’arsenic dans les tabacs manufacturés italiens. Fleur fossile. — Les rails posés en 1913 au Canada, etc.
- Les vertus hygiéniques, par le Dr Charles Fernet, in-8, 281 p., Masson, éditeur, Paris. Prix : 4 francs.
- Ce livre est une suite d’agréables causeries sur l’hygiène physique et morale. En une série de chapitres, pensés avec honnêteté, écrits avec charme, l’auteur nous rappelle nos devoirs envers notre corps et notre âme : la sobriété, le travail, la chasteté, la propreté. La pratique de ces vertus constitue la vie ordonnée et sage, source de toute santé du corps et de l’esprit.
- Coiirs de physique professé à la Faculté des sciences de Nancy, par E Rothé. ire partie: Généralités, Unités, Similitude, Mesures. A l’usage des étudiants de licence et des Instituts techniques. 1 vol. de vi-184 p-, avec 77 fîg., 1914, Gauthier-Villars. Prix : 6 fr. 5o.
- La première partie de cet ouvrage contient des généralités enseignées à la Faculté des sciences de Nancy comme introduction aux cours proprement dits. Elle est destinée à des lecteurs ayant déjà étudié la physique, mais qui pourtant désirent préciser leurs connaissances et relier entre eux les fails, avant d’aborder les études supérieures de licence ou des Instituts techniques.
- Les machines à vapeur, par M. le commandant Cordier. 1 vol. in-18 cartonné, 123 fig., 400 P- (Encyclopédie industrielle). Doin, éditeur. Prix : 5 francs.
- A la lumière d’une excellente élude thermodynamique l’auteur étudie successivement les divers organes de la machine à vapeur. C’est donc d’une étude réellement méthodique, donc des plus profitables au lecteur qu’il s’agit ici, et non d’une série de monographies.
- La lumière électrique et ses différentes applications au théâtre, installation et entretien, par V. Trudelle, électricien, in-8° de vi-295 p. avec 80 fig'. H. Dunodet E. Pinat. Prix: iô francs.
- L’étude de M. Trudelle est un recueil de notes pratiques. L’ouvrage expose les conditions d’établissement de la lumière électrique, les genres de machines servant à la production de l’électricité et les dépositions prises actuellement pour assurer la continuité de l’éclairage ; quelques relevés de dépenses de matériel et d’exploitation renseignent sur la question financière.
- Le fonctionnement économique du chauffage central. Dimensions exactes, établissement et marche économique des installations, par G. de Grahl, traduit de l’allemand par A. Schubert, in-8° de xxii-238 p. avec g6 fig., H. Dunod et E. Pinat. Prix : 9 francs.
- M. de Grahl, expert en chauffage près les tribunaux de Berlin, a publié le résultat des études et des expériences qu’il a faites pendant huit ans sur les installations litigieuses dont la justice lui a confié 1 examen. Le technicien saura faire son profit des précieux renseignements du livre, l’entrepreneur y puisera une crainte salutaire des coefficients majorés, l’architecte et le propriétaire comprendront pourquoi tant de leurs installations sont défectueuses et pour quoi les frais de combustibles de leurs chauffages sont souvent ruineux.
- Le moteur humain et les bases scientifiques du travail professionnel, par Jules Amar. In-16 de xvi-622 pages, avec 3o8 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 12 fr. 5o.
- Cet ouvrage est conçu en vue de stimuler les recherches et de guider les applications, sur lesquelle» l’œuvre des Chauveau et des Taylor a provoqué la plus vive curiosité. M. Le Chatelier a écrit pour lui une magistrale préface.
- Le catalogue des catalogues 1914, Guide de l’acheteur automobile (8e année), Lefèvre et Baron, éditeurs, 1, avenue Félix-Faure, Paris. Prix : 1 fr. 5o franco.
- Contient les prix et caractéristiques de plus de 2000 motocycles, side-cars, cycle-cars, voitures, véhicules industriels et aéroplanes classés méthodiquement par ordre alphabétique et par ordre de prix. On peut donc juger ainsi d’un seul coup d'œil tous les véhicules qui s’offrent pour un prix donné.
- Le socialisme et l’art de commander dans l’industrie, par R.-A. Henry. Chez H. Vaillant-Carmanne, à Liège. Prix : 3 fr. 5o.
- Ce volume, plein d’idées originales et d’aperçus nouveaux, intéressera vivement tous ceux qui ont à manier des ouvriers. Il traite la question si délicate du « patron », de ses rapports avec son personnel, notamment ce que l’auteur appelle l’art de commander. Une de ses conclusions est que le patron doit connaître indivi-
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- BIBLIOGRAPHIE
- duellement ses « hommes ». Une autre conclusion est que le socialisme d’Etat nous prépare, sous la forme d’une administration parasite de plus en plus nombreuse, une « énorme accumulation d’inertie ».
- Les inconnus de la biologie déterministe, par A. de Gramont-Lesparre. In-8°, 297 p., Félix Alcan, édit., Paris. Prix : 5 francs.
- $ Dans ses tentatives pour expliquer au moyen des
- réactions physico-chimiques l’activité humaine, la biologie déterministe se heurte à d’insurmontables difficultés. Quoi qu’elle fasse, la sensation, la mémoire, l’hérédité, la vie, les instincts, l’intelligence, la liberté même restent d’inexplicables mystères. Ce livre touche à ces problèmes les plus intéressants de la psycho-physiologie et, sur quelques-uns d entre eux, présente des aperçus d’une intéressante originalité.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE IN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 avril 1914 . 8\1 N. E. 2. Beau. S Gelée blanche ; beau.
- Mardi 28 11°, 4 N. N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- Mercredi 29 ‘. . . . li°,0 S. E. 1. Beau. » liosce; beau le m. nuag. le s.; goullesà 13-14b. Orage de 18 b. 25à 19h
- Jeudi 50. . . . . . 13°,1 S. S. W. 2. Couvert. 1,1 Très nuageux; pluie et goutles à diverses reprises ; halo à 10 b.
- Vendredi l*r mai . . 6°,2 N. N. E. 3. Couvert. 0,5 . l’iuie de 1 b. 45 à 2 b. lu et à 4 b. 50 ; couvert ; brume à 9 heures
- Samedi 2 6°,6 E. N. E. 4. Beau. D Gelée blanche ; beau.
- Dimanche 3 8°,5 E. S. E. 1. Beau. )) Rosée; halo; peu nuageux.
- AVRIL-MAI 1914. — SEMAINE DU LUNDI 27 AVRIL AU DIMANCHE 3 MAI 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre A l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- F Du 26 avril au 3 mai. — Le 26. Fortes pressions sur .10. et le Centre : Valentia : 777 mm; Dunkerque, 776; profonde dépression sur le N. : Bodoe, 740. Beau temps sur presque toute l’Europe Temp. du matin : Spitzberg, —io°; Arkhangel, o; Charleville,. —6 ; Brest et Bordeaux, 8; Biarritz, 11;" Marseille, i5; Alger, 17. — Le 27. Fortes pressions sur l’O. ; dépression dans l’extrême N. Rares pluies en Europe; tempête de neige sur l’Islande; en France, beau temps. Temp. .moyenne à Paris : i3°,3 (normale : ii°,i). — Le 28. La pression baisse sur l’O. : Iles-Britanniques, Allemagne, .Autriche, 770; nouvelle dépression sur l’extrême N. : Bodoe, 743 mm. Pluies sur le N. Temp. du malin : Spitzberg, —110; Arkhangel, —3; Belfort, Brest et Dunkerque, —)— 1 o ; Bordeaux, i4; Marseille, 16; Alger, 18; moyenne à Paris : i5°,6 (normale : n°,2). — Le 29. Profondes dépressions sur l’extrême N. (Bodoe : 734 mm), l’Espagne et l’Islande. Pluies sur l’O. et le N.; orages ten France : Puy de Dôme, 22 mm; Toulouse, 9. Temp. du matin : Spitzberg, —ii°; Uleaborg, —1; Dunkerque, ,-j-10; Belfort, 11 ; Nantes, i3; Lyon et Alger, i5; Biskra, 21; moyenne à Paris : i6°,8 (normale : ii°,3). — Le 3o. Fortes dépressions sur le N.-E, et les Açores : Arkhangel, 737 mm; Horta, 747; hautes pressions sur l'Islande (777 mm). Pluies sur presque toute J’Europe : Lyoïc, 16 mm; Nice, i5; le Havre, 14; Be-
- sançon, i3. Temp; du matin : Arkhangel, —2°; Calais, —f- 10 ; le Havre, Belfort, Bordeaux, 12; Perpignan et Nancy, 16; Marseille, 18; moyenne à Paris : i3°,5 (normale : ii°,4)- — Le Ier mai. La pression.se relève sur le N.-O. ; dépressions sur le N.-E. (Vardoe : 744 mm) et les Açores. Pluies sur l’O. et le Centre : Besançon, 12 mm. Temp. du matin ; Spilzberg, -— 120; Arkhangel, — 5; Charleville, —(— 5 ; Cherbourg, 9; Limoges, 10; Brest, 11; Bordeaux, 12; Marseille, i3; Alger, 16; moyenne à Paris : 8°,2 (normale ; ii°,5). — Le 2. Hautes pressions sur l’O. et le Centre : Pays-Bas 774 mm; dépressions dans l’extrême N., les Açores et l lslande. Pluies dans le N., le Centre et l’O. ; en France, généralement beau temps. Temp. du matin ; Spitzberg, —13°; Arkhangel, —.3; Belfort, +5; Dunkerque et Clermont-Ferrand, 6; Bordeaux, n; Biarritz et Marseille, 14 ; Perpignan et Alger, 16; moyenne à Paris : g°,7 (normale : n°,6). —^ Le 3. Dépression au large de l’Irlande : Valentia, 737 mm; fortes pressions sur le Centre et le S. : Cracovie, 777 mm. Pluies dans le N. et l’O. ; Cherbourg, 9 mm. Temp. du matin : Arkhangel, —3°; Saint-Pétersbourg, -ij-2 ; Belfort, G; Lyon, 11 ; Brest, 12; Bordeaux, 14; Biskra, 24; moyenne à Paris : i3° (normale :'uP.,7). — Phases de.la Lune : Premier Quartier le 3, à 6 h. 29 min.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène nubliaue.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 11 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « L*l Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, "Boulevard Saint-Germain, Taris (Vîe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2138. — 16 MAI 1914.
- SUPPLÉMENT.
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- QSSÉ
- Avis de l’administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o mai (n° 2140), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du a5 mai aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (4 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — i8g3 à 1902 — 1903 à 1912), au prix de 28 francs au lieu de 36 francs pour les volumes brochés, et de 42 francs au lieu de 5o francs pour les volumes reliés. — Ces 4 volumes se vendent séparément au prix de :
- Tome I. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome II. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome III. Broché 6 fr. Relié 9 fr. 5o.
- Tome IY. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Le tremblement de terre de Sicile. — Le 8 mai, il s’est produit en Sicile un désastre, sur lequel nous reviendrons dans notre prochain numéro. Sans être comparable à celui de Messine qui avait frappé une région particulièrement peuplée, le cataclysme a cependant causé, dit-on, près de 200 morts. Il a particulièrement atteint la région située entre Taormina et Catane, notamment à Acireale, Linera, Monara, Bongiardo, Zaf-ferana, Giarre, etc. Le centre sismique est 70 kilomètres plus au Sud que celui qui dévasta Messine le a3 décembre 1908. Fort heureusement, la plus forte secousse a eu lieu à l’heure où les habitants étaient encore aux champs, à 19 heures 3 minutes, quelques moments avant l’angélus, eu sorte que les hommes ôn été en général épargnés. Un peu plus lard, elle aurait causé de bien plus nombreuses victimes. Comme d’habitude, on a cherché une relation du phénomène avec le volcanisme, étant donné la proximité de 1 Etna. Il semble cependant, comme on l'a montré à diverses reprises, que les deux phénomènes soient dus à une même cause profonde sans que l’un soit à proprement parler la conséquence de l’autre quoiqu’à la rigueur les épanchements volcaniques puissent évidemment, en laissant des vides souterrains, contribuer aux brusques déplacements du sol. C’est la même région qui avait déjà été ébranlée il y a quatre ans. lors de la dernière éruption de 1 Etna.
- L’absorption de l’hydrogène par le charbon de bois à la température de l’air liquide. — On connaît
- depuis quelque temps ce phénomène de l’absorption des gaz, et notamment de l’hydrogène, par le charbon de bois à la température de l’air liquide ; M. Firth vient de l’étudier d’une façon plus détaillée qu’on ne l’avait fait jusqu’ici. Il emploie comme charbon de bois le produit de la calcination, soit de l’écorce, soit de la pulpe de noix de coco; ces deux sortes de charbon de bois, comparées à poids égal, exercent à peu près la même absorption pour l’hydrogène; comparées à volume égal, la première est beaucoup plus active. Ce phénomène d’absorption comporte deux phases : une première qui est complète en quelques minutes et une autre, correspondant à une solution solide et qui demande plusieurs heures avant de parvenir à l’équilibre. En 12 heures, à la température de l’air liquide et sous la pression atmosphérique, 1 gr. de charbon de bois fixe ainsi i5 cm3 d’hydrogène. Cette quamité dépend d’ailleurs de l’échantillon de charbon de bois employé, et notamment de la proportion de charbon cristallin qu’il contient.
- Points de fusion de quelques oxydes réfractaires.
- — Jusqu’ici les points de fusion des oxydes réfractaires', tels que la chaux, la magnésie, l’alumine, n’avaient été déterminés qu’avec une certaine approximation. On vient de chercher à les fixer plus exactement en chauffant ces oxydes dans un four électrique à résistance et en évaluant les températures à l’aide d’un pyromètre optique. Ou a trouvé ainsi les points de fusion suivants : m^gnér sie, 2800°; chaux, 2572°; alumine, 2o5on; oxyde de chrome, Cr*03 19900; platine, 1775°. .
- Courants produits dans les écluses de Gatun et de Miraflorès du Canal de Panama par suite de la différence de densité des eaux. — Dans son numéro du 8 avril dernier, le Canal Record signale un fait intéressant observé aux deux écluses de Gatun et de Miraflorès qui établissent la communication du Canal de Panama, l’une avec l’océan Atlantique, l’autre avec l’océan Pacifique (Voy. Nature, i3 déc. 1913)- Lorsqué, dans la chambre aval de ces écluses, on vient à abaisser le niveau de l’eau de ces chambres afin de l’amener au niveau des eaux de la mer et permettre ainsi l’éclusage des navires sortant de ces écluses, l’eau, dans ces chambres, possède une certaine salinité mais de beaucoup inférieure à celle de l’eau de mer qui est de 2,5 pour 100. Elle a doue une densité plus faible que celle de l’eau de mer qui se trouve à laval de la porte de l’écluse. Lorsqu’on vient à ouvrir cette porte, l’eau de mer, dont la densité est plus gran le, se précipite dans la chambre de l’écluse en produisant un courant inverse de celui du navire qui doit sortit de l’écluse. Ce courant, dont la vitesse varie entre 4 85 et 6 km 44 à
- l’heure, n’est que temporaire et n’offre que peu d inconvénient. Toutefois il influe sur les variations d’effort à
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- INFORMATIONS
- produire par les locomotives électriques qui remorquent les navires au passage des écluses, et c’est pour cela que les ingénieurs du Canal ont cru nécessaire de faire une étude complète de ces courants.
- Combustion de la tournure d’acier. — Sans être fréquente, la combustion de la limaille d’acier est une cause de danger .dont il faut tenir compte dans les a1e-liers où peuvent se trouver réunies de grandes quantités de tournure ou de limaille. En voici un cas récent, signalé dans le Bulletin de février de la Société des ingénieurs - civils. Dans la cour d’une fabrique de dynamos, à Plainfield (New-Jersey), se trouvait empilée une grande quantité de tournure d'acier qu’on laissait là en attendant qu’il y en eût assez pour charger un véhicule. Des ouvriers ayant brûlé quelques débris de bois dans le voisinage immédiat, les tournures s’échauffèrent et l’on vit, au bout de peu de temps, une colonne de fumée s’élever au-dessus du tas. On arrosa celui-ci pendant plusieurs heures, mais sans autre effet que de produire un dégagement considérable de vapeur par l’action de l’eau sur le feu. On eut recours aux pompiers de la ville, qui noyèrent le tas sous l’eau, et l’on crut tout fini. Le lendemain cependant l’amas de tournure flambait de plus belle et on ne put en venir à bout-qu’en le détruisant et en étendant la tournure sur le sol. Il faut noter que. dans cette usine, tous les déchets métalliques sont passés dans un séparateur centrifuge qui en retire l’huile : il ne s’agit donc pas d’une combustion spontanée. La combustion a vraisemblablement sa cause dans l’oxydation, développant plus de calorique que l’acier, à cause de son état de division, ne peut en laisser sortir, de sorte que si une source extérieure de chaleur vient à rompre l’équilibre, il y a inflammation.
- Curieux effet physiologique de la lumière des lampes à vapeur de mercure. — Un fermier anglais eut l’idée originale d’éclairer la cabane où il enfermait la nuit ses poules avec des lampes à vapeur de mercure en quartz type Silica-Westing ouse suspendues à une hauteur de 2 m. 5o au-dessus du sol, les poules pouvant circuler librement à l’extérieur de la cabane pendant le jour. Il eut le plaisir de constater que ses 4o poules q,ui pendant le mois de février lui donnaient au total une moyenne de un ou deux œufs par jour, lui en donnèrent en moyenne 1S ou 20 une semaine après l’installation des lampes. Un accident ayant arrêté les lampes, la production retomba à ce qu’elle était précédemment.
- Les tortues géantes des îles Galapagos. — Le
- Zoological Garden de Londres vient de recevoir une tortue géante des îles Galapagos. C’est le premier individu vivant de cette espèce qui arrive en Europe. Les îles Galapagos sont un archipel de 5 grandes et 12 petites îles simées a l’ouest de l'Amérique du Sud, dans l’océan Pacifique D’origine volcanique, éloignées de toutes terres, situées près de l’équateur, baignées par le courant froid du Humboldt, elles ont été à maintes reprises l’objet des recherches des naturalistes, car elles présentent des conditions d’isolement qui en font un lieu de choix pour l’érude de la répartition des espèces. Sur ces îles vivent 9 espèces de tortues géantes, chacune étant localisée dans une île, et l’on ne connaît d’espèces voisines que dans une partie du monde presque opposée aux Galapagos, aux îles Mascareignes et Seychelles, dans l’océan Indien. Des fossiles de types très voisins ont été trouvés dans les terrains miocènes de l’Inde, de l’Europe méridionale et des deux Amériques. On peut donc consi lérer les tortues des Galapagos et des Seychelles comme les survivantes d’une faune tertiaire et dater a’nsi le peuplement de ces îles et leur isolement. En effet, ces tortues sont essentiellement terrestres; relativement hautes sur pattes, elles ont un long cou qui leur permet d’atteindre et de brouter les cactus dont elles se nourrissent. Elles étaient autrefois très abondantes aux Seychelles; en 1760, on en expédiait jusqu’à 25000 par an à l’ile Maurice comme nourriture; au xvii0 siècle même, le voyageur français Le Guat, visitant les Mascareignes avec Duquesne, y vit des bandes de tortues si nombreuses qu’on marchait dessus sans pouvoir poser le pied à terre. Aujourd’hui, elles sont beaucoup moins abondantes et leur exploitation est surveillée aux Seychelles par le gouvernement qui immatricule les reproducteurs pour assurer leur conser-
- vation. Les tortues des Galapagos ont été fort bien décrites par Darwin dans le récit de son voyage autour du monde sur le Beugle ; certaines étaient si grosses qu il fallait 6 ou 8 hommes pour les soulever et que la chair d une seule fournissait jusqu’à 200 livres de viande. C est un spécimen de l’espèce Testudo abingdoni qui vient d’arriver à Londres.
- Acclimatation de l’hippopotame nain aux États-Unis. — Le Bulletin de l'Union Panaméricaine nous apprend que M. W. A. Irwin vient de proposer à l’Association des éleveurs américains l’introduction de 1 hippopotame nain dans les marécages qui bordent le golfe du Mexique. Cet hippopotame vit en Afrique, de la République de Libéria à la colonie du Cap où il est très estimé comme nourriture; un adulte arrive à peser plus de 200 kg et atteint près d’un mètre de hauteur; il se trouve dans les marais où il se nourrit d’herbes aquatiques diverses; on le capture au moyen de pièges fo rrués par des fosses recouvertes de branchages. Les Etats du Sud des Elats-Unis ont sur le rivage du golfe du Mexique environ 16000 kilomètres carrés de terrains marécageux inutilisés; leur dessèchement et leur mise en culture seraient trop coûteux pour être entrepris et l’on songe à les employer comme pâturages pour l’hippopotame nain d’Afrique qui y serait élevé comme animal de boucherie.
- Production et consommation mondiales des engrais chimiques. — Le Bulletin des renseignements agricoles de l'Institut international d’Agriculture vient d’établir la statistique de la production et de la consommation des engrais dans le monde.
- La production de 1911 fut de 3.786.425 tonnes se
- décomposant ainsi :
- Phosphates minéraux............6.o55.373 tonnes.
- Scories Thomas............... 3.485.5oo —
- Superphosphates (en 1910). . . 9.604.260 —
- Guano (en 1910).................. 66.044 —
- Sels potassiques (calculés en
- potasse pure).................. 903673 —
- Nitrate de soude...............2.487.000 —
- Sulfate d’ammoniaque.......... 1.187.425 —
- Cyananude........................ 52.000 -—
- Nitrate de chaux................. 5o.ooo —
- La consommation de 1911 est d’une valeur d’environ
- deux milliards. Elle comprend :
- Phosphates naturels........... 5.669.000 tonnes.
- Superphosphates.................8.604.000 —
- Scories Thomas..................3.3oo.ooo —
- Guano............................. 70.000 —
- Sels potassiques..............4 I0o-ooo —
- (Potasse pure)................ (848.400) —
- Nitrate de soude................a.3t3.45o —
- Sulfate d’ammoniaque..........1.100.000 —
- Engrais azotés synthétiques . . 100.000
- Les pays qui font le plus usage d’engrais sont la Belgique, 1 Ile Maurice et le Luxembourg (plus de 2 quintaux par hectare). Viennent ensuite l’Allemagne et les l’avs Bas qui consomment 1 à 2 quintaux par hectare, le Danemark, le Sud des Etats-Unis, la Franc*, l’Angleterre, l’Australie, l’Italie, la Suisse (o,5 à 1 quintal), l’Autriche-Hongrie, l’Espagne, le Nord-Est des Etats-Unis, la Norvège, les Indes Néerlandaises, le Portugal, la Suède (0,1 à o.5) Tous les autres pays du globe emploient moins de 10 kg d’engrais par hectare.
- Congrès cerf-voliste de Boulogne-sur-Mer (30-31 mai, Ier juin 1914) — Il sera ouvert le lo mai à 9 heures du soir par une allocution de M. le colonel Bénard, délégué de la Société française de navigation aérienne. M. le capit rine Saconney traitera du « Cerf-volant au point de vue militaire » « Etat actuel de la question, son avenir ». M. Carlier parlera ensuite de toules les applications du cerf-volant, photo aérienne, porte-amarre, T. S. F., etc. — Le dimanche et le lundi les expériences et les ascensions de nombreux trains montés auront lieu et i960 francs de primes seront distribués, ainsi que nombreux autres prix, aux congressistes les plus méritants. Pour tous renseignements s adresser au Comité directeur, 2, avenue Victoria, Paris. Nul doute .que cet important Congrès où seront réunies toutes les notabilités scientifiques et militaires fera avancer d’un grand pas le cerf-volant scientifique-;
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Télégraphie sans fil
- Le Détectophone. — Les postes fixes de télégraphie «ans fil présentent un inconvénient : celui d’être des postes fixes ! Ils tiennent le sanfiliste à 1 attache et le privent des services qu ils pourraient lui rendre pendant les plus légers déplacements. L’amateur s’en console difficilement; on en voit emportant leur poste avec eux, en auto, en bicyclette, voire même à pied. La plupart m’emportent que le regret d’être obligés de s en séparer.
- Quelques constructeurs avisés ont établi des modèles portatifs, mais l’un des plus pratiques estle Détectophone.
- Le détectophone est constitué par un excellent téléphone au dos duquel est fixé le détecteur, constitué par un cristal dont l’inventeur garde la formule, sur lequel
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- Le Détectophone mural. Les extrémités drs fils antenne et terre smit fixées à deux ressorts a boudin. En haut, les deux bornes d’attache de l’antenne et. de la terre. A droite, la pointe fixant le fil autenne à un arbre.
