La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an.. 20 fr. » Départements. Un an:. . 25 fr. » Union postale. Un an . .
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- LA NATURE
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- QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE
- 1914 _ deuxieme semestre
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- SOMMAIRE
- La Science en Vacances : Quelques observations scientifiques et quelques expériences à la campagne: J. Lemoine. — Installation astronomique et .météorologique: Lucien.Rudaux. — Télégraphie sans fil: Un bon poste d’amateur: Lucien Fournier. — L’atelier et les travaux d’amateur: J. Dubreton. — L’hygiène et le confort de la maison de campagne: M. Bousquet.— Les paratonnerres : J. Dubreton. L’eau à la campagne : E.-A. Martel. — Comment on devient sourcier : Armand Viré. L’Hygiène : Comment reconnaître la qualité de l’eau ; La purification de l’eau ; La lutte contre les mouches et les moustiques; Les soins d’urgence; La pharmacie de campagne. R. M.
- Les beaux voyages en France : Dans les Basses-Alpes. — En Rouergue. Gorgés et forêts de l’Ariège à l’Aude: E.-A. Martel.
- Notre Concours t L’Observation des animaux par la photographie.
- LA SCIENCE EN VACANCES
- QUELQUES OBSERVATIONS SCIENTIFIQUES ET QUELQUES EXPÉRIENCES
- A LA CAMPAGNE
- Il n’est nul besoin, croyez-]e bien, de tous les appareils compliqués et savants des laboratoires, ni de toutes les ressources d’un atelier de mécanique de précision, à la campagne, dans le joli petit village que la famille va retrouver à toutes les vacances, pour se livrer à des observa lions scientifiques intéressantes, voire mémo pour exécuter des expériences et des mesures d’une qualité très satisfaisante.
- Le programme de nos récréations, sans être universitaire, n’en sera pas moins infiniment vaste et varié, autant presque qu’on le voudra. Nos amis
- Fig. /.
- les physiciens, les chimistes, les naturalistes, les agriculteurs, les mécaniciens, les astronomes, les météorologistes, les géographes, les géodésiens, les arpenteurs..., et j’en oublie, nous en fourniront les éléments avec une telle abondance que, si on
- 42° Année. — 2” Semestre. — N° 2141. — 0 JUIN 1914.
- les écoutait, les vacances deviendraient, il faut en convenir, un peu trop occupées. Nous n’avons pas la
- prétention de développer ce vaste, programme, et il vaut peut-être mieux qu’il ne soit pas développé, et que les limites n’en soient pas tracées. Nous allons simplement choisir, à titre d’échantillons, une suite de petits travaux d’une exécution facile, et qu’on nous permettra d’enchaîner les uns aux autres d’une façon un peu capricieuse.
- L’heure légale du passage du Soleil au méridien du lieu. — Tout d’abord, procurez-vous VAnnuaire du Bureau des longitudes de 191-4 (et même celui de 1915). C’est un petit volume très intéressant, et cpii n’est pas fait, comme on le croit généralement, pour les seuls savants. , . . ^
- L’heure du passage du Soleil au méridien, heure
- 1. — 1
- Installation d’un cadran solaire.
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- 2 = QUELQUES OBSERVATIONS ET EXPÉRIENCES A LA CAMPAGNE
- que l’on appelle le midi vrai du lieu, présente sur le midi légal, le midi de nos horloges, un certain écart variable d’un jour à l’autre.
- VAnnuaire nous donnera (pages 6 à 28) l’heure légale du passage du Soleil au méridien de Paris chaque jour de l’année. Nous en déduirons l’heure du passage du Soleil au méridien du lieu que nous habitons, par un calcul très simple en sachant qu’il parcourt 1° en 4 minutes de temps.
- Nous pouvons maintenant donner au plan méridien la définition pratique suivante : le plan méridien d’un lieu est le plan vertical qui contient le Soleil chaque jour, à midi vrai.
- Détermination du méridien géographique par une ombre portée sur un mur vertical, à midi vrai.
- — Choisissons un mur vertical dirigé à peu près de l’Est à l’Ouest, et dont la surface utile, exposée au Midi, sera recouverte d’un enduit permettant d’y tracer des traits au crayon ou au pinceau (fig. 1).
- À 50 cm à peu près en avant du mur, fixons, par un procédé quelconque, un objet qui portera ombre sur le mur. Cet objet pourra être un disque métallique (fer ou zinc) parallèle au mur, ayant un diamètre de 15 cm et percé d’un trou central À de 1 cm de diamètre.
- Ce disque sera soutenu par des tiges de fer plantées dans le mur. On peut encore, comme le montre le dessin, le clouer à la partie supérieure d'un piquet planté dans le sol, en avant du mur.
- Le Soleil, si le piquet est assez haut, projettera une ombre du disque sur le mur et, au centre À' de cette ombre se verra une petite image éclairée du trou. Les bords de cette image sont assez diffus, mais son centre est toujours fort bien défini.
- On verra, pendant toute la journée, cette ombre se déplacer d’une façon continue sur le mur. La vitesse de ce déplacement, d’ailleurs variable, sera assez grande, 20 cm à l’heure, par exemple, aux environs de midi.
- On marquera d’un point le centre À' de l’image du trou À au moment où notre montre, et le calcul précédent, nous apprendront que le Soleil passe dans le plan méridien. On tracera sur le mur, en s’aidant d’un fil à plomb, la verticale MM' passant par ce point À'. Le plan défini par MM' et le centre du trou A est le plan méridien cherché.
- VAnnuaire donnant, pour chaque jour de l’année, l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris, on établira, pour chaque jour de l’année, un tableau des heures de passage du Soleil au méridien du lieu. Avec ce tableau, nous pourrons remettre nos horloges à l’heure.
- Remarquons aussi que le midi vrai ainsi déterminé par ce passage du Soleil est celui qui
- partage le jour éclairé en deux parties égales.
- Installation d’un cadran solaire. — MM' est la droite verticale sur laquelle se trouve l’image solaire du trou A, chaque jour, à midi vrai. Si nous traçons de même sur le mur les droites sur lesquelles se trouve l’image de A, à chaque heure déterminée du jour, nous aurons réalisé un cadran solaire complet.
- Nous fixerons par un point le centre de l’image de A aux heures vraies comprises entre 8 et 16 heures.
- Reste à déterminer un second point des droites qui correspondent à chacune de ces heures. Ce point, commun à toutes ces droites, est le point de rencontre B de MM' avec la parallèle à l’Axe du Monde menée par A.
- Soit AH Yhorizontale qui joint A au point II de MM'. Nous allons déterminer H, puis, traçant AB faisant avec l’horizontale AH un angle égal à la latitude du lieu, nous obtiendrons le point B.
- Détermination du point H. — La condition imposée à ce point est qu’il soit sur MM', à 50 cm environ de A, et dans le plan horizontal de A.
- Un niveau improvisé tel que celui de la figure 5 sera transporté en AH. La pointe P étant en A, au centre du trou, le fil du niveau étant sur le trait T, la pointe P' sera en regard du point H et fixera avec précision sa position.
- Détermination du point B. — Calcul de IIB. IIB est, dans le triangle AHB, rectangle en II, le côté opposé à l’angle A, égal à la latitude, le côté AH ayant une longueur voisine de 50 cm, et qu’il est facile de mesurer.
- Mesurons AH et imaginons que nous ayons trouvé 53 cm. On dessine, sur une feuille de papier, avec le secours d’un rapporteur, d’un double décimètre, et d’une équerre, un triangle bah, semblable à BAH, et dont le côté ah sera égal à 10 cm. On mesurera, sur ce triangle, le côté bh, et on le trouvera égal à 11 cm 3. Le côté inconnu BH sera 5,3 fois plus grand; il aura donc 60 cm.
- Nous porterons, aussi exactement que possible, cette longueur à partir du point II, sur la verticale de MM' et au-dessus de II. Le point B sera fixé avec une exactitude très suffisante. On tire alors les droites qui joignent B aux points marquant les heures déterminés précédemment, et le cadran est terminé. Il nous donnera, en tenant compte de la correction que nous savons calculer, l’heure avec une grande exactitude.
- L’observation de la ligne que décrit chaque jour sur le mur l’ombre de A est aussi très intéressante :
- Elle change Fig. 3, —Réglage d'un niveau.
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- QUELQUES OBSERVATIONS ET EXPÉRIENCES A LA CAMPAGNE = 3
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- INSTALLATION ASTRONOMIQUE ET METEOROLOGIQUE
- le fil F cl Taxe du barreau SN, coupera le plan de la planchette suivant une horizontale qui est la ligne du méridien magnétique. On déterminera la ligne du méridien géographique en projetant, à Midi vrai, l’ombre d’un fil à plomb sur la même planchette.
- L’angle aigu des deux directions, mesuré au rapporteur, sera la Déclinaison magnétique. Cet angle est compris en France entre 11° (à Nice) et 17‘) (à Brest) et on comparera la valeur trouvée à celle que donne une carte de la Déclinaison en France que con tient encore Y Annuaire du Bureau des longitudes.
- Lever de plan du jardin. La carte du village ou de la région. — Notre jardin est, je le suppose, un quadrilatère. Nous pouvons en faire un arpentage complet, mesurer- les différents angles grâce à la
- Fig. 5.
- Boussole magnétique.
- boussole, et en particulier,. déterminer ' soigneur sèment l’orientation du terrain par rapport au méridien géographique. Traduisons . ces résultats par un plan . dont l’orienta: tion sera marquée, et, comme contrôle, nous irons comparer le résultat de notre travail au plan cadastral de la Mairie. Sortons de notre jardin ; déterminons de même l’orientation des routes du village et leur longueur approximative. Faisons ensuite avec ces données, la carte du village et de la région environnante.
- Comparons notre carte avec celle de l’Etat-Major, et si nous trouvons que cette dernière nous paraît bien faite, c’est que nous aurons bien travaillé. Nous aurons mérité un bon point.
- Jules Lemoine.
- INSTALLATION ASTRONOMIQUE ET MÉTÉOROLOGIQUE
- Les lunettes astronomiques ou les télescopes ne sont pas à décrire ici.
- Pour l'acquisition d'un de ces appareils, on n’a
- que l’embarras du 1 choix : c’est une
- sèdent deux inconvénients : faible puissance relativement et absence de pied. Le premier de ces inconvénients provient de l’oculaire, dit terrestre, qui absorbe une quantité notable de la lu-
- Fig. i. — Monture équatoriale élémentaire.
- question de prix, très abordable même dans le cas d’un instrument sérieux,'dont l’objectif ou le.miroir d’une' dizaine de centimètres de diamètre peut fournir des images amplifiées plus de 200 fois. Mais des modèles plus réduits rendent aussi d’excellents services de même que les longues-vues transformées.-' : ' Z
- Ces derniers instruments pos-
- poriant un pivot P autour duquel sur laquelle il est fixé d'un côté t, et les parois; B,
- Fig. 3. — Intérieur de l’observatoire.
- minosité. On peut le remplacer par une petite et forte lentille (un compte-fils par exemple). L’image sera beaucoup plus agrandie et avec un instrument de 4 à 5 centimètres d’objectif on verra très bien l’anneau de Saturne, les bandes de Jupiter, les cirques lu-Ftg. 2. — Coupe et plan d’un petit naires, les détails des taches so-observaloire : A, arceau en fer sup-
- tourne le toit T. Un panneau de toile s'ouvre à l’aide d’une lige mobile, qui lermet de le replier de côté jusqu’en t'; S, rebord circulaire surmontant plancher isolé du massif M supportant l’instrument. ,
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- INSTALLATION ASTRONOMIQUE ET MÉTÉOROLOGIQUE S
- Iaires, etc. En dévissant la moitié intérieure de l’oculaire terrestre pour conserver seulement le système où se place l’œil, on aura un oculaire à grand champ, très lumineux, et très approprié à l’observation des astres faibles, comètes, nébuleuses, amas Fig. 4. — Chambre phologfa- stellaires éten-phique adaptée à l’oculaire (jus
- d’une lunelle. . -, , .
- Un pied est indispensable. Il existe des modèles très simples; mais on peut aussi se servir d’un solide pied photographique, ou mieux d’un bâti fait de trois fragments de poutrelles avec entre-croisements. On y adapte la lunette à l’aide de quelques planchettes, vis et écrous constituant un
- Fig. 6. — Dispositif pour observer le soleil par projection. Un écran opaque arrête les rayons solaires qui pourraient filtrer par le rapprochement imparfait des rideaux autour de la lunette.
- système articulé que chacun peut combiner à sa guise pourvu que soient réalisées les deux conditions : pivotagc horizontal et pointage en hauteur, permettant de braquer l’appareil dans toutes les positions.
- Mais un tel mécanisme ne permet pas de suivre exactement, de façon continue, la marche apparente du ciel : il faut pour cela que l’axe autour duquel pivote l'instrument soit parallèle à l’axe de rotation du monde. L’axe de cette monture équatoriale doit être incliné d’un angle égal à la latitude du lieu et
- ! situé exactement suivant le méridien (Voir l’article précédent).
- Il devient alors nécessaire d’édifier un massif de maçonnerie ou un bâti immuable quelconque, sur lequel l'appareil retrouve sa position déterminée par des repères (fig. I ).
- Plus commode et plus agréable est un véritable petit observatoire, ou pavillon en bois à toit tournant en toile à voile ou carton goudronné, ou à
- Fig. 5. — Abri sous une lente de jardin. Disposition d’appareil sur la lunette pour les photographies célestes.
- panneaux mobiles .(fig. 2). A défaut d’un tel édifice* on peut sommairement s’installer dans une tente de. jardin, la moitié du corps de la lunette pointant au dehors (fig. 5). Cependant rien ne vaut l’abri complet, car on s’apercevra bien vite de la gène causée par les trépidations du vent surtout lorsqu’on veut entreprendre des photographies célestes.
- Celles-ci sont obtenues .de deux façons, • soit en faisant poser longuement devant le ciel un appareil ordinaire très lumineux, disposé (fig. 5). sur la lunette à monture équatoriale servant de guide pour suivre le mouvement des astres, soit en prenant des images directement agrandies à l’aide d’une légère chambre adaptée au tube oculaire (fig. 4). Avec des instruments d’amateur, on ne peut s’adresser dans ce dernier cas qu’à la luqc ou au soleil en opérant instantanément ; pour le soleil, même avec des
- Fig. 7. — Abri pour Fig. o. — Fluvio-
- thermomètres. mètre décuplateur.
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- 6 TÉLÉGRAPHIE SANS FIL — UN BON POSTE D’AMATEUR
- plaques lentes, il faut une vitesse d’obturation ultra-rapide.
- Particulièrement cette année, on cherchera à se perfectionner dans ce sens, une belle éclipse de soleil ayant lieu le 21 août. On observera aussi utilement ce phénomène, par projection, de même que le soleil en général. En disposant une feuille de carton' blanc à quelque distance de l’oculaire, l’éblouissante image du disque s’y projette atténuée, avec beaucoup de contrastes si l’on se place dans une pièce sombre dont l’ouverture est fermée par des rideaux opaques entre lesquels passe le tube de la lunette (fig. 6). Tout aussi bien cette installation se réalise aisément à l’intérieur de l’observatoire ou d’une tente.
- À côté de l’observatoire astronomique on installera la station météorologique.
- Le baromètre se place n’importe où, à l’intérieur de la maison ou de l’observatoire ; on sait comment utiliser ses indications. Par contre les thermomètres (maxima et minima) seront placés dans un endroit
- soustrait aux réverbérations, dans un abri en planchettes, peint en blanc autant que possible, placé à 1 m. 50 au moins au-dessus d’un sol gazonné. Cet abri constitue une sorte de cage (fig. 7) dont le toit et les volets latéraux, destinés à empêcher le soleil de frapper les thermomètres, sont à claire-voie, comme des lames de persiennes; ainsi Pair y circule librement.
- Le pluviomètre sera installé dans un lieu bien découvert. Un entonnoir de grande taille, une* bouteille ou éprouvette graduée suffisent et l’on mesure ainsi la quantité d’eau tombée dont le volume divisé par la surface de l’entonnoir permet de calculer la hauteur d’eau tombée. On peut aussi peser le poids d’eau recueillie. Si l’on veut éviter ces calculs,- on fera l’acquisition d’un pluviomètre décu-plateur (fig. 8) sur le tube gradué duquel se lit directement la hauteur d’eau tombée.
- Les girouettes placées sur les toits, sont d’un entretien peu commode, d’un fonctionnement souvent douteux. En choisissant un endroit bien découvert on les remplace avantageusement par un ruban de soie flottant au bout d’un màt. Une glace inclinée portant une rose des vents préalablement orientée, reflète en son centre le point d’attache du ruban dont l’image se déplace sur la glace. En même temps la glace reflète le ciel et permet de relever le mouvement des nuages dans les hautes régions. De telles indications peuvent être précieuses au point de vue de la météorologie locale.
- Lucien Rudaux.
- Fig. ç. — Girouette à ruban et miroir : R, ruban au sommet du mât, réfléchissant R' sur le miroir gradué A; B, œilleton pour fixer le regard.
- tu
- TELEGRAPHIE SANS FIL —
- Une bonne installation sera constituée comme l’indique le schéma 1 : bobine de self aussi longue que possible, à laquelle l’antenne sera rattachée directement ou par l’intermédiaire d’un curseur. Sur cette bobine sont placés en dérivation un détecteur à galène et, entre les deux bornes du téléphone, un condensateur variable de zéro à 2/1000 de microfarad.
- Antenne. — La meilleure antenne paraît être l’antenne verticale à plusieurs fils. Mais les difficultés d’une telle installation sont si grandes que nous devons chercher d’autres solutions. Celles du clocher, delà cheminée d’usine
- Détecteur
- UN BON POSTE D’AMATEUR
- (fig. 2), ne sont pas suffisamment généralisables; mais on peut prendre un arbre assez élevé et établir une antenne constituée par deux fils de laiton, ou mieux deux câbles que l’on fixera à deux solides perches de bambou reliées à l’extrémité de la cheminée ou de l’arbre et à la cheminée de l’habitation, et se continueront jusqu’à la fenêtre dans laquelle on aura percé une ouverture pour livrer passage au fil d’entrée, dans un manchon isolé. L’antenne aura donc 50 m. de longueur et ses deux câbles seront éloignés de 2 m. l’un de l’autre.
- Si l’arbre fait défaut, élevez un màt de 20 à 25 m. de hauteur sur un point élevé. De l’extrémité de ce mât, amenez sur le sol six fils A B C D E F (fig. 5), pourvus chacun» au tiers de la hauteur du
- Fig. 2. — Schéma d'une bonne antenne.
- Terre
- \ Téléphone
- Fig. i.
- Montage du poste..
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- TELEGRAPHIE SANS FIL
- UN BON POSTE D’AMATEUR
- -• Antenne en parapluie.
- mût, d’un isolateur; puis du haut de l’antenne, amenez le fil qui doit pénétrer dans le poste.
- Cette installation peut être simplifiée si l’on ne dispose pas d’une surface suffisante. On peut alors se contenter de trois fils d’antenne de 50 m. chacun, toujours pour une hauteur de mât de 25 m. (fig. 4). Enfin il reste toujours la ressource d’établir une antenne sur le toit, entre deux cheminées (fig. 5), mais nous ne
- ;
- - - vO
- Fig. 5. — Antenne sur un toit (installation médiocre).
- Soudure
- Bâti
- Fig. 6. — Construction d'une bobine sur un cadrç hexagonal en bois. Un des jours de la bobine montrant l’extrémité des réglettes constituant le cadre.
- recommandons pas ce dispositif, l’antenne devant toujours être établie, autant qu’il est possible, à au
- mander une prise de terre excellente, dût-on avoir recours à un réseau de rigoles représentant en plan le dispositif d’antenne en parapluie.
- Bobine d’accord. —
- Pour construire une bobine d’accord permettant la réception des ondes les plus longues, construisez une caisse carrée ou rectangulaire en bois, de 30 cm de côté et 50 à 60 cm de longueur. Sur ce cadre, constituez un seul enroulement d’un fil de cuivre de 1 mm de diamètre, isolé à la soie; le tout sera recouvert de gomme laque. Les spires doivent se toucher.
- Les curseurs produisant des courts-circuits et donnant généralement de mauvais contacts, la meilleure méthode est celle des plots parcourus par une manette, dont la construction est assez délicate.
- Il faut, en effet, amener un certain nombre de spires, à une couronne de plots en cuivre sur laquelle une manette peut se déplacer. On prendra, par exemple, la lre spire, puis la 3e, ensuite la 5e, la 7e, la 12e, la 17e, la 27e, la 37e, etc., c’est-à-dire
- Fig. 7. — La bobine et son commutateur ; détails de construction des contacts et du commutateur.
- manivelle
- Contact
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- Rondelle^# gg
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- ...
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- moins 20 m. au-dessus du sol, sur un terrain élevé et bien dégagé. Enfin, nous ne cesserons de recoin-
- dans l’ordre suivant : 1, 2, 2, 5, 5, 10, 10, 20, 20,etc., toujours ên augmentant au furet à mesure
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- 8 r,— TÉLÉGRAPHIE SANS; FIL UN BON "POSTE'D’AMATEUR
- Contact
- que l’on se rapproche de l’extrémité de la bobine, ainsi que le montre notre schéma. Cette fabrication parait très compliquée. Dans tous les cas, elle sera
- assez délicate et surtout longue et méticuleuse, mais si on prend toutes les précautions voulues, la bobine vaudra celles du commerce.
- La carcasse de la bo-
- Fig. G- Montage d’un contact à écrôu.
- bine étant construite (caisse, cylindre de carton très résistant ou simplement quatre ou six lames de bois assez épaissse, montées sur deux disques de bois appropriés pour constituer une sorte de parallélipi-pède ajouré), on commencera par laisser libre une certaine longueur de fil (2 décimètres). avant de commencer l’enroulement. On préparera ensuite autant de bouts de fil de 2 décimètres qu’il y aura de raccords à faire, on les placera sur la table près de soi à côté de la soudure (employer une soudure toute préparée), et on commencera l’enroulement de la première spire. Dès que l’on atteindra l’origine de cette spire, on dénudera le fil sûr 1 cm et on y sou-i deraTextrémité' d’un des bouts de fil. Cela fait, on continuera l’enroulement de deux spires,' par exemple,
- 1 et sur la même génératrice que la première sou-durè, on en pratiquera .une seconde avec un autre bout de fil,.et ainsi de suite en suivant/:la progression que l’on aura adoptée. .Les bouts, dé fils serviront à établir, les liaisons avec les plots, sôus la table qui supportera l’installation. . . ^
- -. Nécessairement, cette table aura été pèreée de trous sous la bobine, aux endroits précis.qui doivent livrer passage aux fils .et en même temps d’une couronne d’autres trous.dans lesquels on engagera les contacta. Ces dernier s. seront en cuivre, avec une tête asséz. élargie : leur tige se terminera ..par une partie filetée'.permettant dé serrer l’extrémité du fil entre l’écran et une. petite rondelle s’appliquant sur le bois. On obtiendra ainsi des contacts parfaits.
- Les amateurs pourront également employer un autre dispositif en ramenant tous les fils soudés, vers une des extrémités de la bobine, cette extré-
- mité recevant les contacts
- Cylindre
- mobile
- à vis. Dans ce cas, il faudra procéder autrement, car les soudures ne seront plus sur la même génératrice autant que possible, on les effectuera en face des trous préalablement perforés dans le support de la bobine.
- La difficulté de se procurer les contacts que nous préconisons pourrait arrêter les amateurs. Qu’ils les remplacent purement et simplement par des lamcs.de cuivre assez épaisses, qui traverseront la planchette et qu’ils recourberont au-dessus en ayant
- Fig. 9. — Condensateur réglable
- soin de les tenir tous à la même hauteur. Les plots seront ainsi remplacés par des dos-d’âne disposés de telle manière que la courbure se présente sous la manette. Enfin, pour obtenir une courbure normale et toujours égale, servez-vous d’une tige d’acier ou de fer de la grosseur d’un crayon ; avec une pince vous obtiendrez un excellent résultat.
- Taillez la manette dans une épaisse (2 mm) lame de cuivre, engagez-la sur son axe (tige de cuivre) qui traversera la planchette et, faute de mieux, écrasez légèrement au marteau la tête de c et axe pour empêcher la manette de sortir lorsque vous l’aurez engagée. L’extrémité libre pourra être recourbée, arrondie et garnie d’un isolant.
- Nous ne dirons rien de la construction du détec-
- teur à galène que nos lecteurs connaissent ; chacun peut opérer à sa fantaisie.
- Condensateur. — Sa capacité doit varier de zéro à 2 niillièmcs de microfarad. La fabrication d’un . condensateur '.à lames est assez simple;; il suffit d!empiler des feuilles d’étain alternant avec des feuilles de papier paraffiné, mais un tel condensateur n’est pas réglable. Si l’on ne craint pas l’encombrement, il est possible de constituer une batterie . de ces condensateurs ramenés à un commutateur à plots construit comme précédent- '
- ment, et que 1 ’on intercale en série à l’aide de la mane.tle. Un condensateur réglable, mais de faible capacité, peut être constitué avec deux cylindres télescopiques de.laiton (fig. 9), le cylindre de plus petit diamètre rentrant à frottement doux dans le plus grand, et étant également recouvert de papier paraffiné. Naturellement, plus le diamètre des cylindres sera grand, plus on aura de capacité. On peut même intercaler un ou plusieurs de ces cylindres mobiles dans un groupe de condensateurs à lames, pour réaliser une échelle de variations à peu près régulière.
- Fig. io. Balleries de condensateurs.
- Récepteur téléphonique. — Plus il y a de fil sur les bobines, meilleur est le téléphone. De là la nécessité de recourir à un fil d’un diamètre très faible : 1/100 ou 2/100 de millimètre. Naturellement, ce faible diamètre détermine une grande résistance, mais cette résistance n’intervient nullement comme facteur de sensibilité; elle n’est que la conséquence du faible diamètre du fil. Donc, il 11c faut jamais intercaler de résistance sur le circuit téléphonique. " Lucien Fouiuxier,
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- L’ATELIER ET LES TRAVAUX D’AMATEUR
- Les travaux d’atelier, les « bricolages » constituent une des distractions les plus appréciées, surtout à la campagne où l’on peut souvent consacrer une pièce d’habitation spécialement à cet usage.
- Comment organiser cette pièce.
- Dans l’exposé qui suit, nous procéderons par ordre d’utilité pratique, de telle façon que l’amateur
- à la suite de chocs ou de la chute de pièces lourdes.
- Les murs seront peints à l’huile en blanc ou en une teinte excessivement claire. Le blanc de zinc est ici préférable, car il ne brunit pas comme la cérusè sous l’influence des émanations sulfureuses inévitables.
- Le matériel et l’outillage. — Il n’y a point de règles fixes et l’installation dépend dos genres de
- pourra pousser son organisation aussi loin que ses moyens le lui permettront et la compléter peu à peu, suivant ses goûts.
- Le local. — Lorsque les circonstances permettront le choix, la préférence devra être accordée à une pièce bien éclairée, d’accès facile, pas humide, et située au rez-de-chaussée, afin d’éviter les trépidations et la résonance des planchers.
- Le sol sera carrelé ou cimenté plutôt que parqueté : il est ainsi plus facile de le nettoyer, de le laver et d’y faire au besoin des scellements; un autre revêtement à recommander est l’asphalte dont on se sert pour les trottoirs des villes, on le répare facilement lorsqu’il est détérioré par endroits
- travaux auxquels on veut se livrer; néanmoins, il sera indispensable d’avoir un bon établi de menuisier muni de son étau en bois, ainsi que d’un valet et d’une sauterelle pour maintenir le bois que l’on veut débiter, scier, raboter, etc., et ce meuble sert encore de support rigide pour poser les pièces de bois ou de métal que l’on travaille.
- Il est un autre instrument d’une utilité incontestable, c’est le tour à bois : le modèle que nous adopterons sera monté sur banc en bois avec coulisse en fonte rapportée ; il est plus précis que le banc tout en bois et moins sujet à la rouille que les bancs entièrement métalliques; sur ce banc sont fixées les trois pièces essentielles du tour : la contre-
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- 10 ....L’ATELIER D’AMATEUR
- pointe, le support à main et la poupée qui maintient la pièce à tourner en lui donnant le mouvement de rotation transmis par un volant et une pédale; cette poupée peut être « à bidet » ou « à manchons », lorsque l’axe peut se déplacer latéralement, et, dans ce cas, des manchons de bronze munis de pas de vis variés permettent de régler ce déplacement de manière à fileter aisément et avec précision ou de faire des colonnes torses. On peut, il est vrai, faire des pas de vis à la main sur un tour à bidet en déplaçant la main, mais il faut une grande habitude pour les faire ainsi régulièrement et nous conseillerons plutôt le modèle à manchons ; le mieux serait encore d’avoir deux poupées, une de chaque système, car les poupées à bidet présentent moins de jeu et conviennent mieux aux travaux délicats ou de précision. Ces tours à bois permettent également dé tourner le culatc.
- Le tour à métaux, qui rend des services appréciables pour les travaux de mécanique, ne dispense pas du précédent qu’il ne peut' remplacer ; il est d’ailleurs d’un prix assez élevé et exige la force motrice, le fonctionnement au pied étant extrêmement fatigant et souvent même impraticable. Pour les amateurs qui peuvent s’offrir ce luxe, nous recommanderons l’emploi d’un moteur électrique d’un demi-cheval actionnant directement le tour, avec rhéostat de démarrage et de réglage permettant la mise en marche èi la vitesse voulue et l’arrêt à l’aide de chaînes munies de poignées au-dessus du tour, à portée de la main, ainsi que l’interposition d’un interrupteur spécial relié à une pédale permettant également l’arrêt comme mesure de sécurité; les engrenages seront recouverts d’une boîte mobile qui les abritera entièrement.
- L’outillage est naturellement ce qu’il y a de plus important dans l’atelier.
- Pour le travail du bois, il est indispensable d’avoir un ou deux marteaux, quelques scies, dont une un peu grosse pour débiter rapidement les grandes pièces, un vilebrequin avec un assortiment de mèches et une fraise, un rabot et, si l’on a l’intention d’entreprendre des travaux plus importants, une varlope ; on ajoutera un assortiment de ciseaux, de gouges et de râpes, un maillet en bois et une équerre. Les scies à découper, dont on trouve quantités de modèles ne présentent à notre avis qu’un intérêt très restreint, car elles ne peuvent guère servir qu a confectionner ces objets en bois ajouré qui sont rarement de bon goût et en tout cas d’une utilité bien contestable.
- Pour les métaux, l’on se munira de limes de formes variées et de tailles bâtardes et douces, d’une scie à lame mobile, de pinces plate, coupante et ronde ordinaires et d’une pince coupante américaine à levier pour sectionner sans effort des épaisseurs de métal assez grandes, d’une filière avec plusieurs coussinets et les tarauds correspondants pour fileter et enfin d’un pied à coulisse pour mesurer les dimensions.
- Pour le tour, un petit nombre d’outils est nécessaire : quatre ou cinq gouges rondes (fig. 3, n° 6)
- de largeurs assorties qui permettent presque à elles seules d’effectuer tous les travaux, deux ou trois ciseaux plats, un bédane très mince (2 mm) pour couper les pièces tournées et finies (fig. 5, n° 8), un grain d’orge et quelques paires de peignes pour les pas de vis. Pour le cuivre, deux ou trois outils (fig. 3, nos 12,13, IL) et quelques peignes également (fig. 3, nos 9, 10). Enfin, et c’est là l’essentiel, quelques mandrins pour fixer les pièces à tourner : mandrin à trois pointes, queue-de-cochon (fig. 3, nos 1, 2) et mandrin universel américain à mâchoires (fig. 3, n° 3), indispensable-pour tourner le cuivre et qui permet en blitrc .de percer des trous de toutes dimensions, dans tous les métaux à l’aide do forets hélicoïdaux;
- JnstaIlation.de l’atelier. — Le tour devra être placé le plus près , possible d’une fenêtre, de telle façon que l'amateur, en s’en-servant, reçoive le jour de face; l’établi sera mis en un endroit bien éclairé; le jour arrivant de côté. Il est commode également d’avoir une petite table un peu haute, solide et bien fixée par des scellements, et destinée à recevoir lin étau en fer afin de maintenir sans ébranlements les pièces de métal à scier, buriner ou limer ; on pourra y joindre également un étau limeur, d’un emploi très pratique pour la petite mécanique.
- A proximité du tour et de l’établi sera appliquée au mur une petite armoire à tiroirs ou à casiers, destinée à recevoir les outils et permettant de les avoir toujours sous la main. Les bancs de tour et les établis sont, il est vrai, munis de rainures destinées à recevoir les outils, mais nous ne conseillons pas de les y mettre, car s’ils ne sont pas bien enfoncés dans le manche, les trépidations peuvent les faire tomber à terre sur le tranchant, qui est endommagé.
- Les gros outils tels que : scies, vilebrequin, etc., peuvent être pendus au mur ou mieux sur une planche en bois munie de clous à crochet. Sous cette planche on pourra disposer une tablette qui recevra le matériel nécessaire pour souder.
- Dans un coin sera placée une petite meule en grès à main ou au pied pour affûter les outils, affûtage que l’on achèvera avec une pierre d’Amérique.
- Travaux que l'on peut exécuter dans l’atelier. — Tout d’abord, il faudra la matière première ; des planches, du bois pour le tour et des métaux. On peut se procurer partout des planches de sapin et de chêne, mais les bois fins ne se trouvant guère que dans les grands centres, on fera bien d’en avoir une certaine provision : du hêtre, du noyer et un peu de placages. Pour le tour : des bûches, des morceaux d’arbre font très bien l’affaire.
- On les débitera à l’aide de la scie et de la hache ; néanmoins tous ne sont pas également bons, le peuplier par exemple est presque inutilisable, le sapin et le chêne ne conviennent qu’aux travaux assez grossiers, pieds ou colonnes de meubles, etc. ; le buis est le bois idéal pour les travaux fins. Comme métaux, l’on trouvera le nécessaire chez presque tous les bons quincailliers.
- Maintenant que l’atelier est prêt à fonctionner,
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- Fig. 2. — Installation pratique d’un tour à métaux au moteur. '
- que peut-on y faire? On pourra commencer par de menus travaux de menuiserie, tiroirs, casiers, boutons pour manœuvrer les tiroirs, colonnes moulurées ou divers petits ornements. Une fois que l’on se sera exercé sur ces travaux faciles, on pourra aborder l’ébénisterie fine, exécuter de véritables meubles; ici les placages et la marqueterie seront tout indiqués pour la décoration.
- Le tour servira à la confection d’une infinité d’objets tels que poignées et manches d’outil, ronds de serviettes, boîtes, coquetiers, dévideuses, etc. Le cuivre ou laiton en tiges de différents diamètres permettra d’exécuter toutes les pièces variées en usage dans la petite mécanique et notamment dans les constructions d’appareils électriques.
- Des mandrins variés (fîg. 3, nos4, 5), très faciles à confectionner, seront recouverts de papier de verre ou de toile d’émeri, de peau ou de drap, et serviront à polir rapidement et sans peine le bois et les métaux.
- Enfin, l’atelier permettra à l’amateur de réaliser lui-même, selon ses propres conceptions des installations de force motrice, d’éclairage comme celles dont nous allons, dans ce qui suit, donner quelques exemples.
- La force motrice dans la maison de campagne. — Utilisation des moteurs d’automobiles. — La force motrice peut être fournie soit par les éléments naturels, chute d’eau, rivière, vent, soit par un moteur. Nous laisserons de côté les trois premiers cas, qui exigent toujours l’intervention de l’homme de l’art.
- Nous ne nous occuperons que. des moteurs à explosion qui, seuls, présentent un intérêt pratique pour une installation d’amateur. On en construit de deux genres : les moteurs fixes à gaz ou à essence, qui ont un régime de rotation assez lent et les moteurs d’automobile, à essence, qui tournent à une vitesse beaucoup plus considérable. Les premiers sont évidemment préférables pour les usages domestiques, la régularité de leur fonctionnement est parfaite, mais ce sont des machines coûteuses et que l’on ne rencontre pas en général d’occasion si facilement et surtout à si bon compte que des moteurs provenant de vieilles voitures automobiles ou de motocycles.
- Avant d'acquérir un tel moteur d’occasion, on s’assurera qu’il est en état de fonctionner, c’est-à-dire que le bâti, les cylindres, les pistons et le volant sont intacts, car les petites pièces telles que les soupapes, ressorts, segments, paliers en bronze, peuvent facilement se changer. De plus, l’on accordera la préfé-
- Fig.r_3. — Les principaux outils de l’amateur..
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- rence aux modèles à plusieurs cylindres si possible et à refroidissement par circulation d’eau. Si la culasse était -simplement pourvue d’ailettes, il serait difficile de produire un courant d’air suffisant pour empêcher réchauffement, mais l’on pourrait remédier à cet inconvénient dans une certaine mesure en entourant la culasse dans le fond des ailettes avec un tube de cuivre à parois minces dans lequel on établirait un courant d’eau.
- La première chose affaire pour utiliser ces moteurs, c’est de les fixer sur un support solide ; à cet effet, on remarquera qu’ils portent sur les côtés, à la jonction des culasses avec le carter qui renferme les manivelles, des parties qui dépassent et sont percées de trous destinés à recevoir des boulons qui les réunissent au châssis de la voiture. On remplacera le châssis absent par deux morceaux de fer cornière de longueur suffisante et de grosseur proportionnée au poids du moteur et percés de trous correspondant à ceux qui doivent recevoir les boulons de fixation ; on assujettit ces pièces sur un bâti en bois ou en fer ou sur deux petits massifs de maçonnerie qu’il est très facile de construire soi-même.
- Il ne reste plus qu’à disposer dans le voisinage du moteur un réservoir pour l’essence relié au carburateur et à établir la circulation d’eau pour de refroidissement de la culasse; comme en général l’on est obligé d’économiser l’eau à la campagne, on placera un réservoir, le plus grand possible, à un niveau, supérieur à celui du moteur et on assurera la circulation par le principe du thermo-siphon ; un tuyau de gros diamètre partant de la partie inférieure du réservoir est réuni à l’orifice qui se trouve en bas de la culasse du moteur, et le retour de l’eau chaude se fait par un autre gros tuyau partant du haut de la culasse et aboutissant vers le haut du réservoir.
- Il faut en outre réduire au minimum les inconvénients provenant du bruit et adapter à l’échappement un tuyau de fer qui conduit les gaz brûlés à l’extérieur, et qui porte à son extrémité une boite d’échappement que l’on peut remplacer à la rigueur par un cylindre de tôle (morceau de tuyau de poêle) fermé aux extrémités et percé de trous sur les. côtés. Lviter avec soin le voisinage de matériaux combustibles.
- Tous les moteurs sont munis d’un petit ajutage destiné à recevoir l’huile de graissage; ne pas oublier d’y visser un petit tube de cuivre rejoignant un bon graisseur laissant couler l’huile goutte à goutte.
- On profitera de tous les moyens de réglage dont le moteur est susceptible, soupapes commandées, avance à l’allumage, étranglement de l’arrivée des gaz, les moyens variant avec chaque système de moteur. La commande de ces réglages se fera par l’intermédiaire de tiges métalliques reliées à des manettes que l’on peut fixer sur le massif de support.
- Eclairage électrique. — Lorsqu’on dispose d’une source de force motrice, on doit songer tout naturellement à l’utiliser pour l’éclairage électrique.
- Avant toutes choses il faut avoir une dynamo à
- courant continu donnant une différence de potentiel de 55 à 110 volts; l’installation est plus économique en employant un courant de 55 volts (tension minimum pratique pour le fonctionnement de lampes à arc), mais si les canalisations sont longues ou si la source de courant est dans un local éloigné, il sera préférable d’avoir une tension plus élevée à cause de la perte de courant sur les lignes.
- Les dynamos devant tourner à une vitesse déterminée, on choisira autant que possible une vitesse correspondant à celle du moteur et on pourra les réunir par une transmission directe comme dans les petits groupes électrogènes du commerce ; sinon, il faudra relier par une courroie le moteur à la poulie de la dynamo dont le diamètre sera choisi en conséquence.
- Il serait peu pratique de s’éclairer avec le courant ainsi produit, car il serait difficile de lui assurer une constance suffisante et il faudrait laisser tourner le moteur tout le temps qu’on désire avoir de la lumière, ce qui serait très incommode la nuit. L’installation sera donc complétée par une batterie d’accumulateurs que l’on rechargera dans la journée et qui fourniront ensuite du courant pour la soirée. On prendra ces accumulateurs d’une capacité assez grande pour permettre le fonctionnement de tous les appareils d’utilisation du courant, lampes, ventilateurs, etc., pendant au moins une dizaine d’heures. Par exemple si l’installation comporte 20 lampes de 25 bougies sous 55 volts, soit une consommation de 10 ampères, il faudra des accumulateurs d’une capacité utilisable de 100 ampères au minimum.
- Pour faciliter la manœuvre de la batterie, on construira un tableau de distribution en bois de chêne fixé à une quinzaine de centimètres du mur et portant les appareils suivants : un interrupteur double et deux coupe-circuits permettant de relier la batterie d’accumulateurs aux fils d’amenée du courant à l’installation ; un autre interrupteur double permettant de relier la batterie à la dynamo pour la charge, ou préférablement un commutateur-disjoncteur facile à établir soi-même de toutes pièces, avec des plombs fusibles de sécurité et un rhéostat pour régler le courant de charge ; un ampèremètre et un voltmètre pour pouvoir contrôler la charge ou la décharge des accumulateurs et enfin, si la dynamo est à excitation séparée, un rhéostat permettant de régler cette excitation. Comme la force électromotrice des accumulateurs décroît pendant la décharge, il est indispensable d’avoir cinq ou six éléments supplémentaires qu’on rajoutera peu à peu pendant là décharge afin de conserver la lumière à peu près constante. Il existe des appareils automatiques qui ajoutent les éléments quand le courant baisse, mais ils sont assez compliqués et coûteux.
- Ajoutons enfin que, par un dispositif très simple, on peut relier les accumulateurs à la dynamo (par l’intermédiaire d’un rhéostat) de manière à utiliser celle-ci comme moteur pour la mise en marche du moteur à essence, ce qui évite toute peine.
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- La pose des canalisations ne présente aucune difficulté : le fil de cuivre, d’un isolement de 500 me-gohms et d’une section calculée à raison de 5 ampères par millimètre carré, sera placé sous moulures en bois ; dans les endroits h u m i d e s, o n
- prendra du fil isolé à 600 mé-gohms qui sera tendu sur des isolateurs en porcelaine de manière à ne point toucher les murs; pour les lignes souterraines de peu d’étendue, on pourra très bien se contenter de fil sous plomb que l’on posera dans une petite tranchée de 50 à 40 cm et qu’on recouvrira d’une couche de sable fin avant de remblayer la tranchée, pour éviter que des pierres à angles vifs n’entament l’enveloppe de plomb. Dernière recommandation : bien souder toutes les jonctions de fils à l’étain en n’employant que la résine comme mordant.
- Voici un exemple de disposition des appareils pour une petite installation à 55 volts.
- Les accumulateurs fraîchement chargés ont une force électromotrice de 2 volts environ, qui descend à 1 volt 8 vers la fin de la décharge ; il faudra donc,
- : 13
- pour entretenir le courant de 55 v.,
- ou 28 élé-
- 2a
- rnents au début et ou 51 élé-
- 1,8
- ments à la fin. Le groupement de ces accumulateurs^ peut se faire de deux façons : la première consiste à avoir une batterie de éléments dont on utilise d’abord 28 éléments, les trois autres étant ajoutés un à un au fur et a mesure de Rabaissement du potentiel; pour la seconde, il faut avoir une batterie de 54 éléments, les trois derniers étant placés « en opposition », c’est-à-dire que ces trois éléments sont groupés en série dont le pôle positif est relié non plus au négatif, mais au positif du reste de la batterie : on comprend par suite que chacun de ces trois éléments abaisse de 2 volts la force électromotrice de la batterie et que, par suite, il faudra les mettre tous les trois en service au début de la décharge, et les retrancher successivement. Ce procédé, qui a le seul inconvénient de nécessiter trois éléments de plus, a le grand avantage de simplifier la charge de la batterie, car ces trois éléments restent toujours chargés par le courant qui les traverse et il suffit de rechar-
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- Fig. 4. — Force motrice. — Installation de fortune avec un vieux moteur d'auto.
- Fig. 5. — L’installation de l’éclairage électrique. Dynamo èt accumulateurs.
- A, interrupteur de la dynamo; B, interrupteur du circuit d’éclairage ; C et D, interrupteur du voltmètre; E, ampèremètre de charge; F, voltmètre; G, ampèremètre d'éclairage; H, rhéostat; I, commutateur à plusieurs directions; K, disjoncteur ; L, coupe-circuit.
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- Fig. 6. — Modèle de disjoncteur automatique de construction simple.
- ger les 51 autres éléments ensemble, tandis que par la première méthode, les trois éléments que l’on ajoute en série se déchargent inégalement, ce qui nécessite certaines précautions au moment de la charge afin de ne pas les surcharger outre mesure.
- Dans la pratique, on aura un ou deux éléments d’accumulateurs de plus que le nombre strictement nécessaire, afin de compenser les pertes dans la canalisation et changer au besoin un élément en cas d’accident.
- La disposition des appareils est nettement indiquée sur la figure 5. La dynamo de charge est du type dit « shunt » ou en dérivation : l’enroulement de l’inducteur est branché en dérivation sur l’induit par l’intermédiaire du rhéostat, ce qui permet de régler le courant qui doit y circuler. Les pôles de la dynamo sont réunis respectivement aux extrémités de la batterie en passant par des coupe-circuits, un interrupteur A, un ampèremètre de charge et un disjoncteur automatique ; cet appareil très simple à construire soi-même, ainsi que nous l’expliquerons plus loin, a pour but de couper le courant lorsque la charge des accumulateurs est suffisante, car il faut éviter à tout prix la décharge de la batterie à travers la dynamo, ce qui pourrait avoir les conséquences les plus funestes pour la dynamo ou la batterie.
- Le commutateur à plusieurs directions qui sert au réglage de la décharge des accumulateurs, permet également de recharger moins longtemps les éléments supplémentaires si ceux-ci sont en série, ou de les laisser isolés s’ils sont montés en opposition. L’ampèremètre dé charge indique à chaque instant le régime de charge de la batterie, ce qui est très important, car ce régime doit être réglé dans dés limites données pour assurer le bon fonctionnement des accumulateurs, Enfin le voltmètre peut être mis en dérivation sur le circuit de charge à l’aide du petit interrupteur en porcelaine G qui permet de le mettre en service au moment de faire une lecture et de ne pas.le laisser branché en permanence.
- Pour charger la batterie, tous les interrupteurs étant ouverts, on met la dynamo en marche à sa vitesse normale et l’on fait varier le rhéostat jusqu’à-ce que l’on ait au voltmètre un potentiel un peu su-
- périeur à celui de la batterie; on ferme alors l’interrupteur A, puis le disjoncteur, et la batterie se charge; on agit alors sur le rhéostat, de manière à amener le débit (indiqué à l’ampèremètre) à sa valeur normale.
- La batterie une fois chargée, on ouvre l’interrupteur A et on ferme l’interrupteur B qui la met sur le circuit des lampes. L’ampèremètre d’éclairage indique à chaque instant le courant débité et le bouton D permet de consulter le voltmètre et de I s'assurer ;si le potentiel est à la valeur voulue ; le 'j commutateur à plusieurs directions sert à régler ce voltage. Il faut toujours consulter le voltmètre pendant que la batterie fonctionne, car les accumulateurs accusent toujours une différence de potentiel plus élevée aux bornes lorsqu’ils ne débitent pas.
- Tous les appareils de ce tableau se trouvent dans le commerce à un prix minime, sauf peut-être le disjoncteur dont la construction est si simple qu’on aura avantage à l’exécuter soi-même.
- La figure 6 indique suffisamment par elle-même le fonctionnement de cet appareil. Un électro-aimant A fixé sur une planchette isolante en ardoise, marbre, fibre, ou bois recouvert de carton d’amiante, est muni d’un enroulement de fil de cuivre isolé par deux couches de coton et d’un diamètre assez grand pour laisser passer sans échauffement la totalité du courant de charge et n’offrir qu’une faible résistance ohmique : il faudra prévoir au moins 1 millim. carré de section par 2 ampères. Cet électro-aimant peut attirer une pièce mobile B C D dont la partie B au moins soit en fer doux; cette pièce pivote autour d’un axe C et porte une pièce de cuivre (D) en forme de U fixée par l’intermediaire d’une plaque de fibre E E destinée à l’isoler ; en regard de chacune des branches D D de cette pièce l’on dispose de petites lames de cuivre F F venant pincer ces branches lorsque la pièce B est en contact avec le fer de F électro-aimant et laissant au contraire un écart de quelques centimètres lorsque la pièce B retombe. Un taquet T limite le déplacement du système mobile et un ressort R dont on peut changer la tension maintient la pièce B éloignée de F électro-aimant.
- La dynamo de charge étant mise en marche à sa vitesse normale, on commence par fermer l’interrupteur A du tableau, puis on soulève la poignée P du disjoncteur : le courant passe alors par les pièces F et 1) et l’électro-aimant, et
- Fig. ~. — Autre modèle simple de disjoncteur automatique.
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- maintient la pièce B dans cette position. Lorsque la charge des accumulateurs est complète ou lorsque la dynamo faiblit par suite d’un défaut de fonctionnement du moteur ou pour toute autre cause, le courant tend à passer de la batterie dans la dynamo, c’est-à-dire à se renverser ; il faut donc, pour changer ainsi de sens, que ce courant commence par diminuer, puis à être nul à un instant donné : dès qu’il en est ainsi, l’électro-aimant du disjoncteur cesse d’attirer la pièce B avec une force suffisante pour la retenir et le ressort R la ramène contre le taquet en coupant en même temps le courant par les pièces D et F. On peut facilement disposer sur le taquet T un contact de sonnerie pour prévenir à distance que la charge est terminée ou que le moteur a besoin de soins.
- La fig. 7 représente un autre modèle de disjoncteur. L’électro-aimant- est fixé en E et attire la pièce de fer doux P et le ressort R tend à maintenir le disjoncteur ouvert. Bans ces deux systèmes la force du ressort sera réglée de manière à assurer la rupture du courant lorsque l’intensité débitée devient trop faible.
- On pourra employer le courant à actionner de petits ventilateurs, des bouilloires, des lampes à arc qui porteront la marque de fabrique de l’atelier d’amateur. Pour les ventilateurs, il suffit de prendre un de ces petits moteurs jouets que l’on trouve partout, de le démonter et de remplacer les enroulements, qui sont normalement destinés à l’usage des piles et par suite en fil assez gros, par du fil très fin, par exemple du fil de cuivre de 15 à 20 centièmes de millimètre de diamètre isolé à la soie '(qui tient moins de place que le coton). Il sera souvent nécessaire de renforcer les petites pièces de métal qui constituent le collecteur, car il est impossible d’éviter la production d’étincelles de rupture assez fortes à cet endroit; on pourra néanmoins y remédier dans une certaine mesure en reliant les bornes du petit moteur à un condensateur formé de feuilles de papier d’étain séparées avec du papier paraffiné. Les ailettes seront découpées avec de vieux ciseaux dans un morceau de fer-blanc ou mieux de laiton en feuille et on leur donnera à la main l’inclinaison nécessaire. Si enfin le petit moteur tourne avec une fougue trop ardente on intercalera une résistance ou meme une lampe à incandescence dans son circuit.
- Pour terminer, quelques mots des lampes à arc. Ces appareils ont eu beaucoup à souffrir de la concurrence des lampes à filament métallique.
- Néanmoins, elles s’imposent dans certains cas où il est né^-cessaire d’avoir une intensité
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- lumineuse très considérable, pour les projecteurs, l’éclairage de vastes étendues, etc. Elles peuventrendre également de grands services pour la photographie et surtout pour le tirage des épreuves la nuit. Ces lampes en général coûtent fort cher, aussi aura-t-on avantage à en confectionner une soi-même : celle qui est représentée figure 8 est d’une construction des plus simples et fonctionne parfaitement, son seul défaut est de ne pas avoir un foyer lumineux fixe. Elle se compose d’une bobine confectionnée avec des feuilles de laiton, et dont la joue inférieure est en métal plus épais, d’environ 2 millim., et de dimensions suffisantes pour y fixer des bornes de prise de courant et un porte-charbon. Sur cette bobine est enroulé un gros fil de cuivre isolé au coton seul, d’un diamètre en rapport avec le nombre d’ampères que la lampe doit consommer ; une extrémité de ce fil est reliée à une borne vissée sur la plaque de laiton par l’inter-: médiaire de rondelles de fibre isolante ; l’autre extrémité est reliée, à l’aide d’un morceau de fil souple nu enroulé en spirale, au porte-charbon mobile. Ce porte-charbon consiste en une -tige de fer coulissant très librement dans le trou central de la bobine et muni d’une pince .en métal destinée à recevoir le charbon. Sur la partie droite de la plaque, est fixée une tige de cuivre qui se visse dans une borne et que l’on isole de la plaque au moyen de fibre (vulcanisée ; à la partie inférieure, une pince métallique reçoit le second charbon.
- Le fonctionnement est des plus simples : le courant traverse la bobine, passe par le charbon mobile, puis le charbon fixe ; la tige de fer qui porte le charbon mobile est aspirée à l’intérieur de la bobine et l’arc s’établit. S’il ne restait pas fixe et si la tige mobile prenait un mouvement de vibration, il serait nécessaire de diminuer le nombre de spires de la bobine ou d’augmenter le poids de la partie mobile jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun tremblement. Pour l’installation^' définitive 'de cette lampe il est nécessaire de lui adjoindre un rhéostat destiné à régler le courant consommé; rappelons que l’arc a besoin d’une différence de potentiel de 45 à 45 volts ; si donc la distribution est à 55 volts, le rhéostat prendra environ 10 volts et sa résistance en ohms devra être de 10
- I étant le nombre d’ampères qui doit être consommé ; pour l’usage pratique, ce nombre pourra varier de 5 à 10 ou 12 suivant l’intensité d’éclairage désirée. Un simple inter-| rupteur permettra l’allumage ou l’extinction. L’arc électrique est un foyer de chaleur intense, donc à éloigner de toute matière combustible. J. Dubreton.
- Fig. 8. — Lampe à arc. Construction d’amateur.
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- HYGIÈNE ET CONFORT DE L'HABITATION DE CAMPAGNE
- Emplacement, orientation et aménagement intérieur. — À quoi reconnaître qu’une maison est judicieusement construite?
- Tout d’abord, il est indispensable que l’emplacement ait été bien choisi, car s’il est relativement facile de se préserver de l’humidité pendant la construction, il est très difficile d’en combattre les effets quand elle existe. D’accord avec l’hygiène, 1 esthétique indique qu’il est préférable de bâtir sur une
- — Plan des fondations —
- [Siphon
- Puisard
- Fig. i. — Plan des fondations d’une maison de campagne, et du drainage.
- hauteur ou à mi-côté, que dans un bas-fond; l’endroit sera abrité du Nord-et de l’Est, non encaissé et de maniéré que la circulation de l’air se fasse librement tout autour. Un sous-sol sableux, du gravier, du'calcaire léger, constitùént'unc assise excellente, si toutefois la nappe d’eau souterraine n’apparaît qu’à-4 ou 5 m. environ. Cette condition de la perméabilité exclut, d’une part, les terrains argileux, parce que, retenant l’eau, ils ‘sont un facteur d’humidité et qu’ils exposent au glissement les constructions, et, d’autre part, les terrains de_roches dures, comme le granit et les calcaires compacts, qui, outre les difficultés qii’ils peuvent présenter à la construction, s’opposent à la destruction spontanée des déchets organiques par les phénomènes d’oxydation.
- Le niveau le plus élevé de la nappe d’eau souterraine ne doit pas s’approcher, en principe, à plus d’un mètre de celui des fondations ; ceci ne se rencontre pas toujours en pays de plaine, mais si la nappe est tellement superficielle qu’un drainage 11e puisse en abaisser le niveau, le terrain doit être considéré comme impropre à la bâtisse. Les figures 1 et 2 représentent le drainage d’une maison avec évacuation des eaux usées et collecte des eaux pluviales. Un
- R. de ch.
- Trottoir
- Drainage de protect'n. Pierres
- sèches AagRyfjfÇbi
- Dallage ciment
- Drainage de sécurité Tuyau
- Tuyau poterie
- Fig. 2. — Le drainage des eaux usées dans une maison de campagne moderne.
- excellent dispositif aussi, pour empêcher l’humidité tellurique de remonter par capillarité dans les murs, consiste à laisser autour des fondations un espace libre,' area, dans lequel l’air peut circuler aisément.
- L’orientation sera choisie en tenant compte du climat et de la dominante des vents violents et de la pluie. En France, les vents du Nord sont froids et ceux d’Oucst sont humides ; dès lors, la façade principale sera orientée au Midi. Si l’exposition à l’Est permet, dans la plupart des cas, de fournir à l’habitation un air sec et si la ventilation Est-Ouest est la plus efficace, l’exposition au Midi donne en hiver un soleil actif dans toute la pièce, alors qu’en été les rayons solaires ne pénètrent que dans la partie proche des fenêtres, laissant le
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- HYGIÈNE ET CONFORT DE L’HABITATION =:=:== 17
- .reste de la pièce dans la pénombre et la fraîcheur.
- L’hygiéniste Knauff a montré que d’octobre'à mai la quantité de chaleur reçue,par un mur exposé au Midi esrisupérieure à la somme des chaleurs reçues
- Hourdis
- Plancher en fer
- Enduit-
- Parquet
- Planchers en bois
- Fig. 3. — Les planchers.
- par les murs exposés à l’Est et à l’Ouest, l’inverse a lieu de mai à octobre. Par conséquent, dans la recherche du plan, il ne suffit pas de se borner a placer les ouvertures importantes sur les parties agréables du paysage, mais aussi d’orienter les pièces principales au Sud et à l’Est, les cuisine et service au Nord, alors qu’à l’Ouest, on placera le moins d’ouvertures possible afin d’éviter les pluies et les vents.
- Sèche, la maison sera salubre, et pour cela, il faut que les murs aient une certaine épaisseur et que les matériaux de construction qui les composent soient réfractaires à l’humidité, mauvais conducteurs de la chaleur et perméables à l’air. En général, on donne aux murs de façade 0 m. 50 d’épaisseur lorsqu’on construit en pierres calcaires, et 0 m. 35 quand on utilise la brique cuite ; ces épaisseurs ne suffisent pas pour lutter contre les variations thermiques et il est bon de doubler la capacité isolante des parois par un revêtement intérieur en liège, d’au moins 0 m. 05 d’épaisseur.
- Les soubassements et le bas des murs doivent être faits des meilleurs matériaux, recouverts de ciment, afin d’être aussi imperméables que possible à l’humidité. Que le sol soit humide ou non, il y a avantage à établir dans les murs de façade, un peu au-dessus du sol extérieur, une assise absolument imperméable à l’eau : asphalte, plomb, grès, poterie, ete. ; faute de cette précaution, l’eau peut monter par capillarité à travers les pierres ou briques, et ainsi mouiller les murs et rendre la maison des plus malsaines. Le sol sur lequel s’étend la construction doit aussi être imperméabilisé, soit par un corroi d’argile bien pilonné, soit par une couche de béton avec dallage cimenté ou asphalté, de façon à empêcher la pénétration non seulement de l’eau du sol, mais aussi de ses gaz qui sont aspirés pendant la période hivernale par la chaleur des pièces chauffées. Enfin l’habitation sera entourée d’un trottoir cimenté ou simplement pavé avec joints cimentés afin, de refouler les eaux de pluie et ainsi protéger les fondations (fig. 2).
- Pour la couverture, on préférera lès tuiles mécaniques, parce qu’elles sont actuellement le meilleur écran antithermique. L’insalubrité des combles qui sont soumis à de grandes variations de température, sera atténuée, en couvrant de voligcs les chevrons supportant la toiture et en comblant l’intervalle compris entre la volige et la tuile par une substance isolante légère : laine de scories, terre d’infusoires, liège, etc. (fig. 4). 11 importe enfin que l'inclinaison du toit permette l’écoulement rapide de l’eau dans les gouttières et que. le sommet des murs soit parfaitement protégé. Les chéneaux ou gouttières placées sur entablement, ne sont pas à recommander, s’ils sont mal construits ou mal entretenus, ils peuvent laisser couler les eaux sur les murs; il vaut mieux que la gouttière soit indépendante du mur à laquelle on la reliera par des crochets suffisamment nombreux. Formant saillie, la toiture protégera plus efficacement les pignons contre les pluies.
- Passons maintenant à l’aménagement intérieur. Les planchers, quels qu’ils soient, doivent être étanches pour ne laisser s’accumuler aucune poussière dans l’entrevous. On propose dans ce but des applications de paraffine bouillante, de cires, de mastics, etc. Mais toutes ces substances ont le défaut de se prêter mal aux variations de volume que subit le bois. Le mieux est de combler l’entrevous avec des matières légères, imputrescibles, peu combustibles, non conductrices de la chaleur et du son : terre, d’infusoires, briques creuses, granulés de liège hourdis au mortier de chaux hydraulique (fig. 3) et d’utiliser comme revêtement les pâtes de bois : xylolith, porphyrolith, terrazolith, etc., composés de sciure de bois pulvérisée additionnée de sels divers (chlorures, magnésie) et d’amiante, qu’on étale à l’état pâteux en couche uniforme et qui durcit rapidement. Les plinthes protégeant le bas des parois devront être engagées dans une rainure dans le plancher, de manière à éviter les amas de poussière au pied de ces parois.
- Les plafonds auront le moins possible d’anfractuosités; leurs intersections avec les parois seront arrondies ainsi que celles formées par les parois
- Chevron Carreaux deliège
- Fig. 4. — La toiture.
- entre elles. L’enduit au plâtre sera recouvert de peinture à la colle ou à l’huile, ou, ce qui vaut encore mieux, blanchi à la chaux. Eviter l’emploi du bois en raison du risque d’incendie, ensuite parce qu’il permet de laisser passer par les joints des frises la poussière venant du hourdis et du plancher au-dessus.
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- HYGIÈNE ET CONFORT DE L’HABITATION
- Fig. 5. — Ventilateur à soupape du commandant Renard.
- Aération et chauffage. — 11 peu! paraître superflu de parler d’aération pour des habitations à la campagne le plus souvent isolées. Â quoi servirait cependant d’avoir des pièces spacieuses, si les gaz fétides et irrespirables s’y accumulent et s’imposent de nouveau à la respiration ? Tou te pièce habitée doit être parfaitement aérée en procédant plusieurs fois par heure à l’ouverture des fenêtres. En plus de cette ventilation intermittente, on favorisera la ventilation par Tusage de vitres perforées (Appert), ou de vitres contrariées (Dr Castaing).
- Tous ces appareils ou dispositifs doivent être complétés par une conduite d’évacuation de l’air vicié qui, de plus, en été, éliminera l’air chaud stagnant dans la partie haute de la pièce. C’est l’absence d’évacuation de l’air vicié qui rend si désagréable le chauffage par radiateurs ou bouches de chaleur. Citons, comme type de conduit, le ventilateur à soupape du Commandant Renard qui empêche le refoulement du dehors; il se compose (fig. h) d’une boîte en zinc, placée dans le plafond et s’abouchant, daine part dans la chambre, d’autre part dans la cheminée ou de préférence dans un conduit spécial côtoyant la cheminée. Derrière l’orifice intérieur, muni d’un grillage, vient s’appuyer un rideau de soie qui forme clapet, permettant l’issue de l’air chaud, vicié, et, obturant l’orifice en cas de renversement du courant, d’air.
- Une cheminée forme un bon système de ventilation s’il y a une arrivée suffisante de l’air dans la pièce.
- (Nous ne parlerons pas du chauffage, problème qui, nous le souhaitons, ne se posera pas pour nos lecteurs durant leur villégiature. Rappelons seulement que les cheminées, comme on en trouve parfois à la campagne, à large manteau ou à hotte en saillie, gaspillent réellement le combustible, aussi leur emploi ne se comprend que si le bois ne coûte que la peine de le ramasser et de le transporter à la maison. Les cheminées à rideau métallique mobile, bridant de la houille ou du coke dans une grille en fonte, ne sont pas meilleures, car elles ne chauffent que par rayonnement, à moins qu’on ne les munisse d’appareils récupérateurs (Fondet, Silhcrmann,...) ; seulement, dans ce cas, on introduit dans la pièce un air surchauffé qui peut parfois s’altérer par son contact avec les surfaces de chauffe.
- Signalons aussi, car la question a son intérêt, que l’on a songé à agencer pour le chauffage central des villas et maisons particulières le fourneau de cuisine ; ces sortes de cuisinières comportent deux foyers indépendants (un grand et un petit) , chacun pouvant assurer isolément les mêmes services culinaires. Le plus grand chauffe en outre un houilleur qui peut desservir des radiateurs et des postes d'eau chaude ou des baignoires (fig. 6) par une double canali-
- sation dans laquelle s’effectue une circulation intensive d’eau chaude. Ce système, qui assure à la fois trois services- : cuisine, chauffage des pièces et service d’eau chaude supprime en même temps les sujétions de la conduite d’une chaudière placée en cave; il n’encombre pas comme la chaudière au même niveau (à eau chaude), et n’exige pas un double foyer avec cheminée spéciale. D’excellents types de ces fourneaux a cuisine et chauffage » existent à l’heure actuelle.
- Eau et installations sanitaires. — L’eau est un des besoins fondamentaux. C’est de puits ou de citerne qu’elle proviendra le plus généralement.
- L’élévation de l’eau aura lieu, si le puits (ou la citerne) mesure moins de 10 m. de profondeur, par l’intermédiaire de pompes simplement aspirantes; au delà, on aura recours à des pompes aspirantes et foulantes placées dans le puits ou à d’autres systèmes : manège actionné par un cheval ou un Ane, moulin à vent, moteur à essence ou groupe moto-pompe.
- Les moulins à vent actuels sont, en somme, des turbines aériennes dans lesquelles on est arrivé à maintenir sensiblement constante la vitesse de rotation de la roue malgré les variations de puissance du vent. Dès que la poussée de celui-ci dépasse une certaine limite, le ressort, qui rend solidaires la roue et la girouette, cède, la roue s’efface et, ne présentant plus que sa tranche à l’action du vent, cesse de tourner; aussitôt que le vent faiblit et revient à sa vitesse normale, le ressort (ou un contrepoids) ramène la roue dans sa première position, toujours face à là brise grâce à la girouette. Pour l’utiliser à la commande do pompes élévatoires, on l’installe ordinairement au sommet d’un pylône en fer qui peut supporter en même temps le réservoir d’eau. Les pompes sont disposées directement au-dessous, et la transmission du mouvement de rotation du
- Fig. 6. — Chauffage central et distribution d’eau chaude par le fourneau de cuisine.
- moulin est opérée par de longues tringles plates en bois, articulées d’une part sur un excentrique et d’autre part sur la tige du piston de la pompe. Un moulin de 5 m. de diamètre tournant 12 heures par jour élève environ 25 m3 d’eau à 10 mètres.
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- HYGIENE ET CONFORT DE L'HABITATION 19
- Le moteur à essence peut fort bien être utilisé à élever de l’eau au moyen de pompes. S’il s’agit d’élever de grands débits, la pompe rotative ou centrifuge, peut être associée sur le même bâti en fonte au moteur, on a ainsi un groupe moto-pompe, outillage très puissant sous un petit volume.
- Ordinairement l’eau est amenée de la pompe dans un réservoir de distribution par des tuyaux en fonte, en fer ou en plomb suivant les cas. Souvent le réservoir est au point le plus élevé possible, soit sur une tour en maçonnerie ou un pylône en fer, soit dans les combles; l’eau partant de là est distribuée dans les canalisations par son propre poids. Cette disposition pour des installations particulières est loin d’êtré parfaite; les réservoirs ou châteaux d’eau sont coûteux, d’aspect pas toujours décoratif, et leur pression ne peut être suffisante que si on les fait très élevés. Quant aux réservoirs placés sous les combles, ils donnent une eau plus ou moins insalubre à cause des poussières provenant du toit et des agents de fermentation qui s’y déposent cl ne s’évacuent pas, cette eau s’échauffe outre mesure en été, gèle en hiver, enfin peut déborder et ainsi causer de sérieux dégâts.
- Aussi, est-il préférable de recourir au réservoir dit accumulateur de pression que l’on peut installer aussi bien dans la cave qu’au rez-de-chaussée de la maison. Ce réservoir est basé sur la compression de l’eau par de l’air ou de l’air par de l’eau ; par suite, si après la charge de l'accumulateur, on ouvre un robinet d’eau sur la distribution, l’eau est refoulée par la pression de l’air contenu dans l’accumulateur dans les tuyaux de distribution. Cette combinaison qui donne à l’eau la pression voulue en tous les points de la maison est fort ingénieuse et pratique. La mise en marche de cet appareillage peut se faire à bras ou par moteur.
- Lorsqu’on dispose d’une source ou d’un courant d’eau à quelque distance de la maison, on peut alimenter le réservoir de distribution sans aucune dépense de force motrice, simplement en empruntant au courant une partie de sa force vive par l’intermédiaire d’un bélier hydraulique. Cet appareil marche automatiquement sans exiger de surveillance et peut fonctionner avec une différence de niveau de 0 m. 20 seulement. Placé en contre-bas du niveau de provenance de l’eau, il en élève une partie à une hauteur d’autant plus grande que la différence de niveau entre la source et le bélier est plus forte. L’eau arrivant sous pression pénètre dans le
- bélier en soulevant un clapet et s’y emmagasine jusqu’à une certaine hauteur : lorsque le clapet retombe sur son siège, la colonne d’eau, subitement arrêtée dans son mouvement, réagit sur les parois de la conduite, soulève une soupape et s’échappe. À chaque coup de bélier, une certaine quantité d’eau pénètre dans le réservoir de refoulement en y comprimant un volume d’air déterminé; l’eau est. refoulée avec une grande vitesse par le tuyau pour venir se déverser dans le réservoir de distribution disposé à un niveau supérieur, son rendement est d’environ 70 pour 100 de la puissance disponible.
- L’évacuation des eaux et des résidus devra s’opérer le plus loin possible de l’habitation et du puits d’alimentation (voy. fig. 1) et, si on la fait aboutir dans un puisard, ce dernier devra être établi avec des matières nitrifiantes de façon à ne pas contaminer la nappe souterraine. Les ordures ménagères devront être portées en un point du jardin toujours éloigné du puits, dans une fosse étanche où on les arrosera chaque fois d’un lait de chaux afin d’éviter la fermentation et par suite le dégagement d’odeurs nauséabondes ; le mieux est encore de est brûler dans, le foyer de la cuisinière, incinération que l’on peut faciliter si on met les ordures sécher au préalable dans une boite qui serait mise contre le conduit de fumée. La fossé d’aisances devra être absolument étanche, ne posséder aucun angle et être ventilée par un tuyau débouchant au-dessus de la toiture; s’il s’agit d’une fosse septique celle-ci devra comporter des lits bactériens. Les cabinets d’aisances seront convenablement aérés, notamment en établissant le châssis avec 1 ou 2 verres perforés qui assureront ainsi une ventilation permanente; le sol et le soubassement seront construits en matériaux non susceptibles d’absorber l’humidité. Quant à la cuvette, en grès vernissé et de forme ellipsoïde, elle sera, soit à valve automatique sur axe en cristal fermant sans bruit, soit à mouvement de levier ; on évitera le type à crémaillère (*) ; l’abattant sera en chêne massif, ce qui constituera un ensemble facile à nettoyer et à désinfecter. L evier sera avec siphon avec prise de ventilation, ce qui le mettra à l’abri des mauvaises odeurs ; il en sera de même pour les' tables de toilette. M. Boüsqüet,
- Ingénieux’ architecte,
- Dii’ecteur des travaux municipaux de Dunkerque. '1. Yov. n“ des 15 et 22 mars 1915.
- Fig. — Distribution d’eau par réservoir accumulateur de pression.
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- L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE ET LES PARATONNERRES
- L’électricité atmosphérique. — Ou peut, aisément se rendre compte de la présence de l’électricité atmosphérique avec l’électromètre de Saussure très simple à construire à l’aide d’une bouteille en verre blanc et d’une tige métallique. La bouteille, de forme carrée de préférence, supporte une tige de métal, qui peut être creuse afin'de la rendre plus légère, ou de bois recouvert de papier d’étain, terminée en pointe à sa partie supérieure tandis que la partie inférieure qui pénètre à l’intérieur du goulot porte un électroscope formé de deux bandelettes coupées dans une feuille d’or battu et réunies bien à plat par une extrémité en les pinçant entre deux petits morceaux de métal quelconque, Un petit cône en zinc ou en laiton empêche la pluie de mouiller la bouteille. Quand ce petit appareil est mis dehors ou sur un toit, en un endroit un peu élevé, la pointe soutire l’électricité de l’air et les feuilles divergent, d’autant plus que l’air est plus chargé d’électricité. Par un temps orageux, le phénomène se manifeste très nettement; en touchant avec le doigt ou avec un corps métallique eu communication avec le sol la tige pointue, on décharge l’électromètre et les feuilles d’or retombent l’une contre l’autre. On peut enfin se rendre compte de la nature de l’électricité atmosphérique, négative ou positive, en approchant de la tige une baguette de verre ou d’ébonite que l’on frotte sur un morceau de laine bien sec. Si la divergence des feuilles augmente, l’électricité de l’air est de même signe que celle du verre frotté, soit positive ; si elle diminue, au contraire, elle est négative. Il sera bon de ne pas toucher à l’appareil pendant les orages.
- La tension électrique constatée varie suivant les lieux où l’électromètre est placé : elle est presque nulle près des forêts, dans les villes èt les agglomérations, car les arbres, les corniches, arêtes de toits, paratonnerres, etc., soutirent le fluide atmosphérique d’une manière continue; elle est au contraire très sensible dans les endroits bien dégagés, et même dans les villes sur les ponts ou au milieu des grandes places ainsi que l’a constaté Becquerel.
- Suivant la latitude et le climat, la tension électrique peut devenir assez considérable pour donner lieu à des manifestations telles que Je feu Saint-Elme ou les phénomènes constatés sur les plateaux des Montagnes Rocheuses, sur les plateaux Iraniens et même en Algérie et dont le regretté II. de Par ville
- a donné des descriptions très intéressantes dans scs Causeries scientifiques.
- Les paratonnerres. — Nous croyons utile de rappeler ici les règles d’établissement des paratonnerres, et la façon de les contrôler.
- Le paratonnerre se compose d’une tige métallique placée sur le sommet du toit, de la maison à protéger (fig. 5) et reliée à la terre par un câble métallique. La tige est en fer galvanisé de longueur variable : la Commission spéciale réunie en 1868 recommande de la fixer à 8 m. pour les tiges principales et à 5 m. 50 lorsqu’il s’agit d’un édifice occupant une grande surface et muni de paratonnerres sur les saillies les plus importantes. Cette tige est fixée à la charpente du toit à l’aide de boulons (fig. 5) et son extrémité supérieure est garnie d’une pointe que l’on faisait autrefois en platine,mais qui est actuellement presque toujours en cuivre beaucoup moins cher et donnant également de bons résultats ; la partie supérieure de cette pointe est en forme de cône plus ou moins effilé et certains fabricants disposent en dessous des rangées de saillies aiguës destinées à en augmenter l’action. Un serrage à vis permet d’assurer un contact parfait avèc le câble conducteur ; ce contact est en général complété par une lionne soudure (fig. 2).
- Le câble est en fer et se compose d’habitude de 4 torons de 15 fils de fer galvanisé de 2 mm de diamètre ; il descend jusqu’au sol en suivant un mur de l’édifice auquel il est fixé par des colliers. Les instructions recommandent de relier soigneusement à la tige ou au câble du paratonnerre toutes les pièces métalliques importantes du bâtiment afin d’éviter les étincelles d’induction qui pourraient se produire et mettre le feu aux matières combustibles.
- M. Grenet proposa, en 1872, de substituer au câble de fer galvanisé des rubans plats de cuivre rouge appliqués sur la surface des murs et ne faisant pas de saillie. C’est ainsi que sont établis presque tous les paratonnerres placés sur les navires.
- M. Melsens remplace la tige unique par des faisceaux de pointes en fer doré et en cuivre placées sur toutes les parties saillantes de l’édifice et réunies en tous sens par des conducteurs à fil simple qui descendent au sol par un grand nombre de voies différentes et emprisonnent l’immeuble comme dans une sorte de vaste cage métallique (fig. 4).
- La partie la plus délicate dans l’installation des paratonnerres est la communication avec le sol; autant que possible le conducteur ira se perdre
- Fig. i. —La vérification d’un paratonnerre.
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- L'ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE ET LES PARATONNERRES = 21
- dans un puits spécial qui aura toujours de l’eau même pendant les périodes de sécheresse, par l’intermédiaire d’un perd-fluide ou sorte de grappin à plusieurs.pointes aiguës qui assure l’écoulement de l’électricité dans les meilleures conditions possibles ; du coke concassé préserve le fer de l’oxydation et facilite encore cet écoulement. Dans le cas où il est impossible d’établir un puits allant jusqu’à une nappe d’eau, on établit une tranchée un peu profonde et l’on remplace le perd-fluide par des lames de cuivre de grande surface ou des grillages métalliques noyés dans une couche de coke en choisissant un endroit où le sol ne soit pas trop sec, comme une pelouse dont le gazon conserve toujours un certain degré d’humidité. Enfin, toutes les canalisations d’eau et de gaz devront être soigneusement reliées au câble, car les décharges électriques pourraient dériver sur elles en causant des dégâts.
- L’action du paratonnerre est double : en temps d’orage, et même au passage de simples nuages chargés d’électricité, il favorise un écoulement continu du fluide dans le sol qui se manifeste parfois par une aigrette lumineuse à la pointe lorsque la tension dans l’atmosphère est très élevée ; lorsque la foudre vient à tomber, elle trouve un chemin tout indiqué et va se perdre en terre sans causer de dommage à l’édifice.
- Le paratonnerre n’exerce son action de protection que dans une zone limitée ; une tige protège la région située à l’intérieur d’un cône ayant son sommet à la pointe et, pour base, un cercle ayant pour rayon la hauteur de la tige multipliée par 1,75.
- Il est important de vérifier assez conducteurfréquemment le bon fonctionnement des paratonnerres, car il est beaucoup plus dangereux pour un édifice d’en avoir un en mauvais état que de ne pas en avoir du tout. Cette vérification nécessite seulement un récepteur téléphonique, une batterie de piles à sonnerie et du fil de cuivre isolé.
- S’assurer d’abord de la conductibilité de la partie extérieure du paratonnerre depuis la tige jusqu’à l’entrée dans le sol, contrôler la prise de terre.
- Les deux conducteurs du récepteur téléphonique sont reliées à l’aide de fil de cuivre bien isolé, le premier à la tige du paratonnerre et à une résis tance variable (fig, I ), et le second à la partie inférieure du câble à vérifier et au second fil delà résistance variable par l’intermédiaire de deux petites résistances obtenues, formées chacune d’une même longueur, de 20 à 50 mètres, de fil de cuivre fin de 5 ou 4 dixièmes de millimètre, que l’on peut enrouler sur des planchettes pour plus de commo-
- Fig. 2. — La pointe d’un paratonnerre et sa jonction au câble
- dité. Les pôles de la batterie sont réunis aux extrémités de ces petites résistances les plus éloignées du récepteur téléphonique et un bouton de sonnerie permet d’établir le courant par une simple pression. Cette installation étant prête, on met le récepteur à l’oreille et l’on appuie sur le bouton de sonnerie, ce qui fait per-cévoir un « toc » ; il faut alors modifier la résistance variable jusqu’à ce que ce « toc » ne soit plus perceptible à l’ouïe : quand ce résultat est obtenu, c’est que la résistance variable est égale à celle du paratonnerre et du fil qui réunit la tige au téléphone.
- Pour constituer cette résistance variable, il suffit de prendre des longueurs graduées de fil de cuivre isolé de 0 mm 9 de diamètre, ce qui représente 2 ohms 5 par 100 m. Pour fixer les idées supposons que le fil qui réunit la tige au récepteur ait une longueur de 25 m. et un diamètre de 0 mm 9 et qu’il faille 150 m. du même fil comme résistance variable pour ne plus percevoir le « toc », la résistance du paratonnerre sera de
- i-n «fi 2 ohms 5 .
- ( lnO — 2o) X—ïqq—> soit o ohms 12o :
- elle doit être aussi faible que possible et ne pas excéder quelques ohms.
- Pour vérifier la prise de terre, on conserve le même dispositif ; mais le fil qui était fixé à la tige du paratonnerre est maintenant mis en communication avec le sol, soit par une conduite d’eau métallique, soit par une plaque de métal enterrée à 50 cm ou 1 m, de profondeur en un endroit que l’on arrose copieusement. La résistance mesurée doit encore être très faible et, additionnée à celle que l’on avait trouvée précédemment, ne doit en aucun cas excéder 8 ou 10 ohms; sinon, il y aurait soit mauvais contact du câble avec la tige, soit détério- Fig. 4. — Paratonnerre ration de ce câble pro- système Melsens.
- venant de la rouille
- ou d’une autre cause, soit encore une mauvaise prise de terre, et il faudrait exécuter, les répara^ tions sans tarder.
- J. DtltllETOX.
- Fig. 3. — Bonne disposition d’un paratonnerre.
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- • ^ •y-y,.
- LEAU A LA CAMPAGNE
- Le problème de l’eau est peut-être le plus important de tous ceux que nous avons à résoudre en vacances. On sait en effet que l’eau mauvaise est la cause d’un grand nombre de maladies, de presque toutes celles qui nous menacent c u villégiature, pourrait-on dire.
- Aussi-là première question à se poser en arrivant à la ‘ campagne est-elle de demander: d’où vient l’eau?
- L'eau de pluie.
- — Dans les pays pauvres en sources, où la nappe aquifère est très profonde, on recueille fréquemment l’eau de pluie dans des citernes ou des réservoirs;" L’eau de pluie, pure en principe, ne fournit cependant jamais d’eau très sure. En effet, elle peut être contaminée par les surfaces qui la récoltent, par les récipients, par les infiltrations du voisinage. Cependant, dans le cas où Ton serait obligé de s’en
- Fig. i. —.Mauvaise.citerne par réception d'eau à l'air libre à Sainl-Jean-de-Balmes, Causse Noir (Aveyron).
- servir, il serait bon de contrôler les matériaux de construction des citernes, leur étanchéité, leur nettoyage, et au besoin leur désinfection. Le rejet automatique des eaux qui tombent au ( début de l’averse,
- , rétablissement d’un citerneau à filtre souvent nettoyé et remplacé, doivent au premier chef attirer l’attention.
- L’eau de ruissellement. — En certains pays au sol imperméable, on utilise pour l’alimentation les eaux de ruissellement et de gale-
- Fig. 2. — Puits de caplagô dans le granit, mal placé sous des fermes dans un thalweg.
- ries filtrantes, mais cclles-ci sont
- peu recommandables, parce que, en raison de leur origine superficielle, elles véhiculent aisément les impuretés de la surface du sol. Aussi se troublent-elles après les pluies. Cependant les galeries filtrantes peuvent être employées avec succès dans les terrains détritiques, à éléments fins et présentant une épaisseur suffisante pour assurer le filtrage.
- Dans les granits et schistes de la Bretagne et du Plateau Central, ces sortes d’eaux sont spécialement dangereuses.
- L’eau d’infiltration. — .C’est la plus généralement employée loin des agglomérations urbaines. L’eau de surface s’infiltre à travers les terrains perméables jusqu’à ce qu’elle rencontre une couche argileuse ou marneuse, etc., imperméable, au-dessus de laquelle elle s’accumule, constituant-lino nappe phréatique. Suivant la nature des terrains traversés, l’eau pourra être très pure ou au'contraire très contaminée. Les sables et les graviers constituent d’excellents filtres, tandis que les calcaires fissurés laissent passer toutes les impuretés de la surface.
- L’installation du puits doit également attirer l’attention, car rien n’est plus dangereux qu’un mauvais puits. Sa situation ne doit jamais être dans une déclivité où peuvent s’accumuler les eaux de surface, mais toujours dans un point élevé Ou en pente, abrité contre cette stagnation et d’où les eaux peuvent diverger; le périmètre de protection du puits doit être étendu.
- A moins que le terrain ne soit rigoureusement imperméable, le puits devra être maçonné jusqu’au niveau aquifère; la couverture doit être suffisamment protectrice. Le puisage devra être fait de préférence avec une pompe; en tout cas, jamais le
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- L’EAU A LA CAMPAGNE -- 23
- seau.de puisage ne devra être posé sur le sol, et il 1 de 100 ni. de-profondeur, sont sujets à contami-l'audra toujours le maintenir extrêmement propre. | nation dans le calcaire ou la craie fissurés. Aucun
- Fig. 3 à p. — 1, Source mal. captée à Sainl-Fèlix-de-Sorgués (Aveyj'on)2, Gouffre dans la tertiaire, forêt de Vertus {Manie); 3, Source en pleine rue à Vertus {Marne); 4, Source sous l'église a Vertus {Marne) :-5, Pertes de Piton {Eure).: (Clichés. Martel.)
- La profondeur ne constitue pas une garantie absolue puits li'est acceptable à l’intérieur ni à proximité
- de salubrité. Les niveaux phréatiques, même au delà d’une habitation, ferme, écurie, etc.
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- L’EAU A LA CAMPAGNE
- L'eau des lacs, étangs et réservoirs artificiels créés par les barrages. — L’eau-des étangs est toujours très suspecte.
- La pureté des lacs est controversée, en tout cas subordonnée au déversement des immondices et des déjections des rives et des bateaux.
- Il semble que l’on doive établir la prise à une profondeur moyenne, l’eau de la surface étant toujours contaminée, de même que celle du fond (expériences de Forel). On a été récemment amené à conclure que l’eau des réservoirs artificiels créés par des barrages se contamine trop facilement f1). t L'eau des cours d’eau. — L’auto-épuration (assez Ànal'connue encore) due à la lumière solaire, à l’action de l’oxygène et à la ''sédimentation des germes ef de l’humus, est souvent très réelle mais peut laisser néanmoins subsister dans les cours d’eau des facteurs permanents d'infection. En tout cas, tout cours d’eau ayant traversé une agglomération, ou ayant sur ses bords, à une petite distance en amont, une habitation ou un lavoir, ne peut donner de l’eau pour l’alimentation.
- Canalisation. — Que l’arrivée soit souterraine ou par aqueduc, on surveillera 1’établissement des conduites (maçonnerie, ciment armé, fonte), leurs joints, les pertes ou infiltrations qu’elles peuvent comporter, les regards qui ne doivent pas laisser pénétrer les poussières, la terre, les végétaux, les débris organiques, les matières fécales de 1’houmie et des animaux. La profondeur des conduites enfouies est au moins de 80 cm en conditions normales. On devra la porter à I in. 50 dans les pays à étés chauds et hivers froids, pojur que. les variations de température extérieure ne retentissent pas trop sur la température de l’eau:
- Les eaux de source. — Les eaux de source ne méritent pas toutes la réputation de pureté qu’elles ont généralement. En effet, le captage de « surface » dans les terrains meubles qui surmontent le vrai gisement est généralement mauvais c’est dans un captage « géologique », c’est-à-dire dans la roche d’oii elle émerge, que l’eau doit être recueillie comme pour les sources thermales.
- Il faut étudier le débit, la limpidité, les variations de température suivant les saisons,-l’influence que
- 1. Voy. noire article n° 21i3, 22 nov.1913. '
- Fig. 8. — Cours d’eau pollué à Verneuil (Eure).
- peuvent exercer les pluies prolongées et la chaleur estivale, la nature du terrain, les causes de souillures (habitations, fosses fixes, fumier, purin, engrais, ordures, étables, lavoirs, abreuvoirs, terrains cultivés ou d’épandage, cimetières, usines, puisards et puits perdus) ; la distance de ces foyers d’infection hydrique, le périmètre de protection de la source, prescrit par application de l’art. 10 de la loi du 15 février 1902 (ce qui est toujours une délicate question de cas particuliers), la nature des terrains adjacents (boisés ou en friches), la présence de fissures, failles, gouffres, rnàrdelles, bétoires, effondrements, par lesquels peut se faire l’infiltration des matières organiques ou excrémentitielles ou de l’eau de pluie, sont des considérations capi taies à examiner.
- L’eau des émergences est en effet assez souvent affectée de contaminations,. produites à plusieurs mètres ou kilomètres de distance, par l’intermédiaire de ces fissures. Certaines eaux dites de source sont des réapparitions, des résurgences, non filtrées et dangereuses, de cours d’eau infectés et qui se sont perdus dans le sol parfois à de grandes distances.
- Les expériences de coloration à la fluorescéine (phtaléine de la résorci-ne) permettent de: constater ces sortes de redou tables correspondances, qui peuvent, d’une perte à une émergence, véhiculer les germes de latiè vre typhoïde, si des selles de malades ont été jetées simplement sur le sol!
- Dans les terrains tourbeux, la fuchsine acide est préférable à la fluorescéine.
- Contrôle général. — Dans les agglomérations urbaines, les dangers dus à l’eau sont généralement moins à craindre, car depuis le 10 décembre 1900, la circulaire très sage et très bien appliquée du Minis 1ère de l’Intérieur impose à tout-projet municipal de captage d’eau potable, un examen préalable, géologique et bactériologique. Elle a produit les plus heureux résultats, parce qu’une loi de 1905 l’a rendue très.efficace, en autorisant le ministre de l’Agriculture à distribuer aux communes des subventions pour ces travaux. En fait, depuis 1887, la mortalité typhique a diminué de plus des deux tiers en France, et aujourd’hui, l’installation à la campagne des citadins ne présente plus les mêmes dangers qu’autrefois. E.-À. Martel. .
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- COMMENT ON DEVIENT SOURCIER
- Nous nous contenterons d’apporter ici quelques notions pratiques sur le mode opératoire des sourciers, les conditions requises pour réussir dans cet art et la manière de s’y entraîner.
- La base de toute prospection du sous-sol par un sourcier est une certaine réaction de la matière sur le sujet. Cette réaction est généralement inconsciente ; cependant, certains sujets ont une perception nerveuse très appréciable. Tous les hommes ne sont pas aptes à la ressentir, et, avant toute chose, il faut examiner si on la possède. Un moyen pratique excellent est le suivant.
- Prenez en mains une baguette, ou un pendule, de la façon qui est expliquée ci-après. Promenez-vous
- Fig. i. — La baguette est maintenue entre la paume de la main et les doigts repliés, les coudes au corps.
- sur un terrain que vous ne connaîtrez pas, mais que connaîtra bien une personne qui vous accompagnera et dans l’intérieur duquel existera-une source, une conduite d’eau ou iule cavité quelconque dont le témoin saura d’une façon précise la place.
- Si, après avoir par couru consciencieusement pendant longtemps et à différentes reprises le terrain, aucun mouvement ne s’est produit dans
- ' la baguette ou le
- pendule, il est vraisemblable que vous ne serez jamais un sourcier. Il eu sera de même si des mouvements se produisent au hasard, sur des points où rien n’est connu ; ces mouvements proviendront en général d’auto-suggestion.
- Si, au contraire, des mouvements ont lieu toujours et sans exception sur les points — et sur ceux-là seulement — où existe certainement une source ou une conduite, ou tout autre accident connu dans le sous-sol, vous pourrez arriver, avec un peu d’entraînement, à la maîtrise dans l’art du sourcier.
- Instruments. — Les sourciers ont à leur disposition deux catégories d’instruments, la baguette (fig. 1) et le pendule (lig. 2).
- La baguette consiste en une fourche dont les extrémités libres sont tenues entre les mains.
- Il semble indispensable que ses extrémités libres passent entre le pouce et l’index vers la base de ceux-ci, s’étendent sous les autres doigts repliés et
- Fig. 2. — Le pendule est suspendu entre le pouce et l'index.
- ressortent de la main sous l’annulaire ou l’auriculaire (fig. 1). Les mains doivent être tenues le dos tourné vers le sol et . :
- dans un écartement tel, que la baguette soit bien tendue et forme ressort. Il n’est point nécessaire que les coudes touchent au corps, et l’une des positions qui donne les meilleurs résultats est précisémentla position dans laquelle les bras sont totalement levés en l’air, les mains au-dessus de la tête (fig.'5).
- La forme et la matière de la baguette ne sont point choses capitales. Elle peut consister en une fourche 'naturelle, coupée à un arbre quelconque, ou en deux baguettes assemblées par un lien formé d’une ficelle repliée. Une matière animale, souple sans excès, comme la baleine, peut remplir le même office. On peut également se servir d’une tige flexible, tel qu’un sarment de vigne frais, que l’on arque légèrement par rap-prochemènt des mains. Enfin les baguettes métalliques elles-mêmes peuvent donner d'excellents -résultats, et l’on a vu au Congrès de Paris en 1915 plusieurs professionnels ou amateurs s’en servir avec succès.
- Il faut bien savoir que, contrairement à ce que disaient les anciens sourciers, la baguette n’est presque rien, l’homme est à peu près tout.
- N’étant pas encore absolument fixé sur l’essence même du phénomène, nous nous bornerons à
- dire que les forces qui entrent en jeu paraissent considérables et une expérience grossière, mais très
- Fig. 3. — Autre manière de tenir la baguette.
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- 26 ....... COMMENT ON DEVIENT SOURCIER
- simple, peut le montrer; Si l’on pince très forte-
- ment, soit avec l’extrémité des doigts, soit à pleine main, l’extrémité libre d’une des portions de la baguette qui sort de la main d’un sourcier et qu’on suive celui-ci au cours d’une prospection, on constate que', dès qüeTc sourcier entre dans la zone d'influence d’une source ou d’un métal, la baguette exerce sur la main de l’observateur une très forte traction qui va en augmentant à mesure qu’on approche du
- corps cherché.
- C___________B^ b ___________D______ Cette traction
- est telle qu’un homme très fort peut retarder le mouvementdero-tation de la baguette, mais non pas l’arrêter entièrement. Si la baguette est flexible, on la voit se tordre sur elle-même et glisser peu à peu dans la main qui la tient, le sourcier, lui, ne faisant aucun effort. Le phénomène peut aller .jusqu’à-léser.l’épiderme de celui qui tâche d’arrêter le mouvement. Si la baguette n’est pas suffisamment flexible, on la voit, après un mouvement.de torsion très accentué, se rompre entre la main du sourcier et celle qui veut arrêter son mouvement. Nous avons fait maintes fois l’expérience et toujours avec l’un de ces résultats.
- On peut donc affirmer dès maintenant que, grâce à un phénomène dont la baguette n’est qu’un instrument indicateur, certaines personnes sont influencées par différents corps enfouis dans le sol.
- La baguette n’est pas le seul instrument employé par les sourciers. Le pendule est également en honneur chez eux. Il consiste simplement en une masse métallique ou non, suspendue à un fil ou à une chaînette, de masse faible par rapport à la masse oscillante. Un fil à plomb de charpentier, une montre attachée à sa chaîne constituent d’excellents pendules (fig. 5).
- Il suffit de tenir fortement l’extrémité du fil ou de la chaîne entre le pouce et l’index, de préférence de la main droite, et de se promener — lentement pour les débutants '— sur le terrain à prospecter. Immobile sur les points neutres, le pendule oscillera fortement en présence des eaux souterraines ou des métaux.
- Maintenant que nous connaissons les instruments, examinons la manière dont ils servent et les indications qu’ils peuvent donner.
- Tout à coup, la baguette se tord bruëquement, d’une façon irrésistible. Le pendule oscille avec force. Nous sommes sur un point de réaction.
- Il n’en faut pas conclure pourtant que, s’il s’agit par exemple d’une eau souterraine, cette eau coule verticalement sous nos pieds, et l’on s’exposerait à de fréquents mécomptes si l’on creusait un puits en ce point. Dans la majorité des cas, on ne rencontre-
- rait que le rocher, même à très grande profondeur.
- Et voici pourquoi. Les matières souterraines — le cours d’eau en l’espèce — font sentir leur influence à une certaine distance de leurs bords.
- Si l’on représente par la ligne A A' un filet d’eau souterrain et par C B' B D (fig. 5) la surface du sol, on constate que dans les cas ordinaires la rivière souterraine fait sentir son influence dans toute la zone A D B B' G A', c’est-à-dire en section dans deux triangles rectangles A B D et A' B' G dont les deux côtés AB et BD ou AB' et B'G sont égaux. La ligne BD est appelée par abréviation ligne de profondeur.
- Donc, si nous sentons une réaction en un point du sol, D par exemple, il faut continuer à marcher devant soi, jusqu’à ce que l’on rencontre un second point de réaction (B) qui est la verticale d’une des rives, puis un troisième (B') qui est la verticale de l’autre rive, puis enfin un quatrième (G) qui marque la fin de la zone d’influence.
- On est donc assuré, si l’on a affaire à de l’eau, qu’en creusant entre les points B et B', on trouvera l’eau à une profondeur au plus égale à la ligne CB. Nous disons à dessein au plus égale. La ligne CB n’est, en effet, exactement égale à la profondeur, que si elle est perpendiculaire à l’axe général du cours d’eau souterrain.
- Pour s’en assurer, il faut alors se placer successi vcment aux points B et B' et de là suivre à la baguette et dessiner sur le sol les deux rives B' b' et B & (fig. C) du cours d’eau, et ensuite parcourir le sol suivant la ligne a a' perpendiculaire à la direction générale de l’eau. Toute autre ligne, telle que xg, oblique par rapport à cette direction, serait trop longue.
- Mais, direz-vous, comment reconnaître si l’on a affaire à de l’eau ou à toute autre substance'? C’est ici que l’auteur s’embarrasse et ne peut répondre, car c’est là la partie mystérieuse du procédé, celle que les sourciers ne dévoilent pas volontiers.
- J’ai bien reçu les confidences de quelques-
- uns d’entre eux et non
- »
- des moindres, mais on comprendra facilemen t que je n’en puisse abuser. Tout ce que je puis dire, c’est que deux au moins d’entre eux emploient des procédés très simples et très logiques et qui rentrent absolument dans les méthodes générales des sciences physiques.
- Un jour, j’espère, lorsque les sourciers dont il s’agit, auront réussi assez de prospections pour n’être plus discutés, je serai par eux délié du secret professionnel, j’en ai la promesse. Nous pourrons alors pénétrer plus avant dans les arcanes de la sourcellerie. Nous souhaitons que ce soit bientôt.
- _ Armand Yinic.
- Fig. 4. — Lignes el zone d'influence d’un ruisseau souterrain {Coupe).
- Fig. 5. — Zone d’influence d’un ruisseau souterrain {plan). BB' bb', ruisseau; Dd el Ce, limites de la zone d’influence; aa', ligne égale au double de la profondeur.
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- L’HYGIÈNE
- COMMENT RECONNAITRE
- On peut se taire une opinion suffisamment, justifiée des qualités de l’eau par les observations suivantes :
- Réactions physiques. — L’eau doit être limpide, incolore ou légèrement bleue sous une grande épaisseur. Non transparente, elle est suspecte; franchement trouble, elle est mauvaise.
- L’eau doit être inodore. Dégageant une légère odeur quand elle est chauffée, elle est suspecte ; sentant' mauvais, elle est à rejeter.
- L’eau doit être incolore ; à peine teintée, elle est suspecte; colorée et odorante, elle est mauvaise.
- L’eau doit être de saveur agréable; salée ou sucrée, elle est mauvaise.
- Bue, elle ne doit produire aucune sensation gastrique; paraissant lourde à l’estomac, elle est mauvaise.
- Un thermomètre suffît à connaître sa fraîcheur. L’eau est d’autant plus sure que ses variations de température sont moins grandes; une eau provenant de la surface présente au contraire de grands et brusques changements.
- Réactions chimiques. — L’eau pure doit être neutre au papier de tournesol sensible; si elle le bleuit légèrement, elle est suspecte ; si elle produit un virage rapide, elle est mauvaise.
- Bouillie, elle doit rester limpide; l’apparition d’une opalescence ou d’un précipité indique la présence de carbonate de chaux et de magnésie ; un précipité abondant est la preuve que l’eau est iinuti-lisable ; elle ne cuirait pas les légumes et ne dissoudrait pas le savon.
- L’eau bouillie, filtrée, puis additionnée successivement de soude à 10 pour 100, puis de carbonate de soude à 10 pour 100, ne doit montrer qu’un très léger précipité ou une opalescence. Un trouble immédiat et abondant est la preuve d’une trop grande richesse en carbonates de chaux et de magnésie.-
- On peut remplacer ces épreuves par la recherche de la dureté de l’eau au moyen d’une solution alcoolique de savon (savon blanc de Marseille ou savon amygdalin bien sec, 10 gr. ; alcool à 90, 160; après dissolution et filtration, eau pure,’ 100); si l’addition de cette solution provoque un précipité blanc de sels calcaires, on peut être sûr que l’eau examinée n’est pas potable.
- Une eau potable ne doit pas .contenir d’ammoniaque, Pour le savoir, on prépare le réactif de Nessler de la manière suivante : on dissout 20 gr.
- LA QUALITÉ DE L’EAU
- d’iodure de potassium dans 50 centimètres cubes d’eau distillée ; on chauffe doucement la solution et l’on y ajoute de l’iodure rouge de mercure (40 à 50 gr.),tant que ce corps se dissout. Après addition de 200 centimètres cubes d’eau,le liquide est filtré; le filtrat est additionné de son volume d’une solution de soude pure à 20 pour 100; après 24 heures de repos, on décante; le liquide surnageant est le réactif. 10 centimètres cubes de l’eau à analyser additionnés de 1 centimètre cube de liquide de Nessler, restent incolores si l’eau ne contient pas d’ammoniaque ; une teinte jaune paraissant après 5 minutes indique la présence de traces d’ammoniaque rendant l’eau suspecte; une coloration brune immédiate est le fait d’une eau mauvaise.
- Une eau potable ne doit pas contenir de nitrites. On les recherchera au moyen du réactif de Griess composé de : 5 cm cubes de solution de [3-naphty-lamine à 1 pour 100 filtrée et acidifiée par 10 pour 100 d’acide acétique à laquelle on ajoute 5 centimètres cubes d’acide sulfanilique à 1 pour 100. 1 cm cube de ce réactif ajouté à 50 ou 100 cm cubes de l’eau à examiner ne doit produire aucune coloration ; une légère teinte rose apparaissant après quelque temps indique la présence de traces de nitrites rendant l’eau suspecte; une coloration rose nette et immédiate.est la preuve que l’eau est mauvaise.
- Au lieu du réactif de Griess, on peut aussi employer une solution d’empois d’amidon obtenue en faisant bouillir un peu de fécule (gros comme un grain de mil) avec 6 à 8 cm cubes d’eau, à laquelle on ajoute un petit cristal d’iodure de potassium et quelques gouttes d’acide acétique. Le liquide reste clair; il bleuit si l’on y ajoute l’eau à examiner, concentrée préalablement, et qu’elle contient des nitrites.
- -La recherche des chlorures contenus dans l’eau présente un moindre intérêt, parce que beaucoup d’eaux naturelles très pures en contiennent de petites quantités.
- Le dosage des matières organiques .est trop délicat pour être tenté.
- Reste la question des microbes! La plus importante peut-être, et aussi la seule impossible à examiner en dehors des laboratoires spéciaux de bactériologie.
- Quoi qu’il en soit, en arrivant à la campagne, avant de vous installer, examinez les qualités de l’eau.
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- LA PURIFICATION DE L’EAU
- Il est toujours.prudent, à la campagne, de purifier chez soi l’eau dont on dispose, meme si elle est
- Fig. /. — Schéma d'un appareil de stérilisation par l’ébullition (système Lepage) : i, réservoir d’eau brute; 2, arrivée d’eau brute; 3, 4, conduite d’eau brute; 5, bouilleur.; 8, 9, ro, n, 12, conduite d’eau stérilisée (').
- fournie par une distribution communale et même si elle a déjà été traitée.
- Pour cette épuration, les moyens ne manquent pas.
- Ébullition. — Le plus simple et le plus sur est de faire bouillir l’eau. L’eau bouillie est débarrassée de ses sels de chaux et les microbes qu’elle contient sont tués ; elle offre donc toutes garanties d’innocuité. Seulement l’eau bouillie est indigeste quand elle n’a pas été : aérée après l’action de la chaleur, et l’on peut aussi avoir des difficultés à la rafraîchir suffisamment pour la rendre agréable.
- L’industrie fournit de nombreux appareils pour faire bouillir l’eau économiquement; fous se servent de l’eau qui vient de bouillir pour réchauffer celle qui vient au bouilleur et diminuent ainsi la dépense de combustible; certains aèrent l’eau qui se refroidit en produisant un barbotage d’air aspiré à travers un tampon de coton. Nous signalerons parmi ces appareils ceux des maisons Lepage (fig. 1), Cartault (fig. 2), Dehaître, Genestc et Herseher, Vaillard et Desmaroux, etc.
- Filtres. — Certains filtres peuvent donner une garantie aussi grande que l’ébullition à la condition d’être entretenus très soigneusement.
- 1. Les figures 1, 2, 4 et 5 qui illustrent cet article sont empruntées à l’excellent Précis d’hygiène du professeur Courmoxt.
- Les anciennes fontaines à filtres au charbon, au grès, aux pierres poreuses doivent être absolument prohibés, car s’ils clarifient l’eau, ils ne la débarrassent pas de ses microbes et même, s'ils servent de réservoir, les microbes se multiplient dans l’eau stagnante à tel point que l’eau filtrée est plus riche en germes que l’eau brute. Les filtres à couches superposées de gravier, de noir animal, de grès, de laine, etc., sont également à rejeter.
- Les filtres à sable sont plus efficaces; on en construit des modèles domestiques du type Miquel à sable non submergé qui ont le grand avantage d’être d’une construction peu coûteuse, de n’exiger aucune force motrice et de rester très longtemps propres et efficaces.
- Les filtres formés de bougies de porcelaine, d’amiante, de terre d’infusoires (fig. 5) sont très surs quand on les entretient avec le plus grand soin. Le filtre Chamberlain! est formé par une bougie de porcelaine de Sèvres dégourdie à 1200° et non émaillée; le modèle F est le moins poreux, le modèle B donne la filtration la plus rapide. On le fixe directement sur un robinet qui
- apporte l’eau sous pression ou bien on le place dans un réservoir d’eau; dans ce dernier cas, la filtration est moins rapide. Les filtres Berk-feld sont constitués par de la terre d’infusoires; leur débit est plus rapide que celui du filtre Cham-berland, mais leur nettoyage doit être plus fréquent. L’aérofiltre Mallié est une bougie de porcelaine d’amiante cuite à 1200°, ses pores sont très fins et par conséquent sa filtration très sûre.
- Tous ces filtres s’encrassent rapidement et doivent par conséquent être très fréquemment nettoyés ; 011 doit les stériliser ' toutes les semaines environ en les faisant tremper, dans de l’eau ou même mieux dans
- Fig. 2. — Appareil Cartault de stérilisation par l’ébullition; A, calèfacteur; C, régulateur automatique; D, échangeur de températures ; E, tuyau d’évacuation des gaz; F, serpentin ; H, arrivée du gaz; K, arrivée de l'eau, brute ; L, sortie de l’eau stérilisée; T, thermomètre.
- du permanganate de potasse, en les brossant énergiquement, puis en- les chauffant jusqu’à la tempéra-
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- LA PURIFICATION DE L'EAU
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- ture du rouge. Ainsi
- passer aucun
- Fig. 3. — Un filtre en terre poreuse.
- entretenus, ils ne laissent microbe visible, mais laissés à demeure et sans soins au robinet de cuisine, ils ne tardent pas à devenir de véritables bouillons de culture.
- Avant d’installer l’un de ces filtres, il faudra s’assurer que la bougie n’est pas fêlée, ce qu’on vérifiera en la plongeant dans l’eau et en souillant àl'intérieur, au moyen d’une pompe de bicyclette, par exemple ; aucune bulle d’air ne devra s’échapper. Les autres filtres à éponge de fer ou à fer magnétique sont insuffisants, rayons ultra-violets, dispose du courant peut s’en servir
- du primaire
- Fig. 4. — Type d’appareil à ozone : l’ozoneur Abraham et Marnier.
- Ozone et
- — Quand on électrique, on
- pour produire de l’ozone ou des rayons ultra-violets. Théoriquement, ces procédés sont parfaits; pratiquement, ils sont assez coûteux et délicats à employer dans une installation domestique. L’ozone détruit rapidement par oxydation les matières organiques et les microbes ; l’eau ainsi traitée abandonne l’ozone sous forme d’oxygène et se trouve stérilisée sans avoir perdu aucune de ses qualités. L’ozoneur (fig. 4)sè compose d’un appareil producteur d’effluves que traverse un courant d’air sec et d’un mélangeur où l’ozone et l’eau circulent en sens inverse et se mélangent. Les installations industrielles donnent de bons résultats; les appareils domestiques ne peuvent malheureusement être suffisamment contrôlés et risquent de se dérégler.
- Les rayons ultra-violets ont un pouvoir bactéricide intense ; il suffit donc de les faire pénétrer dans une eau pour la stériliser. Des appareils domestiques ont été établis tels que l’appareil Nogier (fig. 5), l’appareil Westinghouse Cooper-Hewitt, dans lesquels l’eau circule autour d’une lampe à vapeur de mercure. Le défaut de ces appareils est d’être assez coûteux et de risquer de devenir inefficaces lorsque la lampe s’altère ou qu’elle se recouvre d’un dépôt. i
- Procédés chinwques. — Les divers procédés chimiques que l’on a proposés sont inégalement efficaces
- et ont tous le défaut d’ajouter à l’eau des substances étrangères.
- Le procédé cà l’eau de Javel, employé à Paris pendant le torride été de 19H, n’est qu’un procédé de fortune qui n’est, pas à recommander. Son efficacité est douteuse et il peut ne pas être inoffensiî.
- , ' Le manganate de ba-
- rium, la chaux ne sont pas recommandables.
- Pour les explorateurs et lés voyageurs, on vend dans le commerce des comprimés qui se présentent sous ; forme de pastilles bleues, blanches et rouges titrées pour un litre d’eau. Les pastilles bleues contiennent de l’iodure de potassium et de l’iodate de sodium colorés par du bleu de méthylène ; les pastilles rouges sont faites d’acide tartrique coloré par la fuchsine, les pastilles blanches sont d’hyposul-fite de soude. Dans un verre d’eau, on fait fondre une pastille bleue et une pastille rouge, puis on
- verse le verre dans le litre d’eau; après un quart d’heure, on ajoute une pastille blanche qui décolore le liquide et l’on peut boire aussitôt après.
- Quel que soit le mode de purification adopté, il ne faut pas oublier qu’aucun procédé, même le plus
- parfait, ne peut donner de sécurité s’il n’est employé avec soin et propreté.
- Fig. 5. — Appareil à stérilisation par les rayons ultra-violets Nogier ; C, cylindre métallique contenant l’eau,
- SL, plateau de support de l’appareil;
- SM, support mobile; M, manette de commande ; E, e, arrivée de Veau brute; s, sortie de l’eau stérilisée'; RA, ’arrêt
- automatique; I, interrupteur;
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- LA LUTTE CONTRE LES MOUCHÉS ET LES MOUSTIQUES
- Contre les mouches.—1 Nous ne saurions mieux faire que résumer la notice, due au Dr Yaillard, publiée l’an dernier par le Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine :
- On réussira à écarter les mouches des habitations en y maintenant une extrême propreté, surtout dans les cuisines, laveries, éviers, cabinets d’aisances, etc. Il faut préserver rigoureusement contre ces insectes non seulement les ordures ménagères et débris de cuisine, mais surtout les vases contenant les excréments, urines ou crachats qui proviennent d’un •malade ; les mouches y puiseraient des germes dangereux qu’elles iraient déposer sur les aliments.
- Il convient dé ne laisser pénétrer que très peu de lumière dans les pièces que l’on veut préserver. De simples filets à larges mailles disposés, sur les ouvertures constituent un obstacle efficace ; mais il faut que la lumière ne pénètre que du côté protégé, car si la pièce est éclairée par deux fenêtres opposées, les mouches passent aisément travers le filet.
- Le garde-manger en toile métallique est nécessaire pour protéger les aliments, aussi bien dans lès familles que dans les magasins de comestibles.
- Des moyens nombreux permettent de détruire les mouches dans les locaux où elles ont pénétré : pièges en verre, en forme de carafe ou de nasse, contenant de l’eau de savon où les mouches viennent se noyer ; papiers à la glu où toutes tles mouches qui le touchent restent fixées ; c’est un piège . excellent; papiers empoisonnés dits « tue-mouches. » que l’on dispose, en les humectant légèrement, dans le fond d’une assiette; les mouches, empoisonnées par la succion de ’ces papiers tombent le pliis souvent autour des assiettes, mais aussi parfois fort loin, ce qui est un grave inconvénient pour les cuisines et les magasins de comestibles.
- La poudre de pyrèthre, fraîche et de bonne qualité, constitue un insecticide souvent employé; on peut l’utiliser :
- 1° En répandant la poudre, à l’aide de soufflets appropriés, sur les parois, le plancher, les meubles;
- 2° En faisant agir les fumées que la poudre dégage en brûlant : disposer sur une plaque de métal 5 gr. de poudre environ par mètre cube et y mettre le feu après avoir ferme les portes et fenêtres.
- Ces moyens sont appliqués le sohqle lendemain
- matin, on ramasse les mouches engourdies, qu’on brûle ou noie.
- Le formol est très toxique pour les mouches. On l’utilise en mélangeant dans une assiette creuse 15 pour 100 de formol commercial, 25 pour 100 de lait et 60 pour 100 d’eau additionnée d’un peu de sucre. Le même mélange peut servir pendant plusieurs jours.
- Les vapeurs de crésol ou crésyl détruisent en quelques heures les mouches contenues dans un local; Cinq grammes de crésol par mètre cube sont versés dans un vase métallique à bords élevés que l’on chauffe. Lorsque la pièce est remplie de vapeurs bleuâtres, on pénètre dans le local et on éteint la flamme. Laisser agir les vapeurs pendant 4 à 6 heures avant d’aérer. Les vapeurs de crésol sont absolument inoffensives pour les personnes et ne détériorent pas les objets.
- Les fumiers, surtout celui de cheval, les écuries,
- étables et porcheries mal tenues, les fosses d’aisances, les dépôts d’ordures et de gadoues, et, d’une manière générale, toutes les matières organiques en décomposition sont les milieux préférés où les mouches pondent leurs œufs. Il faut donc : 1° éloigner des habitations les fumiers, dépôts d’ordures, des gadoues, etc., favorables à la ponte; 2° les asperger ensuite de substances qui tuent les larves et écartent les femelles pondeuses ; 5° verser dans les latrines à fosses fixes des substances capables d’empêcher la ponte des mouches.
- Les abris pour animaux seront maintenus en état constant de propreté; on leur appliquera une fumigation de crésol au début de l’hiver.
- Les fumiers doivent être enlevés trois fois par semaine en été et déposés loin des maisons. Après chaque apport nouveau de fumier, on répandra sur la surface î’une ou l’autre des substances suivantes : chlorure de chaux; lait de chaux fraîchement préparé; sulfate de fer en poudre ou en solution à 20 pour 100; huile verte de schiste mélangée en parties égales avec de l’eau. Le même traitement s’appliquera aux dépôts d’ordures et de gadoues.
- Tous les six mois, on répandra dans les fosses d’aisances fixes un litre de pétrole, ou encore un litre d’huile verte de schiste additionnée d’unè quantité égale d’eau.
- Contre les moustiques. —- Une notice, due au
- Fig. i. — Œufs et larves-de mouches sur du fumier.
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- LA LUTTE CONTRE LES MOUCHES
- 31
- professeur Lavcran, résume nos moyens d’action.
- I' Recherche des gîtes des moustiques, destruction des larves. — Lorsque l’existence des moustiques est, constatée, rechercher les gîtes des larves et les détruire ; ces gîtes sont constitués invariablement par des eaux stagnantes qui se trouvent à proximité des points où la présence des moustiques a été constatée, ces insectes ne pouvant pas voler loin.
- Parmi les gîtes préférés des moustiques, il faut citer : les pièces d’eau des jardins," des parcs; les bassins, les vasques des fon-taines, les baquets ou les tonneaux servant à
- lage pendant la saison chaude, et lés tuyaux d’évent, s’ils donnent issue à des moustiques, seront garnis de toiles métalliques à mailles assez fines pour s’opposer au passage de ces insectes. On empêchera la stagnation de l’eau dans les chéneaux et on éloignera de la maison tous les débris d’ustensiles , de vaisselle, etc., pouvant retenir des eaux de pluie.
- Quand une collection d’eau stagnante ne peut pas être supprimée, il suffit pour détruire leslarves qui s’y trouvent, de répandre à la surface de l’eau un peu d’huile or-dinaire ou d’huile depétrole(15cm3 par mètre carré) ; l’huile tue rapidement les larves en
- l’arrosage, les fosses à fumier inutilisées, les puits abandonnés, les réservoirs non couverts, les citernes mal fermées, les fosses d’aisances. Les petites collections d’eau qui se forment accidentellement dans les chéneaux engorgés, dans des débris d’ustensiles, de verre ou de. vaissellè, suffisent souvent à la pullulation des moustiques.
- Il est facile dé prévenir la formation de là plupart de ces gîtes ou de les supprimer quand ils existent. Les ces d’eau des jardins seront à eau courante et on aura soin d’y entretenir des poissons, des cyprins dorés, par exemple, qui sont de grands destructeurs de larves; les baquets ou tonneaux servant à l’arrosage seront vidés complètement tous les huit jours ; ils pourront être remplis ensuite; on ne laissera pas séjourner d’eau dans lès fosses à fumier, ou bien on détruira les larves par le pétrolage; les puits abandonnés seront comblés; les réservoirs seront couverts et les citernes seront protégées contre l’accès des moustiques ; les fosses d’aisances seront soumises périodiquement aupétro-
- tous les quinze jours.
- Dans les fosses d’aisances fixes on versera tous les mois, pendant la saison chaude, un litre de pétrole. IL Mesures de protection contre les moustiques — La plupart des moustiques ne piquent que
- le soir ou pendant la nuit ; il importe de fermer les fenêtres dès la tombée du jour, avant d’allumer les lumières qui attirent les moustiques.
- Les moustiquaires, qui sont en usage dans les pays chauds, rendent des services quand elles sont bien installées et bien entretenues. La moustiquaire, faite en tulle blanc solide, doit être suspendue au-dessus du lit, à l’aide d’un cadre en bois de même grandeur que le lit et à une hauteur telle que la personne occupant le lit puisse, en se tenant debout, tuer les moustiques qui ont réussi à s’introduire sous la moustiquaire. Les moustiques qui sont de couleur grisâtre ou brunâtre, se distinguent facilement sur le tulle blanc.
- Fig. 2. - La mouche commune. les empêchant de
- respirer. Le pé-
- Irolage doit être commencé au printemps, et. répété
- AILES
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- La moustiquaire a l’inconvénient de ne protéger que les personnes qui sont au lit, alors que les moustiques piquent avant l’heure du coucher ; d’un autre côté, par les temps très chauds, la moustiquaire, qui gêne la circulation de l’air au-dessus du dormeur, est une cause d’incommodité.
- Une bonne mesure de protection consiste à placer aux fenêtres, à celles des chambres à coucher principalement, des châssis garnis de tulle de moustiquaire ou de toile en fer galvanisé. Les mailles de la toile métallique doivent avoir 1 millimètre environ. Les châssis seront adaptés très exactement aux Fig. 4. ouvertures des fenêtres et
- Le moustique. fixés de manière à pouvoir être enlevés facilement en hiver. Dans les chambres ainsi protégées, on peut dormir les fenêtres ouvertes, ce qui, par les temps 1res chauds, procure un grand bien-être. Chaque
- D’URGENCE .....................................:
- jour, on fait une chasse aux moustiques pour tuer ceux de ces insectes qui ont réussi à s’introduire par les portes ou par les cheminées. Pendant la journée, les moustiques se tiennent immobiles sur les murs,.dans les coins obscurs ou bien au plafond, et il est assez facile de les écraser ; on peut aussi les capturer avec un fdet d’étamine sembable au filet à papillons, mais garni d’une poche plus profonde que celle de ce dernier.
- On emploie souvent, pour détruire les moustiques dans les chambres à coucher, des cônes à base de poudre depyrèthre qui sont connus dans le commerce sous le nom de fidibus. Avant de se coucher, on ferme les fenêtres et on allume, sur une plaque métallique, un des cônes qui brûle en dégageant une fumée assez irritante ; à la suite de cette opération, les moustiques tombent à terre et il faut avoir soin de les balayer et de les brûler, sans quoi ils se réveillent au bout de quelques heures.
- L’acide sulfureux rend des services pour la destruction des moustiques ailés dans les locaux inhabités, tels que les caves qui servent souvent de refuge à ces insectes pendant l’hiver ; les règles sont les mêmes que celles qui doivent être observées dans la désinfection des locaux par l’acide sulfureux. :
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- LES SOINS D’URGENCE ï
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- Il est bon pour tout le monde de connaître les premiers soins à donner d’urgence en cas d’accident.
- Généralement 1 ’ a c ci -dent s’est produit devant nous et nous savons ce qui s’est passé, mais nous pouvons également nous trouver en présence d’un homme souffrant sans que nous sachions pourquoi.
- En attendant l’arrivée de secours, il faut toujours s’assurer que le malade respire et qu’il ne perd pas de sang. L’arrêt de la respiration et l’hémorragie sont en effet les deux seuls dangers absolument immédiats.
- Respiration artificielle.
- — Si le malade ne respire plus il faut, sans perdre un instant, pratiquer la respiration artificielle. Un instant d’hésitation peut suffire pour empêcher le retour à la vie.
- Deux moyens permettent de rétablir la respiration : 1° les tractions rythmées de la langue; 2° les mouvements respiratoires.
- Fig. 1. — Manière d’opérer les tractions.de la langue. En haut, tire-langue facilitant cette opération.
- Pour les tractions rythrnées de la langue, on écarte les mâchoires, de force au besoin,, puis on saisit la langue avec un mouchoir ou une étoffe quelconque, on la tient serrée énergiquement et on tire la langue fortement au dehors douze ou quinze fois par minute (fig. 1). On continue ainsi au besoin pendant une heure et plus.
- Les mouvements respiratoires se pratiquent delà manière suivante (fig. 2) : l’asphyxié est couché sur le dos,les épaules légèrement soulevées au moyen de coussins, vêtements, etc. ; l’opérateur se place à la tête du malade, lui prend les bras au-dessous du coude et les tire à lui pour produire l’inspira-- tion, puis les replie en comprimant la poitrine pour assurer l’expiration. Il faut s’assurer que les voies respiratoires sont libres et au besoin tenir la langue sortie hors de la bouche. Les mouvements respiratoires sont ré-
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- Fig. 2. — Mouvements de respiration artificielle par le procédé Sylvesler: à gauche, inspiration; à droite, expiration.
- pétés rythmiquement dix à quinze fois par minute aussi longtemps que la respiration n’est pas rétablie.
- Hémorragies.
- — Quand le sang sort en abondance d’une blessure, il faut aussitôt l’arrêter, une hémorragie grave pouvant devenir mortelle en quelques minutes. Si le sang coule régulièrement, c’est qu’une veine est coupée; on intervient alors entre la blessure et l’extrémité du corps. Si le sang jaillit par saccades, c’est qu’une artère est blessée, et le cas est plus grave; il faut immédiatement intervenir entre la blessure et le coeur.
- La compression doit toujours être énergique. On utilise pour cela un mouchoir, des bretelles, une chambre de bicyclette, etc. Dans le cas d’une hémorragie abondante, on se hâte de fabriquer un garrot au moyen d’une tige de bois qui sert à tordre le lien. L’essentiel est de serrer le plus fort possible jusqu’à l’arrivée du médecin (fig. 4).
- D’autres accidents ne présentent pas la même gravité immédiate, mais il est quand même utile de savoir soulager le malade ou éviter des maladresses et des erreurs en attendant l’arrivée du médecin.
- Fractures, luxations, entorses. — À la suite d’une chute, d’un coup ou d’un faux mouvement, il arrive qu’un individu ressent brusquement une très vive douleur. S’il y a seulement déchirure des tissus mous, muscles, vaisseaux, etc., c’est une entorse; la région ne tarde pas à enfler et à rougir. Si un os est sorti de son articulation, c’est une luxation ; dans ce cas, la région luxée semble raccourcie et se trouve dans une position anormale. Si l’os a craqué, si le membre est déformé, s’il se plie en un point où il n’ÿ a pas d’articulations, c’est une fracture.
- Dans tous ces cas il n’est pas nécessaire d’intervenir de suite et l’on peut attendre l’arrivée du médecin, si le blessé peut rester à la place où il est.
- Dans le cas d’entorse, on peut plonger le membre dans l’eau très chaude pendant une dizaine de minutes, puis le masser très doucement, l’effleurer, pendant une dizaine de minutes.
- Dans le cas de luxation, il ne faut rien faire jusqu’à ce que le médecin soit là.
- Dans le cas de fracture, si l’on doit déplacer le blessé, on immobilise le membre au moyen d’attelles faites avec ce que l’on a sous la main : cannes, planches, branches, cartons, etc.... Le membre fracturé est entouré avec des linges, de l’ouate, de la charpie ou toute autre substance douce et souple qu’on lie autour au moyen de mouchoirs, bretelles, ficelles, jarretières, écharpes, etc., puis on fixe extérieurement les'attelles qui doivent être aussi
- longues que l’os brisé. On transporte le blessé sans qu’il ait besoin de marcher, en le déposant sur une voiture ou au besoin sur un brancard formé d’un planche, d’une échelle, d’un volet, etc.
- Morsures et
- piqûres, — Dans certaines régions, lès vipères et les scorpions pullulent. Au cas où l’on serait piqué ou mordu par lun de ces animaux,' il faut aussitôt lier le membre entre la blessure et le cœur, puis faire saigner la blessure en l’ouvrant avec un canif, laver la plaie avec de l’eau, puis si possible avec de l’alcool, et dans le cas d’une morsure de vipère injecter sous la peau 10 cmc. de sérum antivenimeux de Calmette.
- Si l’on est mordu par un chien suspect, même traitement que précédemment : ligature, ouverture de la plaie qu’on fait saigner, qu’on lave et qu’on cautérise ensuite par le feu. Il est prudent de se soumettre ensuite, aussitôt que possible, à la vaccination antirabique dans un Institut Pasteur.
- Les piqûres d’insectes sont rarement dangereuses, on peut les traiter par une goutte d’ammoniaque qui calme l’irritation, ou encore, de formol, de sublimé ou de. teinture d’iode.
- Brûlures. — On ne saurait trop répéter qu’il ne faut jamais approcher d’un feu des substances inflammables, essence, alcool, pétrole, etc.... Si une imprudence a été commise et que le feu se communique aux vêtements, il ne faut pas courir, mais bien se jeter immédiatement à terre, se rouler sur le sol et tâcher de se couvrir de ce que l’on a à sa portée : couverture, tapis, rideaux, de manière à essayer d’étouffer les flammes. Si les brûlures sont légères et peu étendues, on calmera la douleur au moyen de corps gras : huile, graisse, beurre, etc. S’il y a des ampoules, on les recouvrira de compresses d’acide picrique à 10 pour 100. Le chlorate de potasse en solution concentrée, le sous-nitrate de bismuth calment bien les douleurs. Si les brûlures sont très étendues et profondes, appeler le médecin d’urgence.
- Corps étrangers dans l'œil. — Un des petits inconvénients du voyage à grande vitesse, en chemin de fer et surtout en automobile, est l’introduction fréquente dans l’œil de corps étrangers : poussières, grains de suie ou de sable, petits insectes, etc.
- Instinctivement, on est toujours tenté de se frotter l’œil qui pique et l’on ne fait ainsi qu’augmenter l’irritation et le larmoiement. Au contraire, il faut tenir l’œil fermé, les paupières rapprochées ; s ce moyen suffit souvent pour que le corps étranger sorte avec les larmes. Au besoin, on prend la paupière supérieure entre ses doigts et on la tire sur la pau-
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- pière inférieure, après quoi on la retourne vers le haut ; dès que le corps étranger est aperçu, on l’enlève avec le coin d’un mouchoir, il se trouve fréquemment à l’angle interne de l’œil, près Fig. 3. — Manière d’enlever du nez. Si l’on a de une poussière de l’œil. l’eau propre à sa disposition, on peut aussi prendre un bain d’œil ou appliquer une compresse.
- Insolation, coup de chaleur. — La chaleur excessive de l’été produit quelquefois des troubles graves que l’on désigne sous les noms d’insolation, de coup de soleil, de coup de chaleur. Une grande fatigue ou une intoxication (digestive ou autre) y prédisposent certainement. Us se produisent surtout au milieu de la journée, au soleil, quand l’air est chaud, calme, très humide et que la transpiration est ralentie par l’humidité extérieure ou par la déshydratation de l’organisme. On les observe surtout pendant la marche ou les grands efforts musculaires, mais ils peuvent également se produire au repos quand la tête est exposée nue au soleil. Le visage
- devient rouge, les yeux s’injectent, les oreilles bourdonnent, la tête est comme enflammée, la respiration est ronflante et pénible, on observe souvent des vertiges, des nausées, des vomissements. Si aucun soin n’est apporté à cet état, il s’aggrave rapidement : le pouls devient faible et irrégulier, les mouvements respiratoires diminuent, puis s’arrêtent, le malade tombe en syncope; il est parfois délirant ou convulsé.
- À ce stade, le coup de chaleur est très grave et l’intervention du médecin doit être aussi précoce que possible. En l’attendant on desserre les vêtements; on couche le malade à l’ombre, dans un endroit frais et aéré ; s’il est en syncope, on pratique la respiration artificielle ; enfin, on place sur sa tête des compresses d’eau froide ou de glace et on l’asperge d’eau fraîche sur tout le corps.
- Noyades. — Au nageur prudent qui se baigne longtemps après son repas et ne prolonge pas trop son séjour dans l’eau, il 11e peut arriver aucun accident grave; tout au plus pourra-t-il se trouver pris d’une fâcheuse crampe, ou engagé dans un tourbillon ou dans des herbes; on s’en tire généralement avec un peu de sang-froid.
- Mais des imprudents peuvent être auprès de vous qui, à un moment, se noient. Pour leur porter utilement secours, observez les règles suivantes : prévenir la personne en danger qu’on va lui porter secours ; si
- Fig. 4. — Comment arrêter une hémorragie: 1, compression du bras avec les pouces; 2, compression de la cuisse avec une seule main; 3, la même compression avec les deux pouces; 4 et 5, compression du bras en tordant une baguette; 6, garrot sur la cuisse; 7, tourniquet à baguettes appliqué à Vaisselle ; 8, compression de l’artère fémorale en pliant fortement la jambe sur l'a cuisse.
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- LA PHARMACIE DE CAMPAGNE
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- l’on est habillé, quitter ses vêtements avant de plonger; attendre que la personne ne se débatte plus; la saisir brusquement par derrière, une main aux cheveux ou à la tête, l’autre à l’épaule ou au bras droit
- rant ne porte pas vers le large, sinon, ne pas se fatiguer inutilement et attendre les secours. Si le noyé a déjà coulé, on peut connaître, l’endroit, du fond oîi il se trouve par les bulles d’air qui montent à la sur-
- Fig. 5.— Comment sauver un noyé: le nageur saisit la tête, prend le bras, l’immobilise et entraîne le corps d’une main.
- pour immobiliser ce membre ; la retourner sur le dos et la tenir à bout de bras, la tête hors de l’eau ; nager vers la terre si l’on en est tout près et que le cou-
- face. Dans ce cas-là, plonger, saisir les cheveux d’une main et se servir de l’autre et des pieds pour remonter à la surface.
- LA PHARMACIE DE CAMPAGNE
- Objets et produits indispensables. — Alcool à 90° : servira pour les frictions, la désinfection des mains et le flambage des instruments. Pour ces deux dernières opérations, l’alcool dénaturé serait tout aussi efficace.
- Acide picrique en paquets ou en comprimés de 1 gr. à dissoudre dans 100 gr. d’eau : il servira à traiter les brûlures.
- Teinture d’iode, pour badigeonner les écorchures, coupures, blessures de toutes sortes et les désinfecter. La teinture d’iode s’altérant avec le temps, on peut la remplacer par des comprimés d’iode et d’io-dure de potassium à dissoudre dans l’alcool au moment de l’emploi.
- Émétique en paquets de 5 centigr., seul ou mieux additionné de 1 gr. d’ipéca, à dissoudre dans un verre d’eau tiède qu’on boit en 4 fois à intervalles de -5 minutes, pour les cas d’empoisonnement où il faut immédiatement provoquer des vomissements. On peut le remplacer par du sirop d’ipéca.
- Coton hydrophile.
- Bandes de gaze.
- Bandes de ioile de différentes largeurs.
- Epingles de nourrice.
- Thermomètre médical à maxima. Ce thermomètre doit être exactement gradué et acheté avec son certificat de contrôle. Chez une personne normale, il oscille entre 36 et 57° lorsqu’il est placé sous l’aisselle pendant 5 à 10 min. Au-dessus de 37°, il y a lièvre, indiquant un trouble de la santé.
- ;A la rigueur, une pharmacie ainsi réduite à son strict nécessaire suffira jusqu’à l’arrivée du médecin. On peut, si Ton est très éloigné de tout secours, ajouter diverses autres substances.
- Objets et produits utiles. — L’éther, conservé dans un flacon à moitié plein et bouché au liège, servira, à la dose de quelques gouttes sur un morceau de sucre, à calmer les douleurs gastriques ; on
- pourra le faire respirer avec précaution dans les cas de syncope.
- Sublimé (bichlorure de mercure) en paquets d’un gramme à dissoudre dans un litre d’eau.
- Permanganate de potasse en paquets d’un gramme à dissoudre dans un litre d’eau.
- Ces deux substances sont de puissants antiseptiques. On pourrait également conserver chez soi de l’eau oxygénée, mais elle a le défaut de se décomposer assez rapidement; du perborate de soude qui, au contact de l’eau, donne de l’eau oxygénée, et aussi des poudres antiseptiques qui servent à saupoudrer les plaies : iodoforme, salol, etc....
- Elixir parégorique qui, à la dose d’une cuillerée à café pour un homme, calme rapidement les coliques intestinales.
- On peut aussi tenir en réserve ce qu’il faut pour une petite intervention chirurgicale : un bistouri, un stylet, une paire de ciseaux, une pince hémostatique, une pince à pansements, le tout enfermé dans une boite métallique qui servira à la stérilisation ; des ampoules pour injections hypodermiques conte nant de l’éther, de la caféine, de la morphine, du sérum antivenimeux, du sérum antidiphtérique (à renouveler chaque année) et une seringue de Pravaz stérilisable ; des boîtes de coton hydrophile, de gaze, de compresses et un tube de crins de Florence, le tout stérilisé. Les objets stérilisés doivent être conservés intacts, toute boîte ouverte n’étant plus exempte de germes.
- On peut encore avoir dans sa pharmacie un crayon de nitrate d’argent comme cautérisant, un peu de collodion pour recouvrir les petites plaies, quelques sinapismes et quelques bandes Velpeau.
- Toute'la pharmacie de campagne sera placée dans une caisse ou armoire spéciale et fermant à clef.
- IL M.
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- LES BEAUX VOYAGES EN FRANCE
- DANS LES BASSES-ALPES : LES CLUES DE BARLES
- Les visiteurs de la région des Alpes françaises sont aujourd’hui sollicités par l’Oisans et les montagnes de Grenoble à Briançon, et par la fameuse route des Alpes qui, cette année même, s’achève à la descente du col de la Cayolle (Yoy. n° 1992, 29 juillet 1911). Il est, dans ces parages, une boucle des plus intéressantes, que l’on peut adjoindre soit au; parcours en chemin de fer'(cà Sisteron), soit à feÿui de la route des Alpes (à Barcelonnette). Depuis 1912 seulement, on peut y admirer aisément les dues de Barles, au nord de Digne, par la nou-l|lle route qui vient d’y être pratiquée.
- Sisteron, sur la ligne de chemin de fer de Grenoble à Marseille, est, on le sait, dans une des situations les plus pittoresques de toute la France. Les contournements tectoniques des rochers de sa fameuse due sont classiques en géologie. La Durance y est rétrécie dans un défdé court, mais profond, qui est la véritable porte géographique d’entre Dauphiné, et .Provence. Sur la rive droite, :la vieille citadelle
- Situation des dues de Barles.
- aux multiples enceintes et poternes, a des aspects d’ancienne cité espagnole, telle Ségovie ou Tolède; et de sombres ruelles et murailles cachent une foule de recoins inattendus. Extrêmement sales par exemple, car Sisteron peut revendiquer d’être une des villes les moins propres
- Vue et citadelle de Sisteron.
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- Les Rochers des Mées (les Pénilenls).
- de France. Sous ce rapport, il importerait que sa municipalité prît d’elle-même les mesures indispen sables d’hygiène et d’assainissement que l’autorité supérieure finira par lui imposer. Après Sisteron, il faut suivre, en chemin de fer aussi bien qu’en auto, la belle vallée de la Durance, sans autres bornes d’ailleurs que le Rhône, si l’on veut y voir tout ce qui mérite un arrêt sur ses rives et dans ses abords : Prieuré de Ganagobie, usine électrique de la Brillanne, Forcalquier et scs envi-
- Canon de la Blanche.
- Muraille de la due de Pôouvè.
- rons, etc. Pour aujourd’hui, arrêtons-nous a Peyruis et franchissons la rivière, afin d’aller voir les pyramides des Mées sur la rive gauche. Pyramides est un pléonasme, puisque les Mées signifient « les poupées » ; et ce sont bien des poupées, mais immenses, que ces pyramides de plus de 100 m. de hauteur, découpées par ‘les érosions sur près d’un kilomètre de longueur, dans les roches de poudin-gucs. À cause de leur forme de moines encapuchonnés on les nomme aussi les « pénitents ». Nous.ne nous attarderons pas à décrire ce phénomène depuis longtemps connu, nous bornant à déclarer qu’il est
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- DANS LES BASSES-ALPES
- tout à fait grandiose,” avec Tson immense front de falaises sillonné d’étrôites cassures, qui séparent les obélisques les uns des autres.
- De là, route ou chemin de fer nous transporteront rapidement par la basse Bléone à Digne, fort pittoresquement, située à l’issue de la grande coupure jurassique du torrent des Eaux-Chaudes. Sa vieille cathédrale à une seule nef est un précieux monument du xie au xme siècle, romantiquement abandonné dans l’ancien cimetière, aux portes de la ville ; mais le nouvel attrait de la région qui motive les présentes lignes, c’est l’achèvement, en 1912, de la route des dues de Barles remplaçant un ancien chemin de char Ç).
- Ces dues peuvent soutenir la comparaison avec celles du Var et des Alpes-Maritimes (Cians, Aiglun, Roudoulle, Daluis,
- Rouaine, Saint-Auban, etc,).. En sortant
- Tarn, puis la première due proprement dite se signale de loin par une grande muraille verticale-soutenant un plateau horizontal : c’est la courte due de Péouvé, où deux tunnels et deux ponts sont
- . Clue de Saint-Clément.
- de Digne, par le nord, on remonte d’abord la Bléone, puis son affluent le Bès. Une première gorge assez courte rappelle certains points du canon du
- 1. Voy. pour toute cette région : Gust. Tardieu. Les Alpes de Provence (collection des Guides Boule), Masson, édit., 4912. Prix 4 fr. 50.
- Clue de Saint-Clément. (Photo de l’auteur.)
- aujourd’hui juxtaposés. En amont, l’expansion de la vallée reste fort majestueuse avec des ravinements latéraux remplis de formidables écroulements. La deuxième due, dite de Saint-Clément, est de beaucoup plus longue et plus étroite ; elle, ressemble étonnamment à celle si difficile d’accès d’Aiglun sur l’Esteron (Alpes-Maritimes) ; le soleil n’y pénètre point. Au moment d’arriver à Barles, un affluent latéral a découpé des redressements de roches fort curieux pour les géologues;. En amont de Barles, une quatrième gorge est plus large, mais superbement verdoyante ; elle reçoit le torrent de Grave qui fait une belle cascade à Auzet. Cette nouvelle route des dues de Barles a eu pour objet d’éviter à la route de Digne à Seyne, le pénible col du Labouret. Le raccord se fait entre Verdaches, et le Yernet, d’où une pente insensible monte au col très allongé de Maure (1349 m.) pour redescendre à Seyne. Cette vieille petite place forte déclassée repose
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- EN ROUERGUE
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- dans un gracieux bassin alpestre et, de là, une nouvelle roule descendant la rive droite du canon schisteux de la Blanche, rejoint la Durance à Espinasse. Ici deux directions s’offrent au choix des voitures : à gauche, celle qui permettra de visiter les curieuses pyramides coiffées du ravin de Trente-Pas, .de.Yal-lauria (v. n° 1807) et de Rémollon, — et les;belles ruines du château de Tallard dans un grandiose paysage de vallée, et Gap.
- À droite, on remonte la Durance pour passer à l’emplacement choisi pour le grand barrage de Serre-Ponçon projeté par M. Wilhelm ; >
- puis, peu après, on s’engage dans l’étroite vallée de l’Ubaye pour la remonter jusqu’à Barcelonnette et rejoindre ainsi la route des Alpes. Cette basse vallée de
- la chaîne du Parpaillon. Elle a formé des dépôts de tuf extrêmement importants, et elle est en partie dérivée pour le service d’une turbine.
- Avec les étroits défilés de l’Ubaye et les chauves cimes des Basses-Alpes, le contraste du verdoyant cirque de Barcelonnette est depuis longtemps classique. C’est de là que la nouvelle route du col de la Cayolle va remplacer celle du col d’Àllos, pour permettre la visite, vers le sud, du Haut Yar, des aiguilles de Guillaumes et de Péonc et de l’extraordinaire due de Daluis que nous avons ! • décrite ici même (n° 1855).
- Ajoutons que les automobilistes descendant du col de Yars devraient , à Saint-Paul, faire le petit détour du village de la Grande-Sorène ; en octobre 1915, on y refaisait le
- Ruines du château de Tallard,
- l’Ubaye présente de fort belles vues sur le grand pic neigeux de la Siolane (291U m.). Il faut noter sur sa rive gauche la traversée du curieux ravin du Pas-de-laTour, encore une due tellement étroite, que le jour n’y pénètre pas. Au fond, un ruisseau s’écoule en cascades. Presque en face, sur la rive droite, une puissante source jaillit subitement, à 150 m. au-dessus de la vallée, des assises calcaires inférieures de
- chemin qui conduisait au curieux pont du Castelet eh vue de la belle pyramide du Brec de Chambeyron ; on notera dans ces parages des Alpes, ainsi d’ailleurs que dans le Champsaur, de fort singulières croix anciennes en bois, où le crucifix est entouré des différents instruments de la Passion. Le fort Tournoux, entre Saint-Paul et Barcelonnette, a été récemment augmenté de batteries souterraines du plus théâtral aspect.
- EN ROUERGUE
- Conques — Salles-la-Source — Rodez — Bozouls.
- Les touristes qui, après la visite de Padirac, de Rocamadour et de la Cave, veulent gagner les gorges du Tarn, se plaignent, non sans raison, de la longueur et de l’incommodité du trajet en chemin de fer de Figeac à Séverac-le-Château, à travers le Rouergue. L’absence de villes importantes, les sinuosités de la voie ferrée et le changement de.
- réseau à Rodez (Compagnies d’Orléans et du Midi) n’ont en effet pas permis jusqu’à présent rétablisse} ment d’express pratique pour réunir le Quercy aux Causses. Mais il ne tient qu’aux voyageurs pouvant disposer de deux ou trois jours, de visiter, dans ces parages, trois des plus curieuses localités de- la France : — l’une, pèlerinage archéologique,2 c’est
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- EN ROUERGUE
- Conques ; les deux autres, singularités hydrologi-ques et véritablement trop peu connues : Salles-la-Source et Bozouls.
- Conques a gardé la célèbre abbaye de Sainte-Foy, précieux monument du xie siècle, et surtout un trésor d’orfèvrerie religieuse du ixe au xvie siècle qui est peut-être le plus riche de France. Beaucoup de nos lecteurs ont pu l’admirer à l’exposition de 1900 où il avait été transporté. L’accès de Conques est malheureusement compliqué, car il y a 22 km de voiture, 2 h. 30 de trajet depuis la station de Mar-cillac. Mais les automobilistes n’auront besoin que d’une matinée pour l’excursion.
- Salles-la-Source est d’un arrêt plus facile, entre deux trains, à la station qui précède Rodez. Il existe là l’issue d’une rivière souterraine révélée en 1890-1892 par les explorations de MM. Quintin et Gau-pillat, et qui occupe les ramifications d’une grotte difficile d’accès et non aménagée. Au surplus, il importe surtout d’admirer, à Salles-la-Source, la situation du village au pied des perpendiculaires falaises
- En haut: Portail de Conques.
- Au milieu: Salles-la-Source.
- En bas : Salles-la-Source, Grande Cascade, (Clichés G. Gaupillat-.)
- du Causse du Comtal ou de Rodez. La petite ville, dont l’aspect est malheureusement gâté par les usines qui utilisent l’eau comme force motrice, est bâtie sur trois terrasses successives ; et ces terrasses ont été édifiées elles-mêmes par les tufs ou dépôts de carbonate de chaux que l’eau souterraine, au cours des siècles, abandonne à sa sortie du sol, en se retrouvant au contact de l’air. Il serait trop long de décrire en détail ce singulier paysage; s’il n’était fâcheusement masqué par les constructions et l’occupation humaine, il serait comparable dans son étrangeté, aux fameuses terrasses de Hiérapolis en Àsie-Mineure ou des Mammoth-Springs au Yellowstone, car les gradins de tuf se développent sur une hauteur verticale, qui atteint à environ 100 m. Par les diverses ouvertures des grottes (Grande-Fontaine, Gâchette, Gorge-aux-Loups, etc.), la rivière souterraine jaillit dans toute la sauvagerie des rochers et de la verdure. Le vieux château de Salles-la-Source est caché dans les arbres sur la terrasse supérieure,
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- Et c’est par une série de cascades, de débit effrayant après les grandes pluies, que de degré en degré, toute la rivière descend jusqu’à la profonde y allée du Créno, dont Le Rouergue. elle est paï_
- Huent. Certaines cascatelles ont creusé dans le tuf ou ménagé sous scs surplombs d’assez profondes grottes capricieusement festonnées ; en ramifications infinies,-les filets du cours d’eau se subdivisent, parmi les cuvettes de tuf, les murailles de calcaire, les caves des maisons et les turbines industrielles.
- Salles-la-Source est le Tivoli'français ; après un orage, ces écoulements d’eaux'constituent un magnifique, spectacle et; en toutes saisons, nul ne regrettera d’errer quelques heures ' dans - le dédale de ces roches fantasques, de ces frondaisons humides, de ces ondes'bondissantes et de ces vieilles-ruelles. g- Sur. le Caüsse-dii-Comtal, à: 4 km et demi vers le Nord- '
- Est, le gouffre;du Tindoul,'1 profond de. 60 m., avait fait retrouver par MM; Quintin et Gaüpillat, la rivière souterraine qui débouche à Salles-la-Source, lin aménagement,; commencé en 1895, a été abandonné parce que ce cours d’eau souterrain ne présentait rien de comparable à celui de Padirae.
- Bozoïds est sur le Dourdou, à la limite dü llouer-guc, et en vue de l’Àubrae. Depuis longtemps, Louis Rousselet, Joannc, Onésime Reclus ont célébré sa
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- beauté. La rivière contourne en boucles capricieuses un plateau péninsulaire, au bord et en face duquel le village est accroché sur des falaises absolument à pic. Le Dourdou forme une cascade au fond d’une cassure si étroite, qu’on l’a appelée l’Enfer de Bozouls. De vieilles maisons, et surtout d’antiques moulins, subsistent encore à Bozouls, longtemps préservé par sa distance des chemins battus. Aujourd’hui, c’est une station de chemin de fer de rembranchc-ment d’Espalion, qui quitte à Bertholène la ligne de Rodez à Séverac. Une demi-journée encore sera employée dans cet enfer, qui est un paradis pour les yeux; et les automobilistes pourront, en un jour, au départ de Conques voir Salles, le Tindoul et Bozouls, et coucher à la pittoresque Espalion avant de regagner les gorges du Tarn, par la Canourgue ou Chanac. Si l’on ajoute que la cathédrale et certaines vieilles maisons de Rodez méritent dignement deux heures d’arrêt, et que la vallée du Yiaur au sud de cette
- ville est attirante pour les paysagistes, ompeut conclure qu’il est permis .de considérer Te Rouergue comme un'trait'd’union fort recommandable entre la Dordogne el le Tarn. / Y . ’
- L'Enfer de Bozouls.
- GORGES ET FORÊTS DE L’ARIEGE A L’AUDE :
- On sait qu’apr.ès la roule des Alpes (i), leTouring-Cl.ub.de France veut àménager une roûtedes Pyrénées.
- Selon.; le [projeté dressé à 'partir : de 1909: par MM. Barrère, Schrader et Vallot [projet spécialement étudié sur le terrain par M. Barrère qui Ta détaille dans un rapport (*)], l’entreprise consisté-rait à faire exécuter aü nord: desL Pyrénées, entre îlcndaye et le cap Cerbère, 119 km de raccords au
- 1, Yoyç.n0.1992, 29. juillet 1911. .
- ; 2. :Voy. Revue du'.T.’\C.'F,'. del novembre et .do décembre Entre. l’Ariège et. l'Aude,~ . , 19ll cl La Montagne, mai 1912, etc. / ; !.. IZ y-r'r
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- Défilé de l'Affrau.
- prix de 2 ou 5 millions. Ainsi les automobiles pourraient aisément longer, sur 734'km de parcours, tout le revers français de la chaîne, en recoupant les vallées perpendiculaires à l’axe, et en franchissant de nombreux cols aux beaux prospects.
- Les raccords prévus sont excellents pour l’ouest et le milieu de la région. Dans le pays basque notamment (Basses-Pyrénées), ils permettront d’accéder à la merveilleuse et sauvage forêt d’Iraty, inconnue des touristes, parce qu’elle leur est inaccessible et dont nous avons, parlé l’an dernier )1) ; mais il faudra respecter le mystère et les séculaires géants de cette forêt quasi vierge, en n’y traçant que des sentiers de piétons et en ne permettant aux automobiles que l’accès de sa lisière. Gomme aux bois de Muir de San-Francisco (États-Unis), on ne' devra point autoriser le bruit des foules et des chauffeurs à profaner ces frondaisons cylopéennes.
- Dans les mêmes parages, entre Larrau et Licq, on devra également faire partir de. la. nouvelle route les sentiers et aménagements nécessaires, pour rendre possible la visite; des merveilles nouvellement découvertes (1907 à 1909), par les soins du ministère de l’Agriculture et sur l’initiative de M. Dabat, directeur général des Eaux et Forêts, dans les canons extraordinaires du pays de Soûle (Holcarté-Olhadibie, Cacouette,' . Uhaix-Djarre) également décrits ici-même)2).-Quand oh se décidera à les rendre acces-
- 4. Yoy. n° 2092, 28 juin 1943, p. 66.
- 2. Yoy. n08 1792, 28 septembre 1907, et 1861, 23 janvier 4909, par E. Fournier et Bulletin de l'Hydraulique agricole, fasc. 38 et 40. '
- sibles, on reconnaîtra que ces cluses sans rivales se rangent parmi les premières merveilles de la France. L’omission de l’aménagement de Holcarté est une grave lacune dans le projet delà route des Pyrénées.
- Deux autres raccords entre Saint-Girons et Taras-con-sur-Ariège faciliteront aussi très heureusement la visite de la vallée de Bethemale, qui a conservé ses merveilleux costumes (f) ; des beaux environs de Yicdessos et de Tarascon-sur-Ariège; et des imposantes cavernes de Niaux, de Bédeillac, de Sabart et. de Lombrive si remarquables, la première par ses peintures préhistoriques, les trois autres par leurs concrétions. Mais, à partir d’Ax-les-Thermes, le projet tel qu’il est présenté commet, pour gagner Montlouis, la plus regrettable erreur ; il ne faut pas hésiter à déclarer en effet qu’il est tout à fait fâcheux de recommander aux touristes la traversée du col de Puymorens ; du côté de l’Ariège, la montée est fastidieuse ; la descente sur la Gerdagne est tout aussi morne ; la Cerdagne elle-même n’a nullement la beauté que lui attribuent certaines descriptions; il y a eu méprise matérielle à la qualifier d’« un des plus beaux paysages du monde entier » ; et depuis longtemps l’espagnole Puigcerda, ruinée par les guerres carlistes, a perdu sa couleur locale et notamment ses anciens costumes. Pour ma part, j’ai trouvé ce passage franchement laid et je me garderais bien de le refaire : depuis 50 ans que je voyage, je n’ai pas rencontré, des défilés du Caucase aux passes des montagnes Rocheuses, de col aussi ennuyeux que celui-ci. Les touristes qui voudraient quand même visiter la Cerdagne et le massif rocheux, dénudé, triste, et sans neige dans la belle saison, de Carlitte, auront prochainement à leur disposition le seul moyen recommandable pour passer le Puymorens (2), un tunnel de chemin de fer, qui le franchira sous terre et en quelques minutes.
- Pour gagner Montlouis et le Confient depuis la haute vallée de l’Ariège, il est un détour particulièrement intéressant qui doit, de toute nécessité, se substituer au col de Puymorens dans la future route des Pyrénées : c’est celui qui fera visiter les gorges du grand Hers, les forêts de Bélesta et du plateau de Sault, et les cluses trop peu parcourues du Réhenty et de l’Aude, pour rejoindre Montlouis, par le Donezan et le Capcir.
- Voici les principaux éléments de cette variante additionnelle.
- D’Ax-les-Thermes, terminus actuel du chemin de fer de la "vallée de l’Ariège, deux routes au choix montent au nord jusqu’au col de Marmare (1560 m.) avec des vues superbes sur les Pyrénées ariégeoises. Au delà du col les hêtraies des sources de l’Hers sont certes plus suaves que les cailloùtis de Puymorens. Après Prades, on laisse à droite la grande route qui va directement à Quillan par Belcaire et
- . 1. Yoy. n° 1850, 17 novembre 1908.
- 2. « Le paysage est d’une extrême sauvagerie, mais il ne nous enthousiasme pas outre mesure » (comte B. de Monts, Revue du T. C. F., octobre 1911, p. 469).
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- que recoupera la suite de notre itinéraire. Tournant à gauche, par Cornus, on descend le long de l’Hers en s’encaissant de plus en plus entre les murailles du défilé de l’Aiïrau (ou la FrauV, qui ont 500 à 400 m. d'élévation sur o km d’élenduo. En 1907, on s’occupait à transformer en bonne route le chemin de chars de ce grandiose .défilé. Si ce travail n’est pas encore1 terminé, la lacune doit être bien courte et facile à remplir.
- En s’élargissant à la base orientale du massif de Saint-Barthélemy (2549 m.), la vallée de l’Hers reçoit à gauche le torrent de Lasset, dont les sources sont dominées par une des ruines les plus fières de notre pays : le château de Montségur, dernier refuge des hérétiques albigeois en 1244, qui a pour socle une pyramide montagneuse dé 1204 m. d’altitude. Plus loin, à droite, l’Hers recueille, dans un site ravissant, les eaux de la source intermittente de Fontestorbes, une des grandes curiosités naturelles de la France (*). Belesta, charmant village, dont les maisons vêtues de verdure, alignées sur la rivière, semblent un coin de Navarre espagnole, sera célèbre le jour ou on aura aménagé pour la visite les prodigieux gouffres des Corbeaux)2) et du Caugno-de-Los-Gouffios(3), découverts en 1907 et 1909, les plus beaux de ceux qui trouent les plateaux calcaires de
- Funleslorbes. (Clichés Martel.)
- Sault; en attendant, deux routes s’offrent aux automobiles pour monter sur ces plateaux et sillonner les ombrages des magnifiques forêts de Belesta, de Sainte-Colombe, de Puivert, de Picaussel, de Bel-caire, etc. L’une de ces routes s’élève directement de Belesta en spirale, derrière Fontestorbes et par Caillol ; l’autre empruntant la route de Quillan la quitte au col de Babourade; toutes deux sont pleines d’accidents curieux, elles se rejoignent sur les hauts plateaux où abondent les gouffres et les pertes de ruisseaux, qui vont alimenter Fontestorbes et où d’imposants pâturages alpestres servent de clairières aux forêts demeurées splendides (ait. 850 à 1100 m.). La Cerdagne n’a rien de pareil !
- Ces deux routes recoupent vers Espézel la voie directe d’Àx-les-Thermes à Quillan (voy. ci-dessus). D’Espézel, deux autres descendent dans la vallée du Rébenty. Leurs tournants devraient être adoucis et tout leur tracé amélioré pour les automobiles. C’est là encore un raccord indispensable (4). Descendu à Niort, dans la haute vallée du Rébenty, on suivra toute celle-ci par les beaux défilés des Àdouxes, d’Àble, de Joucou, etc., jusqu’à Axât profondément enfouie entre les deux plus grandioses cluses de l’Aude, les gorges de Pierre-Lys et de Saint Georges (5).
- Enfin, d’Axat à Montlouis, tout le long de l’Aude, la route est excellente et magnifique par le défilé de
- 1. Voy. n° 1654, (17 sept. 1904), par E. Belloc.
- 2. Voy. n° 1795, 19 octobre 1907.
- 3. Voy. n° 1916, 12 février 1910, par E. Rudaux.
- 4. Si cette amélioration n’est pas réalisée à l’heure actuelle, (et en attendant qu’elle le soit), on peut gagner directement Quillan par la route nationale (venant d’Ax), et sur laquelle un entrepreneur de transports automobiles a créé un service public de Quillan à Belcaire, en vertu d’une convention approuvée par décret du 13 janvier 1912. De Quillan on arriverait à Axât, etc., par le défdé de Pierre-Lys.
- 5. D’Axat, on ne manquera point de faire, soit en auto, soit en chemin de fer, l’excursion latérale (25 km à l’Est) de Saint-Paul-de-Fenouillet et des très belles gorges de l’Agly à Galamus et à La Foux.
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- Forêt de Belesla. (Cliché L. Rudaux.)
- Saint-Georges, le château d’Usson, les bains de Car-canières, et le Gapcir(1). De Montlouis rien n’est plus aisé, pour ceux qui y tiennent, que de descendre en Cerdagne (par le chemin de fer de Bourg-Madame), ou de monter au Carlitte et à ses lacs(2).
- Telle est l’addition indispensable aux modifications comprises sous la rubrique de route des Py rénées. On ne saurait concevoir que (de même que celles d’Holcarté-Olhadibie), les gorges de l’Affrau, Fontestorbes, les forêts et les plateaux de Sault, les défilés du Rébenty et de l’Aude soient laissés hors des routes battues, alors que l’on voudrait y incorporer le fastidieux Puymorens et l’insignifiante Cerdagne. D’autant plus que ces sites tranchent complètement sur ce qu’on verra dans le surplus de la route des Pyrénées et y ajoutent donc la plus agréable variété. Dès maintenant la course peut être
- 1. Le Guide Joanne des Pyrénées renseigne à merveille sur le Rébenty, l’Aude,- l’Ariége, etc.
- , 2. Yoy. Revue du T. G, F., octobre 1911, p. 468 et février 4912, p. 59.
- entreprise, sous réserve de se renseigner sur l’état actuel des routes à l’Affrau et à la descente d’Es-pézcl vers le Rébenty.
- Et même si les améliorations de ces deux tronçons ne pouvaient pas être réalisées entièrement à la satisfaction des automobilistes, ceux-ci trouveront toujours à leur disposition le parcours suivant : d’Ax-les-Thermes (par le col de Marmarc et Prades), monter à Bel-caire (plateau de Sault), descendre à Fontestorbes et faire le court crochet des gorges de l’Affrau; enfin gagner Quillan (puis les défilés de l’Aude), soit directement par Puivert, soit en remontant à la forêt de Pi-caussel et à Espézel.
- La car te ci-dessous énumère tous ces noms. Pour le. surplus de la route nous signalerons la prochaine apparition d’un bel ouvrage, la Boute des Pyrénées françaises, par Henri Ferrand, l’auteur si compétent de nombreux ouvrages alpestres (*).
- E.-A. Martel.
- 1. Eu souscription, chez Roy, éditeur, à Grenoble. Prix : 20 francs.
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- NOTRE CONCOURS
- L’OBSERVATION DES ANIMAUX PAR LA PHOTOGRAPHIE
- L’an dernier, notre Concours nécessitait toute une installation, assez complexe et délicate; cette année, il ne demande que l’emploi d’un simple appareil photographique, n’importe lequel, et en plus... un peu de chance ou de, patience.
- Nous demandons à ceux de nos abonnés et de nos lecteurs qui veulent prendre part à ce Concours, d'observer, pendant leurs vacances, des animaux, gros ou petits, et de nous faire le récit des faits auxquels ils auront assisté, en illustrant-et-justifiant ceux-ci par des photographies.
- On peut donc participer à. notre Concours, quel que soit le lieu de la villégiature : campagne, mer ou montagne, et même si l’on reste à la ville, puisque partout, les sujets ne manqueront pas.
- Tous les animaux, sans exception, peuvent être l’objet d’observations intéressantes, depuis les plus communs et les plus gros, tels les animaux domestiques qui nous entourent, jusqu’aux plus petits, aux habitants microscopiques de la goutte d’eau, par exemple, en passant par les insectes aux mœurs mystérieuses et les bêtes de la mer et de l’eau douce qu’on pourra surprendre dans leur milieu.
- Pour juger des envois qui nous parviendront, il sera tenu compte et de la qualité des photographies et de celle des observations.
- Nous ne parlerons pas ici de la manière de prendre un cliché, de le développer et d’en tirer une épreuve ; les amateurs de photographie n’ont pas besoin de conseils à ce sujet, et, de plus, ceux qui en désireraient, trouveraient tous les renseignements nécessaires dans notre numéro d’Eté de l’année dernière (n° 2092).
- Toutefois, il n’est peut-être pas inutile de signaler ficiiltés spéciales que peut rencontrer le photographe animalier.
- Les grosses bêtes domestiques sont les plus commodes à photographier; faire leur portrait n’est pas plus difficile que faire celui de
- n’importe qui. Mais ce sont aussi les animaux les plus connus, ceux qui, à moins d’exceptions très rares, fournissent les observations les plus banales, les moins inattendues.
- Les animaux enfermés dans les cages des ménageries, sont aussi commodes à photographier et peuvent parfois réserver des surprises à l’observateur patient qui les fréquente assidûment et a pu se faire connaître d’eux. . -
- 0n a toutefois plus de chance d’obtenir des documents intéressants avec les animaux sauvages, mais pour leur observation, les difficultés commencent. En effet, les animaux saiivages ne se laissent guère approcher; presque tous craignent l’homme et savent très bien le dépister, par le flair, la vue ou l’ouïe, du plus loin qu’ils le reconnaissent. Aussi les champs, les bois, qui pullulent de bêtes de toutes sortes, et même de grosses, semblent-ils déserts quand nous les parcourons. L’homme marche généralement dans un cercle enchanté où toute vie se terre ou se sauve et disparaît. Pour rompre ce mauvais charme, fâcheux surtout pour le chasseur d’images que nous proposons à nos lecteurs d’être pendant ces vacances, deux moyens se présentent : le téléobjectif ou la patience et la ruse.
- Le téléobjectif permet d’avoir une image suffisamment grande d’un objet éloigné, sans un tirage démesuré de la chambre. Il se compose (fig. 2) de deux systèmes de lentilles placés dans un tube, l’un convergent situé au delà du foyer de l’objectif, c’est l’élément positif, l’autre divergent situé en deçà, c’est l’élément négatif ou amplificatrice. L’élément positif peut être un objectif photographique ordinaire à grande ouverture. L’écartement entre les deux éléments détermine le grossissement : on peut le faire varier au moyen d’une crémaillère ou d’une vis hélicoïdale.
- Le téléobjectif est toujours assez
- Fig. i. — Photographie des hôtes d’une flaque d’eau laissée par la_ marée.
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- L’OBSERVATION DES ANIMAUX PAR LA PHOTOGRAPHIE
- lourd et doit être monté sur une chambre très stable ; il rend difficile la mise au point à cause du manque de luminosité de l’image; enfin, il n’est utilisable que par des temps très clairs, la brume,
- Plan
- principal'
- Elément
- négatif.
- Élément
- positif'-'.
- K_______ij~oyer' équivalent du. Téléobjectif'.____>j'
- Fig. 2. — Schéma du téléobjectif.
- la vapeur d’eau, la poussière contenues dans l’air produisant sur l’image un voile total ou partiel fort gênant. Malgré ces inconvénients, il est indispensable pour la photographie d’animaux éloignés qu’on ne peut approcher, des oiseaux sur leur nid, dans un arbre ou dans une anfractuosité de falaise, par exemple, ou encore un rapace sur son aire ou un chamois dans la montagne.
- D’autres animaux, moins inaccessibles, ne peutent cependant être observés sans précautions. Voici des petits oiseaux dans leur nid, un serpent ou un lézard se chauffant au soleil, une bande de loirs se jouant dans la forêt. Essayez de les approcher ; aussitôt ils prennent des mines effrayées, ou s’enfuient, ou se cachent, bien avant que vous soyez arrivé à bonne portée d’objectif. Il n’est pas impossible de les surprendre, mais il faut alors user de patience et de ruse. Quand vous marchiez, vous approchant, les animaux s’enfuyaient devant vous. Mais, qu’arrivé près du nid ou du point vivant tout à l’heure, vous vous arrêtiez, restant immobile, silencieux, dissimulé, l’objectif braqué sur l’endroit où a disparu l'animal que vous poursuiviez, il y a bien des 3 chances pour que l’objet de vos désirs repa-® raisse; peu à peu la • nature s’anime à nouveau autour de
- Ecran' yous . Y0US
- Fig. 3. — Appareil vertical pour la photographie dans l’eau.
- maintenant partie du paysage et ne causez plus aucune crainte. L’attente sera plus ou moins longue suivant la méfiance de la bête, son instinct et aussi selon que vous serez plus ou moins bien fondu dans le paysage. L’odeur de votre cigarette peut suffire à vous déceler.
- Quel plaisir, pendant les fortes chaleurs de l’été, de rester ainsi immobiles dans la campagne bourdonnante de vie, d’une vie que nous ne soupçonnons pas quand nous ne faisons que la traverser en la troublant de notre agitation! Quelles riches trouvailles d’observations, quelles révélations de mystères nous pourrons surprendre! On peut ressentir ainsi tout le plaisir de la chasse à l’affût, sans le remords de la mort.
- Parfois, l’immobilité ne suffit pas, et la dissimulation doit être poussée fort loin; il faudra, par exemple, installer un écran de brindilles de bois, de roseaux ou de branches d’arbres, ou même une véritable hutte, puis l’abandonner quelque temps pour qu’elle perde son aspect insolite, que les animaux s’habituent à la voir sans méfiance, après quoi, nous pourrons nous y cacher et observer tout à loisir les habitants des environs sans éveiller leur crainte et provoquer leur fuite. Les habiletés des chasseurs de marais et des piégeurs de la forêt pourront nous être d’un grand secours (fig. 6).
- Mais il n’est pas que des grosses bêtes ; les petites méritent aussi notre attention : insectes, araignées, mollusques, vers, qu’on rencontre à chaque pas sous les pierres, sur les feuilles, dans les troncs d’arbre, etc. Leur observation photographique est souvent moins difficile, car elles ne craignent guère l’homme et ne se rendent pas compte de ses méfaits. Un objectif permettant la mise au point à très courte distance, ou des bonnettes d’approche corrigeant l’objectif suffisent à obtenir de bons documents. On peut d’ailleurs, pour beaucoup d’entre elles, les emporter à la maison et les observer à loisir sous une cloche ou dans un bocal, et attendre ainsi, confortablement, les moments mémorables de leur existence qu’elles voudront bien nous révéler.
- Les animaux aquatiques ont le grand défaut de vivre dans un milieu différent du nôtre, mais ce n’est pas là un vice rédhibitoire rendant impossible leur observation. Sans aller jusqu’à s’habiller en scaphandre et employer un appareil photographique construit spécialement pour opérer sous l’eau — ce qu’il faut laisser, je crois, aux professionnels, — divers dispositifs permettent d’obtenir de très bons clichés, sans se mouiller et sans mouiller son appareil. Dans les flaques d’eau que laisse la mer en se retirant, dans les étangs, les mares et les abreuvoirs, vit une faune et une flore gracieuses et variées ; un appareil placé verticalement pourra en saisir* les détails (fig. 1).
- Malheureusement l’appareil photographique masquant ainsi la lumière et portant ombre sur l’objet, il faudra profiter des moments où la lumière est très oblique (matin et soir) ou éclairer latéralement la scène au moyen du magnésium. Nous laissons aux concurrents le soin d’imaginer le meilleur moyen de provoquer une lumière artificielle dans un coin de la mare. Encore faudra-t-il, même dans ce dernier cas, opérer presque tou-
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- jours en instantané, le vent ridant la surface de l’eau, le courant déplaçant les algues, et les bêtes n’obéissant pas au commandement : « Souriez..., ne bougeons plus ! »
- Dans beaucoup de cas, il y a avantage à transporter les animaux dans un aquarium où leur observation, et surtout leur photographie sont beaucoup plus aisées. Deux dispositifs peuvent alors servir, suivant que l’on veut opérer horizontalement ou verticalement (fig. 3).
- Verticalement, on fixe l’appareil, au moyen de la vis du pied le long d’une solide planche verticale. Cette planche s’appuiera sur une base solide, un banc par exemple, qui permettra de monter dessus pour effectuer la mise au point. Au-dessous de l’appareil, une planchette mobile glissera le long de la planche verticale et servira à soutenir la cuvette où l’on met les animaux ; en rapprochant ou éloignant de l’objectif cette planchette on obtiendra des images plus ou moins grandes de l’objet. Sur la planchette, recouverte d’un papier de couleur foncée, on placera la cuvette rectangulaire, basse, à bords parallèles^), où l’on disposera un fond approprié : sable, algues, etc., qu’on recouvrira d’eau dans laquelle on placera l’animal à observer. De cette manière, en opérant devant une fenêtre et en se servant au besoin d’écrans, on peut obtenir un éclairage latéral intense et par suite d’excellentes photographies.
- On peut également , opérer avec un appareil horizontal, et ce moyen est même indispensable pour la photographie des poissons nageant, des gros crustacés, des méduses, etc., qu’on ne saurait prendre en plan. Dans ce cas, les animaux sont placés dans une cuve étroite et haute à faces parallèles convenablement éclairée. Nos concurrents pourront imaginer le dispositif qui leur», semblera le meilleur pour opérer dans ces conditions. À titre d’indica-
- Fig. 4. — Dispositif de microphotographie sans microscope.
- lion, nous leur signalerons le modèle d’aquarium
- t. Les cuvettes et cuves de petites tailles peuvent être faites au moyen de lames de verre ou de glace coupées aux dimensions .convenables et assemblées au moyen de baume du Canada ou de lut à la colophane,
- photographique suivant (fig. 7) imaginé par M. Fabre-Domergue pour ses très belles photographies dans l’eau. La cuve est un parallélipipède droit à base trapèze ; le fond, les faces latérales et celle correspondant à la grande base sont en bois soigneusement jointé, mastiqué, et peint d’une teinte neutre ; seule, la face antérieure correspondant à la petite base est un rectangle de
- glace; les faces latérales sont munies de rainures dans lesquelles on peut faire glisser d’autres
- Fig. 5. — Aquarium photographique.
- glaces. Au-dessus de la caisse, on place un couvercle en bois en forme de tronc de pyramide qui empêche les animaux de sauter hors de l’eau et rabat la lumière vers le bas. Ainsi construit, raquarium permet de placer des algues entre deux lames de glace et d’éviter leur flottement; il permet également de localiser la bête à photographier dans une zone assez étroite pour qu’elle reste constamment au point. L’éclairage est obtenu au moyen d’un éclair de magnésium allumé dans la hotte qui sur-: monte la cuve. De cette façon, les photographies ,iie montrent ni les faces latérales, ni le fond ; les animaux semblent pris dans leur milieu naturel; le décor d’algues placé en arrière donne l’inipression d’une grande profondeur, et les animaux éclairés perpendiculairement à l’objectif sont-; bien modelés avec des oppositions très heureuses de lumière et d’ombre.
- Mais l’eau ne contient pas que des grosses bêtes ; elle renferme également de multiples animaux microscopiques : autre objet riche en surprises in té-: ressantes.
- Pour ceux que ce sujet tenterait, nous indiquerons la manière de manipuler, de préparer et de photographier les toutes petites bêtes.
- Comme elles sont trop minuscules pour qu’on puisse les saisir directement, on les capture et les transporte dans des pipettes de verre formées d’un tube effdé à l’une de ses extrémités. On les y attire en aspirant avec la bouche à l’autre bout, puis bouchant avec le doigt, ou mieux en se servant d’une petite poire de caoutchouc analogue à celle des compte-gouttes.
- On observe les animaux microscopiques dans une goutte d’eau, pendante ou étalée entre une lame et une lamelle de verre. Les moyens ne manquent pas pour obtenir ce résultat : lame concave, cellule en verre, cellule en carton, etc. La chambre humide de Ranvier, formée d’une épaisse lame de verre creusée d’une rigole circulaire entourant un disque moins épais que la lame de 0 mm 1 permet d’obtenir une couche de liquide de cette épaisseur dans laquelle les animaux peuvent circuler sans être écrasés. Les micro-aquariums formés de deux lamelles parallèles, constituent de
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- petites .cuves 'très minces 'où les animaux peuvent, également être observés. Chacun choisira le meilleur dispositif'-pour-le' cas particulier qu’il voudra étudier, et même pourra imaginer d’autres chambres ou d’autres cuves que celles que nous venons de proposer.
- Reste à photographier les animaux microscopiques. 11 existe de nombreux appareils de microphotographie, dont les plus perfectionnés sont de véritables merveilles de mécanique, par exemple le grand appareil Zeiss (fig. 7). A défaut d’une telle installation, assez encombrante et coûteuse, on peut se servir d’un microscope (*) ordinaire, à l’oculaire duquel on fixe une chambre photographique à long tirage. On examine la préparation, l’œil à l’oculaire, puis on fixe la chambre à l’oculaire au moyen d’une bague raccord et l’on met au point sur le verre dépoli.
- La lumière du jour étant généralement insuffisante dès qu’on emploie un grossissement un peu fort, on la remplace par une source artificielle : bec Aucr ou renversé, lampe h incandescence, lampe à arc, lumière oxhydrique, etc., qu’on concentre au besoin sur la préparation au moyen de lentilles. Le temps de pose est-plus lent que pour les photographies ordinaires; il est souvent utile d’employer des plaques anti-halo.
- A défaut de microscope, on peut encore dans certains cas obtenir des photographies grossies d’ani-
- L Nous ne pouvons songer à donner ici de conseils sur l’emploi du microscope; on les trouvera d’ailleurs dans tous les traités techniques de micrographie, par exemple Précis de Microscopie par Langeiion.
- maux très petits. Lorsqu’on possède une lanterne a projection, on peut placer la préparation sur lame dans le porte-vues et envoyer son image agrandie sur un écran placé à courte distance qu’on remplace, au moment de la prise de vue, par une plaque photographique. Ce procédé très simple fut même le premier qu’on employa pour la photomicrographie. Nous indiquerons pour terminer un autre moyen ingénieux de faire de la photographie microscopique sans microscope, à un grossissement qui ne dépassera
- pas 200 fois, il est vrai. Ce procédé, décrit récent ment par notre confrère le Scienli-fic American, utilise les propriétés grossissantes de la goutte d’eau. L’objectif de l’appareil photographique est remplacé par une pièce métallique mince percée d’un trou très fin dans lequel on verse une goutte de glycérine qui, par tension superficielle, prend une forme sphérique. Plus le trou sera petit, plus la goutte sera courbe et plus le gros-sissement sera fort ; un trou de 1 mm 5 de diamètre dans une plaque de fer de 1 mm d’épaisseur donnera un grossissement d’environ 100 fois. L’animal à photographier est placé entre lame et lamelle de verre sur un porte-objet et éclairé par transparence au moyen d’un foyer lumineux dont les rayons sont concentrés sur le point à photographier. Ce dispositif très simple suffit à donner de bons clichés de bryozoaires, d’hydroïdes, etc.
- Voici donc divers moyens permettant de photographier à peu près tous les animaux qu’on pourra être tenté d’observer.
- Souhaitons à nos lecteurs de belles vacances, pleines de bonnes chances et d’heureux résultats.
- Fig- 7- —1 Grand appareil de microphotographie {Zeiss)-.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imp, Laiiuiie.
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- LA NATURE.
- N° 2142.
- 13 JUIN 1914.
- LE MONORAIL ET L’AUTOMOBILE GYROSCOPIQUE SCHILOWSKY
- Nos lecteurs se souviendront de l'article que nous consacrâmes ici dans La Nature au monorail de M. Louis Brennan. Ils se rappelleront que le train inventé par le distingué ingénieur anglais pouvait circuler à grande vitesse sur un rail unique, l’équi-
- M. Louis Brennan, un inventeur allemand, M. Scherl, l’éditeur berlinois bien connu, présenta un système de monorail qui différait du précédent en ce que le plan de rotation des roues gyroscopiques était horizontal, au lieu d'être vertical. Ses essais furent ré-
- Fig. i. — Le monorail Schilowsky.
- libre des lourdes voilures étant assuré automatiquement par l’action de gyroscopes.
- Récemment encore, plusieurs lecteurs ont voulu savoir de nous ce qu’était devenue cette étonnante invention, qui devait, à en croire l’enthousiasme de quelques spécialistes, révolutionner l’industrie des
- pétés à New-York. Là encore, l’application industrielle de l’invention ne fournit pas des résultats encourageants.
- L’idée du train gyroscopiquc a été reprise par un savant ingénieur russe, M. Peter Schilowsky, qui, tout, en rendant hommage au mérite dcM. Brennan,
- Fig. 2. — L’automobile gyroscopique Schilowsky.
- transports. Nous constaterons avec regret qu’elle n’a pas donné les résultats qu’on pouvait en attendre. Le train installé à l’Exposition anglo-japonaise de Londres fonctionna fort irrégulièrement; les appareils gyroscopiques sc dérangeaient après quelques heures de marche. Un essai commercial fut tenté en Amérique; on dut l’abandonner.
- Quelques mois après les expériences publiques de
- dont il reconnaît avoir mis à prolit les brillantes expériences, a su triompher de certaines difficultés auxquelles s’était heurté l’inventeur anglais. Nous avons eu la bonne fortune de rencontrer à Londres M. Schilowsky, et de recevoir de lui quelques démonstrations des principes qu’il a appliqués dans son monorail, comme dans son automobile à deux roues.
- 42' Année. — 2' Semestre,
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- g0 - LÉ MONORAÏL ET L'AUTOMOBILE GYROSCÔPlQlIE SCHlLOWSKY
- Façonnez un prolil de monorail composé de quatre petites roues placées dans le meme plan et d’une traverse représentant la position de la voiture; fixez sur le milieu de cette traverse une toupie gyroscopiquc. Si vous placez l’objet sur une table aussitôt après avoir mis en rotation la roue de la toupie, il s’y tiendra d’aplomb pendant quelques instants. Puis il commencera à pencher d’un côté ou de l’autre, et finira par s’abattre quand la rotation du gyroscope sera épuisée. Si nous montons le gyroscope dans le sens opposé, de façon que le disque occupe un plan vertical parallèle à la traverse, nous obtiendrons des résultats identiques.
- Cette expérience préliminaire aura simplement prouvé qu’un gyroscope ainsi monté tend à assurer l’équilibre d’un objet instable, équilibre dont la durée sera proportionnée à la vitesse initiale imprimée au disque gyroscopiquc.
