La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- LES QUATRE-VINGT-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC QUATRE TABLES DECENNALES (18y3-I^12)
- Paris.
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- LH NATURE
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE 1919 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C\ ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LA PROCESSIONNAIRE DU PIN
- Au moment où les vacances, les premières d'après la guerre, vont enfin permettre de retourner à la campagne et d'y retrouver la nature, nous revenons aux études d'histoire naturelle que les événements nous avaient malheureusement forcés d'écourter.
- L'apparition de l'édition définitive illustrée des Souvenirs Entomologiques de J.-H. Fabre i1), nous donne aujourd'hui l’occasion d'offrir à nos lecteurs une page du maître d'Avignon qui leur remémorera le modèle d'observation et de style que constitue son œuvre et leur rappellera les joies nombreuses et profondes que l'amateur de sciences naturelles peut trouver à l'étude des animaux dans leur milieu.
- La processionnaire du pin est la chenille d'un Bombyx (Cnethocampa pityocampa) qu'on rencontre dans tout le midi de la France. Les touristes qui traverseront les forêts des Landes en verront certainement cheminant sur un seul rang, en cordon continu. Chacune file un mince fil de soie et la procession laisse ainsi derrière elle un ruban de fils très fins ; Fabre va nous faire assister aux expériences qu'il imagina pour connaître leur manière de manœuvrer.
- Je me propose de faire décrire aux chenilles un circuit fermé, après avoir détruit les rubans qui s’y rattachent et peuvent amener un changement de voie. La locomotive poursuit son invariable ligne tant que n’intervient pas un aiguillage qui l’amène sur un autre embranchement. Les processionnaires trouvant toujours libre devant elles le rail soyeux, sans aiguillage nulle part, se maintiendront-elles sur la même piste, persisteront-elles à parcourir une voie qui n’aboutit jamais? Il s’agit de réaliser
- 1. Souvenirs Entomologiques. Édition définitive illustrée. Delagrave, éditeur, Paris. Le récit que nous publions fera partie de la 6e série.
- 47e Année — 2' Semestre- — N° 2562. — 5 Juillet
- artificiellement ce circuit, inconnu dans les habituelles conditions.
- La première idée qui se présente, c’est de saisir avec des pinces le ruban desoie à l’arrière du train, de l’infléchir sans secousses et d’en porter le bout en tète de la file. Si la chenille ouvrant la marche s’ÿ engage, l’affaire est faite : les autres fidèlement suivront. La manœuvre est très simple en théorie ; elle est fort difficultueuse en pratique et ne donne rien qui vaille. D’une ténuité extrême, le ruban se rompt sous la charge des grains de sable qu’il soulève accolés. S’il ne se rompt pas, les chenilles d’arrière, quelque ménagement qu’on y mette, éprouvent une 1919. 1 — 1.
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- commotion qui les fait se recroqueviller ou même lâcher prise.
- Difficulté plus grande : le chef de file refuse le cor.lon disposé devant lui; le bout tronqué lui inspire méfiance. Ne reconnaissant la voie réglementaire, sans rupture, il oblique à droite, à gauche, il s’échappe par la tangente. Si j’essaye d’intervenir et de le ramener sur le sentier de mon choix, il s’obstine dans son refus, se contracte, ne bouge, et le désarroi gagne bientôt la procession entière. N’insistons pas davantage : la méthode est mauvaise, très dispendieuse en tentatives pour un succès douteux
- Il faudrait intervenir le moins possible et obtenir un circuit fermé naturel. Est-ce possible? Oui. On peut, sans se mêler en rien de la chose, voir défiler une procession sur une piste circulaire parfaite. Ce résultat, digne à un haut degré de noire attention, je le dois à des circonstances fortuites.
- Sur la banquette à couche de sable où sont implantés les nids se trouvent quelques gros vases à palmiers mesurant près d’un mètre et demi de circonférence à l’embouchure. Les chenilles fréquemment escaladent la paroi et montent jusqu’au bourrelet qui fait corniche autour de l’ouverture. Cet emplacement leur convient pour leurs processions, peut-être à cause de la surface inébranlable où ne sont pas à craindre les éboulis du sol d’en bas, formé d’un sable mobile ; peut-être aussi à cause de la position horizoblale, favorable au repos après les fatigues de l'ascension. Voilà toute trouvée la piste circulaire. 11 ne me reste qu’à épier l’occasion propice à mes desseins. Elle ne se fait guère attendie.
- L’avant-dernier jour de janvier 1896, un peu avant midi, je surprends une troupe nombreuse qui s’achemine là-haut et commence à gagner la corniche favorite. Lentement, à la .file l’une de l’autre, les chenilles escaladent le gros vase, en atteignent le rebord et s’y avancent en procession régulière, tandis que d’autres continuellement arrivent et prolongent la série. J’attends que le cordon se referme, c’est-à-dire que le chef de file, suivant toujours le bourrelet circulaire, soit revenu au point -d’entrée. En un quart d’heure c’est, fait. Voilà magnifiquement réalisé, le circuit fermé, très voisin d’un cercle.
- Il convient maintenant d’écarter le reste de la colonne ascendante, qui troublerait le bel ordre de la théorie par un excès d’arrivants; il importe aussi de supprimer tous les sentiers de soie, récents ou vieux, qui peuvent mettre la corniche en communication avec le sol. Un gros pinceau balaye le surplus des ascensionnistes ; une brosse rude, ne laissant après elle aucune trace odorante qui pourrait devenir plus tard peut-être une cause d’erreur, frotte avec soin les lianes du vase et fait disparaître tout fil tendu en route par les chenilles. Ces préparatifs terminés, un curieux spectacle nous attend.
- Dans la procession circulaire non interrompue, il n’y a plus de chef de file. Chaque chenille est précédée d’une autre, qu’elle suit, quelle talonne
- exactement, guidée par la trace de soie, ouvrage de l’ensemble ; elle est suivie d’une compagne qui la serre de près avec la même précision. Et cela se répète invariable dans toute l’étendue de la chaîne. Nulle ne commande, ou plutôt ne modifie la piste au gré de ses caprices; toutes obéissent, confiantes dans le guide qui devrait normalement ouvrir la marche, et qui, par mon artifice, se trouve en réalité supprimé.
- Dès le premier tour sur le bord du vase, le rail de soie a été mis en place, bientôt converti en étroit ruban par la procession qui ne cesse de baver son fil en chemin. Ce rail revient sur lui-même et n’a nulle part d’embranchement, ma brosse les ayant tous détruits. Que vont faire les chenilles sur ce fallacieux sentier fermé ? Vont-elles, sans fin, déambuler en rond jusqu’à épuisement des forces?
- La vieille scolastique nous parle de l’àne de Buridan, le fameux baudet qui, mis entre deux picotins d’avoine, se laissait mourir de faim, incapable dèse décider pour l’un ou pour l’autre en rompant l’équilibre de deux convoitises égales et de dircc-tion opposée. On a calomnié la digne bète. Pas plus sot qu’un autre, l’àne répondrait au traquenard de la logique en faisant régal des deux picotins. Mes chenilles auront-elles un peu de son esprit ? Après des épreuves répétées, sauront-elles rompre l’équilibre de leur circuit fermé qui les maintient sur une voie sans issue ? se décideront elles à dévier de ce côté-ci ou de ce côté-là, seule manière d’atteindre leur picotin, le rameau vert qui est là, tout près, à un pas de distance?
- Je le croyais, et j’avais tort. Je me disais : Quelque temps, une heure, deux peut-être, la procession va tourner, puis on s’apercevra de la méprise. La voie trompeuse sera abandonnée, et la descente s'effectuera quelque part, n’importe où. 'Rester là-haut, aux prises avec la faim et le défaut d’abri, lorsque rien n’empêche de s’en aller, me semblait ineptie inadmissible. Les faits m’imposèrent l’incroyable. Racontons-les en détail.
- Le 30 janvier, vers midi, par un temps magnifique,‘la procession circulaire commence. Pilles vont d’un pas réglé, chacune,contiguë à l’arrière de celle qui précède. La chaîne non interrompue exclut le guide à direction changeante, et toutes machinalement suivent aussi fidèles à leur circonférence que le sont les aiguilles d’un cadran. La série sans tête n’a plus Je liberté, plus de volonté; elle est devenue rouage. Et cela dure des heures, puis des heures encore. Le succès dépasse et de beaucoup la hardiesse de mes soupçons. J’en suis émerveillé. Disons mieux ; j’en suis stupéfait.
- Cependant les circuits’multipliés changent le rail primitif en un superbe ruban d’une paire de millimètres de largeur. Il m’est aisé de le voir miroiter sur le fond rougeâtre du pot. La journée touche à sa fin, et nulle modification ne s’est produite encore dans l’emplacement de la piste. Une preuve frappante l’affirme.
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- La trajectoire n’est pas une courbe plane, mais bien une courbe gauche qui, à certain point, s’infléchit et descend un peu à la face inférieure de la corniche pour revenir en dessus une paire de décimètres pins loin. Dès le début, ces deux points d’inflexion sont marqués au crayon sur le vase. Eh bien, tout l’après-midi, raison plus concluante encore, les jours suivants, jusqu’à la fin de cette farandole insensée, je vois le cordon de chenilles plonger sous le rebord au premier point et reprendre le dessus au second. Une fois le premier fil déposé, la voie 'a suivre est invariablement déterminée.
- Si la voie est constante, la vitesse ne l’est pas. Gomme trajet parcouru, je mesure neuf centimètres par minute en moyenne. Mais il y a des baltes plus on moins prolongées, il y a des ralentissements, surtout lorsque la température décroît. À dix heures du soir, la marche n’est plus qu’une paresseuse ondulation de croupe. Un arrêt prochain est à prévoir, par suite du froid, de la fatigue et de la faim aussi sans doute.
- L’heure du pâturage est venue. De tous les nids de la serre, les chenilles sont sorties en foule ; elles sont venues brouter les rameaux de pins implantés par mes soins à côté des bourses de soie. Celles du jardin en ont fait autant, car la température est douce. Les autres, alignées sur la corniche de brique, bien volontiers prendraient part aux agapes ; après une promenade de dix heures, l’appétit ne saurait manquer. L’exquis rameau verdoie à un pan de distance à peine. Pour l’atteindre, il suffit de descendre ; et les misérables ne peuvent s’y décider, stupidement esclaves de leur ruban. Je quitte les affamées à dix heures et demie, persuadé que la nuit portera conseil et que le lendemain tout sera rentré dans l’ordre.
- Erreur de ma part. Je comptais trop sur elles en leur attribuant cette louche éclaircie que devraient susciter, ce semble, les tribulations d’un estomac en détresse. Dès l’aube, je leur fais visite. Elles sont alignées comme la veille, mais immobiles. La chaleur un peu revenue, elles secouent leur torpeur, se raniment, se remettent en marche. La procession circulaire recommence, pareille à celle que j’ai déjà vue. Rien de plus, rien de moins à noter dans leur entêtement de machine.
- Cette fois la nuit est rude. Un froid brusque est survenu, annoncé la veille au soir par les chenilles du jardin, qui ont refusé de sortir malgré les apparences où mes sens obtus croyaient reconnaître la prolongation du beau temps. A la pointe du jour les allées de romarins miroitent de givre, et pour la seconde fois de l’année, la forte gelée apparaît. Le grand bassin du jardin est pris dans toute son étendue. Que doivent faire les chenilles de la serre? Allons voir.
- foutes sont encloses dans leurs nids, moins les opiniâtres processionnaires du bord du vase, qui, dépourvues d’abri, semblent avoir passé une bien
- mauvaise nuit. Je les trouve groupées en deux tas, sans ordre aucun. Ainsi amoncelées, serrées l’une contre l’autre, elles ont moins souffert du froid.
- A quelque chose malheur est bon. Les rudesses de la nuit ont lait rompre l’anneau en deux segments d’où naîtra peut-être une chance de salut. Pour chaque groupe ranimé et remis en marche, il va tantôt se trouver un chef de file qui, n’ayant pas à suivre une chenille le précédant, aura quelque liberté d’allure et pourra faire dévier la série. Rappelons, en effet, que dans les processions habituelles la chenille cheminant la première fait office d’éclaireur. Tandis que les autres, si aucune cause d’émoi ne survient, se maintiennent dans l’alignement général, elle, attentive à ses fonctions de chef, incline continuellement la tête dans un sens et dans l’autre, s’informe, cherche, tâte, choisit. Et il est fait ainsi qu’elle décide : la bande fidèlement suit. Rappelons encore que, même sur une voie déjà parcourue et enrubannée, la chenille dirigeante continue d’explorer.
- Il est à croire que les égarées de la corniche trouveront là chance de salut. Surveillons-les. Remis de leur engourdissement, les deux groupes s’alignent de proche en proche en deux files distinctes. Il y a ainsi deux chefs de marche, libres d’allures, indépendants. Parviendront-ils à sortir du cercle ensorcelé ? A voir leur grosse tête noire qui oscille, inquiète, un moment je le crois. Bientôt je suis détrompé. En dilatant les rangs, les deux tronçons de la chaîne se rejoignent, le cercle se reconstitue. Les chefs d’un moment redeviennent simples subordonnés, et tout le jour encore les chenilles défilent en rond.
- Encore une fois, la nuit très calme et superbement étoilée, amène gelée forte. Au jour, les processionnaires du vase, les seules ayant campé sans abri, sont rassemblées en un amas qui déborde largement des deux côtés le fatal ruban. J’assiste au réveil des engourdies. La première qui chemine est, de fortune, en dehors de la voie tracée. Avec hésitation, elle s’aventure en pays nouveau. Elle atteint la crête du rebord et descend de l’autre côté sur la lerre du vase. Six autres la suivent, pas davantage. Peut-être le reste de la troupe, non bien revenu de sa torpeur nocturne, a paresse de s’ébranler.
- Ce faible retard a pour conséquence le retour aux errements antérieurs. On s’engage sur la piste de soie, et la marche en rond reprend, cette fois, sous forme d’anneau ébréché. D’ailleurs aucun essai d’innovation de la part du guide que cette brèche a mis en tête. Une chance se présente de sortir enfin du cercle magique, et il ne sait pas en profiter.
- Quant aux chenilles qui ont pénétré à l’intérieur du vase, leur sort n’est guère amélioré. Elles grimpent au sommet du palmier, en proie à la fringale et cherchant pâture. N’y trouvant rien à leur goût, elles reviennent sur leurs pas en suivant le fil laissé en route, gravissent le rebord du pot, retrouvent la procession, où, sans plus s’inquiéter, elles s’inter-
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- calent. Yoilà de nouveau l’anneau complet, voilà de nouveau le cercle tournoyant.
- Quand viendra donc la délivrance? Certaine légende parle de pauvres âmes entraînées dans une ronde sans tin jusqu’à ce que le charme infernal soit rompu par une goutte d’eau bénite. Quelle goutte la bonne fortune jettera-t-elle sur mes processionnaires pour dissoudre leur cercle et les ramener au lit? Je ne vois que deux moyens de conjurer le sort et de s’affranchir du circuit. Ces deux moyens sont deux pénibles e'preuves. Etrange enchaînement des effets et des causes : de la douleur, de la misère, doit résulter le bien.
- Et d’abord le recroquevillement par le froid. Alors les chenilles se rassemblent sans ordre, s’amoncellent les unes sur la voie, les autres, plus nombreuses, en dehors. Parmi celles-ci, tôt ou tard, peut se trouver quelque révolutionnaire, dédaigneuse des chemins battus, qui tracera voie nouvelle et ramènera la troupe au logis. Nous venons d’en voir un exemple. Sept ont pénétré à l’intérieur du pot, escaladé le palmier. Tentative sans résultat, il est vrai, mais enfin tentative. Pour réussir pleinement, il suffirait de prendre la pente opposée. Une chance sur deux, c’est beaucoup. Une autre fois on réussira mieux.
- En second lieu, l’éreintement par la fatigue de la marche, l’épuisement par la faim. Alors une éclopée s’arrête, n’en pouvant plus. En avant de la défaillante, la procession continue encore un peu de cheminer. Les rangs se serrent et un vide se fait. Revenue à elle et reprenant la marche, la chenille cause de la rupture devient chef, n’ayant rien devant elle. Il lui suffit d’une velléité d’émancipation pour lancer la bande sur un nouveau sentier qui sera peut-être le sentier sauveur,
- Bref, pour tirer d’affaire le train en détresse des processionnaires, il lui faut, à l’inverse des nôtres, un déraillement. La mise hors la voie est soumise aux caprices d’un chef de marche, seul capable de dévier à droite ou à gauche, et ce chef manque absolument tant que l’anneau n’est pas rompu. Enfin la rupture du cercle, unique chance heureuse, est le résultat d’un arrêt confus, dont la cause est principalement un excès de fatigue ou de froid.
- L’accident libérateur, celui de la fatigue surtout, assez souvent se répète. Dans la même journée, la circonférence mouvante se sectionne à plusieurs reprises en deux ou trois arcs ; mais bientôt la continuité revient, et rien n’est changé à l’état des choses. Le hardi novateur qui doit les tirer de là n’est pas encore inspiré.
- Rien de nouveau le quatrième jour, après une nuit glacée pareille aux précédentes; rien autre à signaler que le détail suivant. Hier, je n’avais pas effacé la trace laissée par les quelques chenilles qui avaient pénétré à l’intérieur du vase. Cette trace, avec un raccordement sur la voie circulaire, a été retrouvée dans la matinée. Une moitié du troupeau "en a profité pour visiter la terre du pot et grimper
- sur le palmier ; l’autre est restée sur la corniche, déambulant sur l’ancien rail. Dans l’après-midi, la bande émigrante rejoint l’autre, le circuit se complète, et les choses reviennent à l’étal primitif.
- Nous en sommes à la cinquième journée. La gelée nocturne se fait plus rude, sans toutefois gagner encore la serre. Un beau soleil lui succède dans un ciel calme et limpide. Dès que ses rayons ont un peu réchauffé le vitrage, les chenilles, rassemblées en tas, s’éveillent et reprennent leur évolution sur la corniche du vase. Cette fois, la belle ordonnance au début se trouble, certain désordre se manifeste, présage apparemment d’une prochaine libération. La voie de recherche à l’intérieur du vase, tapissée de soie hier et avant-hier, est suivie aujourd’hui à son origine par une partie du troupeau, puis abandonnée après un court lacet. Les autres chenilles suivent l’habituel ruban. De cette bifurcation résultent deux files à peu près égales, cheminant sur la corniche dans le même sens, à une faible distance l’un de l’autre, se rejoignant parfois, se séparant plus loin, toujours avec quelque désordre.
- La lassitude augmente la confusion. Sont nombreuses les éclopées qui refusent d’avancer. Les ruptures se multiplient ; les séries se fragmentent en tronçons ayant chacun son chef de marche qui projette d’ici, de là, l’avant du corps pour explorer îe terrain. Tout semble annoncer la désagrégation d’où naîtra le salut. Mon espoir est encore trompé. Avant la nuit, la file unique est reconstituée, et l’invincible giration reprend.
- Tout aussi brusquement que le froid, la chaleur est venue. Aujourd’hui, 4 février, journée superbe et douce. L’animation est grande dans la serre. De nombreuses guirlandes de chenilles, sorties des nids, ondulent sur le sable de la banquette. Là-haut, à tout instant, l’anneau se fragmente, se ressoude sur la corniche du vase. Pour la première fois, je vois d’audacieux chefs de file, qui enivrés de chaleur et retenus par la dernière paire de fausses pattes à l’extrême bord du bourrelet de brique, projettent le corps dans l’espace, se contorsionnent, sondent l’étendue. Bien des fois l’essai se répète avec arrêt de la bande. Les têtes branlent par brusques oscillations, les croupes se trémoussent.
- L’un des innovateurs se décide à faire le plongeon. Il se glisse sous la corniche. Quatre le suivent. Les autres, toujours confiantes dans la perfide trajectoire de soie, n’osent les imiter et continuent d’avancer par le chemin de la veille.
- Le court chapelet détaché de la chaîne générale tâtonne beaucoup, longtemps hésite, sur le flanc du pot ; il descend à mi-hauteur, puis remonte obliquement, rejoint la procession et s’y intercale. Pour cette fois, la tentative a échoué, bien qu’il y eût au pied du vase, à une paire de travers de main, un bouquet de ramuscules de pin que je venais de déposer là dans l’intention d’allécher les affamées. Le flair, la vue, ne leur ont rien appris. Déjà si voisines du but, elles sont remontées.
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- N’importe, l’essai ne sera pas inutile. En route, des fils ont été posés qui serviront d’amorce à de nouvelles entreprises. La voie de délivrance a ses premiers jalons. Le surlendemain, en effet, huitième jour de l’épreuve, tantôt isolées, tantôt par petits groupes, tantôt encore par chapelets de quelque longueur, les chenilles descendent de la corniche en suivant le sentier jalonné. Au coucher du soleil, les derniers traînards ont regagné le nid.
- Maintenant un peu de calcul. Sept fois vingt-quatre heures, les chenilles sont restées sur la margelle du vase. Pour les arrêts dus à la fatigue de
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- l’une ou de l’autre, et surtout pour le repos aux heures les plus froides de la nuit, défalquons, en faisant bonne mesure, la moitié de cette durée. Il reste 84 heures de marche. Avec une vitesse moyenne, le trajet est de 9 centimètres par minute. Le parcours total représente donc 455 mètres, presque un demi-kilomètre, belle promenade pour ces trotte-menu. La circonférence du vase, périmètre da la piste, est exactement de 1 m. 35. Alors le cercle parcouru, toujours dans le même sens et toujours sans résultat, a été décrit trois cent trente-cinq fois. J.-II. Fabre.
- LES MOUVEMENTS DU SOL DE PARIS
- Les lecteurs de La Nature ont pu voir dans les quotidiens que les grands travaux qui intéressent la ville de Paris étaient sur le point d’être repris heureux habitants de la capitale nous allons avoir à nouveau les gracieuses perspectives des trémies à déchargement agrémentées ou non de réclames, les palissades boueuses bordées de petits trottoirs monoplace et les tas de sacs de ciment dont le déchargement et les manipulations dans un nuage de fine poudre amènent les justes protestations des habitués des terrasses et des consommateurs de denrées exposées aux étalages des commerçants auxquels le hasard a donné ces indésirables voisins.
- Si le retour de ces petits inconvénients va permettre de spirituels entrefilets dans les « Echos » des journaux, il en est de plus graves sur lesquels l’attention des services de travaux est toujours appelée mais qu’sil est extrêmement difficile d’empêcher, nous voulons parler des mouvements du sol et des immeubles riverains, mouvements allant depuis la légère dénivellation de pavage et la lézarde jusqu’aux grands affaissements qui ont laissé souvenir.
- Et.pourtant, malgré la grande habitude et la prudence qu’ordonnent de grands travaux dans Paris, il faut se dire qu’il est impossible avec les moyens actuels de remuer un cube un peu important de terre sans amener des désordres dans le voisinage. Un examen rapide de diverses causes de ces désordres va nous en fournir les origines.
- Malveillance. Imprudence. — Le accidents qui ont pour origine des fautes lourdes ou la malveil-
- lance sont extrêmements rares : l’époque est passée, croyons-nous, où le sabotage allait jusqu’à entamer des poteaux de blindage ou décaler des cintres en bois.
- Insuffisance de renseignements. Carrières. —
- Une cause accidentelle d’éboulements contre laquelle la connaissance complète des anciennessubstructions pourrait seule lutter réside dans la présence de vieilles maçonneries au voisinage des galeries souterraines. Fréquemment, des caves comblées, des fosses remblayées, vident d’un seul coup leur terre qui glisse entre les murs contre lesquels l’adhérence est insuffisante; d’autres fois ces poches en équilibre se trouvent en flanc des travaux et tiennent quelque temps jusqu’au moment où une trépidation les fait tomber tout d’un bloc en brisant les boisages et en ouvrant parfois un vide jusqu’à l’air libre (fig. 1). Rien ne peut faire prévoir la présence de ces cloisonnements de terre et de ce fait, rien ne peut en préserver absolument.
- Il n’en est pas de même des anciennes carrières : un service très compétent tient constamment à jour l’état des carrières découvertes au fur et à mesure des travaux souterrains et les entrepreneurs qui ont à exécuter des ouvrages dans les deux zones d’exploitation de Paris ont généralement soin de faire relever des plans de carrières connues ou possibles qu’ils pourraient rencontrer. Cependant, comme les anciens carriers avaient l’habitude de murer leurs rameaux d’exploitation après l’extraction, sans toujours les bourrer de déchets, on peut se dire que le
- Sol actuel
- Fig. i. — Cause d'effondrement par remblais ignorés.
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- hasard seul d’un percement ou d’un affaissement permet de découvrir ces galeries abandonnées sans communication et qu’on ne connaît qu’une petite partie de l’immense réseau des anciennes carrières.
- La chute de quelques mètres cubes de déblai dans un terrassement qui vient à passer par trop près des carrières est donc un incident qui apporte de précieux renseignements pour les travaux ultérieurs en permettant de situer quelques galeries nouvelles.
- Crue. — Enfin parmi les causes accidentelles de mouvements de terrain il faut placer les débordements de notre paisible Seine, non pas l’eau qui lave les pavés et les soubassements du rez-de-chaussée, mais l’eau de la couche souterraine, crue sournoise qui ne se manifeste que par le suintement dans les égouts ou le métropolitain et le relèvement du plan d’eau des puits de Paris.
- Cette crue souterraine s’infiltre lentement, imprègne d’eau les calcaires et les remblais en plâtras ou mauvaise terre : rien ne bouge 'alors. Mais le flot se retire ayant dissout les éléments plus ou moins solubles, le carbonate de chaux, un peu de gypse, ayant délavé les sables : les vides se forment, les matières insolubles se tassent, et un beau jour, sans que rien ne le fasse prévoir, un affaissement se produit, une maison se lézarde longtemps après que le lleuve a repris son étiage normal (fig. 2).
- Que faire à cela? La réponse est immédiate : rien.
- L’incapacité, la présence de substructions, les carrières, la crue sont des causes accidentelles de tassements ou de glissements, il en est une autre qu’on pourrait appeler normale et qui se manifeste dans tous les cas, cause inhérente au travail exécuté : la décompression du sol.
- Décompression du sol. — Les effets de cette décompression peuvent être classés en deux catégories : mouvements des sols (chaussées, trottoirs) et dislocation des constructions.
- Chaussées. — Les travaux exécutés en tranchée sont généralement de peu d’importance, la gêne qu’ils apportent à la circulation devant être de courte durée. L’ouvrage terminé (construction d’un
- égout par exemple), on remblaye, on pilonne et, quel que soit le mode de revêtement de la partie restée intacte de la chaussée, on fait un pavage provisoire en pierre; le tassement du remblai se produit lentement, le pavage de pierre s’enfonce peu à peu, on le relève par quelques brouettées de sable de temps à autre et lorsqu’on juge que le
- mouvement a pris fin (un an généralement), on procède à la réfection définitive et la chaussée est alors rétablie avec le revêtement qu’elle a partout ailleurs. Une telle prudence paraît une assurance contre toute surprise : il n’en est rien. Une conduite qui fuit en terre, un caniveau où les eaux séjournent ou s’infiltrent, voilà le remblai mouillé, lavé, dissout par cette crue en miniature et à nouveau tout se tasse.
- Si la chaussée est en pavé ou en macadam le fléchissement se voit aussitôt et, aussitôt également, arrivent les équipes de réfection; mais dans le cas de revêtement en pavé de bois sur béton par exemple, rien n’apparaît : la forme bombée des chaussées donne à la voûte de béton doublée de l’arc en pavé de bois une solidité suffisante pour résister longtemps aux trépidations du roulage. On perçoit parfois seulement une sonorité anormale du revêtement qui attire l’attention et fait faire des sondages, mais, le plus souvent, ces arcs tiennent longtemps et ne s’écroulent que par le passage d’une charge exceptionnelle : on voit alors seulement l’étendue du vide (fig. 3).
- Quand les travaux ont lieu en souterrain et sont bien menés on n’observe pas de grands tassements; l’interdiction de l’emploi de la mine fait que les terresne subissent pas ces profondes désorganisations produites par les explosifs brisants et les seules causes d’affaissements du sol sont les poches de terre qui tombent au moment des abatages et qu’il est difficile de bourrer suffisamment avant de les abandonner derrière les maçonneries. Malgré les injections de ciment liquide derrière les voûtes terminées, ces poches permettent une légère décompression des couches supérieures et on observe, après quelques mois, des flaches, des trous, des ondulations à la surface. C’est par crainte de ces
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- Fig. 3. — Effondrement d’une chaussée par tassements dans un remblai.
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- mouvements légers et lents que les Compagnies de Tramways, par exemple, hésitent à faire la réfection des voies dans une rue où de grands travaux souterrains sont prévus ou fraîchement exécutés, car ces mouvements se produisent inévitablement.
- Constructions. — Les désordres produits dans les constructions sont beaucoup plus importants et s’ils attirent moins l’attention que les « trous de Paris », qui eurent leur heure de célébrité, leur réfection est plus délicate et la note à payer généralement plus élevée.
- L’accumulation des immeubles à six et sept étages reposant sur un espace restreint amène une compression formidable du sol sous-jacent, et, quelque contradictoires que soient les apparences, le sol se comporte comme un véritable fluide compressible transmettant les pressions de tous côtés.
- Les exemples de ce mouvement sont nombreux : les moindres tranchées taillées dans cette terre comprimée subissent de telles pressions latérales du fait du poids des édifices voisins que leurs parois se rapprochent suffisamment pour qu’un repère ou une tête de clou planté dans le sol au voisinage d’une tranchée soient déplacés et donnent à une contre-épreuve de triangulation des différences de quelques centimètres. Par suite de cette coupure, la terre s’est décompressée, elle a avancé, entraînant avec elle le pied des façades voisines et des lézardes se montrent, plus larges à la base qu’au sommet. Le remblaiement de la tranchée n’arrêtera pas le mouvement car, à moins de cas exceptionnels, les terres du remblai sont dans un
- état dé pression de beaucoup inférieur à celui des couches voisines, les lèvres de la tranchée continueront donc à se refermer légèrement sur la terre molle du remblai et un plissement caractéristique du bitume montrera le resserrement.
- Si un ouvrage superliciel comme une tranchée de profondeur médiocre peut amener de telles perturbations, on conçoit combien la décompression doit, se faire sentir Verticalement et latéralement dans des galeries à vaste section qui sont à 1 étroit dans les limites de la largeur des rues et qui
- Fig. 4. -r- Tassement inégal du sol par les édifices voisins.
- Fig. 5. — Tassements par décompression à distance.
- frôlent parfois les pieds des constructions.
- Le foisonnement, qui atteint 1/5 pour des terres chargées, existe aussi pour les terres voisines de l’ouvrage et les mineurs, qui boisent généralement par avancée de 1 m. 60, retrouvent parfois les poteaux qu’ils ont posés la veille dans un état tel de compression qu’il est impossible de les déplacer ou de les riper et cela dans l’intervalle de deux « postes », une nuit au maximum; d’autres fois, les extrémités des porteurs s’écrasent sous la pression transmise et s’épanouissent en forme de champignon.
- Cette compression des poteaux quelques heures après leur pose indique bien que les terres se sont détendues. Malgré l’exécution des maçonneries sans tarder, le rétablissement de la stabilité demandera de longs mois. Les couches superficielles se tassent et les couches latérales avancent, les pieds des maisons s’enterrent ou s’évasent légèrement, les fissures des dallages des rez-de-chaussée montrent que la lèvre côté rue est plus basse que l’autre, le doute n’est pas possible, la maison a subi, elle aussi, la détente et se disloque (flg. 4).
- Parfois, cependant, appelé à chercher les ori-> gines d’un mouvement dans un édifice voisin de travaux souterrains, on constate que les dallages, au lieu de montrer la façade affaissée vers la zone en foisonnement, indiquent qu’au contraire, c’est le centre de l’é-diûce ou même le mur de fond qui a fléchi; mais l’ouvrage souterrain de la rue n’en est pas moins la cause et, le plus souvent, une coupe géologique en travers fait voir
- que les terres amenées par décompression dans la galerie proviennent d’une stratification inclinée affleurant à l’arrière ou au centre de l’édifice (fig. 5).
- Il y a là, bien entendu, matière à procès interminables entre la Ville qui argue que la maison est mal assise sur des fondations insuffisamment profondes et les intéressés qui répliquent que, sans les travaux, elle serait encore debout.
- Ainsi donc, dès qu’une brouettée de terre est sortie du sous-sol comprimé de Paris, un mouvement de décompression commence autour de ce
- grands
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- foyer et gagne lentement la chaussée et les façades.. On avait cru trouver un remède radical à ce grave inconvénient par l’emploi qu’on fit il y a quelques années du « bouclier ». Les lecteurs de La Nature connaissent cet appareil par les articles qui ont paru à l’époque des grands travaux du Métropolitain : son principe réside dans la continuité du support sur lequel s’appuient les terres voisines de l’ouvrage.
- Le bouclier, véritable emporte-pièce, entre dans le front de terrassement et tandis que les terrassiers chargent et évacuent les déblais, il soutient les terrés dans leur position primitive jusqu’au moment où les maçons ayant bouclé derrière lui un anneau de voûte, il avance de nouveau d’une portée de 0,40 à 0,60. Il ne reste donc jamais derrière le bouclier que cette minime bande de terre vite maçonnée et la détente ne peut plus se produire.
- Malheureusement, le bouclier, parfait pour les terres homogènes, se prête mai aux dispositions du sous-sol de Paris encombré de vieilles constructions rasées, conduites abandonnées, caves comblées,
- pans de murs; tantôt le bec, tantôt les joues heurtent des masses compactes de maçonneries abandonnées : l’appareil dévie ou tend à basculer; pour permettre aux mineurs d’attaquer au poinçon et à la masse ces obstacles, il faut arrêter l’avancement régulier, les maçons n’ont plus de travail, le rendement des équipes désorganisées s’abaisse considérablement; conduit par des mains inhabiles, l’appareil se coince, les tôles s’abîment et après quelques essais semblables, l’entrepreneur abandonne cette machine à faire les souterrains et revient aux mineurs-boiseurs.
- La solution du problème n’est donc pas encore trouvée et tant que la lerre restera le fluide compressible et comprimé que nous connaissons actuellement, tant que le sous-sol de Paris ne sera pas consolidé-par une infinité de cloisonnements formé de nombreux et importants ouvrages souterrains en maçonnerie empêchant la propagation des mouvements et formant une assise rigide, on assistera absolument désarmé à des affaissements du sol et à des dégradations souvent importantes des édifices. P Chevolot.
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- Parmi les clauses de l'armistice, il en existait une qui précisait la livraison immédiate de tous les sous-marins allemands. L’Angleterre reçut ces bâtiments à Harwich et leur nombre dépassa celui qui avait été prévu, bien qu’un certain nombre d’entre eux restassent en Allemagne, étant en réparation ou en achèvement. Ces sous-marins furent partagés entre les Alliés, et la France en reçut un certain nombre pour sa part. Les équipages allemands qui con-duisirentleu r bâtiment en An gle-terre s’en r etour-nèrent sur des paquebots affrétés spécialement dans ce but, après avoir reçu une forte prime. Des équipages français, recrutés parmi les marins et les officiers des sous-marins français, quittèrent les ports militaires, et en trois ou quatre voyages ramenèrent dans ces ports les sous-marins qui avaient été désignés pour être livrés à la France au nombre primitivement fixé de seize. Des remorqueurs permirent à ceux qui avaient leurs moteurs avariés ou qui étaient d’une conduite difficile d’arriver sans encombre et malgré le mauvais temps à leur nouveau port d’attache. C’est ainsi qu’il nous a été permis de voir de près ces
- Fig. i et 2. — Comparaison d’un sous-marin et d’un submersible.
- R, remplissage; P, purges; C, charges ; E, épuisements ; D, drain d’épuisement.
- pirates et de les comparer aux sous-marins français.
- En premier lieu quelles sont les caractéristiques d’un sous-marin et en quoi se distingue-t-il d’un navire ordinaire? On peut calculer un bateau d’un tonnage déterminé pour que le poids des appareils qu’il contient lui donne une densité telle qu’il coule
- immédiatement si on ne l’entoure pas d’une certaine quantité de caissons vides qui augmentant le volume d’eau déplacé, lui permettent de rester en surface. Cas caissons sont les ballasts : en surface ils se trouvent complètement vides et pour la plongée une vanne spéciale, appelée « remplissage » laisse passer l’eau qui remplit le ballast. Il faut donc prévoir avec ces « remplissages » des « purges )) qui laissent l’air s’évacuer à l’extérieur ; des « chasses » qui permettent d’envoyer à l’intérieur des ballasts de l’air sous pression .capable de chasser l’eau par les remplissages, d’alléger le bateau et par conséquent de le faire remonter à la surface; et en dernier lieu des « épuisements » qui mettront en communication ces ballasts avec le collecteur d’aspiration de pompes puissantes capables d’aspirer l’eau contenue dans ces ballasts à
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- condition que, le bateau étant à fleur d’eau, l’air extérieur puisse y rentrer par les purges.
- Les remplissages et les épuisements sont placés à la partie inférieure du ballast; les purges et les chasses à la partie supérieure, et toutes ces vannes ou clapets sont commandés de l’intérieur du bâtiment.
- La pression de l’eau augmentant avec la profondeur de la plongée la « coque sous-mariné » doit avoir une épaisseur telle qu’elle puisse résister à cette pression. Les ballasts peuvent être .placés soit à l’intérieur de la coque sous-marine (fig. 1) : c’est le cas du « sous-marin « proprement dit, soit à l’extérieur de la coque sous-marine (fig. 2j: c’est le cas du « submersible ». On voit de suite l’avantage du submersible : tôlerie extérieure de faible épaisseur, puisque la pression est la même à l’intérieur qu’à l’extérieur, stabilité plus grande et encombrement plus faible à l’intérieur.
- Sauf en Angleterre, on ne construit plus de sous-marins proprement dits, mais uniquement des submersibles. Il faut donc un calcul assez précis pour obtenir un bâtiment qui, lorsque ses ballasts sont remplis, soit capable de couler et de rester en
- Abordons maintenant la question dessous-marins allemands.
- Ce qui frappe le plus lorsqu’on les compare aux nôtres, c’est leur fort armement pour l’attaque en surface. Alors qu’en France on s’était décidé à adopter le canon de 75 de marine comme armement sur presque tous les sous-marins existants, au nombre de 1 ou de 2 suivant le tonnage, les Allemands au
- contraire ont armé les leurs de canons d’un calibre beaucoup plus fort. Le moindre petit sous-marin de 50 mètres a un canon de 105 environ, sinon un de 105 et un d’un calibre voisin du 75. Les gros croiseurs submersibles possèdent deux canons de 155 environ avec un télémètre puissant leur permettant d’évaluer convenablement leur distance au but. Et cela s’explique assez aisément lorsqu’on les détaille et que l’on étudie leurs buts. Les Allemands ont cherché simplement à avoir des bâtiments capables d’échapper rapidement aux patrouilleurs et éclaireurs alliés de la défense contre les sous-marins qui sillonnaient les mers et convoyaient les cargos, eux-mêmes armés de canon? pour leur défense. Leur but n’était pas de faire de grandes randonnées en plongée. Au contraire ils ne plongeaient
- Fig. 3. — Croiseur sous-marin allemand U-i39 : 2800 tonneaux; io5 m. de long; 6 m. tirant d’eau; 2 canons i55; 6 tubes lance-torpilles; 2 moteurs Diesel Germania Krupp 1800 chevaux chacun.
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- Fig. 4 et 5. — Emplacements des canons el des tubes lance-torpilles sur les sous-marins allemands.
- équilibre instable dans l’eau de mer. Etant donnée la différence de densité de cette eau suivant les mers, les approvisionnements, le nombre et le déplacement de l’équipage à l’intérieur du bâtiment, on a prévu des caisses spéciales appelées « caisses d’équilibre » ou « caisses d’assiettes », permettant de rétablir l’équilibre instable du bateau avec l’aide des « barres » ou « gouvernails de plongée » qui ont aussi pour but, à la manière d’un aéroplane, avec la vitesse du bateau en plongée, de le faire descendre, de monter ou de rester à la profondeur désirée.
- que pour traverser les lignes de défense alliées, ou pour atteindre plus facilement un but et s’en éloigner rapidement.
- Tous les sous-marins sont en général très bas sur l’eau et d’une flottabilité assez faible. Le kiosque de commandement, servant de passerelle de navigation, seul se dresse, ou plutôt se dressait avant la guerre sur le pont, .car depuis, les canons, les mâts de T. S. F. et les coupe-filets l’ont garni quelque peu. Cet armement nouveau, suppléant la torpille, a fait élargir les ponts tout au moins à certains endroits, en nécessitant des renforcements
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- de coque et des dispositions nouvelles de ballasts.
- Sur les* sous-marins allemands le canon est presque toujours sur l’avant du kiosque .quand ils n’en possèdent qu’un (fig. 4) dans le cas où ils en possèdent deux ils se trouvent l’un sur l’avant, l’autre sur l’arrière du kiosque (fig. 5) mais toujours dans l’axe du bâtiment.
- Les tubes lance-torpilles sont placés en général à l’extrême avant et à l’extrême arrière, et sur les sous-marins d’un tonnage moyen et gros ils sont au nombre de 6 : 4 sur l’avant et 2 sur l’arrière (fig. 5). Ce sont des tubes étanches commandés de l'intérieur. Il est nécessaire d’orienter le bateau pour pouvoir lancer la torpille car les tubes ne sont pas orientables d’eux-mêmes ; la chose est d’ailleurs assez aisée avec l’aide des périscopes et du secteur gradué qui les entoure. Il n’y a que sur certains •submersibles et en particulier sur les mouilleurs
- sont destinées, un fort moteur électrique situé à l’intérieur du bâtiment fait pivoter le mât au moyen de tringles de chaînes fixées à l’extrémité d’un secteur placé à la partie inférieure du mât. À la partie supérieure de ces mâts se trouvent les antennes qui servent à la réception et à l’émission en surface. Une deuxième disposition constituée par des câbles plus gros et fixés à deux mètres du pont permet de recevoir et de transmettre les ondes en demi-plongée.
- Tout à fait sur l’avant du sous-marin une solide lame d’acier découpée en dents de scies constitue un coupe-filets. Des tirants et des contre-fiches très résistants fixés sur la coque lui donnent une grande robustesse. Bien souvent, sous la coque, se place un deuxième coupe-filet disposé comme le premier mais au ras de la quille.
- Il ne reste plus d’apparent sur le pont que le
- Avant
- Fig
- I Compartiment des tubes lance-torpilles avant.
- II Poste d’équipage — Cuisine —"YV.-C.
- III Chambre des officiers, du Conmandant — T. S. F.
- IV Poste Central.
- V Moteurs Diesel.
- VI Moteurs électriques? •
- B, Batterie d’accumulateurs (avant).
- de mines où l’armement est assez restreint (en général deux lance-torpilles latéraux), que ce nombre est réduit, mais toujours une disposition analogue permet d’orienter le bateau de façon que le tube lance-torpilles bâbord ou tribord soit pointé convenablement (fig. 4).
- Ces tubes lance-torpilles ne sont pas visibles de l’extérieur pour la première catégorie, tandis que pour les sous-marins de la deuxième catégorie, on aperçoit de chaque côté du kiosque de commandement deux espèces de longs réservoirs cylindriques en tôle épaisse avec un panneau de fermeture qui indiquent l’emplacement de ces tubes.
- Les canons restent continuellement en place, même pour la plongée, contrairement à certains canons français de sous-marins qui se rabattent sur la coque et permettent ainsi d’éviter une diminution de vitesse en plongée et un danger d’accrochage. Il serait d’ailleurs difficile de ne pas fixer définitivement sur la coque les gros canons allemands, et la manœuvre à exécuter pour leur rabattement demanderait un gros effort et un emplacement, entre la coque sous-marine et le front, qui est utilisé d’une autre façon.
- Les mâts de T. S. F., d’une hauteur variant de quatre à dix mètres suivant leur tonnage, peuvent se rabattre sur le pont dans des gouttières qui leur
- è.
- VII Compartiment des tabes lance-torpilles arrière.
- VIII Kiosque.
- p Passerelle de commandement.
- P Périscopes.
- e Panneaux spéciaux pour l’embarquement des torpilles.
- ;T Tubeo dance-torpilles.
- Bj Batterie d’accumulateurs (arrière).
- kiosque servant de passerelle de commandement à sa partie supérieure. Il est, en général, très bien abrité, des embruns de la mer; des tôleries et des sièges permettent aux hommes de quart ou de veille, de se reposer et de se maintenir en dominant suffisamment l’horizon pour pouvoir faire leur service. Une boîte à carte bien abritée par des tôleries permet à l’officier de quart de faire son point à l’abri avec l’aide des compas et des verniers gradués placés de chaque côté du kiosque. Des purges d’air et quelques tuyautages débouchent au ras des tôleries et c’est aussi de cet endroit que s’échappe d’un côté l’air vicié évacué par les ventilateurs et que de l’autre côté rentre l’air frais destiné à l’intérieur du bâtiment.
- Tout au ras du pont, les panneaux de descente à l’intérieur, constitués par des culottes en acier oscillant autour d’une charnière, produisent de légers bossellements. Suivant l’importance du bâtiment il y a quatre à huit panneaux, mais toujours un panneau central dans le kiosque. Un système de fermeture rapide leur permet d’être très fortement appuyés sur un joint en caoutchouc placé sur le panneau lui-même.
- Descendons par un de ses trous, d’un diamètre de 70 centimètres environ, au moyen d’une échelle mobile, le long d’une espèce de tube de la même épais-
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- seur quela coque sous-marine. Quelquefois un 2me panneau isole un petit compartiment étanche qui permet l’évacuation du sous-marin en plongée au moyen d'habits de scaphandriers. Nous arrivons dans la coursive qui parcourt tout le bâtiment de l’avant à l’arrière.
- Au premier abord, on ne distingue qu’un enchevêtrement de tuyaux de diamètres très différents, de volants de manœuvre, de vannes, de robinets, de câbles électriques, de commutateurs de toutes sortes.
- Si nous commençons par l’avant du bâtiment,, nous apercevons, en visitant un sous-marin dont l’armement est disposé suivant la figure 5, le compartiment des tubes lance-torpilles avant (suivre sur la fig. 6). Ces tubes, au nombre de quatre, sont très visibles avec leurs portes étanches et les nombreux volants ou leviers de manœuvre nécessaires au lancement. Les réservoirs d’air se trouvent de chaque côté, ainsi que les caisses de compensation et d’équilibre des torpilles qui sont remplies en plongée au moment du départ de la torpille, ce qui évite une rupture d’équilibre du bâtiment. Le moteur électrique de hissage du mât de T. S. F. est fixé à la partie supérieure de la coque, ainsi que les répétiteurs d’ordres. Derrière chaque tube un chemin de roulement est disposé pour le chargement d’une nouvelle torpille qui, suspendue et amorcée solidement, est ainsi toute prête à être poussée dans le tube. Un système spécial, nécessitant un moteur électrique, est employé sur les sous-marins allemands pour rentrer à l’intérieur de la coque les barres de plongée qui débordent en dessous du niveau de la mer, et sont par conséquent très gênantes pour les accostages. Quelques cadres de couchettes disposés le long de la coque, une pompe d’assiette et les niveaux des caisses d’équilibre sur la partie arrière, font que ce compartiment n’est pas trop encombré.
- Une trè*s forte cloison étanche, avec une ouverture circulaire.d’environ quatre-vingts centimètres de diamètre fermée par un panneau, sépare le compartiment avant du compartiment suivant qui est le poste d’une partie de l’équipage, en particulier des sous-officiers. De chaque côté de la coursive trois séries de deux couchettes superposées
- sont fixées au-dessus d’armoires et de caissons. Une table démontable se trouve au milieu. Aussitôt après et séparés par une mince cloison se trouvent la cuisine et les W.-C. Les sous-marins allemands ne possèdent pas de cuisine de surface et se servent constamment de la cuisine électrique située à l’intérieur du bâtiment.
- A la partie inférieure, et sous le plancher, se trouve une partie des batteries d’accumulateurs nécessaires à la navigation en plongée avec moteurs électriques. Ces batteries sont divisées en deux groupes : la1 batterie « avant » située sous le poste d’équipage et la batterie « arrière » placée sous les chambres des officiers, et du poste de T. S. F. qui constituent le troisième compartiment étanche.
- On arrive ensuite dans le « poste central » qui est l’âme du sous-marin. On rencontre là un grand
- périscope qu permet, non seulement de voir l’horizon,comme sur les périscopes ordinaires, mais de surveiller également le ciel, ce qui est d’une utilité incontestable con-Ire les avions. Un moteur électrique de hissage se trouve tout à côté avec une manœuvre de secours à main. — Le puits du 2me périscope se tro u ve au centre du compartiment. Sur l’un des côtés sont fixés les tableaux dechasses des ballasts et des caisses d’équilibre. Tout autour les volants des purges, qui se commandent toutes du poste central à l’aide de transmissions, sont reconnaissables à leur fort diamètre. Les niveaux des caisses d’assiette centrales sont fixés contre le deuxième périscope. Un compas gjroscopique avec deux répétiteurs : un dans le poste central et le deuxième dans le kiosque, y est aussi placé avec ses petits moteurs et l’appareillage électrique nécessaire à son fonctionnement. Une pompe d’épuisement, avec les vannes et les tuyautages correspondant aux différents compartiments, et une pompe d’assiette permettent de faire facilement les manœuvres de sécurité ou d’équilibre. De l’autre-côté, le « lurbo-soufliant » composé d’une espèce de ventilateur puissant commandé par un moteur électrique sert à terminer la chasse des ballasts plus économiquement qu’avec les chasses à haute pression, et remplace les « turbines d’épuisement » qui existent sur les sous-marins français pour vidanger les bal-
- Fig. 7. — Avant du sous-marin-allemand U- 73. (au deuxième plan YU-11Z).
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- lasts et les compartiments. Dans un autre coin se trouve le compresseur d’air à cent soixante kilogrammes pour les torpilles et les chasses : compresseur à quatre phases commandé par un moteur électrique. Entre les deux sont placées les commandes des barres de plongée. On peut commander électriquement ou à la main et' chaque commande est branchée sur chacune des deux batteries. À côté et bien en vue sont fixés les indicateurs d’angles des barres, les manomètres de plongée et les pendules d’oscillation.
- Le panneau qui donne accès dans le poste central fait communiquer ce dernier avec le kiosque, qui est lui-même étanche, grâce à un deuxième panneau. C’est de là que l’on peut descendre dans le puits du deuxième périscope de dix mètres. Ce périscope est le meilleur du bâtiment. Un système double de lentilles permet en tournant de 90° une petite manivelle de changer le grossissement du but, naturellement au détriment du champ.
- Lorsqu’on a aperçu quelque cho^e d’anormal avec la lentille dont le champ est le plus grand, un petit mouvement de rotation qui ne dérange pas le périscope permet d’obtenir ce point, beaucoup plus gros. Une passerelle est fixée à la partie inférieure du périscope : l’obserr vateur qui s’y trouve est hissé avec lui. Un troisième périscope beaucoup plus court et moins puissant est placé à côté. La commande électrique de la barre de direction est appliquée sur la partie avant du kiosque, avec une commande pour chacune des deux batteries. Des verres très épais et de faible étendue permettent d'apercevoir l’extérieur, et tout autour, des porte-voix et des transmetteurs d’ordres sont fixés contre la coque.
- En franchissant la cloison étanche qui se trouve sur l’arrière du poste central, on arrive au compartiment des moteurs Diesel qui est un des ‘plus grands. La, l’enchevêtrement des tuyaux et des volants est encore bien plus frappant que partout ailleurs : pompes auxiliaires à air, à eau et à huile», tuyautages correspondants. Les deux masses imposantes des moteurs laissent deviner les six cylindres qui les composent.
- En franchissant une autre cloison, on arrive au compartiment des moteurs électriques. Les Aller mands semblent avoir adopté sur tous leurs sous-marins la disposition des deux moteurs calés sur chacune des deux lignes d’arbre, ce qui permet un encombrement transversal moindre et par conséquent une meilleure disposition de l’appareillage électrique nécessaire à la manœuvre, à l’éclairage ou à la charge des accumulateurs (fig. 8).
- En dernier lieu,(et toujours séparé par une cloi- ; son étanche, on aperçoit le compartiment arrière
- qui ressemble au compartiment avant, à part que ce dernier laisse voir quatre tubes lance-torpilles au lieu de deux dans le compartiment arrière. De même qu’à l’avant, un panneau incliné permet l’embarquement des torpilles sous le chemin de roulement, avant d’être placées dans les tubes étanches.
- Tous les panneaux doivent naturellement être fermés pour la plongée, avant même d’avoir ouvert tous les remplissages et toutes les purges. Les remplissages sont commandés des compartiments en face desquels se Irouve le ballast à remplir tandis que les purges, commandées du poste central, sont ce qui permet une plongée très rapide.
- Les tuyautages, les transmissions de mouvement, les câbles électriques, en franchissant les cloisons étanches passent dans des presse-étoupe. Les compartiments sont donc bien isolés les uns des autres et cela permet, après la fermeture des portes étanches, de pouvoir, à n’importe quelle profondeur, localiser une voie d’eau à un compartiment. Chacune des deux bat-//Q teries d’accumulateurs se | trouve bien isolée et le circuit électrique est disposé de façon que l’on puisse toujours marcher avec au moins une batterie.
- Pour la marche en plongée, il faut en effet des batteries d’autant plus puissantes que la vitesse et la durée de la plongée sontplus grandes. IL esta remarquer que les capacités de leurs batteries sont, à tonnage égal, plus faibles que les nôtres, seulement les moteurs électriques sont moins puissants, par conséquent là vitesse réalisée en plongée est plus faible. Puisque leurs moteurs Diesel sont plus puissants, cela explique à nouveau que la plongée n’est pour eux qu’accidentelle.
- Les moteurs Diesel de leurs sous-marins, ont des approvisionnements en huile et en pétrole considérables, ce qui leur permet de rester très longtemps en mer sans se ravitailler. Pour pouvoir emporter une grande quantité de combustible, ils sont obligés d’en emmagasinerait départ, une grande partie dans leurs ballasts, ce qui leur donne une flottabilité assez faible. Les manœuvres de plongée sont réduites à peu- de chose et en général ils n’ont à remplir que 6 à 8 ballasts sur un total de 12 à 14. Leurs remplissages, commandés, comme en France, par de gros volants manœuvrables de l’intérieur du bâtiment, ont un assez fort diamètre permettant une plongée rapide. Et surtout, les Allemands ont un système spécial qui leur permet de débrayer les moteurs Diesel en quelques secondes.
- Il faut en effet pour plonger, stopper les moteurs Diesel, qui aspirent en marche une grande quantité d’air, et mettre en route les moteurs électriques branchés sur les batteries. Elle permet de marcher avec les moteurs Diesel lorsque les deux
- Fig. 8.
- D Moteur Diesel. H Hélice.
- M Moteurs électriques. E, Embrayage n° i.
- P Palier de butée. E2 Embrayage n° 2.
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- = BULLES DE SAVON
- embrayages sont en prise; de marcher avec les moteurs électriques seulement lorsque l’emorayage n° 1 est débrayé et le n° 2 embrayé et de pouvoir charger les accumulateurs en embrayant le n° 1 et en débrayant le n° 2 et par suite l’hélice. Il faut absolument que le moment d’indécision et de flottement pendant lequel le sous-marin prend la plongée, ne soit pas mis à profit par le « chasseur de sous-marins » pour bondir sur son adversaire et le couler. Le gain de quelques secondes permet quelquefois la fuite rapide, évitant l’éperonnage, les obus et la mort. Au point de vue de l’embrayage, l’Allemand a réussi à nous devancer : il débraie un moteur de 1800 chevaux en 5 à 6 secondes.
- Les sous-marins allemands ont aussi un deuxième avantage provenant de leur construction lourde et massive : l’épaisseur de la paroi de la coque sous-marine leur permet de descendre à une profondeur très grande 60, 80 et même 100 mètres sur certains sous-marins, sans craindre de trop fortes déformations de la coque. Les cloisons étanches séparant les divers compartiments sont aussi très épaisses et pour communiquer de l’un à l’autre il n’y a pour tout passage que les ouvertures circulaires ressemblant à des trous d’hommes, fermées par des portes étanchés à fermeture rapide, manœuvrables, comme en France, des deux côtés de la cloison.
- La sécurité de l’équipage après un accident est assez bien prévue. En plus des cloisons étanches sectionnant le bâtiment et localisant les avaries, un
- appareil de scaphandre autonome est disposé pour chaque homme, ce qui permet l’évacuation du bateau coulé, tout au moins théoriquement.
- En somme, ce sont des sous-marins puissants en surface et capables d’affronter des bateaux alliés d’un tonnage moyen, mais ils ont été construits rapidement et par cela même ont été mal étudiés à certains points de vue.
- Leur coque est très ouvragée et leur forme est très différente des sous-marins français : ils sont plus compliqués et moins élégants que les nôtres. Ils n’ont pas cherché à réaliser un maximum de vitesse en plongée et malgré les bouteilles d’oxygène qui sont placées à l’intérieur des bâtiments allemands la durée de leur plongée ne doit pas être Supérieure à Celle de nos sous-marins.
- Il est très difficile de faire une comparaison au point de vue delà valeur militaire entre les sous-marins allemands et alliés. A notre avis, malgré la quantité de bateaux alliés torpillés, les sous-marins allemands n'ont pas pu donner leur maximum d’efforts, surtout parce que les alliés en coulaient énormément et aussi parce que. les équipages commençaient .à se,lasser de risquer si souvent leur vie. Les chances d’être sauvé, malgré tous les appareils de sécurité possibles, étaient minimes, et d’autre part beaucoup ayant sur la conscience quelques crimes de pirates, ne se souciaient pas de tomber entre les mains des alliés, capables de les dominer. Cœur.
- BULLES DE SAVON
- Les plus grands savants n’ont jamais hésité à recourir aux expériences les plus simples et les plus frappantes pour essayer de percer les mystères de la nature, et parmi ces expériences, celles réalisées à l’aide des bulles de savon présentent un intérêt particulier. Elles fournissent, en effet, un moyen simple d’évaluer la dimension des molécules et de vérifier la théorie moléculaire qui actuellement, pour employer un mot dû à J.-J. Thomson, « triomphe dans une apothéose » et domine toutes nos conceptions de la matière.
- Aussi de nombreux expérimentateurs se sont-ils appliqués à perfectionner le matériel très simple dont se servent les enfants pour produire les bulles de savon et surtout à préparer des solutions donnant des bulles particulièrement résistantes et stables. Dans un article paru ici mêmej1) nous avions indiqué quelques-uns des modes opératoires de Vernon Boys qui a consacré un petit volume entier à cette question. Nous allons aujourd’hui résumer un mémoire du professeur J. Perrin relatif à la même question et exposer comment les bulles de savon nous fournissent une preuve de l’existence des molécules et un moyen de mesurer leurs dimensions.
- Rappelons d’abord la recette de Vernon Boys : dans 5/4 de litre d’eau on ajoute 1/40 d’oléate de soude pur; on laisse dissoudre un jour et on achève de remplir avec de la glycérine pure en agitant fortement la bou-
- 1. La Nature, 20 mars 1913, n° 2079.
- teille. On laisse reposer pendant 8 jours dans un endroit frais et obscur, on décante avec un siphon en laissant l’écume, enfin on ajoute 5 à 4 gouttes d’ammoniaque concentrée par litre de solution.
- On peut réaliser des bulles ou des James liquides sans savon, en partant de résines acides comme la^gomme-gutte et la colophane et en opérant comme l’indique Perrin. On dissout la résine brute dans l’alcool et on précipite cette solution par l’eau (ce qui donne des émulsions de sphérules vitreux microscopiques) ; on ajoute peu à peu de la potasse ou de la soude, l’émulsion se clarifie (par dissolution des sphérules) et donne un liquide transparent qui mousse comme l’eau de savon.
- La colophane permet d’avoir des résultats encore meilleurs, on procède comme pour la gomme-gutte : dissolution dans l’alcool, précipitation par l’eau, redissolution par la soude ou la potasse en laissant un léger excès de résine, ébullition pour chasser l’alcool et addition d’eau pour ramener la solution à la concentration la plus convenable qui est de 3 à 5 de colophane pour 100 d’eau.
- Tout le monde a j.u observer les taches rondes et noires qui apparaissent, sur les bulles ou les lames de savon, peu de temps avant leur rupture. Elles sont si noires et de contour si net qu’elles font penser à des trous faits à l’emporte-pièce. En réalité, elles réfléchissent la lumière, mais très peu, ce qui prouve que leur épaisseur est petite par rapport aux longueurs
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- BULLES DE SAVON
- d’onde de Ja lumière visible. A l’intérieur de leur contour on peut souvent, avec un peu d’attention, voir se former et grandir d’autres taches rondes encore plus noires, donc encore plus minces, où cependant l’image d’un objet brillant, tel que le Soleil, reste perceptible.
- Ce sont les « taches noires » des premier et second ordres, sur lesquelles Newton attirait déjà l’attention. Loin d’ètre instables, elles peuvent être conservées plusieurs heures ou plusieurs jours, si on les laisse se former à l’abri des courants d’air et de l’évaporation, par exemple à la partie supérieure d’une lame verticale d’eau de savon, dont le liquide s’écoule progressivement vers le bas en môme temps que les taches noires s’étendent sur une surface croissante, à bord horizontal bien net. Cette netteté, cette discontinuité dans l’épaisseur de la lame, est un caractère manifeste, et essentiel.
- C’est en mesurant leur épaisseur que Reinold et Rucker, puis Johonnott ont pu en déduire une dimension approchée des molécules. Ils ont trouvé les deux valeurs 6 et 12 millionièmes de millimètre. R est d’ailleurs à remarquer que ces expériences fournissent plutôt une évaluation du rayon d’action moléculaire qu’une mesure de la dimension elle-même des molécules.
- Le phénomène est d’autre part plus compliqué que nous ne l’avons supposé. C’est ainsi que Johonnott, ayant eu l’idée de regarder au microscope une lame verticale en expérience, a noté qu’on peut observer non pas seulement deux,. mais cinq taches noires. Le passage de l’une à l’autre se fait comme pour les taches ordinaires, par ordre de minceur croissante. Les trois premières sont tout à fait évanescentes et s’étendent rarement au delà de 2 mm ou 3 mm. La quatrième et la cinquième sont celles qu’on appelait d’habitude la première et la deuxième taches noires. Souvent les cinq taches sont vues ensemble dans le champ.
- On voit souvent apparaître sur les taches noires, et particulièrement sur les plus minces, quelques -instants après leur formation, une nuée de points lumineux animés d’un mouvement brownien si intense qu’il est déjà manifeste pour un grossissement de 50 diamètres.
- Ces points lumineux sont des gouttelettes liquides, car ils se soudent quand ils se rencontrent, jusqu’à former progressivement des sphérules ayant plusieurs microns de diamètre. Ces gouttelettes sont probablement de l’eau, car le phénomène s’exagère beaucoup si l’on souffle sur les taches noires, de la même façon dont Thaleine dépose de la buée sur un objet froid. Il faut admettre que l’eau condensée sur la lame, plutôt que de lui donner une épaisseur instable, se rassemble en gouttelettes ultramicroscopiques, puis microscopiques. Les plus grosses sont, par rapport à la lame noire, qui pourtant les supporte aisément, comme une orange à une feuille de papier.
- Les phénomènes s’exagèrent et deviennent beaucoup plus nets lorsque le liquide servant à préparer les lames de savon a1 été additionné d’une matière fluorescente (5 pour 100 d’uranium par exemple); Dans ces conditions, en éclairant la lame de savon par autocollimation, on conslate l’existence d’un très grand nombre de plages que l’on peut rapprocher des taches noires à cause de leur épaisseur uniforme et de la netteté de leurs contours. On voit des gris, des jaunes, des blancs, des îouges, des bleus, puis des couleurs d’ordre supérieur, chaque plage ayant une couleur parfaitement uniforme qui tranche nettement sur celle des plages contiguës et qui donne l’impression que l’ensemble de la lame est formé de
- feuillets transparents extrêmement minces à faces rigoureusement parallèles, découpés à l’emporte-pièce et répartis au hasard comme des paillettes sur une feuille de papier. Tout l’ensemble semble vivre, frissonner; au fur et à mesure que la lame s’évapore, des globules liquides apparaissent, puis la stratification évolue, donnant, suivant les circonstances, plus ou moins d'importance à Tune des séries de plages.
- En mesurant l’épaisseur de ces plages, Perrin a constaté qu’elle était la même pour toutes, voisine de 5 millièmes de micron (le micron est le millième de millimètre), de sorte que les épaisseurs des diverses parties de la lame varient exactement comme il arriverait pour des cartes à jouer jetées sur une table. Ainsi disparaissent la régularité et l’uniformité que Ton avait tout. d'abord observées; la discontinuité se révèle encore ici et l’épaisseur de la lame varie par bonds réguliers, comme les marches d’un escalier. Ajoutons que pour l’observation commode des lames de savon au microscope il suffit de placer sous l’appareil un diaphragme à vis sur lequel on a passé un pinceau imbibé de la solution de savon. La lame se forme et, en faisant varier l’ouverture du diaphragme, on agit très simplement sur son épaisseur.
- Bien d’autres phénomènes seraient à signaler, se rattachant aux bulles de savon, montrant une fois de plus l’infime variété et l’extrême complexité des phénomènes naturels. Nous citerons simplement pour terminer, les différences de composition que présentent les bulles par rapport au liquide qui les a produites et quelques expé riences de séparations chimiques fondées sur cette propriété.
- Les mesures de tension superficielle ont montré que la couche superficielle d’un liquide a une composition très différente de celle des couches relativement profondes. Dans le cas des bulles de savon, la surface serait constituée par de l’acide oléique, l’intérieur renfermant un excès de soude. En accroissant suffisamment la surface, on doit donc pouvoir réaliser la séparation de ces 2 corps.
- Il suffit pour cela de souffler de façon continue dans un tube qui débouche dans l’eau de savon, les bulles qui montent successivement dans le liquide viennent former au-dessus du liquide une mousse à larges cellules polyé-drales, qui bientôt déborde du vase et tombe à l’extérieur. L’expérience peut être réalisée de la façon suivante : un courant d’air, au sortir d’un flacon laveur, vient barboter dans l’eau de savon contenue dans un verre placé dans une large cuvette photographique. Les parois du verre et de la cuvette sont rigoureusement propres. La mousse déborde continuellement du verre et retombe dans la cuvette où elle se résout bientôt en liquide.
- On constate lorsque Ton arrête l’opération que le liquide provenant de la mousse est nettement acide, tandis que l'eau de savon contenue dans le verre est basique. On a donc réalisé ainsi une séparation, un fractionnement.
- On voit par ce rapide exposé combien sont nombreuses et captivantes les expériences que Ton peut réaliser avec les bulles de savon. Un microscope ordinaire et quelques produits courants, constituent tout le matériel à l’aide duquel chacun peut observer des phénomènes magnifiques qui lui procureront le plaisir profond que tout homme éprouve lorsqu’il a la sensation de pénétrer un peu plus avant dans le mystère de la nature.
- II. Yignerox.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars et avril >919.
- U intoxication arsenicale dans les industries de la houille. — MM. Bayet et Slosses ont constaté que dans une fabrique d’agglomérés, un très grand nombre d’ouvriers, environ le tiers, était atteint d’un cancer cutané de forme particulièrement grave. Les principaux symptômes en étaient des troubles pigmentaires et inflammatoires, enfin des lésions hyperkératosiques. 11 y avait là une analogie frappante avec l’arsenicisme chronique. Or les auteurs ont découvert de l’arsenic dans le brai, les poussières de l’usine, les cheveux, les urines et le sang des ouvriers. Cette « maladie du brai », est due aux pyrites arsénifères qui accompagnent toujours la houille. Les ouvriers qui manipulent la suie, la paraffine, l’asphalte, le goudron et le noir de fumée sont l’objet d’une intoxication professionnelle, ayant la bouille comme point de départ.
- Élection. — Le mois de mars a été marqué par l’élection de M. Eugène Cosserat, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse. Ce mathématicien remplace M. Henri Bazin, comme membre non résident.
- Formule donnant la densité d’un fluide à l’étal de saturation. — M. E. Àriès a défini l’an dernier les variables auxiliaires qui permettent, pour un fluide, d’obtenir la forme réduite de son équation d’état. On peut calculer ainsi la tension de vaporisation d’un liquide, en même temps que l’emploi des- tables de Clausius fournit la densité dans les deux états de saturation. La nouvelle communication faite à l’Académie établit les coefficients particuliers à l’anhydride carbonique, le chlorure stan-nique, le formiate de méthyle et le carbure heptane.
- Indicateur jalonneur de route pour la navigation aérienne à l’estime. — Pour un aviateur, le problème essentiel consiste à déterminer quelle direction au compas il doit suivre pour gagner au plus court un point fixé à
- l’avance, quand il se trouve à une altitude déterminée. Le tout se ramène à une triangulation, les côtés de la figure étant proportionnels aux trois facteurs qui sont l’altitude, la vitesse du vent et celle de l’avion, l’une par rapport à l’air, l’autre par rapportau sol. M. Dunoyer a construit un appareil extrêmement simple qu’on peut employer en cours de vol, alors que le plus souvent, les dispositifs préconisés jusqu’à ce jour ne s’employaient qu’au sol, au moment du départ; sa grande valeur est de permettre automatiquement le jalonnage de la route, par lectures simultanées de la montre de bord et du compte-tours.
- Inflammation spontanée des mélanges d’air et de vapeur d’éther. — L’obligation de manipuler de grandes quantités d’éther dans nos poudreries nationales et nos fabriques de celluloïd ou de soie artificielle rend nécessaire la connaissance précise des conditions dans lesquelles les mélanges d’air et de vapeur d’éther peuvent donner lieu à des accidents. M. Alilaireapu, dans l’appareil construit par lui à cet effet, vérifier que l’inflammation est spontanée quand, pour une proportion de 1 gr. de (G2H5)2O par litre d’air, le mélange est porté à la température de 190°. Il semble donc que dans les ateliers cités plus haut, il soit indispensable d’éviter le passage de tuyaux où circule la vapeur d’eau surchauffée des générateurs.
- La formation de la troostite à basses températures. — MM, Porlevin et Garvin ont repris l’étude du refroidissement pendant la trempe des aciers, dans le cas où l’eau employée n’a avec le métal qu’un contact limité, à une température bien déterminée. D’après leurs nouvelles expériences, il est. facile de constater que la troostite se forme au voisinage de 350°, en même temps que se produit une recalescence très prononcée.
- P. B.
- L’ABATAGE MÉCANIQUE DES ARBRES
- La raréfaction de la main-d’œuvre exercée est une des tristes conséquences de la guerre. Elle se fait sentir plus durement dans les industries agricoles que partout ailleurs. De là est né ce grand mouvément pour la création de machines de tous genres, substituant l’outil mécanique au bras de l’homme. Nous l’avons vu naître pendant la guerre, mais l’arrêt des hostilités ne l'a pas suspendu; de grands efforts continuent à être faits pour appliquer la mécanique aux travaux de la campagne.
- Parmi les exploitations agricoles qui exigent le plus impérieusement cette intervention du machinisme, l’exploitation forestière se trouve au premier rang. Les bûcherons étaient rares avant la guerre. Que dire aujourd’hui? Or, c’est un art, et un art difficile que de manier la cognée. Il exige de la force physique, de l’entrainement, et beaucoup d’expérience.
- En apparence, rien de plus simple que d’abattre
- un arbre; mais c’est une apparence trompeuse; nos forêts si douloureusement endommagées par les exploitations intensives du temps de guerre, exigent des ménagements, et cependant nous avons encore beaucoup à leur demander. Il faut donc dans les exploitations à venir pratiquer une sévère économie; la première de toutes c’est de procéder à l’abatage conformément aux règles de l’art, c’est-à-dire en évitant de détériorer les souches; il faut pour cela, éviter que l’écorce soit endommagée et il faut produire une section bien nette et effectuée suivant un plan incliné; l’eau ne peut, dans ces conditions* y séjourner et l’on évite la pourriture.
- L’abatage à la cognée exige donc des bûcherons exercés, et leur nombre est maintenant bien limité.
- La Société Aster vient de mettre au point une machine qui permettra de .faire mécaniquement ce travail d’abatage. Une telle machine, hâtons-nous de le dire, donnera des résultats d’autant meilleurs
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- L’ABATAGE MÉCANIQUE DES ARBRES
- qu’elle sera manœuvrée par les gens plus expérimentés dans l’art d’abattre les arbres; mais elle multiplie le rendement de leur travail.
- En gros, c’est une scie mécanique mue par un moteur électrique; là scie et le moteur sont montés sur un chariot facile à déplacer en tous terrains; on alimente le moteur, en principe, au moyen d’un groupe électrogène à essence, lui-même mobile.
- Ce qui caractérise la machine, c’est l’ingénieuse disposition de la scie ; la lame est une lame circulaire A, montée à l’extrémité d’un bras B. Celui-ci, grâce au coussinet C, peut tourner autour de l’arbre D fixé au chariot et en même temps coulisser sur lui. Le bras B peut donc prendre diverses positions dans un plan vertical; on les obtient en manœuvrant le secteur denté E.
- fcV H
- nœuvres; nous n’y insisterons pas, nous ne voulons ici qu’en faire comprendre le fonctionnement général.
- Lorsque la scie est disposée suivant un plan vertical, la machine peut faire, non plus de l’âba-tage, mais du débitage de troncs abattus.
- Il va sans dire, qu’à chaque genre- de besogne, il faut une lame de scie à denture spéciale.
- La « Bûcheronne », — c’est le nom que ses inventeurs ont donné à la machine, — est munie pour l’abatage d’une lame de scie à denture spéciale opérant à la façon d’une cognée; elle comporte deux sortes de dents : les dents-couteaux et les dents-rabots. Les dents-couteaux se . présentent comme des lames de canif dont les tranchants sont disposés alternativement de part et d’autre du
- Fig. i et 2. — La scie mécanique « la Bûcheronne ».
- A droite, l’ensemble de la machine; la lame est dans la position de débitage. C’est une lame ordinaire. A gauche, détail de l’arbre porte-scie. La lame est horizontale dans la position d’abatage. Elle porte
- des dents-rabots et des dents-couteaux.
- Quant à la scie, elle est montée à l’extrémité du bras B au moyen d’un porte-outil qui peut lui aussi tourillonner autour de l’arbre B, de sorte que, au moyen de la manette F, on peut faire tourner le porte-outil et la lame, et amener celle-ci soit dans un plan horizontal, soit dans un plan vertical, soit dans une position intermédiaire.
- Quand la lame est à peu près horizontale, elle est en position pour l’abatage. Après avoir, au moyen du. secteur denté et de la manette, placé la lame dans la position choisie par lui, le bûcheron pousse le chariot jusqu’au pied de l’arbre ; il peut en caler les roues avec le sabot G, commandé par le levier à main H. 11 met en marche le moteur électrique; pour faire avancer la scie au fur et à mesure que s’ouvre l’entaille faite dans l’arbre, il agit sur une manivelle qui, par une chaîne, actionne l’essieu des roues. Au moyen de la manivelle I qui commande une vis sans fin, on peut faire coulisser le bras porte-scie sur l’arbre D.
- La machine comporte encore d’autres dispositifs intéressants pour rendre faciles toutes les ma-
- plan du disque. Les dents-rabots sont disposées dans le plan du disque et succèdent, dans le sens de rotation, aux dents-couteaux.
- Lorsque la scie tourne, elle trace dans le bois un premier trait de couteau en haut de l’entaille, un second trait en bas; puis le rabot se présente et fait sauter la mince partie de bois coupée en ses extrémités et comprise entre les deux traits de couteau. Les couteaux opèrent comme des cognées qui frapperaient 5600 fois à la minute et coupent les fibres sans les déchirer.
- • Pour le débitage, la scie à couteaux est remplacée par une circulaire ordinaire.
- Pour actionner la machine, il faut un groupe électrogène de 4 à 5 chevaux, fournissant du courant continu à 220 volts.
- Pour une exploitation rapide,' la conduite de la « Bûcheronne » exige 5 hommes : l’un aux brancards, l’autre aux manivelles, le dernier dirigeant l’arbre dans sa chute, mais leur production est le triple de celle de 3 bûcherons travaillant à la cognée. R. Villers.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2363.
- 12 JUILLET 1919.
- VÉNUS, ÉTOILE DU SOIR
- La plupart des lecteurs de La Nature ont certainement remarqué depuis trois mois une étoile resplendissante régnant en souveraine dans le ciel occidental, et la plupart aussi ont reconnu en elle l’éclatante Vénus, l’étoile du Berger, chantée sur tous les tons, dans tous les siècles, depuis Homère, Lucrèce et Virgile. L’un de ces lecteurs, se trouvant il y a quelques jours à mon observatoire et observant au télescope la belle planète dans l’éblouissante lumière du jour, me racontait qu’au moment de son baccalauréat, qui s’est passé en 1874, il avait dû une partie de son succès à un article de La Nature de cette année-là, dans lequel sur l’invitation de mon ami Tissandier, j’avais exposé le cours des planètes autour du soleil, et en particulier celui de Vénus qui allait passer devant le soleil le 8 décembre suivant. Ce jeune lecteur avait eu la chance
- qui aurontlamême curiosité se rajeuniront d’autant en ouvrant ce volume à la page 386. Le temps passe, la vie s’écoule.... Presque un demi-siècle! Que d’événements dans la vie des êtres humains et des peuples terrestres en cette période! Mais les étoiles demeurent, et Vénus est à nos yeux la même aujourd’hui qu’il y a près d’un demi-siècle, la même que du temps d’Homère, qui la surnommait Kal-listos, la Belle, au chant 22 de Y Iliade. Elle est toujours la reine du ciel. Bien des yeux se sont fermés depuis trois mille ans. La blanche déesse de la beauté brille toujours.
- Tl est bien curieux de penser que notre propre Terre offre le même aspect, le même éclat aux habitants de Mars: elle est très-belle... vue de loin. Peut-être aussi leurs mythologistes lui ont-ils élevé des autels.
- Depuis trois mois, disions-nous, les contempla-
- JUPITE*
- Fig. i.
- Marche des planètes Vénus et Jupiter du io au 3o mai iqiç.
- Conjonction des deux astres le 25 mai, à 2° 7' de distance, par 7 h. 6 m., 29 s. d’ascension droite.
- d’être interrogé sur une question de cosmographie et s’y était montré fort brillant. Ce fut l’aube de sa magnifique carrière. « J’aurais pu choisir comme devise : Aide-toi, le ciel t’aidera », concluait-il en riant.
- Sur le point d’écrire cet article, j’ai eu la curiosité de feuilleter notre Recueil en cette année déjà vieille de 45 ans, et ceux d’entre nos lecteurs
- teurs du ciel admirent l’éclatante Vénus trônant dans le crépuscule. Elle est si brillante que les vues perçantes peuvent la découvrir en plein jour, en pleine lumière solaire. Iis n’on pu manquer de lui associer le majestueux mais moins éblouissant Jupiter qui, de soir en soir, se rapprochait d’^elle." Magnifique spectacle! Le 18 avril dernier, Vénus vers l’horizon occidental, Jupiter dans les hauteurs
- 2. - 17
- 47’ Année. — 2’ Semestre.
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- 18 ——... -..... — VÉNUS, ÉTOILE DU SOIR
- du firmament, et Sirius, éloigné à l’est, formaient un immense triangle équilatéral, ayant à son centre Bételgeuse.d’Orion. D’un jour à l’autre, on pouvait constater que Vénus s’éloignait graduellement du
- après la nouvelle lune qui a correspondu à l’éclipse totale de soleil visible de l’Amérique du Sud, le 29 mai, si remarquable par sa durée de 6 m. 51 s. et par les gigantesques protubérances qu’elle a
- Fig. 3. — Orbite et phases de Vénus.
- couchant, tandis que Jupiter s’en rapprochait. Notre figure 1 montre cette marche des deux planètes les plus brillantes de notre système solaire, dont les déplacements rapides ne pouvaient manquer de frapper les regards en
- • ••
- ces beaux soirs printaniers, et constituaient une imposante leçon de cosmographie populaire donnée par la nature elle-même. La simple contemplation des mouvements relatifs de ces deux astres fut, dès la dIus haute antiquité, une des premières pierres au-dessus desquelles devait s’élever en nos temps modernes, le majestueux édifice de la mécanique céleste.
- En avril, Jupiter était situé très à gauche de Vénus. Les deux planètes se rapprochèrent jusqu’à se rencontrer à 2° T de distance l’une de l’autre, le 25 mai 1919, puis, Jupiter passa à droite de Vénus, s’en éloignant chaque soir davantage vers l’horizon occidental.
- Quelques soirs après cette conjonction, le fin croissant lunaire s’ajoutait à ce tableau céleste, pour former dans le crépuscule du 1er juin un spectacle véritablement ravissant (c’était trois jours
- ABCDEFG H
- mises en évidence sur les bords du soleil éclipsé.
- Vénus, avant-courrière de toute la population étoilée, apparue, chaque soir un peu plus haut dans le ciel crépusculaire jusqu’au 5 juillet, époque de sa plus grande élonga-
- •**»Q
- V*
- I
- Fig. 4. — Grandeur et phases de Vénus en içiç dans une lunette astronomique.
- Date. A Janvier B Février C Mars D Avril E Mai F Juin
- 16.
- 15. 12.
- 16. 21. 20.
- Diam. Phase. IO”,2 0,04
- 10", 8 h",5 i3",o 16",O 20" ,4
- o,o5
- 0,10
- 0,18
- o,3o
- 0,43
- tion orientale, se rapprochera ensuite du soleil graduellement jusqu’au 13 septembre. A ce moment elle cessera d’être étoile du soir, passera entre le soleil et la terre, et se dégagera ensuite du rayonnement solaire pour devenir étoile du matin jusqu’en 1920, visible encore dans le ciel de l’aurore après l’extinction de tous les feux stellaires par la lumière du jour.
- Notre figure 3, qui montre en perspective une révolution complète de la belle planète autour du soleil, rend bien explicite le mythe de Vesper et de Lucifer, chanté par Cicéron, et la succession des phases résultant de son mouvement orbital par rapport à la terre.
- Mieux encore notre figure 4 met en valeur les différents aspects sous lesquels elle se présente aux observateurs terrestres, dans une lunette astronomique (qui renverse les images).
- K L
- Date.
- G Juillet 3. H Août F2. I Septembre i3. J Octobre 17. K Novembre 22. L Décembre 27.
- Diam. Phase' 23",4 o,5o 41",O 0,78
- 59", 2 0,99 40",O 0,73 25",0 o,5o 10",6 0,34
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- VÉNUS, ÉTOILE DU SOIR
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- Remarquons que Vénus étant plus proche du soleil — 108 millions dé kilomètres en moyenne tandis que nous en sommes éloignés à 149 millions — l’orbite le long de laquelle s’effectue sa révolution annuelle est naturellement inférieure à celle que décrit notre globe. Il en résulte que nous ne voyons l’hémisphère de cette planète entièrement illuminé par le soleil que lorsqu’elle est diamétralement opposée à la Terre, c’est-à-dire à sa plus grande distance de nous, et réduite, par conséquent, à son plus petit diamètre apparent. Telle elle était le 24 novembre 1918, à 256 millions de kilomètres, en nombre rond, avec un disque mesurant seulement 9",8. En tournant autour du foyer de notre
- ou presque, un mince filet de lumière pouvant rester visible, par suite de la combinaison des mouvements de la terre et de Vénus, qui fait que cette planète ne passe qu’assez rarement — et à intervalles réguliers— devant le soleil, pour les observateurs terrestres (8 décembre 1874, 6 décembre 1882,7 juin 2004,5 juin 2012,10 décembre2017, 8 décembre 2125, etc.).
- Les phases de Vénus ont été découvertes par Galilée, en septembre 1610, lorsque, à Florence, il dirigea vers cette planète la lunette qu’il venait de construire. Ces phases ne sont pas visibles à l’œil nu malgré les assertions d’ailleurs sincères d'un certain nombre d’observateurs, car leur absence était
- Fig. ,5. — Le mince croissant de Vénus aux cornes effilées, vers l'époque de sa conjonction inférieure {passage entre la Terre et le Soleil).
- Fig, 6. — Aspect de Vénus au télescope. Dessin combiné d’après des photographies obtenues par M. Quénisset, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy.
- système, son hémisphère éclairé se présente à nous de plus en plus obliquement, en même temps * qu’une portion de plus en plus considérable de l’hé-misphèreobscur envahit le disque. Le 5 juillet 1919, Vénus se trouve en quadrature; c’est-àrdireque son hémisphère dirigé vers nous est partagé en deux moitiés égales de lumière et d’ombre. Puis, la nuit empiète de plus en plus sur le jour. Le 9 août, nous ne verrons plus qu’un quart de son disque illuminé,. mais comme elle se rapproche, son diamètre angulaire s’accroît et son éclat augmente pour atteindre son maximum le soir du 12 août.
- Comme la terre, comme la lune, comme toutes les planètes, Vénus ne possède aucune lumière propre et ne brille que par l’éclairement du soleil.
- Sa marche orbitale, rythmée par l’attraction du soleil, va l’amener de plus en plus près de notre monde, mais au moment de sa plus grande proximité — le 15 septembre prochain — tandis qu’elle se présentera sous son diamètre maximum (60"), nous ne verrons plus rien, son hémisphère éclairé étant du côté du soleil, et l’obscur vers nous. Rien,
- l’une des principales objections que l’on faisait à Copernic et à Galilée avant l’invention de la lunette d’approche.
- : Il résulte d’expériences spéciales faites à mon observatoire de Juvisy, notamment par M. Benoît, en 1906, que les vues les plus perçantes ne peuvent pas séparer deux étoiles contiguës au-dessous de 200" de distance l’une de l’autre. Or, les observateurs convaincus d’avoir distingué les phases de Vénus l’ont fait sur des croissants mesurant 50, 40, 50 et même 20". C’était donc là des illusions. Le plus grand .diamètre du croissant de Vénus, à sa plus grande proximité de la terre, n’excède pas 60".
- Toutefois il est à noter que les passages de Vénus devant le soleil, sous forme d'un point noir, sont visibles à l’œil nu. Ce point noir mesure 65".
- De tout ce qui précède, plusieurs faits essentiels se dégagent : c’est d’abord, que Vénus est d’autant moins facile à observer qu’elle s’approche davantage de nous, car à sa plus grande proximité de la terre, elle cesse de briller à nos yeux.
- C’est l’opposé de Mars qui, gravitant le long
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- d’une orbite extérieure à la nôtre, est éclairé en plein par le Soleil lorsqu’il passe à sa plus grande proximité, ce qui nous permet d’avoir admirablement étudié sa curieuse géographie. L’observation de Vénus est donc très difficile d’autant plus, comme nous le verrons plus loin, que son atmosphère très épaisse et très nuageuse, oppose un obstacle constant à l’investigation télescopique. Mais ces difficultés n’ont pas empêché les astronomes d’essayer de faire plus ample connaissance avec ce monde voisin.
- Pourqupi tant de travail? Ne serait-ce que par simple curiosité, ce serait abondamment justifié. Mais il y a ici un principe de plus haute valeur.
- A quoi sert l’Astronomie? demande-t-on quelquefois.
- Elle sert à nous instruire. Sans elle, nous ne saurions même pas où nous sommes et n’aurions aucune idée de l’Univers.
- A ce propos, je puis rappeler qu’aux heures les plus sombres de la guerre, je recevais du fond des tranchées des lettres bien touchantes de « poilus » implorant une explication pour ces astres énigmatiques qu’ils contemplaient avec curiosité en leurs longues nuits d’angoissante attente. Ils auraient voulu savoir ce qu’étaient ces points lumineux qui allaient peut-être recevoir leurs derniers regards.
- Contempler le ciel, c’est le premier pas vers l’Astronomie. C’est ainsi qu’ont commencé les pâtres de la Chaldée, ancêtres de Pythagore, Copernic, Galilée, Kepler, Newton, Laplace. Observer d’abord les faits. Puis les coordonner. Déduire ensuite les théories. Telle est la marche graduelle de la Science.
- Or, en contemplant actuellement la belle Vénus, dans lé crépuscule, lequel d’entre nos lecteurs pourrait s’empêcher de songer que cette éclatante lumière rayonnée par Vesper ou Lucifer, est de même source que celle qui illumine la Terre — elle-même, tantôt Étoile du soir, tantôt Étoile du matin brillant d’un éclàt splendide dans le ciel de la planète Mars —et que c’est la même lumière dont Vénus étincelle qui dore nos moissons, fleurit la rose, fait mûrir le raisin et entretient la jeunesse sans cesse renouvelée de la vie terrestre?
- Ensoleillée par le même foyer de lumière et de chaleur, bercée dans la même attraction'que notre propre monde, Vénus présente trop d’analogies avec la Terre, sa voisine dans l’ordre de succession des planètes du système solaire,' pour que nous la considérions froidement comme une île de lumière étrangère à l’harmonie du système du monde.
- Elle est elle-même une terre du ciel.
- Mais elle constitue, naturellement, un séjour différent du nôtre.
- Gravitant entre le Soleil et nous, à une distance moyenne de 108 millions de kilomètres, son année est plus courte que la nôtre; 224 jours au lieu de 3(55. Exactement 224 jours 16 heures 49 m. 8 s. A conditions biologiques égales, la vie s’y écoulerait plus vite qu’ici, un siècle ou cent années ter-
- restres correspondant à 162 années sur Vénus. Si nous connaissons avec une rigoureuse précision la durée de la révolution de cette planète autour du Soleil, nous ne pouvons en dire autant de celle de sa rotation diurne. La faute en est à son atmosphère, deux fois plus épaisse que la nôtre, et qui ne laisse presque rien apercevoir de la surface de ce globe voisin. Impossible d’y découvrir des points de repère certains — taches correspondant à des continents ou à des mers — dont le déplacement autour de Vénus nous faciliterait le calcul de son mouvement diurne.
- Pour ma part, je l’ai souvent observée au télescope, ces jours derniers encore, avec la plus grande attention. Des taches vagues, mal définies, estompent son disque, comme on peut en juger par notre figure 6, qui est un dessin combiné d’après des photographies obtenues par M. Quénisset à mon observatoire, en ces dernières années. La phase est celle du plus grand éclat (C’était l’aspect du
- 11 juin 1911). Sont-ce des marques topographiques à sa surface? Ou des condensations dans son atmosphère, d’ailleurs si considérable et si nuageuse que Vénus doit peut-être même aux nuages son éclat et sa blancheur légendaires?
- Tout ce dont je suis sûr, c’est que ce disque présente souvent des blancheurs aux extrémités nord et sud, surtout lorsque la phase a la forme d’un croissant. Une petite calotte polaire australe se distinguait il y a environ deux mois. Disparue depuis. Ces blancheurs ressemblent, avec moins d’intensité, à celles de la planète Mars et peuvent être attribuées à des neiges polaires. S’il y a des pôles, Vénus, comme la Terre et Mars, tourne sur elle-même. En quelle période? La comparaison des diverses observations conduirait, de préférence, à une période voisine de 24 heures. Toute conclusion serait cependant prématurée.
- Ce que nous savons, c’est que ce monde voisin * se trouve être précisément de mêmes dimensions que la Terre où nous sommes, ou presque, dans la proportion de 966 à 1000. Son diamètre est de
- 12 308980 m., celui de notre globe étant de 12 742 214 mètres. Vénus est donc un peu plus petite, et elle est aussi un peu plus faible comme masse, densité et pesanteur à sa surface. En prenant les éléments de la Terre pour unité', le volume de Vénus est 0,90; sa masse, 0,817; sa densité, 0,91 ; la pesanteur à sa surface, 0,88.
- Une durée de rotation voisine de 24 heures, avons-nous dit, est probable, sans être certaine. Les . taches nuageuses ou autres, reconnues par divers observateurs pourraient s’expliquer aussi par une rotation coïncidant avec sa révolution annuelle autour du Soleil, analogue à celle de la Lune tournant autour de la Terre en lui présentant constam-mentla même face. Vénus pourrait présenter aussi constamment le même côté au Soleil en tournant autour de lui en 224 jours, de sorte que les configurations visibles de la Terre varieraient peu d’un
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- jour à l’autre. Certaines théories mathématiques se concilieraient bien avec ce genre de mouvement.
- Cette planète est-elle habitée? Elle peut l’avoir été et ne l’être plus, ou au contraire être un monde de l’avenir. Elle peut aussi être actuellement le séjour de la vie. Notre époque n’a pas l’importance spéciale que nous sommes portés à lui attribuer.
- Que les mondes puissent exister sans être jamais le siège d’une vie quelconque, c’est là une supposition qui ne peut être acceptée par aucun philosophe. La loi de vie est la loi suprême de la Nature, et nous la voyons s’imposer impérieusement partout, à un tel degré qu’elle s’exécute au détriment de la vie elle-même, tous les êtres se dévorant les uns les autres. Mais elle est extrêmement diverse et elle varie suivant les conditions, les forces ambiantes, les temps, les milieux. Formée, selon toute probabilité, après la Terre dans la condensation de la nébuleuse solaire,, elle peut retarder sur nous ; mais plus immergée dans le rayonnement solaire, elle a pu subir une compensation qui rende son histoire sensiblement contemporaine de la nôtre.
- Sa zoologie s’est-elle développée jusqu’à une espèce humaine analogue à la nôtre, égale, infé-
- rieure ou supérieure? C’est là un problème réservé à la solution de la science future. Mais; il nous est difficile de nous affranchir de l’idée si naturelle que, semblables par leur situation dans la famille du Soleil, Vénus et la Terre sont aussi deux mondes semblables par leur rôle dans l’Univers. En la contemplant tous ces soirs, nous pouvons y deviner une humanité peu différente de la nôtre, qui connaît mieux notre monde que nous ne connaissons le sien, car la Terre se montre dans leur ciel plus favorablement que Vénus dans le nôtre, en des conditions analogues à la présentation de Mars dans notre ciel. Les détails martiens sont si précis pour les astronomes terrestres, que nous connaissons la rotation diurne de ce globe à un centième de seconde près', 24 h. 57 m. 25 s. 65 centièmes. C’est ainsi que l’on nous voit de Vénus. Mais se doutent-ils des horreurs qui viennent d’ensanglanter une planète si belle de loin? Contemplons Vénus avec l’espérance que ses populations sont moins matérielles que les nôtres. Elles ne sont peut-être pas parfaites, mais il serait difficile qu’une humanité quelconque fût plus stupide que celle qui vient de poignarder douze millions de ses enfants et de détruire six cent milliards. Camille Flammarion.
- AVENIR AGRICOLE DE LA MESOPOTAMIE
- Personne n’ignore, ou ne doit ignorer, la réputation de fécondité de ces vastes territoires, compris dans le double bassin des deux grands fleuves, le Tigre et l’Euphrate, jadis si cultivés et peuplés, aujourd’hui presque incultes et peu habités.
- Ces immenses terrains s’étendant surtout dans l’espace délimité par les deux cours d’eau jumeaux sont désignés sous le nom de Mésopo tamie, d’après l’étymologie des mots grecs signifiant « entre les fteu-
- Fig. i. — Une noria sur VEuphrate.
- Ces solitudes furent jadis le siège de puissants Empires, de prospères Royaumes. Qui ne connaît le nom, tout au moins, de la Chaldée et de Babylone, de l’Assyrie et de Ninive.
- Mais il y a déjà plus d’un millier d’années des hordes barbares étaient venues du fond de l’Asie semant la destruction et la ruine sur leur passage.
- Et alors le pays se dépeupla, les canaux ne furent plus entretenus, et là où s’étendaient des régions fertiles et habitées, ce ne fut plus que solitude et
- abandon.
- Et cependant les fleuves pour7 suivaient leur course vagabonde , entraînant leurs flots chargés du précieux limon jusqu’au golfe Persique, qu’ils ont déjà en partie comblé et dont ils reculent sans cesse les bords par leur apport annuel de vase.
- Lés siècles passaient, sans amener de changement, sous l’autorité des sultans qui régnaient, indifférents à Constantinople.
- Vers la fin du siècle dernier, un ingénieur français, au service du gouvernement ottoman, essaya de redonner la vie 'a ce désert, en construisant, par des moyens rudimentaires, un modeste barrage sur l’Euphrate à l’endroit dit : liindia ou Hindieh. Ce
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- travail, bien sommaire sans doute, n’en rendit pas moins de signalés services, préservant une partie du delta de désastreuses inondations.
- L’éveil étant ainsi donné, le Gouvernement turc aurait dû sortir de sa néfaste indifférence. Le Sultan se contenta de s’assurer la possession de ces terrains, qui passèrent ensuite au gouvernement jeune-turc.
- Dix ans avant la guerre, un autre projet fut établi par le célèbre ingénieur anglais, Sir William Will-cocks. Celui-ci venait de donner des preuves de son savoir-faire en matière hydraulique, en Egypte, où il avait réglé en quelque sorte, les crues annuelles du Nil. Sur l’invitation des Turcs, il accomplit un premier voyage d’inspection et d’étude, à la suite duquel il présenta un vaste projet d’irrigation d’une bonne partie de la plaine mésopo- ~ tamienne(fig.5).
- Son devis estimatif s’élevait à des ‘
- centaines de millions de francs, mais il évaluait à plusieurs millions d’hectares la surface qu’il supposait pouvoir être ainsi avantageusement irriguée. Ce projet effraya par son importance et les Turcs n’en acceptèrent qu’une partie ; aussi fut-il fractionné.
- Les études de Sir W. Wilcocks datent de 1905 ; on accepta en partie son programme en 1909, mais ce ne fut qu’en 1911 qu’on se mit à l’œuvre; le premier travail, à Hindieh sur l’Euphrate, fut construit en briques. L’ouvrage était composé de deux barrages, distants de près de cinquante mètres, l’un submersible, situé en aval, l’autre à pertuis, situé en amont. Ces deux barrages pouvaient retenir ensemble, au besoin, une hauteur d’environ cinq mètres d’eau au-dessus de l’étiage.
- Le barrage submersible était composé d’ùn mur en maçonherie de 200 mètres de longueur, 2 mu 50 de largeur et autant de hauteur destiné à retenir près de 2 mètres de hauteur d’eau aux basses eaux.
- Quant au barrage à pertuis (fig. 2), il était constitué par un pont, en tout semblable aux barrages du Nil. 11 comportait trente-six arches de 5 mètres d’ouverture, avec piles de 1 m. 50 de largeur; les arches ayant une pile-culée de 2 ni. 50 de largeur. Ces arches sont munies d’appareils mobiles de fermeture composés d’une couple de vannes métalliques de 2 m. 50 de hauteur. La capacité de retenue du barrage à pertuis est de 5 m. 50 au-dessus des basses eaux. Sur la rive gauche sont deux
- Fig. 2. — Le barrage d’Hindieh sur l’Euphrate.
- écluses de navigation de 8 mètres de largeur et de 50 mètres de longueur.
- A environ 400 mètres en amont du barrage, sur la rive gauche du fleuve, est la prise du canal composée d’un régulateur de six arches de trois mètres d’ouverture chacune. Ces arches sont également munies d’appareils mobiles de fermeture. Une ouverture de huit mètres a été aménagée poulie passage des embarcations.
- Déjà quelques résultats apparaissaient quand la guerre éclata. Des villages s’étaient créés sur les bords du canal, des champs apparaissaient à droite et à gauche. Mais le pays, sans sécurité, livré aux nomades pillards, ne pouvait facilement fournir une population agricole stable.
- Le Gouvernement turc se proposait pour payer ses frais de frapper d’une sorte de dîme le produit des récoltes ; on sait les exactions des gouverneurs turcs en fait d’impôt; la situation était donc loin d’être assise.
- Bien que le volume des eaux réunies du Tigre et de l’Euphrate soit supérieur à celui du Nil, on ne cultivait guère
- que les bords des fleuves, giâce à des procédés très rudimentaires d’arrosage.
- Au long du Tigre, on élevait l’eau à l’aide de récipients en peaux tirés par des animaux ou même des hommes, comme cela se pratique en Egypte.
- Sur les bords de l’Euphrate on utilisait un procédé plus ingénieux; on montait l’eau au moyen de sortes de norias (fig. 3), grandes roues, frustes, munies de palettes propulsives et de godets, et actionnées par le courant. Elles élevaient jusqu’à de petits aqueducs l’eau qui se répandait ensuite dans les jardins, et ces appareils agrémentaient pittoresquement les rives de l’Euphrate.
- Dès 1915, les Anglais ont songé à reprendre les projets de sir W. Willcocks, dans toute leur étendue. A mesure qu’ils avançaient vers Bagdad, puis au delà, leurs ingénieurs établissaient les plans de l’exploitation future de la Mésopotamie.
- Au-dessus du barrage d’Hindieh, à une centaine de kilomètres en amont, un autre barrage doit être établi à Ramadi, et déjà les travaux sont en cours d’exécution. Un canal de décharge doit permettre d’utiliser comme réservoir le lac d’Habbania. Voilà pour l’Euphrate, en y ajoutant, bien entendu, toute
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- LA RECONSTRUCTION DES BÂTIMENTS RURAUX DES RÉGIONS DÉVASTÉES 23
- une série de canaux perpendiculaires ou parallèles au fleuve.
- En ce qui concerne le Tigre, un barrage est prévu à Beled, au nord de Bagdad; il pourra trouver un régulateur dans la dépression d’Aker-Kuf. et des canaux compléteront ce travail.
- Puis ce sera au Sud, à quelque 200 kilomètres de Bagdad, que sera édifié un second barrage, à l’endroit dit : Koot, un peu en amont de l’ancienne branche du fleuve, dénommé Canal d’Haï.
- Dans quelques années ces travaux accomplis, une partie importante de la Mésopotamie aura retrouvé son antique splendeur ; les plaines babyloniennes se couvriront k nouveau de riches moissons; un grenier d’abondance aura été reconstitué qui changera la face du vieux monde.
- Dans les deux vallées, le sol est constitué par des limons calcaires légers, il contient autant d’azote que ceux d’Égypte, plus de potasse, et sa teneur en acide phosphorique est assez grande pour rendre superflue pendant longtemps l’emploi d’engrais.
- Des premiers essais de culture ont montré que de novembre à mai, les céréales, froment et orge, réussissent admirablement, donnant des rendements prodigieux. En été,
- le maïs, le millet et certaines plantes fourragères peuvent donner une deuxième récolte aussi abondante. Les fonds marécageux peuvent fournir du riz, les alluvions des parties basses de la canne à sucre et du coton, les vergers des fruits de toutes sortes, en outre des oranges et des melons qui constituaient déjà le commerce de Bagdad, les parties les plus sèches des dattes.
- Le pays assaini, là sécurité établie, on ne tardera pas à voir se fixer une population suffisante pour la main-d’œuvre, tant celle du pays que les émigrés de l’Inde toute proche.
- Il suffit de se rappeler le génie colonisateur que les Anglais ont montré dans leurs autres colonies pour imaginer ce qu’ils auront réalisé en Mésopotamie d’ici peu d’années !
- Au prix d’une mise de fonds, considérable il est vrai, puisque les travaux en cours représentent plus de cent millions de francs, le monde va disposer bientôt, dans quatre ou cinq ans peut-être4 d’un nouveau grenier de centaines de milliers d’hectares, la vieille Europe va trouver à sa porte de nouvelles ressources alimentaires aussi abondantes, sinon plus que celles beaucoup plus lointaines de l’Amérique, de l’Inde et de l’Australie. Dès maintenant, on se préoccupe d’organiser les transports nécessaires. Au chemin de fer de Bagdad, ancien espoir des Allemands, devenu ligne alliée, les Anglais ajoutent les travaux d’agrandissement du port de Bas-sorah, sur le Chat-el-Arab, au confluent des deux grands fleuves; ils aménagent l’ancienne base allemande de Koweit sur le golfe Persique.
- Et voici qu’apparait un plus grand projet, celui de M. Gustave Defosse, de la construction d’un canal sans écluses de 1560 km pour relier par eau la Méditerranée au golfe Persique par Alep et l’Euphrate, canal qui amènerait aux ports de la Syrie les produits de la Mésopotamie destinés à l’Europe!
- Celle-ci ne manquera pas de vivres. Son marché agri cole va même s’en trouver tout changé ! G. D.
- bords d.jleuves et rivière} irrijues et terrains susceptibles cUtre irripiéi
- canaux projetés
- Fig. 3. — L’irrigaîion de la Mésopotamie (d’après M. Gallois).
- LA RECONSTRUCTION DES BATIMENTS RURAUX DES RÉGIONS DÉVASTÉES
- Matériaux et procédés modernes.
- A la séance de la Chambre des Députés du 19 décembre dernier, un des rapporteurs du Budget déclarait que 250000 immeubles étaient détruits du fait de la guerre dans nos régions du Nord et de l’Est et qu’à peu près autant étaient plus ou moins atteints. Si à ces chiffres, l’on ajoute les destructions intéressant les chemins de fer, canaux, édifices publics, usines, etc., et ce dont ont également
- besoin les autres régions de France où l’entretien des immeubles ou travaux d’art a été forcément négligé durant ces années de guerre, on se rend compte de la masse formidable des matériaux à extraire ou à fabriquer.'Rien que pour les régions dévastées, on parle de plus de 100 millions de mètres cubes de maçonnerie à refaire. Cette reconstruction peut-elle être envisagée selon les
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- procédés d’antan? Non, parce que durant quelque temps certains matériaux comme le bois, fer, fonte, brique, verre, etc., seront en moindre quantité et par conséquent relativement chers et que la main-d’œuvre professionnelle, déjà fortement amoindrie par la guerre, sera accaparée par les villes et les centres industriels, au détriment des constructions rurales, cependant les plus intéressantes au point de vue dë l’augmentation de notre vie sociale.
- 11 y a donc lieu d’envisager l’emploi, pour la reconstruction des maisons rurales, de matériaux pouvant être fabriqués, au besoin, par les intéressés eux-mêmes, qu’ils soient légers afin de pouvoir être transportés facilement, d’une mise en œuvre simple et rapide,: d’un prix de revient économique tout en étant sains et capables d’une résistance à longue durée.
- Pour ce qui est delà maçonnerie, la partie la plus importante dans la construction d’une bâtisse, c’est-à-dire murs et cloisons, certains matériaux et procédés de con str uc t io n nous paraissent satisfaire à ces conditions.
- Béton de chaux. — Bien qu’il soit cependant avantageux, on fait très peu usage du béton de Chaux pour les maçonneries en élévation. Il permet, en effet, en augmentant la richesse de l’agglomérant, de garantir l’imperméabilité, d’élever des massifs offrant, sous des épaisseurs réduites, toutes les résistances de sécurité. Par sa nature formant monolithe, il répartit avec uniformité les pressions, écarte le danger des tassements inégaux et résiste, comme un seul bloc aux glissements. Sa plasticité, au moment de la mise en œuvre, lui permet d’épouser tous les profils et de revendiquer la qualité de constituer, dans les vides, les bourrages les plus efficaces.
- Il admet dans sa composition des matériaux à bon marché et que presque partout ou trouve, en l’espèce, tous matériaux de démolition concassés pourvus qu’ils ne soient pas poreux, perméables ou gélifs; l’économie de Ces derniers matériaux est, dans le cas qui nous occupe, à retenir, dans ce sens que les déchets seront nuis, tout passant dans le béton, sous réserve, bien entendu, de criblage et d’expulsion de matières terreuses ou organiques.
- Les diverses mains-d’œuvre, même pour le travail à la main, ne demandent aucun apprentissage. C’est donc de toutes les maçonneries, la plus économique, et si elle est fabriquée mécaniquement — ce qui est à tous égards préférable — son prix de revient par mètre cube, peut être la moitié environ du prix de la maçonnerie ordinaire.
- C’est en béton de chaux (concrète) que les Anglais font depuis longtemps bien des maisons* de campagne, et ce béton est simplement moulé entre des panneaux de planche ou hanches (fig. 1 et 2), dont l’écartement correspond à l'épaisseur des murs à édifier, soit 0 m. 20 à 0 m. 25 pour des constructions à un étage. L’emplacement des portes et des fenêtres étant déterminé par le plan, on limite
- chaque ouverture en plaçant à l’intérieur du moule un gabarit correspondant, également exécuté en planches ; pareillement pour les parties cintrées. Il n’y a plus ensuite qu’à remplir le moule de béton, en opérant par couches horizontales de 0 m. 20 environ d’épaisseur que l’on pilonne au fur et à mesure afin que les pierrailles prennent les positions les plus favorables et que la masse soit bien compacte par la répartition uniforme du mortier. La première banchée faite, on remonte le moule pour exécuter la seconde assise, et on continue la même opération jusqu’à la hauteur de la charpente.
- Le béton de chaux peut être dosé ainsi :
- Fondations en terrains secs, 0 m3 20 de mortier de chaux hydraulique et 1 m5 de cailloux ou pierrailles ayant moins de 0 m. 05 de côté;
- Fondations en terrains secs et mouvants, 0 m3 38 mortier et 1 m3 cailloux ;
- Fondations en terrains humides et mouvants, 0 m3 45 mortier et 0 m3 90 cailloux ;
- Maçonneries en élévation, 0 m3 50 mortier et 1 m3 cailloux.
- Quant au mortier, son dosage dépend également de l’usage auquel il est destiné. Les proportions généralement adoptées pour les chaux hydrauliques sont, le sable étant ordinaire et de grosseur moyenne :
- Maçonneries à air libre, 250 à 350 kg de chaux hydraulique par mètre cube de sable.
- Fig. i. — Constructions des murs Fig. 2. — Aspect des murs, d’un bâtiment en béton de chaux les hanches enlevées,
- avec emploi de hanches.
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- LA RECONSTRUCTION DES BÂTIMENTS RURÀIIX DES RÉGIONS DÉVASTÉES 25
- Fig. 3.
- Bâtiments de ferme, à Kington, édifiés en blocs creux Winget..
- .Maçonneries pour fondations exposées à l'humidité, 300 à 400 kg chaux par mètre cube sable.
- Béton de mâchefer. — Ce résidu de la combustion est susceptible de former la masse principale d’un aggloméré, car ce type de béton vaut de la bonne maçonnerie. Le brassage avec de la chaux hydraulique à raison de "200 kg par mètre cube de mâchefer, du mortier bâtard (chauxetciment) ou même avec du plâtre, donne un liéton solide, léger, sain, impu-trescibleœt, dans les circonstances actuelles , d’un prix de revient extrêmement modique car, fourni pour rien ou presque rien par les usines pour lesquelles il est un résidu encombrant, il ne met en jeu que les
- frais de transport . Il y a donc le plus grand intérêt à l’utiliser chaque fois que la chose est possible.
- La construction des murs s’opère comme pour le béton précédent. On a soin toutefois de débarrasser le mâchefer de toutes matières étrangères susceptibles d’altérer le mortier ou d’entraîner la production ultérieure de salpêtre. Il sera ensuite concassé à une grosseur telle qu’il soit capable de passer à travers un crible de 25 mm de mailles. Enfin on le mouillera fortement et on le mélangera avec le mortier de chaux. Pour éviter la corrosion lente des fers par le mâchefer avec lequel ils se trouveraient en contact dans la construction, il suffira, lors de l’exécution, d’envelopper les parties métalliques d’une couche entière de béton de chaux ; on agira de même pour les pièces de bois, ou encore en isolant leurs abouts avec des plaques d’amiante parce que le mâchefer contenant toujours en plus ou en moins grande quantité des sels de potasse, il y a là un excellent milieu de culture pour le Merulius laerymans (champignon destructeur des bois).
- Si le liant est du plâtre, il est bon de faire le béton des fondations avec du mortier de chaux hydraulique parce que le plâtre en contact avec l’humidité du sol produirait un salpêtrage qui imbiberait la construction d’une façon définitive et entre-
- tiendrait une humidité constante qui pourrait gagner à la longue les parties les plus hautes des murs; ce béton de chaux sortira du sol de 0 m. 20 environ pour isoler le béton de mâchefer des eaux superficielles. De plus, la face extérieure des murs en élévation devra être, pour la même raison, recou---------------------------- —. verte d’un bon
- Bloc creux type A
- crépi fait avec du gros plâtre ou avec du mortier bâtard.
- A g gl o mérés creux du ciment.
- — L’idée de fabriquer des blocs, plots ou plotets en agglomérant des ma-/ tières sablonneu-s ses à l’aide d’une, matière liante, chaux hydraulique ou ciment, n’est pas aussi nouvelle que l’on pourrait le croire, puisqueles essais faits par M.Oudry et M. Coignet
- dans leurs constructions de maisons particulières avec des blocs pleins à base de chaux, confectionnés et moulés à pied d’œuvre, datent de près d’un demi-siècle. Depuis, la technique de ce mode de construction â été bien perfectionnée ; un matériel peu compliqué, très portatif et peu coûteux consistant en une presse-mouleuse a été créé, permettant de faire des plotets dans les meilleures conditions, la chaux a été remplacée par le ciment parce qu’il se moule plus facilement, et au bloc plein on a substitué le bloc creux; celui-ci, sans rien perdre au point de vue résistance, a l’avantage d’être plus économique, d’un maniement plus aisé et d’isoler, parfaitement de la chaleur et du froid, ce qui fait qu’aucune condensation ne peut se produire sur la paroi intérieure aussi bien par capillarité que par porosité.
- La conductibilité calorifique de l’air renfermé dans les vides (quelquefois doubles, parfois triples), n’ayant qu’un coefficient d’environ 4 pour 100 contre 70 pour 100 pour les murs en briques pleines et 200 pour 100 pour la maçonnerie ordinaire, on comprend que les constructions ainsi édifiées en murs creux soient à l’abri des variations de température ; les déperditions calorifiques étant minimes, il en résulte en ce qui concerne le chaulfage des locaux une sensible éço-
- Fig. 4.
- normal et d’angle
- Lean
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- nomie de combustible. L’insonorité est également assurée.
- Les dimensions de ces blocs varient suivant les
- ! h 1 1 .... 1 \ 1! ! i
- Brtqw Brigue àangk normale. Brique d'angfe
- i il ! b"9'^"s\ *”Z ' ii ! Demi. brique
- II! 1 1. 1 lii Brtqup | a anjJe
- i Construction < d'un ano/e. Liaison, d'urre paroi transversale
- Fig. 5.
- Appareillage du bloc creux, “ Lean ” type A.
- fabricants d’agglomérés ou constructeurs de presses-mouleuses : 0 m. 80 à 0 m. 40 de longueur, 0 m. 23 à 0 m. 33 de hauteur "d’assise et 0 m. 15 à 0 m. 30 d’épaisseur, mais il semble que le type 0 m. 40x0 m. 25 X 0 m. 23 soit le plus généralement employé. Dans tous les cas, quels que soient les modèles, s’appareillant facilement aussi bien en élévation qu’en profondeur, il est possible de satisfaire à tout dispositif demandé par la construction. La plupart de ces blocs creux en béton de ciment donnent une résistance de 140 à 150 kg par centimètre carré, supérieure à celle de la brique ordinaire; dans ces conditions, un mur en bloc creux de 0 m. 15 d’épaisseur équivaut comme solidité à un mur de 0 m. 30 en briques ordinaires et un mur creux de 0 m. 23 vaut un mur de 0 m. 50 en maçonnerie courante. Pour une même surface à couvrir, les blocs creux procurent une augmentation notable des locaux — 1 m5 de volume intérieur par 14 m* de mur, en général — et sont plus légers d’environ 30 pour 100. Non seulement on réduit les frais de transport et de mise en œuvre, mais il est permis de bâtir sur un terrain peu résistant, d’où économie sur les fondations.
- Selon les types, il faut par mètre superficiel de mur creux de 16 à 20 blocs, et un bon ouvrier peut monter dans ses 10 heures, de 14 à 20 m2 de mur, alors que le même mètre superficiel exigerait l’emploi de 120 briques, 120 manipulations au moins, 130 applications de mortier, 50 à 60 vérifications de niveau aussi bien horizontales que verticales, etc. La régularité du bloc fait que l’enduit au plâtre se pose sur le parement intérieur des blocs sans l’intermédiaire d’un crépi et que pour le parement extérieur, le crépi peut être réduit d’épaisseur, crépi inutile s’il s’agit de blocs à parements extérieurs ornementés. Grâce à la faible épaisseur des parois et au fait que les blocs sont fabriqués avec un minimum d’eau, la future construction s’assèche bien plus vite, ce qui la rend dès lors habitable peu de temps après son achèvement (fig. 3).
- La mise en œuvre des blocs est très simple : dans un coulis de ciment, on trempe la base du bloc qu’on pose ensuite sur l’assise précédente inférieure en ayant soin de bien emboîter les abouts ; le coulis ainsi comprimé entre les blocs déjà en place se loge parfaitement entre les rainures et languettes. De nombreuses et excellentes presses à mouler existent à l’heure actuelle, soit de fabrication française, soit de fabrication étrangère, notamment : Allur, — amélioration de la presse Palmer,— décrite en son temps par La Nature('), Thiébault, Braillon, Jay et Jallifer, Bonnet, Bohr, Winget, Idéal, Bulher frères, etc. C’est une erreur de croire qu’il faut soumettre les blocs à une pression mécanique considérable : en opérant ainsi on risque d’exprimer le ciment et de démolir plus ou moins le bloc par suite de la pression de l’air renfermé, ce qui laisserait des interstices à l’intérieur du bloc, mais il faut surtout bien pilonner soit à la main, soit au bourroir, par petites couches afin d’avoir un bloc dont chaque particule d’aggloméré soit enrobée du ciment nécessaire. Le sable doit être lavé et tamisé et le ciment Portland doit être de bonne qualité. Pour des constructions à un étage, un dosage de 200 kg de ciment par mètre cube de sable est suffisant.
- Les figures 4, 5, 6 et 7 représentent les blocs creux des types Lean et Gep avec indications de leur appareillage.
- Agglomérés de mâchefer. — Avec du mâchefer gros comme du grésillon, on peut parfaitement constituer des blocs pleins ou creux au moyen de presses à mouler ou même de simples moules en bois. Dans certaines de nos régions (banlieue de Paris, Centre, Savoie, etc.), il est ainsi très employé. Toutefois, comme il est dit pour le « béton de mâchefer », il faut préserver son parement extérieur par un enduit au gros plâtre ou au mortier bâtard. Sa fragilité l’empêchant de voyager par chemin de fer, il doit être fabriqué sur le chantier. Moulé selon les dimensions de la brique
- Fig. 6. — Bloc creuy “ Gep ”, types A et C.
- Bourgogne (0,22x0,11 x0,05), le liant étant le plâtre ordinaire, l’aggloméré de mâchefer est extrê-1. Voy. n° 1868, 13 mars 1909.
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- LA RECONSTRUCTION DES BÂTIMENTS RURAUX DES RÉGIONS DÉVASTÉES 27
- mement avantageux pour la confection des cloisons intérieures et à ce titre doit être retenu.
- Pisé argileux comprimé. — Le pise est de la terre argileuse, légèrement humide, fortement pilonnée entre des hanches, comme le béton de chaux, et qui durcit en séchant. Ce procédé de construction extrêmement ancien, est d’une exécution rapide et d’un prix modique puisqu’en réalité, c’est seulement la main-d’œuvre qui en fait le prix.
- Il est intéressant pour la construction d’écuries, étables, hangars, etc., mais si l’on veut l’utiliser à l’hahitation humaine,-il faut avoir soin de le poser sur un soubassement en matériaux durs hourdés au mortier de chaux aussi bien pour arrêter l’humidité tellurique que pour éviter les méfaits des rongeurs (rats, souris, etc.), de le crépir extérieurement et intérieurement afin que les enduits prennent bien, enfin de garnir également de matériaux durs les embrasures des portes et fenêtres afin d’augmenter la résistance à l’usure.
- Un architecte des environs de Lyon, M. Laval, a eu, quelque temps avant la guerre, l’idée d’édifier des constructions familiales en pisé, celui-ci étant toutefois utilisé sous forme de blocs pleins comprimés au moyen d’une mouleuse quelconque et posés ensuite sur mortier de chaux. Il obtenait ainsi, d’abord une sensible réduction de main-d’œuvre, des blocs bien plus résistants, plus homogènes et d’une régularité de surfaces et d’arêtes rendant dès lors les crépissages de dressage inutiles. Il est certain que ce procédé permet de faire vraiment de la construction économique, de longue durée, ne demandant que très peu de frais d’entretien et de nature à résister à toutes les influences atmosphériques : chaleur, froid et humidité.
- En remplaçant l’eau d’humectation par un lait de chaux, on augmente encore la consistance du pisé, et par suite sa résistance. M. Coignet indique le dosage suivant pour l’obtention d’un pisé de terre et mortier, véritable béton maigre :
- Béton armé. — On cherche depuis quelque temps à fabriquer en séries, dans des ateliers spéciaux, les parties de construction en béton armé jusqu’ici
- Fig. 8. — Vue d’une maison en ciment armé à double paroi, syst.Delilled^ociètè des Mines deDourges.
- Terre argileuse crue. . 27 parties 1
- Sable et gravier ... 64 — >100 parties.
- Chaux non délitée . . 9 — )
- Fig. 2- — Appareillage du bloc creux « Gep » type B. (Construction d’un angle de mur et amorce d’un mur de refend.)
- exécutées sur le tas. Ces éléments sont dès lors vendus avec un plan de montage de l’habitation à réaliser, autrement dit il est indiqué de quelle façon les pièces numérotées doivent être posées, leur ordre, etc. De cette manière, la maison peut être montée avec le minimum de frais, de temps et de main-d’œuvre. A l’Exposition de la « Cité reconstituée (mai-août 1916), les Établissements B. R. B. (système Bonna), présentaient un pavillon entièrement constitué de ciment armé et qui était ainsi composé. Pour solidariser tout l’ensemble et éviter l’effet des tassements inégaux, la construction prenait sa base sur des semelles ou poutres horizontales lui servant de fondation. Ces semelles portaient des poteaux reliés à leur sommet par des sablières hautes et qui servaient de supports aux fermes de charpente. La toiture étant peu inclinée, chaque ferme formait en réalité une poutre armée analogue à une poutre à treillis. Des pannes également en ciment armé reliaient ces fermes entre elles, et toutes ces pièces étaient fixées les unes aux autres au moyen de ferrures éclissées et boulonnées que l’on noyait ensuite en coulant du béton.
- Les murs étaient à doubles parois, le revêtement extérieur ornementé ou non en panneaux de ciment armé de faible épaisseur superposés à grain d’orge, et le revêtement intérieur en plâtre armé. La couverture peu inclinée — comme il" est dit plus haut — était composée de tuiles minces en ciment armé, à nervures et emboîtements, de toute la longueur du versant de toiture.
- On pouvait également voir un pavillon construit par le procédé Fildier, et constitué par une ossature formée de poteaux et de sablières en ciment armé teinté de tons différents pour lui donner l’aspect du bois (fig. 8). Le remplissage entre les poteaux était composé de deux panneaux : celui extérieur en ciment armé revêtu d’un fouettis tyrolien en chaux, et celui intérieur en plâtre armé ayant au centre du panneau une forte épaisseur de matières calorifuges. Le panneau exlérieur par son mode
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- d’encastrement et de scellement dans les poteaux et sablières empêchait tout roulement de la construction. À l’intérieur du pavil-’lon, les cloisons étaient formées par des panneaux en plâtre armé fixés dans les poteaux et traverses au moyen de feuillures mobiles. Les planchers d'étage é-taient composés de solives en bois dur et celui du sous-sol, en poutrelles métalliques ; les plafonds faits de panneaux en plâtre armé posés entre solives et supportés par des tasseaux formant moulures.
- La charpente du comble était fixée sur les sablières et à chaque poteau par des boulons la reliant aux chaînages verticaux.
- La liaison des différentes pièces entre elles se trouve assurée par un chaînage vertical dans chaque poteau et un chaînage horizontal à chaque plancher; des attaches spéciales assemblaient d’une façon rigide tous les chaînages entre eux.
- Le pavillon « Delille » était conçu dans le même esprit. La Société exploitant ce dernier brevet avait
- construit quelques mois avant la guerre un certain nombre de maisons ouvrières pour les mines de Bourges (fig. '9) et elle était en train d’édifier 200 logements à Colom-belles (Calvados), pour le compte de la Société des Habitations économiques de Basse-Normandie au moment de la mobilisation.
- Depuis l’Exposition en question, d’autres dispositifs de construction en béton armé par panneaux moulés à l’avance ont vu le jour et il est certain qu’ils méritent de retenir l’attention par le fait qu’il s’agit de l’emploi de matériaux durables, d’une grande résistance, parfaitement hygiéniques, d’un montage rapide et facile, enfin peu onéreux.
- M. Bousquet.
- Ingénieur-architecte.
- Construction
- SySTCME- FiLDiE.R..
- COU PE— SCHÉ.r^\PiT-iQUE,
- Plon et Coupe.
- p’gnoeBi/ en p/être armé
- Fig. 9.— Construction en ciment armé à double paroi, système Fildier.
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- LE REMPLOI DES RUINES DES CITÉS DÉTRUITES
- Pour relever nos villes et nos villages détruits, il faudra une quantité de matériaux de construction qui confond l’imagination. Les pays dévastés par la guerre et l’invasion ne ressusciteront qu’à la condition de trouver sur place la plupart des matériaux nécessaires à la rééducation.
- Peut-on utiliser les pierres ou les débris de pierres 'tfuLforment aujourd’hui les décombres de tant d’agglomérations autrefois prospères? On voit toute l’importance de la question ! Les moellons ou pierres de taille encore en bon état pourront, bien entendu, être réutilisés; quant aux matériaux de moindre volume, on a
- proposé de les utiliser en les broyant et en les agglomérant avec un liant approprié : chaux grasse, hydraulique ou ciment.
- Il importe, au préalable, d’être fixé sur la résistance mécanique des pierres artificielles de ce genre, de reconnaître si les intempéries n’ont pas sur elles une influence néfaste, et de déterminer, en tout cas, les précautions à prendre pour ne confectionner que des pierres offrant toute sécurité.
- Les vieilles pierres, surtout celles provenant des parties humides des bâtiments, sont, on le sait, fréquemment recouvertes d’efflorescences; les praticiens du
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- bâtiment leur donnent le nom de salpêtre (sel de pierre, au sens étymologique du mot) et s’en méfient beaucoup, lors du remploi de vieux matériaux;
- Aussi la Commission mixte des vieux matériaux et du salpêtre, constituée sur l’initiative des Sociétés d’architectes, s’est-elle proposé d’étudier le problème scientifiquement. Elle a demandé au Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers : 1° de procéder à une étude du salpêtre qui se forme dans les matériaux de construction.
- 2° De rechercher la présence du salpêtre dans divers matériaux provenant des ruines des pays dévastés, de fabriquer des agglomérés avec ces matériaux et de procéder sur eux à des essais de résistance et de gélivité.
- Ces essais et études, entrepris sous la direction du lieutenant-colonel Cellerier(1), par MM. Bodin, Greffiths, Tassart et d’Auberville, ont donné d’intéressants résultats.
- Si l’on demande à un chimiste la définition du salpêtre, il répondra que c’est du nitrate de potasse. Il rappetlera peut-être qu’en 1795, pour donner à la France bloquée la poudre à canon nécessaire à sa défense, et qui menaçait de faire défaut, en raison de la suppression des arrivages de nitre des Indes, Monge, ministre de la Marine, organisa la récolte du salpêtre provenant des écuries, caves et lieux bas. Tous les Français de l’époque s’employèrent jour et nuit à lessiver les terres de leurs habitations et la disette de nitrate fut rapidement conjurée.
- De là, à conclure que les efflorescences des vieux murs, communément dénommées salpêtre, sont composées de nitrates, il n’y a qu’un pas, vite franchi.
- Rien, cependant, n’est moins exact; les beaux travaux de MM. Schlœsing et Müntz sur la transformation des matières organiques en nitrates, ont montré que cette nitrification, effectuée par des agents microbiens, exige la présence de l’eau et de l’air, une faible alcalinité est nécessaire, les carbonates alcalins d’une teneur supérieure à 2 à 3/1000 peuvent arrêter la nitrification, de même l’ammoniaque et la chaux en excès..
- Ces conditions se trouvent sans doute assez rarement remplies dans la plupart de nos habitations ; la Commission a prélevé par grattage des échantillons d’efflorescences sur des murs de caves anciennes et; humi des très salpêtres; l’analyse n’a décelé que des quantités de nitrates très faibles, ou même milles, le plus souvent.
- Des expériences ont été faites également sur des matériaux prélevés au burin dans divers édifices de Paris de construction ancienne, les uns situés dans des endroits humides, jirès des fosses d’aisances, ayant même subi les inondations de la Seine, etc., et les autres, pour servir de termes de comparaison, jarélevés dans la chapelle du Conservatoire des Arts et Métiers sur des pierres J d’excellente qualité, dont quelques-unes, très anciennes.:-Sur 13 échantillons ainsi analysés, 2: seulement ont révélé la présence d’une proportion de nitrate d’environ 1 pour 100; 2 autres ont donné une proportion de 0,45 à 0,50 pour 100; le reste, néant. .
- Des expériences analogues ont été faites sur de vieüx matériaux provenant d’immeubles, situés à Reims et détruits par le bombardement.
- 1. Le remploi dans les constructions des vieux matériaux provenant des villes et villages détruits par la guerre, par F. Cellerjek, 1 brochure 40 pages publiée par le Ministère de la Guerre, Sous-secrétariat d’État des Inventions. . . : ,
- Sur 10 échantillons, 3 seulement ont révélé la présence de traces appréciables de nitrates : respectivement 0,14, 0,50 et 0,33 pour 100, c’est-à-dire très peu de chose, et cependant les prélèvements ont été faits dans une écurie mal tenue.
- Ainsi les nitrates sont assez rares dans les efflorescences des vieux murs salpêtdés. Les chlorures sont également très rares. Par contre elles renferment des quantités notables de sulfates de chaux et de soude.
- Quoi qu’il en soit, la présence de ces sels sur des murs a de graves inconvénients bien connus : les nitrates sont hygroscopiques ; les chlorures, le sulfate de chaux et de soude sont solubles. Aussi les tapisseries et tentures placées contre des murs salpêtrés sont-elles rapidement tachées et détériorées.
- Quelle est l’influence de ces efflorescences quand elles sont incorporées à des agglomérés.
- Il a été procédé à de. nombreux essais mécaniques de résistance à l’écrasement et à la gélivité, sur des agglomérés, confectionnés avec divers iants et des matériaux provenant d’immeubles détruits à Reims, et une épreuve spéciale de tenue à l’humidité a été réservée aux agglomérés fabriqués avec les matériaux les plus salpêtrés. Les liants employés étaient le ciment (400 kg ou 200 kg pour 1 m3 de produits concassés), la chaux hydraulique (400 kg pour 1 m3), la chaux grasse ^200 kg pour 1 m3).
- On est arrivé aux conclusions suivantes :
- Les agglomérés de chaux grasse donnent des résistances trop faibles pour être employés dans les constructions, de plus ils se comportent mal à la gelée.
- Les agglomérés de chaux hydraulique donnent des résultats satisfaisants à condition de ne pas contenir une proportion sensible de sulfates.
- Les agglomérés de ciment donnent d’excellents résultats,,au point de vue résistance mécanique et gélivité. Il semble de plus que le dosage à 200 kg de ciment donnerait encore des résultats satisfaisants.
- Ces matériaux tiennent bien à l’humidité, à la condition absolue de ne pas contenir de sulfate. Les échantillons contenant des sulfates, même ceux constitués avec du ciment, se sont littéralement effondrés. Les échantillons contenant des nitrates dans la proportion maxima de 0,50 pour 100 et agglomérés avec de la chaux grasse ou hydraulique se sont désagrégés partiellement, ceux liés avec du ciment ont bien résisté.
- Ainsi donc, pour utiliser les vieux matériaux des localités ruinées, il sera nécessaire de procéder à uni triage et de laisser de côté :
- a) Ceux qui auront perdu manifestement leurs qualités soit par les dislocations produites par les obus, soit par l’échauffement excessif dû aux incendies.
- b) Ceux qui seront trop souillés de terre ou autres matières.
- c) Ceux qui renferment du plâtre.
- Dans les matériaux ainsi triés, on évitera de placer ceux qui présentent manifestement des efflorescences et ceux souillés de matières organiques. Dans les cas moins visibles et douteux : faire l’analyse.
- Il sera prudent de né pas tolérer plus de 0,50 pour 100 de nitrates. Il est recommandé, en outre, d’isoler les murs de l’humidité du sol par un matelas tel qu’une plaque métallique, ou une couche de bitume disposée horizontalement dans le mur à une certaine hauteur de façon à éviter les effets de capillarité. A. T.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances du mois de mai i
- La haute toxicité de la chloropicrine. — Les parasites des végétaux se sont multipliés au cours de ces quatre dernières années, le manque de main-d’œuvre empêchant l’échenillagp et le défaut d’insecticides se faisant partout sentir. M. P. Marchai a eu l’heureuse pensée d’utiliser pour la sauvegarde de nos arbres fruitiers et de nos céréales, quelques-unes des substances lacrymogènes ou suffocantes, fabriquées pendant les hostilités. Ses derniers essais ont porté sur la chloropicrine qu’on obtient par action du chlorure de chaux sur les résidus de fabrication de l’acide picrique. Avec les précautions que nécessite l’emploi d’un tel corps, il semble que par des fumigations ou de simples pulvérisations, on obtient, en un bref délai, la destruction des larves, chenilles et pucerons.
- Propriété très générale des câbles servant aux transports aériens. — On sait le rapide développement des transports aériens, notamment en pays de montagnes, pour l’exploitation de certains gîtes houillers ou métallifères. Jusqu’ici les constructeurs de câbles
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- n’ont utilisé que des recettes empiriques, dont le gros inconvénient est de provoquer un gaspillage du métal. M. Leinekugel le Cocq, se basant sur les équations d’équilibre et les propriétés de la parabole, établit une formule qui permet de déterminer, avec une parfaite sécurité, la section à donner aux câbles porteurs d’un pont suspendu, alors même que la suspension est totalement déformable sous des surcharges concentrées, et que les appuis sont à des hauteurs différentes.
- Analogie électrotechnique des oscillations entretenues. — Reprenant une expérience de M. A. Witz déjà vieille d’une trentaine d’années, M. Paul Janet signale les analogies qu’elle présente avec les oscillations entretenues que nous produisons aujourd’hui dans nos expériences de télégraphie sans fil. Delà la conclusion que dans le circuit oscillant un élément joue le rôle d’une résistance négative. Dans le fait signalé par M. Witz, il en est ainsi de la dynamo-série génératrice, alors que le moteur à excitation séparée se comporte comme un condensateur.
- UN NOUVEAU REDRESSEUR DE COURANTS ALTERNATIFS
- “ LE TUNGAR ”
- En 1853, le savant français Edmond Becquerel signalait le phénomène suivant : Les gaz, disait-il, livrent passage 0 aux courants électriques lorsqu’ils environnent des électrodes métalliques parfaitement isolées et que leur température est suffisamment élevée. Les gaz acquièrent cette faculté à la température du rouge naissant et, à partir de cette limite, ils transmettent d’autant mieux l’électricité que leur température s’élève plus haut. Ils livrent alors passage même aux plus faibles courants électriques que l’on puisse produire à l’aide d’un couple de petite dimension ». De ce phénomène se rapproche celui qu'observait Edison en 1884 dans les lampes électriques à incandescence : en plaçant dans l’ampoule une lame de platine isolée entre les 2 branches d’un filament de charbon porté à l’incandescence, il constatait qu’un courant s’établissait, à travers le vide de la lampe, de l’extrémité positive du fila-’ ment à la lame de platine.
- Ces faits sont restés longtemps dans les oubliettes de la science, sans doute parce qu’ils s’accordaient mal avec les théories classiques de l’époque. Longtemps négligés, parce que mal compris, ils révolutionnent aujourd’hui de nombreux domaines industriels. Nos lecteurs connaissent déjà les propriétés magiques des appareils fondés .sur l’effet Edison : ce sont les audions de Forest, merveilleux récepteurs de T. S. F. ; ce sont les amplificateurs à 3 électrodes d’une sensibilité sans égale ; ce sont les relais sans inertie qu’emploie maintenant la téléphonie à grande distance, ce sont les lampes génératrices d’ondes entretenues, ce sont encore les tubes -i-Coolidge pour la production des rayons X.
- Le phénomène de Becquerel a donné lieu à une
- application de plus modeste envergure, mais d’un réel intérêt pratique. Il s’agit d’une lampe à incandescence, permettant de redresser très simplemen les courants alternatifs industriels, et d’en faire du courant continu, utilisable par exemple pour la charge de batteries d’accumulateurs.
- Cette lampe est née dans les laboratoires de la General Electric C° à Schenectady, d’où sont sortis déjà la lampe à incandescence d’un demi-watt, le tube Coolidge et les premiers amplificateurs.. Elle y a été baptisée Tungar, ce qui signifie Tungstène-Argon.
- C’est une ampoule d’apparence extérieure analogue à une petite lampe à incandescence. Elle contient un filament en tungstène traversé et porté à l’incandescence par le courant à redresser; en face de ce filament qui forme l’une des électrodes, est disposée une 2e électrode en graphite qui reçoit le courant redressé. À la différence des lampes amplificatrices où règne le vide presque absolu, le Tungar est rempli d’argon, à faible pression.
- On sait que l’argon est l’un des gaz rares que contient notre atmosphère. Les phénomènes qui se produisent dans la lampe Tungar se comprennent aisément à la lumière des théories modernes de l’ionisation et des électrons.
- On admet que les corps conducteurs chauffés à une température suffisante vaporisent des particules d’électricité négative, véritables atomes d’électricité nommés électrons; ceux-ci sont attirés par tout corps électrisé positivement. Que l’on place en face d’une électrode négative incandescente, une électrode positive, celle-ci jouera, par rapport aux électrons, le même rôle que la terre par rapport
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- UN NOUVEAU REDRESSEUR DE COURANTS ALTERNATIFS “ LE TUNGAR ” 3!
- aux corps pesants; les électrons se précipiteront vers elle avec une accélération qui dépendra de la valeur du champ électrique. Si l’électrode incandescente est alimentée par du courant alternatif, quand elle est négative, elle émet des électrons qui se portent à l’électrode positive et un courant se forme à travers l’ampoule. Quand elle devient positive, elle retient les électrons négatifs, aucun courant ne passe.
- On ne reçoit donc à l’électrode froide que du courant d’un seul sens et l’appareil forme un redresseur de courant alternatif. Dans le vide absolu, il faudra pour obtenir un débit notable d’électrons des différences de potentiel considérables, de l’ordre de 100 à 500 volts au minimum. On conçoit qu’un appareil de ce genre (proposé par Fleming en 1907) ne se prête nullement au redressement des courants usuels dont le voltage est de l’ordre d’une centaine de volts.
- Si l'ampoule est remplie d’un gaz, à pression moyenne, il y a encore redressement du courant, mais un autre phénomène intervient.
- Les électrons attirés par l’électrode positive, heurtent les molécules gazeuses et en expulsent d’autres électrons.
- Un électron en libère ainsi plusieurs autres.
- C’est le phénomène d’ionisation par collision étudié par Townsend.
- Les électrons expulsés des molécules gazeuses au voisinage de l’électrode incandescente heurtent à leur tour d’autres molécules, en expulsent de nouveaux électrons qui agissent de même de proche en proche jusqu’à l’électrode «positive. Le nombre d’électrons ainsi libéré croît en^progression géométrique avec l’éloignement des 2 électrodes.
- On conçoit qu’avec une faible différence de voltage entre les 2 électrodes, on puisse mettre en
- circulation un grand nombre d’électrons et faire passer à travers l’ampoule un courant d’une intensité relativement élevée.
- C’est ce qui se passe dans le Tungar, où avec une perte de voltage de 5 à 10 volts seulement entre les électrodes, on peut faire passer des courants de 2 à 6 ampères selon les dimensions données à l’ampoule.
- Le Tungar agit manifestement comme redresseur, car si l’électrode en tungstène est alimentée par du courant alternatif, elle retient les électrons chaque fois qu’elle devient positive, et aucun courant ne peut alors traverser l’ampoule.
- Pour terminer cet exposé théorique, notons que si la pression gazeuse dans l’ampoule s’élève au-dessus d’une certaine limite, et devient de l’ordre de la pression atmosphérique, tout phénomène d’ionisation cesse. Les molécules sont trop serrées et les électrons n’ont pas un parcours libre suffisant pour prendre la vitesse nécessaire aux collisions.
- Certaines impuretés ont dans les ampoules à ionisation un effet néfaste soit sur les électrodes, soit sur les caractéristiques de l’appareil. Pour préparer une ampoule Tungar, on commence par y faire le vide le plus parfait, puis on la remplit d’argon pur à la pression voulue. Malgré la perfection que permettent d’atteindre les procédés modernes pour la production du vide, il subsistera encore des traces d’impuretés nuisibles. On les supprime en introduisant dans l’ampoule certaines substances purificatrices qui réagissent chimiquement sur les impuretés ; le calcium est le corps qui semble le plus donner satisfaction à cet égard. On l’emploie sous forme d’un anneau entourant l’anode de graphite. Lorsque l’ampoule fonctionne, le calcium se volatilise en partie et absorbe les impuretés (vapeur
- Fig. i. — L'ampoule Tungar. A gauche, modèle de 2 ampères; à droite, modèle de 6 ampères.
- Fig. 2. — Vue extérieure du modèle de 2 ampères.
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- 32 UN NOUVEAU REDRESSEUR DE COURANTS ALTERNATIFS “ LE TUNGAR ”
- Fig. 3.
- Le modèle de 6 ampères-^5 volts.
- d’eau, oxygène). En même temps, il donne à l’ampoule un aspect noirâtre qui la fait ressembler à une lampe à incandescence usée.
- On ne' construit actuellement ces ampoules que pour des puissances ne dépassant pas 500 watts. C’est dire que leurs applications sont encore limitées.
- La figure 1 montre une lampe Tungar.
- La figure 2, montre le schéma de montage d’un Tungar.
- L’ampoule est représentée en A ; B est l'anode, en graphite; C le filament incandescent en tungstène ; D la batterie à charger sur un réseau EF à courant alternatif. Le filament C est, rendu incandescent au moyen d’un courant prélevé sur le réseau par le transformateur T. R, est une résistance réglable. -. Quand le fil E du ré- , seau alternatif est positif,; le j courant suit le trajet marqué par les flèches, il peut passer de B en C à travers l’ampoule.
- Au contraire, quand il devient négatif, l’électrode’ B devenant négative par rapport au filament incandescent, l’ampoule cesse d’être conductrice, : le courant ne passe pas.
- On voit que ce montage ne permet que d’utiliser l’üne des ondes du courant alternatif ; la chose est sans inconvénient pour les petites; puissances utilisables avec les Tungar actuels.
- Si les puissances ve-, naient à augmenter, l’emploi du Tüngar, suivant le, schéma ci-dessus, n’irait pas sans provoquer une gêne sérieuse pour le réseau de distribution, mais on y
- remédierait, très simplement én utilisant'les 2 ondes du courant alternatif au moyen de 2 redresseurs convenablement montés.
- Les Étts H, Pilon qui ont introduit en France le Tungar. présente actuellement 5 types d’appareils : ; ,
- 1° Le modèle de 2 ampères, sous 45 volts permet de charger 3 éléments d’accus, à 2 ampères,
- Batterie à charger
- Fig. 4. — Schéma de montage.
- ou 6 à 1 ampère, ou 8 à 0,75 ampère. Il comporte un transformateur pour abaisser le voltage du courant au taux nécessaire pour la charge des accus.
- Il absorbe de 60 à 80 watts sur la ligne. L’ensemble de l’appareil pèse 4 kgs environ.
- 2° Modèle de; 6 ampères sous 15 volts, peut charger 3 ou 6 éléments à 6 ampères : à peu près semblable au précédent.
- 5° Modèle^ de 6 ampères sous 75 volts permet de charger jusqu’à 30 éléments (pèse 6 kg. 800).
- Le Tungar se prête, à la charge sur courant . alternatif des petites batteries d’accus, comme celles qu’on emploie sur les autos pour l’éclairage et l’allumage: Il faut noter que si pour une raison quelconque le circuit alternatif d’alimentation se trouve arrêté, la batterie branchée sur le courant redressé, ne peut s’inverser dans le circuit, puisque l’arrêt du courant alternatif cause l’extinction du filament. La coupure se fait donc instantanément et le Tungar sert d’interrupteur. Si le courant, alternatif se trouve : à nouveau rétabli, le redresseur entre de-lui-même: à nouveau en fonction. On peut donc laisser sans crainte les batteries en charge ' sans surveillance. Il n’y a à redouter ni décharge ni désamorçage.
- LeTungar est susceptible encore d’autres applications intéressante s : l’apparei 1 seprête en effet ; au redressement non seulement de courants se comptant par .ampè-, rçs, mais aussi de cou- , rants très faibles* de; quelques milliampères et cela avec un rendement, satisfaisant. On peut donc l’employer à redresser du courant alternatif d’un réseau, pour actionner en courant continu de petits appareils tels que horloges électriques, contacts divers, sonnettes, etc.,et éviter ainsi les sujétions des piles ou des accus. C’est dire que le Tungar fera la joie de beaucoup d’amateurs-électriciens. A. Troller.
- ^____Béôeauè courant_____^
- alternatif
- wwwv
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahcrb, rue de Fleuras, 9, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2364.
- 19 JUILLET 1919
- SILLÉ ET LES TAPIS DE SMYRNE
- Au moment où s’élaborent les conditions de paix que les Alliés vont imposer à la Turquie, tout ce qui concerne l’Orient moderne est d’office à l’ordre du jour.
- Parmi ses plus riches industries l’une des plus fructueuses, celle des tapis dits de Smyrne, se pratique en Asie Mineure dans des conditions de spora-disme qui sont généralement ignorées.
- En effet, c’est jusque’ dans les plus petits et les
- | irrégulièrement fichées en terre, souvent de 2 m. ] de haut; leur aspect de menhirs juxtaposés en désordre évoque tout naturellement le souvenir des alignements (plus réguliers cependant), de Carnac et des autres mégalithes bretons Gela confirme l’idée que les mystérieux alignements du Mennec, de Ker-mario, de Kerlescan, etc., ne peuvent être autre chose que des nécropoles. L’autre caractère est représenté pa,r les turbés ou chapelles funéraires
- Fig. i. — Fabrication d’un tapis dans une maison de Sillé.
- plus reculés villages de l’Asie Mineure tout entière que cette fabrication s’exécute entre les mains des particuliers. Un des meilleurs exemples que l’on puisse citer est celui de Sillé dans l’ancienne Lycaonie, au nord du Taurus, au milieu des plus curieux souvenirs historiques et archéologiques (*).
- A quelques kilomètres à l'ouest de Kouia, une demi-journée de voiture, par des routes (?) qui ne sont que des ornières en temps de sécheresse et des torrents les jours de pluie, conduit aux grottes de Saint-Paul, Sillé et Méram. Au passage, on traverse, en pleins champs, plusieurs de ces cimetières musulmans qui sont les promenades publiques des Turcs, mais ceux des campagnes de Kouia présentent deux particularités : leurs stèles ou pierres tombales sont dépourvues de tout ornement et parfois fort grandes. Toutes sont’ en pierre brute, 1. Voy. l’article sur Konia, n° 2126, 21 février 1914.
- 47* Année. — 2” Semestre-
- sous lesquelles chaque cimetière abrite les restes d’un saint derviche.
- A travers tout le haut plateau d’Asie Mineure, ces hirbés ont tous la même forme octogonale à toit pyramidal, empruntée à la coupole des églises arméniennes.
- Le couvent de Saint-Paul à l’entrée des défilés qui conduisent aux lacs et montagnes du Taurus silicien est presque entièrement creusé dans un, tuf pliocène très tendre, sur les deux flancs d’une étroite ravine; de nombreuses cellules et plusieurs chapelles troglodytiques en composent l’ensemble. Dans l’une, un escalier antique descend à une source souterraine. Aux temps modernes, on a ajouté une église, également souterraine, dont les trois grands vaisseaux, taillés à même la pierre vive égalent en dimensions les fameuses églises monolithiques de Saint-Émilion (Gironde), d’Aube-
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- S1LLÉ ET LES TAPIS DE SMYRNE
- terre (Charente), et celles plus étranges encore de Lalibela en Abyssinie(*).
- Dans la sauvage et théâtrale solitude de la ravine aride, l’impression du lieu est grandiose.
- En contournant le pied des avant-monts, pour ainsi dire à travers champs, vers le nord, on pénètre par l’issue d’un large vallon qui, tout d’un coup, se rétrécit en ravine à pic, aux parois abruptes de tuf pliocène. Au fond de cette fente, et contre ses parois,, se cache, s’accroche et se creuse Sillé, un des plus extraordinaires sites de l’Asie Mineure, pour la majeure partie peuplée de Grecs. Son nom est fort connu en Orient, parce que, dans chaque maison, la famille entière travaille à la fabrication à la. main des tapis de Smyrne, dont Sillé est un
- seau qui, presque toujours à sec, sert de chaussée, ainsi que de remise, pour les voitures. Quand un orage en fait un torrent, les véhicules sont emportés, mais les petits ponts qui le traversent permettent de les recueillir au passage. Sur les toits plats des maisons étagées en amphithéâtre, des amphores au galbe antique sont, à usages divers, maçonnées à même les terrasses. Un dédale de ruelles et de passages voûtés, sous les balcons turcs vermoulus et les moucharabiés grillagés, escaladent les deux falaises, dans un désordre où aucun détail moderne occidental n’introduit de note discordante; et de:? deux parts les falaises supérieures sont excavées en
- I niches humaines et en vieilles églises troglodytiques.
- | Plus petites que celle de Saint-Paul, ces dernières au
- Fig. 2. — Cimetière turc entre Konieh et Sillé.
- de£ principaux centres producteurs. Pour les grandes pièces, de nombreuses personnes, femmes et enfants compris, sont souvent employées pendant plusieurs années à la confection d’un seul tapis. Il est difficile de donner une idée du pittoresque de ces intérieurs, dont la plupart, enrichis par la belle industrie locale, respirent l’aisance ; d’autant plus qu’on y conserve de fort curieux costumes ancestraux, notamment des toilettes de mariées qui se transmettent de génération en génération, et auxquelles on a maintenu l’aspect et les formes des vêtements de cour de l’impériale Byzance. J’ai pu y voir ainsi, complaisamment parée pour mon appareil photographique, une jeune femme qui évoquait à s’y méprendre les grands portraits impériaux des mosaïques de Ravenne. Robe et ample chlamyde de brocart,d’or bordé d’hermine, avec riches ceintures et bijoux, pour coiffure une haute mitre brodée. Comme amusant détail d'intérieur, on remarque que les jeunes chats ont le bout des oreilles pourvues de glands de soie, pour que les souris ne les leur dévorent pas.
- Le village est coupé en deux par le lit du ruis-
- 1. Voir Achille Raffray. Les églises monolithes de la ville de Lali-Bela ^Abyssinie), in-4°. Paris, Morel, edit., 1882.
- nombre d’une vingtaine sont d’une antiquité fort reculée et plusieurs (la Panagia, Saint-Pierre et Saint-Paul, Saint-Cyriaque) ont conservé des restes de fresques. La plus grande église de Sillé, Sainte-Hélène, ou église des Métamorphoses n’est pas creusée dans la roche; c’est une construction byzantine, très ancienne et très simple, remarquable par la pureté de son style.
- On rentre à Konieh par Méran, belle oasis avec résidences d’été. La vallée du Basbara-Su creusée dans les poudingues probablement pliocènes, singulièrement analogues à ceux de Mont Dauphin et d’Embrun sur la haute Durance, est remplie de florissants jardins et de beaux arbres. De brunes falaises rocheuses l’encadrent et le cours d’eau s’y termine par une belle cascade actionnant un pittoresque moulin.
- Avant de renter à Konieh, il faut s’arrêter devant une ferme pour admirer la vieille petite église byzantine de Sainte-Eustatte, ses pierres tombales et ses peintures anciennes : aux personnages de celles-ci, les Turcs ont détruit lés yeux ; de plus, ils ont dans leur fanatisme, maintes fois cherché à faire écrouler l’église en la remplissant d’eau; la solidité du monument a défié ces attaques. E.-A. Martel.
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- Fig. 3. — i, 4, 5, rues de Sillé, près Konieh.
- 2, 3, et 6, cellules et église souterraine de Saint-Paul.
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- LA GRIPPE ÉPIDÉMIQUE
- Les historiens de la médecine enregistreront, sans nul doute, l’épidémie de 1918-1919 comme l’une des plus importantes parmi celles qui, depuis le début des temps, ont ravagé notre globe terrestre.
- L’épidémie de 1918-1919. — Née en Russie au cours de l’année 1917, la pandémie grippale ne s’est que lentement étendue aux autres régions de l’Europe. Elle marque son passage en Allemagne, puis s’infiltre dans l’ouest de l’Europe ou, dès 1917 on signale une proportion anormale de manifestations catarrhales qui, nous le savons à présent, doivent être rattachées à la grippe. Au printemps de 1918 (mai), la grippe se signale en Espagne où elle prend l’aspect d’une grande épidémie, dont l’une des caractéristiques réside dans la proportion importante d’atteintes naso-pharyngées et de manifestations méningées. Ce fait doit , être souligné, car peu de temps auparavant, les cliniciens de chez nous, le Dr, Netter en particulier, signalaient à Paris, l’apparition d’une affection nouvelle, baptisée encéphalite léthargique qui semble bien à l’heure actuelle, devoir être rattachée à la grippe. Coïncidant d'ailleurs avec l’épidémie de grippe apparue outre-Pyrénées, on notait chez nous, une recrudescence des cas de méningite simple; de leur côté, les spécialistes étaient appelés à examiner à à cette époque, une proportion inusitée de malades atteints d’affections naso-pharyngées et de complications résultant de l’infection des voies aériennes supérieures, bouche et naso-pharynx.
- Les bactériologistes qui ont étudié l’épidémie de grippe en Espagne, enregistrent d’ailleurs la fréquence du méningocoque parmi les microbes d’infection secondaire, si nombreux au cours de la grippe.
- Quoi qu’il en soit, la grippe entre chez nous peu après et bientôt tourné court au moins en tant qu’épidémie; ellè avait d’ailleurs été bénigne bien que très répandue. Mais il faut noter cependant que la statistique enregistre, pendant la fin de l’hiver et le début du printemps, une proportion élevée de cas de mort relevant d’affections des voies respiratoires. Le foyer éteint, un autre s’allume, et c’est en Suisse qu’il apparaît, mais sur le territoire de la république helvétique la grippe prend un aspect grave, très grave même, nécessitant l'adoption de mesures générales de protection, et les informations qui nous parvenaient à ce moment des Empires centraux, montraient que dans ces pays, la grippe sévissait selon un mode grave, depuis quelques mois. De divers côtés en France, la grippe d’ailleurs se manifeste a nouveau ; en plein été, elle ravage Brest, et ses environs, notamment les corps ' de troupe qui y étaient casernés ; enfin il est à noter que dès le début d’août, la statistique municipale parisienne enregistre une augmentation sen-
- sible du nombre de décès.causés par les affections pleuro-pulmonaires, augmentation qui s’élève progressivement. Au début de septembre, l’augmentation n’est plus lentement progressive, elle est brusque et l’accroissement extrêmement rapide de la mortalité, accroissement en progression géométrique, s’explique dans les statistiques par deux causes : les affections respiratoires d’une part, la grippe de l’autre. Dès septembre, la mortalité générale par 1000 habitants passe de 10 à 15, et ce n’est qu’un commencement, puisqu’en octobre nous la voyons atteindre 40 pour 1000 ; à la même période de l’année, on voit (statistique de la troisième semaine d’octobre) la mortalité relevant de la grippe et des maladies des voies respiratoires dépasser le total de 1700 décès en une semaine. C’est d’ailleurs le point culminant atteint par l’épidémie. Bientôt en effet, la maladie diminue aussi rapidement qu’elle était apparue, et la courbe qui traduit l’évolution de la mortalité pendant cette période ne peut être mieux comparée, qu’au clocher des poussées fébriles. Mais toutefois, la mortalité ne revient pas à la normale; pendant le mois de novembre et la lre quinzaine de décembre elle est encore aux environs de 17 par 1000 habitants contre 12 à 13, chiffre moyen des années précédentes (pour la même période). Puis graduellement la mortalité s’abaisse, elle arrive enfin à son chiffre moyen habituel dans la 2e quinzaine de décembre. A ce moment d’ailleurs, la grippe est loin d’avoir complètement disparu. Les statistiques enregistrent encore de très nombreux cas, peut-être classe-t-on grippe ce qui serait, en temps ordinaire, baptisé pneumonie, broncho-pneumonie ou pleurésie. La rémission n’est d’ailleurs que passagère, car dès janvier 1919 la mortalité moyenne générale par 1000 habitants dépasse de 5 ou 4 le chiffre moyen habituel des années précédentes et en mars, on voit la mortalité atteindre 34 pour 1000 (le chiffre moyen habituel étant de 17), fin mars enfin, la mortalité s’est abaissée au-dessous de la moyenne et reste, depuis, dans cette position.
- Pendant ce temps, continuant sa marche générale de l’est à l’ouest, la grippe gagne, au travers des océans, les autres continents; ce qui ne l’empêche pas d’ailleurs d’irradier dans d’autres sens, autour de foyers locaux. A l’heure actuelle la sédation est générale.
- Il semble donc de l’examen du graphique représentant l’évolution de la mortalité, au cours de 1918-1919 (fig. 1) que trois poussées sont à noter, l’une au printemps légère ; l’autre en automne, la plus importante; la troisième en hiver, et ces trois poussées coïncident parfaitement avec les périodes pendant lesquelles ont été observées en clinique les manifestations épidémiques delà grippe.
- Voyons donc maintenant les caractères de chacune de ces épidémies.
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- LA GRIPPE ÉPIDÉMIQUE
- Épidémie de printemps. — L’impression clinique en fait une épidémie importante quant au nombre total de malades observés; la statistique, au contraire, n’enregistre qu’une élévation très minime de la mortalité (fig. 1).
- Je me suis déjà suffisamment expliqué sur les caractères généraux de cette poussée épidémique qui s’identifie avec ce que nous sommes, ou plutôt ce que nous étions habitués à classer grippe, en temps ordinaires, c’est-à-dire poussée fébrile de courte durée, accompagnée de malaise, de céphalée, d’enchifrènement et de toux. Notons cependant (fig. 2) la fréquence inusitée de la mortalité par méningite simple, notons également l’apparition de Y encéphalite léthargique, et nous pourrons dire, qu’à côté de la forme de grippe simple banale, le printemps de 1918 a vu à Paris une grippe à
- mortalité était élevée, et l’on voyait deux grands modes d’évolution mortelle résumant toujours les déterminations pulmonaires de la maladie (fig. 2).
- Une forme. foudroyante, asphyxique, comparable à Y œdème aigu infectieux du poumon qui emportait les grippés en quelques heures.
- Une forme à déterminations broncho- pulmonaires d’emblée, les lésions broncho-pulmonaires étant contemporaines du début de la maladie ; enfin et surtout, une grippe compliquée secondairement de lésions thoraciques. Le malade faisant d’abord uue grippe fébrile simple, puis présentant après quelques jours, les signes d’une atteinte pulmonaire rapidement mortelle.
- Bactériologiquement on trouvait à côté du Cocco-bacille de Pfeiffer, différents microbes, mais avec une fréquence remarquable, presque une constance,
- D i3i8 J. Fèv. Mars Avr.Mai Juin Juiil Août Jepi Ôct. Nov. Déc. /sis J. Fév. Mars Avr.
- au coure des années IpW - chiffres moyens
- Fig. i. — Mortalité par iooo habitants.
- complications cérébro-méningées fréquentes. Disons toutefois encore que les complications respiratoires de la grippe sont loin d’être exclues de cette poussée, puisque, les mois de mars et d’avril marquent dans l’évolution générale de la courbe de mortalité par maladie non tuberculeuse des voies respiratoires un dôme qui pour être peu accentué n’en est pas moins très net.
- Épidémie d’automne. — Avec cette épidémie le tableau change, la grippe est-elle plus répandue qu’au printemps, c’est vraisemblable, sinon certain ; ce qui est en tout cas indéniable, c’est que la proportion de formes graves est infiniment plus élevée, avec pour conséquence, une augmentai ion considérable de la mortalité (fig. 1). 11 est difficile de fixer même d’une façon approximative, le taux de la mortalité de la grippe pendant cette période ; j’entends, le nombre de grippés qui, en moyenne, succombent à la maladie. Suivant les cliniciens, cette proportion varie entre 2 à 3 pour 100 et 40 pour 100 et au delà. Ce qui est certain, c’est qu’en chiffre absolu le nombre de décès par grippe est considérable.
- Comment meurt-on de la grippe? c’est là une question qui se pose. Au printemps on n’en mourait guère. A l’automne, nous venons de le voir, la
- on décelait la présence du pneumocoque, agent habituel des pneumonies. Au cours de cette même épidémie d'automne, il fallait en outre, noter, que les femmes fournissaient à la maladie, un important contingent et que les adultes étaient, et de beaucoup ceux qui payaient le plus lourd tribut à la grippe. Fait, à noter, les sujets atteints au printemps sont généralement épargnés à l’automne.
- Epidémie d’hiver. — De même que l’epidémie d’automne différait de l’atteinte de printemps, de même, l’épidémie d’hiver se différencie de la pandémie grippale d’automne par beaucoup de caractères. Les formes grippales septicémiques sont rares, on ne voit plus guère de malades emportés rapidement, mais au contraire on voit un nombre considérable de déterminations pulmonaires subaiguës qui traînent, ce qui ne les n’empêche pas d’ailleurs d’emporter assez fréquemment le malade ; enfin, fait à noter, le nombre des pleurésies purulentes augmente, comme celui des complications suppuratives localisées dans les différentes parties du corps. Bactériologiquement, l’infection secondaire prédominante n’est plus le pneumocoque, c’est principalement le streptocoque qui est mis en évidence dans les lésions, et, qui plus est, les adultes n’ont plus le triste privilège de fournir à la mort le plus fort contingent.
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- 38 .. • LA GRIPPE EPIDEMIQUE
- Ce sont maintenant ceux qui ont franchise fameux cap de la quarantaine qui sont atteints et succombent ; enfin, on voit aussi beaucoup de malades déjà atteints de grippe au printemps et à l’automne présenter les signes d’une nouvelle atteinte de l’infection grippale.
- Considérau'ons d’ensemble. — Donc, trois épidémies, trois modalités différentes de la maladie; toutes ont en commun, il est vrai, un caractère bactériologique, la constatation fréquente duCocco-bacille de Pfeiffer dans' les lésions et même dans le sang ; toutes ont en commun différents caractères cliniques, notamment la fréquence des hémorragies; on peut donc dire qu’il s’agit bien d’une même épidémie qui à côté de ses caractères de fond présente des caractères surajoutés variables avec les périodes de l’épidémie et l’on est tenté de peifser que ces caractères surajoutés sont liés à une infection secondaire, mé-ningococcique, pneumo-coccique, streptococcique évoluant sur terrain préparé par l’infection grippale. Et ceci viendrait à l’appui des hypothèses bactériologiques qui veulent faire de la grippe une infection à bacille de Pfeiffer, compliquée ou nond" uneinfectionsecon-daire dont l'agent pathogène peut varier considérablement, du streptocoque, « ce microbe à tout taire » jusqu’à des microbes plus rares, jusqu’au pneumo-bacille par exemple. Quoi qu’il en soit, la pandémie grippale de 1918-1919 présente des caractères généraux nets ; caractères de contagiosité extrême, évolution générale de l’est à l’ouest; après l’Europe de l’est, elle frappe l’Europe de l’ouest, puis les continents situés de l’autre côté des mers, l’Amérique, l’Australie. Cheminant avec les hommes et leurs moyens de transport, elle épargne les agglomérations isolées du mouvement de déplacement, elle s’arrête à la barrière de feu de la zone de guerre, elle la contourne, et franchit les frontières par les pays neutres, enfin elle traverse les mers suivant les lignes transocéaniennes. Somme toute, s'attaquant à l’homme elle l'accompagne dans ses pérégrinations et c’est là un caractère important, séculaire de la grippe; il ne manque guère dans les différentes épidémies antérieures que l’histoire des maladies a enregistrées. Je ne veux pas dire que l’infection grippale soit en possession d’un géotropisme qüi l’oblige à voyager toujours dans le même sens, je ne veux pas dire non plus que la marche de l’épidémie soit subordonnée à certaines condi-
- tions terrestres ou astronomiques, non je pense que le sens d’évolution de la maladie est entièrement subordonné à des causes géographiques, de densité de population. A l’est, l’Europe est arrêtée par une zone peu peuplée, de trafic nul ou à peu près, tout le mouvement est à l’ouest de cette ligne. Qu’une épidémie naisse donc en Russie ou dans les pays asiatiques voisins (il paraîtrait qu’elle y est endémique), tout naturellement, les voies de communication et les hommes qui les parcourent seront les agents de propagation vers les régions où le fléau trouve à s’alimenter.
- Des conditions atmosphériques sont-elles à l’orh gine de la poussée épidémique, c’est une question quia beaucoup préoccupé les anciens médecins, notamment Sydenham qui décrit les épidémies de 1675 à 1675 à Londres. Baillou au xvie siècle s’en préoccupe également et n’est-ce pas Hippocrate qui quatre siècles avant J.-C. s’attachait de l’élude des conditions atmosphériques dans leurs rapports avec les maladies.
- La question n’est pas actuellement de celles qui préoccupent les médecins, peut-être la médecine de l’avenir nous dira-t-elle s’il existe un rapport entre l’astronomie et la clinique. On a bien dit que les taches du soleil coïncidaient avec les périodes de troubles terrestres, et l’an passé les taches solaires n’ont pas manqué.
- Bactériologie et épidémiologie. — Un point reste à étudier, celui qui a trait à la bactériologie de la maladie, partant à son épidémiologie, et, il faut le dire aussi, à sa thérapeutique rationnelle. Or, avouons-le, bactériologiquement parlant, nous sommes en matière de grippe bien moins avancés qu’au point dé vue clinique. Les premières recherches relatives à la microbiologie de la grippe datent de l’épidémie de 1889. C’est à ce moment que Pfeiffer isola et décrivit son Coccobacille, c’est-à-dire un microbe tenant le milieu entre les formes arrondies des cocci et les formes allongées des bacilles. Lorsque furent publiés les résultats des recherches de Pfeiffer (janvier 1892) il sembla que l’on venait de découvrir le vrai microbe de la grippe, toutes les conclusions antérieures de Klebs, de Ribbert, deFis-chel, de Finkler, de Vaillard et Vincent, de Weichselbaum et d’autres encore étaient annulées, et les microbes qu’elles tendaient à mettréau premier plan, rangés dans la classe nombreuse des agents d’infections secondaires; depuis, on est quelque peu revenu des notions qui tendaient à faire du eocco-
- de O è 20 ans
- de 20 à 40 ans
- de 4-0 à 80 ans
- 1918Août Sept Oct. Nov. Déc tsteJ. Fév. Mars Avr. M-
- Fig. 2. — Mortalité suivant l’âge par grippe, affections pulmonaires et pleurales.
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- LA GRIPPE ÉPIDÉMIQUE
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- bacille, le microbe spécifique de la grippe ; de 1892 à 1918, nombreux sont en ellet les travaux qui tendent à prouver que le coccobacille n’est lui aussi qu’un microbe d’infection secondaire. Vint alors l’épidémie de 1918, le coccobacille lut trouvé par les chercheurs avec une fréquence qui s’accrut à mesure que la technique délicate inhérente à sa recherche élait précisée: tel qui l’avait jusqu’alors vainement cherché, le trouva très régulièrement en précisant sa technique bactériologique ; l’idée de la spécificité du Pfeiffer fut alors renforcée, et l’on peut dire que si l’épidémie de 1918-1919 n’a pas donné la preuve
- de microbes, l’agent de la maladie, ces recherches n’offrent pas pour être prises en considération des caractères suffisants de garantie, devant la fréquence des conclusions relatives au coccobacille. Quoi qu’il en soit, les données bactériologiques actuelles, donnent au point de vue thérapeutique, des indications des plus précieuses.
- Thérapeutique. — Partant de la notion d’une septicémie initiale à bacille de Pfeiffer et d’une infectiori secondaire à microbes variables, les chercheurs sont arrivés à réaliser des vaccins polyvalents, qui venus un peu tard pendant l’épidémie, ont donné cepen-
- 7JOO 1200 1100 1000 300 800 700 600 300 400 300 200 100 | h
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- ....... men/nq/res non ruoercu/euses ~ — Grippe ~~ Affections thoraciques respira toires non tuberculeuses Moyenne habituelle de la mortalité par affections pulmonaires et- >
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- Fig. 3. — Marche des épidémies en içi8 et içiq-
- absolue du caractère spécifique de ce microbe, elle n’a rien fait, au contraire même, pour détruire le bien-fondé d’une telle hypothèse; jusqu’à plus ample information, le coccobacille de Pfeiffer reste donc l’agent pathogène vraisemblable probable de la pandémie grippale.
- Les conclusions relatives à la spécificité d’un virus filtrant n’offrent et de loin pas, les mêmes garanties ; effectuées en milieu, infecté, les recherches relatives à la détermination d’un microbe invisible comme agent causal de la grippe, sont sujettes à notion, d’autant que les travaux effectués en dehors de toute zone d’infection semblent venir infirmer l’hypothèse de la grippe, maladie à virus filtrant.
- D’autres recherches bactériologiques ont été faites, tendant à faire d’un microbe ou d’une série
- dant des résultats qui ne laissent aucun doute sur leur efficacité curative (*), et qui plus est, préventive ; ces résultats ajoutés à ceux obtenus grâce à l’emploi de sérums et d’autres médications plus générales, sont de nature à autoriser la conclusion que la thérapeutique de la grippe a fait d’importants progrès et que si, à l’avenir, une nouvelle épidémie se présente (et la chose est infiniment probable), nous serons thérapeutiquement mieux armés pour pallier à ses effets désastreux, en attendant qu’une union hygiénique mondiale soit à même, par son autorité supérieure, d’imposer aux différentes nations, les mesures générales qui empêcheraient la diffusion du fléau.
- A.-G. Guillaume.
- 1. L’eiïieacité curative est largement subordonnée au mode d’administration du vaccin.
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- 40 . :.....:
- LA TRAVERSEE AÉRIENNE DE L’ATLANTIQUE
- Des hommes audacieux, pour le renom de leur patrie, ont confié leur vie au fonctionnement aléatoire d’un moteur et se sont lancés à travers l’Atlantique. Deux d’entre eux, Ilâvvker et Grieves, ne doivent qu’à un miracle d’avoir été sauvés.
- Il existe outre-Manche et outre-Atlantique une mentalité un peu spéciale et qui nous étonne au premier abord j c’est le souci qu’ont nos alliés d’attribuer à leur pays, les records et les exploits personnels d’ordre sportif, même au risque de leur
- Que faut-il penser de semblables tentatives; puis-qu’ici, le côté sportif semble primer toutes autres considérations, faut-il en conclure que cette épreuve ne présente pas un plus grand intérêt général et réel qu’une course de chevaux.
- L'avenir des voyages transatlantiques. Avions ou dirigeables? — La première traversée aérienne de l’Atlantique doit ouvrir une nouvelle ère de rapprochement commercial et de pénétration intellectuelle plus intime entre la vieille Europe pleine d’expé-
- Fig. i à 4. — 1, L’avion Boulton and Paul: 2 moteurs Napier; 900 chev., fuselage entièrement clos. — 2, L’avion alliance Napier : 1 moteur Napier 480 chev. — 3, L’hydravion à coque triplan Porte : 5 moteurs Rolls-Royce (2000 chev ). — 4, L’avion Short Shire (réservoir dans le train d’atterrissage).
- vie. Ainsi s’expliquent les essais nombreux qu’ils ont tentés pour la conquête des pôles et l’émulation extraordinaire dont ils nous donnent l’exemple pour la traversée aérienne de l’Atlantique.
- On compte actuellement deux traversées de l’Atlantique en avion : celle de l’hydravion américain N4-C du 16 au 27 mai 1919, celle du Vickers-Vimy des pilotes ,anglais Alcock et Brown, le 15 juin. Enfin le dirigeable anglais R-54 vient de réussir à franchir lui aussi l’Océan en 108 heures.
- Les Anglais attachaient un intérêt tout particulier à se montrer en tête du mouvement technique de l’aviation ; pour s’en convaincre, il suffit de lire dans leurs articles de mai dernier, leur désappointement devant la partielle réussite des Américains et leur enthousiasme devant les succès d’Alcock et du R-54.
- riences, certes, mais aussi encombrée de préjugés de toutes espèces et la nouvelle Amérique pleine d’allant et de vie active, mais à qui manque un peu de ce charme que donne aux psychologies des peuples un long passé d’histoire et d’aventüres. II ne s’agit de rien moins en effet que de mettre New York à deux jours de Paris dans un délai, qui n’est peut-être pas très éloigné. Cela représentera la distance, pratique qui séparait Reims de Paris au siècle dernier.
- Il est vrai qu’il y a loin des expériences tentées actuellement à la réalisation de services transatlantiques réguliers. Au point de vue technique, les derniers obstac les sonttombés ; au point de vue de l’accroissement du danger, il n’y aura pas plus de différence entre le service aérien futur et le service maritime actuel qu’il n’y en a entre le
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- train rapide ou l’automobile et la vieille diligence de jadis.
- Cette conquête aérienne sera-t-elle le triomphe du plus léger que l’air ou du plus lourd, vaut-il mieux compter sur les dirigeables ou sur les avions?
- Actuellement, il n’existe pas, au point de vue technique, d’avions capables d’assurer une liaison réelle et utile entre le nouveau et l’ancien continent; je veux dire par là, qu’aucune opération commerciale intéressante ne peut être demandée aux avions inscrits pour tenter ce raid et cela faute de capacité, de sécurité et de régularité.
- En effet,'là capacité de ces avions est tout juste suffisante poür leur permettre de parcourir la distance qui sépare le point de départ du point d’arrivée, encore faiit-il qu’ils n’aient point à lutter contre un régime trop défavorable des vents.
- La sécurité est toute relative, puisque ces avions sont pour la majorité à la merci d’un seul moteur et que de toutes façons, il est peu prudent de partir avec des moteurs extrêmement légers et qui ont
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- été créé; en vue de services de guerre alors que l’élément « sécurité » était alors nettement subordonné à l’élément « en rendement ». Quant à la régularité, les avions en question ne paraissent pas avoir été étudiés en vue de pouvoir partir quel que soit le temps, à travers la brume, la pluie ou le vent.
- Par contre, sont construits et ont été déjà éprouvés des dirigeables monstres qui peuvent traverser l’océan Atlantique dans ses plus grandes , dimensions, tout en emportant une: charge utile suffisamment rémunératrice pour qu’une telle traversée puisse être considérée comme un véritable acte de commerce.
- Nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur cette question des dirigeables rigides, qui très travaillée en Angleterre a été entièrement négligée en France.
- Le plus brillant avenir parait réservé aux relations aériennes entre l’Europe et PAmérique du Nord, mais seulement dès que nous pourrons nous
- Fig. 6. —L’avion bimoteur Vickers-Vimy qui traversa VAtlantique en 16 heures 12 minutes-i .700 ; chev., 5 800 kgs, 124 m'1. — En haut, Schéma du fuse-lage-coque.
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- appuyer sur des résultats techniques suffisamment sérieux.
- Parmi les qualités qui sauront attirer le fret, ne retenons pour l’instant que la rapidité, l’économie et le confort. Bien entendu, nous ne devrons considérer cette utilisation aérienne qu’en vue de transporter un fret spécial et très rémunérateur à la tonne, tel que le courrier officiel et privé ou les passagers pressés.
- Il semble que la vitesse commerciale de 150 km à l’heure puisse être considérée comme une moyenne qui sera au moins atteinte, sinon dépassée par les premiers engins de transport aérien. En conséquence, le voyage de Paris à New York, qui par le moyen de la voie ferrée et de la voie maritime demande 150 h., serait accompli en 50 h. par la voie aérienne; ce gain appréciable ne pourrait manquer de s’améliorer rapidement avec les progrès de l’aérotechnique.
- La supériorité des moyens de transports aériens, en ce qui concerne le succès de l’exploitation commerciale, tient en grande partie à la possibilité de réunir directement deux points quelconques du globe terrestre. Ce caractère très important ne se retrouve intégralement dans aucun autre moyen de transport ; les lignes maritimes le possèdent cependant en partie, elles peuvent en effet réunir directement deux ports, mais l’exercice de cette faculté est servilement lié le long des côtes des océans. Les transports aériens pourront appliquer cet avantage indéniable à toutes leurs entreprises quels qu’en soient les points d’applications.
- En ce qui concerne la réunion de l’Europe et de l’Amérique, la ligne aérienne qui permettra à ses voyageurs de profiter le plus longtemps possible sur son parcours de ces avantages, sera en mesure de drainer vers elle tout le trafic. Il faudra donc, que les points d’application d’une pareille ligne réunissent directement les centres de gravité économiques de l’Europe active aux centres américains. Une ligne qui réunirait Brest à New York drainerait fatalement tout le trafic. Quels seraient donc les meilleurs points d’application d’une ligne aérienne destinée àunir l’Europe et l’Amérique ? Si, d’une part New York paraît s’imposer, Paris ne serait-il pas en Europe l’autre centre rêvé? situé entre l’Allemagne et l’Angleterre, entre l’Espagne et l’Italie d’une part et la Hollande et la Belgique d’autre part, cette position géographique centrale offre de tels avantages qu’il serait criminel pour la France de continuer à négliger l’organisation des éléments économiques aériens de l’avenir ; nous serions d’autant plus coupables, que notre industrie, de l’aveu mondial, s’est assurée, en cette partie, une avance considérable.
- Il y a donc lieu de regretter vivement que les constructeurs français n’aient point voulu mettre en ligne un ou plusieurs engins aériens qui auraient pu être étudiés spécialement pour faire triompher nos couleurs dans la traversée de l’Atlantique. La di-
- rection de l’Aéronautique civile aurait pu organiser ou encourager la tentative au lieu de perdre son énergie et son crédit à élaborer des projets irréalisables dans le genre de ceux que son ancien directeur avait publiés. Cet officier ne rêvait pas moins que de créer en France un réseau complet de lignes aériennes qui concurrençaient les chemins de fer, même pour les faibles distances, c’était courir dans les conditions actuelles de la technique aérienne au-devant d’un échec certain.
- Le choix des routes transatlantiques. -— Le problème actuel de la traversée de l’Atlantique se présente sous trois aspects.
- La première des routes envisagées passe par l’Écosse, l’Irlande, le Groenland, Terre-Neuve, puis New York. Ce trajet représente en partant de Paris un total de 7500 km par étapes, dont aucune n’excède 1700 km; mais il n’est point recommandable à cause des brouillards qui régnent fréquemment dans la partie Nord de l’Atlantique et également à cause de son éloignement des voies habituellement suivies par les trafics maritimes.
- La seconde route envisagée et qui a été suivie par les hydravions américains passe par Lisbonne, les Açores, Terre-Neuve et New York; pour un trajet total de 6700 km, elle comporte une étape de 1900 km, qui justement est coupée en son milieu par la ligne maritime Europe-New York ; l’autre, longue étape de 1500 km, est également coupée par certaines lignes maritimes fréquentées (Europe-Afrique méridionale et Amérique du Sud). Cette route qui de toutes, présente le moins de danger, sera sans doute suivie par bon nombre d’autres concurrents.
- La troisième route est celle de l’avenir, c’est la plus courte, mais aussi celle qui présente le plus de difficultés et de danger ; elle passe par l’Irlande et dé là prend son essor directement pour Terre-Neuve, puis New York. Son développement total n’est que de 5900 km, mais elle comporte une étape de 5200 km et son parcours ne coupe, ni ne suit aucune des grandes lignes maritimes à gros trafic. Ce fut la route d’Hawker, d’Alcock et du R-54.
- Toutes ces lignes aboutissent à Terre-Neuve qui est la terre américaine la plus avancée dans l’Océan, mais qui est entourée presque constamment d’un banc de brouillard fort gênant pour la navigation aérienne. Il est certain que New York sera appelé à remplacer Terre-Neuve dès que les capacités des aéronefs le permettront.
- En ce qui concerne l’exécution du raid, la majeure partie des concurrents paraît vouloir tenter la traversée pendant le printemps et l’été afin de bénéficier des meilleures conditions qui régnent pendant cette saison sur l’Océan; ils ont été par suite obligés de prévoir leur départ de l’Amérique, non point seulement pour être mieux fêtés à leur arrivée en Europe, car tous les concurrents sont Européens, mais bien pour bénéficier des vents do-
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- minants qui, pendant cette période, soufflent du Sud-Ouest.
- Cette tentative de traversée, ayant pris à la suite du prix du Daily Mail une allure de course, les concurrents sont amenés à prendre le départ au plus vite et par suite isolément. Certes, cette méthode ne paraît pas être la solution la plus favorable pour la réussite de la tentative.
- Les États-Unis très désireux de réussir, organisèrent une tentative officielle, en groupe et avec l’aide de la marine de guerre. Des quantités de navires furent échelonnés entre Terre-Neuve et les Açores et trois hydravions géants furent équipés spécialement; munis d’appareils de T. S. F. puissants, d’équipages de choix, ils partirent dans d’excellentes conditions ; cependant un seul d’entre eux réussit à franchir la première étape.
- Le choix de l’avion. — Au point de vue technique, plusieurs solutions se présentent; faut-il utiliser un avion terrestre du type classique ou mieux un hydravion à flotteurs ou à coque? faut-il utiliser un avion monomoteur ou un avion multimo-teurs?
- Ne semble-t-il pas qu’à première vue l’emploi d’un hydravion s’impose? Les avis sont cependant partagés.
- M. Handley-Page par exemple est nettement opposé à cette manière de voir et il préconise pour tous les avions transcontinentaux ou maritimes, l’adoption de châssis d’atterrissage terrestre. N’oublions point qu’Handley-Page est le champion des multimoteurs et il ne veut point considérer qu’un avion de cette dernière catégorie puisse être forcé de se poser sur la mer, puisqu’il ne doit jamais avoir de pannes; il déclare que d’ailleurs aucun hydravion ne pourrait repartir de l’Océan avec le creux de la houle moyenne qui y règne et qu’il vaut mieux utiliser le poids considérable d’une coque ou de flotteurs pour améliorer les qualités de résistance et d’endurance des moteurs.
- M. Curtiss, par contre, est d’un avis tout opposé. Sans doute, le raisonnement de Handley-Page est parfait, mais ne paraît-il pas un peu exclusiviste: n’avons-nous pas vu tout récemment les hydravions Curtiss Ne 1 et Ne 2 qui, malgré leurs 3 moteurs ont été forcés d’amerrir et dont les équipages n’ont été sauvés que justement à cause de la flottabilité des appareils. N’avons-nous pas non plus l’exemple héroïque de Langlet et de Dieu, ces aviateurs maritimes français qui restèrent perdus 10 jours et 11 nuits dans la Méditerranée et qui purent résister à une véritable tempête ; il ne s’agissait là, cependant, que d’un hydravion de construction relativement légère.
- Si les hydravions à flotteurs traînent sous eux un
- poids mort qui de plus diminue leur vitesse par suite de la résistance à l’avancement, il n’en est plus de même pour les hydravions à coque ; cette coque, en effet, servant de fuselage constitue le corps de l’hydravion sur lequel viennent se fixer les ailes, les gouvernes et les stabilisateurs ; cette même coque sert de logement pour l’équipage, pour le combustible et elle assure de plus la flottaison de l’appareil sur l’eau. Cette dernière qualité constitue un grand avantage pour les voyages transatlantiques même s’il est nécessaire pour l’obtenir de sacrifier un peu dé la charge utile.
- En conséquence, à moins d’éléments nouveaux touchant à la robustesse et à l’endurance des moteurs, j’estime qu’il est infiniment plus sage d’adopter pour traverser les océans des hydravions à coque. ' -
- Les avis sont également partagés en ce qui concerne la question des mono- ou des multimoteurs ; bien des concurrents ont préféré les avions monomoteurs, sans doute ont-ils estimé que les bimoteurs actuels, chargés à l’extrême, comme ils doivent l’être pour tenter une pareille traversée, .ne pourraient réellement voler avec un seul moteur et qu’en conséquence il vaut mieux éviter en doublant les moteurs de doubler les chances de pannes. Ce raisonne-
- ment est juste pour le début de la traversée, mais je crois que vers la fin bien des bimoteurs pourraient continuer leur vol avec la moitié de la puissance maxima. De toutes façons, il n’en est pas de même pour les avions à 4 moteurs et plus, qui pourront continuer leur vol en cas de pannes partielles dans de meilleures conditions; j’estime même qu’en cette question, ces
- types d’avions méritent spécialement de réussir, car seuls ils envisagent le problème sous son aspect véritablement pratique et d’avenir. Qui peut en effet assurer qu’un moteur d’avion n’aura pas un accident de fonctionnement tel qu’il devra s’arrêter? Il faudrait n’avoir jamais eu à utiliser un pareil genre de moteur. Hawker, malgré toutes ses précautions, n’avait certainement pas prévu le bouchage de sa circulation d’eau.
- Le succès d’un monomoteur est donc uniquement une question de chance.
- En résumé, il nous semble que le concurrent qui adoptera la formule de l’hydravion à coque et multimoteurs mettra de son côté le maximum de chances techniques. Remarquons que cette formule convient mieux aux avions géants qu’aux types courants. En effet le supplément de poids de la coque et le supplément de poids entraîné, à puissance égale, par la multiplicité des moteurs réduiraient singuliè-
- Fig. 7. — L’avion Sopwith de Hawker et Grieve, type classique de biplan monomoteur.
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- rement le rayon d’action des avions dont le poids total en vol. n’excède pas deux tonnes, par exemple, tandis que cette perte de capacité utile est moins sensible proportionnellement sur les avions dont le poids total excède 6 à 8 tonnes. Outre l’avantage précédent, les gros avions peuvent emmener un équipage plus nombreux et organiser un roulement de travail et de repos pour les mécaniciens et les pilotes.
- Nous allons maintenant sommairement examiner quels sont les types d’avions choisis par les constructeurs pour tenter le raid.
- A la date du 25 juin, 11 concurrents étaient officiellement inscrits pour le prix du Daily Mail; d’autre part, les Etats-Unis firent une tentative officielle au moyen de 3 hydravions de la marine et ils comptent essayer sous peù avec un nouveau
- )Pdris
- Représentation çjraphiyoe des distances réelles
- Fig 8. — Carte montrant schématiquement les 3 roules praticables pour la traversée aérienne de l’Atlantique.
- -.......— route du Nord.
- •--------- roule centrale (suivie par Hawker et par
- Alcock).
- .......... route du Sud (suivie par les hydravions
- américains).
- dirigeable (sans doute un souple) ; un hydravion de la marine anglaise et enfin un grand dirigeable rigide anglais doivent tenter prochainement la traversée. Les Allemands prépareraient, dit-on, un Zeppelin « kolossal » pour assurer un service régulier Berlin-New York.
- Les avions officiellement inscrits sont :
- 1° Whitehead Aircraft : biplan, 4 moteurs Liberty (soit 1600 HP). Peu de détails sont connus, cet avion n’étant pas terminé.
- 2° Sundstedt : biplan hydravion à flotteurs, 2 moteurs Liberty (soit 800 HP), type de bimoteur classique.
- 3° Sopwith (Hawker) ; biplan monomoteur classique, surface portante 41 m2, 1 moteur Rolls-Royce (375 HP), le pilote se débarrasse de son train d’atterrissage après le départ et atterrira sur des patins. La partie arrière du fuselage peut
- constituer le . cas échéant un petit canot de toile.
- 4° Short Bros : biplan monomoteur classique, surface portante 95 m2, 1 moteur Rolls-Royce (375 HP), capacité prévue pour 5000 km. Réservoir fixé dans le train d’atterrissage.
- 5° Fairey : biplan hydravion à flotteurs monomoteur, 1 moteur Rolls-Royce f375 HP). Cet avion est muni d’un dispositif d’incidence variable des ailes qui lui permet d’augmenter sa vitesse à mesure qu’il s’allège par suite de la consommation du combustible.
- 6° Martinsyde : biplan classique monomoteur, surface portante 52 m2, 1 moteur Rolls-Royce-Falcon (285 HP). Cet avion est le plus faible parmi les concurrents.
- 7° ltandley-Page / biplan classique multimoteurs, surface portante, 380 m2, 4 moteurs Rolls-Royce (soit 1500 HP), endurance 4000 km, fuselage entièrement clos. :
- 8° Alliance Napier : biplan classique monomoteur, surface portante 65 m2, 1 moteur Napier (450 HP), rayon d’action 4500 km.
- 9° Boulton and Paul : biplan classique bimoteur, surface portante 86 m2, 2 moteurs Napier (soit 900 HP), rayon d’action 5500 km. Cet avion volerait avec un seul moteur après 2 heures de marche, fuselage entièrement clos.
- 10° Vickers Vimy : biplan classique bimoteur, surface portante 125 m2, 2 moteurs Rolls-Royce (soit 750 HP), rayon d’action 3800 km.
- 11° Bouton and Paul (voy. n° 9).
- En dehors de l’incidence variable du Fairey qui est extrêmement intéressante, nous ne voyons, en somme, aucune nouveauté. Sur ces 11 avions, 2 seulement sont hydravions et sans coque ; 6 sont multimoteurs ; aucun d’entre eux ne se trouve à la fois multimoteurs et muni d’une coque. Les tentatives libres sont représentées par les 3 hydravions N-C des États-Unis. Ces appareils sont des biplans hydravions à coque munis de 5 et de 4 moteurs Liberty à basse compression (soit 1125 et 1500 HP suivant les types), leur surface portative est de 248 m2 et leur poids total,de 9750 kg.
- Le Porte anglais est un triplan hydravion à coque muni de 5 moteurs Rolls-Royce (soit 1875 HP). C’est jusqu’à ce jour l’avion le plus puissant qui doit tenter la traversée. Sans doute représentera-t-il la marine anglaise. Ces avions NC et Porte remplissent donc les conditions que nous avions jugées comme étant les plus favorables. Le dirigeable anglais R-34, sur lequel nous aurons à revenir, possède une capacité de 50 tonnes et une endurance de 7000 km.
- Il y a lieu de s’étonner de ce qu’aucun constructeur n’ait conçu d’avion transatlantique à bord duquel les moteurs aient été placés de telle façon qu’il soit possible à l’équipage dé les surveiller et de les réparer en cours de route si besoin est. Nous reviendrons également sur cette question qui touche au premier chef à l’avenir de la navigation aérienne.
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- Tous ces avions sont naturellement e'quipés avec des postes de T. S. F. d’une portée d’environ 400 km. Certains d’entre eux possèdent môme deux postes : un poste puissant pour les communications à longue distance et un second poste plus faible pour interviewer au passage les navires et leur demander des renseignements sur leur position. L’avion Boullon and Paul possède en cas de panne un ballon qui, se gonflant au moyen d’hydrogène comprimé dans un tube, entraîne à une certaine altitude une antenne de T. S. F. qui lance régulièrement le signal d’alarme S. 0. S. ; ce même avion possède un réservoir qui se vidant de combustible en 1 minute 1/2, se transforme en flotteur étanche et maintient le fuselage hors de l’eau.
- Voici rapidement passées en revue les différentes faces du problème technique; celui-ci peut être considéré comme résolu théoriquement au moins pour la réussite d’une épreuve sportive et de démonstra’ion, reste maintenant l’immense difficulté de la direction.
- La direction des navires aériens. Les conditions météoro’ogiques. — A travers l’Océan nul point de repère n’est apte à guider l’avion ; l’équipage devra donc avoir recours à la boussole et aux méthodes maritimes habituelles pour faire le point et se diriger vers son point d’arrivée.
- L’incommodité de la plupart des avions engagés, jointe aux caprices des vents, rendent ces procédés extrêmement aléatoires.
- Deux méthodes permettront aux navigateurs aériens de s'assurer la connaissance d’éléments tels qu’ils ne risqueront plus de s’égarer; c’est d’abord la connaissance, avant le départ, la plus parfaite possible des conditions météorologiques qui régneront vraisemblablement au-dessus de l’Océan pendant chaque traversée. Ces renseignements leur parviendront par voie de T. S. F. d’après les observations qu’auront faites de nombreuses stations météorologiques réparties autour de l’Océan. Puis enfin il faudra créer un réseau permanent d’ondes hertziennes émises par des phares spéciaux qui permettront aux aéronefs de connaître leur position à tout moment en prenant deux phares hertziens pour base au moyen des procédés de radiogoniométrie qui ont été expliqués dans un article précédent (Voy. La Nature, n° 23(51).
- D’après les statistiques météorologiques, la traversée serait praticable au moins 300 jours par an; le brouillard, quand il y en a, n’est pas un obstacle insurmontable, sur les côtes il s’étend sur une faible distance et en pleine mer son épaisseur dépasse rarement ,2000 m.; les grandes tempêtes de nature cyclonique ne s’étendent presque jamais •sur plus de 500 km et il est possible à un aéronef de les éviter.
- Le régime des vents réguliers qui régnent entre 2000 et 4000 m., se montre favorable pour la traversée de l’Atlanlique. Dans la partie nord de l’Océan, soit à la hauteur du 50e degré (Canada-Ecosse), les
- vents soufflent de l’ouest vers l’est et seraient donc favorables au trajet Amérique-Europe. Dans la zone qui se trouve plus au sud, soit à la hauteur du
- Fig. 9.— Caries des vents dominants dans l'Atlantique Nord. La roule du Sud (3ç'' degré) sera favorable vers New York — la route du Nord (5o° degré) sera favorable vers l'Europe.
- 50e degré (Floride-Espagne), les vents soufflent de l’est vers l’ouest et seraient donc favorables au trajet Europe-Amérique.
- La vitesse moyenne de ces vents est de 25 km à l’heure, cette vitesse s’ajoute ou se retranche de la vitesse des aéronefs, suivant qu’ils marchent avec ou contre ces vents. Les vents de 60 km à l’heure et au-dessus ne soufflent pas plus de 20 jours par an et 60 pour 100 des tempêtes ont lieu en hiver.
- A de grandes altitudes, se rencontrent souvent des vents réguliers et assez violents; il arrive qua
- Fig. 10. — Un trajet de5o heures permettait d’aller : en i83o de Paris à Nantes (diligences), en iqio de Paris à Alger (chemin de fer et bateaux). Il se peut qu’en IQ20 il permette d'aller de Paris à New York par les airs.
- des changements d’altitude correspondent des changements sensibles dans la direction des vents.
- Le tableau suivant nous montrera quel parti
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- peut tirer un pilote des renseignements envoyés par les stations météorologiques.
- Un avion qui ce jour-là aurait l’intention d’aller de Londres en Italie devrait naviguer à 3000 m. où il rencontrerait un vent favorable de près de 70 km à l’heure.
- Les dérives des vents sont considérables, elles peuvent pousser vers le golfe de Guinée un avion qui croit gagner la Manche. Ces dérives constituent le principal ennemi des dirigeables; en effet, si cette formule d’aéronef peut négliger les accidents de moteurs, négliger la brume et négliger les difficultés de direction grâce aux perfectionnements de
- leurs installations, que fera cette masse de 200 m. de long sur 23 m. de hauteur contre par exemple un vent de dérive latéral de 60 km à l’heure? Étant donné la faible vitesse relative de ces aéronefs, la seule solution sera sans doute, si ces vents défavorables sont constants à toutes les altitudes, au cours d’une violente perturbation atmosphérique de se maintenir face à la tempête en défilant au mieux leur masse dans le lit du vent; cette situation ne peut convenir que pour les tempêtes qui n’excéderaient pas une cinquantaine d’heures.
- Toute l’organisation complexe qui permettra de ne se lancer sur l’Atlantique qu’en toute connaissance des éléments, manque aux concurrents actuels qui vont se décider un peu au hasard, confiants en leur bonne étoile. Seul, le raid américain était for-
- tement organisé, mais cette organisation a été poussée à un tel point que l’intérêt du raid en a été fort diminué.
- Ne cherchons donc dans les tentatives actuelles des avions qui veulent nous ouvrir la voie aérienne vers l’Amérique qu’un intérêt plutôt d’ordre sportif que d’ordre économique.
- Cette émulation sera cependant très profitable au progrès général aéronautique et nous en tirerons pour l’avenir des enseignements précieux. Si ces tentatives avortent, ne nous décourageons point et tâchons de les organiser plus scientifiquement.
- Et regrettons secrètement que rien ne représente
- la France dans cette joute internationale. Après la traversée de la Manche par Blériot, après la traversée de la Méditerranée par Girros, nous rompons notre tradition. Nous pouvions mieux attendre de la part de nos constructeurs; ceux-ci ont gagné énormément d’argent pendant la guerre, il faut que maintenant ils aient une vue suffisamment étendue sur l’avenir pour risquer quelques capitaux et réaliser des avions et dirigeables suivant de modernes conceptions, faute de quoi les entreprises de transport aérien qui ne manqueront point de s'organiser en France seront forcées d’utiliser des avions de construction étrangère.
- Sous-lieutenant Jeajx-Abel Lefranc.
- Breveté mécanicien.
- Matinée du 20 janvier 1919.]
- Vitesse et direction du vent en rapport avec l’altitude.
- 600 m. d’altitude 1500 M. D’ALTITUDE 5000 m. d’altitude 4500 m. d’altitude
- Écosse Est Angleterre Nord Angleterre Nord-Ouest Angleterre Est S- 35 km.-h. S.-S-E. 59 km.-h. S.-S.-O. 22 km.-h. » S. 45 km.-h. » S.-O. 20 km.-h. S.-S -E. 30 km.-h. » )) )) N.-O. 69 km.-h. )> )) i) 0. 37 km.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril et mai 1919.
- Caractérisation et dosage de l’oxychlorure de carbone. — MM. André Kling, directeur du Laboratoire municipal de Paris, et René Schmutz ont été chargés par le G. Q. G. des enquêtes à mener au front sur les moyens de défense que l’ennemi demandait à la chimie. Ils ont dû ainsi chercher une réaction caractéristique pour le gaz phosgène et une méthode de dosage. L’indicateur le plus sensible leur a semblé être la solution aqueuse d’aniline, qui au contact de CO Cl2 donne la diphénylurée symétrique, fondant à 236°, insoluble dans l’eau froide et cristallisant en longues aiguilles. La réaction est d’ailleurs spécifique du groupe CO, en double liaison avec un halogène. Le mode de recherches préconisé par les deux chimistes donne des résultats probants, qu’il s’agisse de phosgène dilué dans l’air, à la proportion de -I /100 000e ou d’oxychlorure contenu dans un phosgène industriel.
- Les gîtes houillers du nord de la France. — L’opinion émise par Gosselet, voici environ un demi-siècle, se trouve confirmée par les travaux de M. Barrois, démontrant que le bassin du nord de la France se compose de plusieurs plis longitudinaux, dirigés d’est en ouest. Une coupe nord-sud permet, en effet, de constater que la même bande de terrain se répète trois fois. Une note de M. Paul Bertrand indique les principales zones végétales et fixe leur extension verticale, par rapport aux niveaux marins, tandis qu’un travail de M. Pierre Pruvost montre, d’après la succession des faunes, les analogies entre les terrains carbonifères français du Nord et du Pas-de-Calais et ceux, anglais, des gîtes du Staffordshire.
- La maturation du saucisson. — M. E. P. Cesari croit qu’il est possible de modifier avec avantage la maturation naturelle du saucisson, qui s’accompagne d’une peptoni-
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- sation de la viande, alors que le glycogène musculaire diminue. A son sens, on aurait intérêt à ensemencer la pâte avec les cultures pures des levures qu’il a isolées et qu’on pourrait ranger dans la famille des Saccharo-mycétées, genre Zygosaccharomyces.
- Sur la célérité des déflagrations. — Supposant une réaction chimique, dont la vitesse, nulle à toute température inférieure à celle de l’inflammation, serait ensuite proportionnelle à i -J- 275°, MM. Jouguet et Crussard ont établi, en 1913, une formule donnant la célérité des déflagrations par ondes planes. Deux ans plus tard, un Allemand, Nüsselt, a paru simplifier le résultat et le généraliser. La nouvelle note de MM. Jouguet et Crussard infirme cette prétention en prouvant le rôle important joué non seulement par la composition centésimale du mélange, mais encore la température d’inflammation.
- La mesure du rayonnement des ampoules Coolidge. — On sait que plusieurs méthodes ont été préconisées pour évaluer i’énergie des rayons X (ionisation, fluorescence, effets chimiques, etc.). Le phénomène produit par le faisceau de rayonnement est d’une intensité qu’on suppose proportionnelle à la puissance inconnue. L’absorption de cette dernière doit être totale, et dans ce but, on utilise, pour la première méthode, de longues chambres remplies d’iodure de méthyle. D’autres fois, on recueille les rayons X dans un bolomètre de plomb, dont l’épaisseur atteint 1 mm; enfin, la mesure de l’éclat d’un écran recouvert de platinocyanure de baryum constitue la méthode fluoromélrique. C’est à celle-ci que M. R. Biquart apporte un perfeitionnement important en substituant à l’écran épais, dont l’éclat visible est dû uniquement aux couches superficielles, une série d’écrans de 0 mm 2, au nombre de 40, de façon à absorber les rayons les plus durs. La suite des opérations est en tous points analogue à celle que préconise le Dr Guilleminot.
- Les voies navigables d'Alsace et de Lorraine. — Le Dr Imbeaux dénombre les denrées qu’auront à transporter les voies d'eau des deux provinces rentrées dans le patrimoine national (charbon de la Sarre, pétrole de Pechelbronn, minerais lorrain et luxembourgeois, potasse de Mulhouse, chaux, ciments, céréales, vins et bois de la Forêt Noire) et montre que le réseau qui comprend le Rhin, la Moselle, la Sarre, la Bruche, l’Ill, les canaux de la Marne, des houillères de Sarrebrück et du Rhône au Rhin, n’en est pas moins insuffisant. 11 importe,
- pour l’auteur, de développer l’outillage, d’augmènter le gabarit, enfin de prévoir au plus tôt la création de nouvelles voies d’eau. Les conclusions de M. Imbeaux sont celles de M. Auguste Pawlowski, dont La Nature a récemment publié une étude sur la même question.
- Les azolures de nickel et de cobalt. — Il semblait que l’azoté ne présentait aucune affinité pour le nickel et le cobalt. M. Yournasos a pu cependant obtenir un azoture normal du premier métal en oxydant le carbone de son cyanure, à l’aide de l’oxyde NiO. L’opération doit se faire au-dessus de 2000° et porter sur un composé initial absolument anhydre, la température de la dessiccation ayant été comprise entre 180 et 200°. Le cyanure mélangé au protoxyde de nickel, est projeté, par petites portions, dans l’arc électrique, jaillissant à l’intérieur d’un ballon plein d’azote pur et sec. Le produit obtenu répond- à la formule Ni3Az2, il est tout à fait différent des deux azotures jusqu’ici connus Ni3Az (Beilly) et NiAz6 (Curtius).
- L’arc voltaïque agissant sur un mélange de 10 parties de CoO et de 7,4 parties de Co(CAz)2 a de même, en atmosphère d’azote, donné le nitrure normal C03Az2.
- Oxydation simultanée du sang et du glucose. — M. Fosse a déjà montré que les hydrates de carbone, s’oxydant en présence de l’ammoniaque, donnent naissance à cette diamide qu’est l’urée. Il a repris ses expériences en partant du glucose, pour établir une relation entre la glycogénèse et l’uréogénèse et conclut ainsi : l’aptitude du sucre en C® à s’oxyder pour fournir l’urée, n’est en rien diminuée si on opère en présence de l’albumine et le rendement en amide ainsi formée s’accroît entre certaines limites, avec la proportion de glucose et d’oxygène mis en présence. Le milieu oxydant employé par l’auteur est le permanganate de potasse pulvérisé.
- Action toxique de certains produits volatils sur les insectes. — M. Gabriel Bertrand a récemment étudié les effets de la chloropicrine ; en collaboration avec Mme Rosenblatt, il a fait porter de nouveaux essais sur la « livrée des arbres » ou Bombix Neustria L., en utilisant l’éther, le chloroforme, le sulfure et le tétrachlorure de carbone, enfin les produits lacrymogènes et suffocants des usines de guerre. 11 semble que les meilleurs résultats soient dus à la monochloroacétone et à la chloropicrine.
- Paui, B.
- LA PRÉVISION DU BROUILLARD
- SON IMPORTANCE POUR L1 AVIATION
- Le développement intense que prend la navigation aérienne met à l’ordre du jour les phénomènes physiques intéressant la météorologie. Parmi ceux-ci, l’étude de la formation et de la tenue du brouillard est d’une grande importance, car celui-ci est pour l’aviateur l’un des plus graves écueils; outre qu’il dissimule tout point de repère à la surface du sol, il rend l’atterrissage extrêmement dangereux, sinon impossible.
- La prévision du brouillard sur une région déterminée serait donc un précieux renseignement.
- Rappelons que le brouillard qui n’est autre qu’un nuage en contact avec le sol, se forme lorsque l’air calme, saturé de vapeur d’eau, est soumis à un refroidissement : refroidissement, particulièrement accusé au centre des dépressions barométriques qui est, nous le savons, soumis à un mouvement de translation.
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- LA PRÉVISION DU BROUILLARD
- Fig-
- Ces dépressions sont soigneusement enregistrées plusieurs fois par jour, par le Central météorologique, d’après les indications transmises des stations dissémir-nées dans tout l’Ouest-Européen, par téléphone, télégraphie ou T. S. F.
- On peut ainsi dresser des cartes isobares journalières, complétées par des cartes de variations et de tendances fournissant des renseignements plus serrés; sur ces cartes se dessinent nettement à intervalles réguliers
- l’emplacement des basses
- pressions, leur direction et leur vitesse de translation.
- L’examen de ces cartes successives permet de déterminer très approximativement la région sur laquelle la dépression en marche parviendra après un temps
- donné ; c’est la prévision du temps. q 0
- Lorsque la dépression an- Ü noncée vient de l’W, du SW ou du NW chargés d’humidité, il semblerait que les renseignements fournis en un point donné par les appareils usuels : thermomètre, baromètre, psychromètre puissent etre suffisants pour prévoir s’il y aura ou non apparition de brouillard lorsqu’elle parviendra sur ce point dans un laps de temps connu. Or les déductions que l’on tire en pareille circonstance de l’emploi de ces appareils, se trouvent faussées par un facteur important dans la formation des brouillards ; c’est la plus ou moins grande diffusion dans l’atmosphère de particules en suspension et leur degré d’ionisation. Certaines de ces, particules ont en effet la propriété, soit de provoquer la condensation de l’humidité dans un air voisin de son point de saturation, soit d’augmenter la durée et l’opacité du brouillard, dans un air saturé ; leur présence est naturellement plus persistante au-dessus des villes et dans leur voisinage que dans les campagnes. En outre, intervient-il, peut-être, d’autres facteurs encore inconnus.
- C’est pourquoi, il me semble intéressant d’étudier
- directement, brutalement, l’air prélevé dans une zone donnée et d’en déterminer ses tendances plus ou moins grandes à former le brouillard.
- Le principe de l’appareil de laboratoire que nous avons présenté, M. Trillat et moi, et dont nous avons décrit d’autre part le fonctionnement(i), nous semble tout indiqué pour répondre au but désiré. 11 repose sur l’examen d’une couche d’air sous une faible section, mais sous une grande épaisseur; principe adopté pour l’examen de la’ coloration des eaux.
- L’appareil (fig. 1) se compose d’un ballon de 10 1. de capacité A/hermétiquement clos, sur les axes duquel se trouvent disposés dans le prolongement l’un de l’autre deux tubës de 5 cm. 'de diamètre et d’environ 1 m. de long BB'/ ; l’extrémité d’un de ces tubes est munie d’un oculaire C/, l’extrémité de l’autre tube étant fermée par
- 1. C. R. Académie des Sçiences 1919. T. 168, p. 570.
- Fig-. 2. — Sc/iénia de L’appareil modifié pour les observations courantes, a, dispositif mobile; b. robinet de purge; c, oculaire: d, obturateur mobile permettant le nettoyage.
- un disque noirci D/. Le col du ballon est formé par un bouchon portant un tube en T muni d’une part d’un manomètre à mercure et, d’autre part, d’une poire en. caoutchouc cle 250 gr. de capacité. Cet appareil a permis-d’étudier l’influence de divers noyaux de condensation, préalablement introduits dans l’atmosphère saturée du ballon, en y provoquant la formation d’un brouillard d’égale intensité par une surpression et une détente qui variait suivant la nature des particules étudiées.
- Pour l’examen de la tendance d’un air à former le brouillard, ce qui rentre dans le domaine de la pratique, cet appareil peut être remplacé par un simple tube de verre de 1 m. de long au minimum, sur 5 cm. de diamètre, muni des mêmes accessoires décrits ci-dessus (fig. 2). Il m’apparaît également plus logique de partir de la pression atmosphérique notée à l’endroit de l’expérience et de produire à l’intérieur du tube, non une surpression suivie d’une détente, mais une dépression, à l’aide de la poire ou d’une pompe, jusqu’à l’apparition du brouillard; dépression que l’on suit sur le manomètre. (Le tube sec et bien nettoyé étant rempli de l’air à examiner, soit par un vide préalable, soit au moyen de la poire, soit de toute autre façon.)
- Supposons qu’une dépression annoncée, dont le centre accuse une pression f, soit en marche, et que nous ayions enregistré une pression F sur le lieu de l’expérience vers lequel elle se déplace, si l'apparition du brouillard dans notre tube a été provoquée par une dépression d égale ou inférieure à F-/, on pourra conclure
- à la probabilité du brouillard lorsqu’elle parviendra dans la zone étudiée, d étant en raison inverse de l’Intensité. Au contraire, s’il a fallu provoquer une dépression supérieure à F-/" pour faire apparaître le brouillard, il y aura improbabilité; ce se traduire par
- qui
- les
- peut
- for-
- mules
- d<(f-n
- d >(¥-[) :
- Brouillard.
- ;Non brpuillard.
- On conçoit que l’examen de l’air d’un centre d’aviation ayant indiqué la probabilité du brouillard au moment d’un atterrissage prévu, il sera aisé par T. S. F. d’avertir le pilote de l’avion de choisir un terrain d’atterrissage voisin où le même examen aura été fait dans un sens négatif.
- Le, principe de l’appareil restant le même, on peut supposer celui-ci d’une construction plus robuste, permettant son emploi à bord d’un avion, ou, son adaptation à un ballon-sonde, pour des examens à diverses altitudes.
- Marc Fouassier.
- de l’Institut Pasteur, licencié ès sciences
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2365. ...' —................ 26 JUILLET 1919.
- L’EXAMEN DES MÉTAUX PAR LES RAYONS X
- Les rayons X, dont les applications ont été longtemps confinées au domaine médical, ont trouvé depuis peu leur emploi dans la grande industrie; ils e doivent à l invention de l'am-po ule Coolidge qui permet d'obtenir des rayons très pénétrants.
- Nous devons à l'obligeance des usines Schneider les renseignements qui suivent sur l'intéressante installation réalisée dans leurs Établissements du Creusot et les résultats obtenus.
- Nous décrirons d’abord d’une façon sommaire l’installation radiométallographique du laboratoire des Usines Schneider du Creusot.
- La figure 1 donne le plan de la disposition adoptée.
- A est la salle de basse tension où se tient l’opérateur. De la salle A, l’opérateur voit, par un jeu de miroirs Mj et M2, l’interrupteur et le rhéostat des accumulateurs Ac qui alimentent le filament du tube Coolidge T. Il commande également le courant fourni dans le primaire du transformateur, par suite dans le tube; enfin, il peut modifier l’état des soupapes s, et s2 à l’aide de leurs régulateurs à étincelles.
- B est la salle de haute tension, où l’on ne pénètre que lorsque le tube ne fonctionne pas. Elle est recouverte sur son pourtour, d’une couche de
- Fig. 2. — L’installation radiométallographique du Creusot.
- 47" Année. — 2* Semestre,
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- 50 ........— L’EXAMEN DES MÉTAUX PAR LES RAYONS X
- plomb de 2 m. 20 de hauteur et de 1 mm d’épaisseur, sauf sur la cloison entre A et B où cette couche a 2 mm; de plus, un écran Y, recouvert de 5 mm de plomb, est placé entre le tube T et la cloison; de cette façon, l’opérateur est complètement à l’abri des rayons X. et des rayons , ordinaires.
- . L’objet à radiographier est placé sur la table Z (recouverte de plomb). On peut centrer le ; faisceau de rayons X sur la partie à radiographier, grâce , aux glis- ; sièrés d’un pied-support ^qui porte l’ampoule.
- iLa figure 2 montre la dispo-î sition de cette salle B.
- L’appareillage est le modèle courant fourni par la maison Pilon (qui a la licence du tube Goolidge pour la France); il se compose es-sentiellement d’un transformateur alimenté par
- Nous ne décrirons pas le tube Coolidge, ni son fonctionnement ; noüs dirons seulement que l’installation que nous possédons a un régime normal de 4 m-A sous 120 000 volts, qu’elle permet de traverser 40 mm d’acier ordinaire et eufin qu’elle
- est facilement transportable et peut être installée dans un atelier où l’on aurait, à radiographier une pièce sur place.
- Résultats obtenus. — Nous examinerons les résultats que nous avons obtenus depuis que nous possédons l'installation, dans l’ordre suivant :
- a) Becherches des soufflures et retassures. Influence de l’aluminium sur l’acier.
- b) Examen d’aciers à teneurs différentes en tungstène.
- c) Examen dé métaux com-pound.
- Fig. 3. — Radiographie de l’éclisse n° 3.
- Temps de pose : 3 min. 3o sec. — 4 milliampères.
- AB: ligne suivant laquelle a été sectionnée l’éclisse. a : trous obstrués par le plomb.
- Fig. 3 bis. — Photographie d’une section suivant AB de l’éclisse n° 3.
- Fig. 4.
- Radiographie de l’éclisse n° 4. Temps de pose : 3 min. 3o sec.
- 4 milliampères.
- Fig. 4 bis.
- Section suivant AB de l’éclisse n° 4.
- du courant alternatif à 110 volts par l’intermédiaire d’un interrupteur rotatif Blondel ; sur le secondaire de ce transformateur, pouvant donner de 25 à 28 cm d’étincelles, sont montés en séries : 2 soupapes, un milliampèremètre et le tube Coolidge. Une batterie d’accumulateurs de 5 éléments de 40 ampères heure, isolée, alimente le filament anodique de l’ampoule et permet de le porter à très haute température.
- a) La première application qui vient à l’esprit est la recherche de l’hétérogénéité de la matière, hétérogénéité macroscopique bien entendu, la diffusion des rayons X, la formation de rayons secondaires, la giosseur des grains de l’émulsion de la plaque photographique limitant le champ d’action au voisinage de grains de l’ordre de grandeur du 4/5 de millimètre.
- Nous avons d’abord appliqué les rayons X à la
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- L’EXAMEN DES MÉTAUX PAR LES RAYONS X ===== 51
- recherche des soufflures dans l’acier moulé. Des plaques d’acier (éclissesde chemin de fer, épaisseur 25 mm) ont été coulées sans précautions spéciales, dans des moules en sable. Elles ont donné les clichés 3 et 4.
- Dans les clichés, chaque tache blanche représente une soufflure. Les photographies 3 bis et 4 bis représentent les sections, grandeur naturelle, de ces éclisses, suivant les droites A B, A' B'. Les cercles noirs a sont les trous des éclisses, qui ont été obturés avec du plomb pendant la radiographie, pour éviter la formation des rayons secondaires sur la plaque photographique et le voile subséquent (1). Autour de ces cercles a, on voit des taches disposées radialement, correspondant aux soufflures normales aux parois des trous. Nous nous sommes assurés de la véracité de cette assertion en cassant une éclisse à l’endroit d’un trou).
- Les deux éclisses présentent des soufflures très
- Fig. 7 et 8. — Fourche d'essieu d’arrière-train de voilure-canon de i55 long.
- différentes : dans l’éclisse 3, les soufflures sont plutôt superficielles, allongées dans le sens perpendiculaire aux parois du moule ; dans l’éclisse 4, les soufflures sont centrales et très étendues comme volume.
- Les clichés 5 et 6 sont les radiographies d’éclisses faites en même temps que l’éclisse 4, avec l’acier de la même coulée, dans des moules faits avec du même sable et étuvés dans les mêmes conditions. Mais au moment de la coulée, on a ajouté 37 gr. 5 par 400 kg d’aluminium pour l’éclisse 5 et 75 gr. par 100 kg pour l’éclisse 6.
- Les deux clichés montrent la diminution des soufflures quand la quantité d’aluminium ajoutée au moment de la coulée augmente, et mettent en évidence d’une façon très nette, l’action de ce métal pour la désoxydation de l’acier en fusion. Il y
- 1. C’est pour la même raison que les échantillons à radiographier sont entourés de plomb, soit par sertissage d’une plaque, soit par du métal coulé autour. Dans certains cas encore, on peut utiliser de la fine grenaille de plomb convenablement maintenue.
- aurait possibilité de déterminer, pour une coulée, la quantité minimum d’aluminium à ajouter pour supprimer les soufflures centrales en radiographiant
- Fig. 5 et 6. —Radiographies d’éclisses obtenues avec addition, à gauche de 3,7, à, droite de 7,5 millionièmes d'aluminium au moment de la coulée..
- des éprouvettes avec des teneurs croissantes en aluminium.
- Dans la radiographie d’une fourche d‘essieu d’arrière-train de- voiture-canon, de matériel de 155 long, en acièr moulé, dont les dessins 7 et 8 schématisent la fourché, la radiographie à permis de
- Fig. 9 et 10. — Radiographies de plaques de 5 mm. d’épaisseur d’aciers divers.
- découvrir une retassure, très nette-qui compromet la solidité et la résistance de la fourche, cette retassure était due à un mode de coulée défectueux ; en changeant le mode de coulée, on a obtenu des fourches ne présentant plus cette retassure.
- Application. — Quand on coule Une pièce etf acier, et qu’on veut se rendre compte des soufflures
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- 52 ===== NOUVEAU PROCÉDÉ DE MESURE DES RELIEFS DU TERRAIN
- du métal refroidi, on coule en même temps que la pièce un appendice d’environ 20 à 50 mm. d’épaisseur, qu’on examine aux rayons X.
- Quand on fait une pièce nouvelle en acier moulé, pièce où l’on craint un défaut à un endroit particulier, par suite du mode de coulée, on radiographie cet endroit pour savoir si le métal est sain; on peut être conduit ainsi à changer le mode de coulée.
- Malheureusement on est limité par le manque de pénétration des rayons X, nous ne pouvons pas traverser plus de 45 mm. d’acier ordinaire, et déjà avec cette épaisseur, le temps de pose est considérable.
- s b) Les clichés 9 et 10 représentent les radiographies de plaques de même épaisseur (5 mm.), djaeiers de compositions différentes :
- ‘ Ct acier à 1,15 pour 100 de carbone * PA acier à 5 pour 100 de tungstène
- f Sj acier à 10-11 pour 100 de tungstène
- I S2 acier à 14-15 pour 100 —
- i S3 acier à 18-19 pour 100 —
- , S4 acier à 22-23 pour 100 —
- ! Ces plaquettes se laissent traverser d’autant moins par les rayons X qu’elles renferment davantage de tungstène (corps à poids atomique élevé : 182).
- Ces différences sont beaucoup plus nettes avec les clichés qu’avec les reproductions, quand on emploie un éclairement convenable. Ainsi trois aciers au carbone, renfermant 0,6 pour 100, 0,9 pour 100, 1,15 pour 100 de carbone (poids atomique faible), donnent un cliché où l’on voit nettement des différences d’opacité correspondant à ces teneurs ; nous n’avons pas pu reproduire d’épreuve photographique de ce cliché sur laquelle on puisse distinguer ces différences d’opacité.
- On conçoit qu’il peut y avoir là un moyen d’analyse rapide dans des cas particuliers; si par exemple, il a été fait accidentellement, un mélange de barres d'acier au carbone et d’acier au tungstène, on pourrait faire le tri rapidement par radiographie, au lieu de recourir à l’analyse chimique, toujours longue, délicate et coûteuse. Voici comment on pourrait opérer sur une même plaque : on dispose des barres de nature inconnue et une barre d’acier type, de même épaisseur ; on' fait une radiographie et on mesure l’opacité correspondant à chaque barre, les
- Fig. ii. — Plaque de 5 millimètres d’acier \ compound.