- appuie une pointe d’acier très effilée avec une pression de 3o kg. Dans ces conditions le réglage peut être effectué une fois pour toutes. Une cloche métallique recouvre le détecteur et le soustrait ainsi aux influents des ondes vagabondes extérieures.
- Le détecteur est monté en dérivation aux bornes du récept» ur. L’un des pôles, parfaitement isolé, est relié par un des fi!:s du cordon souple à l’antenne réceptrice; l’autre l’est à la masse et à la terre par le second fil du cordon souple. En touchant 1 antenne avec 1 extrémité du premier ni, on perçoit les signaux; mais la perception devient tout à fait nette si on met le second (il à la terre par l’intermédiaire d’une simple tige métallique fichée dans le sol.
- La sensibilité de l'appareil est telle qu'il se prête aux insta lations les plus fantaisistes. A Parjs, tout objet métallique de quelque surface peut servir d’antenne pour recevoir les signaux de la tour E> fiel. Jusqu’à 5o km, on peut utiliser les gouttières, balustrades métalliques; les, grillages, un simple parapluie même, tiennent lieu d’antennes improvisées. Pour recevoir sur de très longues distances, il faut nécessairement avoir recours à; des autennes véritables, à moins que l’on puisse se brancher sur les fils téléphoniques, sur les circuits de lumière pendant le jour. A 1’hôtel des Sociétés savantes, à Paris, on reçoit les signaux de Norddeich
- en utilisant la coupole qui domine la construction comme antenne et une conduite d’eau comme terre.
- De curieuses expériences ont été faites par l’inventeur, M J. Landry, avec cet appareil. Il a reconnu, le premier, que les arbres constituent de bonnes antennes de fortune; ainsi, dans la forêt de Fontainebleau, la perception est très nette si on pique une épingle dans un arbre élevé pour y accrocher le fil. Tous les arbres ne
- Le Détectophone ouvert. On aperçoit, au-dessus du téléphone, le lil d’acier et la galène constituant le détecteur.
- jouissent pas de cette propriété au même degré : ainsi, le hêtre possède des quai lés très faibles, tandis que le peuplier, le sapin donnent des résultats surprenants. Pour faciliter cet accrochage momentané, l’appareil est livré avec une pointe métallique de longueur appropriée dans laquelle s engage le petit anneau terminant le iil de l’antenne.
- Il y a mieux encore. Si, dans un même immeuble, ou même dans deux immeubles différents mais voisins, on installe deux délectophones. l’un sur une conduite d’eau, dans la ca\e, par exemple, et l’autre sur la conduite de gaz au cinquième étage, on peut engager une communication téléphonique nettement perceptible. Le téléphone agit dans ce cas comme un appareil de camapgne Ader qui était si pratique pour l’armée et si peu encombrant qu’on a cru devoir le supprimer, sans raison apparente.
- Apiulons encore que le détectophone se prête avec autant de précision à l’étude des phénomènes météorologiques en utilisant les anl enues d« fortune dont nous avons parlé. Lès étiucelles même lointaines agissent sur l’appareil en produisant le bruit caractéristique du plomb fondu tombant dans /’e.iu. L’importance et la direc-tionsuiviepar un orage n’échappent pas à 1 observateur attentif.
- Dans les installations fixes, le détectophone est monté sur une planchette que l’on attache au mur par deux vis. Cette planchette est creuse; elle a reçu un ,.etit condensateur à lames qui, à Paris principalement, empêche les nombreux bruits d’induction de parvenir au téléphone.
- Cet appareil est réellement indispensable aux amateurs ; mais il nous paraît tout à fait nécessaire à l’armée qui peut l’utiliser dans toutes les circonstances, non seulement pour :recevoir des communications quelconques, mais surtout des signaux convenus qu’une patrouille, un poste écarté, une sentinelle isolée même, se servant de son fusil comme antenne, comprendront aussi facilement que le langage des fanions. — Le détectophone est en vente aux bureaux de la Société astronomique de Frauee, 25, rue Serpente, à Paris.
- Installation de fortune. L’a ppareil est relié à un arbre et à un fil de terre.
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- «m, Automobilisme
- Lisoflamme — Voici un appareil attendu depuis longtemps, surtout depuis que l’automobilisme est devenu un moyen de transport si pratique On sait de quels dangers est entourée la manipulation de l’essence ; on ne saurait jamais trop prendre de précautions : la moindre étincelle met le feu à ce liquide très inflammable. Pendant la nuit, particulièrement, les accidents sont toujours à redouter.
- Eh bien, nous avons assisté à l’opération suivante : un bidon plein d’essence se vide dans un réservoir; on approche une allumette enflammée, immédiatement le liquide prend feu, mais l’incendie est localisé à la partie supérieure du récipient qui continue à se remplir; la flamme ne gagne pas l’intérieur du bidon. C’est que l’un et l'autre vase sont pourvus d’un appareil très intéressant : rispflamme.
- L’appareil est constitué par un double tube fermé à la base et ouvert à sa partie supérieure qui porte un
- L’Isoflamme. — Coupe et élévation.
- pas de vis permettant de le visser sur n'importe quel réservoir et de recevoir ensuite le bouchon de ferme -ture habituel. Le tube intérieur est de diamètre légèrement plus petit que le tube enveloppant; entre les deux on a ménagé un grand nombre de rainures circonférentielles sur toute la hauteur de l’appareil, chaque rainure constitue donc une sorte de petite canalisation limitée par les deux tubes. Chaque tube est pourvu, dans le sens longitudinal, de trois fenêtres étroites le parcourant dans toute sa hauteur. Les fenêtres d’un tube ne sont pas placées en face de celles du second; elles se contrarient mutuellement.
- Lorsque l’appareil a été mis en place sur un réservoir et que l’on verse de l’essence, le liquide s’échappe par les fenêtres du tube intérieur, suit les faibles canalisations circonférentielles et pénètre dans le réservoir par les fenêtres du tube extérieur. On peut impunément enflammer l’essènce, la flamme ne se communique pas à l’intérieur du récipient parce que le liquide n’est pas assez longtemps en présence de la flamme pour s’échauffer. Il se comporte donc comme une toile métallique à mailles serrées au travers de laquelle une flamme ne peut passer.-
- Il nous semble inutile d’insister sur l’intérêt que présente ce nouvel appareil; ajoutons seulement qu’il se fait en toutes dimensions et s’adapte à tous les réservoirs, même aux'bidons les plus petits. Pour tous renseignements s’adresser aux établissements Henri Gras et Cie, 29, rue des Ardennes à Paris.
- Objets utiles
- Le Twinplex. — Les rasoirs mécaniques, qui ont obtenu un si grand succès près du public, présentent
- un inconvénient relatif au repassage des lames. On a déjà imaginé divers instruments permettant le repassage; nous allons en décrire un nouveau qui a été construit pour les lames du 1 asoir Giletle.
- Dans une petite boîte en métal nickelé tournent, autour de leurs axes, deux cylindres parallèles sur la surface desquels on a appliqué le cuir habituel. Ces cylindres sont entraînés par une manivelle calée sur Fig_ Le Twinplex.
- l’axe du premier et le
- second est entraîné par unC roue dentée constamment engagée avec une semblable calée sur le premier. Le repassage des lames se fait des deux côtés, alternativement sur chaque cylindre. Pour obtenir ce résultat, on a disposé le porte-lames entre les deux cylindres, lesquels sont évidés, sur un tiers environ de leur surface, pour permettre au porte-lames de se retourner sur lui-même en entraînant la lame. Ce porte lames est une petite monture métallique à deux branches, la branche supérieure étant susceptible de s’ouvrir et de se rabaisser ensuite sur la première pour emprisonner la lame.
- Ses mouvements de rotation sont commandés par un disque calé sur l’axe du premier cy'indre et portant trois dents seulement. L’axe de rotation du porte-lames est également pourvu d'un pignon denté, mais ce pignon comporte deux parties pleines qui l’obligent à interrompre son mouvement de rotation penlant que s’effectue le frottement des lames sur le cylindre. Lorsque les dents du disque rencontrent celles du pignon, une demi-rotation s’effectue et la lame présente sa seconde face sur le cuir du second cylindre. En quelques tours de manivelle la lame est repassée.
- L’appareil, logé dans une élégante petite boîte, est en vente chez MM. Kirby-Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
- A
- traînant la roue R' ; D, disque à trois dents agissant sur le disque en partie évidé A qui est fixé au porte-lame et permet à celle-ci de présenteralternativementl’une de ses faces sur les deux cjlmdres garnis-de cuir entraînés par les roues R et R'.
- Le pliant Hercule. — Ce nouveau pliant est un siège très confortable, d’un poids minime et se prêtant à tous les terrains même ceux en pente.
- Ponr l’ouvrir, on soulève d’abord les deux côtés CC qui se rabattent normalement sur les montants MM. Ces côtés sont ensuite maintenus parles tringles BB. On ouvre ensuite les deux montants MM qui étaient rapprochés et dont l’écartement est déterminé par deux tiges métalliques coulissantes AA sur deux tringles TT fixées aux montants.
- Chaque tringle est assujettie par l’une de ses extrémités sur l’une des tiges A, par une simple boucle qui lui permet des déplacements de son extrémité libre sur la tringle opposée. Elle glisse sur
- cette tringle à la façon d’un curseur sur une tige. Le système est très simple et en un instant le pliant est ouvert ou fermé. L’ensemble est fait en bois verni et en tringles d’acier très résistantes. — Le pliant Hercule est en vente aux Etablissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris, au prix de 3 francs ou 3 fr. 75 selon les dimensions.
- Le pliant Hercule.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- ossÈ
- Nouvel emploi médical de la vaseline et de la paraffine. — Les produits dérivés de la distillation du pétrole et connus sous le nom et sous la forme de vaseline liquide ou solide, de paraffine, sont employés en pharmacie comme excipient de pommades qui ne rancissent pas comme l’axonge et aussi comme dissolvant de certains produits médicamenteux.
- La paraffiue qui se présente sous la forme d’une matière b'anche, solide, formée d’un mélange d hydrocarbures, a son point de fusion entre 4o° et 6o°. On l’incorpore aux pommades pour les rendre moins fluides. On l a utilisée en chirurgie à un point de vue esthétique pour corriger certaines difformités, entre autres celles du nez, en injectant sous la peau une masse qui se durcit et donne à un organe difforme l’aspect normal.
- Mme la doctoresse Bouet Henry vient de lui trouver des applications plus utiles. Si l’on prend une paraffine à point de fusion très bas et qu’on élève sa température, on constate qu’elle est supportée par les tissus de notre corps à un degré bien plus élevé que toutes les autres substances. Une température de 4o° à 45° donne la sensation de io° de moins. Si l’on ajoute à la paraffine certaines résines, on peut monter la température jusqu’à près de ioo" sans avoir l’impression de plus de 5o° et la paraffine, ainsi préparée, et mise à l’abri de l’air par un revêtement ouaté, se refroidit bien plus lentement que des compresses d’eau chaude par exemple. Dix heures après une application de paraffine à 8o° on trouve encore une température de 4°° à 5o°. La chaleur est sans humidité, d’où sa tolérance facile pour les tissus à un degré thermométrique cependant fort élevé.
- Les recherches si intéressantes de Mme Bouet Henry l’ont amenée à des applications des plus efficaces de la paraffine ainsi préparée dans les formes diverses de rhumatisme, dans les douleurs abdominales de tout genre où elle remplace le plus avantageusement les cataplasmes et les compresses. En se refroidissant, elle se contracte lentement et détermine ainsi une compression qui rend plus parfaite l’occlusion du pansement.
- La paraffinothérapie a aussi des indications dans les plaies et les ulcères atones où elle agit par son pouvoir analgésique et son action cicatrisante
- Pour utiliser ses propr étés, on fait fondre la paraffine au bain marie puis on l’étale sur la partie malade à l’aide d’un pinceau. Sur cette couche, on pose une mince feuille d’ouate, puis on remet une nouvelle couche de paraffine et de l’ouate, en alternant jusqu à trois ou quatre épaisseurs. On enveloppe la partie malade d’une
- forte couche d’ouate serrée avec une bande et le pansement reste en place 24 heures pour le rhumatisme, 12 heures seulement pour les plaies qui suppurent.
- Dès les premières minutes, le malade ressent un bien être tout particulier; la douleur s’atténue, et disparaît en peu de temps. 11 ressent comme une détente et de l’assouplissement dans ses articulations malades. Ajoutons que le pansement à la paraffine est des plus simples et ne comporte aucune installation compliquée.
- Dans un autre ordre d’idées, le Dr Manquât utilise un produit similaire, dérivé aussi du pétrole, la vaseline liquide. En la prenant absolument pure il l’administre pour le trailement prophylactique de l’inertie intestinale, ce fléau si commun et si difficile à vaincre. La constipation est la source de bien des maladies. M. Manquât pense, et en a fait l’expérience nombre de fois, qu’on peut la combattre avec efficacité.
- La vaseline, portée dans les voies gastro-intestinales, n’y subit ni fermentation, ni transformation chimique; elle n’agit que par contact, en lubrifiant la muqueuse et aussi en modifiant les sécrétions, car il n’est pas douteux qu’elle amène chez les hyperchlorhydriques une action sédative de la douleur. Il faut prendre de la vaseline liquide; la vaseline ordinaire, solide, est plus difficile et plus répugnante à ingérer, son action serait probablement la même. M. Manquât conseille de la prendre en dehors de tout repas, le matin de préférence,
- 1 heure avant le premier déjeuner à la d^se de 1 à
- 2 cuillerées à soupe. Il est facile de donner au produit
- un aspect et surtout un goût plus agréables en le mélangeant à un sirop quelconque, framboises ou groseilles, ou en l’aromatisant avec quelques gouttes de kirsch, d’essence de citron, ou de teinture de vanille. Il ne faut pas s’attendre à une exonération rapide, comme le produirait l’huile de ricin ou tout autre agent purgatif. La vaseline agit surtout en lubrifiant les surfaces en contact, en favorisant le glissement comme dans une machine, dans un cadre de billes en roulement, elle rend le mouvement plus souple et plus facile. Mais si l’on veut s’astreindre à obéir aux suggestions de 1 intestin dès les premiers appels, la vaseline prise pendant quelques jours d’une façon continue, plus tard tous les 2 ou 3 jours, rend le fonctionnement de l’intestin plus facile et plus régulier. L’avantage encore appréciable, c’est que, même à doses continues et prolongées, l’hui'e de vaseline ne provoque aucune irritation du tube digestif. Le point important, c’est d’avoir un produit d’une pureté absolue. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Soudure du ciment à lui-même. — Lorsqu’on veut appliquer sur une couche de ciment ayant fait prise un nouvel enduit de même substance, il est nécessaire d’attaquer au ciseau et au marteau toute la surface à recouvrir pour la rendre irrégulière : sans quoi il n’y aurait pas adhérence Pour supprimer ce travail coûteux et incommode, on vient d’imaginer aux Etats-Unis une très ingénieuse méthode.
- Sur la face cimentée, on étend à la truelle une très mince couche (épaisse d’environ 2 millimètres) d’un mortier préparé en délayant avec de l’eau le mélange : Limaille de fer .... 48 kilogrammes.
- Ciment............48 —
- Sel ammoniac...... 4 —
- Il suffit, avant que cette couche ne soit tout à fait sèche, d’appliquer nettement le ciment pour que ce dernier adhère très bien au ciment sous-jacent, grâce à l'interposition de cette sorte de bizarre colle.
- Destruction des tenthrèdes. — Les « larves
- limaces » de tenthrèdes causent en été des ravages parfois énormes aux feuilles des poiriers et cerisiers, dont elles broutent le parenchyme. Les chenilles noires et jaunes d’une autre variété de tenthrèdes hantent de même poiriers, pommiers, aubépine. M. P. Lesne, du
- Muséum, conseille dans le Journal d’Agriculture pratique de détruire les premières avec un insecticide arsenical (dont on trouvera la formule dans nos Recettes de la Campagne), et de se débarrasser des secondes avec une mixture composée de ;
- Savon mou 5oo grammes.
- Pétrole..................... i3 litres.
- Eau de pluie................. 8 —
- On verse l’eau savonneuse chaude dans le pétrole en agitant fortement. Le liquide crémeux obtenu est, au moment de l’emploi, étendu avec quinze fois son volume d’eau.
- Désinfection des tonneaux par le formol. — Les
- fûts seront tout d’abord lavés à l’eau bouillante contenant par litre 5o grammes de carbonate sodique. On introduit ensuite dans les tonneaux vidés 10 litres d’èau à laquelle on ajoute 25o cm3 de formol à 40 pour 100; on secoue les tonneaux dans tous les sens pendant plusieurs minutes, à plusieurs reprises, pendant la durée du traitement qui doit atteindre 1 heure. On transvase ensuite le liquide désinfectant dans d’autres fûts à stériliser. Puis on lave à deux ou trois reprises avec de l’eau froide.
- (Desmurs, Bulletin de l’Association des chimistes.)
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- BOITE AUX LETTRES
- Q0Ç.,
- AVIS. — Dans la botte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement, itu raison de 1 abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- grue géante du port de Hambourg (voy. n° 2 r36) a été construite par la Deutsche Maschinenfabrik A. G., à Duisbourg.
- Communications. — Le développement de l'Allemagne. — Quelques lecteurs ont été étonnés par la comparaison de certains chiffres donnés dans une information recente sur le développement économique de l’Allemagne; notamment par le rapport entre le capital et le revenu qui a paru, avec raison, trop faible. Nos chiffres ont été extraits d'un mémoire rédigé par le directeur de la Deutsche Bank. Dans l’évaluation du revenu, il y a été tenu compte de divers éléments qui n’interviennent pas dans le calcul du capital : revenus soustraits à l’impôt, réserves des Sociétés, etc. D’où vient la discordance remarquée On ne doit pas d ailleurs oublier que de telles évaluations présentent nécessairement un caractère d’approximation très grossière : surtout dans un pays comme l’Allemagne où tous les reveuus sont engagés dans des affaires nouvelles jusqu’à l’extrême limite des forces, parfois même au delà et où l’intérêt des capitaux est très élevé. Mais, au risque d’avoir admis des évaluations allemandes un peu exagérées, que la brièveté de notre note ne nous permettait pas de discuter, nous avons considéré comme un devoir national de mettre nos concitoyens en garde contre des progrès qui. nous menacent directement.
- A propos des varrons des Bovidés (n° 2i36). — La Bourse aux cuirs de Bruxelles nous écrit à ce sujet : « Vous dites que les tanneurs allemands ont mis sa tête à prix : 25ooo francs qui récompenseront, etc ... C est notre Association quia pris 1 initiative de l’insiitution de ce prix. Les Allemands au contraire ont protesté d’une façon très désobligeante contre cette souscription. >1 Nous rectifions bien volonliers l’erreur qui s’était glissée dans notre article.
- Renseignements. — M. Clavel, h Bordeaux. — Le joint de rail que vous proposez a beaucoup d analogie avec celui employé il y a quelques anuées, en Allemagne éous le nom de Blatlstoss sauf que, dans celte dernière disposition, la feuillure du joint était dans le sens vertical au lieu d être dans le sens horizontal Théoriquement, ce type de joint offre des avantages, mais, dans la pratique, sous le passage des roues des véhicules, et, malgré l’éclissage du joint, des martellements se produisent sur la table de roulement et, au bout d’un ceriain temps, au lieu d’un seul choc, comme avec le joint ordinaire, il se produirait deux chocs successifs. C’est, du reste ce qui c’est produit avec le joint Blattstoss et ce qui a amené son abandon presque général en Allemagne comme, du reste, partout ailleurs. Les mêmes effets sont à craindre avec le dispositif dont vous parlez.
- M. Perriqnet, à Birkaden. — Pour le courant à 190 volts prendre pour le circuit primaire 334 577 tours
- de fil dont le diamètre sera réduit en conséquence . /i 10
- 0 = 0 mm 8 X V/ s0lt un Peu moins de o mm 6,
- ou o mm 5 pour faciliter l’enroulement (dans ce cas ne
- pas faire débiter plus de 5 à 6 ampères en service normal).
- MM. Br mot frères, à Paris.— L’eau à souder des ferblantiers est une solution aqueuse de chlorure de zinc préparée en dissolvant du zinc dans l’acide chlorhydrique.
- M. le capitaine P. B. — Pour unapp irtement, l'éclairage à l’acétylène sans épurateur offre des inconvénients. Lès impuretés que contient le gaz ont une odeur désagréable; elles peuvent être toxiques et en tout cas peuvent détériorer les objets que renferme l’appartement : il y a des poussières de chaux qui peuvent obstruer les becs ; de l’ammoniac qui attaque le cuivre,
- de l’hydrogène sulfuré toxique et qui noircit les dorures et ronge les tentures; de l’hydrogène phosporé qui produit de l’encrassement et provoque l’attaque rapide des becs ; l’épuration est donc indispensable.
- M. E. M. V., à Saint-Etienne. — Les produits de ce genre, vendus sous divers noms, sont préparés en gâchant dans une solution de chlorure magnésien un mélange de magnésie et de sciure, d'amiante, de sable, etc. 11 se forme un oxychlorure magnésien qui durcit. On emploie une solution aqueuse contenant 20 pour 100 de chlorure magnésien, et de la magnésie additionnée de 4o à 60 pour 100 de diverses substances ; sable pour avoir une masse pesante et dure, silice fossile ou sciure pour obtenir un produit léger. — Nous ue connaissons pas le cinogène.
- J. L., à Rouen. —La turbine à vapeur offre aujourd’hui à terre les mêmes garanties de régularité que la machine à piston. La turbine De Laval est une turbine à grande vitesse, elle ne convient pas très bien pour la commande des machines d’un établissement industriel. II nous semble préférable dans ce cas de s’adresser aux turbines à plusieurs étages de pression dont la vitesse est moindre; vous avez le choix entre les turbines Parsons, construites par la Société Electromécanique, au Bourget, Rateau construites par la Société des appareils Rateau. 7, rue de Madrid, Paris ; Zoelly construites par la Société Alsacienne de constructions mécauiques à Belfort Une turbine fonctionnant dans les conditions que vous indiquez doit consommer de 7 à 9 kg de vapeur par cheval-heure.
- P. G. abonné 2561-1281. —Vous demandez l’explication du défaut de floraison des marronniers d’Inde sous le climat de Paris, cette année. Il importe de remarquer que si les conditions météorologiques du premier printemps n’ont pas été anormales, par contre celles du début de l’année ont été défavorables ; elles ont été marquées par de rudes gelées eu janvier, qui, bien qu elles se soient produites durant le repos de la végétation. n’en ont pas moins exercé une influence nuisible. Elles ont pu, notamment, entraîner un retard de la végétation, au printemps, et cela d’une façon générale, retard qui a été d’un mois environ II faut observer, en outre, que l’humidité consécutive, jointe à des variations d'- température qui ont provoqué des gelées, en mars, ont de même retarlé le départ de là végétation et, par suite, la floraison. La brusque iransltion de température au début d’avril a fait sortir les bourgeons en quel |ues jours, mais les vents froids du Nord ont encore arrêté la sève en mouvement. Il est d’observation fréquente qu’après un temps froid et pluvieux, succédant à un hiver rigoureux, la floraison a de grandes difficultés à se produire, ou que les fleurs avortent. Les explications qui précèdent trouvent leur confirmation dans ce fait que, sous le climat de Paris, des marronuiers se trouvaient eu pleine floraison au début de la seconde quinzaine d’avril seulement, alors que d autres, ayant plus souffert des intempéries, sans doute, n’avaient pas encore fleuri à la fin de ce mois. En résumé, il y a corrélat on entre l’inconstance de la température insuffisamment chaude, au printemps, et le défaut de floraison.
- Abonné 34tu, a Barcelone. —r Nous ayons reçu le produit en trop petite quantité, et à l’état trop desséché pour en faire une analyse complète : nous pouvons seulement vous affirmer que c’est un caoutchouc, très chargé de matières minérales. Pour déterminer la nature du.solvant qui sans doute lui donnait la plasticité convenable, il faudrait opérer sur un échantillon volumineux : de quelques centaines de grammes.
- M. Bégnier, à Nice. — Pour calquer des lettres non faites à 1 encre communicative, il est recommandé de mouiller les feuillesavec une solution aqueuseà 5 pour 100 d’acide tartrique. Vous pouvez essayer ce procédé, mais si les lettres sont anciennes, nous doutons fort de la réussite Nous ne connaissons d’aiEeurs guère d’autres méthodes simples et pratiques.