- Pour bien faire saisir le principe de la stabilisation au moyen du gyroscope, rappelons ici la pro-
- be gyroscope assure ainsi la stabilité de l’arbre X.
- Si au lieu d’une percussion, nous appliquons au point A une force permanente, AF, l'effet de celle-ci est tout différent. Un arbre immobile X se déplacerait dans le sens où le tire cette force; fixé au point 0, il se mettrait à tourner autour de ce point dans le plan ÜAF, autour de l’axe perpendiculaire OY. L’effet gyroscopiquc donne au contraire naissance à un phénomène d’apparence absolument paradoxale (lig. 4), l’arbre X se déplace à angle droit de la force F, et se met à tourner d’un mouvement uniforme autour de l’axe OZ parallèle à AF. Le sens dans lequel l’arbre se déplace dépend essentiellement du sens de rotation du gyroscope. Ce mouvement est ce que les géomètres nomment mouvement de précession. La vitesse de ce mouvement de rotation est proportionnelle à la force F, inversement proportionnelle à la vitesse de rotation du gyroscope et à son moment d’inertie.
- En réalité, le phénomène est encore plus com-
- ! yi'-' _____
- Fig. 3. Gyroscope soumis V /
- à une percussion. — Fig. 4. Mouvement de prècession du gyroscope, soumis à une force dèvialrice constante.
- Fig. 5. — Monorail équilibré par un gyroscope à axe vertical.
- priété fondamentale de cet instrument, celle que tous les inventeurs ont voulu utiliser et qui leur a procuré tant de déboires.
- Un gyroscope est un solide de révolution tournant avec une très grande vitesse autour de son axe de révolution, lequel est libre dans l’espace, ou assujetti à certaines liaisons. Le cas le plus général est celui où l'axe est libre et où l’on ne considère que le mouvement autour du centre de gravité 0 du système (fig. 5). Soit G, le gyroscope; X son axe autour duquel il tourne dans le sens de la flèche. Appliquons sur l’axe X une percussion F, perpendiculaire à cèt axe, c’est-à-dire une force brusque dont l’action n’est que momentanée ; cela revient à appliquer à l’axe X un couple qui tendrait à le faire tourner autour de l’arbre Y. Un corps en repos obéirait simplement à l’action de cette percussion ; il n’en va pas de même pour le gyroscope, l’axe de celui-ci se met à osciller et à décrire un cône ayant pour base une petite ellipse ABCD, dans un plan perpendiculaire à l’axe X, ellipse d’autant plus petite et décrite d’autant plus vite que la rotation du gyroscope est plus rapide. On voit que l’axe ne s’écarte que très peu de sa position primitive et qu’il tend à y revenir après une série d’oscillations.
- plexe ; car le mouvement de précession tel que nous venons de le définir ne représente qu’une trajectoire moyenne de l’arbre du gyroscope; il s’accompagne de mouvements vibratoires, qui font décrire à un point de l’axe une trajectoire sinueuse telle que celle représentée figure 4.
- Inversement, si on forçait un gyroscope à prendre un mouvement de précession comme celui qui vient d’être indiqué autour de l’axe OZ, l’appareil réagirait; et sur scs points d’appui s’exerceraient des forces dont l’intensité sera proportionnelle à la vitesse du mouvement de précession et à la vitesse propre du gyroscope. Dans le cas de la figure 4, un mouvement de précession forcé dirigé dans le sens AA', ferait naître en A une réaction AF' égale et opposée à AF.
- Examinons maintenant ce qui va se passer pour un monorail disposé comme dans l’exemple de la figure 5, avec un gyroscope dont l’axe X est vertical quand la voiture est en équilibre sur un rail horizontal. Le gyroscope est monté de telle façon que son axe X peut se déplacer librement dans son plan vertical XOY.
- / Qu’arrive-t-il si la voiture s’incline d’un côté? Tout T ensemble, sous l’influence de la pesanteur
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- LE MONORA1L ET L’AUTOMOBILE GYROSCOPÎQUE SCHlLOWSKY = SI
- oscille autour du rail horizontal HIV. Sans le gyroscope, c’est la chute inévitable. Mais l’arbre du gyroscope se trouve soumis à l’action d’un couple qui tend à le faire pivoter dans le plan XOZ ; le gyroscope va s’échapper perpendiculairement et prendre un mouvement de précession autour de Taxe OZ ; il se met à tourner dans le plan XOY en sc rapprochant de OY. Ce mouvement de précession forcé fait naître un couple de réaction gyroscopiquc précisément égal et de sens contraire à celui qui est né du basculement.
- Le gyroscope s’oppose donc à la chute. Mais il ne l’empêchera pas; pour cela il faudra que le couple de redressement soit supérieur à celui qui provoque la chute, il faut précipiter le mouvement de précession. Ce résultat peut s’obtenir, et c’est ainsi qu’a procédé M. Schilowsky, en utilisant le poids du gyroscope, et en montant celui-ci comme un pendule instable avec son axe d’oscillation disposé au-dessous du centre de gravité. Ajoutons que la disposition inverse en traînerait inévitablement la chute de la voiture.
- Les phénomènes qui se produisent alors sont extrêmement complexes; car s’il est vrai que le gyroscope redresse effectivement la voiture lorsqu’elle vient à s’incliner, la réaction F entraîne plus loin que la verticale; la voiture oscille de, part et d’autre; il importe que ces mouvements pendulaires soient amortis rapidement; sinon le monorail serait inutilisable.
- On démontre qu’un gyroscope monté comme il vient d’être indiqué, libre de prendre des mouvements de précession, exercera un effet non seulement stabilisateur, mais encore amortisseur si ses mouvements de précession sont précipités au moment voulu par une source d’énergie extérieure.
- M. Schilowsky réalise cette condition au moyen d’un ingénieux mécanisme. L’axe du gyroscope porte un fdetage de vis sans fin qui lui permet de s’engrener avec deux roues dentées. En temps normal, ces roues ne sont pas en prise; elles y sont amenées chacune par son lourd pendule sensible à tous les écarts de la voiture par rapport à la verticale. L’engrenage ne sc produit que lorsque l’axe du gyroscope approche de la position d’équilibre ; l’emprise de la roue sur l’axe accélère alors la précession et produit l’effet d’amortissement désiré. Aussitôt que l’axe a atteint la position d’équilibre, un dispositif automatique fait cesser l’emprise de la roue dentée sur l’axe du gyroscope.
- Si la voiture penche d’un côté, c’est l’un des pendules et l’une des roues qui agissent; de l’autre côté, c’est l’autre groupe de pendules et de roues qui intervient.
- L’une des grandes difficultés du monorail gyroscopiquc est le franchissement des courbes. Le dispositif de M. Schilowsky semble avoir donné à cet égard des résultats satisfaisants, quoique l’inventeui ait éprouvé de grands embarras lorsque la voiture aborde la courbe dans le même sens que celui où
- s’effectue la rotaLion du disque gyroscopiquc. Ajoutons que les difficultés du passage en courbe croissent avec la vitesse de la voiture et que jusqu’ici M. Schilowsky s’en est tenu à des vitesses faibles.
- L’une de nos photographies montre un modèle de monorail gyroscopiquc construit par M. Schilowsky.
- Ce modèle est traîné par une automotrice dont le courant actionne également le disque du gyroscope. Dans un autre modèle, le train est traîné par une locomotive à vapeur à laquelle est accouplé le gyro-véhicule. Grâce à un système d’attelage inventé par M. Schilowsky, on. peut distribuer le long du train plusieurs de ces véhicules, dont chacun, conjointement avec les autres, assure la stabilité d’un nombre de wagons qui peut aller jusqu’à cinq.
- Nous parlerons maintenant d’une autre application que M. Schilowsky a faite de ces mêmes principes : son automobile gyroscopiquc à deux roues.
- La voiture présente l’aspect d’une automobile de tourisme. Elle est montée sur deux roues ordinaires à pneumatiques, et comporte six sièges. Le gyroscope et ses pendules sont enfermés dans une caisse placée entre les deux premières paires de sièges.
- Voici les principales caractéristiques du véhicule : 1° Le moteur à pétrole de la voiture actionne également le gyroscope, dont le poids n’est que le dixième du poids du véhicule;
- 2° L’énergie que consomme le gyroscope est de 1,25 ch.-v.;
- 5° Le disque tourne à 1200 tours à la minute ;
- 4° De faible encombrement, le gyroscope ne requiert aucun contrôle manuel;
- 5° En remplaçant les roues à pneumatiques par des roues à rendement, on peut faire circuler le véhicule sur l’un des rails d’une voie ferrée.
- Une telle voiture présente de grands avantages : 1° Suppression absolue des chocs latéraux sur les routes les plus mauvaises, d’où, pour les passagers comme pour la voiture et ses organes, notable diminution de fatigue. La durabilité du moteur s’en trouve augmentée, et l’on peut employer dans la construction delà voiture des matériaux plus légers;
- 2° L’effort de traction est diminué, d’où économie d’énergie et de combustible. A capacité de charge égale, on peut employer un moteur moins puissant ;
- o° L’automobile bicycle circule aisément sur les chemins les plus étroits.
- 4° La stabilisation gyroscopique permet au véhicule de franchir à grande vitesse des courbes horizontales.
- Nous avons vu fonctionner l’automobile bicycle dans la banlieue de Londres sur des routes carrossables comme sur des chemins mal entretenus, en emportant six passagers, dont l’inventeur et son chauffeur.
- Et ne us avons admiré avec quelle aisance, avec quelle -intelligence animale la pesante machine se redressait d’elle-même, sans l’intervention de son conducteur, dès qu’une courbe ou une inégalité de terrain avait dérangé son équilibre. V. Fonunx.
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- L’ODYNERE DES MURS
- L’Odynère des murs Odynents parichun) est une guêpe très fréquente dans tous nos pays d Europe. Elle n’est d’ailleurs pas une méchante guêpe, car elle vit seule, et l’on sait que, comme pour donner raison à J.-J. Rousseau, les guêpes sociales sont dangereuses pour l’homme tandis que les guêpes solitaires ne l’attaquent pas.
- Bien plus, l’Odynère est une bête utile ; elle nous débarrasse de nombreuses chenilles qu’elle donne en pâture à ses petits, d’une manière fort curieuse que nous verrons plus loin. s
- Enfin, elle présente une série * de mystérieux instincts qui en font un des plus étonnants des insectes, parmi lesquels les sujets d’admiration ne' manquent pourtant point. L’Odynère est bien facile à reconnaître ; c’est une petite guêpe dont la tête est bordée d’un cercle jaune et tachée sur chaque mâchoire entre les antennes et même parfois derrière les yeux.
- L’abdomen, « sorte de cornue de chimiste qui se ballonne en cu-curbite )) comme dit Fabre, est orné de larges bandes jaunes. Les pattes sont également jaunes à partir des cuisses. Le mâle est aussi svelte, aussi élégant, mais encore plus petit.
- Les Odynères font avec les Eu-mènes partie du groupe des guêpes
- solitaires.
- voisines.
- i ’
- MM- ;
- - r.
- Fig. i.
- -Les débuts de la construction du nid de V Odynère.
- Fig. 2 et 3.
- Les huit premières loges terminées.
- Les unes et les autres ont des mœurs très Celles des Odynères ont été maintes fois étudiées depuis Réaumur par Dufour, Lepellclicr, Audouin,Blanchard, Fabre, etc. Récemment, M. John J. Ward a photographié la curieuse Odynère des murailles et c’est en nous servant des documents qu’il a bien voulu nous communiquer que nous rappellerons ici les curieuses habitudes de cet insecte.
- Les Odynères des murs apparaissent généralement en mai et s’occupent tout le mois suivant de la construction de leur nid et de la destinée de leurs jeunes.
- Aussitôt après l’accouplement, la femelle commence son métier de maçonne. Tantôt elle creuse sa maison dans un vieux mur ou sur le bord d’un fossé. De scs mâchoires elle perce un trou, y apporte de l’eau, amollit l’argile qu’elle rejette à l’extérieur. Une partie des déblais servira à construire un tuyau extérieur recourbé vers le bas qui deviendra l’orifice de la caverne (*).
- 1. « Je vis, dit ltéauraur de l’Odynère, que la guêpe commence par ramollir le sable quelle veut enlever. Sa bouche verse dessus encore deux gouttes d’eau qui sont bues promptement par le sable ; dans l’instant, il devient une pâte molle que les dents ratissent et détachent sans peine. Les deux jambes de la première paire se présentent aussitôt pour la
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- L’ODYNÈRE DES MURS
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- D’autres especes d’Odynèrcs, peut-être moins savantes en architecture, se contentent d’approprier les nids abandonnés des Eumènes, ou des tiges de bois mort, ou plus simplement encore la moelle, d’une tige sèche de ronce.
- L'Odynerus parielum que portraietura M. Ward eut la bonne idée d’installer son nid dans l’angle d’une fenêtre où l’on pouvait facilement l’observer. Le 22 juin elle se mit au travail; trois jours après elle avait terminé le nid que montre notre figure 1. La petite guêpe travaillait chaque jour de 9 ou
- 10 heures du matin jusqu’à A heures du soir. Elle passait tout ce temps à faire la navette entre la fenêtre et une mare distante d’environ 20 mètres, rapportant à chaque voyage une houlette d’argile qu’elle mélangeait avec sa salive pour former une sorte de mortier durcissant très vite. Chaque houlette était déposée sur le bord de la fenêtre et l’on peut juger de l’ambition de la petite bête en voyant (fig. 1) les houlettes collées tout le long du montant, ébauche des cellules futures que des malheurs dont nous parlerons plus loin empêchèrent de terminer. Huit cellules furent complètement construites de mortier et de petits cailloux.
- On a beaucoup discuté sur l’instinct bâtisseur de l’Odynère et des autres guêpes et l’on n’est pas plus avancé pour cela.
- La cellule reçoit l’œuf, le protège, conlient sa nourriture, mais on ne s’explique pas pourquoi la guêpe lui donne une forme particulière, comment elle choisit ses • matériaux ni pour-fe-; \ quoi elle préfère son-
- Fig. 4. — Les larves sorties le leur nid
- vent tels grains de sable assez lointains
- Fig. 5. -fond de
- - L'œuj au sa: cellule.
- Fig. 6. — Le même œuj grossi.
- au lieu dçs petits cailloux tout pareils, proches du nid (4). Chaque fois qu’une cellule est faite, l’Odynère y pond un œuf, puis la garnit de nourriture. Elle s’en va ^ chasser aux alentours, recueille des petites chenilles, des larves qu’elle rapporte en volant, son sur sa poitrine. Arrivée au nid elle pique l’insecte à la tête et le paralyse sans le tuer.
- D’autres chenilles viennent rejoindre la première capture, car l’Odynère sait les trouver même dans les feuilles enroulées où elles se cachent. Au fond du nid il y a maintenant 6, 8, 10 ou 12 chenilles serrées, tassées comme des sardines dans une boîte, et au-dessus, fixé au sommet de la cellule, un gros œuf pondu préalablement (2).
- Fait curieux, l’habile maçonne qui se donne tant de mal pour construire le nid, l’approvisionner et assurer ainsi sa descendance, agit ainsi par instinct-, sans se rendre compte, semble-t-il, de ce qu’elle fait si bien. Qu’on en juge par l’observation suivante de M. 0. H. Latter (Bees-
- and Wasps) : dans un angle de fenêtre, il découvrit une Odynère des murs qui venait de terminer une première série de cellules. Dans l’une de celles-ci se trouvaient un œuf suspendu au plafond et une
- réunir en une petite pelote, grosse environ comme une graine de groseille. C’est avec cette première pelote détachée que la guêpe jette les fondements du tuyau que nous avons décrit. Elle porte sa pelote de mortier au bord du trou qu’elle vient de faire. Ses dents, ses pattes la contournent, l’aplanissent et lui font prendre plus de hauteur qu’elle n’en avait. »
- 1. J.-II. Fabre a signalé chez les Eumènes l’emploi pour le revêtement extérieur de grains de quartz polis et translucides et même de petites coquilles d’escargot qui font des nids « des coffrets en coquillage ».
- 2. Dans les cellules de l’Eumène d’Amédée, Fabre a trouvé tantôt 5 et tantôt 10 chenilles; d’après lui, « les cellules copieusement approvisionnées appartiennent à des femelles; les autres, maigrement pourvues, appartiennent à des mâles ». Ces derniers, plus petits à l’état adulte, auraient besoin de moins de nourriture.
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- L’ODYNERE DES MURS
- douzaine de poli tes chenilles vertes paralysées. En l’absence'de la'mère, partie pour chercher les.matériaux de la.cellule suivante, il .ouvrit avec soin la cellule déjà remplie et en relira l’œuf; et les , chenilles qu’il plaça sur. le rebord de la fenêtre. A son retour, la mère manifesta une grande consternation, puis se mit à réparer le dommage. Une à une, les chenilles furent remises en
- Fig. ’ï-8-g-JO-u. Le développement de la chenille o b le 11 n dans un cris-lallisoir.
- place, puis l’ouverture fut refermée, mais l’œuf pour qui était préparé tout ce beau travail fut laissé dehors, oublié, la demeure dose sans propriétaire. Bel exemple de la perfection de l’instinct et aussi des différences qu’il présente avec un acte intelligent. La mère qui, automatiquement, pond si bien son œuf à l’abri des dangers et des coups, ne sait pas le placer à nouveau quand il est sorti du nid, et même ignore son existence !
- Fabre d’Avignon a montré comment cet œuf fragile et la chétive larv.e qui en sort peuvent cohabiter avec les chenilles blessées mais toujours grouillantes. Un fd très fin suspend l’œuf au plafond hors de la portée des chenilles et quand la larve en est sortie, elle est accrochée par l’arrière à la coque, de manière à pouvoir remonter à la moindre alerte. Pendue ainsi, elle attaque la première chenille, la dévore en vingt-quatre heures, puis quitte son cordon suspenseur.et se met à manger la seconde. Elle suce ainsi successivement toutes les chenilles de la cellule en commençant par les plus proches qui sont justement les plus anciennes et les moins actives. Un malheur arrivé à l’Odynère qu’observait M. Ward, l’attaque du nid par un oiseau, lui a permis de photographier l’œuf (fig. 5) et les chenilles nourricières (fig., 4), dans une cellule démolie.
- Cette prévision de la mère Odynère, cette longue
- série d'actes merveilleusement adaptés depuis le mode de ponte de l’œuf jusqu’au garde-manger de chenilles sont vraiment extraordinaires. On connaît nombre d’insectes qui, subtils anatomistes, savent trouver sans hésiter les ganglions nerveux de leur proie et la paralyser sans la tuer; mais comment peuvent-ils. avoir acquis un pareil savoir-faire? Quoi qu’il en soit, la larve de l’Odynère dans sa cellule se nourrit tant et si bien qu’elle ne tarde pas à engraisser et, au bout de trois semaines au plus, ayant dévoré tous ses cohabitants, elle se tisse un cocon dans lequel elle s’enferme pour subir les grandes transformations de la nymphose.
- M. Ward a pu élever des chenilles d’Odynère dans une cellule de verre et observer ainsi leurs transformations. Tl’un œuf placé le 27 juin, sortit le f)0 juin une petite larve (fig. 8) qui attaqua aussitôt sa première chenille (fig. 8). Le 8 juillet, la huitième et. dernière chenille avait disparu (fig. 9). Elle resta ensuite plusieurs heures immobile avant de s’enfermer dans son cocon (fig.
- La nymphose de l’Odynère dure longtemps. Ce n’est que l’année suivante à la fin du printemps que du cocon sortira l’insecte parfait. M. Ward a pu voir, près de la fenêtre où il avait photographié la ponte, les cellules de l’année précédente. Celles-ci étaient beaucoup plus nombreuses, car aucun oiseau ne les avait démolies. Il
- s’apprêtai t donc à photographier la sortie des guêpes, mais son espoir fut déçu.
- C’est qu’en effet les Odynères ont de nom-
- b reux ennemis.
- Pendant qu’elles sont à la recherche de la nourriture pour leur petit, il n’est pas rare qu’une. ;
- hirondelle vienne démolir le nid, dévorer les provisions péniblement accumulées et même par-dessus le marché la petite guêpe, l’arrêtant au début de son travail de géant.
- Mais l’ennemi le plus redoutable des Odynères est
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- L’ODYNÈRE DES MURS ... -.: --- 55
- le Chrysis, cc coucou des insectes qui va pondre ses œul's dans les nids d’un grand nombre d’hyménoptères et ([ne M. Ward eut l’étonnement de voir sortir en grand nombre des cellules de l’année précédente. Ces Chrysis pondent à la même époque que les Odynères et sont alors fort occupées à chercher les nids encore ouverts où elles déposent précipitamment un œuf (fig. 14 et 15) qui se développera aux dépens du légitime propriétaire de la cellule (').
- 1. Les Chrysis sont des Hyménoptères d'assez petite taille, dont la tête et le thorax sont bleus ou verts tandis rpic l'abdomen est doré et à rellets verts ou rouges. I/élé, on les voit voltiger en grand nombre sur les carottes sauvages et sur les vieux murs. Les femelles vont pondre leurs œufs dans les nids d’autres espèces :
- Osmies, Odynères et Eumènos, Phi— lanlhcs, Cerceris, Crabro, Bembex,etc.
- De l’œuf, il sort une larve qui dévore les provisions préparées par l’hôte et peut-être aussi la larve qui se développait dans le nid. Le Pelletier a assisté au combat d’un Chrysis (Hedy-chrum) avec un Clialicodome dans le nid duquel il venait pondre : « L’Abeille arriva, portant une provision de pollen et de miel; elle se jeta aussitôt sur
- Fig. i2. — Un nid d'Odynères construit entre les briques d'un mur (grandeur réelle).
- Fig. i3 et 14. — Les habitants du nid.
- Les mœurs curieuses, que nous n’avons qu’esquissées ici, peuvent donner une idée de la complication que la nature a imposée aux Odynères pour la conservation de leur espèce. L’adulte n’a d’autre souci, d’autre occupation que de construire et de chasser sans cesse, et il le fait avec un art, avec une perfection dont toute notre intelligence né pourrait nous rendre capables et dont nous ne comprenons ni la cause ni les moyens. René Meule.
- l’Ilodychre, cl il me parut en ce moment que ses ailes produisaient un bruissement qui n’est point ordinaire. Elle saisit son ennemi avec ses mandibules;'celui-ci, selon l'habitude des Chrysidcs, se contracta aussitôt en boule, et si parfaitement que les ailes seules dépassaient. L'Abeille 11e pouvant le blesser, ses mandibules n’avant aucune prise sur un corps aussi lisse, lui coupa les quatre ailes au ras du corselet et le laissa tomber à terre. Elle visita ensuite sa cellule avec une sorte d’inquiétude, puis, après avoir déposé sa charge, elle retourna aux champs. Alors l’Hedychrc remonta directement au nid d’où il avait été précipité, et revint pondre son œuf dans la cellule de l’Abeille. »
- Fig. i5 et 16, — Chrysis sortant d'un nid d’OdynèrCi
- Fig, 77. — L’Odynère des murs adulte,
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- LES AUTOMATES
- M. Torrès y'Quévedo, l’éminent ingénieur espagnol, a été invité par le Centre d’études franco-hispaniques, à faire connaître ses travaux à Paris. 11 a fait venir dans ce but quelques-uns des appareils et
- machines qu’il a construits et qui sont exposés au nouveau laboratoire de Mécanique physique et expérimentale de la Sorbonne, boulevard Raspail, dont le directeur, M. Kœnigs, a très cordialement accueilli le savant espagnol et ses machines.
- M. Torrès dirige à Madrid le Laboratorio de Automalica, créé en 1907 par le gouvernement espagnol et destiné à permettre à M. Torrès de poursuivre ses travaux sur les machines à calculer et en meme temps de construire des appareils pour renseignement et pour les recherches scientifiques des divers laboratoires qui dépendent de l’État. M. Torrès peut ainsi, n’ayant pas à se préoccuper de questions économiques, être un collaborateur absolument désintéressé des savants qui s’adressent à lui.
- M. Torrès, auquel on doit un modèle de dirigeable très ingénieux, a bien voulu, avec une grande amabilité, nous donner lui-même, sur son œuvre et ses ma-
- chines, des indications des plus intéressantes. Les appareils de M. Torrès peuvent être divisés en deux, groupes : les automates et les machines algébriques.
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- LES AUTOMATES
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- La dénomination d’automate est appliquée souvent à une machine qui imite l’apparence et les mouvements d’un homme ou d’un animal. Il s’agit alors généralement d’un mécanisme qui porte en lui-même la source d’énergie qui le fait marcher (un ressort par exemple) et qui exécute certains actes, toujours les mêmes, sans subir aucune influence extérieure. Les plus célèbres de ces automates sont ceux de Yaucanson, tel le joueur de flûte qu’il décrivit dans un mémoire de 1738. En 1741, il exposa un canard accomplissant toutes les fonctions de l’animal y compris l’alimentation et la digestion. Malheureusement sa collection ne nous est pas parvenue entière. Elle est disséminée dans un grand nombre de musées en Allemagne. Il en avait fait don à la reine Marie-Antoinette pour l’Académie des Sciences, mais la reine, mal disposée envers les constructeurs qu’elle voyait le roi s’appliquer, maigre elle, à imiter, en lit peu de cas, et la collection de Yaucanson fut dispersée avant d’arriver à sa destination.
- Il y a une autre sorte d’automates, qui offrent un intérêt beaucoup plus considérable : ceux qui imitent non pas les gestes, mais les actions de l’homme et qui peuvent parfois le remplacer. La torpille automobile qui sait manœuvrer pour arriver à son but; la balance qui pèse les pièces de monnaie pour choisir celles qui ont le poids légal, et mille autres appareils très
- Fig. 2. — Le joueur d’échec vu de face. Oïl distingue le damier sur lequel se déplacent les fiches représentant les rois et la tour ainsi que les 5 arbres moteurs commandant les diverses manœuvres.
- frf-re-
- connus peuvent servir d’exemples d’automates de cette dernière espèce. On en trouve d’autres, beaucoup plus intéressants, dans les usines. Le progrès industriel se réalise principalement en substituant au
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- LES AUTOMATES
- Torrès divise ces
- travail de l'homme le travail de la machine; petit à petit on arrive à réaliser mécaniquement la plupart des opérations qui étaient primitivement exécutées par des ouvriers et on dit qu’une fabrication a été automatisée quand elle peut être exécutée complètement par les machines. — M. automates en deux groupes, suivant que les circonstances qui doivent régler leur action s’exercent d’une manière continue ou brusquement, par intermittences.
- Nous pouvons prendre comme exemple du premier groupe, la torpille automobile. Le gouvernail horizontal, destiné à la maintenir à une profondeur à peu près invariable, est manœuvré par l’action d’un réservoir d’air comprimé qui fait équilibre à la pression de l’eau, et par un pendule. Les variations d’altitude produisent le déplacement d’une paroi qui sépare le réservoir à air de l’eau environnante ; les variations d’inclinaison produisent les déplacements, par rapport à la torpille, du pendule qui reste vertical; le gouvernail horizontal est relié au pendule et. à la paroi du réservoir, par des mécanismes qui l’obligent à prendre, à chaque moment, la position qui convient pour ramener la torpille à la profondeur voulue. Il s’agit donc d’établir entre trois mobiles : pendule, paroi, gouvernail, des liaisons mécaniques invariables.
- C’est là un problème du même genre que tous ceux qu’on étudie dans la cinématique ordinaire appliquée à la construction des machines. Son étude n’offre pas un intérêt spécial.
- Dans les automates du second groupe, l’automatisme ne s'obtient nullement par des liaisons permanentes. Il a pour but, au contraire, d’altérer brusquement ces liaisons quand les circonstances l’exigent. Il faudra que l’automate, par une manœuvre très rapide en général, débraye ou embraye une poulie, ouvre ou ferme une soupape, etc. 11 faut, en somme, qu’il intervienne à un moment donné pour changer soudainement la marche des machines., qui seront, pour ainsi dire, dirigées par lui.
- On peut trouver dans la description des machines de très nombreux exemples de. ces interventions
- brusques, mais il est évident que cette forme d’automatisme ne se rattache pas à la cinématique et n’a jamais été systématiquement étudiée. M. Torrès propose de lui consacrer un chapitre spécial de la théorie des machines qui porterait le nom d'automatique et dans lequel on étudierait les moyens de construire des automates doués d’une vie de relation plus ou moins compliquée.
- Ces automates auront des sens (thermomètres, boussoles, dynamomètres, manomètres, etc.). L’impression reçue par chacun de ces appareils se traduira en général par un mouvement : le déplacement d’une aiguille sur un limite gradué par exemple. Ces automates auront des membres, les machines ou les appareils capables d’exécuter les opérations dont ils seront chargés. La commande peut être faite par quelque moyen très simple, même s’il s’agit d’opérations compliquées. Cela se voit dans certaines horloges célèbres comme celles de Rouen, de Râle, de Strasbourg, qui, par un déclanchement analogue à celui
- d’un réveil-matin, mettent en marche des marionnettes qui exécutent divers mouvements. Ces automates enfin auront l'énergie nécessaire, les accumulateurs, les courants d’eau, les réservoirs à air comprimé qui fourniront aux machines l’aliment pour fonctionner et faire fonctionner les machines destinées à exécuter les opérations nécessaires.
- Il faut, en outre, et c’est là pour M. Torrès le problème principal de l’automatique, que les automates soient capables de discernement; qu’ils puissent, à chaque moment, en tenant compte des impressions qu’ils reçoivent, ou même de celles qu’ils ont reçues auparavant, commander l’opération voulue. 11 faut que les automates imitent les êtres vivants en réglant leurs actes d’après leurs impressions,, en adaptant leur conduite aux circonstances.
- La construction des appareils qui jouent le rôle de sens n’offre, en théorie, aucune difficulté. Il en 'est de même des machines qui doivent exécuter le travail dont sera chargé l’automate. Par contre, quand on se demande s’il sera possible de construire
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- un automate cjui, pour déterminer sa manière d’agir, pèsera les circonstances qui l’environnent, on estime, en général, que la chose peut se faire seulement dans quelques cas très simples ; on pense qu’il sera possible d’automatiser les opérations mécaniques purement manuelles d’un ouvrier, tandis qu’au contraire les opérations qui exigent l’intervention des facultés mentales ne pourront jamais être exécutées mécaniquement.
- Tel n’est pas l’avis de M. Torrès ; pour lui, il est toujours possible de construire un automate dont tous les actes dépendent de certaines circonstances, plus ou moins nombreuses, suivant des règles qu’on peut imposer arbitrairement au moment de la construction. Ces règles devront évidemment être telles qu’elles suffiront pour déterminer en toute circonstance, sans aucune incertitude, la conduite de l’au-tomale.
- Non seulement M. Torrès pense que le problème n’èst pas insoluble, mais il en a donné une solution
- très élégante. Comme exemple, il a construit un joueur d’échec, merveille d’ingéniosité que nous décrirons après avoir indiqué en quelques lignes les principes directeurs de M. Torrès pour la construction de ses automates.
- Ils se réduisent à. l’emploi d’une méthode électro-mécanique excessivement simple. Nous avons dit plus haut qu’en règle générale, la variation de chacune des circonstances qui interviennent dans la direction de l’automate sera représentée par un certain déplacement, nous pouvons supposer que la pièce qui se déplace est un commutateur; au lieu d’un index qui parcourt une échelle graduée, nous aurons un balai qui parcourt une ligne de plots et entre en contact avec chacun d’eux successivement.
- S’il y a n commutateurs, et si nous désignons par P* P2 P3 . .. Pn le nombre des plots conjugués avec chacun d’eux, le nombre total des positions du système à considérer sera le. produit P^PaXPs--. XP„.
- À chacune de ces positions correspondra une certaine opération déclanchée par un moyen très simple : l’attraction de l’armature d’un électro-aimant, par exemple. Il y aura donc un électro-aimant pour chaque position du système et pour réaliser l’automatisation, il suffira d’établir les connexions électriques de telle manière qiic chaque électro-aimant entre en activité au moment où se produit la position correspondante des commutateurs» Dans
- Fig. 4. — Schéma des connexions permettaitl de déclancher 4 opéra-. lions différât les a u choix.
- le cas le plus simple, quand la marche de l’automate dépend d’un seul élément, la solution est celle qui est reproduite schématiquement par la figure 4.
- Les variations de cet élément sont représentées parles mouvements du com-
- mutateur M qui tourne et entre successivement en contact avec chacun des plots A, B, G, D. Dans la figure le courant passe par T électroaimant E. C’est donc l’opération déclanchée par lui qui sera réalisée, si la manipulation K rétablit la communication en ce moment.
- Dans le schéma figure 5, il y a trois commutateurs M, N, P. Le second entraîne dans son mouvement un autre commutateur N', le troisième entraîne les cinq commutateurs P', P", P'", P”', pv.
- M peut prendre les deux positions A, B.
- N peut prendre les trois positions E, F, G.
- P peut prendre les quatre positions R, S, T, U.
- iot
- Fig. 5. Schéma montrant comment suivant la position du coulisseau C, le courant électrique peut passer dans un circuit p ou p\
- Le système admet donc en tout vingt-quatre positions différentes et à chaque position correspond un électro-aimant qui entre en activité dès que le courant est établi.
- On peut augmenter tant qu’on voudra le nombre des commutateurs et le nombre de plots conjugués avec chacun d’eux. Autrement dit, on peut augmenter indéfiniment le nombre des cas particuliers que l’automate aura à considérer pour régler ses actions ; on peut compliquer à plaisir sa vie de relation.
- Et cela sans difficulté théorique. Il n’y a aucune différence essentielle entre la machine la plus simple et l’automate le plus compliqué; l’un commel’autre se réduisent à un système matériel soumis aux lois physiques qui dérivent de sa composition ; mais quand ces lois sont compliquées, quand il «faut faire un raisonnement important pour déduire de ces lois les manœuvres correspondantes, la machine qui les exécuterait aurait Pair de faire elle-même le raisonnement.
- C’est bien l’impression que l’on a, en effet, devant le joueur d’échec de M. Torrès. Cet appareil joue une fin de partie : à l’aide de la tour et du roi blancs* il va chercher à faire échec et mat au roi
- Fig. 6. — Schéma indiquant comment une manœuvre est déclanchée.
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- noir que manœuvre un joueur. On conçoit, ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut, qu’il est nécessaire d’établir certaines règles que doit toujours suivre l’automate et qui déterminent, dans chaque cas où le place la volonté de son partenaire, les opérations qu’il doit faire.
- Voici les règles que M. Torrès a imposées à son automate.
- Si son adversaire joue contre les règles du jeu, l’automate allume une lampe et ne joue pas. Lorsque trois fautes ont été commises, l’automate refuse définitivement de jouer.
- Si, au contraire, l’opérateur joue correctement suivant les règles, l’automate effectuera une des six opérations que nous allons énumérer, suivant la position qu’occupe le roi noir. Pour cela, M. Torrès considère sur le damier deux zones : l’une à gauche, formée de trois colonnes A, B, C; l’autre à droite, comprenant les colonnes F, G, H. Ceci posé :
- Le roi noir
- est dans la même zone que la tour.
- La tour fuit horizontalement.
- 1
- n’est pas dans la même zone que la tour et la distance verticale entre le roi noir et la tour est
- plus grande qu’un pas
- La tour descend un pas.
- 2
- égale à un pas. La distance verticale entre les deux rois étant
- plus grande que deux pas.
- Le roi descend un pas.
- 3
- égale à deux pas et le nombre de pas qui mesure leur distance horizontale est
- impair. La tour fait un pas horizontalement. 4
- pair.
- Le roi blanc fait ira pas vers le roi noir, 5
- nul.
- La tour descend un pas.
- 6
- Comment s’effectuent ces opérations? C’est ce que l’on comprend facilement en se reportant au schéma. Dans cette figure, on a employé des notations graphiques analogues à celles des figures 4 et 5. Expliquons-les.
- Le rectangle C (fig. 5) représente un coulisseau qui peut glisser suivant la verticale. Il porte un balai B dont le pied P est fixé au coulisseau et dont le bout Q peut entrer en contact avec l’un ou l’autre des plots p, p' déterminant le passage du courant dans un circuit ou dans un autre. La ligne ondulée F représente un conducteur extensible, par exemple un ressort qui réunit le plot mobile J3 au plot fixe a sans gêner le mouvement du coulisseau.
- Le disque D (fig. 6) tend à marcher, entraîné par le frottement de son arbre, mais il en est empêché par le cliquet A. Chaque fois que l’électro-aimant E attire son armature A, le disque D fera un tour complet et pendant qu’il fait ce tour, il oblige l’automate à exécuter une manœuvre déterminée.
- Ceci dit, décrivons le cerveau de l’automate (fig. 7.):
- Le coulisseau R indique la position horizontale occupée par le roi blanc ;
- Le coulisseau R' indique la position horizontale occupée par le roi noir ;
- Le coulisseau T indique la position horizontale occupée par la tour blanche ;
- Le coulisseau Rt indique la position verticale occupée par le roi blanc;
- Le coulisseau R^ indique la position verticale occupée par le roi noir;
- Le coulisseau T, indique la position verticale occupée par la tour blanche, ainsi qu’on le voit facilement sur la figure.
- On remarque aussi sur cette figure huit disques 1, d', 2, 5, 4, 4', o, 5' qui, d’après la notation schématique rappelée il y a quelques lignes, commande une manœuvre déterminée. Ces manœuvres sont les suivantes :
- 1 La tour est transportée à la colonne A ;
- 1 ' La tour est transportée à la colonne H ;
- 2 La tour descend d’un pas ;
- 5 Le roi descend d’un pas ;
- 4 Le roi fait un pas à droite ;
- 4' Le roi fait un pas à gauche ;
- 5 La tour fait un pas à droite;
- 6 La tour fait un pas à gauche.
- L’automate, en même temps qu’il transporte la pièce à jouer, entraîne les coulisseaux correspondants pour marquer sa nouvelle position.
- Quand son partenaire joue, il commence par comparer la nouvelle position du roi noir à celle qu’il occupait précédemment. Si le mouvement effectué n’est pas d’accord avec les règles du jeu, il allume une lampe. Dans le cas contraire, il établit le contact K.
- A ce moment, l’automate joue suivant les règles qu’on lui a fixées et il effectue une des six opérations prévues :
- 1° Supposons que le roi noir soit dans la même zone que la tour blanche, par exemple à l’intersection de la colonne G et de la tranche 7. Le courant passe par les balais a et b. Il va ensuite au balai b' qui commande l’électro-aimant 1' dans le cas présent, puisque la tour est dans la zone de gauche. Ce serait l’électro 1 qui serait actionné si la tour était dans la zone de droite ;
- 2° Le roi noir n’est pas dans la même zone que la tour et la distance qui l’en sépare est plus grande qu’un pas. Le courant passe soit par a' (le roi noir n’est ni dans l’une ni dans l’autre des deux zones), soit par a et b (le roi noir n’est pas dans la même zone que la tour). De là, il s’en va à c, et de là à l’électro-aimant 2;
- 5° Dans la troisième hypothèse, la distance du roi et de la tour qui ne sont pas dans la même zone, est égale à un pas, mais la distance verticale entre les deux rois est plus grande que deux pas. Le courant passe de c à cl et à l’électro-aimant du disque 5 ;
- 4° Si dans les conditions précédentes, la distance verticale des deux rois est égale à deux pas et que le nombre de pas qui mesure leur distance horizon taie est impair, le courant passe de d par e à f et de là à l’électro-aimant du disque 4 si la tour se trouve dans une des colonnes A, G et à l’électro-aimant du disque 4' si la tour se trouve dans une dés colonnes B, H ;
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- 5° Dans le cinquième cas qui correspond au précédent, mais avec un nombre pair de pas comptés horizontalement entre les deux rois, les connexions s’établissent de façon que le courant passe de d par e à l' et de là à l’élcctro-aimant du disque 5 si le roi noir se trouve adroite du roi blanc, et à l’élcctro-aimant 5' si le roi noir est à gauche du roi blanc ;
- de déterminer son action à un moment donné en pesant toutes les circonstances qu’il doit prendre en considération pour réaliser le travail dont il est chargé. On peut de même concevoir un automate qui agisse avec une finalité, qui réalise une série d’actions en vue d’obtenir un résultat déterminé. » M. Torrès exposait aussi au laboratoire de
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- Schéma des connexions du joueur d’échec montrant comment, suivant la position des pièces, les diverses opérations sont commandées.
- 6° Enfin, si la distance horizontale des deux rois est nulle, le courant par d et e va actionner l’électro-aimant 2.
- Tel est le principe du joueur d’échec de M. Torrès. Mais ce que nous n’avons pu indiquer, c’est l’ingéniosité qu’il a fallu dépenser pour arriver à réaliser cet appareil. Lorsqu’on le fait fonctionner, qu’on le voit apprécier les coups, vérifier la marche de son adversaire, puis jouer à son tour, on comprend que M. Torrès soit en droit de dire : « On peut aisément concevoir pour un automate la possibilité théorique
- M. Kœnigs d’autres machines toutes aussi originales : le télékine, appareil qui exécute les ordres qu’on lui envoie par la télégraphie sans fil et qui les interprète en agissant à chaque instant dans la forme voulue, en tenant compte de diverses circonstances extérieures ; des machines algébriques représentant des fonctions continues au moyen de mouvements continus eux aussi ; une machine à résoudre les équations algébriques, etc., qui montrent la science et l’ingéniosité de l’éminent, ingénieur.
- H. Yigxeuox.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des z5 mai, z et 8 juin 1914. — Présidence de M. Appell.
- Les progrès de l'océanographie. — S. A. S. le prince de Monaco entretient l’Académie de sa dernière campagne océanographique. Celte campagne a eu pour but principal la continuation de ses recherches balhypéla-giques. Le progrès de la connaissance de la répartition des animaux suivant la profondeur est lent. Mais depuis deux ans on dispose d’un matériel perfectionné et l’on peut espérer acquérir des notions plus étendues sur le phénomène des migrations verticales que l’on a observé. On a, en effet, maintenant, le moyen de ramener sans mélange à la surface les animaux péchés à un niveau déterminé. Pour la connaissance des profondeurs auxquelles le filet a travaillé, on possède aujourd’hui un appareil de repérage perfectionné. C’est une sorte de manomètre construit sur le principe utilisé par Bourdon, qui de plus enregistre les pressions et conséquemment les profondeurs. A l’aide de cet appareil, on sait à tout instant quelle est la profondeur à laquelle est descendu le filet, quand 011 file une longueur de câble donnée avec une certaine vitesse et l’on peut régler l’une sur l’autre pour maintenir le filet à une profondeur déterminée. La migration en hauteur a lieu dans la nuit, de 11 heures à 2 heures; elle ramène près de la surface des animaux des eaux profondes. Comment l’organisme de ces animaux peut-il s’accommoder des énormes changements de pression? C’est un problème encore non résolu. Un sait que les céphalopodes abondent aux environs de Terre-Neuve si bien que les pécheurs de morue en utilisent les chairs comme appât : ces céphalopodes vivent dans les eaux superficielles. S. A. S. le prince de Monaco a voulu rechercher si les profondeurs proches des bancs ne renfermaient pas des types extraordinaires. Le résultat des pèches a été négatif et a montré au contraire que ces eaux étaient bien plus pauvres en céphalopodes que les eaux superficielles. Les résultats généraux de la campagne montrent que la faune bathypélagique de l’Atlantique nord est uniforme tandis que la faune côtière est variée.
- Une propriété des rayons de Ronlgen. — M. Bouty résume une Note dans laquelle M. de Broglie expose qu’il a pu obtenir et photographier le spectre des rayons secondaires produits par les rayons de Rôntgcn tombant sur des métaux. Jusqu’à présent, pour produire ces
- rayons, il fallait introduire la plaque de métal dans le tube et s’en servir comme d’anticathode. M. de Broglie décrit un procédé tout différent qui fournit un spectre d’absorption dans lequel se détache, sur le fond continu du spectre, la région d’absorption sélective de l’écran interposé.
- Radiations émises par le phosphore. — M. Bouty analyse ensuite une communication de M. Blanc sur les radiations qui accompagnent l’oxydation du phosphore. Ces radiations sont, analogues à celles des substances radioactives.
- Application de la balance hydrostatique. — M. Jules Roux a fait application de la balance hydrostatique à l’étude des actions chimiques telles que la saturation d’une hase par un acide.
- Le coup de soleil. — M. Daslre présente un travail de MM. Victor Henry et Moycho sur les radiations auxquelles est dù le phénomène bien connu sous le nom de coup de soleil. Ces radiations sont à la limite du spectre lumineux et des rayons ultra-violets. Elles couvrent un espace restreint du spectre et possèdent un pouvoir spécifique par rapport aux tissus. Si l’on examine le spectre solaire à une altitude de 5000 à 4000 mètres, on voit que la limite des radiations ayant ce pouvoir spécifique varie peu, mais que leur intensité est beaucoup accrue. A la surface du sol cette intensité est beaucoup plus faible. Les coups de soleil doivent donc nécessairement être plus faciles à contracter dans des régions élevées.
- Isomérie. — M. Moureu présente un travail de M. Du-fraisse signalant l’existence de deux formes isomériques du dihromure de benzoylplién y lacé ly lène, et un autre travail de MM. Chavanne et clc Mlle Vos sur l’isomérie des biiodures d’acétylène. Dans les deux cas, l’un des isomères peut se transformer en l’autre ; dans le second cas, la transformation s’opère sous l’influence de la lumière; dans le premier sous l’influence de la chaleur.
- Élections, — M. Loeb de New-York est élu correspondant de la section d’anatomie et de zoologie, en remplacement de Lord Avebury décédé; M. Lacroix est élu par 5G voix secrétaire perpétuel pour la section des sciences physiques en remplacement de M. Yan Tieghem, contre 25 voix données à M. Tcrmier. Cn. m Villedeuil. .
- PERCEMENT DES SIPHONS DANS LA GROTTE DE RÉMOUCHAMPS (BELGIQUE)
- Le percement des siphons de la grotte de Rémou-champs (') constituant probablement le plus important, travail de ce genre qui ait été exécuté dans une caverne, nous croyons qu’il y a intérêt à en décrire ici le détail.
- Afin de rendre navigable la rivière souterraine, sur toute la longueur des sections actuellement connues ou peu connues de la grotte nous avons du percer à la mine trois siphons échelonnés sur le
- t.. Yoy. n° 2074, la février 1913, et V AN DE N BliOECK, Martel . et Rahir, Cavernes et rivières souterraines de la Belgique, 1910, t. I, pp. 467-570.
- cours de la rivière nommée le « Rubicon » :
- 1° Le siphon de sortie des eaux vers l’Àmblève, afin d’abaisser autant que possible le niveau des fortes crues internes (fig. 2) ;
- 2° Deux autres siphons permettant de relier les divers tronçons de la rivière souterraine, dont plusieurs parties n’étaient connues que de trois personnes, de manière à pouvoir descendre en barque le cours d’eau sur le long trajet que nous avions en vue. De cette façon la visite de la grotte serait plus intéressante, parce que l’on pourrait parcourir à pied les galeries supérieures ou lit abandonné de l’ancienne rivière, pour descendre ensuite en barque
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- : PERCEMENT DES SIPHONS DE RÉMOUCHAMPS — 63
- la rivière actuelle par les galeries .inférieures; ce qui était impossible auparavant.
- Siphon de sortie des eaux. — Ce siphon a été découvert en mai 1898 par MM. Martel, Van den Brocck et nous-mêmes; nous le représentons en coupe (lig. 2), tel qu’il était avant le percement; il offre cette particularité spéciale d’être moins épais à une hauteur de 5 m. au-dessus de la rivière, où il n’a que o m., qu’au niveau des eaux où il atteint une épaisseur d’environ 7 m. Sa partie la plus faible correspond à peu près au niveau des fortes crues internes se produisant chaque année avant le percement. Au point 13, la roche devait donc être moins résisLanle aux actions chimiques et mécaniques des eaux.
- Autre fait à remarquer ici : le chenal passant sous la roche siphonnante K, de même que le lit de la rivière en amont de ce siphon, était encombré par un grand nombre de quartiers de roches et de menus fragments rendant difficile, en période pluvieuse, l’écoulement des eaux vers l’extérieur et par conséquent permettant facilement la production de crues internes. Le sondage des eaux était peu aisé à cause des quartiers qui s’accumulaient dans le lit de la rivière, mais en un point, P, nous avons cependant pu constater une profondeur dépassant 7 m.
- 11 est évident que, sous la roche siphonnante K, le passage doit être relativement étroit — ce qui explique les rapides crues internes, — mais il ne nous a pas été possible d’en déterminer les dimensions, même approximatives.
- Ayant fait sauter la roche sur une hauteur de 2 m. 50, au-dessus du niveau des basses eaux à l’intérieur et d’environ 1 m. au-dessus des eaux à l’extérieur, nous avons pu réduire la hauteur des fortes crues à 1 m. au lieu de o m.
- Après nous être assurés expérimentalement que la rivière souterraine n’était sujette à aucune perte par son lit actuel, nous avons décidé d’établir, en amont de ce siphon, un barrage de 1 m. de hauteur; ce qui nous a permis de maintenir ainsi un niveau à peu près constant de la rivière à l’intérieur de la grotte. Ce dispositif devait nous permettre d’effectuer la navigation souterraine en tout temps, c’est-à-dire aussi bien aux basses eaux qu’aux hautes eaux.
- Grand siphon. — Le grand siphon, qui mesure environ 100 m. de longueur, est situé entre le siphon de sortie des eaux dont nous venons de parler et le 5e siphon moins important de‘l’amont.
- En l’étudiant de l’aval vers l’amont (voir fig. 1), nous constatâmes que le rocher s’abaisse régulièrement vers la rivière sous un angle assez faible et qu’il plonge ensuite sous l’eau avec la même inclinaison jusqu’à une distance d’environ 4 m. 50. En ce point (1 m. 50 de profondeur sous l’eau), le rocher se relève brusquement et presque jusqu’au niveau des basses eaux, puis plonge de nouveau dans la rivière pour se relever ensuite, à mie dizaine de mètres du point A.
- Là, se présente une poche en forme de diaclase, B, haute de o m., à son point le plus élevé, et s’étendant presque perpendiculairement à l’axe du cours d’eau, sur 4 à 5 m. (Yoy. coupe transversale I -I.) Sous cette diaclase la rivière a une profondeur de 2 m. 50.
- En amont de.celte diaclase la roche plonge de nouveau dans la rivière et, à une vingtaine de mètres du point À, il ne nous a plus été possible de continuer à suivre le cours d’eau, la roche plongeant alors à plus de 2 m. 50 dans le « Rubieon » et le lit de cette rivière atteignant une profondeur d’au moins 5 m. Le percement du siphon a dù se faire alors en pleine roche du 20e m. au 59e m.
- Puis l’on rencontra la rivière dans une diaclase G, un peu plus importante que la précédente, haute de 2 m. 50, large de 4 m. et dont la longueur (voir coupe transversale KL) dépassait 10 m. En faisant des sondages dans la rivière en ce point, nous constatons des profondeurs de G m. et plus.
- Au delà de la diaclase G, la roche plonge à pic à une profondeur qu’il ne nous a pas été possible de mesurer et, 4 nx. plus en amont, elle se relève pour former une
- a «
- Fig. i. — Le grand siphon du Rubieon à Rèmouchamps.
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- 64 ===== PERCEMENT DES SIPHONS DE REMOUCHAMPS
- troisième diaclase D, moins importante que C et large de 2 m. seulement.
- La roche plonge ensuite de nouveau jusqu’à une profondeur inconnue. Des sondages effectués en ce point nous donnent 7 m. et plus. Comme ici encore il nous était impossible de défoncer la roche (plancher de la galerie) pour suivre le cours de la rivière,
- NIVEAU DES CRUES
- Fig. 2. — Siphon de sorlie du Rubicon à Rëmouchamps.
- nous avons dû aussi percer un tunnel en pleine roche, du 50e m. au 66e m.
- Du 60e m. au 72e m. nous avons pu défoncer, mais non sans peine la roche qui plongeait encore mais moins profondément dans l’eau et par conséquent il nous a été possible de reprendre alors le cours de la rivière, dont la profondeur atteignait jusque 5 m. en ce point.
- Du 72e au 84” m., la roche se relève pour former une petite salle longue de 12 m. suivant l’axe de la rivière et de 10 m. environ dans sa plus grande largeur. La coupe R-S de cette salle, transversale à l’axe de la rivière, nous montre qu’en ce point l’excavation est surmontée de deux cheminées obstruées au sommet, mais dont les parois corrodées montrent nettement que jadis les eaux y descendirent pour rejoindre la rivière souterraine. La profondeur moyenne était ici de 2 m. 50.
- Du 84e m. au 98e m. nous pûmes défoncer la roche et suivre alors le lit de la rivière jusqu’à l’extrémité du siphon, en F. La profondeur des eaux entre ces deux points variait entre 2 m. et o m. 50.
- A remarquer qu’à cette extrémité du siphon, comme à l’extrémité d’aval le rocher se relève assez régulièrement et avec faible inclinaison.
- Le percement de ce grand siphon ne s’est pas effectué sans rencontrer de sérieuses difficultés. L’un de ces obstacles était du aux crues fréquentes de l’hiver qui obligeaient les mineurs à travailler dans l’eau et même parfois à cesser le travail.
- Parmi ces crues, signalons tout particulièrement des crues temporaires dues à des siphonnements intermittents, qui se produisaient toutes les 24 heures
- ou à des intervalles assez réguliers, variant entre 12 et 24 heures suivant l’importance de la crue. Ces crues intermittentes, qui ne se produisent qu’aux hautes eaux, sont très rapides. En quelques minutes la rivière montait de 10, 15 et 20 cm.
- La grande dureté de la roche, son peu ou son absence de fissuration, retardait l’avancement malgré l’emploi de la perforatrice à air comprimé que nous avons utilisée pour une grande partie du siphon.
- L’évacuation des déblais, que l’on devait extraire, non sans peine, du lit de la rivière, le mauvais aérage dans la galerie, etc., rendaient le travail extrêmement pénible aux ouvriers. Il nous a fallu consacrer deux années, chacune pendant plus de 7 mois et jour et nuit, pour parvenir à percer cet important siphon.
- Troisième siphon (fig. 5, coupe longitudinale). — Situé en amont du grand siphon, ce siphon qui est désamorcé de plusieurs centimètres aux eaux très basses n’a que quelques mètres d’épaisseur. Il présente cette particularité d’être formé en réalité de deux très étroits siphons, plongeant dans la rivière aux eaux moyennes et hautes, séparés l’un de l’autre par une chambre de 2 m. de hauteur sur 5 m. 50 de largeur. La figure 5 montre que ce siphon présente, en amont comme en aval, une surface rocheuse faiblement inclinée sur l’horizontale À^-CjC', comme celles du grand siphon mais, ici, les surfaces sont plus irrégulières.
- La profondeur de la rivière ne dépasse pas ici 1 m., en moyenne, parce que le siphon étant désamorcé aux basses eaux, ainsi que nous l’avons dit, la rivière ne passe qu’exceptionncllcment avec violence au point B contrairement à ce qui se passe aux siphons d’aval. Les dépôts meubles peuvent donc s’accumuler facilement sous ce siphon.
- Le percement de ces siphons . a permis de réaliser notre projet caressé depuis longtemps :
- Fig. 3. — Troisième siphon.
- réunir les divers tronçons de la rivière souterraine pour en permettre la navigation sur un long trajet.
- Mais surtout il a fait connaître les dispositions de détail de ces obstacles de roches plongeantes qui barrent le cours de toutes les rivières souterraines : il a montré comment des travaux appropriés permettraient l’aménagement de ces rivières et la régularisation de leur capricieux régime. C’est à ce point de vue qu’il présente un réel intérêt scientifique et pratique. E. Rahir.
- Le Gerant : P. Massu.v. — Imprimerie Paiiükk, rue de Kleums, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2143.
- 20 JUIN 1914.
- PORT-ÉTIENNE ET LA BAIE DU LÉVRIER
- Fig. i. — Le yacht « Sylvana
- La baie du Lévrier, située tout au nord du Sénégal, est connue | depuis fort longtemps pour ses richesses ichtyologiques. Dès le xvue siècle il en est question. Mais c’est surtout par le travail de Sabin Berthelot en 1840 (celui-ci avait été consul de France à Ténériffe) que ses nombreuses espèces de poissons ont été révélées. En 1886, le lieutenant de vaisseau Raffanel, dans un rapport sur la mission de Y Ardent, mettait en relief l’imporLance delà baie Cansado au point de vue de la j pêche et du com- , i -
- merec.
- Depuis, de i r ;
- nombreux tra- „ v . „
- vaux parurent sur cette question, tant en France qu’à l’étranger.
- Enfin, en 1904, une mission était confiée à M. Gru-vcl par le gouvernement de l’Afri-que occidentale française, pour étudier le poisson de la côte occidentale d’Afrique et rechercher les moyens de l’exploiter industriellement.
- Les missions successives de M. Gruvel ont amené la création d’un port et d’une ville en ce point désolé de la côte africaine; et depuis quelques années des pêcheurs bretons, souffrant de la disette de poisson de* nos côtes, sont venus essayer leur chance dans la baie du Lévrier.
- Quelle est la valeur de cet essai; quels espoirs peut-il donner?
- J’ai profité de la croisière du Sylvana (fi g. 1), magnifique yacht-goélette à moteur auxiliaire, de 250 tonneaux, appartenant à M. le comte de Poli-gnac, pour visiter les installations actuelles de Port-Étienne.
- Depuis 1907, à la suite des études et des projets de MM. le capitaine de génie Gérard et du lieutenant de vaisseau Terrier, un appontement, des voies Decauville, un poste militaire, un blockhaus, une résidence, des bâtiments administratifs, une station de T. S. F., un bureau de poste, un dispensaire, des citernes, un appareil distillatoire furent créés.
- O*
- Fig. 2. — Bateaux bretons mouillés devant Port-Étienne.
- Le gouvernement de LA. 0. F. racheta les bâtiments que l’ancienne « Compagnie coloniale de pêche et de commerce )) avait construits en 1908 et 1909. Depuis, il les entretient et les prête chaque année aux Compagnies de pêche qui se les partagent.
- Mais, malheureusement, Port-Etienne, c’est le désert, dont le sol, formé de couches gréseuses et de calcaire coquillier, est complètement aride ; à peine çà et là, au hord de la mer, dans les points où règne quelque humidité, de rares touffes de graminées et d’arbustes nains, rabougris. 11 n’y a pas d’eau, du moins n’en a-t-on pas trouvé jusqu’ici, et il n’a pour ainsi dire pas plu depuis 1908. Des citernes existent, mais elles sont pleines de sable.
- Sous la protection du poste, la sécurité est absolue dans la baie; mais au delà, à quelqües kilomètres
- seulement, il est , actuellement tou-
- jours dangereux de s’ aventurer. Ce sont surtout les Oulad Delim, puissante tribu guerrière, dont'il est bon de se mé-iier. Si leurs attaques sont peu à craindre, ils font tous leurs efforts (ils y parviennent d’ailleurs) pour empêcher les relations commerciales en ce point avec les tribus mar abou tiques * voisines. Ces der-
- nières, ne sc sentant pas encore suffisamment défendues, sont obligées de céder et d’obéir.
- Dans toute la baie du Lévrier abonde le poisson, et parmi les nombreuses espèces qui la fréquentent, beaucoup sont excellentes et classées même comme espèces de luxe.
- Parmi les principaux poissons nous, pouvons citer : comme animaux de surface, des carangues, .des Cybium, Lichia, des thons, des sardines, — comme poissons de roches, des sortes de daurades,-.des Dentex, Diagramnia, des mérous, sargues, pageots, rougets, grondins, rascasses, scioènes, murènes, — comme poissons de sables des mulets, des congres, des raies, de nombreux pleuronectes tels que turbots et soles. Malheureusement, les poissons de rebut sont aussi abondants : ce sont des siluridés (màchoi-rans), des sélaciens (requins), des balist.es, des dio-dons, des raies telles que l’espèce Raja miralelus.
- On trouve aussi des crustacés, notamment la langouste royale qui abonde aux environs du cap Blanc. Son goût est assez tin, sa chair tendre et blanche,
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- 42" Année. — 2" Semestre
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- 66 . —— PORT-ETIENNE ET LA BAIE DU LEVRIER
- mais elle lie peut évidemment être comparée comme délicatesse à l’espèce de nos côtes.
- Au cours de la campagne de 1912-1915, 15 bateaux de Croix, Concarneau et Audicrne sont venus pécher la langouste. Il faut compter que chaque bateau, en fin de campagne, a dû repartir avec 6000 à 10 000 langoustes.
- Pour la pèche du poisson, 19 bateaux bretons (fig. 2), la plupart de Groix, étaient venus à la baie Cansado.
- Restant à pêcher sur la côte d’Afrique jusqu’à fin avril, ils retournent ensuite vers le nord pour la pêche du thon dans le golfe de Gascogne.
- Nous pouvons diviser les pêcheurs bretons en
- deux groupes : ceux qui : sont venus sur banc faire la pêche pour leur compte personnel, et les bateaux travaillant pour le compte d’une Société d’exploitation du produit de leur pêche.
- Examinons d’abord ces derniers. Les renseignements que nous rapportons ici nous ont été communiqués par M. Grenier, un Français venu à Port-Étienne faire une sorte d’essai pour se rendre compte s’il serait possible, par la suite, de monter une Société à un capital assez élevé, laquelle, en disposant de nombreux bateaux, pourrait arriver à sécher et à saler une grande quantité de poisson. Il avait 6 bateaux de Groix à sa disposition.
- Les marins s’occupaient d’une part de la capture de la boitte (*) et de la pêche du poisson, d’autre part de la sécherie et de la salure.
- Un bateau perd 1 jour sur 5 pour pêcher la boitte qui se prend le plus souvent à la senne sur les
- 1. Appât pour la pèche.
- plages de la baie : elle se compose surtout de mulets. La pêche se fait à l’aide de nasses et de lignes ; les deux principaux poissons capturés pour être salés ensuite sont les espèces Scioena aquila et Caranx carangus.
- Perdant 1 jour sur 5, un bateau pèche donc à
- peu près 20 jours par mois, et pendant ces 20 jours
- 11 prend environ
- 12 tonnes de poisson.
- Ces bateaux travaillent le poisson, tranchent, vident, nettoient: Le jour où ils ne feraient, que pêcher, chaque bateau pourrait arriver à une production de 15 à 18 tonnes par mois. La moyenne de pêche par jour et par bateau est d’environ 600 poissons. Nos pêcheurs sont aidés dans leurs travaux de séchage, salaison et transport, par des indigènes.
- Les Maures (environ 500) qui sont à Port-Étienne, tendent à se sédentariser. Très pauvres, ils ne dc-
- mandentqua travailler. Ils vivent, dans les environs du poste, sous une tente formée par une couverture, le plus souvent une simple guincc retenue par des supports et fixée au sol par des piquets, (fig. 5). La plupart ont une physionomie intelligente. Chez les hommes, la dissimulation et la fourberie se lisent dans les regards. Les femmes, parfois fort jolies, ne manquent pas d’allure, drapées le plus souvent d’une ample tunique en guinée bleue. Beaucoup de ces Maures sont venus se mettre sous la protection du poste ; ils ont quelque brigandage ou quelque crime sur la conscience et s’il leur prenait idée de retourner dans l’intérieur du pays, ils n’échapperaient pas au châtiment des autres tribus.
- La plupart de ces Maures, et spécialement les
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- LES ATOMES RENDUS VISIBLES PAR LES RAYONS X
- cmmes, ne demandaient pas mieux que de travailler. M. Grenier payait les hommes 1 fr., plus la ration qui comprend 500 gr. do riz, 4 litres d’eau et un peu d’huile, ce qui équivaut à peu près à 0 fr. 50. Les femmes, employées 5 heures, étaient payées 0 fr. 50, plus la ration d’eau; pour une demi-journée, elles touchaient 0 fr. 50, plus le riz et l’eau; enfin pour une journée entière 0 fr. 75, plus le riz et l’eau.
- Cet industriel faisait surtout du poisson séché. Le séchage complet à l’air libre demandait 8 à 15 jours. Placé sur des claies le matin, le poisson y restait jusque vers 4 heures de l’après-midi, puis il était rentré pendant la nuit. Trois tonnes de poisson vert donnent une tonne de poisson séché. C’est l’état dans lequel les noirs et les Maures le consomment.
- Le poisson sec était vendu à raison de 500 à 050 fr. la tonne, le poisson salé environ 500 à 5125 francs.
- Si nous examinons maintenant la situation faite aux marins venus sur la côte mauritanienne pécher à leur compte, voici, d’après les renseignements qu’ils nous ont fournis en mars 1915, ce que nous pouvons en dire.
- 15 bateaux, chacun ayant un équipage de G à 8 hommes, étaient à la haie Cansado. Ils vendaient au début de la campagne presque tout leur poisson salé à raison de 200 fr. la tonne (plus la prime de 120 fr. donnée par le gouvernement français), à Las Palmas, à des revendeurs qui l’écoulaient, ensuite, soi t aux Canaries, soit en Afrique ou dans d’autres îles.
- Mais le gouvernement espagnol, pour entraver cette vente des pécheurs français et conserver le privilège aux pécheurs canariens, établit en. janvier 1915 un droit de douane de 240 fr. par tonne de poisson français. Si bien que le revendeur, prenant à sa* charge l’acquittement du droit de douane, ne payait plus le poisson salé à nos Bretons que 80 fr. la tonne.
- Ils ont alors essayé d’écouler leur poisson à Dakar, Conakry, etc. Mais cet écoulement fut beaucoup plus difficile, leur fit perdre plus de temps, et
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- la vente en fut moins assurée qu’à Las Palmas.
- Aussi tous nos pécheurs étaient-ils déçus de cette saison de pèche qui, d’après eux, ne devait leur rapporter que des émoluments inférieurs à ceux qu’ils se seraient faits s’ils étaient restés en France.
- Les pécheurs canariens, en venant travailler à la haie du Lévrier, font beaucoup de tort aux pécheurs français. Mais on ne peut actuellement rien changer à cette situation. En effet, les clauses de la convention franco-espagnole de 1900 permettent aux sujets espagnols de pécher dans la haie du Lévrier et môme d’établir à terre des installations provisoires. Par contre, les Français ont le droit de pécher la langouste sur les côtes du Rio de Oro.
- On peut conclure de tout cela que ce sont surtout les pêcheurs canariens qui profitent des richesses ichtyologiques de notre baie du Lévrier. Nous ne pensons pas que dans l’avenir, Port-Étienne soit jamais appelé à prendre un grand développement. Des séchages mécaniques, des installations frigorifiques à terre pourraient rendre quelques services, mais coûteraient excessivement cher. L’absence complète de matières premières, en dehors du sel qui-peut être exploité à quelque distance, et surtout l’absence d’eau, seront toujours un énorme obstacle à son extension. U faut aussi tenir compte de l’attitude souvent hostile des tribus de l’intérieur. Nous le croyons encore loin, ce temps où les caravanes de l’Àdrar, par exemple, viendront à la haie Cansado échanger leurs productions contre les divers articles que pourraient leur procurer des comptoirs européens établis en cet endroit ; où les navires fréquentant les côtes africaines feront escale à Port-Etienne pour faire leur chargement et apporter du fret.
- Ceci ne veut pas dire qu’il sera impossible d’exploiter la baie du Lévrier.-Mais nous pensons que c’est surtout par l’intermédiaire de chalutiers à vapeur, ayant à leur bord des installations frigorifiques, qu’il sera peut-être le plus facile de tirer parti de ses richesses ichtyologiques.
- Louis Gal\,
- Docloui' es sciences, chargé île mission.
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- LES ATOMES RENDUS VISIBLES PAR LES RAYONS X
- Une révolution dans l’analyse spectrale.
- Chaque année, à l’occasion des vacances de Pâques, la Société française de physique organise une série de conférences pour lesquelles elle fait appel à des savants étrangers qui viennent exposer les résultats de leurs recherches. Cette année, les invités étaient M. AV. H. Bragg, membre de la Société royale de Londres, qui a parlé des rayons X et des cristaux et M. P. Pringsheim, attaché à l’Institut de physique de l’Université de Berlin qui exposa ses travaux sur l’effet photoélectrique sélectif et normal.
- Les remarquables expériences de M. Laue sur les cristaux et les rayons X, expériences dont nous
- avons déjà parlé ici même, ont attiré l'attention des savants de tous les pays et M. Bragg et son fils, en Angleterre, se sont attachés à l'étude de ces phénomènes.
- Nous savons en quoi ils consistent : les cristaux jouent, grâce à leur structure réticulaire, le rôle de réseaux de diffraction par rapport aux radiations de longueur d’onde infiniment petites que sont les rayons X. Mais tandis que M. Laue et ses élèves ont surtout étudié les propriétés diffractantes des cristaux, M. Bragg et son /ils se sont engagés dans une autre voie.
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- 68 ........: LES ATOMES RENDUS VISIBLES PAR LES RAYONS X
- Supposant que les atomes, molécules ou édifices plus compliqués, qui constituent le cristal sont bien disposés comme le veut la théorie de Bravais aux sommets d’un réseau, ils ont. remarqué d’abord que l’on peut imaginer une infinité de systèmes de plans parallèles passant par les éléments des cristaux. Précisons : si nous supposons un cristal formé de l’empilement de couches alternées de molécules de deux espèces, tel que celui représenté dans le plan (fig. 1), nous voyons qu’on peut imaginer une infinité de systèmes de plans parallèles dont les traces sur la figure sont les lignes de traits différents.
- Mais, sur de tels systèmes de plans, si une partie de fonde incidente, onde lumineuse par exemple, est réfractée, une partie aussi est réfléchie par chaque lamelle. Or, pour un certain angle 0, les directions des rayons réfléchis sont concordantes et on observe alors une lumière très intense dans la direction symétrique.
- L’angle 0 est d’ailleurs fonction de l’écartement des lamelles d’une part et de la longueur d’onde de la lumière d’autre part. Ainsi donc, si on dispose de plans réfléchissants empilés et séparés par des distances de l’ordre de grandeur de la longueur d’onde lumineuse, en éclairant, latéralement, on observera obliquement des lueurs très vivement colorées.
- Ces phénomènes sont fréquemment présentés par les cristaux de chlorate de potasse. Comme le dit Lord Rayleigh qui a particulièrement étudié cette
- Lord . Rayleigh décrit d’ailleurs une analogie acoustique intéressante. Le son d’une sirène, donnant une note pure et très aiguë, est réfléchi d’une façon très intense par un certain nombre d’écrans équidistants composés de mousseline mince tendue sur des cadres métalliques.
- Les cristaux colorés de chlorate de potassium sont faciles à préparer. Il suffit d’évaporer lentement dans un large cristallisoir une dissolution saturée et chaude de chlorate.
- En brisant la masse cristallisée et déplaçant le cristallisoir devant une fenêtre, on observe de nombreuses écailles colorées qu’on peut retirer à l’aide d’une petite spatule. On les sèche sur du papier filtre et on les monte entre deux prismes de verre d’angle au sommet 10° environ. Les lamelles minces ont la propriété remarquable de réfléchir pratiquement toute la lumière incidente pour une ou plusieurs couleurs et de transmettre, en même temps, tout le reste du spectre. Les couleurs réfléchies sont d’une grande pureté spectrale, la largeur de la bande ne dépassant pas parfois la distance des raies jaunes du spectre du sodium. Vues par transmission, les lamelles apparaissent souvent légèrement colorées et le spectre de la lumière transmise est alors traversé par une ou plusieurs bandes noires étroites.
- On peut donc, par réflexion sur les plans des molécules constituant les cristaux, obtenir des spectres
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- Fig. i. — Représentation d'un cristal formé de l'empilement de couches alternées de molécules de deux espèces.
- Fig. 2. — Les atomes d’un cristal du système cubique.
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- Fig. 3. — Les atomes d'un cristal Fig. 4. — Les plans réfléchissants
- « cube centré ».
- d'un « cube centré ».
- question : « Pour expliquer la vigueur et la pureté de la couleur réfléchie par certains cristaux, il faut supposer qu’il existe un nombre considérable de surfaces très minces disposées à intervalles approximativement égaux. Pour chaque incidence, il y a une longueur d’onde particulière pour laquelle les phases des différentes ondes réfléchies sont en concordance. La sélection de la lumière d’une longueur d’onde particulière aurait ainsi lieu comme dans les spectres de diffraction et pourrait atteindre une grande perfection. »
- tout comme avec les réseaux métalliques dits réseaux par réflexion. Ce que nous venons de dire s’applique entièrement au rayonnement X considéré comme une perturbation périodique et on doit pouvoir observer des spectres de rayons X par réflexion sur des cristaux.
- C’est ce qu’ont cherché MM. Bragg. Le sujet ainsi fixé, deux séries d’expériences à faire se présentent naturellement à l’esprit : d’abord garder la distance des plans réfléchissants constante, c’est-à-dire opérer avec le même cristal, et déterminer la longueur
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- LES ATOMES RENDUS VISIBLES PAR LES RAYONS X - 69
- d’ondo par la connaissance de l’angle 0 amenant la réflexion maxima ; ou bien garder la même longueur d’onde, c’est-à-dire la même source et étudier, connaissant 0 expérimentalement, la distance des plans réfléchissants dans les divers cristaux.
- Dans la première catégorie, on peut ranger les expériences de Kayes, Moselev et Darwin. Le premier de ces savants a montré, en effet, qu’un métal quelconque excité par un faisceau de rayons suffisamment rapides donne naissance à une radiation X caractéristique. Le rayonnement consiste en deux types : une radiation hétérogène et une radiation propre à chaque élément, de longueur d’onde déterminée (fig. 5).
- Le spectre que fournit cette radiation comprend deux lignes, l’une forte, la raie oc do Moseley, l’autre, plus faible, appelée J3. Si l’élément en expérience est impur, par exemple si c’est, une lame de cobalt renfermant du nickel, ou du fer additionné de nickel, les métaux étrangers donnent aussi très nettement leur spectre, ce qui est, au point de vue spectroscopique, un gros avantage. Non seulement l’identification des constituants est facile, puisque le spectre ne comprend que deux lignes, mais encore l’analyse peut être complète, les impuretés n’étant pas masquées comme dans les expériences optiques ordinaires.
- D’un autre côté, Moseley a montré que chaque élément, de l’aluminium à l’or, était caractérisé par un nombre entier qui détermiifc son spectre des rayons X. Chaque détail du spectre d’un élément peut être prédit par comparaison des spectres de ses voisins. Ce nombre, que Moseley appelle avec juste raison le nombre atomique de l’élément, est égal au nombre d’unités positives d’électricité contenues dans le noyau atomique, l’atome étant supposé formé d’un noyau central chargé d’électricité positive entouré par un système saturnien d’électrons
- négatifs gravitant autour de lui. En admettant pour l’aluminium le nombre 15, Moseley a calculé, d’après les spectres qu’il a obtenus, les nombres
- atomiques de tous les éléments. L’ordre de ces nombres est le même que celui des poids atomiques, sauf pour deux ou trois corps. Enfin tous les éléments connus correspondent aux nombres entiers de 15 à 79, sauf trois. Il y a donc 5 corps nouveaux possibles dont l’existence reste à prouver.
- Même sous la forme extrêmement résumée sous laquelle nous présentons ces remarquables résultats, il est possible d’en apprécier l’importance. Comme le dit le professeur Nicholson, « on peut maintenant enregistrer un changement d’opinion en ce qui concerne la signification de l’arrangement périodique des éléments. On croit à l’heure actuelle que
- Fig. 5. — Spectre de rayons A par réflexion sur des cristaux.
- la position d’un élément dans la table de Mendeléelî est déterminée autant par son nombre atomique, défini comme l’équivalent électronique de son noyau positif, que par son poids atomique proprement dit. »
- On voit aussi que les récentes expériences sur la réflexion des rayons X permettent un moyen d’analyse qui formera un chapitre nouveau et très intéressant de la spectroscopie.
- Quant aux recherches de la seconde catégorie, dans lesquelles, gardant la même source des rayons X, on cherche à déterminer la distance qui sépare les divers plans réfléchissants des cristaux employés comme miroirs, elles ont aussi fourni des renseignements précieux sur la constitution des cristaux.
- En effet, si nous considérons par exemple un cristal appartenant au système cubique, plusieurs arrangements d’atomes peuvent rendre compte de ses propriétés cristallographiques. Nous pouvons supposer que les molécules sont : soit simplement disposées aux sommets de cubes (fig. 2), soit disposées aux sommets et au centre des faces du cube (fig. 5), ce qu’on appelle un cube centré. Nous pouvons de même considérer comme plans réfléchissants les plans : (i, 2, 5, 4, Y), (I, III, 1Y, YI), etc., dont la distance est a si l’arête du cube est 2 a; ou les plans (1, 5, 5, 7), les plans parallèles passant
- par (IV, YI), etc., dont l’intervalle est ou enfin
- le plan (2, 4, 7), le plan parallèle par le sommet
- 2a
- 1, etc., dont la distance est — (fig. 4).
- V 5
- Les expériences de MM. Bragg ont permis d’avoir sur ces divers systèmes de réseau des renseignements précis. C’est ainsi que les cristaux de sylvile et de sel gemme, bien que du même système cristallin, sont formés l’un par des atomes disposés aux sommets seulement, l'autre par des atomes aux sommets et aux milieux des faces.
- D’un autre côté, les divers atomes semblent réfléchir d’autant plus fortement que leur poids atomique est plus élevé. Dans le chlorure de potassium, dont les atomes, chlore et potassium, sont à peu près de même poids, les deux constituants interviennent également. Au contraire, dans le chlorure de sodium, où le chlore l’emporte sur le sodium, ce chlore prédomine et on n’observe que les effets produits par son réseau. De très intéressants résultats sont donc à espérer dans cette voie. Un cas particulièrement curieux est celui du diamant. Bien que le diamant semble devoir présenter un réseau très simple, on constate qu’il y a deux séries de
- Fig. 6. — La disposition des atomes de carbone dans le diamant, d'après Bragg.
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- 70 :: ' ".:u: LA GLANDE A POMMADE DES OISEAUX
- plans irrégulièrement espacés, les intervalles étant successivement l et o ice qui se traduit, clans le spectre, par la disparition du spectre, de second ordre). Pour rendre compte de ce fait, MM. Bragg supposent que les atomes de carbone forment chacun le centre de gravité d’un tétraèdre régulier dont les trois atomes voisins occupent les sommets et que les plans réfléchissants sont ;: le plan passant par les trois atomes formant la base du tétraèdre, le plan parallèle passant par l’atome occupant le centre de gravité et le plan parallèle, comprenant le quatrième sommet. II. est curieux de retrouver ainsi expérimentalement la disposition tétraédrique du carbone, imposée d’autre part par des considérations chimiques (fig. 6).
- Qu’arrivc-t-il si on chauffe le cristal? C’est ce qu’ont aussi cherché MM. Bragg. Lorsque le cristal est porté à des températures croissantes, il se dilate, donc la'distance des plans réfléchissants augmente
- et, par suite, l’angle de réflexion 0 diminue. On peut donc ainsi suivre expérimentalement la dilatation d’un cristal et la métrologie de précision a sans doute là un nouveau moyen de mesure extrêmement sensible. En même temps d’ailleurs, l’agitation des atomes augmente. Assujettis, par les forces de cohésion du cristal, à rester aux nœuds du réseau, ils effectuent autour de leur position moyenne des oscillations de plus en plus amples qui se traduisent par un déplacement du spectre et une diminution de son'intensité.
- Tels sont les principaux résultats que M. Bragg a exposés dans sa très intéressante conférence. Nouç nous permettrons d’en tirer une conclusion, que là lecteur sans doute a déjà formulée, c’est que si nous . sommes incapables de prévoir ce que nous apportera demain, tous les espoirs cependant semblent légitimes.
- II. AV.isrxoN.
- LA GLANDE A POMMADE DES OISEAUX
- Il n’est personne qui n’ait été frappé de ce fait que les oiseaux ne sont pas mouillés lorsqu’il pleut ou, encore jnieux, lorsque, comme les Canards, ils vivent sur l’eau meme. "
- On attribue généralement cette précieuse imperméabilité du .plumage, à la présence, sous le croupion, d’une glande remplie d’une matière grasse, mie véritable pommade.,’que. l’oiseau cueillerait de temps à autre avec son bec et étalerait à la surface des plumes ou qui, meme,, s’y infiltrerait d’cllc-mèmc à la manière de l’huile qui s’étale à la surface de l’eau.
- Si l’on en croit M. Paul Paris, de la Faculté des Sciences de Dijon (<), c’est là une légende : les glandes en question n’ont aucune fonction bien manifeste et n’interviennent pas, en tout cas, dans l’imperméabilisation en question. On peut, en effet,, les enlever aux oiseaux (Pigeon, Poule, Etourneau, Perruche, Canard, etc.), sans qu’il en résulte aucun dommage pour l’oiseau et sans que le plumage perde l’enduit graisseux grâce auquel les gouttes d’eau, telles des gouttes de rosée, ruissellent sur lui saris l’imprégner.
- La ligature du conduit excréteur n’est pas plus dommageable, sauf que, naturellement, la glande — ou, plutôt, les glandes, car il y en a deux — augmente beaucoup de volume : c’est, expérimentalement, reproduite la maladie du bouton dont tant d’oiseaux sont atteints et dont — d’après M. Paris.— ils ne sont nullement affectés.
- La’sécrétion cle la glande èst formée chez le Canard, l’Oie et la Poule en presque totalité des’combinaisons de deux alcools, alcool ôctodécylique principalement et glycérine en petite quantité, avec des acides sébaciques
- i. Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, 16 déc. 11)13.
- . .
- supérieurs et inférieurs : acide oléique,: stéarique, palmitique, laurique, myristique et une très petite quantité d’acide cuprylique. Dans quelques oiseaux, on yhencontre des produits odorants surtout développés au moment de la reproduction. •
- C’est ainsi que la Huppe possède une glande qui, au moment de la nidification, dégage une odeur si nauséabonde et si tenace qu’elle se communique au trou d’arbre dans lequel l’oiseau établit son nid. L’odeur également si forte et si désagréable des trous habités par la nichée du Guêpier vulgaire et du Martin-pêcheur n’a pas, en partie du moins, d’autre origine.
- La glande à pommade dont S’agit aurait donc le même, rôle que les glandes à parfum que l’on rencontre chez certains mammifères (Civette, etc.) et beaucoup de reptiles. Elle servirait plutôt aux relations des oiseaux entre eux, même, quand nous n’en- percevons pas nous-mêmes l’odeur et bien que les oiseaux passent pour avoir le sens de l’odorat peu développé.
- À ce propos, M. Paris cite i une observation sur laquelle, malheureusement, il a le tort de ne pas insister, car elle ne manque pas d’intérêt.,
- 11 s’agit de deux Canes sauvages auxquelles on avait enlevé les glandes du croupion. Placés sur une grande pièce d’eau en compagnie de plusieurs congénères, ces oiseaux n’en différaient aucunement comme mœurs et comme manière d’être du plumage. Il est à noter cependant, ajoute M. Paris, qu’ils furent toujours mal vus de leurs compagnons de captivité qui ne voulurent jamais'lés admettre dans leur société pendant l’année qu’ils passèrent ensemble.
- Les « collets-verts )) seraient-ils donc des « collets-montés » et tenaient-ils leurs camarades à distance parce qu’ils les jugeaient mal pommadés et parfumés?
- Hexiu Coupix.
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- LA SCIENCE AU SERVICE DE L’EXPERT D’ART
- Dans tous les domaines de l'activité humaine, on I II va sans dire que l’on ne pourra jamais éliminer s’attache actuellement à suppléer à l’appréciation | de la critique le jugement personnel, ou meme en
- Fig. i à 4. —A gauche, tableau authentique de Watleau (n° 55 de la National Gallery d'Edimbourg). A droite, bonne copie du même tableau.
- personnelle, par des méthodes scientiliques, impartiales. Des tendances analogues sc manifestent dans la critique d’art.
- réduire l’importance. L’expérience de ces dernières années n’en démontre pas moins la facilité avec laquelle les experts les plus avisés en matière d’art
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- Fig. 5. — Microphotographie d’une tête d’un tableau de Pater.
- sont sujets à se tromper, quand il s’agit d’établir l’auteur d’un tableau ou d’une sculpture; aussi tout moyen pour contrôler l’appréciation personnelle sera-t-il le bienvenu.
- M.. A. P. Laurie, professeur au Ilewitt-Watt College, à Edimbourg, a imaginé des méthodes rigoureusement scientifiques, qui nous paraissent mériter une description succincte.
- M. Laurie, qui s’est beaucoup occupé de l’histoire des couleurs, a, en premier lieu, rédigé une liste détaillée des pigments caractéristiques de chaque époque. Lorsqu’on peut établir qu’une couleur donnée n’est usitée qu’à partir d’une certaine époque et qu’une autre cesse d’être employée à tel moment, l’examen des pigments employés pour un tableau donné permet en effet, dans bien des cas, d’établir la date approximative de son origine et de décider si les vues généralement reçues sont justes. D’autre part, l’examen microscopique de la surface d’un tableau permet souvent d’établir s’il a été repeint; il suffit en général, sans nuire au tableau, d’en détacher des échantillons minimes. Enfin, comme certains artistes ont eu l’habitude de ne se servir que de couleurs données, la présence de celles-ci constitue un argument fort sérieux en faveur de l'authenticité d’un tableau. ' .
- > Au ..courant de ces recherches, M. Laurie a été . frappé des conclusions imprévues qu’on peut, grâce à un grossissement suffisant, tirer de la technique, du « coup de pinceau » d’iiri artiste. Les experts en art, il est vrai, se servent, à l’occasion, d’une simple loupe pour examiner les détails d’un tableau; mais,
- pour assurer des résultats comparables, pour faire d’un procédé rudimentaire une méthode vraiment scientifique,!il fallait, comme M. Laurie l’a fait, recourir à la microphotographie, en construisant un appareil permettant de projeter sur le verre dépoli l’image suffisamment agrandie d’une petite partie du tableau. Le grossissement est réglé à volonté, dans des limites convenables (1-6 diamètres). L’emploi de plaques orthochromatiques permet de rendre correctement toutes les teintes du tableau et de reproduire les moindres détails de structure de la peinture. Une microphotographie type peut ainsi être conservée aussi longtemps qu’on le désire, pour servir à tout moment à la comparaison du « coüp de pinceau ». Même si le tableau est de dimensions suffisantes pour se passer d’un agrandissement, même si le coup de pinceau est assez grossier pour être examiné à l’œil nu, la méthode photographique présente d’évidents avantages, en concentrant l’attention du critique sur un endroit donné et en éliminant l’influence que les couleurs et les formes du reste du tableau pourraient exercer sur lui. Un grossissement de trois diamètres est en général le plus convenable, pour faire ressortir les détails les plus fins du coup de pinceau ; un agrandissement exagéré risquerait de faire disparaître ces détails et de résoudre la surface en un amas irrégulier de peinture.
- M. Laurie a d’abord appliqué sa méthode au Watteau bien connu qui, sous le n° 55, figure à la Galerie Nationale d’Edimbourg (fig. 1), en choisissant une tête du groupe de personnages. En contemplant la microphotographie (fig. 2) de cette tête, on est frappé de constater la merveilleuse adresse et l’admirable minutie du coup de- pinceau : l’oreille, par exemple, qui, dans l’original, est à peine longue de 1/3 cm, est modelée si soigneusement par le pinceau du maître, qu’elle pourrait presque servir pour un portrait en grandeur naturelle.
- Rien de plus suggestif que de comparer à ces cli-
- Fig. 6. — Microphotographie du pied d’un Enfant Jésus de Raphaël.
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- A droite, tête de vieillard d’un faux Ténias.
- chés, les photographies correspondantes d’une copie du meme tableau, faite par un bon artiste moderne (fig. 3). À première vue, surtout en l’absence d'un Wattcau authentique pouvant servir comme terme de comparaison, on pourrait parfaitement considérer cette copie comme œuvre originale du maître. Or, on n’a qu’à comparer les deux microphotographies (fig. 2 et 4), pour voir les différences se manifester d’une façon frappante et pour reconnaître que, à part les petites inexactitudes du dessin qui, sans agrandissement, pouvaient passer inaperçues, le coup de pinceau est bien différent de celui du maître, infiniment plus faible et plus incertain. C’est que le peintre, évidemment, ne savait pas ce que faisait la pointe de son pinceau, ni ce que le coup de pinceau si minutieux du maître était destiné à faire. On voit bien par quels moyens nettement di-
- vers le copiste a réalisé une imitation superficielle de l’original.
- La figure 5 est la microphotographie d’une tête tirée d’un tableau de Pater (également de la Galerie Nationale d’Edimbourg). M. Laurie a voulu s’en servir pour constater dans quelle mesure les méthodes de Watteau se retrouvent chez son meilleur élève. L’agrandissement fait également ressortir les grandes différences de technique. Le travail soigneux prouve que l’artiste était parfaitement maître de son pinceau et qu’il savait bien comment produire les effets voulus; dans le dessin de la bouche et des yeux, l’influence de Watteau est, du reste, manifeste. Au lieu du coup de pinceau si subtil et si riche de celui-ci, nous remarquons toutefois une technique bien plus fade et superficielle; les couleurs ne sont appliquées qu’en couches lisses, où le
- Fig. 9 et io. — A gauche, feuillage d’un tableau d'Hobbèma. A droite, branche de saule d’un paysage de Corot.
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- modelé est obtenu grâce à de légères graduations.
- Ces diverses microphotographies font voir les différences entre le travail d’un grand maître comme Watteau, celui d’un bon peintre plutôt superficiel, comme Pater, et, enfin, la technique d’un copiste médiocre. Elles font voir aussi de quelle manière Watteau a réalisé ses effets merveilleusement doux et nuancés.
- La figure 6 est la microphotographie du pied d’un Enfant Jésus, tiré d’un tableau de Raphaël à la Galerie Nationale de Londres. Malgré l’agrandissement, on n’y reconnaît aucun coup de pinceau proprement dit, et, d’accord avec la technique usuelle de Raphaël et d’autres maîtres anciens, on n’y remarque que des surfaces uniformément estompées. La microphotographie n’est pas moins importante pour l’examen des tableaux de ce genre que pour les tableaux de maîtres plus récents, au coup de pinceau caractéristique.
- Nous tacherons maintenant de faire comprendre, par un exemple typique, comment M. Laurie s’est servi de son procédé pour examiner des tableaux d’origine douteuse. Il s’agissait notamment de vérifier l’authenticité d’un prétendu Téniers.
- M. Laurie commença par préparer une microphotographie d’un Téniers absolument authentique, en choisissant la tête du vieux domestique du tableau n°-817 de la Galerie Nationale de Londres (fig. 7). En agrandissant ultérieurement cette tête au moyen d’une loupe ordinaire, on reconnaît que les coups de pinceau se composent de traits droits, courts et larges, avec, cà et là, par exemple, pour les poils de la barbe, des lignes bien fines, légèrement courbées.
- Or, la figure 8 représente une tête de vieillard, tirée du prétendu Téniers, dont il s’agissait de vérifier l’authenticité. Comme le modèle est évidemment le même dans les deux cas, il faut bien admettre
- que le tableau provient, en effet, de l’atelier de Téniers, à moins que ce ne soit une contrefaçon, pour laquelle cette tête aurait été copiée, sur un Téniers véritable.
- En contemplant la microphotographie à l’aide d’un verre grossissant, on voit que, bien que certains traits rappellent la technique de Téniers, le modelé plastique a été réalisé par une méthode bien différente. Aussi faut-il écarter définitivement l’hypothèse suivant laquelle ce tableau serait dù au pinceau de Téniers ; il s’agit, tout au plus, de quelques légères retouches faites de la main du maître, à un tableau peint par un de ses élèves.
- En étudiant l’œuvre des paysagistes, il importe, en première ligne, d’examiner le feuillage. Le procédé microphotographique met en évidence, bien mieux que cela n’a été autrefois possible, les grandes différences individuelles entre la technique des divers maîtres. C’est ainsi que la figure 9, tirée d’un tableau de Hobbema, présente un traitement bien plus compliqué et individualisé du feuillage que la figure 10, tirée d’un paysage de Corot et qui, par l’exemple d’une branche de saule, fait voir la technique d’un paysagiste moderne.
- Lorsque deux microphotographies présentent une analogie parfaite du coup de pinceau, on peut admettre, en toute sécurité, l’identité d’origine des tableaux correspondants. En cas de désaccord, au contraire, on n’est pas fondé à contester, a priori, l’authenticité d’un tableau douteux. Il faudrait, d’abord, étudier les tableaux du même peintre appartenant à différentes époques, et suivre les modifications que sa technique pourrait avoir subies au courant de sa carrière.]! serait bon, pour chacun des grands maîtres, d’établir ainsi un dossier complet d’échantillons de sa technique, qui dans tous les cas douteux, fournirait les points de repère nécessaires. • Dr Alfred Grademyitz.
- LE NOUVEAU MOTEUR GNOME — LE MONOSOUPAPE
- Il est inutile de rappeler ici tout ce que l’aviation doit au moteur Gnome.. L’apparition du célèbre moteur rotatif marque une date , dans l’histoire de la locomotion aérienne. Le moteur léger, robuste et sûr était créé. Désormais les records de vitesse, de durée, et d’altitude devaient rapidement progresser : d’autre part, encouragé par le succès, le moteur lui-même se perfectionnait dans ses moindres détails ; et gardait la première place parmi ses concurrents chaque jour plus nombreux. En 1913, le moteur Gnome s’est assuré tous les records. Cependant il faut reconnaître que d’autres modèles se sont également perfectionnés et sont devenus menaçants : les progrès des moteurs fixes ont été remarquables; comme < Tégèrété,. nul encore ne peut Remporter sur le moteur rotatif ; mais certains ont des consommations d’huile et d’essence plus faibles; ce qui peut être précieux pour les grandes randon-
- nées et compenser le supplément de poids du moteur, par une économie sur celui des approvisionnements.
- Allait-on voir le moteur rotatif céder la place au moteur fixe, pour les aéroplanes de voyage, et se contenter de garder, pour son domaine, les courses de vitesse et les records de hauteur ?
- De nouveaux et remarquables progrès ont été apportés au moteur Gnome par ses inventeurs, les frères Séguin; ils ont pour effet de diminuer la consommation d’essence et d’huile, par cheval, et cela tout en simplifiant encore le mécanisme, c’est-à-dire en renforçant les avantages, naturels, pourrait-on dire, du moteur.
- Rappelons tout d’abord les dispositions essentielles de l’ancien moteur : la plupart sont conservées dans le nouveau ; comme l’on sait, l’arbre du moteur est fixe; ce sont les cylindres, en nombre impair,
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- qui tournent autour de l’arbre sous'l'effet de l’explosion et do la détente du mélange tonnant dans chacun d’eux. Ces cylindres sont disposés sur un carter qui tourne avec eux ; sur celui-ci est monté l’arbre porte-hélice.
- Dans chaque cylindre est un piston auquel s’articule une bielle; sur l’une de ces bielles, dite maîtresses, viennent s’articuler t ( les 6 autres bielles; M est le vilebrequin fixe. En tournant autour de l’axe, chaque cylindre exécute en 2 tours les quatre temps classiques du moteur à 4 temps, à savoir : aspiration,
- Fig. /. — Un moteur Gnome ancien modèle.
- l’axe, les bielles, mais encore les cylindres et leurs ailettes sont en acier. La fabrication de ces cylindres est, assez curieuse ; car ils sont taillés dans une masse
- d’acier forgé, tournés extérieurement et intérieurement, de façon à prendre la forme bien connue que l’on voit sur toutes nos photographies.
- Ajoutons enfin que tous les roulements sont à billes.
- Rien ne caractérise mieux les qualités essentielles d’un tel moteur que les paroles suivantes de l’un de inventeurs,
- Eïtforjsu Ca
- ses
- Laurent Séguin
- compression, explosion et détente, échappement.
- A cet effet, chaque cylindre de l’ancien moteur Gnome était pourvu de deux soupapes, une soupape d’aspiration automatique s, placée dans le fond du piston (fig. 1), et une soupape d’échappement, commandée, placée. au sommet du cylindre.
- L’arbre fixe autour duquel tourne l’ensemble de l’appareil est creux; des canaux ménagés à l’intérieur de cet arbre amènent au carter, l’air, l’essence et l’huile de graissage. Le mélange explosif se forme donc dans le carter, de là passe par les soupapes d’admission dans les
- q, piston; s, soupape d’admission; t, bielle; o, roulements à billes du vilebrequin ; r, roulements à billes du carier; p, pompe à huile.
- « Régularité parfaite due au volant puissant que forme le moteur tout entier. Refroidissement énergique par l’air, indépendant de la marche de l’appareil; enfin légèreté maxima due à la disposition des cylindres qui réduit à presque rien le bâti et les pièces inertes du moteur. » Une remarque cependant s’impose : la soupape d’admission logée dans le fond du piston est pratiquement inaccessible; réglage ou réparation exigent le démontage du moteur.
- Dans le nouveau moteur Gnome, la soupape d’admission est complètement supprimée; elle est rem placée par de simples orifices que le piston découvre au mo-
- U-air
- Gicleur\s' d'essence
- Fig. 2. — Coupe d’un Gnome monosoupape.
- A, orifices d'admission;
- B, bougie; C, carier;
- T>,pied de bielle; E, soupape d’échappement ; F, pignons d’échappement;
- H, came de distribution ; I, bras de commande de la soupape d’échappement ;. K, culbuteur;
- L, roue hélicoïdale engrenant avec le pignon de distribution ;
- M, plateau de réglage; N, tige de réglage; R, manette de réglage; O, arbre creux; Y, vilebrequin.
- cylindres où il est enflammé par étincelle électrique, et où il explose. Le graissage s’opère par barbotage.
- Pour terminer cette description, rappelons que le moteur est presque tout en acier; non seulement
- ment voulu pour permettre l’admission du mélange gazeux.
- Il ne subsiste donc que les soupapes d’échappement; d’où le nom de monosoupape donné
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- au moteur. On voit immédiatement qu’une grande simplification mécanique a été apportée au moteur.
- L’expérience a montré que cette amélioration a
- une proportion d’air insuffisante pour être explosif. C’est là une mesure de sécurité indispensable; car par les orifices À, l’intérieur du carter se trouve à certains moments on contact avec les gaz chauds du
- été en outre la source d’une économie dans la consommation du moteur.
- Comment fonctionne un monosoupape? Reportons-nous à la figure 2 qui nous montre en coupe les organes essentiels du nouveau moteur rotatif. Dans le cylindre monté sur le carter, travaille le piston P. La disposition des bielles, du vilebrequin et de l’axe fixe est identique à celle employée dans l’ancien modèle. A la partie supérieure du cylindre est disposée la soupape d’échappement commandée par le culbuteur K, la tige Z et le bras I ; en une région convenablemen t choisie de la paroi du cylindre sont disposés circulairement les orifices d’admission À. Ils sont aménagés dans la partie du cylindre qui est engagée à l’intérieur du carter et communiquent donc directement avec celui-ci. Quand le piston arrive au bas de sa course, il découvre les orifices A et le carter se trouve ainsi mis en communication avec l’intérieur du cylindre.
- A l’intérieur du carter se forme un mélange de combustible riche ; l’essence est amenée à un gicleur, et là elle se mélange à une certaine proportion d’air aspiré par le nez 0 de l’arbre creux. Ce mélange est à dessein très riche, autrement dit il contient
- cylindre, et il importe que toute explosion soit impossible de ce fait.
- Le surplus d’air nécessaire pour former le mélange explosif est admis par la soupape E, qui, on le voit, n’est donc pas uniquement une soupape d’échappement, mais joue un double rôle.
- Le fonctionnement du moteur est le suivant (fig. 8) :
- jer temps : admission. — Dans une première partie de la course d’admission la soupape E reste ouverte, le piston | descend dans le cylindre
- | et aspire de l’air frais.
- Puis E se referme; le j piston continue sa course
- S descendante ; et découvre
- | les orifices A ; le mélange,
- riche du carter pénètre à ce moment dans le cylindre, et très rapidement grâce à la dépression qui règne à l’intérieur de celui-ci.
- a° temps : compression. — La soupape E est fermée, le piston remonte dans le cylindre et comprime le mélange. '
- 3e temps : explosion et détente. — Quand le piston est sensiblement en haut de sa course, une étincelle électrique provenant de bougie B provoque l’explosion; les gaz se détendent, le piston redescend, c’est la période de production de travail.
- Quand le piston arrive en bas de la course de dé-
- Fig. 4. — Bielle maîtresse et piston de moteur Gnôme.
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- tente, on voit que les- orifices À se découvrent à nouveau ; c’est à ce moment qu’il y a contact entre les gaz incandescents du cylindre et ceux du carter; mais,
- approche et éloigne le bras I de la came H. C’est cette dernière qui en soulevant le bras I pendant un certain temps maintient ouverte la soupape
- Fig. 5.
- moteur <
- Assemblage âes cylindres sur le carier.
- Fig.
- Vue d'ensemble.
- comme nous l’avons dit plus haut, il n’y a de ce fait aucun danger; la pression dans le cylindre à ce moment n’est pas supérieure à celle qui règne dans le carter et les gaz brûlés n’ont aucune tendance à pénétrer dans le carter pour se mélanger au gaz frais. Au contraire, la force centrifuge due à la rotation rapide du moteur tendrait à les rejeter vers la périphérie et à les écarter des orifices A.
- 4e temps : échappement. —
- Le. piston remonte dans le cylindre. La soupape E est grande ouverte, et les gaz brûlés sont refoulés à travers elle dans l’atmosphère.
- Le réglage du moteur est également de la plus grande simplicité; on règle l’allure uniquement en agissant sur la levée de la soupape E ; on fait ainsi varier la richesse du mélange explosif formé dans le cylindre (fig. 2).
- Cette opération s’effectue au moyen de la tige N qui passe à l’intérieur de l’arbre creux et que commande le levier à main R; ce mouvement entraîne celui d’un manchon M qui
- d’échappement E. La rotation de la came est assurée par le pignon de distribution F qui engrène avec un engrenage hélicoïdal L porté par l’arbre du moteur.
- On voit par quel petit nombre d’organes est assuré le fonctionnement du nouveau moteur. Les essais ont révélé à la"; fois une grande économie dans la consommation et une remarquable souplesse de marche; le monosoupapc ralentit jusqu’à 200 tours pour reprendre ensuite, le plus aisément du monde, sa vitesse normale de rotation.
- Nous ne nous étendrons pas sur la construction du nouveau moteur Gnome ; ce qui précède montre clairement que les modifications théoriquement fort importantes apportées au moteur ne changent pour ainsi dire en rien sa fabrication. Celle-ci, comme on le sait, se fait en série; des machines-outils automatiques et de grande précision permettent d’obtenir rapidement, et toujours rigoureusement identiques à
- Fig. 7. — Gnome loochev. el moulinet Renard.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- elles-mêmes, les pièces qui, assemblées, constituent le moteur. La perfection de l’outillage mécanique a permis d’atteindre la perfection de construction qui" a mis le moteur Gnome au premier rang des moteurs d’aviation.
- Le moteur achevé doit être essayé avant d’être livré au client; les essais se font à l’aide du moulinet Renard ; le moteur est fixé sur une sorte d’affût de canon, et sur son arbre on monte une sorte d’hélice faite d’une barre en bois perpendiculaire à l’arbre du moteur, et portant symétriquement deux palettes rectangulaires, qui se déplacent orthogonalement
- le nombre de tours effectués par seconde ; d’autre part, étant données les dimensions du moulinet, on connaît pour chaque vitesse le couple résistant exercé par l’air. On peut ainsi déterminer facilement et même enregistrer la puissance donnée par un moteur à l’essai, tandis que l’on mesure en même temps les quantités d’huile et d’essence consommées.
- C’est un spectacle fort pittoresque que celui de la salle d’essais; notre figure o, qui montre une série de moteurs à l’essai alignés sur leurs affûts, évoquerait plutôt l’idée d’un polygone d’artillerie que celle d’une usine ; et, dans la réalité, cette illusion est ren-
- Fig. 8. — Le fonctionnement du moteur Gnome monosoupape. A, orifices d’admission; E, soupape unique.
- dans l’air ; la résistance de l’air s’exerce donc normalement à ces palettes, dont la surface et la distance au centre de l’arbre sont parfaitement connues ; on fait partir le.moteur. Un tachymètre permet de lire
- forcée encore par les détonations bruyantes et rapides par les brouillards de fumées bleuâtres qui accompagnent les premiers tours des moteurs nouveau-nés.
- A. TliOLLER.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 8 et i5 juin 1914.
- Conditions de sécurité des grands navires. — M. Berlin a étudié les conditions de sécurité des navires de grandes dimensions et les moyens d’accentuer cette sécurité. Dans la Conférence internationale qui s’est réunie à la suite de la catastrophe du Titanic, l’opinion générale était que tout bâtiment 11e devait plonger que par l’avant ; une minorité seulement des membres, parmi lesquels étaient des délégués français, pensaient que l’éventualité du chavirement devait être prise en considération. La division du navire en compartiments verticaux de 25 m. de long sur 20 m. de large et 4 m. de hauteur ne donne pas une sécurité suffisante. Car si un compartiment est crevé, 2000 tonnes d’eau entrent , dans la coque. Un énorme poids trouble la stabilité du navire qui tend vers un état d’équilibre instable. Cette conclusion s’est trouvée vérifiée lors du naufrage des navires Bourgogne et Empress of Ireland. Pour accroître la sécurité, il faut établir un compartimentage étanche entre deux ponts situés au-dessus de la ligne de flottaison. Les dimensions de ce compartimentage doivent être calculées de manière à permettre au navire de flotter quand il s’enfoncerait dans l’eau. Une sorte de cheminée traversant le compartiment supérieur permettrait la communication des ponts supérieurs avec les ponts inférieurs. Il est évident que l’aménagement des navires serait gêné par cette disposition intérieure, mais la sécurité serait beaucoup augmentée.
- Les Péripates d’Australie. — JL Bouvier expose qu’il ia eu l’occasion d’étudier des Péripates provenant du
- — Présidence de M. Appel.
- Queensland (Australie). Les Péripates sont des êtres intermédiaires entre les arthropodes et les annélides marines. Ceux qu’il a étudiés se distinguent en ce qu’ils ont des œufs de 0 m. 001 à 0 m. 002 de diamètre. Les Péripates passaient pour vivipares, lorsqu’un naturaliste annonça que certains au moins étaient ovipares. Cela est vrai. Il y a des espèces ovipares et d’autres vivipares. Ces dernières conservent même des organes propres à l’oviparité dont on s’explique mal la persistance.
- Géologie du Tonkin. — M. fermier présente une Note de M. Deprat sur la tectonique de la région du Tonkin sise entre le fleuve Rouge et la rivière Noire. Des terrains paléozoïques s’enfoncent sous le massif. Us reposent sur des roches triasiques par des roches écrasées. On relève trois nappes de charriage cristallines superposées.
- Le fluor dans la nature. — MM. A. Gautier et Clauss-mann appliquent leur méthode de dosage si précise du fluor à la recherche de cette substance dans les eaux minérales,. Celles de. Vichy et d’Auvergne sont les plus riches en fluor : 4 à 5 milligrammes.
- Le plomb des minéraux radioactifs. —M. Moureu présente un travail de M. Maurice Curie sur le poids atomique du plomb provenant de minéraux radioactifs. Selon qu’il s’agit de plomb tiré de minéraux contenant de l’uranium ou du thorium, ou de plomb tiré de la galène, les poids atomiques qu’il trouve sont différents. Les deux premiers sont 206,5 et 207,1 ; le troisième est 206,9. L’écart des deux premiers nombres est assez
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- considérable pour que l’on puisse'admettre que l’on se trouve en présence de deux espèces de plomb. Quant au troisième nombre, il s’intercale entre les deux premiers et l’on peut se demander si l’on sc trouve en présence d’une troisième espèce de plomb ou d’un mélange des deux premiers. Ces recherches intéressent directement le problème de la transmutation des métaux.
- La bile et l’infection cholérique. — M. Roux présente un travail de M. Yiolle sur l’infection cholérique par l’intestin. On sait qu’une dilution de culture du vibrion cholérique introduite dans l’intestin d’un lapin ne produit pas l’infection cholérique et l’on supposait que cette circonstance était due à l’action de la bile. Pour élucider cette question, l’auteur noue le canal cholédoque qui déverse la bile. Dans ces conditions l’infection se produit si l’on porte les cultures au-dessous du point d’insertion du canal de Wirsung. Ces expériences montrent que pour résister à l’infection cholérique il est très important que les fonctions du foie soient conservées intactes.
- La radiosensibilité des tumeurs. — M. Roux résume ensuite un travail de MM. Nogier et Regaud sur la radiosensibilité des tumeurs malignes. Pour ces auteurs, la radiosensibilité ne persiste pas; elle décroît sans que la structure de la tumeur soit modifiée. Une première application des rayons X peut donner lieu à la production de phénomènes remarquables, puis l’action cesse. Les éléments anciens ne sont pas modifiés. Cela tient à ce qu’ils ne sont pas atteints par les rayons. Il paraît donc indiqué qu’une intervention chirurgicale enlève les parties superficielles dans le cas d’application des rayons X.
- Photochimie. — M. Junglïeisch adresse une Note de M. Daniel Berthelot, relative à l’action des rayons ultraviolets sur l’acide oxalique. Ce .corps se décompose de deux façons différentes selon que l’on utilise les rayons ultra-violets initiaux du spectre ou les rayons extrêmes. Dans le premier cas, le mode de décomposition est analogue à celui que détermine une élévation de température modérée; dans le second cas, ce mode rappelle celui que produit une haute température. Il résulte de là que la rapidité vibratoire joue dans les phénomènes photo chimiques un rôle en rapport avec celui de la température dans les phénomènes catalytiques.
- Enregistrement des signaux horaires. — XI. J. Bail-laud décrit un procédé d’enregistrement des signaux horaires rythmés qui ne repose pas sur l’emploi de la photographie. Le principe de ce procédé est déjà connu; il consiste à inscrire sur un chronographe une série auxiliaire de signaux rythmés que l’on rend synchrones des signaux de la T. S. F. Cette série était donnée avec la main par l’observateur des signaux de la T. S. F. Or, entre les deux séries, il peut y avoir un écart systématique de Oyl. M. Baillaud produit les signaux auxiliaires au anoven d’une pendule de môme période que les signaux cle la T. S. F. Il inscrit, donc sur le chronographe des signaux coïncidant avec ceux de la T. S. F. M. Baillaud a appliqué, avec le concours de M. Croze, ce procédé à la comparaison de deux pendules de l’Observatoire. La précision du résultat n’est limitée que par le degré d’exactitude du relevé des bandes du chronogiuphe.
- L’Eurypharynx. — S. À. S. le prince de Monaco présente un travail de M. Roule sur un poisson capturé dans les profondeurs de l’Océan. Ce poisson a été pêché lors de l’une des campagnes océanographiques du prince; il appartient au groupe des Eurypharynx dont il constitue une espèce nouvelle. On peut dire qu’il apparaît sous la
- forme d’une tète fendue dans toute sa largeur par une bouche et suivie d’un corps filiforme très long.
- Reconstitution d’un animal pliocène. — M. Depéret présente la photographie d’un squelette qu’il a pu reconstituer avec des débris fossilisés de divers animaux. Ces débris proviennent des sables pliocènes de Montpellier. L’animal est un Sirénien qui mesure 2 m. 40 de longueur ; il offre de la ressemblance avec le dugong ; sa cage thoracique est remarquablement large. On en connaît quelques rares spécimens provenant du miocène. M. Depéret en décrit les caractères anatomiques et les affinités avec le dugong.
- Hérédité du ferment lactique. — M. Richet a déjà fait connaître que le ferment lactique cultivé en présence d’une substance toxique est susceptible de s’accoutumer à cette substance. L’accoutumance peut se prolonger pour des doses relativement élevées. Cultivé dans du lait dilué, ce ferment devient moins actif que le ferment normal.
- Géologie de la vallée du Rhône. — M. Fermier expose que M. le général de Lamotte, en étudiant la géologie de la vallée du Rhône, a trouvé huit niveaux de nappes postpliocènes. Six de ces niveaux existent dans la vallée de l’Isère.
- La transmission de la fièvre récurrente. — M. Roux présente un travail de MM. Nicolle et Blanc sur la transmission de la fièvre récurrente. Cette transmission s’opère par le pou du corps ; l’agent est un spirille particulier. Peu après la piqûre du malade par le pou, le spirille semble disparaître dans l’organisme du pou. Puis, après huit jours, il réapparaît très petit et croît. Lorsqu’il réapparaît, il est très virulent. La fièvre récurrente est transmise non par la piqûre, mais par le contact direct du spirille avec un point du corps dépourvu de peau, lorsque par exemple on écrase un pou sur une partie excoriée. Les auteurs étudient les phases de la virulence du spirille aux différents stades d’évolution.
- Analyse spectrale a l’aide des rayons de Rôntgen. — M. Bouty expose que M. de Broglie a continué ses recherches sur le spectre des rayons de Rôntgen qu’il obtient non pas en introduisant le corps dans le tube, mais en faisant tomber les rayons primaires sur la substance. Ce sont les rayons secondaires émis par celles-ci qui produisent le spectre. Or, l’expérience montre que clans le spectre produit par les rayons émanant d’une substance composée, les spectres des deux substances élémentaires sont superposés. On dispose donc ainsi d’un procédé d’analyse.
- La concentration du sang aux hautes altitudes. — M. Roux résume un mémoire de MM. Bayeux et Chevallier relatif aux effets de l’altitude sur.le sang. On sait depuis longtemps que le nombre des globules du sang est plus considérable, chez les sujets qui vivent aux altitudes élevées que chez ceux qui habitent les plaines. Mais des observateurs ont émis l’opinion que cette augmentation n’était, qu’apparente car le microscope ne permettait pas de déceler, au milieu des globules normaux, les globules jeunes qui auraient prouvé une nouvelle création globulaire. Pendant l’été de 1915, MM. Bayeux et Paul Chevallier sont montés au Mont Blanc et ont adapté à l’étucle de la question la détermination de la densité du sérum sanguin par son indice réfractométrique. Les auteurs ont opéré des prises de sang sur eux-mèmes à Paris, à Chamonix et au Mont Blanc. Puis ils ont saigné quelques lapins pour comparer les résultats à ceux obtenus sur eux-mèmes. L’indicé réfractométrique du sang a augmenté notain-
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- ment au Mont Blanc. Donc la densité du sang est plus forte aux hautes altitudes que dans la plaine et, par conséquent, l’augmentation des globules n’est qu’appa-parentc. Si les anémiques retirent un avantage de leur séjour dans les lieux élevés, les congestifs, les pléthori-
- ques, les cardiaques, les hypertendus, en un mot, tous ceux dont la circulation défectueuse ou ceux dont la dépuration sanguine est insuffisante devront s’abstenir des hautes altitudes, car la concentration de leur sang se trouverait augmentée. Cu. de Yilledeuil.
- LA FABRICATION DE LA FÉCULE CHEZ LES INDIENS PÉRUVIENS
- 11 est inutile de rappeler que la pomme de terre est originaire des plateaux andins du Pérou et de la Bolivie, où elle est cultivée par les indigènes
- Fig. i. — Les tas de pommes de terre écrasées.
- depuis un temps immémorial. On peut même supposer que, si le précieux tubercule, importé et cultivé en Espagne dès le milieu du xvie siècle, n’entra que deux siècles plus tard dans l’alimentation des races de l’Europe occidentale, la cause en fut au mépris que professaient les conquérants envers tout ce qui touchait les autochtones de l’Amérique. Les nobles hidalgos se seraient crus déshonorés en goûtant à la nourriture de ces Indiens, qu'ils mettaient au même rang que les bêtes de somme, et qu’ils traitaient comme tels!
- Un archéologue et explorateur américain, M. Hiram Bingham, professeur à l’Université de Yale, qui a découvert récemment sur un des sommets les plus inaccessibles des Andes, une ville mystérieuse à laquelle nous consacrerons bientôt un article, a constaté que les Indiens des hauts plateaux péruviens cultivent encore l’espèce primitive à petits tubercules, celle qui fut introduite en Europe où elle a donné naissance à de si nombreuses variétés.
- Une partie de la récolte est consommée au jour le jour, à l’état naturel, après cuisson sous la cendre ou dans l’eau bouillante. Le surplus est traité indus-
- triellement, si nous pouvons appliquer cet adverbe aux procédés fort primitifs des descendants des Incas. Les pommes de terre sont transportées sur des espaces découverts, au sol imperméable, où elles sont exposées durant une ou deux semaines aux rayons du soleil et à la gelée de la nuit. Les tubercules se dessèchent rapidement. Au matin, les Indiens les écrasent sous leurs pieds de montagnards dont la plante est d’une épaisseur et d’une dureté exceptionnelles.
- Complètement débarrassées de leur humidité, les pommes de terre peuvent désormais se conserver indéfiniment; mais, en cet état, elles deviennent insipides.
- Les fermiers les transportent par grandes quantités sur le dos de leurs lamas vers les marchés des petites villes voisines, où on les désigne sous le nom de tchougnous.
- Les ménagères péruviennes s’en servent de la manière suivante. Les tubercules desséchés sont
- Fig. 2. — Le séchage de la fécule.
- broyés dans des mortiers de pierre, et la fécule ainsi obtenue sert pour épaissir les soupes et les sauces.
- Il est probable que cette curieuse industrie était pratiquée bien des siècles avant l’avènement des Incas, car M. Bingham a retrouvé dans- des ruines préhistoriques de grands mortiers qui servaient à cette préparation. V. F.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lviiuoe, rue rie Flcurus, 9. à Paris
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- LA NATURE. — 2144.
- 27 JUIN 1914.
- LES SABLES DE CHAALIS (OISE)
- d)
- Le domaine de Chauds (Oise) qui, depuis quelques mois, est la propriété de l’Institut de France, renferme une curiosité naturelle trop peu connue et où — à une dizaine de lieues seulement de la capitale — on peut étudier plus d’un phénomène géologique et observer les traces et le résultat de forces dont l’action se poursuit encore.
- À la lisière du domaine et'de la forêt d’Ermenonville, sur dix hectares environ, s’étendent des sables blancs, purs, sans paillettes de mica, formés de lins grains de quartz aux arêtes
- Fig. /. — Aspect général des sables de C/tâalis
- de diamètre. Ces sables appartiennent à la formation des sables de j-teauchamp si développés au nord
- de Paris (étage bar Ionien). Ils sont ici dépourvus de fossiles. Le vent trace à leur surface ces rides parallèles qui rappellent les ripple-marks des rivages marins et, par places, : on trouve des fragments de silex, avec graines de Chara, provenant des lambeaux voisins du calcaire de Saint-Ouen (bartonien supérieur).Ces silex se rencontrent surtout dans les dépressions en forme de cuvette, qui entourent les gros blocs de grès
- Fig. 2. — Chêne progressivement enterré par le sable.
- émoussées, qui ont un tiers ou un demi-millimètre
- I. Le musée et le parc de Cbàalis, qui, on le sait, ont été légués généreusement à l’Institut par Mme André, viennent d’être ouverts au public.
- Le musée sera ouvert le mercredi en toute saison, de midi
- Fig. 3. -r Grès perforé de part en part.
- où ils voisinent avec de petits galets siliceux
- à quatre heures en hiver, et de midi à cinq heures en été.
- Le parc, et .le « désert » seront visibles tous les jours de la semaine, de 10 heures a 6 heures du 15 avril au 14 octobre, et de 10 heures à 4 heures du 15 octobre au 14 ami.
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- L’ANABIOSE
- aplatis qui dépassent rarement la grosseur d’un œuf de pigeon. Ces derniers ont subi, en tout ou en partie, cette sorte de pourriture qui les rend légers et avides d’eau, avec un aspect blanchâtre, farineux, opaque; et, bien qu’on puisse facilement les entamer au couteau, ils ne flottent cependant pas comme les véritables silex nectiques.
- Ces sables constituent, au milieu des bois, de véritables petites dunes continentales et ont, comme elles, une tendance envahissante. Mais, par suite de l’absence de vent dominant et de leur situation relativement abritée, surtout à l’ouest, cette propension se produit sans grande régularité sur toute leur périphérie. Vers l’ouest, ils montent à l’assaut du plateau et forment des coulées surplombantes qui viennent jusque dans les grandes fougères (Pleris aqüilina L.). Leur blancheur est parfois intense. Vers l’est, c’est-à-dire vers la route de Senlis à Ermenonville, où ils n’ont pas de pente, à remonter, ils forment des bourrelets hauts de 7 m., enterrant d’autant les vieux chênes pris ainsi dans leur marche en avant. De ce dernier côté, où ils s’avancent sur un sol plat et marécageux, j’ai pu, au moyen de « marques », suivre leur progression. Cette avancée n’est pas égale d’une année à l’autre. En un point, j’ai trouvé, un total de 1 m. 65 pour une période de neuf années. À quelque distance, le même espace a été gagné en six ans seulement.
- Il semble qu’ici, sur une petite étendue de territoire, le banc de grès, ailleurs si constant, manque à la partie supérieure. Son absence aurait ainsi facilité l’éboulement des sables, sans cesse ensuite remaniés par le vent. Cependant, sur la pente du côté de’ la forêt, ressortent comme témoins une dizaine de gros blocs de grès isolés. Ces rochers présentent à leur base la cuvette caractéristique, profonde parfois de 85 centimètres. On sait comment elle se forme : le vent se heurtant contre les parois se replie en tourbillons qui affouillent la base et repoussent le sable tont autour. Une touffe isolée de bruyère, un piquet enfoncé ou une pierre assez grosse suffisent pour produire cette dépression.
- "Ces blocs de grès offrent les innombrables traces d’une érosion éolienne qui se poursuit encore : rainures, cupules, perforations de part en part y abon-
- dent, comme d’ailleurs sur tous les rochers de la région. Mais, parmi toutes ces empreintes, il en est que l’eau seule a' pu produire et forer. N’est-ce pas un véritable gouffre ancien, en effet, que représente la figure 5, semblable à ceux que E.-A.. Martel a signalés à Fontainebleau dans le Bulletin 127 des Services de la carie géologique*! II est profond de plus d’un mètre.
- A côté, un autre bloc est également perforé, par deux conduits. Le vent et l’eau ont agi ici comme à Fontainebleau et on rencontre toutes les traces caractéristiques de l’érosion, peut-être cependant à un degré moindre qu’à Fontainebleau. Si l’on admet, avec Martel, l’action de grands écoulements d’eau sur l’emplacement de la vieille forêt de Bière, on peut reconnaître une origine identique pour la plupart des sculptures variées et des-perforations des grès de Beauchamp.
- Enfin, presque toute la surface de ces rochers présente ce polissage spécial qui, au Loucher, se révèle gras et savonneux et qui est dù à la friction des grains de sable chassés par le vent. Ce fait a été observé dans tous les déserts aussi bien qu’à Fontainebleau, Nemours, Poligny, etc. Ce vernissage rend la surface du grès imperméable ; aussi le moindre creux non iissuré conserve-t-il longtemps Peau de la pluie.
- La question du reboisement de ces sables improductifs a plusieurs fois été agitée et, même, des essais timides de plantations (bouleaux) ont été tentés, mais je crois qu’artistes et naturalistes sont tous d’accord pour souhaiter le maintien du paysage dans son intégrité originale, tel que Gérard de Nerval le contemplait du haut des ruines de Chàalis. Le site est inattendu si près de Paris et il n’en existe pas d’analogue, même à Fontainebleau qui présente tant d’autres aspects comparables. Les petites dunes de Chàalis méritent d’être conservées pour leur charme et leur pittoresque aussi bien que pour leur intérêt. Elles ne sont pas bien menaçantes et des années se passeront avant qu’elles atteignent la route de Senlis à Ermenonville. Cette route pourra, être facilement protégée, grâce à une bordure de végétation un peu mieux fournie, ce qui. laissera subsister les sables dans leur cadre de bruyères et de forêts. L.-J. Moreau.
- L’ANABIOSE
- L’apparition d’une vie, la disparition d’une autre sont des phénomènes qui se renouvellent chaque jour des millions de fois, A ^cependant combien précalres'et insuffisantes sont en vérité nos connaissances sur ces phénomènes !
- La limite entre les états de vie et de mort nous apparaît en bien des cas imprécise. Quels sont les changements imperceptibles qui se produisent dans la substance vitale d’un organisme au moment de la mort? Quelles différences y a-t-il entre un organisme mort, et un organisme sur lequel on n’observe aucun signe de vie et qui,
- dans certaines conditions, pourra cependant redevenir animé? Ce sont là des questions auxquelles nous sommes incapables de répondre, alors que cependant le règne animal comme le règne végétal offrent quotidiennement à notre observation d’innombrables phénomènes de vie et de mort.
- Un savant russe, mort récemment, le professeur Bachmetieff, a consacré les dernières années de son existence à essayer de réunir les éléments d’une réponse aux questions ainsi posées. Il s’est attaché à étudier sur des animaux différents cet état intermédiaire entre la vie
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- et la mort, connu depuis Preyer sous le nom tVanabiose et dont l’étucle peut fournil’ évidemment une base à l’explication du mécanisme de la vie. Dans cet état, toutes les fonctions de la vie végétale ou animale sont arrêtées, mais les phénomènes caractéristiques de la mort, tels que la putréfaction, ne se produisent pas; un faible changement des conditions extérieures dans un sens ou dans l’autre suffit à déterminer la mort définitive ou à réveiller la vie.
- Il y a sans doute très longtemps que l’anabiosc des infiniment petits a été observée et mise à profit. Sous l’influence de la sécheresse, par exemple, les rolifères et les tardigrades qui nichent dans la mousse, se présentent sous l’aspect de petits grains de poussière inerte analogues aux grains d’une poussière minérale ; et il suffit cependant d’humecter légèrement ces poussières pour les voir remuer immédiatement et reprendre leurs fonctions vitales.
- De même, sous’l’influence du froid, les microbes s’endorment, l’action destructive qu’ils exercent sur les matières organiques cesse, et toute la conservation frigorifique des denrées périssables qui a commencé à modifier si étrangement les conditions économiques du globe depuis 40 ans, est basée sur l’utilisation rationnelle de ce phénomène rendu possible par l’invention du froid artificiel. Mais la nature réalise également ce phénomène sur des animaux plus complexes que les microbes et les rotifères. De nombreux insectes, des poissons et quelques mammifères sont plongés dans l’état d’anabiose pendant les rigueurs hivernales, et, depuis quelques années, de nombreuses recherches ont été entreprises dans différents pays pour reproduire artificiellement l’anabiose. C’est ainsi que, lors du Congrès français du Froid tenu à Toulouse en 1912, MM. Mir et Aucligé avaient rendu compte d’expériences effectuées sur des truites congelées lentement dans un bloc de glace, conservées ainsi emprisonnées pendant quelques heures et ramenées ensuite à la vie par une décongélation lente. Le professeur Bachmetieff a renouvelé avec succès ces expériences au cours de l’année 1915, et quelques-unes des remarques faites au cours de ses travaux paraissent susceptibles d’avancer le jour où l’utilisation de l’anabiose des êtres vivants, en général, sera pour l’humanité une réserve d’émerveillements nombreux et de bienfaits nouveaux.
- Les essais du professeur Bachmetieff portèrent d’abord sur des papillons : l’insecte en expérience était placé dans un vase entouré d’une enveloppe froide, et la température intérieure de l’insecte était mesurée avec une précision de 0°,5 C. par un appareil thermo-électrique dont les deux électrodes étaient enfoncées dans le corps de l’insecte; l’observation au microscope des déviations de l’aiguille du galvanomètre donnait la mesure de l’intensité des courants produits.
- Dès les premières expériences, Bachmetieff nota que la température intérieure d’un papillon dépend beaucoup de son état de repos ou d’agitation : un papillon immobile a une température égale à celle de l’air ambiant; un papillon dont les ailes s’agitent a une température qui peut dépasser de 7 à 8° celle de l’air ambiant.
- En plongeant un papillon pris à la température ambiante dans un vase où était maintenue une température de —20° C., Bachmetieff constata que la température de l’insecte s’abaissait lentement jusque — 9°,5 C., puis se relevait brusquement à — 1°,7 C., pour s’abaisser ensuite lentement jusque — 20° C. Bachmetieff attribua
- le relèvement brusque de la température à un phénomène de surfusion rendu possible par la capillarité des vaisseaux qui contiennent les liquides de l’insecte. Le brusque relèvement de température serait le résultat de la congélation presque instantanée de tous les liquides de l’organisme. En fait, il vérifia cette hypothèse en déterminant le point de congélation à l’air libre des liquides contenus dans 500 papillons qui fut trouvé de — 1°,5 C., c’est-à-dire très voisin du point atteint après le brusque relèvement de la température intérieure.
- Une seconde série d’expériences eut en vue de rechercher les changements ainsi produits dans l'organisme de l’insecte.
- Tout d’abord Bachmetieff constata que, lorsqu’un papillon était sorti de l’enceinte froide avant d’avoir subi le saut de température indiqué plus haut, sa reviviscence était rapide. Au bout de quelques secondes l’insecte remuait ses ailes, même si sa température intérieure avait été abaissée à — 8° C. ; lorsque l’insecte refroidi à
- — 9° C. avait subi le saut de température, et, immédiatement après ce saul, avait été remis à l’air libre, il restait dans l’état d’anabiose pendant plusieurs minutes avant de revivre; lorsque l’insecte avait subi Je saut de température, puis avait été refroidi jusque — 8° C. ou 9° C., il restait beaucoup plus longtemps en anabiose, et enfin, lorsque le refroidissement nouveau atteignait — 10° C., l’insecte périssait définitivement.
- 11 pourrait sembler naturel que la mort ainsi produilfe soit le fait de la congélation complète de tous les tissus; or, il ne paraît pas en être ainsi : Bachmetieff fixe à
- — 4°,5 C. la température au-dessous de laquelle, après le saut mentionné, tous les liquides étaient solidifiés, en sorte que de — 4°,5 C. à 10° C. tout semble se passer comme si aucune activité vitale n’avait lieu, comme si la circulation du sang était impossible, et comme si la respiration était par suite inutile... et cependant l’insecte n’est pas mort !
- Selon une comparaison de Bachmetieff, l’insecte dans cet état est strictement assimilable à une pendule dont on retient le balancier à la main, et qui, celui-ci remis en mouvement, reprendra son tic tac.
- Les mêmes expériences renouvelées sur des mouches, des scarabées donnèrent des résultats analogues, différant simplement de ceux fournis par les papillons par la résistance différente de ces insectes à l’action du froid.
- Bachmetieff poursuivit ces expériences sur des germes de poussin, et ses premiers résultats lui donnèrent à penser, que plus un organisme est jeune, moins il supporte l’état d’anabiose. C’est la même impression qui se dégage de ses expériences sur les poissons, et il est très malheureux que la mort soit venue le surprendre avant qu’il ait eu le temps de prolonger celles-ci.
- Il put cependant, au cours de l’année 1915, entreprendre l’élude de l’anabiose sur les animaux à sang chaud en faisant porter ses expériences sur un des mammifères que la nature plonge chaque année dans l’état d’anabiose : la chauve-souris.
- Prenant des chauves-souris en état d’hivernage, un de ces animaux était plongé dans une atmosphère à
- — 22° C. Un thermomètre thermo-électrique, composé de 2 fils fins, l’un en nickel, l’autre en fer, introduit dans le rectum de l’animal, donnait constamment sa température intérieure.
- Bachmetieff constata qu’une chauve-souris dont la température intérieure initiale était de -|- 26°,4 C. se refroidissait à 0° C. au bout d’une heure ; la température
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- descendait cnsuLfo à — 2° G., où l’on observait un saut de relèvement analogue à celui observé sur les insectes, mais beaucoup moins sensible. Ceux de ces animaux qui avaient ensuite été maintenus entre — 2° C. et — 0° C. se
- réveillaient lentement lorsqu’on les replongeait dans l’atmosphère d’une pièce d’habitation. La respiration ne commençait à réapparaître qu’au bout d’une dizaine de minutes, pour croître lentement jusqu’à atteindre 212 inspirations au bout de 45 minutes. Les animaux dont la température avait été abaissée au-dessous de — 9° C. périrent tous.
- Ces expériences semblent prouver que les mammifères hibernants (marmottes, hérissons, etc...) peuvent être placés artificiellement en anabiose lorsqu’on les refroidit.
- Il est bien évident cependant que ces mammifères diffèrent sensiblement des autres mammifères, et de l’espèce humaine en particulier : ce sont des animaux à température constante en été, à température variable en hiver. Mais on a expliqué l’hibernage de ces animaux par l’accumulation dans leur sang d’acide carbonique; et en fait, cïï'l 895, M. Dubois réussit à faire tomber en lé-
- thargiêf des lapins auxquels il faisait respirer un mélange d’ox^feae^èt’d’àcidé' carbonique. Dans cet état, la température intérieure de ces animaux tombait à + 50° C.
- Baéluhetieff comptait orienter ses recherches dans celte v^rlfn'squc' là.mort est venue surprendre ce grand travailleur, au inoment où pour la première fois de sa vie, il allait avoir à sa disposition un laboratoire scientifique convenablement aménagé.
- De telles recherches ont une importance pratique cl théorique indéniable. Au point de vue théorique, elles nous permettront de comprendre de mieux en mieux le mécanisme et les causes de la mort; au point de vue pratique, il est, difficile de nier l’importance considérable que pourrait prendre la conservation en état d’ana-
- biose des divers animaux.
- Nous en citions plus haut un premier exemple, fourni par l’anabiose des microbes, dont les applications à la conservation des denrées alimentaires, des vaccins et des sérums, jouent déjà un rôle considérable dans la vie mondiale. II en est un second fourni par l’anabiose-des insectes : Bachmetieff proposait d’utiliser l’anabiose pour élever et conserver des hyménoptères, ennemis naturels des chenilles qui dévastent nos jardins;
- ces animaux déposent à l’intérieur des chenilles des œufs et les font ainsi mourir; mais déjà l’Etat de Californie nous offre un exemple vécu : les immenses vergers de cet Etat étaient ravagés par des pucerons dont les méfaits étaient d’autant plus graves que leurs ennemis naturels, les coccinelles, étaient plus rares; sur l’initiative de la Direction de l’Agriculture de cet Etat, les coccinelles sont maintenant ramassées dans les campagnes lorsqu’elles s’endorment pour l’hivernage, conservées dans des entrepôts frigorifiques et réveillées au printemps au moment où les insectes commencent à paraître. En l’espace de 2 années, la Californie a été débarrassée d’un véritable fléau.
- Bachmetieff proposait également de réduire les abeilles à l’état d’anabiose pendant l’hiver; l’entretien en entrepôt frigorifique d’un rucher coûterait certainement moins cher que la cire consommée pendant la période d’hiver.
- D’autre part, on peut espérer réaliser ainsi des transports de poissons vivants, d’œufs frais de poisson, ce qui peut favoriser grandement la pisciculture et le commerce du poisson d’eau douce.
- Enfin, un avenir prochain donnera peut-être raison au précurseur qu’a été Bachmetieff lorsqu’il rêvait d’une application de l’anabiose aux animaux à sang chaud, permettant de supprimer la nourriture de nombre d’animaux de ferme dans les périodes d’hiver. Qui sait même si Bachmetieff formulait une utopie en émettant l’idée de mettre à profit le fait que le bacille de Koch périt à — 6° C. pour guérir l’homme de la tuberculose par l’anabiose : un refroidissement de quelques jours à — 7° C. ou — 8° C. devenu le moyen le plus sûr de supprimer la terrible maladie?
- Quelle que soit la part de rêve qui entre dans ces considérations, il nous a paru intéressant de signaler au grand public français les travaux trop tôt interrompus d’un savant russe, qui développent en somme l’idée émise il y a 40 ans par Charles Tellier lorsqu’il écrivait : «-Le froid artificiel est le moyen de maîtriser la vie organique ».
- Les conséquences, si heureuses cependant polir l’humanité, de l’anabiose des infiniment petits sont restées trop longtemps fâcheusement incomprises, pour que nous ne devions souhaiter ardemment qu’il n’en soit pas de même de celles qu’auront un jour les recherches amorcées par Bachmetieff. Emile Gouault.
- LES NOUVEAUX TRAVAUX DU PORT DE ROUEN
- Le port de Rouen qui, comme on sait, se divise en deux sections, le port fluvial et le port maritime, voit son trafic croître chaque jour. Le trafic du port maritime, qui est celui dont nous nous occuperons plus spécialement, était, en 1900, de 2 622000 tonnes de jauge; en 1912 il était de 4 577 000 tonnes de jauge ; il a donc augmenté de 67 pour 100. Le tonnage des marchandises qui, en 1900, était de 2 884000 tonnes est passé, en 1912, à 4 681000 tonnes, soit un accroissement de 62 pour 100.
- En 1912, le nombre des navires entrés et sortis a été de 7279. Quant au trafic fluvial il a été, en 1912, en poids de marchandises, de 5508 021 tonnes, de telle sorte que le mouvement total de la navigation maritime et fluviale cumulées atteint le chiffre de 7 909 021 tonnes.
- Le tirant d’eau des navires qui fréquentent le port de Rouen varie entre 4 et 6 mètres. En 1912 le navire du plus fort tirant d’eau qui est entré à Rouen a été le vapeur anglais Mitra qui jaugeait 4507 tonnes et calait 7 m. 58
- L’importation du charbon a joué un rôle important dans cet accroissement de trafic. De un million de tonnes qu’elle était en 1900, elle est passée à 2171000 tonnes en 1912. Vient ensuite l’importation des céréales, des bois et des métaux de construction. De nombreuses usines se sont installées sur les rives de la Seine, les unes destinées à l’industrie mécanique, à la raffinerie du pétrole et aux produits chimiques, les autres aux constructions navales.
- En présence de ce développement, le port maritime actuel de RouoUj qui est représenté sur notre figure,
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- LES NOUVEAUX TRAVAUX DU PORT DE ROUEN ======= 85
- devient complètement insuffisant, notamment en ce qui concerne la longueur de ses quais, qui n’est que d’environ 6 kilomètres, y compris le bassin maritime principal, les bassins au bois et au pétrole, ce qui correspond à la manutention annuelle de 800 tonnes environ de marchandises par mètre courant de quai, chiffre excessif et qui dépasse de beaucoup le chiffre de 500 à 400 tonnes qui est généralement admis. De plus l’outillage du port de Rouen ne répond plus aux besoins actuels. De même l’accès du port ne remplit plus les conditions requises pour les navires qui fréquentent le port. À ce dernier point de vue, des travaux sont entrepris, dans l’estuaire de la Seine et entre la Risle et Rouen, qui permettront aux navires de 8 mètres de tirant d’eau de remonter le fleuve à
- marée en vive eau ne devant pas dépasser 2 m. 90 lorsque les travaux de dragage dans la basse Seine seront terminés, dénivellation inférieure à celle admise pour les nouveaux bassins de marée du Havre qui est de 8 mètres (Nature du i l oct. 1915).
- Le plafond du chenal d’accès et des darses nouvelles est fixé à 4 m. 50 au-dessous du zéro des cartes, ce qui correspond à un mouillage de 9 mètres aux plus basses eaux.
- Une gare de triage sera établie le long du quai de ces nouveaux bassins, qui sera ultérieurement reliée aux réseaux des chemins de fer de T Ouest-Etat et du Nord.
- Enfin, une forme de radoub de 22 mètres de largeur et de 150 mètres de longueur, cette dernière
- Plan du port maritime de Rouen indiquant les nouveaux bassins en cours de construction
- dans la prairie Saint-Gervais.
- toutes les marées. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces derniers travaux.
- Quant au port de Rouen lui-même, une loi récente autorise de nouveaux travaux qui amélioreront d’une manière sensible les conditions actuelles du port.
- Ces travaux consistent dans la création dans la prairie de Saint-Gervais de nouveaux bassins (v. fig.) comprenant deux darses de 450 et G80 mètres de longueur et(de 150 et 155 mètres de largeur séparées par un terre-plein de 100 mètres. Ces darses débouchent dans une darse principale disposée de telle sorte que les navires y trouveront un cercle d’évitement de 500 mètres de diamètre, c’est-à-dire plus grand que celui qu’on trouve dans le port actuel et qui n’est que de 250 mètres. La darse d’entrée a une largeur de 140 mètres.
- Aucune écluse n’est projetée, pour le moment, à l’entrée de ces nouveaux bassins, l’amplitude de la
- pouvant être portée à 200 mètres, sera construite à l’extrémité aval du bassin au pétrole (v. fig.). A côté de cette forme de radoub et sur la rive gauche du bassin au pétrole sera construit un quai d’armement.
- Ces travaux, ainsi que certains autres supplémentaires, tels que construction de nouveaux quais, remplacement dans le bassin aux bois d’apponlc-ments par des murs de quai, appontements dans les bassins aux pétroles, dragages dans la partie aval du port, s’élèvent à la somme de 52 millions répartie entre l’État, la Chambre de commerce de Rouen, le Département et la Ville.
- Enfin, en prévision de l’avenir et du nouveau développement du trafic du port de Rouen, une somme de 5 millions est prévue en vue de l’achat dans les prairies de Grand-Quevilly, à l’aval de Rouen, de terrains où pourraient dans l’avenir être construits de nouveaux bassins. R. Bonnin.
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- VERS LA DÉCOUVERTE DU PLUS ANCIEN TEMPLE D’ÉGVPTE
- Grâce aux inlassables efforts de YEgypt Exploration Fund, association scientifique anglo-américaine qui a entrepris méthodiquement l’excavation des richesses archéologiques de la Terre des Pharaons, le monde savant apprendra bientôt la découverte du plus fameux temple de l’Égypte antique.
- C’est à l’incomparable érudition de M. le professeur Edouard Naville, et, si nous osons employer ici pareille expression, à son flair d’explorateur, qu’elle sera due. L’histoire et la légende nous avaient appris l’existence d’un mystérieux « Temple de l’Or », sanctuaire souterrain où reposaient, parmi des trésors, les restes mortels d’Osiris, l’Homme-Dieu qui fut à la fois la première divinité et le premier roi des Egyptiens; mais la plupart des égyptologues refusaient créance à cette tradition. Et Mariette accumula une véritable colline de débris, tirée des sépultures et temples d’Abydos, sur l’emplacement même du problématique sanctuaire.
- Or, durant rimer 1912-1915, M. Naville, l’un des membres les plus éminents de YEgypt Exploration Fund, entreprenait de déblayer partiellement, cette malencontreuse colline, dans l’espoir d’y retrouver l’entrée du'sanctuaire souterrain. Ses efforts étaient couronnés de succès : il découvrait sous l’amas de débris un puits large et profond, le même qui, d’après les inscriptions et les papyrus, devait conduire « au Nil sacré de l’autre monde ».
- Après complet dé-blayement de cette immense fosse, M. Naville mettait à jour un tunnel constitué par de massives murailles de granit, et qui s’enfoncait sous la terre en plan incliné (fig. 2). Comme on peut en juger par plusieurs des photographies que Mme Buchman, secrétaire de la section américaine de YEgypt Exploration Fund, a eu l’obligeance de communiquer à La Nature, ce passage souterrain était déjà partiellement déblayé quand les cha-
- Fig. 2. — Le tunnel inciiv.è.
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- leurs de l’été de 1915 contraignirent M. le profes-
- seur Naville à suspendre ses travaux.
- Que trouvera-t-on à l’autre boutade ce mystérieux tunnel? C’est la question que s’est, posée, dans le National Géographie Magazine, M. le professeur Cam-den M. Cobern, secrétaire honoraire de YEgypt Ex j) l ovation Funcl, qui participa activement à cette campagne de 1912-1913 durant laquelle M. Naville découvrit le puits et le tunnel de l’Osi-réion.
- M. Cobern le confesse sincèrement : à son arrivée à Abydos,
- il avait un parti pris contre la théorie qui voyait dans ce tunnel l’accès de la tombe d’Osiris ou d’un temple souterrain dédié à ce dieu. Les pierres et inscriptions mises à jour n’annonçaient pas une époque antérieure au règne dq Mirenptah, de la XVIIIe dynastie. Mais certaines observations l'amenèrent rapidement à changer d’opinion.
- Le tunnel fut probablement restauré par les soins de ce pharaon, contemporain de l’Exocle; mais les inscriptions et figures qui ornent ses murailles sont les copies de celles quTIorus, fils d’Osiris, lit graver sur la tombe paternelle. Depuis cent ans que les archéologues fouillent le sol de l’Egypte, c’est la première fois qu’ils se trouvent en présence d’un pareil tunnel en plan incliné. On ne saurait admettre qu’il conduise à la tombe royale de Mirenptah, qui se construisit un splendide mausolée à Thèbes, près des tombes de ses illustres ancêtres.
- Un fait a particulièrement attiré l’attention de M. le professeur Cobern : ce passage qui s’enfonce
- dans l’intérieur de la terre « comme à la recherche des régions infernales » est en ligne directe avec l’axe du temple de Séti et de liamsès, situées à
- M. Naville nous diront bientôt si ce lieu est Un temple souterrain où se célébraient les fameux mystères d’Osiris, ou si le tunnel aboutit à la sépulture de l'Homme-Rieu, de « l’Etre bon », du « Maître du Monde souterrain ».
- D’autres trouvailles du plus haut intérêt ont marqué la campagne de 1912-1915, notamment la découverte, aux environs d’Abydos, de deux vastes nécropoles renfermant des quantités d’ibis et de chacals momifiés. Comme le fait remarquer M. Cobern, on avait déjà découvert des hypogées d’ibis sacrés, notamment à Her-mopolis Magna et à Chunet-deb-hib ; mais le cimetière mis à jour par M. Leonard Parle Loat est exceptionnel, autant pour sa grandeur que pour la façon méticuleuse dont les oiseaux furent embaumés. Ces momies sont enfermées dans d’énormes jarres qui en contiennent chacune une cinquantaine environ; la forme de ces vases est d’une^symétrie parfaite; ce sont de beaux spécimens de l’art du potier.
- Fig. 3.
- — Le , sur le
- environ 800 m. de son orifice. A l’exemple des
- princes et des nobles qui, durant plus de trois mille ans, choisirent l’emplacement de leurs tombes à Abydos, la ville consacrée à Osiris, et qui fut le plus fameux lieu de pèlerinage du monde ancien, ces deux monarques préparèrent leurs mausolées dans la cité sainte ; mais tout porte à croire qu’ils tinrent à les édifier au-dessus
- d’un lieu saint. Les nouvelles excavations de
- e chapitre du Livre des Morts, tur du tunnel de VOsirèion.
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- Fig. 5. — La vache ILathor, grès peint.
- . Quant aux momies, elles ont été préparées avec autant de soin et d’art que celles des rois; les bandelettes sont de fine toile, et l’enveloppe extérieure, taillée sur mesure, est ornée de dessins aux lignes géométriques.
- La découverte de ce cimetière nous apporte de précieuses informations sur le culte de Y Ibis re-ligiosa dans l’Egypte ancienne.
- La perfection des procédés d’embaumement qu’elle révèle donne à penser qu’une corporation de prêtres était chargée de recueillir les cadavres d’ibis et de les ensevelir, corporation^ sans
- doute analogue à celle qui s’occupait de l’ensevelissement des rois, et qui se léguait ses secrets de fabrication de génération en génération.
- La vénération dont les Égyptiens entouraient l’oiseau sacré est matérialisée par certains faits
- constatés à Âby-dos. On trouve dans ce cimetière des enveloppes qui ne contiennent que des plumes et des os, débris de carcasses que les fourmis avaient déchiquetées quand de pieuses mains les recueillirent pour leur rendre lés derniers honneurs.
- M. le professeur Cobern a même dépouillé
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- des momies qui ne contenaient que. des oeufs d’ibis ! .
- Ce : culte . est expliqué par la mythologie égyptienne, qui avait fait de cet oiseau le messager envoyé aux hommes par les dieux.
- Mais son rôle d’oiseau bienfaisant le rendait digne de tant d’égards ! N’est-il pas encore de nos jours l’ennemi Fig.
- implacable des sauterelles, des scorpions, des serpents, des petits rongeurs, qui, sans lui, rendraient inhabitables certaines régions de la vallée du Nil ?
- L’oiseau jouait un rôle prépondérant dans la religion égyptienne. Après que Set, le dieu du Mal, eut assassiné Osiris, ce fut en empruntant la forme d’un ibis que Toth, le dieu de la Sagesse et de la Magie, put échapper au meurtrier et qu’il recueillit les morceaux épars du divin cadavre pour lui rendre la vie. Aussi représentait-on Toth avec une tête d’ibis, en lui donnant familièrement le surnom de « celui au long nez ». En raison de cette association, il était formellement interdit de tuer un ibis, et c’était là un crime que la loi punissait de la peine capitale.
- Nous parlerons d’une autre remarquable découverte faite en 1912 à Abydos, par M. le professeur Camden M. Cobern, celle d’un hypogée de chacals.
- Quand ils procédèrent à l’ouverture de la crypte souterraine, l’odeur pestilentielle qui s’en échappa faillit asphyxier le distingué savant et son compagnon. Ils constatèrent que ces catacombes étaient les plus vastes qu’on eût jamais découvertes en Égypte, et qu’elles pouvaient se comparer en étendue à celles de Rome.
- Sur une rue principale, longue de 50 mètres, large de 5 à 4 mètres, débouchaient de nombreuses cham-
- Un vase et ses momies.
- Fig. 8.
- Une momie d'ibis.
- Fig. ç. — Momies d’ibis dans leurs enveloppes de toile décorée.
- bres et galeries littéralement obstruées ; de momies de chacals. Il y en a là des centaines de mille !
- « En rampant parmi ces échafaudages de ca-.-davres, raconte M. Cobern, on voit se succéder les spectacles les plus lugubres : des milliers de crânes ou de tètes à demi momi-• liées ; des ossements qui s’effritent et tombent en poussière au moindre contact; des yeux qui vous fixent d’un regard féroce, ou des orbites comblées : __ d’une pâte noirâtre; des .gueules res-
- tées closes, telles que les ferma pieusement la main du prêtre, et d’autres béantes, qui semblent lancer un suprême rugissement. Sous la lumière des bougies, des rangées de dents blanches lancent de partout des éclairs sinistres.... »
- Ces innombrables momies sont enfermées dans des enveloppes de toile fine ornées de dessins à l’aiguille, et l’on peut s’étonner avec M. Cobern que les Egyptiens aient dépensé tant de temps et d’argent, tant de patience et d’art, pour constituer cette immense nécropole en l’honneur d’une espèce qui n’inspire que du mépris aux habitants de l’Égypte moderne.
- C’est ici qu’intervient de nouveau la mythologie. Consacré à Anubis, le dieu qui guidait les âmes des justes à travers le désert des champs d’Aalu, ce Paradis où aboutirait leur exode, le chacal était un animal sacré que les prêtres immolaient sacramentellement pour lui assurer l’immortalité par les procédés de momification^
- Nous attendons avec impatience les résultats de la cam pagne de 1914, que YEgypt Exploration Fiind poursuit avec les ressources produites par cotisations, en émettant le vœu que le nombre de ses membres s’augmente des adhésions de ceux de nos compatriotes
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- qui s’intéressent aux choses de l'Égypte antique.
- Tout nous invite à croire que l'année 1914 marquera une daté mémorable dans les annales de l’égyptologic par la mise à jour du temple souter-
- rain, qu’annonce le mystérieux tunnel en plan incliné découvert par M. le professeur Na ville sous la montagne de débris que Mariette avait accumulés en fouillant le temple de Séli. V. Foinux.
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- Le système Colin-Jeance (C. G. R.)
- Les amateurs sanfilistes peuvent entendre, tous les jours, à des heures variables, des émissions de chant, de musique et même des conversations télé-
- Maries-de-la-Mer. Ces jours derniers la transmission a été particulièrement nette et précise sur une distance d’environ 100 km entre Paris.et Voves. Ces
- Fig. i. — Poste radioléléphonique Colin-Jeance avec tableau de distribution et meuble contenant les spirales d’accord.
- phoniques qui s’engagent entre différents laboratoires de recherches. Deux de ces laboratoires, celui de la rue des Usines et celui de la rue des Plantes, qui appartiennent à la Compagnie générale radioté-légraphique, se livrent à des expériences de mise au point des appareils de MM. Colin, capitaine de frégate, et Jeance, lieutenant de vaisseau, imaginés il y a plusieurs années déjà.
- Rappelons que ces officiers obtinrent d’encoura-. géants résultats en 1909, entre la Tour Eiffel et Villejuif, sur une distance de 8 km, puis sur 20 km entre le croiseur Condéet la station de Porquerolles, sur 100 km enfin entre Porquerolles et les Saintes-
- résultats permettent d’entrevoir, dans un avenir prochain, la possibilité de transmissions radiotélé-phoniques dans des conditions presque aussi avantageuses que celles de la radiotélégraphie et les bulletins des nouvelles nous parviendront alors en langage ordinaire, avec plus de netteté peut-être que si chaque amateur était rélié par un circuit avec un central téléphonique.
- On sait que la radiotéléphonie repose sur l’émission d’ondes entretenues, c’est-à-dire d’ondes ininterrompues d’intensité égale pendant toute la durée de la transmission. Les recherches relatives à la production de ces ondes ont été très longues, et
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- beaucoup d’inventeurs, MM. Colin et Jeance, entre autres, se sont ralliés au procédé Poulsen basé sur l’emploi de l’arc électrique jaillissant dans une atmosphère d’hydrogène.
- Dans le système mis en pratique par les officiers français, l’atmosphère au sein de laquelle jaillit l’arc électrique est constituée, par un mélange, en proportion s convenables, d’hydrogène et d’acétylène. Le premier de ces gaz est fourni par de l’hydrolit (hy-drure de calcium) et le second par du carbure de calcium. Le dégagement des gaz s’effectue à l’intérieur d’une cloche où
- ils sont convena- r .......~ ~ y-
- blement brassés
- pour se présenter [' ‘
- dans la chambre des arcs sous la ! forme d'hydrogène carburé. On peut également employer le vulgaire gaz d’éclairage qui est beaucoup plus économique.
- Le gaz pénètre, sous une pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique, dans un cylindre hermétiquement clos, de 15 cm environ de hauteur et de 40 cm de diamètre. A l’intérieur sont disposés trois arcs montés en série, chacun
- Fig, 2. — La table de transmission avec ses deux porle-voix montés sur les microphones, les appareils de mesure et la transmission télégraphique.
- mosphère sans produire de dégâts
- Fig. 3. — Le microphone Colin-Jeance et le porte-voix.
- d’eux occupant le sommet d’un triangle équilatéral. Le cylindre est pourvu de deux ouvertures latérales : l’une est fermée par un verre rouge qui permet de vérifier constamment la marche des arcs ; l’autre est obturée par un parchemin qui remplit les fonctions de protecteur ; dans le cas où, par suite d’une fausse manœuvre, un peu d’air introduit dans l’atmosphère' carburée formerait uii mélange détonant, le parchemin se briserait et le gaz se répandrait sini-plemcntdansTat-matériels.
- L’arc électrique jaillit entre un disque de cuivre et un charbon de un millimètre de diamètre seulement. Les disques de cuivre sont fixes verticalement ; les charbons sont supportés par une mon-ture métallique mobile dans le sens vertical ; on les actionne du dehors par une manivelle qui les rapproche des disques jusqu’au contact pour effectuer l’amorçage de l’arc ; on les descend ensuite pour donner à l’arc une longueur d’environ un millimètre. Mais le charbon
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- s’use pendant le travail; il serait donc nécessaire pour obvier à cet inconvénient, de faire intervenir un mécanisme régulateur d’arc qui le maintiendrait constamment à une distance régulière du disque. Or, le charbon trouve, dans l’atmosphère d’hydrogène carburé au sein de laquelle il jaillit, et mieux encore, dans le gaz d’éclairage, un aliment qui lui permet de se régénérer; il se produit donc, sur la petite électrode de charbon, un dépôt de même matière qui compense l’usure.
- . D’autre part, le disque de cuivre est constamment refroidi par une circulation d’eau agissant de la manière suivante. Le disque forme la base d’un cylindre vertical rempli de pétrole (liquide isolant) dans lequel pénètre un serpentin dont les deux extrémités sont reliées à un réservoir d’eau. Le liquide circule en permanence à l’intérieur de ce serpentin et refroidit le pétrole, lequel, à son tour, refroidit l’électrode de cuivre. Enfin, après un certain temps de marche, l’arc a produit une brûlure sur le disque ; on tourne alors légèrement celui-ci à la main et il présente alors une nouvelle surface neuve à la production de l'arc cpii demeure ainsi d’une grande fixité.
- L’emploi de trois arcs n’est pas indispensable pour obtenir un excellent résultat, mais ôn ne pourrait utilisèr' que du courant à 110 volts dont la tension aux électrodes de l’arc ne serait pas supérieure à 70 ou à 80 volts à cause des résistances introduites dans le circuit. Avec trois arcs le courant d’alimentation peut varier de 500 à 700 volts aux bornes, afin d’atteindre 550 volts aux électrodes. Il n’y aurait pas d’intérêt à augmenter le nombre des arcs et par conséquent le voltage parce que l’on est limité par le microphone qui supporte seulement de 0,5 à 0,6 ampère; avec un ampérage plus élevé, on grillerait la poussière de charbon des microphones par la production d’étincelles.
- Le circuit oscillant est représenté par une dynamo génératrice de 700 volts et 4 ampères sur le circuit de laquelle sont intercalées deux bobines de self de protection qui interviennent pour empêcher les retours de courant de haute fréquence dans l’induit de la dynamo et une résistance variable empêche toute production de court-circuit de la dynamo, en même temps qu’elle donne de la stabilité à l’arc. Ce circuit est complété par un enroulement primaire réglable et un condensateur variable. Les trois arcs sont montés en série sur le circuit.
- Ce circuit oscillant agit inductivement sur un second circuit dit circuit intermédiaire filtreur de très faible amortissement. Si on accouplait directement le circuit oscillant avec l’antenne on n’obtien-
- drait pas une grande portée d’onde parce que, dans le circuit principal, il se produit des ondes multiples, des ondes parasites, dirons-nous, que le circuit filtreur détruit pour permettre l'envoi- d’une onde, unique, très pure, dans le circuit de l’antenne.
- Le circuit filtreur comporte deux selfs, l'une étant accouplée avec l’enroulement du circuit oscillant, l’autre avec la première self d’antenne. Tous ces enroulements sont à accouplement variable, d’après le système G. G. R. ; ils sont constitués chacun par une spirale en cuivre rouge montée sur un cadre en forme de volet. L’un de ces volets est fixe, et le second, mobile sur des charnières en face du premier, peut prendre toutes les positions voulues par rapport à l’enroulement fixe afin de réaliser un accouplement lâche ou serré, dans tous les cas très rapidement réglable. La seconde self du circuit filtreur constitue le primaire du résonateur d’antenne. Enfin un condensateur variable complète ce
- circuit.
- Le circuit de l’antenne comprend le secondaire accouplé avec le précédent enroulement, un condensateur variable, et une self d’antenne variable. Les essais ont été faits avec des ondes de 900 à 1100 mètres ;
- L’installation micro-phonique comporte 19 microphones simples montés sur un plateau. Chaque microphone est fait de poussière de charbon distribuée dans des alvéoles sur laquelle appuie une plaque vibrante également en charbon. Le plateau est recouvert par un cornet porte-voix (mégaphone) placé en dérivation entre une spire (variable) du résonateur et la terre. Ce procédé offre le double avantage d’éviter les crachements qui se produisent toujours quand le microphone est placé dans l’antenne et de ne pas limiter l’énergie de cette dernière à celle qui peut être supportée par les microphones.
- Voici, à titre de renseignements, les caractéristiques d’un essai :
- Tension d’alimentation........... 650 volts.
- Intensité d’alimentation...... 4,2 ampères.
- Tension aux bornes des arcs. . . 550 volts.
- Intensité dans l’antenne .... 4,0 ampères.
- Intensité dans l’antenne après mise
- en circuit des microphones . . 5,2 ampères.
- Intensité dans les microphones. . 0,5 ampère.
- Longueur d’onde.................. 985 mètres.
- Le poste comprend deux ensembles microphoniques et deux cornets porte-voix : un commutateur permet de passer du premier au second lorsque le
- .Se/f f
- d'antenne>
- Se/f c/e
- protection .. „ f
- ^mmnr'VWWV\
- Résistance
- > Circuit *filtreur
- Se/f de protection
- —onrrrra>
- Fig. 4 — Principe d’un poste de téléphonie sans fil Colin-Jeance.
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- LA STENOGRAPHIE AU PARLEMENT
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- premier commence à s’échauffer. On peut ainsi, sans fatiguer les microphones, parler d’une façon continue pendant un temps indéfini.
- Le.circuit de réception peut être quelconque à la condition de comporter un appareil d’accord. Les ondes émises ayant une longueur d’environ 1000 m.,
- courtes de 50 m. par exemple. Les ondes parasites, comme celles provenant d’autres stations, sont nettement éliminées tant qu’elles ne se rapprochent pas de la longueur de celles du poste radiotélé-phonique.
- Ajoutons enfin, pour compléter les renseignements d’ordre pratique que nous avons pu nous procurer, que la station de la rue des Plantes émet également, sur les mêmes circuits, des ondes musicales d’une grande pureté ayant les mêmes fréquences que les notes musicales qu’elles imitent. On entend souvent des signaux sur des notes différentes : ces notes sont obtenues à 'aide d’un clavier intercalé dans le circuit oscillant, chaque touche du clavier correspond à une note de la gamme. Le circuit musical est placé en shunt sur les arcs; il est formé d’une self variable et d’un condensateur variable en série commandés par les touches
- Fig. 5. — Le réservoir d'hydrogène carburé dans lequel jaillissent les trois arcs. On remarque,'au-dessus, les cylindres refroidisseurs terminés par l’électrode fixe.
- on ne recevrait pas si le réglage n’était pas assez précis — à quelques degrés (spires) près. — C’est là une des grandes qualités du système puisqu’il évite la perception d’ondes plus longues ou plus
- commutatriccs. On peut ainsi transmettre une sonnerie de clairon, par exemple, et réaliser l’envoi de certains ordres malgré la présence d’ondes perturbatrices. Lucien Fournie!’..
- LA STÉNOGRAPHIE AU PARLEMENT
- La Nature a public, le 4 février dernier, un article consacré à la description d’une machine à sténographier; nous y avons relevé le passage suivant, destiné sans doute à établir la supériorité de la sténographie mécanique sur la sténographie manuelle :
- « Ces machines font plus vite et mieux la besogne si ardue des sténographes dont les services doivent se limi-
- ter à la correspondance commerciale. Ce n’est qu’excep-tionnellement que la sténographie parvient, comme à la Chambre des Députés et au Sénat, à saisir le compte rendu in extenso des séances, mais au prix d’un effort considérable partagé d’ailleurs par plusieurs sténographes sc relayant toutes les deux ou trois minutes, a
- Ce sont là des assertions tout à fait erronées, déjà
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- 94 1 1 LA STÉNOGRAPHIE AU PARLEMENT
- cent fois réfutées clans les ouvrages ou les journaux spéciaux, dont malheureusement la publicité n’atteint pas le grand public. Il n’est pas du tout exceptionnel cpi’un sténographe recueille textuellement, et seul, un discours ou une série de discours durant une ou plusieurs heures; c’est au contraire un travail normal, qu’on est assez souvent appelé à accomplir, et notre profession s’exerce ainsi de temps immémorial. Cela nécessite assurément un certain effort, mais qui ne dépasse point la capacité de travail d’un bon praticien.
- Quant à la division du travail telle qu’elle est pratiquée au Parlement, elle a pour unique raison la néces-cité d’obtenir un compte rendu complètement achevé dans un délai d’une trentaine de minutes après la clôture de la séance, et nullement l’impuissance où serait le stéhographe de prendre, seul, toute une séance.
- Cette nécessité répond elle-même à ce fait d’expérience, que l’écriture usuelle est de sept à neuf fois plus lente que la parole et, par conséquent, que la sténographie. Il faut donc 7 à 9 heures pour traduire I heure de sténographie ; une séance de 5 heures, recueillie et traduite par un seul praticien, lui imposerait de 21 à 27 heures de travail. Or, le compte rendu in extenso des séances de nos Chambres, qui est publié dès le lendemain matin au Journal Officiel, doit être achevé immédiatement après la clôture, pour être soumis, s’il y a lieu, à l’examen des orateurs, puis envoyé à l’imprimerie, composé, corrigé, revu sur épreuves, corrigé de nouveau par le service sténographique officiel, mis en pages, cliché et tiré en temps utile. Aussi, dans tous les pays où la publication des comptes rendus est aussi prompte, a-t-on dû établir à l’imitation de la France la division du travail sténographique.
- Pour comprendre comment celte division du travail aboutit au résultat indiqué, il est bon de connaître le fonctionnement d’un service sténographique officiel. Prenons pour exemple celui du Sénat :
- Pans la salle des séances et de chaque côté de la tribune se trouvent deux planchettes servant de pupitres, devant lesquelles se tiennent debout, à droite de l’orateur, le sténographe « rouleur », à gauche le sténographe « reviseur ».
- Les routeurs sont ainsi nommés parce qu’ils se succèdent rapidement au pupitre, leurs « prises » — espace de temps pendant lequel ils sténographient — n’excédant pas deux minutes. Les reviseurs qui (( prennent », eux, 15 minutes, ont pour fonction — leur nom l’indique — de revoir le travail des rouleurs pour le corriger et le compléter s’il y a lieu.
- Le service du roulement compte actuellement 15 sténographes; celui de la révision, 6. Le chef ou le chef adjoint assiste à toute la séance, et prend ses notes personnelles ; il a son pupitre dans un coin de la salle; auprès de lui siège le secrétaire du service sténographique, dont les fonctions sont très analogues à celles que remplit dans un journal le secrétaire de la rédaction; il est chargé, pendant et après la séance, des communications obligées qui s’établissent entre la sténographie d’une part, et, d’autre part, les orateurs, le Secrétariat général de la Présidence, le service des procès-verbaux et enfin l’imprimerie du Journal Officiel.
- Les rouleurs sont au nombre de 15; chacun d’eux, sa prise de 2 minutes achevée, dispose donc de 24 minutes
- pour regagner le bureau affecté à son service, traduire ses notes et revenir au pupitre au tour suivant. Sur ces 24 minutes, 18 ou 19 seulement peuvent être consacrées à la traduction ; c’est la proportion de 1 à 9 indiquée plus haut.
- Les feuillets écrits par le rouleur sont inùnédiatement portés au bureau de la révision. Chaque reviseur, prenant 15 minutes, doit revoir, par conséquent, 7,5 prises de roulement. Il dispose, pour ce travail, d’un peu moins d’une heure un quart.
- La tâche du reviseur ne consiste pas seulement à s’aider de ses notes sténographiques pour combler les lacunes ou redresser les erreurs qui peuvent déparer le travail du rouleur, il doit aussi rectifier avec discrétion et prudence, tant pour la grammaire que pour le style et la clarté, la parole même d'e l’orateur. En effet, la langue parlée diffère a tel point de la langue écrite, que bien peu d’improvisations pourraient résister à une reproduction littérale. Il faut encore insérer au compte rendu les mentions réglementaires et les faits de séance, propositions, motions, ordres du jour, votes et scrutins — ce qu’on appelle la procédure parlementaire, — puis les intitulés et textes de lois, et les citations faites par les orateurs.
- Le compte rendu est ainsi entièrement terminé une demi-heure ou trois quarts d’heure après la séance. Les membres de l’Assemblée ou du Gouvernement qui ont pris la parole ont le droit de se faire communiquer les feuillets de leur discours, pour en vérifier le texte et le corriger s’ils le jugent nécessaire.
- Enfin le manuscrit est envoyé à l’imprimerie du Journal Officiel, pour en revenir, dans la soirée, sous forme d’épreuves typographiques. Chacun des reviseurs relit encore minutieusement les parties qu’il a prises et revues déjà dans la journée; et les placards, ainsi corrigés pour la seconde ou troisième fois, sont transmis au chef de service, qui revise de nouveau ce compte rendu qu’il a tout entier sous les yeux; il contrôle les interruptions, la procédure et distribue — tâche délicate — les mouvements : « Très bien! » — « Rumeurs » — « Applaudissements » — « Sourires », etc., etc. Pendant ce temps, le secrétaire du service achève de rédiger le sommaire de la séance qui sera imprimé en tête du compte rendu.
- Le chef a apposé sur le dernier placard son paraphe qui signifie : bon à tirer; les épreuves retournent à l’imprimerie pour la correction définitive, la mise en pages, le clichage et le tirage. Tout est fini, ordinairement, entre deux et quatre heures du matin, souvent plus tard, et parfois après le jour levé.
- Aussi est-il d’usage que le chef et le chef adjoint, qui se partagent la direction technique du service, président alternativement, de deux jours l’un, à la confection du compte rendu in extenso.
- Ces détails, permettront sans doute au lecteur de se former une idée, atténuée encore, du rôle complexe que . remplit le service sténographique officiel. Sa tâche, on l’a vu, ne consiste pas uniquement, comme beaucoup se l’imaginent, à reproduire d’une façon textuelle et brutale, pourrait-on dire, les paroles recueillies à la séance. 11 a plus et mieux à faire, et nous devons des remerciements à La Nature pour nous avoir permis de l’expliquer ici. Ausund Lelioux.
- Chef du service rie lu Sténographie au Sénat.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 juin 1914. — Présidence de M. Appell.
- Variation d'éclat d'une comète. — M. Chofardel signale que la comète Kritzinger (1914 a) a brusquement subi des variations d’éclat à l’époque de son passage au périhélie. Cette comète s’éloignait de la terre depuis le 10 mai et, par suite, son éclat s’affaiblissait peu à peu; le 22 mai, elle^ était de grandeur 10,5. Le 5 juin, veille de son passage au périhélie, M. Van Bicsbroeck à Ucclc, notait la grandeur 8,5; le 17 juin, M. Cbofardet à Besançon, la grandeur 9. Il semble donc qu’il y ait eu un maximum à l’époque du passage au périhélie.
- Classement des nébuleuses. — M. Bigourdan expose qu’il aj imaginé un système d’abréviations qui permet de caractériser les divers états de ces astres en ce qui concerne l’éclat, l’étendue, la forme plus” ou’moins accentuée dans la région centrale, la résolubilité en étoiles.
- Effets du champ magnétique. — M. Deslandres remarque que l’effet du champ magnétique sur les spectres de lignes a déjà été étudié; 011 pensait que cet effet était nul-sur les spectres de bandes. Or, il résulte des expériences qu’il vient d’exécuter avec M. Perrot que ce spectre subit également l’action du champ magnétique. Mais il faut employer un champ magnétique de grande intensité et un spectroscope très puissant. Il décrit les changements qui surviennent.
- Les sables des Landes. — M. Pierre Termier présente une Note de M. Blayac sur les sables des Landes considérés dans leur, rapport'avec les alluvions de l’Adour. Il y a dans ces sables deux origines différentes : une formation éolienne due au phénomène des dunes et une formation alluviale se rattachant aux hautes terrasses de l’Adour et de la Garonne.
- Géologie' de la Côte d’Azur. — M. P. Termier résume un travail de M. E. Maury sur la structure des plis du littoral, au-dessus de la Côte d’Azur. Des lambeaux d’une nappe d’origine assez lointaine s’observent en haut des montagnes qui dominent Monaco, la Turbie et Menton. Ils surmontent des plis couchés à enracinement local. C’est, à l’est du Yar, le prolongement des phénomènes observés à l’ouest par M. Léon Bertrand. La nappe du Mont Age] n’est autre chose que la nappe des Bessillons.
- Le diamagnétisme des corps. — M. Bouty expose que M. Pascal, en étudiant les propriétés diamagnéliques des corps, a trouvé que les éléments d’une famille naturelle de substances se placent d’une manière semblable sur la courbe des pouvoirs diamagnéliques.
- Géologie des Pyrénées. — M. Longchambon signale la "complexité de la bande de terrains secondaires de
- Yicdessos (Ariëge). Cette bande n’est pas un synclinal simple. Elle montre un témoin d’une nappe profonde sortant de dessous une autre nappe à laquelle appartient le grand massif primaire et granitique de Saint-Barthélemy.
- Corps nouveaux. — M. Bouty fait ensuite connaître que M. Kleminzievvicz a étudié le thorium B. C’est un corps dont Je poids moléculaire est différent de celui du plomb, mais dont les propriétés physico-chimiques et chimiques sont sensiblement identiques à celles du plomb.
- La putréfaction des viandes. — M. Dastre communique une Note de M. Piettre sur la Putréfaction des viandes. Il distingue la putréfaction superficielle et la putréfaction profonde. La première due à l’action de l’air sur les tissus est caractérisée par une fermentation produisant de l’ammoniaque et de l’acide sulfhydrique. Elle est révélée par une odeur désagréable. La putréfaction profonde se fait par les vaisseaux sanguins et les capillaires. L’impropriété des viandes à la consommation n’est pas révélée par l’odeur lorsqu’elles sont ainsi gâtées.; 11 s’agit donc de trouver un signe qui la révèle. M. Piettre en indique un qui est d’une application facile et sûre, c’est l’apparition d’une série de petites boules cristallines de thyrosine dans la viande gâtée frigorifiée.
- Poids atomiques de Vuranium et du radium.. ;— M. Moureu.annonce que M.IIonig Schmilt vient deprocéder a une nouvelle détermination très précise des poids atomiques de l’uranium et du radium. Les nombres qu’il obtient pour l’un et.l’autre sont plus faibles.que ceux actuellement admis, mais il y a toujours entre eux la différence 12 correspondant à 5 atomes d’hélium, ce qui au point de vue théorique est fort important.
- Le spirille de la fièvre récurrente. — M. Roux présente un travail de MM. Sergent et Folley sur le spirille de la fièvre récurrente. Les auteurs ont constaté que pendant la période apyrétique qui suit l’accès, il est impossible à l’aide du microscope de trouver le spirille dans le sang. De plus, après l’accès, le sang n’est plus virulent, mais peu à peu il reprend son pouvoir à mesure que l’on s’approche du moment du second accès. Il est donc probable qu’entre les deux accès le spirille existe sous une forme de dimension très réduite.
- Prix. — Le prix de Ruf de Lavison, fondé par Je père du jeune physiologiste si malheureusement enlevé à la science par un accident de montagne près de l’aiguille de la Meige, en Dauphiné, vient d’être décerné pour la première fois à M. Raoul Combes, pour ‘ses recherches physiologiques sur la couleur des feuillesj et, des fleurs. Cu. de Yilledeuil. ,
- c£§'3s&.‘SxS&>
- UNE VISION DE NUIT A NEW-YORK
- L’aspect de New-York, la « Cité Impériale », comme l’appellent les Yankees, s’est depuis une dizaine d’années modifié d’étrange façon ; lcs^sky-scrapers ont poussé vers le ciel avec la rapidité de ces bambous dont la croissance s’effectue à vue d’œil.
- Le jour, ces immenses bâtisses, au nombre exorbitant d’étages, ne sont pas jolies de près, mais vues de loin, de la rade de New-York, leurs silhouettes
- forment un ensemble singulièrement grandiose (Voy la phot. publiée au n° 2111, p. 400), Et la nuiI, éclairées à l’électricité, elles offrent aux yeux émerveillés du spectateur une vision-vraiment féerique. —-On peut s’en faire une idée par nos photos représentant l’effet produit par ces illuminations, notamment celle du « Woolworth Building », le roi des gratte-ciel; il a cinquante-cinq étages avec
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- UNE VISION DE NUIT A NEW-YORK
- Fig. i. — Yen’-York : Down-Cily illuminée; Woolworlh Building.
- Fig. 2. — New- York : Down-Cily illuminée • Singer-Building.
- une hauteur de 256 mètres et il a été terminé au prii> ser en édifiant un sky-scraper de 901 pieds de haut temps 1915. - On projette d’ailleurs de le dépas- (274 m. 60), qui coûterait 60 millions de francs.
- — Imprimerie Luirr.r.. rue île l-'leiirus, 0, à Taris-
- Le Gérant : T. 'Masson.
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- LA NATURE- — N° 2145.
- 4 JUILLET 1914.
- ANTHROPOLOGIE CONGOLAISE
- La reconnaissance officielle du Congo belge par le Gouvernement anglais vient de donner une consécration nouvelle à l’œuvre du roi Léopold 11, ouvrant le vaste continent noir à la civilisation mondiale. En meme temps que la pénétration du blanc, on voit chez l’indigène l’effacement progressif des coutumes
- mœurs, langues des sauvages habitants des forets tropicales. Certains d’entre eux, comme les nains de l’Àruwimi, sont appelés à disparaître, ne pouvant s’adapter afi travail régulier, à la vie policée, tandis que d’autres, les Mayumbe du Bas-Congo, les Ban-gala, les noirs de la côte anglaise acceptent facile-
- anccstrales, l’adaptation aux nouveautés venues d’Europe, la perte de tout cachet ethnique original. Rien ne subsiste de l’antiquité nègre, aucune ville comme Carthage ou Troie ne pourrait tenter l’activité d’un Schlicmann. L’histoire des tribus et villages ne remonte guère plus loin qu’aux arrière-grands-pères, transmise par les enfants aux petits enfants. De nos jours, s’organisent des missions scientifiques chargées de fixer ce qui reste des usages,
- ment la civilisation européenne, deviennent clercs, interprètes, prêtres, médecins avocats. Bien des Sénégalais font leurs études en France, et de retour en Afrique, cherchent à s’identifier par les mœurs et coutumes aux colons européens.
- Chargé d’une mission spéciale en 1910 par le Gouvernement belge et en 1913 par la ville de Bruxelles, j’ai été amené cà l’étude de l’anthropologie -et de l’ethnographie des nègres au Congo
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- 42" Année. — 2" Semestre'
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- 98 : ANTHROPOLOGIE CONGOLAISE
- belge. Sans entrer ici dans des détails techniques, je tiens à réunir pour La Nature les données générales de mon rapport prochain.
- \j anthropométrie du noir tient une grande place dans son étude ethnique. Le « bertillonage » qui permet d’identifier les délinquants fixera les caractères généraux des diverses races en déterminant des points intéressants relatifs aux aptitudes et au travail des noirs. Mes recherches chez le noir ont montré la longueur énorme des avant-bras par rapport à celle des bras, ce qui rend le travail manuel-moins productif, à cause de l’augmentation du bras de levier, d’où l’indication de donner aux travailleurs noirs, terrassiers, jardiniers, des outils à manches courts nécessitant un effort moindre. Les clavicules longues, les muscles de la main peu développés sont autant de causes qui expliquent l’infériorité apparente du travailleur noir.
- La vie intime, physique du noir est plus difficile à saisir : il se livre peu et même, semble-t-il, pense modérément, sauf en ce qui concerne la satisfaction immédiate de ses appétits. La poésie chez le nègre n’est pas « chiquée » ; elle ne s’exprime que par l’interprétation que nous lui donnons. Jamais un pays ne leur plaît autrement que par sa richesse en poules, chèvres ou bananes. Les fleurs ne leur disent rien, les instruments de musique traduisent des phrases simples, des appels utiles ou simplement des excitations à la marche. Dans les dessins et sculptures on retrouve un certain goût naturel, une bonne imitation représentative. Le « lusinga » (fig. 7), sorte de guitare indigène du nord-est du Mayumbe, près de Maba, reproduit très bien les traits d’une vieille femme, l’expression d’impassibilité des ménagères est parfaitement rendue et sur les côtés de la caisse de résonance on retrouve le guillo-chis propre au tatouage des femmes de cette région, sorte de dessin grec — les ouïes sont figurées par une croix aux extrémités arrondies. L’instrument est à cordes tendues par la contre-extension de joncs, les cordes de fibres de palmier, vibrent à vide sur un sillet de vieil ivoire, les éléphants ayant disparu depuis très longtemps de ce pays.