- nombres obtenus, comparés à ceux d’un barême fait à partir d’aciers de compositions connues, permettent de déduire la naiuredes différentes barres.
- c) Nous avons eu l'occasion d’examiner un échantillon de métal compound ; le cliché 11 montre que ce métal est formé d’une barre centrale et de petites barres de même nature, nove'es dans un métal différent. La barre centrale et les petites barres renferment un constituant de poids atomique plus faiole que la masse (l’analyse a montré que c’était du chrome). Les taches noires, informes, qui sont au centre et dans deux des petites barres correspondent à un métal de poids atomique élevé; c’est de l’étain provenant du bain dans lequel le barreau avait été recuit et qui avait pénétré dans les criques du métal.
- d) Nous avons examiné également un lingot d’alliage léger Schneider (genre « Duralumin ») de 110 mm de diamètre; le cliché a permis de sectionner ce lingot, sans erreur, à l’extrémité de la retassure que l’on voit nettement sur la plaque photographique.
- Conclusions.— Dans l’état actuel de nos connaissances sur les rayons X et sur leur production, l’application de la radiométallographie permet un examen macroscopique des aciers ordinaires tant que l’épaisseur ne dépasse par 40 à 45 mm. Cette épaisseur limite est moindre quand dans l’acier entre au moins un constituant de poids [atomique supérieur. Il serait désirable en métallurgie de pouvoir radiographier des lingots de 20 cm d’épaisseur et plus, malheureusement nous n’en sommes pas encore là.
- Cependant, tout progrès dans la recherche d’un réactif aux rayons X plus sensible que ceux que nous connaissons : plaque photographique, platino-cyanure de baryum, tungstate de baryum, phénomènes d’ionisation, amènera un progrès en radiométallographie ; de même toute amélioration dans le moyen de produire des rayons X de grande pénétration, permettra d’augmenter le champ d’action des rayons X dans l’examen des métaux.
- J. Roux.
- Ingénieur aux Établissements Schneider, ancien élève de l’École Normale Supérieure, Docteur ès sciences.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE MESURE DES RELIEFS DU TERRAIN
- A L’AIDE DES PHOTOGRAPHIES STÉRÉOSCOPIQUES
- La stéréoscopie est pour les amateurs de photographie une source précieuse de plaisirs, car elle donne aux épreuves qu’ils obtiennent une harmonie et une réalité incomparables. Mais elle est aussi un auxiliaire puissant pour les savants, car elle peut souvent constituer un moyen d’investigation de premier ordre pour l’analyse dos phénomènes ou leur représentation artificielle.
- Grâce à elle, la topographie a pu utiliser la photographie comme procédé de restitution perspective, la radiographie a pu, par son application, réaliser d’immenses progrès dans la localisation des corps étrangers introduits dans l’organisme humain. Enfin, la stéréoscopie a été dans la grande guerre qui se termine un auxiliaire puissant des reconnaissances photographiques aériennes.
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- NOUVEAU PROCÉDÉ DE MESURE DES RELIEFS DU TERRAIN = 53
- Dès le jour où la photographie fut rendue pratique à bord d’un avion, on songea à utiliser les propriétés précieuses de la stéréoseopie pour substituer aux clichés ordinaires rendus peu lisibles par l’altitude des prises de vues, des épreuves stéréoscopiques plus claires à interpréter par suite de la sensation de relief qu’elles procurent. On sait, d’ailleurs, que cette sensation a pu être exaltée par l’artifice de l’hypersléréoscopie avec prise de vues à grande base, au point que les épreuves obtenues dans ces conditions nous montrent les masures comme des « Gratte ciel )) américains, les tranchées comme des précipices, les arbres comme des Tours Eiffel et les trous d’obus comme des cirques lunaires.
- On conçoit facilement l’avantage que cette notion de positions relatives en profondeur des objets présente pour l’interprétation des photographies de reconnaissances aériennes, car elle permet, en utilisant surtout les jeux de lumière dus aux ombres portées, de déjouer les camouflages les plus ingénieux et qui triomphent le plus souvent d’un examen normal effectué à une grande hauteur. Ces avantages ont été finalement si bien reconnus, que dans les Etals-majors, des équipes de spécialistes passaient leurs journées et souvent leurs nuits à la recherche,parmi les clichés successifs rapportés par les reconnaissances aériennes, d’éléments homologues susceptibles de fusionner dans le stéréoscope.
- La représentation du terrain obtenue par ce procédé est toujours purement qualitative; elle laisse toujours une grande part au coefficient personnel de l’observateur, d’autant plus que la vision binoculaire qui est à la merci de la moindre dissymétrie organique des yeux est fort variable avec les individus. Comme les altitudes relatives ne peuvent être appréciées qu’au jugé, à l’aide de repères connus par les notations altimétriques de la plani-métrie des caries, les conclusions de l’examen stéréoscopique sont souvent pénibles. -
- Le commandant Coradin a récemment proposé un dispositif très simple qui permet de substituer à la méthode empirique précédente, un procédé de lecture scientifique qui se prête à la mesure rigoureusement quantitative des éléments des reliefs.
- Pour cela le commandant Coradin s’est proposé de matérialiser dans l’espace au voisinage du terrain, un plan mobile dont on peut faire varier la position en profondeur et qui constitue un repère permettant d’apprécier les'reliefs.
- L’inventeur a imaginé de disposer devant et contre les épreuves stéréoscopiques à examiner' deux grilles tracées sur verre et formées de lignes parallèles verticales et équidistantes. L’une de ces grilles est maintenue fixe devant l’une des épreuves, l’autre est mobile dans un plan parallèle à celles-ci et peut recevoir un mouvement de translation parallèle à la ligne qui joint les centres des deux épreuves. Cette translation est obtenue et mesurée à l’aide d’une vis micrométrique entraînant un chariot ajouré qui porte la grille mobile.
- En regardant l’ensemble dans un stéréoscope, les deux grilles sont Arues comme les images homologues d’une sorte de plan horizontal transparent, car on voit le dessin des épreuves au travers, et saisissable à l’œil
- par des génératrices équidistantes. De fait, on localise ce plan dans l’espace dans une certaine position qui dépend de la distance des éléments homologues de deux images, c’est-à-dire des barres homologues des deux grilles. Cette localisation se superpose d’ailleurs avec la sensation de relief produite par les épreuves stéréoscopiques proprement dites qui représentent le terrain. La sensation finale est donc celle d’un plan transparent à travers lequel on voit le terrain et que l’on localise, soit au-dessus de celui-ci, soit au-
- Fig. i. — Le stéréoscope du commandant Coradin.
- dessous, soit à son niveau.
- Si l’on vient alors à déplacer la grille mobile, on change les positions relatives des éléments homologues des images du plan et celui-ci se déplace et semble balayer l’espace en montant ou en descendant, suivant le sens de déplacement de la grille mobile.
- Ce déplacement peut être mesuré avec grande précision à l’aide de la vis micrométrique qui commande la translation de la grille mobile; il peut être taré une fois pour toutes et peut dès lors se prêter à la mesure des reliefs. En effet, supposons par exemple que le plan des grilles soit localisé initialement au-dessus du terrain. En agissant sur la vis micrométrique, on peut amener le plan au niveau d’un piton du terrain, ce qui est facile si les barres de la grille sont suffisamment rapprochées. On note alors la position de la vis. On amène ensuite le plan de référence en coïncidence avec le fond d’un vallon, on note la deuxième position de lavis. Si la rotation de celle-ci a été tarée par comparaison de 2 points de différence d’ailitude connue et représentés sur une photographie stéréoscopique, on conçoit qu’il sera facile de déduire l’altitude du piton
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- NOUVEAU PROCÉDÉ DE MESURE DES RELIEFS DU TERRAIN
- en partant de la cote du fond du vallon ou réciproquement. On verra, en effet, dans le développement théorique qui suit, que le déplacement de la grille mobile est proportionnel à la différence de niveau des deux
- positions successives du plan de référence.
- Nous emprunterons à une élude que le commandant Debès a poursuivie sur cet appareil quelques éléments qui permettront au lecteur de comprendre plus complètement la théorie de la méthode.
- Prenons comme plan de figure celui qui est déterminé par les deux positions de l’avion au moment des prises de vue et un point du sol (fig. 2). Soient A et B les 2 positions de l’avion et M le point du sol. Le sol coupe le plan de la figure suivant la ligne S. Supposons que l’on projette coni-quement les points A et B sur un plan perpendiculaire au plan de la figure et ayant pour trace sur ce dernier la droite R. De la station A le point M et 2 points, tels que G et D situés l’un au-dessus du sol et l’autre au-dessous se projetteront ensemble en ml. De la station B, ces mêmes points se projetteront respectivement en c2, d% et w2.
- Si l’on compare la figure précédente à celle que l’on construirait (fig. 3) en prenant les points nodaux des ocu-lairesdu stéréoscope et les points homologues des épreuves stéréoscopiques représentant le point M et les points G et D, enregistrées dans les conditions ci-dessus, il est clair que ces deux figures seront homothétiques, les points A et B devenant les points nodaux des oculaires A' B', la distance A' B' devenant l’écartement pupillaire de l’observateur et le plan R' devenant le plan focal du stéréoscope. On sait précisément que la sensation de relief vient de la différence de convergence des rayons visuels émanant de chaque œil et passant par les points homologues m\ et m'3 par exemple des épreuves, phénomène qui fait localiser le point projeté en c\ et c\ en c' et le point projeté en cl\ et d\ en D’ derrière c.
- En particulier, on peut considérer le point c\ comme la trace d’une raie de la grille de gauche de l’appareil Coradin et le point c'2 comme la trace de la raie homologue de la grille de droite. Si donc on déplace dans le plan focal du stéréoscope le point c'2 vers le point d\, la grille semblera se déplacer dans l’espace de C' vers D' en traversant le terrain en M'. Si au lieu d’une seule raie, on en dispose un certain nombre, on arrivera à la sensation de plan se déplaçant par rapport au sol.
- On peut maintenant se rendre compte comment le déplacement de la grille mobile permet d’évaluer les différences de relief. Menons CE parallèle à AB et MF perpendiculaire (fig. 3).
- On a
- CE
- c2 ms CE AB
- donc
- AB
- _FH
- FC
- _MH
- “ MF
- F H x MF
- c2 n?2 FG x MH
- Mil est l’altitude de la prise de vue et h celle du point C, le tout mesuré à partir du niveau du point M, et si l’on désigne par B la base de prise de vue, on a :
- ÂB = B, MF = H, MH = h et Fil = H — h, si donc l’on désigne la longueur Fil par d et la longueur ca nia par e, on a :
- B__(H — h) H
- e dxli
- ou
- B XdXh ~ (II —b) H II
- Bxdx h
- et en négligeant h devant II
- (1) e
- H*
- Si l’on se reporte maintenant à la figure représentant la vision dans le stéréoscope, qui, ainsi que nous l’avons vu, est homothétique de la précédente, le rapport des longueurs homologues dans les deux figures est constant.
- A/B' FG' _ A'B’
- AB
- c 2 m 2
- Ca nia
- AB
- FG
- si c\m % — e
- A'B' écart pupillaire étant désigné par B', on a :
- c =jT{2) e =cf
- et remarquant que F' G' est la distance focale F des oculaires
- F. B B'
- les 3 relations (1) (2) et (3) donnent alors :
- , B. F .h
- F B'
- -y ~ - donc (3) d a B ' '
- d’où
- li.
- H2
- H2 X d
- B X F
- e'est le déplacement de la grille mobile.
- II est donné par l’altimètre au moment de la prise de vue, B peut être évaluée par la considération de la vitesse de l’avion et des temps de prise de vue, enfin F est donné par les caractéristiques du stéréoscope.
- On voit de suite que, par exemple, pour une base B de 500 m. et une altitude de prise de vue de 2000 m., une différence d’altitude du relief de 100 m. sera décelée par un déplacement e de 1 mm de la grille mobile avec un stéréoscope de 12 cm. Il sera
- d’ailleurs possible, à l’aide de la vis micrométrique, d’apprécier des déplacements beaucoup plus faibles.
- On voit aussi, et cela était d’ailleurs évident a priori,
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- i LES PERTES TERRITORIALES DE L’ALLEMAGNE ===== 55
- que la sensibilité de la méthode sera d’autant plus grande que la base sera plus longue, la distance focale du stéréoscope plus grande et l’altitude de prise de vue plus faible.
- D’ailleurs, il n’est pas absolument nécessaire de songer à une mesure delà valeur absolue du relief pour laquelle certaine donnée, la base par exemple, est difficile à apprécier exactement, car elle implique la connaissance de la vitesse absolue de l’avion par rapport au sol et non sa vitesse relative par rapport à l’air, qui seule se mesure facilement et rapidement.
- L’appréciation des valeurs relatives des altitudes des différents points du relief est seule utile pour la lecture des photographies de reconnaissance.
- D’autre part, il faut signaler que lorsque la prise de vue n’est pas faite avec un objectif dont l’axe est vertical, il est difficile d’apprécier au stéréoscope la valeur des reliefs. Dans la méthode Coradin, le plan de la grille se restitue rigoureusement, normalement à l’axe de la prise de vue et permet d’apprécier l’obliquité du terrain et de juger les perspectives fuyantes créées par l’obliquité des rayons lumineux qui ont formé l’image dans l’appareil pholographique.
- Pratiquement les grilles sont gravées sur 2 plaques
- de verre et montées dans un cadre. L’une d’elles est fixe, l’autre peut coulisser dans une feuillure pratiquée dans ce cadre et se manœuvre à l’aide d’une vis micrométrique portée par celui-ci. Ce cadre est placé dans la rainure du stéréoscope qui reçoit ordinairement les vues sur verre. Les épreuves sont logées en arrière, entre ce cadre et laglace dépolie, sur des taquets appropriés (fig. 1).
- Maintenant que la guerre est terminée, l’intérêt des reconnaissances aériennes a changé de caractère; il n’est plus utile de rechercher sous d’artificieux camouflages les organisations ennemies, les canons meurtriers ou les Berthas homicides. Cependant, la photographie aérienne poursuivra certainement son activité en vue d’applicalions de paix fort utiles. Elle permettra en survolant des régions inconnues ou difficilement accessibles de compléter la carte du monde dans les parties nombreuses encore où les géographes sont réduits à laisser beaucoup de blancs dans la représentation du terrain. La méthode Coradin trouvera certainement dans ces expéditions aériennes des applications fructueuses; après avoir aidé les Poilus à défendre le solde la France, elle contribuera certainement à arracher à la topographie du monde ses derniers secrets.
- M. V.
- LES PERTES TERRITORIALES DE L’ALLEMAGNE
- Quelles mod fications le traité de Versailles apporte-t-il à la configuration de l’Allemagne, et quelles pertes territoriales impose-t-il à notre ennemi? C est ce que nous nous proposons d’indiquer ici.
- A la première de ces deux questions, nos lecteurs trouveront une réponse précise en examinant les figures 1 et 2 qui sont la réduction de la car te jointe aux Conditions de paix, signées le 28 juin dans la Galerie des Glaces par les plénipotentiaires des puissances alliées et associées et par les Allemands. Cette carie, au millionième, qui porte le titre de carte n° 1, frontières de l'Allemagne, Map n° \, Boundaries of Germany, est le seul document cartographique faisant foi(1).
- Des périodiques ont déjà publié des tracés des nouvelles frontières allemandes; mais il importe de faire remarquer que ces tracés ont été établis
- 1. Cette carte est un report, des feuilles Hamburg, Berlin, Varshava, Krakau, 'Wien, Frankfurt, et des parties nord des feuilles Milano Triest, Buda-Pest de la carte du inonde au millionième, d essée pendant la guerre par la Société de Géographie de Londres, sous la direction de l’élal-major général de l’armée britannique. Ce report n’est pas préci-ément un chef-d’œuvre cartographique. Les contours des cotes lagu-naires de l’Allemagne du Nord manquent de clarté : de même dans l’intérieur des terres, le tracé des cours d’eau, si bien qu’une grande attention est nécessaire pour les suivre et démêler le chevelu hydrographique. Sur les conditions d’établissement de cet te carte au millionième, voir Arthur R. Ilinks, The Map on the Scale 1/1.000.000 compiled at Ihe Royal Geogra/ihical Society vivier the Direction of the General Staff, 1914-191 Fi, dans The Geoyraphical Journal, XLVI, n° 1, juillet 1915, p. 2'*, avec une carte d’assemblage indiquant l’état d’avancemenl.des travaux à .cette date.
- d’après les cartes annexées aux Conditions de paix, remises le 7 mat aux Allemands et par suite ne répondent plus à la réalité, entre le 7 mai et le 28 juin, des relouches ayant été apportées aux frontières est et nord de l’Allemagne.
- Sur la frontière est, des lambeaux de territoire allemand primitivement attribués à la Pologne ont été restitués à leur ancien propriétaire, « afin de faire cadrer d’une façon plus élroite la frontière avec la ligne de démarcation elhnographique ». Tel est le cas de la ville de Schneidemühl (Posnanie) et de la voie ferrée unissant celte agglomération à Konitz jusqu’à la station d’Ienznick. Sur la frontière septentrionale, le projet de traité du 7 mai découpait le Slesvig(Q en trois zones échelonnées du nord au sud dans lesquelles les habitants devait nt être appelés par des plébiscites à décider de leur rattachement au Danemark. La troisième zone comprise entre le sud de Flensbourg et la Schei renfermant une très forte proportion d’Allemands, le gouvernement et le peuple danois ont éprouvé une répugnance très vive à la pensée d’admettre parmi eux, comme citoyens, un nombre aussi considérable d’étrangers dont les sentiments hostiles ne faisaient aucun doute. Pour un pays aussi petit que le Danemark, il y avait là un véritable danger dans l’avenir. A la suite d’une demande présentée par le Danemark, le Conseil des Quatre a donc décidé que la troisième zone du Slesvig ne serait
- 1. Le Slesvig étant un pays danois, nous adoptons pour ce nom, l’orthographe danoise et rejetons la graphie allemande Scblcswig.
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- Fig. i et 2. —L'Allemagne après
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- le 'traité de paix de Versailles.
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- pas soumise à un plébiscite et resterait définitivement à l’Allemagne.
- Maintenant jetons les yeux sur les figures 1 et 2 pour nous rendre compte de l’importance des pertes ter-
- Fig. 3. — Le bassin de la Sarre. Ses limites d'après le traité de paix.
- ritoriales de l’Allemagne. Elles sont surtout lourdes dans l’est. De ce côté notre ennemi est amputé de toutes ses provinces adjacentes à la Pologne, et ne conserve qu’une partie de la Prusse orientale autour de Kônigsberg; encore ce dernier territoire forme-t-il un îlot isolé du reste de l’Allemagne au milieu des territoires polonais. En même temps, le saillant qu’avant 1914 la Pologne dessinait déjà vers l’ouest devient encore plus accusé, et avance jusqu’à 175 km de Berlin, la distance de Paris à Chalons- sur-Marne.
- Quelle valeur numérique atteignent ces pertes au total? Pas moins de 1 10000 km2 environ, d’après un document officiel(Q, 94500 d’après la Geographical Review de New York (n°de mai 1919, New Boundaries of Germany) . Pour deux raisons, ce dernier nombre nous semble devoir être accepté. La Geographical Review, actuellement le premier périodique géographique du monde, n’accueille que des articles méritant confiance; en second lieu, si l’article n’est pas signé, quiconque a passé dans les alentours de la Conférence, percera aisément cet
- 1. La presse, plus favorisée aux Etats-Unis que chez nous, a reçu du C mmillee on Public Information un résumé officiel du projet de traité du 7 mai avec indication des contenances des différents territoires que l’Allemagne devait abandonner. Ce document les évalue à 43 747 milles carrés anglais, four connaître la superficie des cessions territoriales imposées par le traité du 28 juin, nous avons soustrait du nombre précédent la surface de la troisième zone du Slesvig qui reste définitivement à l’Allemagne, puis converti la dilfé-rence en km2. — Le résultat de cette opération, 110 986 km, nous l’avons ensuite arrondi pour tenir compte des territoires laissés à l’Allemagne sur la frontière de Pologne par le nouvel instrument diplomatique.
- La Geographical Rrview évalue, par contre, les pertes territoriales de l’Allemagne, d’après le projet de traite du 7 mai à 37 796 milles carrés anglais. En faisant subir à ce nombre les mêmes réductions qu’à la superficie officielle, nous avons obtenu 94500 km2. — Les nombres que nous donnons sont donc simplement approchés et purement représentatifs.
- anonymat et n’hésitera pas à attribuer le mémoire en question à un très éminent géographe dont les travaux font autorité et pour lequel la préparation géographique du traité n’a rien eu de caché et pour cause.
- La différence existant entre les contenances officielle et officieuse, pourrait-on dire, n’offre d’ailleurs qu’un intéiêt géographique et n’est point susceptible d’engendrer de discussions enire les parties contractantes. Les frontières se trouvent, en effet, fixées d’une manière définitive par le traité et par la carte; cet instrument diplomatique n’admet une délimitation sur le terrain que pour quelques régions, principalement sur la frontière de Pologne, et toujours dans ce cas, l’opéralion refera limitée au tracé de la démarcation entre des localités dénommées donnée dans les Conditions de paix. Les commissions de frontières n’auront donc point à établir une frontière, mais simplement à tracer la limite politique entre deux points déterminés et rapprochés, en tenant compte des conditions locales.
- Ceci dit, adoptons pour les territoires cédés par l’Allemagne, la valeur la plus basse donnée par la Geographical Review, soit 94 500 km2; c’est un
- Schleswii
- /L E M A G- N E
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- Fig. 4. — La frontière germano-danoise. Les régions du Slesvig soumises à plébiscite.
- peu plus du sixième du territoire que le Reich possédait avant la guerre. Pour donner au lecteur une idée concrète de cette superficie, nous dirons quelle correspond à celle de l’Alsace, de la Lorraine, de la
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- Champagne, des départements de la Haute-Saône, du Doubs, de là Côte-d’Or, de l’Yonne, de Seine-et-Marne et de l’Aisne. L’ennemi se trouve donc profondément entamé. Ce nombre illustre en même temps la politique de rapine qui a présidé à la formation de l’Allemagne et le mépris du droit des nationalités qu’elle a toujours professé, puisque les territoires qui lui sont enlevés aujourd’hui sont habités par des populations non allemandes, des Français, des Danois, des Polonais.
- Les Conditions de paix ne fournissent aucune indication sur l'effectif des habitants dans les pays cédés. Dans une conversation qui n’avait rien d’officiel, un des plénipotentiaires français, à la Conférence, connu par la précision de son esprit comme par ses talents d’organisateur, et qui fut à ce titre un des arlisans de la victoire, l’a évalué à 12 millions. Ce nombre nous paraît un peu élevé; en tout cas, nous semble-t-il, il ne doit pas être inférieur à 10 millions. L’Allemagne perdrait ainsi environ le septième de son matériel humain.
- Examinons maintenant les différentes clauses territoriales au point de vue contenance.
- 1° Alsace-Lorraine. — L'Alsace et la Lorraine nous sont rendues sans condition. Ci une perte de 14 513 km2 pour l’Allemagne.
- 2° Bassin de la Sarre. — Ce territoire donné, pourrait-on dire, en usufruit à la France pendant quinze ans est circonscrit au nord-ouest par le cercle (kreis) de Trêves, au nord par la principauté de Birkeefeld, à l’est par une ligne passant tout près de Deux-Ponts; il renferme ainsi quelques communes du Palatinat. Dans ses limites se trouvent compris tous, les gisements de combustible minéral reconnus dans la région. Sa superficie est de 1950 km2 environ, soit un peu moins que les arrondissements de Mantes et de Pontoise réunis (2013 km2).
- 3° Territoires cédés à la Belgique. — L’Allemagne cède a la Belgique le « territoire neutre de Moresnet », une petite portion du « Moresnet prussien », ainsi que les cercles d’Eupenet deMalmédy, le tout d’une contenance de 989 km2, juste l’étendue de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer. Cette cession est justifiée par le fait que les cercles d’Eu-pen et de Malmédy possèdent une nombreuse population wallonne, et par le désir de supprimer les frictions entre la Belgique et l’Allemagne qui résultent de la situation particulière du Moresnet neutre. Ce territoire de 500 à 900 hectares, situé près d Her-bestbal, la station douanière sur la ligne Yerviers-Aix-la-Chapelle, ét ait depuis 1815 contesté entre ses riverains; aussi bien avait-il été neutralisé et était-
- il devenu indépendant en quelque sorte, administré par un bourgmestre choisi alternativement parmi les résidents belges et allemands, avec le concours d’un conseil municipal. Cette petite république compte 3000 habitants environ ; elle contient, ce qui lui donne une grande importance, les célèbres gisements de calamine exploités par la Vieille-Montagne.
- Le traité institue dans cette région une consultation populaire par écrit, sur des registres ouverts par l’autorité belge à Eupen et à Malmédy. Le gouvernement belge portera ensuite le résultat de cette manifestation à la connaissance de la Snciété. des Nations qui décidera ensuite souverainement. Les habitants de Moresnet neutre seront à coup sûr enchantés de devenir Belges; peut-être pourtant au I fond du cœur regretteront-ils leur ancien statut. Du temps de leur administration souveraine ne jouissaient-ils pas de l’avantage de ne payer aucun impôt, un privilège déjà très apprécié avant la guerre et qui le serait doublement aujourd’hui.
- 4° Slesvig. — La nouvelle frontière entre le Danemark et l’Allemagne sera tracée d’après les résultats de plébiscites. A cet effet le pays a été partagé en deux zones : dans la première la consultation populaire aura lieu sur l’ensemble de la région ; dans la seconde par commune. Cette procédure est justifiée par le pourcentage différent de la population danoise dans ces deux bandes territoriales. La première est pour ainsi dire peuplée exclusivement de Danois ; la proportion des Scandinaves par rapport à l’ensemble de la population y varie de 100 à 70 pour 100, sauf dans deux districts où elle s’abaisse à 50 pour 100. Au contraire, dans la seconde zone l’élément danois ne se rencontre en nombre que dans la pariie centrale (de 50 à 70 pour 100 de la population) ; la région riveraine de la mer du Nord et les îles de Sylte, Fôhr et Amrum sont occupés par des Frisons lesquels ne sont ni Allemands, ni Scandinaves, mais que leur esprit d’indépendance incline vers ces derniers, tandis que dans l’est, notamment sur la rive sud du Ijord de Flensbourg, les Allemands dominent. Flensbourg est même une ville allemande, 54 000 Allemands contre 6000 Danois. Dans cette deuxième zone, très miœ'e, la consultation populaire ayant lieu par commune, il sera dès lors facile de rattacher les circonscriptions à celui des deux états en faveur duquel la majorité des habitants se sera prononcée. Cette mesure fait honneur à la haute impartialité du Conseil des Quatre, mais elle est superflue. Dési-I reux d’échapper aux lourdes charges financières qui | pèseront sur l’Allemagne, les Allemands du Slesvig
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- Fig. 5. — La nouvelle frontière germano-belge.
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- .voteront, en bloc en faveur du Danemark, les Flens-bourgeois en tête dont tous les intérêts sont tournés du côte du nord. Flensbourg possède d’importants chantiers de construction navale, qui une fois que la ville sera rattachée au royaume Scandinave voisin, pourront faire d’excellentes affaires avec les alliés. Les deux zones soumises à des plébiscites couvrent 5100 km2.
- 5° Pologne. — C’est de ce côté que l’Allemagne subit les grosses amputations. Le traité lui enlève de piano en faveur de la Pologne 46 000 km2 environ, représentant la presque totalité des provinces de Poscn et de Prusse occidentale, soit une surface égale au douzième de la France.
- De plus trois autres régions de l’Allemagne attenant à la Pologne sont soumises à des plébiscites : 1° la haute Silésie (8900 km2 environ); 2°les pays de Marienbourg et de Mariemverder sur la rive droite de la Vistule, dans la partie est de la Prusse occidentale (2460 km2) ;3° Je département d’Allens-tein, le cercle d’Oletzko et une partie de celui de Neidenburg, bref tout le sud de la Prusse orientale représentant 12 353 km2.
- Le Conseil des Quatre avait tout d’abord décidé que la Haute-Silésie, peuplée en majorité de Polonais, serait désannexée et rattachée de piano à la Pologne. Pour des raisons historiques, il est revenu sur cette décision, comme l’explique la réponse des Puissances alliées et associées aux remarques de la Délégation allemande sur les conditions de paix en date du 16 juin 1919; lors du dernier partage de la Pologne, ce pays ne faisait plus partie de ce royaume. En conséquence les habitants seront appelés à décider eux-mêmes de leur sort. Les Polonais formant 61 pour 100 des habitants le résultat du plébiscite ne saurait être douteux pourvu que la liberté du vote soit assurée.
- Le sud de la Prusse orientale se trouve soumis également à une consultation populaire pour une
- raison qui montre la constante préoccupation des Quatre de respecter les sentiments des peuples. Cette région est habitée par des Masuriens, des Polonais appartenant au protestantisme. Peut-être préfèrent-ils continuer à faire partie d’un état de religion évangélique, plutôt que d’être rattachés à leur groupe ethnique dont ils ne partagent pas les croyances religieuses? Ils devront donc décider eux-mêmes de leur sort.
- 6° Ville et territoire de Dantzig. — Dantzig est érigé en ville libre sous la protection de la Société des Nations. Autour un territoire en forme de W englobe le delta de la Yistule, occupant une surface égale à celle d’un grand arrondissement français.
- 7° Portion du cercle de Ratibor.— L’Allemagne cède à l’état Tchéco-Slovaque quelques cantons de la haute Silésie adjacents à l'ancienne frontière autrichienne et à l’Oder, au sud de Ratibor.
- 8° Territoire de Memel. — L’Allemagne abandonne enfin aux Puissances alliées et. associées, la pointe nord delà Prusse orientale, au delà duNiemen avec la ville de Memel; nouvelle perte de 2300 km2. Celte région est peuplée de Lithuaniens ; il est donc vraisemblable que les Alliés n’ont exigé la remise de ce territoire que pour le donner à la future république de Lithuanie.
- En résumé, l'Allemagne perd, dans l’est, pas moins de 72 000 km2. Pareille surface représente l’Alsace, la Lorraine, la Champagne, augmentées des départements de Seine-et-Marne, de la Côte-d’Or, de la Haute-Saône, du Doubs. Les districts de la Prusse occidentale et de la Prusse orientale soumis à des plébiscites sont des pays de grande propriété, où les junkers sont tout puissants ; il pourrait donc arriver qu’une majorité se manifestât dans quelques districts en faveur de l’Allemagne. Ce résultat atténuerait simplement la perte de quelques centaines de kilomètres carrés ; une très faible valeur en comparaison du total. Charles Rabot.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1919.
- La vitesse de la lumière dans les milieux troubles. -- Lorsque la lumière se diffuse au travers d’un liquide trouble, la diffraction l’emporte sur tous autres phénomènes, si le diamètre des particules est inférieur à la longueur d’onde. M. Cheneveau a vérifié son hypothèse : que la réfraction et la réflexion se produisent plutôt quand lesdites particules sont de dimensions notables par rapport à 1. Ulilisant des émulsions d’eau et d’huile, l’auteur a constaté que l’indice de la matière qui constitue les particules est toujours supérieur à celui du milieu qui les sépare.
- Ventilation pulmonaire et hématose. — Dans la note présentée par M. Edmond Perrier, M. Jules Amar démontre que : 1° la ventilation pulmonaire augmente bien plus par l’amplitude que par la fréquence des respirations et que, dans le même temps, les respirations
- lentes et profondes mobilisent le plus d’air en favorisant la fixation de l’oxygène sur l’hémoglobine; 2° l’hématose exige de la respiration qu’elle développe le maximum de capacité pulmonaire.
- La pigmentation des alevins du saumon. — M. Roule distingue cinq périodes dans le développement du jeune poisson depuis l’éclosion de l’œuf jusqu’à la descente à îa mer (pér. vésiculée— pér. nue — pér. écailleuse — pér. de transposition pigmentaire — pér. migratrice), pour en déduire que la migration pourrait relever d’un cas de phototropisme négatif.
- Une conséquence importante de la synthèse industrielle de l'ammoniaque. — M. Georges Claude fait valoir l’intérêt qu’on trouverait à utiliser, pour transporter l’azote ammoniacal, un « support » d’un faible
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- prix de revient. On sait que jusqu’à l’heure actuelle, on a toujours employé l’acide sulfurique. Or, l’acide chlorhydrique est de beaucoup préférable, puisqu’à poids égal d’azote, on fait voyager moins de chlorure que de sulfate. Les procédés Solvay et Schlœsing seraient donc à modifier ainsi : les méthodes de synthèse étant mises au point, il imperte peu de régénérer l’ammoniaque; il suffit de s’arrêter au stade AzII4Cl et CO3 Na H, réalisé au bas de la colonne et de recueillir séparément les deux sels. Ainsi le chlore du sel marin ne serait pas perdu, on n’aurait plus le sous-produit si encombrant qu’est le chlorure de calcium et l’auteur de cette communication a pu vérifier qu’à chaque tonne d’azote fixé correspondent trois tonnes de carbonate de soude.
- L’air confiné et les atmosphères insalubres. — M. le professeur d’Arsonval décrit l’appareil très simple ima-
- giné par M. Kohn-Abrest, qui permet de contrôler la salubrité d’une atmosphère par dosages de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone, en même temps qu’il indique la présence dés autres gaz nocifs et laisse même la possibilité de comparer simultanément plusieurs atmosphères différentes.
- Sur une application de la journée de huit heures. — Rappelant les essais faits par lui, dans son usine de Sârvâr, en Hongrie, où le travail de nuit était interdit aux femmes, M. Hilaire de Chardonnet, tenant compte du prix élevé des nouvelles installations, croit qu’il y a lieu d’envisager la journée de 16 heures pour les machines, conjointement avec la journée de 8 heures pour le personnel. Il y aurait donc relève au milieu du travail.
- Paul B.
- L’ORIGINE DES RADIS
- Ainsi que je l’ai rappelé jadis dans un article sur la pomme de terre, rien n’est plus embrouillé que la question de l’origine des plantes cultivées. J’avais indiqué que M. Berthault, malgré un travail des plus méticuleux, n’était pas arrivé à préciser quelle est, parmi les plantes sauvages, celle qui avait donné naissance au végétal qui a fait la gloire de Parmentier. C’est une conclusion analogue à laquelle arrive Mlle Trouard Riolle, au sujet des Radis, à propos desquels elle a soutenu une thèse de doctorat devant la Faculté des Sciences de Paris. Une analyse sommaire de son travail nous montrera, cependant, son intérêt et nous fera connaître des faits peu connus. Il est à noter, d’abord, que les Radis ne sont pas, comme on est tenté de le croire, une production récente de l’horticulture. On les trouve mentionnés en Egypte des milliers d’années avant notre ère, et, en Chine, 450 ans avant J.-C. Ils furent aussi manifestement connus des Grecs et des Latins, pour, de là, sans doute, passer en France : il est possible de suivre la culture d’une façon certaine au moins depuis le xii° siècle. Il existe, à ce sujet, de nombreux documents graphiques qui ne laissent aucun doute à cet égard. C’est ainsi que, dans le livre d’heures d’Anne de Bretagne, il existe toute une série de peintures représentant les principales espèces de plantes qu’elle cultivait dans son jardin de Blois; à la page 254, en face du cantique Magnificat écrit en caractères gothiques, se trouve une gravure très nette du Radis : les fleurs sont violettes, les fruits présentent deux ou trois étranglements. Or, la reine Anne, femme de Louis XII, vivait de 1476 à 1513; les enluminures de son livre d’heures sont donc de la fin du xve siècle ou du début du xvi°.
- D’après les conclusions de Mlle Trouard Riolle, toutes les variétés de Radis actuellement cultivés semblent se rapporter à deux types distincts : 1° le Raphanus sati-vus, qui est le type connu de tous et 2° le Raphanus forma Raphanistroides, type des Radis japonais, spontané en Chine et au Japon. Dans la première de ces deux espèces, on peut reconnaître quatre petites êspèces secondaires, des espèces «jordaniennes », comme disent les botanistes, simples variétés fixées, qui sont : a) le Radis chinois et tonkinois, à feuilles entières, qui a traversé plus de mille années sans se modifier; p) le
- Radis noir, dont on retrouve l’existence depuis le xve siècle au moins ; y) le Radis blanc, qui semble plus ancien encore ; ô) le Radis rose, si gai sur les tables et si agréable à croquer. Depuis 400 ans, les trois derniers de ces types ont donné toute une série de formes secondaires qui semblent n’avoir qu’une importance très faible au point de vue systématique.
- Dans toutes ces petites espèces, le fruit reste globuleux sans présenter à l’extérieur d’étranglement prononcé et formé à l’intérieur d’un tissu spongieux. Il n’en est pas de même de l’espèce japonaise, où le fruit est étranglé plus où moins à l’extérieur et, tout en restant globuleux, est formé à l’intérieur d’un tissu à la fois spongieux et résistant.
- Les deux types ont d’ailleurs évolué parallèlement quant à la forme de leurs tubercules, qui peuvent être ronds, demi-longs ou longs ; les formes longues semblent, cependant, les plus anciennes et les plus fixes.
- La question à laquelle l’auteur s’est attaché était de savoir si l’origine de notre petit Radis rose ne pouvait être trouvée dans une autre espèce sauvage, bien connue de tous les botanistes, très répandue et si analogue, au premier abord, avec le Raphanus sativus, que les candidats au Certificat de Botanique, s’y « collent » régulièrement : c’est le Raphanus Raphanistrum, appelé Ravenelle en français. Les résultats ont été négatifs. La Ravenelle diffère très nettement du radis au point de vue anatomique; en la cultivant avec soin, on n’arrive pas à la transformer en Radis et en la fécondant avec du pollen de ceux-ci, on n’obtient que des hybrides. D’autre part, en abandonnant des Radis à l’état sauvage, les plants ne donnent plus de tubercules, ce en quoi ils se rapprochent des Ravenelles, mais, à part cela, gardent leurs autres caractères. En résumé, Radis ne devient jamais Ravenelle et réciproquement.
- En somme, nos Radis européens semblent avoir comme origine un type sauvage qui serait devenu très rare actuellement ou qui peut-être aurait disparu. Ce type original a dû croître dans l’Asie centrale, près du Caucase, et sa culture se serait répandue à l’est jusque vers la Chine et le Tonkin, à l’ouest jusque vers l’Europe et le nord de l’Afrique. Oui, mais pourquoi le Radis sauvage a-t-il disparu? Hëmu Coupin.
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- LE GOUVERNAIL RÉVERSIBLE KITCHEN
- Le gouvernail imaginé par M. Kitchen de Lancaster s’applique aux embarcations à moteur, mues par hélices propulsives. Ce curieux appareil permet, non seulement de dévier à droite ou à gauche la course du bateau, comme les gouvernails ordinaires ; mais, par une simple manœuvre de la barre de direction, on peut mettre le bateau en marche arrière sans modifiër la marche du moteur. Enfin, il permet de changer la vitesse de marche, toujours sans toucher au moteur, qui continue à tourner dans le même sens et avec la même vitesse,
- Le dispositif qui possède ces remarquables propriétés est extrêmement simple :
- L’hélice est entourée par deux surfaces courbes que nous appellerons les surfaces déviatrices. Ce sont deux portions échancrées d’un cylindre circulaire. Elles sont représentées en perspective sur la figure 3, n°l. Toutes deux peuvent pivoter, par les points C et D autour de la ligne verticale C D, de
- à pleine vitesse; les surfaces déviatrices du gouvernail n’opposent aucune résistance au mouvement de l’eau créé par l’hélice. Si l’on modifie l’angle entre les deux surfaces déviatrices, on ferme plus ou moins l’espace libre offert au passage du filet liquide : une partie de / l’eau mise en mouve-
- ment par l’hélice passe à travers l’ouverture laissée libre, une autre partie se réfléchit sur les surfaces déviatrices et est renvoyée contre l’embarcation : l’effet propulsif de l’hélice diminue donc au fur et à mesure que les deux surfaces se rapprochent l’une de l’autre et la vi-tessedu bateau diminue. On conçoit qu’il existe un degré d’ouverture tel que cette vitesse s’annule (n° 4), le bateau reste alors sur place. Si l’on diminue encore l’ouverturs du gouvernail, l’embarcation recule ; lorque le gouvernail est complètement fermé, on est en pleine marche arrière.
- La vitesse de marche arrière ainsi obtenue est en général le tiers de la pleine vitesse en marche avant.
- Fig. 2. — Le gouvernail Kitchen vu de face. — A droite, fermé; à gauche, ouvert.
- façon à prendre l’une par rapport à l’autre les diverses positions représentées en ü, 3, 4 et 5 (fig. 3). Chacune des surfaces déviatrices est commandée indépendamment de l’autre, l’une par l’arbre plein A, l’autre par l’arbre B creux concentrique au premier.
- Dans la position 2 de la figure 3. les deux surfaces déviatrices sont parallèles entre elles et à l’arbre porte-hélice ; c’est la position ordinaire de marche
- Nous venons d’examiner ce qui ' se passe lorsqu’on modifie l’angle des deux surfaces déviatrices, l’une par rapport à l’autre, tout en maintenant leur symétrie par rapport à l’axe du bateau : on obtient ainsi des variations de vitesse.
- Laissons fixe l’ouverture des surfaces du gouvernail, et inclinons leur direction sur celle de l’axe du bateau; nous obligeons, comme avec un gouvernail ordinaire, le bateau à dévier sa marche
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- LES MYSTÉRIEUX FOURNEAUX DE L’EGYPTE PRÉHISTORIQUE =r 63
- en proportion de l’inclinaison du gouvernail.
- Ainsi, sur la figure 3, n° 6, les surfaces déviatrices laissent entre elles l’ouverture maxima: l’embarcation est en marche avant à pleine vitesse; on incline le. gouvernail de 35°;. le bateau o-béira< et modifiera sa direction de 35° à droite.
- Sur la figure 3, n°7,les surfaces déviatrices font entre elles l’angle pour lequel la vitesse de propulsion dü bateau s’annule; la manœuvre du gouvernail permettra alors de faire tourner le bateau sur place.
- Sur la figure 3, n° 8, le gouvernail est fermé; c’est la position de marche arrière; la manœuvre du gouvernail donnera alors des changements de direction en marche arrière.
- Il nous suffira d’avoir exposé le principe du gouvernail Kitchen, et nous ne chercherons pas à
- décrire le mécanisme par lequel les arbres A et B, porteurs des surfaces déviatrices, sont commandés par la barre de direction que manœuvre le pilote
- du bateau. Cette commande est réalisée par des jeux d’engrenage et c'est là une simple question d’agencement mécanique ordinaire.
- Le gouvernail Kitchen a été installé déjà en Angleterre sur un grand nombre d’embarcations à moteurs, en par-ticulier sur une vedette de 150 chevaux représentée fig. 1. Les résultats ont été très satisfaisants : ainsi, un bateau de 7 m. 50 de long peut faire en 20 secondes un changement de direction de 180°. Quant à la mise en marche arrière, elle est pour ainsi dire instantanée. On voit par là tout l’intérêt de cette ingénieuse invention.
- R. VlLLERS
- Fig. 3. — Les diverses positions du gouvernail.
- LES MYSTÉRIEUX FOURNEAUX DE L’ÉGYPTE PRÉHISTORIQUE
- Plusieurs fois déjà, des archéologues avaient découvert aux alentours des ruines égyptiennes les plus anciennes des installations dont ils n’avaient pas réussi à déterminer la nature ou l’utilité. C’étaient des alignements de grandes jarres grossièrement façonnées, soutenues par de petits piliers de terre cuite.
- L’hésitation des égyptologues était principalement causée par le mauvais état de conservation des jarres. Mais une heureuse fouille pratiquée dans le désert, aux environs d’Abydos, par 1 ’Egypt Exploration Fund, a permis à M. T. Eric Peet, l’un des distingués directeurs de cette association scientifique, de trouver la clé du mystère.
- L’installation découverte par M. Peet et ses collaborateurs, parmi lesquels nous citerons M. le P1 Camden M. Cobern, se compose de 37 jarres, hautes de 50 centimètres, et d’un diamètre à peu près égal, disposées sur deux rangées. Elles sont supportées chacune par quinze barres de terre cuite. L’ensemble forme un rectangle qu’entoure
- une muraille construite de débris de barres provenant probablement d’un fourneau hors d’usage.
- En vidant les vases que le sable du désert avait remplis, les archéologues constatèrent que le fond de chacun d’eux servait d’assise à un petit bol en poterie. Ils découvrirent aussi parmi le sable de petits débris de matière organique de couleur noirâtre. L’examen microscopique leur permit de déterminer que ces débris étaient des grains de froment ou de seigle. Enfin, ils constatèrent que la base des jarres et les barres de soutien portaient d’évidentes marques de feu, et ils trouvèrent même des branches à demi calcinées sous les vases.
- Ces jarres ne pouvaient pas servir à fondre le minerai, car la chaleur produite par des foyers aussi rudimentaires n’aurait pas suffi à la tâche. Elles ne servaient pas davantage à faire bouillir du liquide, que leur matière poreuse aurait laissé filtrer. Les petits corps noirâtres découverts parmi les grains de sable fournissent une explication plus satisfaisante.
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- 64 = LES MYSTÉRIEUX FOURNEAUX DE L'ÉGYPTE PRÉHISTORIQUE
- Nous sommes ici en présence d’un antique four à griller le grain. Chez les races primitives, l’usage a persisté jusqu’à nos jours de griller légèrement le grain soit pour le « grignoter » sans plus de préparations, soit pour le moudre plus aisément. C’est ainsi que procèdent les Indiens d’Amérique avec les épis de maïs, coutume que les Américains de race blanche leur ont empruntée; Les paysans de la région d’Àbydos, comme a pu le remarquer M. T. Eric Peet, mangent encore les épis de blé de cette façon, après les avoir fait griller, quand la récolte n’a > été très abondante. Ce système de four n’a été retrouvé que près des centres de population pré - dynastiques, et nous étudions là une dès industries les plus vieilles du monde, bientôt abandon née par lesÉgyptiens, après l’invention dé meules à rendement plus efficace.
- Les jarres étaient remplies de blé, puis, recouvertes d’un couvercle de terre. Un feu de branchages et de broussailles, entretenu sous les jarres et entre elles, produisait une chaleur assez vive pour dessécher et griller le grain. Le bol placé au fond du récipient interceptait les «coups de feu » et l’empêchait de rôtir.
- Il est permis de supposer que le grain, ainsi traité, devait faire l’objet d’un commerce actif ; on ne saurait admettre qu’un fermier de ces âges lointains ait installé dépareilles usines simplement pour y griller le blé ou le seigle
- destiné à l’alimentation de sa famille. Le mot que nous venons de souligner est digne de l’installation découverte par M. T. Eric Peet : ces 57 jarres soigneusement entourées d’un travail de maçonnerie, et que recouvrait une toiture dont on retrouve les traces, constituaient bien une usine.
- Cette installation se trouve à l’orée du désert, à proximité de terrains cultivés depuis un temps immémorial. Elle devait servir à griller d’énormes quantités de grain durant les périodes d’abondance. Les céréales subissaient ainsi une véritable stérilisation qui, tout en leur gardant leurs qualités nutritives, permettait de les conserver indéfiniment pour les périodes de disette. En outre, dépouillés de leur humidité, les grains se prêtaient mieux au transport ; ces usines, ancêtres de nos grandes devaient attirer de nom-accourues du fond du désert pour é-changer leurs plumes d’autru-ché(èt autres matières premières contre un blé facilement transportable^
- La découverte de M. T. Eric Peet fait grand honneur à l’Égypt Exploration Fund, dont l’activité enrichit de jour en jour nos conna issances
- sur l’Egypte dynastique comme sur le passé préhistorique de ce
- Y. Forbin.
- Fig. i. — Les jarres découvertes près d’Abydos.
- minoteries modernes breuses bandes de nomades
- Fig. 2. — Deux jarres vues de près-
- berceau de la civilisation. Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2366.
- 2 AOUT 1919
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- LA VIE DES TRILOBITES^ "
- Les Trilobites — chacun le sait — sont des Crustacés fossiles dont on retrouve les traces dans les terrains primaires exclusivement.
- M. Charles Walcott, ancien directeur du Service géologique des États-Unis, est certainement l’homme qui les connaît le mieux aujourd’hui, puisqu’il n’a cessé de s’en occuper depuis 1875, époque où commença leur étude sous la direction de Louis Aeassiz.
- Grâce à la richesse de la faune primaire de l’Amérique du Nord, grâce aussi aux facilités que lui procuraient ses fonctions pour observer sur le terrain,suivreles fouilles, recueillir les matériaux, consulter les collections, M. Walcott a eu en mains un nombre considérable de ces fossiles, notamment ceux du gisement de Bur-ges, en Colombie britannique, conservés dans des conditions tout à fait remarquables (voir La Nature, n° 2065).
- Avec un esprit d’observation de premier ordre, il a étudié leur structure dans tous ses détails et il est ainsi parvenu à tirer de leur organisation des conclusions sur leur mode de vie, dont la précision nous étonnerait si nous ne savions que souvent la morphologie explique la physiologie.
- Dès 1881, M. Walcott avait entrepris une première esquisse de l’organisation des Trilobites et tenté une reconstitution détaillée de l’un d’eux,
- Calymene senaria (1). Il vient de reprendre, de compléter cet essai et de l’étendre à diverses autres espèces dans les Smithsonian Miscellaneous Collections. Nous profiterons de cette publication pour
- évoquer, d’après elle, la vie des Trilobitèsàl’épo-, que primaire.
- Les Trilobites étaient des Crustacés assez primitifs, dans lesquels on reconnaît trois parties longitudinales (d’où leur nom), une axiale,, les deux autres laté-, raies et symétriques; on y distingue aussi assez facilement, trois parties transversales : la tête, recouverte d’un bouclier d’une seule pièce, le thorax aux anneaux plus ou , moins indépendants, l’abdomen oupygidium. Les yeux étaient par- . fois très développés et l’on a pu y observer la trace de très nombreuses facettes. Dans l’ensemble, un aspect qui rappelle à la fois celui des Apus et celui deslimules.
- Vus de dos, ils présentent la figuré classique qu’on retrouve dans tous les traités de paléontologie.
- Vus par la force ventrale, quand celle-ci, plus fragile a pu être conservée, on y distingue maints détails intéressants. Le tégument est une fine membrane chitineuse, peu ou pas calcitiée où l’on retrouve les trois lobes : médian et latéraux et les
- 1. The Trilobée : new and old evidence relating to its orga-nization. Bull. Mus. Comp. Zool., Cambridge.
- 5. -- 65
- Fig. i. — Exemplaires bien conservés de Neolenus serratus montrant les divers appendices.
- 47* Année. — Q* Semestre.
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- 66 —.... .... == LA VJE DES TRILOBITES
- segments de la face dorsale. La partie médiane de chaque anneau laisse voir cinq épines ou épaississements en rapport probable avec les points d’attache des muscles, si bien qu’on devine l’existence de muscles fléchisseurs fixés sur chaque anneau. Chaque segment montre une crête épaisse formant arche.
- Très rarement, on distingue la trace du tube digestif dont la forme a été conservée par le boudin de sable et de boue qu’il renfermait.
- MM. Beyrich et Barrande (1846) l’avaient déjà observé. Il s’ouvre à l’avant par une bouche située au milieu du bouclier céphalique, à l’arrière par un orifice au niveau du dernier anneau. On n’y a jamais décelé la trace de bactéries.
- La tête porte deux antennules qu’on ne connaît que depuis peu (Vaillant, 1892) et qu’on voit bien sur les fig. 1 et 2.
- Ces antennules partent du milieu de la glabelle, sont minces, longues, unirameuses et formées d’un grand nombred’anneaux.
- Les antennes, les mandibules, les pattes mâchoires forment quatre paires d’appendices derrière la bouche. Leur grandeur et leur position indiquent que le trilobite vivait sur un sol mou, vaseux et poussait vers la bouche sa nourriture qui devait consister en parties molles : vers, petits animaux, algues mortes, matières organiques en décomposition. D’ailleurs, les formations où Ton trouve des tribolites (fig. 4) abondent en traces de vers, d’algues, etc. On ne connaît pas d’espèce ayant des mâchoires assez puissantes pour déchiqueter ou riturer une nourriture quelque peu résistante.
- Chaque segment du thorax porte une paire d’appendices ou Ton distingue un large protopodite, et un endopodite formé de 6 pièces toutes épineuses bien adapté à la marche sur la vase et à la fouille dans celle-ci ; un exopodite souvent plumeux qui
- pouvait servir soit à la nage, soit à supporter les branchies, un ou plusieurs épipodites,. larges et plus ou moins plumeux.
- Les. appendices de Tabdomén sont, en tout semblables à ceux du thorax, les postérieurs sont à peine plus simples et moins longs. Chez Neolenus (fig. I et 2) seul, on connaît deux appendices caudaux, longs, uni-rameux, très segmentés.
- On trouve généralement les restes de trilobites gisant, le dos en bas. M. Walcott sur 1160 exemplaires vus en place, en a compté 1110 dans cette position. E-tait-ce leur position normale. Nageaient-ils le ventre en l’air, comme certains crustacés d’aujourd’hui, le Branchipus par exemple? La découverte et l’étude des appendices ont montré que les trilobites devaient être de mauvais nageurs et Ton pré-fère maintenant admettre qu’ils n’ont pris cette position qu'après leur mort, sous la poussée des gaz de putréfaction dans leur carapace et les légers mouvements de l’eau. La position où on les trouve est simplement une position d’équilibre du squelette.
- On a supposé qu’ils vivaient en bandes, le plus souvent d’une seule espèce, soit près des côtes (Burmeister), soit dans les eaux profondes (Ba-rande). On les a imaginés nageant à la surface (Bur meister, Barande). Les observations d’Alexandre
- Fig-. 2. — Restauration de Neolenus serratus, par M. Walcott, d’après les nombreux spécimens examinés.
- A, antennules; hy, hypostome.; An, orifice anale.; C. r., rameaux caudaux; En, endopodites; Ex, exopodites; Exi, exites; pr, protopodites; v.i., tégument ventral.
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- LA VIE DES TR1LOB1TES
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- Agassiz et de Packhard sur les larves de limules, i rer. On connaît d’ailleurs nombre de traces du celles sur le développement des trilobites ont I passage des trilobites sur le fond (fig. 3), admira-
- Fig. 3. — Traces de passage de trilobites.
- 1. Traces des cuisses ; 2. Traces des protopodites ; 5 et 4. Traces des extrémités des appendices.
- éclairci le problème. Il est tout à fait probable que les jeunes trilobites pouvaient nager, se déplacer à d’assez grandes distances et contribuer ainsi à l’extension géographique de l’espèce. Mais, en devenant adultes, leur mode de vie changeait, leurs mouvements devenaient moins actifs et ils se restreignaient à traîner sur le sol, en quête de nourriture, puis d’un lieu de ponte.
- La figure 5 montre pour Triar-thrus Becki l’évolution déformé d’un trilobite dont l’extrémité céphalique croît de plus en plus en même temps que l’abdomen se réduit.
- En fait, les trilobites adultes
- devaient vivre souvent en groupes dans les mers peu profondes, les baies et les golfes, courant rapidemen . grâce à leurs longs et solides appendices, sur des fonds moyennement durs, soit près de la côte, soit même dans la zone des marées. Ils devaient chasser surtout les vers et être capables de gratter le sable ou la vase pour les déter-
- Fig. 4-
- Traces d’annèlides à la surjace de la vase où les trilobites vivaient.
- blement conservées dans le sable ou la vase.
- Tout ce qu’on sait de l’organisation des trilobites montre qu’ils n’étaient pas puissamment armés. Pour leur défense, beaucoup d’entre eux pouvaient
- se mettre en boule, présentant alors de toutes parts leur dos plus fortement chitinisé et épineux, et l’on connaît des exemplaires de Calymene trouvés dans cette attitude. Mais ce n’était pas possible pour toutes les espèces et la longue persistance du groupe, depuis le précambrien jusqu’à la fin du carbonifère ne peut s’expliquer que par les conditions favorables du reproducteur des
- milieu et le grand pouvoir espèces.
- Ne s’étant adaptés ni aux mers profondes ni aux eaux douces, les trilobites ont totalement disparu, alors qu’une faune plus variée apparaissait sur la terre, ayant auparavant persisté quelques millions d’années et marqué de leurs restes les ter-
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- 68 : L’ALSACE-LORRAINE AU SECOURS DES RÉGIONS ENVAHIES
- rains de l’époque primaire, dans toutes les parties du monde.
- Nous avons tenu à signaler ici les belles études de M. Walcott comme un magnifique exemple de ce que l’étude attentive des fossiles peut nous apprendre de la biologie des êtres des temps passés. René Merle.
- Fig. 5.
- Évolution de Triarthrus Becki, d’après les spécimens recueillis dans une même localité, au nord-ouest de Holland Patent, Oneida County, New York. — On y voit le développement graduel de la tête et du thorax et la réduction du pygidium. De gauche à droite, individus de i à 16 segments ; le dernier, adulte, est complètement développé.
- L’ALSACE-LORRAINE AU SECOURS DES RÉGIONS ENVAHIES
- ET LES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES DES PAYS RÉANNEXÉS
- L’Àlsace-Lorraine vient seulement d’être rattachée à la mère-patrie, et déjà elle s’apprête à nous apporter une collaboration effective et efficace, pour la reconstitution des régions souillées par l’ennemi, et leur développement économique ultérieur.
- D’après le programme préparé pour la régénération des pays envahis, c’est en effet aux stations électriques rhénanes et lorraines qu’il appartiendra de fournir l’énergie nécessaire pour la remise en marche des exploitations minières de Briey et la restauration de la sidérurgie de Meurthe-et-Moselle. Tandis qu’on entreprend de trouer l’arête montagneuse des Vosges pour ouvrir des communications nouvelles entre la plaine d’Alsace et la vallée supérieure de la Moselle, on procède au raccordement des réseaux français et alsaciens-lorrains d’électricité. Dans la vie moderne des peuples, il ne s’agira plus seulement de relier le rail, et de créer des voies de navigation intérieure; il faudra également assurer désormais la connexion des réseaux électriques. Aussi, après avoir examiné les divers problèmes relatifs à la voie de fer et à la voie d’eau franco-alsacienne, convient-il que nous entretenions aujourd’hui nos lecteurs de la question de la pro-'duction et de la distribution d’énergie sur la rive gauche du Rhin.
- Les usines de production de courant thermique et les lignes de distribution de Lorraine. — L’Alsace-Lorraine emprunte la force nécessaire à son industrie à deux sources ; à la houille blanche d’une part, à des stations thermiques de l’autre.
- La principale usine de production de force motrice installée sur le territoire lorrain est celle de la Houve, édifiée non loin de la frontière dë la Sarre, au milieu des vastes futaies domaniales qui
- abritent les sièges d’extraction des charbonnages de la Houve.
- Établie par la Société des houillères qui exploite cette partie de la formation de Sarrehruck, la station comporte une installation des plus complètes : 12 chaudières de 415 m2 de surface de chauffe, 2 groupes de turbo-dynamos de 600 kilowatts, 1 de 750 réservé au service de la mine, 1 de 2000 et 2 de 6000,
- La puissance de la station devait, d’ailleurs, être considérablement accrue par l’adjonction de 8 nouvelles chaudières.
- C’est qu’en effet l’établissement procure à la Société houillère de précieuses ressources en lui permettant d’utiliser sur place des charbons de qualité inférieure, qui ne sauraient supporter de lourds frais de transport par chemin de fer pour parvenir aux centres de consommation.
- D’un autre côté, la diffusion du courant a été accueillie avec une particulière faveur par les campagnes de la Lorraine, et la demande d’énergie a toujours été s’accroissant. Aussi, bien que n’étant pourvue d’aucune concession officielle relativement à la distribution de la force, la Société de la Houve n’a-t-elle pas hésité à multiplier ses lignes de transport.
- Celles-ci se répartissent de la façon suivante :
- Une première ligne relie Creutzwald-la Houve à Loudrefing par Puttelange et Wittersboürg. Elle envoie des rameaux de Merlenbach sur Saint-Avold, de Puttelange sur Forbach, de Puttelange sur Sar-reguemines, de Puttelange sur Sarralbe, grand centre de la fabrication des chapeaux de paille, et Bitche.
- A Loudrefing la ligne se partage en deux branches, l’une sur Chàmbrey par Dieuze, l’autre sur
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- L’ALS ACE-LORR A1 NE AU SECOURS DES RÉGIONS ENVAHIES :rr~— 69
- Sarrebourg avec rameaux sur Berthelming et Lis-cheim et Valleryslhal-Harzweiler.
- Une seconde grande ligne de transport part de la Houve pour gagner Fontoy et la frontière française par Dalstein et Uckange. Celle-ci envoie des lignes secondaires sur Marten et Boulay, Bouzonville, Kœnigsmachen par Thionville, Ottange et Hattange. Elledirige un important embranchement sur Aman-villers et Noveant via Ars-sur-Moselle.
- Enfin, deux lignes de jonction ont été installées, rattachant Amanvillers àBuschborn, et Chambrey à
- toy, Fontoy-Amanvillers-Buschborn. Les lignes secondaires sont à 15 000 volts et au-dessous.
- La Société charbonnière, qui produisait en 1913 16 millions de kilowatts, ne se préoccupe d’ailleurs pas d’assurer la distribution à la consommation. Elle livre seulement le courant à des sous-stations 17/15 000 volts, et la vente au public est pratiquée par des Sociétés particulières.
- Quelques petites usines complémentaires ont, toutefois, été installées. C’est ainsi que les mines de Petile-Rosselle (de Wendel et Cie) alimentent
- Fig. ï. —Le réseau électrique de Lorraine ; station centrale à la Houve.
- la Houve par Cbâteau-Salins-Morhange, Faulque-mont Buschborn. En fait, le réseau de la Houve enveloppe toute la Lorraine de ses mailles, et dessert toute la région métallurgique minière de l’ouest lorrain.
- Il s’appuie et se soude à Chambrey sur le réseau de la Compagnie lorraine d’électricité (Nancy) ; dans le pays de Briey, il pénètre jusqu’à Mancieulles, où il devait être mis en parallèle avec le réseau futur de la même Compagnie. A Sarregue-mines, d’autre part, les lignes de la Houve rejoignent celles de la Sarre.
- Le coûtant produit par la station génératrice est du triphasé 50 périodes sous 10 000 volts. Le courant est élevé à 65 000 volts pour le transport sur les lignes principales la Houve-Sarrebourg, Loudre-fing-Chainbrey, la Houve-Chambrey, la Houve-Fon-
- d’énergie Petite-Rosselle, Styring et les tramways de Forbach ; qu’une puissante station a été édifiée à Corling par la Société houillère de Sarre-et-Moselle, qu’enfin les forges de Maizières utilisent les gaz des hauts fourneaux pour éclairer Metz et sa banlieue.
- Le réseau alsacien. — Le réseau alsacien est complètement isolé du réseau lorrain. D’ailleurs, les usines thermiques y sont disséminées sur toute l’étendue de la province, et, en fait, aucun réseau homogène n’y a été encore constitué.
- À Strasbourg, l’Allgemeine Elecktricilât Gesell-schaft a installé une grande centrale à vapeur avec usine complémentaire à Mutzig; d’autres stations sont édifiées à Schlestadt, Markolsheim, Guebwiller, Ferrette, Colmar, et surtout à Mulhouse, où deux usines ont été créées pour la production de courant
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- 70 .rr L'ALSACE-LORRAINE AU SECOURS DES RÉGIONS ENVAHIES
- alternatif de 6000 et 500 volts, et continu 220 volts.
- Pour. être, complets, nous devrons mentionner les trois stations de Munster, Turkheim et Stosswirh, qui alimentent des lignes de tramways de montagne.
- La houille blanche en Alsace. — Mais depuis plusieurs années il semblait que l’Alsace tendît à
- kilowatts-heures. Ce courant lui était fourni par les chutes du Rhin, discipliné à Olten, sur territoire suisse. Les installations colossales d’Olten ont été trop souvent décrites pour qu’il y ait lieu de les présenter à nouveau.
- Une ligne maîtresse haute tension avait été établie entre Olten, Bâle, Mulhouse et Markolsheim, i avec un feeder de jonction Bâle-Olten parRheinfel-
- Fig. 2. — Les réseaux électriques d’Alsace.
- suivre, en matière de distribution d’électricité, la politique si heureusement instaurée en Lorraine par la Société de la Houve.
- La puissante Société des forces motrices du Rhin, Oberrheinische Kraftwerke A. G., dont le siège est à Mulhouse et le capital atteint 25 millions de francs, déjà intéressée dans les affaires électriques de Guebwiller, de Turkheim, de Fribourg et de Rheinfelden, avait étudi.é la création d’usines hydro-électriques empruntant leur force au Rhin (projet de Kembs), et aux lacs Blanc (1054 mètres d’altitude) et Noir (950 mètres), émissaires de la Weiss. x
- En attendant la réalisation de ces projets, toujours en suspens, la Société mulhousienne distribuait en 1913-1914 à 206 communes: 45 286 218
- den et Auffenbourg. D’un autre côté, une ligne à 55 000 volts Bàle-Rechésy mettait ce réseau en communication avec le réseau français de Ron-champ, qui dessert Belfort. Grâce à cette connexion, la houille blanche du Rhin peut venir en aide à la houille noire de la Hautè-Saône.
- Mentionnons qu’outre le courant issu du Rhin, l’Alsace utilise l’énergie produite par quelques petites stations hydrauliques, dont la principale, d’une force de 400 chevaux, emprunte les eaux de l’Hl à Esthau.
- La jonction France Alsace-Lorraine. — Les
- ingénieurs français chargés de la reconstitution des pays envahis, et particulièrement de l’organisation -d’un immense réseau de force motrice entre Dunkerque et la frontière suisse, ont pensé qu’il con-
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- LE REPÉRAGE ET LE RÉGLAGE PAR LE SON
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- viendrait d’utiliser dans la plus large mesure, pour la renaissance économique de la France, les réseaux déjà en service en Alsace-Lorraine, et de les fondre avec l’outillage national existant.
- C’est ainsi que pour développer la capacité productrice du rayon de Belfort et renforcer la puissance des stations vosgiennes, ils ont imaginé de doubler la ligne Bàle-Belfort par Réchésy (55 000 et 50 000 volts) au moyen d’une ligne nouvelle, à 70 000 volts, passant par Delle. Une ligne à 65 000 volts Ligny-en Barrois, Toul, Yincey, Pouxeux, près Épinal, a été installée avant la guerre par la Compagnie lorraine d’électricité. Elle se prolonge sur Ronchamp, par Lure, au moyen d’un raccord à 50 000 volts. Le programme actuel envisage l’installation entre Ronchamp et Ponxeux d’un feeder à 100 000 volts, afin de pouvoir alimenter Nancy et la Meuse avec de l’énergie provenant du Rhin.
- Une seconde ligne à 65 000 volts se détache à Yiterne de l’artère Ligny-Pouxeux, et dessert Nancy, Lunéville, Saint-Dié et Laveline. Enfin, un fil à 11 000 volts raccorde Lunéville à Laveline, avec prolongement sur Gérardmer. w
- Deux jonctions ont été prévues avec le réseau alsacien, l’une de Gérardmer sur Mulhouse via Munster, l’autre de Saint-Dié sur Markolsheim. Le courant livré à Olten pourra donc être envoyé à la fois sur la Meuse et, par une double voie, sur la vallée de la Meurthe et Nancy.
- Cette dernière ville peut également s’approvisionner d’énergie à la Houve grâce au poste de jonction de Chambrey, mais elle est isolée du bassin de Briey. Dans un délai bief, la Compagnie lorraine d’électricité va combler cette lacune, en installant
- une ligne à 65 000 volts Confians, Briey, Micheville, Longwy. De Conüans partiront des rameaux 50 000 volts sur Valleroy, Auboné, Homécourt, Briey, et sur Pienne, Landres et Mancieulles, de façon à desservir toutes les exploitations de Briey.
- On se rappelle qu’à Mancieulles (mines de Saint-Pierremont) aboutit une des grandes lignes issues de la Houve. La station de Mancieulles envoyait déjà des rameaux à 10 000 volts sur Etain par Pienne, Mercy et Serrouville, Briey, Confians et Mars-la Tour. Le bassin de fer de Briey sera, par conséquent, largement pourvu de toute l’énergie dont il peut avoir besoin. Quant au bassin longovicien, sans doute n'aura-t-il plus l’occasion d’employer que comme secours l’usine thermique de 500 kilowatts qui y avait été aménagée avant les hostilités.
- Ainsi, les lignes alimentées par les houillères — devenues françaises — de la Houve et par les chutes suisses du Rhin, jusqu’au jour prochain où seront réalisés les projets mulhousiens de Kembs, vont constituer un circuit fermé de plusieurs milliers de kilomètres, qui approvisionnera de courant toute la Lorraine et l’Alsace ainsi que les campagnes des Vosges, de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse. Par un lien nouveau, les provinces reconquises vont être étroitement soudées à la mère-patrie, et collaborer à sa prospérité et à sa richesse.
- Si l’on veut bien considérer que par Saint-Dizier, Vitry, Châlons et Épernay, les réseaux de l’Est vont, d’autre part, être associés à ceux du Nord et de la Région parisienne, on devra reconnaître que, plus que jamais, l’unité de la France ne saurait se concevoir sans l’agrégation historique de la rive gauche du Rhin alsacien à nos destins.
- Auguste Pawlowski.
- LE REPÉRAGE ET LE RÉGLAGE PAR LE SON
- I. Définition. — Trouver et marquer sur une carte portant des repères convenables l’emplacement d'un canon, par la seule observation des époques où le bruit des détonations qu’il produit arrive en certains points connus, marqués sur la même carte, c’est faire du repérage par le son. Diriger, corriger le tir d’une pièce, en observant de même le son des éclatements des obus qu’elle tire, pour en déduire l’emplacement des points de chute, c’est là le réglage par le son.
- On peut s’étonner que l’emploi de ces méthodes n’ait pas suivi de plus près la mise en service des pièces à longue portée. Car il est certain que, l’avion n’existant pas encore, il était très difficile, même avec le ballon captif, de repérer des pièces situées à 10 ou 20 km des observateurs ou, inversement, d’en régler le tir.
- II. Le principe géométrique. — Avant de parcourir l’hUtoire de ces méthodes pendant la guerre, et de décrire les appareils et leurs résultats, il est
- nécessaire de préciser le problème géométrique de la [construction d’un point sonore observé comme il sera dit plus loin.
- Soient O* 02 03 04, etc., des points d’observation (fig. 1) et P une pièce d’artillerie, qui tire à l’époque T0. D’après la figure, le son arrivera d’abord en 04 puis, successivement, en 03, 02, et Oj aux époques correspondantes T4, T3, T2, T^ Les diffe-- T3, Tj -— T4 seront respecti--P02 PCG — P03 POi —P04
- [•ences Tt — T2, T*
- ,, i ' P°i æment égalés a —-
- ~Vs ’ Vs Vs _
- Vs étant la vitesse du son au moment considéré, les quantités exprimées, par exemple, en centièmes le seconde, résulteront des mesures des observa-eurs, notant l’instant où ils perçoivent un même coup de canon.
- EHes peuvent être regardées comme les coor-lonnées acoustiques de la pièce P par rapport aux groupes de points 04 02, 0t 03, Ot 04. Si la tempé-•ature, qui fait varier Vs, est normale au moment
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- considéré, par exemple si elle est de -f- 10° centigrades, les coordonnées prendront des valeurs dites aussi normales.
- Connaissant les coordonnées acoustiques du point P, comment construire ce point? D’innombrables solutions ont été proposées et appliquées avec un bonheur à peu près égal. Remarquons que P est sur une hyperbole qui a 04 et 02 pour foyers et D12 = P01 — P02 comme longueur de l’axe transverse. On peut donc construire cette hyperbole. De même P est sur l’hyperbole qui a 0t et 03 pour foyers et P13 pour axe transverse, etc.
- Au lieu d'hyperboles, on se contentera évidemment de construire leurs tangentes, qui se confondent avec la courbe sur une grande longueur, dès qu’on s’éloigne un peu des foyers. On peut également construire, une fois pour toutes, soit sur la carte représentant la région à explorer, soit sur un papier calque, un réseau d hyperboles composé d'autant de séries de courbes qu’il y a de bases 0,
- 02, 0, 01 03, elc., chaque série tracée si l’on veut avec une couleur différente. Une série comportera des hyperboles correspondant à des coordonnées variant de 5 en 5 centièmes de seconde par exemple. En appliquant ces réseaux (p utois réduits aux simples asymptotes) sur la carte de la région proposée, on trouvera le point P par une interpolation facile.
- Pour en finir avec ces considérations géométriques, remarquons encore que le point P est le centre d’un cercle passant par 04, tangent au cercle de centre 03 et de rayon connu égal à Ru — D13; tangent de même au cercle de centre 02 et de rayon connu égal à Du Rjaî tangent enfin au cercle 04, de rayon connu égal à Dj2 (fig. 1). Nous voici ramenés au problème classique d’Apollonius : tracer un cercle tangent à 3 cercles donnés. D’où l’emploi d’un abaque de cercles concentriques sur papier calque, parmi lesquels il suffit de chercher, par un tâtonnement rapide et qui donne de très bons résultats, celui qui tangente convenablement les trois cercles 0i5 02, 03, que l’on trace au préalable. Le centre de ce cercle est l’emplacement du point sonore. Méthode excellente elle aussi, et qui a Davantage précieux de la simplicité.
- Tout ce qui précède repose sur la combinaison
- des postes deux à deux. Une base acoustique complète est donc formée de groupes de deux postes associés. Si la base contient n postes, elle ne fournit que n i coordonnées indépendantes. En définitive, le repérage par le son est un procédé de relèvement, dans lequel chaque visée se fait par une mesure de temps et où Yinstrument de visée est une base qui, sur le terrain, a environ deux kilomètres de long. Tel a été, ou peu s’en faut, jusqu’à l’automne 1915, le bagage scientifique complet du repérage par le son. Il repose, comme on voit, sur le fait qu’aucune ambiguïté n’existe quant à la nature du son perçu par les observateurs. Il s’agit, jusqu’ici d’un bruit unique, émis en un point P unique, et entendu en 04 02 03 O,,, dans la direction des rayons PO! P02 P03 P0t, parce qu’il se propage sphériquement autour de P.
- III. Les débuts. — L’idée des méthodes acoustiques avait germé dès 1914, dans bien des têtes à la fois. Il est oiseux, ici comme partout, de rechercher lequel des deux plaideurs a droit à l’huître, car Lun peut l’avoir vue, mais l’autre l’a sentie. Et si M. Esclan-gon (*) a remis au Ministre de la Guerre à Bordeaux, dès septembre 1914, une note qui est, peut-être, le premier document français sur la question, deux ans auparavant pour ne citer qu’un exemple, des essais pratiques avaient été faits en Russie! Ceci est pour décourager les chercheurs d’antériorités.
- Toujours est-il que d’octobre 1914 à mars 1915 une ardente « équipe » de physiciens est au travail, parmi laquelle on relève des noms appartenant à tous les milieux scientifiques ou industriels : Bougier, Bergerol, Brillouin, Bull, G. Claude, Cotton, Driencourt, Dufour, Ferrié, Richet, Gaumont, Nord-mann, Weiss; j’en passe et des meilleurs.
- Dès cette époque, deux écoles : celle qui note les époques d’arrivée du son dans les postes d’observation, au moyen de tops exécutés à la main avec un manipulateur genre Morse et celle qui confie à des instruments complètement automatiques le soin de faire ce travail. De la première relèvent les essais de MM. Bougier, Driencourt et Ferrié, etc.; MM. Bull, Claude, Cotton et Weiss,
- 1. Professeur à la Faculté de Boideàux.
- Fig. i. — Repérage par le son.
- Cas de ta propagation sphérique du son autour de la pièce. (Pas d'onde de choc.)
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- <je chat.
- Le phénomène de l’onde de choc.
- Les observateurs P, P* perçoivent simultanément l’onde de choc qui es ’-n véritable sillage acoustique perça par les observateurs avant l’onde de bouche.
- Dufour, etc., préfèrent la seconde. Mais une autre classification se fait jour peu à peu. Les uns, et c’est la majorité, obtiennent des inscriptions, grâce à des appareils enregistreurs photographiques ou au noir de fumée; les autres mesurent par une quanlité d'électricité les intervalles de temps qui sont la donnée primitive du problème |MV1. Cot-ton et Weiss), d’autres recourent à Y ortho-phone (Voir plus loin).
- On voit facilement, par ce qui précède, le nombre élevé de chercheurs et d’expériences, les unes à l'arrière, aux environs de Paris, les autres aux Armées, que représentent les études préliminaires. Dès octobre 1914, c’est au Service géographique, que le -général en chef confie le soin de coordonner ces efforts, et, si possible, de les unifier. Il lui adjoint à cet effet un détachement de sapeurs télégraphistes, dont l’effectif et les cadres ont été sélectionnés. Ce détachement fournira d’abord de la main-d'œuvre de choix, des moyens de transport et du matériel de toute nature aux divers foyers de recherches éparpillés sur le territoire ; il servira plus tard à constituer en personnel et en matériel les premières sections mises en service aux armées et créera, avec le Laboratoire central du Repérage par. le Son, le Centre d’Études de Saint-Cloud. En fait, au printemps 1915, une demi-douzaine de sections de repérage par le son, utilisant le top à la main, fonctionnent aux armées.
- C’est alors qu’entre en scène un nouvel ennemi et le plus redoutable : l'onde de choc.
- IV. L’onde de choc. — Quand un projectile se meut dans l’atmosphère, les ébranlements qu’il provoque, en heurtant les molécules d’air, se propagent sphériquement autour de chaque point de la trajectoire. Si le projectile va moins vite que le son, les ébranlements provenant de deux points distincts de la trajectoire ne peuvent arriver en même temps en aucun point de l’espace. Dans le cas contraire, il existe, pour chaque point P de l’espace, un ou plusieurs segments de la trajectoire, tels que les ébranlements que le projectile a provoqués tout le long de ce segment parviennent tous en même
- temps au point P. Il suffit, pour réaliser cette condition, que deux points Mj et M2 (fig. 3) successivement atteints par le projectile, satisfassent à la
- relation
- M, P MjM, M2P
- dans laquelle Vp est
- Vs Vp Vs la vitesse du projectile et Vs celle du son. On en
- déduit
- aucun bruit n’est encore parvenu à l’instant tn
- Fig. 3.
- Théorie de l’onde de choc.
- M,P—M,P Vs M,.\la “Vp
- et, si l’on remarque que Mj P — M2 P est sensiblement égal à Mj II, H étant le pied de la perpendiculaire M2H abaissée de M* sur Mt P,
- Vs
- cos cp =
- T \p Le point Mt est ainsi défini par la relation ci-dessus, qui
- montre qu’il n’y a de solution que si Vs <;Vp, c’est-à-dire si le projectile va plus vite que le son.
- Venons-en maintenant aux faits physiques. Le sifflement des obus, c’est précisément l’effet sur l’oreille de ces ébranlements propagés sphériquement autour des points successifs de la trajectoire. Si l’obus est lent, les ébranlements sont dilatés dans le temps; en d’autres termes, ils sont entendus pendant un temps plus long que celui qui a suffi à les engendrer. Si l’obus est rapide, c’est l’effet inverse; ils sont condensés dans le temps et nous arrivons ainsi à l’onde de choc. Celle-ci se définit géométriquementcomme suit : l’enveloppe des sphères où sont parvenus à un instant donné tous les ébranlements engendrés par le projectile plus rapide que le son. Il est clair que cette enveloppe passe par la pointe du projectile. Phyriquement, l’onde de choc se définira de même, l’accumulation des effets produits sur l’oreille par les ébranlements qui lui parviennent simultanément d’un segment plus ou moins long de la trajectoire.
- D’après ce qui précède, l’onde de choc géométrique est une poche de forme conique, plus ou moins évasée vers l’arrière et pointue de l’avant, qui se développe à mesure que le projectile progresse et dont le fond coïncide constamment avec l’obus (fig. 2). Elle est dans l’air la réplique exacte du sillage des navires; elle mérite à ce titre, le nom de sillage acoustique. Pratiquement, c’est évidemment le premier bruit qui parvient à l’observateur. .Mais, pour l’entendre, il faut que l’on puisse trou-
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- ver sur la trajectoire un point M tel que l’angle © satisfasse à la relation déjà citée. En d’autres termes, le-point P doit être contenu dans un cône dont l’axe est la tangente à la trajectoire à la bouche est dont la demi-ouverture est égale à l’angle ©.
- En dehors de ce cône, dit cône critique, plus d’onde de choc ; sur ce cône lui-inême, d’après la formule, le son de la détonation arrive en même temps que le choc du projectile sur l’air, il n’y a aucune accumulation des ébranlements.
- Si maintenant on se place sur un polygone pour observer commodément le tir des pièces à grande vitesse initiale, voici ce qu’on perçoit, à l’intérieur du cône critique.
- 1° Le silence absolu, pendant que l’onde se propage et se rapproche de l’observateur; 2° un bruit généralement brisant et très intense, aussi puissant que l’éclatement d’un projectile à courte distance. Ce bruit, que tous les non-initiés prennent au moment du passage de l’onde de choc pour la détonation à la bouche est immédiatement suivi par un sifflement prolongé qui va en s’atténuant; 5° quelque temps après, un coup sourd, qui s’atténue et s’efface souvent à quelques centaines de mètres, suivant le terrain, même pour le 75 ; c’est la détonation de la bouche à feu.
- Eu résumé, pour l’observateur éloigné d’une pièce à grande vitesse initiale, placé à l’intérieur du
- Si l’observateur est en dehors du cône critique, pour ces pièces comme pour les autres à faible vitesse initiale, les seuls bruits perçus sont le sifflement et le coup de canon, celui-ci étant rapidement éteint par un vent contraire, par un pli de terrain, une forêt, etc.
- La digression qui précède, si abstraite qu’elle ait paru au lecteur, a dû lui suggérer en revanche une observation capitale : comment pouvait-on faire du repérage par le son, quand on ignorait ou quand on négligeait l’onde de choc? Avouons ici, que le mot patauger exprime sans exagération la situation des premières unités qui ont dépensé, dans des conditions pénibles et souvent tragiques, au cours de 1915, des trésors de courage et d’ingéniosité. Quels résultats pouvaient obtenir les observateurs Pt et P2 de la figure précédente, qui entendaient sincèrement un bruit, le premier vers C1? le second vers C2, alors que le coup de canon ne venait ni de Clt ni deCs? N’insistons pas.
- Je ne dirai pas tous les efforts faits par le Service géographique, une fois les effets pernicieux de l’onde de choc bien établis, par l’observation méthodique et notamment en avril 1915, aux environs de Gonesse, pour tourner la difficulté : graphiques, calculs de trajectoires, tout fut tenté et tout servit. Mais le salut était ailleurs.
- Y. Le triomphe de l’inscription graphique. —
- T rarfché es
- Fig. 4. — Organisation d’un système de postes pour le repérage au son.
- P, Ps P3 P* P3 sont des postes écouteurs à i5oo ou 2000 mètres des premières lignes, et sont reliés à un poste central P. C où se trouve l’appareil enregistreur.
- Fig. 5. — Fragments d’une bande donnant l’enregistrement d’un coup de 38o tiré sur Verdun par une pièce repérée dans le bois de Mézeray le 3 novembre 1917.
- Les postes écouteurs sont : 03, poste de Watronville. - 03, Manesel. —05, batterie du Mardi Gras. Oo, fortde Vaux. —Les lignes correspondantes montrent l’enregistrement de leurs indications au poste central. — Les dentelures de la ligne S donnent le i/5 de seconde.
- C, onde de choc. — B, onde de bouche. — P, parasite. — Les différences entre les moments où les ondes de bouche arrivent aux divers postes peuvent être mesurés sur cette bande,
- cône critique, ce qu’il perçoit toujours, s’il perçoit quelque chose, c’est fondé de choc, puissante et qui continue à se propager librement dans l’air, même quand la vitesse du projectile devient inférieure à celle du son. Ce bruit lui semble provenir des points très rapprochés de lui, tels que Ct et C2, quand il est lui-même en Pt ou P2. Quand la pièce n’est pas trop éloignée, après un intervalle qui va de quelques centièmes de seconde à quelques secondes pour les très gros projectiles des pièces longues, l’observateur entend un bruit sourd, qui est le coup de canon, bruit qui souvent n’est pas observé. Entre les deux, le sifflement.
- Il devait venir de l’observation. A peu près simultanément, M. Esclangon à Gâvres, avec des appareils manométriques à style, M. l’abbé Rousselot, à Fontainebleau, avaient observé que les ondes de choc et les détonations à la bouche affectaient différemment des appareils inscripteurs suffisamment sensibles. C’est surtout, M. Esclangon qui, dans une série de mémoires pleins de faits et d’ingénieuses théories, mit les physiciens sur la voie qui devait mener au succès. Tous ces travaux se résument par le principe suivant. Les ondes de choc ou balistiques, très sensibles à l’oreille humaine, affectent relativement peu les instruments mano-
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- métriques et fournissent des tracés souvent caractéristiques. Les ondes de détonation, produites par la déflagration d’une charge de poudre, propagent sphériquement des oscillations de pression de grande amplitude, quelquefois presque insensibles à l’oreille, mais qui peuvent affecter d’une façon très notable, même alors qu’on ne les entend pas, des instruments manométriques appropriés.
- C’est à la lumière de ce flambeau que, dès l’automne 1915, évoluèrent les appareils de repérage par le son.
- Le premier qui fut en service au front, sous sa forme définitive, le T. M. est l’œuvre col-
- Fig. 6. — Les appareils d’un poste d’observation {système T. M. içiô).
- l’onde de choc et retrouvait sa simplicité primitive. Il était ramené au problème d’Apollonius, à l’abaque de cercles, etc. Aucune confusion n’était plus possible; chaque coup de canon fournissait, ou une seule inscription (cas des pièces à faible vitesse initiale) ou deux inscriptions dont la première arrivée était à rejeter (cas des obus à vitesse plus grande que celle du son). Une fois de plus, dans l’histoire des sciences physiques, l’inscription graphique ouvrait la voie au progrès.
- VI. Les matériels en service dans les armées françaises. — Matériel T. M. Chaque poste de réception com-
- lective du détachement A gauche, le téléphone.— Adroite, l’écouteur micro phonique. p0rle Un écouteur mi-
- de sapeurs télégraphistes au Service géographique (T. M. = Télégraphie militaire) et de M. Abraham et de ses collaborateurs. Il fonctionnait en juin 1916 à Rosières-en-Santerre, quelques jours avant les attaques.
- Après, le matériel T. M. ne devait plus changer, car il était urgent de se fixer et de produire. Le matériel dit Bull, très heureusement perfectionné chez les physiciens anglais, par l’adjonction d’un bolomètre; puis le matériel de M. Dufour, ce dernier parachevé plus tard, mais déjà en service au printemps 1917, devaient assurer aux Alliés une supériorité absolue sur les Boches en cette matière, et cela, maigre les revers essuyésdèsl915, où la première
- vague de gaz coûtait à nos armées une des premières sections de repérage par le son et livrait l’idée à l’ennemi.
- Quoi qu’il en soit, l’artillerie française était en possession, dès 1916, de divers appareils exactement au point, inscrivant fidèlement, et souvent sous des formes différentes, qui permettaient de les identifier, les ondes de choc et les détonations des pièces. Dès lors, le repérage était affranchi de
- Fig. 7. — L’enregistreur à bande de papier (système T. M. içiô).
- crophonique, agissant par l’intermédiaire d’un transformateur sur la plume d’un oscillographe. Tous les oscillographes sont réunis dans un poste central et tracent sur une bande de papier noirci au noir de fumée (acétylène), les graphiques correspondant aux vibrations de la membrane de l’écouteur. Celui-ci est un récipient de 15 à 20 litres de capacité, étanche, fermé par une membrane circulaire d’aluminium,
- très rigide en son centre, très flexible sur son pourtour. Un contact microphonique, disposé contre la face intérieure de la membrane, est affecté par tous les déplacements de celle-ci. Un chrono-graphe à style marque le temps sur la bande de papier. Celle-ci reçoit aussi l’in-scription du vent.
- Matériel Bull. — Dans chaque
- poste récepteur, un récipient étanche, muni d’un orifice étroit, porte sur le goulot, un réseau bo-lométrique parcouru par un courant faible. Les ondes acoustiques, en faisant varier la pression à l’inlérieur du récipient, agissent sur le bolomètre, qui est en relation avec un galvanomètre à cordes, installé au poste central. Les vibrations engendrées dans les cordes sont photographiées sur un film cinématographique qui reçoit également l’inscription du temps.
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- Matériel Dufour. — L’écouteur est formé par un récipient étanche, fermé par une membrane dont les vibrations déplacent dans un champ magnétique intense, une bobine légère. Des galvanorhéographes spéciaux, installés au central, tracent pour chaque récepteur sur un film cinématographique, des inscriptions, correspondant aux vibrations de la membrane. Là aussi, le temps est marqué automatiquement sur ce film ; on y trouve aussi des traits différents pour les centièmes et les dixièmes de seconde, ce qui rend la lecture des bandes, c’est-à-dire le comptage des temps rïl — T2, — T3, etc., plus facile.
- Un dispositif entièrement automatique est prévu pour le développement et le fixage des papiers sensibles.
- Dans les trois systèmes précédents, tout phénomène acoustique ou plutôt pneumatique agissant sur les récepteurs, se traduit, dans le poste central, par un graphique contenant les inscriptions fournies par chaque poste. La lecture des coordonnées acoustiques se fait sur ce graphique, soit en comptant des divisions déjà inscrites sur le papier sensible, qui remplace ici le celluloïd (Bull, Dufour), soit en appliquant une règle transparente, graduée en centièmes de seconde, sur le papier noirci, où le noir de fumée est fixé par un laminage continu (T. M.)i Dans les trois cas,Jl reste un document et les fausses interprétations d’une lecture, les confusions possibles entre deux inscriptions presque semblables sont toujours sujettes à révision. Bien plus, l’aspect seul des graphiques, absolument identique en général pour deux coups de la même pièce, suffit à identifier celle-ci quand elle est connue. Par superposition des bandes, on peut retrouver une pièce parmi un nombre élevé d’autres inscriptions, de même que l’oreille peut suivre un instrument déterminé au milieu d'un orchestre. C’est ce qui explique que pendant des périodes où l’aclivité croissante de l’artillerie couvrait les bandes d’un fouillis d’arabesques presque indéchiffrables, on a pu « accompagner » des tirs ou dénicher des batteries nouvelles, muettes jusque-là, et pour cause, se sachant surveillées.
- Fig. 8. — Ce que l'on peut lire
- sur une bande de repérage par le son.
- Un seul poste est dans le cône sensible, il entend et inscrit les 4 ondes de choc et les 4 ondes de bouche. Mais l’une d’elles arrive en même temps que l’onde de choc du 4’ coup et se trouve masquée par celle-ci. (Le cône sensible du canon de go a une ouverture très faible.) Les autres postes entendent et inscrivent des ondes de bouche.
- Matériel Cotton-Weiss. — Dans sa dernière forme, mise au point en 1918, ce matériel, très différent des précédents, comporte des réservoirs à soupapes et qui sont groupés deux à deux. Le premier ferme, le second ouvre un circuit, dans lequel est intercalé un instrument dit fluxmèlre, qui, par simple lecture, donne la quantité d’électricité écoulée, c’est-à-dire le temps Ti — Ta par exemple. On peut graduer l’appareil en grades, après avoir orienté la base correspondante Pj —- Pa. L’aiguille du compteur donne ainsi une direction qui peut être à peu près celle de la pièce. Ce dispositif, fort ingénieux, a d’abord mal résolu la difficulté créée par l’onde de choc, qui, arrivant la première, déclenche les soupapes et les rend insensibles à l’onde de détonation, la seule intéressante. L’emploi de deux sortes de soupapes, les unes sensibles aux ondes de choc, les aulres aux ondes de détonation, était à peu près mis au point fin 1918.
- VII. Orihophone — En même temps que se perfectionnaient les appareils précédents, susceptibles de fournir des déterminations précises, à moins de 50 mètres près, de pièces éloignées de 16 à 8 kilomètres, on a chen hé par l’orthophone, dû à la radiotélégraphie militaire adapté par M. Maurice Claude à la recherche des pièces d’artillerie, à utiliser l’écoute binauriculaire, qui est le procédé le plus simple et le plus direct d’orientation acoustique.
- L’orthophone est formé de deux cornets, éloignés de 2 à 3 mètres l'un de l’autre et desservant chacun par un tube spécial une oreille de l’observateur. Grâce à cet artifice, après une éducation fort brève, n’importe qui est en état de s’orienter à peu près sur une source sonore continue. En service à Lihons dès 1916, ce matériel fut employé en 1917 dans l’armée d’Orient.
- VIII. Services rendus par le repérage, et le réglage par le son. - On peut juger, par ce qui précède, que les débuts des repé-reurs par le son furent pénibles. Les résultats, on l’a vu, commencèrent par jeter sur la méthode elle-même un fâcheux discrédit. Devant les anomalies engendrées par l’onde de choc, insoupçonnée de beaucoup de
- Fragment d'une bande portant l'inscription d'une salve française (canon de go) par 4 postes enregistreurs.
- Un obus, le 2% n’a pas éclat Les deux derniers ont eu à peu près la même durée de trajet. Au contraire il y a un écart anormal entre la d lée de trajet du premier et du troisième par exemple. Ceite anomalie peut provenir du mauvais pointage de la pièce ou des munitions.
- Ch, onde de choc. — D, ond e de bouche.
- E, éclatement.
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- gens au début de la guerre, plusieurs se laissèrent aller au découragement. On vit aussi des physiciens renommés, blasphémer, au cours de leurs recherches, le grand Régnault lui-même et aller jusqu’à le soupçonner d’erreur dans la mesure de la vitesse du son : que l’amour effréné de la patrie suffise à excuser de tels égarements ! D’autres en vinrent à la neurasthénie et abandonnèrent la tâche, après y avoir montré un véritable et admirable acharnement. Cependant, les incrédules formaient autour des repéreurs par le son une galerie assez goguenarde. On était encore au début, nous avions de larges réserves de cette gaieté nationale, arme précieuse elle aussi, et une batterie boche « placée » par les repéreurs au milieu d’un étang, engendrait, une fois la bévue démontrée, une joie homérique dans les popotes de l'artillerie, v Puis, l’automatisme se substituant peu à peu aux tops exécutés à la main, les erreurs d’observation disparaissant progressivement, l’effet du travail intense exécuté à l’arrière se fit sentir sur le front. A partir de juin 1916 (voir V), les progrès devaient être rapides et continus. Les détracteurs
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- Le réglage par le son à son tour faisait son apparition dans la pratique. Limité d’abord à des essais localisés, il conquiert progressivement droit de cité en artillerie.
- L’aviation contrôlant par des photographies impressionnantes les groupements réalisés au moyen de cette méthode nouvelle, achève de lever les derniers doutes. Et, de tous côtés, des renseignements contrôlés avec soin finissent par mettre à la place méritée les méthodes acoustiques. Place d’honneur, peut-on dire, puisque, en 1918, lors du
- Fig. ii.
- Système 1Dufour. — L'écouteur.
- du repérage se rendaient les uns après les autres à l’évidence. La portée efficace des sections augmentait et permettait de déceler la grosse pièce de Nancy, et les unes après les autres, toutes les
- Fig. 12. — Principe du matériel Bull.
- A, cinématographe.
- 00', galvanomètre à corde.
- L F, système optique.
- R, roue phonique donnant l’inscription du temps.
- pièces analogues. Le nombre des sections augmentait de même et leur réseau couvrait le Iront d’une ligne continue dès le milieu de 1917.
- bombardement de Paris par les pièces longues, le repérage par le son, depuis longtemps coutumier de cet exploit, a eu l’honneur de déceler, par ses mesures systématiquement concordantes, les vrais emplacements de ces pièces, alors que l’aviation, trompée par les faux emplacements construits par l’ennemi, les situait, en toute bonne foi, à trois cents mètres de leur vraie place.
- C’est ici le moment de rendre l’hommage qu’il mérite au personnel d’élite, qui a permis, par un dévouement continu et sans se laisser rebuter par la plus ingrate des tâches, de surmonter tant d’obstacles. Longtemps considéré comme une situation de tout repos, le métier des S. R. S. [Sections de repérage par le son) mieux connu de tous les organes de l’armée, fut classé tardivement parmi les métiers « combattants ». Et, de fait, la construction et la réparation permanente des réseaux de lignes sous les bombardements les plus violents de jour et de nuit, exigeaient du personnel chargé
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- de cet office une abnégation d’autant plus méritoire que chaque homme travaillait fréquemment isolé, souvent perdu la .nuit dans les bois bombardés ou noyé dans les inexprimables cohues des périodes d’attaque. Dessinateurs, et calculateurs du poste central, dont le sang-froid avait 'a triompher d’émotions largement justifiées, monteurs de ligne et hommes des postes d’observation, dont le rôle consistait à sortir, dès que le marmitage, brusquement déclenché, hachait les fils télégraphiques, tous,
- peut-on dire, ont connu des heures difficiles. Mais c’est, pour la grande majorité, dans la certitude que leurs efforts, en achevant la vulgarisation d’une méthode efficace insuffisamment connue, accroissaient la puissance de nos armées, qu’ils ont puisé, depuis les techniciens chargés de la plus lourde responsabilité, jusqu’aux derniers exécutants, la foi et le courage dont tous ont eu besoin.
- îf: ^ ^
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances des mois de mai et juin 1919.
- Force contre-électromotrice de polarisation dans l’acide sulfurique. — Dans la note communiquée par M.* Le Chatelier, M. Albert Noyés établit que la force contre-électromotrice d’une solution de S04H2, c’est-à-
- dire le potentiel minimum sous lequel l’électrolyse se produit, diminue avec la température. De ‘20° à 60° en passant de l’,68 à lr,56 elle est sensiblemenUpropor-
- tionnelle à
- 1
- t + 273
- • De 60° à 120°, les variations sont
- plus brusques (1T,56 — 0’,92) enfin à 190°, le minimum de 0t,80 est définitivement acquis.
- La genèse du cancer. — En rapport avec leur activité hislogénétique, l’hydratation est un phénomène commun à tous les tissus à croissance rapide; elle entraîne, dans le cas du cancer du foie une diminution des matières organiques et inorganiques du résidu total, contrairement à ce qui se passe dans le poumon tuberculisé. M. Albert Robin en déduit pour le cancer, le processus suivant : tout d’abord dissociation des protéiques de l’organe, puis réaction de celui-ci intégrant les amino-acides dissociés dans quelques cellules, imprimant ainsi à ces dernières un rapide développement.
- Élections. — Le mois de mai a été marqué par les élections de M. Hilaire de Chardonnet, dans la division des Applications de la science à l’industrie, et de M. Édouard Goursat, élu membre de la section de géométrie, en remplacement de M. Emile Picard, devenu secrétaire perpétuel.
- rappelé les heureux résultats obtenus par la mission du lieutenant-colonel Tilho, au centre de l’Afrique. Cet officier a pu soumettre à l’Académie, une esquisse géographique du Tibesti, du Borkou et de l’Ennedi, qui permet de résoudre le problème des relations naturelles entre les bassins du Tchad et du Nil.
- Un procédé de sondage en mer. — Se basant sur la propagation du son dans l’eau, M. Marti fait détoner une petite charge d’explosif, à côté du bateau en marche, alors qu’un microphone fixé à une distance déterminée recueille la détonation et l’écho produit par la réflexion sur le fond; un chronographe mesure avec précision l’intervalle qui les sépare, et la méthode est suffisam-
- 4
- ment au point pour qu’à un temps voisin de de seconde corresponde une approximation de 1 mètre, même par une mer assez agitée, à la vitesse de 10 nœuds, moyenne de nos cargo-boats et de nos steamers.
- Les oscillations électriques de haute fréquence. — M. Abraham et Eugène Bloch déterminent la période en utilisant un multivibrateur, dont la fréquence fondamentale est comparée à celle d’un diapason étalonné, dont on combine l’emploi avec une méthode de résonance électrique; les harmoniques du multivibrateur se comparent ainsi aux oscillations propres du circuit de haute fréquence. La précision atteinte par cette détermination directe en valeur absolue, touche au millième et la méthode rappelle dans ses grandes lignes, le procédé de Michelson, comparant le mètre, aux longueurs d’ondes du spectre lumineux.
- Sur l’unifcalion du temps astronomique et du temps civil? — M. Bigourdan rappelle que pour les usages civils, l’habitude est de placer l’origine du jour de 24 heures, au milieu de la nuit. Les astronomes ont cependant gardé depuis Ptolémée la coutume de compter à partir de midi, si bien qu’il y a un décalage de 12 heures, et depuis plus d’un siècle, c’est en vain que le Bureau des Longitudes, a tenté, comme le demandait Laplace, de le faire disparaître. La routine Ta toujours emporté sur la logique et ce n’est qu’à partir de 1923, qu’aux États-Unis et en Angleterre, l’origine des temps sera fixée à minuit par Y American Ephemeris.
- Une mission scientifique de l'Institut de France. — En une longue étude (n° 2344) La Nature a récemment
- L’interversion du. saccharose. — MM. Abelous et Eloy rappellent que le dédoublement du saccharose en deux molécules de sucres fermentescibles, nécessite l’ionisation de l’eau et celle-ci est favorisée par la pulvérisation. Reprenant les recherches de Bloch, de Brizard et de de Broglie, les auteurs montrent que cinq passages au pulvérisateur de Richardson, ont la même action qu’un contact de la solution, avec quatre gouttes d’acide chlorhydrique pendant 40 minutes. De plus, l’addition d’un électrolyte augmente considérablement cette action très curieuse de la pulvérisation.
- Les conserves de fruits dans l’eau pure. — Opérant sur des fruits provenant du commerce de détail — cerises, groseilles, framboises, prunes, abricots, etc.
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- OUTILLAGE PNEUMATIQUE POUR PETITES INDUSTRIES :-79
- — M. Gabriel Bertrand a pu montrer par des expériencés portant sur 42 flacons, au cours d’une période de onze mois, qu’il est possible d’obtenir d’excellentes conserves, par soustraction de l’air, dans de simples flacons, remplis d’eau, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter du sucre ou de soumettre à une action prolongée de la chaleur.
- La formation artificielle de l’urée chez les végétaux.
- — La théorie actuelle de l’uréogénèse, fait dériver cette diamidede l’acide carbonique, corps incombustible; elle est donc sans lien chimique avec le mécanisme de la nu-
- trition. M. Fosse a' montré récemment qu’il existe une relation étroite entre la glycogénèse et la formation de l’urée. Il a pu établir ensuite que l’aldéhyde formique et l’acide cyanhydrique sont des termes précurseurs de l’amide et que le premier se forme dans l’oxydation artificielle des hydrates de carbone, en milieu ammoniacal. Alors que le glucose fournit 70 p. 100 de CO (Az FI2)2, l’aldéhyde (ou l’urotropine) en donne 140 pour 100. Premier terme supposé de l’assimilation chlorophyllienne, H. CHO, participerait ainsi à la synthèse des principes naturels.
- Paul B.
- OUTILLAGE PNEUMATIQUE POUR PETITES INDUSTRIES
- La commande pneumatique des outils à percussion tels que burins, marteaux, etc., offre des avantages de rapidilé, d’économie qui sont aujourd’hui de plus en plus appréciés. Malheureusement, ils exigent une distribution d’air comprimé, seules des installations importantes peuvent en envisager les frais d’établissement.
- Le petit industriel, l’artisan moyen étaient donc
- par un cylindre en fonte dans lequel se meuvent deux pistons A et B, munis de segments pour assurer une bonne étanchéité. Le mouvement de va et vient de ces pistons est assuré par un arbre manivelle qui tourne dans des roulements à billes, dont les coussinets sont fixés à la paroi du cylindre; cet arbre est commandé par une manivelle C, les pistons et toutes les articulations sont munis de billes pour assurer un bon fonctionnement. Chaque piston comporte une soupape réglable qui forme distribution
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- Fig. i. — Coupe de l’appareil à air comprimé.
- A B. Pistons du compresseur d’air.
- C. Vilebrequin donnant aux pistons leur mouvement de va-et-vient.
- D. Plateaux d’accouplement du compresseur avec le moteur électrique.
- E F. Tuyaux de fonction du compresseur avec l’outil.
- G. Outil à air comprimé.
- 1. Piston moteur de l’outil à air comprimé.
- 2. Fleuret creux.
- 3. Tuyaux de jonction entre les deux faces du piston à air comprimé, permettant de
- souffler de l’air dans le tube du fleuret.
- jusqu’ici privés du bénéfice des outils pneumatiques.
- Pour moderniser à ce point de vue leur outillage il est nécessaire pour eux de disposer d’un appareil portatif qui produise l’air comprimé sur le lieu même d’utilisation. Ceci est obtenu par un petit appareil imaginé par l’inventeur italien Curti, qui réalise sur un chariot un compresseur d’air commandé soit par un moteur électrique de préférence, soit par un moteur à essence.
- L’appareil se compose d’un moteur (fig. 1), qui est relié par un accouplement élastique à un petit compresseur d’air. Ce compresseur est constitué
- analogue à celle d’un tiroir. Voici comment le fonctionnement s’opère. Chaque fond de cylindre communique avec une extrémité du cylindre d’utilisation de l’air comprimé. Dans ce cylindre se meut une manette 1 qui frappe sur la tête de l’outil 2. Pour la descente de la manette l’air est comprimé sur la face supérieure et aspiré sur la face inférieure. La manœuvre inverse se produit pendant le mouvement de remontée de la manette.
- Tous ces organes exigent un graissage parfait et pour cela des tampons de visite sont ménagés dans le cylindre, qui contient les deux pistons. La figure 1
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- 80 :.OUTILLAGE PNEUMATIQUE POUR PETITES INDUSTRIES
- représente Temploi d’un foret perforateür, Dans ce cas spécial le foret est creux, de manière à pouvoir souffler de l’air pour nettoyer le trou et enlever les détritus produits. Cet air est amené au tiers du foret de la partie supérieure de l’appareil utilisateur par un petit tube de caoutchouc 3. L’appareil compresseur est relié de même à l’appareil utilisateur par des tubes de caoutchouc qui ont une longueur maximum de 3 m. 50. L’ensemble est supporté par un socle en fonte qui est placé sur un
- chariot à deux roues. Pour ébarber les pièces de fonte, on emploiera également les burins pneumatiques. Pour opérer le tassement de la terre dans les moules de fonderie, pour garnir les moules de pièces en ciment armé, on utilisera des marteaux pneumatiques dont la tête sera munie d’un épanouissement plat.
- Une application intéressante est celle qu’on peut en faire au travail de la pierre, du marbre ou du bois. On obtiendra ainsi facilement et sans fatigue
- Fig. 2 à 6. — 2. En haut à droite, perforation d'une roche. — 3. A gauche, burinage d'une plaque d’acier. 4. En bas à gauche, Sculpture du marbre. — 5 et 6. En bas à droite, percuteur pour dessins. Appareil
- sur table pour dessins.
- chariot ou un traîneau suivant les endroits d’utilisation, ateliers, chantiers, carrières, etc.
- Voyons rapidement les emplois de cet appareil.
- Dans les mines ou carrières (fig. 2), on utilisera l’appareil Curti monté sur traîneau pour le forage des roches. Dans les carrières seulement le moteur à essence pourra être utilisé, car il est préférable d’employer le moteur électrique dans les mines.
- Dans les ateliers de constructions métalliques ou mécaniques cet appareil fera fonctionner des marteaux rivoirs, des moteurs, des burins. La figure 3 représente un ouvrier travaillant au burin pneumatique dans un atelier. L’appareil est monté Sur
- manuelle des pièces sculptées ou modelées, comme le représente la figure 4.
- Enfin on peut utiliser un petit percuteur spécial (fig. 5), qui pourra être utilisé pour reproduire des dessins par piquage, sur du papier ou de l’étoffe. Dans ce dernier cas l’appareil qui est moins volumineux sera posé directement sur la table (fig. 6). On peut même l’utiliser avec un pantographe spécial à la reproduction des dessins agrandis ou réduits suivant le cas.
- Nous pensons que l’appareil Curti pourra rendre service en beaucoup de cas et d’une manière économique. E.-H. Weiss.
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- Fig. i. — Les fucus.
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- L’ÉTUDE DE LA MER DE M. MÉHEUT
- véritable révélation. La foule, qui se pressait dans ces salles, ne cessait d’admirer la richesse et la grâce des formes, la beauté d’attitudes, les merveilleuses colorations de toute cette faune et de toute cette flore qui grouillent aux pieds des baigneurs de nos
- ’art décoratif a souvent utilisé admirablement les formes et les couleurs des plantes et des animaux, mais peu d’interprétations avaient été tentées du monde de la mer. Tout au plus quelques algues, quelques crabes, quelques poissons et l’horrible et merveilleuse pieuvre avaient-ils fourni à un petit nombre d’artistes des motifs nouveaux. Peut-être, cette répétition des mêmes sujets tenait-elle à ce qu’ils sont les plus familiers et les plus faciles à observer et à connaître, mais on se privai t ainsi d’un très grand nombre de formes et de colorations remarquables. Le mérite de Mathurin Méheul sera d’avoir étudié la mer, ses plantes et ses habitants et d’en avoir tiré, pour la plus grande joie de nos yeux, tout un monde de motifs décoratifs inattendus.
- L’exposition de ses œuvres, qui eut lieu en 1914 dernier au Pavillon de Marsan, au Louvre, fut une
- Fig. 3. — Le Chabot de mer (Cottus bubalis).
- plages et que si peu avaient su regarder. La reproduction de la plupart de ces études venait de paraître (') quand la guerre éclata. Malgré le temps
- 1. Étude de la mer ; Manche et Océan, par M. Méiieüt, texte par M. P. Yerneuil, 2 vol., in-4°. Librairie centrale des Beaux-Arts, Paris.
- Fig. 2. L’hippocampe.
- Fig. 4. — Le,Poisson lune (Orthagoriscus mola).
- 47e Année — 2‘ Semestre. — N” 2567. — 0 Août 1919. 6 — 81.
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- Fig. 5. — Seiches attaquant un Crabe.
- écoulé depuis, nous ne voulons pas manquer de présenter à nos lecteurs quelques-uns des beaux dessins de Méheut, grâce à l’obligeance de son éditeur, la Librairie centrale des Beaux-Arts.
- Si Méheut était simplement un décorateur riche d’imagination, cherchant seulement de nouvelles interprétations plus ou moins stylisées de formes vivantes déjà connues, nous laisserions le soin de parler de son œuvre aux revues d’art; mais ce n’est pas ce qu’il a fait et une revue scientifique comme La Nature se doit de signaler à ses lecteurs une œuvre d’observation, scientifique pourrait-on dire, où la vérité des formes et des mouvements n’est jamais sacrifiée à la tendance décorative. Comme le dit M. lé professeur Yves Delage dans la préface de l’ouvrage, « voici un livre sur la mer qui n’est ni l’œuvre sèche d’urt naturaliste peu soucieux des
- questions d’art, ni l’œuvre fantaisiste d’un artiste ignorant de la biologie ». Il peut satisfaire à la fois l’artiste et le savant.
- Pour mener à bien une œuvre aussi considérable, Méheut, déjà habitué à l’observation exacte par de consciencieuses études sur les animaux et les plantes, a fait ce que beaucoup d’artistes devraient faire : il a demandé l’hospitalité à un laboratoire scientifique. Pendant deux années entières, il a vécu à la station biologique de Roscoff, au milieu des naturalistes de1 la Faculté des Sciences de Paris, s’initiant à leurs recherches, se renseignant auprès d’eux sur les animaux de la côte, leurs mœurs, leur anatomie, recevant mille indications utiles sur leur habitat, leur genre de vie.
- Avec ardeur et enthousiasme, Méheut parcourut la côte, surprenant les bêtes dans leur milieu, dans
- Fig. O. — Une Méduse (Chrysaora isosceles).
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- Fig. 7.
- Craies divers' du maert montrant les diverses pigmentations de leur carapace.
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- L’ÉTUDE DE LA MER DE M. MÉHEUT
- 1. Scyllaire (Scyllarus arctus).
- 2. Galathées.
- 3. Spirographes.
- 4. Chiton (Acanthochites discrepansj.
- 5. Ophiure fragile.
- 6. Oursin (Paracentrotus lividus).
- 7. Méduse (Rhizostoma Cuvieri).
- 8. Actinie (Tealia felina).
- 9. Lucernaire.
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- Voici des ornements tout préparés, tout stylisés : oursins, ophiures, actinies, Iucer-naires, qui mêlent à une régularité dans la répétition du même motif je ne sais quelle variété qui est le propre de la vie; l’orbe des Spirographes est plus gracieuse que tout ce qu’on peut imaginer. Le chiton offrirait au décorateur un modèle d’applique toute prête, tel poisson une entrée de serrure; une méduse, un lustre ou une pomme d’escalier. Au point de vue scientifique, je ne connais pas de description plus saisissante que certains croquis de Méheut, tels ceux qui nous montrent les pieuvres et les seiches guettant ou combattant des crabes et des poissons. Quels drames, de la mer que cette attaque d’une pieuvre par des congres ou que la capture d’un syngnathe par une actinie. Mais il faudrait tout citer, car chaque dessin nous révèle un nouvel aspect de ce monde ondoyant et divers et nous suggère de nouvelles ornementations. Je préfère laisser la place à quelques illustrations.
- Ce quelles ne pourront faire connaître, ce sont les couleurs, vives, violentes, heurtées et harmonieuses tout à la fois de ce monde de la mer. Les homards sont d’un bleu de Prusse profond, les moules bleues violacées, lés cycloptères rouges et violets comme une assemblée d’évêques; les labres sont verts et rouges, bleus et jaunes, de tons purs, vifs, francs, qui s’opposent, qui jouent sur le fond neutre de la mer ; et les raies portent sur le dos une mosaïque plus riche et plus fine de tons que les plus beaux tapis d’Orient.
- L’oeuvre de Méheut est donc une des plus originales recherches d’art décoratif que nous ayons
- vue depuis longtemps. C’est aussi une fort belle oeuvre de science, et pôur l’heureuse association — trop rare — de ces deux qualités, elle méritait d’être signalée au public scientifique. Je suis heureux de la présenter aux lecteurs de La Nature.
- Piené Merle.
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- L’aéronautique maritime a pris en France, durant I par la construction de ses appareils en France, la guerre, un développement général insoupçonné. L’aviation maritime existait à peine au début de De toutes parts il est question dans la presse quo- i la guerre. Les nombreux rapports publi 's et les tidienne de prouesses aéronautiques sur mer réali- I études entreprises, depuis 1911, n’avaient abouti
- ÇDÇQGlbÇÊ(P£n£_totâl_(arfttf^p/ièet] '5r?370_
- Fig. i. — Plan d’un hydravion de patrouille F. B. A.
- sées ou tentées à l’étranger par avions et dirigeables.
- Il est intéressant de voir comment les nécessités, créées surtout par la guerre sous-marine, ont amené peu à peu à créer un matériel considérable d’aviation et d’aérostation, à foruu r un personnel nom-
- qu’àdesréalisationspratiques insignifiantes, puisque la seule formation d’aviation maritime existant le 2 août 1914 consistait en une escadrille embryonnaire de trois hydravions^Nieuport ; ces trois appareils n’avaient aucune rechange, mais étaient armés par un personnel d’élite dont les prouesses, sans
- Fig. 2. — Détail de construction de la coque centrale.
- breux, qui peuvent dans la paix rendre prochainement des services trop peu connus.
- Nous examinerons aujourd’hui le développement pris par l’aviation maritime et le stade atteint
- cesse renouvelées au cours de la guerre, allaient entraîner peu à peu une direction, d’abord défaillante et qui manquait au début de la foi nécessaire. Les réalisations sont cependant venues, quoique
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- L’AERONAUTIQUE MARITIME
- tardivement, et se chiffraient ainsi à la veille de l'armistice. L'aviation maritime comptait, le 10 novembre 1918, 44 centres d’avialion maritime et 12 escadrilles côtières comprenant un millier d’appareils armés.
- L’aviaiion maritime, enFrance, est donc complètement née de la guerre. Au moment où chacun sent plus ou moins confusément que la navigation
- L’aviation maritime répond évidemment aux mêmes nécessités militaires que l’aviation terrestre. Elle a les mêmes services à assurer, mais dans des conditions entièrement différentes.
- Ces services peuvent être ainsi classés :
- 1° L’éclairage et la recherche des renseignements pour les forces militaires et navales avec lesquels elle est en liaison ;
- Envergure ijayvmum_ JSÇ&O(J
- lt/sl _ _ Z'xZJMiôflIXr -
- Fig. 3. -
- Vue de face.
- aérienne apportera tôt ou tard dans h vie de notre planète des modifications considérables, il est intéressant d’élablir le bilan actuel de l’aviaiion maritime; de l’aviation qui a en partage le vol au-dessus de la surface des eaux douces et salées, c’est-à-dire en fait au-dessus des 4/5 de la surface du globe.
- La Grande-Bretagne, d’abord, les États-Unis ensuite, ont senti très nettement le rôle que l’aviation maritime peut jouer immédiatement dans la vie des grands empires. Un effort trop insoupçonné en France est tenté actuellement par les Anglo-Saxons pour acquérir la maîtrise de l’air. Il importe de nous rappeler une fois de plus,*ql’il est des terres françaises éparpillées sur toutes les mers du globe, que notre pavillon flotte sur le dixième de la surface des terres émergées, et que nous sommes parmi les premiers peuples intéressés à tous les progrès de la navigation aérienne et appelés à en recueillir les plus grands bénéfices.
- Nous comprendrons ainsi mieux l’impression de gêne que chacun de nous a ressentie, en voyant les efforts américains et anglais s’exerçant heureusement sur la traversée symbolique de l’Atlantique,alors que nous restons dans un recueillement peu digne des grands vainqueurs que nous pourrions être dans cette voie, comme dans beaucoup d’autres.
- 2° Le réglage du tir des formations d’artillerie, que celles-ci consistent en batteries d’artillerie de terre ou en navires cuirassés;
- 3° L’attaque des formations et des organisations ennemies sous toutes leurs formes, qu’il s’agisse de l’aéronautique ou des organisations terrestres de l’ennemi.
- Mais si la nature des services à rendre est identique, les conditions dans lesquelles ces services sont rendus diffèrent beaucoup; la machine volante à employer est celle qui s’adapte le mieux à l’atteinte du but visé. C’est ainsi que l’aviation maritime ne comprend pas uni-
- quement des hydravions, comme on le croit généralement. Suivant les objectifs qu’elle se propose, elle peut avoir à utiliser des hydravions pouvant prendre l ur départ sur l’eau et s’y poser et, également, des avions susceptibles de partir
- de plateformes mobiles et, au besoin, de les regagner ou se poser sur l’eau sans dommage.
- Il résulte, par ailleurs, d’autres conséquences des conditions particulières dans lesquelles opère l’aviation maritime; la navigation aérienne au-dessus de la mer exige un certain nombre minimum de connaissances marines et une grande pratique de la mer. Il est évident, par exemple, que les questions de départ et d’amerrissage, dès que la. mer n’est pas absolument calme, c'est-à-dire dans; le cas général, présentent toute une série de diffî—
- Encombrement /tortzontaf « 10 TS9Q
- Vue de profil,
- Fig. 4.
- *
- * *
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- L’AÉRONAUTIQUE MARITIME
- cultes variables dont l’atterrissage d’un avion ne peut donner une idée. Il s’agit, en efîet, de partir ou de se poser dans des sillons profonds, en mouvement constant, formant de véritables murs mobiles, sans aucune élasticité aux vitesses d’amerrissage ou de départ, et par ailleurs la panne qui se termine à terre avec l’atterrissage ne se termine pas aussi heureusement à la mer. Il s’agit, une fois l’amerrissage réalisé, de sauver de la mer le personnel et le matériel et c’est là une besogne où l’énergie et le sens marin sont indispensables ainsi que de nombreux cas l’ont prouvé au cours des hostilités.
- Multiples ont été, en effet, les exemples offerts soit par la marine anglaise, soit par la marine française, d’appareils ayant amerri au large, à la suite dépanné et dont le personnel et le matériel ont pu être sauvés après 10, voire même 12 et 13 jours de séjour en mer, même par mauvais temps, grâce évidemment au sang-froid et à l’énergie à toute épreuve du personnel, mais aussi grâce au sens marin et aux connaissances des aviateurs qui leur ont permis d’appliquer ces qualités fondamentales à l’utilisation
- En réalité, au cours de la guerre, les circonstances ont fait que l’aviation maritime française a surtout été employée à la recherche et à l’attaque des sous-marins ennemis. L’organisation des patrouilles aériennes, par avions et dirigeables, a eu pour résultat le plus certain d’écarter de notre
- littoral et de maintenir à une distance des côtes de plus en plus considérable les croisières des sous-marins allemands.
- En fait, il n’est pas d’exemple en France, qu’un convoi de navires marchands, muni d’une escorte aérienne, ait été attaqué, alors qu’il est bien permis de dire aujourd’hui que nombreux ont été les convois de jour et de nuit munis d’une escorte de bâtiments patrouilleurs qui ont été attaqués avec succès, en dépit de leur escorte et de la vigilance apportée par celle-ci dans sa tâche.
- L’aviation maritime a ainsi exercé autour de nos côtes, et dans tout le bassin de la Méditerranée, une veille active à laquelle a été dû en partie l’échec final de la guerre sous-marine. Mais ce n’est pas à dire que là se soit bornée son activité. En réalité ses formations ont été utilisées dans
- Fig. 5. — Vue latérale.
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- Fig. 6. — L’hydravion de patrouille F. B. A., i5o chev., moteur Hispano-Suiza.
- des faibles moyens nautiques dont ils disposaient.
- Il est encore plus évident que la navigation aérienne au large exige, pour la reconnaissance des objectifs, des connaissances toutes particulières.
- d’autres branches de l’activité aérienne suivant h s nécessités de la guerre.
- C’est ainsi qu’au début des hostilités, la seule escadrille existante, transportée à Port-Saïd et mise au service de l’armée anglaise d’Égypte, a rendu à celle-ci les plus signalés services. Armée par un
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- r L’AÉRONAUTIQUE MARITIME
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- personnel d’un courage à toute épreuve et n’ayant cependant à sa disposition que des moyens de fortune, les avions de cette formation entreprirent des
- Il est intéressant de faire connaître à quel point était arrivée, à l’issue de la guerre, l’aviation maritime, car il est évident que, en temps de paix, c’est
- Fig. 7. — Hydravion Henriot, monoplace bimitrailleur, utilisé à Dunkerque en igi'-rS.
- reconnaissances à grande portée, au-dessus de zones désertiques, pour observer les mouvements des armées turques vers la Mésopotamie et le canal de Suez.
- Tour à tour, ces appareils, employés à tous les services, travaillèrent tout le long des côtes turques, depuis les Dardanelles jusqu’à Djeddah, le port de la Mecque, ayant comme centres 2 navires marchands aménagés à faux frais pour mettre à l’eau et embarquer facilement les appareils.
- On imagine aisément les difficultés d’une telle tâche, entreprise avec des hydravions qui allèrent ainsi couramment à 150 km à l’intérieur des terres, parfois 200 km, en passant au-dessus de montagnes de 2000 m. Leurs missions étaient 'rendues d’autant plus dangereuses que la nature des lieux et celle du matériel obligeaient à voler à basse altitude. Les pertes certes furent considérables, mais il est intéressant de noter qu’aucun des atterrissages forcés de ces hydravions n’entraîna d’accident de personne.
- celle dont l’usage pourra être le plus rapidement adapté aux besoins de la vie courante.
- Les plus belles perspectives qui s’offrent, en effet, à l’heure actuelle à l’aviation sont sur la mer et dans les pays neufs, là où sa qualité essentielle, la vitesse, prend toute sa valeur vis-à-vis d’autres moyens de locomotion infiniment moins rapides ou
- inexistants, là où son emploi peut être réellement économique dans des régions où les routes et voies ferrées sont rares.
- Des avions utilisés par la Marine, il n’y a rien à dire : ce ne sont que des avions terrestres, munis autant que possible de dispositifs de sécurité qui leur permettent d’amerrir sans danger et de rester à flot en attendant des secours.
- Les hydravions peuvent par contre être classés en 2 catégories : les hydravions à flotteurs et les hydravions à coques.
- Les hydravions à flotteurs ont été la première catégorie réalisée; ce sont, à vrai dire, des avions dérivés des appareils terrestres en remplaçant le train d’atterrissage par des flotteurs. Ils ont l’avan-
- Fig. 8. — Hydroplace Cierget d'école et de bord. Utilisé sur le Campinas, bâtiment porte-avion de 1916 à 1918 dans la Méditerranée.
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- tage de permettre un meilleur centrage de l’appareil, surtout pour les hydravions de dimensions restreintes tels que les hydravions de chasse.
- L’hydravion à flotteurs Nieuport utilisé en 1914 avait des qualités tout à fait remarquables, mais sa construction ne put être poursuivie, la maison Nieuport ayant cessé de construire pour la Marine et l’Aéronautique maritime employa surtout des hydravions à coque.
- Les hydravions à flotteurs continuèrent cependant à être employés pour l’aviation de chasse.
- de continuité, exactement comme sur les hydro-planes, ou bateaux glisseurs réalisés avant la guerre.
- Les coques et flotteurs étaient primitivement construits en contreplaqué de bouleau de Russie. L’augmentation de la dimension des appareils a conduit peu à peu à leur donner une construction plus solide, et aujourd’hui celle-ci est analogue à celle d’embarcations de mer ordinaires : l’armature est composée de lisses et de couples sur lesquels s’appuie le bordé, et il existe en outre plusieurs cloisons étanches pour mieux garantir la flottabilité
- Caractéristiques des principaux types d’hydravions de la Marine française.
- ENVERGURE CHARGE POIDS CHARGE UTILE TITESSE
- MARQUE ET TYPE d'ailes LOS- HAU- SURFACE par in2 X*. maiima
- MOTEURS GUEUR TEUR de à Équi- Arme- palier
- DE L’APPAREIL totale. totale. Toilare. de de marche. Essence ment,
- Super. Infér. Toiture. vide. Imite. page. eau, divers. sot.
- 1 Hispano-Suiza de m2 kg km/h
- F. B. A. type 5, (200 HP de 2450 t/m 15,60 11,55 10,85 3., 65 46,40 34,5 1000 1600 200 160 240 140
- biplan à coque. } au
- régime maximum.
- D. D. biplace rapide, Id. 14,20 9,21 10,80 3,50 36,00 41,8 940 1540 200 160 240 150
- biplan à coque.
- D. D. biplace de bombardement, ( Id. 16,28 12,10 10,80 3,75 45,77 36,7 970 1670 200 160 340 130
- biplan à coque.
- D D. triplace, , biplan à coque. Id. Id. Id. Id. Id. 50,00 33,6 980 1730 200 240 310 132
- T. Tellier, biplan à coque. T. Tellier-canon Id. 15,60 11,60 11,84 3,40 47,00 56,1 1100 1700 200 160 240 135
- de 47 mm, Id. Id. Id. Id. Id. 47 ,00 38,5 1200 1800 200 160 240 130
- biplan à coque. Hanriot-Dupont, Clergetde 150 IIP 540 80 80 40 190
- biplan à 2 flotteurs. ^ i de 1250 t/m au 8,50 7,20 7,00 2,50 18,40 41,1 740
- régime maximum 8 à 12
- (
- Donnct, biplan à coque centrale. 3 Lorraine 350 HP. 31,20 7515 heures de vol. 5 hommes 140
- Tellier, biplan-canon à coque centrale. 5 Ilispano 250 HP. 50,00 6835 Id. Id. 140
- Lévy, 3 Lorraine 350 HP. 26,00 7000 Id. Id. 140
- triplan à coque centrale.
- Lalliam, ! 3 Panhard 350 HP. 1 30,00 7000 Id. Id. 140
- biplan à coque centrale. f
- Les hydravions à coque, qui furent employés presque exclusivement en France pour le service de patrouille, sont en principe des bateaux volants (les Anglais les appellent « flying boats »). Ce sont, en somme, des appareils dont le corps est constitué par une emb ircation de mer, qui assure la flottabilité; des ballonnets, placés aux bouts d’aile, assurent la stabilité latérale sur l’eau. Ces ballonnets sont évidemment indispensables pour éviter sur l’eau le chavirement de l’appareil, chargé dans les hauts.
- Tout en ayant des formes marines, la coque ou les flotteurs sur lesquels a lieu le glissement au départ et à l’arrivée, doivent offrir des surfaces de frottement spécialement étudiées. Les lignes du dessous de la coque ou des flotteurs comportent, à cet effet, un ou plusieurs redans formant solution
- En fait, au cours de la guerre, l’emploi intensif des hydravions, quelles que fussent les circonstances du temps, a obligé à améliorer sans cesse les formes de coques qui se rapprochent de plus en plus de celle des embarcations marines ordinaires.
- Ën même temps que les qualités nautiques des hydravions à coque, devenaient plus satisfaisantes, de grands progrès étaient réalisés dans leurs qualités aériennes.
- L’obligation de soustraire l’hélice au contact de l’eau à l’amerrissage et au départ avait fait placer le moteur sur une « cabane » élevée au-dessus de la coque. Il en résultait un défaut de centrage de l’appareil, dont l’équilibre n’était assuré que pour une ligne de vol et une allure de moteur déterminées. Si une rupture quelconque de cet équilibre
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- se produisait, le rétablissement ne pouvait être obtenu que par l’action du pilote. On conçoit que la manœuvre de ces appareils ait été plus délicate que celle des avions terrestres et ait exigé une attention plus soutenue de la part des pilotes.
- Mais de grandes améliorations ont été apportées aux premiers hydravions à coque. L’augmentaii<>n de leurs dimensions et des formes mieux étudiées ont permis de réduire beaucoup leurs défauts.
- Sur ces appareils, en résumé on paye d’une diminution de la sécurité en l’air la nécessité de la sécurité sur la mer dont on doit reprendre tôt ou tard le contact. A vrai dire, on comprend que cette conception l’ait emporté sur toute autre considération tant que les hydravions n’ont eu que
- 1 ou 2 moteurs. Aujourd’hui qu’on réalise des hydravions ayant suffisamment de moteurs pour tenir l’air, l’un d’eux étant en panne, il est possible que l’on ajoute moins d’importance aux qualités purement nautiques des appareils.
- Au surplus, au fur et à mesure que l’on est amené à accroître la puissance des moteurs, il a fallu donner à ceux-ci une assise plus solide et des hydravions à 2 coques sont déjà réalisés : des poids importants peuvent être ainsi placés entre les
- 2 coques, tout en laissant aux appareils une bonne stabilité.
- Au point de vue de la voilure, les appareils monoplans Nieuporl du début ont entièrement disparu et la plupart des hydravions sont du type biplan. Quelques essais de triplan ont bien été tentés, mais sans résultat très heureux jusqu’à ce jour, car ces appareils possédant un fuselage élevé ont naturellement une moins bonne tenue sur l'eau que les biplans. En fait, les appareils biplans ont le grand avantage d'offrir un maximum de solidité pour un minimum de haubannage, sans avoir cependant une envergure démesurée.
- En résumé, les caractéristiques auxquelles répondaient les derniers types d’hydravions entrés en service en France à la veille de l’armistice sont indiquées dans le tableau de la page précédente.
- Les derniers types qui figurent dans ce tableau se réfèrent aux hydravions à grand rayon d’action conçus pour assurer la surveillance en haute mer. Primitivement destinés à assurer l’accroissement de la zone de sécurité vis-à-\is des attaques des sous-marins au large de nos côtes, ces appareils
- sont ceux qui se présentent les plus immédiatement utilisables au point de vue civil. Leur endurance et leur rayon d’action considérables joints à la sécurité relative donnée par 3 moteurs dont 2 suffisent pour assurer la sustentation de l’appareil leur permettraient d’effectuer dans des conditions de régularité convenables un service commercial aérien. Ces appareils peuvent à ce point de vue enlever un poids de marchandises de 600 kg, avec un équipage de 2 hommes et une quantité d’essence et d’huile suffisantes pour un vol de 8 heures représentant une distance franchie de 1000 km au moins.
- Ce sont des appareils analogues avec lesquels l’aviation maritime américaine a réussi le magnifique exploit que l’on sait : 3 appareils partis de Terre-Neuve sont arrivés aux Açores. La subite arrivée de la brume dans les parages de ces îles a gêné l’arrivée des deux derniers qui ont dù amerrir aux environs des îles, mais ce phénomène météorologique n’infirme en rien la qualité des appareils.
- Ce coup d'essai réussi sera gros de conséquences pour l’avenir. Sa réalisation a sans doute coûté une somme de 30 millions aux Etats-Unis pour les dépenses de combustible et de matériel des nombreux navires chargés non pas tant de jalonner la route que de pouvoir venir en aide aux aviateurs en cas de panne. Mais il est évident que l’industrie américaine ne tardera pas à les récupérer; et quoi qu'il en coûte d’avoir à faire une telle critique, on doit avoir le courage de mettre en parallèle le manque d’esprit de direction qui fait, par exemple, que pour réaliser une économie de 3 à 4 millions, les musions aéronauliques françaises dont l’envoi avait été prévu aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Extrême-Orient ne sont pas encore parties et ne partiront sans doute jamais. Quelle superbe occasion cependant nous est ainsi offerte d’accroître le rayonnement du nom français et de placer à l’étranger une partie des considérables fabrications d’avialion qui ont été prolongées au delà de l’Armistice, sans utilité nationale. Attendons les jours heureux qui viendront certainement, comme fruits de notre victoire militaire, où ceux qui prendront la direction des affaires de la France auront la notion des liaisons fondamentales qui doivent unir toutes les branches de l’activité nationale : diplomatique et politique, sociale et économique, scientifique et industrielle. Émile Gouault.
- LES ÉTOILES FILANTES
- Le mois d’août est une date astronomique célèbre pour les étoiles filantes. Elles se montrent, plus nombreuses qu’en aucune autre nuit de l’année, le 10 de ce mois, car à cette époque, dans sa révolution annuelle autour du Soleil, notre planète traverse un essaim considérable de ces corpuscules célestes. Leur nombre augmente graduellement les
- jours précédents et diminue ensuite. La traversée dure du 9 au 14, mais la partie la plus dense est franchie dans la nuit du 10 au 11. Ces météores paraissent, par perspective, émaner de la petite constellation de Persée, facile à trouver à gauche d’Andromède, au sud de Cassiopée, à droite de la brillante Capella. Le point d’émanation, ou radiant,
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- comme on l’appelle, est l’étoile êta, non loin de la belle étoile double orange et verte gamma d’Andromède. On donne à ces étoiles filantes du mois d’août
- matières météoriques ont pour effet d’accroître insensiblement la masse de notre globe, de ralentir légèrement son mouvement de rotation et
- Fig. i. — Les étoiles filantes du io août’.
- le nom de Perséides, à cause de la position du radiant. Nos aïeux les appelaient les Larmes de ; saint Laurent, parce que la fête de ce saint torturé sur un gril se célèbre à cette date du 10 août.
- Un autre essaim, non moins remarquable, mais moins populaire parce que noiis le rencontrons en une saison moins agréable et que le point radiant ne domine notre horizon qu’après minuit, se montre du 13 au 18 novembre — surtout le 14 — et émane de la constellation du Lion, vers l’étoile zêta. Sa position dans le ciel lui a fait donner le nom de Léonùles.
- Il y en a d’autres, moins importants. Du reste, aucune nuit de l’année ne se passe entièrement exempte d’étoiles filantes. D’après un calcul fait il y a une trentaine d’années par l’astronome américain Simon Neweomb, il nous en arrive environ 146 milliards par an, visibles à l’œil nu, et beaucoup plus de télescopiques ; ces chutes de
- d’accélérer le mouvement de révolution de la Lune.
- Les étoiles filantes du 10 août sont connues de tout le monde, parce qu’elles arrivent dans les belles et chaudes soirées de l’été qui favorisent, généralement, la contemplation du ciel. Lorsque celui-ci ést bien pur et sans lune, on peut compter,
- pendant les trois nuits des 10, 11 et 12 août, des centaines d’étoiles filantes, parfois des milliers.
- L’averse d’astéroïdes enflammés du '^novembre est souvent beaucoup plus abondante que la précédente. En 1799, 1835 et. 1866, les météores ont été si nombreux qu’on les a comparés à des pluies de feu, surtout aux deux premières dates. Les descriptions nombreuses qui en ont été données débordent d’admiration et d’enthousiasme. Pendant plusieurs
- heures, le ciel fut entièrement sillonné d’étoiles tombantes. On a évalué à 240 000 le nombre des météores visibles en la mémorable nuit du
- Radiant des Perséides du mois d’août.
- Fig. 2
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- Fig. 3. — Intersection de l’orbite des étoiles filantes avec le plan de l’orbite terrestre.
- 12 novembre 1799, et à tout autant ceux de la nuit du 15 novembre 1855.
- Parmi les autres dates caractérisées par des chutes d’étoiles filantes, nous pouvons remarquer aussi
- celle du 27 novembre, qui s’est révélée seulement en 1872. On en compta 15 890 à l’Observatoire du Collège romain, 55 400 à Turin, 20000 à Nice. On a évalué le nombre total à cent soixante mille. Elles arrivaient toutes du même point du ciel, situé vers la belle étoile gamma d’Andromède.
- Ce soir-là je me trouvais à Rome, comme - ’ je l’ai déjà ra-
- conté ailleurs dans le quartier delà villaMédicis, et favorisé d’un balcon donnant au sud. Cette admirable pluie d’étoiles est tombée devant mes yeux, pour ainsi dire, et j’ai l’éternel regret de ne pas les avoir ouverts pour la contempler.
- Convalescent d’une fièvre des marais pontins, j'avais dû rentrer immédiatement après le coucher du Soleil, qui ce soir-là avait paru du haut du Colisée s’endormir dans un lit de pourpre et d’or.
- Vous comprendrez sans peine, ami lecteur, quel désappointement j’ai éprouvé le lendemain matin, lorsque, me rendant à l’Observatoire, le P. See-chi me fit part de cet événement ! Comment l’avait-il observé lui-même ? Par le plus heureux des hasards : un sien ami, voyant pleuvoir les étoiles, monta lui demander l’explication d’un pareil phénomène.
- Il était alors 7h50ni. Le spectacle était commencé, mais il était loin d’être ter-
- Fig. 4.
- Orbite commune à la comète 1862-lIL et aux Per séides.
- Fig, 5. — Photographie d’une étoile filante (traînée régulière) surprise pendant une pose sur la comète de Brooks (observatoire Flammarion, à Juvisy.
- M. Quénisset, 3o août 1911, 9 h. 44 à 12 h. 28 m.).
- miné, et le célèbre astronome put contempler la pluie | queue étant formée sans cesse de nouvelles particules merveilleuse de près de quatorze mille météores. I qui s’éloignent du noyau. Plusieurs des photographies
- Cet événement fit un bruit considérable à Rome, et le pape lui-même n’y resta pas indifférent; car, quelques jours après, ayant eu l’honneur d’être reçu au Vatican, les premières paroles que Pie IX m’adressa furent celles-ci : «44-vez-vous vu la pluie de Danaé? » J’avais admiré, quelques jours auparavant, à Rome même, d’admirables Danaés peintes par les grands maîtres de l’école italienne,, dans un costume qui ne laissait rien à désirer ; mais je n’avais pas eu le
- privilège de me trouver sous la coupole du ciel pendant cette nouvelle pluie céleste, plus belle encore que celle de Jupiter.
- D’où viennent les étoiles filantes?
- De comètes mortes ou désagrégées, pour toutes celles qui suivent des orbites calculées, et qui se manifestent périodiquement.
- D’autres, sporadiques, surgissant de divers points imprévus du ciel, peuvent représenter des débris cosmiques errant dans l’immensité.
- Le Soleil exerce sur les comètes une force répulsive qui forme leurs queues et les chasse à l’opposé de cet astre. C’est une action un peu comparable à la nôtre, lorsque nous soufflons sur unebougiesansl’éteindre. Cette sorte de souffle agit constamment sur les comètes et les désagrège, la
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- prises à mon observatoire de Juvisy par MM. Qué-nisset et Baldet nous gardent de curieux spécimens de ces dislocations. Or, les particules détachées des queues cométaires continuent de graviter autour de l’astre solaire en suivant les mêmes orbites. Par conséquent, chaque comète doit avoir donné naissance à des essaims d’étoiles filantes voyageant dans l’espace sur les mêmes routes. Il suffit de chercher pour trouver. Tout le monde se souvient de la comète de Halley, qui est passée tout près de la Terre le 19 mai 1910. Eh bien, cinq ans après, en mai 1915, des étoiles filantes étaient remarquées, arrivant de son point de rencontre, i’étoilegamraa du Verseau.
- C’est l’illustre astronome Schiaparelli, directeur de l’Observatoire de Milan, qui a découvert l’identité des orbites des comètes et des étoiles filantes. Il a d’abord fait ces calculs pour les deux courants d’août et de novembre, et par une heureuse circonstance, il a trouvé que deux comètes très connues ont des orbites coïncidant précisément avec ces deux chaînes de météores. La première est la grande comète de 1862, qui passa au périhélie le 23 août de la même année, et dont la révolution est de 121 ans. Son orbite coïncide avec celle des météores du 10 août.
- La seconde est celle qui parut en 1866, dont la période est de 33 ans et qui fait partie des météores du 14 novembre.
- Le lecteur se représentera facilement l’intersection des orbites à laquelle est due la rencontre avec la Terre, par notre figure 5 qui met sous nos yeux l’orbite de notre planète autour du Soleil pendant les douze mois de l’année, et, presque perpendiculaire à cette orbite, celle des étoiles filantes du 10 août.
- Les étoiles filantes du 14 novembre, produites à l’intersection de l’orbite de la comète de 1866, forment une autre figure, qu’il serait superflu de dessiner ici. Celles du 27 novembre sont des débris de la comète de Biéla qui s est fendue en deux en 1846. Une catastrophe analogue est arrivée plus récemment, le 12 mai 1915, à la comète Melliph, et a été constatée par Barnard à l’Observatoire Yerkes.
- Ces jolies excursionnistes des plages célestes ne sont donc pas, comme le pense quelquefois le vulgaire ignorant, de véritables étoiles. Ce sont des atomes, des riens, de minuscules fragments provenant, comme nous venons de le dire, de la désagrégation des comètes. Elles nous arrivent de très loin, de milliers et de millions de kilomètres, et circulent par essaims autour du Soleil en suivant des ellipses très allongées. Ces petits corpuscules ne sont pas lumineux par eux-mêmes, mais à la rencontre avec notre planète, en pénétrant dans notre atmosphère, il se produit un frottement violent, déterminé par la vitesse du projectile cosmique, laquelle est, pour un objet arrivant de face, 'de 42 km par seconde, qui, s’ajoutant à celle de la Terre, laquelle est de 30 km, produit 72 km par seconde. La hauteur à leur arrivée est généralement de 110 km, et elle est de 80 km au moment de la disparition du météore. Or, on a observé des étoiles filantes à de plus grandes altitudes en core.
- Le rottement causé par cette rencontre dans les hauteurs de notre atmosphère transforme le mouvement en chaleur. Les molécules s’enflamment et brillent comme de véritables étoiles, d’un éclat souvent splendide.
- On peut les photographier, et je me fais un plaisir de mettre sous les yeux de nos lecteurs deux curieuses photographies prises à mon observatoire de Juvisy, par M. Quénisset, la première le 30 août 1911, pendant une pose de trois heures de la comète Brooks (qui a causé l’allongement des étoiles, la lunette restant braquée sur la comète) ; la seconde, plus curieuse encore peut-être par les deux gonflements ou accroissements de lumière visibles sur le sillage, pendant une pose de l1' 18f" sur la comète Iviess, le 29 juillet de la même année.
- M. Bosler, astronome à l’Observatoire deMeüdon, membre du Conseil de la Société astronomique de France, a récemment étudié dans un savant travail l’action des étoiles filantes et des uranolithes sur les orbites planétaires. Depuis que les calculs de Schiaparelli, de H. A. Newton et de Weiss ont établi sans réplique que les étoiles filantes sont les débris d’anciennes comètes évanouies, lentemp.nt
- Fig. 6. — Autre photographie d’une étoile filante. On remarque la variation, l’éclat de l’étoile pendant son passage (même observatoire (29 juillet 1911).
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- LA NATURE. — N° 2368.
- 16 AOUT 1919.
- L’ESTUROEON A PALETTE DU MISSISSIPI
- Jusqu’en ces dernières années, on considérait l’esturgeon comme un genre spécial à l’Ancien Continent, où il abondait dans tous les fleuves tributaires de la mer du Nord, de la Baltique et de la mer Noire. Cependant il est évident que le Polyodon spatula du Bas-Mississipi appartient à ce genre, dont il offre les principales caractéristiques : forme en fuseau, nombre et disposition des nageoires, absence presque complète de dentition.
- Mais, tandis que les espèces européennes ouvrent leur bouche édentée sous un grouin pointu qui fait partie intégrante de la tête et n’en est que le museau, le paddlefish est pourvu d’un appendice osseux, très plat, aux rebords et à l’extrémité arrondis, et dont la longueur atteint presque le tiers de sa longueur totale.
- Une autre différence est à noter. La peau granuleuse de l’esturgeon d’Europe est armée d’écussons osseux distribués symétriquement en lignes longitudinales, sur le dos comme sur le ventre. Chez son congénère américain, la peau est lisse et dénudée, et les plaques osseuses ont été presque complètement éliminées elles n’ existent plus qu’à l’état de points minuscules, distribués irrégulièrement. La couleur générale de la peau est d’un gris sale.
- Fig. 3. — La seine étendue.
- Enfin, les tentacules ou barbes du premier sont réduites chez le second à des lambeaux à peine visibles. .....
- Nous nous trouvons ici en présence d’un cas de spécialisation et d’adaptation à l’habitat qui mérite quelques commentaires. Cet esturgeon à palette n’a été rencontré jusqu’ici que dans une certaine partie du bassin du Mississipi et dans les grands fleuves chinois à eaux , boueuses. Cette distribution nous
- apparaîtra moins étrange si nous nous souvenons que le Mississipi doit à l’argile délayée qu’il transporte le nom de « Fleuve Bourbeux ».
- 11 se nourrit exclusivement de menus crustacés,
- Fig. 2. — Un bateau de pèche et son treuil.
- que l’on retrouve en masse compacte dans son estomac. Dans le limon où il vit, il lui est impossible de distin guer sa proie, qu’il est réduit à chercher pour ainsi dire à tâtons. Sa longue spatule est certainement douée d’un sens du toucher . Mais elle possède un autre attribut, une autrejiestina-tion : elle lui sert manifestement à labourer la boue déposée au fond du lit du fleuve et à en déloger les petits crustacés. Sa bouche, beaucoup plus large que celle de l’esturgeon, engloutit aussitôt tout et qu’elle trouve à sa portée, et l’eau limoneuse, filtrée par les ouïes, est évacuée avec ses sédiments, tandis que les crustacés sont retenus et avalés.
- Ces explications sont' basées sur des déductions anatomiques, mais non sur des observations directes. Il est matériellement impossible d’étudier les mœurs du Polyodon, en raison de l’état de l’eau. Les savants américains ont vainement tenté de le garder dans des aquariums; il meurt après quelques jours de captivité. Mais il est bien évident que sa longue spatule aux bords arrondis ne lui sert pas d’arme de défense. D’ailleurs sa peau dénudée prouve qu’il n’a guère, hormis l’homme, d’agresseurs à redouter. L’habitat a modifié un autre, de ses organes : ses yeux forment deux petites perles noires dont la taille est disproportionnée avec la tête massive.
- A quoi lui servirait d’avoir les yeux normaux de l’esturgeon, puisqu’il vit dans de la boue liquide, tandis que son congénère a pour domaine les eaux claires de nos grands fleuves d’Europe? Et ne peul-
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- Fig. i. — L’esturgeon à palette du Mississipi. (Polyodon spatula).-
- 47' Année. — 2" Semestre.
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- on pas supposer que ses organes visuels s’atrophiaient à mesure que se développait sa spatule,
- Fig. 4. — La poche terminale.
- qui, par son sens du toucher, les rendait oisifs et superflus?
- Le Polyodon n’est pas un nouveau venu pour la science. Il a attiré depuis longtemps l’attention des ichtyologues et des paléontologistes américains, qui lui ont découvert, si j’ose dire, de vénérables quartiers de noblesse : son anatomie en fait le proche parent de formes fossiles retrouvées dans des terrains très anciens.
- Plusieurs savants ont essayé de fertiliser artificiellement des œufs de Polyodon pour étudier son embryologie; jusqu’ici, les expériences n’ont pas donné de résultats concluants. Nous ne sommes fixés que sur un point : la ponte prend place durant le printemps. Mais on ignore totalement la forme que présentent les nouveau-nés; malgré leurs efforts réitérés, les ichtyologues n’ont pas encore réussi à capturer un spécimen d’une longueur inférieure à 13 cm. Cette dimension représente déjà un notable développement, puisque la taille maximum de l’espèce est de 2 mètres.
- Ce n’est que depuis quelques années que les riverains du Mississipi ont découvert que la chair du Polyodon, convenablement fumée, était aussi savoureuse que celle de l’esturgeon, et que ses œufs pouvaient servir à labriquer du caviar de qualité supérieure. Cette double constatation a donné naissance à une industrie que nous allons décrire sommairement.
- Les Polyodon, très nombreux dans le Mississipi, y sont à l’abri du pêcheur ; ils 11e mordent pas à l’hameçon, et les bois que charrie le courant rendent impossible l’emploi des filets. Mais ils fréquentent aussi en grand nombre les rivières boueuses qui se déversent dans le fleuve et les lacs formés par ses crues formidables. Ceux qui habitent les eaux tranquilles de ces river-lakes sont d’aspect moins robuste. Luttant sans cesse contre un courant violent, les poissons fixés dans le Mississipi proprement dit acquièrent ou conservent, si
- l’on peut employer cette expression, des formes plus athlétiques.
- Les lacs de rivière, comme les appellent les habitants, restent reliés pour la plupart au fleuve par des passes où l’eau circule à travers un fouillis inextricable de cyprès et de buissons semi-aquatiques. On suppose que le Polyodon dépose ses œufs dans des canaux, d'où la difficulté rencontrée à capturer des nouveau-nés. C’est dans les lacs que s’organise la pêche, lille a lieu dès le commencement du printemps.
- Chaque équipe est composée d’un patron, de race blanche, et d’une douzaine de nègres robustes. On commence par établir un camp sur la rive du lac, où l’on a convoyé plusieurs barques et un bateau plat plus grand, sur lequel est aménagé un treuil qui sert à enrouler la seine. Celle-ci a 3000 m. de long sur 13 à 14 m. de large. Le treuil est pourvu de 2 grandes roues que les nègres font tourner en posant leurs pieds sur les rayons.
- De bon matin, l’équipe se met en route sur le grand bateau manœuvré à la rame. Dès qu’un endroit convenable a été choisi, les nègres enfoncent dans le lit bourbeux quatre longues perches formant un carré. Ils disposent un filet qui obstrue trois des côtés du compartiment et qui en tapisse également le fond. Le nom de box (boîte) est donné à ce carré.
- Le bateau s’éloigne en décrivant un immense
- Fig. 5. — Sortie des esturgeons hors de la poche terminale.
- cercle, tout en laissant filer la seine, qui pend verticalement, grâce à ses flotteurs et à ses poids. Quand il est revenu à son point de départ, la seine
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- UNE GARE DE TRIAGE MODERNE
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- forme une immense boucle d’un diamètre de 5 à 600 m. On l’ancre derrière la « boîte », et les nègres commencent à ramener la seine en actionnant pédest rement les roues du treuil. Montés dans des barques, d’autres nègres surveillent la boucle qui se rétrécit, prêts à arrêter la manoeuvre si le filet s’accroche à des bois submergés.
- Il ne faut pas moins de trois heures pour ramener l’immense filet. Bientôt, c’est une masse grouillante qu’il enserre, masse composée en majeure partie de Polyodon, mais qui comprend aussi des carpes et autres poissons comestibles, et, parfois, des gqrs, surnommés « tigres de rivière », monstres qui atteignent près de 3 m. de longueur et sont redoutés des pêcheurs. Voraces et agressifs, armés de dents formidables, ils ont tôt fait de mettre une seine en pièces.
- Dès que la présence d’un gar de grande taille est signalée à l’intérieur de la boucle, l’équipe devient silencieuse; un cri pourrait provoquer sa colère, et la façon dont il traiterait alors la seine rendrait la liberté à la plupart des captifs. Un nègre s’efforce de le tuer ou de l’étourdir d’un seul coup, en le frappant d’une hachette sur le sommet du crâne.
- Maintenant, le vaste filet est enroulé presque en
- Pi g. 7. — Le dépeçage des poissons et la récolte du caviar.
- entier sur son treuil, et les poissons se sont accumulés progressivement dans la « boîte ». Penchés sur le bord du bateau, les nègres saisissent par les ouïes
- ou par la queue les poissons comestibles, qu’ils rejettent dans l’embarcation ; les espèces que la loi
- Fig. 6. — Le poisson est ramené à terre.
- interdit de capturer à la seine sont rendues à leur élément. Quelle que soit leur taille, les Polyodon n’offrent aucune résistance ; stupide, dépourvu de tout esprit de combativité, un géant de 2 m. de long n’essayera pas de se débattre entre les mains qui le soulèvent.
- Généralement, deux coups de seine sont donnés dans la même journée avant le retour au camp, où l’on procède aussitôt au dépeçage. Les œufs sont enlevés des femelles éventrées, et placés dans des baquets, avant d’être nettoyés dans un crible. Quand ils ont passé une nuit dans la saumure, ils perdent leur couleur grisâtre et prennent l’aspect de perles vertes translucides. Ils peuvent dès lors se conserver indéfiniment. La chair des poissons est préparée sur place, avant d’être expédiée sur les marchés de la région.
- Le caviar de Polyodon est consommé dans les grandes villes des États-Unis. Les progrès rapides de cette jeune industrie font même redouter qu’elle soit sans lendemain. Quand les Polyodon auront été réduits en nombre au point que la pêche à la seine sera devenue improductive, les fabricants de « caviar américain » Constateront qu’ils ont mangé un peu trop vite leur « pain blanc ».
- D. Franklin et V. Forbin.
- I île l’American Muséum of Natural History
- UNE GARE DE TRIAGE MODERNE
- Nul n’ignore aujourd’hui l’importance des services rendus par les chemins de fer, aussi bien en temps de paix pour le développement économique d’un pays qu’en temps de guerre pour les transports de troupes, de matériel et de ravitaillement de toutes sortes*
- Mais les méthodes employées par les grands réseaux pour exécuter leurs transports de mar-
- chandises, sont très peu connues du public qui, ne fréquentant généralement que les gares de voyageurs, est porté à croire que leurs aménagements, parfois très vastes, suffisent à tous les besoins de l’exploitation.
- Il est vrai que les grandes gares de marchandises, exigeant de vastes étendues de terrain, sont maintenant établies en dehors des villes à une cer-
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- 100 —: - UNE GARE DE TRIAGE MODERNE
- taine distance des gares de voyageurs, de sorte que leurs dispositions peuvent échapper à l’observateur le plus curieux. -
- Sans entrer dans les détails techniques, nous nous proposons de faire connaître brièvement aux lecteurs de ce journal, comment sont assurés les transports de petite vitesse sur les chemins de fer, et de leur donner, à titre d’exemple, la description sommaire d’une des plus importantes et des plus modernes de nos gares de marchandises, celle du Mans-Triage mise en service au mois d’avril 1916.
- Les transports de petite vitesse, qui comprennent tout naturellement les marchandises les plus lourdes et les plus encombrantes, exigent journellement l’emploi d’un très grand nombre de wagons : ceux-ci sont chargés dans les gares locales de marchandises, soit par les agents de chemin de fer, soit par les expéditeurs, suivant les stipulations du tarif appliqué au transport.
- Pour racheminement de . tous ces wagons vers leur destination, il faut mettre en marche sur chaque ligne un peu importante, des trains spéciaux de marchandises dont le nombre est proportionné à l’importance, du trafic, et qui sont de deux sortes, suivant le service qui leur est attribué sur ce parcours.
- Les uns sont assimilables aux trains omnibus de voyageurs, c’est-à-dire qu’ils sont utilisés à la desserte de toutes les stations d’une ligne ou d’une section de ligne déterminée ; les autres sont des trains directs qui, ne conduisant que des wagons pour la dernière gare et pour les gares au delà de celle-ci, n’ont en route que les arrêts nécessaires pour les prises d’eau ou les garages.
- Les trains des deux catégories ont pour origine et pour point terminus, des gares dites de formation, dont les plus importantes, situées sur les grandes lignes aux principaux nœuds de voies ferrées, sont dénommées gares de triage.
- Nous pouvons donc définir comme suit le rôle d’une gare de triage : réception des trains provenant de plusieurs lignes, triage par directions des wagons qui les composent, et formation de nouveaux trains pour les lignes desservies.
- Pour chacune de ces fonctions, la gare de triage normalement établie possède un groupe particulier de voies, dont le nombre est proportionné à l’importance du trafic.
- Les voies réservées à la réception des trains ne présentent aucune disposition spéciale : il faut seulement que leur longueur soit suffisante pour contenir les trains les plus longs admis à circuler sur les lignes environnantes (de 50 à 80 wagons suivant es réseaux).
- La partie la plus importante du travail de la gare est évidemment le triage des wagons et leur classement pour la formation de nouveaux trains.
- La première opération s’effectue sur un groupe de 20 à 30 voies, longues de 500 à 900 m., dont chacune reçoit une affectation déterminée. Il faut
- d’abord désigner une voie pour chaque ligne partant de la gare, afin d’y réunir les wagons destinés aux stations desservies par les trains omnibus de marchandises.
- Puis on réserve, pour chaque direction, une ou plusieurs voies suivant son importance, en vue de la formation des trains directs, et l'on spécialise chaque voie, autant que possible, pour une gare de triage plus ou moins éloignée qui servira de point terminus aux trains ainsi formés. Cette spécialisation permet de composer des trains qui peuvent franchir, sans y manœuvrer, au moins la première gare de triage située sur leur itinéraire, et par conséquent de soulager le service de celle-ci, dont les aménagements peuvent être insuffisants, sans que le travail de la gare de formation ait été augmenté de manière appréciable.
- Enfin si la gare de triage est établie à proximité d’une grande ville, il est nécessaire d’affecter des voies aux différents services de la gare locale : cours de débord (manutention par le commerce), halles à marchandises, embranchements particuliers,etc....
- Toutes les voies de triage ayant ainsi leur affectation propre, comment les wagons provenant des trains reçus vont-ils être amenés chacun sur la voie qui le concerne? Il existe à cet effet sur les chemins de fer différents procédés de manœuvres.
- Le triage des wagons peut s’effectuer par des manœuvres « au lancer » : une locomotive s’étant attelée sur une rame de 25 à 30 wagons, s’avance sur une voie de tiroir à une certaine distance des aiguilles qui donnent accès aux voies de triage; puis, par une série de mouvements en arrière brusquement arrêtés, elle lance les wagons dont un homme d’équipe décroche les attelages au moyen d’une longue perche, tandis que d’autres agents disposent les aiguilles dans la direction nécessaire pour chaque lancer.
- Mais après un petit nombre de lancers la rame de wagons restant à trier se trouve trop rapprochée des aiguilles, et la machine est obligée de s’avancer de nouveau sur la voie de tiroir : il en résulte que cette méthode est d’un très mauvais rendement et qu’elle ne peut répondre aux nécessités d’une gare de triage importante.
- Le triage peut aussi s’effectuer au moyen de plaques tournantes, disposées en ligne transversale par rapport aux voies de réception et de triage, ou de chariots transbordeurs mus par des chevaux, par la vapeur ou l’électricité : le rendement de ces appareils est un peu meilleur que dans le cas précédent, mais il n’est pas encore suffisant pour le triage d’un très grand nombre de wagons, et les manœuvres sur voies transversales ne sont pas sans danger au moment des arrivées ou des départs de trains.
- Les gares de triage modernes ne possèdent plus qu’une ou deux plaques pour le tournage des wagons à frein dont la vigie doit être disposée en sens inverse de la marche du train; quant aux
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- UNE GARE DE TRIAGE MODERNE . :.- 101
- chariots transbordeurs ils y rendent encore d’appréciables services pour la desserte des halles où s’effectue le transbordement des colis.
- Nous arrivons enfin à la méthode du triage « par la gravité », qui seule permet d’obtenir un rendement proportionné à l’important trafic des grandes gares : elle peut être appliquée de deux façons différentes :
- 1° Dans quelques gares les voies de réception sont établies en pente continue vers les voies de triage, de telle sorte que pour trier un train il suffit de desserrer les freins et de couper les attelages aux points voulus : les wagons se mettent en marche d’eux-mêmes et gagnent les voies de triage.
- Cette méthode, qui ne nécessite l’intervention d’aucune machine de manoeuvres, est très économique, mais elle présente certains inconvénients techniques qui lui font généralement préférer la suivante.
- 2° La voie de tiroir ou de refoulement qui donne accès au groupe de triage, présente sur une longueur de 100 à 150 m. avant d’arriver aux aiguilles une partie en forme de butte, vulgairement dénommée « dos d’âne ». La rame à trier est refoulée vers cette butte, à vitesse régulière et très faible, par une machine de manœuvres : au fur et à mesure qu’ils arrivent au sommet de la butte les wagons, détachés les uns des autres suivant leurs destinations, prennent par leur propre poids sur la pente du dos d’âne une vitesse suffisante pour atteindre la voie de triage correspondante.
- Leur arrêt sur cette voie est obtenue au moyen de sabots-cales en fer, que des spécialistes nommés « caleurs » disposent sur l’un des rails de la voie, à une distance convenable en avant des wagons déjà arrêtés, pour qu’il n’y ait pas de choc capable d’avarier les wagons et les marchandises qu’ils contiennent.
- Quant aux aiguilles leur manœuvre est obtenue avec des transmissions à distance par des aiguilleurs placés dans une cabine ; ceux-ci sont renseignés
- par les agenls de manœuvres, au moyen de numéros inscrits à la craie sur les tampons des wagons, sur la direction à donner à chacun d’eux.
- Nous caractériserons la rapidité de cette méthode en indiquant que le triage par la gravité d’un train de 60 wagons est généralement effectué en 20 minutes ; avec les manœuvres au lancer, le même travail exige à peu près le double de ce temps.
- Théoriquement le débit d’une butte alimentée pour ainsi dire sans arrêt, peut atteindre 3000 wagons dans les 24 heures : c’est dire que cette méthode est seule applicable dans les grandes gares de triage qui reçoivent couramment chaque jour plusieurs milliers de wagons.
- Il nous reste à expliquer comment se fait la formation des trains avec les wagons groupés par directions sur les voies de triage.
- Les trains directs qui, nous l’avons dit, ne conduisent de wagons que pour la gare de triage à laquelle ils sont destinés, n’ont pas besoin d’être classés par destinations puisqu’ils seront de toutes façons passés à la butte de la gare d’arrivée : il suffit donc, pour les former, de prendre sur une voie le nombre de wagons correspondant à la puissance de la locomotive, et de placer dans cette rame un certain nombre de wagons à frein, dans les conditions prévues par les règlements.
- Par contre la formation des trains omnibus, destinés à la desserte d’une section de ligne, exige le classement des wagons dans l’ordre géographique des stations desservies, afin qu’au passage dans chacune d’elles les manœuvres du train soient aussi simples que possible.
- Un nouveau triage est donc nécessaire : il s’effectue habituellement soit à l’extrémité des voies de triage opposée à la butte, soit sur un autre groupe de voies dites de « triage géographique ». La longueur de ces dernières n’a pas besoin de dépasser 200 m., car elles ne doivent servir qu’au classement d’un train déterminé, dont les éléments sont réunis aussitôt après ce nouveau triage pour être conduits sur les voies de départ.
- VILLE du MANS
- locale des marchandises
- Plan de la gare de triage du Mans et des voies d’accès et de dégagement.
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- 102 —. UNE GARE DE TRIAGE MODERNE
- Enfin, dans les gares de triage les mieux aménagées, un groupe de voies spéciales est affecté aux trains en partance, qui peuvent ainsi être enlevés des voies de triage au fur et à mesure de leur formation; dans les autres gares les départs s’effectuent des voies de triage même, mais il en résulte de fréquentes interruptions de travail qui diminuent sensiblement le rendement de la butte.
- Après avoir ainsi exposé les dispositions générales et le travail d’une gare de triage, nous allons prendre comme exemple celle qui est exploitée au Mans par le Réseau de l’Etat.
- Au point de vue des communications la situation géographique du Mans est des plus importantes : en effet, cette ville est située au point de rencontre de la grande ligne qui relie Paris à la Bretagne et des transversales qui font communiquer le centre, le sud-ouest et le midi de la France avec la basse Normandie et une partie de la haute Normandie.
- Les lignes qui assurent ces relations sont celles du Mans à Caen, du Mans à Angers et du Mans à Tours ; cette dernière, qui seule est encore à voie unique, fait partie du réseau de la Compagnie d’Orléans.
- Il résulte de cette situation particulière que la gare du Mans doit assurer en tout temps un fort service de transit, dont les courants les plus importants s’établissaient en temps de paix dans le sens de Brest et Angers vers Paris et de Tours vers Caen.
- Quant au service local, il a toujours été beaucoup moins important que le transit, car la ville du Mans ne possède guère de grosses industries.
- Par suite de la progression générale du trafic, l’ancienne garé du Mans était devenue absolument insuffisante pour les besoins normaux de l’exploitation; des voies avaient bien été posées sur tous les emplacements disponibles, mais aucun programme d’ensemble ne pouvait plus être réalisé dans les limites anciennes de la gare, bordée de tous côtés par les habitations de la ville.
- Depuis 1907, la construction d’une gare de triage distincte était étudiée par la Compagnie de 1 Ouest : dès le rachat de celle-ci, l’administration des chemins de fer de l'État activa la mise au point du projet et choisit, pour l’emplacement de la nouvelle gare, de vastes terrains situés à l’ouest de la ligne du Mans à Tours, ayant leur origine sur cette ligne à 2 km environ de la. gare des voyageurs.
- Le projet comporte, en outre, une série de raccordements qui permettront aux trains de marchandises de toutes directions de gagner la gare de triage sans passer par la gare des voyageurs (voir le croquis).
- Les travaux ont été commencés au mois de mars 1911, par l’établissement d’un « plateau d attente » comprenant 11 voies de réception et 17 voies de départ, d’une longueur moyenne de 650 m. Dès l’automne de la même année, un service de triage provisoire fonctionnait sur les 16 premières voies posées, et soulageait déjà dans
- une forte proportion le service intense de l’ancienne gare.
- Pour l’automne de 1912, les 28 voies d’attente étaient posées : dès ce moment, le triage provisoire assurait les deux tiers du service total de la gare, et permettait de faire face à des transports extrêmement importants, dans des conditions de régularité très satisfaisantes.
- Les années 1913 et 1914 ont été occupées par les travaux de terrassement et de pose de voies du plateau principal de triage, dont la guerre a retardé l’achèvement jusqu’au milieu de 1915.
- Ce plateau comprend un premier groupe de 28 voies de triage par directions, d’une longueur moyenne de 750 m. ; 2 voies donnent accès des voies de réception à la butte principale de gravité, dont la déclivité est de 20 mm par mètre sur une longueur de 100 m. ; les voies de triage elles-mêmes sont établies en pente de 5 mm sur 240 m., puis de 2 mm sur 600 m., afin que les wagons dégagent rapidement les croisements et puissent gagner d’eux-mêmes l’exlrémité des voies.
- Du côté opposé à la butte principale, les 28 voies de triage se réunissent en 2 voies de tiroir, dont l’une est à niveau, tandis que l’autre présente une butte de triage secondaire.
- De l’origine de ces voies de tiroir se détachent 2 voies de circulation, destinées aux évolutions des machines de manoeuvres et des trains formés entre ce point de la gare et le plateau d’attente, et une troisième voie qui donne accès à la butte du « triage géographique » (déclivité de 20 mm sur 50 m.).
- Le groupe affecté à ce travail de classement, comprend 14 voies d’une longueur moyenne de 180 m., qu’une voie de circulation spéciale relie au plateau d’attente.
- Quelques mots suffiront maintenant pour exposer la méthode de travail de la gare du Mans-Triage : les trains garés sur les 11 voies de réception du plateau d’attente sont refoulés vers la Lutte principale par des machines de manœuvres qui empruntent alternativement l’une ou l’autre des voies d’accès; les wagons, une fois triés sur le groupe des 28 voies, sont repris à l’extrémité sud de ce plateau par d’autres machines qui forment les trains directs et les trains de section, les premiers sur les voies même de triage, les seconds sur le faisceau de triage géographique; puis les Uains formés sont amenés par ces mêmes machines sur les 17 voies de départ du plateau d’attente.
- Les wagons décrivent donc un véritable cycle qui rend pour ainsi dire impossible les stationnements anormaux : la durée moyenne de séjour à la gare du Mans, qui était de 36 heures en 1912, est maintenant de 15 heures environ, et le mouvement de matériel (wagons reçus et expédiés dans les 24 heures), qui atteignait rarement 2000 dans l’ancienne gare, varie maintenant de 2500 à 3500.
- Pour achever les travaux projetés, il reste à
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- LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS ; 103
- poser les voies des raccordements vers Brest, Caen et Angers qui franchiront la Sarthe sur un viaduc en béton armé, à construire un dépôt de machines et des ateliers de réparations de wagons.
- Les quelques chiffres suivants permettront à nos lecteurs d’apprécier l’importance des travaux entrepris. Les terrains acquis par le réseau de l’État pour la gare de triage, pour le dépôt, les ateliers et les raccordements, représentent une superficie de 190 hectares; le cube des déblais exécutés est de 1 316000 m3; la longueur totale des voies posées dépasse 93 km; enfin, les dépenses déjà faites atteignent 11 millions et celles restant à faire sont estimées à 2 700 000 francs.
- À côté de ces derniers chiffres, il est intéressant de mentionner que les paiements d’indemnités pour retards dans la livraison des marchandises qui étaient fréquemment occasionnés par les encombrements de l’ancienne gare, ont diminué au Mans de 150 000 francs, de 1911 à 1913 : si l’on considère que les marchandises transitant par Le Mans subissaient les mêmes retards que celles du service local, on peut estimer à 500000 francs par an l’économie réalisée de ce chef par les réseaux de l’État et d’Orléans.
- Tel est l’un des résultats les plus frappants de la mise en service de cette nouvelle gare de triage.
- C. P. .
- LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS
- La lampe « générateur d’ondes entretenues ». — La lampe « détecteur ».
- La lampe « amplificateur ».
- L’emploi des lampes à trois électrodes dont La Nature a déjà parlé plusieurs fois a complètement révolutionné la T. S. F. pendant la guerre. On connaissait en 1914 la valve de Fleming et Tau lion de Forest (lampes à 2 et 3 électrodes) dont La Nature a donné le principe dans son n° 2354. On connaissait aussi, l’amplificateur à 3 étages et à basse fréquence du même de Forest dont les premiers amplificateurs français sont dérivés. Il est exact également que vers la fin de l’année 4914, l’Américain Langmuyr faisait des travaux analogues à ceux des techniciens français delà R. M. et que, de part et d’autre de l’Atlantique, on adaptait la lampe à trois électrodes à ses divers rôles sans que les savants des deux pays eussent connaissance des travaux les uns des autres. Mais ces réserves une fois faites, il faut dire bien haut, et on ne l’a pas suffisamment dit jusqu’ici, que c’est à la Radiotélégraphie militaire que l’on doit les plus beaux travaux et les résultats les plus frappants dont la T. S. F. internationale a pu faire état pendant la guerre. Ce sont les éminents savants travaillant sous la direction du général Ferrié qui ont réalisé ces innombrables appareils dont tous nos alliés ont pris les modèles et que nos ennemis étaient très heureux de copier quand ils en prenaient quelques-uns dans les inévitables fluctuations du champ de bataille. M. Gutton a créé et mis au point les nouveaux appareils (émetteurs et récepteurs), qui ont rendu de si grands services aux armées et que l’on a employés partout, sur
- terre comme dans les airs, sur les tanks comme sur les avions. Ce sont MM. Abraham, Brillouin, Youaust, Latour, Lévy, Laüt, qui ont fait tous ces amplificateurs, grâce auxquels l’émission de T. S. F. n’a plus de limites à sa portée : amplificateurs de tous types et de tous modèles qui permettent la goniométrie, la télémécanique, la réception sans antennes, les résultats les plus extraordinaires et qui auraient semblé il y a dix ans seulement d’irréalisables rêves. Trop d’articles ont paru un peu partout, qui décrivaient nos appareils sans dire d’où iis venaien t et donnaient comme trouvés par d’autres les résultats des techniciens de la R. M. pour que l’auteur de ces lignes ne considère pas comme un devoir de revendiquer très haut la part de la France dans les progrès considérables que la T. S. F. a faits pendant la guerre. Presque tous ces progrès dérivent de la mise au point de la lampe à trois électrodes et. cette mise au point c’est au personnel de la Radiotélégraphie militaireeten particulier à M. Abraham que nous la devons, compte tenu desréserves faites plus haut et qui n’enlèvent rien à la valeur et à l’importance des travaux accomplis en France.
- Ces lampes, connues à l’étranger sous le nom de « lampes françaises », et que nous avons vu employer comme relais téléphoniques (n° 2354 de La Nature), que nous avons vu, à propos de la T. P. S., faire fonction d’amplificateurs, servent encore de détecteurs et de générateurs d’oscillations entretenues.
- Antenne
- Secondaire
- Interrupteur
- Bobine
- d'induction
- — Poste élémentaire de T. S. F. à étincelles.
- Fig! i.
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- 104= LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS
- Pour expliquer les différents services qu’elles peuvent nous rendre, il nous faut dire un mot du principe même de la T. S. F.
- I. Principe de la T. S. F. —Considérons un
- Intensité du courant
- T - un millionième de seconde - •»> si A. la fonçueur d'onde
- f „ = 300m
- Fig. 2. — Oscillation amortie.
- vieux poste à étincelles, par exemple le plus simple de tous, le poste portatif d’infanterie. Il se compose essentiellement d’une bobine d’induction genre Ruhmkorff dont les deux extrémités du secondaire sont reliées d’une part à la terre, d’autre part à un fil électriquement isolé de ses supports et qui est l’antenne (fig. 1). Les deux extrémités du secondaire sont en même temps assez rapprochées pour que, étant donné le voltage fourni par la bobine, une étincelle puisse jaillir qui décharge le condensateur dont les armatures sont la terre et l’antenne ; le diélectrique étant constitué par la petite couche d’air à travers laquelle l’étincelle jaillit. Chaque étincelle qui correspond aux interruptions du circuit primaire décharge le condensateur par un courant oscillant à haute fréquence. Ce courant qui parcourt l’antenne est la cause d’une perturbation électromagnétique qui se propage dans toutes les directions et qui constitue l’onde hertzienne. Dans l’émission à étincelles, le
- Aptsnnè'
- Antenne'
- Montage direct
- Détecteur
- Téléphoné
- Capacité primaire variable
- Seif et capacité
- Fig. 3. — Réception Fig. 4. — Réception]
- en montage direct. en montage indirect.
- courant alternatif qui correspond à chaque étincelle élémentaire s’amortit rapidement ; les oscillations qui parcourent l’antenne ont des valeurs maxima rapidement décaissantes et peuvent être représen-
- tées par la figure 2 qui donne la valeur du courant en fonction du temps. Bien entendu, quand on fait de la télégraphie, un manipulateur intercalé dans le circuit primaire permet d’envoyer le courant pendant des périodes de temps courtes ou longues et de faire des points et des traits. Cherchons à serrer le phénomène d’un peu près. Faisons un point Morse en abaissant par exemple le manipulateur pendant une demi-seconde. Supposons que l’interrupteur de notre bobine fasse dix interruptions à la seconde. Pendant la durée de notre point Morse nous aurons cinq interruptions, cinq étincelles. A chaque étincelle correspond une décharge oscillante de l’antenne, un courant à haute fréquence dans cette antenne. Quelle est la fréquence de ce courant? Le poste d’infanterie peut fonctionner sur 300 mètres de longueur d’onde, cela veut dire que le temps qui s’écoule entre 2 maxima consécutifs de même sens du courant d’antenne est tel que pendant ce temps l’onde qui marche à la vitesse de la lumière a franchi un espace de 500 mètres. La lumière faisant 500 000 000 de mètres à la seconde, la période de temps en question est d’un millionième de seconde. Si Fonde s’amortit en dix oscillations complètes, elle aura existé pendant un
- Intensité des courants d émission dans Ionienne
- Intervalle des interruptions du primaire de la bobine
- \
- Zo de seconde
- k.....*
- 1 cent millième de seconde f» durée de chaque onde élémentaire
- |lr----------------------------------(J*----------4^
- temps
- Z2 seconde durée du point Morse
- Fig. 2 bis. — Le point Morse en ondes amorties.
- cent-millième de seconde. Par conséquent à mon point Morse qui a donné à notre œil regardant le poste émetteur, la sensation d’une étincelle unique durant une demi-seconde, correspondent en réalité cinq étincelles espacées d’un dixième de seconde, et l’onde hertzienne, que chaque étincelle produit comme conséquence du courant alternatif à haute fréquence qui parcourt l’antenne d’émission, ne dure chaque fois qu’un cent-millième de seconde, en changeant 20 fois de sens pendant cette courte période. Tel est, regardé d’un peu près, le phénomène de l’émission à étincelles (fig. 2 bis).
- L’onde hertzienne ainsi envoyée dans toutes les directions, il s’agit de la rendre sensible à nos sens dans un poste récepteur. Le courant d’émission ayant provoqué dans l’espace environnant une onde électro-magnétique ; par un phénomène inverse, l’onde arrivant sur un fil isolé à une extrémité, à la terre à l’autre et qui constitue l’antenne de réception y provoque un courant alternatif à haute fréquence tout à fait analogue au courant d’émission
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- LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS ~-: 105
- mais correspondant naturellement à une énergie infiniment moindre. C’est ce courant, qui se compose de plusieurs séries d’oscillations se'parées par
- de longs intervalles, comme il vient d’être expliqué pour le courant d’émission que nous allons rendre accessible à nos sens. Intercalons un téléphone dans notre antenne, le courant de réception qui change de sens deux millions de fois par seconde n’aura aucune action sur la membrane du téléphone parce que le courant moyen qui traverse l’électro est nul. Mais disposons en série avec notre téléphone un appareil que nous appellerons le détecteur et qui possède la propriété d’être traversé
- Le dispos ilif que nous venons de décrire constitue un poste élémentaire de réception ; mais pratiquement, pour des raisons techniques sur les-
- tension grille
- volts grille positifs par rapport au filament
- Fig. 6. — Courbe caractéristique de la lampe.
- volts négatifs
- quelles nous n’insisterons pas, on ne mettra pas le détecteur dans l’antenne dont il augmenterait par trop la résistance électrique, on le mettra en dérivation sur celle-ci et on shuntera le téléphone par
- filament.
- Fig- 5.
- La lampe à 3 électrodes.
- antenne
- antenne
- manip.
- manipulateur
- \. f bobine plaque ; bob/ne < ' 7
- \griiie
- bobine plaque
- nnwm terre
- mfrrrm terre
- .350!
- y.Antenne ^
- Terre
- Bobine plaque et grille
- Fig. 7, 8 et g.
- La lampe montée en « générateur d’ondes entretenues ».
- plus facilement par une des alternances du courant alternatif que par l’autre. Le courant moyen qui traverse l’électro n’est plus nul, le téléphone recevra une im-
- pulsion pour l’ensemble des oscillations correspondant à chaque étincelle d’émission; il
- WVWWVIQ
- temps
- 'ri seconde
- Fig. 10. — Le point Morse en ondes entretenues. « Le nombre d’oscillations est infiniment plus grand que ne le représente la figure. » Pour une longueur d’onde de 3oo mètres, il serait deSooooo oscillations complètes.
- vibrera avec la fréquence même de ces étincelles et l’on re evra au son traits et points avec une hauteur de son qui est directement liée au nombre d’étincelles par seconde que produit l’appareil émetteur.
- recevra finalement autant d’impulsions qu’il y aura eu d’étincelles au départ ; il
- un petit condensateur qui permettra un passage plus facile aux oscillations à haute fréquence.
- Ce détecteur dans les anciens postes est généralement un cristal de galène sur le-
- Ziooo de seconde quel appuie
- une pointe fine. Le schéma de la réception se présente alors comme l’indique la fi-
- Fig. ii.
- Onde résultante de l’interférence de deux ondes de fréquence ioo ooo et 9g ooo. (iooo maxima d’amplitude ou battements par seconde.)
- gure 5. La
- plupart du temps, on ne
- met pas directement le détecteur en dérivation sur l’antenne, mais on intercale entre l’antenne et lui un circuit dit secondaire que l’on accorde sur l’onde à recevoir et qui se compose d’une
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- 106
- LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES
- ET LES RADIOCOMMUNICATIONS
- bobine à prises variables et d’une capacité également variable (fig. 4).
- Ces premiers - principes rappelés, nous allons
- antenne
- capacité variable
- ; bobine bcbinc
- ; gnlh plaque
- Microphc
- Fig. 12. Fig. i3. — Schéma de mon-
- Schéma de l’hétérodyne, tage d’un poste émetteur de téléphonie sans fil (petits postes de campagne).
- montrer à présent comment la lampe peut remplacer, au moins pour les petites puissances, le poste émetteur à étincelles, comment elle remplace la galène comme détecteur, comment elle permet de recevoir les ondes spéciales dites ondes entretenues qu’elle émet et que le poste à galène ne reçoit pas, comment elle permet d’amplifier les réceptions faibles, soit qu’on la substitue au téléphone et qu’on lui envoie les courants téléphoniques comme dans le cas de la T. P. S., soit qu’on lui fasse amplifier directement avant détection le courant à haute fréquence de l’antenne réceptrice. Nous verrons enfin comment elle permet l’émission et la réception en téléphonie sans fil.
- II. La lampe à 3 électrodes. Caractéristiques et emplois principaux. — La lampe à 3 électrodes a
- 3 rôles principaux. Elle émet, elle détecte, elle amplifie.
- Nous avons dit dans notre article sur la T. P. S. que si dans une lampe à incandescence où le vide est très poussé, on chauffe le filament au rouge blanc, ce filament émet des particules électrisées négativement, des électrons. Si en face de ce filament, nous disposons une plaque portée par une deuxième source d’électricité, à un voltage supérieur, cette plaque attire les électrons. Si nous disposons entre la plaque et le filament une troisième électrode, la grille, reliée au même pôle de l’accu de chauffage
- Fig. i5.
- Courbes de résonance.
- En ordonnées sont portées les intensités du courant dans l’appareil de réception, correspondant à diverses capacités du circuit d’accord réglable employé à la réception. A est la courbe de résonance d’une onde entretenue, B celle d’une onde amortie.
- que la plaque, nous aurons constitué la lampe à 3 électrodes.
- Nous avons vu à propos de la T. P. S. que, si cette grille, par un moyen quelconque (par exemple en intercalant une source d’électricité entre le filament et la grille) était portée à un potentiel différent de celui du filament, à des potentiels positifs de lagrillecorrespondaitune diminution du courant-plaque et inversement.
- Une étude complète des phénomènes permet de tracer une courbe (fig. 6), qui donne pour un chauffage du filament et une tension-plaque déter-
- Fig. 14. — Un poste hétérodyne.
- minées et constantes la valeur du courant-plaque în fonction de la tension-grille. Cette courbe, qui s’appelle la caractéristique de la lampe, se compose d’une longue partie presque rectiligne entre deux parties courbes.
- La première est voisine de l’axe des x et correspond à un courant-plaque très faible qui se produit lorsque la grille, ayant un potentiel négatif,
- repousse suffisamment les électrons pour qu’un très petit nombre arrive sur la plaque. La seconde,
- 1 /& M
- I
- Ci £
- cf
- AA . r?V,
- 1 ' 1 * . 1 0
- BAC.
- La lampe
- Fig. 16.
- « amplificateur ».
- A'B'et A'C' sont beaucoup plus grands que A B et A C.
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-
- LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS —: 107
- au contraire, correspond à une grille positive qui attire les électrons, au maximum ; dans ce cas le courant-plaque a la plus grande valeur qu’il puisse avoir, c’est le courant de saturation. Tous les électrons qui peuvent s’échapper du filament sont alors canalisés vers la plaque. Le courant-plaque ne pourrait plus augmenter que si l’on forçait le chauffage du filament, ce qui mettrait un plus grand nombre d’élections en liberté. Nous verrons tout à l’heure qu’à la tension-grille qui donne la partie rectiligne de la caractéristique correspondent des phénomènes d’amp'ifi :ation et qu’à cePe de la partie courbe, la lampe forme détecteur. Nous allons d’abord parler de la hmpe comme émetteur, ce qui nous conduira en même temps à donner le principe de la téléphonie sans filet delà réception des ondes entretenues.
- a) Emission d'ondes par la lampe à trois électrodes. Réception de ces ondes. Téléphonie sans (il. — Prenons une lampe à trois électrodes dans la grille et la plaque de laquelle sont intercalées deux bobines pouvant induire l’une sur l’autre. Intercalons la bobine-plaque de cette lampe dans une antenne de T. S. F. Nous admettrons, ce que l’expérience vérifie, que le seul fait d’allumer la lampe produit une oscillation électrique dans l’antenne. Nous allons voir comment cette oscillation peut être entretenue par le dispositif que nous venons de décrire. L’oscillation qui parcourt la bobine-plaque en même temps que l’antenne n’étant autre chose qu’un courant alternatif à haute fréquence, la bobine-plaque induit dans la bobine-grille un courant analogue, de sorte que la grille par rapport à son potentiel moyen, qui est celui du pôle négatif de l’accu de chauffage, esttanlôt positive et tantôt négative. Dans le premier cas, elle repousseles électrons émis par le filament et empêche la pile de plaque de débiter, dans le deuxième cas, elle les attire et la pile débite. En d’autres termes, la pile débite et
- naturellement tou-
- miHiampères plaque
- clèr^2-üe
- jours dans le même sens pendant une des deux alternances du courant alternatif à haute fréquence qui parcourt l’antenne et la bobine plaque. Si le sens du courant pendant cette alternance est le même que celui du courant débité par la pile, et il suffit pour réaliser cette condition, de disposer les bobines grille et plaque de façon convenable, la pile aide à l’oscillation ; elle restitue à chaque alternance du courant d’antenne l’énergie perdue par le rayonnement de l’onde et réchauffement des conducteurs. L’onde qui se pro-
- jFig. 18. — La lampe * détecteur ».
- Quand le potentiel de grille passe de 0 C à 0 B de part et d’auire de OA, lecouiant-plaque passe de zéro à BD toujours dans le même sens.
- duit ainsi a donc toujours la même amplitude. Elle est entretenue et non plus amortie comme celle que produit l’étincelle de la bobine d’induction
- vers la grille delà lampe suivante
- Secondaire §70000 ohms d’une réception i
- TS.E
- Fig. 17. — Schéma de Vamplificateur à résistance.
- dont nous parlions au début. La lampe est donc génératrice d’ondes entretenues; nous verrons tout à l’heure les avantages de ces ondes. Pour faire de la télégraphie avec le dispositif qui vient d’être décrit, il suffit de placer un manipulateur en un point convenable (généralement sur la connexion qui va du filament à la bobine-grille, ou de la plaque à l’accu de plaque) et de couper ou rétablir le courant pour faire des traits et des points. Il est évident que les bobines de grille et de plaque doivent être adaptées à l’antenne correspondante, c’est-à-dire à la longueur des ondes que l’on veut émettre. Pour faire agir l’une sur l’autre ces bobines comme il vient d’être expliqué, on peut soit les coupler inductivement (fig. 7), soit les réunir par une capacité variable (fig. 8), soit encore les réunir en une seule bobine dont les deux extrémités sont reliées à l’antenne et à la terre en même temps qu’à la grille et à la plaque (fig. 9). Le montage de la figure 7 est celui de l’appareil qui faisait les liaisons arrière aux armées. (Liaison G. Q.G., armées, groupes d’armée). Le montage delà figure 8 est celui de l’appareil, type corps d’armée, qui faisait les liaisons intérieures du corps d’armée. Celui de la figure 9 est le montage d’émission de l’appareil dit de division, appareil portatif destiné aux liaisons radio-télégraphiques intérieures de la division. Tous ces appareils ont plusieurs lampes émettrices montées en parallèle sur les mêmes enroulements.
- Il faut maintenant recevoir ces ondes entretenues. Si nous employions le dispositif déiecteur-léléphone branché sur une antenne de réception comme il est décrit plus haut, nous n’entendrions, pratiquement rien. En effet, le téléphone, dans le cas de l’onde amortie, est actionné, nous l’avons vu, par toute une série d’impulsions correspondant aux étincelles de l’émission. Ici, pendant la demi-seconde que dure notre point Morse, nous avons une émission continue d’ondes ayant même amplitude qui, si nous les délectons, pourront tout au plus attirer la membrane au début du signal, pour la laisser revenir à sa position de repos à la fin de celui-ci (fig. 10). Aucune vibration, aucun son. Il faut donc autre chose. Plusieurs dispositifs ont été imaginés pour la réception des ondes entretenues. Un seul subsiste
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- aujourd'hui, c’est celui qui consiste à produire à proximité du poste de réception une onde entretenue locale de fréquence très voisine de celle que l’on veut recevoir. Cette onde locale interfère avec l’onde à recevoir et il se produit un phénomène que l’on étudie eu acoustique et qui est le phénomène des battements. Nous avons par exemple à recevoir une onde de 5000 mètres de longueur qui va nous donner un courant alternatif de réception de fréquence 100 000. Produisons avec un petit poste émetteur local dout le schéma pourrait être celui de la figure 7 par exemple, une onde de fréquence 99000. A un certain moment, les deux ondes sont en phase et s’ajoutent, puis celle dont la fréquence est moindre, prend du retard sur l’autre et il vient un moment où les deux ondes, au lieu de s’ajouter, se retranchent. Si elles sont d’amplitudes égales, l’onde résultante est alors nulle. On démontre facilement que ces maxima et ces zéros se reproduisent avec une fréquence qui est la différence des fréquences des deux ondes qui interfèrent. Autrement dit, fonde résultante dans le cas considéré dont l’amplitude est représentée par la figure 11, a 1000 maxima positifs par seconde. Si donc nous envoyons cette onde résultante dans un détecteur, le téléphone sera actionné comme dans le cas de fonde amortie et sa vibration aura une fréquence 1000. Gomme nous sommes maîtres de la fréquence de notre émission locale, on peut régler la hauteur du son dans le téléphone récepteur et profiter du fait qu’il existe des hauteurs de son optima pour un téléphone donné. En réalité, l’onde entretenue locale n’est pas produite par une antenne comme le représente la figure 7 ; on remplace cette antenne par une self fixe et une capacité variable et l’on réalise un appareil appelé hétérodyne dont le schéma est donné par la figure 12 et qui permet, avec un jeu de selfs substituables l’une à l’autre et une seule capacité variable, d’émettre des ondes entretenues sur une gamme très étendue (250 à 24 000 mètres pour l’appareil réglementaire de la K. M.) (fig. 9).
- Reprenons maintenant notre émetteur d’ondes entretenues et voyons comment on peut, sans rien changer à son montage, lui faire transmettre la voix humaine. Supprimons ce dispositif de tout ou rien que constitue le manipulateur et montons un microphone en dérivation sur deux ou trois spires de la bobine-plaque (fig. 13.) Quand nous parlons
- devant ce micro, sa résistance change, les variations de résistance modifient le courant qui passe dans la bobine-plaque et par suite dans l’antenne. L’amplitude des ondes émises change donc au rythme de la voix. Ces changements d'amplitude à l’émission qui ont suivi fidèlement les variations de la voix se reproduisent dans l’antenne réceptrice. On peut recevoir sans hétérodyne, à l’aide du montage ordinaire détecteur et téléphone de réception. Dans les intervalles où l’on ne parle pas devant le micro, fonde entretenue arrive, non déformée et n’actionne pas le téléphone récepteur. La portée est beaucoup moindre qu’en télégraphie. Les variations d’amplitudes à l’émission sont en effet beaucoup moins importantes qu’en télégraphie. De plus certaines lettres comme Yi donnent des variations
- moins importantes que l’a ou l’o et portent par suite moins loin : ce phénomène est très net. Quand on cherche à déterminer la limite de portée d’un appareil de téléphonie sans fil, on constate, lorsqu’on va trop loin, que la réception est toujours forte, mais que les mots sont incompréhensibles parce que certaines syllabes n’arrivent plus.
- Quels sont maintenant les avantages de fonde entretenue? Il y en a trois très importants et un quatrième qui avait son intérêt pendant la campagne. Les trois premiers sont les suivants : 1° Possibilité de faire de la téléphonie avec les mêmes appareils qui font de la télégraphie ; 2° Possibilité de réaliser à la réception des accords extrêmement précis ; 3° Meilleure utilisation de l’énergie employée ; portée bien supérieure à celle de l’émission amortie pour une même énergie au départ. Le quatrième avantage moins important c’est que fonde entretenue emploie à puissance égale des tensions beaucoup moindres que fonde amortie (il ne s’agit ici que des petits postes de campagne) et que par suite les difficultés d’isolement des antennes sont bien moindres. Nous allons insister un peu sur les trois premiers points.
- a) Il est évident que seule fonde entretenue permettait le téléphone en donnant le support de son amplitude constante aux déformations produites par la voix et qu’il s’agit de transmettre à travers l’espace.
- L’écueil de la téléphonie sans fil a toujours été le microphone qu’il faut faire traverser par des courants relativement intenses pour avoir de la
- lampe
- \ /Antenne
- circuit ~ secondaire
- __ _capacité
- Téléphone
- Fig. iç. — Montage de la lampe en détecteur.
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- LA LAMPE A 3 ELECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS 109
- portée. Dans les petits postes portatifs à lampes qui d’ailleurs ne dépassent pas 30 kilomètres de portée en téléphonie, le courant qui passe à travers le microphone est assez faible pour qu’un microphone ordinaire ait pu être employé avec succès. Nous dirons un mot, à propos du poste puissant de téléphonie dont nous parlons plus loin, sur les dispositifs employés dans les postes à plus grande portée.
- b) En ce qui concerne les accords à la réception, c’est un phénomène bien connu en T. S. F. que plus les oscillations sont amorties dans les circuits que l’on veut accorder l’un sur l’autre plus l’accord est flou.
- Tout circuit électrique contenant self et capacité a une période d’oscillation propre dontla fréquence, si la résistance électrique du circuit
- est négligeable, est F = —
- 1 7T
- L étant la self, G la capacité. Si ce circuit est actionné par une onde de fréquence bien déterminée et que la capacité rendue variable permette d’accorder la période du circuit (qui peut être le circuit secondaire de la figure 4), sur l’onde qui arrive, on constatera une courbe d’accord extrêmement pointue quand il s’agit d’onde entretenue et beaucoup plus aplatie quand on s’accordera sur une onde amortie. Les deux courbes de la figure 15 qui donnent une idée du phénomène ont pour abscisses les valeurs successives de la capacité variable du circuit d’accord et pour ordonnées l’intensité du courant de réception. Cette courbe dite de résonance montre le grand avantage de fonde entretenue. L’accord est d’une acuité telle que, une fois réalisée, une onde entretenue de période très voisine n’est absolument pas reçue, ce qui n’est pas vrai pour les ondes amorties correspondantes.
- c) Enfin troisième avantage considérable; à énergie égale au départ, fonde entretenue a une portée très supérieure à fonde amortie. Un poste qui consomme 50 watts comme le poste de G. À. a des portées bien supérieures — toutes choses égales d’ailleurs — à un poste de 500 watts à étincelles. Ceci tient à ce que, à l’émission, les postes à étincelles n’agissent effectivement que pendant une période infime du temps total d’émission, alors que les postes à ondes entretenues agissent pendant tout le temps où le manipulateur est baissé. A la réception on profite de deux phénomènes qui n’existent pas pour fonde amortie. D’une part on peut, à l’aide de l’hétérodyne, régler le son de la réception pour l’accorder sur la période de vibra-
- tion propre du téléphone, d’autre part, l’énergie locale fournie par cette même hétéro lyne se superposant à l’énergie beaucoup plus faible de l’onde qui arrive et qu’il faut recevoir, augmente énormément la sensibilité de la réception.
- Il nous reste maintenant à parler de la lampe détecteur et de la lampe amplificateur.
- b) La lampe comme amplificateur. — Nous avons donné le principe de l’amplificateur à propos de la T. P. S. La considération de la courbe caractéristique nous permet d’avoir une idée plus nette du phénomène. Si pour un chauffage et une tension de plaque donnée (généralement 4 volts sur le filament et 40 sur la plaque), on amène la grille à un potentiel qui correspond à un point situé sur la partie rectiligne de la caractéristique (fig. 6) (c’est le cas lorsque la grille, reliée au pôle négatif du filament, est au potentiel moins 4 volts), à de petites variations du potentiel de grille de part et d’autre de sa valeur moyenne correspondent des variations du courant de plaque de part et d’autre de la valeur moyenne de ce courant (fig. 16). La courbe caractéristique étant rapidement ascendante, à de petites variations du potentiel de grille correspondent de grandes variations du courant-plaque et c’est là tout le mécanisme de l’amplification. La lampe est un véritable relai, relai idéal, sans pièces mécaniques, sans inertie et qui suit avec une parfaite fidélité les oscillations les plus rapides que l’on peut imprimer au potentiel de grille, ces oscillations auraient-elles les fréquences usitées en T. S. F., à savoir plusieurs millions de périodes par seconde.
- On peut amplifier ainsi avec la plus grande simplicité soit des courants téléphoniques de fréquence dite musicale (800 à 2000 périodes par seconde), et c’est le cas de l’amplificateur 3 ter qui constitue la partie essentielle de la réception T.P.S., soit des courants de réception de T. S. F. dont la fréquence peut être plus de mille fois plus grande et qu’on amplifie dans ce cas avant d’en faire la détection, cette détection ayant pour rôle de remplacer ces courants de réception à haute fréquence par des courants téléphoniques accessibles à nos sens. L’amplification d’un courant variable consiste donc essentiellement à employer les variations de ce courant à modifier le potentiel de la grille de part et d’autre de sa valeur moyenne et à recueillir alors sur la plaque un courant dont les variations sont beaucoup plus importantes que celles du courant originel. Ce courant de plaque ainsi amplifié peut agir sur la grille d’une seconde lampe dont
- lampe
- \/LC
- Fig. 20. — La lampe « détecteur hétérodyne ».
- Ç, petite capacité pour le passage de la haute fréquence en évitant la bobine H.
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- no =-LA LAMPE A 3 ÉLECTRODES ET LES RADIOCOMMUNICATIONS
- I
- la plaque donne une amplification au deuxième degré et ainsi de suite. On n’est limité dans cette voie que par le fait* malheureusement difficile à empêcher entièrement, que des bruits parasites s’amplifient en même temps que les réceptions intéressantes et finissent par couvrir celles-ci. De plus, on finit, en augmentant le nombre des circuits, par amorcer des oscillations dans l’appareil qui se met à chanter. Tous les amplificateurs à haute ou basse fréquence reposent sur les, principes que nous venons d’exposer. Les seules différences qui existent entre eux consistent dans la façon dont on relie la plaque de chaque lampe à la grille de la suivante. Dans certains cas on emploie des transformateurs dont le primaire est dans la plaque, le secondaire dans la grille, c’est le cas de l’amplificateur 3 ter delà T. P. S. Dans d’autres cas on met dans le circuit-plaque une résistance, de l’ordre de 70000 ohms dont l’extrémité est reliée à la grille de la lampe suivante par un condensateur. Cette grille est reliée d’autre part au filament correspondant par une résistance de plusieurs mégohms grâce à laquelle son potentiel moyen est bien constant.
- Le schéma qui est celui des amplificateurs dits à résistance est celui de la figure 17. La résistance de plaque transmet à travers la capacité de jonction à la grille de la lampe suivante les variations de chute ohmique correspondant aux variations d’intensité du courant-plaque.
- c) La lampe détecteur. — Il nous reste à dire un mot du rôle de la lampe comme détecteur. Le détecteur est un appareil qui, intercalé dans le circuit d’un courant alternatif à haute fréquence ne laisse passer qu’unè alternance ou plus généralement laisse passer plus facilement une alternance que l’autre.Le courant est alors partiellement redressé et tout se passe comme si au courant alternatif à haute fréquence se superposait un courant continu. Sinous mettons alors en série avec le détecteur un téléphone shuntéparune petite capacité, le courant à haute fréquence traversera la capacité et le téléphone sera parcouru par le courant continu. Si nous considérons le point A de la caractéristique, (fig. 18), où cette courbe se détache de l’axe des x et a une grande courbure, si nous donnons à la, grille aü repos le potentiel qui correspond a ce point A; à de petites variations du potentiel de grille de part et d’autre de ce point A correspondra un courant de plaque sensible quand le potentiel de grille augmente et pratiquement nul quand ce potentiel diminue. Autrement dit le courant ne passera que dans un seul sens et pourra par suite actionner un téléphone, intercalé dans la plaque. Si donc on dispose dans la grille d’une lampe maintenue au potentiel convenable le circuit secondaire d’un poste de ré-
- ception deT.S. F., aux variationsà haute fréquence du courant de réception qui parcourt ce circuit et par suite la grille correspondent des courants toujours de même sens dans le circuit-plaque et le téléphone placé dans le circuit sera actionné. Il le sera directement si l’émission à recevoir est amortie. Il le sera par la méthode des battements si l’émission est entretenue et si l’on a une source d’ondes entretenues locale. 11 ne reste donc pour que ce dispositif fonctionne vraiment comme détecteur qu’à maintenir la grille au potemiel convenable. Ceci s’obtient aisément en la reliant au pôle positif du filament par une résistance de l’ordre de 4 mégohms. Par une étude détaillée de la caractéristique de là lampe, on voit que l’introduction de cette résistance ramène la grille au potentiel légèrement négatif qui est nécessaire au fonctionnement en détecteur. Mais pour que les oscillations à haute fréquence qui doivent in Huer sur le potentiel de grille puissent passer facilement, on shunte la résistance de grille par une petite capacité. Le schéma complet de la lampe détecteur est alors représenté par la figure 19.
- Nous avons dit que la réception des ondes entretenues se faisait facilement avec la lampe détecteur si l’on disposait d’une source locale d’ondes entretenues.
- Cette source locale, au lieu de consister en une hétérodyne séparée, peut être la lampe elle-même. Pour cela il suffit d’intercaler dans la plaque de la lampe détecteur une bobine directement induite par la bobine placée dans la grille et qui fait partie du circuit secondaire de réception.
- Les bobines grille et plaque induisant l’une sur l’autre amorcent, comme nous l’avons vu, des ondes entretenues locales dont la période peut être réglée par la capacité variable existant dans la grille et qui tait partie du circuit secondaire de réception.
- La lampe est donc à la fois détecteur et hétérodyne. Elle est autodyne.
- Presque toujours une manette permet de supprimer ou de mettre en service la bobine-plaque dont nous venons de parler et de recevoir ainsi à volonté les amorties ou les entretenues.
- Les amorties peuvent d’ailleurs être reçues quand fonctionne l’hétérodyne, mais sans elles les entretenues, nous l’avons vu, ne sont pas entendues (fig. 20).
- Nous disposons à présent de tous les éléments voulus pour comprendre le fonctionnement de tous les appareils à lampes.
- Dans un prochain article, nous les passerons en revue, nous indiquerons leur mode d’emploi, la façon dont ils se présentent et les merveilleux résultats obtenus.
- Un Radio.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances du mois de juin 1919
- Luminescence du sodium cl du potassium. — Depuis les travaux de Davy qui isola les deux métaux par l’action du courant sur leurs oxydes respectifs, on sait que le potassium et le sodium, fraîchement coupés, donnent une luminescence, rougeâtre pour le premier, verdâtre pour le second, et que le phénomène est d’autant plus apparent que l’action de l’eau (ou de la chaleur) est plus vive. M. Rehoul a, dans une étude présentée par M. Lipp-mann, précisé les conditions de cette luminescence ; il y a, à son dire, rupture de la surface du métal et élévation de température; la réaction chimique — oxydation, puis hydratation — a le rôle essentiel, et le phénomène atteint son maximum quand l’hydroxydeprend naissance.
- L’entretien des oscillations mécaniques. — Les audions, pu lampes à trois électrodes, permettent par un couplage spécial, de diminuer la résistance d’un circuit oscillant. MM. Henri Abraham et Eug. Bloch utilisent un tel dispositif pour l’entretien de vibrations de toutes fréquences, qu’il s’agisse d’un pendule ou d’un diapason, même si celui-ci doit fournir 1000 périodes.
- La persistance variable des impressions lumineuses sur la rétine. — On apprend dans les cours de physique élémentaire que l’œil ne peut séparer dans le temps, deux phénomènes lumineux qui se succèdent à un intervalle inférieur au dixième de seconde. M. Paul Woog s’est proposé de vérifier si la persistance des impressions se produit d’égale façon sur tous les points de la rétine. 11 a ainsi constaté que le maximum se localise à la dépression de la fovea, qui est presque entièrement composée de cônes et à l’étroite région qui l’entoure.
- Le sucre protéidique. — Des travaux antérieurs ont permis à M. Henri Bierry de montrer qu’il existe, dans le sérum, comme dans le plasma des animaux, un sucre protéidique qu’on ne peut déceler qu’en brisant la molécule dont il fait partie intégrante et en rompant, entre les différents atomes de carbone, la liaison qui précise les fonctions réductrices particulières aux aldéhydes. Ce physiologiste en déduit, que dans un plasma artériel, le
- azote protéidique ,, . . , ,,
- rapport-----------r^-rr-5— est caractéristique de 1 espece
- sucre protéidique
- et qu’il diffère totalement de ce que donne le plasma veineux. De plus, les protéiques du tissu musculaire gardent de nombreuses affinités et il semble que ledit tissu comprend un protoplasma où la molécule riche en azote, possède un noyau invariable, portant, aux chaînes latérales des groupements peptidiques facilement libérables.
- U alimentation du cheval par les algues marines. — . Au cours des hostilités, le manque de fourrages, et particulièrement de l’avoine, nous a obligés à la recherche de nombreux succédanés pour la nourriture des chevaux. L’Intendant militaire Adrian, remarquant les analogies que fournissent les analyses élémentaires de l’avoine et des algues marines, avait pensé à remplacer la graminée par des laminaires déminéralisées. Aidé par le personnel de la station de Roscofî, MM. Sauvageau et Louis Moreau ont vérifié que le Fucus serralus et le Lami-naria flexicaulis constituent une excellente nourriture dont le seul défaut est d’être mal acceptée les premiers jours. Il y a ensuite pour l’animal une période d’accoutumance gustative, et une période d’accoutumance digestive, mais au bout de ce temps, les algues, parfaitement tolérées, agissent comme adjuvant de l’assimilation pour une nourriture normale et fournissent un précieux aliment d’entretien et de travail.
- La vitesse du vent dans ta stratosphère. — On admet le plus souvent que le vent augmente de vitesse au fur et à mesure qu’on s’élève dans l’atmosphère et cela jusqu’à une altitude voisine de 11) km. Les sondages faits au cours de la guerre, à l’aide de ballons-sondes, semblent montrer, d’après M. J. Rouch, que par ciel clair, et contrairement à l’opinion courante, la vitesse du vent subit bien plus souvent une augmentation qu’une diminution.
- La conservation des fruits. — M. Gabriel Bertrand est revenu sur la question dont nous avons entretenu nos lecteurs, dans notre dernier numéro; des fruits restent près d’une année en excellent état, dans un flacon rempli d’eau pure et soigneusement fermé. La pression pourrait, semble-t-il, jouer un rôle important, en détruisant les germes enfermés avec les fruits, et qui, dans des conditions normales, détermineraient des fermentations butyriques ou forméniques. Il n’en est rien. Des réactions chimiques et diastasiques se produisent, l’eau devient de plus en plus acide, en même temps que disparaît l’oxygène, qu’elle tient en solution. Devenu anaérobie, le milieu arrête bientôt tout phénomène de fermentation. De plus, les fruits coupés réussissent mieux que les fruits entiers, les échanges entre l’eau et le suc cellulaire permettant, par leur rapidité, aux actions diastasiques de l’emporter sur le développement des ferments et des germes.
- Paul B.
- LES LACS DE BESSE ET DES LAUTIENS
- Il existe, dans le département du Var, arrondissement de Brignoles, trois lacs qui ne sont guère connus que des géologues et qui présentent cependant des particularités remarquables. Le premier est le lac de Besse (à l’est de Brignoles), un « lac
- artificiel dans un bassin naturel » de4hect. 15 ares (Delebecque), car quelques sources insignifiantes ne suffiraient pas à maintenir son niveau, si on n’y avait pas fait passer une dérivatiop de l’Issole de Besse (affluent de l’Argens). Le Igc, assez pois-
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- Fig. i. — Le Grand Lautien (Var).
- sonneux, profond de 7 à 7 m. 50 (et non pas de 30, comme on le prétend), occupe une cavité d’effondrement dans les marnes irisées gypseuses (trias).
- Les deux autres, plus singuliers encore, se nomment le Grand et le Petit Lautien. Le Grand Lautien, à environ 3 km de la Roquebrussane (Var) sur la route de Garéoult, a environ 1 hectare 5 ares ; il peut être comparé à une énorme citerne naturelle occupant le fond d’une doline. Cet abîme, presque circulaire et de 150 m. de diamètre, s’ouvre dans les calcaires du trias, minés par suite d’effondrements dans les marnes irisées (triasiques), au milieu d’une large plaine, rocailleuse et broussailleuse aux abords, mais généralement bien cultivée. Il y a des
- poissons qui, vu le manque d’affluents et d'écoulement apparents, doivent y avoir été introduits, mais on n’y voit aucune barque. La profondeur de l’eau peut varier entre 25 et 43 m. environ, et ses oscillations atteignent 12 et même 18 m. Le Petit-Lau-tien, bassin analogue moins important, un peu plus à l’est, est parfois à sec.
- D’après M. Ivilian, le Grand et le Petit Lautien seraient en communication par des canaux souterrains (*). E.-A. M.
- 1. Pour plus de détails, V. H. Delebecque, les Lacs français. Paris, Chamerot, 1898 et W. Kilian, « Essai d’une monographie hydrologique des environs de Garéoult » (Var), Bulletin des services de la carte géologique, n* 111, t. XVI, 1904-1905, publié en 1906.
- Le Gérant : P. Massok.
- Imprimerie Lahtjre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2369. 23 AOUT 1919
- IMPRESSIONS D’UN PASSAGER DU “ R-34 ”
- Nous avons éu la bonne fortune d'obtenir copie du journal de route d’un des hardis nautonniers que le fi-34 transporta par-dessus l’Atlantique, en son mémorable voyage des premiers jours de juillet. Nous lui emprunterons quelques extraits, qui nous paraissent de nature à intéresser nos lecteurs.
- Nous leur rappellerons, en guise de préambule, que ce dirigeable a près de 200 m. de long sur 28 m. de hauteur, cette dernière mesure étant celle du diamètre maximum de l’enveloppe, ou sack.
- Levolumedel’en-veloppe est d’en-viron2millions;de pieds cubes. Elle supporte quatre nacelles (ou gondoles). Celle de l’avant et les deux nacelles du milieu portent chacune un moteur, tandis que celle de l’arrière en porte deux. Ces cinq machines, du type Sunbeam Maori, développent chacune 275 HP.
- A pleine charge, le gigantesque aéronef pèse 601., dont 18 t. de pétrole. Sa construction revient à près de 10 millions defr.
- Son équipage se compose de 27 personnes, dont 8 officiers. A son départ d’Ecosse, il emmenait en outre 3 passagers, dont le général Maitland, représentant du Ministère de l’Air, et un officier supérieur de la Marine américaine.
- L’uniforme de rigueur se compose de trois vêtements superposés : complet de soie sur la peau; complet de laine épaisse; complet de dessus fait d’une étoffe, à l’épreuve de la pluie et du vent. La nuit comme le jour, membres de l’équipage et passagers sont tenus de porter sur ce windproof les courroies de cuir où s’attacherait, en cas de besoin, un parachute, qu’ils doivent toujours garder à leur portée, ainsi qu’une ceinture de sauvetage.
- Les gondoles ont accès dans l’intérieur de l’en-
- veloppe par une échelle d’aluminium enfermée dans un cylindre de forte toile. Chacune a sa destination spéciale, en outre de la machinerie commune à toutes. Par exemple, la nacelle-avant est partagée en trois compartiments : la chambre du moteur, la chambre de la timonnerie, avec sa boussole et ses commandes du gouvernail et des élévateurs; la chambre de la télégraphie sans fil.
- Un poste d’observation est aménagé sur le sommet de l’enveloppe, accessible à l’aide d’un é-troit escalier d’aluminium. Elle est traversée, dans toute sa longueur, par une étroite passerelle de même métal, et sert de dortoir à tout le personnel, à l’exception du capitaine, qui dispose d’une couchette dans sa nacelle d e commandement. En guise de lit, chacun attache son hamac entre les charpentes d’aluminium.
- Le navire aérien emportait cinq journées de vivres frais, y compris deux journées de viande fraîche, plus trois journées de vivres de secours (conserves,, aliments concentrés). Il était strictement recommandé aux membres de l’expédition de n’emporter ni tabac ni cigares. Ils se relayaient par équipe toutes les quatre heures.
- Nous transcrirons maintenant les plus intéressants passages du carnet de roule, ,en suivant l’ordre des dates. ,
- 2 juillet, 4 heures du matin. — Nous voguons depuis 5 heures, et toujours dans le brouillard, èn nous maintenant à une altitude de 500 mètres. La traversée des monts d’Ecosse a. été dure. De violents courants et des « poches d’air » imposaient au ballon des secousses brusques* qui ont augmenté au-dessus de l’embouchure de la Clyde. Là, le
- 8. — 113
- Fig. i. — On fixe le pavillon à Pavant du R-34 dans le hangar de East Fortune, avant le départ.
- 47‘ Année.
- 2° Semestre.
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- 114 ======== IMPRESSIONS D’UN PASSAGER DU “ R-34 ”
- brouillard s’est dissipé, et nous avons joui d’un spectacle sublime, illuminé par le jour naissant. Nous venons de pénétrer entre deux couches de
- Fig. 2. — L’intérieur du R-34 montrant les réservoirs à gaz et la passerelle longitudinale.
- nuages, Alcock et Brown se sont trouvés souvent en pareille situation, durant leur récent exploit.
- 7 h. 30. — Déjeuner, consistant en jambon froid, un œuf dur, pain et beurre, thé bouillant. Nous déjeunons en deux fournées. C’est un « festin en musique! » Dans le compartiment voisin, un gramophone nous tourne les airs en vogue.
- 11 heures. — Nous continuons à labourer le brouillard, à une altitude de 400 m. environ. Nous marchons uniquement avec les deux moteurs de côté, à 1600 tours, ce qui nous donne une vitesse de 30 nœuds. J’ai accompagné le Major G. G. H. Cooke, qui montait sur le sommet du « sac » pour faire le point. De ce poste, nous apercevions le soleil dans un ciel clair, tandis que les nacelles étaient en plein brouillard.
- 2 heures du soir. — L’intérieur de la quille est, décidément, l’endroit le plus confortable. Le bruit et les vibrations des moteurs s’y atténuent étonnamment, sauf au-dessus du point d’attache d’une nacelle. On y est complètement à l’abri du vent, et l’air y est beaucoup plus chaud que dans les gondoles.
- Par exemple, il faut être quelque peu acrobate pour se coucher, surtout si le hamac est haut perché. Mais on s’y fait vite. L’ennui est qu’un faux pas, qui n’aurait aucune importance ailleurs, en acquiert ici une énorme. Dans un ballon militaire
- comme le nôtre, la paroi inférieure de la quille, de chaque côté de la passerelle, est constituée par une étoffe de peu d’épaisseur, que crèverait fort probablement l’infortuné dormeur qu’un cauchemar ferait glisser hors de son hamac. Et la perspective de se réveiller au fond de l’Océan n’a rien de bien tentant.
- 3 heures. — Nous voyons maintenant la mer de temps à autre. Assisté à un merveilleux spectacle. Un arc-en-ciel complet encerclait le ballon, et un second encerclait son ombre sur les nuages. L’un et l’autre étaient d’une coloration très vive.
- C’est étonnant ce que l’on peut prendre d’exercice à bord d’un dirigeable de cette taille. On est toujours à courir le long des deux cents mètres de la passerelle, ou à grimper les échelons de l'échelle verticale qui mène au sommet. Quand sonne le quart de repos, on trouve plaisir à s’allonger dans son hamac. La tiédeur de l’immense « sac-à-cou-cher n et le murmure des moteurs ont bientôt fait de vous endormir.
- Excellente collation : pain, beurre, confiture, et deux lasses de thé chaud. L’eau bouillante est fournie par un poêle chauffé par l’évacuation des gaz du moteur-avant. Mais nous donnerions une fortune pour une pipe ou un cigare. Le capitaine en second ouvre une enquête pour découvrir le criminel qui, au lunch, a brassé la moutarde avec une brosse à dents.
- 3 juillet. — Cette traversée presque constante d’épais bancs de brouillard est infernale; Même dans les cabines fermées, on est transpercé d?humi-dilé jusqu’aux os. Mais, quand nous voguons au-dessus des nuages, c’est un aiitre inconvénient. La
- Fig. 3. — Le poste de T. S. F. à bord.
- réflexion du soleil est alors aveuglante. Remarquable festin à midi : ragoût de mouton aux carottes comme
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- plat de résistance, servi dans des plats d’aluminium.
- Maintenant que la nouveauté du voyage s’est évanouie, nous recherchons les distractions. Nous venons de découvrir un intrus qui s’était clandestinement invité à la partie, un jeune chat endormi entre deux réservoirs de pétrole. Nous l’adoptons comme mascote. Il s’intéresse particulièrement à nos pigeons voyageurs, avec qui il ne demanderait qu’à faire connaissance, à sa façon.
- La grande distraction est de suivre nos progrès sur la carie installée dans la quille, où 1 ’oftïcier-navigateur marque le point trois fois par 24 heures.
- Le navire roule et tangue terriblement, heurté qu’il est par des courants contraires. Si tout se passe normalement, nous aurons atteint New York
- perché, où il a ronflé plus ou moins sincèrement. On a fini par remarquer la présence d’un dormeur qui faisait le tour du cadran. Le commandant l’a menacé du conseil de guerre. Mais, touché par sa franchise, il lui a pardonné. Il gagnera son’voyage en travaillant à la cuisine.
- 1 heure du soir. — Grosse déception à midi. Le menu promettait un beef-steak pudding (sorte de pâté). Mais, comme la cuisine s’élabore sur les poêles adaptés aux moteurs des gondolés de côté, et que ces deux moteurs avaient été arrêtés en raison de quelques petites réparations urgentes, nous avons du nous contenter d’un repas de touristes : roastbeef froid, pommes de terrés froides, chocolat en tablettes et pain. ,
- Fig. 4. — L’arrivée sur le Roosevelt Fielcl, à Mineola.
- vendredi matin. Il ne nous reste guère que 1700 km à parcourir.
- 4 juillet. 8 heures du malin. — Je saute de mon hamac, frais, et dispos, après 5 heures de sommeil que la tempête, qui s’est mise à souffler, n’a pas réussi à troubler. On m’en raconte une bien bonne. II paraît qu’on a découvert ce matin un nouvel intrus, mais, cette fois, un être humain. Le gaillard est sûrement un malin de première classe! Gomment a-t-il pu demeurer caché à bord pendant.plus de 48 heures sans se faire prendre? Si nous étions encore en guerre, on l’aurait pris forcément pour un espion boche, et le châtiment n’aurait pas traîné.