- M. O. Wirz, à La Chaux-de-Fonds. — Les tournures de cuivre calcinées sont formées par du cuivre légèrement oxydé si vous n’en trouvez pas chez les droguistes, il est facile de calc ner vous-même le produit ordinaire. Tous les marchands de fournitures pour laboratoire
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- vendent de la tournure de cuivre (Poulenc, 12a, boulevard Saint-Germain; Billault, rue de la Sorbonne, etc.).
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- Communications. — M. Henri Rougée, qui habite près de Lille, nous envoie la curieuse et intéressante communication qui suit : « Voici des résultats obtenus, dans la journée du 27 avril, en radiotéléphonie avec des appareils récepteurs radiotélégraphiques. Un poste parisien, C. G. R. probablement, a expédié ce matin vers 10 h. 1/4, jusqu’à xo h. 40 environ, quelques dépêches d’essais de radiotéléphonie, entre autres une audition de phonographe et un chant très réussis. Ces différentes transmissions ont été reçues chez moi, à 200 km de Paris, avec une netteté et une intensité surprenantes, à tel point que j’ai entendu les paroles du phonographe transmetteur sans mettre le récepteur à l’oreille, en intercalant le renforçateur de sons du R. P. Allard. La
- longueur d'onde, d’après le réglage de l’accord par induction ou en Oudin, me donne environ 1000 m. Mon antenne est faite de 4 fils de 70 m. placés à 20 m. de hauteur. Le détecteur est un modèle à sulfure synthétique. » En principe la réception téléphonique est possible dans les conditions indiquées par notre correspondant, sur de longues distances : 3 à 400 km et même davantage selon les systèmes employés. Mais nous devons ajouter que la réception de la parole est très difficile à cause des harmoniques, alors que celle du chant et particulièrement des sons musicaux est facilement perceptible. Actuellement trois ou quatre grands industriels parisiens se livrent à des essais journaliers, il n’y a donc rien d’élonnant à ce que les transmissions musicales fussent perçues par les amateurs dont les installations comportent d’excellentes antennes. Les transmissions entendues sont vraisemblablement celles des appareils de l’ingénieur italien Marzi qui effectue actuellement des expériences très intéressantes.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Les venues d’eau du tunnel de Grenclienberg (Suisse) : E.-A. Martel. Une révolution dans l’art de la télégraphie sous-marine : H. Marchand. Fabrication des verres de lunettes : Georges Lanorvili.e. — Philippe van ïieghem J. Constantin. — Les cordenux détonants et l’amorçage Lheure : A. Bérard. — Projectiles à tungstène. —• La jungle au cirque.
- Supplément, — La comète Delavan ( iç) 13 f). — La poussière cosmique dans le plan du système solaire. — Le 35° anniversaire de la lampe à incandescence électrique. — Utilisation de l’eau du Y a al pour l’alimentation des villes du Transvaal, etc.
- Culture potagère, par J. Dvbowski, iu-18, 480 p., 124 fig. Masson, éditeur, Paris. Prix : 5 francs
- Voici la 4° édition de ce traité, aujourd'hui classique, de culture potagère. L’ordre alphabétique adopté pour les différentes cultures, depuis celle de l’ail jusqu’à celle de la tomate, permet de trouver rapidement et facilement tous les renseigaements dont on peut avoir besoin pour chacune d elles : usages, variétés, choix du terrain, semis, soins culturaux, récolte, emballage, maladies et insectes nuisibles, etc. Le livre de M. Dybowski est indispensable aux maraîchers aussi bien qu’aux jardiniers s’occupant de potagers; tous y trouveront d’utiles conseils et la
- solution dé toutes les difficultés qu’ils peuvent rencontrer.
- Les catalyseurs biochimiques dans la vie et dans l'industrie, par Jean Eferont. ïn-8° de 772 pages. H. Du-nod et E. Pinat. Prix : 25 francs.
- L’auteur a limité sa tâche aux catalyseurs des matières azotées. Les chimistes trouveront dans ce livre des données sur toutes les enzymes protéolytiques. L’action de la présure sur le lait, l’action de la pepsine et des différentes trypsynes. èrepsynes et amydases, d’origine végétale ou animale, sur la matière albuminoïde, et l’étude des produits qui en résultent, ont été soigneusement décrites.
- Economie politique et statistique, par Ch. Lordier, ingénieur civil des mines. Grand in-16 ( 12,5 X 19) de 604 pages. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 10 francs.
- Les notions économiques qui sont surtout utiles appartiennent à deux catégories : les unes ont trait aux phénomènes qui influent sur l’achat et sur la vente; les autres.concernent la connaissance profonde de la, psychologie de l’ouvrier, de la manière de remployer, de le payer, de vivre avec lui en bonne intelligence. Ce sont celles qui ont été particulièrement développées ici.
- Les nouveaux horizons de la science, par H. Gxjille-minot. La matière vivante, sa chimie, sa morphologie. Tn-8°, 43o p., 56 fig. Steinheil, éditeur, Paris, 1914. Prix : cartonné, 6 francs.
- La matière vivante est-elle tributaire des lois de l’énergétique, les phénomènes vitaux sont-ils réductibles à des phénomènes physico-chimiques ? L’auteur montre que la chimie de la matière vivante obéit à la 2e loi de l’énergétique et que les formes de la vie s’expliquent par la seule mise en jeu des forces physico-chimiques; mais on aperçoit la nécessité de faire intervenir, pour la conception de la genèse des formes complexes, l’influence des fonctions de la vie, ce qui fait réapparaître, sous une autre forme, le problème du vitalisme.
- Abréviations et signes topographiques en usage dans les documents militaires allemands, par G. Roederer et A. Guth, interprètes militaires de réserve, in-18, avec fig. Berger-Levrault, éditeurs, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- MM. Rœderer et Guth, interprètes militaires de réserve,. ont rendu un signalé service aux travailleurs militaires et géographes en publiant un recueil d’Abré-viations et de signes topographiques en usage dans les documents militaires allemands, qui est appelé à faciliter dans une très large mesure les iravaux d’étude entrepris sur les choses militaires allemandes.
- L’espèce et son serviteur, par André Cresson. In-8,. 347 p-, 42 fig- Félix Alcan, éditeur, Paris. Prix : cartonné, 6 fr.
- L’auteur cherche, dans une classification méthodique des faits que fournit l’observation du monde végétal, du monde animal et du monde humain, à montrer les différentes formes sous les juelles se présente le labeur de l’individu pour son espèce et examiner dans quelle mesure on peut expliquer aujourd’hui la naissance de ces adaptations.
- The Pagan tribes of Bornéo, par Ch. Rose et W. Mc. Dougal. 2 vol. in-8°, 282 et 374 p., pl. en noir et en couleurs. London, Macmillan, 1912. Prix : 42 sh.
- Des deux auteurs, l’un est un administrateur colonial qui a passé vingt-quatre ans à Bornéo, l’autre Un ancien membre de l’expédition anthropologique de Cambridge au détroit de Torrès. Leur livre constitue une remarquable revue d’ensemble de toutes les tribus de l’île, c’est-à-dire mis à part l’élément mahométan ou malais, ces tribus « païennes » étant estimées à 2 millions d'individus sur une population de 3 millions. L’ouvrage est non moins recommandable par son texte (conditions matérielles, système social, agriculture, guerre, métiers, arts, croyances, mythes, légendes, mage, gouvernement) que parla beauté, le nombre et la riche valeur documentaire des illustrations.
- Monumental Java, par J. F. Schelkma, M. A. (Macmillan and C°, Londres, 1912).
- L’auteur a rési lé de 1874 à igo3à Java et présente, avec 40 belles photogravures, une attrayante descrip-
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- INFORMATIONS
- tion des extraordinaires temples bouddhistes de Java, le fameux Boro-Budoor, Prambanan, le Château d’eau de Jogjakarta, les Chandis, ces fantastiques débordements de sculptures qui, après un déplorable aban-. don, ont été enfin, depuis 1901, confiés aux soins d’une commission archéologique. Malheureusement il reste beaucoup à faire pour mettre les précieuses pierres à l’abri de la ruine et des déprédations.
- L’An Neuf automobile et de tous les sports, 1 brochure
- éditée par Y Auto, 10, faubourg Montmartre. Prix : 1 fr. i5.
- Donne la date, mois par mois, de toutes les épreuves sportives, de nombreux renseignements sur les formalités, impôts, circulation des VV, le recensement des automobiles, un motomètre à découper permettant de calculer la puissance des moteurs, les records, des problèmes amusants, des biographies, etc. Il paraîtra chaque année.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE j
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mai 1914. . 120,1 S. S. W. 3. Pluie. 2,7 Couvcrl ; quelques averses; halo.
- Mardi 5 13’, i S. W. 4. reu nuageux. 2,1 Tr. nuag.; averses entre 11 h. 45 cl 17 h. 35; qq. coups de tonnerre.
- Mercredi 6 11°,0 S. W. 3. Couvert. 0,7 Couvert; quelques averses.
- Jeudi 7 12’,3 S. W. 3. ('.ouvert. 0,3 Couv. le m : nuag. le s. ; pi. jusqu'à 1 h. 30 et de 4 h 30 à 5 h. 30.
- Vendredi 8 10M W. 1 Pluie. 6.9 Couv. le m., puis nuag., beau après 18 11. : pi. île 4 h. 40 à 7 h. 45.
- Samedi 9 9°,2 S. W. 2. Beau. 0,7 Beau jusq. 7 h. : couv. ensuite; averses entre 10 h. 55 et 16 h 20.
- Dimanche 10. . . . 8°,2 Calme. Couvert. 3,5 Couvert; pluie et gouttes de 14 h. à 2t heures.
- MAI 1914. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MAI 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au nv eau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 4 au 10 mai. — Le 4- Baisse barométrique sur le N.-O. : Stornoway, 74b mm; hautes pressions sur le Centre et TE. Pluies dans le N. et l’O. : le Havre, it mm; Toulouse et Rochefort, 10. Temp. du matiu : Arkhangel, 10; Saint-Pétersbourg, 5; Cherbourg, 12; Nantes, 14î Biarritz et Nice, 16;'Biskra, 22; moyenne à Paris : t5°,2 (normale : ii°,8). — Le 5. Profonde dépression sur le N.-O. : Shetland, 743 mm; hautes près sions sur le S. et les Açores. Pluies dans le N., PO. et le S. : Charleville, tq mm. Temp. du matin : Uleaborg, ï°; Saint-Pétersbourg, G; Dunkerque, 10; Brest, 12; Bordeaux. 14; Marseille, 16; Biskra, 22; moyenne à Paris : i2°,3 (normale ii°,9). — Le 6. Basses pressions sur le N.-O. et le Centre; fortes pressions de l’Espagne aux Açores. Pluies sur toute l’Eürope : Charleville,
- 7 mm; Besançon, 6. Temp. du matin : Spitzberg.— 170; Arkhangel, o; Belfort, -f-8 ; Saint-Pétersbourg et Brest,
- 11 ; Bordeaux, 12; Biarritz et Marseille,-14 ; Rome, i5; Alger, 19; Biskra, 24; moyenne à Paris : 12° (normale : 12°). — Le 7. La pression baisse sur l’O. ‘Féroé. 745 mm; Valentîa, 747; elle se relève sur lTslande. Pluies sur le N.; le Centre et l’O, : Charleville, 14 mm; Limoges^ 10. Temp. du matin : Spitzberg. — 1.8° ;
- du Bureau Central Météorologique.
- Saint-Pétersbourg, 5 ; Belfort, 8; Nantes, 13 ; Mar seille, i5; Alger, 22; moyenne à Paris : 140,1 (normale : 12°, 1). — Le 8. Dépression sur le N.-O. : Ecosse, 748 mm; Shields, 74b; fortes pressions sur les Açores : Horta, 772. Pluies sur le N. et l’O. : Toulouse, 2 3 mm; Cette, 18; Lyon, 16. Temp. du matin ; Spitzberg, — 12°; Arkhangel, —1; Stockhol.a, -f 8; Nantes. .9: Brest, 11; Lyon et Toulouse, i3; Marseille, 16; Biskra, 25; moyenne à Paris : 11°,6 (normale : i2°,2). — Le 9. Dépression sur la iner du Nord et la Scandinavie Helder et Skudesness, 749 mm; la pression se relève sur l’Espagne et les Iles Britanniques. Pluies sur le N., le Centre et LO. : Gap, 18 mm; Cette, iG. Temp. du matin: Spitzberg. —160; Arkhangel, -{-3 ; Clermont-Ferrand, 6; Bordeaux, 8; Brest, 10; Marseille, iL Palerme, 18; Biskra, 27; moyenne à Paris : 90,2.(normale : 12°,3). — Le 10. Hautes pressions sur le S. O. : la Corogne, 773 mm; dépressions sur le N. et les Iles-Britanniques. Pluies sur le N., le Céntre et l’O. Temp. du matin : Bodoe, o°; Belfort, -j-5 ; Clermont-Ferrand, 7; Brest, 10; Biarritz, 11 ; Algèr, 14. — Phases de la Lune : Pleine Lune le 9, à 21 h; 3i.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professait à l'Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2139. — 23 MAI 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
- Avis de T administration. — L'échéance du 3r mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o mai (n° 2140), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du 25 mai aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (4 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — i8g3 à 1902 — 1903 à 1912), au prix de 28 francs au lieu de 36 francs pour les volumes brochés, et de 42 francs au lieu de 5o francs pour les volumes reliés. — Ces 4 volumes se vendent séparément au prix de :
- Tome I. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome IL Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- Tome III. Broché 6 fr. Relié 9 fr. 5o.
- Tome IY. Broché 10 fr. Relié i3 fr. 5o.
- La photographie des satellites de Mars. — La
- première tentative pour obtenir des épreuves photographiques des saiellites de Mars a été faite en 1896 par S. Kostinsky à l’astrographe normal de l’Observatoire de Poulkowo : on sait les diffiuullés d’uu tel problème, et à cause de la faiblesse des satellites, et à cause de l’illumination considérable du disque de la planète Ces difficultés paraissaient insurmontables si l’on voulait obtenir autre chose que des photographies <t curieuses », c’est-à-dire si l’on voulait réaliser des clichés de précision se prêtant à des mesures réelles : et, cependant, l’habile astronome russe [Mitteilungen de Pulkowo, n° 59) est parvenu à un résultat entièrement satisfaisant, autorisant la mesure des positions avec une précision de o",1 pour une seule image. C est, de plus en plus, vers la photographie qu’est orientée l’astronomie de l’avenir et, à la suite de l'important Mémoire de S. Kostinsky, on peut affirmer que la photographie de Mars avec ses satellites, dans un but astrométrique, a donné des résultats complètement satisfaisants : c’est la résolution d’un problème difficile.
- Il est maintenant permis d’espérer que l’application des grands astrographes à longs foyers à la solution de problèmes analogues donnera une précision non seulement égale, mais surpassant même celle que l’on obtient par des observations visuelles à l’aide des plus puissants instruments.
- La radiotélégraphie et l’éclipse de soleil du 21 août 19!4. — L’Association anglaise pour l’avancement des sciences vient de charger son Comité des recherches radiotélégraphiques d’effectuer une enquête sur les effets de l’éclipse totale de soleil du 21 août prochain sur la propagation des ondes électriques.
- Cette éclipse va fournir une occasion exceptionnelle d augmenter les connaissances actuelles sur la propagation des ondes dans l’air, les études portant sur des régions à la fois éclairées par le soleil et placées pendant quelques minutes sous l’influence de l’éclipse. L’éclipse sera totale sur une bande de terre partant du Groenland et traversant la Norvège, la Suède, la Russie et la Perse pour aboutir aux bouches de l'Indüs. En Russie la totalité de l’éclipse durera un peu plus de deux minutes.
- Deux points de vue essentiels doivent attirer l’attention des observateurs pendant l'éclipse. On peut supposer d’abord que la propagation des ondes dans l’ombre et la pénombre obéira probablement à des lois différentes, quant à l'absorption et à la réfraction, de ses lois normales en pleine lumière. Ensuite la puissance, la fréquence et le caractère des ondes naturelles et des décharges atmosphériques pourront également varier, ces variations se produisant dans un sens favorable ou non à la propagation, tandis que la production de ces mêmes ondes sera également affectée par l’éclipse pour une raison encore inconnue.
- Ces questions n’ont été que peu étudiées jusqu’ici. Presque tous les observateurs de signaux échangés durant l’éclipse solaire du ty avril 1912 s’accordent à reconnaître que la puissance de ces signaux est plus grande pendant l’éclipse qu’une heure avant et après. On constata la présence d’ondes errantes pendant 1 éclipse et on enregisli’a des variations remarquables très accentuées lorsque le cône d’ombre passa sur l’Europe.
- La Commission anglaise donne ensuite la méthode à employer pour étudier la propagation des ondes dans l’ombre. Il faudrait que les stations radiotélégraphiques situées de chaque côté de la ligne centrale de l’éclipse transmettent des signaux à intervalles de temps déterminés pendant que l’ombre passera entre elles. Ce passage de l’ombre durant environ deux minutes, les stations Scandinaves et russes pourraient transmettre fréquemment pendant plusieurs minutes, avant, pendant et après lé passage. Mais il conviendrait également que les stations moins favorisées que les précédentes puissent affectuer des observations complètes sur les variations des signaux pendant l’éclipse. Les stations d’Europe situées à l’ouest delà ligne centrale, celles de la Méditerranée et de l’Asie Mineure pourront constater
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- INFORMATIONS
- la modification de la puissance des signaux, particulièrement sur les longues distances, entre io heures du matin et 3 heures du soir (heure de Greenwich). Les stations de l’Inde et de l’Afrique orientale, celles des navires de l’océan Indien, sentiront également les effets de la pénombre dans l’après-midi. Enfin les navires de l’Atlantique et les stations fixes situées à l’est du Canada et des Etats-Unis seront atteints par la pénombre assez tôt dans la matinée. A Montréal, l’éclipse partielle atteindra sa plus grande phase à 5 h. Si du matin. Dans tous les cas on estime que linfluence de l’éclipse se manifestera même sur les points du globe où elle ne sera pas visible.
- L’étude des ondes errantes présente autant d’intérêt que celle des signaux. Autant qu’il a été possible de l’observer jusqu’ici, les ondes électriques d’origine naturelle atteignant les stations situées au-dessus du 5o° degré de latitude Nord, semblent provenir du Sud. Ainsi les plus grandes variations dans l’énergie de ces ondes seront vraisemblablement observées dans les stations Scandinaves et russes qui ne pourront être atteintes par ces ondes atmosphériques qu’en franchissant la bande d’ombre. Mais, partout ailleurs, il faut s’attendre à observer des variations de cette nature; c’est pourquoi la Commission anglaise désire être à même d’établir une statistique mondiale concernant ces phénomènes, les stations les plus rapprochées du parcours de l’éclipse étant les plus favorisées.
- Enfin les observatoires météorologiques interviendraient dans cette statistique par leurs observations particulières, notamment pour celles concernant l’ionisation atmosphérique.
- Des formules spéciales seront adressées par le Comité à toutes les stations qui en feront la demande. Des signaux spéciaux seront transmis à des heures indiquées sur les formules et un programme simple de travail sera adressé aux stations particulièrement intéressées.
- Ajoutons que tout possesseur d’un excellent poste récepteur peut collaborer à cette statistique. Si quelques-uns de nos lecteurs s’intéressent à ces travaux ils peuvent s’adresser à M. le Dr W. Eccles, secrétaire, University College, Londres W. C., qui leur enverra tous les documents et renseignements nécessaires.
- Les cheminées stannifères des États Malais. —
- Un travail récent de M. Scrivenor (*) nous renseigne d’une façon détaillée sur une région industrielle bien connue par sa très importante production d’étain et nous fait connaître des typés tout à fait curieux de gisements stannifères en forme de cheminées (pipes). Il y a, dans ce pays, un axe granitique longé à l’Ouest par des calcaires et par des terrains de la série de Gon-dwana. Des intrusions granitiques, minces pénètrent jusque dans ces.derniers et ont contribué à la production de schistes tourmalinifères. Les gisements stannifères originels sont dans ces formations anciennes sur lesquelles le granité a exercé son action métalüsante, ou dans le granité lui-même. Nous nous bornerons à signaler des sortes de cheminées métallifères (pipes) analogues à celles du Waterberg dans l’Afrique du Sud. A Kampar, une de ces cheminées encaissées dans le granité est formée de feldspath, de tourmaline, de cassitérite et de sulfures métalliques. Elle a 2 m. 3o sur 4 m. 3o de section et a été suivie sur 70 m. de profondeur. La teneur moyenne en cassitérite a été de 5 pour 100. Le granité au contact contenait de la topaze, de la fuch-site, de la pyrite, de la blende, etc. Mais ce genre de dépôts a pris surtout des formes singulières dans les cale ùres. Là on a quelquefois des filons (veines) à Siak, à; Ayer Dangsang, à Penkalan. Ailleurs (Changkat Pari, Lahat, etc.); on. a aussi des cheminées (pipes), où la cassitérite, avec pyrite, chalocpyrite, mispickel, fluorine (et rarement tourmaline) est cimentée par de la calcite. Il est arrivé parfois que la calcite a été redissoute par la circulation des eaux superficielles, les sulfures ont été en même temps oxydés et il en est résulté une formation bizarre ayant l’aspect d’un dépôt détritique qui remplirait une sorte d’aven aux formes compliquées. Celui de Lahat, le plus remarquable, a pu être suivi sur plus de 100 m. de haut. D’une façon gé-
- 1. The gcology and mining indus try of thé Kînta District (Industrie1 minière de (tinta, dans les Etats Malais), par J.-B. Scni-venor (Government printing office : Kulla Lumpur ; prix, 3 dollars).
- nérale, il y a d’ailleurs lieu de remarquer le rôle essentiel des circulations d’eau superficielles dont l’action s’est trouvée activée par un climat tropical. Dans mes conditions, la silice est dissouce et les roches les plus dures sont désagrégées. Ce phénomène a puissamment contribué à rendre exploitables des gisements qui, sans lui, seraient restés inutilisables. Il a, en même temps, préparé la voie aux remaniements proprement dits qui sont résultés soit de l’activité fluviatile, soit de l’activité glaciaire.
- Singulier mode de reproduction d’une Planaire.
- — M. Child vient d’observer (Biological Bulletin) une très curieuse planaire des environs de Chicago, Pla-naria velata. Ces vers plats se développent en quelques semaines, mangeant avec avidité, croissant rapidement jusqu à leur taille adulte, 12 à i5 mm, puis la vieillesse arrive, les planaires perdent l’appétit, leurs couleurs disparaissent et leurs mouvements deviennent de plus en plus lents. C’est alors que les curieux phénomènes de reproduction se produisent. La planaire perd un petit fragment de l’extrémité postérieure de son corps, puis un autre, puis encore un autre, et peu à peu elle se réduit à la moitié, puis au tiers de son volume primitif. Chaque morceau détaché s’arrondit, sécrète un mucus qui durcit et se trouve ainsi bientôt enfermé dans un kyste protecteur Les petites boulettes de planaires restent sans changement l’été, puis l’hiver, et, au printemps suivant, il en sort de petits vers qui rampent, mangent, grossissent et deviennent bientôt de nouvelles Planaria velata normales. La portion antérieure qui avait perdu tous ces kystes meurt ou s’enkyste à son tour. M. Child n’a jamais vu d’autre mode de reproduction, pendant les 13 années qu’ont duré ses observations. C’est donc là, semble-t-il, le procédé normal de multiplication de ces curieux animaux.
- Lichens parfumés. — Les fleurs ne sont plus les seuls végétaux employés par la parfumerie. M. E. M. Holmes vient de rappeler dans le Perfumer and Essential OU Record qu’il est possible d’utiliser les essences de certains lichens. Ainsi, le lichen des rennes (Cladonia ran-giferina) contient un phénol soluble dans le carbonate de soude, le lychénol, de la même famille que les huiles essentielles du thym et des plantes voisines. En France, un autre lichen, la mousse du chêne (Evernia prunastri), est traité par le pétrole et l’extrait ainsi obtenu est après évaporation dissous dans l’alcool et utilisé pour parfumer des savons. D’autres lichens sont également odorants, mais les huiles essentielles qu’ils renferment n’ont pas encore été séparées et identifiées.