- À mesure que les chefferies indigènes se modernisent, les anciennes habitudes se perdent, les pagnes en fibres d’ananas, les tissus en bourre de palmier se font rares, remplacés par les étoffes dites « Américain », vulgaires cotons ou le « Kaniki », toile indigo fabriquée à Gand ou à Manchester. Les musées, les collectionneurs recueillent avec entrain tout ce qui reste de l’industrie locale, les objets indigènes, coupes, armes, lances, flèches, fétiches se fabriquent maintenant en Allemagne. 11 faut se dépêcher de rechercher les derniers véritables objets de collection, le noir malin connaissant le goût du blanc pour cette friperie, reproduit à l’excès les bibelots quand la vente en est bonne.
- De même, les tatouages, les mutilations dentaires, signes distinctifs des races, se font plus rares. Sans être jolis, jolis, ils donnaient un cachet à l’indigène.
- Le pagne de la négresse rehausse son charme autant que le costume européen l’engonce et la rend grotesque.
- Les tatouages ne sont pas vraiment ce qu’on entend en Europe par tatouage. Chez nous, les dessins sur la peau se font à l’aide d’un faisceau de fines aiguilles trempées dans l’encre de Chine, ce qui les rend indélébiles. Les noirs qui ont subi l’influence arabe font aussi ces figures colorées, les aiguilles, à leur défaut de fines pointes de bambous taillés, sont imbibées de caoutchouc liquide teinté au charbon de bois.
- Le véritable tatouage se fait ici par une série de cicatrisations de la peau finement tailladée au moyen d’un très petit couteau en forme de faucille. L’opérateur, un spécialiste, assis sur un arbre abattu, en face du sujet, saisit de la main gauche la peau du patient et trace une série d’incisions variables, quant à leur forme et dimensions, suivant le dessin qu’il s’agit d’obtenir. Les a m’pqtos » (fig. 1) présentent une fine série de lignes guillochées allant du menton aux tempes formant un dessin régulier et symétrique sur chacune des joues. Le pourtour des yeux, les orbites sont agrémentés de même. La forme du crâne représenté ici est artificielle, la pointe en poire de l’occiput s’obtient dans le jeune âge, vers les premiers mois de la vie, en serrant des bandes progressivement plus fort, autour du crâne. Certaines de ces têtes acquièrent ainsi des formes fantastiques comme ces œufs durcis qu’on fait entrer dans le goulot d’une carafe après en avoir ramolli la coquille avec du vinaigré.
- D’autres types sont tout aussi caractéristiques, d’une esthétique discutable ; les Gonibé [Bangala des bois (fig. 2)] font une série de petits pois de 5 à 8 millimètres de haut obtenus par une violente pression de la peau avec incision de la base de la partie soulevée. L’aimable sourire du soldat gonibé montre ses dents taillées en arêtes de poissons. Rien déplus comique que de le voir devant sa photographie comptant d’une main les pois sur sa figure et de l’autre sur l’image pour s’assurer de la ressemblance et pour savoir si on ne l’a pas trompé.
- Les gens du Lac Léopold II se font modestement une série de flèches barbelées sous l’oreille. Ce jeune « Main’ dombé » (fig. 4) du sud du lac,, n’est pas un Adonis, sa lèvre inférieure pend, la stupidité peinte sur ses traits ne rend que faiblement celle de son esprit. Tous les noirs heureusement n’ont pas cet air rébarbatif et ahuri. Voilà un jeune homme du Kasai (fig. 5) dont l’aspect agréable, l’esprit aimable et enjoué font le plus charmant compagnon. Peut-être scs yeux bridés indiquent-ils une essence malgache ou zanzibarite, rien de plus difficile que de remonter à l’origine des races de l’Afrique traversée par des courants constants d’Arabes, de Cafres, de Maures, sans compter les blancs qui laissent beaucoup de mulâtres aux types composites et hybrides (fig. 6). Ce petit boy, fils d’un Portugais et d’une femme de Loango (Congo français) aux
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- traits suaves, à la mine éveillée, est un vrai monstre ; voleur, menteur, lilou, il sait par son aspect attrayant capter la conliancc de ceux qu’il approche et les quitte bientôt après leur avoir joué quelque tour pendable. Les mulâtres au Congo belge ne l'ont pas en général brillante ligure, fripons, trompeurs, peu sérieux, rarement, ils arrivent à une situation fixe. Quant aux mulâtresses, il vaut mieux n’en pas parler, elles le disputent aux négresses pour les mœurs, aux « Dames blanches » pour la prétention et le mauvais caractère. Peut-être une bonne éducation, des écoles, changeront-elles tout cela. Un jeune soldat des grenadiers, à Bruxelles, iils de Belge et de Bangala, satisfait ses chefs par sa bonne tenue, son application.
- Les tatouages de la ligure sont des signes de race, ceux du corps sont faits par « kitoko », mot répandu dans tout le Congo et qui veut dire le chic. Par « kitoko », on se fait inciser de la tête aux pieds ; plus les dessins sont variés, plus l’effet est grandiose. La peau prend le grain. du velours frappé ; bien graissée d’huile de palme, une femme richement tatouée, lance des rayons tant elle brille au soleil et ne regrette pas les douleurs qu’il lui a fallu endurer pour posséder cette parure incomparable. La grasse Mayumbe, au dos semblable à une boite de marqueterie (fig. 8), se montre avec une liberté qui frise l’impudeur ; elle se fera ajouter de temps en temps quelque nouveau rinceau, quelque grecque savante, entrelacée avec art, cherchant à éclipser les voisines par la complication du relief de sa peau de chagrin.
- Du côté des dents, môme soucis de plaire ou de charmer, tantôt les incisives supérieures enlevées font des profils archaïques de vieux juifs édentés, d’autres fois les dents limées en pointe, taillées en vrille, évoquent l’idée d’ogres et de goinfres. Ce hideux Bangala, émérite voleur de poules, sourit de toutes ses dents de requin soigneusement limées (fig. 5), n’inspire aucune sympathie. C’est un bon garçon cependant, au rire facile, sauf quand quelques coups de « chicotte » (fouet) bien appliqués le rappellent un peu vivement au respect de la propriété d’autrui.
- L’avulsion dentaire se fait au moyen d’une pierre pointue et d’un petit marteau ou bien d’une liane solide attachée à un palmier. D’un geste brusque, l’opéré fait sauter la dent, d’une secousse capable
- de lui arracher la tète. Les Uelés se contentent de luxer en avant les deux incisives médianes supérieures, tandis que les Bakongo font sauter l’angle in-féro-interne de ces mômes dents.
- Chaque pays, chaque mode. Chez nous on paie cher pour se faire mettre des dents : en Afrique, on les arrache à plaisir ; les Américains les bourrent d’or, on dit môme que les jolies « Yankees » y enchâssent des pierres (ines.
- Chaque peuple demande une histoire complète prise dans le temps et dans l’espace. Etude de la race, de l’individu depuis la naissance jusqu’à la mort. La contribution de chacun composera une science plus précise, une connaissance plus parfaite.
- Il est aussi des choses insaisissables, propres à chacun, des attitudes familières que rien n’explique et qui caractérisent une caste. Cette mulâtresse de Saint-Paul (fig. 9) en son peignoir de mousseline à fleurs, le spencer aux épaules, évoque quelque vision de Bernardin de Saint-Pierre ou de l’enfance de Joséphine malgré le trop moderne harmonica qu’elle tient en main. A côté d’elle, la femme de la Province orientale, en un geste gracieux très à la mode à Stanleyville, montre ses attaches fines, ses bras fuselés. Un monde de pensées semble vivre derrière le Fig. 9.—Mulâtresse de Sainl-front de ces deux Paul et femme de la province femmes et moi qui orientale.
- les connais, hélas !
- je 11’y vois que deux pies jaeassières, deux guenons habillées en dames. pp pp p)iK1ELj
- Médecin agrégé de l’État belge.
- Fig. 7.
- Lusinga, guitare indigène des Mayumbe.
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- COMMENT ON MESURE LA RADIOACTIVITÉ
- Un appareil à indications directes.
- Les mesures radioactives constituent aujourd’hui
- une de. nos plus sensibles méthodes d’analyses. Elles permettent la détermination de quantités de substances si faibles qu’elles échappent même au spectroseopc. Nous pouvons ajouter de suite que si cette sensibilité de mesure réside en partie dans les propriétés curieuses de ces corps, elle est due aussi à nos appareils de mesures électriques dont certains étaient connus avant la découverte des substances radioactives et ont, plus tard, beaucoup facilité leur étude. Ces appareils sont, en particulier, les électroscopes à feuille d’or et les électromètres à cadran. La sensibilité du premier réside surtout dans la légèreté de l’organe indicateur, celle du second dans l’ingéniosité et la délicatesse du montage.
- Les deux sortes d’instruments sensibles, mais peu robustes, demandent à être placés dans les mains du physicien expérimenté qui, par des comparaisons, par des méthodes relativement compliquées, par quelques calculs qui lui sont familiers, expriment leurs indications en unités pratiques ; indications lues dans le cas de l’électro-scope à l’aide d’un microscope repéré et muni d’un micromètre, dans le cas de l’électromètre à cadran par une tache lumineuse sur une échelle mobile transparente.
- Notre but était de construire un appareil qui fournît pour la radioactivité des indications aussi directes que l’ampèremètre le fait pour le courant électrique et cela par les mêmes moyens (échelle graduée et aiguille rigide). Ce problème paraîtra compliqué sitôt que nous rappellerons que les forces mises en jeu lors de mesures radioactives sont environ un milliard de fois plus faibles que celles utilisées dans un milliampèremètre, et que ces mêmes forces ne sont pas empruntées à la substance, mais à une charge électrique indépendante communiquée au système de mesure et laquelle se libère sous l’effet de la conductibilité acquise par l’air sous l’action des rayons radioactifs.
- Nous avons donc construit un appareil dans lequel le poids des organes mobiles est réduit au minimum et où les déplacements rotatifs sont aussi grands que possible sous des variations électriques minimes.
- Voici comment l’appareil estréalisé (v. lafig. 1 et2).
- Un ruban de métal très éLroit forme les deux ailes de l’aiguille A, dont l’une affecte la forme d’un secteur de cercle; l’autre est droite et pointue. L’aiguille est traversée par un axe très court X tournant sur pivots et contre-pivots en rubis.
- L’axe est fixé à l’extrémité d’un spiral cylindrique porté par en haut par un pont P; ce spiral sert à suspendre l’équipage mobile en même temps que sa flexion constitue la force antagoniste.
- Une tige isolée C coulissant dans la paroi de la platine permet d’amener une charge au secteur, dans lequel s’engagera au fur et à mesure la partie circulaire de l’aiguille, ce qui entraînera le déplacement de l’index sur l’échelle graduée E, placée directement au-dessous.
- Afin d’arriver au résultat voulu, il a fallu réaliser des pièces qui par leur dimension et surtout leur poids rentrent déjà dans le domaine de la « microhorlogerie » et qui ont mis à une rude épreuve la patience et l’habileté des premiers spécialistes eux-mêmes jusqu’à ce qu’ils arrivent à la réalisation industrielle actuelle.
- Ainsi l’aiguille À, qui doit être parfaitement plane, a une épaisseur de 2/100 de millimètre environ sur 50 mm de longueur et pèse 9 milligrammes; elle est en acier trempé et est découpée en un seul morceau.
- L’axe, également en acier trempé et amené à une forme bien définie, a un poids de un milligramme.
- Le spiral cylindrique auquel sont suspendus l’aiguille et l’axe doit avoir une longueur et une force déterminées, il doit encore posséder une courbe terminale bien exécutée assurant la coïncidence de son centre géométrique avec son centre de gravité.
- Fig. 2. — Coupe de Vappareil Szilard.
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- COMMENT ON MESURE LA RADIOACTIVITÉ ====== KM
- L’épaisseur de la lame de ce spiral est d’environ 1/100 de mm; dans l’épaisseur d’un cheveu on en
- placerait donc 5 côte à côte.
- Dans tout le montage, le secteur fixe S est le seul organe qui soit appelé à porter une charge électrique ; il est maintenu isolé au moyen d’une plaque en ambre I qu’il traverse par sa tige, celle-ci descendant dans la boîte inférieure qui est destinée à recevoir les substances actives.
- L’aiguille étant constamment reliée au sol par le spiral ne porte pas de charge électrique et c’est là un point très important; c’est ce qui permet de placer l’échelle dans son voisinage direct et c’est ce qui assure la robustesse de tout le système de mesure.
- Si l’aiguille était chargée elle serait attirée par la masse de l’échelle, elle s’y collerait et les mesures deviendraient impossibles.
- Le fonctionnement du système de mesures est le suivant (voy. fig. 5 et 4).
- Par la tige isolée C, poussée dans le voisinage du secteur S, on amène à celui-ci une faible charge électrique. Le secteur chargé exerce immédiatement une attraction électrostatique sur l’aiguille et, en l’engageant dans son ouverture, la fait tourner autour de son axe. Comme charge, celle obtenue par le frottement d’un morceau de cire à cacheter ou d’un stylographe en ébonite suffit pour produire la déviation complète (90°) ; l’aiguille garde ensuite cette position tant qu’on n’enlève pas la charge emmagasinée. La stabilité du montage est si grande qu’on peut secouer l’appareil chargé, toucher l’aiguille avec la main sans changer en quoi que ce soit sa position (un tel appareil chargé fut une fois transporté de Paris à Berlin; à l’arrivée l’appareil était encore chargé).
- Quand on place ensuite dans l’intérieur de l’appareil une substance active, celle-ci ionise l’air et à travers celui-ci la charge
- emmagasinée en S se libère. Au fur et à mesure que la décharge progresse le secteur lâche l’aiguille, laquelle, sous l’influence du spiral, tend à revenir vers sa position de repos.
- Au moment précis où l’on retire la substance, la cause de la décharge étant supprimée, l’aiguille s’arrête.
- Le mouvement de l’aiguille est bien apparent et pour en donner une idée, nous citerons le fait
- que sous l’in- 4. _ Vue de l’appareil.
- fluence d’une substance faiblement
- active, telle que l’oxyde d’urane, sa vitesse trans-latoire est d’un ordre à peu près quatre fois inférieur à celle d’une aiguille d’une montre chrono-graphe de grandeur habituelle faisant un tour complet à la minute. Aussi la lecture des indications se fait-elle avec une facilité égale dans les deux appareils.
- A part la facilité de cette lecture, le point le plus important de l’appareil réside en son échelle permettant des mesures à indications directes. En effet, tandis que l’échelle d’un électroscope ou d’un électromètre est toujours mobile, arbitraire et d’habitude non repérée, les indications de ces appareils nécessitant une comparaison avec la substance dont l’activité est prise pour étalon, l’invariabilité du montage de l’appareil décrit et la constance de sa force antagoniste permettent d’établir son échelle une fois pour toutes et de graver les indications définitives directement sur son cadran.
- Une telle échelle pratique que nous utilisons se rapporte à l’activité de l’oxyde noir (U3 O8) d’uranium, pris pour unité d’activité. Elle est établie de façon telle que cette substance étalée sur une surface de 25 cm2 et en une épaisseur convenable (une fois certaine épaisseur dépassée, l’activité ne varie guère si l’on augmente davantage l’épaisseur) provoque un mouvement d'aiguille de une division par seconde.
- Fig. 3. — L’appareil vu de dessus.
- Fig. 5. — L’appareil de mesure muni d’un condensateur spécial pour dosage de grandes quantités de substances radioactives.
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- 102 .:___:.COMMENT ON MESURE LA RADIOACTIVITÉ =
- Lorsque l’appareil contient, une substance dont l’activité est égale à limité, l’aiguille dé l’appareil doit battre' autant de divisions que l’aiguille d’un
- compteur de secondes. Il constitue donc aussi un moyen curieux pour la mesure du temps.
- Pratiquement, lorsqu’on cherche la radioactivité d’une substance. d’une ac tivité inconnue, on la place dans l’appareil et puis on observe, au moyen d’un compte-secondes, le temps nécessaire pour un déplacement quelconque de l’aiguille. Le nombre de divisions parcourues divisé par le nombre de secondes qu’a duré l’observation, donne l’activité exprimée directement en unités lîrane, c’est-à-dire en unités indiquant combien de fois la substance mesurée est plus ou moins active que l’oxyde d’uranc adopté universellement comme unité (0,001 gr. de XJ3 O8 donne encore des déplacements appréciables dans l’appareil).
- Une autre méthode de mesure consiste à compter le nombre de divisions que parcourt l’aiguille sous l’influence de la substance pendant 100 secondes. Le nombre de divisions indique directement l’activité en pour 100 par rapport à l’urane. (Par exemple 52 divisions =52 pour 100 de l’activité de l’oxyde d’uranc.)
- Ces chiffres-là sont très précieux. Ils permettent non seulement la détermination des sels d’uranium et des sels de thorium, mais une sorte de dosage des minerais primaires radifères, en uranium et en radium. . ;
- On sait en effet que (d’après les mesures de Bol-twood) dans la radioactivité totale des minerais primaires celle de l’uranium intervient dans une proportion de 20 pour 100 environ, tandis que celle du radium et de ses dérivés accuse une proportion de 60 pour 100 environ, 10 pour 100 étant constitués d’autre part par l’activité due à Fionium et le reste par l’actinium et d’autres, produits. D’autre part, on sait, qu’un minerai ayant l’activité de 1 (mesurée, on couche épaisse) contient, suivant son origine, de 20 à 50 pour 100 UsO8 et enfin que
- teneur moyenne de 0 gr. 000,000,55 de radium.
- Voilà donc l’analyse presque complète d’un minerai en substance radioactive faite par une seule mesure en moins d’une minute.
- Les minerais de thorium (comme la monacite par exemple) se prêtent facilement à de pareils dosages grâce à la radioactivité du thorium et de ses dérivés qu’il contient. Un manchon Auer ordinaire peut servir à celte démonstration. Il en est de même avec toutes substances solides, actives (résidus de sources thermales, houes, etc.), naturelles ou artificielles (produits pharmaceutiques, etc.).
- Pour le dosage direct des quantités plus importantes de radium (0,1-100 milligrammes) ou visse l’appareil sur un condensateur spécial (fig. 5) qui ne laisse passer dans la chambre d’ionisation que les rayons gamma. L’échelle de l’appareil pour cette destination est établie de telle façon qu’un déplacement d’aiguille d’une division par seconde correspond à 1 milligramme de radium pur. Le nombre de divisions parcourues par* l’aiguille en une seconde exprime donc directement le nombre de milligrammes contenus dans l’appareil. En outre, le facteur transformant les unités « uranium par seconde » en « milligramme de radium par seconde » étant connu pour l’instrument, l’appareil construit avec la première échelle suffit seul pour ces déterminations.
- La détermination de l’émanation des eaux minérales, gaz, liquides ou solides, se fait au moyen des condensateurs à gaz sur lesquels on visse l’appareil de mesure (fig. 6 et 7).
- Les déterminations se font avec la même facilité.
- Par la méthode de dosage par l’émanation on arrive à déterminer un dix-millionième de milligramme de radium, quantité contenue en moyenne dans 100 gr. de granit naturel.
- Nous mentionnons enfin que l’électromètre que nous venons de décrire se prêté aussi à des mesures autres que celles de la radioactivité. Sa sensibilité est illustrée par les données suivantes : capacité, 2 imités électrostatiques. Un courant de l’ordre de 10-11 ampère occasionne un déplacement de l’aiguille de î /2 degré par seconde. L’électrisation de la pluie, le potentiel du champ atmosphérique, l’ionisation de l’atmosphère peuvent très bien être mesurés dans de pareilles conditions. JL Szuafui.
- chaque gramme d uranc contenu correspond à une
- Fig. 6. — Appareil pour déterminer V émanation radioactive des eaux minérales.
- Fig. 7. — L’intérieur de Vappareil pour mesure de l'émanation des. eaux minérales,
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- LE TÉLÉPHOT MULTIPLE
- Fig. /. — Clichés à échelles différentes avec un seul appareil. Château, de Madrid à Neuilly (Seine).
- I/image qu’un objectif .photographique ordinaire donne des objets éloignés est souvent trop petite. L’agrandissement du cliché est limité, en pratique, par le grain de l’émulsion, et il est préférable d’obtenir directement sur la plaque une reproduction à l’échelle voulue. On peut amplifier l’image fournie par l’objectif, soit en plaçant un système optique convergent au delà du foyer, soit en plaçant un système divergent en deçà du foyer. C’est cette dernière combinaison qu’ont adoptée les constructeurs de
- p. 256, et n° 2141, du 0 juin 1914, p qu’elle a
- 46), parce de ré-
- Fig. 2. — Coupe du Téléphot multiple.
- l’avantage duire le tirage de la chambre.
- L’emploi du téléobjectif n’est pourtant pas sans inconvénient. L’élément divergent rejette une notable partie de la lumière transmise par l’élément convergent, ce qui rend malaisée la reproduction des sujets en mouvement rapide; le champ utilisable est limité à un angle assez restreint ; l’image n’est ni très brillante ni très fine, de telle sorte qu’elle ne supporte guère une nouvelle
- téléobjectifs (Voy. n° 1476, du 16 septembre 1901, [ amplification; enfin, la mise au point exige quelques
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- LE TÉLÉPHOT MULTIPLE
- LE TÉLÉPHOT MULTIPLE =
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- Fig. 4.— Panorama lèlèpholiqite d'une forci pétrifiée dans VArizona (Èlals-Unis). Cliché Chaix-Dubois.
- tâtonnements, et, si l’on veut opérer en ballon ou en aéroplane, le sujet, que l’on se proposait de photographier a disparu ou s’est trop éloigné avant que l’on ait eu le temps de. régler l'instrument.
- Une solution toute différente consiste à faire usage d’un objectif à très long-foyer. Les opticiens construisent à cet elîet des anastigmats donnant à grande ouverture des images très fines et très homogènes sur un champ très étendu. Seulement, un instrumen t de ce genre nécessite, en principe, une chambre noire de longueur d é m c su r é e, très gênante dans les opérations en plein air, et particulièrement inapplicable à la photographie en montagne.
- C’est pourquoi M. Vautier-Dufour, s’inspirant d’un dispositif appliqué aux lunettes par M. Schoer, astronome à l’observatoire de Genève, avait construit, en 1905, un appareil spécial, très portatif et peu encombrant, malgré l’emploi d’un objectif à très long-
- foyer. Cet appareil, le Téléphot rapide, a été décrit ici même par M. Gr. Mareschal('). Rappelons seulement qu’il contenait deux miroirs destinés à briser en trois tronçons les rayons lumineux venus de l’objectif. La longueur de la chambre se trouvait ainsi réduite à 21 cm. pour le format 9x12, et le i poids de l’appareil n’était
- i que de 2 kg. environ. La
- double réllexion n'occasionnait qu’une perte insignifiante de lumière, si bien qu’on pouVait opérer en 1/100 et même en 1/200 de seconde. Les images étaient très i brillantes, nettes jus-
- qu’aux bords et beau-! coup plus fines que
- celles qu’aurait fournies le téléobjectif le plus parfait. La mise au
- point était rapide et facile.
- Le défaut du téléphot primitif, c’est qu’il ne se prêtait pas à l’emploi de plusieurs objectifs de différents foyers, tandis que le téléobjectif donne des 1. Yoy. ii° 1585. du II) octobre 190">. p. ‘290.
- images de grandeurs différentes laissé entre les deux éléments.
- La téléphotogrâphies’appliquant aux sujets inaccessibles, il est nécessaire de faire varier la distance focale, si l’on lient à avoir une reproduction à une échelle déterminée.
- Le nouvel appareil de M. Yau-tier-Dufour, le Téléjjhol multiple (fig. 2), satisfait à cette condition. Lorsqu’on utilise un long foyer, les rayons issus de l’objectif 0 sont réfléchis en ni, puis en M et viennent impressionner la plaque placée en G. Le châssis est porté par le cadre EF solidaire d’une planchette coulissant à la hase de la chambre. Le même cadre porte l’obturateur de plaque, qui s’arme et se règle de l’extérieur, soit pour la pose, soit, pour l’instantané à différentes vitesses. Un soufflet S permet de donner au tirage toute l’am-
- suivant l’écart | timcnU supérieur
- F/g. h. — Le Cinëtéléphol.
- plitudc nécessaire.. Pour le transport, le cornpar- | agrandissements
- P rentre dans la chambre inférieure, de manière à réduire l’encombrement au minimum.
- Pour l’utilisation de foyers plus courts, deux coupures, F et f, ont été pratiquées dans l’une, des parois latérales. Par ces fentes, on peut introduire la glace dépolie et les châssis, ou bien les planchettes porte-objectifs, qui sont interchangeables. La paroi D, qui porte le miroir M, est démontable et peut également être remplacée, soit par une planchette porte-objectif, soit par la glace dépolie ou un châssis.
- Ainsi, le modèle du format 9x12 permet d’utiliser non seulement un foyer de 1 m. 60, mais aussi tous les objectifs dont la distance focale est comprise entre 10 et 84 cm.
- Avec des foyers plus courts encore, l’appareil est appli-cable aux reproductions, aux et à la microphotographie.
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- LE TÉLÉPHOT MULTIPLE
- Par l'adjonction d’nne lentille négative grossissant 2 à 5 fois l’image fournie par l’objectif à long foyer, on obtient des épreuves correspondant à des foyers
- trôlée. Il s’adapte facilement aux appareils de prise do vues de toutes marques et permet d’employer successivement des objectifs de différents foyers,
- Fig. 8. — Le Mont-Blanc-vu du Salève.
- de I m. 50 à o m. Cette combinaison du léléphot et du téléobjectif fournit des images suffisamment nettes, mais le temps de pose est plus long.
- Enfin, le téléphot a été appliqué à la cinématographie. Jusqu’ici, pour la prise des vues à grande distance, on se servait de téléobjectifs, qui ne don-
- suivant les dimensions que doit avoir l’image. Si l’on se sert d’un objectif à court foyer, par exemple l’objectif ordinaire de l’appareil de prise de vues, ce dernier se trouve transformé en une chambre micro-cinématographique.
- Faut-il ajouter qu’on a aussi prévu la transforma-
- Fig. g. — Le Mont-Blanc vu du Salève au léléphot. (Carré de la fig. 8.)
- naient généralement que de médiocres résultats, en raison du défaut de luminosité et des difficultés de la mise au point. Le Cinéléléphot est extrêmement lumineux et permet une mise au point très précise, qui peut d’ailleurs être constamment con-
- tion du téléphot multiple en lunette d’approche, en lui associant un oculaire terrestre? Ses applications précédentes suffisent d’ailleurs amplement pour justifier le qualificatif que lui ont donné ses constructeurs. Ernest Coustet.
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- NOUVELLE LAMPE A INCANDESCENCE
- Il est bien connu que lorsqu’on produit une décharge électrique entre deux électrodes dans un gaz raréfie (tube de Geisler, par exemple) la cathode est soumise à un échauffe me rit plus ou moins marqué, tandis que l’anode reste pratiquement froide; cet échauiïement s’explique par le fait que c’est sur la cathode que se manifeste principalement la résis-
- Fig. i. — L’expérience du Dv Greinacker.
- tance offerte au passage de la décharge, de sorte que la dépense d’énergie s’y trouve localisée.
- Il est d’usage, dans les instruments où l’on utilise la décharge, de faire en sorte que ce phénomène particulier soit tempéré, autant que possible; on arrive au résultat visé en employant une cathode de grande dimension; à défaut de cette précaution, réchauffement pourrait être tel, ainsi que l’ont signalé Wicdemann et Ebert, cpie la cathode fût détériorée ou détruite.
- M. le I)1' H. Greinacker, de Zurich, a imaginé de tirer parti de la propriété dont il s’agit pour réaliser une lampe à incandescence nouvelle à haut rendement.
- Il a commencé par réaliser, pour mettre bien en évidence réchauffement que subit la cathode, un petit instrument de laboratoire constitué par deux ampoules à filament de charbon ou de métal communiquant l’une avec l’autre par un tube de verre soudé à chacune; le vide étant fait dans le système ainsi confectionné, si l’on relie les deux filaments aux pôles d’une bobine d’induction, de façon à produire une décharge électrique entre eux, on constate que-lé fil qui est relié au pôle négatif se trouve porté à l’incandescence, tandis que l’autre reste froid ; si la bobine est suffisamment forte (bobine munie d’un interrupteur de Wehnelt) le filament cathodique brille d’un éclat comparable à celui qu’il atteint lorsqu’il est échauffé directement par effet Joule; comme la tension nécessaire pour produire la décharge est relativement faible, on peut alimenter la bobine par un courant alternatif ordi-
- naire, sans interrupteur; on constate alors, naturellement, un échauiïement pour les deux filaments, qui deviennent tous deux incandescents, à moins que l’on n’insère dans le circuit un tube soupape.
- Une disposition de ce genre tout en étant très intéressante pour le laboratoire, cà raison notamment des effets de luminescence qui s’y produisent, serait
- Fig. 2. — La nouvelle lampe du Dr Greinacker.
- sans aucune valeur pratique; sans parler de la question d’économie, elle serait défectueuse pour deux misons : les filaments y sont très rapidement détruits et brûlés et le verre se noircit par suite du dépôt qui s’y produit; mais on peut éviter cette détérioration des électrodes, et du même coup les inconvénients qui en résultent, en substituant aux filaments de charbon ou de métal, des électrodes en oxydes réfractaires, tels que les crayons employés dans les lampes Nernst; des électrodes de ce genre sont beaucoup plus durables; en outre, la température qu’elles atteignent est beaucoup plus grande et le rendement se trouve d’autant meilleur.
- M. Greinacker a essayé ce système d’électrode dans une lampe formée par une ampoule sphérique, en verre, de 14 cm de diamètre, avec deux tubulures diamétralement opposées et dans lesquelles sont placées les électrodes; l’une des tubulures présente un embranchement par lequel on relie l’ampoule à la pompe et qui est fermé et soudé lorsque le vide voulu est atteint; les électrodes sont formées chacune d’un crayon de Nernst, monté à l'extrémité d’un cylindre en quartz fondu et communiquant avec l’extérieur, à travers le verre, par des fils de platine ; les crayons sont scellés dans les tubes de quartz au moyen d’un peu de terre de pipe et de magnésie, de façon que les fils métalliques soient entièrement dissimulés et que la décharge ne puisse se produire que sur les crayons eux-mêmes ; le vide doit descendre jusqu’à quelques millimètres de mercure.
- Fig. 3. — Aspect de la nouvelle lampe à l’allumage.
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- 108 : LES HALOS PLÉOCHROÏQUES ET L’ÂGE DE LA TERRE
- Si le tube est soumis à une tension alternative d’un millier de volts, on voit se produire à la base des crayons une décharge bleue; cette décharge gagne rapidement tout le crayon, qui se trouve dès lors entouré d’une lueur bleue ; immédiatement, les électrodes s’échauffent, en commençant par la hase, l’intensité du courant absorbé augmente jusqu’à ce que les crayons soient portés au blanc soudant; l’allumage ne dure que quelques minutes; aucune décharge ne se produit sur les fils ; l’intervalle entre les tubes protecteurs en quartz et les tubulures de l’ampoule est si étroit que la résistance qu’il offre à la décharge est beaucoup plus grande que celle qui existe entre les crayons ; on peut d’ailleurs le remplir d’un mastic approprié.
- La confection de la lampe ne présente aucune difficulté ; il n’est pas même nécessaire de disposer pour la réaliser d’une pompe à vide spéciale; le vide ne doit pas être poussé trop loin ; il y a avantage à ne pas l’accentuer pour éviter que les dé-
- charges cathodiques s’accentuent et gagnent l’ampoule, en l'échauffant en pure perte; avec un vide moyen et lorsque l’intensité du courant est modérée, l’ampoule reste assez froide pour qu’on puisse la prendre en main.
- L’inventeur déclare que sous 820 volts, des lampes construites de cette manière absorbent un courant de 0,11 ampère, soit une consommation de 90 watts, et elles brillent d’un éclat qui paraît équivalent à celui d’une lampe de 50 bougies; ce résultat est certainement intéressant et permet d’augurer que l’on arrivera à un rendement assez élevé lorsque la fabrication sera meilleure; on ne sera pas obligé d’ailleurs de s’en tenir à la tension de 1000 volts; en modifiant le degré de vide, la composition et la forme des électrodes de l’ampoule, on pourra vraisemblablement abaisser la tension à volonté ; on sait déjà par exemple, qu’avec l’hélium et une cathode de potassium, la décharge se produit avec une tension de 100 volts ('). 11. Marcuaxd.
- LES HALOS PLÉOCHROÏQUES ET L’ÂGE DE LA TERRE
- Nous avons parlé, à plusieurs reprises, de. la transformation des matières radioactives, celles-ci descendant pour la plupart d’une meme substance génératrice : l’uranium. L’atome d’uranium explose, projette de l’hélium (rayons a), des électrons (rayons (3), des rayons y dont on a vu l’analogie avec les rayons X, et se transforme en autre atome qui se décompose à son tour. Chaque atome radioactif a, comme caractère distinctif, outre ses propriétés chimiques, une durée probable de vie. Quand cette période est révolue, l’explosion de l’atome se produit. Parmi les substances radioactives, certaines vivent en moyenne pendant un temps très long : l’uranium possède une durée de vie de 9000 millions d’années ; d’autres disparaissent presque aussitôt apparues; le radium À vit en moyenne pendant 5 minutes. Dans une roche où s’est emmagasiné, à l’origine, un certain stock d’uranium, on décèlera maintenant, par suite de l’explosion d’un certain nombre d’atomes d’uranium, toute la série des descendants de celui-ci, en proportions dépendant de la durée de vie de chacun d’eux. On y décèlera également de l’hélium, produit constant de destruction des matières radioactives ; on comprendra facilement que la quantité d’hélium accumulée dans la roche dépend de l’importance du stock primitif d’uranium et du temps pendant lequel ce stock s’est décomposé, c’est-à-dire de l’âge de la pierre. Cette méthode de détermination de l’âge géologique a été employée par Strutt.
- Une autre méthode a conduit sir John Joly, professeur à l’Université de Dublin, à des résultats intéressants concernant l’âge de la terre. Depuis longtemps, on avait observé que certains micas, examinés au microscope, présentent des taches sombres circulaires, avec, au centre, un petit cristal de
- zircon, inclus dans la roche au moment de sa formation. L’origine de ces taches ou « halos pléo-chroïques » n’avait pu être expliqué. Strutt a reconnu que le cristal de zircon est radioactif; il émet donc des rayons a; ce sont eux qui, agissant sur le mica comme ils agissent sur le verre, produisent les halos observés au microscope.
- On peut aller plus loin. Les rayons a, qui proviennent du zircon, se déplacent sur une certaine longueur dans le cristal, puis s’arrêtent ; leur action ne se fait pas sentir plus loin. Un savant anglais, Bragg, a donné le moyen de calculer la longueur du parcours que les rayons a, donnés par les diverses substances radioactives, décrivent dans une substance quelconque dont on connaît la nature chimique et la densité. Par exemple, dans la biotite (variété de mica) ce parcours est de 0 mm 013 pour les rayons a de l’uranium, 0 mm 016 pour les rayons a du thorium, etc. On a un certain nombre de chiffres correspondant aux diverses substances radioactives ; ces chiffres représentent justement les rayons des taches circulaires observées dans le cristal. Les halos sont donc bien dus à l’action prolongée des rayons émis par le cristal central de zircon. Le zircon est peu radioactif ; l’expérience montre qu’il peut s’écouler plusieurs années entre deux expulsions consécutives de particules a ; or, l’effet d’une particule est excessivement faible; les halos les plus pâles indiquent donc l’accumulation, depuis des époques extrêmement éloignées, d’effets d’une inimaginable faiblesse (en fait, les halos .ne s’observent pas sur les roches récentes) ; la biotite est un mica ancien qui a enregistré et conservé les effets des rayons a; nous voyons le halo de la même manière
- 1. Dr H. Greinackeh. Ueber eine neue Glühlampe, Elek-irotechnische Zeitschrift, 5 mars 1914. p. 259. ;
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- que nous connaissons l’existence d’étoiles, invisibles à l’œil, au moyen de l’accumulation de leurs effets lumineux sur la plaque photographique.
- Les expériences récentes de MM. Joly et Rutherford ont porté sur du mica brun du comté deCarlow. Les halos sont dus aux éléments de la famille de l’uranium. En exposant une lame de mica à l’action d’une source très forte de rayons a (émanation du
- rayons a qui ont agi et, par suite, celui des particules a émises par le mica depuis l’époque de sa formation. Ce nombre est de l’ordre de 200 millions; il suffit maintenant de savoir combien de particules a sont projetées en un siècle par le cristal de zircon qui occupe le centre du halo. Une simple division donne l’àge du mica. Les nombres obtenus oscillent entre 20 et 400 millions d’années. L’accord
- Mica vu au microscope et montrant un halo pléochroïque. Mica présentant plusieurs halos pléochroïqucs.
- radium) ou produit en peu de temps une tache analogue au halo naturel observé au microscope. La quantité d’émanation utilisée donne le nombre de
- avec les nombres donnés par la méthode de Strutt, signalée plus haut, est satisfaisant.
- G. Brescii
- ACADÉMIE DES SCIENCES ,
- Séance du 29 juin 1914. — Présidence de M. De Launay.
- Propriété des corps supraconducteurs. — M. d’Arsonval résume les conclusions d’un travail de M. Kamerlingli Onnes, sur une propriété des métaux refroidis à une température voisine du zéro absolu. On avait émis l’avis que la conductibilité des métaux ainsi refroidis devait être extrêmement grande. Et de fait il en est ainsi. Une colonne de mercure de 1 millimètre carré de section supporte sans s’échauffer le passage d’un courant de très grande intensité sous un grand voltage. L’auteur a réalisé l’expérience suivante : il enroule sur une sorte de bobine un fil de plomb très fin. Le nombre des tours est de 1000. 11 fait naître dans le fil un courant par induction, et ce courant au lieu de se dissiper sous forme de chaleur Joule persiste; il ne s’affaiblit que de 1/100 en une seconde. La bobine ainsi traversée par un courant permanent joue le l'ôle d’un aimant permanent. Ainsi une émission électrique dans un conducteur maintenu à une température voisine du zéro absolu donne naissance à un courant en quelque sorte perpétuel.
- L’origine des pétroles. '*— M. De Launay présente une Note de M. Chautard qui a personnellement étudié un très grand nombre de gites pétrolifères dans le monde entier et qui arrive à cette conclusion que le pétrole se trouve dans les régions où la mer a subi des régressions intermittentes. Il a fallu pour sa formation le retrait des
- mers déterminant des lagunes où se sont accumulés des débris organiques — ce que l’on savait déjà — mais aussi des régressions intermittentes avec brusques, variations dans les conditions du retour de sédiments venant aussitôt recouvrir les matières organiques.
- Un ver marin.— M. Bouvier analyse une communication de M. Caullery, sur un ver marin qui, pour les naturalistes, apparaît comme énigmatique. Ce ver a été pêché dans des vases marines à 2000 m. de profondeur, par l’expédition du Siboga ; il est filiforme et est logé dans un tube corné, mais ce n’est pas un annelé. Ilne présente pas de tube digestif. L’auteur l’a appelé Sibogalinum ; et en décrit les caractères anatomiques et morphologiques.
- Extériorisation d’images photographiques.— M. Lipp-mann dépose une Note de M. Estaiiave qui, continuant ses recherches sur les sensations que peut produire l’examen de photographies obtenues dans certaines conditions, a imaginé cette fois encore un procédé qui provoque une sensation subjective intense. Les images sont des images ordinaires, mais présentant un certain décalage pour séparer la vision de chacune d’elles. Regardées à distance, elles donnent la sensation d’une image aérienne.
- Élection. — M. Dyson est élu correspondant de la section d’astronomie en remplacement de M. Gill, décédé.
- C11. de Viiaedeuil.
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- no ========== mismxsm&mismis.
- LE « KINÉMAPLASTIC »
- Depuis que le .cinématographe esl entré dans les moeurs et a peu à peu concurrencé, puis supplanté les music-halls et les théâtres, on a cherché sans cesse à rendre plus complète l’illusion de vie qu’il faut, avouons-le, beaucoup de bonne volonté pour trouver dans les images sautillantes projetées sur l’écran blanc.
- Nombreux sont les inventeurs qui ont tenté de supprimer cet écran, de former dans « l’espace » les silhouettes animées et il semble qu’un pas très grand dans la solution de ec problème ait été fait récemment. La difficulté des recherches est qu’il ne s’agit pas de traiter scientifiquement la question, mais de produire une illusion et, dans ce domaine, l’expérience seule est le guide à suivre.
- Il y a environ 5 ans, un Allemand, Messter, découvrit que si on projette les images par réflexion d’une certaine manière, on peut arriver à supprimer l’écran blanc, les figures semblant se mouvoir alors dans l’espace. De nombreuses difficultés furent successivement vaincues, tenant surtout à la conservation des couleurs d’une part, et à la luminosité des images d’autre part, images qu’on ne pouvait primitivement avoir que de très petites dimensions, ce qui enlevait l’illusion que l’on cherchait à créer.
- La disposition employée est la suivante. Le projecteur, au lieu d’être placé à angle droit de l’écran, comme dans les projections ordinaires, est disposé latéralement comme l’indique la figure. Le faisceau lumineux qui sort de l’appareil traverse d’abord un écran translucide À. Au lieu d’aller ensuite former l’image sur un écran blanc, il frappe une lame de
- verre à faces parallèles 11 qui forme un angle de -45° avec la direction des spectateurs. Cet écran de verre transparent occupe toute la largeur de la scène et agit comme un miroir qui renvoie vers les
- spectateurs les images formées sur l’écran A. A l’arrière de la scène, parallèlement à la salle et par suite à 45° aussi de écran il sc trouve la toile de fond F. A une petite distance de cette toile sc trouvent des portants spéciaux E limitant une surface juste égale à celle que vient recouvrir l’image de projection. De E à F le parquet est légèrement en pente, de sorte que les personnages en mouvement sembleront sc déplacer sur .ee parquet supplémentaire suivant la ligne pointillée C.
- La marche des rayons lumineux est indiquée sur la figure. On observe par réflexion les images provenant de la cabine de l’opérateur, et on voit par vision directe à travers la lame de verre, le fond de la scène E. Un des avantages de ce système de projection est que l’écran translucide absorbe tous les défauts, en particulier le vacillement des images.
- Les vues doivent être prises spécialement pour ce mode de reproduction : la scène est tendue d’une étoffe noire formant un fond neutre sur lequel sc détachent les acteurs costumés en blanc principalement.
- Ajoutons enfin que lorsqu’on adjoint un gramo-phone à la représentation, l’illusion est plus saisissante encore, les paroles semblent en effet, si le gramophone est placé en H, être émises par les acteurs que l’on croit voir sur la scène. IL Vigneron.
- Cabine de /opérateur
- r t rt t th
- Disposition et trajet des rayons lumineux dans le kinémaplaslic.
- LE CHEMIN DE FER ELECTRIQUE DE GRENOBLE A VILLÀRD-DE-LÀNS
- (Isère1)
- Le chemin de fer électrique d’intérêt local de Grenoble à Yillard-de-Lans a été déclaré d’utilité publique par la loi du 22 décembre 1908.
- La ligne qui sera ouverte cct été aura un développement total d’environ 59 kilomètres, franchissant une différence de niveau de 951 mètres entre Grenoble (220 m.) et Saint-Nizier (1171 m.).
- I. JYolre collaborateur, M. Oscar Dccombaz, est décédé prématurément le 6 février dernier à Grenoble, à l’âge de 47 ans ; il a emporté lés regrets de tous ceux qui appréciaient son aimable caractère, son activité désintéressée, et son dévouement éclairé à la cause des beautés naturelles du Dau-
- Ge chemin de fer a été construit dans un des plus beaux paysages de nos Alpes dauphinoises. Il sera très apprécié non seulement des nombreux touristes de la saison estivale, mais encore des amateurs de
- phiué. lies 1896, il s'était passionné pour les recherches souterraines dans le Ycrcors et le Iloyannais: parmi ses nombreuses et belles trouvailles il faut citer celles de l'immense grotte de Bournillon, de la grotte Pavot, des lacs souterrains de la vallée de la Bournc et de nombreux scialcts ou gouffres ; il les a publiées dans plusieurs mémoires de la Société de Spéléologie. Il était un des plus utiles propagandistes du développement touristique de Grenoble, où sa perle a été cruellement ressentie.
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- CHEMIN DE FER ELECTRIQUE : .....111
- sports d’hiver qui trouveront, sans fatigue, à proximité de Grenoble, de merveilleux champs d’exercices.
- Au point de vue économique, cette nouvelle ligne rendra de très réels services en facilitant l’exploitation des nombreuses richesses naturelles des cantons de Sassenage et de Yillard-dc-Lans, tels que : bois, chaux, ciment, terre . réfractaire et tous les produits d’une industrie agricole toujours plus florissante.
- Son point de départ est à Grenoble, au square des Postes. Elle emprunte d’abord la voie existante du tramway de Grenoble à Ycurey jusqu’à Savcuil. En ce point, le tracé se détache du tramway de Yeurcy, suit le chemin de grande communication n° 106 qu’il quitte ensuite pour entrer en déviation, puis monte à flanc de coteau pour atteindre les charmants villages de Seyssinet d’abord et de Seyssins ensuite. Cette partie de la ligne a été mise en exploitation en mai 1911.
- A Seyssins (510 m. d’altitude) le tracé traverse le village, va jusqu’au lieu dit « Les Garlettes », puis, serpentant les flancs pittoresques du Moucherotte, passe au pied du rocher des Trois-Pueelles sans qu’un seul obstacle vienne limiter la vue sur la vallée du Grésivaudan, le massif de la Chartreuse et la chaîne des Alpes; il atteint le plateau de
- Fig. 2. — Rucher des Trois-Pucelles.
- Saint-Nizier après avoir Louché à Gel-Air, Peau-regard, La Toursans-Yenin et Parisct.
- De Saint-Nizier, où le panorama est incomparablement beau, la ligne pénètre dans les sombres et superbes forets des Mures pour atteindre bientôt, en empruntant en partie le chemin de grande communication n° 106, la région des pâturages si renommée de Laos jusqu’au pont des Anicrs, à partir duquel il suit le chemin de grande communication n° 6 jusqu’au Yillard-de-Lans (altitude 1020 ni.).
- La voie du chemin de fer de Grenoble à Yillard-de-Lans a un mètre de largeur entre bords intérieurs des rails qui sont, en général, du type Yignole de 25 kg le mètre et, en particulier, du type Broca de 58 kg dans les traversées d’agglomérations.
- Le minimum du rayon des courbes est de 40 mètres : exceptionnellement, dans les traverses, il descend à 25 mètres.
- Le maximum des déclivités est de 0 m. 065 par mètre.
- La traction aura lieu par automotrices électriques avec lil aérien.
- Le courant sera transmis aux automotrices par un double fil aérien en cuivre, fixé à des poteaux en ciment armé espacés de 55 mètres au maximum.
- 11 sera produit par la station génératrice d’Engins, qui actionne déjà les autres lignes de la Société Grenobloise de Tramways électriques, concessionnaires du Chemin de fer de Grenoble à Yillard-de-Lans. Luc ligne de transport en courant triphasé à haute tension (15 000 volts) sera établie entre cette station et Saint-Nizier, où une sous-station transformera le courant continu à 750 volts pour l’envoyer sur la ligne.
- C’est la sous-station de Saint-Nizier qui alimentera toute la partie de ligne comprise entre Seyssins et Yillard-de-Lans. À cet effet, des feeders en aluminium seront installés entre Saint-Nizier et Seyssins et entre Saint-Nizier et Yillard-de-Lans et couperont les divers lacets du tracé.
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- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- La partie de la ligne comprise entre Grenoble et Seyssins sera alimentée par la sous-station du dépôt actuel du Rondeau, près de Grenoble.
- Le retour du courant s’effectuera par les rails, dont tous les joints seront munis de connexions en cuivre.
- Les voitures circulant entre Grenoble et Seyssins seront à classe unique ; celles affectées au parcours de Grcnoble-Villard-de-Lans seront d’un type spécial, plus confortable en raison de la durée plus longue du parcours. Chaque train comprendra un ou plusieurs compartiments de l'e classe suivant les besoins du service. Elles seront toutes chauffées.
- Les trains seront munis d’un frein continu et de
- à rendre de considérables services aux touristes.
- C’est d’abord l’accès du Plateau de Saint-Nizier (1200 m. d’altitude) en 1 h. 20 avec le panorama le plus merveilleux qui se puisse voir : avec Grenoble, la vallée du Grésivaudan, la basse vallée du Drac, il embrasse toute la chaîne des Alpes, depuis le Pelvoux jusqu’au Mont-Blanc et tout le massif de la Grande Chartreuse.
- C’est, en 2 h. 50 de trajet, de Grenoble à Yillard-de-Lans, les voyageurs transportés en plein cœur du massif du Yercors où sont à foison les sites les plus pittoresques, les plus beaux et les plus variés du Dauphiné.
- Ils seront aux pieds des montagnes de Lans, à
- Fig. 3. — Une rampe près Seyssinet, en exploitation depuis itjn. (Clichés Michel.)
- plusieurs autres freins puissants des systèmes les plus perfectionnés.
- Les automotrices seront de 2 types : un type à 2 essieux et 2 moteurs de 60 chevaux pour la section Grcnoblc-Seyssins, et un type à boggies et 4 moteurs de 60 chevaux pour le parcours Grenoble-Yillard-de-Lans.
- Elles sont construites par les Chantiers de la Buire et équipées électriquement par la Société Thomson-Houston.
- Les travaux en cours d’exécution sont poussés activement afin de permettre l’inauguration officielle de la ligne complète dans le courant de l’été 1914.
- Partant de Grenoble, ville de 80000 habitants, — dont la gare P.-L.-M. a enregistré, pour l’année 1912, un afflux de voyageurs de 1457560, soit de 7560 de plus que l’année précédente — au centre d’une région où l’amour des sports est des plus développés, ce chemin de fer est appelé
- l’entrée des forets superbes d’Autrans et de Méandre, des gorges de la Bournc et de ses remarquables et « monumentales cavernes », non loin des Petits et Grands Goulets, de Pont-en-Royans, des Écouges et de la Vallée de l’Isère, de Saint-Julien, de Saint-Martin et de la Chapcllc-en-Yercors, de la forêt de Lente, etc., autant de sites merveilleux qui pourront être admirés par de multiples circuits ou itinéraires variés.
- Et la saison hivernale venue ce sont les amateurs de sports d’hiver, déjà si à la mode dans notre région, qui profiteront des avantages que leur procurera le confortable chemin de fer électrique de Grenoble à Villard-de-Lans.
- Je remercie M. S. Millot, ingénieur des Ponts et Chaussées, pour les renseignements techniques qu’il a bien voulu me communiquer et l’artiste photographe, M. Michel, à qui nous devons les vues ci-jointes. 0. Decomuaz.
- Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleurus, 0, à Taris.
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- LA NATURE. — N° 2146.
- Il JUILLET 1914.
- LE BIPLAN PAUL SCHMITT A INCIDENCE VARIABLE
- Après avoir excité vivement l’intérêt des visiteurs du dernier Salon de la Locomotion aérienne, le biplan Paul Schmitt a fini par intriguer le public tout entier par l’hécatombe de records à laquelle il
- Iule sustentatricc, peut prendre diverses positions par rapport au reste de l’appareil, en pivotant autour d’un axe horizontal. Donc, semblable à l’oiseau qui sait effacer ses ailes dans les vents rapides, et
- Fig\ i. — Vue d’ensemble du biplan Paul Schmitt.
- vient de se livrer : 41 records du monde battus par un même aéroplane, c’est évidemment le record des records.
- L’appareil qui vient, sous la conduite de l’excellent pilote Ga-raix, de se signaler par une pareille série d’exploits, n’est pas d’aspect bien révolutionnaire; c’est seulement quand on examine l’assemblage des pièces qu’apparaît son principe original : l’incidence variable.
- Au premier abord, c’esL un grand biplan
- (47 m. ......
- vergure) inégales, dont un
- moteur rotatif de grande puissance (160 chevaux), placé, selon une disposition éminemment. recommandable, à l'avant du fiïselage," actionne l’hélice tractive.
- Seulement au lieu que dans les biplans du type ordinaire, les ailes sont- fixées d’une manière rigide,- ici l’ensemble des deux ailes',' formant la' cel-
- les cabrer rudement à l’instant où il se pose, l’aéroplane ainsi constitué jouit de la propriété d’attaquer l’air sous un angle variable.
- Assurément tous les aéroplanes peuvent, dans
- certaines limites, modifier' leur « angle d’attaque », mais cette manœuvre les entraîne tout entiers, de sorte que; s’ils veulent cabrer par exemple, le fuselage prendra lui-même une position montante, l’hélice tirera selon une direction oblique, etc. Dans le biplan Paul Schmitt, rien de tel : l’aviateur règle à son gré l'incidence'des ailes sans avoir à modifier l’orientation du reste de l’appareil.
- - IL exécute cette manœuvre en agissant simplement sur un volant (pratiquement • ce volant est double" : un grand volant commandé les fortes variations^ un plus petit permet de faire un réglage plus finjv La principale difficulté qu’a rencontrée l’inven-,
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- 42' Année. — 2' Semestre.
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- Fig. 3. — L’appareil en plein vol.
- leur était la suivante : chaque fois que les ailes I prennent une position différente par rapport au fuse- | lage, la réaction qu’elles éprouvent de la part de l’air se déplace en avant ou en arrière : d’où une rupture d’équilibre dangereuse. M. Paul Schmitt a songé très ingénieusement qu’en calculant d’avance la grandeur de ces déplacements de la poussée aérienne, il pourrait choisir la position de l’axe de pivotement des ailes de telle manière que, l’une d’elles avançant pendant que l'autre recule, il y ait une exacte compensation : il paraît avoir remarquablement réussi dans l’application de cette idée.
- Au total, l’aéroplane qu’il a conçu a, le 10 juin dernier, entraîné son pilote Garaix et h passagers à la vitesse de 108 km à l’heure, et porté à 1 h. 24 le record de durée détenu (avec h passagers également) par l’aviateur allemand Faller.
- Les cinq passagers, le pilote, l’essence (140 kg) . et l’huile (54 kg) formaient un poids total de 608 kg ; l’appareil à vide pèse un peu plus (650 kg). C’est donc là d’abord un certilicat de puissance et de robustesse.
- Mais si l’aéroplane peut « faire de la vitesse )), il peut aussi « faire de la lenteur a et alors son allure descend jusqu’à 55 km à l’heure : ceci est' extrême-
- ment intéressant, puisque l’excès de vitesse aux atterissages cause une multitude d’accidents avec les engins ordinaires.
- Enfin, volant le 25 mai devant le jury de l’Union pour la sécurité en aéroplane, l’aéroplane Paul Schmitt a paru séduisant par son excellente tenue dans un voyage aérien que le mauvais temps aurait dù rendre fort pénible.
- Toutes ces qualités sont-elles des conséquences du principe même de l’incidence variable d’après lequel est conçu l’appareil? C’est un point discuté; il est certain que l’excellente exécution mécanique des différentes parties de l’appareil a bien aussi son influence : et l’on ne peut qu’en féliciter l’inventeur.
- Le gouvernail de profondeur est équilibré de telle sorte que le pilote n’éprouve jamais de fatigue à le manier (on sait combien la gouverne en profondeur (( tire )) parfois sur le bras de l’aviateur). Le châssis d’atterrissage est particulièrement puissant et élastique. En somme, c’est d’abord un aéroplane bien construit et ingénieusement conçu.
- Fig. 4. — Lensemble des deux ailes formant la cellule sustenlalrice, pivole autour d'un axe horizontal O dont la position a élé soigneusement calculée.
- Il représente une idée originale mise en œuvre avec talent et poursuivie avec persévérance. On voudrait pouvoir en dire autant de toutes les « nouveautés »*'prétendues qui sortent des ateliers de construction. IL Cuassériauij.
- QUELQUES MOTS SUR LES LOGARITHMES
- A PROPOS DE LEUR TRICENTENAIRE
- La Société Royale d’Edimbourg se prépare à célébrer avec solennité, dans la dernière semaine de juillet, le tricentenaire de l’invention des logarithmes par John Napier, baron de Merchiston, dont le nom, latinisé sous la forme de Neperus, est devenu, en français, Néper.
- C’est, en effet, dans le courant de l’année 1614 que Néper publia à Edimbourg, sous le titre : Miri-fici Logarithmormn canonis description un ouvrage
- in-4° de 56 pages de texte et 90 pages de tables, dédié au Prince de Galles (le futur infortuné roi Charles Ier), qui devait révolutionner l’art du calcul numérique et exercer, par voie de conséquence, une prodigieuse influence sur le développement de toutes les sciences qui sont tributaires de cet art, l’astronomie en particulier.
- Nous ne pouvons, à ce propos, nous dispenser de rappeler que l’un des premiers et. des plus fervents
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- adeptes du nouveau mode de calcul fut Kepler qui, de son propre aveu, aurait peut-être, sans ce secours, renoncé à dresser les tables d’où, par une intuition géniale, il devait dégager les admirables lois des mouvements planétaires qui portent son nom et ont, à leur tour, conduit Newton à la plus haute conquête dont se puisse, sans doute, enorgueillir l’esprit humain dans l’ordre de la philosophie naturelle : le principe de la gravitation universelle !
- Il semble, au reste, que Népcr, esprit essentiellement mystique, ait eu la prescience de tous les progrès dont son invention allait être la source lorsqu’il terminait le livre dans lequel il la faisait connaître par ces mots : « Intérim hoc brevi opus-culo fruamini,
- Deoque opifici summo omnium-que bonorum opilulatori tandem summum et gloriam tribuile (en recueillant les fruits de ce petit ouvrage, payez un tribut de gloire et de reconnaissance à Dieu, souverain auteur et dispensateur de tous les biens) ».
- La notion des logarithmes est, de nos jours, devenue tellement familière, à quiconque a tant soit peu fait de mathématiques, même simplement élémentaires, qu’on perd peut-être un peu de vue l’extraordinaire originalité de la découverte qui lui a donné naissance.
- Par contre, tels de ceux qui, restés étrangers à l'étude des sciences exactes, ne connaissent des logarithmes que le nom, ne seraient pas éloignés d’y voir une manière d’arcane conférant aux initiés un pouvoir mystérieux sur les nombres.
- Les premiers ont tort de ne pas suffisamment apprécier la prodigieuse ingéniosité de ce puissant moyen de simplification des calculs, les seconds de lui attribuer un caractère quelque peu cabalistique.
- Il n’esf, pour l’usage auquel ils se prêtent, rien de si simple que les logarithmes. Cet usage est fondé tout entier sur une propriété que nous allons rappeler : à tout nombre, les tables dites de logarithmes font correspondre un autre nombre qui est appelé le logarithme du premier, et lorsqu'un nombre A est égal au produit de deux autres nombres B et, C, le logarithme de A est égal à la somme des, logarithmes de B et de C.
- C’est cette faculté, que confèrent les logarithmes,
- de remplacer toute multiplication par une simple addition, qui est la source de l outes les simplifications attachées à leur emploi. Pour faire le produit BxC, on cherche dans la table les logarithmes de B et de G (que l’on peut représenter par b et c) et on fait la somme b -+- c ; si a est cette somme, la table fait connaître le nombre A dont u est le logarithme; ce nombre A est égal au produit cherché BxC.
- Inversement, si l’on veut diviser A par B, on effectue la différence a — b de leurs logari thmes et, si on la trouve égale à c, on n’a qu’à lire dans la table le nombre C dont le logarithme est égal à c; ce nombre C est le quotient cherché.
- Plus généralement, pour obtenir le produit d’un nombre quelconque de facteurs, il suffit de faire la somme des logarithmes de ces facteurs ; cette somme est le logarithme du produit qui se lit, dès lors, dans la table en face de son logarithme.
- En particulier la nièmo puissance d’un nombre, qui est le produit de n facteurs égaux à ce nombre, a pour logarithme n fois le logarithme du nombre donné. Inversement, veut-on la racine d’un nombre? On n’a qu’à diyisev par n le logarithme de ce nombre ; le quotient obtenu est le logarithme de
- Le frontispice de la première édition des tables de logarithmes de Neper (reproduit sur Vexemplaire de la bibliothèque de VInstitut).
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- la racine cherchée. Est-il besoin d’insister sur la simplicité de ce mode opératoire comparé à celui sur lequel pâlissent les pauvres écoliers tenus d’appliquer la règle arithmétique d’extraction des racines carrées et cubiques? 11 n’est pas rare même de voir tels d’entre eux, trompés par une fausse apparence, s’imaginer que, s’ils poussaient plus loin dans la voie des mathématiques, ce serait pour y rencontrer des occasions de calculs encore plus arides et plus rebutants alors qu’au contraire, plus on progresse dans cette voie, plus on y découvre de méthodes simples, élégantes, faites non seulement pour la satisfaction, mais même pour l’enchantement de l’esprit.
- Et, à ce propos, on peut être amené à se demander s’il ne conviendrait pas, plutôt que d’astreindre les jeunes écoliers à l’application de procédés d’une notable valeur, certes, en eux-mêmes, mais sans véritable utilité pratique, de les initier, dès le début, au maniement des logarithmes, quitte à ne leur en livrer la théorie que beaucoup plus tard; la question, sans qu’on puisse se permettre de la trancher a priori, mériterait tout au moins d’être sérieusement examinée.
- Ajoutons que, dès le début, c’est particulièrement, en vue des calculs trigonométriques (où interviennent sinus, cosinus, tangentes, cotangentes, etc.), de ceux, par suite, que requiert l’Astronomie (et, au premier rang des applications de celle-ci, la navigation), que s’est surtout affirmée l’extrême utilité des logarithmes, en sorte qu’aux tables des logarithmes des nombres proprement dits ont été immédiate-ments jointes celles des logarithmes des lignes trigonométriques.
- Mais ce serait encore méconnaitre l’exceptionnelle importance de la notion même des logarithmes que de se borner à ne l’envisager que de ce point de vue utilitaire, quel qu’en soit d’ailleurs l’intérêt. En réalité, l’apport de cette notion nouvelle s’est trouvé constituer, non pas seulement dans le domaine du simple calcul, mais dans celui même des mathématiques pures, envisagées sous la forme algébrique, une acquisition de tout premier ordre, initiatrice d’immense progrès, par elle-même d’abord, puis par les généralisations inattendues dont elle a été la source. Il ne saurait être question d’insister ici sur ce côté du sujet qui, pour des mathématiciens, en serait le plus captivant; tout au moins convenait-il, dans ce rapide exposé d’ensemble, de ne pas le laisser entièrement dans l’ombre.
- Une fois que l'on possède un système de logarithmes, on peut évidemment en déduire une infinité d’autres en multipliant tous les logarithmes du premier système par un même facteur quelconque. Ce qui caractérise chacun de ces systèmes, c’est le nombre qui admet pour logarithme l’unité, nombre, qui est dit la base du système. Le système le plus simple, employé pour tous les usages courants, et qui, pour cette raison, est désigné par l’épithète de vulgaire, est celui dont la base est 10. Mais, chose
- curieuse, ce n’est pas le système auquel Néper a songé tout d’abord; celui-là avait pour hase un certain nombre incommensurable qui, comme le fameux nombre tc (rapport de la circonférence au diamètre), appartient à la classe des nombres que les mathématiciens appellent transcendants (*), nombre également désigné du reste par une notation spéciale d’un emploi universel, savoir la lettre e. Or, et c’est là ce qu’il y a de remarquable, c’est précisément ce système initial de Néper qui se trouve jouer, dans le domaine de l’analyse, un rôle tout à fait fondamental; ce sont ces logarithmes népériens qui interviennent directement dans les spéculations du mathématicien, ce qui leur fait aussi donner le nom de logarithmes naturels, alors que ce sont les logarithmes vulgaires qui constituent l’outil journalier dont se sert le calculateur; le passage des uns aux autres est d’ailleurs des plus aisés puisqu’il revient à une multiplication par un facteur constant, le module (multiplication effectuée elle-même par le moyen des logarithmes).
- Mais — et ceci mérite d’être noté —•, c’est Néper lui-même qui, après avoir donné son système initial de logarithmes dits aujourd’hui népériens, se rendit compte de l’utilité, au point de vue pratique, d’adopter les logarithmes vulgaires, de base iÜ. Toutefois la mort ne lui permit pas de réaliser cette réforme dont il avait simplement confié le plan à son fils, et c’est à son ami Henri Briggs, professeur au Collège de Gresham, à Londres, que devait revenir le mérite de faire connaître pour la première fois, en 1624, dans son Arithmetica logarithmica, ces nouveaux logarithmes dont l’emploi est devenu universel.
- Sauf ceux des puissances exactes de 10, comme 100, 1000, etc., les logarithmes vulgaires de tous les nombres entiers sont des nombres incommensurables, c’est-à-dire représentés décimalement par une suite indéfinie de chiffres. Pour avoir, par leur moyen, des résultats de calculs de plus en plus approchés, il faut les obtenir eux-mêmes avec un nombre de plus en plus grand de décimales.
- C’est avec 14 décimales que Briggs eut la patience de calculer lui-même les logarithmes des nombres entiers de 1 à 20000 et de 90 000 à 100000. La lacune de 20 000 à 90000 fut comblée en 1628 par le mathématicien hollandais Ylacq dans une seconde édition de Y Arithmetica logarithmica, publiée à Gouda. C’est, la même année et en cette même ville que furent données par l’Anglais Gellibrand, dans sa Trigonornelria britannica, les premières tables de logarithmes des lignes trigonométriques. C’est à cette date que l’on peut faire remonter l’introduc-
- i. Ces nombres sont ceux qu’aucune équation algébrique à coefficients entiers ne peut admettre pour racine. Les nombres tels que y/ï sont bien incommensurables (par suite exprimables seulement avec un nombre infini de chiffres), mais ils ne sont pas transcendants, y/2 en particulier étant racine de l’équation
- ^2 —2 = 0.
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- QUELQUES MOTS SUR LES LOGARITHMES
- lion des logarithmes dans l’usage courant, des calculateurs.
- Ces tables primitives ont constitué un trésor dans lequel sont venus puiser la plupart des éditeurs subséquents qui, suivant le degré d’approximation qu’ils avaient en vue, n’ont eu qu’à en extraire un nombre plus restreint de décimales (tombant à 5 et même à A) tout en y introduisant des progrès de détail portant sur la disposition matérielle, le classement des nombres, la lisibilité, enfin l’exactitude, car, il faut bien le dire, quelques rares fautes s’étaient glissées — en pouvait-il être autrement? — dans les premières tables de Ylacq, fautes qui ont eu au moins ce. grand avantage de permettre de restituer le caractère de simples copies à des tables qui eussent pu, sans cela, être prises pour originales.
- Tel a été le cas de certaines tables retrouvées en Chine dans le courant du xixe siècle, auxquelles des mandarins, d’ailleurs sans doute de bonne foi, attribuaient une antiquité des plus reculées, alors que la présence, dans leurs colonnes, des fautes caractéristiques de Ylacq, ne pouvait laisser subsister aucun doute au sujet de leur véritable origine, ce qui fait que Népcr n’a pu être dépouillé de sa gloire au profit de quelque ligure légendaire surgissant tout à coup des loin-lains de l’histoire du Céleste Empire.
- Il serait trop long de passer en revue les tables de logarithmes publiées en divers pays depuis trois siècles; le nombre en dépasse certainement 500(Q.
- Pour ce qui concerne la France, il ne faut pas oublier que le livre de Néper, introduit chez nous par Henrion, y fut réimprimé à Lyon dès 1620.
- 1. On trouvera des détails précis sur les plus importantes d'entre elles dans l’article Calculs numériques de l’édition française de l’Encyclopédie des sciences mathématiques (Gauthier-YiHars, 1909) que l’auteur du présent article a signé avec M. le professeur R. Mehmkede, Stuttgard.
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- Quant aux logarithmes vulgaires, ils furent importés en notre pays par l’Anglais Wingate qui contribua également à y vulgariser la règle à calcul.
- Des tables à 7 décimales, publiées par Gardiner, ont fait en 1770, à Avignon, l’objet d’une édition estimée mais bien peu maniable en raison de son format in-folio. Tout en les complétant, Callet les reproduisit, en 1783, sous la forme d’un volume très portatif dont l’exécution fit honneur à l’habile imprimeur Ambroise Didot. C’est lors d’une nouvelle édition de cet ouvrage, en 1795, que le fils
- Firmin de ce même éditeur inventa la stéréo-lypie qui a le, précieux avantage de permel-corriger les fautes au fur et ;i m esure qu’elles sont reconnues sans que l’on coure le risque d’en introduire de nouvelles.
- Pour rencontrer un travail qui ne soit pas simplement de seconde main, d’après le prototype de Ylacq, il faut arriver à la fin du xvme siècle où l’adoption en France du système métrique qui édictait la division centésimale du quart de cercle exigeait le calcul de nouvelles tables tri-gonométriques. La direction de cet important travail échut à Prony qui sut l’organiser d’une façon remarquable. Ayant confié le choix des méthodes et rétablissement des formules à quelques mathématiciens dont le plus réputé était l’illustre Legendre, et attribué le soin de déterminer les résultats que l’on peut appeler de départ à des calculateurs de profession, il abandonna la tâche de remplir le reste des colonnes, au delà de ces résultats de départ, à des auxiliaires que, dans le domaine du calcul, on pouvait regarder comme de simples manœuvres, gens seulement aptes à effectuer les additions que requérait la mise en œuvre, dirigée par les professionnels, de la méthode des différences. Il est curieux de noter que la plupart de ces auxiliaires
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- I18 ——: QUELQUES MOTS SUR LES LOGARITHMES
- avaient été recru tés parmi lès perruquiers que: l'abandon, alors survenu, de la perruque poudrée par la mode masculine avait privés de leur gagne-pain. Il va sans dire qu’en vue du contrôle des résultats (poussés jusqu’à la quatorzième décimale), tous ces calculs étaient effectués en double dans des locaux séparés les uns des autres.
- Ces tables de Prony, dites aussi du cadastre, dont l’impression, entamée par Didot avec 12' décimales, fut interrompue au moment de la chute des assignats, ont donné naissance, il y a quelques années, aux tables à 8 décimales du Service géographique de L'armée, exécutées par l’Imprimerie nationale avec des caractères gravés tout spécialement qui en ont fait un ouvrage presque sans rival pour la beauté de l’exécution.
- On sait enfin qu’en ces tout derniers temps le distingué professeur d’Aslronomie de la Sorbonne, M. Andoyer, s’est astreint à refaire intégralement par lui-même le calci.il d’une table complète de logarithmes qui, en cet ordre d’idées, restera comme l’œuvre la plus importante de notre époque.
- Ajoutons, à titre de curiosité, que certaines tables, — au reste d’étenduç assez restreinte —- ont été publiées avec un très grand nombre de décimales en vue des calculs très précis qu’exigent certaines questions d’ordre théorique. On peut citer à cet égard les tables de Wolfram, à 48 décimales : de Sharp, à (H décimales ; de Parklmrst, à 102 décimales, enfin d’Adams, à 200 décimales. Ces dernières ne renferment que les logarithmes naturels des nombres 2, 5, 5, 7, 40 et celui du facteur (module) qui permet de passer de ces logarithmes aux logarithmes vulgaires.
- En disant ci-dessus? quelques mots du procédé mis en œuvre par Prony pour Je calcul de ses tables, on a indiqué que le gros de la besogne se réduisait aux simples additions requises par l’application de ce que les mathématiciens appellent la méthode des différences. Cela fait immédiatement entrevoir la possibilité de confier à des machines à calculer, du type dit à différences, le soin de dresser des tables de logarithmes. Il ne s’agit pas ici d’une simple fiction. La machine de ce genre, inventée par les Suédois Scheutz père et fils, et qui a figuré à l’Exposition Universelle de Paris en 1855, a pu se prêter à une telle opération. Et non seulement elle effectuait le calcul des logarithmes, mais encore elle en imprimait les résultats en creux dans une lame de plomb en vue de la stéréotypie, calculant et stéréotypant, à la fois, deux pages et demie de table dans le temps où un bon ouvrier typographe n’arrive à en composer qu’une seule.
- Devenue, grâce à la libéralité d’un riche négociant américain, M. Rathbone, la propriété de l’Observatoire Dudley, d’Albany, aux Etats-Unis, elle y a effectivement servi au calcul de tables dont quelques
- exemplaires ont été mis en vente à Paris en 1858.
- De quelque inestimable prix que se soient montrées les tables de logarithmes pour l’humanité calculante, elles ne constituent pas à elles seules tout le bénéfice qu’il a été donné à celle-ci de retirer dp la géniale invention de Néper. A peine, en effet, cette invention avait-elle yu le jour qu’elle se transformait, entre les mains de l’Anglais Gunter, en celle de Y échelle logarithmique sur laquelle les traits, cotés au moyen de certains nombres, sont à des distances de l’origine proportionnelles aux logarithmes de ces nombres. Cette simple échelle de Gunter, sorte de figuration graphique de la table de Néper, devait à son tour être la source d’une foule de perfectionnements dans l’organisation des moyens par lesquels le calculateur peut, de plus en plus, simplifier sa tâche. C’est, en effet, l’échelle de Gunter qui a donné naissance aux règles ou cercles à calcul, aujourd’hui si répandus, dont le type primitif, conçu dès 1652 par Oughtred, s’est depuis lors, avec diverses modifications de détail, multiplié en une infinité de variétés (1).
- Combinés avec divers organes mécaniques, de tels cercles logarithmiques, ont, à leur tour, permis d’engendrer'des machines propres à effectuer des opérations d’une bien autre complication; telle, cette extraordinaire machine à résoudre lès équations algébriques de degré quelconque, imaginée il y a une vingtaine d’années par M. Torrès-Quevedo, et que le savant ingénieur espagnol a, il y a quelques mois, exposée, au milieu de maints autres appareils non moins surprenants de son invention, dans le laboratoire de Mécanique de la Sorbonne.
- C’est également de l’échelle logarithmique qu’est dérivée l’idée de Y anamorphose de Lalanne qui, émise dès 1845, a si notablement contribué au développement, des méthodes graphiques de calcul et provoqué de nouvellésnntuitions d’où, d’étape en étape, a fini par sortir le corps de doctrine aujourd’hui connu sous le nom de Nomographie.
- Quand on jette, comme nous venons de le faire très rapidement, un coup d’œil d’ensemble sur la prodigieuse multiplicité des conséquences qui ont pu, tant dans le domaine de la pratique que dans celui de la théorie, être tirées de l’invention du lord écossais, de 1614, on se prend à penser que, de toutes les productions du génie humain, il n’en est sans doute pas qui l’ait surpassée en fécondité et l’on ne peut dès lors qu’applaudir à l’heureuse initiative qui, parla solennité donnée à la Célébration de son tricentenaire, a ramené la pensée publique vers la source de tant de progrès. M> d’Ocagxe,
- Professeur à l’École Polytechnique
- 1. Sur ces appareils et les diverses machines ou méthodes graphiques qui ont été imaginées en vue de la simplification du calcul numérique, voir l’ouvrage de l’auteur du présent article : Le calcul simplifié par les procédés mécaniques et qra-phiques (Edité chez Gauthier-Yillars).
- r .
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- LES MEFAITS DES COURANTS VAGABONDS
- De nombreuses lignes dè tramways électriques circulent maintenant! à travers les artères des grandes agglomérations urbaines et même sous terre, facilitait le transport économique et rapide des citadins. Mais, hélas! la jeune Fée électricité aime l’école buissonnière et ses écarts ne vont pas sans quelques inconvénients pour le voisinage. Quand on utilise les rails comme conducteurs de retour, le fluide électrique, au lieu de réintégrer directement l’usine, s’amuse quelquefois à parcourir le sol au gré de sa fantaisie. Or ces courants vagabonds provoquent des phénomènes électrolytiques qui mettent, souvent en piteux état les canalisations de gaz et d’eau, ainsi que les lignes télégraphiques et téléphoniques sises à proximité. Dans Paris, en particulier, par suite du développement de la traction électrique, les conduites de fonte ou de plomb se trouvent par endroits transformées en véritables écumoires, comme en témoigne la photographie ci-contre (fig. '1 ). • Aussi l'administration? a -t-elle chargé récemment plusieurs techniciens d’étudier les méfaits de l’électrolyse dans le sous-sol de la Ville-Lumière. Après avoir écouté les doléances des victimes (Société du gaz, Com-r pagnie des eaux et Service des télégraphes), cette commission municipale reçut les dépositions des auteurs présumés des dégâts (Compagnies du Métropolitain, de Tramways, des chemins de fer de l’État, d’Orléans, etc.) et, au cours de cette enquête, elle fit de curieuses constatations qui montrent la difficulté des problèmes à résoudre.
- Non seulement, en effet, les courants vagabonds attaquent les conduites métalliques, mais les corrosions progressent souvent dans toute l’épaisseur du métal jusqu’à la perforation complète, si bien qu’on a pu trouver des parties entières de tuyaux de fonte paraissant indemnes
- et cependant assez désagrégés par l’électrolyse pour se couper avec un couteau en certains points. Parfois les ingénieurs constatèrent que les particules
- Fig. i. — Conduite en tôle bitumée percée par les courants vagabonds, rue Rèaumur, à Paris.
- Fig. 2. — Branchement en plomb de o ni. 027 percé par èlectrolyse, rue de Lyon, à Paris.
- enlevées à la conduite perforée avaient produit une sorte de métallisation du sol voisin.
- Un tel état de choses ne laisse pas detre inquiétant, car les spécialistes n’ont pas encore trouvé de moyens simples et peu coûteux pour supprimer les funestes effets de l’électrolyse sur les canalisations de gaz et d’eau, pas plus que sur les câbles armés de lumière ou de téléphone. Or, avec juste raison, les
- Fig. 4. — Schéma d’une mesure rapide entre une canalisation de gaz et un rail de tramway.
- Fig. 3. — Tuyau de plomb percé par' court-circuit.
- électrolysés demandent aux producteurs d’énergie électrique de ne pas perturber leur exploitation, tandis que ces derniers invoquent l’impossibilité d’éviter complètement les pertes de courants et prétendent qu’il faudrait isoler totalement les conduites de gaz et d’eau pour les empêcher de subir des détériorations. La réglementation actuellement en vigueur semble d’ailleurs absolument insuffisante pour pallier le mal ; elle se borne à un arrêté du Ministre des Travaux publics du 21 mars 1911 limitant au maximum de un volt par kilomètre la moyenne de la perte de charge dans lés voies ferrées exploitées électriquement, pendant la durée effective de la marche des voitures. Or, même quand les compagnies de traction observent ce règlement, les courants vagabonds n’en exercent pas moins
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- leurs ravages aux alentours de la voie servant de-conducteur de retour. •
- Pour’;départager! les intéressés , et . arriver le plus tôt possible, non à une solution complète mais à des palliatifs de fortune pour chaque cas, la commission s’efforce de déterminer les quartiers de Paris dans lesquels les détériorations électrolytiques s’observent le plus régulièrement. Une fois ces zones délimitées, on recherchera .la cause du phc-«aqmèiîè. dans chacune mëîîe^' et on- s’efforcera d’y Remédier. e/Ûes électriciens américains ont déjà jalonné la route. Ainsi, pour la ville de Boston, par exemple, ils ont constaté que dans un rayon de 600 mètres autour de la station centrale, tous les courants vagabonds vont du rail vers les cables sous-plomb du voisinage. La différence de potentiel entre eux atteignait deux volts puis, venait une zone neutre, et plus loin, les courants vagabonds retournaient parfois sous une tension de 12 volts du câble dans les rails.
- Le mécanisme de la corrosion s’explique aisément : lorsque le courant électrique traverse une solution saline, l’acide du sel se rend au pôle positif et le métal va vers l’autre pôle : la galvanoplastie repose sur ce principe.
- Dans une terre humide, traversée par des courants vagabonds, des phénomènes analogues se produisent. Les s'els en-dissolution dans l’humidité, du sol se décomposent, le plomb ou le fer constituant le pôle positif attaqués par les acides mis en liberté se détériorent peu à peu.
- L’expérience indique que l’élec-trolyse peut se produire, de la sorte, sous des différences de potentiel extrêmement faibles.
- Sur les branchements et les pièces de plomb des canalisations de gaz, l’attaque électrolytique se traduit, à son début, par des sortes d’efflorescences
- blanchâtres ayant un peu l’apparence de moisissures; Lorsque, là détérioration, s'accentue, le plomb présente des croûtes et des érosions ressemblant à des ulcères et allan t fréquemment jusqu’à la perforation, comme le montre la photographie (fig. 2) d’un branchement électrolysé. Ces croûtes offrent des couleurs variables, blanches ou jaunâtres, avec des taches noirâtres, rougeâtres ou brunes, suivant la décomposition chimique du terrain environnant et, par suite, suivant les sels de plomb qui se forment, — le plus souvent du carbonate et des oxychlorures ; mais aussi quelquefois des oxydes, du bioxyde, de l’azotate, etc.
- Sur les tuyaux en tôle plombée et bitumée, du type couramment employé par la Société du Gaz de Paris, les courants vagabonds déterminent soit, des piqûres très petites disséminées à la surface du métal et pouvant aller jusqu’à la perforation complète, soit des érosions, plus ou moins étendues, en forme de cratère, d’un aspect caractéristique * soit de véritables trous de grandeur variable, à bords amincis en biseau. En outre, on rencontre souvent sur la tôle, au voisinage des orifices, des colorations verdâtres ou bleu de Prusse.
- Enfui, dans l’attaque électro-lytique des tuyaux de fonte, lofer formé, avec les acides des ; sels contenus dans le sol, des combinaisons généralement so-| lubies. Alors sur les parties corrodées, le fer disparaît graduellement laissant en place le carbone à l’état de graphite avec un peu de carbonate de fer. Le tuyau conserve sa forme et presque l’apparence de la fonte parfaitement , saine. Mais, aux points ainsi minés, une matière friable comme de la craie remplace le métal et cédera, un beau jour, brusquement, si la cana-
- Fig. 5.— Mesure rapide au voltmètre ordinaire de la différence de potentiel existant entre une conduite de gaz et un rail de tramway.
- Fig. 6.— Voltmètre enregistreur pour le relevé des courbes de diffè-rences^de potentiel.
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- lisation supporte une pression quelque peu élevée.
- Un œil exercé reconnaît immédiatement ces détériorations électrolytiques des conduites de gaz et d’eau, il les distingue aisément des perforations dues à des courts-circuits qui sont comme exécutées à l’emporte-pièce et présentent souvent sur leurs bords quelques gouttelettes de métal, témoins irrécusables de la fusion (lîg. 5). Toutefois certaines réactions chimiques, — ciment et sel marin, par exemple, — produisent sur le plomb et sur la tôle des corrosions assez semblables aux dégâts de nature électrolytique. Aussi lorsque l’attaque est d’un aspect équivoque, il faut des mesures pour lever le doute.
- La théorie et l’expérience indiquent qu’une canalisation s’élec-trolyse seulement aux points où le courant la quitte pour revenir, par le chemin de moindre résistance, à son point d’origine, autrement dit à la sous-station d’oîi il provient. Or, pour que du courant électrique puisse sortir d’une conduite et passer, à travers le sol, sur un con-ducteurvoisin, ce
- dernier doit être à un potentiel inférieur à celui de la première. Ainsi, dans les endroits où l’on constate des dégâts paraissant attribuables à l’électrolyse, quand on mesure la différence de potentiel existant entre la canalisation endommagée et les masses métalliques du voisinage, on trouve généralement que la conduite est positive par rapport aux conducteurs sis à proximité ou, tout au moins, par rapport à certains d’entre eux. Dans ce cas, on peut affirmer l’origine électrolytique des détériorations observées. Mais il arrive fréquemment que la cause du dégât a cessé au moment où on le constate. L’état, électrique de la conduite et des conducteurs voisins
- se modifie parfois, au point que la différence de potentiel entre la canalisation et les masses métalliques situées cà son voisinage peuvent devenir presque nulle ou meme négative.
- En résumé, lorsqu’une conduite qui, à simple vue, semble détériorée par des courants vagabonds, est positive par rapport aux conducteurs voisins, l’attaque provient certaine-
- Fig. S. — Relevé d’une courbe de différence de potentiel entre une conduite de gaz et Une terre voisine au moyen d’un voltmètre enregistreur.
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- m'ont de 'Télèctrôlÿsë' cria cause subsisté toujours. Si; au contraire, la différence de potentiel entre la conduite et" les masses métalliques du voisinage est négative ou sensiblement nulle, les détériorations constatées peuvent parfaitement être d’origine élec. trolytique, mais leur cause a disparu.
- Dans l’étude de ces phénomènes, les techniciens s’attachent donc d’abord aux différences de poten-
- Fig. 9. — Courbe de différences de potentiel entre une conduite de gaz et la terre voisine, relevée pendant une journée.
- fiel. Ils les déterminent au moyen d’un voltmètre à résistance très élevée ; de la sorte, le courant pouvant; passer à travers l’appareil est extrêmement faible et, par suite, l’état, électrique des deux conducteurs, entre lesquels il s’agit de mesurer la différence. de potentiel, 11e se trouve pas modifié de façon appréciable.
- Les ingénieurs, que nous avons vus à l’œuvre dans les rues de Paris, se servent de préférence d’un voltmètre ayant plusieurs sensibilités et dont la graduation présente son zéro à son milieu, de façon qu’il soit possible de lire, sans avoir à modifier les connexions, les valeurs successives d’une différence de potentiel très variable, aussi bien en grandeur absolue qu’en sens.
- Quand il s’agit d’effectuer une mesure rapide, on procède de la façon suivante. On connecte (voir schéma 4) aux bornes de l’appareil deux fils de cuivre isolés, reliés à une pointe munie d’une poignée en bois que l’opérateur tient à la main. La photographie (fig. 5) représente la façon de prendre rapidement la différence de potentiel entre une canalisation de gaz et un rail de tramway voisin. L’un des hommes met le contact, non pas sur la conduite elle-même, mais, ce qui revient sensiblement au même, sur le fût d’un candélabre à gaz relié directement, par son branchement, avec la canalisation.
- Dans la plupart des cas, ces déterminations sont insuffisantes. Il y a lieu de procéder à des expériences plus complètes afin de connaître comment varie, suivant les heures de la journée, la différence de potentiel existant entre une conduite détériorée et les masses métalliques voisines. On doit également se rendre compte de sa valeur pendant la nuit, an moment où les compagnies de traction cessent leur service. Pour cela, on emploie un voltmètre enregistreur qui inscrit les variations, sur une feuille enroulée sur un cylindre (fig. 6).
- - Pai* exemple, pour relever une courbe de diffé-
- rence de potentiel entre une canalisation de gaz cl un rail de tramway, on appuie un des contacts sur le branchement d’un candélabre au moyen d’un ressort flexible introduit dans le fut de l’appareil; la liaison avec le rail, se fait par une patte en fer, de forme spéciale, présentant une grande élasticité pour pouvoir céder sans se briser, au passage de lourdes charges. Sur une autre de nos illustrations (fig. 8), les opérateurs enregistrent de même une courbe de différence de potentiel entre une conduite de gaz et une fiche enfoncée dans la terre au voisinage. La courbe obtenue dans ces conditions pendant trois quarts d’heure a une allure quelque peu désordonnée, quand elle se rapporte à des courants vagabonds dérivés des rails de roulement d’une Compagnie de traction (fig. 9). Au contraire, quand la différence de potentiel reste presque fixe, ou qu’elle offre des variations en décrochements, elle provient d’une perte sur un réseau de distribution d’éclairage et de force.
- L’examen d’une courbe de différence de potentiel relevée pendant une durée de 24 heures fournil généralement les indications utiles sur la nature et l’origine des courants vagabonds, auteurs des détériorations constatées. Parfois, même, une telle courbe présente certaines particularités qui peuvent être tout à fait concluantes.
- Mais, le plus souvent, et exception faite des cas parfaitement nets où l’électrolvse a pour origine une perte franche sur un circuit d’éclairage, la détermination de l’auteur responsable des dégâts nécessite toute une série d’expériences et de mesures très délicates et fort laborieuses.
- Lorsque l’électrolyse paraît imputable à des dérivations de courants issues des voies d’une compagnie de traction utilisant le rail de roulement comme conducteur de retour, les constatations doivent porter sur une zone assez étendue. On étudie alors.l'état électrique de toute une région et on complète les déterminations précédentes par des mesures du sens
- Robmet dabonne Robinet dabonnè
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- il Conduite de Gaz : A
- Fig. 10. — Mesure du sens des courants parcourant! es conduites détériorées.
- des courants parcourant les conduites détériorées et les conducteurs installés à leur voisinage, soit, dans le sol, soit à la surface. On emploie pour cela un ampèremètre à très faible résistance pour que l’intensité de la dérivation qui traverse l’instrument soit aussi grande que possible. Le schéma ci-dessus (fig. 10) indique la façon d’opérer. Deux fils de cuivre isolés réunissent l’appareil à deux pointes munies d’une poignée en bois que deux opérateurs viennent mettre en contact avec une conduite de gaz en deux
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- points distants d’environ 40 à 50 ra., ou, ce qui revient au meme, en contact avec les robinets des deux branchements pris sur cette canalisation (fig. 7). Gomme nous l’avons vu pour la mesure des différences de potentiel, on peut employer, de meme, des ampèremètres enregistreurs permettant de relever la courbe des variations, aux différentes heures de la journée et de la nuit, du sens et de l’intensité du courant circulant sur la conduite.
- Certains techniciens, entre autres le professeur Ganz, les ingénieurs Nourtier, Payot et Tobiansky d’Àltoff ont proposé divers remèdes pour atténuer les effets nuisibles des courants vagabonds, mais ces procédés ne paraissent pas jusqu’ici résoudre pratiquement la question. D’une façon générale, selon les opinions
- les plus autorisées, il faut d’abord s’attacher à réduire au minimum la perte de potentiel dans les voies de traction et pour cela maintenir une liaison parfaite entre les rails. On limitera, en second lieu, le rayon d’action de l’usine génératrice, de façon que les courants ne s’égarent pas sur une trop grande longueur, et il suffit de multiplier les sous-stations pour atteindre ce but. Enfin, comme troisième moyen, onéreux mais très efficace pour combattre les « importuns chemineaux de l’électricité")), les spécialistes américains préconisent l’isolement des conducteurs de retour. Ce système paraît être le seul capable de supprimer complètement les 'phénomènes d’électrolyse imputables aux compagnies de traction. Jacques Boyer.
- PREMIERE EXPOSITION INTERNATIONALE
- D’OISEAUX DE VOLIÈRE, DE POISSONS D’ORNEMENT ET D’INSECTES VIVANTS
- Cette Exposition qui est restée ouverte, du 6 au 21 juin, au Jardin d’Acclimatation du Bois de Boulogne, a été une véritable révélation pour le public parisien. Ce public qui passe, à tort ou à raison, pour plus curieux de peinture, de musique et de théâtre que des choses de la Nature, a fait fête à cette Exposition, comme le prouve l’affluence des visiteurs qui ne s’est pas ralentie un seul jour. Espérons que cet engouement portera ses fruits et que le nombre des personnes qui s’intéressent aux animaux vivants s’accroîtra d’année en année.
- Les naturalistes ont signalé le péril qui menace la faune du globe, et particulièrement les Oiseaux qui, sans parler de leur utilité pratique, en sont la principale parure ; acclimater et domestiquer de nouvelles espèces, apparaît aujourd’hui comme le meilleur moyen de parer à cette diminution rapide, devant laquelle toutes les ordonnances de police resteront forcément impuissantes.
- Nous passerons successivement en revue les trois sections de cette Exposition, dont chacune présente son intérêt particulier.
- Les Oiseaux. —- 11 fut un temps où l’on
- croyait qu’il était impossible, sous notre climat d’Europe, de faire vivre en cage ou en volière certains Oiseaux délicats des régions équatoriales, tels que les Oiseaux-Mouches et les Souïmangas. Ce préjugé tenait surtout à ce que l’on connaissait mal les mœurs et le régime de ces Oiseaux; de plus, la lenteur et les difficultés des voyages maritimes, rendaienOplus précaires tous les essais faits dans cette voie. Aujourd’hui, grâce à la vapeur, ces voyages sont plus courts et plus surs ; d'un autre côté, on est mieux renseigné sur la nourriture qui convient à chaque espèce, et les progrès de l’hygiène se sont étendus de l’homme aux animaux domestiques et à ceux qu’il garde en cage. C’est ainsi que MM. De-lacour et le Comte G. de Ségur ont pu nous montrer des Oiseaux-Mouches et des Souïmangas, vivant à Paris en captivité; queM. R. Pauwels, un riche amateur belge, a pu se donner le plaisir de posséder au Grubbe, près Bruxelles, une collection variée de Paradisiers de la Nouvelle-Guinée. Sans doute, ces Oiseaux dépaysés demandent plus de soins que les robustes Gallinacés de nos volières, mais leur beautéc com-
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- Fig. 2. — A gauche : le Faisan mikado (Callophais Mikado); à droite : Chlorænas speciosa.
- pense largement ce surcroît de précautions, et, l’expérience aidant, ce qui semblait impossible, il y a cinquante ans, devient désormais simple et facile.
- Au premier rang de cette Exposition se place la çiche collection de M. Jean Delacour, le jeune et zélé Secrétaire de la section d’Ornithologie de la Société
- Nationale d'Acclimatation, collection qui, à elle seule, aurait suffi pour attirer le public. C’est la première fois, si je ne me trompe, que l’on a pu voir en cage des Souïmangas, ces élégants Oiseaux de l’Afrique intertropicale, auxquels les colons du Sénégal appliquent à tort le nom de « Colibris ». Si les femelles,
- Fig. 3.---Quelques oiseaux exotiques : i, Alectrœnas pulckerrimus; 2, Pomatorhinus erythrogenys ;
- 3, Garrulax leucolopbus; 4, Cacatua hœmatopygia; 5, Aulacoramphus prasinus; 6, Cœreba cyanæa;
- 7, Lophopaps leucogaster.
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- Fig. 4. — Quelques poissons exotiques : r.Gastêropelecus stellatus; 2, Gasteropelecus fasciatus; 3, Pantodon de Buchholz ; 4, la Scalaire (Pterophyllum scalare) ; 5, Hero spurius; 6, le Porte-épée (Xiphophorus Helleri); 7, Plecostomus Commersoni; 8, Télescopes.
- déjà très gracieuses dans leur sobre costume I du ménage qui sont leur partage, fixent peu l’atten-(( tailleur » de couleur foncée, approprié aux soins | lion, par contre la parure éclatante des mâles, veri-
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- table robe de bal brillant au soleil, ou à la lumière électrique, de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, est un régal pour les yeux. D’habiles éleveurs ont trouvé la composition d’une pâtée qui remplace à la fois le pollen des fleurs et les minuscules insectes dont ces charmants Oiseaux se nourrissent dans leur pays natal, et les petits pensionnaires de M. Delacour sont assez privés pour venir chercher leur nourriture en se perchant sur le doigt de leur maître.
- Parmi les Oiseaux de volière, le plus rare est certainement le magnifique Faisan mikado, dont le male est paré d’une livrée bleu de roi, avec un œil miroitant sur chaque plume, bien différente du plumage propre aux autres faisans. Cette espèce, qui est originaire de l’ile de Formose, et n’est connue que depuis peu d’années, n’a été introduite en* Europe qu’en 1915, et le couple que possède M. Dc-lacour est probablement le seul que l’on puisse voir vivant actuellement en France. Mais ce bel Oiseau est aussi rustique que les autres Faisans, et tout fait présager qu’il pourra s’acclimater dans rnotre pays.
- Parmi les Perroquets, qui sont nombreux, il faut signaler un couple d’Eclectus roralus (ou polychlo-rus), dont le mâle est vert et la femelle rouge et bleue, ce qui est exceptionnel chez les Oiseaux où le mâle porte d’ordinaire les couleurs les plus éclatantes. Puis, dans le groupe des Passereaux voisins à la fois des Corbeaux, des Étourneaux et des Paradisiers, des Mainates del’Àrchipel Indien. Ces Oiseaux sont remarquables par leur chant qui, seul peut-être parmi tous ceux de la gent ailée, a l’ampleur de la voix humaine, ci-par leur don d’imitation, la facilité avec laquelle ils apprennent à parler. Sous ce rapport, ils remplaceraient avec avantage, dans nos appartements, les Perroquets criards, à voix de polichinelle.
- Le groupe des bengalis comprend de magnifiques Pœphila gouldiæ et mirabilis de l’Australie, des Erythrura prasina de la Malaisie, celui des Pigeons, des Nicobars (Calœnas) à collerette tombante, dont les spécimens empaillés ne rappellent que de loin l’élégance souveraine, de rares Alectrœnas pulcherrima, des Gouras des deux espèces si recherchées pour leurs gracieuses aigrettes. Enfin de véritables Aigrettes d’une blancheur immaculée.
- Beaucoup d’autres Passereaux, dont j’épargne les noms latins à mes lecteurs, tels que le Garrulax leucolophus, YAcridotheres cristatellus, etc., seraient encore à citer pour leur rareté ou leur utilité comme insectivores. Je me contente de signaler ceux que l’habile crayon de M. Millot a reproduits ici, dans leur attitude naturelle : les Toucans et les Aracaris de la Guyane, le Cacalua hœmatopygia des Philippines, le Lophopaps d’Australie, le Guit-Guit de Cayenne, qui représente en Amérique les Souïmangas africains, le Pomathorinns de Chine.
- On comprendra, après cette énumération, que M. Delacour ait largement mérité le Grand Diplôme d’Honneur qui lui a été décerné.
- La Société Ornithologique de l’Est de la Belgique,
- dont le siège est à Yerviers, est, semble-t-il, la seule qui ait voulu contribuer à cette Exposition pour lui conserver son caractère international. Cette Société expose une nombreuse collection d’Oiseaux d’Europe, en parfait état de santé, malgré leur captivité dans des cages étroites. Les visiteurs ont pu apprendre ainsi à connaître les hôtes habituels de nos champs et de nos bois, dont la protection et la conservation est à l’ordre du jour de l’époque actuelle. On ne saurait trop féliciter cette Société, qui n’a pas hésité à faire un déplacement onéreux et surtout dangereux pour ses petits pensionnaires, afin de montrer son zèle pour la Science et la protection des Oiseaux.
- Les Poissons. — Le goût des amateurs a évolué pour les Poissons d’ornement comme pour les Oiseaux de cage et de volière. A l’insipide Cyprin doré tournant sans trêve dans un bocal, que seul ont connu nos ancêtres, on peut substituer aujourd’hui des Poissons d’aquarium très variés qui sont de véritables merveilles, et que l’on a appelés avec raison « les Colibris de la mer ». L’eau de mer artificielle se prépare très facilement et se conserve indéfiniment avec de simples précautions d’hygiène, en y plaçant quelques plantes aquatiques qui absorbent l’acide carbonique produit par la respiration des animaux, et surtout en y entretenant un brassage par une abondante arrivée d’air qui renouvelle sans cesse l’oxygène de l’eau contenue dans l’aquarium. D'ailleurs, les Poissons d’eau douce exotiques ne sont pas moins brillants que les Poissons marins.
- C’est M. Lefebvre, de Nogent-sur-Marne, qui; a installé le très curieux et très intéressant aquarium de l’Exposition des Poissons d’ornement. Il est difficile de donner une idée des couleurs chatoyantes dont sont parés certains Poissons, dans le milieu transparent qui leur est habituel. Ce sont les irisations délicates de la nacre, des écailles semblables à des pierres précieuses, qui constellent les flancs, des bandes et des écharpes de couleurs variées, des formes élégantes ou étranges, qui restent agréables à l’œil, même dans ce qui semblerait une difformité.
- C’est ce dernier cas qui se présente pour le Cyprin télescope (Carassius auratus) produit de l’industrie fantaisiste des Chinois et des Japonais, variété monstrueuse, affinée par sélection, du vulgaire, Poisson rouge. Avec ses yeux exorbités et saillants, sa nageoire caudale dédoublée et retombant en panache comme les « flancs » d’un Paradisier, ce curieux animal tient à la fois de l’Oiseau et du Poisson. Parmi les Poissons remarquables surtout par leur forme et les appendices dont ils se parent, il faut citer Panlodon Buchhohi de l’Afrique Occidentale, Plecostoma Comrnersoni du Brésil, Gasteropelecus fasciatus et stellatus aux ventres de Silène, Xipho-phorus Helleri dont la caudale se prolonge comme une longue épée, Plerophyllum scalare, mince et comprimé comme un écu de cinq francs qui serait pourvu d’yeux et de nageoires, Parmi ceux qui brillent surtout par leur coloration, on remarque Ileros spurius, Tetragonoptera ulrici, Petersiiis spiio-
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- LE VOL SANS MOTEUR - -. := 127
- plerus, Uaplochilus sexfasciatus, Trichogaster lalius, Cichlosoma nigrofascial'us, Paratilapia multicolor, plusieurs Danio, sans oublier les Macropodes qui changent de couleur sous l’influence d’une excitation un peu vive.
- Les Insectes. — Les Expositions d’insectes vivants sont une des plus utiles « leçons de choses » que l’on puisse mettre sous les yeux du public. Combien de personnes ignorent encore que la hideuse chenille se transforme en un léger et brillant papillon ; que le ver blanc qui ronge nos moissons par la racine deviendra le Hanneton si cher aux écoliers? Est-il un spectacle plus instructif que celui d’une fourmilière installée dans une vitrine transparente, permettant de voir l’activité de cette république si parfaitement organisée, avec ses ouvrières et ses soldats, ses ilotes et ses animaux domestiques, ses berceaux d’élevage pour les larves et ses cimetières où l’on transporte les cadavres selon les lois les plus strictes de l’hygiène?
- L’exposition collective de la Société d'Acclimatation nous montre toute une série de Lépidoptères vivants dans des vitrines où l’on peut voir ces Insectes passer par leurs trois états successifs de larve, de nymphe et d’insecte parfait. Plus loin, ce sont des Coléoptères, Blaps et Pimelies, Carabes, Cicindèles et Cétoines, des Scarabées sacrés d’Égypte; puis des Orthoptères mimétiques, Bacilles, Insectes-feuilles (Phyllomorpha laciniata, Patronychia captalci) ; enfin une grosse sauterelle algérienne (Pamphagus elephas), qui reste toujours aptère.
- M. le Docteur Boubaud, de l’Institut Pasteur,
- expose des mouches Tsé-Tsé, ces terribles agents des maladies à Trypanosomes dans l’Ouest Africain. A côté de ces Insectes néfastes, en voici d’utiles : M. Clément, le distingué professeur d'Agriculture du Luxembourg, nous montre un Acridien créo-phage, faisant la chasse aux autres Insectes dont il se nourrit, par conséquent ami de l’horticulteur, le Tachicinus asynamorus qui vient d’être introduit accidentellement dans nos serres. Cet Orthoptère, originaire de l’Extrême-Orient, a passé par l’Amérique pour arriver en Europe. Un peu plus loin, on peut voir le Novius cardinalis, la célèbre Coccinelle que l’on est allé chercher en Australie pour détruire Ylcerya purchasi qui infecte les Orangers, et que l’on est en train d’acclimater au Cap Ferrât dans les Alpes-Maritimes.
- Ne quittons pas l’Exposition sans signaler les cadres et les dessus de meubles ornés de magnifiques papillons, grâce à un procédé nouveau, par M. Le Moult, et les Insectes montés en bijoux, aussi solides que du bronze, qu’exposent le même fabricant et M. Séraphin.
- Félicitons, en terminant, M. le Prince Pierre d’Arenberg, qui a eu l’initiative de cette belle Exposition, ainsi que MM. Clément et Loyer qui en ont été, avec lui, les principaux organisateurs.
- Tous les membres du Comité, d’ailleurs, se sont tenus journellement, avec une patience inlassable, à la disposition du public, donnant tous les renseignements que les visiteurs pouvaient désirer, et souhaitons que cette première Exposition soit suivie de beaucoup d’autres. E. Troüessaut.
- LE VOL SANS MOTEUR
- Depuis rhivenlion des dirigeables et celle des aéroplanes, il semble que la conquête de l’air ne puisse plus nous réserver qu’une révolution capable de frapper au même degré l’esprit des hommes : ce serait le vol sans moteur.
- Le problème que cherchaient les Wright, qui avant eux avait fasciné Mouillard, le rêve qui hante aujourd’hui tant de cervelles, c’est de voler à la façon des oiseaux voiliers. Ceux-ci empruntent évidemment au vent lui-même la force motrice qui leur est nécessaire : l’homme peut-il faire comme eux?
- Des expériences sensationnelles, que viennent de publier le commandant Dorand, chef du Laboratoire d’aéronautique militaire de Chalais-Meudon, et son collaborateur le capitaine Alavrae, permettent d’esquissor une réponse affirmative (*).
- Voici ces expériences :
- Le sergent aviateur Grasset a pu, à bord du biplan blindé qu’il pilote, s’immobiliser dans le vent pendant plusieurs secondes, moteur éteint.
- Les conditions atmosphériques nécessaires pour la réalisation de ce phénomène ont pu être précisées : le vent doit souffler face à l’appareil et dans une direction ascendante,' sinon d’une manière continue, du moins selon
- 1. Technique aéronautique, 15 juin 1914.
- un rythme périodique. Dans ces conditions, l’avion peut non seulement stationner dans l’espace, mais encore monter ou descendre, avancer ou reculer, sans le secours de son moteur.
- La manœuvre à faire pour obtenir l’immobilisation est la suivante : le moteur étant éteint, l’aviateur met d’une manière très lente et progressive le gouvernail de profondeur à la montée; l’avion ralentit, puis s’arrête. Si le vent est assez fort, il peut même arriver qu’en même temps l’avion monte. Dans cet état, l’avion n’obéit plus à son gouvernail de profondeur, pourvu qu’on le manœuvre lentement : il ne pique ni ne cabre
- Transversalement, de légers battements, imprimés avec vivacité aux ailerons par le pilote, s’opposent au roulis ; enfin, sous l’action de son gouvernail de direction, l’avion pivote sur lui-même avec la docilité d’une girouette.
- Tels sont les résultats qui viennent d’être publiés. Ils sont fort curieux et suggestifs. La conclusion que donnent les savants officiers dans l’analyse que nous venons de résumer est à retenir :
- '« Les oiseaux volent, à voile sans difficulté, disent MM. Dorand et Alayrac; un aviateur nous a démontré que l’avion se prêtait à ce genre d’exercice ; il est donc à supposer que d’ici peu l’homme saura utiliser le-vent pour ménager le précieux combustible qu’il possède à son bord. ». B. CiussÉMAun.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 juillet 1914. — Présidence de M. Appell.
- La formation îles océans. — M. Termier adresse une nouvelle Note de M. Emile BcJot dans laquelle l’auteur complète sa théorie de la formation des océans. Il a déjà montré que la translation de la terre dans la nébuleuse originelle a donné à son atmosphère une circulation telle que l’antarctide a reçû le premier de tous les déluges. M. E. Belot estime qu’il en a été de même pour.tous les corps volatils autres que l’eau, et que le sel marin a dù se déposer avant l’eau sur l’antarctide, de telle sorte que les premiers océans ont eu une forte'salure. Cette concentration du sel hors des continents a permis la végétation dès le début de l’ère primaire. Au point de vue dynamique, l’arrivée dyssimétrique de l’eau sur la terre produisit pour l’équilibre autour du centre de gravité de celle-ci les deux conséquences suivantes : les continents, et notamment leurs môles archécns, ont eu toujours pour antipodes lès mers ; le poids1 des océans est égal au poids des terres élevées sur le niveau de base, c’est-à-dire sur le niveau primitif du noyau terrestre anhydre.
- Propriétés des spectres. — M. de Grainmonl expose des considérations générales sur les raies ultimes des spectres des éléments, lorsque ces spectres sont obtenus à l’aide de sources lumineuses diverses. Ces raies, qui décèlent les éléments à l’état de faibles traces, 11e restent pas toujours identiques à elles-mêmes quand les conditions sont différentes; elles sont d’autant plus situées vers le rouge que la température de la source est plus basse.
- L’alcaloïde de la galégine. — M. Daslre rappelle que M. Tanret a récemment .extrait de la Galega officinalis, légumineuse communément appelée galégine, un alcaloïde dont il a examiné les caractères chimiques. Il en a depuis étudié l’action physiologique. C’est un paralysant de la moelle et des centres nerveux qui provoque la mort. Ainsi s’explique un fait déjà observé, que des animaux de troupeaux avaient été malades après avoir brouté dans une prairie où croissait la galégine. 1
- Cn. de YuxEDEtir.
- Lyon, vient d’opérer l’intéressante reconstitution d’un animal préhistorique dont une partie des ossements ont été retrouvés par lui dans les sables pliocènes des • environs de Montpellier et qui mesure 2 m. 05 de longueur sur 0 m. 66 de largeur au thorax et dont la tête aO m. 06.
- Voici les renseignements qu’a bien voulu nous fournir M. Depé-ret sur ses remarquables travaux :
- « Depuis 20 ans, je recueille avec patience les ossements de cet animal dans les carrières de sable des environs de Montpellier. J’ai eu la chance de découvrir le cou et tout le tronc d’un même individu ; la tête appartient à un autre sujet et la queue ainsi que les membres antérieurs ont été laits par la réunion, de pièces trouvées isolément.
- : Le bassin, très intéressant, est réduit à un seul os qui représente à la fois l’iliaque et l’ischion, le pubis n’existant pas. À la jonction de l'iliaque et de l’ischion existent quelques rugosités qui marquent la place de la cavité cotyloïde qui existait chez les Siréniens plus anciens des époques miocène et oligocène. .
- L’animal de Montpellier: est le seul spécimen complet .qui existe au monde. Les Siréniens fossiles
- complets sont d’ailleurs très rares cl on ne connaît que YHalitherium Schinzi de l'oligocène de Megera (plusieurs squelettes en Allemagne) et le Miosiren
- Kohi reconstitué par M. Dollo au Musée royal de Bruxelles.
- Comme affinités avec les Siréniens actuels, le Felsinotheriu ni n’est pas l’ancêtre du Dugong actuel de la mer Rouge et de l’océan Indien qui est trop petit pour cela et qui présente des différences im-portantes par la forme raccourcie du crâne, les côtes plus minces et plus spongieuses, etc.
- Il n’est pas impossible que le descendant du Felsi-notherium soit la Rhytinci Slelleri actuelle ou du moins vivante à des époques historiques sur les côtes du Kamschatka et des îles Aléoulienncs ; cette espèce gigantesque (8 m. de long) est aujourd’hui éteinte, massacrée par les chasseurs.
- C’est là encore un bel exemple de l’évolution par augmentation graduelle de la taille, loi générale que j’ai essayé de mettre en lumière pour tous les rameaux dévolution des animaux fossiles, d Ajoutons, que le 15 juin dernier, une communication a été faite à l’Académie des Sciences sur cette reconstitution en tous points remarquable.
- . Hexriquez-Phillipe.
- UN ANIMAL PREHISTORIQUE
- , Le Felsinotherium Serresi
- M. Depéret, doyen de la Faculté des Sciences de
- Le Felsinotherium des sables pliocènes de Monlpellier.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2147. r^— - " .. —..........-.--------~ 18 JUILLET 1914.
- L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 21 AOÛT 1914
- Nous avons signalé ici .même, à l’occasion des dernières éclipses de Soleil (l), l’intérêt que présentent ces phénomènes au point de vue de l’étude de l’atmosphère solaire. Nous nous contenterons aujourd’hui de renvoyer le
- 1 (acteur aux précédents articles p our tout ce qui concerne- les gé-n érali tés des éolipses de Soleil e t les observations à faire, et, nous insisterons p lus particulièrement sur les con-d itions astrono-miques dans lesquelles se produira l’échpse du
- 2 1 août prochain.
- On sait que le nombre des éclipses de Soleil visibles d’un lieu donné est relativement faible. C’est ainsi montré qu’à Paris même, dans le cours du xxe siècle, il y aurait seulement 45 éclipses de Soleil, dont deux totales, le 17 avril 1912 et le
- 11 août 1999. L’éclipse du 17 avril 1912 fut à peine totale et l’on se rappelle qu’au moment de la phase centrale, le bord de la Lune parut entouré d’un chapelet complet de points brillants — ou grains de.
- Baily — ainsi qu’en ont témoigné les photographies prises, notamment, dans la région parisienne (2). Les plus récentes 'éclipses totales dont les trajectoires passaient près de la France sont celles du 28 mai 1900 et du 50 août 1905,
- L Yoy. n" 1673,17 juin 1905; 1676, 8 juillet 1905 ; 1681,
- 12 août 1905; 2025, 16 mars 1912.
- visibles en Espagne et en Algérie. Après l’éclipse du 21 août, dont nous allons nous occuper, les prochaines éclipses totales se produisant à une distance relativement faible de France seront celles du 29 juin 1927, totale en Nor vège, et du 19 juin 1956, totale en Grèce et en Turquie. Une belle éclipse annulaire sera visible en Norvège, le 8 avril 1921.
- L’éclipse du 21 août 1914 pourra être observée comme éclipse totale ou partielle des régions orientales de l’Amérique du Nord, de tout le continent européen, de l’Afrique du Nord et de l’Ouest de l’Asie. La zone centrale, d’une largeur de 100 à 150 km,
- commence aux îles Banks et du Prince-Albert, tout au Nord de l’Amérique (lig. 1), traverse la partie septentrionale du Groenland, l’océan Glacial Arctique, la Norwègc, la Suède, la Baltique, la Russie occidentale, la mer Noire, l’Asie Mineure, les Indes, la Perse et se termine dans le Beloutchistan et l’Hin-doustan.
- La plus grande durée de la phase totale sera de 2 minutes 14 • secondes et se produira en Russie, dans les gouvernements de Vilna et de Minsk.
- Nous donnons ici (fig. 5) la carte des régions de l’Europe pour lesquelles l’échpse. est totale. Cette figure est une réduction d’une grande 2. Yoy.-h° 2051, 27 avril 1912.
- Fig. i. — Points dit- globe d'où l'on pourra observer l’éclipse de Soleil du 2/ août 1914 (d'après la carie de la Connaissance des Temps).
- que M. Flammarion a |
- Fig. 2. — La plus grande phase de, l’éclipse de Soleil du 21 août 1914, à Paris (12 h. 18 m.).
- 42° Année — 2° Semestre.
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- 130 ' L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 21 AOÛT 1914
- Milieu
- de la Durée Totalité de la T.M.astro. Totalité Greenwich
- Anple au
- Facteur pour la durée de la Totalité
- Hauteur
- Zenith de la ligne
- des"
- contacts
- internes
- Soleil
- 35913
- 37950'
- 110°
- 2 T110?
- 38° 42
- 1079
- 39° 21' 104?
- Ps kovt
- .39° 51
- Mohile'/
- 291135
- 39918'
- Poltava
- .37945
- hnm.
- 359 6
- Carie des régions de Corrections de l'angle Fig. 3. VEurope pour lesquelles au z énith
- l’Eclipse du 21 A.oût 1914 est totale (').
- carte très complète dressée par M. le comte À. de la Baume Pluvinel, président de la Société astronomique de France, et qu’il a publiée dans le Bulletin de cette Société. Elle rendra de grands services aux observateurs qui se rendront en Norvège, en Suède et en Bussie ainsi qu’à ceux de nos lecteurs habitant ces régions, car elle les renseignera très complètement sur les diverses phases du phénomène et sur l’heure où elles se produiront. Quelques explications succinctes, extraites de l’article de M. de la Baume Pluvinel, permettront de tirer tout le parti utile de cette carte. L’auteur a disposé de chaque côté des colonnes dont, les titres sont suffisamment explicites.
- La première de ces colonnes donne l’heure du milieu de la totalité en temps moyen astronomique de Greenwich, c’est-à-dire en heure légale française diminuée de 12 heures. Ainsi, pour le point delà ligne centrale le plus rapproché de Kiev, le milieu de la totalité a lieu à 0h 45"'. Pour avoir l’heure locale correspondante, il suffit de tenir compte de la longitude en temps, indiquée dans la quatrième colonne. La deuxième colonne donne la durée de la totalité. Comme nous l’avons dit plus haut, on voit qu’elle atteint 2m14s à son maximum, près de Minsk. La cinquième colonne indique la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon au moment de la phase totale : cette hauteur est à peu près la meme pour tous les points de la zone de la totalité; elle n’atteint pas tout à fait 40°. Enfin, la sixième colonne donne l’angle au zénith du deuxième point de contact. Cette indication est utile, car elle permet de prévoir pour un lieu donné quel sera le dernier point du Soleil qui disparaîtra, ou le premier qui réapparaîtra. Elle est utilisée pour le réglage à l’avance de certains appareils, notamment de ceux qui servent à photographier le spectre éclair. L’angle au zénith est compté à partir du point supérieur du limbe du Soleil, dans le sens inverse du mouvement des aiguilles d’une montre. En ajoutant 180° à cet angle, on aura, avec une précision suffisante, l’angle au zénith du troisième contact.
- Pour les divers points de la zone de totalité autres que ceux pour lesquels les chiffres sont donnés, 011 opérera par une simple interpolation.
- La durée de la totalité dans une station s’obtiendra en multipliant la durée de la totalité sur la ligne centrale par un certain facteur dépendant de la distance de cette station à la ligne centrale de l’éclipse. La valeur de ce facteur est indiquée, sur les lignes fines tracées parallèlement à la ligne centrale, en haut de la carte. On voit que l’on peut s’écarter de 50 km de part et d’autre de la ligne centrale sans que la durée de totalité varie de plus de 1/10e. A 12 km des limites de la zone de totalité, la durée de l’éclipse est réduite de moitié.
- La carte originale contient encore, pour certaines villes importantes, la nébulosité moyenne du ciel en août, d’après 10 années d’observations. Cette donnée
- 1. Dressée par M. le comte A. de la Baume Pluvinel.
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- L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 21 AOÛT 1914
- n’a pu cire figurée ici en raison de la réduction considérable de la carte. La nébulosité est assez élevée en Norvège (6,8). Elle décroît sensiblement en allant vers le Sud et n’est plus que de 2,4 à Théodosie où les chances de beau temps sont les plus grandes.
- Plusieurs missions astronomiques se rendront en Russie pour l’étude de cette éclipse.
- Trois missions françaises se rendront à Théodosie, en Grimée :
- 1° Mission privée de M. de la Baume Pluvinel. Assistants :MM. Senouqueet Rougier. M. delà Baume Pluvinel est un spécialiste de l’observation des éclipses de Soleil et il a organisé à ses frais, depuis longtemps, un très grand nombre de missions analogues. La mission aura à sa disposition un cœlostat tà 2 miroirs pour la photographie de la couronne solaire avec des objectifs de 12 m. et de o m. de longueur focale. Elle utilisera en outre divers spec-Iroscopes à fente, ou à prisme-objectif eu spath et quartz. M. de la Baume Pluvinel compte mesurer l’éclat intrinsèque des diverses parties de la couronne et la lumière globale de celle-ci.
- 2° Mission privée de M. P. Salet, astronome de l’observatoire de Paris. M. Salet aura à sa disposition une monture équatoriale avec cœlostat alimentant des appareils photographiques munis de polariscopes pour l’étude de la polarisation de la lumière de la couronne.
- 5° Mission officielle de l’observatoire de Nice, sous la direction de M. Henri Chrétien, assisté de M. Lagrula. La mission aura à sa disposition un cœlostat à 2 miroirs, un objectif de 6 m. de foyer pour la photographie de la couronne et du Soleil, etc. Au programme de cette mission figure l’élude de la rotation de la couronne et des mesures photométriques du Soleil partiellement éclipsé, etc.
- Les expéditions officielles anglaises se répartiront le long delà ligne centrale; à Kiev, MM. Fowler, Curtis, le P. Cortic et le major Hills; à Minsk, une mission de l’observatoire de Greenwich, dirigée par MM. Jones et Davidson ; à Théodosie, une mission de l’Observatoire de Physique solaire, comprenant MM. Newall, Stratton et Butler.
- Un assez grand nombre de personnes s’intéressant à l’astronomie et aux curiosités de la Nature se préparent à aller observer cette éclipse, d’autant plus qu’elle se produit pendant les vacances, à une
- 1. Sur les instances cle la Société astronomique de France, l’agence des grands voyages Le Bourgeois, 58, Boulevard des Italiens, à Paris, a organisé une croisière, à prix très réduit, aux fjords de Nonvége. Cette croisière aura lieu du 11 au 27 août, à bord du Mira qui relâchera à File Torgliatten pour l’observation de l’éclipse. A'isitc des fjords et du glacier de Svartisen, au cercle polaire. De son côté, la « Royal Mail S team Packct C° », 18, Moorgalc Street, à Londres, a modifié l’itinéraire du voyage d’un de ses plus beaux steamers, YAr-caclian, de manière que le jour de l’éclipse il se trouvera dans la zone de totalité, où il mouillera de 5 heures du malin à 7 heures du soir (Ile Torgliatten ou lie Âlslen).
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- époque où les déplacements sont devenus un usage. La Norvège semble rallier la plupart des suffrages des amateurs. Nous avons vu que la nébulosité y est supérieure à celle de la Russie méridionale, mais les admirables curiosités naturelles qu’elle renferme et notamment les merveilleux fjords produisent chez les personnes qui tenteront le voyage une attraction au moins égale à celle de l’éclipse. L’accès en Norvège est grandement facilité par des croisières de luxe où l’on jouit d’un entier confort j1). Le voyage en Russie est, évidemment,.moins confortable (2).
- L’éclipse du 21 août sera visible en France comme éclipse partielle assez importante puisque, à Paris meme, plus des 6/10 du diamètre solaire seront recouverts par la Lune. Il y aura ainsi une sensible diminution de lumière au moment de la phase maximum.
- Le tableau ci-dessous, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, donne l’heure des, phases et la grandeur de l’éclipse pour les principales villes de France et de l’Algérie (temps légal) :
- Connnenceineul Milieu Fin Grandeur, le dianièln
- de do de du Soleil
- Villes. l’éclipse. l'éclipse. l’éclipse. étant un.
- Ajaccio. . . 11" 25“ 35’ 12" 58” 24’ 15" 47“ 12’ 0,592
- Alger. . . . 11" 54" 12* 12" 40“ 18* 13" 45“ 12’ 0,398
- Besançon. . 11" 12"* 0* 12" 25“ 6’ 13" 55” 24’ 0,648
- Bordeaux. . 11" 10"’ 18’ 12" 20“ 0’ -13" 27” 42’ 0,507
- Bresl 10" 59“ 36’ 12" 8“ 54* 15" 17” 6’ 0,530
- Cherbourg . 11" 0'" 18* 12" 11“ 12’ 15" 20“ 48’ 0,594
- Oonstantine. 1:1 "38“ 0’ 12" 46“ 50’ 15" 51“ 6* 0,455
- Lille. . . .' 11" 3“2 P 12" 16“ 0’ 15" 26“ 56s 0,674
- Lyon. . . . 1:1 " 15“ 42* 12" 26“ 6’ 15" ip" 42» 0.602
- Marseille. . . 11" 19“ 12’ 12" 51“ 12* 15b 40'" 0’ . 0.565
- Nancy . . . 11" 9“ 56’ 12" 25“ 0’ 15" 55“ 56’ 0,678
- Nice .... J1" 20“ 12* 12" 55“ 6’ 13" 42” 24’ 0,603
- Oran. . . . 11" 55“ 42’ 12" 56” 36' 15" 55“ 0* 0,509
- Paris. . . . 11" 5“ 50’ 12" 17“ 48’ 15" 27'" 54’ 0,629
- Toulon. . . 11" 20“ 12’ 12" 52” 18» 15" 41” 1’ 0,570
- Toulouse. . 11" 14“ 48’ 12"25“ 0' 13" 52“ 7’ 0,511
- La figure 2 donne une idée de l’importance de l’éclipse, à Paris, au moment de la phase maximum (12M8>n).
- Parmi les recherches importantes qui seront faites à l’occasion de cette éclipse, il faut signaler principalement l’étude de l’influence de ce phénomène sur la transmission des ondes hertziennes, aussi bien dans la zone de totalité qu’à une certaine distance de celte région. ' Em. Touciiet.
- 2. La manière la plus agréable île se rendre en Crimée est de s’embarquer à Marseille sur un des bateaux des Messageries Maritimes pour Odessa où l’on prend un bateau de la Compagnie russe de Navigation. Duréç du trajet pour Théodosie : 14 jours. Prix, nourriture comprise : 510 francs.
- Aux personnes qui préfèrent le chemin de fer, M. de la Baume Pluvinel recommande de se rendre dans une des villes de Russie, telles que : Kiev (60 heures, 500 fr.); Minsk (48 heures, 220 fr.) ou Riga (00 heures, 240 fr.). On peut encore se rendre de Paris à Riga en prenant le bateau à Londres (voyage organisé par Cook and Son). Durée, aller et retour : 14 jours. Prix comprenant nourriture et logement : 500 francs.
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- LE MOUVEMENT DES PARTICULES LUMINEUSES DANS LES GAZ
- Tout le monde a vu des gaz lumineux, depuis l’air qui donne Je bleu du ciel, la flamme qui nous chauffe ou nous éclaire, jusqu’aux gaz fluorescents qui font maintenant l’objet de maintes applications.
- Dans toutes ces lueurs, l’œil ne perçoit guère qu’une luminosité globale, en volume pourrait on dire. Cependant les idées actuelles conduisent à considérer toute masse gazeuse lumineuse comme un ensemble d’un nombre formidable, mais fini, de particules brillantes. Ici encore, le discontinu qui a envahi toute la science apparaît; c’est une voie lactée que la flamme d’une bougie, c’est une petite nébuleuse non résolue mais peut-être résoluble. Malheureusement, s’il est probable que ce n’est qu’un nombre infime des particules d’un gaz lumineux qui, se trouvant dans un état spécial, émettent des vibrations susceptibles d’impressionner l’œil ou la plaque photographique, l’espoir de les voir directement est sinon chimérique — le physicien moderne se gardant de telles affirmations — tout au moins hautement incertain.
- Cependant ces particules existent, et c’est à l’exposé des phénomènes révélant leur existence que M. Fabrv, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille, a consacré la remarquable conférence qu’il a faite récemment à la Société française de physique.
- On peut déjà constater le mouvement de ces particules lumineuses, et, par suite, transposant légèrement la proposition célèbre, dire : « elles se meuvent, donc elles existent ». Mais on est, ici, dépourvu des moyens d’observation directe, des moyens géométriques, pourrait-on dire, et on est forcé d’avoir recours à des procédés détournés reposant tous sur le phénomène, improprement appelé principe, de Doppler-Fizeau. Rappelons brièvement en quoi il consiste.
- Supposons, pour simplifier, une soitrce sonore émettant une certaine note, c’est-à-dire déterminant, dans l’espace environnant, une perturbation périodique caractérisée par un certain nombre n de vibrations par seconde.
- Ces vibrations se transmettent dans l’espace, avec une vitesse qui, dans le cas de l’air, est d’environ 550 mètres par seconde. Un observateur placé à quelque distance de la source reçoit donc, par seconde, n vibrations sonores; il entend la môme note que celle émise par l’appareil générateur. Mais supposons maintenant que l’observateur soit en mouvement, qu’il s’approche par exemple de la source; son oreille reçoit, pendant l’unité de temps, d’abord les n vibrations qu’elle aurait recueillies à l’état de repos, et ensuite toutes celles que l’observateur rencontre dans son déplacement. Par suite l’oreille perçoit, par seconde, un nombre de vibrations supérieur à n; le son est changé, il parait plus haut. Le même résultat est atteint si, l’observateur étant immobile, c’est la source qui se déplace vers lui. On enregistre un résultat inverse si l’observateur et la source s’éloignent l’un de l’autre. Tel est le phénomène de Doppler-Fizeau facilement observable : le son du sifflet d’une locomotive qui se dirige à grande vitesse vers un observateur parait aigu et semble baisser brusquement lorsque le train a dépassé l’observateur.
- Ce que nous venons de dire s’applique aussi au cas des vibrations de l’éther qui constituent la lumière et le phénomène de Doppler-Fizeau existe encore lorsque l’observateur et la source étant immobiles tous deux, les
- radiations émises par celte dernière arrivent à l’œil après réflexion sur un miroir animé d’un mouvement de déplacement rapide. On conçoit que, pour être sinon intense, tout au moins observable, l’effet Doppler-Fizeau nécessite des vitesses de déplacement du même ordre de grandeur que celles du phénomène vibratoire sur lequel on opère. Il est insensible, par exemple, pour une trompe ou un timbre de cycliste, et ne devient appréciable que pour les trains marchant vite.
- Pour les phénomènes optiques, comme la vitesse qu’il s’agit d’approcher atteint la valeur formidable de 500 000 km par seconde, l’effet, dans tous les cas, sera très petit et il faudra compenser sa faiblesse par des moyens d’observations perfectionnés.
- L’effet Doppler fut observé pour la première fois dans le laboratoire par Belopolsky, en 1901, en réfléchissan t un rayon de lumière sur un système de miroirs mobiles et en l’examinant au speclroscope. Le déplacement des raies spectrales observé était de l’ordre de grandeur prévu par le calcul, bien qu’excessivement faible. La vitesse minima, capable de modifier la longueur d’onde d’une façon appréciable au spectroscope, est de 500 à 1000 mètres par seconde. La variation de longueur d’onde obtenue en déplaçant un miroir étant double de celle qu’on obtient en déplaçant la source seule avec la même vitesse, Belopolsky employait une série de réflexions sur un système de deux miroirs montés sur les jantes de deux roues tournant en sens inverse avec une grande vitesse. Les expériences furent reprises en 1907 par le prince Galitzine et J. Wilip avec l’appareil de Belopolsky. Utilisant un spectroscope à échelons et la lumière de l’arc à mercure, ils obtinrent un déplacement plus considérable, grâce à la grande puissance de leur speclroscope. Les miroirs tournaient à raison de 45 tours par seconde, ce qui représentait une vitesse linéaire de 50 m. par seconde. Après six réflexions, le déplacement observé était de 1/52 de la distance séparant les spectres des différents ordres. Ce déplacement était double du déplacement réel, car il était déduit de deux expériences faites avec des vitesses dê rotation des miroirs égales et de sens contraire. C’est un très faible déplacement, mais les résultats expérimentaux ont concordé avec ceux trouvés par le calcul. Par exemple, la vitesse calculée d’après le déplacement de la raie était de 0 km 405 par seconde, tandis que celle déduite de la rotation des miroirs était 0 km 579.
- Lorsque les vitesses en expérience s’approchent de la vitesse de la lumière, tout change; les phénomènes se compliquent étrangement. Comme l’ont montré les belles études de Lorentz, Minkowsky, Langevin, J. J. Thomson, Einstein, etc., il semble que la mécanique classique soit alors en défaut et qu’il faille faire appel aux théories si incroyables, à première vue, de la relativité.
- On entrevoit immédiatement, après ces explications préliminaires, l’usage que l’on pourra faire de l’effet Doppler-Fizeau, dans le cas particulier qui nous occupe. Puisqu’un gaz lumineux est formé de myriades de particules incandescentes se déplaçant en tous sens avec des vitesses que l’on connaît par la théorie cinétique, à un instant quelconque, certaines de ces particules émettront les vibrations lumineuses en se rapprochant de l’observateur, d’autres au contraire en s’en éloignant. Il en résultera des variations de longueur d’onde et si nous sommes assez subtils pour les saisir, remontant de l’effet
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- LE MOUVEMENT DES PARTICULES LUMINEUSES —: ------ 133
- à la cause, nous serons renseignés sur les mouvements des centres émetteurs.
- On peut classer en deux groupes les diverses expériences que l’on a faites sur les particules lumineuses dans les gaz; le premier dans lequel on rangera les expériences se rapportant aux mouvements d’ensemble de la masse, aux déplacements incoordonnés des centres éclairants et qui renseigneront sur les vitesses et la température ; un deuxième groupe comprendra les expériences dans lesquelles on observe des mouvements dirigés suivant des directions privilégiées du gaz.
- Dans la première série de phénomènes, le gaz n’est soumis à aucune action spéciale ; par suite ses molécules obéissent aux lois générales de la théorie cinétique. Celle-ci nous apprend que parmi toutes les vitesses que peuvent prendre les molécules, il y en a une qui est la vitesse la plus probable et c’est autour de celte valeur que se répartiront les vitesses des molécules. Pour l’oxygène à la température ordinaire la vitesse moyenne des molécules est de 500 m. par seconde; pour l'hydrogène, le plus léger des gaz, elle atteint 1800 mètres.
- Si un tel gaz est rendu lumineux, et que nous fixions notre attention sur une des radiations qu’il émet, les centres qui la produisent se déplacent avec des vitesses qui dans le cas de l’hydrogène varieront de 1800 m. dans la direction de l’observateur, à 1800 m. dans la direction opposée. Aussi le spectroscope, qui recueille les radiations émises, reçoit un ensemble qui n’est pas homogène; il semblera que toutes les radiations par suite de l’effet Doppler-Fizeau n’aient plus la même longueur d’onde. Elle sera un peu plus grande pour les particules qui s’éloignent de l’observateur que pour celles qui s’en rapprochent. Bien que d’une même longueur d’onde au départ des centres, les radiations arrivent différenciées, pourrait-on dire, à l’observateur et dans l’appareil on obtient non une ligne spectrale au sens géométrique du mot, qui correspondrait à une radiation rigoureusement monochromatique, mais une petite portion de spectre : la raie s’élargit.
- Naturellement les vitesses des molécules étant petites par rapport à la vitesse de la lumière, l’élargissement des raies est toujours faible ; pour l’oxygène à la température ordinaire, il n’est guère que de 1/700 de la distance qui sépare les deux raies D du radium. Mais quoi qu’il en soit, et si difficile que l’effet soit à observer, il existe et c’est Gouy qui le premier a introduit l’idée de largeur des raies spectrales. Comme la théorie l’indique, l’élargissement augmente quand la température s’élève et quand la masse atomique du gaz expérimenté diminue.
- Puisque aucune radiation n’est ainsi monochromatique au sens idéal du mot, lorsqu’on étudiera les interférences, on devra observer des phénomènes parasites dus à cette cause. Sans entrer dans le détail de la théorie des interférences, voyons comment les choses vont alors se présenter. Une radiation mathématiquement monochromatique donne un système de franges qui, quelle que soit la différence de marche introduite entre les deux faisceaux interférents, c’est-à-dire, quel que soit le numéro des franges observées, est toujours aussi net. Si, au contraire, notre radiation est impure, composée de plusieurs radiations très peu différentes les unes des autres, chacune de ces radiations donnera son système de franges d’interférences. Au début, ces systèmes sont presque identiques, et les franges que donne leur superposition et que l’œil voit sont nettes; mais ils empiètent de plus en plus l’un sur l’autre au fur et à mesure que
- la différence de marche augmente. A partir d’un certain ordre le maximum de lumière de l’un d’eux coïncidera avec la frange noire d’un autre : à ce moment le champ paraîtra uniforme; les franges ne seront plus visibles.
- L’expérience a été faite par Michelson avec les raies du mercure, puis dernièrement par Fabrv et Buisson avec les gaz rares de l’air. Ici encore le phénomène dépend quantitativement de la température et de la masse atomique du gaz, la formule à laquelle conduit la théorie cinétique est bien vérifiée et par suite, connaissant le résultat de l’expérience (c’est-à-dire le nombre de franges visibles) et la masse atomique du gaz elle permet de déterminer la température.
- On trouve ainsi que le gaz, ou tout au moins les centres lumineux, est à la température ambiante et ceci détruit enfin l’idée fausse que l’on se faisait sur la source de lumière. Un gaz est lumineux quand il est chaud, mais il peut l’être aussi quand il est froid. De plus les expériences faites sur l’oxygène, l’hydrogène, l’azote ont montré que ce ne sont pas les molécules vulgaires qui sont lumineuses, mais des molécules ramenées à l’état d’atomes et cela que l’on considère dans le cas de l’hydrogène les raies constituant la série de Balmer ou les autres. Ici encore c’est l’atome qui joue le grand rôle, et la molécule disparaît.
- Une application intéressante de ces résultats a été faite par MM. Fabry et Buisson à la nébuleuse d’Orion, nébuleuse gigantesque non résoluble, monde sans doute en formation et dans la masse duquel se produisent des tourbillons, des mouvements internes que l’on a pu déceler. En effet, Orion donne un spectre de lignes dans lequel on retrouve les raies de l’hydrogène et d’autres d’origine inconnue que, faute de mieux, on a attribuées à un nouvel élément, le nébulium. Suivant les mouvements d’ensemble de la masse, dans une région les centres lpmineux se rapprochent de nous, dans une autre ils s’éloignent. Tout cela est sensible et se traduit par des changements dans les anneaux d’interférences d’une même radiation émise par deux parties différentes de la nébuleuse. On peut ainsi dresser la carte des mouvements d’Orion. On peut aussi, opérant sur des raies connues de l’hydrogène, déduire la température de l’ensemble; on trouve qu’elle est voisine de 10 000°. Passant ensuite au nébulium et s’appuyant sur les résultats précédents on déduit sa masse atomique, qui est intermédiaire entre celle de l’hydrogène et de l’hélium et représentée assez exactement par le nombre 5.
- Tout n’est malheureusement pas aussi simple que nous venons de le dire et l’on observe des faits que la théorie cinétique n’explique pas. Souvent les raies sont plus longues qu’on ne le prévoit et souvent aussi elles s’élargissent irrégulièrement. Le choc des molécules, l’absorption, la température ont été invoquées pour rendre compte des résultats d’expérience. Tout récemment Stark a découvert une nouvelle cause d’élargissement et cette découverte est sans doute l’une des plus remarquables faites depuis longtemps.
- On connaît l’action du champ magnétique sur la lumière; c’est le célèbre effet Zeemann. Sous l’action d’un champ magnétique puissant, la période de vibration d’une source monochromatique est altérée. Dans le cas le plus simple, chaque raie est remplacée par un groupe de trois ou triplet. Mais souvent la décomposition est plus complète et ce sont 5, G ou 7 composantes que l’on arrive à mettre en évidence. Jusqu’à présent on n’avait pu reproduire un phénomène analogue en employant le
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- champ électrique. Les expériences de Stark ont montré que l’échec était dû à l’absence d’un dispositif convenable et non à l’absence du phénomène, car celui-ci est beaucoup plus intense que l’effet Zeemann.
- Pour arriver à ces résultats, Stark a procédé de la façon suivante : Un tube à rayons-canaux est muni d’une électrode auxiliaire en forme de disque située dans la région où se propagent les rayons-canaux et disposée parallèlement à la cathode perforée à une distance de 1 à 2 millimètres. Entre ces deux électrodes qui forment ainsi les deux armatures d’un condensateur, on établit un champ électrique au moyen d’une batterie d’accumulateurs, par exemple. La pression du gaz à l’intérieur du tube étant suffisamment faillie, on peut établir un champ électrique de 51 000 volts par centimètre sans qu’il se produise de courant entre les armatures du condensateur, lorsque le tube à rayons-canaux n’est pas excité. Lorsque le tube fonctionne, il se produit une émission de lumière due à la fois au gaz ionisé et aux rayons-canaux. Si l’on analyse perpendiculairement au tube la lumière émise, on constate que les raies du spectre primitif se divisent en plusieurs composantes.
- Ajoutons qu’au point de vue particulier qui nous occupe les raies présentent des sensibilités différentes à l’effet Stark et que ce sont justement les raies qui sont plus larges que ne le veut la théorie cinétique qui réagissent le plus sous l’action du champ électrique.
- Lorsque l’on cherche à produire des mouvements coordonnés des particules lumineuses, dans la seconde catégorie d’expériences que nous avons distinguée, on s’adresse aux procédés électriques. Le principe est le suivant : dans un gaz excité par l’électricité, si les particules lumineuses à un moment quelconque de leur existence ont été des ions, c’est-à-dire des particules chargées, elles ont pris sous l’action du champ une certaine vitesse et elles déterminent alors un flux que l’on peut étudier.
- C’est en particulier ce qui arrive dans les tubes cathodiques pour ce que l’on appelle les rayons-canaux. Les rayons-canaux se produisent quand la cathode est percée de petits trous et ils sont constitués très probablement par la charge positive résiduelle de l’atome après l’arrachement de l’électron négatif. Ils se propagent dans le tube avec une vitesse énorme, quelque 500 km par
- seconde, et si le faisceau est reçu sur la fente d’un spec-troscope, on observe une raie déplacée vers le violet. Si, au contraire, le tube est orienté de façon que les rayons s’éloignent du spectroscope, le déplacement est de sens opposé. Si l’on observe perpendiculairement au faisceau, on ne constate pas de déplacement.
- L’effet est facilement observable et le tube producteur de rayons-canaux peut être construit très rapidement. Si les soudures des électrodes ne sont pas atteintes par la décharge, on peut les faire en cire. La cathode doit être constituée par une lame d’aluminium de 1 mm d’épaisseur environ et percée de nombreux trous, de diamètre inférieur à 1 mm. L’anode est aussi en aluminium. Le tube, rempli d’hydrogène et réuni à une trompe à mercure, doit avoir son extrémité arrondie placée contre la fente d’un spectroscope à 2 ou 5 prismes. L’effet est le plus net pour la raie violette du spectre, par suite du grand pouvoir dispersif de l’appareil pour cette région. Pour une pression de 1 mm ou 2 mm, la raie apparaît très nette et dans sa position normale. A mesure que le vide augmente, une aile apparaît du coté du violet du spectre, se détache de la raie et s’en écarte lentement. Ce mouvement progressif est dû à ce que, au fur et à mesure que le vide se fait, les rayons-canaux traversent plus rapidement le tube et, par suite, la variation de longueur d’onde augmente. La raie normale subsiste toujours, ce qui montre qu’il y a émission de lumière par les atomes d’hydrogène qui ne participent pas au mouvement des rayons-canaux dont on peut déduire la vitesse de la mesure du déplacement de la raie.
- De meme Gœrke a étudié les rayons anodiques, issus d’anodes recouvertes de sels commençant à fondre. Le faisceau lumineux émis donne le spectre du métal dont le sel intervient. Les particules qui le constituent se déplacent, comme l’indique l’effet Doppler-Fizeau, à des vitesses de 100 km par seconde environ.
- Tels sont, à l’heure actuelle, les renseignements que nous possédons sur les particules lumineuses dans les gaz. Arriverons-nous à avoir mieux? Sans doute, car la découverte récente de Stark est là pour nous montrer que des phénomènes de grosse intensité peuvent encore nous échapper par suite de notre inhabileté expérimentale et il reste encore beaucoup à faire dans tous les domaines des sciences de la nature. 11. Viokeron.
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- Lorsque furent terminées les constructions qui feront des abattoirs lyonnais un modèle pour les autres grandes villes j1), M. le sénateur Hcrriot, maire de Lyon, proposa à son Conseil de reculer d’une année l’ouverture à leur destination de ces vastes bâtiments et d’y installer, en 1914, une Exposition internationale. Aussi bien depuis 20 ans (1894) Lyon n’avait pas offert au monde le tableau de son effort, économique.
- L’idée fut adoptée, sans enthousiasme, Il faudrait mal connaître les Lyonnais pour les croire capables de se livrer, ainsi du premier coup, à l’enivrement d’une conception inopinée.
- Les critiques affluèrent : le délai était trop court,
- 1. La Nature les a décrits dans son numéro du 2 décembre 4911 (n° 2010).
- l’emplacement trop éloigné, l’opération ruineuse, l’échec presque fatal. Mais le maire tint bon et trouva dans le zèle intelligent, des commissaires généraux, le professeur Courmont, de la Faculté de Médecine, et le banquier Pradel, ancien président du Tribunal de Commerce, puis dans le dévouement de tout le personnel municipal, le moyen de réduire au silence les mauvais prophètes.
- Aucune traverse cependant ne fut épargnée à l’enfantement, de l’œuvre. Un cyclone, ravagea les premiers travaux, une crue du Rhône démolit la passerelle d’accès, des grèves multiples se succédèrent, qu’on dut désarmer par des concessions sans précédent.
- Résolu d’aboutir à tout prix, M. Herriot ne refusa rien aux travailleurs qui l’en récompensèrent d’ail-
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- leurs par la plus suggestive ingratitude. De nos jours, l’ouvrier, aux mains de la C. G. T., devient inaccessible à tout sentiment autre que celui de la soumission à ses meneurs.
- Enfin le succès a couronné la persévérance du maire. Ceux qui hier hochaient la tète sont aujourd’hui les plus chauds à applaudir.
- Comme toute œuvre qu’on peut faire remonter à une personnalité unique, l’Exposition de Lyon porte le caractère de cette personnalité. Elle est avant tout distinguée et artistique. Rien n’y rappelle la foire ou la kermesse. Les inévitables attractions y sont reléguées en un espace restreint et écarté. Les bars sont peu nombreux et discrets, l’absinthe prohibée. Par
- sur la passerelle qui conduira le visiteur sur la rive gauche où s’élèvent les bâtiments de l’Exposition, un intéressant spectacle l’arrête.
- Dans l’angle formé par la rencontre des deux cours d’eau, la section lyonnaise du Club alpin a créé un modeste village de montagne. M. Herriot lui a donné pour maire le président delà section,M. Rc-gaud, un de nos meilleurs alpinistes français. Heureux maire qui n’a ni Conseil municipal, ni administrés, ce qui lui a permis d’installer une commune idéale! Voici sa mairie, meublée simplement mais avec goût, sa pauvre petite église de pierre grise dont l’autel est une grande table de bois couverte de stéréoscopes; sur la place une fontaine publique
- contre,
- tiplier et à mettre en valeur les séductions d’un goût relevé. La partie esthétique de l’Exposition lyonnaise est un enchantement.
- Mais procédons par ordre.
- Â dater du jour où elle a cru à son Exposition, la vieille cité a fait toilette neuve. Les maisons
- Fig. i. — Plan de VExposition.
- sombres ont été blanchies, les hôtels se sont remeublés, la vaisselle des restaurants reluit, les cales flamboient, les magasins offrent aux promeneurs charmés des vitrines éclairées, à la moderne, comme des dioramas. Les grandes artères sont enguirlandées d’un bout à l’autre d’arceaux de lampes électriques qui les illuminent chaque soir. Même les bureaux de l’Etat ont été nettoyés.
- C’est la toute-puissance du Rhône qui permet ces prodigalités de lumière. Grâce à la concurrence furieuse que se font depuis plusieurs années la Compagnie du gaz et celle des Forces motrices du Rhône, le kilowatt est tombé à un tel bon marché que l’on n’y regarde guère à multiplier les foyers d’éclairage.
- Descendre en tramway la rive droite du fleuve jusqu’à son conlluent avec la Saône est le plus agréable parcours pour se rendre à l’Exposition. Là se trouve une des entrées. Mais avant de s’engager
- fruste, mais abondante; à côté se repose un grand car alpin du P.-L.-M. ; plus loin une étable, avec d’authentiques vaches tarentaises, soignées par de vrais vachers savoyards, une laiterie modèle, un four banal, plusieurs maisons du plus fidèle type savoyard où l’on a installé : ici le dépôt des cartes alpestres du Ministère de la Guerre, puis une riche collection de photographies alpestres ; là une panoplie des instruments de sports d’hiver ; ailleurs un poste de pompiers, plus loin un Musée oùM. Regaud a eu le talent de réunir les œuvres des meilleurs peintres de montagne ; enfin un aquarium contenant la plus belle collection qui existe en France de poissons de rivière vivants.
- Ce village est assis au bord d’une lône naturelle (bras délaissé du Rhône) qui forme un lac dans lequel les maisons mirent leurs modestes façades. Un pont de bois à peine équarri traverse
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- le ruisseau qui s’en échappe. Sur une berge plus tueuses ; le but ultérieur des bâtiments ne le élevée se dresse un refuge de haute montagne. comportait pas. C’est dans l’aménagement soigné,
- Fig. 2. — Vue du village alpin.
- Au delà de la lône grince une scierie de sapins.
- Et tout cela est d’une vérité, d’une rusticité saisissantes. Rien qui rappelle le décor d’opéra-comique. On sent que les créateurs, M. Regaud et son ami l’architecte Revol, sont des connaisseurs et des fervents de la montagne. Quiconque l’aime et la fréquente appréciera la fidélité scrupuleuse d e leur reproduction.
- Franchissant le Rhône, on débouche devant le palais des Colonies françaises, consciencieusement meublé des denrées produites et des marchandises françaises importées dans les cinq parties du monde. Cette installation a eu le mérite très rare d’èlre achevée le jour même de l’inauguration. De là, un passage souterrain sous une route amène le visiteur devant la façade principale de l’Exposition. Ne cherche/ point, autour de cet assemblage géométrique de constructions, des perspectives grandioses, des avenues ou des esplanades majes-
- dans la décoraLion harmonieuse et variée de chaque section que le mérite des organisateurs apparaît.
- Seul le grand hall — le futur marché au bétail — a des dimensions imposantes, dont on ne se lasse pas d’admirer les proportions et la pureté de lignes. La façade en belle maçonnerie bien ajourée,
- large de 80 m., et la nef aux vingt fermes d’acier à rotules, d’une seule jetée, longue de 220 m., peuvent être considérées comme un chef-d’œuvre de construction industrielle, qui servira utilement de modèle à ceux qui ont de grandes usines à bâtir. Ce hall a fait la réputation du jeune architecte Tony Garnier, réputation qui s’est confirmée dans la décoration intérieure des diverses salles d’exposition qui lui ont été confiées. Il contient la métallurgie, la grosse mécanique, les machines électriques, l’aviation, la section de l’éclairage et l’industrie de l’automobile où Lyon occupe la première place en Europe après Paris.
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- Au moment où j’y pénètre, un commissionnaire Mais, par suite, d’un sentiment très humain qui en bestiaux pousse derrière moi le cri du cœur : les porte invinciblement vers le spectacle le plus
- Fig. 4. — Intérieur du grand hall.
- « Dieu! que mes bœufs charollais vont paraître petits là-dedans ! »
- Dans une annexe à l’ouest et dans un terrain
- attirant, les visiteurs se bâtent vers le hall de la soierie lyonnaise. Il leur suffit de traverser, à l’est du Palais des machines, l’avenue de Marseille (car
- Fig. 5. — Façade du grand hall (les futurs abattoirs).
- découvert au sud du grand hall ont été réunis les moyens de transport, locomotives, wagons, signaux, etc., et les appareils de manutentions et de pesage.
- toutes les artères de l’Exposition ont été décorées du nom des principales villes de France) et ils se trouvent à l’entrée de la collection d étoffés la plus incomparable qu’on ait jamais, réunie.
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- J’ai vu toutes les Expositions qui se sont succédé en Europe depuis 15 ans ; nulle part, les fabricants lyonnais n’avaient encore donné une telle ampleur à l’étalage de leur somptueuse industrie. Plusieurs années d’une prospérité continue ont abouti à cette constatation, qu’en 1913, la fabrication des soieries lyonnaises, avec un chiffre de 468 millions de francs, a battu de plus de 10 pour 100 tous ses records antérieurs. Ainsi encouragée par ses propres succès, la fabrique lyonnaise a tenu à se surpasser. La Chambre de commerce de Lyon a pris en main cette partie de l’Exposition qui fait passer le visiteur par toutes les phases delà production soyeuse.
- Et, d’ahord, voici sur des tableaux les chiffres de
- cette production à deux époques, relevés par le
- Service de la Condition des Soies :
- Production mondiale des cocons
- EN MI 1.LION S D E KILOGRAMMES
- 1907 1912
- France. . .... 8,4 G, 25
- Italie 57 47
- Chine 128 174
- Japon 129 1G 8
- Espagne 1,1 1,05
- Autr.-Hongrie. . . 4,1 5,84
- Asie Mineure . . . 7,2 4,50
- Syrie G 4, G 5
- Turquie d’Europe . 5, G 2,75
- Balkans . . . . . 2,7 1,70
- Asie Centrale . . . 5,4 2,90
- On voit que partout en Occident les quantités de
- cocons fléchissent devant la poussée de l’Extrême-
- Orient.
- Production mondiale de soies filées
- relevée par le Syndicat des Marchands de soie de Lyon
- EN MILLIERS DE KILOGRAMMES
- 1912
- France 505
- Italie 4,105
- Chine 8,700
- Japon 10,870
- Levant et Asie Mineure .... 2,255
- Au total 27 millions de kilogrammes.
- Fabrication mondiale d’étoffes de soie
- EN MILLIERS D E KILOGRAMMES
- 1912
- États-Unis 11,208
- France ....... 4,661
- Allemagne 5,754
- Suisse 1,715
- Russie 1,700
- Indes. ...... 1,175
- Italie....... 1,125
- Autriche-Hongrie. . 794
- Angleterre G42
- Espagne 151
- Au total 28 millions de kilogrammes.
- On ne manquera pas de remarquer que le poids des étoffes est supérieur à celui des filés qui les ont produites. C’est qu’il y intervient un deuxième
- facteur, la teinture, qui charge sensiblement les soieries.
- Autour d’un mûrier transplanté dans une belle pièce de céramique et qui abrite un buste de Pasteur, la Condition des soies Q) expose une riche collection de différentes variétés de vers Séricigènes, puis, sous des vitrines, des figures anatomiques de grandes dimensions représentant, en relief et en coupes, le bombyx, son ver, la façon dont il bave la soie qui formera son cocon, enfin son papillon. En face,'d’autres pièces représentent des vers atteints des maladies contre lesquelles les découvertes pastoriennes prémunissent le précieux insecte, et la pratique de ces méthodes, c’est-à-dire, une magnanerie modèle où l’on voit éclore et grandir des colonies de vers à soie (2).
- Mais la Chambre de commerce a fait mieux encore. Elle a consacré une somme de 25 000 francs pour envoyer au Japon des opérateurs prendre des vues cinématographiques de l’élevage complet du ver à soie et, chaque après-midi, un théâtre cinématographique montre au public ces vivantes éducations.
- En avançant dans le hall, on trouve un modèle de filature de soie avec ses bassines et ses agrès; à côté, les instruments de contrôle des soies filées.
- L’Ecole supérieure de Commerce et l’Ecole municipale de tissage ont exposé de nombreux métiers, depuis le génial Jacquard jusqu’aux métiers mécaniques les plus perfectionnés.
- Enfin, voici l’emerveillement prolongé des étoffes, artistement mises en valeur, dans de riches vitrines, sous une lumière profuse savamment répartie.
- Ce qui domine aujourd’hui, à part les pièces pour ameublement et tentures ornementales aux larges dessins, ce sont les tissus souples et les teints en pièces. Mais avec quelle prodigieuse variété d’effets et de nuances !
- La teinture et l’apprêt occupent plusieurs salles perpendiculaires à ce hall, ainsi que l'ameublement, la tannerie et la mégisserie, les produits chimiques et photographiques.
- Et cet ensemble apparaît supérieur à tout ce qui a figuré jusqu’ici dans d’autres expositions.
- Le Salon Parisien, qui est contigu à la galerie des soieries lyonnaises, en célèbre, pour ainsi dire, l’apothéose: Les quatre cent cinquante mannequins sur lesquels elles sont drapées, plissées ou chiffonnées en rehaussent les opulences sous les lueurs vaporeuses d’un éclairage artificiel qui crée l’atmosphère mondaine favorable à leur éclat. Quelques scènes de boudoir sous un jour discret sont tout à fait suggestives. Quelle délicieuse période qu’un siècle de décadence !
- Les enfants, eux aussi, rencontrent près d’ici des visions plus ingénues. Le syndicat des fabricants
- 1. La Condition des soies est un organe de la Chambre de commerce de Lyon.
- 2. Ce spectacle malheureusement ne durera tfuc la période limitée par la nature.
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- de jouels parisiens, jaloux de lutter contre les articles de Nuremberg, a imaginé des scènes variées de poupées-automatiques qui ont un succès fou, tant à cause de l’esprit et de la finesse que les auteurs ont donnés à leurs marionnettes, que du comique achevé de leurs mouvements et de leurs gambades. Ce petit monde semble animé par un moderne Yaucauson. Il y a là, entre autres, une noce de campagne, une vue d’un jardin d’acclimatation, avec des animaux qui marchent, et une volière remplie de singes grimaçants qui soulèvent parmi les jeunes visiteurs des tempêtes d’enthousiasme.
- Puis voici, dans un cadre d’une sobre élégance, l’exposition des arts décoratifs, l’orfèvrerie, les porcelaines de Sèvres, les émaux, les bijoux, les meubles d’art modernes. Bien que maintes compositions soient teintées de germanisme, toutes sont affinées par le, goût français. Cet ensemble est groupé autour du pavillon de la Ville de Paris dont la façade monumentale attire tous les regards.
- L’Exposition des Beaux-Arts, peinture et sculpture, occupe d e nombreuses salles, fort habilement aménagées et avec une impeccable méthode. Les œuvres de maîtres qu’elle contient ont la bonne fortune d’être a'ssez largement espacées, pour ne point se nuire. Un éclectisme extralibéral a permis aux cubistes d’y étaler leurs énigmes coloriées.
- Mais le maire de Lyon n’aurait pas tenu pour assuré le succès de son œuvre, s’il ne l’avait rehaussée par quelque manifestation artistique sensationnelle. L’historien de Mme Récamier savait que le garde-meuble recelait dans certains réduits maintes merveilles ignorées. Il était instruit notamment que, peu avant la chute du premier Empire, des fourgons étaient partis de Lyon chargés d'étoffes précieuses destinées à décorer les palais impériaux.
- Grâce à l’obligeance de M. Dumonteil, conservateur du garde-meuble, il put les découvrir, vierges encore, dans les caisses mêmes où elles avaient été emballées. Et c’est ainsi qu’elles voient le jour pour la première fois dans la ville où elles ont été conçues. Les tentures murales, d’une fraîcheur immaculée, couvrent les panneaux d’une longue galerie,
- Fig. 5. — Entrée de l’Exposition de la soierie.
- dont l’exquise décoration accompagne harmonieusement leur splendeur.
- Quant aux étoffes pour ameublement, elles ont été coupées et montées sur des sièges de l’époque et nous admirons ainsi, un siècle après la lettre, un mobilier napoléonien qui semblait destiné à rester pour toujours caché à tous les yeux.
- Du même garde-meuble, on a exhumé à cette occasion des objets d’une valeur inestimable: une chambre de l’Empereur aux Tuileries, un grand salon Empire; le salon de Joséphine à Saint-Cloud, le boudoir de Marie-Louise au palais de Versailles ; la chambre d’apparat de Louis XVIII ; la salle du Trône de Louis XVIII et de Charles X. On y a joint quelques souvenirs impressionnants de l’Empereur ; le bureau qui le suivit pendant la Campagne de Russie, ses pistolets d’Iéna et le petit chapeau à cocarde tricolore qu’il portait à Sainte-IIélène. Le musée de l’armée a bien voulu les confier pour quelques mois à la ville de Lyon.
- M. Herriot ne s’est point trompé en pensant que ces reliques de l’épopée impériale seraient un irrésistible attrait.
- Il a voulu y joindre encore la reconstitution d’un salon d’honneur sous le Grand Roi. On a donné pour cadre aux tapisseries et aux tapis des Gobelins, aux fauteuils, aux canapés dorés, auxbustesdemarbre, aux tables de style et aux consoles classiques une salle immense admirablement étudiée dans ses proportions. Rien de plus somptueux, comme décor, n’a été offert jusqu’ici à un public d’expositions.
- La tapisserie du fond, la Colère d’Achille de Coypel, produit une impression profonde ; jamais l’art de la décoration n’a atteint à une telle magnificence. La tradition rapporte que le Roi Soleil lui-même hésitait à marcher sur le tapis éclatant tendu au-dessous du chef-d’œuvre des Gobelins.
- Dans une salle voisine, on a exposé à leur tour des Gobelins modernes. La décadence est indéniable et affligeante; non pas que les artistes qui les ont tissés soient moins habiles, mais les auteurs de ces compositions ont perdu le sens de la décoration. La raison en est que l’on donne aujourd’hui pour directeurs aux manufactures nationales des préfets fatigués et que l’on confie les compositions à des bros-
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- 140 1======= LA GUÊPE EST-ELLE
- seurs de décors d’opéra, habiles en leur art sans doute, mais en un art tout différent. La recherche des compétences est de nos jours le moindre souci de nos administrations.
- Une exposition rétrospective du costume — du costume des gens de qualité — organisée par M. Cox, le conservateur du célèbre musée des tissus de Lyon, complète heureusement la section consacrée à l’art ancien.
- La partie scientifique de l’Exposition de Lyon aura, quand elle sera achevée, une ampleur digne d’une ville qui renferme tant d’établissements d’enseignement supérieur. Il serait prématuré de les décrire dans leur ensemble, car tandis que telles institutions, comme l’Ecole de Santé militaire et la Croix-Rouge, montrent déjà une quantité de pièces du plus haut intérêt, certaines autres en sont encore à la construction des vitrines. C’est ainsique le laboratoire de Pasteur, authentique, muni des appareils même dont l’illustre savant se servit pour ses mémorables découvertes, se trouve isolé dans une salle encore vide. 11 y aurait injustice à le reprocher aux organisateurs qui ont eu à lutter, comme je l’ai dit, contre des circonstances de force majeure qu’aucune prévoyance ne pouvait prévenir.
- J’en pourrais dire autant des sections d’alimentation, au travers desquelles notamment tout ce qui touche à la laiterie me parait préparé pour un développement remarquable, surtout au point de vue scientifique et mécanique.
- Une longue enfilade de bâtiments où, sans doute, l’année prochaine, on assommera des bœufs et l’on égorgera des moutons, est réservée à l’hygiène, à la mutualité, aux sciences sociales. Ces groupements y ont couvert d’interminables panneaux d’inscriptions, de statistiques, de sentences, de colonnes de chiffres, et même de tableaux enguirlandés d’attributs peints, à la manière des diplômes de coiffeurs. Assurément, de telles exhibitions sont l’indice d’un labeur persévérant et consciencieux. Mais que ces éducateurs, ces philanthropes et ces hygiénistes me permettent de leur insinuer qu’il est indispensable de rajeunir le mode de présentation au public de leurs généreux efforts.
- Prenons, par exemple, l’alcoolisme, le problème le plus grave que l’humanité ait à résoudre si elle ne veut pas disparaître en peu de siècles : Sans aucun doute, s’il pouvait être aboli par des sentences et des formules, il ne survivrait pas à l’Exposition de Lyon, mais encore faudrait-il que le public les lut et s’en pénétrât. Malheureusement elles font le vide autour d’elles.
- LA GUÊPE EST-ELLE
- Un patient observateur, M. \V. F. Denning, publie dans Knowledge un curieux rapport qu’il intitule « Le Journal d’un Nid de Guêpes », et que nous regrettons de ne pouvoir reproduire in extenso.
- Après avoir creusé dans son jardin plusieurs trous,
- UN INSECTE UTILE ? ——.....................
- Que l’on compare les moyens de stigmatiser l’alcool, employés à Lyon, à ceux qui impressionnaient les visiteurs de l’Exposition d’hygiène de Dresde en 1911, on devra reconnaître que nous sommes aussi en retard dans la représentation de notre lutte contre ce fléau que dans la lutte elle-même.
- A Dresde, ce n’étaient sur les murs que statistiques parlantes, où chaque nombre s’illustrait d’un personnage dont la taille était proportionnelle à la grandeur du chiffre; puis, dans les salles, des représentations plastiques des organes ravagés par le poison, des pièces anatomiques, permettant de toucher les lésions, des microscopes où l’on pouvait en étudier l’histologie, des figures de cire qui imposaient aux regards l’alcoolique à tous les degrés de son intoxication, et un public immense sortait de là, ainsi que d’un cauchemar, avec un trouble pénible, mais salutaire.
- Celte comparaison montre bien la dissemblance de nos méthodes d’éducation publique. Notre pédagogie cristallise dans la prétention de vouloir instruire un peuple avec du noir sur du blanc. A l’école, elle rebute les élèves; dans les expositions, elle fait fuir les visiteurs. Le résultat est topique.
- Parmi les innombrables préceptes qui s’allongent, comme des arrêtés de police, sur les murs de la section d’enseignement, il en est un de Montaigne : « L’enfant, dit-il, n’est point un vase qu’il faut emplir, mais une plante que l’on doit cultiver ».
- Plaise aux cicux que nos instituteurs le retiennent !
- Je n’ai esquissé que les traits saillants de la superbe exposition lyonnaise. Qu’on me pardonne les critiques qui ne feront que mieux valoir, je l’espère, les éloges mérités. Il ne m’est pas possible de m’étendre ici sur les parties secondaires, si intéressantes cependant, non plus que sur plusieurs sections encore inachevées, lors de ma visite, notamment les expositions étrangères.
- Telle qu’elle se présente, cette imposante manifestation marque bien l’état actuel du travail français : un raffinement de plus en plus soigné dans les industries de luxe, un goût artistique qui ne se dément pas, une application croissante, bien qu’encore mal assurée, de la Science à la Technique, mais un piétinement visible dans la marche au progrès de ce qui est élaboré par les mains officielles.
- A qui veut observer si les beautés d’une Exposition française sont un réconfort, ses lacunes d’autre part apportent un enseignement.
- Victor Cambon.
- UN INSECTE UTILE ?
- dans l’espoir que des guêpes y éliraient domicile, il eut la joie de voir son souhait exaucé. Citons quelques-unes de ses notes quotidiennes :
- 15 mai 1915. — Une reine-guêpe prend possession d’un trou.
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- ACADEMIE DES SCIENCES = : .— 141
- 15 juin. — De jeunes guêpes font leur apparition au bord du trou. Durant le mois écoulé, la reine a fait environ 800 voyages hors de son nid.
- 16 juin. — Après plusieurs sorties matinales, la reine me paraît malade. Je la ramasse près du nid et la pose au soleil. Elle peut à peine voler.
- 18 juin. — La reine est complètement rétablie. Elle sort pendant 2 heures. Durant son absence, les jeunes restent au fond du trou.
- 19 juin. — La reine apparaît au bord du trou, fait mine de s’envoler, se ravise, rentre au bout d’une demi-heure.
- (Cette fausse sortie a probablement précédé ses derniers jours, car l’observateur ne l’apercevra plus. Mais sa progéniture va se multiplier.) *
- 0 juillet. — Compté hors du nid 156 guêpes.
- 15 - — 240 —
- 25 — — 597 —
- 26 — — 855 —
- 50 — — 1154 —
- (Un violent orage éclate le 5 août. La pluie détériore Je nid, et le nombre des guêpes diminue considérablement. Les jeunes reines commencent à faire leur apparition le 20 août. Le 25 du môme mois, 40 sont assez robustes pour s’envoler.)
- 28 août. — Journée chaude. 1)< îpart de 120 reines.
- 29 — — Temps nuageux. — 95 —
- 50 - — Beau et chaud. — 165 —
- 51 — — Nuageux, froid. — 40 —
- 1er sept. — Nuageux, pluvieux. Départ de 20 reines.
- 2 — — Nuageux, froid. — 20 —
- 5 — — Beau et chaud. — 225 —
- 4 — — Nuageux, humide. Aucune reine aperçue.
- 5 — — Queloues reines, qui s’envolent péniblement.
- (Même observation pour les 5 journées suivantes. Le total des reines qui ont abandonné le nid natal a été de 740. M. Denning éventre le trou et y trouve de nombreux cadavres de guêpes (reines, mâles, ouvrières), vraisemblablement asphyxiées par l’eau de pluie.)
- Nous relèverons une autre observation du plus haut intérêt. Les guêpes, à leur sortie, emportaient de petites boulettes de terre, déblais provenant des travaux d’agrandissement du nid. A. leur retour, elles apportaient généralement des mouches, destinées à la nourriture des larves. Le patient entomologiste calcula qu’elles apportèrent ainsi chaque jour, durant les mois de juillet et d’août, de 5000 à 4000 mouches.
- Personne ne saurait nier que la guêpe est l’ennemie de nos vergers, dont elle dévore les fruits dès que leur peau présente quelques craquelures. Mais on est en droit de se demander si cette destruction n’est pas compensée par la guerre d’extermination qu’elle livre aux mouches, ces véhicules de germes nocifs.
- Amateur de fruits savoureux, mais précieux auxiliaire de notre hygiène domestique, la guêpe mérite peut-être une place en marge de la liste des insectes utiles à l’homme 1
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 juillet 1914 [suite). — Présidence de M. Appell.
- La solubilité des caséines. — M. Schloesing père envoie une Note de M. Lindet, dans laquelle l’auteur, après avoir rappelé que les caséines se dissolvent partiellement dans le lait par l’intermédiaire des sels alcalins et du lactose du sérum, montre que leur solubilité varie avec leur teneur en acide phosphorique et en chaux. La faible minéralisation des caséines du colostrum explique la grande teneur de ce liquide en caséines solubles.
- Les alliages fer-nickel. — M. Le Chatelier présente un travail de M. Chévenard sur les alliages fer-nickel. La connaissance de la densité des ferro-nickels aux températures ordinaires et de leur réseau de dilatation déterminé directement de —'19°,5 à +750°, et l’extrapolation entre —19°,5 et le zéro absolu à l’aide du théorème de Nernst ont permis à l’auteur de tracer le réseau complet des volumes spécifiques de ces alliages. 11 a constaté que la transformation irréversible est proportionnelle à la teneur de l’alliage eh fer libre. Celle de la transformation réversible est proportionnelle à la quantité du composé à deux atomes de fer et de nickel. L’anomalie des ferro-nickels est donc bien soumise à la règle des mélanges, mais en partant des composés définis en fer et en nickel et non de ces métaux à l’état libre. ,
- Disparition cle Vailanthe et de son papillon. — M. Ivunckel d’Hcï’culais s’est préoccupé de rechercher les causes de la disparition progressive des ailanthes et du papillon dont la chenille se nourrit du feuillage de cet
- arbre, Y Attacus cijnlhia. Originaires de Chine, l’ailanthe et son papillon, un lépidoptère bombyeide, ont été introduits en France, il y a déjà 150 ans, et paraissaient devoir s’être acclimatés. L’auteur a trouvé que les racines des arbres en voie de dépérissement portent des excroissances en forme de galles ou de tubercules. L’arbre ainsi atteint meurt bientôt. L’insecte qui vit sur son feuillage est alors atteint d’une septicémie qui bientôt entraîne la mort. L’ailanthe ou vernis du Japon est un bel arbre ; sa disparition est regrettable. Quant à Y Attacus cynthia, sa disparition n’est pas non plus sans intérêt, car il produit une soie utilisable.
- Utilisation du venin des batraciens. — M. Edmond Perrier résume un travail de Mme Phisalix sur les venins des batraciens. Ces venins sont paralysants. Mme Phisalix a pensé qu’ils pouvaient déterminer l’immunisation contre le virus de la rage. Elle a injecté à un lapin du venin de salamandre préalablement chauffé, puis du venin de vipère et enfin du virus de la rage. Sur trois animaux soumis à l’expérience, deux ont résisté au virus de la rage ; le troisième est mort quelques jours plus tard ; mais cet animal se trouvait dans de mauvaises conditions au moment de l’injection du virus, et, en ce qui le concerne, l’expérience n’est pas déterminante. Quoi qu’il en soit, il est établi que l’immunisation est de courte durée, six semaines environ.
- Cil. Dlï VlLLEDEUIL.
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- LA SECRETION PSYCHIQUE
- Les travaux de Pawlow.
- La publication toute récente d’un nouveau livre sur les travaux du professeur J. P. Pawlow, de Saint-Pétersbourg ('), nous offre l’occasion de signaler aux lecteurs de La Nature les ingénieuses méthodes de recherches imaginées par ce physiologiste et les remarquables résultats qu’il en a obtenus.
- Le public français a déjà pu connaître les travaux physiologiques de Pawlow par la traduction de son livre : « Le travail des glandes digestives » qu’ont publié en 1901 les professeurs Pachon et Sabrazès. A cette époque, Pawlow avait réussi, au moyen d’expériences habiles et ingénieuses, à étudier sur le vivant le travail des olandes digestives
- deux et isoler une partie de la poche de telle façon que le « grand estomac » serve comme à l’état normal à digérer les aliments qui lui viennent de l’œsophage et à les conduire dans l’intestin ; tandis que le « petit estomac », isolé, mais qui sécrète en même temps que le grand, envoie son suc gastrique par une fistule à l’extérieur (fig. 2). Pawlow a pu également fixer aux glandes salivaires un tube permanent conduisant la salive hors de la bouche (lig. oj (*). L’avantage de ces techniques est qu’on obtient des sucs digestifs purs, non mélangés d’aliments, chez un animal en excellente santé. Les méthodes de Pawlow ont donc permis pour la première fois d’étu-
- Fig. i.— L’Institut de Physiologie de Saint-Pétersbourg.
- Fig. 2. — Chiens à fistules stomacales dans le laboratoire.
- dans des conditions strictement physiologiques.
- Grâce à une installation de laboratoire semblable à un service chirurgical d’hôpital (fig. 1), où l’on peut faire les opérations les plus minutieuses avec une asepsie rigoureuse, à une température convenable ; grâce à l’aide intelligente de nombreux élèves et d’un personnel parfaite-ment dressé, grâce surtout à l’habileté opératoire du maître,
- Pawlow a réussi sur les glandes digestives de nombreuses opérations qu’on n’était jamais parvenu à réaliser avant lui.
- Pawlow a réussi pratiquer sur le pancréas une fistule permanente telle que l’animal peut vivre indéfiniment avec un conduit artificiel qui déverse le sùc pancréatique au dehors.
- Sur l’estomac, Pawlow a pu séparer l’organe en
- 1. Dontchef-Dezeuze. L’image et les réflexes conditionnels dans les travaux de Pawlow, in-18, Alcan, éditeur, Paris, 1914.
- dier exactement le travail des glandes digestives.
- Nous ne citerons pas ici tous les résultats obtenus, un article n’y suffirait pas. Nous signalerons seulement le fait suivant qui montre bien toute l’importance de
- ces recherches. L’estomac sécrète d’autant plus de suc gastrique que la quantité d’aliment ingérée est plus grande ; la qualité de ce suc, c’est-à-dire sa puissance digestive, varie pendant le temps de la sécrétion et suivant la nature des aliments. Cette sécrétion n’est pas due à l’action mécanique des aliments sur les parois de l’estomac. Elle n’est pas causée uniquemen l ni même principalement par une action chimique de ces substances. Deux facteurs interviennent dans la production du suc gastrique, l’un chimique, l’autre, le prin-
- 1. Les figures 1, 2 et 5 qui illustrent cet article sont empruntées à l'excellente Technique opératoire physiologique de Le Play.
- Fig. 3. — Fistule salivaire pour l'élude de la sécrétion psychique.
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- LA SÉCRÉTION
- PSYCHIQUE
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- cipal, psychique. On peut s’en assurer par l’expérience suivante : un chien qui rcçoit'un repas normal de 200 gr. de viande sécrète pendant l’heure qui suit 12 cm3 4 d’un suc gastrique très actif. Un chien, dont on a coupé l’oesophage et dont l’estomac a reçu directement une quantité de viande à peu près égale,, sécrète dans le même temps seulement 5 cm3 de suc gastrique moitié moins actif. Un chien auquel on a donné un repas fictif, c’est-à-dire qui a mangé de la viande, laquelle n’est pas parvenue à l’estomac, l’œsophage étant coupé, sécrète pendant l’heure suivante 7 cm3 7 d’un suc gastrique très actif (fig. 4). Pawlow en conclut qu’il y a deux modes de sécrétion, l’un chimique, l’autre psychique ; le produit de ce dernier, le suc d’ (c appétit », est le premier sécrété; c’est aussi le plus important. Il nous renseigne non seulement sur un mécanisme digestif que nous ignorions, mais aussi sur la vie psychique, les sensations, les désirs, les pensées dans leurs rapports avec le travail physiologique des glandes.
- A la lin de l’ouvrage que nous avons cité, Paw-low déclarait que les glandes salivaires et surtout la glande parotide révèle, plus encore
- tomac, non seulement des rapports physiologiques, mais aussi et surtout psychologiques. Faisons-nous semblant, dit-il, de vouloir jeter de petits cailloux dans la gueule du chien, d’y mettre du sable, d’y verser quelque chose de désagréable, les glandes muqueuses délivrent une salive fluide ; le nargue-t-on avec de la viande, il se produit une salive épaisse ; montre-t-on au chien du pain sec, il s’écoule une salive abondante, quand bien même le chien ne témoigne pas un grand intérêt pour ce qu’on lui présente; le chien se trouve-t-il en présence au contraire d’un aliment aqueux, il s’écoule alors moins de salive que dans le cas précédent, quelle que soit l’avidité du chien pour cette substance. Continuant ces recherches, Pawlow a précisé au Congrès de médecine de Madrid,/en 1905, la méthode d’étude de la salivation psychique. Depuis, ses élèves et notamment Zeliony et Orbéli ont fait connaître à plusieurs reprises au public français la suite des recherches du laboratoire de Saint-Pétersbourg ; enfin, Mme Dontchef-Dczeuze vient de réunir et de commenter l’ensemble des travaux actuellement parus. Quand le chien reçoit dans la bouche une substance quelconque, il sécrète aussitôt de la salive par action réllexe; c’est là un 'mécanisme inconditionnel. La
- fistule salivaire permanente de Pawlow permet de recueillir cette salive, d’en mesurer la quantité, de l’analyser et même d’en compter le nombre de gouttes et d’enregistrer sa vitesse d’écoulement.
- Mais on peut aussi créer chez le chien ce. qu’on pourrait appeler une association d’idées ou mieux une association de sensations. Que, par exemple, on présente à un chien sa nourriture en même temps qu’on produit un certain son ; au bout de quelque temps, le chien présentera une sécrétion psychique sans sentir sa nourriture, rien qu’en entendant le son ; ce sera là, comme dit Pawlow, un réllexe conditionnel. On a pu obtenir de ces réllcxes conditionnels par les effets de la lumière, des sons, des odeurs, du chaud et du froid, par irritations mécaniques, etc.
- Un réflexe conditionnel étant établi, on peut chercher quelle différence il faut produire dans la sensation pour qu’il diminue ou disparaisse. La méthode delà sécrétion psychique de Pawlow devient ainsi un
- moyen extrêmement délicat de connaître la finesse des sensations d’un animal et de pénétrer en quelque sorte dans son for intérieur.
- Ainsi l’on a reconnu que le chien distingue des sons éloignés seulement de 1 /8 de ton, surtout si les deux sons voisins sont produits à dix ou quinze minutes au plus l’un de l’autre. Le chien ne distingue pas les diverses couleurs et salive également devant une lumière rouge, verte, bleue, violette, jaune ou blanche ; il distingue très bien les mouvements des objets et beaucoup plus lentement leurs formes. Le chien localise avec une grande exactitude les excitations tactiles, etc. On peut également, et ceci a été fait, associer divers excitants, tels que plusieurs notes de musique successives ou un grattement et un refroidissement simultanés. Le champ des expériences est ici presque illimité 1
- Le peu que nous venons de dire de cet ensemble de travaux suffit à en montrer l’importance ; importance physiologique capitale, puisqu’ils ont permis de connaître avec précision la chimie du. travail digestif ; importance psychologique non moins grande, puisqu’ils nous fournissent une analyse expérimentale de nombreux phénomènes mentaux .
- La sécrétion psychique de Pawlow' est le meilleur essai de connaissances objectives, « naturalo-scienti-fique », comme il dit, de questions de psychologie comparée que nous ne savions pas encore aborder.
- René Merle.
- que l’es-
- Fig. 4. — Marche de la sécrétion gastrique: I, après repas de 200 gr. de viande; II, après introduction directe de i5o gr. de viande dans Vestomac ; III, après repas fictif ; IV, totalisation des courbes II et III.
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- LA PREMIÈRE UTILISATION MILITAIRE DU CANAL DE PANAMA
- Cinq sous-marins sont mis à sec dans une de ses écluses
- Une flottille de o sous-marins américains est installée depuis le moi? de décembre 1915 à Cristobal, à l’entrée du Canal de Panama. 11 y a quelques semaines, on jugea utile de nettoyer les carènes de ces bâtiments, sur lesquelles les végétations maritimes habituelles s’étaient développées rapidement en raison de la chaleur des eaux tropicales.
- Malheureusement, le seul bassin de radoub qui aurait pu servir à çet effet, celui de Mount IIopc, près de.Cristobal, construit d’ailleurs par nos compatriotes, était employé, et les grands docks prévus
- et l’on se mit à l’ouvrage pour nettoyer les carènes des petits navires.