- 9 heures. — L’intrus a comparu devant le commandant Scott. G’est un brave garçon, nommé Ballantine, qui avait travaillé à la construction du « R-34 ». Il s’était juré de faire partie du voyage. Quelques heures avant le départ, il s’est tout bonnement tapi derrière un réservoir de pétrole. La nuit suivante, il s’est installé dans un hamac très haut
- 5 heures. — Je viens d’avoir une aventure qui m’a profondément remué. Pour renouveler l’air de la cabine où j’étais de quart, j’ouvre la fenêtre, qui est assez large pour que deux hommes puissent s’y pencher de front, et j’aperçois en face, à 10 ou 15 m. de distance, une nacelle semblable à la mienne, et un homme qui se penche à la fenêtre. J’ai cru que je devenais fou. Était-ce un autre dirigeable qui nous avait rattrapés ? Mais j’ai compris aussitôt. Ce n’était que la réflexion, mais projetée avec une netteté inconcevable, de notre ballon sur la paroi verticale d’un épais banc de brouillard d’une blancheur éclatante.
- 5 heures. —La tempête souffle avec une extrême violence. Nous n’atteindrons pas New York ce soir. Nous en sommes même encore loin, car le vent nous a poussés vers le Nord. Nous venons d’apercevoir un iceberg, le premier objet aperçu depuis que nous avons-quitté la côte d’Ecosse. La mer apparaît comme une vaste plaine dé glacé. Nous apercevons bientôt Terre-Neuve, qui
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- a l’aspect d’un désert. Mais nous éprouvons une une joie indescriptible à contempler cette terre inhospitalière, car elle est pour nous la preuve matérielle que nous avons atteint notre but essentiel : la traversée de l’Atlantique.
- 5 h. 50. — Nous marchons maintenant a 42 nœuds. Tempête et pluie torrentielle ont cessé. Nous apercevons une petite ville, appelée Fortune. Nous tentons d’envoyer par parachute quelques lettres, dont une pour le Gouverneur général du Canada. Mais le parachute crève, et le paquet tombe à bonne distance de la ville. Il m’a semblé voir des gens courir vers le point de chute.
- 5 h. 45. — De nouveau au-dessus de la mer. En route sur Halifax, que nous espérons atteindre vers minuit.
- Temps idéal.
- Tout va bien.
- Pour la première fois depuis le départ, je trouve le temps de me raser. Il faut bien se préparer pour l’atterrissage à New York ! Dans la cabine, deux officiers préparent les lettres à la famille, qu’ils mettront à la poste à New York. Deux hommes jouent à pile ou face. Deux autres s’escriment à remettre en état le gramophone, qui ne veut plus fonctionner.
- 8 heures. — Reçu à l’instant le radiogramme suivant du Ministère de l’Air : « Officiers et équipage, R-34. Cordiales félicitations à vous et à votre vaillant équipage. Seely ». Mais j’ai attrapé un rhume de cerveau, et ne suis pas du tout à mon aise.
- 5 juillet. — 2 h. 45. — Je n’ai pas eu le temps d’écrire. Que d’heures angoissantes depuis mes dernières lignes. Pendant la nuit, un vent violent et glacial a soufflé de Terre-Neuve. De ma vie, je n’avais souhaité aussi ardemment le lever du jour. Nuit interminable. Tous exténués de fatigue. Plusieurs hommes ont le mal de mer. Nous avons coupé à travers la Nouvelle-Écosse pour gagner la baie de Fundy, où le temps est moins mauvais. Nous continuons notre route sur New York à la vitesse de 20 nœuds. Notre provision de pétrole s’épuise rapidement. Situation très inquiétante.
- 6 heures. — La situation a empiré. Nous venons de radiographier notre position en longitude et atitude, en ajoutant : « Vitesse réelle, 20 nœuds.
- Descendons parallèlement à côtes Nouveau-Brunswick et Maine. Pétrole presque épuisé. Veuillez envoyer d’urgence destroyers à notre rencontre. »
- 8 heures. — Le vent debout ne diminue pas de violence. Nous avançons péniblement. Reçu radiogrammes de la station de Otter Cliff demandant des précisions sur notre situation. Nous répondons en fixant notre point, notre orientation et notre altitude (500 m.), et en ajoutant : fl Venez vite. A court de pétrole. Envoyez navires ».
- Minuit. —Notre appareil de T. S. F. à longue distance ne fonctionne plus. Mais nous continuons à expédier des appels avec l'autre appareil. Inutile de nier que l’anxiété grandit à bord, bien que chacun mette son point d’honneur à se montrer enjoué.
- Privés de combustible , nous devrons renoncer à l’atterrissage et tenter de descendre en mer. Un radiogramme de l’amiral (américain) Benson, que nous captons, ordonne à toutes les stations de la côte du Maine de lancer sans délai tous les navires disponibles pour tâcher d’entrer et de rester en contact avec leR-34, et de lui prêter toute assistance possible.
- 6 juillet. 2 heures du matin. — Nous sommes désormais en conversation ininterrompue avec deux destroyers américains, le Bancrofl et le Stevens, qui nous cherchent dans le brouillard. Notre brave capitaine, le commandant Scott, discute la situation en conseil. Il estime qu’il nou§ reste encore assez de pétrole pour éviter de nous faire prendre en remorque. Il annonce sa décision au Ban-croft.
- 5 heures du matin. — Nous venons de radiographier : « Nous tiendrons jusqu’au bout Think O. K. » (Nous croyons que tout ira bien). Ce message a été suivi d’un autre annonçant notre intention d’atterrir à Chatham. Mais le Bancrofl, que nous apercevons depuis tantôt une heure, nous déconseille cette plage.
- 6 heures. — Nous sommes en communications avec Mineola (l’aérodrome de New York), qui insiste sur le danger de Chatham et conseille Montauk (pointe septentrionale de Long Island), où nous trouverons des réserves d’hydrogène et de combustible, et aussi de nombreux navires qui pourront
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- nous aider, en cas d’amerrissage forcé. Nous répondons : « Atterrirons à Montauk ».
- 7 heures. — Le commandant tient décidément à exécuter son programme à la lettre. Nous renonçons donc à Montauk. Atterrirons à Roosevelt Field, c’est-à-dire exactement à l’endroit où nous sommes attendus depuis deux jours.
- 9 h. 30. — Passé au-dessus de Montauk. A la jumelle, nous apercevons Mineola.
- 10 heures. — Au-dessus de Roosevelt Field. Le commandant John Pritchard, chargé des manœuvres d’atterrissage, se laisse tomber en parachute. Il atterrit dans de bonnes conditions devant la grande tribune.
- 10 heures. — La première gondole, touche terre. La traversée de l’Atlantique en dirigeable est un fait accompli. Il nous restait juste assez de pétrole pour voler encore pendant 40 minutes. »
- Le journal de route décrit le court séjour à Mineola, qui faillit tourner au tragique le lundi matin, 7 juillet. La dilatation du gaz, causée par un soleil ardent, souleva de terre les 800 hommes qui maintenaient le ballon. Des renforts accoururent. Mais le vent s’éleva soudain, et la tension arracha l’anneau d’amarrage de l’avant, déchirant l’enveloppe sur une surface de 6 m2. Les dégâts, de peu d’importance, furent réparés.
- Nous renonçons, par manque de place, à suivre le narrateur pendant le voyage de retour, qui ne fut d’ailleurs marqué d’aucun incident notable. Favorisé par les vents, le fi-54 atteignit la vitesse de 134 km à l’heure en marchant avec quatre moteurs, le cinquième restant en réserve. Le troisième jour, un des deux moteurs-arrière subit un acci-
- dent qui le mit hors de service. Nous noterons les observations suivantes :
- « Il est difficile, de notre hauteur, de mesurer celle des vagues. Mais on se rend compte, qu’avec la mer déchaînée que nous survolons en ce moment, des navires de surface seraient terriblement secoués. Ici, nous sommes aussi fermes qu’un roc. Il faut regarder par la fenêtre pour se rendre compte qu’on est en mouvement. »
- « Le ciel est pur. La visibilité est à son maximum. D’après nos calculs, le rayon de notre visibilité est de 130 km. C’est donc un champ visuel de près de 20 000 milles carrés que nous avons sous les yeux. Et pas le plus petit bateau en vue! Mon ambition de rencontrer un vapeur dans cet immense Atlantique n’aura pas été réalisée.
- Le voyage de retour s’accomplit en 75 h. 3 m., alors que celui d’aller avait pris 108 h. 12 m. La durée du premier aurait pu vraisemblablement être raccourcie de quelques heures, sans la mise hors de service d’un des cinq moteurs. La matière postale (dont une lettre et des journaux) adressée au roi d’Angleterre atteignit le Palais de Buckingham, 3 jours 9 h. 56 m. après le départ de New York. Encore convient-il de remarquer que l’automobile qui emportais ces plis de Pulham (Norfolk) à Londres fut victime d’un grave accident, et que l’on dut réquisitionner un autre véhicule pour achever le trajet.
- On peut donc prédire qu’il sera bientôt facile, avec les gigantesques dirigeables actuellement en construction (deux fois , plus volumineux que le R-34), de traverser l’Océan en moins de 3 jours.
- V. Forbin.
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- La télégraphie sans fil aux armées. — Les lampes permettant de multiplier les postes. — La téléphonie sans fil. — Les amplificateurs à haute fréquence; les amplificateurs à basse fréquence et la télémécanique. — L’inscription des radiogrammes. — Les lampes et les appareils de mesures. — Le multivibrateur.
- La suppression des bruits parasites.
- Nous avons vu dans un précédent article les principes de fonctionnement des appareils a lampe en télégraphié et téléphonie sans fil. Nous allons examiner plus en détail les divers appareils réalisés eu ces dernières années.
- Nous les classerons en 3 catégories : postes proprement, dits; amplificateurs, appareils d’études et recherches spéciales.
- a) Postes. — Il en a été construit des modèles innombrables adaptés à tous les usages et à tous les besoins. Les premiers étaient simplement émetteurs, c’est le cas du poste type corps d’armée, dont nous parlons plus loin : on en a réalisé ensuite d’uniquement récepteurs qui sont les récepteurs à
- — Les appareils à très courtes ondes.
- bord d’avion. Puis on fit le poste à la fois émetteur et récepteur, on le donna à l’infanterie, on le mit sur char d’assaut, on le monta sur avion. Avec lui l’artillerie lourde à grande puissance règle ses tirs. Les avions purent communiquer avec leur aérodromes, les chars d’assaut restèrent en liaison avec les divi:ions auxquelles ils étaient rattachés. Du groupe d’armées à la brigade, de l’escadrille au groupe d’artillerie en passant par l'avion le réseau à ondes entretenues, si souple, si simple à mettre en œuvre multiplia partout ses postes. Nous montrerons plus loin combien il l’emportait sur l’ancien réseau à ondes amorties.
- b) Amplificateurs. — Là aussi les modèles sont
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- innombrables et. tous adapté* à différentes fins. Nous ne parlerons que des types les plus courants. Ce
- Fig. i. — Un poste à lampe de corps d'armée.
- Au centre, l'appareil émetteur; à gauche, l’amrli-récepteur.
- à droite, les appareils d’acord et de réglage.
- Cet appareil consomme 3o watts. — Sa portée est de 25o kilom.
- sont : l’amplificateur basse fréquence dont le principe a été donné à propos de la T. P. S.
- L’amjdi très basse fréquence (T. B. F.) qui a permis de faire de la télémécanique.
- Les ampli haute fréquence qui ont donné de merveilleux résultats pour la goniométrie et la réception ordinaire.
- c) Appareils (Vétudes et recherches spé> iales. —^ La lampe se prêle et se prêtera de plus en plus à de multiples travaux de laboratoire.
- Nous citerons simplement comme appareils pouvant servir à des recherches ou à des mesures :
- Le multivibrateur imaginé par M. Abraham et qui permet la mesure précise des longueurs d’onde.
- L’hétérodyne indispensable à la réception des ondes entretenues et qui donne aussi un moyen commode de produire localement des ondes de toutes longueurs.
- Le poste à toutes petites ondes de M. Gutlou qui permettra de refaire avec des ondes entretenues les premières expériences de Hertz sur la propagation de l'onde hertzienne et sur les phénomènes qui l’assimilent à l’onde lumineuse (réllexion, réfraction, etc.).
- A) Postes à lampes. — 1° Radiotélégraphie. La sans-fil au front. Les services quelle a rendus. — Qu’ils soient émetteurs seulement comme ceux du début de la guerre ou émetteurs et récepteurs à la fois, les divers postes à lampes présentent sur les postes à étincelles qui les ont précédés, tous les avantages que nous avons déjà reconnus à Fonde entretenue. Premier avantage considérable. Grande syntonie. Quand un poste à onde entretenue émet des ondes qui ont 1000 m. de longueur le récep-
- teur accordé sur Fonde 1000 ne reçoit pas l’onde 980 d’où possibilité de multiplier sans qu’ils se gênent entre eux nos postes émetteurs dans des proportions notablement plus grandes que s’ils étaient à étineelles. On peut même sans aucune difficulté installer plusieurs postes travaillant simultanément dans le même local, sans qu’ils se gênent ni pour l’émission ni pour la réception.
- Deuxieme avantage. Pour une même portée, un poste à ondes entretenues consomme pour les petites puissances dont nous nous occupons, environ 10 fois moins d’énergie qu’un pO'te à étincelle. Résultat immédiat d’une grande importance pour la guerre de mouvement. Le poste à lampe est beaucoup plus transportable que le poste à ondes amorties qui lui correspondrait comme puis-ance.
- Troisième avantage, moins important qu'il n’en a l’air. Le posre à ondes entretenues fait indifféremment de la téléphonie ou de la télégraphie sans que son montage soit modifié en rien La téléphonie sans fil dont nous parlerons plus en détail plus loin n’cst pas encore passée dans la pratique courante comme la télégraphie sans fil, pour diverses raisons que nous indiquerons.
- Léger, robuste, facile à mettre en œuvre, permettant des liaisons nombreuses sans la moindre crainte de brouillage, éminemment transportable, le poste à lampes que nos ennemis ne possédaient pas, est le véritable poste de campagne.
- Le poste qui a été le plus employé pendant celte guerre est celui que nous avons appelé poste type corps d’armée. C’est le premier qui ait été fait en grande série, il est représenté figure 1. L’ensemble du po&te comprend un émeiteur à 3 ou 4 lampes, monté selon le schéma de la figure 8 de notre précèdent article. A cet émetteur à lampes est jointe une réception ordinaire avecun amplificateur téléphonique identique à celui de la T. P. S. et dont la lre lampe peut servir dé détecteur si l’on ne veut pas employer de galène. L’hélérodyne qui sert à recevoir le correspondant est constitué par le poste
- v.Brin descendant
- Brin descendant
- Bfin descendant
- Fig. 3.
- Diverses antennes d'un poste de Corps d’armée
- Fig. 2.
- Schéma de l’hétérodyne
- du poste de Corps d'armée
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- émetteur lui-même dont uile seule lampe brûle dans | la position réception et dont on a enlevé terre et l antenne (fig. 2). Ces postes peuvent débiter sir 3 types d'antennes représentées par la ligure 3 et dont le point le plus haut est respectivement à 7, 12 ou 27 m. du sol. Le poste type C A est extrêmement remarquante par la faible énergie qui suffit à le mettre en œuvre et par les portées relativement considérables qu'il réalise. Les lampes consomment pour le ch*u(Tage du filament 12 watts environ. Sur la plaque d’émission on consomme 60 milliampères sous 550 volts, soit 20 watts. On alt«int avec ces 30 watts au départ des portées qui ont dépassé 250 km quand on emploie l’antenne parapluie supportée par le màt de 27 m. Si I on compare à ce poste de 30 watts un poste de 500 walts à ondes amorties qui, même reçu sur amplificateur, est loin de réaliser 250 km de portée, on voit combien l’onde entretenue est avantageuse. Si l’on ajoute que le poste d’un si excellent rendement est en même temps rustique, d’un emploi très simple et d’un encombrement réduit on se rendra compte combien la léussite du poste type G A était justifiée aux armées. Ce poste dans sa caisse pèse 50 kg. 11 marche avec 4 batteries d’accus pesant au total 160 kg. L’antenne composée de quelques perches en bambou et d’un peu de fil, la prise de terre réduite à 5 grillages métalliques de 2 m. sur 0 m. 50 constituent un surcroît de charge négligeable, Faire 250 km de portée avec un poste qui ne consomme pas 50 walts et ne pèse pas 250 kg tous accessoires compris est un des premiers tours de force que les lampes aient permis de réaliser. On donna ce poste aux armées au début de 1917.
- Il commença par rendre les plus grands services pour la liaison armée-corps d’armée au moment où les Boches faisaient leur fameuse retraite de Noyon qui nous surprit un peu, nous força à des marches rapides ne laissant pas le temps d’organiser des lignes téléphoniques, nombreuses et sures.
- Fig. 5.
- Boite d’émission d'un poste uniquement émetteur. C’est un poste demi-puissant muni de lampes à cornes.
- Ce qui fit immédiatement apprécier ce poste c’est que, émetteur d’ondes entretenues, il n’était
- Fig. 4. — Un poste de campagne émetteur-récepteur à petites ondes (2 5o à 6 5o m). — Poste pour réseau intérieur d'artillerie.
- pas reçu par les innombrables antennes que l’artillerie employait à la réception des postes d’avion et par conséquent ne gênait en rien ces antennes. La possibilité de multiplier les postes émetteurs presque sans limites grâce à leur très grande syntonie devait être très rapidement mise à profit. Les longueurs d'onde de 2 postes immédiatement voi>ins pouvaient ne différer que de 2 pour 100 et cela suffisait pour éviter tout brouillage. C’e»t ainsi que le réseau reliant les corps d’armée aux divisions, dont l’appareil réalisait la gamme de longueurs d’ondes 11)00-1400, disposait grâce à ces 400 m. de jeu de 15 long œurs d’onde pouvant être émLes simultanément sans brouillage. Avec des postes à étincelles, 3 à 4 longueurs d’ondes au maximum auraient pu être employées dans les mêmes conditions et avec beaucoup moins de sécurité. Entre les corps d’armée et l'armée on pouvait compter avec un poste analogue au précédent, mais donnant la gamme 1400-1800 sur 12 émisions simultanées. Ce nombre ayant été reconnu insuffisant on créa un poste nouveau à la lois émetteur et récepteur faisant la gamme 1200-3000.
- Ces postes types corps, d’armée toujours montés dans le même meuble furent transportés en petite voiture hippomobile, en voitures de tourisme, en camionnettes aménagées en postes confortables, en camions, ils connurent aussi les installations sommaires dans les abris et les observatoires. Ils ont. rendu des services de tout premier ordre. A l’ori-
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- gine ils ont fait.des liaisons entre observatoires d’artillerie et poste de commandement de division. On pouvait à l’avant transmettre sur des antennes à liane de boyau qui, grâce aux faibles tensions de l’entretenue, n’avaient pas besoin d’un fort isolement et étaient constitués en câble de campagne. Onrece-
- Fig. 6. — Poste émetteur-récepteur à 6 lampes.
- Ce modèle a servi pour les postes de division, les postes de tanks, les postes d’artillerie lourde à grande puissance, et les postes d’avions.
- vait à l’arrière sur des antennes ordinaires et on réalisait ainsi une portée de quelques kilomètres avec à l’avant une sécurité aussi grande que celle de la T. P. S. et une portée beaucoup meilleure.
- Puis l’avant fut mieux doté, les postes mis à leur vraie place qui vers l’avant n’allait pas plus loin que le Q. G. de la division. Les réseaux à ondes entretenues, étant donné leurs avantages et leur facilité d’emploi, prolifièrent très rapidement de façon extraordinaire. Outre le réseau général du commandement qui allait de la brigade aux groupes d’armées, on vit apparaître dans chaque armée un réseau aéronautique, un réseau de la défense contre avions, un réseau de la goniométrie dont nous avons détaillé le rôle dans un précédent article. Les réseaux de l’arrière se multipliaient également. On vit apparaître successivement le réseau reliant les groupes d’armées au G. Q. G., celui qui reliait les divers G. Q. G. des armées alliées, puis apparut la division aérienne dont le réseau T. S. F. reliait entre elles toutés les escadrilles de combat et de bombardement et dont le poste central était en liaison avec les quartiers généraux des armées.
- : Nous allons montrer au sujet de ces postes et par un exemple frappant comment le réseau des postes du type G A a permis des liaisons compliquées intéressant toute la zone des armées et que, seule, la T. S. F. à ondes entretenues était à même d’assurer, la téléphonie avec fil n’y arrivant que difficilement. Le poste central de la D. G. A. de chaque armée avisait de façon régulière le poste central de la division aérienne de l’activité des avions ennemis sur lé front de l’armée. La division aérienne savait
- donc en permanence comment se présentait l’aviation ennemie sur tout l’immense front de la mer du Nord à la Suisse. Elle décidait alors d’envoyer des patrouilles aux points intéressants et passait un message circulaire par T. S. F. qui était reçu par le poste central du réseau aéronautique de chaque armée et immédiatement diffusé dans toute l’armée. Ce message indiquait brièvement et naturellement en chiffré le nombre, l'heure et l’itinéraire des patrouilles envoyées. Les aéronautiques des armées pouvaient alors profiter de ces patrouilles à l’abri desquelles, elles pouvaient envoyer leurs avions chargés de missions spéciales (photographies, etc.).
- On se rend compte combien, grâce à la T. S. F., on arrivait ainsi à toucher de correspondants dans les délais minima nécessaires pour que le renseignement restât intéressant et que de lignes téléphoniques il eût fallu pour obtenir le même résultat et de façon beaucoup plus aléatoire. Tomher le maximum de correspondants dans le minimum de temps, c’est la grande supériorité de la T. S. F. sur le fil. La T. S. F. seule permet de diffuser dans les courts délais voulus des renseignements qui se périment très rapidement; c’est en particulier le cas des bulletins météorologiques et des avertissements de grains que l’on va continuer à transmettre radioté-légraphiquement une fois la paix revenue. Seul le poste type G A permettait en campagne des portées suffisantes avec le minimum de chances de brouillages. C’est l’appareil qui a le plus servi pendant cette guerre, c’est pourquoi nous avons un peu insisté sur son emploi.
- D’autres postes, uniquement émetteurs, ont été créés à la même époque que le poste type C A. Citons l’un d’entre eux dont la figure 5 donne la photo.
- Les postes uniquement récepteurs, particulièrement étudiés pour la réception à bord d’avion, forment une transition toute naturelle entre les postes
- yers la grille '.des S lampes • émettnees
- de / appareil de téléphonie
- Poste puissant de téléphonie sans fil. Schéma du montage. ,f ,
- Fig. 7.
- émetteurs du début et les postes à 2 fins-tjui ont été réalisés par la suite. Les postes récepteurs sont en général des postes a 3 lampes dont la première est détectrice et les 2 dernières amplificatrices à basse fréquence. Dans les tout derniers modèles une quatrième lampe a été
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- Le premier en date des postes spécialement ere'és pour la radiotéléphonie est uniquement émetteur et est contemporain du poste type C. A., il. a été établi par le sous-lieutenant Lévy. Il marche avec
- Fig. 8.
- L’ensemble des appareils d’un poste puissant de téléphonie sans fil.
- ajoutée qui précède la lampe détectrice et amplifie avant de le détecter le courant de réception à haute fréquence.
- Les postes émetteurs et récepteurs des plus récents modèles comprennent, en général,
- 6 lampes, 5 pour l’émission et 3 pour la réception. Ces dernières sont montées comme celles des récepteurs à bord.
- Les 3 lampes émettrices sont montées en parallèle (voir n° 2368).
- Nous citerons comme poste à la fois émetteur et récepteur celui que représente la figure 6 et qui servait à de nombreuses fins.
- Il effectuait les liaisons intérieures de la division, transporté dans le coffre représenté par la figure 6.
- C’est le même poste que l’on mettait dans les chars d’assaut. C’est encore le même qui, placé d’une part sur avion, et installé d’autre part dans les groupes d’artillerie lourde à grande puissance permettait les réglages à longue distance de ce matériel de gros calibre.
- Un poste émetteur-récepteur à 6 lampes a remplacé également, vers la fin de la guerre, le vieux type C. A. pour les liaisons du réseau arrière. La figure 4 représente un poste à petites ondes qui pourrait devenir celui du réseau intérieur d’artillerie, Enfin nous avons groupé dans la figure 14 les divers types de lampes employés par la R. M.
- 2° Radiotéléphonie. Les difficultés de la conversation radiotéléphonique. — Quelques mots sur la radiotéléphonie.
- Nous avons vu que les postes de télégraphie sans fil à lampes faisaient, sans ditficulté ancune et sans
- Fig. ç.
- Amplificateurs haute-fréquence à transformateur : modèles à 6 lampes, modèles à 4 lampes.
- Ges appareils sont employés surtout en goniométrie.
- montage spécial, de la radiotéléphonie. La portée est simplement beaucoup moindre.
- M. Gui ton a créé également deux petits postes spécialement destinés à faire de la radiotéléphonie; l’un était prévu pour causer entre avions, l’autre pour faire de la téléphonie à terre. Les portées sont de l’ordre de quelques kilomètres.
- 6 grosses lampes en parallèle. L’ensemble des 6 lampes absorbe environ 1000 watts, les plaques étant alimentées sous 1000 volts et les filaments sous 8 volts. Ce qui fait l’originalité de l’appareil au point de vue téléphonie, c’est que le microphone n’agit pas directement sur le courant de plaque comme c’est le cas pour les deux postes précédents et comme pour tous les autres postes à lampes. Le microphone dans ces appareils est intercalé dans un circuit qui se ferme soit sur quelques spires de la bobine-plaque, soit sur 2 ou 3 spires indépendantes qui induisent sur cette bobine. Dans le poste dont nous nous occupons, le microphone agit sur la grille des grosses lampes par l’intermédiaire d’un amplificateur à 2 lampes monté exactement comme l’ampli de la T. P. S., mais avec des lampes plus grosses. Le circuit microphonique se ferme (tig. 7) sur le primaire d’un transformateur dont le secondaire est dans la grille d’une lre lampe. La plaque de cette lre-lampe est reliée à la grille de la 2e par un 2e transformateur. Un 5e transformateur relie la 2e plaque à la grille des 6 grosses lampes. Le microphone est d’un type courant et son circuit co'ntient une source de courant à 10 volts alors qu’il n’y a aucune force électromotrice dans les circuits microphoniques des autres appareils à lampes.
- L’appareil qui marche sur antenne parapluie supporté par un mût de 27 m. a fait 120 km de portée entre la terre et les avions qui sont pourtant dans de mauvaises conditions de réception. A terre
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- on n’a pas fait d’essais de portée limite en téléphonie. On atteint certainement plusieurs centaines de kilomètres. En télégraphie, avec le même poste, on a réalisé plus de 10U0 km de portée. Le poste de téléphonie à grande portée a été monté soit sur voiture automobile, soit en meubles pour stations fixes (tig. 8). C’est le plus puissant des postes à lampes de la R. M. Avec ses 1000 watts d’énergie au départ, il réalise certainement les mêmes portées au moins qu’un poste de 10 kilowatts à étincelles.
- La réalisation des postes puissants à lampes soit télégraphiques, soit téléphoniques n’a pas été beaucoup poursuivie pendant la guerre parce qu’on cherchait avant tout à satisfaire aux besoins des armées qui ne demandaient pas des portées considérables mais au contraire des postes ausfi transportables que possible. Les recherches actuelles de la R. M. au contraire sont tout à fait aiguillées dans la voie des postes puissants et rien ne sera plus simple que de réaliser en beaucoup plus important des postes analogues à ceux qui ont rendu tant dë services pendant la guerre.
- Si l’on compare les divers postes de téléphonie sans fil aux postes téléphoniques avec fil, on constate deux infériorités du dispositif sans fil : 1° il n’y a pas de sonnerie d’appel ; 2° quand on émet, quand on parle, on ne peut pas en même temps recevoir. Pour passer d’émission à réception il faut transporter l’antenne des lampes éme.trices sur les réceptrices. Impossible de répondre immédiatement à son correspondant, de l’interrompre comme dans le téléphone normal dont nous avons l’habitude. Quand il a commencé à parler il faut attendre patiemment qu’il ait fini et qu’il ait déclaré : je passe sur réception.
- Ces deux défauts de la téléphonie sans fil sont sur le point de disparaître. D’une part, grâce aux travaux sur la télémécanique dont nous dirons plus loin un mot, on a réussi, à l’aide d’une onde hertzienne de longue durée, produite à l’émission comme un trait Morse, et d’un amplificateur spécial dit à très bonne fréquence employé à la réception, à faire fonctionner au po>te récepteur un relai local qui déclenche une sonnerie. D’autre part, il a été possible d’embrocher en parallèle entre une même antenne et la terre un appareil émetteur et un appareil récepteur qui fonctionnent simultanément grâce à un dispositif intercalé sur la réception et qui empêche le courant d’émission de passer à travers l’appareil récepteur local. Le téléphoniste parle alors, le casque de réception sur la tête et entend même quand il émet son corres-
- pondant qui peut à tout instant l’interrompre.
- Un tel dispositif a été expérimenté avec d’excellents résultats jusqu’à une dislance de 21 km. La sonnerie est déclenchée dans un des postes quand on appuie sur un contact au poste correspondant. Puis l’on peut parler exactement dans les mêmes conditions qu’avec un téléphone ordinaire par fil. L’appareil émetteur est un poste type C. A. dont on a porté le nombre de lampes à 5. L’appareil récepteur est une boîte de réception dite à lampe de couplage dont nous allons parler plus loin. Il était installé au Champ de Mars.
- C’est également au poste de T. S. F. du Champ de Mars que l’on essaya pour la première fois de faire franchir l’Atlantique par la voix humaine. Le poste émetteur (poste à grand nombre de lampes) était installé à Arlington près Washington. Sur les amplificateurs du Champ de Mars on entendit à
- plusieurs reprises et de façon très nette la voix du téléphoniste américain (octobre 1915).
- R) Amplificateurs.— Voici quelques indications sur quelques-uns des nombreux types d’amplificateurs existant actuellement :
- a) Amplificateurs basse fréquence. —-Ils amplifient les courants téléphoniques comme il a été expliqué dans notre article sur la T. P. S. Le plus connu et le plus pratique est le 5 ter (amplificateur à 3 lampes) qui a rendu de très grands services pour la réception de la T. P. S., l’écoute des conversations ennemies (voy. n° 2353 de La Nature) et l’amplification dans les postes récepteurs de T. S. F. du courant redressé que l’on recueille aux bornes du détecteur. Ce courant est envoyé sur la grille de la lampe, le téléphone récepteur étant branché sur la plaque de la 3.
- Dans cet amplificateur 3 ter, la lre lampe peut aussi servir de détecteur et l’ensemble des 3 lampes se présente alors comme la réception dans les postes à bord d’avion. L’ampli se place dans ce cas aux bornes de la capacité variable du circuit secondaire de réception à la place normale du détecteur.
- b) Amplificateurs haute fréquence. — Nous en avons donné le principe dans notre dernier article. Il consiste à faire osciller le potentiel de grille autour de sa valeur moyenne en montant cette grille aux bornes d’un condensateur parcouru par un courant ayant la fréquence de celui qui parcourt l’antenne de réception. A ces petites variations du potentiel de grille correspondent, si nous sommes en un point de la partie rectiligne de la caractéristique, de grandes variations du courant-plaque et nous réalisons ainsi l’amplification d’un courant
- Fig. jo.
- Amplificateurs haute-fréquence à résistances.
- Modèles à 4 et 8 lampes, surtout employés pour la réception à très grande distance sur antennes ou sur cadres.
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- qui garde sa fréquence originelle. On détecte ce courant après un cerlain nombre d’amplilicalions, ce courant une fois détecté et rendu apte à agir sur un téléphone, peut encore être amplifié en basse fréquence avant d’actionner celui-ci. Suivant la façon dont la plaque de chaque lampe est reliée à la grille de la suivante on distingue les ampli haute fréquence à transformateurs, à résistances, à résonance.
- 1° Les amplificateurs liante fréquence à transformateurs ont été beaucoup employés en gonio-métrie. Leur montage est analogue à celui du 3 ter. Leurs transformateurs sont calculés pour être traversés par dns courants à très haute fréquence. Faible nombre de spires, tôles très minces.
- Il y a deux types d’amplificateurs de ce modèle (fig. 9). L’un a 6 lampes en cascade dont les 3 premières amplifient en haute fréquence, la 4e détecte, la 5e et la 6e amplifient en basse fréquence, le second modèle n’a que 4 lampes mais la 2e et la 3e sont à 2 fins, elles amplifient en haute fréquence le couraut de réception qui leur arrive à travers la Ire lampe, puis à la sortie de la 4e lampe qui est délectrice elles fonctionnent comme amplificateurs téléphoniques, leurs grilles et leurs plaques portaut un 2e enroulement pour le passage de la basse fréquence.
- Ces deux amplificateurs sont surtout destinés à la réception sur cadre, le Ier pour les grandes ondes entre 2000 et 2000Û m., le 2e pour les petites ondes au-dessous de 2000. Ce sont essentiellement les ampli de la goniométrie.
- 2° Les ampli à résistances, dont le schéma a été donné dans notre précédent article, ont la liaison plaque-grille des lampes consécutives réalisées par un condensateur qui est relié par une de ses armatures à une résistance d’environ 70 000 ohms intercalé dans la plaque de chaque lampe et par l’autre armature à la grille de la lampe suivante. De plus, cette grille est reliée par une résistance de 5 mégohms au filament de la lampe correspondante. Le système résistance et capacité qui relie les plaques aux grilles est plus particulièrement adapté pour chaque valeur de ces résistances et de ces capacités à une gamme de longueurs d’ondes bien définie, c'est pourquoi ces amplificateurs ont chacun, au point de vue longueur d’onde, une zone où ils amphfîeut mieux. Trois types d’amplificateurs à résistance ont été construits en grande série (fig. 10). Un premier modèle à 4 lampes est destiné aux réceptions sur antenne. Les 4 lampes amplifient et détectent en même temps. L’appareil fonctionne dans de bonnes conditions pour toutes les ondes plus longues que 800 m.
- Fig. il. — Schéma du multivibrateur Abraham. Cet appareil permet de mesurer avec grande précision les longueurs des ondes employées en T. S. F.
- Un 2e modèle d’amplificateur à résistance comporte 8 lampes dont les 6 premières amplifient et détectent à la fois le courant de réception à haute fréquence, les 2 dernières lampes sont amplificatrices à basse fréquence du courant téléphonique détecté. C’est avec ct-t amplificateur particulièrement adapté à la réception sur cadre que l’on fait la réception sans antenne des postes américains dont nous avons parlé dans un article précédent.
- Enfin le 5e modèle d’ampli à résistance est analogue au précédent mais ne permet pas comme lui la réception des ondes entretenues sans hétérodyne auxiliaire. Ses résistances sont métalliques et plus solides que celles du type précédent. 11 emploie également 8 lampes.
- 3° L'amplificateur à résonance. — Dans ce type d’amplificateur, la liaison entre la plaque d’une lampe et la grille de la lampe suivante s’effectue par l’intermédiaire de circuits oscillants composés d’une self et d’une capacité variable. Ces circuits intercalés sur les plaques et les grilles doivent être soigneusement accordés les uns sur les autres, ce qui rend l’emploi de l’appareil très délicat. Les deux principales applications du principe de ces am-p ificateurs sont la boîte de réception dite à lampe de couplage et le dispositif de lutte contre les parasites dont nous parlerons plus loin.
- La boîte de réception à lampe de couplage comporte 4 lampes dont les 3 dernières sont montées d’une façon analogue à celle d’un amplificateur à basse fréquence 3 ter, la ire de ces 3 lampes étant détectrice, les 2 dernières amplificatrices. La lre lampe du récepteur est montée en amplificateur à résonance. L’antenne est intercalée dans la grille, le circuit secondaire de réception dans la plaque. En accordant le circuit d’antenne intercalé dans la grille et le circuit secondaire de plaque on arrive à une première amplification haute fréquence que précède la détection. La boite permet de recevoir les ondes entretenues, la 2e lampe étant montée en détecteur hétérodyne. C’est avec une telle boîte que Ton réalise la téléphonie sans fil simultanée. Elle servait également de boîte d’écoute (sur la gamme de longueurs d’onde 500-40U0) dans les quartiers généraux et a permis la surprime de nombreux radiotélégrammes boches dont le déchiffrement a donné les plus précieux renseignements.
- C) Amplificateurs à très basse fréquence. Té é-mécanique. — Ce sont des amplificateurs réglés pour amplifier surtout des fréquences très basses comme par exemple celle qui correspond à une manipulation Morse. On a réalisé de tels amplificateurs soit par un dispositif à résistances où les
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- capacités entre plaques et grilles sont très importantes, soit par un dispositif à transformateurs spéciaux- Ces amplificateurs ont surtout servi à
- Fig.12. —.A gauche, le multivibrateur, disposé
- pour l’étalonnage d’un ondemètre. A droite,
- Vampli-détecteur. — A côté du multivibrateur, le diapason qui sert à le régler.
- faire de la télémécanique. On a obtenu, grâce à eux et par des montages dans le détail desquels nous n’entrerons pas ici, des résultats du plus grand intérêt." On a pu faire exécuter des manœuvres à des: avions sans intervention du pilote en les actionnant depuis la terre par un poste à ondes entretenues; On a pu également en rade de Toulon faire faire à une vedette les évolutions les plus compliquées en la guidant par un poste de T.) S. F. placé sur hydravion et malgré les transmissions locales de T. S. F. faites tout à côté par les navires en rade. Enfin, résultat plus modeste mais non moins intéressant^ on a réussi parfaitement à actionner à distance (21 km) une sonnerie associée à un dispositif de téléphonie sans fil. Ces essais de télémécanique qui n’en sont qu’à leur début permettent les plus beaux espoirs et constituent une des applications les plus séduisantes des postes à lampes. Ils ont été effectués par les lieutenants Brillouin, Gueritot et Manescaü.
- M. Abraham avait ouvert la voie à la télémécanique en créant les ampli T. B. F. Il avait notamment réussi, bien avant les essais dont il vient d’être parlé, à actionner l’électro d’un Morse et à inscrire les signaux de réception de T. S. F. à l’aide d’un amplificateur très basse fréquence monté d’après le principe des ampli à résistances et donnant à la sortie de l’appareil les 10 à 15 milliampères nécessaires au fonctionnement du Morse. Cet ampli T. B. F. faisait suite à un dispositif de T. S. F. ordinaire muni d’un ampli haute fréquence où se faisait la détection et d'un ampli basse fréquence qui amplifiait le courant téléphonique détecté avant son envoi dans l’ampli très basse fréquence particulièrement adapté de par ses importantes capacités dé liai'on entre grille et plaque, à l’amplification des fréquences de l’ordre de celles qui corres-pondai' nt à l’envoi des signaux Morse. Le même dispositif avait été employé par M. Abraham, avec succès, à une première série d’expériences de télémécanique.
- B) App*reils d études et de mesures. — Les
- lampes ne se prêtent pas seulement à l’établissement
- des postes émetteurs ou récepteurs et des amplificateurs les plus divers. Elles permettent aussi la réalisation d’appareils de laboratoires et de mesures et ouvrent un champ indéfini aux recherches les plus variées. Nous ne parlerons ici à titre d’exemples que de 3 dispositifs que la R. M. a eu l’occasion d’étudier ou d’employer plus particulièrement et qui sont : le multivibrateur, destiné à la mesure précise des longueurs d’ondes, l’hétérodyne qui, en tant que génératrice d’ondes entretenues à fréquence immédiatement variable, se prête à toutes sortes de mesures notamment à celle des résistances en haute fréquence et dont nous montrerons l’emploi dans le dispositif imaginé par le lieutenant Lévy pour la lutte contre les parasites; enfin le poste à ondes très courtes de M. Gutton.
- a) Le multivibrateur Abraham. — C’est un appareil à 2 lampes montées symétriquement. La plaque de chaque lampe est reliée à la grille de l’autre par une capacité variable. Des résistances sont intercalées entre les filaments et les plaques et les sources qui les alimentent (schéma de la figure 11 ). On montre par une théorie approfondie de l’appareil que, successivement, la plaque de chaque lampe détecte dans la grille de l’autre et que les changements de courant correspondants se produisent brusquement avec une fréquence très constante et qui est fonction des constantes électriques de l’appareil. On peut donc régler cette fréquence s l’aide des capacités variables. Outre le courant alternatif correspondant à la fréquence fondamentale de l’appareil, le multivibrateur donne de nombreux harmoniques, c’est-à-dire des courants dont la fréquence est un multiple allant jusqu’à 150 et davantage de la fréquence fondamentale: Le multivibrateur normal fabriqué par la R. M. a une fréquence fondamentale de l’ordre de 1000. Il donne des harmoniques allant jusqu a 150, c’estTà-dire dont la fréquence est 150 000 par seconde et correspond par conséquent à une longueur d’onde de 2000 m. (2000x150 000=300 000000 m., vi-
- Fig. i3. — Schéma de l'émetteur à ondes très courtes de M. Gutton.
- Cet appareil permet de mettre eu évidence par des expériences saisissantes les propriétés des ondes hertziennes.
- tesse de Fonde ou de la lumière). Pour mesureravec ce multivibrateur et de façon tout à fait précise la longueur des ondes courantes de la T. S. F., on
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- règle d’abord la fréquence fondamentale pour qu’elle soit égale à celle d’un diapason dont on connaît le nombre de vibrations à la seconde. On prendra par exemple le diapason donnant la note ut-5 (1024 périodes par seconde). Pour comparer la fréquence du multivibrateur à celle du diapason, il suffit d’approcher du multivibrateur un amplificateur détecteur qui sera actionné par chaque changement de sens du courant du multivibrateur et donnera dans son téléphone de réception un son dont la hauteur sera déterminée par la fréquence fondamentale du multivibrateur. Si en même temps que nous écoutons ce son nous faisons vibrer le diapason et que les 2 fréquences à comparer soient
- de l’ondemètre qui se met à vibrer et donne une onde détectée par l’amplificateur détecteur. Si nous manœuvrons pendant ce temps la capacité variable de l’ondemètre, au moment où la longueur d’onde propre du circuit oscillant de l’ondemètre est égale à celle d’une des harmoniques du multivibrateur, on a un renforcement du son détecté extrêmement net. Comme on sait de façon approximative la gamme de longueur d’onde dans laquelle l’onde-mètre se trouve, on voit facilement sur quel harmonique du multivibrateur on vient de faire l’accord et l’on a ainsi un moyen rigoureux, qui n’existait pas avant l’apparition du multivibrateur, de mesurer en valeur absolue les longueurs d’onde
- Fig. 14. — Divers modèles de lampes de la R. M.
- voisines, nous produirons le phénomène des battements et nous entendrons un son résultant d’autant plus grave que les sons à comparer seront plus voisins. Au moment où par la manœuvre des condensateurs variables nous aurons accordé le multivibrateur sur le diapason, le son résultant, conséquence du phénomène des battements, disparait complètement et l’on est sûr à ce moment que la fréquence fondamentale de l’appareil est la même que celle du diapason. Ce résultat une fois obtenu il suffit, pour graduer ou vérifier la graduation d’un ondemètre, de le comparer à une des harmoniques du multivibrateur. Pour cela, on fait fonctionner ce dernier, on place à côté l’ondemètre qui se compose essentiellement d’un circuit oscillant dont la self est fixe et la capacité variable. On écoute dans un amplificateur détecteur placé à côté (fig. 12). Chaque changement de sens du courant du multivibrateur donne une impulsion au circuit oscillant
- en les rapportant à la fréquence du diapason.
- b) L'hétérodyne et la suppression des bruits parasites. — L’hétérodyne, nous l’avons vu, produit en local et de façon très simple des ondes entretenues dont la longueur peut varier de 250 à 24000 m. On peut, à l’aide de telles ondes, effectuer toutes sortes de mesures en haute fréquence dont le détail sort du cadre de cet article. Nous dirons simplement un mot du dispositif imaginé par le lieutenant Lévy pour éliminer les bruits parasites dus à l’électricité atmosphérique recueillie par l’antenne ou le cadre de réception et qui gênent tant la réception à certains moments et surtout sous certains climats. Voici le principe de cet ingénieux dispositif qui a déjà donné de très bons résultats et qui ne s’applique qu’aux ondes entretenues.
- L’onde à recevoir interfère avec une première hétérodyne qui donne avec elle des battements de
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- fréquence 10000, par conséquent inaudibles. Ces battements sont amplifiés et détectés par un amplificateur détecteur à 5' lampes. On fait interférer les courants à fréquence inaudible qui sortent de ce détecteur amplificateur avec une 2e hétérodyne ayant par^exemple une fréquence égale à 9300 et l’on a une seconde série de battements à fréquence audible (la fréquence des battements est égale à la différence des fréquences de l’onde qui arrive (ici 40 000) et de l’onde locale (9300) qui sont à nouveau amplifiés et délectés par un amplificateur détecteur à résonance accordé sur la fréquence 10000. En réalité, cet amplificateur détecteur à résonance et le générateur d’ondes à 9300 périodes constituent un seul appareil à 6 lampes.
- Les parasites donnent lieu à des oscillations très amorlies. Ils n’agissent pas sur le 2e amplificateur détecteur ou agissent très peu et grâce à cette détection à 2 étages on les affaiblit considérablement.
- On a réussi, grâce à ce dispositif, à entendre sur la grande antenne de la Tour Eiffel des réceptions provenant d’Amérique alors qu’avec l’appareil récepteur ordinaire les parasites les couvraient entièrement.
- Le dispositif du lieutenant Lévy, s’il donne tous les résultats qu’on est en droit d’en attendre, sera extrêmement intéressant notamment pour les postes des pays tropicaux. En de tels pays, en effet, les décharges atmosphériques parasites sont d’une intensité telle qu’elles empêchent souvent tout trafic pendant la nuit et pendant certaines heures du jour. Un dispositif antiparasite efficace améliorera dans des proportions considérables le rendement d’un grand nombre de postes. En rendant les réceptions plus faciles, il augmente, dans de grandes proportions, la portée limite des postes émetteurs.
- c) Appareils à très courtes ondes de M. Gutlon. (schéma de la figure 13). — C’est une hétérodyne
- ACADÉMIE
- Scinces de juin
- Les conditions de formation du coke. — On sait toute l’importance que présente pour l’industrie chimique française, la distillation de la houille avec récupération complète des sous-produits. Il est à penser que bientôt nous développerons le nombre de nos cokeries et les travaux de M. Georges Charpy prennent, à l'heure présente, la plus grande importance. Ce savant a pu montrer, dans des notes précédentes, l’intérêt primordial que présentent la compression préalable et la température de cuisson du charbon. Les derniers résultats soumis par lui à l’Académie ont porté sur des houilles de Blanzy et du bassin de la Sarre; il en résulte que pour les charbons pauvres en matières volatiles, si la compression préalable est sans grand avantage, le mode d’amélioration le plus énergique semble être la cuisson en deux temps, d’abord à 500, puis à 900°.
- un peu spéciale dont la capacité est formée par l’ensemble grille-plaque et la self par les connections qui vont de la plaque à la grille.
- . Cet appareil donne des ondes dont la longueur ne dépasse pas 4 m. et permettra de faire de nombreuses et intéressantes expériences de laboratoire. Il sera en particulier loisible avec cet appareil et pour des ondes entretenues de répéter les expériences que fit Hertz avec les ondes amorties et qui lui permirent de retrouver tous les phénomènes de l’optique (réflexion, réfraction, polarisation, etc.).
- Nous arrêterons là la description des divers postes et appareils à lampes.
- Nous avons rencontré chemin faisant des postes de télégraphie qui, avec des énergies infimes au départ, réafisent des portées de plusieurs centaines de kilomètres et des postes de téléphonie sans fil simples et pratiques.
- Les amplificateurs ont amélioré la réceplion de façon inespérée. Ils ont permis de faire passer la radiogoniométrie de la théorie à la pratique. Grâce à eux la télémécanique nous donnera dans un avenir sans doute prochain des résultats que l’on ne peut même pas soupçonner à l'heure présente et qui peuvent révolutionner les idées actuelles.
- Les appareils d’études et de mesures les plus parfaits, les relais téléphoniques qui permettent l’utilisation des lignes les plus défectueuses, les dispositifs antiparasites cherchés depuis si longtemps, tout cela les lampes nous le donneront encore.
- Radiotéléphonie,radiogoniométrie,télémécanique, amélioration des communications par fil et par sans fil, voilà le bilan de la lampe merveilleuse. Les plus vastes espoirs sont permis, d’autres adaptations pratiques de la lampe se réaliseront sans doute encore, mais dès à présent l’on peut dire que le tube à vide est une des plus remarquables découvertes de ce début de siècle. Un Radio.
- ES SCIENCES
- et juillet >919.
- La grippe épidémique de 1918-19. — Au début de cette année, on pouvait, au Japon, compter sur 20 millions d’individus touchés par la grippe, environ 200 000 décès. MM. Yamanouchi, Iwashima et Sakakami ont pu constater, par des recherches qui portèrent sur quatre mois d’épidémie, que le virus était filtrable, qu’il se trouvait dans les crachats, ainsi que dans le sang des malades, et qu’on pouvait aussi bien s’infecter par les muqueuses de la cavité respiratoire que par injection sous-cutanée.
- Élections. — Le mois de juin a vu entrer à l’Académie des Sciences, un chimiste, M. Bourquelot, professeur à l’Ecole de pharmacie et un médecin, M. le Dr Widal, élus en remplacement de MM. Jungtleisch et Dastre décédés. Dans la section de Physique générale,
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- UNE INVENTION QUI N’EN EST PAS UNE : LA MONTRE 127
- M. E. Mathias occupera dorénavant le siège de M. Gouy, devenu membre non résidant.
- L’act'on immunisante du chlorure de sodium. — On sait que, peu de semaines après une injection de plasma de cheval à un chien, l’opération renouvelée provoque toujours une réaction anaphylactique, qui amène la mort dans un bref délai. MM. Charles Richet, Brodin et de Saint-Girons viennent de constater que la
- dilution au l'IO du plasma dans une solution de chlorure de sodium (8 gr. au litre) empêche tout phénomène brutal, l’animal survit en parfait état à l’injection déchaînante. Des expériences de ces savants on peut conclure à l’immunisation de la cellule nerveuse imprégnée de Na Cl contre le poison anaphylactisant. Ladite cellule serait ainsi comparable, en tous points, à un écheveau de soie, qui, saturé d’un colorant, ne peut en fixer aucun autre. Paui. B.
- UNE INVENTION QUI N'EN EST PAS UNE : LA MONTRE
- La direction du Musée royal de Sluttgard a fait publier immédiatement avant la guerre un catalogue illustré des pièces d’horlogerie que possède l’établissement.
- Ce catalogue se présente sous les apparences d’une jolie brochure de 108 pages avec 84 gravures. L’auteur en est M. Léo Balet.
- Il serait — entre parenthèses — vivement à désirer que l’exemple du Musée de Stuttgard fût suivi en France.
- Je n’ai pas l’intention de faire l’analyse d’un pareil document, inanalysable d’ailleurs par sa nature même. Je voudrais seulement en faire une citation qui nous intéresse particulièrement, nous Français, et qui a trait à Pierre Henlein, l’inventeur de la montre.
- Cette citation, je la détache de la page 75, où commence la troisième partie consacrée aux montres de poche.
- Voici la traduction de ce passage :
- « Après que, pendant longtemps, quatre pays : l’Allemagne, la France, l’Angleterre et l’Italie, et en Allemagne même,trois villes, Nuremberg, Augsbourg et Strasbourg, se furent disputé l’invention de ce qu’on appelle la montre de poche, il fut enfin décidé que les premières petites montres portatives avaient été exécutées vers l’an 1500 à Nuremberg, par Peter Henlein, Ce dernier naquit en 1480, devint en 1509 maître serrurier et mourut en 1542. Comme, au xve siècle, le ressort-moteur était déjà connu, ainsi que le prouve l’horloge encore existante de Philippe le Bon de Bourgogne (1429-1455), et que le stack-freed fut imaginé également à la fin du xve siècle, le mérite de Peter Henlein consiste uniquement en ce qu’il fut le premier à fabriquer des horloges de table en un format si réduit que celles-ci pouvaient être, au moyen d’un anneau, portées autour du cou.
- « Combien ces montres, portées en pendentif, étaient rares pendant les premières années du xvie siècle, cela ressort d’une lettre de ce grand voyageur que fut Luther lequel, vers 1510-1524, remerciait l’abbé Frédéric Pistorius, de Saint-Eloi de Nuremberg, pour une montre que ce dernier lui avait offerte. Luther dit dans cette lettre : « Un « cadeau fort bien venu! Je me sens presque obligé
- « d’aller étudier chez nos mathématiciens pour bien « comprendre la construction ainsi que la manière « de manipuler cette montre, car jamais auparavant « je ne vis quelque chose de semblable. Jamais je « n’aperçus un objet de ce genre. »
- Dans ces lignes, M. Léo Balet ramène à leur juste valeur les compliments attribués si généreusement par ses compatriotes à Peter Henlein pour la soi-disant invention de la montre. Cette invention se résumait à peu de chose, une diminution de format des horloges de table qu’on faisait déjà fort petites. On pourrait presque dire que le soi-disant inventeur de la montre n’a guère inventé que le crochet pour la porter en pendentif!
- Cela n’a pas empêché l’Allemagne d’élever à l’artiste nurenbergeois un monument colossal dont l’exagération des proportions apparaît davantage encore à la lumière que vient de projeter M. Léo Balet.
- Mais il y a plus. Des chiffres mêmes que cite l’écrivain, il résulte que très vraisemblablement le monument de Nuremberg s’est trompé d’adresse. Et je compte le démontrer en recourant aux documents authentiques publiés en France par M. l’abbé Develle dans son magnifique ouvrage sur les horlogers blésois, fruit de trente années de recherches patientes et qui constitue assurément la plus belle monographie horlogère qui ait été écrite (4).
- Le plus ancien des horlogers blésois cité par M. l’abbé Develle est Julien Coudray. On ignore la date de sa naissance; mais on sait avec certitude qu’en 1504 il était déjà un maître horloger de premier ordre. Il est, à cette date, qualifié a or loger du roi » dans une pièce de caisse constatant le versement en ses mains d’une somme de 19 livres 4 sols « pour achepter du cuivre et abiller la spére dudit seigneur (Louis XII), pour le louage de maison, entretenement de varlets pour besoigner à ladite spére durant le mois de septembre dernier passé. »
- Dans les comptes de François 1er, à la date de 1518, figure le 51 décembre un mandement « à Jean Sapin, receveur général de Languedoil et Guyenne, de payer à Julien Coudray, horloger à Blois, la
- 1. Les horlogers blésois, un beau volume in-i° de 573 p., avec album do 19 planches, à Blois, chez Emmanuel Rivière, éditeur.
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- 128 r—.UNE INVENTION QUI N'EN EST PAS UNE : LA MONTRE
- somme de 200 écus d’or soleil pour son payement de deux dagues excellantes garnies dedans les pommeaux de deux orloges toutes dorées et destinées à l’usage du roi. » (Arch. nationales, KK289, fol. 444.)
- On voit d’ici ce que devait être un mouvement logé dans un pommeau de dague.
- C’était une toute petite montre.
- Donc, en 1518, maître Julien Coudray exécutait couramment des montres minuscules. En effet, comme le dit avec infiniment de raison M. l’abbé De-velle, « qu’un mouvement soit enfermé dans une sphère comme celle du comte de Cheverny en J 631 — du travail de Jean Chevillard, également blésois — dans un pommeau, une boîte d’or ou de cristal, qu’il soit pendu à la ceinture ou autrement, dès lors qu’il s’agit d’un instrument portatif, c’est une vraie montre et pas autre chose. »
- Si Julien Coudray « valet de chambre ordinaire et gouverneur des orloges de la maison du roi et aussi gouverneur de l'orloge de la ville et du cadran de la porte chartraine », fabriquait des montres de si petit calibre en 1518 — une dizaine d’années avant la fin de sa carrière (*) et plusieurs an nées avant que Luther, moine allemand, en eût aperçu une grosse — il faut bien admettre que la fabrication de la montre portative n’était pas alors à Blois dans sa première enfance.
- Peter. Henlein était certainement bien plus jeune que Coudray, puisqu’il
- 1. Je trouve dans une note de l’érudit Bernard Brost, ancien inspecteur des bibliothèques publiques, la date exacte de la mort de Julien Coudray. Elle survint le 13 juin 1529. Cet'e note est extraite des Archives nationales. Dans une autre note de même origine (KK 100, f° 63-64), je trouve une indication qui permet d’apprécier la valeur en monnaie actuelle des 200 écus d’or dont il vient d’être fait mention. Il s’agit d’une quittance donnée par Coudray l’année même de sa mort pour 24 écus correspondant à 49 livres 4 sols. En prenant pour base cette valeur, 200 écus d’or soleil représentaient 400 livres. Pour estimer la valeur de cette somme en monnaie actuelle, nous consulterons Lcber. Cet aiiteur
- n’avait que 24 ans et n’était pas encore en état d’être reçu maître serrurier à une date où son confrère blésois émarge déjà officiellement sur les comptes royaux.
- Celui-ci ne pouvait donc pas avoir été l’imitateur de celui-là.
- De ce qui vient d’être rapporté, il résulte que la question de l’invention de la montre ne se pose pas en réalité. Peter Henlein a bien pu être le premier Allemand qui avait fait des pièces portatives. Mais on en a fait , en France sinon avant, du moins en même temps, d’aussi belles, sinon de bien plus belles.
- Pour se rendre un compte exact d’ailleurs de la différence très minime qui pouvait séparer une montre primitive portative d’une petitependule.de table, il suffit d’examiner les deux pièces représentées fig. 1 et fig. 2,
- La première représente » un mouvement de petite pièce de table, sans une seule vis de fixation, remontant par suite au premier quart du xvie siècle (2). La figure 2 représente une montre se portant en pendentif et datant de 1551. Les dimensions des mouvements sont presque exactement les mêmes, c’est-à-dire 5 centimètres de diamètre.
- De cela, il résulte que le monument . de Nurem-. berg est beaucoup trop grand pour commémorer un événement aussi insignifiant. '
- Léopold Reverchok. 1
- donne à la livre une valeur de 27 fr. dans le premier quart du xvie siècle et de 14 dans le second. En prenant le premier chiffre, on trouverait pour le prix des deux dagues 10800 fr. Avec le second, on trouverait 6000 francs. Le prix réel se trouve entre les deux. Coudray était d’autre part pensionné de François I*r et il appert des comptes royaux que son traitement annuel était de 100 livres auxquelles il convient d’ajouter 18 livres pour le compte de la ville de Blois. Ces ,118 livres faisaient un traitement compris entre 3200 et 1750 de nos francs.
- 2. Ce mouvement appartient au Musée de l’École d’horlogerie de Paris dont il est une :des pièces les plus curieuses.
- Fig. i. — Mouvement d’une petite horloge de table à fusée et foliot, sans vis. Certainement antérieure à la pièce suivante dans laquelle elle pourrait entrer presque exactement, son diamètre étant de 5o mm. et la distance intérieure des 2 platines 22 mm.
- Fig. 2. — Une montre de Blois exécutée en i55i par Jacques De La Garde. Son diamètre est de 52 mm.
- La comparaison de ces 2 figures prouve que la montre n’est pas une invention.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleurus, 9, à Pans.
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- Fig. i. — Les gouttes de rosée du matin.
- CE QU’ON VOIT AU RAS DU SOL
- Nous sommes tellement habitués à promener notre regard à quelque 160 cm au-dessus du sol que nous n’y faisons plus attention. Le monde nous paraît être tel que nous le voyons, en grandeur et en perspective, et nous raisonnons de toutes choses relativement à nous, à notre vision, à nos souvenirs, sans nous demander si tout est bien à notre échelle.
- Tout au plus, nous armons-nous parfois d’une loupe ou d’un microscope, mais c’est alors uniquement pour voir le détail d’un objet et jamais pour regarder un paysage.
- Et cependant, combien nous reste-t-il à apprendre, simplement en déplaçant notre point de vue, en nous abaissant vers le sol!
- Qui de nous, avec ses yeux tout nus ou tout au plus couverts d’une loupe, a regardé la terre, la simple terre des champs et des chemins et observé sa structure? qui s’est amusé à abaisser son horizon auras du sol et à regarder la nature comme la voient les petits animaux, je ne dis pas les insectes dont les yeux sont si différents des nôtres, mais les souris, les campagnols, tous les petits mammifères des campagnes?
- 47* Année. — 2* Semestre.
- Puisque pendant les vacances, il est permis de « lézarder », puisqu’on peut alors s’étendre de tout son long sur l’herbe ou sur le sable, voyons un peu les paysages que l’on peut ainsi explorer, les aspects que l’on peut découvrir, dont beaucoup n’attirent pas suffisamment notre attention toujours distraite. Pour ce voyage au ras du sol, pas
- de bagages, pais de complications. Tout au plus une simple loupe, et encore n’est-elle pas bien utile. On ne manquera pas d’être étonné des merveilles qui y pullulent.
- Veut-on étudier la géographie physique ? Voici un tas de sable que la moindre brise sculpte en dunes, en talus où l’on retrouve tous les détails exacts des mers de sable du Sahara. La moindre averse, le plus petit ruisselet pratiquent de rapides et formidables érosions et découpent des vallées, rongent les rives des méandres, aiïouillent les courbes, alluvionnent plus loin. En quelques heures, voire même en quelques minutes, on assistera à la répétition du long travail des siècles sur notre globe, comme si un cinématographe ultra-rapide accélérait notre vision. Une couche d’argile exposée
- 9. — 129
- Fig. 2. — Une caverne en miniature.
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- CE QU ON VOIT AU RAS DU SOL
- Fig. 3. — Phénomènes d’érosion d'une vallée minuscule dans le sable.
- au soleil, desséchée et craquelée rappellera les plus grands canons du Colorado.
- Rien ne manque à ces spectacles, ni les torrents, ni les cascades, que l’on va généralement chercher si loin, ni même les cavernes obscures auxquelles aucun détail ne fait défaut.
- Ce n’est pas tout.
- Si l’on passe aux phénomènes physiques, on trouvera l’occasion de contempler dans toute leur puissance les phénomènes de capillarité et de tension superficielle auxquels nous n’attribuons pas généralement l’importance considérable qu’ils méritent parce qu’ils ne sont pas de la même grandeur que nous.
- Le matin, les gouttes de rosée déposées sur les feuilles ou les grains de terre nous apparaîtront comme de grosses gemmes, hémis-
- Fig. 5. — Deux petits cailloux rappellent les érosions torrentielles.
- phériques, reflétant le ciel et ne mouillant pas.
- Dans le domaine végétal, les plantules rivalisent d’élégance et de hardiesse de formes; elles n’ont rien à envier aux palmeraies les plus touffues ; les radicelles sorties du sol rappellent quelque bois ravagé par la mitraille.
- Et d’ailleurs quels ravages formidables, faciles et inconscients nous causons à chaque instant dans le monde lilliputien !
- Aucune dévastation forestière, aucun cyclone, aucune catastrophe n’est comparable à celles que commettent à chaque pas les promeneurs, même les plus sincères amis de la nature, les gardiens les plus fanatiques de la beauté des paysages.
- Outre toutes les observations et toutes les expériences dont on peut s’enrichir par la simple con-
- Fig. 4. — Le sol raviné dans la terre végétale.
- templation de ce milieu, par le seul changement d’horizon et d’échelle de comparaison, combien nous fera-t-il mieux connaître le mécanisme exact des phénomènes du sol, la pénétration des racines dans la terre, la structure du substratum végétal, la nature du terrain et son rôle véritable dans les-cultures, etc.
- Or, il est extraordinaire combien mal nous nous représentons les conditions de la terre végétale, les phénomènes qui assurent sa porosité, son aération, son hydratation.
- L’observation à plat ventre nous aidera à comprendre l’effort de croissance des plantes, le mécanisme de leur nutrition.
- Et je ne veux pas entamer ici le chapitre de la zoologie qui réservera bien d’autres surprises.
- On assistera à toutes ces acrobaties que sont le saut du criquet par-dessus des montagnes, letrans-port par la fourmi d’œufs et de grains hauts comme des maisons, la sortie du mille-pattes hors d’une caverne, aussi impressionnante que l’apparition du serpent de mer, et les mille autres inci-
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- CE QU’ON VOIT AU RAS DU SOL
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- dents de la vie d’un décimètre carré de terrain.
- Il n’est pas de véritable amateur de sciences qui ne pratique la photographie.
- Chacun voudra donc conserver des souvenirs de ses contemplations au ras du sol. Il le désirera encore plus en voyant par les quelques clichés reproduits ici, quels effets curieux, étranges, inattendus on peut ainsi recueillir.
- Rien n’est plus facile que d’en faire soi-même d’autres épreuves, aussi variées, aussi diverses qu’on
- Le tout est de placer l’objectif au l’objet pour éviter les vues plongeantes qui ne rendraient pas plus l’aspect inaccoutumé du sol que les vues plongeantes prises d’un aéroplane ne donnent la physionomie d’un pays survolé.
- D'autre part, on devra chercher à obtenir un agrandissement direct de l’image, et pour cela se servir d’un bon objectif, de court foyer, monté sur une chambre à très grand tirage; c’est en somme une sorte de micro-photographie, le sujet étant placé à quelques centimètres de l’objectif.
- On se heurtera sans doute à l’inconvénient bien connu de la différence de mise au point des
- Fig. O. — Un fouillis de racines prend l'aspect d'un bois du front.
- le voudra, niveau de
- Fig. 7.
- Une palmeraie de jeunes plan Iules.
- plans, qui dans ces conditions s’exagérera de telle façon qu’elle sera sensible sur les divers points d’un
- même objet.
- On devra donc, un peu par tâtonnement, suivant l’appareil utilisé, rechercher la distance nécessaire pour obtenir une bonne image, à peu près nette au moins dans toute la partie intéressante.
- L’appareil stéréoscopique sera utilisableavecses bonnettes d’approche.
- Les clichés pris, puis développés , on pourra agrandir ultérieurement ces images. Vues, surtout par projection, ou mieux encore au stéréoscope, elles nous donneront la plus forte impression de ce monde si riche que nous ignorons. Nous pourrons ainsi en juger sans être contrariés par notre habitude invétérée de comparer et ramener à une échelle déterminée ce que nos yeux sont admis a contecopier.
- Utilisons donc la « vague de paresse » actuelle., et profilons des chaleurs inaccoutumées de ces vacances pour nous étendre au ras du sol et regarder ce qui s’y passe.
- Nous ne perdrons pas ainsi notre temps !
- : Lucien Dubaux.
- LE RISQUE AERIEN
- Après ses débuts difliciles et le développement prodigieux que lui a fait accomplir la guerre, l’aviation semble entrée dans la voie d’une utilisation pratique et rationnelle répondant à des besoins déterminés.
- L’avion, engin d’expérience, engin de sport, puis engin de combat, devient un outil de transport.
- Cette adaptation n’est pas sans difficultés, car, à mesure que changent ses lins, les conditions dans
- lesquelles l’aviation évolue deviennent très différentes.
- Comme engin d’expérience, on ne demandait à l’avion que de voler. Appareil de sport, il lui fallait voler de plus en plus haut et de plus en plus vite. Appareil de guerre, il devait être capable d’assurer les services qu’on attendait de lui pour la reconnaissance, le réglage d’artillerie, le bombardement et le combat contre les avions ennemis. Le prix de
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- 132 ==::::: : ' ' LE RISQUE AÉRIEN
- revient1 et le risque n’entraient pas en ligne de compte. Le résultat, seul et indivisible, était recherché.
- Au contraire, en tant qu’outil commercial de transport, il faut que l’avion, dans un certain nombre d’heures de vol, puisse exécuter un travail précis, dont la rémunération soit supérieure aux frais normaux ou éventuels occasionnés par ce vol. Il est donc nécessaire, afin d’obtenir le prix de revient, d’évaluer exactement, outre la valeur initiale des appareils, que chaque vol utile doit amortir en partie, la dépense horaire en combustible, les salaires du personnel, les frais d’entretien, etc., éléments faciles à déterminer d’une façon rigoureusement exacte.
- Il est un autre élément qui, pour une entreprise d’âviation commerciale présente une importance d’autant plus considérable qu’il est plus difficile à déterminer, c’est celui du risque.
- Un avion s’envole de son terrain avec un chargement dont, le transport sur un parcours donné doit rapporter une certaine somme à l’entreprise. En tablant sur les moyennes précédentes, on prévoit la durée du voyage et d’après elle le prix de revient est calculé. - >
- S’il est inférieur à la rémunération, un bénéfice brut est donc acquis, mais seulement une fois que l’avion aura pu atterrir au terrain de destination. Entre le départ et l’arrivée, il peut, à la suite d’un accident, être détruit plus ou moins entièrement. Le bénéfice escompté se transforme en une perte importante.
- De la fréquence et de l’importance du risque dépend donc à peu près entièrement la réussite d’une entreprise d’aviation commerciale.
- Le risque doit être prévu dans l’établissement du prix de revient, mais c’est justement une telle prévision qui est difficile.
- L’aviation est, en effet, un mode de transport absolument nouveau, où J’empirisme a joué, jusqu’à présent, un aussi grand rôle que la science théorique. La plupart de ses règles ont été dégagées de faits osés et constatés. D’autre part, en ce qui concerne le risque, les éléments d’évaluation sont plus nombreux que dans tout autre mode de transport, l’expérience acquise ne peut, en raison de la différence des buts poursuivis et des progrès rapides accomplis au cours de la même période d’observation, être adaptée entièrement aux conditions dans lesquelles évolue actuellement l’aviation commerciale. Néanmoins, il est possible d analyser le risque aérien et d’en formuler dès maintenant les lois précises que viendront étayer, à mesure que l’aviation civile se développera, les statistiques des résultats obtenus. C’est ce que nous allons essayer de faire dans cet article :
- I. — Nous désignons sous le nom de risque aérien, l’ensemble des dommages accidentels que peut entraîner une exploitation de navigation aérienne. — Ces dommages se classent en :
- — Dommage aux avions ;
- — Dommages au personnel naviguant (pilotes et passagers) ;
- — Dommages aux marchandises transportées ;
- — Dommages aux tiers : par exemple, un avion forcé d’atterrir subitement, foule une culture, ou détériore une clôture, ou même blesse un paysan.
- II. — Les causes qui constituent le risque aérien peuvent se ramener à quatre genres :
- — Les causes tenant à l’avion ; -
- — Les causes tenant au pilote;
- — Les causes atmosphériques et géographiques ;
- — Les causes dues à l’organisation de l’exploitation.
- III. — Nous allons énumérer les lois reconnues jusqu’à cejour entre les risques et leurs causes; ces lois, que nous essaierons de préciser par des chiffres chaque fois qu’il sera possible, sont la base de l’assurance; elles permettent de déterminer, pour chaque cas d’exploitation, les garanties à imposer et les primes à faire payer.
- IV. — Le risque dû à l'avion est, dans l’état actuel de la technique aéronautique, aussi facile à délimiter par des chiffres que le risque dû à,des constructions fixes (maisons, ponts), ou à un matériel roulant (chemins de fer, autos, ou à des bateaux). Il dépend :
- a) De la solidité de l'avion : cette solidité peut être éprouvée par des essais portant, soit sur l’ensemble de l’avion, soit sur ses différents organes (fuselage, moteur, train d’atterrissage, cellule, etc.), soit sur ses matériaux de construction.
- Ces essais consistent à faire supporter aux organes des charges correspondant aux plus. grands efforts occasionnés par le vol, multipliés par un coefficient île sécurité. Tous les constructeurs sont habitués à la pratique de ce genre d’essais suivant des règles communes, édictées par la Section technique de l'Aéronautique militaire.
- Une première série d’essais est faite avant la mise en service de tout type d’avion nouveau; le coefficient de sécurité est alors un nombre (4 à 20), qui caractérise la solidité de l’avion neuf.
- Il faut prévoir en outre, l’obligation, pour toute exploitation en temps de paix, de faire subir aux avions des essais périodiques de contrôle, à charge réduite, pour en surveiller l’usure.
- b) Des qualités de l'avion, notamment de sa manière de rouler au sol, de décoller, de voler, d’atterrir. Ces qualités sont, indépendamment du pilote, les caractéristiques du type d’avion; elles sont constamment les mêmes pour des avions de même type réglés de la même manière, mais elles varient notablement d’un type d’avion à un autre. Ainsi, tel type d’avion est dangereux, parce qu’il atterrit trop vite, ou parce qu’il a tendance à capoter, ou parce qu’il se met en vrille à la moindre faute du pilote. Ces qualités ont chacune leur définition précise et peuvent être exprimées par des chiffres ; elles peuvent être présumées sur les essais
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- LE RISQUE AÉRIEN
- d’un avion-nouveau, par analogie avec des avions existants; mais au point de»vue pratique, rien ne vaut les appréciations ou mesures faites sur l’avion lui-même; comme d’ailleurs ces mesures ne peuvent être faites utilement qu’avec des pilotes adaptés, il est prudent de décider en matière d’assurance, qu’on ne donnera une cote définitive à un type d’avion nouveau qu’après 500 heures de vol exécutées par ce type d’avion.
- V. — Le risque dû au pilote dépend de ses capacités, professionnelles habileté, sang-froid, équilibre physique et moral, entraînement, expé-
- Calégorie 2. -— Assez bons pilotes, médiocrement entraînés. Appartient à cette catégorie :
- Tout pilote ayant volé dan» les 50 jours qui précèdent, et ayant fait, dans les 12 mois qui précèdent, au moins 100 vols sans accident grave.
- Catégorie 5. — Bons pilotes, bien entraînés. Appartient à cette catégorie :
- Tout pilote ayant fait 5 vols dans les 50 jours qui précèdent et ayant fait dans les 12 mois qui précèdent, plus de 200 vols sans accident grave.
- Les preuves qui serviraient au classement ci-dessus doivent incomber au pilote. Il n’y a d’ail-
- Fig. i. — Un avion survolant Versailles le jour de la signature de la paix. La place d’Armes, vue de l’avion (cliché de la Compagnie aérienne Jrançaise). Des terrains d’atterrissage existent non loin de là, diminuant le risque d’une panne au-dessus de cette foule et de ces maisons.
- rience. — Il est illusoire d’évaluer a priori ces capacités sur un individu par des épreuves ou par des mesures analogues à celles qui ont été imaginées pendant la guerre par certains physiologistes. L’évaluation la plus sûre se fait d’après le passé du pilote; on peut ainsi classer les pilotes en trois catégories.
- Catégorie 1. — Pilotes présumés dangereux, pour lesquels on refuse l’assurance, sauf conditions spéciales. Appartiennent à cette catégorie :
- a) Tout pilote ayant eu dans sa carrière deux accidents graves (entraînant mort ou blessure grave).
- b) Tout pilote ayant eu un accident grave et n’ayant pas exécuté 100 vols depuis cet accident.
- c) Tout pilote n’ayant pas volé depuis 50 jours.
- d) Tout pilote ne rentrant pas dans l’une des catégories 2 ou 5.
- leurs pas lieu de chercher à distinguer, en cas d’accident grave, s’il y a eu ou non faute du pilote ; la prudence d’un pilote doit être si grande que la malchance est une tare.
- VI. — Le risque du aux conditions atmosphériques et géographiques vient :
- Des vents forts.
- Des grains et des orages.
- De la brume, du brouillard et des nuages bas.
- Des zones de remous au voisinage du sol.
- De la fréquence des terrains d’atterrissage de fortune.
- Ce risque est à définir pour chaque exploitation en se basant sur la géographie du trajet, sur les renseignements moyens que la météorologie peut donner et sur les conditions d’exploitation.
- En France, par exemple, on peut classer les circonstances atmosphériques en trois catégories de temps :
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- Temps 1. — Entraînant un risque élevé, pour lequel on n’assure pas, ou pour lequel on ne consent que des assurances spéciales.
- Appartient à cette catégorie tout temps compor tant une ou plusieurs des circonstances suivantes :
- Brume épaisse ou couche continue de nuages à moins de 100 mètres au-dessus du point du sol le plus élevé à survoler.
- Brouillard, pluie, grêle ou neige assez intense pour limiter la visibilité horizontale au sol à 1 kilomètre.
- Grains annoncés.
- Vent au sol de plus de 15 m. à la seconde.
- Nuit noire ou sombre.
- Temps M. — Entraînant un risque moyen. Appartient à cette catégorie tout temps comportant une ou plusieurs des circonstances suivantes :
- Brume épaisse ou couche continue de nuages à moins de 500 m. au-dessus du point du sol le plus élevé à survoler.
- Brouillard, pluie, grêle ou neige assez faibles, pour ne pas limiter la visibilité horizontale au sol à 1 kilomètre.
- Vent au sol de plus de 8 m. à la seconde.
- Grand clair de lune.
- Temps 3. — Entraînant un risque faible ou nul :
- Appartient à cette catégorie tout état de l’atmosphère ne comportant pas une des circonstances classées dans les temps 1 ou 2, à une heure quelconque entre le lever et le coucher du soleil.
- Vil. — Les risques que nous avons séparés dans le paragraphe ci-dessus en les attribuant, soit à l’avion, soit au pilote, soit aux causes atmosphériques et géographiques, ne sont pas en pratique aussi distincts; ils se composent d’une infinité de manières, suivant le genre de navigation et suivant les principes d’exploitation. A cet égard, on peut seulement affirmer :
- 1° Que le risque total est minimum quand chacun des risques partiels est minimum ;
- 2° Que le risque total, pour une exploitation bien organisée est constant si on le compte sur l’ensemble d'un exercice;
- 3° Que la valeur du risque total peut varier dans des proportions considérables suivant les principes d’exploitation; ainsi tel très bon pilote sera dangereux s’il est indépendant, sans contrôle ni discipline; ainsi encore, telle .exploitation de nuit sera moins dangereuse qu’une exploitation de jour, si elle est mieux organisée et mieux commandée.
- Toutes choses égales d’ailleurs, une Compagnie d’assurances assure des risques plus faibles et mieux définis, lorsqu’elle a affaire avec une Compagnie de navigation bien organisée, que lorsqu’elle traite avec line série de petites entreprises ou de pilotes isolés.
- VIII. — Pour illustrer l’étude ci-dessus, il est intéressant de citer, à titre d’exemple, l'exploitation de la Réserve générale d’aviation (Dugny, Seine)
- pendant la guerre. Cette exploitation consistait à faire transporter par des pilotes convoyeurs les avions neufs de la Réserve générale de Dugny aux différentes annexes réparties sur le front, et à faire ramener de ces annexes les avions usés, encore capables du vol de retour. On avait choisi comme convoyeurs de bons pilotes capables de voler, même par des temps difficiles, de manière à assurer le ravitaillement en pleine bataille; autrement dit, pour se conformer aux définitions de l’article ci-dessus, les convoyeurs étaient des pilotes de catégories 2 et 3, et les vols étaient exécutés le plus souvent par temps 3, mais aussi quand il le fallait par temps 2 ou même par temps 1.
- Or, d’un relevé établi par le Commandant Cha-bert, commandant de la R. G. A., relevé que le général Duval, commandant l’Aéronautique au G. Q. G., nous a autorisés à utiliser, on peut tirer les moyennes résumées par le tableau suivant.
- Accidents immobilisant l’avion pour plusieurs jours 1917 1 1918 1
- 50 vols d’av. 00 vols d’av.
- Blessures légères au per- 1 1
- sonnel naviguant . . . Blessures graves . . . 300 vols d’av. 4 400 vols d’av. 1
- 3500 vols d’av. 3700 vols d’av.
- Blessures mortelles . . 1 1
- 1700 vols d’av. 1700 vols d’av.
- Si on remarque que les moyennes ci-dessus sont établies sur un ensemble de 22 000 vols exécutés avec des avions de tous les types, pendant une durée de 30 minutes à 4 heures, sur tous les itinéraires entre Paris, Dunkerque et Belfort, on est frappé de la similitude des chiffres de blessures graves et de cas mortels pour les deux années.
- En général, les pilotes voyageaient seuls à bord ; il leur arrivait cependant d’emmener leur mécanicien, ou de ramener un ou plusieurs camarades. Si donc on rapporte les‘moyennes ci-dessus, non pas au nombre de vols d’avions, mais au nombre de vols d’hommes, on obtient sensiblement les taux suivants :
- 1
- 1000 vols d’hommes.
- 1
- 4000 vols d’hommes.
- 1
- ‘2000 vols d’hommes.
- Il est intéressant de rapprocher de ces résultats ceux qui ont été obtenus par l’exploitation d’une année de la ligne postale aérienne de New York à Washington. Ce service, assuré primitivement par l’aviation militaire américaine, est organisé civilement depuis le 10 août 1918, sous le contrôle direct du Ministère des postes.
- Du 15 mai 1918 au 15 mai 1919, les appareils chargés de transporter le courrier entre les deux villes ci-dessus, ont assuré leur service à peu près chaque jour, excepté le dimanche, avec un rende-
- Blessurcs légères . . . .
- Blessures graves............
- lcssurcs mortelles . . . .
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- LE RISQUE AÉRIEN
- ment de 92 pour 100, volant par tous les temps, y compris des vents de 60 à 100 km à l’heure et des tempêtes de neige.
- • Les appareils en usage étaient des types employés pendant la guerre, monomoteurs.
- Dans ces conditions assez difficiles, les résultats obtenus sont les suivants :
- 1206 voyages ont été effectués sur 1261 vols possibles.
- Le nombre de kilomètres parcourus est de
- 200000.
- 37 atterrissages forcés ont été effectués par suite du mauvais fonctionnement des moteurs.
- Les accidents enregistrés sont dus uniquement à
- Les moyennes ci-dessus semblent prouver que le risque aérien est plus faible en réalité qu’on ne l’imagine communément; qu’on peut, dès maintenant, comparer l’aviation aux autres moyens de transport à leur début, au point de vue du risque, et qu’il est possible d’évaluer ce risque d’une façon à peu près rationnelle sans l’exagérer; que d’autre part, chaque perfectionnement dans la méthode et la technique employées implique la diminution d’une cause de risque, celui-ci, en ce qui concerne le travail d’une entreprise pour une période déterminée, devant être considéré comme mathématiquement décroissant.
- Les accidents nombreux et retentissants qui ont
- Fig. 2. — Un risque à terre : incendie au camp d'aviation du Bourget, vu d’un avion. [Cliché de la Compagnie aérienne française.)
- certains de ces atterrissages forcés sur de mauvais terrains. Aucun n’a été mortel.
- Deux pilotes ont été blessés assez grièvement, 6 légèrement.
- On peut tirer de ces constatations les moyennes suivantes en admettant que tous les atterrissages forcés aient plus ou moins endommagé les appareils; supposition évidemment très exagérée.
- Accidents immobilisant l’avion pour 1
- un ou plusieurs jours................. 5400 kilomètres.
- 1
- ou :
- Blessures légères au personnel naviguant ........................• .
- ou :
- Blessures graves au personne naviguant.................................
- ou :
- Blessures mortelles.
- ou :
- 52 voyages.
- 1
- 33.533 kilomètres.
- _1_
- 20l voyages.
- 1
- 100 000 kilomètres. 1
- 003 voyages.
- 0
- ZOO.000 kilomètres. 0
- 1200 voyages.
- récemment mis en deuil l’aviation en causant la mort de pilotes connus et appréciés du public pour leur habileté et leur cran, pourrait sembler à première vue s’accorder mal avec les moyennes ci-dessus. .
- Navarre se tue à l’atterrissage, Védrines trouve la mort en effectuant le voyage Paris-Rome, Madame de Laroche se tue avec son pilote, victime d’une cbule malheureuse. En Italie, un Caproni,avec quatorze passagers à bord prend feu en s’écras rnt au sol. Tristes exemples, pour illustrer une étude sur le risque aérien, que le public grossit forcément dans sa pensée en raison de la large publicité faite à de telles morts, alors que le travail accompli heureusement, chaque jour, dans les airs, frappe peu l’imagination et demeure presque inconnu.
- Cependant, en réaliLé, les accidents dont nous parlions plus haut ne font que confirmer les principes exposés et les moyennes établies.
- Navarre s’est tué sur un appareil rapide et difficile à piloter en s’exerçant à une manœuvre dangereuse d’acrobatie. Le risque dû à l’avion était assez
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- élevé, celui dû au pilote, bien que compensé par son habileté, était énorme, en raison du but poursuivi. Le cas de Madame de Laroche et de son pilote est le même, sauf en ce qui concerne l’appareil. Védrines, lui, est parti pour Rome sur un appareil bi-moteur qu’il n’avait pour ainsi dire jamais piloté, appareil d’un type dangereux lorsqu’il est surchargé. Il a sans doute risqué, par excès de confiance en soi, en vue d’un atterrissage forcé, une manœuvre délicate qui lui a valu la mort.
- Il est vraisemblable que ces pilotes vivraient •encore'si au lieu de voler individuellement en recherchant le risque maximum pour un maximum de
- profit matériel ou moral, ils avaient effectué un travail organisé méthodiquement. pour le compte d’une compagnie de navigation aérienne.
- Quant à l’appareil Caproni, dont la fin fut si tragique, le moins qu’on en puisse dire c’est qu’il était d’un type refusé par le gouvernement français comme dangereux et vraisemblablement surchargé. — Risque maximum dû à l’avion.
- Il faut saluer ces victimes de l’aviation pour leur courageux mépris de la mort en regrettant leur fin inutile de chevaliers intrépides de l’air maintenant que le ciel n’est plus à découvrir mais à exploiter.
- D. M. (de la Compagnie Aérienne Française).
- UN PROBLEME MARITIME D’APRÈS-GUERRE :
- L’avenir de Bizerte.
- La reprise de notre vie économique est le gros problème d’après-guerre. En attendant que le travail de nos chantiers reconstitue la flotte mar-
- bassin naturel, Jules Ferry affirmait : « Ce lac à lui seul vaut la possession de la Tunisie, tout entière! Oui, messieurs, si j’ai pris la Tunisie, c’est pour avoir Bizerte ».
- Afin de ménager les susceptibilités étrangères, mises en éveil par notre installation dans la Régence, nous patientâmes neuf ans avant d’adopter une solution bâtarde qui, sous le prétexte de la création d’un port marchand, confiée à une Société privée, la Compagnie du Port de Bizerte, masquait les transformations indis-
- chande, l’utilisation immédiate de tous les éléments susceptibles d’activer nos échanges par mer s’imposera de toute évidence. Parmi les points sur lesquels portèrent autrefois nos efforts il en est un dont la mise en valeur est dëmeurée en question. Bizerte, où nos sacrifices financiers ont dépassé 150 millions, gardera-t-elle des quais déserts et un arsenal silencieux, ou lui fournira-t-on les moyens de devenir une cité commerçante et industrielle?
- Bizerte, repaire de corsaires Barbaresques aux xvne et xviii® siècles, médiocre abri de pêcheurs, mal entretenu, au xixe, tire son importance de sa position sur le détroit sicil'o-africain, à la jonction des deux bassins méditerranéens, et de l’existence d’un lac, véritable golfe marin, d’une superficie de 12 000 hectares, avec des fonds presque partout supérieurs à* 8 m., susceptible de contenir les flottes réunies de France et d’Angleterre. Insistant sur l’intérêt stratégique de la place et de son
- Fig. X' — Le port de Bizerte : A, en i8ço ; B, en 1914.
- pensables pour ouvrir le lac à nos cuirassés. Les travaux auxquels on n’avait pas aussitôt donné l’ampleur nécessaire, furent exécutés en deux fois (1890-1895, 1899-1914).
- Aujourd’hui, au fond d’un avant-port dé 86 hectares, encadré par deux jetées convergentes et protégé par une digue du côté du large, débouche un canal, long de 2400 m., large de 200 m. au plan d’eau, profond de 10 m., qui conduit au goulet du lac. Le commerce dispose sur ses berges de 448 m.
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- dè quais : les 248 m.;de la rive Nord reçoivent les navires 'a service régulier le long d’un quai vertical : 8 appontements flottants servent aux autres bâtiments ; 54 000 m2 de terre-pleins attendent les futurs entrepôts. La rive Sud avec 200 m. de quais,
- 4 appontements et 70 000 m* de terre-pleins est utilisée pour les dépôts de charbon. Pour éviter l’encombrement, un second port a été prévu dans la baie deSebra, qui, une fois aménagée, disposera de plus de 100000 m2 de terre-pleins ; dès à présent les charbonniers peuvent décharger sur une partie des rives Nord et Sud.
- L’espacé remblayé entre le vieux port et le nouveau a vu s’élever une ville neuve : disposée suivant un plan géométrique avec un jardin central d’où partent quatre avenues en diagonales, elle offre un ensemble complet de constructions officielles et n’attend plus que... les habitants.
- Les installations militaires comprennent, au delà de la baie de Sebra, la station de défense mobile de la baie Ponty, et, au fond du lac, à plus de 15 km de Bizerte, l’arsenal de Sidi Abdallah, avec un port de 51 hectares desservi par des voies ferrées
- qui unissent tout un ensemble d’ateliers, parcs et magasins judicieusement répartis.
- Le personnel nécessaire aux travaux de l’arsenal s’est groupé, à proximité, dans la cité ouvrière et
- cosmopolite de Ferryville, où se coudoient, à côté de trop rares Français, Espagnols, Italiens, Maltais, Kroumirs et Libyens.
- Bizerte, préfecture maritime, possédait donc également les éléments d’un port de commerce en eaux profondes. Mais l’expérience démontre qu’il ne suffit pas de creuser des bassins et de construire des quais pour attirer les navires. La prospérité d’un port dépend de sa situation, des avantages qu’il offre à la navigation, des ressources et des besoins de son arrière-pays, des voies de communication qui l’unissent à cet arrière-pays.
- Aux deux premières conditions, Bizerte répond admirablement ; elle jouit d’une situation exceptionnelle « sur la plus active des mers intérieures » ; tous les navires faisant route vers les Indes, ou en revenant, sont signalés par ses sémaphores, et peuvent à toute heure du jour aborder ses quais sans difficultés. Elle est, d’autre part, le port de passage le plus rapproché de la France; aussi le nombre des voyageurs, insignifiant jadis (548 en 1888), s’élevait en 1915 'a 15165; bien que Tunis, grâce à de services réguliers plus nombreux, enregistre encore un chiffre très supérieur (plus de 75000), Bizerte, avantagée par un parcours moindre et des conditions d’atterrissage plus aisées, est appelée à devenir la tète de ligne deé
- Fig. 2. — Arsenal de Sidi Abdallah. Vue générale de la Darse.
- Fig. 3. — Bizerte : Caserne de la flottille des torpilleurs.
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- paquebots rapides entre Marseille et la Régence.
- Son rôle pendant la guerre confirme ce caractère; le nombre des transports, opérant pour le compte des marines alliées, qui ont accosté à ses quais, est passé de 603 bâtiments représentant 969 332 t. (entrées et sorties réunies) à 2152 avec 8 569 416 t., et témoigne ainsi des services rendus par cette importante base.
- Tout indiquée comme port militaire et port de passage, Bizerte ne trouve pas, dans son arrière-pays, même prolongé au delà de Mateur jusqu’à Béja, les éléments d’un trafic sérieux. Le port marchand demeure stationnaire; le million de tonneaux (1 070 747) atteint seulement en 1911 n'était en 1913 que peu dépassé (1 121 972); surtout les échanges commerciaux sont notoirement insuffisants; dans les 177159 t. inscrites aux importations de 1913, les matériaux destinés à l’arsenal représentent une forte part : la même année les exportations ne figuraient encore que pour 72 892 t. Les entreprises industrielles, qui accompagnent l’essor des centres maritimes, n’en sont toujours qu’à la période d’essai. Une usine de la Société française des houilles et agglomérés pour la fabrication de briquettes, une installation italo-américaine d’un dépôt de mazout, attendent pour se développer, la venue des navires dans la baie de Sebra.
- Or la nécessité de les attirer intéresse en même temps le port militaire; celui-ci doit en effet pourvoir au ravitaillement des escadres en combustible : « Bizerte sans charbon est une batterie d’artillerie sans munitions ». Mais l’Afrique du Nord se trouvant presque totalement dépourvue de bassins houillers, il faut rechercher au dehors les moyens de constituer un stock qui, pour répondre à l’approvisionnement de Malte, comporterait 2 à 300 000 t. Le procédé le plus simple, l’achat direct par l’Etat, est aussi le plus onéreux; il entraîne une perle d’argent en immobilisant un important capital, et une perte de matériel, le charbon accumulé subissant sous l’action de la chaleur et de l’humidité une diminution de pouvoir calorique, qui prnt atteindre 25 pour 100. Un second expédient réside dans le concours apporté par un port de commerce actif : que celui-ci offre sur ses quais une abondante matière première, et les navires charbonniers, certains de ne pas repartir à vide, viendront décharger leur combustible; à son tour la présence du charbon incitera les cargos à fréquenter un port capable de ravitailler leurs soutes et de remplir leurs cales; du va-et-vient des navires résultera enfin l’entretien d'une réserve de charbon constamment renouvelée. A l’appui de ces assertions, il suffit de rappeler qu’en 1890 le mouvement du charbon était à Gibraltar de 562 000 t. contre 450 000 à Malte et 160000 à Alger; 20 ans plus tard l’essor de notre colonie intervertit le classement au profit de son principal débouché; Alger s’inscrit en tête avec 800000 t. contre 500000 à Malte, 150 000 à Gibraltar. Bizerte peut faire à
- Malte une concurrence semblable; elle occupe sur la route des Indes une position meilleure que Malte, située un peu trop à l’est; son arrière-pays fournit pour les navires les vivres frais, que le port anglais doit demander à la Sicile et même à la Tunisie; qu’elle s’assure en outre le fret de retour, et les charbonniers n’hésiteront pas entre un port leur permettant « de naviguer toujours en pleine charge avec des opérations de chargement et de déchargement accomplies en un temps et avec des frais de déplacement minima », et Malte, où l’insuffisance du fret les oblige à poursuivre leur route jusque dans la mer Noire, à supporter doubles frais d’entrée et de sortie, pour embarquer les marchandises qui leur éviteront de revenir sür lest.
- Ce fret nécessaire, Bizerte crut le trouver dans les phosphates du nord-ouest tunisien, mais se heurta aux prétentions de Tunis qui voyait dans ces gisements, avec un supplément de tonnage, un élément régulateur de son commerce, parant aux variations des récoltes, toujours à la merci des caprices atmosphériques ; un retard dans les pluies d’hiver peut en effet diminuer de moitié le rendement d’une année.
- La loi de 1902 sur les chemins de fer tunisiens donna gain de cause à Tunis, mais accorda à Bizerte une demi-satisfaction; jusqu’alors une seule ligne, à voie normale, la raccordait au grand tronc algéro-tunisien par Mateur et Djedeida ; un second embranchement, également à voie normale, de Mateur à Pont de Trajan prolongea son arrière-pays vers les vallées de la Medjerda et de l’oued Mellègue. De plus, une ligne à voie étroite, vers Tabarka, lui réserva le débouché de la région minière de Krou-mirie; ouverte jusqu’à Nefzas depuis 1910, elle transporte la calamine et surtout le minerai de fer; celui-ci, malheureusement de qualité médiocre, ne s’emploie qu’en mélange avec des minerais plus riches; tel qu’il est cependant, c’est lui qui a soutenu les exportations de Bizerte pendant la guerre; sur les 125 946 t. qui les représentent en 1917, le fer des mines de Douaria entre pour 114 900 t. Avant 1914 les États-Unis étaient le principal acheteur; actuellement la majeure partie (104000 t.) est expédiée en Angleterre.
- En dédommagement des phosphates octroyés à Tunis, Bizerte s’était entendu promettre le fer de l’Ouenza. Cette montagne, qui domine la vallée de l’oued Mellègue à quelques kilomètres de la frontière tunisienne, renferme un gisement d’hématite, évalué à plus de 40 millions de tonnes; ce minerai non phosphoreux, assez rare, est recherché pour la fabrication des aciers fins ; l’amener à Bizerte c’était assurer à ce port le fret de retour propre à y attirer les navires de commerce, c’était donc permettre la constitution du stock de combustible demandé par la flotte, c’était enfin, en réunissant à proximité de l’arsenal le fer et le charbon, provoquer la création de hauts fourneaux et d’industries métallurgiques, qui recruteraient aisément leur
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- = UN PROGRÈS RADIOLOGIQUE RÉCENT : « LE TUBE COOL1DGE » = 139
- main-d’œuvre dans les éléments européens ou indigènes.
- Ces légitimes espoirs ont rencontré l’opposition de Bône et du gouvernement de l’Algérie; exigeant la sortie intégrale du minerai algérien par les ports algériens, ils avaient, en- 1914, fait décider une voie ferrée nouvelle et directe entre l’Ouenza et Bône, appelée par surcroît à recueillir, outre les phosphates du Djebel Kouif, déjà en exploitation, ceux du Djebel Onk et du Djebel Okba. On a justement objecté à tout projet de ce genre, les frais considérables qu’entraîneront les travaux d’art pour la traversée des deux Atlas, les inconvénients des fortes rampes pour une ligne à lourd trafic, la capacité de transport inférieure à la capacité d’exploitation et limitant cette dernière au détriment de l’exploitant, l’encombrement presque inévitable du port de Bône, en uii mot les à-coups certains que provoquera dans l’entreprise le système de la voie et du débouché uniques.
- Plus pratique à tous points de vue, la solution algéro-tunisienne demande le double débouché, Bône et Bizerte, et l’utilisation des voies existantes au moyen de deux raccordements : un entre l’Ouenza etClairefontaine se reliera au Bône Tebessa mis à voie large sur tout son parcours; le second empruntant la vallée de l’oued Mellègue, couloir naturel d’écoulement de toute cette région minière,
- rejoindra la ligne Nebeur-Beja-Mateur-Bizerte, et compensera un parcours plus long par les avantages d’un profil très doux ; que la frontière, arbitrairement délimitée, ait été légèrement déplacée vers l’ouest, et la question d’un tracé, indiqué par les lignes mêmes du relief, ne se fût pas posée.
- Aucun argument sérieux n’a pu être opposé aux propositions de Bizerte. Le véritable obstacle réside du côté de l’Algérie, dans un particularisme économique, contre lequel on ne saurait trop s’élever. L’Algérie et la Tunisie ne sont pas, en effet, des états distincts, mais des provinces françaises, sous un régime administratif différent. Les prétentions de Bône sont analogues à celle qu’émettrait « un département sur le territoire duquel se trouveraient des mines de charbon et qui exigerait que l’exploitation se fît uniquement par un port du département. »
- Il n’est nullement question, comme le prétendent les Algériens, « de ruiner Bône pour enrichir Bizerte », mais cte répartir des ressources largement suffisantes pour alimenter les deux ports; on doit donc espérer qu’après la guerre, une décision ne saurait tarder qui, s’inspirant des intérêts supérieurs de la France dans la Méditerranée et l’Afrique du Nord, assurera à Bizerte l’essor économique indispensable pour donner à son port militaire toute la valeur qu’il comporte.
- P. Meininger.
- UN PROGRÈS RADIOLOGIQUE RÉCENT : “ LE TUBE COOLIDGE ”
- Jusqu’à ces derniers temps, la production des rayons X était réalisée au moyen de tubes radiologiques d’un type qui semblait avoir atteint son plus grand perfectionnement. Un nouvel instrument vient de faire son apparition dans la pratique courante : le tube Coolidge qui réalise un progrès notable sur ses devanciers (*).
- Pour voir les avantages et l’originalité de ce tube, il est utile de rappeler brièvement la structure et le fonctionnement d’un modèle habituel. Un type excellent, le tube Pilon par exem- FiS- i-pie, consiste en un ballon de verre porteur de tubulures qui logent des électrodes soudées de façon étanche au verre. Une cathode cupuliforme (Ca) fait face à l’anode (Àn) ou anticathode ; cette dernière, en cuivre et creuse, porte une pastille de tungstène incrustée dans l’extrémité biseautée qui fait face à la cathode; une circulation d’eau provenant d’un réservoir extérieur R refroidit l’anode dont réchauffement est considérable au cours du fonctionnement. Enfin
- 1. La Nature a décrit ce tube dans son n° 2129, lors de son apparition, mais il s’est perfectionné depuis.
- un vide très poussé (de l’ordre du millionième d’atmosphère) a été réalisé dans ce tube.
- Lorsqu’on établit une différence de potentiel convenable (de 30000 à 90 000 volts) entre les électrodes, les gaz résiduels deviennent conducteurs et le tube admet une intensité de courant jtj, pouvant atteindre 1,10
- milliampères ou plus ; mais la conductibilité est bilatérale étant due à l’ionisation des molécules gazeuses restantes, il faut donc alimenter le tube par un courant allant de l’anode à la cathode sous de fonctionnement défectueux et de mise hors service très rapide. La production des rayons X est due à ce que la cathode envoie vers l’anode un faisceau convergent de corpuscules négatifs, des électrons, formant les rayons cathodiques, et qui sont animés d’une très grande vitesse (de 10000 à 40 000 km à la seconde et plus); ces corpuscules, projectiles qui viennent « bombarder » la pastille de tungstène de l’anti-cathode, échauffent par leur choc cette dernière au point qu’elle pourrait fondre et se volatiliser si l’intensité du courant était poussée trop loin, mais
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- surtout le choc des électrons provoque au point d’impact la naissance des rayons X qui se propagent dans l’ampoule et traversent le verre pour continuer leur trajet à l’extérieur du tube. Plus l’intensité du courant est forte, plus grande est la quantité de rayons X émise, et si l’on augmente la différence de potentiel appliquée au tube, la vitesse des corpuscules cathodiques s’accroît (tout
- Fig. 2. — Tube Coolidge, modèle Standard.
- Fig. 3. — Tube Coolidge, modèle à radiateur.
- comme une balle de fusil gagne une accélération de vitesse avec l’augmentation de la charge de poudre de la cartouche), le bombardement cathodique devient donc plus brutal sur l’anode et l’émission des rayons X qui en résulte augmente de pouvoir de pénétration, devient plus « dur ». Mais aussi, au cours du fonctionnement, le vide augmente spontanément, si bien que le tube devient moins conducteur et cesserait même de le devenir à la longue ; on exprime ce fait en disant que le tube « durcit », il émet alors une moindre quantité de rayons dont le pouvoir pénétrant s’exagère (l’intensité diminuant du fait de l’amplification de la résistance, le voltage monte). Pour y remédier, un régulateur Re, par un mécanisme de soupape, d’osmose ou de chauffage par courant dérivé, donne le moyen de faire rentrer du gaz dans le tube qu’on peut ainsi ramener à l’état primitif. Mais toutes ces modifications, qu’elles soient spontanées ou provoquées, retentissant ainsi sur la conductibilité générale de l’instrument, font varier à la fois et la quantité de rayons produite et leur degré de pénétration; le réglage est donc toujours délicat et le maintien à un régime constant nécessite une surveillance continuelle.
- Connu déjà depuis plusieurs années, mais entré dans la pratique depuis peu, le tube Coolidge est plus simple; le ballon de verre ne porte que deux tubulures pour le passage de l’anode et de la cathode; l’originalité principale consiste dans la structure de cette dernière et dans le degré du vide.
- La cathode est creuse (fig. 4) et dans sa cavité se trouve logé un filament spirale (F) de tungstène connecté à la cathode d’une part et à un conducteur indépendant d’autre part ; il y a ainsi deux conducteurs du côté cathodique : l’un, commun au filament et
- RÉCENT : « LE TUBE COOLIDGE » . ..
- à la cathode, l’autre propre à l’extrémité libre du filament; ils aboutissent à une prise de courant à vis.
- Le vide est poussé aussi loin que possible, au point que le peu de gaz résiduel est insuffisant pour assurer seul la conductibilité du tube qui resterait infranchissable pour des différences de potentiel de 100000 volts et plus si l’artifice du filament n’existait pas. Lorsque l’on chauffe, en effet, ce filament (grâce à un courant auxiliaire venu d’une batterie d’accumulateurs isolés ou d’un petit transformateur), le tube devient conducteur par la mise en jeu du phénomène d’Edison utilisé aussi comme on Je sait dans les lampes à vide (Pliotrons ou Kenotrons) qui ont fait réaliser de si grands progrès à la T. S. F. et à la téléphonie comme détecteurs et relais amplificateurs. Le filament porté au rouge émet, en effet, une buée d’électrons porteurs de charges négatives qui véhiculeront le courant en partant de la cathode pour aboutir sur l’anode qui est au potentiel positif; l’intensité générale du courant est ainsi fonction unique de la température du filament, et le voltage que l’on peut faire varier aux extrémités du tube n’en change pas la valeur (à condition d’avoir toujours un courant de saturation, c’est-à-dire que la totalité des électrons émis soit utilisée dans chaque cas, ce qui est réalisé par l’emploi d’une source puissante). Avec le tube Coolidge on est ainsi maître de faire varier indépendamment, et dans de larges limites, la quantité ou le degré de pénétration des rayons que l’on veut utiliser. L’effet Edison procure en plus une stabilité de régime qui n’oblige plus à la surveillance continuelle en marche et il est toujours facile de se replacer exactement dans des conditions de fonctionnement identiques à celles d’une expérimentation antérieure. Enfin la conductibilité étant due à la formation d’électrons dans la cathode, à l’exclusion d’ions positifs, il en résulte que le courant ne peut s’établir que dans un sens, il sera au besoin rectifié par le tube lui-même qui fait effet de soupape.
- Ce tube, inventé et mis au point par W.D. Coolidge, est établi en deux types par la General electric C° de Schenectady :
- 1° Le modèle Standard de 18 cm de diamètre et 55 cm de longueur dont l’anti- Fig. 4. — Cathode
- cathode en tungs- du tube Coolidge,modèle Standard.
- tène massif est
- supportée par une mince tige de molybdène qui ralentit la transmission vers les soudures de verre de la chaleur produite sur l’anticathode souvent portée au rouge blanc; la dissipation de cette chaleur parasite est assurée par rayonnement direct ; de la masse métallique.
- 2° Le modèle à radiateur, plus petit que le précé-' dent (7 à 8 cm de diamètre, 45 cm de longueur) pos-
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- sède une cathode concave rappelant celle des tubes ordinaires et qui fournit un impact plus fin ; l’anticathode tout à fait semblable aussi à celle des tubes courants, massive au lieu d’être creuse, s’épanouit à l’extérieur par un radiateur à ailettes que l’on peut démonter pour le transport; la conductibilité thermique et la large surface de refroidissement à l’air assurent la dissipation de la chaleur produite par le bombardement cathodique. Ce deuxième modèle, qui réalise mieux l’effet soupape que le précédent, est plus spécialement destiné à fonctionner directement sur courant alternatif à haute tension.
- De son côté l’appareillage électrique se ressent des qualités du tube Coolidge. Presque toujours un tube ordinaire est équipé sur « bobine » ou sur « contact tournant ».
- L’appareillage « Bobine » comporte schématiquement (fig. 5) : un interrupteur I, du type fréquent à
- Milli.
- Fig. 5. — Installation radiologique sur bobines avec tube ordinaire.
- turbine, jet de mercure et diélectrique gazeux shunté par un condensateur C ; un ampèremètre A et un rhéostat de réglage R ; ce groupement envoie dans le primaire d’un transformateur à circuit magnétique ouvert (en l’espèce une grosse bobine de Ruhmkorf) du courant de basse tension interrompu périodiquement; le secondaire rend du courant à haute tension genre alternatif, à deux ondes; l’une « directe », l’autre « inverse » ; mais le tube exigeant un courant toujours de même sens oblige à intercaler dans le circuit une ou même deux soupapes à vide S4 et S2 (sorte de tube à rayons X particulier) qui opposent un obstacle infranchissable à l’onde inverse et laissent libre passage à l’onde directe ; ces soupapes compliquent d’autant plus l’installation que leur degré de vide varie au cours du fonctionnement et qu’il faut faire jouer le régulateur de vide dont elles sont aussi munies. Enfin un milliampèremètre (Milli) mesure l’intensité du courant dont le potentiel s’estime approximativement par la distance explosive que peut franchir une étincelle éclatant entre deux pointes à écartement variable et mesurable, ce dernier appareil ou spintermètre (Sp) remplace suffisamment un voltmètre inapplicable aux hautes tensions où l’on travaille.
- Le dispositif de « contact tournant » (fig. 6) simpli-
- fie déjà la question en supprimant les soupapes, l’interrupteur rotatif et son condensateur ; un transformateur T à circuit magnétique fermé reçoit au
- Fig. 6. — Installation radiologique « Contact tournant », avec tube ordinaire.
- primaire du courant alternatif mesuré à l’ampèremètre A et réglé par le rhéostat R ; le courant à haute tension est envoyé du secondaire à l’ampoule par l’intermédiaire d’un commutateur redresseur Ct, calé sur l’axe d’un moteur synchrone, et dont le rôle est de rectifier de sens les 1/2 ondes inverses pour les envoyer dans le même sens que les ondes directes. Un spintermètre et un milliampèremètre complètent ici encore l’appareillage.
- Naturellement un tube Coolidge peut fort bien être alimenté par l’un ou l'autre de ces dispositifs et donne toute satisfaction, mais son effet auto-rectifica-teur promet mieux encore et, le dernier cri, lorsqu’un degré de pénétration fixe des rayons X suffit, consiste à monter le Coolidge directement aux bornes d’un transformateur à haute tension; il n’y a plus alors de soupapes ni d’organes mobiles et le spintermètre devient inutile puisque l’on marche à tension constante; l’encombrement du matériel se trouve réduit et son poids diminué. Le montage comporte ainsi (fig. 7) : un transformateur T à circuit magnétique fermé calculé pour donner 55 000 volts au secondaire; un voltmètre V indique la tension au primaire, le secondaire relié directement au tube est interrompu au milieu de l’enroulement par le milliampèremètre (Milli) qui est mis d’autre part à
- Fig. 7- — Installation Coolidge.
- la masse : ce dernier se trouve ainsi au potentiel zéro et peut être touché sans crainte de secousses ou d’électrocution ; un dispositif de survolteur-dévolteur assure une tension fixe au secondaire.
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- Enfin un petit transformateur statique Tr et son rhéostat r sont chargés du chauffage du filament cathodique. Le tube utilisé est un modèle à radiateur.
- Ce type d’installation, bien adapté aux besoins courants de la radiologie médicale, a été adopté et presque exclusivement employé au cours de la guerre par les formations sanitaires de l’armée américaine et les exemplaires se multiplient dans notre pays.
- Le tube Coolidge, qui offre tellement d’avantages, a des applications de plus en plus étendues à la radiologie médicale. Sa souplesse lui fait réaliser des « acrobaties » peu accessibles à un tube ordi-
- naire; avec des rayons peu pénétrants il est facile d’obtenir des radiographies de tissus mous, d’insectes, de végétaux ; avec des rayons très durs on aborde l’analyse des métaux bruts ou travaillés : il s’agit alors de la radiométallographie qui a fait l’objet d’un article dans un numéro précédent de ce journal. A signaler enfin pour terminer qu’il a été utilisé avec profit au cours de la guerre pour dévoiler, par méthode radiographique, la structure et le mécanisme d’engins suspects qu’un démontage maladroit risquait de détruire au grand danger de l’opérateur.
- D' J. PlERQUIN, Licencié ès sciences.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances du mois de juillet 1919
- La préparation du phosgène. — Le chlorure de earbonyle ou gaz phosgène a été fort employé comme asphyxiant au cours des hostilités. Au début de la fabrication, les chimistes ont dû recourir à la réaction classique :
- 2 SO3 + CCI4 = CO Cl2 + S2 O5 Cl2
- due à Schutzenberger. MM. Grignard et Urbain ont réussi à mettre au point un procédé basé sur l’emploi de l’oléum à 45 pour 100 et se résumant ainsi :
- S2 O7 II2 + CCI4 = CO Cl2 + 2 SO3 H Cl.
- Le rendement atteint ainsi son maximum et si l’emploi auquel on destine le phosgène n’est pas gêné par des traces d’acide chlorhydrique, on peut utiliser l’acide du commerce en présence d’un peu de terre d’infusoires agissant comme catalyseur.
- Une note de MM. Mauguin et Simon a fixé un dispositif expérimental qui assure le contact des deux corps, S0S et CCI4, et permet de remplacer l’anhydride sulfurique par l’acide à 65 ou 66° B.
- Les mesures en courants alternatifs. — Les amplificateurs à lampes peuvent, d’après MM. Abraham et Bloch, s’utiliser comme appareils de mesure des courants alternatifs faibles, quelle que soit la fréquence. Ces deux physiciens ont pu ainsi réaliser un voltmètre à lecture directe, dans lequel le courant, d’abord amplifié, est redressé par une lampe détectrice. On saurait même en haute fréquence mesurer une intensité très faible, une capacité, la longueur d’onde propre d’une self, les pertes dans un diélectrique, l’intensité de réception en T. S. F., etc.
- La préparation des carbures acéty Uniques. — M. Picon a réussi à préparer à la température ordinaire, l’heptine, le décine et l’octodécine normaux, par action de l’acétylène monosodé sur les dérivés monohalogénés possédant la formule générale R - CH2-— CfIsX.
- Les colonnes de basalte. — Contrairement à l’opinion généralement admise qui attribue la production des fentes entre les colonnes de basalte à la contraction qui accompagne le refroidissement de la lave solide,
- M. Dauzère a établi que la division des laves en prismes est un cas particulier de la structure fibreuse des roches. Au dire de ce géologue, elle peut être due parfois aux tourbillons cellulaires que produit dans la lave fondue la propagation du retour à l’état solide, à partir de la croûte superficielle non prismée.
- De la possibilité pour les éleveurs d’obtenir à volonté des poules ou des coqs. — Se basant sur des expériences faites avec la race Leghorn, M. Lienhart croit pouvoir affirmer qu’en tenant compte du poids, il est facile de reconnaître le sexe des gallinacés encore dans l’œuf. Pour une espèce déterminée et dans un élevage homogène, les œufs les plus lourds doivent donner des mâles. Il reste bieri entendu, que pour suivre utilement de tels essais, à la portée de tous les éleveurs, on doit prendre des poules pondeuses du même âge et récolter les œufs, au moment où la ponle est à son maximum.
- . Action des fluorures sur la végétation. —^ Choisissant un champ d’expériences d’une superficie de 18 ares, MM. Armand Gautier et Clausmann ont pu reprendre les essais de laboratoire qui faits, au cours de 1913 et de 1914, leur avaient déjà montré l’influence du fluor sur la végétation. La communication qu’ils ont présentée à l’Académie est du plus grand intérêt pour notre agriculture. Nous lui consacrerons dans La Nature une chronique qui mettra toute son importance en valeur.
- La formation calalytiqque des chlorures formé-niques. — Utilisant l’alumine et la thorine comme agents de catalyse, MM. Paul Sabatier et A. Mailhe ont déjà réalisé la synthèse de nombreux thiols, éthers-sels et oxydes phénoliques. Dirigeant sur une tramée de Al2 O3, maintenue à des températures variant de 570° à 450°, un courant de gaz HCl, mêlé à des vapeurs d’alcools primaires, à 5, 4, 5 et 7 atomes de carbone, ces deux chimistes viennent de constater la formation des chlorures isopropylique, isobutylique etisoamylique alors que l’heptanol normal fournit un mélange d’heplène, de di-heptène et de deux chlorures. II y a toujours déshydratation simple de l’alcool et le dérivé chloré prend nais-
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- sance, sans qu’on puisse l’attribuer à l’action de HCl sur le carbure éthylénique ainsi libéré.
- Les spectres de rayons X des éléments. — En une note présentée par M. Bouty, M. Maurice de Broglie signale l’étude qu’il a pu suivre, pour contrôler la théorie de Sommerfeld, des spectres K. du rhodium et L. du radium, ce qui lui permit la mesure exacte de longueurs d’onde et la correction de chiffres précédemment donnés.
- La radiotélégraphie par rayonnement infra-rouge.
- — Dans leurs travaux de télégraphie et de téléphonie sans fil, Bell et Mercadier employèrent les ondes lumineuses comme agent de transmission, mais en opérant dans la totalité du spectre. En temps de guerre il y avait, on le conçoit, gros intérêt à l’enregistrement des radiations obscures. Utilisant un projecteur à arc, dont le flux lumineux visible était absorbé par un verre noir, à l’oxyde de manganèse et perfectionnant le couple thermo-électrique pris comme appareil détecteur, MM. Stevens et Larigaldie ont obtenu l’enregistrement de radiations infra-rouges à des distances dont certaines ont atteint 20 kilomètres.
- Le principe phospho-organique des plantes vertes.
- — En combinant l’inosite avec l’acide phosphorique et utilisant P2O5 comme déshydratant, M. S. Posternack a pu préparer l’éther hexaphosphorique analogue à celui qu’on obtient en partant de la phytine naturelle. Cet éther constitue bien dans les plantes vertes le principe phospho-organique de réserve.
- Là genèse des « rideaux » en pays crayeux. — On appelle ainsi des ressauts de terrain, sortes de talus escarpés, fréquents dans le Nord de la France et qui se prêtent admirablement à la culture. Considérés d’abord comme des terrasses diluviales, les rideaux donnèrent lieu à deux hypothèses, Pour Henri Lasne, ils dessinent à la surface du sol le rejet de failles de tassement, pour Albert de Lapparent ils sont l’effet de la régularisation de certains accidents naturels. M. Louis Gentil soumet à l’Académie le résultat d’observations faites en Picardie; elles lui ont montré dans l’action de la pluie délayant l’argile à silex, un des facteurs essentiels des phénomènes de glissement qui explique la formation desdits « rideaux ».
- Application numérique de la théorie des avions. — Prenant pour exemple un ayion très voisin de ceux auxquels on a adapté le turbo-compresseur, M. A. Rateau a mis en relief la théorie du vol rectiligne et montré le rôle des différents paramètres. C’est ainsi que les hauteurs de plafond varient avec la finesse de l’avion, le couple du moteur et lé pas de l’hélice.
- Le shock traumatique. — Le professeur Quénu a résumé dans une monographie déposée sur le bureau de l’Académie les travaux publiés par lui au cours de la guerre et qui prouvent que le syndrome connu sous le nom de shock, n’a pas pour origine, comme on le croyait avant 1915, une action brusque du trauma sur les fonctions du système nerveux, mais bien une intoxication par les albumines issues des muscles écrasés.
- Les galvanomètres inscripieurs. — L’emploi d’une armature de fer doux, mobile sur pivots et soigneusement équilibrée, permet la construction d’appareils robustes, sensibles, à courtes périodes et bien amortis. C’est ainsi que MM. Abraham et Bloch obtiennent, avec des oscillographes à plume une sensibilité de l’ordre du millimètre sur la bande enfumée, le courant à mesurer étant de 1/1000° d’ampère,Ua période propre de l’instrument 1/100° de seconde, la résistance des bobines 500 ohms.
- Quelques phénomènes de luminescence électro-lytique. — Depuis 1915, M. James Lavaux a mis en évidence des phénomènes corrélatifs d’un état de polarisation anodique intense, lorsque le métal employé peut donner avec Fanion de l’électrolyte des sels insolubles, adhérents et résistant au passage du courant. Il y a là un mode de conductibilité unilatérale. Certains métaux, comme Fe, Cu, Cd, Pb ne donnent aucune polarisation anodique tandis que Al, Mg, Zn et Bi se laissent polariser en produisant des phénomènes lumineux qui rappellent les uns la phosphorescence, les autres un étincellement analogue à celui que signalèrent R. Colley et Righi. Cette première note indique dans quel sens M. Lavaux pense diriger ses recherches, notamment pour l’étude de l’aluminium.
- La ration d'entretien. — Jusqu’à présent, les physiologistes s’accordaient à penser que le besoin alimentaire peut être couvert indifféremment par les graisses ou les hydrates de carbone. Pour M. Bierry les hydrocarbones et les corps gras sont des aliments spécifiquement indispensables : ils ont à la fois un rôle plastique et un rôle fonctionnel. Unis aux purines et aux acides gras, les sucres entrent dans la composition des groupements prosthétiques qui caractérisent l’animal : enfin le métabolisme des acides aminés est conditionné par eux. Au total, des minima de sucre et des minima de graisses sont indispensables à une vie normale au même titre qu’un minimum d’albumine.
- Élection. — Au cours du mois, l’Académie a élu M. Emanuele Paterno, membre correspondant en remplacement de M. Charpy, qui occupe un des fauteuils de la Section des Applications de la Science à l’Industrie.
- Paul B.
- UNE INTÉRESSANTE APPLICATION DU CINÉMATOGRAPHE
- La prise rapide des photographies qui a permis au cinématographe de donner aux spectateurs l’illusion du mouvement constitue un progrès technique extrêmement intéressant. Il semble cependant que ce n’est qu’avec répugnance que les savants l’emploient dans leurs recherches et dans bien des domaines où il rendrait de grands services, son usage est inconnu. Aussi faut-il signaler - l’application
- faite par M. Moore, de l’Université d’Illinois, de l’enregistrement cinématographique à l’étude de la fatigue des métaux. Soumis à des efforts répétés, flexion, traction, compression, les divers métaux changent graduellement de structure, leur organisation interne se modifie, les cristaux microscopiques qui baignent dans la « solution solide » et que révèle avec une si grande netteté la métallo-
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- graphie, se rompent, ou changent progressivement d’orientation et de dimensions.
- M. Moore a alors combiné un cinématographe, dont l’objectif est un microscope, avec une machine d’essais mécanique. Le tout est très simple, chaque élément est bien connu, mais l’énsêmblè permet d’arriver à d’in-téressaDtes constatations. La fi-' gure 1 que nous empruntons à Iron A Remontre l’appareil pour l’étude de la flexion. Le barreau en expérience A est saisi entre deux mâchoires et son extrémité est reliée à une bielle qui lui communique le mouvement de flexion. Le microscope fixé en B est mis au point sur la plage E où l’effort est maximum et qui est éclairée par une puissante lampe.
- Ceci étant dit, on comprend le fonctionnement de l’installation. A chaque flexion, le cinématographe prend une vue et en faisant ensuite défiler le film on peut suivre l’évolution du phénomène jusqu’au
- parées qu’avant et après traitement, c’est-à-dire aux deux stades extrêmes du phénomène. Or il serait important de connaître leur histoire intermédiaire, de façon ; à en déduire des indications pra-r tiques. 11 serait désirable et il est peut-être possible de pouvoir dire, en examinant une pièce mécanique
- -.provenant d’une machiné et en la comparant avec un film de référence, quel est r« âge » de cette pièce, à quel stade de sa vie métallique elle se trouvé, si la rupture .est proche ou si au contraire elle peut encore être laissée en service.
- La fatigue et l’altération d’un métal commencent dès sa mise en service, sa surface change graduellement de configuration et s’il existe une relation entre cette modification et ses propriétés mécaniques,-on aura une source de renseignements pratiques des plus intéressants; grâce à l’emploi du cinématographe.
- De même lorsque l’on déforme par traction, par
- Fig. 2. — Barre de fer soumise à des flexions successives : A, avant l’expérience; B, à la 70* flexion ;
- C, après la 424e.
- moment où la rupture de l’éprouvette se produit.
- La figure 2 montre un échantillon de fer soumis ainsi à des flexions alternées. On voit nettement la formation de la faille qui amènera la rupture.
- Ces sortes de films présentent un intérêt, considérable ainsi que l’a indiqué un éminent métallo-graphe américain. En effet, l’étude de la rupture des;pièces n’a jamais été suivie dans son évolution. Éprouvettes de traction ou de flexion ne sont com-
- exemple, une éprouvette métallique, dès le début de l’effort, on voit se développer des réseaux et lignes, dites lignes de Hartman. dont les propriétés renseignent sur la structure de la matière. 1
- Si on comprime des tubes, des corps creux, il est intéressant de pouvoir filmer le phénomène afin d’en comprendre le mécanisme.
- Le cinématographe est tout indiqué pour cette œuvre. H. Volta.
- Le Géranl ; P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2371.
- 6 SEPTEMBRE 1919
- LA PHOTOGRAPHIE AERIENNE
- déterminés à l’avance, relève, d’un coup, une surface d’un million de mètres carrés, c’est-à-dire de cent hectares, et comme dans la journée on peut, en moyenne, parcourir dix stations, je lève le cadastre de mille hectares en un jour, à peu près la surface d’une commune. Voilà l’arpentage au daguerréotype, le véritable état de lieux qui fait foi pour la délimita- ( tion des hérita/^ ges (l) ». \£
- En réalité, les'4 inconvénients du procédé au col-lodion faisaient de ce projet une folle utopie. Il faut lire, dans Quand fêtais photographe, avec quelle verve Nadarraconte ses tentatives obstinées, ses échecs persistants, causés par les émanations de gaz, et enfin son maigre succès sous un ballon à ce point dépourvu de force ascensionnelle que l’opérateur avait dû jeter par-dessus bord tous ses vêtements , par une température glaciale. En ces temps héroïques, il fallait sensibiliser la plaque dans un petit laboratoire impro-
- i. — Photographie aérienne exécutée en i885par Gaston Tissandier'\ visé, monter en et Jacques Ducom. (Vue du Pont Louis-Philippe, à'JParis.) toute hâte à l’al-
- titude voulue, au
- risque d’être asphyxié par la brusque décompression, ouvrir prestement l’obturateur, puis redescendre en chute accélérée pour développer l’image latente avant la dessiccation de la couche sensible. Et, neuf fois sur dix, on n’obtenait rien du tout, ou bien le cliché se trouvait si complètement dépourvu de netteté ou de vigueur qu’on devait recommencer.
- La photographie aérienne ne devint pratiquement abordable qu’après la découverte du gélatino-bro-1. Nadar. Mémoires du Géant, p. 51.
- En quatre ans, l’aviation française a pris, à elle seule, plus de 500 000 clichés. Ges documents, d’une irrécusable fidélité, permettront d'écrire l’histoire avec une rigueur inusitée : toutes les opérations y sont inscrites au jour le jour; les phases même, les vicissitudes de certains engagements s’y retrouveront enregistrées, heure par heure, et aucune polémique ne pourra plus s’engager sur de tels sujets, lorsqu’il sera possible de dépouiller ces archives, qui vont être méthodiquement classées. Du reste, le rôle de la pho-tographie aérienne n’a pas cessé avec les hostilités ; Une nouvelle tâche lui est assignée, et la nature même des travaux à en-treprendre en temps de paix nous conduit à rappeler brièvement ses modestes débuts.
- Les premiers essais remontent à 1858 et sont dus à Nadar.
- L’intrépide artiste ne songeait à rien moins qu’à exécuter ainsi l’œuvre gigantesque du cadastre : « Un bon érostat captif et Fig. un bon appareil photographique à objectif renversé, voilà mes seules armes. Plus de triangulation préalable, péniblement échafaudée sur un amas de formules trigonomé-triques ; plus d’instruments douteux, planchettes, boussoles, alidades et graphomètres ; plus de chaînes de galériens à traîner à travers les vallées, les terres labourées, les vignes, les marais !... Et quelle simplicité de moyens ! Mon ballon, maintenu captif à une hauteur toujours égale, à 1000 mètres, je suppose, sur les points strictement
- 47” Année. — 2‘ Semestre.
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- murer Le premier cliché vraiment satisfaisant fut obtenu par le fondateur de La Nature, Gaston
- Fig. 2. L’appareil de Ram à bord d'un Salmson.
- Tissanclier, et par M. Jacques Ducom, le 19 juin 1885, à bord de l’aérostat Le Commandant Rivière, à 600 mètres d’altitude, au-dessus de l’île Saint-Louis. Nous avons reproduit (fig. 1) ce document, où l’on reconnaît aisément le pont Louis-Philippe, le quai de l’Hôtel-de-Ville, deux établissements de bains, deux bateaux-mouches en marche, etc.
- La rapidité des émulsions et les progrès de l’optique rendirent bientôt ces opérations très faciles, et l’on put y utiliser même le matériel habituellement en usage dans le tourisme et dans le reportage. Il existait néanmoins, avant 1914, des appareils spécialement construits en vue de la photographie aérienne. Un obturateur de plaque permettait de réduire la pose à 1/1000e de seconde. L’objectif était k grande ouverture (F : 4 environ) de
- Fig. 4. — Extraction des porte-plaques de l’appareil Ram.
- manière à obtenir, même dans des conditions d’éclairage défavorables, de bons instantanés bien fouillés, et sa distance focale était, en moyenne, de 60 cen-
- timètres. Les plaques étaient généralement contenues dans des châssis séparés.
- C’est avec cet outillage assez rudimentaire que furent pratiquées les premières reconnaissances photographiques de nos aviateurs, en août 1914. Les renseignements ainsi recueillis ne manquaient pas d’intérêt, mais les appareils allemands tombés entre nos mains nous révélèrent une organisation dont l’armée française ne put avoir l’équivalent qu’à la suite d’une décision ministérielle en date du 29 octobre 1914. Peu après, des services réguliers de pho tographie aérienne étaient égalemen t créés dans les armées alliées. Désormais, la plaque photographique, cette « rétine du savant », comme l’avait si justement surnommée Janssen, allait devenir aussi la rétine de tous les états-majors : les positions de l’ennemi, ses forces, ses retranchements, ses travaux d’approche, ses préparatifs d’attaque ou de repli étaient précisés, et les plus habiles camouflages furent plus d’une fois démasqués, soit par la stéréoscopie, soit par l’emploi judicieux de filtres colorés.
- Les lecteurs de La Nature connaissent le matériel employé par les Allemands. M. H. Perro-tin a décrit les premiers appareils trouvés à bord des zeppelins et des avia-tiksf1), et les dispositifs les plus récents ont fait l’objet d’une étude très documentée du lieutenant J.-A. Lefranc (2).
- Jusqu’à la fin des hostilités, il nous était interdit de dire quoi que ce fût des engins utilisés par les alliés, bien que l’ennemi les connût parfaitement, par les spécimens tombés dans ses lignes. 11 n’y avait là d’ailleurs rien d’essentiellement difiérent des appareils déjà décrits. Aussijugeons-nous inutile d’allonger cet article par la revue détaillée du matériel en usage jusqu’en 1918, et il suffira d’indiquer qu’aux appareils 13x18 du début, munis d’un châssis-magasin de 12, plaques, étaient alors venues s’adjoindre des chambres 18 X 24 avec objectifs de 1 m. 20 de foyer et magasins interchangeables, quelques-uns avec chargeur et déclenchement automatiques.
- Nous décrirons seulement l’appareil de Ram, qui offre quelques particularités intéressantes. Créé dans une escadrille française, il avait d’abord été adopté par l’aviation américaine, mais il fut également admis au service de l’aviation française * quel-
- lXoy. n° 2168, du 17 avril 1915, p. 262
- 2. Voy. n° 2541, du 21 septembre 1918, p. 81.
- Fig. 3. — L’appareil de Ram. Le magasin tournant.
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- Fig. 5 et 6. — Photographies verticales prises en avion (clichés de la Compagnie Aérienne Française).
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- ques jours avant l’armistice. La figure 2 en donne une vue d’ensemble, et le montre installé à bord d’un avion Salmson. Tout le mécanisme, armement de l’obturateur, détente, changement de plaques, est commandé par une hélice Drzewiecki à vitesse constante, montée sur le train d’atterrissage. L’arbre de cette hélice est relié par une transmission flexible à la chambre noire, suspendue au fuselage par un câble souple passant sur quatre crochets. Une manette, placée à proximité de l’opérateur et reliée à l’appareil par un cordon Bowden, commande le fonctionnement du mécanisme et permet de régler l’espacement des vues. Un bouton molleté règle la fente de l’obturateur.
- L’objectif est logé dans un cône qui s’adapte à la chambre par un emmanchement à baïonnette. Ce mode d’attache est très simple, et permet de changer rapidement l’objectif, sans avoir à effectuer aucun réglage de mise au point. Les foyers utilisables sont de 0 m. 26, de 0 m. 50 et de 1 m. 20.
- La disposilion la plus originale de l’appareil de Ram est dans le mode de changement de plaques : aux magasins à tiroirs usités jusqu’ici, l’inventeur a substitué un magasin tournant, qui contient 50 plaques. Les avantages de ce système sont : un encombrement très réduit, un faible poids, un effort de manœuvre minime, une grande simplicité et la suppression d’une cause fréquente de rupture des plaques par les mouvements brusques des tiroirs. On aperçoit ce magasin à la partie supérieure de la figure 3 et la gravure suivante fait voir comment l’on en extrait les porte-plaques.
- L’armistice est loin d’avoir rendu inutile notre outillage aérien. Sa première tâche est dans les régions envahies, où il faut maintenant constater et préciser les dommages, dresser les plans des travaux de reconstitution, reconnaître et identifier des propriétés bouleversées, devenues parfois méconnaissables, solutionner des questions de remploi, souvent très complexes.
- A ce travail urgent doit en succéder un autre, dont la nécessité est reconnue depuis cinquante ans, mais devant lequel on recule, parce que les anciennes méthodes exigeaient une dépense de plus d’un milliard. Il s’agit de la réfection du cadastre, et Nadar
- ne se trompait pas, lorsqu’il pressentait cette application de la photographie : ses essais n’étaient que prématurés. Ce plan à grande échelle, établi dans chaque commune pour délimiter les propriétés publiques et privées, servir de base à la répartition de l’impôt foncier et qui fait foi dans les contestations de bornage, devrait être constamment tenu à jour. Une loi du 17 mars 1898 en a bien déclaré obligatoire la réfection périodique ; néanmoins, les frais d’arpentage sont tels qu’une centaine de communes à peine, sur plus de 36 000, se sont conformées à ces prescriptions.
- Le cadastre photographique coûtera incomparablement moins cher, avec une plus grande garantie d’exactitude. A 360 mètres de hauteur, un objectif
- de 1 m. 20 de foyer donne une carte au 300e ; à 6000 m. un foyer de0m. 20donne le 50 000e. Dans le premier cas, une plaque 18x 24 couvre une superficie de 40 ares ; dans le second, environ 4000 hectares. Il n’est pas plus difficile d’enregistrer les vastes ensembles que les infimes détails.
- La Compagnie ae'rienne française exécute déjà couramment des travaux de ce genre ; elle établit des plans photographiques à l’échelle demandée, à des prix variant entre 1 et 15 fr. l’hectare, suivant les difficultés des opérations aériennes ou le degré de précision requis, lequel peut être de l’ordre du 1 /100e ou du 1 /500e des longueurs. Ces plans sont appelés à rendre de grands services dans les exploitations agricoles et forestières importantes. Outre les plans proprement dits, comme ceux que reproduisent les figures 5 et 6, la Compagnie aérienne française prend également, à l’échelle désirée, des vues panoramiques qui montrent d’une façon vivante et pittoresque les aspects du terrain ou les divers services d’une industrie i(fig. 7). Ces états de lieux, indispensables avant toute opération de reconstitution, ne seront pas moins utiles pour contrôler l’avancement d’un travail, constater les extensions d’une entreprise ou en préparer de nouvelles.
- Aux colonies, où doit désormais s’orienter une bonne partie de notre activité, dans les régions inexplorées ou peu connues, la carte n’est encore qu’à l’état embryonnaire, et parfois elle n’existe pas du tout. Avec les engins actuels, il n’y aura
- Fig. — Vue panoramique (cliché de la Compagnie Aérienne Française).
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- LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE ET LES LEVÉS DE PLANS
- plus ni déserts, ni forêts tropicales, ni montagnes réputées inaccessibles- dont on ne puisse avoir des cartes exactes et aussi détaillées qu’on le voudra. El l’objectif ne se borne point à dresser un plan inexpressif, une carte muette ; l’aspect et la nature
- Fig. 8. — Vue du fort de Douaumont, prise en avion à 65o m., le 3 novembre igiô, par un avion de l'escadrille F-5.
- soif1). Quelques mesures au stereo-comparateur sut-fisent pour établir les courbes de niveau. Les images ainsi modelées, en quelque sorte, seront précieuses pour préparer la mise en valeur des pays neufs, y établir des voies de communication, et ciuand les
- de chaque terrain sont clairement définis ; les arbres, les prairies, les routes, les cours d’eau, les rochers, les édifices se distinguent sans confusion possible, et les clichés qui se succèdent dans le magasin de la chambre noire, pris à des intervalles déterminés, forment une suite de couples stéréoscopiques, qui font connaître le nivellement du
- frontières de ces possessions seront délimitées par la photographie avec une précision qu’elles avaient trop rarement autrefois, une cause fréquente de conflits sera évitée.
- Ernest Coustet.
- 1. Voyez n° 2365, du 26 juillet 1919, p. 52.
- LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE ET LES LEVÉS DES PLANS
- On sait que la photographie aérienne a été l’une des principales applications de l’aviation de guerre Elle a permis le relevé de toutes les organisations ennemies et amies et le contrôle de tout ce qui s’y passait. Par ailleurs, elle a donné par des vues obliques à grande échelle les photographies de guerre les plus saisissantes qui aient jamais été faites. Or, le relevé des cartes et des plans est pour toutes sortes d’entreprises du temps de paix un besoin urgent. La photographie aérienne doit donc être d’une application immédiate.
- Nous ne parlerons ici que des photographies prises avec un axe optique sensiblement vertical. Les photographies obliques à grande échelle ne paraissent devoir être intéressantes qu’au point de vue artistique, par des vues obliques de sites et de monuments.
- Les photographies verticales donnent la carte du sol vu d’un certain point. Elles peuvent être utilisées soit telles quelles, soient sous forme de cartes dressées par leur intermédiaire. Certains projets qui sembleraient
- demander de longues et pénibles opérations topographiques peuvent s’exécuter très vite sur les photographies même. Dans la majorité des cas pourtant, les opérations d’entreprises nécessitent l’établissement de plans topographiquement exacts; une série de photographies aériennes (on peut en prendre facilement une cinquantaine au cours d’un vol) donnent instantanément à la salle de dessin les éléments du relevé de tous leurs points, alors que les méthodes jusqu’ici employées ne permettent qu’un laborieux relevé point par point, péniblement exécuté sur le terrain. Par exemple, quel-ques"années avant la guerre, la révision du cadastre de nos communes a du être abandonnée, parce que trop coûteuse. Actuellement, en une heure de vol, un avion peut donner le plan photographié de plus de 10 communes et cela peut revenir à moins de 1000 francs.
- Le champ d’application de la photographie aérienne paraît donc comprendre principalement : la cartographie terrestre (révision et explorations) ; la cartographie marine
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- Fig. i.
- aux abords des côtes, des récifs et des marées par des vues prises d’heure en heure; les levers de plans à grande échelle pour toutes entreprises de travaux publics ; les vues
- de contrôle (coupes en forêt, trafic d’un port, d’une gare)....
- Deux principaux problèmes sont posés par la photographie aérienne.
- 1° Tracé delà carte. Nous supposons que le sol est plan (P), que la carte lui est une figure semblable à une échelle donnée E dessinée sur un plan (P'). Soit un cliché II instantané pris en 0 à l’altitude If, la normale à la plaque est définie en direction par deux angles i et j (par exemple, l’angle avec la verticale et l’angle avec la direction du Nord). Supposons que l’appareil photographique fonctionne comme appareil de projection et projette la plaque située au plan focal. Alors de 0, le cliché se projette suivant le sol. Donc, il est possible de trouver un point 0' d’où l’appareil photographique fonctionnant comme lanterne projette sur P' le cliché suivant la carte. Dans cette position 0’ est à une distance de P' égale à E X H et l’orientation de la plaque n est toujours donnée par i et j.
- Si H, i, j sont connus, le point 0' sera connu si on connaît un point repère A reporté sur la carte en a et photographié en a. 11 faudra connaître 2, 3 ou 4 repères suivant qu’on ne connaîtra que 2,1 ou 0 des nombres H i j. CE étant connu, on obtient la carte de toute la région photographiée par simple projection (projection à la chambre claire, ou par perspective).
- Si la plaque n est horizontale,, le cliché est semblable à la carte; il suffit de le mettre à l’échelle. On voit l’importance des photographies verticales.
- 2° Problème du relief. Supposons le sol accidenté. Nous définirons la carte de la façon suivante : soit Mj la
- projection d’un point mA quelconque M du sol,
- la carte est semblable à la figure formée par l’ensemble des points M* à une échelle donnée E. Soit P' le plan sur lequel nous traçons la carte; élevons en chaque point m une verticale mm’ = E XMMd, nous obtenons ainsi un plan-relief à l’échelle. Il est alors clair, que ce qui a été dit au n° I subsiste . on peut projeter le cliché II de façon qu’il se projette sur le plan-relief suivant, le plan-relief II, i et j étant les 3 nombres définis au n° 1, 0' sera déterminé à
- .M
- IA
- M,
- (P’)/
- • a’
- Ï3
- Fig. 2.
- &
- l’aide de 1, 2, 5, 4 repères suivant qu’on connaîtra ces 3 nombres ou 2 ou 1 ou aucun.
- Mais le relief est inconnu. On ne peut donc déterminer un point photographié M que s’il figure sur 2 clichés voisins pour lesquels on a déterminé le point 0' en O', et 0'2. Le problème se simplifie encore de façon évidente dans le cas des photographies verticales.
- L’aspect des ombres propres et portées, surtout par éclairage rasant, donne une idée précise du relief. De même, certains détails particuliers du sol. Par exemple sur les Hauts-de-Meuse, les cultures sont divisées en tablettes dont les rigoles dessinent les lignes de plus grande pente. Enfin, la photographie d’avion permet facilement des montag. s stéréoscopiques par 2 photographies d’un même point prises à la même altitude avec la même inclinaison (1). Et ce n’est pas le moindre avantage de la photographie aérienne appliquée à la cartographie, de permettre au dessinateur de se faire une idée nette de la forme qu’il, dessine.
- Nous ne pouvons entrer ici dans l’étude, très intéressante, des déformations de la photographie d’avion. Ces déformations sont d’ailleurs réduites par l’emploi d’un obturateur d’objectif au lieu de l’obturateur de plaque actuellement en usage et par l’agencement d’une suspension évitant le « bougé tournant » dû aux vibrations de l’avion. Le redressement par projection permet d’ailleurs de \
- corriger la plupart de \
- ces déformations. >:F>’
- Il est essentiel de noter que les clichés d’avions se prê.ent à de nombreux recoupements, car ils se recou-vrent toujours suivant de larges surfaces.
- Mesure de II, i, j. L’altitude 11 pourra se mesurer facilement à l’aide d’un bon altimètre dont la précision devra être d’environ 1/1000 (2 m. à 2000 m.).
- i et j qu’il y a grand intérêt à connaître dans une région où les repères manquent, peuvent se mesurer de la façon suivante : à chaque prise de vue, on photographiera en même temps le soleil avec un appareil invariablement lié au 1er et on notera l’heure; ou encore une boussole et un niveau invariablement liés à l’avion. Ces méthodes présentent des difficultés pratiques mais qui sont surmontables.
- La photographie aérienne de guerre s’est passée de la mesure de i et j ; elle a cependant abouti à de bonnes cartes (plans directeurs), mais au prix dune véiitable débauche de clichés. Certains points du front ont été photographiés 40 ou 50 fois! Il est clair que dans les applications civiles on devra se contenter d’un minimum de clichés, car l’heure de vol coûte cher.
- L’avenir nous semble fort riche en possibilités de toutes sortes offertes à la photographie aérienne. Et cela d’autant plus qu'au contraire de la plupart des applications dé l’aviation comme moyen de transport, la photographie est immédiatement réalisable avec le personnel e t le matériel do n t nous disposons. P. Dautricii iî .
- 1. Signalons en passant qu’une plioto d avion doit etre regardée de façon que l’ombre vienne vers soi ; ceci donne la sensation du relief.
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- LES SERVICES FRANÇAIS D’INVENTIONS PENDANT LA GUERRE
- Dans un des derniers rapports toujours si clairs, si documentés et si précis dont M. Louis Marin, le distingué rapporteur général du budget, a saisi la Chambre des Députés, nous trouvons les plus intéressants renseignements sur l’organisation, pendant la guerre, des services d’inventions, d’études et d’expériences techniques et sur la large contribution apportée par eux à l’œuvre de Défense nationale.
- Rien de tout cela ne pouvait naturellement être dit au cours de la guerre et c’est dans le secret le plus absolu que ces services s’appliquèrent à travailler. S’il est des questions étudiées par eux qui doivent encore rester secrètes, il en est d’autres, par contre, dont on peut maintenant parler sans inconvénient et qui ne manqueront pas d’intéresser nos lecteurs.
- La Direction des Inventions a été créée par décret du 13 novembre 1915, sur la proposition de M. Painlevé, alors ministre de l’Instruction publique, et d’accord avec les Ministres de la Guerre et de la Marine.
- L’exposé des motifs définissait ainsi le but poursuivi par ce nouvel organe : « Orienter vers des buts précis les tentatives des inventeurs et aider leurs recherches, démêler dans la multitude des propositions celles qui sont susceptibles d’être efficaces et collaborer à leur réalisation pratique ». Il s’agissait, en outre, d’utiliser, au mieux des intérêts de la Défense nationale, toutes les ressources du génie inventif français, qui étaient alors très loin d’être complètement employées; en d’autres termes, il fallait effectuer la mobilisation scientifique et technique du pays en liaison avec les organes compétents et avec les départements ministériels dont ils dépendaient.
- Le décret stipulait, entre autres, que les essais de mise au point des inventions retenues comme susceptibles d’application militaire seraient suivis par
- Fig. 2. — Le clairon Perrin : appareil de tranchée.
- des représentants de la direction des Inventions, de concert avec les services techniques des ministères de Défense nationale.
- La nouvelle direction comprenait une dizaine de sections dont les membres étaient des techniciens éprouvés. Ce personnel était en partie composé
- Fig. i. — Le clairon Perrin : appareil portatif à dos d'homme.
- d’officiers mobilisés, et en partie de collaborateurs civils bénévoles.
- La Commission supérieure des Inventions, instituée par le décret du 11 août 1914, était rattachée à la direction des Inventions.
- Le 14 décembre 1916, la direction des Inventions, rattachée au Ministère de l’Armement et des Fabrications de guerre, devient le Sous-Secrétariat d’État des Inventions intéressant la Défense nationale, dont les attributions furent définies par le décret en date du 3 janvier 1917, C’est M. J.-L. Breton qui prenait comme Sous-Secrétaire d’État la direction de ces Services.
- Le 14 avril 1917, un nouveau décret plaçait, sous l’autorité directe du Sous-Secrétaire d’État, les différents services techniques du Ministère de l’Armement. Sous le nouveau nom de Sous-Secréta-riat d’État des Inventions, des Études et des Expériences techniques, cet organisme comprenait :
- 1° La Commission supérieure des Inventions et les Commissions régionales ;
- 2° La Direction des Inventions, des études et des expériences techniques de l’Artillerie ;
- 3° La Direction des Inventions, des études et des expériences techniques des armes portatives ;
- 4° La Direction des Inventions, des études et des expériences techniques des poudres et explosifs ;
- 5° La Direction des Inventions, des études et des expériences techniques de l’Automobile;
- 6° La Direction des Inventions, des études et des
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- expériences scientifiques, comprenant les sections de l’ancienne Direction des Inventions ;
- 7° La Mission d’Essais et le Laboratoire d’Essais
- du Conservatoire des Arts et Métiers qui en dépendait ;
- 8° Le Comité interallié des inventions, composé des représentants des nations alliées assurant la liaison et l’échange des inventions intéressantes ;
- 9° Les Services annexes des ateliers, de la comptabilité et du matériel, de photographie, de cinématographie technique, des brevets, etc.
- Le Sous-Secrétaire d’État avait ainsi, sous son autorité directe, l’ensemble des services techniques du Ministère de l’Armement, il devait assurer la collaboration intime et suivie de tous ces services.
- Le 12 septembre 1917, le Sous-Secrétariat d’État des Inventions, des études et des expériences techniques était rattaché au Ministère de la Guerre avec l’ensemble de ses services. Le Sous-Secrétaire d’État continuait à diriger les services techniques dépendant du Ministre de l’Armement, par délégation directe de ce ministre. De plus, la Section technique du génie était placée sous son autorité directe.
- Le 20 novembre, pour des raisons d’ordre politique, le Sous-Secrétariat d’État était supprimé; les Services qui le composaient revenaient au Ministère de l’Armement ; où ils restaient groupés sous le nom de Direction des Inventions, des études et des expériences techniques; celle-ci conservait, en fait, exactement les mêmes attributions que l’ancien Sous-Secrétariat d’État et M. J.-L. Breton restait à la tête de
- cet organisme comme directeur en mission non rétribuée.
- L’esprit qui n’a cessé de présider aux travaux de ces services d’invention se trouve clairement exposé dans les circulaires de M. J.-L. Breton, sous-secrétaire d’État des Inventions, études et expériences techniques dont voici quelques passages caractéristiques :
- « C’est avec la plus grande largeur de vue qu’il convient d’examiner les dossiers des inventeurs en s’efforçant de trouver et de mettre en valeur l’idée intéressante parfois noyée dans une documentation informe ou erronée.
- « Pour cela, il est non seulement nécessaire d’entendre les inventeurs qui demandent à compléter leurs explications écrites, mais encore de prendre l’initiative de convoquer ceux qui peuvent apporter utilement des renseignements complémentaires pour l’étude et la mise au point de leurs propositions.
- « Il est également nécessaire de fournir aux inventeurs toutes les indications, et même de leur donner toutes les suggestions leur permettant de poursuivre, avec le minimum de tâtonnement et de lenteurs, l’amélioration et le perfectionnement de leurs inventions.
- « Il ne faut, en un mot, rien négliger pour encourager l’inventeur sérieux et faciliter sa tâche.
- Fig. 4. — L’avion Levavasseur et Gastambide.
- « Souvent cet inventeur, qui apporte une idée intéressante, ne dispose pas des moyens d’action nécessaires à l’étude et à l’expérimentation de l’appareil qu’il a conçu plus ou moins vaguement. Dans
- Fig. 3.
- Là liaison acoustique à bord d’un avion par le clairon Perrin.
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- LES SERVICES FRANÇAIS D'INVENTIONS PENDANT LA GUERRE
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- ce cas, il ne faut pas hésiter à lui prêter le. concours de notre salle de dessin et de nos petits ateliers de la rue de l’Université et de Sèvres et cela, bien entendu, sans qu’il puisse craindre de perdre
- mis aux services techniques intéressés 781 inventions entièrement mises au point et susceptibles d’applications immédiates.
- On voit par ces chiffres que le rendement de cet
- Fig. 5 et 6. — Le hangar pneumatique Voisin. — A gauche, dressé; à droite, dégonflé.
- le bénéfice moral et matériel de son invention.
- « Enfin, l’inventeur qui a poussé son effort jusqu’à la réalisation matérielle de son idée, acquiert par là même un droit particulier à un examen plus approfondi de sa proposition. Cette proposition ne doit pas être écartée sans que l’appareil présenté ait été soumis à des expériences pratiques.
- « Cette règle ne doit comporter d’exception que dans le cas où l’expérience proposée est absurde, impossible ou inutilement dangereuse. »
- Ces méthodes de travail modernes et rationnelles étaient d’autant plus nécessaires que la besogne ne manquait pas aux Services d’inventions, d’études et d’expériences techniques.
- Du début de la guerre à l’armistice, c’est-à-dire du l^r août 1914 au 11 novembre 1918, la Commisison supérieure des Inventions a reçu et examiné 44 976 propositions, sur lesquelles 1958 ont été retenues par elle.
- Depuis la création de la direction des inventions (13 novembre 1915) jusqu’à l’armistice, le nombre des inventions reçues par la Commission supérieure des inventions est de 35 515, sur lesquelles 1654 ont été transmises par elle aux Sections d’inventions de la direction.
- La Direction des inventions, après étude par ses sections, a, pendant ce même laps de temps, trans-
- organisme fut sérieux et les services rendus par lui à la défense nationale appréciables.
- Dans son remarquable rapport M. Louis Marin énumère longuement les études importantes entreprises par les différents services du Sous-Secrétariat ou de la Direction des inventions, des études et des expériences techniques, en ce qui concerne l’artillerie, les armes portatives, l’automobile et les chars d’assaut, l’aviation, la marine, etc.
- Parmi ces études dont la sèche et longue énumération risquerait de fatiguer le lecteur, nous rappellerons seulement les lanks entièrement sortis de la volonté énergique de M. Breton, la liaison acoustique, le repérage des sous-marins, les tables de tir, etc. Nous ne donnerons ici que quelques renseignements sur certaines dont on peut maintenant parler sans inconvénient, et dont plusieurs ont déjà été traitées en détail dans La Nature.
- Citons d’abord un appareil qui n'est pas à proprement parler une invention, mais dont l’élaboration et la mise au point rapides manifestent bien l’utilité d’un Service où sont groupés les efforts de gens de compétences diverses. Un problème difficile est celui de la liaison dans le combat. Les fils du téléphone sont souvent coupés, les signaux optiques tombent dans la fumée, la brume
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- ou l’obscurité. Les armées demandèrent un bon appareil de signalisation acoustique. Le professeu r Perrin, alors ' commandant, s’attela au problème; avec des collaborateurs physiciens et soldats de me'tier, en peu de temps il eût essayé les meilleurs dispositifs produisant des sons intenses, et s’arrêta à un type de clairons à air comprimé. L’appareil, très portatif, comprend deux clairons à notes différentes et une bouteille d’air comprimé; et a une portée de plusieurs kilomètres : on l’employa sous le nom de liaison acoustique notamment à la reprise du fort de Douaumont.
- Son auteur l’appliqua aussitôt à la signalisation par avion; aux bouteilles d’air fut substitué un compresseur léger commandé par une petite hélice mue par le vent relatif, et bientôt les avions lançaient du haut des airs les claires notes par lesquelles ils renseignaient le sol.
- Il est important d’étudier le mouvement des projectiles au voisinage des bouches à feu ; il falla it pour cela les saisir par des photographies excessivement rapides ; la Direction des Inventions a fait appel pour cette étude aux savants de l’Institut Marey, MM. Bull et Nogues, spécialistes bien connus de l’étude des mouvements rapides; de leur collaboration avec un éminent électricien, le professeur Abraham, est sorti un appareil qui donne actuellement une succession de photographies à la vitesse de douze mille par seconde, ce qu’on peut considérer comme un record. Dans le même ordre de recherches, de nouveaux appareils permettant la mesure précise des vitesses initiales ont été établis par MM. Cotton et Ollivier, et par M. Foëx. L’un de ces dispositifs utilise des appareils qui ont rendu de grands services pour le repérage de l’artillerie ennemie par le son (Voy. La Nature, n° 2366).
- Passons à un tout autre domaine. On se préoccupe à juste titre de rebâtir rapidement dans les régions dévastées. Une solution élégante est de prendre les matériaux sur le lieu même, ce qui élimine les difficultés de transport : en comprimant la terre avec des presses puissantes, on a obtenu des briques très dures, se prêtant à des constructions très satisfaisantes (n° 2363).
- L’avion est déjà le mode de locomotion le plus rapide; il est désirable d’augmmter encore sa vitesse, pour accroître cet avantage des voyages aériens et compenser les quelques inconvénients qu’ils présentent. Mais l’atterrissage devient de plus en plus difficile à mesure que la vitesse augmente. On a songé à établir des avions dont la voilure ait une surface variable : en plein vol, le pilote réduira le plus possible la surface, et la résistance de l’air diminuant ainsi, l’avion aura sa plus grande vitesse; au moment d’atterrir, le pilote développera au contraire la surface disponible et réduira ainsi la vitesse de son appareil. MM. Levavasseur et Gastambide ont présenté un projet très bien étudié d’avion à surface variable et l’ont réalisé avec l’aide de la Direction des Inven-
- tions. Les essais, qui vont commencer, seront certainement des plus intéressants.
- On s’est ingénié à construire des hangars rapidement démontables pour abriter les avions dans la zone des armées. La solution la plus curieuse est à coup sûr celle qu’a réalisée M.Gabriel Voisin. Le hangar replié se présente sous la forme d’un rouleau d’étoffe à ballon ; on déploie le rouleau sur le sol, on adapte à un ajutage le tube d’un petit ventilateur; l’air s’engouffre dans la peau du hangar, qui est à double enveloppe, et la gonfle en quelques minutes ; on voit se dresser une voûte qui s’appuie sur le sol par ses deux bas-côtés, le hangar est construit. Six hommes le déplacent facilement. Il se replie aussi vite qu’il s’édifie.
- Pour le réglage du tir de l’artillerie, on a besoin de connaître le vent jusqu’à des hauteurs considérables. Cette mesure se fait habituellement en lâchant de petits ballons qui montent et sont entraînés par le vent, et dont on suit le mouvement. Mais par temps de brume cette méthode fait défaut. Ce problème étant posé à la Direction des Inventions, M. Rothé, maintenant professeur de Météorologie à l’Université de Strasbourg, alors comme lieutenant au Service des Inventions, a établi une solution pratique : un anémomètre à moulinet est suspendu à un ballon captif de faible cube ; la vitesse du moulinet est proportionnelle à celle du vent, et on s’arrange de manière que dans sa rotation il ferme un contact électrique tous les 10 m. de vent passés; ce contact actionne un système producteur d’oscillations électriques qui se propagent le long du câble et viennent au sol actionner un récepteur téléphonique; il suffit de compter les contacts pour en déduire la vitesse du vent (n° 2359).
- Le sens de l’équilibre joue chez l’aviateur un rôle prépondérant : c’est lui qui permet au pilote de sentir une perturbation avant qu’elle ait donné à l’avion une situation dangereuse. Il est donc très important de mesurer avec précision le temps de réaction des aviateurs. C’est a cet effet que M. Broca, professeur agrégé à la Faculté de Médecine, attaché comme capitaine au Service des Inventions, a établi un appareil, qui a donné d’excellents résultats entre les mains de MM. Maublanc et Ratié au groupe des Divisions d’entraînements. L’appareil comprend un fauteuil qui permet d’étudier la modalité la plus délicate et la plus précise du sens de l’équilibre, c’est-à-dire le sens de l’accélération tangentielle, donné par les canaux semi-circulaires. L’élément de mesure dont la valeur numérique permet de classer les aviateurs est le temps qui s’écoule entre la production d’une accélération tangentielle et le moment où le pilote révèle la sensation en s’appuyant sur un contact. Ce temps est mesuré au moyen d’un enregistreur, pour un mouvement vertical et un mouvement horizontal. Un bon sujet non aviateur a des réactions régulières, aux environs de treize à quatorze centièmes de seconde.pour
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- les mouvements verticaux, de seize à dix-huit pour les horizontaux. Un aviateur ordinaire atteint douze centièmes pour les uns et les autres, avec régularité. Un acrobate atteint parfois sept centièmes pour les verticaux, et huit à neuf pour les horizontaux, avec une régularité presque parfaite. Le bon pilote de chasse moyen a neuf centièmes pour les deux, avec une grande régularité.
- Il peut être très utile defaireconnaitre et d’adapter chez nous, en les perfectionnant s’il se peut, les procédés qui ont fait leurs preuves en d’autres pays. C’est ce qu’a fait, par exemple, M. Legendre avec la collaboration du lieutenant-colonel E. Bartow, en étudiant le procédé de stérilisation des eaux par le chlore liquide, employé aux États-Unis, avec destruction du chlore en excès par le gaz sulfureux. L’installation de ce procédé est peu encombrante et peu coûteuse, son fonctionnement très simple; aussi s’est-il rapidement propagé en France, notamment dans les villes occupées par des troupes américaines (n° 2326).
- A côté de ces inventions si ingénieuses et si utiles, combien d’idées saugrenues et folles.
- N’a-t-on pas vu un inventeur proposer l’établissement de vastes machines frigorifiques susceptibles de congeler les nuages qui auraient pu ainsi recevoir les batteries d’artillerie destinées à tirer sur l’ennemi dans les meilleures conditions?
- Les propositions de canon à longue portée affluèrent naturellement à la suite du bombardement de Paris. Le canon « idéal » quant à la « portée » devait être coulé dans un métal des plus résistants. Or ce métal, suggérait un inventeur, ne pouvait être que l’or. Un canon en or! Si le prix de revient était par trop élevé, on pouvait transiger : failes-le en argent.
- Pour la lutte contre les sous-marins, les propositions furent également aussi nombreuses que
- fantaisistes. Il est inutile de dire qu'il en fut de même pour les projets de mouvement perpétuel.
- Nous savons qu’il était néanmoins répondu par les services d’inventions, à toutes lettres, à toutes propositions, même les plus saugrenues. Il ne faut faire aux inventeurs, ou plutôt aux gens qui se croient tels, nulle peine, même légère. D’ailleurs l’invention n’est-elle pas fille de l’imagination ?
- Heureusement, cet organisme d’inventions et de recherches qui a rendu de tels services au cours de la guerre ne va pas disparaître.
- Un décret vient de rattacher la Direction des Inventions au Ministère de l’Instruction publique, où elle avait pris naissance et où elle trouvera, en particulier au point de vue du personnel, les ressources et les moyens d’action qui lui sont enlevés par la démobilisation.
- 11 s’agit, d’ailleurs, d’une solution provisoire, un projet de loi élaboré par une Commission interministérielle, — et qui vient d’être voté par la Chambre des députés — prévoyant le rattachement des Services de la Direction des Inventions à un Office national des recherches scientifiques, industrielles et agricoles et des inventions. Cet office sera destiné à poursuivre, pendant le temps de paix, l’oeuvre de progrès et de perfectionnement technique réalisée, durant la guerre, par le Sous-Secrétariat d’État et la Direction des Inventions, à assurer la liaison tant réclamée entre les laboratoires scientifiques et l’industrie.
- A l’étranger, d’ailleurs, notamment en Angleterre, aux États-Unis, en Allemagne, des services analogues ont été créés. En Angleterre, notamment, le Parlement a voté une somme de 25 millions répartie en 5 annuités avec un budget annuel supplémentaire de 1 million.
- Nous décrirons l’organisation et le rôle du nouvel Office dès qu’il sera définitivement organisé. X...
- LE SPECTROSCOPE AU SERVICE DE L’INDUSTRIE
- La précision sans cesse plus grande réclamée par l’analyse, dans les recherches d’ordre chimique, minéral ou métallurgique, a dans ces dernières années suscité de nombreux efforts et ouvert de nouveaux horizons aux savants en vue de satisfaire le mieux possible les industriels. C’est ainsi que les méthodes ordinaires d’analyse par la voie humide ont été peu à peu complétées par celles dites électrolytiques, qui permettent des dosages plus directs, donc plus rapides, et aussi précis.
- Les procédés microscopiques ont, eux aussi, perfectionné l’analyse chimique par l’emploi des méthodes dites microchimiques et micrographiques : ils s’appliquent à toute la gamme des corps depuis les substances chimiques proprement dites jusqu’aux métaux et à leurs alliages (métallographie microscopique). Enfin, beaucoup plus récemment, la spectroscopie et la spectrographie sont venues,
- elles aussi, apporter une contribution importante à la science de l’analyse, non seulement en la contrôlant, mais aussi en la complétant : le spectroscope permet, en effet, de reconnaître et même de doser certains éléments qu’il est souvent difficile sinon impossible de caractériser par la voie chimique.
- L'analyse spectrale, dont l’idée d’une application pratique est due à A. de Gramont, promet, dans un avenir prochain, d’être féconde en résultats en contribuant à la connaissance plus exacte et plus approfondie des substances mises au jour par l’industrie. En effectuant la recherche systématique des raies ultimes dans les spectres de dissociation des éléments, A. de Gramont a pu ainsi caractériser les métaux, notamment ceux qui par leur emploi dans les aciers spéciaux, présentent un intérêt industriel : titane, vanadium, tungstène, etc.
- Les oxydes supérieurs de ces métaux offrent, en
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- 156 . : LE SPECTROSCOPE AU SERVICE DE L’INDUSTRIE
- effet, les caractères d’anhydrides susceptibles de former de véritables sels alcalins ; ceux-ci, mélangés intimement et en faibles proportions décroissantes avec les carbonates alcalins correspondants mis en fusion dans une cuiller de platine et soumis à l’action d’une étincelle électrique condensée (fig. 1), permettent de reconnaître aisément les raies ultimes de ces métaux. On peut aussi utiliser l’étincelle jaillissant directement entre deux fragments des échantillons à étudier (fig. 2). Pour la recherche des métaux, il est avantageux d’employer de fortes étincelles sans self-induction.
- Cette méthode permet, comme nous l’avons dit, une grande précision et c’est ainsi qu’on peut photographier très nettement les raies du titane pour 6/10 000es de cet élément dans du carbonate de soude en fusion. Nous citerons le cas de deux aciers au titane, l’un à 10,41 pour 100 et l’autre à 0,4 pour 100. Le premier donne un spectre où toutes les raies de ce métal spectro-graphié en coïncidence, se retrouvent ; la limite d’apparition totale du titane est donc atteinte et vraisemblablement dépassée.
- L’acier à 0,94 pour 100 Ti fournit dans les mêmes conditions un spectre compris entre celui du titane seul et celui d’un acier type dépourvu de ce métal. La simple inspection des planches photographiques permet, par la comparaison des groupes de raies numérotés, de se rendre compte de la facilité de recherche du titane dans les produits métallurgiques. Avec une série d’aciers au titane analysés et de teneur inférieure à la limite d’apparition totale, il est très simple d’établir, par teneur, une échelle de présence des raies permettant des déterminations quantitatives rapides, On obtient ainsi des évaluations approchées, par simple inspection des clichés à la loupe, au sortir du développateur. Ce procédé est applicable à un grand nombre de métaux notamment aux aciers au vanadium, au molybdène, au tungstène, etc.
- La sensibilité est telle qu’elle se rapproche de l’ordre de grandeur de la proportion centésimale des éléments dans des limites très rapprochées.
- Signalons également le cas du bore. Certains aciers spéciaux renferment cet élément, particulièrement dans la proportion de 0,6 à 0,7 pour 100, pour0,25 à 0,3pour 100de vanadiumj1). Le spectre d’étincelle condensée de cet acier donne la raie
- t. Quelques millièmes de bore dans un acier au vanadium apportent à ce dernier une très grande dureté.
- 3451,2 qui est plus forte que la plus vive des lignes du fer; elle est d’autant plus facilement reconnaissable, au premier coup d’œil, qu’elle se projette sur une région où les raies du fer sont peu intenses et moins nombreuses. L’intensité notable des trois raies du bore à 0,67 pour 100 dans le spectre d’étincelle de l’acier au bore permet ainsi de les indiquer comme susceptibles d’une application pratique certaine pour les analyses métallurgiques.
- Pour montrer l’intérêt que peuvent présenter dans certaines investigations spéciales l’analyse spectrale par les spectres d’étincelle, nous citerons un exemple assez récent.
- Les obus de 210 tirés sur Paris par les Allemands en 1918 ont été étudiés au spcctroscope par A. de Gramont; le spectre a montré qu’il s’agissait d’un acier au nickel et au chrome à 1 pour 100 environ de chaque métal, mais dépourvu de vanadium. Un léger enduit rougeâtre recouvre par endroits les parties extérieures de plusieurs éclats des mêmes projectiles ; l’analyse spectrale a montré qu’il s’agissait d’un alliage de cuivre-plomb-zinc. Cette détermination eût été délicate et incertaine par les procédés ordinaires de l’analyse chimique.
- En dehors des produits sidérurgiques, les métaux peuvent être analysés de la même façon. C’est ainsi qu’une société fabriquant des vis platinées pour magnétos a pu constater que de mauvais contacts étaient dus à du platine insuffisamment purifié et renfermant une proportion importante de plomb et de rhodium.
- L’étude comparative des spectres de cristaux de galène (*) pour la télégraphie sans fil a ausi permis de reconnaître que les mauvais contacts étaient fournis par les échantillons contenant des inclusions, soit de blende (2), soit de très petits cristaux ou grains de quartz.
- Au cours de la guerre, A. de Gramont a pu, grâce à l’analyse spectrale, étudier de nombreux échantillons d'aluminiums allemands destinés à divers emplois et en constater les qualités et les défauts; d’après l’augmentation ou la diminution du nombre de raies, on a pu déceler ainsi les variations de qualité et de pureté du métal à diverses dates. L’année qui a suivi la déclaration de
- 1. Sulfure de plomb naturel, de formule PbS, et cristallisant dans le système cubique.
- 2. Sulfure de zinc naturel, de formule ZnS, souvent mélangé à la galène.
- Fig. i et 2.— DispositiJs d’examen spectroscopique.
- A gauche, fusion dans une cuiller de platine.
- A droite, fusion par étincelle électrique.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- guerre a entraîné un fléchissement dans la qualité ; mais, lorsqu’on se mit à construire en Allemagne des super-zeppelins, il y eut au contraire de grands progrès d’accomplis. Dans les aluminiums provenant d’organes mécaniques très divers de ces dirigeables abattus, on a trouvé un aluminium très pur (*) et, d’autre part, des alliages de ce métal renfermant des quantités déterminées de manganèse (décelé par un certain nombre de raies sensibles mais non ultimes), puis de cuivre et de magnésium. L’étude des transformations des qualités mécaniques de l’aluminium par l’addition de manganèse paraît donc avoir été sérieusement poussée en Allemagne pendant la guerre.
- Certaines fusées d’obus employées par nos ennemis pour remplacer le bronze ont montré, à l’examen microscopique, qu’elles étaient en réalité formées d’un alliage aluminium-élain-cuivre. En 1915 la fabrication avait fléchi et montrait des impuretés en proportions notables quoique irrégulières : carbone, plomb, calcium, etc.
- La présence de quelques millièmes de cuivre et de magnésium suffit, on le sait, à rendre l’aluminium très différent, mécaniquement, de ce qu’il est lorsqu’on l’essaie à l’état commercial pur ; l’analyse spectroscopique a permis de reconnaître la présence de ces métaux dans des aluminiums allemands regardés comme « alliages de composition secrète »
- et supposés contenir des métaux rares et précieux.
- A côté de cela, certaines différences inexplicables en apparence à l’analyse chimique entre divers aluminiums mis en usage pour des emplois militaires ou domestiques, sont dues sans doute à la présence, souvent irrégulière, de sodium : or on sait que le métal est une des causes de l’altérabilité plus ou moins rapide de certains aluminiums. Il est facile de constater sa présence par un examen spectroscopique rapide des échantillons douteux.
- 11 en de même du fer électrolytique, métal que l’industrie sait produire économiquement depuis quelques années, mais qui contient cependant certaines impuretés : cobalt, aluminium, calcium, etc. Le spectroscope y décèle la présence, à l’état de traces, du cuivre, du chrome, du manganèse, du magnésium, du zinc. Ces derniers métaux sont probablement compris dans ce fer dans une proportion variant entre 5/10 000 et 1/1 000.
- Ces quelques exemples suffisent à montrer le grand intérêt pratique de la méthode d’analyse spectroscopique et spectrographique et la nécessité d’emploi, dans les laboratoires industriels, d’appareils permettant le contrôle rapide et direct des produits fabriqués journellement.
- Jean Escard,
- Ingénieur civil.
- Lauréat de l’Institut.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août 1919.
- Essais mécaniques des métaux. — Le développement rapide de la métallurgie française, au cours de ces dernières années et l’obligation où elle se trouve de lutter avec les plus forts concurrents, donnent un gros intérêt à l’introduction dans nos usines d’un matériel robuste, simple et par suite peu coûteux. Or, tous les essais mécaniques, nécessitant des machines de grand prix et des éprouvettes volumineuses, ont longtemps grevé les frais de laboratoire de nos installations moyennes. M. Charles Frémont, qui a dii'igé durant plusieurs années les travaux pratiques à l’Ecole supérieure des Mines, s’est ingénié à construire des machines peu compliquées et portatives, parce que de faibles dimensions. C’est ainsi qu’il a soumis à l’Académie un appareil composé de deux flasques se déformant élastiquement et permettant ainsi les essais à la traction, tout en indiquant par une aiguille ou une plume, la valeur de l’effort à chaque moment. Un marteau à ressort, dû aussi à cet ingénieur, rend possibles les essais de choc, même sur des fils d’acier de moins d’un millimètre de diamètre.
- La transformation mécanique du temps sidéral en temps moyen. — Dans le but de doter l’Observatoire de Strasbourg, de cadrans indiquant à la fois le temps sidéral et le temps moyen, et conduits par une pendule unique, M. Ernest Esclangon a réussi à n’admettre que deux engrenages, avec pour chaque roue un maximum
- 1. C’est-à-dire contenant de faibles traces do certains corps décelés par leurs raies ultimes seulement : calcium, magnésium (?) et 1er.
- de dents inférieur à 600. Le rapport des vitesses de rotation des roues extrêmes est égal au rapport des temps considérés et l’appareil prévu sera d’une précision telle qu’il y aura seulement perte d’une seconde en huit ans.
- Nouveaux écrans fluorescents pour la radioscopie. — Chacun connaît la hausse énorme subie par le platine, devenu d’autant plus rare que la guerre en a fait une grosse consommation sous les formes les plus diverses et que la Ttussie laisse inexploités ses gisements de l’Oural. MM. P. Roubertie et A. Nemirovsky ont réussi à remplacer le platino-cyanure de baryum, aujourd’hui hors de prix, par les tungstates magnésiens. Insensibles aux agents physiques et atmosphériques, les nouveaux écrans donnent une luminescence blanche et le corps radioscopé se détache en noir ; l’examen est ainsi plus précis et on peut penser qu’il deviendra bientôt possible de photographier, voire cinématographier les images ainsi obtenues.
- Absorption des sels minéraux. — Ayant déjà montré que le sommet de la racine absorbe l’eau dans laquelle il est plongé, M. Henri Coupin s’est demandé si les sels minéraux tenus en solution subiraient aussi l’endosmose et pourraient servir à la nutrition du végétal. Ses dernières expériences ont porté sur le Pois gris, le Ricin sanguin et le Lupin blanc. Le liquide nourricier dans lequel plongeait seule la pointe de la racine était le mélange de Knap, l’eau distillée (dans un appareil de verre et exempte de toute trace de cuivre) permettant
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- une facile comparaison entre deux échantillons du même végétal. Les résultats ont été concluants; la pointe de la racine est susceptible d’absorber les sels minéraux, qui sont copieusement utilisés pour le développement de la jeune plante.
- La destruction des acridiens. — Certains orthoptères qui ont envahi l’Afrique du Nord, la Crau, le Yar et les Basses-Alpes, y ont causé les plus graves déprédations. Au cours de missions officielles dans le Maroc et le Midi de la France, M. P. Vayssière a été amené à chercher les meilleurs moyens de destruction propres à combattre ces nouveaux fléaux de notre Agriculture, pour mille autres raisons déjà en mauvaise posture. Quand se réunissent les jeunes larves, on doit, d’après cet agronome, utiliser :
- 1° Les lance-flammes, sur toutes les surfaces contaminées où il n’y a aucune chance d’incendie ;
- 2° La pulvérisation d’une solution à 50 pour 100 de chloropicrine, si la première méthode ne peut s’utiliser;
- 5° Les appâts arsénicaux, son mélange à 0,04pour 100 d’arséniate de soude, dans les plaines irriguées qui ne servent pas de pâturages.
- Bien entendu de tels moyens ne sauraient s’accorder à l’initiative privée : mal employés ils donneraient lieu, en effet, aux accidents les plus graves. Aussi M. Vayssière préconise-t-il la création d’une association scientifique qui aiderait de ses conseils des groupements de propriétaires agissant sous le contrôle de l’État.
- Sur tes peroxydases clans les laits. — La note de M. H. Violle, présentée par le Dr Roux, se résume ainsi : la réaction des peroxydases ne donne point un signe certain sur la qualité d’un lait : sain, il peut en contenir très peu, alors que venu d’une mamelle malade, il en renfermera parfois une grande quantité. Dans ce dernier cas, il aura suffi au fraudeur de les introduire à l’aide de rhizomes, de tubercules, de graines de soja ou de tiges de maïs. Paul B.
- CHRONIQUE
- L’éruption volcanique de Java a-t-elle troublé le ciel Parisien? — Dans l’Astronomie du mois de juin, M. Besson, directeur de l’Observatoire de Montsouris, signalait un aspect exceptionnel du ciel de la région Parisienne, observé par lui du 26 au 29 mai. Le ciel, quoique sans nuages, présentait une teinte laiteuse accentuée et uniforme, plus grise près de l’horizon, et qui ne pouvait se confondre avec voile de nuage ou de brume. M. Besson attribuait au phénomène une origine volcanique.
- M. Baldet, de l’Observatoire d’Alger, a fait à Alger des constatations analogues les 25 et 26 mai, puis le 30 mai.
- Quel est donc ie phénomène volcanique qui a pu faire ainsi sentir son influence sur l’Europe occidentale? Nos lecteurs se souviennent que le 20 mai, et les jours suivants l’ile de Java a été ravagée par une éruption formidable, celle du volcan Kloet. La catastrophe, par sa violence, rappelle celle du Krakatoa. Il est donc possible que ce soit cette éruption qui ait troublé en mai dernier le ciel Parisien.
- Les puits les plus profonds du monde. — Le puits le plus profond du monde a été longtemps le sondage de Czuchow dans la flaule Silésie qui atteint la profondeur de 2240 m. Ce record a été battu deux fois au cours des dernières années aux Etats-Unis. C’est la llope Natural Gas Company de Pittsburg, qui a réalisé ces tours de force. Le puits Martha Goff n° 4190, situé à 8 milles au Nord-Est de Clarksburg, atteint 2251 m.,soit 11 m. de plus que le sondage de Czuchow. Commencé le 19 avril 1916, ce forage a été terminé le 4 mars 1918. Il est lui-même surpassé par le forage I. H. Lake, n° 4504, creusé par la même Société à 6 milles 1/2 au Sud-Est de Fairmont. Ce dernier atteint 2510 m. Commencé le 5 août 1916, il a été arrêté le 18 juin 1919 à la suite d’une rupture d’outil. Ces travaux avaient pour objet la recherche, du reste infructueuse, d’une riche couche pétrolifère. Par contre d’intéressants fossiles ont été trouvés dans ces sondages. La température de 60° a été rencontrée à 2153 m. de profondeur ; on a observé une augmentation de 1 degré centigrade par 27 m. 90 d’approfondissement.
- LE NOUVEAU PALAIS DES SINGES AU ZOO DE LONDRES
- Il n’est pas au pouvoir de tous les fervents de l’Histoire naturelle d’aller étudier dans leur lointain habitat les faits et gestes des animaux sauvages. A ceux d’entre eux qui s’intéressent plus particulièrement à la gent quadrumane, nous indiquerons un excellent moyen de l’étudier sur le vif, sans avoir à courir les risques d’un voyage aux Indes ou en Afrique centrale.
- 11 leur suffira — quand l’ère des fastidieux passeports sera définitivement close — de s’embarquer pour Londres et de visiter le Jardin Zoologique de Regent’s Park, où l’on vient d’inaugurer une « maison de singes » qui est bien la plus heureuse, la plus intelligente innovation.
- Cette monkey-house est probablement la plus vaste cage en existence. On lui a donné la forme d’une pyramide tronquée (avec parois latérales obliques) pour diminuer le poids et le coût du
- treillage sans restreindre proportionnellement l’espace. Plusieurs centaines de singes pourraient y gambader à l’aise.
- Les constructeurs se sont appliqués à y reconstituer un coin de la jungle, qui rappellerait aux petits prisonniers leur pays natal. Des perches, appliquées contre les arbres, ou suspendues entre deux troncs, figurent assez exactement les lianes des forêts tropicales. Des caisses, accrochées dans les hautes branches, remplacent des recoins de verdure où nichent les familles simiennes. Çà et là, des plateformes montées sur pilotis favorisent des bains de soleil.
- Pour compléter cette miniature de jungle, on a créé au centre un petit lac bordé d’un côté par des rochers, et, de l’autre, par une plage de sable. Un ruisseau d’eau courante l’alimente.
- Il était intéressant de noter quelle impression
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- produiraient ces nouveaux quartiers d’été sur des animaux confinés jusqu’alors, depuis leur captivité, dans des locaux étroits, où air, lumière, espace, leur étaient forcément distrimiés avec parcimonie. Les instantanés que nous reproduisons ici furent précisément pris au moment où les singes entrèrent en possession de leur palais.
- Il va de soi qu’ils se montrèrent tout d’abord désorientés : selon l’expression d’un témoin, ils n’en croyaient pas leurs yeux. Les «perches-lianes)) furent leur première découverte : ils les honorèrent de leurs agiles escalades. Mais, dès qu’ils aperçurent
- la découverte, s’assirent gravement aux abords de la minuscule plage, muets, pétrifiés d’admiration. 11 fallut qu’un vieux mâle se décidât à entrer dans l’eau jusqu’aux jarrets pour que l’extase prît fin pour une importante fraction de la tribu.
- L’observation des faits et gestes des singes présenta dès lors le plus vif intérêt. Tandis que certains ne s’aventuraient pas encore loin de la rive et continuaient à contempler le mystérieux élément, les autres s’abandonnaient à cette nouvelle joie de vivre.
- Au contact de l’eau fraîche, ils commençaient par
- Fig. i. — Les singes se désaltèrent dans le lac.
- le lac et son ruisseau, ce fut une véritable fête — — plus encore pour les témoins portés derrière les grillages que pour les acteurs !
- Il convient de noter qu’ils n’avaient pas vu d’eau courante depuis leur capture ; pour être plus précis, ils ne connaissaient plus, depuis des années, que l’eau plus ou moins croupie de leurs étroites auges. La vue de cette onde limpide où se jouaient les rayons du soleil devenait pour eux comme une révélation. Et peut-être— car on ne saurait refuser le don de la mémoire aux singes, qui identifient leurs anciens maîtres après des années de séparation, — peut-être évoquait-elle, en leurs cervelles d’animaux supérieurs, des visions de terre natale, de jeunesse, de vie libre dans les profondes forêts de l’Inde.
- On constata que la plupart, après la surprise de
- la humer longuement, les yeux mi-clos, en un ravissement manifeste, et sans laper. Puis, trempant leur main gauche dans le divin breuvage, et l’arrondissant en forme de gobelet, ils burent, presque religieusement. Cette façon de boire avec la main gauche fut observée généralement. Cependant, comme une règle comporte toujours des exceptions, on remarqua deux ou trois individus, qui, moins raffinés que leurs compagnons, se désaltéraient en léchant leurs avant-bras et leur main gauche copieusement trempés.
- La soif satisfaite, les plus coquets — ou coquettes? — procédèrent à leur toilette en se passant les mains mouillées sur le visage, sur le cou, sur la nuque. Puis, on songea enfin aux jeux. Les jeunes se poursuivirent follement dans l’eau, en s’éclaboussant mutuellement. L’un d’eux, découvrant une
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- Fig. 2. — La toilette des singes à la rivière.
- branche morte, l’empoigna comme nous empoignons une canne, et, frappant l’eau, s’en servit pour taquiner Jes baigneurs d’humeur pacifique.
- Plusieurs singes s’obstinèrent à rester spectateurs de ces joyeux ébats, sans y participer. On en vit un qui, à diverses reprises, descendit de la plateforme aérienne où il avait perché son émoi, trempa le bout des doigts dans l’eau, et, la trouvant peut-être trop froide, regagna sa retraite, pour en redescendre quelques minutes plus tard et recommencer son manège.
- Mais l’anecdote la plus « humaine » fut la suivante : une petite guenon était du nombre des craintives qui s’obstinaient à « faire tapisserie » sur la plage. Se détachant du joyeux groupe, un des baigneurs s’approcha d’elle en gambadant, puis, rentra dans l’eau, en retournant la tête pour voir si elle le suivait.
- Un premier échec ne le découragea pas. Retournant vers la rebelle, accentuant l’entrain de ses gambades, s’efforçant de lui démontrer qu’aucun
- plaisir n’était comparable à la pleine eau, il répéta trois ou quatre fois ses tentatives. Et, finalement, son obstination connut le triomphe. Elle le suivit bravement sur le rivage, s’attarda un instant à tâter l’eau, et, se serrant contre son protecteur — ou son tentateur ? — s’aventura jusqu’au milieu du lac.
- Nous nous permettrons de féliciter chaudement
- la direction du Zoological gar-den de Regent’s Parle pour son initiative, en souhaitant qu’elle suscite des imitations de ce côté-ci de la Manche. Quand donc aurons-nous en France un établissement où les fauves seront traités avec un esprit de méthode scientifique et d’humanité?
- Le grand public s’intéresserait aux choses de l’histoire naturelle, si l’on pouvait lui offrir des spectacles comme celui que nous venons d’exposer brièvement, au lieu de lui montrer de malheureux captifs qui étouffent et s’enkylosent dans des enclos trop étroits.
- Y. Forbin.
- Fig. 3. — Un couple.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2372.
- 13 SEPTEMBRE 1919
- LE CENTENAIRE DE JAMES WATT
- C’est avec un légitime orgueil que l’Angleterre, au cours de ce mois de septembre, célèbre le centenaire de la mort de James Watt, né àGreenock (1) le 19 janvier 1736 et mort à Heathfield, près de Birmingham, le 19 août 1819. Notre académie des Sciences a fait le plus heureux choix en désignant, pour la représenter à cette fête, M. Auguste Rateau, le second des membres élus dans sa nouvelle section des applications de la science à l’industrie. Il y a une magnifique coïncidence à ce que la mémoire de l’inventeur de la machine à vapeur moderne soit célébrée l’année même où les grandes nations civilisées ont enfin muselé la bassesse germanique.
- La vie de James Watt et l’histoire de ses recherches sont aujourd’hui trop connues pour qu’il y ait lieu de les - %,
- exposer ici dans un détail qui, pour, être précis, demanderait d’ailleurs beaucoup de place (s),
- On voudrait seulement rapppe-ler à grands traits comment, à l’âge de 28 ans, le jeune fabricant d’instruments de mathématiques de l’Université de t
- Glasgow fut amené à cette invention du condenseur, qui fut véritablement l’acte de génie essentiel de son existence et qui donna ’ v;' y^i
- à la machine à vapeur celle *,,,,/ \ \
- puissance motrice dont on avait /
- jusque-là beaucoup rêvé, mais -\\u
- sans savoir la réaliser.
- Fils d’un entrepreneur de > » ^
- bâtisse et fournisseur d’appareils et d’instruments pour la navi- > ; gation, le jeune Watt, dès l’en- FiS• i-—James
- fance, avait manifesté de vives 4 -
- curiosités d’ordre scientifique, — s’étendant ’sur le parquet, à six ans, et, la craie à la main, cherchant à débrouiller un problème de géométrie (s),
- 1. En Écosse, comté de Renfrew.
- 2. On trouvera de nombreux articles dans La Nature sur la machine à vapeur et son développement historique.
- Les ouvrages ci-dessous sont très recommandables : R. H. TironsTON, Histoire de ta machine à vapeur, 2 vol. in-8°, Paris, Alcan, 1880. — R. H. Thdrston. Traité de lcd machine à vapeur. 2 vol. in-8", Paris, Savy, 1878. — Fa. Arago, Œuvres complètes, T. Y. : Notice historique sur les machines à vapeur. — A. Mallet. Évolution pratique de la machine à vapeur, 2 vol. in-8°, Mémoires de la Société des Ingénieurs Civils 1908, 1910. — Sur Watt en particulier : J. P. Muirhead, The Origin and Progress of the Mechanical inventions of James Watt, 3 vol. 2® éd. Londres, 1859. — Smiles,' Lifes of the Engmeers, tome IV, Londres, 1874. — Fr. Auago, Œuvres complètes, t. I, p. 371-510 : Éloge historique de James Walt, décembre 1834.
- 3. Il se peut que le trait appartienne moins à l’histoire qu’au folklore : ou raconte exactement le même de S a ver y et de Worcester.
- construisant une petite machine électrique, passant une heure, à la grande indignation de Mistress Muirhead, sa tante, à ôter et remettre tour à tour le couvercle de la théière et à recueillir les gouttelettes de vapeur sur une cuiller ou sur une soucoupe — il avait appris à Londres le métier de fabricant d’instruments de mathématiques et avait été attaché en cette qualité, à l’université de Glasgow. Le milieu de cette université était d’un bon esprit sciem tifique. On y remarqua fort vite que Watt avait une intelligence et des aptitudes de pensée bien supérieures à celles d’un praticien vulgaire. Il se lia avec le Docteur Black, à qui on doit la découverte de la chaleur latente; il aimait à causer avec John Robison, alors étudiant et qui *, . - 3 fut, plus tard, professeur de
- v - . > physique à l’Université, des ap-
- plications que l’on pourrait faire de la vapeur. Robisoùl-pensait qu’on pouvait remployéFià: faire tourner des roues de voiture, Watt s’empressait de faire des recherches dans ce sens, en se servant d’une marmite de Papin.
- Un beau, jour, le professeur Anderson confia à Watt, en vue de réparation, un petit modèle de la machine à vapeur de New-comen qui était dans la collection de physique de l’Université. Fort bien nourri de la lecture de Désaguliers et de Bélidor, Watt apporta à la réparation tout le soin d’un mécanicien enchanté de faire de « joli travail », — puis, la machine réparée, et l’ayant étudiée et essayée, il S’aperçut qu’elle ne pouvait pas marcher : la chaudière, tout en paraissant assez grande, ne fournissait pas suffisamment de vapeur, et la machine s’arrêtait toujours après quelques coups de piston. Il y avait là une bizarrerie que Watt voulait tirer au clair.
- Dans la machine de Newcomen — telle qu’on l’employait alors dans les mines de Cornouailles et dont le modèle de Glasgow était une très exacte reproduction à petite échelle — le cylindre, qui est placé verticalement, son piston étant attaché par une tige à l’une des extrémités du levier qu’on appelle le balancier, est caractérisé par le fait que sa partie supérieure, au lieu d’être fermée, est grande ouverte. C’est à sa partie inférieure, celle-ci fermée, et en dessous du piston, que la vapeur est amenée au moyen d’un tuyau pourvu d’un robinet que l’on ouvre pour l’admission. Quand la vapeur pénètre ainsi dans la partie basse du cylindre, elle a une pression un peu, mais pas beaucoup, supé-
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- Watt (1736-1819).
- 47' Année. — 2* Semestre
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- LE CENTENAIRE DE JAMES WATT
- rieure à la pression atmosphérique ambiante, mais suffisante cependant pour déterminer le mouvement d’ascensicra du piston, en rompant l’équilibre que faisait à celui-ci, avant l’admission de vapeur, un contrepoids situé à dessein à l’autre extrémité du balancier. Si, après ce mouvement du piston, on interrompt l’admission de la vapeur au cylindre et qu’au moyen d’un autre robinet on injecte au contraire dans celui-ci un jet d’eau froide fourni par un réservoir voisin, la vapeur contenue dans la partie inférieure du cylindre se condense, l’équilibre est à nouveau rompu, mais en sens'inverse, et la pression de l’air, agissant sur la partie supérieure du piston, fait redescendre celui-ci tout en relevant, en même temps le contrepoids : c’est seulement pendant cette période de descente du piston que la machine peut fournir un effort moteur.
- Il est bien évident L-qu’un tel cycle opératoire doit être d’un fort mauvais rendement. et, pour l’effet obtenu, correspond à une effroyable dépense de vapeur. A chaque coup de piston, il faut que le cylindre, alternativement, se réchauffe et se refroidisse : la vapeur employée à ces changements de température est perdue au point de vue travail moteur ; d’autre part, comme ces changements sont forcément assez longs, un temps considérable s’écoule entre deux coups de pistons. Frappé par ce gaspillage de force, Watt entreprit et mena pendant plusieurs mois une très remarquable étude critique et scientifique sur les conditions d’emploi de la vapeur.
- Toute une suite d’expériences et de mesures — moins parfaites sans doute, mais par lesquelles Watt se montre un précurseur de Dalton et de Régnault — furent d’abord employées à chercher comment la tension de la vapeur varie avec la température, étude qui décela aussitôt dans la machine de Newcomen un très grave inconvénient dù au fait que la quantité d’eau injectée dans le cylindre n’y abaissait la température, au moment de la condensation, qu’entre 140° à 180° Fahrenheit (60° à 80° Centigrades), ce qui n’amenait la pression au-dessous du piston qu’au tiers environ de la pression atmosphérique et constituait donc une grande perte de force. Watt détermina ensuite, d’une part la quantité de vapeur dépensée à chaque coup de
- piston, d’autre part le poids d’eau froide nécessaire pour la condensation d’un poids donné de vapeur.
- Ces déterminations l’amenèrent h conclure que la machine de Newcomen dépensait à chaque coup de piston quatre fois plus de vapeur qu’il n’en fallait pour emplir le cylindre, et que, — puisqu’il suffit d’une livre de vapeur pour en élever six d’eau de 11° à 100° C., — l’on injectait dans la machine, à chaque coup de piston, quatre fois plus d’eau qu’il n’en eût fallu pour condenser la quantité de vapeur capable d’emplir le cylindre. Employer quatre fois trop de vapeur et quatre fois trop d’eau, c’était employer quatre fois trop de charbon : par quel moyen échapper à ce prodigieux gaspillage de combustible? La question serait toute résolue, Watt le voyait clairement, si, d’un côté, on pouvait donner à la vapeur condensée une température assez basse — 100° F. par exemple (38° C.) — pour que la pression en dessous du piston tombât â moins d’un dixième d’atmosphère, et si, d’un autre côté, au lieu de se refroidir et se réchauffer tour à tour, le cylindre gardait, pendant la marche, une température pratiquement constante, celle de la vapeur qui pénètre en lui. L’idée était en effet parfaitement juste, mais il n’était pas moins évident que la structure et le mode de fonctionnement de la machine de Newcomen rendaient impossibles et la réalisation de chacune de ces deux conditions et encore plus leur réalisation simultanée. On a le récit fait par Watt lui-même, de la façon dont, un beau jour de 1765, la solution qu’il croyait impossible lui vint tout à coup et nettement à l’esprit : (.*)
- « J’étais allé faire un tour par une belle après-midi de dimanche. J’étais entré sur le Green, par la porte qui se trouve au bas de la rue Charlotte, et j’avais dépassé l’ancien lavoir. Je pensais à ce moment à la machine et j’étais arrivé à la maison du berger, quand l’idée me vint que la vapeur, étant un fluide élastique, s’élancerait d’elle-même dans le vide ; que si donc on faisait communiquer le cylindre avec un récipient vide, la vapeur se précipiterait dans celui-ci, et que l’on pourrait l’y con-
- 1. Ce récit de Watt est dans ,R. Hart Réminiscences of James Watt [Transaction of the Glasgow Archæologica Society. 1859), cité Par Thorston, Histoire..., p. 92. (La scène se passe à Glasgow.)
- Fig. 2. —Dispositif de Watt pour expérimenter le condenseur (i^65).
- A, chaudière; S, seringue servant de cylindre; P, poids ; C, condenseur; L, pompe à air.
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- denser sans refroidir le cylindre. Je vis alors qu’il faudrait me débarrasser ensuite de la vapeur condensée et de l’eau d’injection, si j’employais un jet comme dans la machine de Newcomen. Deux méthodes se présentèrent à moi pour y parvenir. La première était de faire écouler l’eau par un tuyau descendant, si je pouvais trouver un exutoire à une profondeur d’au moins 55 ou 56 pieds (une douzaine de mètres) et d’enlever l’air au moyen d’une petile pompe. La seconde était de faire cette pompe assez grande pour enlever à la fois l’air et l’eau. Je n’avais pas encore dépassé la maison Golf que toute cette affaire était arrangée dans mon esprit. »
- Ayant ainsi pensé le dimanche, Watt se mit le lundi matin à contrôler son idée. A la tige d’une seringue en laiton, longue de 50 centimètres et ayant 5 de diamètre, seringue qui servirait de cylindre vertical et où la vapeur serait admise alternativement par chacune des deux exlrémités, il attacha un poids de 9 kilogrammes ; il mit la partie supérieure de la seringue, par un tuyau, en communication avec deux autres tuyaux métalliques, longs et étroits, plongés dans un bain d’eau froide, et reliés enfin eux-mêmes, par la partie basse, à un tube contenant un piston et servant de pompe à air ; cette machine à vapeur, improvisée, mise en route, marcha de façon parfaite et souleva très allègrement le poids de 9 kilogrammes.
- Watt devait finir par trouver toute simple, l’idée qu’il avait eue ainsi : « Si l’on y réfléchit, disait-il un jour à un professeur de ses amis (*), cette
- Fig. 3. — Une machine rotative à double effet, de Watt et Boulton (d’après le Catalogue of Me-chanical Engineering Collection, South Kensing-ton, Londres, planche /, n° 5)-.Machine deioHP, mise en service à Soho, 1788.
- invention ne paraît pas aussi considérable qu’elle m’avait semblé. Dans l’état où j’avais trouvé la
- 1. Smii.es Lifes of the Enginecrs, t. IV : Lifcs of Boulton and Walt (cité par Tliurston, p. 92).
- machine à vapeur, il ne fallait pas un grand effort d’imagination pour s’apercevoir que la quantité de combustible nécessaire pour la faire fonctionner
- Fig. 4.
- Le grenier de Watt à Heathfield Hall C’est là que Watt procédait à ses expériences.
- • Le local a été maintenu dans l'état où l’a laissé Watt.
- empêcherait toujours d’en tirer un grand avantage. Le pas à franchir ensuite dans la voie du progrès n’était pas plus difficile : chercher la cause de cette grande consommation de combustible. Je compris aussi promptement qu’elle provenait du charbon qu’on dépensait en pure perle, pour reporter, plus de 15 ou 20 fois par minute, le cylindre, le piston et les parties adjacentes de la température de l’eau froide à celle de la vapeur. »
- Qui oserait dire que Watt n’a point raison ? Il suffit à la fois de savoir juger le point où en est une question, de déterminer la difficulté exacte, de trouver la méthode pour l’étudier et en venir à bout, et d’avoir la bonne tête capable d’appliquer la méthode trouvée, d’être en un mot un homme de génie pour qu’on puisse parler comme de petites choses des grands travaux que l’on a faits. C’est en détachant de la marmite de Papin la chaudière qui s’y trouvait confondue avec la partie inférieure du cylindre que la machine à vapeur pratique a été réalisée; c’est encore en détachant du cylindre de la machine de Newcomen le condenseur qui s’y confondait et en en faisant un organe distinct que Watt a créé la machine à vapeur moderne. Il fallait, pour ces grandes trouvailles, participer à la fois, et magistralement, du physicien et du mécanicien, C’est ce qu’a noté fort justement Reuleaux dans* le très beau chapitre de sa Cinématique consacré à l'histoire du développement des machines : « Papin, lorsqu’il inventait la machine à vapeur, était un physicien au moins autant, sinon plus, qu’un mécanicien pratique; la même chose peut se dire de Watt, quand, avec son vigoureux génie, il abordait la question du mécanisme. »
- La découverte du condenseur est de 1765, les
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- 164 ... • ... LE RHIN ALSACIEN
- brevets de Watt sont de 1769 (1); l’asssociation avec le grand fabricant d’acier de Soho, près Birmingham, Matthew Arnold, est de la même année, et c’est, au milieu de difficultés financières souvent immenses, la fabrication de machines à vapeur du type Watt et Boulton qui commence en grand, allant remplacer, une à une, notamment dans les houillères, les machines de Neweomen. Watt et Boulton, au lieu de vendre leurs machines aux acquéreurs, convenaient avec eux qu’il leur serait versé annuellement le tiers de la valeur du charbon économisé en substituant leur engin aux antérieurs. On aura une idée de l’importance économique de l’invention de Watt en retenant le fait suivant, cité par Arago (2) : « Boulton et Watt recevaient, pour redevance, la valeur du tiers de la quantité du charbon dont chacune de leurs machines .procurait l’économie... : dans la seule mine_.de Chace-Water, où trois pompes étaient en action, les propriétaires trouvèrent de l’avantage à racheter les droits des inventeurs par une somme annuelle de 60 000 francs. Ainsi, dans un seul établissement, la substitution du condenseur à l’injection intérieure avait procuré en combus-
- 1. Le condenseur est défini comme suit dans un paragraphe du brevet : « dans des machines qui doivent fonctionner totalement ou en partie par la condensation de la vapeur, il faut que celle-ci soit condensée dans des récipients distincts du vaisseau à vapeur du cylindre, quoique communiquant en temps voulu avec lui. J’appelle ces récipients des condenseurs’, et pendant que la machine fonctionne, ces récipients doivent être maintenus au moins aussi froids que l’air avoisinant la machine ».
- 2. Éloge de Watt (Œuvres, t. I, p. 421). |
- tible une économie de plus Üe 180 000 francs par an. » (l) Jean-Paul Lafitte.
- 1. On attribue quelquefois à Walt le mérite d’avoir reconnu, comme Cavendish, la nature composée de l’eau. Arago notamment, dans son Eloge de Walt, semble tout à fait convaincu à cet égard. Il faut bien dire cependant que les preuves qu’il allègue sont beaucoup plus d’ordre dialectique que de fait, et l’on est même obligé de se demander, à le lire, si l’excellent physicien était bien au courant de la position des chimistes de la fin du xvm° siècle sur la question de le composition ou de la non-composition de l’eau. L’opinion du grand chimiste Marcellin Berthelot, qui a écrit sur Watt un court, mais excellent article, dans la Grande Encyclopédie, est très nettement opposée à celle d’Arago. En fait, d’après lui, ce n’est pas Cavendish, mais Lavoisier qui a démontré que l’eau « n’est pas un élément », mais un « composé d’air vital et d’air inflammable, c’est-à-dire d’oxygène et d’hydrogène ». Cavendish, qui a découvert l’hydrogène (1767) et étudié sa combustion, regardait comme également possible ou que l’eau fût un composé ou que l’hydrogène fût constitué, d’eau unie au plilogistique, l’eau alors étant un élément. Monge, tout en admettant la possibilité de la composition de l’eau indiquée par Lavoisier, regardait, dit Berthelot, « comme une hypothèse tout aussi probable l’opinion que l’hydrogène et l’oxygène sont des combinaisons de l’eau avec des fluides élastiques différents..., opinion congénère de celle du phlo-gistique... et qui maintient l’eau comme un élément indécomposable. » L’attitude de Watt aurait, d’après Berthelot, été toute comparable à celle de Cavendish et de Monge : « Il pensait également que l’eau pouvait être changée en air, si on la chauffe assez fortement pour que toute sa chaleur latente se dégage sous forme de vapeur libre ou sensible ; puis il écrivit, dans des lettres privées qu’il refusa d’ailleurs de laisser publier, des opinions plus conformes à la réalité mais sans exécuter lui-même aucune expérience et sans oser prendre la responsabilité de ses conjectures. » Il faut ajouter d’ailleurs que Y Eloge d’Arago est de 1854; Berthelot a çu évidemment l’avantage sur lui de connaître le travail de J. P. Muirhexd, Correspondance of James Watt on his discovery of the tkeory of the composition of water, publié à Londres en 1856.
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- Parodiant le célèbre vers de Musset, on pourrait écrire aujourd’hui : « Ils ne l’auront plus notre Rhin français! » La rive gauche du puissant fleuve redevient nôtre dans la traversée de l’Alsace,et, aux termes du traité imposé à nos ennemis, la navigation sur le cours d’eau devient totalement libre pour les bateaux de toutes les nationalités (Section XII des préliminaires de paix) « dont les droits sont reconnus égaux ». Demain, comme hier, le Rhin constituera une grande voie d’échanges entre l’Europe centrale et les mers du Nord, et même entre les régions limitrophes de ses rives et la Méditerranée. La possession d’une partie de son cours complétera heureusement notre réseau de voies navigables et notre outillage de transports. Il y a donc pour nous un particulier intérêt à examiner la situation du fleuve au point de vue de la navigation, aussi bien que de la force motrice, et les avantages que nous pourrons recueillir de son utilisation rationnelle.
- La Convention de 1868 et la navigation sur le
- Rhin. — Le 17 octobre 1868 intervenait entre les Etats riverains du fleuve alpestre une convention réglant les conditions dg la navigation dans ses eaux et annulant les accords antérieurs de 1815 et 1851. La France, le grand duché de Bade, la Bavière, le grand duché de Hesse, la Prusse et les Pays-Bas étaient les signataires de cet acte, auquel la Suisse n’avait pas été appelée à participer.
- Dans son essence, le docUmènt posait les principes suivants : 1° la navigation du Rhin et de ses embouchures, de Bâle à la mer, devait être libre aux navires de toutes les nations pour le transport des marchandises et des personnes ; 2° cette navigation ne devait être assujettie au paiement d’aucune taxe; 3° le transit des marchandises, saut exceptions d’ordre sanitaire, devait être également libéré de toutes entraves; 4° les ports francs déjà institués seraient maintenus et le nombre pourrait en être accru ; 5° les parties contractantes prenaient l’engagement d’adopter toutes dispositions susceptibles de faciliter les opérations du trafic, et
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- de se communiquer les projets hydro-techniques concernant le fleuve et ses rives ; 6° des ingénieurs et des inspecteurs étaient chargés d’étudier l’état du Rhin, et de proposer tous travaux de nature à améliorer sa navigation. 7° Des tribunaux spéciaux devaient être institués pour juger des litiges afférents à l’exploitation du fleuve. 8° Enfin, une Commission centrale était créée, avec siège à Mannheim, pour examiner les plaintes auxquelles pourrait donner lieu la Convention, l’exécution des mesures concertées entre les riverains pour favoriser le trafic, les propositions relatives à la prospérité de la navigation sur le Rhin, et évoquer les jugements prononcés par les tribunaux de première instance.
- Un protocole de clôture précisait, en outre, qu’il pouvait être perçu, contrairement aux stipulations de l’article 3, une taxe pour l’ouverture et la fermeture des ponts, ou l’usage de travaux d’art.
- La navigation, d’après cette convention, devait donc être libre. En fait, il en allait tout autrement, puisque les bateliers du Rhin étaient tenus (article 15) de posséder « une patente de navigation rhénane » et que cette dernière était réservée aux personnes habitant les pays riverains du fleuve, lisez les Allemands, Hollandais et Alsaciens. En outre, la composition de la Commission centrale de Mannheim donnait aux Allemands le contrôle absolu sur le Rhin, et ils pouvaient y faire la loi.
- Les traités de 1871 ne modifièrent pas cet état de choses; la France fut seulement exclue de la Commission centrale, et le pouvoir dictatorial des Allemands en fut renforcé d’autant.
- La paix actuelle devait évidemment apporter une transformation à cette réglementation. Aussi, tout en maintenant la Convention de 1868, l’Entente lui a-t-elle fait subir certaines modifications. Comme nous le disions au début de cet article, l’égalité absolue de tous les bateaux a été reconnue. En outre, la Commission centrale comprendra désormais 19 membres, dont 2 hollandais, 4 allemands, 4 français, 2 anglais, 2 italiens, 2 belges, et sera présidée par un de nos compatriotes.
- De plus, les pouvoirs de la Commission du Rhin seront désormais étendus à la partie du fleuve située entre Bàle et le lac de Constance, et à la Moselle.
- Enfin, la France aura le droit de prélever l’eau pour ses besoins de canaux ou d’irrigation, et, corollairement, d’exécuter tous travaux nécessaires sur la rive allemande du fleuve.
- De son côté, la Suisse a notifié officiellement à l’Entente son désir formel de voir supprimer les ouvrages militaires existant sur le Rhin, et d’interdire toutes constructions nouvelles, conformément au traité de Paris de 1814, et à l’acte final du Congrès de Vienne.
- Le Rhin, voie de navigation, — Mais que vaut l’instrument qu’il s’agit d’employer? Le Rhin est
- l’un des plus longs fleuves* de l’Europe, mais il ne constitue pas naturellement une artère navigable, du moins dans son cours supérieur et moyen (*).
- Du lac de Constance à Schaffhouse (44 km 1), le tirant d’eau moyen ne dépasse pas 2 m. 40, et tombe parfois à 1 m. 20. De Schaffhouse à Rhein-felden (104 km), aucune navigation n’est praticable. Par contre, de RheinfeldenàBàle (19 km 4), la construction du barrage et de l’écluse d’Augot-Vvhlen a permis à la batellerie de circuler sur le Rhin.
- De Bàle à Strasbourg (128 km 5) la profondeur moyenne du lit n’excède pas 1 m. 60. En basses eaux, elle fléchit à 0 m. 70.
- A partir de Strasbourg, les tirants d’eau se relèvent comme suit :
- Basses eaux. Eaux moyennes.
- De Strasbourg à Steinmauern. km. 49,5 m. 1.20 à 1.70 m. 2.40 à 2.85
- De Steinmauern à Philipps-. bourg 45,4 1,50 à 2 m. 2 parfois 1.50 2,50 à 3,60
- De Philippsbourg à Mannheim 23,9 3,16 à 4,20
- De Mannheim à Oppenheim. 66 2 m. 3,16 à 4,20
- D’Oppenheim à Bingen. . . 48,6 2 m. 2,75
- De Bingen à Loreley (Saint-Goar) 25,9 2 m. 3,10
- De Loreley à Colognc-Bayen-tal 150,3 2,50 3,60
- De Cologne à l’origine du canal Rhin-Ilerne. . . . 97,9 3 m. 4,40
- Du canal Rhin-Herne à la frontière hollandaise près Emmerich 85 5 m. 4,40
- De la frontière hollandaise à Dordrecht 110,6 5 m. 4,00
- De Dordrecht à Rotterdam. 25,8 3,40 5,16
- De Rotterdam à la mer . . 20,6 8 m. 9,40 (2)
- On peut aisément s’en rendre compte par le relevé ci-dessus, le Rhin n’est pas navigable dans sa section Bàle-Strasbourg, qui nous intéresse aujourd’hui à tant d’égards.
- De Strasbourg à Germersheim, le tirant d’eau s’abaisse encore jusqu’à 1 m.20, par suite de l’accumulation des graviers de charriage qui constituent des seuils, sur certains points. M. Imbeaux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chargé par le gouvernement français d’étudier le fleuve alsa-sien, faisait très justement observer, dans un travail récent, que, dans cette partie de son cours, le fleuve se ressent de son origine glaciaire, avec
- 1. Étendue du bassin du Rhin : A Strasbourg, 41000 kmq ; à Mannheim, 68000; à Mayence (après le confluent du Main) 98000; à Bingen (après le confluent de la Nahe), 103000; à Goblentz (après l’embouchure de la Moselle), 138000; à Cologne, 144000; à Rührhort (confluent de la Ruhr), 154000; à Emmerich, 160000; à la mer du Nord, 224 000.
- 2 Altitude de quelques villes du Rhin : Bâle, 245 ; ltehl, 135 ; Mannheim, 89 ; Mayence, 82 ; Bingen, 78 ; Coblentz, 60 ; Cologne, 38; Emmerich, 12. — Pente du fleuve : 0,00006 à 0,00008 de Strasbourg à Philippsbourg; 0,00008 jusqu a Mannheim et jusqu a 0,00125 entre Mannheim et Bingen.
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- basses eaux de novembre à avril, hautes eaux de mai à août. Ce régime ne se modifie qu’après Bin-gen à la suite des apports de ses affluents non glaciaires.
- Corrélativement, de Strasbourg à Bàle, le Bhin n’est accessible pour la remonte que durant les hautes eaux, et à titre exceptionnel- De Strasbourg à Germersheim, la navigation est possible pendant une période plus longue, grâce à des travaux récents. Désormais le fleuve admet des bateaux de tonnages divers, 400 à 460 tonnes (aak et kast hollandais), 700 tonnes, 1500, 1700, et même 5500 tonnes; ces deux derniers types, exigeant 2 m. 60 de tirant d’eau, ne dépassent pas Cologne.
- En fait, le bateau le plus employé mesure 75 m. de long, 11 de large, et 2 m. d’enfoncement à plein, et peut porter 1500 tonnes.
- Mais la navigation sur le Rhin moyen n’est pas seulement gênée par le peu de profondeur du lit. Elle l’est, également par les sinuosités du cours, partagé en plusieurs bras, qui se déplaçaient naguère, en même temps que le thalweg, au moment des grandes crues.
- Ajoutons que l’endiguement du Rhin, exécuté à partir de 1840 sur les plans de l’ingénieur badois Tulla, avait singulièrement altéré le chenal navigable et augmenté le courant.
- Cependant, le commerce avait reconnu de bonne heure l’utilité de faire de Strasbourg un grand port fluvial, d’autant plus que le fleuve inférieur devenait rapidement une voie d’échanges suivis entre la mer et l’arrière-pays. Séparée de la mère-patrie par les traités de 1871, privée de ses anciens débouchés, et, conséquemment, des avantages que sa situation géographique lui avait assurés dans le passé, concurrencée par les villes badoises à la suite de l’ouverture des voies ferrées de la rive droite, la capitale de l’Alsace devait, pourtant, essayer de reconquérir sa part du trafic rhénan.
- Deux solutions furent envisagées : la première, plus coûteuse, mais peut-être plus sûre, eut consisté à ouvrir un canal latéral au Rhin, de Strasbourg à Ludwigshafen, port qui fait face à Mannheim. On pouvait croire, en effet, que « le cours supérieur du Rhin n’offrait plus les conditions nécessaires à une navigation régulière et rémunératrice ». Cette conception était soutenue par la grande majorité des Alsaciens.
- Les ingénieurs allemands, se fondant sur les résultats obtenus sur d’autres cours d’eau, et le Rhin inférieur lui-même, combattirent vigoureusement ce projet, êt préconisèrent la régularisation du Rhin.
- Ils furent appuyés par le grand Duché de Bade, qui appréhendait, non sans raison, que l’établissement d’un canal ne vînt porter atteinte à la prospérité croissante de Mannheim, et au trafic de ses chemins de fer d’État, alimentés par le transit du Rhin.
- Le conflit entre les deux thèses se prolongea
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- pendant plus de trente ans. Lasse de ses efforts superflus, Strasbourg prit un parti héroïque : ne pouvant obtenir la voie d’eau désirée, elle songea à adapter la navigation aux conditions du régime du fleuve. Les crues d’élé devant permettre aux navires de remonter à Strasbourg, il suffisait de mettre à la disposition de la navigation les installations nécessaires pour procéder à des manutentions rapides. La création d’un port fut donc entreprise, et, le 11 juin 1892, le premier bateau du Rhin abordait au port strasbourgeois de la porte d’Austerlitz (Metzgertor), sur le canal de jonction du Rhin et des canaux alsaciens. Comme l’un des obstacles au trafic résultait de la rapidité du courant sur le Rhin, les Strasbourgeois instituèrent en 1893 la Société Strasbourgeoise de navigation sur le Rhin qui fit construire une flottille de remorqueurs puissants, mais à faible tirant d’eau. En même temps, on choisit des types de chalands de fort tonnage, pouvant être allégés en route. Des services directs s’instaurèrent entre Strasbourg et Rotterdam.
- Cependant, la navigation rhénane avait causé des déboires aux Alsaciens, car, d’une part, la durée des périodes de navigabilité varie d’un an à l’autre, et, d’autre côté, les interruptions subites se produisaient surtout en automne, époque où les arrivages étaient les plus actifs.
- Des dragages furent commencés pour réduire les seuils. Ils furent insuffisants. Néanmoins, les Badois intransigeants, devant la ferme volonté de Strasbourg de se frayer un accès vers la mer, se décidèrent à négocier une entente pour l’aménagement du fleuve à frais communs. Au début de 1906, la délégation d’Alsace-Lorraine votait, enfin, les crédits nécessaires à la régularisation du Rhin. Le programme préconisé par les ^ingénieurs allemands Remportait.
- Les travaux d’amélioration du Rhin. — Avant le vote des travaux, diverses opérations avaient été entreprises entre Strasbourg et Mannheim. En amont de Lauterbourg, le lit majeur avait été rectifié, et limité par des digues longitudinales, arasées au-dessus du niveau des crues moyennes d été. Ces digues submersibles présentaient des lacunes de 100 mètres de long, pour le dépôt des alluvions, et le colmatage des surfaces enlevées au fleuve.
- Cette opération avait abaissé le niveau des eaux de crues. Mais elle n’avait pas supprimé l’instabilité du chenal qui serpentait, et passait constamment d’une rive à l’autre, et se déplaçait avec une vitesse variable.
- On avait, dans le but de remédier à cette situation, rectifié, du confluent de la Lauter à celui du Neckar, 17 boucles, et réduit la largeur du lit à 240 mètres.
- Toutefois, ces travaux ne permettaient pas l’utilisation pour la navigation des eaux moyennes et basses. De 1894 à 1909, la période de navigation avait varié entre 147 et 280 jours par an. Le pro-
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- gramme de régularisation adopté en 1906 comportait l’adaptation du fleuve à une navigation permanente. A cet effet, on devait créer dans le lit majeur du Rhin un lit mineur, à faibles sinuosités, au moyen d’épis plongeants, de seuils de fond et de digues longitudinales.
- La largeur du plan d’eau avait été fixée à 160 m. à Strasbourg, et 180 à Sonderheim, en raison de la diminution de la pente et de l’augmentation du débit et la largeur au plafond devait être élevée de 130 à 150 mètres.
- La largeur de la passe navigable avait été arrêtée à 92 m. à Sonderheim, à 88 à Strasbourg.
- La régularisation projetée portait sur 85 km, de Strasbourg à Sonderheim ; car au delà il suffisait de procéder à des dragages pour obtenir le mouillage prévu de 2 mètres.
- La réalisation de ce programme ne devait, d’ailleurs, pas empêcher complètement l’accumulation périodique des graviers, malgré l’emploi des dragues laveuses pour l’entretien régulier des passes.
- Les ports de Strasbourg et de Kehl.
- Néanmoins, les travaux exécutés ont contribué, dans une large mesure, au développement du trafic sur le Rhin moyen.
- Tandis qu’en 1896 le trafic du port de Strasbourg n’excédait pas 354000 t. (11 000 en 1892), il atteignait 1 089 200 t. en 1911, 1668000 en 1912, 1 989 000 en 1913.
- Ces résultats éloquents n’avaient, d’ailleurs, 'été obtenus qu’en pourvoyant Strasbourg d’un nouvel établissement, qui fut édifié à l’est de la ville, dans l’île des Épis que forme le Rhin et son bras, le Petit Rhin. Lé nouveau port, inauguré en 1901, occupe une superficie de 127 hect. 1/2. Il a coûté une vingtaine de millions.
- Deux bassins y sont réservés l’un au commerce, l’autre à l’industrie. De nombreux terrains industriels sont aménagés autour de ce dernier.
- Deux halles bordent le bassin du commerce; l’une d’entre elles peut abriter 160000 sacs de blé. La municipalité exploite ces magasins, et gère l’outillage du port, qui comporte 6 grues électriques de 4000 et’ 1000 kg, 1 élévateur à grains, 1 chariot roulant électrique, et 1 cabestan électrique.
- Un autre entrepôt, pour 180 000 sacs de blé, est loué à des Sociétés de Mannheim.
- Devant l’essor du trafic, la ville de Strasbourg a prévu l’aménagement d’une surface d’eau nouvelle de 53 hectares, et de terrains industriels dans la plaine des Bouchers.
- Mais l’épanouissement du havre strasbourgeois n’avait pas été sans susciter la jalousie des Badois. Ceux-ci ont donc construit en face de Strasbourg, à Kehl, un port concurrent. Le pourtour de ce dernier mesure 11 600 m., alors qu’à Strasbourg il ne dépasse pas 5500 mètres. Le port badois comprend 3 bassins, de 1800, 2600 et 1400 m. de longueur, 40 hect. de terrains industriels, 40 km de voies ferrées. Cependant, le trafic de Kehl n’excédait pas 510000 t. en 1913, mais on pouvait envisager une rapide extension de son activité.
- Aussi, en prévision de sa future rivalité, a-t-on réclamé l’annexion à l’Alsace de l’établissement badois (1).
- Dans une délibération en date du 23 janvier 1919, la Chambre de Commerce de Strasbourg a précisément déclaré « que le port de Strasbourg est susceptible d’un grand développement, et peut attirer dans sa zone d’influence toute la région de l’Est jusqu’à la Saône », et d’autre part « qu’il doit devenir un avant-port de la mer du Nord ». Strasbourg, comme l’écrivait naguère M. Haug, secrétaire de son assemblée consulaire, doit « ne pas se contenter du trafic que peuvent créer les besoins de la production et de la consommation locale, mais aussi ambitionner de devenir le grand port d’échanges qu’il fut dans le passé ».
- Pour atteindre à ce résultat, il importe d’agrandir ses installations, de perfectionner le réseau de canaux qui y aboutit, d’interdire à l’Allemagne vaincue d’établir des tarifs de misère sur ses lignes badoises, tarifs propres à détourner le trafic de la voie d’eau. Enfin, il convient de poursuivre l’œuvre entreprise. On a parlé de régulariser le fleuve au delà de Strasbourg. Ce n’est pas chose facile, car,
- 1. Il existe deux autres ports entre Strasbourg et Mannheim, celui de Lauterbourg, spécialisé pour les réceptions de houilles et de cokes, et celui de Maximiliams (charbons, bois, matériaux de construction).