- Société des Amis du Musée d’Ethnographie. — Sur l’initiative de M. le Dr Yerneau, professeur d’anthropologie au Muséum, directeur du Musée d’Ethnographie, il vient de se fonder à Paris, une société des « Amis du Musée d’Ethnographie ». C’est là une idée des plus heureuses, car si l’on compare l’état du Musée du Tro-cadéro, son installation, son exiguïté, ses vitrines, son éclairage à ce qui existe dans les collections ethnographiques de Londres, Berlin, Munich, Nuremberg, Yienne, New-York, Washington, Chicago, etc., on conclut douloureusement que. malgré les richesses réelles qu’il possède (80000 objets en 1914, contre 6000 en 1880) et dont une trop grande partie d’ailleurs demeure cachée dans des caisses, notre Musée d’Ethnographie est dans une situation lamentable. Aussi la nouvelle association) ayant pour but de donner son appui moral et financier à l’établissement, se propose-t-elle de provoquer les libéralités pour le développer, d’acquérir des objets de valeur ethnographique, bref, d’assurer la prospérité de 1’établissement. Elle pourra rendre des services aussi utiles que l’excellente Société des Amis du Louvre. La nouvelle association a été définitivement constituée le 7 mai, par l’adoption de ses statuts et la nomination d’un conseil qui aura pour président, M. le sénateur Paul Doumer. La cotisation annuelle a été fixée à 10 francs seulement, de façon à recruter le plus grand nombre d’adhérents possible. Les adhésions sont reçues soit par M. le professeur Yerneau, vice-président de la Société, 61, rue de Buffon, au Muséum, soit par M. le comte de Périgny, trésorier, 68, rue Lauriston. Les récits de voyages et les renseignements d’ethnographie fréquemment publiés dans La Nature engageront, nous l’espérons, nombre de nos lecteurs à s’affilier à cette nouvelle et sérieuse entreprise.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *»> Automobilisme
- L’A. R. A. (Anti-Retour d’Automobile). — Quelle que soit la perfection des moteurs et des magnétos d’aujourd’hui, elle ne garantit pas des fréquents retours de manivelle, ni des accidents déplorables qui en sont la conséquence.
- L’Anti-Retour d’Automobile par contre les supprime d’une façon absolue.
- Simple et léger, robuste et réduit (4 cm), il est en outre très bon marché.
- L’Anti-Retour d’Automobile se compose de 3 pièces essentielles : A, B, C : A, dent de loup auxiliaire goupillée sur l’arbre de la manivelle; B, dent de loup auxiliaire et roue à cliquet; C, pièce à cliquet fixée par la vis Y.
- Le fonctionnement est des plus simples :
- La manivelle enfoncée engrène dans le bon sens A dans B et par suite L sur l'arbre du moteur. Au moment du retour, B est immobilisé par C, et A qui est solidaire avec la manivelle se trouve brusquement dégagé.
- De plus, les dents de L étant moins profondes que
- retour ATtA. — A, moyeu de manivelle et deut de loup auxiliaire.— Ü, arbre vilebrequin. — B, roue à cliquet et dent de loup auxiliaire. — C. pièce fixe portant le cliquet. — V, vis fixant la pièce C.— M, mauivelle. — K, ressort de la deut de loup auxiliaire. — S, support de mise en marche. — L, dent de loup ordinaire.
- celles de A, L sera dégagé avant A et le bras du chauffeur est forcément hors de danger.
- Yoilà l iugénieux dispositif qui s’adapte très facilement à n’importe quelle manivelle. Cet appareil A. R. A. se vend au prix de 25 fr. chez M. Herzmark, 16, rue José-Maria-de-Heredia.
- Physique
- Thermomètre différentiel à réglage automatique.
- — Divers instruments ont déjà été imaginés pour la mesure très précise de températures variées. Déjà vers 1840, Walferdin avait réalisé un thermomètre métastatique dont la tige effilée, recourbée eu crochet, permettait de laisser écouler dans un réservoir une quantité variable de me cure et de mesurer entre 3 et 4° la température exacte à o°,ooi près. Depuis, divers autx’es thermomètres de ce genre avaient été construits, mais tous sont d’un réglage délicat et dillicile.
- M. Féry vient de présenter à la Société d’encouragement pour l'industrie nationale un nouveau thermomètre différentiel à réglage automati ,ue de M. J Ruelle, qui a l’avantage d’un réglage simple et très précis.
- Ce thermomètre peut servir à faire des mesures de variations de températures précises à i/ioo0 de degré dans tous les intervalles de -j° environ, compris entre
- — 3o° et -f- 3ooP C.
- Ce résultat s’oblient grâce à un dispositif simple, permettant de régler à volonté et instantanément la quantité de mercure qui se trouve dans le réservoir. On peut ainsi rég'er l’msirument de façon que son échelle représente approximativement, par exemple, des inter-
- valles de —3o° à —24°; ou de i5° à -j-210, ou -{- i34° à -j- ï4o°, etc.
- Dans chacun de ces intervalles la lecture de la température peut être faite à o°,oi près.
- Voici comment on opère :
- On chauffe doucement le réservoir (à la flamme d’alcool) jusqu’à ce que la colonne mercurielle ininterrompue fasse gouttelette au sommet du tube capillaire (fig. 1). A ce moment, en tenant le thermomètre par le milieu de la tige, on lui fait décrire doucement une courbe en inclinant le réservoir B vers le bas. Ce mouvement amène tout le mercure qui peut se trouver dans le réservoir, de sorte qu’il baigne l’extrémité du tube capillaire (fig. 2).
- Supposons qu’on prévoie, par exemple, que les lectures à faire soient comprises entre -(- 11° et -|- 18° ; on opère de la façon suivante :
- On ajoute à la température la plus basse que l’on ait à mesurer (11° dans l’exemple actuel) la constante de 1 appareil inscrite sur la tige. La constante du ther nomètre employé étant par exemple de 25°, on plonge le thermomètre dans un liquide dont la température est de 11° -|- 21)0 =: 36° ; on prend ture de 36° au moyen d un thermomètre auxiliaire; on attend deux minutes en agitant le liquide. Dès que le thermomètrea pris la température de 36° du liquide, on lui donne une légère secousse sur le réservoir B. Le mercure contenu dans ce réservoir vient se loger au bas de B.
- Le thermomètre est alors réglé. Son point o correspond à une température réel e de 110; la graduation 1 correspondra à 120, la graduation 2 à i3°. etc.
- La commodité d’emploi de cette nouvelle forme de thermomètre réglable le fera apprécier par tous ceux qui s’occupent de recherches de précision : cryosropie, calorimétrie. ébullioscopie, etc., un seul instrument, de prix peu élevé, remplaçant toute une série de thermomètres.
- Remarquons enfin que c’est toujours la même tige cap’llaire qui est en jeu, quelle que soit la région explorée, ce qui présente l’avantage de fournir des résultats tout à fait comparables entre eux — Le thermomètre J. Ruelle est en vente chez Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris.
- *> Dactylographie
- La « Virotyp », machire à écrire de poche. —
- Beaucoup d’inventeurs ont été tentés par la solution de cet élégant problème qui consiste à mettre sa machine à écrire dans sa poche afin de pouvoir s’en servir dans toutes les circonstances, aussi bien en voyage qu’à son domicile Or, une machine à écrire est toujours un outil encombrant, c’est pourquoi nous voyons peu d’a-maieurs de « typewriter » se promener avec, dans leur bagage et encore moins dans leur poche, la machine qui leur donnerait toute satisfaction. Mais, comme tout arrive à son heure, il ne faut jamais désespérer; or l’heure de la machine à écrire de poche paraît avoir sonné. Nous avons, en effet, sous les y*mx le plus curieux modèle du genr- qu'il soit possible d imaginer et aussi le plus portatif : c'est la Virotyp.
- On peut dire que la Virotyp est faite de deux parties essentielles : la machine à écrire proprement dite et le chariot porte-papier. Ce dernier est très simplement contitué par deux lames métalliques dont l’une se rabat sur l’autre pour emprisonner le papier; la lame priuei-p de porte une fenêtre longitudinale qui découvre le papier que l’on avance en agisssant sur un bouton mol-leté solidaire de l’axe d un petit cylindr e de caoutchouc. Passons maintenant à 1 examen de la machine elle même.
- Elle comporte un cadre métallique rectangulaire sur 1 extrémité duquel s’art culent deux systèmes mobiles. Le premier maintient la roue des types constituée par
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- l’assemblage de deux disques métalliques évidés serrés l’un contre l’autre par de légers écrous et pourvus d’ouvertures périphériques livrant passage aux caractères d’imprimerie, Ces derniers peuvent coulisser librement à l’intérieur de ces alvéoles, mais leur chute est empêchée par un disque inférieur taillé à la périphérie, sur un peu plus de i centimètre de longueur, de manière que cette couronne se présente sous l’aspect d’un rayonnement de lamelles formant chacune un ressort qui appuie sous le bloc d’impression. Dans la construction on a élargi le support du caractère de manière à former une sorte de rebord sous lequelap-jjuieune lame. Chaque caractère est donc maintenu par un de ces ressorts.
- Le second système mobile, également articulé sur le cadre d’acier, mais à l’autre extrémité, est commandé par un bouton nickelé pourvu d’une sorLe de bec qui s’avance en permanence au-dessus d’un caractère. Il est donc très facile de comprendre que si l’on appuie sur ce bouton, le caractère d’imprimerie au-dessus duquel il est momentanément placé s’abaissera et la lettre sera imprimée sur le papier. Ajoutons, la remarque ayant son importance, que les deux systèmes sont un peu solidaires l’un de l'autre; le fait d’appuyer sur le bouton entraîne également la roue des types et son mécanisme, de même que si l’on appuie sur la commande de la roue des types, on entraîne le bouton nickelé. Nous n’insisterons pas davantage sur la partie mécanique qui comporte des détails utiles, mais sur lesquels il serait fastidieux de s’arrêter. Il ne nous reste plus qu’à expliquer la manière de se servir de la Yirotyp.
- La roue des types est dissimulée à l’intérieur d’une couronne cylindrique fermée par un disque métallique
- Fig. 2. — Les organes essentiels de la « Virotyp».
- A, caractère d’imprimerie; B, lamelle-ressort repoussant le caractère d’imprimerie à sa position de repos après l’impression ; P, bouton d’appui dont le bec N chasse le caractère d’imprimerie sur le papier, le bouton P est solidaire du cadre pivotant C lequel est articulé en O ; D, axe de pivotement du porte-caractères E; F, bouton permettant d’amener un caractère quelconque sous le bec N du bouton P. Une flèche indicatrice se porte en même temps en face du caractère. Le bouton F entraîne donc la flèche et les caractères d’imprimerie. H, pièce articulée actionnée par la pression du bouton P pour réaliser un abaissement complémentaire et rapide du caractère d’imprimerie afin d’obtenir une bonne impression; I, pièce de guidage dn caractère d’imprimerie; M, bâti fixe sous lequel s’engage le châssis porte-papier; S, cylindre d’encrage; N, oreilles permettant de tenir la machine pour l’impression sans point d’appui; K, partie inférieure des caractères d’imprimerie.
- supérieur portant une courouue. Sur celle couronne sont gravés les lettres de l’alphabet, les signes de ponctuation et les chiffres. Lorsqu’on veut travailler sur une table, on commence par engager le chariot porte-papier dans les rainures du cadre inférieur en
- observant les repères convenus, puis on "manœuvre le bouton central du disque de la main droite. Ce bouton entraîne une double aiguille indicatrice. La plus eftilée, portée en face des lettres, fera sortir les minuscules; l’autre, percée d un trou, est celle des majuscules. La manœuvre du bouton entraîne le disque et 1 ensemble delà roue des types, mais la couronne reste hxe.
- Pour faire sortir une lettre quelconque, majuscule ou minuscule, il suflit donc de porter une des aiguilles en face de celte lettre; le caractère voulu vient alors se placer sous le bec du bouton nickelé et en exerçant une pression avec la main gauche, ce caractère sim-prime. La manœuvre est, on le voit, extrèmem"nt simple et, en quelques instants, un enfant trouve les lettres. C’est dire que, premier avantage, la Yirotyp ne comporte pour ainsi dire aucun apprentissage.
- Mais elle demeurerait imparfaite s’il était nécessaire de la poser constamment sur une table; on n’a pas toujours ce meuble à sa disposition. Alors, second avantage, on se contente de tenir la machine des deux mains. Le petit doigt de la main droite s’engage dans une
- Fig. 3. — Manière de sc servir de la « Virotyp » sans l’appuyer sur une table.
- boucle de cuir fixée au châssis métallique, ce qui n’empêche nullement la main d’actionner le bouton commandant les aiguilles. L’index et le majeur de la main gauche soutiennent ensuite, par deux oreilles métalliques qui se rabattent lorsque leur utilité disparaît, l’autre extrémité de la machine. Le papier est donc libre sauf dans la partie du chariot qui le maintient.
- Pour écrire il est inutile d’appuyer sur le bouton nickelé; il suffit, lorsque l’aiguille a été amenée en face d’une lettre, d’appuyer assez fortement sur le bouton de cene aiguille avec la main qui le manœuvre. L’impression s'effectue alors aussi nettement que lorsque l’appareil repose sur une labié.
- C’est tout et c’est tout à fait bien. La Yirolyp prend place dans une tonte petite sacoche de cuir que 1 on met dans la poche de son veston et qui ne tient guère plus déplacé qu’un portefeuille bien garni. En quelques minutes elle est prête à fonctionner et l’impressio u ne laisse rien à désirer.
- On serait tenté de croire qu’une machine aussi simple, ne rappelant que de très loin la construction si compliquée des machines courantes, ne peut donner que des résultats approximatifs. Cependant l’impression est très nette et toutes les fonctions s’accomplissent avec une grande régularité. Quant à la rapidité de la manœuvre, elle ne laisse rien à désirer et en peu de temps la première personne venue a acquis une vitesse suffisante.
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- VARIETES
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- L’huile de foie de morue comme insecticide. —
- Voici une applicatiou un peu inattendue de l'huile de de foie de morue que l’on ne considérait jusi|u ici que comme un « suraliment » destiné à donner des forces aux débilités, Il s’agit de s en servir comme insecticide et, notamment, pour la destruction des mouches et des moustiques. Elle est recommandée comme telle par M. Lang, vétérinaire du gouvernement à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), qui vient de publier un travail .sur ce sujet dans le Recueil de médecine vétérinaire de l’Ecole cl Alfort. Il l’a surtout employée pour les « mouches plates », c’est à-dire les Hippobasques, qui reviennent avec une opiniâtreté sans pareille sur les plaies des animaux et les tracassent sans cesse. Ces parasites sont extrêmement difficiles à éloigner età détruire, car, même écrasés entre les doigts, ils continuent à vivre, la forme plate de leur corps et l’élasticité de leurs téguments leur permettant d’échapper à la compression. Si l’on veut à toute force les faire passer de vie à trépas, il faut leur arracher la tête eu ia pinçant avec les ongles. Le moyen est évidemment radical, mais on conviendra qu’il est un peu long. Avec les huiles de coco ou de cade, ainsi qu’avec le pétrole, on arrive à les éloigner momentanément, mais elles continuent à vivre et se contentent alors de passer d un animal à l’autre. Au contraire, avec l’huile de foie de morue, les mouches sont tuées instantanément. Lorsqu’on voit lesdites mouches pulluler avec insisiance sur un animal, il suffit de passer sur lui la main enduite d'huile de foie de morue, pour les voir, de suite, toutes tuées. On peut aussi, ce qui est encore plus pratique, badigeonner les plaies avec la même huile : les mouches ne s’en approchent plus au moins pendant une quinzaine d’heures,
- ou bieD, si elles sont trop téméraires,-payent leur audace de leur trépas. Le fait est facile à vérifier, car on sait si, à la campagne, les mouches fréquentant les plaies des bestiaux sont nombreuses et désagréables.
- M. Lang recommande aussi l’huile de foie de morue pour la destruction des Tiques, ces parasites si fréquents sur les chiens de chusse et dont une partie du corps est enfoncée dans la peau et si bien ancrée qu’il est presque impossible de l’en extraire. En touchant chaque tique avec une goutte d’huile de foie de morue,
- 1 insecte ne tarde pas, paraît-il, à mourir.
- La même huile est encore recommandable pour les plaies qui ne peuvent guérir que par des « bains de soleil » ; en les recouvrant d’une couche d’huile, on peut les laisser exposées aux rayons bienfaisants de l’astre du jour sans avoir à craindre les visites indiscrètes des mouches et, par suite, les dangers des contaminations.
- Enfin, répandue, en mince couche, à la surface d’un étang ou des baquets, l’huile de fuie de morue tue les larves des moustiques plus vile que ne le fait le pétrole et a l’avantage sur ce liquidé de ne pas être volatile, ce qui en assure la permanence. Elle est d’autant plus efficace à ce point de vue, que non seulement elle tue les larves des cousins, mais encore éloigne ceux-ci à l'état adulte et les empêche de venir pondre dans l’eau, suivant leur coupable habitude.
- A tous égards, l’huile de foie de morue mérite donc d’être expérimentée au point de vue de sa valeur insecticide. Elle a l’avantage de ne pas coûter très cher et de se trouver, partout, chez les pharmaciens; elle n’a contre elle que son odeur qui n’a rien de suave, ma’s qui veut la fin veut les moyens.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour préserver la menue quincaillerie de la rouille. — Beaucoup d’amateurs aiment à avoir toujours sous la main un petit stock devis, clous, ou autres menus objets en métal. Mais, s’ils ne s’en servent qu’à de longs intervalles, ils ont souvent le désagrément, surtout au bord de la mer ou en climat humide, de trouver leur petite quincaillerie pleine de rouille le jour de l’emploi.
- Pour éviter cet inconvénient : mélanger à de l’essence minérale 10 ou 20 pour 100 d’huile. Les vis ou menues ferrailles sont mises dans un récipient, tel qu’une vieille boîte à conserves On verse par-dessus un peu du liquide préparé, puis on agite en tous sens jusqu’à ce que tous les objets soient mouillés. Ils resteront couverts, après évaporation de l’essence, d’une imperceptible couche d’huile qui suffira à les préserver de la rouil'e, tout en les laissant d'une manipulation propre, et non répugnaute comme si on les avait graissés à l’huile pure.
- Le même procédé pourrait évidemment, avec des variantes, être appliqué à des objets plus volumineux.
- Précautions à prendre dans l’application des teintures pour cheveux. — M. le Dr Rousseau qui vient d'étudier en hygiéniste la question des teintures dites « para » résume ainsi en quelques conseils les précautions à prendre dans 1 application de ces produits pour éviter tout accident fâcheux :
- i° Ne jamais appliquer une teinture dite « instantanée » sur une chevelure traitée à l’eau oxygénée depuis moins de vingt-quatre heures;
- 20 Appliquer la solution de paraphénylène-diamine dix minutes seulement après l’avoir additionnée d’eau oxygénée, de manière qu’il puisse se produire un commencement d’oxydation;
- 3° Pendant tout le temps de l’application faire arriver sur les cheveux un courant d’air chaud. Laver la tête dès l’opération terminée;
- 4° N'employer que de l’eau oxygénée pure à 12 volumes, et de simples solutions aqueuses de paraphénylène-diamine.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — D ans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonueinénf. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. le DT Pierret, Le Vergnou. — Le dich orobenzène est vendu chez M. Max Bacumler, 1, rue Félix-Faure, a Enghien-les-Bains;
- M. G. Broca, boul. Voltaire, Paris. — Pour la fabrication, voir Huilerie moderne par Chapelle et Ruby (in-8, 4 fr Béranger édit., rue des Saints-Pères) ; pour les matières oléagineuses et les propriétés des corps gras,
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- voir Technologie des matières grasses par Lewkovitch-Bontoux (in-8, 40 fr. Dunod édit., quai des Grands-Au-gustins).
- MM. Marcel Migeon, à Bruxelles, et JP. M.,- à Vienne: — Ouvrages sur la distillation des bois : Barillot, Distillation des bois, in-8. Prix 3 fr. Masson, édit., 120, bd St-Germain. — Dumesny et Noyer, Industrie chimique des bois (gros in-8. 12 fr. Tignol, édit., 53, quai des Grands-Augustins); la moitié de ce dernier volume traite de la distillation, l’autre de la fabrication des extraits. — Constructeurs d’appareils à distiller le bois : Leclaire à Paris (140, rue St-Maur) et Meyer à Hannover-Hainholz.
- M. P. M., à Vienne. — Vous trouverez de nombreuses recettes pour désétamer, désargenter et dédorer
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- le cuivre dans le volume Coloration des métaux par J. Michel (Desforges, édit., 29, quai des Grands-Augus-tins. Prix : 3 fr.).
- M. Sarton, à Wondelgem-lèz-Gand. —Vous obtiendrez des teintes très vives sur bois en badigeonnant avec de simples solutions aqueuses ou alcooliques de couleurs d’aniliae : violet méthyle, fuchsine, vert brillant, chrysophénine, etc_ Les bois blancs et tendres se co-
- lorent un peu plus aisément, et les bois résineux se colorent mal.
- M. le Dr. G. B., & Paris. — Pour nettoyer le nickel ou les métaux nickelés, on frotte avec un linge imbibé d’une mixture composée de
- Alcool à brûler. .... . . . 100 gr.
- Ammoniaque . . . 100 —
- Tripoli . . ' . . . 200 —
- Poudre de savon .... ... 5o —
- Eau . . . 5oo —
- On astique ensuite avec une peau de chamois saupoudrée de blanc d’Espagne.
- M. Le Bouvier, à Uzès. — Vous ne pourrez empêcher l’adhérence d’une masse humide et chaude contenant du sucre, de la gélatine, qu’en saupoudrant la surface avec un absorbant : farine, fleurage. Comme emballage protecteur de l’humidité, le papier mince paraffiné nous paraîtrait fort bien convenir.
- M. G. Hubert, à Romorantin. — Merci de votre très intéressant document. Les chiffres analytiques, comme vous l’avez remarqué, s’ils indiquent la valeur nutritive de ce bouillon concentré, ne peuvent nullement renseigner sur le procédé de fabrication.
- M. le Cl Darlefeuille, à Luxeuil-les-Bains. — Pour préparer l’arsénite de soude qui sert à détruire les herbes, il faut d abord faire dissoud e le sel Solvay dans l’eau boüill mte, puis ajouter 1 acide arsénieux en remuant. La dissolution- est parfaite, mais co nme le liquide est très concentré, il peut y avoir dépôt en refroidissant : on évite aisément cela en employant deux fois plus d’eau, et diluant flnalement deux fois moins.
- M. O. Wirz, Libr. Luthy, — Le cuivre calciné est tout simplement du métal oxydé; on peut en préparer en calcinant à l’air de la tournure de cuivre. — Pour souder 1 or au fer, vous pourriez substituer aux soudures d’argent une soudure à l’or; il existe de nombreuses formules pour en préparer, que vous trouverez par exemple p. 3o6 du volume Travail des métaux {Desforges, édit., 29, quai des Grands Augustins, Paris).
- M. C S., à Crémeaux. — Il est très simple de préparer ces farines par mélange intime de diver s produits séparément moulus très fin : vous trouverez une formule p. 3 des Recettes de la maison par exemple (x vol. à 3 fr., relié, chez Masson,édit., 120, boul. St-Ger-main) Il est facile de modifier à 1 infini une telle formule.
- M. le Professeur Nékàm, à Budapesth. — Le Manuel Boret du Mouleur (Mulo, édit., rue Hautefeuillei contient des renseignements sur le moulage à la cire, ma s vous ne trouverez point de tels petits détails : un professionnel seul pourrait vous imlier à cela, qu'il est bien difficile de décrire en des livres.
- M. G. B., à Maison B1 mche. — Pour recoller les potiches de faïence, voir nos Recettes de la maison p. 181 (1 vol. à 3 fr., relié, Masson, édit., 120, boul. St-Germain|. Pour enlever les taches d’eau des meubles, voir p. 1G8 du même ouvrage; s’il y a beaucoup de taches très marquées, il faudrait brosser fortement avec de l’essence de térébenthine, puis réencaustiquer.
- M. R. F. n° 3o6o, à Paris. — Il existe de nombreux ouvrages traitant spécialement de l’élevage du porc, y compris les modes d’exploitation (reproduction, engraissement, etc.). Un ouvrage peu étendu ne donne, forcément, que des indications incomplètes, ou trop sommaires. Vous auriez à faire choix parmi les suivants les p'us documentés et les mieux au point : Manuel de la porcherie, par Léouzon. 1 vol. 1 fr. 40; Le porc. par Emile Thierry, 1 vol. 3 fr. 80; Art d'élever, de multiplier et d engraisser les porcs, par G. Ba lly, 1 vol. o fr. 60 ; Guide pratique pour l’élevage du porc, par Fontan, r vol. x fr. 401 Précis pratique de l’élevage, de l’engraissement et des maladies du porc, par Gobin,
- 1 vol. 3 fr. 80; t.e Porc, par H. L.-A. Blanchon, 1 vol.
- 2 fr, 20; Le Porc, par G. B. de Savigny, 1 vol, 2 fr. 35 ;
- Le porc, par Marcel Vacher, 1 vol. 1 fr. 3o. On Irouve ces ouvrages à la librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris.