- Mais, sur ces entrefaites, un incident survint. Une explosion s’était produite le 11 mars dans les réservoirs de pétrole d’une drague et avait gravement endommagé sa coque. Il était urgent de la mettre à sec et aucun autre bassin ne pouvait la recevoir que celui où les sous-marins étaient déjà. Mais, pour cela, il fallait remplir à nouveau l’écluse et remettre du même coup à flot les sous-marins, en recommençant ensuite l’opération longue et difficile de bien
- I
- Les cinq sous-marins américains mis au sec
- à Balboa ne doivent être prêts que dans 18 mois.
- On se décida alors à utiliser comme bassin de radoub une des grandes écluses de Gatun. Le 8 mars 1914, la petite flottille, inaugurant ainsi réellement le canal, arriva au lac de Gatun.
- Mais l’écluse où on les logea n’était pas disposée pour servir de bassin de radoub, et, notamment, le fond ne portait aucun de ces madriers nommés tains sur lesquels on fait reposer les navires à sec. Il fallut en installer, et, de plus, une échelle de 28 mètres permettant de descendre au fond de l’écluse !
- Tous ces préparatifs prirent deux semaines, après quoi les 5 sous-marins et leur navire ravitailleur, le Severn, entrèrent tous à la fois dans l’immense Dassin et se placèrent exactement chacun au-dessus de l’alvéole en bois qui lui avait été préparé.
- Puis on chassa l’eau, le bassin se vida doucement
- dans une des écluses du canal de Panama.
- repérer leur place au-dessus de leurs berceaux.
- Pour éviter ce double travail, on se décida à employer une méthode que permettait la nature des navires. Au lieu de les faire flotter, on remplit d’eau leLir vv a ter-ballast et ils prirent toutes leurs dispositions de plongée, de telle façon que, lorsque l’eau fut introduite dans l’écluse, les 5 sous-marins restèrent tranquillement assis sur leurs berceaux.
- Puis la drague introduite, on chassa l’eau à nouveau ; bientôt les petites coques reparurent et le travail de nettoyage reprit normalement.
- Ce procédé élégant méritait d’être signalé, aussi bien que le très important emploi fait de l’écluse de Gatun. Cette expérience, si heureusement réussie, montre quels services les écluses peuvent rendre comme bassin de radoub.
- Sauvaide Jourdan.
- Le Gérant : P. Masson.
- Impriiucrie Laiiuiik. rue de t’ieurus, 9, ii Paris.
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- LA NATURE. - N° 2148.
- 25 JUILLET 1914.
- LA FABRICATION MÉCANIQUE DES TONNEAUX
- La grande cite de Nancy, la belle capitale de l’est de la France, n’est pas seulement une ville d’art célèbre dans le monde entier, c’est encore, et nous avons eu déjà l’occasion d’en parler dans cette même Revue ( '), une ville industrielle de tout premier ordre.
- Elle est, notamment, le siège d’importants établissements de tonnellerie mécanique, les plus vastes qui soient au monde. Nous voulons parler des Établissements Fruhinsholz où nous allons examiner les phases successives de la fabrication.
- Ateliers et chantiers. — En avant des ateliers, qui couvrent une superficie totale de 10 000 mètres carrés, et où sont occupés environ 200 ouvriers, sont les vastes chantiers où se font l’empilage et le séchage des bois de toutes provenances, de toutes dimensions et de toutes essences employés pour cette fabrication.
- Le bois le plus utilisé est le chêne de France, ainsi que les chênes d’Autriche-Hongrie, de Russie et d’Amérique.
- Les bois de chêne indigènes, qui sont de qualité supérieure ne peuvent malheureusement donner des bois de fente de grandes dimensions. Aussi sonhils, pour la plupart, employés à la fabrication de la grande tonnellerie en bois scié : foudres et cuves à vin.
- Pour le matériel de brasserie, qui doit pouvoir supporter de fortes pressions, ainsi que pour les foudres et cuves à alcool, il n'est employé que du bois fendu, et, pour l’alcool, de grain homogène et très dense. 11 est indispensable,
- I. Yoy. n" 2075, du 1er mars 1015 : Les cristaux d'art d’Emile Galle.
- de plus, que le bois employé soit parfaitement sec, ce qui nécessite de grands approvisionnements. Ces bois forment de longues rangées de piles séparées, au nombre de 85, qui laissent entre elles un espace permettant la circulation de l’air.
- Elles ont, ainsi, l’aspect de rues, et, pour plus d’illusion, sans doute, chacune de ces pseudorues porte le nom d’un grand homme, d’une ville ou d’une région.
- La force nécessaire à la mise en mouvement des 80 machines-outils perfectionnées qui travaillent dans l’usine est donnée par deux machines à vapeur compound, de 450 chevaux au total. Deux chaudières de 250 ms de surface de chauffe consomment de la houille et les déchets de bois et copeaux. Ces derniers sont amenés par un système d’aspiration, qui dans toute l’usine, les prend, ainsi que les poussières, au fur et à mesure de leur formation et évite ainsi, pour les ouvriers, la présence dé ces poussières dans l’air qu’ils respirent.
- Préparation des douves. Lorsque les douves et fonds desLinés à la fabrication parviennent aux Établissements, ils ont déjà subi, en forêt, une première préparation qui donne aux douves de foudres fendues une légère convexité, une même épaisseur aux douves de cuves, et un léger biseautage aux pièces de fond. Ce travail est évidemment complété à l’usine ; au moyen de machines perfectionnées et modernes : raboteuses simples et doubles, jointcuses et planeuses. Les douves et les pièces de fond passent sous un chariot mobile, muni de couteaux tournant à très grande vitesse : 2000 tours à la
- 8. - 145
- Fig. i. — Tonnellerie mécanique. Raboteuses simples pour douves à pression. Au-dessus, les tuyaux des aspirateurs de poussières et copeaux.
- Fig. 2. — Joinlage sur le disque de douves pour fûts à pression.
- 42“ Année. — 2“ Semestre
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- 146 ====== LA FABRICATION MECANIQUE DES TONNEAUX
- minute. Au cours de ce lent passage, qui a lieu à l’aller et au retour, les pièces sont rabotées lisses et à épaisseur égale, suivant le gabarit. Les douves formant la carcasse des fûts, et notamment des petits fûts, ne sont pas rabotées d’équerre, mais présentent une légère partie concave, chacune d’elles, intérieurement et extérieurement, étant une fraction de circonférence.
- Les douves et pièces de fond, ainsi rabotées sur leurs deux surfaces, doivent être préparées, sur leurs côtés, pour l’assemblage, appelé jointage. En raison de la forme des foudres, d’une circonférence moindre aux extrémités qu’au centre, ces douves doivent être moins larges aux extrémités qu’au centre. La face de la douve qui se trouvera à l’intérieur du lut, étant une fraction de circonférence de rayon moindre que la face externe de cette même douve, devra évidemment, d’autre part, avoir une moindre largeur, d’où la nécessité de faire les joints légèrement en biseaux.
- Cette diminution de largeur aux extrémités de la douve, et ce biseautage des joints, s’obtiennent à l’aide de disques creux, pour la diminution de largeur, et de join-teuses modernes, pour le biseautage. La tranche de chaque douve, appliquée sur ces machines, y prend automatiquement la forme nécessaire au montage parfait du, foudre.
- Il est alors procédé à ce montage du foudre, qui a toujours lieu en tronc de cône. Pour le m o n I: a g è des fûts, au contraire , les douves
- sont réunies en forme de cylindre, puis celui-ci est plongé dans un bain de vapeur à 90°, ou d’eau bouillante, qui a pour but d’assouplir les douves. Lorsque cette immersion a été suffisamment prolongée, le fût est placé dans un moule, actionné par un accumulateur d’une charge de 50 000 kg, où les pores dit bois sont comprimés . et chaque fût réduit de 10 à 12 cm en circonférence. A ce moquent, le fût, encore démuni de scs fonds, est dressé debout, et il est allumé à l’intérieur un feu de copeaux pour sécher les pores du bois.
- .Biseautage et jablage des extrémités. — Il faut, alors, procéder au biseautage et au jablage des extrémités de cette carcasse. Ainsi qu’on a pu le remarquer, en effet, les extrémités des fûts sont toujours taillées en biseau. Il est nécessaire, auparavant, de rogner les extrémités des douves, qui, au moment du montage, ne coïncident pas toujours parfaitement. Cette opération se pratique sur un tour qui rogne le fût, donne le biseautage, et creuse à l’intérieur, et près de chacune des extrémités, la rainure circulaire appelée jablc, dans laquelle viendront s’encastrer les fonds. Ces trois opérations terminées, il est procédé, pour certaines catégories de fûts, à un polissage intérieur, qui se pratique également sur un tour, voisin du précédent.
- Même pour des foudres ayan t une contenance de 450 hectolitres, ce travail du biseautage et du jablage s’opère encore sur le tour. Mais, dans ce cas, en raison de la contenance
- Fig. 3. — Après immersion dans Veau bouillante ou la vapeur à go°, le fût est moitié dans une presse hydraulique, sous une charge de 3oooo kg.
- Fig. 4. — Adroite, lotir à polir V intérieur des fûts. A gauche, tour à rogner et jabler ces même fûts.
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- Fig. 5. — Raboteuses pour douves de foudres et disques pour le jointage de ces mêmes douves.
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- 148 = PHOTOGRAPHIES EN COULEURS POUVANT ETRE REPRODUITES
- énorme, et de la pression, qui peut atteindre 6 à 8 dixièmes d’atmosphère, les fonds doivent être cintrés, et les extrémités des foudres sont tournées concaves. Ce travail est obtenu, sur le tour à chan-frener les fonds, à l’aide d’un rabot mécanique actionné par un excentrique et muni de deux ressorts de rappel qui le font avancer ou reculer devant les extrémités du foudre afin de leur donner le profil des fonds. C’est là, en raison des dimensions colossales de ces foudres, un travail remarquable qui s’effectue avec une précision et une aisance véritablement merveilleuses.
- Préparation des fonds et montage. — Pendant que se terminent les travaux relatifs aux douves, les planches destinées aux fonds sont préparées dans des planeuses, et les joints pratiqués sur des disques droits. Les pièces ainsi préparées, et appelées pièces de fond, pour les distinguer des douves, sont alors percées sur le joint, et munies de chevilles en bois d’acacia. Ces pièces de fond sont au nombre de 5, 4 ou 5 pour les fûts et de. 8 à 12 pour les foudres. Elles sont assemblées à l’avance, les pièces étant cintrées, s’il y a lieu, à l’aide de la presse, puis égalisées à la scie sur leur pourtour, qui est ensuite biseauté pour venir s’emboîter dans le jable.
- Le fond étant ainsi terminé, les cercles provisoires sont enlevés d’un côté du fût, les douves écartées, et le fond, introduit dans le jable, y est appliqué à la presse hydraulique. Les cercles définitifs sont alors fixés, à cette extrémité du fût, à l’aide d’une presse hydraulique munie de taquets, avec une pression de 30 atmosphères. Pour les foudres et cuves, au contraire, le fixage des cercles se fait à la main. Cette opération étant terminée à l’une des extrémités, le fût est retourné, et le second fond placé de façon identique. La fabrication est la meme, à peu de chose près, pour les cuves que pour les foudres et fûts, avec cette différence que les douves des cuves, n’ayant pas à être cintrées, ne passent pas par l’étuve. '
- Qu’il s’agisse de foudres, fûts ou cuves, la pièce terminée est rabotée, raclée, polie extérieurement, opérations qui constituent sa toilette et lui assurent une bonne présentation.
- Jaugeage. — Il ne reste plus qu’à jauger les produits obtenus, avec la plus grande précision possible. Ce jaugeage s’effectue, en une seule opération, par un double procédé permettant un contrôle rapide. Pour cela, le récipient à jauger est placé, vide, sur une bascule, et la tare en est établie.
- Près de cette bascule se trouve un immense réservoir, muni d’un étiage, dont la capacité est connue. La tare de la pièce vide étant faite, cette pièce est remplie avec l’eau du réservoir, et le vide de celui-ci, mesuré d’après l’étiage, en donne la contenance. À ce moment, la pièce pleine est pesée, et son poids donne à son tour la quantité d’eau introduite. Même pour les récipients les plus grands, les deux chiffres coïncident, avec, tout au plus, une différence de quelques litres pour les foudres énormes fabriqués par la tonnellerie.
- Ainsi sont fabriqués fûts et foudres, à pression ou non, pour la bière, le vin et l’alcool, cuves à fermentations à simple et double fond, cuves pour tanneries et produits chimiques, etc.
- Quelques chiffres. — D’une contenance variant de 10 à 500 litres, pour les plus petits, à 500, et même 1000 hectolitres, pour les plus grands, le nombre de fûts et cuves fabriqués en 1915 s’éleva à 50 000 environ, d’une contenance totale approximative de 200 000 hectolitres, représentant une valeur minimum de 4 000 000 de francs.
- La valeur du bois employé annuellement s’élève à 2000 000 de francs et comprend, en moyenne, 60 pour 100 de bois de pays, et 40 pour 100 de bois d’Autriche-Hongrie, de Slavonie, de Russie et, pour une faible partie, d’Amérique.
- Un beau foudre. — 11 ne fallait rien moins qu’une pareille organisation pour créer le foudre géant tant admiré à l’Exposition de 1900, et à l’intérieur duquel fut donné un banquet de 150 couverts. Ce foudre, d’une contenance approximative de 455 000 litres, mesurait 10 m. de long sur 10 m. de diamètre, avec un poids total de 150000 kg, dont 14000 pour les cercles seulement, et nécessita, pour sa construction, 197 m3 de bois. C’était le plus grand foudre du monde. 11 fut malheureusement, à son retour à Nancy, après l’Exposition, détruit par un colossal incendie. Georges Lakorviele.
- PHOTOGRAPHIES EN COULEURS POUVANT ÊTRE REPRODUITES
- Le procédé Paget
- Il existe aujourd’hui un certain nombre de procédés de photographies des couleurs, assez faciles à employer et donnant d’excellents résultats. Leur seul défaut est de donner une épreuve unique dont on ne peut tirer de copies.
- On a cherché maintes fois déjà un moyen de tirer une épreuve à plusieurs exemplaires sans y réussir pratiquement.
- "Ce problème est aujourd’hui résolu par un nouveau procédé qui nous vient d’Angleterre : le procédé Paget, dont la technique est différente des trichromies déjà existantes. La photographie se fait à travers un écran spécial sur une plaque panchromatique qui donne un négatif en noir. De ce négatif, on peut tirer autant de positifs qu’on le désire. Chacun d’eux, regardé par transparence à travers un
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- écran tramé semblable à celui de la prise de vue, donne la reproduction exacte des couleurs de l’objet photographié.
- Avantages de la méthode. — Sauf l’emploi des écrans spéciaux, les manipulations sont donc exactement les mômes que celles conduisant à l’obtention d’une diapositive en noir d’après un négatif, obtenu lui-même sans aucune modification aux modes opératoires ordinaires de la photographie en noir.
- Une fois le négatif obtenu, on en peut tirer un nombre quelconque de diapositives et transformer celles-ci en photographies en couleurs en les doublant d’un écran spécial de vision ; non doublées, ces diapositives peuvent être utilisées à des projections en noir, et l’on peut aussi, du même négatif, tirer à volonté des épreuves sur papier, par contact ou par agrandissement, obtenant ainsi d’excellentes reproductions orthochromatiques sans que la structure particulière de l’image constitue en quoi que ce soit un inconvénient.
- La faculté de multiplication des vues en couleurs, avec identité parfaite de tous les exemplaires d’un même sujet, permet dans des conditions très avantageuses l’édition de diapositives de projection destinées à l’enseignement, avec cet avantage supplémentaire que l’extrême transparence des images en couleurs permet leur projection avec une intensité d’éclairage très inférieure à celle habituellement nécessaire en ce cas, avantage qui sera très apprécié de nombreux établissements d’enseignement où l’emploi de projections en couleurs n’a pu encore être tenté.
- En dehors de cette application particulière, la facilité de multiplication des images sera très vivement appréciée des portraitistes professionnels et des amateurs, ceux-ci n’ayant plus aucune raison d’hésiter à exposer ou à présenter leurs travaux, sûrs qu’ils seront, en cas d’accident, de pouvoir reconstituer le document égaré ou altéré; ils pourront enfin procéder à des échanges, de façon à compléter éventuellement leurs collections sur un sujet déterminé par les œuvres de leurs collègues ou de leurs correspondants.
- Au point de vue économique, ce procédé soutient avantageusement la comparaison avec les procédés actuellement connus de photographie directe des couleurs. Laissant de côté l’acquisition des écrans nécessaires à l’obtention des négatifs, cette dépense étant faite une fois pour toutes, on doit considérer
- que, dans le cas d’insuccès (et les praticiens les plus habiles savent que la proportion des « ratés » n’est pas négligeable) la dépense se réduit au coût de la plaque panchromatique utilisée, coût peu différent de celui d’une plaque ordinaire du même format, le tirage du positif et son doublage par l’écran de vision n’étant évidemment effectués que dans le cas de réussite du négatif. De plus, si une vue en couleur n’a qu’un intérêt momentané, on peut, après emploi, la séparer de son écran de vision et employer celui-ci au montage d’une autre vue, la dépense étant alors réduite au coût de la plaque diapositive, dont le prix ne diffère pas de celui de toute autre plaque positive de bonne qualité.
- Nous insisterons sur la latitude très appréciable dont on dispose dans l’évaluation du temps de pose. La plaque, étant couverte d’une émulsion en couche épaisse, puisque l’on n’a pas ici à se préoccuper d’une inversion de l’image, présente à peu de chose près la même latitude de pose dont on dispose pour la photographie ordinaire en noir.
- La grande sensibilité de l’émulsion et l’extrême transparence des écrans employés permettent d’aborder aisément les sujets les plus variés, et, avec l’emploi des objectifs modernes d’extrême luminosité, d’obtenir des photographies instantanées en couleurs d’objets animés, sans qu’il soit besoin de faire subir aux plaques aucun traitement préliminaire.
- Enfin, l’émulsion étant coulée directement sur verre, puisque l’écran mosaïque est distinct de la plaque sensible, sa durée de conservation est sensiblement la même que celle de toute autre plaque panchromatique.
- Matériel nécessaire. — La mise en œuvre du procédé Paget Color exige : 1° un écran jaune compensateur, à utiliser à l’objectif; 2° un écran mosaïque trichrome à utiliser au contact de la plaque sensible pour la prise du négatif; 5° les plaques négatives panchromatiques spécialement préparées pour cette' application ; 4° les plaques diapositives spéciales pour le tirage des positifs; 5° les écrans mosaïques trichromes employés à doubler les diapositives obtenues sur les plaques précédentes.
- L’écran compensateur. — L’impossibilité de fabriquer des plaques photographiques dont la sensibilité au blèu soit égale à celle pour le rouge nécessite l’emploi d’un écran jaune qui corrige cette inégalité. Cet écran, assez semblable à celui qu’on utilise pour les trichromies ordinaires, se place devant ou derrière l’objectif. Sa teinte varie légèrement
- ommo8 ommoGlt
- Vue agrandie d'une portion de l’écran trichrome derrière lequel sont impressionnés les clichés.
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- ou suivant qu’on doit l’uliliscr en lumière naturelle avec divers éclairages artificiels : lampe à arc, lampe Nernst, Osram, incandescence par le gaz ou poudre magnés:que.
- L’écran mosaïque de prises de vues. — L’écran négatif est constitué par une mosaïque trichrome, formée de menus carrés exactement jointifs, teints respectivement en rouge orangé, vert et bleu violacé, sans noirs interposés, l’ensemble paraissant à l’œil nu comme d’une teinte uniforme gris verdâtre clair.
- Cet écran est remarquablement transparent, beaucoup plus que les autres mélanges trichromes imaginés jusqu’ici. Examinée à un certain grossissement, la structure particulière de l’écran apparaît tout à fait régulière (fig. 1). Les carrés rouges, les plus grands, ont 0 mm 080 de côté; ils empiètent par leurs quatre angles sur les carrés verts de même dimension; les carrés bleus ont seulement 0 m. 064 de côté. Les carrés de chaque sorte sont en nombre égal, si bien que la mosaïque constitue une trame très line contenant 70 lignes environ par centimètre, c’est-à-dire aussi fine que celle des héliogravures rotatives.
- L’écran de prise de vues doit être placé en même temps que la plaque sensible dans le châssis négatif ou dans le porte-plaques, de telle" sorte que la face utile de l’écran soit en contact parfait avec la couche., d’émulsion de la plaque panchromatique spéciale, la lumière traversant ainsi la mosaïque trichrome avant de parvenir à la couche sensible.
- La plaque panchromatique Paget. — Cette plaque, d’une haute sensibilité chromatique, ne peut en aucun cas être maniée en lumière rouge; toutes manipulations doivent en être effectuées soit dans l’obscurité complète, soit en éclairage vert fourni par un écran inactinique approprié.
- La rapidité de ces plaques est suffisante pour qu’on obtienne, par temps très clair avec un objectif ouvert seulement à F/6,5, d’excellentes images en un dixième de seconde. Le temps de pose n’a d’ailleurs pas besoin d’être rigoureusement exact et l’on obtient de bons clichés même en surexposant légèrement. D’ailleurs, les ombres ne sont pas ici représentées par du noir ; on sait qu’elles sont toujours colorées et qu’il est nécessaire qu’une quantité suffisante de lumière soit parvenue à la couche sensible dans les parties sombres.
- Développement du négatif. — Le laboratoire n’étant éclairé que par une lumière inactinique, on enlève du châssis la plaque sensible et l’on met en sûreté l’écran mosaïque de prise de vues.
- On doit s’efforcer d’obtenir un négatif doux, très détaillé et exempt de voile. Tous les révélateurs répondant à ces conditions peuvent être employés indistinctement, sauf à déterminer pour chacun d’eux la durée optima du développement, la venue de l’image ne pouvant être que difficilement contrôlée en raison de la haute sensibilité chromatique de la plaque, sensibilité qui subsiste presque entière même
- après imprégnation de la plaque par le révélateur.
- Après développement, on rince la plaque à l’eau pure, puis on fixe dans un bain fixateur acide, soit par exemple dans une solution d’hyposulfite à 25 pour 100 additionnée d’environ 25 c. c. de bisulfite de soude par litre de bain.
- On lave à nouveau pendant environ 20 minutes et l’on met à sécher. On évitera de procéder au renforcement ou à l’affaiblissement des négatifs, car il en résulte presque nécessairement une altération des couleurs. Au cas où le' négatif serait ou un peu trop faible ou trop dense, il suffirait de régler les conditions de tirage des diapositives de façon à amener celles-ci au degré voulu de contrastes. Le négatif examiné avec une forte loupe (un compte-fils convient très bien à cet examen) doit paraître constitué par la juxtaposition de petits éléments carrés nettement délimités.
- Les plaques diapositives Paget. —Les conditions d’obtention du négatif, et en particulier la difficulté d’en contrôler utilement le développement, obligent à corriger les défauts éventuels du négatif lors de l’obtention des diapositives, et pour cela les plaques employées au tirage de ces positifs doivent être d’un maniement assez souple pour permettre de tirer bon parti aussi bien d’un négatif faible que d’un négatif quelque peu vigoureux. De plus, il est indispensable que ces plaques fournissent des images d’un noir pur et d’une opacité suffisante pour obturer effectivement les éléments de l’écran mosaïque de vision qu’elles ont pour mission d’intercepter. Enfin, ces plaques doivent être Coulées sur verre très plan de façon à assurer un contact parfait entre le négatif et le positif, et fournir ainsi une image nette des menus éléments géométriques constituant l’image.
- Tirage des positifs. — Il est essentiel d’assurer un contact parfait entre le négatif et la plaque diapositive; on doit donc utiliser un châssis muni de forts ressorts. De plus, on doit éviter l’accès à la plaque diapositive de toute lumière n’ayant pas traversé le négatif ; si donc le châssis-presse n’est pas exactement aux dimensions du négatif, il y a lieu de placer entre la glace du châssis et le négatif une cache en papier noir limitant la région éclairée à quelques millimètres de moins que le format du négatif.
- Les plaques diapositives peuvent être maniées en lumière rouge ou en lumière jaune, à condition de choisir convenablement les écrans inactiniques.
- Dans le tirage du positif, et particulièrement dans le cas où l’on utilise un châssis de format supérieur à celui nécessaire, ou lorsque l’on utilise seulement une partie du négatif (tirage de négatif 9x12 sur le format 85 X 10 de projection), il faut avoir soin d’orienter en parallèle les bords du négatif et du positif, de façon à pouvoir procéder ultérieurement au montage de l’écran de vision sans que celui-ci ait à déborder de la diapositive ; on se sert éventuellement de réglettes en carte mince coupées à la lar-
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- gcur voulue pour servir de butées sur l’un des bords de l’image.
- Le tirage des diapositives se fait comme dans la photographie ordinaire. On révèle l’image avec un révélateur donnant des images très pures et très vigoureuses. On n’arrète le développement que lorsque les grands noirs transparaissent au dos de la plaque et qu’il ne reste plus de blancs purs. Après développement, on rince à l’eau, puis l’on fixe en bains acides.
- L’écran de vision. — De même structure que l’écran de prise de vues et de même aspect général, bien qu’un peu plus foncé, l’écran de vision doit être appliqué sur la diapositive en repérage convenable, et une fois ce résultat obtenu, les deux plaques doivent être immobilisées en cette position par des bandes gommées collées à cheval sur les tranches.
- Bien que l’écran négatif, appliqué sur une diapositive, donne déjà un effet de couleur assez voisin de l’aspect normal, les résultats parfaits, au double point de vue de l’exactitude des couleurs et de leur intensité, ne peuvent être obtenus qu’avec l’écran de vision.
- L’image devant être en contact parfait avec la mosaïque positive, les caches, s’il y a lieu d’en utiliser,ne devront pas être appliquées directement sur la face gélatinée de la diapositive, comme on le fait habituellement pour les clichés de projection, mais extérieurement, une fois l’assemblage terminé.
- Pour le repérage de l’écran de vision sur la diapositive, on s’installe à une table située aussi loin que possible d’une fenêtre, et l’on s’asseoit face à la fenêtre, ayant à sa portée quelques fortes pinces à papier en acier et quelques bandes gommées (bandes noires pour le doublage des clichés de projection) coupées aux dimensions nécessaires. On applique la face gélatinée de l’écran sur la face gélatinée de la diapositive, et, s’accoudant à la table, on examine l’ensemble en transparence, la diapositive étant regardée au travers de l’écran. On fait tourner les deux plaques sur elles-mêmes d’un léger mouvement des doigts, et en évitant toute pression excessive des deux plaques Fune contre l’autre, de façon que ce mouvement de glissement des deux couches l’une sur l’autre ne puisse les rayer ni l’une ni l’autre. Au cours de cette rotation, on voit apparaître de petits carrés colorés, dus à un effet de moirage ; on continue à tourner dans un sens tel que ces carrés deviennent de plus en plus grands et finalement disparaissent, un effet de couleur apparaissant, et se localisant nettement à chaque région de l’image. A ce moment, le quadrillage de la diapositive est en parallélisme rigoureux avec le quadrillage de l’écran mosaïque, et il suffit dès lors d’un déplacement de quelques centièmes de millimètre dans le sens convenable pour substituer aux colorations fantaisistes actuelles les colorations exactes. Pour déterminer le
- sens correct de ce déplacement, on incline successivement l’ensemble des deux plaques, toujours maintenues au contact, dans diverses directions, jusqu’à ce qu’on trouve une direction suivant laquelle les couleurs apparaissent correctement et avec le maximum d’intensité. Pour arriver alors à la position normale, on fait glisser très doucement la plaque de dessus sur celle de dessous dans la direction qui, lors de la vision correcte, était la plus éloignée des yeux, jusqu’à ce que, vue sous P incidence normale, l’image apparaisse avec ses couleurs.
- À noter d’ailleurs que si la coloration est correcte pour l’un des objets représentés, elle l’est aussi pour tous les autres ; il suffit donc, au cas où la coloration de quelque partie de l’image ne serait pas évidente par elle-même, étant donné qu’il n’y a guèrfe à hésiter qu’entre une couleur et sa complémentaire, d’avoir retenu la coloration d’un objet caractéristique de la vue photographiée.
- Au moment où le résultat cherché est obtenu, on maintient en leur position les deux plaques entre les doigts de la main gauche et, de la main droite, on saisit l’ensemble dans une forte pince en acier appliquée le long de l’un des bords voisins de celui par lequel la main gauche les maintient, puis sur le bord opposé ; au cas où un léger glissement se serait produit lors du placement des pinces, il serait encore possible de rectifier.
- On applique alors les bandes gommées à cheval sur les deux plaques, le long des deux côtés où ne sont pas les pinces, et on laisse sécher ces bandes; cela fait, on saisit entre des pinces les deux bords ainsi reliés, on enlève les premières pinces et l’on borde les deux autres côtés.
- Dans le cas particulier où le tirage aurait été effectué sur une plaque de dimensions moindres que celles du négatif, on aurait à tenir compte de ce que les écrans mosaïques ont un sens qui doit être observé, le côté le plus long de l’écran de vision devant ainsi, relativement à l’image, se trouver orienté dans le même sens que l’était le côté le plus long de l’écran de prise de vues.
- Gomme on le voit, le procédé Paget permet d’obtenir un nombre illimité de photographies en couleurs au moyen d’un seul cliché. Ces photographies peuvent d’ailleurs être vues en noir si l’on ne les regarde pas avec l’écran. Les procédés de développement et de fixage du négatif et des positifs sont aussi simples et aussi faciles que pour d’ordinaires photographies en noir. Ces multiples qualités assureront, croyons-nous, au « Paget Color », un succès durable auprès des amateurs de photographie.
- Ajoutons, pour terminer, que des essais sont faits actuellement pour reporter sur papier des photographies en couleur obtenues par ce procédé ; nous avons déjà pu examiner d’intéressantes épreuves qui laissent espérer une prochaine réussite.
- André Breton.
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- Bizerte est un point stratégique de premier ordre. On l’a appelé le « Toulon africain », mais il est
- ce refuge sans pareil, si bien préparé par la nature, doit être outillé pour offrir le maximum de sécurité
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- Fig. i. — L’armée navale dans le chenal et le lac de Bizerte.
- mieux que cela encore. Par sa position géographique dans la partie la plus resserrée du canal sicilo-afri-cain, il commande le passage relativement étroit qui coupe en deux la Méditerranée. Aucun des grands mouvements maritimes dans ces parages ne peut échapper à sa surveillance et à ses vues ; le sémaphore du cap Blanc, établi à 8 km de la place sur le haut sommet du Djebel-Nador, signale quelquefois jusqu’à 40 grands vapeurs passant en 24 heures dans le champ de son observation.
- Bizerte est donc un autre Gibraltar, mais un Gibraltar qui n'a rien à craindre du canon d’Algésiras; en outre, son immense lac intérieur lui permet un rôle que bien peu de ports peuvent remplir aussi complètement en cas de guerre, soitqu’une armée navale intacte s’y rassemble avant de courir sus à l’ennemi, soit qu’ayant été endommagée par l’adversaire, elle vienne s’y réparer et s’y ravitailler pour reprendre la mer et continuer la lutte.
- Sur la grande route méditerranéenne, Bizerte apparaît ainsi comme l’hôtellerie de notre armée navale; personne ne contestera — à moins de méconnaître les intérêts primordiaux du pays — que
- à nos flottes et résister victorieusement à toute attaque. Cette protection s’impose non seulement du côté de la mer, ce qui est à peu près réalisé aujourd’hui, mais aussi du côté de la terre où, jusqu’à ce jour, la place est restée ouverte, trop exposée aux coups d’un .ennemi résolu à mettre le prix à scs entreprises.
- Le spectacle grandiose que Bizerte a offert tout récemment, pendant les dernières manœuvres navales, a été à cet égard une éloquente leçon de
- choses. On a vécu des situations, on s’est posé des problèmes qui n’avaient pas été envisagés jusqu’à ce jour, et dont la solution n’a pas apparu toute simple, avec les moyens trop restreints dont on dispose actuellement.
- L’armée navale de France au grand complet, exception faite d’une trentaine de bâtiments de second ordre, a fait son entrée à Bizerte le mardi 19 mai et l’a pris comme hase principale d’opérations pour les très importantes manœuvres qui, 8 jours durant, se sont déroulées à l’intérieur du périmètre Bizerte-Alger-Marseille-Toulon-Ajaccio.
- Sur les deux rives du chenal et pendant plus de 5 heures et demie, la population européenne et
- Fig. 2. — Bizerte. Faute d’outillage du port, une récolte de blé reste en souffrance sur une place publique.
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- B1ZERTE
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- indigène de la région, accourue en foule, a assisté, émerveillée, au défilé impressionnant de nos magnifiques unités, près de d 00 navires de guerre, dont 24 gros croiseurs et cuirassés. Il y avait là — pour ne citer que les têtes de colonne — nos deux su-perdreadnoughts les plus récents,
- Courbet et Jean-Bart, le premier battant pavillon de ramiralisisnie Boué de Lapey-rère'; puis les cuirassés Condorcet, Danton,
- Vergnwud, Diderot, Mirabeau,
- Justice, Démocratie, République, Patrie, Gaulois, Bouvet, Suffren, Saint-Louis (le cuirassé Vérité, battant pavillon du vice-amiral Marin Darbcl, s’était, en
- de manœuvre du merveilleux outil que représente aujourd’hui notre marine nationale!
- Et cependant, comme si la nature gardait je ne sais quelle jalousie de sa supériorité, le lac de
- Bizerte, ayant reçu toutes ces escadres, semblait s’enorgueillir de les voir comme disséminées et perdues sur l’immensité de ses eaux! N'est-ce pas la preuve que cette vaste. mer intérieure, où, à l’abri des vents et de la tempête, toutes les Bottes de l’Europe pourraient évoluer à l’aise, constitue un joyau maritime unique au monde et, pour parler un langage plus militaire, un instrument d’offensive
- y:—V:: -- 1
- Fig. 4. — Bizerte et ses environs. Vue panoramique prise en cerf-volant : le chenal, la ville et le lac,
- cours de route, rendu à Marseille pour recevoir à son bord M. Gauthier, ministre de la marine).Enfin, à la suite des grosses unités, venait la foule des croiseurs cuirassés, torpilleurs et sous-marins, dont la liste serait trop longue à énumérer ici.
- Depuis longtemps— etpeut-êlremêmejamais — on n’avait vu, réunie, dans un port français, une flotte aussi considérable, armée de 600 bouches à feu, comprenant 8 amiraux, 900 officiers et près de 50000 hommes d’équipage.
- Combien d’étrangers et de touristes auraient souhaité d’assister à ce spectacle! Et aussi, combien de bons Français se seraient sentis réconfortés, en contemplant la puissance, la sûreté de direction et
- que notre pays a le devoir de porter à son maximum de rendement?
- Dans un de ces moments d’expansion, où il est
- permis à tout homme, fût-il ministre, de révéler ses sentiments à ses intimes, Jules Ferry s’écriait un jour : « C’est
- pour avoir Bizerte, que j’ai conquis la Tunisie ». L’histoire a retenu le mot, peut-être contre le gré de celui qui l’a prononcé, mais cet aveu dénote du moins la perspicacité du profond politique qui, vers la fin de février 1881, à la suite d’un banal incident de frontière, eut la fermeté de faire décider l’expédition et d’assurer ainsi l’établissement de notre protectorat sur la Régence. L’avenir indiquera d’ailleurs s’il n’eût pas mieux valu,
- Fig. 5. — Bizerte. La place de France (ville arabe).
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- comme une autre puissance latine l’a fait depuis dans un pays voisin, aller délibérément jusqu’à l’annexion.- C’est que la question était alors beaucoup plus haute que celle du règlement de quelques rixes entre tribus arabes des confins algéro-tuni-siens. Une menace était en l’air; il nous fallait avoir Bizerte sans retard, pour couper court à d’autres convoitises et empêcher la rupture à notre détriment de l’équilibre européen dans la Méditerranée. Une action énergique et décisive s’imposait, d’autant que l’Angleterre nous laissait carte blanche, avec certaines réserves, il est vrai, et que, maîtresse de Malte et ne pouvant pas tout ambitionner, elle avait intérêt à ce que les deux portes du canal sicilo-africain, Bizerte et Messine, ne fussent pas aux mains d’une même puissance méditerranéenne.
- Cependant, et en raison même de ces réserves du cabinet britannique, le traité de Kassar-Saïd du 12 mai 1881, qui termina la première expédition, fut loin de nous donner en Tunisie la situation prépondérante que nous y avons acquise aujourd’hui. Il fallut de longues et délicates négociations, rendues particulièrement laborieuses par les apres et incessantes récriminations de Crispi, pour faire admettre notre autorité résultant de la conquête et obtenir la suppression du régime des « capitulations », qui maintenait aux étrangers la presque totalité des droits qu’ils possédaient sous l’ancien gouvernement du bey. C’est ainsi également qu’on réussit à libérer Bizerte et à faire reconnaître que la France pourrait y créer un port de guerre et un camp retranché. Il convient de rappeler ici que cet heureux résultat fut en grande partie dû à l’habileté et au tact diplomatiques de M. Hanotaux, alors ministre des affaires étrangères.
- Le nouvel état de choses, en ce qui concerne Bizerte, fut consacré par le décret beylical du 18 février 1890, postérieur de 9 ans à l’expédition, qui concédait la construction et l’exploitation du port à la compagnie Hersent et Couvreux.
- À la suite de ce décret, une activité féconde régna pendant plusieurs années à Bizerte. De coûteux, mais indispensables travaux y furent entrepris et menés à bien avec une étonnante rapidité. Sous l'énergique impulsion du pouvoir central, on s’attacha à atteindre le plus tôt possible le but qu’on s’était proposé : y créer un port de guerre et un refuge inviolable pour notre armée navale. C’est ainsi qu’on creusa le canal, dont les déblais servirent d’assise à la nouvelle ville et que se construisirent simultanément : les batteries de côte, organe essentiel de la défense, puissamment constitué aujourd’hui (de l’avis de tous les techniciens, ce front de mer est à peu près inviolable, sous réserve des quelques transformations que le progrès ininterrompu des engins de guerre pourra encore nécessiter), — les casernes, spacieuses, largement aérées, réunissant toutes les conditions de commodité et de salubrité qu’on peut souhaiter sous un climat colonial, — les établissements de l’amirauté et de la
- défense mobile à la baie bonly; c’est là qu’en attendant la construction de la Préfecture Maritime, réside l’amiral gouverneur de Bizerte. Enfin, tout au fond du lac, à près de 20 km de la mer, construit malheureusement trop loin des autres centres militaires et placé ainsi dans des conditions de défense particulièrement difficiles, le vaste arsenal de Sidi-Abdallah ; on a créé là une véritable cité industrielle, répondant à tous les besoins et offrant toutes les ressources et les facilités de service que la marine sait mettre dans ses installations.
- Outre ses innombrables ateliers pourvus de tout l’outillage nécessaire à la réparation des navires, ses pylônes de télégraphie sans fil en communication régulière avec la Tour Eiffel, ses bassins de radoub, sa pyrotechnie et son hôpital de 500 lits, Sidi-Abdallah renferme — et c’est une de ses principales raisons d’être — tous les réapprovisionnements nécessaires à l’armée navale, en charbon, mazout, munitions, vivres et effets d’habillement de toute nature.
- Cette installation de Sidi-Abdallah mérite une parenthèse, en raison-des critiques auxquelles elle a donné lieu et de la gravité réelle du problème qu’elle soulève. Il ne faut pas biaiser avec la vérité. Ce fut une erreur, et une erreur grosse de conséquences de placer l’arsenal en ce point, surabondamment protégé sans doute contre un bombardement par mer, mais isolé de tout sur terre, et dans une situation telle, qu’il faudrait un camp retranché spécial pour le mettre à l’abri du danger que lui ferait courir l’attaque imprévue d’un corps de débarquement.
- On a fait de ce choix un amer grief à la marine. Mais il faut voir comment la question s’est posée, comment elle eût dû être résolue et quelles sont véritablement les responsabilités engagées. Il s’agissait d’entreprendre à Bizerte une œuvre de défense nationale, à laquelle les services techniques de la marine et de la guerre devaient obligatoirement collaborer. Or, ces services étant organiquement indépendants l’un de l’autre, l’autorité centrale avait le devoir de prendre en mains la direction d’ensemble, de tracer un programme très net, d’en exiger l’application stricte et d’en assurer l’achèvement en maintenant sans cesse la liaison et la coopération nécessaires entre les exécutants.
- Au lieu de cela, depuis 25 ans que l’organisation de Bizerte est commencée, les services de la marine et de la guerre, au vu et au su de leurs départements ministériels respectifs, ont vécu dans des compartiments distincts, chacun travaillant pour son compte et ignorant l’œuvre du voisin. C’est seulement au mois de décembre dernier, lors de la création de la préfecture maritime, que cette dualité a pris fin, après avoir, comme partout où elle existe, produit les plus fâcheux résultats. D’une part c’est la marine qui place son arsenal à Sidi-Abdallah, sans que la guerre lui fasse la moindre objection et l’avertisse des difficultés qu’on éprou-
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- vera pour le défendre. D’autre part, c’est la guerre qui, non renseignée par la marine, s’imagine que le seul problème à résoudre consiste à empêcher les navires ennemis de forcer l’entrée du chenal; elle construit en conséquence un front de mer irréprochable, répondant en effet à la mission qu’elle croit seule nécessaire de remplir, et néglige d’établir un front de terre pouvant s’opposer à l’attaque d’un corps de débarquement. De part et d’autre, on manque de vues d’ensemble, on fait fausse route
- organes indépendants étant employés h l’œuvre commune, le pouvoir central devait — car il avait seul qualité pour cela — imposer sa volonté de les voir collaborer; ne rayant pas fait, il est seul responsable des efforts divergents qui se sont produits et des graves erreurs qui en ont été la conséquence.
- Quoi qu’il en soit, la situation actuelle ne peut durer plus longtemps. N’oublions pas qu’en face de la Sicile, et surtout depuis l’annexion de la Tri-politaine, Bizerte se trouve à la frontière de l’Est de
- BIZERTE
- Cap Blanc
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- Fig. 6.
- --------- Chemin de fer existant entre Bizerte et Tunis. — Parcours : 108 km et 3 heures de trajet.
- —,—.— Ligne électrique à construire entre Bizerte et Tunis. — Parcours : 65 km et i h. de trajet. Nota. — Le lac de Bizerte offre, sur une grande partie de sa surperfteie, des profondeurs de io et 12 mètres, et peut recevoir les navires de guerre ou autres, du plus fort tonnage. Le lac de Tunis, qui a le même aspect sur la carte, n’a que o m. 5o à 1 mètre de profondeur. Sur une digue qui le traverse de l’Ouest à l’Est, on a établi le chemin de fer de La Goulette. En outre, parallèlement à celle digue, on a creusé un canal de 5 à 6 mètres de profondeur qu’on entretient péniblement, et qui, seul, permet aux navires de faible tonnage d’arriver au petit bassin, creusé également de main d’homme, qui sert de port à Tunis.
- sur le but à atteindre et les moyens à employer pour le réaliser.
- Les fautes commises auraient certainement été évitées, si l’on avait, dès le début, comme on vient enfin d’y arriver, fait prévaloir à Bizerte le principe de l’unité de direction et de responsabilité. Deux
- notre empire africain. Enfin, n’est-ce pas un avertissement aussi que cette entrevue toute récente de Konopitch, où l’empereur d’Allemagne et l’infortuné archiduc héritier d’Autriche, accompagnés de leurs amiralissimes, semblent bien avoir jeté les bases de la réorganisation définitive de l’armée
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- navale austro-hongroise et agité la question de la suprématie de la triple alliance dans la Méditerranée? -
- La remise dans une seule main de tous les pouvoirs militaires et maritimes à Bizerte, et, d’autre part, les observations faites au cours des dernières manœuvres navales, ont démontré jusqu’à l’évidence que deux desiderata principaux sont à réaliser sans retard :
- 1° Mettre en sûreté les approvisionnements énormes de notre armée navale, exposés aujourd’hui à un coup de main, comme tout ce qui existe à l’arsenal de Sidi-Àhdallah ;
- 2° Créer de toutes pièces mn front de terre pouvant non seulement garantir Bizerte contre une surprise, mais encore lui permettre de soutenir longtemps le siège régulier de forces importantes.
- Quelles seraient pour cela les mesures à prendre immédiatement?
- D’abord construire quelques forts isolés, pouvant se suffire à eux-mêmes et commandant les plages de débarquement dangereuses les plus voisines de la place. Avec une faible garnison et quelques pièces à tir rapide, ces forts arrêteront un ennemi beaucoup plus nombreux, parce qu’ils le surprendront dans sa période de moindre rendement, au moment où il dépensera son principal effort pour vaincre les difficultés du débarquement.
- Ensuite, selon les principes connus de la défense des camps retranchés, il faudra envelopper la ville d’une enceinte de forts, croisant leurs feux et disposés de façon à battre les principales voies d’accès vers la place. A l’intérieur de ce périmètre, devront naturellement être renfermés les établissements actuels de la marine à la baie Ponty, et ceux qu’on sera amené à 'construire pour y faire refluer les approvisionnements de l’armée navale entreposés aujourd’hui à Sidi-Abdallah.
- Enfin — et c’est là un des besoins les plus essentiels à satisfaire — il est indispensable de restituer à Bizerte sa garnison normale, fortement entamée depuis 5 ans par le départ des troupes de toutes armes successivement envoyées au Maroc.
- La réorganisation de Bizerte, d’après ce programme général, représente à peu près la dépense d’un cuirassé, soit 60 à 70 millions de francs. L’hésitation est-elle permise, lorsqu’on sait, à n’en pas douter, que le maintien du statu quo compromettrait irrémédiablement, non seulement les approvisionnements, mais encore la valeur offensive de notre flotte?
- Examinons maintenant un autre aspect de la question.
- L’expérience démontre qu’en dehors de la métropole, aux colonies ou dans les pays de protectorat, la valeur militaire d’une place de guerre s’augmente en raison du développement économique de la région où elle est située.
- A'cet égard, Bizerte se trouve dans un cas tout spécial, parce que les espérances conçues sur son
- avenir ne se sont pas réalisées et que, malgré toute la sollicitude du Gouvernement de la République et de son éminent représentant en Tunisie, malgré sa situation géographique exceptionnellement privilégiée et les ressources merveilleuses dont la nature l’a généreusement doté, les navires de commerce s’abstiennent de fréquenter son port.
- Au point de vue militaire, il y aurait un gros intérêt à mettre fin à.cet ostracisme, dû d’ailleurs à des causes purement'factices, et qui cesserait si on laissait leur libre expansion aux forces économiques naturelles de la contrée.
- Un mot d’explication est nécessaire à ce sujet. Alors que l’immense lac en eau profonde de Bizerte, avec sa superficie de 15 000 hectares, égale à celle de Paris, pourrait contenir à l’aise toutes les marines militaires et marchandes de l’Europe, Tunis ne possède qu’un bassin minuscule, à peine grand comme la place de la Concorde, où deux paquebots ne peuvent évoluer ensemble sans risque d’abordage. On s’y trouve à 6 heures de plus de Marseille et on n’y accède qu’après un trajet circonspect de plus d’une heure dans un étroit canal, que des dragages continuels arrivent à peine à préservât de l’envahissement des boues. D’autre part, l’hinterland de Tunis est aride et sans végétation par rapport à celui de Bizerte ; ce dernier confine, en effet, aux plus riches régions agricoles et minières du Protectorat, notamment à la magnifique plaine de Mateur, qu’on a justement appelée : la Beauce de la Tunisie. Et cependant, parce que de gros intérêts privés, en partie étrangers d’ailleurs, sont engagés à Tunis, on y a entamé contre la nature une lutte à laquelle il faudra bien renoncer un jour, et l’on y enfouit des capitaux considérables pour l’amélioration impossible du port et du chenal qui y donne accès. Par contre, Bizerte n’obtient rien pour créer et entretenir l’outillage nécessaire au commerce maritime. Il ne suffit pas de disposer d’un port naturel sans égal ; rien n’est fait, tant qu’on n’y a pas amené des voies ferrées à rendement suffisant, et qu’on n’v a pas construit des quais et des bassins pour assurer le chargement et le déchargement des navires. De tout cela, Bizerte est encore dépourvu et les projets — établis cependant en grand nombre, car on n’a eu que l’embarras du choix— continuent à dormir dans les cartons.
- Si Bizerte devenait un grand port de commerce en même temps qu’un grand port militaire, l’importante question du ravitaillement des troupes et de l’armée navale se trouverait considérablement simplifiée et pourrait être résolue d’une façon beaucoup plus économique qu’aujourd’hui. Mais la presque totalité des ressources dont dispose le Protectorat pour les travaux maritimes et de chemin de fer étant employée ailleurs, les navires de commerce s’éloignent de Bizerte où ils ne trouvent ni outillage, ni fret de retour. La marine, c’est-à-dire le Trésor français, sont conduits ainsi à des dépenses exorbitantes pour entretenir et renouveler le matériel et
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- les approvisionnements énormes destinés à l’armée navale.
- On sait que nos navires de guerre modernes ne peuvent atteindre leur vitesse normale qu’en brûlant du charbon de premier choix et que, d’autre part, le charbon se détériorant très vite, il faut constamment en renouveler les stocks. Ce roulement se pratique de la façon la plus économique dans un port où de nombreux bâtiments de commerce font escale et où la marine peut au besoin acquérir, par réquisition ou autrement, les provisions des compagnies privées. Gibraltar, Malte possèdent toujours ainsi d’énormes dépôts de charbon d’exlraction récente. A Bizerte, où toutes les conditions naturelles sont cependant autrement favorables, il ne peut en être ainsi, parce que, faute de mouvement commercial, l’Etat en est réduit à fournir lui-même et aux conditions les plus onéreuses -— les navires repartant à vide —^ tous les approvisionnements et tout le charbon dont le port de guerre et l’arsenal peuvent avoir besoin.
- Les services de voyageurs offrent des anomalies et des inconvénients du même ordre. Les paquebots de France, appelés directs, qui sont les mieux aménagés, mettent 52 heures pour la traversée Marseille-Tunis, alors qu’il leur suffirait de 26 heures pour arriver à Bizerte où ils ne touchent pas. Qu’on leur fasse faire cette escale et qu’en outre on apporte les améliorations indispensables aux communications actuelles par chemin de fer, le voyage Marseille-Tunis durera 27 heures au lieu de 52. On arrivera même à gagner davantage en mettant en service des paquebots plus rapides, qu’on ne peut songer à utiliser aujourd’hui, parce que leur tirant d’eau est trop fort pour le canal de La Goulctto à Tunis.
- Bizerte est non seulement le point d’aboutissement logique des grandes lignes maritimes, mais le port de sortie naturel des produits de l’Afrique du Nord orientale et la tête de ligne indiquée des principales voies de pénétration française à l’intérieur de la Tunisie.
- En 1911, Bizerte a exporté plus de 150 000 quintaux de céréales. Une de nos gravures fait ressortir la production annuelle d’un seul propriétaire foncier. Il a fallu accumuler sur une place et jusqu’en bordure des immeubles voisins, les innombrables sacs de blé que le boyau étroit, improprement nommé port de commerce, n’était pas outillé pour recevoir.
- À l’ouest de la région de Bizerte, la Kroumiric, qui émerveille le voyageur par la variété de ses ressources agricoles et industrielles, surtout par ses magnifiques forêts de chênes-liège, est encore à peine colonisée et exploitée. Géographiquement, elle a son débouché naturel à Bizerte et prendra certainement un très rapide essor, si l’on y construit un réseau de voies ferrées en rapport avec son rendement possible et si l’on y substitue les méthodes scientifiques de la culture moderne aux procédés
- primitifs et arriérés encore pratiqués par les Arabes.
- Au point de vue minier, les débouchés sur Bizerte, qui, contre toute logique, n’ont pas été obtenus jusqu’à ce jour, n’en restent pas moins les plus directs, les plus économiques et les plus conformes aux intérêts généraux de la Régence.
- En 1898, après une longue et consciencieuse mission d’études, M. Duportal, ingénieur en chef des ponts et chaussées, démontra que le réseau ferré, destiné à assurer l’exploitation des phosphates de Kalaa-Djerda, devait logiquement aboutir à Bizerte. Mais Tunis fit la plus vive opposition à ce projet et, comme il advient d’ordinaire lorsqu’il y a contestation entre les deux villes, les intérêts privés triomphèrent de toutes les raisons naturelles, de bons sens et d’ordre stratégique, qui militaient en faveur du tracé proposé. Les phosphates furent donc exportés par Tunis et l’on donna comme raison que Bizerte recevrait une compensation sûre : l’expor tation des minerais de l’Ouenza dont la découverte était alors toute récente.
- La route naturelle de l’Ouenza à la mer aboutit en effet à Bizerte et c’est dans ce sens que concluait, en mars 1909, un projet de loi présenté aux Chambres par le Gouvernement; M. Clemenceau était alors président du Conseil. 11 fallait, disait-on : « créer et entretenir dans des conditions particulièrement favorables les considérables approvisionnements indispensables à notre grand arsenal de Bizerte, en fournissant aux navires de commerce qui les importeraient un fret de retour important de minerais de fer. On devait favoriser la création de hauts fourneaux et d’usines métallurgiques à proximité de l’arsenal. Enfin, il fallait réaliser, sans charges supplémentaires pour le budget de la défense nationale, une nouvelle jonction entre les réseaux ferrés algériens et tunisiens. »
- Et cependant, après plusieurs années d’études, et de luttes parlementaires, la question vient d’être réglée : les minerais de l’Ouenza, au lieu de venir à Bizerte, seront dirigés sur Bône.
- La même question se pose aujourd’hui, presque dans les mêmes termes, pour les mines du Bou-Kadra. A ce sujet, M. Maunoury, rapporteur du budget de la marine en 1914, n’est pas moins catégorique que le Gouvernement l’était en 1909 pour l’Ouenza. Il proclame la nécessité de créer à Bizerte un port de commerce florissant et conclut en ces termes : « La solution consisterait à détourner sur Bizerte une partie des minerais africains. La rivalité des ports algériens n’y veut pas consentir. Cependant, l’intérêt de la défense nationale et l’impossibilité d’évacuer par Bône la production toujours croissante de l’industrie minière, imposeront certainement cette solution dans un avenir plus ou moins prochain. Les pouvoirs publics feraient œuvre utile en avançant cette heure, et en acheminant vers Bizerte, à défaut des minerais de l’Ouenza, ceux de Bou-Kadra qui ne pourront pas suivre la voie de Boue sans l’engorger. Le raccordement de cette
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- région aux chemins de 1er de Tunisie est un fait inévitable. Quand on se décidera à le faire, on s’apercevra qu’on a perdu un temps précieux au détriment de tous. Mieux vaudrait s’y décider aujourd’hui : gouverner c’est prévoir. »
- Il n’y a rien à ajouter à cet exposé qui résume parfaitement la situation.
- Qu’adviendra-t-il pour l’exportation des minerais du Bou-Kadra? Nous le saurons peut-etre dans un avenir prochain et il est à souhaiter que Bizerte ne soit pas dépossédé une fois de plus.
- Il faut signaler enfin, pour ne rien cacher de la vérité, que, depuis deux mois, Bizerte reçoit 1000 à 1200 tonnes par jour de minerais de fer du Douaria, exploitation de grand avenir, très riche, très bien outillée, et, ce qui est rare, entièrement à ciel ouvert, dont les travaux viennent à peine de commencer. Il est vrai de dire que cette concession, située à une soixantaine de kilomètres de Bizerte, se trouve à 150 km de Tunis. On ne pouvait vraiment pas faire autrement que de lui laisser son débouché naturel !
- Au double point de vue du développement économique et militaire du Protectorat, on doit aussi mentionner tout spécialement l’urgence de la construction d’une voie ferrée directe de Bizerte à Tunis. Au tracé sinueux actuel de 108 km que le touriste, comme l’homme d’affaires, subit 5 heures durant, cette ligne substituerait un parcours indiqué par notre croquis, de 65 km et d’une heure seulement, par El Alia, Utique et Protville. Cette ligne ne saurait porter ombrage à Tunis qu’elle mettrait à 27 heures de Marseille au lieu de 52 ; en outre, elle desservirait les magnifiques régions agricoles, aujourd’hui sans débouché, de Porto-Farina, d’Uti-que et de Protville. Enfin, pour des raisons mili-
- taires très sérieuses, qu’il est superflu de développer ici, elle permettrait, en cas de guerre, le transport rapide des troupes appelées à protéger Bizerte contre les dangereuses éventualités d’un débarquement ennemi sur la côte Est de la Tunisie.
- En résumé, Bizerte, point d’appui indispensable de notre armée navale et sentinelle avancée chargée de la garde de notre empire africain, doit être porté à un degré de puissance en rapport avec la grandeur du rôle qui lui incombe. Grâce à sa position géographique, à son lac intérieur, aux énormes travaux déjà exécutés, il est merveilleusement préparé à sa mission ; niais un péril ne cesse de le menacer si on laisse inachevée l’œuvre, en grande partie déjà menée à bien, qui représente 25 ans de labeur et d’intelligents efforts. Autrement dit, Bizerte restera vulnérable, tant qu’on lui refusera l’enceinte fortifiée et les effectifs nécessaires à sa protection ; en outre, ses approvisionnements de guerre demeureront mal assurés, d’un renouvellement difficile et très onéreux pour le Trésor, tant qu’on continuera à détourner, au profit d’un autre port, impraticable et condamné à disparaître, le trafic terrestre et maritime que la nature elle-meme destine incontestablement à Bizerte.
- Il importe que l’opinion publique s’intéresse à ces graves questions et qu’elle pèse de tout son poids sur les décisions à intervenir. En préservant notre grand port de guerre de la Méditerranée des dangers auxquels il est exposé, les amis de Bizerte serviront grandement l’intérêt national. Quant à ceux qui ont charge de son avenir, ils feront sagement de méditer cette parole d’un ministre anglais récemment de passage en Tunisie : « Si Bizerte était à l’Angleterre, il compterait déjà 150 000 habitants! » Paul Miramil.
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- Séances des i3 et 20 juillet 1914. — Présidence de M. Appell.
- Présentation de mémoires inédits. — M. Ifarboux présente un recueil de mémoires inédits relatifs à des sujets intéressant la botanique, rédigés par divers anciens élèves du laboratoire de biologie végétal créé à Fontainebleau par M. Gaston Bonnier. 11 rappelle que ce volume a été publié à l’occasion du 25° anniversaire de la fondation de ce laboratoire et a été solennellement offert à M. Gaston Bonnier en témoignage de reconnaissance, au cours d’une cérémonie à laquelle a pris part M. Appell, président de l’Académie. M. Landouzy offre ensuite un volume contenant les résultats de longues et patientes recherches sur la lèpre en Orient, effectuées par Zambaco pacha, ex-correspondant de la section de médecine. Enfin M. le Président remet un ouvrage contenant le détail des travaux de M. le professeur Cari Stormer, de Christiania, sur les trajectoires des corpuscules électrisés soumis dans l’espace à l’action du magnétisme terrestre et l’application de ce mouvement à l’étude des phénomènes des aurores boréales. .
- Propriétés du venin de cobra. — M.'Roux résume un travail de MM. Calmettc et Massol relatif à l’effet cl’une longue conservation sur le venin de cobra. Ce venin desséché a l’aspect d’écailles; on peut le conserver sous cette forme ou pulvérisé. La toxicité est intense, car cinq millièmes de milligramme suffisent pour tuer une souris du poids de 25 gr. Conservé en tube scellé à l’abri de l’air et de la lumière, cette toxicité diminue avec le temps. L’altération est un peu différente suivant que le venin a été conservé en écailles ou pulvérisé; la perle d’activité est d’environ 80 pour 100. Un phénomène analogue a déjà été observé pour certaines diastases. Mais le pouvoir de saturation de ce venin vis-à-vis du sérum antivenimeux n’est point modifié par la conservation. Un fait analogue a été signalé pour la toxine diphtérique qui garde intact son pouvoir saturant pour le sérum antidiphtérique.
- Inoculation du virus rabique aux batraciens. — M. E. Perrier rappelle que les animaux à sang froid passent pour réfractaires à la rage. Mme Phisalix a entre-
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- pris de vérifier celte opinion, en ce qui concerne les salamandres et les vipères aspics. L’inoculation du virus rabique a déterminé la mort au bout de quelques jours. La question semblait donc devoir être résolue contrairement aux prévisions. A titre de contre-épreuve, Mme Phisalix inocula alors à des lapins la pulpe cérébrale des batraciens ainsi tués. Or, cette inoculation donna un résultat purement négatif. La mort ne semblait donc pas devoir être attribuée à la rage et cela expliquait que les phénomènes de paralysie observés ne fussent pas entièrement ceux habituellement provoqués par le virus rabique. L’auteur] a donc cherché, ailleurs que dans ce virus, la cause de ces phénomènes. Elle a injecté à des salamandres et à des vipères la pulpe cérébrale du lapin normal ; cette inoculation a entraîné la mort. Cette substance constitue donc un toxique énergique pour ces animaux.
- Le mouvement géographique en France. — Le prince Roland Bonaparte présente : 1° une notice sur la Société de géographie de Paris. Cette Société distribue chaque année 50 prix; depuis sa fondation en 1821, elle a
- consacré 1 150000 fr. à subventionner des explorations; 2° un ouvrage de M. Pelard consacré à la botanique de la région nord-ouest du Maroc et rédigé d’après les résultats d’une exploration organisée par la Société de géographie et subventionnée par l’Académie à l’aide du londs Bonaparte; 5° les comptes rendus du Congrès international des Sociétés de géographie tenu à Paris en 1915 sous la présidence du prince Roland Bonaparte. Ce volume confient un mémoire de M. Jean Brunhes sur les territoires contestés entre Serbes et Bulgares.
- La paralysie générale. — M. Laveran expose que MM. Marinesco et Minea ont opéré une ponction lombaire sur un jeune homme de 18 ans, atteint de syphilis héréditaire, ayant déterminé une paralysie générale ; puis qu’ils ont inoculé • à des lapins la substance ainsi extraite. Quelque temps après est apparue une lésion syphilitique à spirilles. La relation des deux maladies, déjà établie pour l’adulte, est pour la première fois démontrée pour la paralysie générale juvénile.
- Cil. DE VlLLEDEUU..
- HEURTOIR GLISSANT A FREINAGE
- (Système Rawie).
- On sait que le ralentissement des trains et leur arrêt s’obtiennent aujourd’hui avec des systèmes de freins présentant toute sécurité. Mais, dans les voies en cul-de-sac comme dans les gares terminus ou dans certaines voies de garage ou de triage, afin de faire face aux défaillances toujours possibles soit des appareils de frein, soit du personnel, il est de règle d’établir, à l’extrémité de ces voies, des appareils spéciaux appelés heurtoirs, qui ont pour but d’arrêter les véhicules en cas de défaillance. Ces heurtoirs le plus généralement fixes suffisent lorsque la vitesse à amortir est faible, mais deviennent complètement insuffisants si la vitesse des trains est un peu considérable. Aussi, en présence des nombreux accidents plus ou moins sérieux qui se sont produits, nombre d’inventeurs se sont ingéniés à étudier des systèmes de heurtoirs pouvant éviter ces graves inconvénients. Parmi ceux-ci nous pensons intéressant de signaler un nouveau type étudié par M. Rawie et auquel il a donné le nom de heurtoir glissant à freinage.
- En voici le principe (lig. 2) : soit un heurtoir A fixé par une lige a b à une plate-forme cd, formée de traverses, pouvant glisser entre deux surfaces dont l’inférieure ef est formée d’une couché de sable ou d’une couche de béton et la supérieure par les deux rails de roulement sur lesquels circulent les véhicules à arrêter.
- Supposons une rame de véhicules venant frapper le heurtoir A. Si la vitesse de ces véhicules et leur poids sont faibles et que, comme conséquence, la force vive à amortir soit modérée, la compression des ressorts et le frottement, des tampons équilibreront la force vive et le heurtoir arrêtera la rame, de véhicules.
- Mais, si la vitesse de cette rame dépasse une certaine limite, que son poids soit considérable et que, par conséquent, la force vive à amortir soit elle-même
- considérable, la compression des ressorts et les frottements des tampons devenant insuffisants, le heurtoir sera brisé et le matériel roulant avarié. C’est ce qui se produit avec le heurtoir fixe.
- Avec la disposition Rawie, si la rame de véhicules à arrêter a une force vive supérieure à celle pouvant être absorbée par les ressorts et les tampons, au moment où le heurtoir A sera frappé, celui-ci, poussé par la rame, s’avancera dans la direction de la llèche F en entraînant la plate-forme ed qui, chargée à sa partie supérieure par les véhicules qu’il s’agit d’arrêter, devra glisser sur la surface ef en produisant par son frottement une résistance d’autant plus grande que cette surface de frottement sera plus grande et le poids des véhicules à arrêter et qui circulent sur les rails de roulement sera lui-même plus grand. 11 se produira une sorte de freinage dont il est possible de fixer les éléments d’après le poids des véhicules à arrêter et d’après la longueur d’arrêt qu’on désire obtenir, étant donnée la vitesse avec laquelle les véhicules viennent frapper le heurtoir A.
- Tel est le principe du heurtoir Ihtwie. Voyons maintenant les dispositions qui lui ont été données dans la pratique.
- Heurtoir pour trains légers. — La figure 1 représente le heurtoir Rawie pour trains légers. On voit en ah la plate-forme glissante constituée par une série de traverses A-A-A maintenues entre les fers en I, c<l qui, eux, sont fixés aux barres longitudinales e/’et gh; celles-ci sont fixées par l’intermédiaire des châssis métalliques mnp, au heurtoir B contre lequel viennent frapper les véhicules c à arrêter. Cette plate-forme s’appuie sur la couche de sable ou de béton pg sur laquelle elle glisse, comme nous l’avons indiqué plus haut, pendant l’arrêt des véhicules. Sur cette plate-forme prennent également
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- HEURTOIR GLISSANT A FREINAGE
- appui les rails de roulement b qui reposent librement sur cette plate-forme au moyen de guides qui maintiennent F écartement de la voie.
- À l’extrémité de cette plate-forme, se trouve un crochet M auquel on peut attacher un câble permettant de ramener à sa place primitive la plate-forme glissante lorsque celle-ci a été poussée en avant pendant l’arrêt de la rame de véhicules.
- Ainsi que nous l’avons dit, la surface frottante de la plate-forme, c’est-à-dire le nombre de tra-
- cellc-ci progressivement. Dans ce but, la partie avant de la plate-forme À est disposée de la même façon que dans le heurtoir décrit précédemment (tig. 4). Mais, ici, les tiges longitudinales ef et g h sont prolongées par les tiges articulées fo et ho qui entraînent les unes après les autres les traverses T en augmentant progressivement la résistance duc au frottement de la plate-forme sur la couche de sahle ou de béton qui lui sert d’appui.
- 11 arrive souvent, surtout dans les gares terminus, qu’il est nécessaire de plà'cer le heurtoir à une distance du quai inférieure au déplacement pro-
- Fig. i. — Plan et coupe longitudinale du heurtoir glissant. — La partie antérieure ef-gli s’applique au heurtoir glissant pour trains légers. — Pour les trains lourds on ajoute à cette partie antérieure
- la partie postérieure fo-ho.
- verses qui la compose, doit être proportionnée au poids des véhicules à arrêter, à la vitesse de ceux-ci au moment où ils viennent frapper le heurtoir et à la longueur d’arrêt à obtenir. Différents types de heurtoirs ont donc dù être étudiés. Avec le type n° 10, on peut arrêter un train de voyageurs pesant 200 tonnes et marchant à la vitesse de 15 km. à l’heure, après un parcours qui varie entre 5 m. et 6 m. Avec le type n° 8, quatre wagons de 20 tonnes, marchant à la vitesse de 15 km. à l’heure, peuvent être arrêtés après un parcours variant entre o m. et, 4 m. 25.
- Six de ces heurtoirs sont en service à la Compagnie du Nord; quatre aux chemins de fer de l’Etat ; deux aux chemins de fer du Midi; un au chemin de fer d’Orléans; un au chemin de fer de l’Est; deux aux chemins de fer de l’État Belge. Tous ces appareils ont donné complète satisfaction, ainsi qu’aux mines de la Grand’Comhe et aux aciéries de Denain, où des heurtoirs semblables sont également en service sur des voies de manœuvre.
- Heurtoirs pour trains de voyageurs lourds. — Lorsqu’il s’agit de trains de voyageurs lourds; il y a tout intérêt à réduire le premier choc en diminuant la résistance initiale, de frottement et en augmentant
- bable de celui-ci. On prolonge alors la voie dans une fosse qui pénètre dans le quai et est recouverte par un plancher formé de madriers coupés en biseau et au-dessous duquel glisse un caisson métallique fixé au heurtoir. Pendant le glissement de celui-ci, les éléments biseautes du plancher se soulèvent et se superposent. Après l’arrêt du train et après la remise en place du heurtoir au moyen de la traction d’un câble sur le crochet M, les madriers du plancher sont remis en place à la main.
- Ce type de heurtoir a été mis en service aux chemins de fer de F Liât, à la station de Louches. Des essais ont été faits, en juillet 1015, par les Ingénieurs des chemins de fer de l’État, en présence de M. Ad. Seghers, concessionnaire des brevets.
- Parmi ces essais, nous en citerons un très intéressant. Un train pesant 185 t. 5, marchant à la vitesse de 11 km. 0 à l’heure et dont la force vive était d’environ 100 tonnes-mètres, a pu être arrêté après un parcours de 7 m. 45, sans que le heurtoir ni le materiel roulant n’aient souffert des chocs anormaux résultant de- l’abordage brutal du heurtoir.
- B. BoxNIX.
- A
- Fig. 2. — Schéma montrant le principe du fonctionnement du heurtoir glissant.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2149.
- Ie' AOUT 1914.
- LA DESTRUCTION DES PAYSAGES EN FRANCE
- Sassenage (Isère)
- À la séance de la Chambre des Députés du 18 février 1914, M. Mistral, député de l’Isère, a prononcé les paroles suivantes, en insistant sur l’urgence des mesures à prendre pour la protection des sites de France :
- « Un fait vient de se produire dans notre région, en Dauphiné. Tout le monde connaît de réputation, et peut-être pour les avoir visitées, nos merveilleuses gorges et grottes de Sassenage.
- « Le propriétaire de ces grottes a commencé par faire raser tous les bois. Ensuite il vient, nous affirme-t-on, de vendre le droit de ri-veraineté à line société industrielle qui se propose de faire canaliser le cours d’eau. C’est
- tion, après la fondation enfin réalisée d’une association des Parcs nationaux en France, nous ne saurions continuer à encombrer nos trop brèves colonnes de la description détaillée dés beaux paysages qui mériteraient d’être conservés à la France.
- Mais, devant la persistance des actes de vandalisme, dont ils continuent à être l’objet, nous prendrons le parti, avec une mélancolie découragée et résignée, d’enregistrer, purement et simplement ici, au moyen de quelques vues photographiques, ce que sont, ou plutôt ce qu’étaient, les' sites dont des exploitations de
- 1. Journal officiel tlu IU février, Chambre des Députés, p. 859.
- Fig. /. — Gorges du Furon.. Fig. 2 cl 3. — Cascades du Furon. (Clichés E.-A. Martel.)
- la perle de ce joyau de notre Dauphiné (r). » Après les nombreux et longs articles que nous avons consacrés ici à celle quesr
- 42' Année. — 2’ Semestre
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- L’EVALUATION DES DISTANCES A LA MER
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- toutes sortes vont progressivement dépouiller la France.
- En ce qui touche les grottes de Sassenage, connues, sous le nom de Cuves de Sassenage, comme une des sept merveilles du Dauphiné, elles sont depuis trop longtemps réputées pour les décrire à nouveau; il faut dire toutefois qu’à l’intérieur, parmi les innombrables galeries naturelles très ramifiées dont les
- fissures du sol ('). Mais à l’extérieur, au contraire, le portail même de la caverne, encadré d’une magnifique végétation (lig. 4), et le ravin contigu du Enron (lig. 1), qui s’écroule en cascades (lig. L2 et 5) à travers des bois, sont d'admirables scènes, dont les quatre vues ci-contre fournissent une idée.
- Si, réellement, la coupe des bois et le captage industriel de ces eaux vives ont réduit ou vont
- Fig. 4. — Ruisseau du Germe sortant de la grotte dite les Cuves de Sassenage. (Cliché Martel.)
- explorations de MM. Fonné ont considérablement augmenté l’étendue, de 1898 à 19U0, il n’y a vraiment de curieux que le coté hydrologique, la circulation et le travail de l’eau souterraine à travers les
- réduire à l’état de souvenirs ces romantiques tableaux, il est clair que ce sera un forfait de plus commis en France contre la nature.
- E.-A. Martel.
- L’ÉVALUATION DES DISTANCES A LA MER
- Le Télémètre Barr et Stroud
- Lorsqu’on a placé à bord d’un navire de combat une puissante artillerie, il est de toute nécessité de donner en même temps à ceux qui dirigent son tir le moyen de tirer de cette arme le rendement maximum.
- Parmi ces moyens, l’éducation et l’entraînement du personnel qui doit servir les pièces se place en première ligne, et, tout de suite après, viennent les instruments qui permettront de connaître la distance à laquelle sé trouve l’ennemi qu’il s’agit de couvrir de projectiles.
- Il y a, en effet, un intérêt majeur, dans un com-
- bat naval, à posséder ce renseignement vite et bien. On estime, et l’expérience l’a démontré à Tsushima, que le batiment ou la force navale qui aura bien réglé son tir le premier, et aura le premier envoyé une salve d’obus à bord de l’ennemi, aura ainsi conquis une supériorité incontestable et sera lui-même, pour ainsi dire, à l’abri de toutes les atteintes.
- O11 pense, en elïet, que ce Lie première raffale d/acier jettera le désarroi à bord du navire qui la recevra et, notamment, détruira les instruments per-
- 1. Revue des Alpes dauphiboises, feuler à juin 1900.
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- L’ÉVALUATION DES DISTANCES A LA MER ====== 163
- mettant de trouver la distance; en un mot, ôtera au commandant la possibilité de régler son tir alors que son adversaire aura toutes facilités pour l’accabler sous le sien.
- L’instrument, actuellement employé dans la plupart des navires pour évaluer la distance d’un point quelconque, est le télémètre Bcirr et Stroud, d’origine anglaise.
- Ce télémètre fut inventé, en 1888, pour répondre à une demande formulée par le Ministère de la Guerre britannique.
- Le principe sur lequel est basé cet instrument est le suivant :
- Sa longueur- b, strictement déterminée, sert de base-à ;un triangle dont le point dont on veut con-naître la'distance I) forme le sommet C (lig. 1 ). Une disposition optique, dont nous nous occuperons plus loin, permet d’obtenir l’angle 0 ou parallaxe du point G.
- Luc formule très simple 1)=''--—-.fournit la clie-
- 1 r tg o
- tance cherchée.
- fi Le principe démontré, voici com-
- \ ment on obtient la réalisation pra-
- tique :
- \ Les rayons lumineux, arrivant
- \ du but aux deux éxtrémités de la
- \ hase, viennent rencontrer les faces
- \ réfléchissantes de deux miroirs IL
- \ U2 (fig. 2), placés aux deux exIré-
- \ mités du télémètre, et sont réfléchis \ après avoir traversé les lentilles Ll
- cLw..—L2 dans son axe, jusqu’au centre de l’instrument oîi deux autres -èVtr. i. petits miroirs M2, disposés l’un au-dessus de l’autre, les recueillent et réfléchissent les rayons lumineux dans l’oculaire 0.
- Chaque objectif forme une image de l’objet visé dans le plan focal de l’oculaire, et l’observateur voit, par suite, dans le champ de vision deux images qui, suivant le type d’instrument employé, peuvent se chevaucher l’une l’autre ou être séparées par une ligne mince. C’est ce dernier modèle que la marine française a adopté et dont nous nous occuperons ici.
- Dans ce cas, les deux images apparaissent rune au-dessus de l’autre et séparées par une ligne fine, comme on le voit aux figures o et 4. L’image vue dans la moitié supérieure du champ est ainsi formée, par exemple, par l’élément télescopique de gauche de l’instrument et le champ inférieur par l’élément télescopique de droite.
- Supposons qu’un objet éloigné soit vu suivant les rayons indiqués en traits pleins sur le schéma (fig. 2) et que les deux images partielles soient vues en coïncidence ou alignement parfait comme sur la ligure o.
- Si, maintenant, l’objet visé s’approche de l’extrémité gauche du télémètre, le rayon reçu par le réflecteur placé à l'extrémité droite prendra une direction nouvelle, en dedans de la précédente,
- comme celle représentée en traits pointillés, et les images partielles, réfléchies par les deux miroirs du centre, n’apparaîtront plus en coïncidence exacte, mais bien dans les positions relatives représentées par la figure 4.
- L’intervalle entre les deux images partielles
- Enveloppe intérieure Enveloppe extérieure . (
- Fig. 2. — Schéma descriptif du télémètre Barr et Siroud.
- pourrait, bien entendu, servir à la mesure de la distance, puisque, l’objet se rapprochant, l’intervalle entre les images devient plus grand; mais la mesure de cet intervalle serait, en toutes circonstances, -trèè difficile à effectuer avec une précision suffisante et il serait impossible de l’obtenir même grossièrement, si l’instrument ou l’objet étaient en mouvement C’est pourquoi on a adopte des dispositifs optiques ou mécaniques au moyen desquels on modifie la trajectoire de l’un ou l’autre des rayons lumineux-à l’intérieur de l’instrument, de façon à ramener les deux images partielles en coïncidence ou alignement complet. Une échelle en ivoire, fixée au chariot d’entrainement du prisme séparateur, se déplace devant un index fixe, et par conséquent suivant les mouvements du mécanisme employé pour amener les images en alignement. Au moyen d’une loupe on y lit distinctement et instantanément la distance cherchée.
- Le télémètre Barr et Stroud n’est pas employé seulement dans la marine. Les troupes des diverses armes en font également usage, et le système dont on se sert pour la coïncidence des images n’est pas toujours le même.
- Les figures 6, 7, 8 donnent une idée des diffé-
- Fig. 3.
- Fig. 4.
- rentes solutions données au problème du raccordement des objets visés.
- Il saute aux yeux que la longueur de la base employée est un élément important d’où dépend en grande partie la précision du renseignement fourni par le télémètre Barr et Stroud.
- D’autre part, sur le pont d’un navire en général très encombré, on ne peut exagérer la dimcnsion.de
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- L’EVALUATION DES DISTANCES A LA MER
- l'instrument. La marine emploie actuellement des télémètres ayant 2 m. de longueur mesurée de centre à centre des miroirs extrêmes, lesquels sont métalliques.
- Il existe encore un modèle de 2 m. 74. On en construit meme de 5 m. 60 et de 4 m. 57. On peut compter que l’erreur sur la distance ne dépasse pas -2 pour 100, soit 2.00 m. pour 10 000 m., distance normale de l'ouverture du feu.
- En dépit des
- précautions prises dans la construction des télé-
- Fig.
- tion de la distance de l’ennemi, d’une mesure fournie par un seul télémètre. On en prend plusieurs
- simultanément sur des instruments différents et l’on établit la moyenne.
- Dans la marine anglaise, on se sert de baLteries de plusieurs Lélé-mètres, conjuguées de telle sorte que la manœuvre d’un seul entraîne celle des autres et qirune lecture unique donne la distance moyenne désirée.
- L e li a r r e l
- Stroud est certainement un instrument excellent,
- Télémètre type de 2,^4 m. de base sur moulure navale.
- mètres pour réduire les effets des écarts de tem- | pératurc, ces effets subsistent toujours dans une certaine mesure.
- On arrive d’ailleurs à les déterminer par l’observation assez exactement et à les corriger, en augmentant ou diminuant les distances lues sur l’échelle.
- D’ailleurs, pour amener au minimum les chances d’erreurs possibles provenant de cette cause et d’autres, on ne se contente pas, pour l'apprécia-
- progrès est continue et l’on parle en ce moment d’un nouveau Lélémètre dans lequel la base employée serait, non plus
- 1 m. 50 ou
- 2 m., mais bien la longueur totale du navire lui-même, à bord duquel sera faite l’observation, c’est-à-dire, avec les cuirassés modernes, environ 180 mètres.
- La précision serait alors parfaite.
- Sauvaiue Jouudan,
- mais la marche au
- Fig. ç. — Tourelle de cuirassés et télémètres.
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- EXPÉRIENCES D’AVIATION A LA PORTÉE DE TOUT LE MONDE
- Si l’aviation a donné lion à des travaux très savants, il est heureusement des hommes de science qui se sont donné pour mission d’exposer, d’une manière accessible à tous, les notions relatives à l’équilibre des aéroplanes. C’est là faire œuvre utile, à l’heure où tant de cerveaux s’occupent de ces questions.
- C’est ainsi que le capitaine (')
- Duchéne s’est donné la tâche de rendre tangibles par une série d’expériences simples, et qui semblent relever de la science amusante, les principes qui régissent le vol des avions, principes si souvent méconnus par des
- le capitaine Duchéne, l’aéroplane tel qu’il est actuellement constitué, n’est pas une bonne girouette. Voici pourquoi :
- Si une girouelle pivote autour d’un axe qui n’est pas situé très en avant, l’expérience la plus vulgaire montre qu’au lieu de s’effacer dans le vent, elle se braque sous un certain angle; c’est une mauvaise girouette ; on dit qu’elle a de la dérive.
- Si, au contraire, l’axe de rotation est placé suffisamment en avant,la girouette s’efface dans le vent, comme c’est son devoir.
- Fig. /.
- Fig. 3.
- I I J I
- inventeurs pleins d’ambition et de bonne volonti mais dépourvus de toute préparation technique (2
- Le premier point de repère qui doit nous aider à nous reconnaître
- Fig. 4.
- dans ce chaos de mouvements auquel un avion est soumis, c’est son centre de gravité. La mécanique démontre que tout se passe, au point de vue de l’équilibre d’un aéroplane, comme si celui-ci était suspendu par son centre de gravité G à un support lîxc S et recevait un vent, artificiel ou naturel V (fig. 1).
- Un appareil ainsi suspendu fonctionne en somme comme une girouette. Mais il y a girouette et girouette, et, d’après
- 1. Aujourd’hui commandant.
- 2. Ces expériences, que nous allons résumer, sont exposées en délai! dans un remarquable volume : Causeries (eelmiqucs
- Il en est de mémo de l’aéroplane. Il faudrait que ses surfaces fussent situées en arrière du centre de gravité, et non pas de part et d’autre comme il en est aujourd’hui.
- Fig. 5.
- Un tel aéroplane boirait les coups de vent, selon l’expression pittoresque du capitaine Duchéne, au lieu de s’exposer largement à eux, comme le font nos malheureux avions actuels.
- Voilà pour ce qui concerne l’équilibre dans le sens de la longueur, c'est-à-dire les mouvements de tangage.
- Voyons maintenant ce qui se rapporte à l’équilibre transversal, qu’affectent les mouvements de roulis.
- sans formules sur Vaéroplane, par le capitaine du Génie Duchkxr. Librairie Aéronautique, .à Paris.
- Bouchon
- Fig. 6.
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- 166 = EXPÉRIENCES D’AVIATION A LA PORTÉE DE TOUT LE MONDE
- Supposons que nous regardions un aéroplane de face, nous verrons que sa voilure est ou bien droite, ou bien forme un Y plus ou moins prononcé (c’est le cas général, et certains appareils, comme l'Antoinette, présentaient même celle disposition d’une manière très accentuée) ; soit, au contraire, en accent circonflexe; cette dernière disposition, exceptionnelle, n’a guère été réalisée que dans un seul appareil, le Fubavion, mais nous verrons que c’est à elle que le capitaine Duchéne semble prédire le pins bel avenir.
- Lorsqu’il s'agit de voler en air calme, la forme en Y, généralement adoptée, donne une bonne stabilité; en effet, si l’aéroplane tend à s’incliner beaucoup sur l’aile droite tandis que l’aile gauche se refuse à l’action de l’air, d’où nait une action de redressement plus ou moins énergique.
- C’est ce que l’on met aisément en évidence en construisant un petit planeur en papier. Comme il s’agit là d’expériences fort instructives, et que chacun peut répéter aisément, nous allons donner la recette.
- On peut prendre d’abord une simple feuille rec-langulaire de I2 centimètres sur G par exemple ( lig. 2), légèrement pliée par le milieu dans .le sens de sa longueur; on lestera celte feuille par une ou deux agrafes en papier placées à 1/2 centimètre environ de l’un des bords extrêmes. Celte feuille se tiendra bien dans les vols planés qu’on lui fera exécuter, si le pli médian a été convenablement réglé.
- Ceci fait, créons à l’arrière de l'empennage, en pratiquant le long du pli médian deux petites coupures, deux marges de 2 centimètres, par exemple; ce sera notre gouvernail de profondeur.
- Selon le pli que nous aurons imposé à ces deux marges, nous verrons se décider l’inclinaison générale du vol plané, — voilà qui explique l’action du gouvernail de profondeur.
- Puis, on peut faire mieux. Découpons dans une feuille de papier pliée en deux le contour de la figure o en respectant les dimensions indiquées ; relevons les ailes et l’empennage suivant les lignes poin-tillées, en laissant aux ailes un léger Y dans le sens transversal. Lestons enfin à l’extrémité antérieure.
- Un tel appareil, après réglage (consistant surtout en déplacement du lest par tâtonnement) est capable de prendre de jolis vols planés; il fait des abatées (descentes brusques) qui pourront faire supposer qu’il braque, mais s’il est lancé d’une hauteur suffisante, on le verra s’incliner et décrire une trajectoire qui, bien que plongeante, ne sera pas verticale.
- Le type Canard, si répandu naguère dans la construction, n’est pas plus mal aisé à figurer, .au contraire; on découpera, dans une feuille de papier pliée en deux, le contour de la figure 4 ; on repliera toujours les ailes et l’empennage suivant les traits pointillés, et l’on redressera, en outre, l’extrémité de chaque aile suivant les lignes en pointillé fin.
- Un tel planeur s’équilibrera sans lestage. S’il tend à tourner d’un côté, on inclinera légèrement tout
- l’empennage (situé ici, comme on le voit, à l’avant), du côté opposé.
- Yoici enfin un type de planeur qui est singulièrement instructif ; c’est celui que nous obtiendrons en découpant le contour de la figure 5, reliant les ailes et l’empennage suivant les lignes en gros pointillé, et nous arrangeant, dans cetteopération, de manière à ce que les ailes forment, non plus un V, mais un accent circonflexe.
- Le pli se trouvera donc placé à la partie supérieure du planeur. A l’intérieur de ce pli, nous collerons : 1° vers l’avant et dans le prolongement de ce pli, une petite bande de carLon découpée dans une carte de visite (longueur 5 à G centimètres, largeur, J centimètre) et lestée, comme il est indiqué; 2° à l’arrière, perpendiculairement à l’arrête du pli, un autre rectangle de papier (long de 4 centimètres et large de 15 centimètres).
- Lançons ce planeur et nous verrons probablement... qu’il ne plane pas; c’est que son réglage est délicat, mais nous en viendrons à bout en relevant légèrement à barrière l’extrémité de l’aile opposée au côté où il tend à tourner. S’il a des oscillations de roulis trop prononcées, nous avancerons le lest, ou, à la rigueur, nous créerons des marges à barrière de l’empennage ou bien encore nous exagérerons la forme en accent circonflexe de la voilure. Bref, une fois réglé, le planeur présentera l’allure de la figure 5. On voit combien celle position de vol peut paraître paradoxale. Yoici en deux mots comment le commandant Duchênc la justifie :
- Pour que l’expérience fût tout à fait frappante, il faudrait voir le paradoxe se compléter, en voyant échouer l’expérience inverse, c’est-à-dire qu’en retournant les ailes de manière à les mettre en V, le planeur devrait se retourner, c’est bien ce qui se produit généralement, mais pas toujours.
- Il n’en reste pas moins, qu’avec la disposition précédente, l’appareil en accent circonflexe s’est montré stable en air calme, et voilà qui devient fort intéressant, car l’observation des oiseaux de mer et d’ailleurs la théorie montrent qu’il doit rester également stable en air agité. Or, la forme en Y ordinaire, stable incontestablement dans l’air calme, ne l’est plus, elle, dans l’air agité. L’expérience le montre d’une manière indéniable, mais on peut s’en rendre compte aussi par le raisonnement suivant :
- Toutes les fois que L’appareil tend à chavirer sous un coup de vent., s’il s’agit d’une voilure, en Y, l’aile qui reçoit le coup de vent perturbateur se relève, et cela a pour conséquence d’amorcer un virage du côté opposé. L’appareil fuit le vent, mais, en même temps, il s’expose davantage à son action, ainsi que le montre la figure.
- Si, au contraire, les choses sont disposées de telle sorte que l’aile qui reçoit le coup de vent s’abaisse, l’amorce de virage se produit dans le sens inverse du précédent, c’est-à-dire que l’aéroplane rentre dans le vent au lieu de le fuir, ce qui éteint l’action de la perturbation au lieu de l’exagérer.
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- LA VIE DES MÉTAUX
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- Or, c’est de cette dernière façon que se comporte la voilure en accent circonflexe. On voit quel serait l’intérêt de faire, des essais en grand avec ce dispositif.
- Pour ceux que ces expériences auront mis en goût et qui voudront se faire une idée complète de l’équilibre de l’aéroplane, il convient encore de signaler l’artifice très pratique par lequel le commandant Duchêne démontre les caractéristiques de chaque position de l’avion.
- Entaillons un bouchon et, dans l’entaille, piquons une carte de visite, comme l'indique la figure 6. Dans Taxe du bouchon, et du côté où déborde la carte, piquons l’extrémité d’une aiguille à tricoter ou à défaut d’une lame de canif.
- Si l’aiguille est horizontale et à la hauteur de notre œil, en faisant tourner l’ensemble autour d’elle nous apercevons toujours la carte sur la môme largeur.
- Si, au contraire, l’aiguille est piquée obliquement, nous constaterons que la largeur de la carte, au fur et à mesure de la rotation, nous paraîtra augmenter ou diminuer (cas de la figure 6). Traduit. en langage mathématique, ceci nous enseigne que lorsqu’un aéroplane à voilure tourne autour d’un axe de roulis, l’incidence de cette voilure peut rester la meme, et augmenter ou diminuer suivant la position de cet axe de roulis.
- On peut faire la môme expérience, mais beaucoup plus simplement encore. Il suffit de plier la carte de visite, qui a servi à la démonstration précédente, pour se rendre compte de l’action des quilles ou surfaces verticales, celles-ci sont en temps normal effacées dans le lit du vent, mais elles peuvent, dans les coups de roulis, lui offrir une certaine prise.
- On aura alors des quilles stables, si cette action occasionnelle du vent tend à les ramener à leur position primitive, ou des quilles instables, si l’action du vent tend à exagérer le mouvement commencé.
- Il n’y a pas lieu de dédaigner ces procédés pour simples qu’ils soient, d’acquérir des notions scientifiques, l’étude des planeurs a déjà rendu de très grands services à l’aviation et l’on doit se rappeler que c’est par un planeur que le Français Penaud a pu, dès 1875, inaugurer l’aviation; son aéroplane, qu’un moteur en caoutchouc porta jusqu’à 60 m., n’était sûrement pas l’aéroplane des frères Wright, mais il n’en différait, en somme, que par la puissance, et l’on a pu dire que c’était déjà l’aéroplane idéal pour des fourmis (*).
- De nos jours, nous voyons d’excellents esprits continuer à chercher dans l’étude des planeurs des suggestions utiles pour les grands appareils qui naviguent dans l’atmosphère. Avis à ceux qui désirent les imiter.
- R. Chasskmauii.
- LA VIE™ DES METAUX
- Comment naissent et évoluent les cristaux dont les métaux sont formés
- Au moment de la solidification naissent, dans un métal liquide, des germes cristallins autour desquels se produit l’édification progressive de cristaux solides. Tout se passe comme dans les sels : mêmes phénomènes de surfusion, saturation, sur saturation, modifications allotropiques ; enfin, pendant la solidification; la température est maintenue constante, grâce au dégagement de chaleur dû au changement d’état.
- Le processus de la naissance des cristaux nous est inconnu, comme tous les faits analogues de la nature ; peut-être est-il en corrélation avec les mouvements de convection des particules liquides (1 2). Nous constatons que dans un lingot en solidification naissent partout des cristallites (3) se développant à la fois dans tous les sens, adoptant le système cubique ou un système très voisin. L’opacité des métaux en interdit l’étude cristallographique complète ; toutefois, on reconnaît que les éléments formés sont
- 1. 11 s’agit bien entendu .de croissance et dévolution; non de reproduction.
- 2. Expériences de BesnardDauzère(LaNature, 26 oct. 1912).
- Expériences de Weyher sur les tourbillons (Gaulhicr-Villai’s).
- 5. Cristaux en formation, ou squelettes cristallins.
- Fig. i. — Octaèdres réguliers enchâssés.
- le plus souvent des octaèdres réguliers (2) enchâssés les uns sur les autres en pyramides régulières à base carrée (fig. 1). Au grossissement près, l’aspect est le même pour la plupart des métaux (fig. 2) ; certains, comme le bismuth (3), forment des trémies et des cristaux pseudo-cubiques (fig. 5).
- A la fin de la solidification, les cristallites se rencontrent, leur développement s’arrête aux points de contact et continue latéralement dans les interstices encore liquides, jusqu’à ce qu’il n’en existe plus. Il en résulte une structure finale du métal, figure d'agglomération d’éléments cristallins arrêtés irrégulièrement dans leur développement et appelés grains (4). Leurs joints sont dentelés à la façon des enchâssements osseux (crâne-ammonites) (5).
- La section polie et attaquée (G) d’un métal fondu, comme sa surface libre ou le résultat de sa solidifi-
- 1. Painlevé et Bord.
- 2. Dérivés du cube.
- Rhomboïdal très voisin du cube.
- 4. Osmond et. Wertii, Steao, etc...
- 5. Osmond.
- 6. Plongée quelques instants dans un acide convenable.
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- LA VIE DES MÉTAUX
- cation en lame mince présente donc l’aspect de plages de teintes diverses, à joints irrégulièrement découpés; ce sont des grains où la structure cristalline
- forme des figures souvent arborescentes d’un effet très esthétique (tig. 4).
- Si aucune tension ne subsiste dans le métal ainsi
- Fig. 2. Fig. 3. Fig. 4.
- Fig. 2. Cristallisa lion d’un métal par solidification. Pyramides croissant dans diverses directions jusqu’à leur rencontre. Aspect montagneux obtenu en faisant couler vivement le liquide d’un métal partiellement solidifié. —Fig. 3. Cristallisation du bismuth. —Fig. 4. Grains de mêlai lentement solidifié; chaque arborescence distincte, analogue à une feuille de fougère, constitue un grain séparé des voisins par un joint sinueux. Eclairage en lumière oblique accentuant les reliefs.
- Fig." S. Fig. 6. Fig. 7.
- Fig. 5. Lames de glissement (raies) et macles (bandes parallèles) d’orientation différente dans chaque grain. Etain X 5o D. — Fig. 6. Structure cellulaire en évolution. Les contours des grains sont mis en évidence à deux moments successifs de leur croissance ; en certains points, plissements de déformation. Etain pur x3o. — Fig. 7. Structure cellulaire des métaux. Acier à 3°/0 de silicium. Section attaquée à l’acide métanitrobenzolsulfonique. Apparition des joints des grains.
- Fig if- Fig. 9. Fig. 10.
- Fig. 8. Ferrite pure après chauffage et refroidissement. Réseaux superposés de grains de formations différentes. — Fig. 9. Grains de fer déformés par forgeage (aplatissement). — Fig. ro. Grains de métal
- clivés et disjoints par forgeage. Acier phosphoreux.
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- LA VIE DES MÉTAUX
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- formé, la structure ne varie plus quel que soit le chauffage qu’on lui fait subir sans le fondre(*).
- Déformations. Ma-cles. — Un grain de métal se déforme sous l’action des efforts extérieurs. Comme un cristal, il semble « réagir » en se maclant; des tranches de métal glissent sur leurs voisines (lames de glissement) ou prennent une orientation cristalline symétrique de la première (màcles) (2)
- (fig. 5 et 10)
- Écrouissage. Recuit.
- — Lorsque la déformation ou la pression est suffisante, le métal s’écrouit; il devient généralement dur et cassant. L’écrouismge
- Fig. ii. — Croissance des grains à partir d’une ligue écrouie de a en b; attaque du métal par un réactif.
- produit dans l’état liquide ; un métal, un solide, est analogue à un liquide de grande viscosité (s). » Le
- recuit fait donc naître et grandir des germes eris-l il lins(°) qui se limitent' suivant' des polyèdres, ici plus réguliers et limités par des faces parfois uniformément et peu courbées (7). Leur type idéal semble être le dodécaèdre régulier (8). En fonction du temps, ces grains évoluent, grandissent aux dépensles uns des autres. Cette structure est celle que nous rencontrons dans la plupart des objets métalliques; obtenue par déformation et recuit, elle donne la résistance et la
- Fig. 12. Fig. i3. Fig. 14.
- Fig. 72. Grains de recuit (grandes plages du bas) envahissant des grains normaux. — Fig. i3. Grain blanc (grande plage du bas de la figure) et grain noir (à droite) envahissant les grains normaux maclés obtenus par recuit après écrouissage (cuivre et laiton). — Fig. 14. Un grain (noir) envahissant un grain voisin (blanc) et ses macles (bandes sombres).
- est un phénomène encore différemment défini à l’heure actuelle suivant les auteurs (3) ; nous pouvons supposer que l’édifice cristallin y est plus ou moins détruit (4). Le métal est alors instable cL revient à la stabilité avec le temps : ce retour ou > recuit est d’autant plus rapide que la mobilité des éléments est plus facile, et par conséquent que. le métal est porté à une température ;plus élevée. « Tout se passe dans l’état solide d’une façon analogue à ce qui se
- 1. A moins qu’il 11c possède des modifications allotropiques. — 2. OsMOXD, EwiVG, RoSENHAW, MüGGE. — 5. A. Le CilATE-lier, Beteby, etc... Voir également Revue de métallurgie, mai et juin 1913. — 4. Beieby, Osmond. — 5. Roozeboom, Yan t’iioff, B. Aüstex, Osmond. — 6. Osjioxd, Ciiarpy. —
- malléabilité. Nous la comparons volontiers à l’agglomération des bulles de savon, à une mousse
- quelconque dont on supposerait les membranes perméables. La section du métal, sera donc formée de polygones,-rarement aussi réguliers; que dans la figure 10.
- Croissance des grains .
- — La déformation des. grains produit des lamés de glissement (milieu (fig. 6) (9), puis des macles, sauf par exception dans le fer non phosphoreux et l'aluminium eh général, oit l’on n’aperçoit que des grains unis déformés
- 7. Théorie cellulaire, Osmond et Wertii. — 8. Faces pentagonales. Figure d’agglomération de sphères égales (Rev. de mét., 1910, p. 911; Traité de mélallographie, Hermann, édit., p. 127). — 9. Ewing, Rosexhain.
- Fig. i5. — Lame pliée en son milieu, puis dépliée et recuite à température variable, basse A gauche et élevée à droite. Croissance des grains à partir de la déformation locale.
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- 170 —_..... " - A LA MÉMOIRE D’AMPÈRE
- (fig. 9) dans le sens de l’étirage ('). Le recuit engendre une nouvelle structure sans rapport direct avec l’ancienne.
- Il nous semble que les grains atteignent leur volume maximum, d’une part, à la température la plus élevée possible, voisine de la fusion (l’énergie de croissance semble très grande), et, d’autre part, à une température critique, celle du début du recuit rapide (le nombre des germes développés semble être peu élevé (2).
- Écrouissage local.— Si l’on écrouit localement un métal recuit, il semble, d’après nos expériences récentes, que les germes développés par un nouveau recuit trouvent pour leur croissance un terrain neutre qu’ils envahissent rapidement d’une façon très curieuse (fig. 11 et 15) (s). Les grains nouveaux englobent successivement tous les grains de la structure ancienne, en s'avançant en pointe- dans les joints de ces dePniers dont l’orientation cristalline parait s’uniformiser pour lutter, semblerait-il, contre les envahisseurs (fig. 12). Lorsqu’ils rencontrent des macles, ils les suivent très rapidement dans leurs joints (fig. 14), d’où, dans les régions mariées, un allongement général des grains dans ce sens (fig. IG). La croissance des grains nous semble en partie subordonnée à la disposition de leurs formes ; on remarque que ce ne sont pas toujours les plus gros qui « dévorent» leurs voisins.
- Gomme l’indique la figure 14, les grains envahis-
- seurs englobent les màcles dans certains métaux ; la structure de recuit des métaux n’en comporte donc pas ou très peu, exception faite pour le cuivre, le zinc, le nickel, le plomb (légèrement) qui en gardent plus ou moins (fig. 15).
- Apparition des joints de grains. Disjonctions. — En examinant au microscope des surfaces polies pendant leur chauffage, nous avons remarqué qu’à une température déterminée les joints des grains apparaissent avec netteté. Nous supposons qu’à partir d’une certaine température l’inégali té de dilatation de deux grains voisins rompt légèrement leur cohésion, d’où, peut-être, l’explication de la fragilité au choc constatée à cette même température)1).
- Modifications allotropiques. — Lorsque le fer passe vers 900°, à un autre état physique, sa structure est entièrement modifiée^). Il apparaît un nouveau réseau de grains n’empruntant que rarement quelques contours à l’ancien(3). Cette propriété est mise à profit pour régénérer ce métal ; la structure à gros grains fragiles, obtenue à la suite du façonnage, est remplacée par une structure très fine et tenace (fig. 8).
- La structure cellulaire des métaux est donc sujette à des modifications continuelles plus ou moins rapides, s’effectuant pendant leur chauffage ou même à froid (4) ; l’étude de ces phénomènes est d’autant plus digne d’intérêt qu’il peut en résulter des conclusions pratiques industrielles d’un intérêt indiscutable. Feux Robin.
- Fig. 16. — Grain d’étain fondu et clivé par déformation (lignes droites blanches). Croissance par recuit de grains allongés suivant les clivages.
- A LA MÉMOIRE D’AMPÈRE
- C’est le 2 août qu’un monument à la mémoire d’André-Marie Ampère doit être inauguré dans son pays natal, Poleymieux-les-Mont-d’Or, près de Lyon, — sorte de centenaire, puisque le grand physicien, né en 1775, mort en 1856, entra justement en 1814 à l’Académie des Sciences comme successeur de Bossut(4).
- Est-il besoin de rappeler que le grand titre d’Am-père à la gloire — ce qui fait, selon le mot de Jo-
- 1. 0 sm on ri.
- 2. G. B- Acad, des Sc., 1912. Bev. de met., 1915. — Ciiarpy. G. B., 1909. — Sauveur, Congrès de New-York, 1912. — Stead, Crût. Struct. of mêlais.
- 5. Dans ces ligures et les suivantes, les grains sont colores (sombres ou clairs) par une attaque chimique; la différence d’orientation cristalline de chacun d’eux provoque une réaction différente.
- 4. Si nous ne nous trompons, il existe déjà à Poleymieux, depuis 1885, une statue d’Ampèrc.
- seph Bertrand, qu’il est à la fois le Kepler et le Newton d’une loi d’attraction nouvelle, plus complexe et plus malaisée à découvrir que celle des corps célestes — c’est la découverte ou, pour mieux dire, l’invention de l’électro-magnétisme? Quoique les propriétés de l’aimant fussent connues depuis l’antiquité, personne n’avait jamais eu l’idée — qui nous paraît aujourd’hui toute simple, mais qui nécessitait une des plus géniales intuitions dont sc soit montré capable l’esprit humain — qu’elles étaient de nature électrique. Et même lorsqu’on constatait qu’un coup de tonnerre ou que la décharge d’une bouteille de Leydc déterminaient dans l’aiguille aimantée de la boussole des mouvements
- 1. Bull. Soc. d,’Encouragement (août, octobre, 1912).
- 2. OSMOND.
- 5. Osmond et Cartaud.
- 4. Becuil spontané : A. Le Chateuer, Cohen, JIumphrey.
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- A LA MEMOIRE D’AMPERE
- qui semblaient purement incohérents et affolés, on expliquait le fait, non par affinité naturelle et préexcitante entre l’aimant et l’électricité, mais par un « choc » de celle-ci sur l’aimant, ayant l’effet exact d’un coup de bâton. Ampère fut conduit à affirmer l’identité essentielle du magnétisme et de l’électricité par une observation du physicien danois (Erstcd, dont il eut connaissance en 1820 et qui fut pour lui aussi subitement révélatrice que la pomme légendaire de Newton.
- Œrsted avait trouvé qu’en mettant en action une pile voltaïque et en plaçant une aiguille aimantée, mobile sur un axe, à proximité du fil métallique qui en réunit les deux pôles, l’aiguille, pendant toute la durée du passage du courant, est déviée de sa position première et tend à se placer en croix avec le fil conducteur. Cette observation montrait que l’électricité n’est pas seulement capable d’un effet momentané sur l’aimant, mais d’un effet prolongé et prolongea]île à volonté : c’était à la fois un grand progrès sur la théorie du choc et même, dans le fond, un démenti à cette théorie. Mais Œrsted, d’un côté, se trouvait embarrassé par la diversité apparente des mouvements de l’aiguille et impuissant — ce qui ne fut cependant, qu’un jeu pour Ampère — d’en exprimer l’unité réelle par une formule unique, et, d’autre part, il continuait à exposer le phénomène lui-même dans le langage du choc.
- Ampère montra d’abord que l’expérience d’Œrsted n’est pas changée si l’on y remplace l’aiguille aimantée par un courant électrique mobile : au passage du courant dans le fil fixe qui se trouve à sa proximité, le fil mobile parcouru par un courant tourne sur lui-même comme l’aiguille aimantée et tend à se mettre en croix avec le fil fixe : ainsi l’action d’un courant sur l’aiguille aimantée est identique à celle d’un courant sur un autre, l’aimant et le courant électrique sont interchangeables, l’électricité et le magnétisme sont essentiellement les mêmes phénomènes. On voit combien à la fois est grande ici l’intuition qui mène à la découverte et combien simple le dispositif expérimental qui en vérifie la justesse. Il y a peut-être plus de grandeur encore, avec non moins de simplicité, dans ce qui suit. Puisque l’aiguille aimantée de la boussole, lorsqu’elle n’est sous l’influence d’aucun courant particulier ni déviée par aucun aimant, a une orientation sensiblement constante, c’est, pensa Ampère, que dans cet état apparemment libre, elle est en réalité naturellement déviée, comme si elle subissait l’action d’un courant électrique naturel et permanent ; mais s’il en est ainsi, puisque l’on peut remplacer l’aiguille aimantée par un courant mobile, un tel courant, placé dans les mêmes conditions que l’aiguille de la boussole, doit se comporter comme elle et subir lui aussi une déviation naturelle : c’est ce que-vérifia l’expérience. « Deux éléments de courant élec trique, formula Ampère, placés dans le même plan et parallèles, s’attirent en raison directe du
- produit des intensités électriques, et en raison inverse du carré de la distance si ces courants élémentaires vont dans le même sens, et se repoussent, suivant les mêmes lois, s’ils vont en sens contraire. »
- Ampère avait non seulement ainsi identifié par une vue synthétique profonde deux grands ordres de phénomènes jusqu’alors tenus pour entièrement distincts, fondé l’électro-magnétisme, découvert le magnétisme terrestre et préludé à son étude descriptive, il avait encore compris toute l’importance de cette identification et de ces découvertes pour l’élaboration d’une théorie générale de l’électricité et pour l’étude des propriétés de la structure intime de la matière : il expliquait, on le sait, les propriétés • de l’aimant par sa structure corpusculaire, indiquant qu’il résulte de la présence d’une infinité de courants circulaires infiniment petits, se mouvant dans des plans perpendiculaires à la ligne des pôles (L). Il est inutile de rappeler ici les conséquences de ces vues géniales, alliances d’intuitions immenses et d’expériences précises, dans l’ordre strict de l’électricité théorique et pratique, et il suffit presque de les énoncer pour montrer en elles une des sources principales d’où est sortie la nouvelle physique moderne.
- Il semble que la théorie électro-magnétique n’ait pas obtenu d’abord la considération qu’elle méritait. On ne la niait pas, mais — sauf, en France, Fou-rier, l’auteur de la théorie mathématique de la chaleur, et, en Angleterre, Bahbage, qui l’y divulgua et l’y fit admettre par une véritable propagande — on n’en saisissait pas la profonde originalité. Sainte-Beuve et Littré ont pu noter que la mort même d’Ampère, accidentelle et prématurée, n’a soulevé qu’une fort petite émotion, Tout cela semble s’expliquer et par certains Iraits du caractère d’Am-père, et par certaines de ses préoccupations, qui paraissaient alors extra-scientifiques, parce qu’en effet elles avaient moins pour but le développement d’une science particulière que le développement et l’organisation de l’ensemble de la science.
- Légendaires ou véridiques, les « distractions » d’Ampère sont illustres : elles emplissent les recueils anecdotiques. Il y avait en lui une sensibilité sans cesse en jeu et à découvert, animant non seulement sa vie sentimentale proprement dite — depuis son mariage de jeunesse, idylle tournée au drame, jusqu’au salon de Mme Récamier, — mais sa vie de savant
- 1. Ampère s’est occupé à diverses reprises de recherches qu’on rangerait aujourd’hui sous la rubrique de la « chimie physique » ; on peut voir à ce propos, notamment, sa lettre à Bcrthollet « sur la détermination des rapports, d’après lesquels les éléments se combinent suivant le nombre et l’ordre réciproque de leurs molécules » (Brief des llerr. Ampère... Oslwalds Klassiker. Leipzig, 1889); enthousiaste admirateur et disciple de Lavoisier, on lui doit également la première tentative d’une classification naturelle des corps chimiques. Enfin il y aurait aussi à parler des travaux: mathématiques d’Ampère et même de ses curiosités, parfois fécondes, en physiologie. On ne peut, pour tout cela, que renvoyer au bel éloge d’Ampère par Arago.
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- et de.penseur. Sainte-Beuve a fait de lui (L), à cet égard, un admirable portrait ; il le met en contraste, avec justesse et malice, avec quelques autres grands savants. « M. Ampère savait mieux les choses de la nature et de l’univers que celles des hommes et de la société. 11 manquait essentiellement de calme, et n’avait pas la mesure et la proportion dans les rapports de la vie. Son coup d’œil, si vaste et si pénétrant au delà, ne savait pas réduire les objets habituels. Son esprit immense était le plus souvent comme une mer agitée ; la première vague soudaine y faisait montagne; le liège flottant ou le grain de sable y était aisément lancé jusqu’aux deux.... [Tous les savants, quoi qu’en pense le vulgaire, ne sont pas ainsi]: quelques-uns, armés au complet, outre la pensée puissante intérieure, ont l’enveloppe extérieure endurcie, l’œil vigilant et impérieux, la parole prompte, qui impose, et toutes les défenses. Qui a vu Dupuÿtrcn et Cuvier comprendra ce que je veux rendre. Chez d’autres, une sorte d’ironie douce, calme, insouciante et égoïste, comme chez Lagrange.... D’autres savants illustres ont donné avec mesure et prudence ce qu’ils savaient; lui, il ne pensait pas qu’on dût en ménager rien. Jamais esprit de cet ordre ne songea moins à ce qu’il y a de personnel dans la gloire. Pour ceux qui l’abordaient, c’était un puits ouvert. A toute heure, il disait tout. Etant un soir avec ses amis, Camille Jordan et Degerando, il se mit à leur expliquer le système du monde; il parla 15 heures avec une lucidité continue ; et comme le monde est infini, et que tout s’y enchaîne, et qu’il le savait de cercle en cercle en tous sens, il ne cessait pas, et si la fatigue ne l’avait arreté, il parlerait, je crois, encore.... Ceux qui l’ont entendu, à ses leçons, dans les dernières années au Collège de France, se promenant le long de sa longue table, comme il eut fait dans l’allée de Polémicux, et discourant pendant des heures, comprendront cette perpétuité de la veine savante. Ainsi, en tout lieu, en toute rencontre, il était coutumier de faire, avec une attache à l’idée, avec un oubli de lui-même qui devenait merveille. Au sortir d’une charade ou de quelque longue et minutieuse bagatelle, il entrait dans les sphères.... »
- Une partie de son enfance s’était nourrie de l’Encyclopédie, qu’avec sa prodigieuse mémoire il savait encore presque par cœur aux derniers jours de sa vie. Fils d’un homme qui s’était donné de tout cœur, à la Révolution et qui, frappé par elle, lui garda sa foi jusque sous la guillotine, Ampère, par tempérament et par formation, était encore plus attaché, suivant un mot qui est encore de Sainte-Beuve, à « l’âme de la science » qu’aux sciences particulières, et son vaste ouvrage, en partie posthume, Essai sw' la philosophie des Sciences (1854-
- '1. En tête , du tome U de Y Essai sur la philosophie des sciences, 1845.
- 1845), est l’expression de cet attachement et de cette volonté encyclopédique. Il est plein d’une foule d’aperçus aujourd’hui encore dignes de considération, et son cadre même est d’une vigueur et d’un réalisme qui le mettent en parallèle avec le Cours de philosophie positive de Comte. Il est vrai que justement le jugement de Comte (Q pèse encore lourdement sur ce grand travail. Le Père du positivisme n’était pas exempt d’une certaine jalousie professionnelle, et si, comme ce fut le cas pour Ampère, il aimait à rendre une justice éclatante aux a savants ordinaires » pour ce qui est de leur « spécialité », il voulait avoir seul raison en « philosophie des sciences » et renvoyait rudement les spécialistes qui voulaient s’en mêler comme « naturellement incompétents quanta l’étude des généralités scientifiques ». Sans doute y a-t-il là une grande part de vérité. Macs quand il dit de l’Essai sur la philosophie des sciences qu’il aboutit à « une déplorable rétrogradation vers l’état métaphysique et même théologique, qui réveillera un jour le souvenir involontaire de Newton commentant ïApocalypse », quand il feint de mêler Ampère, chez qui la philosophie scientifique fut un effort constant et constamment sérieux, avec les savants pour qui cette philosophie n’est que le « délassement des travaux scientifiques proprement dits » et qu’il le range durement, et, somme toute, en dessoüs de soi, parmi les savants « ordinaires », il faut bien dire que, dans cette page-là, ce n’est ni l’intelligence, ni l’information qui excusent l’impertinence. Comte, en lisant l’Essai avec soin, y eût vu une concordance spontanée avec plus d’un trait de son œuvre, et il y a, dès l’introduction de ce livre, une large puissance de pensée philosophique qui fait penser à Comte lui-même et à Lamarck. Ce qui est frappant, d’autre part, dans la fondation de l’électromagnétisme, c’est justement qu’elle n’est pas le fait d’un spécialiste. Ce que le spécialiste Œrsted n’avait pas vu, Ampère l’a imaginé d’emblée, précisément parce que, non spécialiste et entraîné aux synthèses et à l’intuition des analogies, il a supposé des liens d’identité entre les phénomènes à travers et au-dessus des phénomènes distincts. Quand l’Essai n’aurait pour valeur que d’expliquer les conditions mentales qui ont permis cette grande fondation, ce serait une valeur immense (*). Jeax-Pali. Lafitte.
- 1. Cours de philosophie-positive, 34e leçon.
- 2. Quoique Comte ne le dise pas, il a sans doute été choqué par l’esprit chrétien sans cesse actif et affirmé chez Ampère. On peut voir à ce sujet les divers volumes publiés de la Correspondance d’Ampèrc. Dans son livre sur La vie et les travaux d’Ampère (1886), le chanoine C.-A. Yâlson a publié à ce sujet un travail inédit d’Ampère, qui est parmi les plus belles pages d’apologétique chrétienne dues à des écrivains laïques, et digne de Pascal et d’Ampère. En ce qui concerne la correspondance, mentionnons encore Quelques lettres inédites d’André-Marie Ampère (Vitry-Ie-François, 1910) récemment publiées par M. E. Jovy à qui on doit aussi, on le sait, divers inédits sur Pascal.
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- PROPRIÉTÉS SINGULIÈRES DES CORPS AU VOISINAGE DU ZÉRO ABSOLU
- M. Kamerlingh-Onnes du laboratoire ozogénique de Lcyde est le « père du froid ». Depuis longtemps* grâce à l’inslallalion très puissante dont il dispose, il s’est attaché à réaliser des températures de plus en plus liasses, et chaque année un nouveau record est battu. Successivement tous les gaz, même ceux réputés il y a quelques années encore « permanents », ont été liquéfiés et l’hélium, lui-mème, a capitulé récemment.
- Grâce aux très basses températures atteintes, c’est tout un monde nouveau qui se révèle dans lequel les activités chimiques sont endormies, le magnétisme transforme la phosphorescence exaltée. Mais de tous les phénomènes observés, les plus curieux sont ceux relatifs aux propriétés électriques des conducteurs. Dans une note récente à l’Académie des Sciences, le professeur lvamer-lingh-Onnes expose ainsi les résultats de ses recherches.
- On savait; depuis longtemps que les métaux purs deviennent de plus en plus conducteurs au fur et à mesure qu’on les refroidit.
- Eu étudiant la résistance électrique des métaux aux températures qu’on peut obtenir avec l'hélium liquide, Kamerlingh-Onnes était arrivé à prévoir que celle du mercure serait encore facile à mesurer à 4°,25 kelvin, c’est-à-dire à— 208°,75 centigrades, mais diminueraiten suite de manière à devenir négligeable à 2° kelvin, soit à — 271°. L’expérience avait vérifié celle prévision quant aux températures extrêmes, mais en même temps elle fit connaître le fait inattendu que la résistance électrique disparaît d’une manière brusque. Le mercure à 4°,111 kelvin, température de chute, passe d’une manière subite dans un nouvel état caractérisé par une extrême mobilité de l’électricité. Il y a tout lieu d’appeler cet état, dans lequel on peut maintenir des courants dans un conducteur sans force électromotrice appréciable l'étal super-conducteur. Dans un fil mince de mercure long d’un mètre à 1°,7 kelvin, on a pu faire passer un courant d’une densité de près de 1000 ampères par millimètre carré sans qu’on aperçoive une différence île potentiel aux tleux extrémités (l’appareil de mesure pouvait déceler une dilférence de potentiel de 0,05, 10~c volt) et sans que, par conséquent, il se développe une trace de chaleur.
- En divisant la dilférence de potentiel limite 'par le courant, on arrive à la limite supérieure de ce que Kamerlingh-Onnes appelle provisoirement la résistance microrésiduelle du superconducteur. Pour le fil dont on vient de parler, elle est de l’ordre du milliardième de sa résistance à la température ordinaire.
- Chose très curieuse et inattendue, l’état de superconductivité d'un conducteur n'est pas seulement limité par la température, la densité du courant intervient aussi. Pour chaque ,température, il y a une densité de-seuil (différente probablement pour différents conducteurs), au-dessous de laquelle il n’y a aucune différence de. potentiel appréciable. Au-dessus de celle densité, comme il résulte d’une analyse pénible, il se développe quelque part une résistance de même nature que celle qui naît aussitôt qu’on dépasse la température de chute et qu’on nomme résistance ordinaire. Celte résistance ordinaire extrêmement faible, d’abord donne lieu à la première apparition de différence de potentiel. L’augmentation de température par la chaleur Joule développée envahit bientôt tout le conducteur, de sorte que les différences de potentiel aux deux bouts, aussitôt qu’elles
- ont fait, leur apparition, croissent extrêmement vile avec l’augmentation ultérieure du courant.
- La densité de seuil est très petite à des températures peu au-dessous de la température de chute, mais elle devient très considérable lorsqu’on travaille à des températures qui y sont bien inférieures, de sorte qu’on peut à ces températures-ci .faire circuler un courant assez fort dans un circuit sans qu’il perde son caractère de superconductivité. Ces circuits se rapprochent des circuits sans résistance que Weber a introduits dans l’explication du diamagnétisme. Avec eux, on peut explorer le vaste champ d’expériences auxquelles on est conduit en regardant dans les équations de l’électrodynamique la résistance comme infiniment petite, ou bien en admettant que le libre parcours des électrons est de l'ordre d’un mètre. Mais, avec le mercure, la réalisation des appareils pour ces expériences est difficile. Heureusement l’étain et le plomb passent aussi, comme il fut trouvé plus tard, dans l’état superconducteur. La température de chute de l’étain est de 5°,8 kelvin, celle du plomb probablement de 6° kelvin.
- Ces faits sont intéressants, mais voici qui l’est plus encore. On sait que, dès la publication des premières expériences sur la conductibilité des conducteurs aux basses températures, les physiciens pensèrent avoir trouvé enfin le moyen d’établir des électro-aimants suffisamment puissants pour permettre l’étude complète de la matière. En effet, la chaleur dégagée par la circulation des courants dans les fils de l’électro-aimant est l’obstacle qui interdit de dépasser certaines intensités et par suite certains champs. Or, au voisinage du zéro absolu, la résistance des •conducteurs disparaît.
- Pour étudier l’application des superconducleurs à la réalisation de champs intenses, problème dont la grande difficulté réside ainsi que nous venons de le dire dans le développement de la chaleur Joule dans un espacé très restreint, Ivamerlingh-Onncs construisit une bobine de 1000 tours de fil de plomb de 1/10 de millimètre carré de section enroulés dans une épaisseur de 1 cm sur une longueur de 1 cm. Un courant de près de 0,8 ampère a passé dans cette bobine sans avoir eu besoin de force éleetromotriee pour être maintenu. 11 n’y avait donc aucun développement mesurable de chaleur Joule. Aussi le savant avait-il d’abord conclu provisoirement à la possibilité de construire un électro-aimant sans fer d’après Perrin, de modestes dimensions, qui donnerait un champ de 100*000 gauss sans développer aucune chaleur Joule. Mais voilà que l’étude poursuivie a fait connaître une nouvelle propriété hautement intéressante des superconducteurs qui vient empêcher cette application. Le champ, inactif encore aux valeurs qui étaient atteintes dans la bobine dont nous venons de parler, aussitôt qu’on dépasse un certain seuil de champ (1000 gauss pour le plomb à 1°,8 kelvin) développe assez brusquement de la résistance ordinaire dans le superconducteur, donnant lieu à un développement de chaleur. Ce'seuil de champ augmente lorsqu’on descend plus bas au-dessous de la température de chute. 11 importe donc, aussitôt qu’il est question d’expériences dans lesquelles le conducteur est exposé à un champ (extérieur ou propre), de rester au-dessous du seuil de champ. Nous sommes donc impuissants, par l’emploi des superconducteurs, à réaliser un champ même moyen !
- Kamerlingh-Onnes, poursuivant l’étude des curieuses
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- propriétés électriques des corps au voisinage immédiat du zéro absolu, a pu mettre en évidence expérimentalement la persistance des courants.
- On sait qu’un circuit ordinaire, une l'ois qu’un courant y est établi, cesse instantanément d’être le siège d’aucun phénomène électrique si on l’abandonne à lui-même. L’énergie du courant est dissipée immédiatement en chaleur. Pour les circuits superconducteurs, puisque la résistance électrique a disparu, le temps de persistance doit pouvoir devenir si grand que le courant devient pratiquement permanent. L’est ce qu’a vérifié Kamerlingh-Onnes.
- Retournons à notre bobine de fil de plomb à 1,8 kelvin.
- Son coefficient de self-induction est 107 unités G. G. S. avec un courant de 0,b ampère (on ne peut pas aller au-dessus de 0,8 ampère, valeur indiquée plus haut comme intensité de seuil), sou énergie éleclrocinétique est donc assez considérable pour n’èlre épuisée que lentement, aussi longtemps qu’on n’introduit pas dans le circuit, pour le fermer sur lui-même, une résistance ordinaire qui, même lorsqu’elle serait très petite, absorberait en peu de temps celte énergie. Le flux total de la bobine dans un champ- de 200 gauss, bien inférieur au champ de seuil déterminé plus haut, est 0,0. |0B G. G. 8. et suffit pour établir un courant de 0,0 ampère par induction. Les deux bouts du circuit ont été soudés ensemble avec la flamme oxyhydrique, ce qui, d’après des expériences antérieures, assure un 'joint superconducteur. La résistance microrésiduelle de la bobine était dans les conditions de 1’expérience inférieure au vingt milliardième de sa résistance à la température ordinaire (750 ohms).Le temps de persistance du courant, calculé avec ces données et en négligeant le joint, se chiffre donc par jours.
- L’expérience a vérifié ce calcul. La bobine enfermée dans le cryostat dans la position appropriée était refroidie dans le champ de 200 gauss de 0 ’ centigrade à l°,8 kelvin. Dans le circuit superconducteur sans courant, obtenu- de cette manière, un courant donnant un moment de signe paramagnétique s’est développé lorsque le champ a été supprimé. L’aiguille d’une petite boussole posée près de l’appareil cryostatique a montré une forte déviation changeant de sens lorsque la bobine a été tournée autour d’un axe vertical et n’a plus bougé depuis. La bobine imitait un aimant permanent ou plutôt un courant moléculaire d’Ampère. Le moment mesuré en compensant son action sur la boussole avec une bobine à courant connu, indiqué dans plusieurs expé-
- riences, a un courant de 0,-4 à 0,0 ampère dans la bobine superconductrice persistant pendant des heures. La précision des mesures dans ces conditions extraordinaires n’était pas grande. Elle n’a pas permis de mesurer un affaiblissement. On a pu seulement indiquer une limite supérieure pour celui-ci. Une diminution a du reste été trouvée seulement au commencement d’une expérience et une autre fois en rapport avec un retour à une température supérieure. Faisant abstraction do ces cas comme d’autres particularités, qui aussi (demandent une élucidation ultérieure, on peut dire provisoirement que l’affaiblissement ne surpasse pas I pour 100 par heure. En retirant la bobine de l’hélium liquide rie sorte qu’elle se réchauffât jusqu’au-dessus de la température de chute du plomb, le phénomène a disparu aussitôt. Des expériences.de contrôle ont été faites en plaçant le plan des tours de fil de la bobine parallèlement au champ. Elles ont donné, contrairement à ce qui était attendu, un effet, mais il n’a été qu’un huitième environ de l’effet principal et a été sensiblement retrouvé lorsque les expériences ont été répétées avec le circuit de la bobine ouvert.
- Il était intéressant d’arriver à conclure à la superconductivité du plomb refroidi dans l’hélium d’une manière indépendante de toute considération, en prouvant que la cause du moment magnétique de la bobine est bien un courant qui y circule. A cet effet, on a attaché deux Fds réunis à un galvanomètre balistique à gauche et à droite île la soudure du circuit et tout près de celle-ci. On a établi le courant dans la bobine comme dans la première expérience et, ayant mis la boussole en place, constaté que la bobine avait un moment persistant, puis, en coupant la soudure, on a vu un courant se déverser dans le circuit du galvanomètre (dans lequel il s’est éteint instantanément) en même temps que l’aiguille de la boussole retombait à la déviation correspondante avec le même reste de moment, qu’on avait trouvé lorsqu’on avait fait l’expérience avec le- circuit de la bobine ouvert.
- C’est donc bien l’image du mécanisme sans frottement que Maxwell a inventé, complété aujourd’hui par la conception des électrons, qui s’impose à nous d’une manière impérieuse dans ces expériences. Les électrons continuent à circuler sans force électro-motrice et les roues douées d’inertie, qui dans l’image de Maxwell tournent dans l’éther, continuent indéfiniment à tourner. La moindre résistance ordinaire introduite dans ce mécanisme l’arrête d’ailleurs bien vile. JL Vigneron*.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 juillet 1914.
- Capture d'un poisson rare. — M. Delage annonce que l’on vient de capturer au large de la presqu’île de Quiberon un poisson qui 11e se montre pas sur les côtes de Bretagne. Ce poisson, le Luvarus imperialis, se trouve, mais rarement, aux environs de Madère ; on en a très rarement pris des spécimens dans la Méditerranée. On 11e mentionne qu’un seul cas de capture de luvarus sur la côte sud de Bretagne, il y a fort longtemps. 8a longueur est de 1 m. 15, sa hauteur 0 m. 40, sa largeur 0 m. 40. Sa peau est lisse et brillante; il est comestible.
- La formation de la terre. — M. Douvillé dépose une Note dans laquelle il résume ses vues sur le processus
- — Présidence de M. Appell.
- de formation de la terre. Les éléments qui la composent ont existé les uns à l’état de vapeur comme dans l’atmosphère du soleil, les autres combinés au fer du noyau central. Pour expliquer comment ils se sont combinés et condensés, on peut chercher des points de repère dans la métallurgie. Les corps simples se sont combinés quand le refroidissement a été suffisant. D’abord se sont produits les oxydes (alumine, etc.). Les silicates étaient formés vers 1800°. Or, quelle était la pression? Elle était égale au poids des éléments qui constituaient l’atmosphère, éléments dont la plus grande partie, par une série de combinaisons et de condensations, ont donné
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- LES SCULPTURES EN BRIQUES
- naissance aux mers actuelles. Comme on estime que l’eau des mers correspond à une couclie de 5000 m. d’épaisseur, la pression était de 500 atmosphères et la température était, encore très élevée. Plus tard, les chlorures se sont précipités quand la température n’était plus que de 800° et la terre a été entourée d’une couche de chlorures fondus. Alors sont apparus les feldspath, le mica et le quartz composant les gneiss primitifs. Ces dépôts de gneiss cristallins, ramollis, fondus et injectés dans les dépôts sédimentaires, ont donné des roches nouvelles, dont le granité.
- Le dosage de l’urée. — M. R. Gautier présente un travail clc MM. Desgrez et Moog sur le dosage de l’urée. Les auteurs indiquent une technique nouvelle qui fournit des résultats d’une grande précision, sans avoir à exécuter des opérations délicates. On disposera donc d’un moyen commode pour déterminer la teneur de l’urine en urée. Or, cette teneur mesure la qualité de la nutrition et, d’autre part, la proportion d’urée dans le sang permet, comme l’a montré M. Widal, de fixer la gravité d’une néphrite. 11 est donc utile de multiplier les dosages d’urée.
- Le poids atomique du plomb. — M. Le Chatelier fait connaître que des déterminations de poids atomique du plomb ont été entreprises dans les laboratoires d’Harvard University, à Boston. Ces déterminations ont été opérées dans des conditions de précision toutes particulières ; elles ont donné des nombres dont un descend à 206,-40 et un autre atteint 207,15. L’écart des deux valeurs extrêmes est donc de 0,75; il est beaucoup trop considérable pour pouvoir être attribué aux erreurs expérimentales. 11 existe donc au moins deux métaux voisins compris sous la dénomination. de plomb dans les minerais de l’Amérique du Nord.
- Le venin d’un lézard venimeux. — M. E. Perrier expose qu’il existe un lézard venimeux, l’héioderme, dont Mme Phisalix s’est occupée à l’occasion de ses recherches sur les venins! Le venin de l’héioderme est à lui-même son propre vaccin lorsqu’il est inoculé à une dose inférieure à la dose dangereuse; mais, lorsqu’il a été échauffé, il perd sa propriété vaccinante. De même Mme Phisalix a trouvé que la cholestérine constitue un .vaccin à l’égarcl de la maladie causée par le venin de l’héioderme.
- Recherches de physique. — M. Bouty présente une Note de M. de Broglie sur les longueurs d’onde des rayons de Rôntgen, une Note de M. Garnie sur la détermination des paramètres cristallins à l’aide de ces rayons, deux Notes, l’une de M. Labrouste, l’autre de M. Guvot, sur les propriétés des couches minces monomoléculaires de substances grasses à la surface des liquides.
- Les rayons X et l'a végétation. — M. Roux résume un travail de MM. Miège et Coupet, relatif à l’influence des rayons X sur la végétation. Les auteurs ont étudié l’in-
- fluence de ces rayons sur la croissance de radis et de cresson. Ils ont trouvé que les rayons X exercent une action favorable sur la végétation, même à une dose qui serait mortelle pour des cellules animales.
- Les microbes de la scarlatine. — M. Roux annonce que M. Canlacuzènea recueilli dans le pharynx de scarlatineux un microbe qu’il a étudié et cultivé. Ce microbe apparaît toujours dans la fièvre scarlatine; inoculé au singe, il provoque une affection caractérisée d’abord par le gonflement de tous les ganglions, puis, par une élévation de température. Cette affection est quelquefois mortelle. D’autre part, M. Salimbcni a trouvé dans le sang scarlatineux un microbe qui constamment accompagne les microbes que l’on trouve chez les malades atteints de la scarlatine.
- Propriétés des bactéries charbonneuses. — M. Daslre expose que M. Victor Henry s’est occupé de déterminer l’effet des rayons ultraviolets sur les cultures de la bactérie du charbon. Il a reconnu que ces rayons entraînent des changements importants chez ces bactéries, au point de vue morphologique comme au point de vue chimique. Les caractères nouveaux peuvent subsister à travers plusieurs générations de culture, pendant plus de 200 jours. On peut d’ailleurs ramener ces bactéries au type initial en les faisant passer par l’organisme d’un animal. Mme Victor Henry donne la théorie de ces changements morphologiques. Le charbon transformé ne digère plus les albuminoïdes et autres matières azotées mais seulement les substances sucrées, tandis que les bactéries normales digèrent les matières azotées. La nutrition du microbe est donc changée, car on l’oblige à vivre de sucre et on l’empêche de se nourrir de matières azotées. En résumé, la transformation est due à une altération des fonctions digestives.
- Phénomènes de l’écoulement des gaz. — M. PareilIv lit une communication sur les phénomènes qui se produisent dans un gaz ou une vapeur au moment de l’écoulement par un orifice. Il constate alors l’existence d’un jet animé de la vitesse du son et parcouru en retour par une série de vibrations dont l’onde se propage en sens contraire avec la même vitesse. Cette onde demeure en conséquence immobilisée et peut être photographiée. Ces photographies ont été obtenues pour la première fois à Munich par M. Emden, sur les conseils de M. Parenty. Elles offrent les figures que M. Parenty avait trouvées par des sondages de pression. Les dimensions de ces singuliers phénomènes sont indépendantes de la nature des gaz. On peut dès lors en faire une application aux agents de l’éther, c’est-à-dire à l’électricité et à la lumière; on trouve ainsi la figure d’une comète. Ce phénomène présente ce très haut intérêt qu’il permet de voir et de photographier la transformation d’une portion d’énergie cinétique en énergie vibratoire.
- Cil. CE VlLEEDElIIL.
- LES SCULPTURES EN BRIQUES
- L’une des formes les plus anciennes de technique monumentale vient de renaître.
- S’inspirant de l’exemple des Babyloniens qui, à la porte Istar du Palais Royal, bâtissaient, avec des briques émaillées, leurs monuments animaux d’un si beau style et si parfaitement conservés, on a, en
- effet, cherché à rendre à la brique une place d’honneur dans la statuaire moderne.
- Faisons remarquer qu’il ne s’agit point de tailler dans un bloc de briques les formes plastiques voulues, ce qui exposerait les parties en saillie à se détacher et, en détruisant la surface cuite, dirni-
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- nucrait non seulement la résistance aux intempéries, mais en meme temps le charme si pittoresque des couleurs.
- Ce qu’on a voulu faire, c’est mouler le monu-
- Fig. i. — Un monument en briques.
- ment ou la statue intégralement dans la terre à briques, couper le tout en tranches et en blocs et retoucher soigneusement chaque section. Les pièces moulées seraient, ensuite, dans le four à briques, placées sur un lit de sable, leur assurant une parfaite mobilité pendant la cuisson et éliminant tout risque de cassure ou d’inflexion. On peut, dans ce cas, compter sur un rétrécissement parfaitement uniforme de 15-16 pour 100. En érigeant ensuite le monument à l’emplacement qu’on lui destine, on n’aura qu’à insérer entre les joints, des couches de mortier à ciment de chaux, pour rétablir les dimensions primitives.
- Les deux ébauches représentées aux figures 1 et 2 sont destinées au monument qu’une ville navale allemande veut ériger à la mémoire d’un célèbre explorateur d’Afrique.
- L’iine d’elles — l’œuvre de M. Rolf Donandt, à Brème —- - est couronnée par un globe terrestre moulé èn briques" et 'supporté par. des, perroquets
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimcri
- au-dessus desquels s’étendent l’équateur et les différentes parties de la terre en bronze vert patiné. Les parties de l’Afrique, septentrionale et centrale découvertes par cet explorateur sont mises en évidence par un enduit d’or. Des négrillons moulés en terre à briques, en parfaite harmonie avec l’architecture de l’ensemble, animent la silhouette et encadrent les reliefs de bronze des quatre faces principales. La hauteur de ce bloc est d’environ 8 mèLres.
- L’autre ébauche, duc au même architecte, en collaboration avec un sculpteur français, M. Edzard, de Paris, va encore plus loin dans l’emploi artistique de la terre à briques.
- Ce monument de 10 m. de hauteur, émergeant d’un mur de briques entourant sa base, représente le vaillant explorateur, monté sur un chameau et enveloppé de son burnous marocain, l’œil intrépide
- Fig. 2. — Monument en briques élevé sur te bord du Weser, à la mémoire d’un explorateur allemand.
- regardant au loin, d’un geste caractéristique de, son courage.
- Espérons que ces premières tentatives donneront lieu, surtout dans les pays abondant en terre à briques, à un puissant essor de cet art trop longtemps oublié. D1 A. Gr.ADE.wvnz.
- ; Laiiure, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2150.
- 12 DÉCEMBRE 1914.
- A NOS LECTEURS
- A U lendemain de la déclaration de guerre, La Nature s'est vue privée de la plupart '**' de ses rédacteurs. Beaucoup d'entre eux, jeunes ingénieurs, chimistes, biologistes, médecins, appartenant à cette élite intellectuelle qu’ont formée nos grandes Écoles et nos Facultés, ont mis leurs connaissances, leurs efforts et leur vie à la disposition de la Patrie menacée. — Il était impossible de reconstituer à Vimproviste une équipe nouvelle, réunissant les mêmes garanties de valeur scientifique, et possédant au même point l’art difficile d’exposer simplement les grandes questions de la science et de la technique modernes.
- La Nature n’est pas et ne veut pas être un simple album d’images commentées. Elle a là prétention d’instruire, et de conserver à la vulgarisation scientifique un niveau élevé. — Aujourd’hui qu’à l’abri de nos arrhes victorieuses, nous faisons un effort pour reprendre notre publication interrompue, nous continuerons notre tradition : des documents authentiques, des études précises, des informations techniques trouveront seuls place dans nos colonnes. Nous ne sacrifierons pas à l’à-peu-près et à la fantaisie du reportage, malgré les difficultés que nous rencontrerons: — Si La Nature entend rester un journal de vulgarisation scientifique, l’heure n’est' pas cependant aux spéculations désintéressées et aux curiosités de cabinet; nous orienterons résolument nos articles vers l’actualité qui prime toutes les autres : la Guerre; et si, respectueux des secrets de la défense nationale, nous nous interdisons certains chapitres de la science appliquée, nous espérons toutefois aider nos lecteurs à comprendre et à admirer de quelles ressources prodigieuses les recherches et la ténacité de nos savants ont armé nos soldats. Nous leur apprendrons aussi à mesurer les ressources de nos adversaires et à mieux connaître les pays et les races que nous combattons.
- LES TRAINS BLINDÉS
- À proprement parler, les trains blindés ne constituent pas une innovation militaire : mais c’est la première fois qu’ils jouent un rôle important dans une guerre européenne.
- Déjà, voici quinze ou Seize ans, durant la guerre
- des Boërs. Leur armement ne Comportait que des mitrailleuses. Attaqués par des canons de campagne, ils étaient rapidement réduits à l'impuissance.
- Nous avons décrit dans ces colonnes (*) un des trains
- Fig. i. — Train blindé anglo-belge.
- du Transvaal, ils avaient fait leur apparition. Pour rétablir les communications par voie ferrée entre les villes de la côte et celles du Transvaal et de l’Orange, les Anglais avaient improvisé des trains blindés, qui rendirent des services réels. Mais c’étaient là des engins de fortune, dont les passagers étaient insuffisamment protégés contre les balles
- 42* Année. — 2* Semestre
- blindés qu’employaient les révolutionnaires mexicains contre les troupes fédérales. Ces trains comportaient plusieurs voitures présentant l’apparence de wagons à marchandises, avec parois et toiture en tôle d’acier. L’extérieur était ipeint en damier, dispositif qui rendait invisibles, à partir d’une dis-
- 1. Yoy. n° 2125, du 14 février 1914, p. 195.
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- Fig. 2. — Canon contre aéroplane.
- tance de 50 à 60 mètres, les ouvertures des meurtrières servant au tir des mitrailleuses et des fusils. Un wagon blindé, placé en avant de la locomotive, renfermait un canon de campagne.
- Les trains blindés qui ont fait leur apparition en Belgique, dès la première quinzaine d’octobre, réalisent un progrès incontestable sur leurs devanciers. Les photographies, inédites en France, que La Nature peut publier grâce à l’amabilité du Daily Mail, nous permettront d’en abréger la description.
- La locomotive est, pour ainsi dire, enchâssée dans des plaques d’acier,, d’une épaisseur de 3 cm, qui l’entourent comme d’une boîte protectrice. Ses organes vitaux s’y trouvent à l’abri des balles et des obus de petit calibre; les roues elles-mêmes sont protégées; on ne distingue au-dessus de ces murailles d’acier que le sommet de la cheminée et les fanaux.
- Le train lui-même comprend essentiellement des wagons plates-formes à bogies portant chacun un canon à tir rapide sur affût à pivot central. La pièce peut ainsi tirer dans toutes les directions. Elle est protégée, ainsi que les servants, par un cuirassement circulaire à ciel ouvert. Dans certains cas, on installe même sur la plate-forme une véritable tourelle cuirassée renfermant le canon qui tire par une embrasure. C’est alors la tourelle tout entière qui tourne autour de son axe vertical, de façon à permettre le tir dans tous les azimuths.
- Les autres véhicules du train sont des wagons couverts dont les parois sont blindées avec de fortes plaques de tôle percées de meurtrières. Le toit de ces wagons est de même blindé pour mettre les tireurs à l’abri des shrapnells. On peut encore installer les tireurs dans des wagons découverts munis de plaques de blindage de hauteur convenable et recourbées à angle droit au-dessus de la tête des hommes pour les mettre à l’abri des éclats d’obus. Une fois le danger passé, le personnel peut circuler dans le passage régnant entre les parois blindées.
- Enfin, sur l’une des plates-formes est disposé un canon spécialement aménagé pour le tir contre les aéroplanes ou les dirigeables ( flg. 2 et 5).
- Pour arriver à détruire ces engins aériens il faut, en effet, pointer les pièces sous de très grands angles. Cela est à la rigueur possible avec des canons ordinaires, lorsque la nature du terrain permet d’enfoncer la crosse de l’affût assez profondément ; mais, lorsque la pièce est établie, comme dans un train, sur une plate-forme fixe, on ne peut plus songer à recourir à cet artifice et il devient nécessaire d’employer des canons spéciaux.
- La figure ci-dessous représente un canon de 75 m/m pour tir contre les aéroplanes.
- Cette pièce a prouvé' son efficacité dans plusieurs rencontres en descendant des aviatiks dont l’altitude était supérieure à 1200 mètres.
- Le train blindé comporte, en outre, un certain nombre de wagons couverts servant de dortoirs et dé magasins à munitions. Dans l’un est installée une cuisine où l’on peut préparer les repas du personnel composé de 30 hommes environ.
- Nous ignorons combien de trains blindés ont déjà été employés sur la frontière franco-belge comme sur le littoral de la mer du Nord. Mais les dépêches des journaux anglais ont signalé à plusieurs reprises les exploits de trois trains qui participèrent simultanément aux mêmes actions, dans le triangle formé
- par les villes Fig_ j. _ Canon /
- d’Ostende, de de p5 mm. monté f) r" Nieuport et de Dixmude.
- Le plus brillant de ces exploits se déroula le 28 octobre au nord de Nieuport, où l’armée belge luttait depuis le malin contre des forces dix fois supérieures. Le com bat durait depuis trois heures, et les braves soldats du roi Albert, menacés
- sur une plateforme.
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- LES TRAINS BLINDÉS
- Fig. 4. — Le train dans l'action.
- cachait aux regards des ennemis. Ils purent ainsi, sans se laisser observer, prendre position entre les deux colonnes massées de chaque côté de la ligne, et, tout à coup, surgissant du fossé formé par les talus, ils vomirent le fer et le feu sur les Allemands.
- D’après les témoins oculaires, ce fut un massacre inouï, kolossal. Les mitrailleuses fauchaient les rangs les plus l’approchés, tandis que les canons semaient la mort dans les bataillons éloignés. Surpris, démoralisés, les Allemands s’enfuirent. Ramenés de force par leurs officiers, ils tentèrent de prendre les trains à l’assaut. Peines perdues ! existences gaspillées en vain! D’épaisses jonchées de cadavres s’accumulaient de chaque côté de la voie ; et, de nouveau, les Allemands prirent la fuite pour
- par l’enveloppement, battaient déjà en retraite, quand deux trains firent leur apparition sur leurs derrières.
- Après un échange de communications entre le commandant des forces belges et les équipages des trains, les premières accentuèrent leur mouvement de recul, et les Allemands, pris au piège, se précipitèrent à leur poursuite, en masses compactes.
- Soudain, les deux trains s’avancèrent à toute vitesse, en profitant de l’encaissement de la voie qui les
- Fig. 5. — Chargement du canon.
- Dans l’attente.
- Fig. 6.
- Vue d'ensemble d’un train blindé belge.
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- aller se reformer à l’abri des collines de sable et y attendre leur artillerie.
- Un des • trains avait déraillé, mais à l’insu des ennemis, qui laissèrent aux équipages, secondés par le génie belge, le temps de le remettre d’aplomb. Quand, après deux heures de pause, les canons allemands eurent été mis en position, les deux trains rendirent le repérage impossible en allant et venant sur les rails tout en maintenant leur tir. Les pièces allemandes furent bientôt réduites au silence, et les hordes teutonnes s’avouèrent vaincues.
- Cette journée leur coûtait plus de. huit mille morts et blessés! On compta, sur certains points, plus de cinq cents cadavres par espace de cent mètres carrés !
- Ces trains blindés, qui ont rendu des services incontestables aux Alliés, sont d’un internationalisme qu’il convient ici de mettre en relief. Ils ont été construits en France par des ouvriers français et belges, mais sur des plans fournis, nous dit-on, par des ingénieurs anglais.
- Leurs équipages sont composés de Belges et d’Anglais. Les premiers s’occupent de la locomotion et du maniement des mitrailleuses; on les a choisis parmi les plus habiles tireurs, et, dans l’action, ils se portent derrière les meurtrières et vident sur l’ennemi les magasins de leurs carabines. Les seconds s’occupent plus spécialement de la manœuvre des canons, et tous sont d’habiles pointeurs fournis par la marine britannique. Y. Forbin.
- L’ESPRIT SCIENTIFIQUE EN TEMPS DE GUERRE"1
- Mesdames, Messieurs,
- En rentrant dans cet amphithéâtre pour reprendre mon cours à la date normale, comme si nous étions en pleine paix, je ne puis m’empêcher, de reporter ma pensée vers ceux de vos camarades qui.sont en ce moment à la frontière pour la défense du pays. Ils vous permettent, au péril de. leur vie, de continuer ici tranquillement vos études. Laissez-moi leur envoyer de votre part.' un.'salut fraternel. N’oubliez pas la dette de reconnaissance que vous contractez aujourd’hui, vis-à-vis de ceux qui vont mourir pour vous permettre de vivre et d’espérer. Vous devez, avec toute l’énergie dont vous êtes capables, leur apporter votre aide et votre appui, vous efforcer de leur rendre la victoire moins difficile.
- Mais, me direz-vous, que pouvons-nous faire pour contribuer d’ici à la défense de la Patrie ? Nous sommes, les uns trop jeunes, les autres trop âgés pour supporter utilement les fatigues de la guerre. Ce n’est pas non plus, dans notre société moderne, le rôle des femmes, ni -des jeunes filles de prendre les armes, de chercher à rivaliser avec les amazones de l’antique Scythie. Non, vous avez autre chose à faire.
- Nos ennemis, vous l’avez entendu dire de toute part, ont organisé la guerre en mettant à profit les ressources innombrables d’une science très perfectionnée ; luttons contre eux en leur opposant une science plus parfaite encore’. Ceci est votre rôle.
- La Science, vous le savez, est l’étude des relations mutuelles de tous les phénomènes naturels, de leur interdépendance, comme disent les économistes.
- 1. Leçon d’ouverture du Cours de Chimie générale de la Faculté des Sciences de Paris, professée à la Sorbonne le lünovembre. 1914. Nous sommes heureux de pouvoir donner cette leçon où se trouve abordé, avec la netteté habituelle à l’auteur, un problème moral d’une sérieuse actualité. •
- C’est l’étude des relations de la force de la poudre, avec sa chaleur de combustion ; de la portée des I projectiles avec leur vitesse initiale ; de la résistance des aciers à canon avec leur température de trempe, etc. Mais c’est aussi l’étude des relations des phénomènes moraux, sociaux et économiques : étude des relations du courage avec le sentiment du devoir et de l’honneur, avec l’état d’esprit, du milieu ambiant ; de l’endurance, avec l’état de santé physique, d’une part et, d’autre part, avec la santé morale, avec la volonté; de l’organisation militaire avec les besoins de la population civile et avec ses préoccupations politiques, etc. Tous ces problèmes appartiennent au même titre au domaine de la science.
- Dans la guerre moderne, les canons, les fusils, les Mortifications, etc., jouent un rôle qui frappe tout d’abord l’imagination ; mais ce serait une grave erreur d’y cherchèr les seuls facteurs de la victoire.
- « A côté de cette force matérielle qu’on voit, il y « a, disait récemment M. Bergson dans le Bulletin « des armées, la force morale, celle qu’on ne voit a pas, mais qui importe le plus, parce qu’elle peut , « suppléer aux autres dans une certaine mesure et « que, sans elle, le reste ne vaut rien. » C’est-à-dire, scientifiquement parlant, cette force morale est le facteur dominateur de la victoire.
- Or, cette force morale ne peut exister chez les ; combattants, quand elle ne se rencontre pas en , même temps dans la population civile. Si les hommes partant au feu, si les blessés rentrant dans leur famille ne voient que gens énervés et démoralisés, leur moral aussi, soyez-en certains, sera déprimé. Pour tous ceux qui n’ont pas l’honneur de sacrifier leur vie à la défense du pays, c’est un devoir absolu de donner au moins, en l’absence de tout danger réel, l’exemple du bon sens, du sang-froid, du cou-
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- rage civique. À ce prix seul nous pouvons espérer le succès final.
- Permettez-moi de préciser ma pensée par quelques exemples très nets.
- Parlons d’abord du courage civique. Il y a quelque lemps les Taubes ont jeté des bombes sur Paris. Les députés de la capitale se sont précipités au téléphone et ont mis en demeure le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection de leurs électeurs. Cela partait certainement d’un bon naturel et tout le monde les a félicités de leur initiative.
- Examinons maintenant la question au point de vue scientifique?
- Le grand naturaliste Buffon, dans un petit ouvrage plein de finesse, intitulé : L’Arithmétique morale, rappelait, il y a déjà plusieurs siècles, à ses lecteurs en bonne santé, que chacun d’eux avait une change sur trente mille d’être mort avant la fin de la journée. Aucun d’eux ne s’en préoccupant le plus souvent, il serait tout à fait inconséquent de leur part de se préoccuper de la chance beaucoup plus faible de gagner une fortune à la loterie.
- Les Taubes ont tué à Paris environ un Français sur trois cent mille, non pas en un seul jour bien entendu, mais depuis le commencement de la guerre, c’est-à-dire en cent jours. Ils ont accru ainsi la probabilité de mort pour chaque Parisien de un millième seulement de ce qu’elle était auparavant. Etait-il bien utile de s’agiter ?
- Passons maintenant au crible scientifique les moyens employés pour combattre ce danger. Fusils et mitrailleuses ont été mis en action. Or, toute balle de fusil tirée en l’air retombe, les lois de la pesanteur nous l’apprennent d’une façon certaine, avec une vitesse voisine de deux cents mètres par seconde, c’est-à-dire avec la vitesse d’une balle de revolver, suffisante par suite pour tuer son homme. Aussi le nombre des morts par les balles françaises a-t-il dù dépasser celui des morts par les bombes allemandes. Un raisonnement scientifique élémentaire eût évité cet accident.
- Le second remède a été la poursuite des Taubes par les avions français. Voici les résultats. J’ai eu entre les mains des lettres de soldats indignés de voir les avions, si nécessaires sur les champs de bataille pour le réglage du tir de notre artillerie, immobilisés autour de Paris pour parer à un danger imaginaire. Voyez quelles peuvent être les répercussions lointaines d’un incident bien minime à première vue.
- Un peu plus de méthode scientifique eût créé un peu plus de courage civique et évité par contre-coup de semer un germe de démoralisation, parmi nos défenseurs.
- Parlons maintenant du sang-froid, cousin germain du courage. Parmi toutes les émotions qui nous assaillent depuis le début de la guerre, n’aurions-nous pas pu en épargner quelques-unes à nos nerfs fatigués. Prenons, par exemple, la question des es-
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- pions. Que d’inquiétudes n’a-t-elle pas provoquées, que d’agitations pour apporter à l’autorité militaire un concours dont elle se serait bien passé !
- Quand un cas d’espionnage est signalé, la méthode scientifique veut que l’on exige la preuve des faits, que l’on discute la compétence et la sincérité des témoins. Il y a des espions, cela est certain, mais il est non moins certain que le principe le plus élémentaire de l’espionnage est de se cacher. Quand un espion opère au grand jour de façon à se faire surprendre par le premier venu, il est à peu près certain que ce n’est pas un espion. La moindre critique scientifique nous enseigne dans ce cas la méfiance et nous permet de garder notre sang-froid.
- Voilà un cas d’espionnage au milieu duquel j’ai vécu ; j’en parle de visu.
- Dans une région montagneuse de la France, d’honorables citoyens constatent que des taubes viennent la nuit avec des phares lumineux et font sans doute des signaux à des espions cachés. On prévient la gendarmerie et celle-ci avise l’autorité militaire. Les maires sont invités à veiller; les directeurs des postes doivent passer la nuit pour envoyer les nouvelles. Mais ce ne sont plus seulement des taubes, on voit des Zeppelins; les témoignages sont absolument concordants. L’autorité militaire est obligée d’envoyer sur place des officiers constater les faits. Les Zeppelins disparaissent : on n’en retrouve pas traces. Quant aux Taubes, il est facile de les identifier avec la planète Jupiter s’élevant tous les soirs du même point de l’horizon.
- Quel mal cela fait-il, direz-vous ? Les histoires d’espions sont passionnantes ; elles remplacent avec avantage dans les journaux le feuilleton habituel ; puis cela contribue à développer dans la population la haine de l’Allemand.
- Mettons-nous un instant sur le terrain scientifique et récapitulons les conséquences de cette histoire d’espions : les gendarmes mis en mouvement et abandonnant leur service, les directeurs des postes incapables après des nuits blanches de s’occuper delà distribution des correspondances, l’autorité militaire perdant son temps à dépouiller un courrier d’hallucinés et des officiers occupés à regarder la lune et les étoiles au lieu de songer à la guerre.
- Ce ne sont encore là que de petits inconvénients. Pensez au danger bien plus grave résultant 3e la , dépression morale que produit toujours chez les -combattants la crainte de l’espionnage, delà trahison et de tous les dangers insaisissables.
- Mais il y a encore une répercussion plus lointaine et plus sérieuse de cet affolement;. c’est, en concentrant notre attention sur des périls imaginaires, de nous cacher les dangers réels. Le siège de 1870 en a donné un exemple frappant. Comme aujourd’hui, les journaux étaient remplis d’histoires d’espionnage. Plus tard, quand l’histoire réelle de la guerre a pu être faite, nous avons appris que le rôle des (espions allemands s’était borné à venir à nos avant-postes
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- acheter les journaux parisiens, qui donnaient en abondance-, etsansles faire payer, tous les renseignements utiles à nos ennemis. C’est là l’origine de la censure actuelle de la presse, si pénible aux lecteurs avides d’émotions variées, et pourtant bien insuffisante encore au point de vue des intérêts de la défense nationale. Avec ces histoires d’espions comme avec les histoires de Taubes, les agités font inconsciemment le jeu de l’ennemi.
- Le bon sens est certainement une qualité exquise; mais quelle répercussion peut-il avoir sur l’issue de la guerre? Nous avons, vous le savez, un intérêt majeur à nous concilier la bienveillance des Etats neutres; vous connaissez les efforts des Allemands pour créer en leur faveur un courant de sympathie.
- Toutes les péripéties de la guerre sont dans le monde entier suivies avec passion. Tâchez de vous mettre dans la peau d’un citoyen américain et de vous représenter quel doit être son état d'esprit, quand, ouvrant fiévreusement le journal arrivant de Paris, il trouve en première page un article lui expliquant que les Parisiens ne peuvent pas digérer la mie du pain fendu ou ne peuvent dormir sans avoir passé leur soirée au café-concert. Nos frères, nos amis meurent à la frontière, c’est un détail ; il nous faut une corne pour notre déjeuner du matin. Et alors, se rappelant que, pendant l’envahissement de l’empire latin par les barbares, les citoyens romains se passionnaient pour les couleurs des cochers du cirque, le neutre se demande s’il est utile de lever la main en faveur d’un peuple décadent.
- On peut indéfiniment multiplierces exemples delà répercussion néfaste de notre agitation sur les intérêts vitaux du pays. Je citerai encore, mais d’une façon très brève, quelques cas particulièrement saisissants de l’interdépendance inévitable de tous nos actes.
- Le moratorium est un obstacle à la reprise de la vie du pays et, par suite, à la défense nationale. Si personne n’en avait parlé, ne s’était agité à son endroit, il aurait été supprimé au bout de quinze jours, parce que la contiance serait revenue. Les articles de journaux ont entretenu la défiance, poussé chacun à retirer son argent sans en avoir besoin. Le maintien du moratorium a été ainsi rendu indispensable.
- L’irrégularité du service postal est très regrettable, surtout quand elle atteint des soldats éloignés des leurs. L’agitation créée à ce sujet était certainement légitime en soi ; mais elle a eu pour conséquence de pousser chacun à écrire dix lettres dans l’espoir d’en voir arriver une seule, et cela eût suffi pour paralyser le service des postes, même s’il
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- n’eùt pas été antérieurement désorganisé par la politique.
- Le pillage des maisons boches semble à bien des non-combattants une œuvre méritoire. Ils trouvent là un moyen facile et souvent fructueux d’occuper leur activité. Mais, pour un Allemand atteint, dix Français sont dépouillés. Il n’y a pas aujourd’hui un industriel ni un commerçant qui n’ait des relations d’affaires avec l’étranger et ne soit ainsi exposé à être dénoncé par la malignité de concurrents peu scrupuleux. De plus, tous les ouvriers français occupés par les maisons séquestrées, sont mis sur le pavé et tombent à la charge de la communauté, sans aucun profit pour eux, ni pour les contribuables. Enfin le gouvernement se trouve placé en présence de difficultés inextricables. Au lieu de consacrer toute son énergie à la défense de la Patrie, il doit en dépenser la majeure partie à lutter contre des compatriotes, peut-être bien intentionnés, mais certainement peu judicieux, et il doit de plus se livrer à des prodiges de dialectique pour justifier aux yeux des neutres la légalité des mesures qui lui sont imposées.
- Que conclure? Si vous croyez à la science, examinez attentivement toutes ces relations lointaines du moindre de vos actes et conduisez-vous en conséquence. Ne vous agitez pas pour des questions hors de votre compétence et surtout n’agitez pas votre prochain. Si vous êtes compétent, donnez discrètement vos conseils à qui de droit, mais évitez d’en saisir l’opinion publique. L’administration de la guerre n’est pas infaillible, le gouvernement n’est pas parfait, je le sais, mais ils sont infiniment supérieurs à ce que nous avions le droit d’espérer. Faisons-leur donc confiance. La force de l’Allemagne dans la guerre actuelle ne tient pas à la possession de quelques gros canons, mais à la préparation méthodique poursuivie depuis cinquante ans, sans un instant de défaillance, d’une guerre jugée inévitable et à la coordination actuelle des efforts de tous pour réaliser ce qu’elle avait organisé. Tâchons au moins de notre côté d’obtenir aujourd'hui la même coordination des efforts et ne venons pas par affolement paralyser l’action des chefs chargés de cette coordination. Ne poursuivons pas le gouvernement de demandes incessantes, dont le seul résultat possible est de créer l’anarchie et d’annihiler les forces du pays qui devraient, toute autre préoccupation cessante, être dirigées contre les seuls ennemis de la France.
- Croyez bien que chaque agitation inutile, chaque proposition irréfléchie de votre part se traduit finalement par quelques soldats français de plus tués à la frontière. H. Le Chatelier,
- de l’Académie des Sciences.
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- CRACOVIE
- Situation. — Cracovie, Krakow en polonais, Krakau en allemand, n’est que la seconde ville de la Galicie et la sixième de l’Austro-Hongrie de par ses 154141 habitants (*) (80000 Polonais, 25000 Juifs, 5000 Allemands, le reste de diverses races). Elle s’allonge en plaine (ait. 215 m.) sur la rive gauche et au nord d’un coude de la Vistule, à l’est du confluent d'un petit tributaire de ce fleuve, la Rudawa. À la frontière même de Pologne, c’est le point de concentration des voies ferrées vers Vienne (par Prerau et la Moravie), Buda-Pest (par Sillein), la Hongrie Centrale (par Kaschau), la Russie (par Lemberg), Varsovie (par Czentochowo ou par Radom), la Silésie et Breslau (par Kônigshütte, groupe industriel de 600000 hab., ou par Ratibor).
- Historique. — Pendant près de trois siècles (1320-1610) Cracovie fut la capitale du royaume de Pologne. Sa fondation, par le légendaire Krakus, sur le Mont Wavel (colline du château), remonte peut-être à l’an 700. Les Bohémiens la saccagèrent dès l’année 1025, un incendie la dévora en 1125 et bien d’autres tragédies la frappèrent.
- Les Tatars Mongols l’ayant détruite en 1241, une colonie allemande la reconstruisit en 1257.
- En 1319, Wladislas IV Lokietek, seigneur de grande et petite Pologne, s’y fit couronner roi de Pologne par le pape Jean XXII, sous le nom de Wla-dislas Ier, et l’érigea en capitale en 1520. La peste de 1560 y fit 20000 victimes. Casimir le Grand fonda son université des Jagellons en 1364. Ce fut surtout l’activité du commerce allemand qui la mena à son apogée au xvie siècle, avec 100 000 habitants, sous Sigismond Ie1' (1506-1548). Dès 1450 elle s’affilia à la ligue Hanséatique.
- En avril 1525 la paix de Cracovie, entre Sigismond et Albert de Brandeburg, le grand-maître de l’Ordre Teutonique, fit de la Prusse Orientale la vassale du roi de Pologne 1
- La déchéance commença avec le transfert du gouvernement à Varsovie (1610); 50000 personnes succombèrent à la peste de 1651. Les guerres intes-; tines et extérieures du xvne siècle furent funestes à Cracovie. Charles XII de Suède la prit et la ruina
- 1. Recensement du 51 décembre 1910. 176465 habitants avec le faubourg de Podgorze, 22 522 habilants, sur la rive droite de la fistule. Cracovie n’avait que 50 00U habitants en 1869.
- | deux fois en 1655 et 1702. En 1754 elle cessa d’être la ville du sacre et de la sépulture des rois de Pologne. En 1772, au premier partage elle ne comptait plus que 5400 habitants.
- Le traité du 5 janvier 1796 consacrant le troisième partage (1795) l’attribua à l’Autriche. En 1809, Poniatowski put la reprendre et la réunit au grand duché de Varsovie créé en 1807 par Napoléon Ier.
- La convention du 3 mai 1815, en fit (jusqu’en 1846) une république indépendante de 140000 habitants, qui vit deux occupations temporaires par, l’Autriche et la Russie. Mais, en 1846, les nobles Polonais de Galicie y ayant provoqué un soulèvement isolé, l’Autriche en profita pour l’occuper définitivement comme ville rebelle, avec l’assentiment de la Prusse et de la Russie.
- Le 26 avril 1848, le mouvement révolutionnaire polonais partit encore de Cracovie mais s’y trouva, quant à cette ville, étouffé le jour même.
- importance stratégique. — Forteresse de capitale importance, entourée de nombreux forts modernes (pas assez éloignés) et chef-lieu du premier corps d’armée autrichien, Cracovie défend l’accès d’une large et profonde trouée naturelle célèbre comme voie commerciale et d’invasion, qui porte en allemand le nom caractéristique de Gesenke (la dépression), du moins dans sa partie occidentale, déclivité sud du massif de l’Altvater (1490 m.).
- Cette trouée de l’Oder, qu’on a appelée aussi « porte Morave », s’ouvre entre les Beskides occidentales (au sud), dernière grande section des Kar-pathes et les Sudètes (au nord-ouest), rempart nord-est du quadrilatère de Bohême.
- Il en diverge trois grands cours d’eau : la Vistule, vers l’est, l’Oder, vers le nord, la Morava (affluent
- Fig. 2. — Intérieur de l’église Notre-Dame.
- Fig. i.
- Église Notre-Dame.
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- Fig. 3. — Gorale (:montagnard) des Beskides.
- gauche du Danube), vers le sud, aux confins triparti tes de la Russie (Pologne), de la Prusse (Silésie) et de l’Autriche (Silésie-Moravie).
- Entre l’Oder et la Morava, les altitudes du seuil du Gesenke (aux sources de l’Oder) ne dépassent point 500 à 600 mètres ; et comme les hauteurs Mo-raves,.entre Brünn et la Bohême ne mesurent que de 600 à 855 mètres (et se dépriment même par places càSOO m.),voici ce que les Russes trouveront devant eux s’ils réussissent à forcer la serrure'de Cracovie : 1Q l’avenue de l’Oder pour descendre en Silésie prussienne et à Breslau par Kônigshutle ou Ratibor et Oppeln ; —— 2° le passage des Beskides et le chemin de fer de Sillein vers Buda-Pest ; — 3° la vallée de la Morava vers Vienne et Presbourg (porte de la Hongrie) ; — 4° le plateau Morave qui, par Ohnütz, Austerlitz, Brunn et Iglo peut les introduire en Bohême, aux rives de l’Elbe, aux champs de Kônig-gratz-Sadowa, et à Prague. On doit supposer que les Tchèques de Moravie et de Bohême n’attendent, pour leur révolte finale contre l’Autriche, que l’occurrence d’une percée des Russes par Cracovie !
- Monuments. — De loin, spécialement du mont Kosciuszko au coucher du soleil, la situation de Cracovie se présente fort pittoresque, grâce aux llèches de ses quarante églises flanquées d’effilés clochetons. Mais la Vistule n’est point un beau fleuve, et à l’intérieur de la cité on ne trouve plus guère que la forme externe des-mormments de-jadis : la plupart ayant été restaurés (lisez refaits) à la
- mode teutonne, par les architectes qui n’admettent que le vieux neuf. Ainsi la Halle aux Draps (Tuchhaus) de 1558-1557 a été renouvelée de 1876 à 1879. Notre-Dame (Marienkirche xme-xvie siècle) est devenue la proie d’un décorateur hongrois de 1889 à 1893; même l’admirable retable du maître-autel, dù à Veit-Stoss (1477 à 1481) a été restitué en 1868. La Cathédrale (Dom)des xive et xv“ siècles a été remise à neuf de fond en comble en 1902, de même que la plupart des monuments funéraires des rois de Pologne Jagellons qui y reposent avec Sobieski, Poniatowski et Kosciuszko, les trois héros nationaux: Jean Sobieski, le libérateur de Vienne contre les Turcs, le 12 septembre 1685; Poniatowski, mort à Leipzig en 1815 au service de la France; Tliadée Kosciuszko, le champion de l’indépendance nationale en 1792 et 1794 avant le deuxième et le troisième partage de la Pologne en 1795 et 1795.
- Divers autres édifices et églises furent reconstruits après le grand incendie de 1850. Lanouvelle Université des Jagellons ne date que de 1881 à 1887.
- Enfin il n’existe plus aucune de ces vieilles et charmantes maisons privées, analogues à celles dont les infortunées villes flamandes étaient encore parées hier même !
- Si j’ai cité tant de dates récentes de réfections, en dépit de l’aridité des chiffres, c’est parce que certains articles tout récents, particulièrement dans
- Fig. 4. — Femme Slovaque des Karpathes.
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- les grands quotidiens, ont exagérément vanté la valeur architecturale de Cracovie : on a parlé de splendides sanctuaires, ruisselant d’or semé à profusion, jusqu’à l’éblouissement, de couleurs vives et de richesses rappelant Byzance. 11 importe de corriger cette note radicalement fausse : et il faut savoir que ce luxe des dorures et du coloris est celui, aveu-
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- Ville du xve siècle ; la cour à arcades (Renaissance) du vieux château défiguré pour le surplus et à diverses reprises dépouillé de ses richesses par les Prussiens et les Autrichiens ; l'ancienne Université et sa magnifique cour (fin du xve siècle) ; la barbacane ronde (Rondel) de la porte Saint-Florian et quelques fragments voisins des murailles et tours de 1498 (dé-
- Fig. 5. — i, La Wavel (colline du château); — 2, Cathédrale; — 3, Tour de VHôtel-de-Ville; — 4, Rondel et porte Saint-Florian; — 5, Fort Bronislawa et tertre de Kosciuszko; — 6, Marché
- de la Ring-Platz.
- glant en effet, des criardes reconstructions récentes tout imprégnées d’art moderne austro-germanique.
- En vérité et monumentalement, Cracovie ne possède rien de comparable aux beaux édifices séculaires, chefs-d’œuvre de grâce, de goût et de majesté à la fois, que viennent de perdre les cités-victimes de la Belgique et du nord-est de la France.
- Comme reliques intactes du passé on ne peut guère citer que le beffroi, unique débris de l’Hôtel de
- truites en 1822) ; l’église, avec cloître, tapisseries et retables, de Sainte-Catherine.
- Plusieurs petits musées fort dispersés gagneraient à être réunis en un seul. La plus curieuse collection est celle des costumes populaires au musée technique. La ville industrielle (machines, brasseries, produits chimiques, ciment, sel, cuirs) s’est développée dans les faubourgs,^ l’intérieur de nouvelles fortifications. Cracovie fabrique aussi des
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- jouets en bois blanc, populaires, fort originaux.
- Sur la rive droite de la Vistule, à Podgorze, le monticule du mont Ivrakus est artificiel, élevé sur le point où la tradition place l’extermination d’un dragon par le vieux Krakus, fondateur de la cité.
- De même à 5 kilomètres à l’ouest de la ville, le mont Bronislawa, organisé en fort dès 1855, est couronné d’un tumulus de 20 mètres, accumulé, de 1820 à 1823, par toute la population à la mémoire de Kosciuszko (mort en 1817). On y jouit d’une magnifique vue sur Cracovie, les Beskides et les Karpathes.
- Population et costumes. *— Mais ce qui demeure unique à Cracovie, comme en Dalmatie, c’est la multiplicité et le chatoiement des costumes de ses habitants : les jours de marché (aux pigeons, serins et légumes) spécialement sur le Ring-Platz, on fait malgré soi abstraction du rajeunissement du cadre, on oublie que les monuments rénovés n’ont plus que le reflet de jadis, quand on considère la bizarrerie des oripeaux populaires.
- Juifs et Polonais locaux, Slovaques des Karpathes, Ruthènes de Galicie, Gorales (montagnards) des Beskides, Podhalanes (bergers) des Tatras, Polaques ou Mazures des plaines de la Vistule se distinguent par la coupe et la couleur vraiment orientales de leur mise.
- Les habitants des alentours de Cracovie sont surnommés « les jardiniers », à cause de l’importance
- et de la prospérité de leurs cultures maraîchères. C’est au 15 août, jour de grande fête, que je me suis trouvé à Cracovie, en plein musée ethnographique vivant : dans l’orgie des teintes le rouge domine, suivi du vert, du jaune, du bleu, du marron ; les corsages des femmes, tout brodés d’or, sont sertis de pierres de couleur. Des rangées de petites filles semblent des brochettes de colibris. Les hommes arborent la veste pourpre, parfois violette, et le pantalon jaune ou rose ; ceux de la montagne ont des gilets de peaux de mouton, la laine faisant garniture fourrée. Pour les Juifs, la toilette de sabbat se compose d’une houppelande de satin et d’un bonnet de fourrure ou d’un grand chapeau cylindrique, le tout généralement d’aspect cossu.
- Les femmes portent des bottes de cuir noir ou rouge aux pieds, et des fleurs éclatantes aux mains. Leur jupe est courte, ne tombant qu’à 25 centimètres de terre, multicolore quand elle n’est pas rouge, couverte d’un tablier à fleurs ou à dessins sur fond blanc; le brillant corsage est une pièce de musée; un foulard de teinte toujours violente entoure la tête et un triple collier de corail (souvent en imitation) pend au cou.
- La tonalité de l’ensemble est rouge, pourpre, carmin, et la messe solennelle qui dure quatre heures, êst aveuglante en effet dans la Marienkirche, illuminée, remise à neuf et bondée d’une rutilante cohue.
- E.-À. Martel.
- LA DÉFENSE DE LA BELGIQUE PAR LES INONDATIONS
- De tous temps les régions limitrophes de la mer du Nord ont employé les inondations comme moyen de défense. Après avoir travaillé artificiellement pendant des siècles à gagner du terrain sur la mer. la Belgique et la Hollande restent maîtresses de rendre momentanément aux eaux les terrains qu’elles ont conquis sur elles. Pendant la défense d’Anvers, la zone inondable n’a pas pu rendre les services qu’on en attendait. Mais, au cours de la bataille de l’Yser, la zone de Nieuport et de Dixmude a trouvé là un précieux moyen de résistance (fig. 1 ). Tandis que les navires alliés approchaient de la côte pour bombarder les Allemands et que les batteries d’artillerie couvraient le terrain de leurs obus, on a levé les écluses, rompu à propos les digues et les eaux sont venues refluer sur le continent, envahissant les tranchées ennemies, de manière à rendre désormais tout progrès des Allemands impossible.
- Racontons en deux mots cette héroïque aventure, qui date d’hier.
- Il y avait là un pays exquis de vieilles villes endormies et fidèles à leur passé, possédant des beffrois, des halles, des maisgns anciennes, de tranquilles béguinages, avec des ponts sur des canaux, de la paix et du silence. On allait à Nieuport chercher le
- souvenir des hardis gens de mer et lespaysagesd’une antique cité maritime; à Dixmude, on venait voir le jubé de l’église et l’hôtel de ville ; à Ypres, c’était la merveilleuse halle, le beffroi. Puis, sur la côte, il y avait des plages de sable où jouaient les enfants, à Nieuport, Middelkerke, Mariakerke, Ostende, Blan-kenbergue. Un jour, la trombe des barbares s’est abattue sur cette contrée, dont les villes ne sont plus que des noms sur la carte ou des amas de ruines. L’ennemi poursuivait deux buts ; refouler notre aile gauche pour reprendre son éternel mouvement tournant et, d’autre part, aller par Fûmes s’emparer de Dunkerque, qui serait devenu entre ses mains une base d’opérations navales contre l’Angleterre. Cet assaut commença vers la mi-octobre de Nieuport à la Bassée, mais d’abord avec une violence toute particulière sur la côte. L’Yser canalisée, qui décrit une grande boucle entre Nieuport et Dixmude, devait être pendant trois semaines ardemment disputée. Mais, aussitôt, les Belges avaient compris le secours que pouvaient leur apporter les eaux. Il y avait à Nieuport de belles écluses, que Bædeker recommandait à ses compatriotes d’aller voir comme des chefs-d’œuvre : notamment les écluses des canaux de Bruges et de Fûmes, mais
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- LA DEFENSE DE LA BELGIQUE PAR LES [INONDATIONS ......... 187
- CARTE
- ZONE
- D'INONDATION DE LYSER
- (Nieuport- Dixmude,>
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- encore quatre autres que figure notre carte. On se mit de suite à en jouer, et c’est ainsi que, progressivement, les attaques allemandes ont dù en moyenne se reporter de l’aval à l’amont, à mesure que les eaux montaient et envahissaient le terrain situé sur la rive gauche du canal.
- Jusqu’au 21, les attaques étaient particulièrement violentes à Nieuport et Lombartzyde. Le 22, tandis que les eaux gagnaient Schoorbakke, les ennemis se frayaient un passage à Ter-vaete, mais étaient arrêtés o kilomètres plus loin à la ligne de chemin de fer, près de Pervyse, où l’on a trouvé, après un combat, plus de 1000 de leurs morts. Enfin, le 11 novembre, un dernier succès momentané leur livra les ruines de Dix-mude, qui avaient été déjà prises et reprises plusieurs fois, mais sans qu’ils pussent en profiter pour atteindre, là non plus, la rive gauche de l’Yser canalisée. A la fin de novembre, grâce au jeu des marées plus hautes, les inondations ont été « tendues » sur une si vaste région que l’énorme effort allemand, dans lequel sont tombés, diL-on, plus de 120000 hommes, a dû être abandonné et que les attaques ont été reportées Ixaucoup plus au Sud vers Ypres. On a vu les eaux s’étendre de Nieuport aux environs immédiats d’Ypres en passant à Schoore, Leke, Dixmude, Bixschoote et Bœsinghe. L’un des résultats a été la prise de pièces lourdes qui sont restées embourbées vers Ramscapelle. On a
- Fig. j.
- Enfin, peu loin de là, vers Dunkerque, s’est livrée en 1658 la bataille des Dunes, où Turenne vainquit le prince de Condé et les Espagnols dans une campagne qui n’est pas sans rapprochements piquants avec les événements d’hier.
- À ce moment, on s’en souvient, Français et Anglais étaient alliés comme aujourd’hui. Les ennemis tenaient Gravelines, Dunkerque, Bergues, Fûmes. Tout le pays autour de Dunkerque avait été inondé
- Fig. 2. — Inondations artificielles en Belgique.
- recueilli là quatre gros canons et deux mortiers enlisés dans la houe.
- Ce rfest pas, d’ailleurs, la première fois que cette région aura servi de champ de bataille. En 1489, Nieuport se défendit contre nous. En 1600, Maurice d’Orange y remportait une victoire sur les Espagnols.
- par eux. Néanmoins, Turenne marcha hardiment de Cassel à Bergues et, de là, suivant la seule digue praticable, il arriva aux Dunes pour commencer le siège de Dunkerque. C’est alors que Condé, ayant rassemblé à Yrpres les garnisons espagnoles, marcha à sa rencontre et fut vaincu le 14 juin 1658. Onze jours
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- après, Dunkerque capitulait. Puis c’était le tour de Bergues, de Fûmes, de Dixmude qui fut pris le 4 juillet. Le 30 août, Gravelines se rendait et le 26 septembre, Turenne entra à Y près....
- Voyons maintenant quel, a été le mécanisme hydraulique de cette défense.
- Quand on regarde une carte topographique de cette région ou mieux encore une carte géologique, on voit, de Gravelines à Dunkerque, Fûmes et NI eu p ort, une bande de dunes suivre la côte, accolée à une plaine monotone, sur laquelle s’élèvent seulement un peu, quand on arrive vers Bergues ou Hond-schoote, des formations plus an-ciennes d’allu-vions et d’épaisses couches d’une argile dite argile des Flandres ( yprésien ), qui atteint 140 mètres d’épaisseur à Ostende contre 80 à Dunkerque.
- Si nous parcourons ce pays en partant de la côte, nous trouvons d’abord un rivage bas et sablonneux qui se découvre sur une grande étendue à chaque marée.