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- H Arrivages en tonner B Départ en tonnes I Trafic total sur ie Rhin Fig. i.
- Le trafic sur le Rhin à Strasbourg de i8ç3 à içi3.
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- de Yieux-Brisach à Bàle, la pente atteint 1 mm par mètre et le courant est rapide. Des Allemands avaient tenté pendant la guerre le transport des charbons jusqu’à Bâle, ils n’ont pas réussi à véhiculer plus de 100000 t., en dépit de l’emploi d’un matériel spécial.
- Pourtant, déjà avant le conflit, l’Alsace, la Suisse et le duché de Bade avaient ouvert des négociations pour l’aménagement du Rhin alsacien inférieur à la navigation régulière. N’oublions pas aussi que la loi d’Empire de 1941 a prévu l’adaptation au trafic du Rhin entre Bâle et le lac de Constance, que la
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- y est assez uniformément de 1 mm par mètre (vitesse du courant 3 m.). Aussi, dès 1892, l’ingénieur alsacien Kœchlin proposait-il d’utiliser cette richesse. Le projet prit corps en 1902 avec la demande en concession de MM. R. Kœchlin, Potterat, Contaget Ilavestadt. Le projet primitif fut plusieurs fois remanié pour satisfaire à diverses exigences, et aboutit aux conclusions suivantes : établissement d’un barrage de 4 m. de hauteur à 6 km de la frontière suisse, où le débit minimum atteint 290 m3, et le débit moyen oscille entre 750 m3 (hiver) et 1050 (été); construction d’un canal
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- pro/erétë
- Fig. 2. — Le port de Strasbourg.
- Suisse et Bade avaient mis le projet à l’étude, et qu’enfm l’opposition de la Hollande à l’institution de taxes de navigation avait seule fait retarder la réalisation de ce dernier projet. A vrai dire, la solution la meilleure, en présence des difficultés techniques d’exécution, consisterait à ouvrir un canal à grande section entre Bâle et Strasbourg.
- La Suisse s’y montre farouchement opposée. Elle veut qu’on ne détourne aucune goutte d’eau du Rhin, qu’on n’y pratique « aucune dérivation, même passagère » à l’aval de Bâle. Mais ce problème se rattache à celui de la création des forces motrices du Rhin, qu’il nous reste à examiner.
- Le Rhin et la force motrice. — Le Rhin, dans son cours alsacien, se prête particulièrement à la production de l’énergie hydro-électrique. La pente
- d’amenéede 6900m. parallèle au fleuve, laissant au Rhin 50 m3. La station serait édifiée à Kembs (Alsace). La chute varierait entre 10 m. 30 et 8 m. 60. Le débit utilisé s’équilibrant entre 440 et 525 m3; la force réalisable serait de 45600 chevaux. Une écluse de 90 m.x25 m. permettrait, près de l’usine, la circulation des bateaux. Le canal de fuite mesurerait 10 km de longueur.
- Une seconde usine, sur le canal prolongé, aurait pu assurer une puissance égale.
- La dépense pour la première station était estimée à 35 millions environ (760 francs le cheval installé). La centrale à vapeur de Mulhouse eut constitué une réserve de secours.
- Une Société, au capital de 25 millions-, la Société des Forces motrices du Haut-Rhin (Oberrheinische
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- Kraftvverke) fut créée pour l’exécution de ces travaux et l’exploitation de la station. La Commission centrale du Rhin donna avis favorable à cette requête, après une enquête poursuivie en 1911-1912. Mais le gouvernement prussien, sous la pression des Badois, rejeta le projet.
- M. Kœchlin, plus récemment, a offert de reporter le barrage à 1 km. à l’amont, de l’élever à 6 m. 50, et d’ouvrir un canal de 6700 m. de long, avec une section mouillée de 670 m3. La chute ainsi réalisée oscillerait entre 11 m. et 12 m. 60, et pourrait fournir 100000 chevaux. M. Imbeaux serait d’avis de réduire la longueur du canal de fuite en déplaçant l’usine, et de ne pas relever le plan d’eau au niveau envisagé, afin d’éviter des réclamations de la Suisse au sujet du remous. Par ailleurs, il considère que le Rhin pourrait assurer une puissance
- la libre navigation sur le Rhin, et réclament la création d’un réseau de navigation intérieure allant du Rhin au lac de Genève par l’Aar, les lacs de Bienne et de Neuchâtel, et aux lacs de Zurich et Lucerne. Enfin, le Conseil fédéral et l’État de Bâle votaient en 1918 les fonds nécessaires à l’exécution du porthâlois.
- Le journal spécial Rheinquellen, sous la signature de M. Gelpke, a accumulé les arguments en faveur de la thèse suisse, qui conclut à la régularisation du fleuve. 11 incrimine la durée^des travaux pour l’édification des barrages, la dépense énorme nécessaire, 230 à 300 millions de marks, la durée des éclusages, l’obligation de réduire à 1000 t. au lieu de 2500 la charge des bateaux, l’insuffisant débit d’un canal (3 millions détonnes).
- Il n’y a pas lieu de discuter ici ces critiques,
- Régularisationjcæç finale
- Profondeurs de plus
- Fig. 3. — Régularisation d'un tronçon du fleuve par épis transversaux. Le tracé noir marque le chenal à 2 mètres de profondeur.
- considérable par un aménagement rationnel, c’est- J à-dire par l’installation d’un grand canal d’Alsace, dont chaque écluse correspondrait à une station hydro-électrique. La force brute totale disponible oscillerait, entre Bâle et Lauterbourg, de 346 850 poncelets (très basses eaux) à 1 318 050, dont 491 245 pour la section Bàle-Brisach, 548 340 pour la section Brisach-Strasbourg, et 278 445 pour le trajet Strasbourg-Lauterbourg.
- L’opposition de la Suisse. —La Suisse a opposé, il y a quelques semaines, son veto à cette formule du canal pour navigation et force motrice, et n’admet pas l’édification d’un barrage à l’ouest de Bâle, droit que la France s’est réservé dans la convention des préliminaires de paix (section XII) en s’attribuant « le droit exclusif à l’utilisation de l’énergie hydraulique du Rhin ;>.
- C’est qu’en effet, la Suisse, après une tentative delà Prusse en 1915-1916 pour constituer à son profit un port à Bâle, a décidé d’établir elle-même un port sur le Rhin, que, d’autre part, les populations helvétiques ont défendu le principe absolu de
- mais d’observer que la régularisation du Rhin à l’amont de Strasbourg profiterait exclusivement à la Suisse et aux Badois, très peu à l’Alsace; elle faciliterait l’emprise économique de l’Allemagne sur la Suisse, d’après la juste remarque de M. Daniel Mieg, président de la Société industrielle de Mulhouse.
- La France, au contraire, a intérêt à développer l’activité du port de Strasbourg, à tirer le plus large parti des forces du Rhin, à ouvrir des communications faciles à l’intérieur de l’Alsace, et entre les provinces récupérées et l’extérieur. Elle doit poursuivre ce triple objet sans faiblesse et sans tergiversations. Nous pouvons, d’ailleurs, donner satisfaction aux désirs de nos amis suisses par la jonction Genève-Méditerranée.
- Mais, comme l’écrivait M. Mieg, nous ne saurions oublier les sacrifices consentis, et nous n’avons le devoir de répondre aux sollicitations étrangères que « dans la mesure où elles sont justifiées et compatibles avec les intérêts de la France ».
- Auguste Pawlowski.
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- L’ÉVOLUTION COTONNIÈRE AMÉRICAINE
- ET SES CONSÉQUENCES POUR L’EUROPE
- Depuis un certain nombre d’années, une question se pose dans certains milieux industriels : Pouvons-nous jamais manquer de coton? Absolument, non; relativement, oui. Nous allons en expliquer les raisons.
- Actuellement, nous avons trois sources bien déterminées de coton pour nos usines européennes : les États-Unis, l’Égypte et les Indes anglaises. Mais la première seule compte, parce que la production^ de l’Amérique du Nord, où 12 à 16 millions d’hectares sont annuellement consacrés dans les états du Sud"à la culture du cotonnier, fournit depuis de longues années un peu plus des deux tiers des cotons manufacturés dans le monde entier; alors que la récolte indienne qui atteint à peine le quart de celle de l’Amérique est absorbée par le pays lui-même et par le Japon, et que celle de l’Égypte dont la production n’arrive pas à la moitié de celle de l’Inde ne donne que des fibres spéciales de haute qualité exclusivement employées pour la fabrication des fils de grande finesse. Les manufacturiers européens sont donc entièrement, on peut le dire, sous la dépendance des envois américains. Or, dans ces dernière années, non seulement les récoltes des États-Unis ont montré une tendance marquée à fléchir, puisque de 14 814000 balles en 1914-1915 elles ont décliné à 11 068 075 en 1915-1916; mais encore les Américains ont tenu à nous faire voir qu’ils tenaient de plus en plus à employer eux-mêmes leur propre coton sans le moindre souci des besoins du continent. En 1910-1911, pour citer quelques statistiques probantes, ils n’utilisaient encore que 35,5 pour 100 de leurs récoltes, puis ils en ont absorbé 58,2 en 1912-1915, 37,8 en 1913-1914, 40,2 en 1914-1915 et 58,8 en 1915-1916. Mieux que cela, leurs diverses associations cotonnières, dans leurs différentes réunions annuelles, ne se sont jamais préoccupées des intérêts européens, mais n’ont avant tout envisagé que le maintien des prix et le nombre plus ou moins élevé de dollars que leur assureraient leurs récoltes, n’hésitant pas au besoin à limiter la vente et à réduire les ensemencements pour arriver à ce but.
- La pénurie du coton qui pourrait résulter de cet état de choses doit certainement nous préoccuper. L’industrie cotonnière, en effet, tient en France une place des plus importantes, et, comme le précisait M. Audiffred à l’une des séances de mars 1917 de l’Académie d’agriculture, il y a chez nous 500 000 ouvriers fileurs et tisserands, « ce qui représente, en y comprenant les femmes et les enfants, une population de 1 200 000 âmes qui vivent de cette industrie ». Nous devons donc, en ne nous plaçant qu’au point de vue purement national, nous inquiéter forcément de l’approvisionnement de nos manu-
- factures en coton, car il est certain que si ce textile venait à nous faire défaut dans une proportion notable, son déficit constituerait pour notre pays seul un véritable désastre. Ajoutons qu’il en serait de même pour toutes les grandes nations industrielles de l’Europe; et c’est là pourquoi, depuis plusieurs années avant la guerre, ces nations avec nous se sont préoccupées de cette question et des problèmes qu’elle soulève.
- A cette situation quel peut être le remède? Deux tendances se sont manifestées à cet égard : la première, qui préconise la substitution de la culture du coton dans les colonies de chaque pays en remplacement de l’acréage américain absorbé de plus en plus par les manufactures locales; la seconde, qui envisage la production d’un coton artificiel par le traitement industriel des matières textiles à bon marché les plus abondantes ou des déchets des textiles les plus usuels. Nous allons examiner successivement les résultats obtenus dans l’un et l’autre sens.
- Le colon colonial. — Dans la séance de l’Académie d’Agriculture à laquelle nous faisons allusion plus haut, M. Audiffred ajoutait aux quelques lignes que nous avons citées : « Nous manufacturions avant la guerre 255 millions de kilogrammes de coton Ajui nous coûtaient 400 millions. Aujourd’hui le prix du kilogramme de coton a plus que doublé (*) et nous dépensons plus de 800 millions. Au lieu de porter cette somme aux États-Unis, en Égypte ou dans l’Inde, si nous la portions dans nos colonies, nous augmenterions dans une proportion considérable le bien-être de leurs populations ; et en les enrichissant de plus de 400 millions par an, nous leur donnerions un pouvoir d’achat correspondant en produits des industries françaises. » Nous n’avons rien à ajouter à ces lignes qui indiquent de la façon la plus précise les raisons pour lesquelles se sont fondées, plusieurs années avant la guerre, trois Associations qui se sont donné pour but d’introduire dans les colonies de chacun des pays auxquels elles appartiennent la culture du coton en concurrence des récoltes américaines ; la première en Allemagne, la seconde en Angleterre, la troisième en France. Nous allons indiquer successivement dans quel sens se sont dirigés leurs efforts, en insistant bien entendu sur les travaux de l’Association française et sur les résultats qu’ils ont donnés dans nos colonies.
- En mai 1900 tout d’abord, la Kolonialwirt-schaftliches Iiomitee, organe technique de la Société coloniale allemande, fondait une Société d’études en vue de subvenir aux frais de plusieurs expéditions à envoyer vers les colonies du Togo,
- 1. Voir N° 2258.
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- Cameroun et de l’Est allemand pour y introduire la culture du coton. Le capital nécessaire fut fourni par l’Association coloniale, qui y apporta le produit d’une loterie nationale spécialement autorisée dans ce but. Le programme de ces diverses missions, très vaste, fut celui qu’adoptèrent plus tard les autres Associations : organisation des cultures indigènes, création de stations d’essai et de marchés locaux, amélioration des qualités, lutte contre les parasites, perfectionnement des opérations mécaniques, mise à l’étude des moyens de transport et abaissement des frets, subventions et primes aux entreprises indigènes, etc. Les meilleurs résultats obtenus avant la guerre paraissent avoir été obte-
- programme comportait surtout deux buts énoncés à l’article 2 de ses statuts : 1° étude et développement de la culture du coton dans les colonies françaises sous toutes ses formes; 2° achat et emploi par l’industrie du coton récolté dans nos colonies. Elle se mit immédiatement sous le patronage des Ministres des Colonies, du Commerce et des Affaires étrangères qui acceptèrent ' d’en être les présidents d’honneur, et commença ses travaùx en envoyant des missions dans nos principales colonies. Ce ne fut cependant qu’en 1907 qu’elle put agir sur une grande échelle, à la suite d’une souscription nationale organisée pour le développement de nos colonies par la culture du coton et qui mit à sa dispo sition à partir de ce moment des sommes importantes. Nous allons rapidement indiquer quels ont été aujourd’hui les résultats obtenus.
- En Algérie d’abord, la culture du coton fut moins une nouveauté qu’une renaissance. Aux premiers grondements de la guerre de Sécession c’est vers
- Fig. 2. — Usine d’égrenage de coton à Segou.
- Fig. i. — Cultures de coton irriguées, à Fatola (Haut-Sénégal et Niger).
- nus dans les colonies du Togo et de l’Est allemand, aujourd’hui en notre possession ou en celle de nos Alliés.
- En mai 1902 se fonda ensuite en Angleterre la British Cotlon Growing Association, au capital de 1 250 000 francs, souscrits par les grandes Compagnies cotonnières du Lancashire. Celle-ci s’attaqua immédiatement à l’Afrique occidentale, où depuis longtemps le coton pousse naturellement sous un climat qui lui est particulièrement propre, et, le 1er janvier 1903, fit partir cinq missions d’études à destination respective de la Gambie, de Sierra Leone, de la Côte d’Or, du Lagos et de la Nigeria. Les meilleurs résultats étaient obtenus avant la guerre au Lagos.
- Nous vînmes les derniers. L'Association cotonnière coloniale française fut fondée en 1903 par un groupe d’industriels comprenant les principaux filateurs et tisseurs de coton des Vosges, de Roubaix, de la Seine-Inférieure et de Roanne, qui élut pour son premier président M. Esnault-Pelterie. Son
- cette colonie que l’Empire avait tourné les yeux pour l’y développer. Il alla jusqu’à accorder des primes de 100 francs par hectare cultivé et de 2 fr. 75 par kilogramme de coton algérien égrené; comme résultat, en 1866, nous retirions de l’Algérie 850 000 kg de coton. Mais une fois les Américains réconciliés, les prix revenus à leurs cours normaux et les primes successivement abaissées puis supprimées, la culture du cotonnier déclina immédiatement. Notre colonie n’exporte plus en 1870 que 250 000 kg de coton et en 1900 cette exportation est devenue à peu près nulle. C’est dans ces conditions qu’en 1904, sous les auspices de l’Association cotonnière coloniale, des essais furent commencés avec les graines d’Égypte pour en sélectionner celles
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- qui convenaient le mieux à la région. Puis, en 1908, des coopératives d’égrenage furent créées à Phi-lippeville, Bone et Orléansville ; enfin, en 1910, M. Colin, profitant de ces expériences, obtenait en Oranie le coton de « l’Union du Sig » qui faisait prime et avec les graines duquel il a obtenu en 1916 vingt quintaux de coton brut à l’hectare, qui a été vendu à Marseille 500 francs le quintal.
- Après l’Algérie, le Maroc. Mais ici la culture du cotonnier ne fait que débuter. On y a relevé 55 hectares en 1914, 12 en 1915, 45 en 1916 : c’est peu. Une variété de graines égyptienne, dite Porto-Rico, y a donné un coton coté 4 fr. le kilogramme. Certaines régions comme Rabat, Aïn-Tibet, Souk-el-Rabat et Colomb-Béchar semblent tout particulièrement se prêter à la culture très rémunératrice de cette malvacée.
- En Tunisie, les indigènes des oasis semblent devoir encore longtemps préférer à la culture aléatoire du cotonnier, celle plus certaine du dattier.
- En Indo-Chine française, il se produit un fait assez étrange. Le coton cambodgien est de beaucoup supérieur au coton indien: or, il y a trois filatures installées au Tonkin et il semblerait qu’elles dussent s’en alimenter. Pas du tout. Elles en importent de l’Inde anglaise d’une qualité qui leur suffit, et le coton du Cambodge, qui atteint sur place des prix qui en écartent les acheteurs tonkinois, va au Japon. Celui-ci en achète annuellement les 5000 à 5000 tonnes de la production annuelle, variable suivant l’intensité des inondations du Mékong.
- Dans nos possessions d’Océanie, la culture du cotonnier a passé par les phases les plus diverses., En 1880, elle était l’une des plus rémunératrices à Tahiti, Moorea, les Marquises et les îles Sous-le-Vent, au point qu’en 1884, les exportations dépassaient 500 000 kg. Elles tombent ensuite à 160 000 en 1888, à 154 000 en 1897, à 52000 en 1900, à 17000 en 1902, pour devenir nulles aujourd’hui. Ce déclin tient uniquement à l’insouciance des colons qui finissaient par envoyer en Europe un mélange de cotons tellement disparate, qu’il devenait inutilisable par la filature. Aujourd’hui, c’est uniquement aux Nouvelles-Hébrides que semble réservé le meilleur avenir à cet égard ; leur exportation, qui en 1911 était de 197 685 kg seulement, est arrivée à 1088 705 en 1914, 1 638 801 en 1915 et 1 751 905 en 1915. Tout au contraire, l’ensemble des Établissements français en Océanie reste momentanément en recul sensible; 17 520 kg exportés en 1914 et 8485 seulement en 1915.
- Sur la Côte d’ivoire, le gouverneur général ne s’est préoccupé qu’en 1908, sur les instances de l’Association cotonnière, du développement de la culture du coton dans notre colonie. On y a surtout essayé les variétés indigènes, récoltées jusqu’ici dans le nord en vue de l’industrie familiale.
- L’exportation du coton a commencé à y prendre corps en 1912, après l’installation d’une usine d’égrenage mécanique et de pressage à Baouké, qu’allait bientôt atteindre le chemin de fer traversant le sud de Baoulé. En 1915, on a exporté 18 tonnes, 75 en 1914, 95 en 1915 et plus de 500 en 1916. Partout ailleurs qu’à Baouké, l’égrenage se fait avec un matériel à bras à 16 scies.
- Notons encore les excellents résultats obtenus à Mayotte, Anjouan et surtout à Madagascar, où, bien avant l’introduction des cotonnades européennes, les Malgaches s’occupaient de la culture du cotonnier, notamment en Emyrne et dans le Betsiléo. Au Haut-Sénégal et Niger, la quantité cultivée par les indigènes peut être évaluée à environ 1000 t.; l’exportation s’est élevée de 25 t. en 1907-08 à 400 de coton brut en 1915-14. Enfin, au Dahomey, notamment dans le cercle de Savalou où se trouvent des usines d’égrenage fournissant à elles seules plus des trois quarts des expéditions au dehors, la culture du coton pourra prendre de l’extension, bien que l’exportation ait décliné de 154 586 kg en 1914 à 68 297 en 1915.
- En somme, à l’heure actuelle, grâce aux efforts de l’Association cotonnière coloniale, on peut dire non seulement que la culture du coton a pris pied dans nos colonies, mais encore qu’on se trouve à peu près fixé sur les meilleures espèces propres à chaque climat et qui y donnent les meilleurs rendements. Après la guerre — car maintenant, là comme ailleurs, la mobilisation a privé l’Association d’un noyau de personnel dirigeant, dont le défaut ne s’est fait malheureusement que trop sentir — il va falloir songer à étendre ces cultures, et cela, pour des raisons purement industrielles. La filature, en effet, a besoin de pouvoir compter sur des sortes de coton uniformes abondantes, sans aucun mélange, où elle soit certaine de puiser en toute sécurité pour produire d’un bout de l’année à l’autre des fils de qualité identique. Ces cotons, elle les a trouvés jusqu’ici en Amérique, mais les colonies n’ont su encore lui fournir qu’un amalgame de variétés qu’il ne lui est pas facile d’utiliser, c’est de ce côté, qu’après les hostilités se tourneront certainement les efforts de l’Association coloniale.
- Le coton artificiel. — Le problème de la transformation en coton de déchets ou matières végétales à bon marché est aussi ancien que l’introduction du coton en Europe. À chaque hausse un peu sensible, les recherches pour trouver un coton artificiel ont battu leur plein et plus de cent brevets ont été pris dans tous les pays industriels pour arriver à ce but. L’une des premières tentatives, qui fut aussi l’une des plus retentissantes, fut celle du chevalier Claussen qui, en Angleterre, en 1851, imagina le flax-coton, en traitant le lin à l’ébullition pendant une heure dans une eau contenant 2 pour 100 de soude caustique ajoutant au bain 1 pour 500 d’acide sulfurique, coupant les filaments
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- obtenus en longueur de 3 à 4 cm, lapant, plongeant dans un nouveau bain composé de 10 parties de carbonate de soude pour 100 d’eau, immergeant dans une solution de 1 d’acide sulfurique pour 100 d’eau et blanchissant finalement à l’hypochlo-rite de magnésie. On parla beaucoup, quelques années plus tard, de l’invention d’un Américain, Jonathan Knowles, qui, sous le nom de fibrilia, lança dans le commerce un produit obtenu en traitant des déchets de lin par une solution alcaline, les lavant, les blanchissant à l’hypochlorite de chaux, et les divisant mécaniquement en fibres
- négativement, surtout lorsque les fibres dont il s’agit sont essentiellement dissemblables, comme c’est le cas pour le lin et le coton, le premier se présentant sous la forme rigide d’un roseau à nœuds; le second sous celle d’un ruban à bords ondulés, contourné en forme de huit. Vouloir transformer l’un et l’autre, le cotonifier, suivant une expression dont on s’est longtemps servi, est une utopie. On ne pourra notamment jamais donner à l’un les propriétés de l’autre, ces propriétés résultant de la constitution elle-même de la fibre (largeur du canal médullaire, abondance plus ou
- Fig. 3. — Le vapeur Le Mage, l’un des transports sur le Niger de l’Association cotonnière
- coloniale française.
- courtes. Tous les procédés imaginés dans la suite, tiennent plus ou moins de ceux-là, mais s’adressent à une foule de végétaux fibreux à bon marché abondants dans certaines régions. Ce qu’on peut leur reprocher, c’est qu’ils semblent résulter toujours en quelque sorte des effets de hasard et qu’ils semblent en un mot empiriques. Pourquoi l’emploi de tel ingrédient de préférence à tel autre? Les inventeurs ne le précisent pas. Notre avis est que dans tout essai il faut une base scientifique; or pour les textiles, la seule qui puisse servir de guide est l’examen au microscope. Conséquemment, lorsqu’on s’est rendu compte de l’aspect de diverses fibres sur l’objectif, il est toujours bon de se poser cette question : un filament d’une apparence déterminée peut-il, par un- procédé quelconque, être transformé en un autre aspect et de propriétés différentes? Toujours on se verra forcé de répondre
- moins grande de matières cireuses ou pec-tiques, etc.). Par contre, il sera toujours possible de donner à un textile Vapparence d’un autre. On peut par exemple en mercerisant le fil de coton, c’est-à-dire en le traitant sous tension par la soude caustique suivant des données industrielles variables, lui donner l’apparence de la soie, c’est-à-dire le brillant de la fibre animale, mais on ne lui en communique ni la résistance, ni la longueur, ni aucune des qualités qui caractérisent la soie. Tout ceci nous paraît bon à préciser. Depuis un grand nombre d’années, des revues scientifiques de tout genre ont présenté sous une forme plus ou moins dithyrambirjue, de .soi-disant découvertes ayant pour objet la transformation de textiles à bon marché en d’autres d’un prix plus élevé. Presque chaque année, le coton n’avait qu’à bien se tenir, si nous pouvons nous exprimer ainsi, il deviendrait
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- bientôt inutile. Fnfin notons qu’un déchet ou une matière végétale très demandés arrivent bien vite à n’être plus des produits à bon marché et que bientôt leur traitement ne présente plus d’intérêt au point de vue du prix dé revient. La seule manière
- en somme de faire baisser le prix du coton est d’en accroître la production, et c’est celle avec raison qu’ont choisie les Associations cotonières coloniales dont nous avons parlé plus haut.
- Alfred Renouard.
- UNE ROUE ÉLASTIQUE POUR AUTOMOBILES
- Il est bien certain que l’invention des bandages pneumatiques a puissamment contribué, d’abord à la vogue de la bicyclette, puis à l’essor de l’automobilisme. Cependant, ce moyen d’amortir les chocs, d’adoucir les cahots sur les chemins raboteux et de « boire l’obstacle » n’est généralement considéré que comme une solution imparfaite et provisoire d’un problème assez ardu. Les avantages de souplesse du pneu sont, en effet, balancés par de graves défauts : que la roue rencontre l'arête tranchante d’un silex ou d’un tesson de verre, qu’un échauffement provoque la surpression de l’air intérieur, et c’est l’arrêt forcé, ensuite un travail fastidieux, soit que l’on entreprenne de monter sur la jante une nouvelle chambre à air ou une autre enveloppe, soit que l’on adapte ra l’essieu une roue ^de -rechange, besognes fatigantes pour un homme, à peu près impossibles pour une femme.
- Quant aux dépenses résultant du remplacement des pneus, elles étaient déjà assez élevées avant la guerre.
- Elles se sont aggravées, depuis, au point d’être devenues dans bien des cas prohibitives. Les chercheurs n’avaient d’ailleurs pas attendu les circonstances actuelles pour essayer de substituer au caoutchouc des matières plus robustes ou moins coûteuses. A plusieurs reprises, nous avions vu proposer, soit des roues à jantes flexibles et rais articulés, soit des jantes rigides reliées aux essieux par des ressorts d’acier. Si l’on compte les brevets pris dans le monde entier pour ce seul objet, on arrive à un total qui pourra paraître invraisemblable : plus de deux mille. Aucun d’eux, du reste, n’avait abouti à une fructueuse exploitation industrielle, car tous les systèmes essayés jusqu’ici avaient un défaut commun : la flexion des ressorts dans les virages en provoquait la rupture, et celle-ci se produisait aussi, trop fréquemment, en cas de démarrage ou de freinage trop brusques. Ces échecs ne prouvaient point l’impossibilité de
- trouver autre chose que le pneu, mais ils montraient que le problème à résoudre était moins simple que ne l’avaient supposé les premiers inventeurs.
- Une solution plus satisfaisante a été réalisée par M. Guiot, dont la roue élastique a sur les précédentes une supériorité incontestable : elle a fait ses preuves. Nous n’en aurions pas parlé, si nous ne l’avions vue à l’œuvre. Il ne s’agit pas d’une expérience de courte durée, qui ne prouverait rien,
- mais bien d’essais de longue haleine, pendant lesquels ont pu être analysées les qualités d’endurance et de souplesse du nouveau mode de suspension.
- La figure i est une photographie de la roue Guiot. On voit qu’elle est constituée par deux jantes concentriques, toutes les deux rigides, mais reliées entre elles par des ressorts à boudins en acier. Les axes de ces ressorts ne sont pas situés dans le prolongement des rais; ils sont disposés obliquement, en lacet, de manière à soutenir l’effort maximum au démarrage et au coup de frein. De plus, afin d’éviter les flexions latérales dans les virages, ces ressorts sont soutenus, à chaque bout, par des guides intérieurs, en forme de tétines. Ces guides sont solidaires de talons en métal sur lesquels sont montés les ressorts, et qui s’ajustent à frottement doux dans l’intérieur des jantes, où ils sont tenus en place par des boulons transversaux. Ce mode d’assemblage, dont la figure 2 montre le détail, assure l’encastrement très solide des ressorts, tout en leur laissant un libre jeu qui s’effectue sans bruit. Comme il n’y a presque point de frottement, on ne constate ni échauffement ni usure appréciable. La jante extérieure est entourée d’un bandage en caoutchouc plein, assez profondément serti p"ur opposer à l’arrachement une résistance absolue. La jante intérieure permet d’adapter l’anneau élastique à tous les types de roues actuellement en usage.
- Fig. i. — La roue élastique Guiot.
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- Quant à la souplesse de ce mode de suspension, elle soutient avantageusement la comparaison avec celle du pneu. Nous avouons avoir été tout d’abord très sceptique sur ce point, jusqu’à ce que nous ayons pu être convaincu par un essai personnel, effectué sur une route accidentée et sur les pavés de rues assez mal entretenues ; le roulement est au moins aussi doux que sur des pneus bien gonflés, et une cause trop fréquente de pannes est complètement éliminée. L’écrouissage des ressorts doit diminuer, à la longue, leur élasticité, mais le remplacement en est facile et peu coûteux.
- Une voiture de 15 chevaux (fig. 3), munie de quatre roues élastiques, a été soumise à des épreuves variées, au cours desquelles elle a effectué un parcours total de 10 000 km, sans accident. Ce n’est pas que tous les ressorts aient tenu jusqu’au bout; mais la rupture d’un ou deux ressorts n’empêche nullement de continuer à rouler, et la réparation peut être différée sans inconvénient, de façon que l’on puisse l’effectuer tranquillement au garage. Néanmoins, rien n’empêche de. procéder à cette réparation en cours de route, car le remplacement d’un ou deux ressorts est une opération beaucoup plus simple qu’un changement de pneu et n’exige point d’outillage compliqué ou encom-
- brant; il suffit d’emporter deux ou trois ressorts de rechange et une petite clé pour dévisser et revisser les écrous.
- Le prix d’achat d’une roue Guiot est plus élevé que celui d’une roue ordinaire munie de son pneu ; mais comme la durée de la première est infiniment plus grande, et les frais d’entretien qu’elle comporte extrêmement réduits, ce système est, en fin de compte, beaucoup plus économique ; le prix de revient au kilomètre est plusieurs fois plus faible avec la roue à ressorts d’acier qu’avec la roue à pneu.
- Les essais ont montré que les ressorts tenaient parfaitement, à des vitesses qui peuvent atteindre,
- sans danger, 85 km à l’heure. A des allures plus rapides, les constructeurs ne garantissent pas une sécurité absolue. Peut-être serait-il prudent de formuler les mêmes réserves en ce qui concerne l’emploi des pneus, mais ceci est discutable. Quoi qu’il en soit, il est entendu que la roue Guiot ne convient pas aux automobiles de courses. En revanche, elle offre des avantages indéniables pour les voitures de ville oü de tourisme, et son application donnera encore de meilleurs résultats sur les camionnettes et les véhicules de poids lourds, où le bandage plein est désastreux pour le châssis, et le pneu beaucoup trop cher. Ernest Coustet.
- Fig. 2.—Ressort, talons d'attache et guides intérieurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances du mois d’août 1919.
- Une pegmatile de Madagascar constituant une gerhme. — M. À. Lacroix a pu dénombrer les richesses minérales de notre possession africaine et mettre ainsi en évidence l’état d’exceptionnelle pureté, qu’y présente un grand nombre de minéraux, entrant dans la composition des roches granitiques. C’est ainsi qu’il a déjà cité Porthose jaune d’or, le diopside vert, le kornerupine vert olive et la danburite jaune topaze. La dernière note du savant secrétaire perpétuel décrit une scapolite jaune, à cassure conchoïdale, uniaxe et optiquement négative. Sa densité est 2,67 et sa dureté 6,5; ce dernier chiffre est nettement supérieur à ceux qu’on fixe
- d’ordinaire aux scapolites. Le minéral en question ne contient pas d’anhydride sulfurique, mais 2,52 à 2,7 pour '100 de CO®, en même temps que du chlore (1,59 pour 100), du fluor (0,37), de la strontiane (0,l>9) et du fer (FeO : 0,90 Fe203: 0,11). 11 peut fournir des gemmes d’une limpidité parfaite et présente, une fois taillé, de grandes analogies avec certains béryls. Son gisement fait partie d’une pegmatite potassique, accompagnée d’euxénite et de monazite, près de Tsarasaotra, sur la rive droite de la Tsibohaina, affluent de la haute Bet-siboka.
- (A suivre.) Paul B.
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- UN OKAPI VIVANT AU JARDIN ZOOLOGIQUE D’ANVERS
- On sait quel intérêt s’attache à l’Okapi, dernier représentant vivant d’un type que l’on croyait disparu, qui rappelle étroitement YHelladothérium du miocène et explique la généalogie des girafes. M. le Professeur Boule a signalé dans La Nature (*) son importance capitale, lors de sa découverte en 1901. Plus tard (2), La Nature a pu donner la première photographie de l'animal vivant d’après un jeune individu capturé par M. Ribotti.
- Aujourd’hui, voici un Okapi débarqué en Europe. Il est installé au Jardin Zoologique d’Anvers où l’on va pouvoir suivre sa croissance et observer facilement son mode de vie.
- L’Okapi en question est une femelle âgée de 15 mois environ qui a été offerte au célèbre Jar-din par le Corn-, mandant du district du Bas-Uelé (Cungo belge) et sa femme,
- Mme Landeghem à qui revient le mérite de son élevage et de son éducation.
- M. Michel L’Hoëst, directeur delà Société royale de Zoolo- , gie d’Anvers vient d’avoir l’amabilité de nous offrir le portrait ci-joint du nouvel hôte de la Belgique et de nous conter toute son histoire qui ne manquera pas d’intéresser nos lecteurs.
- Ce spécimen intéressant a été amené à Buta le lendemain ou le surlendemain de sa naissance, puisqu’il avait encore le cordon ombilical tout frais. Les indigènes de la Chefferie Ekanakiva (38 kilomètres de Buta) chassaient dans la forêt située à l’ouest de la route pour automobiles, lorsqu’ils surprirent la mère et le petit. La première, blessée d’un coup de lance, s’enfuit abandonnant le nou-veau-né qui avait peine à se tenir debout. Les chasseurs l’apportèrent sans retard au Commandant Landeghem.
- Mme Landeghem eut d’extrêmes difficultés pour faire accepter par l’animal le biberon de lait
- 1. 1901, II, p. 38S,
- conservé qui constitua sa première nourriture, en attendant que l’on pût mettre à sa disposition le lait d’une vache zébu, qu’il reçut après deux mois. Dès le troisième mois l’Okapi reçut en outre tous les soirs une botte d’un feuillage tendre connu des indigènes seuls et ce n’est qu’au bout du sixième mois que l’on put se convaincre que l’animal avait trouvé sa nourriture dans les fougères croissant aux creux des palmiers et dans tout autre feuillage tendre contenant beaucoup de suc ou de latex.
- L’Okapi en question a été ramené en Europe à bord del'Anve'rsville, le 9 août 1919, parM. l’Administrateur territorial Dv Lebrun, qui a importé en mêmetemps tout un lot d’animaux de la faune congolaise et qu’il a offert au Jardin Zoologique d’Anvers. M. Lebrun a accompli là un véritable tour de force, si l’on réfléchit qu’il a rassemblé cette collection de 45 animaux à un endroit distant de près de 2000 km. de la côte et qu’il a dû la conduire ainsi par les chemins les plus difficiles et au milieu de mille difficultés jusqu’au port d’embarquement.
- Si la science zoologique a pu enregistrer aujourd’hui l’événement sensationnel que constitue l’arrivée en Europe d’un Okapi vivant, c’est en première ligne aux soins assidus et intelligents de Mme Landeghem qu’on le doit, qui, pendant des mois, s’est occupée personnellement du jeune animal et, a réussi à le tenir en vie, Tous les naturalistes lui sont redevables, de ce chef, d’une réelle gratitude.
- L’Okapi est exposé actuellement au Jardin Zoologique d’Anvers. II est très familier et se nourrit principalement de trèfle frais, d’autre verdure et de pain. ;
- Il va permettre d’intéressantes observations sur ses mœurs,, encore mal connues, puisque c’est le premier exemplaire de l’espèce gardé en captivité.
- René Merle.
- 2. 1907, II, p. 554.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie La hure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
- L'Okapi d’Anvers.
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- LA NATURE. — N° 2373.
- 20 SEPTEMBRE 1919
- LA DISTRIBUTION DU GAZ D’ECLAIRAGE A GRANDE DISTANCE
- La nécessité qui s’impose de plus en plus d’obtenir un éclairage public, meilleur et plus intense, ainsi que des sources d’énergie toujours plus économiques, ne se limite pas qu’aux villes qui sont à même de se pourvoir par leurs propres moyens, pour elles-mêmes et leurs habitants, d’une source
- public; toutefois, grâce aux lampes à filaments métalliques dont la fabrication se développe non seulement rapidement, mais se perfectionne de plus en plus et gagnera de jour en jour en bon marché, l’électricité gagne du terrain. De plus, dans sa marche en avant, l’électricité a, depuis quelques
- Fig. i. — Schéma d’une distribution à grande distance desservant 4 bourgs et comportant 4 stations de réglage.
- de distribution centrale, usine à gaz ou usine d’électricité, mais également se fait sentir pour les habitants des bourgs et des villages, et c’est ainsi que depuis plusieurs années, particulièrement en Allemagne, en Suisse, etc., on voit des agglomérations rurales d’importance moyenne construire notamment des usines à gaz, alors même que le rendement financier de celles-ci n’est pas démontré ou tout au moins ne se laisse entrevoir que dans un temps plus ou moins éloigné. Il a donc fallu que la technique gazière se mette en mesure de donner satisfaction à ces besoins, et effectivement, les distributions à grande distance et le groupement des petites localités au moyen de ces distributions ont résolu ce problème. En ce faisant, il y a là sans doute pour l'industrie gazière une arme nouvelle pour lutter contre les progrès constants et redoutables de l’éclairage électrique. L’éclairage au gaz reste encore le mode le plus économique d’éclairage
- années, pris en main énergiquement l’alimentation à distance, c’est-à-dire la fourniture de la lumière et de la force à des localités dispersées dans :son rayon d’action. Par suite des progrès dans la construction des câbles — pour ne citer que cette partie de l’appareillage, — des régions relevant de quelques centrales se sont étendues de plus en plus, et des distances de 80 kilomètres ne sont plus aujourd’hui des exceptions.
- Une distribution de gaz d’é-clairage, sous pression, ne peut qu’offrir de nombreux avantages: canalisations de sections moindres, par conséquent diminution dans les frais de premier établissement; élargissement considérable de la zone d’action d’une usine, — point important dans les grandes cités —, une seule usine peut dès lors suffire à desservir toute une ville et sa banlieue parfois très peuplée ; possibilité d’avoir des foyers lumineux de grande intensité capables de faire concurrence aux
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- Fig. 2. — Ventilateur surpresseur Roots.
- 47* Année. — 2* Semestre.
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- meilleures lampes électriques à arc. Sans doute, l’établissement d’une semblable distribution soulève des problèmes techniques assez délicats dont le plus sérieux tient à ce. fait qu’en raison même de la compression, un certain nombre des hydrocarbures entrant dans la composition du gaz se liquéfient, — ce sont précisément les plus éclairants comme le benzol. — Il est vrai qu’en même temps la naphtaline se dépose et que l’on est ainsi débarrassé d’un produit gênant, cause fréquente d’obstruction des canalisations. Quant à la diminution du pouvoir éclairant, elle présente actuellement beaucoup moins d’inconvénients qu’il y a quelques années, l’éclairage par manchons à l’incandescence s’est développé au point d’avoir fait disparaître presque complètement les anciens becs à flamme éclairante, et l’on sait que dans les nouveaux becs, seul le pouvoir calorifique du gaz d’éclairage joue un rôle et non son pouvoir éclairant.
- En Amérique, l’alimentation du gaz à distance a pris un essor considérable, le gaz naturel est distribué à un grand nombre d’agglomérations situées loin de sa source. C’est en s’inspirant de ces installations qu’en Allemagne on en construisit dans lesquelles d’abord le gaz d’éclairage était assuré par des canalisations de section courante, de son point de production jusque dans des gazomètres éloignés, d’où il était distribué aux consommateurs de la manière habituelle. Dans le but de réduire les frais d’installation, on passa alors, en franchissant de plus grandes distances, à l’emploi de conduites de sections plus étroites et de vitesse de gaz plus grandes, par l'intercalation de souffleries au point de production. Néan- FiS- 4-moins le coût des gazomètres à l’extrémité de la conduite à distance jouait ici encore, à l’égard du rendement financier de l’installation générale, un rôle assez important, d’autant
- plus que les gazomètres, du moins en période hivernale, exigent une certaine surveillance, ne fut-ce seulement que par le chauffage inévitable de l’eau de la cuvette, et pour les gazomètres télescopiques, naturellement aussi, l’eau de tasses. Les efforts des constructeurs se sont portés, par conséquent, sur cette suppression des gazomètres en remplaçant ceux-ci par des régulateurs - détenteurs de pression.
- D’après un rapport lu an Congrès d’Hygiène, tenu à Dresde en 1911, il y avait à cette époque, plus de 200 communes éclairées à distance par des usines à gaz. La plus importante de ces distributions est celle de l’impérial Gas Association, de Berlin, qui par ses 5 usines de Mariendorf, Oberspree, et Weissensee, alimente en gaz 25 villes et bourgs, comptant environ 500 000 habitants ; de leur côté, les usines de Berlin alimentent 50 communes de là banlieue.
- Les deux extrêmes, par ordre chronologique, se rapportent : la plus ancienne à l’alimentation du port de Travemünde par l’usine de Lübeck dont elle est éloignée de 25 km ; la plus récente, à i la construction, à Bismarcks-hutte , d’une station centrale susceptible de fournir du gaz à près de 60 km de distance(Q.
- En Belgique, plus de 200 km de conduites à haute pression ont été posées dans ces dernières années. C’est près Bruxelles, la commune de Forest, dont les conduites vierges, devenues insuffisantes, ont dû être forcées. C’est Ypres, qui alimentait Poperinghe, Nieuport, Middelkerke, Fûmes, Dixmude et la station balnéaire de la Panne, C’est Thielt qui envoyait du gaz à Meulebeke, Ingel-munster, Pitthem, Ardoye, Win-ghene et Aeltre ; Bruges à Thourout, Gheel à Herenthols et à Moll; enfin, Malines à Lierre.
- En France, les applications du système de la 1. Revue technique et industrielle, avril 1911.
- Fig. 3. — Surpresseur Roots {coupe).
- Régulateur de réseau.
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- surpression pour n’être pas aussi répandues, n’en sont pas moins caractéristiques, citons les installations de Triel; l’alimentation des relais gazomé-triques de Boulogne-sur-Seine et d’Alfortville par l’usine de Gennevilliers, grâce à des feeders ayant respectivement 18,7 km et 55,7 km; le poste de compression de l’usine à gaz du Landy pour l’alimentation directe de Paris, ou la réunion entre elles, des principales usines à gaz desservant la Capitale; la suppression de l’usine d’Evian par le rattachement de cette commune à l’usine à gaz de Thonon; le relai de surpression de la Croix-Rouge, à Lyon, pour la fourniture du gaz aux communes de Neuville, Ro-chetaillée et Fontaines; le relai gazométrique de la Gueroulde au Pouleguin, l ins-tallation de Croix (Nord) servant à l’alimentation de plusieurs agglomérations : Wat-trelos, Herseaux,
- Wasquehal, Lan-noy, Mouscron,
- Dottignies, etc.
- Il n’yapasque le gaz de houille qui soit utilisé dans ces distributions à distance, mais aussi le gaz de fours à coke. Après les tâtonnements du début, l’emploi du gaz de fours à coke, dans les communes Rhéno-Westphaliennes, s’est développé dans des proportions considérables. C’est ainsi que 45 villes ou localités sont alimentées par ce gaz et ont passé des contrats avec des Sociétés minières et métallurgiques. Certaines Compagnies gazières achètent même à des cokeries, comme la Compagnie du gaz de Thuringe, leur gaz pour le distribuer au moyen de leurs propres canalisations aux villes voisines. Les prix payés par les communes varient de 2,5 pfennigs à 4,25 pfennigs le mètre cube (1 pfennig : 1,25 cent.)
- D’après des ingénieurs rpétallurgistes et chimistes,
- la composition du gaz de fours à coke peut être. toujours la même, ce serait là un grand avantage, parce que l’éclairage à l’incandescence et les appareils modernes de cuisine exigent toujours la même pression et doivent donner une même quantité de chaleur. Toutefois, les mines n’étant pas en situation de produire un pouvoir calorifique toujours égal, ce serait d’après la valeur du charbon employé, le gaz produit de la seconde à la douzième
- heure qui pourrait être livré aux usines à gaz, et celui fabriqué pendant le reste du temps servirait au chauffage des fours à coke ou pour tout autre usage propre au service de la mine.
- Les mines con-struisent des fours à coke, non pas pour seulement tirer parti de leurs fines, mais également pour obtenir les sous-produits résultant de la fabrication, dont la valeur égale celle du coke : ce sont les goudrons, l’ammoniaque, le benzol, etc., auxquels s’ajoutera maintenant le gaz de chauffage et d’éclairage. Sans aucun doute, l’emploi du gaz de fours à coke est appelé à faire de grands progrès, surtout si l’utilisation du gaz se répand toujours de plus en plus, et son application à la cuisine en est le meilleur indice. Ceci s’explique par l’habitude prise dans les classes aisées, depuis longtemps, de faire la cuisine au gaz, et par l’extension que prend ce mode d’emploi du gaz dans les classes inférieures. La femme de l’ouvrier a ses occupations en dehors de sa maison, et elle doit préparer la nourriture de sa famille de la manière la plus simple et la plus rapide.
- Une installation de distribution de gaz à grande distance sans gazomètre comporte : 1° au lieu de
- Fig. 5. — Détendeur régulateur à surcharge automatique.
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- production du gaz, des suppresseurs avec appareil d'unification et de sécurité; 2° au lieu d’ulilisa-lion, la conduite à distance, la ou les stations de réglage, le réseau de distribution. On remarque de suite la complète analogie d’une semblable distribution avec les transports de force électrique dont la technique est actuellement bien établie. La figure 1 montre le schéma d’une distribution de gaz à grande distance.
- S’il ne s’agissait de franchir que de courtes distances au moyen de conduites d’une section par trop faible, il suffirait d’employer des aspirateurs de gaz de types normaux ; mais, pour de longues distances, avec des conduites de section relativement faible et des vitesses de gaz plus grandes, comme il est dit plus haut, il est indispensable pour vaincre les frottements, d’avoir des pressions initiales de gaz souffleries à haute pression ou suppresseurs. Ces appareils sont actionnés de la manière habituelle, soit par des sources d’énergie existante (machines à vapeur, moteurs à gaz, électrom o-teurs), soit au moyen de transmissions et de courroies.Comme accessoire de toute utilité d’ailleurs, un régulateur de sûreté dit de retour.
- La figure 2 représente un suppresseur type Roots; cet appareil se compose essentiellement de deux pistons en forme de huit, montés sur deux axes parallèles et tournant dans une coquille alésée. Les axes sont rendus solidaires au moyen d’un train d’engrenage; les pistons occupent donc constamment les mêmes positions relatives. Les engrenages en acier sont enfermés dans un carter et tournent dans un bain d’huile. Dans cet appareil, généralement mû par courroie, le débit est pratiquement constant, quelle que soit la différence de pression entre l’aspiration et le refoulement.
- Le régulateur de sûreté a pour mission de laisser retourner dans la conduite d’aspiration de la soufflerie la quantité débitée qui, en marche uniforme de cette dernière, dépasserait la consommation nécessaire à l’endroit éloigné de l’utilisation, et ainsi empêcher les coups de pression exagérés dans la conduite à distance. La pression régnant dans le réseau pouvant être aussi plus basse dans la journée, en raison d’une plus faible consommation, et le surpresseur n’ayant par conséquent pas autant à
- débiter, on peut économiser la force motrice en disposant le régulateur pour charge variable correspondant à la pression désirée à chaque instant.
- Presque toujours le régulateur est mis en communication avec une sonnerie électrique, laquelle entrera en action, d’une part, quand les masses de gaz en retour atteindront une valeur telle qu’une réduction du nombre de tours du surpresseur est devenue désirable, ou bien lorsque le régulateur approche assez de la position de fermeture complète pour que l’on doive en conclure à un accroissement inattendu de la prise de gaz à l’endroit de son utilisation et qu’il soit alors nécessaire de veiller à une augmentation du rendement du surpresseur (majoration du nombre de tours) pour couvrir l’accroissement de la consommation. Généralement on pare à cette dernière éventualité en donnant au surpresseur, surtout pendant les heures de la prise
- maximum de gaz, un nombre de tours qui donne entièrement satisfaction à la consommation du gaz à l’endroit éloigné (*).
- Il y a lieu de noter en passant que, dans les distributions à grande distance, mais d’une i mportance moindre, et aussi dans le cas où l’usine à gaz débitrice dispose d’une façon constante d’une pression de gazomètre relativement élevée, l’installation d’une soufflerie n’est pas toujours nécessaire, et nous verrons plus loin le dispositif utilisé.
- Pour ce qui est de la conduite à distance, rien de particulier à signaler concernant son exécution, si ce n’est qu’il y a avantage à employer de longs tubes en fer forgé à cause du nombre réduit des manchons de raccordement nécessaires. Afin d’éviter, autant que cela est possible, les pertes de gaz en cas d’une rupture de tuyau, on utilise parfois un dispositif de sûreté, se composant d’un corps en fonte avec soupape à double siège et de deux membranes. Cet appareil, dès lors, intercalé dans la conduite à la façon d’un siphon, est complété par un indicateur à aiguille que l’on fixe à un candélabre au-dessus du sol. En cas d’une rupture de tuyau, Je dispositif en question ferme la conduite en coupant le courant du gaz et met en action l’indicateur à aiguille.
- 1. Bousquet. Distribution du gaz d’éclairage à grande distance système Heidelber. (Portefeuille Economique des machines, Juin 1914.)
- plus élevées, d’où utilisation de
- n i,i
- Fig. 6. — Distributeur ou détendeur.
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- La station de réglage comporte uniquement un appareil dit régulateur de réseau, ayant pour but de réduire la pression entre la conduite de gaz à haute pression et le réseau de distribution. Nous donnons (fig. 4), la vue d’un de ces régulateurs construit par la Compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usines à gaz; il se compose d’une cloche C qui se meut dans une cuve en fonte formant garde de mercure. La cloche fait mouvoir une tige T, portant une soupape S, qui se déplace dans une gaine cylindrique percée latéralement d’orifices pour le passage du gaz. À la partie inférieure de la lige T est montée une seconde cloche cylindrique A dont le diamètre est égal à celui de la soupape; cette cloche plonge dans une garde de mercure. La pression atmosphérique s’exerce à l’intérieur de A et la pression d’entrée du gaz s’exerce à l’extérieur. La poussée du gaz qui agit de bas en haut sous la soupape S est ainsi compensée par la poussée qui s’exerce de haut en bas à l’extérieur de la cloche. L’appareil comporte un by-pass formé par les trois valves V, Y' et Y". Tout l’ensemble du régulateur et des valves est disposé dans une colonne cylindrique en tôle complètement fermée; deux portes latérales donnent accès à l’intérieur de la colonne.
- Dans les conduites à distance de très grande longueur, il est parfois nécessaire de raccorder directement à la conduite de pression, des habitations, établissements ou même des hameaux isolés, situés près de la conduite, et dont la consommation modérée de gaz ne justifierait pas l’installation d’une station spéciale de réglage. Dans ce cas, pour réduire la pression variable dans la conduite à dis-
- fa Ltur
- Fig. 8. — Régulateur d'abonné, type contrôleur.
- tance à une pression uniforme de consommation, on fait usage d’un détendeur-régulateur à surcharge automatique que l’on installe facilement
- dans une cave, dans un puits maçonné ou même dans une colonne d’affichage. Cet appareil a donc pour but : 1° de réduire la pression du gaz entre
- Fig. 7. — Coupe du régulateur d’abonné.
- la conduite à haute pression et le réseau de distribution branché sur cette conduite; 2° de maintenir automatiquement dans le réseau une pression variable avec la consommation, quel que soit le débit. Il se compose (fig. 5) : 1° d’une cloche C à garde de mercure actionnant deux soupapes équilibrées SS', et assurant, à la façon d’un régulateur ordinaire à cloche et à soupape, une pression de sortie, fonction du poids de la cloche et de tous ses accessoires, y compris la soupape; 2° d’une cloche F, solidaire de la précédente et servant d’organe de régulation automatique; 3° d’un distributeur comprenant une valve à trois voies pour l’entrée et le by-pass et d’une valve à obturateur O pour la sortie du gaz. L’obturateur permet d’obtenir, par une réduction de la section de passage du gaz, une perte de charge dont l’importance dépend évidemment de son degré d’ouverture.
- Le gaz pénètre dans l’appareil par le siège inférieur delà valve V, puis il se rend aux soupapes et de là à la valve à obturateur 0. La pression de sortie du gaz, c’est-à-dire la pression d’aval de l'oblurateur, est transmise sous la cloche F par la tubulure T et la pression d’amont de l’obturateur s’établit au-dessus de la cloche F. La perte de charge produite par l’obturateur détermine une poussée qui s’exerce sur la cloche F de haut en bas proportionnellement au carré du débit et qui se transmet à la cloche supérieure c, dont la cloche F est solidaire. La pression d’aval de l’obturateur est transmise sous la cloche c, par le tube t qui fait communiquer les 2 cloches ; au-dessus de c s’exerce la pression atmosphérique. Dans ces conditions, il s’établira à la sortie de l’appareil une pression dépendant non seulement du poids des cloches, mais également du rapport de leurs sections.
- Yoici maintenant comment fonctionnera cet appareil. Supposons que le poids des cloches et la perte de charge à travers l’obturateur aient été réglés
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- pour le débit minimum de manière que le détendeur-régulateur maintienne exactement dans le réseau la pression'qui convient pour ce débit. Tant que ce débit minimum se maintiendra, les conditions d’équilibre des cloches ne varieront pas, et la pression restera constante ; mais, dès que le débit augmentera, il se produira une rupture d’équilibre, car l’augmentation de vitesse du gaz à travers l’obturateur déterminera une augmentation correspondante de perte de charge; l’augmentation de cette dernière produira une faiblesse momentanée de pression sous la cloche F, laquelle alors descendra, et par voie de conséquence, les sections de passage des soupapes S,S' augmenteront. L’équilibre du système se rétablira quand la pression sous la cloche c aura augmenté de la quantité nécessaire pour contre-balancer la diminution de pression sous la cloche F. Une augmentation de débit provoque donc forcément une augmentation, de la pression à l’origine du réseau alimenté par le détendeur-régulateur; inversement, si le débit diminue, la pression à la sortie de l’appareil diminue d’une quantité correspondante.Comme la perte de charge du gaz traversant l’obturateur varie théoriquement selon le carré du débit, la pression de sortie qui est fonction de la perte de charge suivra la même loi, laquelle est précisément la même que celle des variations de la pression dans la conduite, en fonction de son débit.
- Le détendeur-régulateur donne la possibilité d’assurer une pression constante, quel que soit le débit, en un point choisi à volonté sur le réseau desservi par l’appareil. Pour maintenir cette pression constante au point choisi, on règle l’ouverture de l’obturateur, une fois pour toutes, de manière que la perte de charge de l’obturateur, au moment du réglage, produise une surcharge égale à la perte de charge de la conduite depuis l’appareil jusqu’au point en question. Si le débit change, la poussée varie sous la cloche régulatrice; la pression d'émission se modifie alors d’une quantité exactement égale à la perte de charge de la conduite, jusqu’au point considéré. Il y aura donc compensation et la pression en ce point restera constante.
- On peut également employer comme appareil de sécurité dans un réseau de distribution de gaz à haute pression des régulateurs d’abonnés dans le but de maintenir la pression constante dans ces branchements particuliers. La garde de mercure de
- ce type de régulateur (fig. 7 et 8) lui permet, en effet, de supporter une pression d’entrée élevée et de maintenir une pression de soriie inférieure à 100 mm, pression maxima que peuvent supporter les compteurs à gaz ordinaires. On remarque que le dessous de la cloche B est en communication avec le branchement à desservir; celte cloche obéit immédiatement aux variations de pression qui se produisent dans le réseau. Quand la pression dans la conduite diminue, la cloche s’abaisse : la soupape I) qui lui est solidaire s’écarte de son siège et la section de passage du gaz augmente; inversement, lorsque la pression d’entrée augmente, la cloche s’élève et la soupape diminue la section de passage du gaz. La cloche prend une position d’équilibre lorsque son poids est exactement contrebalancé par la pression du gaz régnant sous sa partie inférieure; comme le poids de la cloche est constant, la pression de sortie du régulateur est elle-même constante. On peut faire varier à volonté cette pression de sortie, en chargeant plus ou moins la corbeille F, par exemple de grenaille de plomb.
- Lorsque la distribution à distance est relativement faible, il n’est pas utile, comme nous le disons plus haut, de transporter le gaz avec élévation mécanique de pression ; il suffit dans ce cas d’émettre le gaz du gazomètre le plus lourd de l’usine à gaz dans la conduite de transport aboutissant à un gazomètre dit de relai placé en tête du réseau de la distribution, et où la pression est réduite à 80 mm environ. Ce gazomètre relai est semblable au point de vue de la construction à un gazomètre ordinaire; toutefois la conduite d’entrée du gaz est munie d’un appareil de sûreté qui supprime automatiquement l’introduction du gaz, dès que le gazomètre est rempli. L’obturation de la conduite d’entrée est assurée par une soupape. Celle-ci est suspendue à l’extrémité inférieure d’une tige dont l’extrémité supérieure porte des tubes cylindriques plongeant dans un bain de mercure. La tige et la soupape sont suspendues à un câble qui s’enroule sur des poulies et qui est attaché à des contrepoids; ces derniers maintiennent normalement la soupape élevée au-dessus de son siège. Lorsque le gazomètre atteint la partie supérieure de sa course, les contrepoids sont soulevés, et la soupape en s’abaissant obture la conduite d’entrée du gaz.
- M. Bousquet.
- LE CYCLE D’UNE GOUTTE D’EAU
- Transformée en vapeur par l’action de. la chaleur solaire, une goutte d’eau marine s’envole au gré de la température et des vents ; elle accomplira dans l’atmosphère un long parcours qui durera jusqu’au moment précis où, suffisamment refroidie pour se condenser, elle sera précipitée, suivant les lois immuables de la pesanteur. Si l’instant de la chute arrive alors qu’elle se
- trouve au-dessus d’un Océan, ses pérégrinations sont finies; mais si, au contraire, elle tombe sur un continent sous forme de rosée, de pluie, de grêle ou de neige, son retour à la mer -v- unique réservoir qui suffit à la soif du monde — peut être considérablement retardé. Des spécialistes se sont attachés à évaluer la durée moyenne de ce fantastique voyage : ils ont, dans ce but,
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- institué des raisonnement hardis et poursuivi de savantes recherches dont le résultat vient d’ètre publié.
- Le problème est difficile à résoudre, car la superficie des terres et des mers est loin d’être encore connue avec toute la rigueur désirable; d’autre part, l’évaluation des quantités d’eau tombant en un lieu donné reste, malgré tout, très incertaine, et en nombre de points qui sont désertiques par suite de leur altitude ou de leur climat, elle est tout à fait impossible.
- Néanmoins, Brückner a pu admettre comme principe que la masse fournie par la pluie est égale à la quantité évaporée sur ces mêmes continents, augmentée du débit annuel des fleuves. La quantité immobilisée sur les terres, tant dans les êtres vivants que par les objets inanimés n’inlervient pas, en effet, dans le calcul, puisqu’elle reste sensiblement la même dans le temps. On peut dire à ce sujet que sur 101000 km3 qui représentent le volume total des pluies continentales, les trois quarts environ proviennent de l’eau évaporée par le sol, les mers n’intervenant que pour fournir « le quart » complémentaire.
- Fritzsche est arrivé, par des méthodes différentes, à des chiffres analogues. D’après lui, le globe terrestre recevrait par an 465 000 km3 d’eau de pluie dont 112 000 pour le continent et 353 000 pour les océans. Ceux-ci évaporant 384 000 km3, il en résulterait pour eux une perte annuelle de 31 000 km3, perte qui compense exactement le débit des fleuves. Dans cette évaluation, les quantités d’eau reçues dans une année seraient 5760 km3 pour l’Europe, 23 570 pour l’Afrique, 25 360 pour l’Asie, 3630 pour l’Australie, 12 870 pour l’Amérique du Nord et 23 190 pour l’Amérique du Sud.
- Un professeur allemand, M. Meinardus, tient ces chiffres pour véridiques, mais fait remarquer que la masse totale de l’eau des mers étant approximativement de 1330 millions de kilomètres cubes, les pertes subies
- du fait de l’évaporation en représentent sensiblement la 3460e partie, de sorte qu’en moyenne chaque goutte de l’eau d’un océan n’entreprendrait son voyage dans l’atmosphère que tous les 3460 ans.
- En fait, il est de toute évidence que l’eau des couches profondes, là surtout où les courants sont peu intenses, reste un temps infiniment plus long avant de participer à ces randonnées; au contraire, les eaux de surface ont beaucoup plus de chances de voir réduite leur période de repos. Celle-ci peut être seulement de quelques mois ou de quelques semaines, alors qu’elle doit atteindre plusieurs dizaines de milliers d’années pour certaines eaux très profondes.
- En ce qui concerne le séjour extra-marin des eaux évaporées, il faut distinguer entre leur stade océanique et leur stade continental. Etant donné que l’eau en suspension dans l’atmosphère est au total d’environ 12300 km3 à un-moment quelconque, et que les pluies annuelles fournissent un total de 465 000 km3, le séjour atmosphérique d’une goutte d’eau retombant directement à la mer est extrêmement court, 9 à 10 jours en moyenne. Quant au stade continental, il est à peu près impossible de le déterminer avec exactitude, car le retour à la mer dépend de mille facteurs differents, dont l’importance relative est trop imprécise pour autoriser à formuler une évaluation vraisemblable. En particulier, l’eau tombant sur le sol peut être évaporée à nouveau et retourner ainsi dans l’atmosphère, ou ruisseler à la surface et aboutir rapidement aux rivières pour gagner la mer dans un temps très bref, ou s’infiltrer et s’en aller dans la profondeur alimenter les nappes phréatiques dont les mouvements nous sont ignorés. Avec des bases aussi mal établies, aucun calcul n’est possible'.
- Bornons-nous donc à retenir ce chiffre : en moyenne, chaque goutte d’eau de mer n’est évaporée que tous les 3460 ans. Francis Marre.
- LESPITSBERG ET SES CHARBONNAGES DEVANT LA CONFÉRENCE DE LA PAIX
- Parmi les innombrables questions terriloriales que la Conférence de la Paix est appelée à résoudre figure celle du Spitsberg, particulièrement intéressante pour les naturalistes.
- Elle n’est pas précisément neuve; depuis pas moins de trois siècles n’occupe-t-elle pas les chancelleries aussitôt qu’une nouvelle industrie s’installe dans cet archipel? Au début du xvne siècle des troupes considérables de baleines ayant été découvertes dans les eaux du Spitsberg et de'nombreux navires appartenant à toutes les nations maritimes étant venus poursuivre ce précieux gibier, la souveraineté sur ces îles polaires se posa pour la première fois. De longues négociations s’ouvrirent à ce sujet enlre les différents cabinets, mais sans aucun résultat. Si la France, les villes hanséaliques et la Suède reconnurent la propriété de ces terres à la Norvège repré-entée alors par le Danemark, laquelle excipait d'anciens droits, par contre, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ne se prononcèrent pas en termes ex pli* il es Deux siècles plus tard, en 1871 de nouveau le Spitsberg occupa la diplomatie. Cette fois on n’arrive pas davantage à un accord et pour
- masquer la carence des tractations, l’archipel fut déclaré terra nullius ouverte à tous. Au début du xxe siècle, troisième campagne diplomatique.
- A l’effet d’instituer un régime légal sur ces îles où l’industrie commençait à se développer, deux commissions et une conférence internationale se réunirent à Kristiania en 1910, 1912 et 1914, mais pas plus que leurs prédécesseurs elles ne purent aboutir, les Allemands, qui avaient des visées sur celte partie de l’Arctique, Dieu sait dans quel but, s’étant chargés de brouiller les cartes.
- En présence de cette situation, forte de la prépondérance de ses intérêts au Spitsberg, comme des services que sa marine marchande a rendus aux Alliés pendant la guerre, la Norvège a demandé à la Conlérence de lui attribuer la souveraineté de cette terre polaire. C’est que loin d’être entièrement cou-verle de glaciers, elle renferme des ressources minérales qui ne sont pas à dédaigner. Elle contient nolaniment en abondance du charbon que depuis plusieurs années les Norvégiens exploitent avec succès. Dans cette entreprise ils ont déjà engagé un
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- capital de 27 millions de francs; le sort de ces îles ne saurait donc leur être indifférent.
- Quelles sont les conditions de gisements de ce charbon, quelles sont les exploitations actuellement ouvertes, enfin quel avenir leur semble réservé, tels
- de l’Isfjord compris entre l’Advent bay et la Coles bay, c’est-à-dire sur une faible surface du bassin en question, les dépôts tertiaires ne renfermeraient pas moins de 1 400 millions de tonnes de combustible minéral. Ajoutez à cela que les gisements se pré-
- Fig. i. — Rive méridionale de la King's bay. Des cargos viennent charger à la houillère de la Compagnie norvégienne des charbonnages de la King’s bay, située sur la plaine d’Abrasien, qui s’étend entre
- la mer et le pied des montagnes.
- sont les points que nous nous proposons d’examiner rapidement.
- Disons d’abord que cette industrie est localisée sur la côte ouest du Spitsberg occidental, la seule région de l’archipel qui chaque été demeure ouverte à la navigation pendant trois mois, et principalement sur la rive ouest de la vaste presqu’île comprise entre l’Isfjord ou fjord des Glaces et le Bellsound; les deux grands fjords de la côte occidentale. Là, sur une étendue de 7000 km2 (la superficie du département des Basses-Alpes), les assises crétacées et tertiaires qui constituent la plus grande partie de cette péninsule renferment trois et même parfois quatre couches de charbon
- Fig. 2. — Longyear city, sur les bords de l’Advent bay (Photo de M. Adolf Hoël).
- puissantes de 1 à 3 m. 70 et le plus souvent séparées seulement par une faible épaisseur de terrains stériles. Rien que dans le secteur de la rive est
- sentent dans d’excellentes conditions d’exploitation. D’abord proximité immédiate d’excellents mouillages, d’où de grandes facilités de chargement. En second lieu, depuis leur dépôt ces terrains n’ayant subi aucune dislocation, les couches s’étendent presque horizontales, affectées simplement d’un faible pendage vers le centre du bassin et parfois, mais très rarement de failles dont le rejet ne dépasse pas quelques mètres. En troisième lieu, ces massifs sédimentaires se trouvent découpés dans toute leur hauteur soit par des fjords, soit par des vallées, les lits charbonneux affleurent comme sur des coupes géologiques, sur les deux versants de ces dépressions, si bien que pour les exploiter il suffit d’ouvrir une galerie dans leur épaisseur. Enfin en raison de la rigueur du climat, il n’y a point lieu de se préoccuper des venues d’eau ; dans les mines la température des couches de charbon varie de — 2°8 à — 5°.
- Jusqu’ici seules les couches tertiaires ont été attaquées. Alors que les assises de ce système ne renferment généralement que des lignites, au Spitsberg elles fournissent de la houille flambante particulièrement appropriée pour la chauffe.
- Actuellement quatre charbonnages sont en activité sur cette terre polaire.
- 1° La Grande Compagnie Norvégienne des houillères du Spitsberg, la plus importante de toutes les Sociétés de Charbonnage du Spitsberg. Elle est installée sur la rive ouest de l’Advent bay, à Longyear city. En 1918, elle a employé 320 ouvriers et exporté 45000 tonnes. Cet été elle doit commencer l’abatage dans un second gisement situé au Green Harbour.
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- LE SP1TSBERG, SES CHARBONNAGES DEVANT LA CONFÉRENCE DE LA PAIX 185
- 2° La Compagnie des Charbonnages de la King’s bay, également norvégienne. Elle travaille un petit bassin tertiaire isolé sur la rive méridionale de la
- l’isfjord, sur les bords de l’Advent bay. A droite, à l’entrée de ce fjord est situé l’établissement de la Grande Compagnie Norvégienne des Houillères du
- Fig. 3. — La mine et la cité ouvrière de la King's bay. Vue prise en mai içi8. {L’entrée de la mine est marquée par un monticule noir au milieu de la plaine blanche de neige.)
- King’s bay. L'effectif de son personnel s’est élevé l’an dernier également à 320 hommes et ses expéditions à 16 000 tonnes.
- 3° Une Compagnie russe établie sur la rive, orientale de l’isfjord, près du Green Harbour. Le gisement qu’elle possède est exploité par un ingénieur norvégien à ses risques et périls. En 1918, le nombre de ses ouvriers n’a été que de 40 et ses exportations n’ont pas dépassé 2500 tonnes.
- 4° Une société suédoise, laquelle exploite des gisements situés sur les deux rives de la Broganza bay à l’extrémité supérieure de la Van Mijen’s bay dans le Bellsound. L’an passé elle a employé 80 ouvriers et exporté 4000 tonnes.
- En outre une Compagine norvégienne annonce pour cet été la mise en exploitation de gisements situés sur la rive est de l’Advent bay en face de Longyear city, et trois autres Sociétés également norvégiennes doivent commencer l’extraction sur les bords du Bellsound et dans la région de l’isfjord. Ces nombres montrent quelle situation absolument prépondérante les Norvégiens occupent au Spitsberg. Pour compléter le résumé de leur activité dans ces parages ajoutons qu’ils ont également entrepris l’exploitation de gîtes de charbon à Pile aux Ours située à 200 km. au Sud de la porte méridionale de l’archipel.
- De par l’installation de l’industrie houillère au Spitsberg, combien la physionomie de cette terre polaire se trouve profondément modifiée. Naguère désertes, les fjords de la côte ouest abritent aujourd’hui des groupes d’habitation bruissants d’activité industrielle. Le principal centre se trouve dans
- Spitsberg, le plus considérable de l’archipel. A travers la baie une grande estacade avance à laquelle sont amarrés des vapeurs venus pour charger. A 230 m. au-dessus, à pic pour ainsi dire et à 1300 m. de la mer, s’ouvre la mine, et de son entrée un transporteur aérien et un funiculaire apportent directement le charbon dans la cale des navires. Un peu plus en amont, sur les bords du fjord s’échelonne la cité ouvrière, Longyear city, 300 habitants environ dont une vingtaine de femmes et d’enfants, la capitale du Spitsberg,
- Fig. 4. — Le carreau de lamine à King's bar.
- Le charbon extrait est amené par des wagonnets que haie un moteur placé dans la cabane. De là le charbon est conduit au moyen d’un Decauville au port d’embarquement.
- munie de tout le confort moderne, lumière électrique, distribution d’eau, réseau téléphonique,
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- hôpital, pharmacie, etc. En face, sur la rive est de l’Advent bay se rencontre une seconde agglomération moins importante, Hiorthavn, également parfaitement outillée autour d’un gisement de charbon appartenant à une autre société norvégienne. Egalement dans l’Isfjord, sur les bords du Green Har-bour, un troisième village norvégien est formé autour de l’exploitation que la Grande Compagnie
- Fig. 5. — Lotigyear city. — Le « Ban Marché » du Pôle : magasin central d'approvisionnement des mineurs (photo de M. Adolf Hoel, directeur des explorations topographiques norvégiennes au Spilsberg).
- Norvégienne est en train de créer autour de cette base. Plus au Nord, la Compagnie des Gharbonnag es de la King’s bay a installé une quatrième cité ouvrière norvégienne près de la mine qu’elle possède sur les bords de celte baie. Cette année 146 hommes y ont hiverné. Enfin au sud de l’Isfjord le Bellsound renferme maintenant plusieurs hameaux, différents groupes de maisons édifiées par des Norvégiens, un hameau installé sur l'île Axel par la Northern Exploration C°, enfin sur les bords de la Braganza bay un village appartenant à la Compagnie des Char-
- bonnages suédois. Au total, en 1918, leSpitsberg a compté une population de 800 à 1000 âmes dont 90 pour 100 étaient des Norvégiens.
- Ajoutons que le Spitsberg n’est plus isolé. Une puissante station de T. S. F. a été installée par le gouvernement norvégien à Green Harbour, laquelle communique avec une station établie sur le continent près du cap Nord, et d’autre part des postes
- Fig. 6.
- Charbonnage norvégien de la King’s bay.
- Chargement des wagons pour le transport du charbon au port d'embarquement.
- secondaires ont été montés à Longyear city, à la houillère norvégienne de la King’s bay et au charbonnage suédois de la Braganza bay.
- Il ne faut pas compter sur l’extraction du Spitsberg pour atténuer la crise du charbon dans nos pays. Cet archipel se trouve beaucoup trop éloigné de la France. Sa distance est réellement prohibitive de toute importation dans l’Europe occidentale. Le charbon du Spitsberg ne peut servir qu’au ravitaillement de la Norvège septentrionale et du Nord de la Russie. Chaules Rabot,
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- Séances d’août et septembre 1919.
- Sur certaines cassures des éprouvettes de traction. — Les propriétés mécani |ues de l’acier forgé ou laminé diffèrent avec l’orientation donnée à l’éprouvette d’essai, par rapport au dessin macrostructural qui vient modifier le travail de forge. Pour l’acier, les inclusions sont disposées à peu près parallèlement à la direction de l’allongement; il en résulte une répercussion notable sur la striction de rupture et la résilience lorsque l’éprouvette est prise suivant « le travers » du métal. M. Portevin a pu conclure, de l’étude des cassures par l’impression, du bromure d’argent acidulé, que pour éviter les désagrégations locales du lingot, il importe de réduire au minimum les dégagements du gaz dans la coulée et de donner à la zone extérieure basaltique le rôle important, en utilisant des lingots aussi petits que possible.
- Les essais de flexion par choc de barreaux entaillés.
- .— M. A. Cornu-Thénard, dont nous avons déjà relaté certains travaux, établit que l’acier extra-doux, cristallisé à gros grains, est doué d’une sensibilité toute particulière, fonction du diamètre ou de la profondeur de l’entaille ronde, faite suivant le profil du Congrès de Copenhague. Il s’ensuit qu’il faut établir quelques restrictions dans l’établissement de barreaux d’essai, pour déceler la fragilité d’un matériel et que l’enlaille doit répondre à ces deux conditions : un diamètre ne dépassant pas 2 mm et une profondeur atteignant la moitié du barreau (celui-ci a pour dimensions 10 X 10).
- La vitesse de propagation du son dans l'eau. — L’expérience classique, réalisée en 1827 par Colladon et Sturm, avait fixé à 1435 m. sa valeur dans l’eau du lac
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- Léman. Les essais de M. Marti ont été effectués dans la rade de Cherbourg, par des profondeurs de 12 à 15 m., à l’aide de microphones distants de 900 fri., les ondes sonores étant produites par la détonalion d’explosifs, situés à 1200 m. des appareils enregistreurs. Les résultats obtenus diffèrent notablement des chiffres admis jusqu’ici. Alors que Martini indique 1399 m. dans l’eau pure à +4°, Dorsing 14 il m. dans l’eau purgée d’air et 1470 m. dans une solution à 1/10e de Na Cl, M. Marti a trouvé que la vitesse de propagation de l’onde est voisine de 1503 m. 5, à la température de 14° 5 dans l’eau de mer de densité 1,0245.
- La composition de quelques essences de pétrole. — MM. Chavanne et L.-J. Simon ont utilisé la méthode analytique basée sur la température critique de dissolution dans l’aniline pour fixer la proportion de carbures aromatiques dans les pétroles d’origine américaine; elle est comprise entre 2 et 4,5 pour 100, ce qui établit une différence très nette entre ces huiles et celles de Bornéo, de Perse et de Sumatra.
- La variation diurne de la vitesse du vent. — Les sondages aérologiques, effectués à Oran, Bayonne, Cette, Le Havre, Rochefort et Saint-Cyr, au cours de l’été de 1918, ont permis à M. Rouch de constater que, la hauteur de l’atmosphère étudiée ne dépassant pas 3000m., les résultats concordent pour assigner au vent de l’après-midi une vitesse uu peu supérieure à celle du vent de la matinée.
- Mutation d’une Candine en Ortmannie et mutations successives des crevettes d'eau douce. — Commencées en 1905, les recherches de M. Bouvier avaient conduit ce savant à l’hypothèse que les genres Caridina et Ortmannia, de la famille des Atyidés, donnent maintenant naissance à des individus de leur type ou du type générique supérieur. Une nouvelle note, établie en collaboration avec M. de Charmoy montre qu’on peut constater, dans l’évolution, deux degrés successifs ; il y a là une mutation, venant à l’appui de la théorie du transformisme pour expliquer un de ces phénomènes brusques, qui forment une solution de continuité dans certaines séries d’êtres vivants ou fossiles.
- Un astrolabe photographique impersonnel. — M. René Baillaud a présenté à l’Académie, un appareil dont les principaux organes sont analogues à celui de MM. Claude et Driencourt, mais la disposition en est telle que l’angle du prisme, qui peut, lui, atteindre de grandes dimensions, est arbitraire, et que les faces argentées réfléchissant la lumière permettent l’emploi de verre peu homogène.
- La préparation du chlorure de cyanogène. — Le chlore, agissant en solution aqueuse sur le cyanure de sodium, donne lieu, comme l’a montré Held, à la réaction suivante :
- CAzNa + 2Cl~ClCAz + NaCl.
- Pour éviter l’apparition d’un paracyanogène, l’auteur conseille d’ajouter un peu de sulfate de zinc, dans la pensée qu’ainsi peut se former un cyanure double de zinc et de potassium. Les travaux de MM. L. J. Simon et
- Mauguin établissent que le rendement en chlorure de cyanogène, augmente si on rejette les proportions de S04Zn, indiquées par Held, pour prendre au contraire celles qui lui avaient donné des résultats peu intéressants.
- Les irrigations en Syrie et en Palestine. — La saison de sécheresse dure, dans ces contrées, de mars à novembre, et le déboisement des montagnes, mettant à sec pendant plusieurs mois la plupart des cours d’eau oblige de recourir à des captages extrêmement coûteux. L’emploi judicieux de l’eau d’arrosage est une question primordiale, qu’il s’agisse de plantes arborescentes — oranger, citronnier, bananier — ou de cultures maraîchères — salades, haricots, pommes de terres, radis.... Les cuvettes, jusqu’ici employées avec les rigoles d’irrigation, demandent environ 600 litres d’eau, là, où il serait possible, d’après les essais de M. Paul Parmentier, de se limiter à 80 litres, par l’emploi de cylindres en fonte ou en ciment, amenant l’eau au niveau des radicelles.
- La constitution minéralogique et chimique des laves du volcan du Tibesti. — Le lieutenant-colonel Tilho, dont La Nature a résumé les fructueux voyages dans le centre de l’Afrique, a soumis à M. Lacroix un certain nombre de roches, recueillies sur le massif du Roussi. Il y a là un centre volcanique que caractérisent des laves à faciès basaltique, des intrusions de syénite, en même temps qu’une énorme projection de matériaux pyroclastiques. M. le Secrétaire perpétuel a ainsi établi que les échantillons étudiés constituent une série pétrographique, où la soude prédomine le plus souvent sur la potasse, du moins en ce qui concerne le cratère de l’Emi-Koussi : au nord-est de ce volcan, les caractères lithologiques sont nettement différents ; l’excès de silice y est le cas général et les minéraux y ont une composition nettement cal coalcaline.
- Les matières premières et les chemins de fer de l’Afrique tropicale. — Une longue note du lieutenant-colonel Tilho a attiré l’attention de l’Académie sur le système des voies ferrées le plus rationnel pour mettre à la disposition de l’industrie nationale les produits de l’Afrique tropicale : bois, oléagineux, produits alimentaires et gisements minéraux. Il y aurait ainsi à prévoir : une voie ferrée d’intérêt général africain, le Transsoudanais, confiée à une entreprise franco-anglaise, une voie d’intérêt français, le Transsaharien, aux mains d’une société française, enfin des lignes d’intérêt local, pour la pénétration vers l’intérieur et dont la construction serait assurée par les colonies desservies.
- Action des sels de méthyle sur les chlorures alcalins. — D’après Dulong et Péligot, l’action du sulfate de méthyle sur le chlorure de sodium donnerait du sulfate de soude et du chlorure de méthyle pur. Or, l’expérience montre qu’il se forme en même temps du pyrosulfate et de l’oxyde de méthyle. Dans une première phase, MM. Guyot et Simon ont établi qu’il se produit du méthyl-sulfate de Na, dont la décomposition laisse un pvro-sulfate en donnant naissance à Cil3-O. GU3.
- La méthode indiquée en 1835 ne saurait donc être mise en œuvre pour la préparation du chlorure de méthyle pur. PAÜL K*
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- COMMENT DÉCHIFFRER LES TEXTES EN LANGAGE SECRET
- LA CRYPTOPHOTIE
- La cryptophotie est l’art inverse de la cryptographie. Son but est le déchiffrement des écritures secrètes. Elle a pris naissance en même temps que la cryptographie; mais il semble toutefois que le premier livre où se trouvent formulés d’une manière un peu précise les principes du déchiffrement soit un ouvrage de Porta ayant pour titre : De furlivü litterarum hotis.
- Quelques règles et même une ou deux lois président au déchiffrement; mais, si précises, si fécondes en résultats soient-elles, elles ne suffiraient pas à faire de n’importe qui un déchiffreur. Celui-ci doit posséder quelques qualités natives dont la principale est la patience.
- Certains déchiffreurs sont restés célèbres; en France notamment, pour ne citer que dans le passé, rappelons les noms du mathématicien Viète et de Rossignol qui rendirent de grands services, le premier à Henri IV, le second à Richelieu.
- Le court exposé qui va suivre n’a pas la prétention d’être un traité de déchiffrement et encore moins celle de rendre nos lecteurs des déchiffreurs. Notre but plus modeste est simplement d’indiquer comment ont été formulées peu à peu les règles admises maintenant pour tous, renvoyant pour une étude plus complète de la question, aux traités de Kerchoffs, Bazerets, Viaris et surtout de Velerio.
- S’ Gravesande semble être le premier qui ait formulé par écrit et d’une manière scientifique les règles qui permettent de déchiffrer un cryptogramme. Dans son introduction à la philosophie (Q, au chapitre XXV, à propos des hypothèses que l’on doit imaginer et que l’on est conduit à changer fort souvent, il pose comme première règle celle-ci :
- « il faut, avant toutes choses, faire une liste des « caractères employés dans les chiffres et y mar-« quer combien de fois chaque caractère s’y trouve « répété ».
- Ainsi se trouve nettement indiquée la première règle, la plus simple et la plus sûre, celle de la fréquence, mais S’ Gravesande se trompe en ajoutant qu’il faut « qu’on sache la langue dans la-« quelle est composé l’écrit qu’on veut déchiffrer;
- « car j’ose assurer qu’il est absolument impossible « qu’on lise un écrit, s’il est composé dans une « langue que nous ne savons pas, quoiqu’on eût « assuré que Viète possédait cet art ».
- Edgar Poë a réfuté cette affirmation en pariant qu’il lui était possible de déchiffrer un cryplo-
- i. Œuvres philosophiques et mathématiques de M. G.-J. S’Gravesande, Amsterdam, chez Marc Michel Roy, 1774, p. 409.
- gramme écrit dans une langue quelconque et il a gagné son pari. Et d’ailleurs la lecture des écritures cunéiformes sur laquelle nous reviendrons n’est-elle pas la confirmation des dires d’Edgar Poë. Il n’y avait pour ces caractères aucune pierre de Rosette et il était impossible de remonter de proche en proche du copte à l’écriture sacrée des Égyptiens, et cependant on lit aujourd’hui les écritures cunéiformes parce que d’hypothèses en hypothèses on est arrivé jusqu’à la vérité, ainsi que nous le verrons plus loin.
- S’ Gravesande avec raison fait remarquer que le déchiffrement est d’autant plus facile que l’écrit est plus long et par suite que les caractères sont répétés plus souvent. Enfin il insiste sur le parti qu’il y a à tirer-des particularités, des faits remarquables et en général de tout indice.
- Si en groupant par ordre de fréquence les caractères, on ne trouve certains caractères qu’une ou deux fois, il est aisé d’en conclure que chaque lettre de l’alphabet est désignée par un seul caractère.
- S’Gravesande insiste ensuite sur les groupements de lettres qui se reproduisent identiques à eux-mêmes ou avec un seul changement et montre comment il est possible de distinguer les voyelles des consonnes, à l’aide d’une première hypothèse dont les conséquences logiques montrent le plus souvent l’inexactitude, puis en allant d’hypothèses en hypothèses jusqu’à la véritable interprétation du texte.
- « J’ai marqué, dit-il, exactement la route que « j’ai suivie moi-même, pour déchiffrer l’écrit en « question, sans parler des fausses routes, où sou-« vent je suis entré, avant que de trouver la véri-« table. Ces fausses routes sont inévitables parce « qu’il arrive rarement qu’on tombe d’abord sur « un endroit, qui puisse nous fournir de nouvelles « lumières, en raisonnant sur ce que nous con-<( naissons déjà. »
- S’ Gravesande ajoute d’ailleurs « pour dire le « vrai, il n’est presque pas possible, quand il s’agit « d’un écrit difficile d’expliquer la route qu’on a « suivie, en le déchiffrant ».
- C’est donc bien là, sinon un flair particulier, le mot est devenu malheureux, mais une aptitude spéciale à apprécier la valeur de chaque indice, à voir rapidement si l’hypothèse échafaudée l’est sur une base stable, que doit soutenir une patience inlassable.
- Entre les mains de Legrand, héros du Scarabée d’or, que nous avons engagé nos lecteurs à lire ou à relire, arrive un vélin sur lequel sont inscrits les
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- COMMENT DECHIFFRER LES TEXTES EN LANGAGE SECRET
- caractères suivants et en clair la signature Kidd, un pirate.
- SS M +305 S *j4826)4%) 4%)-,808*;48+8360)) 8S-,liÇ,-.%*8*83(88)S*+-,46(s88*36*?i8Tt (; 48*5);S*+2 l*%(-,4956*2(5*-4)898*. 4069285) ,(6+8) 4%ii1 (%9j 4808!i8-.8%1-, 48+85-, 4) 48S+S288û6*8L(tS;48;(88,4(t?S4;48)4t ,/â/,:/88;t?;
- Fig. 1.
- Ces caractères ferment un cryptogramme dont le déchiffrement a permis au patient chercheur du Scarabée d’or de découvrir un trésor. Son ami, confident de ses aventures, lui répond, ce que lui répondraient certes bien des personnes.
- « Mais, dis-je, en lui rendant la bande de vélin,
- « je n’y vois pas plus clair. Si tous les trésors de « Golconde devaient être pour moi le prix de la « solution de cette énigme, je serais parfaitement « sûr de ne pas gagner. »
- bien de plus simple cependant lui répond son interlocuteur. Je groupe les caractères :
- Le caractère 8 se trouve 33 lois.
- ; — 26 -
- 4 — 19 —
- i>) — 16 —
- * — 13 —
- 5 — 12 —
- 6 — il —
- et L — 8 —
- 0 — 6 —
- 9 et 2 — 5 —
- : et 3 — 4 —
- 7 —- 5 —
- 1 __ 2
- — et . __ 7 —
- La signature Kidd est celle d’un nom anglais, la langue doit être la langue anglaise. Cette hypothèse serait-elle fausse? J’essaierais d’autres langues, celles que pouvait et devait parler un pirate au xvme siècle (actuellement ce serait l'allemand seul). En anglais, la lettre la plus fréquente est l’e. 8 doit correspondre à e. L’e est souvent doublé en anglais comme dans meet, fleet, speed, spleen. Or 8 est redoublé cinq fois dans le cryptogramme. L’article the est d’un emploi fréquent. Il suffira de chercher un trigramme se terminant par 8 et on le trouve 7 fois :
- ; 4 8
- il est donc très probable que ; == t et 4 = h.
- En remplaçant les signes précédents par les
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- lettres, on trouve que les derniers caractères sont : the t (eeth 3h the) h +1....
- thet (ee/th^^? 36 the. Le seul mot anglais convenant pour t (ee est tree. En remplaçant (par r dans le mot suivant on a lhr^?3h qu’un Anglais lira immédiatement :
- through (à travers)
- l’o, u et le g sont trouvés en même temps qu’est confirmée l’hypothèse de (pour r. De proche en proche est donc lu le cryptogramme.
- Il en est de même pour n’importe lequel des procédés utilisés comme moyen de chiffrement. Le singulier billet représenté figure 3 est des plus faciles à lire, en se conformant aux règles précédentes : fréquence des lettres, digrammes en trigrammes qui se répètent le plus souvent.
- Elles se trouvent rappelées dans le dictionnaire encyclopédique des amusements des sciences mathématiques et physiques; d’où est tiré ce billet :
- Il faut considérer que la lettre e est en français celle qui est la plus abondante.
- Quand cette lettre est dans un mot de deux lettres elle est toujours précédée des consonnes c. d.j. L m. n. s. t. ou suivie de n et t.
- Les voyelles a et y sont les seules qui puissent être seules.
- La voyelle a dans un mot de deux lettres est toujours précédée des consonnes /, m, n, s, t ou suivie des voyelles h, i, u.
- Les mots ne sont presque jamais terminés par les lettres b, f, g, p, g.
- Et Deiremps indique en ces termes le procédé suivi pour déchiffrer ce singulier billet (fig. 3) rempli d’oiseaux, de maisons, de serpents.
- « La lettre de l’alphabet qui, dans ce chiffre,
- « est exprimée par un oiseau, est vraisemblable-« ment une voyelle parce qu’elle est très multi-« pliée, d’ailleurs comme elle est seule dans un « mot (ligne 4 et ligne 6) ce n’est pas une des « voyelles e, i, n ; donc c’est un a, un o ou un y ;
- « or ce n’est ni un y, ni un o parce que ces deux « voyelles ne se trouvent jamais (ou presque « jamais) à la fin d’un mot de deux lettres et « cependant celle dont il s’agit est ainsi placée* « dans le premier mot au haut de la page : donc « c’est un a ; donc le premier mot est un des sui-« vants : ma, ta, sa, la, et par conséquent la « lettre exprimée par le serpent est une des sui-« vantes : m, t, s, l; or, il n’est pas vraisemblable « que ce soit une m, un t ou une s, parce qu’alors « le dernier mot de la première page et le dernier « de la cinquième ligne finiroient par am, as ou at « ce qui arrive rarement; il paroit donc plus natu-« rel de supposer que ces deux mots finissent par « al et dans ce cas, ce serpent s’exprime par un /.
- « Le dernier mot de la cinquième ligne, qui com-
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- « menee par a et finit par al et qui a six lettres ne « peut pas être Annibal ou Asdrubal, parce que « ces deux mots ont plus de six lettres ; ce ne peut « pas être non plus le mot amical, quoique celui-ci ci n’ait que six lettres comme celui dont il s’agit,
- « parce que le mot en question ayant ses trois « dernières qui seules forment au bas de la page,
- « si le mot était amical, le dernier mot de la page « serait cal qui ne signifie rien; il est donc plus « naturel de supposer que ces deux mots sont mal « et animal. Par ce moyen, je connois les deux « voyelles a, i et les trois consonnes l, m, n. »
- Et de proche en. proche, de déduction en déduction après avoir envisagé diverses hypothèses dans les cas douteux, le traducteur lit le vrai texte :
- La nature pour partage A tout petit animal A donné quelque avantage Pour le garantir du mal ;
- Les deux ailes aux oiseaux;
- Les deux cornes aux taureaux A la biche la vitesse, etc....
- Le premier travail auquel ont dû se livrer les déchiffreurs a précisément consisté h déterminer la fréquence des lettres, puis des digrammes, tri-grammes et autres groupements de lettres caractéristiques. Voici pour un certain nombre des langues les plus importantes les fréquences de chaque lettré pour mille : i
- français, il n’y a que la lettre e qui puisse être doublée.
- Enfin les lettres qui n’offrent qu’un très petit nombre de combinaisons comme Q, X, F, H, J en français sont à considérer tout d’abord et à cause de leur importance M. . Valerio les appelle lettres indicatrices.
- Les lettres nulle s qui sont ajoutées au texte pour remplir des intervalles ou pour gêner les recherches sont peu gênantes. Elles se séparent très facilement des autres pour un déchifîreur exercé. ^
- Les procédés qui modifient la fréquence normale des lettres, qui diminuent les répétitions rendent la tâche du déchifîreur beaucoup plus ardue; parmi les procédés auxiliaires de chiffrement qui atteignent ce but et que nous avons énumérés antérieurement, on peut citer : la substitution, le mélange de groupes de chiffres; l’addition ou la soustraction d’un nombre conventionnel variant à chaque fois en même temps que l’on utilise une clef nouvelle L’homophonie qui consiste à affecter plusieurs groupes de chiffres à la même lettre, à la même syllabe ou au même mot, diminue les répétitions et agit sur la fréquence. Elle augmente par suite beaucoup la difficulté du déchiffrement. Le décbif-freur doit alors se procurer un très grand nombre de textes afin d’identifier les homophones.
- A ce point de vue, la langue française présente i au point de vue du chiffrement un grand avantage
- A B c 0 £ F G H / j K L M N 0 P Q R s T U V M X Y z
- Ai/emancf 46 w 31 SS 180 15 30 44 72 6 13 37 20 94 25 7 ? 76 63 66 51 10 16 ? ? 24
- Anglais 76 13 29 41 131 28 14 59 68 1 4 36 26 73 82 22 1 67 65 90 28 JO 15 3 15 1
- Italien 703 3 43 38 126 8 20 11 116 P X 66 26 66 87 32 6 67 61 61 30 15 X X X 9
- Espagnol 129 iO 42 46 143 7 10 9 70 3 P 55 25 64 88 33 15 70 76 44 40 7 X / 10 7
- Français 73 S 35 46 17Û 13 7 5 69 3 ? 49 31 87 66 28 7 69 69 67 67 18 ? 5 3 3
- Fig. 2.
- Quand la fréquence est voisine de 1 ou lui est inférieure, elle ne se trouve pas indiquée dans le tableau précédent. Dans la langue espagnole le n a été assimilé àl’n simple et les lettres doubles II, ch ont été négligées. A l’aide des chiffres précédents on peut construire des graphiques de fréquence et mettre en évidence certaines particularités des diverses langues. La fréquence de certaines lettres, Ve, l’a, l’i, le rapport des voyelles et des consonnes sont des indices précieux.
- lin travail de relèvement semblable a été exécuté dans les diverses langues pour les groupements de deux et trois lettres (digrammes et trigrammes) que l’on rencontre le plus souvent. A la fin des mots le doublement des lettres est très rare; en
- sur les autres; elle supporte beaucoup plus facilement que les autres langues, sans trop perdre de sa clarté, des modifications qui changent complètement la fréquence des lettres et même le rapport des voyelles aux consonnes. Si on ajoute que la plus grande fantaisie peut présider à ces modifications même quand ce n’est pas la même personne qui chiffre, fantaisie qu’augmente encore le changement de personnes, on peut trouver là un moyen assez simple de gêner le déchifîreur.
- Le texte suivant :
- « Attaque cinq heures artillerie — cessation du « feu à cinq heures vingt — sortie des régiments « de marche qui se coucheront et se terreront à la « reprise violente du feu de l’artillerie à cinq heures
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- COMMENT DECHIFFRER LES TEXTES EN LANGAGE SECRET = IPI
- a trente.... », peut être écrit de la manière suivante sans devenir inintelligible pour un Français :
- « Atak cin heur arti sesation du feu à cinq eur « vin — sorti des regimans de marche ki ce cou-« cheron et se tereron à la reprise violante du feu « de l’arti à cin eur trant. » Et dans ce nouveau texte, les fréquences ont été modifiées, le rapport des voyelles aux consonnes a été élevé.
- Voici résumées les règles admises pour le déchiffrement :
- Recueillir tous les renseignements et tous les indices relatifs au mode de chiffrement, à la langue employée et au sujet traité. Aussi doit-on brûler tous les papiers qui ont servi soit au chiffrement, soit au déchiffrement. S’assurer ensuite que les renseignements fournis sont exacts.
- Les textes écrits par les méthodes de transposition se distinguent tout de suite des autres parce que la fréquence des lettres reste normale. Ils sont d’autant plus faciles à déchiffrer qu’ils sont plus courts, alors que le contraire a lieu pour les textes chiffrés par les méthodes d’interversion ou à l’aide de dictionnaires. La langue est déterminée par la comparaison du texte avec les diagrammes de fréquence.
- Après avoir écarté l’emploi d’une méthode de transposition, il reste à rechercher quel procédé d’interversion a été suivi pour chiffrer.
- Le seul guide sûr est la répétition comme le dit M. Valerio.
- « La répétition est pour le déchiffreur le moyen de contrôle; c’est aussi le moyen de recherche. Plus les répétitions sont clairsemées, plus ardue sera sa tache. »
- Quand l’interversion a été obtenue avec un seul alphabet, les répétitions sont nombreuses; il n’en est plus de même par l’emploi de plusieurs alphabets.
- Kerckhotfs a cependant fait connaître une méthode très simple et très claire, fondée sur la remarque suivante :
- Un texte clair, assez long, présente toujours un certain nombre de répétitions et quel que soit le nombre des alphabets de la cléf, quelques-unes d’entre elles sont cryptographiées dans les mêmes alphabets. Le texte chiffré renfermera donc des groupes de lettres semblables. Aussi Kerekholfs a-t-il formulé les deux règles :
- 1° Dans tout texte chiffré, deux polygrammes semblables sont le produit de deux groupes de lettres semblables, cryptographiées avec les mêmes alphabets ;
- 2° Le nombre des chiffres compris dans l’intervalle des deux polygrammes est un multiple du nombre des lettres de la clef.
- Il convient de remarquer toutefois que deux bi-grammes identiques peuvent être cependant le produit de deux groupes de lettres différents. La chose est beaucoup plus rare pour les trigrammes. C’est donc à ces derniers que s’adressera de préférence le déchiffreur.
- C’est ensuite avec des hypothèses plus ou moins heureuses mais inlassablement substituées les unes aux autres que le déchiffreur attaque le texte. On comprend par suite quelle est la difficulté de leur tâche.
- C’est cependant avec d’aussi faibles ressources que M. Bazeries a pu dévoiler le mystère du Masque de Fer et prouver que les fameuses pages de Balzac considérées comme un cryptogramme, d’apres une traduction, n’étaient en réalité qu’un groupement quelconque de caractères pris au hasard. D’après la tradition, Balzac aurait hésité à laisser paraître quelques pages relatives à la psychologie du mariage, mais pour ne pas les détruire complètement aurait fait retourner la composition et brouiller tous les caractères. C’était là une manière fort originale de chiffrer ; M. Bazeries a détruit cette légende.
- Mais rien ne pourra mieux donner à nos lecteurs une idée des résultats obtenus par les déchiffreurs, quand ils ont en main cette arme toute puissante : le temps. M. Ch. F. Guye a rappelé en tête de son remarquable article sur le calcul des probabilités dans les sciences expérimentales, la phrase d’Hérodote si bien modifiée par le poète genevois Amiel : « Où l’on prodigue le temps, tout le possible arrive. »
- Elle trouve encore sa place ici dans le déchiffrement des écritures cunéiformes. L’histoire de ce déchiffrement se trouve dans le livre de M. Joachim Menant : les Écritures cunéiformes; nous les résumons ici rapidement.
- Vers 1620, l’ambassadeur espagnol, don Garcias de Sylva Figuëron et un gentilhomme italien, Pietro délia Valle, mentionnent les premiers les caractères dont sont couverts les monuments de Persépolis; pour l’un comme pour l’autre ces caractères sont les éléments d'une écriture et ils en font la description.
- Une seconde hypothèse est émise déjà par délia Valle sur le sens de l’écriture; il remarque que les têtes des clous sont toujours en haut, quand la pyramide est verticale, toujours à gauche quand elle est horizontale, pour lui la lecture doit se faire de gauche à droite, alors que tous les écrits en langue orientale se lisaient de droite à gauche.
- Cette hypothèse est changée en certitude un siècle plus tard par le Danois Niebuhr, qui visite à son tour Persépolis en 1765. Il s’aperçoit, en effet, qu’un même texte composé des mêmes caractères est répété deux fois sur les portes d’un édifice de Persépolis. Or, dans un texte, les caractères qui se trouvent à droite de la troisième ligne sont répétés dans l’autre à la gauche de la quatrième. Une conclusion s’impose, les deux inscriptions doivent se lire de gauche à droite.
- Niebuhr va plus loin; il remarque que les inscriptions sont toujours groupées trois par trois et toujours dans le même ordre. Chacune d’elles présente les caractères d’une écriture différente; le
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- premier genre, le plus simple, ne comprend que quarante-deux caractères, le troisième est le plus compliqué. Le texte écrit avec la première écriture est le plus long et le troisième le plus court. Il s’agit pour lui d’un même texte écrit dans trois écritures différentes, provenant de trois langues différentes.
- En 1798, Tyschen remarque que dans la première écriture un clou en diagonale toujours le même sépare les caractères. Deux ans après, Münter, de
- Aussi, en 1802, un pas considérable put être franchi. Grotenfend de Gottingen put lire tout un membre de phrase, en supposant que certains groupes correspondaient à des titres royaux, que dans un cas, le titre qu'il présumait être celui de roi, ne suivait pas le nom alors que le groupe placé en dessous était accompagné de ce titre supposé. Il s’agissait d’un fondateur de dynastie, Darius ou Cyrus. Ce fut Darius qui convint.
- Alors Lassen en Allemagne, Burnouf en France,
- Fig. 3. — Cette curieuse figure représente un billet cryptographique. ( Voir page içosa traduction.)
- Copenhague, suppose que la première écriture est alphabétique, la deuxième syllabique et la troisième monogrammatique. Cette hypothèse est une certitude pour tout cryptologue d’après la longueur des textes.
- Münter étudie le système le plus simple, le premier, détermine les fréquences, le rapport des voyelles aux syllabes et d’après certains alphabets attribue des valeurs aux voyelles, comme l’aurait fait un cryptologue. Mais dans cette dernière hypothèse seule une voyelle était exacte. Néanmoins les signes désignés par Münter représentaient bien des voyelles.
- sir H. Rawlinson en Perse, de mots en mots arrivèrent à former un alphabet complet et sans pierre de Rosette, les écritures cunéiformes purent être lues.
- Mais si tout cela est possible, c’est que, dans toutes les langues inconnues, dans tous les systèmes de chiffrement, des lois simples ont présidé soit à leur formation, soit à leur complication; il n’en est plus de même si le groupement des lettres ou des signes est relié par une fonction transcendante. C’est là le grand mérite de la méthode de chiffrement imaginée par un savant physicien, M. Charles de Watteville. Nicolas Flamel.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2374. :: _____v. 27 SEPTEMBRE 1919
- L’IMPRESSION DES LIVRES D’AVEUGLES
- L’écriture d’aveugle, suivant le système Braille, est constituée de groupes de points disposés en deux lignes verticales parallèles. Les différentes combinaisons, utilisant de un à six points, suffisent à former 63 signes distincts qui sont autant de lettres ou signes orthographiques. Grâce à l’emploi d’un poinçon, d’une tablette creusée en sillons parallèles et d’une réglette appropriée, il est facile d’imprimer ces caractères en relief dans une feuille de papier. Des machines à écrire en Braille permettent de faire plus rapidement ce travail ingrat, mais dans tous les cas on n’obtient que un ou deux exemplaires.
- Or, depuis la guerre, le nombre des aveugles a considérablement augmenté aussi bien en France que dans les pays belligérants. 11 serait désirable de secourir davantage celte catégorie de mutilés en leur fournissant des livres nombreux et variés. Pour cela, il faut disposer de moyens de reproduction facile et à bon marché des livres d’aveugles.
- Les premiers essais d’impression des livres d’aveugles sont relativement anciens. Dès le x\ue siècle, dit-on, on aurait eu l’idée en Espagne et en Italie de. graver des planches en creux, afin d’imprimer pour les aveugles ; en 1640, Pierre Moreau, maître écrivain de Paris, fondit, pour la première fois, des caractères en plomb mobiles dans ce but; sa tentative n’eut pas de suite. A Valentin Haiiy revient l’honneur d’avoir imprimé un livre d’aveugle en lettres en relief ayant la forme des lettres vulgaires. Dès que l’utilité de l’alphabet Braille eut été bien établie, en 1857, on imprima des livres en Braille en caractères mobiles, selon l’exemple donné par Haiiy. Puis en 1849, Laas d’Aguen imagina un procédé qui est un réel progrès; la stéréotypie des livres Braille. Sur une
- feuille mince de fer-blanc ou de zinc repliée sur elle-même de façon à former une feuille double, on imprime en relief comme sur une feuille de papier, en se servant d’un petit marteau ou mieux d’une machine spéciale qui actionne des poinçons.
- Quand ce travail est terminé, on écarte les deux feuilles superposées et on introduit entre elles la feuille de papier à imprimer. Cette feuille se trouve ainsi interposée entre les points en relief de l’une des faces et les creux correspondants de l’autre ; par le passage dans une presse, les points en relief s’emboîtent dans les cuvettes du côté opposé en gaufrant le papier. Le grand avantage —avantage capital — que donne la stéréotypie, c’est de conserver des clichés qui servent ensuite au fur et à mesure des besoins sans être obligé d’emmagasiner un grand nombre de volumes. Il faut en effet remarquer que le caractère Braille occupe une large surface comparé au caractère d’impression ordinaire et un volume qui n’est pas négligeable par le fait du relief des points imprimés. Une page de livre en Braille de grand format équivaut au tiers de page environ d’un texte imprimé en caractères ordinaires de format in-16, et la centaine de pages, qui compose le volume, renferme ainsi peu de matière. Voici un exemple précis. Comparons l’édition en noir et en Braille du même ouvrage. Le tour de la France par deux enfants. Le volume en noir de 300 pages cartonné, mesure 18 cm de long sur 11 cm de large, 17 mm d’épaisseur et pèse 370 grammes. Le même ouvrage en Braille est représenté par 1000 grandes pages de 29 cm sur 22, qui sans la reliure, pèsent 5 kg. L’ouvrage en Braille pèse donc 15 fois plus, au moins, et occupe un volume 60 fois plus grand que l’ouvrage en noir. L’emmagasinage des livres
- 13. — 193
- Fig. i. —üne des machines à stérèotyfer de /'Association Valentin Haüy.
- La stèréotypeuse aveugle lit, de la main gauche, le texte en Braille à imprimer, et, de la droite, actionne les poinçons qui forment les lettres, en Braille, dans les feuilles de zinc.
- 47' Année. — 2* Semestre.
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- 194 — ...... ..... L’IMPRESSION DES
- d’aveugles nombreux n’est donc guère pratique.
- La stéréotypie a toutefois l’inconvénient d’être assez coûteuse, puisque le moindre livre imprimé en Braille suppose la confection de centaines de clichés, c’est-à-dire d’autant de doubles feuilles de métal. Ce procédé est presque exclusivement appliqué par plusieurs pays étrangers.
- En France, par raison d’économie et afin d’utiliser le concours bénévole de personnes, même étrangères à la connaissance de l’alphabet Braille, les œuvres qui s’occupent de l’impression des livres d’aveugles appliquent un procédé de composition avec des caractères mobiles connu sous le nom de système Vaughan. Les caractères d’impression sont doubles; une des extrémités porte un caractère usuel et l’autre extrémité le caractère Braille correspondant. La composition est faite avec les caractères usuels, et on la retourne sens dessus dessous pour l’impression en Braille.
- La stéréotypie a un grave défaut, elle ne permet pas de faire facilement des corrections, car pour corriger une faute, il est nécessaire de faire disparaître des points en relief dans le métal. On ne peut donc confier le soin de copier avec la machine à stéréotyper qu’à une personne très sûre d’elle-même en écrivant le Braille. Quant à la composition avec les caractères mobiles, elle permet toutes les corrections désirables, mais elle a contre elle sa lenteur. A moins d’employer des personnes ayant beaucoup de pratique, il faut compter environ 40 minutes par page composée et décomposée. C’est beaucoup de temps dépensé si l’on remarque que le plus souvent le tirage exécuté ensuite est faible et ne dépasse pas une demi -douzaine ou une douzaine d’exemplaires.
- La machine à composer idéale doit, comme les machines à composer typographiques, rendre la composition extrêmement rapide et supprimer la décomposition. Un appareil original et fort ingénieux imaginé par MM. Garin, Comte, Balquet a le mérite de fournir déjà une solution satisfaisante de ce problème.
- Le procédé mis en œuvre et pratiquement utilisé, résulte de la facilité que présentent les caractères Braille de pouvoir être décomposés en leurs éléments constitutifs. L’appareil Garin est d’une très grande simplicité. Il se compose, de deux plaques de métal perforées; les trous, groupés par six, forment une série de lignes parallèles couvrant toute la surface. Entre les deux plaques est intercalée une masse élastique de faible épaisseur (I cm environ). L’ensemble forme bloc. Des chevilles métalliques d’égale longueur remplissent tous les trous et peuvent se déplacer à frottement doux dans leurs alvéoles. Supposons qu’à l’aide d’un poinçon on repousse des chevilles au travers de la plaque par une légère pression sur leur tête, elles formeront du côté opposé des saillies capables de produire des reliefs par pression sur une feuille de papier, à la condition qu’on immobilise ces
- LIVRES D’AVEUGLES ..............."....
- chevilles. On obtient ce résultat en versant du plâtre gâché un peu liquide sur le côté de la plaque où les chevilles ont été enfoncées. Le plâtre se logeant dans les trous des chevilles enfoncées, supporte parfaitement les efforts répétés de la presse, et permet un tirage aussi nombreux qu’on le souhaite. Après l’impression, les chevilles sont ramenées à leur position primitive à l’aide d’un rouleau qui annule les saillies. La plaque est alors prête à recevoir une nouvelle composition.
- Le seul ennui de l’opération, c’est l’emploi du plâtre pour la fixation des chevilles qui séduit médiocrement les non-professionnels et exige des nettoyages peu agréables.
- Un nouvel appareil, celui de M. P. Villey est plus perfectionné; il remédie aux divers inconvénients et semble atteindre pleinement le but désiré. Qu’on imagine non plus une plaque, mais trois plaques de la dimension de la page à imprimer, perforées de trous disposés par six d’une façon parfaitement régulière et symétrique. Ces plaques étant superposées, les trous se correspondent et se trouvent dans le prolongement les uns des autres. Les deux plaques externes sont rivées l’une à l’autre. La plaque supérieure est dite plaque de composition et la plaque inférieure plaque d’impression. La plaque intermédiaire un peu plus étroite et plus mince joue le rôle de tiroir mobile et peut se fixer dans deux positions; dans l’une, ses trous correspondent aux trous des plaques extérieures et dans l’autre, au contraire, ses parties pleines se trouvent en face des trous des plaques.
- La longueur des chevilles employées est rigoureusement égale à l’épaisseur de la plaque d’impression, plus huit dixièmes de millimètre, c’est-à-dire la saillie requise pour le gaufrage du papier ; ces chevilles sont légèrement coniques à leurs extrémités, de même que les trous perforés dans les plaques métalliques, de telle sorte que, une fois introduites dans l’appareil, elles puissent se déplacer librement d’une plaque dans l’autre, mais sans pouvoir s’échapper.
- Pour la composition, voici comment on procède. On fait tomber les chevilles dans la plaque de composition en retournant l’appareil, puis on glisse une feuille de papier entre cette plaque et le tiroir. La plaque redevenant la plaque supérieure, les chevilles sont maintenues dans leurs alvéoles et soutenues par le papier. A J’aide d’un poinçon à main, on enfonce alors les chevilles utiles à la composition: elles percent le papier, le traversent ainsi que le tiroir et tombent dans la plaque d'impression. La composition terminée, le tiroir est très légèrement déplacé de façon qu’il présente des parties pleines dans l’axe des trous des plaques. Les chevilles sont ainsi immobilisées en saillie dans la plaque d’impression. En faisant passer l’appareil sous la presse, on tire à volonté des exemplaires sur papier.
- Après le tirage, la décomposition est immédiate, puisqu’il suffit de déplacer le tiroir et de permettre
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- aux chevilles de retomber dans la plaque d’impression. Disons enfin que les corrections sont des plus faciles.
- M. Villey, l’inventeur de cet ingénieux appareil, afin d’obtenir toute la rapidité de composition souhaitable, a eu l’excellente idée d’enfoncer les chevilles en se servant d’une petite machine à écrire à six touches du genre Stainsby, qui se promène automatiquement sur la plaque d’impression par le jeu des touches.
- Avec l’appareil Villey, une page de composition grand format peut être exécutée en 5 ou 6 minutes. Pour les faibles tirages, les plus fréquents de 10 à 20 exemplaires, ou même plus importants, l’appareil Villey est appelé à rendre les plus signalés services. D’une remarquable simplicité, comparable cependant par les résultats obtenus aux machines à composer typographiques, linotypes ou monotypes, elle peut être mise entre toutes les mains et réclame peu d’apprentissage. Elle sera un précieux
- outil pour tous les copistes de livres d’aveugles, puisqu’elle permettra de multiplier ces livres rapidement et à peu de frais.
- On ne saurait trop dire toute la place que le livre tient dans la vie de l’aveugle; beaucoup plus que le voyant, l’aveugle vit de la vie intérieure. La lecture est une consolation à son malheur; elle est une occupation de son esprit en même temps que le meilleur moyen d’instruction.
- M. P. Villey, professeur à la Faculté des Lettres de Caen, aveugle lui-même, est déjà l’inventeur d’une machine à sténographier que La Nature a précédemment décrite. Et nous sommes heureux de constater que cette invention de machine à composer est encore l’œuvre d’un Français, qui ajoute son nom à la liste des Français nombreux auxquels les aveugles sont redevables des plus grands bienfaits.
- Norbert Lallié.
- CHRONIQUE
- Curieux phénomène de décharges électriques à bord d’un camion à vapeur. — M. Ravigneaux signale à la « Vie automobile » le curieux phénomène que voici, et qu’il a observé au cours d’une expertise à bord d’un camion à vapeur Purrey, muni de bandages en caoutchouc. « Après un arrêt au cours duquel la pression est montée à 20 kg, pression à laquelle était réglée la soupape de sûreté, j’ai ressenti une violente secousse, une décharge d’électricité statique en touchant le châssis du véhicule. J’étais à ce moment sur le sol et non sur le véhicule. Ma surprise fut grande. J’ai fait baisser, puis-remonter la pression, le phénomène s’est répété dès que le manomètre eut accusé 20 kg, et que la soupape de sécurité eut fonctionné. Le mécanicien spécialisé dans la conduite de ce genre de véhicules, m’a dit qu’il en était toujours ainsi et que parfois même on tirait des étincelles du châssis.... Le phénomène n’a lieu que si les roues sont munies de bandages caoutchoutés. »
- M. Faroux rattache ces phénomènes à ceux qui s’observent lors du frottement d’un gaz ou d’une vapeur renfermant des particules liquides. Ils ont été étudiés pour la première fois par Armstrong en 184-4, puis par Faraday, qui a fait porter ses recherches sur le frottement de la vapeur humide s’écoulant sous forte pression par des tubes de substances différentes. Faraday a constaté que l’électrisation de la vapeur d’eau qui s’échappe d’une chaudière à l’air libre, dépend de la nature des gouttes contenues dans cette vapeur, ainsi que de la substance des parois. Dans la plupart des cas, la vapeur s’électrise positivement, l’électrisation est particulièrement forte quand la veine gazeuse subit de brusques changements de direction. Armstrong a construit sur ce principe une machine électrique.
- De ces intéressants phénomènes on peut sans doute rapprocher également ceux qui produisent, à bord des dirigeables modernes, des décharges d’électricité statique souvent violentes, toujours gênantes. « Wireless AVorld » signale que, sur le R-ol, le glorieux dirigeable qui a réussi la traversée de l’Atlantique aller et retour, l’opérateur de sans fil notamment est fréquemment gêné par de fortes secousses; l’enveloppe du dirigeable, en effet, s’électrise par frottement contre l’atmosphère ambiante et se recouvre d’une couche d’électricité à un potentiel élevé,.
- L’emploi de l’eau pour faire 9auter les roches. —
- Un journal allemand, le Zeitschrift f-ür Schiesswesen, décrit un dispositif hydraulique pour faire sauter les roches, et en particulier pour démolir les piles de pont et les fondations en béton armé. Il repose sur le principe de la presse hydraulique; d’énormes pressions sont créées à l’intérieur du roc à désagréger et celui-ci éclate. La pression est transmise par un conduit à un cylindre de 85 mm de diamètre dans lequel peuvent se déplacer l’un après l’autre 8 pislons à la façon des tubes d’un télescope. Le cylindre est engagé dans un trou percé électriquement dans la roche à faire sauter; les pistons s’enfoncent successivement dans le trou et font éclater la roche. Le percement des trous (envii’on 2,5 cm de profondeur) prend 15 à 20 minutes, puis en 5 minutes le roc vole en. éclats. Ce dispositif est donné comme ayant fait ses preuves dans des mines et carrières, où l’emploi des explosifs aurait été dangereux. .Nous savons que des méthodes analogues ont été employées en France au cours de la guerre, par exemple, pour le déblaiement rapide des ponts détruits par l’ennemi, mais nous n’en avons pu jusqu’ici trouver la description détaillée.
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- UNE MACHINE A TRACER LES COURBES
- Dans un article consacré au Bathyrhéomètre de M. J. Delage nous avions indiqué le principe du curieux appareil appelé par lord Kelvin le « iule predicter » et qui permet de réaliser mécaniquement les compositions d’un nombre quelconque de fonctions harmoniques. Mais cet instrument dont la principale application est la détermination de la marée d’un lieu, est susceptible d’autres emplois car, légèrement modifié, il trace mathématiquement avec une grande régularité des courbes de natures très diverses. C’est la machine à décrire des courbes due àM. Rigge que nous allons étudier d’après Scientific American.
- Le dispositif mécanique fondamental est représenté figure 1. Au centre d’un cercle gradué, l’axe porte une tige radiale munie d’une coulisse dans laquelle un bouton mobile peut être fixé à différentes distances du centre Quand l’axe tourne, ce bouton décrit un cercle et, comme il est d’autre part engagé dans une seconde coulisse solidaire d’un châssis rectangulaire que guident 4 roulettes glissant sur deux traverses fixées au bâti de l’appareil, il transmet à ce châssis un mouvement rectiligne alternatif. On a donc ainsi réalisé la transformation classique « bielle-manivelle » d’un mouvement circulaire uniforme en un mouvement rectiligne alternatif.
- Le châssis rectangulaire porte une large poulie sur laquelle passe une corde, attachée à l’une de ses extrémités tandis que l’autre actionne un équipage muni d’une plume traçante. Celle-ci sera donc », animée d’un mouvement alternatif et son déplacement, par rapport à sa portion moyenne, sera représenté par l’expression mathématique 2 a sin 6, a étant le rayon du cercle décrit par le bouton et G l’angle de la tige tournante avec l’horizontale. C'est un mouvement harmonique simple.
- La figure 2 montre la vue d’ensemble de la machine qui se compose de 5 éléments identiques, l’un d’eux n’étant pas utilisé actuellement. La figure 3 permet de se rendre compte du mode de fixation de la corde motrice sur l’équipage de la plume traçante. On remarquera le contrepoids qui
- a pour but d’assurer la tension de la corde. On peut, avec 3 éléments, réaliser pour la plume 6 combinaisons possibles de commande . 11 n’y a d’ailleurs aucune limite au nombre des éléments ajoutés en série et Y United States Coast and Geo-detic Survey possède une machine tide predicter à 36 groupes.
- Pour arriver à tracer les courbes, il faut évidemment que le papier soit lui aussi en mouvement, ce qui peut être réalisé de trois façons différentes, donnant lieu, comme nous allons le voir, à une grande vari< té de courbes : il peut être en effet ou déplacé, soit parallèlement à lui-même avec une vitesse uniforme, soit circulairement dans son plan, ou animé enfin d’un mouvement à vitesse variable, périodique en relation avec la période du mouvement commandant la plume. Ce sont quelques-unes des courbes résultantes que nous allons examiner maintenant.
- Nous ne dirons rien des courbes simples sinusoïdales correspondant à l’équation générale y = m sin nx qu’il est très facile d’obtenir mécaniquement, à l’aide d’un seul élément de la machine, en faisant varier simplement la longueur du bras tournant et le nombre des dents, les engrenages actionnant d’une part l’axe de rotation et commandant d’autre part le déplacement du rouleau inscrip-teur. Un moteur électrique 'actionne l’appareil et on conçoit facilement que si son axe entraîne la feuille de papier par l’intermédiaire d’une roue à n dents et que la courbe résultante soit y— a sin x, en montant une roue dentée portant 2n dents,
- la courbe tracée sera seulement y — a sin ~
- L’intérêt augmente lorsqu’on combine plusieurs mouvements harmoniques, en utilisant pour chacun d’eux un élément de la machine.
- Prenons comme exemple deux mouvements sinusoïdaux de même amplitude maxima(1), mais dont les rapports d’engrenage sont 8 et 9, c’est-
- 1. Si v = a sin mx est l’équation d’un mouvement vibra-
- . 2u
- Loire, l’amplitude.maxima est a et la période —
- Fig. i. — Vue d'un élément de la machine à tracer] les courbes.
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- UNE MACHINE A TRACER LES COURBES 197
- à-dire que l’un des axes fait 8 tours pendant que l’autre en fait 9 : la courbe résultante est représentée figure 4. Elle représente graphiquement le phénomène des battements en acoustique et montre nettement les points d’amplitude maxi-ma et d’amplitude nulle. C’est ce qui se passe en particulier lorsque les notes do et ré sont émises simultanément.
- La figure 5 montre la composition des mouvements 4, 5, 6, 8 qui correspondent en musique à l’accord parfait do-mi-sol-do, les amplitudes maxima étant toujours égales.
- Au lieu de déplacer le papier toujours dans le même sens d’un mouvement uniforme, on peut lui communiquer un mouvement alternatif. Pour cela il suffît de réunir son support à une corde commandée par un des éléments de la machine. Nous reproduirons ainsi graphiquement les courbes classiques dites courbes de Lissajous que l’on réalise, en optique, par un dispositif comprenant 2 miroirs montés sur deux diapasons vibrant dans des directions rectangulaires. Un rayon lumineux frappe le premier miroir vibrant, est réfléchi vers le second miroir et tombe ensuite sur un écran. On sait que suivant la différence de phase des deux mouve-
- ments (i), la courbe résultante est une droite, une
- 1. Si deux mouvements vibratoires ont pour expression y. = a sin nx et l’autre y — bsm{nx — c), on appelle l’angle c la différence de phase. C’est le « décalage » d’un des mouvements par rapport à l’autre.
- ellipse ou un cercle. Si le rapport des roues dentées de commande est de 2 à 1, c’est-à-dire si la plume se déplace deux fois de haut en bas par exemple contre une fois de droite à gauche, les
- 2. — Machine disposée pour tracer des sinusoïdes.
- tracés obtenus sont analogues à ceux de la figure 6 et qui correspondent à des différences de phases 1° de 0°, 2° de 45°, 5° de 90°.
- En prenant pour rapport d’engrenages 2 à 3 et en faisant varier les différences de phase de 0 jusqu’à 180° par valeurs successives de 10 en 10 degrés, nous obtiendrons la série de courbes reproduites sur la figure 7 et leur superposition donnera l’ensemble représenté par le graphique extrême de la figure 7.
- Quel que soit l’intérêt des courbes ainsi dessinées mécaniquement et dont le nombre, on le conçoit facilement, est infini, il n’approche pas de celui présenté par les courbes polaires que le même appareil permet de tracer. Pour cette application, le support de papier est remplacé par un disque que l’on aperçoit sur les figures 2 et 3, et qui est actionné par un engrenage lui communiquant une vitesse variable à volonté. Somme toute, on remplace la coordonnée rectiligne suivant l’axe des x par une coordonnée circulaire. Dans ces conditions si on démultiplie par exemple la rotation des disques à l’aide d’un engrenage à nombre de dents considérable, de façon qu’un tour du papier corresponde à 8 périodes du mouvement sinu-
- Fig. 3. — Machine disposée pour tracer des courbes rectangulaires.
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- 198 ..... UNE MACHINE A TRACER LES COURBES
- soïdal, une sinusoïde simple donnera l’étoile à 8 branches représentée sur la figure 8 a. En diminuant le rayon du cercle sur lequel se produit l'inscrip-
- On conçoit facilement combien, en modifiant le rapport des périodes de rotation du disque et d’oscillation de la plume, on peut obtenir de
- Fig. 4. — Exemple de composition de 2 mouvements vibratoires suivant la même direction mettant en évidence le phénomène des battements.
- Fig. 5. — Composition de 3 mouvements vibratoires constituant l'accord parlait.
- tion, c’est-à-dire en faisant coïncider le centre de rotation avec le point moyen de la sinusoïde, nousobtiendrons la rosace intérieure de la fi gur e 8. En
- diminuant encore le rayon du cercle lui donnant, pourrait-on dire, une valeur négative de façon que la plume dépasse le centre dans sa position moyenne et trace un lobe du côté
- courbes diAèrent e s toutes plus curieuses les unes que les autres.
- A titre d’exemples , nous re-produisons figure 9 une série de courbes obtenues- non plus en prenant le rapport 8:1, mais le rapport 2815 et en faisant varier, par la plume restant fixe, la position du centre du disque portant la feuille de papier.
- Fig. 6. — Composition de 2 mouvements vibratoires rectangulaires dont l’un a une période double de l’autre, les différences de phases ayant pour valeur o, 45 et 9o°
- opposé, on obtient une rosace à 16 branches. Si on augmente la distance du point moyen au centre, on arrive à la série de courbes encore toutes différentes.
- Ce n’est pas tout, conservant le même mode de déplacement de l’organe enregistreur, nous pouvons animer la plume non plus d’un mouvement harmonique simple, mais d’un mouvement composé
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- LA FABRICATION DU CHLORE
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- plus compliqué en la faisant commander par 2 éléments de l’appareil. C’est ainsi que certaines courbes delà figure 9 ont été obtenues en utilisant le rapport 1 : 2 pour les composantes du mouvement de la plume, la différence de phase variant de 0 à 90°, et le disque ayant une période de rotation égale à la
- bureaux de dessinateurs et d’ingénieurs de nombreux services. On a, en effet, de plus en plus tendance, pour les services techniques des grandes usines, à faire effectuer les opérations de calcul qui se présentent un grand nombre de fois chaque jour non par des calculateurs, mais par des machines
- Fig. 8. — Étoiles et rosaces obtenues en prenant le rapport 8ii.
- Fig. g. — Quelques exemples de courbes polaires complexes.
- période du plus lent des deux mouvements ou au double de cette période.
- On voit donc que la machine construite par M. Rigge est d’une grande souplesse d’application ainsi que d’une variété de combinaisons absolument remarquable. C’est un appareil intéressant non seulement à titre de curiosité graphique, mais encore parce qu’il est capable de rendre dans des
- spécialement adaptées. Nous aurons l’occasion de revenir sur les instruments mathématiques, intégrateurs, machines à résoudre les équations, etc., malheureusement peu connus en France. Parmi eux l’appareil de M. Rigge, par sa simplicité et sa précision, est bien supérieur aux dispositifs similaires, ceux à pendule en particulier.
- H. VoLTA.
- LA FABRICATION DU CHLORE, GAZ DE GUERRE
- Chacun sait aujourd’hui ce qu’est le chlore, ce gaz verdâtre, irritant et toxique, lourd, asphyxiant, autrefois confiné dans les usines de produits chimiques, d’où les Allemands l’ont fait sortir pour l’amener sur les champs de bataille, dans l’arsenal infernal de leur « matériel chimique de guerre ».
- La nécessité de se défendre a obligé les Alliés à se servir des mêmes armes, à faire surgir de leur sol de nombreuses et puissantes usines, équipées à la moderne, destinées à produire le terrible gaz et les composés non moins dangereux dans lesquels il entre.
- Avant la guerre, en France, on fabriquait encore le chlore à partir du bioxyde de manganèse ou des sels de cuivre, procédés archaïques de faible rendement, tandis que les Allemands employaient déjà la préparation par électrolyse qui leur avait donné le monopole de l’exportation du chlore pur.
- Aujourd’hui, la France possède des usines plus que suffisantes à ses besoins. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, l’ennemi, par sa
- menace de mort, nous a réveillés de notre léthargie, il nous a poussés à mettre rapidement en valeur nos ressources, notre splendide domaine hydroélectrique dans ce cas-ci, et dès à présent nous sommes en mesure de le concurrencer efficacement et avec avantage.
- L’effort de fabrication du chlore a été considérable, à partir de la première attaque allemande par gaz asphyxiants en avril 1915. Le Dauphiné, les Alpes ont vu se multiplier les installations.
- Notre production est telle que nous devons même chercher de nouveaux débouchés industriels pour le chlore que nous sommes en mesure de produire. Maintenant que le danger est passé, nous pouvons parler de ces créations de la guerre.
- Nous prendrons comme exemple une usine qu’il nous a été donné de visiter, celle construite à Baus-Roux, dans les Alpes-Maritimes, par la Société des Établissements Antoine Chiris. Nous décrirons l’installation de cette Compagnie dont on trouvera la répétition en de nombreux points du sud-est.
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- 200 ... : LA FABRICATION DU CHLORE
- Fig. i. — Compression en liquéfaction du chlore.
- L’installation d’une usine électrolylique de chlore impose la solution simultanée et raisonnée d’un certain nombre de problèmes accessoires d’une importance considérable.
- Ce n’est pas tout que de libérer le chlore d’une de ses combinaisons. Que deviendra ce gaz dont les propriétés sont énergiques, au point qu’il lui suffit d’un bref contact avec les matériaux les plus divers, pour les détériorer à jamais? Il faut le canaliser dans des conduites inattaquables, le comprimer, l’emmagasiner dans des récipients appropriés ; ou bien, le faire entrer dans une combinaison instable « labile » dont le transport et la manipulation facile, permettront à tout moment de le libérer
- sous de faibles influences; on installera des ateliers de chlorure de chaux, dont la marche élastique et souple régularisera la fabrication en absorbant la surproduction de gaz consécutive à un arrêt temporaire de consommation.
- A côté du chlore, deux autres sous-produits interviennent, qu’il ne peut être question de négliger : la soude, la soude caustique électrolytique, du plus grand intérêt parce que remarquablement pure, produite suivant la réaction ;
- Na Cl Na H-CK, Na+-H20->Na0H-f-H^
- L’écriture même de l’équation met en évidence
- Fig. 2. — Chambres à chlorure de chaux.
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- LA FABRICATION DU CHLORE
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- le troisième corps intéressant, dont on ne pouvait a priori prévoir l’apparition ; je veux parler de l’hydrogène, le vieux et classique gaz héroïque, qu’une chanson fait fabriquer « dans un tube de porcelaine » ; celte fois il se dégage d’un pôle électrique dans un état de pureté remarquable, comme la plupart des produits électrolytiques.
- Cette absence très particulière de corps étrangers dans l’électrolyse est intimement liée à la nature même de la réaction, la théorie des potentiels de décharge s’opposant à la mise en liberté de produits secondaires pour lesquels la différence de potentiel indispensable aux bornes, en relation avec la nature des électrodes, ne correspond plus au voltage effectivement présenté.
- Il faudra concentrer la soude, la fondre, l’emballer; il faudra comprimer l’hydrogène ou l’utiliser sur place ; l’usine à chlore comporte là des annexes importantes, imprévues du profane téméraire tenté de se laisser captiver par l’apparente simplicité du problème; on fait du chlore en dirigeant un courant électrique dans une solution de sel
- Le schéma de l’usine est représenté au tableau de la page 205 :
- Joignez à l’usine ainsi schématisée, les ateliers accessoires indispensables à l’entretien d’un matériel important , altéré fréquemment par les réactions
- Fig. 4. — Fusion de la soude caustique.
- Fig. 5. — Le triple effet.
- Fig. 3. — Salle d'èlectrolyse.
- "" BJS* _
- mêmes qu’irl met en œuvre et la puissance de corrosion des agents qu’il libère; les magasins et entrepôts divers de matières correspondant au traitement de plusieurs dizaines de tonnes par jour, et le personnel, techniciens, ouvriers et spécialistes indispensables à une industrie ressortissant à la fois de la chimie et de l’électricité, vous aurez une idée de l’importance de l'immobilisation que représentent ces quelques mots : une usine à chlore.
- Dans le parcours des ateliers, ce qui retient tout d’abord l’attention est le hall d’èlectrolyse.
- Au travers d’une grande salle aérée s’alignent côte à côte des files de grandes cuves en ciment, à demi encastrées dans le sol, mesurant chacune A m. de long sur 2 de large et 2 de haut; soit individuellement des piscines respectables de 16 m. cubes.
- Dans ces auges remplies de saumure, plongent les électrodes ; la constitution des pièces polaires a longtemps arrêté le développement de la fabrication de la soude électrolytique : anodes et cathodes i. rongeaient, s’altéraient, c’était un perpétuel recommencement, au détriment du rendement et de la production. La patience des chercheurs a eu raison de la mauvaise volonté de la matière; les ateliers marchent aujourd’hui sans à-coups, ainsi que l’ont prouvé les 80 t. de chlore que le matériel chimique de guerre livrait quotidiennement à l’armement.
- L’anode est habituellement constituée par des prismes en charbon aggloméré spécial, coiffés d’une calotte en terre réfractaire où se rassemble le chlore ;
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- les prismes s<>nt alignés au centre de la cuve, et encadrés de part et d’autre par des séries de tubes formés d’armatures en fer entourées de toiles métalliques et d’amiante, cette seconde série de pièces formant, cathode. Les têtes des fers sont elles-mêmes serties dans une chape en fonte représentant une cloche réceptrice pour l’hydrogène. Les deux gaz, ain-d séparés, sont conduits séparément dans de grands collecteurs, celui du,chlore étant toujours en plomb, tandis que la saumure transformée en S'-ude caustique dduée est évacuée par des siphons en verre vers les conduites qui la mèneront à la concentration.
- Des réseaux de barres aériennes avec connexions conduisent le courant et sont agencées de telle sorte que la différence de potentiel dans chaque cuve demeure constante ; l’effet Joule se charge de maintenir la température du bain au degré voulu.
- Suivons les trois corps ainsi séparés : hydrogène, chlore et soude caustique.
- L’hydrogène est comprimé dans des cylindres, sous une pression considérable, et livré tel quel pour les usages du chalumeau ou de l’aéronautique ; il n’y a rien là de particulier et les machines à haute pression sont du domaine public depuis l’industrialisation des grands froids et de l’air liquide.
- Le maniement du chlore exige plus de précautions, soit qu’on l’utilise sous forme de chlore liquide, soit qu’on le transforme en chlorure de chaux.
- La mise en bouteilles s’effectue dans un atelier spécial, dit « atelier de compression du chlore ». 11 n’en va plus en effet de ce gaz comme de l’hydrogène : sec, il n’attaque pas les métaux usuels : fer, acier, etc.; mais la moindre trace d’humidité le convertit aussitôt en acide chlorhydrique, auquel rien ne re.»ist.e. Un point capital dans l’atelier de compression con.-iste donc dans une dessiccation préalable et très complète du gaz.
- A cet effet, le chlore traverse d’abord une série de tours en poteries, à garnissage intérieur en grès, arrosées d’aride sulfurique concentré. L’acide, introduit à 66°, est remonté aussi longtemps que son titre demeure supérieur à 55°, après quoi il est éliminé et remplacé par de l’acide neuf. Le gaz sec est ensuite aspiré par un compresseur en acier, à double effet ; un premier temps l’amène à 5 kg, pression que le second temps fait passer à 10 atmosphères; le ttaz, refroidi, se liquéfie et se rassemble sous forme d’un fluide vert jaune réfringent, assez dense, que des robinets à pointeau agencés à cet effet conduisent dans les bouteilles ou cylindres où on l’emmagasine par charges atteignant 800 ou 900 kilogrammes.
- Le point le plus curieux de l’atelier consiste dans le graissage des compresseurs : on ne peut songer aux huiles minérales, pas plus qu’aux huiles végétales, immédiatement attaquées et détruites; on graisse... à l’acide sulfurique concentré tout simplement! Cet acide, comme le chlore lui-même, n’attaque pas le métal à l’état anhydre : une pompe appropriée l’injecte, entre le piston et l’enveloppe : on assure ainsi une lubrification parfaite en évitant toute corrosion.
- Le complément de l’installation de compression est l’atelier de chlorure de chaux, régulateur de la première.
- Nous donnons ci-joint une vue des grandes chambres closes où l’excédent de gaz circule sur des couches minces de chaux éteinte qui l’absorbent progressivement et se transforment en poudre blanche odorante qu’on vend dans le commerce sous le nom commun et inexact de « chlore ».
- Quant à la soude, des trois produits de la réaction, c’est celui qui, pour sa transformation en marchandise industrielle, exige l’appareillage et les installations secondaires les plus coûteuses et les plus complexes.
- La soude électrolytique brute représente une saumure à 18 pour 100 de sel non altéré, et 10 pour 100 d’alcali produit (18° à 20° Baumé).
- Pour la rendre utilisable, il faut la débarrasser du sel et l’amener à une concentration suffisante pour que l’acheteur ne paye pas des frais de transport exagérés du fait d’une marchandise pauvre contenant un énorme pourcentage d’eau.
- On y arrive par une concentration rationnelle, réalisant l’évaporation maxima pour la dépense minima de combustible au moyen d’appareils introduits dans l’industrie par M. Kestner et appelés « multiples effets ».
- Ils sont basés sur un principe dès longtemps connu des physiciens : un liquide bout dans le vide à une température d’autant plus basse que le vide est plus parfait.
- Prenons comme exemple l’installation du triple effet réalisée à Baus-Roux par les Établissements Antoine Chiris.
- Chauffe-t-on la lessive vers 100° à pression libre? Elle commence à s’évaporer. Les vapeurs et les liquides passent alors dans un second cylindre, puis dans un troisième, dans lesquels des pompes produisent et maintiennent un vide de plus en plus accentué : la chaleur dégagée par la condensation des vapeurs de première évaporation dans le faisceau tubulaire du second appareil suffit, dans le vide relatif où elle vient d’être transportée, à provoquer une nouvelle ébullition de la lessive; les
- Fig. 6.
- Un type de cellule èlectro-lylique pour la fabrication du chlore.
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- nouvelles vapeurs, condensées dans le faisceau tubulaire du troisième dans lequel un vide plus élevé est maintenu, y provoquent une nouvelle distillation après passage dans un finisseur ; finalement la lessive sort à un degré de concentration élevé à 45° Baume environ, provoqué, en quatre stades successifs par les seules calories amenées dans le premier effet : une quantité de vapeur donnée provoque l’évaporation d’un poids d’eau trois fois plus grand : on a réalisé, sur une évaporation ordinaire à pression libre, une éi onomie des deux tiers dans la consommation de combustible et distillé 40 à 50 m3 pour une consommation de 5 tonnes de charbon.
- Le sel, insoluble dans une lessive concentrée,
- 203
- Son seul concurrent sérieux se rencontre dans l’évaporateur Prache et Bouillon à compression de vapeur, qu’il peut être intéressant de lui adjoindre ou de lui substituer lorsque la force est à bon marché et la calorie rare et chère.
- Telle est, dans ses grandes lignes, la description d’une usine électrolytique de chlore, procédé de fabrication dont l’élégance et la simplicité auront raison, si ce n’est déjà fait accompli, de ses concurrents archaïques, dans le pays aux magnifiques ressources hydro-électriques qu’est la France.
- La production mondiale de chlore exigée par la guerre est au moins le quintuple de ce qu’elle était auparavant. La France est aujourd’hui un puissant producteur.
- Schéma de l'électrolyse du sel marin.
- Chlorure
- de sodium->J Électrolys
- Na Ci
- p Hydrogène gaz
- / H
- Chlore gaz Cl
- Soude caustique liquide brut -A Na 011-faq
- Compression
- Tubes d’hydrogcne ^ Ballons
- Compression
- comprime Chlore liquide comprimé
- Sl Chalumeau s* Stérilisation Blanchiment
- Fabrications chimiques diverses Produits chimiques
- Ateliers de chlorure de chaux
- Triple effet (Concentration)
- Chlorure de chauxDésinfection en poudre Blanchiment
- Soude caustique 45“
- •Savonnerie
- Fusion de la soude
- c , yr Savonnerie
- Soude caustique . .
- v vj Produits cln-
- ->-sohde, en cylindre—>-
- Na0H ^EtcTeU’.
- Le tableau ci-dessus fait ressortir les divers produits obtenus par èlectrolyse du sel marin, les phases successives de leur fabrication et leurs emplois pratiques.
- cristallise et rentre en fabrication; la lessive, amenée au degré voulu, est emmagasinée en tourie et livrée, ou évaporée à sec à feu nu dans de grandes bassines en fonte, d’où on la coule dans des cylindres en tôle ; elle s’y prend par refroidissement en une masse solide cristalline constituant la soude caustique en cylindres.
- Dans l’usine de Baus-Roux, la concentration est ainsi poussée en trois stades, et l’installation s’appelle un « triple effet ». Dans d’autres cas, on opère en quatre, cinq ou même six étapes successives, et la dépense en combustible se réduit au quart, au cinquième ou au sixième de celle qui serait nécessaire à pression libre; mais la complication de l’installation croît en proportion.
- Le travail par multiples effets a trouvé des applications avantageuses en dehors des usines à soude, dans les différentes branches ou l’on a quotidiennement un grand volume d’eau à évaporer, par exemple dans les sucreries.
- Que va-t-on faire de toutes ces usines admirablement montées dont le coût d’installation fut considérable?
- Pour le moment, elles subissent une crise et beaucoup sont arrêtées, mais les produits qu’elles préparent ont une telle importance, ils sont à la base de tant de fabrications, qu’il faut espérer qu’elles rouvriront bientôt? Elles fourniront à l’industrie chimique une série de corps purs : chlore, acide chlorhydrique, chlorure de chaux, eau de Javel, soude, dont les emplois déjà nombreux ne peuvent manquer de se multiplier.
- Le développement du blanchiment des tissus, la stérilisation des eaux par le chlore gazeux appliquée déjà par diverses villes, ainsi que l’industrialisation éventuelle de procédés à l’étude sur la décoloration immédiate de la pâte à papier, permettront sans doute de maintenir en activité la plus grande partie des belles usines dont la guerre nous a dotés. A. Koeiiler.
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- Fig. i. — Coupe transversale et coupe radiale d’un chêne. A droite, bois sec ; A gauche, bois vert.
- POUR RECONNAITRE LES BOIS SECS
- L’usage considérable qui a été fait pendant la guerre des diverses essences de bois dont on pouvait disposer, a eu pour conséquence d’épuiser rapidement les stocks de bois vieux et secs constitués depuis plusieurs années. Les bois verts sont, on le sait, généralement inutilisables pour la confection des appareils et des machines, parce qu’ils se « voilent » et « jouent » en séchant, produisant des déformations.
- Il a donc fallu se préoccuper de trouver des procédés industriels permettant de transformer très rapidement et par des moyens aussi simples que possible des bois verts en bois secs. On y a pourvu par plusieurs moyens.
- En même temps, il fallait apprendre à distinguer les bois secs des bois verts et de ceux vieillis artificiellement. Cette étude était indispensable pour contrôler les fabrications et éviter les malfaçons, dont les conséquences pouvaient être graves, par exemple quand il s’agit des hélices d’aéroplane qui doivent offrir une forme nettement définie et un coefficient élevé de résistance et de sécurité.
- Le Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers, dirigé par le commandant Cel-lerier, dépendant de la Mission d’Essais de la Direction des Inventions, a effectué cette recherche. Il vient d’en publier les résultats en une brochure j1) dont nons croyons utile de parler ici, car cette question de contrôle des bois reste d’actualité, en ce moment où les besoins industriels sont considérables, les importations de bois étrangers ou coloniaux tou-
- 1. Etude sur la différenciation des bois verts et des bois vieux ou artificiellement vieillis, par J. Soulier et R. Frey, sous la direction du chef d’escadron F. Cellerier. 1 brochure in-4, 13 p., 16 pl. Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers. Direction des Inventions du Ministère de l’Armement et des Fabrications de guerre.
- jours difficiles et les bois secs indigènes de plus en plus rares.
- MM. Soulier et Frey, chargés de cette étude, ont examiné six bois communs de nos pays : le frêne, le sapin, le peuplier, le hêtre, le chêne et Forme.
- Four chacun, ils ont pratiqué des coupes transversales, radiales et tangentielles de 1/20 à 1 /25e de millimètre d’épaisseur. Les très fins copeaux ainsi obtenus étaient conservés dans un mélange à parties égales d’eau, d’alcool et de glycérine additionné d’un petit cristal de thymol. On les éclaircissait au besoin par trempage dans le chloral-lacto-phénol.
- Frêne. — La disposition des éléments reste la même dans le bois vert et le bois sec, mais si l’on traite une coupe par une solution d’iode, le bois vert se tache de petites ponctuations bleu violet, surtout à la limite des couches de croissance d'automne, tandis que le bois sec ne se colore pas. La différence de coloration est visible à l’œil nu, rendant l’examen très facile et rapide (fig. 1). Cette coloration est due aux grains d’amidon, abondants dans les cellules ponctuées qui entourent les vaisseaux, lesquels disparaissent pendant le séchage.
- Sapin. — La réaction de l’amidon ne lui est pas applicable. En coupe transversale, les cellules d’automne sont hexagonales dans le bois vert; dans le bois sec, elles sont rectangulaires et leur cavité est beaucoup plus grande. Kn outre, la coloration des coupes radiales par le bleu de toluidine acétique, montre dans le bois vert l’intérieur des canaux médullaires tacheté de points bleus violacé, tandis que dans le bois sec, ils sont uniformément roses. Même sans coloration, les canaux médullaires apparaissent remplis de gouttelettes d’huile essentielle dans le bois vert, gouttelettes qui n’existent plus dans le bois sec. Enfin, les résines traitées par
- Fig. 2. — Coupe transversale d’un sapin. A gauche, bois vert ; à droite, bois sec.
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- LA PREPARATION DE L’YOGHOURT
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- l’acétate de cuivre acétique, prennent dans le bois Chêne. — La différenciation se fait comme pour vert une magnifique teinte vert émeraude, tandis le hêtre par la solution de Lugol ; l’amidon abonde
- Fig. 3. — Coupe transversale d’un peuplier, A gauche, bois vert ; à droite, bois sec.
- Fig. 4. — Coupe transversale d’un hêtre. A gauche, bois vert: à droite, bois sec.
- que dans le bois sec, elles se teintent en jaune à peine verdâtre (fig. 2).
- Peuplier. — Les coupes radiales montrent les canaux médullaires, parsemés de gouttelettes ou d’amas de substances huileuses, jaunâtres dans le bois vert, vides dans le bois sec.
- On peut différencier ces taches d’huile par diverses colorations, soit en les teintant électivement par le Soudan, l’alkanine ou l’écarlate, colorants des graisses, soit au contraire en teintant le lond seul par l’azo-bleu alcalin (fig, 5).
- Hêtre. — C’est à la recherche de l’amidon qu’on doit s’adresser. On fait bouillir
- les coupes pendant quelques secondes, puis on les traite par la 'solution de Lugol (iodo-iodurée), pendant un quart d’heure environ. Les canaux médullaires du bois vert se colorent intensément en bleu, le bois sec reste brun jaune (fig. 4).
- Fig. 5. — Coupe tangentielle d’un chêne. Bois vert coloré au perchlorure de fer.
- dans le bois vert et manque dans le sec. On peut aussi traiter les coupes par le perchlorure de fer qui colore en noir le tanin; la teinte est beaucoup plus intense avec le bois vert qu’avec le sec.
- Orme. — La solution de Lugol pratiquée sur l’aubier donne les mêmes réactions que précédemment. En outre, les coupes conservées dans l’alcool absolu et traitées par la liqueur de Fehling montrent, si elles proviennent de bois vert, de très nombreux cristaux d’oxydule de cuivre qui sont au contraire rares et gros avec le bois sec. Ces procédés très simples de contrôle permettent de distinguer aisément la qualité des bois proposés pour des constructions ou des fabrications. Ils rendront certainement service à l’industrie en permettant de dépister des fraudes dangereuses ou seulement incommodes. René Merle.
- Fig.
- {coupe radiale). Bois vert traité par la liqueur de^Fehling.
- LA PRÉPARATION DE L’YOGHOURT
- L’usage des laits fermentés a pris, depuis 15 ou 20 ans, une place considérable dans la thérapeutique moderne. A la suite d’expériences de laboratoire, pratiquées surtout par MM. Gilbert et Chassevent, les médecins ont prescrit l’emploi de ces boissons alimentaires dans un grand nombre d’affections où les troubles digestifs jouent le rôle essentiel, ou du moins un rôle
- important. Ils ont en effet constaté que les préparations dérivées du lait par fermentation spécifique, comme le képhir, le koumys ou l’yoghourt, se digèrent beaucoup plus vite que le lait ordinaire; et qu’il y a, du fait de leur administration, un moyen très précieux de combattre la difficulté d’alimenter certains dyspeptiques. Ce sont surtout les malades dont le suc gastrique est
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- ÉRUPTION D’UN VOLCAN DE BOUE A JAVA
- qualitativement insuffisant (ou comme on les appelle, dans le langage médical, les hypopeptiques) qui bénéficient de l’absorption des laits fermentés. Sous l’action des ferments, l’acidité du lait en acide lactique augmente, et cette hyperacidité est compensatrice de l’hypoacidité en acide chlorhydrique du suc gastrique. D’autre part, les substances protéiques du lait, et notamment la caséine, subissent des transformations de consistance et de composition qui équivalent à un début de digestion stomacale. C’est autant de gagné pour un estomac devenu inférieur à sa fonction normale.
- Les laits fermentés sont depuis longtemps utilisés dans l’alimentation courante des peuples de l’Orient. Les Tartares du Caucase soumettent le lait de vache à l’action des grains de képhir, ou millet du prophète, contenant une levure et un bacille dont l’action synergique détermine la réaction souhaitée. Quelques peuplades nomades de l’Asie centrale préparent, avec le lait de jument, le koumys, analogue au képhir, mais obtenu par une technique un peu différente. Enfin, sur le littoral de la Méditerranée orientale, on désigne sous le nom d’yoghourt, un aliment dérivé du lait, formé d’un caillé acide délayé dans du petit-lait, produit par l’action d’une bactérie aujourd’hui identifiée,‘et beaucoup plus répandue qu’on ne l’avait cru au premier abord.
- Parmi ces laits fermentés, le képhir a été le premier utilisé en médecine; et il conserve encore beaucoup de partisans. Depuis quelques années, cependant, l’yoghourt fait au képhir une sérieuse concurrence. Il se recommande aux estomacs délicats par sa très faible teneur en alcool, et, à la suite de l’identification de l’agent microbien qui le produit, on est arrivé à le préparer très facilement.
- La bactérie de l’yoghourt est un bâtonnet de 6 à 8 dixièmes de millimètre de long, sur 1 ou 2 dixièmes de millimètre de large. On a cru tout d’abord que cette bactérie n’existait que dans le caillé avec lequel les riverains de la Méditerranée orientale obtenaient leur aliment favori. Des recherches récentes ont démontré que c’est un microorganisme banal ; on le retrouve dans le lait, dans la salive, dans certains aliments d’emploi courant, et on le cultive, à l’état de culture pure, sur le lait caillé et sur le malt. C’est cette circonstance qui facilite la préparation de l’yoghourt au fur et à mesure des besoins de la consommation. Il convient d’ajouter que la culture de la bactérie de l’yoghourt sur le lait caillé est très tenace, et conserve pendant longtemps une activité suffisante.
- Les populations auxquelles nous devons l’emploi de l’yoghourt utilisent à sa fabrication le lait de plusieurs animaux : ils se servent, suivant leurs disponibilités, de lait de vache, de chèvre ou de bufflonne. Les produc-
- teurs de ces différents laits possèdent des caillés d’yoghourt qu’ils ajoutent, en proportions convenables, soit au lait entier, soit plus souvent au petit-lait, après la préparation du beurre. L’aliment obtenu est une boisson gazeuse, un peu épaisse, acidulée et légèrement alcoolique.
- La saveur, trop aigrelette au goût de quelques-uns, est parfois corrigée par l’adjonction d’une petite quantité de sirop de fruits qui la sucre et qui la parfume.
- Mais il s’agit là d’une boisson facilement altérable, et qui ne peut être transportée. Le rôle de l’industrie moderne, dans l’Europe occidentale, a consisté à obtenir des cultures actives et pures de bactéries d’yoghourt, et à soumettre, à l’action des ferments sélectionnés, des laits aseptiques.
- Le premier point a été facile à réaliser depuis qu’on a isolé l’agent microbien spécifique et qu’on s’est convaincu de sa grande diffusion. Il n’est plus nécessaire aujourd’hui de faire appel aux caillés des peuples qui ont été les premiers consommateurs de l’yoghourt, et la possibilité de cultiver les ferments sur d’autres substances que le lait peut même permettre de réaliser des produits générateurs d’yoghourt moins susceptibles d’altérations que les caillés primitifs.
- Quant à la stérilisation du lait, elle n’a rien de spécial à la préparation de l’yoghourt : elle est obtenue par les procédés les plus ordinaires, soit qu’il s’agisse de lait entier, soit qu’il s’agisse de lait débarrassé de sa crème, et donnant naissance à un produit analogue au képhir maigre.
- Il va sans dire que, même dans ces conditions, l’yoghourt ne doit être préparé qu’au fur et à mesure des besoins, et s’il devient transportable, c’est seulement à de courtes distances. Encore faut-il s’assurer, pour ce transport, de récipients solides, soigneusement stérilisés et hermétiquement clos. De même que pour le képhir, le goût aigrelet, qui déplaît à certaines personnes, principalement au début de l’emploi, peut être coupé par l’addition de sucre en poudre, d’eau de Seltz ou de sirop de fruits.
- La faveur sans cesse grandissante que les laits fermentés trouvent auprès des malades et des convalescents, à cause de leur facile digestibilité, provoque d’ailleurs d’incessants perfectionnements dans la technique industrielle spéciale dont leur fabrication est le but, et le public n’ignore pas que nous ne sommes plus tributaires, pour la préparation du képhir ou de l’yoghourt, des peuples orientaux qui nous en ont dévoilé l’usage, sans en soupçonner, d’une façon bien précise au moins, l’intérêt médical. Les noms, d’allure un peu étrange, qui les désignent encore, sont l’unique élément qui rappelle leur origine exotique.
- Fraxcis Maure.
- ÉRUPTION D’UN VOLCAN DE BOUE A JAVA
- il fut un temps où l’on eût traité de grande catastrophe une éruption volcanique entraînant la mort de 7000 êtres humains. Sommes-nous devenus moins sensibles? Cinq années de guerre sanglante nous ont-elles blasés sur l’horreur des
- hécatombes? C’est tout juste si notre presse quotidienne a consacré une brève dépêche à l’éruption du Kloet, qui a dévasté un immense territoire dans le sud de Java, engloutissant sous ses torrents de boue la ville de Blitar et de nombreux villages.
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- ERUPTION D'UN VOLCAN DE BOUE A JAVA
- Fig. i. — Courants de boue sortant du cratère du Kloet.
- Fig. 2. — Une vue du cratère du Kloet après l’éruption.
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- ÉRUPTION D’UN VOLCAN DE BOUE A JAVA
- Java, justement surnommée le Jardin de l’Orient, doit une bonne partie de sa fertilité aux cendres des vingt-deux volcans échelonnés sur presque toute sa longueur. Jusqu’au 20 mai de cette année, les Javanais considéraient sans terreur leurs réveils périodiques,ujui n’avaient jamais tourné encore à la catastrdfÉé. L’éruption la plus néfaste depuis des siècles avait été celle de 1901, quand ce même Kloet avait enseveli sons ses boues et ses cendres 400 indigènes.
- Dans la nuit du 20 mai, trois explosions presque
- morts dûment constatées, mais que l’on suppose que le nombre des personnes disparues dans cet épouvantable cataclysme dépassera 10 000. Celui des fugitifs recueillis sur la côte fut de 50 000.
- Bien que peu nombreux, les volcans de boue sont répandus dans les deux hémisphères, notamment en Sicile, en Crimée, dans la région de la Caspienne, en Amérique méridionale, en Tasmanie. On sait qu’ils émettent, au lieu de lave, de l’argile calcaire, connue sous le nom de marne. D’après les admirables études deM. l’ingénieur Henri Lenicque
- Fig. 3. — Deux jours après Véruption une mission explore le cratère du Kloet.
- simultanées annonçaient son réveil. Par trois ouvertures, le cratère vomissait aussitôt d’énormes quantités de boue chaude qui dévalaient en torrents sur les pentes abruptes de la montagne, surprenant les villageois dans leur sommeil, et coupant la retraite aux fuyards.
- La formidable avalanche se prolongea durant toute la journée du 21 mai, noyant sous ses flots visqueux les nombreuses plantations de riz, de calé et de caoutchouc qui rendaient ce district particulièrement prospère. Dans la même journée, une épaisse pluie de cendres s’abattait à cinquante lieues à la ronde.
- La lettre de notre confrère, M. J. Koning, du Soerabaiasch Handelsblad, qui nous apporte ces détails, précise que le chiffre de 7000 est celui des
- sur la « Théorie chimique de la formation de la Terre et des roches terrestres «, ces volcans devaient être plus nombreux, aux âges primitifs, et d’un débit infiniment supérieur à celui de l’éruption du Kloet, qui paraît avoir comblé instantanément de ses éjections semi-liquides plusieurs vallées longues de dizaines de kilomètres.
- Ces volcans de boue actuels sont, si l’on peut dire, les proches parents des volcans calciques décrits par M. Lenicque, et qui, actionnés et alimentés par des réactions chimiques, déversèrent dans les dépressions de l’écorce terrestre de véritables fleuves de chaux pâteuse, donnant naissance à ces bancs de calcaire dont les couches superposées recouvrent des pays entiers.
- V. Forbin;
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Pleuras, 9. à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2375.
- 4 OCTOBRE 1919.
- DÉS CORPS CHIMIQUES QUI ONT L’ASPECT DE TISSUS VIVANTS
- LA SOLIDIFICATION CELLULAIRE
- Nous avons déjà dans La Nature indiqué un certain nombre de phénomènes naturels des plus intéressants à étudier et qui ne nécessitent, pour ceux qui veulent les reproduire et en suivre l’évolution, qu’un matériel extrêmement rudimentaire et à la portée de toutes les bourses, même en ces temps de vie trop chère. Citons l’étude des lames d’huile étendues sur l’eau, qui nous permet d’atteindre les grandeurs mêmes des molécules, la fluorescence, grâce à laquelle il semble possible de pénétrer le mécanisme de certaines réactions chimiques, les bulles de savon qui ont fourni à Vernon Boys le thème de remarquables expériences, etc.
- Nous voudrions aujourd’hui résumer les recherches de M. Dau-zère, sur les phénomènes accompagnant la solidification de certains corps. Les expériences que nous indiquerons, faciles à réaliser, par la régularité et la variété des phénomènes qu’elles reproduisent ne manqueront pas d’intéresser vivement tous nos lecteurs.
- La structure cellulaire. dont le type est fourni par les alvéoles d’une ruche d’abeilles, n’est pas une propriété exclusive des êtres vivants. Dans un grand nombre de phénomènes dont la matière inanimée est le siège, on voit apparaître, souvent de façon inattendue, les cellules plus ou moins régulières, presque toujours d’allure hexagonale, et certains savants ont même
- prétendu que tous les corps solides, même les métaux, à une étape de leur formation possèdent la structure cellulaire.
- Nous citerons simplement les recherches si curieuses de Hartmann sur les déformations des solides-sous l’influence des actions mécaniques, la théorie cellulaire des propriétés de l'acier) de Osmond et Werth, d’après laquelle l’élément constitutif d’un bloc d’acier est une cellule polyédrique formée d’un noyau de fer pur (ferrite) entouré par une enveloppe de carbure du fer (cémentite), ces cellules se groupant pour former des cellules complexes ou cristallites ; les expériences de Cartaud qui ont montré que dans la solidification de certains métaux (plomb, étain, zinc, cadmium) coulés sur une plaque de verre, la structure cellulaire finale se rapproche beaucoup plus encore de celle des tissus organisés ; on constate au microscope l’existence d’un réseau cellulaire dont les mailles ont des dimensions de quelques centièmes de millimètre, les contours des cellules étant en creux et les noyaux en relief; enfin les expériences de Gunicke sur les cellules d’écume d’une grande perfection qui se forment, par barbotage de l’air, à la surface des liquides. Toutes ces expériences tendent à faire admettre l’existence d’un stade pré-cristallin ou état amorphe intermédiaire entre l’état liquide et l’état cristallisé.
- Fig. i. — Cinématographie de la solidification de la cire d’abeille.
- La solidification progresse de gauche à droite.
- • 47' Année. — 2' Semestre.
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- LA SOLIDIFICATION CELLULAIRE
- Quand un liquide chaud se refroidit dans un vase abandonné à lui-même, on sait qu’il se produit des courants de convection calorifique entre l’intérieur de la masse et la surface par laquelle le liquide se refroidit. Si on met le liquide chaud dans une cuvette métallique très large et peu profonde, dont le fond rigoureusement plan et horizontal est protégé ainsi que les parois latérales par un revêtement, mauvais conducteur de la chaleur,
- Fig. 2. — Formation des tourbillons dans une masse liquide de cire chauffée de haut en bas.
- Le liquide chaud monte par l’axe et le liquide froid'redes-cend le long des parois de la cellule. La surface libre forme en sa partie centrale une cuvette; le contour est hexagonal et forme une sorte de crête dont les points culminants sont les sommets des hexagones.
- Fig. 5.— Comment apparaît un milieu à division cellulaire examiné optiquement.
- a, au moyen du faisceau réfléchi.
- b, au moyen du faisceau réfracté.
- d’opérer sur un bain de mercure. Non seulement on est ainsi assuré d’avoir une surface parfaitement horizontale, mais encore la cire peut être facilement détachée après une expérience et en faisant varier la quantité de mercure, tout en versant toujours la même quantité de cire (de façon à former une couche de 1 à 2 mm d’épaisseur), on modifie à volonté la vitesse de refroidissement.
- On éclaire la nappe en expérience par un fais-
- Fig. 3. — Coupe verticale d’une cellule quelques instants après l'arrêt de la solidification.
- On y voit 3 parties bien distinctes, présentant des opacités indiquées par des hachures plus ou moins serrées ; la région complètement solidifiée entre les parois et la surface d’arrêt, la couche mince transparente qui la touche et rejoint la colonne centrale liquide, enfin la zone intermédiaire en partie solidifiée.
- Fig. 4. — Coupe le long d'une cellule complètement solidifiée, mais qui continue à être chauffée.
- Les reliefs s’accentuent, l’ensemble prend l’aspect d’un cirque lunaire.
- les courants de convection donnent naissance à des tourbillons qui divisent la nappe en cellules prismatiques hexagonales ayant parfois une régularité parfaite. La figure 2 donne la coupe de l’une de cés cellules. Pour réaliser et étudier commodément la solidification des tourbillons cellulaires, M. Dau-zère emploie de la cire blanche d’abeille mélangée de proportions diverses d’acide stéarique ou de paraffine. Pour l’observation, il est avantageux
- Fig. ô: — Dispositif optique pour l'examen des tourbillons cellulaires.
- Un faisceau lumineux S est dirigé obliquement sur la cellule : une partie se réfléchit en I à la surface libre et est recueillie sur le vase dépoli R ; l’autre partie se réfracte dans le liquide, puis se réfléchit à la partie inférieure suivant TI'R' et est recueillie sur le verre dépoli R’.
- ceau de lumière parallèle, légèrement incliné sur la cuve (fig. 6). Une partie T R se réfléchit sur la surface libre de la cire et une autre partie, T P R', se réfléchit sur la nappe de mercure.
- Qn obtient une représentation fidèle de la division cellulaire du liquide en recevant sur une plaque de verre dépolie l’un ou l’autre de ces faisceaux. Le faisceau réfléchi, pour une portion convenable
- Hg. fi. — Formation de tourbillons cellulaires dans une nappe de nitrate de soude.
- Le sens de circulation des tourbillons est inverse de celui que l’on observe dans le cas de la- cire.
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- LA SOLIDIFICATION CELLULAIRE
- de la plaque, montre les foyers ponctuels correspondant aux cuvettes concaves que forment les parties centrales des cellules (iig. 5 a). Dans le faisceau réfracté, on observe au contraire le contour en relief des cellules (iig. 5 6).
- • Après avoir versé la cire sur le mercure chauffé à quelques degrés en dessous de la température de ladre, on laisse le vase, préalablement entouré d’un revêtement mauvais conducteur de la chaleur, se refroidir u-niquement par la surface libre et on éclaire la nappe par des rayons à 45°; si on place l’œil sur la verticale du centre de la cuvette, au-dessus du bain, comme il n’y a pas diffusion, la nappe apparaît complètement obscure quand elle est liquide.
- Mais sitôt que la solidification commence, les premières parcelles qui se solidifient se détachent vivement sur le fond noir formé par le tain de mercure et on peut ainsi suivre tous les stades du refroidissement. La figure 1 représente une série de vues c inématographiques prises dans ces conditions pendant la solidification de la cire blanche d’abeille.
- L’un des phénomènes les plus curieux ainsi mis en évidence est l’existence d’un temps d'arrêt dans la solidification (fig. 5 et 4). Si l’on faisait une coupe à ce moment dans la cire, on obtiendrait une section analogue à celle représentée figure 3, composée de 3 parties : une première, extérieure, en-
- tièrement solidifiée, une seconde, centrale, liquide et une troisième, zone intermédiaire, en partie solidifiée.
- Quand le refroidissement est complet, la division
- cellulaire persiste encore et la coupe a alors l’apparence, figure 4, caractérisée par une colonne axiale qui se creuse à la base en forme d’entonnoir et s’exhausse en monticule plus ou moins prononcé à la surface libre.
- D’ailleurs, suivant la rapidité de la solidification, les app arences peuvent être légèrement modifiées, mais elles présentent toujours les mêmes caractères généraux.
- Ce que nous venons de dire s’applique lorsqu’il s’agit d’une substance amorphe comme la cire d’abeille. Mais si on opère avec un corps peu cristallisable, comme l’acide stéarique, le phénomène est troublé par la cristallisation, mais cependant, comme on le voit sur la figure 10, on reconnaît encore facilement l’existence de la division cellulaire.
- Enfin, pour que les tourbillons puissent se créer dans la masse en refroidissement, il faut que l’épaisseur de la nappe soit supérieure à une certaine épaisseur limite qu’il suffit de quelque^ essais préliminaires pour déterminer.
- M. Dauzère a appliqué la même méthode d’observation à la cristallisation de corps comme l’oxyde de pbényle, le nitrate de soude, etc. Les phéno-
- Fig. 8. — Microphotographie d’une couche mince de nitrate de soude solidifié sur une lame de verre (axe cristallographique oblique à la plaque).
- Fig. Q. — Microphotographie de la même couche de nitrate de soude (axe cristallographique normal à la plaque).
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- L’ÉVOLUTION DU BALLON CAPTIF PENDANT LA GUERRE
- mènes sont alors moins simples, parfois ils sont inverses de ceux que nous avons décrits dans le cas de la cire ; c’est le cas pour le sens de circulation des tourbillons, ainsi que pour le relief de la surface (fi g. 7).
- Mais les apparences cellulaires persistent, montrant dans des cristaux voisins, la différence d’orientation des réseaux cellulaires. Si on examine alors entre 2 nicots les lames ainsi cristallisées sur une plaque de verre par exemple, on observe des variations d’aspects des plus curieux.
- Ainsi, à l’aide d’un matériel extrêmement rudimentaire, en n’utilisant que des produits peu coûteux, on peut, sans aucun apprentissage préalable, reproduire toute une série de phénomènes très curieux, très beaux, qui, bien qu’immédiatement accessibles, ne sont pas très connus.
- Rien n’est intéressant comme l’étude des phéno-
- Fig. io. — La solidification cellulaire de l’acide stéarique impur (bougie du commerce).
- Le fond de la cuvette est creusé d’une rainure circulaire (2/3 grandeur naturelle.)
- mènes journaliers, ils nous révèlent, souvent sous une apparence éminemment artistique, la richesse
- et la variété de la nature. Quoi de plus vulgaire que des bulles de savon, la dissolution du savon dans l’eau ou la solidification d’un morceau de cire et cependant si nos lecteurs veulent bien reproduire les quelques expériences que nous avons indiquées, nous sommespersuadés qu’ils y trouveront matière à de très curieuses observations.
- L’important mémoire que M. Dauzère vient de publier dans les Annales de Physique sur la solidification cellulaire, ne s’appuie que sur des expériences simples faciles à répéter.
- Il n’en est pas moins riche en résultats nouveaux du plus vif intérêt et apporte un intéressant appoint à nos connaissances encore très rudimentaires sur la ^constitution intime des corps.] H. Vigneron.
- L’EVOLUTION DU BALLON CAPTIF PENDANT LA GUERRE
- Le ballon captif constitue un observatoire aérien fixe dont l’utilité militaire est surtout de régler et de corriger les tirs d’artillerie en efficacité' et en direction. Son avantage principal est qu’il permet une liaison directe très facile avec les batteries d’artillerie.
- L’observation en « sphérique captif » est idéale par temps calme. A Belfort au début de la guerre on atteignit « en chandelle » (c’est l’expression consacrée) la hauteur de 1400 m. en ballon normal monté.
- Dès que le vent atteint 7 à 8 m. à la seconde, le ballon sphérique forme une « poche » qui augmente progressivement avec le dégonflement de l’aérostat. Ce dernier tire sur son câble, s’incline dans tous les sens, et devient une « boule » quelconque qui roule sous le vent. La position de l’observateur est alors désastreuse; il est obligé de se cramponner de part et d’autre de la nacelle pour lutter contre le « tangage » et le « roulis ». Tout travail de repérage devient donc impossible dans ces conditions.
- Au début de la campagne on fit tenir les ballons dits de « sièges » jusqu’à 10 m. de vent à la seconde, ce qui était plutôt « héroïque » mais complètement inutile; quant aux ballons dits « normaux » ils pouvaient tenir à la rigueur par un vent très régulier de 8 m. à la seconde... au-dessus leur tenue était lamentable. Et pendant ce temps-là, les « drachens » allemands nous nargua ien t ! C’est alors que voyant le peu de résultats obtenus par les sphériques, et malgré le concours des « trains de cerfs-volants montés » complémentaires du type SaconneyQ) (dont la tenue était trop irrégulière) et qui ne pouvaient assurer un service continu, le Grand État-Major Français pensa à perfectionner le sphérique captif, type désuet et devenu « indésirable ».... On envisagea même un moment de dissoudre les Compagnies d’aérostiers tant on avait peu de confiance dans leurs services !
- 1. Les «trains de cerf-volants montés» Saconney fonctionnèrent jusqu’en 1915. et furent de peu d’utilité.. Ce matériel qui avait une certaine valeur demandait à être perfectionné radicalement.
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- L'ÉVOLUTION DU BALLON CAPTIF PENDANT LA GUERRE 213
- Fig. i.
- En haut, à gauche : Ballon sphérique captif, type normal, système Caquot. (On y voit nettement une poche formée par l’action du vent.)
- En haut, au centre : Manœuvre d’un sphérique captif Caquot en içi5.
- En haut, à droite : Ballon captif allongé orientable par empennage trilobé. Système Caquot.
- Vu par dessous.
- Au milieu :
- Gonflement d’un ballon captif au moyen de l’hydrogène des voitures-tubes.
- . En bas, à gauche :
- Ballon captif allongé, système Caquot, vu bout arrière.
- En bas, à droite :
- Nacelle. d’un sphérique et son observateur.
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- À vrai dire depuis Flëurus et Mayence en 1793 les ballons captifs français terrestres n’avaient eu que peu d’utilité réelle. En 1870 ce furent les ballons libres qui firent des' sorties avantageuses de liaisons, il n’y avait plus alors en France à cette époque aucune trace de la bonne,organisation des aérostiers militaires que Coutelle et Conté avaient fondée sous la première République (2).
- Une seule expérience d’ascension captive fut faite au Mans en décembre 1870 par Albert Tissan-
- CAPTJF PENDANT LA GUERRE ...............-..
- tinue du front des armées modernes et comme l’altitude qu’il pouvait atteindre n’était que de 1000 m. et que son ascension devenait impossible par vents forts, aucun perfectionnement n’avait été pris en considération pour augmenter sa stabilité et par conséquent son utilité.
- D’autre part, le ballon captif circule difficilement sur les routes à cause des obstacles naturels qu’il rencontre tels que : arbres, églises, par exemple : fils télégraphiques, transports de force.
- Système Caquot (2e type).
- A, ballon; B, ballonnet; C, soupape! de sûreté à clapet; D, manche de gonflement ; E. buse du ballonnet; F-F, Orifice faisant communiquer le gouvernail et le ballonnet; G. gouvernail; H,Cheminée par où l’air sort du gouvernail ; I, buse servant à Centrée de l’air dans le gouvernail; J, entonnoir par où 1 air pénètre danslegouvernail ; K,chaîna reliant 'la soupape C au diaphragme du ballonnet; L, aileron; M, anneau de suspen-sion de la nacelle ; N, cercle de \ suspension de la nacelle; 0,pe-
- tit'parachute orienteur; P, parachute pour l’observateur; ^ R, ralingue
- \ por tant les
- cordages d e suspension.
- dier en présence du général Chanzy; mais bien qu’on se rendît compte de la valeur d’un tel observatoire, l’expérience, qui eut lieu par un vent de tempête, fut désastreuse pour le ballon .
- Ce ne fut qu’en 1880 qu’on réorganisa l’aérosta-tion militaire française et qu’on utilisa ensuite les ballons captifs aux grandes manœuvres. Ils firent quelques preuves au Tonkin en 1884, pendant l’expédition de Chine en 1900, et dans la campagne du Maroc en 1909;
- Avant 1914 on envisageait en France que le champ d’observation du ballon captif se restreignait de plus en plus par suite de l’extension con -1. Voir la Navigation aérienne de J. Lecornd.
- De là des controverses stériles qui retardaient la solution pratique de l’observatoire terrestre aérien captif militaire.
- Nous connaissions cependant la valeur du « Drachen » allemand, nous en avions même essayé des modèles! Ceci revient-il à dire qu’il y a eu manque de capacité technique à ce sujet? Établir les responsabilités ne servirait à rien... la Grande Guerre est déjà du Passé... mais puisque nous avons constaté nos fautes il est juste de montrer l’effort considérable que nous avons fait pour les effacer.
- Rappelons donc en quelques mots l’origine du ballon captif dit cerf-volant bien que ce terme
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- n’implique nullement pour ce genre de ballon, le même équilibre qu’un cerf-volant.
- Ce fut en Angleterre et en France vers 1810 qu’on eut l’idée d’associer un cerf-volant à un ballon captif ; mais c’est surtout, en Allemagne au lendemain de 1870, que le Grand État-Major allemand reconnaissant les services des ballons libres du siège de Paris créa l’aérostation militaire allemande. En 1884 le corps d’aérostiers allemands était déjà constitué, en 1893 il atteignait l’effectif de 4 officiers et 120 hommes. En 1914, il y avait une soixantaine de compagnies d’aérostiers (active et réserve) munies chacune ) d’un « Drachen o d’ascension; d’un « Drachen anémomètre » (1), et du matériel correspondant.
- On a beaucoup parlé du « Drachen » allemand, vulgairement dénommé « saucisse )> par nos poilus. Il fut créé par le- major bavarois « von Par-seval » en 1895.
- L’inventeur n’associait pas un cerf-volant à un ballon, mais créait un appareil participant à la fois du ballon et du cerf-volant.
- C’est ce type de ballon qui nous servit de premier modèle à la fin de 1914.
- Il allait d’ailleurs être bientôt remplacé grâce aux recherches du commandant Caquot qui finit par doter l’Aérostation Française d’un ballon captif vraiment orientable et de bonne tenue dans lèvent, puisque avec le type dit « trilobé » on put réaliser des ascensions avec des vents d’une vitesse de 20 m. à la seconde.
- Le premier type de « saucisse » française étant aujourd’hui hors service et déclassé nous pouvons en donner les caractéristiques générales qui étaient d’ailleurs très intéressantes et originales. Mais donnons d’abord la description du dispositif de ballon sphérique captif sans filet du également à M. le commandant Caquot à qui l’Aérostation Française est encore redevable d’un treuil automobile
- 1, Drachen anémomètre allemand. Voir Aérophile (septembre 1918). Les Cerfs-Volants météorologiques.
- d’ascension à deux moteurs offrant l’avantage d’une mise en marche de la voiture pendant la descente du ballon.
- Ballon sphérique type normal sans filet système Caquot.
- (.Essayé avant le « drachen »).
- L'avantage principal de ce système était la suppression du filet et par conséquent le gain du poids de ce filet dans l’ascension.
- Critiques. — La pression exercée directement
- sur l’enveloppe • constamment en
- tirage (les suspentes étant fixées après une ralingue fquiré-tranglait le ballon) occasionnait une perte de gaz énorme à la moindre condensation et surtout quand on ramenait le ballon à terre sous un vent persistant. Une poche énorme se formait, accentuée par la traction créée par l’enroulement du câble si on ramenait le ballon au sol. Avec ce système on eut en juin 1915 des tractions allant jusqu’à 650 et 700 kg sur le câble de rétenüe du ballon et cela avec un angle en dessous de 35°. Or, on sait que tout observatoire aérien captif pratique, doit donner avec l'horizontale un angle minimum de 45°. L’usure était plus grande qu’avec le ballon ordinaire, car les ralingues se trouvaient tirées à l’arrachement, surtout la ralingue des anneaux recevant les sacs de lest placée 0 m. 10 plus haut que celles des suspentes.
- Lorsque pour une cause quelconque, après l’avoir renfloué, il fallait le recamper on devait chasser le trop-plein d’hydrogène pour l’asseoir à la hauteur des sacs.
- Ballon cerf-volant allongé d'ascension (ier type). Aérostation française (fin 1914-milieu de 1916).
- Le balion proprement dit comporte un cylindre allongé A terminé par 2 hémisphères H, É, lon-
- Fi%. 3. — La manœuvre d’un ballon captif du système Caquot (en içi5).
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- L’EVOLUTION DU BALLON CAPTIF PENDANT LA GUERRE
- gueur : 24 m. 16, diamètre : 6 m. 84, volume : 800 mètres.
- Un ballonnet B est placé à l’arrière et son rôle est de conserver à l’aérostat une forme extérieure invariable sous le vent. Le vent pénètre dans le ballonnet et sort par les 2 orifices E qui font communiquer le ballonnet et le gouvernail.
- Le ballonnet est constitué par une portion du volume cylindro-sphérique du ballon limité d’une part à l’enveloppe extérieure et d’autre part à un diaphragme en étoffe imperméable. »
- Le gouvernail G donne une orientation parallèle au lit du vent. Il est formé d’un b ourrelet piîeumatique à Barrière du ballon. L’air pénètre par un entonnoir d’étoffe J et par une buse I. Il sort par une cheminée supérieure H. Le ballonnet et le gouvernail communiquent par 2 orifices F-F. Le ballonnet est fixé au ballon par des coutures et haubanné par une série de régime de pattes d’oie.
- Une soupape C à clapet est disposée à l’avant du ballon. Elle évite une trop grande pression.
- Le clapet est réuni par une chaîne R (inextensible) à 5 points d’attache sur le diaphragme du ballonnet. Si le volume du gaz dans le ballon croît, l’air s’échappe du ballonnet dans le gouvernail et la longueur de la commande de cette soupape est réglée pour que le clapet se soulève avant que le ballonnet soit entièrement vide.
- Toute surpression est ainsi évitée.
- Les petits parachutes O facilitent l’orientation du ballon dans le lit du vent. Une série de ces organes, jouant le rôle de queue de cerf-volant, est fixée à l’arrière du ballon. Les parachutes sont enfilés sur une corde attachée aux câbles de suspension, ils comportent plusieurs éléments réunis bout à bout par boucles et cabillots.
- Ailerons. — Sur les côtés à l’arrière du ballon à hauteur des ralingues se trouvent les ailerons L. Ce sont des rectangles d’étoffe allongés, réunis suivant un de leurs grands côtés le long du ballon et qui peuvent se manœuvrer depuis la nacelle.
- Les ailerons contribuent à accroître la poussée verticale du vent et augmentent par suite la force ascensionnelle dynamique de l’appareil.
- Commande de déchirure. — Une commande de déchirure en tresse rouge descend à la nacelle, elle permet d’arracher suivant le dispositif usuel un panneau de déchirure transversal situé vers le milieu du ballon. Par précaution, un dispositif de sécurité (pince et anneau) greffé près des bouchons des commandes de soupapes et de déchirure, oblige un effort franc de 15 kg environ pour actionner les organes correspondants.
- Parachutes de sûreté. — Tout ballon est muni de parachutes, système Juchmès, un de chaque côté de la nacelle pour les 2 observateurs. La gaine qui contient le parachute est de forme tronconique et cerclée de bois. Le parachute plié soigneusement se détend automatiquement à la chute de l’observateur qui est relié à la gaine par un harna-/’ . ' ' chement spécial.
- Les parachutes d’aérostation en soie ne pèsent que 5 à 7 kg et font de 90 à 100 m2 de surface, ils sont du type classique de Garnerin à calotte sphérique (bol renversé). Les derniers perfectionnements qui leur ont été apportés dans la dernière année de la guerre, permettaient, 1° des descentes plus ou moins rapides par changement de surface, à l’observateur qui pouvait être attaqué par un avion ennemi; 2° ils lui évitaient le traînage à l’atterrissage en lui permettant de se débarrasser rapidement de son harnachement; 5° enfin un dernier système permettait de déclencher la nacelle et les 2 observateurs avec le parachute.
- Emploi. — Au delà d’une vitesse de vent de 16 m. par seconde, l’emploi de ce ballon cerf-volant n’était pas prudent. Ce vent limite correspondait à celui pour lequel le treuil « ramenait » difficilement le ballon (traction maximum du câble, 800 kg environ).
- Pour les vents compris entre 10 m. et 15 m., il pouvait être avantageux de mettre en queue 8 parachutes en série.
- Fig. 4 — Vue d'ensemble d’un ballon captif au départ d’une ascension.
- Fig. 5. — Les Ballons captifs d’instruction au Dépôt du jer Groupe d’Aérostàtion (Saint-Cyr, içiô). — Ballon captif allongé (iee type) et sphérique de siège.
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- Chargement normal de la nacelle, 170 kg (2 observateurs, lest et instruments parachutes).
- Poids du ballon et de ses agrès (charges fixes : 450 kg environ).
- Le matériel des Compagnies d’aérostation pendant la guerre.
- Les premières Compagnies d’Aérostation opérèrent les six premiers mois de la guerre (quelques-unes même durant toute la première année) avec des ballons « de siège » (750 m3j et des ballons « normaux »
- (540 m5).
- Les treuils employés étaient (sauî pour deux compagnies qui utilisaient les treuils automobiles des anciennes sections de cerfs-volants) des anciens treuils à vapeur munis de câbles de 12 mm en 10 torons et faisant 1000 m. de longueur.
- Il y avait comme matériel
- d’aérostiers était à ce moment-là de 60 à 70 hommes.
- Enfin, une voiture touriste ou une moto figurait dans presque toutes les compagnies.
- A la tin de l’année 1914, le « draohen » commença à se substituer au ballon sphérique dans beaucoup de compagnies. Les deux compagnies automobiles complétèrent leur matériel roulant au début de 1915, savoir : 4 ou 5 camions affectés au
- Fig. 7. — Réparation d’un ballon captif allongé atteint par les projectiles ennemis.
- (Photo prise le 18 décembre 1916 dans la Carrière d’Éclusier (Somme).
- accessoire : une voiture dite « fourgon » qu’on utilisait pour les franchissements; une voiture photographique, des voitures à tubes, et parfois quelques camions automobiles.
- Le matériel des deux compagnies automobiles qui existaient dès le début de la campagne comprenait : un treuil, une remorque à cerfs-volants, un camion aux agrès, trois camions à tubes, un camion de ravitaillement. Une de ces deux compagnies avait à sa disposition pour le transport des hommes plusieurs autobus. L’effectif d’une compagnie
- Fig. 6.
- Treuil automobile pour ballon captif (système S.).
- transport des hommes de la Compagnie, 1 camionnette téléphonique, 1 camionnette de ravitaillement, en plus du matériel déjà existant. L’effectif à ce moment fut sensiblement augmenté. Dans le cours de 1915, toutes les Compagnies furent définitivement dotées de deux drachens chacune, le 2e étant compris comme ballon de réserve. D’ailleurs le matériel devint plus important dans toutes les Compagnies au cours de 1915, en, raison des nécessités de la guerre dont les méthodes meurtrières faisaient d’énormes progrès. Il existait entre autres un grand nombre d’agrès de rechange. Chaque Compagnie reçut aussi un instrument de contrôle des tractions du ballon, dit « tensiomètre » à l’usage des câbles d’ascensions. Les piquets d’ancrage pour le campement des ballons furent changés et firent place aux piquets tire-bouchons de beaucoup supérieurs a tout ce qui avait été fait auparavant.
- Au mois d’août 1915, un matériel roulant cons-
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- L’EVOLUTION DU BALLON CAPTIF PENDANT LA GUERRE
- truit spécialement pour l’aérostation de campagne et dit « de combat » servit à créer dix nouvelles Compagnies automobiles, comprenant matériel, ballon et matériel cerf-volant. Il se forma également des Compagnies automobiles utilisant de simples camions. Les treuils à vapeur disparaissaiem peu à peu pour faire place aux treuils autos (types Caquot et Sarconney) fabriqués en grand nombre.
- D’autres Compagnies dites « Compagnies mixtes » furent constituées au complet pour l’adjonction d’un matériel automobile à leur matériel hippomobile déjà existant. L’effectif des Compagnies fut porté à ce moment à 140 et 150 hommes, gradés compris.
- A la fin de 1915, après de multiples expériences, le parachute d’observateur fut adopté et, au commencement de 1916, toutes les Compagnies avaient leur parachute. On leur en attribua même deux dès que l’intensité de la fabrication le permit, de façon à constituer une rechange avec le deuxième, ou, le cas échéant, à pouvoir monter deux observateurs à la fois.
- Dans le deuxième semestre de 1916 les dra-chens disparurent définitivement pour faire place aux « ballons captifs allongés (l) ». Plusieurs types furent essayés pendant les deux dernières années de guerre : 1° ballon à une nacelle (Ballon M.); 2° ballon-à deux nacelles (Ballon M2); 3° ballon à suspension fixe avec diaphragme aux trois quarts inférieurs avant, au lieu des trois quarts inférieurs arrière et soupape à l’avant ou sur le côté comme dans les premiers modèles (Ballon R).
- Le ballon M2 était déjà en usage dans les Compagnies au commencement de 1917.
- Le ballon R fut mis en usage plus tard, vers fin 1917. Au commencement de 1918, on mit à l’essai un nouveau parachute dit : « parachute de nacelle » et qui fut dans le cours de la même année appliqué dans chaque Compagnie. En 1918, une Compagnie d’aérostiers disposait donc de trois parachutes (un de nacelle, et deux individuels).
- Enfin, au milieu de l’année 1917, toutes les Compagnies furent dotées d’un second treuil automobile et vers la fin de la même année, on adopta un tracteur dit « tender » qui fut en usage dans presque toute l’aérostation en 1918. D’autre part, dans cette dernière année de guerre, les chevaux des Compagnies d’aérostiers sur le « front » disparurent pour faire place à un matériel roulant complet automobile (2).
- 1. Ces types de ballons captifs ont le môme principe que le « drachen », mais ils en diffèrent essentiellement par leur corps fusiforme et non cylindrique et par un empennage trilobé, gouvernails gonflés pneumatiquement par le vent. — Les Allemands s’empressèrent d’ailleurs de les copier.
- 2, Nous ne parlons pas ici des Sections de D. C. A. (défense contre aéronefs) constituées avec de petites saucisses et des treuils électriques, et qui commençaient à être en très grand nombre vers la lin de Î9I8.
- Armement, appareils et documents de nacelle. — Au début de là guerre, l’armement d'une nacelle se composait d’une carabine Lebel, accompagnée d’un ou de plusieurs chargeurs de 25 balles. Les instruments consistaient en une ou plusieurs jumelles et d’un altimètre quelconque. Les documents se résumaient en cartes à grande échelle et quelquefois des photos.
- Dans les dernières années de guerre, la nacelle était armée d’une carabine à répétition Winchester; on y affecta même plutôt théoriquement une petite mitrailleuse Lewis. Parmi les appareils de précision figuraient : 3 et 4 jumelles à fort grossissement, un baromètre altimétrique, un baromètre enregistreur, un anémomètre à main, un anémomètre électrique, une boussole, un rapporteur. Les documents se composaient de plans directeurs, cartes à granles échelles, et de photographies nombreuses du format 18 X 24.
- Effets des tirs d’artillerie sur les ballons captifs.
- Pour terminer cet exposé d’ensemble des progrès de l’aérostation française, disons quelques mots sur l’action des tirs d’artillerie sur les ballons.
- On sait que la détermination très importante de la longueur de l’appendice (manche du ballon) est subordonnée à la vitesse d’écoulement du gaz ; c’est elle qui permet encore de calculer la dimension des soupapes.
- La vitesse d’écoulement de l’hydrogène pour iin ballon de 10 m. muni d’un appendice de 2 m. de long, est de 14 m. 52 à la seconde à la partie inférieure du ballon et de 34 m. 30 à la partie supérieure où la pression est d’ailleurs 6 fois plus forte. Ces chiffres montrent que les perforations accidentelles, telles que balles ou éclats d’obus n’étaient pas aussi redoutables qu’on a pu se l'imaginer. Bien des fois, le seul ennemi réel pour le ballon pouvait être l’obus à balles ou « schrapnel », encore fallait-il un concours précis de circonstances plutôt rares pour que l’aérostat fut réellement en péril.
- Un orifice produit par une simple balle ne fait perdre (dans les plus mauvaises conditions) que 20 kg dè force ascensionnelle, au bout d’une heure à un ballon de 10 m. de diamètre. Une déchirure de 1 m2 par un éclat d’obus n’alourdit l’aérostat que de 33 kg par minute et permet d’atterrir sans danger. C’est ce qui se passa ainsi pour l’aérostation jusqu’au moment où parurent les balles incendiaires, qui obligèrent de part et d’autre à doter de parachutes les observateurs.
- Si la guerre avait continué, il n’y a aucun doute que l’hélium, gaz ininflammable et assez léger que les Américains commençaient à produire en certaines quantités, n’eût remplacé avantageusement l’hydrogène pour le gonflement des ballons captifs.
- L.-P. Frantzen.
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- UN GRAND DANGER POUR L’AGRICULTURE FRANÇAISE
- LE MANQUE D’ENGRAIS PHOSPHATÉS
- Pour la plupart des céréales nos récoltes seront nettement déficitaires, et l’année 1919 marquera probablement parmi celles dont les cultivateurs de la Touraine, de la Beauce et de la Brie, garderont un triste souvenir. Tel département n’y donnera que les deux tiers de la dernière production — c’est le cas de l’Eure-et-Loir, avec 1 600 000 quintaux de blé contre 2 300 000 en 1918 — tel autre qu’on classait ayec raison dans les gros fournisseurs s’inscrira comme « acheteur » de grains, et c’est ainsi que le Loir-et-Cher devra « importer » 100 000 quintaux pour nourrir ses propres habitants.
- Au total, on nous annonce, pour le seul froment, un déficit voisin de 4000 tonnes, et certaines circulaires adressées aux préfets donnent, paraît-il, à penser, que peut-être sera rétablie la carte de pain, qui limitera notre consommation. L’avoine, l’orge et le seigle ont atteint des prix si élevés que dans nombre d’exploitations, le bétail est nourri avec du blé ou du pain. Deux faits s’unissent donc pour aggraver une situation qu’ont créée, d’une part, le manque de machines et de main-d’œuvre exercée, d’autre part, l’appauvrissement du sol, que la diminution du cheptel et la cherté du nitrate chilien ont privé de fumures azotées, en même temps que notre industrie des superphosphates n’a disposé, durant ces trois dernières années, que du tiers des matières premières, nécessaires à sa clientèle du temps de paix .
- C’est sur ce,dernier point que nous allons insister, car un terrible danger menace notre production
- l’élément essentiel, tant aux céréales qu’aux plantes sucrées, aux tubercules et aux légumineuses de nos prairies. Et nous saisissons l’occasion qui nous est
- Azote
- ( A'/hr.a te ue sovtfç su// c/'ammonisque, cyanamic/e)
- psos
- {phosphates
- et
- superphosphates)
- Be/gique 66*V
- Hollande ; 57^5
- «i Angleterre: 23 *p4 A!te magne : 20^7/
- France . /3?38
- ________i Belgique : 26 fj!
- i ! Hollande: JS "HS
- Potasse
- fcamaHite, *Kaïnite, etc.
- _i Angleterre : 6 *"25 Allemagne : 8 y76 France2 **32 ____i Belgique : 3 P 7
- < Hollande: 43 *6
- Angleterre : 3**2
- \ Allemagne: 20**8i
- France / ?3
- Fig. i. — Consommation d'engrais par hectare de terres labourables, pour quelques pays européens.
- offerte, pour montrer une fois encore -— dans la certitude qu’il importe plus que jamais de la combattre — Terreur d’un grand nombre de nos propriétaires terriens; malgré les travaux de Lawes, Buckland, de Beaumont, Georges Ville, Millot, Deherain et Joulie, ils reculent devant la dépense que nécessite l’utilisation méthodique des. engrais chimiques, sans voir le bénéfice futur qu’ils en pourront tirer.
- Nous employons moins d’engrais que nos voi-
- Froment
- Belgique :2S,2 Hollande : 2-4,2 Angleterre : St,s Allemagne -, 23.6
- France -, is.s
- Pommea de terre
- Seiq/e
- Belgique 200
- Hollande: /47,2
- Angleterre': 162,7
- Allemagne : 158,6
- France : SS, 6
- < Belgique -, 22 Hollande : 18,5 Angleterre 18,9 Allemagne : 19,/
- France-, io,8
- Fig. 2. — Rendements à l’hectare en quintaux métriques pour Vannée içi3.
- agricole ; le cri d’alarme a été jeté devant l’Académie d'Agriculture, par le Groupement phosphatier : nos cultivateurs ne pourront, aux semailles prochaines, fournir au sol français, le plus souvent calcaire,
- sins. — La routine, tenace et difficile à combattre, a persisté dans nos campagnes, si bien que, possédant 6 500 000 ha de terres fertiles, à consacrer à la culture du blé, contre 700 000 à l’Angleterre, ^ 160000 à la Belgique, 2 millions à l’Allemagne, notre France ignore les hauts rendements, ce qui lui donne, sur les statistiques mondiales, le 15e rang pour la culture du froment, le 16e pour celle de la pomme de terre. « Dans la période de 1910 à .1914, le rendement moyen à l’hectare est tombé chez nous à 12,9 quintaux; il était de 32,6 au Danemark, 25 en Belgique, 24,5 aux Pays-Bas, 21,3 en Allemagne, 21,1 en Grande-Bretagne^). » Et le cheptel ne nous donne pas une meilleure place : là où la Belgique nourrit 250 bœufs et l’Allemagne 180, nous n’en menons paître que 86. Pour nous en tenir aux
- 1. Annuaire de l’Institut d’Agriculture de Rome, cité par M. Ed. Herriot, dans son beau livre Créer.
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- 220 " ~ UN GRAND DANGER POUR
- seuls pays européens, on ne peut manquer d établir un lien étroit entre les chiffres que résument les fig. 1 et 2 pour en déduire que la consommation des engrais chimiques est un critérium indiscutable de la richesse agricole d’une nation moderne.
- En 1913, le paysan allemand jetait au sol de l’Empire pour 540 millions de francs d’engrais, contre 180 en 1893; au kilométré carré de surface cultivée, il consommait 1200 kg de sels potassiques, contre 200, 80 et 140 aux comptes respectifs de ses collègues anglais, français et américains ; en 1880, il importait 55 000 tonnes de nitrate de soude; en 1910 : 750 000, soit une augmentation de 1263 0/0 ; en 1913 il demandait 1 450 000 t. de phosphates. Mais au tableau général de la richesse allemande que constitue le Rapport officiel dressé en janvier 1913 par la Dresdner Bank, on peut lire :
- Récoltes par Période Période
- hectare. 1881-1885. 19ÜO-1910. Accroissement.
- Froment 1280 kg 2.010 kg 57 pour 100
- Seigle 980 — 1.700 — 73,5 —
- Orge ...... 1290 — 1.960 — 51,9 — .
- Avoine 1090 — 1.970 — 80,7 —
- Pommes de terre . 8440 — 13.620 — 61,4 —
- Foin 2880 — 4.400 — 52,8 —
- Là où l’Allemand cueille 319 kg de tubercules,
- nous n’en trouvons que 261 ; quand il met dans sa grange 19 quintaux de seigle, 22 d’orge et 21 d’avoine il ne nous est possible d’en mettre dans la nôtre respectivement que 10, 13,7 et 13 !
- Le retour à la France des gîtes potassiques de Kali Sainte-Thérèse viendra combler un déficit qui faisait chaque année payer, à nos agriculteurs, une vingtaine de millions aux producteurs prussiens de carnallite et de kaïnite; la mise au point des procédés de synthèse pour la fabrication de l’ammoniac, ainsi que le développement de nos fours à coke avec récupération complète, et de nos usines de cyanamide, sont des faits de la plus haute importance pour l’enrichissement de notre sol, mais leur réalisation ne saurait être immédiate alors que le règlement de la question « phosphates » peut se faire dans un bref délai.
- Quelle est donc l’importance de ces sels? Quatorze éléments fournis, les uns parle sol lui-même, les autres par l’air atmosphérique et la pluie, viennent concourir à la croissance des végétaux. Quatre seulement, pris définitivement par les plantes doivent être restitués à la terre, si on veut lui conserver sa valeur nourricière ; ce sont l’azote, la chaux, la potasse et le phosphore; ce dernier manque le plus souvent. De là l’obligation de l’introduire sous forme soit de phosphate tricalcique naturel, débris d’une vie animale aux époques secondaires, soit de superphosphates, de poudre d’os, ou de scories venues de nos grandes aciéries Thomas ou Martin. Mais qu’il s’agisse d’un minerai, employé tel qu’il sort de son gisement, ou d’un composé obtenu par action sur lui de l’acide sulfurique, le point de départ est toujours un phos-
- L’AGRlCULTURE FRANÇAISE
- phate de chaux, qu’on rencontre parfois cristallisé, suivant M. de Launay, dans des roches ignées basiques ou acides (c’est le cas de l’apatite d’Espagne, de Norvège, du Canada et de la Floride), d’autres fois, à 1 état de sédiment, comme dans le Lot, le Gard, enfin l’Algérie et la Tunisie.
- L’importance du marché des phosphates. — 11 faut remonter à l’année 1886, pour trouver une statistique donnant quelques chiffres d’ensemble. On y voit une production mondiale de 850500 t. ; 450000 sont au compte de la Caroline du Sud, où le minerai titre deô8 à65pour 100 de [P203-|- CaO.] 184 000 viennent de France, 145 000 de Belgique, où la craie phosphatée fait depuis 1878 l’objet d’une exploitation régulière. Trois ans plus tard, le chiffre global est passé à 1375 000 t., nous y figurons pour 550 000. Mais Philippe Thomas a reconnu, près de Gafsa, le niveau des phosphates de l’Afrique du Nord, sa découverte ne sera utilisée pour l’Algérie qu’en 1893, pour la Tunisie qu’en 1899; pendant ce temps les Américains mettent en valeur les gisements de la Floride; en 1894, commence l’exploitation méthodique du Tennessee, si bien, qu’on trouve, au compte France-Algérie-Tunisie : en 1898, 800 000 t. sur 2 400000 de production mondiale; en 1908, 2 108 000 t. sur 5 000 000. Enfin, pour 1913, on peut dresser le bilan que voici :
- Tonnes. Tonnes.
- États-Unis et An- France ’ 500.000
- tilles ..... 5.202.000 Belgique 200.000
- Algérie et Tunisie. 2.465.000 Autres produc-
- Iles du Pacifique. 667.000 teurs 150.000
- soit un total de 6 984 000 t. Et voici les teneurs
- respectives des principaux minerais :
- Pour 100. Pour 100.
- Caroline du Sud . . 58.63- Iles du Pacifique . . 78.85
- Tennessee .... . 78.82 Craie de la Somme. . 35.57
- Floride : Gisements Nord africains :
- a) hard, roche . . 77.82 1) lre catégorie . . 58.65
- b) land pebble . . 68.72 2) 2e catégorie. . . 63 à 68
- Il semblerait à première vue que nous sommes en mauvaise posture vis-à-vis des producteurs américains ; mais rappelons que le phosphate subit un traitement chimique que nous résumerons plus loin et l’agriculture demande en général un produit riche à 14-16 ou à 16-18; or, ce sont les phosphates algériens qui se prêtent le mieux à l’action de l’acide sulfurique.
- Certains agronomes assurent que les excrétions acides des racines suffisent à dissoudre le minerai réduit en farine, ce qui rend son emploi avantageux dans les terres de landes et de bruyères, où l’humus sablo-argileux est pauvre en chaux, ainsi que dans les prairies acides, qu’envahissent facilement les joncs et les carex. Mais l’opinion généralement admise est que pour toutes les plantes à végétation rapide, et c'est le cas des céréales, il y a gros intérêt à transformer le minerai en un mélange de phosphate monocalcique soluble et de sulfate de chaux,
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- UN GRAND DANGER POUR L’AGRICULTURE FRANÇAISE .- 221
- mélange vendu sous le nom de superphosphate, et base d’une industrie française particulièrement florissante, dont la technique se résume ainsi.
- L’industrie des superphosphates. — Des meules verticales, ou mieux des broyeurs à boulets, des tubes Mills ou des moulins à anneau tournant, transforment les nodules ou rognons, en une poudre qu’on tamise, la finesse demandée étant de 80 pour 100 au tamis 110. Le phosphate moulu est transporté par une vis d’Archimède, aux malaxeurs le plus souvent horizontaux, où il subit l’action de l’acide sulfurique à 50-53 Bé, pour donner lieu, au voisinage de 75°, à la réaction classique ( PO4)2 Ca3 + 2 SCF H* = (PO*)* II* Ca -t- 2 SO* Ca. Le superphosphate en bouillie tombe dans des chambres de maçonnerie, les « caves », qui peuvent en contenir de 5 à 20 tonnes. Les progrès de ces dernières années ont surtout porté sur l’extraction mécanique de la masse solidifiée; au piochage à la main, on a substitué les appareils Keller, Milch, Wenk et Bakema ; ils comprennent le plus souvent des défour-neurs analogues à ceux de nos cokeriffs, et des découpeurs mobiles, agissant sur le pain du superphosphate, qu’il faut ensuite sécher avec grand soin. Cette opération a pris une grosse importance depuis l’emploi des semoirs mécaniques qui tendent à remettre en pâte le produit à répandre sur le sol. On utilise simplement un cylindre, horizontal et tournant, que traverse un courant d’air chaud. L’engrais est enfin broyé, tamisé et mis en réserve soit en sacs, soit en silos, où le reprendra, au jour de la vente, une benne drague sous pont roulant.
- Son importance pour notre pays. —Prenons les chiffres correspondant à l’année qui précède la guerre. La France produit 2 000 000 t. ; elle en importe de Belgique 84 000, en vend à l’Espagne et au Portugal 70 000, à la Belgique 50 000, à l’Algérie et à l’Italie 20 000. On doit doncvadmettre que notre propre sol absorbe 1950 000 t., soit d’après les statistiques deM. Max Lambél*t(1),60 kg par hectare de surface cultivée, 85 par hectare de terres labourables. La production mondiale s’élevait à 12 000 000 t,., nous étions le premier pays consommateur d’Europe — pour le chiffre global— et dans le monde, le second derrière les États-Unis.
- En partageant la France en six régions, on trouve :
- Tonnes. Tonnes.
- Région du Nord . . 350.000 Région du Centre. 500.000
- — Nord-Ouest. 150.000 — Sud-Est. . 400.000
- — Ouest . . . 240.000 — Est, Midi et
- Sud-Est . 525.000
- et pour cette seule industrie la consommation d’acide sulfurique s’élevait à 950 000 tonnes.
- Conséquences de la guerre. — Le fret insuffisant n’a pu permettre l’importation des phosphates africains; déjà très appauvris, nos gisements de la _Somme et du Pas-de-Calais étaient sous la domi-
- 1. Rapport présenté à l’A. N. E. E., 23, avenue de Messine, 1917.
- nation allemande, enfin les 4/5e de l’acide livré par nos vitrioleries étaient réservés aux Poudreries de la Défense nationale. Quel fut le résultat? Notre
- à /'état de Sup erphasphate
- minera/
- {[
- /S/J . 273. OOO t.
- au coure de /a guerre : /05. OOO t.
- . à l'e’tat de Superphosphate
- 10
- à/état de / p=a
- phosphate } |
- naturel l a a
- 1313. /e OOO t. au'cours de te guerre: 80001. 13/3: 14.000 t
- au cours de /a guerre ; 2.8001.
- à l'état de scories
- 10/3 : SS. OOO t.
- au cours de fa guerre : 8.4001.
- Fig. 3. — Quantités d’acide phosphorique fournies au sol français pendant une année normale et pendant une année de guerre (moyenne portant sur içi5-i6-i7-i8).
- figure 3 le résume; au lieu de 914 649 t. importées en 1915, nous en avons reçu :
- 325.960 en 1915. 132.884 en 1917.
- 214.469 en 1916. 290.165 en 1918.
- Mais nos Alliés et les Neutres ont su trouver du fret pour transporter la majeure partie des phosphates nécessaires à leur culture. Alors que notre pays recevait :
- En 1914. . 70,5 pour 100 de la quantité importée en 1915
- En 1915. . 35,2 — — —
- En 1916. . 31 — — —
- En 1917. . 14,4 — — —
- En 1918. . 31,5 — — —
- on s’aperçoit que l’Angleterre, l’Italie ont reçu :
- En 1914.. Angleterre. . . . 94,9 Italie. 96,1 Espagne. 81,7
- En 1915. . . . 70,9 86,5 83,5
- En 1916. . . . 60,8 82,7 115,3
- En 1917. ... 52,-2 43,7 49,6
- En 1918. . . . 52,0 54,6 35,9
- et l’Espagne
- 0/o de la quantité importée en 1915.
- La situation actuelle. — Et la situation ne s’est pas améliorée. Les Compagnies phosphatières d’Algérie et de Tunisie donneront cette année ) 400 0001. alors que les Alliés et les Neutres en demanderont 2 500 000. Les accords pris par le ministre de l’Agriculture réservent à la France un contingent de 700 000 t., soit 175 000 par trimestre.
- Or, non seulement la main-d’œuvre indigène se recrute de plus en plus difficilement pour l'extraction du minerai, mais des marchandises telles que les huiles, les dattes, les figues et les vins se sont accumulées dans nos ports algériens, et ces produits paient un taux de fret beaucoup plus élevé que les phosphates. Si bien que nos producteurs d’engrais reçoivent chaque mois 20 000 t. de minerai au lieu des 80 000 qui leur sont nécessaires.
- La répercussion sur notre industrie chimique et la vie chère. — On a dit que le phosphate joue le rôle d’ «,éponge » vis-à-vis du « vitriol ». Or, pour produire 100 kg de super, on emploie 56 kg de nodules et 50 d’acide sulfurique. En 1913, nos usines ont fabriqué 1 200 000 t. de ce dernier produit; développées au cours des hostilités, elles peuvent en
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- 222 LA PLUS PUISSANTE MACHINE A VAPEUR DU MONDE
- livrer aujourd’hui 2 700 000. Comment employer cet excédent, si nous n’arrivons pas à établir l’équilibre entre deux industries si intimement liées? Pas de phosphates, f’pas d’utilisation pour la moitié de l’acide fabriqué en France. C’est là encore une des raisons essentielles, pour activer l’importation de nos ruinerais algériens, que ne sauraient remplacer, ni le superphosphate d’os, venu des fabriques dé colle forte, ni le o précipité », sous-produit de l’industrie de la gélatine, ni les os verts dissous, ni les poudres d’os, ni le noir de raffineries, ni enfin nos scories de déphosphoration. Avant 1914, les aciéries françaises produisaient 650 000 1. de ce dernier engrais; la consommation nationale s’élevait à 420 000 t., or nos usines du Nord et de l’Est ne peuvent préciser la date d’une livraison normale,
- et la Lorraine, redevenue française, n’en fournira que 150 000 tonnes.
- Nous sommes donc en déficit pour 1919,et notre agriculture ne disposera aux semailles prochaines que du tiers de ses besoins. La répercussion sur la vie industrielle et sociale du pays en sera désastreuse.
- Une seule solution est à envisager : au Parlement et aux Pouvoirs publics de considérer « notre » phosphate africain, comme un produit intéressant le ravilaillement national et permettre l’arrivée en France de 80 à 90 000 t. par mois, soit par voie de réquisition des navires nécessaires, soit en supprimant toutes entraves à la liberté d’affrètement.
- Paiu. Baud,
- Lauréat de l’Académie d’Agriculture.
- LA PLUS PUISSANTE MACHINE A VAPEUR DU MONDE
- New York qui possède déjà un grand nombre de merveilles du monde : les plus hautes maisons, les plus grands ponts, etc., possède aujourd’hui également la plus puissante machine à vapeur. C’est une turbine de 60000 kilowatts; elle peut même être poussée. à 70000 kilowatts pendant 2 heures, c’est dire tout près de 100000 chevaux. En 1914, les unités de 30000 kilowatts constituaient des records qu’il semblait .difficile de dépasser ; on juge ainsi des progrès accomplis en moins de 4 ans dans la construction mécanique.
- La machine géante de New York a été construite par la Westinghouse Electric International C°, de Pittsburg, et installée dans la station centrale de l’Interborough Rapid Transit G0, rue n° 74, c’est-à-dire dans l’usine qui alimente en énergie électrique, les chemins de fer métropolitains aériens et souterrains de la grande cité américaine.
- A New York, comme ,dans toutes les grandes villes du monde, la création de nouveaux moyens de transport a eu pour résultat de développer la population et le trafic suivant une progression rapide : les lignes nouvelles créées pour décongestionner les anciennes sont bientôt surchargées à leur tour et insuffisantes. Le public exige une extension continue du réseau des communications.
- On saisit très nettement ce phénomène d’accroissement en comparant ce qu’était la station centrale de la rue n° 74, en l’année 1904 aux débuts du chemin de fer souterrain et ce qu’elle est aujourd’hui. On y trouve en même temps toute l’histoire de la machine à vapeur depuis cette époque.
- En 1904, l’usine possédait 8 belles machines à vapeur à piston, chacune d’une puissance de 7500 chevaux; la puissance totale était donc de 60 000 chevaux. Les machines étaient considérées à cette époque comme des merveilles de mécanique et c’était, en effet, de magnifiques pièces, fort majestueuses, qui ne mesuraient pas moins de
- 22 mètrçs de haut. Quatre d’entre elles subsislcnt aujourd’hui. Dix ans plus tard, ces engins étaient déjà démodés ; la turbine à vapeur avait conquis définitivement sa place dans le domaine industriel ; elle offrait le moyen de réaliser des unités plus puissantes et moins encombrantes que la machine à piston et était devenue la machine idéale pour les stations centrales électriques.
- Aussi lorsqu’en 1914, il fallut augmenter la puissance de l’usine de la 74e Rue, on mit à la ferraille 4 des machines à piston, que l’on remplaça par 3 turbines à vapeur, chacune de 40000 chevaux. Ainsi 120000 chevaux prenaient la plaee de 30 000. La puissance de l’usine était plus que doublée. Cet accroissement apparut bientôt cependant comme insuffisant, et 4 ans plus tard, en 1918, une augmentation de 100000 chevaux fut à nouveau jugée nécessaire.
- Elle fut réalisée audacieusement au moyen d’une seule machine.
- Le visiteur, non prévenu, qui pénètre dans la salle des machines de l’Interborough Rapid Transit C°, est fort probablement déçu lorsqu’on le met en présence de la plus puissante machine du monde. Les dimensions de cet engin herculéen ne sont pas en effet des plus impressionnantes : comme le montre notre photographie figure 1, elles dépassent à peine celles de la turbine voisine de 40 000 chevaux ; les machines à piston de 1904, dont la puissance n’est que de 7500 chevaux, par contre font à côté des turbines l’effet de véritables colosses.
- On touche ainsi du doigt, le grand progrès réalisé par l’avènement de la turbine à vapeur et l’on saisit l’intérêt économique de ces machines qui concentrent une puissance gigantesque dans un encombrement réduit.
- Autre caractéristique frappante de cette usine ultra-moderne, la salle des machines est pour ainsi dire déserte : tout le contrôle des turbines,
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- y compris celle de 100 000 chevaux, est centralisé dans une cabine située à la partie supérieure de la salle des machines. C’est de là, en appuyant sur des clefs électriques, que l’opérateur met en marche ou arrête les turbines suivant les besoins de courant sur les différentes lignes, c’est de là qu’il règle l’émission du courant, et effectue les connexions nécessaires, suivant les circonstances; tout le mouvement de New York est suspendu aux doigts del’électricien qui a la charge dece poste délicat.
- La turbine de 100000 chevaux est e.n outre
- tournent à 1500 tours par minute et chacun d’eux actionne un générateur électrique de 20 000 kilowatts, susceptible d’être poussé à 23 500 kilowatts pendant 2 heures ; à 30 000 kilowatts pendant une demi-heure. Le courant produit est du triphasé à 25 périodes, sous 11000 volts. L’encombrement de la turbine est de 15 m. 60x15 m., sa hauteur de 5 m. 70.
- À la charge qui correspond au rendement optimisme, elle consomme 4 kg 8 de vapeur par kilowatt-heure et 589 gr. de charbon par kilowatt-
- Fig. —La salle des machines de V “ Interborough Rapid Transit C° ”, à New York.
- Au centre, la turbine à vapeur de iooooo chevaux, actionnant 3 alternateurs de 20000 kilowatts. Au fond, une turbine de 40000 chevaux.
- Au premier plan, une des anciennes machines à piston de p5oo chevaux.
- pourvue d’un système régulateur automatique qui pourvoit à la plupart des à-coups qu’il est possible de prévoir. La machine fonctionne donc, on peut le dire, sans mécaniciens.
- Examinons la maintenant un peu plus en détail : c’est une turbine à 3 éléments. L’élément à haute pression reçoit de la vapeur à la pression de 14 kg 40 surchauffée de 50° centigrades; cette vapeur s’échappe dans deux éléments à basse pression (7 kg 4), les deux derniers sont identiques; chacun d’eux reçoit la moitié de la vapeur qui s’échappe de l etage à haute pression ; la vapeur à la .sortie de la turbine vient se condenser dans un condenseur à surface Westinghouse-Leblanc, assurant un vide de 73 cm de mercure. Les 3 éléments
- heure mesuré aux barres-omnibus de l’usine (le chiffre comprend donc toutes les pertes : appareils de chargement, chaudières, turbines, condenseur, alternateur et son excitatrice).
- La consommation totale de vapeur à pleine charge est de 374 670 kg par heure.-
- Ajoutons que cette belle machine a une sœur : une autre unité de même puissance a été installée par la Westinghouse Electrics G0 à l’usine de nitrate de Muscle Shoals (Alabama). La construction de cette machine est identique à celle de New York, seule la vitesse diffère : l’élément haute pression tourne à 1800 tours par minute; les éléments basse pression à 1200 tours.
- R. Yillers.
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- Fig. 2. — Vue de la turbine de iooooo chev. {côté vapeur).
- Fig. 3. — La turbine de iooooo chevaux. Vue du-côté des alternateurs électriques qu’elle entraîne.
- Le Géraitt : lJ. Masson.
- Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, il. à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2376.
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- OCTOBRE 1919
- y'""
- LES FIBRES TEXTILES MISES A L’ESSAI PAR L ES ALLEMANDS PENDANT LA GUERRE
- L’UTILISATION DU TYPHA
- Pendant toute la durée de la guerre, mais surtout lorsque le renforcement du biopus eut empêché les « fuites » qui se produisaient au début, l’Allemagne manqua totalement de matières textiles étrangères comme le coton et le jute, et se trouva réduite aux maigres ressources de son territoire en ce qui concernait les textiles indigènes, comme la soie, la laine, le lin et le chanvre. Sans entrer dans le détail des. statistiques, nous rappellerons , pour montrer à quel degré ses besoins se montaient à cet égard avant les hostilités, qu’elle avait importé en 1913 pour un milliard et demi de marks en matières premières textiles.
- Elle chercha donc à les remplacer, institua à Carls-ruhe un Institut de recherches pour cette spécialité, mais c’est surtout aux matières végétales qu’elle essaya de trouver des succédanés, se ren-dant parfaitement compte que rien ne pouvait couramment remplacer les autres. Notre intention n’est pas ici de dresser l’inventaire de ces1 essais, ee qui nous mènerait trop loin, mais d’indiquer les résultats qu’ont donnés les principaux, en insistant plus particulièrement sur l’utilisation de la plante qui a donné lieu aux expériences les plus nombreuses, parce qu’elle était la plus commune, le typha. :
- I Parmi les plantes fibreuses qui ont attiré l’atten-I tion des Allemands, la première a été Y ortie. On ! avait fondé sur elle de grands espoirs. Plus de I vingt demandes de brevets furent adressées au
- Patemtamt à son sujet, et de puissantes Sociétés, dont l’une à Berlin au capital de 15 millions, furent créées pour son exploitation. On en récolta dans tout l’Empire : il n’y a pas bien longtemps on pouvait encore voir à La Madeleine-lez-Lille, en pays envahi, les débris d’une affiche apposée sur les murs par la Kommandantur et enjoignant à tous les habitants au-dessous de 18 ans de fournir, avant le 1er août 1918, 1 kg de tiges d’ortie par tête. Le prix courant des tiges fut de 14 marks les 100 kg en 1916, marks en 32 en ce qui prouvait que la plante récoltée commençait à se faire rare. On reconnut que la seule espèce utilisable était l’ortie piquante ' (urlica droica). Mais la plante ne rendit pas : on en releva suivant les qualités de 8 à 12 pour 100 d’une fibre très fine de 20 à 62 mm de long, filable sur les métiers à coton; mais comme un hectare dans ces conditions donnait à peine de 175 à 180 kg de matière textile utilisable, il en eût fallu près de 3 millions d’hectares pour remplacer le coton qui manquait. En dépit de
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- Fig. i. — Typha angustifolia. Manette à feuilles étroites. Racines, rhizome et bas de tigre, feuilles, épis mâle et femelle réduits; fleurs mâles (D.E, F), et femelles (A. B, C), fruits (H, I), grains de pollen (G) isolés, très grossis.
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- tous leurs décrets et. mesures de coercition, les Allemands ne purent utiliser la plante que sur une petite échelle.