- M. M. Aubert, rue de Messine, à Paris. — Pour le nettoyage au permanganate bisulfite, il faut mettre dans le bain sulfité (juste au moment de l’emploi) autant de centimètres cubes d’acide chlorhydrique qu il y a de centimètres cubes de bisulfite concentré. Le noir des oxydes de manganèse partira de la sorte très bien. 11 serait bon aussi d’employer un bain plus concentré (u5 ou 5o gr. par litre).
- M. Claude Lebel, avenue de Villiers, à Paris.— Pour enlever des taches d huile sur le ciment, appliquer une bouillie de blanc d Espagne et d’essence de pétrole, laisser sécher spontanément et brosser. S’il y a lieu, renouveler plusieurs fois le traitement.
- M” Pouillier, à Wachtebeke. — Pour faire mordre les teintures sur bois mi-dur. on y ajoute de la potasse. Vous trouverez de nombreuses formules pour colorer les bois dans les Recettes de l’atelier, p. 259 et 263 (Masson, édit., 120, boulevard St-Germain. Prix : 3 fr., relié).
- M. A. L., à Paris. — Pour le nettoyage des cuirs, laver copieusement à l’alcool contenant 10 pour 100 de glycérine, saupoudrer avec de la terre de Sommières, laisser sécher et épousseter.
- M. A. S., à Moissac. — Pour calculer la composition d’un désincruslaut rationnel d’après analyse d’une eau, voir les Formules à l’usage des ingénieurs, de François, pages 184 à 186 (Dunod, édit., 47, quai des Grauds-Augustins. Prix ; 9 francs) et les üésincrustants, par Taveau (.Encyclopédie Léauté, Masson, éditeur. Prix : 3 francs).
- M. L. Réteaud, ingénieur-agronome à Etampes. — Est-il bien indispensable de concentrer fortement une décoction très diluée pour avoir un extrait concentré? Par lixiviation méthodique vous savez qu’on obtient en sucrerie un extrait presque aussi concentré que le suc même des betteraves. Ne pourriez-vous pratiquer une sorte de diffusion méthodique? Le brun Bismark n est pas toléré dans les aliments; en 1 espèce le caramel donnerait, croyons-uous, un bon résultat.
- Abonné 3129-182c, à Porto. — Oui, le chlorure d étain servant à faire les encres à marquer le linge est bien du pro'torhlomre. Voir pour propriétés composition, adresses de fournisseurs, nos Recettes du laboratoire (Vlasson. édit, 120, boulevard Saint Germain. Prix : 3 francs, relié). — Il existe en Angleterre une sorte de « Bottin » publié officiellement par le Post Office : nul douie que vous ne le trouviez au consulat anglais de votre ville.
- MM. Théo et C°, à Hatton Garden, Liverpool. — Le fibromomdithe est fabriqué en Belgique, mais ne peut être vendu en France que par la earrosseiie Botiaux, 28, rue Greffuhle, à Levallois, où il faudrait vous adresser pour tous renseignements concernant le prix et le mode d emploi.
- M. A. B , à Paris. — Certainement, les appareils tamiseurs les plus fins, tels que ceux des meum ries par exemple, ne p' Urront pas vous classer des particules grosses de o 00 mm. Il faudrait broyer voire sable, le mettre en suspen-ion dans l’eau et. faire des décantations successives. C est ainsi que pour le polissage en micromé allographie. on emploie des silices de 4 heures, de 10 heures, etc. ayant mis plus ou moins de temps à se déposer de leurs suspensions aqueuses.
- M. Jean, boulevard Saint-Germain à Paris. — 11 n’y a pas de procédé général de teinture des p’erres : autant de feintes à obtenir, autant de formules différentes employées Nous vous remercions de l’envoi d’échaut lion, qui nous parait être une solution de cou eur synthétique. Nous espérons pouvoir pub'ier prochainement une recette pour donner au marbre blanc la patine du vieux.
- M. G Poulet, rue du Château, à Soiss-ms. — Vous trouverez plusieurs procédés pour solidifier l'alcool à brûler dans les Recettes de la maison, p. 255 (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix ; 3 francs, relié).
- M. R. L., Vendée. — L’illusion d’optique, dite « truc du décapité ». fut décrite autrefois dans In Nature |n° 5ofi, p. 16; et n° 754, p. 3811. Vous trouverez dans un de nos prochains numéros consacré spécialement
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- aux choses de l’été quelques formules pour préparer des papiers brûlant avec étincelles.
- M. Janorieau, avenue de Vaugirard, à Paris. — Pour tracer sur verre des dessins ne devenant visibles que sous la projection de l’haleine, voyez les Récréations scientifiques, de Tissandier, p. 32r (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain). On emploie pour décorer le verre aussi bien la morsure de l’acide que la molette et les décalcomanies : le choix dépend du résultat à obtenir. Les décalcomanies donnent la décoration la moins coûteuse.
- M. Fabrègues, à Chartres. — Impossible d’empêcher que les tissus teints en indigo ne déchargent un peu au frottement, et ne pâlissent peu à peu sous l’action des blanchissages. Tout ce qu’on peut faire est de ménager le plus possible la teinte en savonnant simplement sans trop frotter ni brosser.
- M. J. Lavaux, à Châteauneuf-sur-Cher. — Nul besoin de colle pour faire adhérer au verre le côté gélatiné d’une photo. Mettez l’épreuve dans l’eau et, après un moment d’immersion, appliquez-la sur le verre en opérant sous 1 eau pour qu’aucune bulle d’air ne s’interpose. Il suffit de laisser sécher pour que 1 épreuve se colle parfaitement au verre.
- T. S. F.
- Communications. — M. Véjua reçoit Norddeiche dans des conditons particulièrement remarquables : détecteur à galène, récepteur téléphonique ordinaire, bobine de self et comme antenne un lit métallique, sans aucun fil extérieur. Dans ces conditions les signaux de FL sont perceptibles à i m. 5o du récepteur. Ajoutons que notre correspondant habite Vincenues. Mais, particularité intéressante, ce petit poste est installé au 4e étage
- d’une maison dont les abords sont bien dégagés et qui fait face à l’antenne de la Tour. Répétons une fois de plus que les maisons avoisinantes, les arbres, les montagnes gênent fortement la réception. Donc : établissez vos postes autant que possible dans des endroits bien dégagés et orientez-vous vers l’antenne transmettrice. Il est vrai que les ondes viennent actuellement de tous les points de l’horizon!
- M. Creuzet a observé que l'on obtient un meilleur résultat avec io m. de fil de o,5 mm disposé verticalement entre deux supports horizontaux en brins séparés, qu’avec le même fil tendu horizontalement. A ioo km de Paris, une rampe d’escalier avec armature métallique de 8 m. de hauteur a permis de recevoir FL. Même succès avec les gouttières et tuyaux de descente d’une maison sans étage. Ces observations confirment la qualité des antennes verticales qüi devront toujours être préférées, même disposées en rideau, aux antennes horizontales.
- B. B., Les Rives St-A. — Voici quelques-uns des renseignements que vous demandez. En Angleterre il faut, pour recevoir, demander une autorisation et donner des garanties de moralité. On peut être également autorisé à transmettre, mais à moins de 5 milles, et en s’engageant à ne pas faire de commerce. Pour ce qui concerne la transmission, on exige quelques aptitudes et un versement de 75 francs. Aux Etats-Unis toute liberté est laissée aux postes purement récepteurs. Pour avoir le droit de transmettre il faut une licence et un brevet d’opérateur, mais aucun impôt n’est perçu.
- M. Boulestre, à P. — Oui. nous avons d’ailleurs publié récemment une communication sur cette réception qui est possible avec les postes puissants comme celui de la Tour Eiffel à Paris et dans les environs avec une excellente antenne.
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- BIBLIOGRAPHIE
- St,.
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La nouvelle gare Saint-Lazare aérienne : R. Doncières. — Les couleurs de l'atmosphère : H. Vigneron. — Ethnographie mexicaine : V. Forbin. — Les dangers des ondes hertziennes : Lucien Fournier. •— Eduard Suess : L. De Launay. — Académie des sciences : Ch. de Viut.edeuil. — Le phare Can-nevel : L. F.
- Supplément, — Le tremblement de terre de Sicile. — L’absorption de l’hydrogène par le charbon de bois à la température de l’air liquide. — Points de fusion de quelques oxydes réfractaires. — Combustion de la tournure d’acier, etc.
- Les7 rayons X et Içiirs applications : Radiothérapie, Radioactivité, Radioscopie, Radiographie, par Ernest Goustet. 1 vol. qp-bf illustré de 11 planches et 76 fig. Cjh. DelagraVe. Prix : 3 fr. 5o.
- La découverte! des rayons X est l’uue de celles qui ont eu le privilège d’exciter au plus haut degré la curiosité' universelle. M. Coustet fait l’historique de ces rayons et dissipe leur mystère. Il en expose la technique. Il montre comment on distingue les divers rayons X et comment on les mesure. Enfin tout un chapitre est consacré à l’action physiologique des rayons X.
- Formulaire du candidat-ingénieur, par Maurice Percheron, carnet de poche(8 x 11) de vii-i35 p. H. Du-nod et E. Pinat. Prix : 4 fr- 5o.
- Le Formulaire du Candidat-Ingénieur ne s'adresse pas seulement aux élèyes préparant l’admission à toutes les écoles d’ingénieurs, mais aussi aux élèves de ces écoles, candidats à l’obtention du diplôme.
- A travers les merveilles de l’univers, par H. Nu vend am,
- : in-18; Maloire, éditeur, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- De l’infiniment petit à l’infiniment grand, en passant par les merveilles du corps humain, les curiosités végétales, la beauté des piei’res précieuses, l’auteur recueille maintes observations qu’il commente d’une manière originale.
- Les merveilles de la France. Les monuments, le pays, les habitants, par Ernest Granger, in-40, 400 grav. Hachette, éditeur. Prix: 20 francs.
- Ce sont tous les pays, des plaines de la Beauce aux cimes neigeuses des Alpes, qu’évoquent les « Merveilles de la France » ainsi que ses monuments depuis les dolmens jusqu’aux cathédrales et à la Tour Eiffel.
- Rubber and Rubber Planting, par R. H. Lock. In-8°, 245 p., 22 fig., 10 pl., Cambridge University Press. Prix : relié 5 sh.
- Les grands besoins de caoutchouc de notre époque ont obligé à entreprendre sa culture. Le livre de M. Lock est un excellent manuel destiné au planteur. Après étude du latex des plantes à caoutchouc, il décrit les meilleures conditions de sol, de croissance d’extraction, de coagulation du latex, les maladies desplantes à caoutchouc et enfin le travail des caoutchoucs manufacturés.
- Studies in Water Supply, par A. C. Houston. In-80,. 2o3 p., 43 fig., Macmillan, édit., Londres. Prix : relié 5 sh.
- En ce temps où la question de l’eau est une des plus grandes préoccupations des hygiénistes, rien ne pouvait leur être plus utile que ce livre, écrit par le directeur du plus grand service d’eau du monde, celui de Londres, lequel a déjà publié nombre de mémoires et de rapports importants sur cette question. On y trouvera décrites les méthodes éprouvées pour la purification, la stérilisation, le contrôle bactériologique des eaux d’un grand service moderne.
- Théorie du point. Géométrie curviligne (2°partie). Courbes dérivées de la circonférence, par le lieutenant-colonel P.-L. Monteil. In-4° de 120 p., avec 49 fig. et 1 pl, H. Dunod et E. Pinat. Prix : 6 francs.
- Dans ce volume, l’auteur donne un complément à la « Géométrie curviligne ».
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- BIBLIOGRAPHIE
- La science et l industrie en 1913, par H. Vignkron. 1 vol. illustré, 222 p., Geisler éditeur, Paris, 1914.
- Quelles furent, en l’année 1913, les conquêtes dominantes de la science et de l’industrie ? Telle est la question que se pose M. Vigneron au début de cet intéressant ouvrage ; il répond : canal de Panama, fixation industrielle de l’azote, applications des rayons ultra-violets, le nouveau réseau de tramways parisien, la pompe à vide Gaede, les nouvelles découvertes sur les rayons X, la combustion par contact de Bone, les progrès de l’aviation, de la télégraphie sans fil, les beaux travaux de Carrel, etc. La moisson, on le voit, est abondante et judicieusement choisie. A chacun de ces sujets l’auteur consacre un chapitre vivant et clair, d’une documentation sûre et précise.
- Smithsonian Institution, Bureau of American Ethnology, Bin 54, The physiography oftlie Rio Grande Valley, A'etr Mexico, in relation to Puehlo culture, parE. L. Hewett,
- J. Henderson, \V. W. Robbixs. In-8°, 76 p., Washington, Government Printing Office, tg 13.
- Vue d’ensemble sur le milieu géologique, topographique et climatique, des anciennes tribus du Rio-Grande supérieur et des pueblos actuels, servant de préface à la publication prochaine des résultats de l’enquête poursuivie dans cette région, en 1910-1911, par le Bureau of American et Santa-Fé Ethnology et la School of American Archeology.
- Table auxiliaire d’intérêts composés, par A. Trignart, 1 vol. in-8° (28-19) de vm-24 p., 1914* Gauthier- Yillars. Prix : 2 francs.
- Ces Tables, disposées d’une manière fort ingénieuse et très claire, rendront de réels services aux actuaires en leur permettant d’écourter, dans les calculs de précision par approximations successives, la série souvent pénible des essais.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mai 1914 . 10°,4 S. W. 1. Pluie. 6,4 PI. jusq. 0 h. 45, de 1 h. 50 à 8 h. 50, de zO h. 15 à 25 h. 15; couv.
- Mardi 12 10°,2 W. 2 Peu nuageux. 0,1 Nuageux; petite pluie à 11 h. 50.
- Mercredi 15 ... . 6°, 8 Calme. Couvert. ]> Rosée ; iorte brume; halo; couvert : gouttes à Jfi-17 heures.
- Jeudi 14 10 5,4 Calme. Couvert. 0,0 Rosée; pluie line à 7 h.; lorle hrimic; éclaircie.
- Vendredi 15 ... . 11°,2 N. N. C. 2. Couvert. » Rosée; couvert le matin; nuageux le soir; forte Itrunie le matin.
- Samedi 16 10°,8 E. N. E. 2. Beau. » Rosée; peu nuageux; brume.
- Dimanche 17 . . . . 15°, 8 N. E. 5. Çluelq. nuages ” Rosée ; nuageux.
- MM 1914. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MAI 1914.
- Lundi
- Samedi | Dimanche I
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramene à 0, au niveau de la mei ), coin be plus mince, thei mometre a l abri a boule sèche; courbe-en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 11 au 16 mai. — Le 11. Hautes pressions sur le S.-O. ; dépression sur le N.-O. Pluies sur le Centre et et l’O. : Besançon, 8 mm; Dunkerque, 7. Temp. moyenne à Paris : n°,2 (normale : i2°,5). — Le 12. La pression monte sur le N. O., baisse sur le S.-O. : Irlande : 772 mm; dépression sur l’Islande : Isafjord, 749. Pluies sur le N.-O. et le Centre : Besançon, 8 mm. Temp. du matin ; Bodoe, 20; Moscou et Belfort, 9; Brest et Clermont-Ferrand, 10; Toulon, i5; Alger, 17; moyenne à Paris : 9°,5 (normale : I2°,ô). — Le i3. Fortes pressions sur l’O. et le Centre ; Bretagne, 771 mm; dépressions sur l’Islande (748 mm) , et le S.-E. (Kief : 753). Pluies sur le Centre et le N. ; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, — 6°; Belfort, -f- 2; Clermont-Ferrand, Nantes, 7; Biarritz, i3; Alger, 17; moyenne à Paris : 9°,6 (normale : i2°,7). — Le 14.
- Hautes pressions sur l’O. et le Centre; dépressions sur la Russie et l’Islande : Akyreyri, 740 mm. Pluies sur l’Autriche, l’Allemagne et le S. de l’Italie. Temp. du matin : Arkhangel, 20; Belfort, 7; Bordeaux, 12; Alger, 18; moyenne à Paris : 120,5 (normale : 12°,8). — Le i5. Les fortes pressions s’étendent vers le N. et l’E.; dépressions sur l’extrême N. et 1 Espagne. Pluies sur le Centre; en France : beau temps. Temp. du matin : Arkhangel, i°; Belfort, 8; Brest et Nantes, 12; Biarritz, i3; Alger, 17; moyenne à Paris : 120,8 (normale : i2°,9). — Le 16. Hautes pressions sur la moitié N. : Baltique, 776 mm; la pression baisse sur le S.-O. Pluies sur le S. et le Centre. Temp. du matin : Spitzberg, o°; Arkhangel, —(— 5; Belfort, 9; Toulouse, i5; Alger, 18; moyenne à Paris : i20,g (normale : i3°). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 16 à 22 h. 12 m.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Tarit (V7eJ
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2140. - 30 MAI 1914.
- SUPPLEMENT.
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- INFORMATIONS
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- Avis de l’administration. — Le volume du icr semestre 1 y 14 de La Nature commence une nouvelle série (la troisième) de cette publication.
- Mous avons cru répondre aux désirs de notre clientèle en créant pour les volumes de cette nouvelle série une demi-reliure, tête dorée (dos maroquin anglais, plats papier antique) qui remplacera nos anciens cartonnages.
- Cette demi-reliure sera établie au gré des acheteurs avec dos rouge ou vert au prix habituel de 3 fr. 5o, pris dans nos bureaux.
- Nous continuerons à relier les volumes de La Nature sous leur ancien cartonnage rouge, vert, bleu ou lavallière, pour tous ceux qui désireront conserver à leurs collections un aspect uniforme.
- Notre numéro d’été. — Notre prochain numéro du 6 juin sera triple ; il sera consacré à la science en vacances : travaux et distractions scientifiques, atelier d’amateur, confort et hygiène, beaux voyages, concours.
- Nécrologie : P. Héroult. — Paul Héroult qui vient de mourir le 9 mai dernier, âgé seulement de 52 ans, fut un des pionniers de l’électrométallurgie. Il ne se contenta point de tracer la voie à une nouvelle industrie dont la situation est aujourd’hui brillante, il fut également un grand réalisateur. L’industrie de l’aluminium notamment lui doit une bonne part de son actuelle prospérité et les procédés Héroult sont utilisés dans le nrnnde entier,-C’est vers 1884 que, en collaboration avec Kiliani, Héroult commença ses recherches sur l’aluminium, eu s’efforçant de préparer au moyen du four électrique des alliages d’aluminium. En 1888, la Société Electrométallurgi [ue française à Froges (Isèrei se fondait pour exploiter les procédés Héroult et fabriquer l’aluminium pur ; le prix de ce métal qui,antérieurement aux travaux d’Héroult, était encore voisin de 100 francs le kilogramme, est descendu aujourd’hui aux environs de 2 fr. 5o le kilogramme. On doit encore à Héroult de grands progrès dans la fabrication des fecro-alliages, antre industrie importante de notre Dauphiné. Enlin, en ces dern ères années, il avait abordé avec succès le problème de la fabrication de l’acier au four électrique. De très nombreux fours Héroult à cet usage sont actuellement en service dans tous les pays. La mort de cet éminent ingénieur est une grande perte pour l'industrie et la science françaises.
- Comète Ziatinsky. (1914 b). — La science astronomique a dû, bien souvent, ses découvertes à des amateurs, travaillant pour leur plaisir, eu dehors des établissements officiels. La découverte de la deu\ième comète de l’année vient à point pour démontrer, une fois de plus, l’importance des services que peuvent rendre les observateurs bénévoles. Un jeune astronome de
- Mitava (Russie), M. Vladimir Ziatinsky, membre de la Société Astronomique de France, vient de découvrir, le i5 mai, une assez brillante comète, de 4e grandeur, dans la constellation de Persée.
- Cette comète, le i5 mai, à 12 heures (temps moyen de Mitava), se trouvait près de l étoile ri Persée. Le lendemain, 16 mai, à 11 heures (temps moyen de Ber-gedoi'f), elle se trouvait à 1/2 degré au Nord de l’étoile a Persée.
- M. H. Kobold, directeur des Astronomisc/ie Nach-richten, a pu calculer, au moyen de trois observations des 16, 17 et 18 mai, une orbite.provisoire. Ce premier calcul montre que la comète est passée au périhélie avant d être découverte, le 8 mai. Son éclat diminue; de 5Gr, 6 vers le 20 mai, il sera réduit à la grandeur 7,2 le 7 juin. Le 16 mai, à l’observatoire de Bergedorf, la comète a été notée comme ayant une queue de i° envi-ronde longueur. La comète est visible dans une Jumelle.
- Sulfures synthétiques. — M. Joseph Jabrilant indique dans le Cosmos un moyen d’obtenir des cristaux synthétiques durs et compacts d’une sensibilité suffisante pour recevoir les émissions courantes. L’auteur forme un composé de deux ou plusieurs sulfures plus fusibles que le sulfure de plomb. Ces composés sont chauffes jusqu’à la fusion et refroidis assez lentement. Les sulfures de cuivre ou de laiton (contenant par conséquent un peu de zinc) donnent, parait-il, de fions résultats. On prépare le produit de différentes manières : a) par un mélange de sulfure de plomb et de sulfure de enivre précipités (insensibles avant chauffage|; -— b) par l’union des composés cuivre, plomb, soufre, etc. à chaud; — c) eu pulvérisant et mélangeant de la galène et du sulfure du cuivre. Les proportions les meilleures paraissent devoir être celles indiquées par les poids moléculaires des corps. Lorsque la combinaison est effectuée on continue à chauffer jusqu’à la fusion de la matière et on refroidit dans la flamme eu diminuant peu à peu son intensité. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec des tubes à essais en verre vert et d'un bec Mekemon soufflé (température delà flamme, 1700 degrés), On peut quelquefois améliorer les cristaux obtenus en les chauffant avec du soufre; ils prennent alors une teinte bleue et les surfaces deviennent presque lisses. Mais s’il se produit une fusion superlieielle, la masse prend une apparence vitreuse et les cristaux ne possèdent plus aucune sensibilité. Les sulfures d’argent et de plomb donnent aussi de bons résultats, mais ils sont moins fusibles que les précédents et coûtent plus cher. Les sulfures de plomb et de mercure manifestent peu de sensibilité. L’auteur de cette communication ajoute que les différents composants ne paraissent pas toujours combinés en totalité entre eux et, eu
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- INFORMATIONS
- particulier lors de la solidification du sulfure de cuivre-plomb, il semble se produire une sorte de phénomène de liquation, une partie du sulfure de cuivre paraissant abandonner un sulfure de plomb ou un sulfure double, à la manière d’un dissolvant. En raison de cetle particularité l’auteur donne à ces composés le nom de, sulfures complexes.
- Assimilation de l’azote libre aérien par les plantes. — Bien vieille question étudiée depuis Bous-singault jusqu’à nos jours sans que les savants puissent se mettre d’accord! L’assimilation directe est reconnue pour nombre de plantes inférieures, pour les légumineuses grâce aux « nodosités » parasites des racines; mais les avis restent partagés en ce qui concerne les végétaux en général. MM. Mameli et Polacci publient sur la question, dans les Annales de la science agronomique, un savant travail dont les résultats nous paraissent du plus haut intérêt. Ils ensemencèrent diverses graines dans un milieu stérilisé à l’eau oxygénée, pour supprimer les causes d’erreur dues à la présence de bactéries nitrifiantes, la végétation se faisant dans un air soigneusement débarrassé de toutes traces de produits ammoniacaux, nitreux et nitriques. Ils constatèrent le parfait développement non point seulement de plantes inférieures comme les bactéries, les mousses, les lichens, mais la végétation de plantes des genres Lemma, Raphanus, Cucarbita, Polygonum, Sola-num, etc....Les récoltes analysées accusèrent une quantité d’azote bien supérieure (plus du double par exemple) à ce que contenaient les semences; et, d’autre part, le dosage de l’azote dans l’air révélait une diminution correspondante. Si l’on songe qu il se dépense chaque année dans le monde des centaines de millions d’engrais azotés, on appréciera tout l’intérêt du travail : sachant qu’il y eut assimilation, sans doute parviendra-t-on bientôt à savoir comment elle se fait, puis à trouver quelque moyen de la stimuler !