- Alors quand le vent souffle du nord-ouest, le sable est poussé vers la côte, des dunes se forment; puis, toujours sous la même influence, elles cheminent vers l’intérieur des terres tandis que la mer vient les ronger par derrière. L’avancement des dunes dépasse 5 mètres par an à l’est de Dunkerque. C’est la contrée aux paysages blafards où le peintre Cazin se plaisait à situer des scènes palestiniennes. Le
- cordon littoral formé par ces dunes n’est interrompu quepar les embouchures de cours d’eau peu importants, que ferment habituellement des écluses,rouvertes seulement à basse mer quand leur écoulement peut avoir lieu.
- La plaine qui vient ensuite est formée d’une glaise blanchâtre à coquilles marines, au-dessous de . laquelle on trouve parfois un sous-sol tourbeux. Vers le méridien de Dunkerque il existe, sous cette glaise, une couche de tourbe qui atteint souvent 1 mètre de puissance. Des arbres brisés et couchés gisent pêle-mêle au milieu d’elles. C’est au milieu de cette
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- Fig. 4. — Débordement dans la zone de V Yser.
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- plaine glaiseuse, aux verdoyants polders, que serpentent et se ramifient d’innombrables canaux.
- Tout ce pays, conquis pied à pied sur la mer est, comme les Pays-Bas qu’il prolonge, une merveille de l'ingéniosité humaine.
- Le niveau général de la plaine est en effet inférieur de 0 m. 60 à celui des hautes mers et, dans certaines dépressions appelées les moeres, il descend même jusqu’à 1 m. 60 au-dessous. Pour créer les polders ou les waeteringues, il a donc fallu progressivement fermer l’accès de la mer par des digues que traversent des canaux d’écoulement, et installer des écluses pour réglementer le mouvement des eaux en ne leur livrant issue qu’à la marée basse. Ce travail de conquête, très anciennement commencé, avait encore laissé, au début du xv,ie siècle, un grand nombre de lacs salés qui ont été desséchés les uns après les autres : les moeres au xvii® siècle; les salines de Lannes, Robelin et Taaf au xvme.
- Il est, dès lors, bien facile de comprendre le procédé de défense qui a été employé. En temps normal, on ferme les écluses quand la mer monte. Si on fait l’inverse, la marée montante va pénétrer dans le continent par tout le réseau compliqué de
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- canaux que figure notre carte et les écluses fermées l’empêcheront de redescendre en retenant aussi les eaux douces. Quand on sait profiter des marées les plus fortes, on peut gagner plus d’un mètre sur le niveau des marées moyennes. En rompant ces digues sur des points appropriés on inondera tel ou tel compartiment du pays, les levées de terre du chemin de fer ou de la route formant barrage. C’est tout un art que de savoir jouer des écluses; mais les bas pays de Flandre possèdent de vieux praticiens (le waterstaat hollandais) qu’une longue expérience a formés et qui possèdent à fond les tours du métier. On dit que la combinaison, grâce à laquelle on a pu noyer les tranchées allemandes en ména géant un temps suffisant les tranchées belges, est due à l’un d’eux. En définitive, on peut voir sur notre carte quelle est l’étendue de la zone inondable qui occupe presque tout le triangle üixmude, Nien-port et Fûmes. A l’est et au sud de Dixmude, les sables et argiles de l’yprésien occupent un niveau un peu plus élevé qui les soustrait à l’envahissement des eaux. Les Allemands ont en vain essayé d’arrêter l’inondation ou de la franchir sur des radeaux. Ils ontdù aller chercher, sans plus de succès, une autre voie. P. Sallior.
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- Séances du 3 août au 28 septembre 1914.
- 5 août 1914.
- Sur le laboratoire aérodynamique d’Auteuil. — M. Le-cornu expose les résultats obtenus par M. Eiffel dans l’étude expérimentale de l’aérodynamique : action de l’air en mouvement sur une sphère, étude de divers modèles de dirigeables, pression du vent sur des hangars de dirigeables.
- Sur la constitution minéralogique de l’île Jenny (Antarctique). — La petite île Jenny a l’intérêt d’être ia terre la plus extrême, dans le secteur sud-américain de l’Antarctique, sur laquelle on ait pu jusqu’ici effectuer un débarquement. Les échantillons rapportés par la mission Charcot et étudiés par M. E. Gourdon la montrent formée d’un gabbro injecté d’andési-labradorites.
- Observations sur l'élude du développement phylogénique des parties molles et des parties dures de l’organisme. — M. J. Chaîne fait remarquer que, pour les parties dures des êtres vivants, la paléontologie vient en aide à l’embryogénie en permettant de constituer des séries régulières remontant très loin dans le passé. Ces parties dures donnent, en même temps, dès renseignements approximatifs sur certaines parties molles entièrement disparues, par exemple sur la disposition des muscles.
- Analyse comparative de quelques grandeurs du corps chez les Bulgares des deux sexes.— M. E. Pittard montre que les principaux rapprochements entre les hommes et les femmes (de ce groupe ethnique sont fondés] sur les dimensions de leur crâne (la hauteur exceptée) et les
- différences sur la largeur du nez, la longueur de la bouche, la hauteur totale de la face et, d’une manière générale, sur les divers segments du visage.
- Sur un microorganisme isolé dans la scarlatine. — M. Cantacuzène a étudié un microorganisme très polymorphe que l’on rencontre presque constamment sur la langue et dans la gorge des scarlatineux. Inoculé en culture pure, il détermine une maladie assez caractéristique avec des foyers de desquamation qui reproduisent la topographie de l’éruption scarlatineuse. A l’autopsie on trouve une rate hypertrophiée.
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- 10 août 1914.
- Louis Henry. — L. G. Lemoine donne lecture d’une note sur Louis Henry, correspondant belge de l’Académie.
- Blessures de guerre. Conseils aux chirurgiens. — Dans une note à laquelle l’Académie a décidé de donner une très grande publicité, M. Delorme montre que la chirurgie de guerre doit être conservatrice dans la grande majorité des cas, dans la presque totalité des blessures par les balles. La conservation doit être la règle du traitement des fractures par les balles, pour lesquelles l’immobilisation seule suffit le plus souvent. Il signale que les blessures du. poumon sans lésion des gros vais-
- \. Nos comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences ayant été interrompus depuis la déclaration de guerre, nous passerons rapidement en revue les principales communications faites pendant cette période de 4 mois.
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- seaux guérissent maintenant avec une facilité relative. Pour les blessures de l’abdomen, la laparotomie immédiate est à rejeter. L’incision hâtive et le drain de Murphy donnent de bons résultats.
- De l’action du radium sur la sensibilité des détecteurs à cristaux pour la T. S. F. — D’après MM. Chas-poul et Bachalard, le nombre de points sensibles d’un détecteur à cristaux employé en T. 8. F. augmente notablement sous l’influence de l’émanation du radium sur la spirale du détecteur.
- Sur un nouveau procédé de mesures cristallographiques au moyen des rayons Rôntgen. — M. Canac s’est proposé, en utilisant les expériences de Laue et de Térada et, en faisant tourner un cristal autour de certains axes particuliers, d’étudier la façon dont les taches se déplacent pour en déduire une méthode permettant de construire son réseau et d’en calculer les paramètres.
- Action bactéricide et antitoxique des sels de lanthane et de thorium sur le vibrion cholérique. — MM. A. Frouin et D. Roudsky ont constaté que les sels de lanthane et de thorium, qui n’ont aucune action nocive et toxique sur la nutrition des animaux, sont des micro-bicides, auxquels on peut avoir recours dans le traitement du choléra.
- Théorie de la production de formes microbiennes tiouvelles par l'action des rayons ultraviolets. — D’après M. et Mme Victor Henry, sous l’influence d’une irradiation courte, le microbe du charbon perd la possibilité de sécréter des ferments protéolytiques tout en gardant celle de produire des ferments amylolytiques. Un tel ferment placé sur un milieu nutritif aura besoin d’hydrates de carbone pour se développer ; il changera de régime alimentaire, de propriétés biochimiques et biologiques; il constituera une forme évoluée nouvelle, qui gardera ensuite ses caractères acquis pendant des milliers de générations.
- 17 août 1914.
- Les roches basiques non volcaniques de Madagascar. — M. Lacroix montre à ce propos, contrairement aux clées admises par les pétrographes et comme il l’avait déjà signalé à Tahiti et à la Réunion que, dans une même province pétrographique, on peut trouver associés des types alcalins et subalcalins dérivés du même magma.
- Action de l’émanation du radium sur le gaz tonnant.
- M. Otto Scheuer a étudié l’action du radium sur le mélange 2Ha:0. La combinaison est très intense. Il se produit Ha0 et H-02, et très peu d’ozone.
- 24 août 1911.
- Essais pour /’accroissement des champs magnétiques actuels. — M. Deslandres et Pérot ont poursuivi leurs recherches destinées à accroître les champs magnétiques. Au lieu de jrefroidir avec du pétrole au-dessous de 0°, ils ont employé simplement de l’eau en prenant des précautions contre l’électrolyse. Ils présentent aujourd’hui les résultats obtenus avec l’eau et une petite bobine. Avec 3000 ampères, le champ atteint est de 44 800 gâuss ;
- avec 5000 ampères, de 63 700 gauss : ce qui est de beaucoup le champ le plus grand réalisé jusqu’ici.
- Sur la valeur nutritive de l’osséine. - Pendanl le siège de Paris, en 1870, Frémy avait proposé d’employer l’osséine comme matière nutritive. M. E. Maurié revient sur la question. L’osséine a l’avantage d’être incorruptible, imputrescible et, par conséquent, susceptible de se prêter à un approvisionnement facile. On pourrait l’emmagasiner brute, telle qu’elle sort du bain d’acide chlorhydrique et après neutralisation au sous-carbonate de soude, mais il est préférable de la distribuer cuite et réduite en poudre grossière comme du tapioca : ce qui permet de l’absorber directement sans aucun apprêt, dans du potage, soupe ou bouillon quelconque.
- 51 août 19U.
- Observations de l’éclipse de soleil du 21 août i 914.— M. Bigourdan, M. Bourget et divers autres astronomes résument les observations faites sur l’éclipse à Paris, Marseille, Toulouse, Tortose.
- 7 septembre 1914.
- Sur le polymorphisme, de certaines diatomées de T Antarctique.— Les diatomées jouent, un rôle important dans leplankton végétal, oh conjointement avec les Péridiniens, elles forment la masse principale des prairies flottantes servant de pâture aux animaux marins. Aussi les progrès de l’Océanographie ont-ils vivement attiré l’attention sur ces algues. Leur nomenclature est difficile. L’emploi des caractères tirés de l’endochrome avait déjà été rejeté. M. Mangin montre que la forme et la variété des structures des valves ont encore moins de fixité. Les espèces de l’Antarctide prouvent l’extrême malléabilité de plantes qui paraissaient soustraites, par la rigidité de leur cuirasse, aux influences extérieures.
- Sur les faces de dissolution de la dolomite. — M. Gau-bert montre que la vitesse de dissolution a, comme la vitesse de formation, une grande influence sur la structure cristalline : ici sur les figures de corrosion.
- 14 septembre 1914.
- La récente éruption d’Ambrym (Nouvelles-Hébrides). — M. Lacroix étudie les laves recueillies par M. Kowalslû sur ce volcan. Le mécanisme dynamique consiste en une explosion au cratère central, avec émission de lave par des fentes radiales, ce qui le rapproche de l’Etna. Les laves actuelles sont des labradorites augitiques. Les laves anciennes appartiennent soit à des basaltes francs, soit des labradorites.
- 28 septembre 1914.
- Divers. — M. Ed. Perr’er lit une note sur M. Jean Pérez, correspondant dans la section de zoologie. — M. Boussinescq étudie mathématiquement la constante de filtration pour un milieu filtrant constitué par des grains sphériques d’un diamètre donné.
- Éclipse. — MM. Luizet et Guillaume donnent leurs observations sur l’éclipse de soleil du 21 août.
- (A suivre.)
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- LES BALLES “ DUM-DUM ”
- On a beaucoup parlé des balles dites dum-dum ; mais le sujet est loin d’être épuisé. Il faudra bien que celles des nations belligérantes qui ont employé ce terrible projectile, formellement interdit par les lois de la guerre, soient citées devant le tribunal des peuples civilisés. Les armées des alliés pourront alors lui soumettre une trop abondante moisson de preuves indiscutables qui montreront qu’Àllemands et Austro-Hongrois se sont servis fréquemment de cet engin, tandis que ceux-ci seront dans l’impossibilité de produire le moindre document authentique qui prouverait que nous leur avons rendu la pareille.
- Le nom de « dum-dum » donné à cette balle lui vient d’une fabrique de munitions et d’armes portatives située à deux lieues de Calcutta. Les officiers de l’armée anglo-indienne s’étaient plaints que les balles modernes à enveloppe fussent insuffisantes à arrêter l’élan des sauvages de l’Himalaya. Bien que transpercés, ces hommes trouvaient encore l’énergie de se jeter sur les fantassins et de les abattre à coups de sabre.
- On imagina d’évider la pointe du projectile. Ainsi, le métal s’aplatissait au contact du corps humain, et la blessure produite dans les chairs arrêtait, cette fois, l’élan du sauvage. L’usage se perpétua jusqu’en 1899, date de la Conférence de La Haye, dont la section chargée d’étudier les questions d’armement en interdit la continuation. Durant la guerre du Transvaal, les deux partis en présence s’accusèrent mutuellement de se servir de balles dum-dum, mais sans apporter des preuves convaincantes. 11 en fut de même pendant les deux guerres balkaniques. On s’explique d’ailleurs pourquoi des belligérants peuvent, de bonne foi, croire à l’existence de balles dum-dum chez leurs adversaires : la plaie à elle seule ne suffit pas à prouver qu’elle a été causée par ces terribles engins, et même une balle déformée trouvée chez un blessé n’est pas une preuve que le projectile était, avant de servir, une balle dum-dum.
- « Les plaies d’une balle ordinaire qui frappe le corps humain, nous dit le Dr Rochard, sont différentes d’aspect, suivant qu’on les examine à l’entrée ou à la sortie du projectile. La plaie d’entrée est toujours petite, régulière ; la plaie de sortie est plus importante et peut être irrégulière si, dans son trajet à l’intérieur du corps, le projectile a rencontré un os.
- « La plaie d’entrée de la balle « dum-dum », au contraire, est irrégulière d’abord, puisque son extrémité est déchiquetée et qu’elle peut très bien, étant donné son changement de forme, ne pas se présenter par la pointe. La plaie de sortie est très importante parce que, dans l’intérieur du corps humain, elle forme un cône de blessure s’arrondissant par la base, la balle meurtrissant, rompant
- tous les tissus qu’elle rencontre et les refoulant devant elle, produisant en sortant un véritable éclatement de la peau.
- « Si l’on ne connaissait que ces deux données,'on pourrait en conclure que, lorsqu’on se trouve en face de plaies de cette nature, on a eu affaire à une balle « dum-dum », mais il est un autre facteur auquel on ne songe pas et qui est capital : c’est le ricochet.
- Des quantités de balles ne frappent le soldat qu’après avoir ricoché sur son fusil, son sabre, sur
- Fig-, i. — Coup de feu explosif (balle S) 20 août 1914 (E. Delorme).
- les cailloux du sol, et même sur les projectiles qui, à l’heure actuelle, se trouvent à la fois en si grande quantité dans l’air ; elles peuvent même rencontrer un bouton de tunique, un objet dur quelconque contenu dans les poches.
- « Cette balle ayant touché en pleine vitesse un corps dur, se déforme et devient de ce fait même une balle « dum-dum ». Il est facile de s’imaginer toutes les transformations que peut subir un projectile suivant l’incidence sur laquelle il frappe un obstacle, et suivant la nature de cet obstacle. Il devient irrégulier, présente des incisures plus ou moins profondes, et comme il est composé d’une enveloppe de maillechort remplie de plomb, cette enveloppe s’écarte de la masse centrale en formant une espèce
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- LES BALLES « DUM-DUM »
- de couronne à pointes aiguës qui devient très meurtrière. Les plaies laites par ces projectiles sont irrégulières et él endues à l’entrée, plus . irrégulières et plus étendues encore à la sortie, et, d’après leur simple constatation, on pourrait conclure à l’effet de balles « dum-dum » si l’on n’était pas averti.
- « Donc, le simple raisonne- -ment permet d'affirmer que, scientifiquement, on * ne peut conclure à l’effet d’une balle « dum-dum » par la _ constatation des blessures pr o-duites par l’agent vulnérant. »
- De plus, la très courte distance à laquelle sont souvent atteints les soldats, suffit! souvent à elle seule à expliquer ces coups de fèu explosifs. Nous empruntons au « Précis dè Chirurgie de guerre » du médecin inspecteur général Delorme, l’image delà balle allemande dite S et celle d’un de ces coups de feu explosifs qui lui sont imputables. Des radiographies ont montré parfois sur' le trajet de certains projectiles un véritable «, semis en éventail de fragments en poussière ».
- Mais s’il est difficile de prouver, par la blessure, que nos adversaires ont' usé de balles dum-dum, il semble bien qu’on ait trouvé, dans les cartouchières de nombreux prisonniers, des balles transformées, prêtes à servir ; et parfois, bien que, scientifiquement, la démonstration soit impossible, on ne peut s’empêcher de penser que certaines déformations des balles trouvées chez
- nos blessés ont été faites avant l’usage. C’est ainsi que récemment un chirurgien signalait à une Société savante de Paris le cas d’un cpéré sur lequel il avait trouvé une balle séparée de son enveloppe, et celle-ci portait sur le côté une déchirure longitudinale bien régulière qui avait permis la dislocation du projectile.
- D’ailleurs, n’a-t-on pas dans l’armée allemande découvert récemment un artifice nouveau pour rendre explosibles les balles les plus « régulières » ?
- C’est le Dr Tuffier, chirurgien des hôpitaux de Paris, qui, au cours d’une tournée d’inspection dans le Nord, a pu le constater de vi*u. Il a fait à ce sujet une communication remarquée à l’Académie de Médecine. Le procédé employé est des plus simples. Il consiste tout bonnement à détacher la balle
- de sa douille et ci la retourner dans la cartouche, de telle sorte que sa pointe soit en contact avec la poudre dont on retire une partie. 11 en résulte une halle singulière, courte et aux deux
- plus
- plate
- bouts.
- La
- balle alle-
- Fig. 2: — Balle ordinaire et balle dum-diimisèe.
- mande étant, comme l’on sait, constituée par
- une masse de plomb recouverte d’une chemise de ferro-nickel, qui fait défaut sur son culot, celle-ci se trouve alors admirablement disposée pour éclater aussitôt qu’elle rencontre une surface résistante.
- De nombreuses cartouches ainsi traitées ont été trouvées dans des fusils de soldats allemands tombés
- sur le champ de bataille
- BALLE FRAÏÏÇAJSE A a
- BALLE ALLEMANDE..
- OU
- LA BALLE ALLE
- -• Cuivre a
- CARTOUCHE AALLEMAMDE£
- (iaMe retournée) k Pointe en arrière. Laisse dépourvue 10 d'enveloppe dure..
- COUPE D'UIiE BALLE FRAHÇAiSE..
- Fig. 3.
- dans des chargeurs prêts à être introduits dans les fusils. La balle ainsi traitée possède une force balistique inférieure, mais suffit pour les combats à courte distance, où elle présentemêmel’avan-1 age d’une trajectoire plus courbe. La balle française, qui est entièrement en cuivre, ne peut dans aucun cas être ainsi dum-dumisée.
- Cette lamentable question prendrait des proportions moins, odieuses, si l’emploi de ce projectile n’était imputable qu’à des individus. Durant les deux guerres balkaniques, des soldats isolés pratiquaient au couteau une incision sur le sommet de la balle, avant de la glisser dans leur arme. Tel ne paraît pas le cas chez nos ennemis, où les balles semblent être transformées par les soldats sur ordre supérieur. Nous reviendrons tôt ou tard sur ces questions, et, dès maintenant, nous prions nos lecteurs de nous aider à enrichir le dossier de documents que nous rassemblons sur le sujet.
- J. d’Izier.
- Ferro-nicke]-
- BALLE
- ALLEMAMDE
- OUVERTE
- Ferro-mckel
- * Plomb
- Le Gérant : P. Masson. — imprimerie Lahcre, rue de Fleurus, 9, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2151.
- 19 DÉCEMBRE 1914.
- RAVITAILLEMENT DES NAVIRES DE GUERRE EN HAUTE MER
- Le charbonnier « Jupiter » de la flotte des États-Unis.
- Le ravitaillement sûr et rapide en combustible (soit charbon, soit pétrole) des navires de guerre en pleine mer est une question de la plus grande im-
- reuse. Aussi toutes les marines militaires se sont ingéniées à améliorer cette situation, en étudiant des navires charbonniers pouvant, rapidement et sans
- Fig. i.— Le Jupiter ravitaillant un navire de guerre en haute mer.
- portance, surtout en temps de guerre, et qui préoccupe depuis longtemps toutes les marines militaires mondiales. Jusqu’ici, lorsqu’un navire de guerre avait ses soutes à charbon vides, on l’amenait dans un endroit abrité, où des charbonniers qu’on plaçait le long de son bord déchargeaient par des
- danger, ravitailler en combustible, et en pleine mer, et cela aussi rapidement que possible, les navires de guerre. Le gouvernement des États-Unis s’est surtout spécialisé dans l’étude de ces charbonniers et, depuis 1908, il a fait construire un certain nombre de ces navires. Parmi ces derniers il en est un, le
- Fig. 2. — Le Jupiter en marche pour aller ravitailler en haute mer un navire de guerre, les bigues relevées.
- moyens de fortune le charbon dans les soutes, tout en ayant soin de n’endommager ni le navire ni le charbonnier. On voit, de suite, les inconvénients de cette méthode. Le navire de guerre se trouvait obligé d’abandonner la flotte pendant un temps plus ou moins long, ce qui, en temps de guerre, peut mettre cette flotte dans une position dange-
- Jupiter, qui semble remplir les conditions voulues et dont nous allons dire quelques mots.
- Le Jupiter est un navire à double hélice, d’un déplacement de 19 230 tonnes, avec un tirant d’eau de 8 m. 39. Sa vitesse est de 14 nœuds. Il a une longueur de 158 m. 60 entre perpendiculaires et une largeur de 19 m. 82. Son équipage se compose de
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- 42' Année — 2" Semestre.
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- 194 ===== RAVITAILLEMENT DES NAVIRES DE GUERRE
- 11 officiers et de 148 hommes. Le Jupiter a quatre ponts à l’avant et cinq à l’arrière, avec une proue à un niveau plus élevé que le pont supérieur, comme le montre la figure 2. Au centre qui est réservé au chargement il n’y a qu’un pont. Le navire est divisé en compartiments, au moyen de neuf cloisons étanches, dont cinq destinées au transport du combustible liquide sont rendues étanches à ce liquide. Le double fond est également divisé en quinze compartiments, dont quelques-uns sont destinés à emmagasiner le combustible liquide. L’équipage est logé à l’arrière, et les pompes pour le combustible liquide sont disposées à l’avant du navire. Le chargement en combustible peut se faire de deux façons : soit, 5470 tonnes de combustible liquide et 9850 tonnes de charbon, ce qui fait en tout 13 528 tonnes : soit 1951 tonnes de combustible liquide et 11 377 tonnes
- de charbon, c’est-à-dire les 0,68 du déplacement du navire.
- En outre de l’équipement nécessaire pour le déchargement du combustible, une caractéristique intéressante de ce navire est que ses hélices sont actionnées par des moteurs électriques, dont le courant leur est fourni par un turbo-générateur. La puissance fournie sur les arbçes des hélices est de 5500 chevaux. Pendant un essai d’une durée de 48 heures, la puissance moyenne produite par le générateur a été de 6500 chevaux indiqués, donnant une vitesse de 14,78 nœuds, le nombre de tours des hélices étant de 115 tours à la minute. Tout l’appareil moteur est placé à l’arrière du navire (Yoy. nos du 23 septembre 1911 et du 3 janvier 1914).
- L’équipement destiné au déchargement du combustible se compose de pylônes métalliques formés de deux fermes juxtaposées et reliées par des entretoisements. Les arbalétriers de ces fermes sont inclinées sur la verticale. Les pylônes sont au nombre de huit, dont sept dans la partie centrale du navire et un sur le pont arrière (fig, 2) ; Chacun de ces pylônes est muni de ^quatre higues, deux de chaque côté du navire. Ces bigues, maintenues à la
- partie supérieure par des câbles, reposent à leur partie inférieure sur les arbalétriers des pylônes au moyen de rotules (fig. 3). À l’extrémité de chacune de ces bigues se trouve un godet en tôle, d’une capacité de 1 tonne, qui sert à transporter le combustible du charbonnier aux soutes du navire à ravitailler.
- 11 nous serait impossible, sans sortir des limites du cadre de cet article, de décrire en détail les divers organes servant à la manœuvre de ces bigues et qu’on voit sur la figure 3. Nous dirons seulement que des cabestans à vapeur, placés a la partie inférieure de chaque pylône, permettent d’amener chacune de ces bigues au-dessus des ouvertures qui communiquent avec les compartiments du charbonnier contenant le combustible, de descendre les godets dans ce compartiment, de les remplir de charbon, puis, après les avoir soulevés, d’amener les bigues, en les faisant pivoter autour de leur axe vertical, au-dessus des soutes à charbon du navire à ravitailler, de descendre ensuite les godets dans ces soutes et de les vider. Cette opération terminée, ces mêmes cabestans ramènent les godets vers le charbonnier et une nouvelle opération, identique à la précédente, recommence. Lorsque le charbonnier n’est pas en service, les bigues sont relevées verticalement comme on le voit sur la fig. 2. Les bigues peuvent décharger le charbon à une distance de 6 m. du bord du charbonnier, et à une hauteur de 6 m. au-dessus de son pont supérieur, comme le montre la fig. 5.
- Lorsqu’il s’agit de ravitailler en charbon et en pleine mer un navire de guerre, on amène le charbonnier le long de son bord, on abaisse ses bigues et on commence le ravitaillement en suivant les opérations que nous venons d’indiquer plus haut, ainsi qu’on le voit sur la figure 1. Avec ce dispositif il est facile de ravitailler en charbon un navire de guerre à raison de 600 tonnes à l’heure. Les soutes du Jupiter contenant, en moyenne, 10000 tonnes de charbon, celles-ci pourraient donc être vidées en 16 heures, et cela sans que le navire de guerre ait été obligé de quitter momentanément la flotte dont il fait partie.
- Quant au ravitaillement des navires de guerre en combustible liquide, il se fait très simplement au moyen des pompes qui,'comme nous l’avons dit plus haut, sont disposées à l’avant du navire. Le ravitaillement se fait à raison de 500 kg de pétrole à l’heure.
- Le remplissage des soutes à combustible liquide du charbonnier s’opère de la même façon, en aspirant, avec ces mêmes pompes, le pétrole dans les réservoirs disposés à terre.
- R. Bonnnv.
- Fig 3. —Pylône montrant les différents organes servant à la manœuvre
- des bigues.
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- DIRIGEABLE MINIATURE
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- La guerre a des exigences variées : à côté des dirigeables géants destinés à détruire le matériel ennemi, ne voit-on pas fonctionner encore les ballons captifs des guerres plus anciennes? Voici un dirigeable-école qui a reçu le nom de Baby.
- Il est, sans doute, destiné à exercer les pilotes de la « marine aérienne anglaise », peut-être servira-t-il à opérer des reconnaissances. Construit à la fabrique militaire
- de Farnborough, il ne peut enlever que deux passagers. Ses essais d’ailleurs de faible envergure ont donné, pleine satisfaction. Son premier vol a eu lieu ily a quelques mois à la pointe du jour, en présence de quelques rares officiers, sur un emplacement du terrain de manœuvres jalousement surveillé par des détachements. Le War Office a refusé à la presse toute communication sur le sujet.
- ------.1 . V
- DE LA POMME DE TERRE A LA FECULE ET AU PAIN DE GUERRE
- Certaines petites industries, en quelque sorte sacrifiées, n’attirent guère l’attention : on les connaît peu, on ne les perfectionne pas ; elles végètent dans l’ombre et s’étiolent. Il en est ainsi pour la féculerie, ce qui est d’autant plus injustifié, que la production nationale de fécule est assez importante, que l’agriculture des pays à terres sableuses possède là un débouché qu’elle trouverait difficilement ailleurs, et, qu’enfm, des rivaux plus actifs que nous produisent la fécule dans de bien meilleures conditions. Ajoutons enfin que la fécule peut être partiellement substituée à la farine de céréales, pour fabriquer du pain en cas de disette et de guerre : c’est ce qu’on fit chez nous à la fin de l’ancien régime, et c’est ce que font actuellement nos ennemis allemands.
- Aussi est-il intéressant d’examiner l’état actuel de cette industrie, son importance et comment il convient de substituer aux anciennes méthodes, trop exclusivement suivies chez nous, des procédés plus perfectionnés.
- D’après les dernières statistiques, il existe eii France près de 150 féculeries, situées surtout dans l’Oise et dans l’Est : ces établissements occupent au total environ 900 personnes. Comme on le vçitj il s’agit d’une petite industrie, le nombre moyen d’ouvriers par usine ne dépassant guère six. Et c’est de là que vient le mal. A part quelques rares exceptions (il n’existe en France que quatre féculeries occupant plus de cinquante ouvriers), la production reste aux mains de propriétaires ruraux, comme annexe de leur exploitation agricole. Dans ces conditions, on ne fait presque jamais de frais pour améliorer le matériel, et l’on ne saurait d’ailleurs employer des appareils modernes à grand rendement, que l’on ne pourrait convenablement alimenter : la marche de la fabrication est dirigée par un surveillant, ouvrier lui-même, qui manque absolument de formation technique. Cela serait cependant indispensable, car, bien plus que la meunerie, où tout se fait
- les cellules remplies de grains d’amidon.
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- PAIN DE GUERRE
- mécaniquement, la féculerie est une industrie délicate y dans laquelle on doit épurer une matière fragile, soumise parfois à des actions biologiques complexes. On en pourra juger par la description
- Fig. 2. — Râpe centrifuge.
- que nous donnons ci-après des procédés modernes d'extraction de la fécule des pommes de terre.
- En principe, la fabrication de la fécule est extrêmement simple. Il suffit, en effet, de regarder au microscope une tranche de pomme de terre, pour voir que chaque cellule est, pour ainsi dire, vraiment bondée de grains d’amidon. Qu’on déchire les parois cellulaires qui emprisonnent ces grains, et ceux-ci, libérés, seront facilement entraînés en lavant la pulpe à grande eau. Yoici en raccourci tout le résumé de la technique féculière. Mais, naturellement, les choses ne se passent pas tout à fait aussi simplement en pratique, et nous verrons que, pour extraire des tubercules le plus possible d’une fécule au maximum de pureté, on est amené à mettre en œuvre quantité de dispositifs et de méthodes ingénieux et perfectionnés.
- Les pommes de terre arrivant à l’usine sont placées en silos, ou tas recouvrant un petit fossé fermé par des claies : c’est du moins ce qu’on fait dans les féculeries bien installées ; dans les autres, on fait des tas sans précautions ni installations spéciales. Quand on a besoin des tubercules, on fait passer dans le fossé inférieur, d’ailleurs en forte déclivité, un assez rapide courant d’eau : il suffit ensuite de retirer peu à peu et une à une les claies qui retiennent les pommes de terre pour que ces dernières, tombant dans l’eau, soient entraînées et transportées jusqu’aux laveurs. Comme en sucrerie et en distillerie, ces appareils se composent d’une auge, dans laquelle tourne lentement un arbre longitudinal portant des bras perpendiculaires qui remuent incessamment la masse des tubercules dans l’eau. À l’extrémité où
- arrivent les pommes de terre, se trouve la sortie de l’eau sale ; à la sortie des tubercules, arrive le courant d’eau propre : de cette façon, on peut parfaitement nettoyer avec un minimum de liquide (fig. 6).
- Le râpage est ensuite effectué sous une faible pulvérisation d’eau, pour délayer la râpure à l’état de bouillie très fluide. On emploie pour cela deux genres d’appareils : râpes centrifuges, seules connues autrefois et usitées dans la plupart des usines, râpes à poussoirs, plus perfectionnées et qui tendent cà remplacer les précédentes. L’appareil centrifuge se compose d’un tambour formé par des lames dentées du côté de l’intérieur (fig. 2); c’est dans ce tambour qu’arrivent les tubercules, qui, sous l’action des palettes d’un arbre central tournant à grande vitesse, sont frottés avec force contre les dents de scie. La râpure produite passe à l’extérieur. Dans la râpe à poussoirs au contraire, le cylindre à lames dentées est rotatif (fig. 3) et plein ; il tourne dans un carter portant une trémie, par laquelle arrivent les pommes de terre, fortement pressées contre la surface en mouvement par des poussoirs ou par une cloison formant coin avec la surface râpante : elles sont réduites en pulpe fine.
- Les parois cellulaires, qui emprisonnaient les grains de fécule, étant ainsi désagrégées, il devient possible de séparer ces derniers de la bouillie dans
- Fig. 3. — Râpe à poussoirs.
- laquelle ils sont en suspension. On effectue cette séparation à l’aide d’extracteurs, cylindriques ou mieux hexagonaux, à parois de toile métallique fine, dans lesquels on introduit la pulpe : les débris cellulaires sont retenus à l’intérieur et sortent à l’extrémité, tandis que les microscopiques grains de
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- fécule passent à travers la toile et sont recueillis sous forme de lait. Pour faciliter l’entrainement, l’extracteur reçoit incessamment, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, une fine pluie d’eau; et, d’autre part, le cylindre tourne sur lui-même, ce qui renouvelle les surfaces de contact de la toile filtrante.
- La pulpe qui sort à l’extrémité de l’extracteur contient encore beaucoup de grains de fécule.
- Pour parvenir à libérer ces derniers par lavage, il est nécessaire de broyer à nouveau la pulpe résiduelle du premier tamisage ; on le fait, non pas à l’aide d’appareils semblables aux râpes à pommes de terre, mais, la matière à traiter étant tout autre, avec un broyeur centrifuge tout à fait différent des râpes. La pulpe
- est introduite dans un récipient où tourne à grande vitesse un disque garni radialement de lames, qui viennent presque effleurer des contre-lames fixes : forcés de passer entre les surfaces coupantes, les débris cellulaires sont désagrégés. L’action n’est toutefois pas encore tellement complète qu’il ne reste, après nouveau tamisage-lavage, une quantité appréciable de fécule dans le résidu. C’est pourquoi, dans les féculeries de l’étranger et quelques féculeries françaises, on fait souvent un troisième broyage, entre deux meules d’acier, disposées comme celles qui servent à la mouture des grains : la fécule supplémentaire extraite du fait de ce dernier traitement peut n’être
- d’un côté doucement et régulièrement par un déversoir sur toute la largeur du plan; il part delà même façon à l’autre extrémité, après avoir parcouru toute la longueur du récipient avec une vitesse extrême-
- Fig. 5. — Séchoir rotatij.
- pas inférieure à 5 pour 100 de la quantité totale.
- Les « laits » obtenus lors de chaque tamisage sont réunis et dirigés sur les « plans de dépôts » ; on nomme ainsi des récipients très longs, mesurant de dix à trente mètres de long, pour une hauteur et une largeur de moins d’un mètre. Le lait arrive
- Séchoir à tablettes.
- ment ralentie, ce qui a permis aux grains de fécule en suspension de se déposer. Le plan se remplit ainsi peu à peu de fécule. Au bout d’une journée, on dirige le lait sur un plan vide de rechange, et l’on vide la couche de fécule, soit à la bêche dans les petites usines, soit en délayant avec de l’eau et pompant le mélange.
- La fécule ainsi extraite est très impure, d’où nécessité de la laver à plusieurs reprises, pour la débarrasser des matières étrangères qui la souillent. L’épuration est effectuée dans des cuves cylindriques ou tronconiques, où l’on agite la fécule avec trois fois son volume d’eau : il suffit ensuite de laisser reposer, puis de décanter le liquide surnageant, et, au besoin, lors du premier lavage, de gratter un peu la couche superficielle de fécule, souvent souillée de grains colorés. Après avoir ainsi lavé deux fois, voire trois fois, quand les fécules proviennent de tubercules altérés, le produit est suffisamment épuré ; il suffit de l’essorer dans une centrifuge à panier perforé, analogue aux appareils dont on se sert en blanchisserie, en sucrerie, etc....
- La fécule « verte » ainsi obtenue peut être directement livrée au commerce. Mais elle est de conservation difficile, et la plupart des fabricants préfèrent avec raison la dessécher avant expédition, et la vendre d’ailleurs ainsi un peu plus cher. Il existe quantité de séchoirs à fécule, depuis les anciennes chambres chauffées par un poêle, et portant des étagères, sur les tablettes desquelles on étendait la fécule, jusqu’aux
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- derniers modèles à séchage dans le vide employés en Allemagne. Les appareils en usage dans les féculeries modernes peuvent être ramenés à deux types : séchoirs à tablettes et séchoirs à cylindres, tous deux permettant la dessiccation continue. Dans le premier cas, la fécule essorée tombe à l’étage supérieur d’une chambre portant des séries superposées de tablettes métalliques, et, après cheminement sur toute la surface portante, tombe à l’extrémité sur la surface de l’élément inférieur. Selon les systèmes, les surfaces sont formées par des sortes de courroies sans fin (fig. 4) ou par des tablettes à secousses, la circulation régulière des fécules étant dans chaque cas assurée par les mouvements des éléments portants. Le chauffage se fait par des radiateurs à va-
- un peu le tout, afin d’obtenir un produit facile à digérer. Plusieurs usines disposent de tourailles pour sécher les résidus ou pulpes pressées ; le produit sec est très employé dans les boulangeries pour le fleurage.
- C’est de la sorte que l’on extrait, dans les 150 féculeries qui existent chez nous, plus d’un demi-million de quintaux de fécule, provenant d’environ 5 750000 quintaux de pommes de terre et valant près de vingt millions de francs. Les chiffres justifient, comme on le voit, ce que nous disions de l’importance de cette industrie. Hélas ! d’autres chiffres témoignent de notre infériorité vis-à-vis de nos concurrents étrangers. C’est ainsi que les mêmes fécules, qui valent 22 à 23 francs en Hollande, valent
- riz - " - ^ "v
- Fig. 6. — Schéma d’une féculerie.
- peur, quelquefois constitués par les tablettes creuses sur lesquelles se trouve la fécule.
- Les séchoirs rotatifs se composent d’un cylindre légèrement incliné, tournant lentement sur son axe et parcouru par des gaz chauds (fig.- 5) ; la fécule essorée arrive à l’extrémité supérieure et tombe desséchée à l’autre bout. Plus simples, les séchoirs rotatifs semblent généralement préférés dans les installations modernes; on en construit dans lesquels on peut faire un vide partiel à la pompe pneumatique pendant la dessiccation, ce qui permet d’effectuer l’opération très rapidement, très complètement, et à basse température, dans le but d’obtenir des fécules extraits faisant prime sur le marché. Mais il n’existe pas, que nous sachions, de ces installations en France.
- Les résidus provenant du travail de la fécule sont généralement traités dans des presses spéciales ; ils perdent ainsi une notable quantité d’eau et peuvent être utilisés pour la nourriture des bestiaux, en les mélangeant à du fourrage haché et en réchauffant
- à la même époque — il y a, en effet, d’année en année, des écarts assez forts selon le succès des récoltes de pommes de terre — de 30 à 32 francs chez nous! Un tel écart n’est, hâtons-nous de le dire, attribuable que pour une faible partie aux imperfections de fabrication; il provient surtout de la différence de prix des matières premières. Mais il n’est pas moins vrai que cela montre, qu’à tous les points de vue, nous avons des progrès à faire.
- Peut-être se demandera-t-on à quoi peut bien servir une aussi énorme quantité de fécule. C’est que les applications du produit sont beaucoup plus nombreuses et importantes qu’on ne l’imagine généralement. En apprêt, on utilise la fécule pour préparer les emplois d’encollage des chaînes pour tissage, les masses destinées à l’imbibition des tissus, surtout des cotonnades, des dentelles. En papeterie, l’encollage du papier à écrire, pour empêcher l’encre de s’étendre dans la masse, peut être fait à la fécule; il est vrai, qu’actuellement, on a presque
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- partout substitué à cette substance des succédanés meilleur marché.
- Dans les arts de Y alimentation, la fécule est très employée. Ses propriétés de légèreté et de porosité la font préférer aux farines diverses pour une foule d’applications, depuis le pudding du cuisinier jusqu’aux biscuits légers du pâtissier. L’industrie alimentaire consomme aussi de fortes quantités de fécules, pour la préparation des pseudo-tapiocas, de certaines pâtes, de gâteaux secs divers.
- En technologie dés produits chimiques, les fécules forment la matière première exclusivement utilisée à la préparation des dextrines et sirops de glucose. Il existe une foule de produits industriels à base de fécule, plus ou moins partiellement dextri-nisés, qui sont utilisés dans les apprêts, l’empesage du linge, la fabrication des colles. Depuis quelques années, on est même parvenu à obtenir en grand des matières amylacées combinées à des acides (tels que nitrates, formiates, acétates), déjà employés comme succédanés des sels cellulosiques dans la fabrication des matières plastiques organiques : celluloïds divers, soies artificielles, etc... Il ne s’agit guère encore là que d’essais, mais, on peut prévoir, dans cette voie, d’importants débouchés à venir. Pour la préparation de certains cirages, de quelques produits pharmaceutiques, on emploie une quantité appréciable de fécule.
- Enfin—et nous voici en pleine actualité—la fécule peut être employée à la confection du pain. Point exclusivement cependant : « Les tentatives que j’ai faites pour convertir la pomme de terre en pain, écrit Parmentier, le célèbre parrain de la pomme de terre, sans y ajouter de farine, n’ont eu absolument aucun résultat ». C’est que la fécule, ne contenant pas de gluten, les pâtes ne possèdent pas l’élasticité leur permettant de lever. Toutefois, on peut ajouter à la farine avant panification 10, 20,
- 25 pour 100 de fécule, sans trop compromettre la qualité du pain. On peut aussi, comme le faisait Parmentier, incorporer à la pâte de farine des pommes de terre cuites, épluchées, puis écrasées (moitié pulpe de pomme de terre, moitié farine), et continuer la boulangerie comme à l’ordinaire, mais en laissant cuire plus longtemps : « sans cette précaution essentielle, dit Parmentier, la croûte du -pain serait dure et cassante, tandis que l’intérieur aurait trop d’humidité ».
- Notons pour terminer le procédé imaginé par un contemporain de Parmentier et son collègue à l’école royale de boulangerie, Cadet de Vaux : il consiste à mélanger à la farine de céréales 25 pour 100 de poids de résidus de féculerie, séchés et moulus. (Ces résidus d’ailleurs contenaient à l’époque bien plus de fécule que maintenant.) On obtenait de la sorte un pain bis a parfait d’apprêt et de cuisson, trempant à la soupe, se conservant frais des mois entiers ».
- Pourquoi la préparation des pains à la pomme de terre n’eut-elle guère de succès? Sans doute parce que, pendant tout le siècle précédent, on ne connut chez nous ni disette ni famine, et que le moindre paysan put toujours manger de bon pain blanc, —ce pain qui, selon le témoignage de Gœthe, étonnait tant, en 1795, les soldats allemands et autrichiens qui envahissaient la France pour en être d’ailleurs bientôt chassés : ils n’avaient jamais vu chez eux que du grossier pain noir. Aussi n’est-on peut-être pas trop privé, outre-Rhin, de se mettre au régime du pain de pomme de terre ! On n’y doit pas non plus être humilié, malgré la résolution prise de chasser de la langue les mots français et des mœurs les coutumes françaises, d’utiliser une de nos découvertes : nous savons que ces emprunts inavoués sont d’une tradition là-bas coutumière !
- François Neuvillette.
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- Si les Russes, maîtres des Ivàr pathes, décident de s’avancer sur Buda-Pesth et sur Vienne, quelles seront les voies de transport et de communications disponibles à tra-Fig. j.~~ Cathédrale de Kaschau. Yers ces montagnes?
- Notre précédent article sur Cracovie a expliqué comment, à l'exte'rieur des Karpathes, la trouée de l’Oder ou du Gesenke, mène droit à Vienne (à
- 415 km de Cracovie (*) et 276 d’Oderberg au long des rails) par la Morava.
- La pénétration ferrée de .Galicie en Hongrie est bien plus tortueuse et complexe, car elle ne s’opère pas par moins de huit passages montagneux.
- Pour se reconnaître dans cette multiplicité, qu’on ne trouve clairement expliquée dans aucune géographie, une sommaire description des Karpathes est indispensable. Les Karpathes, définies d’habitude comme un rempart en demi-cercle très déformé entourant la Hongrie au nord, à l’est, au sud-est sur 1450 km d’étendue, n’ont la simplicité d’une chaîne unique que dans leur partie centrale, les Beskides orientales ; leurs deux portions occidentale et sud-orientale sont d’une extrême complexité. En particulier le triangle de Transylvanie, qui fait coin dans la Roumanie, est un inextricable
- 1. Trajet en sept heures par rapide.
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- composé de hauts plateaux, de massifs isolés, de chaîne continue (à l’est depuis la Bu-kovine), et de muraille abrupte (au sud, Alpes de Transylvanie, 2544 mètres au Négoï) sectionnée par plusieurs défilés d’érosion (le défilé de la Tour-Rouge laisse passer la rivière Oltu à 352 m.); nous n’avons pas à nous en occuper aujourd’hui.
- Commençant (fig. 2) aux confins de la Buko-vine, de la Galicie et de la Hongrie, au nord du chaînon hongrois du Pie-trosz (2305 m.), les Karpathes centrales ont été surnommées Karpathes boisées, à cause de'leurs immenses forêts, que l’on a déjà fort éclaircies ; une première subdivision Czer-nahora (montagne Noire) possède plusieurs cimes de 2000 à 2058 m. (Kowerla) et le Pop-Ivan (1941 m.), célèbre pour son panorama ; nul autre sommet n’atteint cette hauteur dans les deux sections suivantes, monts de Maramaros et Beskides orientales, qui se terminent dans le pays de Zips à la rivière Popper.
- Toutefois, comme les sommets s’y maintiennent de 1800 à 1000 m. et les cols de 900 à 500 m., il est absolument inexact de dire, ainsi que l’a fait un récent article, qu’il existe là une trouee des Karpathes.
- Entre la Popper, le Dunajec (ou Donaietz), la Waag et son affluent l’Arva, un losange de forme assez régulière est occupé par la Haute Tatra, qui entoure rec-
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- Fig. 3. —• Vallée de Szâdelô près Torna.
- tangulairement les trois torrents des deux Dunajec et de la Bialka : ce sont les plus hautes et les plus belles montagnes de toutes les Karpathes, énorme bastion, dont dix-sept pointes dépassent 2500 m. : elles culminent aux pics de Gerlsdorf, 2663 m., Lomnitz, 2634 m. (fig. 6), Roth Sam, 2630 m. et Eistbaler, 2629 m., entre les premières eaux sour-cières de la Bialka et de la Popper. Quoique dépourvues de glaciers, ces sommités comptent parmi les plus pittoresques de l’Europe, par la raideur de leurs escarpements, l’élégance de leurs cimes aiguës, la majesté de leurs forêts, la sauvagerie de leurs cent quatorze petits lacs profondément encaissés dans les chaos de pierre : ils sont si verts ou si bleus qu’on les a nommés les yeux de la mer, Morske Oka. Les deux plus vastes sont au nord : le grand lac Polonais (4669 m. et 35 hectares) qui est le plus profond (78 m.) et le grand lac des Pois-
- sons (4393 m. et 53 hect.). Le lac Felka (4644 m.) (fig. 5), un des plus sauvages, n’a que 5 m. de profondeur. Les plus beaux, pour leur cadre de forêts et de montagnes à la fois, s’appellent le Popper (4543 m.), et le Csorba à 4350 m. seulement (fig. 7), accessible par un chemin de fer à crémaillère. Le plus élevé est le Wahlenberg à 2454 m.
- À l’ouest de la haute Tàtra, les Beskides occidentales montent à 4725 m. au Babia-Gora et descendent à 554 m., au col de Jablunka; puis, entre la Waag et la Morava, les crêtes s’incurvent jusqu’au Danube en s’abaissant progressivement de 4074 m. au Javornik, à 960 m. aux Karpathes Blanches, et 748 m. aux Petites Karpathes, dont la dernière marche a mis Presbourg sur la Porta Ungarica du Danube.
- Mais au nord-est de ce fleuve, entre la Waag et la Tisza (Theiss) moyenne, de nombreux groupes sont
- Fig. 4. — La Haute Taira (2663 m.) et le seuil de Csorba (8ç8 m.) vus des hauteurs de Poprad.
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- Fig. 5. — Lac Felka.
- épars à l’angle nord-ouest de la Hongrie : petite Tatra ou monts de Liptau (2045 m. au Gyômber) séparés de la grande Tatra par le seuil singulier de Csorba (898 m., voir ci-après); Fatras (1714 m. au Krivan-Fatra) coupées en deux par la Waag au défdé de Sztre-scno ; — l’enchevêtrement de l’Erz gebirge (montagne minière) hongrois;
- — Matras (1010 mètres) à la lisière de la plaine, etc.
- Tatras, Fatras,
- Matras sont les trois monts, qui figurent sur le blason des armes nationales de Hongrie.
- Sauf le « chemin de sMagyars» au col de We-reczke ( voir ci-après), aucun des passages des Karpathes n’a servi jadis de grande route ethnographique et commerciale. Mais, actuellement, huitlignesdeche-mins de fer les franchissent et entrent tragiquement dans l’histoire européenne.
- Passons-les brièvement en revue de l’est à l’ouest.
- 1° Grande ligne de Bukovine. — De Czernowitz (87 128 h.) (et Kolomea, 42 676 h.) et de Tarnopol
- (35 874 h.) (et Stanislau 33 528 h.) à Delatyn (Galicie). Le passage est en tunnel, sous la crête des monts de Maramaros, un peu au sud du col de Jablonica (Tartarow-Pass) et au nord de la Czerna-hora. L’entrée en Hongrie se fait à Kôrôsmezo, à l’aval des sources de la Tisza (Theiss), La vallée haute de cette rivière est étroite jusqu’au delà de Maramaros-Sziget (21570 h.), où s’exploitent les immenses salines de Szlatina, qui renferment du <jsel pour 400 ans, dit-on. Dans la plaine hongroise cette grande ligne de Buda-Pesth passe bien au sud de la tortueuse Tisza, par Szatmar-Nemeti (34 892 h.), Debreczen (92 729 h.) et Szolnok (28 778 h.) où elle refranchit la Tisza. — Czernowitz, entièrement modernisée, n’a d’intéressant que ses costumes, les jours de marché.
- 2° Grande ligne de Galicie. — De Lwow (Lemberg, Leopol, 206113 habitants) par Stryj (30942 habitants) ; la station de Lawoczne est vers 665 m. et le tunnel de Beskid (long de 1746 m.) à 804 m. entre le Sztoj (1679 m., monts Maramaros)
- et le Poloniha (1482 m., Bes-kides orientales). Un peu au nord-ouest le coldeVe-reczke (841 m.), où monte la route de voitures, s’appela « chemin des Magyars », parce qu’il laissa passer l’invasion hongroise venant de l’est. Dans un val resserré, la voie traverse 12 fois la sauvage Yicsa, de nombreux tunnels et de belles forêts, pour déboucher à Munkacs (patrie du peintre Mun-kacsy, Lieb de son vrai nom, 1844-1900) par 128 m. seulement . À Csap (108 m.) elle touche la Tisza à son coude le plus septentrional: là, ainsi que plus loin, à Sa-toralja-Ujhely, Miskolcz(1) (51 459 habitants), Hatvan, etc., débou-
- 1. Entre ces deux villes s’étendent les fameux vignobles de Tokaj, plantés par les Romains en 282, et cultivés surtout depuis le xm0 siècle.
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- chent les trois lignes suivantes venant du nord (*).
- 3° Une autre ligne va de Lemberg à Csap par Sambor-Sianki, le col d’Uszok (889 m. tunnel de 7 km?), la vallée de l’Ung et Ungvar, où les Russes étaient arrivés, paraît-il, dès le 25 novembre, ainsi qu’à Zemplen plus en aval encore sur le Bodrog, à 280 km de Buda-Pesth.
- 4° De Przemysl (54078 h.), une ligne sinueuse franchit les Beskides au col de Lüpkowa et s’achève à Satoralja-Ujhely.
- 5° De Tarnow (36 731 h.), par Neu-Sandec (avec embranchement sur la précédente ligne), Leluchow et Orlo (494 m.), le long de la Popper, se trouve un passage bas, au pied du Mincol (1157 m.), entre les dernières ramifications des Beskides orientales et les premières delà haute Tatra. On y descend sur Eperjes (257 m.), la vallée du Hernad, et Kassa (Kaschau, 211 m., 44 211 h.) pour aboutir à Zsolcza, tout proche de Miskolcz.
- Kaschau, chef-lieu du 6e corps d’armée austro-
- Fig. 8. — Hôtel de ville de Lôcse.
- heureusement refaite (comme les monuments de Cracovie), de 1879 à 1896. Ses beaux retables et tabernacles sont célèbres.
- A Eperjes, un embranchement monte dans les
- Fig. g. — Le grand Krivan (2496 m.) dans la Haute-Tatra.
- Fig. 10. — Château d’Ovar sur la Waag.
- hongrois, possède la plus belle église de Hongrie (fig. 1), cathédrale de 1299-1497, à cinq nefs, mal-
- i. De Lemberg à Buda-Pesth, 582 km. Trajet en 15 b. 40, 16 h. 45 (express entre Lawoczne et Buda-Pesth seulement).
- forêts à Bartfeld (277 m.) dont l’église a aussi de superbes retables. Les Russes y ont débouché, dit-on, au début de décembre, sans doute par les routes des cols de Leluchow (686 m.), de Dukla (502 m.), de Wegliska (575 m.) et plusieurs autres routes de voitures, dont l’énumération serait trop longue. On s’y bat avec acharnement.
- 6° De Cracovie (et de Neu-Sandec) Przemysl une ligne contournée va passer à Nowy Targ en Tatra, puis assez bas entre l’extrémité Nord-Ouest de la haute Tatra et les Beskides orientales, entre les sources du Dunajec et celles de l’Arva, au seuil de Szuchahora, dit aussi des Marais noirs. Elle tombe à Kralovan sur l’importante ligne transversale de la Waag (voir 9°) qui, par Ruttka et Sillein, fournit plusieurs accès à Buda-Pesth.
- 7Ü Au Sud-Ouest de Cracovie, un réseau de diverses lignes, rayonnant autour de Saybusch (Zywiec) et
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- du centre industriel de Biélitz-Biala, converge vers le passage de Zwardon, tout proche de celui de Jablunka (voir 8°) qu’il rejoint à Csâcza (420 m.).
- 8° (A. B. G.). Sur la grande ligne de Vienne à Cracovie, la station de frontière austro-allemande d’Oderberg (201 m.) est un nœud de chemins de fer plus important que Cracovie. Au Sud-Est, par Teschen, un de ses rameaux ferrés remonte vers les Beskides occidentales, qu’il franchit en tunnel sous le col de Jablunka (551 mètres) pour redescendre à Csâcza et à Sillein (Szolna,344m.), petite ville où il retrouve la Waag et sa ligne venant de Kaschau (par Ruttka). De Sillein vers Buda-Pesth, le rail est triple mais contourné :
- A. Par la Waag, le site et les belles ruines de Trencsen et la bifurcation de Lipotvar (Pressburg-Vienne au S.-0.) et Galanta-Buda-Pesth au S.-E.
- B. Par Ruttka et le contour de Altsohl (Zolyom), de l’Erz-gebirge (montagnes minières) hongrois et Ratvan sur la ligne de Lemberg. C’est la grande voie de Breslau et Buda-Pesth (13 heures en rapide).
- C. Un peu avant Altsohl, une ligne secondaire descend la rivière Gran, jusqu’en face de Gran (Esztergom) sur le Danube. Parmi les nombreuses transversales ou obliques qui réunissent entre elles, de part et d’autre des monts, ces huit traversées des Karpathes, il faut une mention spéciale pour la ligne de la Waag.
- 9° Remontant le Hernad au Nord de Kaschau, elle passe à Iglo, Poprad (comi-tat de Zips ou Szepes), Csorba, Fig. 12.
- Kralovan, Ruttka et Sillein.
- A 898 m. seulement, le curieux seuil de Csorba (fig. 4) sépare les eaux de la Baltique et de la mer Noire, entre les sources de la Popper ou Poprad (sous-affluent de la Vistule), du Hernad (tributaire de la Theiss) et de la Waag (qui tombe au Danube) ; ce n’est
- guère plus un col que celui de Toblach (en Tirol) ou de-Naurouse (en Languedoc). Sur 7 km de longueur, le seuil en forme d’isthme (nommé parfois plateau de la Haute-Foret) n’atteint qu’à 965 m. au Nord et 977 m. au Sud de la station de Csorba.
- Il sépare profondément laflaute-Tatra (2663 m.) au Nord de la Basse -Tatra (Gydmber 2045 mètres) au Sud. De part et d’autre du passage, il faut faire 15 km pour monter de 200 m. (pente 1,33 pour 100) et la voie ferrée est à peu près rectiligne, sauf à Csorba même.
- Ce seuil fait de la vallée haute de la Waag soit une souricière pour les troupes qui s’y laisseraient enfermer, soit un couloir de communication très
- commode, absolument abrité par les montagnes,
- pour les Russes qui seraient maîtres des passages des Karpathes, à l’Est et à l’Ouest de la Tatra.
- En juin 1914_(1) le petit embranchement, qui descend la Popper vers le Nord-Est de Poprad, n’allait que jusqu’à Pudlein (570 m.). Il y restait, le long de la rivière, une lacune d’une trentaine de kilomètres jusqu’à Orlo (494 m ). Pour une armée, la route de voiture de cette lacune offre une voie directe de la Galicie (Tarnow, vallée du Dunajec) au seuil de Csorba par le Zips.
- N’omettons point de rappeler que, dans cette région, se trouvent, entre Kaschau et Poprad, les plus grandes curiosités naturelles de la Hongrie, dignes de figurer parmi les principales de l’Europe : les gorges rocheuses particu-. fièrement étranges de Szâdelo (fig. 5) et d’Ajer, près de Torna ; l’immense caverne d’Agtelek ou Baradla, la troisième de l’Europe en étendue (8666 m.), et l’une des
- 1. D’après le Ilursbuch officiel des chemins de fer austro-allemands, qui nous a été gracieusement communiqué par l’Agence des Voyages Universels [Société de Publicité diurne et nocturne).
- Fig. 11. — Costumes de la vallée de la Waag.
- Costumes slovaques de la vallée de la Waag.
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- cinq ou six plus remarquables du monde par la beauté et la taille des concrétions (la stalagmite appelée Tour Astronomique, ne mesure pas moins de 20 m. de hauteur) ; la grotte à glace (glacière naturelle) de Dobschau (Dobsina), qui le cède seulement à celles récemment découvertes dans le massif du Dachstein (*) (la glace y occupe une surface de
- Galicie par une série de rapides, que l’on franchit en radeaux (au monastère Rouge).
- Bien qu’il soit dépassé par dix-sept autres cimes, le grand Krivan (2496 m.) (fig. 9) très dentelé, est le point de repère principal du versant de la Waag, grâce à sa position avancée qui le rend visible de très loin. Et tout du long de la Arallée de la Waag, se succèdent
- Fig. i3. —. Château de Trencsen sur la Waag.
- 7171 m2) ; la vallée de Straczena, etc. A l’Est de Poprad, la petite ville de Lôcse (Leutschau) possède un vieil hôtel de ville (fig. 8) et une église Saint-Jacob, renfermant des retables en bois sculpté, peint et doré (xve et xvie siècles) si remarquables, qu’ils furent envoyés à Paris en 1900 pour l’exposition rétrospective de l’Autriche-Hongrie.
- Autour des sources de la Popper, des milliers de touristes annuels sont attirés par les Fured, stations d’été et de bains de Poprad, Tatra-Fured (Schmecks), Barlangliget,
- Csorba, au Sud;
- Zakopane au Nord, etc. ; les forêts magnifiques de Biéla (belle grotte de 3200 m.) où, le long des routes, campent d’authentiques tziganes à la peau de bronze, aux noirs yeux de braise effrayants ; les innombrables lacs de la Tatra ; les difficiles escalades des hauts
- sommets ; et les châteaux (Zips, Lublau, Tôkôl, Nedecs) du comitat de Zips, dont le nom rappelle une ligue locale allemande de 24 villes, dissoute en:1414.
- Un rameau Nord-Est de la Haute-Tatra, la Magura de Zips, resserre le Dunajec à tel point, qu’il entre en
- 1. Yov. La Nature, n“ 2104, 20 sept. 1915.
- Fig. 14. — Costumes de Bukovine.
- les gorges et cascades sauvages avec les ruines féodales poétisées par la légende.
- Près de Eralovan, le vieux manoir de ThurCzo commandait l’étroit du confluent de la Waag et de l’Arva. Après Ruttka, la passe de Sztrecsno, par où s’est vidé l’ancien lac de Turocz, est dominée par le château d’Ovar (fig. 10), dontles seigneurs pouvaient incendier les bateaux au passage. Nombre de gorges latérales sont hérissées de roches fantastiques et rétrécies en cluses ou klamme de quelques mètres
- de largeur. Les “T:,,:eaux suif ureu-T7 mW ses de Trenc-sen-Teplitz (38 à 40° C.) sont fré-ülli quentées depuis des siècles. A Trencsen même, la Tour romaine du vieux château (fig. 13) possède un puits de 144 mètres de profondeur, creusé par un Turc, comme rançon de sa fiancée prisonnière.
- Enfin c’est de
- part et d’autre des Karpathes que se sont le mieux conservés, ainsi qu’en Dalmatie, les anciens costumes locaux si éclatants de couleurs, et souvent s riches d’ornementation, bijoux et broderies à la main. Les plus beaux sont ceux de la Bukovine et des Slovaques de la Waag (fig. 11, 12, 14).
- E.-A. Martel.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 5
- Sur le passage de Mercure devant le soleil le 7 novembre. — M. Bigourdan analyse les conditions d’observation du futur passage de Mercure sur le soleil et en montre l’intérêt.
- Extraction des balles allemandes et des éclats d’obus à l’aide de Vélectro-aimant géant. — Les balles françaises en cuivre et les balles de shrapnels français ou allemands, en plomb, ne sont pas magnétiques. Par
- octobre 1914.
- I contre, d’après M. Rollet, l’éclat d’obus en fonte est très J magnétique et il en est de même pour la balle allemande revêtue d’une enveloppe métallique en ferro-nickel. L’électro-aimant permet de rechercher ces corps : la douleur ressentie et le bombement des tissus fournissant un diagnostic. Par de petites incisions, on peut alors souvent les extraire. Pour les corps étrangers intercraniens, pour les poussières métalliques si souvent rencontrées, l’extraction est rendue tout à fait possible. {A suivre.)
- L’OUVERTURE DU CANAL DE PANAMA
- La crise terrible que nous traversons a fait passer sous silence un fait important qui, en temps,normal, ne serait certainement pas resté inaperçu. Le 15 Août dernier, le canal de Panama auquel La Nature a consacré un numéro spécial (4 3 déc. 1913) a été ouvert à la navigation, l’inauguration officielle ne devant avoir lieu que le 1er Juillet 1915. Ce 15 Août, un navire à deux hélices appartenant à l’administration du canal, YAncon, dont le tonnage brut est de 9600 tonneaux et le tonnage net de 6195 tonneaux, et sur lequel étaient embarqués nombre d’invités du Colonel A.W. Gœthals, l’Ingénieur en chef des travaux, franchit le canal de l’Atlantique au Pacifique en 9 h. 40 m., sans aucun incident ni retard. C est le temps prévu pour le passage du canal en temps normal. La traversée des écluses de Gatum a duré une heure et un quart, celle de l’écluse de Pedro-Miguel 29 minutes et, enfin, celle des écluses de Miraflorès 1 h. 24 m.
- Le lendemain, un certain nombre de navires de commerce ont franchi le canal et, le 18 août, un des-
- troyer de la marine Péruvienne effectuait, à son tour, l’opération. C’est le premier navire de guerre qui ait fait usage du canal.
- Les navires de commerce continuèrent à affluer dans le canal, et, à la date du 1er octobre, c’est-à-dire un mois et demi après l’ouverture, 81 navires l’avaient traversé, représentant un tonnage de jauge de 297 651 tonnes donnant une recette de 1 848 500 francs, y compris les droits de pilotage. Sur ces 81 navires, 25 étaient Américains, 29 Anglais, 1 Danois, 1 Hollandais, 1 Norvégien et 4 étaient des navires venant de la pêche à la baleine.
- Tout allait donc pour le mieux, lorsque le 15 octobre dernier, un éboulement se produisit sur le côté Est de la tranchée de laCulebra, au Nord de Gold Hill, entraînant 560000 mètres cubes de terre et de rocher, qui obstruèrent le canal sur une longueur de 300 mètres, en arrêtant la circulation de 15 navires pendant cinq jours. Cet éboulement qui, à la crête du talus, s’étendait à une distance de 300 m. de l’axe du canal s’est produit au même endroit où déjà avait eu lieu, avant l’ouverture, un premier glissement très important qui s’étendait sur une surface de plus de 20 hectares et a été, pendant longtemps, la cause de nombreuses difficultés.
- Le 2 Novembre dernier, un nouveau glissement a eu lieu, obstruant encore à nouveau le canal. On espérait pouvoir rétablir la circulation des navires au bout de trois jours. Nous ne savons pas encore ce qui est advenu. Cet éboulement aurait, paraît-il, eu pour conséquence d’amener le soulèvement du plafond du canal, effet qui, du reste, s’est déjà produit en différents points, à la suite d eboulements.
- Est-ce le dernier glissement ? Cela est douteux, car jusqu’à ce que les talus aient pris leur inclinaison stable, ce qui ne pourra se produire qu’avec le temps, de nouvelles interruptions sont
- Fig. 1. — Canal de Panama. Vue de la région de la Culebra.
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- ÉPAVES D’AVIATEUR ALLEMAND
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- toujours à craindre. C’est ce qui fait dire à beaucoup de personnes compétentes que, malgré le désir très justifié que pouvait avoir le gouvernement des États-Unis de mettre en service un travail aussi important, il eut, peut-être, été plus prudent d’attendre que les talus de la tranchée de la Culebra aient pris leur assiette. On aurait ainsi évité les arrêts imprévus, quoique momentanés, de la circulation des navires : arrêts, qui, surtout, au début d’une exploitation, peuvent être préjudiciables.
- Avant de terminer, nous croyons intéressant de compléter les renseignements fournis précédemment dans La Nature en donnant, d’après les renseignements officiels, le cube de terre dragué ou extrait à sec depuis le début jusqu’au 1er septembre 1914 pour l’ouverture du canal de Panama.
- A cette date, en y comprenant le cube extrait par les Français dans les sections utilisées par les Américains et qui était de 22 270000 mètres cubes, le cube total pre'vu était de 205 323 920 mètres cubes, sur lesquels 10 333 720 mètres cubes restaient encore à extraire.
- Dans ce total de 205 323 920 mètres cubes, la tranchée de la Culebra entrait pour : 81 945 548 mètres cubes, soit 40 pour 100 du total, dont 26 720000 mètres cubes provenaient des glissements des talus de la tranchée, soit le tiers du cube total extrait de cette tranchée. On voit combien ces glissements ont été importants et, dans ce chiffre, ne sont pas compris les deux glissements postérieurs au 1er septembre 1914 dont nous avons parlé plus haut.
- R. Bonnijv.
- ÉPAVES D’AVIATEUR ALLEMAND
- Le 18 août 1914, nous avancions gaillardement en Lorraine annexée. Nous occupions alors le pays des étangs jusqu’à Morhange, presque jusqu’à Sarre-bourg.
- Vers 9 heures du matin, un avion allemand, un albatros, commença à survoler nos lignes. On le vit tour à tour à Morhange, à Dieuze, à Lunéville, etc. ; le soir, son observateur était tué et son pilote fait prisonnier en Alsace à 8 kilomètres nord de Ber-
- jExplications de la figure 2, p. 208 : Sur la figure 2 l’inscription se traduit ainsi : pour que le moteur soit en état de fonctionner, amener les flèches dans le prolongement l’une de l’autre : sur le carter —h et sur l’axe de l’hélice ; sur l’arbre de distribution -4- et sur le carter ; sur les volants de direction. — A l’allumeur : enlever la plaque de distribution. — Le trou rouge de la roue sur le point rouge. — Le trait de la roue sur le trait de'l'allumeur. — Société des moteurs Daimler, Stuttgart, Untertürkbeim.
- weiler, entre Guebwiller et Cernay. A la nuit, tandis qu’on ramenait l’avion démonté sur un tracteur, le projecteur allemand de Colmar lançait ses jets de lumière dans l’espace, cherchant désespérément son aéroplane disparu.... Le carnet d’observations de l’aviateur allemand, dont nous reproduisons une page avec la plaque signalétique de son moteur Mercédès (fig. 2), montre, en son raccourci émouvant, les mouvements de nos troupes tels qu’ils furent observés ce jour-là par l’ennemi (fig. 1) (*).: « 9 h. 10 Môrchingen (Morhange) — Burgaltdorf (Bourgaltroff). Bessingen (Bassing). 5 batteries (?) Marimont. Un train en formation. — Dieuze, 3 aéroplanes. — 9 h. 45, au nord de Gisselingen. — Aii
- 1. On peut suivre cet itinéraire sinueux sur la feuille de l’État-Major au 1/80 000e de Sarrebourg. Nous restituons entre parenthèses les anciens noms français.
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- EPAVES D’AVIATEUR ALLEMAND
- nord de Bensdorf, concentration.— Biedersdorf (Bides-trolï), paraît abandonné. —10 h. près d e Donelay, grand mouvement de troupes de toutes armes. — Lunéville* trois trains de marchandises, pas de trains de troupes, etc. ». Le système, qui a servi pour écrire et expédier ces renseignements, est
- yiugjcug:
- yüSjtet:..
- yiugœeg: .
- te Zttelôg. © r t Dat. <3eit:
- îlbge* gan$en
- ÎInge- foninteu
- an.
- Fig. i. — Feuille du carnet d'un aviateur allemand tué à Cernay.
- simple mais bien compris. Le carnet de l’aviateur contient des feuilles de papier blanc, alternant avec des feuilles de papier bleu carbone et de carton, de manière à reproduire chaque griffonnage en trois exemplaires. Des en-têtes imprimés portent : « nom de l’avion, nom de l’observateur, date et heure, départ de..., arrivée à... ». Sur le dos du carnet sont des enveloppes en papier mince gommé, chacune adhérente à une feuille de carton jaune muni d’un trou où l’on fixe une petite balle de plomb pour donner du poids, et ce carton a une mention imprimée: « Message d’aviateur, hâter la remise », avec l’adresse.
- Nous avons eu, d’ailleurs, toutes les occasions d’étudier le matériel d’aviation allemand, sur tous les appareils que nous avons abattus, et mieux encore dans la saisie que nous avons pu faire en Alsace de toute
- l’école d’aviation de Habsheim près Mulhouse, où furent pris hélices, outillage, moteurs, appareils de
- O
- fü. h
- /Lu.
- parmi lesquels artillerie avait
- un général., pris position.
- '“•'.Mercedes Flugmotor N? BU Zyl.Zahf. H
- Motor: richtiçj eingestellt wenn.
- Pfeümarken am Gehàuse =»--*• -*--«*= u.Propellernabe oder Keil vertikale Steuerwelle +—«c u. Gehàuse:
- u.andenoberenSteuerradern ^ ‘ +--=: einander gegeniiberweisen:
- Am Zündapparat: Verteiierscheihe abheben; rotes Radloch auf ruten Punkt; —c*— Raristrich auf Ziindgehausestrich.
- D ai m I e r- M oto r e n -G e so I ! sc h af t.
- Stuttgart-Untertürkheim.
- u.Propellernabe oder Keil;
- r*?,
- Fig. 2. — Plaque du moteur Mercèdès n° i838o prise sur un albatros allemand descendu à Cernay. (Voir note p. 207.)
- bord, etc.... L’activité des aviateurs allemands est grande ; mais celle des nôtres l’est plus encore, bien que nos troupes les voient moins, pour la bonne raison que les aéroplanes français ont leur place sur l’ennemi comme nos obus ou nos balles. Un document inédit nous permet d’en donner une preuve ajoutée à beaucoup d’autres. C’est l’extrait d’une lettre trouvée sur un uhlan fait prisonnier dans l’Aisne : « Nous étions hier en marche sur la route quand un avion français a passé sur nous et soudain nous a jeté une bombe, qui est tombée par malheur sur l’artillerie et sur les uhlans. Il y a eu 14 chevaux et 8 hommes de tués. Il y a eu aussi beaucoup de blessés, .. Ce matin, notre Un avion français nous a découverts et signalés à la , sienne. Aussitôt on a commencé à tirer fort sur nous. La terre volait en ,-tous sens. Ils avaient découvert aussi nos chevaux 1 et commençaient à tirer aussi dessus. Alors il a fallu nous ’ retirer non sans peine en arrière...» Les aviateurs ont rarement la satisfaction de constater eux-mêmes l’effet exact produit par leurs coups. Il est intéressant d’en trouver ainsi la
- constatation authentique faite par l’ennemi.
- L. D.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2152.
- 26 DÉCEMBRE 1914.
- L’ARTILLERIE LOURDE ALLEMANDE SUR LE CHAMP DE BATAILLE
- L’artillerie de campagne des corps d’armée allemands comprend : 18 batteries de canons de 77 mm (analogues à notre 75), soit 108 fièees; 6 batteries
- Obusier Kmpp de 28 (centimètres en batterie.
- Mais à cette artillerie des corps d’armée vient encore se joindre une artillerie d’armée, dans la composition de laquelle peut entrer toute la gamme des pièces lourdes à tir rapide que possèdent les 23 1/2 régiments de l’artillerie à pied allemande, savoir :
- Le canon de 105 mm, tirant un obus allongé de 18 kg renfermant une charge explosive de 2 kg 200 de nitro-cellulose et portant à plus de 10 km.
- Le canon de 15 cm, tirant au delà de 13 km un projectile de 40 kg.
- Le mortier de 21 cm, qui porte jusqu’à 9 km et lance un obus de 119 kg renfermant environ 15 kg d’explosifs.
- Enfin, Y obusier Krupp de 28 cm portant à 10 km
- Sàsjïgtl
- d’obusiers légers de 10 cm 5, soit 56 pièces; et 4 batteries d’obusiers lourds de 15 cm, soit 16 pièces; en tout 162 pièces à tir rapide.
- Le canon de 77 mm tire un projectile de 6 kg 850
- et dont l’obus, pesant 540 kg, renferme environ 17 kg d’explosifs.
- Ces trois dernières pièces avec leur affût pèsent respectivement 5800, 5450 et 15 900 kg. Elles
- Fig. 2. — Obusier de 28 cm employé contre Liège, Namur, Maubeûge, Anvers. Transport sur truc spècial avant la pose sur l’affût.
- avec une portée maximum de 8000 m. ; Tobusier léger lance un projectile de 14 kg environ jusqu’à 6000 m. ; c’est celui que nos troupiers ont baptisé petite marmite-, l’obusier lourd lance un projectile de 40 kg avec une portée maximum de 7400 m. : c’est la marmitel.
- 1. Plusieurs des figures qui illustrent cet article sont dues à une obligeante communication du Scienli.fie American.
- 42° Année. — 2° Semestre.
- peuvent tirer sans qu’il soit nécessaire de les établir sur plate-forme, à condition de munir les roues de l’affût d’un dispositif spécial, dit ceinture de roues, constitué par un ensemble d’éléments articulés entre eux et formant une couronne qui embrasse la jante de la roue. Cette couronne s’applique sur le sol par des surfaces planes assez larges pour offrir une résistance convenable pendant le. tir. Les ceintures
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- Fig. 3. — Mortier de campagne Krupp de 21 cm en position de tir.
- permettent en outre le déplacement aisé de la pièce en terrain mou. Il faut environ 6 minutes pour les mettre en place.
- Le transport de ces grosses pièces exige trois voitures : la première porte le canon, la seconde l’affût et la troisième les ceintures de roues.
- L’emploi, sur le champ de bataille, d’engins qui n’avaient figuré jusqu’ici que dans les parcs de siège, a été rendu possible .depuis que les progrès de la technique ont permis d’appliquer aux pièces de gros calibre les perfectionnements apportés depuis près de 20 ans déjà au matériel léger de campagne.
- Pour les gros calibres, comme pour les petits, on a réalisé aujourd’hui la fixité absolue des roues pendant le tir, le retour automatique de la pièce en batterie après chaque coup et enfin une certaine indépendance d’orientation de la bouche à feu par rapport à celle de l’affût proprement dit. Cette dernière propriété permet d’effectuer rapidement certains changements d’objectif, sans qu’il soit nécessaire d’agir sur la crosse de l’affût.
- On sait qu’autrefois la percussion de la pièce sur son affût au moment du tir entraînait, malgré l’application des sabots de frein sur les roues, un mouvement d’avant en arrière de la bouche à feu et que ce mouvement atteignait une grande amplitude. D’où nécessité de l’intervention des servants : lu pour ramener la pièce en place ; 2° pour l’orienter dans sa position primitive, opérations très laborieuses, qui prenaient d’autant plus de temps que la pièce était, plus lourde. On évite le premier de ces inconvénients par T emploi du frein hydraulique et du récupérateur avec ' modérateur' et le second grâce à une organisation spéciale de l’affût.
- Frein hydraulique. — Ce frein se compose d’un
- corps de pompe C, qui est fixé à la bouche à feu, et dans lequel coulisse un piston P, dont la tige creuse L' est fixée à l’affût. Pendant le recul de la bouche à feu, le corps de pompe est entraîné avec elle, et le liquide qu’il renferme est obligé de passer d’un côté à l’autre du piston à travers des orifices étroits a percés dans ce piston. Au mouvement du liquide dans ces orifices s’oppose une résistance d’autant plus énergique, que la vitesse de recul est plus grande et que l’orifice est plus étroit. Cette résistance se transmet par l’intermédiaire du liquide sur le fond À du corps de pompe, et freine ainsi le mouvement de recul du corps de pompe et de la bouche à feu.
- L’effort de freinage dépend de la section des orifices a; on peut donc, en donnant à la contre-tige T un profil convenable, faire varier la section de l’orifice a aux différents points de la course du piston et régler ainsi la loi du recul (fig. 8).
- Fixité des roues. — Non seulement l’affût ne doit pas reculer, mais encore les roues ne doivent pas se soulever pendant le tir. À cet effet, il faut que la composante verticale de l’effort du frein, au départ du coup, soit inférieure au poids du matériel porté par les roues, et cela quel que soit l’angle de tir. On obtient ce résultat en agissant à la fois sur le poids du canon et sur la longueur du recul.
- Récupérateur. — Pour obtenir le retour automatique en batterie de la pièce qui a reculé, on utilise un ressort, lequel, comprimé par le recul, se détend aussitôt après et ramène la pièce en place. Le meilleur ressort est d’ailleurs l’air comprimé. Nous donnons ci-dessous, d’après M. Husson, direc-
- Fig. 4. — Mortier de i5 centimètres.
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- Fig. 5. — Obusier léger (howilzer) de campagne de iocm 5.
- leur technique au Creusot, le schéma d’un appareil de ce genre, qui ne comporte que des joints pour liquide, à l’exclusion de tout joint d’air pouvant occasionner des fuites.
- L’appareil se compose (fig. 9) d’un corps de pompe fixé ^ la pièce et surmonté d’un réservoir R, avec lequel il communique par une tubulure A. Le corps de pompe, traversé par un. piston P, dont la tige est fixée à l’affût, renferme un .liquide qui, par la tubulure A, remplit à moitié le réservoir R ; l’autre moitié est pleine d’air.
- Lorsque la pièce, en reculant, entraîne le corps de pompe, le liquide chassé par le piston comprime l’air du réservoir; à la fin du recul, cet air se détend
- et le liquide refoulé dans le corps de pompe ramène le système en batterie.
- Toutefois l’effort à déployer pour faire rentrer la pièce en batterie varie considérablement avec les angles de tir : faible pour le tir à l’horizontale, il devient considérable aux grands angles.
- Le récupérateur, devant être assez fort pour ramener le canon en batterie dans le cas le plus défavorable,-est alors trop puissant dans les autres cas et il devient nécessaire d’en modérer les effets pour éviter des chocs sur l’affût.
- C’est l’affaire du modérateur.
- Modérateur. — La modération est obtenue très simplement, au moyen de soupapes s disposées à
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- L’ART]LLER1E LOURDE ALLEMANDE
- l’extrémité de la contre-tige du frein hydraulique et d’une rainure longitudinale pratiquée à l’intérieur de la tige de ce frein (fig. 7).
- Partie reculant arec te canon - Rainure \ ,
- Tige creuse dupiston de frein ;
- I L’
- Soupapes
- Contretige
- Sens du recul
- la rainure -et l’effort qui s’oppose au retour en batterie devient plus grand.
- Le modérateur absorbe donc l’excès de puissance du récupérateur.
- Indépendance de l’orientation de la bouche à feu par rapport à l’affût. — Ce résultat a été obtenu de la manière suivante :
- La bouche à feu avec son frein hydraulique et son récupérateur, au lieu de porter directement sur Fallut, repose dans un berceau pouvant pivoter
- Fig. 7. — Schéma du modérateur.
- (D'après la « Technique moderne ».)
- Pendant le recul, une partie du liquide renfermé dans le corps de pompe du frein (fig. 8) a été refoulée sur l’avant à l’intérieur de la tige du piston ; ce liquide a passé dans l’espace L' en soulevant les soupapes. Pendant le retour en batterie (la contre-tige T se déplaçant de droite à gauche), les soupapes
- Air comprimé
- Sens du Recul
- î- Partie
- fixe au recul Cylindre récupérateur
- Partie reculant arec te canon
- Fig. 9. — Schéma du récupérateur. (D'après la « Technique moderne ».)
- Sens du Recul
- Partie fixe au recul J f ” . „ . , .
- Cylindre de frein Partie reculant avec le canon
- Fig. 8. — Schéma du frein hydraulique. (D'apris la « Technique moderne ».)
- restent fermées/et le liquide ne peut s’écouler de B vers l’arrière que par la rainure longitudinale creusée dans la tige du frein. On peut, par un tracé
- autour d’un axe vertical porté par un petit affût. Ce dernier repose lui-même par des tourillons sur l’affût proprement dit, qui est muni d’une vis de pointage en hauteur.
- En agissant sur cette vis, on donne au petit affût, et, par suite, au berceau et à la bouche à feu, l’inclinaison correspondant à la portée cherchée, tandis qu’en faisant pivoter le berceau autour de l’axe vertical porté par le petit affût, on peut modifier l’orientation de la pièce dans les limites compatibles avec les conditions de construction du
- DÉSIGNATION DES PIÈGES Canon de 96 n/.i OlICSIER LÉGER (le 105 9S/09 Canon de 10 cm m.04 Canon de 13 cm OltUSIER LOURD de lo cm M.Oi }{ Mortier de 21 cm m. 10 Obusier Krupp de 28 cm.
- Calibre 77 105 105 130 149.7 211 2*0
- Longueur en calibres 27.5 11.9 30 ? 11 10 42
- Angle de tir maximum 16° 40° 30" 25° 42° 70° 65°
- Amplitude du pointage en direction 8° ? 40 ? 4° )) 40»
- Poids de la pièce en batleri*»... . 945k? I200ks 2700kf> :-J*00k« 2100k* 5450ka 13900kB
- Poids du shrapnel 6kx5 14kg 18kf? 40ks )> » 540k&
- Poids de l'obus explosif 6k85 •14H Is^g 40*p 40° 119kg
- Vitesse iniliale maximum .... 465m 300” 558™ 700” 325™ 300” 540”
- Portée maximum 8000“ 6000™ 10500” 13500” 7400” 8 à 9000” 10000”
- Nombre de projectiles par pièce existante : 1° dans la batterie dé tir. . . 132 80 112 )) 36 <) ?
- 2° dans le corps d’armée. . . 397 228 )> )) ? » ))
- PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DU MATÉRIEL DE L’ARTILLERIE ALLEMANDE.
- convenable de cette rainure, régler à volonté la rentrée en batterie.
- A mesure que l’angle de tir est plus faible et que la bouche à feu tend à rentrer plus vite en batterie, le liquide éprouve plus de difficultés à passer par
- matériel. On réalise ainsi des déplacements horizontaux atteignant 70 millièmes, ce qui revient à dire que, sans toucher à l’affût, on peut atteindre un objectif éloigné de 1000 m. et se déplaçant de 70 m. dans le sens transversal.
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- LE BASSIN HOU1LLER DE SARREBRUCK
- Boucliers. — Ajoutons enfin que les parties les plus délicates de tout ce matériel moderne sont protégées efficacement, ainsi que le personnel de la batterie, par des boucliers en tôle d’acier d’épaisseur suffisante pour résister aux éclats d’obus.
- Le tableau ci-dessus donne les principales caractéristiques du matériel de l’artillerie allemande.
- Le matériel ainsi perfectionné a une efficacité au moins dix fois supérieure à celle du matériel ancien. J. N.
- LE BASSIN HOUILLER DE SARREBRUCK
- Son passé. — Son présent. — Son avenir.
- Les tristesses de l’heure présente ont au moins pour consolation les espérances qu’on peut entrevoir, mêlées de multiples souvenirs. Ce sont de pareilles espérances et de pareils souvenirs dont je voudrais parler en rappelant les traits essentiels de la constitution et de l’économie du bassin houiller de Sarre-brück et de l’histoire de son exploitation. De ce double exposé, si sommaire que je m’efforcerai de le faire, se dégagera, je le crois, une conclusion qui s’imposera au jour désiré de notre victoire définitive.
- Etendue et valeur du bassin. — Ce bassin s’étend au pied méridional du Hùnsrück, dans une direction générale N. E.-S. 0., depuis Frankenholtz, dans le Palatinat bavarois jusqu’aux environs de Pont-à-Mousson, pour ne pas le suivre plus au Sud, où il se continue géologiquement pourtant; mais le charbon, à raison de sa profondeur, peut être réputé inexploitable au delà. Sa longueur totale ainsi estimée est de 100 km, dont 45 en Palatinat bavarois et Prusse Rhénane, 45 en Alsace-Lorraine, une dizaine dans le département de Meurthe-et-Moselle. La largeur est mal connue, parce que le terrain houiller n’aflleure au jour que dans la partie centrale de la région Nord, dans le Palatinat bavarois et en Prusse; ces affleurements s’arrêtent aux environs de la rive droite de la Sarre qui, correspondant à un grand accident tectonique, forme, dans le bassin, à la hauteur des villes de Sarrebrück et de Sarrelouis, une coupure transversale, sensiblement perpendiculaire à la direction générale. A l’Est, à l’Ouest et au Sud de cette zone septentrionale d’affleurements, le terrain houiller disparaît sous les terrains supérieurs, les morts-terrains des mineurs. Vers le Sud notamment, à partir de la zone de la Sarre, le contact du terrain houiller et de ces morts-terrains va s’approfondissant d’une façon continue, de telle sorte que, au delà de la frontière actuelle du département de Meurthe-et-Moselle, le terrain houiller ne se rencontre plus qu’à des profondeurs de 800 mètres et au delà.
- Il résulte de la situation générale qui vient d’être exposée comme de l’état des travaux de recherche et d’exploitation effectués jusqu’ici, que l’on peut difficilement préciser la superficie utile de ce très vaste bassin, un des moins connus encore peut-être sur près de la moitié de sa longueur. Des chiffres, donnés au Congrès international de géologie
- tenu au Canada en 1913, peuvent cependant fournir certaines indications.
- Le bassin houiller ne forme, dans le Palatinat bavarois, à l’extrême Nord-Est, qu’une pointe de quelque 5500 hectares utiles partagés entre 3 exploitations, dont 2 constituent des mines du fisc bavarois et la troisième une entreprise privée : le tout ayant produit, en 1913, 800000 tonnes.
- La surface utile en Prusse Rhénane est estimée à environ 100000 hectares appartenant en totalité (à l’exception d’une seule concession privée de quelque mille hectares produisant 200000 tonnes), au fisc prussien qui, en 1913, en a tiré 12 millions 1/2 de tonnes dans les 12 divisions, techniquement dis-
- tinctes, entre lesquelles est partagée cette vaste entreprise d’Etat.
- Dans la Lorraine actuellement encore allemande, on compte, en terrains utiles, à peu près 50000 hectares, situés presque exclusivement dans la partie nord de cette zone, sur une longueur de 20 à 25 kilomètres, qui ont été concédés à des personnes ou à des Sociétés à diverses époques : par nous avant 1870 ; par le gouvernement d’Alsace-Lorraine depuis. Tout ce groupe a produit, en 1913, 3 800 000 tonnes.
- Entre cette zone déjà concédée et la limite actuelle de la France, il reste 20 à 25 autres kilomètres constituant une région à coup sûr fort inconue, mais où il serait bien étonnant, d’après les faits constatés au Nord dans la dernière des zones précitées et ceux mis en évidence par les recherches
- ÜH1 Terrain houiller affleurant Concessions Françaises MM antérieures a 1870 ED postérieures à 1870
- w 20 30 4o so
- Carte du bassin de Sarrebrück.
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- LE BASSIN HOU1LLER DE SARREBRUCK
- effectuées dans notre département de Meurthe-et-Moselle,, qu’il, n’y eût pas au moins 50 000 hectares utilisables.
- Enfin, dans ce département, on évalue à 15 000 hectares la bande démontrée utilisable par les sondages qui y ont été effectués.
- Bref, la superficie utilisable des terrains houillers de Sarrebrück, ne doit pas être éloignée de 220000 hectares au moins, ayant produit, en 1915, 17 millions de tonnes. Je me bornerai à rappeler comme comparaison, que notre bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais, qui produit 28 millions de tonnes, a une longueur équivalente de 100 kilomètres, et une surface utilisable de quelque 105 000 hectares ; sans oublier ce que ces rapprochements ont d’incertain et de décevant, et que, comme il y a fagots et fagots, il y a hectares et hectares dans les terrains houillers.
- Dans la partie septentrionale, dans la zone du fisc prussien, les ressources en charbon sont considérables ; on y estime à 90 mètres environ l’épaisseur de houille exploitable, en ne comptant que les couches d’au moins 0 m. 70 de puissance, qui se présentent en 3 ou 4 faisceaux, dont la densité en houille va de 5 à 6 pour 100. D’après les faits connus jusqu’ici du moins, cette richesse houillère semble toutefois s’atténuer à mesure qu’on va vers le Sud.
- En tout cas, au Congrès géologique du Canada en 1915, on a indiqué, comme réserves réputées certaines, 12 milliards et demi de tonnes jusqu’à la profondeur de 1500 mètres, aujourd’hui admise comme limite d’exploitation ; rien qu’au-dessus de 1000 mètres de profondeur il y en aurait 8 milliards et 10 au-dessus de 1200 mètres, et dans ces calculs on n’a pas fait état de toutes les ressources qui ne peuvent pas ne pas exister, disponibles un jour plus ou moins prochain, dans ces zones mal connues encore, voire même inconnues, de la partie méridionale, au Nord de notre frontière actuelle.
- Je rappelle ici que, pour le bassin du Nord et du Pas-de-Calais, on a indiqué, à ce même Congrès de 1913, une existence de 8 milliards de tonnes en ressources certaines ou probables.
- Les charbons de Sarrebrück appartiennent aux deux sortes dites houilles flambantes et houilles grasses, propres à tous usages domestiques et industriels, depuis la fabrication du gaz jusqu’à celle du coke. Ce sont, il est vrai, dans l’une et l’autre de ces catégories, des charbons de qualité médiocre, inférieurs' aux beaux charbons de Westphalie, de Belgique et du Nord de la France. Le coke pour hauts fourneaux notamment y est plus particulièrement médiocre comparativement. Néanmoins on en a fabriqué, en 1913, 1 700000 tonnes.
- Importance du bassin pour la France. — En résumé, si l’on tient compte de toutes les indications qui viennent d’être données, il ne semble pas qu’on exagérerait notablement en disant que le bassin exploité avec toute l’intensité qu’il comporte, avec l’apport des capitaux relativement considérables qu’il
- pourrait exiger dans les régions méridionales, difficiles, pourrait sensiblement compenser, en faisant retour à la France, l’insuffisance actuelle de notre pays en houille, en quantité du moins, sinon en qualité, et cela tout en continuant à assurer, dans les conditions actuelles, la consommation de ce qui constitue encore l’Àlsace-Lorraine et celle des industries locales de la région immédiate de Sarrebrück. S’il nous faudra toujours recourir aux Anglais et aux Belges pour certaines qualités, cette importation pourrait être compensée par l’exportation que pourrait faire le bassin houiller de Sarrebrück.
- D’autre part, à raison de notre déficit en houilles et de la situation géographique de ce bassin, son annexion à la France ne soulèverait pas les difficultés que l’on pourrait appréhender, pour certaines de nos industries actuelles, de l’entrée en jeu des puissantes industries analogues d’Alsace-Lorraine.
- Ainsi ressort, dans le domaine économique, l’intérêt capital de l’annexion de ce bassin houiller à l’Alsace-Lorraine lorsqu’elle nous fera retour. On va voir combien cette annexion est justifiée par l’historique de son exploitation.
- Historique et passé français.—Je me garderai de me perdre dans l’histoire, dénuée d’ailleurs d’intérêt et de portée pour un pays où le bois est aussi abondant, que l’on peut suivre à partir du xve siècle. Une date seule est à retenir, avant d’aborder la seconde moitié du xvme siècle où commença, en galeries, sur les affleurements de la région septentrionale, une exploitation plus intensive, bien que très rudimentaire encore. En 1697, lorsque le traité deByswick fixa la frontière de la France dans cette région, notre territoire comprit l’extrémité méridionale de la partie du bassin houiller qui affleure au jour.
- Quelques exploitations y étaient en activité aux environs de Sarrelouis, en 1790, lors de la création du département de la Moselle, où elles se trouvèrent comprises. C’est au delà, vers le Nord, que les princes de Nassau-Sarrebrück, qui disposaient des mines comme seigneurs du pays, y avaient développé pour leur compte depuis 1750 une exploitation relativement plus active, qui ne paraît pas toutefois, vers sa fin, avoir donné plus de 50000 tonnes par an. En 1793, toute cette région revint à la France et les mines passèrent du domaine des princes de Nassau à notre domaine national, pour le compte duquel elles furent exploitées par amodiation jusqu’en J 814, sauf certaines réserves affectées directement à des usines exploitées par l’Administration. Entre temps, notre service des mines avait, pendant toute la durée de l’Empire, étudié laborieusement, quelque peu en opposition avec les idées du Domaine, une division rationnelle du terrain houiller pour y créer des concessions à octroyer à des particuliers ou à des sociétés. L’Empire tomba sans que tout ce travail eût abouti, et les anciennes mines des princes de Nassau, restées entre les mains du Domaine français, repassèrent à l’Allemagne. Mais la première délimitation, résultant du Traité de Paris de 1814
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- LE BASSIN HOU1LLER DE SARREBRUCK
- avait laissé au département de la Moselle les cantons de Sarrelouis et de Betling, et y avait mis les cantons de Sarrebrück et de Saint-Jean, détachés de ce qui avait été l’ancien département de la Sarre ; nous gardions ainsi la moitié environ de la partie riche et utile de la zone septentrionale où le terrain houiller affleure au jour. Malheureusement les traités de 1815, et intentionnellement sans doute, firent passer à la Prusse et à la Bavière toute la partie où le terrain houiller apparaissait, nous enlevant ainsi même ce que nous avions possédé de Louis XIV à 1790.
- Dès le lendemain de ces traités malencontreux et systématiques, de 1816 à 1820, nos industriels se préoccupèrent de rechercher le prolongement du terrain houiller sous les morts-terrains qui le recouvraient, et réussirent ainsi à faire créer en 1827 dans le département de la Moselle une première concession. Puis, de 1855 à 1859, se poursuivit plus au Sud, sous l’instigation de Jacquot, alors ingénieur des mines à Metz, plus tard Inspecteur général des mines, une nouvelle campagne de sondages, extrêmement remarquable pour l’époque, qui détermina l’institution, plus au Sud, de 10 autres concessions, de sorte qu’avant la malheureuse guerre de 1870, le département de la Moselle comptait, sur le bassin de Sarrebrück, au Sud des mines du fisc prussien, 11 concessions d’une superficie totale de 22 000 hectares et qui, en 1869, — l’exploitation ne faisant que commencer — produisirent 245000 tonnes. Ce sont les concessions instituées originairement par le gouvernement français — aucune de celles postérieures n’étant encore en activité — qui produisent aujourd’hui près de 4 millions de tonnes.
- En 1900 seulement commença, dans la Lorraine aujourd’hui encore allemande, une nouvelle campagne de sondages qui a fait instituer les 28 000 hectares de concessions nouvelles au sud des premières. Cette campagne fut suivie dès 1905 par celle qui, à 25 km plus loin, fit reconnaître les 15000 hectares utiles de notre département de Meurthe-et-Moselle.
- Ce court historique suffît, ce me semble, à montrer l’empreinte imprimée par nos travaux, par notre possession, au bassin tout entier.
- L'avenir. — L’annexion à l’Alsace-Lorraine redevenue française, ainsi justifiée économiquement et historiquement, ne laissera pas de soulever de multiples questions délicates, pour l’attribution des mines et le meilleur parti à en tirer au point de vue de l’intérêt public. #
- Aucune difficulté, aucun doute pour les mines constituées actuellement en faveur de particuliers. Elles continueront à rester leurs propriétés, quels que soient leurs détenteurs, suivant la règle invariablement suivie en pareilles circonstances, sauf le changement inévitable dans le régime légal auquel ces propriétés seront ultérieurement assujetties.
- Nul doute non plus sur le remplacement par lé Domaine de l’État du fisc Prussien et du fisc Bavarois dans celles de leurs mines de la région Nordpos-
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- sédées et exploitées par ces organismes ; sous réserve d’un dédommagement pécuniaire pour la valeur actuelle des installations utilisables, dédommagement sur le montant duquel je m’abstiens de toute indication, encore que tous les gens compétents puissent s’en faire une idée approximative. Ce dédommagement, bien entendu, ne pourrait être compté qu’en déduction des indemnités de toutes sortes qui doivent nous revenir.
- Une particularité se présente pour les terrains, non concédés à des particuliers et non appropriés par le fisc allemand, qui se trouvent au Nord immédiat de notre frontière actuelle, dans le territoire de la Lorraine actuellement encore allemande,
- La loi du 25 juin 1913, qui a réglé la matière en dernier lieu dans ce pays, a stipulé que l’État seul pouvait demander et obtenir, par la procédure légale normale, l’institution de mines en sa faveur dans cette région. Il n’y a donc pas appropriation établie, mais une simple possibilité d’a< quérir par l’Ltat et par lui seul suivant certaines formalités. Conviendra-t-il de laisser tomber cette clause ou de la maintenir, en principe du moins? Ce sera une première question à résoudre.
- En tout cas, pour ce qui concerne les mines qui passeraient d’une manière pu d’une autre, dans le Domaine de l’jntat, deux autres questions se posent, d’ordre très différent.
- D’abord, quel sera en réalité cet organisme d’État? Ce pourra être notre Domaine national tel que nous l’avons toujours compris en France sous cette dénomination ; ce pourrait être aussi le Domaine public de l’Alsace-Lorraine, que l’on peut concevoir de diverses façons suivant les conditions dans lesquelles ce pays nous fera retour.
- A un autre point de vue, pour donner à l’exploitation de ces mines toute l’intensité dont j’ai montré la possibilité et l’utilité, conviendra-t-il de la laisser domaniale, alors que sous sa main, ferme au point d’en être brutale, le gouvernement prussien a échoué aussi bien dans le développement de la production que dans le rendement financier ? Ne serait-il pas préférable de les rétrocéder à l’industrie privée : ce qui, matériellement, serait rendu très aisé par le sectionnement actuel de ce Domaine dans les divisions techniques, indépendantes, de leur exploitation que j’ai signalées?
- Je me bornerai à poser ici ces deux questions sans essayer d’y répondre : pour la première, à raison de mon incompétence en matières politique et diplomatique ; pour la seconde, par motif d’inopportunité, actuellement du moins.
- En tout cas, et c’était mon seul but, je crois avoir suffisamment justifié l’annexion à l’Alsace-Lorraine, quand elle va nous faire retour, de tout le district englobant le bassin houiller de Sarrebrück, avec une délimitation telle que l’on soit assuré qu’aucun de ses prolongements possibles ne puisse nous échapper. Lotus Aguillon,
- Inspecteur général des mines en retraite.
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- LA GUERRE EN AUTOMOBILE
- L’emploi intensif de l’automobile a donné un caractère tout particulier à la Grande Guerre; on peut avancer, sans craindre d’être démenti, que cette innovation a bouleversé plus d’une règle de l’art militaire.
- Quelques chiffres montreront l’importance numérique de ce nouveau facteur. A l’ouverture des hostilités, les puissances belligérantes disposaient, pour leur service de transport, de 250 000 automobiles capables de recevoir de lourdes charges. Ce chiffre peut se répartir comme suit :
- France .... 90 000 Angleterre. . . 55000
- Allemagne. . . 70 000 Autriche-Hongrie 25 000
- Russie..........10 000
- Sans entrer dans le détail de la réglementation, nous rappellerons que notre gouvernement fut le premier à instituer des concours de camions automobiles et de tracteurs. Les véhicules primés devaient posséder une capacité de charge utile de 2 ou de 5 tonnes, avec une capacité de marche de 15 km à l’heure.
- Une prime était versée en payements échelonnés au propriétaire du véhicule, en compensation de la clause qui l’obligeait à le tenir à la disposition de l’armée. Pour un camion d’une charge de 3 tonnes, la prime, payable en quatre années, était de 72 000 francs.
- Le gouvernement allemand avait modifié ces rè-
- Fig. i. — Hyde Park. — La mobilisation des automobiles.
- Nous ne comprenons pas dans ces chiffres les automobiles de luxe ou de tourisme, ni les automobiles de combat (blindées et armées), ni les motocyclettes. Nous manquons, d’ailleurs, de données précises sur l’importance numérique de ces catégories de véhicules, sauf en ce qui concerne les automitrailleuses allemandes, dont le nombre s’élevait à un millier, le jour où les hordes germaniques envahirent le Luxembourg avant de violer la neutralité de la Belgique.
- La France dut aux sages mesures adoptées antérieurement à la guerre par ses autorités militaires, conjointement avec le Ministère des Travaux publics, de posséder un incomparable contingent de poids-lourds, mesures que l’Allemagne s’empressa d’adopter.
- glements de . la façon suivante. Il exigeait des concurrents une capacité de charge de 4 tonnes pour les camions et les tracteurs, et de 2 tonnes pour la voiture attelée. Les subsides, payables en cinq années, étaient de 10 800 francs pour le tracteur et sa voiture; une vitesse de 16 km à l’heure était exigée.
- L’Autriche se contentait d’une capacité de charge de 3 tonnes pour le tracteur, en raison dû caractère montagneux de son territoire; les subsides étaient de 8640 francs. La Russie n’avait pas adopté ce système de prime.
- Quant à l’Angleterre, elle ne s’était décidée que sur le tard à l’appliquer, et dans des conditions toutes spéciales. Seule, elle avait cru devoir imposer un modèle-étalon de dessin et de construction, en
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- LA GUERRE EN AUTOMOBILE
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- créant deux catégories de camions : ceux d’une tonne et demie et ceux de 5 tonnes. Elle leur versait, selon la classe, 2640 francs ou 2880 francs,
- vive allure que les nôtres, et d’avoir été frappés de leur aspect uniforme, alors que les camions fran çais offrent une étonnante variété de forme.
- Fig. 2. — Escadron automobile de l'armée russe.
- payables en trois annuités. La vitesse exigée était de 26 km à l’heure.
- Ces détails seront particulièrement, intéressants
- Et, maintenant, qu’on se représente la valeur marchande de ces 250 000 camions industriels enrégimentés dans les armées belligérantes! On'
- Fig. 3. — Pour gagner du temps : troupes anglaises en automobiles.
- pour ceux de nos lecteurs qui auront rencontré sur nos routes de France les camions militaires anglais. Ils se souviendront de les avoir vus filer à une plus
- peut la fixer à plus d’un milliard de francs !
- Quand les Parisiens virent apparaître, voici quatre ou cinq ans, ces énormes véhicules qui
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- allaient détrôner bientôt l’omnibus « hippomobile», ils ne soupçonnaient pas que ces voitures rendraient avant peu d’immenses services à la Patrie! Ils l’auraient su, qu’ils se fussent bien gardés de grogner quand les autobus les éclaboussaient de boue, ou quand leur passage en trombe ébranlait les bibelots de leurs vitrines!
- Le deuxième jour de la mobilisation, 500 autobus parisiens, transportant chacun 40 soldats, se précipitaient vers la frontière de Belgique. Les jours suivants, tous les autres autobus, soit un millier, prenaient le même chemin en emportant de nomades troupes.
- Changeant alors de rôle, les A'oitures, revenues dans les ateliers de la Compagnie des omnibus, étaient transformées en camions. Leurs sièges disparaissaient. Les unes étaient aménagées en ambulances, pour le transport des blessés vers les hôpitaux ; les autres — le plus grand nombre — devenaient des « garde-manger », qui emportaient chaque jour de la viande fraîche vers le front de bataille.
- On peut dire que nos 1500 autobus parisiens nous gagnèrent plus d’une bataille! Napoléon l’avait déjà dit : le ventre du soldat est un facteur plus puissant que son fusil! Bien nourris, nos troupiers se battaient avec plus d’entrain, tandis que les envahisseurs, mal secondés par leur service d’intendance, se battaient souvent avec l’estomac vide!
- Ici, nous avions un avantage sensible sur l’ennemi, puisque Berlin n’avait pu mobiliser que 1000 autobus.
- Si le tunnel sous la Manche avait existé, les armées alliées auraient pu disposer de 5500 autobus, grâce à l’arrivée des 5800 motor omnibus de la ville de Londres. Cependant, la première armée expéditionnaire anglaise débarqua avec 700 autobus, et plusieurs centaines le suivirent bientôt. Il est probable que, dès la fin de septembre, les troupes anglo-françaises disposaient, pour leur ravitaillement, de près de 5000 autobus.
- Avant d’aller plus loin, nous devons rappeler que le rôle militaire de la traction automobile commença avec la guerre du Transvaal, mais sur une très petite échelle. L’armée anglaise employa quelques tracteurs à vapeur qui servaient à traîner les lourdes charrettes chargées de munitions.
- Durant la campagne de Tripolitaine, l’Italie mit en service 200 camions légers qu’elle employa surtout pour les transports dans le voisinage de Tripoli.
- Pendant les deux guerres balkaniques, l’armée bulgare employa un certain nombre de camions automobiles, qui, malgré le mauvais état des routes, facilitèrent le transport des canons de siège et des munitions. De son côté, la Turquie fît intervenir alors l’auto-mitrailleuse. La Grèce mit en ligne une centaine de camions automobiles dont l’endurance ne résista pas longtemps aux ornières des chemins.
- On jugera par ces indications que l’emploi des voitures à moteur n’avait été précédé que par une
- AUTOMOBILE —
- préface insignifiante avant l’explosion delà Grande Guerre. Quelle figure font les 5 ou 400 véhicules automobiles de la guerre des Balkans devant les 250 000 « poids lourds » des belligérants actuels, chiffre auquel on peut ajouter, au minimum, 5000 auto-mitrailleuses !
- Aussi, comme nous l’indiquions plus haut, l’emploi de ces voitures a-t-il bouleversé l’art militaire. C’est grâce à ce nouveau mode de locomotion que les hordes du kaiser purent pénétrer en trombe dans le Luxembourg et dans la Belgique, et pousser des raids audacieux jusque dans nos départements du Nord.
- Mais c’est aussi grâce à lui que nos armées réussirent à conjurer le danger d’une, invasion en masse, puisqu’il permit de transporter à la frontière d’importants contingents qui disputèrent pied à pied le chemin aux régiments teutons.
- On se souviendra de la tactique déroutante des envahisseurs. Montés à huit ou dix sur des automobiles blindées armées d’une ou de deux mitrailleuses, ils se lançaient à l’aventure sur les routes, s’avançaient rapidement, à la faveur de la nuit, dans l’intérieur du pays, terrorisaient les campagnes à dix ou quinze lieues en avant de leurs lignes, surprenaient patrouilles et sentinelles qui se croyaient loin de la sphère d’action de l’ennemi.
- Cette tactique réussit pendant plusieurs semaines. Mais la France, et aussi la Belgique et l’Angleterre travaillaient fiévreusement à rattraper le temps perdu ; et ce furent bientôt les auto-mitrailleuses des alliés qui s’élancèrent à la rencontre des Teutons, en leur infligeant des pertes énormes.
- Nous citerons un cas entre cent. Le 10 septembre une auto-mitrailleuse blindée, montée par douze volontaires, dont un prince belge et un sportsman franco-américain, partait d’Anvers avant le lever du soleil, et, par des chemins détournés, pénétrait dans les lignes allemandes.
- A 9 heures du matin, les douze héros avaient déjà tué une vingtaine dq soldats ennemis, surpris le long des routes. Vers 10 heures, au détour d’un chemin forestier, ils tombaient sur un escadron de uhlans qui avaient mis pied à terre.
- Sans leur laisser le temps de se remettre en selle, les vaillants belges lançaient leur véhicule à la troisième vitesse. Et ce fut un carnage sans précédent! La lourde voiture broyait hommes et chevaux, pendant que les deux mitraillenses vomissaient îa mort dans les rangs ennemis.
- Quand l’automobile regagna Anvers l’après-midi, son équipage n’avait à déplorer que deux morts et deux blessés. Au prix de ce sacrifice, les vaillants belges avaient mis à mort une centaine de Teutons, non compris les blessés et les chevaux !
- Sans craindre de nuire à la défense nationale, nous pouvons dire que le rôle des auto-mitrailleuses allemandes, qui nous fut si cruel jusqu’à la mi-septembre, est désormais terminé. La France et l’Angleterre possèdent maintenant plusieurs milliers
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- de ces terribles engins — comme l’ont appris à leurs dépens les épais bataillons lancés à la conquête de notre frontière du Nord....
- Nous conterons une autre anecdote, qui montrera que les camions industriels mobilisés savent, eux aussi, se mesurer avec l’ennemi.
- C’était dans les premiers • jours d’octobre. Une vingtaine de gros camions anglais, qui transportaient des munitions, filaient à petite allure à travers une forêt de la région de l’Aisne, sous la direction d’un capitaine. Deux soldats, dont un chauffeur, gardaient chaque voiture.
- Soudain, une centaine de uhlans sortent des bois, et leur chef, braquant son revolver sur les conducteurs du premier camion, leur intime l’ordre de se rendre et de descendre de leur siège.
- Toute résistance serait vaine — au point de vue de la saine logique, mais à ce point de vue-là seulement! Le capitaine anglais, lui, repousse un pareil dénouement, et, se dressant sur son siège, il crie à pleine voix :
- — Are you ready, boys? Etes-vous prêts, les gars?
- — Yes! lui répond-on d’une seule voix.
- — Is it a go, boys? Y allons-nous, les gars?
- — Yes! hurlent les Anglais.
- — Then, forward! En avant!
- Les vingt camions bondirent avec une telle impétuosité que les uhlans, déconcertés, n’eurent pas le temps de se ranger sur les côtés du chemin. Leur officier fut écrasé avec sa monture, et tout le détachement fut terriblement bousculé.
- Quand le convoi s’arrêta enfin après une folle
- randonnée de 10 km, les Anglais firent l’appel : tout le monde y répondit ! Seuls, trois hommes avaient été blessés par les balles des uhlans !
- Tous les camions industriels employés pendant la Grande Guerre n’ont pas eu un sort aussi enviable. Pendant la bataille de la Marne, un convoi de trente « poids-lourds » allemands, chargés d’obus, traversait à vive allure la forêt de C....
- Il tomba dans une embuscade dressée par une poignée de dragons. L’un de nos braves cavaliers tua net d’une balle le chauffeur de la voiture de tête, qui s’arrêta. Entraînés par leur élan, les camions suivants se heurtèrent les uns aux autres, et les obus firent explosion. Tout le convoi fut détruit en l’espace de quelques secondes.
- Un fait analogue se déroula à la même époque dans une forêt de la même région. Un convoi ennemi marchait à pleine vitesse, quand le conducteur de la première voiture fut tué par un de nos soldats en embuscade. Dans la collision qui suivit, les réservoirs d’essence prirent feu, et, cette fois encore, tous les camions furent détruits. Leurs conducteurs furent brûlés vifs.
- Il nous faut noter maintenant l’étonnante variété des voitures automobiles employées par les belligérants, en n’accordant qu’une mention aux voitures de tourisme mobilisées, et qui servent à transporter
- les états-majors.
- Nous avons parlé des autobus transformés en boucheries roulantes ou en ambulances. Des camions légers, d’un modèle spécial, sont employés pour le transport des aéroplanes. D’autres, plus lourds, supportent sur leur plate-forme des réservoirs à essence, qui ali-
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- mentent les moteurs des avions et des automobiles. -
- Mieux organisée que l’Allemagne pour le secours aux blessés, la France dispose de nombreuses autoambulances admirablement aménagées. Dans le nombre, on en rencontre qui servent de salles d opérations ; un hôpital de premier ordre envierait leur installation.
- Notre service sanitaire a imaginé aussi des autodistilleries, où d’énormes quantités d’eau sont stérilisées instantanément, pour le bénéfice de nos braves soldats qui n’ont plus ainsi à redouter les microbes de la dysenterie et de la fièvre typhoïde.
- Dans le même ordre d’idées, nous citerons les auto-cuisines, une innovation qui rend de grands services aux armées, à côté des cuisines-roulantes que l’on attache à des tracteurs.
- Des postes de télégraphie sans fil sont installés sur des automobiles, dont les moteurs, accouplés avec des dynamos, fournissent l’énergie électrique indispensable. On peut mentionner encore les ateliers de réparations, aménagés sur des automobiles dont les moteurs actionnent les machines à percer et autres engins mécaniques.
- A un point de vue plus militaire, nous parlerons des automobiles dont la plate-forme supporte un canon spécial destiné à tirer sur les aéroplanes et sur les dirigeables.
- Les Allemands possèdent un type de camion qui transporte une pièce d’artillerie de campagne. On descend le canon à l’aide de rampes mobiles qui s’abattent ou se relèvent instantanément.
- Enfin, tous les belligérants se servent de puissants tracteurs que l’on attelle aux pièces d’artillerie lourde ou d’artillerie de siège.
- Mais la plus singulière innovation qu’aura vue la Grande Guerre est encore... la charrue automobile pour creuser des tranchées! C’est une innovation
- allemande, et elle montre bien que ce peuple, qui fit toujours de la guerre un métier, avait tout prévu avant de se lancer à l’attaque de ses pacifiques voisins.
- Cette énorme machine est capable de creuser en l’espace d’une minute un fossé, long, large et profond de 1 m. En d’autres termes, il lui suffit de 60 secondes pour enlever 1 m3 de terre découpé aussi régulièrement qu’à la bêche. Les déblais sont entassés d’un seul côté, et forment parapet au-dessus du trou.
- La vitesse que nous venons d’indiquer s’entend pour les terrains résistants. Dans des circonstances plus favorables, la machine peut creuser en 1 heure une tranchée longue de plus de 100 m. Elle accomplit alors une besogne qui nécessiterait l’intervention laborieuse de 200 hommes. Comme elle travaille aussi facilement la nuit que le jour, elle peut donc abattre ses 2400 m. de tranchée en 24 heures.
- Mais, n’exagérons pas l’importance -de cette kolossale innovation ! L’emploi d’une pareille machine rend de réels services... quand elle fonctionne à bonne distance de l’ennemi, et alors seulement ! Vienne l’heure de la retraite et elle devient un terrible impedimentum pour une armée pressée de se mettre hors d’atteinte de l’ennemi, car elle ne peut pas dépasser sur les meilleures routes une vitesse de 6 km à l’heure; et, avec ses 4 m. de largeur, elle encombre la chaussée et arrête le progrès des colonnes.
- En somme, c’est là une fausse application de la science mécanique. Sur vingt machines à creuser les tranchées, que la horde germanique avait traînées en Belgique, puis en France, quinze étaient déjà abandonnées dans les vallées de l’Oise et de la Marne dès le 15 septembre!
- Leur inventeur leur avait certainement rêvé de plus longues destinées !
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- Séances du î octobre (Suite), au 3 novembre 1914.
- 5 octobre 1914. (Suite)
- Considérations générales sur le traitement des blessures de guerre. — M. E. Delorme montre que la guerre de 4914 a évité jusqu’ici les épidémies (sauf cependant la fièvre typhoïde). Mais les conditions du combat paralysent les soins rapides et empêchent donc l’asepsie. Les blessés, tardivement pansés, arrivent souvent suppurants, ce qui force la thérapeutique chirurgicale à changer d’aspect, de moyens et d’action. D’où la séparation essentielle des blessés en deux groupes : ceux atteints par des balles de fusil tirées de plein fouet, pour lesquels on peut adopter les transports à distance et ceux frappés par les projectiles d’artillerie ou les balles de fusils déviées qui exigent des soins immédiats. On avait jusqu’ici des raisons de reporter à l’arrière la chirurgie active ; les circonstances forcent à la concentrer en partie et résolument vers l’avant. Pour le traitement des frac-
- tures par armes à feu, en période de suppuration surtout, M. Delorme recommande les gouttières de zinc à valves. Il examine enfin les deux complications que le retard forcé apporté dans les soins amènent trop souvent chez nos blessés : la gangrène gazeuse et le tétanos. Contre la gangrène gazeuse, outre les larges incisions et les amputations on peut employer les injections d’eau oxygénée. L’eau oxygénée peut également 'être utilisée dans les cas de tétanos déclaré, qu’on doit surtout s’attacher à prévenir par des injections immédiates de sérum anti-tétanique. On obtient également quelques succès avec le chloral à haute dose, le bromure de potassium et des injections réitérées de sérum anti-tétanique dans le canal rachidien. A la suite de cette communication, MM. Ldve-ran et R.oux ont insisté sur ce fait que le sérum prévient le tétanos mais ne le guérit pas. L’antitoxine neutralise le poison tétanique à l’état libre; elle devient inutile
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- sur celui qui est fixé sur les cellules motrices de la moelle épinière. L’injection de sérum a alors pour but de neutraliser la toxine non encore fixée sur le système nerveux et l’issue de la maladie dépend surlout de la quantité de poison déjà absorbée par les grandes cellules des cornes antérieures de la moelle. Le sérum défend pendant deux ou trois semaines après l’injection et son emploi est donc à recommander vivement toutes les fois que la blessure a pu être souillée par de la terre ou par des corps étrangers.
- Sur l’origine botanique des riz cultivés. — MM. Chevalier et 0. Roerich étudient l’origine des riz cultivés, question difficile à résoudre par suite de la très grande ancienneté de la culture. Les espèces spontanées d’Asie sont distinctes des riz cultivés, sauf l’une d’elles rencontrée en Indo-Chine qui doit être leur origine. En Afrique, il existe quatre espèces spontanées à’Oriza distinctes des riz cultivés. L’une d’elles pourrait être un type originel de certaines variétés cultivées exclusivement en Afrique Occidentale, souvent côte à côte avec YOriza saliva 'importée d’Orient par les Portugais il y a quelques siècles.
- 12 octobre 1914.
- Le massif du Moghara à l’est de l’isthme de Suez.
- — A 80 km est d’Ismailia, le Djebel Moghara est un dôme formé en grande partie de grès du Sinaï (trias et lias), sur le flanc nord duquel affleurent le jurassique et le crétacé jusqu’au cénomanien. Les fossiles recueillis par M. Couyat-Barthoux et étudiés par M. II. Douvillé dévoilent la constitution du rivage sud de la mer qui, à l’époque secondaire, prolongeait vers l’est la dépression méditerranéenne. Les faunes jurassiques sont très analogues à celles de l’Europe occidentale ; le crétacé ressemble à celui du Liban.
- Un volcan pliocène au chott Tigri (Maroc Oriental).
- — Un volcan d’àge apparemment pliocène représenté par
- des coulées de lave et des scories est chose assez rare dans l’Afrique du Nord. Celui étudié par M. E.F. Gautier a donné de la néphénilite. L’auteur cherche une relation entre ces volcans pliocènes, les falaises bordières des chotts et des effondrements récents.
- 3 novembre 1914.
- Sur les latérites de Madagascar. — M. Lacroix compare le mode de décomposition des roches silicatées alumineuses à Madagascar et en Guinée, qui est très différent, sans qu’on en saisisse nettement la cause. En Afrique occidentale, on a à la base une zone de départ avec latérites silicatées : le passage étant brusque pour les gabbros, progressif pour les granités et les gneiss. Au-dessus, dans une zone de concrétion, l’élimination de la silice, de la chaux, de la magnésie et des alcalis s’achève avec tendance à un. hydrate d’alumine de plus en plus pur (hydrargillite ou latérite bauxitique). Le fer subit une ascension progressive et vient former à la surface une cuirasse continue. A Madagascar, cette cuirasse ferrugineuse continue fait entièrement défaut ; de plus, il n’v a pas spécialisation suivant la nature de la roche originelle. Un fait à signaler est qu’on y a trouvé des altérations identiques à celle de l’époque actuelle sous 28 mètres de dépôts fluviatiles à Æpyornis : ce qui montre que, depuis cette époque lointaine, le climat de Madagascar n’a pas sensiblement changé. Les terres rouges de Madagascar ne sont pas, à proprement parler, des latérites, mais tout au plus des argiles latéritiques.
- L’ossification des os du métacarpe et du métatarse chez les hommes de la pierre polie. — M. Marcel Baudouin montre comment la mobilité du pouce et du gros orteil est la base des modifications de développement survenues depuis l’époque néolithique dans les os en question. Il est intéressant de constater sur une aussi courte période comment la fonction crée l’organe.
- (.4 suivre.)
- LA BASE NAVALE ALLEMANDE D’HELIGOLAND
- Au fond de la grande baie limitée à l’est par les côtes du Schleswig et au sud-ouest par les terres basses de la Frise allemande débouchent trois lleuves (fig. 7). D’abord l’Elbe, sur les bords de laquelle se trouve la ville importante de Hambourg
- et où, près de son embouchure, presque en face de Cuxhaven vient aboutir le canal de Kiel. Puis à l’ouest la Weser, avec le port important de Brême situé à quelques kilomètres en amont de son embouchure; enfin encore plus à l’ouest la baie de
- Fig. i. — Nouveaux docks d’Heligoland. ( h'a près Scientific American.)
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- , Croiseurs et ) il
- Fig. 2 . — La bataille navale d’Heligoland du 29 août IÇI4.
- Jade sur laj rive gauche de laquelle est construit le port militaire de Wilhlemshafen.
- Au centre de cette grande baie et à environ 50 km de la côte, se trouve le rocher d’Heligoland, dont la composition géologique diffère complètement de celle des rivages qui limitent la haie. Ce rocher qui, par sa position, commande l’entrée de deux fleuves importants et le port militaire de Willhelmshafen a une importance stratégique de premier | ordre. Possédé par l’Angleterre de- “ puis 1806, celle-ci le céda à l’Allemagne en 189U, en échange d’une colonie (Zanzibar). Il n’est pas douteux que si l’Angleterre avait pu prévoir la crise terrible que nous traversons, celle-ci n’eût certainement pas fait cet échange, d’autant plus regrettable que la colonie acquise par l’Angleterre avait une valeur loin de compenser l’importance stratégique d’Heligoland. Sous l’influence de courants violents et des vents dominants du nord-ouest qui, pendant l’hiver, sont d’une très grande violence, Pile d’IIe-
- IVI êtres
- l---J~----i____1....1___1
- O 200 400 600 800 1000
- Pointe N01
- Helgoland
- ’o/'nfe Sud
- Fig. 4.
- ligoland a subi des érosions successives comidé-rables qui, peu à peu, en ont diminué l’étendue, ainsi que l’indique la carte ci-jointe (flg. 5) dressée en 1852 par Johannès Meyer, qui montre l’étendue de l’île d’Heligoland en l’an 800, 1500 et 1640. À l’heure actuelle l’île se. réduit à un rocher de forme triangulaire (flg. 4) ayant dans se plus grande longueur 1600 m. et dans sa largeur maxima 500 m. Au point de vue géologique, le rocher d’Heligoland appartient à la formation des grès bigarrés du Trias au-dessus desquels repose une couche mince de craie. Le plateau qui le couronne et auquel on a donné le nom d’Oberland est à une hauteur de 60 m. au-dessus du niveau de la mer. Les falaises qui bordent l’île sont rongées chaque jour et, d’après les observations faites par le docteur-médecin Lindemann, cette érosion atteint 0 m. 90 annuellement. Il estime
- même à 1000 ans la durée d’existence future de l’île. Aussi en vue de diminuer l’importance de ces érosions des falaises, des murs dé défense en maçonnerie ont été établis au pied de la falaise surtout de celles de l’ouest qui sont les plus attaquées. Les apports provenant de ces érosions des falaises ont été amenés par les courants et les vents de nord-ouest à la partie sud-est de l’île où ils ont formé une plage basse (fig. 4) appelée « Unterland », sur laquelle sont construites les habitations principales de l’île qui se trouvent ainsi abritées contre les vents dominants du nord-ouest. Sur le plateau qui couronne l’île, et auquel on accède au moyen d’escaliers et d’un ascenseur, se trouvent quelques habitations, l’église et un phare très puissant. Dans ces dernières années le gouvernement allemand y a fait construire un fort muni d’une artillerie très puissante en vue d’une attaque par mer par une flotte ennemie. Depuis l’ouverture des hostilités le gouvernement allemand, paraît-il, après avoir fait évacuer l’île par les habitants, a fait raser beaucoup-
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- LA BASE NAVALE ALLEMANDE D’HELIGOLAND ======= 223
- Fig. 5. — Heligoland. Cote ouest et plateau de VOberland.
- de maisons, et arracher tous" les arbres afin de frayer un chemin pour le passage de la grosse artillerie dont il a muni le fort. Quant à la plage basse de T « Unterland » ce n’est plus qu’une immense forteresse hérissée de capons.
- À environ 1200 mètres à l’est du rocher d’Heli-goland se trouve une île de sable reposant sur un banc de rocher à laquelle on a donné le nom de « Dunes », et qui fut séparée en 1720 d’Heligoland à la suite de la rupture par la mer d’un banc de craie qui, à cette époque, formait isthme entre les deux îles. Si, au point de vue stratégique, l’île d’Heligoland a une importance très grande, en temps de paix elle est également le rendez-vous d’un grand nombre d’étrangers qui viennent en été y prendre les bains. La plage qui forme 1’ « Un-terland » du rocher d’Heligoland étant d’une dimension trop exiguë, on décida de transformer les « Dunes » en station balnéaire et, pour cela, des travaux très importants ont été faits, dès 1896, sous la direction de M. Franzius, compétent ingénieur, à qui sont dus les travaux d’amélioration de Weser, en vue de la consolidation de ce banc de sable et de le soustraire aux érosions constantes dues aux courants du nord-ouest. Nous avons décrit ces travaux dans le numéro de La Nature du 7 janvier 1905. C’est sur ce banc de sable, qui n’est plus aujourd’hui station balnéaire, que le gouvernement allemand a fait construire, dans ces derniers temps, des magasins et un atelier de réparation pour les destroyers, les torpilleurs et les sous-marins de la flotte^allemande qu’elle abrite dans un port de re -
- Fig. 6 — Heligoland.
- Le Nathurnstock à la pointe nord.
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- 224 r... LA BASE NAVALE ALLEMANDE D’H ELI GO LAND
- fuge construit près de ce banc de sable devenu, comme nous venons de le dire, île artificielle. La photographie (fig. 1) représente ce port de refuge ainsi que les magasins pendant la construction.
- Comme on le voit, le gouvernement allemand a fait de bile d’Heligoland une base navale très importante qui, appuyée par les forts de Cuxhaven et ceux de la rive droite de l’Elbe, défendent Centrée de ce fleuve et des abords du canal de Kiel contre toute attaque d’une flotte ennemie.
- et se dirigèrent vers le large. Les Anglais n’hésitèrent pas à venir à leur rencontre, en envoyant deux croiseurs et une flottille de destroyers faisant partie de la flotte anglaise, qui était venue se placer en avant de l’ile d’Heligoland. C’est alors que les croiseurs du type « Lion » ouvrirent le feu de leur batterie et coulèrent trois croiseurs allemands, le Mainz, le Kôln et YAriadne et deux destroyers. Les deux premiers croiseurs dataient de 1910, avaient un tonnage de 4810 tonnes, une vitesse de 27 nœuds
- Fig. 7- — Hèligoland et les ports allemands.
- C’est dans ces parages entre bile d’Heligoland et la côte qu’a eu lieu, le 29 août dernier, le premier engagement entre une partie de la flotte anglaise et de la flotte allemande. Voyant que cette dernière restait toujours inactive dans l’embouchure de l’Elbe, l’amiral qui commande en chef la flotte anglaise décida d’envoyer un certain nombre de croiseurs et une flottille de destroyers, afin de forcer la flotte allemande à venir eu haute mer et à livrer combat. Ce qu’on désirait se produisit, en effet. Dès l’arrivée de la flotte anglaise, des croiseurs allemands, escortés d’unejflottille de destroyers, quittèrentl’Elbe
- et étaient armés de 12 canons de 100 mm. Le troisième qui datait de 1902 avait un tonnage de 2650 tonnes, une vitesse de 22 nœuds et était armé de 6 canons de 150 mm. Les deux destroyers datant de 1911 avaient un tonnage de 650 tonnes, une vitesse de 52,5 nœuds et étaient armés de 2 canons de 100 mm et de 6 tubes lance-torpilles.
- La carte ci-jointe (fig. 2) indique l’emplacement des navires pendant le combat et la route suivie par ceux-ci avant et pendant l’engagement.
- R. Bonnin.
- Le Gérant : P. Massox.
- Imprimerie Iahuiik, nie de 1-leurus. 9, à Paris-
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- LA NATURE
- QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE — 1914
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Accidents : soins d’urgence, 32.
- Acide oxalique : dissociation par l’ultraviolet, 79.
- Accroissement des champs magnétiques, 190.
- Aération de l’habitation, 18. Aérodynamique : laboratoire d’Auteuil,
- 189.
- Aéroplane Schmitt à incidence variable, 115.
- Age de la terre, 108.
- Ailanthe : sa disparition, 141.
- Alcaloïde de la galégine, 128.
- Aliments : valeur nutritive de l’osséine,
- 190.
- Alliages : fer, nickel, 141.
- Ampère : biographie, 170.
- Anabiose, 82.
- Analyse des eaux, 27.
- — spectrale, 67.
- — spectrale par les rayons X, 79. Animaux : leur observation par la photographie, 45.
- Antarctique : polymorphisme de ses diatomées, 190.
- Antennes pour T. S. F., 6.
- Anthropologie congolaise, 97.
- Ariège : gorges et forêts, 4L Art : la science du service de l’expert d’art, 71.
- Artillerie lourde allemande, 209. Astronomie : installations astronomiques à la campagne, 4.
- Atelier d’amateur, 9.
- Atomes : visibilité par les rayons X, 67. Australie : péripates australiens, 78.
- Auteuil : laboratoire aérodynamique, 189. Automates, 56.
- Automobile : la guerre en automobile, 216.
- — : gyroscopique, 49.
- Aviation : épaves d’aviateur allemand, 207.
- — : expériences à la portée de tous, 165.
- — : le vol sans moteur, 127.
- B
- Bactéries charbonneuses, 175.
- Baie du Lévrier, 65.
- Balance hydrostatique : application à l’étude des actions chimiques, 62. Balles : extraction par l’électro-aimant, 206.
- — : « dum-dum », 191. Basses-Alpes : voyages aux Clues de Barles, 36.
- Base navale d'Héligoland, 22t.
- Bassin houiller de Sarrebruck, 215. Batraciens : inoculation avec le virus rabique, 158.
- — : utilisation de leur venin,
- 141.
- Belgique : sa défense parles inondations,
- 186.
- Bile et infection cholérique, 79. Biographie d’Ampère, 170.
- Biplan Schmitt à incidence variable, 115. Bizerte, 152.
- Blessures de guerre, 189, 220.
- Bobine d’accord pour T. S. F., 7. Briques employées k la confection des sculptures, 175.
- Brûlures : soins à donner, 33. Bulgares : grandeurs du corps, 189.
- c
- Cadrahs solaires à la campagne, 1.
- Clues de Barles, 36.
- Concours de photographie, 45.
- Coups de soleil, 62.
- Canal de Panama : ouverture, 206.
- Canal de Panama : utilisation militaire, 144.
- Capture du poisson rare, 174.
- Caséines : leur solubilité, 141.
- Champ magnétique : ses elfets, 95. Champs magnétiques : essais pour leur accroissement, 190.
- Chauffage des habitations, 18.
- Chemin de fer électrique de Grenoble à Villard-de-Lans, 110.
- Chirurgie des Blessures de guerre, 189. Choléra : action de certains sels sur son vibrion, 190.
- Choit Tigri, 221.
- Cinématographe « kinémaplastic », 110. Cobra : propriétés du venin, 158. Comète : variation d’éclat, 95. Concentration du sang aux hautes altitudes, 79.
- Condensateur pour T. S. F., 8.
- Congo : anthropologie, 97.
- Constitution minéralogique de File Jenny, 189.
- Côte d’Azur : sa géologie, 95.
- Courants électriques vagabonds, 119. Cracovie, 183.
- Cristallographie : mesure par les rayons X,
- Supplément au n° 2152 de La Nature du 26 décembre 1914.
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- D
- Déclinaison magnétique : sa détermination, 3.
- Découverte d’ancien temple égyptien.
- 86.
- Défense de la Belgique par les inondations, 186.
- Destruction des mouches et moustiques, 30.
- Détecteurs : action du radium sur leur sensibilité, 190.
- Diamagnétisme des corps, 95.
- Diatomées de l’Antarctique, 190.
- Dirigeable miniature, 195.
- Dissolution de la dolomite, 190.
- Distances : leur évaluation en mer, 163.
- Dolomite : faces de dissolution, 190.
- Dosage de l’urée, 175.
- E
- Eau : comment reconnaître sa qualité, 27.
- — : distribution d’eau, 18.
- — : pour s’en procurer à la campagne,
- 22.
- — : purification, 28.
- Echecs : machine à jouer aux échecs, 56. Eclairage électrique dans un atelier d’amateur, 12.
- Éclats d’obus : extraction par l’électro-..ajjrnimt, 2U6.
- Éclipse de soleil, 129,190.
- Égypte : découverte d’ancien temple, 87. Électricité : méfaits des courants vagabonds, 119.
- — : atmosphérique et paraton-
- nerres, 20.
- '^Éléetbo-aimant : emploi pour extraire les balles et les éclats d’obus, 206. Émanation du radium : action sur le gaz tonnant, 190.
- Épaves d’aviateur allemand, 207. Eruption aux Nouvelles-Hébrides, 190. Esprit scientifique' en temps de guerre, 180.
- Ethnographie : grandeurs du corps chez les Bulgares, 189.
- Eurypharynx, 79.
- Évaluation des distances en mer, 165. Expériences d’aviation à la portée de tous, 165.
- Expertises scientifiques en art, 71. Exposition internationale à Lyon, 134. Exposition d’oiseaux de volière, de poissons d’ornement et d'insectes vivants, 123.
- F
- Faces de dissolution de la dolomite 190.
- Fécules : fabrication, 195.
- Fécule : sa fabrication chez les Indiens Péruviens, 80.
- Ferment lactique : son hérédité, 79.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Fièvre récurrente, 79-95.
- Filtres à l’eau, 29.
- Fluor dans la nature, 78.
- Force motrice dans un atelier d’amateur, 11.
- -Forêts et gorges de l’Ariège à l’Aude, 41.
- Fossile : le Felsinothérium Serresi, 128.
- Freinage des vagons par heurtoir, 160.
- G
- Galègine : son alcaloïde, 128.
- Gaz : écoulement des, 175.
- Gaz : mouvement de leurs particules lumineuses, 132.
- Gaz tonnant : combinaison par action de l’émanation du radium, 190. Géographie : mouvement géographique en France, 159.
- Géologie : Côte d’Azur, 95.
- — : Pyrénées, 95.
- — : Vallée du Rhône, 79.
- — : Tonkin, 78.
- Glande à pommade des oiseaux, 70. Gorges et forêts de l’Ariège à l’Aude, 41.
- Grotte de Rémouchamps, percement des siphons, 62.
- Guêpe : est-elle un insecte utile? 140. Guerre : blessures de guerre, 189, 220. Guerre : l’esprit scientifique en temps de guerre, 180.
- Guerre en automobile, 216.
- H
- Habitations de campagne : hygiène, 16. Héligoland, base navale allemande, 221. Halos pléochroïqucs, 108.
- Hémorragies : soins, 33.
- Henry (Louis). Nécrologie, 189.
- Hérédité du ferment lactique, 79. Heurtoir glissant à freinage, 160.
- Houille : bassin houiller de Sarrebruck,. 215.
- Hygiène de l’habitation de campagne, 16.
- I
- Incandescence-lampe du Dr Greinackcr, 107..
- Infection cholérique et bile, 79. Inondations pour défendre la Belgique, 186.
- Insectes vivants : exposition, 125. Insolation : soins à donner, 34. Isomérie de divers composés, 62.
- J
- Jenny : constitution minéralogique de cette île j 189.
- Joueur d’échecs automatique, 56.
- K
- Karpathes : voies ferrées, 199. Kinémaplastic, 110.
- L
- Laboratoire aérodynamique d’Auteuil,
- 189.
- Lampe à incandescence Greinacker, 107. Landes : le sable des landes : 95. Lanthane : action des sels de lanthane sur le vibrion cholérique, 190. Latérites de Madagascar, 221.
- Lézard venimeux, 175.
- Logarithmes : leur tricentenaire, 114. Lyon : exposition internationale, 134.
- M
- Madagascar : latérites, 221.
- — : roches basiques non vol-
- caniques, 190.
- Maroc : volcan pliocène, 221.
- Mercure : son passage devant le soleil, 206.
- Méridien : sa détermination, 2.
- Mesures cristallographiques par les rayons X, 190.
- Métacarpe et métatarse : ossification, 221. Métaux : la vie des métaux, 167. Météorologie : installation d’un observatoire à la campagne, 4.
- Microbes de formes nouvelles obtenus par action des rayons ultra-violets,
- 190.
- Microbes de la scarlatine, 175. Microorganismes de la scarlatine, 189. Minéralogie de Elle Jenny, 189.
- Moghara : massif montagneux, 221. Monorail et automobile gyroscopique,
- Morsures, piqûres : soins à donner, 33. Moteur gnome monosoupape, 75. Mouches : leur destruction, 30. Moustiques : leur destruction, 50.
- N
- Navires : leur sécurité, 78.
- Navires de guerre : leur ravitaillement en haute mer, 193.
- Nébuleuses : leur classement, 95. Nécrologie : Louis Henry, 187. New-Yorlc : une vision de nuit, 95. Nouvelles-Hébrides : éruption d’Am-brym, 190.
- Noyades : sauvetage, 54,
- 0
- Observation des animaux par la photographie, 45.
- Observatoire d’amateur, 4.
- Océan : leur formation, 128. Océanographie : progrès récents, 62.
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- Odynèrc des murs, 52.
- Œil : corps étrangers dans l’œil, 55. Oiseaux : leur glande à pommade, 70. Oiseaux de volière : exposition, .125. Origine du riz, 221.
- Osséine : valeur nutritive, 190. Ossification des os chez les hommes de la pierre polie, 221.
- Ouverture du canal de Panama, 206.
- P
- Pain de guerre, 195.
- Panama : ouverture du canal, 206.
- — : utilisation militaire du canal, 144.
- Paralysie générale, 159.
- Paratonnerres, 20.
- Particules lumineuses dans les gaz, 132. Passage de Mercure devant le soleil, 206.
- Percement de siphons dans une grotte, 62.
- Péripates d’Australie, 78.
- Pétroles : leur origine, 109.
- Pharmacie de campagne, 55.
- Phosphore : ses radiations, 62. Photographie : extériorisation d’images photographiques, 190.
- — en couleurs pouvant être repro-
- duites, 148.
- Phylogénie : développement des parties molles et dures de l’organisme, 189. Plans : lever d’un plan, 4.
- Plomb : poids atomique, 175.
- — des minerais radioactifs, 78.
- Poids atomique du plomb, 175.
- — atomiques du radium et de l’ura-
- nium, 95.
- Poisson rare, 174.
- — d’ornements : exposition, 125. Polymorphisme de certaines diatomées,
- 190.
- Pomme de terre : emploi pour fabriquer la fécule et le pain, 195.
- Port Étienne et la Baie du Lévrier, 65. Port de Rouen : nouveaux travaux, 84. Poste de T. S. F., 6:
- Préhistoire : un animal préhistorique, 128.
- — ossification chez les hommes de la pierre polie, 221.
- Propriétés singulières des corps au voisinage du zéro absolu, 173. Purification de l’eau, 28.
- Putréfaction des viandes, 95.
- Pyrénées : géologie, 95.
- : INDEX ALPHABÉTIQUE
- R
- Rail ioaetivi té : comment on la mesure, 100.
- — plomb provenant des minéraux
- radioactifs, 78.
- Radiosensibilité des tumeurs, 79. Radium : action de son émanation sur le gaz tonnant, 190.
- — action sur les détecteurs de
- T. S. F., 190.
- — poids atomique, 95. Ravitaillement des navires en haute
- mer, 195.
- Rayons ultra-violets : action sur des formes microbiennes, 190.
- Rayons X : une de leurs propriétés, 62. — X rendant visibles les atomes, 67. — X : emploi en analyse spectrale, 79. — X : effet sur la végétation, 175. — X : emploi en cristallographie, 190. Reconstitution d’un animal pliocène, 79. Respiration artificielle, 52.
- Rhône : géologie de sa vallée, 79.
- Riz : son origine, 221.
- Roches basiques non volcaniques de Madagascar, 190.
- Rouergue : voyages à Conques, Salles, Rodez, Bozouls, 59.
- S
- Sables de Châalis, 81.
- — des Landes, 95.
- Sang : sa concentration aux hauLcs altitudes, 79.
- Sarrcbruck : bassin liouiller, 215. Sauvetage des noyés et blessés, 35. Scarlatine : les microbes de la scarlatine, 175.
- — microorganisme spécifique, 189. Sculptures en briques. 175.
- Secrétion psychique, 142.
- Sécurité des grands navires, 78.
- Siphons : leur percement dans une grotte, 62.
- Soins d’urgence, 52.
- Solubilité des caséines, 141.
- Sources : choix des eaux de source, 24. — : comment on devient sourcier,
- 25.
- Spectres : leurs propriétés, 128.
- Spirille de la fièvre récurrente, 95. Sténographie parlementaire, 95. Stérilisation de l’eau, 28.
- Suez : massif de Mogliara, 221. Supraconducteurs, 109.
- ——...........................227
- T
- Téléphonie sans fil, 90.
- Téléphotographie, 103.
- Terre : l’âge de la terre, 108.
- — : la formation de la terre, 174.
- Thorium : action des sels de thorium sur le vibrion cholérique, 190.
- Thorium B : corps nouveau, 95.
- Tonkin : sa géologie, 78.
- Tonneaux : leur fabrication mécanique, 445.
- Trains blindés, 177.
- Traitement des blessures de guerre, 220.
- Transmission de la fièvre récurrente, 79.
- Travaux d’amateur, 9.
- T. S. F. : un bon posle d’amateur 6.
- — : enregistrement des signaux horaires, 79.
- — : Action du radium sur les détecteurs. 190.
- Tumeurs : leur radio-sensibilité, 79.
- U
- Uranium : poids atomique, 95.
- Urée : dosage, 175.
- V
- Valeur nutritive de l’osscine, 190.
- Vallée du Rhône : sa géologie, 79. Végétation : action des rayons X, 175- -Venin des batraciens : son utilisation, 141.
- Venins de cobra : leurs propriétés, 158. Venin d’un lézard, 175.
- Ver marin, 109.
- Viandes : leur putréfaction, 95.
- Vibrion cholérique : action de certains sels, 190.
- Vie des métaux, 167.
- Virus rabique : son inoculation aux batraciens, 158.
- Voies ferrées des lvarpathes, 199.
- Volcan pliocène, 221.
- Voyages en France, 36.
- Z
- Zéro absolu : propriétés des corps à son voisinage, 173.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aiguillon (Logis). — Le bassin houiller de Sarrebruek, 213.
- Bonnin (R.). — Nouveaux travaux du port de Rouen, 84. — Heurtoir glissant à freinage, 159. — Ravitaillement des navires de guerre en haute mer, 193. — Ouverture du canal de Panama, 206- — La base navale allemande d’Ile-ligoland, 226.
- Bousquet (M.). — Hygiène et confort de l’habitation de campagne, 16.
- Boyer (Jacques). — Les méfaits des courants vagabonds, 119.
- Bresch (G.). — Les halos pléoehro’ù)ues et l’âge de la terre,
- 108.
- Breton (André). — Photographies en couleurs pouvant êlre reproduites, 148.
- Cambon (Victor). — L’exposition internationale de Lyon, 154.
- Ciiassériaud (R.). — Le biplan Paul Schmilt à incidence variable, 113. — Le vol sans moteur, 127. — Expériences d’avialion à la porlée de tout le monde, 165.
- Coupix (IL). — La glande à pommade des oiseaux, 70.
- Coustet (Ernest). — Le têléphot multiple, 103.
- Daniel (D1' G.). — Anthropologie congolaise, 97.
- Décomiiaz (0.). — Le chemin de fer électrique de Grenoble à Yillard-de-Lans, 110.
- Dubreton (J.). — L’atelier et les travaux d’amateur, 9. — L’électricité atmosphérique et les paratonnerres, 20.
- Forbix (V.). — Le monorail et l’automobile gyroscopiquc Schilowsky, 49. — Vers la découverte du plus ancien temple d’Égvpte, 86. — Les trains blindés, 177.
- Fournier (Lucien). — Poste d’amateur pour T. S. F., 6. — Téléphonie sans fil, 90.
- Gain (L.). — Port-Étienne et la baie du Lévrier, 05.
- Gouault (Emile). — L’anabiose, 81.
- Gradenwitz (A.). — La science au service de l’expert d’art, 71. — Sculptures en briques, 175.
- Henriquez-Piiillipe. — Un animal préhistorique le Felsino-tliérium Serresi, 128.
- Izier (J. a’). — Les balles « dum-dum », 191.
- J. N. — L’artillerie lourde allemande sur le champ de bataille, 209.
- Lafitte (J -P.). — A la mémoire d’Ampère, 170.
- Lanorville (Georges). — La fabrication mécanique des tonneaux, 145.
- Le Ciiatelier (IL). — L’esprit scientifique en temps de guerre, 180.
- L. D. L. — Épaves d’aviateur allemand, 207.
- Lei.ioux (Armand). — La sténographie au Parlement, 93.
- Lemoine (Jules). — Observations scientifiques et expériences à la campagne, 1.
- Marchand (IL).— Nouvelle lampe à incandescence, 107.
- Martel (E.-A.). — L’eau à la campagne, 22. — Les beaux voyages en France, 56. — La destruction des paysages en France : Sassenage, 162. — Cracovie, 183. — Les Kar-pallies et leurs voies ferrées. — 199.
- Merle (René). — L’odynèrc des murs, 52. — La sécrétion psychique, 142.
- Miramil (Paul). — Bizerte, 152.
- Moreau (L.-.T.). — Les Sables de Châalis, 81.
- ÎNeuvii,letti; (François). — De la pomme de terre à la fécule et au pain de guerre, 195.
- Ocagne (M. d’). — Quelques mots sur les logarithmes à propos de leur tricentenaire, 114.
- Rauir (E.) — Percement des siphons dans la grotte de Ré-mouchamps (Belgique), 62.
- H. M. — Pharmacie de campagne, 55.
- Robin (Félix). — La vie des métaux, 167.
- Rudaux (Lucien). — Installation astronomique et météorologique, 4.
- Sallior (P,). — La défense de la Belgique par les inondations, 186.
- Sauvaire Jourdan. — La première utilisation militaire du canal de Panama, 144. — L’évaluation des distances à la mer, 163.
- Szir.AiiD (B.). — Comment on mesure la radioactivité, 100.
- Touciiet {Esr.). — L’éclipse totale de soleil du 21 août 1914,
- 129.
- Tiioller (A.). — ÎNouveau moteur gnome monosoupapc, 74.
- Trouessaiit (E.),. — Exposition d’oiseaux de volière, de poissons d’ornements et d’insectes vivants, 125.
- Y. b’. — Fabrication de la fécule chez les Indiens péruviens, 80.
- Vigneron (IL). — Les automates, 56. — Les atomes rendus visibles par les rayons'X, 67. — Le «kinémaplastic», 110. — Le mouvement des particules lumineuses dans les gaz, 132. — Propriétés singulières des corps du voisinage du zéro absolu, 175.
- Viré (Armand). — Comment on devient sourcier, 25.'
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES.
- Comptes rendus des séances (Ch. de Yilledeüil), 62, 78,
- 95, 109, 128, 141, 158, 174, 189, 206 .......... 220
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE.
- Observations scientifiques et expériences à la campagne
- (J. Lemoine)......................................... 1
- Installation astronomique et météorologique à la campagne (L. Ruraux)..................................... 4
- Quelques mots sur les logarithmes à propos de leur tricentenaire (31. d’Ocagne)............................114
- L’éclipse totale de soleil du 21 août 1914 (E. Touchet). 129 Classement des nébuleuses ........ ... 95
- Variation d’éclat d’une comète......................... 95
- Passage de Mercure devant le soleil.....................206
- Éclipse de soleil du 21 août............................190
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Les atomes rendus visibles par les rayons X (11. Vigneron) . 67
- Comment on mesure la radioactivité (R. Szilard) . . . 100
- Les halos pléoehroïques et l’âge de la terre (G. Rresch). 108 Le mouvement des particules lumineuses dans les gaz
- (II. Vigneron).......................................152
- Propriétés singulières des corps au voisinage du zéro
- absolu (II. Vigneron)................................175
- Phénomènes de l'écoulement des gaz......................175
- Une propriété des rayons X............................. 62
- Analyse spectrale par les rayons X.................. 79
- Effets du champ magnétique............................. 95
- Le diamagnétisme des corps.............................. 95
- Propriétés des spectres............................... 128
- Action du radium sur la sensibilité des détecteurs
- de T. S. F. . . .............................. • • 190
- Mesures cristallographiques par les rayons A . . . 190
- Essais pour l’accroissement des champs magnétiques
- actuels..............................................190
- Sur les faces de dissolution de la dolomite.............190
- 2. Chimie.
- La vie des métaux (F. Robin)........................ 167
- Analyse de l’eau..................................... 27
- Application de la balance hydrostatique en chimie. 62
- Radiation émises par le phosphore.................... 62
- Isomérie............................................ 62
- Photochimie......................................... 79
- Le fluor dans la nature..........................._ . 78
- Le plomb des minéraux radioactifs................... 78
- Le thorium B........................................ 95
- Poids atomiques du radium et de l’uranium. ... 95
- L’origine des pétroles...............................109
- L'alcaloïde de la galégine ..........................128
- La solubilité des caséines...........................141
- Le dosage de l'urée............................... . 175
- Le poids atomique du plomb . ........................175
- Action de l’émanation du radium sur le gaz tonnant ...............................................190
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les sables de Châalis (L.-J. Moreau)............. 81
- L’eau à la campagne (E.-A. Martel)............... 22
- L’âge de la terre...................................108
- Géologie du Tonkin................................. 78
- Géologie de la vallée du Rhône................... 79
- Le sable des Landes................................. 95
- Géologie de la Côte d’Azitr..........................95
- Géologie des Pyrénées............................... 95
- La formation des océans.............................128
- La formation de la terre............................174
- Constitution minéralogique de l'île Jenny...........189
- Les roches basiques non volcaniques à Madagascar. 190
- Récente éruption à Ambrym (Nouvelles Hébrides). . 190
- Massif du Moghara (Suez) . . •...................221
- Volcan pliocène au Maroc............................221
- Sur les latérites de Madagascar.....................221
- 2. Météorologie.
- Installation astronomique et météorologique à la campagne (L. Rudaux)............................................ 4
- L’électricité atmosphérique et les paratonnerres (J. L)c-dreton) ................................................... 20
- 3. Biologie. — Physiologie.
- L’anabiosc (E. Gouault).................................. 82
- La sécrétion psychique (R. Merle)........................142
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- 230 .....-....--------------.....TABLE
- Hérédité du ferment lactique.....................
- La concentration du sang aux hautes altitudes. . .
- Utilisation du venin des batraciens.............
- Propriétés des venins de cobra ..................
- Inondation du virus rabique aux batraciens. . . .
- Le venin d’un lézard venimeux....................
- Propriétés des bactéries charbonneuses...........
- Sur la valeur nutritive de l'osséine.............
- Polymorphisme de certaines diatomées de VAntarctique ..........................................
- Action des sels de lanthane et de thorium sur le vibrion cholérique.................................
- Production de foi'mes microbiennes nouvelles par les rayons ultra-violets........................
- 4. Zoolôgie. — Paléontologie.
- Observation des animaux par la photographie.........
- L’odynèrc des murs (R. Merle).......................
- La glande à pommade des oiseaux (If. Coupin] .... Exposition d’oiseaux de volière, de poissons d'ornement
- et d’insectes vivants (E. Trooessart)............
- Un animal préhistorique : le Fclsinotherium Serresi
- (IIenriquez-Phillipe)............................
- La guêpe est-elle un insecte utile?.................
- Les péripates d’Australie...........................
- L’eurypharynx................................
- Reconstitution d’un animal pliocène.................
- Origine des pétroles................................
- Un ver marin.................................... .
- Disparition de l'ailanthe et de son papillon ....
- Capture d’un poisson rare.............................
- Sur l'étude du développement phylogénique .... Ossification des os du métacarpe et du métatarse chez les hommes de la pierre polie
- b. Botanique. — Agriculture.
- La pomme de terre et ses emplois industriels (E. Neu-
- villettf.)...........................................
- Les rayons X et la végétation..............................
- Origine botanique des riz cultivés. ........
- V. — GÉOGRAPHIE.
- Les beaux voyages en France (E.-A. Martel)............
- Port-Étienne et la baie du Lévrier (L. Gain)..........
- Une vision de nuit à New-York.........................
- Bizerte (P. Mihamil)...............................
- La destruction des paysages en France : Sassenage
- (E.-A. Martoîl)................
- Cracovie (E.-A. Martel)...............................
- La défense de la Belgique par les inondations (P. Sal-
- lior)..............................................
- Les Karpatlies et leurs voies ferrées (E.-A. Martel) . .
- Le bassin houiller de Sarrebruck......................
- Héligoland, base navale allemande.....................
- Progrès de l’océanographie............................
- Le mouvement géographique en France...................
- MATIÈRES
- VI. - ANTHROPOLOGIE. — ETHNOGRAPHIE. ARCHÉOLOGIE.
- Anthropologie congolaise (G. Daniel)................ 97
- Vers la découverte du plus ancien temple d’Égypte
- (V. Forbin).......... ........................... 86
- Analyse des grandeurs du corps chez les Bulgares. 189
- VII. - MÉDECINE. - HYGIÈNE.
- Gomment reconnaître la qualité de l’eau............. 27
- Hygiène et confort de l’habitation de campagne (M. Bousquet) ................................................. 19
- La purification de l’eau. . ........................ 28
- La lutte contre les mouches et contre les moustiques. 30
- Les soins d’urgence.................................... 32
- Pharmacie de campagne (R. M.) ...................... 33
- Les coups de soleil.................................... 62
- La bile et l’infection cholérique...................... 79
- La transmission de la fièvre récurrente................ 79
- La radiosensibilité des tumeurs....................... 79
- Le spirille de la fièvre récurrente................... 95
- La putréfaction des viandes.......................... . 95
- La paralysie générale..................................159
- Les microbes de la scarlatine..........................175
- Sur un microorganisme isolé dans la scarlatine . . 189
- Blessures de guerre............................ 189, 220
- Extraction des balles et des éclats d’obus par l’électro-aimant ............................................200
- VIII- - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie, — Arts et Métiers.
- Ateliers et travaux d’amateurs (J. Dubreton).. .... 9
- Les automates (H. Vigneron). . ..................... 56
- Nouveau moteur gnome « Le Monosoupape » (A. Tiioller). 74 Fabrication de la fécule chez les Indiens péruviens (V. F.). 80
- L’Exposition internationale de Lyon (Victor Cambon). . 134
- La fabrication mécanique des tonneaux (G. Lanorville). 145
- Heurtoir glissant à freinage (R. Bonnin) . .........159
- De la pomme de terre à la fécule et au pain de guerre (François Neuvillette). . ............................195
- 2. — Électricité,
- L’électricité atmosphérique et les paratonnerres (.1. Du-
- breton)............................................... 20
- Télégraphie sans fil : un bon poste d’amateur (L. Fournier) ................................................... 6
- Les méfaits des courants électriques vagabonds (J. Dover). 119
- Télégraphie sans fil (L. Fournier) ...................... 90
- Nouvelle lampe à incandescence (H. Marchand). . .a. 107
- Le chemin de fer électrique de Grenoble à Villard-de-
- Lans (0, Décosibaz)...................................110
- Enregistrement des signaux horaires de T. S F. . 79
- Propriétés des corps supraconducteurs................. . 109
- 3. — Photographie.
- Observation des animaux par la photographie... 45
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- TABLE DES
- Le Téléphot multiple (Ernest Coustet)...................103
- Le <c Rinémaplastic » (H. Vigneron).....................110
- Photographies en couleurs pouvant être reproduites
- (André Breton).......................................148
- Extériorisation d'images photographiques................109
- 4. — Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Percement des siphons dans la grotte de Pmmouchamps
- (E. Raiiir)....................................... 62
- Nouveaux travaux du port de Rouen (li. Bonnin). . . 84
- Canal de Panama : utilisation militaire (Sadvaire Jourdan).................................................144
- 5. — Mines et métallurgie.
- La vie des métaux (F. Robin)........................167
- Le bassin houiller de Sarrebruck ;..................215
- Les alliages fer-nickel.............................141
- 6. — Transports. — Chemins de fer et Automobile.
- Le monorail et automobile gyroscopique Schilowskv
- (Y. Forbin)..................................... 49
- Chemin de fer électrique de Grenoble (0. Décomraz). 110
- 7. — Aéronautique.
- Le biplan Paul Schmitt à incidence variable (R. Chassé-
- riaud).................................................. 113
- Le vol sans moteur (R. Chasse'riaud)....................127
- Expériences d’aviation à la portée de tout le monde
- (R. Chassériaud)........................................ 165
- Dirigeable miniature.............'.......................195
- MATIÈRES ........~231
- Épaves d’aviateur allemand (L. D. L.).....207
- Laboratoire aérodynamique d’Auteuil.......189
- 8. — Marine. — Art militaire.
- La première utilisation militaire du canal de Panama
- (Sauvaire Jourdan) ......................................144
- L’évaluation des distances à la mer (Sauvaire Jourdan). 163
- Les trains blindés (Y. Forbin)..............................177
- La défense de la Belgique par les inondations (P. Sal-
- lior).................................................. 186
- Les balles « dum-dum » (J. d’Izieu).........................191
- Ravitaillement des navires de guerre en haute mer
- (R. Bonnin)..............................................193
- Ouverture du canal de Panama (R. Bonnin)....................206
- L’artillerie lourde allemande sur le champ de bataille. 209
- La guerre en automobile.....................................216
- La base navale allemande d’Héligoland.......................221
- Sécurité des grands navires............................\ 78
- IX. — VARIA.
- 1. Biographies.
- A la mémoire d’Ampère (J.-P. Lafitte)................. 170
- Louis Henry (Nécrologie)..........................189
- 2. Beaux-Arts.
- La science au service de l’expert d’art (A. Gradenwitz). 71 Les sculptures en briques (A. Gradenwitz)...........175
- 3. Divers.
- La sténographie au Parlement (A. Lei.ioux)............ 95
- I/esprit scientifique en temps de guerre (H. Le Ciiateuier). 189
- FIN DES TABLES
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : J20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2141. — 6 JUIN 1914. SUPPLÉMENT.
- RENSEIGNEMENTS UTILES
- Photographie
- Obturateur de plaques l’indéréglable.
- L’an dernier, la Société des Etablissements Macken-slein (S. E. M.) venait de créer à l’usage des amateurs la chambre photographique « Kesténor-Folding » 9X 12, qui fut décrite à celte même place.
- Rappelons que la « Kesténor-Folding » est un appareil étudié jusqu’en ses moindres détails, réunissant toutes les conditions d’élégance, de précision, de poids, de volume et de bonne exécution, avec lequel l’amateur peut aborder facilement et sûrement tous les genres de photographie, voire même du reportage, et tout cela, soit en noir, soit eu couleur.
- Cet appareil permet d’employer indifféremment plaques ou pellicules, châssis simples, magasins contenant six plaques.
- Toutes ces qualités ont été appréciées des amateurs, puisque c’est à peine si les Etablissements Mackenstein arrivent à satisfaire les commandes qui affluent à leur magasin.
- Mais il est d’autres photographes pour lesqxiels ces instruments, si parfaits qu’ils soient, sont encore insuffisants, ce sont : les reporters de journaux et les amateurs d’instantanés ultra-rapides, ceux qui pratiquent la photographie hippique, par exemple.
- Les Etablissements Mackenstein viennent de songer à satisfaire ceux-là, en construisant un nouvel obturateur
- Fig. i. — L’appareil photographique « Kesténor ».
- de plaques, l’« Indéréglable », qui fonctionne à merveille sur les divers appareils simples ou stéréo-panoramiques qui en sont pourvus.
- On sait que l’obturateur de plaque est un rideau à fente horizontale qui glisse devant la plaque exposée avec une vitesse plus ou moins rapide ; vitesse obtenue d’abord par la largeur donnée à la feule dit rideau jet
- ensuite par la rapidité du passage de cette fente devant la plaque.
- C’est certainement de tous les obturateurs celui qui donne le plus grand rendement, chaque portion de plaque découverte par la fente recevant en effet la totalité du faisceau lumineux; c’est donc l’obturateur qui permet de réduire le temps de pose à sa plus petite durée.
- Fig. 2. — L’obturateur de plaques F « Indéréglable ».
- Pour la photographie des grands instantanés : courses, sports, sauts de chevaux, autos ou trains en marche, c’est le seul sur lequel on puisse absolument compter; il permet les instantanés par tous les temps, tôt ou tard dans la journée et même la nuit dans une salle bien éclairée.
- Mais pour avoir des résultats aussi remarquables, il faut un instrument parfait, sûr, rapide et d’un mécanisme absolument indéréglable ; tel est celui que viennent d’étudier et de construire les Etablissements Mackenstein.
- Cet obturateur permet la pose et l’instantané de i/ioe à 1/2000° de seconde par la simple combinaison de la largeur de la fente du rideau et de la tension du ressort de vitesse, et il suffit d’une seconde pour fixer la largeur de cette fente, et d’une autre pour établir la tension du ressort et armer; de plus,,comme cet obturateur ne découvre pas la plaque en armant, toute chance de la voiler est par cela même écartée.
- Partisans des instantanés à vitesses exagérées, vous surtout, reporters, que votre métier force à vous procurer des documents photographiques par tous les temps, et dans des endroits obscurs, voilà votre appareil; aucun ne peut l’égaler. Renseignez-vous, au surplus, auprès de vos confrères des grands journaux de la presse parisienne, qui en sont pour la plupart pourvus; allez au 7, de l’avenue de l’Opéra, maniez à loisir l’appareil, admi-rez-en les résxiltats et vous serez convaincus.
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- RENSEIGNEMENTS UTILES
- Rigidité parfaite, maniement simple et sûr, jen souple et doux, exempts de vibrations.
- Avec T « Indéréglable » plus de dérangements dans les différents organes, plus de ratés, plus de rideau s'arrêtant parfois, comme dans bien d’autres instruments, au milieu de la course; le rêve enfin! — Etablissements Mackenstein, 7, avenue de l’Opéra, Paris. Catalogue illustré gratis aux lecteurs de La Nature.
- Cinématographes
- Le Cinéma « Francia ».
- Le cinématographe a pris une telle place dans la vie moderne qu’un appareil simple, lonctionnant sans aucun apprentissage et aucun danger d’incendie, est assuré du succès.
- C’est le cas du Cinéma « Francia » qui, construit avec fous les soins qu’exige un appareil de précision,
- d’un maniement simple et sans danger, permet de faire la projection lixe ou animée à volonté, c’est-à-dire d’arrêter sans aucun danger d’incendie l’appareil à n’importe quel moment.
- Le Cinéma « Francia » passe les films de toutes les marques et le client 11’est tributaire d’aucune d’elles, puisque, avec son appareil, il peut louer ou acheter les films qui lui plaisent n’importe où. C’est le seul appareil permettant de passer des vues de 3oo m. sans arrêt, point très important aujourd’hui où la plupart des vues ont un métrage quelquefois supérieur et rarement inférieur à 3oo mètres.
- Le Cinéma « Francia » répond donc à tous les besoins d’enseignement ou de distraction.
- Son fonctionnement est très simple. Chaque appareil est accompagné d’un manuel permettant, en fort peu de temps, d’apprendre à placer le film sur l’appareil, à régler la lumière et à faire fonctionner le cinéma.
- Partout où l’électricité existe, il suffit d’intercaler sur le courant une résistance qui ramène au voltage voulu l’intensité du courant.
- Partout où il n’y a pas d’électricité, une batterie d’accumulateurs spéciale permet, sans difficulté, d’obtenir une lumière électrique puissante pendant 20 heures consécutives.
- L’appareil est d’un encombrement 1res réduit et tient dans un coffret métallique, semblable à celui d’une machine à écrire et d’une dimension à peu près équivalente.
- Le poids de l’appareil n’excède pas i5 kilos.
- Entièrement de fabrication française, comme son nom l’indique, il est, avec l’élégance qui caractérise notre industrie, d’une solidité et d’une résistance dues aux matériaux employés à sa construction, qui en font l’appareil de choix pour les projections.— Cinéma « Francia », 42, rue Legendre, Paris.
- « Le Kinéclair ».
- Tout a été dit sur le rôle éducateur du cinématographe et, en attendant que l’Etat s’en préoccupe efficacement pour ses écoles et ses lycées, voici que, sous l’initiative avisée de M. Léopold Bellan, une leçon-type de cet enseignement spécial vient d’être "faite par le professeur Collette, dans le préau de la rue des Jeûneurs, au grand profit des écoliers et de leurs familles.
- Cependant, c’est surtout chez soi, dans chaque foyer, que l’idée doit faire son chemin et, pour en mettre la réalisation à la portée de tous, la Société Française des Films et Cinématographes « Eclair » (12, rue Gaillou, Paris) a créé son appareil de salon « Kinéclair », lequel, sous un format réduit, présente les qualités et les perfectionnements des grands postes de projection. L’entraînement du film est obtenu par le meilleur des systèmes , la croix de Malte, renfermée ainsi que son plateau dans un carier étanche à bain d’huile qui les met à l’abri des poussières. La marche régulière est assurée par un volant et peut être suspendue ou reprise selon les besoins, par exemple, lorsqu’on désire s’appesantir sur un détail, décomposer un mouvement, etc., et l’image est reproduite sur un écran métallisé qui en
- augmente encore la luminosité. Quant à l’agent producteur de lumière, des essais comparatifs ont fait adopter un type spécial de lampe Bénard qui, sous 3 ampères seulement, possède la puissance des 10 à 12 ampères nécessitées par les lampes ordinaires et se branche sur toutes les canalisations existantes de môme que sur un simple accumulateur. Ce dernier mode est indispensable à la campagne oïl l'électricité fait défaut, et c’est bien d’ailleurs pour la campagne que le Kinéclair semble créé ; car, en outre de l'économie, de la sécurité, de l’absence de réglage, il a cette supériorité de passer tous les films du commerce et permet ainsi à son possesseur de choisir dans les collections courantes et d’utiliser les films qui l’intéressent davantage. De plus, la Société « Eclair » a eu soin de former et de mettre en vente sous le nom de « Scientia » une sorte de Bibliothèque lumineuse composée de films ininflammables où se trouvent comprises les matières les plus variées, voyages, géographie, histoire, sciences physiques et naturelles, métiers et industries, beaux-arts, etc... le tout accompagné de notices explicatives les plus utiles aux maîtres comme aux élèves, pour lesquels elles sont écrites. Prix du Kinéclair et accessoires ; 35o francs.
- Télégraphie sans fil
- Détecteur-condensateur Duval.
- Cet ingénieux petit appareil se compose d’un socle en matière isolante supportant les deux bornes du téléphone, les bornes antenne et terre, ainsi que la cuvette destinée à recevoir la pastille détectrice et une colonne portant le chercheur qui constitue une des particularités du brevet Duval. La cuvette est munie d’une vis de serrage, permettant de serrer, soit une pastille détectrice formée d’un cristal, naturel ou artificiel, serti dans un alliage fusible, soit le cristal lui-même. Le chercheur est constitué par une lame métallique rigide, dont une extrémité peut coulisser et tourner autour de lavis supérieure de blocage de la colonne. Un ressort est soudé au-dessous de celte lame et porte une minuscule borne de serrage à l’une de ses extrémités. Enfin, une vis de réglage permet de régler la pression de contact entre la pointe utilisée et le cristal choisi. La pointe peut être une tige métallique rigide époinlée lorsque le cristal est de la pyrite, ou un fil métallique recourbé plusieurs fois en spirale, de façon à lui donner plus de flexibilité lorsque le contact doit être très léger, comme c’est le cas avec les galènes naturelles ou artificielles.
- Un petit condensateur, intercalé entre la borne antenne et la colonne, est fixé sous le socle et permet d’utiliser
- à Paris et dans la banlieue comme antenne, une canalisation d’éclairage électrique, un toit en zinc ou un tuyau de gaz, et comme terre le tuyau d’eau le plus voisin. Ce détecteur est pratiquement indéréglable, sensible et robuste. La marine nationale a mis en service un modèle spécial de cet appareil muni de trois chercheurs et de trois cristaux,; qui peuvent être réunis ou non en quantité.— Le constructeur du détecteur Duval est M. Louis Ancel, l’ingénieur spécialiste bien connu, 91, boulevard Pereire, à Paris.
- Automobilisme <*<•&>
- Le « CLEARSON » avertisseur pour automobiles.
- Pour1 faire de bon tourisme automobile, il ne suffit pas d’une belle et bonne voiture et de beau temps, il faut encore une belle route, sans encombrement, où véhicules et piétons se rangent avec discipline au passage de la voiture plus rapide. Un avertisseur d'automobile se faisant entendre de loin, et dont l’appel ne puisse être confondu avec aucun autre bruit est donc un auxiliaire indispensable de l’automobiliste, à qui il assure agrément et sécurité.
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- ÜP
- RENSEIGNEMENTS UTILES
- Le Clearson, appareil français malgré sa désignation exotique, répond parfaitement à ces exigences; il a en outre le mérite d’ètre d’une grande simplicité mécanique. Il se compose essentiellement d’une membrane d’acier qui vibre sous les impulsions produites par un moteur électrique tournant à grande vitesse. Le moteur est alimenté par une petite batterie d’accumulateurs de 8 volts,
- 4o ampères, ou une batterie de piles. Il suffit de presser sur un boulon interrupteur pour mettre le moteur en marche et faire retentir immédiatement le cri d'alarme de l’avertisseur.
- Il existe également un appareil du même type, mais purement mécanique, fonctionnant à la main. L’appareil
- est très léger, il ne pèse que 1 kg 65o. Ses appels sont cependant aussi puissants que ceux de l’appareil à moteur. On peut en régler l’intensité au moyen d’une manette.
- Le Clearson électrique coûte 17.5 francs, le Clearson mécanique, 120 francs. En vente chez M. Bassan, ingénieur-constructeur, 5, rue Carnot, Levallois-Perret.
- Le gonfleur à air pur Kirby-Atlas.
- Nous croyons utile de rappeler ici cet ingénieux appareil que nos lecteurs connaissent déjà (Voy. n° 2092, 28 juin 1913). Le gonflement à la main des pneus d’automobile est aujourd’hui considéré comme Tin travail barbare; et il est peu d’automobilistes amateurs, voire de chauffeurs de métier qui s’y soumettent, de bon gré. On a donc imaginé nombre de dispositifs pour substituer au travail de l’homme celui de la machine. Rappelons d’abord les bouteilles à air, ou à gaz com- ttntm
- primé, qui n’ont qu’un défaut, mais 99
- grave, celui de n’ètre pas aisément transportables, car elles sontpesantes Bjpï
- et imposent à la voiture un poids mort dont mieux vaut s’affranchir.
- La solution idéale est celle qui consiste à faire gonfler les pneus par le moteur lui-même. Puisqu’on a sur la voiture mètne une petite usine de force motrice, pourquoi ne pas en profiter ?Mais, direz-vous, le moteur ne suffît pas, il faut encore une pompe, et l’accoupler au moteur.
- Le gonfleur Kirby-Âtlas supprime même la pompe, c’est l’un des cylindres du moteur qui joue ce rôle; grâce k une valve spéciale que l’on monte en la vissant
- à. la place d’une bougie, le gonflement se fait le plus aisément du monde, et le gonfleur complet ne pèse pas plus de 3 kilogrammes.
- Cet intéressant appareil a été encore perfectionné depuis que nous avons signalé son apparition à nos lecteurs ; on a imaginé à son usage un raccord spécial se fixant instantanément à la place de la bougie, quand on veut gonfler. L’opération est ainsi rendue particulièrement facile.
- Ajoutons que, dans le même but, on a également perfectionné la bougie, en facilitant son démontage. La bougie démontable Kirby-Atlas se démonte par un simple demi-tour du levier, sans rien dévisser et sans clef. Cette disposition a le grand avantage, en outre, de rendre très faciles le nettoyage de la bougie et l’ajustage des pointes. — Le gonfleur Kirby-Atlas et la bougie Kirby-Atlas sont en vente chez Kirby-Beard et C‘e, 5, rue Auber, Paris. Prix de l’appareil : g5 francs.
- s§'tn&. Jlrmes
- Pour la chasse. — Les armes de chasse ont bénéficié largement des progrès de l’industrie moderne, elles- ont atteint leur maximum de perfection avec les fusils ham-merless à platines et éjecleurs. A la précision et à la justesse, ces armes joignent encore la commodité et la sécurité du mécanisme.
- A cet égard, il nous a été donné de voir chez l’armurier bien connu Guinard une série d’armes particulièrement remarquables. Des perfectionnements récents ont donné aux canons en acier une résistance extrême, et augmente encore la portée et la puissance du tir. Les cibles obtenues avec'ces fusils sont impressionnantes; la répartition est si régulière qu’elle permet d’affirmer que tout gibier à plumes aurait été atteint à des distances
- de 40 à 45 mètres. On trouve dans Y Aide-Mémoire du chasseur une étude intéressante du chokage et des cibles obtenues.
- Les armes automatiques pour la chasse des petits fauves ont également été perfectionnées; nous avons vu notamment une petite carabine dont les balles ont une vitesse initiale de plus de 800 m. ; ce chiffre suffît à faire comprendre la puissance de l’arme.
- Il convient encore de signaler les nouvelles cartouches imaginées par le même armurier, avec bourres spéciales, qui donnent comme portée et pénétration des résultats surprenants.
- En période de vacances, il est une autre chasse que celle au gibier, que la prudence ordonne de prévoir, c’est hélas! la chasse de l’homme par l’homme. Trop d’exemples montrent la nécessité pour le voyageur, le touriste, le villégiateur, de se munir d’une arme de défense. Nous avons vu chezM. Guinard toute une série de pistolets automatiques, rapides et puissants qui nous ont para constituer des armes défensives très efficaces. — Tous ces objets sont en vente chez Guinard, 14, avenue de l’Opéra, Paris. Catalogues spéciaux.
- ctgtisi. Tiygiene
- Les épidémies et les eaux.
- Il n’est plus besoin de démontrer que la plupart des épidémies sont dues aux micro-organismes contenus dans l’eau; l’hygiène la plus élémentaire oblige donc les personnes soucieuses de leur santé à n’employer que de l’eau parfaitement stérile.
- De tous les systèmes préconisés pour obtenir ce résultat, un seul reste le meilleur et le plus sur : la filtration de l’eau au moment même de sa consommation;
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- RENSEIGNEMENTS UTILES
- ifÉI
- en effet, non seulement un bon filtre stérilise l’eau d’une façon parfaite, mais encore ce système est le seul qui n’altère en rien les qualités de l’eau.
- En dehors du dispositif pratique qui permet de constituer un bon filtre, toute la valeur de cet appareil réside dans la qualité de la matière filtrante; la porcelaine spéciale du filtre Mallié est à ce point de vue tout ce qu’il peut y avoir de meilleur, elle s’est montrée supérieure à tout ce que l’on a produit jusqu’à ce jour dans tous les essais qui ont été faits.
- C’est pourquoi depuis de longues années ces appareils sont employés à la stérilisation à froid des sérums des-
- Fontaine de ménage sans pression.
- Filtre à pression.
- tinés aux injections hypodermiques ou intraveineuses et à la pasteurisation des vins, cidres, bières qui, ainsi traités sans chaleur, conservent toutes leurs qualités.
- Les résultats obtenus avec ce filtre l’ont fait adopter par les armées françaises, le Sénat, la Chambre des Députés, les Postes et Télégraphes, la Caisse d'épargne postale, etc., etc.; après concours, ils ont été adoptés par les armées espagnoles, la marine italienne, etc., etc.
- Au point de vue pratique, ces appareils sont d’une construction absolument parfaite, et l’on peut dire que depuis la fontaine de ménage, dont nous donnons ci-dessus une reproduction, jusqu’aux appareils destinés à la stérilisation de l’eau capables d’alimenter une ville entière, le dispositif mécanique de ces filtres représente ce qui peut se faire de mieux au point de vue pratique et hygiénique.
- Un nouveau dispositif des plus ingénieux permet d’obtenir de l’eau stérilisée fraîche en se servant du seul
- robinet de prise d’eau et sans aucune installation ni travail de plomberie.
- Un filtre à pression à grande surface est, au moment où l’on désire avoir de l’eau stérilisée, réuni par un tube avec l’orifice du robinet; il suffit alors d’ouvrir ce dernier pour obtenir un débit suffisant pour remplir une carafe en une minute.
- On peut, en retirantle tube du robinet, rendre ce dernier à son usage ordinaire.
- Le système qui permet de réunir le filtre au robinet est des plus simples, il est mis en fonction et retiré en un instant.
- Les Filtres Mallié se trouvent partout dans toutes les bonnes maisons d’articles de ménage, et 155, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- La Transpiration. — Ses inconvénients évitables.
- Le Bulletin général de Thérapeutique du 29 septembre igr3 relate les expériences de M. le professeur Ar-loing, de Lyon, qui ont démontré que la sueur provenant d’individus normaux est extrêmement toxique.
- Injectée à des chiens elle provoque la fièvre, les vomissements, la diarrhée, comme on le constate dans l'empoisonnement par l’urine. Les principes toxiques du liquide injecté se portent alors vers les muqueuses du tube digestif, et l’autopsie révèle les plus grands désor-
- dres. Cês expériences aident à comprendre l’aggravation lente, inexorable de la tuberculose chez les sujets qui transpirent beaucoup et résorbent une grande partie de leur transpiration. La maladie fait des progrès d’autant plus rapides que l’économie est ébranlée par l’empoisonnement lent dû à la résorption des toxines sudorales et que le terrain est préparé à toutes les déchéances par celte toxémie. Il faut donc éviter la résorption de la sueur, et s’appliquer au contraire à en faciliter l’élimination, et surtout la neutralisation, à mesure de son élimination.