- Après l’ortie vint le tour du genêt. On sait qu’en France une Société, créée pendant la guerre, exploite cette fibre. Ici les fibres, plus dures et moins fines, ne remplacent pas le coton, mais se mélangent très bien au lin. On installa des usines d’extraction dans l’Eifel où la plante se trouve en grande abondance : tous les genêts de cette région furent réquisitionnés pour la « section de guerre des matières premières » qui en confia la gestion à une « section de guerre de l’utilisation des orties ». Comme le rendement ici ne fut jamais supérieur à celui des orties, les mêmes causes produisirent les mêmes effets et bientôt la matière première fit défaut.
- On s’attaqua encore à la tourbe., dont les fibres s’associent assez bien aux déchets de laine ou à la laine renaissance résultant de l’effilochage des tissus
- anstalt A. G.). Étudions donc le typha dont l’exploitation a fait tant de bruit, et, afin de nous rendre bien compte de ce qu’il est, commençons par le présenter.
- Variétés de la plante et usages actuels. — Le typha, famille des typhacées, est un roseau dont les botanistes ont bien identifié 75 espèces, et qu’on trouve chez nous, partout où l’eau a peu de courant, sur le bord de nos marais, étangs ou rivières. C’est une plante d’une extraordinaire vitalité, résistant même là où l’acidité des eaux fait disparaître dans les marécages la plupart des végétaux voisins. On peut la reproduire soit par semis, soit par division de souche, et la tige souterraine donne naissance à des rhizomes. Mais deux espèces surtout vivent sous nos climats et particulièrement en Provence, les typha latifolia et angustifolia, la première à feuilles larges, la seconde à feuilles étroites. Le pédoncule n’excède guère couramment 1 m. 50 à
- Fig. 2. — Méthode de la “ Jute u. HanJ-Industrie A. G. ” pour extraire les fibres de typha.
- Les tiges introduites entre 2 bandes sans fin dans une chaudière à 140° C. passent dans le laminoir B, et sont séchées entre les rouleaux chauffants C.
- hors d’usage. Les 100 kg de fibres étaient payés 25 marks et vendus à l’Etat par les propriétaires de tourbières qui employaient au travail de la défibration à la main des femmes et des enfants : leurs bénéfices constituèrent le résultat le plus positif de ces essais.
- Nous passons sur une série d’essais faits sur les aiguilles de pin, la laine végétale (griophorum lati-folium), etc.; l’emploi dé ces matières eût nécessité des millions d’hectares pour remplacer les 520000 tonnes de coton, les 155 000 de jute, les 94 000 de lin, les 45 000 de chanvre importés en 1913. Mais nous nous étendrons un peu plus longuement sur l’utilisation du typha, plante fibreuse des plus abondantes dans,tous les marais de la Prusse, du Meckiembourg, du Hanovre et de la Saxe septentrionale, pour laquelle plus de cinquante demandes de brevets furent formulées pendant la durée de la guerre, et dont le monopole d’exploitation fut accordé d’abord à une Société, réquisitionnée ensuite par l’autorité militaire, qui se trouvait à la tête de trois usines : l’une d’extraction à Charlot-tenbourg (Typha Verwertungs Gesellschafl), les deux autres à Weischlitz, pour le blanchiment ^ ( Vogllândische Bleicherei) et l’apprêt Appretur-
- 2 m. de haut, mais on en voit.qui atteignent 3 m., et tous se terminent par un gros épi en forme de poids d’horloge allongé, d’une longueur variable, et parfois s’affilant dans ’é latifoliâ, ce qui en Angleterre lui a fait donner par les paysans le nom de queue de chat (cat tail). L’épi dont nous parlons est formé de petites graines, montées chacune sur un pédoncule de la base duquel part un pinceau de poils fins. Ce roseau est appelé en Allemagne Lieschkolben et Rohrkolben ; il est le même qui en Italie porte le nom de laine d’Énée (lana di Enea) et qu’on rencontre jusqu’au Pérou sous la dénomination de totora.
- Chez nous, le typha est surtout connu sous le nom de massette. J.-B. Gèze, qui a étudié particulièrement les plantes lacustres, nous fait connaître que, dans les marais de Fos (Bouches-du-Rhône) on en distingue trois grandes espèces qui portent toutes des appellations différentes. Il y a les pavies, dont on connaît trois sortes, une blanche, une rousse et une noire, dont la variété blanche est coupée à sec tous les ans, à la faucille, de juin à septembre et dont les feuilles sont triées pour l’empaillage des chaises communes; les boutards, dont il y a également trois sortes et dont les tiges
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- servent dans le pays à garnir les joints des douves des tonneaux ; et le pavel qui sert à faire des engins de pêche (astières, eastelots, etc.) et à relier entre eux comme avec un fil de typha des roseaux que l’on dispose sur les points de passage des poissons pour les arrêter et les prendre. Certains auteurs, auxquels on doit des recherches générales sur les textiles végétaux, Beauverie par exemple, prétendent que les poils de l’épi du typha seraient utilisés comme matériaux de rembourrage et que mélangés avec des poils d’animaux, ils auraient donné un bon tissu feutré emplové dans la fabrication des chapeaux. Il est regrettable que ces vagues indications n’aient pas été complétées par l’indication delà proportion des poids de poils typha entrant dans le mélange; car si en général le drap par exemple, peut se feutrer avec une quantité notable de produits végétaux (le drgp national entre autres renferme 25 pour 100 de déchets de coton et des essais permettent de supposer qu’on pourrait y introduire du jute), la fabrication des chapeaux de feutre n’a pu être faite jusqu’ici qu’avec de la laine ou des poils animaux de différents genres.
- Nous sommes loin dans tout cela de l’emploi du typha pour ses fibres : examinons donc la plante à cet unique point de vue.
- Extraction des fibres textiles du typha. — Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’attention a été attirée sur l’utilisation possible du typha dans l’industrie textile. Le premier qui ait essayé de lancer dans le commerce la fibre extraite de ses tiges est un sieur Dupont, de Nimes. Ses essais, qui se sont continués pendant deux ans, ont eu lieu en 1872, et pour la première fois des fibres de typha brutes et sous forme de cordes et de ficelles ont été exposées à Lyon en 1875. L’emploi pour la corderie seule de ces filaments, dont la désagrégation ne semble pas avoir permis d'arriver à en faire des fils ou de la toile, permet conséquemment de supposer qu’on a dû ne pouvoir en extraire qu’un textile grossier, mais assez résistant. Voici comment Dupont fut amené à apprécier la plante à ce point de vue : « L’Égypte, dit-il, que j’ai habitée quelques années m’offrait un vaste champ d’études. Cinquante lieues carrées produisant la massette et rien que cela, et un sol élastique, sonore, composé d’une quantité de filaments enchevêtrés, et qui n’était résistant que par la combinaison de la boue^des marais avec les filaments! La réflexion m’eut vite démontré que ces fils provenaient de da plante, unique dans ces parages, et, pénétré de cette vérité, je me suis mis immédiatement à l’œuvre, prévoyant qu’un pareil
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- produit serait utile à l’industrie ». Dupont prit plusieurs brevets, aujourd’hui tombés dans le domaine public : leur ensemble se résume dans une dessiccation préalable des tiges suivie d’un rouissage à l’eau de six jours auquel succède une ébullition de douze heures dans le carbonate de soude, suivies d’un broyage et d’un lavage à grande eau. Ce traitement, qui ne présente rien de particulièrement saillant, aurait donné une matière filamenteuse douce, brillante, jaunâtre ou gris de lin,’ mais courte, peu élastique, ligneuse et assez résistante. Les essais de Dupont tombèrent dans un profond oubli; ils ont été repris sous différentes formes par un certain nombre d’expérimentateurs. La méthode la plus originale d’extraction des fibres du typha, brevetée en Allemagne en. 1917, nous parait être celle de la Jute und Hanf Industrie Actien-Gesellschaft, qui consiste en principe à défibrer les tiges après les avoir préalablement ramollies au point de pouvoir se plier sans se briser. Les appareils de traitement successifs consistent d’abord en une chaudière remplie d’eau à 105-140° C. sous ' pression de vapeur, dans laquelle les tiges de typha sont introduites entre deux bandes sans fin conduites sur une série de rouleaux. Celles-ci passent de la sous un laminoir composé de plusieurs groupes de cylindres dont chacun est formé de trois superposés, celui du milieu ne tournant que sous l’impulsion des deux autres pressés contr'e sa surface. La matière, gonflée d’eau, est introduite entre ces cylindres, arrosée violemment à l’eau au moyen de tuyaux à crépines, forcée de continuer sa marche sans adhérer aux rouleaux en raison de racloirs dont ceux-ci sont munis, maintenue à droite et à gauche par des bandes de tôle pour que l’écrasement ait toujours lieu sur la môme largeur. Elle est saisie ensuite par des rouleaux chauffés à la vapeur qui la sèchent, et arrive finalement dans un appareil de battage qui la débarrasse de ses parties ligneuses. Dans ces conditions, le typha, introduit à l’entrée de la chaudière sous forme de roseau sort de cette série d’appareils placés à la suite les uns des autres, à l’état de filament.
- Le typha source de cellulose — A ce propos une question a été posée. On s’est rappelé que les poils de l’épi constituaient, eux aussi, une matière filamenteuse, et on s’est demandé s’ils ne devraient pas être plutôt utilisés par les Allemands que la tige elle-même. Dans une note publiée par un grand journal quotidien, M. le député Bedouce a paru dire, se basant sur un radio deNauenqui fit sensation peu-
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- Fig. 3. — Méthode de Dubrot, pour extraire la cellulose du typha.
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- la guerre,, que nos ennemis retiraient de l’épi des éléments textiles susceptibles de remplacer le colon lui-même. Nous ne pensons pas que l’utilisation du typha puisse être envisagée de cette façon au point de vue textile. La fibre du coton est fortement vrillée, formée de filaments s’accrochant facilement les uns aux autres et faciles à consolider par la torsion ; la structure rigide des poils de l’épi du typha leur permettrait au contraire difficilement de s’adapter à une utilisation ayant un fil pour résultat. Il résulterait toutefois, d’après M. Bedouce, d’essais faits dans un laboratoire offrant toutes garanties, avec du papier filtre et du coton ordinaire comme témoins, que chacun de ces trois produits donnerait la même quantité de cellulose. Cette expérience se place complètement à un autre point de vue que celui de l’extraction d’une fibre utilisable en filature. Nous pensons que la tige seule peut fournir des filaments plus ou moins grossiers propres plutôt à l’industrie de la corderie — ceci est à l’heure actuelle une question de prix de revient — mais rien ne dit que nos ennemis n’aient pu trouver dans les poils et la tige réunis une source très appréciable de bonne cellulose, à un moment où ils ont été obligés de rechercher celle-ci jusque dans le bois pour la fabrication de leurs explosifs. Du reste, le typha a déjà été envisagé depuis longtemps à ce point de vue par divers chercheurs. En 1904, Heurteloup en France a pris toute une série de brevets pour produire avec diverses sortes de roseaux, dont le typha, une pulpe blanchie qui n’est autre que de la cellulose, qu’il nitre par un procédé quelconque et transforme en pyroxyline; Dubrot, en 1908, a inventé un appareil électrolyseur en vue de débarrasser les typhas broyés et désagrégés de toutes les matières étrangères à la cellulose, graisse et
- cire, substances pectiques, etc., qu’ils contiennent Son appareil se compose d’une cuve dont les parois intérieures forment la cathode et d’une anode en matière conductrice et inoxydable, enchâssée dans un support formé d’une matière inactive et isolante, évidé ft sa base de façon à former cloche dans le liquide et servant ainsi de récepteur aux gaz résultant de l’éleetrolyse qui s’échappent par un tuyau. La plante à traiter est mise encore en présence d’un liquide électrolyte et soumise à l’action d’un courant électrique dont le négatif est connecté à la cathode et le positif à l’anode. Quelle que soit la valeur de ces procédés qui montrent que, bien avant les Allemands, le typha a pu être étudié en France comme source, sérieuse de cellulose, nous ne croyons pas qu’il y ait lieu cependant de s’arrêter à l’examen du radio de Nauen dont nous parlions tout à l’heure.
- Les Allemands ont évidemment utilisé le typha pendant la guerre à des usages inattendus. C’est ainsi par exemple que cette matière textile leur a servi de bourrage pour leurs courroies d’usine : ils en remplissaient un tube de fil de coton tricoté, le raplatissaient, assujettissaient le tout par de nombreuses piqûres à la machine à coudre, consolidaient les bords avec des lanières de cuir et obtenaient ainsi des courroies qui pouvaient leur faire un assez long usage. La même matière a été utilisée dans la matelasserie.
- En somme, de tous ces essais de matières textiles, il n’est rien resté, à l’exception de l’utilisation du fil de papier que nous avons déjà étudiée ici même, qui depuis lors a pris une extension considérable et sur laquelle nous aurons peut-être occasion de revenir.
- Alfred Uenquard.
- LA VULCANISATION DU CAOUTCHOUC
- SON ACCÉLÉRATION PAR LES CATALYSEURS ORGANIQUES
- Ce qu’est la vulcanisation. — Les industries qui emploient le caoutchouc manufacturé sont innombrables : les énumérer serait fastidieux.
- Dans l’économie domestique, il en est de même.
- Le caoutchouc brut, quelles que soient ses origines, est tantôt poisseux (pseudo-gommes, gommes africaines de qualité inférieure), tantôt ne présente pas les qualités propres à l’utiliser. Il est sensible aux variations de température, et ne saui’ait être d’aucune utilité, s’il était employé tel quel. Il doit subir la vulcanisation.
- Qu’est-ce que la vulcanisation? Question complexe et sur laquelle des torrents d’encre ont été versés depuis près de 90 ans que Goodyer l’a découverte. Des bibliothèques entières de travaux ont été consacrées à cette question encore obscure. Aussi nous contenterons-nous de dire que, la vulcanisation semble être un processus d’ordre à la fois d’ordre physique et chimique, dans lequel du soufre est « adsorbé » partiellement par le caoutchouc, et fixé partiellement (Q par le polytrène,
- 1. On entend par « adsorption », en chimie physique la propriété qu’ont certains corps d’ën faire gonfler d’autres
- carbure qui est le constituant du caoutchouc. Le caoutchouc quand il est débarrassé de ses impuretés (résines solubles à l’acétone) est un carbure de formule (C10II16)", n étant actuellement indéterminé; ce carbure qui est un composé incomplet peut fixer par voie d’addition du soufre pour donner un corps de formule C10II16S2, contenant 52 pour 100 de soufre et 68 pour 100 de caoutchouc. C’est le maximum de soufre que le caoutchouc puisse fixer. Le corps ainsi obtenu, constitue la base de l’ébonite ou caoutchouc durci, que tous nos lecteurs connaissant, et que l’Allemagne en bonne voisine, nous fournissait obligeamment avant 1914. Puissions-nous ne plus avoir besoin d’elle.
- Mais, le caoutchouc peut fixer beaucoup moins de soufre de (0 à 52 pour 100). Avec 2 ou 5 pour 100 de soufre, on obtient le caoutchouc souple vulcanisé. On peut dire que la fixation minima du soufre, dans le caoutchouc souple correspond à peu près à la formule
- sans qu’il y ait dissolution néanmoins, ni encore moins combinaison exemple : la gomme de cerisier dans 1 l’eau, le caoutchouc vulcanisé dans la benzine.
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- ..:........-...........LA VULCANISATION
- (C10H16)1,°Sa, c’est-à-dire à : C100lll60S2, qui correspond à 3,8 pour 100 de soufre.
- Ce petit aperçu théorique, nécessaire pour la compréhension de tout ce qui va suivre, étant terminé, disons un mot des mélanges de caoutchouc employés dans es divers domaines de l’activité industrielle moderne.
- Comment on traite le caoutchouc brut. — Le caoutchouc hrut, tel qu’il arrive des pays tropicaux, sous les formes les plus diverses et les plus bizarres, suivant les qualités, le mode de coagulation du latex, le mode d’expédition, est « déchiqueté » après réchauffage à l’eau tiède, entre de puissantes machines à cylindres d’acier, susceptibles d’être réchauffés ou refroidis. Ce traitement. le transforme en feuilles minces de 2 à 5 mm, à l’aspect rugueux, semblables de loin à de la toile grossière, et auxquelles on a donné le nom de « crêpes » par suite de la ressemblance avec ce dernier tissu.
- Ces feuilles séchées, soit à l’air libre, soit dans des séchoirs à vide, spéciaux, jusqxi’à absence totale d’humidité, sont « malaxées » dans des appareils appelés « malaxeurs », « pétrisseurs », « loups », etc. Ce sont des appareils, analogues en principe, aux déchiqueteurs décrits ci-dessus.
- Les cylindres possèdent des vitesses différentes (généralement dans le rapport de 2 à I). Les crêpes passenl entre ces cylindres tièdes ; cette douce chaleur, celle en outre développée dans le caoutchouc par le mouvement des cylindres (dont les vitesses différentes ont pour effet de mastiquer le caoutchouc), tous ces facteurs en un mot ont pour effet de rendre la gomme apte à absorber les corps minéraux ajoutés au caoutchouc (charges), le soufre, les couleurs, les adjuvants spéciaux pour chaque fabrication (huiles, factices du caoutchouc, cires, evtc.). On s’aperçoit que la gomme a été suffisamment mastiquée, quand on entend un claquement spécial que connaissent tous les caoutchoutiers.
- A chaque passage entre les cylindres, la feuille obtenue est roulée, repassée enlre les cylindres, en présentant le rouleau « en bout » pour mieux effectuer le mélange avec les charges.
- Au bout d’un certain nombre de ces passages, la feuille tirée est prête à subir le (( calandrage » ou passage entre des laminoirs puissants, à 5, 4 ou 5 cylindres, qui lui donne l’épaisseur voulue, pour lès opérations qui vont suivre, à 1 /10e de millimètre, et plus, d’exactitude.
- Les feuilles obtenues, bien calibrées, sont prêtes aux multiples opérations du moulage (objets moulés cuits dans des moules), de fabrications des tuyaux (tantôt sur des tringles entoilées, tantôt par passage dans une machine appelée bandeneuse) et vulcanisation dite « libre » dans le talc; en un mot les matières peuvent subir la vulcanisation.
- Chaque fabrication d’un article spécial (jantes, enveloppes, chambres à air, articles de chirurgie, articles manufacturés ordinaires) exigerait de longues descriptions. Mais notre but n’était que de donner au lecteur, un court aperçu de l’industrie caoutchoutière, pour arriver au but principal de cet article, qui est l’accélération de la vulcanisation, nous ne dirons rien de plus, concernant les fabrications.
- La vulcanisation et les accélérateurs minéraux. — La vulcanisation, qu’elle ait lieu sous des presses chauffantes (talons,semelles, etc.), qu’elle aitlieu dansdesauto-claves, exige généralement un certain temps. Un talon par exemple exigera 5 à 10 minutes de montée (temps que
- DU CAOUTCHOUC
- met la vapeur pour chauffer l’autoclave ou la presse, de Ja température ambiante à 145°-'150°, c’est-à-dire 3 heures 1/2 qui est la température de vulcanisation habituelle) plus 25 à 40 minutes de chauffage à 150°, plus 5 à 10 minutes de « descente » à la température ambiante.
- Au total, cette simple petite vulcanisation d’un talon aura demandé une heure environ, plus ou moins, suivant les mélanges.
- Si nous passons dans le domaine de l’ébonite ou « durci », là il faut compter des périodes de vulcanisation considérables. C’est ainsi qu’une plaque d’ébonite de 15 à 20 mm d’épaisseur exigera les temps suivants de vulcanisation.
- Une heure 1/2 de montée, 4 heures de vulcanisation, et une heure de descente.
- Or, ces presses, ces autoclaves sont des organes chers, les moules qui sont en acier coûtent très cher. Jamais le « Time is money » ne fut un proverbe aussi vrai que dans ces industries. Aussi de bonne heure dans l’industrie du caoutchouc, avait-on remarqué et utilisé l’action de certains composés minéraux dans les mélanges. Nous allons les étudier successivement. Mais ces corps ne présentant qu’un intérêt des plus restreints, étant donnée leur petile capacité d’accélération, force fut d’étudier d’autres corps.
- On avait remarqué que les gommes brutes débarrassées par des traitements spéciaux, des corps azotés qu’elles contiennent par suite de leur mode de coagulation, étaient bien plus longues à vulcaniser que les gommes qui n’ont pas subi ce traitement.
- Ainsi les gommes Para, dont le latex est coagulé par de la fumée, qui sont souillées de corps azotés, se vulcanisent facilement, alors que les crêpes d’Hévéa de plantation, dont le latex est coagulé proprement avec des acides purs, se vulcanisent beaucoup plus difficilement.
- Devant de pareils résultats l’étude fut faite systématiquement des corps à ajouter aux crêpes de plantation pour y hâter la vulcanisation. Nous reviendrons plus loin à ce sujet.
- Court aperçu des accélérateurs minéraux. — Us sont des plus nombreux : leur activité est des plus variables
- La lilharge PbO agirait comme il suit sur le soufre du mélange : ^
- 4 Pb O + S4 = SO* Pb +(4) Pb S
- D’où noircissement du lûélange. Il ne faudrait donc, si cette théorie est vraie, mettre jamais dans un mélange plus de 1 de PbO pour 1 de soufre (224 de PbO pour 32 de S) en plus du soufre nécessaire à la production d’un souple. Et cependant, on l’emploie dans des proportions tellement variables, qu’elles sont Ta preuve même de l’ignorance en laquelle on est de son action réelle. En somme, beaucoup d’empirisme, comme dans toute cette industrie.
- La chaux accélère la vulcanisation, à tel point qu’il faut l’employer en faibles proportions et avec précaution; sinon en même temps que l’accélération, il se produirait un durcissement regrettable. La gomme perdrait de son « nerf », autrement dit de son élasticité, qualité primordiale. La chaux s’emploie dans des proportions variant de 0,5 à 2 et 3 pour 100. Le « calcyde » ou chaux chimiquement pure, donne de bons résultats, quand elle est employée avec discernement.
- La magnésie est un accélérateur moins rapide que la chaux, mais plus sûr. Elle ne modifie sensiblement pas
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- LA VULCANISATION DU CAOUTCHOUC
- le « nerf » du caoutchouc. On l’emploie dans des proportions variant de 0,5 à 5 et 5 pour 100, quelquefois un peu à l’aveuglette.
- On emploie surtout la magnésie légère; on emploie aussi la magnésie lourde ou carbonate de magnésie, et même les dolomies (carbonate double, de chaux et de magnésie) produits très bon marché servant à la fois de charges et de légers accélérateurs.
- Le mécanisme de l’accélération par la chaux et la magnésie, est encore obscur.
- L'oxyde de zinc accélère légèrement la vulcanisation; mais à notre avis, c’est plutôt une charge qu’un accélérateur. Comme blancheur et onctuosité, c’est la meilleure, des charges, pour les objets qui doivent résister à la percussion, au frottement (bandages, chappes, etc.).
- Il est encore bien des pigments qui peuvent agir comme accélérateurs, l’oxyde de fer par exemple qui, d’après King, donnerait des savons de fer, avec les factices des mélanges, à la vulcanisation.
- Les soufres dorés d’antimoine agiraient comme pigments, et en outre, par suite de la rédaction :
- Sb'JS5 = Sb2S3 S2
- ils libéreraient du soufre à l’état colloïdal qui activerait la vulcanisation.
- Les alcalis à faible dose sont de puissants accélérateurs minéraux. Il faut atteindre 1 /2 pour 100, mais ne pas dépasser ce chiffre; à 2 pour 100 on ne vulcanise plus : à 5 pour 100, les alcalis agissent non plus comme accélérateurs, mais comme retardateurs. Les brevets de Twiss (Dunlop) consistent à faire du glycérate de potasse, et à l’ajouter aux mélanges de façon à ce que il (O II) (M —K ou Na) n’excède pas 1/2 pour 100. Ce glycérate joue, en quelque sorte, le rôle d’excipient pour transmettre l’aicali au caoutchouc, sous une forme divisée. D’ailleurs, bien avant ce brevet, on savait que les caoutchoucs régénérés par l’action des alcalis se vulcanisaient toujours bien mieux que les autres. Le sulfate de chaux précipité pur agit comme un durcissant. Employé avec discernement, sans atteindre la formation de sulfures, il donne de bons résultats. Il doit être très finement réparti dans la masse et être très pur.
- La vulcanisation et les accélérateurs organiques. — Passons maintenant à la façon (encore sujette à bien des discussions) suivant laquelle peuvent agir les accélérateurs organiques. Nous examinerons ensuite quelques-uns des plus importants d’entre eux, ceux que nous connaissons pour les avoir soit préparés, soit utilisés nous-mêmes.
- A ce sujet qu’on nous permette de dire qu’il faut encore être très circonspect sur l’emploi des accélérateurs, car il n’y a pas à considérer seulement l’accélération obtenue (économie de matériel, de main-d’œuvre, de moules), mais encore la durée des articles. Les Allemands vendaient, ou plutôt commençaient à vendre, ces produits, avant 1914; ils en avaient étudié les modes d’action, leur influence sur le vieillissement. Nul doute que nous n’arrivions à en fabriquer, en France, comme chez eux, mais il faudra que les industriels qui en ont les moyens veuillent bien consentir a faire quelques sacrifices d’essais. Ils faut savoir semer pour récolter et bien se convaincre que les moissons faciles des profits de guerre, ne se retrouveront pas tous les jours, dans le travail normal du temps de paix.
- Cette parenthèse économique étant fermée, on peut dire que la plupart des corps azotés qui possèdent des facultés accélératrices sont des corps azotés, amidés
- (c’est-à-dire possédant des groupes (AzIL-) ou imidés (c’est-à-dire possédant des groupes (AzII). Néanmoins ceci n’a rien de général, car l’accélérène (brevets Peachey de la Hoolev llill Dubber) qui est de la para-nitroso-dimélhylanilène) parait agir aussi par son groupe AzO. L’action des corps soit amidés, soit imidés, pour l’accélération s’explique suivant A. Dubosc, qui a étudié de la façon la plus complète, tant au laboratoire, qu’indus-triellement, cette question (*), par leur action sur le sulfure de carbone qui donnerait naissance à de l’acide sulfocyanhydrique et à de l’hydrogène sulfuré. On admettrait que dans l’acide sulfocyanhydrique le soufre hexavalent
- posséderait une vitesse de réaction sur le caoutchouc, qui hâterait la vulcanisation.
- En l’absence d’autre explication, contentons-nous de celle-ci, et bornons-nous à enregistrer le fait qui est réel, savoir l’accélération de la vulcanisation.
- Nous allons d’abord étudier 5 accélérateurs que nous connaissons pour les avoir préparés et les avoir expérimentés, savoir :
- L’hexaméthylène tétramine
- L’accélérène ou paranilrosodimélhylanilène.
- Le diméthylthiosulfocarbonate de diinéthylanilène.
- VHexamélhylène tétramine, appelé aussi urométine, et urotropine (brevets allemands) a pour formule (CH2)6Az4 : on l’obtient par l’action de l’ammoniaque sur le formol :
- 4 AzIF + G CH4O = (CIL2)6Az4 -j— 6 II4 O
- ' (Kéaction brûle liuale) (1)
- Ce produit employé dans la proportion de 1 /2 à 1 pour 100 dans un mélange permet de diminuer le temps de la vulcanisation, à pression égale, dans la proportion de 3 à 1. Elle coûte actuellement 40 francs le kilo, et devrait valoir 4 à 5 francs le kilo en temps normal.
- Actuellement, son emploi obérerait le kilo de mélange de 0,30 à 0,15, et en temps normal du 1/8“ de ces chiffres, autrement dire rien.
- Que le caoutchoutier pense qu’il aurait produit 2 à 3 fois plus d’articles pendant le même temps!
- Rien ne dit même, et ceci nous est, croyons-nous, une idée personnelle, que les produits constituants de la réaction précédente (4) ne pourraient pas être directement ajoutés au malaxage ; d’où économie sensible.
- L’hexaméthylène tétramine agirait sans le concours du sulfure de carbone et comme il suit :
- (Cil4)6 Az4 + S14 = 4 C1 AzSI1 + 2 CS2 + 4 II4S.
- L'accélérène ou, paranitrosodiméthylaniline (brevets Peachey de la Hooley llill Rubber, Manchester) a pour formule :
- / Az(CH3)(l)
- C6II4/
- \AzO (4)
- Elle coûte actuellement 40 francs le kilo, et devrait valoir en temps normal de 5 à 7 francs. C’est un bon accélérateur. Mais il a l’inconvénient de jaunir les mains des ouvriers, de provoquer des boutons et de sentir mauvais.
- 1. Le « Caoutchouc et Gutla-Percha », 15 juillet 1919, p. 9861 et suivantes.
- 2. Cf. Moniteur Quemouville, 1918, janvier.
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- LA VULCANISATION DU CAOUTCHOUC
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- Il est vrai que la plupart des accélérateurs sentent mauvais, défaut qui disparaît quand on les emploie dans la proportion voulue et avec la vulcanisation voulue. On la prépare par l’action du nitrite de soude sur le chlorhydrate de diméthylaniline :
- /CII3(1)
- / k'L
- C«H3Az(CH3)2-f AzOaNa=NaCI+ H20+C8H4/ \CH3 Cl H \AzO (4)
- Le diméthylthiosulfocarbonate de diméthylamine que nous avons décrit industriellement le premier s’obtient par l’action de la diméthylamine en bain glacé sur le sulfure de carbone C S2
- / / CH3\ / Az(CH5)2
- CS2-f2( AzIU J = us — cx
- \ \ Cil5/ | \ HS
- Az(CII3)2
- il a un effet d’accélération puissant, sent le poisson avarié, odeur qui disparaît après vulcanisation. Dose d’emploi, de 1/Ü à 1 pour 100. La maison Baeyer le vendait avant 1914, 30 francs le kilo. Sa préparation qui demande des soins exige la préparation de la diméthylamine par l’action de la potasse sur l’accélérène :j
- ,Az/CHS|.j) /OH (1)
- C»!]*7 \CHï(I, + KOH = C«I<
- \AzO (4) \AzO (4)
- ' ' ' Paranilrosophénol.
- 11L1
- /Cil3
- -j-KCl + AzH/
- \ CH3
- Diméthylamine.
- action qui se fait par l’introduction de petites portions d’accélérène dans de la potasse diluée à 4 pour 1U0. Rendements réduits; réfrigération énergique du distillât.
- Il se peut que dans la vulcanisation, ce corps agisse comme il suit :
- G3Hl4S2Az2-j- S12 = 2 CAzSlI-f 3 CS2 + 6 H2S‘
- Passons maintenant à la guanidine.
- La guaniditie ou urée substituée au corps dans lequel CO est remplacé par Azil, a pour formule : Azll2\ ,
- xC=rAzII
- Azil2/
- est le type des composés amines et imines, auxquels s’applique particulièrement la théorie de Dubosc relatée ci-dessus.
- Elle s’obtient par l’action de la cyanamide de calcium sur le sel ammoniac :
- Az H2 \
- CAz2Ca + 2 AzII4Cl = CaCl2 + xC = AzII
- Azil2/
- -h Azil3
- Dubosc dit que sa formation peut être faite à partir de ses éléments constitutifs, sur le cylindre mème(1). L’action accélératrice a lieu, comme il suit :
- (Azll2)2C(Azll) -j- 2 C1 S2 = 2 C Az SU -f II2 S.
- La formoguanatnine est aussi un excellent accélérateur. Elle s’obtient, par i’action de la guanidine sur l’acide formique :
- 2
- Azil2'
- Azil2,
- C1 = A z II J + H CO OH = 2 II2 O + Az II3
- I1C'
- -f- C3Il5Az5 • Az — C(AzlI2)
- ’Az
- % Az — C (Az II2) / qui agit comme la guanidine sur CS2.
- ]. 11 nous semble cependant que Cad2, chlorure de chaux hygroscopique, gênerait.
- Elle forme des séries de dérivés substitués qui sonL d’excellents accélérateurs.
- Nous pourrions continuer l’étude de cette série; mais ce serait dépasser le cadre de cette étude de vulgarisation.
- Nous insisterons plutôt pour terminer, sur la façon dont on explique l’accélération d’après les théories actuelles.
- Tout d’abord les constantes physiques (points de fusion etd’ébuliitiondes accélérateurs), devrait être telles que l’accélérateur commence à entrer en réaction aux approches de la température de la vulcanisation. Son point de fusion doit être relativement assez voisin de son point d’ébullition. Il est solvant du soufre à chaud. Ainsi, par exemple, le produit de l’action de la diméthylamine sur CS2 a un point de fusion de 125°, et un point d’ébullition de 140°. L’accélérateur fond, dissout le soufre et l’apport de soufre au caoutchouc se fait vers 140-150°.
- Nous ne pouvons pas terminer cette question sans dire un mot des théories de Iving sur la question, relatées^ dans le « Caoutchouc et Gutla-Percha » du 15 juin 1919, 9819-9821.
- L’accélérateur a pour but d’accroître la vitesse de réaction entre le soufre et la gomme.
- Il conserve sa composition à la fin de la vulcanisation (sujet à caution).
- Les proportions d’accélérateur nécessaires à augmenter la vitesse d’une réaction, sont des plus faibles.
- Ce sujet déjà compliqué, rien que pour préparer les corps et les utiliser, l’est encore bien plus quand il s’agit d’interpréter des faits eux-mêmes encore obscurs. Contentons-nous donc d’inviter les industriels que la question intéresse, à étudier, à faire étudier et à ne pas croire qu’il n’y a qu’à se baisser pour récolter. La conclusion serait fausse. Le sujet est encore obscur.
- Nous citerons encore comme accélérateurs ayant subi aux États-Unis, la sanction de la pratique, la formaldéhyde aniline, provenant de Faction de l’aniline sur le formol. La réaction simplifiée est :
- C8H5Azl-Ia + CH2 O — C6 II3 Az CH2 + H20 bien que la formule (Pratesi) semble être plutôt :
- Az C6 H5
- CH2 / ^ Cil2
- Az C6II5
- Mais nous n’avons pas de données sur son action accélératrice. Elle fond à 140°.
- Le « vulkasol » paraît être une combinaison de CGU5 C OII (aldéhyde benzoïque) et d’ammoniaque. Il vaut 40 francs le kilo. On en dit le plus grand bien.
- La pipéridine ou hexahydropyridine C3 II10 Az H pourrait être faite en France, avec de la pyridine de distillation des os (huile de Dippell hydrogénée par les procédés catalytiques modernes. C’est un bon accélérateur que vendaient déjà les Allemands avant 1914.
- CH CH2
- / \ /\
- CH Cil CH2 CH2
- 1 II devenant | |
- CII CH Cil2 ’ CH2
- // \/
- Az Azil
- Elle bout vers 110°.
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- LES PONTS NATURELS DE L’UTAH =
- D’une manière générale, l’action de bien des aldéhydes sur l’ammoniaque, donne des corps ayant des propriétés accélératrices.
- Ainsi le corps vendu avant 1914 par les Allemands et qui portait le nom de « Vulcocite » était : CH3C0(Azli4) ou aldéhydate d’ammoniaque.
- En somme, que l’on adopte la théorie qui veut que l’accélération ait lieu par l’action de l’acide sulfocyanhy-drique CazSH sur la gomme, par libération de soufre colloïdal, ou non, il faut qu’un vulcanisateur soit un dissolvant facile du soufre du mélange. 11 fera ainsi pénétrer le soufre dans les parties les plus intimes du mélange, de façon à céder ce soufre vers 140° à 145° en l’amenant à la gomme dans un état d’homogénéité et de dilution, qui faciliterait la combinaison d’addition du soufre à cette dernière.
- Ce sujet bien nouveau, encore fort peu connu dans ses applications, semble l’être encore bien plus, en ce qui concerne le vrai mode d’action.
- N’oublions pas que la vulcanisation a 90 ans d’existence, et que l’on discute encore à perte de vue sur son processus. C’est dire combien il faut être encore circonspect en ce qui concerne l’accélération, née d’hier et encore bien peu connue, au point de vue pratique.
- Comme appendice à cet article, nous croyons être
- i agréable aux lecteurs de ce journal, en leur mettant sous les yeux, une mercuriale du commencement de cette année extraite de 1’ « India Rubber World » et qui donne les prix de la livre anglaise (455 gr.) de divers accélérateurs en dollars :
- Dollars. Conls.
- Accélérateur NCC............... 0 50
- Accélérène...........,......... 2 62
- Accélémal (1).................. 0 80
- — (2)....................... 0 80
- Accélérateur n° I.............. 0 60
- Aldéhydate d’ammoniaque crist . . 1 00
- Aniline. ............................0 29
- Annex.......................... 1 25
- Duplex. ........................ . 0 75
- Kxcellerex..................... 0 85
- Hexaméthylènehexamine (Vitaline). 0 65
- — tétramine............... I 05
- Paraphenylène diamine.......... 5 00
- . Tensilite....................... 0 60
- Thiocarbanilide ! ...... . 0 50
- Velcocile...................... 0 60
- Vitaminex.......................... 0 65
- Comme on le voit, les Etats-Unis en sont déjà sur ce sujet, à la période commerciale. Tout commentaire serait superflu. Albert Rotin.
- CHRONIQUE
- Utilisation de la peau de cheval pour courroies de transmission. — C’est une conséquence de l’appauvrissement du cheptel bovin, restreignant les ressources en peaux de bœufs et de vaches, et aussi de la formidable hécatombe de chevaux durant la guerre, tant pour la défense nationale que pour les besoins de la boucherie hippophagique.
- Il a fallu réserver les peaux lourdes de bœufs et de vaches pour la fabrication des chaussures de nos poilus, celle des harnachements, etc.
- En 1916, un brevet fut pris pour utiliser la peau de cheval à la fabrication des courroies de transmission, usage jusque-là inconnu dans l’industrie, parce que la peau de cheval, transformée en cuir tanné, ne présentait pas, pour transmettre la force mécanique, toutes les garanties de durée et de résistance désirables, sa contexture différant notablement de celle des peaux de bovidés.
- On sait que, plus les poils sont nombreux sur la peau, plus ils sont fins et plus le tégument contient de gaines pilifères ; il en résulte que les fibres contournant ces cavités sont plus ou moins grosses ou longues* suivant la place qui leur est laissée.
- Lorsqu’on examine au microscope une peau de bovidé, on remarque des fibres conjectives géantes, tandis que dans la peau de cheval, on ne constate que des fibres moyennes, contournant les nombreux follicules pileux.
- La déchirure d’un cuir de vache tanné aux écorces montre de longues fibres, tandis que celle d’un cuir de cheval, préparé d’après les mêmes méthodes, ne fait apparaître que des fibres courtes. C’est ce qui explique que le cuir de cheval tanné suivant la méthode végétale, mégissé ou chromé, ne peut travailler à la traction; il s’allonge démesurément et .se brise sous un effort bien inférieur à celui qu’on peut obtenir d’une peau de bovidé, même de qualité secondaire.
- Par contre, si on parcheminé la peau d’un cheval, on obtient un produit souple, solide et pour ainsi dire inextensible; c’est cette infinité de fibres, de fibrilles
- qui, en se raccornissant, en font un cuir supérieur à celui que donne la peau des bovidés. En somme, le défaut dans le tannage devient ,une qualité dans le parche-minage; malgré cela, on se trouve encore en présence de deux matières inutilisables dans l’industrie; car on ne peut utiliser sur un outil mécanique un cuir tanné qui se déforme, se déchire, et un parchemin putrescible.
- La courroie en peau de cheval se compose d’une « âme » en peau parcheminée, recouverte en dessus ou en dessous, de cuir tanné au procédé végétal, mégissé ou chromé. La peau parcheminée peut être pleine ou percée de trous en plus ou moins grand nombre et variant de formes et de dimensions, si l’on veut donner à la courroie plus ou moins de souplesse, et par suite, plus ou moins d’adhérence sur les poulies.
- Les trois parties qui composent la courroie sont assemblées à la colle, puis cousues, rivées, chevillées, etc. Les. perforations, au lieu d’être limitées à (( l’âme )), peuvent être pratiquées dans toute l’épaisseur de la courroie. On peut imperméabiliser, peindre ou vernir la partie parcheminée, et n’employer qu’une épaisseur de cuir tanné ou chromé, soit sur le dessus, soit sur le dessous, au lieu d’employer deux épaisseurs. Enfin, il est possible de donner à la courroie la forme ou section qui doit convenir à son emploi : courroie double, étalons, triple ou quadruple, etc.
- En résumé, la nouvelle courroie de transmission que réalise cette invention est exclusivement composée de bandes de cuir provenant de la peau de cheval, mais de préparations différentes : « l’âme )), qui doit résister à l’allongement, est en cuir parcheminé; les autres parties sont constituées par des bandes de cuir tanné, chromé, mégissé, etc. Les différentes parties sont assemblées par collage, ou bien cousues au fil, à la la- . nière, au cuivre, ou même rivées, clouées, chevillées, et, en outre, les perforations peuvent être pratiquées, soit dans « l’âme » seulement, soit dans toute l’épaisseur de la courroie. Henri Blin.
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- LES PONTS NATURELS DE L’UTAH
- On connaissait- déjà, depuis plusieurs années, l’existence de grands ponts naturels dans l’intérieur de 1’Utah (États-Unis), et nous avons signalé ici même(1) cette remarquable découverte des trois arches colossales désignées sous les noms de Edwin, Carolyn et Augusta. Récemment, une expédition scientifique, l’Utah Archeological Expédition, a réussi à pénétrer dans une région montagneuse que les Indiens eux-mêmes n’avaient jamais traversée, et elle y a découvert une arche qui surpasse en dimensions et en beauté les .trois merveilles que nous venons de mentionner.
- Nous rappellerons les principales caractéristiques de ces trois ponts, en empruntant nos renseignements au remarquable article publié dans le National Géographie Magazine par M. le professeurByron Gummings, de l’Université d’U-tah, qui fit partie de l’expédition archéologique.
- Ces trois arches , distantes l’une de l’autre de 4 à 5 km, sont situées dans le défilé de la Rivière Blanche et dans celui de
- l’Armstrong, affluent de la première. Elles sont découpées dans un grès rouge et jaune qui forme une couche épaisse de plusieurs centaines de mètres. La position générale de cette formation est horizontale, mais certaines sections, bouleversées par des mouvements du terrain, ont pris une inclinaison de 45°.
- Aux âges géologiques, expose M. Cummings, toute la région fut soulevée progressivement, et 1. N° 1840, 29 août 1908.
- Fig. i. — Le pont naturel de Nonnezochi.
- des montagnes surgirent de dessous la couche de grès, qui retomba, évenlrée par de nombreuses et profondes cassures. Les eaux de ces montagnes recherchèrent une issue vers l’Océan, qui n’était pas alors très éloigné, et, s’élançant dans ces cassures, rongèrent les parties tendres des hautes murailles de grès et adoucirent les angles des roches. Le
- soulèvement vertical de la région suivait sa marche de siècle en siècle, et le torrent, après s’être frayé un passage à travers une barrière qui s’élevait sans cesse en raison de ce soulèvement continu,, continua à la ronger de haut en bas.
- Sur le passage de ces torrents, les red beds (la couche de grès rouge) se découpèrent partout en monuments fantastiques : piliers déchiquetés, ruines de palais hindous ou de cathédrales gothiques. Dans certains cas, l’œuvre d’érosion donna naissance aux arches colossales dont nous allons parler.
- L’Edwyn, situé dans le canyon de l’Arms-trong;a63 m.80 de long, et son
- arche s’élève de plus de 35 m. au-dessus du ravin. L’arche est large de 11 m. 50 et son épaisseur n’est que de 3 m. en sa partie centrale. L’ensemble donne une impression de grâce , et de légèreté. On remarque dans l’une des murailles qui soutiennent le pont les ruines d’une cité de cliff-dwellers, mystérieuse race qui bâtissait des villes fortifiées au flanc des falaises inaccessibles.
- Plus massif et moins fini est le pont voisin, le Carolyn. Long de 62 m., élevé de près de 70 m., il
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- LES PONTS NATURELS DE L’UTAH
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- présente une épaisseur de 55 m. 70 en sa partie la plus étroite, et son « tablier » est large de plus de 16 m.
- L’Augusla est le plus imposant de ces trois ponts. Son arche, d’une régularité admirable, a 87 m. d’ouverture et 74 m. de hauteur; l’épaisseur verticale est de 21 m. 70, l’épaisseur horizontale, de 9 m. 25. Cette belle voûte surplombe le canyon de bord à bord, et, comme le remarqué M. le professeur Cummings, il faut au touriste un effort de réflexion pour admettre que le pont n’a pas été construit exprès sur l’emplacement qu’il occupe!
- Plus d’un lecteur voudra savoir comment on peut
- vauchée de 90 km. Les deux itinéraires obligent le touriste à dormir à la belle étoile. On comprendra que peu de personnes aient visité jusqu’ici les ponts naturels de 1 Utah. Le voyage est long, coûteux, pénible.
- Abordons maintenant la description du pont récemment découvert, et qui est certainement le plus grand pont naturel du monde connu. Pour l’atteindre, il faut partir de Bluff, suivre pendant 8 lieues la rivière San-Juan jusqu’à Goodridge, la ville récemment fondée autour de riches gisements pétrolifères, et traverser les montagnes sur une distance de 20 à 25 lieues.
- Fig. 2. — Vue du pont de Nonnezochi et de la vallée qu’il franchit.
- aller admirer ces beautés naturelles. Certes, selon l’expression triviale, elles valent le voyage; mais l’écrin de montagnes et de précipices: qui enserre ces joyaux n’est pas d’un accès facile. Le touriste qui vient du Nord ou de l’Ouest par la ligne Denver et Rio-Grande descend à Thompsons, d’où une diligence le conduit à Moab, petite ville mormonne distante de 57 km. Là, il lui faut louer une voiture ou un cheval, et parcourir les 98 km qui le séparent de iMonticello, où il trouve des guides, des chevaux de selle et des bêtes de somme. Après avoir traversé une région très accidentée sur une distance d’une vingtaine de lieues, il atteint enfin le premier des trois ponts.
- Non moins pénible et longue est la voie qui s’offre au touriste venant du Sud ou de l’Est. Il abandonne la voie ferrée à Mancos (Colorado), parcourt en diligence une trentaine de lieues, jusqu’à Bluff, d’où il atteint les ponts au prix d’une che-
- Le nouveau pont a conservé son nom indien de Nonnezochi. Sa hauteur est de 102 m. 50, et sa portée est de 92 m., avec un minimum d’épaisseur verticale de moins de 7 m. A proprement parler, c’est moins un pont qu’une arche, et il est impossible de le franchir. Sa forme est celle d’un arc-en-ciel, et le nom que lui ont donné les Indiens rappelle ce phénomène céleste. L’une de ses extrémités semble surgir directement du sol, tandis que l’autre est soudée au quart de la hauteur d’une colossale muraille à la façade verticale.
- La région qui entoure cette merveille d’architecture naturelle est des plus pittoresques. Elle'est éventrée dans toutes les directions par des précipices infranchissables. Au temps des guerres indiennes, les Peaux-Rouges, poursuivis par les troupes américaines, ne s’y réfugiaient qu’à la dernière heure, lorsque le danger devenait trop pressant; elle servit d’asile, en 1866, à Hoskinimi, le dernier
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- LE DÉMARRAGE ÉLECTRIQUE DES AUTOMOBILES -- 235
- grand chef de la puissante tribu des Navajos.
- L’arche de Nonnezochi est considérée par les Indiens comme l’œuvre des puissances infernales, et ils redoutent de s’en approcher. Un chef de la tribu des Pahutes, Whitehorsebiga (le Gros Cheval Blanc), qui servait de guide à une récente expédition, refusa de passer sous le pont, en avouant qu’il avait oublié la prière qu'il convient de réciter si l’on veut le franchir sans s’exposer à un danger de mort. On remarque au pied de l’arche les ruines d’un temple qui devait être consacré au culte du Feu ou du Soleil, ce qui donne à croire que celte merveille fut révérée par les indigènes depuis un temps immémorial.
- D’autres ponts naturels ont été découverts et étudiés dans cette .même région des red beds par l’Expédition archéologique de l’Utah.
- M. le professeur Byron Cummings mentionne plus particulièrement celui de la vallée de Pritchett, situé à
- colossales falaises se sont creusées des sortes de citernes où l’eau de pluie se rassemble en tourbillons, quand un violent orage se déchaîne. Dans certains cas, la citerne s’est formée au-dessus d’une grotte qu’un torrent creusait dans la paroi verticale. Graduellement, grotte et citerne sont deve-
- Fig. 3. — Autre vue du pont de Nonnezochi.
- Fig. 4. — Un paysage de l’Utah dans la région des « red beds
- nues plus profondes, et il est arrivé un moment où le fond de celle-ci a crevé le plafond de celle-là. Les vents et les pluies ont agrandi progressivement, l’ouverture, et une étrange formation a pris naissance : c’est une immense caverne dont l’entrée se présente sous la forme d’une arche harmonieusement découpée, et dont le plafond encadre un vaste pan de ciel. Tel, le pont de la Vallée de Pritchett, dont l’arche a plus de 40 m. d’ouverture.
- Les photographies de l’Arche de Nonnezochi, reproduites sur ces
- 20 km de Moab. Sa formation s’élabora dans des conditions très différentes de celles que nous avons exposées plus haut.
- Sur les plateaux dénudés que soutiennent les
- pages, ont été prises par M. S. M, Young, de l’Université d’Utah, qui a bien voulu nous les communiquer, et que nous remercions ici pour son aimable complaisance. V. Forbin.
- LE DÉMARRAGE ÉLECTRIQUE DES AUTOMOBILES
- L’automobile moderne est pourvue aujourd’hui de tant de confort, que le démarrage à la main, le seul encore pratiqué en France en 1914, est maintenant considéré, comme déshonorant une voiture de grand luxe. A vrai dire, le démarrage à la main est non seulement une manœuvre désagréable et pénible; il cause des pertes de temps onéreuses
- pour les véhicules industriels, obligés à des arrêts fréquents ; aussi voit-on le démarrage automatique se multiplier; les systèmes proposés sont légion, et comme la question a un grand intérêt pratique, les inventeurs sont chaque jour plus nombreux.
- Il existe aujourd’hui des démarreurs à ressort, d’autres comportent l’emploi d’un petit moteur à
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- air comprimé; l’air est comprimé dans un réservoir par un compresseur qu’actionne le moteur principal en période démarché. Le démarreur Letombe utilise aussi l’air comprimé, mais celui-ci est envoyé directement dans le moteur, qui pendant la période de démarrage fonctionne comme moteur à air comprimé.
- Il y a encore le démarrage à détonalion, qui consiste à faire démarrer le cylindre au moyen de la détonation d’une cartouche spéciale contenant un explosif ad hoc.
- Il y a enfin le démarrage électrique, qui est en ce moment le système le plus emplové et sur lequel
- Le système Bendix.
- Fig. i. — l e démarreur A est au repos. D est le volant du moteur C à démarrer. U porte une couronne dentée F. L'écrou-pignon G est immobile à l’extrémité de l’arbre B du démarreur. Il porte la pièce dissymétrique H qui sert à le décentrer.
- Fig. 2_ — Le démarreur commence à tourner, l’écrou-pignon s’avance sur l’arbre B, et vient au contact de la denture du volant.
- Fig. 3 — L’écrou-pignon continuant sa marche vient buter contre la partie L, il est alors en prise parfaite avec la denture [ du volant. Ne pouvant plus s’avancer, il tourne et démarre le moteur C. Il est alors automatiquement renvoyé à sa position de repos.
- Un autre procédé est celui du démarrage au contact; quand un moteur quatre cylindres s’arrête, il y a toujours un cylindre au temps de travail, contenant encore sa charge de mélange explosif. Si l’on dispose d’une magnéto spéciale qui s’actionne à la main, on produira à volonté dans le cylindre intéressé l’étincellë de mise en marche et le moteur démarrera..
- nous nous proposons de donner quelques détails, sans chercher à comparer les avantages et inconvénients respectifs des divers systèmes que nous venons d’énumérer, ce qui nous entraînerait trop loin.
- .Le démarrage électrique s’est introduit tout naturellement, à la suite du succès de l’éclairage électrique. L’adoption de l’éclairage électrique a conduit à installer à bord des voitures automobiles
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- une véritable petite centrale électrique, comp rtant essentiellement une dynamo génératrice de courant continu, actionnée par le moteur de la voiture, et une batterie d’accus pour suppléer aux défaillances de la dynamo, quand le moteur se ralentit par trop ou s’arrête; la nécessité d’obtenir un éclairage constant, maigre les variations de vitesse du moteur, a posé aux ingénieurs un problème des plus complexes et des plus délicats, mais qui a été pratiquement résolu et de nombreuses façons.
- Une fois l’usine électrique et notamment les accumulateurs admis sur l’automobile pour les besoins de l’éclairage, quoi de plus naturel que de leur demander quelques petits services supplémentaires; par exemple, l’énergie nécessaire pour actionner divers organes mécaniques de la voiture : sirène, gonfleur de pneus, etc. ; mais avant tout, il était indiqué de se servir des accus au départ pour fournir, sous forme mécanique, l’énergie nécessaire à la mise en marche du moteur à explosion.
- De là est né le démarreur électrique; le principe en est des plus simples : un moteur électrique reçoit, au moment voulu, le courant des accus, et par un jeu d’engrenage, communique au moteur à explosion le mouvement initial nécessaire pour le départ.
- Il existe des systèmes, où grâce à une construction spéciale et d’ingénïeux artifices, c’est la dynamo d’éclairage elle-même, qui au départ, fonctionne comme moteur électrique et met en marche le moteur à explosion ; puis celui-ci ayant pris sa vitesse, la dynamo est entraînée par le moteur à explosion et devient génératrice de couiant.
- De nombreux systèmes de ce genre ( Westinghouse, Blériot, G. A. V., S. E. V., Paris-Bhône, Delco), fonctionnent d’une façon satisfaisante. Néanmoins
- on peut dire qu’une machine dessinée et calculée pour faire une génératrice de courant, n’est pas exactement dimensionnée pour faire un moteur électrique, et réciproquement; de sorte que la combinaison des deux machines en une seule se
- fait an prix d’artifices e de compromis. Il est plus logique d’avoir une machine spéciale pour chaque fonction : une dynamo pour l'éclairage, un moteur pour le démarrage. C’est là, en tout cas, la solution préférée par la clientèle française.
- Dans ces conditions, le problème du démarreur électrique devient très simple ; l’équipement de démarrage comprendra un moteur série à courant continu, se branchant par un commutateur sur la batterie d’accus ; l’arbre du démarreur électrique portera un pignon denté, qui vient, en général, s’engrener directement avec le volant du moteur à explosion ; la jante du volant étant taillée en engrenage à cet effet. Dans d’autres dispositions, le démarreur attaque non pas le volant, mais l’arbre du moteur par l’intermédiaire de jeux d’engrenages démultiplicateurs, ou de chaîne.
- Il y a peu de choses à dire sur le moteur élec-
- triquelui-même ; il doit être calculé pour fournir f un couple puissant ; le couple de démarrage du moteur est en "• effet de 2,5 à 5 fois le couple au régime de marche. Le démarreur électrique absorbera , donc un courant intensej venant des accus, mais pendantuntemps très court, 2 à 5 secondes. 11 suffit de dimensionner les conducteurs électriques en conséquence. Pour avoir des moteurs d’encombrement aussi réduit que possible, on leur donne en général une grande vitesse de rotation. Les démarreurs électriques tournent fréquemment à 2500 tours par minute ; leur puissance varie entre 1/2 et 1/5 de cheval.
- Fig. 4. — Un exemple de montage du Bendix, pour attaquer Varbre du moteur à démarrer.
- L’écrou-pignon C monté sur l’arbre du démarreur A attaque le volant denté D monté sur l’arbre de la dynamo d’éclairage B-et celui-ci renvoie par chaîne E le mouvement à l’arbre du moteur F.
- Fig. 5. — Principe du basculeur Blériot.
- À gauche, position de départ.
- C, est l’arbre du démarreur. — K, un volant monte sur l’arbrfe de moteur. Le pignon E porté par le bras A est maintenu éloigné du volant.
- A droite, l'embrayage est réalisé.
- L'arbre C, en tournant, a entraîné le pignon B et. le bras A, le pignon E est venu en prise avec le volant K, le démarrage est réalisé.
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- Fig. 6.
- Vue du basculeur freiné Blèriol.
- A, démarreur électrique. - B, C, groupe de deux pignons constituant le basculeur. D, couronne dentée du volant. — E, ressort de rappel.
- Le problème électrique proprement.dit du démarrage ne, comporte donc pas de difficultés spéciales.
- Mais il y a une difficulté mécanique très sérieuse, qui a mis grandement à contribution l’ingéniosité des inventeurs.
- C’est la suivante : le démarreur et le moteur ne peuvent évidemment être en prise qu’au moment du démarrage; il faut donc imaginer un organe de liaison mobile qui réunisse démarreur et moteur au moment voulu et qui les déconnecte automatiquement, aussitôt que le moteur a reçu du démarreur l’impulsion initiale.
- Divers systèmes ont été proposés et mis en œuvre; mais au début de l’année 1919, il en était un qui l’emportait manifestement sur'tous les autres et qui était presque universellement adopté, c’est le dispositif Bendix, ainsi nommé du nom de son inventeur américain (Le premier brevet, de Bendix remonte à peine à 1914).
- Un autre système vient d’apparaître, susceptible de concurrencer le Bendix, et dù à un inventeur français; c’est le basculeur freiné de la Société anonyme des Etablissements Blériot.
- Nous allons décrire ces deux dispositifs.
- Dispositif Bendix. — 11 est représenté sur les figures 1, 2, 5.
- Le démarreur électrique est figuré en A; il s’agit de mettre en mouvement le volant D, qui fait partie d'un moteur à explosion dont l’arbre-manivelle est représenté en C. Le volant D est muni d’une couronne dentée E.
- L’arbre du démarreur se prolonge en B ; cette partie est recouverte d’un
- manchon fileté, fixé à l’arbre B par une cheville et une clavette. Sur le manchon fileté, peut se déplacer l’écrou G qui constitue la partie essentielle et originale de l’invention de Bendix.
- Cet écrou est en môme temps un pignon d’engrenages, sa partie extérieure est taillée en denture à cet effet ; de plus, il est muni d’une pièce H excentrée, grâce à laquelle le centre de gravité de l’écrou n’est pas sur l’axe de l’arbre B.
- Quand le démarreur A se met en mouvement, l’écrou G est à l’extrémité de l’arbre B; celui-ci se met à tourner; mais l’écrou, en raison de son excentrement, ne peut suivre exactement le mouvement de rotation de cet arbre. C’est un, effet d’inertie. Ne pouvant tourner à la vitesse de l’arbre, l’écrou va donc se visser sur la rampe filetée I, et se déplacer longitudinalement en se rapprochant de la roue dentée du volant 1). A un moment, il arrive au contact d’une dent d’engrenage du volant. De deuxc hoses l’une : ou bien la dent de l’écrou G se trouve en regard d’un vide de la denture du volant, l’écrou continue alors son mouvement jusqu’à ce qu’il vienne buter contre la pièce L; ne pouvant plus continuer son mouvement longitudinal, il se met à ce moment à tourner du même mouvement de rotation que l’arbre B, et il entraîne le volant C avec lequel il est alors en prise. Ou bien au moment du contact avec l’engrenage du volant, c’est une dent de volant que rencontre la dent de l’écrou, il n’y a pas choc, omme on pourrait le craindre; mais l’écrou momentanément immobilisé dans son mouvement de translation, prend un mouvement de rotation, et de suite ses dents se trouvent en présence des vides de l’engrenage; il peut alors continuer son mouvement longitudinal comme précédemment.
- Ainsil’engrènementsefaitsaus choc, avec unepar-faite automaticité, l’écrou trouve sa place de lui-même.
- Voici donc notre moteur à explosion en marche; il tourne alors de lui-même; c’est lui maintenant
- A, carter monté sur l’arbre du démarreur. -- B, pignon claveté sur l’arbre du démarreur. — b, arbre du pignon E, porté par le carter A. — C, arbre du démarreur. — D,clavette. —E,.pignon porté par le carter,c’est l’organe mobile d’embrayage. — H, sabots du freinage en liège. — I, clavette. L, plateau porte-masselottes monté sur l’arbre C. — M, axes des masse-lottes, N, masselottes, portant les sabots de freinage H. — S, ressorts maintenant les masselottes appliquées contre la paroi du tambour T. — T, tambour; sur sa paroi intérieure s’exerce le freinage des sabots H.
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- qui tend à entraîner le démarreur dont la puissance est beaucoup plus faible. La pression sur les dents de l’écrou change de sens; celui-ci va reprendre son mouvement sur l’arbre fileté, mais en sens inverse et l’écrou revient de lui-même à sa position initiale; le démarreur est ainsi séparé automatiquement du moteur.
- Le système Bendix, on le voit, est remarquablement simple ; on l'emploie le plus souvent, nous l’avons dit, pour attaquer directement le volant du moteur. C’est en effet le procédé le plus économique, il a l’avantage d’éviter les coûteuses démultiplications. On peut cependant, si la chose est nécessaire, attaquer l’arbre même du moteur par un jeu convenable d’engrenages réducteurs et de chaîne, ainsi que le montre la figure 4 extraite d’un brevet Bendix.
- La valeur du dispositif Bendix peut se mesurer au fait, que la maison fabrique 10 000 dispositifs par jour, sans compter ceux qui sont exécutés sous licence de l’inventeur. Ce n’est pas à dire qu’il soit absolument sans défaut; on lui reproche le long porte-à-faux nécessaire à l’arbre du démarreur pour porter le pignon; on lui reproche aussi sa rampe filetée exposée aux projections de boue ou de graisse. Ce sont, il faut le reconnaître, des critiques bien minces, et le Bendix a été indiscutablement en ces derniers temps, l’organe indispensable de tout démarreur électrique.
- Un dispositif nouveau, également mécanique et entièrement automatique, d’une simplicité égale, vient aujourd’hui lui faire concurrence. Ce sera la grande nouveauté du prochain Salon, en matière d’accessoire automobile.
- Nous allons le décrire à son tour.
- Le basculeur freiné Blériot. — Dans ce dispositif, le mouvement du démarreur n’est plus communiqué au moteur par un pignon qui se déplace d’un mouvement de translation sur un arbre, mais par un pignon placé en regard du volant denté et qui vient s’appliquer automatiquement contre celui-ci au moment voulu ; l’engrenage est ainsi réalisé par un léger mouvement de bascule; d’où le nom de l’appareil.
- Nous empruntons l’explication schématique qui suit à un très clair article de M. II. Petit dans la Vie automobile.
- Sur l’arbre C du démarreur est calé le pignon B (fîg. 5); un bras A est monté à friction sur l’arbre C, et porte à son extrémité un axe b sur lequel tourne fou un pignon E qui engrène d’une façon permanente avec B. Xe ressort B, dont le point d’attache fixe est en P, exerce une traction sur le bras A et tend à l’écarter du volant denté Iv, porté par l’arbre du moteur à démarrer.
- Dans la position de gauche de la figure 6, le démarreur est au repos; Je pignon E est maintenu à une certaine distance du volant.
- Mettons en marche le démarreur ; le pignon B est entraîné dans le sens de la flèche; le bras A
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- entraîné par frottement, surmonte la résistance du ressort R et tourne dans le même sens ; le pignon E se rapproche de la couronne dentée jusqu’à ce que leurs dentures viennent en prise. Le bras A ne peut plus tourner désormais; le pignon E est appliqué contre la denture K (position de démarrage, croquis de droite, fig. 5) et il communique au volant le mouvement de rotation du démarreur qui lui est imprimé par le pignon B ; le moteur est mis en marche. A ce moment, c’est lui qui tend à entraîner le pignon E et dès lors, la pression change de sens sur les dents de ce dernier. Elle tend à renvoyer le bras A à sa position initiale, c’est-à-dire à produire automatiquement le désengrènement du démarreur. Pour que ce résultat soit obtenu avec certitude, il faut que la friction de l’arbre A sur l’axe C, friction qui a servi à obtenir le mouvement de bascule du pignon E, cesse dès la mise en marche du moteur. Le ressort B aidant, le dispositif débrayera de lui-mêine et instantanément, et reviendra à sa position de repos.
- Cette disposition essentielle a été réalisée au moyen d’un frein : notre figure 7 montre les eoupes du basculeur freiné, tel qu’il est construit et permet de comprendre le fonctionnement du frein.
- C est l’arbre du moteur électrique (fig. 7) ; sur lequel est claveté le pignon B. Le rôle de bras à friction est joué par le carter A, monte sur l’arbre C et qui porte le pignon d’attaque basculeur E, monté sur l’arbre b.
- Voici maintenant le dispositif qui au départ applique à frottement le carter A sur l’arbre C et fait cesser le frottement, dès la mise en mouvement du moteur à démarrer; il consiste en 2 pièces frottantes que des ressorts appliquent contre la paroi d’une boîte solidaire du carter A; mais quand la vitesse de l’arbre dépasse une certaine limite, ces pièces par l’effet de la force centrifuge sont écartées des parois de la boîte et le freinage par frottement disparaît.
- Le plateau L claveté sur l’arbre C porte deux masselottes N, tournant autour des arbres M ; ces masselottes sont munies de sabots de liège H, qui au repos ou à faible vitesse, sous l’action des ressorts S, viennent s’appliquer fortement contre les parois du tambour T, solidaire du carter. Il y a donc alors frottement énergique; mais quand la vitesse de l’arbre augmente, la force centrifuge fait tourner les masselottes N autour de leurs axes, et elles sont construites de telle sorte, que les balais H s’écartent alors des parois du tambour.
- Le basculeur freiné, nous avons pu le constaler nous-même, produit le démarrage avec une sûreté et une rapidité remarquable. Il forme un ensemble compact, robuste, fort peu encombrant, et de plus entièrement à l’abri des dépôts de poussières et d’huile. Au moment où le démarrage électrique conquiert une vogue chaque jour croissante, cette intéressante invention a devant elle une belle carrière. A. Trolleh.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1919
- Efficacité des bouillies bordelaises caséinée— Pour rester sur la grappe jusqu’au moment de la vendange, une bouillie doit être assurée d’une grande adhérence. Or, la caséine est, d’après la communication de MM. Per-morel et Dantony, un adjuvant de premier ordre. Elle assure, en effet, une répartition uniforme du cuivre et le maintient en place malgré les intempéries.
- Destruction de la punaise des lits. — Il nous faut, à l’heure actuelle, désinfecter un très grand nombre de casernements et d’hôpitaux, civils ou militaires, qu’ont envahis toutes sortes de parasites. MM. Gabriel Bertrand, Brocq-Rousseau et Dassonville ont pensé à utiliser la chloropicrine pour la suppression des punaises. Les résultats acquis montrent qu’une teneur de 4 à 10 gr-par mètre cube d’air suffit à détruire ces insectes et la dose indiquée est assez faible pour que l’emploi de l’asphyxiant soit pratiquement réalisable.
- Le retrait dans les ouvrages en béton armé. — Pendant le durcissement à l’air, le retrait presse les armatures contre leur gaine de béton, et crée ainsi une adhérence, en même temps que se développent des tensions transversales. Une note de M. Guillaumin reprend'la communication récente de M. Vasilesco Kar-pen et montre combien il est difficile d’appliquer à des cas particuliers les résultats numériques fournis par la loi de l’étirage. Les changements de volume du béton se continuent longtemps après la mise en service et des efforts alternatifs viennent compliquer les phénomènes. De plus, des déformations qui mettent plusieurs années à se manifester ne sont pas liées aux efforts produits, par les lois simples qu’on applique le plus souvent; l’interprétation des mesures ne saurait ainsi s’établir en toute facilité; dès que la prise est faite, on croit pouvoir utiliser les ouvrages.
- Éther et mécanique absolue des ondulations. — M. Sagnac rejette toute hypothèse a priori sur les lois ondulatoires de l’éther et des lois extérieures étayent seules sa théorie; il admet comme rigoureuses la géométrie euclidienne et la relativité de la dynamique newtonienne de la matière ; il voit enfin des liaisons réelles, permettant de passer aux lois ondulatoires intérieures des trains de radiations, par simple application des lois de superposition des petits mouvements ondulatoires simples.
- Phare de grand atterrage. — L’éclairage des côtes de la Tunisie s’est complété pendant la guerre. M. Jean Rev donne à l’Académie la description du feu-éclair à éclats groupés, construit sur l’ilol du Galiton, à 47 milles 0. N. 0. de Bizerte. Les caractéristiques sont les suivantes : optique à groupes de 4 éclats entièrement métalliques t réflecteurs en bronze spécial doré) ; écart angulaire entre le plan tangent en chaque point des segments, et le plan tangent au paraboloïde théorique : 8 minutes; diam. : 2 m. 25, dist. foc. : 0 m. 65; puissance du feu en plein air 173 000 bougies; section droite du faisceau : 17 000 m2; éclat moyen : 11 bougies.75; durée totale tic chaque éclat : 0 sec. 38; portée : 30 milles.
- Le chlorure de cyanogène. —M. Moureu présente les nouvelles expériences de MM. L.-J. Simon et Mauguin, qui fixent les constantes physiques du chlorure de cyano-
- gène liquide, préparé soit par la méthode de Gaÿ-Lussac, soit par voie d’électrolyse. Le point d’ébullition est 12°,5 sous 760 mm de mercure ; la densité à 0° : 1,222 : le second composé que peuvent fournir C2 Az2 et Cl se présentant sous la forme d’un solide fusible à 145°.
- La gale des Équidés. — Nous avons tenu nos lecteurs au courant des nombreux essais effectués pour utiliser les asphyxiants, dont disposent encore nos établissements militaires. Or, la gale a causé de nombreux ravages dans la cavalerie de nos armées et les méthodes classiques de traitement se sont montrées peu efficaces. Seule, la sulfuration a rendu dé grands services, mais elle ne saurait remplir les conditions requises pour assurer une prophylaxie efficace. Sous le contrôle de M. le vétérinaire-inspecteur Fray, MM. Gabriel Bertrand et Dassonville, ont expérimenté le contact des animaux (sauf la tète), avec une atmosphère contenant 20 gr. de chloropicrine par mètre cube. Les cas de guérison dûment constatés et les multiples avantages de la méthode doivent favoriser sa prompte entrée dans le domaine de la pratique courante.
- Les propriétés réfractaires des produits alumineux. — A la suite d’une expérience bien connue que Louis Le Châtelier fit, en J 864, on s’aperçut des propriétés réfractaires de la bauxite, si répandue dans le Midi de la France, qu’elle nous permet de tenir le second rang, sur les statistiques mondiales donnant les pays gros producteurs d’aluminium. Mais on ne put réussir à construire avec des briques de ce minerai, les voûtes .des fours Siemens; la porosité et le retrait étaient les causes de cet échec. Il fallut donc attendre la mise au point de procédés vraiment industriels pour la fusion de la bauxite, soit au four électrique, qui donne Yalundum (alumine presque pure puisque séparée du fer et de la silice), soit au cubilot Lecesne, d’où sort la çorindite.
- M. Henry Le Châtelier a repris sur de tels matériaux, les expériences faites dans son laboratoire, voici deux ans, sur les produits réfractaires de silice, d’argile et de magnésie, les agglomérants étant le kaolin ou le silicate sirupeux et le point de comparaison, le carborundum. Il semble qu’on puisse obtenir des mélanges intéressants,’ en prenant 80 pour 100 d’Al203 + 20 pour 100 de bauxite; blanche, soit 00 pour 100 d’Al2O3 —10 pour 100 de kaolin, puis concassant après une première cuisson à 1700°, et moulant ensuite sous pression par pilonnage.
- La trempe de certains alliages d’aluminium. — L’industrie de ces alliages a pris un très grand développement au cours de la guerre et le duralumin est devenu un produit commercial. Dans sa composition entrent Cu (3,70 pour 100), Mn (0,61 ), Zn (0,25 j, Mg (0,43), Si (0,58) et Fe (0,53). On admet que la trempe à 450° donne des propriétés particulières et on a pu noter cette anomalie : après un certain temps la charge de rupture, la limite d’élasticité et la dureté, subissent une notable élévalion, alors que l’allongement et la striction restent sensiblement les mêmes. Une note de MM. Léon Guillet,. Jean Durand et Calibourg montre le parallélisme -frappant que présente le mécanisme de la trempe d’un tel alliage avec celle des aciers ; l’état stable se maintient à température élevée etla dureté s’acquiert par un revenu qui peut se produire dès la tem pérature ordinaire. P. B.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahiibe, rue de Pleuras, 9. à Paris.
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- Fig. i. — Comment le sous-marin plonge sous un rocher de glace.
- Dès que son mât télescopique rencontre la paroi du rocher, le sous-marin s’incline et glisse le long de l’obstacle.
- AU PÔLE EN SOUS-MARIN
- Atteindre le pôle, ou plutôt explorer les régions polaires jusque maintenant inaccessibles, au moyen d’un sous-marin, l’idée parait au premier abord ne relever que du roman fantaisiste. Cependant elle émane d’un constructeur de sous-marin bien connu, l’américain Simon Lake, qui l’exposait récemment dans la revue américaine, Popular Science Monthly. M. Lake examine les difficultés à vaincre, et démontre qu’elle peuvent toutes être surmontées.
- S’appuyant sur ce que les explorateurs nous ont appris des mers polaires, il dresse le plan d’un sous-marin apte à y naviguer avec le minimum de risques et à y procéder à toutes les investigations scientifiques. La compétence indiscutable de l’auteur, en ce qui concerne les conslructions sous-marines, celle de scs conseillers, MM. Stefansson et Scott Hansen en ce qui concerne les mers'polaires, donnent à ce projet un intérêt tout particulier.
- Nous allons en exposer les grandes lignes, d’après le texte même de M. S. Lake.
- Le sous-marin polaire. — Que demandera-t-on à un sous-marin polaire? Evidemment, de plonger en dessous des champs de glace dont la traversée est toujours pour l’explorateur une entreprise périlleuse et ardue. Il faut donc que le sous-marin ait un rayon d’action suffisant pour ne jamais se trouver en panne au-dessous d’une épaisse couche de glace, au milieu de laquelle il resterait prisonnier, condamné à la plus horrible des agonies. Il faut aussi qu’il puisse plonger assez profondément pour être sûr de ne jamais venir se briser ou s’immobiliser contre l’obstacle. Il lui faut enfin des organes qui lui permettent de se diriger sûrement au milieu
- des précipices de glace sous-marins qu’il veut franchir.
- Un sous-marin moderne peut rester 36 heures en plongée. Dans ce laps de temps, est-il certain de pouvoir trouver une issue dans la carapace glacée sous laquelle il s’est volontairement enseveli? Oui, répond M. Lake en s’appuyant sur l’autorité de l’explorateur Stefansson. Même en hiver, assure-t-il, les endroits où l’on trouve la mer libre sont plus fréquents qu’on ne le suppose communément. Tous les 40 km environ, l’explorateur polaire rencontre des régions où l’eau n’est pas gelée; ou bien n’est recouverte que d’une couche de quelques centimètres de glace. Celle-ci peut-être brisée au marteau, ou en exerçant une forte pression. Le sous-marin lui-même peut très bien jouer alors le rôle de brise-glace. Le Prolector, construit en 1905 par M. Lake, était capable de soulever et de briser une couche de 20 cm de glace, et d’émerger par ce moyen à l’air libre.
- Les sous-marins modernes ne peuvent plonger à plus de 60 m. ; au-dessous de cette profondeur, leur enveloppe s’écrase comme une simple coquille d’œuf. D’après Stefansson et Peary, les champs de glace, et les icebergs les plus volumineux ne descendent pas à plus de 40 m. au-dessous du niveau de l’eau. Il y a donc une large marge pour le sous-marin désireux de doubler ce redoutable obstacle.
- Comment diriger un sous-marin sous les glaces. — Il n’en est pas moins certain que les racines de ces masses de glace constituent de véritables écueils, et que le sous-marin doit être en mesure de se rendre compte de leur proximité, sinon la cata-
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- 47* Année. — 2' Semestre. — 2,)77. — 18 Octobre 1919.
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- 242 ... —. .... = AU POLE EN SOUS-MARIN
- Fig. 2. — Le sous-marin est pourvu d’un brise-glace.
- C’est un tube émergeant du bâtiment et à travers lequel sont actionnés les marteaux a air comprimé.
- strophe serait inévitable. Or, le sous-marin sous l'eau, est complètement aveugle. Comment pourra-t-il se diriger? Il n’y a qu’une solution au problème; le bâtiment, pour trouver sa route, doit pouvoir faire ce que fait l’aveugle qui n’a point de guide; tâter à droite, à gauche et en avant pour se rendre compte de la présence des obstables et les éviter.
- M. Lake, pour son premier sous-marin, /’Argonaute, avait précisément imaginé un appareil qui résoud le problème, et joue, à la lettre, le rôle du bâton de l’aveugle. VArgonaute était un bâtiment construit pour se mouvoir sur le fond même de la mer, à la façon d’une automobile. Il était calculé pour être à peu près exactement en équilibre, c’est-à-dire pour pouvoir presque flotter. Dans ces conditions, il montait et glissait facilement le long d’un rocher par exemple. Mais il lui fallait être à l’abri des chocs dangereux.
- On l’a donc muni d’un dispositif protecteur, formé par un mât télescopique, fixé à l’avant du sous-marin. Ce mât est constitué par un large tube de 15 cm de diamètre, à l’extrémité duquel est un piston qui peut coulisser à l’intérieur du tube. Celui-ci est perforé pour permettre à l’eau de mer d’entrer et de sortir librement. Lorsque le mât heurte un obstacle, le piston est refoulé à l’intérieur du tube, il refoule au dehors l’eau qui
- remplit celui-ci et il amortit ainsi la force du choc.
- C’est ce dispositif, qui a déjà fait ses preuves, que M. Lake. propose d’adapter au sous-marin polaire. Il le complète par un solide câble d’acier tendu entre le mât télescopique et la partie supérieure avant du bâtiment. Si le sous-marin vient heurter un obstacle par sa partie supérieure, c’est sur le câble que s’exerce le choc, et le sous-marin alors se déplace de lui-même pour venir présenter à l’obstacle le mât amortisseur. Nos figures 1 et 5 empruntées à Popular Science Monthly, montrent le mât et son fonctionnement.
- M. Lake préconise la construction d’un sous-marin de 500 tonnes, ayant une vitesse de 1*2 nœuds en surface, et un rayon d’action de 6000 milles à cette vitesse; le bâtiment en plongée aurait une vitesse de 5 nœuds et un rayon d’action de 200 milles. La coque serait construite pour offrir une résistance exceptionnelle qui lui permettrait de plonger jusqu’à 90 mètres. Il faut noter à ce sujet que le record de plongée est actuellement de 88 mètres.
- Le sous-marin polaire ayant une mission avant tout scientifique sera muni d’un sas à air comprimé permettant à un plongeur, ou à un scaphandrier de sortir, de faire une récolte de plantes ou d’animaux et de regagner le bâtiment.
- Enfin, M. Lake munit son sous-marin d’un brise-glace très simple, consistant en un tube que l'on peut faire sortir du sous-marin et à travers lequel on fait travailler par exemple des marteaux à air comprimé. Ainsi, en cas de besoin, le sous-marin pourra renouveler sa provision d’air ou creuser un puits qui permettra la sortie de l’équipage.
- Nous souhaitons que cet intéressant projet soit étudié à fond et mis à exécution. Il nous donnera peut-être un moyen sûr pour déchirer le voile de mystère dont s’enveloppent encore les régions polaires, malgré les héroïques efforts des explorateurs qui les ont affrontées. R. Villers.
- Fig. 3. — Le mal télescopique par lequel le sous-rn'arin lâte l’obstacle.
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- PURIFICATION ÉLECTRIQUE DES IMMONDICES AÉRIENNES :
- Poussières industrielles, Gaz et Fumées.
- On sait que l’air des villes est vicié par une multitude de causes qui ont pour résultat d’augmenter la teneur en acide carbonique et d’introduire en des proportions variant bien entendu avec l’importance industrielle des agglomérations, d’autres éléments accidentels : fumées, vapeurs et gaz, poussières, etc.
- Les fumées se déversant continuellement dans l’atmosphère urbaine par de nombreuses cheminées d’usines et de maisons, n'ont pas seulement l’inconvénient d’ohs-curcir le ciel, de diminuer l'éclairement et d’entraver l’action bienfaisante et antiseptique de la lumière, de déposer dans nos maisons, sur nos vêtements, sur nos personnes, des résidus noirs, mais aussi de constituer un sérieux danger pour la santé publique par le dégagement dans cette atmosphère de gaz nocifs et de gaz acides tels que : oxyde de carbone, acide sulfureux, acide carbonique, acide sulfhy-drique, acide sulfurique, etc.
- Quant aux pousssières industrielles souillant l’atmosphère, elles sont constituées par des
- particules d’origine inorganique ou organique. Dans les centres industriels surtout, les poussières inorganiques comprennent des parcelles de métaux, de
- minerai, de charbon, de ciment, de chaux, de
- gypse, etc., et ces poussières sont d’autant plus dangereuses pour les poumons que les particules qui les composent sont à angles parfois très aigus. Les poussières organiques comprennent notamment, et en nous plaçant seulement au point de vue de l’industrie, des poils, des fibres musculaires, des débris textiles, laine, coton, chanvre, des grains d’amidon, des parcelles de farine, d’os, etc., toutes choses qui sont de nature à altérer nos fonctions respiratoires ou digestives ; Fig. 2. quelques-unes mê-
- Appareil de purification me renferment des
- des gaz.
- (tube vertical). microorganismes
- pouvant exercer une action pathogène en raison des traitements chimiques ou autres qu’elles ont subies. De nombreuses études ont prouvé que l’hygiène
- Fig. i. — Appareil de captation des poussières (tubes horizontaux).
- ne devait pas seule entrer en jeu dans cette question des fumées, qu’il y avait un intérêt économique plus grand qu’on ne pensait à récupérer certains des sous-produits rejetés jusqu’ici en pure perte dans l’atmosphère. C’est qu’en effet ces immondices aériennes contiennent encore, par exemple, dans les fonderies et raffineries métallurgiques, des particules de cuivre, plomb, étain, zinc, or, argent, nickel, arsenic, bismuth, antimoine, sélénium, tellure, etc. Et l’on peut citer des grandes usines, tant en Amérique qu’en Europe, dont la valeur des produits métalliques ainsi déversés dans l’air sous forme de fumées par leurs cheminées peut s’estimer journellement à des milliers de francs. Bien des ingénieurs ont étudié le problème et l’ont plus ou moins résolu par l’emploi de divers procédés comme la filtration, le lavage par barbotage, la centrifugation, et en dernier lieu la purification par l’électricité.
- La filtration à travers des épaisseurs de tissus n’est pas toujours possible techniquement et économiquement, certains gaz attaquant ou colmatant rapidement les tissus, soit en raison de leur haute température, soit à cause de leur teneur en acides corrosifs. On a essayé des filtres métalliques composés d’amiante, de coke, de gravier, de sciure, etc., mais les résultats obtenus, sauf dans des cas particuliers, n’ont pas'été ceux que l’on espérait. Avec le lavage par barbotage ou pulvérisation, on n’a souvent que des résultats incomplets, certaines poussières ne se mouillant presque pas commeaussi il est parfois difficile de séparer les vésicules liquides entraînées. Enfin l'obligation de laver les gaz
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- PURIFICATION ÉLECTRIQUE DES IMMONDICES AÉRIENNES
- aussi parfaitement que possible entraîne de ce fait une dépense assez importante et par suite onéreuse, de puissance mécanique. L’action de la vapeur détendue formant buée donne certainement de meilleurs résultats, mais ce dispositif n’est pas toujours facile à réaliser. Quant à la force centrifuge, elle ne saurait convenir que pour des poussières à dimensions ni trop grosses, ni trop fines.
- Ces applications plus ou moins heureuses firent que l’on en vint à cette idée de séparer et de capter les particules en suspension dans les gaz au moyen de décharges électriques, idée ancienne puisque en 1824 Hohlfeld, professeurà Leipzig, constatait que, si dans un récipient rempli de fumée, on introduisait un fil métallique raccordé à une machine à friction, la fumée était précipitée. Cette expérience était renouvelée 25 ans plus tard par Guitard, de Londres, mais la chose en resta là pour reprendre jour en 1884. Simultanément le professeur sir Oliver Lodge et le docteur Karl Moeller étudient la question à nouveau et prennent l’un et l’autre des brevets. Sir Oliver Lodge, qui n’avait d’abord envisagé que la dissipation du brouillard par ce procédé, avait recours aux machines statiques Wimshurst à plateau. L’une de ces machines fut installée dans une usine de raffinage du plomb pour être utilisée à la captation des
- fumées dégagées des fours métallurgiques (fîg. 3), mais en raison des difficultés inhérentes à l’em-ploide ces machines on ne put donner à ce procédé un caractère vraiment pratique.
- En 1905, un certain nombre de fabricants d’acide sulfurique de Californie, recherchant le moyen de se débarrasser des buées acides, un ingénieur américain, F. G. Cottrel, reprit les travaux de sir Lodge, mais en employant des transformateurs et des redresseurs synchrones de façon à utiliser également un courant variable, mais toujours de même sens. De son côté, le professeur R. Kennedy, de l’Université de Pittsburg, s’occupant particulièrement du problème des fumées d’usines, arriva à des résultats semblables. Par la suite, de nombreuses usines métallurgiques, produits chimiques, cimenteries, etc., récupérèrent par ce nouveau dispositif mis au point industriellement des milliers de tonnes de produits auparavant perdus, tout en satisfaisant aux desiderata des hygiénistes.
- Le principe sur lequel repose le procédé de purification électrique est des plus simples : les particules solides ou liquides en suspension dans les gaz reçoivent une charge électrique et sont soumises
- Fig. 3. — Schéma de l’installation de précipitation électrique Lodge.
- à un champ électrique; autrement dit, elles sont soumises à une force tendant à les déplacer dans la direction du champ électrique. Si celui-ci est perpendiculaire au sens du courant gazeux, les particules tendent à être entraînées en dehors de ce dernier. Il est évident que les effets les plus puissants seront obtenus par une électrisation intense des particules et par une valeur aussi grande que possible du champ électrique. Or ces deux conditions sont réalisées simultanément par l’utilisation d’un appareil constitué simplement par un fil métallique fin placé dans l’axe d’un cylindre conducteur, fil et cylindre étant reliés aux pôles d’une source électrique à haut potentiel : l’air sort purifié à l’extrémité du cylindre qui joue ainsi le rôle de filtre.
- En effet, grâce à ce dispositif il se dégage ainsi du fil axial qui paraît entouré d’une lumière violacée, des particules électriques qui frappent les poussières véhiculées par le courant gazeux, les chargent d’électricité de même nom que le fil et les obligent ainsi à fuir le centre du cylindre pour se précipiter sur les parois. Là, elles trouvent de l’électricité de signe contraire qui les ramène à l’état neutre et sous l’action de légères secousses imprimées au cylindre même, elles tombent à la base de celui-ci s’il est agencé verticalement^ ou passent s’il est horizontal par des perforations ménagées dans la paroi du cylindre pour être recueillies entre ledit cylindre et son enveloppe.
- Pour un cylindre et un fil de diamètre déterminé, chargés à un potentiel constant, on peut dire que l’efficacité de la captation reste, dans les limites de la pratique, indépendante de la nature et de la quantité des particules; elle est fonction de leur grosseur et inversement proportionnelle à la vitesse du courant gazeux. Toutefois si les particules sont de grosseurs différentes, il se conçoit que les plus fines seront les plus difficilement captées, leur capacité électrique étant moindre. Et si l’on diminue progressivement la vitesse du courant gazeux, toutes autres conditions restant les mêmes, la quantité de particules captées n’augmente que très lentement.
- La précipitation électrique des particules contenues dans les gaz peut, en certains cas, s’opérer sous l’effet d’un courant alternatif, mais pratiquement les résultats les meilleurs sont procurés par du courant continu ou redressé.. Toutefois les dynamos à courant continu ne pourraient donner les tensions de 50 000 à 100 000 volts nécessaires, à
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- L’EXPLOITATION DE LA RACE OVINE KARAKUL POUR LA FOURRURE 245
- moins d’en coupler plusieurs en série, ce qui coûterait énormément d’établissement et d’entretien. Il est donc préférable d’utiliser un courant alternatif de fréquence usuelle dont il est aisé d’élever la tension par un transformateur approprié' et à redresser ce courant de haute tension par un commutateur mécanique simple entraîné par un moteur synchrone. Toutefois les essais ont montré que les redresseurs doivent remplir certaines conditions, c’est-à-dire qu’il faut que le temps de passage du courant soit aussi grand que possible et les isolements largement prévus afin d’éviter l’amorçage d’arcs de court-circuit.
- On comprend que les appareils de captation doivent être appropriés à la nature et à l’état des gaz et des produits à traiter.
- Nous donnons, figure 2, une vue d’un des appareils créés par la Société française en 1917 en vue de la captation des poussières des gaz de grillage des pyrites (fabrication de l’acide sulfurique). Les gaz arrivent dans l’épurateur à une température d’environ 50°, secs et sans action sur le fer, ce qui a permis de construire le cylindre en tôle lequel est traversé par les gaz de bas en haut. Les poussières sont projetées au travers des perforations du cylindre intérieur pour venir se rassembler dans l’intervalle existant entre le dernier et l’enveloppe extérieure. Les gaz sortent purifiés par le collecteur supérieur. L’isolateur inférieur maintenant le fil tendu est logé dans un caisson étanche communiquant avec le collecteur inférieur par l’intermédiaire d’un cylindre concentrique au conducteur ; le dispositif a pour but de maintenir les surfaces isolantes en parfait état de propreté. L’isolateur supérieur, étant dans une zone de gaz purifiés, n’a pas besoin de protection spéciale. Cet épurateur ne permettant que la purification d’une quantité minime de gaz, il n’est donc qu’une unité
- de batterie comportant par conséquent autant d’éléments semblables que la purification totale des gaz peut l’exiger. En regard du résultat obtenu (suppression de l’arsenic, de l’antimoine, etc.), la dépense d’établissement et d’entretien d’une installation desservant un four ordinaire, est peu importante.
- Cet appareil a été également utilisé en ces derniers temps pour capter des poussières de coke au cours de la fabrication pour la guerre d’un certain gaz fort toxique.
- La figure 1 représente un appareil de la même Société pour la captation des poussières de ciment, chaux, plâtre, etc. De forme horizontale, il est placé après les chambres de dépôt collectrices des poussières ramassées par les aspirateurs. La rentrée des gaz et poussières s’effectue par le milieu par l’intermédiaire du tube T, les extrémités de l’appareil débouchent à l’air libre, le fil électrique traverse les cylindres d’une extrémité à l’autre, les isolateurs T étant placés au dehors. Les trémies A placées en dessous des cylindres horizontaux recueillent les poussières ainsi captées. Ce que l’on rejette ensuite en fin d’opération dans l’atmosphère est sans danger pour la santé publique.
- De ce qui précède, on voit que le nouveau procédé offre l’avantage de pouvoir séparer jusqu’aux plus petites particules solides et qu’en faisant varier l’intensité du courant, on peut même précipiter successivement des éléments solides ou liquides de densités différentes. Un autre avantage, c’est que les gaz eux-mêmes ne jouent ici et durant le traitement aucun rôle particulier, si ce n’est qu’ils transportent de l’électricité alors que dans les autres procédés mécaniques ou chimiques, la totalité du volume des gaz doit être traitée afin d’obtenir un résultat qui n’est pas toujours satisfaisant.
- M. Bousquet.
- L’EXPLOITATION DE LA RACE OVINE KARAKUL POUR LA FOURRURE
- L’origine et l’obtention de la précieuse fourrure désignée sous le nom de karakul, ou de fourrure dite astrakan, sont choses encore relativement peu connues de la grande masse du public. Pourtant, l’industrie à laquelle donnent lieu ces fourrures, si justement renommées dans le monde entier, est extrêmement importante, et les conséquences économiques de la grande guerre déchaînée par l'Allemagne en rehaussent d’autant plus l’intérêt que, précisément, cette industrie et le commerce qui en résulte, lesquels étaient accaparés par les Allemands, vont passer en d’autres mains.
- Avant la guerre, et depuis 1902, Leipzig était devenu le grand marché européen des pelleteries d’Astrakan. Là encore, apparaissait la mainmise de l’insatiable race germanique, car, autrefois, Astrakan centralisait'dans ses entrepôts les peaux de
- Boukharie à destination de l’Europe, et était considéré, de ce fait, comme le principal centre de cet important commerce.
- L’industrie du karakul jouit de débouchés considérables, encore accrus par les grands besoins qu’à fait naître la guerre, paralysant cette industrie, comme tant d’autres.
- A la veille de la guerre, deux maisons de Leipzig recevaient, pour elles seules, du Turkestan, plus de 750000 peaux d’agneaux karakul, représentant une valeur globale de plus de 13 millions et demi de francs. En 1912, on estimait à un demi-million de peaux l’excédent annuel des demandes sur les offres, sur le marché de Leipzig.
- Ce qui doit éveiller plus particulièrement l’attention de l’industrie et du commerce français, et par conséquent ce qui devrait aussi stimuler les
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- 246 L’EXPLOITATION DE LA RACE OVINE KARAKUL POUR LA FOURRURE
- Fig. i. — Bélier et brebis du Karakul.
- initiatives parmi les éleveurs, dans certaines régions en France, ce sont les efforts de bien des pays européens, et les résultats obtenus par certains d’entre eux, en vue de l’exploitation, sur leurs territoires, de la race ovine de.Karakul confinée, pour ainsi dire, en Asie centrale, dans le Turkestan, plus particulièrement dans les vastes solitudes désertiques, sableuses, de Boukharie.
- L’aire géographique de la race ovine karakul est délimitée à la partie basse de la vallée de i'Amou Darya, depuis Kerki jusqu’à la mer d’Aral. On trouve ses troupeaux épars à droite et à gauche du fleuve Amou Darya, dans les plaines de Kerki, Karakul ou Karakoul, Boukhara, Karchi, Khiva et Yacatout. C’est à Karakul que l’on trouve les meilleurs béliers, et partant les meilleures fourrures, celles qui sont le plus recherchées dans le monde entier, mais Karchi" passe pour être le centre d’élevage le plus important. La construction du Trans-caspien — ainsi que M. Bonafé le constatait, en 1903, en étudiant cette race au cours d’une mission au Turkestan — a contribué à l’accroissement du contingent du troupeau karakoul, infiniment précieux pour les peuples boukhares.
- Sauf dans l’oasis de Karakoul, arrosée par le fleuve Zérafchane (mot sarte qui signifie « rouleur d’or »), dont les eaux, gonflées par les neiges des monts Alaï, vont se perdre dans le lac, de Karakoul, et, boueuses, inondent en hiver d’immenses surfaces, c’est, partout ailleurs, la dune sableuse où croissent de nombreux arbrisseaux aux rarines profondes. Les vents, venant de Sibérie (N.-S. ou N.-O.-S.-E.), qui soufflent pendant la belle saison, se chargent, en traversant les déserts du Nord, de sels de soude, de potasse et de magnésie qui, absorbés par le sol, réapparaissent ensuite à la surface durant les sécheresses, sous forme d’efflorescences d’un blanc pur. Le climat de Boukharie accuse des températures extrêmes (40° à 60° en été, — 15° à — 20° en hiver) auxquelles le mouton karakul résiste, grâce à sa grande rusticité.
- Dans les: plaines alluvionnaires croissent, à l’état sauvage, divers Tamarix et de grossières graminées ; dans les sables, croissent le Ka-liouchki des Sartes, légumineuse à tige forte, et une cypéracée minuscule, à feuilles grêles couvrant le sol. Ces deux plantes constituent une nourriture excellente pour les troupeaux; la première, par ses extrémités tendres et vertes, fournit l’aliment d’été, tandis que ses graines et ses tiges desséchées sur pied, coupées et conservées en tas après la formation 'du fruit, constitiunt la nourriture hivernale ; la seconde subvient à l’alimentation des moutons au printemps.
- La race ovine de Karakul fournit les trois variétés de fourrures karakul, astrakan, breitschwantz, désignées le plus souvent sous le nom générique d’ « astrakan », par suite de l’origine commerciale des peaux de Boukharie à destination de l’Europe, lesquelles sont entreposées à Astrakan.
- L’agneau, dès sa naissance, a tout le corps couvert d’une toison abondante, les membres sont couverts jusqu’aux onglons, la tête jusqu’à la ligne des yeux. Cette toison est formée de mèches noires, travaillées en boucles serrées, fortement tassées sur la peau. Si l’animal est sacrifié lorsqu’il n’est âgé que de quelques heures, de trois jours au maximum, et si, aussitôt après, on le dépouille, la toison reste telle qu’elle était à la naissance; l’humidité même n’altère en rien sa qualité. Cette particularité explique la valeur, comme fourrure, de la peau de Karakul, fourrure dite astrakan.
- A mesure que l’agneau se développe, les boucles de sa toison se délient peu à peu; après la tonte, la laine repousse à peine bouclée. Les tontes se succèdent avec l’âge et les brins ne présentent bientôt plus qu’une faible ondulation, qui disparaît lorsque le mouton atteint l’âge de cinq ans. La toison grisonne à partir de trois ans, par suite du mélange intime de brins noirs et de brins blancs. Vers l’âge de sept ans, elle prend une couleur
- Fig. 2. — Agneaux de Karakul entièrement frisés.
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- blanc sale, à l’exception des extrémités et de la tête qui conservent la teinte foncée. Chez les sujets âgés de plus de trois ans, il se forme entre les brins un sous-poil ou duvet fin et court qui garantit le corps contre les rigueurs estival- s et les intempéries hivernales. Ce sous-poil existe également sur les chèvres de Boukharie et les moutons de Trans-caspie.
- Le karakul est plutôt de forte taille (0 m. 60 à 0 m. 70 au garrot). Le bélier a le corps allongé, la poitrine étroite, le ventre gros, l’encolure longue et étroite; la tête forte, au chanfrein très busqué; les cornes puissantes, aplaties à la base, descendant en arrière des oreilles — qui sont longues et pendantes — et remontant ensuite vers les yeux, en déci ivantunespi-re à rang délié.
- La brebis est r~; généralement sans cornes ; elle a la face allongée; il en est de même de l’encolure et du tronc.
- L’ampleur du train postérieur et l’allongement des autres parties du corps (caractères des races fécondes) existent à un degré plus accentué que chez le bélier. Mais dans les deux sexes, on remarque que le train postérieur est plus élevé que le train antérieur, les membres hauts, d’épaisseur moyenne, la queue grosse. Sage prévision de la nature pour les races qui ont à subsister sous des climats déshérités et doivent emprunter à leur propre substance lors des époques critiques, la queue du karakul se compose de deux lobes latéraux renflés à leur base, séparés par une rainure longitudinale, se prolongeant au delà des lobes par un queuton mince, souvent tirebouchonné à son point d’insertion. La queue, presque plate à la sortie de l'hiver ou de l’été, emmagasine, pendant la belle saison, une réserve adipeuse que les animaux utiliseront durant les mauvais jours. Le karakul, animal >obre, rustique, et d une grande fécondité, est exploité par les Sartes, en troupeaux dont le nombre de têtes varie de 200 à 5000 ou 6000; les plu> importants sont «üvisés en lots de 500, pour en faciliter la surveillance et l’exploitation.
- La dépaissance, en toutes saisons, est la caractéristique de l’élevage. La reproduction a lieu vers le 15 septembre. Les agneaux naissent en février; ils sont alors séparés de leur mère et sacrifiés dès le deuxième ou troisième jour, sauf ceux que l’on réserve pour la reproduction. Les peaux sont salées,
- séchées à l’ombre et mises en pile, en attendant l’acheteur. Vers le 15 avril, a lieu la première tonte. En août, au moment où les troupeaux s’acheminent vers leurs quartiers, d’hiver, s’effectue la deuxième tonte. Depuis le 15 mai jusqu’au printemps suivant, les moutons broutent le kaliouehki, dont on fait aussi une réserve pour la mauvaise saison. Au moment où les graines sont formées, on coupe et met en fagots, que l’on dresse en tas, à l’endroit choisi pour l’hivernage des troupeaux.
- La valeur de l’agneau est estimée au moins égale, sinon supérieure, à celle de la mère, car il est de règle que la fourrure se vende au prix le plus élevé atteint par la brebis dans le courant de l’année. La fourrure de l’agneau retiré du sein d’une brebis
- morte peu de temps avant le terme atteint des prix très élevés (20 à 50 roubles). M. Bonafé a observé qu’une brebis blanche (race de Merv ou d’Afghanistan) donne, avec le bélier noir de Karakoul, un a-gneau à peau gris cendré, que les amateurs paient jusqu’à 50, 35, 40 roubles, tandis que les fourrures ordinaires vendues en paquets de dix, atteindraient autour de 10 à 12 roubles, à Karakoul.
- Les fourrures de Boukharie sont plus appréciées que celles de Khi va, et, en Boukharie même, ce sont les peaux de karakul les plus estimées, ce qui s’explique par l’inconte>table influence du sol, du climat, du milieu sur la qualité des toisons. Chose curieuse, les brebis blanches (de Merv ou afghanes) amenées sur le sol de Karakoul, donnent, dès la troisième année, et d’une façon à peu près constante, des produits parfaitement noirs ayant toutes les qualités des ovins de race karakul pure. Aussi, cette question sVst posée : étant donné le bas prix des brebis afghanes, n’y aurait-il pas avantage à créer un troupeau de brebis blanches avec des béliers noirs? Industriellement, c’est-à-dire au point de vue de l’obtention de toisons de vab.ur, la question, quoique d’apparence assez paradoxale, peut être intéressante et retenir l’attention des zoote- h-niciens et des éleveurs. Quant à présent, elle n’a pas encore suggéré l’idée de l’expérimentation. En tout cas, il faut constater que la fourrure du karakul n’a rien perdu de la faveur accordée aux choses rares, et que l’exploitation de cette race ovine, considérée dans ses résultats financiers, est rémunératrice.
- Fig. 3. — Produits de croisement de béliers Boukhara et de chèvres Shropshire.
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- 248 .LA RECONSTITUTION DES CHEMINS DE FER DU NORD
- Les propriétaires sartes estiment que le bénéfice net atteint le quart des recettes totales. Voici, d’après M. JBonafé, le bilan annuel d’un élevage comprenant 500 sujets :
- Laine : 100 pouds, valeur 420 roubles;
- Fourrures : 400, valeur 3000 roubles ;
- Bénéfice net : 3420 : 4= 855 roubles pour un càpital de 3750 roubles; ce qui équivaudrait, en témps normal, à un bénéfice net de 3420 francs rémunérant un capital de 15000 francs.
- On a. longtemps cru que, seul, le Turkestan pouvait se prêter à l’élevage du karakul. Cependant, les Empires centraux, la Russie, la Bosnie-Herzégovine, et même la Belgique (dans l’Ardenne et la Campine) firent, dès l’année 1893, des essais d’acclimatement, d’élevage et d’industrialisation qui ne furent pas dépourvus d’intérêt. On a cité les résultats satisfaisants obtenus par l’allemand Julius Kuhn, de l’Université de Halle, par l’élevage du karakul sur les landes pauvres et sablonneuses de Lindchen, où des béliers et brebis karakul produisirent des fourrures identiques aux plus belles fourrures venant de Boukharie. Le croisement du
- bélier karakul avec des brebis indigènes donna des métis fournissant une fourrure de valeur encore appréciable, et le gouvernement de Hanovre encouragea, par des subventions, les éleveurs pratiquant ce croisement.
- En 1909, M. Leyder entreprit une campagne en vue de propager cet élevage dans l’Ardenne belge.
- La France est restée, jusqu’ici, étrangère à ce mouvement, bien que cette industrie zootechnique y doive intéresser certaines régions à sol sablonneux, dont le climat est assez rigoureux pour rappeler — de loin — celui de la Boukbarie.
- L’exploitation de la race ovine karakul serait intéressante dans les contrées pauvres, aux terres arides, à mettre en valeur, comme en Crau, en Camargue et dans certaines parties de la Sologne; elle améliorerait les terres sablonneuses, légères, médiocres ou stériles, et en^ faciliterait le boisement. Affranchis à jamais de l’emprise germanique, notre agriculture, comme notre industrie et notre commerce, ont là encore, à prendre position pour la revanche économique.
- Henri Blin.
- LA RECONSTITUTION DES CHEMINS DE FER DU NORD
- Le 18 juillet 1918, marque la date à laquelle la France, envahie, mais victorieuse, a pu commencer à arracher au joug de l’ennemi ses territoires captifs. A partir de ce jour, chaque bataille marque une nouvelle étape vers la libération, qui est enfin
- ; Fig. jr. — Le Viaduc de Blanzy sur l’Oise. ,
- . Ligne Hirson-Anor. Le 23 novembre 1918. ,
- complète lé 11 novembre 1918. Mais dans quel état devions-nous, retrouver nos malheureux départements envahis I Sur des zones immenses, la destruction totale des villes, des villages et des champs, ruines accumulées par les batailles, ou froidement et systématiquement organisées par l’ennemi; dans les régions /moins , bouleversées,/ d’innombrables coupures dès chemins de fer, dès canaux et des routes, supprimant toutes les communications. Partout, des populations privées de toutes ressources,
- vivres ou matières premières; de's ateliers et des usines vides de leurs machines, des habitations dépossédées de leur mobilier; bref, une désolation sans exemple dans l’histoire, et dont l’image ne peut s’effacer pour quiconque en a été le spectateur.
- Fig. 2. — Le viaduc de Blanzy. Vue prise le 27 août 1919.
- Comment venir au secours de nos compatriotes délivrés, comment leur assurer les vivres nécessaires à leur existence jusqu’à la remise en état de la culture, comment leur permettre de rétablir leurs habitations, leur industrie? Dès le H novembre, il n’y eut qu’un cri : des routes, des chemins de fer; des chemins de fer surtout, car eux seuls ont la capacité de transport nécessaire. Et les chemins de fer, quoique eux-mêmes au premier rang des victimes, ont répondu à l’appel.
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- ... ..LA RECONSTITUTION DES CHEMINS DE FER DU NORD —249
- Les Compagnies de chemins de fer de l’Est et du Nord ont réalisé de véritables tours de force, pour remettre leurs voies en service dans le plus court délai. Pourtant l’ennemi avait accumulé les destructions sur les voies ferrée s ; dans toute la zone reconquise, il n’existait ni un pont, ni un ouvrage d’art, ni une gare intacts; les explo sifs avaient été prodigués au point que non seulement le tablier ou la voûte des ponts étaient coupés, mais les piles et les culées elles-mêmes étaient détruites jusque dans leurs fondations,et parfois littéralement volatilisés.
- Fig. 3. — Le Viaduc d’Origny sur la ligne Laon-Hirson. Le 21 mai iqiç. (Déblaiement terminé.)
- comprenant une forte proportion de wagons de munitions; ceux-ci bien entendu avaient sauté et il en résultait un enchevêtrement inextricable.
- Sur le seul réseau du Nord, les dégâts matériels sont estimés à deux milliards et demi. Malgré de tels ravages, toutes les lignes sont aujourd’hui remises en exploitation.
- Il a fallu moins de 9 mois pour mener à bien cette œuvre gigantesque. Un pareil résultat est digne d’admiration; il fait le plus grand honneur à la direction et au personnel exécutant et c’est un nouveau titre de gloire à ajouter à tous ceux que les On â retrouvé tous les aiguillages détruits, toute I ingénieurs et les travailleurs des chemins de fer la voie courante détruite sur des dizaines de kilo- | se sont acquis pendant la guerre, mètres consécutifs ; on avait fa>t sauter au pétard un joint de rails sur deux, ou encore on avait arraché les rails avec une charrue spéciale traînée derrière une locomotive.; toutes les gares étaient incendiées ou détruites à la mine, les signaux, les postes d’alimentation d’eau, les lignes télégraphiques et téléphoniques, les installations électriques, les ateliers étaient également détruits. N’oublions pas les mines à retard dont certaines régions étaient littéralement farcies, et qui prolongeant après l’armistice les horreurs de la guerre, ont continué pendant plusieurs semaines à sauter et à faire des victimes.
- Signalons aussi les voies obstruées comme en gare de Jeumont, Four-mies, À vesnes, pard’im menses trains,
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- dès le début de 1914 avait été privé de ses ateliers d’Iipllemmes, de Ter-gnier, de Lens, a transporté pendant la durée des hostilités un total de 60 millions d'hommes de troupe : joignons-y les munitions et les ravitaillements de tous genres. Sur un réseau réduit à 2500 km de voies, la circulation quotidienne moyenne des wagons a dépassé largement les chiffr' s du temps de paix, alors que le réseau comptait 3900 km. On a dû créer pour faire face à ce trafic de guerre des, gares parfois immenses de chargement, de déchargement et de manoeuvre, construire des raccordements ent re les lignes existantes ; doubler des lignes à voie unique, établir des lignes nouvelles. Les constructions de guerre se montent à 5 ou 6000 km de voies.
- En mars et avril 1918, l’avance allemande impose une rude et nouvelle tâche : Amiens et Longueau sont sous le leu de l’ennemi; les parcs et ateliers d’Amiens très importants sont évacués en hâte; les ateliers de Roye rétablis en 1917, sont à nouveau perdus, ainsi que Mont-didier; la grande ligne Paris-Amiens est coupée.
- C’était donc avec un personnel cruellemement éprouvé par le feu de l’ennemi et les fatigues de la campagne, avec un matériel réduit et surmené que les chemins de fer du Nord devaient, au lendemain de l’armistice, attaquer la réfection de la partie de réseau que l’ennemi leur
- Il nous paraît nécessaire que le public comprenne et apprécie l’intensité et la signification de cet effort. Nous nous proposons à cet effet, à titre d’exemple, de résumer dans ses grandes lignes, l’œuvre accomplie par la Compagnie des chemins de fer du Nord. Disons de suite que la Compagnie des chemins de fer de l’Est a déployé un effort non moins méritoire et également couronné de succès.
- Déjà pendant tout le cours des hostilités, ces deux réseaux, malgré des moyens réduits, ont supporté la part la plus importante des transports militaires, réalisant des performances qui ont étonné nos alliés américains eux-mêmes.
- Le chemin de fer du Nord qui
- Fig. 8. — Le Viaduc du Gland, sur la ligne Hirson-Anor, le 2.3 novembre içi8.
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- restituait, dans quel éiat nous l’avons vu.
- La destruction systématique portait sur 1180 ponts dont 210 de plus de
- 10 m., 8 grands viaducs, ,Vtunn< ls dont la réfection devait. . onstituer un travail long et délicat ; 228 gar s, presque le 1 /5 de la totalité de celles du réseau.
- Les dépôts de Lens, ttrchies, Ter-gnier. sont retrouvés anéantis; ceux d’Hazebrouck, Bétliu e, Tourcoing, Lille, Douai, Arras, Smnain, Valenciennes, Cambrai, Bnsi ny, Aulnoye, Hirson, Roye, pariiebeiuent détruits.
- 11 ne reste plus rien des ateliers de Tergnier et Lens. Li s ateliers de construction d’Hellemmes ont bien leurs batiments intacts; mais il n’y reste plus de machines ni de matières premières.
- Enfin sur tout le réseau, on comptait 115 alimentations d’eau détruites (usines et canalisations) : dans 350 gares, Te matériel électrique, le mobilier, l'outillage et les approvisionnements avaient été mis hors d’usage.
- Dès le premier recul allemand commence pour nos chemins de fer une nouvelle campagne, offensive celte fois, qui s’est continuée bien au delà de l’armistice.
- Suivant nos armées victorieuses, des milliers de sapeurs de chemins de fer français et anglais, des milliers d’agents anciens ou rentrés des armées, ou nouvellement recrutés rivalisent de zèle et d’activité. Les premiers, en rétablissant une voie
- Fig. ç. —Le Viaduc d’Athies. Ligne d’Arras-Lens (14 novembre içi8). Fig. 10. — Le même ouvrage, le Ier janvier iqiç.
- Sa reconstruction a été effectuée en 3 mois.
- Fig. it. — Le viaduc du Gland en août içiç. La réparation est sur le point d’être achevée.
- d’abord unique, franchissant les cours d’eau par des estacades provisoires en bois, ou descendant par des déviations jusqu’au fond des vallées, les seconds en perfectionnant la voie courante derrière les sapeurs, reconstruisant les ponts, et réalisant dans les gares les installations les plus urgentes.
- C’est ainsi qu’il fut possible d’amener les voyageurs à Lille le 27 octobre 4918; à Laon, le 28 novembre; à Saint-Quentin, le 5 décembre et un peu plus tard à Douai, Valenciennes, Cambrai.
- Les agents, les ouvriers (35 000 en avril), avaient été amenés à pied d’œuvre en même temps que les rails et l’outillage; on imagine aisément la vie précaire dont ils durent se contenter et qu’il fallut leur organiser
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- Fig-. 12. — Un réservoir de la gare de Bohain détruit à la mine (3i octobre içi8).
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- sommairement ; on coucha dans les wagons remisés le long des voies de garage, dans les anciens abris des com battants, dans des baraquements provisoires en bois. Les repas furent distribués dans des cantines improvisées. Ingénieurs, employés, ouvriers, tous associés pendant la guerre à l’œuvre des combattants, continuèrent leur tâche après les hostilités avec la même conscience et le même dévouement; c’est grâce aux énergiques efforts de tous, étroitement unis dans une collaboration confiante, que l’œuvre gigantesque de réfection a pu être menée à bien dans un délai qui réalise un étonnant record.
- Après l’armistice, on ne pouvait parvenir à Lille que par Calais, Saint-André et La Madeleine; un peu plus tard, on pouvait gagner la grande cité du Nord par Béthune, Lille-Porte-d’Arras et Lille-Porte-des-Posles. Puis on y pénétra par la gare des marchandises de Saint-Sauveur. Enfin la gare de Lille-Voyageurs fut à son tour dégagée. Le trajet Paris-Lille, avant la guerre, durait 3 heures; il demanda 8 heures pendant les premiers jours qui suivirent l’armistice, il est aujourd’hui réduit à 4 heures.
- Déjà à la date de l’armistice, certaines réparations provisoires avaient pu être faites; le 11 novembre 1918 il restait pour la parachever, à rétablir 585 km de ligne à voie double, 529 à voie unique.
- Le 1er août 1919 on avait rétabli :
- 571 km à double voie.
- 527 km à voie unique.
- En octobre, l’exploitation a pu reprendre sur presque toutes les lignes sauf 111 km; 10 gares seulement restent à rétablir dont 4 sur la ligne Guise-Hirson, anciennement à voie de 1 m. et qu’on rétablit à voie normale.
- La réparation des ouvrages d’art se poursuit rapidement. On jette des ponts provisoires sur les culées des piles rétablies définitivement en attendant la livraison des ponts métalliques.
- Au 11 novembre 1918 on comptait : 793 ouvrages de plus de 4 m. à rétablir (593 passages inférieurs; 190 supérieurs et 5 tunnels).
- Au 1er août 1919 : 97 étaient terminés.
- 22 attendaient les tabliers métalliques.
- 451 rétablis provisoirement.
- Il reste à rétablir : 498 passages inférieurs (ceux-ci n’intéressent pas directement le chemin de fer).
- 195 passages supérieurs.
- 3 tunnels (Guise, La Feren sur la ligne Laon-Liart, Folambray).
- Donnons également quelques chiffres relatifs au réseau de l’Est :
- Au 1er octobre, il a été réparé 848 kilom. de ligne à double voie, 159 kilom. de ligne à voie unique. Le nombre de lignes non encore exploitées est de 138 kilom. à double voie, 37 à voie unique. Il reste 24 gares à desservir.
- On voit que là aussi l’effort s’est poursuivi avec intensité et succès.
- Pour revenir au réseau du Nord, parmi les destructions les mieux « réussies », il convient de citer celle de la ligne d’Arras à Lens; cette ligne traverse un terrain sur lequel les deux armées adverses se sont cramponnées de longs mois, sans progrès sensibles de part ni d’autre ; la région a été le théâtre des combats les plus acharnés (batailles d’Arras, de Vimy), c’est l’une des zones les plus chaotiques du front. Lorsque les ingénieurs constatèrent dans quel état était la ligne, et sur quel sol il allait falloir la rétablir, il y eut un moment de découragement; on se demanda si la réfection était possible, et s’il n’y avait pas lieu d’y renoncer complètement.
- Mais la ligne d’Arras à Lens, quoique ne mesurant que 20 km, présente une importance toute particulière; c’est elle qui permet d’acheminer vers Paris les charbons de la région de Lens et de Cour-rières. Bien qu’une grande partie des houillères soit pour longtemps paralysée par le vandalisme de nos ennemis, certains puits ont pu reprendre l’ex-
- Fig. i3. — La gare'-de Tergnier après le départ des Allémands {septembre iqi8).
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- traction, et il importait de pouvoir diriger leur production sur la capitale. On se mit donc à l’œuvre, malgré les difficultés de l’entreprise. Dès le 10 février, la ligne était rétablie sur une voie; le 20 avril sur deux voies; le 1er juin, elle était complètement en état.
- Parmi les grands ouvrages d’art détruits, et qu’il a fallu relever en toute diligence, citons les viaducs du Gland et de Blangy-sur-l’Oise sur la ligne Hirson-Anor, achevés le premier en août 1919, le second en octobre ; le viaduc d’Origny, sur la ligne Laon-
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- cintre de 15 m. 80 d’ouverture avec piles de 2 m. 20 d’épaisseur aux naissances. Il représente un cube de maçonnerie de 11 000 m3.
- Le déblaiement des décombres était achevé le 15 mai dernier et la reconstruction fut immédiatement entreprise ; les travaux ont été entièrement exécutés en béton ou ciment, et poursuivis avec 3 à 400 ouvriers. Ils ont duré 4 mois.
- Pour mener à bien l’œuvre de réparation, dans de pareilles conditions de rapidité, il a fallu recou rir à des méthodes expéditives.
- Hirson, terminé en septembre; le viaduc d’Ohis, sur la ligne Busigny-JIirson, qui sera achevé incessamment.
- A titre d’exemple, il est instructif de suivre l’histoire de l’un de ces ouvrages d’art. Nous prendrons le ’ viaduc d’Origny: Il fut détruit partiellement par nous-mêmes en 1914, puis rétabli provisoirement par l’ennemi au moyen de chevalets et poutres métalliques, qui furent plus tard enrobés; de béton. Au moment de sa retraite, l’ennemi le détruisit complètement.
- Le viaduc mesure 228 m. de longueur; sa largeur hors parapet est de 8 m. 36; sa hauteur maxima de 19 m. Il compte 12 arches en plein
- Pour le déblaiement des enchevêtrements métalliques, on s’est servi en grand du chalumeau-coupeur oxyacétylénique. Pour la reconstruction des ouvrages, on a fait un large emploi du béton non armé, confectionné en partie avec les matériaux trouvés sur place et provenant des ouvrages détruits ; on a fait en particulier d’excellent béton avec les débris de briques, utilisés au lieu de cailloux.
- Il n’y a, ces deux points mis à part, pas de grandes innovations techniques à signaler dans ces travaux ; le résultat est dû avant tout à l’organisation du travail, et à la somme d’efforts fournie vaillamment par le personnel à tous les degrés de la hiérarchie. A. Troller.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de sepresmbre >919
- Résistance des agents vivants intracellulaires. — Depuis les belles expériences de MM. Nageolte et Sincert, on emploie des fragments d’organes avec le plus grand succès. Jusqu’à quel point, sont-ils rigoureusement aseptiques? C’est le problème auquel s’est attaché 11. Galippe. Pour lui, les greffes ne sont pas mortes, au sens strict du mot : ni la glycérine, ni l’alcool, ni le chloroforme, ni le temps ne peuvent détruire les microzvmas que contiennent les tissus et qui font partie intégrante de la cellule. Les dernières expériences ont porté sur des nerfs et des tendons de veau, dont on a pu cultiver les organismes fondamentaux, même après un séjour d’un an en milieu glycériné à 30 pour 100, ou de deux mois en tubes scellés contenant de l’alcool à 70 pour 100.
- Conditions d’excitation de la fluorescence. — M. Bruninghaus a pu compléter des essais commencés en 1910, pour éclaircir le problème que pose l’existence des phénomènes de phosphorescence optima. Comme le montrent des résultats, fournis au professeur Perrin, par une méthode toute différente de la sienne, il conclut à l’influence de la dilution sur le pouvoir de fluorescence, si on définit ainsi la quantité de lumière rayonnée par gramme de fluorogène ; il semble de plus que le pouvoir excitateur des radiations va en croissant à partir du maximum d’absorption* et que le rendement du processus d’excitation atteint une valeur élevée, quand la solution est extrêmement étendue et la radiation faiblement absorbée.
- Action des oxydes, des hydrates et des carbonaUs alcalino-Urreux sur le sulfate diméthyligue. — Étudiant l’action de la potasse, en solution dans l’alcool méthylique, puis celle de la baryte, de la chaux et des carbonates correspondants, rappelant enfin les essais de M. Becoura sur la préparation du sulfate cuivreux, MM. Guyot et J.-L. Simon montrent que la destinée du sel organique dépend presque uniquement des circonstances de l’opération ; dans certains cas, il se distille sans altération, dans d’autres, il se détruit avec forma-
- tion de méthylsulfate, d’oxyde de méthyle ou d’alcool méthylique.
- Les schistes bitumineux sur les bords de la Sarre — Une note de M. Bourgeat rappelle la découverte qui vient d’être faite, d’une lentille de schistes charbonneux, dans le permien qui touche au massif primitif, jalonnant le pli souterrain de Boncbamp au Creusot. Les schistes rencontrés sont de faible épaisseur; ils n’en montrent pas moins que la houille sJest formée, dans la région, avant le dépôt de conglomérat.
- Nouveaux procédés de destruction des Acridiens. — La Nature a rapporté les essais faits par M. Vaissyère dans les plaines de la Crau. M. Gaston Bazile a utilisé à son tour le lance-flammes et l’huile lourde, mélangée au savon noir, contre les criquets d’Algérie. Il en préfère l’emploi à celui des gaz toxiques, comme le mélange oxychlo! re de carbone et chlorure d’étain, essayé dans l’Oued-Berdi. j
- Les mines errantes sur l’Atlantique nord. — Après un flottage de quatre années, des mines posées par l’ennemi et qui ont quitté la Manche en 1914, reviennent d’Amérique ramenées par le Gulf Stream; elles flotteront jusqu’à leur destruction accidentelle et s’amassent notamment vers les côtes d’Europe, autour des Canaries, de Madère et des Açores, et dans la mer des Sargasses. La carte dressée par le prince de Monaco corrobore ses prévisions de l’an dernier; elle s’applique très nettement sur celle qu’il dressa de 1885 à 1888 pour établir la direction des courants maritimes.
- Les alliages d’aluminium. — Un mémoire de M. Grard, étudie les variations des caractéristiques du Duralumin écroui en fonction de la température de chauffage et de la vitesse de refroidissement. Il précise les conditions du recuit d’adoucissement qui permet de rendre plus facile le travail d’étirage et d’emboutissage, tout en assurant, avec un minimum de déchets, le maximum de travail et de conservation de l’outillage.
- Paul B.
- APPLICATIONS DES PETITS MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Les petits moteurs électriques que l’on peut brancher facilement sur une prise de courant sont devenus aujourd’hui d’un usage courant,
- Dans l’industrie mécanique -et dans la construction, on en trouve l’application dans les machines à percer à main dont il existe quantité de modèles. Les formes en varient surtout par le mode de soutien pendant le perçage, soit avec deux poignées, soit avec une seule poignée et une tige, cette dernière affectant parfois la forme d’une crosse de pistolet comme le représente la figure 9.
- La grande vitesse du moteur électrique permet d’y adapter de petites meules qui réalisent tous les problèmes d’affûtage ou de rectification. On y
- adapte également des disques pour polissage; on peut y faire facilement le nettoyage de l’argenterie, l’affûtage des couteaux, etc.
- Pour les artisans tels que les bijoutiers, les cordonniers qui ont des machines de faible puissance, les dentistes, etc., le moteur électrique est un organe qui supprime les renvois de transmission coûteux, car au moyen d’une liaison flexible il permet d’actionner n’importe quel outil.
- Dans un précédent article sur l’appareil Curti, nous avons vu comment on pouvait actionner électriquement un compresseur. II existe d’autres modèles encore plus réduits, qui comportent un moteur d’un demi-cheval seulement. La boîte de vitesse et la pompe, ainsi que tout l’ensemble, sont compté-
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- —....APPLICATIONS DÉS PETITS
- tement enfermées dans un carter; le poids est seulement de 27 kg et l’appareil est donc facilement transportable, mais contrairement à l’appareil Curti, on est obligé d’employer un réservoir d’air entre cette pompe et l’outil d’utilisation.
- Ces applications sont déjà très développées, mais il en est d’autres d’un usage moins répandu, tout au moins en nos contrées, qui présentent des dispositions originales et parfois fort ingénieuses. Nous allons les passer en revue assez succinctement, car le fonctionnement du moteur reste toujours le même, il n’y a que les organes d’utilisation qui varient.
- La machine à coudre devait forcément tenter en premier les inventeurs à l’affût d’une idée susceptible d’être tirée à un grand nombre d’exemplaires et depuis longtemps on a songé à commander les machines par une courroie et un petit moteur. Certains modèles plus récents simplifient les organes-de liaison. Le plus simple consiste en un moteur placé sur un socle qui se pose simplement sur la table de la machine, de manière que la petite poulie de liège, solidaire de l’arbre du moteur, vienne frotter légèrement contre le volant à main ; l’appareil de mise en marche est constitué par une pédale qui permet de coudre aussi lentement qu’à la main ou aussi vite qu’on le désire, jusqu’à 800 points à la minute. La vitesse est réglée d’après le degré de pression qu'on exerce sur la pédale (fig. 7). Le courant électrique est amené par un fil et une douille qu’on place simplement sur une prise de lampe. En effet, le moteur ne consomme guère plus qu’une lampe 10 bougies à filament métallique. Cette dépense n’est rien, eu égard à la fatigue économisée et au bénéfice qui en résulte pour la santé de la mécanicienne.
- Une variante de ce dispositif consiste à employer un support qui se modifie suivant le type de machine et qui fixe le moteur d’une façon permanente à la machine. Ce support est établi de façon que le moteur puisse se plier et venir se loger sous la tête, quand on ne s’en sert pas, pour permettre de couvrir la machine
- Le petit moteur sur socle comporte une série d’accessoires qui permettent de réaliser une série d’appareils utiles un ventilateur en remplaçant la poulie de liège par des ailettes, une meule pour affûter les couteaux, enfin une roue à polir pour l’argenterie.
- Puisque nous en sommes à L’article couture, voyons comment on peut utiliser le moteur électrique pour actionner une paire de ciseaux. Le moteur, d’une part, comporte une tige-poignée avec un bouton interrupteur; d’autre part, la lame inférieure du ciseau est fixe, elle est attachée solidement au bâti du moteur et elle sert d’appui quand on coupe une étoffe sur une surface plane comme c’est l’habitude (fig. 3). La lame supérieure est reliée par une petite bielle à un excentrique calé sur l’arbre du moteur. Ce dernier tourne à 9000 tours environ et le mouvement du ciseau à la
- MOTEURS ÉLECTRIQUES
- même fréquence. Pratiquement chaque fibre est donc coupée individuellement, ce qui permet de couper des étoffes dures ou légères, soit des tapis, soit des étoffes de soie fine. Malgré cela il est impossible de se couper les doigts, caries extrémités des lames ne sont pas affûtées. L’affûtage est fait seulement à la partie coupante et le mouvement de la lame supérieure n’a qu'une amplitude de
- I 1/2 millimètres. Enfin, avec cet appareil on peut très facilement couper suivant des courbes quelconques, ce qui est quelquefois difficile avec les ciseaux lourds qu’emploient les coupeurs.
- La disposition de commande d’un outil par une petite bielle et un excentrique peut être appliquée au massage vibratoire. On peut composer ainsi des trousses portatives à l’usage des masseurs qui se
- • rendent à domicile. La trousse comporte le moteur et les accessoires qui sont constitués par des tiges filetées, supports de disques plats, de tulipes, de boules en caoutchouc pour le massage des muscles. Pour le visage, on emploie une éponge en velours, pour le cuir chevelu des disques à pointes de caoutchouc et des brosses en soie de porc.
- Dans la branche hygiène, nous trouvons le moteur électrique employé également au séchage des cheveux. Pour cela le moteur qui produit un courant d’air est combiné avec des résistances chauffantes qui permettent de souffler à volonté de l’air chaud ou de l’air froid. L’air chaud sèche en quelques instants la chevelure la plus abondante.
- II remplace la pratique du ventilateur seul ou de l’appareil à gaz souvent mal odorant. Quand les cheveux sont secs, on fait usage de la soufflerie froide pour fermer les pores et prévenir tout risque de rhume. Le passage du chaud au froid est progressif et imperceptible (fig. 4). Pour les coiffeurs professionnels un chevalet-support permet de placer le séchoir dans la position favorable en laissant à l’opérateur le libre emploi de ses deux mains.
- . On peut employer cet appareil pour sécher les chaussures et il est devenu pour les cireurs américains une véritable nécessité. Il sèche une chaussure pendant qu’on nettoie l’autre, ce qui réduit le temps de l’opération et permet de bien lustrer le cuir sans taches ni traînées de cirage. Un dispo-
- • sitif de fixation permet d’adapter l’appareil à tous les repose-pieds des fauteuils de cireurs (fig. 8).
- Continuons la revue des appareils (électriques à moteur pour les usages courants. Nous trouvons d’abord le mélangeur de rafraîchissements. Il est constitué par un petit moteur actionnant à 10000 tours un agitateur qui fouette le contenu des verres de boissons crémeuses et mélangées chères à l’Américain. Pour plus de propreté, l’agitateur se démonte, ce qui permet de le nettoyer facilement. Dans un établissement de sodas et crèmes glacées il permet de servir un plus grand nombre de consommateurs; il donne à la boisson rendue homogène un arôme agréable (fig. 6).
- Voici maintenant le moulin à café électrique.
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- APPLICATIONS DES PETITS MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Le moteur actionne un petit tambour avec des lames trempées qui coupent le grain au lieu de l’écraser. Le café en grains est versé dans le récipient supérieur (fig. 1): on presse l’interrupteur et le moteur coupe le café, ce qui laisse le maximum
- parfait et durable. L’appareil est placé au bout d’un manche (fig. 5). Un interrupteur permet la mise en marche et l’arrêt immédiat.
- L’emploi du moteur électrique dans tous les usages courants que nous venons de passer en revue
- Fig. r à ç. — Quelques emplois domestiques du moteur électrique.
- 4, moulin à café: 2, machine à coudre; 3, ciseaux; 4, sécheur de cheveux ; 5, brosse à parquets; G, agitateur pour boissons; 7, embrayage de pédale pour machine à coudre; 8, séchage des chaussures; 9, perceuse avec crosse.
- d’arome. L’appareil peut se fixer à la paroi d’une cuisine et constitue une épargne de temps et de travail.
- Nous terminerons enfin par la cireuse électrique de parquets. Le moteur actionne une brosse de soie massive à 3000 tours par minute, ce qui donne au parquet, préalablement encaustiqué, un lustre
- joint l’utile à l’agréable. C’est en même temps une forme d’économie, une épargne de temps, de travail manuel et d’effort. On arrive plus vite au but avec la moindre dépense de travail musculaire. Ace titre il nous a paru utile de signaler ces quelques applications avec lesquelles Je vieux continent n’est encore pas assez familier. E. Weiss
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2378.
- 25 OCTOBRE 1919
- L’ÉCOUTE SOUS-MARINE
- Il y a quelques mois, les sous-marins allemands infestaient les mers d’Europe et y causaient d’immenses ravages. Les marines alliées ont été longtemps presque impuissantes contre ces dangereux ennemis; c’est que pour pouvoir les attaquer avec succès, il fallait tout d’abord être en mesure de déceler leur présence. Problème des plus délicats : le phénomène physique le plus sensible qui émane d’un sous-marin, réside dans les ondes de pression transmises dans l’eau par les vibrations du bâtiment et de sa machinerie. On conçoit aisément à quelles difficultés l’on se heurtait, pour saisir ces ondes et les isoler au milieu des bruits de tous genres, en général infiniment plus intenses, qui régnent à bord de n’importe quelle embarcation. Gomment distinguer un soupir au milieu de la tempête?
- Le problème de l’écoute et de la détection sous-
- cèle l’ennemi et en même temps indique sa direction.
- Un procédé meilleur pour déterminer la direction consiste à employer deux hydrophones reliés à deux récepteurs que l’observateur tient chacun à une oreille. C est la méthode biauriculaire; elle permet à l’observateur de distinguer lui-même la direction d’où vient le son.
- Lorsque le navire est en mouvement ou que la mer est grosse, le bruit des vagues contre l’instrument ou contre le navire domine tous les autres sons et l’écoute devient impossible. Le navire en marche paraissait donc condamné à la surdité sous-marine. Ici intervinrent les biologistes ; ils se demandèrent si la même surdité affligeait les animaux sous-marins. La chose paraissait de prime abord peu vraisemblable, surtout pour les mammifères marins qui sont tous pourvus d’un système auditif. Sir Richard Paget se livra à des expériences sur
- La baleine d’écoute à la remorque.
- A, la baleine d’écoute; B, ressort moteur de l’hydrophone ; C, palettes pour tendre le ressort B; D, voyant lumineux; E, conducteur électrique reliant l’observateur à l’hydrophone; G,fil d’attache; H, aileron; M, câble de remorque.
- marine a cependant été résolu au cours de la guerre et par des procédés très divers; la plupart continueront en temps de paix à être d’un précieux secours pour la navigation qui leur devra désormais un moyen supplémentaire de sécurité.
- Dans son discours inaugural à l’assemblée de la British Association, Sir C. A. Parsons, le grand ingénieur anglais, a résumé l’ensemble de la question et fait ressortir les résultats obtenus.
- Un grand nombre d’instruments, dit-il, ont été imaginés pour recueillir et rendre sensibles les ondes de pression émanant du sous-marin ; ces instruments comportaient tous des microphones ou des téléphones magnétiques d’une très grande sensibilité. Sir C. A. Parsons insiste surtout sur l’hydrophone imaginé par MM. Ryan et le professeur Rragg; c’est une modification du téléphone, adapté à l’écoute sous l'eau au lieu de l’écoute habituelle dans l’air. L’appareil peut tourner, il est insensible aux ondes dont le front est perpendicû-laire à son diaphragme; au contraire, il vibre au maximum lorsque le diaphragme est parallèle au front de l’onde. On a ainsi un instrument qui dé-
- des phoques; il constata que même en nageant, ils distinguaient sous l’eau la direction des sons, et cela jusqu’à une vitesse de fi nœuds. Le professeur Keith, d’autre part, étudia le système auditif de la baleine et en tira les conclusions suivantes : l’oreille externe n’est qu’un petit tube capillaire trop étroit pour servir à transmettre des sons ; l’oreille interne, qui est relativement large, est logée profondément à l’intérieur de la tête. L’oreille de la baleine est donc impressionnée par les ondes sonores transmises à travers la substance de la tête. M. Keith constata de plus que les organes auditifs de la baleine ressemblent, dans une certaine mesure, à un hydrophone.
- Le résultat de ces études fut qu’on attacha à chaque bâtiment une baleine, dont la mission était d’épier les sous-marins et d’avertir le bord. La baleine, bien entendu, était artificielle, elle était en général faite en celluloïd, ou en métal très mince et remorquée à la traîne du navire. L’hydrophone était disposé à l’intérieur de la tête, et le corps était rempli d’eau : le câble de remorque contenait également les fils isolés reliant l’hydrophone à l’observateur à bord du navire.
- 47' Année. — 2* Seméstre.
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- Remorquée à une certaine distance derrière le navire en mouvement, la baleine artificielle n’est pas gênée par les bruits parasites ; les bruits ennemis peuvent être décelés, à des distances considérables, pour des vitesses du navire allant jusqu’à 14 nœuds.
- Des valves amplificatrices thermo-ioniques, analogues aux lampes de la T. S. F. ont été employées, pour augmenter la sensibilité de l’hydrophone.
- Pour bien faire comprendre cette méthode, nous compléterons l’exposé [de Sir G. A. Parsons par le résumé de la méthode brevetée par M. Sykes, un de ceux qui ont travaillé à la mettre au point (Voy. fig. 1). Le flotteur A qui contient l’hydrophone est remorqué derrière le bâtiment par le câble M qui donne passage également aux fils électriques qui relient l’hydrophone au poste écouteur à bord du navire. Quand on veut faire une écoute sans arrêter le bâtiment, on laisse filer le câble M ; le flotteur A reste à peu près immobile et prend la position indiquée sur la figure. L’hydrophone est une sorte de microphone, animé d’un mouvement de rotation qui lui permet d’explorer toutes les directions. Ce mouvement lui est communiqué par un moteur-ressort B; le ressort est retendu par les ailettes C, lorsque le flotteur est en mouvement derrière le navire; c’est alors son propre mouvement qui fait tourner les ailettes et tendre le ressort.
- On peut du bateau se rendre compte de l’orientation de l’hydrophone-délecteur par les voyants lumineux D qui sont entraînés dans le même mouvement. On observe du reste cette orientation avec plus de précision, au moyen de dispositifs électriques qui font connaître dans la cabine même, à chaque instant, la position de l’hydrophone.
- Une méthode de détection toute différente a été mise au point par M. Lange vin, professeur au Collège de France. Après la catastrophe du Titanic, due à une collision contre un iceberg, Lewis Richardson prit en 1912 deux brevets pour déceler les obstacles émergeant de l’eau par leur écho dans l’air et les obstacles sous-marins par leur écho dans l’eau. Ces brevets décrivent les moyens de produire et de concentrer des rayons sonores, qui se réfléchissent sur l’obstacle et reviennent à leur point de départ en faisant connaître la direction et la distance de l’obstacle. Richardson préconisait des sons
- LOCOMOTIVE A DIX
- Récemment l’American Locomotive Company a délivré aux chemins de fer de Virginie dix locomotives du type Mallet à dix essieux accouplés. Leur puissance de traction est de 147 200 pounds avec marche en compound et 176600 pounds avec marche simple.
- Le chemin de fer de Virginie avait à résoudre un problème délicat nécessité par l’augmentation cons-
- 0 US-MARI NE --------------—
- dont la fréquence fût comprise entre 4786 et 100 000 vibrations par seconde. Sir Hiram Maxim suggéra un peu plus tard un appareil analogue (Voy. La Nature, n° 2046, 10 août 1912). C’est sur ce même principe de l’écho que repose la méthode de M. Langevin. Les recherches de ce grand savant l’ont conduit à réaliser un appareil remarquable qui était mis au point au moment de l’armistice.
- M. Langevin utilise les « ultra-sons », et grâce à eux on peut déceler tout objet immergé : icebergs, sous-marins, mines flottantes, écueils. Ils permettent aussi de faire des sondages. On voit les immenses services que, même la guerre terminée, l’appareil Langevin pourra rendre à la navigation. Il décelait les sous-marins avec une très grande précision à plus de 1600 m. de distance.
- Sir C. A. Parsons mentionne également une autre méthode du professeur Bragg, utilisant les appareils de repérage au son qui, à terre, ont rendu tant de services à l’artillerie. Des méthodes analogues permettent de repérer des explosions sous-marines, mais à des distances beaucoup plus grandes qu’à terre; le choc d’une détonation sur l’eau peut être enregistré à plus de 800 km.
- Comme celle de M. Langevin, cette méthode peut avoir de grandes applications même en temps de paix, par exemple pour signaler aux navires l’emplacement de bouées, de balises, ou pour faciliter leur direction dans le brouillard.
- Pour en finir avec les dangers sous-marins, Sir C. A. Parsons consacre quelques mots au « fil d’Ariane » employé par les Allemands pour diriger leurs navires au milieu de leurs propres champs de mine, dispositif largement appliqué ensuite par les Alliés. 11 consiste en un câble isolé placé au fond de la mer, mis à la terre par une de ses extrémités et traversé par un courant électrique alternatif. Grâce à de délicats appareils installés à bord du navire, celui-ci peut, à n’importe quelle vitesse, suivre le câble comme un tramway suit son trolley. On a posé des câbles de ce genre qui mesuraient plus de 80 km de longueur. Ils ont permis aux navires de naviguer ou de rentrer au port aisément, malgré le brouillard, dans des chenaux étroits et tortueux, bordés de terribles engins prêts à exploser au moindre choc.
- R. V.
- ESSIEUX ACCOUPLÉS
- tante du trafic dans une portion particulièrement difficile de son réseau.
- La partie de la ligne entre Elmore et Clark’s Gap dans la division de Deeyswater est accidentée sur une longueur de quatorze milles. Pour les onze et demi derniers milles la pente est de 2,07 °/0 avec des courbes de 12 degrés et pour les deux et demi premiers milles de 0,5 °/0.
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- LOCOMOTIVE A DIX ESSIEUX ACCOUPLÉS
- Ces quatorze milles sont à voie unique et comportent cinq tunnels, ce qui exige l’emploi d’un block absolu. De plus, c’est la partie de croisement importante du réseau et tout le tonnage important du chemin de fer de Virginie passe à cet endroit. Pendant les onze dernières années, on a employé des locomotives Mallet. Les dimensions et la puissance de ces locomotives ont suivi la marche progressive du trafic commercial de la ligne.
- La première disposition comportait l’emploi de quatre locomotives type 2-6-6-0 qui signifie : (2 roues cleboggie, 6 accouplées ; 6 accouplées, 0 roues de boggie). Leur force de traction était de 32 100 kg. Peu de temps après, on employa 8 locomotives du même type mais d’une force de traction de 40 700 kg.
- La troisième étape employait une machine du type 2-8-8-2 avec une puissance de 45 600 kg. La quatrième avec six machines du même type, mais d’une force tractive de 52000 kg.
- Plus récemment les trains qui passaient dans le
- tives les plus puissantes du monde. Le tableau comparatif suivant montre la progression réalisée sur le dernier type mis en service.
- Type 2-S-8-2 Type 2-10-10-2 Accroissement
- Poids de la machine en kg 244.600 309.800 26,0 0/0
- Poids total avec le ten-der en kg 340.600 406.900 19,5
- Surface de chauffe en mètres carrés. . . . 642 799 24,5
- Surlace de surchauffe en mètres carrés . . 122 197 61,70
- Force de traction en compound en kg. . . 52.000 66.700 28
- Force de traction en marche simple en kg. 62.500 79.700 28
- En raison du poids énorme de ces engins, il s’en-
- La plus grande locomotive du monde.
- sens de la rampe étaient remorqués en tête par une machine 2-6-6-0 de 40 700 kg. et poussés en queue par deux machines 2-8-8-2 de 52 000 kg. chacune. La force de traction appliquée au convoi était de 144 000 kg., ce qui permettait d’avoir 4500 tonnes réparties en 60 voitures de 75 tonnes chacune en moyenne.
- Le trafic allant toujours en progressant et la voie étant unique, on ne pouvait cependant songer à accroître le nombre des machines des convois, nombre qui ne pouvait dépasser raisonnablement trois. 11 a donc été nécessaire de prévoir la mise enservice de locomotives plus puissantes.
- D’après l’établissement de ces locomotives, les convois comportaient, en tête, une machine type 2-8-8-2 de 52 000 kg. et en queue deux des nouvelles machines prévues type 2-10-10-2 d’une puissance de 66 700 kg. La force de traction appliquée au convoi est donc de 185 400 kg., le tonnage remorqué est de 5850 tonnes réparties en 78 voitures de 75 tonnes chacune en moyenne.
- Les machines Mallet, type 2-8-S-2, ont été construites en 1912 et 1915 par la American Locomotive Company et, à celte époque, c’étaient les locomo-
- suit des dimensions impressionnantes pour la chaudière. Le diamètre extérieur est, à l’extrémité, de 2 m. 65 et dans la partie la plus large de 2 m. 80. Le faisceau est composé de 381 tubes de 60 millimètres et 70 de surchauffe de 125 millimètres. La longueur des tubes est de 6 m. 25. Le foyer a 4 m. 50 environ de long et 2 m. 70 de large. Les surfaces de chauffe et de surchauffe sont indiquées dans le tableau ci-dessus.
- Les machines sont établies suivant les principes des types Mallet, mais avec des modifications nécessaires pour accroître la puissance.
- La construction eut lieu à Schenectady, mais le marché comportait la livraison de la machine prête à être mise en service sur la voie des chemins de fer de Virginie. Des précautions spéciales furent nécessaires pour convoyer ces mastodontes et il fallut éta-’ blir un diagramme de la distribution du poids sur chaque essieu afin d’étudier la route que l’on devait pouvoir suivre avec sécurité. La chaudière fut solidement amarrée sur un châssis et chaque machine nécessita pour le transport un wagon plateforme, un truck spécial surbaissé et un wagon fermé pour les pièces détachées. J.-H. Weiss.
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- LE FLUOR DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL
- Très répandu dans le règne minéral, où il se rencontre le plus souvent sous la forme de fluorine, d’apatite et de cryolilhe, le fluor, isole' en 4886 par Henri Moissan, semble, depuis les travaux de M. Armand Gautier, remplir un rôle de première importance dans l’évolution des êtres vivants.
- Commencées en 1915, les recherches du savant professeur de l’Université de Paris, avaient déjà montré que, chez l’homme, cet élément se présente toujours accompagné du phosphore. Pour être éliminé, il s’accumule dans l’épiderme, les appendices de la peau, les ongles et les poils, en même temps, qu’uni aux albuminoïdes, il se laisse déceler dans toutes les cellules à vie intense, comme les glandes et les tissus musculaires et nerveux. Sous cette
- Gautier, aidé de M. Clausmann, répondent à ces questions (’).
- Le fluor existe dans tous tes végétaux qui servent à notre alimentation. — La feuille y constitue son organe de prédilection, il se comporte comme le phosphore et notre figure 1 indique pour 100 gr. de substance séchée à 110°, les chiffres fournis par quelques graminées, légumineuses, crucifères et solanées, etc., mais alors que la luzerne indique 1 milligr. 30 et le sainfoin 2,72 quand on prend à la fois tiges et feuilles, ces dernières étudiées seules donnent 5 milligr. 65 et 7 milligr. 25. Même remarque pour l’oseille, le pissenlit et l’épinard.
- Les bourgeons, que nous consommons dans le
- 1 f farine t—- t /
- B/e champenois J 1
- 1 [son 1—, 0,68
- l Farine 1 1 /,41
- B/e breton J
- \ son ih 0,42
- Orge (Farine) 2,20
- Haricot b/anc h—...... ' i 2pO
- / i/7Pnnp , S, 66
- 7,25
- Radis (racinej i | 2 ,
- Betterave
- Bave y—-i 1,20
- /Va veF (racine) , ' t 2,02
- Tomate f , 4,06
- Pomme de terre M 0,3 Asperge \ 7>94-
- Banane (peauj | F, 10
- Pêche ( chair) , 3,93
- Champignon de couche \
- ISA-
- Oseit/e , /3,87 ,
- Fig-. 1. — Teneur en fluor de quelques espèces végétales : les chiffres indiquent les poids en milligrammes
- pour 100 grammes de substance sèche.
- seconde forme, la proportion est infime : de 1 à
- 4 milligr. pour 400 gr. de matière sèche, mais
- sous la première on trouve fréquemment des doses
- dépassant 160 à 480 milligr. pour le même poids de
- tissu sortant de l’étuve. Il semble ainsi, que par le
- fonctionnement et la désassimilation des micelles,
- le fluor, se concentre peu à peu; le rapport
- phospore . , . . . , 1500
- r — qui a pour valeur initiale —va en
- diminuant pour atteindre 5 et 3, chiffres donnés par les fluophosphales ; or, la forme minérale ne saurait s’utiliser dans notre organisme, et celui-ci la rejette bientôt.
- De là à chercher si le métalloïde existe chez les tissus végétaux, et voir, dans le cas de l’affirmative, s’il se fixe de préférence sur certains organes, il n’y avait qu’un pas. Après l’avoir franchi, on devait se demander si le fluor avait un rôle favorable au développement de la plante, pour en arriver à montrer peut-être, qu’il serait possible de voir en lui, un engrais fertilisant. Les études poursuivies, au cours de ces quatre dernières années par M. Armand
- chou-lleur et l’asperge, semblent moins favorisés,
- 1
- et la teneur ne dépasse pas ^ : les tiges, bois
- et racines offrent des richesses variant de 0 milligr. 56 à 4,7 et, pour revoir des valeurs voisines de celles que nous avons trouvées dans les feuilles, on doit s’adresser aux fruits pulpeux. C’est ainsi qu’on obtient :
- Pour la pèche . . . 3“«'' 93 Pour la cerise . . . 5mc 7 — l’abricot . . . 2“«r 50 — tomate. . . 4raer 06
- Encore faut-il noter la remarque mise en évidence par les deux savants dont nous résumons les travaux : la pulpe est moins riche en fluor que la peau. 100 gr. de pulpe de banane contiennent 0 milligr. 38, la même quantité d’épiderme 5 milligr. 40; si nous prenons la pomme, le chiffre passe de 0,21 à 2,78.
- S’agit-il de graines? La teneur en phosphore est un indice certain de la présence du fluor. Les légu-
- 1. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. 160, p. 194; t. 162, p. 105,; t. 168, p. 976; t. 169, p. 115.
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- LE FLUOR DANS LE REGNE VEGETAL
- mineuses fournissent ainsi : les lentilles 1 milligr. 80, les haricots blancs 2 milligr. 10; or, les chiffres correspondants de phosphore, sont respectivement 500 et 530.
- Il ne semble pas qu’il y ait un groupe végétal où notre métalloïde se montre indispensable et particulièrement abondant, et il n’a pas été possible à MM. Armand Gautier et Clausmann d’énoncer une loi liant les variations du fluor à celle du phosphore. Comme chez l’animal, les teneurs augmentent ou diminuent ensemble; cependant le rap-Ph
- port pj que nous avons vu dépasser 500, dans les
- tissus à vie intense de l’espèce humaine, n’atteint jamais une telle valeur quand on le détermine chez un individu du règne végétal.
- De tels résultats n’en amenaient pas moins cà
- B/é
- ' terre ordin. 23 f 5/
- Grain<
- terre fluorée r 27, 6 , gain /8 7o
- Le troisième enfin avait reçu en plus de ce terreau artificiel 500 milligr. de fluor sous la forme d’une solution de fluorure de potassium. L’engrais complet comprenait des chlorures (Na Cl. Mn Cl2), de la silice, du phosphore, de l’azote (Az03K), du soufre (AzIL1)2, du fer (S0*Fe), du magnésium (C03Mg) et de l’arséniate de soude.
- Les résultats se résumèrent ainsi : sur 12 espèces cultivées, 7, dont le cresson, le chou, l’épinard et le chanvre, se montrèrent nettement sensibles à l’action du fluor; 5 restèrent indifférents; notamment le seigle; 5 enfin subirent, du fait de l’élément considéré, une action défavorable.
- Cultures en champ d'expériences. — Il restait à prendre les conditions de la pratique ordinaire, et à cultiver, non plus en pots, ou en plates-bandes étroites, mais bien en pleine terre, et c’est alors
- Grain
- terre ordin.
- Avoine
- 26*4/
- ^erre F/uorée gain 5,2 %
- , terre ordin.
- Pâ/7/e j,
- | terre FJuoree
- 46 *?57
- 53,6
- terre ordin.
- Pâ///e\
- _i y a in i3% j terre f/uorée ^
- 64 f5
- 74,2
- Terre ordinaire Terre f/uorée
- Carotte
- 305 **
- mzmuzmm
- 360
- Pomme de ferre
- 63 *9
- 1 , 70*9
- [terre f/uoree
- / terre ordin. année i$/6 j
- annee i$17
- terre ordin.
- terre fluorée
- 10 Kg
- 12 16 Kg ya;n ss %
- Fig. 2. — Action bienfaisante du fluor, mis dans le sol à l'état de Ca Fi~. On peut remarquer, par les tubercules de pommes de terre, qu'insignifiant la première année, le rôle du métalloïde s'est révélé nettement l’année suivante sans qu’il ait été utile d'ajouter une nouvelle quantité
- de fluorine.
- conclure, que pareil au zinc, le fluor joue un rôle nécessaire au fonctionnement vital.
- Essais préliminaires en vasès de jardin. — Des expériences furent donc commencées, à la fin de 1913, qui devaient montrer les conditions utiles à l’assimilation rapide par les plantes et préciser les limites fixant les doses favorables à un développement intensif. Des cultures se poursuivirent d’abord, sur verre concassé, additionné ou non de fluorures, et bientôt, le verre fut remplacé par du charbon de bois, séparé de sa poussière. Chaque plante occupait trois vases, d’une capacité de 4 litres et contenant, l’un de la terre de jardin ordinaire, l’autre un mélange charbonneux ainsi composé. :
- Charbon......... 1000 gr. Ilumus et terre arable. 93, .1
- Alumine...........120 — Craie.................... 730 gr.
- Engrais complet ........................ 559 gr.
- qu’un champ d’expériences très homogène fut choisi dans la Seine-Inférieure. D’une superficie de 1800 m2, il était formé d’une terre argilo-siliceuse, faiblement calcaire, contenant 90 milligr. de fluor au kilogramme. A chaque espèce furent consacrées deux planches; l’une servant de témoin, l’autre recevant 55 gr. 8 de fluorure de calcium amorphe par mètre carré, ce qui correspond à 5 kg 500 de fluor par are, sur une épaisseur de 25 centimètres.
- Mais on ne saurait oublier que le fluorure em-plojé est peu soluble dans l’eau. Les essais ont donc porté sur deux années consécutives : les bandes traitées en 1916, n’ont rien reçu en 1917.
- Nous avons résumé dans la figure 2 les résultats qui se sont montrés nettement favorables. Quelques espèces n’ont subi aucune amélioration, telles sont le seigle, l’orge, le sarrazin et le haricot; d’autres
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- HIÉRAPOLIS (ASIE MINEURE)
- comme la betterave ét le navet, ont été contrariées dans leur développement, mais en majorité, les faits acquis sont de nature à retenir l’attention de nos agronomes.
- 11 semble que le fluor, qui accompagne toujours le phosphore, s’assimile et s’élimine avec lui et le fixe dans les tissus; sans doute l’imion phosphates-fluorures, est-elle de celles qu’il convient de réaliser. Le prix du fluorure de calcium n’est en rien
- prohibitif, surtout à une époque où nous devons « retourner à la terre » et augmenter les rendements de nos champs de céréales.
- Les expériences de MM- Armand Gautier et Claus-mann ne sauraient être considérées comme des essais de laboratoire peu susceptibles d’applications rémunératrices; il importe de les faire, au plus tôt, passer dans le domaine de la pratique.
- Xavier Lafargue
- HIÉRAPOLIS (ASIE MINEURE)
- Parmi les richesses économiques de l’Asie Mineure, dont La Nature a parlé à diverses reprises, une catégorie spéciale, celle des sources thermo-minérales
- qui semblent faites d’une seule pierre. L’eau d’ailleurs est si abondante qu’on rencontre à chaque pas, dans Hiérapolis, des bassins ou bains naturels ».
- Fig. t. — Le plateau de la Source : ruines empâtées dans la grande cuvette de tuf.
- ne doit pas être passée sous silence. Les sources chaudes abondent en Anatolie : à Brousse, à Èski-Chéhir, etc., et dans cent autres localités où les Romains avaient mulliplié les thermes grandioses et les Turcs leurs hammams pittoresques. Il y a 21 siècles que l’on commença d’utiliser ainsi une des plus grandes merveilles de la terre, la fameuse source de Hiérapolis (Tambouk-Kelessi ou Pambou-Kalise) qui sourd à 250 km au S.-E. de Smyrne, à 10 km au nord des insignifiantes ruines de Laodicée. Frédéric Barberousse passa par là dans sa marche sur Konieh.
- Les terrasses de tuf formées par les dépôts de celte source incrustante sont une des extraordinaires curiosités naturelles du monde entier.
- Strabon (livre XIII, § 14) leur a consacré ces lignes : « L’eau de ces sources a une telle disposition à se solidifier, à se changer en une espèce de concrétion pierreuse, que les habitants du pays n’ont qu’à la dériver dans de petites rigoles [pratiquées autour de leurs propriétés pour obtenir des clôtures
- Puis il mentionne au voisinage un plutonium ou abîme, dégageant des vapeurs méphitiques, mais que l’on n’a pas retrouvé.
- Les descriptions de Tchihatchef (Asie Mineure), d’Elisée Reclus (La Terre, t. I, 1868 et Géographie Universelle, t. IX, 1884, p. 510) et de Paul Joanne (Annuaire (lu Club-Alpin, 1895, p. 520) ont été récemment complétées par les Allemands Humann (1898) et Philippson (1914). Il est bien exact que « nulle part, le travail lent et continu de la goutte d’eau ne se montre sous un aspect plus grandiose » (Reclus). Mais on n’a pas encore tout dit sur ses réelles particularités.
- Il n’existe à la surface du globe que quatre grandes formations de ce genre, présentant le phénomène des eaux chaudes incrustantes (*) : Hiérapolis, les Mammoth-IIot-Springs du Yellowstone (Etats-Unis), Ilammam-Meskoutine en Algérie et les terrasses blanches et roses de Rotomahana, en Nouvelle-Zélande (dont une grande partie a été détruite 1. Plusieurs autres sont beaucoup plus petites.
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- H1ÉRAPOL1S (ASIE MINEURE)
- en 1886 par l’éruption volcanique du Tarawera). Ces dernières terrasses étaient siliceuses comme celles du Yellowstone, tandis que celles de Hiéra-polis et de Hammam-Meskoutine sont calcaires; mais l’origine physique du dépôt étant la même (comme celle des stalagmites dans les cavernes), l’aspect est tout pareil à celui de certaines concrétions de grottes. A Hiérapolis, les terrasses et cuvettes, solidifiées en véritables stalagmites et dentelles de pierre, sont de beaucoup les plus importantes et les plus pittoresques de toutes celles du
- sista jusqu’à l’invasion des Seldjoucides. Les ruines sont surtout romaines et du temps de Septime-Sé-vère; c’est l’Allemand Humann qui les a étudiées en 1887. Les dépôts calcaires de la source qui continuent leur travail sur le plateau les ont ensevelies sur deux mètres de hauteur. Le théâtre qui a gardé ses 5 portes est superbe et fort bien conservé. Toutes ces ruines sont massives et sans art, mais d’un grand effet sur la vaste terrasse de tuf. La basilique date des premiers temps du christianisme. Epictète, le pur stoïcien, est né à Hiéropolis.
- Fig. 2. — L’amphithéâtre des Vasques bleues (ite' Cascade).
- même genre. Elles se développent actuellement (1910) en sept cascades de pierre cristallisée et d’eau à la fois, sur près de 5 km de longueur, un 1/2 km de largeur, et une centaine de mètres de hauteur. La source principale qui les alimente jaillit à 35° C. (on s’y baigne avec délices) d’un puissant griffon où l’eau bouillonnante monte de plusieurs trous noirs; ce sont de vérifables abîmés émissifs dont on ne voit pas le fond, malgré la transparence de l’eau bleue, sous laquelle gisent, au pourtour du bassin, des fragments antiques des bains romains ; au lieu des casernes, hôtels caravansérails et écriteaux de défenses qui gâtent le cadre des Mammoth-Hot-Springs, toute la haute terrasse de Hiérapolis porte les ruines imposantes de la ville balnéaire qu’Eu-mène II avait fondée en 190 avant J.-C., et qui sub-
- La nécropole romaine, avec ses centaines de cénotaphes, est saisissante; sans rappeler en rien les bijoux artistiques du Dipylon d’Athènes ou les voies des tombeaux romains, elle est d’une majesté sans égale, sur le rebord des cascades de tuf, où murmurent des eaux chaudes courantes, et parmi les lauriers roses où paissent les chameaux.
- Les sarcophages étaient posés au sommet d’une chambre mortuaire qui contenait trois bancs. Tous ont été violés, ouverts, parfois jetés en bas. Tous les couvercles sont déplacés, brisés ou renversés. Un grand nombre d’édicules sont encore entiers, et les formes de certains sont véritablement biscornues.
- Quant aux 7 cascades pétrifiées de TE. à l’O., la lre est un amphithéâtre aux gradins creusés en
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- H1ÉRAPOL1S (ASIE MINEURE)
- vasques bleues, la deuxième est la grande cascade, la 3e et la 4e sont étroites, la 5e est celle qui ressemble le plus à un glacier, la 6e est surmontée d’un sarcophage isolé qui, depuis 1500 ans environ, a échappé à l’incrustation et la 7e, la plus éloignée, se trouve en dessous du pâturage des chameaux.
- On n’a pas encore fait ressortir la similitude absolue entre la morphologie de ces dépôts, qui sont une simple stalagmite aérienne, et les concrétions édifiées par les rivières souterraines sous forme de bassins ou vasques de calcite, que l’on a
- froides (aux environs de 15°) tandis qu’à Hammam-Meskoutine elles sont à 95° et aux Mammoth-Springs à la température de l’eau bouillante. D’ailleurs même à l’air libre, des eaux très chargées de calcaire mais nullement thermales, forment aussi de véritables gours, par exemple aux grandioses chutes de la Kerka en Dalmatie, et, en France même, à la source pétrifiante du château d’Eteuf près de Rouvres-sur-Aube, arrondissement de Langrés (Haute-Marne). M. Grégory en a donné d’autres exemples en Bosnie-Herzégovine('), à Topo-
- Fig. J. — La 2e Cascade, écoulement pi incitai actuel.
- appelés des (jours. Ces gours, dont j’ai jadis expliqué l'origine (O, existent aussi bien dans les cavernes desséchées (St-Marcel d’Ardèche, la Cave, Lot, Lombrive, Ariège, grottes de Belgique) que dans les cours d’eau souterrains fonctionnant encore (Padirac (Lot), la Bouicbe (Ariège). Leur aspect et leur mode de constitution sont identiques à ceux des cuvettes de Iliérapolis et du Yellowstone. La température n’intervient donc pour rien dans le phénomène, puisque les eaux des cavernes sont
- 1. Dans les régions montagneuses de la France, on appelle gour. la partie la plus profonde des rivières, les bassins où l’eau séjourne.
- lié (la Kerka), à Jajcé (la Pliva), etc. Dans celte dernière, des vestiges préhistoriques ont révélé que depuis l’époque néolilhique, il s’est déposé environ 18 m. de tuf.
- A la Kerka, le barrage a 40 m. de haut et se décompose en une série de lacs, de chenaux et de chutes, entrecoupés de bassins en gours étagés et en nombreux gradins.
- . Les sources incrustantes de St-Alyre, à Clermont-Ferrand, sont froides aussi, à 18°, et n’en ont pas moins formé un pont naturel.
- 1. J. W. Gregory, Constructive Walerfalls, Scottisk Geogra-phicàl Magazine, XXYII, 1911, p. 537, 546.
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- HIÉRAPOLIS (ASIE MINEURE)
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- Dans le Baltistan (Karakoram) près de Skardo, à Chongo, une source thermale, jaillissant d’un cône de 150 à 160 m. de hauteur, sort d’un bassin rond de 18 m. de diamètre et d’un mètre de profondeur. Elle a formé des bassins et terrasses de pétrifications calcaires ; leur température varie de 38°,5 C. à 49° (F. de Filippi Expédition du Karakoram, en 1909, p. 187 avec 2 Fig., Bologne 1912).
- D’après une notice géologique de M. Joleaud, sur Hammam-Meskoutine [Bull. Société géologique de France.
- 1914, p. 423-434), ces sources thermales jaillissent entre 500 et 350 m. d’altitude, à l’ouest de Guelma. Le plateau de travertins qui les domine s’est effondré, en juillet 1879, au point coté 416, mettant à découvert un petit lac souterrain de 15 à 20 m. de profondeur. Leur température est de 95°C., leur débit de 500 litres par seconde. Elles sont relativement pauvres en calcium; les travertin* déposés sont compris entre deux plateformes de 340à 420m. d’altitude, séparées par une pente raide d’une trentaine de mètres de hauteur sur laquelle les eaux thermales s’écoulaient jadis en cascade, mais aujourd’hui l’écoulement ne se produit plus qu’en contre-bas des sources actuelles, sur 10 à 20 m. de hauteur au-dessus de l’oued Boum-Hamdan, par conséquent 5 à 10 fois moins haut qu’cà Hiérapolis. Le plateau de travertins porte les dolmens de Roknia.
- Voici les renseignements complémentaires fournis sur Hiérapolis par Philippson f1) : Dans les environs,
- '1. Rcisen und Forschingen- im fFestlichen Kleinasien. 4° fascicule, par le Dr Alfred Philippson.
- Petermanns Jlitleilungen. ErganzungsheTl n“ 180 Gollia, .lustus Pertlies, prix 12 marks. Paru le fil mars 1914. Figures et cartes hors texte, 107 pages (p. 07).
- Fig. 4. — Bassin de la grande Source; au fond, le Ihèâlre romain.
- tous les ruisseaux sont rendus laiteux par l’argile tertiaire. Sur certains points la concrétion est noircie, probablement par le manganèse. On peut y distinguer 5 formations : 1° le vieux travertin horizon talement stratifié qui forme le noyau de la terrasse ; 2° le dépôt gris en forme de rognons qui recouvre le sommet et les pentes de la terrasse et une partie des vieilles murailles ; 3° le dépôt moderne en cascades blanches sillonné de creux jaunes dans les parties sur lesquelles l’eau s’écoule.
- La source vient au milieu de la terrasse à 595 m. d’altitude; elle est sans goût et débite 40 m5 à la minute.. D’après Humann le résidu solide après évaporation serait de 2 gr, 2 par litre à la source, réduit à 1 gr. 56, dans la plaine, soit 0,84 abandonné sur les terrasses équivalant à 20 m3 de dépôt par jour. Les canalisations conduisent l’eau vers le Sud et le Nord-Ouest; on les remplace quand l’élévation de l’incrustation les a reri dues inutilisables;
- c’est pourquoi la plupart des cascades | blanches sont maintenant dépourvues | d’eau. Toute la surface de la terrasse est zébrée d’anciens canaux abandonnés, qui ressemblent à de petites murailles d’incrustation. Elles se recouvrent rapidement de la couleur grisâtre qui les classe dans la formation n°2. En fait,l’arrangement du dépôt dépend beaucoup delà main de l'homme.
- Sous les Romains, les bains firent de Hiérapolis une florissante ville de commerce et industrielle, particulièrement pour le travail de la laine. Elle fut souvent détruite par des tremblements de terre. Les ruines actuelles datent de 100 après J.-G. Les Turcs l’appellent Tambuk-Kalessi (château des Anges ou Pambuk-Ka-lessi (château du Coton).
- Fig. 5. — Ruines des thermes romains.
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- 266 r.... LA CENTRALE ÉLECTRIQUE DES TRAMWAYS DE LILLE
- D’après la carte géologique de Philippson, la source jaillit dans le miocène. Le village d’Erdjili au pied est dans les alluvions. D’après Humann, la source renferme de l’acide carbonique, de l’acide sulfureux, du chlore, de la chaux, de la soude.
- A l’est de Gondjarly (Gondjély) entre les stations de Botzeliet de Kodjabasch, d’autres sources incrustantes ont formé le plateau beaucoup plus étendu de Turkmenova. D’après la carte, il aurait 9 km de long, o de largeur, et 556 m. d’altitude à l’extrémité occidentale; 4 sources en tombent dans le Kiitschük-Menderès qui le contourne avec une cascade en face des ruines de Kolossai. Ce plateau est traversé par le chemin de fer qui va à Diner(J).
- Une grosse source jaillit du vaste plateau de tuf plat qui ferme cette extrémité de la plaine de Hié-rapolis sur 5 km de largeur. La rivière du Tschii-rük-su que l’on appelle ici le petit Méandre sort écumant d’une étroite vallée qu’il s’est taillée dans le dépôt.
- L’extrémité ouest 356 m. domine de 100 m. la plaine de Iliérapolis. Sur le plateau de tuf couvent de nombreux et forts ruisseaux d’eau tiède, sulfureux et calcaires qui viennent toujours par plusieurs sources, sur le plateau même. Beaucoup de ces ruisseaux ont des conduites artificielles en accroissement perpétuel comme à Iliérapolis. La terrasse
- 1. Tchihatclieff : Asie Mineure I, Paris 1866, S. 344-56; F, Sarre, Reise in Kleinasien, Berlin 1896, Abb. Humann. Cichorius Altertümer von Iliérapolis (Jahrb. d. liais. D. Ar-chaol. Instituts, Erg. Hcft IV, Berlin 1898); Bœdeker : Kons-tantinopel. 2 Aufl. Leipzig 1914.
- | avait barré le cours du Lycus ou petit Méandre qui y a ensuite érodé sa vallée. Dans cette vallée, on voit encore des carrières antiques et .de nombreuses tombes creusées dans le tuf. Un pont conduit sur la rive sud du cours d’eau où une terrasse de tuf portait la ville de Kolossai. Partout bruissent de puissantes sources et des cascades. Les renseignements d’Hérodote (711-30) disant que le Lycus à Kolossai parcourt une gorge souterraine de 5 stades et de Strabon (XII-578) énonçant que tout son cours est en grande.partie souterrain,.reposent sur une méprise qui a fait prendre la gorge pour un tunnel. Cependant il subsiste peut-être au fond de cette gorge quelque pont naturel en tuf. Le temps m’a fait défaut pour aller le vérifier.
- Au pied d’Iiiérapolis, un village de demi-nomades Yourouks est fait de cabanes de roseaux : de hauts perchoirs portent des matelas sommaires, les habitants y passent la nuit dehors en toute saison.
- Ce sont de splendides types, genre tziganes, à peine vêtus ; les femmes même, n’ayant pas la poitrine couverte, offrent aux enfants qu’elles allaitent de véritables bustes dé bronze. :
- Sous le grand soleil d’Asie et le magnifique ciel d’Orient, dans un cirque de hautes montagnes, la verdure du printemps et la solitude du pays font de Iliérapolis une scène sans rivale; au pied des cas-catelles d’eau chaude, les sauvages Yourouks, gens sans besoins, ont su y trouver le repos et le calme, — le bonheur, peut-être, — parmi leurs huttes de joncs qui narguent les ruines et ne redoutent point les conquérants! L. A. Martel.
- LA CENTRALE ÉLECTRIQUE DES TRAMWAYS DE LILLE ACTIONNÉE PAR LES MOTEURS A ESSENCE DES TANKS DE SAINT-CHAMOND
- Nous croyons intéressant de signaler à tous ceux qui s’occupent du relèvement rapide des exploitations détruites par l’ennemi la façon dont on peut créer rapidement une centrale d’énergie électrique d’une puissance de 400 à 500 kilowatts, en utilisant un certain nombre de groupes électrogènes du modèle qui a été employé dans les gros Tanks.
- Ces groupes se composent d’un moteur à essence Panhard 4 cylindres sans soupapes de 125 mm d’alésage et 150 mm de course entraînant une dynamo génératrice Thomson Houston surcom-poundée à 2 collecteurs, tournant à 1380 tours. Un combinateur monté sur le groupe permet de recueillir, suivant la position qu’il occupe, soit 260 ampères sous 200 volts, soit 130 ampères sous 400 volts.
- L’installation que les photographies ci-contre montrent én plein fonctionnement a été montée au mois de mars 1919 dans le but de fournir le courant nécessaire à la marche des tramways électriques de Lille. Elle comprend 12 groupes du modèle dont nous venons de parler.
- V La mise, en parallèles de ces groupes offrait quelques difficultés par suite du surcompoundage des génératrices, de l’absence de rhéostat de champ dans le circuit des bobines shunt des inducteurs et aussi parce qu’une usine génératrice alimentant un réseau de tramways est sujette à des variations considérables et très brusques de la charge. Il fallait obtenir que ces à-coups se répartissent d’une façon bien égale sur tous les groupes en service.
- Les groupes sont munis d’un régulateur centrifuge actionnant un obturateur disposé dans la conduite d’aspiration du moteur entre le carburateur et les orifices d’admission des.cylindres. Il fut fort facile d’aménager ce régulateur de façon à le rendre propre au service qu’il devait remplir en cette circonstance un peu spéciale. Une ouverture pratiquée dans la gaine du ressort de rappel permit de se rendre maître avec précision de la vitesse du groupe et de faire varier à volonté la sensibilité du régulateur dans le but de faire supporter d’une façon à peu près égale les à-coups par toutes les machines.
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- Fig. i. — Les moteurs des tanks de Saint-Chamond à la centrale des tramways de Lille.
- D’autre part, au point de vue électrique, le montage indiqué dans la figure 3 a donné d’excellents résultats. Ce montage présente de sérieux avantages.
- Il supprime la nécessité de disposer de barres à forte section pour assurer l’équilibre du compoundage. Cet équilibre est assuré d’une façon absolument
- Fig. 2. — Le montage électrique.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- parfaite en dépit.des résistances permanentes ou passagères qui peuvent facilement s’introduire dans certaines parties du circuit, du fait d’un montage de Eortune fait avec des éléments de résistance fort différents.
- Il est possible, grâce à la résistance de shuntage R, de faire varier le degré de compoundage de toute l’installation et au besoin d’augmenter légèrement le voltage de l’usine en admettant dans les inducteurs série, une intensité légèrement plus forte.
- La différence de potentiel entre le câble A et la terre étant très faible, aucune précaution spéciale n’est nécessaire pour l’isolement du câble A et de la résistance R. Celle-ci est constituée dans l’installation que nous décrivons par trois petites résistances en fonte qui étaient jadis disposées pour la conduitedu Tank et qui sont placées dans une cuve remplie d’eau posée directement sur le sol. Cette cuve est visible sur la photographie derrière le tableau de distribution.
- D’excellents résultats ont été obtenus en donnant à R une valeur telle, que l’ampèremètre Fin-diquât au moment des pointes un courant de 550 à 400 ampères. Le voltage dans ces conditions oscillait entre 470 et 500 volts.
- Les deux groupes d’inducteurs série Sd et S2 de chacune des machines étaient montés en parallèle, de façon à donner lieu à la perte ohmique la plus faible possible.
- A
- C,
- C»
- B,
- B.
- S,
- So
- D
- R
- I
- E
- F
- G
- V
- Les combinateurs des machines ont été transformés, ils permettent de courl-circuiter les inducteurs série des machines qui ne sont pas en service.
- En 4 mois, le nombre d’heures d’arrêt de l’exploitation imputables à des pannes survenues à cette centrale d’un nouveau genre, n’a pas dépassé
- trois. La consommation pour une journée de 6 h. 50 à 20 h. 45, correspondant à un service de 27 voilures motrices alimentées par 6 groupes électrogènes est d’environ 2000 litres d’essence, les pointes indiquées par l’ampèremètre G étant de 700 à 750 ampères.
- Une installation de ce genre peut être faite dans une baraque et il est inutile de fixer les groupes au sol.
- Quant à l’appareillage, ainsi que le montrent les photographies, il peut être très simple. Le tableau a été formé avec du matériel fort disparate : interrupteurs haute et basse tension de tous genres et de toutes intensités. Certains mêmes n’ont pas de manches isolants, on les manœuvre à l’aide d’un bâton. Nous pensons que dans bien des cas, ce moyen de production de l’énergie pourrait venir en aide aux usines ravagées par la guerre, nous n’ignorons pas le discrédit qui pèse sur le moteur àessence que beaucoup d’ingénieurs considèrent encore comme incapable de rendre de tels services. Souhaitons que cet exemple dissipe les préjugés de ceux qui peuvent éventuellement en tirer parti.
- J. François,
- câble réunissant les pôles négatifs des machines, premier collecteur, deuxième collecteur.
- premier groupe de pôles de commutation, deuxième groupe de pôles de commutation, premier groupe de pôles série, deuxième groupe de pôles série, inducteurs shunt.
- résistance shuntant les inducteurs séries, touche du combinateur court-circuitant les inducteurs série.
- interrupteur coupant le courant dans les inducteurs série, ampèremètre mesurant le courant dans les inducteurs série.
- ampèremètre de départ.
- Voltmètre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1919.
- Les mouvements de Convoiuta RoscojJ'ensis en présence du rythme des marées. — Contrôlant les hypothèses de Grafï, de Gamble et de Keeble, Mlle Goldsmith, montre que l’animal reste étalé à la surface aussi longtemps qu’il y a une couche d’eau suffisante pour le recouvrir; ses mouvements de descente et d’ascension ne sont pas réglés par un facteur à venir, mais bien par une cause actuelle.
- cellules à plateau et les éléments muqueux de l’intestin qui présentent une alternance de fonction consécutive à leur dédifférenciation physiologique. Dans les régions épithéliales où le surmenage physiologique paraît neutraliser les lacultés mitosiques des noyaux (sommet des villosités), l’intégrité morphologique et fonctionnelle des cellules intestinales est assurée par la greffe leucocytaire qui a pour résultat le rajeunissement de l’élément épithélial.
- Cytologie de l’intestin. — M. F. Ladreyt étudie les
- Paul B.
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- LES CHAMPIGNONS DESTRUCTEURS DE BOIS DE CONSTRUCTION
- Il n’y a pas que des insectes qui détruisent les bois œuvres, mais aussi certains microorganismes ou plutôt des mycoses ou champignons. Le développement inquiétant pris depuis plusieurs années, par l’un de ces champignons le Merulius lacrymans, connu plus généralement en France sous le nom de « champignon des caves », en Angleterre « lèpre des maisons (dry-rot) », et en Allemagne sous celui de « champignon des maisons » (Hausscluvamm), alarme à juste titre non seulement les propriétaires d’immeubles, mais encore et surtout les constructeurs et les architectes, en raison des articles 1792 et 2270 du Code civil.
- On compte plusieurs espèces de champignons parasites, mais toutes n’ont point la môme action destructive. A côté du Merulius lacrymans, il convient de placer le Poria vaporaria, le Lenzites sepiaria et le Coniophora cerebella.
- Le Poria vaporaria existerait dans la nature, particulièrement sur les troncs et les souches des résineux, surtout chez les pins, épicéa et sapins; on le rencontrerait également sur les arbres feuillus ; son mycélium, étant sans doute parasite du tronc, serait ainsi transporté avec le bois dans les habitations. Son corps fructifié est d’un blanc pur, mais il prend, selon la nature du substratum et le degré d’humidité de l’air, divers aspects et ses parties anciennes peuvent devenir jaunâtres; il forme, sur le substratum, tantôt une croûte presque charnue, avec pores anguleux, tantôt de petits tubercules soit disjoints, soit confluents, pouvant atteindre parfois la grosseur du poing. Les spores sont incolores et leurs dimensions sont en moyenne de 5 millièmes de millimètre sur 3 millièmes de millimètre. Le mycélium de Poria vaporaria est aussi d’un blanc pur tandis que celui du Merulius lacrymans est blanc grisâtre, et il présente moins d’aspects différents que ce dernier; à l’état frais, il se distingue par une odeur de levain et parfois de radis. Le mycélium est richement ramifié, s’étalant le plus souvent en éventail d’un blanc pur, d’autres fois restant simplement filamenteux ou constituant des cordons rhizomorphes ; il forme des boucles comme le fait celui du Merulius, mais ces boucles n’émettent pas de ramification, latérale. Les cordons mycéliens n’ont pas la structure compliquée caractérisant ceux du Merulius; ils traversent ordinairement les matériaux de remplissage situés sous le plancher, ou se développent sous les boiseries, entre elles et le mur; ils peuvent supporter, sans périr, une longue sécheresse.
- Le Lenzites sepiaria se développe dans les constructions sur les poutres, les planches ou les boiseries; son hyménium, formé de lames rayonnantes ramifiées et anastomosées (jonctionnées) entre elles, d’un blanc jaunâtre au début, devient ensuite d’un brun rouge (sepia). Cet appareil
- fructifère présente une forme plus ou moins en console, la partie supérieure en est velue, il est rouge brun ou brun châtain, jaune brun sur les bords, zoné snr la face supérieure. Quant à son mycélium que fon peut parfois, malgré sa couleur, confondre avec celui du Merulius, il produit des masses laineuses ou des coussinets feutrés, de couleur grise ou brun rougeâtre; les hyphes sont brun rouge ou brun jaunâtre et rarement à peu près incolores; on y trouve par place des cristaux d’oxalate de chaux.
- 11 est très probable que le mycélium de ce champignon se trouve dans le tronc des résineux vivants ; Hennings a, en effet, observé le corps fructifère sur des pins sur pied. Le mycélium doit être introduit dans les constructions avec le bois frais, particulièrement le sapin. La destruction du bois par le Lenzites est toujours plus lente que celle résultant du Merulius ; en outre, il paraît relativement rare dans les constructions. M. Beauverie, chargé de cours à la Faculté des Sciences de Lyon, a eu l’occasion d’observer la destruction complète par ce champignon, d’une véranda en bois de sapin ; le bois était devenu tendre et se fendait facilement, laissant apercevoir, çà et là, sur les surfaces mises à nu, des touffes brun jaunâtre clair de mycélium.
- Le Coniophora cerebella présente dans toutes ses parties une ressemblance avec le Merulius, cependant l’hymenium n’est jamais porté sur un hymé-nophore avec saillies anastomosées en réseau et quelquefois découpées en pointes ; de plus, les spores sont, la plupart du temps, notablement plus grosses, d’une forme régulièrement ellipsoïde, d’une coloration d’un brun plus terne. Son corps fructifère est largement étalé sur le substratum, il est charnu, mou, devenant fragile, facilement séparable du support, d’abord jaune pâle puis brun olivâtre, blanc et un peu floconneux sur le pourtour. L’hyménophore peut produire parfois, lorsque le champignon a crû dans un milieu particulièrement humide et obscur, des saillies ou gibbosités pouvant atteindre la grosseur d’une noix et souvent entourées d’un mycélium blanc floconneux ; elles peuvent même se ramifier à la façon d’un chou-fleur et prendre plus ou moins l’aspect d’une morille. Quant au mycélium, il est souvent arachnoïde, blanc jaunâtre brun; il est ramifié et forme des boucles; il produit enfin des cristaux d’oxalate de chaux.
- Ce champignon croit à l’arrière-saison et en hiver sur le bois et sur la terre, en plein air comme dans les locaux fermés et souterrains où on le rencontre le plus fréquemment : caves, fosses, carrières et travaux de mines. 11 détériore les ouvrages en bois en les attaquant particulièrement à la surface, mais il ne produit jamais une décomposition aussi intense que celle qu’exerce, dans un
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- 270 LES CHAMPIGNONS DESTRUCTEURS DE BOIS DE CONSTRUCTION
- temps bien plus court, le mycélium du Mendias. Pendant la périodé sèche de l’année, le Conioyhora dépérit ou tout au moins ne forme pas de corps fructifère.
- Le Merulius lacrymans, ainsi nommé parce qu’il émet, lorsqu'il végète en milieu humide et fermé, de nombreuses gouttelettes de liquide ressemblant à des larmes, a son mycélium d’un blanc pur ou rougeâtre, gris jaune, surtout quand il est âgé. Les filaments, rarement isolés, se réunissent généralement en; lames ou en peaux parfois très minces ; en milieu humide et quand il en a la place, le mycélium forme comme une line toile d’araignée ou prend l’aspect de la ouate. Ces toiles feutrées, ces peaux se continuent quelquefois par places en cordons blancs, légèrement grisâtres, qui s’étendent au loin pour s’épanouir en lames ou en toiles sur les pièces de bois, les murs, les pierres, le sol, etc. Ces cordons peuvent atteindre la grosseur d’un crayon, ils sont alors durs et résistants, et peuvent se ramifier plus ou moins ; on en a rencontré ayant 3 m. de long. Alors qu’une exposition d’une dizaine de minutes dans une atmosphère sèche suffit pour détruire la vitalité des filaments mycéliens, les cordons peuvent résister à cette sécheresse, ce qui explique la promptitude d’envahissement, par une période d’humidité, d’une maison où le mal sommeillait parce que l’atmosphère était trop sèche.
- Outre les cordons, le mycélium est pourvu d’autres organes de conservation, les chlamydo-spores ou « spores à manteau » qui possèdent une membrane épaisse ; en masse, leur existence se révèle à l’œil nu, grâce à l’aspect enfariné qu’elles donnent au mycélium. Quand celui-ci vient s’étaler à la lumière et à l’air libre, il ne tarde pas à donner naissance aux fructifications lesquelles se présentent, le plus souvent, sous forme de larges plaques de formes irrégulières, mais à contours généralement arrondis, blanches comme de la craie, prenant au centre une couleur rougeâtre, puis brun-orange. En même temps, la surface se couvre de plis sinueux qui se réunissent en réseau dont les mailles circonscrivent des dépressions que l’hyménium ne tarde pas à tapisser; ces mailles peuvent avoir de 0 m. 001 à 0 m. 002 de diamètre, quelquefois plus. On voit des fructifications (ou appareils fructifères) atteindre facilement 0 m. 50 de diamètre et davantage si les conditions sont très favorables.
- Les spores ovoïdes, de couleur bien jaune, ne sont pas visibles à l’œil nu : les plus grosses, en effet, ne dépassent pas 12 à 13 millièmes de millimètre en longueur pour 6 à 7 de largeur (soit 13 à 14 000 spores au millimètre carré ou 170 à 175 millions dans 1 millimètre cube) ; elles forment une poussière brune impalpable, qui se dépose sur les objets environnants, comme aussi par l’intermédiaire du vent sur des objets situés parfois à de grandes distances. Elles germent sur les bois pourvu qu’ils soient humides, émettant vers l’une de leurs extrémités un tube mycélien qui ne tarde pas à
- pénétrer dans l’intérieur du bois. Quelques-unes de ces pores peuvent germer au bout de 24 heures, d’autres au bout de 2 à 8 jours; quant à la durée de leur faculté germinative, Hartig ne doute pas qu’elle ne puisse, dans certaines conditions, persister plusieurs années, et il en aurait vu germer après plus de 7 ans. D’après ce mycologue, les matières azotées, qui renferment de la potasse et de l’ammoniaque, favorisent leur germination. On en conclut que les cendres et les escarbilles de coke et de houille — très riches en sulfate de potasse — qu’on emploie comme matériaux de remplissage dans les planchers ou sous les parquets, doivent être absolument rejetées et interdites, car c’est agir à la façon d’un agriculteur répandant de l’engrais sur des terres; de plus ces matériaux, s’ils sont mis en face après avoir été, même peu de temps, exposés à la pluie, contiennent de grandes quantités d’eau, ce qui favorise encore le développement du Merulius. Dans le même ordre d’idées, on doit considérer comme milieu favorable, et par suite, dangereux, le voisinage de latrines, d’où se dégagent toujours des vapeurs ammoniacales, quand ce ne sont pas des infiltrations d’urine qui viennent souiller les bois. Enfin, l’existence, sous les planchers de rez-de-chaussée, de substances riches en humus ou autres matières organiques est une chose très dangereuse, parce qu’elles peuvent donner lieu à un dégagement de ce même gaz, en même temps qu’elles sont riches en eau.
- Si le Merulius lacrymans est fréquent dans les maisons, on ne le rencontre que fort peu dans la nature; dans les forêts de l’Europe moyenne et occidentale soumises à un aménagement régulier, sa présence a été rarement observée dans les bois sur pied, mais on l’a trouvé sur des arbres déjà morts ou coupés et débités en bois d’œuvre et mis en dépôt dans la forêt ; ainsi le Merulius ne vivrait pas en parasite, mais à l’état saprophytique, c’est-à-dire aux dépens des bois morts. Le plus souvenL, c’est de maison à maison, de rue à rue que s’opère sa propagation, soit que les germes du mal soient transportés par les charpentiers même, passant des vieilles constructions aux nouvelles, et cela par le moyen de leurs chaussures, effets et outils, soient qu’ils soient apportés dans les bois de démolition, trop souvent utilisés comme bois de construction, ou encore dans le bois de chauffage. La contamination peut encore se faire par des tonneaux changés de caves, par des bois plus ou moins atlein s et couverts du champignon, laissés parfois des jours entiers dans la rue ou dans une cour, exposés au vent et à la pluie, au lieu d’être détruits immédiatement par le feu. Une fois introduit dans les habitations, le champignon s’y développe rapidement, qu’elles soient neuves ou anciennes, s’il y rencontre les conditions favorables à son développement.
- Le Merulius lacrymans s’attaque à peu près à toutes les sortes de bois, mais c’est presque toujours une pièce de bois résineux qu’il attaquera
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- d’abord et aux dépens de laquelle il formera le premier foyer d’infection d’où il se propagera. Il ne respecte pas plus le cœur que l’aubier, comme aussi il peut atteindre d’autres substances et les décomposer : tapisseries, tapis, étoffes, papiers, volumes, meubles, etc. Il attaquera d’autant plus rapidement les bois qu’ils ne seront pas secs ; or depuis plusieurs années, il faut le dire, on n’emploie presque plus de bois secs. On abat les chênes en bonne ou mauvaise saison et on les débite dans la forêt ; on ne les fait plus flotter. Quant au sapin, la saignée qu’on lui fait subir pour en obtenir l’essence, la résine, a pour résultat de lui enlever toute force de résistance et d’en faire ainsi un bois anémié. En ce qui concerne les bois du Nord venant de Suède, de Norvège et de Prusse, il est prouvé que, presque toujours, ce sont des bois très jeunes, n’ayant que l’aubier, lequel étant très hygrométrique — plus que le cœur — subira très promptement les effets de l’humidité. Il a été également reconnu que les bois coupés au printemps et en été, renferment, à ces époques, une plus grande quantité de potasse et d’acide phosphorique, éléments qui constituent un excellent milieu de culture pour le ''Merulius; on en déduit qu’il y a avantage, malgré l’avis contraire de certains forestiers, à choisir pour l’abatage, les saisons de l’automne et de l’hiver, afin que le bois ne soit pas encore pénétré des sucs qui forment la nourriture du parasite.
- Les dégâts provoqués par le Merulius lacrymans sont considérables; on les chiffre actuellement par millions de francs ; il a été la cause de terribles catastrophes, faisant époqne dans les annales de la construction, et a donné lieu aussi à de retentissants procès. Son existence, quoique ancienne, a été très longtemps ignorée et même encore, il y a des architectes et des entrepreneurs de charpente qui ne connaissent que bien insuffisamment son étude biologique et technologique, et quant aux ouvriers charpentiers, c’est pire et quand ils ont dit : « pourriture du bois », c’est tout.
- Boussingaull, qui fut un des premiers à l’étudier, nous rapporte que le magnifique navire de guerre de 80 canons, Le Formidable, fut détruit peu de temps après sa construction par le Merulius. Roger de Beauvoir nous raconte qu’un mérule poussa sur le plancher de la salle de la Société d’Agriculture de:Douai, avec une configuration qui le fit regarder par les dévots de la ville comme une figure de la Vierge (!) et que les religieux des couvents voisins vinrent se prosterner devant ce singulier cryptogame. En 1895, M. le professeur Crié, de la Faculté des sciences de Bennes, met à sa charge des ruptures d'échafaudages, des effondrements de toitures et de planchers, arrivés à Paris, Bennes, Abbeville, Montauban, Nice, Pau, Marseille, Vannes, Bochefort, etc..Par la suite, M. Henry (Q, conservateur des Eaux et Forêts, a l’occasion de le citer
- 1. M. Henry. L’Agriculture pratique, 1901.
- dans plus de 20 maisons de Nancy et M. Beauverie (*) le constate à son tour à Lyon, à Besançon, Annecy et dans le Dauphiné. Un certain nombre d’architectes ont été, tant comme victimes que comme experts, à même de l’étudier à fond, et nous-même(2), nous avons eu affaire à lui, à Toulouse, aux Sables-d’Olonne, à Mantes-sur-Seine, à Dunkerque, etc.
- Malgré tout, il serait injuste de se baser sur de fâcheux exemples de destruction causés par ce mérule pour jeter le discrédit sur l’emploi du bois dans les charpentes pour lesquelles il est encore la meilleure matière à utiliser et l’une des plus durables. Seules, des précautions — et nous allons voir lesquelles plus loin — s’imposent dans son utilisation à cet usage, de même que, pour le 1er, son rival qui ne serait bientôt qu’un amas de rouille si on ne le défendait contre l’humidité.
- Au point de vue de l’hygiène, MM. Crié, Marp-mann et Kottuitz pensent que l’absorption par les voies respiratoires des spores de ce champignon peut être le point de départ, aussi bien pour l’homme que pour les animaux, de troubles graves de la santé, de broncho-pneumomycoses ; Behla admet l’existence d’une liaison entre sa présence et la production d’affections cancéreuses. Ces hypothèses, il faut le dire, ne sont pas appuyées par des preuves scientifiques, et il est plus sage d’admettre avec M. Beauverie, que le champignon n’est pas dangereux directement par lui-même, mais par les gaz dégagés sous son influence lors de la décomposition des bois qu’il engendre, et plus encore, lorsque son appareil fructifère se décompose à son tour; ees gaz, auxquels le Merulius est redevable de son odeur de relent, peuvent se manifester pour les habitants par des céphalées ou de la nausée. Au surplus, la Co existence de certaines maladies et de ce mycète ne doit point étonner, puisque celui-ci se développe dans les maisons d’une hygiène douteuse ou humide, et par conséquent, malsaines.
- Peut-on reconnaître, à sa livraison, qu’un bois est atteint par le Meruliusl Plusieurs méthodes sont préconisées dans ce but : observation directe au moyen du microscope; propriétés polarisantes du bois; réactions microchimiques et macrochimiques. On conviendra que seuls, les mycologues et les chimistes peuvent les pratiquer scientifiquement avec toutes les commodités que leur donnent leurs laboratoires. Les recherches microscopiques, celles auxquelles il semble que les architectes pourraient se livrer, encore qu’il faille, dé l’avis des hommes du métier, la main exercée d’un observateur habitué à l’anatomie végétale, ne donnent pas toujours, quoi que l’on en dise, des résultats certains. Et encore faudrait-il que, lors du prélève-
- 1. Beauverie, Etude histologique et cytologique du champignon des maisons (Lyon, 1905).
- 2. M. Bousquet. Etude botanique, technique, et juridique du Merulius lacnjmans L'ingénieur-constructeur de Travaux publics, n03 26 et 27, 1908.
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- 272 LES CHAMPIGNONS DESTRUCTEURS DE BOIS DE CONSTRUCTION
- ment des échantillons, on tombe précisément sur la partie attaquée, et ces endroits, avons-nous vu, sont invisibles à l’œil nu. Pour M. Lenoir, et nous sommes de son avis, tout bois possédant des filaments bleus doit être répudié parce que ce sont les spores du Merulius (XXXe Congrès des architectes français). M. Crié prétend que ces marques violacées, bleuâtres et rougeâtres sont des altérations qui doivent faire rejeter les bois portant ces empreintes. Pour M. Mathey (*), dont l’autorité en la matière est non moins grande, on ne peut dire que ces marques, ces veines, ces rayures violacées ou
- triques, c’est-à-dire les memes substances, le mâchefer, etc. Vérifier, à la recette des bois, s’ils sont convenablement secs. Procéder aux constructions avec une sage lenteur; une maison doit rester, avant son achèvement, assez longtemps à sécher. Séparer les fondations de la partie aérienne de la maison au moyen d’une couche de substance isolante et imperméable, afin d’empêcher l’ascension de l’eau par les murs. Eviter de faire des sous-sols sans soupiraux; lorsqu’il ne doit pas exister de sous-sol, recouvrir le sol sinon d’une couche de béton ou d’asphalLe, tout au moins d’urt lit épais de graviers
- Merulius lacrymans (Mèrule pleureur) sur une poutre de bois.
- noires sont des traces d’altérations organiques.
- Quelles précautions doit-on prendre pour éviter son apparition dans les maisons? Nous les résumons ainsi : Éviter le transport des spores. Rejeter l’emploi de vieux bois provenant dé la démolition d’une maison contaminée. Ne jamais réunir dans les chantiers à bois, des bois neufs avec d’autres provenant de démolition. Eviter, comme dangereux, l’emploi de matériaux susceptibles de servir aux remplissages entre les solives et poutres de planchers lorsqu’ils contiennent de la potasse, comme les cendres et les escarbilles de coke et de charbon de terre, les scories, etc., qui sont susceptibles, de dégager dé l’ammoniaque, ou qui sont hygromé-
- 1. Matiiey, Le Bois, 1907.
- secs ou de briques concassées, des canaux ou bouches d’aération permettant, d’ailleurs, qu’ils se maintiennent secs. Les têtes des poutres seront en relations avec des pierres sèches, non réunies par un mortier humide; établir au besoin des petites chambres à air. Recourir le plus-possible à l’imprégnation des pièces de bois par des antiseptiques dont la valeur soit bien fondée par l’expérience. Si le champignon a déjà commencé ses ravages, dès qu’on s’en aperçoit, il faut enlever les planches atteintes et s’assurer que le mal ne s’est pas étendu au delà; les matériaux enlevés seront remplacés par des pièces de bois saines et sèches qu’on traitera, par prudence, par des antiseptiques.
- M. Bousquet.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Kleurup, 9, à Paris.
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- LA NATURE. —
- N» 2379.
- I
- NOVEMBRE 1919
- NOTRE ÉTOILE LE SOLEIL
- L’astre aux rayons duquel toute la vie terrestre est suspendue vient d’être l’objet d’une attention spéciale, par suite de la recrudescence d’activité très remarquable qu’il a traversée au cours de l’été, et qui s’est traduite pour les Terriens par des manifestations diverses et extrêmement frappantes.
- Ces phénomènes ont atteint, sous certaines
- Cette violente tempête magnétique a coïncide avec le passage sur le Soleil d’un superbe groupe de taches, visible à l’œil nu, indice facilement observable d’une vive agitation confirmant, une fois de plus, les liens multiples et subtils qui unissent notre petite planète à son gigantesque foyer.
- L’ignorance astronomique est malheureusement
- Fig. i. — Dimensions relatives et aspect réel du Soleil, tel qu’il se présente dans une lunette astronomique. Photographie prise à l’époque du dernier maximum d’activité solaire, le a3 septembre 1Q17, par Al. Quénisset,
- à l’Observatoire Flammarion de Juvisv.
- formes, une intensité telle que les personnes les moins averties s’en sont émues. C’est ainsi, par exemple, que du 10 au 12 août dernier, les communications télégraphiques et téléphoniques ont élé troublées et même interrompues par des courants telluriques puissants non seulement en France, mais aussi dans la plupart des pays d’Europe : en Espagne, en Angleterre, au Danemark, et surtout en Suède et en Norvège. En même temps, pendant la nüit, illumination du ciel du nord par des aurores polaires.
- si générale que ces phénomènès ont donné prétexte à d’extravagantes divagations. Cependant l’étude du Soleil s’est considérablement développée en ces dernières années ; et l’on ne peut guère excuser aujourd’hui les citoyens de la Terre qui paraissent ignorer que notre globe lui doit toute son énergie; qu’il puise dans ses radiations diverses toute la force vitale de sa surface, sa parure végétale, sa beauté; et qu’en définitive le Soleil est pour l’humanité tout eritière le premier ministre du ravitaillement.
- 47' Année
- 2‘ Semestre-
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- 274,-.. -... ..........NOTRE ETOILE LE SOLEIL
- Aux sanctuaires d’Apollon, dédiés au dieu-soleil mythologique, se sont substitués, à notre époque, des observatoires de physique solaire où l’on déchiffre graduellement les secrets de la constitution de l’astre radieux. Le moment semble donc opportun d’exposer ici les résultats récemment acquis dans cette branche de l’astronomie.
- Remarquons, d’abord, que personne ne voit le Soleil tel qu’il est en réalité... à moins de recourir à l’équipement astronomique. D’une part, ses dimensions apparentes ne donnent aucune idée de sa grandeur réelle, ainsi qu’en témoignent les
- solaire et ne manquerait guère que la moitié de son rayon.
- Non moins illusoire est son apparence physique.
- A la vision télescopique, à l’œil photographique, sa surface éblouissante, sa photosphère, qui semble si unie et si homogène lorsqu’on la regarde à l’œil nu protégé par un verre noir, révèle une structure granuleuse constituée de petits grains ronds ou plutôt allongés, mobiles et en transformations perpétuelles, mesurant chacun dans les 500 km de diamètre (quelque chose comme la distance de Paris à Lyon), et par leur juxtaposition, traçant un
- Fig. 2. — Granulations et taches de la surface solaire. Photographie Quénisset. — Observatoire de Juvisy.
- mesures suivantes, comparées à celles de notre sphère terrestre :
- Terre Soleil.
- Diamètre relatif. . . . 1 109,05
- Diamètre en kilomètres. 12 742 1589 000
- Volume relatif .... 1 1 501 200
- Masse relative .... 1 552246
- Densité 1 0,256
- Pesanteur à la surface . 1 27,9
- Poids relatif 1 524000
- On se rendra mieux compte de la dimension formidable du Soleil en songeant qu’en plaçant la Terre à son centre et en laissant la Lune où elle est, à sa distance de 584 000 km de notre planète, elle eflèc-tuerait sa révolution à l’intérieur même du corps
- réseau de marbrures éclatantes sur un fond plus sombre.
- Ces marbrures représentent probablement les sommets de colonnes ascendantes de vapeurs chaudes.
- A certains moments, cette surface photosphérique est parsemée de taches noires, entourées de pénombres et de vastes plages blanches de facules.
- La noirceur du noyau des taches n’est que relative, parce qu’elle contraste considérablement avec le .fond extrêmement lumineux sur lequel elle se détache. En fait, le noyau si sombre d’une tache solaire rayonne deux mille fois plus de lumière que la Pleine Lune.
- Devinées par Képler en 1609 (et antérieurement à lui, dès 1591, par le philosophe Jordans Bruno),
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- NOTRE ÉTOILE LE SOLEIL
- 275
- observées par Fabrifius en 1610 et utilisées par Galilée, en 1611, pour sa découverte de la rotation solaire, laquelle est de 25 jours 4 heures à l’équateur, les taches ont pris une grande importance dans l’étude du Soleil depuis la découverte de leur périodicité undécennale, par Schwabe, en 1851.
- L'énergie prodigieuse qui paraît tour à tour s’épuiser et renaître, manifeste ses effets non d’uije manière constante ou irrégulière, mais suivant une périodicité déterminée. Comme la mer s’élève par son flux et s’abaisse par son reflux pour s’élever de nouveau à intervalles réguliers, comme la respiration isochrone de notre poitrine qui se dilate et se resserre, comme le battement de cœur du petit
- ci-dessous, qui indique la surface tachée, en millionièmes de l’hémisphère visible, pour les trente dernières années :
- 1889. . 7 8 Min. 1899. . 111 1909. . 692
- 1890. . 99- 1900. . 75 1910. . 264
- 1891. . 569 1901. . 29 Min. 1911. . 64
- 1892. . 1214 1902. . 62 1912. . 37
- 1893. . 1461 Max. 1903. . 340 1913. . 7 Min-.
- 1894. . 1282 1904. . 488 1914. . 152
- 1895. . 974 1905. . 1191 Max. 1915. . 720
- 1896. . 545 1906. . 778 1916. . 1000
- 1897. . 514 1907. . 1082 1917. . 1300 Max.
- 1898. . 1908. . 697 1918. . 1000
- (Le chiffre de 1918 n’est pas encore complètement vérifié sur toutes les photographies).
- Fig. 3. — Champs de facules et taches sur le bord solaire. Photographie prise par M. Quénisset à l’Observatoire Flammarion de Juvisy.
- oiseau visible sous son fin duvet, la forge solaire lance des éclairs, reprend son souffle et recommence à des intervalles proportionnés à la grandeur et à l’énergie de la gigantesque fournaise.
- Cette périodicité harmonique est encore sensible d’ici, malgré l’effrayante distance qui nous sépare de l’astre flamboyant. Tous les onze ans, le nombre des taches, des éruptions et des tempêtes solaires arrive à son maximum, puis ce nombre, diminue pendant sept ans et demi, s’abaisse à son minimum et emploie ensuite trois ans six dixièmes pour remonter à son maximum. La période moyenne est ainsi de onze ans un dixième. Mais elle varie elle-même, se raccourcissant parfois à neuf ans, s’étendant parfois au delà de douze.
- On peut se rendre compte de cette curieuse variation de l’activité solaire par le tableau
- On voit, d’après ce tableau, que l’intensité des maxima et des minima varie d’une période à l’autre.
- Le dernier maximum a eu lieu il y a deux ans, et nous allons vers un minimum. Mais la décroissance ne s’effectue pas régulièrement : il y a des réveils d’activité, des sursauts de fièvre, comme celui qui a caractérisé cet été 1919, et auxquels correspondent sur la Terre des troubles atmosphériques, des périodes caniculaires, des perturbations météorologiques et électriques.
- Car c’est un fait bien étrange et bien frappant que le magnétisme terrestre suive les fluctuations de l’activité solaire et manifeste une périodicité correspondant à celle de l’agitation du Soleil. Vers l’époque des maxima, les aurores polaires aussi sont plus nombreuses, plus intenses et déploient dans le
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- NOTRE ÉTOILE LE SOLEIL
- Fig. 4. — Aurore boréale photographiée le ?-8 mais icjiH, par le Prof. Slôrmer, à Christiania
- Havre, par M. Robert Mariette) et en Angleterre (spécialement par M. le D' de Beaumont, à Cambridge) dans la nuit du Ier au 2 octobre dernier.
- Cet été même, tandis que l’opinion pnliique se livrait aux conjectures les plus erronées sur les périodes successives et prolongées d’une sécheresse dangereuse pour la végétation, et que la vie intellectuelle, économique et diplomatique de l'Europe se trouvait momentanément en-Iravée par l’arrêt des communications télégraphiques et. téléphoniques, on pouvait, voir le disque solaire criblé de taches, exhibant notamment un groupe immense, visible à l’œil nu, dont la tache principale était trois fois plus large que la Terre, en diamètre.
- f)è' son apparition sur le bord oriental du Soleil, ce groupe déchaîna le fameux orage magnétique du 10 au 12 août. Em-poité par la rotation solaire, il a disparu de 1 hémisphère visible de l’astre dans Ja derniire semaine d’août, pour y revenir du 7 au 8 septembre.
- hi se pose tout naturellement une question :
- ciel leurs draperies plus vastes et lammént colorées que vers les époques
- Ces Splendides phénomènes magnétiques sont dus à des courants de particules électrisées (corpuscules : ions, électrons) projetés par le Soleil à travers l’espace et qui, sous certaines influences terrestres, développent dans notre atmosphère ces lueurs d’aspect féerique.
- D’après 2500 mesures d’altitude qu’il a obtenues en 1915, le professeur Stôrmer, de l’Université de Christiania, a trouvé que les hauteurs des aurores boréales s’étendent de 88 à 250 km, et plus, mais en se raréfiant considérablement à partir de 200 km. Le maximum se montre entre 122 et 125 Km.
- Une des plus belles aurores boréales qui aient été visibles en France en ces dernières années, a été celle du 13 août 1917, qui a correspondu au dernier maximum de l’activité solaire et au passage sur le Soleil d’un des plus grands groupes de taches qui y aient jamais été observés.
- Tout récemment, un certain nombre de membres de la Société Astronomique. de France ont signalé une belle aurore boréale, observée de l’ouest de la France (notamment au
- Qu'est-ce qu’une tache molaire pour plus br.il- I prnduire à une pareille distance de 149 millions de minim.i. | de kilomètres d s phénomènes tels que ceux que
- Fig. 5.
- Le groupe de taches solaires qui déchaîna la grande tempête magnétique d août 1919, photographié à son retour de septembre par M. Quénisset.
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- NOTRE ETOILE LE SOLEIL
- nous éprouvons sur la Terre? La photographie et la spectroscopie combinées, dont les résultats sont analysés et comparés dans les laboratoires, vont nous fournir la réponse.
- Les taches solaires sont d’cnorines tourbillons, comparables aux tornades de l'atmosphère terrestre, dont la loi de rotation est bien connue : en sens direct, c’est-à-dire dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère sud, et dans la direction contraire pour l’hémisphère nord. Chaque tache solaire exhibe un champ magnétique
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- particules électrisées. Ces éruptions solaires varient de forme, de grandeur et s’élèvent fréquemment à des centaines de milliers de kilomètres au-dessus du globe ardent. La plus haute protubérance enregistrée jusqu’à présent a atteint 700000 km environ, hauteur égale au demi-diamètre du Soleil!
- Lors de l’éclipse totale de soleil du 31 mai 1900, que je suis allé observer à Elche, en Espagne, à l’Observatoire temporaire de M. le comte de la Baume-PIuvinel, j’ai nettement observé, pendant une partie des 79 secondes de l’occultation du
- Fig. 6. — Aurore boréale observée le i3 août igi~ à 2ik à l'Observatoire Flammarion de Juvisy.
- Dessin de M. F. Quénisset.
- dont la polarité est déterminée par le sens de rotation des électrons dans le tourbillon delà tache.
- Le groupe solaire typique consiste en deux grosses taches de polarité magnétique opposée, situées;sur une ligne qui fait généralement un petit angle seulement avec l’équateur solaire.
- Le Soleil luirmème peut être considéré comme un formidable aimant, et ses radiations magnétiques viennent jusqu’à la Terre, ce qui m’a fait parfois, comparer ces deux astres à deux cœurs qui correspondent à 149 millions de kilomètres de distance les pulsations du Soleil font vibrer la Terre.
- Ce ne sont pas seulement les taches, les facules, qui deviennent plus nombreuses et plus envahissantes dans les périodes de fièvre, ce sont aussi les protubérances, les éruptions vaporeuses, les projections à travers l’espace de véritables flots de
- disque solaire par le disque lunaire, deux entourages solaires de nature absolument différente ; le premier, appartenant au globe du Soleil et constituant son atmosphère proprement dite, très lumineuse, mince et rouge: la chromosphère; le second plus diffus, formé de particules circulant indépendamment autour de lui ; c’est la couronne, plutôt blanche, provenant probablement d’éruptions, et dont la forme d’ensemble peut être due à des forces électriques ou magnétiques contre-balancées par des résistances de diverses natures. Dans notre propre atmosphère, les éruptions volcaniques sont distinctes de l’enveloppe aérienne.
- Les découvertes les plus récentes faites sur le Soleil semblent confirmer cette impression.
- La méthode speclro-photographique imaginée par Janssen et Lockyer, permet, en dehors des éclipses
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- de déceler la chromosphère projetée sur le disque solaire et les flammes hydrogénées qui s’en détachent. On peut ainsi suivre quotidiennement leurs élans et leurs transformations.
- D’un autre côté, par la lumière monochromatique, par la sélection de certaines radiations du spectre solaire (notamment les raies H et K du calcium), Deslandres, en France, et Haie en Amérique, ont réussi à obtenir des images de la chromosphère entière du Soleil, telle qu’on la venait isolée du disque, avec les vapeurs qu’elle tient en suspension (calcium, hydrogène, etc.), formant d’immenses plages blanches et brillantes, coïncidant sensiblement avec les facules situées au-dessous, dans la photosphère. Ces nuages de la chromosphère sont désignés sous le nom de flocculi.
- Cette méthode d’investigation nous montre le Soleil tout autre que celui que nous observons visuel-lement ou qu’enregistre la photographie ordinaire.
- Grâce à un merveilleux instrument, le spectro-hélio-graphe , construit par Haie, on peut non seulement photographier le Soleil tous les jours où il rayonne dans un ciel clair et enregistrer les protubérances ainsi que les nuages de calcium, d’hydrogène, etc., qui flottent dans son atmosphère, mais encore, par des mesures prises sur les clichés, on détermine leur étendue, leurs vitesses, leurs changements de forme, de position, et l’on fait de la météorologie solaire.
- Les vitesses avec lesquelles les vapeurs voyagent dans l’atmosphère solaire sont fantastiques, surtout si on les compare avec les mouvements les plus rapides de nos courants aériens : les vapeurs des couches basses qui s’échappent des centres de taches ont des vitesses de l’ordre de 80 à 160 km par seconde 1 Un nuage d’hydrogène, observé dans la haute atmosphère solaire, fut happé par un courant tourbillonnaire et précipité dans une taché à une vitesse de près de 160 km à la seconde.
- Cette même méthode offre un nouveau moyen de détermination de la rotation du Soleil. Celle-ci varie suivant les niveaux considérés. Pour les couches basses du calcium, à l’équateur solaire, elle est de
- 24.8 jours, et augmente graduellement jusqu’à
- 26.8 jours à 45° de latitude.
- Ainsi, le soleil, gigantesque sphère gazeuse, ne tourne pas tout d’une pièce uniformément, comme un globe solide tel que la Terre, mais en se ralentissant de l’équateur aux pôles, de sorte que les points situés dans les régions polaires retardent sensiblement sur ceux des régions équatoriales. C’est comme si Paris tournait plus vite que Londres, Christiania, Moscou, etc., et plus lentement que Rome, Naples, Madrid, Alger, etc.
- Le Bureau des Longitudes, les géographes, auraient fort à faire... ou plutôt ils n’auraient rien à faire du tout, un tel monde étant inhabitable.
- C’est presque dommage, car il n’y aurait plus de frontières, la géographie se transformant naturellement de jour en jour, et ce serait le plus sûr moyen d’éviter les guerres, plus stupides encore que barbares et cruelles.
- Jupiter, monde non solidifié, et probablement à l’état pâteux, doit se trouver actuellement dans une situation comparable à celle-là, sans frontières possibles. C’est une planète en sa genèse, qui, comme les autres planètes, n’a pas de lumière propre. Tandis que le Soleil est une étoile, un foyer de radiations lumineuses, calorifiques, chimiques, électriques. S’il se trouvait transporté seulement à quelques centaines de milliards de kilomètres de la Terre, par exemple à huit ou dix fois la distance qui nous sépare de sa plus proche voisine stellaire (alpha de la constellation du Centaure), son disque, dont le diamètre angulaire est de 52' 4", se réduirait à un simple point, toute petite étoile que les meilleures vues ne distingueraient pas à l’œil nu.
- Sa splendeur ne se déploie à nos regards qu’en raison de sa proximité relative : 149 millions de kilomètres. Nous vivons dans son rayonnement. Sa chaleur féconde notre monde. Elle n’est pas parmi les plus élevées sur l’échelle des températures stellaires.: les mesures s’accordent à lui attribuer 6000° environ. Certaines étoiles en ont le double.
- Fig. 7. — Les phases du développement d’une gigantesque protubérance solaire observée les 7 et 8 août iqoô à l’Observatoire Flammarion à Juvisy.
- Dessin de M. F. Quénisset.
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- L'INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
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- D’autres sont plus vastes, plus volumineuses, plus puissamment rayonnantes.
- Mais le. soleil est notre étoile.
- Et puis, en explorant sa mobile surface, nous voyons de près — astronomiquement parlant — un de ces innombrables points lumineux qui, de leurs lointaines clartés, illuminent nos nuits et les
- profondeurs de l’immensité des cieux. En interrogeant notre étoile solaire, nous soulevons un coin du grand voile mystérieux qui enveloppe le monde sidéral, et nous pénélrons un peu les secrets de l’univers stellaire. La famille du Soleil, la Terre, la Lune, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, nous place au vestibule de l'infini. Camille Flammarion.
- L’INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
- L’Industrie des corps radioactifs est née en France I Cependant, quelle étrange industrie que celle de au début de ce siècle, après la découverte, en France I ces corps qu’on vend au milligramme sans pouvoir
- Fig. i. — Un atelier de fractionnement des produits radioactifs.
- également, de la radioactivité par Becquerel en \ 896, du radium et du polonium, par M. et Mme Curie en 1898 et de l’actinium par Debierne en 1899.
- Depuis, des usines se sont créées à l’étranger également, mais si l’Allemagne eut un moment le monopole de la fabrication d’un autre élément : le mésothorium, la France dès avant la guerre lui enleva cetle spécialité et put produire elle-même tous lés corps radioactifs.
- Les éléments radioactifs sont plus nombreux qu’on ne le pense généralement, et leur nombre dépasse la trentaine, bien qu’on ne connaisse guère de la plupart d’entre eux qu’une constante, nouvelle en physique, leur période de vie. Seuls, trois ou quatre de ces produits ont une « personnalité » assez précise pour pouvoir faire l’objet d’une industrie.
- les peser jamais, comme ce mésothorium dont on ne sait rien, sinon qu’à une concentration telle que son rayonnement est le triple de celui des sels de radium purs, son spectre n’est pas encore apparu.
- L’inquiétant commerce, en y réfléchissant, que celui qui consiste à vendre excessivement cher quelque chose qu’on n’a jamais vu.
- De même que l’énergie électrique d’un secteur qu’un compteur spécial nous mesure, le commerce des produits actifs revient à une vente d’énergie, qu’on persiste à cataloguer en milligrammes mesurés par des méthodes où la balance n’intervient pas.
- La découverte de la radioactivité a fait naître dans la science une émotion qui n’est pas encore calmée, car elle fut la première incursion dans le rêve séculaire des chercheurs de pierre philosophale.
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- L’INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
- La trentaine de corps actifs étudiés n’appartient qu’à deux grandes familles dont l’arbre généalogique, bien connu, dont les deux ancêtres sont l’uranium et le thorium, est rappelé dans le tableau ci-contre.
- Tout minéral contenant du thorium ou de l’uranium est actif, contient des corps radioactifs et cela d’autant plus que la teneur en oxyde de thorium ou d’uranium est plus grande.
- L’activité est cette propriété que possèdent les corps en question de se transformer avec émission de particules matérielles ou charges électriques, et de se dégrader dans le sens, des poids atomiques
- _____ ._ . "•tL .
- Fig. 2. — A telierde fabrication de produits radioactifs. Cuves de dissolution.
- décroissants. Ces transformations sont accompagnées de phénomènes spéciaux électriques, calorifiques ou lumineux, et sont caractérisées par des « rayonnements » particuliers provoquant l’ionisation du milieu environnant.
- Cette ionisation ou conductibilité électrique, plus ou moins intense selon la nature du produit actif (ou pour un même produit selon la quantité étudiée), est à peu près la seule méthode d’investigation ou d’évaluation que nous possédions sur ces éléments.
- Parmi les produits de désintégration de l’uranium, seuls le radium et l’émanation sont intéressants au point de vue pratique, ainsi que le mésothorium I, dans la série du thorium et le thorium X.
- Nombreux sont les minéraux radioactifs, car nombreuses sont les espèces minéralogiques renfer-
- mant uranium et thorium. Mais le minerai pouvant justifier une exploitation est rare.
- C’est ainsi que la pechblende de Joaehimsthal, premier et riche minerai de radium, n’est plus qu’un souvenir ; on n’en retrouve plus guère que dans le Nord du Mexique. Actuellement seuls, la
- Famille de rUranium.
- BRANCHE PRINCIPALE
- Corps. Durée moyenne de vie. Rayonnement.
- Uranium I 9X'109 ans. a
- Uranium X 55 ,5 jours. p ï
- Uranium. X2 . . . . 1,67 minute. p
- Uranium 11 3,2x10e ans. a
- Uranium Y 2,16 jours. p
- Ionium 3,5x105 ans. a
- Radium 2.800 ans. «p
- Emanation (néon) . . 5,55 jours a
- Radium A 4,5 minutes. a
- Radium B 38,5 minutes. P Y
- Radium C1 28,1 minutes. a pr
- Radium C2 2.02 minutes. P
- Radium G" 106 secondes. a
- Radium D 24 ans. p
- Radium E 7,2 jours. p
- Radium F (Polonium). 196 jours. a
- BRANCHE LATÉRALE
- Corps. Durée moyenne de vie. Rayonnement.
- Actinium ? Sans rayonne-
- ment.
- Radioactinium. . . . 28,1 jours. «P
- Actinium X 16,7 jours. a
- Émanation 5,6 secondes. a
- Actinium A 0,003 seconde. a
- Actinium B 52,1 minutes. p
- Actinium C 5,1 minutes. a
- Actinium D 6,8 minutes. Py
- Famille du Thorium.
- Corps. Durée moyenne de vie. Rayonnement.
- Thorium 4,9xl010 ans. a
- Mésothorium I . . . 7,9 ans. Sans rayonnement.
- Mésothorium II . . . 8,9 heures. Pr
- Radiothorium. . 1063 jours. a
- Thorium X . . . . . 5,27 jours. « P
- Émanation 76 secondes. a
- Thorium A 0,20 seconde. a
- Thorium B 15,3 heures. p
- _ i Thorium G,. . . 79 minutes. «P
- f Thorium C2 . . . TO-11 secondes. a
- Thorium D 4,5 minutes. Py
- Carnotite (du Colorado), l’Autunite (de Portugal et du Tonkin) et certains minerais de terres rares (Niobates, Tantalates) de Madagascar sont utilisés industriellement.