- Un précurseur de Darwin. — Nous avons rappelé récemment (n° 2114) la curieuse coïncidence qui fit que Darwin et Wallace publièrent en même temps les fondements de la théorie de l’évolution. Ces idées nouvelles étaient probablement « dans l’air », puisque notre confrère Nature vient de signaler un petit opuscule publié par un Américain, G. W. Sleeper, à Boston, en 1849, qui contient déjà les principes fondamentaux du transformisme. Rappelons que la première idée de cette théorie vint à Darwin en 1842, mais qu’il ne l’exposa en même temps que Wallace, que le ier juillet i856. La brochure de Sleeper, longtemps ignorée, a été récemment envoyée à Wallace par un gentleman américain et vient d’être présentée par le professeur Poulton à la Linnean Society de Londres. On y trouvé non seulement, comme dans beaucoup d’œuvres antérieures à i856, des intuitions et des ébauches du transformisme, mais bien une véritable anticipation de la théorie, d’une précision extraordinaire. « Partout autour de nous, dit Sleeper, nous voyons sévir la lutte impitoyable pour la vie, les inutiles périssent, les utiles persistent et progressent », et plus loin « l’homme et le singe descendent de quelque type commun », etc. Cette nouvelle coïncidence est vraiment extraordinaire, si toutefois l’opuséule de Sleeper n’â pas été antidaté.
- Disparition d’oiseaux en NouvellerÇalédonie. — Le
- Dr Fritz Sarasin, de Bâle, qui vient de passer i5 mois dans notre colonie du Pacifique, signale, dans la Reyue française d'Ornithologie, trois oiseaux en grand danger de disparition. Les oiseaux de Nouvelle-Calédonie sont peu nombreux; ils ne comprennent que 97 espèces et sous-espèces dont 3i ne se trouvent que dans l’île, 19 a^ix Loyalty, 8 aux deux groupes d’îles et 33 seulement. ont un habitat plus étendu. Aussi, ces oiseaux ont-ils un grand intérêt zoologique; cependant, leur nombre diminue chaque année, à cause surtout des incendies de brousse et de forêts qui détruisent les nichées. Trois surtout sont en grand danger de disparition : le Cagou, le Ndino et la perruche de l’île Ouvéa. Le.Çagou (Rhinocetus jubatus), dont l’image orne les timbres-poste delà colonie, est une petite grue à longue huppe qui ne peut voler et que lés Canaques capturent en le faisant poursuivre par les chiens. Le Ndino (Tri-ckolimnas, Lafresnayanus), grand rallidé nocturne, de la taille d’une poule, a presque disparu, si même il
- n’est pas déjà complètement éteint. La perruche de l’île Ouvéa (Nymphicus ureaensis), localisée dans ce petit îlot madréporique. au plumage vert et bleu sombres, est devenue extrêmement rare. Pour sauver les derniers représentants de ces espèces, et les autres oiseaux calédoniens, si curieux et spéciaux, le Dr Sarasin propose la création de réserves, notamment dans la région du mont Humboldt où l’homme n’a guère pénétré jusqu’à présent, et où les Cagous sont encore nombreux. Le gouvernement prendra-t-il les mesures nécessaires pour empêcher la disparition d’une des faunes les plus spécialisées du monde?
- Les phénomènes de l’émigration. — Par un curieux retour des choses, les deux pays au monde qui attiraient jusqu’ici le plus grand nombre d’immigrants commencent à expédier des émigrants à d’autres nations. On sait que depuis quelques années, des milliers d’Américains sont allés se fixer au Canada. Mais voici un cas plus étrange, qui nous est signalé par The Queenslander, de Brisbane. Dans le courant de cet hiver, deux Argentins sont allés étudier en Australie la création d’une colonie argentine. Ils y ont inspecté plusieurs districts du Northern Terri-tory, qu’ils ont trouvés aptes à la culture des plantes tropicales par le système de l’irrigation intensive. Reçus à Melbourne par le ministre des Affaires extérieures, M. Glynn, ils lui ont exposé leur projet d’amener un premier contingent de 100 Argentins, qui entreprendraient, dès le mois de septembre prochain, de défricher les terrains que leur concéderait le Gouvernement. Le Ministre a promis son actif concours à l’entreprise. Qui aurait pu prédire que la République Argentine, ce grand déversoir de l’émigration européenne, irait fonder des colonies agricoles en Australie ?
- Le dépeuplement des campagnes. — Le dépeuplement des campagnes n’est pas un phénomène spécial à la France, il est général dans toute l’Europe d’après les données statistiques recueillies par M. E. Laur dans la Frühlings Landwirschaftliche Zeitung. De 1880 à 1900, la population totale étant passée de 273,5 à 35i,8 millions d'habitants, les agglomérations urbaines (de plus de 2000 habitants) se sont accrues de 64.7 millions et les communes rurales seulement de i3,5. Les villes ont donc vu leur population augmenter de 59,59 pour 100 et les communes rurales seulement de 8,19. Dans les pays de civilisation ancienne, Allemagne, Angleterre, France, Italie, la population rurale a même diminué; mais dans tous, sans exception, la population urbaine est maintenant proportionnellement beaucoup plus nombreuse qu’aulrefois et la population rurale beaucoup moindre. La population agricole active a partout augmenté moins vite ou diminué plus fortement que le nombre des habitants de la campagne; cela tient à ce que les autres professions, de la campagne sont moins attirées vers les villes et aussi à ce que ceux qui les exercent changent moins de profession. La diminution du nombre des agriculteurs porte sur les ouvriers plus que sur les agriculteurs indépendants (propriétaires, fermiers, etc.), d’où une diminution très marquée de la main-d’œuvre. (D’après le Bulletin , des Renseignements agricoles de VInstitut international d’Agriculture.)
- Exposition au Canada. — Le Nouveau-Monde subit xine véritable épidémie d’expositions universelles. Les Etats-Unis, qui en ont organisé quatre en moins de
- 10 ans, voient à peine, sortir du sol les bâtiments.dé l’Exposition Panama-Pacifique, à San-Francisco, que le Canada retient déjà la date de 1917 pour le World's Pair (ou Foire Mondiale) qu’il projette d’organiser à Montréal pour fêter le cinquantième anniversaire de la fondation du Dominion, qui réunit en un même Etat toutes les colonies anglaises de l’Amérique du Noqd, à l’exception de Terre-Neuve. Le projet a été présenté au Parlement canadien par M. Lemieux, ancien ministre des Postes, et le Gouvernement, par la voix de M. Borden, premier ministre, a promis de le mettre à l’étude.
- Jonction des chemins de fer grecs et de Macédoine. — On va procéder à la construction du tronçon de Larissa à Papapuli, que la défiance ottomane avait laissé en lacune entre la frontière grecque et Salonique.
- 11 assurera la communication entre l’Orient-Express et Athènes C’est en janvier 1914 que M. Yénizélos a traité pour cette construction avec la Société des Batignolles» Le tronçon doit être terminé dans 18 mois.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- igo
- Télégraphie sans fil *«$>
- Le détecteur cathodique ou Valve. — Le détecteur •cathodique, ou Valve, peut entrer dans la pratique de la T. S. F. au même titre que les autres détecteurs, électrolytiques ou à cristaux. Ces appareils sont basés sur les propriétés des émissions de charges négatives
- par les corps incandescents, cette émission créant, entre les deux électrodes du détecteur, une conducti bilité unilatérale rendant l’appareil semblable à une soupape propre à redresser les faibles forces électromotrices alternatives obtenues dans les circuits de la réception (voirl’ar-ticle de M. A. Troller sur la valve Fleming, Nature du io août 1907). Plus que les autres, ces détecteurs demandent à être
- bien construits, car l’émission cathodique doit être intense et son utilisation parfaite. La Société française radiotélégraphique a établi sur ces principes la valve Holweck dans laquelle la cathode est constituée par une lame recouverte d’un oxyde spécial dont l’émission par unité de surface est 10 fois plus grande que lorsque l’on se contente d’utiliser des filaments ordinaires. De plus la distance entre l’anode et la cathode, qui est souvent de 4 à 5 mm, a été réduite de i/ioe de millimètre. Dans une valve ainsi construite, le retour des électrons
- valve. On voit qu’il est indispensable d’opérer un réglage de la température de la cathode et d’introduire une force électromotrice additionnelle en série avec l’onde.
- Le prix de cette valve étant assez élevé (95 fr.), nous allons vulgariser l’appareil en parlant de l’installation réalisée par notre excellent collaborateur, M. P. Dosne, que représente schématiquement notre troisième figure.
- Le courant de la batterie de piles P, de 6 volts environ, se ferme sur la valve, lampe de 4 volts à trois électrodes à filament métallique et à interrupteur. Un petit rhéostat O est inséré dans le circuit afin d’abaisser la tension de la pile sur la lampe, à volonté et selon les circonstances. C’est le rhéostat de chauffage de la précédente installation.
- On trouve dans le commerce des lampes à deux électrodes, mais les fabricants de ces lampes n’éprouvent aucune difficulté pour ajouter une troisième électrode de cuivre recourbée en U renversé sur les filaments; il convient, ainsi que nous le disions plus haut, de rapprocher autant que possible cette électrode des deux autres. Cette électrode est portée par un fil rigide qui traverse la calotte de la lampe et va ensuite se relier extérieurement à sa monture métallique.
- On relie alors les deux fils du secondaire SS' d’un montage Tesla, d’une part à la douille de la lampe (c’est-à-dire à la troisième électrode) et d’autre part au positif de la pile en intercalant dans le circuit un récepteur téléphonique R et, en dérivation sur les deux fils, un condensateur réglable K.
- Anode
- Cathôde\
- — La valve Holweck.
- Fig. 3. — Installation de M. P. Dosne avec son détecteur cathodique.
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- sur les supports de la cathode et l’absorption par le gaz restant sont sensiblement nuis, de plus le champ électrique alternatif agissant sur les électrons est très sensible.
- Dans ces conditions, la sensibilité de l’appareil reste constante ; elle serait supérieure à celle des autres détecteurs et la valve permettrait une syntonie beaucoup plus aiguë. Les constructeurs assurent enfin que cet appareil demeurerait insensible aux parasites de quelque nature qu’ils soient (induction, phénomènes atmosphériques) et que les transmissions voisines seraient sans effet sur lui.
- Par lui, on a obtenu, à la tour Eiffel, l’audition courante de Glace Bay (Canada), d’Arlington et de Say-ville, près de New-York. On a même pu effectuer des essais satisfaisants de duplex (transmission et réception simultanées). La tour transmettait à une station avec i5 kw sur son antenne de 2220 m. de longueur d’onde et recevait en même temps de la même station avec une valve en se servant d’une antenne à 2 fils parallèle à la première et ayant 1000 m. de longueur d’onde propre.
- Notre seconde figure est un schéma du montage de
- T
- Dans le plan de l’installation, que nous reproduisons, on remarque la présence d’un commutateur C qui permet de supprimer la valve si on le désire et de la remplacer par un détecteur à cristaux, on peut ainsi contrôler le fonctionnement de la valve au moment du passage des dépêches. Le condensateur est constitué par une série de petits tubes que l’on intercale en nombre plus ou moins grand dans le circuit en agissant sur une réglette métallique qui se déplace sous les armatures intérieures.
- Lorsqu’une dépêche est transmise, on allume la lampe en agissant sur un interrupteur fixé à la douille qui dirige le courant de la pile dans les filaments. Par
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- tâtonnements, on règle le curseur du rhéostat pour obtenir l’intensité d’allumage qui correspond à la meilleure audition. Ce réglage est d ailleurs facile car si l’on introduit une résistance troj) faible les signaux sont accompagnés de crépitements tandis que si la résistance est trop grande les signaux s’entendent diffi-lement. Lucien Fournier.
- Divers
- Suspension à gaz de hauteur variable. — On trouve dans le commerce divers modèles de lampes à gaz se fixant au plafond et pouvant à volonté en être plus ou moins éloignés. Mais en général ces suspensions ne sont
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- Fig. i. — Suspension pour lampe électrique. Fig. 2. •—• Tétons à gaz à crochet.
- Fig. 3. — Coupe des poulies doubles à gorge.
- pas à recommander parce que le tube coulisse servant au réglage prend du jeu et laisse perdre le gaz; au reste elles coûtent relativement cher. Yoici un modèle très ingénieux de pareille lampe imaginé par un ami chez qui nous eûmes l’occasion de constater le bon fonctionnement de l’invention. Le système présente plusieurs avantages : on neut aisément le faire soi-même, il ne coûte pas grand’cTrose, enfin on n’a aucune fuite à craindre.
- Le dispositif d’abaissée et de relevage est analogue à celui très répandu pour le montage des lampes électriques. Une cordelette attachée au plafond par un piton passe sur deux poulies, l’une fixée au crampon, l’autre mobile portant un contre-poids (fig. i). On trouve de quoi monter cela chez tous les fabricants d’appareillage électrique ; toutefois, le crampon à fixer au plafond devra être choisi du modèle se vissant sur conduites à gaz, et portant un téton latéral (fig. 2). Au bout pendant de la cordelette est attachée par trois pointes autour de l’abat-jour, une petite lampe à bec renversé et manchon sphérique, vendue 2 à 3 francs dans les bazars. On peut aussi attacher sous celle lampe, par les trois chaînettes qui dépassent alors l’abat-jour, une « coupe » dont on fait de si jolis modèles maintenant.
- Voici notre appareil monté, et après avoir bien équilibré notre contre-poids, nous en ferons aisément varier la hauteur Mais d’où viendra le gaz? Tout simplement par un tube en caoutchouc qui suit la cordelette-support, mais latéralement et en passant tout simplement sur le prolongement de l’axe des poulies, axe qui fut modilié de manière à porter latéralement une poulie de bois à gorge large (fig. 3, 4)- Naturellement le tube en caoutchouc sera monté assez lâche de manière qu’aux coudes il ne s’aplatisse pas.
- La Tireuse populaire. — Voici un appareil bien intéressant qui sera à sa place, non seulement dans tous les ménages, mais aussi chez tous les détaillants de liquides, pour remplir les boutei les sans avoir à surveiller constamment le remplissage et sans craindre de perdre la moindre goutte de liquide. Il permet en outre une sérieuse économie de temps puisque plusieurs appareils peuvent être mis en série sur un seul robinet de sortie et tous fonctionnent automatiquement et sans arrêt tant qu’il reste du liquide, du vin par exemple, dans la pièce à vider.
- Fig, 4« — Suspension pour gaz.
- Le récipient comporte un tube T sur lequel on engage le tuyau de caoutchouc allant au robinet du tonneau. Le liquide se déverse par deux ouvertures opposées D dans le récipient et ces ouvertures sont automatiquement fermées par un flotteur F que l’on maintient avec le doigt tant que le siphon n’est pas amorcé, l’appareil élant mis en place sur une bouteille. Le liquide monte alors dans le récipient jusqu’à ce qu’il ait atteint le niveau supérieur de la cloche C. Celle-ci est à double paroi, la paroi extérieure est éloignée de un millimètre environ du fond du réservoir, tandis que la paroi intérieure est soudée sur ce fond évidé. Dans la cloche ainsi formée s’engage à fond le goulot de la bouteille. Mais cette cloche remplit en même temps les fonctions de siphon; le liquide ne peut s’écouler tant que son niveau n’a pas atteint le point haut de la cloche. A ce moment il descend par le tube D et s’échappe par les deux ouvertures AA' qui appartiennent à un tube plus court fixé à l’extrémité de la tige de la poignée.
- Pendant cette première partie du remplissage, le niveau du liquide descend dans le réservoir puisque le flotteur ferme les ouvertures d’arrivée. Dès que ce flotteur descend, le liquide est admis de nouveau jusqu’à
- La Tireuse populaire, appareil simple ; 11, dessin montrant les organes intérieurs ; lit, la poignée ; IV, combinaison utilisant quatre tireuses à la fois.
- ce que le niveau se soit élevé, et ainsi de suite. Mais à un moment donné la bouteille ou le litre sontpleins.
- Alors l’écoulement par A et A’ s’arrête automatiquement parce que les niveaux, dans la bouteille et dans le réservoir, se trouvent à la même hauteur, Cette hauteur a été calculée de telle sorte qu’il reste encore dans le goulot de la bouteille un vide suffisant pour y loger le bouchon.
- On peut alors saisir la poignée de la tireuse pour transporter l’appareil sur une autre bouteille qui se remplira comme la première. Pendant le transport, le liquide ne peut s’échapper par les ouvertures A et A', car le petit tube auquel elles appartiennent étant solidaire de la tige de la poignée, monte avec cette dernière etamène les ouvertures A A' en face de la paroi pleine du tube D.
- L’appareil est employé normalement branché sur une seule sortie du vin, mais si l’on désire procéder rapidement à la mise en bouteilles d’une pièce, on peut utiliser un tube distributeur qui sera relié d’une part' au robinet du tonneau et d’autre part par quatre tubes de caoutchouc à quatre tireuses différentes fonctionnant indépendamment l’une de l’autre. Ajoutons qu’un petit ressort R accompagne chaque poignée ; il est destiné à modérer le débit de la tireuse pour les dernières bouteilles, l’alimentation n’étant plus suffisante ; il se place sur la tige de la poignée et limite la descente des ouvertures A et A'. Avec la tireuse on peut remplir et boucher 200 bouteilles à l’heure. C’est un appareil de sécurité fort pratique et intéressant que tous les tonne-l;ers et surtout les petits ménages devraient adopter.
- La Tireuse populaire est en vente aux Etablissements Ivratz-Boussae, 14, rue Martel, à Paris, au prix de 6 fr. 5o.
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- VARIETES
- Langage et psychologie d’un singe. — Les singes sont tellement voisins, au point de vue morphologique, de l'espèce humaine, que. parodiant le mot de Térence, rien de ce qui les concerne ne devrait nous être étranger, même si on es considère, non comme les ancêtres de l’homme, mais, ce qui est plus probable, comme un simple rameau s’étant développé parallèlement à Y Homo sapiens. Les observations auxquelles ils ont donné lieu sont déjà heureusement très nombreuses et, quelques-unes, très précieuses, mais malheureusement la plupart pèchent un peu en ce qu’elles ne sont pas toujours faites par de vrais naturalistes, habitués à la discipline scientifique, et, aussi, en ce qu’elles n’ont que rarement été poursuivies pendant longtemps sur le même animal. Ce dernier point, très regrettable, donne une valeur particulière au travail que M. Louis Boutan, professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Bordeaux, vient de publier sur un singe, un Gibbon, (.llylobaies leucogenys), qu’il a suivi avec soin pendant plus de cinq ans, en le laissant vivre presque à l’état sauvage, c’est-à-dire sans chercher à en faire un a singe savant ».
- M. Boutan s’est particulièrement attaché à se rendre compte si les nombreux sons qu’il émet représentent un véritable langage. Disons de suite que ces émissions vocales ne représentent qu’un « pseudo-langage », c’est-à-dire des sons qui n’ont pas une destination absolument précise, mais néanmoins une certaine signification. A cet égard, M. Boutan a été amené à diviser les émissions vocales de son llylobaies en quatre grandes catégories :
- i° Etat de satisfaction ou de bien-être. — IIÔc hôoc, houe (cri général, à signification imprécise, poussé en face d’aliments présentés à l’animal, ou à la vue d’une personne ou d’un animal connu); Hoc houg houg ou Hag couag, gouaggac (cri de satisfaction moyenne, particulièrement usité quand on mange] ; Couiiiiiii, très aigu et répété à plusieurs reprises (cri de grande satisfaction, aliment particulièrement délicat et qu’on a dégusté depuis longtemps) ; Hem-hem, à la fois toux et « han » expriment 1 effort (cri fréquent quand l’animal s’élance de branche en branche et goûte le plaisir de sauter dans les arbres); Rouhi-hig-kiig, avec soulèvement des lèvres et rire de la bouche (grand témoignage d’affection qu’on ne prodigue qu’à la personne affectionnée entre toutes et salutalions tendres à cette personne).
- 2° Etat de malaise ou de crainte. — Houg, houe oug, houe, en mezzo voce (cri témoignant l’ennui causé par l’importunité d’une personne connue, manifestation vocale volontiers accompagnée d’un coup de dent) ; Koc. kog-Jcoug... hiiig, avec manifestation de colère (franche hostilité; ce cri se pousse en présence d’une personne qui déplaît et qu’on considère en ennemie; à ce cri
- succède souvent le chant d’excitation, dont il est question plus loin); Ook-okoug, giave et saccadé (cri signalant un danger et quelque chose d’effrayant ou d’inconnu; se pousse en considérant un coin d ombre le soir, en apercevant un objet ou un animal inconnus; Crug-cruuug, son très particulier, accompagné d’un grincement de dents (cri rare, très caractéristique, exprimant un sentiment peu compréhensible ; ennui de la solitude, malaise ?)
- 3° Etat intermédiaire. — Tliuiwwg, doux et plaintif (cri pour appeler l’attention d’une personne amie) ; Ho o o ouguoug, craintif et long (cri par lequel l’animal salue la personne affectionnée qui l’a délaissé pendant longtemps); Kugig... ouk (cri par lequel l’animal exprime une satisfaction mitigée après un jeu ou une plaisanterie qui dépasse la mesure); Preut, Pruût, avec vibration des lèvres (menace de jeu, ne s’observant que chez le jeune animal).
- 4° Etat de grande excitation. — Grand chant d’excitation avec roulade et tremblement de la mâchoire inférieure, durant souvent plusieurs minutes et toujours précédé de sauts ou de mouvements étendus.
- Il est à noter que ce Gibbon avait été pris si jeune, qu’on peut le considérer comme n’ayant jamais connu ses parents, dont il fut séparé, ainsi que de tous ses congénères. L’évolution de son chant est donc bien naturelle et non un effet d’imitation. Henri Coupîn.
- Jet d’eau original. — Prenez un flacon rempli au i/3 d’eau. Yersez au-dessus de cette dernière un peu d éther. A Iravers le bouchon faites passer un tube dont l’extrémité inférieure plonge dans l’eau, puis chauffez au bain-marie. L’éther, en se vaporisant brusquement, fera sortir l’eau du tube sous forme d’un petit jet d’eau.
- Pour que l’expérience réussisse, il faut que le diamètre intérieur du tube soit faible, pas plus de 2 à 3 millimètres.
- (Communiqué par M. Nuwendam, à Lamalou).
- Une belle expérience relative aux phénomènes de diffraction. — Faire, dans un carton, des trous de 2 à 3 millimètres, très rapprochés ou bien des fentes d’environ 1 millimètre de largeur, également très rapprochées.
- Le placer à 3o centimètres environ d’une lampe électrique et, à mi-chemin entre la lampe et le papier, mettre une loupe.
- On peut recevoir les images, soit sur une feuille de papier blanc où on les voit alors par réflexion, soit directement dans l’œil. En bougeant légèrement, soit la loupe, soit la lampe, on obtient de très belles irisations que j’attribue à une dispersion de la lumière par diffraction : les radiations constitutives de la lumière blanche étant inégalement dispersées.
- (Communiqué par M. Nuwendam, à Lamalou).
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Coloration des métaux par les sulfures. — Nous avons publié plusieurs recettes pour le patin ge multicolore des métaux avec dès mixtures à base d’acétate plombique et d’hyposulfite de soude. Sans revenir sur les formules de ces bains, qu'on trouvera reproduites dans nos Recettes de l’atelier, il est intéressant de faire connaître, d’après le récent travail de M. Bentel, quelques curieuses particularités de leur action nouvellement mises en lumière. #
- Le dépôt est dû à la formation d’une pellicule de sulfure de plomb sous influence électro-chimique : il y a en effet dissolution du cuivre de 1 objet à metalliser. La couche colorée peut peser jusqu’à 1 milligr. par centimètre carré, et son épaisseur varie selon durée de l’action de 25 (jaune) à 71 (gris) millièmes de millimètre.
- Les acides nitrique, chlorhydrique, dissolvent l’enduit coloré. Lorsqu’on chauffe l’enduit patiné, le sulfure se décompose en oxyde et en métal qui s’allie au métal sous-jacent.
- Pour détruire le Mitilaspis du pommier, M. Noël
- conseille de tailler d’abord le bout des branches où sont presque toujours établies les colonies parasites, puis d’en faire un feu. En outre, au mois de mai, on aspergera les parties atteintes avec une mixture projetée au pulvérisateur et composée de :
- Eau......... . . . 1000 grammes.
- Savon noir......... 10 —
- Chaux vive......... 40 —
- Il serait bon, d’autre part, de détruire les vieilles haies d’épines pouvant se trouver près des pommiers : c’est là une pépinière inépuisable de parasites.
- Dallage inusable. — Les Parisiens ont remarqué dans les escaliers du métro, par exemple, l’aspect des marches où brillent des myriades de petits cristaux. Il s’agit d’un aggloméré où le ciment liant contient des particules de corps très durs : carborundum, émeri, capables de résister à l’usure.