- Pour se rendre compte des troubles que peut produire la résorption de la sueur sur nos tissus et sur 1 économie tout entière, il suffit de considérer les ra vages que produit la transpiration s\ir la peau d’abord, et sur les tissus des vêtements soumis à son action ensuite; l’épiderme se détruit réellement sous l’influence prolongée de la sueur. Nombreux sont les cas d’eczéma des aisselles, des cuisses, des doigts de pied qui ne sont dus qu’à l’alcalinité excessive de la transpiration, et quand l’effet nocif ne va pas jusqu’à l’eczéma ou l’érythème simple, il peut produire une pigmentation spéciale qui en est l’avant-coureur. L’épiderme, lui, se renouvelle.régulièrement, mais les tissus qui ne jouissent pas de la même propriété sont littéralement « brûlés » par la sueur. Et que dire de l’action de la sueur sur les cuirs des chaussures ? Décomposées lentement par celte humidité corrosive, les peaux les plus résistantes se macèrent : séchées, elles se recroquevillent et la bottine dans laquelle : on se trouvait à l’aise quand elle était neuve, se garnit de: bourrelets, de bosses, qui font autant de surfaces blessantes pour le pied ramolli lui-même par la moiteur qu’entretient la sécrétion constante*. Marcher devient un supplice, sans parler de l’odeur, épouvantable parfois, provenant de la macération de la peau, du bas, du cuir, qui entrent ensemble en décomposition. Tous cés maux étaient jusqu’ici sans remède et les soins hygiéniques les plus minutieux 11e parvenaient qu’à peine à atténuer ces inconvénients chez les personnes les moins affligées. Les observations du professeur Arloing ont suscité les recherches de nombreux hygiénistes qui se sont attelés à ce double problème : neutraliser sur place à mesure de sa production la sueur malsaine et empêcher la résorption des toxines qu’elle contient tout en n’arrêtant pas la sécrétion elle-même, ce qui serait ira danger pire que le mal.
- Le Dr Lesieur a composé une poudre qui réalise tous ces desiderata. Sans aucune odeur, elle est d’un emploi toujours discret. Elle supprime instantanément tous les inconvénients que nous venons d’énumérer. L’Asuda ne tarit pas la transpiration, elle la neutralise. Plus d’irritation de la peau, plus d’odeur, plus de tissus brûlés, plus de pieds blessés, plus de mains moites.
- Yoilà pour le corps, mais, direz-vous, la figure aussi se couvre d’une sueur souvent profuse, et c’est là que se fixent le plus facilement les poussières chargées de microbes pathogènes que l’air véhicule ou que les mains transportent.
- Contre tous ces inconvénients il existe un talisman que nous croyons utile de signaler. C’estl’Eau Glauque.
- Elle guérit en quelques heures l’herpès, soulage instantanément l’eczéma, et est, à l’heure actuelle, le seul agent curatif et préservatif de l’acné, de la folliculite et de la furonculose.
- Elle nettoie la peau d’une façon absolument parfaite, supprime les comédons, les taches de rousseur, les rides précoces, enlève le feu du rasoir en laissant à la peau une sensation de fraîcheur délicieuse. Après son emploi on n’a plus à craindre l’irritation des bulbes pileux par la toile du faux-col et les grains de poussière, et on peut affirmer qu’elle fait avorter dès leur apparition tous les boutons, de quelque nature qu’ils soient. Elle est aussi souveraine pour les piqûres d’insectes, puces, moustiques, etc. Elle blanchit réellement et supprime en- quelques semaines les taches de rousseur. Par son emploi l’épiderme est tonifié au point que les rides précoces disparaissent.
- Employée à la descente du train ou de l’automobile, elle donne une sensation de fraîcheur reposante qu’apprécient tous les sportsmen soucieux de leur hygiène.
- N. B. — L’Asuda est envoyée franco de port contre mandat de 2 fr. 5o et l’Eau Glauque contre 10 francs, adressés au Laboratoire du Dr Lesieur, 5, rue Chateaubriand, Paris,
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- RENSEJ GNEMENTS UT] LES
- CONSTRUCTIONS DÉMONTABLES
- II n’est guère de maison de campagne ou l’on n’ait besoin d’ajouter de temps à autre une petite construction : abri, hangar, remise, etc. Pouvoir élever rapidement un tel bâtiment, sans grands frais, tout en gardant la possibilité de le déplacer, de le transporter, de le démonter à sa volonté quand besoin est, est une telle commodité que l’on peut dire qu’une petite construction démontable est une annexe indispensable à la maison.
- La Nature a consacré, en 1894, soit il y a vingt ans, un article au système de constructions démontables, inventé par M. le lieutenant-colonel Espilallier, du Génie, et dont la Compagnie des Constructions démontables et hygiéniques, 54, rue balayette, Paris, commençait à celte-époque l’exploitation.
- Appliqué, au début, au matériel des services militaires, ce système de construction a été successivement adapté à d’autres besoins, et ses applications ont été depuis innombrables.
- Les constructions démontables se font dans toutes les tailles. L échelle des modèles comprend depuis le petit abri de jardin, ou la remise à outils de 1 m2 de surface, tous les types intermédiaires : chalets de chasse, pavillons d’habitation de toutes dimensions, pour aboutir à de grands ensembles, tels que, par exemple, l’organisa-
- Petit abri pour jardin.
- la Compagnie, d’après les devis établis, arrivent prêts à pied d’œuvre. Le seul travail restant à faire sur place est l’assemblage des pièces et des panneaux entre eux.
- Il peut se faire très rapidement et l’on a vu maintes fois s’élever complètement en quelques heures un chalet ou un abri.
- Citons, comme exemple
- pittoresque d’utilisation de ces constructions, la maison démontable emportée par M. le Dr Charcot dans sa première expédition aularctique de 1904 — laissée à l’île Wandel, sur les confins du Pôle Sud, de 190I à 1909 — puis rapportée à l’ile Petermann en 1909 — démontée depuis, et transportée enfin en France par le Dr Charcot.
- L’armée, dans les organisations de casernement nécessitées par la création récente de nombreux centres d’aviation, a utilisé largement le système Espitallier. L’application de la loi de trois ans a suscité aussi de nouvelles applications, telles que la construction de grandes écuries au camp d’instruction de Coetquidan, aux ^Sables-d’Olonne, à Agen, etc.
- Les grandes entreprises de travaux publics en France, emploient aussi couramment les constructions démontables, système Espitallier, notamment pour les grands travaux de ports et de chemins de fer à l’étranger, comme bureaux, logéments, gares, etc. Citons les installations faites en Argentine pour la maison Hersent,
- Petit pavillon de campagne.
- lion complète d’un centre d’aviation, ou encore un groupe de pavillons couvrant 3ooo m2, comme le bâtiment des Beaux-Arts, à l’Exposition nationale suisse, qui se lient actuellement à Berne.
- Et quelle que soit l’importance du bâtiment, il est toujours essentiellement démontable et transportable.
- L’emploi d'une construction démontable est particulièrement indiqué pour les installations temporaires à faire sur un terrain loué par exemple, partout où les communications sont peu aisées, où les matériaux sont difficiles à trouver, où la main-d’œuvre locale est coûteuse ou rare, aux colonies entre autres.
- Les éléments, préparés à l’avance dans les ateliers de
- Magasin à matériel roulant (génie militaire).
- au Brésil et en Grèce pour la Société de Construction des Batignolles, les chemins de fer du Nord du Brésil, du Yémen, etc.
- Nous indiquerons aussi la construction d’écoles et de bureaux faite par la direction des Travaux publics au Congo portugais.
- Nos lecteurs que la question intéresse, qu’il s’agisse d’un petit pavillon pour jardin, d’un hangar léger, pavillon d’habitation, ou d’un ensemble important, recevront tous renseignements sur les dimensions, le montage, le devis, etc. , en s’adressant à la Compagnie des constructions démontables et hygiéniques, 54, rue Lafa-yette, à Paris.
- Vue d’une' partie du centre d’aviation militaire de Pau.
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- RENSEIGNEMENTS UTILES
- SM
- <*§tns. Confort et habitation -s**.
- Chauffage « QUIES ». par eau à circulation accélérée
- Les recherches faites depuis quelques années en vue d’améliorer les conditions du chaulïage moderne ont porté principalement sur les moyens propres à accélérer la circulation de l’eau dans le thermo-siphon ordinaire. Divers moyens ont été préconisés, mais presque tous nécessitent la production intense de vapeur pour accélérer le mouvement de l’eau dans la chaudière et dans les appareils.
- Le système « QUIES » présente une élégante solution du problème.
- Il se caractérise très nettement en ce sens que la circulation accélérée s’obtient pour des températures relativement basses. La pulsion motrice s’établit pour une température initiale de 55° au thermomètre de la chaudière et elle s’accroît de plus en plus, au fur et à mesure que celte température augmente Dans de telles conditions, le système conserve les avantages multiples du
- . La chaudière « Coccina
- thermo-siphon, sans en avoir les inconvénients. Le fonctionnement est basé sur le phénomène physique du geyser et ne nécessite la présence d’aucun appareil mécanique susceptible de se dérégler et conséquemment d’interrompre la circulation.
- Le système « QUIES » peut être appliqué indifféremment à tous les types de chaudières, il permet :
- De réduire les diamètres de canalisations dans de sensibles proportions ;
- De pouvoir ramener les retours des radiateurs au plafond, côtoyant les tuyaux d’arrivée;
- De placer la chaudière au même niveau que les radiateurs, et le cas échéant, au-dessus des surfaces de chauffe ;
- De diminuer les surfaces radiantes et, par conséquent, le volume de la masse d’eau, véhicule de chaleur;
- De faire des mises en route extra-rapides.
- Tous ces avantages se trouvent réunis dans les nombreuses installations faites par les constructeurs du chauffage « QUIES », tant dans les petits pavillons d'habitation, que dans les appartements, hôtels, châteaux, églises, etc.... Des applications comportant plusieurs centaines de radiateurs ont été faites d\i système « Quies » dans les grands établissements financiers : Crédit Foncier de France, Caisse d’Epargne et de Prévoyance de Paris, dans les Grands Magasins du Bazar de l’Hôtel de Ville, à l’hôtel Plaza, etc.
- L’exiguïté des emplacements dont on peut disposer, dans beaucoup d’appartements, a conduit les Installateurs du système « QUIES », à créer le type de chaudière « Coccina ». La figure ci-dessus en montre la disposition. L’encombrement de la chaudière est ainsi réduit au minimum, et le foyer peut être utilisé, dans certains cas, pour la cuisson des aliments. Ecrire pour tous renseignements au chauffage « QUIES », n, rue Yiète, à Paris (17e).
- Moyen pratique de restauration de la pierre effritée.
- Le rôle qui nous incombe de tenir nos lecteurs au courant de tout ce qui peut les intéresser, nous fait un devoir de signaler ici, en bonne place, l’excellent parti que l’on peut tirer de l’emploi du « Simili-Pierre » dans la restauration de la pierre naturelle dont l’usage et les intempéries ont altéré la solidité et la résistance inhérentes à ce genre de matériaux. Le temps a raison de tout et, quelles que soient les qualités de la pierre naturelle employée en construction, l’effritement, cette maladie occasionnée par la vétusté, se manifeste plus ou moins vite selon la nature de la pierre, mais fatalement se produit et finit par désagréger les matériaux réputés les plus solides au point de donner à certaines façades l’aspect lépreux précurseur de la ruine.
- La restauration s’impose alors si l’on ne veut pas que le mal s’aggrave au point de devenir irréparable et c’est ici que l’emploi du Simili-Pierre est tout indiqué parce que, sans difficulté aucune et avec le minimum de dépense, puisqu’il ne faut aucun spécialiste pour cela, n’importe cpiel ouvrier sachant travailler le ciment saura rendre à la pierre détériorée son aspect primitif quels qu’en soient la nature, le grain ou la teinte.
- Au lieu de façades s’agit-il de marches d’escalier en pierre dont l’usure aura rendu le service dangereux en même temps que l’aspect des plus' désagréables à l'œil;’ Ici encore, la réfection est rendue facile et peu coûteuse par l’emploi du Simili-Pierre dure que nous avons vu appliquer à maintes reprises et toujours avec le plus grand succès.
- Le court espace dont nous disposons ne nous permet pas de nous étendre plus longuement sur ce sujet; qu’il nous suffise de terminer en priant nos lecteurs, que la question intéresse, de s’adresser directement à la maison Broulin et Gio, fabricants, 17, rue de l’Ourcq, à Paris (19e), qui se fera un plaisir de leur adresser gratuitement et franco tous renseignements complémentaires.
- Nouveau hamac à transformations.
- Le hamac, propice aux rêves indolents et au doux farniente, est un agréable accessoire de villégiature et de tourisme. Ceux que l’on fabrique aujourd’hui sont si légers et si peu encombrants qu’ils 11e chargent guère le bagage de l’excursionniste ; et les instants d’excellent repos qu’ils assurent récompensent généreusement du bien léger embarras qu’ils ont pu occasionner.
- Ce hamac déjà si parfait vient encore d’être perfectionné de très ingénieuse façon. Le hamac à transformations imaginé par MM. Dumont fils et Coënt, à qui l’on doit déjà un ingénieux portique démontable, le Slrong-fort (voy. n° '2092, 28 juin 1913), n’est plus
- seulement la douce et oscillante couchette de fils dont
- Le hamac transformé en siège.
- nous avons tous apprécié le charme aux heures chaudes de la journée ; grâce à son montage particulier et. à sa constitution en deux parties bien distinctes, dont notre figure fait comprendre très nettement le fonctionnement, il peut, suivant, l’inclinaison et la tension des cordes, servir non seulement de hamac ordinaire, mais encore de chaise longue, ou de fauteuil.
- Lorsque l’on est fatigué de la position couchée, on transforme le hamac en une sorte de chaise où, très confortablement assis, l’on peut lire ou travailler, suspendu à quelques centimètres au-dessus du sol.
- Ce hamac est en vente à la maison Lemaire, 18, rue Perrée, Paris.
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- RENSEIGNEMENTS UTILES
- Sports
- sgTNS, Voyages -s^§&
- LE RETTUNG
- Malgré la pratique grandissante des sports en France, il est navrant de voir que la natation est réservée à une minorité d’hommes. Les anciens ne disaient-ils pas jadis, pour témoigner du dédain que leur inspirait l’ignorance
- d’un individu : « Il ne sait ni lire, ni écrire, ni nager. » C'est donc un devoir d’apprendre à nager. Rien n’est plus simple, d’ailleurs, avec une bonne ceinture insubmersible. Suivant les aptitudes, on doit savoir nager après trois ou dix bains.
- Le Rettung remplace avantageusement toutes les ceintures ou cuirasses de liège. Taillé dans un tissu souple, il se compose de deux plastrons d’une épaisseur de i cm environ, s’adaptant comme un sous-vèlement et se glissant sous le maillot.
- Sa forme et sa légèreté en font véritablement l’objet rationnel et jjratique et il permet d’apprendre à nager seul, parfaitement et en toute sécurité.
- Son poids varie suivant la taille.de aao à 3f>o grammes.
- Son entretien est nul et ce plastron aura sa place marquée dans tous les canots, yachts et garages.
- Pour l’achat, bien indiquer la taille : enfants, femmes ou hommes.
- À litre d’échantillon, M. Henry Gallet, 29, rue des Petites-Ecuries, à Paris, adresse un appareil franco contre envoi de ia fr. a5 pour enfants jusqu’à i3 ans et 17 fr. 75 pour modèle hommes ou femmes.
- La Brassière Perrin.
- L’été est la saison des bains et des voyages en mer. Pour ceux qui ne savent pas nager et qui veulent apprendre, pour ceux qui s’embarquent et veulent prendre toutes leurs précautions, dans tous les sports aquatiques, en hydroaéroplane, en yacht, en canot automobile ou autre, la brassière Perrin est indispensable.
- Cette brassière est un appareil de sauvetage d’une absolue sécurité.
- C’est une poche étanche en tissu caoittchoulé, d’une coupe spéciale, qui s’attache au corps par des bretelles; elle reste donc fixée sur la poitrine sans pouvoir glisser. Elle se lixe instantanément au moyen de deux mousquetons. Très gonflée à l’avant, elle assure une flottabilité parfaite du corps, sans danger de chavirement, tandis que les côtés latéraux aplatis 11e gênent nullement le mouvement des bras dans la nage. Son mode de gonflement est des plus simples et des plus ingénieux : on l’obtient instantanément en perforant une capsule d’acide carbonique liquide, fixée à la brassière, qui fournil 12 litres de gaz. Cette capsule peut être facilement remplacée.
- La Nature a d’ailleurs déjà décrit cet ingénieux
- appareil ^1989, 8 juillet 1911), qui fut depuis adopté par les marines de guerre française et anglaise et consacré par les sommités de la marine et des sports.
- En résumé, la brassière Perrin, appareil automatique et instantané de sauvetage, peut soutenir jusqu’à 3 personnes immergées.
- Administration, 46, rue Saint-Lazare; envoi gratuit de la notice. En vente dans les principaux magasins de sports, nouveautés, notamment .:
- Au Gagne-Petit, a3, avenue de l’Opéra; Mestre et Blatgé, 5, rue Brunei; Rivaud, 48, rue d’Amsterdam; Voyage automobile, 12, rue de la Chaussée-cfAntiu; Williams,. 1, rue Caumartin ; Zingraff, 184, rue de Rivoli.
- Voyages en Méditerranée et en Indo-Chine par les paquebots de la Compagnie des Messageries maritimes.
- L intérêt que nous portons à la diffusion du tourisme ne nous permet pas de passer sous silence une de ses formes les plus attrayantes : le voyage en mer, l’excursion dans les pays de perpétuel soleil, de civilisation antique et parfaite.
- Prendre passage à Marseille sur un beau navire, et
- Lo Lotus, courrier d’Égypte, de la Compagnie des Messageries maritimes.
- voguer vers l’Egypte mystérieuse où la pierre sculptée nous apprend le langage des siècles ! Visiter ensuite la Palestine, remonter vers Constantinople et le Bosphore, voir se succéder tant de villes que nos rêves ont parées d un éclat sublime! Regagner la France par la Grèce : comparer en soi, devant le Parlhénon, la sévérité égyptienne, l’aveuglante splendeur byzantine et ce miracle" de l’esprit humain discipliné, la force et la grâce dans la mesure, 1 art atlique, quel délicat n’en a formé le projet confus, soit en voyant tomber nos pluies d’hiver, soit en fermant un livre évocateur?
- La Compagnie des Messageries maritimes met à la disposition des touristes des unités rapides et confortables. Nous excéderions le cadre de cet article si nous prenions à tâche de rappeler le concert d’éloges dont 1 opinion tout entière salua, lors de leur mise en service, le Lotus et le Karuak, courriers d’Egypte. Les journaux furent imaninies à reconnaître que nous possédions, enfin, sur celle ligne, des navires de lüxe capables de concurrencer avantageusement les unités les plus justement réputées des Compagnies de navigation étrangères.
- Le même succès avait accueilli, en 1912, le premier voyage du Paul- Lecat. Eu citant ce paquebot, exclusive-menl^consacré à la ligne de Chine, nous nous^éloignons déjà du tourisme proprement dit ou plutôt nous [lom-
- Salle à manger des premières dti Paid-Lccat.
- bons dans le grand tourisme. Des merveilles extrême-orientales, telles que les ruines d’Angkor et la baie d’Along, peuvent agir assez impérieusement sur la curiosité pour déterminer le voyageur à se mettre en route sans souci de la distance, ni du temps. Le temps n’existe pas pour celui qui voyage, puisqu’il échappe à la monotonie qui seule, impitoyablement, le mesure.
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- RENSEIGNEMENTS UTILES
- 'Enseignement
- L’Ecole technique Scientia.
- Dans ce numéro que nous consacrons à la science, il nous semble intéressant de signaler à nos lecteurs l’Ecole technique Scientia. La pensée des fondateurs-, du conseil d’administration et du conseil de perfectionnement (qui réunissent des noms comme ceux de MM. d’Ar-sonval, membre de l’Institut, professeur au Collège de France; Morel, ancien ministre des Colonies; Steeg, ancien ministre de l’Instruction publique; Carpentier, de l’Institut, le constructeur bien connu), a été d’adjoindre à une forte éducation théorique un enseignement expérimental aussi varié et aussi développé que possible en Mécanique, Physique, Chimie et Electricité. Ce programme, qu’aucune Ecole (eu France du moins) n’a réalisé jusqu’ici, permet aux élèves sortant de l’Ecole technique Scientia, de se rendre utiles immédiatement dans une branche quelconque de 1 industrie. Ils ont, en effet, en plus des connaissances techniques voulues, une habitude des travaux de laboratoire et même d’atelier qu’on ne donne pas ailleurs, Cet enseignement expérimental est, du reste, complété par de nombreuses visites d’usines et même par des voyages d’études.
- Une section spéciale reçoit les jeunes gens qui se préparent aux grandes Ecoles sxqxéi'ieures : Ecole Centrale, Ecole des Mines, Ecole des Ponts et Chaussées, Ecole sxvpérieure d’Electricité, Instituts de Chimie, de Mécanique, d’Electricité de Paris, Nancy, Grenoble, Liège, Zurich, etc. Ils arrivent à ces Ecoles avec mie préparation scientifique égale, si ce n’est supérieure, à celle de leurs concurrents et avec un savoir expérimental qui les mène obligatoirement aux premiers rangs.
- En résumé, l’Ecole technique Scientia nous paraît offrir aux jeunes gens, quelle que soit la carrière industrielle à laquelle ils se destinent et qu’ils passent ou non par les Ecoles spéciales, le maximum de garanties de réussite.
- L’Ecole Scientia se trouve à Paris, 23, rue François-Gérard (i6°).
- ct§,ï''S* T^imecin ^^,§33
- Appareils à polycopier Maurice Eyquem. — Economisons notre temps ! La machine humaine est un trop merveilleux instrument pour F employer, hors de nécessité, à des travaux purement mécaniques. Parmi les besognes fastidieuses, dont on peut aujourd’hui confier le soin à des machines, nous citerons au premier rang, les copies à la main. La machine fera le travail mieux, et plus vile que l’homme; une condition cependant doit lui être imposée; il faut que son mécanisme soit simple ; de façon qxi’elle puisse être confiée à n’importe qui et que son prix d’achat ne soit pas rédhibitoire pour les budgets modestes.
- Les appareils à polycopier de Maurice Eyquem répondent parfaitement aux exigences de ce programme ;
- ils reposent sur le principe suivant : perforation d’une feuille cirée imperméable au moyen soit d’une molette, soit d’une lime. Cette feuille ainsi préparée à sec peut servir immédiatement au tirage des copies : on passe sur elle un rouleau encré ; on applique la feuille de papier sur laquelle doit s’imprimer la copie et la reproduction est effectuée. Ce principe a été appliqué de diverses façons dans les ajjpareils Eyquem, selon les applications spéciales auxquelles ils sont destinés. Tous jouissent des mêmes qualités : simplicité et économie. Les services qu’ils peuvent rendre sont considérables. — Ils se trouvent chez Maurice Eyquem, igi, boulevard Pereire, Paris.
- DIVERS
- Pour construire soi-même un « Ozonateur ». —
- Un de nos lecteurs, M. Filsch-Lang, nous communique un procédé simple pour construire soi-même un ozonateur : Se procurer chez n’importe quel marchand de couleurs nue de ces petites lampes à alcool comme ou en trouve communément dans tous les laboratoires, et que l’on peuL même, au besoin, confectionner bien facilement soi-même. On y remplace la mèche de colon par un morceau de corde d’amiante que l’on plie en deux et tresse comme l’indique la figure. On imbibe l’extrémité À de cette mèche de quelques gouttes d'une solution de chlorure de platine, puis on la porte quelques instants au rouge dans la flamme d’un brûleur Bunsen. On s’assure que la mèche est bien préparée en éteignant le brûleur et rouvrant immédiatement le robinet : la partie plaLinée qui vient d’être chauffée doit se maintenir incandescente dans le gaz froid. On remplit la lampe d’alcool à g5°, que l’on a parfumé de quelques gouttes d’essence au choix; l’appareil est dès lors prêt à fonctionner. — Pour se servir de l’ozonateur, on allume l’alcool comme pour une lampe ordinaire, et on éteint au bout d’une demi-minute en soufflant; l’extrémité platinée se maintient incandescente et les prodxxits antiseptiques de l’oxydation lente de l’alcool se répandent dans l’atmosphère, mélangés au parfum dont on a additionné l’alcool. — Le liquide monte parfaitement le long de cette mèche incombustible et l’incandescence peut se maintenir tant qu’il y a de l’alcool. On peut arrêter à volonté en plaçant le bouchon rodé sur la lampe, ce qui arrête l’arrivée de l’air nécessaire à la combustion.
- Nota. L’alcool à go° contient trop d’eau pour permettre l'incandescence, et il est par suite nécessaire d’em-
- ployer de l’alcool à g5° sensiblement plus cher. On jxeut toutefois obtenir économiquement un alcool déshydraté convenant parfaitement en agitant l’alcool à go° avec de la chaux vive en petits fragments et décantant ou filtrant le lendemain. Il serait encore plus économique de se servir, au lieu d’alcool, d’éther sulfurique dont le prix est bien moindre. Il donne un dégagement abondant et rapide de formol. L’auteur s’en est souvent servi et son usage ne lui parait pas dangereux à condition toutefois de manier ce produit avec beaucoup de prudence et procéder au remplissage de la lampe, loin de toute flamme.
- Pour préparer l’encaustique. — Un de nos lecteurs, M. Hugnier-Truelle, trouvé que l’encaustique à l’essence de térébenthine sèche mal lorsqu’on fait sa solution un peu trop étendue. Pour obtenir un cirage instantané, permettant de brosser aussitôt application de l’encaustique, et ne collant jamais aux pieds, c’est dans l'essence de pétrole qu’il faut dissoudre la cire,
- La cire d’abeilles est coupée en petits morceaux jetés dans un vase contenant de cette essence : le lendemain, la solution est d’ordinaire bonne à employer. Elle doit être très claire, de sorte qu’on puisse aisément appliquer l’encaustique au pinceau : si la mixture est un peu épaisse, il est d’ailleurs facile d’y ajouter suffisamment d’essence.
- Destruction de la nielle des blés. — Il est impossible de détruire les plantes déjà développées. Mais on peut faire mieux : agir préventivement en débarrassant le blé de semaille des graines de nielle. Il suffit pour cela, d’après M. Noël, d’employer un liquide composé de : Acide sulfurique . . 2 grammes.
- Sulfate cuprique . . i5 —
- Eau . . ...........1000 —
- Ap rès la récolte, on arrose les tas de blé battu avec la composition.
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- NOTRE CONCOURS D'OBSERVATION DES ANIMAUX PAR LA PHOTOGRAPHIE
- I. — Date du Concours et Conditions d’admission.
- Article premier.
- La Nature ouvre un concours d’observation des animaux par la photographie. Ce concours est doté de nombreux prix d’une valeur de plus de 3ooo francs.
- Art. 2.
- Le concours est réservé aux abonnés et lecteurs de La Nature.
- Art. 3.
- Le concours est ouvert à partir d’aujourd’hui et sera clos le 3i octobre ipi/j-
- Art. 4*
- Le choix de l’appareil photographique et des sujets à photographier est laissé à l’entière liberté des concurrents, avec la seule restriction que les épreuves photographiques seront au moins de format 9X12.
- Art. 5.
- Les concurrents devront nous adresser, avant le 3i octobre 1914, les observations et les photographies destinées à ce concours.
- L’envoi comprendra les pièces suivantes :
- i° La bande d’abonnement, ou à défaut les sommaires découpés dans la couverture des 18 numéros à paraître jusqu’au 10 octobre;
- 20 Une notice relatant :
- a) Le nom vulgaire et, si possible, le nom scientifique latin de l’animal observé;
- b) Le lieu, la date et l’heure des observations;
- c) Les détails de structure ou les particularités de mœurs (marche, saut, vol,
- nage, procédés d’attaque ou de défense, alimentation, soins donnés aux petits, mimétisme, tropismes, etc.) sur lesquels les photographies sont destinées à attirer l’attention;
- d) La marque de l’appareil photographique employé, celle de l’objectif, ainsi
- que l’ouverture avec laquelle chaque épreuve aura été faite, et tous détails autres, tels que bonnettes d’approche, téléobjectif, dispositifs de microphotographie ou de photographie dans l’eau, etc.;
- 3° Les épreuves photographiques.
- Art. 6.
- La Nature se réserve de publier les photographies présentées à ce concours.
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- NOTRE CONCOURS.D’OBSERVATION DES ANIMAUX PAR LA PHOTOGRAPHIE
- IL — Comment seront jugées les épreuves.
- Art. 7.
- Les épreuves seront soumises au jugement d’un jury spécial de zoologistes et de photographes, composé de MM. :
- Bouvier, professeur au Muséum, membre de l’Institut.
- Caullery, professeur à la Sorbonne.
- Hejnneguy, professeur au Collège de France, membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine.
- Joubin, professeur au Muséum et à l’Institut Océanographique.
- Edmond Perrier, directeur du Muséum, membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine.
- Rémy Perrier, professeur à la Faculté des Sciences (P. C. N.).
- Trouessart, professeur au Muséum.
- Mareschal.
- Rudaux, secrétaire.
- Art. 8.
- Le jury aura pour Lâche d’apprécier et de classer les envois des concurrents d’après :
- i° La valeur scientifique des observations;
- e° Les qualités techniques des épreuves photographiques.
- 11 sera tenu grand compte de l’ingéniosité apportée par les concurrents dans les dispositifs de photographie, et notamment des dispositifs nouveaux qu’ils pourront avoir imaginés.
- Art. 9.
- Récompenses spéciales. — En raison de l’intérêt qui s’y attache, des récompenses spéciales pourront être accordées :
- i° Aux photographies microscopiques;
- 20 Aux photographies dans l’eau;
- 3° Aux photographies autochromes,
- III. — Prix.
- Nous publierons la liste exacte des prix à décerner dans un de nos prochains numéros.
- Ces prix comprendront des objets d’une grande valeur scientifique ou pratique : cinéma, sac de voyage, bicyclette, appareils de T.S.F., jumelle à prismes, photo-jumelle, lampes électriques, stylographes, etc.
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- QUELQUES TOURS DE PRESTIDIGITATION
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- La lévitation d’une boîte d’allumettes. — Effet du
- tour. — Une boîte d’allumettes empruntée et non préparée est placée dans la main tenue horizontalement. Vous inspirant des fakirs de l’Inde, faites avec l’autre main des passes magnétiques au-dessus de cette boite. Lorsque la boîte est suffisamment imprégnée de fluide, elle semble obéir à votre attraction pour, contrairement aux lois de la pesanteur, se redresser en ne prenant
- comme appui que Lune des arêtes de la boîte, jusqu’à ce qu’elle arrive à la position verticale. Pendant le cours de cette lévitation, la main peut être passée au-dessus, autour et dessous del’autre mainpourprouver l’absence de tout tirage ou complicité de fil ou cheveu. Cette expérience se fait, du reste, parmi les spectateurs qui peuvent prendre la boite, lorsqu’elle est complètement redressée, pour constater qu’elle n’est aucunement adhérente à la main.
- Explication. — Pour cette expérience, n’employez que les boîtes en bois d’allumettes suédoises (avec ou sans leur contenu). Entr.’ouvrez cette boite pour montrer qu’il n’y a aucune préparation à l’intérieur. Placez-la dans la main légèrement ployée, la partie ouverte du tiroir à la basé des doigts. Refermez le tiroir en appuyant la boite sur la main et en pinçant légèrement la partie charnue formant bourrelet à la base des doigts, entre le fond du tiroir et le bord du couvercle à glissière. Pendant que vous pratiquez les passes attractives, ouvrez progressivement et pour ainsi dire invisiblement la main; la peau se tend et entraîne la boîte dans un mouvement ascensionnel. Lorsque la boite est verticale, raidissez les doigts le plus possible pour dégager la peau pincée par le couvercle. A ce moment, la boîte peut être prise et examinée sans qu’on puisse soupçonner le moyen employé.
- Fia. 2
- l’index libéré du dé et replacez-le dans la main gauche qui se referme aussitôt. Cette opération se fait rapidement et est absolument invisible du public; 4° retirez lentement l’index de l'intérieur de la main gauche en le tournant légèrement comme pour le dégager du dé (fig. 5) ; 5° montrez la main gauche avec la main droite dont tous les doigts seront ouverts aussi naturellement que possible, mais que vous aurez soin de ne montrer que de dos. Faites quelques passes, prononcez quelques paroles cabalistiques et ouvrez lentement et successivement les doigts de la main gauche qui apparaît vide. Il vous sera facile de retirer le dé d’un endroit quelconque en profitant de ce que votre main y est cachée pour replier F index qui reprendra le dé, jusqu’ici maintenu à l’empalmage.
- L’allumette brisée. — Effet du tour. — Une allumette est placée dans un mouchoir, elle y est enfermée, cassée en plusieurs morceaux par un ou plusieurs spectateurs. Le mouchoir est déplié et l'allumette est retrouvée intacte.
- Explication. — Découdre l’extrémité de l’un des ourlets du mouchoir, y introduire une allumette qui est amenée au milieu de cet ourlet en B (fig. 6), étaler le mouchoir devant vous, sur une table, l’ourlet contenant l’allumette vers vous. Empruntez une allumette semblable à celle de l’ourlet et placez-la en A. Rabattez dessus le premier tiers du mouchoir, en le prenant par les angles E F. La fausse allumette B se trouve donc au-dessus de l’allumette A en G. Rabattez le dernier tiers, CD, puis les côtés droit et gauche comme l’indiquent les pointillés. Ceci fait, emparez-vous du mouchoir en saisissant à travers l’étoffe l’allumette A qu’il ne faut point lâcher (fig. 6), secouer le mouchoir comme pour faire tomber l’allumette dans les plis inférieurs, mais à cet endroit se trouve la fausse allumette B de l’ourlet. C’est cette dernière que vous faites toucher et casser à travers l’étoffe. Il est bien évident qu’en dépliant le mouchoir, l'allumette sera retrouvée intacte. Afin qu’on ne s’aperçoive pas que l’allumette A n’est pas à la place qu’elle
- Le dé à coudre. — Effet du tour. — Cette expérience se dit destinée à apprendre aux dames et jeunes filles la raison de la disparition si fréquente de leur dé à coudre. Expliquez que dans chaque petit tram se trouve Un esprit malin et que tous ces esprits se coalisent pour former1 une force capable de transporter le dé, invisiblement, d’un lieu à un autre, et qu’après plusieurs années de patientes études, vous êtes arrivé à commander à ces esprits. Vous en donnez la preuve en posant très ostensiblement un dé à coudre placé sur l’index droit dans le creux de la main gauche qui se referme aussitôt. Retirez-en lentement l’index droit qui y abandonne le dé. Commandez, alors, aux esprits, de transporter le dé dans là poche d’un spectateur, par exemple, en ouvrant l’un après l’autre les doigts de la main gauche, montrez qu’en effet le dé a disparu. Plongez ensuite la main droite dans la poche désignée et retirez-en le dé au bout de votre index.
- Explication. — Cette expérience de pure prestidigitation fait un effet d’autant plus considérable que les mouvements destinés à cet escamotage en sont plus lents. En voici le détail : i° Présentez la main gauche ouverte, la paume en l’air, les doigts vers la terre; placez dans la paume les deux premières phalanges de l’index droit recouvert du dé (lig. a); a0 emprisonnez le doigt et le dé en fermant les doigts de la main gauche et relevez les mains les paumes vers vous (fig. 3); 3° à ce moment, entr’ouvrez légèrement la main gauche et repliez complètement l’index droit dont l’extrémité garnie du dé vient se placer à la naissance du pouce droit (fig. 4) Maintenez le dé « empalmé » dans cette position, retirez
- devrait occuper, ne pas démasquer l'allumette en rabattant finalement le côté E F, mais soulever verticalement le mouchoir en le prenant par ces angles E F, ce qui fera rouler et glisser l’allumette sur la table où les spectateurs pourront la prendre pour l’examiner.
- Secouez négligemment le mouchoir sans attirer particuliè rement l’attention sur ce E geste. Il est préférable d’opérer avec ^o- b.
- des mouchoirs à ourlets un peu larges et de couleur. Cette opération peut se répéter plusieurs fois, en mettant une allumette dans chaque ourlet.
- Tour de cartes. —- Effet du tour. — Faites tenir un jeu de cartes pincé par le bord inférieur, courbez vous-même le haut du jeu et effeuillez les cartes devant les yeux du spectateur qui les tient, en lui recommandant de bien retenir l’une des ligures qu’il verra passer. Recommencez l’opération jusqu’à ce que son choix soit bien arrêté. Demandez-lui le nom de cette carte et priez-le de mélanger le jeu qui ne sortira pas de ses mains. Pendant qu’il mélange, annoncez-lui que vous relirez invisiblement et à distance le roi de trèfle qu’il vous a dit avoir vu, puis comme il aurait pu se tromper, ce qui serait excusable, étant donnée la rapidité avec laquelle les cartes ont. passé devant ses yeux, vous dites enlever de même le '• ' la dame de trèfle que le spectateur
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- aurait pu confondre avec le roi. Demandez-lui de chercher ces cartes dans le jeu et, à sa grande stupéfaction, pas une de ces cartes ne s’y trouvera; retirez-les de votre poche ou de celle d’une autre personne, ou encore, de sa poche personnelle, ce qui augmentera son étonnement.
- Explication. — Ce très joli tour est basé sur la persistance de l’impression rétinienne. Préparez d’avance le jeu dont vous aurez enlevé préalablement les trois ligures de trèfle. Mettez les cartes devant vous sur une table, les points visibles, dans l’ordre suivant :
- Cinq cartes basses de pique et de carreau, les quatre caries basses de trèfle, le roi de cœur, les quatre cartes basses de cœur, le reste des cartes basses de pique et carreau, trois as, les ligures et un as par-dessus le tout. Egalisez bien le paquet et cintrez légèrement vers l’avant toutes les ligures. Priez Tin spectateur de pincer fortement la partie inférieure de ce paquet, puis avec le pouce ployez en arrière la partie des cartes basses et effeuillez-les rapidement. Le spectateur portera les yeux vers le centre du jeu et apercevra un roi, aussitôt ses yeux se porteront à l’angle gauche pour en connaître la couleur, mais à ce moment ce sont les quatre caries de trèfle qui succèdent au roi de cœur et l’impression causée sera celle d'un roi de trèfle. Lorsqu’il aura bien constaté la présence de ce roi, présence qu’il croit réelle, vous le priez de mélanger les cartes afin de détruire le classement du jeu. Pendant qu’il cherche, eu vain, les trois ligures de trèfle, vous les prenez de l’endroit où vous les avez provisoirement cachées et vous les mettez
- à l’empalmage dans la main droite (c’est-à-dire complètement cachées dans celle main et maintenues entre les phalanges et la paume). Plongez cette main dans la poche désignée et retirez-en les caries, l’une après l’autre.
- L’eau et le vin. — Effet du tour. — Après avoir disposé sur une table deux verres vides, un carafon de vin et une carafe d eau, priez une personne de prendre place en face de vous, à cette table, et demandez-lui de porter son choix sur l’un des deux liquides. Très probablement le flacon de vin sera choisi (on y aide, au besoin....) Accédez a sou désir en laissant voir cependant quelque contrariété de sa préférence qui était votre, mais rira bien qui rira le dernier. Après avoir pratiqué quelques passes mystérieuses, demandez à la personne de se servir, pendant que de votre côté vous faites de même.
- O miracle! 1 eau que vous versez dans votre verre s’y transforme immédiatement en vin cependant que votre invité ne peut remplir son verre qu’avec, de l’eau.
- Explication. — Ce tour est basé sur des réactions chimiques. L’eau est légèrement acidulée avec de l’acide sulfurique et le fond du verre dans lequel on l’y verse est saupoudré avec une pointe de couteau de permanganate de potasse finement pulvérisé. Le vin, ou le liquide prétendu tel est obtenu par la dissolution de quelques cristaux de permanganate dans de l’eau acidulée par de 1 acide sulfurique. Le verre où doit être versé ce liquide contient quelques gouttes d’une solution d'hyposidfi te de soude concentrée.
- Les réactions sont instantanées et produisent beaucoup d’effet. IIorack Hchm.
- LE PETIT THÉÂTRE
- Beaucoup de comédies de salon ne demandent que quelques accessoires et costumes indispensables. Mais des scènes plus théâtrales peuvent être montées, si l’on dispose de place suffisante, surtout du recul donné par plusieurs pièces en enfilade, communiquant à l’aide de larges baies. 11 est alors possible de réaliser des décors dont une lanterne de projection et un écran transparent feront tous les frais.
- Pour avoir tout leur effet, les projections doivent être vues dans une salle obscure ; il faut que l’écran ne reçoive aucune lumière directe. Cependant, on peut à la rigueur conserver l’éclairage de la salle de spectacle; mais l’appareil de projection doit alors être pourvu d’une source lumineuse intense.
- L’écran— en calicot de bonne qualité et mouillé pour obtenir une transparence parfaite — formant toile de fond, sera tendu dans l’encadrement d’une baie limitée
- Fig. x. — Décor par projection transparente. À, ouverture servant de théâtre; les acteurs sont éclairés parles lampes L, cachées pour les spectateurs S par les paravents C. Les lignes ponctuées A L sont les limites d’éclairement, la salle et l’écran E restant dans l’ombre ; P, appareil de projection.
- par des portières et paravents simulant un théâtre. Des images très claires, paysages ou autres, dont les grandes lignes constituent le principal caractère, fourniront des décor-s suffisants. Yeut-on obtenir le maximum d’elfet, les acteux’s restant éclairés afin que leur jeu puisse être suivi, on disposera l’éci’an en arriè- ’•> baie. La
- ligure i indique comment on doit — c’est affaire de tâtonnements suivant la disposition des lieux — reculer l’écran et les lampes éclairant les personnages, de telle façon que l’illumination de ces dernières ne puisse parvenir jusqu’à la projection, ni aux yeux des spectateurs. On fera bien aussi de revêtir les murs de rideaux sombres autour de l’ouverture
- Ces installations, toutes lumières éteintes, se prêtent également au spectacle original de scènes jouées en ombres chinoises, les silhouettes des acteurs se profilant devant l’écran. Les contre-jour, couchers de soleil, clairs de lune, sont les plus appropriés à ces sortes d’effets. C’est dire qu’il faut obtenir des clichés appropriés, que l’on teintera de colorations variées (de même que pour les décors précédents). Mais les clairs de lune ou couchers de soleil, avec paysage détaillé, sont très difficiles, sinon impossibles à prendre directement. On les réalise, par contre, très joliment en truquant les clichés pur superposition de deux positifs, comme le montre la ligure 2 : paysage un peu heurté d’une part, ciel assombri et nuageux avec ou sans
- astre d’autre part. Ce dernier cliché sera pris en photographiant la lune ou le soleil en plein ciel ; ce qui fournit, une image beaucoup plus pure que celle d’un disque Li’acé artificiellement sur le négatif.
- Avant de quitter le domaine des projections, il faut mentionner un autre parti à tirer d’un tel dispositif : A
- Lg. 2. cliché
- — Truquage d’un tic projection.
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- LE PETIT THÉÂTRE
- peut servir à monter, avec le concours d’un auteur de bonne vol on lé, une « revue » au cours de laquelle défileront les événements ou incidents de la saison ou de la villégiature. Au lieu d’une grande toile de fond, on disposera un petit écran construit et orné en façon de miroir ou de psyché, toujours encadré de draperies opaques. Sur le miroir la commère de la revue, comme
- une fée, fait défiler au signal de sa baguette les images successives choisies comme thème de la revue. Un petit cinématographe pourra donner également un spectacle attrayant.
- Deux lampes, des silhouettes découpées dans du carton et un écran transparent, permettent de reproduire l’illusion des rayons X.
- 1 ig. h — Illusion tics ratons X. ïye procède est simple
- (fig. 3) : c’est une superposition d’ombres portées. Dans le cas figuré ici, .on laisse d’abord la lampe A projeter l’ombre de l’œuf sur l’écran, B étant complètement baissée, puis on éteint À, tandis que B est rallumée : on voit apparaître la silhouette du poussin. Pour corser 1 illusion, 1 ombre de 1 œuf doit rester légèrement M’sible autour de celle du poussin qui y semble contenue. Une telle séance ne demande qu’un repérage préalable de la place des lampes et des objets, et l’on devine à quelles multiples fantaisies on peut se livrer dans cet ordre d’idées.
- Enfin un spectacle bien amusant, dont le truc déjà vieux est toujours a renouveler, reproduit l’illusion de phénomènes occultes, meubles ou objets flottant dans le vide, transportés d'une façon invisible, etc. La figure 4 eu montre la réalisation. Etoffe noire formant fond, une autre sur le plancher, encadrement (blanc de préférence) très éclairé grâce à deux lampes placées de chaque côté, constituent les éléments du théâtre. Les lampes ont pour but d éblouir les spectateurs qui ne peuvent ainsi rien percevoir dans la baie obscure, sauf les objets très clairs : ceux-ci sont mis en mouvement par un compère tout de. noir mat vêtu, ganté et chaussé de même, et la face voilée d’une cagoule percée de trous. Par exemple, il faut un certain dévouement pour tenir ce rôle, peu rafraîchissant en été!... Donc ce compère, obéissant au « magicien » qui se tient toujours devant le théâtre bien en lumière, exécute les mouvements et autres trucs, en prenant soin de ne jamais s’avancer trop près de l’ouver-
- ture. Il pourra ainsi soulever des tables, des chaises, faire rendre des sons à une guitare, frapper des coups sur un tambourin flottant dans le vide, remplir un verre à l’aide d’une bouteille enveloppée de drap noir, etc., etc. Le tour le plus attrayant est l’escamotage du magicien lui-même. Celui-ci s’empare d’une étoile blanche, assez grande pour le cacher complètement, l’élève devant lui en l'agitant et ainsi masqué continue à parler quelques instants; puis l’étoffe tombe à terre et notre homme a disparu! Il réapparaît par la progression inverse. Tout ceci est aussi simple que le reste. L’agitation de l’étoile a pour but de permettre au compère de substituer ses mains à celles du magicien qui, libéré, s’éclipse derrière le rideau noir (fendu au milieu). Pour la réapparition, le compère relève le drap blanc et pendant qu’il l’agile,
- l'ig. 4. — Illusion dos phénomènes occultes.
- le magicien rentre en scène derrière lui, s’empare à son tour de l’étoffe et se montre à nouveau.
- Ces. quelques distractions ne demandent qu’un peu d essais, et d’idées, pour corser la mise en scène. Les acteurs et machinistes s’amuseront autant, au cours des préparatifs et des répétitions, que les spectateurs qu’ils charmeront ensuite. R.
- LA GLACE A LA MAISON
- La façon la plus simple de produire l’abaissement de température nécessaire pour glacer une bombe ou un sorbet, ç’est l’emploi d’un mélange réfrigérant. Il existe une infinité de tels mélanges (on en trouvera une petite collection dans nos Recettes du laboratoire) mais usuellement on n’emploie guère que deux ou trois formules. Quand on peut avoir de la glace, on fait un mélange de sel marin avec son double poids de glace pilée, par minces lits successifs de l’un et l’autre produits : la neige fond et le sel se dissout, deux sources de froid pouvant abaisser la température jusque — ao°. Faute de glace, on fait des solutions salines ; i kg de nitrate sodique dans 4 litres d’eau par exemple (— io°), ou bien parties égales d’eau, de sel ammoniac et de salpê-tre (— 20°). Naturellement, on prépare ces mixtures juste au moment de l’emploi, et on opérera toujours avec des sels bien pulvérisés, de manière à augmenter la rapidité de dissolution.
- On emploie ces mélanges réfrigérants dans des sorbetières, sorte de seaux en bois ou en grès (mauvais conducteurs de la chaleur) où plongent des moules en étain (bon conducteur) contenant, la mixture à refroidir. Ce peut être de l’eau, mais c’est presque toujours quelque composition complexe à base de sucre et d’aromates, qui une fois « prise » constitue un des entremets ou de ces desserts importés autrefois par les glaciers napolitains.
- La production du froid par mélanges réfrigérants ne demande qu’un appareillage très simple et peu coûteux; mais le procédé est cependant dispendieux à cause de la dépense en réactifs (J). On le préférera lorsqu’on n’a que rarement à préparer des mets glacés; mais pour une production suivie, pour fabriquer de la glace, il est pratiquement indispensable d’avoir une petite machine frigorifique.
- La plus répandue des applications domestiques, c’est la confection, non point de la glace, mais des glaces, sans lesquelles il ne saurait y avoir de grands dîners ;
- Point de glace! Grand Dieu! dans le cœur de l’été,
- Nous n’avons point, de glace...
- écrivait déjà Boileau au temps où le mets nouvellement importé d’Italie par le Florentin Procopio faisait fureur. Il est très facile de préparer, d’excellentes glaces, en utilisant les procédés précédents de production du froid, et les méthodes suivantes de confection des mixtures pâtissières.
- De la glace vanillée peut être préparée en faisant macérer dans un litre de lait chaud contenant environ
- I. Sans doute est-il possible de régénérer le sel en faisant bouillir la dissolution, mais c’est souvent incommode, et si on chiffre la dépense du combustible, on voit souvent que la récupération n’est point économique.
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- LA GLACE A LA MAISON
- 3oo gr. de sucre, des gouttes de vanille. On bat avec une dizaine de jaunes d’œuf, on laisse refroidir et on met dans la sorbière venant d’ètre garnie du mélange réfrigérant. Avec la spatule on enlève la croûte glacée qui tapisse le moule au fur et à mesure qu’elle devient épaisse; la masse, broyée à la spatule pour la rendre homogène, est mise en moule, servie dans de petits verres froids, ou étalée en minces couches entre deux gaufrettes.
- Pour préparer "une bombe glacée, il faut un moule spécial qu’on laisse longuement plongé dans le mélange réfrigérant sans agiter. On fait chauffer un litre de crème avec aSo gr. environ de sucre et soit une gousse de vanille fendue, soit une centaine de grammes de café moulu, selon parfum désiré. Quand le liquide commence à bouillir, on y ajoute successivement quatre à cinq jaunes d’œuf, sans cesser de remuer, et on laisse le chauffage se poursuivre jusqu’à épaississement : on passe alors au tamis de crin. D’autre part, on a préparé, au moment de l’emploi, un demi-litre .de crème fouettée, en battant de la crème très froide avec une pincée de gomme adraganle jusqu’à prise en masse : on ajoute celle crème au sirop sucré refroidi, ou mélange et on emplit le moule à bombe, qui est aussitôt entouré du mélange de glace et de sel, où il reste pendant des heures.
- Du café glacé, pour iine vingtaine de personnes, s’obtient en opérant ainsi. Faire dissoudre 5oo gr. de sucre dans un litre de lait, en chauffant un peu à volonté pour hâter la dissolution, ajouter un litre, de crème et une infusion très concentrée faite avec aoo gr. de café moulu. On coule dans une sorbetière en détachant une
- dizaine de minutes après le verser, les parcelles glacées déposées sur la paroi du moule, et en recommençant cette pèche toutes les cinq minutes. On doit, en effet, éviter de remuer la masse une fois prise. On sert dans des tasses.
- "Voici enfin une recette pour la confection d’un sorbet au kirsch. Faire bouillir avec les zestes de trois citrons un litre de sirop de sucre à 18 degrés, c’est-à-dire un sirop contenant 33o gr. de sucre par litre; On laisse refroidir, on ajoute quatre blancs d’œuf battus en neige et plus ou moins de kirsch, selon les goûts. Puis on glace à la sorbetière : on obtient de quoi servir une douzaine de personnes.
- D’ailleurs, point n’est besoin, pour glacer des aliments, d’en préparer spécialement : on peut tout bonnement utiliser la glace ou le froid pour refroidir les boissons usuelles. Les sirops, les limonades, un grand nombre de boissons américaines, se prennent ainsi glacés. On « frappe « aussi le champagne, les fruits conlils, en fait, tout ce qu’on vexit. Dans tous les cas il faut, pour utiliser la glace, prendre soin de ne pas la laisser fondre trop vile; c’est d’autant plus nécessaire qu’on l’emploie surtout en été. Pour cela, on doit la conserver dans des récipients en bois, conduisant mal la chaleur, ou bien envelopper de lainages les vases métalliques en contenant. De même, avant de frapper une boisson quelconque, il convient, si elle est tiède, de la refroidir à l’eau ordinaire avant de placer dans le seau à glace ; avant de renverser une glace sur un plat, on s'assurera que ce dernier est bien froid. A. Ciia.pi.et.
- JSSD
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- L’attirail du voyageur.
- 11 ne peut être question de se déplacer pendant quelque temps sans bagages. Emporter sa brosse à dents clans une poche — et même oublier parfois ce détail — constitue évidemment la façon la plus simple de voyager; se faire accompagner d’une dizaine. de. malles de grande taille présente par contre certains avantages où ie confortable, sinon la commodité, trouve son compte. Entre ces deux méthodes —vivre sur le pays qu’on traverse ou transporter sa maison avec soi — les voyageurs peuvent graduer, selon leurs goûts et leurs besoins, l’importance de leurs bagages. Aussi bien, c’est affaire personnelle, et dans ce court article nous ne pouvons prétendre à donner d’autres indications que les conseils généraux inspirés par une longue pratique des voyages.
- Sacs. — Pour le voyageur à pied, et surtout pour l’excursionniste en montagne, il ne peut être question de plus d’un sac. On le choisira léger, souple, facile à ouvrir et à fermer, commode à tenir sur les reins. De nombreux modèles existent, du modèle suisse au tyrolien, entre lesquels le touriste n’aura qu’à choisir selon son goût; ils ne diffèrent d’ailleurs que par des détails modifiant légèrement la charge ou la rigidité de la forme. Il est bon qu’un tel sac présente intérieurement plusieurs compartiments qui empêcheront la promiscuité du linge de corps, des objets de toilette et des papiers et éviteront, si on les remplit avec soin, le frottement des objets durs contre le dos. Dans ce sac, n’oubliez pas les objets indispensables : du linge de rechange, chemise, flanelle, bas ou chaussettes, caleçon, mouchoirs ; un col et des manchettes, si vous êtes coquets; une paire de pantoufles pour se reposer à l’arrivée au gîte; un peigne, une brosse à dents, de la pâte dentifrice, une petite glace, une lime à ongles... et un rasoir de sûreté ; une ou deux serviettes ; une brosse à habits ; une trousse çle couturière contenant du fil, des aiguilles, un dé et des boutons (des boutons automatiques à pression, par exemple) ; des lacets de souliers, les cartes de la région, une petite trousse de pharmacie et un gobelet, au besoin en papier-carte, comme on en donne dans les hôtels de montagne. .
- C’est là, croyons-nous, le strict minimum de bagages, et qui ne pèse guère que 5 kilogrammes.
- Valises et mallettes. — Si l’on se déplace uniquement en automobile ou en chemin de fer, cet attirail peut, bien entendu, être augmentée Mais dans tous les cas, il
- vaut mieux emporter deux petites valises qu’une seule, lourde et encombrante. Les deux colis se font contrepoids quand on les transporte, ils sont d’un maniement plus commode, se passent plus facilement par les portières des wagons, se casent facilement dans les multiples recoins de l’automobile.
- Dans un voyage rapide, il est préférable d’avoir plusieurs colis faciles à transporter à la main que de s’astreindre aux ennuis de l’enregistrement et de la délivrance des gros bagages. Ajoutons que cette méthode permet d’encombrer son compartiment et d’en écarter parfois les importuns.
- Mail es. — Comme pour les valises, il est préférable, en cas de nécessité, d’emporter deux malles légères qu’une seule trop lourde. Des colis de 5o kg et plus peuvent être une gêne réelle et c’est parfois un problème difficile, lorsqu’on s’écarte des grandes voies et des grandes villes, que d’avoir à transporter ou à monter à un étage élevé une malle trop pesante. Ajoutons que les très grandes malles, pour résister aux chocs violents qui sont la conséquence de leur masse, doivent être construites plus solidement et font perdre ainsi une partie de l’économie de poids que l’on prétend réaliser en n’emportant qu’une malle. Trop légères, les grandes malles sont rapidement hors de service.
- Dans le choix d’une malle, il faut largement tenir compte des brutalités qu’elle subira, une bonne malle doit être solide. Eviter certains cuirs qui s’écorchent, certaines toiles qui se déchirent. Des signes distinctifs (bandes de couleurs, par exemple, peintes sur les côtés) facilitent la recherche des bagages. Les malles à surfaces latérales et supérieure légèrement bombées interdisent aux facteurs de les déposer tête bêche ou de. les écraser sous un amoncellement d’autres colis.
- Bien entendu, nous n’énumérerons pas tout ce qu’il faut emporter dans ses malles. Chacun y met ce qui lui plaît, et pour un séjour un peu prolongé en un endroit, on peut emporter quelques objets inutiles, mais qui transformeront rapidement la plus banale chambre d’hôtel en un home d’aspect personnel. C’est ce que font souvent les Anglo-Saxons qui transportent et installent souvent dans leur chambre un luxueux nécessaire de toilette, des photographies de leurs proches et de leurs amis, qui recouvrent les meubles de toiles brodées élégantes et n’oublient jamais de placer s\ir la table un joli service à thé. Quel que soit le choix que vous ferez, n’oubliez aucun des objets indispensables que nous avons énumérés pour le sac du marcheur.
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- FEUX DE JOIE
- Le calme obscur des nuits d’été sans lune se prèle admirablement à la production des feux de mille formes et de mille couleurs que sait préparer l'artificier pour la joie des yeux. Mais le spécialiste n’est point toujours là, Au reste, son secours est souvent fort onéreux. C’est pourquoi, nous improvisant artificier, nous allons préparer nous-mème, sans appareillage spécial et sans grand’peine, toutes sortes de brillants feux de fête.
- Sans doute existe-t-il déjà de nombreuses formules permettant à l’amateur de préparer des feux de Bengale, des pétards, des fusées.... Mais on peut reprocher à la plupart des recettes de ce genre : i° leur application parfois dangereuse ; 20 leur complication dans le choix et le dosage des constituants. C’est pourquoi la question fut étudiée au laboratoire de La Nature, dans le sens où sont dirigées traditionnellement toutes les recherches. A ce propos, nous tenons à bien affirmer tout d’abord que des feux d’artifice, si anodins soient-ils, seront toujours explosibles. Par conséquent, il importe absolument de suivre à la lettre nos conseils de prudence, lesquels d’ailleurs se résumeront en deux préceptes :
- i° Ne jamais pulvériser un mélange de diverses substances, mais broyer, s’il y a lieu, séparément chaque constituant d’un produit, et mélanger les poudres ;
- 2“ Ne jamais faire sécher un mélange près du feu : certains sels et en particulier les nitrates absorbant aisément l’humidité atmosphérique, il arrive que tel feu de Bengale, par exemple, ne s’enflamme plus parce qu’il n’est plus sec. Il faut alors tout jeter, puis recommencer le mélange en faisant bien sécher le nitrate, et en préservant le produit préparé de l’humidité.
- Feux de Bengale.— On obtient un très joli feu vert en mélangeant à poids égaux les produits suivants : fleur de soufre, chlorate de potassium, nitrate de baryum. Un feu rouge également très brillant se compose de 5o gr. soufre, 100 gr. sulfure de strontium et 200 gr. chlorate de potasse. Des feux bleus, aussi de fort bel effet, seront préparés en mélangeant à 200 gr. chlorate de potasse, 5o gr. soufre et 5q gr. sulfate de cuivre. Naturellement, tous les constituants seront finement pulvérisés avant mélange. Eviter autant que possible l’emploi de formules pour feux rouges où on mentionne le nitrate de strontium : ce produit très hygrophile fait rater les feux préparés, trop à l’avance ! Ne pas essayer non plus les formules de feux de Bengale pour appartements, à la gomme laque : ça 11e « marche » pas.
- Où mettre les poudres de feux de Bengale? Le plus simple consiste à utiliser les petites boites à cachets, à allumettes qu’on peut avoir sous la main. Au besoin, demander à son pharmacien une douzaine de ces petites boîtes cylindriques en mince bois blanc tourné. Dans tous les cas, la boité* ne sera pas trop profonde, sans quoi la fin du feu perdrait son éclat.
- Papiers d’artifice. — On en peut préparer avec du papier quelconque, badigeonné d’une couche copieuse de colle à la gomme arabique, puis recouvert du mélange au strontium pour feüx de Bengale : on coupe en bandes qui, allumées, donnent une flamme rouge très vive.
- Un papier à feu vert sera préparé avec du papier buvard imprégné d’une solution contenant 10 gr. nitrate de baryum et 10 gr. chlorate de potassium dans un mélange de 20 cm3 alcool et ioo cm3 d’eau, puis mis à sécher à l’air. Enfin un produit à étincelles brillantes, en appliquant sur papier un mélange de 5o gr., mucilage épais de graines de lin, 20 gr. limaille de zinc, 5 gr. soufre et xoogr. poudre de chasse (noire, en gros grains).
- Pétards. — Les plus simples, qui n’exigent point l’approche d’une allumette pour s’enflammer et seront préparés sans danger, sont des mélanges à poids égaux de soufre et de chlorate de potassium (toujours en poudres très fines). On met par petites charges de 1 gr. à 5 gr, au plus, en paquets de papier plié à plat, comme
- font les pharmaciens pour les petites doses de poudre. Il sullit de mettre un sachet sur une. bordure de trottoir et de frapper dessus avec un marteau, un pavé, pour obtenir des détonations très fortes.
- Fusées, soleils. — Voici les éléments essentiellement brillants des feux d’artifice : ce sont aussi les plus diL ficiles à bien réussir. Aussi conseillons-nous aux amateurs désireux d’en préparer, de se procurer chez le marchand une fusée du modèle courant, et de la démolir soigneusement comme font les enfants trop précocement intelligents, de leurs pantins « pour voir comment c’est fait ». Une fois l’analyse ainsi effectuée, la synthèse deviendra bien plus commode.
- Les corps de fusée seront faits en enroulant (fîg. 1) sur un gros crayon mesurant 8 mm de diamètre une feuille découpée dans un de ces gros papiers d’emballage, grisâtre, épais, s’arrachant très facilement ; laquelle feuille aura la forme d’un carré de 10 cm de large, par exemple. On s’arrange pour que le tube dépasse le bout
- d’un crayon de 1cm 1 /a environ, et juste à un cm de l’extrémité du papier, on serre fortement avec une boucle de grosse ficelle (fig 2) pour rétrécir le cylindre. On colle du papier autour de ce dernier pour empêcher le carton de se dérouler, et on démoule.
- Dans cet étui, nous pourrons mettre toutes sortes de mélanges à feux. La matière de base, servant au remplissage, et à garnir les mèches sera une sorte de pondre à canon faite en mélangeant 20 gr. charbon de bois pulvérivé, 100 gr. salpêtre, 10 gr. soufre. De cette poudre, on fait un mortier avec un peu de colle à la gomme, et on enduit des bouts de ficelle pour en façonner des sortes de petites jooires, mises à sécher à l’air. Une fois sèches, les mèches apprêtées sont culbutées dans les étuis pour que leur pointe seule dépasse.
- On procède ensuite au remplissage des étuis. Voici les formules des diverses poudres donnant toutes de
- bons résultats.
- Pluie Pluie Jet de feu Jet Jet
- de feu de feu à brillantes de feu de feu
- or. argent. étincelles. bleuâtre. verdâtre.
- Poudre noire .... 1 10 ' 15 4 5
- Salpêtre broyé. . . . 4 1 2 2 »
- Soufre en fleur . . . 2 » )> 3 »
- Charbon de bois put-
- verise. » 1 )) )) »
- Poudre de zinc . . . U 1 0 5 ))
- Limaille de for. . . V » 5 » . »
- Cuivre précipité. . . » » » » 1 r
- Tout ceci est combiné au goût de chacun. Après quoi, on procède au montage, qui est de même arrangé à volonté. Ainsi les fusées sont garnies d’une légère baguette de bois attachée avec des ficelles. Ainsi, pour obtenir un soleil, on attache des corps de fusée pleines d’une pluie de feu or, par exemple, au bout de baguettes liées entre elles pour former une rosace équilibrée tournant très facilement autour d’un gros clou planté sur un tronc d’arbre, qu’embrasse un rouleau de papier fort. Comme nous le disions tout d’abord : le mieux est, pour se guider, d’avoir des modèles, ne fut-ce que les images d’un catalogue d’artificier : on imitera et on modifiera à sa' guise ! Et ne point se décourager, si les fusées préparées d’abord avortent ou produisent mal leur effet : il y a force petits détails (tels que tassage de la poudre, diamètre de l’étranglement du tube de carton) qui influent sur la réussite. Et tandis qu’on peut préparer à coup sûr, dès le premier essai, les divers artifices examinés ici tout d’abord, les fusées et leurs dérivés sont de préparation plus délicate. Il faut, pour exceller à leur obtention, de l’habitude. En tout cas, nous insistons sur la nécessité d’être prudent, de n’aborder ces préparations que si l’on a quelque habitude des manipulations chimiques, et d’éloigner toujours les enfants ou les personnes qui n’auraient pas conscience du danger iuhérant à tout explosif.
- 1. — Comment on enroule un bout de papier fort
- pour en taire une enveloppe de pétard ou de fusée. 2. — Comment on fait l’étranglement qui clôt une des extrémités de l’enveloppe.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. E. Novoa, à Madrid. — On n:est jamais encore parvenu pratiquement de la lumière froide au sens où vous l’entendez. Toutes nos sources de lumière sont, en effet, fondées sur l’émission de radiations par des corps portés à la plus haute température possible. Les calculs fondés sur l’observation des émissions lumineuses permettent d’évaluer à 6ooo° C. la température moyenne du soleil.
- M. E.R., à Hérouville (Seine-et-Oise).— La question de stérilisation ou désinfection du sol par l’emploi de substances chimiques antiseptiques (toluène, sulfure de carbone, aldéhyde formique, chloroforme, permanganate, soufre, goudron, créosote, naphtol, acide phé-nique, etc.) est une question toute nouvelle, qui doit être considérée comme appartenant encore au domaine de l’expérimentation scientifique. Il paraît résulter des recherches auxquelles s’est livré M. Miège, en 1912 et 1913, à l’Ecole nationale d’Agriculture de Rennes, que certaines substances considérées comme des antiseptiques et employées dans les cultures, sont susceptibles de fournir des excédents de rendement très élevés (parfois plus de 100 pour 100), mais le mode d’action et par suite le mode d’emploi en pratique de ces substances, restent à déterminer d'une façon précise ; il est donc nécessaire d’attendre que de nouveaux essais aient élucidé complètement cette question pour que l’application de la nouvelle méthode puisse se faire dans la pratique culturale. D’après la communication faite sur ce sujet par M. Miège à la séance du 8 avril dernier, de la Société nationale d’Agriculture de France, dans les essais précités, les substances antiseptiques furent répandues et incorporées au sol fin mars et dans les premiers jours d’avril. Quant au dosage des corps liquides ou solides, variable suivant la nature de ceux-ci, on ne sait encore rien à cet égard, les dosages employés dans ces expériences s’appliquant seulement à des essais comportaient à l’hectare 5o litres pour les liquides et 3oo kilos poxir les solides. Il conviendrait de s’adresser à M. Miège, chef de travaux à l’Ecole nationale d’Agriculture de Rennes, qui a publié un intéressant volume sur cette question.
- M. Laçasse, rue des Jeûneurs. — Nous ne connaissons pas cette marque de boisson. Voici plusieurs adresses de pharmaciens fabriquant des concentrés pour boissons « hygiéniques » et économiques : Pérot, Voiron (Isère), Deiss, 75, boulevard de Clichy, Paris; Cru et Courtier, 5, rue d’Armaillé, Paris.
- M. P. Doyen. — Transformateur. — Pour un arc dans les conditions indiquées il serait un peu juste de compter 45 volts et il faut en prévoir 5o de manière à pouvoir intercaler dans le circuit secondaire une résistance de réglage. Les dimensions du transformateur doivent être modifiées comme suit : hauteur des plaques 18 cm, largeur 12 cm, hauteur du trou intérieur 9 cm, largeur 5 cm. Plaques en fer doux très mince en nombre suffisant pour faire une épaisseur de 9 cm. Fil primaire de 16 dixièmes de millimètre de diamètre de 208 spires, fil secondaire sur l’autre branche de la carcasse ou sur l’enroulement primaire ad libitum d’un diamètre de 22 à 25 dixièmes de millimètre, 98 spires. — Les lampes à lumière froide se trouvent chez M. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, Paris.
- M. le Dr H. G. — Il n’est guère pratique d’agglomérer les bouts de savon pour en faire des pains utilisables, faute d’appareillage analogue à celui qui sert en savonnerie. Mais on peut fort aisément transformer de tels résidus en -savons liquides, en se guidant sur les formules données dans nos Recettes de la maison, p. i34 (1 vol. in-12, coûtant 3 francs relié, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain).
- M. R. N., à Paris. — Pour percer les plaques en verre épais, employer des forets en tubes de cuivre,
- décrits dans les Formules..., par François, p. 282 (1 v. in-8°, coûtant 9 francs broché, chez Dunod, 47> quai des Grands-Augustins). — Votre vieux coffre doit être d’abord nettoyé par plusieurs applications successives d’une bouillie de craie et d’essence de pétrole, qu’on laisse sécher naturellement, ptiis qu’on brosse. Ensuite, retoucher au pinceau chargé d’une solution aqueuse de rouge artificiel (selon la nuance désirée : fuchsine, safranine, ponceau, cramoisine ou crocéine) ; encaustiquer après séchage. — Les encres décalquables au fer chaud sont très épaisses et ne peuvent servir qu’en imprimerie; pour calquer un dessin sur métal, le mieux est d’employer du papier carbone de machine à écrire.
- T. S. F.
- Communication. — Un de nos lecteurs de Lausanne nous adresse l’intéi'essante communication suivante : « Voici un moyen très simple pour apprendre à lire au son les messages reçus par T. S. F. Il suffit d’intercaler un manipulateur ordinaire dans un circuit microphonique et de mettre un téléphone en série avec la bobine d’induction, le téléphone étant fixé très près et en regard du diaphragme microphonique. Les éléments en jeu étant convenablement choisis et réglés, toute fermeture du circuit engendre la formation d’un son continu et intense pareil à celui d’une sirène, donc semblable à celui des étincelles musicales, mais perceptible à plusieurs mètres de distance. Il est aisé de remplacer le manipulateur par un dispositif très simple, à bande perforée en traits et points de façon à en faire un transmetteur automatique et se dispenser ainsi de tout télégraphiste pour les exercices de lecture au son. Utiliser 4 piles eu série. » Notre correspondant voudrait-il nous indiquer le mécanisme qu’il emploie pour perforer la bande et pour assurer par l’entraînement, la transmission automatique ? Nos lecteurs seraient sans doute enchantés de construire eux-mêmes cet appareil.
- Renseignements. — p. Goudulfe à S. — Votre demande fera prochainement l’objet d’un article spécial, les appareils dont vous parlez étant très intéressants pour les petites installations.
- René Gers on, à P. — Votre observation est d’ordre courant, à Paris, lorsque l’on dispose d’une antenne suffisante. On explique ce fait par les vibrations de la plaque qui, dans certaines circonstances, se produisent par suite des différences d’oscillations dans l’antenne réceptrice. La demi-onde négative étant plus faible que la demi-onde positive ne la détruit pas complètement et il reste une faible fraction de courant qui agit sur la membrane. Le second phénomène a été également observé : quand on augmente brusquement la tension dans le détecteur, on constate parfois que l’audition est fortement améliorée, mais cette amélioration ne dure qu’un instant. De même un courant parasite dé.truira toute réception au moment où il se produit, mais il peut se faire que cette réception soit améliorée, pendant un instant après. On peut rapprocher ces phénomènes de ceux de l’inertie : le mouvement ne cesse pas en même temps que la cause qui l’a fait naître djsparaît. — Vous avez entendu des essais de téléphonie sans fil.
- Marquis de Binos de Guron, à B. — Il vient de paraître une nouvelle revue de T.S.F. “ L’Avenir de la Télégraphie sans Fil”, 18, rue Cafîarelli, à Paris.
- René Vernon, à S. — Certainement, à la condition d’installer une bonne antenne d’une centaine de mètres au minimum et de posséder tine excellente terre.
- M. G. Lambert, à P. — Votre prise de terre devra être constituée par une plaque de zinc ou de cuivre enfoncée dans le sol, qui sera nécessairement humide, ou par un réseau de fils nus. Si vous avez l’intention de laisser votre cerf-volant constamment en l’air, il faudra, pour éviter les effets de l’électricité atmosphérique dans votre poste, relier directement votre antenne avec votre fil de terre, hors de votre poste lorsque vous aurez à craindre un orage. Ce sont les seules précautions a prendre.
- A cause des fêtes de la Pentecôte, notre Bulletin météorologique hebdomadaire est ajourné à la semaine prochaine»
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d’Hysriène publiaue,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parie (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2142. — 13 JUIN 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
- CJtfC
- assL
- Le naufrage du transatlantique « Empress of Ire-land ». — Une effroyable catastrophe, comparable en étendue à celle où périt le transatlantique Titanic, est survenue, dans les eaux du Saint-Laurent, la nuit du 28 au 29 mai. Le transatlantique Empress of Ireland, navire de i5 000 tonnes, un des plus beaux bâtiments de la Canadian Pacific C°, se rendant de Québec à Li-verpool, a été abordé par le navire charbonnier Storstad ; une brume très épaisse régnait sur le fleuve; le paquebot avait dû stopper, et n’avait pas été aperçu à temps par le charbonnier. En 10 minutes à peine, complètement éventré, il s’abîmait dans les flots. Des navires de secours, prévenus par la T. S. F., purent se rendre très rapidement sur le lieu du sinistre et sauver une partie des survivants. On compte néanmoins io?.3 victimes sur 1467 personnes qui étaientàbord du navire. Le désastre du Titanic, en avril 1912, coûta la vie à r635 personnes.
- La consommation chimique d’azote dans une lampe à filament de tungstène. — On sait que, dans certaines ampoules électriques, et pour emp cher la volatilisation progressive du métal qui en constitue le filament, au lieu de faire le vide, on maintient une atmosphère de gaz inerte, tel que l’azote. On vient d’étudier en détail les phénomènes qui se passent dans ces lampes; et on a constaté que l’azote des lampes à filament de tungstène disparait par trois processus différents : i° par consommation chimique résultant de la combinaison directe de l’azote avec les vapeurs de tungstène, avec formation d’un azoturc Tu N2 de couleur brune; 20 par consommation par processus électro-chimique : quand une décharge se produit du filament chaud à travers l’azote, celui-ci se combine au tungstène en engendrant le meme azoture que précédemment; 3° par consommation'par .voie électrique : sous de très faibles pressions et avec des tensions très élevées, l’azote est absorbé par le verre qui l’abandonne ensuite par chauffage. La vapeur de tungstène qui rencontre l’ampoule de la lampe est incapable de réagir sur la couche d’azote absorbée par le verre ; mais l’azoture de tungstène qui se forme directement apparaît en couche mince, comme une substance brune, très différente du métal très divisé. La consommation électro-chimique de l’azote s’observe à température beaucoup plus basse (pie la consommation chimique, vers i65o à 1700’, pour des tensions supérieures à 4° volts, susceptibles de provoquer une décharge très sensible. Quant à la consommation par voie électrique, on l’observe sous des pressions de 5 millièmes de millimètre au. plus, avec des voltages de a5o volts et une température très élevée du filament métallique.
- Sur la luminescence de- l’azote. — L’azote, rigoureusement et spectroscopiquement pur, acquiert encore
- une luminescence persistante dans la décharge électrique. Cette apparence, que l’on avait déjà constatée, ne peut donc être imputée à la présence de traces d’oxygène. Elle ne se produit pas lorsque l’azote contient des vapeurs métalliques, soit de mercure, soit de potassium ou de sodium, provenant de la décomposition des azotures avec lesquels on prépare l’azote pur. Dans ce cas, l’azote activé par la décharge électrique disparait au fur et à mesure de sa production par Suite de l’attaque des vapeurs métalliques avec formation d’azotures, par combinaison du mêlai avec l’azote.' La présence d’oxygèiie, qui oxyde les vapeurs métalliques, empêche leur action sur l'azote actif et rend possible la formation de celui-ci. C’est là im phénomène qu’il était intéressant d’éclaircir et de signaler. •'
- Le danger des ondes hertziennes. — Les ondes hertziennes utilisées dans la télégraphie sans fil sonl-elles dangereuses ? Cette question qui, à l’heure actuelle, préoccupe vivement le monde savant est très complexe et très controversée. Za Nature, dans ces dernigrs temps, a publié différents articles sur ce sujet, notamment celui dû à la plume de M. Franck Duroquier paru dans le numéro du 7 février 1914- Le son côté, la presse quotidienne s’est emparée de la question et. a consigné dans ses colonnes l’opinion de divers savants éminents consultés par elle, opinions qui sont loin d’être concordantes. Une étude complète de la question parait donc nécessaire et nous devons féliciter M. Raoul Péref, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, de'la décision qu’il vient de prendre ên chargeant la section de Télégraphie sans fil du Comité technique télégraphique d’étudier la question en détait-et de présenter un rapport complet sur ce sujet.
- L’aéroplane Langley monté par G. Curtiss. — On
- annonce des Etats-Unis que le pilote et constructeur Curtiss va faire une curieuse tentative. Il veut reconstruire un aéroplane identique à celui qu’avait mis au point, il y a quelques années, l’illustre physicien Langley, le monter et prouver ainsi que cet appareil était parfaitement susceptible de tenir Pair. De 1887 à xqdd, Langley se consacra à l’étude du plus lourd que l’air ; il l’aborda avec des méthodes réellement scientifiques et ses travaux peuvent être comptés parmi les plus importants entre ceux qui permirent l’éclosion de l’aviation moderne. Ils aboutirent en . 1896 à la construction d’un petit aéroplane à deux hélices, mû par un moteur à vapeur; c’était une sorte de monoplan à 2 paires d’ailes, muni d’une queue; l’ensemble était remarquablement bien dessiné. L’appareil effectue, sans pilote, deux vols sur le Potomae, en mai et novembre 1896, qui démontrèrent à l’inventeur la possibililé du vol humain et l’engagèrent à construire un grand appareil. Aidé d’une
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- informations
- subvention du gouvernement américain, Langley se mit à l’œuvre en 1898. Tous les éléments de l’appareil furent étudiés minutieusement au laboratoire afin de ne rien laisser au hasard : surfaces portantes, hélice, bâti, dispositif de stabilisation automatique, moyens de lancement. Un moteur à explosion spécial fut construit et mis au point. En octobre et décembre 1908 eurent lieu les premiers essais-; l’aéroplane était lancé sans pilote. L’imperfection du dispositif de lancement entraîna l’echec de l’expérience; l’appareil se cabra au départ, et brisa ses ailes et sa queue. Le gouvernement américain refusa de continuer à subventionner Langley et ses remarquables essais s’arrêtèrent là. Mais le travail accompli n’en était pas moins admirable; Langley possédait, à ce moment, on peut l’affirmer aujourd’hui, tous les éléments d’une excellente solution du problème de l’aéroplane. Rappelons à ce .propos que l un des premiers aéroplanes Blériot, le BlériotlY expérimenté en 1907, se rapprochait beaucoup des aéroplanes de Langley-.
- L’énergie électrique dans la région parisienne. —
- L'Industrie électrique donne le tableau des usines productrices d’énergie électrique dans la région parisienne. Elles représentent une puissance totale de 4e*0 000 kilowatts. Nous trouvons tout d’abord les deux usines de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité (G. P. D. E.), qui a la mission de l’éclairage électrique dans Paris ; i’usine Nord à Saint-Ouen compte actuellement 75000 lcw; l’usine Sud à Issy-les-Moulineaux compte a5 000 kilowatts.
- Dans la région nord de Paris se trouvent trois autres grandes usines ; au premier rang, la Société d’électricité de Paris à Saint-Denis qui fournit du courant au Métropolitain, au Nord-Sud, à la Compagnie des Omnibus, à la Compagnie des Tramways de Paris et du Département de la Seine et comme secours à la C. P. D. E.; puissance actuelle : 72000 kilowatts.
- Le triphasé d Asnières éclaire Asnières, Clichy, Bois-Colombes, Gennevilliers, l’Ile Saint-Denis, et, de concert avec la Société d'Eclairage et Force, une vaste zone comprenant 5o communes et s’étendant jusqu’à Beauvais et Clermont. Elle fournit du courant à la Société des tramways de Paris et du Département de la Seine et peut servir de secours à la C. P. D. E. Elle reçoit un appoint de 2000 kw d’une usine voisine d’incinération d’ordures ménagères. Sa puissance est de 44°°o kilowatts.
- La Société d'Eclairage et Force a son usine à Saint-Ouen. Elle éclairait autrefois un secteur de Paris. Elle alimente aujourd’hui le Chemin de fer du Nord et la banlieue Nord. Sa puissance est de qiyoo kilowatts.
- En nous déplaçant vers l’Ouest, nous rencontrons ensuite la centrale de l'Ouest-Lumière à Puteaux, fondée en i9'>2, d’une puissance de 33 000 kw qui sera sous peu portée à 40 000. L’Ouest-Lumière alimente encore momentanément des secteurs de Paris ; elle fournit du courant aux Tramways de Paris et du Département de la Seine, au Chemin de fer du Bois de Boulogne, elle éclaire Puteaux, Neuilly, Levallois, Bezons, Rueil, Boulogne et de nombreuses communes de la banlieue Ouest jusqu’à Houdan.
- Dans la région Sud-Ouest, l'Energie électrique de la Région parisienne possède à Issy-les-Moulineaux une centrale de 7200 kw q\ii alimente les Chemins de fer de l’Etat, la même Société construit deux puissantes centrales de 4"000 kw chacune, l’une à Issy, l’autre à Bezons. A Billancourt, la Compagnie générale de Distribution d'Energie électrique achève la construction d’une centrale dé 18000 kw, destinés à la Compagnie des Omnibus.
- A Issy-les-Moulineaux, nous trouvons encore l’usine de l’ancien Secteur de la Rive gauche (i5ooo kw) qui alimente une partie de la banlieue Sud, Sud-Est et Sud-Ouest’; et enfin, comme il a été dit plus haut, l’usine Sud de la C. P. D. E..
- Ce voyage circulaire autour de Paris nous amène à la centrale du quai de Bercy construite en 1900 par le Chemin de fer métropolitain": 144°o kilowatts.
- Au Sud-Est, sur la Seine,-la Compagnie générale de Distribution d'énergie Electrique possède la centrale de Yitry (36 000 kw) qui alimente la Compagnie générale parisienne’de tramways, les Tramways de la Rive gauche, les Chemins de fer nogentais, le Chemin de fer Paris-Orléans, lç Nord-Sud et les Omnibus, et les communes de la banlieue Sud.
- A Yitry également, les Tramways de VEst-Parisien ont. une centrale de 6400 kilowatts.
- Enfin, à Alfortville, Y Est-Lumière compte 10 6oo- kw-7 distribués aux communes limitrophes de Paris au Sud et à l’Est.
- Cimetière indien dans les montagnes du Mexique.
- — La photographie ci-dessous, qui a été prise dans le cimetière indien de Balopilas situé sur un plateau de 2000 m. au-dessus du niveau de la mer, tout près de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, nous donne une idée des coutumes mortuaires des Indiens de cette partie du Mexique. Le corps du mort est placé dans une sorte de hutte en terre glaise dont l’entrée est ensuite fermée et recouverte d’argile; mais-celle- construction précaire tombe très rapidement en ruines sous l’effet des intempéries. Les croix qu’on aperçoit sur la gravure, notamment celle en fer forgé de F avant-plan, témoignent de certains soins apportés dans le début à ces monuments funéraires, soins qui deviennent bientôt inutiles, par suite de l'intérêt décroissant des survivants et des dévastations commises par les bêles féroces. Le monument qui figure au milieu de la gravure est celui d’un des caciques du village, auxquels on érige généralement des monuments plus importants que pour le
- vulgaire. La rangée de crânes que l’on aperçoit sur les gradins supérieurs de ce monument funèbre, a dans i esprit des Indiens un but d’ornementation. Ces crânes proviennent des tombes ruinées par les intempéries ou éveulrées par les bêtes féroces. Dans le fond de la gravure, on voit un porteur aérien funiculaire, système Bleichert, servant à transporter sur plusieurs kilomètres de longueur le minerai de cuivre de la mine à la fonderie de la Mazapil Copper Company de Batopilas. Depuis . que le vieux Poriirio Diaz dut abandonner les rênes du gouvernement mexicain, cette malheureuse contrée de Batopilas, entre bien d’autres, sans cesse en butte aux exactions des révolutionnaires, a dû suspendre le cours habituel de son existence normale, et en particulier la Mazapil Copper Company a du complètement fermer sa fonderie et licencier son personnel. Depuis cette époqiie, le cimetière indien de Balopilas ne cesse d’ouvrir chaque jour ses tombes à de nouveaux arrivants, et sera bientôt trop petit pour en recevoir d’autres encore, pour peu que la guerre continue à dépeupler ces régions.
- Les sept merveilles du monde selon le public allemand. — A l’imitation de certains journaux américains et français, le journal Berlinois.Lokalanzeiger vient d’organiser parmi ses lecteurs tin referendum à l’effet de choisir les sept merveilles du monde moderne. Le journal a reçu plus de iSoooo réponses.
- Yoici le résultat du concours.
- i° T. S. F. 20 Canal de Panama. 3° Ballon, dirigeable. 4° Aéroplane. 5° Radium, 6° Cinématographe. 70 Le navire « Imperator ».
- Il est intéressant de mettre, en regard de ce classement celui qui résulte du concours ouvert en France par le journal le Matin ; i° Aéroplane. 20 T. S. F. 3° Radium-4° Locomotive. 5° Greffe humaine. 6° Sérum antidiphtérique. 7" Dynamo.
- Nous laissons aux amateurs de psychologie comparée le soin de tirer des déductions de ces deux classements.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Pour reproduire en chambre les expériences de Pégoud. — Voici une série d'expériences que chacun peut reproduire facilement : elles n’exigent pour tout outillage qu’une simple feuille de papier, et elles permettent de reproduire les fameuses expériences qui ont illustré Pégoud et ses imitateurs. Nous les devons à uu de nos lecteurs, M. Allary, de Brest.
- Il suffit de prendre une feuille de papier, bien rigide, quoique légère, et d’en confectionner une de ces « flèches »
- dont s'amusent les enfants (fig. i ). On l’essayera d’abord en « vol normal » : si elle file bien droit, sans aucun mouvement d’oscillation ni de rota-Fig. i. •— Flèche disposée lion sur son axe,
- l)oiii- le « vol normal ». elle est bien « cen-
- trée » et peut servir
- à nos expériences. Mais pour cela, il faut lui faire subir quelques petites modifications qui varient suivant le genre de vol que l’on veut obtenir : i° looping; 20 descente piquée ; 3° vol en « tire-bouchon » ;
- 4° descente en spirale ; 5° « boomerang ».
- )° « Looping ».
- — Pour obtenir le vol en boucle ou « looping », il faut replier à angle droit, relevé vers le haut, les coins postérieurs des « ailes » de la flèche (fig. 2) puis la lancer avec force, la pointe légèrement levée : la flèche exécute un tour complet sur elle-
- Fig. 2. — Flèche disposée pour le « looping »,
- Fig. 3. — Trajectoire de la flèche Fig. 4- — Trajectoire de
- disposée pour le « loojnng ». la « descente picpiée ».
- Fig. 5. —F’ièche disposée pour le « vol en tire-bouchon ».
- même en « bouclant la boucle », pour revenir atterrir normalement en « vol plané » (fig. 3). Un certain « tour de main » est nécessaire pour réussir cette expérience, mais il s’acquiert vite, et l’on arrive aisément à effectuer des « boucles impeccables ».
- 20 Descente « piquée ». — Il suffit de prendre la flèche, telle qu’elle a été préparée pour le « looping » et de la
- laisser tomber d'une certaine hauteur, la pointe en bas. Avant d’arriver au sol, la flèche se redresse d’elle-même et atterrit normalement en « vol plané » (fig. 4).
- 3° Vol en « tire-bouchon ». — Plier les coins de la flèche en sens contraire : l’un relevé, l’autre abaissé (fig. 5) et la lancer droit devant soi. La flèche vole en exécutant un rapide mouvement de rotation autour de son axe.
- 40 Descente en spirale. — Il faut, pour l’obtenir, prendre la flèche telle qu’elle a été . préparée pour le « looping » (fig. 2) et, en outre, replier à angle droit le coin postérieur de la « quille » de la flèche, de façon à former une espèce de gouvernail (fig. 6 : G), puis la lancer à la façon ordinaire. La flèche descend en décrivant une spirale dont les spires sont plus ou moins ser-
- rées, suivant l’inclinaison du gouvernail (fig. 7). Cette expérience est particulièrement gracieuse lorsqu’elle est bien exécutée.
- « Boomerang ». — Pour obtenir ce genre de vol (qui n est qu’un vol en spirale à spires très étendues), il faut laisser la flèche comme dans l’expérience précédente, mais en faisant en sorte que l’inclinaison du « gouvernail » soit très peu accentuée. Il faut la lancer, la pointe légère m eut relevée.
- Arrivée à une certaine distance, la flèche fait un large virage (ou quelquefois volte-face, sur place) et vient frapper celui qui l’a lancée. Ce genre de vol est le plus difficile à réussir, On n’y parvient que par tâtonnement en réglant l’inclinaison des gouvernails.
- La façon dont on lance la flèche a aussi beaucoup d’influence sur le vol.
- Toutes ces expériences ne sont pas seulement amusantes pour les enfants : elles sont aussi instructives et peuvent servir à se rendre compte de la façon dont on obtient ces vols extraordinaires sur les véritables aéroplanes. Car les forces q.uiinterviennent sontles mêmes, qu’il s’agisse d’un grand appareil ou d’une flèche de papier ; c’est par des expériences de ce genre que Penaud a trouvé les lois qui régissent l’équilibre de l’aéroplane, et dont les constructeurs s’inspirent encore de nos jours.
- Fig. 7.—Trajectoire de la flèche disposée pour la « descente en spirale ».
- Automobilisme
- Nouveau mode de commande et de fixage de panneaux mobiles. — Les automobilistes, en particulier, savent combien il est pénible de faire prendre une position inclinée à un châssis porte-glace que l’on fixe sur Pavant pour protéger le conducteur. Et il est aussi difficile de remettre le châssis debout que de lui faire prendre une position oblique. Voici deux systèmes de commande qui se distinguent par leur originalité.
- Tous deux sont basés sur un même principe : le coincement des deux tubes intérieurs servant de support et d’articulation, l’un sur l’autre. Ce principe a été appliqué Fig. t, _ Système do fixage de de deux manières différentes, panneaux mobiles par écrou à
- Dans le premier cas (lig. 1), l’avant des automobiles, le tube extérieur E a été
- percé d’une ouverture dans laquelle s’engage un bloc B sur lequel appuie un fort ressort et que l’on serre à fond à l’aide d’un écrou. Cette masse B appuie donc sur
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- Fig. 2. — Système de fixage par piston de panneaux mobiles à l’avant des automobiles.
- le tube intérieur T qui cède sous la pression exercée et vient se coincer sur l’autre face, sur la paroi intérieure du tube E et sur une certaine longueur. Si le serrage est énergique, la liaison entre les deux tubes est parfaite. Pour changer la position du châssis porteur de la glace auquel appartient le tube extérieur E, il suffit de dévisser
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- l’écrou; le contact cesse entre les deux tubes et le panneau est rendu très mobile.
- Dans le second procédé on utilise une rampe E venue de fonte avec le tube intérieur T. On agit sur cette rampe à l’aide d’un piston P qui se visse sur sa tige de commande comme un écrou. Cette tige suit toute la longueur du tube- et on l’actionne depuis l’extrémité droite ou gauche du panneau. Il sutlit de visser l’écrou-piston P pour qu’il avance, gravisse la rampe L et oblige également le tube T à venir en contact forcé avec le tube E. — Cette nouvelle commande est construite par TV1. Botvers, boulevard de Clichy, 60, à Paris.
- Objets utiles
- La Baptistine. — La Baplistine est une nouvelle lessiveuse domestique qui apporte un intéressant perfectionnement aux lessiveuses ordinaires que l’on trouve maintenant dans tous les ménages. Elle en conserve la forme extérieure, mais la cuisson dtt linge repose sur le principe des lavoirs dans lesquels le linge est séparé du liquide qui doit seulement le traverser. Le liquide ne
- fait donc que traverser le linge, sans arrêt, pour faire je tour dans l’espace du fond qui lui est réservé.
- L a cuve à linge c o m-porle un double fond séparé par un espace suffisant pour constituer le réservoir à liquide. Le tube vertical par lequel l’eau de lessive s’élève Fig. i. —Comment est placé le linge, prend naissance sur le
- fond inférieur qui est garni de trous et sur lequel on empile le linge, autour du tube. Quatre chaînettes, diamétralement opposées, sont fixées sur ce deuxième fond; on les dégage en plaçant le linge et on les agrafe par leur extrémité libre sous la tête du tube lorsque le linge est en place. Enfin deux tirants fixes pei’-
- Fig. 2. — La lessiveuse complète. mettent à la ménagère, lorsque l’ébullition est terminée, d’enlever le linge d’un seul bloc en laissant la lessive dans la cuve qui peut alors servir de baquet. Cette disposition a permis de supprimer le robinet de la cuve. Le couvercle est libre : il s’engage intérieurement et permet à la ménagère de s’absenter sans craindre un trop fort épanchement donné par une poussée de feu excessive.
- La lessive se fait mieux lorsque la cuve est remplie de linge bien serré. Les cendres doivent être placées dans un sac sous le linge, sur le fond perforé. — La Baplistine est en vente chez M. E. Guérin et Cia, 9, rue des Trois-Bornes, à Paris.
- ir> Jouets <«*
- Carabine Baby. — Les carabines à air comprimé ont obtenu près des jeunes gens le succès qu’elles méritent et leur fabrication soignée assure un fonctionnement
- parfait et une grande précision dans le tir. Les petits garçons éprouvent beaucoup de difficultés pour les armer à cause de la résistance à vaincre qui est parfois trop grande pour leurs jeunes muscles. Cette considération a amené un fabricant à construire pour eux la carabine Baby dont le fonctionnement est le même que celui des modèles courants, mais qui s’arme à l’aide
- La Carabine Babv.
- d'un levier L se rabattant sous la crosse. L’enfant saisit ce levier de la main droite, le pousse sous l’arme jusqu’à ce qu’il entende le bruit caractéristique de l’armement et le referme. Ce levier ne. gêne nullement la position de tir et il permet d’armer la carabine sans exiger un effort supérieur à celui que peuvent donner les enfants.
- La carabine Baby est en vente aux Etablissements Kratz-Boussac. 14, rue Martel, à Paris.
- Vieux Montmartre”.
- Le Vieux-Montmartre. — Le Vieux-Montmartre fait parlie d’une série de tirs, lesquels, comme le tir Hallali, le tir des oiseaux, se présentent sous une forme inédite, éminemment pittoresque. Ils sont constitués par des moulages de carton, figurant, qui, un moulin de Montmartre avec des personnages, âne compris, aux fenêtres, qui, de jolies têtes cfoiseaux émergeant de la verdure, qui, des têtes d’animaux, chiens et cerfs, entourant la cible. Ce décor mériterait déjà d être signalé ; mais il est accompagné d’un mécanisme de tir automoteur tout à fait intéressant puisqu’il fonctionne automatiquement sous l’action du choc produit sur la cible par la flèche.
- Cette cible, C, constituée par un disque en bois suffisamment épais pour résister aux chocs, est montée sur une tige métallique T coudée et articulée sur un support également métallique. La branche horizontale de ce
- levier qui pénètre à l’intérieur de!(la construction porte une tringle A qui est reliée par son autre extrémité à une bielle B articulée sur une pièce de bois IJ fixée sur le fond du jouet. Cette bielle porte, à son extrémité, un bec E, articulé sur elle dont l’extrémité G peut venir s’engager entre deux dents d une roue dentée S dont l’axe porte une aiguille H susceptible de se mouvoir derrière la cible C. Enfin un ressort R rappelle le mécanisme à sa position de repos.
- Dès qu’une flèche atteint la cible, le levier coudé T bascule autour de son axe et son extrémité tire violemment sur la tringle A ainsi d’ailleurs que sur le ressort R. Le levier B suit le mouvement et l’extrémité G du bec E atteignant une dent de la roue met celle-ci en rotation. Mais aussitôt le ressort R intervient pour ramener l’ensemble au point de départ; le doigt E étant mobile sur B cède devant la roue dentée qui continue à tourner par suite de l’impulsion reçue, ainsi que l’aiguille .
- Cette aiguille s’arrête devant un numéro et un second
- tireur produira le même effet avec une flèche atteignant également la cible.. Le jouet est donc à la fois un tir et. un jeu puisque l’aiguille est susceptible de s’arrêter sur un numéro quelconque. Mais elle ne revient jamais au zéro; elle part toujours du point de son dernier arrêt. Il y a là une sécurité pour les tireurs. La cible a été établie de manière que la flèche produise son plein effet lorsqu’elle atteintle centre. — Ces jouets sont en vente aux Etablissements Kralz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Mécanisme automoteur du “ Vieux Montmartre ”.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Tuberculose, Cancer, Alcoolisme. — Dans un rapport du 20 novembre 1913 (Journ. Officiel du 11 décembre) au ministre de l’Intérieur, M. Mirman, directeur de l’Assistance et de l’Hygiène publiques, a analysé la statistique sanitaire de la France pour 1911. Pour compléter ce que nous avons déjà exposé au n° ‘2125 du i4 février 1914 de La Nature, voici quelques extraits de ce rapport :
- « Tous les chiffres attestent une diminution générale de la mortalité due à la tuberculose, faible sans doute, mais d’autant plus appréciable que, parallèlement, la décroissance constatée pour la méningite simple et la bronchite chronique est extrêmement accusée.
- « La tuberculose constitue de toutes les causes de mortalité la plus grave par les ravages qu’elle exerce ; elle représente au minimum le huitième de la mortalité générale.
- « Une seule note apporte une atténuation et un espoir, c’est la constatation d’une diminution encore bien faible assurément, mais certaine parce qu’elle se retrouve sous quelque forme que soit envisagée la maladie dans ses diverses manifestations....
- « La place occupée par le cancer dans le bilan annuel des décès continue à s’accroître de façon aussi régulière qu’inquiétante en France comme dans les autres pays. Le cancer a fait, en 19m, à lui seul, plus de victimes que l’ensemble des maladies épidémiques (31 768 au lieu, de 29470). L’hygiène publique est ici impuissante et le restera tant que la science ne lui aura pas indiqué les moyens d’action qu’elle doit mettre en œuvre. »
- « Malgré tous les progrès réalisés et les efforts dépensés, la mortalité générale de la France l'este trop
- élevée. Contre la tuberculose surtout, les initiatives sont trop rares encore.
- « Nombre de bureaux municipaux d’hygiène dans les grandes villes sont insuffisamment outillés. Beaucoup de maires considèrent le règlement sanitaire comme un inutile document administratif.
- « En dépit des efforts intermittents faits par la presse, l’esprit public ne paraît point porter aux questions d’hygiène un suffisant intérêt; il est rare qu’au moment des élections municipales ou départementales ces questions soient considérées comme dignes de retenir l’attention des électeurs. »
- Quant à l’influence néfaste de l’alcoolisme, il faudrait pour la mesurer « prendre chaque cause de décès et rechercher dans combien de cas l’alcoolisme, débilitant l’organisme, ruinant ses possibilités de défense naturelle, a déterminé l'aggravation de la maladie et assumé ainsi une lourde part dans la responsabilité du décès. Celte immense enquête, d’ordre purement médical, est interdite au statisticien, dont le rôle consiste à dresser des constatations numériques et cpii ne doit les interpréter qu’avec une extrême prudence. Mais, quelque réserve qui nous soit imposée, comment attribuer à une coïncidence négligeable la concordance qui existe entre les départements où l’on meurt le plus de tuberculose et ceux où l’on boit le plus d’alcool ? »
- Les morts violentes et les décès d’enfants pour cause de débilité congénitale sont surtout des victimes de l’alcool, des tares profondes dues à l’alcoolisme invétéré du père, parfois hélas! de la mère. Les services publics d’hygiène ne peuvent lutter contre cet ennemi perfide et puissant, mais cependant « la lutte contre l’alcoolisme est une question de salut public ».
- Jfeü
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Sel chromiqtie pour piles. — On trouve sous ce nom, dans le commerce, un produit qu’il suffit de faire dissoudre dans l’eau pour obtenir le liquide excitateur des piles au bichromate. On peut soi-mème préparer le produit en mélangeant des poids égaux de bichromate sodique pulvérisé grossièrement et d’acide sulfurique concentré, puis en incorporant au mélange 10 pour 100 de sel Solvay. Très hygrophile, le produit doit être conservé en flacons bien bouchés. L’acide chromique qu’il contient pouvant être décomposé par la lumière, il est bon de choisir des flacons en verre jaune, ou en verre badigeonné avec une couche de vernis noir.
- [Laboratoire de La Nature.)
- Cire pour modelage du cuir. — Cette cire assez dure, mais qui malaxée entre les doigts se plastifie, adhère au cuir et sert à le doubler pour donner de la solidité aux reliefs modelés des cuirs d’art. Nous avons réussi à constituer un produit efficace en mélangeant
- intimement :
- Cire d’abeille.....................4° gr-
- Résine élémi..................... 5o —
- Térébenthine de Venise ..... 10 —
- Farine ou Fécule.................. 10 —
- Ou fond le mélange au bain-marie en remuant. Lorsque la masse est bien homogène, on plonge le vase dans l’eau froide en continuant de remuer et en raclant les parois, jusqu’à ce que le liquide soit tout à fait pâteux. Avec une spatule et les doigts mouillés, on façonne en petits, cylindres. (Laboratoire de La Nature.)
- Encre pour étiquettes de jardin. — On peut aisément écrire sur les étiquettes de jardin en mince cuivre rouge — du modèle vendu chez tous les fournisseurs horticoles— en faisant dissoudre, dans une encirn ordinaire (rouge ou violette de préférence), 10 à 20 pour roo de monosulfure de sodium et en écrivant à la manière habi-
- tuelle. Il se forme un sulfure de cuivre qui colore le métal en noir, et les traits restent après que la pluie fit partir l’encre. On peut très bien employer une simple solution aqueuse de sulfure, mais il est bon d’écrire alors sur le métal un peu chauffé, pour que les traits noircissent de suite. (Laboratoire de L,a Nature.)
- Poudre tue-mouches. — Un de nos abonnés d’oulre-Atlanlique eut l’amabilité de nous envoyer un échantillon de poudre vendue chez les pharmaciens américains pour tuer les mouches. Analysée au Laboratoire de La Nature, ladite poudre s’est révélée être un mélange de :
- Glucose massé, en poudre .... i5 gr.
- Acide arsénieux pulvérisé .... 85 —
- Pour l’usage, on met dans l’eau d’une assiette tenue hors de portée des chats, ou mieux, on saujmudre une feuille de papier buvard humectée d’eau. Les mouches « par l’odeur alléchées » se précipitent boire le glucose... et du même coup le poison qui les tue.
- Conseils pratiques pour reconnaître les faux billets de banque des vrais. — Les voici tels que les donne M. Henriot, le directeur des laboratoires à la Monnaie de Paris :
- i° Comparer la couleur à celle d’un billet authentique.—• 2° Vérifier, en s’aidant sipossible d’une loupe, la netteté du filigrane et le fini de la gravure ; bien souvent les imitations diffèrent des originaux par la perfection moindi’e de ces détails. — 3° Froisser le billet entre les doigts en écoutant le bruit produit; puis faire de même avec un billet vrai, dont le papier possède une sonorité particulière. —- 40 Tracer sur le billet une ligne avec la tranche d’une pièce d'argent : il doit se produire une trace noire, produite par l’apprêt spécial du papier des billets. Naturellement, bien que s’appliquant partiellement à divers billets étrangers, ce genre d’examen concerne surtout les billets de la Banque de France.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme ît. En raison do l’abonuance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Offroy, à Château-Landon. — Pour extraire le métal des crasses de plomb, le mieux est de fondre la masse mélangée de carbonate sodique et de borax. Le creuset chauffé au rouge est tapoté de temps à autre pour que le métal se réunisse au fond.
- A propos de la teinture d’iode instantanée par les iodutes {La Nature, n° 2140), il y a lieu de faire une rectification que nous signale un de nos abonnés M. Ma-ranne, pharmacien à Périgueux, sur les proportions d’alcool à employer : « La teinture d’iode du Codex 1908 titre 1 gr. cl’iode pour q gr. d’alcool à 95°, mais non 1 gr. d’iode pour 9 cm5 d’alcool. L’alcool à 95° ayant une densité égale à 0,816, pour avoir les proportions voulues en poids il est nécessaire de faire dissoudre 1 gr. d’iode (ou un iodule correspondant à 1 gr. d’iode) dans 11 centimètres cubes d’alcool. « Celte rectification a son importance car la teinture d’iode préparée comme l’indique notre note serait d un cinquième plus forte que celle du formulaire légal, ce qui ne serait pas sans inconvénient pour son emploi.
- M. Masquelier, à Paris. — Les dirigeables français en 1914. — Les prévisions officielles pour la construction des dirigeables français en 1914 sont i3 unités, de plus de 20 000 mètres cubes en moyenne. Toutefois on doit s’attendre à des retards assez importants. La première commande de grands croiseurs aériens, en date du i5 novembre 1912, et comportant sept dirigeables, est loin, en effet, d’avoir reçu exécution. Quatre de ces dirigeables devaient être livrés en octobre 1913, les trois autres en janvier 1914- Aucun d'eux n’était livré à cette dernière date. Cependant les premières unités faisant partie de celte commande commencent à sortir des ateliers. L’armée française, dans l’état actuel des choses, dispose de sept dirigeables. Aucun dirigeable n’est, en France, affecté spécialement à la marine.
- Abonné 2822-1949, à Montpellier. — Pour faire « passer » des peaux destinées à la préparation de fourrures, nul besoin de recourir à tin mégissier; ce sont les empailleurs qui se chargent de cela. Mais on peut très bien sans être du métier faire soi-même la besogne d’après recettes publiées dans nos Recettes du laboratoire.— Le poil de lapin angora vaut de 10 à 3o francs le kilogramme selon qualité (les poils blancs sont plus chers et les noirs moins chers) ; adressez-vous pour la vente au Syndicat des aviculteurs français, 46, rue du Bac, à Paris ( Journal TJ Acclimatation).
- M. B. P., à Paris, — De bons vernis peuvent être préparés en faisant dis'soudre de l’acéto-cellulose dans le chloroforme ou le tétrachloréthane (5 à 10 pour 100). Mais, en principe, les vernis qu’on prépare soi-même coûtent souvent autant et plus que ceux du commerce, parce que les constituants, achetés en petites quantités, sont vendus relativement cher.
- M. L. S. P., à Courpière. Après avoir enlevé la plinthe, il faudrait remplacer le canal d’écoulement en plomb par un canal en demi-cylindres de grès, puis refaire un petit conduit de ciment. Après parfait séchage, imperméabiliser le ciment en y faisant bien pénétrer de la paraffine étendue avec des fers chauds.
- M. Fron, avenue de Breteuil, à Paris. — La colle forte des menuisiers sert aux spécialistes pour fixer les incrustations de cuivre sur les meubles. Pour avoir de bons résultats, le métal doit être chauffé, et la pression maintenue jusqu’à parfaite siccation de la colle.
- M. E. D., boulevard Raspail, à Paris. — Les marches du métro sont en agglomérés de carborundum ; on peut imiter ce genre de dallages en semant sur un revêtement de ciment encore frais de l’émeri ou du carborundum en petits grains, puis lissant avec le plat de la truelle pour faire entrer les particules dures dans la masse. Nous avons publié une recette détaillée dans notre dernier n° de novembre.
- M. C. M., à Téhéran. — En fait de documents sur le commerce des bois de construction et d’ébénislerie en Europe, nous ne connaissons pas d’ouvrages, éludes ou rapjjorts qui puissent satisfaire spécialement à la question que vous posez. Ges documents n’existent pas en France. Mais vous pourriez, sans doute, par voie consulaire, obtenir des renseignements circonstanciés que fourniraient l’administration des Eaux et Forêts, au Ministère de l’Agriculture, à Paris, et l’Ecole nationale forestière, à Nancy. Au point de vue général, nous vous indiquons les ouvrages suivants : Traité d'exploitation commerciale des bois, par Alphonse Mathey, 1 vol. i5 fr. et 1 vol. 20 fr. ; Exploitation des forêts, par H. Yanulberghe, 1 vol. (Exploitation technique), 2 fr. q5 et 1 vol. (Exploitation commerciale) 2 fr. j5; Economie forestière, tome II, par G. Huffel, 1 vol. 10 fr. ; Traité de Sylviculture, tome II (Exploitation et aménagement des bois), par P. Mouillefert, 1 vol. 6 fr. 40; Barème forestier, par A. Adrian, 1 vol. 3 fr. 3o ; Guide théorique et pratique de cubage et d’estimation des bois, par A. Frochot;, 1 vol. 4 fr. 40; Cubage et estimation des bois (futaies, taillis, arbres abattus ou sur pied, avec notions pratiques sur le débit, la vente et la fabrication de tous les produits des forêts, tarif de cubage des bois en grumes ou équarris, tables de conversion), par A. Goursaud, 1 vol. 1 fr. 65; Traité de cubage des bois ronds et équarris, par M. Montaudry, 1 vol. 1 fr. 55; Tarif de cubage pour les arbres sur pied, par A. Peu-pion, 1 vol. 3 fr. 75 ; Tarif pour cuber les bois en grumes et équarris, par E. Prugnaux, 1 vol. 2 fr. 20 ; Manuel pratique de cubage des bois sur pied et abattus, par R. Roulleau, 1 vol. 4 fr- Ces ouvrages, dont les prix doivent être augmentés des frais pour expédition à l’étranger, se trouvent à la librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris. La Renie des LJaux et Forêts (Berger-Levrault et Cio, 5, rue des Beaux-Arts, Paris), qui a un Bulletin du commerce des bois, fournirait sans doute des renseignements à cet égard. Enfin, on pourrait s’adresser à M. Mathey, conservateur des Eaux et Forêts, à Dijon.
- T. S. F.
- Communication. — Emploi des arbres comme antennes de T. S. F. — Nous recevons de M. le capitaine Péri, chef du service radiotélégraphique de l’Indo-Chine, l’intéressante lettre qui suit. Comme on le verra, c’est M. le capitaine Péri qui a, le premier, reconnu cpie les arbres peuvent servir d’antennes.
- « Dans la rubrique T. S. F., La Nature du 16 mai courant signale que M. J. Landry a, le premier, reconnu que les arbres constituent de bonnes antennes de fortune.
- « En consultant la collection de cette Revue, il sera facile de constater qu’il y a déjà 8 ans, dans une communication illustrée d’une photographie, j’ai signalé cette curieuse propriété (Y. n° 1704, 20 janvier 1906).
- « Des nombreuses expériences auxquelles je me suis livré, en Indo-Chine, sur des arbres d’essences variées, il résulte que la valeur des points de contact (liaison avec l’appareil récepteur) pour un même tronc, varie dans des limites assez étendues et qu’il est avantageux d’explorer, à l’aide d’une pointe métallique, la périphérie de « l’antenne vivante ».
- « Les points les plus sensibles se trouvent, vraisemblablement, sur le trajet de certains canaux présentant une résistance minimum. »
- Le relais Tauleigne ; MM. Ducretet et Roger nous avisent qu’ils construisent le relais Tauleigne en série. L’appareil se vend 190 francs. Le Détecteur électrolytique dont nous avons également parlé coûte 5o francs et le récepteur Morse avec frein régulateur de vitesse se vend 2i3 francs.
- Collège de Te Se, à Alep. — En principe, les antennes doivent être portées à une bonne hauteur. S’il vous est possible de l’élever fortement au-dessus de la terrasse, à 10 m. par exemple, vous obtiendrez de bons résultats. Constituez votre antenne par des fils rectilignes et à la même hauteur, en adoptant le dispositif dit en nappe horizontale. Yos trois fils devront être aussi longs que possible, 100 m. chacun si vous pouvez le faire; sinon,
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- BOITE AUX LETTRES
- construisez une nappe de 5 ou 6 fils de 60 m. de longueur espacés de i ni. à 2 ni. Nous vous conseillons d’utiliser du câble de fils de cuivre de préférence à un fil simple, à diamètre égal, ce diamètre étant, par exemple, de 2 à 3 mm. À Jérusalem, une station reçoit les ondes de Eiffel avec une antenne de 25 m. de hauteur constituée par une nappe de 60 m. de longueur. Il suffit que l’antenne soit isolée des deux supports par une simple poulie de porcelaine, par exemple; chacun des fils se prolongera ensuite verticalement, ou à peu près, jusqu’à l’entrée du poste. Si vous éprouvez des difficultés pour installer horizontalement votre antenne à une bonne hauteur, vous pourrez vous contenter d’élever fortement, au-dessus d’un des côtés de la terrasse, par exemple, l’un des supports de l'antenne, l’autre étant seulement supporté par un mât de quelques mètres ; vos fils verticaux se rattacheront à la nappe de ce côté
- de la terrasse et pourront descendre parallèlement au mur, mais sans le toucher. Si vous désirez recevoir surtout de F. L., il convient que vous orientiez votre antenne dans cette direction (la nappe horizontale suivant cette direction). Si votre terre ne vous paraît pas suffisante, n’hésitez pas à en ajouter une ou plusieurs autres en prolongeant votre fil jusqu’à ce que vous rencontriez un sol humide. N’utilisez pas de citernes comme prises de terre.
- M. M. E., 5. — Nous 11e possédons aucun renseignement au sujet de l’observation que vous nous signalez. Oui, ce montage supplémentaire est bon; intercalez un potentiomètre aux bornes de la pile, l’un des pôles étant relié à la dernière spire et l’autre à un curseur réglable. Nous publierons prochainement une figure schématique réalisant, avec un seul commutateur, le dispositif que vous désirez adopter. !
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaires des numéros 2140 et 2141.
- Le petit Combattant d’Indo-Chino : Botta splendens : Fabre-Do-MERfiUt. — La rigidité et la solidité des navires : Sauvaiiie Jourdan. -7- Le Parc national du Haut Vénéon ; Alph. Mathev. Les portières homicides des wagons : G. Durand. — Académie des sciences : Cu. de Viluedeuil. — L'audition et la musique : Le Poutounel.
- Supplément. — Informations. — Notre numéro d’été. — Nécrologie : P. Héroult. — Comète Zlatinskv (1914 t>). — Sulfures synthétiques. — Assimilation de l’azote libre aérien par les plantes. — Un précurseur de Darwin. — Disparition d’oiseaux en Nouvellc-Calédohie, etc.
- Sommaire cle noirs numéro spécial.
- J. La science en vacances. — Quelques observations scientifiques et quelques expériences à la campagne : J. Lemoine. — Installation astronomique et météorologique : Lucien Rudaux. _________
- Télégraphie sans fil : Un bon poste-d'amateur : Lucien Fournier. L’atelier et les travaux d’amateur : J, Dubreton — L’hygiène
- et le confort de la maison de campagne : M. Bousquet. Les
- paratonnerres : J. Dubreton. — L’eau à la campagne : E.-A.
- Martel. — Comment on devient sourcier : Armand Vire. _________
- . L’hygiène': Comment reconnaître la qualité de l’eau; La purification de l’eau; La lutte contre les mouches et les moustiques;
- Les soins d’urgence; La pharmacie de campagne. R. M. _____ II.
- Les beaux voyages en France : Dans les Basses-Alpes. — En Rouergue. — Gorges et forêts de l’Ariègo à l’Aude : E.-A. Martel. — LU. Notre Concours : L’Observation des animaux par la photographie.
- Supplément. — Renseignements utiles. — Notre concours d’observation des animaux par la photographie. — Quelques tours de prestidigitation. — Le petit théâtre. — La glace à la maison. Recettes et procédés utiles. — Feux de joie. — Boite aux lettres.
- Cours complet de mathématiques spéciales, par J. Haag, professeur à lu Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand, Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1914. Tome I. Algèbre et’analyse : 9 francs; Exercices :• '-j fr. 5o.
- M. Haag a écrit un cours élégant, concis et rigoureux; il l’a réduit avec raison aux questions essentielles, qu’il est nécessaire de posséder pour aborder les cours des Facultés, et il a élo’gnë tout ce qui n’est que jeu d’esprit, retardant inutilement le lecteur. Les exercices sont remarquablement choisis.
- La construction en béton armé, par A.-Y. Magny, ingénieur civil, Ch. Bérariger, éditeur, Paris, ’ 1914. Prix 20 francs.
- Le but de cet ouvrage est de donner, sous une forme concise, mais claire et pratique, les renseignements nécessaires aux architectes et ingénièurs chargés de constructions en béton armé. Mettant à profit son expérience et les documents qu’il a pu recueillir, l’auteur traite toutes les questions importantes ayant irait au calcul et à la construction du béton armé. Après avoir donné quelques renseignements généraux, M. Magny s’occupe d’abord des divers matériaux qui composent le béton: armé, ainsi que de la mise en œuvre de ces matériaux. Puis, après avoir décrit
- les principaux systèmes de béton ai’mé, Fauteur indique, en se basant sur la circulaire ministérielle de 1906, les méthodes à suivre pour le calcul des pièces en béton armé, soit comprimées, soit soumises à la flexion simple ou composée. Dans la deuxième partie de l’ouvrage, M. Magny indique, avec exemples et calculs, les différentes applications du béton armé : aux bâtiments, à la construction des ponts et viaducs, à celle des murs de soutènement, murs de quai, silos, ainsi qu’à l’établissement des réservoirs, barrages et canalisations.
- Nouveau Manuel complet de lissage mécanique (Encyclopédie Boret), par R. Larivière et F. Jacobs, i vol. avec 106 fig. Mulo, éditeur, Paris, 1912. Prix ; 4 francs.
- Les auteurs ont voulu réunir en un ouvrage clair, facile à lire et à comprendre, l’ensemble des connaissances indispensables en matière de tissage. Le volume traite des matières suivantes : Etude des divers textiles et moyens pratiques de les reconnaître; préparations générales et spéciales du tissage ; description du métier à tissér et conseils pour-son montage et son réglage ; étude spéciale des divers métiers (Jacquard, métiers automatiques, etc...); opérations postérieures au tissage ; fonctionnement du conditionnement. Les derniers chapitres contiennent des renseignements pratiques sur l’établissement d’un tissage moderne, l’analyse d’un tissu, la comptabilité, et enfin les utilisations des diverses forces* motrices,
- Brest, port transatlantique et européen, par Claude Casimir-Perier. Libraire Hachette et C-°. Paris, 19141 avec Annexes. Prix : 10 francs.
- L’achèvement du canal de Panama a de nouveau attiré l’attention sur l’opportunité de transporter à Brest le Service transatlantique français et même européen. L’auteur expose tout un projet de réorganisation des services maritimes et des chemins de fer français. Il montre comment la. France n’a pas su conserver son rang quant au transport des passagers de l’autre côté de l’Atlantique, et comment Brest serait le meilleur port transatlantique européen!.'- Il est à 2964 km de New-York, le Havre se trouvant à 3i3o km, La Palisse à 3r 18 et Southampton à 3ioo. 53 cartes et schémas justifient les arguments de l’auteur. La principale objection, relative aux dangers des approches de Brest, à cause de la brume et des écueils, ne saurait subsister devant les perfectionnements récemment apportés aux divers systèmes de signaux audibles et visibles.
- Pour rectification :
- Théorie du point. Géométrie curviligne (V partie). Courbes dérivées de la circonférence. Ellipse, parabole, hyperbole, par le lieutenant-colonel P.-L. Mon-teil.
- In~4° de 120 p., avec 49 fig1- 1 pl..........6 francs.
- (H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Pai'is.)
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 RECRES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 ruai 1914 . 9»,4 N S. E. 4. Ileau. » Rosée; très nuageux.
- Mardi 26 7°,t M. 3. Couvert. » Rosée; éclaircies; gouttes à 19 heures.
- Mercredi 27 ... . 9°,3 E. .N. E. 5. finie. 2,2 tMaie de 1 h. -io a 2 h. 50, tic 6 h. 5 à 7 li. do; awr-B^, l’après-midi.
- jeudi 28 7°,4 N. E. 2. Très nuageux. 0.4 Rosée. très nuageux; pluie de 19 h. à 20 h. 10.
- Vendredi 29 ... . 9°,4 N. .Y E. 1. Beau. 0.2 Rosée; très nuageux; pluie 16 h. 50 à 45 minutes.
- Samedi 30 il0,4 Y Y E. 1. Couvert. » Rosée: quelques éclaircies; brume à 20heures.
- Dimanche 51. . . . 15°,8 N. 1. Beau. 0,1 Rosée ; forte'b. ; h. jusq. 14 h. ; cmiv. eus. : pi. ;i part, de 23 i:. 4b.
- Lundi 1" juin . . . 12»,1 N. 5. Couvert. 4,1 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 2 l(i°,6 .N Y E 1. Beau. j) Ileau : rosée.
- Mercredi 5 13°,2 J\i. Y E. 2. Couvert. » Nuageux le matin; beau le soir; rosée.
- Jeudi 4 15°,5 N. 2. Beau. » Beau ; rosée.
- Vendredi 5. . . . . 10»,9 .N. Y E. 5. Couvert. 0,2 Couvert; halo; un peu de pluie entre 15 h. <-L 1S heures.
- Samedi 6 12°,0 .Y 5. Peu nuageux. » Nuageux ; rosée.
- Dimanche 7. . . 1I°,Ü S. 2. Couvert 3,0 Rosée; éclaircies à 18-21 h. ; pluie l'après-midi.
- MAI-JUIN 1914. — SEMAINES; DU LUNDI 25 MAI AU DIMANCHE 7 JUIN 1914.
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- g
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au nive'-i de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche; courbe en pointillé; thermomètre à l’abri. A boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du au 26 mai iguj- — £'<? 2“). Hautes pressions sur l’O/; dépression sur la Méditerranée Baléares, n<oa mm. Pluies sur le N.. l’0. et le S. : Nice. 01 mm ; Cette, 29;- Toulouse, 18. Teinp. du matin : Spilzberg et Saint-Pétersbourg, — 20; Charlcville, -f- 8 ; Brest, 10; Bordeaux et Lyon, 11 ; Marseille, 18; la Galle, al; moyenne à Paris 9°, 4 (normale : i/(°,i|. .— /> 26.
- du Bureau Central Météorologique.
- Centre cyclonique sur la Provence : Toulon, 744 mm: fortes pressions sur FO. elleN.-K. Pluies sur le Centre et PO. : Marseille, 26 mm; Nice, 12: Lyon, n; Clermont-Ferrand, 10. Temp. du matin : Spilzberg, — i° ; Clermont-Ferrand, -(-5 ; Brest, 8; Dunkerqtie, 9; Marseille, 11: Naples, 20 ; moyenne à Paris : 9°,5 (normale : 140,?.).
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées,
- Membre du Conseil supérieur d’Hysriène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, i 2 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 12°, Boulevard Saint-Germain, Tarit (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2I43. — 20 JUIN 1914.
- SUPPLÉMENT.
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- INFORMATIONS
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- La présence du gallium dans l’eau de la mer. —
- La mer qui, au fond, constitue une vaste cuve résiduelle de toutes les matières entraînées par les eaux marines ou continentales, possède une composition extrêmement complexe; et malgré la présence des nombreux éléments qu’on y a signalés, il arrive fréquemment que l’on piiisse y caractériser de nouveaux corps. C’est ainsi que, sur le résidu d’évaporation de 74 litres d’eau de mer de la région d’Alicante (Espagne), on a trouvé, à côté des éléments courants : sodium et magnésium, des raies spectrales qui coïncidaient exactement avec les raies du gallium, le métal que Lecoq de Boisbaudran avait trouvé dans un grand nombre de blendes. On eu a conclu très logiquement que le gallium existerait normalement dans l’eau de mer.
- Sur la couleur des solutions de soufre. — Nos
- lecteurs savent que le soufre, qui se présente toujours dans la nature sous forme d’un solide jaune, peut posséder, quand il prend naissance d’une façon artificielle, diverses couleurs : blanc, jaune, rouge, bleu, suivant les conditions dans lesquelles il est produit. Ou vient d’obtenir des solutions de soufre présentant toutes les couleurs du spectre en opérant de la façon suivante : On prépare dans la glycérine, ou dans tout autre dissolvant, un polysulfure rouge foncé, de potassium par exemple, eu y dissolvant de la potasse et du soufre liquide; on étend progressivement la solution de glycérine et on chauffe les solutions obtenues jusque vers 25o°; on obtient des liquides ayant les teintes les plus diverses : rouge, orangé, jaune, violet, olive, Aert, bleu, indigo, et constitués par des sohitions de soufre dans des sulfures plus ou moins complexes. Donc ces solutions de soufre peuvent être obtenues de toutes les couleurs dans un très grand nombre de dissolvants, la varia-üon de la coloration étant intimement liée aux conditions dans lesquelles sont faites les expériences. Cette théorie permet d’expliquer les apparitions de teintes diverses dans les nombreux cas de réactions de substances contenant du soufre.
- Sur les alliages d’argent et d’étain. — Les alliages d’argent et d’étain sont susceptibles de s’altérer dans certaines conditions, mais cette altération n’est pas due à une oxydation superficielle. En effet, une barre de cet alliage 11e change pas sensiblement, même après avoir été exposée pendant quinze jours à n5°; par contre, sa limaille est altérée après un simple séjour d’une demi-heure à 100". Finalement, on a attribué ce phénomène à l’action catalytique du fer ou de ses composés introduits pendant la préparation de la limaille, et qui amorceraient ainsi une oxydation qui se continuerait alors spontanément.
- Travail auquel un navire est soumis sous l’action des vagues. — La question très complexe du travail
- que l’ossature des navires doit subir sous 1 action des vagues, pendant leur passage à travers l’Océan, a fait le sujet d’un mémoire que Sir John Biles vient de lire à la Royal Institution de Londres, et que nous croyons intéressant de résumer. L’auteur fait d’abord remarquer que le travail d’un navire résultant des inégalités de poids et de support paraît atteindre son maximum lorsque la vague a approximativement la même longueur que celle du navire. Pour les grands navires ce travail, lorsque ceux-ci se trouvent sur le sommet d’une vague, est beaucoup plus considérable que lorsqu’ils se trouvent dans le creux de cette vague. Ainsi, dans le cas d’un navire de 161 m. 65 de longueur et de construction normale, le travail maximum, par exemple, lorsque le navire se trouve sur la crête d’une vague, sera de 17 kg 8 par millimètre carré de section, tandis que lorsqu’il se trouvera dans le creux, ce travail sera de 12 kg 4 par millimètre carré. Le travail correspondant lorsque le navire se trouvera en eau calme sera seulement de J kg 9 par millimètre carré. Lorsque Ion calcule les sections à donner au navire pour lui permettre de résister aux efforts qu’il devra supporter en ’ mer, on admet donc une longueur de vague égale à sa longueur et dont la hauteur est le vingtième de cette longueur. Ainsi pour un navire des dimensions de l’Imperator on admettrait une vague de 274 m. 5o de longueur et de i3 m. 72 de hauteur. Pour un navire de i5a m. 5 celte hauteur de vague serait de 7 m. 62. Il est clair que les deux navires,
- Y Imperator et celui de 102 m. 5o de longueur, naviguant ensemble rencontreront les mêmes vagues. Une vague de i5z m. 5o de longueur et de 7 m. 62 de hauteur fera supporter le travail maximum au navire de i52 m. 5o de longueur, tandis que ce travail sera beaucoup moindre pour Y Imperator. Une vague de 274 m. 5o de longueur et de i3.m. 72 de hauteur ne produira qu’un travail minime pour le navire de i52 m. 5o de longueur et un effort maximum sur Y Imperator. D’autre part les observations démontrent que les dimensions des vagues dépendent de l’étendue de mer sur laquelle souffle le vent. Dans P Atlantique-Sud et dans le Pacifique-Sud où se trouvent de grandes étendues de mer, on a observé des vagues de 406 m. de longueur et de i3 m. 20 de hauteur. Dans l’Atlantique-Nord des vagues de i83m. de longueur et de 13 m. 11 de hauteur paraissent des maximums. Dans la Médilerrannée, d’une moins grande étendue que l’Atlantique, des hauteurs de vague de 6 m. 70 paraissent également des maximums. Il en est de même dans les mers de Chine. Des vagues de 6 m. 70 de hauteur et de 91 m. 5o de longueur ont été observées dans le Lac Supérieur. Il ne paraît donf pas excessif d’admettre pour la hauteur d une vague le vingtième de sa longueur, mais il parait douteux que des navires de la longueur de
- Y Imperator puissent jamais rencontrer dans PAllanlique-Nord des vagues capables de produire sur eux le même
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- INFORMATIONS
- effet qu’une vague cle '274 m. o5 de longueur et de i3 m. 72 de hauteur qui a servi à calculer sa résistance à la flexion.
- Essai expérimental. — Il y a quelques aimées, un Comité de l’Amirauté chercha à se rendre compte expérimentalement du moment de flexion qui se produit sur un navire lorsque celui-ci est placé sur une vague ayant la même longueur que lui. Le navire à l’essai qui avait une longueur de 61 mètres était placé dans une cale sèche et reposait Sur deux supports espacés de telle sorte que, la cale étant à sec, le navire, en prenant appui sur ses supports, était soumis à un moment de flexion égal à celui qu’il supporterait sur une vague. Le travail dans les différentes parties du navire fut mesuré au moyen d’indicateurs de tension et ce travail fut observé dans les différentes conditions de charge, ce qu’il était, du reste, facile de faire en faisant baisser graduellement l’eau dans la cale depuis la flottaison jusqu’à la vidange complète de celle-ci. Cette opération fut répétée plusieurs fois et il résulte de'ces observations que le travail de l’ossature variait bien proportionnellement au moment de flexion. Le navire fut ensuite sorti de la cale en laissant en place les indicateurs de tension. Puis, mis à la mer pendant un fort coup de vent, on observa le travail indiqué par les indicateurs de tension. On remarqua alors que le travail de l’ossature observé dans la cale sèche était notablement supérieur à celui observé à la mer même par les plus gros temps. Donc conclut sir John Biles en calculant, comme on le fait, le travail maximum de l’ossature d’un navire en admettant qu’il se trouve sur la crête d’une vague d’une longueur égale à la sienne, on se tient dans les limites d’une grande sécurité. R. Boxnün.
- Invasion d’éponges. — Une revue scientifique anglaise, Knowledge, signale une invasion peu banale. Le service hydraulique de Cardiff fut amené à rechercher les causes d’une distribution défectueuse dans plusieurs quartiers de la ville, et l'examen des conduites amenant l’eau aux lits d’épuration montra qu’elles étaient obstruées par des éponges d’eau douce (Spongilla lacustris) dont les branches atteignaient jusqu’à 20 centimètres de longueur. A l’encontre de ce qu’on avait observé jusqu’alors, ces organismes avaient traversé victorieusement les rigueurs d’un hiver très froid. Les constatations faites à Cardiff démontrent qu’ils vivent aussi bien dans l’obscurité la plus complète qu’à la lumière. Une commission de savants conseilla de gratter les parois intérieures des conduites et des réservoirs et de les frotter avec de la saumure fortement saturée. Ce traitement a donné d’heureux résultats, et les éponges ont complètement disparu.
- La fleur « à explosions ». — Nous savions déjà que les orchidées présentent d’innombrables bizarreries de forme et de couleur, mais celle dont nous trouvons la description dans un journal de Singapore, le Straits Settlements Gardons Bulletin, dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. L’espèce nouvelle a été découverte à Sarawak ; elle a reçu le nom de Plocoglottis porphyro-phylla, digne de sa complication d’organes. Sa coloration est jaune-citron et vert jaunâtre, avec des marques violettes-; une partie des sépales est marron. La plante ne porte jamais qu’une fleur à la fois ; mais elle en produit une cinquantaine, qui se succèdent pendant la période de floraison, qui dure plus de trois mois. .Durant la nuit, pétales et sépales se tordent et s’enchevêtrent de façon à former une sorte de cage à laquelle la la-belle, qui reste rabaissée, sert de porte. Mais, au moindre contact, cette labelle se détend avec la rapidité d’une explosion, et la cage se trouve close. Ce contact est effectué par de minuscules insectes attirés par le nectar. Brusquement resserrés entre les parois, les visiteurs se débattent pour reconquérir leur liberté, et, ce faisant, se recouvrent de pollen; dont quelques grains pénètrent dans l’ovaire. La fertilisation de la fleur se trouve ainsi assurée. Ce curieux mécanisme, que nous n’avons décrit que sommairement, est probablement unique dans la nature.
- L’origine du blé. — Cette question a déjà fait couler des flots d’encre, et l’on sait que des expéditions scientifiques ont vainement parcouru le continent asiatique à la recherche d’une graminée sauvage qui pourrait être considérée comme l’ancêtre de nos huit espèces de blé-froment, ou Tritieum. Il y a trois ans, un botaniste,
- M. Aaronsohn, découvrit [en Palestine, d’abord sur les-pentes du mont lfermon, puis, dans la vallée du Jourdain, de nombreux spécimens d’un blé sauvage, particulièrement abondant sur les terrains calcaires. Il transmit une certaine quantité de graines au laboratoire du Département de l’Agriculture des Etats-Unis, qui les cultiva. Les résultats de ces intéressantes expériences viennent d’être publiés. Sans se prononcer catégoriquement, les savants américains pensent se trouver en présence de l’ancêtre du froment ; mais certaines différences dans le mode de fertilisation des fleurs les ont portés à considérer ce blé sauvage comme une espèce distincte, qu'ils ont appelée Tritieum hermonis. Ils sont d’avis qu’elle est susceptible de domestication, et qu’on pourra en tirer par la culture un blé qui pourra prospérer dans les contrées arides ou même désertiques, c’est-à-dire dans les milieux où les espèces actuelles ne peuvent pas pousser. Des croisements permettront probablement à ces dernières de mieux résister aux maladies qui affectent le blé.
- Le vol de la mouche domestique. — Le D1 Hindle vient de consacrer une intéressante étude à cette question. La mouche vole généralement contre le vent ou le traverse ; presque jamais elle ne se laisse porter. Cela tient peut-être à l’action directe du vent sur ses ailes, mais aussi probablement à ce qu’elle perçoit ainsi les odeurs vers lesquelles elle se dirige. Elle vole beaucoup plus par les temps beaux et chauds et plus loin à la campagne qu'à la ville. En marquant un grand nombre de mouches de taches colorées, le D' Hindle a pu mesurer les distances qu’elles parcourent; leurs voyages s’étendent généralement sur un espace de 400 m. environ; une seule fois il en a retrouvé une à plus de 600 m. du point de départ et, dans ce cas, elle avait traversé un grand espace découvert et marécageux. Les mouches lâchées l’après-midi s’éloignent moins de leur point de départ que celles lâchées le matin. Enfin, elles commencent souvent leur vol en montant à une certaine hauteur, dépassant fréquemment 10 ou 12 mètres.
- L’abaissement du niveau de la Caspienne. -
- L'Asie française nous apprend que le monde scientifique de Russie est préoccupé de ce fait que, depuis juin 1910, le niveau de la Caspienne a continuellement baissé. Le phénomène a pris assez d’ampleur pour gêner la navigation : en certains endroits les vapeurs ne peuvent plus approcher des appontements. Le professeur Shokalsky, qui a été chargé par le gouvernement d’étudier cette question, déclare avoir constaté que le volume d’eau apporté à la Caspienne par, ses tributaires, et en particulier par la Yolga, a beaucoup diminué. Il croit donc que ces apports ne sont plus suffisants pour contrebalancer l’évaporation.
- Le 6e Salon de l’Aéronautique. — La 6° Exposition internationale de locomotion aérienne aura lieu cette année à Paris, au Grand Palais des Champs-Elysées du: samedi 21 novembre au dimanche 6 décembre 1914 inclus.
- Une Société d’hydrologie générale et de spéléologie vient de s’organiser à Paris. (34. rue de Lille), en remplacement de la Société de spéléologie fondée il y a 19 ans et qui a constaté la nécessité d’étendre ses études. Celles-ci s’appliqueront désormais à tout ce qui concerne l’eau en général : élaboration des sources dans l’intérieur du sol, cavernes et abîmes, régime des cours d’eau, glaciers, lacs, météorologie (pluies, neige, grêle), influence des forêts sur les pluies, procédés de captage ou d’analyses bactériologiques et chimiques, aménagement et utilisation des eaux courantes (irrigations, drainages, forces motrices), etc. Par suite du rôle de plus en plus important joué par l’eau dans la science et dans la vie moderne, une lacune précisément était à combler pour l’étude de l’hydrologie générale et de ses applications. M. Dabat, conseiller d’Etat, directeur général des Eaux et Forêts au ministère de l’Agriculture, a accepté la présidence d’honneur de la Société, qui a pour président M. Charles Rabot et pour secrétaire général M. E.-A. Martel. Le nouveau Conseil d’administration s’est assuré le concours de MM. L. De Launay, Bon-jean, Bufîault, Cayeux, Colmet-Daage, Imbeaux, Lemoine, Lévy-Salvador, Maillet et Mougin. La cotisation a été réduite à 10 francs par an; les adhésions sont reçues chez M. L. Briet, trésorier, à Charly (Aisne).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- «k. Chronique de la T. S. T.
- L’Ondophone. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé ce qu’est devenu 1 ’Ondophone, ce récepteur de poche que nous avons signalé lors de son apparition. Répondons en deux mots qu’il s’est industrialisé et se présente actuellement dans des conditions d’élégance et de sensibilité particulièrement intéressantes.
- La physionomie générale de l'appareil n’a pas varié. Le petit détecteur à galène est fixé sur la boite du récepteur par l’intermédiaire d’une sorte de suspension élastique constituée par deux légères lames formant ressorts utilisées en même temps comme conducteurs prolongeant les fils, d une part au culot de la galène, et d autre part à la monture de la pointe. Cette pointe est prolongée par une tige terminée par une légère boule de cuivre et soumise à l’action d’un ressort qui assure le contact avec la galène. Pour effectuer un réglage, on tire légèrement sur la tige et on la laisse se "poser ensuite sur un point de la galène. Un petit tube jDrotège cette pointe contre les chocs lorsque le réglage est terminé. Nous devons ajouter que les qualités de l’Ondo-phone sont dues à l’excellente galène employée. Il en est d’ailleurs ainsi de tous les détecteurs à cristaux. L’appareil est pourvu de deux fils d’une longueur suffisante (a m.) pour se relier à une antenne et à une terre éloignées de 4 m. l’une de l’autre. Ces fils se terminent par des pinces qui saisissent instantanément les conducteurs susceptibles d’etre utilisés et s’y fixent d’une manière parfaite.
- L’inventeur a cru bon de construire un casque spécial pour son Ondophone afin d’éviter l’ennui de tenir constamment l’écouteur à la main. Ce serre-tète n’est pas comparable à ceux que l’on trouve chez les fabricants d appareils téléphoniques. Il est simplement constitué par un fil d’acier recourbé en une boucle spéciale; les deux branches sont parallèles et réunies à leurs extrémités par un ressort à boudin très souple, se comportant en quelque sorte comme une rotule afin de permettre aux fils du serre-tète de reposer tous deux sur le crâne — quelle que soit sa forme !
- L’adoption du serre-tète a obligé l’inventeur à ajouter un anneau à son récejjteur. Cet anneau est maintenu par deux vis ordinaires sous lesquelles s’engagent les deux échancrures du porte-anneau. L’opération est faite en moins de temps qu’il n’en faut pour l’expliquer. Cet anneau s’engage sur une vis terminée par deux écrous séparés par une légère pièce mobile dans laquelle pénètrent les deux fils d’acier du serre-tète convenablement rapprochés. Cette pièce mobile constitue une sorte de curseur que l’on monte ou que l’on relève à volonté pour régler la position du récepteur qui doit appuyer
- L’ondoplione. — Réglage du détecteur.
- contre la courbe de la boucle. On serre alors la vis intérieure que l’on ne desserre plus si le serre-tête doit demeurer constamment solidaire de l’appareil. On engage ensuite la vis dans l’anneau après l’avoir desserrée et on emprisonne ce dernier en le serrant fortement. Les deux objets sont alors liés l’un à l’autre.
- Ainsi équipé, l’Ondophone est prêt à recevoir n importe quels signaux à n’importe quelle distance, sous certaines réserves, nécessairement. Ces réserves sont celles que nous connaissons tous : posséder une antenne et une terre. Mais, contrairement à certains détecteurs, l’Ondophone se contente de peu. Une terre quelconque
- Avec F « Adapt » on utilise comme antenne les fils de lumière.
- lui suffit : tuyauteries d’eau ou de gaz, un grillage métallique servant de clôture. L’inventeur affirme que le corps de l’expérimentateur suffit à constituer une terre si l’on possède une antenne ou une antenne si l’on possède une terre. Ces affirmations sont exactes, nous les avons vérifiées, mais nous devons ajouter cet aveu que, dans de telles conditions, on ne peut plus distinguer l’antenne de la terre! Il est d’ailleurs très facile de s’en rendre compte en accrochant une pince à n’importe quel objet métallique : conduite de gaz, balcon, suspension, fourneau de cuisine, etc., et en engageant son doigt dans la seconde; on reçoit bien, mais mieux encore si une seconde personne se fait « pincer » et vous donne l’autre main. Dans ce cas, la perception des ondes fait plus que doubler.
- De nombreuses expériences ont été faites avec l’Ondo-phone. En voici quelques-unes que nous signalons pour permettre à nos lecteurs de les répéter avec leurs appareils et d’établir des comparaisons utiles. Il est bon, en effet, que l’on sache ce que donne un appareil contrôlé si l’on désire connaître la valeur de ses propres récepteurs.
- A Paris, et dans un rayon de 200 km, une masse métallique quelconque peut servir d’antenne, même si elle est mal isolée. Un châssis d’automobile, un cadre de bicyclette, un parapluie, un fil de sonnerie, conviennent tout à fait; on fichera un couteau en terre pour faire contre-poids. Bien entendu, plus on s’éloignera, plus il faudra choisir une masse-antenne bien isolée. Un fil de ligne télégraphique ou téléphonique constitue la meilleure antenne qug l’on puisse rêver et permettra de recevoir F. L. en un point quelconque de la France, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Angleterre. Mais, avec ces antennes, il sera bon d’utiliser un condensateur afin de supprimer ou au moins d’atténuer la friture et les parasites. A 3o km de Paris on a obtenu une excellente réception avec un parapluie ouvert, la seconde pince traînant à terre. Pour recevoir à 100 km, il a fallu planter un couteau dans un arbre (le sapin constitue une excellente antenne), l’autre traînant toujours sur le sol. A 4$° km il faut utiliser une vraie antenne d’une vingtaine de mètres de longueur, à un seul fil tendu à 5 m. de hauteur et isolé à chaque extré-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- mile; une excellente terre est également de rigueur. A Paris, avec une antenne à 2 fils de 2 5 m. disposée au-dessus d’un toit, on a reçu les signaux des postes allemands et anglais.
- L’Ondophone a été complété par un condensateur spécial auquel on a donné le nom de Adapt et qui permet d’utiliser sans danger les fils de lumière électrique. L’Adapt se présente sous la forme d’un tube enveloppant un autre tube isolé du premier. A l’une des extrémités se trouve une prise de courant pour douille de lampe à baïonnette et à l’autre extrémité une prise de courant pour douille de lampe à vis. Ces prises de courant ne possèdent qu’un seul plot puisqu’un seul fil constitue une antenne. Les deux plots de prise de courant étant connectés sur le tube intérieur, il faut brancher l’antenne sur le tube extérieur ; pour cela on emploie une pince spéciale qui accompagne l’appareil. Une petite fiche se place dans le plot de la prise de courant à vis pour permettre d’adapter le condensateur à l’un des trous de prise de courant à deux fiches. De plus, on peut simplement relier, par un fil volant, l’une des bornes de la prise de courant au plot à vis du condensateur.
- Par ses dimensions réduites et par la finesse de son ouïe, l’Ondophone fait partie du matériel de campagne de tous les sanfîlisles qui ne se séparent qci’avec regret de leur installation. Lucien Fournier.
- Automobilisme
- Protecteur de sûreté « Rex » pour automobiles.
- — La photogravure ci-contre représente le mode d’adaptation du protecteur « Rex » qui peut se monter sur n’importe quelle voiture automobile, auto-taxis et autobus. Cet- appareil est sous le contrôle immédiat du chauffeur, cjui peut le manœuvrer sans quitter sa place ; il est fixé à la partie antérieure de la voilure — ou à l’essieu si on le désire — et est détachable en entier ou en partie seulement. Il ne modifie en rien l’alignement, n’augmente pas la largeur de la voiture et ne restreint aucunement les limites de virage, attendu qu’il suit tous les mouvements des roues de direction, quel que soit l’angle formé, et sa partie antérieure reste toujours à l’avant.
- Dans sa position normale, le protecteur est à environ i5 cm du sol et à 5 cm des roues d’avant (il recouvre toutes les projections dangereuses, y compris la manivelle de mise en marche et les mains de ressorts) ; cet intervalle est suffisant pour empêcher les roues de passer sur un corps gisant sur le sol. Toutefois, en cas de besoin, le chauffeur peut instantanément relever l’appareil jusqu’à la hauteur de l’essieu en pressant une pédale. Certaines personnes préfèrent cependant maintenir le protecteur à une hauteur d’environ 10 cm au-dessus du sol. On peut dire, il est vrai, qu’en maintenant l’appareil à environ i5 cm au-dessus du sol, on n’aura jamais besoin de le relever, mais au point de vue de la sécurité, il est plus prudent de pouvoir le faire, s’il est nécessaire (avec les voitures à essieu bas, il n’y aura jamais lieu à relever le protecteur).
- Le système reste toujours le même pour toutes les voitures ; seule la disposition de l’appareil peut varier dans le but de l’adapter aux différentes automobiles, ainsi la partie antérieure peut être arrondie au lieu d’être carrée. Pour les voitures lourdes, telles que les autobus et les camions, on peut prévoir des barreaux plus larges que dans les appareils destinés aux voitures de luxe ou de tourisme. Ces barreaux peuvent être en
- I,’ « Adapt » permettant d’utiliser comme antenne les canalisations de lumière.
- fer forgé ou en acier; pour les voitures de livraison ou voilures similaires, les barreaux métalliques sont recouverts de bois ordinaire ou de toute autre matière appropriée, tandis que pour les voilures de luxe, ils sont recouverts de bois de différentes qualités ou même de caoutchouc, suivant le goût du propriétaire.
- Ce protecteur répond à un réel besoin ; grâce à lui, le chauffeur a toujours bien des chances d’éviter un accident mortel alors que sans cet appareil, il n’en a aucune,
- Le protecteur « ltex »
- abstraction faite des poursuites judiciaires pour homicide par imprudence. Il représente donc un sérieux facteur de sécurité contre les accidents.
- L’air étant divisé horizontalement à l’avant de la voiture du fait du dispositif de cet appareil, les inconvénients de la poussière n’existent pas ou du moins sont fortement atténués, car il n’y a plus compression de l’air sous la voiture et la poussière ne se soulève plus ou avec bien moins d’intensité derrière le véhicule en marche, cette compression de l’air étant la véritable cause des tourbillons de poussière. — Le protecteur de sûreté «Rex» est fabriqué par la maison James Holland, 12, Street Jame s Square, Holland Parle, Londres,
- Objets utiles
- Brosses à dents en aluminium. — Les brosses à dents ordinaires présentent certains inconvénients que l’on s’est efforcé vainement, jusqu’ici, de faire disparaître. Les plus solides finissent toujours par laisser échapper leurs soies et toutes nécessitent de fréquents lavages pour les débarrasser de la pâle, du savon, des fragments d’aliments détachés des interstices des dents, qui se logent à la base des faisceaux des soies.
- Les nouvelles brosses à dents, montées sur aluminium, suppriment ces inconvénients. Leurs pinceaux, en petit nombre, sont serrés dans un godet en aluminium et les
- Une brosse montée.
- Une brosse démontée.
- crins y sont maintenus par un ciment spécial avec lequel ils forment bloc. Le godet est ensuite fortement serti dans le manche. Le petit nombre de pinceaux laisse un espace vide entre eux qui ne permet à aucun détritus d’y séjourner après un lavage sommaire. La brosse peut donc être tenue dans un état de propreté et, si on veut la stériliser, il suffit de la plonger pendant quelques instants dans de l’eau bouillante. Divers modèles de brosses à dents ont été établis sur ce principe et les prix varient de 3 francs à 4 francs. Des brosses à ongles sont également fabriquées avec monture d’aluminium; leur prix est de 4 fr. 5o. On trouve les différents modèles de ces brosses chez M. Renaut, 43, boulevai'd de Strasbourg, à Paris.
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- VARIETES
- La Culture des terrains salés. — Quelques-uns de nos abonnés, propriétaires de terrains salés, situés sur le littoral méditerranéen français et sur celui de l’Algérie, nous ont demandé, plusieurs fois, de leur fournir les éléments d’une. documentation en vue de l'exploitation agricole des terrains de cette nature, et atin de connaître les plantes qui pourraient y être avantageusement cultivées. Jusqu’ici, on ne possède pas de documentation spéciale sur cette question, d’ailleurs peu étudiée, quoique fort intéressante étant donnée l’étendue relativement considérable de terrains salés, de « laisses de mer » encore incultes et qui, exploités dans des conditions déterminées, pourraient être d’un bon rapport. Des essais ont été faits pour leur mise en culture, et on peut s’en inspirer pour solutionner pratiquement celte question.
- Tout d’abord, il importe de remarquer que, contrairement à ce que l’on nous écrit, les plantes préconisées comme susceptibles de croître et d’être cultivées méthodiquement dans les terrains salés ne sont pas appelées à jouer le rôle qu’on leur attribue : « dessaler les terres » ; il s’agit de tirer parti de leur aptitude à supporter une dose assez élevée de chlorure de sodium, mettant ainsi en valeur, par les produits qu’elles peuvent procurer, ces terrains dans lesquels d’aulres plantes, non salifères, ne peuvent croître. Actuellement, on ne connaît encore que certaines algues qui puissent vivre dans l’eau salée, dans l’eau de mer, qui titre 2,5 à 3 pour 100 de chlorures divers en dissolution et l’on ne connaît pas de plante, ni même d’algue qui puisse végéter lorsque la proportion de chlorures contenus dans l eau atteint 4 pour ioo. Pour qu’une plante végète, il faut que la proportion de chloimres contenus dans la terre ne dépasse pas o,5 p. ioo.
- La difficulté la plus sérieuse que l’on peut rencontrer dans la mise en culture des terrains salés réside dans les nombreuses efflorescences salines qui apparaissent à la surface du sol pendant les sécheresses, par suite de l’évaporation de l’eau contenue dans la couche arable. L’humidité du terrain rend plus difficile encore une culture suivie. Il faut alors recourir à l’assainissement par le drainage et les irrigations (lavage du sol), pour opérer la dessalaison, les eaux chargées de sel s’écoulant, par les di'ains, en dehors de la surface salifère. Cette dessalaison n’est praticable que lorsqu’on se trouve à proximité d’un cours d’eau. A défaut de ce moyen, il est possible et avantageux de drainer le sol eu coupant les principaux salans par des drains profonds de 8o centimètres à i mètre, et en donnant à ces derniers la pente voulue pour que les eaux salifères s’écoulent facilement. Quand le drainage est impraticable, par suite de l’impossibilité de faire écouler les eaux recueillies par les drains, il faut, aussitôt après la mise en culture, couvrir les salans d’une couche de paille qui, formant écran protecteur, soustrait la terre à l’action du soleil et s’oppose ainsi à la formation d’efflorescences salines à sa surface. Les roseaux récoltés quand ils sont secs conviennent très bien à cet usage. Ce système a été employé avec succès sur les terrains salés de la Camargue.
- Lorsque les eaux, liltrant à travers des terrains salés situés à un niveau plus élevé, amassent de nouvelles quantités de sel remplaçant le sel qui a disparu, la dessalaison devient extrêmement difficile ou trop coûteuse; la dépense que nécessite cette opération est hors de proportion avec les bénéfices de la culture.
- C’est pourquoi on a songé à cultiver dans ces terrains diverses plantes auxquelles le sel n’est point nuisible.
- M. Ch. Naudin, s’appuyant sur les résultats de diverses expériences faites à la villa Thuret, près d’Antibes, a signalé comme plantes susceptibles de s’accommoder des terrains salés, les Atriplex nummularia et halimoïdes, arbustes vivaces et très feuillus, dont les jeunes pousses sont acceptées par le bétail. IL’Atriplex halimus paraît à conseiller plus particulièrement comme plante fourragère dans les terrains salés secs, et l’on peut citer comme spécialiste de cette culture M. Eugène Revest, horticulteur à Bandol (Var). Les Tamarix indigènes ou exotiques conviendraient également dans les salans; ils fournissent, à la fois, du fourrage par leurs ramilles, et du bois de chauffage par leurs troncs et leurs branches. Certaines chénopodées indigènes, telles que la betterave sauvage, et certaines crucifères (chou sauvage, crambé ou chou marin) seraient cultivables duns les terres faiblement chargées de sel ; il en serait de même de la Bacille maritime.
- Les Salsola, les Salicorina ont la propriété de fixer dans leurs tissus une notable quantité de sels alcalins, la soude notamment. On a cultivé pendant longtemps, dans la Basse-Provence et le Bas-Languedoc, la soude commune (Salsola soda) ou Salicor, la soude d’Alicante [Salsola sativa), la soude Kali (Salsola kali L.), et la soude épineuse (Salsola tragus L.). La plante fournit sur un hectare 12000 kilos de tiges demi-sèches, desquelles ou extrait 800 à i5oo kilos de soude (14 à i5 pour 100 de carbonate de soude) vendue, jadis, 18 à ‘20 francs les 100 kilos. Aux environs de Narbonne, on produisait autrefois, pour plus d’un million de francs, annuellement, de soude obtenue par incinération de la plante. Celte industrie a fait place à la fabrication de la soude artificielle.
- Le Statice arborea, arbrisseau indigène, pourrait être cultivé comme plante lanifère dans les terrains salés; il contient 11,5 de tanin pour 100 parties de matière sèche, soit, à peu de chose près, la teneur en tanin des écorces ordinaires de chêne.
- Il nous parait utile de joindre à ces indications la nomenclature ci-dessous des plantes pouvant végéter dans les terrains salés ne contenant pas plus de o,5 p. 100 de chlorures. Ces plantes sont : Atriplex halimus, Ar-temisia marilima, Casuarina equisetifolia, Ephedra alata, Hippophae rhamnoïdes, Juniperus macrocarpa, Laurier rose, Melaleuca eriœfolia, Myoporum variés, Phytolaca dioica, Phoenix tenuis, Phœnix daclylifera, Pinus mari-limus, Rhus viminalis, Salsola fruticosa, Tamarix articu-lata, Vitex agnus caslus. Dans les terrains amendés, contenant moins de o,5 pour 100 de chlorures : Acacia nilotica, Cyclopis, Cyanophylla, Albizzia lophanta, Pro-sopis dulcis, Casuarina quadrivalvis, Cupressus Lam-berliana, Eucalyptus robusta, Evonymus japonica, Ficus carica, Piltosporum tobira, Phillyrea media, Parkin-sonia aculeala et Punica granatum.
- Enfin, lorsqu’il s’agit de l’exploitation des « laisses » de mer, c’est-à-dire des terrains contenant une forte proportion de chlorure de sodium, les travaux de dessalaison par des canaux de dérivation, et l’assainissement par le drainage sont nécessaires ; il faut y recourir toutes les fois que l’exécution en est pratiquement possible, car ils permettent de résoudre, dans la plupart des cas, la question de mise en culture des terrains salés. Henri Blin.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- CSK~
- Les méfaits du perce-oreilles. — Le forficule, petit insecte de la famille des Orthoptères, connu généralement sous le nom de perce-oreilles, a une mauvaise réputation.
- Comme tous les insectes qui sont surtout noctambules, qui habitent les lieux obscurs et humides, il se glisse dans toute anfractuosité. L’oreille d’un dormeur est un antre discret où il se croit bien tranquille et
- quand il pénètre jusqu’au fond du conduit, il est fort difficile de l’en déloger sans des moyens appropriés. De là à croire que le forficule peut percer le tympan, il n’y a qu’un pas ; la crédulité publique l’a accusé de ce méfait, à mon avis, comme à celui de bien d’autres, tout à fait à tort.
- Voici un exemple recueilli tout récemment, pendant les manœuvres, par le Dr Albert, médecin-major à l’hô-
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- HYGIENE ET SANTÉ
- pital militaire de Chambéry. Il a eu à soigner dans son service un jeune artilleur qui, après avoir couché sur la paille, sentit une bête s'introduire dans l’oreille. Le petit soldat chercha vainement à s’en débarrasser et cinq à six jours plus tard quand il se présentait à la visite, il avait une otite suppurée avec perforation de la membrane du tympan. Un grand lavage fit sortir de l’oreille, avec le pus, un forficule qui était mort. Pour le malade, la cause était entendue; sa lésion provenait de l’animal. Il n’en était que la cause indirecte; l’insecte n’avait agi, et c’est l’opinion du médecin-major, que comme corps étranger, d’autant phi s irritant qu’il peut être chargé de toutes sortes de saletés et de microorganismes. Peut-être aussi le malade a-t-il favorisé l’éclo-
- sion du mal en cherchant à retirer l’insecte sans les précautions recommandées par les auristes.
- Le perce-oreilles n’est pas capable de perforer un tympan; ses pinces sont trop modestes pour entamer cette membrane. Mais en s’agitant il irrite le conduit et le tympan, il provoque de l’inflammation accentuée par le dépôt des saletés qu’il porte avec lui et la lésion survient sans qu’il en soit la cause directe. Ayez soin quand vous couchez sur l’herbe, sur le foin, les tas de paille, de vous méfier de la pénétration d’un insecte et celui-là n’est pas le plus malfaisant; si ce petit malheur vous arrive, lancez dans le conduit, sans violence, une seringuée d’eau faiblement salée, l’insecte déguerpira.
- Dr A. C.
- .Jteo
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour construire soi-même un ozonateur. — Nous recevons, à ce sujet, l’intéressante lettre suivante que nous adresse M. E. Blondel, chimiste à Rouen ;
- « Dans votre numéro du 6 juin et sous la rubrique « Pour construire soi-même un ozonateur », vous commettez une grave erreur en conseillant l’emploi de l’alcool à 95°, alcool éthylique. Son oxydation sur la mousse de platine ne donne que de l’aldéhyde éthylique dont les vapeurs sont nuisibles pour l’économie et sans aucune action désinfectante. C’est une erreur déjà trop répandue et que commettent inconsciemment certaines
- personnes qui dans les appareils à rondelle d'amiante platinée remplacent l’alcool méthylique par l’alcool éthylique.
- « L’alcool méthylique ou méthylène fournit seul par l’oxydation sur la mousse de platine l’aldéhyde formique, véritable désinfectant; on masque parfois son odeur désagréable en parfumant à la lavande l’alcool méthylique. Ce mélange parfumé est couramment vendu dans le commerce ainsi que des lampes très simples, très pratiques et d’un fonctionnement parfait et d’un prix extrêmement modéré. »
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Séncird, rue de Médicis, à Paris. —Vous trouverez dans nos Recettes de la maison, p. 25^, une méthode pour la désodorisation du pétrole et de l’essence.
- M. le Bibliothécaire de la Société la Concorde, à Gancl.
- __Veuillez vous reporter à notre Supplément d’avril 1912,
- p. i65, vous y trouverez une recette pour donner au papier une transparence persistante.
- M. Ileitz, au château de Lastours-Espalais. — Pour tapisser un mur humide, on peut coller le papier sur toile tendue à quelques centimètres du bois, en s’arrangeant pour que l’air interposé puisse se renouveler naturellement par un courant continu. On peut aussi supprimer le mal dans sa cause en asséchant le mur ; voir à ce sujet nos Recettes de la maison, p. 3o2 à 3o4 (1 vol. in-12, Masson, édit. Prix : 3 francs, relié).
- M. Enrique Pinal de Castilla, à Séville, — Vous trouverez p. 88 et 89 de nos Recettes de l’atelier plusieurs formules pour produits à nettoyer et polir les métaux (1 vol. in-12, Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix ; 3 francs, relié).
- M. H. Brémard, à Neuilly. — Vous trouverez dans nos Recettes du laboratoire, p. i3g-i43, toutes indications concernant la préparation, l’emballage et la conservation des peaux à envoyer chez le naturaliste (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix: 3 francs relié). Dans votre cas, les précautions à prendre sont d’autant plus simples qu’il s’agit d’un pays froid où les peaux s’altèrent bien moins vite.
- M. V. R., avenue de Paris, à Niort.— Les carbonyls, carbolines et autres mixtures de ce genre destinées à la conservation des bois exposés à l’humidité, sont sûrement efficaces. On les prépare avec des huiles de créosote et d’anthracène, antiseptiques puissants qui empêchent les moisissures de s’attaquer au bois.
- M. Berjot, avenue de la République, à Paris. — Le
- sel chromique des bazars est un mélange de bichromate sodique (5o pour 100 environ), de bisulfate sodique (10 à 20 pour xoo) et d’acide sulfurique (40 à 3o pour 100). — Pour une pile sèche, nous préférons aux pâtes acides une simple matière absorbante (coton de verre ou Kieselguhr), dont on garnit la pile, après quoi on imbibe de la solution excitatrice. Pour tous détails, voir nos Recettes de l’atelier (in-12, Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 3 francs, relié).
- M. R. de M., à Molitg-les-Bains. — Pour être documenté pratiquement sur le mouton et son élevage, il convient de compulser les ouvrages spéciaux qui donnent sur la matière des indications dans l’ordre zootechnique général, concernant les ovidés. Voici les ouvrages parmi lesquels on peut faire choix : Le mouton, par Louis Léouzon, 1 vol., franco, 10 fr. 60; Les moutons, par André Sanson, 1 vol., franco, 1 fr. 40; Le mouton, par Emile Thierry, 1 vol., franco, 3 fr. 80; La connaissance générale du mouton, 1 vol. franco, 12 fr. 60; Nouvel art d’élever, de multiplier et d’engraisser les moutons, par J. Morel, 1 vol., franco, o fr. 60; Zootechnie spéciale (élevage et exploitation des animaux domestiques), par P. Diffloth, 1 vol., 5 fr. 40; Moutons, chèvres et porcs: par P. Diffloth, 1 vol., 5 fr. 40; Les animaux de la ferme, par E. Guyot, 1 vol., 4 fr. 4°- En ce qui concerne plus particulièrement l’élevage du mouton dans le Midi de la France, il n’existe pas, à notre connaissance, de livre spécialement consacré à cette région, mais des études assez nombreuses ont été publiées dans des journaux et revues. En voici quelques-unes : L’élevage et l’exploitation des ovidés dans les Bouches-du-Rhône, par M. Amalbert (Progrès agricole et viticole de Montpellier, nos du Ier et du 8 septembre 1907, le numéro, o fr. 25); Les races ovines méridionales, par J. Fabre (même journal, numéro du 3 novembre 1907); Engraissement dans le Midi des moutons africains, par J. Farcy (même journal, numéro du 24 juillet 1910) ; Exploitation d’un troupeau de moutons dans le Bas-Languedoc, par H. Vialettes (même journal, numéro du 3i juillet 1910); Exploitation de la race ovine dans le Midi de la France, par M. Amalbert (Réveil agricole, 19, quai du Canal, Marseille, mars i8g5); Z« race d’Arles, par Vayssière (Z« vie agricole et rurale, 19, rue Hautefeuille, Paris, fascicule 1912, o fr. 3o). On trouve les ouvrages indi-
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- BOITE AUX LETTRES
- qués ci-dessus à la librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris. Pour plus de détails, s’adresser à M. Àmalbert, professeur d’agriculture, à Arles (Bouches-du-Rhône), au directeur des Services agricoles des Pyrénées-Orientales, à Perpignan, et à M. Girard, professeur à l’Ecole vétérinaire, à Toulouse.
- Bibliothèque d’Aix. — Les appareils vibrophone, audi-phone sont assez délicats et n’ont pas donné grande satisfaction aux personnes que j'ai vues et qui les avaient adoptés. Le plus simple est le cornet acoustique avec
- ou sans tuyau long (modèle à choisir au goût du sujet) ; s’adresser à M. Frank-Valéry, boulevard des Capucines, 25, ou aux fabricants d’instruments de chirurgie : Charnière, Bruneau, etc,
- M. Fis, rue Pasteur, à Compiègne. —Nul doute qu’en emplissant de liège granulé l’espace entre plancher et plafond; les vibrations sonores soient arrêtées. On peut employer dans le même but toutes sortes de matières à la fois poreuses et légères : sciure, balles de céréales, déchets de fibres des filatures.
- JfeD
- APO
- BIBLIOGRAPHIE
- qsl
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le monorail et l’automobile gyroscopique Sehilowsky : V. Forbin. L’Odynèrc des murs : René Merde. — Les automates : H. Vigne-ron. — Académie des sciences : Ch. de Vildedeuil. — Percement des siphons clans la grotte de Rémonchamps (Belgique) : lî. Rahir.
- Supplément. — Le naufrage du transatlantique « Empress of I roi and ». La consommation chimique d’azote dans une lampe à filament do tungstène. — Sur la luminescence de l’azote. — Le danger des ondes hertziennes. — L’aéroplane Langley monté par G. Curtiss. — L’énergie électrique dans la région parisienne. — Cimetière indien dans les montagnes du Mexicpie, etc.
- Histologie physiologique de l'homme et des mammifères, par Fr. Sigmund et L. Bounhoure, 4° et 5e livraisons. Cari Zeiss, éditeur, Paris. Prix de chaque livraison : i3 fr. 5o.
- La 4e livraison consacrée aux organes de la reproduction, la 5e relative aux organes de la respiration et de la sécrétion urinaire, continuent la publication de ce très intéressant ouvrage. Les préparations microscopiques qui l’accompagnent et sont destinées à l’illustrer sont tout aussi remarquables que les précédentes déjà signalées à nos lecteurs.
- I.e Bon Jardinier, i5o° édition, entièrement [remaniée et mise à jour. In-8°, io36 pages, 6 planches en couleurs, une planche d’architecture paysagiste,, des plans de jardins, parcs et roseraies, et plus de 5oo gravures noires dans le texte. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : broché, io francs; [relié, 12 fr. 5o.
- Le nouveau Bon Jardinier diffère notablement de l’ancien et célèbre ouvrage qui, naguère, atteignait sa i49° édition. Il a subi une refonte complète qui, grâce au concours des collaborateurs les plus qualifiés dans toutes les branches de la botanique, de l’horticulture et des arts et industries horticoles, en fait une encyclopédie complète, exacte et parfaitement au courant des dernières acquisitions et des dernièrs progrès.
- Les poudres et explosifs et les mesures de sécurité dans les mines de houille, par L. Vennin et G. Chesneau (Encyclopédie de science chimique ajypliquée). i vol. in-8°, Béranger, éditeur, Paris, 1914*
- Toufe la première partie de l’ouvrage, qui est l’œuvre de M. Vennin, ingénieur principal des poudres et salpêtres, traite des substances explosives : étude théorique, essais pratiques, chimie et fabrication, mélanges explosifs et poudres diverses, mode d’emploi. Dans la seconde partie, M. l’inspecteur général des mines Chesneau, dont on connaît les beaux travaux en matière de mines, a traité, avec sa compétence spéciale, la lutte contre le grisou et contre les poussières, l’emploi des explosifs antigrisouteux et les appareils respiratoires.
- Les appareils d’intégration. Intégrateurs simples et composés. Planimètres, Intégromètres, Intégraphes et courbes1 intégrales, Analyseurs harmoniques, par IL de Morin, i vol. in-8° (23-14) de iv-208 p. avec 119 figures. Gauthier-Villars, éditeur, Paris. 1913. Prix : 5 francs.
- Théorie générale de ces appareils. Description des plus nouveaux et des plus intéressants d’entre eux.
- Le Bréviaire dit chauffeur. Anatomie, physiologie, pathologie, thérapeutique et hygiène de la voiture automo-
- bile et des motocycles, par le Dr R. Bommier. 7e édition.
- 1 vol. in-89 (18 X 12) de xix-5oo pages, avec 2i3 fig. H. Dunod et E. Pinat. Prix : broché, 7 fr. 5o.
- Ouvrage très pratique dont le titre indique assez le plan et le nombre d’éditions. Cet ouvrage constitue une véritable encyclopédie populaire de l’automobile ; les index alphabétiques, les tableaux synoptiques le rendent facile à consulter et utile à lire.
- Les Torrents de la Savoie, par P. Movgin. Grenoble, 1914. Imprimerie générale. i25i pages et cartes. Prix : 20 francs.
- Celle importante monographie est une contribution des plus utiles à la difficile question de l’extinction des torrents en montagne. Elle est publiée par les soins de la Société d’histoire naturelle de Savoie et résume aussi bien toutes les publications antérieures que les archives de la Savoie. La compétence exceptionnelle de l’auteur, récemment nommé conservateur des eaux et forêts à Valence, en a fait une œuvre des plus intéressantes. La ire partie fait connaître la géologie et le climat de la Savoie et de la Haute-Savoie; et la 2e partie, de beaucoup la plus importante, donne la monographie des torrents depuis les Dranses de Haute-Savoie jusqu’aux affluents de l’Arc et de l’Isère.
- La mécanique de la. vie, par-F. LeDantec. In-18, Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- L’auteur met en lumière l’unité des phénomènes vitaux, et regrette que les hommes aient tendance à ne pas croire possible une étude physico-chimique complète de la vie des animaux et de l’homme. Comme illustration de son système, il étudie les données actuelles de la sérothérapie.
- La marche et la pratique du tourisme à pied, par J. Bernard d’Attanoux. 2e édition. In-18, 149 p. Ber-ger-Levrault, éditeurs, Paris. Prix : 2 francs.
- L’équipement du marcheur, son alimentation, son hygiène sont indiqués, avec quantité de recettes utiles au touriste et de conseils pratiques lui permettant de se tirer d’affaire en toute circonstance.
- La tâche de Psyché : De l’influence de la superstition sur le développement des institutions, par J.-G. Fra-zer. Traduction de Georges Rotii. In-18. Librairie Armand Colin, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Sous ce titre original, l’éminent ethnographe anglais a résumé les conclusions d’ordre moral et pratique auxquelles aboutit la diligente enquête qu’il mène depuis plus de vingt ans à travers les croyances des races primitives. Semblable à Psyché triant le bon grain de l’ivraie, l’auteur distingue, sous nombre des pratiques absurdes ou cruelles de la superstition, quelques conceptions ayant exercé une influence salutaire sur le développement de certaines institutions sociales, et montre que des préjugés souvent ridicules ont contribué à créer le respect de la propriété privée, du lien Conjugal, de la vie humaine.
- Abaques Algrain pour le calcul des ressorts à boudin. 1 brochure et 1 planche, Béranger, éditeur, Paris,
- , 1914. Prix : 2 fr. 3o.
- Ces abaques permettent de déterminer graphiquement toutes les caractéristiques d’un ressort donné, ou inversement de déterminer les dimensions d’un ressort devant satisfaire à des conditions données.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN millimètres OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 juin 1914 . 9M s. w. 1. Très nuageux. 0,8 Rosce ; tr. nuag. ; br. ; pl. à 9 h. 10 et le soir de 19 h. 13 à :0 h, 25.
- Mardi 9 10’,2 N. N. E. 1. Couvert. 11,5 Rosée ; tr. nuag. ; orage de 13 b. 20 à 15 b. 45 ; f. pl. ; grêle et neige.
- Mercredi 10 ... . 12°,2 S. S. E. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Jeudi 11 13°,0 N. N. E. 5. Couvert. 1,1 Pl. de 5 b. 45 à 0 li. la ; halo à 11 b. ; brume ; éclaircie à l’O. à 20 h.
- Vendredi 12 ... . 18°,4 S. E. 2. Peu nuageux. » Rosée ; brume ; peu nuageux.
- Samedi 13 14°,7 N. 2. Pluie. 11,8 PL de i b. 30 à 7 h. 30; de 12 b. laàllh.30; or. de 13h. la à lj, h.5a.
- Dimanche 14. . . . 13';,8 S. 1. . Couvert. » Couvert, jusqu’à 9 h. ; très nuageux ensuite; rosée.
- JUIN 1914. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JUIN 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d'après les bulletins
- Du 27 mai au 7 juin. — Hautes pressions sur le N.-O. et les Açores : Sliields, 769 mm ; Ilorta, 774; dépressions sur l’Islande, le Centre et la Méditerranée : Prague et Palerme, 767 mm. Pluies sur le N. et le Centre : Besançon, 9 mm. Temp. du matin : Spitzberg, i°; Clermont-Ferrand et Toulouse, 7; Biarritz et Dunkerque, 10; Rome et Saint-Pétersbourg, 16; Alger, 17; Brindisi, 23; moyenne h Paris :• 9°,8 (normale : i4°,3). — Le 28. Pression voisine de "65 mm sur le N. et FO. ; fortes pressions aux Açores : 776 mm; dépressions sur le Centre et l’Islande. Pluies sur le Centre et l’0. Temp. du matin : Spitzberg, —10 ; Saint-Pétersbourg, -j- 7 ; Toulouse, 9; Brest et Dunkerque, 10; Marseille, il; Alger, 17; Brindisi et Budapest, 20; moyenne à Paris : io° (normale : i4°,5). — Ze 29. Dépressions sur l’Islande (741 mm), le golfe de Gènes et la Provence (758}; hautes pressions sur le N., le S.-O. et les Açores (774 mm). Pluies sur le Centre et FO. : Biarritz, 25 mm; Toulouse, 12. Temp. du matin : Spitzberg, 3°; Clermont-Ferrand et* Saint-Pétersbourg, 7; Boulogne, 10; Bordeaux, 12; Alger, i5; Palerme, 19; moyenne à Paris : io°,3 (normale : i4°,6). — Ze 3o. La pression baisse sur FO. ; 763 mm sur nos régions; dépressions sur l’Islande (746 mm), la Méditerranée et les Balkans. Pluies dans le N. et le S. Temp. du matin ; Arkbangel, o°; Bucarest, +2; Limoges, 5; Toulouse, 8; Brest, 12; Marseille, 14; Nemours, i5; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : i4°,8). — Ze 3i. La pression se relève sur l’0. : Irlande, 769 mm; dépressions sur le N.-O. et le S.-E. Pluies sur l’O., le S. et la Scandinavie. Temp. du matin : Arkbangel, o°; Moscou, -j-9 ; Belfort, 10; Nantes, i3; Nice, i5; Alger, 18; moyenne à Paris : i5°,3 (normale : i4°,9)- — Ze 1er juin. La pression baisse sur presque tout le continent; pression supérieure à 760 mm sur les Iles-Britanniques, le N.-O. de la France et l’Espagne. Pluies sxir le N., le Centre et l’0. : Clermont-Ferrand, 22 mm. Temp. du matin : Yardoe, 4°; Belfort, 10; Nantes, Toulouse, 12; Alger, 17; Nice,
- du Bureau Central Météorologique.
- 18; Biskra, 23; moyenne à Paris ; n°,6 (normale : i5°,i). — Ze 2. La pression baisse sur les Iles-Britanniques, le N. et l’E. du continent ; elle monte en Irlande et en France. Basses pressions du N. au S.-E. : Haparanda, 749 mm; Odessa, 752. Pluies sur le N. et le Centre; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, 3°; Belfort et Clermont-Ferrand, 10; Nice, 16; Alger, 18; moyenne à Paris ; i3°,6 (normale : i5°,2). — Ze 3. Fortes pressions sur FO. : Açores, 774 mm; Irlande, 770; dépression sur la Finlande : 745 mm. Pluies sur le N. et l’E. ; en France, beau temps. Temp. du malin : Haparanda, 4°; Belfort, 12: Bordeaux, 15 ; Perpignan, 18; Alger, 19; moyenne à Paris ; i4°,2 (normale : i5°,3). — Le 4. Baisse barométrique sur FO. ; dépressions sur le N. et l’E. Pluies sur le N. et le Centre; en France, quelques ondées. Temp. du matin : Haparanda, 4°; Belfort, 11 : Clermont-Ferrand, 13 ; Biarritz, 17 ; Alger, 18; moyenne à Paris : i5°,6 (normale : i5°,4b — Ze 5. Hautes pressions sur les Iles-Britanniques et les Açores; dépression sur le N.-IL : Finlande, 744 mm. Pluies sur le N., le Centre et le S. : Puy de Dôme, 7 mm. Temp. du matin : Yardoe, 5°; Charleville, 10; Nantes, 12; Perpignan, 20; Alger, 21; mojmnne à Paris : 12°,3 (normale : i5°,5). — Ze 6. Basses pressions du N. au S. : Baltique el Italie, 747 mm; hautes pressions sur l’Irlande et la Bretagne : Yalentia, 769. Pluies abondantes sur le S. de l’Italie, l’Autriche et les Pays-Bas. Temp. du malin : Yardoe, 4"; Belfort, 8; Nantes, i5; Nice, 17; Alger, 23; moyenne à Paris : i2°,7 (normale : i5°,6). — Ze 7. Dépressions sur le N. et le S.-E. : Féroé, 749 mm; Brindisi, 748; la pression baisse sur l’O., monte en Islande. Pluies sur l’0. et le Centre : Besançon, 21 mm; Charleville, 10; Dunkerque, 9. Temp. du malin : Spitzberg, 20; Belfort, 8; Brest, i3; Biarritz et Marseille,
- 14 î Mans, 16; Perpignan, 19; Alger, 20; moyenne à Paris : ro°,7 (normale : i5°,7).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> ’El.x'ricité pratique
- Le contrôle à distance d’une batterie d’accumulateurs. — On sait que pendant la décharge d’une batterie d’accumulateurs le voltage diminue de telle sorte qu’il faut ajouter un élément (ou en retrancher un si l’on a adopté le montage en opposition) chaque fois que cette diminution atteint environ % volts, cette manœuvre s’opérant à l’aide du commutateur à plusieurs directions fixé sur le tableau. Or, il peut parfois être gênant de se rendre ainsi auprès de ce tableau surtout s’il est placé dans un autre corps de bâtiment ou dans une pièce du sous-sol et l’on est dans l’alternative ou bien de se déranger ou bien d’avoir un affaiblissement progressif de la lumière : un petit dispositif, dont la construction ne présente pas de difficultés, permet de faire
- accessoire (en fil isolé à 3oo mégohms) on relie ce petit circuit à un ou plusieurs boutons placés aux endroits voulus ; une simple pression suffit à ajouter un élément à la batterie lorsque la lumière baisse, et la partie mobile du commutateur étant plus étroite que l’intervalle entre deux plots, on est averti à distance que l’appareil a fonctionné, non seulement par l’accroissement d’intensité des lampes, mais encore par la légère saute de lumière provenant de la très courte interruption de courant.
- Automobilisme
- Contrôleur à distance de construction facile.