- La richesse de ces minerais est variable, mais toujours faible. Les teneurs de cinquante milligrammes par tonne sont exceptionnelles. Au Portugal, on arrive à exploiter des tout venants de o à 4 milli-
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- L'INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
- 281
- grammes à la tonne. Avec une teneur courante de dix milligrammes, nous voyons donc que la richesse habituelle des minerais de radium est de un cent-millionième.
- Une telle chimie serait impraticable, si par chance le radium n’avait tant d’analogie avec le baryum que toute réaction isolant ce dernier entraînera le radium. La même parenté existe entre le méso-thorium (des minerais de thorium comme la mona-zite, la thorite) et le baryum qui, possédant heureusement de bonnes réactions analytiques, facilite un peu l’extraction des corps actifs.
- A vrai dire on ne peut pas parle»’ de réactions
- galions profondes qu’on doit faire subir aux minerais nécessitent de forts tonnages de réactifs.
- Cette séparation du baryum à l’état propre, constitue la première phase du traitement; c’est la plus coûteuse et la plus pénible.
- La seconde phase qui consiste en la séparation des deux homologues, baryum-radium, est la plus longue, mais la plus sûre si elle est conduite avec le soin voulu.
- Cette séparation de deux corps aussi voisins, ne peut être basée sur une réaction bien nette. Ce ne peut être que par des différences faibles de solubilité ou dé basicbé (cristallisation ou précipitations
- Fig. 3. — Laboratoire de petit fractionnement des produits radioactifs.
- chimiques dans le cas de corps dilués à la limite que nous venons d’indiquer dans d’aussi énormes proportions d’éléments étrangers de toutes sortes.
- 11 n’y a guère que des actions de masses, d’entrainement, orientées tout au plus par l’affinité pour certains groupes.
- 11 faudra donc s'assurer, avant tout traitement, que le minerai contient suffisamment de baryum pour constituer la masse d’entraînement, ou bien en ajouter, si la quantité est trop faible.
- Puis,, l’on établit une méthode de séparation et de purification de ce baryum, en tenant compte des possibilités industrielles d’appareillage et du prix de revient des produits chimiques utilisés.
- Ce prix du traitement est une des grosses raisons du-prix élevé des sels radioactifs, et les dêsagré-
- fractionnées) qu’on peut espérer scinder le mélange des deux alcalino-terreux. En l’espèce on s’adresse toujours aux cristallisations fractionnées.
- Cette opération a été maintes fois décrite : étant donnée la solution des sels mixtes (chlorures, broT mures, nitrates) on provoque la cristallisation d’une partie des sels dissous en concentrant par la chaleur. Les sels de radium sont un peu moins solubles que les sels de baryum correspondants ; donc, le sel mixte cristallisé sera plus riche en radium que le sel mixte initial, et a fortiori que l’eau mère surnageante. Si l’op répète cette opération sur l’eau mère et sur les cristaux redissous dans l’eau distillée on pourra admettre une teneur analogue en radium pour les cristaux obtenus des eaux mères du premier tour et pour les eaux mères obtenues
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- 282 L’INDUSTRIE DES
- de la redissolution des cristaux du premier tour. Cet ensemble constituera la portion moyenne, les cristaux du deuxième tour constituant la tête, et les secondes eaux mères, la queue.
- Cette opération sera renouvelée un nombre considérable de fois, et, pour ne pas augmenter inutilement le nombre des fractions, on éliminera de temps à autre en queue des solutions de chlorure de baryum inactif, alors qu’on accumulera en tête
- CORPS RADIOACTIFS
- vrai pour le mésolhorium commercial extrait des résidus de minerais de thorium. Ceux-ci contenant toujours également de l’uranium, le produit final contient donc en même temps du radium en proportions assez variables selon le rapport originel des teneurs en thorium-uranium.
- Cet ensemble méso-radium ne peut être scindé. On mesure le rayonnement pénétrant global et on évalue le produit en milligrammes de radium
- 10 tonnes de Charbon
- Fig. 4. — Le tube couramment utilisé en médecine^ comporte 100 mgr. de bromure de radium (25 mm. de long et 2 mm. 5 de large). Pour l’obtenir il a fallu r
- 12 tonnes de minerai, soit 280 sacs environ.
- 3 tonnes d’acide chlorhydrique, soit 45 touries.
- 5 tonnes de carbonate de soude (sel Solvay), soit 5o sacs.
- 1 tonne d’acide sulfurique, soit 10 touries.
- 10 tonnes de charbon pour les appareils.
- Plus d’un mois de travail [et 5oo cristallisations successives.
- des cristaux également riches en radium, sur lesquels ôn recommencera un fractionnement plus petit et plus soigné.
- Cette seule méthode conduit à l’obtention de sels de radium purs après plusieurs centaine^ de cristallisations.
- La quantité de radium réel contenue dans le produit final s’évalue par des mesures délicates de rayonnement, par des méthodes électriques, de comparaison avec un étalon international ou des étalons secondaires de sels de radium à poids atomique constant et rigoureusement déterminé.
- Ce que nous venons d’exposer pour ie radium est
- élément, ou de bromure de radium hydraté, par comparaison avec un étalon.
- On arrive à obtenir des produits tels que 100 milligrammes du mélange ont un rayonnement supérieur à trois cents milligrammes de sels de radium pur. Dans une telle association, le mésothorium n’est pas décelable, et toute la masse est constituée par le radium et un peu de baryum.
- Le rayonnement du mésothorium pur, si l’on pouvait l’avoir exempt de radium, serait donc considérable. Pour cela il faudrait partir de tho-rites exemptes d’uranium, ou traiter d’énormes quantités de sels de thorium purs qu’on aurait
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- LES RICHESSES DU SOUS-SOL MACÉDONIEN
- laissés vieillir un nombre respectable d’années.
- La production annuelle d’une usine en marche normale se chiffre par quelques grammes de radium ou de mésothorium.
- Le cours actuel du radium est de 500 francs le milligramme de bromure hydraté (RaBr22H 20). Le mésothorium évalué en bromure de radium est toujours d’une centaine de francs moins cher par
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- milligramme, non pas tant parce que son extraction est moins pénible, mais plutôt parce que sa vie moyenne est inférieure à celle du radium.
- Nous examinerons dans une prochaine étude rapide les propriétés, les usages et les procédés de mesure des principaux corps radioactifs que peut fournir actuellement l’industrie. M dembn1troux>
- Ingénieur-Chimiste EPC.
- LES RICHESSES DU SOUS-SOL MACÉDONIEN
- La Macédoine est plus agricole qu’industrielle. Les causes en sont nombreuses et la principale tient à la fertilité du sol macédonien. Les causes secondaires paraissent être : la faible densité de la population, la difficulté des moyens de transport, l’absence de combustible, le défaut de sécurité du pays, l’insalubrité du climat....
- Et cependant si le sol de Macédoine est intéressant par sa fertilité pour l’agronome, le sous-sol ne l’est pas moins pour l’ingénieur des mines, l’industriel. Les métaux qu’il renferme sont nombreux. Des minerais de cbrome, de manganèse, de fer, de plomb s’y trouvent avec des teneurs susceptibles de rendre l’exploitation rémunératrice.
- Sans doute le défaut de routes, de voies ferrées, de combustible, de main-d’œuvre rend difficile une exploitation minière, mais nous ne doutons pas que les ingénieurs surmontent ces difficultés.
- L’intérêt des richesses de la Macédoine réside encore dans le fait que les divers métaux s’y rencontrent à côté des matériaux nécessaires à la construction des usines. Cette association est d’autant plus heureuse que les besoins de la Grèce et de la Macédoine seront très grands après la guerre et qu’elles trouveront sur leur propre sol les éléments nécessaires à leur industrie.
- D'autre part la reconstruction de Salonique est pro-etée. La réalisation de ce projet français sera d’autant plus facile que les entrepreneurs trouveront sur place les matériaux nécessaires, car les besoins mondiaux seront tels que l’industrie ne pourra les satisfaire et que les disponibilités des alliés seront attribuées de préférence aux pays dévastés.
- Dans les documents ci-après nous indiquerons la composition des principaux minerais intéressants que nous avons eu l’occasion d’analyser.
- Minerais de ohrame. — Le fer chromé ou « chro-mite de fer » est abondant en Macédoine, on en trouve aussi dans les îles des Cyclades.
- Certains échantillons titrent plus de 50 pour 100 d’acide chromique. Les plus bas titres sont voisins de 25 pour 100.
- Avec la demande de plus en plus grande des aciers très durs la fabrication du ferrochrome s’étendra et les minerais très riches, comme certains de Macédoine, seront recherchés.
- Fer chromé de
- Calamoundi. Loucovili. Hodja.
- Chrome en Cr2O3. 36.82 36.44 29.21 52.381 37.195
- Fer en FeO. . . — — 17.66 23.316 26.492
- Fer chromé de Cremasmata. n° 1 n“ 2 n” 3
- Chrome en Cr2 O3. . 50.102 % 50.223 % 45.212% Fer en FeO . . . . 14.190 % 21.903 % 22.256 %
- Minerais de manganèse. — Le manganèse existe en Macédoine à l’état d’oxydes et principalement de pyro-lusite à teneur très élevée. Or, c’est sous cette forme que l’industrie recherche le manganèse aussi bien pour la fabrication des fers et aciers au manganèse que pour la préparation d’alliages. Certains gisements sont à proximité de Salonique, d’autres dans la région montagneuse de Florina..
- Pyrolusitcs de Macédoine.
- n° 1 n° 2 n° 3
- Manganèse (Mn). 32.34 % 49.16% 21.77 %
- dont dont dont
- 23.12 % 46.73 % 15.531 %
- à l’état de bioxyde MnO2 représentant en MnO3 39.41 % . 73.95 % 24.567 %
- Minerais de fer. — Les minerais de fer de Macédoine ont été connus et exploités par les Romains comme en témoignent les galeries d’exploitation que l’on retrouve encore à côté de riches scories.
- Sidérose, hématite et surtout pyrites se recontrent en Chalcidique et en Macédoine. Les pyrites sont généralement assez riches en cuivre.
- Sidérose. Hématite. Pyrites.
- n° 1 n° 2
- Fer (Fe) . 48.72 % 51.52 % 30.74 % 40.077 %
- Des scories d’exploitation romaine qui servaient à l’empierrement de routes stratégiques titraient 42.54 pour 100 de fer.
- Mi aérais de cuivre. — C’est surtout sous forme de chalkopyrite que le cuivre existe eu Macédoine et principalement en Macédoine orientale. Les chalkopyrites de Dédéagatch titrent jusqu’à 14 pour 100 de cuivre métallique.
- Mais ce métal se trouve aussi sous forme de cuivre gris et si ces minerais ne sont pas très abondants, ils sont d’une extrême richesse. Leur valeur est considérable non pas seulement par le cuivre qu’ils renferment mais aussi par les métaux accessoires. Les minerais dont nous donnons ci-après les analyses étaient exploitées il y a une quinzaine d’années par un Albanais avisé qui les envoyait à Salonique à dos d’ânes et de mulets. Malgré la distance (80 km environ) et la faible quantité transportée il devint rapidement millionnaire.
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- 284 RÉCUPÉRATION DES HUILES ET
- TAMPONS DE GRAISSAGE DES WAGONS
- Cuivre gris de Macédoine.
- A B
- Cuivre (Cu) .: 40.273- % 8.05 o/0
- Zinc (Zn) . . 17.820,% 35.08 °/u
- Arsenic (As) , 9.129 o/o 2.21 o/0
- Antimoine(Sb). 4.800 % 0.48 o/Q
- Fer(Ee). 6.500 % 6.33 o/Q
- Soufre (S). . 21.426 o/0 6.45 o/0
- Silice (SiO2). —. . 5.12 o/c
- Étain (Sn). . — traces.
- Plomb (Pb) . — 30.82 o/0
- Calcium (Ca). — 1.58 %
- Chalkopyrites
- llp. DpiIpîÏ Oîllpll
- 13.802 % 14.420 %
- Minerais de plomb. — Le plomb existe en Macédoine aussi bien sous forme de galène argentifère que de céru-site cristallisée à teneur presque théorique.
- Certains gisements de Dédéagatch sont très riches en plomb,
- Minerais de Dédéagatch. Cérusite de Macédoine. Kara Kaja Kara Kaja
- i Heissenlar. riche. . pauvre..............
- Plomb. 7.36% 71.95 % 18 53 % 67.921 %,
- Cuivre. 11.37 % 3.090 % _
- Minerais de magnésie. — La « Giobertite )) ou carbonate de magnésie forme en Chalcidique des gisements considérables. Elle est d’une extrême pureté; certains échantillons nous ont donné 98 à 99 pour 100 de carbonate de magnésie, elle est très blanche. Elle servira utilement à la fabrication des. revêtements des fours divers nécessaires à l’industrie, à la préparation électrochimique du magnésium et aussi à la fabrication des sels magnésiens.
- Amiante. — Les gisements d’amiante sont nombreux en Macédoine. On suit un filon sur. plus de 30 km d’étendue. Il affleure sur les coteaux qui bordent Salonique à l’est et se retrouve avec la même direction dans le voisinage de Galatista. Cette amiante est généralemen t à fibre très longue.
- Lignites. — La Grèce ne possède pas de charbons. Il existe bien de la houille de bonne qualilé dans l’ile de Chio, mais la production est faible. Si la péninsule Balkanique est dépourvue de houille, elle possède de nombreux gisements de lignites. En Macédoine comme dans les îles on en trouve des mines importantes que les Alliés ont largement exploitées durant leur séjour.
- L’utilisation des lignites comme combustible industriel doit être tentée. Elle nous paraît possible en utilisant des briquettes obtenues facilement par la seule compression du lignite humide, ou mieux en mélangeant une petite quantité d’huiles lourdes ou de brai qu’il serait, croyons-nous, facile de trouver ou d’obtenir sur place ou à proximité.
- Quels que soient ses usages et sa valeur, il nous a paru intéressant de donner quelques indications sur le lignite macédonien.
- La composilion est très variable.
- Dans certains gisements la proportion des malières volatiles l’emporte sur les cendres, dans d’autres l’inverse se produit; mais, en général, la proportion de 'carbone est voisine de 30 pour 100.
- Les cendres à lignite sont peu intéressantes. Peu riches en sels potassiques leur alcalinité est nulle. Elles ne peuvent être utilisées ni comme engrais potassiques ni pour le lessivage.
- ______________Lignites macédoniens.________
- Novigrad. O’rchovo. M'boria. Loutraki. Humidité : . 28 % 25.520% 11.820 % 15.680%
- Mat. volatiles. 33.520 % 29.650 % 17.740% 32.970%
- Cendres. . . 9.583% 15.350%, 42.880% 25.700%
- Carbone. . . 29.097 % 29.480 % 27.560 »/0 25.650%
- Silice..............
- Fer............. . .
- Chaux .......
- Magnésie............
- Potasse.............
- Acide sulfurique . .
- Acide phosphorique.
- Matériaux de construction. — Nous avons dit précédemment que l’intérêt des richesses minérales de la Macédoine résidait dans la présence de presque tous les minerais uliles h l’industrie. Elle possède encore les matériaux nécessaires à la construction.
- Les calcaires y sont nombreux et s’ils ne sont pas très argileux, si leur composition ne permet pas leur emploi immédiat à la fabrication des ciments, la silice très pure ne manque pas, dans la région, pour constituer des mélanges aptes à donner des ciments variés.
- Et ceci est d’autant plus important que le ciment sera très demandé après la guerre, que les constructions en ciment armé s’accroîtront. Il est certain que la seule usine d’Eleusis ne suffira pas à fournir tout le ciment nécessaire à la Macédoine et à la Grèce.
- Ce point capital devra donc faire l’objet des premières entreprises industrielles.
- Les calcaires purs pouvant fournir d’excellentes chaux grasses se trouvent dans toute la Macédoine. Déjà il existe quelques fours à chaux dans les environs de Salonique. Leur multiplication s’imposera et sera facile à réaliser.
- Telles sont les richesses du sous-sol macédonien.;Notre industrie peut y trouver des matériaux utiles à son essor. Il n’est pas douteux que le gouvernement hellénique donnera à nos ingénieurs, à nos industriels, toute facilité pour exploiter ces richesses à soii profit comme au nôtre. A, Valdiguié,
- Ex.-chef du Laboratoire de chimie de l’A. O.
- Cendres des lignites,
- O’rchovo.
- 72 25 % 14.15 % 6.90 o/0 1.33 % 0.42 % 4.86 % 0.05 %
- M’boria. 77.10 % 16.40 % 1.23 % 3.25 % 0.38 %.
- 1.48 %
- 0.I8 %
- RÉCUPÉRATION DÉS HUILES ET TAMPONS DE GRAISSAGE DES WAGONS
- Les prix élevés atteints par toutes choses, et que la paix revenue ne semble pas faire diminuer immédiatement, obligent à réaliser partout de strictes économies, à ne rien laisser perdre et à récupérer jusqu’aux moindres déchets.
- Comme exemple de ce qu’on peut obtenir ainsi, nous signalerons l’intéressante initiative prise à
- la Compagnie d’Orléans pendant la guerre par M. Alexandre Grison, ingénieur principal du service des Wagons qui a réussi à récupérer en grandes quantités; les huiles, tampons graisseurs et déchets de laine retirés des boîtes d’essieux, toutes substances rares actuellement.
- Les voitures montées sur des boggies du type
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- RECUPERATION DES HUILES ET TAMPONS DE GRAISSAGE DES WAGONS 285
- américain, dont l’emploi se généralise de plus en plus sur les chemins de fer français, sont munies de boîtes ne comportant pas de tampons graisseurs; un bourrage de déchets de laine, en contact direct avec les fusées, assure le graissage. Cette disposition facilite à tout moment l’examen des coussinets et des fusées. Ces voitures passent environ tous les 3 à 4 mois à l’atelier d’entretien, lorsque le creux des bandages atteint 0 c. 35, ce qui arrive d’ordinaire après un parcours kilométrique moyen de 60 à 70 000 km. Jusqu'en 1913, à chacune de ces visites,’ on jetait les déchets de laine graissant ces boîtes; car malgré les perfectionnements apportés à l’obturateur et à la fermeture des couvercles, on les trouvait imprégnés de sable et de matières métalliques qui auraient rendu dangereuses leur réutilisation. 11 en résultait une perte notable de déchets de laine, indépendamment de la quantité d’huile qu'ils contenaient.
- Aussi afin de pouvoir employer à nouveau ces déchets après les avoir nettoyés, la Compagnie d’Orléans vient d’annexer à son atelier d’entretien du matériel de Paris, une petite usine établie sur les plans de M. Grison. Cette installation très simple comprend d’abord une essoreuse qu’actionne directement un moteur électrique à courant triphasé (500 volts, 25 périodes) marchant à une vitesse de 950 tours. À chaque charge, on met 30 à 35 kg de déchets de laine dans l’essoreuse et l’opération ne demandant, pas plus de 3/4 d’heure y compris la manutention, on peut traiter quotidiennement 450 kg de déchet*. L’élévation de température de la cuve, qu’on maintient au voisinage de 80 degrés par un serpentin de vapeur, facilite la séparation de l’huile et de la laine. Les déchets de laine essorés passent ensuite dans une étuve de
- Fig. 2. — Essorage des chiffons et tacs de "décantation
- Fig. /. — Enlèvement des chiffons d’une boite d’essieux.
- séchage qui sert aussi à la désinfection du crin des garnitures des voitures. Après ce séchage, ils subis-ent un cardage, à l’aide d’une carde à balancier du type courant des matelassières; ils se trouvent alors complètement débarrassés de leurs impuretés et peuvent être réemployés au garnissage des boites de tout le matériel à boggies.
- Quant à l’huile provenant de l’essoreuse, on la dirige vers un bac où elle subit une première décantation ; puis une fois ce récipient plein on en transvase le contenu, à l’aide d’une petite pompe dans un second bac dans lequel un serpentin de vapeur maintient une température de 50° à 60°. Là, elle subit une deuxième décantation qui, au bout de 5 à 6 jours, permet de recueillir une huile, réutilisable après filtrage à chaud et qu’on mélange, dans la proportion de 25 pour 100, à de l’huile de mazout neuve.
- D’autre part, dans cette installation, M. Grison épure encore l’huile d'égouttage, beaucoup plus abondante dans les services d’exploitation des chemins de fer que l'huile provenant de l’essorage des déchets de laine gras. Sa méthode d’épuration comporte trois opérations : la décantation, le filtrage et le traitement des boues.
- La décantation s’opère successivement dans 5 bacs. Dans le second de ces récipients, placé en contre-bas du sol, s’écoule l’huile légère sortant du premier bac ainsi que l’huile provenant de l’essoreuse, puis de cette deuxième cuve une pompe élève l’huile légère au bac 3 d’où elle descend par gravité dans les bacs 4 et 5. La même pompe sert à la diriger du bac 5 dans les filtres. Un tube amène au fond de chaque bac l’huile à décanter tandis que grâce à une crépine flottante, on y prend à la sur-
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- 286 RÉCUPÉRATION DES HUILES ET TAMPONS DE GRAISSAGE DES WAGONS
- face l’huile décantée. Une couche d’eau sépare dans ces bacs les huiles lourdes de fond des huiles légères de surface. Mais selon la position respective des bacs, on extrait les houes ou les huiles de fond au moyen d’un robinet ou d’une pompe. Enfin des serpentins chauffent les bacs 1, 2 et 5 dans les 2/5 supérieurs de leur hauteur alors que les bacs 5 et 4 ne sont pas chauffés.
- La tableau ci-dessous résume le cycle des phases de la décantation.
- Désignation Capacité Extraction Durée du sé-
- du bac journalière jour de l’huile
- dans chaque bac.
- Bac n° 1 1500 lit. 255 lit. 5 jours
- — 2 800 585 2 —
- — 3 1200 560 3 —
- — 4 1500 560 4 —
- — 5 800 360 2 —
- 5600 lit. 16 jours
- Le filtrage s’exécutait primitivement dans 5 filtres Gustin, puis cette batterie étant devenue insuffisante par suite de l’accroissement des matières à traiter,
- M. Grison la compléta par un filtre Philippe à grand débit, d’une surface filtrante de 6 m2.
- La batterie de filtres est chauffée au moyen de vapeur détendue à 0 kg 900 et fournit une moyenne quotidienne de 300 kg d’huile filtrée qu’on recueille directement dans des tonneaux par une canalisation appropriée. On met les résidus d’essorage des déchets et des toiles filtrantes ainsi que
- les boues de fond des filtres dans les bacs de décantation.
- Examinons à présent le mode de traitement des boues formées d’huile, de silice et de poussières métalliques qu’on extrait des deux premiers bacs. Comme les huiles, il va falloir d’abord les décanter dans un bac pourvu d’un chauffage par serpentins de vapeur. On les déverse dans un entonnoir de fond tandis qu’un autre entonnoir ilottant permet d’évacuer l’huile qui surnage et que, grâce à un clapet de fond, on recueille les boues lourdes. Ensuite on opère le filtrage de ces dernières au moyen d’un filtre-presse composé de 10 cadres en bois garnis de tissus de coton filtrant et séparés les uns des autres par des toiles métalliques à larges mailles. Chaque cadre porte des ajutages d’écoulement. Le bac de charge, sis à J m. 530 au-dessus
- Fig. 3. — Broyage et tamisage des oxydes.
- du filtre-presse, communique avec les caisses filtrantes, grâce à un collecteur pourvu d’autant d’ajutages. En outre, chacune de ces caisses, porte un robinet de vidange à sa partie inférieure. On remplit le bac à l’aide d’une pompe, un serpentin de vapeur le chauffe, un entonnoir de fond permet l’admission des boues et, comme tout à l’heure pour la décantation, un entonnoir à flotteur sert à l’extraction de l’huile filtrée. Tous les 2 ou 3 jours, il faut régénérer les surfaces filtrantes qui se colmatent assez facilement. On exécute ce nettoyage, en injectant de la vapeur à la partie inférieure des cadres, après avoir supprimé la communication avec le bac de charge. Par la décantation, on retire 16 pour 100 d’huile et le filtrage de ces boues en fournit encore 6 pour 100, soit au total une récupération de 22 pour 100 d’huile.
- Enfin le résidu des boues, est transformé en peinturé, on le dessèche et on le calcine dans un four primitif. L°s produits résullant de ces opérations sont séparés du coke d’huile qu’ils contiennent par un grillage à air opéré dans 5 bacs successifs et chauffés par la combustion des hydrocarbures qui se dégagent au cours du desse'chage et de la calcination. Après grillage, on retire des oxydes métalliques présentant la composition moyenne suivante : étain et antimoine 49,5 pour 100; fer 45 pour 100; cuivre 5,7 pour 100 et plomb 1,9. Après cette opération, il suffit de pulvériser les oxydes dans un broyeur, puis de les tamiser et de les mélanger à de l’huile de lin pour en confectionner des peintures hydrofuges qu’on utilise pour la peinture des wagons à marchandises.
- Ajoutons que la petite usine, installée par M. Grison, exige une très faible main-d’œuvre; elle n’a nécessité que quelques milliers de francs d’établissement et deux hommes assurent son fonctionnement en temps normal. Aussi cette méthode de récupération assure-t-elle une économie d’autant plus importante que depuis la guerre les huiles et les laines ont subi une très forte hausse, et rend-elle de grands services. Ainsi pendant les trois années 1915,1916, 1917 et les dix premiers mois de 1918, on a pu réutiliser 350 000 kg d’huile de graissage, 33000 kg de déchets de laine et 76000 tampons-graisseurs. Jacques Boïer.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1919.
- La rupture des rails. — Lorsqu’il n’y a pas eu, du fait d’une fabrication défectueuse, des défauts locaux provoquant la rupture des rails de chemins de fer, MM. Mesnager, j jCellerier et Sabatier ont montré que les accidents sont dus à des fissures très fines, qui se produisent sur la surface de roulement. MM. Georges Charpy et Jean Durand viennent de constater que l’acier étant soumis, sur une faible épaisseur, à un écrouissage intense, les craquelures se produisent par « tressaillement ». Il y aura lieu sans doute de développer la méthode de la trempe superficielle, non seulement pour les rails, mais encore pour toutes les pièces métalliques, sujettes à s’altérer par un écrouissage local, que le service va en développant. Un recuit, appliqué à des intervalles suffisamment espacés, augmenterait de beaucoup la durée des chaînes, boulons et tirants, d’où la possibilité d’économiser une quantité notable de métal.
- P rédétermination au laboratoire de la caractéristique d'un phare. — M. Jean Rey a pu, avant la mise en service du phare de La Galite, déterminer la répartition de l’intensité lumineuse dans le plan horizontal, à l’aide de plaques métalliques verticales, percées de trous en quinconces, alignés sur des parallèles. En faisant tourner le réflecteur devant l’appareil, la région active du miroir se délimite avec exactitude pour chaque direction. La méthode peut, d’ailleurs, se combiner parfaitement avec la loi de perception des éclats rapides.
- La stabilisation de Vacroléine. — Aldéhyde qu’on obtient par action du bisulfate de potasse sur la glycérine, l’acroléine a longtemps dérouté les savants par sa prompte décomposition. MM. Charles Moureu et Dufraisse ont étudié tous les modes d’altération spontanée et fixé l’action des impuretés, de la lumière et de la chaleur, sur la vitesse de transformation en disacryle ou. résine insoluble. Par un processus particulier, on peut obtenir une matière visqueuse, soluble dans les alcools, les bases, les éthers-sels et les carbures d’hydrogène.
- Sur les rotations trop rapides. — Le manque d’un parfait équilibre fait qu’un rotor risque d’excercer de vives réactions sur ses points d’appui. On les évite en rendant Taxe flexible, ce qui exige cependant que la flèche de l’arbre demeure très petite. M. Maurice Leblanc a calculé comment elle varie avec la vitesse et le balourd, et détermine les conditions à réaliser pour l’empêcher de dépasser une valeur déterminée, au moment de la mise en marche et de l’arrêt.
- La vitesse critique peut se franchir, soit en opposant aux déplacements de l’axe une force artificielle d’amortissement, soit en traversant rapidement la zone dangereuse. La première méthode, qui semble la meilleure, exige par contre des coussinets spéciaux.
- L’emploi des fortes pressions. — Jusqu’à présent, on a considéré comme limite pratique '150 ou 200 atmosphères, jugeant qu’il serait extrêmement difficile de
- dépasser ce dernier chiffre. Tel n’est pas l’avis de M. Georges Claude. Pour lui, l’emploi judicieux des cuirs emboutis fournit la cause essentielle d’un bon rendement : l’étenchéité des joints, et, chaque fois que des avantages seront présentés par l’usage d’une forte pression, il convient de réaliser celle-ci, quelle que soit sa valeur.
- Séparation de l’anhydride carbonique pur d’un mélange gazeux. — Les travaux de Caillelet, d’Andrews, de Gibbs et de Duhem ont montré que les mélanges gazeux soumis à la compression et à la détente donnent une phase liquide, contenant tous les éléments, si différentes que soient les constantes critiques de ceux-ci. Une note de MM. Crémieu et Lepape met en évidence une exception à celte loi : si la liquéfaction en bloc d’un mélange riche en CO2 fournit le résultat qu’elle prévoit, il n’en est pas moins possible de séparer une neige chimiquement pure, et rigoureusement exemple d’émanation du radium, même si cet élément intervient
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- dans le mélange initial pour une proportion de curie par litre.
- Les roches éruptives anciennes dans le désert arabique. — Les explorations qu’il fit de 1911 à 1914 ont permis à M. Barthoux d’en établir ainsi la succession : T) granités et diorites ; 2°) schistes, labradorite, andésite; 5°) granulites et diabases.
- La faune du lac Tchad. — Les nouveaux échantillons envoyés au Muséum par le lieutenant-colonel Tilho, le docteur Noël et l’administrateur Baudon, ont permis à M. Jacques Pellegrin de compléter l’ouvrage qu’il publia à la veille de la guerre. Il a pu ainsi constater que la faune ichlyologique du grand lac africain ne présente que peu de formes qui lui soient particulières et qu’elle est constituée surtout par des espèces à vaste distribution géographique ; elle a de grands rapports, en effet, avec celle des bassins voisins : Niger, Nil, Sénégal et Congo.
- Respiration dans Pair confiné. — Les travaux de Paul Bert ont établi que l’anhydride carbonique devient mortel, dès que la teneur de l’air dépasse 50 ou 55 pour J 00. Le syndrome sc termine par une véritable somnolence d’anesthésie. M. Amar a soumis à l’Académie les résultats d’expériences portant sur un taux de 1 à 5 pour 100. Elles l’ont amené à conclure que l’influence du milieu confiné est double : 1° il abaisse l’hématose et ralentit la vie cellulaire; 2° il augmente la ventilation.
- La conservation des sérums. — Le Dr Bordas s’est attaché à mettre en évidence l’intérêt que peut présenter la dessiccation, dans le vide absolu et à basse température, des pulpes vaccinales. Elle permet leur transport dans nos centres coloniaux, sans qu’elles aient à subir, de ce fait, le moindre affaiblissement.
- PéUL B.
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- UN DIRIGEABLE A AIR CHAUD
- D’après le magazine américain, Popular Me-chanics, un dirigeable à air chaud serait actuellement en construction aux États-Unis. Son principe est celui de la montgolfière; l’air renfermé dans l’enveloppe de l’aérostat est échauffé au moyen de brûleurs à pétrole.
- Voici les caractéristiques essentielles de ce nouvel et curieux engin : l’enveloppe est entièrement métallique ; elle est faite d’un alliage léger et résistant à base d’aluminium ; elle a une forme effilée;
- dirigeable s’exécutent très simplement. Des ventilateurs commandés de la cabine du pilote permettent d’introduire rapidement de l’air froid dans l’enveloppe; le ballon s’alourdit et descend ; d’autre part, des valves, également commandées de la cabine, permettent l’échappement de l’air lorsqu’on échauffe le volume intérieur de l’aérostat pour le faire remonter.
- Autre originalité : l’inventeur emploierait comme moteur une machine à vapeur, mais aucun détail
- Projet de dirigeable à air chaud.
- Ce dirigeable, conçu par un ingénieur américain sur le principe de la Montgolfière, est en outre construit comme une bouteille Thermos et est actionné par une machine à vapeur.
- le gros bout à l’avant, de façon à obtenir la meilleure pénétration dans l’air. La rigidité est assurée par un tube central longitudinal d’où partent des rayons, à la façon d’une roue de bicyclette. L’intérieur est cloisonné en 20 compartiments à air chaud; la capacité totale du bâtiment est de 15 000 m3; sa longueur est de 118 m. Chacun des compartiments intérieurs est chauffé par un brûleur à pétrole. Pour éviter la déperdition de chaleur par l’enveloppe métallique, celle-ci est double, les deux parois sont séparées par un intervalle de 10 cm, rempli d’une matière isolante spéciale, sur laquelle du reste l’inventeur garde le secret. Le ballon est donc construit un peu comme une bouteille Thermos. Les manœuvres ascensionnelles du
- n’est donné sur cette machine qui doit avoir des caractéristiques spéciales pour ne pas dépasser le poids limite permis à un moteur de dirigeable. La nacelle entièrement métallique, fait partie intégrante de la charpente de l’enveloppe. Elle serait pourvue d’un système de chauffage à vapeur.
- L’expérience montrera ce que vaut ce curieux système ; il est certain que le principe de la Montgolfière offre à la navigation aérienne un certain nombre d’avantages fort séduisants : facilité et souplesse des manœuvres ascensionnelles ou de descente; grande sécurité si l’enveloppe est métallique; on n’a plus alors à redouter les méfaits de l’hydrogène si facilement inflammable.
- A. T.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiujre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2380.
- 8 NOVEMBRE 1919
- LE “ MAMMOUTH ”, NOUVEL AÉROBUS BLÉRIOT
- Le 23 juillet 1909, Blériot franchissait la Manche sur un fragile monoplan. 11 suffira de jeter les yeux sur les figures qui accompagnent cet article et représentent le plus récent des avions Blériot, pour mesurer le chemin parcouru depuis lors par l’industrie aérienne.
- Le Mammouth Blériot était à l’origine un avion de bombardement. Aussitôt la guerre terminée, son constructeur l’a adapté aux besoins commerciaux, et l’immense oiseau de mort s’est transformé en un paisible transatlantique de l’air,
- a tenu surtout à faire un avion sûr, qui perme par son conlortable, de voyager pendant de longue^, heures.
- Avec ses réservoirs de 100 litres, l’avion tient facilement l’air pendant 7 heures ; et d’une seule traite, en partant le matin suffisamment tôt il est facile de déjeuner à Marseille et de coucher le soir à Alger ou Tunis. Ainsi, notre grande colonie se trouve aujourd’hui aux portes de Paris, grâce aux efforts incessants de notre industrie aéronautique.
- Le Mammouth Blériot est un gigantesque biplan
- Fig. i. — Le Mammouth Blériot. Vue des 4 moteurs de 35o HP et de la. nacelle.
- permettant ainsi à la France de garder dans la victoire la supériorité aérienne qu’elle s’était si fortement acquise durant les hostilités.
- Le nouvel aéroplane que les grandes usines de Suresnes viennent de mettre aux essais et qui a satisfait à toutes les conditions qui lui étaient imposées, est un grand biplan de I50m2 de surface portante, d’une puissance de 1200 chevaux.
- Nous allons en donner une description succincte à nos lecteurs qui auront ainsi la primeur d’une des nouveautés les plus intéressantes de la jeune locomotion.
- Le nouveau géant de l’air ne pèse pas moins de 8000 kg. en ordre de marche. Il transporte facilement 25 à 28 passagers à la vitesse de 150 kilomètres à l’heure.
- En créant ce nouveau type d’appareil, M. Blériot
- de 27 mètres d’envergure. La cellule est la résultante dés applications les plus récentes de l’aéro-technique moderne : l’aile est épaisse, à courbure particulière très portante. Afin d’en augmenter encore la puissance sustentatrice, la voilure supérieure est reportée en arrière de l’inférieure, la distance entre les deux plans est telle que chacune des surfaces agit comme une aile monoplane dont on connaît la haute valeur de sustentation.
- Ainsi le rendement de la voilure du Mammouth est très considérablement accru et permet d’éviter la construction triplane si funeste au bon travail des surfaces portantes.
- Les montants, très profilés, sont réduits au strict minimum grâce à la construction spéciale du bâti central qui permet un montage solide et peu résistant à l’air des groupes moteurs.
- 47* Année. — 2* Semestre
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- 290 . : LE " MAMMOUTH ”, NOUVEL AÉROBUS BLÉRIOT
- Le fuselage, à deux étages, est ainsi indépendant de la voilure et ne lui retire rien de sa forme portante : près des points d’attache, pas de remous, pas de courants d’air créant des contre-pressions néfastes.
- Bien profilé, tout en tubes d’alliage d’aluminium à haute résistance assemblés d'heureuse façon au bois et au contreplaqué, il permet d’avoir d’excellentes cabines où les passagers sont fort à ’aise.
- A l’avant, dans l’arrondi de la coque, 5 sièges confortables donnent aux voyageurs la possibilité de voir le paysage au loin ; puis vient 1‘habitacle du pilote, de son aide et d’un mécanicien. Ici, les manettes s’entre-croisent, les tableaux indicateurs se
- multiplient; mais tout est sous l’œil vigilant et à la portée d’une partie de l’équipage. Enfin, à l’arrière se trouve une immense cabine d’aspect analogue à l’intérieur si connu de nos autobus parisiens. Dans de confortables fauteuils en rotin, 12 passagers de 4re classe trouvent place; ils peuvent causer, circuler et même, si la durée du trajet leur paraît trop longue, faire un bridge sur une spacieuse table à rabat qui se dresse ou se replie en quelques instants.
- Au fond du couloir, un lavabo et des W. C. achèvent de donner aux voyageurs aériens le confort qui manquait jusqu’ici au nouveau mode de transport.
- A l’étage inférieur, sur l’avant, se trouve le poste
- Fig. 3. — Le Mammouth vu de l'arrière.
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- LE “ MAMMOUTH ", NOUVEL AÉROBUS BLÉRJOT == 291
- de l’officier de navigation. Par une trappe dans le plafond, il est en communication avec le reste de l’équipage et cause facilement avec le pilote. Le fond est vitré et permet ainsi de voir le paysage ; des montures en aluminium portent les instruments pour mesurer la dérive, la vitesse par rapport au sol, la hauteur au-dessus du point survolé; sur le côté, un élégant petit meuble classeur renferme les cartes, le livre de bord et tous les documents nécessaires.
- Au poste de l’officier navigateur est adjoint celui du télégraphiste par T.S.F. Bientôt un radio-goniomètre permettra de situer l’avion et de faire le point malgré les nuages les plus opaques et les brumes les plus épaisses. Le problème de la navigation aérienne sera alors complètement résolu.
- Une dernière petite cabine, derrière le poste de
- 25 ou 26 heures, aussi le public sera-t-il complètement rassuré lorsqu’il saura que le Mammouth Blériot peut voler avec 2 de ses moteurs, et que ses conditions de marche sont à peine changées du fait de l’arrêt d’un seul d’entre eux.
- La disposition des hélices tractives en diagonale permet de réduire la distance de l’axe vertical de l’avion; par suite, l’inégalité des couples créée par l’arrêt d’un des propulseurs est plus faible. Si nous ajoutons que le fractionnement de la puissance en 4 au lieu de 2 ou 3 diminue également la valeur de ces couples, nous aurons ainsi montré à nos lecteurs les qualités supérieures de vol du Mammouth.
- Ajoutons à cela que la puissance des gouvernes a été considérablement accrue, non seulement au moyen des dispositifs de compensation ordinaires;
- Fig. i. — Vue en élévation du Mammouth Blériot.
- Moteur Hispâno, 3ooHP; envergure, 27mètres; longueur, i5 m. 40; hauteur, 6111.40.
- navigation, donne la possibilité d’emporter des bagages et de placer encore 4 passagers de seconde classe.
- Pour entrer dans l’énorme ventre dm Mammouth, un fond mobile à charnière vient s’appuyer sur le sol, formant escalier. Pas d’acrobatie, pas de fil à enjamber pour monter dans le nouvel aérobus ; vous emportez votre petite mallette, vous êtes habillé comme un voyageur normal. Adieu les fourrures, les combinaisons compliquées, puisque l’intérieur est chauffé par de forts radiateurs électriques I
- Nous ne saurions terminer cette description sans parler des dispositifs nouveaux qui permettent au Mammouth de voyager avec une sécurité inconnue jusqu’à ce jour dans l’aviation.
- L’atterrissage forcé, grosse cause des accidents qui nous ont enlevé d’excellents pilotes comme Yédrines, est supprimé, grâce à l’emploi de 4 moteurs séparés.
- Déjà les moteurs actuels présentent une sécurité* de marche telle qu’on a vu des avions mono-moteurs se lancer au-dessus de l’Atlantique et tenir l’air
- mais à l’aide d’un système de plans auxiliaires spéciaux, placés à l’avant de l’aile inférieure, hors des remous. Ces surfaces équilibrent l’action de Pair sur les ailerons et diminuent ainsi les efforts du pilote.
- Par son fort tonnage, par ses commandes très puissantes et très douces, puisqu’il suffit du petit doigt pour maîtriser ce géant de l’air, le Mammouth est un appareil possédant des qualités de tenue bien supérieures à toutes celles des avions existants.
- Si nous terminons en disant qu’un train d’atterrissage puissant, à 8 roues colossales, permet à l’avion de se poser dans les plus mauvais terrains, grâce à une suspension différentielle qui. fait travailler ensemble tous les éléments d’ün bâti, nous aurons passé en revue les innovations intéressantes appliquées à l’énorme oiseau, qui hier devait jeter la terreur parmi les masses ennemies, et qui aujourd’hui doit porter sur ses ailés les bienfaits de la civilisation sous ses formes premières : amélioration des communications et des échanges commerciaux. R. Villers.
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- LES INDUSTRIES DE L’AZOTE
- Il est difficile de se faire, même approximativement, une idée de l’importance des composés azotés dans la vie économique actuelle. Durant les cinq années de guerre, ils ont constitué la matière première à partir de laquelle presque tous les explosifs ont été fabriqués, tandis que pendant la paix, l’agriculture, sous d’autres formes, aura de plus en plus recours à leur puissance fertilisante.
- De nombreuses usines ont été créées en France pendant la guerre pour produire ces composés azotés indispensables pour notre défense et, par suite de la guerre sous-marine entraînant la raréfaction du fret, il a fallu suppléer aux nitrates du Chili, le minerai classique d’azote pourrait-on dire. Plusieurs procédés, tous partant de l’azote atmosphérique, ont été mis au point. Actuellement, les usines chimiques
- surmontant une surface de 1 kilomètre carré est suffisante, si on la combine convenablement, pour alimenter en engrais le monde entier au taux actuel pendant 20 ans !
- Le procédé le plus simple, tout au moins en théorie, consiste à combiner directement l’azote et l’oxygène de l’air suivant la réaction
- N2 -t- 02 = 2N0
- azote + oxygène = bioxyde d’azote.
- Cette combinaison est fortement endothermique, et par suite elle est favorisée par l’emploi de hautes températures. C’est ainsi que le volume de bioxyde formé, dans les mêmes conditions, varie de 0,1 pour 100 à 5 pour 100 lorsque la température passe de 1500 à 5000° centigrades. On voit donc
- Four électrique
- Compresseur
- of’afn
- i
- Gaz chauds à 800 - IOOO °C.
- — dioxyde et azote
- SOO\
- c.
- Chambre de netroissement
- TÉ=!
- SO°c.
- Pèroxydt
- d'azote
- Chaudière Chambre d'oxydation
- Eau
- Gaz t
- d’echapp:
- Tour
- d’absorption
- Acide azotique
- Lit de chaux
- Fig. i. — Production des nitrates à partir de l'azote atmosphérique.
- changent leur fabrication, et il est intéressant, afin de renseigner nos lecteurs et de leur pèrmettre de suivre les discussions techniques, voire'même les polémiques, qui sont engagées, de passer en revue les procédés industriels de préparation des. matières azotées. Dans ce premier article, nous examinons les industries qui utilisent l’air comme source d’azote; dans un second article nous- passerons en revue les autres fabrications de dérivés azotés, dont certains, comme le cyanure de potassium, ont vu leur production passer de 100 tonnes en 1890 à plus de 10 000 tonnes en 1910. D’une façon plus générale d’ailleurs on peut dire que le début du xxe siècle, pour les historiens scientifiques, sera caractérisé par le développement des industries azotées, et, s’il est trop tôt pour dire que le xxe siècle sera le siècle de l’azote, comme le xixe a été celui dé la vapeur et de l’électricité, il n’en est pas moins vrai que des modifications économiques et sociales extrêmement profondes seront produites par la mise en exploitation de cette mine inépuisable qu’est l’air.
- En effet, l'atmosphère terrestre renferme au bas mot 4 millions de milliards de tonnes d’azote (4 000 000 000 000 000 tonnes) directement accessibles; et la quantité d’azote qui existe dans l’air
- que la réaction est très incomplète. C’est qu’en effet elle est réversible. Expliquons celte propriété.
- Supposons que 100 volumes d’air soient portés à 5000°; on trouvera qu’au bout d’une fraction de seconde, il renfermera environ 5 pour 100 de bioxyde. Refroidissons ce mélange brusquement à 1500°; si on attend suffisamment longtemps, la décomposition du bioxyde se produira suivant l’équation
- 2 NO = N2 -h O2
- bioxyde d’azote = azote -+- oxygène .
- jusqu’à ce que la teneur en bioxyde s’abaisse à 0,1 pour 100, qui correspond à l’état d’équilibre pour la température de 1500°. Si le refroidissement fait tomber la température au-dessous de 1500°, vers 1000° par exemple, alors pratiquement tout le bioxyde formé sera trouvé dans le produit final.
- On voit donc que tous les procédés de fixation directe de l’azote devront remplir les deux conditions suivantes :
- 1° Opérer à température aussi élevée que possible, vers 5000° par exemple, la quantité de bioxyde fourni étant d’autant plus grande que la température est plus élevée.
- 2P Refroidir, aussi rapidement que possible, le
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- LES INDUSTRIES DE L’AZOTE
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- bioxyde fourni pour traverser la zone de température comprise entre la température de réaction et la température ordinaire, zone dans laquelle la décomposition du bioxyde en ses éléments est extrêmement rapide.
- Nous ne nous arrêterons pas à la description des divers fours électriques, Birkiland et Eyde, Pauling,
- Schonherr, K. Scott, auxquels La Nature a consacré de nombreux articles .
- Le diagramme précédent (fig. 1) montre comment l’acide nitrique et les nitrates sont ensuite préparés à partir du NO.
- L’air comprimé par un ventilateur passe dans le four électrique où se forme le bioxyde d’azote; les gaz chauds sont ensuite brusquement refroidis vers 800° à 1000° (en pratique, si vite que l’on opère, la majorité du bioxyde se redécompose et sa teneur ne s’élève pas à plus de 1,5 à 2 pour 100 à la sortie de l’appareil), puis dans la chambre d’où ils ne sortent qu’à une température de 500° environ. Ils circulent ensuite dans une chaudière tubulaire qui produit la force motrice nécessaire à toute l’usine et sont finalement refroidis vers 50n. A un moment ils pénètrent dans une chambre d’oxydation où le bioxyde d’azote s’unit à l’excès d’oxygène de l’air suivant la réaction
- Pompes pour Faire circule r les gaz à 200 atmosph.
- Régénérateur ue Froid
- \
- 2 NO
- bioxyde d’azote -
- +-02=;2N02.
- oxygène = peroxyde d’azote
- Le gaz sortant de la chambre d’oxydation contient environ 98 pour 100 d’air qui n’est pas combiné, et 2 pour 100 d’un mélange formé de 3/4 de NO2 et de 1 /4 de NO.
- Une série de tours d’absorption alimentées par un courant de vapeur d’eau sert à transformer ces produits en acides correspondants nitrique et nitreux.
- Cornue à carbure
- Ammoniac
- liquide
- Sortie de /'ammoniac
- Fig. 2. — Production de l'ammoniac à partir de l’azote.
- peroxyde + eau = acide azoteux + acide azotique
- 2 NO2-h ïi20 = N02I14- N03H
- bioxyde + peroxyde 4- eau = acide azoteux
- NO H- NO2 -+- IPO — 2N02H.
- L’acide nitreux lui-même, quand la concentration augmente, se transforme partiellement en acide nitrique :
- 3NQTI = NO TI + 2 NO •+- H20
- acide nitreux = acide nitrique + bioxyde d’azote q- eau
- Dans certaines conditions même, on arrive à obtenir finalement uniquement de l’acide nitrique.
- Cet acide est livré au commerce sous forme soit d’acide à 40 pour 100 provenant de la première tour, soit de nitrate de chaux (salpêtre de Norvège), soit de nitrate de soude (que l’on peut produire directement en faisant passer les gaz à 200°-300° dans une solution de carbonate de soude), soit d’un mélange de nitrite (50 pour 100) et de nitrate de soude que l’on utilise pour remplacer les nitrates naturels dans la préparation de l’acide sulfurique par le procédé des chambres, soit enfin sous forme de nitrate d’ammoniaque par saturation de l’acide à l’aide d’une solution ammoniacale.
- Un autre procédé de préparation de l’acide nitrique est la conséquence de la préparation économique de l’ammoniaque. Ce dernier corps, comme nous le verrons, étant devenu très bon marché, on a pu l’employer comme matière première pour la fabrication de l’acide nitrique.
- Sous l’influence d’un catalyseur, l’ammoniaque est oxydée par l’air et donne l’acide nitrique suivant la formule
- NH3 h- 2 O2 — N03H -h H20.
- f ammoniaque -+- oxygène = acide azotique -+- eau
- Cornues remplies de Cuivre
- Fig. 3. — Préparation de la cyanamide.
- La difficulté réside dans le fait que si certaines conditions ne sont pas rem-
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- plies, l’oxydation de l’ammoniaque s’arrête aü stade antérieur et ne donne que de l’azote :
- 4NH3-+- 302 —2N2-t-6II2Ô.
- Ostwald emploie comme catalyseur la mousse de platine et fait circuler les gaz à grande vitesse, le contact avec le catalyseur ne devant pas dépasser un centième de seconde. Il est inutile de chauffer, la réaction dégageant de la chaleur.
- Frank et Caro ont remplacé le platine par un mélange d’oxydes de cérium et de thorium à 150°-200° et Bayer a proposé l’oxyde de fer mélangé d’oxyde de cuivre et chauffé vers 650-700°.
- Nous sommes tout naturellement conduits à examiner maintenant les diverses méthodes de production de l’ammoniaque, par union directe de l’azote de l’air avec de l’hydrogène ou par traction chimique de corps formés eux-mêmes à partir des éléments de l’air.
- Dans certaines conditions, l’azote se combine directement à l’hydrogène suivant l’équation
- N2-|-3H2 = 2NH2
- azote -+- hydrogène = ammoniaque
- On remarquera que 4 volumes d’un mélange d’hydrogène et d’azote donnent 2 volumes d’ammoniaque et par suite, comme dans toutes les réactions gazeuses où le volume final est plus petit que le volume initial, une augmentation de pression facilite la réaction. Hâter a trouvé qu’en opérant sous 200 atmosphères et à une température variant de 500 à 700°, la combinaison, en présence d’un catalyseur osmium ou uranium donne finalement de 3 à 12 pour 100 d’ammoniaque.
- A Oppan, près de Ludwigshafen, la Badische Ànilin und Soda Fabrik a monté une énorme usine dont le schéma de fonctionnement est représenté par la figure 2. Un mélange de 1 volume d’azote et de 3 volumes d’hydrogène à la pression de 200 kg par centimètre carré est introduit dans le réservoir d’acier. Après avoir passé à la surface extérieure d’un grand nombre de tubes oapillaires — qui servent d’échangeurs de température comme nous le verrons — le mélange arrive au contact d’un tube chauffé électriquement à 1000°; il pénètre dans le tube où il est au contact du catalyseur. Il traverse ensuite les tubes capillaires, puis la pompe qui travaille 'a 200 kg. puis, par le tube et au travers des tubes capillaires formant réfrigérant, il est dirigé dans le récipient refroidi à — 70° par un mélange d’acide carbonique et d’alcool ou d’éther. L’ammoniaque se condense alors. Par le tube et le laveur à chaux sodée, les gaz qui n’ont pas réagi parcourent de nouveau le cycle précédemment décrit.
- Le fonctionnement de cet ensemble est le suivant : le gaz froid est porté dans l’échangeur à une température de 400 à 500°, tandis qu’en même temps le courant gazeux allant en sens inverse est ramené pratiquement à la température ambiante. Au sortir du régénérateur' de chaleur et après
- une nouvelle élévation de la température vers 1000°, la combinaison se produit au contact du catalyseur maintenu à 500 ou 700°, 3 à 7 pour 100 de l’azote et de l’hydrogène total se combinent. Refroidi ensuite par l’échangeur, ce mélange gazeux est refroidi, après passage dans la pompe, par un courant de gaz à — 603 provenant du réservoir. De cette façon, le gaz froid, qui va retourner aux appareils décrire un nouveau cycle est échauffé, tandis que le mélange ammoniacal que l’on va liquéfier est déjà refroidi. Aussi appelle-t-on l’ensemble 1 e régénérateur de froid. La valve permet d’introduire quand besoin est un nouveau mélange d’azote et d’hydrogène.
- L’azote est obtenu soit par distillation de l’air liquide, soit par passage de l’air sur de l’oxyde de cuivre. L’hydrogène est préparé par action de la vapeur d’eair sur le charbon au rouge par exemple.
- Parmi les autres procédés de fabrication synthétique de l’ammoniaque, citons le procédé de Lam-billy (mélange d’azote, vapeur d’eau, hydrogène et oxyde de carbone passaiît sur un catalyseur à 150°), le procédé Schlutins (gaz à l’eau passant sur un catalyseur en présence d’une décharge électrique), etc.
- Citons enfin pour mémoire le procédé Serpek (action de la soude sur le nitrure d’aluminium obtenu par chauffage à 1000° de la bauxite mélangée à du charbon en présence d’azote) et le procédé à la cyanamide (décomposition de ce corps par l’eau).
- Il nous reste, pour terminer le cycle, à dire quelques mots de la préparation de ce dernier corps, que de très nombreuses usines, construites en France pendant la guerre, vont maintenant livrer à l’agriculture.
- Le mode de préparation de la cyanamide consiste à chauffer le carbure de calcium en présence d’azote (pratiquement d’air). La réaction globale qui se produit est la suivante
- Ca C2 H- N2 = C H- CaN2C.
- La réaction est fortement exothermique, mais il faut éviter que la température ne s’élève trop, car la réaction inverse pourrait alors se produire : le carbure de calcium se reforme et l’azote est libéré.
- La figure 5 montre le schéma de l’installation d’une usine à cyanamide. L’air passe d’abord dans une série de cornues A remplies de tournure de cuivre et chauffées vers 400°. L’oxygène est absorbé", en formant de l’oxyde de cuivre, et l’azote passe seul dans la cornue à carbure de calcium B. L’absorption a lieu et la cyanamide se forme. Le cuivre est régénéré en faisant passer du gaz à l’eau sur l’oxyde formé.
- La réaction, pour simple qu’elle paraisse, présente cependant de grandes difficultés pratiques, car il faut éviter de dépasser la température de 1400°, et de plus il se produit des surchauffes locales qüi diminuent le rendement et endommagent les fours.
- On a obvié en partie à ces inconvénients en
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- ajoutant au carbure de calcium, 15 à 20 pour 100 de chlorure de calcium (Polzenius) ou de fluorure de calcium (Carlson), la température optima de réaction étant abaissée à 700-800° dans le premier cas et à 900° dans le second. Le produit final renfermant du chlorure de calcium, est hygroscopique, ce qui d’autre part est un inconvénient.
- Telles sont, très rapidement exposées, les principales industries chimiques utilisant l’air, et surtout l’azote, comme matière première. Leur développement est considérable et leur importance ne pouvait même pas être soupçonnée il y a seulement 15 ans. Ces industries n’ont pu se créer d’autre part que grâce à des recherches physico-chimiques
- longues et ardues, dont la technique et les lois sont malheureusement presque insoupçonnées en France. Aussi est-il indispensable, si nous ne voulons pas encore nous laisser complètement distancer dans la lutte économique, que des instituts, analogues à ceux si nombreux qui existent en Allemagne, en Amérique et en Angleterre, soient créés par l’initiative privée, puisque l’État semble se désintéresser de la grandeur de la nation, et que les jeunes générations de chimistes et de physiciens consacrent à cette science toute leur activité. Les résultats déjà obtenus sont le plus sûr garant de la riche moisson qu’ils pourront récolter.
- H. Vigneron.
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- Les journaux quotidiens ont rendu compte des épreuves dites de « tanks alpins » qui ont eu lieu à Mégève (Haute-Savoie) les 7 et 8 septembre 1919.
- Sur l’initiative du Touring Club de France et sous son patronage, la commission technique de l’Automobile Club de France a proposé aux constructeurs français de participer à des essais spéciaux de véhicules à adhérence totale, en vue de rechercher les meilleurs éléments d’application de nos véhicules militaires ou agricoles à l’assaut des Alpes, notamment pour -la construction et l’exploitation d’hôtels à créer dans les régions montagneuses où la route carrossable fait défaut, et où le chemin de fer à crémaillère ne peut encore être mis à l’étude en raison même des frais excessivement élevés que nécessite actuellement son établissement.
- Il s’agit donc de transporter voyageurs et marchandises à travers la montagne sur des pistes sommairement aménagées présentant des rampes variant entre30 pour 100 et, sur de courts espaces, 45 pour 100, 50 pour 100 et même davantage. La commission a proposé de procéder en 1919 à des essais préliminaires contrôlés par elle, essais auxquels elle invitait les constructeurs à collaborer, 'de façon à étudier pour l’année prochaine .l'organi-
- sation d’un concours en vue duquel tous pourraient être appelés à se préparer dans les meilleures conditions de réussite.
- Ces essais préalables étaient ouverts à tous les
- véhicules à adhé-rence totale, aussi bien aux véhicules automoteurs à chenilles ou « Caterpillar s », qu’aux véhicules à quatre roues motrices dits « tracteurs de l’armée » ; les véhicules pouvaient être prévus ou non avec remorque.
- La piste a été établie entre Mégève, la jolie station de la Haute-Savoie, située au-dessus de St-Gervais et le sommet de la montagne voisine du mont d’Arbois. La cote d’altitude à Mégève était de 1100 mètres et le mont d’Arbois à 1829 mètres. La longueur totale de la piste était de 4 km 730 et elle était constituée soit par des chemins muletiers, soit par un tracé jalonné travers des tourbières et des pâturages ; elle présentait en outre des passages particulièrement difficiles, en bordure de ravins profonds, avec passages à gué de torrents.
- Les épreuves comprenaient les parcours en montées et en descentes deux fois par jour, dp façon à se rapprocher autant que possible des conditions normales d’une exploitation industrielle.
- M. Lumet, directeur du Laboratoire de l’Autov mobile Club de France, était chargé du contrôle
- Fig. i. — Le tank Peugeot.
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- technique des essais, auxquels ont assisté le Général Estienne, le père des chars d’assaut militaires, M. Loreau, plusieurs délégués de l’armée anglaise, de la Chambre syndicale des constructeurs automobiles, de l'Office national du tourisme, du Syndicat général des transports, en présence des autorités régionales et d’un grand concours de touristes réunis à Mégève par la nouveauté du spectacle.
- Trois maisons, ont présenté des appareils aux essais contrôlés.
- M. Louis Renault avait envoyé un de ses tracteurs que les agriculteurs ont vu fonctionner en 1918 à Saint-Germain, et en 1919 à Senlis.
- La maison Peugeot présentait son appareil à chenilles, purement agricole.
- Enfin la maison Blum-Latil avait envoyé un des tracteurs, type militaire, à quatre roues motrices dont les applications aux autobus, aux cars de'tou-risme et aux véhicules de camionnage sont maintenant de construction courante jusqu’à une charge utile de 5 tonnes.
- Malheureusement, les essais de démonstration, particulièrement intéressants pour ces véhicules à 4 roues motrices dans les chemins muletiers, n’ont pas pu être poussés dans la partie encaissée de la piste en raison de la voie trop étroite de celle-ci, de sorte qu’il a été impossible pour eux de satisfaire à la totalité du programme, leurs véhicules n’ayant pas été au surplus créés en vue de celui-ci. Néanmoins le tracteur Latil montait allègrement à travers des pâturages à 30 pour 100 de pente.
- Parmi les véhicules à chenilles, le meilleur temps pour les appareils Renault a été de 1 h 23 à la
- montée avec une consommation d’essence de 15 lit. 500 et de 66 minutes, à la descente, avec une consommation de 6 lit. 500. L’un des appareils a fait trois trajets aller et retour dans la journée du 8 septembre (fig. 3).
- Les véhicules à chenilles se présentent dans d’excellentes conditions, grâce à leur faible pression spécifique sur le sol qui ne dépasse pas 0 k 325 par centimètre carré et permet de franchir les passages peu solides tels que les tourbières imprégnées d’eau, dont on voit la surface animée d’un mouvement ondulatoire très curieux sous le poids qu’elles supportent sans aucun affaissement permanent.
- Le tracteur Peugeot (fig. 1) se distingue par une excellente disposition des sièges, qui se trouvent les uns derrière les autres, de chaque côté de la partie motrice; il a accompli comme le précédent tous les essais et ceux-ci ont montré au constructeur certaines améliorations qu’il était indispensable de réaliser.
- L’Automobile Club a eu le regret de constater que les autres systèmes de chars d’assaut, notamment ceux de Saint-Chamond et du Creusot, ne pouvaient prendre part aux essais contrôlés, en raison de leur largeur organique qui dépassait les dimensions de la piste de Mégève, Le rendement des chars à l’assaut des montagnes est encore relativement inconnu, mais la comparaison avec le prix de revient de ces appareils, dans leurs applications agricoles, est tout à fait caractéristique; on arrive, en effet, à labourer un demi-hectare à l’heure, lorsque les champs sont en longueur, et sans notables accidents de terrain. Cette surface labourée peut descendre à un tiers d’hectare
- Fig. 3. — Le tank Renault.
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- CHRONIQUE
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- environ, lorsqu’on se trouve en terrain très accidenté et que l’influence de l’humidité du sol est également importante à considérer. On arrive ainsi à des consommations à l’heure qui Avarient suivant la résistance du sol, entre 7 lit. 1/2 et 8 lit. 1/2, ce qui correspond, en consommations à l’hectare, entre 21 lit. 40 lorsque la surface labourée à l’heure n’est que d’un tiers d’hectare, pour descendre à 15 litres d’essence, lorsque la surface labourée est d’un demi-hectare.
- En résumé, nos tracteurs et nos chars d’assaut
- l’élévation à pied d’œuvre des approvisionnements, des bagages et des touristes eux-mêmes, jusque dans les plus hautes altitudes des Alpes.
- La Commission mixte où se coordonnent les efforts du Touring Club et de l’Automobile Club de France, entrevoit déjà la circulation d’hiver de ces chars soit en vue du déblaiement de la neige, soit au contraire pour la confection des pistes spéciales destinées aux sports d’hiver.
- On peut donc entrevoir le moment où les touristes sportifs posséderont leurs chars d’assaut
- Fig. 4. — Tank Renault remorquant une voiture chargée de 8oo kilogs de ciment. Parmi les passagers on remarque le général Estienne.
- qui ont rendu de si grands services dans les dernières années de la guerre, trouvent donc dans le tourisme en montagne une application heureuse tant pour le transport économique des matériaux destinés à la construction des hôtels, que pour
- particuliers pour s’élever sur les hautes cimes aux endroits inaccessibles, là où la route d’automobile n’existe pas encore.
- Lucien Férissé.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- CHRONIQUE
- Le referendum luxembourgeois. — On sait que le grand-duché de Luxembourg vient de procéder à un double referendum, politique et économique. Sur 125 775 électeurs inscrits, 90 984 ont pris part au vote pour la forme de gouvernement : 66 811 se sont prononcés pour la grande duchesse régnante et 16 885 pour la république. La question du rattachement économique a donné 60155 voix pour l’union douanière avec la
- France contre 22 242 pour celle avec la Belgique. Les principales richesses du Luxembourg expliquent très bien ce résultat : ce sont les mines de fer et l’industrie sidérurgique dans la région voisine de la Lorraine, l’élevage sur le plateau de l’Ardenne, la vigne dans la vallée de la Moselle; cette dernière seule peut craindre de souffrir de la concurrence des vins français.
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- Irrigations et assainissement.
- Le Maroc vaut par la fécondité de la plupart de ses terres; la terre dans ce pays vaut surtout par la possibilité detre irriguée. Et comme jusqu’à présent la colonisation indigène et européenne a pour objet l’agriculture — l’exploitation des mines, qui ne sont encore guère que soupçonnées, étant lointaine — c’est sur l’accroissement de fertilité du sol par l’aménagement des eaux que doivent avant tout porter nos efforts.
- Ces eaux sont fort heureusement abondantes et intarissables; c’est ce qui assure à l’Afrique française du nord-ouest une incontestable supériorité sur les colonies devancières, l’Algérie et la Tunisie.
- Comme en tout pays du monde, les eaux utilisables sont de trois sortès; souterraines et nécessitant des forages et des organes d’ascension ; émergentes, ce sont les sources ; superficielles et courantes, ce sont les rivières; la plupart ici ne sont jamais à sec.
- Bien avant notre arrivée, les indigènes les savaient utiliser.
- Les Arabes furent jadis nos premiers mai-tres en irrigation ; mais comme depuis des siècles ils sont restés immuables en leurs pratiques traditionnelles et que, tombés dans la décadence, ils n’entretenaient même plus les travaux que leurs ancêtres avaient exécutés, l’irrigation indigène couvre des superficies de moins en moins étendues.
- Une loi géologique d’ordre général intervient en outre pour diminuer les quantités d’eau dont leurs moyens rudimentaires leur permettent de disposer, c’est l’approfondissement continu des eaux souterraines.
- On en peut citer un exemple topique et tout à fait récent. Rabat, notre jeune et jolie capitale, était, jusqu’à ces derniers mois, alimentée d’eau douce par une canalisation qui la captait, vers Témara, à une source éloignée d’une douzaine de kilomètres. La ville recevait à peine 3000 m3 par 24 heures. Peuplée de quelque 40 000 habitants, parmi lesquels se comptent un grand nombre d’Européens, elle souffrait d’autant plus de la disette d’eau, que de fertiles jardins et vergers l’entourent pour lesquels l’irrigation est une nécessité absolue.
- Des recherches furent entreprises sur l'ordre de la Résidence par M. le professeur Gentil, l’éminent
- chef du service géologique marocain. Et il arriva que ces recherches, exécutées en surface et en profondeur tout, autour de la source qui fournissait les 3000 mètres cubes, aboutirent à trouver de 15 à 18 000 mètres cubes, qui dès à présent changent du tout au tout la situation hydrologique de Rabat.
- Mais la richesse du Maroc en eaux courantes est plus remarquable encore. De nombreuses rivières l’arrosent, parmi lesquelles les plus importantes, presque toutes descendant du haut ou moyen Atlas, ce sont la Moulouia dans l’est, le Sous dans le sud-ouest, 1 ’Oum-el-Rbia à l’ouest et enfin leSebou au nord. C’est de ce dernier cours d’eau seulement que je voudrais parler ici.
- Le Sebou, Vamnis magnifions el navigabilis des Romains est le plus grand fleuve du Maroc ; disons mieux, il est, après le Nil, le seul cours d’eau à la fois abondant et fertilisant de l’Afrique du Nord.
- Issu du moyen Atlas, à une cinquantaine de kilomètres au sud du col de Taza, il passe à quelque 15 kilomètres à l’est de Fez, dont il reçoit la rivière Y Oued-Fez, ainsi que quelques antres affluents avant d’entrer dans la grande plaine qu’il féconde de ses alluvions et qui se nomme le Rharb sur la rive droite et les Béni Ashen sur la gauche.
- Dans cette dernière partie de son cours, la pente du Sebou est extrêmement faible et ce cours est tellement sinueux que le développement de son lit entre Mechra-ben-Ksiri et Kenitra est 3 ou 4 fois plus long que la distance à vol d’oiseau qui n’atteint pas 80 km. L’altitude de Bel-Ksiri au-dessus du niveau de l’Atlantique n’est que de 31 mètres.
- Le régime du Sebou est extrêmement variable. On prétend que, dans les grandes crues, il roule plus de 4000 mètres cubes à la seconde, tandis que dans les longues sécheresses, son débit descend au-dessous de 50 mètres cubes.
- Quoi qu’il en soit, il a rempli sa vallée, sur une largeur de plusieurs dizaines de kilomètres, d’alluvions d’une épaisseur énorme et d’une incomparable fécondité.
- Ainsi le Sebou coule dans un lit tortueux de 200 à 300 m. de large entre deux berges hautes de 9 à 12 m. et taillées à pic dans la masse de la terre végétale. Mais, lors des grandes crues, ces rives sont submergées et l’eau s’étend sur des myriamètres à
- Fig. i. — Le vapeur Akrech à Ksiri. (Les transports sur le Sebou).
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- AU MAROC ..299
- droite et à gauche, car presque toute la plaine est à un niveau inférieur à celui des berges du lleuve.
- Ce phénomène, qui est identique à ce qui se passe en basse Lombardie sur le Pô, a donné naissance à une étendue de marécages ou merdjas qui, sur les deux rives, atteint, dit-on, 100 mille hectares.
- Les affluents locaux du Sebou inférieur, abondants en hiver, à peu près à sec en été, déversent leurs eaux dans ces marais, à fond imperméable et, comme la hauteur des rives du fleuve ne leur permet pas d’y confluer, elles restent là stagnantes, et il s’établit un équilibre instable entre l’apport de ces
- facile. Si l’on lire une ligne droite de l’ouest de la carte (de la circonscription de Mechra-bel-Ksiri), de Souk-el-djema par exemple jusqu’à Kenitra à l’est et qu’on creuse, suivant cette ligne, un canal partant de la cote 30 pour finir à la cote 10, ce canal emmènera au départ la fraction qu’on désirera des eaux du Sebou et recueillera sur sa route les eaux de tous les oueds qui descendent du sud et qui se perdent actuellement dans les merdjas. Elles se trouveront ainsi desséchées. Puis dans ce canal, maintenu, tout de son long, à un niveau supérieur au sol naturel, on disposera de distance des vannes
- Fig. 2. — Les Marécages (Merdjas) du Sebou inférieur.
- petits cours d’eau et l’évaporation solaire. En été les merdjas se dessèchent lentement, le paludisme s’y installe et le pays devient malsain aussi bien pour les animaux qui vont y paître que pour les hommes qui vivent aux alentours.
- Nonobstant, l’extrême fécondité des terres voisines non inondables a attiré là un grand nombre de colons européens, qui y obtiennent à profusion les récoltes les plus variées.
- Il y a donc à résoudre le double problème de l’assainissement et de la fertilisation par des eaux vives au lieu d’eaux stagnantes de toute la zone de marécages qui ne demanderait qu’à produire.
- Le plan d’ensemble qu’étudie le service hydraulique du Protectorat sous la direction de M. l'ingénieur Nacivet, paraît logique et d’une exécution
- qui déboucheront dans des canaux d’irrigation. Enfin le long du lit du Sebou et à un niveau légèrement supérieur à ce lit, mais inférieur à celui des berges, on établira un second canal qui ira déboucher vers Kenitra, presque au niveau de la mer; ce sera le canal d’évacuation des eaux d’arrosage.
- On aura ainsi transformé cette région paludéenne en un immense tènement de prairies, de luzer-nières ou de toutes autres cultures rationnellement irriguées. L’opération représentera une plus-value pouvant se chiffrer par une centaine de millions.
- Sur la rive droite du fleuve, à cause de la convexité, l’entreprise apparaît plus compliquée mais nullement irréalisable.
- Où les difficultés commencent, c’est dans les transactions avec les occupants actuels. D’abord
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- parce qu’il est fort difficile, même pour l’Administration chérifienne, de déterminer quels sont les véritables propriétaires et quelle est la nature de leur propriété. Une sorte de droit coutumier divise les espaces riverains en plusieurs catégories; les terrains de culture, les terrains de parcours et les merdjas ; mais personne ne peut préciser en quel point une terre cultivée devient terre de parcours, et où une terre de parcours devient merdja, ce qui donne lieu à d’interminables contestations.
- L’Administration émet la prétention, d’ailleurs fort légitime, de se payer des dépenses que lui occasionneront l’assainissement et la mise en culture des marécages en récupérant sur les propriétaires une partie de leur superficie. Ainsi les ayants droit sur une étendue de 50 hectares de merdja s’en verront déposséder de vingt hectares ; par contre, il leur restera, au lieu d’un terrain sans valeur, 10 hectares d’une excellente prairie bien irriguée dont l’aménagement ne leur aura rien coûté. Les 20 hectares récupérés seront vendus aux enchères par l’administration. Ces travaux amélioreront considérablement l’habitabilité de la vallée du Sebou, et augmenteront plus encore sa productivité.
- Qu’adviendra-t-il de la navigation sur ce fleuve, objet d’espérances plus chimériques que réelles? Rien n’empêchera, par des eaux moyennes, d’y faire circuler comme aujourd’hui quelques chalands dans la partie inférieure de son cours.
- Mais le trafic — surtout quand s’ouvrira la période des chemins de fer — y sera trop restreint et trop lent pour justifier des travaux de correction, dans les méandres d’un cours d’eau que chaque crue viendrait bouleverser. Il faut laisser au Sebou son rôle exclusif de fertilisateur de sa large vallée.
- Souhaitons qu’il en soit de même pour les autres rivières marocaines. On a élaboré de multiples projets pour utiliser leur débit à créer de l’énergie électrique; ce sera fort bien tant que les captations ne s’appliqueront qu’aux torrents de la haute montagne, quand nous y pourrons pénétrer librement; mais il n’y aurait pas de plus faux calcul que de priver d’eau des surfaces cultivables sous le prétexte qu’on se sert de cette eau comme houille blanche. 11 ne faut pas oublier que lorsqu’on aménage une chute, tous les terrains situés plus haut que le canal de fuite sont à jamais sevrés d’arrosage.
- A vouloir gagner quelques dizaines de milliers de francs de force motrice, on perdra chaque année pour des centaines de milliers de francs de produits agricoles.
- C’est pourquoi les services agronomiques du Protectorat sont en opposition permanente avec le service des Travaux Publics et c’est ce dernier qui par ses projets irréfléchis contrevient aux intérêts véritables de la colonisation.
- Victor Cajibon,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- L’IMITATION CHEZ LES ANIMAUX
- Les animaux imitent sans aucun doute, mais les observations recueillies jusqu’ici sont disséminées et manquent de cohésion.
- Un hon moyen d’étudier le facteur « imitation » est très simple : il consiste à faire élever certains animaux par d’autres appartenant à une autre espèce et de noter la manière de se comporter des jeunes, qui, de la sorte, n’ont devant eux que des êtres aux mœurs assez différentes de celles que leur hérédité leur a léguées. Exemple : tout le monde connaît ce geste très gracieux des chats qui consiste à se lécher la patte et à se la passer sur le museau. Les chiens ne font rien d’analogue. Eh bien, faites allaiter de jeunes chiens par une chatte et vous verrez parfois les petits toutous procéderde la même façon et même emprunter au matou, diverses allures. Audouin, il y a de longues années, avait déjà noté le fait et, depuis, il a été confirmé par plusieurs observateurs. Durau de la Malle parle, par exemple, d’un terrier lui appartenant, qui, dès sa ‘naissance, fut élevé avec un jeune chat plus âgé que lui de six semaines. Pendant deux ans, le terrier ne fréquenta aucun chien et, durant ce temps, il put l’habituer à bondir comme un chat, à rouler une halle, à jouer avec une souris avec ses pattes de devant, à lécher ses pattes et à s’en frotter les oreilles. Bien plus, il n’aimait pas les animaux de son espèce et, si un chien étranger venait dans le jardin, il le chassait unguibus et rostro. Un autre observateur/ Prichard, parle aussi d’un chien élevé
- par une chatte et ayant appris, de sa mère nourrice, l’art de se lécher la patte et de se laver la figure. Le Dr Routh cite aussi le cas curieux de son chien, un king-Charles, qui avait été allaité et élevé, dès le troisième jour après sa naissance par une chatte. Autant que celle-ci, il avait peur de la pluie et se détournait de son chemin pour ne pas passer sur un endroit humide. Assis sur sa queue, c’est-à-dire tout à fait à la façon des chats, il se léchait les pattes deux ou trois fois et s’en lavait la frimousse. 11 restait des heures entières à guetter un trou de souris et se comportait, en un mot, tout à fait comme Raminagrohis. Un autre amateur d’animaux d’appartements, C. U. Jeens, cite aussi le cas de son chien qui, ayant été nourri par une chatte dès l’âge d’un mois, avait pris l’habitude d’attraper des souris, el, ce qui est plus curieux, lorsqu’il en avait pris une, la « traitait à la manière bien connue des chats qui la laissent se sauver un peu, puis l’attrapent de nouveau et, ainsi de suite, pendant plusieurs minutes ».
- Le chien est, d’ailleurs, porté à l’imitation, du moins dans une certaine mesure. Tel est, par exemple, le cas du caniche dont parle Schleillin : « Il regarde toujours son maître; toujours il observe ce qu’il fait, veut toujours lui rendre service; c’est un véritable serviteur au doigt et à l’œil. Si son maître prend une houle pour journaux quilles, il en prend une également, veut la mordre et se plaint de ne pouvoir y réussir. Si son maître ramasse des pierres pour sa collection, il cherche aussi
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- des cailloux. Si son maître creuse quelque part, il se met également à creuser avec ses pattes. Si son maître est assis près de la fenêtre et regarde le paysage, il bondit sur le banc, met ses deux pattes sur l’appui et regarde également la belle vue, évidemment sans trop y penser. Il veut aussi porter un bâton ou un panier dès qu’il voit son maître ou la cuisinière en porter un.
- K. Groos considère comme évident — ce qui est discutable — que, dans les hurlements du chien qui entend la musique, il faut reconnaître un certain caractère d’imitation. « Il faut bien remarquer, dit-il, que le chien qui accompagne un piano de ses hurlements n’est pas toujours forcé d’écouter celte musique, mais reste souvent de plein gré dans la chambre. Je suis loin d’avoir l’impression que ce hurlement du chien fût toujours une marque de tristesse et c’est précisément quand il accompagne la musique en hurlant qu’il m’a souvent semblé donner de la voix avec plus d’enhain et de plaisir (?). Il faut même mentionner certains cas isolés où l’on peut parler directement d’une imitation imparfaite de l’air (?). U est évidemment facile de s’illusionner (oh, oui). Un de mes amis, le curé À. Freiber, à Richer, près Eppingen, possédait, alors qu’il était étudiant, un caniche femelle du nom de Rolla avec lequel il donnait parfois de véritables représentations en petit comité. 11 chantait par exemple en fausset le « Loreley » ; le chien accompagnait en hurlant et bientôt on pouvait entendre fort nettement la voix du caniche suivre quelque peu les variations des tons. Il est évidemment impossible de voir là une véritable reproduction de la mélodie; et, pourtant, les auditeurs avaient l’impression que le chien, qui, d’ailleurs, se montrait très fier de son talent(?), tâchait, pour ainsi dire, d’accompagner. J’ai aussi entendu jadis un chien qui avait l’habitude d’accompagner chaque chanson qu’il entendait de son fondement et de suivre à peu près à l’unisson les tons produits par la voix humaine. Le Dr Huggins, qui a l’oreille fine, m’a raconté que son grand dogue agissait exactement ainsi à l’égard des sons prolongés d’un orgue )).
- L’esprit d’imitation est encore plus développé chez les singes, où le fait est bien connu et s’exerce souvent aux dépens de ceux qui se plaisent 5 les élever en captivité. Les exemples en abondent. Citons-en un, peu connu, relaté par Fr. Elleendorb au sujet d’un petit singe noir à tête blanche, de Costa-Rica. « Le premier jour que je le laissai libre dans la chambre, il s’assit devant moi sur la table et visita tout ce qu’il y trouva. Il finit par trouver une boîte d’allumettes qu’il réussit bientôt à ouvrir. Il les ilaira et les jeta sur la table. J’en pris une, l’allumai et la lui montrai. Il ouvrit ses petits yeux tout grands d’étonnement et regarda la flamme sans la quitter des yeux ; j’en allumai une deuxième et une troisième et les lui tendis. 11 avança la main en hésitant, prit l’allu-
- mette, la tint devant son visage et la regarda étonné. Puis la flamme se rapprocha de ses doigts et il jeta l’allumette. Je fermai la boite et la mis sur la table croyant qu’il s’en emparerait immédiatement. Mais il s’assit à côté de la boîte, la regarda et la flaira de tous côtés sans oser la prendre ; puis il s’approcha de moi, se frotta contre moi, et fit entendre les sons qui lui servaient à demander, comme s’il eût été plein d’étonnement et qu’il eût voulu me dire : qu’est-ce que cela? Puis il revint à la boite, la retourna de tous côtés et essaya de l’ouvrir, 11 y réussit bientôt et je croyais qu’il allait prendre des allumettes. lise garda bien de le faire. 11 semblait anxieux et hésitant; il sautilla tout autour de la boite et revint vers moi comme, pour me demander quelque chose. J’allumai une allumette et la lui tendis. Lorsqu’elle eut brûlé, il en prit une, la frotta sur le couvercle de la boîte qui était devant lui et la renversa. Vite il la retourna, le côté préparé en haut et frotta de nouveau. Mais il avait saisi l’allumette à l’envers, je la retournai; il recommença à la frotter jusqu’à ce qu’elle s’allumât. Il montra alors une grande joie et une grandé excitation. Il prit toute une poignée d’allumettes et les frotta sur le couvercle jusqu’à ce qu’elles s’allumassent ».
- L’observation de la sœur de Romanes sur un Capucin brun est aussi à citer. « Comme un jour il avaii brisé sa chaîne, il s’approcha de la caisse fermée à clé où l’on conservait des noix qui lui étaient destinées et mania de ses doigts la serrure; je lui donnai la clé et, pendant deux heures de suite, il s’efforça d’ouvrir la boite. La serrure en était un peu forcée ; pour ouvrir il fallait appuyer sur le couvercle et je pensais donc qu’il serait impossible au singe de l’ouvrir. Il finit cependant par mettre la clef dans la serrure et par la tourner dans les deux sens et, après chaque tentative, il essaya de soulever le couvercle pour voir si la boîte était ouverte. Tout cela était le résultat de son observation des gens; et cela ressort de ce fait qu’après chaque tentative manquée, il tâtait avec la clef plusieurs fois autour de la serrure, ce qui s’explique ainsi : ma mère n’v voyant pas clair ne trouve pas toujours le trou de la serrure et tâtonne avec la clef tout autour. Le singe croyait évidemment que ces tâtonnements étaient indispensables et il se soumettait chaque fois à ce travail, inutile pour lui puisqu’il savait très bien mettre la clef où il fallait. »
- On pourrait encore citer d’autres exemples de faits d’imitation ehez le mouton (pensons aux moutons de Panurge, de joyeuse mémoire), chez les éléphants, où on l’utilise à l’éducation des individus sauvages par d’autres individus déjà domestiques, chez l’ours, la fouine, etc., sans parler des oiseaux (perroquets, etc.) très connus à cet égard, mais ceux donnés plus haut suffisent, je crois, à en donner une idée et à engager à observer.
- Henri Coctin.
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- Application au traitement de la surdité.
- L'audiphone microphonique, dont La Nature (n° du 2 mars 1912) a déjà donné la description, à son apparition, et dont le but est de fournir aux sourds un moyen de remédier à leur infirmité, a été depuis, de la part de son auteur, l’objet de perfectionnements successifs dont le plus récent, et sans doute le dernier, consiste dans l’emploi d’un
- microphone de très grande sensibilité et d’une puissance remarquable, qui en fait vraiment un appareil nouveau, d’un emploi pratique.
- Dans les nombreuses recherches que le Dr Soret et son collaborateur R. Couespel ont faites en ce sens et dont ils ont fait connaître récemment le résultat à l’Académie des Sciences (Comptes Rendus
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- NOUVEAU MICROPHONE A ALVÉOLES MULTIPLES
- Fig. i. — Coupe d'un microphone ordinaire à grenailles.
- A, pastille de charbon; B, alvéole et grenaille; C, lamelle vibrante extramince, polie.
- 1er septembre 1919), ces auteurs ont reconnu un inconvénient sérieux à l’emploi d’un microphone dont la pastille de charbon ne porte qu’un nombre restreint d’alvéoles (3, 6,10 ou guère plus), chacun de ces alvéoles contenant un nombre plus ou moins grand de grenailles, inconvénient encore plus marqué s’il s’agit d’une seule cavité remplie de poussières ou de grenailles de charbon.
- On conçoit, en effet, que dans l’alvéole élémentaire de la plupart des microphones à grenailles, il se trouve toujours un certain nombre de celles-ci, qui au point de vue microphonique, travaillent inégalement, les grenailles supérieures ayant, dans leurs mouvements, une liberté plus grande, tandis que les grenailles inférieures, étant plus ou moins tassées, subissent un véritable coinçage (fig. 1).
- Il convient d’ajouter que les traces d’humidité qui pénètrent fatalement dans l’alvéole, parles pores du charbon, ajoutent leur action pernicieuse à celle de la pesanteur en produisant une agglomération d’autant plus à redouter que, pour accroître la sensibilité du microphone, on est amené à employer des grenailles de petit diamètre.
- Pureté des sons et sensibilité du microphone. —-11 résulte de ce qui précède qu’il doit y avoir un réel avantage à éviter le contact des grenailles entre elles, à ne permettre, au conlrair-e, que le contact individuel de chaque grenaille avec la lamelle sur laquelle elle s’appuie (fig. 2).
- L’expérience a confirmé pleinement cette manière de voir : on obtient ainsi une sensibilité extraordinaire du microphone et une pureté remarquable des sons perçus, bien supérieures, l’une et l’autre, à ce qu’on a réalisé jusqu’ici.
- En multipliant progressivement le nombre des alvéoles et en réduisant de même le nombre" des grenailles de chacun d’eux, on a obtenu progressivement des résultats de plus en plus satisfaisants, avec un rendement maximum lorsqu’on n’a plus admis qu'une grenaille par alvéole, le nombre des alvéoles étant porté à plusieurs centaines, par exemple.
- Les auteurs ont donc réalisé un nouveau transmetteur microphonique en multipliant, autant que le permettait l’étendue de la pastille de charbon, ces contacts individuels des grenailles avec la lamelle vibrante et en pratiquant, non plus 3, 6 ou 10 alvéoles, mais un très grand nombre, de diamètre réduit ne contenant chacun quune grenaille.
- Avec 220 alvéoles dans une pastille de 27 mm. de diamètre, ils ont établi autant de contacts indépendants et directs entre grenaille et lamelle.
- Les mêmes qualités de pureté du son et de sensibilité de l'appareil qui permettent d’entendre nettement à plus d’un mètre de distance une personne parlant à voix basse, sont encore accrues par l’emploi de lamelles vibrantes extra-minces et polies. La faible épaisseur de ces lamelles qui ne dépasse pas 2/10 de millimètre et qu’il convient de ne pas réduire au-dessous de. ce chiffre exige, à cause de leur diamètre relativement grand, quelques précautions pour leur polissage, reconnu également des plus utiles.
- Orientation du microphone : variations de la sensibilité et de l’intensité. — La plus grande sensibilité est obtenue quand le microphone se trouve dans un plan voisin de la verticale.
- Placé, au contraire, horizontalement ce même microphone est puissant à l’extrême, ce qui convient bien pour la transmission ordinaire de la parole dans l’usage qu’on fait couramment du téléphone.
- Entre ces deux positions, on a toute la gamme des sensibilités et des intensités.
- C’est dans le plan vertical qu’il convient de l’employer comme microphone espion et comme appareil de prothèse contre la surdité.
- Réglage. — Ajoutons encore qu’avec une construction très soignée, on n’a pas à tâtonner lors du montage et du réglage de l’appareil, comme on le fait d’ordinaire en ajoutant ou retranchant des grenailles dans les alvéoles. C’est la réalisation, dans toute sa simplicité, d’une construction mécanique, pour un organe délicat, par excellence.
- En résumé, intensité pour l'emploi ordinaire; sensibilité avec grande pureté nécessaire des sons articulés pour le traitement de la surdité, obtenues simultanément par un réglage instantané pour l’un ou l’autre emploi. Enfin possibilité des constructions en série avec la certitude, acquise d’avance, d’un rendement maximum.
- Telles sont les caractéristiques du microphone nouveau, avec très nombreux alvéoles à grenaille unique.
- Application à i’audiphone bilatéral. Rééducation de l’oreille. — On ne doit pas perdre de \ue qu’un appareil de prothèse doit, avant tout, éviter au sujet toute fatigue et que lorsqu’il s’agit de l’audition chez les durs d’oreille, il convient de supprimer la production de fruits, anormaux, superposés à la parole articulée. La pureté des sons
- Fig. 2. -Coupe d'un microphone à alvéoles multiples.Chaque alvéole ne contient qu’une grenaille.
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- NOUVEAU MICROPHONE A ALVEOLES MULTIPLES ===== 303
- plutôt que leur intensité, en même temps que le souci d’obtenir l’audition dans les conditions ordinaires par les deux oreilles, devait retenir l’attention de l’auteur du nouvel audiphone.
- Au point de vue de la qualité des sons, il faut noter que ce n’est pas en étourdissant le malade, en l’ahurissant pas des sons trop intenses, mais de netteté douteuse, qu’on peut améliorer sa pénible situation. Ici, comme souvent, plus fait, douceur que violence.
- Les qualités nouvelles apportées par l’emploi du nouveau microphone dans Yaudiphone bilatéral sont donc un adjuvant précieux au principe même de la bilatéralité dont les avantages, et même la nécessité, ont été préconisés dans notre article de 1912. Il convient d’insister sur ce point par quelques explications, suite de nombreuses expériences.
- Défaut de l’unilatéraJité. — Nécessité de la bilatéralité. — Stéréoscopie du son. — Tous les appareils électro-magnétiques qui ont précédé l’audiphone bilatéral se ressemblent plus ou moins et paraissent, pour la plupart, copiés les uns sur les autres ; tous ont cette qualité commune d’être d’assez bonnes combinaisons microtéléphoniques, plus ou moins sensibles, souvent trop intenses. Avec un ou deux écouteurs, les ondes sonores étant renforcées par un transmetteur unique, tous doivent être tenus à la main ou maintenus appliqués sur l’oreille par un ressort. Ils ont le défaut commun d’être unilatéraux, même avec deux écouteurs, car l’oreille est ici représentée par le microphone unique généralement porté sur la poitrine.
- En effet, le son semble toujours venir dans la direction normale au microphone, quelle que soit la position du centre d'émission. On peut se rendre compte de ce fait par une expérience très simple :
- Deux interlocuteurs, placés à distance, étant munis chacun d'un seul de nos petits blocs microtéléphoniques et reliés par un double fil, chacun d’eux entend le son comme lui arrivant dans une direction normale à l’oreille pourvue de l’appareil, quelle que soit la position de son interlocuteur.
- Fig. 4. — L’audiphone bilatéral à effet stéréoscopique. Vue d'ensemble de l’appareil : une pile et deux blocs microtêlèphoniques.
- Fig 3. — L’audiphone bilatéral en place.
- Si ce dernier demeure en place et que le sujet récepleur pivote de façon à décrire un tour complet sur lui-même, ce sujet récepteur perçoit le son successivement des divers points de l’horizon et a la sensation très nette du déplacement de son interlocuteur, pourtant immobile, comme si celui-ci se mouvait sur une circonférence dont le récepteur est le centre. L’illusion est plus marquée s’il y a ombre partielle du son direct par un écran, une cloison séparant deux pièces voisines, parce que le son perçu directement par l’oreille libre se trouve plus ou moins atténué, alors que, transmis par l’appareil, il conserve toute son intensité.
- Cette illusion, à laquelle les durs d’oreille échapperont moins encore que les sujets normaux, puisque, pour eux, il y a toujours ombre du son, suffit à démontrer la nécessité de l’audition par les deux oreilles avec un audiphone bilatéral, ce nom de bilatéral ne pouvant s’appliquer qu’à l'appareil dans lequel il existe deux microphones transmetteurs associés chacun à un récepteur téléphonique,constituant deux petits blocs, un pour chaque oreille.
- Seule la bilatéralité est capable de donner au sujet la notion de la position exacte du centre d’émission, de fixer dans l’espace cette position, de faire apprécier les distances, de produire, en un mot, le relief du son.
- Ce sont ces considérations, basées sur l’expérience, qui ont conduit l’auteur à réaliser un audiphone bilatéral.
- Disons enfin, que dans le dernier modèle, le réglage de la partie réceptrice est micrométrique, ce qui le rend plus facile et permet d’obtenir de l’appareil, le rendement maximum. X.
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- APPAREIL DE SAUVETAGE A FILAGE D’HUILE
- M. Massenet, inspecteur général d’hydrographie, vient de décrire dans la Revue de la Marine marchande un nouvel appareil fort ingénieux pour permettre aux navires de tenir debout à la mer, dans un calme relatif, pendant les coups de mauvais temps.
- On sait depuis longtemps que le filage de l’huile est un des moyens les plus efficaces et certainement le plus simple pour transformer les lames brisantes en simple houle autour d'un navire en perdition et lui permettre soit de manœuvrer, soit de se redresser s’il est engagé, soit encore d’attendre du secours en évitant d’être brisé.
- Mais le plus souvent, le filage de l’huile ne constitue qu’un moyen de fortune qu’on installe seulement au moment du danger et souvent trop tard.
- Le capitaine au long cours Debrosse a remédié à ce défaut par l’invention d’un engin qui associe le cône-ancre à un flotteur muni d’un réservoir d’huile laissant écouler le liquide lentement. Un premier modèle, pour embarcations et radeaux, avait déjà été essayé avant la guerre ; ses bons effets l’avaient fait déclarer réglementaire par la Conférence internationale de Londres de 1913 pour la sécurité maritime. Depuis, un modèle plus grand a été réalisé par le capitaine de corvette Bénard, d’accord avec le capitaine Debrosse pour les grandes chaloupes et les grands hydravions. Le premier modèle pèse 17 kilogs, le deuxième 26.
- L’appareil Debrosse comprend un flotteur relié par un filin à un cône-ancre. Le flotteur porte un réservoir pouvant contenir 5 litres d’huile dans le petit modèle, muni de six petits robinets et d’un bouchon de remplissage. Le cône-ancre est muni de deux filins, l’un D fixé à sa pointe, qui permet de le rentrer à bord, l’autre C fixé par une patte d’oie à la circonférence de base.
- Pour la manœuvre de l’appareil, on fixe la bosse de l’embarcation à la corde C et le filin A du flotteur au cône; on mouille ce dernier en gardant à bord les trois filins À, C et D ; on ouvre les six robinets du réservoir d’huile, puis on lâche le flotteur. Cinq minutes au plus après le commencement de l’opération, le calme s’établit; le filage d’huile dure environ trente heures.
- M. Massenet trouve à l’appareil du commandant Debrosse les utilisations multiples suivantes :
- 1° En cas d’abandon du navire, il permet aux embarcations et aux radeaux de sauvetage de tenir debout à la mer et de séjourner dans une zone
- relativement calme jusqu’à l’arrivée des secours. Les personnes placées dans les embarcations et dans les radeaux ne sont plus trempées par les lames brisantes, ainsi qu’il en est souvent actuellement. Il n’est pas inutile de rappeler à ce sujet que, durant la guerre, des radeaux et des embarcations ont été recueillis dans lesquels, même après un court séjour en mer, on a trouvé les trois quarts des personnes mortes de congestioncftt,;.du froid occasionné par les vêtements trempés d’eaü de mer.
- 2° Lorsqu’un navire de faible tonnage ne peut fuir devant le temps, il n'a plus qu’une ressource, celle de tenir debout à la mer. Le cône-ancre seul ne suffit pas pour assurer la sécurité du navire, tandis que, s’il est supporté par un flotteur à réservoir d’huile, il maintient le navire dans une zone de calme relatif.
- 3° Il arrive souvent que des navires pêcheurs, chalutiers, harenguiers, etc., sont obligés d’abandonner leurs engins de pêche lorsque l’opération de rentrée de ees engins devient dangereuse, par suite du mauvais temps. L’emploi de l’appareil Debrosse rendrait possible ces opérations par les plus gros temps.
- 4° Le transit par chaland de mer et remor-q ueur doit être suspendu en cas de gros temps et si le mauvais temps survient au cours de la traversée, les remorques risquent de casser et les chalands peuvent se trouver en perdition. L’emploi du cône-ancre à filage d’huile trouve encore là son application.
- 5° Dans les opérations de sauvetage de navire, il faut souvent interrompre les opérations lorsque le temps devient menaçant. On pourrait souvent les continuer si l’on utilisait l’appareil Debrosse.
- 6° L’appareil esL utilisé par les hydravions.
- On peut également employer l’appareil à bord d’un navire au mouillage; pour cela, avant de laisser tomber l’ancre, on fait passer dans son organeau un petit cartahu double dont on en garde les deux extrémités à bord lorsqu’on mouille. Ce filin frappé sur la quille et la patte d’oie du flotteur servira à l’amener à l’apic de l’ancre. Le navire étant maintenu debout au vent, l’huile se répandra sur son avant et ses côtés. La fatigue des chaînes sera très diminuée et toutes les opérations usuelles en rade par mauvais temps seront facilitées.
- Il serait intéressant de réaliser des engins de cette sorte et de plus grand modèle pour les remorqueurs, les grands chalutiers et tous autres navires d’un moyen tonnage. À. Breton.
- Le Gérant : F. Masson. — imprimerie Lahdbe, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N« 2381.
- 5 NOVEMBRE 1919.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ POUR LE RENFLOUEMENT DES NAVIRES COULÉS
- On travaille de tous côtés et avec ardeur à remettre I nombreux, et adaptés aux castrés varie's qui se au jour le plus grand nombre possible de l’énorme I présentent, suivant les causes de l’immersion du
- Fig. j. — Deux tours de sauvetage en construction, à Southwick.
- quantité de navires que les pirates allemands ont coulés pendant la guerre. Ces efforts sont justifiés, pour beaucoup de ces navires engloutis, parla valeur de la cargaison seule, pour les autres par la possibilité de tirer parti des coques elles-mêmes, a-près réparation.
- Ceci en raison de la rareté relative des navires disponibles et du prix élevé du fret.
- Naturellement, on a commencé par tenter le renflouement des bâtiments coulés par les moindres profondeurs et dans les parages qui offrent le plus de facilités. Les cas de cette espèce abondent, en particulier sur les côtes de là Manche et de la mer du Nord où les fonds ne sont pas très considérables.
- Les procédés employés pour les sauvetages sont
- navire : brèches dans la coque par canon, par torpille, simple ouverture des prises d’eau, et aussi suivant la position du navire sur le fond, son inclinaison, etc_____________________________________
- Je n’ai pasl’in-tention de les passer aujourd’hui en revue. Ils sont d’ailleurs assez connus. Il y a lieu cependant d’en signaler un qui pour reposer sur un principe déjà employé présente dans l’application des singularités qui en font quelque chose de neuf.
- Depuis quelques mois avant l’armistice, les habitants de la petite ville de Southwick (Brighton),sur la .côte sud d’Angleterre, voyaient s’amonceler sur la grève des matériaux en quantité considérable. Peu après commença à s’élever, en grand secret, sur la plage presque
- 20. - 505.
- Fig. 2. — Modèle réduit de la tour de sauvetage (d'après Scientific American).
- 47e Année
- 2‘ Semestre-
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- 306 UN NOUVEAU PROCÉDÉ POUR LE RENFLOUEMENT DES NAVIRES COULÉS
- horizontale, une construction en ciment armé, semblable à un quai où à une jetée. Bientôt, nous dit le Scientific American, à qui j'emprunte celte description, la construclion prit figure d’un hexagone allongé, avec des murs de 5 m. de hauteur.
- Pendant que s’accomplissait ce travail, la marée couvrait régulièrement la bâtisse. Mais bientôt, un second étage, moins large que le premier, mais aussi élevé, apparut.
- A ce moment, on commença à construire un second de ces mystérieux monuments. Quatre étages se superposèrent ainsi sur chacun d’eux, et sur le sommet de l’édifice on plaça une tour cylindrique , creuse, de 21 m. de hauteur et 10 m. de diamètre, entourée d’un espace vide délimité par une série de colonnettes.
- A ce moment de la construction, on apprit que ces monuments, un peu semblables à de gigantesques gâteaux de Savoie, étaient commandés par l’Amirauté et destinés à contribuer au relevage des très nombreux navires coulés autour du littoral du Itoyaume-Uni.
- Leurs dimensions sont les suivantes :
- Fig. 3. — Manœuvre de relevage d'un navire coulé, au moyen des tours de sauvetage en ciment armé de VAmirauté anglaise. Emploi dans les mers à marée. La longueur de la flèche A représente la hauteur dont le navire a été élevé au-dessus du fond entre marée basse et haute mer.
- Fig- 4- — Autre emploi des tours de sauvetage dans les mers sans marées. — Phase i de l’opération : les tours sont amenées sur le fond en remplissant d'eau leurs compartiments cellulaires. On établit le filet d'aussières sous l'épave.
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- Longueur to-
- 60
- m.
- 42
- talé. .
- Hauteur au-dessus de la mer....
- Tirant d’eau environ . . 4 —
- Ces constructions bizarres sont en effet destinées à flotter, malgré les apparences. Dans ce but, leurs murs sont formés de sortes de cellules, semblables à des boîtes creuses en ciment armé, réunies solidement par un système de câbles d’acier noyés dans le béton. L’ensemble est, somme toute, une sorte d’énorme bloc, relativement léger, très solide et capable de flotter. Pendant la construction, des portes ont été pratiquées dans un certain nombre de cellules, de façon à laisser l’eau de la marée entrer et sortir librement.
- Fig. 5. — Phase 2 de l’opération : L’eau des tours est pompée et leur flottabilité rétablie. Elles remontent a la surface en ramenant l’épave.
- La mise à flot du monument s’opérera sans difficultés en fermant les portes des fonds. La première grande marée qui est de 5 m. sur ce point de la côte, fera flotter l’engin. On a ainsi ingénieusement évité les frais toujours considérables qu’entraînent l’installation des cales de construction et autres appareils de lancement.
- Comment l’Amirauté anglaise compte-t-elle utiliser les gigantesques maisons flottantes qu’elle est sur le point d’achever? Il n’est pas encore possible de répondre de façon précise à la question puisqu’il n’a encore été procédé à aucune expérience. On sait cependant que pour relever les navires coulés dans des eaux dont la profondeur permet le travail des scaphandriers on procédera comme il suit. De chaque côté de l’épave on placera un des appareils en question. De la superstructure de l’un d’eux, des aussières d’acier, en nombre suffisant, iront rejoindre la superstructure de l’autre en passant sous la coque du navire coulé. A marée tout à fait basse, ces aussières seront raidies le plus possible et solidement amarrées. A mesure que la marée montera, elle soulèvera l’ensemble du système, soit les flotteurs en ciment et le navire placé entre eux dans le réseau des aussières.
- A marée haute, des remorqueurs s’attèle-ront au tout et le conduiront vers la rive ou*le port et en tout cas vers des fonds plus élevés, jusqu’à ce que le navire suspendu touche le fond. A ce moment on s’arrêtera, puis, la mer baissant, on raidira à nouveau les aussières et à la mer haute suivante on se rapprochera encore du port. Cette manœuvre se répétera le nombre de fois nécessaire pour amener l’épave dans une situation telle qu’elle pourra être visitée et ré-paréeprovisoirement, et de là être conduite au bassin où la remise en état du navire sera effectuée.
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- LA TÉLÉPHONIE PAR LA LUMIÈRE ........- 307
- Ces opérations ainsi décrites apparaissent comme fort aisées. En réalité elles demandent une grande habileté de la part de ceux qui auront à les conduire. La manœuvre qui consiste à échouer à nouveau le navire plus ou moins disloqué sera extrêmement délicate, et le choix du fond sur lequel on doit le replacer doit être fait avec beaucoup de discernement. Mais le cas que je viens de décrire n’est pas le seul à envisager.
- Il peut très bien arriver que par suite d’insuffi-sance de hauteur de marée, ou faute d’un fond propice à l’échouagede l’épave, la méthode ci-dessus décrite soit impraticable. Dans ce cas c’est par les flotteurs eux-mêmes qu’on obtiendra les élévations successives de l’épave. On agira avec eux comme avec des docks flottants, en les remplissant d’eau suffisamment pour les immerger de la quantité nécessaire, puis en vidant cette eau au moyen de pompes, lorsque les aussières d’acier auront été passées sous l’épave et raidies. La grande élévation de ces tours de sauvetage permettra même, dans certains cas, de les amener jusque sur le fond et par conséquent de procéder au relèvement du navire en une seule étape.
- De toutes façons, on a prévu qu’au moment où les tours de sauvetage commenceraient à soulever le navire sous la poussée de la marée ou de leur propre flottabilité, elles tendraient à s’incliner l’une
- vers l’autre. On contre-balancera cet effet en introduisant de l’eau en certains compartiments opposés à l’effort.
- En fait, on compte que, dans beaucoup de cas, l’épave pourra être, en une seule ou en deux étapes, ramenée jusqu’à la surface et qu’on pourra, sans lui faire quitter son berceau d’aussières, boucher suffisamment les avaries de la coque pour lui permettre de flotter.
- Enfin, dans le cas où les scaphandriers ne pourraient être employés pour les travaux sous l’eau en raison de la trop grande profondeur, on compte pouvoir encore utiliser les tours de sauvetage. On espère alors pouvoir passer les aussières en acier sous la coque à sauver, en employant un système de deux remorqueurs marchant parallèlement à l’axe du navire coulé, à une certaine distance l’un de l’autre et traînant sur le fond l’aussière d’acier qui s’engagera sous la coque.
- Cette opération, répétée un certain nombre de fois, permettra de former sous la coque le réseau d’aussières dont les extrémités seront des deux côtés amarrées et raidies sur les tours de sauvetage.
- Il sera très intéressant de suivre les premiers essais de ces bâtisses marines, mais sans préjuger des résultats qu’elles fourniront, on peut d’ores et déjà admirer l’ingéniosité et la hardiesse de leur conception. Capitaine de Frégate Sauvaire Jaürdain.
- LA TÉLÉPHONIE PAR LA LUMIÈRE
- Le terme « télégraphie sans fil » est employé ordinairement avec un sens très limité. En général, on ne l’emploie que pour désigner le dispositif électrique au développement duquel est attaché principalement le nom de Marconi. Mais on a réalisé une télégraphie sans fil d’un certain genre, non seulement Lien avant l’époque de Marconi, mais même avant la découverte par Hertz des oscillations électriques que Marconi a utilisées. Le système auquel nous faisons allusion est celui qui se sert de la lumière pour transmettre les signaux à distance : par exemple les signaux lumineux par lesquels on transmet à bord d’un bateau en mer des messages en code Morse, ou même les simples signaux par fanions. Cette méthode est du reste fort ancienne.
- Si nous passons à la téléphonie sans fil, les observations ci-dessus sont également fondées. La méthode électrique, développement de la télégraphie sans fil ordinaire, a été inaugurée pratiquement pendant la guerre, elle a devant elle un bel avenir. Mais la téléphonie sans fil par la lumière a été réalisée bien antérieurement. C’est à Graham Bell que l’on doit cette découverte : il réussit, en effet, en 1880, à transmettre la parole au moyen de la lumière à une distance de plus de 200 m. Ce fait est assez peu connu, sans doute parce que Graham Bell n’a pas réussi à mettre son invention suffi-
- samment au point pour lui donner une valeur pratique.
- Cette mise au point a été accomplie récemment, par l’auteur du présent article, travaillant à la requête de l’Amirauté britannique. Le mécanisme qui va être décrit ci-dessous a été déjà employé pour transmettre la parole par la lumière à des distances de plusieurs Idlomètres.
- Nous pouvons dès maintenant préciser certaines limitations et certains avantages de l’invention. La lumière se propage en ligne droite; en conséquence, si on l’emploie à la téléphonie, il ne doit y avoir aucun obstacle entre les postes émetteur et récepteur. La courbure de la terre, par exemple, ne permettra guère de dépasser une portée de 50 km, à moins de recourir aux hautes altitudes. La téléphonie sans fil ordinaire ne connaît pas cette limitation. Par contre, la propagation rectiligne de la lumière assure le secret à ce mode de communication. On dirige le rayon lumineux sur le point voulu, et la communication est alors établie^exclusivement avec le poste dont on veut être entendu. Un bateau, par exemple, peut parler à un autre bâtiment par ce moyen, sans que la conversation puisse être interceptée par aucun navire du voisinage, même muni des appareils de réception nécessaires. Avec la transmission sans fil ordinaire, la
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- = LA TÉLÉPHONIE PAR LA LUMIÈRE
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- difficulté est précisément qu’elle ne peut être ainsi dirigée, et que le secret ne peut être assuré : c’est là un très sérieux inconvénient surtout en temps de guerre.
- La possibilité de transmettre la parole par la lumière est due surtout aux propriétés remarquables
- Pour transmettre la parole par la lumière, il faut imaginer un moyen de faire varier, par la voix humaine, l’intensité d’un faisceau de lumière. Depuis Graham Bell, diverses méthodes ont été proposées.
- Il est peu probable qu’il en existe de plus effi-
- LentiHe I
- Source lumineuse"
- Petit miroir vibrant
- Grille Z
- V Cornet_
- leiftiiTe 2.
- Fig. i. — Le transmetteur.
- Les vibrations delà voix sont transmises, parle diaphragme d’un phonographe à un petit miroir mobile qui influence le faisceau lumineux projeté par la lentille i à travers la grille i. Le faisceau divisé par la grille i est renvoyé par le miroir sur la grille 2, qui en intercepte une proportion en rapport avec la position du miroir. Le surplus est projeté
- dans l’espace par la lentille 2.
- du corps simple nommé sélénium. Cette substance est meilleure conductrice de l’électricité lorsqu’elle est frappée par la lumière que lorsqu’elle est dans l’ombre. Imaginons donc un circuit électrique comprenant du sélénium convenablement monté, une batterie de piles et un téléphone; le courant électrique qui traverse le circuit subit des fluctuations qui sont en concordance avec les variations d’intensité de la lumière frappant le sélénium. II suit de là que si cette lumière subit des fluctuations d’intensité qui correspondent aux vibrations de la parole humaine, les variations qüi en résulteront dans le courant électrique du circuit agiront sur la plaque du téléphone, de façon à reproduire la parole. Le Dr Fournier d’Àlbe a construit tout récemment des cellules ou tablettes de sélénium qui fonctionnent très bien pour l’application ci dessus. Ce sont celles que l’auteur a employées.
- cace que celle proposée par l’auteur en 1916. En voici le mécanisme :
- Si nous parlons dans le cornet d’un gramophone, le diaphragme de la boîlc sonore est mis en vibration par les ondes sonores. Ordinairement, ces vibrations sont transmises par un levier au style
- inscripteur.Remplaçons l’aiguille par un petit miroir (fig. 1), les mouvements du diaphragme communiquent au miroir des oscillations de faible amplitude. Supposons maintenant que la lumière d’un arc électrique ou du soleil, tombe sur la lentille 1 et soit concentrée par elle sur le petit miroir. De là elle est réfléchie dans une direction différente et tombe sur la lentille 2, dont le foyer coïncide avec le petit miroir, de sorte que de celte lentille sort un faisceau de rayons lumineux parallèles entre eux.
- Avant d'atteindre le petit miroir, la lumière a
- I
- .5
- %
- <5
- *
- Lenüi/e 3
- Batterie de piles
- décepteur iè/ephonicjue
- Fig. 2. — Le récepteur.
- Une cellule de sélénium est influencée par le faisceau d’intensité variable que projette le transmetteur, et agit sur le circuit d’un téléphone qui reproduit la voix.
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- L’AMÉNAGEMENT DU RHONE FRANÇAIS
- traversé la grille 1, qui consiste en intervalles d’égale largeur alternativement opaques et transparents.
- La lumière est ainsi divisée en segments étroits séparés par des intervalles sombres. Le faisceau divisé diverge après réflexion sur le miroir et tombe sur la grille 2, rigoureusement identique à la grille 1. Il est clair que la position angulaire du petit miroir détermine à quel degré la lumière pénètre à travers la grille 2. Si le petit miroir occupe une position telle que les parties lumineuses du faisceau divisé tombent exactement sur les ouvertures de la grille 2, toute la lumière sera transmise. Mais pour une autre position du petit miroir, les segments lumineux seront complètement arrêtés par les parties: opaques de la grille 2 et il ne passera pas de lumière du tout. Pour les positions intermédiaires du petit miroir, des proportions plus ou moins grandes de lumière franchiront la grille. Nous avons déjà vu que la position angulaire du petit miroir est contrôlée par les vibrations de la parole dans le cornet du gramophone.
- Par conséquent la quantité de lumière qui traverse la grille 2, et qui est projetée à distance par la lentille 2, subit des variations d’intensité qui sont la traduction des vibrations de la parole humaine. C’est ce faisceau de lumière qui, après avoir franchi l’intervalle, entre les stations émettrice et réceptrice, tombe sur une cellule de sélénium, ainsi qu’il est indiqué figure 2. Là, le faisceau de lumière qui porte les fluctuations de la parole, est rendu convergent par la lentille 3 et concentré sur la surface sensible du sélénium ; il en résulte des fluctuations de courant qui reproduisent la voix dans le téléphone, ainsi que nous l’avons déjà dit. La succession des phénomènes peut être résumée comme il suit.
- Une personne parle dans le cornet du gramophone transmetteur. Cela fait vibrer le diaphragme et par suite le petit miroir. Les vibrations du petit
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- miroir impriment au faisceau lumineux projeté des varialions correspondantes d’intensité. Au poste récepteur, le sélénium, sous l’action des variations d’éclairement, fait naître des variations de courant analogues dans le récepteur téléphonique. Ces courants agissent sur le diaphragme du téléphone, et les vibrations de la parole originale sont ainsi repro-duiles et sont entendues par l’observateur.
- On a constaté que cette reproduction est d’une précision surprenante, bien supérieure à celle d’un téléphone ordinaire. La voix de la personne qui parle se reconnaît immédiatement et sans difficulté. La netteté des sons perçus dépend, du reste, de l’éclat de la source lumineuse employée. La lumière solaire donne des résultats bien supérieurs à ceux de toute source artificielle. Pour l’employer, on peut se servir d’un miroir plan au lieu de la source lumineuse représentée figure 1. La figure 3 est la reproduction d'une pho-tographiemonlrant l’appareil. Le grand miroir de gauche recueille les rayons solaires et les envoie sur le petit miroir relié au diaphragme. Cette figure montre aussi le montage du transmetteur. 11 est disposé comme sur un affût de canon, avec des: br-ganes de visée, de sorte que l’on peut diriger le faisceau à volonté. Il va de soi que pour téléphoner simultanément dans deux directions, il faut 2 transmetteurs et 2 récepteurs. Il faut un transmetteur et un récepteur à chaque extrémité de la ligne suivant laquelle nous voulons communiquer. Ces dispositifs ont été employés fréquemment déjà entre des points éloignés de 2 km et il est certain que cette portée peut être largement accrue.
- L’auteur espère, bien que l’espace lui ait manqué pour entrer dans les détails, avoir exposé clairement le principe sur lequel repose son invention.
- A. 0. Rakkine,
- Professeur de physique à « l’Impérial College of Sciences », Londres.
- Fig. 3. — Le téléphone par la lumière.
- Le transmetteur est monté pour l’emploi du Soleil comme source lumineuse.
- L’AMÉNAGEMENT DU RHONE FRANÇAIS
- La question de l’aménagement du flhône français est une de celles qui ont fait couler le plus d'encre, et provoqué dans notre pays les plus vives controverses au cours de ces derniers vingt ans. Elle est aujourd'hui résolue : le Parlement a été saisi, au mois d’août 1919, d’un projet de loi déposé par le Gouvernement. La Chambre et le Sénat en
- ont adopté les articles. Nous allons donc entrer dans la période de réalisation.
- Celle-ci marquera une date dans l'histoire économique de la France. Ilnoüs a, conséquemment, paru utile d’évoquer pour nos lecteurs le problème dans son ensemble.
- Historique de l’aménagement du Rhône, — De
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- 310
- L’AMÉNAGEMENT DU RHONE FRANÇAIS
- SO 30
- Kilomètres
- H
- Dérivation
- Dêrivâtion\.
- Trèmurs-Grosfêe
- K' LYON,
- )rnay ir/yny-Hèrnay 18200ch
- §&Vienne Dérivation
- fr'*—— Loire- SfCo/omhe 12425ch.
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- | Condrieu - S-Ramôm't imbert 40425 ch {
- Dérivation
- )S‘-Vallier
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- Dérivation
- Les Angles- Comps
- Arles
- Fig. i. — Carte du projet d’aménagement.
- longue date, les ingénieurs français se sont préoccupés d’ouvrirle Haut-Rhône à la navigation et d’assurer une communication par eau entre la Suisse et la Méditerrane'e.
- Déjà en 1774, il y a 150 ans, Aubry et Céard avaient préconisé la construction d’un canal qui, partant de Versoix, sur le lac de Genève, eût contourné, par Ferney, le territoire genevois, atteint Thoiry, Collonges et rejoint le Rhône près de Génissiat. L’un des promoteurs de ce projet, Céard, avait également proposé d’utiliser le lit même du Rhône par l’édification d’un barrage à Génissiat.
- Ces travaux ne furent l’objet d’aucun examen offiiel; toutefois, le 23 fructidor, an VI (1798), la France et la Suisse signèrent un instrument diplomatique aux termes duquel « les deux ’ Gouvernements s’engageaient à concourir à l’établissement d’une communication par eau depuis le lac de Genève jusqu’au Rhin et depuis Genève jusqu’à la partie du Rhône qui est navigable », c’est-à-dire jusqu’au Châ-teau-du-Parc (à 8 kil. de Seyssel).
- Les imperfections du Rhône, cependant, devenaient plus préjudiciables à mesure que le trafic s’y développait. La partie aval du fleuve, elle-même, apparaissait insuffisamment aménagée pour une navigation intensive. C’est pourquoi, en 1808, Céard, déjà nommé, étudia la création d’un canal latéral entre Lyon et Beàucaire. Quinze ans plus tard, Cavenne reprenait ces projets et les modifiait complètement. La voie qu’il suggérait d’établir eût mesuré 318 kil. de longueur et comporté 57 écluses, de 55 mètres sur 5 m. 20 et le mouillage permanent dans les biefs eût atteint 1 m. 60.
- On n’oubliait pas, toutefois, le Haut-Rhône, et, en 1810, 0 Brien, en 1843 Vallée étudiaient la possibilité de raccorder le Léman à la section du Rhône accessible à la batelb rie.
- La construction du réseau des chemins de fer fit suspendre ces projets. Néanmoins, sur les instances des Compagnies de transports du Rhône, un programme de travaux fut arrêté en 1865, aux termes duquel un lit moyen devait être aménagé dans le fleuve, avec chenal navigable de 1 m. 60 de profondeur, et, en 1873, M. Krantz, dans un rapport au Parlement, se déclarait favorable à la création « d’un
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- L’AMÉNAGEMENT DU RHONE FRANÇAIS ======= 311
- Rhône artificiel, servant à de puissants transports, alimentant des industries, et, venant, à son extrémité inférieure, distribuer, pour les irrigalions des environs de Nîmes, toutes ses eaux non utilisées ». C’était pour la première fois qu’on liait, dans la question du Rhône, le problème de la navigation à celui des améliorations agricoles. C’est aussi vers la même époque qu’on inaugurait, à Rellegarde, au confluent de la Valserine et du Haut-Rhône, la première station hydro-électrique disciplinant les forces du torrent (8000 chevaux).
- La loi du 13 mai 1878 devait régler définitive-
- La chambre de Commerce d’Aubenas réclamait tout aussitôt l’aménagement intégral du torrent, « permettant l’irrigation, une navigation constante et l’utilisation des forces motrices du fleuve ». Cette formule devait, en définitive, triompher, et c’est celle sur laquelle le Parlement vient de se prononcer.
- Pourtant, la Commission ministérielle nommée, à la suite du grand mouvement d’opinion de la fin du xixe siècle, conclut, en 1901, qu’il y avait lieu de séparer les trois points de vue. Elle préconisa l’ouverture d’un canal à grande section de Lyon à
- Utilisation Energie annuelle » enKwh.
- Puissancesi || en Ch. et en Hw.
- Chutes
- 14%
- -27%-
- -IQ%
- 1000*%
- 600*%
- 100*%.
- Kilomètres.
- Altitudes 332m26ô
- H590xl06Kwh. 1800.000ch.
- /.320.000Kw. 822. OOO Ch.
- Débits
- semi-
- permanenis
- JS9m ~Î077‘
- Fig. 2. — Profil du Rhône.
- O Altitudes
- ment le sort du Ras-Rhône conformément aux conclusions formulées par M. Krantz en 1873. Les travaux furent entrepris, et poursuivis par les ingénieurs Jacquet et Girardon, et, en 1895, la navigation sur le Ras-Rhône se trouva considérablement facilitée. Le mouillage fut, en effet, porté de 0,40 (étiage extrême) h 1 m. 60 (étiage extrême) et 2 mètres. Cependant, la vitesse du courant, le manque d'industries sur les rives du fleuve, ont toujours paralysé le trafic commercial.
- Peut-être le Rhône serait-il demeuré en l’état actuel, et fermé à tout jamais à une navigation suivie, si, dès avant 1900, les industries de Houille blanche n’avaient brusquement pris leur essor et si l’on n’avait entrevu les énormes ressources que l’on pouvait attendre de la mise en œuvre du Rhône. En 1899, avait été inaugurée la station de Jonage, aux portes de Lyon, concédée en 1892.
- Arles, et un avant-projet fut élaboré, qui fixait la dépense à 500 millions.
- Les pouvoirs publics laissaient de côté le Haut-Rhône. Des particuliers s’empressèrent d'étudier la mise en valeur de ses richesses en énergie.
- En 1903, MM. Blondel, Harlé et Màbl, proposèrent d’édifier un barrage au Pont Carnot, à 4700 mètres de la frontière suisse et une usine à Monlhoux, près de Génissiat, sous une chuté de 60 mètres. Plus tard, les mêmes auteurs reportèrent le barrage au Pont de Grésin (à l’aval), et leur station à Génissiat (8 kil. aval).
- Ce dernier projet fut accueilli chaleureusement parla Ville’de Paris; et en 1911 il aurait peut être été adopté par le Parlement si des projets concurrents n'étaient venus lui faire obstacle. La Société des Forces Hydrauliques du Rhône, qui avait racheté l’usine de Bellegarde, et sollicité en 1890
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- Fig. 3. — Usine de Joncige. — Prise d’eau sur le Rhône. — Le mur de garde. — 6 vannes circulaires de 3 m. de diamètre. — io vannes rectangulaires de 3 m. 47 de haut et 4 m. de côté.
- une concession de chute à Pont de Grésin, en 1900 une concession dite de la Boucle, opposait à l’entreprise suggérée par MM. Blondel, Iiarlé et Mahl un projet, dit de Malpertuis, qui comportait la construction non plus d’une, mais de deux usines, à Bellegarde et Malpertuis.
- Ce conflit d'intérêts eut pour effet de rejeter aux calendes toute décision touchant le Haut-Rhône, d’autant plus que Us géologues n’étaient pas d’accord sur les possibilités techniques de l’opération.
- Devant l’indécision des pouvoirs publics, l’office des Transports du S. 0. ouvrit un grand concours relatif à l’aménagement du Rhône, spécialement à l’aval de Lyon. La formule acceptée par les organisateurs en 1911 était tout à fait opposée à celle qui avait été suggérée en 1901. Les projets d’installations mixtes, navigation et force motrice, recueillaient l’adhésion de la majorité des intéressés (projets Billet-Givoiset et Mollard).
- La Houille blanche triomphait.
- La Ville de Paris qui avait besoin de s’assurer d’amples ressources hydro-électriques avait, cependant, repris à son compte le projet Blondel-Ilarlé-Mahl.
- Le 9 juillet 1917 elle invitait le Préfet de la Seine à solliciter pour la capitale la concession de Génis-siat, qui pouvait lui fournir plus de 200 000 HP. Son geste, confirmé le 25 mars 1918, provoqua
- une levée de boucliers des riverains du fleuve. Une conférence de la Commission interdépartementale, tenue à Lyon le 3 juin 1918, en présence des délégués de Paris, dut être interrompue devant l’hostililé de certains représentants politiques des départements rhodaniens. Le Congrès de Marseille de décembre 1918, reprenant l’ancienne motion d’Aubenas, posa comme principe que le Rhône devait être aménagé simultanément au triple point de vue de la navigation, de la force et de l'irrigation, et en dehors de tout concours de la capitale.
- Le Conseil général de l’Ain formulait une revendication identique.
- La Ville de Paris, évincée, ne se tint pas pour battue. Elle convoqua, sous l’égide du sous-secrétaire d’Etat, M. Cels, un Congrès à Paris, le 24 février 1919. Un demi-accord ayant pu être obtenu, un Congrès se réunit à Grenoble le 1er juin dernier. Toutes les personnalités intéressées à la question y participèrent et celui-ci arrêta, enfin, la Charte du Rhône, à laquelle souscrivirent la presque unanimité des assistants. Le Congrès de la navigation de Strasbourg du 1er septembre n’a pu qu’en confirmer la teneur générale.
- C’est ce document que le gouvernement a fait sien dans son essence. Examinons-en maintenant les dispositions générales.
- Le Rhône et ]a navigation. — 1° Haut-Rhône. —
- Fig. 4. — L’usine de Jonage actionnée par le Rhône.
- 8 turbines de i25o chevaux chacune. — 8 tui bines de i3.5o chevaux chacune.
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- Le projet technique de la mise en œuvre du Rhône a été élaboré par M. l’ingénieur en chef Armand, et approuvé; dans ses grandes lignes, par le Conseil Supérieur des Travaux Publics. Le Haut-Rhône, bien qu’officiellement navigable jusque vers Seyssel (sur 158 kil.), est, pratiquement, inaccessible à la batellerie. Malgré 210 kil. de parcours entre la frontière suisse et. Lyon, le torrent ne véhiculait en 1913 que 17000 tonnes, c’est-à-dire presque rien. Ceci tient à la vitesse du courant (1), au peu de profondeur du mouillage qui oscille entre 0 m. 60 et
- 1 mètre, à l’existence de deux rapides à la Perte du Rhône et à l’Etroit de Malpertuis (dénivellations : 14 et 10 mètres).
- Le Comité franco-suisse, constitué en 1911, avait proposé de créer un chenal dans le lit du fleuve par resserrement. Mais cette combinaison risquerait de niodifier le plan d’eau, de provoquer de graves mécomptes,-et, en outre, il sied d’envisager la possibilité de conduire à Genève des bateaux d’une certaine capacité. On a donc été amené à envisager d’autres procédés.
- De Genève à la frontière, le Rhône est, en fait, aménagé par suite de l’édification du barrage de la Coulouvrenière (Genève) et de celui de Chèvres, à 8 kil. à Payai, et de l’exécution prochaine de deux nouveaux barrages à la Plaine et Pougny-Chancy.
- 1. Pente moyenne : 1 m. 50 par km de Genève à la frontière ;
- 2 m. 67 dans la partie flottable de la fron'ière au Château du Parc; 0 m. 64du Château du Parc à Lyon.
- Fig. 6. — Étroit de Monthoux.
- Fig. 5. — Rapide de Malpertuis.
- La difficulté est plus grande pour les gorges de Bellegarde. Plus de 20 solutions ont été imaginées. Deux seulement sont aujourd’hui en discussion : l’installation du barrage unique de Génissiat, qui porterait le remous jusque Pougny-Chancy et déterminerait entre l’amont et l’aval une dénivellation de 70 mètres. Le second projet prévoit l’établissement de deux ouvrages à Malpertuis et Géniksiat. Les sondages en cours permettront seuls de faire un choix judicieux entre les deux solutions.
- On avait suggéré l’idée de construire un ascenseur pour faire franchir la chute de Génissiat aux bateaux. Un tel engin serait délicat à créer et entretenir. Aussi a-t-on pensé à ouvrir un canal de 5500 mètres entre le Château du Parc et Génissiat, lequel comporterait six écluses, deux aux extrémités, et deux groupes de deux sas intermédiaires.
- A l’aval de Génissiat, les Services des Travaux Publics ont prévu une série de biefs, avec barrages près de Seyssel, à Boursin, près du confluent du Fier, Chanaz, Trémiers et le Sault, ces trois derniers entre le canal de Savières, exutoire du lac du Bourget, et le confluent de l’Ain. Le lac du Bourget servirait de réservoir compensateur.
- Le canal de Jonage nous conduit ainsi à Lyon. La traversée de la ville par le lit du fleuve étant impraticable en basses eaux, et les douze ponts de Lyon s’opposant au relèvement du plan d’eau, on à préconisé justement la création d’une dérivation qui traverserait laüplaine entre le canal de Jonage
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- — pris à 2 kil. de l’usine — et Saint-Fons, où serait aménagé le port industriel de Lyon. La voie serait au niveau de la retenue de Jonage, donc en tranchée sur partie de son étendue, ou à bief intermédiaire surélevé avec alimentation artificielle; des écluses permettraient au canal de se raccorder au Bas-Rhône.
- 2° Bas-Rhône. — Le Bas-Rhône, entre Lyon et Beaucaire, ne diffère du Haut-Rhône que par F importance de son débit. On doit donc envisager un aménagement analogue à celui que nous venons d’indiquer.
- La pente est de 0 m. 58 par kil. (0,77 entre l’Ardèche et l’Isère), le débit d’étiage oscille entre 250 m3 au confluent de la Saône et 400 à l’aval de l’Isère (*). Les travaux exécutés depuis 40 ans’ ont permis la circulation de bateaux de 1500 tonnes, mais le mouillage moyen n’y excède pas 1 m. 60, et tombe à 1 m. 35 à l’é-tiage; le chenal prati cable n’a que 80 m. de large, le lit est exagérément sinueux et le courant dépasse en certains points 4 mètres à la seconde.
- Les projets officiels prévoient six barrages, à Irigny, Loire, Condrieu, Audance, Serves et à l’aval
- 1. Débits du Rhône : Étiage. Semi-permis.
- Région fronlière 120 m3 275
- Château du Parc 135 320
- Chanaz(aval du canal de Savières) 153 390
- Jons (confluent de l’Ain). . . . Givors (aval du conlluent de la 220 540
- Saône) Valence (aval du confluent de 290 810
- l’Isère) Beaucaire (aval du confluent du 400 1200
- Gardon) 500 1700
- de Taïn; 4 autres barrages à l’aval du confluent de l’Isère, à Valence, le Pouzin, Meysse et Donzère, enfin deux ouvrages à Codolet et les Angles après le tribut de l’Ardcche : il y aurait donc 13 biefs, et la longueur de la voie serait réduite de 18 kil. par l’ouverture de dérivations mesurant, au total, 102 kil. 500.
- Ces dérivations ont été prévues pour une vitesse de
- courant de 4 kil: à l’heure. Elles mesureraient 520 mq de section, et comporteraient des écluses de 80 mètres de long et 12 mètres — ou peut-être 20 — de largeur.
- Quant au Rhône maritime, à partir d’Arles (48 kil.) il n’âu-rait besoin que de quelques dragages, les plus mauvais seuils accusant 2 mètres d’eau aux plus bas étiages (seuil de Terrise qu’il faudrait dérocher et seuil de Sonjean qui provoque une barre).
- Sur le Haut-Rhône le trafic est nul, présentement. Il y aura donc un évident profit économique à ouvrir la région à une circulation intensive par eau, et il convient de procéder à l’aménagement dans le délai le plus bref.
- Pour le Bas-Rhône, les avantages de l’opération sont plus discutables. Dans un rapport, M. l’Inspecteur général Galliot n’a pas hésité à affirmer que les transports ne seront guère moins chers que par la voie ferrée, et que « l’entreprise ne se justifie financièrement qu'à la condition que la majeure partie des frais de construction restera à la charge des capteurs de forces ».
- Cependant, il admet qu’après l’électrification nécessaire de la traction, le fret, qui oscille actuellement entre 0,035 et 0,050 millimes par tonne kilométrique fléchira à 0,0115. H faut également
- Fig. 7- — L’usine de Bellegarde. Avec celle de Jonage, ce sont les deux seules usines électriques atuellement actionnées par le Rhône.
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- —L'AMÉNAGEMENT DU
- si l’on veut que la voie rende de sérieux services, aménager des ports bien outillés, à Lyon et Saint-Louis du Rhône en particulier, et que les ouvrages permettent l’éclusage de convois entiers.
- M. de Dumas, directeur de l’Office des Transports du Sud-Est, à Lyon, a formulé des conclusions analogues. Il a évalué les frais de transport de la tonne kilométrique pour l’armateur à U fr. 008, dont 0 fr. 003 pour le halage, ce qui permettrait d’exiger du public un tarif de 0 fr. 010 à 0 fr. 012. 11 a également fait voter par le Congrès de Strasbourg-un vœu tendant à l’exécution rapide des ports, et à leur exploitation par les collectivités intéressées.
- Quant à la capacité du Rhône, réduite à 1500 000 tonnes à l’heure actuelle, elle deviendrait presque illimitée après l’aménagement.
- Le Rhône et la force motrice. — Le Rhône aménagé constituera, avons-nous dit, un magnifique réservoir d’énergie.
- Le Rhône, régularisé par le lac suisse, fournit, à son entrée en France, un débit minimum de 120 m3 qui, durant 200 jours, s’élève à 250 m3 en moyenne. La différence de niveau entre le Léman et la Méditerranée est de 372 mètres. M. Tavernier a donc évalué à 2 500 000 HP la force moyenne disponible sur le torrent. Mais des considérations techniques multiples empêchent l’utilisation intégrale de celte puissance. M. Armand a estimé, de son côté, à t 8Û0000 HP la moyenne totale disponible, pouvant assurer 12 à 14 milliards de kw-h, correspondant à une consommation de 15 millions de tonnes de houille. Ce qui a fait dire à M. l’inspecteur général de la Brosse que « le Rhône représente une mine aussi riche que tout le bassin charbonnier du Nord. »
- Le coefficient moyen d’utilisation du Rhône, pour son cours français, ne saurait, en fait, dépasser 35 0/0. Il n’en reste pas moins que le Rhône pourrait nous donner plus de 700000 HP, et plus de 4 milliards de kw-h correspondant à 4 ou 5 millions de tonnes de charbon.
- Cette puissance se répartit ainsi :
- Haut-Rhône : Section franco - suisse (puissance réservée à la France) . . . . . Basses eaux. Eaux moyennes. Hautes eaux. Moyenne annuelle
- 4.800 8.500 9.500 7.800
- De la frontière au Château du Parc .... 107.000 206.000 260.000 195.000
- Du Château à l’amont de Lyon 134.500 190.500 191.300 171.700
- Totaux . . . 246.500 405.000 440.800 874.500
- Bas-Rhône r De la Saône à l’Iscre. . 143.150 122.150 92.750 120.050
- De l’Isère à l’Ardèche. 217.175 204.575. 189.175 203.875
- De PArdcclie au Gardon. 67.175 60.900 45.200 60.550
- Totaux. . . . 427.525 387.625 333.125 384.475
- Nous avons dit que de la frontière suisse à Lyon
- RHONE FRANÇAIS ======== 315
- on avait prévu 6 barrages, plus un ouvrage dans la section franco-suisse et 12 barrages à l’aval de l.yon. Les stations génératrices seraient au nombre de 20 également. Elles utiliseraient une dénivellation de 171 mètres pour le Haut-Rhône, 211 pour le Bas-Rhône.
- Le tableau qui suit précise la puissance des installations projetées :
- Hauteur Puissance
- Haut-Rhône : de chute. moyenne.
- 1. Genissiat 60 200.000
- 2. Eilloux 7 16.400
- 3. Maty. 19 53.000
- 4. Brens. 9 24.500
- 5. Peyrienx 8 23.500
- 6. Groslée 12 29.700
- 7. \illette d’Authon. .... 16 40.800
- 8. Jonage (en service). . . . 12 13.500
- Bas-Rhône :
- 1. Ternay 6 16.000
- 2. Sainle-Colombe 5 12.000
- 5. Saint-Ramhert 13 30.000
- 4. Saint-Vallier 5 13.000
- 5. Tournon. 6 15.000
- 6. Roche-de-Glun. . . . . . 6 15.000
- 7. Étoile. . . . . . . . . . 16 43.000
- 8. Les Tourettes 10 26.000
- 9. Montélimar . . . . . . . 16 42.000
- 10. Mondragon 21 63.000
- il. Sorgues, ... .... 11 18.000
- 12. Monlfrin ........ 8 23.000
- M. Armand juge, d’ailleurs, qu’il sera possible de relever la puissance en eaux moyennes en augmentant le débit capté par certaines dérivations, et d’établir en certains points des dérivations usinières. Enfin, et surtout, on pourrait obtenir un supplément considérable d’énergie par un relèvement du plan d’eau du Léman.
- Suivant l’article 6 de la convention suisse du 17 décembre 1884, conclue entre Genève, le Valais et Vaud, l’amplitude des variations du niveau du lac ne saurait excéder 0 m. 60, et le niveau moyen du Léman a été fixé à 1 m. 60 en contrebas du repère.
- Or, pendant la guerre, on a pu abaisser sans dommage de 0.20 et relever.de 0. 15 les niveaux minimum et maximum du lac. Si la Suisse consentait à porter à 0.50 au lieu de 0.30 l’amplitude admise, l’augmentation de force s’équilibrerait pour les usines suisses à 13456000 kw-h, pour les stations françaises à 63 millions de kw-h. Si l’on poussait l’importance des variations à 1 m. 50, le gain serait de 142 millions de kw-h, la surface du lac étant de 582 kmq. 400.
- La Suisse ne semble pas encline à nous assurer un avantage qu’elle partagerait, cepenJant, avec nous, aussi le Congrès de Grenoble a-t-il réclamé que, dans le cas d’un refus, la France ouvrît un canal, de Seyssel au Léman, sur territoire français, qui laisserait Genève à l’écart de ta navigation rhodanienne.
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- 316 .. .......:: L'AMÉNAGEMENT
- Le Rhône et l’irrigation. — Les eaux du Rhône aménagé serviront, en partie, à l’amélioration de la culture dans la basse vallée du fleuve.
- M. l’Inspecteur général de l'Hydraulique agricole Troté a estimé à 90 m3 les besoins en eau de l’agriculture, dont la presque totalité réservée au Gard et aux Bouches-du-Rhône. D’autre part, les usines électriques du Rhône et surtout celles prévues sur la Durance inférieure (20000 kw sur 31000) devraient fournir pour l’irrigation et l’assainissement 31 000 kw.
- Moyennant ce (concours on pourrait irriguer 75 000 hectares et en assainir autant.
- Le programme élaboré par M. Troté comporte essentiellement l’abaissement du plan d’eau du lac de Valcarèsà la cote 0,50, l’irrigation de 3800Ôhect. delà Camargue, de 13000 de la Crau, la transformation de la culture dans la région de Tarasron, l’arrosage des plaines basses du Gard (Nîmes, Aramon, Sernhac), et des terrains du Vaucluse, de l’Ardèche, de la Drôme, de l’Isère, du Rhône, de l’Ain; enfin l’assainissement des marais du Gard.
- La culture paierait le kw-h autour de 0,006 ; elle pourrait disposer d’un litre d’eau par seconde et par hectare, quantité suffisante pour une irrigation rationnelle.
- La dépense à envisager. — La note à payer* pour la réalisation de tous ces projets ne Sera pas minime, on peut s’en douter. M. Armand la chiffrait avant la guerre à 401 millions pour le Haut-Rhône dont 308 050000 pour la force motrice, et à 495 millions pour le Bas-Rhône avec des écluses de 12 mitres de largeur, et 511 575 009 francs avec des écluses de 20 mètres. Les frais totaux étaient ainsi estimés à: 897 millions. L’entrepreneur Ghagnaud considérait qu’il faudrait tabler sur 1500 millions de dépenses. Le Conseil supérieur des Ponts et (.haussées a élevé son estimation1'à 1780 millions. Enfin, le Congrès de Grenoble, après examen, a pensé qu’il fallait envisager un budget de2 milliards et demi, dont 1239 pour la force et 300 pour l’irrigation. Le coût du cheval installé de force s’établirait ainsi autour de 1400 francs, chiffre admissible en l’état actuel des choses.
- - Ceci posé, comment résou Ire le problème de la réalisation de l’opération? Le Congrès de Grenoble s’est rallié à la formule que lui suggéraient M. Dumont, ancien ministre des finances, et Sellier, conseiller général de la Seine.
- Il serait constitué une Compagnie nationale du Rhône, composée de collectivités intéressées et de la Ville de Paris. Cette Société serait au capital de 250 millions, dont 200 environ souscrits par la capitale. La Société émettrait, au fur et à mesure de ses besoins, 2 250000 000 francs d’obligations.
- L’Etat n’aurait pas à intervenir dans la formation
- DU RHONE FRANÇAIS :_______________................::
- du capital. Son rôle financier se bornerait à garantir le capital-obligations de la Compagnie, comme il a garanti les émissions des Chemins de fer.
- Les actionnaires, l’exploitation normale étant commencée, ne recevraient, en aucun cas, plus de 2 0/0 du dividende si la Compagnie devait, pour ses obligations, recourir à la subvention de l’Etat. D’un autre côté, pour son concours, l’Etat recevrait des parts de fondateur.
- La Ville de Paris, pour son apport financier, se verrait réserver le quart des forces aménagées jusqu’à la concurrence de 200 000 kv-a.
- M. de Dumas suppose que les recettes annuelles voisineront 160 millions (kvv-hà 0,04), les dépenses 120 millions, et que le bénéfice n’excédera pas 40 millions.
- La question forces motrices domine évidemment tout le projet, car c’est l’énergie qui « paiera » les frais de l’opération. On pouvait donc ou bien attribuer autant de concessions que de dérivations en plaçant les concessions sous le contrôle de l’Etat, maître des tarifs, ou bien grouper en une môme concession plusieurs dérivations; enfin, exagérant la concentration, on pouvait envisager un concessionnaire unique.
- Le Congrès de Grenoble a jugé ce système préférable. L’aménagement du Rhône est une œuvre nationale au premier chef. On ne saurait, par conséquent, la confier à des Sociétés privées, mais bien à un organe unique fonctionnant dans un but d’intérêt général. La Compagnie Nationale du Rhône serait formée par les Conseils généraux, les Villes, Chambres de Commerce, Syndicats et Sociétés inté ressées.
- Telle est la thèse adoptée par le Ministre des Travaux Publics dans son projet de loi. Celui-ci prévoit une durée de 3 ans pour la formation de la Compagnie et de 15 ans pour l’achèvement complet de l’œuvre.
- L’aménagement du Rhône constitue l’entreprise de travaux publics la plus considérable envisagée depuis l’exécution du Canal de Panama, tant en raison de l’importance des travaux que de leurs répercussions. Comme l’écrivait M. Armand, « le Rhône est le seul fleuve réellement puissant de la Méditerranée occidentale ». Son rôle, dans la vie économique du monde, a été immense dans le passé-Il peut ne l’être pas moins dans l’avenir en ouvrant à l’Alsace et à la Suisse de nouvelles communications sur la Méditerranée.
- Et M. Augagneur pouvait proclamer qu’une telle œuvre était aussi utile et grande que celle du Suez.
- En l’entreprenant, la France ne fera que continuer ses traditions les plus glorieuses.
- Auguste Pawlowski.
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- LA SUPPRESSION DE LA MONNAIE MÉTALLIQUE PAR LE COMPTABILISME SOCIAL DE M. SOLVAY
- N’existe-t-il pas de moyen de se rendre indépendant des crises monétaires qni bouleversent d’une manière formidable les conditions économiques?M. Ernest Solvay a cru pouvoir y arriver, il y a fort longtemps déjà, à l’aide d’un système auquel il a donné le nom de « Comptabilisme social ». La pénurie actuelle de monnaie métallique donne une nouvelle actualité aux questions économiques étudiées par cette éminente personnalité. Les lecteurs de La Nature ont déjà pu apprécierle savant et le philanthrope ; M. Solvay est également un économiste d’une originalité et d’une îichesse de conception très grandes; j’ai pensé qu’il pouvait être intéressant de consacrer une petite étude au grand industriel considéré sous son aspect d’économiste.
- On sait que l’on fait de nombreux paiements sans mouvement de monnaie métallique et même sans circulation des « succédanés » du numéraire : billets de banque, chèques, etc. Il nous suffira de rappeler les virements, les comptes courants, la 'et compensation ». M. E. Solvay s’est demandé s’il était possible de supprimer complètement la monnaie en remplaçant cet instrument des échanges par un autre mécanisme plus parfait. Il pense que celte suppression est entièrement réalisable; la monnaie « n’est pas indispensable à notre état social ». Le système de M. Solvay repose sur les considérations suivantes ;
- 1° La monnaie ne sert exclusivement qu’à acheter; elle a et elle est un pouvoir d'achat; elle n’est rien d’autre. Tout achat f1) consiste, pour l’acheteur, à se dessaisir d’un pouvoir d’achat en faveur du vendeur ; donc :
- 2° Dans toute transaction, lé pouvoir total de l’acheteur diminue, et le pouvoir total d’achat du vendeur augmente.
- 5° Le pouvoir total d’achat d’un individu est la fortune entière de cet individu; cette fortune constitue la garantie permanente des achats que l’individu peut effectuer.
- Ceci posé, nous voyons que, si un acheteur fournissait au vendeur un pouvoir en bonne et due forme sur sa fortune, correspondant à la valeur de la chose vendue, le vendeur accroîtrait de ce fait son propre pouvoir d’achat aussi sûrement que s’il recevait de la monnaie.
- Examinons maintenant comment M. Solvay imagine la réalisation pratique de ces principes dans son système.
- La monnaie pouvant être remplacée par des pouvoirs sur la fortune, il nous suffira d’avoir sur nous de tels pouvoirs (transmissibles à tout vendeur) et par fractions aussi petites que nous voudrons. M. Solvay propose(2) la création d’un établissement officiel ayant pour fonction de prendre des garanties, c’est-à-dire un pouvoir, sur la fortune des individus et de délivrer, en échange, des carnets de chèques avec souches, chaque chèque portant en caractères indélébiles un « imporl » maximum déterminé, le total des imports du carnet ne pouvant, en aucun cas, excéder une fraction déterminée du chiffre de la garantie souscrite, de manière à éviter tout risque pour cause de dépréciation.
- 1. Ce terme comprend également'les achats « intellec'uels ou moraux » tels qu’une audition musicale ou une charité que l’on veut faire.
- 2. Lettre aux Membres du Parlement Belge. 1er mars 1899.
- Ces chèques, une fois signés et Pimport exact y étant inscrit, ne constitueront-ils pas une valeur sûre, plus sûre même que les billets de banque actuels et pouvant, comme eux, remplacer avantageusement la monnaie métallique?
- Et dans ces conditions, si, au lieu de monnaie, nous avions chacun sur nous un semblable carnet de chèques, pour faire nos paiements, et si, réciproquement, nous recevions en paiement de semblables chèques que nous insérerions ensuite dans notre carnet, ne voit-on pas que celui-ci deviendrait, par le fait, un véritable compte, un carnet-compte, avec débit et crédit : les souches et les quittances conservées — et si le vendeur signait la souche de l’acheteur, cette souche même constituerait sa quittance — représentant le débit consenti en faveur de tiers'désignés, les chèques reçus, le crédit obtenu sur des tiers désignés; et cela d’une façon absolument valable et sûre?
- Et quand nous retournerions ensuite nos souches et et nos quittances ou nos souches-quittances, ainsi que les chèques reçus à l’établissement officiel qui les aurait délivrés, ne voit-on pas que celui-ci, après en avoir inscrit comme d’habitude la solde à notre compte en tête duquel figure le chiffre de la garantie souscrite, serait dans les conditions absolument requises pour constater dans quelles limites les nouveaux carnets de chèques, qu’évenluellement nous lui réclamerions, pourraient nous être délivrés?
- Ce système a d’ailleurs eu, à un moment donné, un commencement d’exécution pratique tn petit. Une société anglaise, la « Chèque Bank » de Londres délivrait à ses clients des chèques indiquant jusqu’à quel chiffre maximum la banque en garantissait le paiement. Cette banque n’a eu qu’une existence de courte durée : elle a été obligée de cesser ses opérations, des faussaires ayant pu, en imitant ses chèques, lui voler des sommes très importantes^).
- M. Solvay a perfectionné et simplifié le système que nous venons d’exposer. Nous allons montrer brièvement le principe de ces perfectionnements^).
- Le chèque, commode pour des opérations importantes, constitue un instrument trop compliqué pour les petits paiements courants. M. Solvay est arrivé à supprimer l’obligation de l’inscriplion de la somme à la main et de la signature : IJ a imaginé des carnets de petits chèques à valeur fixe détei minée et revêtus d’une signature de convention imprimée; ces chèques représentent, eu quelque sorte, des timbres « personnels ». Le vendeur, recevant ces petits chèques en paiement, donnera quittance tout simplement en poinçonnant, d’un poinçon personnel, la souche de l’acheteur.
- Améliorant encore son système, M. Solvay supprime enfin tout échange de chèques par la création ingénieuse du carnet comptabiliste. Au lieu de chèques et de leurs souches, ce carnet renferme uniquement des timbres-crédit et des timbres-débit, tous fixes. Une transaction quelconque se manifeste simplement de la manière suivante : l’acheteur poinçonne les timbres-crédit du
- 1. Cl. Tniity. Traité juridique et mathématique des opérations de banque.
- 2. E. Solvay. Hôtes sur le productivisme et le. comptabilisme.
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- 318 —---- LE CHAUFFAGE INDUSTRIEL PAR LE CHARBON PULVÉRISÉ
- vendeur et ce dernier poinçonne les timbres-débit, de l’acheteur (lesquels .forment alors soucbe-quitlance). Lorsqu’un carnet est terminé, le solde (qui se constater immédiatement) sera inscrit en compte-courant à l’établissement « comptabiliste » officiel. Les paiements à distance se font par l’intermédiaire de la « poste compta-biliste », le poinçonnage direct étant impossible.
- Il est inutile de faire remarquer qu’un tel système rencontrerait des difficultés considérables dans sa réalisation pratique; quoiqu’il en soit, la conception de M. Solvay est extrêmement ingénieuse et elle était
- intéressante à rappeler. Efle constitue une solution, disons partielle, du problème actuel. Ainsi que le dit M. Solvay, o le comptabilisme social éliminerait les crises monétaires, puisqu’il permettrait l’épargne intégrale de la monnaie en restituant les métaux précieux monnayés à l’industrie. Grâce à cette épargne intégrale de monnaie, il généraliserait la compensation sous sa forme la plus élevée et rendrait vraisemblablement inutile tout autre mode de paiement, o
- A. Luttringf.r.
- Docteur és sciences.
- LE CHAUFFAGE INDUSTRIEL PAR LE CHARBON PULVÉRISÉ
- La crise charbonnière qui affecte, à l’heure actuelle, toutes les nations, devient de plus en plus aiguë ; l’économie de combustible est plus que jamais une nécessité impérieuse et il est du devoir de nos industriels d’examiner et d’appliquer les procédés pouvant faire donner à la houille son rendement maximum. Il est temps que nos industriels abandonnent leurs types de foyers datant d’uu demi-siècle et dont la preuve de l’insuffisance de combustion se révèle par l’analyse des mâchefer.' dans lesquels on trouve parfois Jusqu’à 25 pour 100 de carbone non brûlé et eneorè utilisable.
- Deux procédés sont proposés, à l’heure actuelle, pour remédier à ce coûteux gaspillage :
- 1° Distillation de la houille. — Il n’y a pas de doute que les pprtes de chaleur sont moindres en distillant la houille puisqu’on peut, dans ce cas, se servir des cokes et des huiles lourdes, et ceci e>t d’autant plus intéressant que les moteurs du type Diesel tendent de plus en plus à se répandre ; des industriels se mettent à monter, en ce moment, la fabrication en série de petits moteurs alimentés avec des huiles lourdes.
- Bien des techniciens et ingénieurs sont partisans de ce procédé, mais les adversaires non moins nombreux prétendent que la distillation de la houille ne s’opère pas intégralement malgré les progrès réalisés dans la construction des appareils. Kappelons en passant que les expériences faites avant la guerre par la Compagnie des mines de Lens, puis reprises durant la guerre par la Commission instituée à cet effet, à la Direction des Inventions, montrent que par distillation à basse température, un charbon de mauvaise qualité, à 40 pour 100 de cendres et 23 pour 100 de matières volatiles, fournit du goudron en quantité plus grande et de qualité meilleure que le goudron ordinaire d’usine à gaz ou de cokerie.
- 2° Pulvérisation de la houille. — Ce procédé employé depuis quelques années aux États-Unis, y est très en faveur, puisqu’il a porté en 1918 sur 12 millions de tonnes de charbon contre 8 millions en 1916. Il revendique les mêmes avantages que le chauffage au gaz par rapport au chauffage par grille, c’est-à-dire économie importante provenant d’une combustion intégrale, d’un minimum d’excès d’air de combustion, d’un mélange parfait du com-
- bustible avec le comburant, de la possibilité de récupérer la chaleur des flammes perdues; obtention de températures plus élevées; suppression de la main-d’œuvre d’amenée du charbon aux fours, du chargement et de l’entretien des foyers, de l’enlèvement des cendres, etc. D’abord appliqué aux fours rotatifs à ciment, il s’est étendu peu à peu aux divers foyers métallurgiques, aux chaudières fixes et aux locomotives.
- D’après des essais effectués sur des foyers chauffés au pétrole, au gaz à l’eau et à la houille pulvérisée, on estime que pour une dépense d’environ 0 fr. 05 de frais d’exploitation, on recueille 25 000 calories avec l’huile lourde, 29 000 avec le gaza l’eau (procédé Mond) et 33 000 dans des fours brûlant du charbon pulvérisé; on peut même obtenir 43000 calories si l’on remplace les transporteurs à hélice par des convoyeurs pneumatiques fonctionnant à basse pression d’air en circuit fermé. On comprend fort bien qu’on utilise mieux la calorie fournie par la houille pulvérisée que celle provenant de la combustion d’une huile lourde, le prix des pétroles étant sujet à de trop fréquentes variations, rendant dès lors les prix de revient instables.
- D’une façon générale, tous les charbons peuvent être utilisés sous forme pulvérisée : menu, tout-venant, triés, résidus de triage ou de lavage, charbons gras, maigres, anthracites, et même les lignites et les tourbes. Toutefois, les plus convenables sont ceux qui renferment plus de 20 pour 100 de matières volatiles et moins de 12 pour 100 de cendres. De même le menu vaut mieux que toute autre sorte de combustible puisqu’il n’exige pas de broyage préliminaire. Avec le charbon maigre et l’anthracite, l’allumage et le maintien de la flamme se font moins facilement.
- On a constaté aussi que plus la finesse du broyage est poussée loin, plus la surface d’inflammation est considérable, mieux le mélange charbon-air s’enflamme et se maintient allumé. On estime que cette finesse des particules de charbon doit être telle que 85 pour 100 d’entre elles passent au tamis de 6400 mailles par centimètre carré et les 15 pour 100 restant au tamis de 1600 mailles.
- Quel que soit le système adopté — Holbeck (appareils à galets), Fuller (appareils à boulets) — une installation générale de pulvérisation comporte un broyage préalable en morceaux d’environ 20 mm de
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- diamètre, un séchage ramenant l’humidité à environ 1 pour 100 et une pulvérisation dans les proportions indiquées plus haut. La poussière ainsi obtenue est mise en silos, puis distribuée aux divers foyers d’utilisation. Toutefois, il-est essentiel que cette répartition puisse être contrôlée d’une façon constante afin que les quantités de charbon et d’air introduites dans les chambres de combustion ne puissent former, en aucun moment, un mélange susceptible d’exploser. La figure 1 représente schématiquement une installation Holbeck exploitée en France par la Société La Combustion rationnelle.
- Le concassage s’opère dans des types de broyeurs en usage dans les autres industries; mais la plupart du temps cette partie d’installation est eom-
- C'est grâce au séparateur que l’entraînement par l’air donne celte finesse uniforme de la poussière de charbon, indispensable à la combustion complète. Le séparateur est boulonné sur le pulvériseur ; construit en tôle mince, il affecte la forme d’une chambre à parois divergentes vers le haut. Cette forme et aussi un ensemble de cloisons et de volets réglables, font que le courant d’air entraînant la poussière de charbon subit un ralentissement de vitesse et un changement de direction ; les particules les plus lourdes échappent au courant et retombent au pulvériseur où elles sont à nouveau soumises à l’action des galets tandis que les plus fines sont entraînées. Le courant d’air chargé de poussières charbonneuses, après avoir traversé le
- Fig. i. — Installation de chauffage industriel par charbon pulvérisé.
- plétée par un séparateur magnétique servant à retirer du charbon broyé tous déchets métalliques qui pourraient par la suite détériorer les appareils de pulvérisation tout en rendant difficile l’emploi du charbon pulvérisé.
- On a reconnu qu’il valait mieux procéder au séchage des charbons parce que la plupart des appareils de pulvérisation se calent dès qu’on les alimente avec un produit humide. Le fait que chaque pour cent d’humidité diminue de 3 pour 100 le rendement calorifique du combustible fait suffisamment ressortir l’importance du séchage. Dans le système Holbeck, le sécheur est rotatif ; le charbon amené par la partie haute descend le long du cylindre, brassé par des conières fixées à l’intérieur tandis que les gaz chauds provenant d’un petit foyer au charbon cheminent en sens inverse.
- Le pulvériseur est construit pour broyer les matériaux les plus durs, la partie inférieure, d’une seule pièce; en fonte, renferme l’anneau de broyage vertical, les galets et le manège d’entraînement.
- ventilateur exhausteur, pénètre tangentiellement dans un collecteur de dépôt affectant la forme d’un prisme octogonal; l’air y prend un mouvement giratoire dont la vitesse est bientôt réduite par suite des changements successifs de direction imposés par cette forme polyédrique et aussi à la détente qu’il subit. Cette diminution de vitesse permet aux particules en suspension de se déposer dans le fond du collecteur d’où elles tombent dans la trémie d’em-magasinement du charbon pulvérisé. Quant à la conduite de retour, elle revient aboutir tangentiellement à un autre collecteur de dépôt plus petit, suivi d’un collecteur auxiliaire dans lequel s’achève le dépôt des particules.
- Le charbon de la trémie est conduit [par une vis sans fin dans l’ouïe du ventilateur à haute pression qui l’emporte jusqu’aux brûleurs des fours. Le charbon non consommé revient par la conduite de retour et retombe dans la trémie d’emmagasinage. L’air retourne au ventilateur et les gaz brûlés ainsi que les poussières qui s’échappent des portes des
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- UN NOUVEAU MODE D’ENFONCEMENT DES PJLOTS
- fours, sont aspirés par des hottes et conduits à Acheminée.
- Ce système est applicable à toutes les installations, quel que soit le nombre de fours à alimenter et quelle qu’en soit la répartition dans les ateliers. En outre,- un contrôleur automatique permet, à tout instant, d’arrêter certains fours et d’en remettre en marche qui étaient arrêtés, sans que l’allure des autres en soit influencée. Les tuyaux dans lesquels circule le courant d’air emportant le charbon, sont munis de tubulures au droit des fours, d’où partent les branchements qui vont aux brûleurs. Chaque branchement est muni d’un robinet servant à régler la quantité de charbon à fournir au brûleur correspondant.
- On a appliqué avec succès ce système Holbeck au chauffage de fours métallurgiques servant à la
- fabrication de l’acier Martin, en brûlant de 220 à 225 kg de charbon pulvérisé par tonne de métal produit, sans détériorer ni les soles ni les voûtes. On peut également réaliser d’excellentes chaufferies économiques pour stations de production de force motrice : une chaudière multitubulaire de 400 HP munie d’un réchauffeur d’alimentation donnant de l’eau à 80° C a pu fournir en 45 minutes de la vapeur sèche à la pression de 10 kg 5.
- Les chemins de-fer américains ont étudié la question du charbon pulvérisé dans les régions de l’Ouest.
- Depuis 1914, de nombreux équipements de locomotives à grande puissance ont été établis pour brûler dans les foyers des lignites ou des houilles de qualités inférieures pulvérisés.
- M. Bousquet.
- UN NOUVEAU MODE D’ENFONCEMENT DES PILOTS
- Pour les constructions en rivière ou à la mer, on fait un grand usage des pilots; ils sont généralement en bois. Depuis quelques années on commence à employer des pilots en béton armé. L’enfoncement se fait à bras, pour les pilots de petites dimensions, au moyen d’un mouton ou d’une sonnette, c’est-à-dire d’un corps pesant que l’on fait retomber d’une certaine hauteur sur la tète du pilot. Sous l’effet du choc, le pilot s’enfonce. Pour les pilots de plus grande dimension, et pour les Iravaux importants où il y a de nombreux pilots à placer, on se sert de sonnettes à vapeur, ou à air comprimé, machines qui mettent également en jeu le choc d’une masse pesante.
- Même avec les plus perfectionnées de ces machines, l’enfoncement d’un pilot est une opération assez lente; la méthode par choc a de plus un grave défaut, c’est qu’elle compromet la solidité du pilot, et en définitive la résistance du futur ouvrage.
- Scientific American décrit une méthode nouvelle qui paraît constituer un sérieux progrès.
- Les pilots employés sont en béton armé; ils s’enfoncent pour ainsi dire d’eux-mêmes, sous
- l’action de leur propre poids sans aucun choc.
- Ils contiennent Un tube intérieur A par lequel est amenée de l’eau
- sous pression ; celle-ci s’échappe par la pointe du| pilot, affouillant le sol sous lui et lui permettant de s’enfoncer aisément.
- Notre figure montre la coupe d’un de ces pilots ; il est traversé par un tube B, de 10 cm. de diamètre, à l’intérieur duquel se trouve un autre tube À de 5 cm de diamètre, chacun de ces tubes livre passage à un courant d’eau sous une pression de 14 kg par centimètre carré. Le courant d’eau qui passe par le tube central affouillc le sol sous la pointe du pilot. Le courant d’eau, qui s’échappe du tube extérieur, remonte le long des parois du pilot et produit ainsi une sorte de lubrification qui facilite le mouvement de descente en même temps qu’il dégage les matières solides déplacées par le pilot en s’enfonçant.
- Avec un personnel exercé, un pilot de ce type peut être mis en place et enfoncé en 5 minutes.
- Le tube central après l’enfoncement du pilot peut être dégagé aisément et sert pour un autre pilot ; le tube de grand diamètre par contre est incorporé au pilot. B. VlLLERS.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleuras, 9, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2382. .:: .22 NOVEMBRE 1919
- LA DÉFENSE CONTRE LES SOUS=MARINS ET LES MINES
- La lumière commence à filtrer sur les principaux secrets de la grande guerre. Parmi ceux qui furent le mieux gardés, il faut placer au premier rang ceux qui concernent la guerre maritime.
- Nos alliés d’outre-Manche qui ont assumé la direction de cette partie des opérations ont su entourer tous leurs travaux et toutes leurs créations d’un mystère presque invraisemblable. Ce n’est que bien
- positif a reçu le nom de Paravane; il est dù au commandant Burney de la marine anglaise. Il a été réalisé, au prix de grandes difficultés, par les Établissements Vickers.
- Nous examinerons tout d’abord le cas où il s’agit de lutter contre les sous-marins. Voici alors en quoi consiste le Paravane.
- Le bâtiment à protéger remorque un câble, sus-
- Fig. i. — Navire muni de deux paravànes.
- Le câble d’une mine est saisi par le câble du paravane et sera coupé automatiquement.
- après l’armistice que fut révélée l’existence de croiseurs extra-rapides de modèles tout nouveaux, de monitors construits spécialement pour certaines opérations, de ports créés de toutes pièces. Les procédés employés pour lutter contre les sous-marins étaient restés de même absolument secrets. Mais depuis quelques mois, de nombreuses publications effectuées par les autorités britanniques commencent à donner satisfaction à la légitime curiosité du public.
- Une récente communication de M. Mac-Kay à la British Association vient de nous faire connaître en détail un procédé ingénieux par lequel les navires alliés se défendaient contre les mines sous-marines, ou attaquaient les sous-marins en plongée. Ce dis-
- pendu, par son milieu, à une chaîne amarrée à la poupe. Aux deux extrémités du câble sont attachées deux sortes de torpilles chargées d’explosifs ; leur rôle est d’abord de soutenir le câble qui se développe à peu près horizontalement derrière le navire sur une longueur de 60 m. environ et à la profondeur voulue pour rencontrer le sous-marin à combattre; ce câble balaye ainsi la mer derrière le bâtiment en marche ; qu’il vienne à rencontrer le sous-marin, il subit une traction violente ; le feu est alors mis au paravane intéressé, qui explose en endommageant le bâtiment ennemi.
- Le paravane a un corps en forme de poisson : à l’avant il porte un large plan d’acier, un peu à la façon d’un aéroplane ; à l’arrière il porte une queue
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- 47' Année. — 2* Semestre.
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- LA DEFENSE CONTRE LES SOUS-MARINS ET LES MINES
- formée d’un plan horizontal et d’un empennage câble de remorque ; elle agit soit au choc, soit lors-vertical. Le plan avant est légèrement incliné sur qu’une traction excessive s’exerce sur le câble de
- Fig. 2. — Navire muni de paravânes le protégeant contre les mines sous-marines.
- Fig. 3. — Le paravane vu en plan el en élévation.
- l’axe longitudinal du paravane, et lorsque celui-ci est remorqué derrière le navire, le plan se place à peu près verticalement. L’appareil offre ainsi une résistance à l’avancement relativement faible. La
- Fig. 4. — Le paravane jeté par-dessus bord.
- poussée de l’eau sur le plan, lorsque le navire est en mouvement, éloigne le paravane du corps du navire et ainsi le câble porteur se développe sur toute sa longueur, balayant, comme nous l’avons dit plus haut, une zone de 60 m. de large.
- La forme du paravane assure sa stabilité, de plus la queue est munie d’une valve hydrostatique, c’est-à-dire actionnée par les variations de pressions dues aux variations de profondeur. Ce dispositif permet à l’appareil de rester' immergé à une profondeur déterminée, pour laquelle la valve a été réglée à l’avance, préalablement à l’immersion du paravane.
- Le paravane porte non seulement une forte charge d’explosif, mais également un dispositif de mise de feu et un dispositif indicateur de profondeur. La mise de feu s’effectue au moyen d’un courant électrique passant dans un fil placé à l’intérieur du
- remorque ; elle peut encore être effectuée à la main, sur le navire lui-même.
- Il peut arriver, par exemple, que le paravane vienne heurter directement la coque d’un sous-marin, ou que son câble de remorque vienne s’y agripper et glisse sur elle jusqu’à ce que le corps du paravane soit en contact avec le sous-marin. L’avant du paravane porte un organe qui ferme alors un interrupteur mettant directement le feu à la charge d’explosif.
- Si le câble de remorque au contraire reste accroché au sous-marin, le paravane ne peut venir en contact avec la coque ; mais une traction anormale s’exerce sur le câble ; la mise de feu s'opère alors au moyen d’un dispositif dynamométrique qui joue dès que la force de traction dépasse une valeur prédéterminée. Enfin, on emploie la mise de feu à la main effectuée du pont du bâtiment, lorsque certains indices font admettre la présence certaine d’un sous-marin dans le voisinage du paravane.
- Le paravane a été plusieurs fois employé avec succès contre les sous-marins ennemis.
- Mais c’est surtout comme moyen de protection
- Fig. 5. — Les deux parties d’un câble de mine sous-marine coupé par le paravane., :
- contre les mines sous-marines que son efficacité s’est mise en évidence.
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- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES 323
- On sait que les mines sous-marines consistent en un corps chargé d’explosifs disposés pour détoner au choc ; la mine flotte entre deux eaux, attachée à l’extrémité d’un cable, à l’autre extrémité duquel est fixée une lourde masse reposant par son poids au fond de la mer. Le câble de retenue est à peu près vertical.
- Le rôle du paravane protecteur est de rendre ces mines inoffensives, en coupant leur câble de retenue; la mine vient alors à la surface de la mer, et on la détruit du pont du bâtiment, par exemple en tirant sur elle à coups de fusils ou de canons.
- Les paravanes seront, dans ce cas, disposés non plus à l’arrière, mais à l’avant du bâtiment, et réglés pour plonger d’une faible quantité en dessous de la quille; le câble porteur des paravanes balaye une zone de 60 m. à l’avant du navire; s’il vient à
- Fig. 6. — Après avoir eu leur câble coupé par le paravane, les mines remontent à la surjace.
- Le gros globe noir est une mine. Le petit globe noir est une bouée que jette le navire pour repérer la mine.
- rencontrer une mine, celle-ci est écartée de la route du navire; elle glisse le long du câble et
- vient en contact avec la tête du paravane ; celui-ci n’est plus explosif, mais sa tête est munie d’un
- Fig. 7. — Un paravane remorqué le long d’un deslroyer avant un essai. .
- dispositif automatique qui coupe le câble de retenue de la mine.
- 11 a fallu, bien entendu, imaginer des dispositifs spéciaux assez délicats pour amarrer les paravanes et leur câble à l’avant du navire. Nous n’insisterons pas sur ces détails; pas plus que sur les dispositifs imaginés pour lancer en toute sécurité'les paravanes explosifs. Disons seulement que l’installation des paravanes protecteurs à bord des navires marchands ne débuta qu’en 1917. A partir de .cette date on en construisit 17 000 et plus de 5000 navires en furent munis. L’amirauté Anglaise équipa également avec les paravanes la plupart, de ses navires de guerre et s’en trouva bien ; puisqu’elle a pu relever 52 cas où des mines ont été ainsi coupées par le navire; c’est-à-dire 52 cas.où, sans le dispositif protecteur, le bâtiment eût probablement péri ou tout au moins eût été gravement endommagé. H- Yillers
- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHENOMENES PHYSIQUES
- I. — La structure non moléculaire des corps solides révélée par les rayons X.
- Lorsqu’en 1912, Laue, Knipping et surtout W. H. et W. L. Bragg montrèrent par l’emploi des rayons X, que les cristaux sont bien constitués ainsi que le veut la théorie classique de Bravais, par des réseaux aux noeuds desquels se trouvent les atomes constitutifs du corps étudié, on fut surtout frappé par l’importance physique de celte découverte. On y vit tout d’abord un nouveau moyen d’étude du rayonnement X d’une part et de la structure des corps cristallisés d’autre part; mais bientôt des savants physico-chimistes, en particulier Compton, Langmuir, Eve, Noyés, etc,, mirent en évidence les conséquences que les résultats acquis entraînaient, touchant le mécanisme même d’un certain nombre
- de phénomènes jusqu’alors considérés comme exclusivement « physiques », tels que l’évaporation, l’ébullition, l’absorption et les phénomènes capillaires. Les conclusions nettement formulées auxquelles ils sont arrivés, les vérifications expérimentales des conséquences de ces théories, forment actuellement un faisceau logique. Il nous a paru intéressant de présenter en détail ce nouvel exposé des théories physiques, appelé peut-être à révolutionner les habitudes et les conceptions classiques (') .
- Rappelons tout d’abord en quelques mots le prin-
- 1. Un mémoire fondamental de Langmuir auquel nous empruntons l’exposé qui va suivre, a paru dans le Journal of American Society, XXXVIII, n® 11.
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- 324 LES IDEES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
- cipe des expériences de Bragg qui en sont le point de départ.
- On avait émis depuis longtemps l’idée que les
- Fig. i. — La structure d’un cristal de chlorure de sodium, telle que la révèle l’analyse par les rayons X.
- Les cercles blancs représentent des atomes de sodium.
- Les cercles noirs des atomes de chlore.
- rayons X étaient constitués par des ondulations analogues à celles de la lumière et la meilleure démonstration de cette analogie consistait évidemment à répéter sur les rayons X les expériences d’interférence qui ont mis hors de doute la nature ondulatoire des radiations lumineuses.
- Il s’agissait donc d’obtenir un spectre de rayons X à l’aide d’un réseau, en s’appuyant sur leurs propriétés démontrées en optique. I;
- On sait en effet que si l’on trace sur une surface argentée par exemple, une série de traits parallèles extrêmement rapprochés, on obtient ce que l'on appelle un réseau qui jouit de la propriété suivante. Si un faisceau cylindrique de lumière blanche, c’est-à-dire composé de rayons de diverses couleurs, tombe sur un tel appareil, sous une incidence a, le faisceau réfléchi est décomposé en ses diverses radiations comme il le serait par un prisme. Pour que ce résultat soit atteint, il faut que la distance qui sépare les traits parallèles, ce que l’on appelle la constante du réseau, soit du même orcfre de grandeur que la longueur d’onde des radiations incidentes. Avec des radiations delà lumière visible, dont la longueur d’onde est de l’ordre du demi-millième de millimètre, on emploie des réseaux où les traits sont espacés de quelques millièmes de millimètre. Or les radiations X ont une longueur d’onde de l’ordre du millionième de millimètre, c’est-à-dire de l’ordre des distances entre les molécules des corps solides, de sorte qu’il faut renoncer à pouvoir jamais réaliser mécaniquement des réseaux permettant d’analyser les radiations X.
- Heureusement, dans la nature, il existe des réseaux de cette finesse. Ce sont les cristaux qui sont formés, d’après les théories classiques de Bravais, de molécules ou d’atomes placés aux points d’intersection de trois séries de plans parallèles : si donc un faisceau de rayons X tombe sur un cristal, les éléments de ce dernier fonctionneront
- comme des centres de diffraction disposés régulièrement, c’est-à-dire comme un réseau optique. Le problème général est assez compliqué à traiter, mais W. II. et W. L. Bragg ont montré qu’il conduit au résultat, simple suivant : un faisceau de rayons X se réfléchissant sur une face d’un cristal comme sur un miroir, donne bien un faisceau réfléchi; mais, par suite d’un phénomène d’interférence, l’angle d’incidence a, égal à l’angle de réflexion, détermine la longueur d’onde X, ces deux grandeurs étant reliées par la relation
- X = 2 d sin a
- d étant la distance des plans du cristal parallèles à la face réfléchissante.
- Ainsi donc pour chaque incidence du faisceau complexe de rayons X, il n’y aura qu’une seule radiation réfléchie.
- On a par suite un moyen extrêmement simple d’analyser le rayonnement émis par une ampoule (c’est-à-dire d’en faire l’analyse spectrale) ; il suffira de disposer une face cristalline de façon que le faisceau de rayons X la frappe sous une incidence variable à volonté par rotation du cristal. Pour chaque incidence particulière, la réflexion isolera du faisceau total un pinceau homogène de longueur d’onde déterminée.
- En employant la même face cristalline, on peut comparer les longueurs d’onde des différentes radiations isolées d’un faisceau ; en employant la même longueur d’onde, on peut comparer la distance d pour différents cristaux et différentes faces du cristal.
- On possède donc le moyen d’une part, d’étudier la structure de cristaux, d’autre part d’analyser un faisceau de rayons Roentgen.
- Nous ne dirons rien de cette dernière partie du problème qui sort du cadre de cette étude, et nous
- Fig. 2. — La structure d’un cristal de diamant, révélée par les rayons X.
- Les atomes de carbone sont placés aux sommets de tétraèdres réguliers.
- n’entrerons pas dans les détails permettant de déduire, de l’écartement des spectres des différents ordres et de leur intensité relative, la nature du réseau fondamental du cristal et la disposition aux nœuds de ce réseau des atomes chimiques qui le constituent.
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- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES 325
- Structure des cristaux. —Voici à titre d’exemple, et pour montrer la précision des indications fournies par cette méthode d’analyse, quelques-uns des résultats auxquels on est arrivé- pour la structure des cristaux des corps minéraux.
- Le chlorure de sodium, ainsi que le chlorure de potassium et les bromures et iodures de potassium et de sodium ont tous une structure analogue, représentée par la figure 1 ; les atomes sont disposés aux nœuds d’un réseau cubique, les atomes de chlore et de sodium par exemple alternant suivant trois directions rectangulaires, de sorte que chaque atome de sodium est entouré par six atomes de chlore équidistants et disposés aux sommets d’un octaèdre régulier dont l’atome de sodium est le centre.
- Pour le diamant, chaque atome de carbone est entouré par 4 centres équidistants (fig. 2) disposés aux sommets d’un tétraèdre régulier dont l’atome considéré serait le centre. On voit, d’après la figure, que les atomes semblent être groupés par assemblages de six, formant un hexagone régulier rappelant la formule de la benzine.
- La structure de la blende (sulfure de zinc) est très analogue à celle du diamant, chaque atome de zinc étant entouré par 4 atomes de soufre et inversement (fig. 3).
- Pour la fluorine (fluorure de calcium Ca F), un atome de fluor est entouré par 4 atomes de calcium disposés symétriquement, tandis qu’un atome de calcium est compris entre 8 atomes de fluor disposés aux sommets d’un cube dont l’atome de calcium serait le centre.
- La disposition révélée par les rayons X dans le cas des pyrites de fer (FeS) est beaucoup plus compliquée. Chaque atome de fer est entouré par
- ig. 4. — Structure de la calcite (carbonate de calcium cristallisé).
- Les cercles blancs représentent les atomes de calcium; les cercles noirs, les atomes de carbone ; les points noirs, les atomes d’oxygène.
- 4 atomes de soufre équidistants, mais il y a d’autres atomes de soufre disposés à une distance un peu plus grande.
- Dans le carbonate de calcium (CO3 Ca), les rayons X ont révélé la structure représentée sur la figure 4. Les atomes d’oxygène forment autour des atomes de carbone des triangles équilatéraux, les atomes de calcium sont disposés à égale distance de 6 ato-
- Fig. 3. — Structure de la blende (sulfure de zinc).
- Les cercles noirs représentent les atomes de zinc.
- Les cercles blancs les atomes de soufre.
- mes d’oxygène. La distance entre le calcium et le carbone est beaucoup plus considérable que celle entre l’oxygène et le calcium ou entre l’oxygène et. le carbone.
- Le groupement CO3 apparaît donc comme un tout et, comme il est équidistant de 6 atomes de calcium, il est impossible de savoir avec lequel de ces atomes il est lié pour former une molécule. C’est cette remarque qui est la base des nouvelles théories de la constitution des corps solides. Prenons un exemple plus simple que celui du carbonate de chaux dans lequel interviennent 3 espèces d’atomes et considérons le cas du cristal de chlorure de sodium. Nous avons vu (fig. 1) que les atomes de chlore et de sodium alternent régulièrement au sommets d’un empilement cubique, de sorte qu’un atome de sodium a est entouré par 6 atomes de chlore, 1, 2, 3, 4, 5, 6, avec lesquels, lorsque le cristal fondra, il se combinera pour former une molécule Na CL II y a autant de probabilités pour que l’un quelconque des atomes de chlore se combine à l’atome de sodium a, de sorte qu’aucune paire d’atomes dans le cristal ne peut être dite appartenir à la même molécule.
- Pour montrer d’une façon peut-être plus frappante cette absence de structure moléculaire de la matière solide, considérons un cristal de sel gemme composé comme l’indique la figure 5 de deux cubes dont les arêtes comprennent chacune un nombre impair d’atomes. Le cristal total aura donc le même nombre d’atomes de sodium et de chlore, mais si nous le coupons en deux, une moitié renfermera un excès d’atomes de sodium et l’autre un excès d’atomes de chlore. Ainsi donc, par la simple fragmentation d’un cristal suivant un plan de clivage, nous aurions réalisé la délicate opération consistant à couper par des moyens purement mécaniques, une molécule en deux parties. Telle est la conclusion évidemment absurde à laquelle on arrive, le cas d’un solide n’aurait donc aucun sens. Un corps solide cristallisé doit par suite être constitué par
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- 326 LES IDEES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHENOMENES PHYSIQUES
- des atomes disposés de telle sorte, que chacun d’eux soit combiné chimiquement à tous ceux qui l’environnent, ceux-ci à leur tour étant combinés avec les atomes voisins.
- En second lieu, nous voyons que les arrangements des groupes d’atomes ne suivent pas les règles de la valence, mais que chaque atome est combiné avec un plus grand nombre d’atomes que ne le prévoit sa valence chimique ordinaire; ainsi, dans l’exemple précédent, le sodium monovalent partage également sa valence entre 6 atomes de chlore.
- Théories de la constitution chimique. — Ce résultat, pour surprenant qu’il puisse paraître, n’est d’ailleurs pas en contradiction avec les théories récentes sur la constitution des corps chimiques.
- Werner en particulier, en étudiant les corps complexes inorganiques, a été amené à concevoir, à côté de la valence ordinaire, des valences résiduelles ou secondaires. D’après cet auteur, la théorie de la valence, qui a rendu en chimie organique des services immenses, correspond bien pour ces composés à l’arrangement réel des atomes dans la molécule ; il n’en est pas de même en chimie minérale, et, en fait, elle n’a été d’aucun service dans cette branche de la chimie. Bien plus,
- Werner attribue à la notion de valence appliquée à la chimie minérale une influence néfaste et la rend responsable du peu de progrès de nos connaissances au point de vue de la structure des corps inorganiques.
- Si la notion ordinaire de valence rend bien compte de la constitution de corps, tels que Na Cl, H20,K20,S03, etc., elle est en défaut lorsqu’il s’agit d’expliquer la structure de corps plus complexes formés de 3 ou -4 éléments, et surtout des sels doubles et des hydrates.
- Pour Werner et Àbegg, quand 2 éléments se combinent, pour former un composé simple leurs valences « primaires » sont saturées. Mais il existe encore autour de la molécule un champ de force qui lui permet de se combiner avec d’autres molécules, la liaison étant assurée alors par ses valences résiduelles ou secondaires.
- Ainsi, par exemple, le potassium et le sodium forment un composé saturé en ce qui concerne les valences primaires : K20; de même le soufre et l’oxygène donnent SO3. Mais c’est grâce à leurs valences secondaires que ces corps se combinent pour donner S03-K20ou S0‘K2 le sulfate dépotasse. Un voit donc, et c’est un fait curieux à signaler au point de vue historique, que la vieille théorie dua-
- liste de Berzélius est en quelque sorte justifiée par les nouvelles conceptions chimiques.
- La structure des cristaux d’après la théorie chimique. — La théorie de Werner a d’ailleurs besoin d’être modifiée légèrement en tenant compte des résultats fournis par l’étude des rayons X : même pour les composés du premier ordre comme NaCl, les règles ordinaires de la valence ne s’appliquent plus, et les valences résiduelles entrent enjeu non seulement dans le cas des composés complexes, mais encore dans la formation des cristaux.
- Quand deux atomes monovalents se combinent pour former une molécule gazeuse, ils sont liés par leurs valences primaires (Na et Cl par exemple à haute température), mais s’ils donnent un cristal les valences résiduelles ou secondaires entrent en jeu. Ainsi dans NaCl cristallisé, ce ne sont pas les valences primaires saturées par la combinaison chimique qui agissent, pour donner au cristal sa structure régulière, mais bien les valences secondaires.
- Si, dans certains cas, ces valences résiduelles sont chimiquement peu actives, comme dans le méthane, il en est d’autres où elles ont une puissance de réaction absolument comparable à celle des valences primaires, K2O et SO5, par exemple. La chimie ne peut donc logiquement être limitée à l’étude d’une seule de ces espèces de valences. 11 faut d’ailleurs signaler une distinction importante : si le méthane est condensé puis vaporisé, il est certain, d’après des considérations purement chimiques qu’aucun des atomes d’hydrogène n’a été séparé de l’atome de carbone auquel il est combiné. L’individualité de la molécule originale a été respectée, pourrait-on dire, même lorsque le méthane était à l’état solide.
- D’autre part, quand un cristal de chlorure de sodium est évaporé, un atome de sodium quitte la surface du cristal avec l’un quelconque des 4 atomes de chlore qui l’avoisinnent pour former une molécule gazeuse de sel. 11 n’y a que peu de chances pour que l’atome de chlore avec lequel il se combine soit le même que celui avec lequel il était lié chimiquement avant que le cristal n’ait été formé. L’individualité de la molécule n’existe plus.
- Parler de molécules à l’état solide ou, même à l’état liquide, n’a donc aucun sens et c’est la première conclusion inattendue des nouvelles recherches sur la constitution de la matière. Nous verrons, dans un prochain article, d’autres conséquences non moins remarquables. H. Vigneron.
- Fig. 5. — Le placement des atomes dans un cristal de sel gemme. -,
- Les cercles blancs représentent les atomes de sodium.
- Les cercles noirs, les atomes de chlore.
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- LES AMÉNAGEMENTS DE LA GARE DE VERSAILLES-CHANTIERS
- Les voyageurs qui gagnent Paris par les lignes de Bretagne, peuvent constater une activité intense aux approches de Versailles. Parfois de longs arrêts leur sont imposés, qui leur permettent d’admirer à loisir le panorama majestueux du Château de Versailles, et aussi de s’intéresser aux travaux plus modernes qui s’exécutent sur la voie ferrée ; ils ont alors sous les yeux l’exemple de la transformation complète d’une gare, maintenue néanmoins en pleine activité.
- Depuis de longues années, la gare de Versailles-Chantiers était citée à juste titre comme l’une des plus incommodes et des plus mal adaptées à l’intensité du trafic actuel. Depuis sa construction, qui date de près d’un demi-siècle, c’est : à peine si quelques transformations avaient été tentées, avec plus ou moins de bonheur, comme par exemple la création des halls de grande et de petite vitesse, réunis l’un à l’autre par deux voies qui traversent
- dustrislle, n’en fait pas une gare de marchandises bien active, elle constitue par contre un nœud de voies ferrées de première importance (fig. 1).
- A proximité de la grosse gare de triage des Matelots, à laquelle elle sert de porte d’entrée pour tous les trains venant de la Ceinture-sud ou de Paris, elle dessert en outre les grandes lignes de Paris-Granville, Paris-Bennes et Brest, Paris-Angers par Le Mans, et Paris-Bordeaux par Saumur et Niort. Les régions traversées par ces lignes sont des plus importantes pour le ravitaillement de la Capitale en lait et beurre, en viande, en légumes, en céréales ; elles sont en outre de celles que les Parisiens affectionnent pour leurs villégiatures d’été, en sorte que la Gare des Chantiers voit passer quotidiennement de 100 à 120 trains dans les deux sens. Les difficultés dues à ce gros trafic sont encore augmentées du fait que ces trains ne sont pas répartis également sur tout le cours de la journée,
- Mantes
- f Paris-Montparnasse
- Dfieux. Gnan ville
- Fig. /. — Le nœud de voies jerrèes de la gare de Versailles-Chantiers.
- Gare de Triagi des Matelots
- ^ \ Carrefour de la
- Gare des \ \Patfce ___________
- Chantiers \\ /fi-------------
- butte deGoberi \>VfWde
- Pont de Pont de
- .pierre pierre
- Pont de.
- pierre
- Ceinture et G^ügnes
- Tunnel
- / /'Déviation / /provisoire
- vers Sato/y
- Gare de Triage des Matelots
- Carrefour de la Fkte dÜie
- Gare des Chantiers
- icien Fbnt
- /Nouveau font Nouveau fol ,en riment en ciment
- ancien tunnel
- de pierre
- Petit Tunnel
- Nouveau tunnel
- vers Sato/y
- Fig. 2. — Schéma simplifié des voies aux approches de Versailles entre la gare des Chantiers
- et celle des Matelots.
- En haut : état ancien. — En bas : état nouveau.
- la place publique, rendant les abords de la gare aussi mal commodes et désagréables que possible.
- Si la gare des Chantiers n’est pas très fréquentée par les voyageurs qui empruntent plus volontiers les deux autres gares desservant Versailles, si le caractère même de la ville, plus bourgeoise qu’in-
- mais arrivent par paquets, la nuit pour les trains de marchandises, le matin et le soir pour les grands express venant de Paris ou y retournant.
- Un tel trafic exigerait une gare vaste, bien organisée, pourvue de nombreuses voies de garage et de dégagement.
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- LES AMÉNAGEMENTS DE LA GARE DE VERSAILLES-CHANTIERS
- Or la gare des Chantiers, étranglée entre son tunnel et le Pont de la Palte-d’Oie, aligne tout juste trois quais dont le plus long n’atteint pas 200 m.,
- si bien que chaque express doit exécuter une manœuvre pour amener successivement en face du quai les voitures de tête et les voitures de queue; pendant ce temps l’une de ses extrémités stationne sur les aiguilles, interdisant à tout autre train l’entrée de la gare.
- Rien d'étonnant alors à ce que l’embouteillage y soit passé à l’état permanent malgré toute la bonne volonté et les efforts du personnel, et à ce que la plupart des trains sur les lignes de Montparnasse et des Invalides y subissent de gros retards.
- Une telle situation préoccupe depuis longtemps l’Administration des Chemins de Fer de l’État, et si elle s’est prolongée jusqu’à maintenant, on le doit à la position particulièrement défavorable de la gare, serrée entre la ville et la colline de Gobert, si bien qu’elle doit pour s’agrandir, ou bien creuser celle-ci, ou bien lancer des ponts au-dessus des rues qui l’entourent. Le désir de « ne pas faire les choses à moitié » a conduit à les laisser en fâcheux état pendant longtemps, jusqu’au jour où un vaste projet — corollaire du projet d’électrification des lignes de banlieue — fut adopté et reçut un commencement d’exécution. Mais on venait à peine d’achever les culées des ponts de la Patte-d’Oie, que la guerre éclata.
- Pendant quatre ans tout travail fut suspendu, lorsqu’au mois d’août 1918, le Ministère de la guerre donna l’ordre d’entreprendre de nouveaux
- travaux qui furent alors poussés activement.
- Ces travaux ne comportaient pas la réalisation complète du projet primitif, mais ils en tenaient compte de manière à ne pas l’entraver. Ils se proposaient un but bien défini : faciliter les relations du Centre de la France vers les Armées, en utilisant le Chemin de fer de Ceinture et la Gare de Triage des Matelots.
- La figure 2.montre que jusqu’alors les trains venant de la Grande Ceinture devaient, pour atteindre la Gare des Matelots, croiser et emprunter pendant un parcours de plus de deux kilomètres la ligne des grands express, et cette nécessité n’était pas une des moindres causes d’encombrement et d’acidents.
- L’idée directrice du projet fut donc de supprimer cette obligation en exécutant les travaux suivants :
- 1° Lancement de deux nouveaux ponts à l’extrémité est de la gare.
- 2° Percement d’un second tunnel permettant de porter à quatre le nombre des voies entre Versailles et Saint-Cyr.
- 3° Passage de la voie Ceinture-Matelots sous la voie Versailles^Chartres.
- Rapidement conduits ces travaux devaient être terminés pour la campagne éventuelle du printemps 1918.
- Les deux nouveaux ponts de la Patte-d’Oie sont du type Bonnet-Schneider semi-permanent, l’un en une seule travée de 35 m., l’autre en deux travées
- ayant respectivement 30 m. et 27,50 m. Ils seront remplacés ultérieurement par des ponts permanents plus larges, leur étroitesse étant une gêne pour le
- Fig. 3.— Construction d’une pile en béton au pont de la Patte-d’Oie.
- Fig. 4. — Lancement de l’un des ponts de la Patte-d’Oie par des équipes de sapeurs de chemins de fer.
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- LES AMÉNAGEMENTS DE LA GARE DE VERSAILLES-CHANTIERS
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- personnel et pouvant constituer un danger pour les voyageurs imprudents. La figure 3 montre la construction d’une des piles en ciment armé avec coffrage métallique. La figure 4, prise le jour même de l’armistice, montre le lancement de l’un des ponts par une section de sapeurs du 5e régiment du Génie, munie du nouveau matériel perfectionné, avec wagon atelier à4 rivetage pneumatique.
- Ces deux ponts offrent aux trains venant de la Grande-Ceinture, un accès indépendant à la Gare des Chantiers.
- Le tunnel de la Butte à Gobert, commencé en septembre, est actuellement complètement terminé depuis le mois de mai. Son percement se fit sans incident dans un terrain sablonneux. Toutefois, on constata quelque temps après l’achèvement une fissure de 80 m. de long, due à la poussée latérale des terres, à laquelle on remédia en coulant du côté opposé une forte épaisseur de béton. En retrait sur l’ancien (fig. 6), le nouveau tunnel le dépasse à l’extrémité ouest, de sorte que sa longueur est au total plus considérable, et atteint 170 mètres.
- L’élargissement de la tranchée à la sortie du tunnel donna lieu à divers travaux accessoires de déblaiement et à l’édification de vastes murs de soutènement en béton. Elle obligea en outre à la reconstruction de deux grands ponts en ciment
- mettre la destruction et la réfection de l’ancien pont.
- Enfin la tranchée couverte pour le passage en
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- Fig. 6. — L’ancien tunnel (à droite) et le nouveau (à gauche).
- armé et au percement d’un autre petit tunnel de 40 mètres de long sous la route de Satory; on a dû dévier provisoirement celle-ci pour per-1
- Fig. 5. — Dégagement de Ventrée du nouveau tunnel.
- dessous de la ligne de Ceinture, voisine de la Gare des Matelots, est longue de 100 m. et garnie de revêtements en béton.
- On, peut constater, à l’occasion de ces travaux, l’importance que le ciment et le béton armés ont pris dans la construction des travaux d’art des voies ferrées. La pierre a presque complètement disparu, et le inétal lui-même, rare à l’heure actuelle, se voit remplacé bien souvent par le ciment.
- Quelques chiffres, pour terminer, donneront une idée de l’importance des travaux entrepris. Jusqu’à l’Armistice, c’est-à-dire pendant cinq mois environ, 1500 ouvriers, mineurs en sursis, sapeurs du Génie, ou travailleurs italiens étaient en chantier. Depuis, leur nombre a été réduit progressivement de moitié, l’urgence des travaux se faisant sentir moins impérieusement.
- Quant aux dépenses, elles dépassent déjà 12 millions de francs, alors que le projet d’avant-guerre, beaucoup plus vaste, n’en devait atteindre que 13. Personne ne s’étonnera de celte augmentation devant le coût.croissant de la vie, l’élévation des salaires, et la réduction des heures de travail.
- Mais on ne regrettera pas non plus les frais occasionnés par des travaux depuis longtemps indispensables, et qui mettront fin à une situation lamentable et a des retards quotidiens sur une importante voie de ravitaillement de la Capitale.
- La crise des transports ne sera conjurée vrai-' ment que par un ensemble de travaux de grande envergure, largement conçus et rapidement exécutés.
- J. de Lens.
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- UN LABORATOIRE SIDÉRURGIQUE MODERNE
- LE LABORATOIRE DES ACIÉRIES D’IMPHY
- Le rôle du laboratoire. — L’étude scientifique des alliages métalliques — L’analyse thermique et la détermination des propriétés physiques des alliages. — La dilatation des alliages. La trempe de l’acier.
- Situées loin des mines de fer et de charbon, les aciéries d’Lmphy, de la Société de Commentry-Fourchambault-Deeazeville, ont, depuis longtemps, renoncé à fabriquer le fer et les aciers communs et orienté leur activité vers la production des aciers fins et des alliages très spéciaux.
- Dès 1894, sous la direction de M. Werth, Imphy mettait au point l’acier à 25 pour 100 de nickel, amagnétique, inoxydable, tenace sans fragilité, qui a joué un rôle important dans la réfection de notre matériel d’artillerie; les recherches de M. Ch.-Éd. Guillaume, entreprises en 1896 avec la coopération des aciéries d’imphy, ont abouti à la découverte des propriétés singulières et remarquablement fécondes des férro-nickels à hautes teneurs; c’est à l'aidélî’alliages' fondus à Imphy, suivant des données très précises, que M. L. Guillet a pu établir un premier classement rationnel des aciers spéciaux, et déterminer le rôle des principaux éléments d’addition; enfin, l’étude théorique des alliages, principalement des ferro-nickels, entreprise vers 1896, par M. L. Dumas au laboratoire même de la Société de Commentry-Fourchambault, s’est poursuivie sans interruption. De ces recherches, conduites d’une manière particulièrement active pendant les dernières années, sont issus un grand nombre d’alliages, doués de qualités très spéciales, utilisés dans les sciences, la métrologie, l’horlogerie, les fabrications de guerre, les arts mécaniques, etc. Cette métallurgie de précision assigne aux Aciéries d’imphy une place à part parmi les usines sidérurgiques.
- Une telle fabrication requiert un service de recherche et de contrôle très développé, c’est-à-dire un laboratoire largement outillé, doté de ressources étendues.
- Celui d’imphy possède les installations communes à tous les laboratoires sidérurgiques modernes, et dont M. Cornu-Thénard a donné la description (1). Nous n’y reviendrons pas, et nous consacrerons cet article à l’exposé des méthodes et des dispositifs spéciaux, créés pour l’étude des alliages de précision, à l’exception toutefois de la micrographie et de la macrographie, déjà décrites et souvent mentionnées dans ce Recueil. Mais il nous paraît nécessaire, auparavant, de caractériser, dans ses aspects généraux, le rôle du laboratoire de recherches, con-, sidéré comme guide des fabrications.
- Le rôle industriel du laboratoire. — Dans la création de tout produit industriel, on peut distin-
- 1. A. Cornd-Thénard. — Les laboratoires sidérurgiques modernes [La Nature, juin 1918).
- guer trois étapes : les recherches, la mise au point et l’organisation de la fabrication courante.
- Les travaux de recherche, base nécessaire de toute fabrication qui veut sortir de l’empirisme, sont presque exclusivement du domaine du laboratoire, et leurs méthodes sonGcelles de la science pure. Dirigées surtout vers l’extension et le perfectionnement de la métallurgie de précision, les recherches poursuivies à Imphy comportent une étude systématique des alliages de toutes compositions, dans toutes les conditions possibles.
- Quand il s’agit de résoudre un problème industriel, c’est-à-dire de créer un métal doué d’un ensemble de qualités, parfois peu compatibles, on fait précisément appel aux résultats de ces recherches. Chacune des propriétés requises est réalisée, à un certain degré, dans certains groupes d’alliages : en traçant les points communs aux différents groupes, on circonscrit le domaine hors duquel il est illogique de chercher la solution. Plus les recherches seront étendues et précises, moins nombreux et mieux guidés seront les tâtonnements nécessaires à la mise au point définitive de l’alliage.
- Ces essais méthodiques de mise au point, sont effectués à l’atelier; mais s’ils utilisent les outils et les méthodes de l'industrie, leur plan demeure rigoureusement scientifique; le plus souvent, d’ailleurs, ils sont dirigés par le laboratoire.
- Entre tous les alliages qui remplissent, au même degré, les conditions imposées, le choix est fixé par des considérations de sécurité et d’économie. Pour obtenir un métal facile à reproduire, on doit déterminer la proportion des éléments essentiels, de manière à atténuer, dans la plus large mesure, l’influence des impuretés inévitables ou des petits écarts accidentels de composition. Il faut, en second lieu, réaliser un alliage facile à élaborer, à mouler, à forger, etc. Enfin, le coût des matières premières, les frais de fusion et de transformation, doivent être aussi réduits que possible. On conçoit donc la nécessité de nombreux essais, parfois même de nouvelles recherches, pour éliminer systématiquement toutes les difficultés, pour déterminer la valeur optima des différents facteurs de la fabrication, pour transformer, en un mot, la conception a priori en une œuvre vivante. Seule la méthode scientifique peut conduire au but sûrement et en peu de temps.
- Le produit industriel étant créé, il faut assurer à la fabrication une marche normale, prévenir les défauts, éviter les échecs. C’est le but des essais de contrôle, chargés de signaler les déviations et de * classer, d’après leur valeur commerciale, les alliages
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- UN LABORATOIRE SIDÉRURGIQUE MODERNE —==~ 331
- fabriqués. Les essais de contrôle sont tout différents, par leur esprit et leur méthode, des essais de recherche; ceux-ci sont lents, minutieux et précis, parce qu’il ne faut laisser aucun point obscur du domaine qu'on explore; ceux-là s’adressent à des faits déjà connus; ils ont rarement besoin d’une précision élevée, mais leur exécution doit être rapide et commode.
- Ainsi se trouve défini le triple rôle du laboratoire industriel. Dans les lignes qui vont suivre, nous parlerons seulement des essais de recherche, les plus intéressants par leur précision et la valeur scientifique de leurs résultats. D’ailleurs, les essais effectués pour le contrôle ne diffèrent, en général, des premiers que par une technique expérimentale plus simple et des procédés de mesures plus industriels.
- Les travaux de recherches.— Déterminer avec précision la constitution et les propriétés essentielles des principaux alliages de fer, de nickel, de cobalt, de manganèse, de chrome, etc., définir le rôle particulier de chaque composant, étudier l’action de la température, des efforts mécaniques, etc., interpréter enfin les faits expérimentaux et les traduire en lois générales, tel est le but des travaux de recherches poursuivis dans un laboratoire sidérurgique.
- Les matériaux ainsi accumulés et classés par une patiente méthode servent, à leur tour, de guide pour les nouvelles études et de base pour les applications. A ce double point de vue, leur valeur est en raison de leur exactitude et de leur étendue; aussi Je programme qui vient d’être exposé est-il très vaste, et, pour ainsi dire, plusieurs fois illimité.
- Il faut, en effet, mener de front l’étude des principales propriétés physiques et physico-chimiques des alliages, aussi bien pour en édifier la théorie, qu’en prévision des applications. En outre, même dans le cas d’un petit nombre de composants, l’étude de l’action spécifique de chacun d’eux impose la réalisation et l’examen de nombreux alliages d’essai. Enfin, les phénomènes qui se manifestent dans les solides, les métaux en particulier, sont généralement très complexes: l’existence d’une loi simple, suffisamment exacte, constitue une véritable exception. Aussi, dans les cas fréquents où interviennent les actions parasites de l’hystérésis, de la réactivité, etc., doit-on multiplier les expériences pour acquérir une connaissance, même superficielle, des phénomènes réels.
- Cependant, les questions posées par l’industrie demandent, presque toujours, une prompte solution. Précision et étendue d’une part, rapidité de l’autre, sont des exigences difficilement compatibles. Il faut, pour les concilier, une organisation convenable, un outillage spécial, des méthodes d’investigation rapides et sûres.
- En outre, pour que les résultats obtenus aient un caractère fondamental, les recherches doivent
- porter sur des alliages très purs, préparés dans des conditions strictement déterminées. De faibles quantités d’impuretés, comme de légères variations de la température d’élaboration, affectent, en effet, d’une manière parfois notable, toutes les propriétés des métaux; aussi, faut-il éliminer ces causes perturbatrices, sous peine d’engager les études dans une voie sans issue.
- Pour la fusion des alliages d’essai, le laboratoire d’Imphy utilise un four électrique à arc et un four à creusets chauffé à l’huile lourde; ces appareils permettent de préparer par petites quantités (10 à 25 kg), avec toute la précision désirable, les aciers spéciaux de toutes compositions.
- Les alliages ainsi fabriqués sont analysés, avec le plus grand soin, à l’aide des méthodes docimasiques les plus précises; nous allons décrire succinctement les principales techniques expérimentales qui servent à l’étude de leurs propriétés physiques et physico-chimiques.
- L’analyse thermique. — Le fer et la plupart des aciers, de nombreux alliages de nickel, de cobalt, de cuivre, etc., éprouvent; quand ils franchissent un certain intervalle de température, un changement notable et relativement brusque de toutes leurs propriétés; en même temps, une manifestation calorifique indique l’existence d’une véritable réaction interne. Ce changement de l’état primitif du métal, en un nouvel état complètement différent, stable dans un autre domaine de température, est appelé transformation allotropique ; il domine toute la technique des alliages, détermine leur traitement thermique et bon nombre de leurs applications.
- L’étude des particularités de la transformation, c’est-à-dire l'analyse thermique, revêt, dans le cas des aciers spéciaux, une importance capitale, comparable à celle de l’analyse chimique ; en effet, comme on le sait depuis longtemps, les températures de trempe, de recuit, etc., sont en relation étroite avec les points de transformation. 11 ne semble pas excessif de rattacher le prodigieux essor de l’industrie des aciers spéciaux aux travaux mémorables d’Osmond et de ses continuateurs, sur l’allotropie des alliages de fer.
- L’analyse thermique est une opération simple en principe. Puisque la transformation affecte toutes les propriétés d’un métal (volume spécifique, résistivité, magnétisme, capacité calorifique, etc.), il suffit de déterminer la variation de l’une d’elles en fonction de la température; et, sur la courbe qui traduit cette variation, le phénomène allotropique se manifeste par une discontinuité, ou tout au moins par une singularité d’allure. En fait, des raisons de commodité expérimentale et la nécessité d’une sensibilité élevée limitent à un petit nombre les méthodes pratiques d’analyse thermique.
- Quani on vise seulement la mesure des températures critiques de transformation, le dispositif utilisé peut être simple et même rudimentaire. Mais indépendamment de l’analyse thermique, le
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- Laboratoire d’Imphy s’est assigné pour but une détermination métrologique, aussi approchée que possible, des principales propriétés physiques des alliages, et l’étude méthodique des effets de la température sur l’ensemble de ces propriétés.
- Pour assurer à ces travaux une exactitude sufft-
- Tige illTlSiiu-.o — ,chantillo7i Aiguille pyromètritpJe
- Fig. i. — Schéma de l’appareil enregistreur des courbes température-temps.
- sanie, nous avons créé des appareils enregistreurs capables d’assurer, avec toute la rigueur désirable, l’exécution simultanée de plusieurs essais : thermique, dilatométrique, magnétique, etc. Tous ces instruments, comme d’ailleurs la majeure partie des appareils de mesure utilisés à Imphy, ont été construits dans l’atelier de précision annexé au laboratoire.
- a) Méthode thermique. — La plus simple et la première en date des méthodes d’analyse thermique consiste à étudier la loi de chauffe et de refroidissement d’un fragment de métal, placé dans une enceinte dont la température varie régulièrement. La transformation qui, au même titre qu’une fusion (ou une solidification) absorbe (ou cède) de la chaleur, tend à retarder la marche normale de la température; elle produit, par conséquent, un palier dans la courbe qui exprime la variation de cette température en fonction du temps.
- Dans le cas des aciers et, sous sa forme primitive, cette méthode n’est guère utilisée, en raison de sa sensibilité restreinte; avec le dispositif sui-
- Çx \r*
- Fig. 2. — Application de la méthode thermique à l'étude d’un acier nickel-chrome.
- C, Cj, courbes température-temps enregistrées; r< r2, courbes dérivées représentant la variation de la vitesse du refroidissement en fonction du temps.
- L’échantillon à étudier est un petit cylindre percé, suivant son axe, d’un canal étroit, dans lequel s’engage à frottement doux, une aiguille d’un alliage spécial appelé Baros (1). La température de l’échantillon est mesurée par la dilatation de cette aiguille, qui, à cause de sa très petite masse, participe à toute les fluctuations thermiques du bloc de métal dans lequel elle est noyée. Les changements de longueur de l’aiguille font pivoter, autour d’un axe vertical XX', un levier optique muni d’un petit miroir concave. L’image ponctuelle, dans ce miroir, d’un point lumineux fixe très brillant, décrit par suite une ligne horizontale dont la longueur est proportionnelle à la dilatation de l’aiguille. Cette image est reçue sur une plaque photographique animée, par un mécanisme d’horlogerie, d’un mouvement uniforme dans le sens vertical; par la combinaison de son mouvement propre avec celui de la plaque, le point-image inscrit la courbe « température-temps » (fig. 2).
- Le pyromètre à dilatation possède une précision très satisfaisante due, en majeure partie, aux qualités du Baros. Ce métal, pratiquement inoxydable, est très rigide aux températures élevées; la loi de sa dilatation est parfaitement réversible et dépourvue d’anomalie; il conserve enfin ses propriétés ini-
- Fig. 3. — Schéma du dilatomètre différentiel enregistreur.
- tiales après des milliers d’essais, poussés jusqu’à 1000° et au delà.
- Mais la qualité essentielle du dispositif décrit réside dans une insensibilité complète aux trépidations, qui rendent si pénibles et parfois si incertaines, les mesures effectuées dans les laboratoires d’usines métallurgiques.
- La méthode thermique est rapide et, par conséquent, précieuse pour débrouiller l’étude d’une question ou contrôler une fabrication. Mais elle ne possède ni la délicatesse ni la précision de la méthode dilatométrique.
- b) Dilatation. — La transformation des aciers et de la plupart des alliages trouble notablement la marche de leur dilatation thermique et, dans la plupart des cas, la grandeur de cette anomalie dépend peu de la rapidité de la chauffe ou du refroidissement. Le recuit, la trempe, Técrouissage affectent aussi la dilatabilité des métaux : leur action, si minime soit-elle, peut toujours être évaluée avec certitude, grâce aux ressources de la métrologie en ce qui concerne les petites variations de longueur.
- On peut donc baser, sur l’étude dilatométrique
- vant, elle fournit cependant d’intéressants résultats
- (fig- !)•
- 1. Le Baros alliage dense et inoxydable, résistant à ['usure, a tout d’abord été employé à la fabrication des poids étalons (£apoj : poids).
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- des métaux, une méthode d’investigation très délicate, tant pour déceler les transformations allotropiques que pour caractériser l’effet des interventions thermiques et mécaniques. Au point de vue pratique, Y Invar, les alliages à dilatation déterminée, etc., sont l’objet d’applications importantes dans les sciences comme dans l’industrie.
- Toutes ces raisons font saisir l’intérêt des expériences dilatométriques étendues à un grand intervalle de température : le DUalomètre différentiel enregistreur a été créé dans ce but.
- Cet appareil, dont le fonctionnement est entièrement automatique, rapporte la dilatation de l’échantillon étudié à celle d’un élalon convenable, porté à la même température. Il inscrit photographiquement une courbe, dont l’ordonnée représenle ainsi la différence de dilatai ion des deux échantillons, tandis que l’abscisse, proportionnelle à la dilatation de l’étalon, constitue l’échelle des températures.
- Ce résultat est obtenu par un dispositif très simple (fig. 5) : le levier optique chargé d’amplifier la dilatation des éprouvettes est pivoté sur trois
- 2oo 3oo 4ào 500 600 ^700 Soo
- Fig. 4. — Dilatation d'un acier à 0,9 pour 100 de carbone.
- C, anomalie de la cèmentite;
- A.c, transformation allotropique à la chauffe;
- Ar, — — au refroidissement.
- pointes pv p3, p-, disposées aux sommets d'un triangle rectangle. Quand, à l’aide d’un four électrique à résistance, on porte les deux éprouvettes à la même température, la pointe pi de Yangle droit et la pointe sont déplacées, perpendiculairement au plan du triangle, de quantités respectivement égales à l’allongement de l’étalon et à celui de l’échantillon Q). La pointe pz conserve un niveau invariable.
- Le miroir concave fixé au levier optique éprouve ainsi un changement d’orientation qui peut se décomposer en deux rotations : l’une, autour de OY, est proportionnelle au déplacement de jv> l’autre, autour de OX, correspond au déplacemeet relatif de p2 par rapport à pv Un faisceau lumineux, émané d’une source ponctuelle et réfléchi par le miroir, participe aux mouvements du levier optique ; et le point-image de la source décrit une courbe enregistrée sur une plaque sensible immobile. Comme
- 1. En toute rigueur, le dilatomètre rapporte la dilatation des éprouvettes à celle de la silice fondue ; mais cette substance possède une dilatabilité si faible, que la correction, d’ailleurs facile à effectuer, n’est qu’une minime fraction de la dilatation du métal.
- on le vérifie sans peine, les coordonnées de cette courbe sont bien la dilatation de l’étalon et la
- 500 600
- Fig. 5. — Dilatation des aciers à hautes teneurs en nickel.
- Les courbes dilatométriques, sensiblement réversibles,
- présentent le coude caractéristique des transformatior s anomales.
- dilatation différentielle des deux barrettes.
- Ainsi que nous l’avons déjà exposé, le baros possède toutes les qualités requises pour permettre à l’étalon de jouer le double rôle d’organe pyrométrique et d’échantillon de comparaison. De plus, la dilatation du baros diffère peu, en moyenne, de celle des alliages de fer ; aussi, tout en conservant aux diagrammes de faibles dimensions, peut-on recourir à une amplification élevée dans le sens des ordonnées, et réaliser, par suite, une haute sensibilité.
- Les diagrammes des figures 4 et 5 montrent comment la forme différentielle des courbes favorise la découverte des très faibles singularités, dont certaines, comme l’Anomalie de la Cèmentite, sont demeurées longtemps inaperçues. Ils font ressortir, en outre, la réversibilité des indications du dilatomètre et la sûreté impeccable des tracés photographiques.
- c) Mécanisme de la trempe. — Les phénomènes
- Fig. 6. — Installation des dilatomètres four l’étude de la trempe des fils.
- de dilatation mettent en jeu des forces tellement considérables qu’on peut demander, aux organes chargés d’en effectuer la mesure, des indications
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- pratiquement instantanées. La méthode dilatomé-trique paraît donc tout indiquée pour analyser le mécanisme physico-chimique de la trempe des aciers, puisque ce traitement comporte des refroidissements extrêmement rapides.
- A cause même de cette rapidité, l’étude expérimentale des transformations de l’acier, au cours de la trempe, offre de nombreuses difficultés, surmontées seulement à une date récente. Pour conserver, pendant toute la durée du refroidissement, la même température en tous ses points, l'échantillon étudié doit être de très petite masse; et, dans ces conditions, la trempe par immersion dans un liquide ne paraît pas offrir des garanties d’uniformité suffisante.
- Le problème a été résolu par l’emploi d’un fil d’acier très fin, porté au rouge par un courant électrique, puis abandonné au refroidissement spontané dans une atmosphère inerte. Suivant la nature du gaz, la chute de température est plus ou moins rapide : dans l’hydrogène, conducteur thermique
- Nous ne pouvons décrire ici, dans leur détail, les expériences de trempe des fils ; mais il parait intéressant d’exposer les principales conclusions de ces recherches récentes.
- 1° La trempe des aciers au carbone, comme celle des aciers spéciaux, résulte du rejet à basse température de la transformation au refroidissement : Ar" (fig. 8); le recuit, au contraire, correspond à une transformation Ar' (fig. 7) effectuée à haute température (600-700°).
- 2° La vitesse de refroidissement, strictement nécessaire pour réaliser la trempe, est d’autant moindre que l’acier est porté à plus haute température au-dessus de Ac, point de transformation à la chauffe. Pour des aciers différents, trempés à partir d’une même température, cette vitesse critique décroît très rapidement au fur et à mesure que la teneur en carbone s’élève;
- o° L’addition, à un acier au carbone, d’une proportion croissante de nickel, de chrome, de tungstène, etc., abaisse la vitesse critique de trempe
- Z
- îoo Zoo 5oo 4bo 500 600
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- ou 900
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- 100 2oo 5op ^q<s' 500 600 700 800
- Fig. 7. — Refroidissement dans l’azote. Recuit : Transformation Ar’ à haute température.
- Fig. 8. — Refroidissement dans l’hydrogène. Trempe : Transformation Ar" à basse température.
- Fig. 7 et 8. — Mécanisme physico-chimique du recuit et de la trempe d’un acier à 5 pour 100 de carbone. Courbes différentie'les de contra ;tioa Aci;r-B.iros; chapiï tiret correspond à 1/20 de seconde.
- relativement excellent, le refroidissement peut être assez prompt pour provoquer la trempe; Vazote, au contraire, meilleur isolant calorifique, laisse généralement l’acier à l’état recuit; par le mélange de ces deux gaz, on réalise une gamme de vitesses parfaitement continue.
- Dans ces conditions expérimentales, les caractéristiques du traitement thermique : température initiale et vitesse de refroidissement sont susceptibles d’une détermination précise ; il suffit d’observer les changements de longueur du fil, pendant le refroidissement, pour caractériser, dans chaque cas, les transformations de l’acier.
- L’appareil établi pour la mise en œuvre de cette méthode n’est autre qu’un dilatomètre différentiel enregistreur, organisé spécialement pour l’étude des fils fins (fig. 6). Il trace photographiquement la courbe de la contraction thermique du fil d’acier, rapportée à celle du fil étalon de baros, porté à la même température initiale et refroidi en même temps (fig. 7 et 8). La vitesse s’inscrit par une interruption périodique du faisceau lumineux, qui divise la courbe de refroidissement en tirets d’égale durée.
- d’une manière continue, mais très rapide : dans le cas des alliages fer-carbone purs, cette vitesse s’exprime en centaines de degrés par seconde ; elle devient plusieurs milliers de fois moindre dans certains aciers « nickel-chrome » appelés irréversibles ou aiilotrempanls. Grâce à leur propriété de tremper par refroidissement lent, ces aciers ont une importance industrielle considérable; il faut recourir, en effet, aux aciers autotrempants, pour constituer les pièces volumineuses qui doivent être trempées à cœur.
- Il n’y a donc pas lieu de maintenir la distinction, établie autrefois, entre les aciers au carbone réversibles et les aciers irréversibles; il y a une continuité parfaite entre ces deux catégories d’alliages, mais, pour passer de l’une à l’autre, il faut franchir une énorme distance sur lechelle des vitesses de refroidissement.
- La détermination précise des conditions de trempe des aciers de toute nuance est une des plus fécondes recherches de laboratoire.
- (4 suivre.) Pierre Ciievenard
- Chef du laboratoire des aciéries d’Imphy, professeur de métallurgie à l’école des mines de Saint-iitienne.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1919.
- Un projet de classification uranographique. — M. Bigourdan rappelle fort justement qu’aucune des classifications proposées tant par Ampère, que par Auguste Comte ou Spencer, n'est parvenue à s’imposer à la majorité des esprits. Que l’on prenne les deux généralement en usage : la décimale ou celle de l’International Catalogue of Scientific Literature, on trouve dans chacune une division topographique, permettant de désigner avec méthode, les diverses régions de notre globe. Pourquoi n’a-t-on réservé aucune place à la division uranographique, qui s’appliquerait, eri particulier, à l’astronomie? Mais pour rendre le projet de M. Bigourdan d’application facile, il y aurait lieu de supprimer les noms des constellations, en prenant comme base, non plus celles de l’Equateur, mais celles de l’Ecliptique, puis de diviser la surface céleste en 12 fuseaux. Un numérotage, substitué aux anciennes appellations : Ariès, Taurus... fixerait pour chaque étoile l’ascension droite et la déclinaison approximative de la constellation correspondante.
- Un système de pointage sur objectifs aériens. — Le plus souvent, qu’il s’agisse d'un canon, d’un projecteur, ou d’un écouleur, la disposition des organes comprend la rotation autour d’un axe vertical (azimut) ou horizontal (site). Mais la vitesse angulaire qu’on doit imprimer au système est susceptible de dépasser celle que le mécanisme de pointage peut donner. — Alors (( l’azimut » devient irréalisable, d’où une zone morte, correspondant justement à celle où, pour une altitude donnée, l’objectif est le plus facile à observer et à atteindre. — Le dispositif, préconisé par M. Bochet, comprend un cadre tournant autour d’un axe fixe horizontal et portant le cylindre qui renferme la lampe et le miroir. Ce cylindre est monté sur un berceau que soutiennent quatre galets,
- et la commande se fait par un poste assez éloigné pour que le pointeur ne souffre en rien de la proximité du faisceau.
- Analyses d’essences allemandes d’aviation. — En constituant un échantillon moyen, à l’aide de six prises d’essais, MM. Chavanne, L.-P. Clerc et L.-J. Simon ont pu fixer ainsi la composition de l’essence employée par l’aviation ennemie : Carbures aromatiques: 10 pour 100. Carbures cycliques saturés, 10 pour 100. Carbures acycliques : 56 pour 100. Ces résultats sont en parfait accord avec ceux que fournirent vingt-deux échantillons isolés et étudiés avec la même méthode qui combine la distillation fractionnée et l’emploi de la T C D, avec l’aniline.