- La Revue du génie militaire nous rapporte que dans les casernes de Toulon on vient de confectionner un dallage avec une masse de même genre, qui, préparée
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- sur place, coûte évidemment bien moins que les agglomérés faits en usine.
- On commence par garnir la surface à daller avec une couche de béton (200 kg de portland par mètre cube de gravier fin) épaisse de 8 à io cm. Puis on applique sur ce premier revêtement un enduit assez mince (2 cm) en mortier de ciment (1200 kg de portland par mètre cube de sable). Aussitôt après application, et tandis que la
- masse est encore molle, on saupoudre régulièrement la surface avec de l’émeri en grain n° 14, puis on tapote légèrement avec le plat des truelles pour enfoncer les grains dans le mortier.
- Après prise en masse, le dallage est bien plus solide qu’un simple enduit de ciment : on fit à Toulon des essais dans un endroit très fréquenté, étonné put, après une année d’usage, constater la moindre trace d’usure.
- Jteo
- IgD
- HYGIENE ET SANTE
- a*..
- Teinture d’iode instantanée par les iodules. —
- Dans le n° 2124, nous signalions de nouvelles formules
- de teinture d’iode, comprenant, outre l’iode et l’alcool, de l’iodure de potassium ; cette addition d’io-dure a le grand avantage de rendre la teinture d’iode inaltérable et d’empêcher la transformation partielle de l’iode en acide iodhy-drique qui cause la causticité de la teinture d’iode vieillie.
- Les laboratoires Robert et Carrière viennent de présenter sous une forme très pratique les éléments de cette teinture d’iode inaltérable.
- On sait qu’aujourd’hui la teinture d’iode joue un rôle considérable non seulement en chirurgie, mais dans la vie quotidienne, à chaque instant, quand on veut pré-
- venir toute infection. Il suffit, en effet de toucher toute égratignure, toute piqûre, toute coupure avec ce liquide très antiseptique pour rendre ces plaies aseptiques et activer leur cicatrisation. Mais la teinture d’iode ordinaire est liquide et son transport en voyage n’est pas sans inconvénient ; que le flacon ferme mal, et les malles ou les poches des vêtements seront désagréablement teintés, de plus elle ne se conserve pas, d’où la nécessité de renouveler fréquemment sa provision. Les iodules, comprimés d’iode et d’iodure de potassium, n’ont plus ces désagréments; dans leur flacon de verre, ils sont aussi facilement transportables que n’importe quelle pastille; ils permettent de fabriquer n’importe où de la teinture d’iode fraîche et d’ailleurs inaltérable, en aussi petite quantité qu’il en est besoin. En effet, chaque iodule contient 1 gr. d’iode; dissous dans 9 cm3 d’alcool, il donne 10 gr. de teinture d’iode. On peut employer pour le dissoudre un petit flacon gradué à 4> 5, 9 et 19 gr. dans lequel on met une demi, 1 ou 2 pastilles et qu’on remplit jusqu’au trait correspondant d’alcool, ou, en campagne, à défaut d’alcool, d’eau de Cologne ou d’eau-de-vie. — Les iodules sont en vente aux laboratoires Robert et Carrière, .I7, rue de Bourgogne, Paris.
- JtaD
- IgD
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonueme it.. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils d’écrits. — Le
- Détectophone (V. N° 16 mai 1914)- Cet appareil est en vente, non aux bureaux de la Société Astronomique, comme il a été imprimé par erreur, mais chez M. Ballot, 25, rue Serpente, Paris.
- Communications. — Observation de foudre en boule. — Notre abonné, M. de Lens, nous communique l’observation suivante : « Le 5 mai dernier, vers 5 heures moins dix du soir, je me trouvais chez moi, à Versailles, dans une pièce d’où l’on a une vue très étendue dans la direction du château et de Saint-Cyr. Un éclair s’étant produit, j’ai regardé par la fenêtre pour voir si le temps était très menaçant; j’ai vu alors dans le ciel une boule lumineuse, de diamètre apparent sensible, bien qu’assez faible, qui descendait lentement, semblant flotter dans l’air. Elle était très nettement visible, se détachant sur le ciel, bien que celui-ci ne fût pas particulièrement sombre, et qu’il fit grand jour ; elle laissait derrière elle une légère trace de fumée. J’ai pu l’examiner pendant 7 à 8 secondes, après quoi des arbres l’ont cachée à ma vue. Il m’est très difficile d’apprécier la distance à laquelle se trouvait cette boule, puisque je ne connais pas son diamètre réel. Pourtant, le coup de tonnerre s’étant fait entendre presque au moment où elle disparaissait, c’est-à-dire 7 ou 8 secondes après l’apparition de l’éclair, celui-ci s’était produit environ à 2 km 1/2 de l’endroit où je me trouvais. Si les deux phénomènes — éclair et boule de feu — sont corrélatifs, ils se sont produits au même endroit. Je ne sais si le phénomène a été observé ce jour-là par d’autres per-
- sonnes. Je ne sais pas non plus si la foudre en boule est précédée généralement d’un éclair. Mais c’est elle évidemment que j’ai vue ce jour-là. »
- M. Hippolyte Pouyssègur, de Buenos-Ayres, nous écrit, à propos de notre article sur les Plantes réservoirs (n° 2126), qu’au Chaco argentin, paraguayen et bolivien, la seule ressource d’eau est, la plupart du temps, le réservoir des Bromelia caraguata, plante si « hargneuse » qu’elle empêche absolument la traversée des forêts — dont on ne peut que suivre les percées faites par les Indiens (appelés picados) — et qui n’est traversée par aucun autre animal que le car-pincho ou capibara (Hydrochœrus capibara). L’importance des Broméliacées s’augmente de ce que l’eau retenue par les feuilles basales sert de milieu au développement d’une infinité de larves, spécialement de Diptères parmi lesquels — notre correspondant a pu s’en assurer au Chaco argentin — celle de Y Anophèles maculipennis, espèce redoutable par les maladies qu’elle peut transmettre. M. Pouyssègur ajoute que le peuplement du Chaco est surtout difficile à cause des moustiques et des terribles polvorines. On désigne, sous ce dernier mot (« petite poussière » en argentin), des Diptères (Chironomus) si petits qu'on les aperçoit à peine sur la face, les mains, pénétrant entre les mailles des linges et des habits pour aller brûler la peau de leur succion envenimée. Leur ténuité et ce fait que ces Chironomes ne cessent pas leur action pendant la nuit occasionnent, à la longue, un état fébricitant et anémique, où s’ajoute ce dilemme : cuire et ne pouvoir respirer sous des moustiquaires à mailles trop serrées ou être œdématisé par les polvorines. Celles-ci se développant dans les accumulations de l’eau des Broméliacées, la destruction de ces plantes les ferait disparaître en grande partie.
- Renseignements. — M. Hugnier-Truelle, à Troyes.
- Merci de votre intéressante recette que nous nous
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- BOITE AUX LETTRES
- empresserons de publier. Nous avons répondu déjà à la demande de votre patente et nous nous occupons de l’inscription à tracer sur votre étiquette de cuivre.
- M. de Montravel. — Lès palimpsestes étaient faits autrefois soit en grattant les manuscrits avec de la pierre ponce, soit en les lavant à l’eau de chaux. Vous pourriez essayer de nettoyer ainsi vos parchemins, ou tenter d’effacer l’encre par le procédé décrit p. 9,4 de nos Recettes de .Vatelier {1 vol. in-12, Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix, relié : 3 francs).
- M. J. Vavis, à Montpellier. — C'est dans lès Recettes de l’atelier, p. 4°> que nous avons publié la recette pour avoir moites les couleurs d’aquarelle (1 vol. 3 francs, relié, Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain).
- M. J. Las combe, à Tournon. — Merci de votre intéressante communication : vos déductions sont très justes, et c’est tout simplement avec de l’alun fondu dans son eau de cristallisation que d’ingénieux camelots soudent devant les badauds des morceaux de marbre ou de faïence. Le collage est assez solide d’abord, mais perd de sa force au bout de quelque temps.,
- M. Chardin, rue de Paris, à Pantin. — Nous connaissons une douzaine de formules diverses pour préparer le mastic « de fontainier ». Nous avons reproduit les plus usitées dans les Recettes de l’atelier, p. 99 (1 vol. in-12, Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 francs).
- Abonné 97, à Oran. — Sur la préparation industrielle des cristaux de soude, vous trouverez une étude de Beltzer répondant tout à fait à votre souhait (avec plans et devis d’installations pratiques) dans la Revue de chimie industrielle de 1910 (janvier et mois suivants). Chez Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins.- Prix :
- 1 fr. 5o le numéro.
- M. R., à A. — Nous vous serions reconnaissants de nous dire quel genre de dégâts vous ont occasionné les ondes hertziennes dans votre première installation d’antenne qui était bien meilleure que la seconde. 11 ne faut donc pas être surpris si vous recevez moins bien actuellement. Si vous modifiez encore votre antenne en ajoutant un tronçon vous n’obtiendrez un meilleur résultat appréciable qu’en attachant le fil du poste à l’une des
- extrémités de l’antenne ainsi doublée et non en fixant ce fil au milieu de cette antenne double. C’est là, d’ailleurs, la constatation que vous avez faite vous-même. Yos isolements sont certainement bons et ce n’est pas de ce côté qu’il convient d’agir, mais uniquement, à notre avis, et d’après ce que vous nous dites, sur l’antenne. Nous estimons que la partie située au-dessus du toit ne peut vous être d’aucune utilité. Puisque vous devez construire une antenne de 3o m. nouvelle, élevez l’extrémité libre de celle-ci le plus possible, à 20 m. par exemple, et orientez-la dans la direction du poste dont les émissions vous intéressent le plus particulièrement.
- M. H. Brunet, à G. — Aucun ouvrage n'a été publié spécialement sur la télémécanique sans fil. A part les travaux de M. Branly et ceux de M. Gabet, les essais ont été plutôt rares et toujours infructueux. La même réponse s’applique à la télévision. Vous trouveriez des articles sur ces deux questions en consultant la collection de La Nature. Vous ne pouvez prendre un brevet que pour des appareils n’ayant pas été publiés ; il est donc très important, lorsque vous aurez fait des essais avec un dispositif quelconque, de vous en assurer la propriété par un brevet. Nous ne saurions vous dire si ce distributeur n’a jamais été construit; il faudrait faire des recherches que seule une agence de brevets pourrait effectuer, mais elles seraient coûteuses et ne vous donneraient, d’ailleurs, qu’une sécurité relative. Mais, ainsi que nous le disons plus. haut, le dispositif. n’es,t plus brevetable, ayant été publié. Nous donnerons de temps à autre quelques articles théoriques, mais sans envisager une étude d’ensemble sur tous les phénomènes intéressant la T. S. F. Nous considérons que tout ce qui figure dans les différentes brochures éditées jusqu’ici ne peut plus être rappelé utilement. L’expérience dont vous nous parlez a été faite à plusieurs reprises par les officiers à la Tour Eiffel en 1908 et en 1909. Elle réussit également si l’on approche un corps mauvais conducteur de la lampe, à condition que l’on soit placé à proximité de l’éclateur : il s’agit donc là d’un phénomène d’élècfri-cité statique. D’ailleurs quand on manipule, on peut également observer le même phénomène, mais d’une manière moins intense.
- Jteo
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un Boomerang géant : le Gyroptère A. Papin et D. Rouilly : Lucien Fournier. — Le tremblement de terre de Sicile : L. De Launay. — Les nouvelles machines pour la fabrication des boutons de nacre : H. de Graffigny. — Utilisation des vapeurs naturelles provenant des « soflioni » de Toscane^ : lt. Bonnin. Quelques applications "de l’enregistrement des signaux de T. S. F. : G. Bresch. •— La terre se dessèche-t-elle? — La désinfection de l’air confiné : A. C. — Là nouvelle voie navigable Berlin-Stettin : Dr A. Gradenavitz.
- Supplément. — Les cheminées stannilères des Etats-Unis, etc.
- Guide élémentaire du conducteur de travaux de chemins de fer. Tracé, construction, par R. Marry, in-8° de vm-226 p., avec 177 fig. et3pl., H. Dunod et E. Pinat. Prix : 7 fr. 5o.
- L’ouvrage de M. Marry étudie successivement le tracé, les terrassements, les ouvrages d’art, les voies ferrées et les levers spéciaux avec une précision et une clarté qui rendent ce livre accessible à tous.
- Les méthodes de la chimie organique, par le D’ Th. Weyl, traduit par R. Cornubert. Tome I. Première partie : Généralités. Grand in 8° de xxxn-448 p., avec 280 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 20 francs.
- L’ouvrage très étendu de M. Th. Weyl est consacré aux méthodes qui sont usitées dans les laboratoires pour l’étude analytique et la synthèse des composés organiques. Ce premier tome décrit, avec toute la minutie désirable, l’ensemble des appareils indispensables pour mener à bien les préparations les plus difficiles et les plüs délicates, ainsi que les méthodes et les instruments de mesure nécessaires pour déterminer toutes les constantes destinées à former l’état civil des corps préparés.
- Installations électriques de force et lumière. Schémas de connexions, par Adr. Curchod, 3° édition, revue et augmentée. In-8° de vm-222 p. H. Dunod et E. Pinat. Prix : cartonné, 7 fr. 5o.
- L’ouvrage de M. A. Curchod est un ouvrage de • praticien’, et fait pour les praticiens. Quiconque a la prétention d’aborder des montages de machines et de tableaux de distribution doit être capable d’établir lui-même, avant l’exécution, les schémas dont il doit avoir besoin. L’usage d’un formulaire ou d’un aide-mémoire tel que celui-ci peut rendre de réels services.
- Le style commercial, manuel d’entraînement et de perfectionnement, in-8° de xxii-200 p. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 3 fr. 5o.
- M. G. Mis est parti de ce principe que, par le choix judicieux d’un certain nombre de phrases, on dèvait arriver à fixer plus facilement, dans le souvenir dès lecteurs, le vocabulaire des mots et la collèction des locutions qu’il leur importe de spécialement connaître. Il a glané un peu partout : dans les bons auteurs, les périodiques, les rapports commerciaux, les travaux parlementaires, là langue du Palais, dans la correspondance mise gracieusement à sa disposition par des négociants et dans celle qui s’est poursuivie sous sa propre plume.
- Carrelages et faïences. Technique de la fabrication des carreaux de gi'ès, par Gérard Mouliney. In-4° de 144 p•, avec 157 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 9 francs.
- L’ouvrage de M. Mouliney comprend, en dehors des ressources nécessaires à une bonne pose dans les différents genres, quelques renseignements généraux
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- BIBLIOGRAPHIE
- sur la composition et la fabrication des carrelages céramiques (carreaux de grès).
- Manuel pratique de fonderie. Cuivre, bronze, aluminium, alliages divers, par J. Duponcukli.i: In-8° de xvt-258-p., avec 201 lig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 6 franrs.
- L’ouvrage de M. Duponchelle a été conçu en vue de l’instruclion spéciale des Ecoles industrielles et professionnelles, autant que pour les patrons fondeurs et ouvriers. 11 traite tour à tour : i° des ma-
- tières employées, de leurs combinaisons, de leurs mélanges; 20 des combustibles; 3° de la fabrication proprement dite.
- Einführung in die Erdbeben u. Vulkanhtmde Sud-Italiens, par Sieberg, 1 vol. Gustav Fischer, Iéna. Prix : 5 francs.
- Intéressante étude sur les séismes et le volcanisme dans le Sud de l’Italie, donnant des aperçus nouveaux sur une question que des désastres remettent périodiquement d’actualité.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- ><
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES m MATIN • THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mai 1914 . 13°,7 N. 2. Beau. 6,7 Beau jusq. 10 h.; puis très miag. qq. coups de km. à Uli.el ù .16 h.
- Mardi 19. ..... 15ü,5 N. N. E. 2. Beau. U Beau ; rosée.
- Mercredi 20 ... . 1 i°,4 N. 2. Beau. » Beau; rosée.
- Jeudi 21 15®,6 N. N. E. 1. Beau. » Beau ; rosée ; forte brume.
- Vendredi 22 ... . 17°, 0 E. N. E. 1. Beau. » Beau jusq. 15 li.: nuag. ensuite; qq. coups de ton. à 17 b. 30 et 19 h.
- Samedi 23 15°, 7 S. S. E. 1. Pluie. 5,2 Très nuageux: plusieurs orages entre (> li. et 13 h. avec pluie.
- Dimanche 24 ... . lf’,8 N. 2. Nuageux. 0,0 Rosée ; éclaircies ; brume ; pluvieux à 2i> 21 heures.
- MAI 1914. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 MAI 1914.
- Lundi I
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : | courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule, sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 17 au 24 uni. — Le 17. Hautes pressions des Iles-Britanniques à la Russie : Sliields, 774 mm; Arkhangel, 775; faibles dépressions sur le S.-E. et 1 Irlande. Pluies sur le N., l’O. et le Centre; en France, quelques ondées. Temp. du matin : Arkhangel, 5°; Belfort, 9; Clermont-Ferrand, 10; Brest et Nantes, 12; Dunkerque et Bordeaux, 13 ; Biarritz, i5; Alger, 19; moyenne à Paris : i5°,7 (normale : i3°,ib — Le 18. Hautes pressions sur l’O., le Centre, le N.-E. et les Açores : Va-lenlia, 77! mm; Horia, 772; Copenhague, 770; dépression sur l’Islande. Pluies sur le N et le S-O. : Perpignan, 34 mm; Toulouse, i5. Temp. du matin : Haparanda. 4°; Belfort, 11 ; le Havre, 12; Bordeaux, 14 ; Biarritz et Marseille, i5; Charleville, 18; Alger, 19; moyenne à Paris : i5°.g (normale : i3°,2). — Le 19. Hautes pressions sur l’O et le Centre : Irlande, 775 mm; Bretagne, 772; dépressions sur le N. et la mer Noire. Faibles pluies sur l’Espagne, l’Italie, la Hongrie et la Finlande. Temp. du matin : Haparanda, 4°: Clermont-Ferrand, 11; Toulouse, 12; Brest et Biarritz, 14; Besançon, 17; Cbarlevüle, 19; Biskra, 25; moyenne à Paris : i8°,6 (normale : i3°,3). —Le 20. Fortes pressions sur l’O. et le Centre : Açores, ^74 mm; Irlande et Pays-Bas, 77!; dépressions sur l’Islande et l’extrême N. Quelques pluies sur le N.-O, et le S.-E.; en France, beau temps. Temp. du malin : Chrisliansund, 3°; Dunkerque, i3; Brest, Nantes et Nancy, 14 ; Lyon et Biarritz, i5; Bor-
- du Bureau Central Météorologique.
- deaux, 17; Perpignan, 18 ; moyenne à Paris : i8°,4 (normale : i3°,4)- — Le 21. Hautes pressions sur le Centre, le S.-O. et les Açores; dépression entre l’Islande et les Iles-Britanniques. Quelques pluies en Scandinavie, Russie et aux Iles-Britanniques; en France, beau temps. Temp. du matin : Spiizberg, —5°; le Havre, -j-12; Brest, 14 ; Nantes, i5; Biarritz et Paris, 16; Lyon et Charleville, 17 ; Marseille, 21; Nice. 2 2; moyenne à Paris : i8°,4 (normale : i3°,5). — Le 22. Hautes pressions sur le Cenlre; dépressions sur le N. O. et le S.-E. Pluies en Scandinavie, orages dans 10. et le N. de la France : Bordeaux, 6 mm. Temp. du matin . Spitzberg, —1" ; Arkhangel, -(-4; Brest, 13 ; Vienne, i4; Bordeaux et Lyon, 19; Marseille, 22; Biskra a3 ; moyenne à Paris : .20°,4 (normale : 13°,6). — Le 23. Dépression sur l’O. ; le Helder, 759 mm: hautes pressions sur les Açores et 1 E. Pluies sur l’O. et le N. Lyon, i3 mm; Belfort, 12; le Havre, ir; Toulouse, 10. Temp. du matin : Haparanda, 3°; Lorient, 14: B arritz, 17; Marseille, 19; Lyon et Limoges, 20; Alger. 22; Nancy, 23; moyenne à Paris : i7°,9 (normale : i3°,8). — Le 24 La pression se relève sur le N.-O.; dépressions en Scandinavie et en Islande, Pluies sur l’O. et le S. : Biarritz, 37 mm. Temp. du matin : Spitzberg. o° ; Moscou et le Havre, 10; Clermont-Ferrand, 12; Toulouse, i4; Marseille, 18; Alger, i3.; moyenne à Paris ; i3° (normale ; iTbp).
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-
-
- LA NATURE
- QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE — 1914
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES
- ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS
- I. — INFORMATIONS.
- -Abîme clans le Jura suisse..................................
- Absorption par l’argile......................................
- Académie des Sciences : prix décernés . .....................
- Acclimatation de rhippopblame nain aux Etats-Unis............
- Acclimatation du Tinamou.....................................
- Acétylène : condensations pyrogénées.........................
- Acide bromhydrique : préparation.............................
- Acier : combustion de la tournure............................
- Aérodynamique : laboraroire Langlcy..........................
- Aéroplanes (Contre les)......................................
- — : passage du Mont-Blanc..............................
- — : record d’altitude..................................
- — : record du voyage sans escale.......................
- — : stabilisation automatique..........................
- — : stabilisateur 0. Wright . . . ,....................
- — : voyage de Parmelin au-dessus du Mont-Blanc. . . .
- Aéroptère....................................................
- Afrique équatoriale : T. S. F................................
- Aigrettes : récolte au Vénézuéla.............................
- Alcool de bois...............................................
- Allemagne : développement économique.........................
- Alpes françaises : géodésie..................................
- Alphabet (A la recherche d’un)...............................
- Alumine : emploi comme agent de dessiccation.................
- Amidon : action de la décharge silencieuse...................
- Anabiose : récentes recherches...............................
- Animaux qui vivent sans boire................................
- Argentine : gisements de pétrole.............................
- Argenture des miroirs........................................
- Argile : absorption..........................................
- Arsenic : différentes formes.................................
- — : présence dans les terres arables...................
- Assimilation et pigmentation des plantes.....................
- Automobiles : décrassage des moteurs par l’oxygène ....
- — : plus grande fabrique du monde......................
- Aviation : dangers...........................................
- — : au Japon ..........................................
- — : un million et demi.................................
- Azote actif..................................................
- — libre : assimilation par les plantes.................
- — : oxydation dans l’arc voltaïque.....................
- Azoture d’aluminium..........................................
- Bacon : 7e centenaire........................................
- Baguette divinatoire.........................................
- Baleine : nouvelle utilisation de l'huile....................
- Ballons : application du gaz d’éclairage au gonflement. . . .
- — : piano..............................................
- Bath : eau des sources thermales.............................
- Bode : loi...................................................
- Bois : contre la pourriture . ...............................
- — : nouveau procédé de conservation ...................
- Bolide : chute en Bretagne.............................49,
- Boutons volcaniques..........................................
- Brahmapoutre : origine.......................................
- Campagnes: dépeuplement......................................
- Canada : établissements détruits en décembre 1913............
- — : exposition................
- 42
- 10
- 1
- 186
- 26
- 113 169 186
- 114
- 65 90 82 82 10 50
- 105
- 145 105 121 113
- 169 42 10 73
- 25
- 17 138
- 97
- 105
- 10
- 97
- 154
- 170 57
- 162
- 66 137
- 82
- 137
- 202
- 57 9
- 26 42
- 170
- 18 66 81 33
- 146 18 65 49
- 58 202 178 202
- Canada: rails posés en 1913.................................
- Canons : puissance développée...............................
- Canot automobile : 118 km à l’heure.........................
- Caoutchouc : extraction par l’électricité...................
- Caries marines françaises...................................
- Calalyseurs : influence des matières étrangères sur l’activité.
- Caverne en Nouvelle-Guinée..................................
- Cavernes du Todtes Gebirge..................................
- Céleri : cultures grainières................................
- Cerfs-volants : Congrès de Iioulogne-sur-Mer .... 122,
- Champ magnétique du Soleil..................................
- Champignon monstre..........................................
- Charbon de bois : absorption de l’oxygène à la température
- de l’air liquide.........................................
- Chats pour entrepôts frigorifiques. .....................
- Chaudières : transport original.............................
- Chemin de fer du lledjaz et l’Islam.........................
- — Grecs et Macédonien, jonction.......................
- — : sécurité..........................................
- Cheminée d’usine munie d’un chapeau régulateur de tirage
- Cheminées du Vaterland. ....................................
- Cheminées stannifères des États Malais......................
- Cheveux : implantation......................................
- Chicago : tramways souterrains................
- Chili : voie ferrée.........................................
- Chlorure de calcium : action sur les routes.................