- cette manœuvre à distance à l’aide d’une simple pression sur un bouton. Ce dispositif est représenté ci-dessus et fonctionne d’une manière très sûre. La partie de gauche du dessin représente le commutateur à plusieurs directions à la manette duquel on a fixé une roue dentelée de quelques centimètres de diamètre ; cette roue qui peut être faite en bois dur, en laiton ou en toute autre matière rigide, est d’abord découpée circulaire, puis, à l’aide d’une scie fine ou d’une lime, on y entaille des dents ayant la forme indiquée et telles que l’angle occupé par chaque dent dx O soit égal à l’angle dont la manette doit se déplacer pour passer d’un plot au suivant 5, O, l\. Sur la partie droite de la planchette est fixée une bobine d’électro-aimant construite de la façon suivante : le tube central est en laiton (un morceau de feuille mince soudé par exemple) et de section carrée pour que la tige qui doit y coulisser ne puisse tourner sur elle-même en tous sens ; les joues sont en laiton plus fort auquel on laisse de petites pattes destinées à être pliées, perforées, et à recevoir des vis pour fixer la bobine en place. L’enroulement se compose de 35o à 4oo m. de fil de o mm 4 de diamètre. À l’intérieur de cette bobine peut glisser librement une tige à section carrée dont la partie de droite C est en fer et l’autre partie D E en laiton; en F la tige de laiton est coupée et les deux parties sont réunies par une charnière très molle soudée à l’étain, ce qui permet à la partie E de se soulever. En R est un ressort qui rappelle vers la droite la tige C et en T un appendice fixé après cette tige et qui vient buter contre des vis Vt et V2. Lorsqu’on fait passer un courant dans la bobine, la tige de fer C est aspirée à l’intérieur de celle-ci et se déplace vers la gauche en poussant la roue dentée, ce qui déplace la manette et la fait passer sur le plot suivant ; quand on coupe le courant, le système mobile revient à droite et la partie E en se soulevant passe par-dessus la dent suivante et retombe de l’autre coté prête à la faire avancer la fois suivante. En agissant sur les taquets à vis Yj et Y2 on règle le déplacement de manu re que la manette s’arrête bien au milieu de chaque plot et que la partie E revienne un peu en arrière de la dent pour assurer le jeu nécessaire.
- Le courant peut être pris directement sur la batterie en établissant une dérivation sur un nombre d’accumulateurs suffisant pour que la bobine ait la force de faire tourner la manette; à l’aide d’une petite canalisation
- La jante élastique Gloria. — Il serait curieux de savoir combien, parmi les brevets délivrés annuellement en France et à l’étranger, se rapportent aux roues élastiques ! On serait vraisemblablement bien surpris de constater que celte question est une des plus passionnantes pour les inventeurs. Jusqu’ici le pneumatique est demeuré maître de la situation, malgré ses défauts et en vertu du principe universellement admis que, faute de grives, on mange des merles!
- Cela ne veut point dire cependant que nous ne soyons pas à la veille de découvrir dans le monde des jantes la grive qui se substituera avec avantage aux merles pneumatiques : la jante qui se contentera à'amortir Je choc de l’oltstacle, de 'l’absorber, purement et simplement, sans répercussion sur le moyeu et par suite sans rebondissement de l’objet ou du sujet transporté!
- Il est évident que la solution d’un pareil problème exige que la jante idéale se compose de deux parties, l’une extérieure recevant tous les chocs de la route, l’autre intérieure reliée fixement au moyeu, la liaison des deux n’étant point rigide.
- C’est cette solution que réalise la jante Gloria de MM. Pompon, Roba et Cie, dont les deux figures ci-jointes indiquent les dispositions générales. La figure i est une coupe radiale. La pièce d’acier A, renforcée par la pièce B également en acier, constitue avec la bande de roulement G la partie extérieure de la jante, celle qui travaille directement sur la route. La partie intérieure est constituée par les deux pièces d’acier C et D, rigidement reliées au moyeu et sur lesquelles la pièce A forme en quelque sorte piston. Dans l’espace libre entre les deux parties de la jante sont disposés des boulets de caoutchouc plein chargés de donner au système l’élasticité nécessaire. Ces boulets sont l’objet d’une préparation spéciale et leur diamètre est supérieur à la profondeur de la cavité. La figure a montre leur disposition tout autour de la jante.
- On voit facilement ce qui se produit dans la marche.
- Lorsque la roue rencontre un obstacle quelconque la bande de roulement G fonctionne d’abord comme un caoutchouc plein. Le boulet F, qui se trouve comprimé, s’écrase en pressant les flasques latérales, lesquelles supportent tout l’effort de cette compression sans en être incommodées, puisqu’elles sont sans soudure ni brasures et prises dans une plaque de tôle emboutie à la suite de plusieurs opérations de mise au four. Quant
- Fis
- t ? ' (
- et 2. — Coupe radiale et vue de profil de la jante Gloria.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- au moyeu, il ne subit qu’une réaction très faible puisque, par le glissement même des flasques intérieures et extérieures l’une sur l’autre, il se produit un déçentre-ment de la partie extérieure de la roue, décentrement d’ailleurs progressif et en rapport avec le poids de la voilure. Il résulte de là que la jante Gloria évite le rebondissement parfois si pénible dans les voilures munies de pneumatiques fonctionnant sur mauvaises routes, et d’autant plus sensible que ces pneumatiques sont plus gonflés.
- Outre cet avantage capital, la jante Gloria présente encore celui d’une grande simplicité de montage et de démontage. Elle est d’ailleurs garantie contre l’introduction de la boue par le fonctionnement même des flasques qui rejette automatiquement cette boue à l’extérieur.
- L’apparence de la roue est la même que celle d’une roue à pneumatiques ordinaires.
- L’élasticité obtenue comme il vient d'être indiqué l’est de façon autrement simple que celle réalisée avec les nombreux types de roues élastiques à ressorts ou à articulations. La simplicité en pareille occurrence est d’ailleurs le but que doit poursuivre essentiellement tout constructeur désireux de réussir. — L’inventeur est M. Pompon, 40, rue Kehot, Asnières.
- *l> Gymnastique <«*
- Appareil de Mécanothérapie « Porthos ». — Les
- appareils de gymnastique en chambre : poids, haltères, extenseurs, etc., présentent l’inconvénient de mobiliser chaque groupe musculaire; il est donc nécessaire de posséder pour ainsi dire un assortiment d’engins ou de
- Appareil de Mécanothérapie «Porthos».
- se liyrer à une série d’exercices compliqués qui ont toujours et malgré tout le grave inconvénient de ne pas faire travailler simultanément l’ensemble des faisceaux musculaires.
- L’appareil que représente notre figure est construit sur un principe qui nous paraît plus rationnel. Il mobilise, en effet, toutes les articulations des membres et fait travailler tous les muscles sans exception par des mouvements réguliers et réglés suivant l’âge eL le développement des membres.
- D’autre part, l’appareil, ayant provoqué l’abaissement d’un membre, intervient également pour effectuer le
- mouvement opposé, supprimant ainsi la douloureuse fatigue des articulations. Contrairement à ce qui a lieu généralement : production pendant ^élévation du bras portant un poids, ici l’effort est fait non pour élever le poids, mais pour le retenir pendant son soulèvement.
- Le Porthos reproduit tous les mouvements du corp avec un contre-poids variable de o à 60 kg. Ainsi dans les mouvements de développement des muscles abdominaux et lombaires, le contre-poids empêche le patient de tomber en arrière et le relève sans effort. Le corps peut ainsi prendre des positions très inclinées et les muscles intéressés travaillent au maximum. La description de l’appareil va nous permettre d’en comprendre le fonctionnement.
- Il comporte un bâti fait de tubes de fer A fixé sur un socle en bois B (fîg. 1). Sur ce bâti peut coulisser à volonté, dans le sens de la hauteur pour adapter le mécanisme à la taille du sujet, une masse C formant axe, pourvue d’un bras articulé D relié à un levier K par le bras M. Le levier K est mobile autour du point L et un poids E peut coulisser à volonté sur ce levier. L’axe de la masse C porte un levier F qui agit sur les leviers D, M et K; le poids K se trouve donc soulevé verticalement quand on tire sur le levier. D’autre part, la liaison entre le levier F et l’axe de la masse C est réalisée par une articulation à noix permettant au levier de se mouvoir horizontalement. Le levier F porte encore une poignée G qui peut coulisser sur toute sa longueur et sert d’appui-main, la distance entre le point d’appui de la main et le point d’articulation du levier devient ainsi très variable.
- Enfin une pédale H, reliée au levier F par un câble métallique I, sert à appuyer le pied; elle s’articule sur le socle B, soit par un pivot permettant les mouvements d'abduction ou d’adduction, soit par deux griffes empêchant les mouvements latéraux.
- L entrainement du poids E s’effectue donc par les leviers M, D et F, ce dernier imprimant un mouvement de rotation à la masse C. La puissance à exercer sur le levier F pour vaincre la résistance offerte par le poids E dépend donc de la position de ce poids sur le levier K, de celle du bras M et de celle de la poignée sur I. On peut ainsi graduer à volonté les efforts à développer pour actionner l’appareil.
- L’appareil est construit chez M. Sylvain Albert, 20, rue Secrétan, à Paris. Les prix sont : modèle n° 1, 35o fr. ; n° 2, i"5 francs.
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- Divers
- Anneau de clefs « Le Mystérieux ». — Mettez cet anneau de clefs entre les mains d’un ami et demandez-lui d’y introduire une clef. Il regardera curieusement l’anneau et sera forcé d’étudier le système avant de réussir l’opération. Cet anneau est donc une « question » à caractère pratique; c’eSt ce qui fait son succès.
- Notre dessin montre bien sa forme. La partie A est fixe; en B est ménagée une rainure dans laquelle peut glisser la pièce mobile C prolongée, à l'intérieur de l’anneau, en D, par une tige qui ferme l’ouverture E lorsque la pièce Ca été glissée au-dessus de A.
- A aucun moment l’anneau n’est donc brisé. Pour engager une clef on la place d’abord dans l’échancrure A ; on amène ensuite C dans la position poin-tillée de la figure et on soulève la clef de manière qu’elle s’engage à l’intérieur de cette boucle mobile qui est ensuite abandonnée à elle-même. La clef suit la boucle et tombe dans l’anneau lorsque C a repris sa position normale. Pour sortir la clef, on effectue les mouvements inverses. La pièce mobile C est donc une sorte de distributeur mécanique destiné à saisir la clef et à la transporter dans l’anneau absolument comme un distributeur de machine prend la vapeur dans une chaudière et la dirige devant le piston moteur.
- L’anneau « Le Mystérieux » est en vente aux établissements Ivratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris, au prix de o fr. 73.
- L’anneau porto-clefs “ Le Mystérieux ”.
- •€ 36 §(P
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Q^><
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Sa
- Avril 1914 a été chaud, clair, sec, La pression barométrique moyenne 7(10'“"',o est en excès de 3n,m,7 sur la normale; la température moyenne i2°,2 est supérieure de 20,3 à la normale d’avril, et classe avril 19*4 parmi les mois d’avril très chauds. Il n’a pas gelé ; le minimum absolu sous l’abri a été de 2°,o le 5 ; le maximum absolu de 24°,6 le 29.
- La nébulosité moyenne a été seulement de 4>3; la normale d’avril est de 5,9, aussi la durée totale d’insolation a-t-elle été considérable : elle s’élève à 252 heures, en excès de 88 heures sur la normale, et le rapport d’insolation qui est normalement de 0,40 atteint 0,61.
- La hauteur mensuelle de pluie est de 2iram,i. Le rapport de ce total à la normale d’avril est de o,5o. On compte 9 jours pluvieux contre i3, nombre moyen; il y a eu de l’orage le -,9 vers 18 heures, on a encore entendu le tonnerre le 3o vers midi.
- Pression barométrique (Alt. 5om,3). — Moyenne des 24 heures : 96; minimum absolu : 744“"'-h le 7 à
- 22h20"‘; maximum absolu : -69"”'', 1 le 26 à qh iom.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-niina, 5°,96; des maxima, i8°,62; des 24 heures, i2°,2o; minimum absolu : 2°,o le 9; maximum absolu : 24°,6 le 29. Amplitudes diurnes : moyenne, 12°,66; la plus élevée, 18 ,0 le 27; la plus faible, 5°,9 le 6. Sur le sol gazonué. — Moyennes : des minima, 10,65 ; des maxima, 37°,28; minimum absolu, —2°,9 le 18; maximum absolu, 47°>5 le 29. Dans le sol gazonné. — Moyennes
- du mois (prof. o"',3o) à 9 heures : io°,94; à 21 heures :
- ii°,39; (prof. o,n,65) à g heures : io°,24; à 21 heures :
- io°,27; (prof, r m.) à 9 heures : 9°,55; à 21 heures :
- 90,62. De la Marne. — Moyennes : le matin, i2°,59; le soir, i3°,26. Minimum : io°,33 le iei ; maximum : i5°,67 le 29.
- Tension de la vapeur. —, Moyenne des 24 heures : 6"“a,8o; minimum : 3ram, t le 17 à i3 heures; maximum : iim,u,i le 3o à i3 heures.
- Humidité relative. —Moyenne des 24 heures : 66,7; minimum 20 le 17 à i3 heures; maximum : ioo à 3 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h;) : 4,3 ;
- 1 jour entièrement couvert le 5, 8 jours complètement clairs du 16 au 20 et du 26 au 28.
- Insolation. — Durée possible : 4l(> heures; durée effective : 252 heures; rapport : 0,61.
- Pluie. — Total du mois : 2imo>,i en 2ih,2. Maximum eu 24 heures : 6mm,8 le 5.
- Nombre de jours : de pluie, 9; de pluie appréciable (supérieure ou égale à o""n, 1 ) : 9 ; de pluie supérieure ou égale à i'""1 17; à 5mm : 1 ; d’orage, 2; de rosée, 14 ; de gelée blanche, 10; de brume. 5; de halos : solaires,
- 7; lunaires, 2; solaires ou lunaires, 8.
- Fréquence des vents : calmes, 29.
- N 4o S. E. . . . *7 W . . . . 40
- N. n; e . 79 S. S. E. . . 42 W. N. W . 14
- V. E. . . 100 S 44 N. W. . . 24
- E. N. E . 73 S. S. W . . 87 N. N. W . 19
- E . . . . 3o S. w. . . . 5o
- E. S. E . 8 w. s. w . 24
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne
- int-Maur en avril 1914, par M. Ch. Dufour.
- des 24 heures : 3m,8o; moyenne diurne la plus élevée : 7m,i le 6 ; la plus faible : im,i le i3. Vitesse maximum : i2m,9 le G à 61’ 48™ ; direction correspondante : W.
- Hauteur de la Marne.. — Moyenne du mois : 3m,-79 ; minimum : 2®,70 le 28 et le 29; maximum : 5m,4o le 4-
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression : -f 3mm,72; température : -f-2°,26; tension de la vapeur : -fo’“,7i ; humidité relative : ;—2,5; nébulosité : —1,6; pluie : — 20mm,8; jours de pluie appréciable : — 4t insolation : 88 heures.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (20 jours) 64 volts; moyenne diurne la plus élevée : 90 volts le 6; la plus faible : 4l volts le 25. Moyenne des i5 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation orageuse : 67 volts ; moyenne diurne là plus élevée : 89 volts le 24; la plus faible : 45 volts le 20; amplitude diurne correspondante : 0,57; amplitude nocturne : o,g3. '
- Radiation solaire. — 4l observations ont été faites à 14 dates différentes; la valeur la plus élevée a été ic>1,25 le 18 à 1 ih 24®.
- 'Taches solaires. — On a suivi 6 taches ou groupes de taches en 27 jours d’observation ; le Soleil a paru dépourvu de taches aux dates des 11-16, 18, 21, 24-26.
- Perturbations magnétiques. — Faibles les 9, 10, 16-19, 23-24; modérées ier, 7-8; très forte le 6.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements, peu nombreux, peuvent, d’après leur importance, être classés comme suit : I. Le 11, débuta i6h52m36s; ph. pie. de 17h 38111 à 18h 1m ; fin à 2.oh 3om ; II. Le 9, début à 3ll56m4s; ph. pie. de 4h 5om à 5h 9'" ; fin à 6h iom (dist. prob. environ 16000 km); le 20, début i3h42mn% ph. pie. de 14h 11m à i4h29°\ fin vers 16 heures (distance 9000 km); le 28, début à 1 a1' 26m, fin à i2h4am. III. Faibles mouvements, le 6, de 6h 38m à 7h 5“ ; le 8, début à 2211 48'"23% fin à 23h 5m ; le 25, de 81' 55m à 9113om et, le 3o, de 11 heures à nll 25m. IV. Très faibles mouvements, le 7, de à 191' 2™ ; le 9, de 2h 46“ à 3 heures.
- Floraisons. — Le icr, saule commun, cerisier (anglaise); le 2, cydonia japonica, narcisse, corchorus; le 3, prunier (reine-claude); le 4; iberis sempervirens, lamium; le 6, laurier noble; le 7, corbeille d’or, cassis, cerisier (Sainte Lucie); le 8, laurier cerise; le io, linaria, pervenche bleue, renoncule bulbeuse, alliaire, muscari à grappes; le 13, lilas commun; cerisier (Montmorency) ; le 15, dielytra spectabilis ; le 16, lilas blanc; le 17, bouton d’or; le 18, fraisier des bois; le 19, spirée, lilas de Perse; le 20, épine blanche; le 22, arbre de Judée ; pommier (Canada), chamerisier, belle d’onze heures; le 23, marronnier blanc, cognassier, réveil-matin; le 24, tulipe non cultivée, sceau de Salomon; le 25, fusain à larges feuilles, glycine, iris germanique; le 26, muguet, arum, érable champêtre ; le 27, herbe à Robert, cytise faux ébénier, sorbier des oiseleurs ; le 28, pivoine en arbres, géranium à feuilles rondes ; le 29, érable sycomore; le 3o, épine rose, fusain ver-ruqueux.
- Premier chant de la fauvette à tête noire le. 9; du rossignol le 20; du pievert le 25. Premières hirondelles le 16. On a vu des hannetons le 20.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- La rouille des groseilliers. — On a vu cette année se produire plusieurs invasions violentes de l'ouille sur les feuilles des groseilliers. Voici les conseils que donne, à ce propos, M. Nolîray, dans le Journal d'Agriculture pratique.
- Si les plantes ne sont pas très attaquées, enlever et Jmiler toutes les parties tachées par le parasite : feuilles,
- ,Hiains, pousses terminales, puis faire des pulvérisations avec une bouillie cuprique.
- Lorsque les arbrisseaux ont la moitié au moins de leurs feuilles couvertes de taches couleur rouille, il faut renoncer à toute récolte.
- Mais on doit cependant agir pour empêcher l’invasion pendant l’année suivante. Il suffit pour cela de sulfater le sol tout autour du pied, à io ou 5o cm, de manière à faire périr les spores qui tombent loin. Puis, au printemps prochain, on sulfate dès la naissance des premières feuilles.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour utiliser les bouts de savon. — Voici une recette que nous communique un de nos lecteurs, M. Gueit :
- « En réponse à la demande de M. le DrH. G., que je lis dans la « Boîte aux lettres » de votre numéro de vacances, j’ai le plaisir de lui indiquer un procédé que j’emploie depuis plusieurs années, pour utiliser les bouts de savon, à 1 effet d’en faire des morceaux maniables, et ceci d une façon très simple : Se procurer une vessie de porc chez le premier tripier venu, en agrandir suffisamment l’ouverture pour pouvoir y introduire les déchets de savon, qu’on peut détailler encore au préalable ; resserrer avec une corde à chaque introduction nouvelle et lorsque la vessie est pleine, la pétrir avec lés mains dans de l’eau. Ceci peut être répété plusieurs fois ; par un phénomène d’osmose, l’eau pénètre à l'intérieur,. mais la mixture n’en peut sortir; lorsque le pain de savon est suffisamment volumineux, tenir quelques jours dans un endroit sec, et fendre la vessie, d’où l’on sortira un morceau entier, de la forme que l’on voudra, si l’on a eu le soin, pendant les derniers pétrissages, de l’amener peu à peu à la forme convenable. On obtient ainsi des morceaux entiers de diverses nuances,
- d’aspect agréable, mais... bien entendu, d’odeurs mélangées, si l’on a inséré dans la vessie des savons de diverses provenances. »
- Poudre pour réussir la mayonnaise. — Il existe dans le commerce des poudres grâce auxquelles les mayonnaises réussissent infailliblement. Nous avons obtenu de bons résultats avec une poudre composée do farine d orge (environ 60 pour ioo), mêlée avec un peu de farines de seigle et de légumineuses, contenant en outre du sel (18 pour ioo) et très peu de poivre.
- Comment agit le produit? Evidemment, grâce à la faculté de se gonfler que possède la farine d’orge plus encore que celle des autres céréales : ainsi la sauce devient forcément consistante. Bien entendu, chacun peut en préparer en dosant l’assaisonnement selon ses goûts. Pour l’emploi, il convient de mettre, pour une mayonnaise de douze personnes, par exemple, 5 à io gr. de poudre dans un bol avec 2 ou 3 cuillerées à café de vinaigre et 3 jaunes d’œuf. On bat le tout en versant peu à peu l’huile. Si la consistance était trop ferme, il faudrait ajouter un peu de vinaigre.
- (Laboratoire de La Nature.)
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. Dans la boite aux lettres, la llédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — P. F., à Pantin. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécialement consacré à la traction électrique par unités multiples. La Revue Electrique, publiée chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris, a publié dans ces dernières années des articles très complets et excellents sur cette question.
- Mme A. Wuesst, à Grütli, librairie Dürr, Genève.
- — i° Oui. — 20 On peut en général prendre au besoin jusqu’à 3 ampères ou 3 ampères 1/2 sur une douille de lampe dans une installation normale, ce qui permettrait d’avoir 6 ampères à 55 volts pour faire marcher une lampe à arc. — 3° S’il y a déjà un coupe-circuit inutile d’en ajouter un autre, mais on peut en mettre un sur le circuit secondaire. — 4° Il faut réduire le couraut de moitié, donc mettre au circuit secondaire un nombre
- de spires égal aux —- du nombre de spires du primaire.
- — 5° Voir réponse à M. Lajeunie n° 7. Le second modèle est plus facile à construire, mais d’un rendement moins bon. — 6° .Une simple règle de trois donne la
- y
- solution: 87 spires pour 27 volts, donc 87 X— pou
- 16 27
- 8 volts ; 87 X — pour 16 volts, etc., soit environ 26 spires
- 52 spires, etc., pour le second modèle de mênn 32 .
- 277 X — spires pour avoir 32 volts, etc.
- M. G., à Bordeaux. — i° Le petit Combattant d’Indo Chine est vendu en France par Dagry, 20, quai di Louvre, Paris; Lefèvre, 53, rue de Saint-Quentin Nogent-sur-Marne. Ne pas oublier de couvrir l’aqua rium, ces poissons sautant parfois hors de l’eau. — 20 On ne peut répondre sans examen préalable de I nature des cheveux. Voir un docteur.
- M. F. N., rue de Turbigo, Paris. — Pour faire périr un gros orme, sans recourir à l’abatage, il n’est pas nécessaire de s’attaquer aux racines, d’autant qu’en opérant sur celles-ci, en les mutilant à 2 mètres du tronc, comme vous vous le proposez, vous n’atteindriez pas le résultat désiré, l’arbre pouvant encore végéter par son pivot si tout le système radiculaire n’est pas supprimé. La destruction de cet arbre peut se faire par empoisonnement, à l’aide d’un ingrédient chimique, en procédant de la manière suivante : percer, avec une tarière,
- quelques trous obliques jusqu’au cœur de l’arbre, c’est-à-dire dans le tronc, et remplir ces trous avec une solution concentrée d’arséniate de potasse que l’on peut’ sc procurer chez un marchand de produits chimiques (Etablissement Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembrc. Paris). L empoisonnement se produit par diffusion de l’arséniate de potasse dans les canaux séveux. Ce procédé a toujours été employé avec succès pour faire périr des arbres même très gros.
- M. Ch , à Pantin. — Le permanganate de potasse s’emploie, effectivement, contre les maladies de la vigne, particulièrement pour le traitement simultané du mildiou et de Loïdium. Le permanganate exerce une action curative très manifeste et parfois fort active contre l’oïdium. On l’associe aux bouillies cupriques employées aux époques normales des traitements anticryptogamiques (mildiou et oïdium), en mai, juin, au début, pendant el à la fin de la floraison et à la véraisqn du raisin. On emploie le permanganate seul ou en combinaison avec la chaux, pour en accroître l’adhérence, soit : 100 litres d’eau, iz5 gr. de permanganate de potasse et 3 kg de chaux (formule Truchot). On emploie aussi le permanganate en l'incorporant aux bouillies cupriques, à la dose de 125 gr. par hectolitre, et on obtient des résultats également satisfaisants ; mais le permanganate ne doit être associé qu’aux bouillies à base de sulfate de cuivre, à l’exclusion des verdets, qu’il décomposerait plus ou moins, et des bouillies sucrées ou des bouillies à la caséine, à la gélatine, à l’adhésol, à la saponine ou autres produits mouillants qui sont des substances organiques. Or, le permanganate de potasse et les matières organiques se détruisent réciproquement, de sorte que les bouillies ne seraient plus mouillantes et leur action contre l’oïdium serait nulle.
- M. Rossi, à Vicenza. — Photos de la Tour Eiffel. — Vous en trouverez chez Roi, 4, rue Richer, Paris, ou chez Branger, 9, rue Cambon, Paris.
- P. F., à Nice. — La combustion de 1 m3 de gaz d’éclairage fournit en moyenne 5ooo calories. — Pour brûler 1 litre d’essence de pétrole, il faut en pratique 12000 litres d’air. La combustion de 1 litre d’essence de pétrole fournit 7700 calories en moyenne.
- T. S. F.
- M. Charles Rossel, à R.... — Vous devez demander l’autorisation à l’administration des Postes et Télégraphes en vous adressant au directeur de votre département. Toutes ces tables sont éditées par le Bureau international à Berne, mais elles, ne donnent pas les heures des appels. Vous trouverez ces heures, pour quelques jiostes principaux seulement, dans différents ouvrages de T. S. F. parus récemment, entre autres
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- BOITE AUX LETTRÉS
- celui de M. S. Marions, Charles Àmat, éditeur, ix, rue de Mézièi'es, à Paris. Cet ouvrage vous donnera d’ailleurs tous les renseignements qui vont sont utiles pour reconnaître les postes que l’on peut recevoir en France. Comme ouvrage purement pratique, nous vous conseillons celui du Dr Corret, M. Féron-Vrau, éditeur, 5, rue Bayard, à Paris.
- Y. C. — Votre système ne présente qu’un inconvénient, celui de ne pouvoir être utilisé pendant l’éclairage. Voyez à ce sujet le condensateur de l’ondophone Hurm qui permet de se brancher directement sur la douille d’une lampe.
- M. T.-E. Versmec, à B.... — A la rigueur, votre treillage peut vous servir d’antenne, mais son isolement ne sera pas fameux; dans bien des cas, c’est suffisant, mais pas sur une aussi grande distance. Vous pouvez d’ailleurs essayer sans faire de frais, puisque le treillage est posé.
- M. R. Cartier, à B.... — On peut dire que tous ceux qui s'occupent un peu sérieusement de T. S. F., en particulier tous les constructeurs, ont essayé d’hypersen-sibiliser les cristaux avec des méthodes différentes. En fait, aucune n’a donné de résultats intéressants car si, dans certains cas, le résultat est bon, il est en général très variable et oit ne peut pas compter sur les préparations d’une façon certaine. Il en est de même des ciûs-laux artificiels. Le meilleur cristal artificiel est la galène,
- tous les autres lui sont inférieurs. Nous avons demandé divers renseignements au sujet des cristaux, nous les ferons connaître dès qu’ils nous parviendront. — Nous répondons négativement à la question suivante, puisque le brevet est pris dans le but d’interdire la fabrication; de l’appareil par d’autres que par l’inventeur.
- M. Simon Leleu, L. Q.... — Les effets que vous nous signalez sont dus, certainement, à un défaut de construction de votre électrolytique, tout au moins pour des variations de pression de l’ordre de celles que vous indiquez; vous devez avoir un mauvais isolement, les ondes traversant une dérivation par ailleurs, d’où effet de capacité. Tous les diamètres de fils ont été essayés depuis longtemps pour les détecteurs, mais les résultats diffèrent suivant le fini de la pointe fine; de ce côté, il n’y a plus rien à découvrir, sans aucun doute. Si votre galène vous a donné de mauvais résultats, vous devez vérifier le réglage, le montage et porter tous vos soins sur le réglage du circuit résonnant. Si vous montez en série deux téléphones de 4000 ohms et 2 autres de 2000 ohms, vous réduirez le son ; il serait préférable de n’employer que des casques de même résistance, car on n’entendra pas de la même façon dans les deux. La lettre Y envoyée par F. L. avant l’envoi du B. C. M. de 17, est un signal de réglage. Nous n’avons pu découvrir le nom de la station que vous nous signalez ; par sa première lettre, on peut supposer qu’il s’agit d’une station des Pays-Bas.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- ' Sommaire de notre précédent numéro.
- Port-EtionriG et la baie du Lévrier : Louis Gain. — Les atomes rendus visibles par les rayons X : une révolution dans l’analyse spectrale : H. Vigneron. — La glande à pommade des Oiseaux : Henri Coupin. — La science au service de l’export d’art : l)r Aefreb Gradenwitz. — Le nouveau moteur Gnome : le monosoupape : A. Troleer. — Académie des sciences ; Ch. de Viïit.EBEuiT.. — La fabrication de la fécule chez les Indiens péruviens : V. !•’.
- Supplément. — La présence du gallium dans l’eau de mer. — Sur la couleur dos solutions de soufre, etc.
- Encyclopédie de science chimique appliquée aux arts industriels, t. Y. Principes a analyse et de synthèse en chimie organique. In-8°, 795 p. Béranger, éditeur, Paris, 1914- Prix : l'elié, 00 francs.
- Le 5e volume de la remarquable encyclopédie de Chabrié contient les chapitres suivants : les principes généraux de l’analyse chimique, par M. M. Hanriot ; les produits pharmaceutiques, par M. P. Carré ; les méthodes de synthèse des matières colorantes, par M. A. Seyewetz; les applications de la chimie à l’étude des parfums, par M. Eugène Charabot; l’étude de la saponification en général, par M. A. Hébert. C’est dire la variété des sujets traités et l’intérêt qu’ils pré-sentent, tant pour les industriels que pour les chimistes de laboi’atoire ; inutile d’ajouter qu’ils sont li'es clairement et très complètement traités.
- Conférences de Radiumbiologie faites à V Université de Gand en 1913, par MM. J. Damne, P. Giraud, H. Coutard, G. Danne. In-8°, 214 p. Severeyns, éditeur, Bruxelles. Prix : 6 francs.
- M. Jacques Danne et le professeur de Nobele ont rassemblé dans ce volume une série de conférences faites à l’Université de Gand sur la radiumbiologie; on y trouvé l’étude des propriétés des corps radioactifs, la technique médicale et ses applications. L’ouvrage se termine par une bibliographie très complète.
- Organes des machines opératoires et des transmissions, par L. Jacob, i vol. 358 p,, 372 fîg. Encyclopédie. Doin, Paris, 1913. Prix : cartonné, 5 francs.
- Desci’iption et étude des conditions de travail des outils fondamentaux : outils de tour, de rabotage et de mortaisage, outils de pei’çage et d’alésage ; fraises et scies, meules, étude complète des transmissions, des engx*enages et des ressorts.
- Restauration des montagnes. Correction des torrents. Reboisement, par E. Thiery (Encyclopédie Lechalas), Paris. Béranger. Px'ix ; 16 francs.
- Travail important sur une question qui a vivement attiré l’attention depuis quelques années. L’auteur étudie d’abord le phénomène torrentiel, puis indique les moyens d’y porter remède ; correction des affouil-lements, remèdes contre les avalanches, fixation des matéxûaux instables, barrages en maçonnerie, clayonnages. Il aborde enfin les reboisements et donne, avec la compétence d'un forestier, les conseils nécessaires pour y réussir.
- Le vieux Paris. Souvenirs et vieilles demeux’es, publié sous la direction de G. Lenotre. 2 vol. in-40 avec 99 phototypies, Paris, Ch. Eggimann, éditeur, 106, boulevard Saint-Germain. Prix : 3o francs.
- A une époque de mise en valeur outrancièi’e comme la nôtre, il est excellent de signaler les vieux souvenirs du passé qui doivent être conservés et aussi de remercier les générosités qui réussissent à les sauver. Tel est le but de ces deux beaux fascicules qui nous révèlent des édifices et coins de Paris trop peu connus. L’Eglise Saint-Séverin, son cimetière, ses charniers; l’Abbaye-au-Bois; l’FIôtel Hérouet; l’Hôtel Biron ; le Pont-au-Double ; l’Hôtel du Prévôt ; le quai Bourbon; le Collège Fortet; l’Auberge du Compas d’Or; l’Hôtel de Sens; l’Hôtel Lebrun; l’Eglise Saint-Julien-le-Pauvre ; l’Abside de Saint-Merri. Les anciennes boutiques de marchands de vins. Il y a cent ans.... Promenade à Montmartre, etc., etc. Certaines enseignes et grilles des boutiques sont des œuvres d’art qu’on ne regarde même pas. Quant à la promenade au Yieux Montmartre elle fait déplorer de plus en plus la destruction chaque année grandissante des moulins, maisonnettes, ruelles secrètes, parcs et jardinets. Le « Vieux-Paris » du moins conserve par l’image le Paris ancien qui, de jour en jour, devient un rêve.
- Indicateur de la photographie et de la cinématographie 1914- In-8°, illustré, Lahure, éditeur, Paris. Prix : relié, 4 francs; broché, 3 fr. 5o.
- Richement illustré par les divers procédés d’impres-' sions photographiques, ce nouvel Annuaire contient, outre une longue étude des multiples applications de la photographie, une description des nouveautés,' l’analyse des brevets et des nouveaux cas de juris-prudence, etc.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 juin 1914 . 15°, 5 N. 1. Couvert. 55,7 Couv. ; fort orage do 11 li. à 18 li. 50 avec, pluie ; rosée ; Brume.
- Mardi 16 16‘,8 Calme. Couvert. 0,1 ('.ouvert: un peu de pluie à 11. li. -10; Ihrle Brume.
- Mercredi 17 ... . 12\7 N. N. E. 2, Couvert. » Couvert le matin; nuageux le soir: rosée: forte Bruine.
- Jeudi 18 14°,9 Calme. Couvert. » Très nuageux; lorte Brume: rosée.
- Vendredi 19 . . . . 16°, 7 Calme. Beau. » l’eu nuag. de <t h. à 1(3 h. : Beau avant et après: lorte brume ; rosée.
- Samedi 20 17°,4 N. N. E. 1. Beau. 0,2 Nuag. : or.i. de lêli.â 18 h. avec un peu de pl. à 15 h, 10 et 20 h. JO.
- Dimanche 21 .... 16e. 5 S. S. W. 2. Nuageux. 2,2 Rosée; très nuageux; averse, entre 12 It. 50 et 13 h. 40.
- JUIN 1914. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 JUIN 1914.
- Lun J' Mardi Mercredi Jeudi I Vendredi 1 Samedi Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 8 au 18 juin. —Le 8. Basses pressions sur l’O., le Centre et le S. : N.-E. de la France et golfe de Gênes, 7 51 mm; fortes pressions sur le N.-O. : Féroé, 768 mm. Pluies sur l’O.. le Centre cl le S.; en France, orages : Biarritz, 40 mm; Paris, a4; Port-Vendres, 12; Limoges et Belfort, 10. Tcmp. du malin : Spitzberg, 10 ; Belfort, 5; le Havre, 6; Lorient et Clermont-Ferrand, 9; Bordeaux, 10; Biarritz, 14 ; Marseille, i5; Alger, 19; moyenne à Paris : g°,2 (normale : i5°,8). — I.e 9. Basses pressions sur 10. et le Centre : Gènes, 710 mm; N. dé la France, 761; fortes pressions sur le N. : Finlande, 769 mm; Ecosse, 767. Pluies abondantes sur l’O. et le Centre : le Havre, 16 mm; Biarritz, i3; Nantes et Paris, 11; Brest, 10. Temp. du matin : Limoges, Clermont-Ferrand et Belfort, 70 ; Nantes et Biarritz, 9; Marseille, 11 ; Calais et Nice, 13 ; Alger, 20; moyenne à Paris : g°,2 (normale : 15°.9). — Le 10. Basses pressions sur la moitié S. : Scilly, 7I0 mm; Rocheforl, 752; fortes pressions sur le N.-E. et les Açores : Arkhangel, 772 mm; Horta, 771. Pluies sur l’O. et le Centre : mont Aigoual, 23 mm; Biarritz, i5. Temp. du matin : Belfort, Brest et Nantes, 90; Dunkerque, 11; Bordeaux et Marseille, 13 ; Alger, 19; moyenne à Paris : 14° (normale : 16°). — Le n. Dépression sur le S.-O. : golfe de Gascogne, 702 mm; fortes pressions des Iles-Britanniques au N.-E. : Saint-Pétersbourg, 774 mm. Pluies sur le Centre et l’O.; orages dans l’O. et le S.-O. de la France, Biarritz, i5 mm. Temp. du matin : Spitzberg, i°; Biarritz, 11 ; Belfort et Rochefort, 12; Eunkerque et Clermont-Ferrand, 14 ; Marseille, 16; Alger, 19; moyenne à Paris : i5°,8 (normale : 16°). — Le 12. Basses pressions sur l’O. et le S.-E; fortes pressions sur le N. (771 mm) et les Açores (774). Pluies sur la moitié S. : Biarritz, 5g mm; Marseille, 19; Char-leville, 18; Nancy, i3; Paris, 11. Temp. du matin : Spitzberg, 20; Haparanda, 9; Yardoe et Clermont-Ferrand, 11 ; Bordeaux et Charleville, i3; Brest, 14; Saint-Pétersbourg, 16; Biskra, 23; moyenne à Paris :
- 18°,4 (normale : 16°,2.). — Le i3. Basses pressions sur l’O. et le Centre; fortes pressions de l’Islande à la Russie : Féroé, 770. Pluies orageuses sur le Centre el l’O. : le Mans, 38 mm; Nantes, 21 ; Bordeaux, i4- Temp. du matin : Spitzberg, o°; Limoges, 10; Bordeaux et Nancy, 12; Brest, i3; Marseille, 16; Charleville, 17; Alger, 18, moyenne à Paris : i5°,4 (normale : 16°,3)-— Le 14. Hautes pressions sur le N.-O. : Stornowav. 768 mm, pression de 760 mm sur le S.-O. et le Centre: faibles minima sur le golfe de Gascogne et le N. de la France. Pluies sur le Centre et l’O. : Nancy, 22 mm. Temp. du matin : Yardoe, 3°, Belfort et Nantes, yi ; Clermont-Ferrand et Alger. 15, moyenne a Paris : ia°,8 (normale : i6°,4). — Le 1 >. Fortes pressions sur l’Islande el les Iles-Britanniques; pression voisine de 760 mm sur la moitié S. de l’Europe. Pluies sur 1 O. . en France, orages : Paris, 5g mm; Gap, 45; Parc Samt-Maur, 36; Nantes. 32; Nancy, 19. Temp. du matin : Yardoe, 6°; Belfort, 14 ; Nantes, Clermont-Ferrand el Bordeaux, i5; Toulouse, 17; Alger, 19; moyenne à Paris : i6°,4 (normale ; i6°,5). — L.e iG. Pression uniforme sur tout le continent. Pluies sur le N., le Centre et l’O. ; orage à Lyon. Temp. du malin : Spitzberg, a0: Belfort, 14 ; Nantes, i5; Alger, 19; Biskra, 2.4; moyenne à Paris : i6°,3 (normale ; i6°,6). — Le 17. Pression voisine de 764 mm sur l’O., inférieure à 760 sur l’E.: dépression sur l’Islande (754 mm). Pluies orageuses sui l’O. et le Centre : Toulouse, 21 mm: Gap, 12; Biarritz, ïo. Temp. du matin : Yardoe, 6°; Calais, 12; Nantes et Clermont-Ferrand, 15 ; Toulouse, 17; Alger, 21, moyenne à Paris : i4°>5 (normale : i6°,7). Le 18. Même situation barométrique qu’hier. Pluies sur le Centre et 10. : Toulouse, 25 mm.; Belfort, 19. Temp. du malin ; Spitzberg, 20; Belfort et Clermont-Ferrand, i3. Nantes, 16; Perpignan, 19; Alger, 20; Tunis, 24; moyenne à Paris : i6°,2 (normale : i6°,8). — Dernier Quartier le i5, à 14 b. 20.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d’Hyaiène publique.
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- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie^
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- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2145. — 4 JUILLET 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- Le « vieillissement » des alliages d’argent et d’étaîn. — Le « vieillissement » des alliages d’argent et d’étain n’est pas accompagné d’un changement de poids appréciable, soit qu’il ait lieu au sein d’un gaz inerle, comme le gaz d’éclairage, soit qu’il ait lieu dans l air. L’ozone et les vapeurs nitreuses n’oxydeiU pas la limaille à la température ordinaire et, de plus, le traitement par ces agents oxydants paraît « rajeunir » cette limaille, ce qui exclut l’hypothèse que le « vieillissement » est dû à une action superficielle. Le phénomène de « vieillissement » devient moins prononcé quand la proportion d’argent dans l’alliage dépasse y 5 pour 100. On a également constaté que la densité des limailles « âgées » de ces alliages d’argent et d’étain est plus grande que celle des limailles « jeunes », et comme il n’y a pas augmentation de poids, le phénomène doit ètr • d à une contraction de volume produite par le « vieillissement » et qui atteint environ 0,4 pour 100. Ce « travail », ce «vieillissement » de ces sortes d’alliages était intéressant à signaler.
- Absorption des gaz par le celluloïd. — Un chimiste anglais, M. Lefébure, a observé pour le celluloïd un pouvoir absorbant des gaz d’une grandeur comparable à celle de divers charbons poreux. Le phénomène est réversible, en ce sens que le celluloïd ayant ainsi absorbé des gaz peut les dégager, sous certaines influences telles que celle du vide; il ne se forme pendant l’absorption aucun composé chimique; il s’agit là d’un phénomène purement physique. Il est commun à toutes les especes de celluloïds examinées jusqu’ici par l’auteur, mais il n’existe pour ainsi dire plus quand on subslitue à la pellicule de celluloïd un simple mélange de ses constituants ; camphre, nitrocellulose et alcool. Celle propriété est recouvrée quand le mélange est mis sous forme de pellicule; le camphre et la nitrocellulose, pris séparément, ne la possèdent pas. L’absorption des gaz augmente avec l’abaissement de la température et avec l’augmentation de la pression. Il nous a semblé intéressant de signaler ici celle nouvelle propriété du celluloïd, remarquable déjà par d’autres phénomènes si curieux.
- Bizarreries dans l’action des engrais catalytiques. — On continue à expérimenter de tous côtés les stimulants singuliers dont il fut déjà maintes fois question dans La Nature. Et les résultats obtenus se révèlent la plupart du temps incertains, capricieux. Ainsi, M. Henri Pellet, le savant chimiste bien connu de tous les techniciens de sucrerie, rapporte que dans de récentes expériences faites sur la betterave, en mettant à l’hectare 5o kg de chlorure maugané et 2.5 kg de sulfate d’alumine, on peut obtenir une augmentation de récolte atteignant 20 à 5o pour 100. Mais si on met plus de sel mangané sans sel d’alumine, ou lorsqu’on ajoute du produit alumine sans manganèse, il n’v a plus la
- moindre influence favorable! Dans ces conditions, on con oit que les essais culturaux faits çà et là puissent parfois paraître contradictoires. Il faut poursuivre longuement les essais de manière à bien fixer le mode plus favorable d’action des nouveaux engrais : nul doute qu’on ne parvienne ainsi aux plus intéressants résultats.
- Nouveaux minerais radioactifs en Espagne. — Un
- de nos correspondants, M Juan Hereza, nous signale la découverte récente de pechblende fortement radioactive à Monesterio, province de Badajoz. Cette pechblende s’est développée au contact d’un granité avec des schistes cristallôphylliens et parait dériver de ce granité dans les conditions habituelles aux minerais du groupe de l’étain : tungstène, molybdène, etc. Outre la pechblende, il y a là de l’ocre uranifere tenant environ i5 pour 100 d’oxyde d’urane.
- Les excès de vitesse des grands navires. — Les
- autorités de l’ile de Wright viennent d’adresser à l’Amirauté anglaise une curieuse protestation contré la vitesse excessive des navires de guerre et des transatlantiques qui passent à proximité de l’ile. Les remous produits par ces bâtiments ont, parait-il, pour etl’et d’accélérer d’une façon alarmante l’éros on des côtes déjà trop rapides, et sont de plus dangereux pour les enfants qui jouent sur les plages voisines.
- Un sanfilîste au tribunal. — Le fait vient de se produire en Egypte; il mérite d’être conté. A la suite d’un voyage en Europe, M. Oscar Dusonchet, enthousiasmé par les applications de la télégraphie sans fil, résolut d’installer un poste récepteur au Caire afin de recevoir les transmissions de la Tour Eiffel. Courageusement, il travailla pendant six semaines à la construction de son antenne, à la mise au point de ses appareils et eut ensuite la joie de constater que sa réception était parfaite. Le 6 janvier de cette année, M. Bonzon, consul de France, encore tout ému de l'apparition de nos grands oiseaux dans le ciel bleu de l’antique empire des Pharaons, inaugurait solennellement le nouveau poste.
- Emue des éloges que la presse quotidienne n’avait, pas ménagés à notre compatriote, la police se présentait le lendemain à son domicile pour couper les fils de 1 antenne. Pendaut que M. Dusonchet se rendait au consulat général de France, afin de l’informer de l’incident, les o liciers de police qui s’étaient retirés revinrent à la charge, escaladèrent la terrasse, détruisirent l’autcnne et emportèrent les fils. Des représentations énergiques furent adressées aussitôt au Gouvernement Egyptien et la police répondit qu’elle désirait que la question de savoir si les étrangers pouvaient établir un poste récepteur de télégraphie sans fil fût soumise aux tribunaux. Déjà M. Edgar Tawel, administré français, avait installé un poste récepteur à Alexandrie et de nombreux pourparlers diplomatiques entre le quai d’Orsay et la rue
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- INFORMATIONS
- Dewawin avaient été échangés à son sujet sans cependant que la question eût été tranchée.
- Le'procès engagé par M. Dusouchet et les pourparlers diplomatiques se termineront sans aucun doute par une autorisation pure et simple.
- Les ondes hertziennes comme les ondes lumineuses appartiennent à tout le monde; sans antenne on les perçoit sur des distances de plusieurs kilomètres autour de leur point d’émission; demain peut-être avec des appareils moins imparfaits que nos détecteurs actuels, l’antenne ne sera plus nécessaire, quelles que soient les distances. Interdire la réception des ondes serait commettre une grossi re erreur scienti ique. Il n’est aucun gouvernement soucieux du progrès, aucun homme d'Etat éclairé, qui bénévolement oserait s’engager dans une voie aussi contraire au bon sens.
- Un nouveau procédé de désulfatation des plaques d’accumulateurs. — En chimiste, M. P. Séguy, vient d’imaginer un nortveau procédé pour désulfater les plaques d’accumulateurs. Ce procédé parait pratique et économique Il consiste, en principe, à transformer, à l’aide d une réaction chimique, le sulfate de plomb en une combinaison moins stable, laquelle est ensuite électrolysée dans un courant d’hydrogène à température convenable. Les plaques désulfatées sont ramenées à l’état de plomb pur sans perte de substance et deviennent m me capables d’accumuler une plus forte somme d’énergie. Les résultats des expériences faites semblent tr s concluants ; la nouvelle méthode parait de nature à diminuer le prix d’entretien des accumulateurs et à prolonger leur existence, en conséquence à augmenter leur champ d’applications.
- L’engouement pour les puits de pétrole : Calgary, Alberta-Canada. — Aux environs de Calgary la découverte d’un jet de pétrole qui s’est élevé pendant plusieurs minutes à a5 m. de hauteur a causé une surexcitation sans pareille et un mouvement d’argent très grand. A la nouvelle téléphonique qu’après 4 heures d’extraction le niveau du liquide souterrain n’avait pas varié à une profondeur de 600 m. plus de 20 compagnies se sont constituées en un jour. L’une ferme sa liste de souscription avec 1 000000 de francs tandis que plus de 5oo personnes cherchent le placement de leur argent. Des contrats pour percer plus de 100 puits ont été accordés aux 20 compagnies qui ne peuvent accepter l’argent qu’on leur offre, on prévoit une activité très importante dans la région.
- Le gaz naturel aux environs de Montréal (Canada). — Non loin de Montréal, dans le comté de Saint-Hyacinthe, sur la rive sud du Saint-Laurent, un puits de gaz vient de donner un débit considérable qu’on évalue à 20000 m3 par jour. Ce puits, qui a déjà 56o m., va être creusé encore en profondeur : on pense découvrir du pétrole après le gaz naturel qu’emmagasine une compagnie dont le développement va croissant.
- Captage du Timavo pour Trieste. — La municipalité de Trieste vient, après de longues discussions, de décider l’adduction d’eau du Timavo, issue du fleuve souterrain Recea-Timavo qui passe au fond du gouffre de Trebiciano, profond de 321 m. On avait, dans ce dernier gouffre, continué les études que nous avons relatées au n“ 1897. Le 28 janvier 1913, 17 kg d’urariine ayant été jetés à Sanct Canzian dans la Recca, la coloration fut visible à Trebiciano au bout de 135 heures 1/2 au fluorescope. La plus grande intensité notable à l’œil nu se manifesta le 3 février à 9 heures du soir. La coloration persista jusqu’au 8 février. On en a déduit qu’en amont, il ne devait y avoir que de petits bassins de retenue. Des expériences de conductibilité électrique démontrèrent aussi qu’en temps normal la Recca de Sanct Canzian était le seul aliment du courant de Trebiciano. Quand les eaux de celui-ci gonflent, l’analyse chimique y révèle une augmentation notable de l’ammoniaque, de l’acide nitiûque, des bactéries et des substances organiques qui manquent presque entièrement aux eaux basses. L’eau devient trouble dès la ire journée de crue et le demeure 5 ou 6 jours. Le Timavo, au contraire, est toujours beaucoup moins troublé que le Trebiciano. Cela fait supposer entre les deux l’existence d’énormes bassins de décantation. D’anciennes observations avaient établi que la température de l’eau dé Trebiciano pouvait varier de 4 à 180. Les récentes
- recherches de l'office hydrolechuique de Trieste ont enregistré un écart de 4°-6 à i5",6 et ou con oit que, lorsque les lacs des cavernes de Sanct Canzian montent à 24' C., on puisse trouver 180 C. à Trebiciano. Les techniciens chargés des études avaient donc conclu que le courant de Trebiciano est bien la Recca. rivière torrentielle susceptible de contaminations, et que l’eau de Trebiciano n’est pas apte à l’usage potable, en raison notamment de ses grands écarts de température et de ses variations de composition chimique et bactériologique, et qu’on ne saurait la dériver sans un traitement spécial d’épuration. Conformément à ces conclusions aussi sages que formelles, le Conseil communal de Trieste, le 7 mai 114, a volé à une très grande majorité la construction de l’aqueduc du Timavo ; l’eau de Trebiciano a été rejetée surtout à cause de la basse température de l’eau en hiver, préjudiciable aux voies intestinales. La mortalité de Trieste a été de 20,94 pour 1000 en 1912 et de 21.37 Pour 1000 en 1913. En définitive, le Conseil a décidé de construire un aqueduc provisoire empruntant au Timavo 10 i5o m3, qui pourraient être portés à 82 000, et de continuer les études sur Trebiciano et sur les eaux du sous-sol du Frivul. On a adopté, en somme, la conclusion des experts qui déclaraient que l’eau dti Timavo était la meilleure cle toutes les eaux du Karst.
- Rose anormale.— U y a quelque temps, nous signalions (n° 2115) une marguerite anormale, dont les fleurs centrales étaient ligu-lées comme les périphériques , les intermédiaires seules étant gamopétales régulières.
- Voici aujourd’hui une rose qui présente une autre anomalie.. La figure que nous publions a été reproduite d’après la fleur même qu’avait bien voulu nous envoyer un de nos lecteurs,
- M. Victor Germain, du Mourillon. Comme on le voit, la tige florifère a produit un calice el des pétales bien déve-, loppés, mais au centre de cette première fleur, il n’y a ni étamines ni pistils, mais bieu une nouvelle tige portant plus haut une fleur plus petite et complète cette fois. Les exemples de cette anomalie connue sous le nom de fleur prolifère sont-assez rares pour que nous citions le cas qu’il nous a été permis d’observer.
- Chemins de fer de l’Europe au 1er janvier 1913.
- — Longueur exploitée 342 923 km (4o43 de plus qu’au Ier janvier 1912), savoir : Allemagne : 62692; Russie et Finlande : 61 861 ; France : 5o gg3 ; Autriche-Hongrie : 45 452; Italie : 17387; Espagne : 15 337 : Suede : i4 33o, etc., etc. (Pour plus de détails voir Journal officiel du 16 février 1914.)
- La Société chronométrique de France. — Nombreuses sont aujourd’hui les personnes qui s’intéressent à la question de l’heure exacte, question dont l’importance a été soulignée récemment par la création à Paris du « Bureau international de l’heure », astronomes, navigateurs, horlogers, ingénieurs de chemins de fer, de par leur profession même, ont constamment, à se préoccuper du problème de l’heure. Grâce à la télégraphie sans fil, une foule nombreuse d’amateurs éclairés est venue se joindre à la troupe des professionnels. LTnë Société vient de se fonder pour créer un lien entre les diverses catégories d’intéressés. Elle centralisera les efforts et les recherches dans* un bulletin. La jeune Société compte parmi ses fondateurs notre collaborateur L. Reverchon et a son siège provisoire : 12, rue de Hainaut, Paris. Elle est présidée par M. Lippmann, et a comme présidents d’honneur : MM. Darboux, Appel et Guy ou.
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- Horticulture
- L’Arrosloin. — Une innovation intéressante dans 1 arrosage des pelouses et jardins est « l’Arrosloin », ce nouveau dispositif très simple, se fixant à l’extrémité des lances d arrosage qu il suffit de maintenir verticalement en les attachant à une tige rigide fortement enfoncée dans le sol, pour que la veine d’eau qui en sort,
- frappant le cône disperseur de l’appareil, s’évase en nappe conique et retombe en courbes gracieuses couvrant des aires de 12 et 14 m. de diamètre ; ce nouveau dispositif se lixe sans outils entre le jet et la souche de lotîtes les lances.
- La coupe ci-jointe de l’appareil suffit à faire comprendre son fonctionnement et sa simplicité. La tige recourbée s’insère par l’anneau c entre les deux pi ces de la lance a et b et porte à son autre extrémité le cône disperseur f.
- L’ « Arrosloin » que fabrique M. Luc Chartt, de Boissettes, près Melun, Seine et-Marne, est pratiquement inusable ; il remplace avec avantage les moulinets, les tourniquets et les lourdes batteries que les jardiniers sont obligés de déplacer avec tant d’efforts à travers les pelouses et les jardins; 1’ « Arrosloin » supprime tous les inconvénients de ces différents systèmes d’arrosage, puisqu il est fixe, et qu’il ne peut se dérégler, s’engorger, ou se boucher dans aucun cas ; il fonctionne, tant qu’il est en service, sans se ralentir, sans demander aucune surveillance ni aucun soin.
- Photographie
- Châssis transposeur automatique pour le tirage des diarositifs stéréoscopiques. Les clichés stéréoscopiques ne donnent pas directement des épreuves utilisables pour la vision binoculaire. Si l’on se boimait à tirer sous le phototype un diaposilif sur verre ou une photocopie sur papier, on aurait un elîet pseudoscopique, les reliefs se trouvant traduits par des creux, et réciproquement, comme si l’on avait sous les yeux, non le si^et lui-même, mais son moulage. .
- Pour reproduire le relief exact, il faut inverser les images. S’il s’agit d’épreuves sur papier, on n’a qu’à couper la feuille par le milieu, puis coller sur le côté droit du carton l’image qui se trouvait primitivement à gauche, et vice versa. S’agil-il d’un diaposilif, on peut couper le cliché et intervertir les deux moitiés de la plaque, en les collant sur un second verre; mais cette opération
- est un peu compliquée, délicate même, et l’on préfère généralement ellectuer le tirage à l’aide d’un châssis .transposeur permettant d’impressionner la moitié droite de lg plaque positive sous le négatif de gauc e, puis la .moitié gauche sous le négatif de droite. Le défaut de ce procédé, c’est qu’il exige le glissement des deux plaques, gélatine contre gélatine, de telle sorte que le moindre corps dur, un simple grain de poussière siliceuse interposé entre les deux couches risque de les rayer et de mettre le cliché hors d’usage.
- Cet accident est évité dans le nouveau châssis trans-
- poseur de M. Mattey. C’est une petite boite plate en ivo-rine dont l’une des faces est percée, au milieu, d’une lucarne carrée de 45 mm de côté. Un bouton B (fig. i-| actionne deux petites griffes disposées à l'intérieur de manière à écarler les deux plaques et évdter tout frottement au moment de la transposition. Sur la face opposée (fig. 2) on voit un bouton tournant A monté sur une rampe hélicoïdale et portant deux encoches B et C.
- Fig. 3.
- Le tirage d’un couple stéréoscopique se réduit aux manœuvres suivantes :
- i° Placer le bouton A de manière que les encoches B et C soient disposées dans le sens longitudinal ;
- a0 Ouvrir le ch ssis, poser le cliché sur le côté gauche et la plaque positive du côté droit, comme dans up châssis transposeur ordinaire.
- Refermer et effectuer la première exposition;
- 3" Tourner le bouton A d’un quart de toux*, de façon que les encoches B et C soient placées en travers (fig. 3);
- 4° Appuyer sur le bouton D, en inclinant fortement à droite (fig. 4), ce qui fait passer le cliché à droite;
- 5° Làc' er le bouton D et exécuter le mouvement con-ti’aire (incliner à gauche), pour que la plaque positive passe à gauche ;
- 6° Tourner le bouton A d’un quart de tour, ce qui le l'amène à sa position initiale (fig. 2), et faii'e la deuxième exposition.
- La tx’ansposilion est ainsi réalisée sans qu’il soit nécessaire de toucher aux plaques ni d’ouvrir le châssis. On évite donc, non seulement de rayer la gélatine, mais aussi de voiler l’émulsion positive.
- On tx’ouve ce châssis chez M. A. Mattey, 208, rue Saint-Maur, Paris.
- Æpinisme
- La ferrure Tricouni pour chaussure d’alpiniste.
- — Yoici l’evenue l’époque des coui'ses en montagne; parmi l’équipement de l’alpiniste, tout le inonde sait que le plus essentiel est la chaussui'e ; le clou notamment est pour tout grimpeur un élément essentiel de securité qui doit retenir son attention.
- Un membre genevois du Club alpin suisse, connu comme vuxrappeur, M. Genecand, \ûent d’imaginer un nouveau clou qui parait réaliser un sérieux progrès ; il lui a donné le nom de clou « Tricouni ». Ce clou est
- Détail de la fen'ure Tncouni. '
- composé d’une plaque en tôle d’acier et d’un crampon muni de deux pointes à ci’ochet, dans la plaque côté inférieur, sont percés 3 trous cai’i'és, les 2 trous extérieurs reçoivent les griffes, celui du milieu sei't à river le cx’ampon. .
- Deux auli’es trous percés du côté opposé de la plaqu,e sont destinés à fixer le clou au moyen de pointes. Le
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- uouveau clou est très léger, de plus il se place beaucoup plus près du bord de la semelle que les autres types de clou, ce qui lui permet de mordre complètement sur une faible prise dans le roc, il s’use très lentement et ne s’aplatit pas. Tous les alpinistes comprendront l’importance de ces qualités. Le clou « Tricouni » peut se poser sur des chaussures ferrées d’anciens clous. Ceux-ci sont arrachés et leurs trous bouchés avec des chevilles. — Le clou Tricouni se trouve chez MM. J. et ,1. Mérienne frères, fabricants de cirages en crèmes à chaussures, à Bellegarde-sur-Yals (Ain).
- Génie rural
- Un nouveau trieur de graines. — Voici un ingénieux nouveau trieur très employé déjà en meunerie pour séparer des semences à moudre les graines rondes
- telles que celles de colza, de moutarde, etc. C’est une sorte de toboggan formé d’un plan incliné enroulé en hélice autour d’une colonne verticale (V. fig.) -, il suffit de verser en haut de l’appareil les céréales à nettoyer pour que la masse dégringole en prenant un mouvement giratoire. La force centrifuge tend à projeter toutes les graines •rondes vers la périphérie, mais les semences allongées ne pouvant rouler sur elles-mêmes restent au fond du couloir, tandis que les seules graines rondes sont projetées sur les bords : elles sortent dans le bas par des conduits séparés.
- Ne comportant aucun dispositif mécanique, d’accès facile en toutes ses parties, le trieur Maillard est évidemment indé-traquable et de construction à la fois économique et solide. Il ne nécessite aucune surveillance, ne demande aucune force motrice, et permet d’éliminer en une seule opération poussières, menues pailles et graines étrangères, ce qu on fait d’ordinaire par deux opérations successives. — Le trieur hélicoïdal est vendu chez Allard et Ci0, fournitures pour meunerie, 27, rue de Alarmes, Paris.
- Objets utiles
- Attache-nappe. — On ne songe guère, en général, à attacher les nappes sur la table. Cependant c’est une excellente précaution surtout quand on reçoit de jeunes
- L’A t tache-nappe.
- convives dont les ges-les étourdis entraînent fréquemment les verres, quelquefois les assiettes et les plats, hors de leur équilibre normal, au grand désespoir des mamans. Les tables en plein air ont toujours besoin d’un attache-nappe ; on supplée à l’absence de l’instru-
- ment dont nous allons parler par des poids toujours quelconques et fort peu élégants, au moins jusqu’au moment où les provisions se sont accumulées sur la nappe.
- Le mieux est d’avoir quatre attache-nappe dans sa poche. On pince le linge à chaque angle de la table et il n'a plus rien à craindre ni du vent ni des maladroits. L attache-nappe est une sorte de petit étau à deux mâchoires, lui mâchoire supérieure! est fixe ; elle porte, en outre, à la base une petite équerre sur laquelle appuie un ressort-lame spirale surmonté de la mâchoire inférieure, laquelle est capable de glisser sur la tige verticale de la prcini re, ainsi que le montre bien notre dessin. 11 suffit, pour mettre! l'instrument en place, d ouvrir largement les mâchoires et de l’engager sur le coin de la table en emprisonnant la nap; e au-dessus et au-dessous. Celle-ci 11e peut plus bouger. L’o! jet est incontestablement très pratique. — 11 est en vente aux Etablissements Krat/.-Boussac. 1 >\. rue Martel, à Paris.
- t^sss. Divers
- Le classeur « Eurêka ». — Il serait bien dillîcile de dire quel est le meillettr classeur tellement le nombre en est considérable. D’ailleurs il suflit d’en posséder un qui soit solide et pratique pour être satisfait. Le classeur Eurêka se présente avec, ces qualités.
- Il comporte deux tubes verticaux dans lesquels s’engagent les feuilles à classer après avoir été perforées avec l'appareil spécial < ue chacun connaît. Sur ces tiges viennent s’engager les extrémités de deux autres recourbées que l’on soulève en tirant sur la petite poignée pendant que l’on appuie avec le pouce sur le boulon central. Dès que la lettre à conserver est en place dans la chemise portant sa lettre alphabétique, on abaisse les deux tiges courbes dont les pointes viennent s’engager dans l’extrémité des tiges droites et le système est fermé. Les tiges courbes permettent de faire passer les dossiers d’un côté à l’autre du classeur pour retirer une lettre . ou en mettre une en place. Avant de fermer le classeur, on pousse la pièce métallique qui sert à bloquer tous les dossiers de manière qu elle serre sur les liges droites et aucun document ne peut plus se déplacer.
- Le classeur E a r e k a présente cet avantage de pouvoir être l’origine de plusieurs autres classeurs, sans loucher aux documents qu’il contient.
- Lorsqu’il devient trop volumineux, on peut sortir le tiers, le quart ou la moitié des dossiers et les engager dans un classeur vide. Ces dossiers continuent à se garnir séparément comme s’ils appartenaient au même classeur.
- Le classeur Eurêka est complété par le' relieur Eclair qui est destiné à recevoir les documents du classeur lorsque ces documents doivent aller aux archives. O11 enlève alors tous les dossiers du classeur et on les assemble dans le nouveau relieur qxii comporte simplement deux systèmes de tiges dont l’uh est fixé au carton du relieur. Ces tiges sont creuses et elles reçoivent, lorsque tous les dossiers sont en place, un second système indépendant dont les tiges s’engagent purement et simplement dans les premières. Cette dernière pièce est alors rabattue sur l’autre couverture et engagée dans une sorte de crochet à ressort qui la maintient fortement. Les tiges mobiles coulissent dans les premières' quand on ouvre ou on ferme le relieur, de sorte que l’on peut consulter ou même copier toutes les pièces que l’on désire sans être obligé de les sortir du relieur.
- Le classeur Eurêka et le relieur Eclair sont en vente aux Etablissements Kratz-Boussac, 1 \, rue Martel, à Paris.
- Aspect du nouveau trieur de graines.
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- HYGIENE ET SANTE
- N’isolez plus les scarlatineux. — De toutes les lièvres éruptives, la scarlaliue et la rougeole sont celles qui fournissent le taux de morbidité le plus élevé. La statisli pie municipale de Paris donne pour ign (dernier relevé) le c, iiïre de n ooo cas de rougeole (exactement ii 987) et plus de 35oo cas de scarlatine. Cette dernière maladie, plus fréquente et plus meurtrière en Angleterre qu’eu France, sans qu’on sache bien le pourquoi, a un retentissement f.c eux sur le rein, retentissement qui, chez des sujets déb les ou quand la maladie est grave, détermine des nép iriles durables, une albuminurie fort difficile à gu rir.
- La c -ulagi.isilé de cette maladie est bien connue, mais jadis on ne la regardait c mi ne contagieuse qu’à la période de desquamation, c’est-à-dire, quand l’érup-tiou, complètement passée, l’épiderme se détache par squames plus ou moius étendues, è.es squames apportent dans leurs fines dentelures le germe morbifique, bien qu’il ne s’élimine pas par la peau, cela 11e l'ait aucun doute et la preuve en a été donnée plus d’une fois. Je me c nlenlerai de rappeler ce fait rapporté, si mes souvenirs sont exacts, par le professeur Grasset. Un malade scarlatineux écrit à ses parents que sa maladie est presque guérie et qu'il est en train, comme on dit, de peler; en témoignage, il glisse dans sa lettre la peau d’un doigt partie en entier co unie un doigt de gant. Cinq jours après l’ouverture de la lettre, trois des personnes qui étaient présentes étaient frappées de scarlatine. Dans d’autres cas, ce sont des vêlements portés par un malade et enfermés dans des tiroirs depuis des mois qui ont transmis la maladie à ceux qui les avaient maniés après ce long délai.
- Actuellement, tout en sachant que la période de desquamation est dangereuse par cette virulence empruntée par les s juames, on sait que dès la première heure la scarlatine est contagieuse et que l’agent pat ogène se trouve dans la gorge, dans la bouche et dans les li {uides buccaux, salive ou exsudais des muqueuses. Les mains portées au coutact de la salive se coulamineut sans relâche et c’est ainsi que deviennent contagieux les débris de l’épiderme dont le corps se dépouille.
- Pour remédier à cette contagiosité, on isole les malades, on évacue les écoles et ou ne permet la rentrée en classe qu’après un temps plus ou moins prolongé, 40 jours pour la scarlatine, 16 jours pour la rougeole, à partir du début de la maladie. Ces mesures prophylactiques n’ont évidemment qu’une efficacité relative, malheureusement nous n’avons pas de traitement préventif à appliquer d’uue fat;-on sûre.
- Or, voici que toute une révolution se prépare dans le traitement préveutff et cüralif de la scarlatine. Celle révolutiou est due à un médecin anglais, Robert Milne, qui l'applique depuis plusieurs aimées dans l’asile Barnado dont il est médecin en chef et qu’il étend même à la rougeole. S inspirant de certaines pratiques populaires d’Ecosse où l’on barbouille d'huile un malade atteint de scarlatine, il se mit à faire de même chez les nombreux enfants dont il avait la garde. Il avait, en effet, constaté que grâce à cette pratique empirique, la maladie n’avait plus la gravité qu elle a d’habitude et qu’elle ne s’étendait pas à l’entourage. Ce fut pour lui une révélation et il se mit à faire de même à la première épidémie qui survint. Mais sachant que la contagion ne se produit pas qu’au moment de la desquamation et qu’elle se produit par la bouche, il pensa à la désinfecter dès la première apparition de l’angine et le résultat fut des plus nets, des plus décisifs, au point que les inspecteurs d’hygiène, fort sévères chez nos voisins, se demandaient avec quelque surprise pourquoi l’on ne constatait plus d’épidémies dans l’asile et dans les environs.
- Voici quelle est la méthode du Dr Milne.
- Dès le début de la maladie, badigeonner la gorge toutes les z heures avec de l’huile d’olive phéniquée à io pour 100. L’acide phénîque dissous dans l’huile perd ses propriétés irritantes, tout en gardant ses qualités d’antiseptique. Ces badigeonnages, apres le premier jour, ne sont plus faits que trois à quatre fois par
- u4 heures. Lavages fréquents de la bouche et des dents pour en assurer la propreté. Voici pour la gorge et la bouche.
- Pour la peau, onctions douces avec de l'essence d’eu-calvptus pure (les Anglais disent huile d’eucalyptus) sur toute la surface du corps, depuis la tète et les cheveux jusqu’à la plante des pieds, matin et soir pendant les quatre premiers jours, puis une seule fois par jour jusqu’au dixième jour. Ces onctions ne eau ent aucune irritation. Il est inutile de couper les cheveux chez les filles.
- Les mêmes moyens s’appliquent dans la rougeole, mais en y ajoutant quelques détails de protection pour l’eutourage contre la toux. On place au-dessus de la tète et de la poitrine du malade un grand cerceau, recouvert de gaze, formant comme une cage que I on asperge de temps à autre avec de l’essence d’eucalypfus.
- Comme précautions encore pour l'entourage, enfants ou adultes non malades, verser sur l’oreiller et sur un sachet qu’ils portent sur eux, de l’essence d’eucalyptus deux ou trois fois par jour. Le Dr Llgart, qui a essayé cette méthode préventive, se contente, au lieu d’onctions, de faire porter aux malades, comme à ceux qui peuvent, être exposés à la contagion, un sac imbibé d’huile d’eucalyptus suspendu au cou. Au lieu de lavages de la gorge à 1’ uile p œniquée, il emploie les lavages à l’eau de c aux.
- Rien de plus simple et de moins compliqué que ce traitement, n’est-il pas vrai? Eh bien, grâce à lui, M. Milne a vu disparaître les complications habituelles et malheureusement si fréquentes de lésions du rein, de bronchites, de broncho-pneumonies et d’otites. Notez que ce docteur ne pratique pas d’isolement; il laisse les autres enfants vivre à côté du malade, en se bornaut à exiger sévèrement les précautions qu’il recommande, onctions, aspersion d’essence, etc....
- M. le Dr Gaullieur L’hardy et Mme la doctoresse Nageotle se sont faits chez nous les apôtres delà méthode Milne j’ignore s’ils ont eu l’occasion de l’appliquer eux-mèmes, mais parmi les observations qu’ils ont recueillies, voici quelques exemples pris au hasard : dans la famille même du Dr Milne, famille nombreuse, un des enfants contracte la scarlatine ; il est soigné par sa méthode ; aucun des frères et sœurs ne fut contagionné. Un des voisins du IL Milne l’amène chez lui, au bout de dix jours, en pleine desquamation. Le malade vit au milieu des enfants jouant et prenant ses repas avec eux : aucun ne prit la maladie.
- Dans un asile d’enfants (Babies Castle Home), une bonne et cinq petits enfants prennent la scarlatine. Le Dr VVheeler, médecin de l’asile, les laisse dans les nurseries; au bout de quinze jours, les malades se mêlent aux antres enfants, alors que la desquamation bat son plein. Aucun des 84 enfants de l’asile ne fut contaminé.
- Ces faits contrôlés par de nombi’eux témoins méritent d’appeler toute l’attention de nos médecins d’hôpitaux et de tout le corps médical, j’ajouterai même des familles. L’assistance publique a elle-même quelque intérêt à tenter cette innovation, il y aura un profit certain et une économie daus son budget, sans compter, ce qui est primordial, les résultats heureux de celte méthode. Le taux de mortalité pour la scarlatine est à coup sur bien moins élevé chez nous qu’en Angleterre, mais il l’est encore trop, surtout dans les hôpitaux, du fait de l’agglomération, de la misère et du mauvais état de santé des sujets. L’isolement y est souvent assez difficile. Les badigeonnages du Dr Milne, sa nouvelle application des plus heureuses de l’antisepsie et, disons-le, de l’antisepsie listérienne, puisque c’est l’acide phé-nique qui en constitue la base, supprimeront la séquestration des petits malades, sans danger pour leurs frères et sœurs ou leurs camarades, sans crainte de voir surgir des complications redoutables. Qu’on mette vite à l'essai chez nous cette pratique afin que nous puissions voir les chiffres des statistiques descendre à des chiffres moins terrifiants s’ils ne tombent pas au zéro problémo tique.
- Dr A. Caktaz.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- f La conservation des essences parfumées. — On
- sait qu’un grand nombre d’essences végétales, même conservées en flacons bien bouchés et tenus à l’abri de lù lumière, s’altèrent à la longue et perdent une partie de leur parfum. C’est d’autant plus regrettable qu il s’agit de produits d’un prix toujours élevé. Cette altération est produite par une oxydation, les carbures d’hydrogène, qui furent déjà oxydés à l’état de composés Odorants, se transformant par suroxydation en des résines concrétées.
- M. Gatefossé appelle l’attention, dans une étude jiubliée par la Parfumerie moderne, sur le rôle joué dans cette oxydation par les terpènes, qu’on ne s’attendait peut-être guère à voir intervenir, puisque ce sont des carbures d’hydrogène. Pourtant, le pincne par exemple, qui est le terpène type, s’oxyde aisément sous l'influence de l’eau. Et il devient alors capable de céder son oxygène qui résinifiè certains constituants parfumés. Aussi les essences destinées à l’exportation doivent-elles être rectifiées par distillation fractionnée, dans le vide, à basse température. Débarrassées de leurs terpènes, de leur eau, non seulement elles sont plus concentrées, plus solubles dans les alcools faibles, mais leur conservation est parfaitement assurée.
- Pour nettoyer les tapis. — M. de Iveghel recommande l’emploi d’une poudre préparée en broyant intimement au mortier un mélange de :
- Craie..................22 grammes.
- Farine.................20 —
- Argile.................20 —
- Chlorure de sodium. i3 —
- Chlorure d’ammonium. 7 —
- Borax..................10 —
- Toluène................ 8 —
- On saupoudre les tapis préalablement bien battus •d’une couche copieuse de la composition, on frotte avec un chiffon pour bien faire pénétrer l’enduit et on laisse
- reposer pendant environ 24 heures. On bat ou on brosse pour enlever finalement la poudre et les crasses qu’elle absorbe.
- La poudre est inodore, ne risque point d’altérer les couleurs, coûte à peine quelques sous le kilogramme et donne d’excellents résultats. En effet, elle agit de plusieurs manières : en absorbant les crasses (craie, argile), en grattant les fibres (craie, sels), en ramollissant et dissolvant (toluène), en saponifiant (ammoniaque résultant de l’action du borax sur le sel ammoniac). Ceci explique sa complexité. Au besoin, d’ailleurs, on pourrait, croyons-nous, remplacer les trois premières poudres par une triple dose de l’une seule d’entre elles ; les essais faits au Laboratoire de La Nature montrèrent en effet l’égalité de pouvoir absorbant de ces matières vis-à-vis des crasses souillant les tissus.
- Pour bleuir le fer poli. — On sait que les jolies colorations bleutées ornant certaines pièces d’armurerie par exemple, sont obtenues jxar formation super cielle d’une très mince couche d’oxyde. On peut, d’après The MetaI, ludustry, obtenir une telle coloration bleue bien régulière en plongeant les pièces dans un bain de
- salpêtre fondu. Le sel ne joue d’autre rôle que de régulariser la température du milieu.
- Bronzage des outils d’acier. — Le métal, d’abord parfaitement décapé, est frotté avec une éponge bien imbibée de la solution suivante :
- Eau..........................200 grammes.
- Alcool. ...........................200 —
- Chlorure ferrique. ....... 2a —
- On expose ensuite la pièce pendant une ou deux heures environ dans un espace humide et chaud : une caisse par exemple dans laquelle on fait arriver un petit jet de vapeur. Puis on plonge pendant une dizaine de minutes dans l’eau bouillante. On essuie, on laisse sécher, on frotte avec un linge imprégné d’huile de lin et on laisse sécher. (The Métal Industry.)
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d‘un intérêt général qui lui sont sitnalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. Ln raison de l’abon<ianee de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne'peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Correspondance. — Le relais Tauleigne. Nous recevons de MM. Ducretet et Roger la lettre suivante :
- « Dans la boite aux lettres de La Nature, n" 2142, du i3 juin i9i4> nous remarquons que vous indiquez le relais Tauleigne pouf le prix de tyo fr., ce prix est •erroné. Il est actuellement de 2x0 fr. »
- Renseignements. — M. N., à Buguari. — Il n’y a aucun moyen de purifier l’eau d’une citerae quand elle a une odeur forte et désagréable.
- Pharmacie Lajeunie. — x° La modification du nombre de spires est régulière dans le cas indiqué. — 20 Le fil émaillé ne convient pas aux transformateurs dont réchauffement normal atteint de 40 à 5o", ce qui peut ramol ir la c uche de vernis et causer des courts-circuits; il faut essayer la résistance du venus à la chaleur. — 3° C’est une grave erreur que d’avoir fabriqué la bobine avec du laiton et ceci suflit à expliquer un mauvais fonctionnement : pour s’en rendre compte, entre autres inconvénients aussi sérieux, elle se comporte comme un enroulement secondaire d’une spire en court-circuit; la bobine doit être' en mati re non conductrice du c urant et le carton mince répond eiiti remeut à ce but. — 4° La division en sections du fil secondaire est très normale.'— 5° Le vernis des plaques et le papier isolant paraissent un peu épais puisqu’il n’y a que 4776 g*’’ dé fer.
- La pile de plaques d'une épaisseur de 102 mm mesui’ée sans b- papier ni le vernis correspond à environ 5700 gr. ; son épaisseur après interposition du vernis et du papier très mince doit arriver à environ ix3 mm. Les tôles doivent être isolées électriquement les unes des autres, donc ne pas se toucher sur l^bçrds. — 6° Les chiffres donnés sont exacts ; la consommation doit être voisine de o ampère 1 en circuit secondaire ouvert, ce qui n'a rien d’exagéi’é. —- 70 La carcasse modèle 3 nécessite moins de fer pour une section donnée du noyau, car l’induction admissible est proportionnelle à cette section. Dans le 20 modèle le rendement est moins bon et sa consommation à vide plus grande. Le volume du fer du xer modèle est de 756 c. c. ; il serait de 992 avec l’axxtre forme (trou de 35 X 40 mm, largeur de 34 mm de fer tout autour, soit 108 de haut, io3 de large, épaisseur totale toujours 102). Il y a le plus grand intérêt à avoir le moins de fer possible pour une section du noyau donnée, mais le circuit magnétique doit présenter partout les mêmes dimensions. — 8° 3o volts sont insuffisants pour charger 14 accus, d’autant plus que les soupapes absorbent une partie du courant. — Vous trouverez des soupapes chez Ducretet et Roger, 75, rue Claude-Bernard, Paris.
- M. M. Varinois, i5, rxie Poussin, Paris. — Vous obtiendrez un papier antimite efficace en badigeonnant une feuille avec une solution de ^x-dic’lorobeixzol dans l’éther ou pétrole par exemple. Mais il faudrait la préparer peu avant le moment de l’emploi, et xrietlre les vêtements empaquetés avec ce papier dans une boîte close. En effet, ou ne peut agir sur les mites qu’avec des produits volatils; et ils perdent leur efficacité par l’aération.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. A., à X. — Pour obtenir un grand nombre de copies, les appareils Eyquem vous donneraient un bon résultat. L’impression est faite au moyen cl’encres d’aniline et demeure indélébile.
- M. Fr. Diivbeck, à Liège. —• Il n’existe pas d’ouvrage moderne écrit en français sur l’apprêt des soies. Vous trouverez dans le volume de Cfiaplet Les- a ; prêts textiles (in-8°, Gaulhier-Yillars, quai des Grands-Augustins, io francs), une monographie très courte; et quel ues articles sur la charge des soies dans les dernières années de la Revue générale des matières colorantes (rue de Stockholm, Paris).
- M. Gille, à Paris. — Impossible de vous donner une formule simple pour teindre en rouge indélébile. Les seuls rouges très solides sur libres végétales sont le rouge d’alizarine (rouge turc, rouge d’Andrinople) et le rouge paranilraniline : on les obtient par des procédés plutôt compliqués, décrits dans les traités de teinture par exemple le Guide de teinture moderne, par Thomas (Mulo, édit., 12, rue Haulefeuille, 20 francs).
- T. S. F,
- Communication. — Un de nos lecteurs, M. Pierre Lacanne, nous envoie le dessin d’un montage qu’il emploie avec succès et que nous signalons bien volontiers à nos amateurs. On voit que notre correspondant utilise indifféremment dans son poste deux détecteurs ; un détecteur électrolytique et un détecteur à galène eu se servant de deux commutateurs. Yoici la légende de ce schéma : A, antenne; S, self d’antenne; T, terre; P, potentiomètre; p, pile du détecteur électrolytique qui entre en circuit, lorsque la manette du commutateur C
- est mise sur le plot 1, et celle du commutateur C, sur le plot 2. E est T électrolytique ; le condensateur K est mis aux bornes du récepteur R. Si ou porte la manette de C sur le plot 2 et celle de sur le plot r, le
- détecteur à cristaux U est mis dans le circuit. Notre lecteur ajoute qu’il obtient également de bons résultats en intercalant un condensateur réglable entre l’antenne et la self. Ce schéma est à rapprocher de celui que nous avons établi et que nous publierons prochainement, sur la demande d’un autre lecteur qui désirait loger, avec le moins de connexions possibles, un poste à deux détecteurs dans une boîte portative.
- Iso
- BIBLIOGRAPHIE
- GtSL
- cssC
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les sables de Cbâalis (Oise) : L.-J. Moreau. — L’anabiose : E. Gouauut. —• Les nouveaux travaux du port de Rouen : R. Bonnin. — Vers la découverte du plus ancien temple • d’Egypte : V. Forbin. — Téléphonie sans fil : le système Colin-Jeance (C. G. R.) : Lucien Fournier. — La sténographie au Parlement : Armand Lei.ioux. — Académie dos sciences : Ch. ue Viixedeuil. — Vision de nuit à Piew-A^ork.
- Supp'èment. — Mélanges de composés colorés seulement à l’état liquide, etc. _______________
- Problèmes d'arithmétique amusante, par P. De cens. 1 vol. 22 X i4 cm. Librairie Yuibert, Paris, 1914. Prix s broché, 2 francs.
- L’auteur a réuni, dans ce recueil, sous une forme amusante, des applications élémentaires de propositions connues de l’Arithmétique. Des propriétés fort simples des nombres — ordinairement basées sur les caractères de divisibilité —- ont servi à M. Delens à construire des problèmes dont l’énoncé pique notre curiosité et dont la solution, très aisée d’ailleurs, constitue un agréable divertissement de société (retrouver un nombre pensé, tours de dés, de cartes, de dominos). Présentée de cette façon, l’Arithmétique cesse d’être un assemblage de théories plus ou moins abstraites et devient vraiment, pour un esprittjun peu réfléchi, une distraction de choix.
- Apprêt des tissus cardés, peignés, mixtes ou union et autres,draps, par Roberts Beaumont, traduit de l’anglais par Texier et Délacé, i vol., i5ï 337 pages,
- Béranger, éditeur, Paris 1913. Prix : 12 fr. 5o.
- L’auteur à qui l’on doit également un traité excellent de la fabrication des lainages est un spécialiste averti de l’industrie lainière, qui ne possède encore ën France, malgré son importance, qu’une littérature assez clairsemée. Le nouvel ouvrage, dans lequel sont décrites avec précision et même minutie les machines perfec-tionnées utilisées pour les apprêts, ainsi que les diverses opérations, sera donc le bienvenu.Un point par-
- ticulièrement intéressant de ce livre et qui lui donne-un caractère sientilique autant que technique est l’étude de l’influence exercée sur le foulage et le lainage par les divers éléments d’un tissu*
- Compte rendu du 43e Congrès des délégués et ingénieurs de l'Union internationale des associations de surveillance des chaudières à vapeur, tenu à Moscou, les 3, 4 et 5 juillet 1913. Traductiou française, par L. Descroix, i vol. in-8° de 240 pages. Prix : 8 francs.
- Cet ouvrage est le ^second des comptes rendus annuels publiés en langue française par cette puissante union qui groupe la très grande majorité des associations de propriétaires et de surveillance des chaudières à vapeur des principaux pays du continent européen. On y trouvera notamment l’exposé de la suite des recherches sur les tôles de chaudières avariées, des mémoires sur Les chaudières modernes à faisceau tubulaire à grande inclinaison-, sur les Matières nuisibles contenues dans Veau d'alimentation des chaudières-, sur les Types de foyer mécanique à utiliser suivant la nature et la qualité du combustible dont on dispose, etc.
- Comment reconnaître les faïences et les porcelaines d’après leurs marques et leurs caractères, par E. S. Ausciier. In-16, orné d’un frontispice en couleur et de 2000 gravures et marques en noir. Garnier frères, éditeurs, Paris. Prix : broché, 10 francs; relié toile, 12 francs.
- M. Auscher, ancien chef de fabrication de la Manufacture de Sèvres; a pu connaître à la fois le caractère technique des céramiques et leur décoration ; il s’efforce de faire profiter le lecteur de sa longue expérience. A lire et à étudier ce livre, amateurs, antiquaires et artistes goûteront la plus profitable et la plus délicate des jouissances et les collectionneurs et chasseurs de trouvailles, que guettent tant de surprises, sauront comment reconnaître les porcélaines et les faïences d’après leurs marques et leurs caractères.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- ott
- Observations de M. Ch. Oufour (Parc Saint-Maur : altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,,
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT IIIRECTION ETFORC» de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUE EN MILLIMÈTRE." OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Liumn 22 juin iyi4 . 13°,8 S. W. 1. Nuageux. 2,3 Rn-ce ; nnag. ; or. de 12 li. 54 a 13 h 70; pi. de 13 1>. 55 a 14 h. 20.
- tlardi z3 13 .0 S. S. W. 2, Couvert. 1,2 Rosée; éel.iircies ; pluie de 18 à 19 )i. 45.
- Mercredi 24 ... . 13 8 W. 2. Très nuageux. » Rosée : nuageux.
- Jeudi 23 15'. 8 N. 1. Beau. 0 Ro ér; bruine; peu nuageux,
- Vendredi -26 . . . . 17 ,2 N. E. 3. Beau. » Rosée; quelques, nujg. s.
- Samedi 27 16 ,7 N. E 1. Beau. Ro'ée; beau.
- Oirnanclie 28 . . . 18 .0 N N. E. 2. Be iu. » Rosée; beau.
- JUIN 1914. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JUIN 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques fbaromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 19 au 28 juin. — Le 19. La pression moule: Bretagne, 766 mm: dépressions sur le N.-E. cl l’Islande (7.53 mm). Pluies sur le Centre et l’O. ; en France, orages dans le Centre et l’E. Temp. du malin : Vardoe, 70; Belfort et Clermont-Ferrand, i3; Perpignan, ig; Alger, 20; moyenne à Paris : i8°,3 (normale : i6°,9). — Le 20. Dépression sur le N.-O. : Reijkiavik, 747 mm; Irlande, 755; pression voisine de 763 mm sur le Centre et l’O. ; forte pression aux Açores (774 mm). Pluies sur l’O. et le S. : Paris, 17 mm. Temp. du matin : Arkhan-gel, 90; Nantes, i5; Belfort, 16; Alger, 20; Perpignan, 21 ; Palerme, 22; moyenne à Paris : 170,5 (normale : 17O). — Ze 21. Dépression sur l’Islande et les Iles-Britanniques : Reijldavik, 749 mm; Shields, 706 ; hautes pressions sur le N.-O. de la Russie et les Açores : Horta, 774 mm. Pluies orageuses sur l’O., le N. et le S.-E. : Lyon, 24 mm; Perpignan et Besançon, 18; le Havre, i5; Limoges, i4- Temp. du matin : Spitzberg, 3; Nantes, i3; Bordeaux, 14; Dunkerque et Toulouse, 16; Marseille, 18; Alger, 21; Stockholm, 22; Riga, 24; moyenne à Paris : i5° (normale ; 17°, 1). — Ze 22. Hautes pressions sur le S.-O. et le N.-E. : la Corogne, 767 mm; Saint Pétersbourg, 768 ; dépressions sur les Iles-Britanniques et l’Islande. Pluies sur l’O. et le Centre; nombreux orages. Temp. du malin : Spitzberg, — 20; Lyon et Belfort, -j-11; Nantes, i3 ; Biarritz, i5; Marseille, 20 ; Stockholm, 22; Mœmel, 25; Biskra, 27; moyenne à Paris : i4°,6 (normale : 17°,2). — Ze 23. Fortes pressions sur le S.-O., le Centre et le N.-E. : Biarritz, 770 mm ; Besançon, 769; Saint-Pétersbourg, 768. Faibles dépressions sur la mer du Nord et l’Islande. Pluies sur l’O. et le Centre : Charleville, i.j mm.
- du Bureau Central Météorologique.
- Temp. du matin : Bruxelles et Limoges, ii&; le Havre et Toulouse, 14; Nantes, 16; Nice, 19; Alger, 21 ; Saint-Pétersbourg et Dantzig, 23; Stockholm, 24; moyenne à Paris : i5'\i (normale : 170,3). — Le il\. Hautes pressions sur presque toute l’Europe; dépression sur l’Islande (722 mm). Pluies sur le Centre et les Iles-Britanniques : en France, beau temps. Temp. du matin : Limoges et Belfort, 12; le Havre, i3; Brest, 14 ; Nice, 18; Perpignan, 21; Alger, 22; Biskra, 27; moyenne à Paris : i(i°,8 (normale : 170,3). — Ze z5. Fortes pressions sur l’O. Pluies sur le N.-O. et le Centre; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, 3°; Brest et Nantes, i4; Clermont-Ferrand, 17; Marseille et Biarritz, 19; Perpignan et Alger, 21; moyenne à Paris : 170,3 (normale : 170,3). — Le 26. Hautes pressions sur presque toute l’Europe; dépression sur l’Islande : 748 mm. Quelques pluies sur le N., les Iles-Britanniques et l’Espagne. Temp. du matin : Vardoe, 70; Vienne, i5; Moscou, 19; Toulouse, 21; Marseille, 24; moyenne à Paris : i8°,3 (normale : 170,51. — Le 27. Même état barométrique. Orages sur l’O. et le Centre de la France : Clermont-Ferrand, 17 mm. Temp. dtt matin : Spitzberg, 4°'> Dunkerque, 14 ; Brest, i(>; Bordeaux, 19; Clermont-Ferrand. 21 ; Nice et Alger, 23; moyenne à Paris : 18",8 (normale : i7°,6). — Le 28. Hautes pressions sur le Centre et l’O. ; dépression à l’E. de l’Islande. Pluies sur le N. et le Centre; en France, beau temps. Temp. du malin : Vardoe, 5°: Nantes, 16; Belfort, 17; Alger, 22; Nice, 24; moyeune à Paris : i9°,3 (normale : i7°,6). — Phases de la.Lune : Nouvelle Lune le 23, à i5 h. 34.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne * Lü Néltlirc » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VIeJ
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2146. — 11 JUILLET 1914.
- INFORMATIONS
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- SUPPLÉMENT
- La relation du pétrole avec les régressions intermittentes. — On a, depuis longtemps, remarqué que le pétrole, sans être relié directement à un terrain déterminé, était en rapport avec certains groupes de terrains présentant habituellement des types lagunaires. On avait également montré que ces types lagunaires correspondaient à des régressions marines. M. Chaulard vient d’attirer l’attention de l’Académie des Scienees sur ce fait intéressant que les régressions, dont résulte le pé-Irole, ont été généralement des régressions intermittentes. C’est pourquoi le pétrole ne présente pas d’ordinaire, avec les grandes masses salines, la relation directe que l’on a parfois supposée. Avec ces grands amas de sel qui impliquent une régression continue, il y a souvent quelques matières hydrocarburées, comme il y a un peu de sel avec le pétrole; mais il n’y a pas gisement pétrolifère important. Les deux phénomènes ont un lien entre eux; mais ce lien n’est pas direct. On peut supposer que la formation du pétrole a exigé successivement deux faits, en rapport eux-mêmes avec l'intermittence. 1“ Cette intermittence, en occasionnant des changements dans les courants marins, des modifications brusques de température, etc., a pu déterminer de grandes destructions d’organismes. 20 L’intermittence a permis, d’autre part, le recouvrement rapide du dépôt hydrocarburé par des sédiments, en sorte qu’il a échappé à la destruction et à l’oxydation. Une conséquence pratique intéressante est qu’on se trouve amené à prévoir les régions susceptibles de fournir du jiétrole en profondeur. Et la remarque a sa valeur, alors que, de plus en plus, on va être conduit à explorer, pour y chercher le pétrole, par des sondages à grandes profondeurs, des régions où ce pétrole n'apparaît pas à la surface. On peut également remarquer que le pétrole n’a pas été pétrole dès l’origine; il a fallu pour cela qu’il subit une lente transformation postérieure. Nous considérons comme des pétroles inachevés certains pétroles lourds et très chargés de soufre, tels que ceux du Mexique ou de Californie et, par contre, comme des pétroles ayant dépassé leur point normal, ceux dans lesquels il y a peroxydation, formation d ozérites, de bitumes, etc.
- Un cas d’empoisonnement par le cyanure de potassium. — Nos lecteurs savent combien l’acide cyanhydrique et ses sels alcalins constituent des poisons violents. Une nouvelle preuve en est fournie à la suite d’un accident qui s’est produit en Amérique : à l’autopsie d’un homme empoisonné par le cyanure de potassium, l’analyse a montré dans l’estomac la présence de 53 milligr. seulement de cyanure ; l’intestin n’en renfermait pas la moindre trace. On a observé à ce sujet l’influence du temps sur la disparition progressive du cyanure de potassium, observation qui présente une grande importance au point de vue de la médecine légale
- dans les cas d’empoisonnement volontaire ou accidentel. C’est ainsi que la quantité de cyanure de potassium qui était de 53 milligr. comme nous l’avons dit, immédiatement après la mort, est tombée à 3q milligr. au bout de 23 jours et était complètement nulle après 76 jours. Aucune aftirmation relative à l'intoxication ne pourrai" donc être apportée au bout de ce laps de temps.
- Le record de la distance en téléphonie. — Prochainement New-York sera relié directement par .téléphone à Los Angeles et San-Francisco ; la voix humaine franchira ainsi 56oo km. Le succès obtenu sur la ligne New-York-Denver (33oo km) laisse espérer que cette audacieuse tentative sera couronnée de succès. Des bobines Pupin seront installées tous les 14 km sur la ligne et "corrigeront les troubles dus à la capacité électrique de celle-ci, troubles dont l’effet est de limiter la portée de la transmission.
- Le Grand Prix de l’Automobile-Club. — Celte épreuve classique a été disputée aux environs de Lyon, le 4 juillet dernier. Le circuit était de 37 km 631 et devait être parcouru 20 fois, soit au total : ^5‘j, 1cm 620. La course était réservée aux automobiles dont la cylindrée du moteur est inférieure à 4 lit- 5oo et dont le poids avide ne dépasse pas 1100 kg,; 41 voitures étaient engagées. Cependant peu de constructeurs français s’étaient mis sur les rangs. Le gagnant de la course est Lau-teuschlager sur voiture Mercédès, en 7h8’ 18''; viennent ensuite Wagner (Mercédès), 'j*'g' 54” ; Salzer (Mercédès), 7hi3'i5"; Goux (Peugeot). 7’’ 17' 47^ La moyenne du vainqueur a été de io5 km ù l’heure.
- La composition de diverses cires à cacheter du moyen âge. — Deux savants anglais, MM. Dobbie et Fox, se sont livrés récemment à un travail assez original et consistant à étudier la composition de diverses cires à cacheter datant du xiu° au x\T siècle et qu’ils ont prélevées sur les cachets de pièces ou d’archives authentiques. Les cachets étaient formés de cire d’abeilles, seule ou mélangée de résines en proportion variable. Les résines n’ont pu être identifiées, sauf dans deux cas où elles ont donné les réactions de la colophane. Les cachets rouges étaient colorés avec du vermillon, les cachets verts avec du vert-de-gris, les cachets bruns et noirs avec du vert-de-gris et des matières organiques. Enfin la cire d’abeilles, qui formait le seul constituant d'une impression du Grand Sceau anglais de i.35o, était pratiquement inaltérée dans scs propriétés physiques et chimiques. On voit, somme toute, que nos ancêtres avaient trouvé, longtemps avant nous, le moyen de cacheter les actes ou les pièces écrites avec des cires de bonne conservation.
- Raffineries de sucre au Brésil. — Tandis que chez nous la production du sucre raffiné est faite dans un petit nombre d’usines très importantes, travaillant chacune les produits de plusieurs sucreries, au Brésil, notis
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- INFORMATIONS
- rapporte M. Frobourg, dans une curieuse élude du Bulletin de VAssociation des chimistes, c’est tout le contraire. Les sucreries industrielles vendent leur production à de petits confiseurs, qui la raffinent, voire même au particulier, le raffinage étant fait à la cuisine par les domestiques! L’habitude est si bien prise qu’une grosse usine récemment installée à Rio par les Allemands ne peut vendre son sucre raffiné. C’est que le sucre consommé par les Brésiliens diffère tout à fait du nôtre, c’est le sucre « neigeux », dit encore « sucre portugais », très léger et se dissolvant presque instantanément. 11 suffit de verser le café chaud dans une tasse contenant du sucre pour qu’on puisse immédiatement boire le liquide déjà sucré! Pour raffiner le sucre, les confiseurs brésiliens le transforment en sirop auquel on ajoute un peu de sang pour opérer une sorte de collage... Après avoir écumé, on filtre sur une couche de noir animal, puis on poursuit la coction dans des bassins de cuivre jusqu’à ce que le sirop très épais ne contienne presque plus d’eau (2 à 3 pour 100). On cesse alors de chauffer, puis on laisse refroidir en malaxant avec une spatule en Bois. On obtient une poudre neigeuse composée de cristaux extrêmement fins, qui est simplement tamisée pour enlever les grugeons, puis ensachée. Les Brésiliens de l’intérieur, ceux des classes inférieures en particulier, consomment beaucoup aussi de miel de cannes, de ra-paduras, variétés de sucres extrêmement impurs, préparés par la même méthode qui servait voici deux siècles à l’origine des plantations. Le jus de cannes à sucre est tout simplement concentré dans de petites bassines chauffées à feu nu en écumant de temps à autre, jusqu’à obtention d’une masse consistante. Comme les impuretés de la canne ont un goût naturellement agréable, on peut de la sorte préparer des sortes de poudres miels réellement excellents. Mais évidemment, le procédé serait inapplicable à nos betteraves dont le suc est de saveur très désagréable.
- La vitesse des trains en France et en Allemagne.
- -— La vitesse des trains est une supériorité française qui frappe particulièrement quand, se rendant de Paris à Constantinople, on voit les trains ralentir progressivement leur mouvement à mesure que l’on avance vers l’Orient. L’Allemagne, peut-être parce que les chemins de fer y sont plus généralement exploités par l’Etat qu’en France, nous est très inférieure à cet égard. Par exemple, le rapide de jour Paris-Francfort a, sur le territoire français, une vitesse commerciale de ’jS km 3 avec 5 arrêts sur 3qi km. et, en Allemagne, 48 km 3 avec 19 arrêts sur 307 kilomètres. Le rapide de jour Paris-Berlin passe également de 96 km 4 à 67,4 en traversant la frontière. Par million de voyageurs transportés, le nombre des tués est beaucoup plus grand en Allemagne qu’en France.
- Protection des lignes télégraphiques contre les troubles d’induction. — Nous avons exposé (Yoy. n° 2i35, 25 Avril 1914- Informations) les difficultés éprouvées par la Compagnie des chemins de fer du Midi dans l’électrification pâr monophasé de la ligne Perpi-gnan-Prades, du fait des troubles induits par le courant de la ligne de traction dans les lignes télégraphiques voisines. Nous avons relaté les remarquables résultats obtenus par M. Maurice Leblanc qui a imaginé un très ingénieux dispositif pour remédier à ces troubles. Un autre dispositif, fondé sur un principe tout différent, vient d’être réalisé également avec succès par M. Marius Latour qui en a exposé le principe à la Société des ingénieurs civils. M. Latour insère, au milieu de la ligne télégraphique à protéger, un circuit électrique « oscillant », c’est-à-dire la combinaison d’une self-induction et d’un condensateur; les constantes de ce circuit sont choisies de façon qu’il ait une fréquence propre d’oscillation électrique égale à celle des courants de traction, origine des troubles. Dans ces conditions, le circuit oscillant est en résonance électrique avec les courants perturbateurs ; il oppose à leur passage une résistance pratiquement infinie ; tandis qu’il ne gêne que fort peu la circulation des courants télégraphiques. C’est un véritable « bouchon » contre les courants de trouble. La difficulté du problème résidait dans ce fait que la fréquence de travail des courants télégraphiques émis par un appareil Morse (environ 8 à io interruptions par seconde) est voisine de celle des courants de traction employés sur la ligne Perpignan-Prades (16 périodes 2/3).
- Les difficultés éprouvées sur là ligne Perpignan-Prades
- ont pu faire naître des craintes au sujet de l’électrification des autres lignes du réseau pyrénéen. M. Herdner, ingénieur en chef de la Cie des chemins de fer du Midi, a montré à la même réunion des Ingénieurs civils que fort heureusement les autres lignes à électrifier se trouveraient dans des conditions plus favorables. En effet, la ligne Perpignan-Prades ne peut être alimentée que par une extrémité ; les troubles étant proportionnels aux longueurs des lignes en parallélisme, ils peuvent atteindre des valeurs très élevées. Il n’en sera pas de même sur les autres lignes qui pourront être divisées en sections alimentées séparément. Les troubles du même coup seront réduits dans des proportions qui permet-ront de les éliminer sans difficultés.
- L’Ecureuil et les Oiseaux. — M. d’Anne vient de publier dans le Bulletin de la Ligue française pour la protection des Oiseaux un terrible réquisitoire contre l’écureuil. De ses observations il conclut que l’écureuil est un très grand destructeur d’oiseaux. En effet, il l’a vu déranger les oiseaux pendant la construction du nid, démolir et jeter bas le nid terminé, chasser les pondeuses et les couveuses, casser les œufs, tuer les jeunes. Et il s’attaque non seulement aux petits passereaux, mais encore aux geais, aux pies, aux crécerelles d’humeur plus batailleuse cependant; il vole la nourriture des faisans et même visite les colombiers et les basses-cours. Dans la Somme, où les écureuils étaient inconnus ou rares, les oiseaux pullulaient jusqu’à ces dernières années ; leur apparition a coïncidé avec la diminution du nombre des oiseaux qui ont aujourd’hui presque disparu. Si l’on ajoute à tous ces méfaits que l’écureuil s’attaque aux feuillus, notamment aux peupliers, et aux résineux, et qu’il peut compromettre l’avenir de ces massifs d’arbres, nous nous associerons au vœu présenté déjà à la Société des Agriculteurs de France, que l’écureuil soit considéré comme animal nuisible et « que sa destruction puisse être poursuivie par les propriétaires et fermiers sur leurs terrains, en tout temps, même au fusil ».
- Le Concours de la Sécurité en aéroplane. — Le Concours organisé par l’Union pour la Sécurité en aéroplane s’est terminé le Ier juillet. Il avait suscité de nombreux et intéressants efforts. Rappelons qu’il comportait un grand prix de 400.000 fr. à décerner à un appareil « que le Jury estimera présenter un intérêt exceptionnel au point de vue de la sécurité ». Disons, de suite que ce prix n’a pas été décerné. Le Jury a attribué deux primes : l’une de 5o.ooo fr. à the Speriy gyroscope C° pour son stabilisateur gyroscopique, l’autre de 3o.ooofr. à la Société des aéroplanes Paul Schmitt pour son biplan polyplace à incidence variable. L’appareil gyroscopique Sperry était monté sur un hydravion biplan Curtiss. U a révélé des qualités remarquables de stabilité. Il a pu en plein vol, par temps agité, se livrer à l’expéi'ience suivante : un passager se déplaçant le long de l’aile de l’aéroplane sans troubler l’équilibre de celui-ci, et sans imposer au pilote des manœuvres spéciales délicates. Nous décrirons sous peu cet appareil. L’appareil Schmitt est décrit dans le présent numéro. En outre, le Jury a décidé d’accorder, à titre d’encouragement pour les résultats obtenus et pour continuer leurs études, des subventions aux inventeurs suivants : MM. Caudron frères : i5.ooo fr., pour leur biplan biplace; Société des appareils d’aviation Doutre, pour son stabilisateur : 10.000 fr. ; Société Avi-aulo, pour son carburateur système Lelarge : 10.000 fr.; Capitaine Etévé, pour son stabilisateur : 8000 fr. ; M. A. Moreau, pour son aéroplane autostable : 5ooo fr.; M. Robert, pour son parachute : 2000 fr. ; MM. Philippe et Perron, pour leur démarreur : 1000 fr.
- L’aéroplane invisible. — MM. Clément et Rivière à qui l’on doit la préparation industrielle dë l’acétate de cellulose, produit qui sert aujourd’hui à faire des films ininflammables, ont indiqué récemment à la Société d’.En-couragement à VIndustrie Nationale une autre application de cette substance. Ils proposent de remplacer les toiles d’aéroplanes par des pellicules d’acétate de cellulose préparées de façon spéciale ; on peut obtenir ainsi des plaques souples, transparentes, solides, imperméables et ininflammables. Les aéroplanes ainsi entoilés seraient invisibles à faible hauteur. Nul doute que cette qualité augmentât sensiblement la valeur guerrière de nos avions.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> Chronique de la T. S. T.
- Inscription et renforcement des signaux de
- T. S. P. — L’inscription des signaux de télégraphie sans fil, qui nous a dé jà fourni l’occasion de signaler le relais Tauleigne, fait l’objet des recherches suivies de la part des inventeurs. Nous venons d’étudier un autre système de relais imaginé par M. J. Roussel et construit par M. L. Chaudet, basé sur un autre principe que le précédent.
- M. J. Roussel utilise purement et simplement le récepteur téléphonique, ou plutôt les vibrations de ce récepteur qu’il amplifie convenablement en s’inspirant d’un principe déjà employé en 1899 par M. A. Berget pour « l’Enregistrement microphonique de la marche des •chronomètres » (Académie des Sciences, 6 novembre 1899) et qui a été appliqué récemment, pour la première fois croyons-nous, par le R. P. Alard, à la réception téléphonique des signaux hertziens.
- Nous croyons devoir rappeler le procédé que le
- avec quatre autres éléments Leclanché et un téléphone haut-parleur ».
- L’effet produit est surprenant, ajoute le R. P. Alard; il est encore augmenté en glissant une feuille de papier
- -An tennis
- Poste ordinaire
- Relsi amplificateur fielai mécanique d inscr1
- Fig. 1. — Ensemble d’une installation pour réaliser l’inscription des signaux de T. S. F. avec un appareil Morse.
- entre les microphones et les téléphones. Ce papier vibre comme un tambour.
- C’est sur ces données que se sont exercés les constructeurs. M. Roussel utilise trois groupes microphone-téléphone afin d’agir sur des vibrations assez importantes,
- Fig. 2. — Installation complète de l’inscripteur et du renforçateur Roussel-Chaudet.
- R. P. Alard a décrit dans le Cosmos pour obtenir un renforcement séiieux de la réception. Il faut d’abord s’assurer une bonne réception en augmentant la longueur de l’antenne et en prenant un détecteur très sensible : électrolytique ou mieux galèno-sulfuré. Le récepteur est
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- Fig.. 3. — Rclai mécanique d’inscription.
- un téléphone de 5oo ohms de la maison Ducrétet et Roger. Sur ce récepteur, on place un petit microphone à grenailles de la Société Berliner; ce microphone est ensuite mis en circuit avec quatre éléments Leclanché et un récepteur Aubry « dont le son métallique retentit comme une clochette et impressionne vivement un second microphone Berliner renversé sur lui et mis en circuit
- de l’ordre du dixième de millimètre environ. Cette vibration mécanique est alors transformée, à l’aide d’une simple lame. vibrante, en courants rythmés capables d’actionner un appareil Morse.
- Notre schéma (11g. 1) montre la disposition générale du système. Le poste-récepteur A est quelconque, tout bon modèle du commerce peut convenir, que le montage
- Fig. 4. — Renforçateur Ducrétet et Roger.
- soit en direct, en Oudin ou en Tesla, pourvu qu'il permette de recevoir lisiblement au son et d’effectuer correctement le triage des postes qui peuvent être entendus. En B se trouve le relais microphonique spécial desservi par deux accumulateurs (4 volts). C’est sur ce relais que sont branchés indifféremment le pavillon amplificateur ou l’appareil inscripteur Morse. On peut
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- donc recevoir indifféremment an son, à plusieurs mètres du pavillon, ou sur la bande de papier. M. Roussel n’indique pas quelles modifications il a fait subir au principe posé par le R. P. Alard, pas plus d’ailleurs que MM. Ducrélet et Roger dans leur appareil renforçateur dont nous parlerons plus loin.
- Le relais mécanique adjoint au Morse comporte un socle portant deux colonnes À et B. La colonne A reçoit l'extrémité d’une lame vibrante spéciale T fixée par la vis L qui permet de l'élever ou de l’abaisse/ à volonté; la colonne B est pourvue d’une potence U à l’extrémité de laquelle se trouve une vis micrométrique A dout la pointe repose sur un contact M terminant la lame vibrante T. Sous cette lame peut se déplacer un récepteur téléphonique R portant, fixé au centre de sa membrane, un style S.
- ' Par l’intermédiaire de ce style, les vibrations de cette membrane déterminent les vibrations de la lame T et le contact est rompu en M ; la fréquence propre de la lame étant très faible, le contact ne peut reprendre pendant toute la durée des vibrations engendrées par le passage du trait Morse, de sorte qu’au lieu d’inscrire une série de points, l’appareil inscrit un trait correct.
- 11 convient d’observer que le courant local traverse en permanence le contact entre M et T et parcourt les bobines de l’appareil Morse. Le contact est donc rompu à chaque émission, c’est-à-dire au moment où le style inscripteur doit pousser la bande de papier contre le disque encreur. Pour obtenir l'impression correcte, on a inversé le jeu normal du Morse en plaçant les électro-aimants au-dessus de la palette.
- L’appareil a été présenté à la Société Astronomique et il a fonctionné dans d’excellentes conditions ; le rythme d’inscription pent atteindre 120 points séparés par seconde par suite de la légèreté des masses en mouvement, mais dans ce cas la vitesse de déroulement du Morse doit être très grande. Avec une antenne de 4 m., on enregistre à a5 km de Paris et à 2000 km avec une antenne de i5o mètres.
- Le système que nous venons de décrire est donc basé sur le renforcement microphonique, ainsi que celui de Ducrétct et Roger constitué par des récepteurs accouplés avec des microphones (R, Mt et R2 M2). L audition s’effectue à l’aide du téléphone R- muni d'un pavillon amplificateur; elle est excellente dans toute la pièce où se trouve l’appareil. Les constructeurs ont même imaginé d’inscrire sur un phonographe les signaux reçus ; il suffit d’enlever le pavillon du téléphone R3 et d’ajuster la tubulure de ce dernier sur le diaphragme enregistreur d'un phonographe. Cet enregistrement est. avantageux pour répéter le texte d’une dépêche et aussi pour s’entraîner à la lecture au son. L. F.
- Automobilisme
- Frein-Autopatin. —L’inconvénient des freins actuellement en usage sur les automobiles est qu'ils détériorent les pneus et même les rais lorsqu’un obstacle imprévu oblige à les bloquer brusquement.
- Lê « Frein-Autopatin » imaginé par M. Pellelan a pour objet de remédier à ce grave inconvénient. C'est là son principal avantage ; en voici un autre ; sur route ou au garage, il permet de soulever l’arrière-train, sans recourir aux crics ou verrins à bras d’homme; il est donc précieux dans les cas d’avarie aux pneus moteurs, par exemple.
- Ses points caractéristiques se résument ainsi : deux patins élastiques, synchroniques, symétriques, mus par le moteur, lesquels”soulèvent l’arrière-train, font perdre aux roues le contact avec le sol et, substituant àinsi le glissement au roulement, absorbent la force acquise du véhicule. C’est l’arrêt subit sans dommage aucun pour les pneus.
- Voici la description succincte du « Frein-Au topa tin » dont le croquis schématique, ci-joint, représente une "des formes : une équerre E est suspendue au châssis et se termine, en son sommet, par un tenon F ; un bras ,mobile GH articule une de ses extrémités au tenon F, et, de l’autre, saisit l’essieu de la roue motrice; sur ce bras GH est disposé un excentrique D se mouvant dans 'le plan du bras; enfin un patin AB est articulé, enB, à une fige mobile le long de E, alors que son extrémité
- libre A, se meut, de haut en bas et inversement, en charnière.
- Au repos, le patin est replié en A'B\ Sous l’action d’une bielle K, l exccntriquc chasse le patin AB de sa position horizontale, l’abaisse sur le sol et en fait son point d’appui pour soulever le véhicule. La bielle K est actionnée par le moteur.
- Le mode de transmission le plus pratique, si on l’excepte l’électricité, a paru être une vis horizontale, de longueur appropriée sur laquelle se meut cm écrou, comme aux mécaniques des diligences et des camions; cet écrou porte deux tourillons auxquels s’articulent chacune des bielles des deux freins. La vis est posée sous l’ar-
- B @
- Terre
- bre moteur; elle porte un pignon engrenant avec une roue calée sur l’arbre moteur, par un système de deux pignons satellites qui opèrent embrayage, débrayage, marche avant, marche arrière, semblables à ceux qu’emploient certains tours parallèles.
- Soit une voiture dont l’arrière-train sera supposé peser 760 kilos, munie d'un moteur de dix chevaux; théoriquement, il sera soulevé en une seconde à un mètre de hauteur, d’après la définition même du cheval-vapeur. Or un soulèvement de dix centimètres, au maximum, suffit; il s’ensuit que ce soulèvement sera obtenu en i/io° de seconde. En admettant que la vis, dont le rendement est mauvais, absorbe avec les autres organes 5o pour 100 de la force, les cinq chevaux restant per-mettent de produire l’effet en i/5e de seconde.
- Le « Frein-Autopatin », c’est bien entendu, est présenté comme mécanisme de secours, de sauvetage, à réserver pour les cas très graves. Il constitue la ressource suprême en face d’un danger inopiné ou si les freins ordinaires ne fonctionnent plus. — Pour la construction, s’adresser à MM. Debourdeaux, Lescurat et Clc, arrière-port de l’Agha, à Alger.
- *_> Objets utiles <<*
- Porte-fleurs extensible. — La mode de porter quelques fleurs au corsage est certainement la plus gentille ;t celle qui se conservera indéfiniment, quels que soient es corsages. Or, jusqu’ici, on n’a trouvé, en fait l’attaches, que de vulgaires épingles qu’il coudent de dissimuler et qui remplissent tou-ours mal leur fonction.
- Voici, pour les remplacer, un porte-fleurs :xtensible, très pratique et très élégant, en loublé, agrémenté d’un oli motif émail ou simili lu plus gracieux effet.
- ^ermé, comme le montre notre figure, il peut remplîtes fonctions de barrette de jabot ; ouvert, il emprisonne in petit bouquet de. quelques fleurs, une seule tige nême, et se fixe oit l’on désire par son épingle. On voit que la partie extensible est faite de trois — ou quatre — naillons à ressorts intérieurs, du même modèle que :eux utilisés pour la confection des bracelets extensibles, ja barrette se serre donc sur n’importe quelle grosseur le tige. — Le porte-fleurs extensible est en vente chez virby-Beard, 5. rue Auber, à Paris.
- La barrette ouverte.
- La barrette ferinéi
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Q^,
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1914.
- L^s heures sont données en temps moyen légal compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L'équinoxe d’automne se produira le u3 septembre, à •it’1 34"’. A cette époque, le Soleil traversera l’équateur céleste, pour passer de l’hémisphère nord dans l’hémisphère sud du ciel. Les jours et les nuits ont alors sensiblement la même durée.
- Le minimum solaire semble dépassé : un très grand groupe de taches - vu à l’œil nu par certains observateurs — s’est produit du 27 avril au 3 mai, sur le Soleil, à une latitude élevée. Ce groupe semble bien appartenir à la nouvelle période solaire et le minimum précédent de l’activité a eu lieu en 1912 ou en 1913. Cette recrudescence de l’activité solaire engagera les observateurs à poursuivre l’étude de la surface du Soleil.
- IL — PLANÈTES
- Mercure, pendant ce trimestre, traverse les constellations du Cancer, du Lion et de la Yierge. Le
- 5 août, il atteindra sa plus grande élongation du matin, à 190 10' à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher une semaine environ avant et après cette date. Diamètre de Mercure : le 6 juillet, ii",i; le 5 août, 7",6; le G septembre, ^',8.
- Venus traverse les constellations du Lion, de la Yierge et de la Balance. Elle brille le soir au crépuscule et son éclat attire tous les regards. Elle arrivera à sa plus grande élongation le 17 septembre, à i8\ à 46° 22' à l’Est du Soleil. Yénus se couchera, le
- 6 juillet, à 211' 49’“; le 5 août, à ao1’ 53m, et le 6 septembre, à 19h œ9m. Diamètre de Yénus : le 6 juillet, i3",6; le 5 août, 16",5; le 6 septembre, 21",7.
- Yénus sera en conjonction avec la Lune, le 26 juillet, à 71', à i°52/ au Nord; avec Mars, le 6 août, à 2U, à o°io'’ Sud; avec la Lune, le a3 septembre, à 6h, à i°3o' Nord.
- Mars, dans le Lion en juillet, est pratiquement inobservable.
- Jupiter, dans la constellation du Capricorne, sera en opposition le 10 août. Son éclat le fait remarquer et il n’est pas nécessaire de donner sa position pour le trouver. Diamètre équatorial : le 6 juillet, 48",2; le 5 août, 48",2; le 6 septembre, 4l"A-
- On trouvera dans Y Annuaire astronomique de M. Flammarion tous les renseignements utiles pour l’étude de la surface de Jupiter et pour l’observation des 4 principaux satellites. On sait que ces satellites tournent avec rapidité autour de la planète et figurent assez bien dans leur ensemble une réduction du système solaire. Leur observation suivie constitue une excellente leçon de Cosmographie.
- Saturne, pendant ce trimestre, se déplace entre les étoiles Ç du Taureau et y; des Gémeaux. Il sera en quadrature occidentale le 25 septembre. La planète présente en ce moment son système d’anneaux avec leur plus grande ouverture. Yoici les éléments de l’anneau pour les prochains mois :
- grand axe petit axe
- DATES EXTERIEUR EXTÉRIEUR
- h juillet. . . 57", 6 17", 0
- 7 août. . . . 38",7 17",5
- 8 septembre. 40",6 17",9
- HAUTEUR HAUTEUR
- DE J.A TERRE DU SOLEIL
- AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU
- plan de l’anneau plan de l’anneau
- — 26° 46' —26° 45'
- — 26° 29' — 26° 44'
- — 26° 12' —26° 45'
- Diamètre du globe de Saturne, le 6 juillet, i6",5; le 5 août, i6",9; le 6 septembre, 17",8.
- Une petite lunette est suffisante pour voir l’anneau. Ainsi une lunette de om,o4 permet de le reconnaître, un objectif de om,oi)5 montre la division de Cassini, et un objectif de om,io8 l'anneau intérieur transparent.
- Uranus, près de l’étoile 19 du Capricorne, sera en opposition le 2 août. On sait que cette planète présente dans les lunettes un petit disque bleuâtre de l’éclat total de la 6° grandeur environ. On peut suivre Uranus à l’aide d’une jumelle, lorsque l’on connaît sa position sur le ciel au moyen d’une carte ou par ses coordonnées. Nous
- donnons celles-ci pour diverses dates du prochain trimestre.
- dates
- 6 juillet . . .
- 5 août . . . .
- 6 septembre .
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 20 11. 53 m. —18° 12'
- 20 h. 49 m. —18° 52'
- 20 h. 44 m. —18° 50'
- DIAMETRE
- ÉQUATORIAL
- 3",9 4",0 3",9
- Neptune, dans la constellation du Cancer, est pratiquement inobservable pendant ce trimestre, se levant à 5h nra, le G juillet; à 3h 19“ le 5 août; à ih 19“ le 6 septembre. On pourra l’observer en septembre, pendant les dernières heures de la nuit.
- Comme pour Uranus, il faut une carte, celle-ci très détaillée, pour trouver Neptune ou connaître sa position sur le ciel. Yoici les positions pour août et septembre :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 5 août. ... 8 b. 2 m. +20° 6' 2",2
- 6 septembre . 8 h. 6 ni. -4-19° 55' 2",2
- XXIh
- 50m
- 40™
- 3ÔF3Ô3
- 19
- *T
- • •
- m • 0 21 • Caprioor ne
- ° ^ 1,rJan rrAot r.19l5„ -£19 • • u IW.
- • 20 ‘ Tr0ct
- 17 j»
- XXIK
- 40m
- XXh30r
- Marclie d’Uranus sur le ciel du icr juillet 191/ au icrjanvier 1915.
- Petites planètes. — Pallas, la deuxième des petites planètes dans l’ordre des découvertes, passera en opposition le 2i juillet. Elle restera, cette année, au-dessous de la 90 grandeur, bien qu’en général, au moment de l’opposition, elle atteigne la 6e grandeur. On pouima la rechercher aux positions ci-après :
- DATES. ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 1" juillet. . 19 h. 46 m. . -+- 20° 25' 9,4
- Il — . . 19 h. 38 m. + 20° 7' 9,0
- 21 — . . 19 li. 50 m. + 19° 20' 9,5
- 51 — . . 19 h. 22 ni. -+-18° 7' 9,3
- 10 août. . . 19 h. 16 m. -+-16° 34' 9,4
- 20 — . . 19 li. 11 m. -r-14° 46' 9,4
- 50 — . . 19 b. 7 m. -t- 12° 49 ' 9,5
- Éros, la petite planète très remarquable, qui, à son périhélie, pénètre à l’intérieur de l’orbite de Mars, passera en opposition le 9 octobre prochain. Nous donnons ci-après ses coordonnées. M. Flammarion demande aux observateurs, dans Y Annuaire astronomique, de lui communiquer les mesures qui seraient faites de l’éclat de cette planète. Dans les oppositions très favorables, elle peut devenir visible à l’œil nu.
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- 18 août.................... 0 h. 20 m. 14 s. -+-18° 45'37"
- 22 —..................... 0 h. 18 m. 13 s. -+-19° 42'42"
- 26 —....................... 0 b. 15 m. 22 s. -h 20“39' 6"
- 50 —..................... 0 h. 11 m. 41 s. +21° 31'52"
- 5 septembre ... 0 h. 7 m. 8 s. -+-22° 20' 0"
- 7 — 0 h. 1 m. 44 s. -+-25° 2'19"
- 11 —.................... 23 b. 55 m. 59 s. + 23° 38' 0"
- 15 —.................... 25 h. 48 m. 42 s. -+- 24° 5' 26"
- 19 —...................... 25 h. 41 m. 17 s. -1- 24» 24' 9"
- 25 —.................... 25 h. 53 m. 35 s. +-24°3.V40"
- 27 —..................... 23 h. 15 m. 40 s. +24° 33'11"
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse totale de Soleil. — Une éclipse totale de Soleil, visible à Paris comme éclipse partielle, se produira le 21 août r914 • Nous consacrerons dans notre prochain numéro un article spécial à cette éclipse.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Éclipse partielle de Lune. — Une éclipse de Lune, invisible à Paris, se produira le 4 septembre. Grandeur de l’éclipse o,863, le diamètre de la Lune étant un. Cette éclipse sera visible en Océanie et en Asie. Le commencement se produira à ioh53m, le milieu à i3h46m et la fin à i6h 4om.
- Conjonctions :
- Le 8 juillet, Mercure eu conjonction avec Neptune, à 10 h., à 5° 21' Sud.
- Le 10 juillet, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 0° 52' Nord.
- Le 26 juillet., Vénus en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 1° 52' Nord.
- Le 26 juillet, Mars en conjonction avec la Lune, à 17 h., à 2° 7' Nord.
- Le 5 août, Uranus en conjonction avec la Lune, à 18 h., à 1° 45' Nord.
- Le 6 août, Vénus en conjonction avec Mars, à 2 h., à 01* 10' Sud.
- Le 6 août, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 10 h , à 0H 40' Nord.
- Le 8 éoût, Mars en conjonction avec P Vierge (gr. 3,7). à 5 lu, à O1* 4' Sud. Le 20 août, Mercure en conjonction avec la Lune, à 18 li., à 0° 21' Sud.
- Le 24 août, Vénus en conjonction avec la Lune, à 7 h., à 5n52' Nord.
- Le 1" septembre, Uranus en conjonction avec la Lune, à 23 b., à t°52' Nord.
- Le 15 septembre, Neptune en conjonction avec la Lune, à 21 b., à 3° 37' Sud.
- Le 23 septembre, Vénus en conjonction avec la Lune, à 6 b., à 1° 50' Nord. Le 29 septembre, Uranus en conjonction avec la Lune, à 5 b., à J°53' Nord. Le 29 septembre, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 13 h., à 1°6' Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 17 juillet . . pi Bélier. 5,7 1 h. 8 m. 2 h. 4 m.
- 24 — . . 41 Lion. 5,6 18 b. 56 m. 19 h. 49 m.
- 3 août. ... t Sagittaire.- 5,5 19 h. 7 m. 20 h. 21 m.
- 5 août. ... ïj Capricorne. 4,8
- 10 — . . ô Poissons. 4,8
- 16-17— . . 136 Taureau. 4,6
- 1" septembre . 17 Capricorne. 5,8
- 2 — . . y Cajiricorne. 3,8
- 10-11 — . . Pléiades :
- — — . . 16 Taureau (Celæno). 5,4
- — — • . 9 — 4,3
- — — . . 17 — (Electre). 5,8
- — — . . 21 —(Astéropel). 5,8
- — — . . 20 — (Mnïa). 4,1
- — - . . 18 — 5,6
- 22 h. 2 m. 20 b. 22 m.
- 23 b. 44 m. 20 b. 36 m. 22 h. 56 m.
- 25 b. 10 m. 23 b. 17 m. 23 b. 21 rn.
- 25 b. 59 m. 25 b. 45 m. 0 b. 5 m,
- 23 b. 18 m. 21 h, 11 m. 0 b. 34 m. 21 li. 55 m. Âjijiulsc à 8',5 du bord.
- 23 b. 14 m. 0 li. 18 m. Appulse à 7',7 du bord.
- 0 b. 44 m. 0 b. 15 m. Appulse à l',l du bord.
- Étoiles filantes. — Le 10 juillet, commencement habituel de la chute des Perséides. Radiant initial vers 0 Cassiopée.
- Du a5 au 3o juillet, chute des Aquarides : étoiles filantes émanant de la constellation du Verseau. Radiant 5 Verseau.
- Les 10 et 11 août, chute principale des Perséides. Radiant vers rj Persée.
- Le 22 août, fin de la chute des Perséides. Radiant dans la Girafe.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (|3 Persée) :
- 1" juillet (0 h. 18 m.); 21 (1 b. 58 m.); 25 (22 h. 47 m.). — 15 iioût (0 h. 27 m.); 15 (21 h. 15 m.). — 4 septembre (22 b. 55 in.); 25 (0 b. 55m.); 27 (21 b. 21 m.).
- Em. Tovchet.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Destruction des Sauves. — Les sauves, ravenelles, •ou moutarde sauvage qui envahissent les champs de céréales qu’elles tachent de leurs grêles fleurs jaunes, peuvent être détruites par divers procédés mentionnés dans les Recettes de la Campagne. A ces méthodes, on pourra comparer celle que recommande M. Roussel et qui consiste en un arrosage avec une solution de nitrate de cuivre à 12 ou i5 kg par tonne d’eau.
- On doit opérer l’épandage lorsque les plantes parasites n’ont encore que deux ou trois feuilles : elles sont alors plus sensibles à la brûlure du sel cuprique. Ou choisira un temps sec, en sorte que les gouttes corrosives ne soient point diluées par la rosée ou balayées par la pluie. On s’arrangera pour ne dépenser à l’hectare que 5 hectolitres environ de liquide, ce qui est suffisant pour détruire sûrement toutes les sauves.
- Sans doute, le nitrate cuprique coûte-t-il un peu plus que le sulfate. Mais il y a lieu de considérer la présence, dans le nouvel agent d’azote nitrique, excellent engrais dont la valeur doit entrer en ligne de compte si l’on veut établir des comparaisons exactes.
- Imitation de vieux marbre. — On peut être amené
- pour imiter des objets d’art ancien, ou pour parfaire une réparation, à donner à du marbre blanc nouvellement poli la patine du vieux marbre. Certains professionnels emploient à cet effet une sorte de teinture à base de colorants organiques, peut-être de brou de noix. On peut très facilement obtenir une coloration semblable à celle donnée par ces mixtures, et d’ailleurs plus solide, en badigeonnant tout simplement le marbre avec une solution aqueuse à 5 pour 100 environ de permanganate de potasse. Naturellement, le marbre est d abord bien décapé en le frottant avec une solution de cai’bonate sodique, ou mieux d’un peu d’une « lessive » pour blanchissage. On rince à l’eau en évitant de toucher avec les doigts, on enduit copieusement de solution manganée... puis on attend. Le permanganate se décompose en formant des oxydes de manganèse qui colorent le marbre en léger brun jaunâtre. On peut forcer la teinte en recommençant plusieurs fois, après quoi on rince à l’eau et l’on essuie. On peut aisément à volonté enlever la coloration jaune et rendre au marbi^e sa blancheur primitive en badigeonnant avec une solution de bisulfite sodique étendu d’eau. Laboratoire de la Nature.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. B. Makler, à Odessa. — Les inventeurs du Gyroptère sont MM. Papin et Rouilly, 9, rue Condorcet, à Paris.
- M. L. L., à Noisy-le-Sec. — Vous pouvez placer un transformateur sur une phase du courant considéré comme alternatif ordinaire. Le nombre des périodes étant de a5, il faut augmenter les longueurs des enroulements dans le rapport inverse des périodes, c’est-à-dire
- • 42 , •
- multiplier par — les longueurs données pour les circuits
- primaire et secondaire. Comme l’espace occupé par la bobine ainsi modifiée est plus grand, il est nécessaire
- d’augmenter la largeur des trous percés dans les tôles ; soit, par exemple, pour le premier modèle indiqué dans l’article en question : hauteur du trou 40 mm, largeur 5g mm; l’épaisseur du fer restant la même, la longueur des plaques est portée de 138 à 186 mm. Les effets de l’hystérésis étant moindres, cet accroissement de volume du fer n’a pas d’inconvénients. Vous pourriez également mettre un transformateur sur chaque période ou un transformateur triphasé unique,«mais la description de cet appareil serait un peu longue pour être indiquée dans la boîte aux lettres.
- M. Simonin, territoire de Kouangtchéou Wan Ford Bayard. (Tonkin). — Vos pierres volcaniques sont des Obsidiennes dont le géologue allemand, Franz Sueàs, a décrit l’équivalent. On les considère généralement comme des météorites. Nous serons heureux de tous renseignements complémentaires.
- M. le comte Léon Lubienski, à Mierzow (Russie). — La ville de district Orsza est située en dehors de la
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- ligne centrale de l’éclipse totale de Soleil du ai ,août 1914, mais l’éclipse y sera presque totale. Nous vous conseillons fortement de vous rendre à Minsk. L’éclipse y sera centrale. Le milieu de la totalité s’y produira le 21 août, à o1' 36m (temps moyen astronomique de Greenwich) et l’éclipse totale durera 2 minutes 14 secondes. Le Soleil sera à ce moment à environ 400 au-dessus de l’horizon. Les principales villes de la Russie, situées sur la ligne centrale, sont : Riga, Minsk, Kiev, Théodosie. Nous publierons prochainement un article spécial, accompagné d’une carie, sur celle belle éclipse.
- M. Balligand, à Creil. — i° Pour mesurer la hauteur des nuages, l’observateur étant seul et ne pouvant employer la méthode de triangulation, on peut faire usage de différents procédés :
- La méthode par Vombre des nuages. Elle est simple, mais elle nécessite un terrain plan, bien dégagé et d’assez vastes dimensions. Les circonstances se prêtent rarement à son emploi.
- La méthode par disparition, des rayons réfléchis par le soleil. Elle est applicable lorsque le soleil est déjà caché et que les nuages sont encore illuminés. La région éclairée diminue progressivement et si l’on peut suivre la ligne de démarcation entre l’ombre et la lumière réfléchie, et si l’on connaît en outre le temps écoulé depuis le coucher du soleil, on parvient à une mesure approchée de la hauteur des nuages réflecteurs, au moment où la ligne les atteint.
- On peut encore employer la méthode du sextant dite encore de Bravais qui utilise la mesure de l’angle à l’observateur entre le nuage et son image dans un miroir horizontal.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail d’application de ces méthodes, ce qui nous entraînerait trop loin. On pourra consulter sur ce point dans le n° 2042 de La Nature du i3 juillet 1912 : L’observation des nuages. Yoir également : Annuaire de la Société météorologique de France, numéro de juin 1911, pages 179 et 180.
- 20 La direction du mouvement des nuages se détermine au moyen de néphoscopes.
- Le principe de l’observation est le suivant : sur un miroir horizontal divisé en degrés, et convenablement orienté, on suit en restant immobile la marche de l’image réfléchie d’un point déterminé du nuage. La direction du mouvement est celle du rayon suivi par le point du nuage considéré.
- On trouvera la description des principaux néphoscopes dans les revues suivantes :
- G. Aimé. Annales de Chimie et Physique, série III, 1846.
- Stevenson. Edinburgh Philos. Journal, i855.
- Braun. Zeitsch. d. cesterr. Gesells. für Met., Bd II,
- 1864 •
- Linss. Zeitsch. d. œsterr. Gesells. für Met., Bd XIII, 1877.
- C. Ley. Quarterly Journal of Roy. Met. Soc., 1880.
- Cory. Quartely Journal 0f Roy. Met. Soc., 1884•
- Galton et Strachey. Quartely Journal of Roy. Met. Soc., 1886.
- Secchi. Atti de la prima reunione. meteorologica italiana, Torrino, 1881.
- Fornioni. Il nefodoscopio. Atti de la prima reunione meteorologica italiana, Torrino, 1881.
- Marie-Davy. Annuaire de Vobservatoire municipal de Montsouris pour Vannée 1878, p. 829.
- P. Garnier. Annuaire de la Société météorologique de France, 1886.
- C. Abbe. Annual report of the Chief Signal Officer. Part. II, 1887.
- Sprung. Zeitschrift f. Instrumentai Kunde, 1891.
- L. Besson. La chambre noire néphoscopique. Annuaire de la Société météorologique de France, t. XLIY, p. 84; — La Herse néphoscopique, Annales de l’observatoire municipal de Montsouris, t. Il, p. 5o, 1901.
- A. Àrcimis. La Nature, n° du 18 juillet 1908.
- de l’altitude H en mètres à la vitesse Y en mètres par seconde. Si t est le temps employé par un point du nuage à parcourir sur le miroir une longueur e et si k est la distance de l’œil au plan de ce cercle, on démontre qu’entre ces trois quantités existe la relation :
- Y___ht
- H e
- formule fondamentale des néphoscopes.
- Si, en particulier, l’instrument est construit de façon que hz=ie, la relation précédente se réduit à :
- H
- Y
- t.
- Dans ces conditions, le temps mesuré représente la valeur du rapport de l’altitude du nuage à sa vitesse. Celle-ci est désignée sous le nom de vitesse relative. Elle indique le temps que le nuage met à franchir une distance horizontale égale à sa hauteur au-dessus du sol.
- Jteo
- IgSD
- BIBLIOGRAPHIE
- QJfc
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Anthropologie congolaise : Dr G. Daniel. — Comment on mesure la radioactivité : un appareil à indications directes : B. Szilard. Le téléphot multiple : Ernest Coustet. — Nouvelle lampe à incandescence : H. Marchand. — Les halos pléochroïques et l’Age de la terre : G. Bresch. — Académie des sciences : Ch. de Yilledeuil. — Le « Kinémaplastic » : H. Vigneron. — Le chemin de fer électrique do Grenoble à Villard-de-Lans : O. Décombaz.
- Supplément. — Le « vieillissement » des alliages d’argent et d’étain. — Absorption des gaz par le celluloïd, etc.
- La méthode Fedoroff, par Nikitin. Traduction Louis Duparc et Yéra de Dervies. 2 vol. et l’atlas. Paris, Béranger. Prix : 3o francs.
- Cet ouvrage important rendra les plus précieux services aux cristallographes et aux pétrographes. Ils y apprendront les méthodes de détermination des minéraux en plaque mince (et spécialement des feldspaths) fondées sur l’emploi du goniomètre théodolite et de la platine universelle à trois axes de rotation. Les points suivants ont été particulièrement étudiés par Nikitin : x° détermination approximative de la valeur des indices de rotation; 20 détermination de la valeur de la biréfringence en général ; 3° méthodes permettant
- d’obtenir les biréfringences et l’angle des axes optiques dans le cas où leur détermination immédiate n’est pas possible.
- Service géographique de l’armée. Rapport sur les travaux exécutés en 1912. Paris 1913. 89 pages et cartes.
- La section de géodésie a continué ses travaux de triangulation en France pour la carte au 1/50000” ainsi qu’en Algérie et en Tunisie; et elle les a commencés au Maroc. La différence de longitude entré Paris et Nice a été déterminée par l’emploi de la T. S. F. La publication de la mission de l’équateur (1899-1906) est augmentée de 2 nouveaux volumes. On a continué la nouvelle triangulation du massif de l’Oisans, commencée en 1909. La section de topographie a poursuivi les levés au 1/10000° et 1/20000° des plans directeurs, etc. Elle a continué les cartes d’Algérie et de Tunisie au i/5oooo° et au 1/200000° ainsi que celles des oasis au i/ioooo0. Elle a commencé des cartes du Maroc au 1/100000° et au 1/200 ooo°. La section de cartographie a continué la révision du 1 /80 000° et porté à 38, à la fin de 1912, le nombre de feuilles publiées au i/5oooo en couleurs, etc.
- Canots automobiles, house-boats et tourisme nautique, par J. Izart, ingénieur. 20 édition revue et augmentée. In-8° (12 X 18) de vm-296 p., illustré de 96 fig. H. Du-
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- BIBLIOGRAPHIE
- •yïif
- mi
- nod et E. Pinat, Paris 1913. (Bibliothèque du Chauffeur). Prix : broché, 5 fr. 5o.
- Ce petit volume écrit sous une forme familière et accessible à tous présente la mise au point de la technique du petit bateau mécanique. Yoici les principaux chapitres. Glossaire nautique. Statique du bateau.
- Dynamique. Comment et pourquoi les bateaux peuvent se diriger. Problème de la propulsion. Hélice et problème de l’utilisation. Force motrice. Racers. Hydro-planes et hydroaérojidancs. Cruisers et petits yachts. House-boats et house-boating. Aménagement mécanique. Armement et mesures de sécurité. Réglementation. Circulation et bibliographie.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 juin 1914 . 18°,9 N. E. 1. Beau. » Beau; rosée; brume.
- Mardi 50 ... 20°, 4 N. E I. Beau. » Beau ; rosee; brume.
- Mercredi 1" juillet . 2i°.2 Calme. Beau. » Beau jusq. 10 b. ; p* u nuageux ensuite : rosce ; éclairs à 22 heures.
- Jeudi 2 21°,6 S. 2. Beau. 2,5 Nuageux; quelques averses: orage de .19 b. 20 à 20 b. Ifi.
- Vendredi 5 18°,7 S. W. 2. Couvert. » Gouv. jusq. 17 b. ; nuag. ensuitp; un peu de pluie line à 9 heures.
- Samedi 4 15°, 3 W. S. W. 1. Couvert. 0,0 Presque couvert; rosée; pavé mouillé à 8 b. 40.
- Dimanche 5 . . . . 14" 0 S. S. E. 1. Couvert. 0,4 Rosée ; couvert; pluie le soir.
- JUIN-JUILLET 1914. — SEMAINE DU LUNDI 29 JUIN AU DIMANCHE 5 JUILLET 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au nivela de la mer),' courbe jilus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du '29 juin au 5 juillet. — Le 29. Fortes pressions sur le Centre et l’O. : Brest, 771 mm; dépression sur l'extrême N. et l’Islande : Haparanda, 746 mm. Pluies dans le N.; en France, beau temps. Temp. du matin : Spitzberg, -j-4°! Brest,. 14; Dunkerque et Belfort, 18; Clermont-Ferrand et Alger, 21; Cétte, 27; moyenne à Paris : 2o°,8 (normale : i7°.7)- — Le 3o. La pression baisse sur l’O. ; dépressions sur l’extrême N. (Uleaborg : '752 mm) et l’Islande' (75oj. Pluies sur les Iles-Britanniques et le Centre; Temp. du matin : Charleville, Clermont, 200; Toulchî^ 28 ; moyenne à Paris : 22°,9 (normale : 170,8). — Lfjpier juillet. Baisse barométrique sur toute l’Europe. Plûtes sur le N., le Centre et l’O.; orages en France. Tétrip. du matin : Marseille, 220; Besançon et Perpignan, 24; le Mans, 25; moyenne à Paris : 24°,5 (normale : 170,8). — Le 2. La baisse de pression continue sur l’O. et le S. : Ecosse, 749 mm; hautes pressions sur l’E. : Riga, 768 mm. Pluies sur l’E. et l’O. : Toulouse, 44 mm; Biarritz, 24; Lyon, 21; Dunkerque, 14. Temp. du matin : Spitzberg, 6°; Lorient, 16; Saint-Pétersbourglet Lyon, 19; Toulouse, 21; Nancy, 24; Nice, 26; Biskra, 3i; moyenne à Paris : 2i°,6 (normale : i7°,9)- — Le 3. Basses pressions du
- du Bureau Central Météorologique.
- N.-O. au S.-E.; la pression remonte sur le S.-O. : la Çorogne, 767 mm. Pluies sur l’E. et 1 O. : Marseille, 17 mm; Besançon, 12. Temp. du matin : Vardoe, io°; le Havre et Toulouse, 14 ; Brest, i5; Saint-Pétersbourg et Marseille, 20; Alger, 25; Païenne, 29; moyenne à Paris : 170 (normale : 170,9). — Le 4- Fortes pressions sur le S.-O. et le N.-É. : Biarritz, 769 mm; Kuopio, 771 ; dépressions sur le Centre et le S.-E. (Nicolaief : 755 mm) et l’Irlande (754 mm). Pluies sur l’O. et le Centre : pointe Saint-Mathieu, 12 mm. Temp. du malin : Spitzberg, 5°; Gap, 11; Brest et Nancy, 14 J Port-Yendres, 18; Saint Pétersbourg et Rome, 22; Biskra, 29; moyenne à Paris : i5°,9 (normale : 180). — Le 5. Basses pressions de l’O. au S.-E. ; hautes pressions sur le N.-E. : Arkhangel, 771 mm. Pluies sur l’O. et le Cenire : orages sur les Pays-Bas et l’Allemagne : île d’Aix, 21 mm; Toulouse et la Coubre, 12. Temp. du matin : Spitzberg, 3°; Belfort, ïi ; Brest, 13 ; Bordeaux, i4; Marseille,. 16 ; Biarritz, 18; Haparanda, 23; Alger, Carlsbad et Riga, 24; moyenne à Paris : 160,1 (normale : 18°)- — Phases de la Lune : Premier Quartier le 3o, à 19 h. 25 ni.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tjssandjer
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’École des Mines et.-à- l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (VJ°)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des artOles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2147. — 18 JUILLET 1914. SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- Nouvelle comète Neujmin (1914 c). — Une petite I comète a été découverte par la photographie, à l’observatoire de Simeïs (Crimée), le 24 juin, par l’astronome russe Neujmin, auquel on doit déjà la découverte de la Iroisième comète de 1 g 13. La position du nouvel astre, sur un cliché du 24 juin, était la suivante : Ascension droite = i84nm; Déclinaison australe = i4°8', dans la constellation de l’Ecu de Sobieski. Eclat : 12e grandeur. L’observatoire central de Kiel, au reçu de la dépêche annonçant la découverte, demanda télégraphiquement aux observatoires de Bergedorf, Heidelberg et Copenhague de vouloir bien rechercher cet astre. Le mauvais lemps, d’une part, une erreur de transmission télégraphique pour la dépêche d’Heidelberg, d’autre part, s’opposèrent à cette observation. M. Neujmin revit la comète le 29 juin, elle était de la 12e grandeur, avec une queue dans l’angle de position i85°. La comète a été observée le Ier juillet aux observatoires de Bergedorf (Hambourg) et de Lick (Mont Hamilton, Californie).
- Découvertes archéologiques à Rome. — Les fouilles que l’on fait aujourd’hui à Rome n’embellissent pas la ville éternelle et ne. fournissent pas d’objets artistiques; mais elles plongent singulièrement loin dans son passé et, grâce à l’esprit conservateur avec lequel les Romains ont toujours respecté leurs plus anciens souvenirs, elles nous font pénétrer jusqu’à ses origines, que l’on qualifiait autrefois de légendaires avec un excès de scepticisme contre lequel ou réagit de plus en plus. Récemment, le commandeur Boni, directeur des fouilles du Forum et du Palatin, a . creusé à l’endroit où se trouvait le trône d’Auguste, pensant que ce lieu avait dù être choisi avec intention et correspondre à une tradition religieuse. Il a trouvé, sous une grosse dalle, une cavité conique aux parois formées de pierres non cimentées, puis, au fond, un puits et, au bas de ce puits, la jonction de deux souterrains à voûte ogivale, orientés, l’un dans la direction du soleil levant au 21 mars, l’autre du soleil levant au 21 juin. On a supposé en conséquence que ces souterrains avaient dù servir, au printemps et à l’été, pour des fêtes en l’honneur des deux déesses qui président à la germination et à la maturité des moissons. Une galerie transversale forme, avec les deux premières, un triangle isocèle de 6 m. de côté. Il y a là, suppose-t-on, un très vieux sanctuaire et l’on s’est demandé si ce n’était pas le mundus, dont parlent les textes antiques. Une campagne de recherches précédentes avait fait découvrir, dans les sous-sols du Palatin, toute une machinerie hydraulique Irès compliquée avec roues dentées, cylindres, etc., destinée à actionner les divers engins nécessaires à la vie du Palais.
- Archéologie et ethnographie colombienne. — Le
- Dr Th. Preuss, investigateur de l’ethnographie américaine, va entreprendre, à la demande du Musée d’ethno-
- graphie de Berlin, un voyage en Colombie, dout la durée sera de un aii et demi. Il étudiera les sculptures, près de San Agustiu, : dans la vallée supérieure du Rio Magdalena et organisera ensuite des explorations ethnographiques dans les parties peu connues du pays.
- Voyage d’étude en Sibérie. — Un naturaliste norvégien, M. Orjan Olsen, a obtenu du gouvernement russe la permission de faire, pendant deux ans, des recherches biologiques, ethnographiques et archéologiques dans la Sibérie occidentale. Il se rendra d’abord à Krasnoïarsk, vers l’Iénisseï supérieur et les monts Saja ; la seconde année sera consacrée à l’exploration du bassin de l’Iénisseï inférieur. Le retour en Norvège se fera, si possible, par eau à travers la mer de Kara. Les recherches auront pour but principal l’élude des rapports qui ont existé jadis entre les règnes végétal et animal de la Scandinavie et ceux de l’Asie septentrionale, ainsi que le développement de ces rapports jusqu’à nos jours.
- L’Agriculture en Sibérie. — La Sibérie, qu’on a tendance à considérer comme un pays d’une fertilité médiocre, a développé prodigieusement, depuis quelques années, ses industries agricoles, grâce aux sages méthodes adoptées par le gouvernement russe pour encourager les fermiers et favoriser les nouveaux immigrants. Ses efforts ont abouti à la création d’une puissante union des fermiers et communautés agricoles de la Sibérie occidentale, qui organise et réglemente l’exportation des produits. En 1912, elle avait exporté pour 7 millions de roubles de beurre ; elle a plus que doublé cette catégorie de ses exportalions eu igi3, et a vendu pour 14 millions 1/2 de l'oubles de beurre en Allemagne, en Autriche-Hongrie et dans le Royaume-Uni, opération qui a laissé un bénéfice net de 480000 francs. En 1912, elle fit une tentative infructueuse, eu fabriquant pour le marché anglais du cheddar, le fromage préféré en Angleterre; mais l’imitation était imparfaite, et l’association dépêcha aussitôt des experts pour étudier sur place les procédés de fabrication. Les résultats de cette campagne furent satisfaisants, et, l’an dernier, l’Angleterre consomma 65 tonnes de cheddar sibérien. 'L’association organise maintenant dévastés fabriques de fromage, dont les produits seront transportés directement à Londres par des steamers qu’elle vient d’acheter, et qui descendront l’Obi dès la débâcle des glaces.
- Les Incendies au Canada. — Le feu fait au Canada des ravages considérables ; d’après la commission de la conservation du Canada, on estime que, durantles trois dernières années, le feu a causé des dommages pour i j fr. 5o par tète, le nombre des incendies ayant , été de 1,16 par 1000 habitants. Dans quelques villes, Saskatoon, Halifax, Vancouver, Winnipeg, Regina, les pertes se sont élevées | par tète à 34 fr. 22; 33 fr. 3o; 24 fr. 25 ; 19 fr. 40;
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- INFORMATIONS
- 17 fr. 35. Ces perles sont importantes sionles compare aux villes des Etats-Unis par exemple, où, dans dix villes, les pertes par le feu s’élèvent à environ 2 fr. 45 par tête, le nombre des incendies étant de 0,67 par mille de population. Si l’on tient compte de toutes les dépenses inhérentes au service de protection et d’extinction des incendies, il faut, au Canada, augmenter de 11 fr. par année le coût des sinistres pour chaque habitant. La taxe directe imposée pour le maintien du service est de 5 fr. 3o par année et par habitant, tandis qu’elle n’est que de
- 1 fr. 10 pour 45 villes d’Europe. Sans compter les pertes et la désorganisation causée, par les sinistres, on arrive au Canada à payer pour les incendies 225 000 000 de francs soit 28 fr. 3o par tête. Les Canadiens songent sérieusement à veiller sur leurs maisons. Les incendies sont dus en grande partie à la négligence, aux manœuvres criminelles, à la construction généralement en bois. L’opération qui consiste, l’hiver, à faire dégeler des tuyaux en les enduisant d’un liquide comme le pétrole auquel on met le feu est une cause fréquente d’incendie. Une nouvelle pompe automobile est à l’essai à Montréal, elle a coûté 75 000 fr., avec un moteur de six cylindres elle donne une force de 144 chevaux-vapeur. Elle peut faire facilement du 70 km à l’heure, ce qui peut-être atteint dans les grandes artères rectilignes de Montréal, et vu l’empressement que met tout le monde, véhicules et tramways, pour laisser le passage libre au son de la cloche des pompiers qui parcourent les rues à des vitesses vertigineuses pour de tels engins. Cette nouvelle voiture pèse environ 8 tonnes et est longue de 6 m. 5o. Manœuvrée par deux hommes, elle peut donner un jet d’une puissance. énorme et s’approvisionner même en eau boueuse. Il y aura bientôt d’autres machines semblables.
- Contre les Insectes. — Il ne faut point se lasser de lancer le cri de « Mort aux Insectes ! » qui résume le programme des ligues formées dans plusieurs pays civilisés contre les mouches et autres parasites, Sur ce domaine, comme sur tant d’autres, les Chinois sont nos éducateurs. Dans plusieurs provinces méridionales de la Chine, des associations philanthropiques distribuent aux pauvres gens des pièges à puces qui sont des merveilles de simplicité ingénieuse. Ils sont constitués par deux tronçons de bambou, longs d’une trentaine de cm, et qui rentrent l’un dans l’autre. La section extérieure est large de 5 cm environ, et offre sur ses parois des ouvertures longitudinales. Le bambou intérieur n’a que
- 2 cm de diamètre, et est enduit d’une matière gluante additionnée d’un liquide odorant qui attire les insectes. Ils pénètrent par les ouvertures et s’engluent. Ces appareils peu encombrants se placent dans les lits ou dans les coins obscurs des maisons, qu’ils ne tardent pas à débarrasser de leurs insectes. Leur emploi devrait s’imposer dans toutes les régions où l’on a toujours à redouter la peste, dont les germes, comme on le sait maintenant, sont propagés par les puces.
- Les fauves aux États-Unis. — D’après les statistiques que publie le Service forestier des Etats-Unis, le loup dit de forêt (timber wolf) est l’animal le plus nuisible de l’Amérique du Nord. Les ravages que ces grands fauves font dans les troupeaux sont évalués à 3ooo francs par an et par tête de loup, soit i5 000 francs par famille de loup. Le Forest Service s’efforce de détruire ces ennemis de l’agriculture, mais leur intelligence leur permet d’éventer les pièges et de reconnaître les appâts empoisonnés. Durant l’année igi3, les forestiers n’ont pu tuer que 64 loups adultes et 97 louveteaux. Les autres fauves abattus pendant la même année sont énumérés comme suit : 3o6 ours, 354i coyotes (loups de petite taille), i33 cougouars, 62 lynx, 583 félins sauvages.
- Valeur économique des pluies tropicales. —M. G. Capus rend compte, dans les Annales de géographie, des analyses d’eau de pluie faites à Hanoï au point de vue de leur teneur en azote. L’azote nitrique apporté aux terres par les pluies a varié de 72 kg par hectare en 1902 à 15 kg 5 en 1908, la moyenne annuelle pour la période 1902-1909 ayant été de; 48 kg par hectare;’ La pluie est pauvre en azote nitrique pendant l’hiver; elle est ric’^e en été, surtout pendant les périodes d’orages. L’azote ammoniacal varie également beaucoup, de 5 à 19 kg d’ammoniaque par hectare. Les précipitations fluviales annuelles varient de 1 m. à 2 m. 63; elles sont en moyenne de 1 m. 70.
- Diminution de la natalité en Allemagne. — D’ après une note de M.' Martin Saint-Léon, conservateur du Musée social, lue à la séance du 2 mai à l’Académie des Sciences morales et politiques, la natalité diminuerait fortement en Allemagne. L’empire avait 41 millions d’habitants en 1871; et il compte actuellement plus de 66 millions. Pourtant la proportion des naissances a baissé de 12 pour 1000 en quarante ans. Aucun pays n’a présenté une diminution de natalité aussi rapide. Cette contradiction apparente s’explique par la diminution de la mortalité qui excède encore de beaucoup la diminution de la natalité. Mais cette diminution de la mortalité, due aux progrès de l’hygiène, aura une limite que ne connaîtra certainement pas la diminution de la natalité dont les causes sont multiples. La population de l’Allemagne pourrait donc bien avoir atteint un maximum destiné à décroître rapidement.
- Le jeûne aux Indes. — Les suffragettes, qui s’en prennent maintenant aux œuvres d’art pour faire triompher leur cause, n’ont rien inventé en organisant la « grève de la faim », leur façon de protester contre l’incarcération. Depuis un temps immémorial, ainsi que le rappelle le Queenslander de Brisbanc (Australie), les Hindous pratiquent une étrange coutume, le dharana baithna, que l’on peut traduire littéralement par « le jeûne assis ». Quand un homme désespère de récupérer une somme prêtée, il vient s’asseoir à la porte de son débiteur, et y passe ses jours et ses nuits en refusant toute nourriture. Le débiteur sait qu’il s’exposerait aux colères célestes si son créancier mourait de faim au seuil de sa maison, et il finit par lui donner satisfaction. Si le jeûneur appartient à une caste élevée, le débiteur attire sur lui de redoutables malédictions; aussi, certains créanciers prennent-ils à leur service des brahmincs (caste sacrée) qu’ils envoient jeûner à la porte de leurs débiteurs. Cette coutume a donné lieu à des abus qui ont porté le Gouvernement indien à l’interdire. Des maîtres-chanteurs avaient imaginé de faire jeûner des brahmines à la porte des gens riches, qui s’empressaient de leur payer tribut plutôt que de laisser croire qu’ils étaient endettés !
- L’alimentation de la ville de New-York. — D’après des documents publiés par la Commission des recherches sur l’alimentation de l’E tat de New-York, les dépenses totales de cette ville, à cet égard, se sont élevées en 1912 à environ 3173600000 francs, ce qui, pour 5 millions d’habitants, représente par jour et par tête une consommation de 1 fr. 90. Le tableau ci-dessous indique, en poids et en argent, comment se décompose la dépense totale :
- 1. Viande 400.000.000 kg 880.000.000 fr.
- 2. Lait 800 000.000 quarts 320 000.000
- 3. Beurre 63.000.000 kg 245.700.000
- 4. Œufs 150 500.000 douz. 225.700.000
- 5. Pain 900 000.000 pains 225.000.000
- 6. Sucre 180.000.000 kg 140.000.000
- 7. Volailles » 100.000.000
- 8. Pommes de terre . 340.000.000 kg 75.000.000
- 9. Poissons 68.000.000 kg 75.000.000
- 10. Cafés 20.400.000 kg 56.000.000
- 11. Légumes, fruits . . » 25.000 000
- 12. Fromages 13.150.000 kg 23.200.000
- 13. Thé 2 265.000 kg 10 000.000
- 14. Céréales )) 25 000.000
- 15. Conserves » 750.000.000
- 3.173.600.000 fr.
- Le deuxième Congrès de la Houille blanche. — Le
- premier s’est tenu à Grenoble en 1902 et a marqué une date dans l’histoire de l’industrie hydro-électrique. Le second se tiendra à Lyon, du 7 au 10 septembre prochain, et promet de n’ètre pas moins important, si l’on en juge par les questions mises à l’ordre du jour ; législation de la houille blanche à l’étranger et en F'rance, les droits de riveraineté sur les différents cours d’eau, le problème juridique de l’importation et de l’exportation de l’énergie hydraulique, l’aménagement du Rhône, le rôle des réservoirs régulateurs, le rôle de la houille blanche dans la traction électrique, dans la métallurgie, dans l’agriculture, l’étude de l’installation des usines, celle des coups de bélier, la mesure des débits, etc. Les rapporteurs de toutes ces questions ont été choisis parmi les plus éminents techniciens. Ajoutons que d’intéressantes excursions sont organisées dans les régions industrielles et dans les sites grandioses de la Savoie et du Dauphiné.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Physique
- Loupes-microscopes de poche Cogit. — Cette loupe possède un objectif et un oculaire ayant entre eux un écartement de i3o mm; mais, grâce à une combinaison
- de 3 prismes en glace, l’appareil se réduit à un parallélépipède de 6 cm sur 5 cm et i cm 3/4 d’épaisseur. Son avantage sur les autres coupes est de posséder,avec un grossissement de 3o l'ois en diamètre, un foyer de 2 5 mm et un champ visuel très grand. Les dimensions très restreintes de cet appareil permettent de le mettre très facilement dans sa poche. 11 peut donc rendre de très grands services eu excursion, aux botanistes, zoologistes et géologues.
- Une platine, portant des volets sous lesquels on peut placer soit une préparation microscopique, soit un objet mis entre deux verres, pour les observations par transparence, est fixée à la loupe par deux montants, une vis microscopique, munie d’une tète molletée facilite la mise au point exacte.
- L’un des modèles à grossissement unique a une platine dont les montants rentrent à l’intérieur de l’appareil, lorsqu’il s’agit de mettre l’instrument en poche. Le déclanchement de cette platine, au moment de s’en servir, se fait au moyen d’un simple bouton placé à l’intérieur de l’appareil.
- Le second modèle de dimensions plus grandes donne des grossissements variant entre 5o et 75 fois. A cet effet, l’appareil est formé de deux parallélépipèdes s’emboîtant l'un dans l’autre. En augmentant la longueur du tirage, on augmentera d’autant le grossissement.
- 'Electricité •^§33
- L’éclairage électrique pour une plume à réservoir. — Les idées les plus évidentes sont parfois les plus longues à se réaliser. Quoi de plus simple, en effet,
- que de combiner, avec une plume à réservoir, une lampe électrique permettant d’écrire dans l’obscurité ? Et pourtant, nous n’avons connaissance d’aucune tentative de ce genre, antérieure à celle de la Société Waterman, dont nous représentons.le'-résultat sur notre ligure ci-dessus.;
- Il s’agit d’une lampe minuscule à filament de tungstène, fonctionnant sous une tension de 2 volts et dont le réflecteur métallique est fixé à une petite pince pouvant être glissée sur le bout du porte-plume Pour éclairer la pointe de la plume, on n’a qu’à presser le bouton de l'interrupteur d’une pile de poche, primaire ou d’accumulateur; la lumière ainsi produite s’étend sur un cercle de 7 cm 5 de rayon autour de la plume.
- Ce dispositif nous semble surtout appelé à rendre des services aux sténographes professionnels et aux étudiants prenant, dans une salle obscure, des notes sur une conférence accompagnée de projections lumineuses.. Il servira au»si aux inspecteurs de mines et à tous ceux qui doivent écrire dans l’obscurité. Cette même idée a, du reste, été utilisée pour l’espionnage policier au moyen du dictagraplie ou microphone-détective.
- Photographie
- Le Kalloscope. — On désigne généralement sous le nom de stéréoscope américain un appareil dont l’idée est due cependant à un photographe parisien, M. Ferrier. Un certain nombre de vues stéréoscopiques sur verre, 5o par exemple, sont portées par des cadres reliés à une double chaîne sans fin roulant sur deux axes ho ri*
- Fig. 1. — Intérieur du Kalloscope vu de face.
- Fig. 2. — Intérieur du Kalloscope vu du côté gauche.
- zontaux. L’un de ces axes se termine par deux boutons extérieurs qu’il suffit de tourner pour amener successivement toutes les vues en face des oculaires.
- Le défaut du stéréoscope à chaînes, c’est qu’il ne permet pas l’emploi d’oculaires à court foyer, le changement des tmes exigeant un espace supérieur à la hauteur des images. Cet inconvénient est supprimé dans le Kalloscope Chauvelon-Richard. Au moment où doit s’effectuer la subslitulion d’un diapositif à un autre, le support de la chaîne s’abaisse au-dessous des oculaires.. Dans cette position, il n’y a plus aucun obstacle à la rotation de l’arbre qui détermine le changement de-plaque, et le diapositif qui a pris la position verticale, remonte ensuite automatiquement en face des oculaires,, à la place voulue. Rien n’empêche, dès lors, d’utiliser des lentilles ayant le même foyer que le Vérascope et de réaliser ainsi les meilleures conditions pour reconstituer la perspective et le relief exacts.
- Les figures 1 et 2 montrent l’intérieur du Kalloscope. Le changement des vues stéréoscopiques est commandé, par la manivelle extérieure ]VL En la faisant tourner, ont déplace, par la bielle B et le levier L, le cadre) qui,'sup-porte la chaîne le long de laquelle sont ràtigés {les diaA positifs. L’axe supérieur A autour duquel passe lia icbaînei
- La marche des rayons à travers l’appareil.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- entraîne une roue à rochet R qui vient buter contre un cliquet I à chaque déplacement vertical du mécanisme. Ce mouvement a ainsi pour effet de déterminer la rotation de l’arbre A de la quantité voulue pour la substitution d'une image tà.une autre.
- Cette disposition n’a pas seulement pour avantage de faciliter l’emploi des courts foyers. Le changement des
- vues s’accomplissant en dehors du champ des oculaires, on n’a plus la désagréable sensation de voir chaque image fuir progressivement et obliquement, à mesure que tourne l’axe de commande. Dans le nouvel appareil, l’arrivée du diaposilif, d’un mouvement rapide et parallèle au plan des oculaires, et dans le plan focal, se produit sans aucune gêne pour les yeux.
- Un bouton de mise au point agissant sur la crémaillère C permet d’adapter les oculaires O à la vue de chaque observateur.
- En tirant vm anneau placé sur le coté gauche du Kallo-scope (lig. 3), on amène l’un des oculaires en face de la séparation des deux images qui constituent chaque stéréogram-me, et l’on voit alors le titre du sujet inscrit au milieu de la plaque.
- La chaîne porte 5o cadres, dans chacun desquels se place un diapositif. On peut la démonter très facilement et la remplacer, en quelques instants, par une autre semblable, ce qui permet d’examiner sans interruption une nombreuse collection de vues stéréoscopiques. — Le Kalloscope est construit par M. Jules Richard, 25, rue Mélingue, Paris.
- Objets utiles
- Rapporteurs et échelles de précision Garcia-Nunez. — Ce nouveau type de rapporteur permet de construire ou de mesurer un angle avec l’appréciation exacte de la minute, et cela avec autant de facilité que
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- Rapporteur Garcia-Fiunez.
- par l’emploi d’un rapporteur ordinaire; il est, enfin, d’un maniement plus commode que les modèles à vernier tout en étant aussi précis et dix fois moins cher.
- Le cercle extérièUr (fig. i) est divisé en degrés sans subdivisions : à l'intérieur, et en parlant du même centre, on a tracé une partie de circonférence comprenant un angle de 5g° divisé en 60 parties ; les zéros des deux divisions parlant d’un même rayon, chaque subdivision est donc égale à un degré moins une minute.
- Pour former sur une droite AO, à partir du point O, un angle de 43°,26', par exemple, on commence par additionner 43 plus 26, soit 69; on place ensuite le centre du rapporteur en O, et on fait coïncider le trait 26 de l’arc de cercle intérieur avec la ligne AO ; cela fait, on marque sur le papier lé point B correspondant à la division 69 du cercle extérieur. Il suffit de tracer la ligne OB pour avoir l’angle cherche.
- En effet, de 69°, il faut retrancher l’angle intérieur qui est porté à gauche du zéro ; or cet angle comprend 26 divisions de i° moins x' chacune, soit 26° moins 26', il reste donc pour l'angle tracé :
- 69" — (26° — 26') ou 69" — 26° -j- 26' — 45° 4- 26’.
- Dans les rapporteurs divisés en grades, l’arc intérieur comprend 99 grades subdivisés en 100 parties, et l’emploi de l’appareil reste exactement le même que ci-dessus.
- Echelle de précision. — lui caractéristique de celte échelle consiste en ce qu’elle permet d’apprécier le 1/10', le 1 /20e et même le 1/22° de millimétré, des lignes tracées sur un plan; également d’apprécier, par exemple, jusqu’à 1 cm sur un plan tracé à l’échelle du x/260e. Son emploi est très simple et son prix bien qu’un peu supérieur à celui des échelles ordinaires à cause de l’inégalité des divisions est, malgré tout, bien réduit eu égard à sa grande précision.
- Prenons, par exemple, l’échelle au millimètre ; bord BB (fig. 2). — La partie numérotée o à 10 est un décimètre subdivisé en 10 cm, subdivisés eux-mêmes eu
- 10 mm, chaque division a donc 1 mm de longueur comme, dans les règles divisées ordinaires. A droite et à gauche du décimètre se trouvent 2 divisions ayant
- 11 mm de longueur et subdivisées en 10 parties égales, chacune de ces subdivisions est donc égale à n/ioos de millimètre.
- Dès lors, supposons que l’on veuille mesurer sur un plan 58 mm 7 ; on fait coïncider une exli’émilé de la
- B b
- /—|iiit]nir^)i|rrnptn{iTir|nnpmjnrqini^iti|iiti|mipm|inTjiTri^njrm|im|rmjiitr|ii.i|nnpf| \
- ° a i
- s_liiiiliii?liiiiliiiilii'tliniliiiliiiiîliinliii?liinliiiiiiiiiimiLiliiiiiiiiiiiiiiliiiiini^-/
- k A
- l’ig. 3. — Echelle de précision Gareia-jNimez.
- ligne à mesurer avec le repère 7 de la partie additionnelle, et on lit sur le décimètre 58 ; puis on rétrograde par la pensée 7 divisions et on lit 51, c’est le point qu’on piquera pour obtenir la longueur demandée. En effet, cette longueur sc compose de 5i mm, sur la partie additionnelle, soit 7X1,1 mm = 7,7 mm; ce qui donne bien :
- 5x mm -j- 7 mm 7 = 58 mm 7.
- Il suffit donc pour prendre une longueur quelconque de : i° mettre sur l’extrémité de la ligne la division de la partie additionnelle correspondant au chiffre des unités (7); 20 lire sur l’échelle, à partir du o, les distances exactes (58) ; 3° revenir en ai’rière du nombre de divisions correspondant aux unités (7).
- Lorsque le nombre des uuilés est plus grand que celui des dizaines, on ne peut pas employer ce procédé; on se sert alors de l’autre côté de l’échelle, bord AA. Ce boid est divisé en 10 parties numérotées o, 1, 2, 3, 4, etc., qui ne sont pas égales ; la division qui va de o à 1 est un centimètre, divisé en millimètres, comme une échelle ordinaire ; la seconde fraction qui va du chiffre x au chiffre 2 contient 10 divisions dont la pre-mière est de x mm-j- i/ioe et les autres 1 mm chacune; la portion qui va du chiffre 2 au chiffre 3 comporte une première division ayant 1 mm et 2/io0S,les 9 auli’es 1 mm juste, de même pour la portion qui va de 3 à 4, ht première division vaut 1 mm 3 et les 9 autres 1 mm juste, etc. Il est évident que de cette manière on peut prendre directement 1 mm 1, 2 mm 1, 3 mm 1, 4 mm 1, en se servant de la première partie de l’échelle numérotée de o à 1, de même si l’on veut mesui’er 1 mm 2, 2 mm 2, ou 3 mm 2, etc., on prend la partie numérotée de 1 à 2 et ainsi de suite. Donc, lorsqu’on veut mesui’er les petites distances avec une très gi’ande approximation, on se sert du bord AA dont l’emploi est des plus simples, comme l’on voit.
- La figure 2 représente une échelle de 10 cm de longueur seulement, mais elles peuvent se faire de 20 oxi 3o cm ; également, les divisions au lieu d’être millimétriques peuvent être tracées pour les échelles divex’ses : 1/10 000", 1 /15 000e, 1/25 000e, etc.
- Ainsi ces rapporteurs et ces échelles de précision suppriment tous calculs topographiques dans le levé ordinaire des plans, en permettant de reporter sur le dessin, avec une très grande précision, les angles et les longueurs. Il sont fabriqués par la rhaison H. Morin, ingénieur civil, 11, rue Dulong, à Paris.
- l'ig. 3. — K.alioscopc, vue extérieure.
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- RÉSUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur en mai 1914, par M.. Ch. Dufour.
- La pression moyenne 759""", 7 est en excès de 2mr%8 sur la normale et, par suite, très élevée.
- La température, variable du ie’ au 7, est inférieure à la normale du 8 au 16 inclus. Du 17 au 23 s’étend une période chaude avec 4 journées orageuses sur les 5 que l’on compte dans tout le mois. Cette période chaude est suivie d’une période froide présentant avec la normale des écarts de même ordre du 24 au 3o. La moyenne mensuelle est inférieure de o°,2 à la normale de mai. Le minimum absolu, sous l’abri, a été de 2°,8 le i3; le maximum absolu de 28°, 9 le 22. Il y a eu de la gelée blanche le 2.
- Le ciel a été relativement couvert; la durée d’insolation est en déficit de 38 heures.
- La pluie a été fréquente, puisqu’on compte 18 jours pluvieux dont 17 de pluie appréciable, mais 4 jours seulement ont fourni plus de 5m“ d’eau et le rapport à la normale de la hauteur mensuelle de pluie 38ran%9 est seulement de o,"4-
- Pression barométrique (Alt. 5o“,3). — Moyenne des 24 heures : 759“'“,66; minimum absolu : 749““,8 le 8 à 4 heures; maximum absolu : 765““, 7 le 21 à 8 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-nima, des maxima, i8°,54; des 24 heures, i2°,85;
- minimum absolu, 2°,8 le 13 ; maximum absolu, 28°,9 le 22. Amplitudes diurnes : moyenne io°,84; la plus élevée i7°,9 le 22; la plus faible 6°,3 le icr. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, 5°,25 ; des maxima, 36°,89; minimum absolu, —o",7 le 2; maximum absolu, 45°,9 le 22. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof, o m. 3o) à 9 heures : i3°,42; à 21 heures : i3°,yo; (prof, o m. 65) à 9 heures : iu°,8i ; à 21 heures : 12°,81 ; (prof. 1 m.) à 9 heures : i20,O9; à 21 heures : ia°, 13. De la Marne. — Moyennes : le matin, 14 ,63 ; le soir, i5°,oo. Minimum, i2°,83 le i3; maximum, i8°,oo le 23.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 7mm,96; minimum : 3mn%8 le 2 à 21 heures; maximum : i3“m,9 le 22 à 2i heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 72,5; minimum, 32 le 2 à 16 heures; maximum, 100 à 5 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 6,47 ; 3 jours entièrement clairs les 2, 20 et 21 ; 2 jours complètement couverts, le icr et le 11.
- Insolation. — Durée possible : 47^ heures ; durée effective : 190 heures en 3o jours; rapport, 0,40.
- Pluie. — Total du mois : 38“"“,9 en 4oh,3. Maximum en 24 heures : 6mm,9 le 8.
- Nombre de jours : de pluie, 18 ; de pluie appréciable, 17 (supérieure ou égale à imm) : 8; à 5““ : 4; d’orage : 5; de rosée : 21 ; de gelée blanche : x ; de brume : 10; de halos : solaires, 3 , lunaires, 2 ; solaires ou lunaires, 4.
- Fréquence des vents : calmes, 45.
- N . , , 80 S. E. . . . 9 W . . . . 31
- N. N. E 190 S. S. E. . . 5 W. N. W . 26
- N. E. . 63 S 16 N. W. . . 32
- E. N. E. 40 S. S. W . . 37 N. N. W . 3i
- E • • , 20 s. w . . . 79
- E. S. E. 5 w. s.w. . 35
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 3ra,78 ; moyenne diurne la plus élevée : 6m,2 le 4 et Ie 25; la plus faible : 0,6 le 3o. Yitesse maximum : xi“,2 le 5 à 14h 15m; direction correspondante : W. S. W.
- Hauteur de la Marne. — Moyenne du mois : 2m,56; minimum : 2m,34 le 31 ; maximum : 2m,78 le ior et le 3.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression : + 2ra,78; température : —o°,i7; tension de la vapeur : -j- om,t2; humidité relative : —j— 1,8 ; nébulosité : -j- 0,84 ; pluie : —i3rom,7; jours de pluie appréciable : -j-4; insolation —38 heures.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne générale (26 jours) 45 volts; moyenne diurne la plus élevée : 87 volts le 12; la plus faible : 24 volts le 3o. Moyenne des i4 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation ni manifestation orageuse : 45 volts; moyenne diurne la plus élevée : 87 volts le 12; la plus faible : 24 volts le 3o; amplitude diurne correspondante : o,33; amplitude nocturne : o,55.
- Radiation solaire. — 12 observations en ont été faites à 5 dates différentes. La valeur la plus élevée icat, 19 a été trouvée le 2 à 13h 7.
- Taches solaires. — Les deux derniers groupes de taches observés en avril paraissaient avoir disparu le 3 mai; un groupe nouveau a été observé le 22 et le 23, il avait disparu le 28. Le Soleil a paru dépourvu de taches aux dates des 3, 5, 7, 8, 10, 12, i3, i5-2i, 28-3i.
- Perturbations magnétiques. — Faibles 6-7, 17, 25, 26; modérée 15, 16; assez forte 3i-ier juin.
- Mouvements sismiques. — Ces mouvements ont été nombreux et peuvent être classés comme suit : I. — Le 26, début i4h42” 58*, ph. plè. de i5h20mà x5h48“, lin à 19115om. II. Le 8, début à i8h7ra32s, ph, pie. de i8h iom à i8h 14“, fin à i8h 25“ (tremblement de terre de Sicile); le 19, début oh 4m 48% ph. pie. de ih ira à ih 7™, fin à 2h3om; le 20, début oh iim3o% fin à ih35m; le 24, début x6h6m, ph. pie. de i6h3im à i6b37m, **• l7h 4om ;
- le 26, début à 2oh 34“ 42% ph. pie. de 20h36“ à 2oh 39"% fin à 21 heures; le 28, début à 3h 35“ 45s ph. pie. de 4h om à 41' Iin\ fin à 6h5m (distance 85oo km); le 28, début à nh32m55% ph. pie. de nh42m à nh5ora, fin à i2h25“ (distance environ 3ooo km); le 29, début à 5h om 33% ph. pie. de 5h 40“ à 6h iom, fin à 8h4oœ (dist. 9900 km). III. (Faibles mouvements). — Le ie% de 7h 1“ à 7h35m; le 2, de i2h 37“ à >4h io“; le 10, de i7b3m à 17b 20m; le 14, de i4ll33m à x4h55“; le 15, de oh 4“ à ohnm; de 2b 29“ à 3h iora et de 20h 19“ à 22h iom ; le 16, de 191' 4“ à igh i2m ; le 18, de 4h 4m à 4** 3o“ ; le 18, début à ioh 5o“ 18% ph. pie. de iob58m à nh 8“, fin à nh3o“; le 19, début à 5h im 27% ph. pie. de 5h5ym à 6h4m,' fin à 7h5m; le 19, début à 7b8“33% ph. pie. de 7'* 18 à 8 heures, fin à 8h55m; le 21, de 5h 49m à 7 heures et de 7h 41m à 8hiom; le 21, début à 8h 4am 38s ; ph. pie. de 8h 55“ à g115”, fin à gh 5om ; le 20, de 12h 22“ à 12h 35“ et de 17b 5o“ à i8h5”; le 25, de 4h 4ro ù 4h3o“; de 5h 56m à 6h 20“ ; de 6h 5g“ à y1' 55“ ; de 8h 2"' à gh 20; de xoh 25“ à ioh5o“ et de i3h4om à i4h5”; le 27, début à 3hom5% ph. pie. de 31’20“ à 3h 35“, fin à 4h5“; le 28, début à i8h io“ 29% ph. pie. de i8h42m à i8h46œ, fin perdue dans le suivant (dist. 9200 km); le 28, débuta 19b i4“45% fin à 20h3o“; le 3i, de i4h3“ à i5h25“. IV. (Mouvements très faibles). — Le 13, de 2h 4“ à 2h6“; le 18, début à 2h3œ38% fin à 2b5“3os (signalé à Oloron) ; le 22, de 5h3o“ à 5h36“; le 24, de i5h24“ à i5h3o“; le 28, de ioh34“ à ix heures; le 3o, de 23h32m à 23h5o“; le 3r, de gh 45™ à xo’1 io“; le 3i, début à 19b 40” 31% fin à 20h 5”.
- Floraisons. — Le 2, lupuline minette, épine vinette ; le 3, ancolie, thym, weigelia; le 5, germandrée; le 6, cotonéaster commun, leucanthemum des praii'ies, fume-terre; le 7, polémoine, barbeau vivace; le 9, vipérine, alisier (sorbier des bois) ; le 10, pivoine herbacée; le 11, lychnis des champs, seringa; le 13, sorbier hybride ; le 14, chèvrefeuille, pimprenelle, sauge officinale; le 16, sureau commun; le 17, acacia blanc, hémérocalle jaune; le 19, rose du Bengale, sureau panaché; le 20, julienne, buisson ardent; le 21, nei'prun, symphorine ; le 22, réséda des chemins; le 23, cornouiller, potentille rampante, pivoine odorante; le 24, valériane; le 25, sureau à feuilles de chanvre, geum urbanum, tradescantia vir-ginica; le 26, églantier, digitale; le 28, coquelicot, rose des qualité saisons; le 29, spirée à feuilles de sorbier; le 3x, douce-amère.