- Une lentille de houille à Port-Gueydon. — Obligé de compter avec l’anthracite et le charbon anglais, "le Nord de l’Afrique française a dù, jusqu’à ces dernières années, exporter non seulement Jes richesses de son sous-sol, mais encore l’alfa, qui se traitait sur le Continent. Le manque de charbon sur les lieux mêmes de la production a paralysé tout développement industriel. Une note de M. Flamand signale la présence d’un gisement, aux environs de Port Gueydon, et la houille, qui n’appartient pas aux grés et marnes de Dellys, mais semble venir de couches profondes, présente la composition suivante : Humidité 1,05 à 1,15. — Cendres; : 57,15 à 55,65. — Mat. volatiles : 8,05 à 12,27. — Carbone fixe et soufre : 57,25 à 49,45. —Son pouvoir calorifique varie de 5960 à 5590 calories.
- Il y aurait un gros intérêt, à l’heure présente, à prolonger les recherches jusqu’aux portes de Tunis.
- Paul B.
- LES BRUITS DU CINÉMA
- J’hésite à écrire « cinéma », alors que ce mot n’est pas encore reçu par l’Académie française, mais je crois que tout le monde comprendra ce néologisme déjà vieux.
- Or, le cinéma, roi du jour, cherche à plaire à ses fidèles, à leur donner le plus possible l’impression de la réalité. La qualité photographique des films y est certes pour beaucoup, autant peut-être que le choix des sujets! Mais aujourd’hui, l’image ne suffit plus, et il n’est guère d’exploitant de cinématographe qui ne fasse appel à l’accompagnement des sons.
- Un piano ou un orchestre ont pour rôle de verser aux oreilles des spectateurs les mélodies traînantes et les airs endiablés qui doivent ajouter à la projection mouvante une atmosphère émotive. Ils y réussissent parfois, quand la pianiste n’entame pas un cake-walk en même temps qu’apparaît la scène la plus terrible du drame, ou qu’un languissant tango n’annonce pas l’entrée fantaisiste de Chariot !
- Mais, généralement, le public n’est pas très sensible à ces nuances et pourvu qu’un flonflon lui masque
- le cliquetis de la machine, l’air et la manière lui importent peu.
- U goûte beaucoup plus ces bruits inattendus qui ajoutent à la réalité de l’écran. Un galop de chevaux, une canonnade, l’arrivée d’un train, ne paraîtraient pas si vrais et ne causeraient pas tant d’émolion si on ne les entendait en même temps qu’on les voit.
- Aussi l’habitude s’est-elle répandue partout d’installer dans la coulisse, derrière l’écran, en dehors du cône de projection, toute une machinerie spéciale destinée à imiter les bruits les plus divers.
- Les procédés d’imitation sont depuis longtemps connus et le théâtre en a tiré de très nombreux effets. Le Châtelet, par exemple, utilise depuis longtemps toutes ces ressources; d’autres, de plus haute tenue, ne les méprisent pas, puisque l’Opéra-Comique introduisit dans le Pardon de Ploërmel de Meyerbeer, sur l’indication du musicien, un fracas de tonnerre obtenu en faisant rouler des gravas dans un tuyau de planches de sapin.
- Au cinéma, où la machinerie est forcément ‘ réduite, la production des bruits doit être rassem
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- LES BRUITS DU CINÉMA
- blée dans un petit espace et ne nécessiter qu’un ou deux, machinistes.
- La pullu’àtion des salles de cinéma a provoqué toute une littérature technique, et c’est dans celle-ci que nous puiserons les indications que nous allons rapporter (l)
- Les accessoires les plus indispensables sont une table de bois sur laquelle on a doué une tôle rouillée, un panier rempli de débris de vaisselle, un timbre de sonnerie, une trompe d’auto, une cloche, un sifflet, etc.
- Veut-on imiter une troupe en marche, au pas cadencé, le figurant se frappe les cuisses en cadence
- de fonte qu’on roule sur le sol, ou encore une jalousie formée de douves de tonneau alternant avec des plaques de plomb qu’on laisse tomber.
- Le vent n’a besoin que d’une sirène appropriée ou d’un cylindre de toile métallique fine tournant, en frottant contre un archet d’acier. La pluie, la grêle, les cascades, le bruit de la mer sont représentés par des petits pois ou des grains de riz tombant sur les tôles d’un conduit à chicanes.
- Ajoutons-y les cloches, remplacées par des tubes ou des barres métalliques sonores, les trains en marche par une tôle rouillée que frotte une brosse métallique, etc.
- Fig. i. — Une installation proposée en Amérique.
- avec les paumes des mains; plusieurs figurants ajoutent beaucoup à l’illusion.
- Pour le pas des chevaux, le mieux est de se servir de moitiés de noix de coco évidées qu’on frappe en cadence, soit sur une plaque de marbre si le sol est dur, soit sur une couche d’argile séchée si le terrain doit être sablonneux.
- La canonnade sera très bien représentée par la grosse caissa, sa peau détendue si le combat est lointain, la peau tendue et doublée d’une plaque de tôle pour les tirs proches.
- La fusillade nécessite un petit matelas de crin recouvert de toile cirée qu’on frappe avec des joncs. Une grosse crécelle suffit pour le déchirement de la mitrailleuse.
- Le tonnerre se fait au choix avec une plaque de tôle qu’on agite, ou la grosse caisse, ou un boulet
- 1. Les bruits de coulisse au cinéma, par M. S. de Serk, Charles Mendel, éditeur, Paris.
- L’ « accessoiriste » du cinéma peut trouver dans son ingéniosité mille autres imitations et les réussir à merveille.
- Mais tout se perfectionne, et en attendant que le phono-cinéma rende la parole aux actions qui se déroulent sur l’écran, voici le dernier cri qui nous arrive d’Amérique. C’est une véritable usine, qu’a imaginée M. Frank Ulo, de Dallas (Texas) et que nous fait connaître Popular Science Monlhly. La scène derrière l’écran est transformée en un atelier, plein d’appareils commandes électriquement. Un « chef de bruits », placé dans la salle, a devant lui le clavier d’une sorte de piano qui déclanche les divers mouvements. La figure ci-jointe donne une idée de ce nouvel orchestre, qu’il nous semble inutile de décrire plus longuement après ce que nous avons dit de chaque bruit en particulier.
- Verrons-nous un de ces jours cette machinerie sur un des cinémas du boulevard? A. B.
- Le Gérant : C. Masson. — Imprimerie Lahdbe, rue de Kleurus, 9. a Paris.
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- LA NATURE. — N» 2383.
- L’HOACTZIN, SEUL SURVIVANT D’UN
- A QUATRE PATTES
- 29 NOVEMBRE 1919
- ORDRE D’OISEAUX
- L’amabilité de l'American Muséum of Natural llistory, de ta New York Zoological Society et de Miss M. C. Dickerson, directrice de la magnifique revue Natural History, nous permet de présenter a nos lecteurs l’Hoactzin dans éintéressant article suivant et les belles photographies qui le complètent.
- En avril 1881, alors que je collectais des embryons de vertébrés dans l’ile de Marajo, à l'embouchure de l’Amazone, je découvris que les jeunes d'Opisthocomus hoazin sont nettement quadrupèdes. Vers la fin de l’incubation, deux orteils si complets apparaissent à l’extrémité des membres antérieurs (ailes) que j’estimais qu’ils devaient servir en quelque manière après l’éclosion. Un peu après, je vis en effet des oiseaux utilisant ces orteils d’une façon très significative.
- L’oiseau adulte est connu depuis longtemps dans la science. Dans le bas Amazone, il est désigné par son nom portugais, cigana; il y a aussi une longue liste de noms locaux, autant que de tribus'indiennes du bassin de l’Amazone ayant un langage distinct. L’espèce est généralement connue sous le nom d’ « hoaclzin ». L’adulte est d’une taille telle et son habitat est si visible qu’il n’a pu échapper à aucun de ceux qui ont voyagé le long de l’Amazone. Mais le remarquable caractère de qua-dupède des jeunes n’apas encore été signalé.
- L’hoactzin a-dulte rappelle, par la taille et par l’aspect, le faisan, bien qu’il n’ait aucune parenté avec cet oiseau. 11 n’y a pas d’espèce voisine vivante et il est le seul survivant de l’ordre des Opis-hocomi dont les géologues ont trouvé des représentants fossiles.
- L’hoactzin peut être décrit brièvement comme un oiseau ressemblant à un faisan, de 50 à 60 cm. de bout en bout, d’une coloration très terne, en dessus, d’un rouge brun taché de chamois sale en
- dessous. L’hoactzin est grégaire. Son habitat sur le bas Amazone est limité par une seule plante, Caladium arborescens, appelée par les indigènes aninga.
- Cette plante est une haute aroïdée amphibie qui a de grandes feuilles en forme de cœur, des fleurs comme celles du calla et des fruits rappelant les pommes de pin; elle atteint souvent 4 m. 50, mais sa taille moyenne est de 2 m .40 ; elle forme des masses denses sur les bords bas et boueux des îles et des ruisseaux, s’avançant souvent sur plusieurs mètres de vase.
- Imaginez une large haie d’aningas aux branchés vigoureuses, avec une vingtaine ou plus d’hoaetzins éparpillés au sommet, perchés sur les tiges, mangeant les feuilles ou voletant en sifflant, vous aurez une idée de cet étrange oiseau dans son habitat. Je ne l’ai jamais vu de jour sur le sol. Bienqüe la feuille de l’aninga soit frêle et flexible, l’hoactzin semble la préférer h toute autre. L’oiseau construit
- son nid de branchages et autres substances végétales sur les sommets d’aningas et les plantes grimpantes qui courent dans les branches des arbres, sans quitter le bord de l’eau. C’est seulement dans de rares occasions, quand il est tourmenté par ses voisins, qu’il s’aventure dans la forêt, à peü de distance des a-ningas. Il pose sa poitrine sur la tige qui se courbe, puis siffle et oscille, ailes et queue éployées, jusqu’à ce que l’aninga cesse de balancer. L’habitude de s’appuyer sur la poitrine y a provoqué un épaississement de la peau et la formation d’une
- 22. -• 557.
- Fig. 2. — L’aninga, habitat de l’hoactzin.
- 47" Année
- 2" Semestre-
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- L’HOACTZIN
- Fig, 3. — Le nid au-dessus de l’eau. .
- callosité fortement fixée à l’os. Je n’ai jamais vu d’hoactzin voler plus loin qu’à travers un étroit ruisseau, d’une haie d’aningasà une autre.
- L’hoactzin est un oiseau très querelleur. Quand il manifeste son humeur batailleuse, sa ressemblance avec le faisan disparaît et il se montre alo^ différent de tout autre oiseau. Sa crête parsemée de plumes se dresse, il bat maladroitement des ai^ tout en essayant deconservér son équilibre. Il lance son cou comme s’il étouffait, se contorsionne ridiculement et menace son voisin tout aussi instable dans son équilibre. Quand les oiseaux gesticulent ainsi, ils accompagnent ce bruit du battement de leurs ailes, de sifflements, grognements et cris.
- Il y a des moments où le concert de toute la colonie fait un tapage indescriptible. Parfois ils se livrent tous ensemble aux mélodies les plus lugubres comme si, soudainement, ils pleuraient tous les Opisthocomes éteints. Les périodes de démonstrations unanimes et violentes ont lieu la nuit. On pourrait alors confondre certains de leurs cris avec ceux du jaguar et il m’est arrivé, réveillé par eux, de prendre mon fusil et de me tenir prêt jusqu’à £e que d’autres sons caractéristiques m’aient fait distinguer une bande d’hoactzins.
- Un jour, en juin lors de la dernière expédition, pagayant sur le bas Rio Negro, les indigènes poussèrent notre canot dans la bordure d’un igapo ou forêt submergée. L’eau était visible entre les sommets des
- arbres. Des alligators aux traits durs gargouillèrent, grognèrent et ronflèrent tout en se glissant parmi les têtes d’arbres à demi submergées. D’énormes iguanes, qui se chauffaient et mangeaient en nombre inhabituel sur les plus hautes branches, à 3 ou 6 mètres au-dessus de nous, partirent brusquement et plongèrent, la tête la première, dans l’igapo. Je n’avais jamais été témoin d’un spectacle aussi intéressant donné par des reptiles. Ma curiosité s’accrut de la présence d’hoactzins sifflant et se débattant. Comme je m’occupais des traces reptiliennes qu’on trouve dans l’anatomie des oiseaux, la scène me parut tout à fait démonstrative. J’eus l’impression que j’assistais, avec toute la précision possible, à une scène des âges mésozoïques. Comme j’étais tout entier à ces suggestions, mon attention fut brusquement attirée vers les plus basses branches par un plongeon différent de ceux des iguanes, comme si quelque autre animal avait dégringolé dans l’eau. Tout près de ce point, je vis un jeune hoaclzin assis sur une branche basse. Les indigènes me dirent que c’était un jeune cigana qui avait plongé. Je leur ordonnai d’attraper l’autre que nous voyions, mais il plongea à son tour et disparut. Bientôt, cependant, nous vîmes le premier oiseau émerger et grimper sur une
- Fig. 4. — Les jeunes- hoaclzins sortant du nid.
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- L’HOACTZIN y:- . :..... ' ~r":::.: 339
- branche plongeante et il montait sur quatre pattes. Un Indien le tua et je préparai sa peau. L’oiseau en main, je montrai aux indigènes les pattes antérieures. Us en parurent étonnés, puis, après réflexion,un vieillard dit : « Lesjeunes ciganes grimpent hors de l’eau avec ces pieds-là ». La présence d’orteils aux membres antérieurs lui expliquait un phénomène qui lui était familier mais qui jusqu’alors était resté un mystère pour lui.
- Puisque les membres antérieurs servent à grimper pendant une longue période du développement, on s’explique le très faible pouvoir qu’a l’oiseau de voler, même quand il est a-dulle. Le sternum n’a pas de carène. Il ne semble pas que les jeunes puissent sortir de l’eau autrement qu'en grimpant. Les pieds n'étant pas palmés, il paraît certain que les ailes leur servent à échapper à eurs ennemis beaucoup plus qu’à plonger.
- L’aire géographique’ de l’espèce est considérée comme occupant « les estuaires de l’Amazone, les embouchures de ses affluents inférieurs et de l’Orénoque ». Mes observations la montrent beaucoup plus étendue. J’ai tué l’hoaetzin au Pérou, à 2100 milles de l’embouchure del’Amazone et je l’ai vu encore plus loin, probablement à moins de 350 milles du Pacifique. 11 s’étend donc sur plus de 2000 milles de l’est à l’ouest. Son habitat sur l’Amazone semble correspondre à la surface inondée des rives du grand lleuve et de ses tribulaires. Bien que la saison d’inondation varie beaucoup aux différents points, j’ai trouvé partout l’hoaetzin et partout sa
- période de reproduction coïncide avec l’inondation. Les couvées passent par le stade quadrupède avant que les eaux baissent trop pour supprimer aux jeunes leur retraite contre les dangers. Les conditions relativement inflexibles de la reproduction limitent l’espèce aux bords de l’eau pendant la saison descrues. Elles paraissent même plus restrictives encore, car de toutes mes observations et enquêtes, il résulte que l’oiseau ne quitte pas le bord, même pendant la période des eaux basses. On peut le trouver sur le rivage de tous les cours d’eau et lagunes. Il n’a jamais été vu loin de l’eau, même dans les parties basses des forêts qui sont inondées plus ou moins longtèmps et communiquent avec les cours d’eau. Les hoaclzins n’ont pas de migrations.
- Le pointle plus éloigné de la mer où je vis l’hoac-tzin était presque sec ; il y avait trop peu d’eau pour que les jeunes puissent pion ger. C’était un creux boueux, long d'une porr tée de pierre et large de moins que la moitié. Je le vis la première lois au début des basses eaux; plus tard, il a dù être tout à fuit sec. Mais les couvées de la saison avaient grandi et il n’y avait évidemment pas besoin de plus d’eau jusqu’à là saison des crues suivantes. Plusieurs nids étaient accrochés parmi les branches. Il n’y avait, ni jeunes, ni œufs pour retenir les oiseaux, et cependant ils ne quittaient pas la végétation du bord, même après que j’eus tiré sur eux à plusieurs reprises et de tous côtés. Il me sembla évident que ce creux boueux marquait la place
- Fig. 5. — Altitudes' des jeunes montrant l’utilisation des membres antérieurs pour la marche.
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- d’une ancienne lagune, reliée à l’eau libre par un chenal ôuigarpe, et que, dans le déplacement incessant et rapide des lignes d’eau, de terre et d’arbres du bassin de l’Amazone, cette lagune se comblait à chaque apport des flots. La question se pose de savoir si ces oiseaux pourraient se déplacer ou si, la lagune asséchée; ce petit groupe dépérirait et s’éteindrait.
- L’Amazone coule près de l’équateur et de chaque côté de celui-ci. Aussi son action sur ses rives est d’une grandeur disproportionnée même à sa taille gigantesque. Les pluies suivent le sbleil vers l’un puis l’autre tropique; les affluents du nord et du sud s’enflent alternativement et inondent leurs territoires respectifs. L’immense volume d’eau descendant dans le fleuve d’un seul côté à la fois presse fortement le courant contre la berge opposée et fait même remonter le flot dans les confluents des rivières de l’autre rive, y produisant une véritable marée annuelle. Pendant la crue, de grandes parties de forêts sont déracinées et entraînées; des centaines d’acres (1 acre = 40 ares) sont souvent arrachées en une seule masse linéaire par le courant irrésistible. Parfois, le fleuve est tellement couvert de végétations flottantes résultant de ces dévastations que la navigation est arrêtée ou devient dangereuse pour les petits bâtiments. On peut rencontrer de grandes masses végétales supportant des arbres dressés de taille considérable. 11 n’est pas douteux que ces îles flottantes peuvent transporter des hoa-ctzins d’amont en aval. Ce mélange expliquerait les variations faibles ou nulles de l’espèce dans tout le vaste bassin de l’Amazone. L’aire étendue
- où l’on rencontre l’hoactzin est due sans doute à l’homogénéité, la continuité et l’extension des conditions générales d’habitat et au fréquent entraînement accidentel des oiseaux avec la végétation du bord.
- Une très faible migration d’aval en amont n’est pas impossible. Les variations du fleuve produisent des changements topographiques qui peuvent amener des déplacements des colonies. L’hoactzin, privé de sa demeure dans une catastrophe, peut certainement voler péniblement jusqu’à un autre point. Rien n’indique des migrations régulières, la nourriture étant toujours existante et la saison pluvieuse étant celle de la reproduction.
- La baisse des eaux laisse toujours une surface de boue plus ou moins étendue en dehors de la végétation du bord, si bien que l’eau est loin de l’habitat de l’hoactzin pendant la saison sèche. Je n’ai jamais vu cependant un adulte approcher de l’eau. Il est remarquable qu’un oiseau aussi peu agile, sans défense, dans un habitat si exposé, ait échappé à la destruction, dans un milieu pullulant de pillards puissants et d’ennemis carnassiers. Peut-être un moyen de préservation est-il l’odeur fétide marquée de l’adulte. Les jeunes sont préservés par l’immersion avant d’acquérir l’odeur offensive quand ils approchent de la maturité.
- L’hoactzin est le représentant d’un groupe de vertébrés d’une haute antiquité géologique, caractéristique de la faune sud-américaine. La persistance d’un type si ancien permet de conclure à un long isolement de ce continent.
- Edward M. Brigham.
- UN LABORATOIRE SIDÉRURGIQUE MODERNE (suite)
- LE LABORATOIRE DES ACIÉRIES D’IMPHY
- Les qualités électriques et magnétiques des aciers aux diverses températures. La viscosité des aciers. — Alliages résistant aux acides.
- Nous avons vu dans le précédent numéro de La Nature les services que rendent, dans un laboratoire industriel moderne, les méthodes d’analyse thermique pour étudier les transformations des alliages, et le mécanisme de la trempe.
- Nous allons voir comment on étudie pratiquement les propriétés magnétiques, électriques et mécaniques des alliages métalliques ; la détermination de ces propriétés est également de la plus haute importance pour toutes les applications industrielles.
- Propriétés magnétiques. — Les aciers à haute perméabilité magnétique et les alliages insensibles à l’aimant, les aciers doués d’une forte rémanence et ceux dont l’hystérésis est négligeable, etc., sont l’objet d’applications importantes, et leur fabrication, assez délicate d’ailleurs, requiert une étude minutieuse des propriétés magnétiques des alliages.
- Pour le tracé des courbes cycliques, qui expriment
- la variation de l’aimantation en fonction de la force magnétisante, le dispositif utilisé à Imphy procède de la méthode classique de Rowland. L’échantillon d’acier, longue baguette mince ou anneau de grand diamètre, constitue le noyau d’une sorte de transformateur. L’enroulement primaire est parcouru par un courant dont on peut faire varier brusquement l'intensité ; une bobine d'épreuve, reliée à un galvanomètre balistique, constitue le circuit secondaire.
- Toute variation rapide du courant primaire, c’est-à-dire du champ magnétisant, fait naître un courant instantané dans la bobine d’épreuve; l’aiguille du balistique reçoit une impulsion proportionnelle au changement du flux magnétique qui traverse l’échantillon.
- L’hystérésis magnétique peut être calculée d’après la forme des cycles d’induction ; mais il est plus
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- UN LABORATOIRE SIDÉRURGIQUE MODERNE .. , =: 341
- précis et surtout plus rapide d’en effectuer la mesure directe à l’aide de l’hystérésimètre Blondel.
- L’élégante méthode de M. P. Weiss permet enfin d’étudier, au voisinage de leur saturation magnétique, les alliages spéciaux à très grande perméabilité, qui servent à constituer les pièces polaires des puissants électro-aimants de laboratoire. Le principe en est simple :
- Un ellipsoïde allongé de très petites dimensions, taillé dans un fragment du métal à étudier, est placé dans le champ magnétique intense d'un électro-aimant Weiss. Il tend à se disposer dans la direction des lignes de force ; pour l’écarter de cette position d’équilibre stable, il faut vaincre un couple d’orientation dont un ressort de torsion permet, à tout instant, d’évaluer la grandeur. Pour une certaine valeur de l’angle formé par l’axe de l’ellip soïde et la direction du champ, le couple passe par un maximum, dont la valeur mesure précisément le carré de l’aimantation à saturation du métal examiné.
- Avec de légères variantes, la même méthode
- Fig. i. — Schéma du magnétomètre enregistreur.
- Appareil pour le tracé automatique des courbes “Aimantation-température ”.
- s’applique aux aciers très peu perméables, couramment appelés amagnétiques.
- Le champ d’application des propriétés magnétiques n’est pas restreint aux températures ordinaires et, d’autre part, les changements d’aimantation sont des révélateurs très sensibles des phénomènes de transformation. Aussi l’étude thermomagnélique des alliages offre-t-elle un double intérêt.
- Notre magnétomètre enregistreur inscrit photographiquement la courbe de variation thermique de l’aimantation d’un métal, sous champ constant ; il réalise le dispositif classique de Mme Curie et de M. L. Dumas rendu automatique (fig. 1 et 2).
- Le barreau étudié, court et de petit diamètre, est disposé dans un four électrique à résistance, placé lui-même dans une grosse bobine magnétisante ; celle-ci, parcourue par un courant permanent, crée un champ constant et uniforme dans l’espace occupé par l’échantillon. Sur l’axe de la bobine, à quelque distance de son extrémité, se trouve le magnétomètre, petite aiguille aimantée N' S', sus pendue à un fil sans torsion et orientée, perpendiculairement à l’axe, par un aimant directeur N S.
- Une bobine auxiliaire compensatrice, monfée en série avec la bobine principale, a pour rôle d’annuler l’action de cette dernière sur le magnétomètre
- Fig. 2.
- Installation du magnétomètre enregistreur.
- quand l’échantillon est enlevé. Le barreau, une fois en place, s’aimante sous l’action du champ et fait dévier, d’un angle proportionnel à son moment magnétique, l’aiguille du magnétomètre.
- La température, de son côté, est mesurée par la dilatation d’un tube étalon de baros, à parois minces, qui, renfermant le barreau-échantillon, possède, par suite, la même température que lui. Cette dilatation est amplifiée par un levier optique mobile autour de l’axe horizontal XN'. Le baros étant complètement amagnétique, l’étalon pyrométrique n’exerce aucune inlluence sur l’aiguille aimantée.
- Pour composer les indications du pyromètre et du magnétomètre, l’appareil utilise une combinaison optique bien connue. Un faisceau lumineux réfléchi successivement par le prisme fixe P4, par le prisme P9 lié au levier optique, et par le prisme P3 collé à l’aiguille N' S', vient former une image réelle ponctuelle sur une plaque photographique immobile. Quand on chauffe on laisse refroidir l’échantillon, cette image obéit simultanément aux deux déviations (perpendiculaires entre elles), des prismes P2 et P3; elle inscrit en définitive la courbe « aimantation-température ».
- Le tracé des courbes magnétométriques n’est pas sensiblement affecté par les vibrations du sol ou les
- ioo 2oo 3oc 4oo 300 600 700
- Fig. 3. — Variation thermique de l'aimantation d'un ferro-nickel à 78% de nickel.
- perturbations d’origine magnétique; cette propriété tient à l’amortissement parfait du magnétomètre, à la puissance de l’aimant directeur, et surtout à l’emploi du pyromètre à dilatation.
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- Le graphique de la figure 3 illustre le mode de transformation des substances ferro-magnétiques. Quand la température s’élève, l'aimantation décroît lentement d’abord, puis brusquement au voisinage d’une température appelée « point de Curie » ; au
- /Tige de -Silice t/ ^—TVjbc de .Silice
- Fig. 4.
- Schéma de l’appareil servant à enregistrer la variation thermique des propriétés électriques des métaux.
- Ij: dispositif pour l’étude de la résistivité.
- Il: dispositif pour l’étud; de la force thermoêlectrique.
- delà de ce point, le métal devient sensiblement amagnétique.
- Propriétés électriques. — Les anomalies des propriétés électriques : résistivité et pouvoir thermo-électrique font ressortir, avec une extrême netteté, les changements d’état des métaux. En outre, les alliages à haute résistivité et à faible coefficient de température, les couples thermoélectriques industriels, etc., ont une importance industrielle suffisante pour justifier des recherches étendues dans le domaine des propriétés électriques des alliages.
- Suivant la forme de l’échantillon dont on dispose, on emploie, pour la mesure de la résistivité, l’un des deux dispositifs classiques : pont de Wheatstone ou pont de Kelvin. Le premier convient aux fils dont la résistance métrique est de l’ordre de l'ohm ; l’autre utilise des barreaux gros et courts de quelques microhms seulement de résistance.
- L’appareil enregistreur, représenté dans les figures 12 et 13, sert à déterminer l’action de la température sur la résistivité et sur la force thermo-électrique des métaux. Cet instrument associe un galvanomètre à cadre mobile à un pyromètre à dilatation, utilisant, comme les appareils déjà décrits, une barrette-étalon de Baros. Les déviations de ces deux organes sont composées, dans une courbe à coordonnées rectangulaires, à l’aide d’un dispositif optique semblable, en tous points, à celui du magnétomètre ; l’ordonnée de cette courbe représente, par suite, une quantité électrique ; l’abscisse, proportionnelle à la dilatation de l’étalon de Baros, repère la température.
- Pour mesurer la variation thermique de la résistivité, on prend, comme échantillon, une baguette acb (fig. 4), recourbée en II et placée, au voisinage immédiat du pyromètre, dans un four à résistance
- qui réalise une enceinte de température uniforme. La baguette est parcourue par un courant d’intensité constante, et les deux extrémités a et b sont reliées au cadre mobile. La déviation du galvanomètre mesure ainsi, à toute température, la chute ohmique entre les - deux points a et b, c’est-à-dire, à une constante près, la résistance électrique de la baguette.
- L’élude de la force thermoélectrique est encore plus simple : un fil du métal étudié est soudé à un fil de comparaison de cuivre, de platine, ou de baros, et le couple ainsi constitué est relié aux bornes du galvanomètre (Bj et B2). La soudure du couple est disposée au contact même de l’étalon pyrométrique, condition qui assure l’égalité de leurs températures. Comme le galvanomètre possède une forte résistance, il fournit une déviation constamment proportionnelle à la force électromotrice du couple.
- D’autres instruments, d’un emploi assez exceptionnel, servent à étudier l’action d’une tension, d’une torsion ou d’un champ magnétique sur les propriétés électriques des fils. En particulier, la résistivité de certains alliages est notablement affectée par les déformations mécaniques, même de petite amplitude, et le phénomène obéit à des lois très curieuses.
- Comparaison des résultats fournis par les différentes méthodes d'investigations. •—Pour effectuer l’étude thermique d’un métal et mettre en évidence le détail de ses transformations, il sulfit, à la rigueur, de recourir à l’une des méthodes d’investigation qui viennent d’être exposées. Mais employées de concert, ces méthodes complètent et élayent mutuellement leurs résultats. La réunion, dans un même lableau, des courbes qui traduisent la variation thermique des principales propriétés physiques d’un alliage constitue un document de haute valeur, au double point de vue théorique et pratique.
- Fig. 5. — Appareil pour l'enregistrement de la variation thermique des propriétés électriques des métaux.
- Le diagramme de la figure 6 montre de quelle manière la transformation réversible affecte le magnétisme, la dilatation, les qualités électriques, l’élasticité d’un ferro-nickel à haute teneur. Toutes les courbes révèlent, avec plus ou moins de sensibilité, le mécanisme du changement d’état de l’alliage; loutes présentent, en particulier, au voisinage de 360°, la variation de courbure assez brusque, quoique parfaitement continue, qui caractérise la
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- transformation anormale des substances ferromagnétiques.
- Propriétés mécaniques. — Pour la majorité des usages, la valeur technique d’un alliage est définie avec assez d’exactitude par la composition et l’ensemble des caractéristiques mécaniques : résistance à la traction, limite élastique, module d’élasticité, allongement de rupture, striction, résilience, etc. Aussi l’étude industrielle courante du métal d’une coulée se ramène-t-elle, le plus souvent, à l’analyse chimique et aux essais classiques de traction, de torsion, de dureté, de choc, d’endurance, etc.
- Ces essais mécaniques, actuellement très répandus, sont trop connus pour qu’il soit nécessaire d’en rappeler le mode d’exécution. Mais, dans quelques cas spéciaux, les données qu’ils fournissent expriment d’une manière insuffisante les qualités mécaniques des métaux, et il faut pousser plus loin les invesligations.
- En effet, les différentes caractéristiques mécaniques ne sont pas susceptibles d’une définition physique rigoureuse : leur grandeur dépend de la vitesse d’application des efforts, de la dimension absolue des éprouvettes, etc. De plus, le module d’élasticité et la limite élastique sont définis en admettant l’existence d’un domaine initial de déformations, où le métal est assimilable à un solide parfaitement élastique. Or cette hypothèse ne correspond sensiblement à la réalité que dans des
- Fig. 7. — Schéma du pendule de torsion.
- Deux chevilles de 1er sont incrustées dans le volant de laiton, près de sa périphérie. La ligne qui les joint fait un angle de 45° avec la direction de l’axe commun des deux bobines B, Ba. Quand on envoie dans ces bob.nes un courant de courte durée, les chevilles subissent une attraction qui provoque le lancer du volant.
- conditions particulières, dont il importe de préciser les limites : aux températures élevées, en particulier, elle devient grossièrement erronée.
- Il suffit, pour s’en convaincre, d’étudier le fonctionnement du pendule de torsion. Cet appareil (fig. 7) est conslilué par un volant à grand moment
- jA 2oq/$oo 4°° 5po 600 /oo 3oo 900
- Fig. 6. — Variation thermique des principal propriétés physiques d’un ferro-nickel à 42 °/0 d nickel (les ordonnées de la courbe d'aimantation sont portées en unités arbitraires).
- d’inertie, suspendu à un fil fin du métal étudié; l'extrémité supérieure du fil est solidement fixée à un robuste bâti. Le volant, protégé de l’action de l’air par une cage vitrée, porte un miroir destiné à la mesure optique de ses déplacements angulaires ; un dispositif éleciromagnétique sert à lui communiquer une impulsion initiale de l’extérieur de la cage. Le fil de suspension est placé dans l’axe d’un four électrique à résistance qui permet d’expérimenter à différentes températures.
- Une fois lancé, le pendule effectue une série d’oscillations dont la durée est constante, mais dont l’amplitude diminue graduellement, à peu près comme les termes d’une progression géométrique. Cet amortissement subsiste, en majeure partie, quand on crée le vide dans la cage; il a donc, pour cause essentielle, un frottement intérieur du fil métallique; la grandeur de ce frottement interne est mesurée par le décrément, ou diminution relative de l’amplitude pendant une période.
- Comme l’expérience le constate, le décrément tend vers une valeur finie, parfois notable, quand la durée d’oscillations augmente indéfiniment et quand l’amplitude tend vers zéro. Ce résultat démontre que toute déformation, même infiniment petite et produite à vitesse extrêmement réduite, n est jamais parfaitement élastique.
- Aux températures ordinaires, le frottement interne de la plupart des alliages de fer est très faible, et il faut l’extrême délicatesse des expériences de torsion pour le mettre en évidence. Mais il n’en est plus de même aux températures élevées, où le décrément devient énorme.
- Or, les constructeurs visent à élever la tempé-
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- rature de marche des moteurs thermiques pour en accroître le rendement; les armes à répétition,
- Fig. 8. — Variation en fonction de la température du module de torsion et du décrément d’un acier à o,8 % de carbone.
- C : singularité résultant de la transformation de la cémentite.
- beaucoup de machines industrielles, doivent comporter des organes à la fois très fatigués et fortement chauffés. Il est impossible de répondre à ces exigences avec sécurité, sans une connaissance au moins approchée des lois, extrêmement compliquées, qui régissent les déformations mécaniques des métaux à haute température.
- Les expériences effectuées à l’aide du pendule de torsion permettent d’étudier ces lois dans le cas élémentaire des déformations extrêmement petites. Ces essais précisent le domaine de température où les hypothèses de l’élasticité sont approximativement satisfaites, et où, par suite, on peut définir un module; en outre, d’après les valeurs de la période
- Fig. io. — Extension visqueuse d'un fil d’acier à o,5 °/0 de carbone, supportant une charge de o,5 kg! mm\et maintenu à différentes températures. [OA correspond à la mise en charge).
- d’oscillation aux différentes températures. Ils permettent de calculer la variation thermique de ce
- module (fig. 8). Au-dessus de 300°, pour la plus part des aciers, le frottement interne augmente très rapidement avec la température, et le métal arrive à différer notablement d’un solide élastique.
- Aux températures plus élevées encore, apparaît le phénomène de viscosité. Une barrette d’acier portée au rouge s’allonge d’un mouvement continu sous l’action d’un effort constant qui, si faible soit-il, finit toujours par provoquer la rupture. De solide, le métal est devenu fluide et, dans cet état, l’étude de ses propriétés mécaniques requierl de nouvelles et délicates méthodes expérimentales.
- Le dispositif utilisé à Imphy pour mesurer la déformation visqueuse des alliages essayés à chaud (fig. 9), inscrit, en fonction du temps (sur une plaque photographique animée d’un mouvement uniforme), l’allongement d’un fil chargé d’un poids et maintenu à température constante. Les courbes obtenues (fig. 10) mettent en évidence un fait important : il suffit d’une faible élévation de température pour faire passer le métal de l’état pratiquement solide à l’état nettement mou.
- Fig. q. — Appareil pour l’étude de la viscosité des fils métalliques aux températures élevées.
- Bien qu’à peine ébauchée, l’étude des phénomènes de viscosité a donné d’importants résultats. Elle a précisé les conditions optima de forgeage et de laminage de certains aciers spéciaux, d’une élaboration mécanique particulièrement difficile; la découverte d’alliages conservant leur rigidité au delà du rouge sombre, température à laquelle tous les aciers sont franchement mous, parait ouvrir des horizons nouveaux à la technique des machines thermiques.
- Conclusions. — Au cours de celte rapide description du laboratoire des Aciéries d’Imphy, nous nous sommes efforcé de mettre en lumière la méthode suivie dans ces usines pour la création et le perfectionnement des alliages très spéciaux. Les progrès de la métallurgie de précision sont attendus, non pas d’un hasard heureux couronnant des essais empiriques, mais d’une étude précise de lois qui président à l’association des métaux, et d’une sélection méthodique des alliages, basée sur une étude approfondie de leurs principales propriétés.
- Ces efforts ont déjà porté leurs fruits. A côté de
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- l’Invar, du Baros, de la Platinite, de l’Elinvar^), dont la découverte a couronné les recherches déjà an-ciennesdeM. Guillaume, les usines d’imphy produisent couramment : les aciers à aimants et les ferro-nickels amagnétiques ; des alliages dont le magnétisme varie rapidement et d’une façon réversible, en fonction de la température, au voisinage de la température ambiante; les aciers au nickel de toutes dilatabilités, depuis 0 jusqu’à 20 10~6; les fils à haute résistivité pou/ rhéostats, appareils de chauffage et instruments de mesure ; les couples thermoélectriques industriels; les alliages conservant leur rigidité à très haute température et ceux qui restent sans fragilité à —200°; les ressorts capables de fonctionner au voisinage du rouge; les outils et les alliages résistant à l’usure ; les blindages de coffres-forts inattaquables au chalumeau coupeur; les alliages inaltérables dans l’air numide, dans la vapeur, dans les acides forts, froids ou chauds, etc.
- Les résultats acquis paraissent cependant bien peu de chose vis-à-vis de ce qui reste à découvrir. Le domaine à explorer est immense et grandit
- 1. Platinite : Alliage dont la dilatabilité est à peu près égale à celle du platine, capable de remplacer ce métal dans la fabrication des fils conducteurs des lampes à incandescence.
- Elinvar : Alliage dont le module élastique est sensiblement indépendant de la température, employé à la fabrication des spiraux de montre, etc.
- chaque jour. Chaque question nouvelle soulève une infinité de questions connexes ; la plupart des inventions relatives à la mécanique, la physique, la chimie, imposent au métallurgiste un nouvel effort. Enfin, les solutions obtenues n’ont jamais un caractère définitif; elles doivent être revisées sans cesse, alors que les conceptions des inventeurs se font plus hardies, que les exigences de l’industrie deviennent plus pressantes. Nous avons exposé quelles difficultés fait surgir l’emploi des métaux aux températures élevées ; nous avons démontré à quel point les phénomènes fondamentaux, simples en apparence, sur lesquels repose la théorie de la résistance des matériaux, apparaissent complexes quand on est forcé de regarder les choses de très près.
- La difficulté des nouveaux problèmes techniques ira donc toujours en augmentant. Pour les résoudre, le praticien devra abandonner définitivement les procédés empiriques d’autrefois et recourir aux méthodes scientifiques; les progrès de l’industrie métallurgique résulteront nécessairement d’une collaboration sans cesse plus intime du laboratoire et des services de fabrication.
- C’est cette collaboration que l’on s’est efforcé de réaliser et de constamment resserrer aux Aciéries d’imphy, Les résultats obtenus en sont la meilleure justification. Pierre Chevenard,
- Chef du Laboratoire des Aciéries d’imphy, professeur de métallurgie à l’Ecole des Mines de Saint-Étienne.
- LES SIGNAUX ET LES ACCIDENTS DE CHEMIN DE FER
- La répétition des signaux sur les locomotives.
- Les crocododiles. — Le procédé Augereau par T. S. F.
- Les catastrophes de chemins de fer se succèdent hélas! à un rythme que l’usure du matériel et la moindre expérience du personnel, la mauvaise qualité du charbon et d’autres causes encore ne font qu’accélérer. À-vant la guerre, dans des conditions d’exploitation plus normales, on avait déjà cherché par bien des moyens à se prémunir
- des conséquences de quelques secondes de distraction du mécanicien ou d’un malencontreux nuage de vapeur d’échappement.
- A 90 km à l’heure, un signal, bien visible à
- 500 m. de distance est perceptible parle mécanicien pendant 18 secondes. Si faible que paraisse ce
- délai, il est relativement considérable; pas une voiture ne pourrait circuler dans Paris sans écraser quelqu’un si les conducteurs avaient des distractions de cet ordre de grandeur. Pour eux, il est vrai, le danger de collision est permanent, vu l’intensité de la circulation dans nos rues. Pour le mécanicien de chemins de fer, ce danger est au contraire tout à fait exceptionnel puisque l’horaire est tracé de manière que le trairn trouve la voie
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- LES SIGNAUX ET LES ACCIDENTS DE CHEMIN DE FER
- libre devant lui. D’ailleurs le mécanicien a d’autres préoccupations que celles d’observer la route ; il doit veiller à la conduite du feu, au graissage des organes de la machine, etc. C’est ce qui explique
- Fig. 2. — Pédales et pendentifs.
- que des défaillances se produisent quelquefois.
- La situation actuelle. — Sur le réseau d'Orléans, le signal avancé est toujours muni d’un pétard, si donc le mécanicien franchit ce signal sans l’avoir aperçu l’explosion du pétard le rappelle à la réalité. L’inconvénient du système, c’est que la détonation du pétard n’est pas toujours entendue sur la machine et qu’il faut remplacer le pétard écrasé, opération difficile puisque le signal avancé est à grande distance de la gare ou du poste qu’il protège (*). Des appareils revolvers permettent, il est vrai, d’assurer le remplacement automatique des pétards écrasés; mais ils ne sont pas encore très répandus.
- Sur le réseau du Nord un coup de sifflet retentit automatiquement sur toute machine qui franchit un signal fermé. Le résultat est obtenu au moyen d’un courant électrique qui s’établit entre une brosse métallique placée sous la machine et une feuille de cuivre isolée recouvrant une pièce de bois disposée sur la voie (fig, 1). La fermeture du disque a pour effet de relier la feuille de cuivre à une pile placée au pied du signal. L’aspect qu’offre aux mécaniciens cette pièce de bois dorée par les rayons du soleil lui a valu le nom de « crocodile ». .
- Les autres réseaux ont longtemps hésité à se lancer dans la répétition acoustique des signaux sur les machines ; la principale raison de leur résistance était la crainte d’émousser la vigilance des mécaniciens qui pourraient se fier à un appareil toujours susceptible de rater. Mais la gent tenace des inventeurs a réduit cette objection à néant en imaginant d’enregistrer sur une bande de papier le îonc-
- 1. Contrairement à ce qui se passe sur tous les autres réseaux, le signal avancé, sur le réseau d’Orléans, ne doit pas être franchi par les mécaniciens lor.-qu’il est fermé. C’est ce qui permet de le doubler par un pétard lequel, en principe, ne doit pas être écrasé.
- lionnement de l’appareil acoustique et d’enregistrer sur cette même bande un geste que fera le mécanicien aussitôt qu’il apercevra le signal. En comparant les traces de ces deux enregistrements, il devient très facile de s’assurer si le mécanicien a eu besoin ou non du concours de l’appareil répétiteur pour ol> server le disque.
- L’objection tirée du risque d’émousser la vigilance du personnel élant ainsi écartée, les Compagnies se sont mises à l’œuvre et bien avant la guerre le P.-L.-M., le Midi, l’Est et l’État procédaient à des essais dont l’auteur de ces lignes a rendu compte en tous détails dans les numéros de janvier, février et mars 1911 de la Technique moderne. Il est à déplorer profondément que ces essais n’aient pu être terminés assez tôt avant la mobilisation pour que toutes nos machines fussent pourvues de répétiteurs. Le nombre des accidents qu’eût évités leur emploi est considérable. Le jour où il sera permis d’écrire l’histoire des collisions survenues pendant la guerre et depuis la démobilisation, on sera douloureusement surpris d'apprendre le nombre de vies humaines qu’elles ont coûté. Et la série, hélas! continue.
- Cependant le Ministère des Travaux publics n'a pas cessé de réclamer à cor et à cri l’installation d’avertisseurs enregistreurs de la position des signaux. Les réseaux qui n’en possèdent pas ne sont pas non plus restés inactifs, mais là, comme c’est souvent le cas dans notre pays, la recherche du mieux a encore été la cause de retards bien malencontreux.
- Lorsque l’on s’cst mis à enregistrer sur des bandes de papier le fonctionnement des appareils répétiteurs, notamment du crocodile du Nord, on a constaté qn’il se produisait parfois des ratés et l'on a cherché à les éviter avant d’adopter définitivement tel ou tel système.
- Progrès de la question depuis 1914. —Des progrès notables ont été réalisés, notamment pour 1 éliminer les effets du verglas sur la conductibilité
- Cible souterrain isole
- J I ! 11 r Terre
- Fig. 3. — Crocodile de M. Colas. Brosse et magnéto.
- électrique des feuilles de cuivre. Un inspecteur de la Compagnie du Nord, M. Colas, a eu l’idée ingénieuse de disposer la feuille de cuivre sur un matelas de feutre imbibé de pétrole et de visser dans la feuille quelques boulons filetés qui pénètrent dans le feutre. Le pétrole s’élève alors par capillarité
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- LES SIGNAUX ET LES ACCIDENTS DE CHEMIN DE FER.....— 347
- le long des filets de la vis, se répand en couche extrêmement mince sur la feuille de cuivre et empêche ainsi la formation du verglas, sans nuire à la connexion électrique entre cette feuille et le balai métallique dont les premiers brins, nettoyant le pétrole, permettent ainsi aux suivants de balayer une surface bonne conductrice de l’électricité.
- L’entretien de piles sur la voie ou sur les machines ayant d’autre part soulevé quelques objections, M. Colas a également proposé de remplacer ces piles par une magnéto sur la locomotive. La rencontre de la brosse et du crocodile a alors pour effet non seulement d’établir un contact métallique entre ces organes, mais encore de faire tourner la brosse autour d’un axe horizontal. Ce mouvement de la brosse libère un ressort sous la détente duquel la magnéto émet un courant dans un circuit fermé, établi sur la machine et qui comprend un électroaimant actionnant un style chargé de l’inscription sur la bande de papier des signaux rencontrés ouverts (fig. 3).
- Dans le cas où le signal est fermé, le crocodile se trouve relié à la terre et ferme un deuxième circuit qui s’établit sur la machine à travers un électro actionnant d’une part le sifflet à vapeur et, d’autre part, un second style enregistreur des signaux franchis à l’arrêt.
- Le fonctionnement de ces appareils électro-mécaniques paraît sujet à moins de causes de dérangement que celui des appareils purement électriques.
- Le réseau de l'Etat avait longtemps expérimenté des appareils purement mécaniques fondés sur la rencontre d’un doigt de faible masse disposé sous
- Fig. 5. — Enregistreur de vitesse Flaman sur la L bande duquel vient s'inscrire la position des signaux rencontrés.
- a machine avec une pédale de forme convenable reliée au signal et qui se trouve levée ou abaissée
- suivant que le signal est à l’arrêt ou à voie libre. Dans le premier cas seulement la rencontre se
- Longeron
- \de ta me
- Bail isolé
- Fourrure isolante
- Fig. 4.— Crocodile et brosse de M. Cousin.
- produit; elle a pour effet de dévier le doigt de sa position normale dans laquelle il maintenait bandé un ressort. La détente de ce dernier entraîne alors le fonctionnement d’un sifflet et d’un enregistreur. Divers appareils dus à MM. Yan Braam, Cousin et Augereau (fig. 6) ont répondu parfaitement à ce programme. Des essais prolongés de ces appareils ont donné d'excellents résultats, accusant une très faible proportion dératés, moins d’un sur 400. Néanmoins le réseau n’a pas adopté le système car, avant décision définitive, il était entré en service des locomotives et des wagons dont certaines pièces descendaient à une cote si basse qu’elles eussent rencontré et démoli les pédales. Le réseau a du se résoudre à interdire la pose sur la voie d’aucun organe dépassant de plus de 38 mm la table de roulement, c’est-à-dire le plan horizontal passant par la partie supérieure des rails. Les pédales ne pouvant dépasser cette cote, il devenait très difficile d’assurer d’une manière certaine leur rencontre avec le doigt mobile sans descendre l’extrémité de celui-ci tellement bas qu’il eût infailliblement rencontré toutes sortes d’obstacles susceptibles de l’actionner et par suite d’occasionner des fonctionnements intempestifs du sifflet.
- Avec des crocodiles ne dépassant pas de plus de 38 mm le plan de roulement, les brosses des machines se détérioreraient aussi beaucoup trop rapidement.
- La solution mécaniqùe, si laborieusement mise sur pied par le réseau de l’État, échouait ainsi au moment même où elle allait heureusement aboutir et le réseau ne pouvait pas fonder plus d’espoir sur le crocodile. Rarement la roche Tar-péienne s’est montrée aussi voisine du Capitole.
- Cependant M. Cousin dont la ténacité se montre inlassable ne se découragea pas et il vient d’imaginer un crocodile électrique qui cette fois paraît défier toute critique. C’est un simple contre-rail, dépassant de 3 cm 1/2 seulement le rail de roulement auquel il est fixé par des boulons isolants.
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- La brosse disposée sous la machine chemine à d cm au-dessus du rail, presque complèlement protégée par les roues contre la rencontre de tout obstacle ; i elle vient frotter sur le contre-rail quand elle passe vis-à-vis de lui. Le circuit électrique est alors fermé sur la machine si le contre-rail reçoit du courant (fig, 5).
- Mais le réseau de l'Etat de son côté n’était pas
- système suffisamment rustique pour être applicable à des signaux établis en pleine voie, loin de tout contrôle, et à des locomotives sur lesquelles on ne peut évidemment tolérer que des dispositifs très robustes et peu encombrants. Son principal mérite est d’avoir résolu pratiquement ce double problème.
- Sur la voie, à côté du signal, il installe un poste
- Butée du levier.
- l/êrouilhg.
- 11
- Fig. 6. — Serrure Augereau.
- Lorsque le verrou 2 est soulevé parle noyau de l'èlectro-aimant, le levier 3 dégagé obéit au ressort j et la serrure fonctionne par le jeu des ressorts 7, n et 12; la pièce 10 s’abaisse, ce qui détermine le fonctionnement du sifflet à vapeur et le mouvement du style s est commandé par les déplacements vers la droite du levier l qui entraîne celui du porte-style coudé t.
- resté inactif, car depuis plus de deux ans il avait autorisé M. Augereau à tenter des essais de communication par T. S. F. entre le signal fermé et la machine. Cet inventeur infatigable a réussi à mettrè sur pied une solution basée sur l’emploi des ondes hertziennes et les expériences à grande échelle qui se poursuivent en ce moment même permettent d’augurer un plein succès.
- Voici en quoi consiste cette solution.
- Appareil Augereau pour la répétition par T. S. F. des signaux sur les machines. — M. Augereau a compris qu’il s’agissait .de réaliser un
- rudimentaire de T. S. F. très analogue à celui qui a été employé pendant la guerre sous le nom de Poste d’infanterie et qui se compose essentiellement d’une petite bobine de Ruhmkorff capable de produire une étincelle de 3 cm. sous un courant primaire de 8 volts. Le secondaire de la bobine esi relié d’une part à la terre, de l’autre à un éclateur et à une antenne (simple fil de cuivre d’une quinzaine de mètres disposé parallèlement au sol et à 1 m. 50 au-dessus de celui-ci).
- La pile a l’un de ses pôles à la terre, l’autre est relié à un rail pre'alablément isole' par l’inter-
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- médiaire du fd primaire de la bobine. Entre la pile et la terre se trouve intercalé un commutateur qui, manœuvré par le signal, établit ou rompt la communication avec le sol (fig. 7).
- Il suit de là que le courant primaire ne s’établit dans la bobine qu’à la double condition que le signal soit fermé et que le rail isolé soit mis à la terre, ce qui n’a lieu qu’autant qu’un train passe sur le rail; à cette double condition seulement, le circuit primaire de la bobine sera parcouru par le courant de la pile et des courants induits produits par le trem-bleur détermineront le fonctionnement de l’éclateur et la production d’ondes hertziennes.
- En définitive, le passage du train devant le signal
- pédales (*)• est toutefois transmis très lentement aux commutateurs électriques qu’elles commandent, de telle sorte que le courant ne passera dans le primaire que pendant le temps qu’il faut à la première roue pour franchir l’espace compris entre les deux pédales.
- Le même résultat peut être obtenu à l’aide d’un celai. On sait, en effet, qu’une pilé au sulfate de cuivre de très faible voltage (un seul élément) peut alimenter pendant très longtemps et sans s’épuiser un circuit de voie dans lequel se trouve intercale un relaipeu résistant. Ce relai peut servir à couper normalement le courant dans le primaire. Lorsqu’un I essieu occupe le circuit de voie, le relai se trouve
- Cohéreur
- Pi le de voie
- Ptongem
- Commande du Signa f
- Locomobtvt
- Antenn\[de macbin'i
- Bobine dè RhumkorPF
- interrupteur
- Pédale"
- Sens normal de la marche fiston '
- Fig. 7. — Schéma dit dispositif Augereau pour la répèlition par T. S. F. à bord de la locomotive.
- fermé est la condition nécessaire et suffisante de l’émission de ces ondes.
- Remarquons que cette émission aurait ainsi lieu pendant toute la durée de l’écoulement du train devant le signal, soit pendant plusieurs minutes s’il s’agit d’un long convoi de marchandises à marche lente, alors qu’il suffirait d’une courte émission pour obtenir le résultat cherché. Pour éviter l’usure correspondante des piles qui alimentent le primaire de la bobine, il convient de couper le courant dès que les essieux de la locomotive ont franchi le signal. C’est l’affaire soit de pédales d’économie, soit d’un relai spécial.
- Deux pédales sont placées l’une en amont, l’autre en aval du rail isolé et très près de ce rail sur lequel normalement elles font une petite saillie, ces pédales s’abaissent au passage des roues; l’abaissement de la première détermine l’établissement du circuit primaire dans la bobine de Ruhmkorff tandis que l’abaissement de la seconde produit la rupture du même circuit. Le mouvement de ces
- shunte et cesse d’attirer sa palette, laquelle, sous l’action d’un ressort antagoniste, ferme le circuit de la bobine.
- L’onde hertzienne étant ainsi produite dans des conditions très simples, comment la recueillir sur la machine.
- Dispositif de machine. — Sur la machine, une pile locale de quelques éléments alimente un circuit qui comporte une bobine à plongeur (noyau de fer doux mobile) et un détecteur relié à une antenne. Cette dernière est formée d’un tube de cuivre disposé sur la locomotive à 1 m. 50 du sol.
- Lorsque la machine passe devant le signal, l’antenne de la locomotive passe vis-à-vis et à faible distance de l’antenne du signal et, si ce dernier est fermé, recueille fonde hertzienne qu’il émet. La résistance que le cohéreur oppose normalement au passage du courant de la pile
- 1. On sc sert notamment pour cela de pédales Mors.
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- 350 LES MESURES OFFICIELLES AU SUJET DES SIGNAUX DE CHEMIN DE FER
- locale diminue aussitôt considérablement et le courant atteint dans la bobine une intensité notable qui suffit pour -chasser de bas en haut le noyau. Par ce mouvement le noyau provoque le déclenchement d’un mécanisme (la serrure Augereau) qui, obéissant à un ressort, commande le robinet d’un sifflet à vapeur lequel retentit jusqu’à ce que le mécanicien remette toutes choses en place. En même temps une came delà serrure imprime un léger mouvement de bas en haut à un style spécial qui s’appuie sur la bande de papier de l’enregistreur de vitesse. Ce mouvement fait décrire au style un petit élément de ligne droite perpendiculaire à celle qu’il trace normalement sur la bande de papier. La brisure du tracé normal décèle incontestablement le fonctionnement du sifflet.
- Dès que le mécanicien aperçoit un signal fermé, il doit imprimer au style un mouvement de haut en bas lequel, provoquant une brisure de tracé de sens contraire, témoigne clairement de la vigilance de l'agent.
- Les chemins de fer de l’Etat ont poursuivi malgré la guerre les expériences délicates qui ont été nécessaires pour mettre les appareils Augereau complètement au point. La plupart des signaux de la ligne de Paris à Chartres sont déjà munis de postes émetteurs et une quinzaine de machines vont être munies de postes récepteurs. On va procéder
- incessamment à des essais à outrance en service courant. Dans trois mois il aura été possible de provoquer plus de 100 000 fonctionnements et par suite d’être fixé d’une manière définitive sur le pourcentage des ratés à craindre.
- Il est permis d’espérer que les résultats seront entièrement satisfaisants.
- S il en était autrement, les voyageurs devraient-ils rester exposés au danger que leur fera toujours courir une défaillance du mécanicien? Nous ne le pensons pas, Il existe, en effet, un dispositif dîi à M. Cousin et qui permet d’employer les pétards même auprès des signaux avancés franchissables. U consiste en une sorte de revolver automatique fixé au mât du signal à la hauteur de la cabine du mécanicien. Le noyau d’un électro-aimant, commandé par un circuit (le voie, vient appuyer sur la détente du revolver au moment où le train passe et provoque l’explosion d’une cartouche; mais lorsque le mécanicien a aperçu le signal en temps utile, il lui suffit de tourner un robinet pour faire saillir momentanément hors du gabarit de la machine un levier ad hoc qui vient actionner une pédale de voie, laquelle empêche le circuit de voie de s’établir et de provoquer l’explosion du pétard.
- Un revolver Cousin ainsi agencé est en service depuis douze ans sur le réseau de l’Est. Il a fonctionné plus de 25 000 fois sans aucun raté.
- J. Netter.
- LES MESURES OFFICIELLES AU SUJET DES SIGNAUX DE CHEMIN DE FER
- Comme suite au précédent article, nous croyons utile de reproduire la circulaire que vient de rédiger le Ministre des Travaux publics et qui prescrit des mesures immédiates pour éviter le retour d’accidents aussi meurtriers que celui de Pont-sur-Yonne.
- « A diverses reprises, mes prédécesseurs et moi-même avons insisté de la façon la plus vive auprès des administrations de chemins de fer pour obtenir la mise en application à tous les disques et signaux annonciateurs d’appareils répétiteurs de signaux sur les machines. La solution de ce problème importe au plus haut point pour la sécurité, et, cependant, malgré tous les efforts faits par mon administration auprès des réseaux, ceux-ci, sauf le réseau du Nord, où l’appareil communément appelé « crocodile » est généralisé, sont encore dans la période d’expérimentations et de recherches, bien que divers appareils paraissent suffisamment au point pour pouvoir être mis en service.
- Il est de la plus haute nécessité de faire sans délai un choix définitif. La difficulté de la solution paraît provenir de ce que de nombreuses conditions ont été imposées au fonctionnement de ces appareils. 11 semble que quelques-unes d’entre elles pourraient être simplifiées, de façon à faciliter le choix et à entrer dans le domaine de la pratique. Mais quoi que l’on fasse, la mise en application et la généralisation de ces appareils demandera encore quelques mois. Or, la recrudescence
- des accidents rend la solution particulièrement urgente.
- 11 est donc nécessaire de prendre des mesures immédiates pour tenter de remédier à cette situation, en attendant que des appareils répétiteurs soient mis en fonctionnement et il semble que la solution puisse être trouvée dans l’emploi de pétards pour appuyer les signaux.
- La généralisation de ce moyen d’avertissement à tous les disques et signaux avertisseurs ne laisserait pas de présenter des inconvénients, mais il est possible déjà d’obtenir une très sérieuse amélioration de la sécurité en limitant l’application des pétards aux signaux d’arrêt absolu et aux sémaphores, ainsi qu’aux disques et signaux annonciateurs des bifurcations ou des autres points reconnus dangereux. 11 suffirait alors, pour assurer dans tous les cas la couverture des trains arrêtés en pleine voie par des pétards, sur les lignes munies du block-system, de prescrire la couverture à main des trains par ce moyen lorsqu’ils seront arrêtés à moins de 1000 m. à l’aval des sémaphores, bien qué^ces trains soient déjà couverts par un sémaphore et son annonciateur.
- En conséquence, et sans attendre que.là question de la répétition des signaux soit résolue, je vous invite :
- 1° A doubler par des pétards tous les signaux arrêt absolu, les sémaphores ainsi que les disques avancés et les signaux des bifurcations et des autres points recon-
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- TONNEAUX ET CAISSES EN CARTON
- nus dangereux, à moins que ces signaux ne soient munis d'appareils répétiteurs électriques ou mécaniques;
- 2* A. prescrire la couverture à main, sur les lignes munies du block-system des trains arrêtés à moins de iooo m. du sémaphore qui les protège, au moyen de pétards posés à 1000 m. de ces trains.
- Ces dispositions devront être réalisées et mises en
- application sur votre réseau dans un délai maximum de deux mois.
- J’insiste, d’ailleurs, une fois de plus, pour que les essais des appareils répétiteurs des signaux sur les locomotives soient très activement poursuivis, afin d’aboutir dès le commencement de 1920 à l’installation effective de ces appareils ».
- ERRATUM
- L’aménagement du Rhône français. — Dans l’article publié dans notre numéro 2381 du 15 novembre 1919, p. 309, nous avons indiqué par erreur que la Chambre et le Sénat ont adopté les articles du
- projet de loi présenté par le Gouvernement, au sujet de l’aménagement du fleuve.
- Le projet a bien été voté par la Chambre, il reste en suspens devant le Sénat.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre et de novembre 1919.
- Sur la viscosité dns aciers aux températures élevées. — Reprenant les théories de M. Bouasse, sur le^ métaux du type visqueux, M. Chenavard s’est ingénié, au laboratoire des aciéries d’Imphy, à préciser les conditions du recuit, qui permettraient d’annihiler, dans le cas de l’acier, les tensions créées parla trempe et l’écrouissage, en même temps qu’il recherchait une méthode pour comparer les viscosités, à très haute température, des différents métaux, et cela afin de découvrir des alliages conservant longtemps leur rigidité.
- La note présentée à l’Académie porte sur un acier nickel-chro ne, recuit à- 700J et trempé à l’air.
- Les Levés hydrographiques. — M. J. Yolmat a pu effectuer aux abords de Brest, à l’aide d’un appareil de distance focale 26 cm. et couvrant des plaques 18x24. des expériences de photographie aérienne, soit à altitude élevée, soit au voisinage de la basse mer ou de la mi-marée. Il semble qu’il y ait là un procédé extrêmement pratique non seulement pour déterminer les traits de côte et les détails de planimétrie, mais encore les hauts fonds dangereux et les passes, et qui pourrait bientôt tenir une place importante dans rétablissement des cartes hydrographiques.
- Expériences sur la gravitation . — M. Majorana a
- déjà déterminé l’ordre de grandeur du coefficient d’absorption, par les masses qu’elle traverse, de l’attraction newtonienne. L’expérience qu’il vient de réaliser avec une balance de Ruepprecht confirme ses premiers résultats et fixe à la constante cherchée la valeur 6,18 XlO-12.
- La transformation de l’acide cyanhydrique. — Frappé de la rapidité avec laquelle disparaît l’acide cyanhydrique, au cours des putréfactions, alors que, in vitro, il s’hydrate lentement, M. Chelle a pu étudier l’action qu’exercent sur lui les produits sulfurés et démontré ainsi qu’il ne se transforme pas, comme on l’a souvent écrit, en anhydride carbonique et en ammoniaque, mais bien en acide sulfocyanique.
- La structure du bassin houiller du Gard. — L’étude géologique, commencée par Grand’Eury et Marcel Bertrand, n’a pu être terminée par J. B. Marsant. La Compagnie des Mines de la Grand’Combe l’a confiée, depuis près d’un an,, à MM. Pierre Termier et Georges Friedel. Les premiers résultats acquis par ces savants ont établi les rapports du faisceau de Sainte-Barbe avec les faisceaux du Pradel et les régions particulièrement étudiées, — la Cize, l’Àuzonnet, .Laval et le Mas Dieu — présentent une allure tectonique qui vient confirmer en tous points la conception de Marcel Bertrand.
- TONNEAUX ET CAISSES EN CARTON
- Un procédé nouveau très curieux permet de se procurer rapidement et économiquement les récipients ou emballages appropriés aux besoins : tonneaux, barils, baquets, coffres, seaux, caisses, etc.
- Ce problème a été résolu par une Société américaine qui exploite un brevet tout récent et encore inconnu en France. Pourquoi ne profiterions-nous pas de l’expérience, puisqu’elle donne de bons résultats ?
- Avec des machines simples, dont l’àme est un mandrin déformable, cylindrique ou prismatique, on fabrique des tonneaux ou des caisses en carton, plus résistants que ceux en bois.
- L’âme est formée par une bande de carton enroulée et collée sur le mandrin delà machine (fig. 1) ; les fonds rapportés sont en bois, cloués avec un cercle, munis au besoin d’une ouverture carrée pour permettre le remplissage (fig. 3).
- Ce procédé évite l’emploi de l’acier et utilise des matières premières grossières impropres à la fabrication du papier.
- Malgré cela, les récipients sont parfaitement étanches, aucun tamisage ne se produit, aucune fuite n’est à craindre quand ils sont vernis.
- Ne contenant pas de métal, ils conviennent particulièrement pour le transport de la farine, des
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- TONNEAUX ET CAISSES EN CARTON
- Fig. /.— La machine à faire les tonneaux.
- fruits, légumes, conserves, sucres, confitures, grains, graisses, comme pour les huiles lourdes et les produits chimiques. Enduits de vernis spéciaux, on peut les employer pour le vin, les huiles de table, etc.
- Ces usages que l’on peut étendre montrent à eux seuls l’intérêt de la question : qui ne sait en effet que nous devons fournir les sacs pour le blé que nous achetons à l’étranger?
- Les machines produisent des récipients de dimensions déterminées et très régulières, depuis les petits barils jusqu’aux gros tonneaux à l’usage des raffineurs. Ceux-ci pèsent moins de 22 livres, poids très inférieur à celui des tonneaux de bois, et l’épaisseur varie suivant les besoins.
- Le carton employé revient en Amérique à 40 dollars la tonne, soit environ 50 francs les 100 kilogs.
- Pour l’exportation spécialement, on fabrique des caisses plates faciles à manier et à empiler, ce qui économise de la place. Leur emploi est tout indiqué pour les fruits, légumes, farine, chaux, ciment, etc.
- Elles sont faites d’un seul morceau et l’absence de joints augmente leur solidité; les fonds peuvent être en bois ou en acier.
- Pour le transport des objets de luxe ; gants,
- Fig. 3. — La pose des fonds.
- chaussures, articles de cuir, etc., on emploie surtout les caisses avec fonds d’acier qui diminuent les chances de vol. On peut en faire aussi des harasses pour faïences et cristaux.
- Les essais officiels effectués sur des récipients en carton ont montré que leur résistance atteint jusqu’à 50 fois celle du bois.
- Le bouge d’un tonneau, sans que les fonds soient posés, peut supporter un homme de 100 kilogs (fig. 2). f ' Pour les boîtes rectangulaires, les
- essais de résistance se font dans une sorte de roue hexagonale effectuant une révolution verticale. Des arêtes de bois avec saillies de métal sont ménagées à l’intérieur pour faire subir aux boîtes le dommage que leur causerait en les heurtant le coin d’un lourd récipient. La boîte à l'épreuve tombe 6 fois à chaque révolution.
- Les caisses de carton résistent à 460 chutes. Dans un essai effectué sur une caisse remplie de boîtes de tomates conservées, on a constaté qu’à la 462e chute, une boîte de conserve s’était ouverte et avait coupé la caisse intacte jusque-là.
- Or, les caisses de bois placées dans les mêmes conditions se trouvent endommagées après 20 ou 50 chutes seulement ; elles en supportent 15 de plus si l’on a soin de les entourer de cercles de fer.
- On a également plongé pendant une heure une caisse de carton dans l’eau. Remplie ensuite de boîtes de tomates, elle a supporté 605 chutes.
- La solidité certaine s’ajoute donc à l’avantage d’avoir toujours, quand on le désire, les récipients nécessaires aux emballages.
- Une machine à fabriquer des tonneaux coûte en Amérique 1800 dollars environ.
- En 9 heures de travail, elle donne 500 tonneaux dont la contenance est à peu près celles de nos banques bordelaises, employant pour chacun 7 kilogs 500 de papier et 1 kilog décollé, soit 10 fr. environ. L’économie réalisée sur la production permet ainsi d’amortir rapidement le prix de la machine.
- Ce procédé avantageux mérite d’être introduit en France, car rien n’est négligeable de ce qui peut diminuer la main-d’œuvre et le prix de revient. Monfer.
- Fig. 2. — Un tonneau sans fond supporte ioo kilogs sans s'écraser..
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, rue de Fleurus, 9, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2384.
- 6 DÉCEMBRE 1919
- L’AVENIR DE L’ALUMINIUM EN FRANCE
- La guerre, dont il faudra encore pendant longtemps évoquer le triste souvenir, a produit un développement considérable des industries chimiques et métallurgiques ; la presse scientifique a déjà indiqué une partie des efforts réalisés et des résultats obtenus.
- Les besoins de certaines constructions, et tout particulièrement ceux des constructions aéronau-
- à ce métal essentiellement français, comme on l’a appelé avec juste raison, puisque c’est en France, grâce aux beaux travaux de Sainte-Claire-Deville, Minet, Heroult, et d’autres encore, qu’il a été préparé pour la première fois et produit sur une échelle industrielle.
- Son prix relativement élevé pendant de longues années, dû à son procédé de fabrication, ne pouvait
- ^LlGTHEÇtjç}™]
- À
- Fig. i. — L’usine d’aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne.
- Grande conduite de 3 m. 3o de diamètre amenant l’eau aux turbines et traversant la rivière de l’Arc. Puissance de l’usine : i5oookw;
- tiques et automobiles, ont amené un développement considérable de l’industrie de l’aluminium, qui' s’est traduit par un accroisement de production tant en France que dans les pays alliés, et également chez nos ennemis, augmentation de production non seulement de métal brut, mais encore développement dans ses applications h l’état pur ou allié.
- L’aluminium qui, pendant de longues années, a été considéré comme une curiosité de laboratoire, puis comme un petit métal susceptible d’emplois restreints pour la fabrication de menus objets de quincaillerie, ménage, ustensiles de cuisine, etc... est devenu, à l’heure actuelle, un métal industriel susceptible de concurrencer un certain nombre d’autres métaux et tout particulièrement le cuivre.
- Depuis longtemps déjà et à maintes reprises, l’avenir le plus brillant a été prédit à l’aluminium,
- en permettre l’emploi que pour des usages tout à fait spéciaux, et il a fallu le développement des industries hydro-électro-métallurgiques pour permettre de l’obtenir à un prix de revient susceptible de concurrencer les autres métaux et de l’utiliser pour des applications vraiment industrielles.
- La production de l’aluminium est, comme tout le monde le sait, liée directement au développement de l’emploi de la houille blanche. La France si bien partagée à cet égard et qui, il faut l’espérer, pourra utiliser d’ici peu une grosse partie des forces hydrauliques dont le bilan a été établi pendant la guerre doit, par cela môme, rester un des principaux pays producteurs d’aluminium.
- Le minerai d'aluminium est en outre très abondant dans plusieurs départements du midi, et les bauxites françaises qui, pendant longtemps, ont
- ‘25. — 555.
- 47’ Année. — 2’'Semestre.
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- alimenté non seulement nos usines, mais encore celles de l’Allemagne, delà Suisse et des Etats-Unis, permettent d’assurer à notre pays une production importante pendant de longues années.
- La France produit environ 20000 tonnes d’aluminium ; cette production est dépassée par celle des Etats-Unis et du Canada, dont la capacité de production des usines (qu’il ne faut pas confondre avec la production actuelle, comme le laissent croire certaines statistiques) est susceptible d’atteindre, paraît-il, 100 000 tonnes. Que les Etats-Unis, dont les besoins actuels en aluminium sont
- lité qui lui permettront d’alimenter les usines existantes et d’en créer de nouvelles. Il y a là une question d’importance primordiale pour notre pays, car outre les emplois nombreux de Faluminium, métal national, en substitution au cuivre, métal importé, il ne faut pas perdre de vue que l’aluminium est, actuellement, un des rares produits que la France peut fournir immédiatement aux pays étrangers.
- Nous ne rappellerons pas les propriétés de l’aluminium; elles ont été indiquées bien des fois et elles sont généralement connues. Sa faible densité,
- Fig. 2. — L’usine de Saint-Jean-de-Maurienne. Vue générale.
- énormes, tentent, à l’heure actuelle, dans cette industrie, comme dans tant d’autres, un effort considérable, cela n’est pas douteux. Ne faut-il pas qu’il y ait là-bas un roi de l’aluminium! Mais les usines productrices françaises sont elles-mêmes décidées à intensifier leur production et il suffira qu’elles reçoivent la main-d’œuvre qui leur fait actuellement défaut, et qu’elles puissent transporter facilement les matières premières dont elles ont besoin pour que leur production puisse être considérablement augmentée.
- Alors que les Etats-Unis utiliseront les bauxites découvertes sur leur sol national et les gisements découverts en Guyane, alors que l’Allemagne utilisera le minerai que les nécessités impérieuses de la guerre ont fait découvrir en Europe Centrale, la France restera avec ses gisements de première qua-
- environ le tiers de celle du cuivre, est un avantage suffisant pour en recommander l’emploi dans bien des applications.
- On lui a reproché, par contre, de ne pas avoir toujours une conservation parfaite. Il est exact que, à une date éloignée, des corrosions ont eu lieu. On leur a attribué différentes causes et la vérité est que ces causes sont complexes. Au début, ces corrosions furent attribuées uniquement à la présence d’impuretés chimiques, au sodium tout particulièrement; aujourd’hui, le métal fabriqué en est exempt, et les altérations, si elles sont parfois d’ordre chimique (légères inclusions d’oxyde, gaz occlus, phénomènes de carburation), ont aussi des causes d’origine physique, comme l’ont montré les travaux de LeChatelier sur l’influence de l’écrouissage.
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- Le métal fourni actuellement par les usines productrices ne contient que de très petites quantités (1 pour 100 environ et quelquefois moins) de fer et de silicium. L’amélioration de la qualité des électrodes, lorsque leur fabrication pourra être reprise avec du coke de pétrole, se traduira par une pureté plus grande du métal, dont le prix de fabrication sera sans doute abaissé lorsque les bauxites, transformées en nitrure d’aluminium, fourniront à la fois de l’alumine et de l’ammoniaque, et que l’utilisation des argiles comme matière première sera entièrement mise au point. On dit que le premier de ces problèmes serait actuellement résolu aux Etats-Unis et le second en Allemagne. Il nous faut accueillir ces affirmations avec les plus extrêmes réserves, ces nouvelles étant par-
- toutefois remarquer que les échantillons prélevés sur du matériel capturé (à part quelques alliages à haute teneur en magnésium) n’ont jamais montré des produits très différents ni d’une qualité supérieure à ceux de nos industriels français.
- Il importe que la France reste un gros producteur d’aluminium, et elle a tout pour cela. Elle doit en outre le produire dans les meilleures conditions de revient et de bon marché : ce métal ne doit plus être employé d’une façon empirique, mais il faut s’attacher à en bien connaître la structure intime, étudier ses affinités, poursuivre les travaux initiés par Moissan sur certaines de ses combinaisons, ceux de Ditte sur les causes de ses altérations, de Kohn-Abrest sur les remarquables propriétés qu’il acquiert en présence de traces de mercure, et
- fois vraiment tendancieuses et sans base réelle.
- Si des progrès peuvent être réalisés dans l’élaboration du métal, il est incontestable qu’un soin tout particulier doit être apporté à sa refonte. Pendant la guerre, les besoins de pièces fondues ont été tels, que les stocks de métal neuf n’étant pas toujours suffisants, des fondeurs se sont livrés à la refonte de déchets de provenances très diverses, procurant ainsi à l’industrie des produits offrant des caractéristiques mécaniques et chimiques tout à fait dissemblables. Il est nécessaire que les industriels qui utilisent l’aluminium s’inspirent des données scientifiques que l’on possède sur ce métal, un des plus curieux, et un des plus délicats à traiter de tous les métaux industriels.
- Des travaux de haute importance ont été poursuivis en Angleterre au « National Physical Laboratory », et les Américains ont fait également de nombreux essais d’ordre pratique. Nous ne savons pas exactement ce qui a été fait en Allemagne ; des efforts et des recherches ont certainement dû être entrepris pendant la guerre. Il faut
- la très curieuse façon dont il se comporte lorsqu’on le distille à haute température, de Guillet sur les nombreux alliages qu’il peut former avec le cuivre, le zinc, le magnésium, le nickel, etc., etc.
- Non moins curieuses sont les combinaisons qu’il forme avec l’azote, le carbone, le silicium, et d’autres métalloïdes, ainsi que les qualités qu’il peut acquérir par des traitements mécaniques ou thermiques appropriés, ou la résistance qu’il acquiert par la trempe en présence de petites quantités de magnésium ou d’autres métaux, jusqu’à fournir un produit connu industriellement sous le nom de duralumin dont la résistance égale celle des aciers doux. Tout cela, et tant d’autres remarquables et curieuses propriétés, n’ouvre-t-il pas un vaste champ aux chercheurs des laboratoires, et des applications intéressantes aux industriels.
- S'efforcer d’obtenir un métal aussi pur que possible, le refondre en évitant tout phénomène de surchauffe, d’oxydation, de carburation (et le four électrique semble le plus approprié pour cette opé-ralien), le couler avec soin en faisant intervenir au
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- besoin la pression, éviter pendant son refroidissement une solidification dissymétrique, telles nous semblent les grandes lignes qui doivent être suivies dans l’élaboration industrielle des produits Unis : on aura de la sorte, pour l’aluminium et pour ses alliages, un métal offrant une structure fine et homogène, le maximum de qualités mécaniques, et l’on n’aura plus à craindre les corrosions, qui lui ont parfois porté préjudice.
- Si en outre, les transformateurs qui s’occupent des opérations de laminage, estampage, emboutissage, apportent le soin nécessaire à ces opérations, en ne dépassant pas le taux de fatigue que peut supporter le métal, en le réchauffant au cours de ces travaux lorsque cela est nécessaire, et en donnant aux objets manufacturés des épaisseurs suffisantes pour ne pas entraîner une déformation prématurée (en l’espèce les ustensiles de cuisine en aluminium sont souvent fabriqués avec de la tôle beaucoup trop mince) ils obtiendront des produits manufacturés présentant le maximum de solidité, de résistance et de stabilité.
- Le Ministère du Commerce a pris l’initiative de
- créer une grande Commission où il a appelé les représentants les plus qualifiés de toutes nos industries métallurgiques, afin d’établir des règles bien définies pour la standardisation de tous les produits métallurgiques français. Cette Commission a déjà élaboré des travaux qui seront de la plus haute utilité au point de vue commercial. Une section spéciale de l’aluminium établira les règles auxquelles devra répondre le métal livré par les usines productrices suivant les emplois auxquels il sera destiné, et établira également une sélection parmi les nombreuses formules d’alliages préconisées par divers expérimentateurs, de manière à ne conserver que celles répondant à des caractéristiques définies et destinées à des usages déterminés.
- Tels sont actuellement les principaux points méritant d’attirer l’attention sur une industrie métallurgique du plus haut intérêt pour la France, dont le champ d’investigations est des plus vastes, et dont le développement doit être une source d’accroissement de notre richesse nationale. rENk Guérin
- Rapporteur de la Coin mission de l'aluminium.
- LA PRÉPARATION DU KÉPHIR
- Le képhir, ou kéfir, est une boisson alimentaire dérivée du lait, dont la facile digestibilité a consacré le succès, sans cesse grandissant. 11 n’est guère aujourd’hui de médecin, qui ne le prescrive dans les dyspepsies provoquées par une diminution de la valeur fonctionnelle de la sécrétion gastrique, surtout lorsque ces dyspepsies sont dues à une tumeur de l’estomac, ou dans les affections chroniques (tuberculose, albuminurie, entérite) s’accompagnant d’une insuffisance de l’ensemble des fonctions digestives. Le képhir, mieux toléré que le lait, est un adjuvant précieux pour parer aux difficultés de l’alimentation. D’autre part, on peut l’administrer même aux enfants, à la condition de ne l’employer qu’à doses restreintes.
- Rarement utilisé comme aliment exclusif, le képhir est habituellement prescrit en même temps que le lait. Il convient de débuter par des prises assez modérées, dont l’ensemble ne dépasse pas 500 cm3 dans les 24 heures. Au bout de quelques jours, on peut aller jusqu’à 1000 ou 1200 cm3. Afin de permettre aux malades de vaincre la répugnance initiale qui se manifeste parfois, on leur conseille d’ajouter au képhir un peu de sucre en poudre ou de l’étendre d’une certaine quantité d’eau de Sellz.
- Les expériences de Gilbert, sur des chiens, ont donné la preuve de la rapidité avec laquelle le képhir est digéré. Alors que la digestion stomacale du lait entier, chez ces animaux, réclame un minimum de 7 heures, il suffit de moins de 5 heures pour qu’une égale quantité de képhir soit entièrement éliminée dans l’intestin.
- Le képhir est un liquide acidulé, pétillant comme le champagne, de consistance crémeuse, légèrement alcoolique, et de saveur piquante. Il résulte d’une fermentation particulière du lait de vache. Sa consistance provient des flocons ténus de caséine qui s’y trouvent précipités. Le képhir contient, en dehors de la caséine,
- d’autres substances albuminoïdes, de l’acide tartrique, de l’acide lactique, et une petite quantité d’alcool.
- Les Tartares du Caucase ont été les premiers à fabriquer celte boisson fermentée, qui fut très en faveur chez eux dans l’alimentation courante, avant de faire partie de l’arsenal thérapeutique des populations de l’Europe occidentale à l’usage des malades et des convalescents. Dans la région d’origine, le képhir, ou millet du prophète, est le nom du champignon qui sert à la préparation du lait fermenté.
- •Les grains de képhir se présentent sous la forme de corpuscules jaunâtres, dont l’odeur l’appelle celle du fromage, et dont les dimensions varient de la grosseur d’un grain de poivre à celle d’une petite cerise ; leur consistance est ferme, mais ils deviennent gélatineux au contact des liquides. Iis renferment deux éléments principaux : une levure, le Saccharomyces kefir et un bacille, le Bacillus caucasius, dont la double action est indispensable au résultat recherché. Il faut en effet l’association de ces deux ferments pour obtenir la transformation du lait ordinaire en un aliment dont les conditions d’assimilation diffèrent de celles du produit initial.
- Au contact des grains de képhir, le lait, soit entier, soit en partie écrémé, subit une double transformation, lactique et alcoolique. La fermentation lactique est d’abord la plus active ; plus tard, la .fermentation alcoolique devient la plus importante, et les képhirs les plus vieux sont les plus alcoolisés. La quantité d’acide lactique contenue dans le képhir varie entre 5 et fi grammes par litre. C’est à cet acide que le képhir doit son activité. Introduit dans le tube digestif, il joue le rôle de l’acide chlorhydrique, sécrété en proportions insuffisantes dans le suc gastrique des hypopeptiques. Mais, de plus, sa présence dans le lait fermenté a déjà fait subir aux substances protéiques du lait un début de digestion qui allège d’autant la tâche des estomacs paresseux; enfin,
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- les ferments solubles s 'crétés par les germes contenus dans le képhir jouent probablement un rôle utile dans l’action digestive.
- La préparalion primitive du képhir, à la manière des Tartares, et qui consiste à soumettre le lait, tel qu’il est récolté, au contact des grains de képhir, est loin de répondre aux conditions ordinaires de la consommation dans les grands centres. Ainsi oblenu, le képhir n’est guère transportable et doit être consommé exlemporané-ment. Il se conserve peu de lemps et prend rapidement une odeur butyrique. D’ailleurs les grains de képhir du Caucase contiennent, en dehors de la levure spécifique et du Bacillus caucasiens, d’autres micro-organismes dont le rôle contrarie la bonne conservation du produit.
- Aussi, les industriels qui, dans l’Europe occidentale, ont modernisé la préparation d’une boisson précieuse pour les malades et dont il fallait conserver les avantages en se mettant à l’abri des inconvénients, ont cherché à se conformer au double but. suivant : ne soumettre à la fermentation képhirique que le lait préalablement stérilisé, transformer le grain de képhir en un produit n’ayant pas d’autre action que l’action képhi-rogène.
- Le képhir, vendu aux consommateurs en bouteilles à fermeture mécanique (type canet'tes de bière), réalise ces conditions ; il en existe trois variétés différentes (kéfir n° 1, n° 2 et n° 3) suivant que la fermentation a duré 1, 2 ou 3 jours. Le képhir n° 2 est le plus communément employé. Le n° 1 est légèrement laxatif; le n° 3 est plus riche en acide carbonique et en alcool ; l’un et l’autre ont des indications plus limitées que celles du képhir n° 1.
- Il est une quatrième variété de képhir dont les caractéristiques ne sont pas tirées de la durée de la fermentation, mais de l’état du lait qui sert à le préparer. C’est le képhir maigre de Gilbert, obtenu avec du lait écrémé, dépourvu de graisse par conséquent, et moins riche en lactose que le képhir ordinaire. Le képhir maigre a une valeur alimentaire inférieure à celle du képhir obtenu par fermentation du lait entier; mais sa digestibilité est particulièrement aisée, puisqu’il ne séjourne pas plus de 3 heures dans l’estomac; il se recommande spécialement
- aux malades dont le foie fonctionne d’une manière défectueuse.
- Même préparé suivant la technique industrielle moderne, et rendu aisément transportable à courtes distances, par l’emploi de flacons à fermeture hermétique et solide, le képhir n’est pas un produit susceptible de se prêter à une longue conservation. C’est pourquoi l’on a cherché un procédé permettant de le fabriquer sur place au domicile des malades qui en font une consommation suivie. Certains fabricants de produits pharmaceutiques mettent aujourd’hui en vente une poudre sèche, à base de képhir du Caucase, dite képhirogène, et divisée en doses suffisantes pour la préparation de 300 grammes de boisson. Ayant fait l’acquisition de cette poudre, le consommateur se procure quelques canettes à bière, dont il vérifie soigneusement le bouchage et qu’il rince longuement à l’eau stérilisée. Il soumet son lait à l’ébullition, le laisse refroidir en vase clos, et le débarrasse, avec une cuiller bien propre, de la pellicule de crème qui le recouvre. Il le met dans les canettes qu’il ne remplit pas complètement et verse dans chacune d’elles une dose de képhirogène. La canette est solidement bouchée, agitée, couchée, et maintenue dans une pièce, ou dans tout local, où la température atteint à peu de chose près 20°. L’agitation est renouvelée 5 fois dans les 24 heures.
- Suivant que l’on désire du képhir n° 1, n° 2 ou n° 3, on maintient la fermentation pendant 1, 2 ou 5 jours. Pour un malade à qui il est prescrit de prendre du képhir n° 5, la préparation doit être faite 5 jours d’avance; et il faut disposer d’un matériel suffisant pour trouver chaque jour des bouteilles contenant une boisson ayant subi le degré de fermentation nécessaire.
- Le képhir est préparé avec le lait de vache, et suivant le procédé qui vient d’être indiqué. Il existe d’autres préparations analogues, telles que le koumys des Asiatiques nomades, obtenu par fermentation du lait de jument, ou l’yoghourt des Orientaux du littoral méditerranéen, lait fermenté de vache, de chèvre ou de bufflonne, connu chez nous depuis moins de temps que le képhir, et qui tend dans bien des cas à lui être substitué.
- Francis Marre.
- L’ÉVOLUTION DES DIRIGEABLES RIGIDES
- Le problème de la Navigation aérienne passionne le monde. Il ouvre, en effet, des horizons nouveaux pour dominer un obstacle que l’homme cherche à vaincre depuis des siècles : la distance.
- Par chemin de fer, navire formidable, automobile, téléphone et télégraphe avec ou sans fil, l’homme ne cherche qu’à gagner du temps. Des capitaux représentant des milliards et des milliards, ont été immobilisés dans ce but ; or la navigation aérienne est sur le point de nous faire franchir en quelques années, dans cette voie, un bond extraordinaire. Dans quelques années, nous ne mettrons sans doute pas plus de temps pour aller de Paris jusqu’au cœur de l’Inde que nous’ n’en mettions, il y a un siècle, pour aller de Paris à Marseille.
- Combien de temps faudra-t-il à la Navigation aérienne pour s’organiser à la mesure de notre civilisation ou pour jouer un rôle, d’une importance économique et sociale comparable par exemple à celle des chemins de fer?
- Pour arriver à ses fins l’homme devra-t-il faire appel aux machines aériennes plus lourdes que l’air (avions) ou aux machines plus légères (dirigeables)?
- Ce sont là, questions délicates à résoudre, Pour notre part nous sommes convaincus que d’ici peu, des lignes aériennes régulières seront ouvertes au trafic public et équipées avec des machines, offrant de suffisantes garanties de régularité et de sécurité.
- En ce qui concerne la seconde question, la pe-
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- tite étude qui suit permettra peut-être au lecteur de se faire une opinion. Bien que les principes fondamentaux des deux méthodes de.vol des engins plus légers et plus lourds que l’air s’appuient tous deux sur la densité de la couche atmosphérique, elles L’utilisent de manières tellement différentes qu’il en résulte dans l’application au vol des différences pratiques considérables que nous apercevrons tout à l’heure.
- Nous allons donc nous occuper de la question des aéronefs plus légers que l’air.
- Si la France fut déjà la première patrie d'élection des aérostats libres avec les Montgolfier (1783), elle fut particulièrement celle des aérostats diri-
- fut-il pour les canons, les navires, les sous-marins, les avions, les moteurs à combustion interne, etc...
- Seul, à la veille de la guerre, un de nos directeurs militaires, M. Noulens, alors ministre de la guerre, entra, en 1914, en lutte contre l’aveuglement inexplicable de nos techniciens officiels ; il dut même menacer de sévères sanctions ceux d’entre ces oracles qui par des conférences menaient systématiquement campagne contre les rigides: c’est lui qui de plus soutint personnellement les premiers essais du rigide construit à Saint-Cyr par M. Spiess.
- Les constructeurs, pressentis par M. Noulens,. demandèrent un délai de 4 ans d’études et se
- Fig. i. — Le R-34.
- La carène rigide du -dirigeable est constituée par une carcasse fuselée à section circulaire formée par des poutrelles d’aluminium (n°‘ 1 et 2) haubannées par de nombreux câbles tendeurs; cette carène est recouverte d’une enveloppe imperméable (n“ 4). - A l’intérieur se trouvent les ballonnets d’hydrogène au nombre de 19 (n°* 5 et 6). — La partie inférieure de la carcasse est renforcée par un ensemble triangulé qui forme un couloir de circulation parcourant le dirigeable de bout en bout (n° i3). Dans ce couloir se trouvent les réservoirs d’eau servant de lest, l’essence et toute la charge utile du dirigeable. Les nacelles sont suspendues à l’extérieur, mais sont en communication avec Je couloir.
- 1. Couronnes transversales en aluminium, j constituant la
- 2. Poutres longitudinales en aluminium. t carcasse.
- 3. Câbles assurant la rigidité de tous les éléments.
- 4. Enveloppe extérieure imperméable.
- 5. Ballonnet gonflé.
- 6. Ballonnet montré en section.
- 7. Plans fixes stabilisateurs'.
- 8. Gouvernails mobiles de direction et de profondeur.
- 9. Béquille protège-gouvernail.
- 10. Nacelle avant, a) Cabine de pilotage et de commandement.
- b) Poste de T. S. F.
- c) Cabine motrice, 1 moteur, 1 hélice, u. Nacelle latérale droite. 1 moteur, 1 hélice.
- geables avec la pléiade des frères Bobert (1784), Meusnier, Scott, Lennox, Giffard, Dupuy de Lôme, Tissandier, Renard et Krebs, Sanlos Dumont, Julliot, Surcouf, Tatin, etc...; nous devons cependant avouer que c’est l’Allemagne, qui depuis une vingtaine d’années, fit en cette voie les efforts les plus considérables et les plus fructueux. Pendant cette même dernière période, la France, l’Angleterre et l’Italie négligèrent le développement des dirigeables au profit de l’aviation.
- Les faits actuels nous montrent queles techniciens qui en cette matière dirigèrent notre évolution aérienne ont commis par leur exclusivisme une bien lourde erreur.
- D’ailleurs en ce qui nous concerne, le fait était normal ou presque, puisque de parti pris, semble-t-il, nous négligeons de pousser l’étude de toutes les inventions scientifiques dont les dimensions s’accroissent avec leurs progrès techniques; ainsi en
- 12. Nacelle arrière, a) Cabine de pilotage de secours.
- b) Cabine motrice, 2 moteurs, 1 hélice.
- 13. Couloir longitudinal.
- 14. Points d’attache pour l’amarrage.
- 15. Salle de l’équipage.
- 16. Hamacs.
- 17. Parachutes.
- 18. Réservoirs d’eau pofable.
- 19. Lest liquide.
- 20. Réservoirs à essence.
- 21. W.-C.
- 22. Echappement de l’eau servant de lest.
- 23. Antenne de T. S. F.
- mirent au travail. Un de nos plus grands constructeurs, M. Clément, fut par la suite arrêté par les Allemands alors qu’il se trouvait comme par hasard à Friedrichshafen, en plein nid des futurs superzeppelins. Malheureusement M. Noulens fut appelé à d’autres fonctions et l’armée n’eüt rien de plus pressé que de faire construire ces fameux 20 000 m3, semi-rigides, dont aucun ne put jamais rendre le moindre service.
- Il faut reconnaître que l’opinion publique française avait été désillusionnée par les tentatives sans portées pratiques de nos dirigeables d’avant-guerre.
- Notre presse d’ailleurs, mal renseignée par les techniciens officiels, ne manquait pas, à chaque accident, de proclamer la faillite définitive des Zep-1 pelins. Si, pendant la guerre, cette faillite fut complète en ce qui concerne l’utilisation en bombardement, il fut bien loin d’en être de même pour l’utilisation maritime en liaison avec la flotte et pour
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- les grands vols transcontinentaux. Nous eûmes le tort considérable de ne pas faire de discrimination entre les pertes des Zeppelins par faits de guerre et celles dues aux accidents de vol ; nous nous serions aperçus que les Zeppelins modernes triomphaient facilement de cette dernière catégorie de pertes, la seule qui d’ailleurs nous intéresse en matière de Navigation aérienne pour le temps de Paix.
- L’amirauté anglaise discerna immédiatement quel avenir splendide était réservé aux grands dirigeables rigides. En grand secret elle se prépara fébrilement, et vers la fin de la guerre nous apprenions brusquement que non seulement elle était presque parvenue à égaler les Allemands, le splendide voyage du R-34 l’a proclamé au monde, mais nous savions aussi que nos alliés cherchaient à faire plus grand encore. Au milieu de ces magnifiques exploits, nous ne devons l’effacement soudain de notre pavillon qu’au septicisme décourageant qui domine notre pays.
- La majorité des Français ne croit pas à l’avenir de la Navigation aérienne, qu’il s’agisse d’ailleurs d’avions ou de dirigeables, alors que les opinions publiques des peuples anglais, américains et même allemands sont absolument persuadées du contraire. Ces pays travaillent en conséquence et leurs gouvernements songent sérieusement à stimuler les efforts nécessaires pour jeter les bases de puissantes organisations aériennes et s’assurer ainsi une avance que nous ne saurions rattraper par la suite qu’au prix de sacrifices considérables. La solution du problème aérien national ne consiste pas seulement à dépenser des sommes énormes, car alors nous l’aurions résolu, mais il s’agit surtout de les bien dépenser, et nous n’en sommes, hélas! point là.
- Les autorités américaines déclarent dans un rapport officiel récent, que d’ici quelques années il
- Fig. 3. — Salle de Véquipage montrant les tables, sièges, gobelets, assiettes, parachutes, seaux, réservoirs d’eau, etc.
- Fig. 2. — Vue du couloir longitudinal montrant la passerelle, les hamacs, les parachutes, les réservoirs d'essence, elc.
- Remarquer la forme triangulaire de la section du couloir qui constitue une immense poutre indéformable et sert de base à toute l'armature.
- existera, aux Etats-Unis, des dirigeables rigides géants, tout en métal, qui avec une endurance de vol de 3 semaines pourront parcourir 60 000 miles, soit 100.000 km. et ce rapport déclare que des efforts doivent être dès maintenant dirigées dans cette voie par l’étude immédiate de dirigeables ayant une capacité utile de 200 tonnes.
- Les Anglais d’ailleurs, dans la même voie, terminent les plans de dirigeable de 250 000 m3 qui auront une capacité utile, de 170 tonnes.
- L’Allemagne, de son côté, possède des dirigeables rigides extrêmement puissants; l’un d’eux, et qui n’est pas du dernier modèle, est allé pendant la guerre des Balkans à Khartoum et retour sans escale, ce qui représente un petitvoyage de 7500 kilomètres, soit l’équivalent du voyage Paris-New York et retour ! La société Zeppelin prépare des dirigeables géants qui, dépassant de beaucoup l’importance des types R-34 anglais seraient affectés au service direct entre l’Allemagne et l’Amérique pour le transport de 200 passagers.
- Rappelons qu’une société allemande de Navigation aérienne, la D. E. L. A. G., au moyen de ses quatre dirigeables rigides « Schwaben », « Victoria Louise », « Ilansa » et « Sachsen », réalisa 826 vols, d’une durée de 1855 heures, parcourant 170 000 kilomètres en enlevant 17 220 personnes sans un seul accident, pendant les années 1910, 1911, 1912. Nous ne possédons pas les chiffres de 1912 à 1914, mais ils sont très certainement en progrès.
- La France ne possède pas un seul dirigeable rigide; il paraîtrait cependant que ce sont des officiers français qui ont relevé les plans des Zeppelins
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- abattus en 1917, sur notre territoire, et que ce sont ces plans qui auraient servi aux Anglais pour mettre au point les R-55 et R-54 !
- Nous croyons savoir que quelques dirigeables rigides sont enfin commandés à l’industrie; ces unités ne pourront entrer en service avant deux ans environ; pouvons-nous demander que les millions
- quelles causes l’évolution générale a abouti au dirigeable rigide type Zeppelin.
- Le dirigeable souple est composé d’une enveloppe souple contenant l’hydrogène et après laquelle est fixée la nacelle. La forme fuselée de l’enveloppe n’est maintenue que par la pression intérieure du gaz; il faut que cette pression soit considérable
- Fig. 4. — Comparaison des organes de direction, et de stabilisation du Zeppelin g [1911) et du Zeppelin 33 {1916) montrant vers quelles lignes simples tend la construction aéronautique des dirigeables rigides modernes.
- 1. Gouvernais direction. I 3. Plans fixes, stabilisateurs horizontaux contre le tangage.
- 2. Gouvernails profondeur. I 4. Plans fixes, stabilisateurs verticaux contre le roulis.
- Remarquer la position des hélices du LZ-9 et LZ-33 dont certaines sont commandées par arbres et pignons d’angle et
- supportées par des pylônes.
- de l’Etat ne soient pas dilapidés, et que les modèles commandés ne soient pas démodéset déclassés avant même d’être mis en chantier? Les 55 000 m1 2 3 Anglais sont des Zeppelins de 1916, les rigides français de 1921 devront être pour le moins de 100 à 150000 m3, autrement notre argent sera jeté en pure perte comme il le fut, hélas, si souvent, pour les constructions arriérées de la marine de guerre.
- Il serait superflu d’exposer ici le détail de l’évolution des aéronats dirigeables. Rappelons sommairement quelles formules ont été créées et pour
- pour permettre à la forme de se maintenir intacte malgré le poids de la nacelle et les résistances déformantes de la pénétration dans l’air. Pour obtenir la permanence de la forme, on fut forcé de prévoir un diamètre au maître-couple très important, ce qui augmenta la résistance à l'avancement. En somme, la vitesse fut toujours limitée à 50 ou 55 km à l’heure, tant à cause de la résistance que par crainte des déformations ; déplus, la sécurité générale était à la merci d’un éclatement de l’enveloppe (République). Pour ces raisons d’absence de vitesse, la formule
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- souple fut, pour les grands cubages, abandonnée en faveur de la formule semi-rigide. La permanence de la forme fuselée fut très améliorée par l’existence d’une poutre rigide qui traversait de bout en bout l’enveloppe et soutenait la nacelle. Une semi-rigidité fut aussi obtenue parla construction trilobique de l’enveloppe (formule Astra-Torrès). La vitesse des semi-rigides monta à 60-70 km, mais sa limite, rapidement atteinte et insuffisante, fit abandonner cette formule pour les mêmes raisons qui firent abandonner les souples: déformation de l’enveloppe aux grandes
- déformation par suite de la vitesse ou du dégonflement, ni danger d’éclatement par suite de la pression. De plus, la rigidité de cette carcasse permet de diminuer le diamètre des ballons au point qu’il peut être réduit au 1/8 de la longueur totale, donc
- vitesses, danger d’éclatement, diamètre trop important.
- Une!troisième formule fut alors créée, celle qui nous intéresse, celle du rigide. Une armature rigide en bois ou en métal recouverte d’une enveloppe constitue la forme ou carène du dirigeable et contient les ballonnets d’hydrogène sans pression, la permanence de la forme fuselée étant maintenue constante par l’armature rigide. Il n’y a donc plus à craindre ni
- l'ig. 5, 6 et 7. — Le dirigeable R-33, équipe pour enlever un avion. Cet avion peut quitter le dirigeable en cours de vol et permet ainsi a un membre de l’équipage soitde defendre le dirigeable, soit de commander la manœuvre si délicate de Vatterrissage. {Cf. RS4 aux Etats-Unis.)
- la vitesse y gagne considérablement; enfin, le poids du combustible, des nacelles, des moteurs et de la cargaison peut être réparti sur toute l’armature.
- La paternité de cette formule rigide paraît devoir être attribuée aux Anglais Partridge (1848), et Miller (1851), et au françaisSpiess, bien que sa première réalisation pratique fut l’œuvre de l’allemand Schwartz (1897), puis du comte Zeppelin (1900). M., Spiess 11e put jamais obtenir l’aide de l’armée française et ce fut entièrement à ses frais qu’il dut construire en 1915-1914 son dirigeable.
- A la veille de la guerre, la formule rigide était représentée par les types de dirigeables : allemands Zeppelin et Sehütle-Lanz, anglais Yickers et français Spiess.
- Les caractères généraux de Dévolution des rigides peuvent se ramener à : 1° l’épuration des formes pour en faciliter la pénétration dans l’air et augmenter par suite la vitesse ; et 2° l'augmentation du
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- cubage pour en rendre l’utilisation plus fructueuse en tonnage utile.
- La forme générale, de cylindrique avec extrém ités pointues qu’elle était jusqu’en 1914, devient cylin-dro-conique très effilée vers l’arrière en 1918-1919 (Voir Z-l et L-53) ; cette forme est d’ailleurs celle qui permet la meilleure pénétration; les nacelles cessent
- Fig. 8.— Un inconvénient des dirigeable; souples. LaTpression intérieure de Vhydrogène ayant baissé, ce dirigeable s’est plié en deux sous le poids de la nacelle.
- d’être rectangulaires pour adopter la forme de l’ocarina (Z-70), les hélices, au lieu d’être fixées sur des pylônes compliqués et résistants à l’avancement, sont maintenant accouplées directement aux moteurs et situées derrière les nacelles. Toujours dans le même but d’améliorer la vitesse, les organes de gouvernes et de stabilisation de très compliqués qu’ils étaient (L 2-10) se réduisent en simples empennages cruciformes (L Z-33); les câbles extérieurs sont presque tous supprimés.
- La vitesse put ainsi passer de 65 km à l’heure (L Z-l6) en 1913, à 130 km à l’heure (L Z-71) en 1918, quoique la proportion de la puissance au tonnage brut diminuât avec chaque nouveau type.
- En ce qui concerne les augmentations de cubage, nous trouvons qu’en 1900 les L Z cubaient 11000 m3; en 1915, 200l)0m3; et enfin en 1918, 70000 m3.
- Dans le même temps le tonnage utile passe de 400 kgs à 43 000 kgs.
- Actuellement, seuls les dirigeables rigides paraissent avoir un avenir économique intéressant en tant que moyen de transport public. Les souples ont neanmoins rendu pendant la guerre d’immenses services comme patrouilleurs de côtes soit pour la chasse aux sous-marins, soit pour la recherche des mines, soit pour la protection des convois maritimes ; cette formule ne présente plus guère qu’un intérêt d’ordre militaire ou administratif (levés de plans, photos, etc...).
- Les dirigeables souples ont l’avantage d’ètre d’un bas prix de revient et de se démonter très facilement ; mais leur vitesse réduite ne leur permettrait pas de concurrencer au point de vue commercial les
- DIRIGEABLES RIGIDES =====
- moyens de transport terrestres ou maritimes, ils ne nous intéresseront donc pas.
- Il est intéressant de comparer les avions et les dirigeables rigides en ce qui concerne l’avenir de la navigation aérienne. Nous pensons que la future utilisation de ces deux formules si différentes en vue de fins commerciales ne peut soulever de concurrence entre eux. Le dirigeable est, par essence, un lourd porteur à de grandes distances et l’avion un faible porteur à grande vitesse pour de petites distances comparativement.
- Au cours de ces dernières années d’ailleurs, le rigide et l’avion n’ont pas suivi d’évolutions comparables; en effet, les conditions techniques et militaires du vol pendant la guerre se sont présentées de telle façon que les efforts des techniciens ont cherché à améliorer, dans l’avion spécialement, l’élément : vitesse; alors que dans les dirigeables ils recherchaient plutôt l’amélioration des qualités d’endurance et de capacité. Le problème de la grande capacité des avions n’est travaillé sérieusement que depuis quelques mois et il est en grand progrès; il est d’ailleurs devenu indispensable pour que l’avion continue à être utilisé, qu’il le soit dans un but commercial et qu’il puisse donc être capable de transporter une charge importante en dehors de son pilote et de son combustible. Si nous voulons rapidement juger des mérites comparatifs des avions et des dirigeables rigides, il faut que nous considérions comment chacun d’eux se comporte eu égard aux grands problèmes aéronautiques : vitesse, capacité, sécurité, endurance et enfin économie.
- Vitesse. —Les avions, dont le type se rapproche des avions commerciaux, ont une vitesse de 120 à 140 km à l’heure de moyenne; encore devons-nous considérer que pour les longs parcours, la vitesse moyenne descendrait à 110-120 km à l’heure, par suite des arrêts assez fréquents des ravitaillements. La vitesse moyenne des dirigeables anglais R ou allemands L Z varie entre 90 et 120 km à l’heure. Nous voyons donc que pour des parcours de l’ordre de 2000 km la vitesse des dirigeables est actuellement au moins aussi élevée que celle des avions commerciaux. Pour les parcours inférieurs, la vitesse commerciale des avions serait supérieure à celle des dirigeables, non seulement par suite de
- Fig. 9..— Amélioration des formes de pénétration entre un Zeppelin de içoo (Z-i) et un Zeppelin de içiô (LZ-33).
- l’absence des pertes de temps dues aux ravitaillements, mais aussi par suite de la rapidité avec laquelle les avions peuvent décoller et atterrir.
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- L’EVOLUTION DES DIRIGEABLES RIGIDES
- Actuellement, les manœuvres d’atterrissage d’un dirigeable de 55 000 m3 demandent au moins une demi-heure pour peu que le temps ne soit pas tout à fait calme, l’avion au contraire effectue ces manœuvres en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Nour verrons plus loin que l’atterrissage des dirigeables pourra se faire dans l’avenir en très peu de temps.
- Capacité. — La capacité des plus grands avions qui aient fait leurs preuves, c’est-à-dire des N.-G. américains (type transatlantique) et Iiandley-Page 4 moteurs est au maximum de 4000 kg de charge totale ; l’importance de la charge utile varie en raison inverse de la quantité de combustible enlevée, c’est-à-dire de l’endurance. La capacité des dirigeables modernes est infiniment plus considérable, elle atteint 30 000 kg pour le li-34 et 43 000 kg pour le L-71. Si nous considérons un trajet de 900 km, nous voyons que l’avion peut enlever 1300 kg de charge commerciale et le dirigeable 23 000 kg. L’écart s’accentue avec la distance à parcourir.
- Sécurité. — Que dire au sujet de la sécurité? La sustentation aérienne de l’avion est à la merci de la force motrice et le vol reste toujours très dangereux, non pas en ce qui concerne le vol proprement dit, mais dans le décollage et l’atterrissage ; les vies des passagers sont à la merci d’une défaillance ou d’une erreur d’un pilote ou d’une panne de moteur. Remarquons que presque tous les atterrissages de longs raids (France-Maroc, États-Unis; Grande-Bretagne, etc.), se terminent dans la plupart des cas parle capotage de l’avion, ce qui semble indiquer que les pilotes fatigués perdent le contrôle de la finesse de leur appareil. Actuellement, ne sont pas encore résolus les problèmes qui pourraient permettre à l’aviation d’accroître sérieusement la sécurité à l’atterrissage, c’est-à-dire l’incidence variable ou les surfaces variables, etc. A ce point de vue le dirigeable offre de sérieux avantages puisqu’il ne vient en contact avec le sol que sans vitesse dangereuse. D’autre part, les pilotes peuvent se reposer ou alterner comme à bord d’un navire, leur fatigue est donc restreinte, et leur vie, comme l’ont pu voir les lecteurs de La Nature par la tra-
- Fig. ii. — Carcasse de la nacelle d’un rigide moderne R-37 (IÇ20); la forme est fuselée à l’extrême.
- M. Moteur.
- O. Organe de démultiplication de l’hélice.
- duction du carnet d’impression d’un passager du R-34, s’accommoderait fort bien d’un voyage au long cours. Par contre le dirigeable actuel présente,
- | à un bien plus vif degré que l’avion, le danger I d’incendie. La masse d’hydrogène est éminemment
- Fig. io. — Perfectionnement de la forme des nacelles.
- Nacelles types içi5 et 1917.
- La nacelle n° 1 (L-33) 1915 est moins bien'fuselée que la nacelle n° 2 (L-60). -
- inflammable et dès que le feu prend, il est impossible d’en limiter les ravages. L’application de l’hélium incombustible aux aéronats n’est malheureusement pas encore entré dans le domaine pratique d’abord à cause de son prix de revient élevé (18 francs le m3), puis par suite des faibles quantités que l’industrie permet d’extraire. La force ascensionnelle de l’hélium est d’ailleurs bien moindre que celle de l’hydrogène, elle n’en représente que 50 pour 100. Son application au R-34, toutes autres choses égales, permettrait à peine à ce dirigeable de s’élever du sol sans aucune charge! Il faudra donc prévoir des dirigeables de beaucoup plus grandes dimensions.
- L’hélium a l’avantage de diffuser moins facilement que l’hydrogène; la perte de gaz, après 100 heures de vol par exemple, sera moins importante qu’avec l’hydrogène, ce qui permettra de prolonger les grands voyages sans escales.
- La question de la sécurité étant de toute première importance, il y aura donc intérêt à sacrifier la capacité et l’économie et à adopter le gonflage à l’hélium.
- Nous pensons qu’actuellement, tout étant bien considéré, on peut déclarer que le dirigeable rigide est un engin de transport moins dangereux que l’avion.
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- Endurance. — L’endurance des deux formules n’est point comparable, autant vaudrait de mettre en parallèle une automobile et le chemin de fer. Gardons-nous de tirer des conclusions trop hâtives de ce fait, que le R-54 a failli manquer d’essence au cours de sa traversée de l’Atlantique alors que l’avion Vickers avait à peine consommé les trois quarts de son combustible. En premier lieu, le R-54 a parcouru une bien plus longue distance étant allé jusqu’à New York et ensuite il a affronté victorieusement deux fortes tempêtes, dont une seule aurait suffi à désemparer le frêle avion.
- L’avion Handley-Page 4 moteurs possède une endurance maxima et théorique de 5500 km en 24 heures alors que celle des dirigeables allemands modernes dépasse 12 000 km en 150 heures.
- Économie. — Au point de vue de l’économie, des calculs très précis, basés sur l’expérience anglaise des services aériens de guerre, permettent d’affirmer que le transport par dirigeable coûtera d’autant moins cher par rapport au transport par avion, que le trajet accompli sera plus long. En effet la puissance nécessaire pour transporter une tonne par dirigeable est beaucoup plus faible que par avion (R-54 puissance totale : 1350 HP, Handley-Page
- 1400 HP). D’autre part, les dirigeables permettront de transporter infiniment plus de marchandises et leur amortissement pourra être étalé sur une plus longue période grâce à la robustesse que l’importance du tonnage général d’un puissant rigide permet de donner aux organes les plus délicats: ainsi, les moteurs de dirigeables ont-ils toujours été conçus suivant une technique plus robuste que ceux des avions et sans doute le temps n’est pas éloigné où ces moteurs seront construits comme ceux qui sont utilisés dans certains navires, dans les sous-marins et même dans les installations industrielles terrestres.
- Il résulte d’une étude anglaise très complète que les tarifs kilométriques seraient très avantageux en utilisant des rigides du type 100 000 m3. L’étude portait sur le parcours Londres New York et concluait à un tarif de passagers de 1200 francs en rigide : de 2800 en avion, et à un tarif postal pour lettres de 0 fr. 50 pour 50 grammes en rigide et de 0 fr. 75 en avion. Il s’agit, bien entendu, de tarifs qui seraient demandés par une société organisée et transportant de nombreux voyageurs. (.4 suivre.)
- S/Lieutenant Jean-Abel Lefranc.
- Breveté mécanicien.
- «SA*
- LE TEMPLE DES SERPENTS DE BETHARRAM
- Tout le monde connaît le véritable enthousiasme qu’a provoqué l’étude des cavernes. A cet égard, M. E.-A. Martel, qui fut directeur de La Nature, et les nombreux collaborateurs qui ont marché sur ses traces, ont signalé la prodigieuse abondance des abîmes et des cavités de toutes formes dans les formations calcaires.
- L’ensemble des découvertes de ce genre a des caractères de dimension et d’imprévu si frappants, qu’on a été tenté d’abord d’y voir la matière d’une science nouvelle, la Spéléologie. C’était une exagération, les cavernes n’étant qu’un détail du réseau des vallées dans lesquelles s’écoulent les fleuves, les rivières et les ruisseaux.
- Toutes les roches, et spécialement les calcaires, sont crevassées : la pluie qui tombe à leur surface s’insinue partiellement dans leurs solutions de continuité et fréquemment des fleuves entiers s’y engloutissent : telle est la Perte du Rhône ; et d’autres fois en émergent, telle est la Source de la Sorgue.
- Les hydrologues d’autrefois n’ont pas compris l’importance de la circulation aqueuse souterraine, exactement analogue à la circulation superficielle, qui donne à la croûte terrestre une allure de tissu physiologique.
- Ce rapprochement des phénomènes souterrains et des phénomènes superficiels, procure parfois des compléments indispensables à la saine compréhension de l’activité planétaire si longtemps méconnue.
- A cet égard, les stalactites et les stalagmites qui donnent à tant de cavernes l’apparence d’une élégante architecture, méritent une mention spéciale ; ces broderies pierreuses, même au sein des calcaires les plus grossiers, se signalent par la pureté et l’agrément de leur couleur et de leur grain qui, sous le nom d'Onyx^ les fait rechercher comme pierres d’ornement. Les stalactites, on le sait, pendent du plafond en cônes solidement soudés à celui-ci par leur base; les stalagmites s’élèvent du sol, la pointe en haut. La forme de ces accidents est variable, et fréquemment, après un temps plus ou moins long, la stalagmite et la stalactite se rencontrent et se soudent solidement Tune à l’autre, si bien qu’on a été tenté de voir dans des cavernes aimi pourvues de colonnades faites de- deux cônes soudés, les inspiratrices de l’architecture gothique.
- Si nous appelons l’attention de nos lecLeurs sur des productions si connues, c’est que leur étude peut éclairer des questions de Géologie générale. Citons le mécanisme du creusement des vallées de rivières, comme celles de la Seine, de la Loire, du Rhône, etc.
- Malgré un très grand nombre d’arguments, dont chacun nous semble décisif, le plus grand nombre des géologues et des géographes continuent à croire à la théorie diluvienne des vallées, selon laquelle les sillons, dans lesquels s’écoulent les cours d’eau, ont été subitement érodés par de violents torrents, qui ont tout emporté devant eux et qu’on a été jus-
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- LE TEMPLE DES SERPENTS DE BETHARRAM
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- qu’à comparer à l’eau de chasse employée au nettoyage des égouts.
- Une autre manière de voir, à laquelle on continue d’opposer une résistance acharnée, bien que des faits acceptés de tout le monde, comme la capture des rivières, la rendent tout à fait indiscutable, est la théorie pluviaire, qui fait des vallées le résultat de pluies successives dont chacune a ajouté la petite érosion qu’elle réalise sous nos yeux, à la série prodigieusement longue des délaiements antérieurs, tout aussi minuscules.
- Remarquons tout d’abord que ces deux modes opératoires entraînent, chacun pour son compte, des effets caractéristiques : le système diluvien suppose que la rivière a commencé par jouir de son volume maximum (son cours majeur), puis qu’elle est allée en diminuant continûment de volume jusqu’à son état actuel; — le système pluviaire exige, au contraire, que le cours d’eau ait débuté avec l’allure d’un simple ruisseau qui s’est accru sans cesse, par des soustractions de matière infligées au sol, après chaque averse.
- Il est bien vrai que les apparences premières sont en faveur de la théorie diluvienne. Mais ici, comme partout, les apparences ont été trompeuses ; comme elles l’ont été pour la forme de la terre, pour l'allure du Soleil, pour la solidité du firmament, sans qu’il y ait eu une seule exception. Mais l’étude impartiale conduit à la théorie pluviaire et,par exemple, — sans que l’auteur lui-même ait paru s’en apercevoir, — les travaux de l’Anglais Poulett-Scrope, quant à l’érosion du sol d’Auvergne.
- Or, les cavernes viennent ajouter des faits, qui résultent des relations mutuelles des stalagmites et des stalactites. La caverne d’Arcy-sur-Cure, dans le département de l’Yonne, est bien éloquente pour proclamer que les cavernes sont de simples appendices des vallées. Elle se présente, sur la rive gauche de la Cure, sous la forme d’un étroit souterrain, composé d’une succession de salles réunies par des étranglements. L’ensemble est perpendiculaire à la rivière et, chose qui paraît étrange, situé à un
- Fig. i. — Le Temple des Serpents.
- niveau notablement supérieur. On reconnaît bien vite que cette inégalité en verticale résulte de ce que le sol exposé à l’air et à la pluie, s’abaisse chaque jour, tandis que le boyau souterrain tout en s’érodant très lentement, reste beaucoup plus inerte. Et, comme si la nature avait eu à cœur notre édification complète, il suffit de remonter la rive gauche de la Cure d’une centaine de mètres, pour rencontrer, sans aucun doute possible, une seconde édition de la grotte d’Arcy, mais cette fois à l’état
- de fabrication actuelle. Au niveau précis de la surface de l’eau, un gouffre béant engloutit une dérivation, qui entraîne des galets avec une telle violence qu’il n’y a pas à songer à pénétrer dans le per-tuis. Ce gouffre, orienté perpendiculairement à la rivière, c’est-à-dire dans la direction générale de la caverne de laquelle nous sortons, est un raccourci pour de l’eau qui évite ainsi le détour parcouru par la masse principale de la rivière. Il n’y a aucune imprudence à prophétiser que, dans un laps de temps suffisant, le niveau général du pays, ayant cédé à l’érosion pluviaire, l’entrée de la saignée actuelle sera accessible et s’offrira aux entreprises du touriste, pendant que très possiblement, notre grotte béante aura été plus ou moins comblée, par la multiplication des stalagmites et des stalactites.
- Profitons de l’état actuel des choses et remarquons que, dans la caverne d’aujourd’hui, la masse d’eau qui a provoqué l’excavation des salles souterraines est remplacée par un modeste filet liquide qui serpente sur un. fond bien trop large pour lui, décrivant des méandres qui se permettent de divaguer, comme ceux des cours d’eau superficiels.
- Dans l’accomplissement de ce travail, il se réalise une érosion des berges concaves, complémentaire de la sédimentation dès berges convexes, de sorte que les stalagmites ne trouvent une localité favorable à leur croissance que dans les berges convexes respectées par l’eau courante. Toutefois, le déplacement progressif de ces méandres ramène la région active et rapide de l’eau dans les points d’où elle avait été
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- LES MARBRES ARTIFICIELS
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- repoussée et l’eau qui le baigne maintenant, procède au déchaussement du pied de la stalagmite. Il arrive que la soudure des deux portions de colonne, dont l’une vient du plafond pendant que l’autre s’élève du sol soit assez solide, pour que la stalagmite reste suspendue à sa sœur stalactitique, même après son déchaussement total. Dès lors, l’érosion continuant sous cette construction, la distance verticale de la base pourvue de galets incrustés dans l’onyx, va constamment en augmentant, et il arrive un moment où un homme peut passer debout, comme sous le pilier de Saint-Jacques (4).
- La circulation de l’eau dans les cavernes étant identique à celle des rivières à ciel ouvert, il est légitime que nous appliquions cette donnée à leur histoire. La vallée se creuse au cours des temps sous l’influence de la pluie et de ['eau sauvage ou de ruissellement. Si nous ne le voyons pas directement, c’est que les niveaux successifs du fond de la vallée (imum vallis) n’ont laissé aucune trace de leur état. C’est une raison de plus pour appuyer cette assertion que les vallées, et spécialement les gorges de torrents, ne sont que des cavernes a ciel ouvert. Il manque surtout au parallélisme, des appareils enregistreurs et nous avons éprouvé bien des fois le regret que des dispositions suffisamment anciennes des choses, ne soient pas venues à notre secours, qu’il n’y ait pas, dans ce chapitre, quelque correspondant des documents que les Romains nous ont involontairement, mais si fructueusement procurés, dans l’étude des travaux de plus d’une eau souterraine, par exemple quant à la génération d’espèces minérales filoniennes. C’est ce qui a eu lieu, par exemple, dans les bétons de Plombières et dans les corrosions des puits construits, il y a 2000 ans, sur les sources de Bourbonne-les-Bains. Pour la question des vallées, il eût fallu des expé-
- 1. Voir la figure dans Nos terrains par Stanislas Meunier, p. 24, 1 vol. in-4°, Paris 1898.
- riençes plus longues, instituées, par exemple, par l’homme de l’époque du Mammouth.
- L’état de choses si bien visible à Àrcy peut se manifester, avec plus d’évidence encore, et c’est ce que montre la photographie ci-jointe, prise à Lourdes, dans la grotte de Betharram, en un point situé à 200 m. sous terre, où des groupes de stalactites et de stalagmites se sont soudées entre elles, au-dessus du ruisseau actuel. Des stalagmites suspendues y ont si bien accepté leur nouvelle condition qu’au-dessous d’elles, sont en pleine végétation des bouquets de nouvelles stalactites qui, comme au Temple des Serpents, pendent du plafond, en attendant qu’encore une fois le cours d’eau se déplace pour abandonner le sous-sol exactement sous-jacent, afin qu’il puisse s’y établir des stalagmites qui continueront le travail souterrain.
- Nous avons d’ailleurs des témoignages de la réalisation de ces travaux à toutes les époques géologiques.
- Tous les gisements d’onyx ne sont certainement que des cavernes, comblées par le phénomène stalactitique. Il est remarquable que l’eau, qui a été pour l’ordinaire, le seul artisan des cavernes, en perforant des massifs calcaires sous le choc de galets entraînés, comme nous le voyons à la saignée supérieure d’Àrcy, procède, quand l’assèchement commence à se faire sentir et par la seule infiltration souterraine de la pluie, à la cicatrisation de la plaie dont elle est l’auteur. La substance delà cicatrice est chimiquement la même que celle de la substance primitive (chaux carbonatée), mais sa structure est essentiellement différente et d’origine ordinairement mécanique, avec une structure plus ou moins grossière. L’onyx au contraire, résultat de travaux chimiques, jouit de la structure cristalline et régulière de la calcite, débarrassée de toute matière étrangère.
- Stanislas Meunier,
- professeur au Muséum.
- LES MARBRES ARTIFICIELS
- Les marbres naturels ne sont ni rares, ni très chers. Toutefois, on ne trouve qu’en petites quantités certains dessins, certaines contextures particulièrement plaisantes à l’œil, et les frais d’extraction, de façonnage, de transport, sont relativement élevés en raison du poids, de la dureté, de la fragilité relative des marbres en général ; c’est pourquoi d’ingénieux industriels imaginèrent divers procédés pour la fabrication de pseudo-marbres, qu’on peut de la sorte aisément obtenir sur place, selon toutes formes et tout aspect, à des prix notablement moins élevés que ceux des marbres véritables.
- M. de Keghel, qui dans la Revue de Chimie industrielle décrit les curieux procédés de fabrication des marbres artificiels, distingue deux familles de pseudomarbres : les substances à base de sulfate calcique ou de carbonate durci par fluatation, par le procédé géné-
- ral déjà décrit, dans ces pages (Supplément de 1912, II, page 157, et Recettes de la Maison) ; les substances à base de sels magnésiens.
- Marbres artificiels à base de sels de chaux. — Les plus jolies imitations de marbre blanc sont obtenues avec du plâtre. On gâche par exemple, avec une solution de fluosilicate d’alumine un mélange de 22 kg de plâtre recuit pendant trois heures à 250°, 8 kg de chaux éteinte et8kgde pouzzolane finement pulvérisée de façon à obtenir une bouillie claire. Celte bouillie est versée sur une surface plane recouverte d’une feuille de papier, et on modèle à la truelle en mince couche (épaisseur normale : 2 à 5 cm). A ce moment, à l’aide de spatules diverses, en se guidant sur des échantillons de beaux marbres naturels, des décorateurs déposent à la surface de la bouillie des traces de même bouillie qui
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- LA CHUTE DE NEIGE DE NOVEMBRE
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- fut mise à part, et très légèrement colorée avec de l’ocre, du bleu d’outremer, etc. Ou imite ainsi les brèches, les veines du véritable marbre. Pour imiter sa contexture cristalline, on saupoudre de talc, de mica, puis on lisse la surface au polissoir et on laisse durcir à l’air, ce qui demande de 24 à 36 heures.
- Les pseudo-marbres obtenus ainsi sont légers et poreux, aussi ne conviennent-ils pour être appliqués à l’extérieur des habitations qu’après durcissement par des badigeons aux fluosilicates.
- Ces fluosilicates peuvent être tout simplement appliqués sur blocs de craie, dont la surface fut d’abord polie, puis sillonnée au pinceau de veines et taches à base de colorants d’ombre en solution alcoolique. On obtient ainsi de fort jolies choses. Malheureusement, bien qu’on choisisse pour cet usage des colorants solides à la lumière, leur solidité est très relative, et le marbre devient presque incolore à la longue.
- On peut encore mentionner, comme pseudo-marbres calcaires les moulages faits avec des ciments très fins, ou avec du plâtre gâché dans l’eau alunée; toutefois, ces genres de produits diffèrent un peu des véritables marbres artificiels.
- Marbres artificiels magnésiens. — Ils sont à base de dolomie finement pulvérisée, dont on gâche une quantité mesurée avec un volume égal de solution aqueuse de sulfate magnésien (densité = '1,9). On colore toute la masse avec des pigments pour peinture (bleu de Prusse, vermillon, ocre, etc.), on diapré en ajoutant un peu de pâte autrement colorée, en agitant ensuite très
- peu, pour que reste une certaine hétérogénéité productrice des marbrures désirées et on coule sur glace de verre bien plane, séchée au talc. Au bout de deux ou trois jours, on détache du verre des plaques à surface bien polie dont le fond est légèrement veiné et teinté de façon convenable. On procède alors au maquillage en appliquant au pinceau diverses solutions de sels métalliques, choisies de manière à former des précipités colorant la masse, de manière indélébile. C’est ainsi que pour avoir du jaune, on dessine avec une solution de bichromate de potasse, puis on passe une éponge imbibée d’une solution d’acétate de plomb ; il se forme du chromate de plomb. Des tons rouges sont obtenus avec du nitrate d’argent et du chromate alcalin; des nuances b leues avec du ferricyanure de potassium, puis un sel ferrique ; on conçoit qu’un grand nombre des réactions à précipités colorés puissent être utilisées dans ce cas.
- Après séchage, les plaques décorées sont badigeonnées avec une solution de fluosilicate de zinc ou d’alumine, on laisse sécher de nouveau, puis on procède au polissage. Les marbres artificiels obtenus ainsi sont très solides et subissent lavages ou nettoyages aussi bien que de bons marbres véritables. Quant à l’aspect, il dépend du talqnt de l’artiste décorateur. Certains spécialistes arrivent dans ce genre à des imitations absolument parfaites ; et parfois, ils créent de nouveaux modèles de marbres, lesquels ne ressemblent à aucun modèle naturel, mais ne sont pas moins plaisants pour cela!
- A. C.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1919.
- La réduction catalytique des éthers acétiques. — MM. Paul Sabatier et Alb. Mailhe ont établi, depuis 1904, la réduction des composés chlorés ou bromés aromatiques, qu’ils dérivent du benzine, du toluène, du phénol ou de l’aniline. Ils viennent d’étendre le procédé d’hydrogénation, en présence du nickel-réduit et ce système gazeux, aux molécules dont le groupe fonctionnel est stable ; leurs dernières expériences ont porté sur le mono, le di et le trichloracétate d’éthyle.
- Essais de fragilité des tubes. — Il est indispensable d’essayer, avant leur mise en usage, les tubes qui peuvent par la suite subir des chocs et des vibrations. M. Frémont préconise, à ce sujet, une méthode basée sur la flexion dynamique, soit en long, soit en travers, d’une virole découpée dans le tube et entaillée perpendiculairement à la fibre fléchie.
- Un séparateur de radiations. — L’appareil décrit par M. Bruhat comprend une fente source lumineuse, de
- largeur réglable, une lentille collimatrice, puis un système de prismes et de lentilles, enfin un polarimètre. Son inventeur l’a utilisé à l’étude de la dispersion rotatoire et du dichroïsme circulaire, pour des solutions de tartrate d’uranyle et de tartrate double d’ammoniac et de didyme, ce qui a permis de confirmer en tous points la règle de Natanson.
- Etude de la grande source de Bagnoles de l’Orne. — Les expériences de Curie et de Laborde, en 1904, et de M. Moureu, en 1907, avaient donné des indications très nettes sur la radioactivité des gaz dégagés au grillon de la source et les chiffres fournis avaient été de 0,0115, puis de 0,0024 microcuries par litre. M. P. Loisel a trouvé que la teneur moyenne est de 0,68 gramme et que la quantité d’émanation en dissolution varie sans qu’on ait pu, jusqu’à présent, en déterminer la raison, de 2 à 15 dix-millimicrocuries, par litre d’eau.
- Paul B.
- LA CHUTE DE NEIGE DE NOVEMBRE
- L’automne de 1919 restera célèbre dans les annales météorologiques, par son caractère prématurément hivernal. Il peut sembler superflu de rappeler ce que chacun a si durement éprouvé, l’abais-
- sement notable dé la température dès la seconde quinzaine d’octobre — rendu plus sensible encore par la disette actuelle de combustible — et la première apparition de la neige à la fin de ce mois.
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- LA CHUTE DE NEIGE DE NOVEMBRE
- Novembre deviendra un « record ». Les statistiques météorologiques montrent que jusqu’alors, pour la région de Paris, le plus grand nombre de journées de neige, lorsque des chutes se sont produites pendant ce mois, a été de quatre en 1879 et 1880, et seulement pendant la seconde quinzaine ; tandis que cette année-ci, à la date du 15, on avait déjà enregistré des chutes de neige pendant sept journées.
- Celle du 15 qui a blanchi la moitié septentrionale de la France a été extrêmement remarquable par son importance. La couche a pu atteindre, dans la région parisienne et en divers points de la capitale, une épaisseur de 15 à 20 centimètres qui a entravé la circulation comme aux plus pénibles jours d’hiver; les trains ont subi de nombreux retards et même le service s’est trouvé interrompu sur de nombreuses lignes, par exemple en Beauce,aux environs d’Auneau.
- Dans les circonstances actuelles, cette période à caractère si franchement hivernal aura eu une répercussion économique marquée sur laquelle il est bien inutile d’insister.
- Quant aux conséquences purement naturelles, elles sont par ailleurs très dignes d’être enregistrées.
- Tout d’abord, dans l’ordre contemplatif, des tableaux d’un rare effet se seront offerts à nos yeux.
- Par exemple en bien des points, la campagne étonnait le regard par ses arbres, surgissant de l’épais linceul blanc, et encore presque entièrement feuillus (fig. 1). Le paysage hivernal classique, ce sont
- les arbres réduits à leur squelette, leur ramure dessinant comme une fine dentelle blanche. Dans le cas présent, la neige n’ayant pas persisté sur les feuilles, il était admirable de contempler ces masses profondes aux tons de rouille, de cuivre ou d’or (quelques branches avaient même gardé encore des feuilles vertes), rutilant au beau soleil de la journée du 16 en un contra ste violent avec l’étincelante blancheur du soi. Ces remarques ont été faites tout au long d’un trajet en chemin de fer, de Paris en Sologne.
- Cependant, vers et à partir d’Orléans, une variante pouvait être notée : neige moins é-paisse mais, par contre, glaciation très forte ; certains arbres déjà dépouillés, de même que les fils télégraphiques étaient littéralement engainés dans une épaisse couche de glace, du plus bel effet. L’importance de ce dépôt a été tel que la surcharge occasionnée par la masse des feuilles couvertes de neige
- a fait ployer entièrement de grands arbres, comme le bouleau représenté ci-contre (fig. 2) ou même les a entièrement brisés. Quantaux branches cassées, les bois semblaient avoir reçu une volée de mitraille et certaines branches de chêne, ainsi brisées, avaient jusqu’à 20 centimètres de diamètre; à ce seul point de vue, les dégâts sont notables. De tels faits nous ont paru mériter d’être enregistrés dans la collection de La Nature.
- L. Ri'daux.
- Le Gérant : I'. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- Fig. /. — Les arbres feuillus sous la neige.
- Fig. 2. — Bouleaux courbés par la neige.
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- LA NATURE. — N® 2385.
- 13 DÉCEMBRE 1919
- 1 i-r.
- LA PACIFICATION DU MAROC
- A LA CONQUÊTE DE L’ILOT BERBÈRE
- Sur la grande plage qu’est la plaine du Maroc, tels des flux et reilux dévastateurs, ont passé les
- et peu en avant dans la plaine. Les Vandales ne tirent que traverser le Maroc du Nord. Les byzan-
- Fig. i. — Les neiges dans le haut Atlas. Fig. 2. — Berbères de l’Atlas.
- raz de marée des invasions romaines, byzantines, almoravides, almohades, mérinides, lilaliennes, mais leur flot ne fut jamais assez puissant pour atteindre et submerger l’Atlas où se réfugient encore, sous notre poussée, les Berbères irréductibles.
- Leur ethnographie est encore peu connue, mais il est bon d’apprendre ce qu’on a pu recueillir sur l’ennemi que nous avons à combattre.
- L’évolution de ces peuples se classe en plusieurs périodes dans l’histoire et s’ils ont conservé des traditions vieilles de plusieurs siècles et des coutumes très primitives, c’est qu’ils furent toujours épargnés de tout contact.
- On pense que la ruée berbère elle-même était partie du Sénégal lors que ces peuplades s’installèrent dans l’Atlas. L’invasion hilalienne ne les atteignit pas. Rome et Carthage ne s’installèrent que sur les côtes
- tins ne les ont pas conquis et les Berbèrés restèrent indépendants jusqu’au vne siècle de noire ère. Le fonds de population berbère subsista donc et au lieu de subir l’invasion, c’est elle qui s’assimila les
- races hétérogè-nés.
- Ci,s pasteurs, farouches défenseurs du sol qui les nourrit, s’y sont incrustés et ils ont conservé religieusement les mêmes conditions d’existence physique, morale et sociale qu’il y a plusieurs siècles.
- Depuis, les A-rabes furent le flot qui passe, et les Arabo-Berbè-res sont en petit nombre.
- Nul autant que le Berbère ne possède l’idée de Çof : de tout temps chez eux on s’est battu de clan à clan, de village à village, de famille à famille.
- Après le xne siècle cependant, les tribus mas-moudas, ou berbères de l’ouest, occupant le Grand Atlas, combattirent les Almoravides et la période
- 24. - 569.
- 47e Année
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- 370 —......... : LA PACIFICATION DU MAROC
- Fig. 4. — L’un de nos postes avancés dans Vîlot berbère dissident, photographié en avion.
- almohade commença avec ses tentatives d’arabisation des Zanagas et des Sandhadjas, les relations se nouèrent et les Berbères embrassèrent en partie l’Islamisme tout en conservant leurs superstitions païennes.
- Avec le reflux des invasions d’Espagne, dit le capitaine Péronné, les Mérinides, puis plus tard les Cheurîas au xvne siècle, enfin, la dynastie filalienne depuis cette époque, les Berbères subirent encore un peu plus l’influence islamique.
- En 1672, Moulay Ismaïl, ce sultan qui envoya des ambassadeurs à la cour de Louis XIV et qui tenait le pays à l’aide de ses mercenaires nègres, conquit le pays berbère en bordure de l’Atlas, dont les tribus pillaient la plaine. L’occupation du Tadla par ces troupes noires pourrait expliquer la présence de quelques types de berbères négroïdes. Mais leurs descendants ne cessèrent, depuis le
- Fig. 5. — Une kasbah chez les Berbères.
- xvme siècle de lutter contre le Maghzen. Uniquement occupées à leurs querelles intestines, les fractions berbères éloignées de la côte n’apprirent notre débarquement à Casablanca en 1911 qu’avec une émotion passagère, mais elles furent bientôt travaillées par une propagande fanatique et elles défendirent la plaine pied à pied.
- Maintenant, nous enserrons la montagne par une ceinture de postes dont quelques-uns sont avancés dans les échancrures par où nous nous infiltrons, mais cet îlot berbère est comme toujours indépendant, ceux qui y habitent sont semblables à leurs ancêtres. Leurs mœurs et leurs coutumes nous rejettent en pleine époque du moyen âge.
- On ne pourrait guère mieux comparer la situation actuelle de l’Atlas qu’à celle qu’occupait le massif de l’Àurès en 1904. Aucun centre important, aucune voie de pénétration carrossable, notre occupation s’était arrêtée en Algérie à sa périphérie avec les bastions de Khenchela, Batna, Biskra et Zéribet-el-Oued, qui semblaient placés là pour contrôler les relations de la forteresse de l’Aurès avec le reste de l’Algérie.
- Ce massif imposant, surgi entre le Sahara et les Sbaks, le voyageur, de loin, le considérait toujours avec une religieuse curiosité, comme le mur derrière lequel il se passe quelque chose.
- De même l’attrait de cet Atlas, couvert de neiges et de forêts, aux habitants si farouches et dont les mœurs sont si curieuses, est bien grand pour nous. Quelles richesses minières, agricoles, forestières, hydrauliques et même touristiques ne doit-il pas renfermer 7 Actuellement nous en sommes réduits aux légendes et nous ne faisons que commencer à connaître les secrets de cette mystérieuse montagne. Après les Brives, les de Foucauld, les de Segonzac, qui ont exploré ces régions au prix de risques sans nombre, nous aurons les ethnographies, les rapports des colonnes, les travaux des postes, les monographies que iont nos officiers de renseignements. Alors, quand ces travaux seront connus, nous comprendrons mieux l’œuvre obscure, mais glorieuse qu’accomplissent chaque jour là-bas ceux qui nous y préparent les voies.
- On comprendra pourquoi cette citadelle qu’on
- Fig. 6.
- Une Aït-Attab du moyen Atlas. (Cliché Catherine.)
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- L’IMPRESSION EN RELIEF .....371
- s’étonne de ne pas voir tomber d’un seul coup après tant d’autres qui viennent de s’écrouler, a tenu farouchement en défendant son indépendance. Elle ne se soumettra au Maghzen qu’après une lutte longue et tenace.
- « Non, la guerre n’est pas finie au Maroc », a dit le général Lyautey, le 11 novembre 1918 il a été fait beaucoup, mais il reste à civiliser des tribus dont la seule raison d’être est le pillage. Calmez vos impatiences : touristes, prospecteurs,
- chercheurs d’affaires, colons hardis qui n’hésitez pas à aller toujours plus loin, ce n’est pas parce que la Bastille allemande s’est écroulée que la forteresse berbère vous livrera demain toutes ses richesses en vous ouvrant ses portes.
- Aucune des invasions n’eut assez de souffle pour submerger l’Atlas, seuls, les bienfaits de notre civilisation sont capables, avec le temps, d’en atteindre les plus hauts sommets.
- Henri Catherine.
- L’IMPRESSION EN RELIEF
- Chaque fois que vous recevez une lettre à en-tête timbrée, d’un geste instinctif, avant même de la lire, vous passez le doigt sur le relief des caractères, comme si vous éprouviez le besoin de vérifier par le toucher la perception, trompeuse peut-être, de la vue.
- Le relief attire l’œil et lui plaît; à vrai dire, il lui facilite la tâche de la vision. Il présente, en effet, deux plans principaux d’éloignement différent, nettement distincts l’un de l’autre, et, dans le cas qui nous occupe, presque toujours de teintes formant contraste.
- L’impression en relief sur papier est née du gaufrage.
- Dès le onzième siècle, on trouve, sur de nombreux documents, l’empreinte de la Sainte-Croix, marquée à sec au moyen d’une bague à cacheter. Pour ajouter à l’agrément du relief, cette empreinte fut parfois dorée.
- Au xvie siècle, les relieurs imaginent d’appliquer sous forte pression, une planche de bois dur ou de métal préalablement encrée, ornée de lettres, figures ou ornements gravés en creux, sur les couvertures de peau ou de parchemin des livres qui leur sont confiés; ils obtiennent ainsi des motifs en blanc formant saillie sur fond de couleur.
- Cet estampage, souvent exécuté à chaud, d’ailleurs, pour la plus grande commodité, est aisé, du fait que le carton recouvert par la peau ou le parchemin est très épais et d’une plasticité suffisante pour se prêter à l’écrasement.
- Avec le papier, mince et fragile, l’opération ne saurait être conduite de même façon.
- Vers 1835, les typographes français, empruntant
- à la pratique des relieurs ce qu’ils en pouvaient utiliser, mirent à la mode les productions d’un procédé nouveau d’impression, l'embossage
- Au tympan de la presse (fig. 1) l’imprimeur fixe un enduit de cire chauffée qu’il recouvre, pour l’isoler, d’un papier léger; puis il met en pression contre une matrice gravée en creux fixée dans le châssis; la cire, en refroidissant, fournit une contre-partie en relief exacte et résistante. En encrant alors la matrice, les évidements restent idemnes, et, si on place, au moment d’une nouvelle pression, une feuille de papier entre la matrice et la contre-partie, les saillies de la cire forcent le papier à entrer aux creux de la gravure, tandis que les parties planes de cette dernière y déposentleur encre aux endroits où il ne subit point de gaufrage. Les ornements en relief sont à la teinte du papier sur fond à la couleur de l’encre employée.
- 11 est utile, pour comprendre les perfectionnements apportés par la suite à l’impression en relief d’insister sur le fait que, dans l’embossage, les surfaces gaufrées étaient constituées par le papier original et que, seuls, les fonds bénéficiaient de l’encrage. ]
- Aussi bien, les imprimeurs, pour varier les effets, ont été amenés à essayer d’encrer les reliefs en protégeant de , l'encrage les fonds. L’impression ‘en taille-douce leur en fournit lès moyens. Expliquons en quelques mots comment on obtient une carte de visite dite « gravée ». <
- Le texte est inscrit en creux sur une matrice de cuivre. Celle-ci est encrée à plein de façon que
- Fig. i. — Machine à embosser.
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- l’encre pénètre jusqu’aux fonds des lettres, puis la plaque est essuyée, de telle sorte que l’encre disparaît des surfaces planes pour ne plus adhérer qu’aux traits en creux de la gravure. Sous une forte pression, le bristol qui doit recevoir l’impression est repoussé ; mais, demeurant à son niveau initial aux endroits réservés par les évidements de la plaque, il pénètre dans ceux-ci, se façonne à leur forme intérieure, et y prend l’encre.
- Ceci posé, la classification des procédés modernes d’impression en relief s’établit d’elle-même :
- En premier lieu vient le gaufrage simple avec encrage simultané du fond qui reprend,sans y rien changer, le principe de l’embossage décrit plus haut.
- C’est ensuite la timbrogravure, qui s’inspire du procédé précédent pour l’obtention du relief et de la taille-douce pour l’encrage.
- C’est enfin la typographie gau frée, impression typ ographique ordinaire avec repoussage postérieur des parties imprimées, variété créée dans le but d’imiter la timbrogravure, en utilisant les presses typographiques.
- Le seul perfectionnement apporté, de nos jours, à la technique de l’embossage, consiste dans le choix de la matière employée à la confection de la contre-partie. De la matrice, en effet, nous ne pouvons rien dire dans cet article nécessairement limité; elle est, d’ailleurs, en général, l’œuvre de spécialistes dont la compétence est une garantie.
- La contre-partie doit être évidemment une reproduction exacte et fidèle en tous points de la gravure originale ; elle doit la rendre jusqu’en ses détails les plus menus.
- D’une part, donc, la machine qui servira à la confectionner, doit présenter comme caractères essentiels, un parallélisme absolu entre les deux plans appelés à s’appliquer l’un contre l’autre, et une rigoureuse homogénéité de contact entre ces deux plans au moment de la pression.
- Or, on a délaissé les presses anciennes où la
- pression s’opérait horizontalement, pour leur substituer des presses à platine à pression verticale (fig. 2) dans lesquelles on a puréaliser ces conditions, avec le bénéfice d’une rapidité de tirage beaucoup plus considérable.
- D’autre part, la matière utilisée pour la contrepartie doit être suffisamment résistante pour supporter la fatigue de ce tirage accéléré et parfois élevé en nombre. C’est dire que la cire a été abandonnée. On Ta remplacée par les substances les plus diverses, adaptées, d’ailleurs, à la nature des travaux à exécuter.
- Le papier-buvard, en plusieurs épaisseurs liées à la colle de poisson, donne un gaufrage honnête et sans prétention. La gutta-percha convient en certains cas, comme aussi le cuir, lelinoléum, le celluloïd, et qui l’eut dit? la pâte d’oublies. Le carton de relieur, en plusieurs couches successivement estampées et collées les unes aux autres , accuse toutes les finesses de détail. Enfin certaines poudres et pâtes, spécialement préparées, acquièrent une résistance telle qu’elles permettent des reliefs de plusieurs millimètres sur cartons atteignant un demi-centimètre d’épaisseur.
- Dans la timbrogravure, la presse employée est toute différente; elle rappelle, dans son principe, le balancier du relieur. La matrice est un bloc d’acier doux gravé, la contre-partie est obtenue par pressions successives de la matrice sur des couches de carton-pâte souple collées les unes aux autres.
- Nous avons décrit plus haut, à propos de la taille-douce, l’opération de l’impression ; le résultat est joli, d'autant plus qu’on emploie une encre très brillante, très forte en vernis, et siccative à tel point que, pour la conserver toujours au degré de consistance désirable, le constructeur a dû, dans certaines machines, adapter à l’encrier un dispositif qui, sans cesse, la tient en mouvement.
- Dans les deux procédés exposés, l’impression et
- Fig. 2.— Machine à gaufrer.
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- le relief sont obtenus par un seul coup de presse; avec La typographie gaufrée, l’imprimeur se heurte aux inconvénients inhérents aux moyens mêmes dont il dispose. C’est d’abord le passage à deux reprises sous la presse, une première fois pour l’impression typographique normale, puis un second tirage en blanc au verso de la feuille, la platine munie d’une contre-partie, pour obtenir le relief des parties précédemment imprimées. Mais c’est aussi et surtout, la difficulté du réglage de la marge, c’est-à-dire de la détermination précise de la position à donner à la feuille pour que le gaufrage s’applique rigoureusement aux surfaces délimitées par les contours des caractères ou ornements préalablement imprimés. Le succès de cette opération, très délicate, dépend de l'habileté de l’ouvrier, et,
- venu avant son heure, la mise au point en fut momentanément délaissée, et vient seulement d’être reprise. La technique en est simple : elle nécessite toutefois trois opérations successives, mais chacune d’elles très facilement réalisable.
- La première consiste en un tirage typographique exécuté sur une machine quelconque, avec une encre riche en mordant. L’impression, fraîche encore, est saupoudrée de résine pulvérisée ou de gomme laque en poudre ténue, puis les feuilles sont passées à l’étuve, à un degré de chaleur approprié, et à leur sortie, on constate que la fusion de la matière en poudre a provoqué sur les lettres du texte, les vignettes ou ornements imprimés, une surépaisseur exactement délimitée par leurs contours.
- Des appareils spéciaux destinés à l’étuvage ont
- Fig. 3.. — Caractères pour Vimpression en relief.
- même menée au mieux, elle trahit le procédé, par ailleurs très ingénieux.
- Le typo-timbrage est une variété de la typographie gaufrée. Il nécessite l’emploi de deux types de caractères ou vignettes, l’un servant à imprimer, le second, de corps et d’œil identiques à ceux du précédent, mais gravé à l’endroit et destiné à donner le relief. Le premier tirage est une impression typographique ordinaire, le deuxième, une impression à sec au verso de la feuille, et qui, par foulage sur la platine habillée convenablement, provoque le gaufrage. On conçoit que la précision à apporter à la marge doit, ici encore, être l’objet de tous les soins.
- Les feuilles imprimées en relief présentent, d’ordinaire, au verso, des cavités correspondant aux saillies du recto. Mais on trouve maintenant, depuis peu de temps d’ailleurs, un genre de relief imprimé qui laisse intacte la face postérieure du papier.
- A vrai dire le procédé n’est pas nouveau; il fut expérimenté il y a quelque douze ans déjà, mais
- été construits. L’un d’eux est constitué par une chambre de tôle chauffée au gaz, dans laquelle se déplace automatiquement un chemin roulant, sorte de grille en fil de fer entraînée par des pignons dentés fixés à des mandrins situés aux deux extrémités de la boîte, et sur laquelle sont mises à plat les feuilles à étuver. Le degré de chaleur convenable et la durée du passage des feuilles à l’intérieur de l’appareil, sont réglés simultanément au moyen d’un dispositif approprié, de sorte que l’étuvage s’effectue à une vitesse comparable à celle du tirage à la presse.
- Un autre appareil, à chauffage électrique, donne le même résultat; les feuilles passent entre deux plaques chauffantes qu’on peut, selon les besoins, éloigner ou rapprocher l’une de l’autre.
- Le nouveau procédé d’impression en relief n’est certes pas exempt de tous reproches; il est bon de signaler ses imperfections pour qu’il y soit porté remède, mais sans parfois les amplifier, comme le font à dessein les détracteurs inévitables.
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- La substance dont la fusion donne naissance au relief doit faire corps avec l’encre de l’impression sous-jacente ; il faut donc que cette encre soit mordante à souhait pour établir une liaison sûre entre le papier et la masse du relief, sinon, ce dernier risque d’être détruit au moindre coup d’ongle.
- La matière fondue devra, après refroidissement, conserver une élasticité suffisante pour que, à la manipulation de la feuille, des craquelures ne viennent pas altérer l’effet du relief.
- Le plus gros grief qu’on puisse actuellement relever contre le procédé est peut-être le manque de netteté des textes, notamment dans les compositions de petits corps.
- Mais ne décourageons pas ce débutant qui promet. 11 a pour lui l’avantage d’être peu coûteux du fait qu’il ne nécessite pas l’établissement toujours dispendieux d’une matrice en creux, et rapide, puisqu’il dispense de la confection d’une contre-partie, et que le temps de séchage des feuilles est réduit à un minimum par leur passage à l’étuve.
- Et des essais ont été réalisés qui permettent d’imprimer par ce procédé, en caractères Braille, les ouvrages destinés à la lecture des aveugles, ouvrages dus jusqu’ici à l’impratique et lente ecty-pographie.
- D’ailleurs, la nouvelle impression en relief pourra être exécutée au recto et au verso des feuilles, si l’on imagine un système de brochage qui supprime ou réduise le frottement entre les pages déterminant l’usure des saillies. Les livres pour aveugles seront ainsi ramenés à un volume raisonnable, l’encombrement des bibliothèques spéciales diminué de façon notable, et la variétéet le nombre des ouvrages accrus.
- La question offre un intérêt dont les circonstances actuelles accentuent, hélas ! l'importance. Le nombre des aveugles a, du fait de la guerre, augmenté dans d’effrayantes proportions. A ceux-là, l’horreur de la nuit où il doivent vivre pèse d’autant plus qu’ils ont connu les délices de la lumière et du jour. Ils ont su lire comme nous. Nous avons pensé qu’ils pourraient peut-être, grâce à la sensibilité tactile qui s’est amplifiée chez eux au lendemain de leur mutilation, reconnaître au toucher les lettres qu’ils ont vues jadis et que leurs yeux, éteints à jamais, ne discernent plus.
- Grâce à l’amabilité de personnes spécialement dévouées à l’œuvre de rééducation des aveugles de guerre, nous avons pu tenter quelques essais qui laissent entrevoir la possibilité de résultats intéressants.
- Une certitude se dégage de ces essais. L’aveugle de guerre reconnaît très rapidement les caractères d’imprimerie en relief, au moins ceux de dessin régulier et de hauteur suffisante.
- Par une éducation spéciale et une pratique suivie, il arriverait très probablement, dans un temps relativement court, à distinguer les caractères de corps moyen, puis ceux de petits corps. Il suffirait alors, au tirage d’un livre nouveau destiné à ceux qui voient, de consacrer quelques rames à l’impression en relief, pour que la fantaisie qui nous amuse, appliquée aux en-têtes delettres, aux menus, aux carnets de bal, aux étiquettes de parfumerie, auxmille objets à qui elle communique son charme décoratif, devienne un indicible bienfait pour nos aveugles de guerre, pour tous nos aveugles!
- Léonce Lefèvre.
- LES GRANDS POSTES FRANÇAIS DE T. S. F. PENDANT LA GUERRE
- La Tour Eiffel, Lyon, Nantes. Bordeaux, Le réseau Colonial.
- Nous avons, dans une précédente série d’articles, parlé des divers postes portatifs qui ont été utilisés pour faire de la T. P. S. ou de la T. S. F. en campagne. Ces postes ont rendu aux combattants des services immédiatement tangibles. Ces services n’ont fait que s’accroître au fur et à mesure que la guerre se prolongeait, le matériel s’adaptant de mieux en mieux aux besoins nés de la guerre.
- Nous allons parler aujourd’hui des grands postes de l’arrière et des réseaux qui dépendaient d’eux. Nous verrons qu’ils ont rendu, eux aussi, des services signalés et que leur rôle a été d’une importance capitale. Les postes émetteurs puissants qui fonctionnaient à Paris, à Lyon et à Nantes et qui
- bientôt, si l’armistice n’était survenu, allaient entrer en service à Bordeaux, nous reliaient pardessus nos ennemis et par-dessus les mers à nos alliés, à nos amis. Les réseaux d’écoute qui dépendaient d’eux, ne laissaient rien passer des conversations radiotélé-graphiques ennemies.
- Des oreilles attentives écoutaient sans repos ce que l’ennemi confiait à l’onde hertzienne, des déchiffreurs de grand talent mettaient au jour ce que l’ennemi aurait voulu dissimuler. De ces dépêches prises au vol, de ces secrets percés à jour, les conséquences furent incalculables et nous les avons dues au personnel d’élite des grands postes, dont le travail pénible et sans gloire mérite d’être mis en valeur.
- iï
- Source de .
- Courant Continu
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- Fig. i. — Principe de la production d’ondes hertziennes par un arc électrique placé dans un circuit contenant une capacité et une self.
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- Fig. 2. — Schéma d’un poste à arc émettant des ondes entretenues.
- Source de Courant Continu à haut
- voltage
- ±
- Nous parlerons successivement des postes établis par le Département de la Guerre à Paris, Lyon et Bordeaux sous *la direction du général Ferrié, puis ensuite de celui de Nantes créé par le Département de la Marine. Nous dirons ensuite un mot du grand réseau colonial dont le matériel est actuellement en commande. Nous terminerons en jetant un coup d’œil d’ensemble sur les perfectionnements récents apportés dans les grands postes tant à l’émission qu’à la réception.
- vers le poste
- vers /e poste
- Fig. 3. — Disposition de Vantenne en nappe de Lyon.
- I. La Tour Eiffel. Son poste à arc. Son réseau d’écoute. —Tout le monde connaît le poste de la Tour Installé depuis 1910 dans les locaux souterrains du Champ de Mars, il a pour antenne 6 fils attachés au sommet de la Tour Eiffel et tendus à travers le jardin public. Cette même antenne (à 4 fils seulement), servait dès 1902 pour le poste primitif que le capitaine Ferrié avait dù installer moins luxueusement dans de petites baraques à l’époque où il introdui-
- j ânlenne
- Bobine de J'éJeclro
- sait la T. S. F. en France. Avant la guerre, son émission ronflée, puis sa musicale avaient donné l’heure et le bulletin météorologique à des nuées de petits postes qui l’écoutaient dans la France entière et aux navires dans un rayon de plusieurs milliers de kilomètres. Pendant la guerre, le poste, sous le commandement du commandant Brenot, a amélioré son émission et a mis en œuvre toute une série de postes d’écoute de divers types dont il semble intéressant de suivre le développement et de noter les excellents résultats.
- a) Émission. — C’est le poste émetteur de la Tour qui, pendant tonte la guerre, transmettait 2 fois par jour le communiqué que le monde entier écoutait. Le poilu dans sa tranchée, le marin perdu sur la mer immense, le troupier d’Afrique, faisant colonne au Maroc ou combattant en Orient, tous attendaient avec impatience les quelques lignes quotidiennes, parfois décevantes, mais souvent messagères d’espoir et de réconfort et toujours les bienvenues ; car elles constituaient pour beaucoup les seules nouvelles fraîches et, pour tous, symbolisaient le lien moral unissant tous les enfants de France pendant la grande é-preuve. Le poste émetteur de la Tour fut doublé dès le début par le poste du Trocadéro, moins puissant, mais beau-
- V
- Transformateur H-Fréquence
- Antenne
- Plot de travail
- P/ot de repos
- Fig. 4. — Schéma d’un poste à alternateur haute fréquence.
- Self
- coup plus à l’abri. Installé dans es sous-sols du métro en construction, ce poste, qui fut maintenu jusqu’après l’armistice, avait pour antennes 2 fils qui, soutenus par les tours du Tro-
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- A * i K—"
- S: V t/ers le poste
- Fig. 5. — Disposition de Vantenne en T du poste de Nantes.
- cadéro allaient s’arrimer au sommet de la Toür Eiffel. Ce poste, qui n’a jamais eu besoin de travailler, aurait facilement assuré la liaison de Paris avec les places de l’Est, l’Angleterre et l’Algérie, ce qui aurait été suffisant pour une place assiégée.
- De plus, on installa dans les souterrains du Champ de Mars des postes à onde entretenue sous forme de 2 postes à arcs. Nous avons déjà indiqué précédemment tous les avantages de Tonde entretenue. Le plus important est la possibilité de réaliser des accords rigoureux à la réception, qui permettent d’éliminer effectivement tous les postes
- ayant des longueurs d’onde différentes de celles que l’on veut recevoir.
- Le principe de l’émission à arc est fort simple. Si l’on dispose, aux bornes d’un arc électrique ordinaire alimenté par du courant continu sous une tension de quelques centaines ou d’un millier de volts, un circuit comprenant self et capacité (fig. 1), on constate que ce circuit est le siège d’un courant alternatif dont la fréquence est voisine de la fré-
- 1
- quence propre F =------------du circuit oscillant
- 27rv/LG
- réalisé par la self et la capacité. Ceci s’explique par ce fait que l’on peut vérifier expérimentalement : Quand l’intensité qui parcourt l’arc augmente, la différence de potentiel entre les électrodes diminue* et réciproquement. Tout se passe comme si l’arc était une résistance négative. Par conséquent quand on allume l’arc et qu’en même temps le condensateur en dérivation commence à se charger, le courant qui traverse l’arc diminuant du fait de cette charge, la différence de potentiel augmente aux bornes de l’arc et du condensateur ; ce dernier se charge donc davantage. Puis la charge achevée, le condensateur se décharge à travers l’arc, l’intensité qui passe dans les électrodes augmente. La différence de potentiel aux bornes de l’arc et du condensateur diminue, le condensateur continue à se décharger. Quand il est déchargé complètement, le phénomène recommence en sens inverse et ainsi
- Fig. 6. — L’arc de la Tour Eiffel.
- Ce système d’émission a permis à la Tour de communiquer avec toutes les capitales de l’Europe, avec les États-Unis, etc.
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- s’explique qu’un courant continu rais aux bornes de l’arc puisse engendrer un courant alternatif dans le circuit oscillant branché en dérivation. Si l’on remplace le circuit contenant self et capacité par le système antenne terre, le phénomène se produira encore, mais pour qu’il se produise dans de bonnes conditions, il faut faire jaillir l’arc dans une atmosphère hydrocarbu-rée, refroidir l’anode par une circulation d’eau, il faut enfin souffler l’arc par un champ magnétique transversal, en le faisant jaillir entre les pôles d’un électro-aimant puissant dont le courant d’alimentation traverse les 2 bobines. On a alors le schéma de la figure 2 où S est la self d’antenne et C un condensateur qui évite la mise à la terre de la dynamo d’alimentation. Pour manipuler, on court-circuite quelques spires de la self d’antenne.
- Fig. 8. — Le self d'antenne de l’arc de la Tour Eiffel.
- On envoie ainsi dans l’espace des ondes d’une certaine longueur* quand le manipulateur est baissé et des ondes d’une longueur différente quand il est levé. Le correspondant accordé sur l’onde émise pendant que le manipulateur est à la lre position n’entend pas la 2e onde (manipulateur levé), dite onde de compensation. Les premiers arcs essayés à la Tour mettaient 40 kilowatts dans l’antenne, puis on en réalisa qui en mettaient 100. Les derniers arcs construits pour la radiotélégraphie militaire en mettaient 200 et sont installés à Lyon* L’arc est d’un maniement relativement simple, il demande beaucoup d’entretien. Il était, jusqu’à la mise en service des alternateurs puissants à haute fréquence qui est récente., le moyen le plus employé pour réaliser l’onde entretenue dans les grands postes, les postes à lampes étant réservés aux petites puissances.
- La Tour pendant la guerre a souvent changé de correspondant. Elle travaillait au début avec la
- Fig. ~. — La salle de réception de la Tour.
- Russie et éventuellement avec les places de l’Est ; elle est restée, par exemple, en liaison avec Mau-beuge, tant que le poste de cette place a pu fonctionner. Puis elle a travaillé avec les États-Unis pendant la bonne saison, avec l’Orient, avec Salo-nique, Gorfou, Bucarest. Au moment de l’armistice elle est entrée en liaison avec les postes allemands et avec ceux que l’on avait installés à proximité des états-majors et des localités où siégeaient les Commis-sons, puis ultérieurement — et ce réseau fonctionne toujours — la Tour a suppléé au manque de lignes télégraphiques entre la France et les nouveaux pays alliés ou occupés, ses correspondants actuels ; sont Prague, Varsovie, Belgrade, Constantinople, Serajevo, Posen, etc.
- Mais le rôle le plus intéressant de la Tour pendant la guerre a été d’être le centre d’un réseau d’écoute extrêmement serré. Le problème que l’on s’était posé, c’était de ne rien manquer des transmissions ennemies ou neutres et de capter non seulement les communiqués et les télégrammes de
- Fig. g. — Le poste souterrain du Trocadèro installé pendant la guerre, pour parer à l’éventualité d’un siège.
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- propagande, mais tous les téle'grammes chiffrés officiels ou privés et les télégrammes commerciaux ou prétendus tels, que l’Allemagne, privée de ses câbles, échangeait avec l’Amérique du Nord et du Sud et avec les divers neutres d’Europe.
- Ce problème fut parfaitement résolu par la création de toute une série de centres d’écoute répartis autour de Paris et disposés de telle façon, munis de consignes telles que chaque poste émetteur ennemi ou neutre était écouté en 2 ou 5 endroits différents. On écoutait soit sur antenne, soit sur cadre fermé fixe ou mobile. Les cadres étaient placés, comme nous l’avons dit précédemment, de façon que leur plan passât par le poste émetteur que l’on voulait entendre. Quand en un point d’écoute donné, les circonstances étaient défavorables (orage par exemple), on pouvait comparer l’écoute mal prise aux résultats obtenus ailleurs en des points où les circonstances locales étaient moins désavantageuses. Grâce à ce système très serré d’écoutes faites naturellement avec les amplificateurs les plus perfectionnés, rien ne passait dans l’atmosphère qui ne fut surpris, presque toujours déchiffré. Il n’est pas besoin d’insister sur l’importance énorme d’un service ainsi conduit et sur Ips résultats décisifs qu’une écoute aussi serrée a permis d’obtenir.
- Pendant la guerre, la Tour et ses annexes ont ainsi capté près de 50 000 000 de mots. La Tour pendant la même période en a émis environ 1 500 000.
- Quelques tours de force dans la réception ont pu être rapidement réalisés. C’est ainsi qu’à un moment donné, nous avons été déroutés un instant par des manipulations automatiques extrêmement rapides que les meilleurs lecteurs au son arrivaient à lire, mais qu’ils n’avaient pas le temps matériel de transcrire sur le papier. La difficulté fut immédiatement tournée de la façon suivante La réception dûment amplifiée était enregistrée par un simple phonographe tournant à bonne vitesse. L’enregistrement terminé, il suffisait de faire tourner les cylindres à vitesse beaucoup moindre et le lecteur au son, retrouvant la cadence qui lui était familière, enregistrait sans difficulté le télégramme sur son papier. A un autre moment, l’ennemi a essayé de remplacer le manipulateur des postes ordinaires
- qui envoient des signaux Morse par un appareil Hughes. L§ poste de T. S. F. correspondant devait enregistrer' à l’aide d’un relai sa réception sur un Hughes synchrone. Le poste de la Tour réussit à force d’ingéniosité à accorder un Hughes sur l’émetteur ennemi. On reçut sans difficulté la transmission dont les Allemands espéraient certainement assurer le secret. Cette émission par Hughes fut d’ailleurs de courte durée et se borna à des essais qui, sans doute, donnèrent des mécomptes. La Tour ne fit pas que de l’écoute ordinaire, elle fit aussi de la gomométrie, Au moment où les zeppelins attaquaient l’Angleterre, surtout et incidemment nos propres lignes le réseau gonio des armées fut doublé par un réseau parallèle au front allant de la Normandie au Jura et dont les résultats recoupaient utilement ceux que le réseau des armées donnait au G. Q. G.
- En résumé, émission avec les postes européens par-dessus les territoires ennemis, écoute e xtrêmemen t s errée et féconde de tout ce que l’onde hertzienne transportait de louches intrigues, d’embûches de sous-marins et de plans de bataille. Tel a été le travail de guerre de la Tour. Ce travail, plus pénible que l’on ne croit, est tout à l’honneur du personnel d’élite qui a passé 5 ans tant dans les souterrains sans air que dans les divers postes où de nuit et de jour des oreilles amies écoutaient ce qu’un ennemi cependant méfiant ne chiffrait pas de façon assez indéchiffrable.
- II. Le poste de Lyon. — La Tour en 1914 existait et n’a fait que s’adapter aux nécessités de la guerre, le poste de Lyon, au contraire, a été créé de toutes pièces. 11 fut monté par le capitaine aujourd’hui commandant Péri et remarquablement amélioré et mis au point par le capitaine d’artillerie coloniale Chaulard, lui-même passé chef d’escadron, et qui est un des meilleurs techniciens français de l’heure actuelle. Le poste de Lyon originel n’est autre qu’un poste colonial primitivement commandé pour Saigon par M. Sarraut, gouverneur de l’Indo-Chine. Le matériel fut arrêté en France par la guerre et monté d’urgence à Lyon pour doubler éventuellement la Tour. Ce poste consistait en une émission à étincelle de 150 kilowatts mettant environ 50 kilowatts dans l’antenne. Il fonctionnait avec une antenne en nappes supportée par 8 pylônes de
- Fig. io. — Le poste de Lyon, le plus moderne des postes français en fonctionnement.
- On voit ses huit pylônes haubannés.
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- 120 m. La figure 3 montre comment est disposée actuellement cette antenne.
- A cette lre émission qui travailla à partir d’octobre 1914- et pendant les 2 années 1915 et 1916 avec la Russie, la Serbie, la Roumanie en succédèrent toute une série d’autres que nous allons énumérer avec détails; car, si l’historique de la Tour est surtout intéressant comme donnant le développement rationnel d’un réseau complet d’écoutes, celui du poste de Lyon montre les pro-
- nicaiions sûres à tout moment. 11 fallait de toute nécessité améliorer l’émission. Des perfectionnements de détail dus en grande partie au commandant Chaulard (amélioration de la terre, étude plus poussée des diverses parties du circuit de l’arc, etc.), permirent de mettre plus de puissance dans l’antenne (100 kilowatts au lieu de 70), puis on améliora sensiblement l’émission en surélevant les pylônes. Les 8 pylônes initiaux de 120 m. furent remplacés par 2 pylônes de 200 m. et 6 pylônes de
- Fig. il. — La machine la plus moderne pour produire les ondes hertziennes,
- Valternateur à haute fréquence du poste de Lyon.
- Au 2e plan, le groupe de machines qui fournit le courant continu alimentant le moteur de l’alternateur. On remarquera que la salle où naissent les ondes a l’aspect d’une usine électrique ordinaire.
- grès successifs d’un poste émetteur puissant pendant la guerre. C’est donc sur les émissions successives du poste de Lyon que nous allons surtout insister. Au poste à étincelles succéda assez rapidement un poste à ondes entretenues. Ce fut d’abord un arc identique à celui de la Tour Eiffel et mettant de 70 à 100 kilowatts dans l’antenne. En même temps que l’on installait ce premier arc, on mettait en commande chez 2 constructeurs un alternateur à haute fréquence puissant. Une seule maison réussit à le construire, mais il ne fut pas possible de l’installer avant juillet 1919. L’arc donna dès le début des résultats fort intéressants. On put communiquer avec l’Amérique dès le mois de mai 1917,. Mais pendant l’été (de juin à septembre), les décharges atmosphériques parasites étaient trop fortes pour que l’on pût compter sur des commu-
- 180 m. Ce travail exécuté en 6 mois permit de rester en liaison avec l’Amérique pendant tout l’été 1918, ce qu’on n’avait pas réussi à faire d’une manière permanente pendant l’été précédent. La nouvelle émission de Lyon était, en 1918, couramment entendue non seulement en Amérique, mais en Afrique centrale, au Congo belge et enfin en Chine à Shangaï ainsi qu’aux Philippines, on l’entendit jusqu’en Nouvelle-Zélande. A partir de mars 1918, un communiqué spécial fut envoyé à destination de l’Afrique centrale, un autre communiqué destiné à l’Extrême-Orient fut transmis régulièrement à partir de septembre de la même année.
- Enfin on décida de mettre en service, et ceci fut réalisé au début de 1919, des arcs poùvant mettre 200 kilowatts dans l’antenne et qui concurremment avec l’alternateur haute fréquence dont il nous
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- reste à parler maintenant, devaient permettre un trafic parfaitement régulier avec les grands postes de l’Amérique du Nord.
- L’alternateur haute fréquence, installé à Lyon depuis juillet 1919, est dû aux remarquables travaux de MM. Bethenod et Latour. Il a été réalisé par les ingénieurs de la Société Alsacienne de constructions mécaniques et semble devoir donner toute satisfaction tant au point de vue mécanique qu’au point de vue électrique. Nous ne donnerons pas ici la théorie de l’alternateur haute fréquence; nous nous bornerons à dire qu’un tel alternateur n’est pas essentiellement différent d’un alternateur ordinaire à fer tournant. La grande fréquence est simplement obtenue par la multiplication du nombre des pôles et par la grande vitesse du rotor. De plus des artifices de denture qui sont spéciaux à la machine de MM. Bethenod et Latour ont permis de réaliser pratiquement les fréquences élevées dont on a besoin en T. S. F.
- L’alternateur installé à Lyon est entraîné par un moteur à courant continu dont a vitesse est maintenue cons^ tante par une double régulation, l’une sur le voltage de la génératrice continue qui alimente le moteur du groupe haute fréquence, l’autre sur ce moteur même. L’alternateur débite dans le circuit primaire d’un transformateur à haute fréquence dont le secondaire est intercalé dans l’antenne. Pour manipuler on met simplement l’alternateur en court-circuit et on réalise ainsi un poste de T. S. F. infiniment simple dont la figure 4 donne le schéma et qui produit des ondes dont la longueur est directement liée à la fréquence de la machine, c’est-à dire à sa vitesse. La machine installée à Lyon tourne à 3000 tours et a une fréquence de 20 000 périodes qui correspond à
- 300 000 000 . .Knnn , , ,, ,
- —^ Q(j-Q—» soit 15 000 m. de longueur d onde.
- Si l’on veut faire varier la longueur d’onde, il n’y a qu’un moyen possible, c’est de modifier la vitesse de la machine, ce qui n’est réalisable qu’entre d’assez faibles limites, c’est la seule infériorité de l’alternateur haute fréquence sur l’arc. Ce dernier, en effet, dispose d’une gamme de longueurs d’ondes très étendues que l’on met en jeu en prenant plus
- ou moins de self dans l’antenne. L’alternateur haute fréquence a une gamme beaucoup moindre.
- Par contre l’alternateur est d’un maniement et d’un entretien beaucoup plus simple que l’arc ; deuxième avantage très important. La manipulation se fait par tout ou rien. L’onde de compensation est supprimée et l’on n’encombre plus l’atmosphère de celte onde inutile, donc nuisible et qui, lorsqu’elle est trop voisine de l’onde de travail, donne parfois lieu à une certaine difficulté dans la lecture.
- L’alternateur H. F. de Lyon est mieux entendu en Amérique que le gros arc. Sa mise en service est toute récente, mais nul doute qu’à puissance égale, et il pourra certainement mettre 200 kilowatts et peut-être davantage dans l’antenne, il ne donne des résultats beaucoup meilleurs. Cet alternateur II. F, si sa grande vitesse ne donne lieu aucun inconvénient , ce qui semble se réaliser, se présente vraiment comme la machine de l’avenir.
- Le poste de Lyon constitue donc à l’heure actuelle le véritable poste moderne, il a abandonné complètement l’émission à étincelles ; il é-met uniquement en entretenues, soit avec son gros arc qui met 200 kilowatts dans l’antenne, soit avec son alternateur H. F. qui mettra dans l’antenne une énergie du même ordre et que les Américains semblent préférer, sans doute parce que la lecture des signaux, faite en dehors de toute onde de compensation, est plus nette et plus facile.
- Mais si l’on a surtout étudié à Lyon les problèmes de l’émission, cela ne signifie pas qu’on ait négligé la réception. C’est à Lyon que le capitaine Chaulard a fait étudier le mode particulier de réception sur cadre dont nous avons parlé dans un article précédent. Il a pu recevoir à 900 m. du grand poste émettant à toute puissance et sans être gêné par lui; il semble possible de prévoir, à brève échéance, la réception sur cadre installée dans le poste émetteur lui-même et la T. S. F. en duplex sera ainsi réalisée avec le maximum de facilité, le poste émettant et recevant à la fois. De Lyon dépendait et dépend encore tout un réseau d’écoute moins important, moins étendu que celui de la Tour, mais qui a assuré néanmoins pendant la guerre d’une part, la réception de l’Amérique qui depuis fut faite à
- Fig. 12. — Le poste de Basse-Lande, à Nantes. Salle des machines.
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- Poitiers et à Orléans dans des centres d’écoute dépendant de la Tour Eiffel et, d’autre part, toute une série d’écoutes intéressantes, parmi lesquelles on peut citer celle des postes balkaniques, celle des postes austro-espagnols (liaison de l’Autriche avec Barcelone) et celle des postes hispano-marocains (correspondance entre l’Espagne et le Maroc).
- Le poste de Lyon, avec ses postes d’écoute annexes, constituait donc vers la fin de la guerre un ensemble tout à lait du même ordre que celui de la Tour. Si le nombre des postes d’écoute
- maritime. Les travaux furent commencés en juin 1917, le poste marcha en novembre de la même année. Il devait comporter une émission à arc semblable à celle de la Tour Eiffel et d’ailleurs munie d’un matériel qui avait été mis en service au poste même de la Tour. Les navires correspondants normaux du poste de Nantes n’étant pas équipés pour recevoir l’entretenue, une émission à étincelles puissantes était également prévue (150 kilowatts) et une émission analogue de 50 kilowatts servait de secours. Ce sont ces deux émissions à étincelles qui
- Fig. i3. — Le poste de Basse-Lande, à [Nantes. — La salle de haute fréquence.
- Cette salle est recouverte d’une voûte en béton non armé, de g mètres de portée, très surbaissée, d’une construction
- très audacieuse.
- était moindre, l’émission faite sur une antenne plus importante que celle que supporte la Tour Eiffel était notablement plus puissante. Les essais, les installations nouvelles étaient plus aisées que dans le poste souterrain du Champ de Mars et l’on peut dire que ce poste de Lyon, créé de toutes pièces pendant la guerre, a vraiment été à la tête du progrès, en ce qui concerne les postes émetteurs puissants. Il le doit en grande partie au commandant Chaulard.
- III. Le poste de Nantes. — Pendant que la Guerre installait Lyon te améliorait la Tour, la Marine construisait le grand poste de Nantes. Ce poste date de 1917. Il a été étudié au point de vue technique par le lieutenant de vaisseau de Beiles-cize, un des meilleurs spécialistes de la T. S. F.
- avaient été remarquablement étudiées par M. de Bellescize. La dernière seule fut d’ailleurs pratiquement suffisante pour la liaison avec les postes de bord. Les navires entendaient le poste de 30 kilowatts dès leur sortie du port de New York.
- L’antenne dii poste de Nantes est une antenne en T supportée par 6 pylônes de 180 m. haubannés identiques à ceux du poste de Lyon (fig. 5).
- Les arcs au nombre de 5 dont 2 peuvent mettre 280 ampères dans l’antenne, le 3e plus petit n’en mettant que 150, n’ont qu’une particularité qui les différencie de ceux de la guerre. L’arc, au lieu de jaillir dans une atmosphère de gaz d’éclairage, jaillit dans un milieu hydrocarboné liquide constitué par du pétrole. Les résultats sont aussi bons sinon meilleurs et il est très intéressant d’avoir pu
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- se passer de gaz d’éclairage dont la fabrication demande une usine spéciale, partout où ce produit n’était pas précédemment employé.
- Le poste de Nantes, qui a rendu au point de vue marine les meilleurs services, a assuré aussi, surtout vers la fin de la guerre, des liaisons terrestres. Il a collaboré avec le poste de la Tour Eiffel pour l’écoulement du trafic à destination de l’Europe Orientale. C’est lui qui depuis l’armistice travaille entre autres correspondants avec Bucarest. La marine le considère avec raison comme le poste type et projette d’autres postes de même puissance, judicieusement répartis dans les colonies et qui suffiraient à constituer un réseau radio complet, apte à entretenir une liaison permanente avec n’importe quel navire en un point quelconque du globe.
- On choisit comme antenne une nappe soutenue par 8 pylônes de 250 m. de haut et dont les fils élémentaires avaient environ 1500 m. de long. La figure 16 montre comment se présente celte antenne. L’industrie métallurgique française étant entièrement absorbée à ce moment-là par les fabrications de guerre, il fut admis que Jes pylônes seraient fournis par la marine américaine. Ce sont des pylônes non haubannés au contraire de ceux de Lyon. Ces derniers sont des prismes à section carrée de moins de 2 m. de côté, les pylônes de Bordeaux sont des pyramides triangulaires dont la base est un triangle équilatéral de 60 m. de côté. Si l’on se souvient que la Tour Eiffel a pour base un carré de 100 m. on se rendra compte que chaque pylône de Bordeaux, à la légèreté de la construction près,
- Fig. 14. — Le ïoste de Bordeaux et ses huit pylônes de 25o mètres de haut. État de la construction en octobre 1919.
- C’est au poste de Nantes que le lieutenant de t vaisseau de Bellescize a fait ses remarquables travaux sur la réception sur cadre permettant le travail en duplex ; nous avons parlé de ce dispositif dans un article précédent. Le cadre était installé à une distance de l’antenne d’émission inférieure à 3 kilomètres et recevait de façon parfaite pendant que le poste émetteur transmettait à toute puissance.
- IV. Bordeaux. — En 1917, à l’époque où les essais de communication de Lyon avec l’Amérique ne donnaient pas encore entière satisfaction, le général Pershing demanda la construction d’un poste qui pût, en cas d’indisponibilité des câbles, communiquer avec les États-Unis à toute heure du jour et en un jour quelconque de l’année. Pour que ce problème fût résolu sans aucune espèce de doute, on décida d’installer dans la région de Bordeaux un poste aussi puissant qu’il était possible de le réaliser en l’état de la technique du moment et muni d’une antenne ayant le maximum de capacité et de pouvoir rayonnant.
- ne le cède pas beaucoup en importance au support d’antenne unique du poste de Paris.
- Les photographies qui illustrent cet article montrent de façon saisissante combien la construction de ces pylônes est audacieuse et légère. La partie la plus délicate à établir a été les fondations des trois pieds de chaque pylône. Le sous-sol était en effet mauvais. M. Harel de La Noë, inspecteur général des ponts et chaussées à qui l’on posa le problème, réussit à le résoudre en alliant l’élégance à la solidité, en asseyant chaque pied de pylône sur une base dont les photographies donnent l’idée et qui, tout en étant d’une grande robustesse, n’a pas l’air moins légère que le pylône lui-même.
- A l’époque où la construction du poste fut décidée, seul l’arc pouvait donner la grande puissance que l’on voulait mettre dans l’antenne (de 300 à 500 kilowatts) et seuls les Américains avaient la pratique des très gros arcs. Il fut donc décidé que la marine américaine fournirait non seulement les pylônes mais encore un double jeu d’arcs qu’ils projetèrent d’alimenter par une génératrice de
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- 1000 kilowatts. Toutefois, dès que les alternateurs 1 II. F. de fabrication française semblèrent devoir donner satisfaction, on décida d’installer en même temps que l’arc un alternateur extra-puissant et qui mettrait 500 kilowatts dans l’antenne.
- La résistance électrique d’une antenne comme celle de Bordeaux doit normalement être comprise entre 1 et 2 ohms (l’antenne de Lyon a 2 ohms exactement). L’énergie mise dans l’antenne est égale au produit de la résistance ohmique par le carré de l’intensité qui traverse cette antenne. Si donc RI2 est égal à 500 000 watts, pour R = 2, P est égale à 250 000 et I à 500 ampères. Si R est égale à 1 ohm, I = 500 X \/2, soit 700 ampères environ.
- La longueur d’onde prévue pour Bordeaux est de l’ordre de 20 000 m., c’est-à-dire que Fonde hertzienne émise par le poste aura franchi 20 km dans le temps mis par le courant alternatif qui parcourt l’antenne à reprendre la même intensité dans le même sens. Autrement dit, la période de ce courant est égale au temps mis par Fonde hertzienne ou la lumière pour franchir 20 km. Or en une seconde la lumière parcourt 300 000 km, le courant alternatif qui parcourt l’antenne a donc 15 000 périodes par seconde, sa fréquence sera 15 000.
- L’antenne de Bordeaux se composera de 20 fils en parallèle de 4 mm. de diamètre et d’environ 1500 m. de long chacun. C’est cette espèce de gril qui va être parcouru, quand on transmettra, par un courant qui aura vraisemblablement 600 ampères efficaces sous une tension élevée et qui changera de sens 30 000 fois en une seconde. Ces données numériques permettent de se rendre compte de ce qui se passe dans une telle antenne. Rien d’éton-nant à ce que Fonde hertzienne produite ait une énergie suffisante pour actionner comme ce sera certainement le cas pour Bordeaux, toutes les antennes du monde entier.
- À l’heure où ces lignes sont écrites, le poste est très près de son achèvement, 6 tours sont terminées sur 8, les 2 dernières le seront avant la fin de
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- l’année. Le matériel d’émission actuellement à pied d’œuvre sera installé et mis en essai dès l’achèvement des bâtiments qui ne saurait non plus tarder.
- Le poste qui sans doute transmettra au début de 1920 — et qui est le fruit de la collaboration de la Guerre française et de la Marine américaine — sera remis dès son achèvement à l’administration des P. T. T. chargée de son exploitation.
- Y. Le réseau colonial. — Depuis de longues années, on déplorait l’isolement de nos colonies au point de vue communications et le fait est que
- presque toutes n’étaient rattachées à la métropole que par des câbles étrangers. Dès que les progrès de la technique eurent permis d’envisager avec les colonies des relations radio-télégraphiques directes, ce qui remonte à peu d’années avant la guerre, on fit le projet d’un grand réseau mondial reliant de proche en proche la métropole à toutes nos possessions lointaines. Ce projet ne s’est pas réalisé faute de crédits et ce n’est qu’en 1917 que l’ordre fut donné de construire 5 grands postes en Algérie, en Afrique Occidentale, au Congo, à Madagascar et en Indo-Chine. Avant cette date, des postes importants avaient été commandés, mais par les colonies elles-mêmes et sans qu’il fût possible de réaliser un réseau d’ensemble. C’est ainsi qu’immédiatement avant la guerre, un poste de plus de 100 kilowatts était en voie d’installation à Tombouctou, un poste de 150 kilowatts était commandé pour Saigon. Nous avons dit plus haut que du fait de la guerre, c’est à Lyon qu’il fut finalement installé. L’année 1917 marque la date où, aux initiatives privées des diverses colonies, succéda un projet d’ensemble actuellement en voie de réalisation.
- Les cinq postes que nous avons énumérés plus haut, seront tous munis d’alternateurs à haute fréquence. Leur antenne est supportée par des pylônes à section carrée et haubannés analogues à ceux de Lyon. Le poste de l’Algérie et celui de FA. 0. F. auront une antenne en T supportée par 6 pylônes de 120 m. Leur alternateur à H. F. sera un peu moins puissant que celui qui tourne
- Fig. i5. — L’un des pylônes de Bordeaux au i0Tjuin iqiq.
- Le montage s’effectue sans échafaudage. Remarquer le dispositif de fixation des pieds des pylônes.
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- actuellement à Lyon. L’émission d’ondes entretenues sera doublée par une émission à étincelles de 100 kilowatts, à éclateur tournant.
- Au Congo et à Madagascar, nous aurons des alternateurs H. F. identiques à celui de Lyon et une antenne en nappe supportée par 8 pylônes de
- sera mis en place en 1920 et 1921. Il est hors de doute que l’énergie à l’émission a été prévue très largement, étant donnés surtout les immenses progrès réalisés à la réception dons nous avons déjà parlé à propos des amplificateurs et des réceptions sur cadres. Nous disposerons donc avant deux ans
- A
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- t
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- I
- 400 m.
- Fig. iô. — Disposition de l’antenne en nappe du port de Bordeaux.
- 150 m. au Congo, 200 m. à Madagascar. Dans cette dernière colonie l’émission par alternateur à H. F. est doublée par une émission à étincelles de 150 kilowatts.
- Enfin l’Indo-Chine disposera d’un poste extrapuissant et analogue à celui de Bordeaux (8 pylônes de 250 m., un alternateur H. F. mettant 500 kilowatts dans l’antenne).
- Tout ce matériel actuellement en commande
- d’un réseau colonial tout à fait moderne, pourvu du matériel technique le plus perfectionné et permettant à nos cinq principales colonies de converser directement avec la métropole.
- Ce résultat prochain est d’une trop haute importance pour ne pas le souligner ici. A noter de plus que le réseau actuellement en voie d’installation sera ultérieurement étendu autant qu’il sera reconnu nécessaire. Un Radio
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- Séances de novembre >919.
- Les terrains dévoniens dans les Vosges d’Alsace. — La masse des sédiments de la vallée de la Bruche appartient au dévonien et on y rencontre des schistes, des phtanites, des arkoses, des grès grossiers, des conglomérats, avec des lentilles de calcaires, de diabases, ou de roches acides.
- M. Jacques de Lapparent a pu faire l’étude micrographique des phtanites et montrer que ce sont la. des roches à radiolaires, ceux-ci appartenant au groupe des Sphae-rellariés. Ces organismes se reconnaissant très nettement à la structure réticulée de leur squelette, et, dans un grand nombre d’échantillons, ils se sont transformés en une chlorite de faible biréfringence, ou en une calcédoine largement cristallisée. D’autres fois, ils sont remplacés par du mica blanc associé à du quartz.
- Action de la cyanamide sur le développement du maïs. — L’expliquant tantôt par la toxicité des produits
- que livrent les usines électro-chimiques, tantôt par la formation dans le sol d’un composé de polymérisation, de nombreux auteurs ont constaté l’action extrêmement capricieuse que la cyanamide exerce sur la culture du maïs. MM. Mazé, Vila et Lemoigne viennent de conduire avec méthode une série d’essais concluants sur la ger^ mination et le développement de cette graminée. La solution nutritive ayant été additionnée, soit de cyanamide, soit de dicyanodiamine (0 gr. 162 au litre), soit -enfin de nitrate de soude (0 gr. 5), les auteurs arrivent à cette certitude : la cyanamide est généralement toxique pour le grain de maïs et il est rare de constater, même après plusieurs semaines, un développement normal de la jeune plante ; quant à la dicyanodiamine, elle ne se transforme pas en urée et si son action n’est pas nocive, du moins ne peut-elle en aucun cas fournir l’azote nécessaire à la croissance du végétal.
- Paul B.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2386.
- 20 DÉCEMBRE 1919
- POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DES TRANSPORTS MARITIMES
- Les “ navires à pousseur ”
- Le grand problème qui domine dans le monde entier le retour à la vie normale, ou à ce qui pourra s’en rapprocher, est incontestablement celui des
- les moyens, de mettre en œuvre toutes les ressources, qui nous permettront de pallier à l’insuffisance actuelle du nombre de navires de charge. Parmi
- Fig. i. — Cargo et Pousseur séparés.
- transports. Et si les transports terrestres ont une grande importance, il est certain que les transports par mer en ont une plus grande encore parce que les seconds ne sont, le plus souvent, que les prolongements des premiers. De tous les points du globe s’élève en effet le cri :
- « Donnez nous du tonnage »!
- Or les vides causés dans les rangs de la flotte de commerce mondiale par les crimes des sous-marins allemands sont énormes, et malgré l’ardeur apportée de toute part à les réparer, la rareté des matériaux, celle aussi de la main-d’œuvre et ses exigences, la longueur du temps malgré tout le nécessaire pour construire un navire, font que de longtemps encore, il ne pourra être fait face aux besoins pressants du tonnage qui se manifestent partout.
- C’est donc un devoir absolu de rechercher tous
- Fig 2. — Cargo à pousseur en charge.
- ces moyens, il en est un que je voudrais présenter aux lecteurs de La Nature parce qu’il paraît extrêmement ingénieux et efficace et susceptible d’une réalisation rapide.
- L’idée est venue à un professeur d’hydrographie de la marine, M. Cons-tan, qu’il serait avan-tageux et économique de réaliser un type de navire dans lequel un certain nombre dé coques, identiques, seraient poussées, d’un point à un autre et successivement par le même moteur.
- Certes le problème ainsi posé serait déjà résolu jusqu’à un certain point par le système de chalands remorqués, mais cette solution implique des difficultés rédhibitoires sur lesquelles il n’est pas nécessaire d’insister, et, de plus, elle ne peut s’appliquer qu’à des traversées courtes et dans lesquelles les chances de grosse mer ne se présentent que rarement.
- L’idée de M. Constan est tout aulre. Il a conçu
- Fig. 4. — Le navire à pousseur.
- Le pousseur et le poussé réunis (plan et élévation).
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- 386 = POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DES TRANSPORTS MARITIMES
- an « navire à pousseur », c’est-à-dire un ensemble composé : 1° d’un poussé ou coque porteuse, chargée de recevoir la cargaison, et 2° d’un pousseur, coque motrice et amovible. Ces deux coques sont à volonté emboîtées, coincées et fixées l’une dans l’autre de telle sorte que le flotteur unique ainsi obtenu constitue un seul navire ayant l’apparence, la rigidité et toutes les qualités du navire normal correspondant (fig. 4).
- L’économie du système réside en ce fait qu’il peut y avoir 5 coques porteuses pour 1 coque pous-seuse ou motrice. Tandis que l’une des porteuses navigue avec le coque motrice, les deux autres sont en chargement et déchargement dans les deux ports terminus.
- On conçoit; donc que si le tonnage des coques porteuses et la puissance du pousseur sont judicieusement étudiés et choisis, tout pousseur arrivant à destination avec une coque porteuse en trouvera
- Le système de M. Constan, conçu pour les traversées sur mer peut également recevoir une application intéressante sur les rivières et canaux. En effet un « pousseur » accouplé avec une coque porteuse constitue un remorqueur normal pouvant remorquer une série de chalands emboîtés et coincés deux par deux les uns dans les autres (fig. 7).
- Le principe du système et ses avantages étant ainsi exposés, il nous reste à examiner les conditions dans lesquelles il peut être réalisé mécaniquement.
- La condition première qui s’impose est que la rigidité de l’ensemble formé par les deux coques emboîtées, soit absolue.
- Cette jonction rigide des deux coques par emboîtement et coincement est basée sur ce fait très simple et remarquable que si un coin, d'angle inférieur à 70°, est emboîté dans un dièdre d’égale ouverture de telle sorte que les arêtes du coin
- Fig. 5. — Les deux parties du navire séparées.
- A gauche : partie arrière de la coque porteuse. A droite : le pousseur.
- Fig. 6. — Les éléments du navire.
- A, coque porteuse; B, coque motrice; C, puits vertical destiné à recevoir les tenons d’assemblage t;
- t, tenons d’assemblage.
- une autre prête à partir. Il en résulte clairement que pour un temps donné, le rendement des navires à pousseur sera bien plus élevé que celui que pourraient fournir, sur le même trajet, des cargos automoteurs de même vitesse et de même portée en lourd.
- Une au Ire propriété très importante des navires à pousseur Conslan est que la coque motrice n’a pas à stationner dans les ports pour charbonnage. Le combustible du pousseur se trouve, en effet, emmagasiné dans les soutes arrières du poussé où il est déposé pendant le chargement de celui-ci.
- et du dièdre soient invariablement liées l’une à l’autre, aucun jeu du coin dans le dièdre n’est possible, les faces du dièdre « épaulant » celle du coin.
- Partant de ce fait M. Constan a eu l’idée de donner à l’avant de la coque motrice B (fig. 6) la forme d’un coin àarêle verticale, et d’entailler Barrière de la Coque porteuse en forme de dièdre, l’angle des faces de ce dièdre étant le même que celui des faces avant du pousseur.
- Une série de tenons en forme de T (fig. 6) traversent horizontalement l’étrave du pousseur B et
- 4
- A’
- Fig. 7- — Train fluvial.
- A, chaland porteur ; B, pousseur ; A', chaland porteur emboîté dans un chaland A.
- En cours de route le pousseur est alimenté en combustible au moyen de norias et glissoires dans le cas de la chauffe au charbon, au moyen de siphons dans le cas de chauffe au combustible liquide.
- s’engageant dans un puits vertical C de section rectangulaire ; ils sont actionnés par des appareils de serrage intérieur qui assurent un serrage parfait de deux arêtes, et, avec un coincement énergique des
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- deux coques, leur liaison complète. Le bloquage du joint est rendu encore plus étroit par des organes spéciaux extrêmement simples et robustes qui font que, théoriquement et pratiquement, tout se passe comme si les parois étaient revêtues ensemble.
- Les opérations d’accrochage et de désaccrochage, extrêmement simples et faciles, n’exigent que quelques instants et se font dans les ports. Elles peuvent d’ailleurs, s’exécuter également à la mer, de
- sorte qu’en cas d’avaries graves à une des coques, on peut sauver l’autre avec tout l’équipage.
- Telle est, sommairement décrite, cette invention dont l’application apparaît comme parfaitement réalisable et susceptible, par sa simplicité et par le rendement qu’elle promet, d’apporter un remède des plus sérieux à la crise de tonnage dont il est nécessaire que nous sortions.
- Capitaine de Frégate Sàuvaire Jourdan.
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- Comme suite à notre précédent article (V- n°2585), il nous reste pour conclure à jeter un coup d’œil sur les progrès réalisés dans la technique des grands postes dans ces dernières années, -progrès qui ont permis des liaisons certaines à des distances énormes et qui ont définitivement classé la T. S. F. comme un moyen de transmission ne le cédant à aucun autre et en particulier aux câbles.
- Ces progrès peuvent se résumer en quelques mots.
- A l’émission : substitution de l’onde entretenue à l’onde amortie. Émission automatique permettant de passer de 20 mots à la minute à 40, 60 et davantage.
- A la réception : apparition des amplificateurs qui permettent la réception sur cadres. — Dispositifs antiparasites. — Enregistrement automatique des signaux, corollaire obligé de l’émission automatique. — Réception sur cadre permettant le travail en duplex.
- Nous allons insister un peu sur ces divers points.
- A Émission. — 1. Apparition de l'onde entretenue. — Le principe de l’arc était connu bien avant la guerre. Les travaux de Duddell et de Poulsen avaient mis la question au point. En France avec un arc genre Poulsen, MM. Colin et Jeauce, tous
- C
- Fig. 2. — Le cadre CD est placé dans la position convenable pour entendre clairement B et entendre au minimum son propre poste émetteur A.
- deux officiers de marine, avaient fait de la téléphonie sans fil entre le poste de la Tour Eiffel et Melun, mais l’arc extra-puissant qui met 100, 200
- et jusqu’à 500 kilowatts dans l’antenne n’a guère été mis en service que peu avant 1914. Il a eu sur l’émission à étincelles les avantages maintes fois
- A
- Fig. i. — Un champ alternatif représenté par AB est décomposable en deux champs tournant en sens inverse et d’amplitude constante AC ou AD.
- énumérés de l’onde entretenue. Meilleure portée à énergie égale au départ; grande syntonie à la réception permettant d’excellentes solutions et la multiplication des postes émetteurs sans crainte de brouillage. On a pu lui reprocher un entretien assez pénible. La cuve où jaillit l’eau dans une atmosphère hydrocarbonée se remplit de suie et doit être nettoyée avec grand soin et très souvent. C’est à cause de la nécessité d’un tel entretien que les arcs sont toujours prévus par deux, un arc fonctionnant pendant qu’on remet l’autre en état. On reproche aussi à l’arc de nécessiter la manipulation avec onde de compensation. L’atmosphère, disent les techniciens, est déjà assez encombrée d’ondes de toutes espèces sans qu’on lui fasse transporter encore ces ondes compensatrices parfaitement inutiles. Par contre, comme générateur d’ondes entretenues, l’arca un avantage qui lui est spécial : grande élasticité dans la gamme des longueurs d’onde qu’il peut émettre. *
- A l’arc a succédé l’alternateur H. F. dont la gamme de longueurs d’ondes est réduite, mais dont l’entretien est inexistant et qui permet de manipm 1er par tout ou rien et de supprimer aussi l’onde de compensation. L’alternateur H. F. extra-puissant
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- n’était en service nulle part avant la guerre. Comme pour l’arc, les principes étaient connus, des machines de faible ou de moyenne puissance réalisées, mais il a fallu l’essor que la guerre devait donner à la T. S. F., pour que les alternateurs de plus de 100 kilowatts fussent mis en service. Ces alternateurs dérivent de principes différents sur lesquels nous ne donnerons que des indications très sommaires. Les uns sont des alternateurs à fer tournant dont on augmente la fréquence en multipliant la vitesse et le nombre de pôles. C’est dans cette catégorie qu’il faut ranger l’alternateur Àlexan-dersonn, en service en Amérique et la remarquable machine de MM. Bethenod et Latour. [Dans d’autres machines, on part d’une fréquence cou-ranté et on multiplie cette fréquence, soit dans l’alternateur lui-même et c’est le principe de l’alternateur Goldschmidt, soit en dehors de l’alternateur à l’aide de transformateurs spéciaux, dits multiplicateurs de fréquence. Nous dirons simplement un mot du principe de l’alternateur Goldschmidt qui a été le premier en date des alternateurs puissants à H. F. Le principe de son fonctionnement devient très simple si l’on se souvient qu’un champ magnétique alternatif de pulsation co peut être considéré comme formé de 2 champs magnétiques d’intensité constante, tournant en sens inverse avec la vitesse w (fig. !)• La machine Goldschmidt se compose d’un stator et d’un rotor identiques, l’enroulement du stator étant alimenté par du courant continu. Le rotor qui tourne avec une vitesse angulaire a> est le siège d’une force électromotrice alternative E — E0 sin io t. Le courant alternatif qui traverse les enroulements du rotor y provoque un champ magnétique alternatif fixe par rapport au rotor et par conséquent décomposable en 2 champs tournant avec des vitesses -4- et — w et dont l’un tourne par rapport au stator avec une vitesse 2 <y, l’autre avec une vitesse nulle. Le stator est alors le siège d’un courant alternatif de pulsation 2 co lequel produit un champ magnétique alternatif décomposable en 2 champs tournant en sens inverse avec une vitesse 2 co.
- Par rapport au rotor qui tourne lui-même avec la vitesse o>, l’un de ces champs se déplace avec une vitesse 3 co, l’autre avec une vitesse co. D’où naissance dans le rotor d’une force électromotrice, alternative de pulsation 3 co et ainsi de suite. Le stator étant parcouru par des courants alternatifs de pulsation 2n co, le rotor par des courants de pulsations (2n H- 1) co. En disposant alors à l’extérieur de la machine des circuits convenablement accordés, on arrive à utiliser telle fréquence que l’on désire employer.
- 2. Emission automatique. — Elle a permis de passer de 20 mots à la minute, débit normal de la manipulation à la main, à plus du triple. On arrivera même probablement à atteindre 100 mots à la minute. Ce résultat est obtenu, grâce à un dispositif qui était déjà employé par la télégraphie avec
- fil. Des bandes préalablement préparées et perforées de façon spéciale sont entraînées mécaniquement et ouvrent ou ferment, à l’aide d’un relai, le circuit de manipulation pendant des espaces de temps qui correspondent aux points et aux traits Morse. Le télégraphiste prépare ses bandes à l’aide d’une machine à écrire spéciale qui assure la perforation qui correspond à chaque lettre à envoyer. Cette opération se fait à une vitesse quelconque et peut-être menée, si le trafic est suffisant, par plusieurs opérateurs en parallèle. Les bandes une fois prêtes, la manipulation se fait automatiquement et à une vitesse telle, que les lecteurs au son les plus habiles n’arrivent bientôt plus à pouvoir écrire assez rapidement ce qu’ils entendent. Nous avons déjà dit comment on peut néanmoins assurer la réception.
- Ce débit rapide joint au travail en duplex dont nous avons précédemment parlé et qui consiste à assurer simultanément la réception et l’émission ou plus exactement pour les postes émetteurs à émettre en permanence sans se préoccuper de la réception, permet en ce moment aux stations puissantes d’écouler pratiquement un trafic supérieur à celui des câbles. Nous allons voir maintenant comment tous ces messages sont reçus et quels progrès au moins aussi importants que ceux de l’émission ont pu être réalisés dans les postes récepteurs modernes.
- B. Réception. — 1. Amplificateurs, — L’apparition des amplificateurs dont nous avons parlé en détail dans un précédent article a positivement révolutionné la réception de la T. S. F. Cette merveilleuse application des lampes à 3 électrodes a permis de renforcer presque sans limites des signaux à peu près imperceptibles. On a pu de la sorte considérablement augmenter les portées en recevant sur les mêmes antennes qu’autrefois. On a pu aussi remplacer ces antennes par des dispositifs recevant moins d’énergie, mais plus commodes à installer et à mettre en œuvre, comme par exemple les cadres de petite taille. Les recherches sur l’amélioration de la réception qui ont, par la création des “ amplis ”, si brillamment réussi sont particulièrement intéressantes, parce que l’amélioration d’une réception coûte toujours infiniment moins cher que le renforcement d’une émission. On peut dire qu’on a accompli de véritables merveilles dans cette voie.
- 2. Lutte contre les bruits parasites. — Les bruits parasites dus aux décharges atmosphériques empêchent à certaines heures et sous certains climats toute réception. C’est ainsi qu’aux colonies, il est impossible de travailler la nuit et que dans la saison des pluies, l’on ne peut recevoir que pendant un petit nombre d’heures dans le jour. Un dispositif efficace pour supprimer ces bruits parasites, sans diminuer la réception des signaux, améliorerait de façon considérable le rendement des postes coloniaux et même en été des postes métropolitains. Divers dispositifs ont été étudiés, notamment par M. Latour et par M. Lévy. Nous donnerons quelques détails
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- sur l’appareil de ce dernier ingénieur, autrefois lieutenant au poste de la Tour Eiffel, appareil qui a donné aux essais des résultats particulièrement intéressants. Nous avons déjà donné le principe de la méthode qui ne s’applique qu’aux émissions entretenues. Elle consiste essentiellement à détecter 2 fois Tonde, un lre fois avec une hétérodyne réglée de façon que les battements aient une fréquence inaudible (10 000 par exemple). Puis l’onde de fréquence 10 000 est détectée et produit des battements de fréquence audible avec une 2e hétérodyne. Entre ces deux détections, l’onde passe par toute une série de circuits, dans le détail desquels nous n’entrerons pas ici, et qui ont pour rôle d’arrêter les parasites et de ne laisser passer que l’onde utile. Ce résultat est parfaitement obtenu et l’on reçoit avec le dispositif Lévy, au moment où ces lignes paraissent, les postes américains à des heures où ils sont totalement illisibles du fait.de parasites dans un poste récepteur ordinaire. Le dispositif Lévy, dont on commence seulement à réaliser quelques exemplaires, semble appelé au plus brillant avenir.
- . 3. Enregistrement automatique des signaux.
- — Corollaire obligé de l’émission automatique, il remplace le lecteur au son, qui à partir de 1200 mots à l’heure n’arrive plus à suivre. On a vu des lecteurs lire à plus de 1200, mais c’est la main qui ne suit plus l’oreille et l’enregistrement des signaux qui ne se fait plus. On a obvié à cet inconvénient majeur, soit par l’enregistrement phonographique, soit par l’enregistrement photographique. Ce dernier consiste à inscrire sur du papier sensible, le déplacement du spot lumineux d’un galvanomètre à cadre mobile. Ce cadre est actionné par les signaux reçus sur l’appareil de T. S. F. récepteur et convenablement amplifiés. L’enregistrement phonographique a beaucoup été employé en France. Nous en avons donné précédemment le principe qui est tout à fait simple.
- 4. Réception sur cadre. Travail en duplex. — Nous en avons déjà antérieurement parlé en tous ses détails (n° 2361 de La Nature). Il nous suffira de rappeler qu’un cadre vertical, dont le plan passe par le poste émetteur et dont les 2 extrémités sont fermées sur un appareil de réception, donne des signaux de force maxima qu’un amplificateur renforcera encore. Si le cadre est dans une position perpendiculaire, les signaux ne sont plus reçus ou le sont faiblement malgré toutes les amplifications en service. On conçoit donc qu’un poste récepteur dont le cadre est tangent au cercle qui a le poste émetteur pour centre et qui passe par lui, peut, s’il est dirigé sur un poste correspondant, entendre parfaitement ce poste (fig. 2), même si son propre poste émetteur transmet. D’où possibilité de transmettre et de recevoir simultanément en des points qui peuvent être relativement voisins (distances de l’ordre de 1 à 3 km). Au lieu de transporter la
- même antenne du poste émetteur au poste récepteur et de perdre du temps, nous aurons un poste émetteur qui transmet sans arrêter, un cadre récepteur qui reçoit de même. Des lignes directes relieront l’émission à la réception. Elles permettront au poste récepteur de faire faire à l’émetteur toutes demandes de renseignements ou de répétition utiles. Elles permettront à l’aide d’un relai, et, si l’on juge cette disposition avantageuse, de manipuler depuis la salle de réception.
- Ce dispositif en duplex double le rendement du poste et permettra un trafic quotidien qui semble pouvoir atteindre 50 000 mots, ce que n’a jamais réalisé le câble.
- Que reprochait-on en définitive à la vieille T. S. F. ? Son indiscrétion, son faible débit, l’impossibilité de multiplier les postes, la grande sensibilité aux orages et autres phénomènes électriques de l’atmosphère, sa portée réduite.
- Que subsiste-t-il de ces critiques? L’émission et la réception automatiques, le travail en duplex permettent un débit supérieur à celui des câbles, l’onde entretenue donne la possibilité de multiplier les postes presque sans limites, les dispositifs antiparasites permettent la lecture au milieu des plus violentes décharges ; il faut que l’orage soit sur le poste pour être dangereux, mais il l’est alors aussi pour les communications par fil. Les postes extrapuissants actuellement en service ou en construction enverront des signaux qui feront le tour de la Terre. Il reste l’objection que tout le monde peut entendre les signaux qui passent. 11 ne semble pas qu’elle soit très grave au moins en temps de paix et pour des fins pacifiques. Rien n’empêche d’ailleurs de chiffrer les télégrammes qui resteront ainsi~sê-crets, sinon toujours, du moins assez longtemps en général pour le résultat que l’on se propose.
- En vérité, toutes les critiques, toutes les objections sérieuses tombent. La T. S. F. n’est plus une curiosité scientifique. Après avoir rendu des services de guerre inappréciables, après avoir été un instrument de propagande de premier ordre, elle est en train de devenir un moyen de transmission qui ne le cède en rien à aucun de ceux qui l’ont précédée. Elle ne supprimera pas le câble, elle le doublera. Il y aura dans la paix revenue du trafic pour tout le monde et si la T. S. F. est irremplaçable pour un certain nombre de liaisons comme celles des postes fixes avec les navires ou les avions, elle ne sera pas moins indispensable là où un câble la doublera. Elle le remplacera en cas de défaillance, elle le soulagera en temps normal.
- Les techniciens qui, dans tous les pays, ont mis les grands postes au point et ont entouré la terre d’une chaîne ininterrompue de stations extra-puissantes ont travaillé pour le bien général de l’humanité. Leur œuvre aura répondu à un réel besoin.
- Un Radio.
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- L’UTILITÉ DES OISEAUX
- Un délégué du Ministère de l’Agriculture, M. Paris, vient de constater, une fois de plus, en Bourgogne, les irremplaçables services que les oiseaux insectivores rendent à l’agriculture. Une conclusion plus inattendue de son rapport, c’est que les viticulteurs bourguignons reconnaissent en général ces services, et qu’ils protègent les oiseaux contre les dénicheurs ou les petits chasseurs, autant que peut le permettre notre anarchie rurale. Qu’importe en effet le respect de cent agriculteurs pour leurs auxiliaires naturels, si un lycéen avec sa carabine, un braconnier nocturne avec son filet, peuvent impunément dépeupler de passereaux toute une commune, et la livrer, de ce fait, à la pullulante armée des invertébrés nuisibles?
- L’utilité des oiseaux!
- Ce n’est pas d’hier qu’on la proclame. Moïse, dans le Deutéronome, promet à qui les épargne la prospérité de ses moissons. Aristophane leur prête ce langage :
- « Nous préservons le fruit dans sa fleur, en détruisant ces mille sortes d’insectes voraces qui se nourrissent de leurs germes à peine formés dans le calice ; nous détruisons ceux qui dévastent les jardins embaumés. Tous les êtres rampants et rongeurs périssent par nous. »
- Plus récemment, Buffon écrivait de l’ortolan :
- « Il ne touche point aux raisins, mais il mange les insectes qui courent sur les pampres et sur les tiges de la vigne. » L’ortolan commet quelques larcins dans les champs d’avoine ; mais son utilité l’emporte de beaucoup sur ses méfaits.
- Brehm enseigne : « Les oiseaux sont indispensables sur la terre. Ils maintiennent l’équilibre dans la série des êtres ; surtout ils empêchent les insectes, ces ennemis si petits et si redoutables, de prendre la prépondérance. Une paire d’oiseaux peut nous rendre plus de services que tout un ordre de mammifères. Leur utilité ne peut s’estimer, tant elle est grande ».
- Après les ornithologistes, voici l’entomologiste Fabre : (( Sans les oiseaux, la famine nous décimerait ». Michelet écrit de même : « Sans l’oiseau, la Terre serait la proie de l’insecte ».
- M. Méline, ministre de l’Agriculture, s’écriait :
- « Incalculables sont les désastres que la dispa-
- 1. Figures extraites du livre de M. A. Godard, Les Oiseaux nécessaires à VAgriculture, Perrin et Cie, éditeurs, Paris.
- rition des oiseaux fait supporter à notre agriculture ; c’est par centaines de millions qu’il faut les chiffrer ; et notre production viticole, déplus en plus ravagée par les insectes et les parasites dont la chimie ne la sauvera pas, est menacée de ruine si on ne se décide pas à la remettre sous la protection de son seul défenseur tout-puissant : l'Oiseau. »
- M. Battanchon, professeur d’agriculture, répète :
- « Il faut n’avoir jamais assisté à quelles recherches minutieuses et acharnées se livrent parfois, au milieu des ceps dépouillés, les vols de mésanges, de becs-fins, ou encore tous les représentants de l’ordre des Grimpeurs, pour douter un seul instant de la quantité de parasites malfaisants dont, s’ils étaient plus nombreux, ils seraient capables de nous débarrasser. »
- Puis c’est un grand propriétaire, le prince E. d’Arenberg : « La' protection des oiseaux est un problème plus grave que l’on n’est généralement porté à le croire en France. Sans parler du charme que les hôtes ailés apportent à nos bois et à nos plaines, tout le monde devrait savoir que le sylviculteur comme l’agriculteur ne peuvent rien sans l’aide des oiseaux... ».
- Et M. Baüdouy demande : « Quel est l’appareil qui serait capable de détruire en quelques instants des centaines de chenilles, larves, œufs, insectes, ou papillons, cachés sous les feuilles, glissant dans l’air, ou blottis sous l’écorce? Par la vitesse de leurs mouvements et leur conformation suivant les diverses espèces, les oiseaux happent au vol les insectes, découvrent les œufs sous les feuilles, les larves sous l’écorce, ou les chenilles au fond de leurs nids ».
- On objectera que certains oiseaux sont nuisibles, les uns directement, parce qu’ils dévorent des fruits ou des graines, les autres indirectement, parce qu’ils mangent des oiseaux utiles. .
- Parmi les seconds, les rapaces diurnes occupent le premier rang. Mais cinq ou six espèces seulement, comme l’épervier, l’autour, les faucons, doivent être, dans le déséquilibre actuel des espèces animales, traquées impitoyablement.
- Quant aux passereaux granivores ou frugivores, leur cas doit faire l’objet d’un bilan comparatif entre leur utilité et leur nocuité. Or, après un examen sérieux, l’on constate que, presque toujours,
- tig. i. — Rossignol de muraille apportant une chenille à ses petits (l).
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- L UTILITE DES OISEAUX
- ce bilan leur est favorable, à moins d’un pullulement anormal de certaines espèces, lequel aujourd’hui hélas! n’est plus à redouter.
- D’abord il s’en faut de beaucoup que granivore soit synonyme de nuisible. Les moissons, quand les bras manquent pour sarcler, sont absolument étouffées par les herbes parasites. Or, des bandes de linots, de chardonnerets, de tarins, de verdiers, aussi nombreuses qu’elles l’étaient jadis, limiteraient ce fléau en dévorant les semences de l’ivraie, du chardon, etc... Assurément ces fringilles mangent aussi des graines cultivées, mais en nombre très inférieur, parce que ces graines sont récoltées dès leur maturité, tandis que, durant toute l’année, les oiseaux détruisent les semences parasites.
- En outre, il n’existe presque aucun pur granivore. La plupart des passereaux sont grani- ou bacci-insectivores. Les merles mangent quelques cerises, les moineaux, en hiver surtout, pas mal de blé. Mais ce salaire payé à la gourmandise de certains oiseaux reste dérisoire, si l’on songe aux milliers de chenilles, de courtillièrcs, de hannetons, de cécydomies dont ils nous délivrent, surtout à l’époque des nids, car les jeunes sont presque exclusivement nourris d’insectes. Il s’agit, en résumé, pour le cultivateur, ou d’abandonner aux oiseaux le dixième au plus de sa récolte, ou de l’abandonner parfois tout entière aux insectes, et encore aux rongeurs, que se chargeraient de détruire les chouettes, hiboux et corbeaux. Malheureusement, l’exiguïté des chenilles, le noctambulisme des mulots empêchent de constater leurs dévastations, tandis que l’oiseau commet au vu de tous ses peccadilles.
- Le cultivateur qui s’indigne à l’aspect d’une corneille enlevant un poussin, d’une troupe de
- Fig. 3. — Pic-vert chassant des insectes du bois.
- bruants s’abattant sur un ensemencé, devrait réfléchir que ceS déprédations de quelques semaines ne sauraient compter, alors que, durant onze mois,
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- de redoutables, pullulants, et souvent imperceptibles insectes composent la nourriture de presque tous les oiseaux.
- Le puissant institut ornithologique des Etats-
- Fig. 2. — Hirondelles de cheminée capturant des insectes ailés.
- Unis a fourni des chitfres précis. Mais il est pénible de constater que le bilan n’a été jusqu’ici établi avec une complète exactitude qu’en Allemagne, où un grand atlas expose, en regard de chaque sorte d’oiseau, le petit chiffre de ses déprédations et celui, parfois fantastique, des différents insectes détruits par cet oiseau avec l’évaluation approximative de leurs ravages.
- En France, ce ne sont ni les lumières ni la bonne volonté qui manquent, mais les encouragements, privés ou officiels. Parmi les centaines d’observations qui, directement ou dans des revues, me parviennent de propriétaires ruraux, d’instituteurs, d’agronomes, j’en citerai deux ou trois concernant des oiseaux plus particulièrement décriés comme nuisibles :
- C’est, dans les Charentes, une magnifique récolte de fruits obtenue dans un cerisier où un couple de loriots avait construit son nid.
- Récemment, un ami me signalait un nid de fauvettes à tête noire établi dans un groseillier. La récolte a été très supérieure à celle des arbustes voisins, tant le nombre de chenilles dévorées par les fauvettes l’emportait sur les cinq ou six grappes mangées, comme rafraîchissement, par ces charmants passereaux.
- Un journal anglais citait récemment cette observation :
- « Je voyais chaque matin un couple de bouvreuils, très actifs dans mes groseilliers; je ne leur dis rien, voulant sauvegarder ces jolies créatures, et faisant déjà le sacrifice de mes groseilles. Or, j’en ai eu abondamment, tandis que tous mes voisins, qui chassaient les bouvreuils, se plaignirent de leur faible récolte. Le même fait se renouvela l’année suivante. »
- Certains oiseaux mêmes, que leur beauté devrait
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- 392 . - ——: L’UTILITÉ
- Fig. 4. — Chardonnerets picorant des têtes de chardon.
- protéger, mais qui paraissent plus réellement nuisibles, ont trouvé des défenseurs. Voici un extrait de la Revue d'Ornithologie :
- « En 1914, la furonculose des truites a sévi en Allemagne et en Suisse, surtout dans les eaux où, depuis des années, on n’aperçoit plus le martin-pêcheur, le Cincle, à plus forte raison, ni héron, ni mouette. Les Piscivores surf aciers capturent surtout, en effet, les Poissons malades, et dès lors aptes à propager les épizooties fluviales. »
- M. Henri Kehrig note dans sa Feuille vinicole de la Gironde :
- « Dès que les limaçons sortent de leur retraite, les merles en font une grande consommation ; mais le jardinier qui voit les merles manger des fraises les voue aux malédictions, ne se doutant pas que c’est là le dessert des repas pantagruéliques commencés au printemps et qui furent alimentés par de grandes quantités de mollusques, de vers, d’insectes et de larves de toutes sortes, car les merles sont actifs, aimant courir sur terre, remuant les feuilles mortes pour y chercher insectes et larves. »
- M. Tisseyre, instituteur communal dans les Ilautes-Pyrénées, écrit :
- « Dans un grand vignoble, la Cochylis et l’Eu-démis firent de grands ravages, surtout à la dernière ponte. Une partie du vignoble, située à proximité de la ferme, était fréquentée par des bandes de moineaux qui y passaient presque toute la journée. On se figurait qu’ils mangeaient des raisins. Or, qu’arriva-il au moment des vendanges? Le propriétaire constata, avec stupéfaction, que tout le reste du vignoble avait été fort maltraité par la cochylis et l’eudémis, tandis que les raisins qui se trouvaient dans la partie fréquentée par les moineaux
- DES OISEAUX .............. ..............——
- étaient tout à fait indemnes. Au lieu de manger des grains de raisins, ces pétulants oiseaux avaient dévoré les larves et les papillons de cochylis et d’eudémis, et sauvé la récolte. Le propriétaire s’empressa de faire établir de nombreux nids artificiels, et défendit très sévèrement à tous ses ouvriers de toucher aux moineaux, ou même de les effrayer. »
- L’abbé Yincelot a écrit une très documentée réhabilitation du pic-vert, que Michelet appelait « un conservateur naturel des forêts ».