- Christophe Colomb : où est-il enterré?......................
- Colorado : mines de radium..................................
- Comète Delavan (1913 f) .... ........................
- Comète nouvelle (1913 f)....................................
- Comète Kritzinger (1914 a).........................._ 153
- Comète Zlatinsky (1914 b)................................
- Commerce de la France en 1913...............................
- Compteurs à gaz à paiement préalable : fraude originale . Congrès cerf-voliste de Boulogne-sur-Mer....................
- — préhistorique de France.............................
- Convertisseur à vapeur de mercure et traction électrique
- Cormoran : réhabilitation...................................
- Couleurs naturelles et artificielles : distinction par la conductivité électrique...........................................
- Couleurs et teintures : essais rapides......................
- Cuivre : exploitation à la cuiller..........................
- — : industrie au Katanga..............................
- — : production mondiale...............................
- Dachstein : nouvelles découvertes...........................
- Darwin : précurseur.........................................
- Décharge silencieuse : action sur l’amidon..................
- Décrassage des moteurs d’automobile par l’oxygène...........
- Densités des eaux : courants produits dans les écluses du
- canal de Panama..........................................
- Dépeuplement des campagnes..................................
- Descendance des immigrants en France........................
- Diamant : découverte au Congo français..................
- Digues-barrages de Saxe.....................................
- Dreadnought : inventeur..................................
- Eau de mer : action sur les parties cuivrées des constructions maritimes.....................................
- 170
- 90
- 130
- 73
- 58
- 137
- 114
- 90
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- 186
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- 34
- 185 50
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- 49
- 1
- Supplément au n° 2140 de La Nature du 30 mai 1914.
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Éclairage et marbre..........................................
- Éclipse de soleil du 21 août 1914 : radiotélégraphie. . . .
- ^Kypte : réglementation des fouilles.........................
- Électrification du chemin de fer du Saint-Golhard............
- Eléphant : biberon...........................................
- — d’eau...............................................
- Emigralion : phénomènes......................................
- Empoisonnement par le son....................................
- Engrais chimiques : production et consommation mondiales .
- — nouveau.............................................
- Engrenages en tôle...........................................
- Éruption aux Nouvellcs-llébridcs.............................
- — volcanique au Japon.................................
- Essais des métaux par choc : appareils.......................
- Essence d’aiguilles de pin...................................
- Étain : cheminées des États Malais...........................
- Évolution : influence de la pesanteur........................
- Exposition internationale d’insectes vivants, de poissons d’ornement et d’oiseaux de volière...............................
- — au Canada...........................................
- — internationale urbaine de Lyon......................
- — de Leipzig..........................................
- For et houille : production en France........................
- Filippi : expédition au Karakoram............................
- Fleur fossile................................................
- Force motrice : nouvelle source..............................
- Foudre : fantaisies..........................................
- Fouilles en Égvpte : réglementation..........................
- •—- : protestation contre la réglementation.............
- France : commerce en 1913....................................
- — : météorologie en 1911-1912.........................
- Froid dans la conservation des olives........................
- Galapagos : tortues géantes..................................
- Gel : curieux effet sur une plante...........................
- Géodésie des Alpes françaises................................
- Glaces : contre le bris......................................
- Glaciaire (Enigme)......................................... . .
- Glaçons de la Seine..........................................
- Graphite à Madagascar........................................
- — : gisements à Madagascar............................
- Grouses d’Écosse.............................................
- Hed.jaz : chemin de fer......................................
- lléligoland : île-forteresse.................................
- Hippopotame nain : acclimatation aux États-Unis..............
- Houille et 1er : production en France..................
- Huile de baleine : nouvelle utilisation......................
- Huiles lourdes : imperméabilisation du mortier...............
- Hydrogène : absorption par le charbon de bois................
- Icebergs : étude à distance..................................
- Immigrants en France : descendance ..........................
- Incubations naturelle et artificielle........................
- Indes : culture du thé.......................................
- — : réseau l'erré.....................................
- Industrie : curieuse combinaison.............................
- Injections de sucre dans l’organisme.........................
- Installation hydro-électrique internationale : projet........
- Institut scientifique du Maroc...............................
- Japon : aviation.............................................
- — : éruption volcanique...............................
- Jascur de Bohême.............................................
- Jura suisse : grand abîme....................................
- Kaki : teinture..............................................
- Kali aux États-Unis..........................................
- Karakoram : expédition, du Dr de Filippi.....................
- Katanga : industrie cuprifère................................
- Lampe à incandescence : 35° anniversaerc.....................
- Lampes à vapeur de mercure : effet physiologique
- Latitudes : variations.......................................
- Lausanne : pigeons colorés........................
- Leipzig : exposition.........................................
- Lichens parfumés.............................................
- Liège : production...........................................
- Lignes télégraphiques : protection contre les courants industriels ...................................................
- Loi de Bode..................................................
- Longitude Paris-Uccle........................................
- Lozère : pluies en 1912......................................
- Lyon : exposition internationale urbaine.....................
- Madagascar : gisements de graphite...........................
- — : graphite..........................................
- Magnésite de I’Eubée.........................................
- Malaisie : cheminées slannifères.............................
- Marbre et éclairage..........................................
- Marguerite anormale....................................
- Maroc : Institut scientifique................................. 42
- Mars : photographie des satellites..............................193
- '1er des Sargasses..............................................162
- Merveilles du monde.............................................114
- Métaux : appareils d’essais par choc.......................... 2
- Météorologie de la France en 1911-1912........................138
- Méthane pur : formation au moyen du carbure d’aluminium
- commercial.................................................... 9
- Microbes de l’œuf de poule....................................130
- Mines et carrières de Tunisie................................. 41
- Miroirs : perfectionnement dans les procédés d’argenture . . 103
- Mont Mac-Kinley : nouvelle ascension............................. 42
- Monte-charges électriques : dispositif de signalisation. . . . 157
- Monuments historiques : loi.....................................106
- Mortier : imperméabilisation par les huiles lourdes...........146
- Musée d’Ethnographio : Société des Amis'. ....................194
- Musique : génie au xm® siècle................................. 66
- Nancy : source thermale artésienne. ..........................162
- Nébuleuse d’Andromède : vitesse fantastique..................... 17
- Nécrologie : Alphonse Bertillon................................. 89
- — : E. Durand-Grcvillc................................... 89
- — : Fernand Forest.......................................155
- — : Fernand Fourcau...................................... 65
- — : J. Houston...........................................137
- — : Sir John Murray......................................129
- — : Westinghouse.........................................129
- — : P. Hérault...........................................201
- New-York : nouveau traité pour l’évacuation des ordures
- ménagères.................................................... 89
- Nouvelle-Calédonie : disparition d’oiseaux......................202
- Nouvelles-Hébrides : éruption................................... 25
- Nouvelle-Zélande : introduction d’animaux marins................. 26
- Œuf de poule : microbes.........................................130
- Oiseaux: disparition en Nouvelle-Calédonie......................202
- Oiseaux de Paradis : acclimatation à Tobago................... 98
- Oiseaux phosphorescents......................................... 90
- Olives : froid dans la conservation............................. 10
- Ombric : roches marneuses........................................ 2
- Orbite de S Céphée............................................. 25
- Ordures ménagères de New-York : nouveau traité pour l’évacuation ........................................................ 89
- Os : rendement des animayx de boucherie.......................121
- Oxvdations photochimiqucs....................................... 41
- Oxyde de carbone dans l’antiquité............................. 18
- Oxydes réfractaires : points de fusion..........................185
- Panama : courants dans les écluses dus à la différence de
- densité des eaux.............................................185
- Panama : que deviendra l’outillage du canal?.................. 41
- Papillons protégés..............................................130
- Parasites des végétaux : ce qu’ils coûtent......................138
- Parcs nationaux de France : association......................... 34
- Pesanteur : influence sur l’évolution............................ 9
- Peste : traitement..............................................178
- Pétrole : gisements en Argentine................................ 97
- Piano dans un ballon............................................ 66
- Pigeons colorés de Lausanne.....................................114
- Piamcntation et assimilation des plantes........................170
- Pin : essence d’aiguilles....................................... 18
- Planaire : singulier mode de reproduction.......................194
- Planètes (Essaim des petites)................................... 17
- Plantes : assimilation de l’azote libre.........................202
- Pluies en Lozère en 191?........................................162
- Poissons : sentent-ils?......................................... 74
- Pôle Sud : querelle............................................ 154
- Pompes Humphrey à Clingford : rendement......................... 34
- Pompiers et T. S. F............................................. 73
- Pots à confiture : invasion...........&.......................158
- Pourriture du bois (Contre la)..................................146
- Poussière cosmique dans le plan du système solaire .... 177
- Prix Nobel : statistique........................................106
- Ptyaline : influence de l’alimentation..........................114
- Radio-activité des eaux météoriques et minérales. ..... 1
- Ra tio-météorologie : extension.................................145
- Radiotélégraphie et éclipse de soleil.du 21 août 1914. . . . 193
- Reproduction singulière d’une Planaire..........................194
- Radium de la houille............................................ 41
- — : mines du Colorado...................................... 1
- — et rayons ultra-violets : actions chimiques........... 49
- — : à la recherche d’un tube.............................. 146
- Rage à l’Institut Pasteur....................................... 42
- Rails posés en 1913 au Canada...................................170
- Raisins de table : conservation par les Chinois............... 26
- Rayons de courbure et intensité des réactions chimiques ., . 17
- Rayons ultra-violets : nouvelle action. . ....................105
- 162
- 193
- 162
- 153
- 130
- 122
- 202
- 178
- 186
- 121
- 145
- 25
- 57
- 2
- 18
- 194
- 9
- 122
- 202
- 18
- 122
- 73
- 34
- 170
- 25
- 10
- 162
- 1*9
- 122
- 138
- 10
- 186
- 74
- 42
- 146
- 162
- 66
- 10
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- 18
- 2
- 42
- 186
- 75
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- 146
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- 98
- 66
- 98
- 34
- 25
- 91)
- 50
- 170
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- 106
- 106
- 34
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- 153
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-
-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Hayons ultra-violets et radium : actions chimiques.......... 49
- Récoltes : production mondiale en 1915...................... 10
- Reproduction singulière d'une Planaire..........................194
- Réseau ferré des Indes...................................... 25
- Rhône : tourisme............................................ 50
- Roches marneuses de l’Ombrie................................ 2
- Plongeurs : invasion............................................ 50
- Routes : action du chlorure de calcium......................150
- Russie : réforme agraire........................................170
- Sargasses : mer.................................................162
- Satellites de Mars : photographie . ...........................195
- Saturne : observation.......................................161
- Saxe : digues-barrages ......................................... 41
- Sécurité en chemin de fer....................................... 25
- Seine : glaçons............................................. 66
- Serpents qui font le mort...................................158
- Shackleton : expédition......................................... 50
- Sicile : tremblement de terre...................................185
- Société des Amis du Musée d’Ethnographie........................194
- Soffioni bnracilcres d’Italie : gaz............................. 49
- Soleil : champ magnétique.......................................169
- — : éclipse du 21 août 1914 et radiotélégraphie..............193
- Son : empoisonnements......................................... 178
- Soufre : incandescence................................» . . 106
- Source thermale artésienne de Nancy.............................162
- Sources thermales de Bath................................... 8!
- Souris et aviation.............................................. 50
- Spectre du Rroken en Nouvelle-Zélande...........................146
- Stabilisateur 0. Wright........................................ 50
- Stabilisation automatique des aéroplanes........................ 10
- Sucre : injections dans l’organisme............................. 50
- Sulfates alcalino-terreux : réduction........................... 25
- Sulfures synthétiques...........................................201
- Tabacs manutacturés italiens : présence de baryum et d’arsenic. 170 Teinture en kaki................................................106
- T. S. F. en Afrique équatoriale..............................
- — en chemin de fer.....................................
- — : dangers à bord de certains navires.................
- — : une bonne nouvelle.................................
- — et pompiers..........................................
- — : stations...........................................
- Téléphone : bureau Bottant...................................
- — à la porte des médecins..............................
- — : rappels............................................
- Thé : culture aux Indes......................................
- Tinamou : acclimatation......................................
- Tobago : acclimatation des oiseaux de Paradis................
- Tortues géantes des Iles Galapagos...........................
- Tourisme sur le Rhône........................................
- Tournure d’acier : combustion................................
- Tracteurs militaires : concours..............................
- Traction électrique et convertisseur à vapeur de mercure. .
- Tramways souterrains à Chicago...............................
- Transformateur Fœttinger : applications......................
- Transport de chaudières original.............................
- Transvaal : utilisation de l’eau du Vaal.....................
- Traverses en béton élastique.................................
- Trèfles à 4 feuilles.........................................
- Tremblement de terre de Sicile...............................
- Trinitrotoluène, explosif de l’avenir........................
- Tunisie : mines et carrières.................................
- Turbo-alternateur de 55 000 kw. .............................
- Vaal : utilisation de l’eau pour l'alimentation des villes. . .
- Vais de Loire : eau à Paris..................................
- Vaterland : cheminées........................................
- Vina-ses résiduelles de distillerie : épuration..............
- Voie ferrée au Chili.........................................
- Xiphopages : fillettes.......................................
- Zeuglodon....................................................
- Zirconium : sel sensible à la lumière........................
- 105
- 54
- 97 65
- 73 42 18
- 162
- 121
- 34
- 26
- 98 186
- 50
- 186
- 81
- 155
- 150
- 154
- 115
- 178
- 58
- 74 185
- 82
- 41
- 73
- 178
- 81
- 89
- 97 154
- 58
- 98 145
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Abreuvoir pour bestiaux....................................
- Appareil pour plier carton mince et papier fort............
- Aquarium démontable........................................
- Armoire « La Favorite v....................................
- Automobilisme : Anti-retour................................
- — : Aulomatic-Protector..............................
- — : Aulopart B. R. G. ... ...........................
- — : Bandage élastique « Mello-Marquès »..............
- — : Breaker..........................................
- — : Contrôleur d’essence Badois......................
- — : Isollamme........................................
- — : Jumelle élastique articulée Mamet................
- — : Refroi Basement des moteurs......................
- Berceau pèse-bébé..........................................
- Biberon : support..........................................
- BraceleL porte-pelote......................................
- Bretelles sans boutons « Eclair »..........................
- Brosse automatique de poche. . ............................
- Brosse à délustrer les vêtements...........................
- Bureau pliant Multiplex....................................
- Buvard-règle...............................................
- Caclieteur Wéber...........................................
- Cadmias Para...............................................
- Cafetière des familles.....................................
- Caisses d'emballage en bois de placage et bois ondulé. . . .
- Canne distributrice de blé empoisonné pour mulots..........
- Chambre humide pour l’examen microscopique.................
- Chasse-mouches automatique.................................
- Chauffage : Chauffe-eau a Le Magic ».......................
- — : Poêle dans la main...............................
- Coupe-fruits...............................................
- Couvercle universel........................................
- Cuillère à sauce auto-dégraisseuse.........................
- Détective..................................................
- Éclairage : Cônes protecteurs et abats-jours suspendus . .
- Éjecteur à gaz pour Bunsen.................................
- Électricité : Borne Record.................................
- — : Borne à ressort..................................
- — : Lampes à filaments métalliques : amortisseur. . . .
- — : Signalement lumineux des passages à niveau. . . .
- — : Transformateur : construction....................
- Électro-cireuse « Unie »...................................
- Épingle à chapeaux.........................................
- Équilibreur freineur Tourtier..............................
- Ëteignoir automatique....................*.................
- Fixe-serviettes « Magik »..................................
- 75 66
- 186
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- 19
- Fixe-serviettes simplifié................................... 172
- Glisséüquettes Y Z.......................................... 36
- Grillage perspectif Félix Millet...............................131
- Grille merveilleuse............................................148
- Hamac « Siesta » pour bains....................................132
- Horloge « Motor » à remontage électrique....................125
- Inhalateur de poche « Atox »................................ 19
- Jouets : Animaux marcheurs. ................................ 4
- — : Baptistine........................................124
- — : Constructions métalliques « Structator ».............12
- — : Course cycliste.................................. 52
- — : Excentric-uègre.................................. 4
- — : Jouets aériens................................... 20
- — : Sablographie..................................... 28
- — : Télégraphiste.................................... 68
- — : Tourniquet aérien................................... 20
- — : Zèbre savant........................................ 28
- Lampe hygiénique...............................................108
- Lorgnette, aux rayons X........................................108
- Machine à écrire de poche « Virotyp »..........................195
- Mécanique : Boulon de sûreté.................................. 19
- — : Échafaudage rapide.................................. 67
- — : Manche Tient-tout...................................156
- — : Moto-pompe à air chaud.............................. 67
- — : Motordock :.........................................163
- — : Vigilant........................................... 75
- Méllimu-timètre Pique et Leroy .............................. 164
- Musique : Joujuste et clavier simplificateur...................107
- Niehoir artificiel............................................. 68
- Nichoirs artificiels en zinc.................................. 172
- Photographie : Aulorhromes : grands instantanés en couleurs...................................................... . 27
- — : Intermédiaire pour cuve de lavage...................172
- — : Machine à tirer les calques......................123
- — : Pince pour déclancher automatiquement les obtura-
- teurs..........................................131
- — : Stéréo-classeur Astra................................ 5
- — : Thermophotomètre................................... 36
- Pliant Hercule.................................................188
- Pomponnette................................................... 91
- Porte-bagages pour bicyclettes et automobiles.................. 76
- Porte-carnets'Métro............................................ 92
- Porte-plume réservoir « Gaud »................................. 28
- Protège-boue.................................................... H
- Règle à dessin à 3 curseurs....................................100
- Repasseur de rasoir Twinplex................................. 188
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Roulette statique............................................... 84
- Siège pliant « Le Confortable ».................................180
- Suspension à gaz de hauteur variable............................204
- Table de Pythagore automatique..................................171
- T. S. F. : Antennes.............................................171
- — : Appareil avertisseur................................. 83
- — : Appareil Cbampeix pour la transmission et la récep-
- tion des signaux.................................... 43
- — : Conférence internationale pour le sauvetage de la
- vie en mer.......................................... 99
- — : Détecteur cathodique ou valve.......................203
- — : Détecleur électrolytique, son montage.................155
- — : Détecteur électrolytique'nouveau......................165
- T. S. F. : Détectophone.......................................187
- — : Morsophone........................................... 55
- — : Ondophone, récepteur................................. 51
- — : Précautions à prendre dans l’installation des petits
- postes.............................................. 91
- — : Radiotélégraphistes..................................139
- —’ : Recherches sur les antennes....................... 115
- Thermomètre différentiel à réglage automatique..................195
- Tireuse populaire...............................................204
- Tube de condensation à fractionnements multipliés par condensation adiabatique.........................................163
- Vapora........................................................ 172
- Vitres : appareil à nettoyer..................................... 36
- lit. — VARIÉTÉS.
- La suppréssion des fêtes mobiles (L. Revercho.x)................ 13
- Où peut-on acheter du bon cidre? (A. Truelle)................ 37
- L’arome artificiel des fruits (H. Blin)...................... 45
- Eukil à percussion à deux coups et un canon (L. Jacquot) . . 45
- Tés radiotélégrammes de la Tour Eiffel....................... 61
- Les locomotives de la Compagnie P.-L.-M. à l’Exposition de
- Gand (R. Bonn in)............................................. 69
- Comment acheter du bon cidre et lui conserver ses qualités
- ' JA. Truelle)................................................... 85
- Cultures-express décoratives (H. Rousset)...................... 93
- L’arrivée des oiseaux (II. Coupin)..............................
- Les potages comprimés (A. C.)...................................
- L’obole et la drachme et les formes primitives de la monnaie
- (J- P- I- • • ..............................................
- Le « Calvados » (A. Truelle)....................................
- L’huile de foie de morue comme insecticide......................
- Langage et psychologie d’un singe (H. Coupin)...................
- Jet d’eau original..............................................
- Belle expérience relative aux phénomènes de dilfraction. . .
- 101
- 117
- 157
- 181
- 197
- 205
- 205
- 205
- IV. — HYGIENE ET SANTÉ.
- La prophylaxie du furoncle (Dr A. C.)..............................5
- Record de la respiration artificielle.......................... 21
- La préparation de l’encaustique (Dr A. C.)..................... 29
- Quand les dyspeptiques doivent-ils boire? (D1 A. C.) .... 37
- La conservation des microbes par les mouches (Dr A. C.) . . 54
- Interprétation médicale du knock-out (Dr A. C.)................ 77
- La tuberculose dans les maisons de Paris....................... 94
- Les gâteaux à la crème (I)r A. Cartaz).........................109
- Pour tolérer le régime lacté (Dr A. C.).....................117
- Un inconvénient du port des lunettes (D1 A. C.).............153
- Les greffes en caoutchouc (Dr A. C.)........................141
- Le spiroscope (Dr A. C.)....................................165
- Contre les piqûres de guêpe (Dr A. C.)......................165
- La gymnastique chez les variqueux (Dr A. C.)................181
- Nouvel emploi médical de la vaseline et de la paraffine (Dr A. C.). 189 Teinture d’iode instantanée par les iodules....................206
- V.- RECETTES ET
- Aluminium : gravure...........................................144
- Aluminium : nickelage.........................................'26
- Argent : coloration en noir................................... 62
- Bain de décapage..............................................155
- Bouchage des fissures des bois et joints de parquet...........157
- Brillant pour métaux.......................................... 54
- Bronze : pour graver.......................................... 29
- Campagnols : destruction..............................77, 133
- Carbure de calcium : pour faire disparaître l’odeur...........157
- Celluloïd : nettoyage des cols et manchettes..................142
- Chaussures : pour augmenter la résistance des semelles. 14, 62
- Chenilles : préparation.......................................141
- Cheveux : précautions à prendre dans l’application des teintures ........................................................197
- Chlorose des végétaux : pour la combattre..................... 58
- Cidre doux : conservation.....................................142
- Ciment : soudure à lui-même...................................189
- Collage du bois : mixture économique.......................... 54
- Collage des tissus............................................. 5
- Colle forte liquide et imputrescible pour le bureau. .... 133
- Colle imputrescible pour le bureau............................166
- Colle photographique..........................................135
- Coloration des métaux par les sulfures........................205
- Confitures : recettes.........................................165
- Cotonnades : hydrofugation..................................... 5
- Creusets en platine : pour enlever les taches.............. . 166
- Cuivre : patinage en gris et en noir.......................... 14
- Dallage inusable..............................................205
- , Décapage : bain.............................................135
- Encaustique : préparation.....................................126
- Encaustique : pour la préparer sans danger.................... 54
- Engrenages : table............................................ 62
- ' Gants : nettoyage..............•............................157
- Gratte-brosse.................................................157
- Gravure de l’aluminium....................................... 141
- PROCÉDÉS UTILES.
- Gravure sur le bronze........................................
- Gr- ffe du poirier...........................................
- Herbes : destruction dans les allées de jardin, les joints des
- pavés des cours et les terrains de tennis................
- Huiles d’olive : procédé pour déceler la fraude..............
- Hydrofugation des lainages et cotonnades.....................
- Imperméabilisation des toiles de bâches. ....................
- Infusions à la mode..........................................
- Insectes : piège .... ......................... ......
- Lainages : hydrofugation.......................................
- Lessive liquide pour le linge................................ .
- Mastic adhésif pour bois, pierre, nacre, marbre.............. .
- Métaux : coloraiion par les sulfures.......................
- Nickelage de l’aluminium.....................................
- Balinage du cuivre en gris et en noir..........................
- Piège à insectes.............................................
- Pigeons : engraissement artificiel....................... . . .
- Platine : patine noire............................ ..........
- Plâtre : prise..................................................
- Plâtres soumis au régime du plein air : protection .....
- Pommier pour détruire le Mitilaspis..........................
- Poudre à nettoyer. ................................ 14,
- Rouille : pour préserver la menue quincaillerie . . . .• . .
- Scorpions (Contre les).......................................
- soudure du ciment à lui-même.................................
- Soudure en pâte autodécapante............................ . . .
- Taupes : pour utiliser les peaux ...............................
- Teinture d’iode inaltérable..................................
- Teintures pour cheveux : précautions à prendre...............
- Tenthrèdes : destruction.....................................
- Tique de la volaille.........................................
- Tissus : collage.............................................
- Tonneaux : désinfection par le formol...........................
- Viandes : nouveau procédé de conservation....................
- Volaille : contre la tique...................................
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- 85
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- 5
- 29
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- 14 150
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- 77 125 205
- 38
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- 29
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- 15
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- 6
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- 13
- 6
- VI. — DIVERS.
- Résumé météorologique................ 21,69,93,125, 175 11 Bulletin astronomique (Em. Touchet).................55, 149
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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