- Arrivée des martinets le 9. Premier chant du loriot le 3, du coucou, le x8, de la tourterelle le 18.
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- VARIÉTÉS
- Qgt.
- Le vin de groseilles à maquereau, à l’étranger. —
- Parmi les vins de baies les plus estimés à l’étranger, le vin de groseilles à maquereau occupe le premier rang par l’impoi'tance de sa fabrication. Mais tandis qu’en Allemagne, le stachelbeerwein, en Angleterre, le goose-berry «une, est consommé en grande partie dans le pays, en Suède, d’après H. Timm, il en est exporté, depuis quelques annéès, une assez grande quantité aux États-Unis à un prix élevé. Il n’est donc pas sans intérêt, à cette époque de l’année, d’attirer l’attention sur ces baies dont notre exportation annuelle en Angleterre a varié, depuis dix ans, de 27 à 109 tonnes, alors que celle de la Hollande a oscillé entre 872 à 2318 tonnes, et d'indiquer la fabrication de ce vin, afin que les maîtresses de maison puissent 1 entreprendre avec succès chez nous.
- Différenciation des procédés. — Il en existe plusieurs à l’étranger, mais pour éviter des répétitions inutiles, je n’en donnerai qu’un seul où je résumerai tous les avantages qu’un examen comparatif m’a permis de constater. La grande différence des procédés allemands et anglais consiste surtout, quelles que soient les variétés employéés, dans l’état de maturité des baies. Les producteurs anglais ne mettent en œuvre que des baies incomplètement mures et même encore vertes, parce qu’ils prétendent que les-baies mûres, et notamment celles qui ont atteint l’extrême limite, donnent un jus dont la fermentation se déclare lentement, marche diiH— cilement et livre, finalement, un vin qui est plus sujet à contracter différentes maladies.
- De leur côté, les praticiens allemands affirment que, seules, les baies inùres produisent un vin qui acquiert par la garde un bouquet vraiment agréable Et la vérité, c’est qu'il faut préférer les baies moyennement mûres, parce que, tout en renfermant plus de sucre que les fruits verts, elles ont l’avantage sur les fruits très avancés en maturité de contenir moins de matières mucila-gineuses qui gênent souvent la fermentation et, plus tard, troublent la limpidité du liquide ; il y a aussi la raison que c’est la meilleure manière d’empêcher que le vin n’ait un goût de vert peu plaisant.
- Le Dr Graeger recommande d’employer les variétés à fruits poilus plutôt que celles à fruits lisses qui seraient moins sucrées. Cependant, la sorte qui, aujourd’hui, est la préférée dans tous les pays, c’est la Whinham’s Industry.
- Préparation. — On prend des groseilles mûres à point, on les monde du calice et du pédoncule; on les écrase sur un crible à grosses mailles pour en faire tomber le jus et la pulpe dans un cuveau placé au-dessous ; on mélange le tout, on recouvre le récipient avec une toile et on l’abandonne au repos durant 2 à 3 jours dans un endroit frais pour que le jus se sépare mieux de la pulpe, puis l’on soumet à la presse dans un sac en toile grossière. Le jus recueilli est passé à la chausse
- et mis de coté dans un baril ou une lourie d’une contenance adéquate au volume final et l’oii verse sur le marc le dixième de son poids d’eau potable, on brasse bien le tout afin de mieux diviser le résidu et 1,'épuiser plus complètement. On laisse macérer 24 heures, on exprime et 1 on passe ce liquide extractif à l’étamine. On 1 ajoute ensuite au jus. pur dans la proportion de 12 a 14 litres pour 10 litres de suc de groseilles et 7 à 8 kilogrammes de sucre blanc concassé. — Si l’on 11’a pas assez de liquide extractif, on complète la différence avec de 1 eau potable. — Il est prudent de faire dissoudre préalablement le sucre dans son poids de jus à 1 ébullition, afin de l’invertir et de faciliter la fermentation. On réunit et mélange intimement ces divers liquides dans la tourie ou le baril que 1 on ferme avec une bonde hydraulique ; on laisse fermenter à une température comprise entre i5 et 20 degrés, jusqu’à ce que le passage des bulles de gaz carbonique à travers le liquide de la bonde indique par sa lenteur que la fermentation est presque terminée. On soutire alors le vin dans un autre récipient que l’on bouche bien et où. on le garde un certain temps — deux mois environ, en Angleterre — après quoi on le conserve en bouteilles plutôt qu’en tonneau dans un endroit frais.
- Il importe, avant de le mettre en bouteilles, de s'assurer de sa limpidité. Certains fabricants anglais, qui ne pratiquent cette opération que vers la fin de décembre, quand ils ne la reculent pas jxisqu’en mai, n’emploient que la colle de poisson comme clarifiant, mais on peut se servir aussi bien de la gélatine et de la caséine. Il gagne beaucoup à vieillir.
- Le Dr Kulisch, qui a beaucoup étudié la préparation des vins de fruits à 1 Institut royal de Geisenheim am Rhein, a constaté qu’il n’y en a pas qui soit plus exposé que ce vin à prendre le goût de souris (zum Mauseln) ; aussi recommande-t-il de ne point l’additionner d’une trop grande quantité d eau, et il en a fixé la proportion entre un litre à un litre et demi par litre de jus pur avec une addition de 33o grammes de sucre. Ce mouillage coïncide avec les prescriptions du Dr Barth qui conseillent d’ajouter un litre 4 par litre de jus de groseilles pur.
- Il existe trois genres de vins : ie vin ordinaire, le vin de dessert, le vin mousseux. Les deux premiers ne se différencient que par la quantité de sucre ou d’alcool qu’ils peuvent contenir, la proportion de ce dernier variant de 10 à 16 pour 100; le troisième se distingue par üne sursaturation de gaz carbonique obténué soit parla fermentation en bouteilles, soit par la gazéification au moyen d’appareils spéciaux. Pour, obtenir dans la préparation ménagère un vin mousseux, il suffit de le mettre dans des bouteilles à champagne quand, après clarification naturelle ou artificielle, sa densité atteint encore ioi5 à 1018, de les ficeler avec soin et de les coucher dans un endroit frais et sec. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- aSL
- Désinfection des chambres par le formol. — On
- a préconisé divers procédés pour la désinfection des çhambres par les vapeurs d’aldéhyde formique, mais ils ont souvent l’inconvénient de nécessiter l’emploi d'appareils, spéciaux parfois coûteux. Or on peut très bien désinfecter de la manière la plus efficace toutes sortes de locaux rien qu’en employant le formol ordinaire du commerce, solution à 40 pour 100 de formol pur dans l’alcool méthylique. Nous reproduisons les deux meilleures méthodes préconisées à ce sujet dans l’intéressante brochure que vient de publier M. Lambiotte sur la formaldéhyde et l’hygiène.
- Précautions générales. — Quelle que soit la méthode adoptée, pour que les émanations antiseptiques puissent bien produire partout leur effet, on prendra les dispositions suivantes : éloigner des murs les lits et les meubles; sortir complètement les tiroirs des armoires et les poser tout ouverts sur le plancher. Disposer sur des cordes, tendues au milieu de la chambre, les objets de literie, vêtements, tapis, tentures, en évitant de les
- superposer, et en effaçant leurs plis autant que possible* les manches et les poches retournées, les cols relevés, etc. On peut désinfecter plusieurs pièces simultanément, à la condition qu’elles communiquent largement entre elles.
- Il faut maintenir la chambre fermée pendant au moins 7 heures et l’aérer ensuite assez vivement; si la pièce désinfectée doit être immédiatement habitée, l’odeur piquante du formol peut être aisément dissipée en exposant dans la pièce quelques chiffons arrosés d’ammoniaque.
- Pendant la durée de la désinfection, il est extrêmement important que le local soit hermétiquement clos. Pour empêcher l’intense circulation d’air se faisant toujours par les joints de portes et fenêtres, au moyen de bandes de papier de 4 à 5 cm de largeur, enduites de colle d’amidon, obturer les intei’stices des portes et des fenêtres, les bouches de calorifère, les ouvertures de cheminées, poêles, etc. (En hiver, il est bon d’avoir une température de x5° environ.)
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Emploi de formol, de sulfate d’alumine et de chaux. — On fait dissoudre 9 à 10 kg de sulfale d’alumine dans 12 à. i5 litres d’eau bouillante et l’on mélange cette solution à 6 ou 7 litres de formaldéhyde 40 pour 100. Ce mélange est stable et l’on peut parfaitement le conserver dans un récipient en verre, fermé avec un bon bouchon de liège.
- 25o gr. de ce mélange et 5oo gr. de chaux vive sont nécessaires pour la stérilisation d’une chambre de 2.0 à 2-5 m3. Il faut avoir soin d’employer de la chaux qui s’éteint rapidement avec l’eau froide et se servir de petits morceaux. On peut naturellement faire un mélange moins important, en observant les proportions indiquées.
- Dans un vase quelconque, en fer étamé ou en bois, on met la chaux, on verse le mélange sur cette chaux èt l’on ferme bien toutes les issues de la chambre à désinfecter. La chaux doit être en morceaux, ne s’effritant pas, ce qui serait un indice quelle est déjà partiellement éteinte.
- Cette méthode a le grand avantage de ne demander aucun appareil spécial, d’être bon marché et exempte de tout danger d’incendie. Dans les services municipaux, elle donne des résultats excellents. Le gaz se dégage rapidement. Le dégagement est instantané, va en augmentant graduellement, pour diminuer ensuite jusqu’à la fin de la réaction.
- Emploi de formol et de permanganate de potasse. — Pour xoo ms, prendre 2 kg de permanganate de potasse, 2 kg de formaldéhyde à 4° pour 100 et 2 litres d’eau; placer le tout dans un récipient à large ouverture en
- versant d’abord le permanganate, puis le mélange formôl-eau; se retirer en fermant la pièce à désinfecter, dont la préparation aura été faite par les moyens ordinaires de calfeutrage des ouvertures.
- Le mélange mousse beaucoup ; on ne mettra donc pas plus de 1 kg de chaque ingrédient dans un vase de 25 litres. Et pour éviter de tacher le plancher, poser les récipients sur de vieux linges.
- Au bout de 6 heures, la désinfection est achevée, ouvrir la porte et aérer pour chasser les vapeurs de formol, ou bien les neutraliser à l’ammoniaque.
- L’action antiseptique du formol. — Non seulement les vapeurs formolées ne risquent point de détériorer les peintures, les objets métalliques comme le fait le gaz sulfureux par exemple, mais c’est un antiseptique beaucoup plus puissant. C’est ainsi que le Dr Miquel a constaté que les spores de la bactéridie charbonneuse, qui comptent parmi les microbes lés plus résistants, résistent à l’air chargé de xoo gr. par mètre cube de gaz sulfureux, tandis qu’elles sont sûrement tuées par des doses trois cent fois moindres d’aldéhyde formique.
- Nos microbes ne sont point seuls à souffrir des émanations formolées : puces, punaises et cafards passent aussi de vie à trépas. Toutefois, comme leurs œufs pourraient résister à une désinfection, il est prudent, pour s’assurer un succès définitif, de recommencer les fumigations deux ou trois fois à deux ou trois jours d’intervalle par exemple. Ainsi on pourra tuer sûrement les insectes nés des œufs qui auraient résisté au traitement précédent.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la feolte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parvieunent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. Frémmil, à Troissy.. — Votre déduction est très juste, et sî l'inventeur prétend la formule mauvaise, c’est qu’il préfère qu’on lui achète le produit tout préparé. Notre recette reproduit rigoureusement les termes du brevet qu’il prit à ce sujet. L’ordre du mélange est indiqué à la fin de notre description ; la masse nous paraît pouvoir être employée aussitôt préparée.
- Kiosque Rambla, à Barcelone. — D’après l’analyse que vous nous communiquez, concernant le produit spécialement destiné à l’alimentation des poussins, et eu égard à la teneur élevée en matières azotées (protéine ou albuminoïdes), il s’agit d’un produit à base de viande desséchée associée à du phosphate d’os ou du phosphate de chaux pulvérisés finement. Il n’est pas possible de fixer, a priori, d’après les éléments constitutifs révélés par l’analyse chimique, et leurs proportions, la nature exacte des substances entrant dans la composition de ce produit, car les mélanges préparés industriellement pour la nourriture des volailles sont de composition très variable, en raison même des substances employées, lesquelles sont de nature très variée. Mais nous savons qu’il existe des mélanges réalisant l’aliment complet et économique, mélanges formés de chapelure, farine de viande, son ou coques de cacao en poudre, pain condensé (maïs, blé moulu et viande boucanée), phosphate de chaux, avoine et sarrasin. Pour les poules, on emploie des pâtées composées de pommes de terre, farine de maïs, farine on pondre de viande; ces pâtées poussent à l’engraissement. L’analyse de la composition organique parait être caractéristique d’une nourriture animalisée (déchets de viande, viande desséchée ou boucanée, sang desséché). Avec un mélange composé des substances indiquées ci-dessus, on a pu obtenir le kilogramme de poulet au prix de 70 centimes. Quant au mode de préparation du mélange, il se fait industriellement et comprend la cuisson des matières animales, la dessiccation et le broyage. — Pour tous renseignements complémentaires, et achat, vous pourriez vous adresser aux Eta-
- blissements Dautreville et Lebas, 25, rue des Francs-Bourgeois, à Paris.
- M. R. M. R., Château de La M.othe (Yonne). — Pour vous initier à la pratique du défoncemeut des terres par la dynamite, consultez la brochure du Dr Hamm, que vous trouverez à la Société nationale pour la production de la dynamite, 17, rue d’Aumale, Paris. La manière d’opérer a été indiquée également par M. Hervé-Mangon, dans le Journal d’agriculture pratique (26, rue Jacob, Paris), n' 26 de 1885, page 926 (le n° o fr. 5o). Les expériences de M. Maire, sous-inspecteur des forêts, relativement à l’extraction des souches, ont montré que cette extraction présente des avantages marqués, tant par l’action directe de la dynamite sur le bois que par l’état de désagrégation des terres environnantes, qui facilite les déblais. Dans l’extraction des souches brutes,, on arrive à une réduction de près de moitié dans la dépense ; la valeur du bois est exactement la même, soit qu’on emploie les procédés d'extraction ordinaires, soit qu’on ait recours à la dynamite. Les inconvénients à signaler sont les suivants : i° Il y a toujours un certain danger dans l’emploi de la matière explosive; 20 l’effet de la poudre, d’autant plus violent que la souche est saine et le bois résistant, est presque nul en présence de bois tout à fait décomposé; 3° il paraît difficile de placer la cartouche exactement au centre des résistances égales, ce. qui entraîne des résultats très variables, suivant que la souche a un pivot plus ou moins profond ou n’en a pas du tout. Pour recueillir l’avis de personnes expérimentées, il conviendrait de s’adresser à la Société indiquée ci-dessus, ainsi qu’à M. Marcel Vacher, agricxxlteur à Montmarault(Allier), qui a publié diverses études sur la question, et à M. Max Ringelmann, directeur de la Station d’essais de machines et professeur à l’Institut agronomique, 16, rue Claude-Bernard, Paris.
- M. le vice-président du Cercle de V Union, à Bergues. — N’importe quelle encre noire encrassera toujours plus les plumes que l’encre violette ou l’encre rouge par exemple : impossible d’éviter cela. Vous trouverez des recettes pour préparer soi-même des encres noires qu’on peut obtenir aussi colorées qu’on le veut (en mettant plus ou moins d’eau) dans nos Recettes de l'atelier, p. 3 (x vol; in-12, coûtant relié 3 francs, chez Massou, 120, boulevaixl Saint-Germain).
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- BOITE AUX LETTRES
- M. A. S., à Nivelles (Belgique).— i° Pour se procurer des levures pures de vin, voir aux adresses suivantes : Institut de recherches scientifiques et industrielles, G. Jacquemin, à Malzéville, près Nancy; Institut La Claire, James Burmann, à Morteau (Doubs) ; Weinmann, chimiste œnologue, à Epernay (Marne), Œnologie universelle, 16-i8, rue de Birague, Paris, •— 20 Ouvrages les plus récents .traitant de la fabrication des vins : Le Vin (procédés modernes de préparation, d’amélioration et de conservation), par E. Chancrin, i vol. 2 fr. 5o; Je Vin et l’art de la vinification, par Y. Cambon, 1 vol. 4 fr. 40; Traité pratique de l'art de faire le vin, par le Dr Cazalis, 1 vol. 6 fr. 5o ; Procédés modernes de vinification, par P. Coste-Floret, 3 vol. 16 fr. 20; Traité complet de vinification, par L.-F. Dubief, 1 vol. 4 fr- 4o : Le Vin, par H. Loiseau, r vol. o fr. 60; Vinification, par P. Pacottet, 1 vol. 6 fr. 5o; L,es vins de luxe (préparation), par Y. Sébastian, 1 vol. 5 fr. 5o; Manuel-Guide pour réussir et soigner les vins, par J. Weinmann, 1 vol.
- 2 fr. 25; Traité pratique d'œnologie, par E. Amblard, 1 vol. 2 fr. 7 5 ; Nouvelle méthode de vinification, par P. Andrieu, 1 vol. o fr. 45; Le pratique des vins, par E. Berger, 1 vol. o fr. 70; Comment devons-nous faire notre vin, par G. Foex, 1 vol. 1 fr. 25; Cours d'œnologie, par J. Laborde, 1 vol. 5 fr. ; Nouveaux procédés de fermentation et de vinification, par Martinand, 1 vol. o fr. 5o ; Elude des procédés rationnels de vinification et de conservation des vins, par L. Mathieu, 1 vol. 3 fr. 5o; Comment s obtient le bon vin (Manuel du vinificaleur), par E.-J. Maumenè, 1 vol. 3 fr. 5o ; La vinification et les levures cultivées, par L. Roos, 1 vol. o fr. 60; Manuel pratique de vinification, par L. Rougier, 1 vol. 4 fr. ; La question des levures de vin cultivées, par J. Roy-Chevrier, 1 vol. 1 fr. 25; L’art de faire le vin et de lui conserver ses qualités, par P. Tochon, 1 vol. 2 fr. 5o ; Tableaux synoptiques de vinification, par Montagard, 1 vol. 1 fr. 5o. On trouve ces ouvrages à la Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le biplan Paul Schmitt à incidence variable : R. Chasser, r a ud. — Quelques mots sur les logarithmes a propos de leur tricentenaire : M. n’Oc.AGNE. — Les me airs des courants vagabonds : J. Boveu. Première exposition internationale d’oiseaux de volière, de poissons d’ornement et d’insectes vivants : E. Trouessart. — Le vol sans moteur : R. Chasséiuaud. — Académie des sciences : Ch. de Vili.eijeuil. — Un animal préhistorique : le Felsino-therium Scrrcsi : HENRiQUEZ-Pim.nrE.
- Supplément. — f.a relation du pétrole avec les régressions intermittentes, etc.
- L.es phénomènes psychiques. Recherches, observations, méthodes, par J. Maxwell, 5e édition, in-8°, 319 p. Alcan, éditeur, Paris. Prix : 5 fr.
- Ap rès un chapitre sur la méthode d’observation et d’expérience des phénomènes psychiques, l’auteur classe ceux qu’on connaît — auxquels il ajoute des faits personnels — paraldnésie et télékinésie, phénomènes lumineux, sensoriels et intellectuels. Il termine en signalant les erreurs et les fraudes possibles. Ce livre relate un grand nombre de faits fort intéressants et il le fait d’une manière claire et attachante.
- Défaut du tissage. ire partie. Les opérations préparatoires de la chaîne et de la trame, par Ad. Hulle-brcek. i vol. illustré, 146 p. Béranger, éditeur, Paris, 1914* Prix :_7 fr. 5o.
- L’auteur passe en revue les opérations du bobinage, de l’ourdissage, de l’encollage, de l’ensouplage, du rentrage et du cannetage; il note les divers défauts qui peuvent se produire au cours de ces opérations, il indique les moyens de les éviter et d’y remédier.
- Nouveau Manuel complet du graveur en creux et en relief, par A.-M. Villon. 2 vol. in-16, illustrés, Manuels Roret. Mulo, éditeur, Paris. Prix : 6 francs.
- Les nombreux procédés de la gravure en creux et en relief : eau-forte, héliogravure, gravure sur bois, lithogravure, photogravure, etc., sont excellemment choisis et décrits dans ces 2 volumes.
- Construction et installation modernes des ateliers et usines, par P. Razous. 1 vol. illustré, 5o8 p., 3o4 hg. Librairie Monroly, 3o, rue Jacob, Paris, 1912. Prix : i5 francs.
- On trouvera dans ce livre de très utiles détails pratiques sur l’aménagement, l’organisation et le fonctionnement des diverses parties d’une usine moderne :
- /i assiette de l’usine, machines motrices, transmissions, manutention, chauffage, ventilation, éclairage, outillage, etc.
- J.es églises de chez nous. Arrondissement de Soissons, par Etienne Moreau-Nélaton. 3 vol. in-40, avec 1100 gravures. Librairie Renouard et Laurens. Prix : 200 francs.
- Cet ouvrage monumental, écrit avec une science impeccable, édité avec un art éprouvé et un luxe d’illustrations somptueux, a sa place marquée d’avance dans toutes les bibliothèques et chez tous les amateurs d’art assez heureux pour pouvoir l’acquérir. Il sera désormais impossible d’étudier la technique de l’architecture religieuse française depuis le moyen âge sans recourir à lui. Mais, par le fait même qu'il énumère, décrit et représente toutes les merveilleuses richesses d’art contenues dans une de nos régions françaises, le Soissonnais, c’est aussi le plus éloquent des plaidoyers en faveur de la noble cause plaidée par M. Maurice Barrés dans sa Grande pitié des églises de France.
- Common Briiish Birds and //oie to identify them; Mollis of the Monts and Llow Io identify them; Sea-side Wonders and LLow to identify them. In-16, illustrés.
- . Charles IL Kelly, éditeur, Londres. Prix de chaque volume cartonné : 1 sh.
- Cette nouvelle collection : a Comment identifier » forme une série de petits livres de poche, intéressants pour le débutant ou le simple curieux à qui ils apprendront à reconnaître de nombreuses formes d’animaux communs et l’époque où on les rencontre.
- Evolution by co-operation. A study in bioeconomics, par Hermann Keinheimer, in-18, 200 p., Kegan Paul, Trench, Trübner et C°, éditeurs, Londres.
- A côté — et peut-être au-dessus — de la lutte pour la vie, il y a la coopération et la mutualité. L’auteur s’attache à démontrer celte vérité et à montrer son importance en biologie. Il la retrouve dans les divers problèmes et la met en lumière par des exemples variés et bien choisis.
- Nucleic Acids, their chemical Properties and physiolo-gical Conduct, par Walter Jones. In-8°, 118 p. Long-mans Green, éditeurs, Londres. Prix : cartonné, 3 sh. 6 cl.
- The simpler natural Bases, par George Barger. In-8°. 2i5 p. Longmans Green, éditeurs, Londres. Prix : cartonné, 6 sh.
- Ces deux nouveaux volumes de la collection de « Monographs on Biochemistry » ont les mêmes qualités que. les précédents : clarté, méthode, mise au point de questions complexes actuellementfort étudiées, abondante bibliographie. Ces monographies traitent • de deux des sujets les plus importants de la chimie biologique : les acides nucléiques et les bases organiques : aminés, ainino-acides, eholine, créatine, adrénaline, etc.
- Leitfaden der Descendenztheorie, par le Dr Ludwig Plate, in-8°, 55 p., 69 lig., extrait du « Handworterbuch der. Naturwissenschaften » ; Gustav Fischer, éditeur, léna, 1913. Prix : 1 m. 60.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tjssandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie,
- ABONNEMENTS, i 2 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « L,3 N3.tU.rc » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2148. — 25 JUILLET 1914.
- SUPPLÉMENT.
- INFORMATIONS
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- La séparation de l’oxygène et de l’azote de l’air au moyen du « plomboxane ». — Nos lecteurs connaissent le procédé si élégant de Georges Claude qui permet, par la distillation fractionnée de l’air liquide, de séparer les différents constituants de l’atmosphère. Mais il s’agit là d’une méthode industrielle et qui n’est pas à la portée des particuliers ou des simples laboratoires. On peut arriver à séparer à l’état de pureté l’oxygène et l’azote de l’air en employant un nouveau produit connu sous le nom de « plomboxane » et qui est une combinaison de manganate et de plomb.»te de sodium Pb05Na2, Mn04Na2. Ce corps possède la propriété d’absorber l’oxygène atmosphérique en se transformant en perplombate et métaplombate de sodium qui, réagissant sur le manganate, peut libérer de nouveau cet oxygène de l’air. On réalise ainsi, d’une façon plus simple, l’expérience classique de Lavoisier.
- La cristallisation par diffusion. — Par un procédé spécial, un chimiste américain est arrivé à obtenir des réactions d’une très longue durée et en solutions extrêmement diluées; il opère comme suit : dans un vase de grande capacité contenant le liquide où doit se passer la réaction, de l’eau par exemple, il fait plonger deux tubes de même .diamètre, assez fins et constituant les grandes branches de deux siphons dont les petites branches plongent dans des récipients placés plus haut et contenant des liquides qui doivent réagir. Ces récipients sont fermés; ils ne peuvent prendre d’air que par des pointes capillaires excessivement fines et de même débit, ou de débits ayant entre eux un rapport connu. Ainsi les solutions descendent lentement et la réaction dure très longtemps, les corps réagissants ne diffusant que peu à peu, circonstances favorables à l’obtention de cristaux de certains corps, autrement dilliciles à préparer. C’est ainsi que l’on a obtenu de l’hydrate de calcium (chaux éteinte) en cristaux hexagonaux parfaitement nets, purs et longs de 3 millimètres.
- Préparation de l’hydrate de fer colloïdal. — Nos
- lecteurs sont maintenant assez familiarisés avec la notion des corps colloïdaux pour que nous n’ayons pas besoin de revenir sur leur définition; mais il est toujours intéressant de signaler les nouveaux modes opératoires qui permettent de préparer certains d’entre eux en particulier. On a récemment remarqué qu’en ajoutant du fer, du zinc ou du enivre à une solution bouillante d’azotate de fer, on' obtient une solution colloïdale d’hydrate ferrique. Le colloïde obtenu est d’autant plus riche et d’autant plus foncé en couleur que le métal employé pour saturer l’acide azotique est plus divisé.
- Perfectionnement dans l’industrie sucrière exotique. — On fait grand bruit chez les fabricants
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- coloniaux d’un nouveau procédé imaginé à Hawaï par un technicien américain-, M. Battelle, à l’effet d’améliorer notablement les rendements en sucre du jus de cannes. Le suc obtenu en écrasant les tiges de plantes mûres est additionné de chaux vive en petite quantité, après quoi on le traite à chaud par du gaz sulfureux. Soumis à ce traitement, la petite quantité de glucose contenue dans le jus est détruite. Et comme le glucose ou sucre incristallisable empêche de cristalliser environ son double poids de saccharose ou sucre de cannes, en détruisant ce glucose, on peut ne laisser dans la mélasse que bien moins de sucre marchand. Des essais officiels faits à la station expérimentale de Honolulu, il semble que l’application du procédé Battelle permette d’obtenir une augmentation de la production égale à 5 pour 100.
- Le lait congelé et le transport à longue distance.
- — M. Cassé indique dans le Froid (a5 janvier 1914) an moyen simple et pratique de transporter sans danger à grande distance le lait qui vient d’être trait : on prélève, après la traite, environ le quart ou le tiers du lait, on le solidifie par le froid, en blocs de 10 à i5 kilogrammes, et, sur dix ou douze de ces blocs, déposés dans des récipients spéciaux, à parois isolantes, d’une capacité de 3oo litres, on verse immédiatement du lait pasteurisé réfrigéré à 4°- Le lait ainsi traité peut être expédié par. petite vitesse et séjourner sans dommage, dans les wagons, pendant plus de trois semaines après la traite: à l’arrivée, tous les échantillons se montrent parfaite^. ment homogènes, et de tous points semblables à ce qu’ils étaient au moment de la traite; l’examen microscopique ne révèle aucune altération microbienne ; la saveur est parfaitement conservée.
- Building de luxe. — Cette expression anglo-française a été choisie par les architectes américains pour désigner le nouveau type de maison géante dont un spécimen de douze étages est actuellement en construction à New-York. L’acier et le verre, celui-ci dans la proportion de 70 pour 100, seront les seuls matériaux employés, et la principale caractéristique de la maison « de luxe » sera l’absence totale de fenêtres. La lumière pénétrera dans les appartements ou bureaux à travers les plaques de verre enchâssées dans leur armature métallique, et les locataires seront à l’abri des courants d’air, de la poussière et des bruits de la rue. . Les locaux seront étanches à l’air extérieur, mais la ventilation sera assurée d’une façon parfaite par un système ingénieux. L’air sera pompé du dehors à la hauteur du deuxième étage, élévation à laquelle il se trouve le plus pur de poussières et de germes, à en croire l’enquête conduite par les hygiénistes new-yorkais; avant d’être distribué dans les pièces, il sera filtré à travers une épaisseur d’eau stérilisée qui le débarrassera de ses impu-
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- INFORMATIONS
- retés. En hiver, il sera réchauffé avant la distribution, et sera au contraire rafraîchi pendant les chaleurs de l’été. Chaque étage comportera un agencement qui réglera la pression convenable de l’air" pur introduit, l’air vicié élànt pompé par des tuyaux dont l’orifice sera disposé au plafond. Un système de chauffage à eau chaude assurera le confort des locataires pendant l’hiver. Le toit sera aménagé en sunparlour (littéralement : s^l°n d ensoleillement), où les dames employées dans. 1 immeuble pourront prendre leur repas de midi. Cette curieuse maison, la première du genre, coûtera 7600000 francs. Nous nous souvenons qu’un architecte new-yorkais avait prédit, il y a 9.0 ans, qu’on construirait tôt ou tard des skyscrapers sans fenêtres. Il convient de remarquer que la hauteur exceptionnelle des immeubles dans le quartier des affaires, à New-York, a pour conséquence la suppression de l’air et de la lumière pour les quatre cinquièmes des étages.
- La nouvelle adduction d’eau de San-Francisco. — Cette question a soulevé un débat qui a mis aux prises la nécessité économique et sanitaire d’alimenter en eau potable une grande ville et le désir de protéger des paysages naturels contre les emprises des travaux publics.
- Voici ce que nous en dit M. le Dr Imbeaux dans la Technique sanitaire et municipale d’avril 1914 (p. 177) :
- « Le bill signé le 19 décembre 1913 par le président « Wilson met fin à une discussion qui durait depuis « 10 ans : il donne enfin à la ville de San-Francisco « (416912 hab. en 1910) tous les pouvoirs nécessaires « pour emmagasiner, amener et distribuer les eaux des « vallées Hetch Hetchy, Eleanor et Cherry (versant « sud-ouest de la Sierra Nevada), et, suivant l’exemple « de Seattle et de Los Angeles, la ville va demander à « l’aqueduc de fournir en même temps de la force mo-« trice (et même, au moins pendant un certain temps,
- « des eaux d’irrigation). »
- Parmi les opposants au projet se trouvaient « les « personnes qui voulaient préserver de la submersion « par le barrage la partie inférieure de la Hetch Hetchy « Valley, portion de l’Yosemite National Park. Cette « dernière catégorie, les « Amants de la Nature » furent « les plus irréductibles : on leur dounera une satisfac-« tion suffisante en créant une route de touristes à mi-« hauteur des escarpements rocheux dominant le futur « réservoir et à 80 m. environ au-dessus de son plan « d’eau maximum ».
- Le barrage de Hetch Hetchy (d’après les plans de Grunsby 1902, Manson 1907 et Freman 1912) aurait 91 m. 5o de haut. Il retiendrait 4i6 35oooo m5 d’eau.
- « L’aqueduc, partant du réservoir à la cote 35oo au-« dessus de la mer, aura 124 milles de long, jusqu’à la « chambre de partage près de l'extrémité sud de la baie « de San-Francisco ».
- Une partie de l’eau sera distribuée pour l’irrigation autour de la baie de San-Francisco. Deux grandes chutes seront utilisables comme force motrice.
- L’eau ne sera pas filtrée, parce que le bassin alimentaire granitique est désert dans la haute montagne, et parce que l’on compte sur une purification naturelle du grand réservoir par la sédimentation,
- La dépense prévue est de 185 millions de francs.
- Malgré l’approbation du bill, le projet n’est peut-être pas encore voisin de son exécution. En effet, le Sierra Club Bulletin de janvier 1914 (publié à San-Francisco) expose ce qui suit (pages 174 et 192).
- La presse californienne est presque unanime à estimer que l’approbation du Hetch Hetchy bill a créé un dangereux précédent. C’est la première fois qu’on autorise l’intrusion d’une municipalité dans un parc national. Le facteur déterminant a été celui de la dépense, car il a été établi que San-Francisco avait à sa disposition bien d’autres ressources d’eau potable, suffisantes en quantité et en qualité. Le bill est considéré comme une première atteinte à la police générale des parcs nationaux, exposés désormais à l’exploitation commerciale des politiciens et des ingénieurs municipaux. On a fait valoir de faux arguments pour faire triompher le bill et on a reconnu trop tard qu'il enlèvera les éléments d’irrigation à de grandes surfaces de territoire; de plus, on 11e recueillera peut-être pas autant d’eau pour l’avenir qu’on l’a prétendu. Bref, en laissant de côté le point de vue pittoresque, le bill apparaît comme une mesure anticonservatoire. Le sénateur Works (de Californie) a
- présenté au Sénat un autre bill pour faire abroger celuii de Hetch Hetchy. La discussion va donc se rouvrir!
- Cette histoire fait pendant à l’affaire française du barrage de Génissiat (sur le Rhône) qui, toutefois, pour 101 m. de haut et peut-être 100 millions de dépenses, n’emmagasinerait que 5o millions de mètres cubes d’eau.
- Miel saharien. — Les Arabes du sud algérien préparent pour leur consommation personnelle un miel excellent, de couleur orangée et de parfum aromatique tout simplement en exprimant le suc des dattes. M. Raynaud, qui analysa le produit et le trouva très riche en matières sucrées (près de 70 pour 100), nous donne les détails suivants sur son procédé de préparation. On prend des dattes molles, à maturité précoce, au jus bien, plus sucré que les dattes muscades consommées en Europe. Les fruits sont entassés sur des claies placées-au-dessus de rigoles creusées dans le sol et garnies d’un enduit en plâtre. Sous l’influence de leur propre poids, les dattes se compriment, s’écrasent et leur suc coule dans les conduits inférieurs : en moins d’une semaine, l’écoulement est ralenti; on enlève les dattes pour les étaler en minces couches au soleil sur des terrasses. On obtient ainsi d’une part une masse faite en agglomérant les dattes séchées, laquelle se conserve d’autant mieux qu’elle est bien plus sucrée que nos pâtes de fruits ; et d’autre part un épais sirop qui est filtré sur une couche de bourre de palmier, puis porté à l’ébullition, cependant qu’on enlève l’écume abondante se formant alors. Le miel de datte, ou as s al, est conservé dans des jarres. Son arôme agréable, ses propriétés édulcorantes et pectorales, son bas prix, permettraient d’envisager la possibilité d’une exportation vers la France.
- Prix décernés par l’Académie des Sciences. — Paléontologie : Prix de 2000 fr. : M. Jean Boussac, pour son Mémoire ayant pour litre : Essai sur l’évolution des Cérithidés dans le mésonummulitique du bassin de Paris -, un prix de 4°oo fr. : M. Perrier de la Bathie, naturaliste, un autre à M. Schulhof, calculateur principal au Bureau des Longitudes. — Physique : Prix de i5oo fr. : Mme Emile Marchand, veuve du météorologiste qui a rendu à la Science de précieux services, comme directeur de l’Observatoire du Pic du Midi. — Statistique : Prix de 1000 fr. : M. René Worms, pour ses deux Ouvrages intitulés : La sexualité dans les naissances françaises et Les Associations agricoles. — Mathématiques : Prix de 3ooo fr. non décerné. — Prix Francœur (1000 fr.) : M. Claude, pour l’ensemble de ses travaux. — Prix Poncelet 2000 fr. : M. Lebesgue.
- — Astronomie : Prix Lalande (54o fr.) : M. Guillaume, pour l’ensemble de ses travaux. — Prix Yalz (460 fr.) partagé entre : Le Père Chevalier, Directeur de l’Observatoire de Zo-Sé, près Shanghaï et M. Pierre Salet, astronome à l’Observatoire de Paris. — Prix Janssen (Médaile d’or) : M. Jarry-Desloges, astronome, pour son étude des planètes et en particulier de la planète Mars.— Prix Damoiseau (2000 fr.) : M. A. Gaillot, correspondant de l’Institut, pour son Mémoire intitulé : Tables rectifiées du mouvement de Jupiter. — Mécanique : Prix Montyon (700 fr.) : M. Ed.-W. Bogaert, pour son Ouvrage intitulé : L’effet gyrostatique et ses applications. — Prix Henri de Parville (i5oo fr.) partagé entre M. Jean Rey, pour ses travaux relatifs aux turbo-ma-clùnes et M. Marcel Biver, Ingénieur des Arts et Manufactures, pour son travail intitulé : Description d’un système de transmission et transformation de mouvement. — Prix Fourneyron (1000 fr.). La question posée était : Etude théorique et expérimentale de la question des turbines à combustion ou à explosion, non décerné.
- — Navigation : Prix extraordinaire de la Marine (6000 fr.) destiné à récompenser tout progrès de nature à accroître l’efficacité de nos forces navales, partagé entre M. Poincet, pour son Examen critique des résultats des expériences des torpilleurs C.-T., S.-T. -, M. Roussilhe, pour son Etude des crues du réseau congolais ; M. Maxime Crémieux, pour son Ouvrage intitulé : Les poudres de la marine etM. Charles Lafon, pour son Ouvrage intitulé : L’Aéronautique navale militaire moderne. — Prix Plumey (4000 fr.) partagé entre M. Dumanois, pour son Etude sur l’application des moteurs à combustion interne aux navires de guerre-, M. Moritz, pour son Ouvrage intitulé : Les moteurs thermiques dans leurs rapports avec la thermodynamique et M. Schwartz, à Lorient, pour ses travaux sur les embarcations à vapeur de la marine de guerre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *>> Télégraphie sans fil
- Unfcondensateur facile à construire. — Les amateurs de T. S. F. ont éprouvé des difficultés assez sérieuses pour construire un condensateur variable, parce •que l’appareil est constitué de parties fixes et mobiles qui doivent être assemblées très rigoureusement. Comme les amateurs se rencontrent sur tous les points du globe, un confrère américain a signalé au Scientific American une construction très simple qui lui a donné d’excellents résultats. L’appareil est représenté en coupe par notre figure, dans laquelle A et B représentent les deux plaques du condensateur; ce sont deux disques de laiton de 2 mm 3 (3/3a de pouce) d’épaisseur et 5 cm de diamètre.
- Détails de la construction du condensateur.
- Le disque inférieur A est fixé au châssis, en bois ou en toute autre substance isolante, par une vis terminée par un écrou qui sert également de borne d’attache d’un fil. L’autre disque est fixé (le dessin est incomplet) à la vis D qui traverse l’écrou E et se termine à sa partie supérieure par le bouton moleté F, fait également en une matière isolante quelconque. Ce bouton sert au réglage du condensateur en approchant ou en éloignant le disque supérieur du disque fixe, en vertu de ce principe que la capacité d’un condensateur est inversement proportionnelle à la distance entre les lames.
- Pendant la construction, il ne faudra pas perdre de vue qu’on obtiendra un meilleur résultat en utilisant une vis à pas très petit et d’un grand diamètre. Cette vis devra avoir au moins 4o filets par a5 mm et son diamètre sera de 6 à 7 mm au minimum. L’auteur recommande également de tourner le disque supérieur au tour, afin que sa face forme un angle droit avec l’axe de la vis. Le disque inférieur sera calé bien d’aplomb, en ajoutant une feuille de papier sur le support si cette précaution est nécessaire, de manière que les deux disques s’appliquent parfaitement l’un contre l’autre quand on descend le premier à fond.
- Lorsque le condensateur doit être monté en série avec une grande antenne réceptrice, il y aura avantage, pour raccourcir sa longueur d’onde naturelle, à n’utiliser aucun autre diélectrique que l’air, afin de se réserver la faculté, en cas de besoin, de réunir les deux disques et former un court-circuit. Quand on voudra monter le condensateur en parallèle avec les organes récepteurs, et pour éviter un court-circuit, on séparera les deux disques par un troisième, en mica clair et blanc de 25 millièmes de millimètre d’épaisseur. Cette pellicule a pour effet de multiplier la capacité maximum du condensateur à air par un facteur qui serait au moins égal à 6.
- Le condensateur construit est muni d’une pièce supérieure en laiton, supportée par quatre cylindres de caoutchouc durci, que quatre vis à métaux maintiennent sur le socle. La vis de réglage des plaques du condensateur est pourvue d’un index parcourant une graduation gravée sur la pièce de laiton et qui iudique, à tout instant, la distance entre les deux plaques, à la façon d’un micromètre. Une simple pointe sur le bouton pourrait suffire.
- Cet appareil possède ce léger avantage sur les condensateurs ordinaires, que sa capacité augmente,rapidement vers la fin de l’échelle, c’est-à-dire au moment où les plaques viennent s’appuyer l’une sur l’autre, alors que, dans la forme ordinaire, la capacité varie uniformément d’un bout de l’échelle à l’autre. Il convient donc de calibrer l’échelle directement en longueurs d’onde, qui sont proportionnelles aux racines carrées des capacités. Ce type de condensateur donne donc un réglage plus régulier.
- La capacité maximum du type ordinaire de condensateur variable commercial est d’environ o,oo3 micro-farad. La capacité calculée d’une paire de plaques circulaires de 5 cm de diamètre, espacées de 25 millièmes de millimètre et séparées par l’air, n’est que de 0.0007 de microfarad environ; mais cette valeur est amenée à o,oo45 microfarad dès qu’on intercalle une pellicule de mica entre les plaques, ainsi que nous l’avons indiqué. Que le condensateur soit à mica ou à air, si l’on éloigne les plaques jusqu’à 25 centièmes de millimètre, on réduit peu à peu la capacité que l’on amène ainsi à 0,00007 de naicrofarad. On voit d’après ces chiffres que des disques de 5 cm de diamètre sont assez grands pour satisfaire aux besoins ordinaires, mais on peut également employer, avec avantage, des plaques de plus grand diamètre. L. F.
- *n> !Photographie
- Nouvel objectif photographique. — Les Etablissements Goerz viennent de réaliser un nouveau type d’anastigmat, le Dogmar, composé de quatre lentilles non collées, formant deux couples dédoublables, mais inégaux. L’ouverture relative maximum est F : 4,5 pour les foyers de 75 mm à 270 mm, et de F : 5,5 pour les foyers 3oo à 480 mm. Une autre série ouverte à F : 6,3 est construite dans les foyers de 100 à 210 mm.
- Le foyer de la lentille postérieure n’étant pas le même que celui de la lentille antérieure, il s’ensuit que le Dogmar constitue une véritable trousse à trois foyers, comme le montre le tableau suivant :
- Dogmak F : 4,5 F : 5,5 F : 6,3
- Distance focale de l’objectif entier . . . 100 mm 100 mm 100 mm
- Distance focale de la lentille postérieure. 158 — 167 — 170 —
- Distance focale de la lentille antérieure. 192 — 186— 186 —
- Il faut, ici, noter une particularité intéressante. D’ordinaire, lorsqu’on emploie isolément l’un des éléments d’un objectif dédoublable, la combinaison conservée doit être reportée à l’arrière du diaphragme. Dans le Dogmar, au contraire, la combinaison conservée garde la place qu’elle occupe normalement sur l’objectif complet. La lentille antérieure possédant le plus long foyer, le tirage de la chambre se trouve ainsi réduit de toute la longueur de la monture.
- Les images obtenues avec une seule lentille sont moins fines que celles que fournit l’objectif complet. Pour le portrait, on peut encore utiliser une moitié de l’objectif à pleine ouverture; mais, pour le paysage, il est nécessaire de diaphragmer.
- Dans le calcul de cet instrument, le constructeur s’est moins attaché à étendre l’angle de champ qu’à obtenir une image très brillante et très nette. La zone de netteté
- s’étend : pour la série F : 4>5, à 54° à pleine ouverture et à 58° avec petit diaphragme; pour la série F : 6,3, à 6o° à pleine ouverture et à 65° avec petit diaphi'agme.
- La distorsion a été corrigée pour un angle de 700 environ. Les reflets nuisibles sont suffisamment éliminés pour permettre la reproduction des effets de contre-jour. La parfaite correction chromatique du Dogmar le rend applicable à la photographie des couleurs.
- Le volume et le poids de l’instrument ont été réduits autant que pouvait le comporter sa grande ouverture. Il est, par conséquent, facile de l’adapter aux appareils à main, et l’amateur aura l’occasion de l’utiliser dans tous les genres dephotographie, instantanés, portraits, groupes, paysages, en noir ou en couleurs. Le Dogmar est construit par MM. C. P. Goerz et Cio, 22, rue de l’Entrepôt, Paris.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Chimie
- Siphon à amorçage automatique de M. Gilbert. —
- Les Nouveautés chimiques de M. Poulenc contiennent la description d’un nouveau siphon très simple et très intéressant, qui se compose de deux branches inégales, la plus petite possédant une partie renflée à son extrémité inférieure. Pour amorcer le siphon, il suffit de boucher l’extrémité de la grande branche avec le doigt, de plonger ensuite la petite dans le liquide jusqu’à ce que celui-ci arrive au-dessus de la partie élargie. A ce moment il suffit de déboucher le siphon pour qu’il s'amorce de lui-même.
- Le grand tube étant bouché, l’eau ne peut pas pénétrer dans la partie élargie. Lorsqu’on débouche le si-phon, l’eau tend à se mettre en équilibre et une portion du liquide se trouve ainsi animée d’une certaine vitesse ; au moment où cette masse heurte l’extrémité de la partie renflée de la petite branche, une partie de la force vive de la masse totale du liquide se trouve utilisée à élever une colonne liquide de masse beaucoup pins faible.
- Le principe utilisé est en tout analogue à celui du bélier hydraulique.
- On conçoit que, par celte méthode, on ne puisse pas amorcer le siphon pour des hauteurs considérables : en opérant sur une partie cylindrique de 5 à 6 cm, on peut amorcer le siphon lorsque le liquide se trouve à 6 cm en dessous de la hauteur maximum des deux branches a et b. Il faudra donc construire un jeu de siphons si l’on veut en avoir un s’amorçant automatiquement, dans n’importe quel cas.
- Au point de vue expérimental, l’auteur a constaté que la longueur de la partie renflée ne donnait pas un effet beaucoup plus considérable quand on allongeait cette partie outre mesure; qu’ensuite, une jonction se faisant sans trop de heurts entre cette partie cylindrique et le reste du siphon suffisait aux besoins de la pratique.
- Les siphons que l’auteur a construits, et qui lui ont donné pleine satisfaction, ont été obtenus tout simplement en courbant un tube à entonnoir simple.
- Au point de vue pratique, deux siphons suffisent complètement aux besoins d’un laboratoire.
- Les avantages de ce siphon sont de deux sortes : i° grâce à cet instrument on peut décanter des liquides acides, ammoniacaux, etc... sans se salir, ni sans aspirer de vapeurs ; %° par suite de la grandeur de section de sa petite branche, on peut, l’amorçage une fois fait, rapprocher le siphon du précipité, l’entrainement étant très faible. — Le siphon à amorçage automatique de M. Gilbert se trouve aux Etablissements Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- Objets utiles
- Crachoir hygiénique iticinérable. — Le mouchoir n’est jamais l’idéal de la propreté, mais il peut devenir dangereux dans le cas d’infection pulmonaire, de tuberculose, par exemple. Aussi a-t-on imaginé, en ces dernières années, divers crachoirs de poche que les malades doivent utiliser pour éviter de contagionner leur entourage. Des divers modèles connus, les uns sont trop encombrants, les autres insuffisamment hermétiques, et tous nécessitent de fréquents nettoyages peu agréables. Il n’en est pas de même du « Proprior », petit crachoir hygiénique incinérable, qui a l’avantage d’être discret, propre et bon marché. C’est une boîte en carton dans laquelle se trouve un rouleau de papier ; on crache sur là partie du papier intérieur formant plan incliné, puis on tourne le bouton extérieur de gauche à droite. Quand le rouleau de papier est épuisé, on brûle le tout. — Le « Proprior » est vendu par les laboratoires Robert et Carrière, 37; rue de Bourgogne, Paris.
- Fermeture automatique des portes. — Ce nouvel appareil permet de supprimer les dispositifs compliqués, lourds et chers, actuellement employés pour assurer la fermeture automatique des portes. Il ne convient par contre qu’aux portes à gonds.
- Le principe est le suivant : on dispose sur le bas de la porte, près de l’axe de station, une patte portant une
- Fermée. Ouverte.
- roulette. Lorsqu’on ouvre la porte, cette roulette s’engage sur un plan incliné circulaire et soulève ainsi la porte dans ses gonds. Lorsqu’on abandonne la porte à elle-même, par son poids qui appuie sur la roulette elle force celle-ci à redescendre le long du plan incliné et la porte se ferme. En vente chez Raisin, 46, rue de Londres, Paris.
- *>>. Divers
- Balance à trois fléaux. — Cette nouvelle balance à trois fléaux, que signalent les Nouveautés chimiques de M. Poulenc, possède aussi trois cavaliers, et, les fléaux étant au-dessus l'un de l’autre, toutes les graduations sont aisément visibles à l’opérateur.
- Le fléau le plus bas est divisé en intervalles de 10 à 100 gr. ; le second en intervalles de 1 gr. à 10 gr. ; le troisième fléau supérieur porte une graduation dont les
- Balance à trois fléaux.
- divisions correspondent de 1/100° de gr. à 1 gr. et, les divisions étant suffisamment espacées, on peut apprécier aisément 5 milligr. ou même 2 milligrammes. Cette balance, avec sa charge maximum de 101 gr., est sensible à 5 milligrammes.
- Par un dispositif spécial, les couteaux du fléau sont éloignés de leur plan quand elle est au repos. Le plan est en agate, les couteaux sont en acier. La .balance est montée sur un socle en acajou poli, muni de vis calantes, qui porte un niveau d’eau circulaire. Les fléaux sont en aluminium ; les autres parties de la balance sont en cuivre ; la balance est munie d’un double crochet et d’un plateau fixe que l’on peut amener au-dessus du plateau mobile dans le cas où l’on veut déterminer un poids spécifique ; ce plateau fixe sert à supporter le récipient contenant l’eau. Cette balance ne possède aucun poids, ce qui évite de les perdre, et elle forme une balance bon marché pour les travaux rapides et précis. — Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Les poussières du Métropolitain. — Le Conseil d’hygiène du déparlement de la Seine s’est occupé tout récemment des mesures puises par la Compagnie du chemin de fer métropolitain pour assurer le nettoyage et la désinfection des diverses parties de son réseau. Une Commission d’arrondissement avait appelé son attention sur la quantité de poussières plus ou moins contaminées voltigeant dans l’atmosphère et réclamait un système plus approprié que le balayage pour en éviter la dispersion. Un des membres les plus distingués du Conseil, le Dr Duguet, vient de soumettre à ses collègues un rapport des plus intéressants qui s’appuie sur de très nombreuses expertises faites par M. Ivling, directeur du laboratoire municipal.
- M. Kling, chargé d’examiner la nature des poussières, a recueilli de nombreux échantillons aux stations, dans les escaliers d’accès, sur la voie, dans les tunnels. Or, de ces divers prélèvements, la composition moyenne
- donne :
- Fer métallique...............46 pour 100
- Oxyde de fer.................14,5 —
- Cuivre.......................traces
- Chaux et sulfate de chaux . . 12,10 —
- Matières grasses............. 1,12 —
- Eau et matières organiques. . 12,60 —
- On est quelque peu étonné eu lisant le relevé de trouver une proportion de fer qui entre pour presque moitié dans le poids des poussières. D’où provient-il ? De l’usure du matériel. Quand le train arrive en gare, le mécanicien bloque vivement les freins, d’où résulte une production abondante de particules métalliques arrachées soit au sabot qui est métallique, soit au rail lui-même.
- Ces poussières sont en dépôt à peu près égal aux deux extrémités du quai des stations, ces extrémités formant par rapport aux deux voies l’entrée de la station; au milieu du quai, elles sont moins abondantes. Quant aux poussières déposées sur les voies, elles sont soulevées et brassées à chaque passage de train et entraînées en avant pour se déposer au niveau des stations.
- La quantité de poussières varie du reste suivant l’heure de la journée; le matin, l'atmosphère est débarrassée des poussières qui se sont déposées la nuit pendant la période d’arrêt du passage des trains, mais dès que le service reprend, après le passage de quelques trains et au fur et à mesure de l’affluence des voyageurs, on voit l’atmosphère s’obscurcir et le maximum est aux heures d’encombrement et surlont vers les dernières heures de la nuit, au moment de l’arrêt de la circulation.
- La récolte des poussières, faite suivant les méthodes usuelles, avec les boîtes et les plaques de Pétri, a donné à l’entrée d’une station une moyenne de 134 milligrammes de poussières, tandis qu’à la sortie la proportion n’est plus que de 84 et au milieu descend à 47 milligTammes. Si, comme cela existe sur quelques stations, il y a une ouverture cl’aéralion, le total des poussières est notablement diminué. M. Kling a trouvé à Réaumur, avant que la station fût pourvue d’un puits d’aération, à l’entrée 116 milligrammes de poussières, à la sortie 64> au centre 5i. Après l’établissement de la prise d’air, le chiffre des poussières, prélevées dans des conditions absolument identiques, est descendu à 44 à l’entrée, 29 à la sortie et i3 au centre. Ces résultats démontrent que l’aération, déterminée par des cheminées d’appel, est un excellent moyen de diminuer la quantité des poussières répandues dans l’atmosphère souterraine.
- Cette composition des poussières 11’est plus la même dans le réseau du Nord-Sud : voici le résultat d’analyses faites dans les mêmes conditions par M. Kling :
- Fer métallique. . ............... traces
- Oxyde de fer..................... 8 pour 100
- Silice...............................20 —
- Sulfate de chaux.....................27 —
- Eau et matières organiques. ..45 —
- Poui’quoi cette différence absolue entre la composition de poussières pour deux réseaux qui semblent n’avoir entre eux aucune différence ? C’est que dans le réseau métropolitain, les rails sont en acier ordinaire;
- dans le Nord-Sud en acier durci. C’est aussi et 'surtout que dans le premier, les sabots de freinage sont en fonte, tandis que dans le second ils sont formés d’un aggloméré de cordes et de goudron (Sabot Herbert-Frood). C’est à cette particularité qu’est due par contre l’abondance des matières organiques dans les poussières du Nord-Sud.
- La nature du sabot de freinage est bien la cause de cette proportion anormale de particules métalliqxies trouvées dans les poussières du métropolitain ; sur la ligne n° 1, tout en conservant les rails d’acier ordinaire, les ingénieurs ont remplacé le sabot de fonte par le sabot employé au Nord-Sud et immédiatement la dose de fer contenue dans les poussières est descendue de 37 milligrammes à xo. La substitution du sabot d’aggloméré au sabot métallique, en attendant les changements des rails, donnerait déjà des résultats très appréciables, ainsi que le fait observer M. Kling. Car, dit-il, pour des points choisis dans des conditions aussi comparables que possible, les quantités de poussièmes qui s’y déposent sont, pour des surfaces égales et en des temps égaux, de 8 à 10 milligrammes dans le Nord-Sud, de 20 à 3o dans les parties du Métropolitain où il est fait usage du frein à corde, et de 80 en moyenne dans celles où on se sert du frein métallique.
- Ces poussières, avec de telles proportions de particules métalliques, ne doivent pas être sans inconvénients pour des bronches ou des gosiers un peu délicats. Assurément le public qui ne fait que traverser une station n’aura pas grandes chances d’en absorber de grosses quantités ; mais il faut tenir compte du nombreux personnel qui séjourne dans ces souterrains de longues heures. Il est bien évident qu’avec la circulation intensive, plusieurs centaines de mille voyageurs par jour, les poussières doivent probablement renfermer avec ces particules de fer des produits microbiens et des moisissures de toute espèce. En examinant le ballast, qui est cependant très régulièrement passé au lait de chaux, M. Kling en a trouvé en suffisante quantité; c’est que ce ballast est le réceptacle, et cela tous les jours et quoi, qu’on dise et quoi qu’on fasse, de morceaux de papier, de journaux, de bouts de cigarettes, de débris de tout genre jetés au passage par les voyageurs et souvent rejetés du trottoir par les balayeurs.
- La Compagnie n’a pas attendu les observations du •Conseil d’hygiène pour chercher à atténuer la viciation de l’atmosphère par les poussières apportées par les voyageurs et soulevées dans chaque station par le passage incessant des trains. M. Kling, dans son étude, énumère tous les moyens mis en œuvre, et ils sont nombreux, pour remédier autant que possible à ces inconvénients. Sans parler du matériel, des tunnels et de la voie, dans les stations des arrosagés triquotidiens sont faits avec de l’eau additionnée de 5 pour 100 d’une solution de chlorure de calcium, dite agathogène ou d’une autre contenant une faible proportion cle chlorure de zinc, dite konifuge. M. Duguet propose, ce qu’il • faisait avec le plus heureux succès dans son service hospitalier de Lariboisière, de pratiquer le nettoyage des quais, des escaliers avec la sciure de bois humide ou avec le pétrolin qui n’est qu’une sciure de bois de hêtre, imbibée d’huile de pétrole et mélangée de sable. Ce dernier produit revient un peu cher et la Compagnie du chemin de fer du Nord qui en avait fait l’essai a dû y renoncer par mesure d’économie. La sciure de bois humide est répandue sur le sol elle balayage se fait immédiatement après ; les poussières ne voltigent plus dans l’air, incommodant les voyageurs et disséminant des germes malfaisants.
- C’est la conclusion la plus ferme du rapport que cette substitution du nettoyage à la sciure de bois humide, au balayage avec ou sans arrosage; de même la substitution du sabot de corde au sabot métallique. Quant à la création de puits aériens, à la modification du ballast et à son remplacement par un dallage uni, au remplacement des rails d’acier ordinaire par des rails d'acier durci, ce sont des vœux plus difficiles à remplir. Aussi le Conseil a-t-il insisté surtout sur la demande formulée par MM. Kling et Duguet et qui peut être acceptée facilement sans un gros surcroît de dépenses pour la Compagnie, au grand profit de tous ceux qui utilisent les lignes du Métro. Dr A. Caktaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- ^Argenture des miroirs. — Rappelons que l’opération est très délicate : les diverses formules sont en général très bonnes, mais elles ne réussissent qu’en observant minutieusement toutes les précautions indiquées. Aux formules' données dans nos Recettes du Laboratoire, on pourra comparer la suivante, usitée en Amérique.
- Préparation des bains. — Faire dissoudre 20 gr. de nitrate d'argent dans 225o cm3 d’eau distillée, puis ajouter de l’ammoniaque à 26° jusqu’à virage de la solution au brun, et continuer dès lors de verser, mais goutte à goutte, jusqu’à disparition de la teinte.
- On mélange à la mixture ainsi préparée une solution de 170 gr. nitrate d’argent dans 225o cm3 d’eau distillée; on laisse en repos pendant une douzaine d’heures environ, on filtre et on conserve en flacon bien clos.
- D’autre part, on prépare une liqueur contenant :
- Eau distillée. ................. 9 litres.
- Nitrate d’argent...............249 grammes.
- Tartrale sodo-potassique 251 —
- Après avoir porté à l’ébullition pendant quelques instants, on laisse reposer pendant dix ou douze heures et on conserve en flacons bouchés.
- Préparation des glaces. — On opère dans une pièce chauffée à 38°,C, débarrassée de toute poussière. La surface du verre, tout d abord bien nettoyée, est finalement polie avec un tampon de toile enduit de rouge anglais additionné de quelques gouttes d’ammoniaque. La glace étant posée bien à plat, on vérifie son horizontalité en versant dessus de l’eau chaude qui doit s’y étaler régulièrement dans tous les sens. On procède alors à l’argenture.
- _ Argenture.— Au moment d’opérer, mélanger des parties égales de chaque bain, en calculant les prélèvements de manière à avoir environ 12 gr. d’argent par décimètre carré de surface à métalliser. On verse sur la glace qui vient d’être échaudée à l’eau et on laisse séjourner le bain pendant une demi-heure. On enlève alors le liquide, on lave à l’eau et on laisse sécher.
- Parachèvement. — Sur la pellicule argentine, on applique au pinceau d’eau une couche de vernis préparé avec :
- Térébenthine............ 80 grammes.
- Céruse................... 5o .
- Dammar................... 100 —
- Essence de térébenthine. . 1 litre.
- On met de nouveau à sécher.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. Dans 'a boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d un intérêt general qui lui sont signales par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- . Renseignements. — C. B. Tan. — Pour la destruction des pucerons des rosiers, voyez les Recettes de la Campagne (Masson, éditeur. Prix : 3 fr.).
- M. Pichat, rue Oriflamme, à Avignon. — Votre brillantine nous semble être tout simplement à base de glycérine. Vous pourriez essayer d’en préparer en ajoutant un peu de votre parfum préféré au mélange de 60 c. c. d’alcool à 900 et 40 c. c. de glycérine officinale.
- Communication. — Les détecteurs purement métalliques, qui tirent leur origine des premiers cohéreurs, peuvent être construits plus facilement que ceux à cristaux et néanmoins donner de bons résultats. M. le lieutenant Durieux nous informe qu’il a construit d’excellents détecteurs avec de l’étain. Il fait fondre le métal qui se cristallise en refroidissant. Point n’est besoin d’utiliser -du métal pur; il suffît de se servir des capsules d’étain qui entourent le goulot de certaines bouteilles. A Mau-beuge, avec une antenne de 20 m. de long à 3 fils parallèles placés à 8 m. de hauteur, M. Durieux a reçu parfaitement, avec un tel détecteur, les signaux de la Tour. La difficulté la plus sérieuse réside dans la recherche des points sensibles qui paraissent être peu nombreux. Cependant certains points donnent une réception égale à celle que l’on obtient avec des galènes. En remplaçant l’étain cristallisé par une boulette de papier d’argent qui entoure les tablettes de chocolat, le résultat a été presque aussi sensible. Nos lecteurs peuvent tenter cette fabrication qui ne présente aucune difficulté et permet de remplacer à bon compte la galène habituelle.
- Renseignements. — L. H. — Nous avons soumis votre demande à la Chancellerie de l’ambassade d’Allemagne. On nous a répondu que vous devez vous adresser à l’ambassade de France à Berlin. Prière de nous tenir au courant du résultat de votre démarche.
- L. Duncombe à L. — Une seule explication nous paraît plausible : l’imperfection de votre diélectrique, imperfection que l’on constate d’ailleurs dans presque tous les condensateurs dits d’amateurs. Cette imperfection donne naissance à un retard dans l’orientation des charges (hystérésis diélectrique) ; il en résulte des pertes d’énergie et un échauffement du condensateur. D’où la néces-
- sité d’augmenter le noïnbre de vosfeuilles. D’autre part, il est matériellement impossible de dire comment il laut construire un condensateur invariable avec maximum de rendement, car la capacité d’un condensateur dépend de la constante diélectrique du corps employé, laquelle varie avec les corps considérés. Pour caractériser un condensateur remplissant des fonctions déterminées, il faut connaître sa capacité et la tension de fonctionnement pour laquelle il est prévu. Le mieux que vous puissiez faire est de construire un condensateur que vous rendrez réglable, car il faut vous attendre à effectuer un réglage différent pour chaque réception. Nous avons entendu le poste dont vous parlez, mais nous ne sommes pas encore parvenus à l’identifier.
- I. M. E. Santos.— Dans le microphone Majorana, un tube percé à sa base d’un petit trou laisse couler une veine de liquide qui se transforme rapidement en gouttes pendant la chute. Le liquide contenu dans le tube étant soumis aux vibrations d’un microphone, ou à des variations de pression, les gouttelettes se forment plus près de l’orifice du tube. Le tube de M. Majorana comporte une légère membrane élastique reliée rigidement à la membrane inicrophonique devant laquelle on parle : le liquide contenu dans le tube est de l’eau acidulée qtii tombe sur deux lames en platine assez rapprochées pour recevoir toutes deux en même temps la veine liquide. Ce liquide établit donc un circuit entre les deux contacts, la variation de conductibilité dépendant de la quantité de liquide réunissant les deux lames. Plus la chute de liquide est abondante, plus il passe de courant. L’inventeur est parvenu à construire un appareil dans lequel les variations de volume du liquide correspondent exactement aux variations d’intensité de la parole. Çe micro-phone possède l’avantage, grâce à l’écoulement constant du liquide, de pouvoir supporter, sans trop d’échauffe-ment, des courants de 10 ampères sous 5o volts. Les ondes entretenues sont des ondes n’ayant qu’un très faible amortissement. On les obtient à l’aide de l’arc électrique ou des alternateurs à haute fréquence. Ainsi que nous vous l’avons dit, nous préparons un article sur les autres questions posées.
- M. Pierre Brocard, à N. — Nous supposons que vos fils d’antenne seront tous rattachés au support que vous installerez sur le toit et non un au support et les autres au toit. Cette antenne étant mise à la terre hors de la maison ne présente aucun danger; il n’y a pas de distance à considérer. Il ne faut pas isoler votre antenne, car elle deviendrait dangereuse. Si la foudre tombait sur l’antenne, cas tout à fait exceptionnel, les fils seraient volatilisés et c’est tout.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’éclipse totale de soleil du 21 août 191/j. : Em. Touchet. — Le mouvement des particules dans les gaz : H. Vigneron. —• L’expo-teition internationale de Lyon : Victor Cambok. — La guêpe est-elle un insecte utile?— Académie des sciences : Ch. de Villedeuil. — La sécrétion psychique, les travaux de Pawlow : René Merle. — La première utilisation militaire du canal de Panama : cinq sous-marins sont mis à sec dans une de scs écluses : Sauvaire Jourdan.
- Supplément. — Nouvelle comète Neujmin (1914 c). — Découverte archéologique à Rome, etc.
- Les problèmes de Vatmosphère, par A. Berget. In-18, Flammarion, éditeur. Bibliothèque de Philosophie scientilique. Prix : 3 fr. 5o.
- Notre distingué collaborateur raconte par quelles étapes on est arrivé à connaître la composition de l’air; il indique par quelles considérations on est conduit à envisager sa composition aux grandes altitudes; il signale l’intérêt que présentent les poussières atmosphériques ; il parle des variations de la température et de la pression atmosphérique et insiste sur l’intérêt que présente cette couche de transition située vers l’altitude de 80 km; il développe le rôle de l’électricité dans l’air; il consacre des pages pleines d’actualités à la « Mécanique de l’atmosphère » et termine par un chapitre sur la possibilité de la prévision du temps à longue échéance.
- Principe et Applications de VElectrochimie, par O. Dony-Hkn-au.lt, H. Gall et Pu.-A, Guy, (Encyclopédie de Science Chimique appliquée aux Arts Industriels). — 1 vol. illustré, 686 p., 183 lîg. Prix : 3o francs. Béranger, éditeur, Paris, 1914.
- Ce livre constitue un excellent traité d’ensemble de l’électrochimie ; il contient d’abord l’exposé théorique des lois qui régissent les phénomènes électro-chimiques, rédigé par M. Dony-Hénault, selon les vues les plus modernes. MM. Dony-Hénault et Gall étudient ensuite les diverses applications industrielles de l’élec-tro-chimie : électrolyse de l’eau, oxydations et réductions électrolytiques, électrolyse des sels halogénés des métaux alcalins, électrolyse des solutions salines de métaux lourds, électrolyse des sels fondus, four électrique. On appréciera tout particulièrement la division logique des chapitres qui a permis aux auteurs de traiter le sujet sans répétitions oiseuses de détails inutiles, en donnant aux vues générales tout le développement qu’elles méritent. M. Guye, l’éminent
- physicien de Genève, expose avec sa maîtrise habituelle l’état actuel de la question de la fixation de l’azote dans le four électrique.
- La Tératogénèse, par E. Rabaud. In-8, 365 p., 98 fig., Encyclopédie scientifique, Doin, éditeur, Paris. Prix : relié, 5 francs.
- Cet ouvrage est à la fois une introduction à la tératologie systématique et une étude des variations de l’organisme. Par des exemples bien choisis, l’auteur montre la signification générale des monstruosités qui ne sont pas de simples troubles ou arrêts de développement locaux, mais bien des apparences localisées de phénomènes généraux, intéressants au pointée vue de l’hérédité des variations et de leur signification relativement à l’évolution.
- Les plantes tropicales alimentaires et industrielles de la famille des légumineuses, par P. de Sornay, directeur de la Station agronomique de l’île Maurice. In-8°, 5oo p., 75 fig. A. Challamel, Paris. Prix : 20 francs.
- Anglaise de fait depuis plus d’un siècle, l’île Maurice est restée française, et ses savants sont français. Aussi M. de Sornay était-il très bien qualifié pour traiter dans la Collection d’agriculture coloniale cette monographie des légumineuses tropicales. Ces plantes qui nous fournissent des aliments, des gommes, du tannin, des colorants, des parfums, sont étudiées toutes par l’auteur avec un luxe de photographies et de chiffres analytiques rendant l’étude précieuse à toutes les personnes qu’intéressent ces questions.
- L’éducation de l’effort, psychologie, physiologie, par G. Demeny. In-16, 228 p. Librairie Félix Alcan, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Cet ouvrage étudie l’éducation des centres nerveux moteurs et montre que le perfectionnement de notre nature est le résultat du pouvoir de notre volonté consciente contrôlée et dirigée à chaque pas par nos sensations ; l’auteur termine son livre par des principes d’éducation physique qui méritent d’être appliqués.
- Les nouveautés chimiques pour 1914, par Camille Poulenc. In-18, 363 p., 213 fig. Baillière, éditeur, Paris. Prix : 4 francs.
- Ce nouveau recueil des derniers appareils inventés en physique, chimie, bactériologie, installations de laboratoire, aura certainement le même succès que les précédents.
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- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Résumé général d'après les bulletins du Bureau Central Météorologique.
- Du 6 au 16 juillet. — Le 6. Dépressions sur le N.-O., le S.-E. et l’Algérie : Shields, 752 mm ; Alger et Kief, 766; hautes pressions sur le N.-E. : Haparanda, 769. Pluies sur l’O. et le Centre : Gap, 3o mm; Cette, 20; Lyon, 17; Perpignan, 12. Temp. du matin : Spitzberg, 4°; Bordeaux et Brest, i3; Nantes et Lyon, i5 ; Nancy, 17; Marseille, 20; Alger, 25.; moyenne à Paris : ib°,6 (normale : i8°,i). — Le 7. La pression remonte sur le N. ; dépression sur les Iles-Britanüiques et l’Irlande. Pluies et orages sur le Centre et le W. de l’Europe. En France : Lorient, i5 mm; Brest, 12; Paris, 6. Temp. du matin : Belfort, ii°; le Havre, 12; Brest, Toulouse et Marseille, 15 ; Nice et Alger, 22 ; Stockholm, 23; Mœmel, 26 ; moyenne à Paris : 13°,8 (normale : 14°j 1 )-•— Le 8. Les fôrtès-pressions du S.-W. s’étendent vers le N.- : Toulouse, 771 mm; Cassél,-765, Pluies sur le W. et le Centre du continent; en France : Nancy, 10 mm ; Charleville, 7; Paris, 4- Temp. du matin : Lyon et Paris, 140; Biarritz, 18; Alger, 21; Riga, 25; moyenne à Paris : i6°,2 (normale : i8°,i). — Le 9. Pression élevée sur toute l’Europe, sauf le Sud-Est : le Mans, 769 mm; Ruopio, 768. Pluies orageuses sur le Centre de l’Europe. En France : beau temps. Temp. du matin : Dunkerque, i5°; Belfort, 16; Paris, 18; Nice,
- 22; Mœmel, 27; moyenne à Paris : i7°,6 (normale : i8°,2). — Le ïo. Pression supérieure à 760 sur tout le N.-W., lè Centre et l’Est. Légères dépressions sur le golfe de Gascogne et sur le S.-E. du continent. Beau temps en France. Temp. du matin : Belfort, 14°; Paris, 17; Nancy, 20; Marseille et Alger, 22; Mœmel, 28; moyenne à Paris : 200,1 (normale : i8°,2). — Le 11. Pression voisine de 763 sur le W. et le S. de l’Europe. Fortes pressions sur le N. Minima sur la Grèce et au large de l’Irlande. Beau temps en France. Temp. du matin : Bodoe, 90; Brest, 17; Paris, 21; Marseille et Stockholm, 25 ; moyenne à Paris : 22°,3 (normale : i8°,2). — Le 12. La pression monte sur le S.-W. de l’Europe (la Corogne : 767) et reste élevée sur le N. Basses pressions au large des Iles-Britanniques. Pluies sur le N. et le W. En France : pluies orageuses dans le N. et l’E. Temp. du matin : Arkhangel, ii°; Brest, 16; Paris et Marseille, 20 ; Nancy, 22 ; Saint-Pétersbourg, 23 ; moyenne à Paris : 20°,8 (normale : i8°,3). — Le i3. Pression supérieure à 765 sur le S.-W. de l’Europe, voisine de 763 dans le N. et le Centre. La dépression des Iles-Britanniques s’étend vers l’E. Temp. du matin : Arkhangel, io°; Brest, i5; Paris, 18; Marseille et Saint-Pétersbourg, 22. — Le 14. Pluies orageuses sur le,
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Centre et le W. ; en P’rance : orages dans le N. et le W. : Paris, ri mm d’eau; la Coubre, n mm ; Limoges, io. — Le i5. Pression basse sur le N.-W. de l’Europe. Minirmim au W. des Iles-Britanniques (736 mm). Autre dépression (709) sur le N. de la France-, Pression voisine de 763 sur le Centre et le S. du continent. Pluies sür le W. de l’Europe. En b’rance : Dunkerque, a3 mm; Paris, 12; Limoges, 9. Temp. du matin : Spitzberg, 5°; Lorient, 5; Paris, 18; Lyon, 23; Laghouat, 26;
- moyenne à Paris : 170 (normale : 18°,4)• — Le 16. Dé-j>ressions peu profondes sur la mer dir Nord et le S.-E. de l’Europe. La pression monte sur le S.-W. (Biarritz : 769). Pluies et orages sur le W. de l’Europe. En France : Paris, ir mm; Besançon, 9. Temp. du matin : Limoges, 14°; Paris, i5; Bordeaux, 16; Marseille, 21 ; Alger, 23; Athènes, 28; moyenne à Paris ; i4°>9 (normale ; i8°,4). — Phases de la Lune ; Pleine Lune, le 7, à 14 h. 6 m. Dernier Quartier le 15, à 7 h. 3a m.
- Jto
- 1po
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch, Dufour (Parc Saint-Maur ; altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France,
- OBSERVATIONS . 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 juillet 1914. 14°,4 W. s. W. 2. Couvert. 1,2 Pluie de 0 h. à 2 h. ; très nuageux le malin, nuageux le soir.
- Mardi 7 14°,6 S. S. W. 2. Beau. 5,4 Iloséc; nuageux; pluie à diverses reprises l'après-midi.
- Mercredi S 14°,0 S. 2. Couvert. 5,2 Pluie de 3 h. 45 à 6 h. 25, de 8 h. 55 à 11 h. 50; très nuageux.
- Jeudi 9 18°,2 W. 2. Peu nuageux. 0,2 Pluie à Oh 50; brume; très nuageux.
- Vendredi 10 ... . 17°,0 N. E. 1. Beau. D Rosée; brume; quelques nuages.
- Samedi 11. . . . . 20°,6 N. E. 1. Beau. )) Rosée; brume; peu nuageux.
- Dimanche 12. . . . 20°,5 Calme. Peu nuageux. 1,1 Tr. nuag. ; tonnerre do 11 h. 50àl7 h. 15; ]d. de 17 h. 20 à 17 h. 50.
- Lundi 15 18°,1 N. N. W. 1. Très nuageux. » Très nuageux jusqu’à 13 h ; beau ensuite ; rosée; brume.
- Mardi 14 19°,0 N. N. E. 1. Beau. » Nuageux ; rosée ; brume.
- Mercredi 15 ... . 16°,9 S. W. 1. Pluie. 24,1 Couv. le m. ; tr. nuag. le soir; (rois orages; pi. à diverses reprises
- Jeudi 16 14°.6 S. W. 2. Presq. couvert. 11,2 Très nuageux; orage de 12 b. 50 à 13 b ; quelques averses.
- Vendredi 17 ... . 15°, 9 S. 2. Couvert. 1,7 Très nuageux ; quelques averses le matin ; rosée.
- Samedi 18 17°,1 Calme. Quelq. nuages. » Couv. de 12 h à 18 b. ; beau avant et apres ; rosée.
- Dimanche 19 . . 19°, 5 E. S. E. 2. Peu nuageux. » Rosée; nuageux.
- JUILLET 1914. — SEMAINES DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 19 JUILLET 1914.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à tO; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a taon boule 'sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l'Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’Ecole des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique, '
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- IV 2149. — 1" AOUT 1914.
- SUPPLÉMENT.
- IgD
- INFORMATIONS
- Influence des corps étrangers sur l’activité des catalyseurs. — Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des propriétés singulières que possèdent les corps « catalytiques », c’est-à-dire susceptibles de déterminer par leur présence, et généralement par suite d’une action secondaire, la réaction mutuelle de certains corps qui, sans cela, resteraient inertes. L’une des applications les plus pratiques de ces pouvoirs catalyseurs consiste dans la préparation de l’acide sulfurique par action de l’oxygène sur l’acide sulfureux en présence de la mousse de platine à une certaine température. Mais ces « catalyseurs » sont généralement des corps très délicats et il suffit qu’ils contiennent quelques traces d’impuretés pour perdre leur propriété caractéristique; et il est intéressant de préciser l’action de ces impuretés. C’est ce que l’on vient de faire pour le palladium. On sait que ce métal possède la propriété de déterminer la combinaison de l’hydrogène avec différents corps, notamment avec les substances grasses, ce procédé pouvant être employé pour relever le point de fusion de ces matières et leur donner ainsi une plus-value notable. On a constaté que le palladium perd son pouvoir catalyseur lorsqu’il est précipité sur l’aluminium, le fer, le cuivre, le zinc, l’argent, l'étain ou le plomb. Les composés de ces mêmes métaux ont un effet semblable; le carbonate de plomb empêche totalement l’hydrogénation; les carbonates de cadmium et de zinc, l’oxyde de fer et l’alumine, l’oxyde de zinc empêchent à peu près totalement l’hydrogénation à la pression ordinaire ; mais l’hydrogénation se produit sous pression et à chaud, même en présence de ces sels. La magnésie est sans influence sur le pouvoir catalyseur du palladium. On doit donc éviter soigneusement l’introduction des corps « nocifs » dans la préparation du palladium destiné à la catalyse.
- Sur l’emploi de l’hydrure de calcium dans la préparation du radium. — On sait que la préparation du radium est à l’ordre du jour par suite des applications multiples qu’on découvre journellement à ce corps. Aussi doit-on accueillir favorablement tous les nouveaux perfectionnements que l’on introduit dans son extraction qui est relativement laborieuse. En Allemagne, on vient récemment de préconiser l’emploi de l’hydrure de calcium pour réduire les sulfates d’où l’on tire le radium. L’hydrure et les sulfates réagissent en donnant des sulfures, de l’hydrogène et de la chaux. On niélange les sulfates bien secs et finement pulvérisés avec l’hydrure également bien pulvérisé dans un creuset et l’on amorce la réaction, comme en aluminothermie, par inflammation d’un ruban de magnésium; l’action est très énergique et dégage beaucoup de chaleur. Le produit de la réaction est repris par l’acide chlorhydrique qui laisse à l’état insoluble la silice et le sulfure de
- plomb formés, tandis que les sels de baryum, calcium, fer et radnim passent en solution. On peut alors isoler de là le baryum qui entraîne le radium- et concentrer ce dernier de plus en plus par des précipitations et cristallisations fractionnées des sels de baryum.
- Distillation du charbon dans le vide. — Bien qu’ex-cessivement répandue, on ne connaît pas encore la constitution chimique intime de la houille; mais, depuis quelque temps, des auteurs anglais, M. Wheeler et ses collaborateurs, ont abordé ce problème de diverses façons et notamment en opérant la distillation du charbon dans le vide. Dans ces conditions, le charbon pulvérisé, chauffé à 1070, laisse d’abord dégager l’acide carbonique et l’oxyde de carbone occlus ; à x5o ou 200°, il se dégage des carbures d’hydrogène paraffiniques élevés, puis de l’eau; entre 200 et 3oo°, ou obtient de l’hydrogène sulfuré — provenant du soufre que renferme toujours la houille — et des hydrocarbures incomplets élevés . à 3oo°, il distille des produits bruns ; enfin à partir de 35o°, et jusqu’à 45o°, il se fait un grand dégagement de gaz qui s’accentue à mesure que la température s'élève et qui comprennent de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène, de l’hydrogène sulfuré et des hydrocarbures complets et incomplets élevés. Les auteurs supposent que ce sont des carbures paraffiniques ou complets qui doivent exister dans la houille et donner les produits obtenus.
- Influence de diverses substances sur la germination des graines. — Il est quelquefois d’usage en agriculture, pour conserver les graines ou les mettre à l’abri des parasites, de leur faire subir un trempage dans les solutions de divers sels ou de les soumettre à l’action des vapeurs de différentes substances. Cette pratique ne doit être employée qu’à bon escient, car si certains corps sont susceptibles d’accélérer la germination, d’autres par contre peuvent la retarder ou même l’empêcher complètement. C’est ainsi que l’action des sels neutres des métaux alcalins sur les graines est remarquable; déjà les solutions de chlorure de potassium à o,25 pour 100 empêchent la germination; il en est de même avec les nitrates à 0,1 pour 100. Les sels de rubidium sont peu nocifs; ceux de cæsium et de lithium le sont beaucoup. Cette action nuisible est probablement due à une réaction sur les matières protéiques du protoplasma. Ce sont les racines, trempant dans la solution saline, qui sont le plus fortement atteintes par les substances toxiques. Au contraire, la germination est. accélérée par des doses très faibles de sulfate de cæsium, de lithium et de rubidium, ne dépassant pas respectivement 0,01, o,o5 et 0,2 pour 100. Le sulfure de carbone, le bichromate de potassium, de
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- sublimé corrosif, le sulfate de cuivre^ l’aniline accélèrent aussi la germination à des doses variables, mais toujours excessivement faibles.
- La production du radium dans les montagnes rocheuses. — On sait qu’un richissime Américain, qui entend garder l’anonymat,, a promis de consacrer une somme de ^5 millions de francs à la création de vingt radium hospital-s dans les principales villes des Etats-Unis. De son côté, le gouvernement américain ne reste pas inactif. Il vient de choisir à Denver (Colorado) un terrain où sera édifiée une usiné spéciale pour le traitement de la carnotite et l’extraction du radium. L’établissement sera dirigé par des savants réputés, sous le contrôle du gouvernement. D’importantes subventions, versées par le National Radium Institute et par de riches philanthropes, assureront son fonctionnement. Denver deviendra avant peu le principal centre de production du radium dans le monde entier. A ce propos, signalons la découverte d’importants gisements de carnotite à la base du mont Pisgah, près de Mauch-Chunk (Pennsylvanie). Après analyse d’échantillons, le Dr Edgar T. Wherry, géologue du National Muséum de Washington, a déclaré que la teneur de ce minerai était de 2 pour ioo d’oxyde d’uranium.
- Les effets de la pression atmosphérique sur une conduite d’eau. — Le grand aqueduc qui amène à la ville de Los Angeles (Nouvelle Californie) les eaux de la Sierra Nevada vient d’être victime d’un curieux accident. Cet aqueduc (Voy. n° 2098) est constitué par une gigantesque canalisation de 420 km de long, de 3 m. de diamètre, tantôt en acier, tantôt en ciment armé. L’accident
- Fig'. 1. — La conduite de Los Angeles écrasée par la pression atmosphérique à la suite d’une déchirure.
- s’est produit en février dernier dans la partie basse du siphon qui traverse la vallée de l’Antilope. A la suite de fortes pluies, deux des piliers en ciment armé, qui supportent le siphon en cet endroit, s’affaissèrent, minés par les eaux. Il en résulta une déchirure du siphon; celui-ci était en charge à ce moment. L’eau s’écoula rapidement à travers l’orifice ainsi formé, faisant le vide derrière elle. On vit alors l’énorme conduite s’écraser, en prenant la forme d’U indiquée par notre figure reproduite d’après
- Scientific American^-Tépaisseur de la paroi d’acier variait cependant entre 0,9 et 0,6 cm. Mais la pressiou atmosphérique qui n’était plus contre-balancée par celle de l’eau à l’intérieur de la conduite eut aisément raison de la
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- Fig. 2. — I. La conduite après l'écrasement ; — II. Forme elliptique prise sous l’effet d’une- pressiou de o m. 60 à o m. 90 d’eau; — III. Forme prise sous une pression do 3 m. d’eau; — IV. Forme Anale : la conduite retrouve sa rotondité sous une pression de à-i m. d’eau.
- résistance de l’acier, et le cylindre métallique céda comme un simple cylindre de caoutchouc. Les ingénieurs américains pour remettre en état la conduite endommagée eurent recours à un procédé d’une originale simplicité. On commença naturellement par remplacer les tôles à l’endroit de la déchirure et dans quelques régions de la conduite où le métal avait été sérieusement détérioré. On reconstruisit les piliers de support. Il restait à rendre à la conduite sa forme circulaire ; s’il eut fallu le faire à main d’homme, c’eût été un travail de géant, en fait impraticable dans la région déserte où l’accident est survenu. Mais le mal qu’avait causé la pression atmosphérique put être réparé par la pression hydraulique. On rétablit la circulation de l’eau dans l’aqueduc, à une pression d’abord faible et ne dépassant pas o m. 60 d’eau, puis on l’augmenta progressivement ; la conduite alors se regonfla; elle prit une forme elliptique (voir notre figure) qui alla en s’arrondissant petit à petit. Lorsque la pression arriva à 5o m. d’eau la conduite avait retrouvé sa rotondité primitive. Toute cette réparation ne coûta pas plus de xiooo fr.
- Le tumulus de la Hougue de Vinde, à Jersey. —
- Ce tumulus a déjà été examiné et en partie fouillé, en 1881, par la Société jersiaise (Bulletin n VII, 1882). Il vient de faire l’objet de travaux plus approfondis par MM. R. R. Marrelt et G. F. B. de Gruchy, qui en donnent le compte rendu dans Man (avril 1914* 32). Eu 1881, le tumulus avait environ 1 m. 3o de hauteur : il était composé de terre, reposant sur une surface de niveau plus dure, qui est celle même du milieu avoisinant et qui n’avait pas été atteinte par les fouilles. Les nouvelles fouilles ont mis au jour un cercle extérieur formé d’un mur en moellons d’environ 1 m. de hauteur, et à l’intérieur de celui-ci-un nouveau cercle, grossièrement concentrique au premier, formé de trois arcs discontinus de pierres plates et ayant un diamètre d’environ 3 m. 60. La partie centrale est vide, et l’on n’y a trouvé, outre trois fragments de poterie, probablement récente, que quelques rares éclats de silex, ce qui est d’autant plus remarquable que, dans un rayon d’une centaine de mètres autour du site, le sol en est rempli et indique une industrie du type néolithique. Malgré cette pauvreté de matériel, le tumulus de la Hougue de Vinde offre un doùble intérêt. Il semble d’abord que ce soit le seul connu où l’on ait relevé deux murs concentriques. D’autre part, l’absence de toute trace de dolmen intérieur rend son âge très mystérieux. Les auteurs cités le comparent, notamment quant aux caractères du mur extérieur, avec un certain nombre de monuments analogues, soit à Jersey (les Cinq Pierres; Faldouet), soit en Angleterre (Wick Barrow, dans le Somerset; Ormiegill), soit en Danemark (Asbo) et Norvège ( Jaederen) et concluent, à titre au moins d’hypothèse vraisemblable, qu'il est sans doute du même âge que ceux-ci, c’est-à-dire du début de l’âge de bronze, l'attribution semblant confirmée par le fait qu’il commande une longue vision sur la mèr, situation qui lui est commune avec le site de Wick Barrow et divers sites funéraires Scandinaves de l’âge de bronze.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie
- Laboratoire photographique portatif « Reducta ».
- —- La photographie a de nombreux adeptes. Elle en aurait bien davantage s’il ne fallait pas s’enfermer dans un cachot noir, soit pour charger les châssis, soit pour développer les clichés, et travailler à la lueur souvent insuffisante d’un lumignon rouge ou vert. Opérer au grand jour, dans une pièce ordinaire ou même en plein air, c’est évidemment le rêve cpi’ont fait la plupart des amateurs, et, pour le réaliser, une foule de combinaisons ont été proposées. Il existe actuellement des appareils fort bien compris dans lesquels le développement s’effectue automatiquement, en un laps de temps déterminé ; malheureusement, ils ne permettent pas de surveiller la venue et l’intensification des images. Si l’on tient à contrôler l’action du révélateur, on pourra faire usage de bains inactiniques, tels que ceux que l’on pré-
- verres rouges permettant d’examiner le cliché par transparence. La boîte inférieure contient trois cuvettes verticales en nickel, de capacités inégales (fig. 3). La plus petite est destinée au développement, la seconde au lavage, la troisième au fixage. Cette dernière est divisée en 6 cases. Ces trois cuvettes sont contenues ensemble dans une caisse qui peut se déplacer dans la boîte, de l’avant vers l’arrière, sous l’impulsion d’une tige métallique horizontale qui se prolonge à l’extérieur de l’appareil.
- Le châssis étant introduit dans le compartiment supérieur (fig. 4), l’opérateur ferme la petite porte, passe ses bras dans les manches opaques et extrait la plaque (fig. 5) qu’il place dans un cadre en nickel ou châssis-plongeur (fig. 6) soutenu par une tige verticale prolongée à l’extérieur. La plaque se trouvant alors dans la chambre d’observation, l’opérateur ferme une porte qui sépare les deux compartiments supérieurs, et sort les I mains dxi manchon.
- pare avec le chrysosulfite. Seulement, si cette solution permet de pratiquer le développement en lumière acti-nique, elle ne dispense pas du laboratoire obscur pour charger les châssis.
- Les boîtes-laboratoires satisfont mieux aux conditions requises, et l’on en a construit de nombreux modèles, dont la plupart ne se distinguent les uns des autres que par d’insignifiantes variantes. Deux ouvertures rondes pratiquées sur les côtés de la boite sont munies de manches en étoffe opaque, dans lesquelles l’opérateur passe les bras. Deux fenêtres à verres rouges permettent d’apercevoir l’intérieur. On introduit d’abord, par une petite porte, les cuvettes, les flacons, les châssis. Le photographe reste en pleine lumière, et ses mains seules pénètrent dans le laboratoire. Des bracelets de caoutchouc, serrant les manches autour des poignets, empêchent toute infiltration de lumière.
- L’appareil Reducta offre plusieurs particularités intéressantes. Replié pour le transport (fig. i), ses dimensions se réduisent à 27 X 25 X i5 cm pour les plaques 9X12 ou le format stéréoscopique 6 X id. Déplié (fig. 2), il se compose de trois compartiments superposés. Le premier est muni d’une porte par laquelle on introduit le châssis et de deux manches en étoffe caoutchoutée; le second, dénommé chambre d'observation, est percé de deux ouvertures garnies de
- Pour immerger la plaque, il n’y a qu’à abaisser la tige verticale. Il faut toutefois s’assurer que le châssis plongeur se trouve exactement au-dessus de la cuvette contenant le révélateur. A cet effet, des traits de repère sont gravés sur la tige horizontale (fig. 7}. Pour contrôler le développement, il suffit cle faire remonter la plaque dans la chambre d’observation et de regarder à travers les verres rouges (fig. 8).
- Quand le négatif a acquis l’intensité suffisante, on amène sous la plaque la seconde cuvette, en déplaçant la tige horizontale jusqu au second trait de la graduation, et l’on abaisse la tige verticale. Le lavage terminé, on remonte la plaque, et l’on amène en dessous l’une des 6 cases de la cuvette de fixage. Chacune de ces cases correspond à un repère tracé sur la tirette horizontale. On appuie alors sur la tige.verticale, mais elle ne s’abaisse que très peu : la plaque se dégage du cadre et tombe seule dans le fixateur. On remarquera, en effet (fig. 9), que la plaque n’est soutenue à la base du cadre que par deux crochets à ressorts. Les cuvettes de développement et de lavage sont assez larges pour laisser librement passer les leviers latéraux de ces crochets ; mais la cuvette de fixage n’a pas la même largeur ; ses parois font relever les leviers des crochets qui s’écartent en libérant la plaque. On évite ainsi tout contact du châssis-plongeur avec l’hypo-
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- sulfite, ce qui permet de procéder immédiatement au développement d’un autre cliché.
- On peut développer de la sorte 6 plaques successivement, sans avoir à démonter l’appareil.
- Si, entre deux développements, on désire retirer du bain d’hyposulfite une plaque que l’on juge fixée, il suffit de tirer complètement à soi le groupe de cuvettes et de soitlever un couvercle qui donne accès à la cuvette de fixage.
- 11 va sans dire que l’appareil se prête également au chargement des châssis; le compartiment supérieur est alors seul utilisé. — Ce laboratoire, portatif est construit par la Société anonyme « Reducta », 109, rue de Lille, à La Madeleine-lez-Lille.
- 'Batellerie
- ' Traction des bateaux sur les canaux et rivières navigables (système Bélètre). — La traction mécanique des bateaux sur les canaux est une question importante qui, depuis ' longtemps, préoccupe le monde industriel. Divers systèmes de traction, tels que la traction électrique par trolley, celle par câbles mobiles ne semblent pas avoir résolu le problème d’une manière complète, En principe, en effet, un bateau doit pouvoir aller avec ses propres moyens partout où sa destination l’appelle. Il semble donc que c’est aux bateaux ayant
- leur énergie à bord qu’il y a lieu d'avoir recours. Mais, jusqu’ici, les bateaux dont l’énergie est à bord sont tous munis d’une hélice fixe placée à l’arrière. Or, pour obtenir un bon rendement de cette hélice, celle-ci doit être placée dans une profondeur d’eau suffisante et dans beau vive. Lorsque le bateau marche à vide, l’hélice se trouve alors dans de bonnes conditions de fonctionnement, mais lorsque celui-ci marche en charge cette même hélice, étant donné le peu de profondeur des canaux, rencontre les obstacles du fond du canal et au lieu de tourner dans l’eau vive tourne dans les tourbillons produits par les remous; d’où mauvais rendement de l’hélice et danger de rupture des ailes de celle-ci. Afin d’obvier à cet inconvénient, la solution du problème consiste donc à trouver un dispositif permettant d’abord de rendre automoteur tout bateau à traction animale, en supprimant les chevaux et, ensuite, à faire que l’arbre de l’hélice puisse être remonté ou descendu à volonté, c’est-à-dire être placé dans n’importe quelle position permettant d’éviter tous les obstacles du fond du canal et tourner.dans l’eau vive. C’est ce problème que M. Bélètre, ingénieur constructeur au Guétin (Nièvre), a cherché à résoudre au moyen du dispositif que nous allons décrire brièvement. En principe, ce dispositif consiste à rendre le gouvernail à la fois propulseur et directeur et à munir celui-ci d’un arbre d’hélice à point d’immersion et à incidence variable.
- Le gouvernail (voir fig.) représenté en A. B est un moteur électrique à axe vertical a, lequel attaqué l’arbre d’hélice: C au moyen de.la vis tangentiellé d. E et F sont deux joints cardan permettant î’incidence variable de l’arbre de l’hélice c, soit pour éviter les obstacles du plafond du canal, lorsque le bateau est en charge, soit pour faire prendre de l’eau à l’hélice g lorsque le bateau est à vide. Ces deux joints E et E permettent de relever Tarbre C de l’hélice g verlicalemeirt lors du
- passage des bateaux aux écluses. Un vis hélicoïdale h surmontant un arbre I, traversant les colliers K fixés au bateau, permet de faire monter ou descendre le gouvernail A rendu solidaire de l’arbre I parles crochets L. La vis H se manœuvre au moyen de l'écrou m placé sur l’arbre I.
- La montée ou la descente de la vis élevant ou abaissant le gouvernail A et, par suite, l’arbre C de l’hélice g, fait soit remonter cette dernière lorsque le bateau est en charge pour lui faire éviter les obstacles du plafond du canal, soit descendre cette hélice g pour lui faire prendre de l’eau lorsque le bateau est à vide.
- Un arc m permet de maintenir le support P de l’hélice g horizontalement ou verticalement au moyen des trous O et d’une cheville en fer q, pénétrant dans le support-étrier de l’arc m. Les trous O de l’arc m permettent, en outre, de donner à l’hélice g l’incidence que l’on désire. Un câble d’acier Y s’enroulant sur un treuil monté sur la béquille S du gouvernail A permet de remonter le support P de l’arbre C. de l’hélice g.
- L’energie nécessaire au moteur électrique B du gouvernail est fournie par un groupe éleclrogène dont la force motrice est produite par un moteur Diesel à huile lourde.
- Telles sont les caractéristiques principales du système étudié par M. Bélètre. Des essais doivent être faits prochainement sur un bateau actuellement en constructeur et nous nous proposons d’y revenir lorsque les résultats nous seront connus. R. Boxxix.
- Objets utiles
- Cuiller épluche-fraises. — Avec la saison des fraises, les amateurs éprouvent souvent l’ennui d’être obligés de les équeuter eux-mêmes. On se salit les doigts, on écrase la fraise et, finalement, la queue ne se
- La Cuiller épluche-fraise.
- détache pas! Pour éviter ces désagréments, servez-vous de la cuiller épluche-fraises. C’est une découverte presque merveilleuse : une cuiller à café en nickel, plaqué argent, à l’extrémité de laquelle on a inventé un trou. Vous engagez délicatement la fraise dans la cuiller, comme l’indique notre figure, et vous tirez non moins
- Comment on se sert de la cuiller pour préparer les fraises.
- délicatement sur la queue du fruit. Avec un peu d’habitude, on arrive très bien à dépouiller la fraise de son ornement. Cependant si elle ma pas atteint un degré de maturité suffisant, la queue se casse, comme dans la méthode ordinaire, mais on ne se salit pas les doigts.
- La cuiller épluche-fraises est en vente chez MM. Kir-by-Beard et Cio, 5, rue Auber, à Paris, au prix de 2 fr. 5o.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE j
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur en juin 1914, par M. Ch. Dufour.
- La pression barométrique moyenne ySymm,9 est sensiblement normale.
- La température a été généralement basse du 1" au 24, période pendant laquelle les moyennes diurnes sont presque constamment inférieures à leurs normales, les écarts atteignant 5° le 7 et 70 le 8 et le 9. Le minimum absolu 40!1 s’est produit dans la nuit du 9 au iov. La température devient supérieure à la normale le 26 et les moyennes diurnes s’élèvent progressivement jusqu’au 3o où l’excès sur la normale est de 5° et où l’on observe le maximum absolu 3o°,2. La moyenne mensuelle i5°,5 est inférieure de i° à la normale de juin.
- Le rapport de la hauteur totale de pluie 77mra,o à la normale 58,6 est de i,3i. Il y a eu il jours de pluie dont 6 d’orage. L’orage du i5 juin, qui a duré la plus grande partie de l’après-midi, a fourni à Saint-Maur 3 5“ "",7 de pluie.
- Pression barométrique (Alt. 5o"',3). — Moyenne des 24 heures : 757“"“,92 ; minimum absolu : 744mm>9 le 8 à i6h3om; maximum absolu : 766""",7 le 25 à 7 heures.
- Température. — Sous l’abri. — Moyennes : des mi-niina, io0,og; des maxima, 2i°,i2; des 24 heures, i5°,46. Minimum absolu : 4°.1 le 10; maximum absolu : 3o°,2 le 3o. Amplitudes diurnes : moyenne, n°,o3; la plus élevée, 17",8 le 10; la plus faible, 40,1 le i3. Sur le sol gazonné. — Moyennes : des minima, 7°,62; des maxima, „ 4ܰ>17- Minimum absolu, o°,o le 9; maximum absolu, 4g°,4 Ie 3°. Dans le sol gazonné. — Moyennes du mois (prof. om,3o) à 9 heures : 15°,47 ; à 21 heures : i5°,82; (prof. on,,65) à 9 heures : 14°»77 î à 21 heures : i4°>78; (prof. 1 m.) à 9 heures : 13°,99; à 21 heures : i4°,02. De la Marne. — Moyennes : le matin, 170,27; le soir, i7°,66; minimum ; i4°,88 le 2; maximum : 2i°,96 le 3o.
- Tension de la vapeur. — Moyenne des 24 heures : 9"im,67 ; minimum : 5mm,4 Ie 10 à 17 heures; maximum : i6mra,o le 3o à 22 heures.
- Humidité relative. — Moyenne des 24 heures : 75,7. Minimum absolu : 3o le 10 à 16 heures et à 17 heures; maximum absolu : 100 à 7 dates différentes.
- Nébulosité. — Moyenne du mois (6 h. à 21 h.) : 5,12. Il y a eu 2 jours complètement couverts le Ier et le 16 et 3 jours entièrement clairs les 28, 29 et 3o.
- Insolation. — Durée possible : 481 heures ; durée effective : 224 heures en 27 jours; rapport : 0,47.
- Pluie. — Total du mois : yjmm,o en 24\6. Maximum en 24 heures : 35mm,y le i5.
- Nombre de jours : de pluie, i3; de pluie appréciable (supérieure ou égale à o'"m,i) : i3; de pluie supérieure ou égale à imm : 9 ; à 5mm : 3; à iomm : 3; à 20mm : 1 ; à 3omnl : 1; d’orage: 6; d’éclairs seuls: 1; de rosée: 25; de brume: 12; de halos (solaires): 3.
- Fréquence des vents : calmes, 5o.
- N • * • 112 S. E. . . . 18 W . . . ' i3
- N. N. E I 52 S. S. E. . . 2 2 W. N. W 11
- N. E. . . I 23 S 16 N. W. . i5
- E. N. E 38 S. s. w . . 45 N. N. W 22
- E i5 s. w. . . . 3o
- E. S. Ê 11 w. s. w . 27
- Vitesse du vent en mètres par seconde. — Moyenne des 24 heures : 2m,55; moyenne diurne la plus élevée : 4m,6 le 5 ; la plus faible : om,7 le 18. Vitesse maximum : 9™,8 le iGr à i3h 55”; direction correspondante : N*
- Hauteur de la Marne.. — Moyenne du mois : 2m,58; minimum : 2m,9.8 le 8 ; maximum : 3m,4° le 17.
- Comparaisons aux valeurs normales. — Pression :
- — omm,i6; température : —if),o6; tension de la vapeur :
- — omra,37; humidité relative : 4- 2,4; nébulosité : —o.,6;
- pluie : i8mm,4; jours de pluie appréciable : o; inso-
- lation : — 3 heures.
- Electricité atmosphérique. — Moyenne -générale (17 jours): 45 volts; moyenne diurne la plus élevée : 68 volts le 6; la plus faible : 23 volts le 2. Moyenne des 14 journées où le potentiel est resté constamment positif et où l’on n’a, en outre, observé ni précipitation, ni manifestation oi'ageuse : 4b volts ; moyenne diurne la plus élevée : 68 volts le 6; la plus faible : 33 volts le 18; amplitude diurne correspondante : o,38; amplitude nocturne : 0,61.
- i. Radiation solaire. — 9 observations ont été faites à 9 dates différentes. La valeur la plus élevée ï°“l,2'3 a été obtenue le 10 à nh2im.
- Taches solaires. — On a suivi 2 groupes de taches en 23 jours d’observation. Le Soleil a paru dépourvu de taches du 2-6, le 8, le 14 et du 22 au 3o.
- Perturbations magnétiques. — Faibles le 19 et le 26; modérées 26-28; forte le ier.
- Mouvements sismiques. Ces mouvements nombreux, mais généralement peu importants, peuvent être classés comme suit : I. Le 2a, début à igh 2i“3s, ph. pie. de 191’56m à 201'26“ ; fin 24 heures (A—g5oo km). IL -— Le 20, début à 7'* 391” 44s> ph. pie. de 8h 36m à 8h 5om, fin après ioh4om; le 26, début à 5h9m52s, ph. pie. 6h 6m à 6h 2201, fin 8h5om. III. — Faibles mouvements : le 2, début à 2i''59mi.4% ph. pie. 22hi8m à 22h 26ra, fin 23ll5m; le 4> début à x51' 58m 17“, fin i7h5m; le 7, de i6h 5ora à i7h25ra; le 8, ph. pie. de ioh iym à ioh 28“, fin ith3om; le 14, de i4h 55m à îS1^”; le 18, début 211' 4m 17% ph. pie. 2ih5om à 22ll6m, fin 23h iom; le 19, début oh 1 im 25% ph. pie. oh 18m à oh 27“*, fin oh 5o™ (A = 2800 km); le 19, de 7h43hl à S^ io™; le 20, début io’'-43,n 5-i’, ph’. pie. 11h 4om à i2h5m,fin i3h iom ; 20-21, début.231' 55™ 18% ph. pie. oh 57” à ih iom, fin ah 55'n ; le 22, ph. pie. de i7''4tm à i8ll3m, fin 19 heures; le 23, début 3h48!n 32% ph. pie. 4h iom à 4h 2im, fin 5hiom; le 23, de Ù
- 6ll52m; le 3o, début 8h i3™ 5*, ph. pie. 9'* 11“ à g1' 38’", fin ioh4om; le 3o, de i6h44m à i7h3om. IV. (Très faibles mouvements). Le 1e1', de 211 53m à 3h 20“ et de x711 20m â i7h35ra; le 2, de i8,l25m à i8h35m; le 3,' de 7h 3om à 8h iom; le 6, de 5h 9“ à 5h 35m ; le 9, de 6h i3m à 6h25m; le 16, de g1* 5om à 911 58m; le 17, de g1* 701 à gh25m; le 19, de 2h 8m à 2h igm; de 3h 17"' à 3h 21” et de 5h iom à 5h 14mî le 22, de 5,l4om à 5h 55m; de g1’ 3“ à gh 35“ et de 14 heures à i4h'25m; le 24, de 2h58m à 3h iom; le 26, début à 3h 3om, fin vers 5 heures; le 26, de i3h5im à i5 heures; le 27, de 2h 32m à 3h5m; le 28, de i2hi8m à i3K25m; le 3o, de o heure à oh 25"'.
- Floraisons. — Le 2, érigeron; le 3, dentzia scabra; eschscholtzia ; le 5, morelle ; le 7, hemerocalle fauve; le 9, melilot; le 11, chrysanthemum parlhenium; le i3, galega; le 15, lychnis, jasmin; le 17, delphinium vivace; le 18, lavande; le 19, sumac de Virginie; le 21, bourrache, pavot, vigne; le 23, souci, troène; le 24, tilleul commun; le 26, pois vivace; le 27, lis, clématite; le 29, chrysanthème des lacs. _ lA
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- L’hygiène des vacances. — I. Le vêtement, ;—
- L’époque des vacances est celle du repos ; c’est le moment tant attendu du délassement intellectuel, de la détente physique, dont notre organisme, trop souvent surmené, a besoin pour se réparer. La campagne, pour la plupart d’entre nous, c’est la grande source de santé où nous allons puiser une réserve de force pour toute l’année à venir.
- Mais pour que nos vacances soient pleinement profi-
- tables, il faut que nous nous y organisions une vie nouvelle, différente de celle de la ville, "plus simple, plus saine, que nous profitions au mieux du soleil' et du" grand air, et aussi que nous prenions quelques précautions contre les inconvénients possibles de la chaleur.
- Parlons d’abord des vêtements. Bien qu’ils soient du domaine de la mode et que contre le vrai, et même le faux chic, il soit souvent bien difficile de lutter, même au nom de l’hygiène et du bon sens, nous rappellerons
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- les quelques conseils qu’il ne faut pas oublier en s’habillant.
- La laine a le grand avantage d’être un parfait isolant; elle conserve au corps sa température, qu’il fasse extérieurement froid ou chaud. C’est une erreur de croire comme on le fait trop souvent qu’elle n’est pas supportable en été; les Arabes nous prouveraient que le climat saharien n’est pas incompatible avec le burnous de laine. La laine se mouille plus lentement que les autres tissus et, mouillée, ne colle pas à la peau. C’est dire qu’en beaucoup de cas et surtout lorsque nous vivrons sous un climat très variable ou que nous noxis livrerons par moments à des efforts violents, la laine devra avoir notre préférence tant pour le linge de corps que pour les vêtements de dessous.
- Malheureusement, si la laine ne se laisse que lentement traverser par l’humidité extérieure, elle ralentit aussi l’évaporation de la sueur; de plus, elle coûte cher, s’use assez vite et se lave difficilement. Aussi la toile, le cçton, la soie seront-ils plus agréables l’été si l’on mène une vie tranquille dans un endroit où la température ne varie pas trop.
- Un mot du vêtement de dessus, pardessus ou pèlerine destiné à nous protéger de la pluie. Le caoutchouc et les tissus caoutchoutés ont l’avantage d’être très légers et rigoureusement imperméables ; mais ils sont vraiment trop fragiles et leur imperméabilité devient un défaut puisqu’ils empêchent l’évaporation de la sueur et nous protègent de l’eau extérieure en nous trempant des produits de notre transpiration. Les vêtements huilés présentent le même inconvénient. Les tissus imperméabilisés
- sont de beaucoup supérieurs. On peut hydrofuger soi-même les étoffes de laine et de coton en précipitant sur les fibres du tissu une substance insoluble : les formules ne manquent pas; à celles déjà publiées dans les Recettes de la maison de notre collaborateur M. Chaplet, et ici-même dans le numéro 2115, nous ajouterons les deux suivantes très efficaces : i° le mélange d’alun et d’acétate de plomb ; 20 la gélatine bi-chromatée, qui permettent d’imperméabiliser soi-même le molleton ou le loden dont sera fait le vêtement de dessus.
- On trempe l’étoffe dans 9 litres d’eau contenant i5o gr. d’alun, puis on ajoute au bain i5o gr. d’acétate de plomb ou encore on plonge le tissu dans 10 litres d’eau où l’on a fait dissoudre 5oo gr. de gélatine, puis 10 gr. de bichromate de potasse.
- Des couleurs comme des goûts, dit-on, il 11e faut pas discuter. Cependant il faut bien savoir que les couleurs claires absorbent beaucoup moins les rayons solaires et que les vêlements, quelle que soit la mode, doivent être suffisamment amples : corsets lâches, ceintures peu serrées, cols bas, cravates laissant le cou libre, etc....
- Reste le chapitre des chapeaux. Malgré la mode actuelle de vivre le plus possible tête nue, il est prudent de n’aller au soleil que muni d’une coiffure. Quelle qu’elle soit, chapeau, casquette, béret, etc..., elle devra toujours être légère, bien tenir sur la tête, protéger la nuque et les yeux. Pendant les heures ensoleillées, on pourra placer à l’intérieur un mouchoir ou mieux un morceau de tissu jaune ou rouge qui arrêtera les rayons chimiques et protégera utilement du coup de soleil. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les II faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’agence générale des plaques et écrans Paget est l’établissement H. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, Paris.
- Renseignements. — L. 52, Lunéville. — La préparation des papiers pour la dorure n’étant point du domaine de la petite recette pour amateurs, nous ne pouvons, à notre grand regret, nous occuper de la question. Nous pensons que le papier est recouvert non de métal en feuille, mais d’un produit pulvérulent brillanté par lissage.
- A propos de roses anormales (n° 2145). — M. Henri Deleschaud, chimiste à Comines (Nord), nous signale un rosier de son jardin qui, depuis 4 ans, ne produit que des fleurs anormales du même genre que celle que nous avons décrite. Nous le remercions de nous avoir envoyé une rose dont le centre est occupé par une fleur complète en bouton. D’autre part, M. Couture, architecte à Paris, nous annonce la présence d’un grand nombre de ces roses anormales dans un jardin situé en haut de la route de Châtillon en face du monument commémoratif de 1870. Enfin, notre confrère The Field vient de publier la description et la figure d’une autre rose anormale dont le centre est occupé par un grand nombre de fleurs complètes.
- M. E, A. C., Espagne. — Pour distinguer le camphre naturel du camphre artificiel, le seul moyen bien certain est l’examen polarimétrique : tandis que le camphre naturel est dextrogyre, le camphre synthétique est inactif. — Pour détruire radicalement les guêpes, il faut avant tout trouver les nids, on fait agir là un des produits que vous avez employés (voir les Recettes de la Campagne, p. 207, 3 fr. relié, chez notre éditeur).
- Abonné, à Epernay. — L’eau oxygénée est le seul décolorant pour cheveux pratiquement employé. On utilise le produit officinal à 10 ou 12 volumes.
- Abonné, n° 2573-1290. — Vous pourriez essayer comparativement, pour conserver les oignons, le procédé
- usuel et celui que nous décrivons p. 38 des Recettes de la Maison (1 vol., in-12 coûtant relié 3 fr., chez notre éditeur). Nous n’en connaissons pas d’autres.
- M. Relin, r. Rameau, Versailles. — Si vous parlez de la transformation de cette gélatine en pâte à polycopie, il suffit de la mettre à ramollir quelques heures dans l’eau froide, puis de chauffer au bain-marie en remuant. Si vous parlez de la préparation de la gélatine elle-même, elle est impossible pratiquement à réaliser en petit.
- M. E. A. C., Espagne. — Il n’y a pas d’émail pour fonte résistant à tous les acides et à tous les alcalis. Mais on fait pour les arts chimiques des émaux bien plus résistants aux acides que ceux des casseroles. Adressez-vous à un spécialiste tel que De Dietrich et C", 37, boulevard Magenta, Paris, en indiquant nature, concentration, température des substances auxquelles devrait résister l’émail.
- M. A. R., Aix-en-Provence.— Le fait de la prétendue germination de grains de blé trouvés dans des sarcophages égyptiens est bien venu à notre connaissance, à l’époque où on en parla, mais nous ne saurions, à cet égard, vous dire rien de positif, d’abord, parce que, personnellement, nous n’avons pas été à même de contrôler ces dires, en suivant les essais auxquels vous faites allusion, et, ensuite, par la raison qu’il paraît bien impossible, matériellement, que la germination se soit produite après tant d’années. Il faut considérer, en effet, que le blé ne conserve ses facultés germinatives que pendant deux ou trois années, normalement ; à la troisième année, un grand nombre de germes ne se développent pas et, à la quatrième année, la germination est presque nulle. Quoique la durée de la faculté germinative n’ait pas de terme bien fixe, et qu’elle soit susceptible de variation suivant le mode de conservation employé, il ne nous paraît pas douteux que les grains trouvés dans les sarcophages égyptiens n’ont pu germer, qu’il s’agissait de grains de blé récoltés récemment et qui leur avaient été substitués; l’opinion des hommes compétents était, d’ailleurs, qu’il ne fallait pas ajouter crédit à cette assertion.
- T. S. P.
- Communications. — M. A. Carpentier nous signale .un procédé ingénieux pour remédier aux inconvénients
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- du déréglage du détecteur à cristaux sur lequel le moindre choc exerce une action fâcheuse. « Suspendez le détecteur par deux élastiques et reliez les deux bornes à celles du poste par deux fils de petit diamètre enroulés en spirales ou par deux lils souples et vous obtiendrez un appareil sur lequel les chocs et les plus fortes trépidations demeurent sans effet. On peut encore se servir de deux conducteurs enroulés en spirale comme organe de suspension; les élastiques deviennent alors inutiles. »
- M. Fred. Bnbled, à O.-L. — L’antenne verticale est certainement la meilleure, mais vous obtiendrez également de bons résultats avec une antenne horizontale si vous pouvez la diriger dans la direction des ondes.
- La distance du mur n’a pas grande importance, l’essentiel est que chaque fil du rideau que vous constituerez soit bien isolé de ce mur. Prenez du fil quelconque, 5 dixièmes de millimètre par exemple, mais si vous devez en acheter spécialement pour votre antenne, nous vous conseillons du câble. Votre système e- registreur ne peut fonctionner parce que votre index liquide aura toujours une inertie qui l’empêchera de sentir les vibrations téléphoniques ; il ne bronchera que dans les grandes occasions et dans ces cas, même, il ne se déplacera pas, tout au plus sera-t-il affecté, sur sa face opposée à la plaque vibrante, d’un très léger frémissement imperceptible.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- La fabrication mécanique des tonneaux : Georges Lanorville. Photographies en couleurs pouvant être reproduites, le procédé Paget : André Breton. — Bizerte : Paul Miramil. — Académie des sciences : Cm. de Villedeuil. — Heurtoir glissant à freinage : R. Bonnin.
- Supplément. — La séparation de l’oxygène et de l’azote do Pair au moyen du « plomboxano ». — La cristallisation par diffusion. —-Préparation de l’hydrate de ter colloïdal. — Perfectionnement dans l’industrie sucrière exotique. — Le lait congelé et le transport à longue distance, etc.
- F année Psychologique, publiée par Henri Piéron. 20e année (1914), in-8“ xii-545 p., avec figures et planches. Masson, éditeur, Paris. Prix : i5 fr.
- Ce nouveau volume, que M. Piéron présente au pu-• blic scientifique surtout comme un instrument de travail, contient une documentation très complète : dans les 433 travaux qui font l’objet d'analyses bibliographiques, classées de façon rationnelle, on trouvera tout ce qui, dans la production d’une année, a présenté, au point de vue psychologique, un intérêt réel.
- Ce volume’ contient également un certain nombre de Mémoires originaux : la Perception des mouvements rectilignes de tout le corps, par B. Bourdon; Recherches sur les lois de variation des temps de latence sensorielle, par H. Piéron; Etudes sur l’exercice dans le travail mental, par M. Foucault; l’Atten tion chez un petit enfant, par E. Cramaussel; Epreuve nouvelle pour l’examen mental, par O. Decroly; Recherches topographiques sur la discrimination tactile, par A. Toltchinsky.
- A côté des Mémoires originaux, et en dehors de la Chronique, M. Piéron a fait place cette fois, sous le titre de Notes et Revues, à de petites études expérimentales, à des observations critiques, à des revues bibliographiques, Unîtes servant à la documentation, propres à donner plus de vie à l’ouvrage en alimen-mentant les discussions.
- L’Année Psychologique de 1914 ne le cède donc en rien aux précédentes ; l’ensemble de l’ouvrage est une mine d’abondants matériaux pour les psychologues, neurologistes, psychiatres, pédagogues, philosophes et en général tous ceux qui veulent penser.
- Les câbles télégraphiques et téléphoniques, par Stille, traduit de l’allemand par E. Picault et E. Montoriol (Bibliothèque des Annales des Postes et Télégraphes). 1 vol. illustré 348 p., i5p fîg. Béranger, éditeur, Paris 1914- Prix : 25 francs.
- M. Stille explique, en détail, comment l’on fabrique aujourd’hui, selon les procédés les plus perfectionnés, les câbles électriques qui servent à la transmission sous-marine des télégrammes, qui constituent les réseaux souterrains téléphoniques, et ceux de distribution d’énergie. Il indique aussi comment on les utilise. Ce livre présente les qualités essentielles des bons ouvrages techniques : compétence, précision et concision.
- Téléphonie. Extraits de Telephony, par Abott, traduit par G. Gilles, ingénieur des P. T. T. (Biblio-
- thèque des Annales des P. T. IV), 1 vol. in-8°, 120 p.,
- 155 fig. Geisler, éditeur, Paris, igi3. Prix : 4 francs.
- Livre théorique exposant les bases rationnelles d’une bonne exploitation téléphonique. Il est agréable de constater que nos ingénieurs d’Etat font actuellement tin gros effort pour s’assimiler les méthodes des Américains, les maîtres incontestés de la téléphonie.
- La Soie au point de vue scientifique et industriel, par
- L. Vignon, et J. Bay, in-16, 43‘a p., 101 fig. Prix : cartonné, 5 francs. Librairie Baillière, Paris.
- La culture du, mûrier et l’élevage du ver à soie pour produire le cocon et assurer en même temps la reproduction du ver; lé ver, la chrysalide et le papillon sont successivement étudiés ; viennent ensuite les maladies du ver à soie, puis le triage et le dévidage des cocons.
- L’étude physique et chimique de la soie grège; le mourinage ; les déchets de soie et l’industrie de la schappe ; . les soieries; essais, conditionnement et titrage ; la teinture ; le tissage.; finissage des tissus ; impression; apprêts; classification des soieries; l’art dans l’industrie; des soieries; des documents statistiques sur la production des soies et soieries sont ensuite décrits et terminent l’ouvrage.
- Les Etats-Unis et la France, par E. Boutroux, P.-YV. Bartlett, J. M. Baldwin, de l’Institut, L. Bénédite, W.-Y.-R. Berry, d’Estournelle de Constant, Louis Gillet, D.-J. PIill, J.-H. Hyde, Morton Fullerton> in-8°, 18 planches hors texte, 5 francs. Librairie Félix-Alcan, Paris.
- (Bibliothèque du Comité France-Amér;que). Étude des rapports historiques, artistiques et sociaux des-Etats-Unis et de la France. M. Boûlroux a écrit un chapitre sur la pensée américaine et la pensée française ; — M. James Hyde une histoire des relations-des Etats-Unis et de la France de 1776 à 1913 ; — MM. Louis Gillet, Léon Bénédite, Paul Bartlett ont traité les questions d’architecture, sculpture et peinture aux Etats-Unis, en relations avec l’influence française ; — la société américaine et la société française, par M. Walter Berry; la vie publique et sociale aux Etats-Unis, par le baron-d’Estournelle de Constant; l’idéal américain ét l’idéal français, par
- M. Baldwin; — M. Morton Fullerton et l’ambassadeur Hill exposent la politique des Etats-Unis et la politique française et l’avenir des relations entre les deux pays, l’ouverture du canal de Panama.
- Un hivernage dans VAntarctique, par le Dr E. Gourdon, membre de l’expédition Charcot. In-8°, 100 p. G. Stein-heil, éditeur, Paris. Prix : 3 francs.
- En sa qualité de médecin, le savant compagnon de?-J. Charcot a pu faire l’expérience dé tout ce qui intéresse la santé et le bien-être de Pexplorateur arctique. On en trouvera la preuve en lisant ces causeries pleines d attrait.
- Tables des carrés-cubes, racines carrées, racines cubiques et inverses de tous les nombres entiers de 1 à 10000, par Barlow, i vol. 200 p. Béranger, éditeur, Paris, 1913. Prix : 5 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La téléphonie privée, par A. Soulier, i vol. illustré, 204 P-i Garnier frères, éditeurs, Paris, igi3. Prix : 2 francs.
- On trouvera dans ce livre l'explication claire du mécanisme d’un poste téléphonique moderne et les plus utiles données sur la façon de le monter et d’en tirer parti. •
- Some Desert Flowers collecled near Cairo, par Mrs Grâce M. Crowfoot. In-8°, 35 pl. Finck et Baylaender, éditeurs, Le Caire. Prix : 7 fr. 5o.
- Bel atlas des piaules les plus communes des environs du Caire, montrant bien leur adaptation à la sécheresse. Les planches sont précédées d’un court exposé de la biologie particulière de ces végétaux.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur
- altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 juillet 1914. 17°,6 S. S. E. 2. Pluie. 4,8 Couvert; pluie à diverses reprises.
- Mardi 21. . . . . . 15°.1 S. S. E. J. Couvert. 1,4 Très nuageux ; orage et pluie le soir.
- Mercredi 22 . . . . 17°,9 N. N. W. 1. Pluie. 11.6 Pluie de 6 h à 7 h 45. de 11 h. 50 à 50, île 19 h. 53 à 24 11.
- Jeudi 25. . . ... 13° 1 N. VV. 5. Très nuageux. 0,4 Pluie à J h. 15; brume; 1res nuageux.
- Vendredi 24 . . . 15°. 5 W. 5. Couvert. 0,4 Très nuageux; pluie à 6 h 40-45.
- Samedi 23 13°. 0 S. W. 3. Couvert. 7,5 Pluie de 3 h. 10 à 5 h. 3‘). de 7 li. 10 à 30 et l'après-midi; nuageux.
- Dimanche 26 ... . 14°,4 ' W. S. W. 3. Très nuageux. Presque couv. ; orage de 9 h. à 9 li. 30; pluie à diverses reprises.
- JUILLET 1914. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 JUILLET 1914.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé général d’après les bulletins
- Du 17 au 22 juillet. — Mente situation qtte la veille. Pluies dans-le N., le Centre et le W. de l’Europe. En Béance : Lyon, 5 mm; Besançon, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Belfort et Moscou, 120; Paris, i4; Brest et Boulogne, 16; Marseille, 19; Brindisi, 3a. — Le 18. Dépressions persistent sur les Iles-Britanniques et le S.-E. La pression baisse dans le S.-W. en restant supé-rieure à 760 dans nos régions. Beau temps en F'rance. Temp. du matin : Spitzberg, 3°; Charleville, 16; Paris, Lyon et Brest, 17; Saint-Pétersbourg, 19; Marseille, a3 ; moyenne à Paris : i7°,7 (normale i8°,4). — Ze 19. Lg pression devient basse sur toute l'Europe. Dépression au W. de l’Irlande (Valentia ; 7I2 mm). Pluies sur le W. et le N. de l’Europe ; très abondantes sur le W. de la France : pointe Saint-Mathieu, 62 mm; Brest, 35; Biarritz, 29; Limoges, 17. Temp. du matin : Arkhangel, io°; Nancy et Brest, 16; Paris et Toulouse, 17; Marseille, 23; Laghouat, 29; moyenne à Paris : 200 (normale : i8°,5). —. Ze 20. Profonde dépression sur le W; de l’Europe et baisse rapide ; Brest, 742 mm. Pression basse sur tout le continent. Pluies sur le W., le N. et l’E. du continent. En France : Çlermont-
- du Bureau Central Météorologique.
- Ferrand, 55 mm; Cette, 34; Toulouse, 25; Paris, 3. Temp. du matin : Nantes, i5°; Biarritz, 16; Lyon, 17 ; Paris, 18; Nancy, 20; Alger et Mœmel, 27; moyenne à Paris : i7°,7 (normale : 18°,5). — Le 21. Pression
- basse sur toute l’Europe ; minimum sur le golfe de Gascogne (Biarritz : 753). Autres minima en Islande et Finlande. Pluies sur le W. de l’Europe. Orages en France : Biarritz, 43 mm; Clermont-F’errand, 26: Nantes, 22; Nancy, 18; Paris, 2. Temp. du malin : Clermont-Ferrand, 120; Brest, Bordeaux, Paris, ia; Marseille, 21 ; Alger et Dantzig, 26; moyenne à Paris : 180 (normale : i8°,5). — Le 22. Basses pressions sur toute l’Europe : minima aux Féroé, 751 mm; sur le N. de la France et le golfe du Lion. Fortes pressions au N.-W. de l’Islande et sur les Açores. Pluies et orages sur le N. et le W. de l’Europe. En France : mont Mounier, 164 mm; Dunkerque, 43> Limoges, 20; Charleville, 14; Paris, 12. Temp. du matin : Lyon, Bordeaux, 160; Paris, 18; Marseille, 21 ; Alger, 25; moyenne à Paris : 18° (normale : i8°,5). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 2!, à 2 h. 3g m.
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- LA NATURE
- QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE — 1914
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES
- ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS
- I. - INFORMATIONS.
- Accumulateurs : pour désulfater les plaques................... 42
- Adduction d’eau à Trieste........................................ 42
- — : à San Francisco........................................ 66
- Aéronautique : Salon............................................. 26
- Aéroplane : concours de sécurité.............................. 50
- — : entoilage en pellicules invisibles.................. 50
- — : appareil Langley.................................... 17
- Agriculture sibérienne........................................ 57
- Air : séparation de l’oxygène et de l’azote................... 65
- Alimentation de la ville de New-York.......................... 58
- Allemagne : diminution de la natalité......................... 58
- Alliages çj/argent et d’étain................................. 25
- — — leur vieillissement............... 41
- Archéologie colombienne....................................... 57
- — : découvertes à Rome.................................. 57
- Automobile : grand prix de l’A. C. F.......................... 49
- — : Epreuves militaires d’endurance..................... 55
- Azote : sa luminescence.................................. 17
- Blé : son origine............................................. 26
- Building de luxe.............................................. 65
- Canada : ravages des incendies................................ 57
- Captage d’eau à Trieste.......................................... 42
- Catalyse : influence des corps étrangers sur l’activité des
- catalyseurs................................................ 75
- Celluloïd : pouvoir absorbant pour les gaz.................... 41
- Charbon : sa distillation dans le vide........................ 73
- Chemins de fer européens : statistique........................ 42
- Chronométrie : Société chronométrique de France............... 42
- Cimetière indien au Mexique................................... 18
- Cires à cacheter du moyen âge : leur composition.............. 49
- Colorations de liquides disparaissant à la solidification. ... 53
- Comète Neujmin nouvelle....................................... 57
- Conduites d’eau aplaties par pression atmosphérique .... 74
- Congrès de la houille blanche................................. 58
- Cristallisation par diffusion................................. 65
- Cyanure de potassium : empoisonnement.......................... 49
- Cycles aquatiques.............................................. 34
- Désinfection du sol............................................ 16
- Distillation du charbon........................................ 73
- Écureuil destructeur d’oiseaux................................. 50
- Empoisonnement par le cyanure de potassium.................... 49
- Énergie électrique dans la région parisienne................ 17
- Engrais catalytiques........................................ 41
- Éponges : une invasion d’éponges............................... 26
- États-Unis : les fauves........................................ 58
- Ethnographie colombienne.................................... 57
- Fauves aux États-Unis....................................... 58
- Fleurs à explosion.......................................... 26
- Gallium : présence dans l’eau de mer........................ 25
- Gaz naturel au Canada....................................... 42
- Germination du blé.......................................... 78
- — : iniluenco de substances diverses.................. 75
- Houille blanche : Congres................................... 58
- Hydrate de fer colloïdal.................................... 65
- Hydrologie générale............................................ 26
- Hydropèdes..................................................... 34
- Hydrurc de calcium : emploi pour préparer le radium ... 75
- Incendies au Canada............................................ 57
- Indes : le jeûne............................................... 58
- Insectes : leur destruction .................................. 58
- Jersey : tumulus de la Houguc de Vindc................... 74
- Jeûne aux Indes................................................ 58
- Lait congelé pour le transport................................. 65
- Lampe à filament : sa consommation d’azote..................... 17
- Luminescence de l’azote........................................ 17
- Marine de guerre............................................... 33
- Mer Caspienne : abaissement, de son niveau..................... 26
- Merveilles du monde............................................ 18
- Mexique : cimetière indien..................................... 18
- Miel saharien.................................................. 96
- K)
- Supplément au n* 2152 de La Nature du 26 décembre 1911. -s^j 81 |§H*"
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- HÈ
- MP
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Minerais radioactifs........................................... 41
- Mouche : son vol................................................ 26
- Mouton : bibliographie de son élevage . ..................... 30
- Natalité en Allemagne........................................... 58
- Naufrage de transatlantique . ............................... 17
- Navires : travail produit par action des vagues.............. 25
- — : leurs excès de vitesse............................. 41
- New-York : l'alimentation....................................... 58
- Niveau delà mer Caspienne....................................... 26
- Nuages : détermination de leur mouvement..................... 55
- Oiseaux : destruction par l’écureuil............................ 50
- Ondes hertziennes -: leur danger............................... 17
- Oxygène : pour le séparer de l’azote aérien.................. 65
- Paris : l’énergie électrique dans la région parisienne .... 18
- Pétrole : exploration des gisements............................. 49
- — : et marines de guerre.................................. 53
- — : nouveaux puits au Canada .......................... 42
- Pièges à puces.................................................. 58
- Plomboxane...................................................... 65
- Pluies tropicales............................................... 58
- Pression atmosphérique : effet sur les conduites d’eau ... 74
- Prix décernés par l’Académie des Sciences....................... 66
- Puces : pièges à puces ......................................... 58
- Radioactivité : minerais radioactifs en Espagne............... 41
- Radium : préparation............................................. 75
- — : production dans les Montagnes Rocheuses............. 74
- Raffineries de sucre au Brésil................................ 49
- Rose anormale...........................................42, 78
- San Francisco : adduction d’eau.................................. 66
- Sibérie : agriculture............................................ 57
- — : voyage d’étude......................................... 57
- Solution du soufre : leur couleur ............................ 25
- Soufre : couleur de ses solutions............................. 25
- Spéléologie : société de spéléologie............................. 26
- Sucre : son raffinage............................................ 49
- Sucrerie exotique................................................ 65
- Télégraphie : protection des lignes contre l’induction .... 50
- Téléphonie : record de distance .............................. 49
- Trieste : captage des eaux.................................... 42
- T. S. F. : législation en Égypte.............................. 41
- Tumulus de la Hougue de Yinde à Jersey........................ 74
- Vagues : leur action sur les navires............................. 25
- Vitesse des trains............................................... 47
- Vol de la mouche................................................. 26
- Voyage d’études en Sibérie....................................... 37
- II. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accumulateurs : contrôle d’une batterie.................... 55
- Anneau de clefs « Le mystérieux ».......................... 56
- Armes......................................................
- Arrosage : appareil « Arrosloin »........„................. 43
- Attache-nappe................................................ 44
- Automobilisme : Avertisseur « Clearson »................... ‘2
- — : Frein « autopatin »................................ 52
- — : Gonfleur à air pur « Atlas r........................ 3
- — : Jante élastique « Gloria »......................... 35
- — : Panneaux mobiles de carrosserie.................... 19
- —• : Protecteur de sûreté « Rex »...................... 28
- Aviation en chambre.......................................... 19
- Ralance à trois fléaux....................................... 68
- Batellerie : traction des bateaux.......................... 76
- Brosse à dents en aluminium.................................. 28
- Chasse : armes diverses...................................... 3
- Chauffage : appareils « (juies »........................... 6
- Chaussures de montagne : ferrure Tricouni.................... 45
- Cinématographe « Francia ».................................... 2
- — : « Kincclair ».................................... 2
- Classeur Eurêka.............................................. 44
- Constructions démontables..................................... 5
- Crachoir hygiénique........................................ 68
- Cuiller épluche-fraises . ................................... 76
- Eaux : filtration............................................ 5
- Echelle de précision......................................... 60
- Éclairage électrique pour plume à réservoir.................. 59
- Électricité : contrôle d’une batterie d’accumulateurs. . „ 55
- Enseignement : École Scientia................................. 8
- Fermeture automatique des portes............................. 68
- Ferrure pour chaussures...................................... 45
- Filtres pour eau potable...................................... 3
- Gymnastique : appareil « Porthos »........................... 36
- Hamac à transformations....................................... 6
- Jouets : carabine Baby. ................................... 20
- — : le vieux Montmartre.............................. 20
- Kalloscope................................................. 59
- Lessiveuse « Baptistine »........................... 20
- Loupe-microscope de poche.................................. 59
- Mécanothérapie : appareil « Porthos »...................... 56
- Microscope-loupe........................................... 59
- Natation : appareil Rettung................................ 7
- — : brassière Perrin................................. 7
- Objectif anastigmat Dogmar................................. 67
- Photographie : Châssis pour tirer les dispositifs.......... 45
- — : laboratoire portatif « réducta »................. 75
- — : objectif Dogmar.................................. 69
- — : obturateur de plaques « Indéréglable »........... i
- Plume-réservoir à lampe électrique......................... 59
- Polycopie : appareils Eyquem.......................... 8
- Porte-fleurs extensible.................................... 32
- Portes : pour les fermer automatiquement................... 68
- Rapporteur Garcia-Nunez.................................... 60
- Sauvetage : appareils Rettung et Perrin.................... 7
- Siphon s’amorçant automatiquement.......................... 68
- Stéréoscope « Kalloscope ».................................... 59
- Voyages maritimes.............................................. 7
- Traction des bateaux.......................................... 76
- Trieur de graines............................................. 44
- T. S. F. : Condensateur facile à construire................ 67
- — : Dérèglagc du détecteur............................. 78
- — : Détecteur à l’étain................................ 70
- — : Détecteur condenseur Duval........................... 2
- — : Emploi des arbres comme antennes.................... 22
- — : Inscription et renforcement des signaux............. 51
- — : Lectures des messages............................... 16
- — : Montage à deux détecteurs........................ 47
- — : Récepteur de poche « Ondophone »................. 27
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- III. - VARIÉTÉS.
- Quelques tours de prestidigitation (Horace Harun) .
- Le petit, théâtre (R.)....................................
- I.a glace à la maison (A. Ciiaplet).......................
- L’attirail du voyageur....................................
- 11
- 12
- 15
- 14
- Feux de joie (A. Ciiaplet).............................
- Culture des terrains salés (Henri Bus).................
- Les vins de groseilles à maquereau (A. Truelle) .
- 15
- 29
- 02
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Transpiration : poudre « Asuda ».............................. 4
- Construction et usage d’un ozonateur......................•w. 52
- Tuberculose, cancer, alcoolisme............................... 21
- Les méfaits du perce-oreilles (Dr A. C.)...................... 29 1
- N’isolez plus les scarlatineux (Dr A. Cahtaz).................. 45
- Désinfection des chambres...................................... • 02
- Les poussières du Métropolitain ............................... 69
- L’hygiène des vacances : le vêtement (IL M.) ............ 77
- V. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acier : bronzage............................................ 46
- Arbres : leur empoisonnement................................ 58
- Argenture des miroirs........................................... 70
- Billets de banque : pour reconnaître les faux des vrais . • . 21
- Bronzage des outils d’acier..................................... 46
- Cire pour modelage du cuir.................................. 21
- Désinfection des chambres par le formol..................... 62
- Encaustique : procédé de préparation........................ 8
- Encre pour étiquettes de jardin............................. 21
- Essences parfumées : leur conservation.......................... 46
- Fer : pour bleuir le fer poli................................ . 46
- Feux de Bengale................................................. 15
- Formol : emploi pour désinfecter................................ 62
- Glace (La glace à la maison).................................... 15
- Groseilles : pour en faire du vin........................... 62
- Groseillers : invasion de rouille............................... 57
- Marbre : imitation de vieux marbre.......................... 55
- Mayonnaise : poudre pour la réussir......................... 58
- Miroirs : leur argenture........................................ 70
- Modelage du cuir : cire. . .................................. 21
- Mouches ; poudre pour les tuer............................... 21
- Nettoyage des tapis........................’................. 46
- Outils : bronzage............................................ 46
- Ozonateur : pour le construire soi-mème..................8, 50
- Papiers d’artifices.......................................... 15
- Pétards...................................................... 15
- Pierres effritées : pour les restaurer........................... 6
- Piles électriques : sel chromique............................ . 21
- Poudre tue-mouchcs........................................... 21
- Poudre pour mayonnaise.......................................... 58
- Restauration de la pierre elfritée............................... 6
- Rouille des groseillers......................................... 57
- Sauves : leur destruction....................................... 54
- Savon : pour utiliser les bouts de savon........................ 58
- Sel chromique pour piles........................................ 21
- Tapis : leur nettoyage.......................................... 46
- Vigne : destruction des parasites par le permanganate. ... 58
- Vins de groseilles à maquereau.................................. 62
- VI — DIVERS.
- Prix de l’Académie des Sciences........................... 95
- Résumés météorologiques.........................57, 61, 77
- Bulletin astronomique (E.u. Touchet)..................... 55
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie LAiiriu:, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- N° 2150
- 12 Décembre 1914
- I ZX NATÏTRF1
- Jji 1 1 îiil UliJZi
- SOMMAIRE :
- Les trains blindés : V. Forbin. — L’esprit scientifique en temps de guerre : H. Le Chatelier. — Cracovie : E.-A. Martel.— La défense de la Belgique par les inondations : P. Sallior. — Académie des sciences : séances du 3 août au 28 septembre 1914. — Les balles (( dum-dum )) : J. d’Izier.
- SUPPLÉMENT. — Informations : L’agriculture en Allemagne. — Le commerce de l’ivoire à Anvers. — Le commerce des machines agricoles en France. — Commerce mondial des bananes. — Recettes et procédés utiles : Purification de l’eau d’une citerne. — Boîte aux lettres.
- MASSON et O* Éditeurs.
- LE NUMÉRO 50 CENTIMES.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre l'Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d’Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des arti-les sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- La publication de La Nature ayant été interrompue quatre mois (août à décembre), les abonnements seront prolongés en conséquence.
- INFORMATIONS
- >
- L’agriculture en Allemagne. — Pour mesurer les troubles que la guerre acliïélle peut apporter à la vie économique de l'Allemagne, il est bon d’embrasser d’un coup d’œil les statistiques qui concernent l’agriculture de ce pays. Yoici quelques chiffres destinés à rappeler que sur ce $ dernier terrain nos ennemis ont, comme ailleurs, fait des efforts considérables. On comptait en Allemagne :
- en 1873 en 1909
- Race porcine. . 7.1 millions de tètes. 22,1 millions' de tètes,
- llacc bovine. .15,8 — 20.6 —
- Race chevaline. 5,5 — 1,5 —
- pour la Prusse seule 5 171596 au 1er dé-. ... cembre 1911.
- On récoltait en Allemagne :
- en 1883 en 1909 <;
- Seigle........5,5 millions de tonnes. 11,5 millions de tonnés.
- Froment ... . . -2,5 . .. —: 5,6 —
- Pom. de terre. . 25 —46,6 —
- La valeùr totale de la production annuelle agricole est évaluée aujourd’hui à 14 milliards de marks (1 mark — 1 fr. ü5) dont 4 milliards pour le lait à lui seul. A 1 heure actuelle1 1’A.llemagne ne demande °à l’étranger que i3 pour 100 de sa consommation en céréales et elle couvre jusqu’à concurrence de 96 pour 100 les exigences de ses boucheries. Le service de ravitaillement affirmait avant la guerre qu’eu cas de conflit européen il serait possible d’assurer rslimentalion complète des 65 millions de sujets allemands pendant 3oo jours consécutifs, sans aucune importation. Il est difficile de savoir si ces prévisions se sont réalisées, on ne peut s’empêcher de penser que les précautions prises en Allemagne pour ménager les stocks alimentaires sont la preuve des préoccupations germaniques. — L’essor de l’agriculture en Allemagne date surtout de l’introduction du machinismë intensif. Ou comptàifen Allemagne en
- 1882 1895 1907 "
- 856 1.696 2.995 charrues à vapeur.
- t§h??65.842 169.465 290.039 semoirs.
- 19.654 55.084 501.525 faucheuses.
- 75.690 . 259.364 488.867 batteuses à vapïiur.
- 298.567 596.869 947 .003 autres batteuses.
- — -87.987 356.906 écrémeuses centrifuges.
- Le commerce de l’ivoire à Anvers. ’— Au moment où la malheureuse ville voit son commerce et sa vie paralysés, il est intéressant de rappeler qu’Anvers était devenu en ces dernières années le principal marché de l’ivoire. L'Agronomie coloniale donne à ce sujet les renseignements suivants : tandis qu’en 1890, Anvers ne vendait que 77 tonnes, Londres 357 ét L.iverpool 7-3 ; en igi3, 454 tonnes d’ivoire ont été ven-
- dues à Anvers contre a36 à Londres et seulement 12 à Liverpool. Ge chiffre de 4^4 776 kg d’ivoire vendus à Anvers l’année dernière est de beaucoup le plus considérable qui ait jamais été atteint; la valeur moyenne du kilogramme ayant été de 28 fr. 10, on peut se faire une idée du chiffre d’affaires que ce commerce représente. L’ivoire vendu à Anvers provient principalement des pays suivants : Congo, 224 3o3 kg; Angola, i53 63o; Sénégal, 2.j5ï; Abyssinie, 9090; Ambrize? 1570; Est africain,. 9213 ; Ouest africain, 1710; Egypte et Soudan, 1620. Les dents d’hippopotame ont fourni 45a kg et les cornes de rhinocéros 64 kg seulement.
- Le commerce des machines agricoles en France. — M. G. Coupan a étudié dans la Vie cigricole et rurale, le mouvement des machines agricoles en France. En l’absence de toute statistique sur la construction, on ne peut se faire une idée des progrès de celte industrie qu’en examinant l’accroissement des importations et des exportations. Les importations, qui étaient en 1895 d’un peu plus de 5 millions' de kilogrammes valant près de 6 millions de francs, ont atteint eh 1910 pbës de 40 millions de kilogrammes d’une valeur de 45 millions et, en 1918, 35 millions de kilogrammes*pour 45 millions de francs. Les Etats-Unis sont les grands importateurs et représentent 60 à 70 pour 100 du chiffre total; viennent ensuite l’Angleterre et l’Allemagne, chacune pour ; un dixièôie des achats. Les faucheuses, les moissonneuses et.leê moissonneuses-lieuses constituent 70 pour 100 des importations. Les exportations croissent beaucoup moins vite, les principaux clients étant principalement les colonies è’t protectorats français. En constante augmentation, elles ont passé de près de 3 millions de kilogrammes valant 3 millions de francs en i8g5 à 12 millions de kilogrammes valant i5 millions de francs en 1913.
- Commerce mondial des bananes. — M. John de Macfarlane vient d’établir, dans The Tea and Coffee Trade Journal, la statistique du commerce des bananes. Les plus grands consommateurs sont les Etats-Unis, qui ont importé,pendant l’année 1912-1913, 42357 109 régimes de bananes valant jB o5g 485 fr. La moitié de ces fruits sont arrivés par la Nouvelle-Orléans, qui possède un outillage spécial pour leur débarquement. La valeur des importations de bananes en Europe est à peu près là même qu’aux Etats-Unis, mais les quantités ne sont qu’en-viron le tiers. L’Angletèrre a reçu en 1912, 6 978867 ^régimes, l’Allemagne 35 226 tonnes, la France 21749 tonnes. Le grand pays producteur de bananes est la Jamaïque, qui a exporté en igi3, • i3 382 072 régimes; viennent ensuite le Costa Rica avec plus de 10 millions de régimes, le Honduras, Panama, la Colombie, le Gujà-témala, etc. Jjes îles Canaries, qui étaient autrefois le grand fournisseur de l’Eurojae, ne donnent toujours que 2 à 3 millions de régimes.
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- ’1eo
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- '3^
- Purification de Peau d’une citerne. — Uu de nos
- abonnés nous ayant demandé, récemment, de lui indiquer le moyen de purifier l’eau, à odeur forte et désagréable, contenue dans une citerne, l’un de nos collaborateurs nous adresse, à ce sujet, la note suivante :
- Les eaux de puits ou de citerne sont parfois chargées de matières organiques qui leur communiquent une odeur forte, désagréable. Pour purifier l’eau présentant ce défaut, nous avons employé avec succès, et indiqué à divers propriétaires qui ont obtenu, également, des résultats satisfaisants, l’un ou l’autre des procédés suivants : placer dans le puits ou la citerne, un tonneau que l’on immerge aux trois quarts, après l’avoir défoncé par un bout et percé l’autre fond de quelques trous à l’aide d’une mèche de vilebrequin. On garnit le tonneau jusqu’au milieu de sa hauteur avec des couches de gravier alternant avec des couches de charbon de bois (braise des boulangers) et de sable, en ayant soin, pour maintenir le tout en place, de fixer, sur la dernière couche, au moyen de tasseaux, le fond que l’on a retiré et perforé. Le tonneau est consolidé au fond de la citerne, au moyen de grosses pierres. L’eau, pénétrant en dessous,.se purifie en traversant les couches de gravier, de charbon de bois et de sable, et elle devient sinon pure, du moins suffisamment potable. Le tonneau étant installé au milieu de la citerne et son sommet dépassant le niveau de la nappe d’eau on peut puiser aisément avec des récipients très propres.
- Dans le cas où ce dispositif très simple et très sommaire ne peut être employé, et lorsqu’il existe des corps en suspension dans l’eau, on les précipite au moyen de l’alun, de sulfate double d’alumine et de potasse, ou d’un mélange de sulfate d’alumine et de chaux, ou encore du sulfate de fer ou de perehlorure de fer suivi de l'eau de chaux ou de carbonate de soude. Le précipité gélatineux qui se forme avec ces matières englobe la presque totalité des microbes contenus dans l’eau et les retient mécaniquement; l’eau est, tout à la fois, clarifiée et stérilisée.
- Des expériences faites aux Etats-Unis ont démontré que le sulfate de fer employé seul, à la dose de 21 gr. par mètre cube, donne de meilleurs résultats que le
- sulfate d’alumine, et que si le sulfate de fer contient 1/2 pour 100 de sulfate de cuivre, on obtient une eau complètement stérilisée, sans qu’il y ait à craindre une action nuisible sur la santé, la très faible portion de cuivre qui peut rester dans l’eau filtrée n’atteignant jamais la dose que les physiologistes reconnaissent comme dangereuse (16 milligr.). Quelques heures après avoir ajouté le sulfate de fer, on emploie l’eau de chaux pour neutraliser et précipiter les oxydes métalliques, puis l’eau est envoyée sur des filtres à gros sable. Il est évident que pour recourir à ce procédé, il faut pouvoir traiter l’eau puisée dans la citerne, en la faisant passer dans trois tonneaux ou bacs superposés sur un terrain en pente ou sur une charpente. Cette eau étant versée dans le réservoir supérieur, on jette le coagulant, on laisse reposer trois ou quatre heures, après quoi on ajoute de l’eau de chaux et, au bout de quelque temps, on fait écouler l’eau lentement dans le récipient intermédiaire contenant du sable sur une épaisseur d’au moins un mètre ; elle filtre et passe dans le tonneau inférieur d’où elle peut être puisée suivant les besoins.
- Enfin, il convient de rechercher la cause d’altération de l’eau, car la nappe souterraine peut être infectée ; supprimer, si l’on peut, la cause de contamination et, lors des basses eaux, épuiser fortement, puis nettoyer complètement, en ayant soin de ventiler, pour éviter le danger d’accumulation d’acide carbonique. On peut recourir pour la désinfection au procédé du Dr Blarez, qui consiste à descendre dans la citerne, en l’élevant et l’abaissant alternativement dans l’eau, pendant trois ou quatre minutes, un seau dans lequel on a délayé une poudre composée de o kg 025 de permanganate de potassef o kg ?.5o de sulfate d’alumine et o kg 725 de kaolin lavé; le permanganate de potasse tue tous les microorganismes, les matières en suspension sont coagulées par le sulfate d’alumine et précipitées par le kaolin. Si, après ce traitement, l’eau est légèrement teintée en jaune, ce qui indique qu’elle contenait beaucoup de matières organiques, cette coloration ne présente aucun danger. Il suffit de 1 kg de la poudre indiquée ci-dessus pour traiter 5 mètres cubes d’eau.
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- BOITE AUX LETTRES
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- Renseignements. — M. Berjot, Lion-sur-Mer. — Le sel Solvay n’est pas le bicarbonate de soude, mais le carbonate sodique anhydre; toutefois, pour la préparation du sel chromique, le bicarbonate peut aussi convenir.
- M. l’abbé Majet, Lyon. — a) On ne peut manufacturer du caoutchouc en petit : il faut une installation industrielle. Yoir pour renseignements techniques l’ouvrage de Tassilly par exemple : Caoutchouc et Gutta (Chez Doin, place de l’Odéon. Prix : 5 fr.).û) Pas d’autre moyen que prendre l’avis d’une personne compétente pour savoir si l’invention est bonne.
- M. Thibessard, à Yillerupt. — Nous sommes étonnés que du bon ciment Portland ne convienne pas pour ce scellement; vous pouvez essayer de le remplacer par le ciment métallique, décrit, p. 298, des Recettes de la Maison (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain, 3 fr. relié). — Il est bien difficile de donner un procédé sûr sans connaître ni le genre d’émail ni la nature de la teinte. Vous pourrez essayer de faire dissoudre dans l’acide chlorhydrique chaud le plus possible de papier d’étain, puis laver la baignoire avec ce liquide dilué de plusieurs fois son volume d’eau. Opérez avec prudence pour ne pas risquer d’abîmer l’émail.
- M. X., Cei’cle du Jockey Club, Lyon. — Impossible de vous indiquer uu moyen sûr "pour dévernir un vieux tableau sans l’abîmer : nous ne savons de quel vernis il est recouvert. Le seul moyen consiste à essayer très prudemment, dans un coin, les procédés décrits dans le tome III des Recettes et procédés utiles de Tissandier,
- p. 82 (Masson, édit., 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 2 fr. 5o).
- M. S. Leleu, Le Quesnay. — Merci pour votre recette, que nous publierons bientôt. Pour l’intensité de la charge, opérer comme d’ordinaire ; la désulfatation complète se reconnaît à ce que les plaques reprennent la teinte d’avant sulfatation; il se forme du sulfate sodique, l’acide sulfurique passant de la plaque dans le bain.
- M. le Dr Milliot, à Chavonges. —Yos déductions sont très justes ; la dose élevée de sel est justifiée, parce qu’on met peu de la poudre avec les œufs. On doit conserver le produit en boîte bien bouchée, placée dans un endroit sec, sans quoi, le sel, en effet, absorberait l’humidité.
- M. Huillard, 8, rue Achille-Garnon, Sceaux, — i° Yous pourrez vous procurer du pinacyanol et du pinaverdol, soit chez MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, soit chez M. H. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse. Le pinacyanol vaut 9 fr. 5o le rfmni-gramme ; le pinaverdol, 3 fr. yS. On en vend aussi des solutions alcooliques à 1 pour 1000. — 20 Les plaques ainsi sensibilisées doivent être séchées aussi rapidement que possible, et verticalement. — 3° Charger les châssis dans l’obscurité complète. Si l’on ne veut pas procéder au développement chronométré, se contenter d’une très faible lumière, tamisée par un écran tel que celui que l’on prépare en accolant deux plaques gélatinées, dont l’une est colorée au violet de méthyle et l’autre à la tartrazine. Couvrir la cuvette d’un couvercle opaque, et n’examiner l’image que le moins possible.
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- N" 2151
- 19 Décembre 1914
- RAVITAILLEMENT DE GUERRE
- L EN HAUTE MER
- SOMMAIRE : Ravitaillement des navires de guerre en haute mer : le charbonnier « Jupiter » de la flotte des États-Unis : R. Bonnill. — Dirigeable miniature. — De la pomme de terre à la fécule et au pain de guerre : François Neuvillette. — Les Karpathes et leurs voies ferrées : H.-A. Martel.
- — Académie des sciences. — L’ouverture du canal de Panama : R. Bonnill. — Épaves d’aviateur
- allemand : L. D. L.
- SUPPLÉMENT. — Informations : Le surpeuplement et la guerre. — Productions végétales de Java. — La campagne turco-égyptienne et le Choléra. — On demande un alphabet dans les Indes. — Recettes et instruments Utiles :Pour noircir le fer et l’acier. — Grenades extinctrices. — Le couteau Gentleman.
- .......................I
- LE NUMÉRO 50 CENTIMES.
- MASSON et Cio Éditeurs.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E„-A. MARTEL
- Professeur à
- Membre de 1 Institut,
- l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d'Hygiène publique,
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS , 12 mois — Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départent. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « L'a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : jzo, Boulevard Saint-Germain, Taris (VT)
- , La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproductiotl des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- La publication de La Nature ayant été interrompue quatre mois (août a décembre), _ les abonnements seront prolongés en conséquence.
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- INFORMATIONS
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- Le surpeuplement et la guerre. — La guerre actuelle a bien d’autres causes plus directes que la densité trop grande des populations en présence. Toutefois ce facteur a nécessairement son importance.
- Que disent les statisticiens? Un professeur Allemand avait calculé peu avant la guerre que, de 1800 à 1900, la population s’est accrue en Allemagne de 25 à 56 millions d’habitants, soit 126 pour 100; en Europe de 87 à 118 millions, soit 125 pour 100; aux Etats-Unis de 36 à 81 millions, soit 229 pour 100. En 1910, l’Allemagne était parvenue à 65 millions, soit une augmentation de 17 pour 100. A ce taux annuel, d’environ 3 à 4 pour 100 par au, l’Allemagne compterait i3o millions d’habitants en 1906, 260 millions en 2004, et 5oo millions en 2o5o. Ce serait la pléthore sans remède. Si l’on admettait, pour toute la terre, une augmentation de o,5 pour 100 par an, le chilïre actuel de 1 600000000 d’habitants atteindrait 8 milliards vers l’année 23oo. C’est pourquoi, sans doute, les Allemands ont adopté un moyen radical pour diminuer la population en 1914-
- Productions végétales de Java. — Peu de contrées au monde sont aussi fertiles et présentent des productions végétales aussi variées que la grande île de Java. L'Agronomie coloniale donne la liste ci-dessous des exportations de produits végétaux de igi3 qui montrent bien la richesse de ce pays.
- Sucre. 1 459 3i 1 tonnes.
- Tapioca 89 151 —
- Coprah 79 084 —
- Tabac ...... O ^î* O
- Riz. ....... 5g 890 —
- Thé 26 547 —
- Café ....... 19821 —
- Graines de kapok . 19316 —
- Arachides 17375 —
- Fibres de kapok. . 9 020 —
- Autres fibres . . . 8 960 —
- Quinquina .... 8 o55 —
- Poivre 7 356 —
- Caoutchouc .... 2 563 —
- Cacao 2 256 -—
- Gomme de Damar. 2 200 —
- Coca 1 332 —
- La campagne turco-égyptienne et le Choléra.
- — Au moment où les Turcs font mine (assez piteusement, il est vrai) d’attaquer l’Egypte, eu profitant de leur voie ferrée de Damas à la Mecque, il y a lieu de penser au choléra dont le pèlerinage de la Mecque fait courir annuellement le danger.
- Ce pèlerinage débute dans les premiers jours d’août, à l’époque où le choléra fait fureur à La Mecque, grâce à la contamination des eaux d’alimentation, amenées dans celte ville par un canal à ciel ouvert. L’an dernier, le nombre des pèlerins s’éleva à 83 295, donc i3 401 Hindous ou Afghans. Il en mourut probablement plus de i5 000. On sait d’une façon certaine que, pendant toute une semaine, le choléra tua de 800 à 1000 pèlerins par jour. Il existe bien dans la Ville Sainte un comité turco-arabe chargé de veiller au bon entretien des canalisations; mais ses membres ne comptent pas d’ingénieurs dans leurs rangs. Les paquebots, qui ramènentles pèlerins, subissent d’onéreuses quarantaines, elles compagnies imposent de ce fait aux passagers des suppléments de tarif qui montent jusqu’à 5o fr. par tête, somme énorme pour de pauvres gens qui se sont endettés pour accomplir le pieux voyage Au retour, ils sont souvent odieusement exploités par les capitaines de paquebots, qui, profitant de leur affluence, leur font payer le double du tarif habituel. Aussi, la plupart rentrent-ils ruinés. L’an dernier, le gouvernement indien dut rapatrier 1227 Hindous, qui n’avaient plus assez d’argent pour payer leur passage. D’autres dangers guettent les malheureux. L’an dernier, entre La Mecque et Médine, à Hamara, la formidable crue d’un torrent surprit, à minuit, un campement de pèlerins, dont beaucoup furent emportés par les flots. 800 Hindous périrent. Le vice-consul deJeddah nous explique, dans un rapport, pourquoi ce dangereux pèlerinage continue à-attirerles foules islamiques : des corporations de marchands de La Mecque ont à leur solde des rabatteurs qui vont, chaque année, aux Indes, en Afghanistan, à Java, pour stimuler le zèle des dévots et les pousser à visiter le tombeau du Prophète. Espérons que le choléra, dont ils bravent le danger, ne profitera pas de la campagne actuelle pour parvenir jusqu’à nous.
- On demande un alphabet dans les Indes. — La
- nécessité d’inventer un alphabet qui deviendrait commun aux principales langues parlées dans l’Hindoustan préoccupe de plus en plus les patriotes qui rêvent d’une Inde unie; et l’on annonce dans les journaux de Bombay la fondation d’une ligue, qui se propose de chercher une solution à cette grave question. On compte une vingtaine d’alphabets différents dans la vaste péninsule. Plusieurs sont d’une complication extraordinaire. Tel, celui de la langue malayalam, qui se compose de plus de sept cents caractères, dont la plupart sont de véritables dessins graphiques. Quand on songe à la difficulté qu’éprouvent les petits Européens à apprendre la lecture et l’écriture des 25 ou 26 lettres que comportent leurs langues, on ne s’étonne plus que les illettrés soient si. nombreux aux Indes.
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- RECETTES ET INSTRUMENTS UTILES
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- Pour noircir le fer et l’acier. — Ou emploie en Amérique, sous le nom de « coslellisalion », uu nouveau procédé de patinage imaginé par W. Coslelt, consistant à provoquer la formation d’une pellicule de phosphate ferreux. On emploie un liquide préparé avec :
- Acide phosphorique concentré . . a5o c. c.
- Limaille de fer. .............. ioo gr.
- Eau............................25o c. c.
- Après totale dissolution du fer, le liquide est au moment de l’emploi dilué dans a5 litres d’eau ; on chauffe alors presque à l’ébullition. C’est dans ce bain chaud que sont placés, posés dans une corbeille de terre cuite ou de porcelaine, les objets métalliques bien dégraissés, puis décapés à l’acide chlorhydrique. Ils doivent y séjourner pendant environ une heure, après quoi on rince à l’eau bouillante, puis on sèche dans, la sciure de bois.
- Grenades extinctrices. — Voici quelques nouvelles petites formules pour compléter la collection de celles déjà publiées ici naguère :
- Les grenades Ilagnard sont des fioles contenant un peu moins d’un litre de la solution suivante :
- Chlorure de calcium ... 157 grammes.
- Chlorure de magnésium . 56 —
- Eau................... 797 ~
- Les grenades Jlowen ne contiennent guère qu’un demi-litre d’une solution composée de :
- Sel marin..............200 grammes.
- Sel ammoniac........... 90 —
- Eau....................710 —
- Le « Mort au feu » Schwenberg contient un peu moins de la mixture ci-dessous :
- Sel marin.............. 65 grammes.
- Sel Solvay............. 17 —
- Eau....................928 —
- Naturellement, toutes les mixtures reviennent à quelques centimes le litre au plus ! C’est dire qu’on a le plus grand intérêt à les préparer soi-même. On les
- placera de préférence dans des bouteilles à eau minérale, dont le verre mince se casse aisément lorsqu’on projette l’extincteur à terre.
- Le couteau Gentleman. — C’est presque un instrument de guerre ! Mais il peut servir même à ceux qui qui ne partent pas ; dans la vie, on rencontre toujours des fils qui gênent, qui empêchent de passer-, de manger, de boire, de dormir. Ce sont généralement des fils de fer, quelquefois des fils d’acier, souvent des fils de laiton que l’on voudrait, ou bien asservir à ses besoins, ou bien réduire à l’impuissance. Les pinces coupantes ont été inventées pour venir en aide à l’humanité dans les circonstances pénibles et elles s’acquittent parfaitement de leurs fonctions ; mais on ne les trouve jamais lorsqu’on aurait besoin de leurs services et le fil résiste et arrête.
- Le couteau Gentleman nous vient en aide dans ces cas. Il comporte en effet une’vraie cisaille, très solide, permettant de couper des fils d’un assez gros diamètre, comme ceux des bouteilles de champagxxe, par exemple, les fils de ligatures, ceux des circuits électriques, etc. Cette cisaille est prise, d’une part, dans le manche d’acier dix couteau, allongé en conséquence et, d’autre part, à l’extrémité d’une lame non coupante. Les deux branches de la cisaille sont donc constituées par le couteau lui-même et la lame supplémentaire. Celle-ci se rabat à côté des lames et s’arrête à l’aide d’un bouton qui glisse dans une fenêtre et s’engage dans l’extrémité évidée de la lame.
- Cette particularité mise à part, le couteau Gentleman se présente avec deux excellentes lames et un tire-bouchon. Il est entièrement fait en acier et d’une solidité à toute épreuve.
- C’est le meilleur couteau de poche que l’on puisse désirer. — Il est en vente au prix de 5 fr. 5o aux établissements Ivratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- La guerre en Bulgarie et en Turquie. Onze mois de campagne, par le D‘ O. Laurent, in-8°, 384 P-> 3oa photogr.; Maloine, éditeur, Paris. Prix : 6 francs.
- Nos lecteurs connaissent par l’article publié dans notre n° 2119, les observations faites par le D' Laurent pendant les dernières campagnes. Ils trouveront dans ce livre, enrichi de très nombreuses illustrations, la description de l’état de guerre, les nombreux types de blessures et les moyens dont dispose le chirurgien pour les soigner, pendant une campagne moderne.
- L'armée allemande après sa réorganisation, par le lieutenant-colonel von Bremen. Traduit par le lieutenant Jean Schmidt, i vol. in-8°. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, 1914- Prix : 1 fr. 5o.
- La traduction du lieutenant Jean Schmidt montre comment se meut et fonctionne la redoutable machine de guerre allemande. Elle mérite d'être lue et méditée.
- Les industries agricoles et alimentaires, par L. François et R. Valdier. In-8° de viii-256 pages avec 128 figures. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 4 fr- 5o.
- Les industries agricoles alimentaires sont au premier rang des manifestations de l’activité humaine. Praticiens tous deux Mes industries qu’ils décrivent, les auteurs fabriquèrent du sucre, de l’alcool. C’est dire qu’ils ont réussi à faire un ouvrage pratique et moderne.
- L'hydraulique agricole dans la Tunisie méridionale,
- par P. Penet. -Iu-8°, 212 pages (Tunis, 1913. Soc. anon. de l’imprim. rapide).
- Cette utile étude technique décrit avec beaucoup de compétence l’hydrologie du sud de la Tunisie. Elle expose toutes les questions relatives à Fumigation des oasis, à leur drainage et aux barrages de dérivation. Elle conclut qu’il faudrait introduire dans cette région une véritable législation des eaux pour y résoudre de façon fructueuse la question vitale de l’irrigation.
- Aide-Mémoire de V ingénieur-constructeur de béton armé, par Jean Braive, avec préface de A. Mesnager. In-8U de x-388 pages. IL Dunod et E. Pinat. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage est divisé en 6 parties : i° Formules générales de mathématiques] 20 Principes généraux ; 3° Circulaire ministérielle française ; 4" Eléments de calculs; 5° Exemples de calculs; 6° Vocabulaire en cinq langues.
- I miner ali, par Ettore Artini. i vol. de 422 pages avec 4o planches chromolithographiques (Manuel Hœpli), Milan. Prix : 9 fr. 5o.
- Cet ouvrage, édité avec un véritable luxe de planches en couleurs, rendra certainement de grands services à tous ceux qui veulent apprendre la minéralogie pratique sans avoir une collection d’échantillons à leur disposition. Il n’est même pas nécessaire de savoir l’italien pour en utiliser les figures fort bien exécutées qui fout connaître la plupart des minéraux usuels. '
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- N” 2152
- 26 Décembre 1914
- LA NATURE
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- SOMMAIRE :
- L’artillerie lourde allemande sur le champ de bataille : J. N. — Le bassin houiller de Sarrebrück : son passé, son présent, son avenir : Louis Aguillon. — La guerre en automobile. — La base navale allemande d’Heligoland : R. Bonnin. — Académie des sciences.
- SUPPLÉMENT. — Informations : L'automobile en Amérique. — Adoption du système métrique en Angleterre. — Pasteur et le diplôme prussien. — Le marché des drogues. — Xénophobie terminologique en Allemagne. — L’Allemagne en temps de guerre. — Recettes utiles : Pour nos soldats contre le froid.
- MASSON et C‘« Éditeurs.
- LE NUMÉRO 50 CENTIMES.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Fondé par Gaston Tissandier
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Membre de l’Institut,
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Membre du Conseil supérieur d Hygiène publique.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- ABONNEMENTS, 12 mois = Paris, Seine et S.-et-O. : 20 fr. — Départem. : 25 fr. — Étranger : 26 fr.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Taris (YV)
- La reproduction des illustrations de « La Nature >» est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- La publication de La Nature ayant été interrompue quatre mois (août à décembre), les abonnements seront prolongés en conséquence.
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- INFORMATIONS
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- Avis de l’administration. — Ainsi que nous en avons avisé, par lettre, tous nos abonnés, le service du journal, ayant été suspendu 4 mois, sera prolongé en conséquence.
- Les titres et tables du 2e semestre 1914 seront joints au premier numéro de 1915.
- Le 2e semestre 1914 de La Nature, comprendra cette année les mois de juin, juillet et de décembre. L’année de La Nature se trouvera donc commencer, à partir de 1915, au Ier janvier de chaque année et le 2e semestre au Ier juillet. — Le volume broché qui correspond au tome II de 1914 (20 semestre) sera vendu 5 francs au lieu de 10 francs broché, et 8 fr. 5o au lieu de i3 fr. 5o relié.
- Nous rappelons à nos abonnés qu’à partir de l’année 1914. La Nature a commencé une nouvelle série (la troisième) de sa publication. Nous avons cru répondre aux désirs de notre clientèle en créant pour les volumes de cette nouvelle série une demi-reliure, tête dorée (dos maroquin anglais, plats papier antique) qui remplacera nos anciens cartonnages.
- Cette demi reliure sera établie au gré des acheteurs avec dos rouge ou vert au prix habituel de 3 fr. 5o, pris dans nos bureaux.
- Nous continuerons à relier les volumes de La Nature sous leurs anciens cartonnages rouge, vert, bleu ou lavallière, pour tous ceux qui désireront conserver à leurs collections un aspect uniforme.
- L’automobile en Amérique. — Le gouvernement américain donne un tableau qui montre le développement de l’industrie automobile :
- Nombre de manufae- 1900 1905 1910 1913
- lures existantes . . Nombre de voitures 25 175 750 1.000
- fabriquées 4.000 23.000 130.000 500.000
- Valeur totale . . Fr. 23.000.000 150.000 000 1.230.000.000 2.500.000.000 Nombre de voitures
- exportées....... 100 1.500 8.500 25 000
- Valeur de l’exportation..........Fr. 725.000 13.500.000 56.000.000 75.000.000
- Adoption du système métrique en Angleterre. —
- La publication d’unè nouvelle édition. (1914) de la Pharmacopée britannique est marquée par une innovation d’une si haute portée, que, n’était la gravité tragique de l’époque actuelle, cette innovation serait signalée comme une grande victoire, à la vérité toute pacifique.
- Il ne s’àgit, en effet, de rien moins que de l’adoption par l’Empire britannique du système métrique, pour toutes les évaluations pharmaceutiques et analytiques. Les anciennes mesures impériales britanniques sont supprimées. On peut dire que, de ce fait, le système métrique a achevé la conquête du monde entier. D’ici quelques années, tous les autres systèmes de mesure n’existeront plus qu’à l’état de vague souvenir.
- (Presse Médicale).
- Pasteur et le diplôme prussien. — On sait que Pasteur n’était pas médecin, mais un chimiste que le génie conduisit progressivement de la chimie générale, à la chimie biologique,1 à la bactériologie, à la pathologie, à la médecine. La Faculté prussienne de Médecine de Bonn lui avait envoyé le diplôme de docteur en médecine « ad honorem ».
- Ce document lui était particulièrement cher. Il le conservait précieusement, ornant un des murs de son cabinet de travail, dans la maison paternelle d’Arbois. La guerre de 1870 l’y trouva valétudinaire. Une attaque apoplectique l’avait, dès 1868, rendu inapte à tout service actif. Il resta à Arbois. Lors de l’investissement de Paris, il détacha de la muraille le précieux document et le renvoya au recteur de l’Université allemande avec une lettre dont nous reproduisons les fragments suivants : « Je m’empressai même de mettre sous verre le diplôme d’honneur, qui consacrait la décision de votre faculté et j’en ornai mon cabinet de travail. Aujourd’hui, la vue de ce parchemin m’est odieuse, et je me sens offensé de voir mon nom, avec qualification de virum clarissimum dont vous le décorez, se trouver placé sous les auspices d’un nom voué désormais à l’exécration de ma patrie, celui dtf roi Guillaume.... » 18 janvier 1871.
- Le marché des drogues. — D’après le LMncet dit 3i octobre, le marché des médicaments s’est sensiblement modifié depuis le 19 septembre sur le marché de Londres. Le prix de quelques drogues a continué à augmenter ; le plus grand nombre a subi une réduction plus ou moins grande; quelques-unes, comme le menthol, sont descendues au-dessous du prix pratiqué avant la guerre, probablement parce que les substances génératrices qui, dans les conditions normales, auraient été dirigées sur l’Allemagne, ont été orientées sur l’Angleterre. En dépit des obstacles apportés à la pêche dans la mer du Nord, l’huile de foie- de morue n’a pas augmenté. Le prix de l’opium et de ses dérivés se maintient assez voisin des limites normales, . malgré l’énorme consommation qui en est faite dans le traitement des blessés. Il vient de Perse. Beaucoup de produits synthétiques ont vu leur prix s’abaisser sensible-
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- INFORMATIONS
- ment par suite du rétablissement du commerce avec les pays neutres qui, sans doute, en possédaient des stocks importants, par suite aussi de la réduction considérable de la consommation. L’atropine est devenue très rare et d un prix très élevé. Le phénol coûte trois fois plus qu’en temps normal, non pas tant parce qu’il est largement employé comme antiseptique que parce qu’il est utilisé dans la fabrication des explosifs. Le sublimé et les autres composés mercuriels sont relativement chers. Beaucoup de drogues telles la belladone, la digitale, l’aconit, l’hydrastis, la jusquiame, la valériane, la camomille, etc., sont d’un prix relativement élevé.
- Xénophobie terminologique en Allemagne. — Il
- y a longtemps qu’on a signalé, en Allemagne, une véritable xénophobie terminologique. La crise actuelle a donné à cette xénophobie un caractère paroxystique et, s’il faut en croire les Münchener mediz. Wochenschrift — au demeurant peu suspects, — quelques savants allemands poursuivent une véritable campagne d’extermination contre tous les termes scientifiques, d’origine anglaise, française ou russe. Il ne s’agit de rien moins que d’extirper radicalement de la terminologie allemande, toute expression étrangère et de la remplacer par une locution germanique de bon aloi ou, à son défaut, par un terme nouveau à racine grecque ou latine. Les mauvaises herbes sont difficiles à extirper. Un Comité a été constitué pour rédiger une liste de termes « acceptables ». (Presse Médicale).
- L’Allemagne en temps de guerre. — Un correspondant médical anglais en Suisse, ayant communication facile et précoce des périodiques allemands médicaux et autres, adresse à The Lancet (io octobre 1914, P- 920) les notes suivantes :
- Alimentation de la population civile. — Un mémorandum publié par des personnalités médicales très connues recommande d’être ménager de la farine de froment, deux tiers seulement étant fournis par la production nationale, et conseille d’y mélanger de la farine de seigle dont l’Allemagne est exportatrice. Le son renfermant 20 à 3o pour 100 de farine de froment ne devrait pas être employé comme fourrage, mais mélangé à la farine ; de petites miches peuvent être faites de son et de seigle. La consommation de la viande doit être réduite, l’Allemagne ayant après l’Angleterre la plus forte consommation par tète (5o kg environ par an).
- Un repas de viande par jour est suffisant, et cette économie est un devoir spécialement pour les riches. Le veau doit être supprimé de l’alimentation et quelque réduction apportée dans lé nombre total des bœufs et des bouvillons, de façon à libérer des prairies pour le troupeau des bêtes à cornes. Le fromage est un article essentiel de l’alimentation ; associé au pain de son, au lait, aux pommes de terre il constitue un régime excellent et complet. Les légumes peuvent être cultivés partout dans les champs dans l’intervalle des moissons
- et dans les prairies défrichées près des villes. Le maïs,__
- les châtaignes, les pois, les lentilles, les haricots, le riz sont à employer pour économiser le froment. lui production de bière doit être réduite, et la population doit apprendre à étancher sa soif avec de l’eau, bien petit sacrifice à côté de celui des soldats sur le front. La farine d’orge ainsi économisée pourra être mieux employée pour la fabrication du pain. Les pommes de terre ne seront employées ni pour nourir le bétail, ni pour fabriquer de l’alcool; elles seront de même mieux utilisées comme substitut de la farine. De cette façon,
- 20 pour 100 de seigfe pourrait etre économisé en prévision d’une mauvaise récolte en 1915.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ç0>,.
- Pour nos soldats contre le froid. — Nombreuses sont les formes de sous-vêtements créées pour protéger nos soldats contre le froid. Le Dr Michel, le père des agrafes, a imaginé un vêtement unique se prêtant à tous usages utiles. Ceux qui ont appelé ses premiers enfants les Michelines appelleront sans doute Miche-laine son cache-nez cache-tout, qu’il a montré aux autorités militaires et médicales qui l’ont encouragé.
- Donnons-en donc la description pour que toutes nos femmes puissent en confectionner et les envoyer en grand nombre au front où ils seront les bienvenus. C’est, en somme, un simple cache-nez (bande de 1 m. 20 sur o m. 40 de large), agrémenté d’une fente médiane pour le passage de la tête, et de quelques boutons qui seront les organes de transformation. On le fera au crochet et au point que nous décrirons, c’est ce qui donnera le tissu le plus approprié.
- En les recevant, nos troupiers auront bien vite fait d’y trouver, selon leurs goûts personnels et les besoins du moment, qui un cache-nez, qui un gilet, qui une ceinture, un passe-montagne, une brassière; à peine sera-t-il nécessaire d’y joindre les figures ci-contre. D’autres en feront un manchon, un oreiller pour rendre le sac plus moelleux, et même avec un peu d’ingéniosité un caleçon. Celui qui en recevra deux, les combinera, ou, les réunissant, en fera une couverture. Cette multiplicité d’adaptations nous paraît très heureuse.
- Ce travail, d’exécution facile, peut être confié, outre
- à nos femmes et nos filles, aux enfants de nos écoles, aux blessés libres de leurs bras, aux convalescents. Prix de revient : i5o gr. de laine; soit, 2 à 3 francs; boutons, i5 centimes; temps passé, 4^5 heures.
- Employer une laine de moyenne grosseur, un crochet de 5 mm de diamètre. Faire une chaînette lâche de 1 m. 20. Faire un point pour tourner. Jetez un fil sur le crochet ; pour le premier rang, prendre les deux fils du dessus de chaque maille ; pour les rangs suivants, piquer dans le point arrière de la maille; rejeter un fil sur le crochet; sortir ce fil de la maille; rejeter un fil; passer le ci’ochet dans les trois boucles. Continuer dans chaque maille sans faire de point entre.
- Faire ainsi 18 rangs environ de manière à avoir une largeur de 20 à 25 cm ; arrêter le fil, le couper.
- Reprendre sur le début du travail jusqu’à 10 cm; du milieu, là sera le commencement de la fente qui aura 20 cm ; pour cela, continuer par une chaînette contenant autant de mailles que 20 cm du rang précédent. Fermer la fente en reprenant sur le rang. Faire de nouveau 18 rangs environ. Renforcer la fente surtout aux extrémités. Fixer les boutons comme l’indique la figure, les choisir proportionnés à la maille.
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- Ce travail peut aussi se faire au tricot à côtes ou à maille jarretière, les boutons seraient remplacés par des pressions ou des cordons. Mais le crochet iesU-pré-férable pour la rapidité du travail et pour la ^facilrbç qu’il donne d’utiliser comme boutonnière n’iÿafforte^ quelle maillé, tant au bord qu’au centre ; le tissq làcRe retient bien le calorique, sa souplesse et son ékëÆfcité permettent l’adaptation à toutes les tailles.
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