- M. Millot, l’éminent dessinateur animalier de La Nature, me signale que, depuis les folles destructions de pics-verts et autres grimpeurs aux environs de Paris, la moitié des arbres du Bois de Boulogne sont ravagés par divers insectes lignicoles, notamment le blastophage du pin, les bostriches, le tomique, et le scolyte des ormes. Leurs galeries interrompent la circulation de la sève et font finalement périr les arbres.
- En réalité, le pic préserve vingt arbres, contre un qu’il perfore pour y nicher.
- Le naturaliste anglais Collinge a constaté sur plus de 100 arbres creusés par les pics que tous étaient préalablement attaqués par les insectes. Il a examiné 91 estomacs de pics : 75 pour 100 du contenu consistait en insectes des plus nuisibles, le reste en fourmis ou insectes indifférents. Dans un seul estomac de pic-vert il a trouvé 57 longicornes du genre Rhagium.
- Aux États-Unis, le Dr Hopkins dit que, par 100 sapins, on peut compter 600000 larves, et qu’en admettant que les oiseaux n’en puissent
- Fig. 5. — Mésange à longue queue attrapant un moustique
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- détruire plus de la moitié ou des deux tiers, ce serait assez pour permettre aux arbres de résister aux survivants. « Sans les Pics, ajoute le savant obs ervateur, l’Erable et le Peuplier seraient voués à une destruction rapide. II peut arriver à ces oiseaux de donner un coup de sonde là où il n’y a rien à prendre, mais leur instinct les trompe rarement. »
- M. Magaud d’Aubusson déplore la diminution des alouettes : « Il y a bien des années, un ornithologiste des plus connus, M. Xavier Raspail, jetait le cri d’alarme; depuis cette époque, la destruction n’a fait que s’accroître, au grand préjudice de nos moissons que l’oiseau défendait contre la vermine envahissante; car, on ne saurait trop le redire, l’alouette se nourrit principalement de chenilles, de grillons, de sauterelles, d’œufs de fourmis, de cécydomies et de taupins. L’alouette détruit aussi la noctuelle ».
- Je ne puis multiplier ici ces exemples que l’on trouvera plus complets, par ordre d’espèces ou de cultures, dans mon tract de propagande illustré : Les Oiseaux nécessaires à VAgriculture.
- Je voudrais néanmoins relater certaines de mes expériences personnelles en grande volière d’élevage où les oiseaux nichent. J’ai d’abord constaté l’impossibilité d’élever longtemps sans insectes divers oiseaux réputés granivores. Quant à mes grives et draines, elles abandonnent fruits ou baies aussitôt que je leur jette un insecte. Si je leur dissimule un petit fruit entre deux vers de farine, elles saisissent ceux-ci et rejettent le fruit. J’ai constaté, en outre, que le loriot préfère à tout la grosse mouche, et qu’il serait ainsi un précieux auxiliaire, non seule-
- Fig. 7. — Bergeronnette grise échenillant un labour envahi par le ver gris (Agrotis segetum).
- ment contré les mouches qui dévorent nos fruits, mais encore contre le charbon. Une fauvette à tête
- noire, a, aux yeux de vignerons stupéfaits, dévoré en une minute une vingtaine de cochylis qu’elle
- Fig. 6. — Mésange bleue dévorant une chenille du Bombyx livrée.
- saisissait entre mes doigts. Que l’on suppute la besogne de ces oiseaux en 24 heures ! J’ai élevé une jeune hirondelle et reconnu que des centaines de mouches, sauterelles, etc., ne rassasiaient pas cet oiseau. À un râle de genêt, auquel j’avais eu la naï veté de présenter des graines de genêt, il a fallu vite prodiguer les vers de' farine, les lombrics, etc.
- Il importe de reconnaître que chaque espèce garde sa sphère d’utilité. Une sitelle ne protégera pas plus la vigne qu’un ortolan la forêt. Et certains oiseaux, nuisibles dans telle culture, sont extrêmement utiles dans telle autre. L’étourneau, par exemple, si haï des vignerons, est indispensable dans les bois contre le hanneton, et autour des troupeaux qu’il débarrasse de leur vermine et des moucherons propagateurs de la fièvre aphteuse.
- Je n’ai guère parlé jusqu’ici que des espèces réputées nuisibles ou douteuses. Mais comment estimer assez haut les services d’oiseaux, dont un aveugle ou un petit chasseur pourrait seul contester l’utilité? L’hirondelle, le martinet, l’engoulevent, le gobe-mouches nous préservant des moustiques et des insectes ailés, vecteurs d’épidémies. Le rossignol, plusieurs fauvettes, le rouge-gorge, les pouil-lots, l’accenteux mouchet, le troglodyte protègent nos jardins, nos haies par leur inlassable guerre aux chenilles lisses, à des larves microscopiques et surtout à l’effroyable armée des pucerons, dont une seule femelle, dans les générations successives d’une saison, donne le jour à plusieurs milliards d’individus. La lulu, le farlouse, la bergeronnette sauvegardent nos prairies et mainte culture. Les traquets, et aussi nombre de grani-insectivores comme le linot, l’alouette, les bruants, l’ortolan, sont nos seuls défenseurs efficaces contre la cochy-
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- lis, qui, à l’état de papillon, est combattue aussi par les latirostres. « Si j’avais 15 engoulevents
- Fig. 8. — Loriot apportant une larve à ses petits.
- dans ma commune, il n’y aurait pas de cochylis ! » me disait un éminent viticulteur, M. Cristal. Le coucou nous débarrasse des chenilles velues. Sans les' pics, les * épeiches, les sittelles, nos forêts seraient anéanties par les longicornes, les bos-triches, les psylles, les gâte-bois.
- « Depuis des siècles, observe M. Rendu, dans les campagnes, on met sur le compte du vent, de la pluie, du soleil, du brouillard, les dégâts dont les insectes sont presque toujours les auteurs. Il ne faut pas mesurer l’importance de ceux-ci à leur volume ; les plus petits ne sont pas les mains dangereux— Les oiseaux sont nos meilleurs auxiliaires pour les détruire. » (*). 5
- Qui combattra les terribles ravages de la teigne du pommier sinon la grive draine, le pinson, et surtout les mésanges? Naumann constatait que les œufs des insectes constituent l’un des principaux aliments des différentes espèces de mésanges.
- La mésange bleue, pour élever sa couvée, détruit plus de vingt mille chenilles et un nombre incalculable de larves minuscules. Le roitelet supprime chaque année ü ou 5 millions d’insectes ou de larves. De mêmepour les autres cultures, M. Edouard Mérite, le distingué peintre naturiste, me communique cette lettre d’un cultivateur: « Cette année plus que jamais les choux ont été dévorés par les pucerons et les chenilles de piérides. Or, je cultive beaucoup de variétés de choux, et je remarquais avec surprise que, sans échenillage, aucun chou n’était dévoré dans mon jardin. Un jour, je vis une douzaine de fauvettes à tête noire voler dans les plants de choux et faire le tour de chacun en picorant abondamment les insectes ».
- Les céréales sont menacées plus que tout le reste
- 1. Y. Rendu. Les Insectes nuisibles à l'agriculture. (Hachette 1876.)
- DES OISEAUX —r :----—
- par l’extermination insensée des oiseaux, et il s’agit ici d’une menace de disette. « Pour combattre les ravages exercés par les charançons, écrivait M. Le-lion-Damiens, un des moyens les plus simples et les plus sûrs, comme tous ceux que nous devons à la bonté de Dieu et que nous dédaignons très souvent, était de se servir des bergeronnettes. On n’y a pas manqué. Dans le Midi de la France, on enferme avec les grains ces douces amies des troupeaux et des bergers. Vingt d’entre elles suffisent souvent pour débarrasser des charançons un grenier bien garni. Mais l’homme est féroce ; il maltraite chaque jour ses auxiliaires les plus dévoués, ses gagne-pain. La reconnaissance même n’arrête pas ses appétits cruels.
- « N’espérez pas qu’il agisse autrement en cette occasion. Non, quand l’oiseau s’est engraissé, on le mange sans pitié. »
- Les chouettes, que stupidement l’on cloue aux portes, protégeaient nos moissons contre le mulot. Le taupin,la cédymodie, la calandre étaient dévorés par les alouettes qui ne deviennent granivores qu’en hiver, et par les traquets, les bergeronnettes, les pipits, purs insectivores.
- J’examinerai dans un prochain article tous les fléaux déchaînés par l’extermination des oiseaux, l’impossibilité pratique de remplacer leurs services parles traitements artificiels, et enfin les moyens employés à l’étranger et que nous pourrions appliquer en France pour repeupler de chanteurs et d’insectivores nos campagnes muettes, nos moissons, nos vignes, nos bois ravagés par l’invisible et redoutable pullulement des invertébrés.
- André Godard.
- Fig. q. — Alouette cochevis mangeant un taupin des. moissons.
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- LE FER PUR ÉLECTROLVTIQUE INDUSTRIEL
- Les procédés électrothermiques (emploi du four électrique) permettent d’obtenir de l’acier, de la fonte et du fer avec un rendement intéressant ; ils sont susceptibles d’une grande généralisation par l’utilisation de la houille blanche. Les procédés électrolytiques, qu’on a laissés pendant longtemps de côté par suite de leur prix de revient élevé, sont actuellement utilisés et paraissent économiques ; ils donnent un fer sensiblement pur, doué de propriétés intéressantes et susceptible de nombreux emplois (1).
- Pour la fabrication, on utilise des sels et des mélanges de sels variés : oxalates doubles, sulfate
- sur de la tournure de fer. Le bain (fig. 1) reçoit régulièrement des additions d’un dépolarisant formé d’oxyde de fer; il a pour but d’éliminer le plus possible l’hydrogène qui se dépose sur la cathode et qui nuit au dépôt de fer lorsqu’il est en trop grande proportion. On obtient dans ces conditions un métal d’excellente qualité, pouvant concurrencer les meilleurs fers fins et les fers de Suède.
- Comme anodes, on ale choix entre de nombreuses variétés de fer : fer de Suède renfermant de 0,495 à 0,756 pour 100 d’impuretés (0,6 pour 100 de scories), fer fondu Martin à 0,594 pour 100
- Fig. i. — Bacs pour
- de fer et sulfate d’ammonium, solation à 20 pour 100 d’acide sulfocrésylique saturée de fer, chlorures, sulfates de fer et de magnésie mélangés, etc. On emploie, comme anodes, des matières solubles ou insolubles, et, comme cathodes, des électrodes fixes ou mobiles; la rotation des cathodes permet d’utiliser des densités de courant plus élevées et, par suite, d’obtenir dans le même temps un poids et une épaisseur plus considérables de fer déposé pour une même dépense de courant.
- Actuellement, la principa le méthode utiliséeindus-triellement repose sur l’emploi d’une cathode rotative et d’une solution neutre de sels ferreux maintenue dans cet état par circulation du liquide
- l. Pour plus de détails sur celte question et notamment sur la production industrielle de ce métal, voir notre étude « Fabrication, propriétés et utilisation industrielle du fer électrolytique », parue dans le Génie civil, nos des 23 et 30 août et 6 septembre 1919.
- bains à électrolyse.
- d’impuretés, fer forgé à 0,186 pour 100 d’impuretés, fil de clavecin, fer fondu Krupp à 0,139 pour 100 d’impuretés, etc. Gomme cathodes, le fer, le cuivre, le plomb, le fer-blanc donnent de bons résultats ; le dépôt présente dans la plupart des cas le même aspect, mais c’est la tôle de cuivre ou de plomb qui forme le meilleur support, celui dont le métal déposé se détache le mieux. D’une façon générale, les cathodes doivent, avant emploi, être soigneusement décapées par un court séjour dans de l’acide sulfurique étendu après avoir été dégraissées dans une solution chaude de soude ; on les introduit ensuite dans le bain électrolytique. Leur épaisseur doit être suffisante (1 à 5 mm.) pour éviter qu’elles ne s’incurvent vers les anodes pendant l’opération. L’électrolyte doit être aussi pur que possible, exempt notamment de carbone; dans ce bain, on le filtre régulièrement; on se rend visiblement compte de ses impuretés par la teinte qu’il
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- 396 ====== LE FER PUR ELECTROLYTIQUE INDUSTRIEL
- Fig. 2. — Mandrins pour dépôts de fer électrolytique.
- acquiert après un certain nombre d’opérations.
- Quelles que soient les précautions prises, le fer électrolytique brut renferme toujours, en très petite proportion, un certain nombre d’impuretés parmi lesquelles il faut signaler le silicium, le phosphore, le soufre, le manganèse, le carbone. Plusieurs gaz, en particulier l’oxyde de carbone, l’anhydride carbonique et surtout l’hydrogène, existent également dans le métal au sortir de sa préparation; on y trouve parfois aussi un peu d’azote. L’hydrogène doit vraisemblablement être attribué aux ions de cet élément qui se séparent du bain électrolysé en même temps que le fer; la présence de ce métal dans le fer est sans doute la cause de sa dureté et de sa fragilité. Il est facile de le doser en chauffant simplement 4 à 5 gr. de fer à 1000° dans un courant d’oxygène : la vapeur d’eau dégagée est reçue dans des tubes à absorption et pesée. Sir Hadfield a trouvé que 34 gr. de métal, ayant un volume de de 4'cm3 3, donnent 28 cm5 de gaz. L’analyse de
- ces derniers a donné .
- En volume.
- Hydrogène..................... 18,8
- Oxyde de carbone,.............. 7,4
- Anhydride carbonique. .... 0,2
- Azote..........................' 2,2
- Oxygène........................Néant
- L’aspect et les caractères physiques du fer dépendent en grande partie du pourcentage d’hydrogène qu’il contient et qu’on peut du reste éliminer aisément par le circuit. Certains auteurs le considèrent comme une occlusion provenant de la dissociation d’un hydrure décomposable. C’est peut-être à la dissociation de ce dernier que sont dus les aspects si variés sous lesquels se présentent les cristaux de fer dans les échantillons de ce métal examiné au microscope. Après recuit, le fer électro-lytique est nettement cristallisé et aussi malléable
- que du cuivre pur. Les chiffres ci-dessous donnent la composition de deux échantillons, l’un de fonte, l’autre de fer électrolytique obtenu à l’aide du premier métal :
- Fonte utilisée Fer électrolytique obtenu.
- Carbone. . 2,35 9/0 0,004 %
- Silicium. . 1,51 0,007
- Soufre . . 1,07 0,006
- Phosphore. 1,07 0,008
- On voit nettement la supériorité, au point de vue de la pureté, du fer obtenu par électrolyse.
- Au point de vue de la structure, celle-ci varie suivant les échantillons, attendu qu’elle est influencée par toutes les modifications de la
- densité du courant, de l’agitation du bain et des électrodes, de la concentration plus ou moins grande de l’électrolyte, etc. C’est à ces variations qu’il faut attribuer la constitution lamellaire du métal (fig. 5).
- Une chauffe plus ou moins variable produit la cristallisation du métal avec des dimensions différentes suivant le mode de chauffage. Il se produit dans certains cas une recristallisation remarquable (fig. 5) avec cristaux réunis autour d’un centre en quelque sorte attractif. Ces effets apparaissent surtout dans les lames de fer peu épaisses ; ils peuvent être annulés à froid par un travail mécanique ou par un recuit suivi de trempe.
- Le point de fusion du métal pur ainsi obtenu a été déterminé par de nombreux expérimentateurs. Voici quelques chiffres et le nom de leurs auteurs :
- il600°
- Roberts-Austenj
- Osmond. . . 1550°
- Carpenter et
- Iveeling . . 1505°
- A. Muller, qui a effectué de nombreux essais sur du fer électrolytique raffiné et fondu dans le vide à l’aide d’un creuset de magnésie, a trouvé à la solidification l’intervalle 1485 —1505° et, à la fusion, 1485 — 1525°.
- Une fois fondu, ce métal a l’aspect ar- ,
- gente et conserve une Mre du fer électrolytique structure cristalline ; examiné au microscope.
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- LE FER PUR ÉLECTROLYTIQUE INDUSTRIEL
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- il est mou et peut se laisser parfois couper au couteau. Il est du reste très malléable à froid ; c’est ainsi qu’un régule de fer conique pesant 35 gr., haut de 12 mm et large de 16 mm, peut être martelé en un disque, ayant 40 mm. de diamètre, sans présenter aucune crique à la périphérie.
- Les principales applications du fer électrolytique concernent actuellement la fabrication des tubes et des tôles ; on l’utilise également comme matière première pour fusion. La fabrication des tubes sans soudure est une opération industrielle courante ; on en fait de toutes dimensions ayant jusqu’à 4 à 5 m. de longueur, 10 à 20 cm de diamètre et de 0 mm, 1 à 6 mm d’épaisseur. Le dépôt s’effectue sur un mandrin métallique (fig. 2), le tube est ensuite recuit et démandriné. Ces tubes possèdentdes qualités importantes. On sait, en effet, que toutes les méthodes métallurgiques jusqu’ici utilisées pour la préparation des tubes de fer présentent de grands inconvénients et des difficultés lorsqu’on veut réaliser des épaisseurs de métal régulières, inférieures à 6 mm ; les produits obtenus ont généralement une épaisseur variable. Les procédés électrolytiques n’ont pas cet inconvénient et permettent d’obtenir une épaisseur quelconque, quels que soient cette dernière, le diamètre et la longueur des tubes (fig. 4).
- Comparé à la fonte, un tube de fer électrolytique
- a la même résistance mécanique qu’un tube de fonte d’épaisseur vingt fois plus forte. Aussi emploie-t-on avec succès le fer éleetroly tique pour la fabrication des conduites d’eau, de vapeur, d’air comprimé, etc. Les tubes de fer électrolytique remplaceront de plus en plus ceux en fer emboutis et étirés dont l’Allemagne avait jus-
- Fig. 5. - Exemple de recristallisation ^ le mono_
- se produisant sur un échantillon de 't .
- fer électrolytique chauffé. pote. Un tune
- Fig. 4. — Tubes de jer électrolytique prêts à être utilisés.
- de 10 cm. de diamètre et 0 mm 75 d’épaisseur, essayé à 80 kg. dépréssion par centimètre carré, peut subir aisément une déformation régulière, permanente, comme dans l’emboutissage. Le même échantillon, chauffé pendant 75 jours à 120° dans une chaudière et éprouvé à 80 kg de pression, ne laisse apparaître ni trace de rupture, ni crique, ni gerçure.
- En ce qui concerne les tôles, le procédé électrolytique permet l’obtention directe, sans laminage, de plaques régulières et homogènes. À froid, le métal peut subir les déformations exigées pour les pièces industrielles, ainsi qu’on le démontre en étirant au banc des tôles de différentes largeurs et épaisseurs. Aussi bien dans l’emboutissage que dans la tôle recuite ou étamée, le fer électrolytique rend d’importants services. Par ses propriétés magnétiques (hystérésis, perméabilité), il est utilisé avec un bon rendement dans les constructions électriques : moteurs à courants continus ou alternatifs, transformateurs, dynamos. Pour les transformateurs, en particulier, l’utilisation pratique de lajmatière, en poids, est de 35 à 40 fois plus grande; pour les moteurs à courants alternatifs, la capacité de puissance est de 50 pour 100 plus élevée, à égalité d’encombrement et de température ; pour les moteurs et dynamos à courants continus, on économise 16 pour 100 environ du poids du métal employé.
- Le traitement dans le vide accroît encore les qualités de perméabilité du fer électrolytique en le purifiant.
- Dans ce but, au sortir des bains, le métal hroyé, traité chimiquement, séché dans le vide, est placé dans un creuset disposé lui-même à l’intérieur d’un four à vide. Les lingots, refroidis lentement dans le four, sont ensuite réchauffés, puis laminés ou forgés. Par ce traitement, la perméabilité est
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- UN PROJECTEUR POUR AÉROPLANES
- presque doublée et les pertes par hystére'sis très diminuées.
- Comme matière première de fusion, le fer électrolytique remplace avec succès les meilleurs fers de Suède, par sa régularité de fabrication beaucoup plus grande, l’obtention d’un métal brut cassant
- facile à débiter, une cémentation régulière, etc. On l’emploie aussi pour la fabrication des outils et des aciers spéciaux, et comme métal d’apport de soudure autogène.
- Jean Escard.
- Ingénieur civil,
- Lauréat de l’Institut
- UN PROJECTEUR POUR AÉROPLANES
- Selon les emplacements disponibles pour sa manœuvre, les conditions atmosphériques et autres circonstances particulières, un avion atterrit sous des incidences variables. Si donc la lumière du phare, qui guide son pilote, donne une tache rétrécie dans le sens de la marche de l’appareil — tel par exemple le faisceau méplat fourni par une rampe de trois projecteurs — ou bien le terrain se trouvera seulement é-clairé tout près de l’aviateur sur une longueur minime et alors, vu la vitesse de l’aéroplane, celui-ci n’aura pas le G
- temps de distinguer les obstacles, ou bien les rayons, se détachant du sol, illumineront les cieux. Avec le projecteur Cibié à faisceau divergent conique les choses se passent de manière différente.
- Quelles que soient les positions prises par l’avion, ce nouvel appareil éclaire toujours le terrain sur une assez grande largeur et même les objets élevés qu’on y rencontre. Ainsi, lors d’expériences exécutées au camp d’aviation du Bourget, le projecteur Cibié permit de distinguer une cheminée d’usine, haute d’une vingtaine de mètres et distante d’environ 350 m. du point où on l’avait placé.
- Son système optique comprend deux miroirs en cuivre plaqué d’argent, l’un elliptique, l’autre sphérique, fixés sur des vis sans tête. .Afin d’éviter leur déformation, une enveloppe d’aluminium les protège et un cercle métallique assure leur rigidité. La source lumineuse est une lampe de 500 bougies fonctionnant sous 14,5 volts et exigeant une intensité de 20 à 22 ampères. Comme la surface brillante du premier miroir est engendrée par une ellipse tournant autour de son axe, cette source disposée à son foyer le plus rapproché du fond donne des rayons convergeant vers l’autre foyer de la courbe génératrice. Il suffit de régler les distances des foyers par rapport au miroir pour imprimer la divergence désirée au faisceau. D’autre part, la
- source lumineuse se trouvant également placée au centre d’un miroir sphérique, il y a récupération des rayons lumineux qui fui parviennent et qui, renvoyés vers le foyer de l’ellipse, concourent à la formation du faisceau divergent.
- Comme aspect extérieur, le projecteur Cibié se présente sous la forme d’une ellipse à l’avant, d’une parabole à l’arrière, la jointure des deux courbes correspondant au diamètre maximum et s’opérant au tiers de la longueur totale depuis l’avant. A surface de miroir égale, ce solide offre le minimum de résistance à l’avancement et à la pénétration. En outre, les dimensions réduites .de l’ouverture à l’avant et la compression de l’air, qui se produit à l’intérieur du projecteur au cours du vol, empêchent toute projection de particules solides venant de l’extérieur sur le miroir, en sorte que la surface réfléchissante se ternit peu. Un simple nettoyage à la peau de chamois suffit, lors du départ, pour enlever la légîre couche poussiéreuse qui s’y dépose,
- En dépit de son volume, le projecteur Cibié pèse seulement 3 kg avec sa lampe, la fourche qui le supporte, sa plaque de fixation et ses câbles d’at-tàche. Son fuselage, en feuilles d’aluminium repoussées, se compose de 3 parties : 1° l’avant de forme elliptique que trois ressorts à boudin permettent de démonter aisément ; 2° la partie médiane abritant les miroirs et fixée sur la fourche, au moyen de pattes retenues elles-mêmes par trois boutons d’attache et 3° l’arrière, facilement démontable aussi, en dévissant le bouton moleté qui fixe son extrémité sur l’avion.
- Quant à la lampe, montée sur un support à rotule entre deux colliers (l’un fixe, l’autre mobile) qu’on serre au moyen d’un bouton moleté, on l’oriente à volonté, grâce à la poignée qui prolonge son support tandis qu’on la déplace longitudinalement à
- Fig. i. — Coupe du projecteur Cibié.
- F, F2 support à rotule sur lequel se monte la lampe entre 2 colliers l’un fixe, l’autre mobile.
- G Boulon de la vis d’attache du projecteur sur l’avion.
- H Bouton mole’é permettant de serrer les colliers.
- L Poignée pour donner à la lampe les déplacements angulaires.
- O Trou taraudé dans lequel se visse la tige filetée.
- P Tube coulissant.
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- LES ROCHERS RUINIFORMES DE TUPIZA (BOLIVIE) -.39$
- l’aide d’un autre boulon moletë se vissant à l’une des extrémités d’une tige filetée passant par le trou taraudé d’un tube coulissant, solidaire des deux colliers. De son côté, la fourche, qui supporte l’en-
- tig. 2. — Le projecteur Cibié. Cet appareil ne pèse que 3 kg.
- tible de pivoter de quelques degrés autour de son axe horizontal et des écrous de serrage le maintiennent dans la position choisie. Aussi, grâce à ce nouvel appareil aux organes ingénieusement com-
- Fig. 3. — Les 3 parties du projecteur démonté.
- De gauche à droite : partie arrière {parabole), partie médiane, partie avant {ellipse).
- semble de l’appareil, peut pivoter autour de son axe vertical d’un angle de 90° afin de permettre à l’aviateur de modifier, au besoin, la direction du faisceau lumineux. Enfin, le projecteur est suscep-
- binés, un aviateur peut voir le sol, à une altitude de 500 m., dans un cercle de 176 m. de diamètre et même y distinguer des corps réfléchissant très peu de lumière. Jacques Boyer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1919.
- ha résistance à l'usure des machines agricoles. — La reconstitution des régions Jibérées et l’obligation pour nos paysans de s’adapter aux méthodes modernes d’exploitation agricole, développeront chaque jour davantage l’usage des machines dont les types les plus communs sont fournis par les faucheuses-lieuses, les fouilleuses,
- les extirpateurs et les herses. M. Le Chatelier présente une note de AI. Ringelmann, qui résume les essais de cet agronome, sur l’usure par le sol des différentes pièces métalliques. Le principe des expériences porte sur la comparaison de celles-ci avec des étalons appropriés et d’usure très rapide. Paul B.
- LES ROCHERS RUINIFORMES DE TUPIZA (BOLIVIE)
- On connaît un très grand nombre de rochers ruiniformes, de piliers, de pyramides de terre et de blocs perchés provoqués par l’action du ruissellement sur des pentes inégalement résistantes.
- Il en existe en France, telles que les Pyramides des Fées, près de Saint-Gervais en Savoie, à Montpellier-le-Vieux, dans les Causses, et dans presque tous les pajs du monde.
- Tous s’expliquent par l’érosion des eaux sauvages de ruissellement s’exerçant sur des roches d’inégale dureté ou rongeant un massif le long des fissures et des fentes verticales.
- Le dernier exemple qui en avait été publié est celui du Fouta (Guinée française), paru dans le numéro de La Nature du 3 mai de cette année.
- Ce document a incité un dë nos abonnés de la République Argentine, M. Revoux, à nous adresser les remarquables photographies ci-contre de phénomènes d’érosion du même genre qui sont visibles dans un défilé situé à Tambillos, à 4 km à l’ouest
- de la ville de Tupiza, dans le sud de la Bolivie, à une altitude de 3000 mètres.
- Ces rochers ruiniformes, ces piliers, ces pyramides, ces blocs perchés, ces aiguilles surmontées d’une table qui rassemblent sur un court espace tous les aspects classiques de l’érosion pluviale sont tous entaillés dans le flanc d’une paroi argileuse et schisteuse, au pied de laquelle coule un torrent, d’un volume d’eau considérable en été, pendant la saison des pluies, à sec pendant 8 mois de l’année. C’est par le lit desséché du torrent, alors envahi de broussailles, qu’on peut aborder le défilé et c’est de là que M. Revoux a pris les photographies qu’il nous autorise à publier.
- La falaise et ses découpures si multiples et si variées se parent des teintes les plus vives : rouge feu, jaune safran, vert, etc.
- On remarquera certainement la colonne gracieuse surmontée d’un vase que le hasard a sculpté sur le bord du torrent. René Merle.
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- Fig. 3 et 4. — Pyramides et blocs perchés.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9. à Paris
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- LA NATURE. — N» 2387.
- f27 DÉCEMBRE 191P
- USAGES ET FOLK-LORE DES FOUGERES
- La présente guerre a de nouveau attiré l’attention sur les services que pourraient rendre les fougères au point de vue de l’économie nationale ou domestique. Les usages des Pte'ridophytes sont peu nom-
- Le pins anciennement connu de ces médicaments était désigné dans les vieilles pharmacopées sous le nom d’Agneau de Scythie. C’est le [Barometz ou Pengawar-Djambi des Indiens, fourni par le Cibo-
- Fig. i. — Le Cibotium barometz (Smith).
- breux si on les compare à ceux des végétaux phanérogames.
- Dernièrement, M. Maxon de Washington avait publié un mémoire sur leurs usages en Amérique.
- On a rappelé que plusieurs espèces arborescentes des genres Cibotium, Balantium et Dicksonia portent à la hase de leurs tiges ou de leurs frondes des poils creux à l’intérieur qui ont la propriété d’absorber les liquides et qui, pour cette raison, ont été employés comme hémostatiques. Ces poils provenant de pays différents sont confondus sous le nom collectif de Poils de Cibotium.
- tium Barometz J. Smith, communément répandu dans l’Inde, à Java, en Cochinchine et en Chine. Le plus employé dans ces derniers temps est le Paku-Kidang de Java que l’on rapporte au Dicksonià Blumei Moore. Il se présente en pelote de poils emmêlés, le plus souvent isolés, longs de cinq centimètres, d’une teinte jaune clair ou brun foncé.
- Cet usage est connu dans le nord de TAnnam, d’après le Père Cadière qui dit que, lorsqu’un bûcheron s’est fait une blessure avec sa hache ou sa serpe, il court chercher sur les bords des torrents voisins un pied de Cibotium Barometz J. Smith. Il prend la bourre soyeuse dlun beau jaune d’or
- 26. — 40t.
- 47" Année— 2° Semestre.
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- USAGES ET FOLK-LORE DES FOUGÈRES
- qui entoure le sommet du caudex et l’applique sur la plaie pour arrêter le sang qui sort de la blessure.
- Loureiro, dans sa Flora Cochinchinensis, parle longuement de cette plante et de son usage.
- La crise de la paille a fait penser aux usages de la fougère aigle au point de vue des litières. Elle présenterait à ce point de vue des ressources précieuses. Elle pourrait être recueillie en juillet et en août.
- On ne saurait reprocher à cette litière de faire de
- au prix de main-d'œuvre et de transport, la matière première n’étant même pas cotée dans la plupart des pays producteurs. Plusieurs autres usages ont également été suggérés.
- Tout le monde sait que le rhizome du Pteridium aquilinum Kuhn var. : esculenta Forster est mangé dans beaucoup de pays.
- D’après M. Bailey, Platycerium grande J. Smith d’Australie donnerait du sucre.
- M. J. Claessens dit que les indigènes du Congo belge tirent du sel du Diplazium silvaticum Swartz.
- Fig. 2. — A gauche, Platycerium grande; à droite, Platycerium coronarium.
- médiocre fumier, car elle renferme un des éléments les plus fertilisants, la potasse.
- Dans le nord de l’Angleterre, certains paysans brûlaient les fougères et, de la cendre, formaient des boules qui leur servaient de savon.
- Cette espèce surabonde dans nos pays. On peut en faire plusieurs coupes par an et les feuilles sont comestibles pour les chevaux et le bétail. En pleine venue elle serait d’un usage très pratique dans les tranchées, car elle ne s’imbibe pas facilement et est saine. Tout le monde sait que les paysans couchent volontiers leurs enfants sur des paillasses de fougères aigle pour les guérir, prétendent-ils, de certaines maladies. On a également fait remarquer que le prix de revient équivaudrait à peu près ,
- Le Père Cadière, déjà cité pins haut, a observé un certain nombre d’usages des fougères dans l’Annam du Nord dont voici quelques-uns :
- On applique le rhizome velu du Davaüia bullata Wallich sur certaines figurines représentant des personnages, des animaux, des oiseaux, des maisons, etc., confectionnées grossièrement à l’aide de fil de fer ou de bambous. A la saison propice, ces rhizomes entrent en activité et les frondes produisent alors les effets les plus fantastiques. L’exportation de ces bibelots, inventés il y a peu d’années seulement, a pris un développement considérable pour l’Amérique et l’Angleterre.
- ‘ Les Annamites consomment le Diplazium escu-i lentum Swartz. Ils mangent les jeunes pousses en
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- guise d’asperges cuites à l’eau et trempées dans la saumure ou bien frites, mais, suivant quelques-uns, ce mets donnerait la fièvre.
- Le Slenochlaena palustrei Beddome a des rhizomes .très longs et très tenaces qui résistent fort bien à l’eau de mer. On les vend sur les marchés par paquets d’une dizaine de brasses.
- L’Adiantum flabellulalum Linné est appelé par les Annamites la plante à bâtonnet d’encens à cause de la couleur du rachis qui est d’un beau noir d’ébène luisant. La plante serait appliquée sur les plaies provenant d’instruments tranchants pour les guérir.
- Ils emploient l’écorce du Glei-chenia linearis Clarke qui est tenace et d’un beau brun luisant pour border la nervure externe de leurs chapeaux sur le pourtour. Ils se servent de la plante tout entière pour faire monter les vers à soie, ou pour, confectionner de grossières cloisons dans les étables.
- Les gros rhizomes du Poly-podium coro-nans Wallich seraient, selon les Annamites, excellents, cuits sous les charbons, pour guérir les maux de ventre. L ' A cr os lie hum aureum Linné est d’une grande utilité économique pour les Annamites. Les frondes dures et parcheminées, lorsqu’elles sont sèches, sont enfilées dans de légères baguettes, puis disposées sur des cadres et sont alors employées à la place des paillotes vulgaires pour couvrir les maisons. Le prix de revient est plus élevé que lorsqu’on emploie la paillote ordinaire, mais la toiture dure plus longtemps et surtout le péril d’incendie est considérablement diminué : la feuille, en cas d’accident, brûle plus rapidement, ne laissant qu’une petite quantité de cendres légères qui se refroidissent ou se dispersent avant d’enflammer le reste de l'habitation ou du mobilier, Avec la paillote ordinaire, en cas d’incendie, tout est perdu. Cer-
- tains villages se sont fait une spécialité de la récolt > de ces frondes et de la confection de cette sorte de paillote.
- Le Platycérium coronarium Desvaux est appelé boîte au diable par les Annamites qui le vénèrent ou plutôt le craignent fort. Les frondes stériles remontant autour du tronc de l’arbre où pousse la plante, les lanières qui pendent de tous les côtés leur font l’effet d’un parasol mystérieux signalant la demeure de quelque génie redoutable. Quand ils aperçoivent un de ces Platycerium, non seulement
- ils se gardent bien d’abattre l’arbre qui le porte, fut-il le plus beau de la forêt, mais ils détournentla tête avec crainte et respect, pour ne pas offenser le génie, ne serait-ce que par un regard.. Quoique ces plantes soient assez fréquentes dans la forêt, le Père Cadière n’a pu s’en faire indiquer un spécimen par les indigènes. Ce serait une profanation qui attirerait sûrement quelques châtiments à l’indicateur.
- La tige du Ly-godium donne un lien assez résistant, mais de peu de durée. Les pêcheurs à la nasse placent parfois un paquet de Lygodium au fond de leurs nasses pour entraver les efforts des poissons pris.
- Nous arrêtons ici ce premier exposé des usages et du folk-lore des Ptéridophytis que nous avons l’intention de continuer plus tard et qui nous avait été inspiré par le travail de M. Rolland sur la Flore populaire de la France.
- Mais, pour terminer, nous ne pouvons résister au désir de rappeler encore une fois les paroles que le grand Will met dans la bouche de Gadshill... :
- « We hâve the receipt of fern-seeds, we walk
- invisible ». Prince Roland'Bonaparte;
- Membre deTInstitut.
- Fig. 3. — Fougère aigle. A droite, coupe de la racine.
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- LES NOUVEAUX PROCEDES DE CONSTRUCTION
- Le problème que pose l’urgente ne'cessité de reconstruire les régions libérées devait nécessairement faire surgir de nouveaux procédés de construction.
- La maison en bois démontable a été étudiée par de nombreuses firmes. Les créateurs des différents types ont été préoccupés bien davantage de la recherche des expédients économiques de construction que d’imaginer des combinaisons architecturales intéressantes. Cette manière de faire a une excuse : il fallait faire vite et à bon marché.
- Quelques Sociétés ont envisagé au contraire la construction définitive, celle qui donnera dans vingt ans le caractère de l’art de bâtir de demain. C’est naturellement en faisant appel au fer ou au ciment armé que les techniciens ont abordé le pro-
- geusement envisagés par les sinistrés pour reconstituer leurs homes et leurs ateliers.
- La maison Bes-sonneau a rnis au point un procédé de construction fortcurieux, imaginé par M. Ch. II. Besnard, architecte du Gouvernement.
- Ce procédé est basé sur des idées tout à fait nouvelles. L’inventeur a voulu,
- pour remédier à la rareté de la ni a in-d’œuvre . supprimer tout travail de force dans l’industrie du bâtiment; il a voulu, d’autre
- part, que cette industrie cessât d’être saisonnière, afin d’intensifier la rapidité de la recons-
- truction.
- Partant de ces données, M. Ch. H. Besnard a réalisé des éléments en ciment armé moulés en des ateliers chauffés et dans lesquels on maintient cons-
- Fig. i. — Maison Besnard-Bessonneau exposée à la Foire de Paris.
- ‘ Fig. 2. — L'ossature d'un toit d'usine : Série de sheds en construction.
- blême d’une reconstruction rapide, solide et aussi économique que possible des usines et des habitations aujourd’hui complètement ruinées.
- Nous nous proposons d’étudier successivement : les divers modes de bâtir qui peuvent être avanta-
- tamment un degré d’hygrométrie convenant aux meilleures conditions de prise du ciment.
- Ces éléments ont été étudiés de telle sorte qu’ils s’assemblent avec une extrême facilité. Leur pose n’exige l’intervention d’aucun échafaudage, seuls
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- LES NOUVEAUX PROCEDES DE CONSTRUCTION
- quelques appareils de levage sont nécessaires pour procéder à cette opération qui, sur un chantier bien organisé, peut se faire avec une rapidité surprenante. Les chaînages sont assurés d’une façon très simple en tenant compte des effets de dilatation.
- La solution la plus originale est certainement celle que M. Ch. If. Besnard a imaginée pour les toitures d’usine en « shed » (fig. 5).
- Cette toiture est caractérisée par ce fait qu’elle constitue une toiture sans charpente. On commence par établir une ossature portante faite de poteaux, d’entraits et de chêneaux. Ces chêneaux forment
- afin de créer un matelas d’air formant isolant thermique.
- Ces éléments en ciment armé sont en effet de très faibles sections. La méthode de fabrication adoptée permet la réalisation d’un travail exécuté dans d’excellentes conditions. 11 va de soi qu’un ouvrier travaillant à l’abri dans un atelier, sur un sol ferme, est dans une situation autrement favorable que celle d’un ouvrier exposé, sur un échafaudage plus ou moins branlant, aux inclémences de la température. D’autre part, la surveillance du chef de chantier est constante et efficace. Enfin la
- poutre : c’est sur leur rebord arrondi que repose la toiture. Celle-ci se compose de deux éléments : des tuiles pleines formant le long rampant du toit et des dalles fenêtres. Les tuiles pleines d’un seul morceau s’appuient sur le bord du chêneau et reposent d’autre part sur le haut de la dalle-fenêtre (voy. fig. 4) spécialement étudiée dans le but de les recevoir. Celle-ci porte sur le bord du second chêneau, suivant undisposi.tif en rotule analogue à celui, ménagé à l’extrémité de la dalle-tuile. Le comble ainsi réalisé est donc à o articulations. Il présente par sa simplicité le grand avantage de n’offrir à l’intérieur des ateliers aucune saillie où puissent s’accumuler les poussières. Un dispositif a été réalisé pour permettre la constitution d'une double paroi en plâtre
- résistance et l’étanchéité des éléments peuvent être éprouvées avant l’expédition.
- La possibilité de constituer des stocks importants est un des côtés des plus intéressants de cette pratique. La rapidité du montage est telle que la fabrication ne pourrait suivre le levage des éléments si les ouvriers n’avaient à pied d’œuvre la presque totalité des éléments devant constituer la construction.
- Cette rapidité est bien intéressante pour les régions libérées. Le petit nombre d’ouvriers nécessaires à cette opération est un facteur encore plus précieux. Quiconque a visité nos malheureuses régions complètement mutilées, sait combien est grande la difficulté d’assurer le logement et la subsistance
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- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION — ' ---
- des ouvriers travaillant à la reconstruction. Il est i Nous pourrions au demeurant adresser ce reproche indiscutable que les procéde's de fabrication à Ta- à presque toute l’industrie du bâtiment. Bien peu vance permettent de réduire la proportion des ou- * nombreux sont les entrepreneurs dont le matériel
- Fig 4. — Toiture en shed pour usine.
- vriers dont la présence est nécessaire sur les chantiers dans le rapport de 15 à 1. De la sorte la reconstruction rapide devient possible.
- Le seul inconvénient de cette méthode apparaît immédiatement : le transport des éléments. Il faudrait un matériel spécial pour l’assurer dans de bonnes conditions. Il nous semble que ce côté de la question n’a pas encore été mis au point par les établissements Bessonneau. Nous pensons cependant qu’elle ne saurait tarder à l’être. D’ailleurs ceci n’intéresse point la clientèle. Seul le constructeur doit être victime de ce manque de moyens de transport appropriés.
- 11 nous a semblé également que les appareils de levage employés par cette maison étaient bien primitifs.
- Il serait intéressant qu’elle fit étudier des appareils spéciaux, légers, facilement transportables et mus mécaniquement. Pour être logique, à un procédé de construction aussi raffiné, devrait répondre un matériel des plus modernes.
- Fig. 5. — Un élément du toit.
- de levage est plus perfectionné que celui des anciens Égyptiens.
- Sur les mêmes principes, M. Ch. H. Besnard a imaginé une toiture en ciment armé pour des habitations ouvrières (fig. 6 et 7). Ici, deux grandes dalles prenant leurs points d’appui sur des sablières formant chêneau, se coincent à leur sommet contre une panne faîtière, qui assure le chaînage de la série des éléments composant la couverture. Les deux rampants du comble opposant des efforts statiques égaux assurent la stabilité de l’ensemble.
- La technique est en somme identique à celle de la toiture en shed que nous avons décrite précédemment, le comble est à trois articulations. Les solutions de continuité entre les divers éléments constituant la toiture sont recouvertes de couvre-
- joints qui assurent une étanchéité parfaite.
- Une maison ainsi conçue avait été exposée par les Établissements Bessonneau à la Foire de Paris (fig. 1). Nous avons pu observer que ce mode de
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- construction est loin d’être inesthétique. L’assemblage des éléments, les couvre-joints, en un mot tous les éléments indispensables à la structure forment des saillies et des retraits où la lumière
- demander en la regardant si vraiment le ciment armé était aussi complètement im propre produire des œuvres d’art que certains le prétendent.
- Nous étudierons dans un prochain article des
- 4*
- Fig. 6 et ?. — Toiture en ciment armé Bernard pour habitations ouvrières. A droite, mode d’assemblage.
- joue agréablement. Cette maison qui séduisait par l’extrême simplicité des moyens mis en œuvre pour l’édifier, était décorée de frises et de soubassements en ciment armé moulé ; on se prenait à se
- solutions du même genre, mises au point par d’autres firmes, solutions également intéressantes et d’une économie comparable.
- L. Raymond.
- L’AVENIR DES DIRIGEABLES RIGIDES
- Dans un premier article (La Nature, n° 2584) nous avons présenté l'évolution des dirigeables et après avoir montré comment elle aboutit, en ces
- Il nous reste à examiner une question de^tcmte première importance, c’est de comparer l’avion et le rigide au point de vue de la régularité de marche.
- Emplacement des passagère
- f/'rsaance
- Fig. 1. — Croquis d’un dirigeable de l’avenir sans nacelles.
- L’hélium servant de gaz sustentateur permet de loger la machinerie à l’intérieur du ballon. Les hélices peuvent être
- reportées à hauteur de l’axe du navire aérien.
- dernières années, aux dirigeables rigides type Zeppelin, nous avons résumé comment se comportaient respectivement l’avion ou le rigide devant les grands problèmes de la navigation aérienne.
- Nous pouvons considérer en premier lieu que les avions géants actuels et les rigides se comportent en plein vol aussi bien l’un que l’autre dans le mauvais temps. L’avion cependant, à cause de sa
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- L’AVENIR DES DIRIGEABLES RIGIDES
- ifcsîSilll
- Ü£§Ï2
- iâ-
- 56.000 M3
- 200 M. de /ong •32 tonnes utifes
- > 500.000 M3' 335 m . de ton g
- 2/0 t. uti/es
- Fig. 2. — La capacité utile du dirigeable 2 étant 7 fois plus importante que celle du rigide 1, les dimensions ne sont multipliées que par r,6, elles sont donc très loin d'être doublées.
- vitesse d’atterrissage, a pour ennemi tout particulier la brume ou le brouillard qui l’empêche d’atterrir. Les rigides, eux, peuvent atterrir dans le brouillard avec infiniment moins de risques. Par contre, le vent violent, qui n’empêche pas le décollage de l’avion ni son atterrissage, est un obstacle souvent insurmontable lorsqu’il s’agit de sortir un immense rigide de son hangar et en particulier lorsque ce vent souffle latéralement. Nous verrons par la suite que la Grande-Bretagne a mis en service un dispositif d’amarrage en plein air qui permet de ne plus tenir compte des vents, quels qu’ils soient.
- Si nous considérons les avions commerciaux les plus modernes et les plus perfectionnés (Benault, Handley-Page, Gaproni, Bristol, Lawson, etc.), nous constatons que les constructeurs s’en sont malheureusement tenus, en ce qui concerne les emplacements de la force motrice, aux formules de la guerre, c’est-à-dire à placer les moteurs extérieurement au fuselage et entre les plans.Les avions sont donc à la merci de la moindre panne de moteur; une soupape se brise-t-elle, une tuyauterie fuit-elle ou se bouch-et-elle, un fil se rompt-il ou se détache-t-il et voilà l’avion forcé d’atterrir immédiatement s’il est monomoteur, ou tout au moins fort gêné dans sa marche s’il est bi- ou multi-moteur (Goliath de Bossoutrot).
- Au contraire, les moteurs des dirigeables rigides sont placés à l’intérieur de nacelles spéciales et ils sont constamment surveillés par des équipes de mécaniciens. En cas de panne, de grosses réparations peuvent être exécutées, de l’ordre même d’un changement de soupapes, de magnétos ou de cylindres (jR-34) ; à plus forte raison, les mécaniciens sont-ils à même de faire les petites réparations. Ce sont là des conditions qui favoriseront
- Fig. 4. — Camping en plein air.
- Petit dirigeable souple de la marine, amarré à un mât, pivotant et s’orientant dans le vent.
- beaucoup l’utilisation des grands rigides pour les transports commerciaux.
- Il n’est point dit, d’ailleurs, que les avions eux-mêmes n’auront pas un jour recours à des dispositions analogues. Nous avons déjà en France l’exemple du Salmson-Moineau qui possédait un moteur placé dans le fuselage, commandant deux hélices latérales ; dans les Riesenflugzeug allemands les moteurs sont placés extérieurement au fuselage, mais leur carénage contient un mécanicien qui les surveille et les répare pendant leur marche. 11 paraîtrait que nos ennemis viennent de construire des avions géants multi-moteurs dans lesquels se trouvent de véritables chambres de machines contenant 4 et 6 moteurs.
- En somme, dans l’état actuel des choses et par ce que nous pouvons prévoir des progrès techniques prochains, il ne semble pas qu’il puisse y avoir de concurrence et de rivalité entre l’avion et le dirigeable; l’un est à l’autre ce qu’est le camion au chemin de fer. L’avion pourra être utilisé avec
- Fig. 3. — Fixation des nacelles latérales du R-34.
- avantage pour les petits parcours, de 800 à 1000 km quand la grande vitesse (150 à 200 km-heure) est indispensable et que le prix du fret peut être élevé. Le dirigeable rigide pourra parcourir des trajets transcontinentaux et transocéaniques de 1000 à 10 000 kilomètres.
- Si nous prenons, par exemple, le cadre d'une exploitation générale de l’Afrique, nous constaterons qu’il y a nécessité à user du dirigeable à grosse capacité pour assurer le trafic sur les grandes lignes comme Paris-Alger (1500 km-15 heures), Alger-Dakar (3600 km-36 heures). Le Caire-Alger-Tanger (3800 km-38 heures). Le Caire-Le Cap (8400 km-84 heures). Dakar-Le Cap (6000 km-60 heures), etc., puis à utiliser soit de petits dirigeables, soit de grands avions pour rayonner autour des points d’escales de ces grandes lignes.
- Si, à bien des points de vue, l'intérêt du grand dirigeable rigide paraît supérieur à celui de l’avion pour les transports commerciaux, cet avantage devient plus incontestable s’il est possible dès que l’on considère l’avenir technique et l’avenir probable que les constructeurs réservent à ce nouveau moyen de locomotion.
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- Commençons donc par comparer les progrès réalisés respectivement par les avions et les dirigeables pendant la durée de la guerre (voir le tableau ci-dessous).
- Nous voyons par ce tableau que pour la plupart des caractéristiques qui intéressent le point de vue commercial et notamment le rapport si important de la charge utile au poids total, les progrès des dirigeables ont été supérieurs à ceux des avions. Cela est déjà un point intéressant à constater.
- Si maintenant nous cherchons à connaître quelle est celle des deux formules qui paraîtra devoir le mieux supporter le perfectionnement futur, nous arrivons à des résultats très curieux. En premier lieu, au point de vue des difficultés de construction, nous trouvons qu’en quintuplant la capacité d'un dirigeable, c’est-à-dire en multipliant son cubage par 5, soit en passant par exemple de 50 000 m5 à Î250 000 m1 2 3 4 5, nous n’avons besoin en réalité que de multiplier ses dimensions par 1,6. Nous ne dou-
- t/ez du dirigeable
- s Plateforme de manœuvre pour f le câble de ha/age
- Soufflet de communication
- /
- /Attache Vickers Ll du dirigeable
- partie pivotante
- Moteur hatant te diriqeeb/e par le càb/e
- Coupe de la tour, tubes d'amende d'Hydrogène ^Essence, Huile - Eau - etc.
- Couloir
- allant du nez du Rigide ë l'ascenseur des passagers et au cou/ofr centra/
- Fig. 5. — Détail de la tour de mouillage pour dirigeable rigide (brevet Vickers). t
- 1 Couloir allant du nez du rigide à l’ascenseur des passa-
- gers et au couloir central.
- 2 Rail pour le transport des bagages et de toutes matières
- lourdes.
- 3 Ascenseur de la tour.
- 4 Soufflet de communication.
- 5 Attache Vickers du dirigeable.
- 6 Partie pivotante.
- 7 Moteur halant le dirigeable par le câble.
- 8 Plateforme de manœuvre pour le câble de halage.
- 9 Nez du dirigeable.
- 10 Dispositif de lialage interne du câble.
- 11 Coupe de la tour, tubesd’amenéed’hydrogènc, essence,
- huile, eau, etc...
- Tableau montrant, en pourcentage, les progrès réalisés tant dans le rendement technique des avions que dans le rendement des dirigeables rigides.
- CARACTÉRISTIQUES Avion Farman Ilandley Page Progrès p. 100
- 1914. 4 moteurs. de 1914 à 1919.
- 1919.
- Puissance 80 HP 1200 IIP 1400 0/0
- Surface. ...... 52 M2 280 ni5 438
- Poids total 930 kgs 13 600 kgs 1360
- Charge utile . . . . 275 kgs 7000 kgs 2140
- Charge utile 33 0/0 52 0/0 19
- Rapport p0jc|g to(a[
- Kgs par cheval . . . 10,8 kgs 11,3 kgs 4
- Kgs par M2 17 kgs 35 kgs 100
- Vitesse 90 kmh 150 kmh 66
- Endurance 300 kms 2700 kms 800
- CARACTÉRISTIQUES Dirigeable Dirigeable Progrès p. 100
- rigide L.-Z. 1914. rigide L.-71. 1919. de 1914 à 1919.
- Puissance 540 HP 1800 IIP 233 0/0
- Capacité 19 500 m3 68 500 m3 250
- Puissance ascensionnelle totale 20 700 kgs 72 000 kgs 240
- Charge utile. . . . . 6 000 kgs 43 000 kgs 600
- „ _ Charge utile 29 0/0 59 0/0 30
- 1,app°n Poids total
- Vitesse 74 kmh 120 kmh 60
- Endurance 1480 kms 14 000 kms à 80 kmh 945
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- 4l€ =........... L AVENIR DES DIRIGEABLES RIGIDES
- G: D D 00 G 0 C 01 0 : 0 D 0 0 = 0 0:0 0:0 0: CD CD O CTD CD CD
- - v—à— ’"”,t
- I i ü IL Ü ii ,
- Fig. 6. — Aménagement du quartier réservé aux passagers sur la partie supérieure de la carène du rigide Vickers.
- Les passagers accèdent à leur emplacement au moyen d’un ascenseur qui traverse le dirigeable dans toute sa hauteur.
- t. Vue extérieure.
- 2. Vue en plan. a) pont extérieur.
- b) salon.
- c) salle à manger.
- d) offices, ascenseur, W. C., etc...
- e) compartiments à couchettes.
- 3. Coupe dans le salon.
- 4. Coupe aux couchettes.
- 5. Vue extérieure de face.
- blons donc même pas son poids; tandis que si nous voulons augmenter 5 fois la capacité d’un avion, nous sommes forcés d’augmenter à peu près 5 fois son poids, le gain utile est donc bien moins important. De plus, la construction des avions à grosse capacité rencontre des difficultés qui croissent à mesure que les dimensions linéaires deviennent plus importantes. Or, l’aviation ne pourra jouer un rôle économique qu’autant qu’elle pourra transporter par unité volante des charges utiles se chiffrant, non par centaines de kilogrammes, mais bien par dizaines de tonnes. Les difficultés proviennent principalement des grandes dimensions que l’on devrait alors donner aux surfaces portantes et dans bien des cas, pour conserver des coefficients suffisants de solidité, il faudrait augmenter le rapport du poids mort à la charge utile, ce qui diminuerait d’autant l’intérêt commercial. Au contraire, dans la construction des dirigeables il y a un gain évident à augmenter les dimensions et cet avantage croît dans de très rapides proportions ainsi qu’on peut en juger parle tableau suivant.
- Tableau donnant les rapports approximatifs au cours de l’augmentation des dimensions entre les cubages, poids total, charge utile et dimensions,
- CAPACITÉ en mètres cubes. Puissance ascensionnelle totale en tonnes. Charge utile en kilogs. Pourcentage de la charge utile au poids total. , Longueur. Diamètre.
- 56 000 (R-34) 60 52 000 55 0/0 200 24
- 112 000 120 72 000 60 245 50
- 168 000 180 115 060 04 285 54
- 224 001) 240 163 000 67,5 510 38
- 280 000 500 210 000 70 355 41
- Donc l’utilisation des dirigeables rigides nous paraît devoir être d’autant plus avantageuse qu’ils seront conçus avec de plus grandes capacités.
- Le problème de l’évolution future de cette formule se présente pour le moins aussi favorablement en ce qui concerne les puissances qui seront nécessaires pour obtenir des vitesses égales; plus la capacité du dirigeable sera importante, plus la proportion de force motrice au tonnage brut diminuera, ce qui permettra ou bien d’augmenter sensiblement les vitesses, ou bien de diminuer les prix de revient de la consommation de la tonne kilométrique.
- Tonnage brut. COEFFICIENTS
- en pourcentage du tonnage brut
- Charge utile comparatifs de la résistance à la trac-
- Types transportée. lion présentée aux vilèsses-oi-dessous
- de rigides.
- 72 kmh. 96 kmh. 130 kmhs.
- Tonues. Kgs.
- 60 52 000 1,9 5,8 7,7
- 100 60 000 1,5 3,0 6,0
- 200 130 000 1,1 2,2 4,4
- 300 210 000 0,9 1,8 3,6
- Ainsi : s’il faut 114-0 HP (60x1,9) pour entraîner le dirigeable de 60 tonnes et transporter ainsi 52 000 kg utiles à la vitesse de 72 kilomètres il ne faudra que 2700 HP pour entraîner à la même vitesse 210 000 kg déchargé lorsqu’on utilisera un type de dirigeable de 300 tonnes ; l’économie devient donc énorme à mesure que les dimensions croissent.
- Un pareil avantage se manifeste encore en ce qui concerne la proportion de cargaison commerciale transportée sur un parcours déterminé par des diri-
- Fig. y et 8. — Comparaison de la carène actuelle des types Zeppelins et R et de la carène proposée par M. Charpentier.
- 1 Carène Zeppelin à section circulaire donnant
- un maximum de cubage pour un minimum de dimensions.
- 2 Carène Charpentier à section aplatie et sur-
- face inférieùre portante et à redans (r, r').
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- Fig. ç. — Vue d'ensemble du dirigeable Vickers de ioo ooom5, amarré à sa tour de mouillage.
- A, emplacement des passagers.
- B, cabine de commandement et de pilotage.
- O, cabine arrière d’observation.
- N, une des six nacelles motrice, i moteur, i hélice.
- P, poste arrière d’observation.
- S, sommet pivotant de la tour.
- T, Câbles de haubannage de la tour servant à la T. S.F H, hôtel pour passagers, bureaux du port aérien, etc.
- Ce dirigeable sera destiné au service transatlantique.
- geables de plus en plus grands. Soit sur le parcours Paris-New York, le type 55 000 m3 transportera à peine 7 tonnes de marchandises; le 100 000 m3 en enlèvera 26 tonnes, le 200000 m3 passera à 68 tonnes et toutes choses égales, le 500000 m3 transportera 125 tonnes de passagers ou de cargaison.
- Dans cet exemple, le poids total commercial transporté est dans la proportion de 14 pour 100 du poids total du dirigeable pour le premier type et passera plus de 36 pour 100 pour le plus grand modèle.
- Nous voyons que la recherche théorique du grandiose n’est pas limitée ici par les contingences matérielles.
- Les dirigeables rigides actuels sont de véritables navires aériens; ils peuvent rester en communication permanente avec les postes de T. S. F. de terre, ils peuvent être prévenus au fur et à mesure de leur avance des changements atmosphériques, ils peuvent appeler à leur secours, ils peuvent enfin, grâce à leur excédent de puissance motrice, naviguer normalement avec certains de leurs moteurs au repos, permettant ainsi de les réparer et de les mieux surveiller; le personnel remplit sa tâche par
- équiqùes qui se relaient ; les instruments qui sont utilisés à bord des navires pour la direction peuvent servir dans les mêmes conditions de sécurité à conduire le dirigeable vers son but.
- Les lecteurs de La Nature connaissent déjà les caractéristiques générales du R-34 qui a traversé deux fois l’Atlantique.
- Cubage 55 600 m3. Longueur 105 m. Diam. 24 m. 40 Poids total : 60 tonnes
- ! Essence J 6 Huile 2
- Ecrui e ^
- Lest eau 4 Divers 5
- Puissance maxima : 1375 HP Vitesse maxima : 100 km-h.
- Consommation : avec 1350 HP donnant 100 km à l’heure, 300 à 310kgd’es-sence à l’heure.
- avec 500 HP donnant 75 km à l’heure, 110 kg d’essence à l’heure.
- Ce dirigeable a été construit au cours des années 1917-1919 en même temps que le H-33 qui doit tenter le voyage Londres-Ies Indes. Les plans qui ont servi de base à sa conception ont été tirés du L-49 abattu en Angleterre (1916) et du L-49 abattu à Bourbonne-les-Bains (1917). La Société Zeppelin possède un nouveau modèle le L-70 très en progrès sur ses devanciers, d’un poids total de 67 tonnes, il enlève 39 tonnes utiles à la vitesse de 124 kmh, et son endurance avec une vitesse moindre, je présume, serait de 178 heures! Sa force motrice serait de 2100 HP maxima. Espérons que si notre gouvernement se décide à mettre en chantier quelques types de rigides, il fera les études nécessaires pour que dans 5 ou 6 ans, lorsque ces dirigea-
- Section
- Fig. io. — Ilis Majesty Airship “ R-8û ”.
- Ce dirigeable qui doit être terminé dans quelques semaines serait destiné à assurer un service régulier entre la Grande-Bretagne et l’Amérique du Sud. Longueur: 162 mètres. Diamètre : 21 mètres. Cubage : 40 000 mètres5.
- 1 nacelle avant, avec 2 moteurs, 1 hélice.
- 2 nacelles latérales avec chacune 2 moteurs, 1 hélice.
- Remarquer la section qui montre le haubannage intérieur assurant l’indé-formabilité transversale.
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- L’AVENIR DES DIRIGEABLES RIGIDES
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- blés seront construits, nous ayons, non pas des 55 000 m3, type déjà périmé aujourd’hui, mais pour le moins des types 100 000 m3. Nous lisons dans tous les journaux que les Américains viennent d’envoyer une importante mission auprès de la Société « Zeppelin » ; ne pourrions-nous de même demander à nos ingénieurs de profiter de l’expérience ennemie ou même simplement de celle de nos amis anglais.
- De grands progrès sont certainement encore à réaliser pour perfectionner la formule actuelle des dirigeables rigides, et notamment n’y aurait-il pas lieu d’adopter un nouveau mode de revêtement de la carcasse. La toile enduite utilisée de nos jours offre une grande résistance à l’avancement Elle est, malgré toutes précautions prises, très perméable à l’humidité et se détériore rapidement sous l’action brûlante du soleil. Les Américains, en cette matière, sont partisans de minces feuilles métalliques.
- Un autre progrès qui fera gagner beaucoup de vitesse aux rigides et qui par conséquent leur permettra de supprimer le seul avantage que l’avion garde sur eux consistera à supprimer les nacelles extérieures et à défiler les moteurs et les cabines dans l’intérieur même de la carène rigide. Une grosse résistance à l’avancement sera ainsi supprimée; les facilités de travail de l’équipage seront très sensiblement améliorées et enfin les hélices pourront être placées à la hauteur même de l’axe longitudinal du navire aérien. Ce progrès ne sera naturellement réalisable qu’après l’adoption de l’hélium ininflammable comme gaz sus tentateur.
- Du côté des moteurs, il y a beaucoup à faire, soit pour développer la puissance unitaire de chacun d’eux et essayer d’atteindre les 1000 chev., soit pour leur donner une robustesse au moins égale à celle des moteurs industriels. Le il-34, malgré l’excellence de ses moteurs, a éprouvé quelques ennuis et les Allemands eux-mêmes avouaient que leurs Maybach étaient’ encore loin de la perfection. Le problème se pose tout différemment que pour les avions; en effet, les deux qualités qui importent le plus pour les grands rigides, appelés à réaliser des vols dont la durée dépassera souvent 100 heures sans escales de ravitaillement, sont la sécurité absolue de marche, soit la robustesse de tous les organes et enfin l’économie de consommation. Qu’importe qu’un moteur de dirigeable pèse 100 kg de plus, si sa marche est à l’abri de la détérioration d’un palier ou s’il économise 10 litres à l’heure, ce qui sur 50 heures de vol économiserait 375 kg! Je pense que dans quelques années tous les rigides seront équipés par des moteurs lourds et d’au moins 1000 à 1500 chevaux.
- Il faudra également prévoir le remplacement possible et rapide, au cours d’une escale, d’un moteur avarié et cela en fixant les moteurs de telle manière qu’ils puissent être sortis des nacelles en un quart d’heure au moyen d’un simple palan et de quelques hommes.
- Des études très intéressantes pourront être poursuivies afin de déterminer quelle sera la meilleure formule à utiliser pour répartir la force motrice, le nombre des moteurs, le nombre des hélices, le nombre et l’emplacement des nacelles, etc.... Nous donnons ci-contre le tableau des principales formules utilisées jusqu’à ce jour. Il est certain que celles-ci dépendront dans l’avenir de la puissance moyenne des moteurs créés par l’industrie. Notons, à titre de référence, que les grands rigides n’ont utilisé jusqu’à maintenant que des moteurs de 500 chev. alors qu’il existe depuis peu des moteur* de 700 et de 1000 chev. ayant fait leurs preuves.
- Les qualités à donner aux hélices sont à étudier tout spécialement en ce qui concerne les dirigeables. Elles doivent pouvoir, en effet, fonctionner avec un bon rendement, quelle que soit la vitesse de translation du navire aérien. Les grands rigides ont un « régime de marche de croisière » qui est le plus avantageux ;iUn’utilise qu’une partie de la force motrice nominale. Ce régime de croisière est celui auquel la vitesse de l’aéronat est suffisamment élevé et pour lequel la consommation d’essence est mini-ma.Par exemple si un dirigeable avec ,ses 1400 chev. peut marcher à 130 km à l’heure, avec 700 chev. il marchera encore à 95 km à l’heure mais dépensera moitié moins d’essence. Il faudra donc que le rendement des hélices soit aussi bon pour les deux vitesses. Dans le même ordre d’idées, certains moteurs qui donnent leur puissance maxima (300 chev.) à un régime de tours élevés (1500 tours) ne sont utilisés dans ces conditions qu’en cas de nécessité absolue, et en marche normale ces moteurs fonctionnent à marche ralentie (1100 fours).Il faut donc que l'hélice ait un rendement utilisable aussi bien à 1100 tours qu’à 1500.
- Je voudrais signaler aux lecteurs de La Nature les travaux de l’architecte naval Charpentier qui sont susceptibles de perfectionner considérablement le rendement des dirigeables rigides. Ces travaux tendent à modifier la carène des rigides en vue de deux fins : 1° pour faciliter leur construction et 3° pour augmenter très sérieusement leur puissance ascensionnelle. M. Charpentier propose de remplacer la section transversale des rigides actuels qui est circulaire, par une section d’une forme spéciale se rapprochant de l’ellipse. La rigidité de la carcasse est obtenue dans chaque section transversale au moyen de six pièces, alors qu’une section circulaire à 32 pans (R-34) en nécessite 52, soit 5 fois plus d’assemblage; celte carène posséderait une face inférieure qui deviendrait sustentatrice en plein vol grâce à sa forme et à une série de redans (cf. hydro-planes). M. Charpentier a calculé que par le seul fait de cet excédent de sustentation un rigide de 25 000 m3 gagnerait, lorsqu’il serait animé d’une vitesse de 100 km à l’heure, une puissance ascensionnelle supplémentaire de 16 000 kg, ce qui représenterait donc une augmentation de plus de la moitié de la puissance ascensionnelle propre de
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- son gaz. C’est une question intéressante à étudier.
- La Société allemande « Delag », à laquelle nous fîmes allusion précédemment en signalant le nombre considérable de touristes aériens qu’elle avait pu transporter quelques années avant la guerre, vient de mettre en service entre Berlin et Stockholm un nouveau dirigeable rigide commercial, le Bodensee, construit depuis l’armistice, malgré les ordres des alliés, dans les chantiers Zeppelin de Friedrichs-hafen. La cabine des passagers est suspendue à l’avant de la carène et est aménagée à l’image d’un wagon-restaurant et d’un wagon-salon.
- Voici quelles sont les caractéristiques du Bodensee
- ses moteurs en panne, de naviguer avec le quatrième moteur contre la plupart des vents moyens.
- Le Bodensee possède des appareils de T. S. F. qui le tiennent en communication permanente avec ses deux terminus et ces appareils peuvent être utilisés par les voyageurs pour leurs messages privés.
- « L’International Company of Aerial Trafic » s’est fondée avec de gros capitaux afin d’entrer en pourparlers avec la Société Zeppelin pour établir des relations aériennes entre l’Allemagne, les pays neutres et l’Amérique.
- Cette Compagnie se propose de faire construire des rigides de type hongrois perfectionné, tout en
- D r\
- B
- Cabine.. |::‘i ci
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- V
- R.9
- R. 23
- f Cabine d'obsv.°-
- ;oo, \
- Vickers
- R.80 L.64
- Fig. ii. — Les différentes formules adoptées par les constructeurs pour le nombre et remplacement
- des hélices et des nacelles à bord des rigides.
- R'9 : 2 nacelles, 4 moteurs, 4 hélices.
- R-23 : 3 nacelles, 5 moteurs, 5 hélices, x cabine intérieure.
- R-3i : 6 nacelles, 6 moteurs, 6 hélices, 1 cabine intérieure à la carène pour l’observation.
- L-33 : 3 nacelles, 5 moteurs, 5 hélices.
- R-34 : 4 nacelles, 5 moteurs, 4 hélices.
- Vickers : 6 nacelles, 6 moteurs, 1 pont couvert pour passagers, 1 cabine intérieure de pilotage, 1 cabine intérieure d’observation.
- R-80 : 3 nacelles, 3 ou O moteurs, 3 hélices.
- L-64 : 4 nacelles, 5-moteurs, 4 hélices.
- qui, destiné à un parcours proportionnellement assez faible, est bien moins important que les Zeppelins modernes et même que les rigides anglais.
- Longueur : 120 m. Vitesse : 130 kmh.
- Diamètre : 19 m. : Puissance: 1040 chev. (4moteurs Maybach).
- Capacité : 20000 m3. Endurance : 18 heures avec 3 moteurs, soit 1800 km.
- Équipage 15 officiers et hommes. Passagers : 55 à 40.
- Il y a lieu de signaler particulièrement les essais de vitesse de ce dirigeable qui ont eu lieu il y a peu de temps. Cette vitesse fut de :
- 13U km avec 4 moteurs en fonctionnement.
- 411 km avec 5 moteurs.
- 93 km avec 2 moteurs.
- 72 km avec 1 moteur.
- Ce qui lui permettrait, même s’il avait trois de
- acier et qui seraient aptes à effectuer le trajet Europe-Amérique en 45 heures. La capacité prévue de ces dirigeables serait de 45 tonnes utiles.
- La maison anglaise Vickers a déjà entrepris la construction d’un dirigeable rigide de 400 U00 m3, dessiné et conçu spécialement en vue de services commerciaux. Ce navire transatlantique est aménagé pour transporter 140 passagers et ses caractéristiques sont calculées pour lui permettre d’assurer un service régulier entre l’Europe et l’Amérique. L’essai concluant du R-34, exécuté avec une capacité de moitié moindre, ne peut que nous fortifier dans la croyance qu’un pareil service sera réalisé pratiquement avant deux années. La marque Vickers a déjà été représentée tout au début de l’histoire des dirigeables par un rigide dont la carène a été copiée dans la suite par les plus modernes zeppelins.
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- Le Vickers, construit suivant la même formule que les R et Zeppelins actuels, présente cependant deux nouveautés : l’emplacement des. passagers, la possibilité de camper en plein air sans hangar.
- L’emplacement des passagers est aménagé à la partie supérieure et avant de la carène. L’installation est fort confortable et comprend un fumoir-promenade vitré, une salle à manger, des cabines-couchettes, cuisines, lavabos, etc..;. De eet emplacement, aucun bruit des moteurs n’est perçu, ni aucune émanation de gaz n’est sentie, ceux-ci étant rejetés vers l’arrière du dirigeable. Un ascenseur assure la liaison du quartier des passagers avec le long couloir inférieur qui parcourt le navire aérien de bout en bout. La partie antérieure de ce couloir forme la cabine de commandement et de navigation, puis viennent les postes de T. S. F., de vivres, de combustible, de lest, etc., puis des salles 'a couchettes et une salle commune pour l’équipage, etc.
- Les nacelles extérieures ne contiennent strictement que les moteurs et les mécaniciens qui les surveillent.
- Les caractéristiques de ce dirigeable sont :
- Cubage : 100 000 m3. Longueur : 245 mètres. Diamètre : 30 mètres. Poids total : 110 000 kgs. Charge utile : 70 000 kgs.
- Puissance : 5500 HP ; vitesse :
- 130 km à l’heure.
- Puissance de marche : 2000 HP ;
- vitesse de croisière : 98 kms. Endurance avec 15 tonnes de as-sagers : 80 heures ; 8000 kms. Tarif Londres-New York : 1200fr. en janvier 1919.
- Le dispositif spécial d’amarrage en plein air prévoit que le dirigeable est fixé par l’avant de sa carène au faite d’une haute tour dont le sommet pivotant permet au dirigeable de prendre automatiquement le vent comme une girouette et de ne présenter aux rafales que des formes de moindres résistances (tig. 5).
- Cette tour sera creuse et permettra l’accession facile au dirigeable des passagers, des vivres, etc... ; par des tuyaux à raccordement seront amenés les combustibles essence et huile et le lest en eau.
- Cette solution n’est point un rêve irréalisé, car depuis des mois et des mois des dirigeables sont ainsi amarrés en Angleterre et ont pu résister aux plus fortes tempêtes sans dommages, notamment le jR-o4 d’août à octobre 1919.
- La tour sert “de support aux antennes puissantes de la T. S. F., à son pied se trouve un hôtel pour voyageurs, des bureaux pour les services de la société, une voie ferrée qui amène les voyageurs et des ateliers de réparations.
- Grâce à ce procédé, on évite à la fois les formidables dépenses que constituent l'édification et l’entretien de hangars de plus de 250 m. X 45 m. X45 m. et aussi les difficultés souvent insurmontables d’entrer ou de sortir les dirigeables de leur
- abri par de vifs vents latéraux. C’est d’ailleurs cette dernière difficulté qui serait actuellement la plus grave et la plus difficile à vaincre dans l’organisation d’un service public régulier.
- Seuls les terrains terminus des grandes lignes seraient pourvus de hangars pour y permettre les grosses réparations, tous les autres- terrains n’auraient que des tours d’amarrages.
- De grandes lignes internationales seront donc créées et exploitées au moyen de gigantesques dirigeables; les durées des grands trajets seront diminuées soit de la moitié, soit même des deux tiers. Cet avantage de rapidité sera tellement prisé des voyageurs que ceux-ci n’hésiteront point, pour en bénéficier, d’affronter un supplément de danger.
- Si nous considérons quelques-uns des grands parcours terrestres ou maritimes et que nous comparions la durée que mettrait un voyageur pour les accomplir par la voie aérienne future et le temps qu’il faut en empruntant les moyens actuels de transports, nous saisirons aussitôt tout l’intérêt du problème.
- TARCOURS Bateaux ou chemin de fer. ayant y Par dirigeable une vitesse de 100 krnli compris les escales.
- Paris-Alger .... Heures. 40 16 heures (1 escale).
- Paris-New York . . 150 50 — (sans escale).
- Paris-Dakar. . . . 265 50 — (2 escales).
- Paris Bnenos-Ayres. 540 130 — (4 .escales).
- Paris-Pelrograd . . 50 30 — (3 escales).
- Paris-Pékin. . . . 336 115 — (6 escales).
- Paris-Saïgon. . . . 650 110 — (4 escales).
- Un service régulier et journalier vient d’être créé par avion entre Paris et Londres; il nous permet, partant de l’Opéra, de nous retrouver trois heures après en plein Picadilly. C’est un début qui réussira sans doute, quoique dans ce cas la concurrence de la voie terrestre soit considérable, surtout au point de vue du tarif. Nous ne croyons pas qu’il y ait intérêt à créer des lignes aériennes pour tous les parcours qui peuvent être accomplis en une nuit de trajet par chemin de fer; les voyageurs pressés (gens d’affaires le plus souvent), n’ayant pas intérêt à perdre leur temps de trajet pendant les heures d’activité de la journée, mais bien plutôt pendant celles de la nuit.
- Nous pouvons considérer un nouvel avantage de la navigation aérienne. Le trafic régulier et intensif d’une voie ferrée est subordonné à l’application stricte d’un tableau de marche très complexe et à un grand nombre d’accessoires d’exploitation, tels que signaux, aiguilles, garages, etc..., tout le trafic dépend de l’enchaînement normal de tous ces éléments, c’est-à-dire du travail coordonné des employés; la négligence ou la mauvaise volonté de
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- l’un quelconque d’entre eux peut entraîner une paralysie générale de la circulation tout entière. Cet inconvénient sera d’ailleurs accru considérablement par l’adoption de l’électrification des voies ferrées.
- Par contre, la navigation aérienne sera plus indépendante de ces contingences matérielles. Chaque aéronef constituant un ensemble isolé et suffisant pour accomplir son service, sans dépendre d’une organisation trop complexe.
- Nous apprenons au dernier moment que l’Etat français vient de déterminer quelle sera la forme et l’importance de son intervention financière pour favoriser le développement de la navigation aérienne.
- « L’État accorde annuellement aux entreprises françaises de navigation aérienne légalement constituées, effectuant un service régulier ou irrégulier, mais d’un intérêt public, un appui financier à l’effet d’obtenir un abaissement des tarifs d’exploitation et par là, la vulgarisation d’emploi des moyens aériens de transport. »
- Cet appui est accordé sous la forme de primes de quatre espèces différentes :
- 1° Prime d’amortissement d’appareil : l’Etat verse soit la moitié, soit le quart de l’amortissement des appareils en service. Cet amortissement correspond à 400 heures de vol ;
- 2° Prime d’équipage. Cette prime est proportionnelle à la force motrice et à la longueur des étapes ;
- 3° Prime de transport. Cette prime est proportionnelle à la vitesse de l’avion, à son tonnage utile, et à un coefficient qui varie lui-même suivant les régions à desservir et les difficultés matérielles qu’on y rencontre ;
- 4° Prime militaire. Cette prime est égale au quart de l’amortissement pour les avions capables d’accomplir certaines performances jugées utiles par l’autorité militaire qui éventuellement pourrait réquisitionner ces avions pour la défense du pays.
- Cette réglementation paraît parfaite en ce qu’elle limite nettement le rôle de l’État et parce qu’elle donne aux entrepreneurs de transports publics aériens la possibilité d’être encouragés en raison directe de leur activité. Bien que jusqu’à maintenant, nos techniciens officiels se soient montrés de résolus adversaires des dirigeables rigides, nous ne pouvons penser que ceux-ci soient exclus du bénéfice de ces primes. On ne souffle pas mot d’eux dans le texte de cette réglementation.
- Aucun pays du Vieux Monde n’est aussi favorisé que la France au point de vue aéronautique, tant par sa position centrale, que par le développement tout particulier qu’elle a acquis pendant la guerre en cette industrie si spéciale, que malheureusement aussi par le nombre immense de jeunes héros qui tombèrent du plein ciel les ailes brisées.
- S/Lieutenant Jeax-Abél Lefranc,
- Breveté mécanicien.
- RESSEMBLANCE FACHEUSE ET FATALE
- Nous savons maintenant, par les récits d’après-guerre de plusieurs aviateurs qui g patrouillèrent » au large de la mer du Nord, qu'ils furent maintes fois le jouet d’une étrange illusion.
- On sait que les hydravions et les petits dirigeables à marche rapide étaient employés à la recherche des sous-marins ennemis qui, même en eau profonde, n’échappaient pas aux regards des pilotes, La découverte était aussitôt signalée par T. S, F. Le premier torpilleur ou chasseur de sous-marin qui recueillait le message accourait à toute vitesse, et le sort de l’ennemi était bientôt réglé.
- Dès 1917, les patrouilleurs aériens furent dotés de torpilles et de bombes spéciales qui les transformèrent en unités de combat. Sans attendre désormais l’arrivée d’un navire de surface, ils pouvaient, par leurs propres moyens, tenter de détruire l’engin ennemi.
- Ce fut durant cette phase de la guerre que se produisirent les méprises qui font l’objet de cette notice.
- 11 paraît que, aux yeux d’un observateur placé à
- une certaine hauteur, rien ne ressemble autant à un sous-marin en plongée qu’une baleine. Les deux instantanés que nous publions page suivante, et qui, très agrandis par les ateliers de la Maison Raines et Cie, figurèrent en bonne place à la récente exposition photographique de la R. A. F. (aviation britannique), démontrent combien de telles illusions optiques sont excusables.
- En vérité, un pilote qui voyait se déplacer entre deux eaux pareille silhouette ne pouvait pas perdre de précieuses minutes à rechercher si elle était g chair » ou g acier » ! Que les amis des bêtes absolvent donc les patrouilleurs trop pressés qui, croyant défoncer un cruel pirate, lâchèrent leurs bombes sur un inofîensif célacé!
- Grâce aux aveux spontanés des auteurs, on connaît quatre tragédies de ce genre, dont trois eurent pour théâtre la partie septentrionale de la mer du Nord, la quatrième l’ouest de l’Irlande.
- Dans trois des cas, les aviateurs s’aperçurent de leur erreur, dès l’explosion du projectile. Frappée à mort, la gigantesque créature remonta brusque-
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- RESSEMBLANCE FÂCHEUSE ET FATALE
- Fig. i. — Une baleine vue du pont d’un patrouilleur.
- ment à la surface de la mer, rougie de son sang, s’agita quelques minutes dans les convulsions de l’agonie, et se retourna sur le dos.
- L’autre cas s’accompagna de curieuses complications.
- Les trois hommes qui formaient l’équipage du petit dirigeable étaient si fermement convaincus que la cible mouvante qu’ils venaient de bomber, et qu’ils avaient vue distinctement s’enfoncer en une descente désordonnée, était un sous-marin, qu’ils n’hésitèrent pas à lancer par T. S F. l’annonce de leur brillant succès.
- Une station terrestre transmit le message à l’Amirauté, qui le communiqua à la presse.... Mais les torpilleurs accourus sur la scène du brillant
- exploit arrivèrent juste à temps pour voir remonter en surface le cadavre déchiqueté de l’infortunée baleine !
- Signalons aussi l’erreur inverse d’un vrai sous-marin pris pour une baleine. Les sous-marins britanniques, pour mieux se camoufler, avaient convenu de signaler leur identité aux chasseurs amis en lançant des jets de vapeur et d’eau, à l’instar des cétacés, mais selon un code convenu. L’un d’eux informa ainsi de sa présence un patrouilleur voisin qui ne le comprit pas, ce qui amena une explication énergique entre les deux commandants après que le sous-marin eût émergé et que le chasseur eût reconnu son erreur.
- Y. Forbin.
- Fig. 2. — Un cétacé vu d'un dirigeable.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahube, rue de Fleuras, 9, à Paris
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- LA NATURE
- QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE — 1919
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abatage mécanique des arbre?, la. Académie des Sciences: comptes rendus .des séances, 15, 30, 40, 60, 78, 111, "'420, 112, 137, 175, 186. 240, 251, 208, 555, 551, 507, 584, 599.
- Accidents et signaux de chemins de 1er, 513, 550.
- Acide evanlivdrifjiiG : transformation. 551.
- Acieis : viscosité aux températures élevées, 551.
- Aciéries dTmpliy : laboratoire, 550, 540. Acridiens : destruction, 15s.
- — : nouveaux procédés de destruc-
- tion, 254.
- Acroléine : stabilisation, 287.
- Aérienne (Traversée) de l'Atlantique, 40.
- Aérobus lilériol, 289.
- Aéronautique maritime, 80.
- Aéroplanes : projecteurs, 598.
- Afrique, tropicale : matières premières et chemins de ïtr, 187.
- Air conliué cl atmosphères insalubres,
- 01.
- — : respiration, 287.
- Algues marines : alimentation du clic-x al, 111.
- Allemagne : pertes territoriales, 55.
- — : sous-marins, 8 Alsace-LorraJrne au secours des régions
- envahies, 08.
- — : voies navigables, 47.
- Supplément au r," 2587 dp La Nature
- Alumine : propriétés réfractaires, 240. Aluminium : alliages, 251.
- — : avenir en France, 555.
- — : trempe de certains alliages,
- 210.
- Aménagement du Rhône, 509, 551. Ammoniaque : conséquence importante de la synthèse industrielle, 60. Ampoules Coolidgc : mesure du rayonnement, 47.
- Anhydride carbonique : séparation d’un mélange gazeux, 287.
- Arabie : roches éruptives anciennes, 287. Arsenic : intoxication dans les industries de la houille, 15.
- Astrolabe photographique impersonnel, 187.
- Atlantique : traversée aérienne, 40. Automobiles : démarrage électrique, 255.
- — : roue élastique, 174.
- Aveugles : impression des livres, 195. Aviation : importance de la prévision du
- brouillard, 47.
- — : photographie, 145.
- — : photographie cl levés do plans,
- 149.
- — : risque, 151.
- Avions : application numérique de la théorie, 145.
- Azote : industries, 292.
- Azolur. s de nickel et de cobalt, 47.
- *
- du 27 décembre R 19.
- B
- Bagnoles île l’Orne : grande source, 507. Balance d’induction Alpha, 95.
- Baleine : ressemblance fâcheuse et fatale, 415.
- Ballon captif : évolution pendant la guerre, 212.
- Basalte : colonnes, 142.
- Bâtiments ruraux : reconstruction, 25. Bctharram : temple des Serpents, 564. Béton armé : retrait des ouvrages, 240. Bizcrte : avenir, 130.
- Blériol : aérobus, 289.
- Bois de construction : champignons destructeur?, 269.
- Bois secs : pour les reconnaître, 204. Bouillies bordelaises caséinées : efficacité, 240.
- Brouillard : prévision, 47.
- Bulles rie savon, 15.
- c
- Câbles servant aux transports aérien? :
- propriété générale, 50.
- Camion à vapeur : décharges électriques, 195.
- Cancer : genèse, 78.
- Caoutchouc : vulcanisation, 228. Carbures acôlvléniques : préparation, 142.
- Carton : tonneaux et caisses, 551. Catalyse des éthers acétiques, 507. Centrale électrique de Lille, 200. ,
- 27
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-
-
- 41$
- INDEX ALPHABETIQUE
- Champignons destructeurs des bois de construction, 269.
- Chars d’assaut des Alpes, 295.
- Charbon pulvérisé : chauffage industriel, 518.
- Chauffage industriel par charbon pulvérisé, 518.
- Chemins de fer : signaux et accidents, 545, 550.
- — du Nord : rcconsLituLion, 248. Chlore : fabrication, 199.
- Chloropicrinc : haute toxicité, 30. Chlorure de cyanogène, 240.
- — — : préparation, 187.
- — de sodium : action immunisante,
- 127.
- Ciel parisien : l’éruption de Java l’a— t-elle troublé? 158.
- Cinéma : bruits, 555.
- Cinématographe : application intéressante, 145.
- Coke : conditions de formation, 126. Comptabilisme social de M. Solvay, 517. Conservation des fruits, 111.
- Conserves de fruits dans l'eau pure, 78. Constructions : nouveaux procédés, 404 Convolula Jiosco/fensis : mouvements, 268.
- Coolidgc : tube, 159.
- Coton : évolution américaine, 170. Courants alternatifs : mesures, 142. Courbes : machine à tracer, 196. Courroies de transmission : utilisation de la peau de cheval, 252.
- Crevettes d’eau douce : mutations, 187. Cryptopholie, 188.
- Cyanamide : action sur le maïs, 584. Cyanogène : chlorure, 240.
- — : préparation du chlorure, 187.
- D
- Décharges électriques à bord d’un camion à vapeur, 195.
- Déflagrations : célérité, 47.
- Démarrage électrique des automobiles, 235.
- Densité d’un lluide à l’état de saturation, 15.
- Dévonien des Vosges d’Alsace, 584. Dirigeable à air chaud, 288.
- — rigides : évolution, 557.
- — U. -34, 113.
- — Avenir, 407.
- E
- Eau : cycle d’une goutte, 182.
- — : Emploi pour faire sauter des roches, 195.
- Ecoute sous-marine, 257.
- Écrans fluorescents nouveaux pour la radioscopie, 157.
- Égypte préhistorique : mystérieux fourneaux, 65.
- Engrais phosphatés : manque. 219.
- Éprouvettes de traction : cassures, 186.
- Eruption volcanique de Java : a-t-elle troublé le ciel parisien? 158.
- Essences allemandes d’aviation, 535.
- — de pétrole : composition, 187.
- Esturgeon à palette du Mississipi, 97.
- Éthers acétiques : réduction catalytique, 567.
- Étoiles filantes, 91.
- F
- Fer : pur électrolytique industriel, 595. Flexion par choc : essais de barreaux entaillés, 186.
- Fluor dans le règne végétal, 260. Fluorescence : conditions d’excitation, 254.
- Fougères : usages et lblk-lore, 401. Fourneaux mystérieux de l’Égypte préhistorique, 65.
- Fragilité des tubes : essais, 367.
- Fruits : conservation, 111.
- G
- Gale des équidés, 240.
- Galvanomètres inseripteurs, 145.
- Gard : structure du bassin houiller, 551. Gare de triage moderne, 99.
- — de Versailles-Chantiers : aména-
- gements, 327.
- Gaz d’éclairage : distribution à grande distance, 177.
- Goutte d’eau : cycle, 182.
- Gouvernail réversible Kitchen, 02. Graissage des wagons : récupération, 284. Gravitation : expériences, 551.
- Grippe épidémique, 56.
- — — de 1918-1919, 126.
- H
- Hématose et ventilation pulmonaire, 60. Hiérapolis, 262. lloactzin, 537.
- Houille : gîles du nord de la France, 46.
- — : lentilles à Port-Gueydon, 355.
- — : structure du bassin du Gard,
- 551.
- Hydrographie : levés, 551.
- I
- Imitation chez les animaux, 500. Immunisation par le chlorure de sodium, 127.
- Imphy : laboratoire, 530, 510. Impression des livres d’aveugles, 193.
- — en relief, 571. Inflammation spontanée des mélanges d’air et de vapeur d’éther, 15.
- Insectes : action toxique de certains produits volatils, 47.
- Institut de France ; mission scientifique Tilho, 78.
- Intoxication arsenicale dans les industries de la houille, 15.
- Inventions : services français pendant la guerre, 151.
- Irrigations et assainissement au Maroc, 298.
- — en Syrie et Palestine, 187.
- J
- Java : éruption volcanique, 158.
- — : éruption d’un volcan de boue,
- 206.
- Journée de 8 heures : application, 61.
- K
- Karakul : exploitation, 215. Képhir : préparation, 556.
- L
- Laboratoire sidérurgique moderne, 550, 340.
- Lacs de Cesse et des Lautiens, 111.
- Lac Tchad : faune, 287.
- Laits : peroxydascs, 158.
- Lampe à 3 électrodes et radiocommunications, 103.
- Langage secret : comment déchiffrer les textes, 188.
- Laves du volcan du Tibesti : constitution, 187.
- Levés hydrographiques, 551.
- Lille : centrale électrique, 266.
- Locomotive à dix essieux accouplés, 258.
- Lumière : vitesse dans les milieux troubles, 60.
- Luminescence éleclrolytique, 143.
- — du sodium et du potassium, 111.
- Luxembourg : referendum, 297.
- M
- Macédoine : richesses du sous-sol, 285. Machines agricoles : résistance à l’usure, 399.
- Machine à tracer les courbes, 196.
- — à vapeur la plus puissante du
- monde, 222.
- Maïs : action de la cyanamide, 384. Mammouth, nouvel aérobusBlériot, 289. Marbres artificiels, 566.-Maroc : irrigations et assainissement, 298. — : pacification, 369.
- Mèhcut : étude de la mer, 81.
- Mer : étude de M Méheut, 81. Mésopotamie : avenir agricole, 21. Métaux : essais mécaniques, 157.
- — : examen par les rayons X, 49. Méthyle : action des sels sur les chlorures alcalins, 187.
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-
-
- Microphone à alvéoles multiples extra-sensible, 501.
- Mines errantes sur l’Atlantique Nord, 254. — sous-marines: destruction, 521.
- Monnaie : suppression par le comptabi-lisme, 511,
- Montre : invention qui n’en est pas une, 127.
- Moteurs électriques petits : applications, 254.
- Mutations des crevettes d’eau douce, 187.
- N
- Navigation aérienne : iudicateur-jalon-ncur de route, 15.
- Navires coulés : nouveaux procédés de renflouement, 505.
- Navires à pousseur, 585.
- Neige : chute de novembre, 507.
- O
- Oiseaux : utilité, 590.
- Okapi vivant au Jardin zoologique d'Anvers, 176.
- Ondulations : cther et mécanique absolue, 240.
- Oscillations électriques de haute fréquence, 78.
- — entretenues : analogie électro-
- technique, 50.
- — mécaniques : entretien, 111. Outillage pneumatique pour petites industries, 79.
- Oxychlorure de carbone : caractérisation et dosage, 46.
- Oxydation simultanée du sang et du glucose, 47.
- P
- Palestine et Syrie : irrigations, 187-Paravane, 521.
- Paris : mouvements du sol, 5.
- Pegmatite de Madagascar [constituant une gemme, 175.
- Peroxydase dans les laits, 158.
- Phare de grand atterrage, 240.
- — : prédétermination de la carac-
- téristique, 287.
- Phosgène : préparation, 142.
- Phosphates : manque d’engrais, 219. Photographie aérienne, 145.
- — — et levés de plans, 149. Physique : idées nouvelles sur la nature
- des phénomènes, 525.
- Pilots : nouveau mode d’enfoncement, 520.
- : INDEX ALPHABÉTIQUE
- Plantes vertes : principe phosplio-orga-nique, 145.
- Pointage sur objectifs aériens, 555.
- Polarisation dans l’acide sulfurique : force contre-élcclromotricc, 78.
- Pôle : en sous-marin, 241.
- Ponts naturels de l’TJtah, 255.
- Poussières, gaz et fumées : purification électrique, 245.
- Pressions fortes : emploi, 287.
- Processionnaire du pin, 1.
- Projecteur pour aéroplanes, 598.
- Puits les plus profonds du monde, 158.
- Punaise des lits : destruction, 240.
- Purification électrique des immondices aériennes, 243.
- R
- R-34 : impressions d’un passager, 115. Racine : absorption desselsminéraux, 157. Radiations : séparateur, 567. Radiocommunications : lampes à 5 électrodes, 103.
- Radioscopie : nouveaux écrans fluorescents, 157.
- Radiotélégraphie par rayonnement infrarouge, 143.
- Radis : origine, 61.
- Rails : rupture, 287.
- Ration d’entretien, 145.
- Rayons X : examen des métaux, 49.
- — : spectres des éléments, 145. Rayonnement des ampoules Coolidgc, 47. Reconstruction des bâtimeuts ruraux des
- régions dévastées, 25.
- Redresseur de courant Tungar, 30. Renflouement des navires coulés : nouveau procédé, 305.
- Repérage et réglage par le son, 71. Réseaux électriques d’Alsace-Lorraine, 68.
- Résistance des agents vivants intracellulaires, 254
- Respiration dans l’air confiné, 287. Rétine : persistance variable des impressions lumineuses, 111.
- Rhin alsacien, 164.
- Rhône : aménagement, 509, 351. Rideaux : genèse en pays crayeux, 143. Risque aérien, 131.
- Roches : emploi de l’eau pour les faire sauter, 195.
- — éruptives anciennes dans le dé-
- sert arabique, 287.
- Rochers ruiniformes de Tupiza, 599. Rotations trop rapides, 287.
- Roue élastique pour automobiles, 17-4. Ruines : remploi dans les cités détruites, 28.
- ‘ S
- Saccharose : interversion, 78.
- Sang et glucose : oxydation simultanée, 47.
- Sarre : schistes bitumineux, 254. Saucisson : maturation, 46.
- . ....=:= 419
- Saumon : pigmentation des alevins, 60. Sauvetage: appareil à filage d’huile, 504. Schistes bitumineux de la Sarre, 254. Séparateur de radiations, 367.
- Sérums : conservation, 287.
- Shock traumatique, 143.
- Signaux et accidents de chemin de fer, 345, 550.
- Sillé et les tapis de Smyrnc, 53.
- Singes : palais au Zoo de Londres, 158. Sol : ce qu’on voit au ras, 129.
- — de Paris : mouvements, 5.
- Soleil : notre étoile, 273.
- Solidification cellulaire, 209.
- Solvay : comptabilisme social, 517.
- Son : repérage et réglage, 71.
- — : vitesse de propagation dans l’eau, 186.
- Sondage en mer : procédé, 78. Sous-marins allemands, 8.
- — et mines : défense, 321.
- — : écoute, 257.
- — au pôle, 241.
- Spectres de rayons X des éléments, 143. Speclroscope au service de l’industrie, 155.
- Spitsberg et ses charbonnages devant la Conférence de la Paix, 185. Stéréoscopie appliquée à la mesure des reliefs du terrain, 52.
- Sucre protéidique, 111.
- Sulfate diméthylique : aclion des oxydes, hydrates et carbonates alcalino-ter-reux, 254.
- Surdité : microphone extra-sensible, 301. Syrie et Palestine : irrigations, 187.
- T
- Tanks de Saint-Chamond actionnant la centrale électrique de Lille, 206.
- Tapis de Smyrne, 53.
- Tchad : faune du lac, 287.
- Téléphonie par la lumière, 507.
- T. S. F. : applications des appareils à lampes, 117.
- — grands postes français, 374.
- — : ’ampes à 5 électrodes, 103.
- — progrès dans la technique, 587.
- — par rayonnement infrarouge, 143. Temple des Serpents de Belharram, 564. Temps astronomique et civil : unification,
- 78.
- — sidéral : transformation méca-
- nique en temps moyen, 157. Tibcsti ; constitution des laves du volcan, 187.
- Tonneaux et caisses en carton, 551. Traction : cassures des éprouvcltes, 186. Transports aériens : propriété générale des câbles, 50.
- Trempe de certains alliages d’aluminium, 240.
- Trilobilcs : vie, 05.
- Troostilc : formation à lias e température, 15.
- Tube Coolidgc, 139.
- Tubes : essais de fragilité, 507.
- Tungar, 50.
- Tupiza : rochers ruiniformes, 599.
- Typha : utilisation, 225.
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-
-
- 420
- U
- Uranographie : projet de classification, 555.
- Urée : formation artificielle chez les végétaux, 79.
- Liait : ponts naturels, 255.
- V
- Vent : variations diurnes de vitesse, '187.
- — : vitesse dans la stratosphère, '111. Ventilation pulmonaire et hématose, GO.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Vénus, étoile du soir, 17. Versailles-Chantiers : aménagements de la gare, 527.
- Voies navigables d’Alsace et de Lorraine, 47.
- Volcan de boue : érupLion à Java, 206. — du Tibesti : constitution des laves, 187.
- Vosges d’Alsace : terrains dévoniens, 58 i. Vulcanisation du caoutchouc, 228.
- w
- Wagons : récupération des tampons de graissage, 284.
- Walt : centenaire, 161.
- Y
- Yoghourl : préparation, 205.
- Z
- Zoo de Londres : palais des singes, 158
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-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- r'K
- I
- W'--
- V
- A. B. — Les bruits du cinéma, 335.
- A. C. — Les marbres artificiels, 360.
- A. T. — Le remploi des raines des cités détruites, 28. — Un dirigeable à air chaud, 288.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 15, 30, 46, 60, 78, 111, 126, 142, 157, 175, 186, 240, 254,268, 335, 351, 367,584, 399.
- Baud (Paul). — Le manque d’engrais phosphatés, 219.
- Bi.in '(Henri). — L’exploitation delà race ovine Karakul pour la fourrure, 245.
- Bonarartiî (Prince Roland). — Usages et folklore des fougères, 401.
- Bousquet (M.). — La reconstruction des batiments ruraux des régions dévastées, 23. — La distribution du gaz d’éclairage à grande distance, 177. — Purification électrique des immondices aériennes, 243. — Les champignons destructeurs des bois de construction, 269. — Le chauffage industriel par le charbon pulvérisé, 318.
- Boyer (Jacques). — La balance d’induction Alpha et la recherche des canalisations en fer, 95. — Récupération des huiles et tampons de graissage des wagons, 284.— Un projecteur pour aéroplanes, 598.
- Breton (A.). — Appareil de sauvetage à filage d’huile, 304.
- Brigham (Edward M.). — L’hoactzin, seul survivant d’un ancien ordre d’oiseaux à 4 pattes, 357.
- C. 1). —Avenir agricole de la Mésopotamie, 21.
- U. P. — Une gare de triage moderne, 99.
- C. uibon (Victor). — Au Maroc : irrigations et assainissement,
- 298.
- Catherine (Henri). — La pacification du Maroc, 569. .
- Chevenard (Pierre). — Un laboratoire sidérurgique moderne, 330, 340.
- Ciikvolot (P.). — Les mouvements du sol de Paris, 5.
- Cœur. — Sous-marins allemands, 8.
- Coüiux (Henri). — L’origine, du radis, 61. — L’imitation chez les animaux, 300.
- Coustet (Eiixest). — La photographie aérienne, 155. — Roue élastique pour automobiles, 174.
- D. M. — Le risque aérien, 131.
- Dautiuuhe (P.). — La photographie aérienne et les levés de plans, 149.
- Dkmenitroux (M.). — L’industrie des corps radioactifs, 279.
- Escard (Jean). — Le spcctroscope au service de l’industrie, 155.— Le fer pur éleclrolytique industriel, 395.
- Faure (J.-II.) — La processionnaire du pin, 1.
- Elajiel (Nicolas). — Comment déchiffrer les textes en langage secret : la cryptophotie, 188.
- Flammarion (Camille). — Vénus, étoile du soir, 17. — Les étoiles filantes, 91. — Notre étoile le Soleil, 273.
- Fouassier (Marc). — La prévision du brouillard et son importance pour l’aviation, 47.
- Foruin (V.)'. — Les mystérieux fourneaux de l’Égypte préhistorique, 63.— Impressions d’un passager du R.-34, 115.— Le nouveau palais des singes au Zoo de Londres, 158. — Eruption d’un volcan de boue à Java, 206. — Les ponts naturels de l’Utah, 233. — Ressemblance fâcheuse et fatale, 415.
- François (J.). — La centrale électrique des tramways de Lille actionnée par les moteurs des tanks de Saint-Chamond, 266.
- Franklin (D.) et Forbin (V.). — L’esturgeon à palette du Mississipi, 97.
- Frantzen (L. P.). — L’évolution du ballon captif pendant la guerre, 212.
- Godard (André). — L’utilité des oiseaux, 590.
- Gouault (Emile). — L’aéronautique maritime, 86.
- Guérin (René). — L’avenir de l’aluminium en France, 553.
- Guillaume (A.-C.). — La grippe épidémique, 56.
- Butin (Aluert). — La vulcanisation du caoutchouc, 228.
- Koeiiler (A.). — La fabrication du chlore, gaz de guerre,199.
- Lafargue (Navieu). — Le fluor dans le règne végétal, 266.
- Lafitte (Jean-Paul).— Le centenaire de James Watt, 161.
- Lallié (Norbert). — L’impression des livres d’aveugles, 195.
- Lefèvre (Léonce). — L’impression en relief, 571.
- Lefranc (Jean-Abel). — La traversée aérienne de l’Atlantique, 40. — L’évolution des dirigeables rigides, 557. — L’avenir des dirigeables rigides, 407.
- Lens (J. de). — Les aménagements de la gare de Versailles-Chantiers, 527.
- Luttringer (A.). — La suppression de la monnaie métallique par le comptabilisme social de M. Solvay, 517.
- M. (E.-A.). — Les lacs de Besse et des Lautiens, 111.
- M. V. — Nouveau procédé de mesure des reliefs du terrain à l’aide des photographies stéréoscopiques, 52.
- Marre (Francis). — Le cycle d’une goutte d’eau, 182. — La préparation de l’Yoghourt, 205. — La préparation du képhir, 359.
- Martel (E.-A.). — Sillé et les tapis de Smyrnc, 53. — Hiérapolis. 262.
- Meininger (P,). — L’avenir de Bizerte, 156.
- Merle (René). — La vie des Trilobites, 65. — L’étude de la mer de M. Méheut, 81. — Un Okapi vivant au Jardin zoologique d’Anvers, 176. — Pour reconnaître les bois secs, 204. — Les rochers ruiniformes de Tupiza (Bolivie), 599.
- Meunier (Stanislas). — Le Temple des Serpents de Betharram, 36 4.
- Monfer. — Tonneaux et caisses en carton, 551.
- Netter (J.). — Les signaux et les accidents de chemins de fer, 545.
- Pawlowski (Auguste). — L’Alsace-Lorraine au secours des régions envahies et les réseaux électriques des pays réannexés, 68. — Le Rhin alsacien, 164. —L’amenagement du Rhône français, 509.
- Périssé (Lucien). — Chars d’assaut, des Alpes, 295.
- Pierquin (Dr J.). — Un progrès radiologique récent : le tube Coolidge, 159.
- R. Y. — L’écoute sous-marine, 257.
- Rabot (Charles). — Les pertes territoriales de l’Allemagne, 55. — Le Spitsberg et ses charbonnages devant la Conférence de la Paix, 183.
- Radio (Un). — La lampe à 3 électrodes et les radiocommunications, 105. — Les applications des appareils de T. S. F. à lampes, 117. — Les grands postes français de. T. S. F. pendant la guerre, 574. •— Les progrès dans la technique des grands postes de T. S. F., 587.
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- 422
- LISTE DES AUTEURS
- Rankine (A.-0-). — La téléphonie par la lumière, 307.
- Raymond (L.).— Les nouveaux procédés de construction, 404.
- Renouard (A.). — L’évolution cotonnière américaine et ses conséquences pour l’Europe, 170. — L’utilisation du Typha, 225.
- Reverciion (Léopoi.d). — Une invention qui n’en est pas une : la montre, 127.
- Roux (J.). — L’examen des métaux par les rayons X, 49.
- Rudadx (Lucien). — Ce qu’on voit au ras du sol, 129. — La chute de neige de novembre, 307.
- Sauvaire Jourdan. — Un nouveau procédé de renllouement d'es navires coulés, 305. — Les navires à pousseur, 385.
- Troller (A.). — Un nouveau redresseur de courants alternatifs r\'l)ê Tungar, 50. — Le démarrage électrique des automobiles, 235. — La reconstitution des chemins de fer du Nord. 248.
- Valdiguié (A.). —Les richessesdu sous-sol macédonien, 283.
- Vigneron (IL). — Bulles de savon, 13. — La solidification cellulaire, 209. — Les industries de l’azote, 292. — Les
- idées nouvelles sur la nature des phénomènes physiques, 323.
- Villers (R.). — L’abatage mécanique des arbres, 15. — Le gouvernail réversible Kitchen, 62. — La plus puissante machine à vapeur du monde, 222. — Au pôle en sous-marin, 211. — Le Mammouth, nouvel aérobus Blériot, 289. — Un nouveau mode d’enfoncement des pilots, 320. — La défense contre les sous-marins et les mines, 521.
- Volta (H.). — Une application intéressante du cinématographe, 143. — Une machine à tracer les courbes, 19(5.
- Weiss (E. JL). — Outillage pneumatique pour petites industries, 79. — Applications des petits moteurs électriques, 254. — Locomotive à dix essieux accouplés, 258.
- X. — Nouveau microphone à alvéoles multiples extrasensible, 501.
- X.... — Les services français d’inventions pendant la gueiTC, 151. “
- — Le repérage et le réglage par le son, 71.
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-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères,
- sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques
- I. - ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paul B.). 15, 30, 46, 60,
- 71, 111, 126, 142, 157, 175, 186, 240, 254, 208, 335,351,367,384,309.
- Une mission scientifique de l'Institut de France. . 78
- II. — MATHÉMATIOUESIET ASTRONOMIE
- Vénus, étoile du soir (C. Flammarion).............. 17
- Les étoiles filantes (C. Flammarion).................. 91
- Une machine à tracer les courbes (11. Volta).......196
- Notre étoile le soleil (C. Flammarion)................270
- Sur lunification des temps astronomique et civil . 78
- Transformation mécanique du temps sidéral en
- temps moyen........................................157
- Un astrolabe photographique impersonnel...............187
- Un projet de classification uranographiquc............355
- III. — SCIENCES PHYSIQUES.
- (l'amuomü
- \A
- 2. Chimie.
- Une conséquence importante de la synthèse industrielle
- de l’ammoniaque................................... 60
- La fabrication du chlore, gaz de guerre (A. Koeiiler). 199
- La vulcanisation du caoutchouc (A. IIctin)...........228
- Les industries de l’azote (H. Vigneron).............. 292
- Inflammation spontanée des mélanges d’air et de
- vapeur d’éther.................................. . 1.5
- Formation de la troostile à basse température . . 15
- Haute toxicité de la chloropicrine.................. 30
- Caractérisation et dosage de l'oxychlorure de car-
- bone ............................................ 46
- Les azotures de nickel et de cobalt................ 47
- L'interversion du saccharose......................... 78
- Les conditions de formation du coke...................126
- Préparation du phosgène.............................. 142
- Préparation des carbures acétyléniques...............142 i
- Préparation du chlorure de cyanogène..................187
- Action des sels de méthyle sur les chlorures alca-
- lins............................................187
- Le chlorure de cyanogène..........................240
- Action des alcalino-terreu.c sur le sulfate dinié-
- thylique ........................................254
- Les alliages d’aluminium.........................254
- La stabilisation de l’acroléine..................287
- Séparation de CO* d’un mélange gazeux............287
- Transformation de l'acide cyanhydrique ..... 351
- La réduction catalytique des éthers acétiques . . . 367
- 1. Physique.
- Bulles de savon (H. Vigneron)....................... 13
- Le spectroscope au service de l’industrie (J. Escard). . 155
- La solidification cellulaire (H. Vigneron)...........209
- Nouveau microphone à alvéoles multiples extra-sensible (X.)..... ..................................301
- La téléphonie par la lumière (A. 0. Bankine). .... 307
- Les idées nouvelles sur la nature des phénomènes
- physiques (H. Vigneron).......................... 323
- Formule donnant la.densité d’un fluide à l'état de
- saturation........................................ 15
- Vitesse de la lumière dans les milieux troubles . . 60
- Luminescence du sodium et du potassium...............111
- Entretien des oscillations mécaniques................TU
- Les spectres de rayons X des éléments................143
- Quelques phénomènes de luminescence électro-
- lytique ........ .............. ........ 143
- Absorption des sels minéraux........................ 157
- Vitesse de propagation du son dans l’eau............18,6
- Ether et mécanique absolue des ondulations. . . . 240
- Conditions d’excitation de la fluoréscem e...........254
- L’emploi des fortes pressions........................287
- Expériences sur la gravitation.......................351
- Séparateur de radiations.............................567
- Photométrie hétérochrome.............................413
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Ce qu’on voit au ras du sol (L. Rudaüx)..........129
- Le cycle d’une goutte d’eau (F. Marre) ....... 183
- Eruption d’un volcan de boue à Java(V. Fohdin) . . . 206
- Les richesses du sous-sol macédonien (A. Valdiguié) . . 285
- LeTempIedesSerpentsde Bclharrnm(Stanislas-Meunier). 564
- Les rochers ruiniiormes de Tupiza (B. Merle).....599
- Cites houillers du nord de la France............. 40
- Les colonnes de basalte..........................142
- Genèse des rideaux en pays crayeux. \ . 143
- Une pegmatile de Madagascar constituant une
- gemme...........•.............................175
- Constitution des laves du volcan du Tibesli. ... 187
- Les schistes bitumineux sur les bords de la Same. 254 Les roches éruptives anciennes dans le désert Arabique........................................ . 287
- Lentille de houille à Port-Gueydon...............335
- La structure du bassin houiller du Gard..........551
- La grande source de Bagnoles de l’Orne...........367
- Les terrains dévoniens dans les Vosges d’Alsace . . 384
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-
-
-
- 424 ......:. ::..............TABLE
- 2. Météorologie.
- [.a provision du brouillard eL son importance pour l’av
- (Marc Fodassier).................................
- La chute de neige de novembre (L. Ruraux)............
- La vitesse du vent dans la stratosphère..............
- L'éruption volcanique de Java a-t-elle troublé le ciel
- parisien ?.......................................
- Variation diurne de la vitesse du vent...............
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- La processionnaire du pin (J.-II. Fabre)..............
- La vie des trilobites (René Merle)....................
- L’étude de la mer de M. Méheut (R. Merle).............
- L’esturgeon à palette du Mississipi (Franklin et Forbin). Le nouveau palais des singes au Zoo de Londres (V. For-
- ein)..............................................
- Un Okapi vivant au Jardin Zoologique d’Anvers (R.
- Merle)............................................
- L’exploitation de la race ovine Karakul pour la fourrure (11. Blin)......................................
- L’imitation chez les animaux (II. Coupin).............
- L’hoactzin, seul survivant d’un ancien ordre d’oiseaux
- à 4 pattes (E.-M. Brigham)........................
- L’utilité des oiseaux (A. Godard)..................
- Ressemblance fâcheuse et fatale (V. Forbin)...........
- Oxydation simultanée du sang et du glucose . . . Action toxique de certains produits volatils sur les
- insectes..........................................
- Pigmentation des alevins du saumon....................
- Persistance variable des impressions lumineuses sur
- la rétine.........................................
- Le sucre protéidique................................. .
- La ration d'entretien.................................
- Destruction des acridiens...................
- Sur les peroxydases dans les laits......................
- Mutation d’une Carùline en Qrtmannieet mutations
- des crevettes d’eau douce.........................
- Destruction de la punaise des lits....................
- La gale des équidés..................... .............
- Les mouvements de « Convolula Pioscoff'ensis »...
- Le faune du lac Tchad.................................
- Respiration dans l'air confiné........................
- 4. Botanique. — Agriculture.
- ;
- L’origine des radis (H. Coupin).....................
- L’évolution cotonnière américaine et scs conséquences
- pour l’Europe (A. Renodard).....................
- Pour reconnaître les bois secs (R. Merle)...........
- Le manque d'engrais phosphatés (P. Bald)............
- L’utilisation du Typha (A. Renodard)................
- Le fluor dans le règne végétal (X. Lafargbe)........
- Usages et folk-lore des fougères (Prince Roland Bonaparte).
- Les conserves de fruits dans l’eau pure.............
- La formation artificielle de l'urée chez les végétaux. L'alimentation du cheval par les algues marines. .
- La conservation des fruits..........................
- Le principe phospho-organique des plantes vertes. Efficacité des bouillies bordelaises caséinées. . . . Nouveaux procédés de destruction des Acridiens . . Action de la cyanamide sur le développement du maïs. La résistance à l’usure des machines agricoles. . .
- MATIÈRES
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Avenir agricole de la Mésopotamie (C. 11.)........... 21
- Sillé et les tapis de Smyrne (E.-A. Martel).......... 55
- Les pertes territoriales de l’Allemagne (Cn. lUnor) . . b fi
- Les mystérieux fourneaux de l'Égypte préhistorique
- . (V. Forbin). . . .................................. (53
- Les lacs de Besse et des Lautiens (E.-A. M.).........1U
- L’avenir de Bizerto (P. Meininger)...................156
- Le Rhin alsacien (A. Paavlowski).................... . 164
- Le Spilsbcrg et ses charbonnages devant la Conférence
- de la Paix (C. Rabot).............................183
- Les ponts naturels de l’Utah (V. Forbin)...............233
- Ilicrapolis (E.-A. Martel).............................262
- La pacification du Maroc (11. Catherine)...............569
- Les voies navigables d'Alsace et de Lorrahie. ... 47
- Les irrigations en Syrie et Palestine..................187
- Les matières premières et les chemins de fer de
- l'Afrique tropicale.................................187
- Le referendum luxembourgeois...........................297
- VI. - HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- La grippe épidémique (A.-C. Guillaume)................ 56
- La préparation du Yoghourt (F. Marre)................203
- La préparation du Képhir (F. Marre)..................556
- Intoxication arsenicale dans les industries de la
- houille............................................ 15
- Maturation du saucisson.............................. 46
- Ventilation pulmonaire et hématose.................... 60
- L'air confiné et les atmosphères insalubres . . . , 61
- La genèse du cancer................................. 78
- La grippe épidémique de 1918-19......................120
- L’action immunisante du chlorure de sodium . . . 127
- Le shock traumatique. ...............................145
- Résistance des agents vivants intracellulaires. . , 254
- La conservation des sérums...........................287
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- L’abatage mécanique des arbres (R. Villers) ..... 15
- L’examen des métaux par les rayons X (G. Roux). . . 49
- Outillage pneumatique pour petites industries (E.-ll.
- Weiss)............................................. 10
- Une invention qui n’en est pas une : la montre (L. Re-
- veuciion).................. . . •..................127
- Une application intéressante du cinématographe (11.
- Yolta).............................................T45
- Le centenaire de James Watt (J.-P. Lafitte)...............161
- La distribution du gaz d’cclaimge à grande distance
- (M. Bousquet)......................................... 177
- L’impression des livres d’aveugles (X. Lallié) .... 195
- La plus puissante machine à vapeur du monde (R. Yil-
- lers)................................................. 222
- La centrale électrique des traniAvays de Lille actionnée par les moteurs des tanks de Saint-Cbamond (J. François) ...................................................266
- L’industrie des corps radioactifs (M. Demenitroox) . . . 279
- l.’e chauffage industriel par le charbon pulvérisé (M.
- Bousquet)............................................. 518
- Un laboratoire sidérurgique moderne (P. CiievenArd). 350, 340
- Les bruits du cinéma (A. B.)..............................355
- Tonneaux et caisses en carton (Monter)....................551
- L’avenir de l’aluminium en France (R. Guérin). . . . 555
- L’impression en relief (Léonce Lefèvre)...................371
- DES
- dation
- 47
- 567
- 111
- 158
- 187
- 1
- 65
- 81
- 97
- 158
- 176
- 245
- 500
- 337
- 590
- 415
- 47
- 47
- 60
- 111
- m
- 145
- 158
- 158
- 187
- 240
- 240
- 268
- 287
- 287
- 61
- 170
- 204
- 219
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-
- TABLE DES MATIERES —: . — 425
- Le 1er pur élcclroly tique industriel (J. Escard). . . . 595
- Les nouveaux procédés de construction (L. Raymond). . 404
- Essais mécaniques des métaux...........................157
- Cassures des éprouvettes de traction..................18(3
- Essais de flexion par choc de barreaux entaillés. . 186
- Ulilisalion de la peau de cheval pour courroies de
- transmission........................................252
- Propriétés réfractaires des produits alumineux . . 240
- La trempe de certains alliages d'aluminium. . . . 240
- Sur les rotations trop rapides.........................287
- Sur la viscosité des aciers aux températures élevées. 551 Essais de fragilité des tubes . .......................567
- 2. Electricité.
- Un nouveau redresseur de courants allemalil's : le Tun-
- gar (A. Troller)........................................ 50
- _ L’Alsacc-Lorrainc au secours des régions cm allies et les
- réseaux électriques des pays réannexés (A. Pawlowski). 68
- ""La balance d’induction Alpha (.1. Boyeu)................. 95
- La lampe à 5 électrodes cl les radiocommunications (Un
- Radio)..................................................105
- Les applications des appareils de T. 8. U. à lampes (Un
- Radio)..................................................117
- Le tube Coolidge (D'M. Pjehquin)..........................159
- Applications des petits moteurs électriques (U. AVeiss) . 254
- Les grands postes français de T. S. F. pendant la
- guerre (Un Radio).......................................574
- Les progrès dans la technique des grands postes dcT. S. F.
- (Un Radio)..............................................587
- Propriété générale des câbles servant aux transports aériens....................................... 50
- Analogie éleclrotechnique des oscillations entretenues ................................................ 50
- Mesure du rayonnement des ampoules Coolidge. . . 47
- Force conlre-électromolrice de polarisation dans
- l'acide sulfurique...................................... 78
- Les oscillations électriques de haute fréquence ... 78
- Les mesures en courants alternatifs.......................142
- Les galvanomètres inscripteurs............................145
- La radiotélégraphie par rayonnement infra-rouge. 145 Nouveaux écrans fluorescents pour la radioscopie . 157
- 3. Travaux publics. — Art do l’ingénieur.
- Les mouvements du sol de Paris (P. Ciievoi.ot) . ... 5
- La reconstruction des bâtiments ruraux des régions dévastées (M. Bousquet)............................... 25
- Le remploi des ruines des e.lés détruites (A. T.) ... 28
- Purilication électrique des immondices aériennes (11.
- Bousquet).......................................249
- Champignons destructeurs des bois de construction (M.
- Bousquet)............................................ 267
- Au Maroc : irrigations et assainissement (V. Camion). . 298
- L’aménagement du Rhône français (A. Paweoavsiu). 509, 551
- Un nouveau mode d’enfoncemcuL des pilots (R. Vileeiis). 520
- Les marbres artificiels (A. C.)...................566
- Les puits les plus profonds du monde..............158
- L'emploi de l’eau pour faire sauter les roches . . . 105
- Le retrait dans les ouvrages eu béton armé .... 240
- Prédélcrminalion de la caractéristique d'un phare. 287
- 4. Transports.
- Une gare de triage moderne (C. P.)................... . 99
- Roue élastique pour automobiles (E Coustet)..........174
- Démarrage électrique des automobiles (A. Troller) . . 255
- Reconstitution des chemins de fer du Nord (A. Tuolleu). 248
- Locomotive à dix essieux accouplés (E.-1I. Weiss). . . 258
- Récupération des huiles et tampons de graissage des wagons (J. Boyer)..........................................284
- Chars d’assaut des Alpes (L. Périsse).....................295
- Les aménagements de la gare de Yersailles-Chanlicrs (J.
- de Lens)...............................................527
- Les signauxet les accidents de chemin de fer (J. Netter). 345
- Les mesures officielles au sujet des signaux de chemin
- de fer.................................................350
- Curieux phénomènes de décharges électriques à bord
- d’un camion à vapeur...................................195
- La rupture des rails......................................287
- 5. Aviation et aéronautique.
- La traversée aérienne de l’Atlantique (J.-A. Lefra.nc). . 40
- Nouveau procédé de mesure des reliefs du terrain à l’aide des photographies stéréoscopiques (M. Ab). . . 52
- L’aéronautique maritime (E. Gouault)..................... 86
- Impressions d’un passager du R-54 (V. Fohdi.n) .... 113
- Le risque aérien (D. M.).................................151
- La photographie aérienne (E. Coustet)....................145
- L’évolution du ballon captif pendant la guerre (L -P.
- Frantzen).............................................212
- U11 dirigeable à air chaud (A. T.).......................288
- Le Mammouth, nouvel aérobus Blériol (R. Vileeiis). . 289
- L’évolution des dirigeables rigides (J.-A. Lefranc). . . 557
- Un projecteur pour aéroplanes (J. Boyer)..............' . 598
- L’avenir des dirigeables rigides (J.-A. Lefiianc) .... 407
- Indicateur jalonneur de roule pour la navigation
- aérienne à l'estime................................... 15
- Application numérique de la théorie des avions . . 143
- Composition de quelques essences de pétrole. . . . 187
- Analyses d'essences d’aviation allemandes. .... 355
- 6. Guerre.
- Le repérage et le réglage par le son (***)........... 71
- Célérité des déflagrations........................... 47
- Un système de pointage sur objectifs aériens. . . . 355
- 7. Marine.
- Scus-marins allemands (Cœur)........................... 8
- Le gouvernail réversible Kilchen (R. Villers)......... 62
- Au pôle en sous-marin (R. Yilleiis)...................241
- 1. écouté sous-marine (R. V.).........................257
- Appareil de sauvetage à filage d’huile (A. Breton). . . 304
- U11 nouveau procédé de renflouement des navires coules (Sauvaire-Jourdax)................................305
- La défense contre les sous-marins el lus mines (R. Vil—
- ..............................................521
- Les navires à pousseur (Sauvaire Jourdan).............385
- Les levées hydrographiques............................551
- Un procédé de sondage en mer.......................... 78
- Phare de grand atterrage..............................240
- Les mines errantes sur VAtlantique Nord. . . . 245
- VIII. - DIVERS.
- Les services français d’inventions pendant la guerre
- ^ (X...). • • .......................................151
- Comment déchiffrer les textes en langage secret : la
- crvptophotie (Nicolas Flamel).....................J88
- La suppression de la monnaie métallique par le comp-tabilisme social de M. Solvay (A. Luttiunger). ... 517
- Sur une application de la journée de 8 heures... 61
- FIN DES TABLES
- Le Gérant : P. Massor.
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAHURE 9, Rue Je Fleurus, 9
- p.n.n. - vue 428/642
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N" 2362. —- S Juillet 1919. Supplément.
- AVIS DE L'ADMINISTRATION
- Depuis 5 ans, LA NATURE a paru sans interruption, malgré toutes les diflicultés de l’état do guerre, lille a lourni à ses abonnés et lecteurs, sur toutes les questions à l'ordre du jour, une documentation vaste et précise qui constitue l'ensemble le plus complet qu'on puisse trouver des aspects scientiliques, techniques et économique s~du grand conflit.
- Malgré les accroissements de toutes ses dépenses, les hausses successives du papier, de ïimpression, des salaires, elle a maintenu ses prix de vente cl'avant-guerre, sensiblement les mêmes depuis près de cinquante ans qn’elle paraît.
- Alors que les autres revues majoraient leurs prix de vente, la plupart à diverses reprises et dans de grandes proportions, ï Administration de LA NATURE a tenu à supporter seule ces lourdes charges.
- Aujourd’hui, la guerre terminée, les augmentations persistent et s’accentuent. LA NATURE se voit, donc dans T obligation d'élever ses prix. Elle le fait élans la plus faible mesure possible, se limitant à porter à dater du Lv juillet : ï abonnement d’un an à 30 fr. pour la France et ses colonies, à 40 fr. pour l'étranger; l'abonnement de six mois respectivement a 15 et 20 fr. ; le prix du numéro à 75 centimes. Ces majorations ne correspondent nullement d’ailleurs à f augmentation actuelle des dépenses.
- Au moment où LA NATURE reprend sa périodicité hebdomadaire, elles sont indispensables pour lui permettre de conserver la haute tenue scientifique, les qualités éducatives, la puissance d’informations qui ont'fait son succès.
- Nous^ sommes certains que nos abonnés et. lecteurs accepteront cette nécessité. Dp son coté,"'-LA NATURE ne négligera rien de ce qui peut les intéresser; elle restera leur grand informateur scientifique et leur conseiller pratique ; elle répondra à leur fidelité par toutes les améliorations que les circonstances permettront .
- En ce moment où la science, après avoir gagné la guerre, va réparer scs dégâts et créer des richesses nouvelles, l’utilité de LA NATURE n’est pas à démontrer.
- “ Revue des sciences et de leurs applications ”, LA NATURE est à la fois le plus important organe français de vulgarisation scientifique, le guidé le plus précieux pour toutes les questions industrielles et. de la vie pratique.
- Le nombre et la compétence de ses collaborateurs en font le journal le plus varié, le plus sûr et le mieux informé. Son « Supplément », par ses rubriques de « Science appliquée », « Recettes et Procédés utiles », et, plus encore, sa « Boite aux Lettres » dont le succès va croissant, en font une source unique _ de renseignements pratiques nécessaires à tous.
- Nulle part ailleurs, on ne trouve pareille documentation.
- Nous ne douions donc pas que nos abonnés et nos lecteurs continueront à apporter à LA NATURE, dans leur intérêt, autant que dans celui de la Revue, l’appui de lèur nombre, leur indispensable concours. . ; .
- INFORMATIONS
- [><
- Le traité de paix avec P Allemagne. — Le traité de paix que l’Allemagne a accepté de signer est un acte d’une importance capitale pour la future histoire du monde. Il ne nous appartient pas d’en mesurer la portée politique, militaire ou diplomatique ; nous nous bornerons à en résumer ici les traits essentiels, qui modifient la figure géographique du globe.
- i° États, nouveaux. — Le traité reconnaît l'existence des nouveaux Etats indépendants suivants : Etat Tchécoslovaque, Pologne, Autriche allemande.
- 2° Frontières. — a) France. — La France reprend possession pure et simple de l’Alsace-Lorraine. Sa frontière avec l'Allemagne est celle du 18 juillet 1870.
- b) Belgique. — L’Allemagne renonce en faveur de la Belgique au territoire contesté de Moresnet, aux cercles de Malmédy et d’Eupen.
- c) Tchécoslovaquie. — Est séparée de l’Allemagne par. l’ancienne frontière austro-allemande entre les territoires de l’Autriche et de la Pologne.
- d) Pologne. — La Po’ognc reçoit la Posnanie avec
- Posen, la plus grande partie de la Prusse occidentale avec une fenêtre sur la Baltique à l'embouchure de la Yistule, autour de Danzig, laissé ville libre; elle reçoit également une partie de la Haute Silésie sous réserve de plébiscite. La Prusse orientale forme une grande enclave au milieu de la --Pologne ; ses frontières exactes seront déterminées après plébiscite.
- c) Danemark. — La frontière sera rectifiée après plébiscite.
- f) Colonies. L’Allemagne renonce à toutes ses colonies. Le territoire de Kiao-Tchéou (Chine) est cédé au Japon.
- 3° Ba&sin de la Sarre. — L’Etat français devient propriétaire de tous les gisements de houille du bassin de la Sarre. Le territoire de là Sarre sera gouverné pendant i5 ans par une Commission représentant la Société des Nations. A l’expii'ation de ce terme, la population fixera elle-même le régime auquel elle désire être soumise. En cas de rattachement à l’Allemagne, celle-ci est tenue de racheter les mines et de les payer eu or.
- «fT>
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-
- INFORMATIONS
- Pour projeter un corps, hors de la terre. —
- M. Duchesne, ingénieur d’artillerie navale, calcule dans Y Astronomie, la vitesse initiale à communiquer à un projectile et l’énergie nécessaire pour le lancer hors de la terre, plus exactement pour le faire échapper à l’at-tractiou terrestre.
- Si la terre n’avait pas d’atmosphère, le corps pour ne plus retomber, devrait être lancé verticalement à la vitesse de 11 200 m. à la seconde. On croit communément que la présence de l’air augmente cette vitesse dans des proportions énormes. Ceci n’est vrai que pour les corps très petits. En effet, la surface opposée au vent est proportionnelle au carré des dimensions linéaires; le poids est proportionnel au cube. En prenant un corps assez gros, on pourra donc réduire autant qu’on le voudra l’effet de la résistance de l’air par rapport à celui de la pesanteur.
- En tenant compte de la résistance de l’air pour un projectile de « grosse Bertha », on trouve qu’il faut le lancer avec une vitesse initiale de 14700 m. pour qu’il ne retombe plus.
- La force vive nécessaire pour lancer différents corps géométriquement semblables, mais de dimensions différentes, passe par un minimum. Pour des sphères de densité 5, ce minimum correspond à uu diamètre de om. 79 et-à une vitesse de 5o km à la seconde. La valeur de la force vive est alors 8 400000 tonnes-mètres. C’est le travail que produirait la détonation complète de 27 tonnes de mélinite.
- L’effort de l’industrie aéronautique française. —
- L’industrie aéronautique française a accompli au cours dé*”la guerre un prodigieux effort que mettent en lumière les chiffres suivants :
- La pi-oduction des moteurs d’avions a été de 6849 unités en 1910, de 16785 en 1916, de 22751 en 1917 et de 34219 dans les trois premiers trimestres de 1918.
- La production des avions a été de 3460 en 1915, de 7552 en 1916, de 14 435 en 1917 et de 18843 dans les 3 premiers trimestres de 19x8.
- Les fabrications de l’aéronautique employaient i2 65o ouvriers au icr janvier 1915, 3og6o au ier janvier 1916, 68920 au Ier janvier 1917, 131 551 au 1" janvier 1918 et 186000 au 2 novembre 1918.
- Production anglaise de charbon. — Le Times, dans son supplément commercial, donne les renseigne--ments suivants sur l’extraction du chai’bon en Angleterre pendant ces dernières années :
- Extraction
- Années. Personnel. un tonnes. par ouvrier
- 1910. . 1.049.407 264.417•588 252
- xgxi. . 1.067.213 271.878.I24 255
- -1912. . 1.089.090 260.S98.578 239
- 1913. . 1.127.890 287.411.869 255
- 1914. . 1.o57.5o5 a65.643.o3o 2 5 I
- 1915. . g53.642 253.206.08x 265
- 1916. . 998.063 256.3j5.366 257
- 1917. . 1.021.34o 248.499.240 243
- 1918. . 1. 008.867 227.714.579 226
- La production maximum est celle de 1913 de même que le nombre des personnes employées dans les mines. Le rendement le plus haut a été obtenu en 1915, quand la conscription enleva une partie de la main-d’œuvre. t Actuellement, ce rendement est en forte baisse si l’on en juge par les chiffres des trois premiers mois de 1919 '•
- Nombre Extraction. Moyenne
- d’ouvriers. — par personne.
- Janvier . . 1.064.828 18.321.100 17.2
- Février . . 1.097.541 19.472.200 17.7
- Mars . . < 1.106.299 18.676.200 16.2
- A continuer ainsi, la production de cette année ne dépassera pas, malgré une augmentation de personnel de 100000 ouvriers, 224 millions de tonnes, soit 63 mil- , lions de tonnes de moins qu’en 1913. L’exportation ayant été, cette année-là, de 73 millions de tonnes, il ne resterait disponibles cette année que 10 millions de tonnes! Sir Auckland Gedéfès, président du Board of Trade, estime même la production à un chiffre encore plus bas : 214 à 217 millions de tonnes. Cette perspective n’est pas réjouissante pour la France qui demande habituellement à l’Angleterre une partie du charbon dont elle a besoin,
- Le canal Danube-Salonique. — Le gouvernement serbe, soucieux de ménager au plus tôt à la Serbie agrandie un débouché vers la mer Egée, projette de construire un canal, accessible aux embarcations de 10 000 tonnes et reliant le Danube à Salonique.
- Le Review of the Foreign Press résume les renseignements que donne à ce sujet un journal autrichien. Le canal partirait du village de Kevevara, au confluent du Danube et de la Morava. Il suivi'ait le cours de la Mo-rava en Serbie, puis rejoindrait la vallée du Vardarprès de Koprulu, suivrait le cours de ce fleuve, dont il se détacherait pour rejoindre Salonique. La longueur totale de cette voie d’eau serait de 600 km. La différence de niveau entre Kevevara et le point culminant du canal projeté est d’environ 3oom., elle est à peu-près la même entre ce point et Salonique. Il faudra 65 écluses pour la racheter.
- Eclosion de serpents. — On sait que la plupart des Serpents, comme les autres Reptiles, sont ovipares. Ils pondent des œufs, formés seulement d’un jaune enveloppé dans une membrane non calcaire, ayant l’aspect du parchemin. Cette membrane, ovalaire au début, gonfle peu à peu à mesure que le petit serpent se développe dans l'intérieur. Les œufs sont déposés n’importe
- où, sur la mousse, daus les tas de feuilles. Après un temps, variable avec la température, on voit sortir le jeune qui découpe dans la membrane de l’œuf une ouverture circulaire au moyen d’une dent pointue qu’il perd peu après sa naissance.
- Les photographies prises juste au moment de l’éclosion sont rares. C’est pourquoi nous reproduisons ici l’intéressant document qui vient de nous être communiqué.
- L’éruption du Kloet (Java). — Le Mouvement géographique signale que le Kloet, un des plus terribles volcans de Java, est en éruption depuis le 20 mai. Une vingtaine de villages sont entièrement détruits ; bien d’autres endommagés en partie. On évalue le nombre de personnes tuées par la catastrophe à quelque 16000. Le débordement des rivières a causé de grands dommages aux travaux d’irrigation; la pluie de cendres dans les districts de Kediri et de Malang sera très nuisible aux rizières.
- Le Kloet est situé dans la partie orientale de l’île de Java; depuis une cinquantaine d’années ses éruptions_ ont été aussi fréquentes que terribles. Il se compose de trois cratères, dont l’un ^contient un lac qui déverse de formidables quantités d’eau sur la région environnante à chaque éruption. Ainsi en 1875, unedes parois du cratère s’est effondrée en partie et a laissé éehapper de 40 à 5o millions de mètres cubes d’eau qui ont inondé et dévasté toute la région.
- En 1901, l’avant-dernière éruption d’eau projetée s'est mêlée aux débris de terre et de végétaux et a formé une rivière de boue qui a détruit sur son passage une partie des districts de Blitar et de Strengat. C’est alors que des trax'aux importants furent entrepris pour régulariser le niveau d’eau du lac intérieur; une digue devait, en cas d’inondation, empêcher le torrent de suivre le cours de la rivière de boue qui avait traversé la ville de Blitar, et le mener à ti'avfers d’autres régions peu habitées.
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- Automobilisme
- Réparation des pneumatiques, vulcanisateur « Shaler ». — En raison du prix élevé des pneumatiques et de leur rareté, les automobilistes font réparer les leur tant et plus, jusqu’à ce qu’ils en aient tiré le plus de service possible. D’où la création, en Amérique et en d’autres pays, d'ateliers spécialement agencés pour ce genre de travail. La figure ci-contre représente un appareil de réparation simple, peu coûteux, et très pratique pour un petit atelier ou garage ; il permet de réparer facilement environ 200 chambres à air et une douzaine de bandages par jour, se prête à tous les genres de réparation par vulcanisation, depuis celle des simple,s perforations des chambres à air, jusqu’à
- celle des terribles déchirures de bandages. Parla méthode d’enroulement, d’un usage presque général d'ailleurs;" pour la fabrication des pneumatiques, la réparation des bandages est simplifiée à l’extrême et ceux-ci peuvent, quels que soient les types et les dimensions, être raccommodés au moyen d’un seul jeu de moules.
- L’emploi de ce vulcanisateur occasionne une économie de matière, car il n’est plus nécessaire d’enlever la partie endommagée d’un pneumatique et de la remplacer par une section neuve, comme cela se pratique parfois; de plus, la réparation est plus solide que lorsqu’on a affaibli le bandage par sectionnement. Le chauffage simultané des deux surfaces du pneumatique a pour résultat une économie de temps.
- L’appareil est chauffé à la vapeur par l’intermédiaire d’un générateur à gaz ou à essence. Il est muni d’un dispositif automatique à thermostat qui règle la température, ce qui fait qu’il est inutile de veiller à la température pendant le travail, puisqu’elle reste constante, et, par voie de conséquence, pas de crainte de surchauffe ni manque de chaleur. Il est facilement transportable ne pesant que 90 kg environ. Son emploi est si simple qu’il ne requiert aucune main-d’œuvre expérimentée, un jeune garçon peut faire le travail sans la moindre difficulté puisque J’appareil n’exige ni surveillance ni réglage spéciaux. — C. A. Shaler Company, de Waupun (U. S. A.).
- Chaînes antidérapante pour bandages pleins « Prest-Grip ». — Cette chaîne antidérapante (fig. 1
- Vulcanisateur « Shaler
- assujettie à un dispositif doublé de caoutchouc placé à demeure sur le rais de la roue. La doublure en caoutchouc empêche le collier de se déplacer et d’endommager le rais. On fixe le système d’attache à tous les deux rayons. La chaîne est, bien entendu, détachable.
- Comme on le voit, la chaînette ne peut pas se défaire d'elle-même, en raison des deux chaînons for-gés, à fermeture brevetée.; cette fermeture est facile à ouvrir et à fermer en toutes circonstances, mais pas à toute cause accidentelle. — Roue Calk and Chain Company, de Plantsville (U. S. A.). • .
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- fervv Travaux d’Amateurs \’
- Mise en place des petites vis. — Qui de nous nSà; pas éprouvé de grandes difficultés à mettre en place des petites vis, que nos doigts trop gros ne peuvent maintenir verticales en laissant la place à la lame du tournevis. Nous allons indiquer quelques petits moyens de tourner cette difficulté en examinant d’abord le cas de vis à métaux, puis de vis à bois.
- Vis à métaux. — Ce sont celles qui sont caractérisées par des filets réguliers à pas petit (fig. 1), et qui ne peuvent être vissées que dans du métal où l’on a percé au préalable un trou que l’on a ensuite taraudé. Le
- Fig. 1 et. •>.. — Chaîne antidérapante « Prest-Grip ».
- et 2) est composée d’une série d’unités de chaînes transversales, c’est-à-dire que chacune de ces unités est composée d’une chaînette en acier extrêmement solide
- laraudage consiste à reproduire sur les parois du trou les emplacements du filet de la vis.
- On pourra mettre une petite vis à métaux en place en la prenant à la tête de Ta main gauche avec une petite pince ou des précelles et en la présentant sur le trou; avec le tournevis on- ni et en prise les filets et dès que la rotation a commencé, la vis est maintenue d’elle-même en position suivant l’axe du trou. Quand on monte de toutes petites vis sur une pièce métallique qu’on peut placer dans n’importe quelle position on pourra agir ainsi. On enduira la rainure de la vis de graisse consistante et celte graisse facilitera l’adhérence de la vis avec la lame du tournevis. On pouira alors présenter le tout suivant l axe du trou avec précaution pour mettre les filets en prise par une légère rotation.
- Vis à bois. —-La vis à bois est caractérisée par un filet beaucoup plus allongé sur une tige conique. Elle se fixe dans le bois et le filet doit faire sa place qui n’a pas été préparée comme pour les vis à métaux. Il est donc nécessaire d’appuyer un peu sur la tête pour faire pénétrer la vis dans son emplacement. Presque toujours cet emplacement a été amorcé par un petit coup de poinçon.
- Si l’avant-trou est profond, ce qtii est le cas pour des vis très longues, il est facile de placer la vis avec la main, et comme la vis est suffisamment maintenue verticale par l’avant-trou, le vissage est facile avec le tournevis, Ceci ne peut avoir lieu avec des petites vis courtes. Pour celles-ci on emploiera utilement un petit appareil de fortune facile à construire.
- On découpera dans du fer-blapc ou de la tôle (une boîte à conserves fait parfailetnept. l’affaire) une languette d’environ 7 cm (fig. 3). Cètle languette scia pliée
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- en c et d à angle droit et les parties t et t' viendront coiffer la tige du tournevis que l’on emploie. On obtiendra ainsi un petit appareil (fîg. 4) qui comporte une base B et une tète A.
- La base B, dans laquelle est une encoche, recevra la vis à bois qui sera supportée par la tète (fig. 5). Entre le pouce et l’index de la main gauche on lient l’appareil par la tête A dont les deux parties t et t' ne sont pas fixées entre elles, car de cette façon les deux lames forment ressort et permettent de laisser passer l’extrémité de la lame du tournevis qui est, souvent plus large que la tige.
- On porte le tout à l’aplomb de l’avant-trou, emplacement de la vis. En serrant la tète A sur la lige du tournevis dont on a engagé la lame dans la fente de la vis, on a un ensemble rigide qui permet de maintenir la vis dans l’axe du trou et de faire pression et rotation simultanée avec le tournevis cjue l’on actionne de la main droite. Ce petit appareil très simple à fabriquer rendra service aux amateurs qui ont souvent à assembler des petites pièces de bois avec des vis minuscules. E.-H. Weiss.
- Objets utiles
- diamètre, o m. 45 de hauteur, pèse à vide 6 lcg et a une capacité de 10 kg ; il n’exige pas d’installation électrique spéciale car il peut être mis sous courant par une simple prise, comme un fer à repasser ou un réchaud ’"";a
- électrique.
- Sur chaque tamis sont répartis, en une seule couche, les produits à sécher, en ayant soin de ne pas les tasser de façon à laisser libre la circulation d’air chaud. Les produits contenus dans les tamis inférieurs sèchent évi-r demment plus vite que ceux des tamis supérieurs. Lors de chaque séchage, il y a donc lieu d’intervertirl’ordre des tamis de telle sorte que les produits frais se trouvent toujours dans les tamis supérieurs. Le séchage est d’autant plus rapide que le produit estpréalable-ment pelé et coupé en morceaux ou rondelles. Lors même que l’on oublierait de retirer à temps un tamis, la qualité du produit n en souffre pas. La dessiccation à chaleur douce et régulière empêche le jus de sortir et tout l'arome est conservé. — Constructeur S. Kummler et Matler, à Aarau (Suisse).
- Fig. 1. —S celui u i1 électrique de ménage « Siniplon ».
- Souliers américains à semelle d’acier. — Ce soulier, métallique (fig.i) a été établi pour les agriculteurs, laitiers, mineurs, blanchisseurs, en un mot pour tous ceux qui travaillent ou sont appelés à travailler durant quelque temps dans des endroits mouillés ou humides. Façonné d’après le modèle du soulier Munson, en usage dans l’armée américaine, il est pour ainsi dire indestructible; l’armature métallique protège si bien la partie souple du soulier, faite en un cuir dit meilleur grain, qu elle donne à la chaussure une durée très grande. En outre, l’empeigne étant rendue absolument imperméable, et étant maintenue par un rivetage spécialement combiné, le soulier ne peut laisser pénétrer ni l’eau ni l’humidité.
- Des tiges d’oscillation posées Fig. I. — Soulier américain sur la semelle permettent de à semelle d’acier. marcher sans effort, en bascu-
- lant le pied à l’instant nécessaire. Tiges’et talon sont soudés électriquement directement sur la' semelle métallique, par conséquent, sans perforations capables de causer la rouille. La forme de cette chaussure permet la circulation libre de l’air et une semelle intérieure en feutre absorbe la transpiration. Le cuir peut aussi subir un traitement spécial en vue de résister à l’action de l’ammoniaque. Des bottes peuvent s’établir de même façon. — American Métal Shoe Company, Racine (U. S. A.).
- Sécheur électrique de ménage « Siniplon ». — Ce
- petit appareil (fig. 1) permet de sécher rapidement, proprement et dans de bonnes conditions de conservation : fruits, légumes, plantes et fleurs médicinales, champignons, tranches de pain, etc. Il se compose de trois parties : le socle a renfermant le dispositif de chauffage électrique ; les tamis b, au nombre de 4 destinés à recevoir, les produits à sécher et qui se superposent par un emboîtage spécial hermétique pour éviter les pertes de chaleur et la pénétration de la poussière, enfin d’un couvercle c muni également d’une protection contre la poussière tout en permettant une bonne circulation de l’air.
- D’une construction solide, cet appareil est d’un maniement fort simple, de toute sécurité et prenant peu de place. Les tamis sont lavables et interchangeables. Ils sont construits suivant 2 types, leDIpourménages moyens et DII pour gros ménages et exploitations agricoles.
- Le DI consomme 400 watts seulement, à o m. 40 de
- Le Diaspora. —Le Diaspora est un appareil imaginé par un pharmacien roumain, M. de Swiecinski, pour vapôriser les liquides volatiles : médicaments, parfums, essences, dans le but de les mélanger intimement avec l’air. Les vapeurs chauffées, soit par une lampe à alcool, soit par une résistance électrique, rencontrent un courant d’air qui les diffuse. Au moyen d’une soufflerie à poire de caoutchouc, on peut réaliser avec les grands appareils une sortie discontinue sous forme d’anneaux de fumée qui ont assez de force pour aller à 2 ou 3 m. dans l’air libre sans se déformer. Un changement d’ajutage suffit pour obtenir à volonté la projection des vapeurs, sous la forme de nuages ou de jets fins continus et très réguliers. Pour la vaporisation des parfums et la désodorisation des locaux, le Diaspora peut être appliqué
- Le Diaspora. — À gauche, appareil de poche.
- facilement sur n’importe quel vase ou objet d’art; il peut y être dissimulé.
- Pour la désinfection, M. de Swiecinski a réalisé toute une série de modèles depuis le vaporisateur de poche de la grandeur d’un étui à cigarettes jusqu'aux inhalateurs collectifs pour hôpitaux et sanatoria en passant par l’appareil (fig. 1), qu’il destine au cabinet du médecin. — L’inventeur du Diaspora est M. de Swiecinski, 22, rue de Buci, Paris. __
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- VARIETES
- Les piçkles ou condiments de fruits à noyau. —
- Le développement normal du végétarisme, sous sa forme la plus agréable, le fruitarisme, comprend tous les moyens qui ont pour but d’augmenter la consommation des fruits. Or, jusqu’à présent, en France, où les meilleurs fruits sont récoltés en si grande abondance, où les méthodes de transformation deviennent de plus en plus perfectionnées, il y a deux états sous lesquels nous hésitons beaucoup à faire entrer les fruits dans notre alimentation : les pickles et les soupes, deux préparations très répandues et appréciées à l’étranger, aussi bien dans les pays de langue anglo-saxonne que germanique. Aussi m’a-t-il semblé qu’il y avait quelque utilité à faire connaitre les recettes qui ont acquis le plus de faveur auprès des maîtresses de maison et des ménagères de ces divers pays.
- Les pickles, qui ne sont autres que des condiments, peuvent, jusqu’à un certain point, se confondre avec des conserves très épicées au vinaigre, mais non avec les conserves simples; elles n’offrent aussi qu’une lointaine analogie avec les véritables câpres aux boutons de fleurs du câprier épineux ou avec les cornichons et leurs succédanés marinés : olives, melons, tomates, choux rouges, boutons de capucines, etc. En somme, pendant longtemps chez nous., les olives ont été les seuls fruits conservés dans le vinaigre, et ce genre de préparation n’est encore que peu répandu; depuis quelques années on y a joint les cerises et les quetsches.
- Parmi les différents genres qu’on emploie à l’étranger, je ne m’occuperai présentement que des picldes de fruits à noyau en les plaçant dans leur ordre de maturité; toutefois, je donnerai auparavant de brèves généralités sur leur préparation et conservation, en mettant à profit les ouvrages de MM. Rester M. Poole : Fruits, and, how to use them, et de Heiurich Semler et II. Timm : Die gesamle Obst : Terwertung nach den Er-fahrungen durch die nordamerikanischc Konkurrenz.
- Généralités. — Dans les pays anglo-saxons, on recourt plus souvent au vinaigre d’alcool qu’à celui de vin; cependant, aux Etats-Unis le vinaigre de cidre pur est bien prescrit. L’ébullition doit avoir lieu dans des casseroles en porcelaine ou en grès et jamais dans des chaudrons en cuivre, étain ou fer. Il ne faut user que modérément des épices et les mélanger assez judicieusement pour qu’il n’y en ait pas un qui l’emporte sur les autres. Les pickles doivent être conservées dans des jarres (bocaux) en verre ou en grès n’ayant jamais contenu de corps gras, de quelque genre que ce soit, et placés dans un endroit frais et obscur.
- Dans les pays d’origine germanique, notamment en Allemagne, le vinaigre d’alcool est aussi le plus employé, mais il doit avoir subi le traitement suivant en vue de l’aromatiser. On met par litre de vinaigre, réduit préalablement d’un quart par ébullition, ’jS gr. de sel, i5 gr. de poivre noir, gr. de gingembre; on fait jeter au mélange un ou deux bouillons, on filtre à travers une étamine, et, selon le cas, on verse sur les fruits le vinaigre bouillant ou froid. Quand on désire un vinaigre plus épicé, on prend 60 gr. de poivre noir, 3o gr. de gingembre, 17 gr. de piment, 3o gr. de sel et 2 gr. de poivre de Cayenne. On pulvérise ces substances le plus finement possible, on les met dans un pot en grès, on verse dessus Un demi-litre de vin aigre, on mélange et l’on couvre soigneusement le tout. On laisse en contact durant trois jours dans le voisinage d’un fourneau allumé, en remuant le contenu de temps en temps, on filtre et on verse le vinaigre sur les fruits.
- Les fruits doivent être de première qualité, lavés dans de l’eau fraîche potable et tenus un instant dans une saumure plus ou moins forte en raison de leur structure anatomique. Il est de règle qu’elle soit faible pour les fruits mous, et que l’on n’y soumette pas les plus délicats. Aussitôt enlevés, ils sont mis à sécher sur des claies, puis introduits dans des flacons à large ouverture. Il faut proscrire absolument les récipients métalliques parce que le vinaigre comme la saumure peuvent dissoudre.du cuivre, laiton, plomb ou zinc, et former des sels^ vénéneux ; pour cette même raison, il ne faut se servir pour remuer les fruits que de cuillers en bois ou en os. Quand les fruits sont convenablement
- refroidis et bouchés, on cachette ou l’on paraffine lps flacons de manière que la fermeture soit hermétique.
- Yoici, maintenant, les différents modes opératoires et recettes.
- Cerises (Pays anglo-saxons). — Prenez de grosses cerises avant que la maturité ne les ait ramollies, mettez-les la queue en l’air dans des jarres en grès ou en verre. Chauffez ces dernières dans de l’eau chaude et versez sur les fruits un sirop fait avec une pinte (o lit. 57 cent.) de vinaigre pour trois livres de sucre (1 kg 36o). Réunissez dans un nouet une cuillerée à thé de cannelle, de poivre de la Jamaïque et de clous de girofles, laissez infuser 24 heures; soutirez le liquide, portez-le à l’ébullition tous les matins pendant une semaine, puis versez-le sur les cerises qui doivent être conservées comme il a été dit ci-dessus ou dans des boîtes scellées. Une livre de sucre à l’état de sirop doit suffire pour recouvrir, environ, un gallon de fruits (4 lit. 54).
- Pays d'origine germanique. — Prenez 8 livres (4 kg) de cerises pas trop mûres, coupez la moitié de la queue, introduisez-les avec 4 livres de sucre dans un pot et recouvrez-les de 4 litres de vinaigre préparé d’après la recette ci-dessus. Laissez macérer trois semaines, sou-tirez-en les 2/3 et remplacez-les par du frais. Faites bouillir le vinaigre enlevé avec 3o gr. de semences de coriandre, 5 gr. de fleurs de muscadier, une cuillerée à thé de poivre blanc, réunis dans un petit sac, et, quand on désire une belle coloration, 1 gr. environ de cochenille ; versez-le bouillant sur les cerises; laissez le tout refroidir et mettez en flacons à large ouverture.
- Pêches {Pays anglo-saxons). — Les recettes et les traitements diffèrent selon que les pêches sont « prickled » traitées avec la saumure, ou « spiced » préparées avec des épices.
- Pêches à la saumure — Enlevez le duvet d’une douzaine de pêches à noyau libre et jetez-les dans une saumure assez forte pour supporter un œuf. Retirez-les deux jours après, égouttez-les sur un tamis et iutro-duisez-les dans une jarre. Mettez dans un nouet une once (28 gr. 34) de poivre blanc, autant de racines de gingembre concassées et deux onces de graines de moutarde; faîtes-les bouillir dans un quart (1 lit. 36) de vinaigre et versez-le bouillant sur les fruits. Quand ou désire que les pickles soient sucrées, on y ajoute une livre et demie de sucre (680 gr.) par quart de vinaigre.
- Pêches aux épices. — Pelez de grosses pêches, mais respectez les cavités; prenez pour 6 liyres de fruits (2 kg 722), 3 liv. 1/2 (1 kg 588) de sucre, un quart (1 lit. 36) de vinaigre et une cuillerée à thé de cannelle et de clous de girofle. Faites bouillir lentement durant une heure dans une casserole en porcelaine et mettez en boîtes pendant que le tout est encore chaud.
- Pays d origine germanique. — Choisissez des pêches au début de leur maturité et plongez-les durant une semaine dans la saumure, décantez celle-ci, portez-la à l’ébullition et versez-la sur les fruits, répétez trois fois cette double opération. Le lendemain, faites-les égoutter sur un tamis, essuyez-les légèrement avec un linge, mettez-les en flacons et remplissez ceux-ci du susdit vinaigre aromatique bouillant.
- Prunes (Pays anglo-saxons). — Prenez 8 livres de fruits (3 kil. 629), 4 livres de sucre (1 kil. 815), un quart de vinaigre, une once de cannelle et autant de> clous de girofle. Faites bouillir le vinaigre, le sucre et les queues ensemble, écumez, versez chaud sur les prunes préalablement piquées avec une aiguille et laissez infuser trois jours. Décantez le sirop, porlez-le à l’ébullition, écumez et versez-le de nouveau sur les fruits; répétez 3 fois ces opérations avant de mettre en flacons.
- Pays d'origine germanique (Les doses de fruits, de sucre et de vinaigre sont les mêmes que pour les cerises). On y ajoute une cuillerée à bouche de cannelle et de clous de girofle. On fait bouillir le tout ensemble jusqu'à ce que les prunes soient assez ramollies, on les enleve et les met en flacons, mais l’on continue à cuire la mixture vinaigrée pour l’épaissir suffisamment, on la verse alors sur les prunes de manière à remplir complètement les flacons que l’on bouche et paraffine.
- A. Truelle.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Traitement du coup de chaleur. — Voici venir l’été et il nous faut prendre des précautions contre l’ardeur des rayons solaires. Les insolations menacent ceux que leurs affaires obligent à circuler aux heures les plus chaudes de la jouruée ; le coup de chaleur peut se montrer en dehors de l’insolation quand la température monte, comme en 1911, à des degrés insolites pour nos climats et quand on se trouve exposé dans des chambres à air confiné à un travail pénible. Généralement on conseille d’avoir recours aux bains froids pour combattre ces coups de chaleur. Le Dr Chastaing, médecin en chef de la marine, qui a eu, dans le cours de sa carrière, à soigner de nombreux accidents de ce genre, officiers de quart, matelots sur le pont dans les pays chauds, chauffeurs dans la machinerie, est d'un avis opposé.
- Pour lui, les malades qui succombent au coup de chaleur meurent par insuffisance cardiaque et par arrêt de la respiration. Il faut donc s’efforcer de stimuler les centres respiratoire et circulatoire et pour cela voici
- ce qu’il conseille dans un article du Caducée. Si le malade est sans connaissance, plongez-le pendant cinq à six minutes dans un bain à 38° qu’on élève progressivement jusqu’à 40 à 4a0 si la réaction ne se produit pas. Faites en même temps des affusions froides sur la tête, des frictions énergiques avec un liquide un peu rubéfiant, alcool, eau de Cologne, essence de térébenthine. La chaleur de l’eau réveille les réflexes, la peau rougit, le malade fait quelques inspirations. Alors on le sort du bain, on le pose nu sur un lit et généralement on voit survenir une abondante transpiration. Faites-le alors éventer doucement, puis laissez-le s’endormir en le surveillant de prés pour reprendre le traitement si le pouls faiblissait et si la respiration devenait irrégulière.
- M. Chastaing dit avoir soigné par ce procédé une vingtaine,, de cas graves et chez tous il a pu conjurer le danger, en ajoutant parfois des injections d’éther ou de caféine quand la stimulation externe ne suffit pas.
- D' A. C.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- CM..
- Ampoules sur les épreuves. — Les soulèvements locaux de la couche désignés du nom à'ampoules se produisent lorsqu’on emploie successivement des bains à des degrés trop éloignés de concentration ou à des températures trop différentes. On les évitera en utilisant des bains de concentration normale et surtout en opérant à une température moyenne, ne dépassant pas 20 degrés.
- Si l’on n’a pas pu les éviter, les ampoules seront crevées avec la pointe d’une aiguille très fine, le plus tôt possible, afin de les empêcher d’acquérir des dimensions excessives. On pourra piquer l'envers du papier, si 1 on craint d’altérer un détail délicat de l image.
- Restauration des épreuves anciennes. —- Pour restaurer les épreuves aux sels d’argent qui ont pâli à la longue, on les détache d’abord de leur support; si elles ont été montées à la colle liquide, on les laisse tremper dans l’eau pendant plusieurs heures ; en cas de montage à sec, il suffit de chauffer légèrement pour que. le#-papier se sépare du carton. On plonge alors l’épreuve
- dans :
- Eau..................... 100 c. c.
- Sel de cuisine........ 4 grammes.
- Bichromate de potasse. . 3
- Acide chlorhydrique ... 10 gouttes.
- L’image y blanchit presque complètement. On lave à fond, jusqu’à décoloration de la teinte jaunâtre dans les blancs, et l’on redéveloppe dans un révélateur dilué, faible en sulfite de soude et bromuré, qui fait reparaître l’image avec -sa vigueur primitive et un beau ton noir brun. Le fixage est tout à fait inutile : il n y a qu’à laver et à laisser sécher.
- Amélioration des images dures. — M. Sterry a indiqué un moyen d obtenir sur papier au bromure des images harmonieuses de clichés trop durs. On expose le papier, en calculant la durée du temps de pose d’après les parties les plus opaques du cliché. Avant de développer, on plonge le papier dans une solution de bichromate de potasse à 5 pour 1000, et on l'y laisse de 3o secondes à 4 minutes, suivant le degré d’adoucissement qu’il s’agit de réaliser. On rince ensuite sommairement, et l’on développe dans un bain neuf.
- Restauration des clichés photographiques. — Les
- phototypes s’allèrent, à la longue, même lorsqu’ils sont soigneusement conservés dans des boîtes; les images pâlissent, et cette altération affectant surtout les faibles demi-teintes fait complètement disparaître certains détails. Cet accident est particulièrement fâcheux dans la photographie documentaire de précision; le Dr Roberts s’est aperçu que les faibles dépôts argentiques qui constituent les images stellaires s’affaiblissent avec le temps et finissent par s’effacer entièrement; il a même constaté qu’au bout d’une dizaine d’années, 33 pour 100 des étoiles imprimées sur ses clichés avaient disparu.
- Il est utile de savoir que ces documents ne sont pas, en réalité, irrémédiablement détruits ; ils sont simplement devenus invisibles. Pour leur rendre leur vigueur primitive, on les lave d’abord pendant trois ou quatre
- heures, puis on les passe dans :
- Eau ........................1000 c. c.
- Acide pyrogallique........... 6 grammes.
- Métabisulfite de potasse. . . 6 —1
- Sulfite de soude cristallisé. . 7 —
- Carbonate de soude................ 70 —
- Au bout de quelques instants, on voit renaître l’image, qui regagne son intensité première en un quart d’heure environ. On lave ensuite, on fixe dans une solution d’hyposulfite de soude à i5 pour 100, et, après un lavage prolongé, on vire dans un bain constitué de la façon
- suivante :
- A. Eau distillée................ 100 c. c.
- Sulfocyanure d’ammonium. 8 grammes.
- B. Eau distillée................. 10 c. c.
- Chlorure d’or.................. 1 gramme.
- Les solutions A et B ne sont mélangées qu'au moment de l'emploi, et le tout est dilué d’un égal volume d’eau.
- Cette méthode a été essayée avec succès par sir W. Crookes gt le D' Roberts, qui l’ont employée à la restauration de photographies stellaires.
- Élimination de l’hyposulfite de soude. — lin lavage de deux heures dans l’eau fréquemment renouvelée est généralement suffisant pour éliminer le fixateur. On peut abréger les lavages, soit en les effectuant à l’eau chaude (après avoir insolubilisé la gélatine dans l’alun de chrome), soit en décomposant l’hyposulfite à l’aide de réactifs donnant naissance à des composés très solubles. O11 emploie à cet effet l’eau oxygénée neutre, le persulfate d’ammoniaque neutre ou alcalin, l'iode, le percarbonate de potassium, etc.
- Il est d’ailleurs facile de s’assurer que la dernière eau de lavage ne contient plus la moindre trace d’hyposulfite. Voici deux réactifs très sensibles et fort peu coûteux.
- Le premier est constitué par la solution suivante, de
- couleur violette :
- Eau..................... 1000 c. c.
- Permanganate de potasse. 1 gramme.
- Carbonate de potasse . . 1 —
- On en verse quelques gouttes dans l’eau de lavage; si le mélange se décolore, c’est qu’il contient encore de l’hyposulfite; s’il reste coloré, le.lavage est suffisant.
- Le second réactif est constitué par l’empois d’amidon additionné d’eau iodée, que l’on prépare en versant quelques gouttes de teinture d’iode dans 100 c. c. d eau. Il se forme ainsi de l’iodure d’amidon, de couleur bleue. Ce composé mis en présence de l’eau de lavage se décolorera s’il y reste de l’hyposulfite.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- pilon à air comprimé pour macadamisage rapide des chaussées, décrit dans un de nos précédents numéros, est construit par la maison Chouanard, 3, rue Saint-Denis, Paris.
- Renseignements. — M. I. Poméon, à La Valette. — Nous ne connaissons à Paris aucun dépositaire du caoutchouc minéral, veuillez vous adresser à l'auteur de l’étude qui a paru dans le Journal Télégraphique de Berne.
- J)' Ed. Schlumberger, à Mulhouse. — Pour raviver les daguerréotypes ternis, parfois presque effacés, il s agit surtout d’enlever le voile gris qui obscurcit l’image et la fait apparaître négative, en totalité ou en partie. On peut employer dans ce huit une solution de cyanure de potassium, mais il est indispensable d’observer certaines précautions. Il faut d’abord enlever la poussière à l’aide d’un soufflet. Sous aucun prétexte on ne frottera la surface avec un pinceau ou un linge, car l’image est extraordinairement fragile et se détériore au moindre frottement. On verse alors sur la plaque de l’alcool que l’on laisse couler dans les divers sens, puis on lave sous un robinet dont le jet coule faiblement, jusqu’à ce que, la surface se mouille uniformément. On prépare ensuite une solution aqueuse de cyanure de potassium à 5 pour ioo, dont on prend io cm3 que l;on dilue à 3o cm3. On en arrose la plaque, en insistant particulièrement sur les zones les plus voilées. Si l’enlèvement du voile durait trop longtemps, on ajouterait un peu de la solution primitive à 5 pour ioo. Dès que l’image s’est éclaircie, on lave soigneusement la plaque sous le robinet, et on la passe enfin à l’eau distillée renouvelée trois ou quatre fois, afin d’éliminer toutes les impuretés qu’aurait pu laisser l’eau ordinaire. Le séchage doit ensuite se faire très attentivement. On place la plaque de biais au-dessus d’une lampe à alcool, de manière à éviter les taches, ce qui obligerait à recommencer le travail. Il faut sécher régulièrement, sans interruption et sans chauffer trop fort. Quand la plaque est sèche, il faut la remettre dans son cadre et, pour éviter l’accès de la poussière, on aura soin de boucher les jointures en y collant des bandes de papier.
- M. A. d’Aldm, Paris. — i° La stéarine indiquée dans les Recettes de l’atelier, p. iy5 (éditeur Masson), peut être remplacée par la paraffine ou la cérésine employées dans les mêmes conditions.
- a0 L’économie du procédé mentionné à la page 180 du même ouvrage ne nous paraît pas devoir entrer en ligne de compte; vu la dilution des solutions, le prix de revient est très minime. ‘
- 3° L’étamage du bois peut être également effectué par voie électrolytique après cuivrage préalable.
- 4° Adressez-vous pour la suppression des trépidations à M. Prache, 19, rue Blanche, à Paris.
- M. de Ponthriand, à Cesson. — Les tonnes de bisulfite et métabisulfite sont équivalentes et se rapportent au même produit S03NafT.
- M. Ed. Manche, à A auues — L’insuccès dont vous nous parlez doit avoir pour cause le manque de’ siccité du moule. Il ne suffit pas,> en effet, de s’en servir tel qu’il a été obtenu, même paraissant sec; mais de lui faire subir un passage à l’étuve prolongé pour lui faire perdre toute l’eau d'interposition. Quant à l’eau de combinaison, en admettant que la température soit suffisamment élevée au moment de la coulée, son départ ne sera alors accompagné d’aucun bouillonnement.
- M. C. L., à Gyp. — i° L’hélium a pour densité par rapport à l’air 0,138, par conséquent un mètre cube d’hélium pèse 1 kg 293 X o, i38 = o kg 178 ; en vertu du principe d’Archimède, la force ascensionnelle d’un mètre cube d’hélium sera la différence entre le poids d’un mètre cube d’air (1 kg 293) et le poids d'un mètre cube d’hélium (0 kg 178), soit 1 kg ii5.
- 2° Le moyen le plus pratique pour un amateur d’obtenir de l’oxygène est de se servir du bioxyde de sodium que l’on trouve dans le commerce sous le nom d’oxylilhe (mélange de bioxyde de sodium et de sulfate de cuivre pour faciliter le dégagement). Au contact ménagé de 1 eau, l’oxylithe libère de l’oxygène et donne comme résidu de la soude caustique. On peut se servir à cet effet de toute lampe à acétylène, l’oxylithe remplaçant le carbure de calcium.
- M. L. B., à iours. — i° Il est de toute première importance de connaître, très exactement, la nature du sol et du sous-sol de 1 étang, formé artificiellement, de même que la nature des terres constituant la digue et la configuration géométrique de celle-ci, qui doit être établie de manière à présenter le maximum de résistance aux infiltrations et à la poussée des eaux. On ne peut déterminer, sans être sur place, la ou les causes du dessèchement; celui-ci peut se produire sous l’influence prolongée des sécheresses estivales. Si l’étanchéité de la digue est assurée par les réparations, la mettant en bon état, malgré cela, l’étang devient à sec en été, la cause doit être recherchée ailleurs. Il faut que le sol de 1 étang soit formé par une couche d’argile suffisante pour mettre obstacle à l’infiltration des eaux ; dans le cas contraire on y remédierait par l’établissement d un plafond imperméable, mais au préalable il convient de s assurer que 1 avantage en résultant compensera la dépense. En vallée sèche, 1 écoulement de l’eau est rendu plus facile. Les nouveaux étangs tiennent moins bien 1 eau que les anciens, le sous-sol de ces derniers étant pins fortement imbibé d’eau, ce qui le resserre jusqu’à une cerlaine profondeur et accroît son imperméabilité et, par suite, diminue l’infiltration des eaux. L’alimentation de cet étang artificiel seulement par les eaux de ruissellement des coteaux peut rendre celle-ci plus ou moins précaire, surtout en temps de sécheresse, et le dessèchement surviendrait alors, hâté encore parla perméabilité relative du fond de l’étang, donnant lieu à des fuites soit par ce fond, soit par les côtés. On doit également s’assurer que la pente du sol,n'est pas trop forte et tenir compte de la différence du niveau entre le point où l’eau entre dans l’étang et celui où elle est arrêtée par la chaussée. C’est de la profondeur que dépend la possibilité de tenir le terrain continuellement sous eau ;
- — 20 II est indiqué de rechercher, lorsque l’étang est à sec, les endroits du sol pouvant permettre l’infiltration des eaux, et d'y remédier à l’aide d’une couche d’argile pétrie et corroyée, alternant avec un lit de pierraille ou de cendres de houille, de.om. 10 à o m. i5 d’épaisseur, que l’on recouvrira enfin d’une couche de chaux éteinte ;
- — 3° Le moyen le plus simple et le plus économique de modifier la digue paraît être celui-ci : former la digue avec des terres fortes, en l’établissant suivant un profil trapézoïdal, et pour empêcher la filtration et la perle de l’eau, construire une clef, sorte de muraille en argile pétrie et corroyée de 1 m. environ d’épaisseur, que l’on élève au fur et à mesure de l'établissement de la chaussée elle-même, etc., dont le pied doit s’appuyer sur un sol ferme, en contre-bas du pied de la digue de niveau avec le fond de l’étang. Là où la terre argileuse est rare, et la chaussée en terre légère peu adhérente, un simple gazonnement est insuffisant, il faut établir l’extérieur de la chaussée en fascinage très serré, oblique à la pente; employer comme fascines de bonnes épines ver tes maintenues à 1 aide de forts piqui ts, ou bien construire des murs séparés par une distance égale à la Jargeur de la chaussée; remplir l'espace entre les murs avec de grosses scories de forges ou de la terre tassée aussi fortement que possible; — 40 Vous pourriez consulter, croyons-nous, pour visite des lieux et indications relatives à l’exécution des travaux, M. l’Inspecteur du Service de l’hydraulique et des améliorations agricoles en résidence à Tours, ainsi que M. J.-B. Martin, directeur des Services agricoles d’Indre-et-Loire, à Tours (Préfecture) ; — 5° Ouvrages sur l’aménagement des étangs : nous pensons qu’il s’agit de conserver cet étang à la pisciculture. Yoyez : La Pisciculture, tome II, exploitation des étangs, par Raveret-Wattel, 1 vol. 10 fr. 20 (Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon, Paris); Pisciculture, par Guénaux, 1 vol. 6 fr. 65 ; Pisciculture en eaux
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- BOITE AUX LETTRES
- douces, par Gobin et Guénaux, x vol. 5 fr. 20 (librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris).
- M. G. L., à Tananarive. — Sur la préparation mécanique des charbons. — F. Blanc. Etude sur les charbons, Béranger, éditeur, 19, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : 3 fr. 5o. — Rheinhard. Caractéristique des charbons lins et de leur préparation au point de vue du rendement, dans la revue allemande « Glückauf », paraissant à Essen-Ruhr. — Henry. Note au Congrès de Liège, 1905, dans les Comptes Rendus du Congrès des Mines de la Métallurgie, de la . Mécanique et de la Géologie appliquée à Liège en 1905.
- M. G. d’A. V., à Naples. — Les essais de motoculteurs pour vignes, organisés par la Société centrale d’Agri-culture de l’Hérault, ont eu lieu, du 2 air 4 mai à Montpellier, mais, actuellement, il n’a pas encore été publié de compte rendu officiel détaillé, concernant ces essais. Voici, d’après nos propres observations, des indications sur la caractéristique des appareils présentés et les constatations auxquelles ils ont donné lieu :
- Tracteurs à roues motrices. — Ceux de André Citroën, i43, quai de Javel, Paris; Chapron, 45, rue de la République, Puteaux (Seine); Dessaules, Sud-Automobile, boulevard Saint-Roch, à Avignon (Vaucluse).
- Tracteurs à chenilles. — Ceux de Cleveland, Compagnie Allied-Machinery, 18, rue de Rocroy, Paris; A. W. Pidwell (tracteur Lightfoot), 19, boulevard Malesherbes, Paris.
- Avant-train tracteur. — Moline Plow et C‘% 159 bis, quai Valmy, Paris.
- Appareil-brouette automobile. — Pidwell (Universal).
- Appareils à pièces travaillantes rotatives. — Société d’outillage mécanique et d’usinage d’artillerie, 19, avenue de la Gare, à Saint-Ouen (Seine).
- Deux appareils se sont particulièrement signalés. Ce sont : tracteur Citroën : 12 HP; largeur o m. 86, lon-
- gueur 2 m. 5o; hauteur 1 m. 5o; peut passer dans les vignes à 1 m. 5o d’espacement; poids 840 kg ; prix g5oofr. ; évolue dans un cercle de 2 m. 60 de rayon; il a travaillé dans de bonnes conditions, en remorquant un pulvéri-seur à disques, puis une houe canadienne.
- Tracteur Chapron : 18 HP; largeur o m. 98; poids i3oo kg; prix i3 5oo fr. ; évolue dans un cercle de rayon égal à la longueur de son empattement (1 m. 40) ; a bien fonctionné en remorquant une charrue à relevagc automatique.
- Venaient ensuite : Tracteur Lightfoot 7 HP, largeur 1 m. 10 dirigé à bras, par manettes, a fait un travail de scariliage dans des interlignes de 1 m. à 1 m, 20, tracteur Cleveland, 24 HP ; largeur 1 m. 27. Appareil-brouette automobile « Univ'ersal » 5 HP, largeur o m. go; dirigé par mancherons; né peut effectuer que des travaux légers à la vitesse de déplacement de l’homme. Appareil S. O. M. U. A., 5 HP, largeur o m. 60, exécute à l’aide de griffes montées sur un axe rotatif le travail de l’appareil fraiseur : il pulvérise la terre. L’avant-train tracteur Moline, 18 HP, et le plus grand modèle S. O. M. U. A. à pièces travaillantes rotatives, 35 HP, ne peuvent fonctionner que dans les vignobles à interlignes de plus de 2 m. 5o de largeur.
- Pour ce qui est relatif à la consommation de carburant par chacun des tracteurs ayant pris part à ces essais, les résultats constatés ne peuvent constituer une indication précise, parce que les relèves ont été faites sur des parcours de 220 et 25o m., alors qu’il eût fallu les relever sur un parcours de 25oo m., au moins, pour en pouvoir tirer une conclusion pratique. Pour toutes les données et les chiffres, qui seront sans doute publiés ultérieurement par les organisateurs de ces essais, il y aurait lieu de s’adresser à la Société centrale d’Agricul-ture de l’Hérault, et à l’Ecole nationale d'Agriculture, ainsi qu’à la direction du Progrès agricole et viticole, à Montpellier.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) .......—....-
- Le barème pratique. Méthode complète de calculs rapides : i° Barème ou table des produits; 20 Barème ou table du tant 0/0 ; 3° Comptes courants et d’intérêts, par J. Morvan, i vol. in-8°, 141 p. Dunod et Pinat, Paris. Prix net : 7 fr. 20.
- Rapport général sur T industrie française, sa situation, son avenir, publié par la Direction des Etudes techniques du Ministère du Commerce. — Tome premier : 1 vol. illustré, xxm-735 p. Imprimerie Nationale, Paris 1919.
- Ce volume, le premier d’une œuvre considérable, est consacré à l'étude de la situation actuelle des industries suivantes : énergie mécanique, industries métallurgiques, constructions mécaniques et métalliques, industries textiles : bois et papier. Chaque industrie est étudiée méthodiquement suivant un plan uniforme et à la lumière des statistiques et des renseignements les plus sûrs : tout d’abord est établie sa situation à l’avant-guerre, dans le monde et en France ; puis sa situation pendant la guerre avec les modifications apportées par les hostilités à la production et aux méthodes ; enfin vient l’étude de la situation d’après-guerre : influence du retour de l’Alsace-Lorraine, et du développement colonial, examen des succédanés, débouchés probables, et exposé des desiderata de l’industrie considérée. De nombreux et clairs graphiques accompagnent ces études. Ce beau travail qui constituera pour notre industrie renaissante le plus précieux des guides est le fruit de la collaboration des industriels et techniciens les plus compétents groupés sous l’éminente direction de M. Léon Guillet, rapporteur général du Comité des Arts et Manufactures.
- Comment utiliser la guerre pour préparer le monde nouveau, par le Dr Toulouse, i vol. in-16, 3g5 p. Renaissance du Livre, Paris. Prix net : 5 francs.
- Etudes sur l’instinct et les mœurs des insectes. Souvenirs entomologiques, par J.-H. Fabre. Edition définitive illustrée. iro série, 1 vol. in-8, 37.7 p., 16 pl. hors-texte". Delagrave, Paris. Prix net : broché 14 fr. 40; relié 24 fr. 40.
- Tout le monde connaît le chef-d’œuvre d’observation scientifique et de description littéraire que constituent les Souvenirs entomologiques, de Fabre, d’Avignon. On aura plaisir à les relire dans cette édition définitive remarquablement présentée, illustrée de planches hors texte d’après les photographies exécutées par le fils de l’auteur, qui montrent sur le vif les personnages et les scènes dont on lit la passionnante histoire. La ire série qui vient de paraître contient : Le Scarabée sacré; La Volière; Le Cerceris bupres-ticide ; Le Cerceris tuberculé ; Un savant tueur; Le Sphex à ailes jaunes; Les trois coups de poignard; La Larve et la Nymphe; Les hautes théories; Le Sphex languedocien; Science de l’instinct; Ignorance de l’instinct; Une ascension au mont Ventoux; Les Emigjrants; Les Ammophiles; Les Bombex; La chasse aux diptères; Un. parasite. — Le Cocon; Retour au nid; Les Chalicodomes ; Expériences; Echange des nids. Notes.
- Bulletin des caoutchoucs de l’Institut colonial de Marseille. 1 brochure in-8, 52 p. Dunod et Pinat, éditeurs.
- Ce premier Bulletin est consacré à une importante étude de M. Van Pelt sur les méthodes scientifiques de production, classement et fabrication du caoutchouc. Elle constitue un guide technique très complet pour les planteurs. L’Institut colonial se propose de faire de ce Bulletin un organe de documentation de premier ordre destiné à remplacer les publications similaires allemandes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2363
- 12 Juillet 1919
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- INFORMATIONS
- Tremblement de terre en Italie. — Un violent tremblement de terre s’est fait sentir le 29 juin en Toscane et y a produit de grands ravages. La région éprouvée est comprise entre Florence, Pise et Bologne. On signale plus de i5o morts et de nombreux blessés. Des milliers -d’habitants sont sans abri et campent en plein air. De nombreux édifices, d’une grande valeur artistique et historique sont endommagés. 11 semble que la pittoresque vallée de Mugello,au nord-est de Florence, soit la région où le cataclysme a été le plus violent. À Florence, Pistoio, Pise, Pontedera, des secousses violentes ont été enregistrées. Le professeur Alfani, de l’Observatoire de Florence, a noté 3o secousses en 14 heures.
- L’industrie de l’aluminium. — L’industrie de l’aluminium, d’origine française tenait avant la guerre une place importante dans notre pays. Nos exportations atteignaient un chiffre considérable. La production de ce métal au cours de la guerre s’est encore développée. Mais, d’autre part, la difficulté des transports entre pays alliés, le blocus des Empires centraux ont obligé nombre de pay*§ à fabriquer sur place l’aluminium qu'ils faisaient venir autrefois de France, et de ce fait la situation de notre industrie sera sans doute profondément modifiée.
- Nous résumons, dans les lignes qui suivent, l'intéressant exposé publié dans le Rapport général sur VIndustrie française du Ministère du Commerce.
- Le minerai d’aluminium est la bauxite ; c’est une roche formée par un hydrate d’alumine impur (oxyde de fer, silice, etc.). L’impossibilité d’affiner l’aluminium impur par suite de sa facile oxydation, conduit à opérer sur un minerai préalablement purifié.
- La fabrication comprend donc 2 phases : i° préparation de l’alumine pure en partant de la bauxite; 20 élec-ti'olyse de l’alumine dissoute dans un bain de cryolithe fondue.
- Jusqu’en 1914.il n’y avait que deux centres de production de bauxites dans le monde entier : la France (produisant 3og000 t. en 191'.), et les Etats-Unis, producteurs de 2i3ooo t.). La production française est presque entièrement localisée dans les départements du Yar et de l’Hérault. Nous exportions en 1913 plus de 168000 t. de bauxite, à destination des Pays-Bas (5i 000 t.), de l’Allemagne (3i 000 t.), de l’Angleterre (49000 t.), de la Belgique (10000 t.) et des Etats-Unis ( 12 000 t.). Nous exportions également plus de 7000 t. d’alumine pure dont près de 6000 en Suisse.
- Pendant la guerre, notre production de bauxites a fortement diminué, elle n’était que de 120000 t. en 1917. Par contre, les Etats-Unis Ont poussé leur extraction de 297000 t. en 1915 à'568 000 en 1 g 17. L’Angleterre a découvert des gisements en Guyane où se trouvent également d’importantes chutes d’eau. L’Allemagne qui n’utilisait avant 1914 que la bauxite française, a mis en exploitation des gisements dans le voisinage de Franc-fort-sur-le-Mein. Elle s’est surtout adressée à l’Autriche, qui dispose en Hongrie, dans les Siebenbergen, de gisements très importants évalués à plus de 20 millions de tonnes. D’autres mines sont en exploitation ou sur le point de l’être en Dalmatie, Herzégovine, Istrie, Croatie.
- En igi3, les Etats-Unis produisaient' 22 600 t. d’aluminium; la France i3 5oo; la Suisse 12 000 ; l’Angleterre 7 5oo ; le Canada 5 900; nous étions exportateurs de près de i4 5oo t. qui allaient surtout en Allemagne.
- En 1917, la production mondiale de l’aluminium est devenue la suivante :
- Etats-Unis . . . . 70. 000 tonnes
- France .... . . î ‘1 .000 —
- Suisse .... . . 20 .000 —
- Canada . - . . . . . 12 .000 — .
- Norvège . . . . . 8 .000 —
- Angleterre . . . . 6 .000 —
- Italie . . 5 .000 —
- Autriche . . . . . 5 . 000 —
- On voit les extraordinaires modifications survenues pendant la guerre, la totalité des usines prévues aux Etats-Unis permettrait avec les firmes actuelles de produire 226000 t. d'aluminium par an. Quant à la France
- elle sera en mesure de produire 25 000 à 3o 000 t. de métal. On prévoit que la consommation intérieure peut en absorber i5ooo.
- Les chemins de fer chinois. — M. Bouillard, ingénieur en chef des chemins de fer de l’Etat chinois, donne dans le Génie civil l’état actuel des voies ferrées en Chine.
- Lignes en exploitation. . 11.027 kilomètres.
- Lignes en construction . 3 600 —
- Lignes en projet .... 20.o5o —
- On voit, par ces chiffres, l’énorme travail qu’il reste à accomplir dans le grand Etat asiatique pour lui donner les moyens de communication adéquats à ses richesses et à sa population.
- Standardisation de la clouterie. — Le groupe des tréfîleurs et fabricants de clous et la Fédération de la Quincaillerie viennent de décider de limiter leur production aux dimensions courantes et d’indiquer celles-ci en unités métriques au lieu des livres, onces, lignes, jauge de Paris, etc., employées jusqu’ici. Pour les pointes, fils et rivets, la désignation du diamètre se fera en dixièmes de millimètre, au lieu des numéros de la jauge de Paris. Pour les semences, les poids en onces seront remplacés par des numéros correspondants ; ainsi, la semence de 16 onces deviendra la semence n° 16 dont le mille pèse 480 grammes. Les longueurs seront.exprimées en millimètres. Les clous ne seront conservés que dans les grosseurs de 4/4, 6/4, 8/4, 10/4, 12/4, 1.4/4, 16/4, 20/4, qui deviendront les nos 3, 4, 6, 8, 10, 12, i4> 16 et 20. Les clous à chaussures seront également désignés par leur longueur en millimètres.
- Plans en relief des différents fronts. - Le service géographique de l’Armée, 140, rue de Grenelle, Paris, met en vente, au prix de 20 fr. l’exemplaire, les plans-reliefs dont le détail suit :
- i° A 1 échelle du 20000e le front français en 4*5 morceaux ;
- 2° A l’échelle du 20000e le bassin de la Sarre en 28 morceaux ;
- 3° A l’échelle du 100000e le Palatinat et l’Alsace en 3i morceaux;
- 4° A l’échelle du 200 000e les Balkans en i3 morceaux ;
- 5° A l’échelle du 200000e la Tchéco-Slovaquie en 19 morceaux.
- Il peut également fournir les plans directeurs à l’échelle du 20 000e de toute la zone de bataille, tirés en une, deux, trois, quatre ou cinq couleurs, à des prix variant de 2 fr. 70 à 4 fr. la feuille.
- Le concours du bassin de l’Ailier. — On parle souvent de décentralisation ; en voici un heureux exemple. Les départements de l’Ailier et du Puy-de-Dôme ont formé le dessein d’aider, par toutes mesures appropriées, le développement économique du bassin de l’Ailier. Ils ont institué une Commission interdépartementale qui ouvre un concours dont voici les grandes lignes ; il vise notamment : .
- i° L’aménagement de l’Ailier et de ses affluents, en vue de la régularisation de leur origine, de l’utilisation de la force hydraulique disponible, l’irrigation des terres, et la construction d’une voie navigable accessible aux bateaux de 3oo tonnes.
- 20 Etude économique des ressources de la région et des moyens les plus efficaces pour les exploiter.
- 3° Recherche des combinaisons financières les mieux appropriées pour réaliser ce programme d’intérêt général.
- Le concours a donc 3 parties : technique, économique, financière. Les concurrents peuvent, à leur gré, traiter l’ensemble ou se limiter à une ou deux de ces parties. Le concours sera clos le 3i décembre 1919. Pour chaque partie du concours sont constituées 3 primes de 20000, 10000 et 5ooo francs.
- La dernière récolte allemande. — Le Journal Officiel public, d'après der dcntschc Millier, de Leipzig,
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- INFORMATIONS
- les renseignements suivants sur la dernière récolte de l’Allemagne, non compris F Alsace-Lorraine :
- Productions.
- Blé d’hiver . . . Blé de printemps Seigle d’hiver. . Seigle de printemps Orge d'hiver . . Orge de printemps
- Avoine...........
- Pommes de terre Betteraves à sucre
- Trèfle...........
- Luzerne .... Foin de prairie .
- 1913
- Tonnes.
- 3.873.887 5 42.021
- 11.968.865 160.040 »
- »
- 9.5o4.002
- 52.854•683 »
- 10.929.926
- 1.461.077
- 28.047.208
- 1918
- Tonnes.
- 2.208.807 251.611 7.914.027 95.o63
- 193.667
- 2.064.588 4•680.755 29-469-7^ 9.883.800 6.5 8 5.816 1.111 .120 21.414.969
- Auxquels on peut ajouter :
- Tonnes.
- Sarrasin ..........
- Lentilles..........
- Haricots...........
- Lentilles et vesees.
- Lupin..............
- Raves..............
- Choux raves. . . .
- Carottes...........
- Choux blancs . . . Oignons ...........
- 46.591
- 104.891
- 12.677
- 46.025 154.046 20.114.104 6.282.268 1-938.0)4 1.870.114 145.179
- Surfaces cultivées : 1905-1914 1918
- en millions d'hectares. Moyenne. —
- Froment...................... 1,85 1,44
- Seigle....................... 6,13 5,70
- 0rge......................... O 57 1,47
- Avoine................... 4,21 3,27
- Pommes de terre.............. 3,24 2,73
- Les rendements ont diminué pour le froment de 24,1 pour 100, pour l’orge de 25,9 pour 100, pour l’avoine de 42,9 pour 100, pour les pommes de terre de 56,5 pour 100 par rapport à ceux d’avant-guerre.
- Le recencement des animaux de ferme effectué en décembre 1918 a donné :
- Milliers de têtes. 1913 1918
- Chevaux .... 4,523 3.378
- Bovins ..... 20.182 17.226
- Ovins................. 5.8o3 5.299
- Porcins.............. 21.928 10.080
- Chèvres.......... 3.410 4.187
- On a relevé en outre l’existence de 3 g5j 000 oies, 2 295 000 canards, 43 518 000 poules, 8 8g3 000 lapins.
- Conditions d’entreposage frigorifique. — Le Bulletin n° 729 de VU. S. Department of Agriculture renferme d’intéressants renseignements sur les meilleures conditions de conservation des denrées périssables dans les entrepôts frigorifiques. Nous en extrayons les données suivantes :
- Pommes. — Les pommes à conserver en entrepôt frigorifique doivent être convenablement triées et emballées, rapidement emmagasinées, réfrigérées et surveillées avec soin. La température doit y être de — o°,5 à o°C et l’humidité relative de 85 à 90 pour 100. Durée de conservation : 3-6 mois pour les pommes d’hiver. Diminution de poids en frigorifique : 2 à 5 pour roo.
- Pommes de terre. — Parfois conservées en entrepôt frigorifique. La température doit y être de i°,6 à 4°,4 C et l’humidité relative de 80 à 90 pour roo. Durée de conservation : 6 mois et plus.
- Oignons. — Pour ceux conservés en entrepôt frigorifique, la température doit être de o° à o°,5 C et l’humidité faible. Il faut les examiner tous les mois.
- OEufs. — En frigorifique, la température doit être de
- i°,6 à -j- o°,5 C, 1 humidité de 82 à 85 pour 100. Les œufs frais, à coque entière, propre, peuvent être conservés par le froid pendant 9 à 10 mois. La vente des œufs conservés par le froid commence à la fin de l’été et se prolonge jusqu’en mars. La perte de poids est évaluée à 5,5 pour 100 au maximum.
- Pour les œufs congelés, la température des entrepôts frigorifiques doit être de — 180 à — 12 C ; leur transport doit se faire en vagons frigorifiques.
- Volailles troussées. — La volaille mise en entrepôt frigorifique doit être fraîche; il est préférable que la
- température se maintienne entre —180 et —i2°C; la durée de conservation est de 12 mois ; la perte en poids de 1 à 3 pour 100.
- Beurre. — La température de conservation ne doit pas dépasser —i6°C. Le beurre à conserver par le froid pendant plusieurs mois doit être obtenu d’une crème d’acidité limitée, pasteurisée et refroidie, puis battue sans autre maturation. La perte de poids est, en général, de o,5 à 1 pour 100. La durée de conservation ne doit pas dépasser 12 mois.
- Poisson. — En entrepôt frigorifique on le conserve, pendant 1 an au plus, entre — 180 et — i2°C, en ayant soin de l’inspecter tous les mois. La perte de poids n’a aucune importance commerciale.
- Une nouvelle baleine anglaise. — Tous les Cétacés qui échouent sur les côtes de Grande-Bretagne sont adressés au British Muséum. Grâce à cette circonstance, celui-ci vient d’entrer en possession d’un exemplaire d’une espèce extrêmement rare, la baleine à bec de True, Mesoplodon miras. On ne la connaissait que par un seul exemplaire femelle capturé en 1912 à Beaufort Harbour, dans la Caroline du Nord et décrite par M. W. F. True. M. S.F. Harmer, dans le Rapport sur les Cétacés de 1918, publié par le British Muséum, raconte la capture d’un mâle de la même espèce à Lis-canuer dans le comté de Clare en 191^. Ce mâle, de plus de 5 m. de long, présente la particularité qu’on rencontre seulement chez les Mesoplodon et les Ziphius, d’avoir la mâchoire inférieure prolongée par une sorte de bec sur lequel s’insèrent deux dents. D’autres dents rudimentaires, très petites, occupent presque toute la la mâchoire. Ces dents inutiles apparentent les Mesoplodon aux ancêtres fossiles des Baleines, et les relient aux autres Cétacés endentés.
- Poussin à quatre pattes. - M. Pierre Ragot, de Bordeaux, nous envoie la photographie ci-jointe d’un poussin phénomène qu’il a vu vivant.
- Ce jeune poussin avait quatre pattes et quatre ailes absolument bien formées. Il avait bien les organes doubles à l’intérieur, mais le tout dans une seule peau. Il n’avait qu’un cou et qu’une tête, tout à fait normale. Né en mai 1914 il vécut quelques jours et fut tué par superstition.
- Naturalisé comme le montre la photographie, ce poussin est dans la collection de M. Ragot; les organes ont été remis à la Faculté des Sciences de Bordeaux.
- L’Institut scientifique d’Indochine. — On sait que le Gouvernement général de l’Indochine vient de décider la création, sous le patronage de l’Académie des Sciences, d’un Institut scientifique destiné à étudier les richesses de la colonie. L’Institut, dirigé par M. Chevalier, l’explorateur connu, comprendra, outre le Jardin botanique de Saigon, un laboratoire pour l’étude de la flore et des produits forestiers d’Indochine, un de phytopa-thologie, un de sélection des semences, un d’analyses agricoles et industrielles. La première pierre des laboratoires et des musées doit être prochainement posée par M. Albert Sarraut, à Saigon. Dès aujourd’hui, l’Institut scientifique d’Indochine publie un Bulletin agricole consacré aux cultures tropicales. Il vient de recevoir un don important : un herbier de 54oo plantes des Philippines dont la flore est si voisine de celle de l’Indochine. Cet herbier avait été établi par le Dr Merrill, directeur du « Bureau of Science », pour le Musée botanique de Berlin; la guerre lui a ’ donné une autre destination. Il constituera avec les types recueillis dans notre colonie le noyau des futures collections, indispensables pour les études agricoles et forestières. Comme le fait remarquer Y Eveil économique de l’Indochine, la France n’aura plus ainsi à envier les établissements étrangers de Buitenzorg, Calcutta, Singapore, Manille, Hong-Kong, Tokio qui ont déjà entrepris depuis longtemps les recherches destinées à mettre en Araleur l’Extrême-Orient.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Mécanique
- Groupes moteurs légers et transportables. Centrales électriques improvisées. — L’ouverture de nombreux chantiers dans les régions à restaurer, la
- liori, la sécurité de fonctionnement de leurs frères ailés.
- Les moteurs Renault sont établis en différents types dont la puissance varie de à 200 chevaux ; ils sont à 4 temps, à 6, 8 ou 12 cylindres jumelés en Y ou en ligne, suivant le type, de façon à procurer un encombrement aussi réduit que possible. Le refroidissement se fait par circulation d’eau, assurée par une pompe centrifuge qti’actionne le moteur.
- Le graissage est assuré par une circulation d’huile produite • par une pompe à engrenages logée dans le fond du carter. Le carier inférieur forme réservoir d’huile et une pompe d’alimentation à engrenages également permet d’y ajouter l'huile nécessaire pendant la marche lorsque celle-ci est prolongée.
- Ces moteurs fonctionnent à l’essence ou au gaz pauvre. Dans le premier cas, le mélange carburé est fourni par
- I ou 2 carburateurs automatiques du type Zénith. L’allumage est double et se fait par magnétos haute tension.
- Les figures 2 et 3 représentent à titre d’exemple l’installation d’une petite centrale de fortune comprenant 2 groupes électrogènes de 100 kilowatts chacun tournant à 1000 tours par minute. Chaque moteur fait tourner un alternateur avec excitatrice en bout d’arbre.
- II suffit d’un hangar léger de 5 m. sur 7 pour les abriter; le réfrigérant d’eau de circulation est placé à l’air libre.
- Fia
- Vue d’un groupe éloetrogène Renault.
- remise en marche avec des moyens de fortune, des ateliers ou usines épargnés par le feu ou la pioche, posent à un très grand nombre d’industriels, d’entrepreneurs, d’agriculteurs, le problème de “ la force motrice. Dans les régions bienheureuses qui n’ont pas été submergées par l’invasion, la question se pose d’une façon en général moins pressante ; presque partout existent maintenant des centrales électriques distributrices de force auxquelles en général on se relie aisément. Dans les anciens pays envahis, au contraire, tout est à refaire, et les particuliers auront souvent à se tirer d’affaire par leurs seuls moyens ; dans un très grand nombre de cas, les besoins en force motrice seront seulement momentanés, répondant aux exigences d’un travail déterminé ; il faudra donc des groupes moteurs faciles à monter et à démonter, aisément transportables.
- La pénurie de main-d’œuvre exercée exigera aussi que leur conduite soit simple, et puisse être confiée à un ouvrier peu expérimenté.
- Ce problème a été élégamment résolu par les usines Renault, de Billancourt. Elles utilisent pour en constituer des groupes industriels (groupes électrogènes, groupes compresseurs, motopompes, etc.) les moteurs d’avions, dont elles étaient si grandes productrices pendant les hostilités. Ces moteurs ont fait leurs preuves au cours des dures randonnées aériennes de la guerre, ils continuent à les donner dans des voyages comme ceux de Coli, de Paris à Rabat en une escale.
- Les moteurs d’avions de Renault sont à cylindres fixes et refroidissement d’eau. Ils sont, par la force même des choses, légers et faciles à conduire, il n’y a pas de mécaniciens à bord de l’avion, et le moteur doit fonctionner sans aucune intervention.
- Si le moteur d’avion a des qualités intrinsèques, très appréciables pour des groupes mo. teurs industriels, il a un grave défaut : son usure rapide. Elle est due surtout à la grande vitesse de rotation, et au fait que le moteur est « poussé )) au maximum, de façon à donner le.maximum de puissance sous le minimum de poids.
- Ce défaut rédhibitoire ne subsiste pas, bien entendu, sur les moteurs d’avion, devenus moteurs terriens. Ceux-ci ont été réglés pour des vitesses et des compressions moindres ; travaillant dans des conditions plus aisées, ils gardent, a for-
- ces fondations sont réduites à celles nécessaires pour les moteurs et les alternateurs. L’installation intérieure est également très simple : un petit tableau de distribution amovible et monté sur roues, des réservoirs d’huile et d’essence, ce dernier rempli par une pompe
- 2 et 3. — Élévation et coupe en travers d’une installation électrique rapide ave/s.'uenx groupes Renault.
- qui puise directement clans des bidons de 5o litres du commerce.
- Des silencieux d’échappement sont logés dans le
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- lanterneau du hangar et sont réglés au moyen d’un petit treuil.
- Un palan de i tonne courant sur un fer à double T permet la manutention rapide des pièces lourdes.
- Les appareils se trouvent chez Renault, à Billancourt.
- Machine à limer. — Le travail à la lime est d’un long apjmentissage ; pour devenir bon ajusteur, il faut
- de longues années de pratique. Ne peut-on accélérer ce délai ?
- C’est l’avis de M. Boulant; il a réalisé une petite machine à limer qui paraît d’un emploi facile, et tout indiqué dans les petits ateliers ou dans les installations d’amateur.
- La lime, placée verticalement, reçoit par l’intermédiaire d’une transmission un mouvement de va-et-vient. Pendant sa course descendante, elle mord la pièce de métal à travailler ; pendant la course ascendante, elle recule, de façon à ne pas user ses dents dans un travail à faux. La course de l’outil est réglable.
- lin vente chez Boulant, ingénieur-constructeur, io3, avenue du Maréchal-Loch, Paris.
- sg'Tss, Electricité
- Pour mettre en évidence l’effet Edison. — M. le
- commandant Bony nous communique l’intéressante note qui suit : l’effet « Edison », resté longtemps sans applications, a trouvé un emploi important dans les amplificateurs.
- Voici un moyen simple de le mettre en évidence :
- Coller sur le verre d’une lampe à incandescence à filament métallique une bague de papier d’étain;
- prendre un écouteur téléphonique et le relier d’unepart à la bague d’étain, d’autre part à la terre (conduite d’eau, de gaz...).
- Dès que la lampe est allumée sur le courant alternatif on entend dans l’écouteur le ronflement caractéristique des périodes.
- Si la lampe est alimentée par du courant continu, il faut couper le contact de l’écouteur avec la bague pour entendre à chaque rétablissement un bruit sec qui montre que la bague est électrisée.
- Si la lampe n’est pas allumée on n’entend rien.
- Distributeur électrique d’eau chaude « Electro-Calor ». — Ce distributeur (fîg. 6), qui ne demande ni manipulation ni surveillance, se compose d’un réservoir à eau chaude, muni de son corps de chauffe, d’un régulateur de température et d’un thermomètre de contrôle ; d|un récipient avec flotteur à soupape sphérique; enfin d’un tableau de commande.
- Le réservoir à eau chaude est du type vertical, vu que les systèmes horizontaux ne se prêtent pas bien au chauffage électrique ou sont d’un fonctionnement moins satisfaisant. La disposition des corps de chauffe et de la tuyauterie rend possible toute visite ainsi que le détartrage éventuel du réservoir, sans aucun démontage de conduites. Les résistances électriques des corps de chauffe sont placées à l’intérieur de tubes, ce qui présente l’avantage d’un rendement élevé dû au contact direct entre la résistance et le tube-bouilleur, dont la
- surface extérieure est entièrement immergée dans l’eau. Le réservoir est muni d’une isolation thermique qui, pendant 24 heures, maintient l’eau à une température presque constante, lors même que le corps de chauffe est déclenché.
- Le récipient, du flotteur, jonctionné aux conduites d’eau de la maison, a pour but d’alimenter d’eau automatique -ment l’installation.
- Une soupape de retenue est montée sur la conduite d’eau froide, reliant le récipient du flotteur au réservoir à eau chaude.
- Sur le tableau de commande sont fixés les coupe-circuits, un interrupteur à main pour mettre hors service l’installation ainsi que les dispositifs automatiques de déclenchement et d’enclenchement à température et de verrouillage; ces derniers, munis d’un mouvement d’horlogerie à remontage automatique sont reliés au régulateur de température placé dans le réservoir même. Le déclencheur automatique fonctionne par conséquent sous 1 influence de l’horloge et du thermomètre et il règle tout à fait automatiquement le service complet de l’ins-tallation. Le mouvement d’horlogerie a pour but de ne permettre l’arrivée du courant que pendant les heures à faible tarif, c’est-à-dire de 7 à 9 heures du soir à G heures du matin, comme cela a lieu dans certaines villes. Le réglage du dispositif à température se fait selon le maximum de chaleur exigée, par exemple à 8o° C ; dès que l’eau du réservoir a atteint cette température, le déclencheur actionné par le régulateur coupe le courant; le réenclenchement s’opère dès que la température de l’eau baisse de 20 C, à moins que le mouvement d’horlogerie ne se trouve dans sa position de verrouillage. Si les conditions de fourniture de cou-1 rant sont telles qu’il n’est pas exigé de verrouillage pendant certaines heures, abonnement à forfait par exemple, il n’est alors besoin que d’un déclencheur automatique d’un mouvement d’horlogerie.
- La consommation de courant est de 1,1 kw par 100 litres de capacité du réservoir, ce qui correspond à une élévation de la température d’environ 70° C en 8 heures. Ce distributeur est établi en 9 grandeurs, depuis 100 litres jusqu’à 1000 litres. — Constructeurs J. Kumm-ler et Matter, à Aarau (Suisse).
- Patinage du cuivre par électrolyse.— On obtient de jolies colorations bleues, en soumettant à l’action du courant le cuivre plongé dans un bain composé de 750 cm5 d’eau, 7 gr. d’acétate de cuivre et 2 gr. de gélatine.
- En cinq minutes, avec un courant de o,i5 à o,45 ampère par décimètre carré, on obtient à la température ordinaire, un enduit bleu pâle à l’anode, sans qu'aucun gaz ne se dégage des électrodes. La cathode se colore en brun, mais si on renverse ensuite le courant, elle se nuance en un joli bleu vif.
- Une pièce recouverte de patine bleue par le procédé précédent peut être « développée » en nuances diverses. Pour pela, on lave bien à fond puis on plonge dans une solution aqueuse à 5 pour 100 d’acétate cuprique; on voit la couleur virer et il est facile de l’arrêter au moment désiré en enlevant la pièce et en rinçant.
- On peut d’ailleurs, rien que par électrolyse, obtenir des variations de nuance en modifiant simplement la température des solutions : les bains qui de 20 à 4o° donnent du bleu, produisent du rouge à la cathode s’ils sont chauffés vers 5o° et du jaune d’or irisé quand on opère vers 6o°.
- Selon MM. Bancroft et Briggs, qui communiquèrent le procédé au dernier Congrès de chimie appliquée, ces patines seraient composées de cuivre et de gélatine.
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- 3&D
- VARIETES
- Réduction du jour astronomique au jour civil. —
- M. G. Bigourdan a annoncé le a juin à l’Académie des Sciences la décision prise d’accord par Y American Ephemeris (Etats-Unis), le Nautical Almanac (Angleterre) et la Connaissance des Temps (Paris, Bureau des Longitudes) d adopter, à partir de 1925, dans leurs publications, 1 heure de minuit comme point de départ du jour astronomique, celui-ci, qui, comme on le sait, commençait à midi, se trouvant ainsi ramené en concordance avec le jour civil.
- Le jour astronomique à origine midi, avait été adopté au second siècle de notre ère par l’astronome grec Claude Ptolémée et est resté depuis en usage constant chez les astronomes, malgré diverses oppositions que M. Bigourdan résume dans sa note à l’Académie.
- G est ainsi que dès 1804, Ie Bureau des Longitudes, sur l’initiative de Laplace et par 7 voix contre 5, avait déjà décidé de supprimer le temps astronomique et de dater les observations en temps civil, décision qui d’ailleurs n aj(ait pas eu de suite pratique, sauf cependant pour Laplace, qui s’y conforma exactement dans tous ses travaux jusqu’à sa mort. Même décision prise encore, mais sans suites pratiques, par une Conférence de l’heure en 1884, à Washington, puis, en 1894, par l’Institut canadien et la Société astronomique de Toronto. Le Bureau des Longitudes, consulté.à cette date sur la question par le Ministère de l’Instruction publique, affirma la môme nécessité dans un rapport rédigé par Henri Poincaré.
- Le passage essentiel de ce rapport (Annuaire du Bureau des Longitudes pour i8q5) est le suivant où Poincaré indique fort bien à la fois l’utilité et l’incommodité du jour astronomique.
- « Les observations astronomiques se font surtout la nuit, et c est au moment où la vie civile se ralentit que la vie astronomique atteint sa plus grande intensité ; pour ne pas 1 interrompre par un changement de date, il convient donc de s’écarter des usages civils. Il est évidemment incommode pour l’astronome de changer la date de son carnet au milieu d’une nuit d’observations; il est permis de craindre qu’il n’oublie souvent de le laire et que les erreurs qui en résulteront ne soient difficiles ensuite à découvrir' et à corriger. Mais cet inconvénient se présente déjà avec le système actuel pour les observations du Soleil et, comme ce sont les plus usitées a bord, les marins se trouvent à chaque instant en présence de cette même incommodité qui effraye les astronomes. On peut de même remarquer que le marin, préoccupé de mille soucis divers, obligé d’utiliser son observation sur 1 heure pour décider sa route, est plus exposé à l’erreur que l’astronome, que rien ne vient déranger de ses observations.... Si les astronomes prenaient l’habitude d’inscrire, au début delà nuit, sur leur carnet : nuit du 11 au 12, par exemple, ils n’auraient plus qu’à marquer l’heure sidérale à côté de chaque observation ; il leur serait facile ensuite quand ils mettraient leur travail au net et qu’ils convertiraient le temps sidéral en temps moyen, de mettre la date du 11 jusqu’à minuit moyen, et celle du 12 à partir de cette heure. «
- Une difficulté qui paraît d’abord moins surmontable si l’on ramène le jour astronomique au jour civil est la discontinuité qui se produira fatalement pour l’astro-uome dans l’évaluation des temps, dans la suite des journées de 24 heures, en s’intercalant, à la date où se fera le changement d’origine du jour astronomique, un
- demi-jour de 12 heures, et il y aura, par conséquent toujours une correction à faire chaque fois qu’on aura à utiliser une observation ou une donnée dé date absolue anterieure a celle du changement. A vrai dire, un cas analogue — à l’ordre de grandeur près — s’est déjà produit en 1582 lors de la réforme grégorienne (J), et les 10 jours, au lieu des 12 heures dont il est maintenant question, qu on a alors, non pas intercalés, mais fait sauter, n’ont cependant pas créé de réels inconvénients par la correction qu’ils ont nécessitée dans le travail astronomique.
- Poincaré, qui signale 1 objection, la regarde d'un point de vue fort réaliste et, sagement, déclare passer outre.
- 11 est clair, expose-t-il, qu’il faudra un jour en venir à ramener le jour astronomique au jour civil; plus tard on fera cette réduction et plus sera considérable le stock d’observations et de données auxquelles il faudra appliquer la correction, qu’elle entraînera ; il y a donc l’intérêt le plus net à faire la réduction le plus tôt possible. C’est dans le même esprit et pour arriver à la même décision que les grandes éphémérides citées ci-dessus ont envisagé la même objection.
- Poincaré notait en même temps que pour rendre vraiment féconde là concordance du jour astronomique avec le jour civil, il faudrait en même temps employer pour 1 heure civile le mode de désignation «'qui sert pour l’heure astronomique, c’est-à-dire compter dans le jour 2.4 heures numérotées de 1 à 24 et non pas 2 groupes de
- 12 heures numérotées de 1 à 12. On sait que cette réforme, sans être encore suffisamment passée dans les mœurs, est depuis quelques années officiellement accomplie.
- Il y aurait d’ailleurs, au point de vue du comput du temps, une autre grande réforme à accomplir, et qui serait autrement importante que les deux dont on vient de parler : ce serait celle du calendrier lui-même, où il existe, comme on sait, un peu trop de flottements et d’incohérences, et où il est notamment très fâcheux qu’il n existe pas de règle de concordance simple entre les dates du mois et les jours correspondants de la semaine. M. Bigourdan et M. Deslandres ont présenté à ce sujet à 1 Académie des Sciences (6 et 20 janvier 1919), deux projets assez différents mais qui pourraient aisément servir de points de départ à l’établissement d’un projet aboutissant à une solution commode et simple.
- Jean-Paul Laffitte.
- [. L’année julienne, établie par Jules César un demi-siècle avant J.-C. et comptant 365 jours 1/4, était en réalité trop longue, I)ar rapport à l’année tropique (temps entre deux commencements consécutifs du printemps, moment qui est lui-même eelui où la Terre, sur son écliptique, passe au point, vernal, c’est-à-dire intersecte le plan équatorial céleste), de 11 m. 8 s., ce qui fait un jour en 128 ans. Par suite de ce décalage, la fête de Pâques fixée par le Concile de INicee (325) au premier dimanche apres la pleine lune suivant le 21 mars, se déplaçait de plus en plus vers l’été, la valeur de cette anticipation atteignant justement 10 jours on i58a. Le pape Grégoire XIII décida alors : i° la suppression immédiate des 10 jours d’anticipation; 2° la suppression de la cause d'anticipation en supprimant 3 jours bissextiles par période de 400 ans (les années, comme 17°°? 1800, 1900, 2100 dont le nombre de centaines n est pas divisible par 4) (G. Bigourdan, l’Astronomie évolution des idées et. des méthodes, 1916, p. 62-7.3). On trouvera dans le livre qui vient d’être cité un remarquable ensemble de chapitres sur Ici mesure du lenips et le Calendrier. Le même auteur a donné récemment des études sur divers calendriers dans T,/u-nuaire du Bureau des Longitudes [;\oliccs), notamment sur le babylonien (1917) et Végyptien (1918).
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- HYGIENE ET SANTÉ
- L’hygiène des vacances. — I. La marche. — La cause des exercices physiques n’a plus besoin maintenant d’être plaidée ; raisonnablement pratiqués, sagement combinés pour développer toutes nos activités physiques, ils sont le meilleur moyen de fortifier et d’assouplir le '‘orps, de développer harmonieusement toutes ses parties. Mais les exercices analytiques (*) ne doivent pas nous faire oublier un très vieux sport, le plus beau de tous : ia promenade à pied, la marche. J’entends par là non
- 1. Voir La Nature, n° 2092, 28 juin 1 ç)13.
- pas ces matchs de vitesse, tendant à battre des records, mais bien la simple promenade, lente, continue, la flânerie le long du chemin où l’on ne dépasse pas 4 ou 5 km à l’heure. Un pareil train peut se soutenir avec un peu d’habitude pendant 6 ou 8 heures par jour et permet donc de franchir 3o ou 40 km sans être fatigué. Cette vitesse fera sourire les automobilistes, sans doute, mais que d’avantages on y trouve !
- La marche est bien l’exercice le plus salutaire : non seulement les jambes travaillent, mais aussi les bras qui se balancent librement, les reins et la nuque qui cor-
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- HYGIENE ET SANTE
- rigent l’équilibre, les poumons qui se dilatent largement, le cœur qui bat avec force et calme. La marche ouvre l’appétit, la saine fatigue qu elle procuré assure le sommeil réparateur. C’est le bon remède de toutes sortes d’infirmités, depuis les varices jusqu’aux névroses. Faut-il dire encore les autres mérites de la marche? Jean-Jacques Rousseau, qui s’y connaissait, déclare que c’est la manière la plus agréable de voyager. « Od part à son moment, on s’arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d’exercice qu’on veut. On observe tout le pays, on se détourne à droite, à gauche; on examine tout ce qui nous flatte; on s’arrête à tous les points de vue. Aperçois-je une rivière, je la côtoie; un bois touffu, je vais sous son ombre; une grotte, je la visite; une carrière, j’examine les minéraux. Partout où je me plais, j'y reste. A l’instant que je m’ennuie, je m’en vais. Je ne dépends ni des chevaux, ni du postillon. Je n’ai pas besoin de choisir des chemins tout faits, des routes commodes; je passe partout où un homme peut passer; je vois tout ce qu’un homme peut voir ; et, ne dépendant que de moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir. » La marche est bien le moyen le plus agréable pour voyager, le seul qui nous fasse entrer en connaissance intime avec le pays traversé.
- Mais pour marcher, il ne suffit pas de mettre un pied devant l’autre et puis de recommencer. Pour ne pas se fatiguer, il est nécessaire de ne pas se tenir droit et raide, d’avancer le corps légèrement penché en avant, au moyen de mouvements souples, bien réglés, sans gestes inutiles, les brasballants. En montagne, on mon-
- tera très lentement, les genoux bien fléchis, le corps penché très avant et I on descendra les jarrets fléchis, le corps en arrière. La respiration sera ample pour éviter l’essoufflement. Toutes les heures, une courte halte; une grande halte pour déjeuner. Il faut toujours partir le matin de bonne heure et faire la plus grande partie de la route avant le déjeuner.
- Pour marcher il faut des pieds en bon état et ce n’est pas là un petit problème. La chaussure de marche doit être solide, imperméable, souple; sa semelle doit être assez épaisse pour éviter de sentir les aspérités du sol. Le pied doit y être à l’aise et bien posé ; c’est dire qu’on choisira des bouts carrés, des talons plats, une cambrure suffisante pour que toute la surface plantaire soit soutenue. Les clous n’ont d’autre avantage que de retarder l’usure de la semelle et d’empêcher les glissades sur les rochers. Les chaussures de marche ne conservent leurs qualités qu’à la condition d’être graissées assez souvent au moyen de lanoline ou d’un autre corps gras.
- Les pieds eux-mêmes demandent quelques soins si l’on veut éviter l’écorchure et l’ampoule douloureuses. Le suif, la lanoline et les autres corps gras évitent bien des malheurs. Les épidermes sensibles et qui transpirent se trouveront bien d’une solution de formol ou d’alun à io pour ioo.
- Choisissez les chaussettes que vous voulez, en laine ou en coton, suivant vos habitudes, mais sans grosses coutures et sans reprises. Jamais de jarretières qui compriment les veines et causent les varices. IL M.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Mastics pour parquets. — Les fentes et trous divers pouvant exister dans un parquet non seulement font mauvais effet, mais ils sont dangereux au point de vue hygiénique : là s’amassent des myriades de microbes parmi lesquels il en est de sûrement dangereux qui quelque beau jour sortiront de leur nid en quête de victimes. 11 est donc indispensable déboucher les trous avec un bon mastic ne produisant pas de retrait en séchant et ne s’usant pas trop aisément. Voici de bonnes formules : remarquons toutefois qu’elles ne doivent être utilisées que si la fente, le trou sont relativement de petites dimensions (quand les trous sont très grands, il faut faire ajuster une pièce en bois par le menuisier).
- Mastic paur parquets de chêne. — Se procurer de la sciure de chêne, la passer à travers une passoire afin d’enlever les éclats de bois et les débris grossiers, préparer de la colle forte à chaud, y incorporer la sciure en quantité suffisante pour obtenir un mastic presque liquide. Pour se servir de ce mastic il convient de le maintenir très chaud, au bain-marie. On sort les poussières des fentes avec un fil de fer et une éponge humide, on laisse sécher, puis avec un couteau à palette on infiltre le mastic dans les fentes. Quand tout est bien sec, passer à la paille de fer, puis encaustiquer.
- Fentes des parquets en bois blanc. — Faire tremper pendant douze heures du papier blanc ou légèrement teinté avec du jaune de chrome dans une quantité suffisante d eau. Puis faire bouillir le mélange pendant trois heures en remuant de temps à autre. Ajouter à la masse 5oo gr. de colle de farine pour 5 kg de pâte de papier; puis ioo gr. de gélatine et 60 gr. d’alun. Rendre le mélange homogène par dix minutes d’ébullition. Se servir de cette pâte comme d’un mastic pour boucher les fentes et les fissures du parquet; laisser sécher, passer à la paille de fer, encaustiquer.
- (Bulletin de VAssociation des industriels.)
- Procédé rapide pour Je dosage de l’aleool. —
- Pour titrer l’alcool d’un vin ou d’un mélange alcoolique quelconque, on ne connaît actuellement d’autre méthode que de pratiquer une distillation. Le Journal de Pharmacie et de Chimie signale, d’après Y American Journal of Pharmacology un nouveau procédé imaginé par MM. Nagendra Chandra Nag et Panna Lag qui évite cette distillation .
- On traite une quantité connue de la liqueur dans laquelle on veut doser l’alcool, par un excès de carbonate de potasse anhydre, dans un tube de verre gradué en dixièmes de centimètre cube, au moins. Si la liqueur titre plus de 90° d’alcool, on la dilue avec de l’eau distillée. On agite vigoureusément le mélange et on laisse déposer ou mieux on centrifuge. Il se forme une couche inférieure de carbonate de potasse solide, une couche intermédiaire, solution aqueuse saturée de carbonate de potasse V et une couche supérieure d’alcool hydraté à une molécule d’eau U. La solution aqueuse saturée de carbonate de potasse retient, par centimètre cube, o cm3 00275 d’alcool hydraté. En mesurant les volumes des deux dernières couches, on peut donc calculer le pourcentage d’alcool dans la liqueur.
- Si l’on opère à la température de i5°,6, ce nombre est donné en poids d'alcool absolu par la formule :
- Y -f- 0,00273 v) X 0.7936 X 94-o6 0.7936 étant la densité de l’alcool absolu à i5,6° et 94-°6 la teneur en alcool absolu de l’alcool hydraté à une molécule d’eau.
- Les auteurs ont essayé leur méthode sur un grand nombre de solutions alcooliques et de spiritueux et ils ont toujours obtenu des résultats en concordance parfaite avec ceux que donnent les autres méthodes.
- Ce nouveau procédé, outre qu’il est très rapide, permet de faire un dosage précis avec feulement 5 cm° de liquide.
- Traitement de la gale du cheval. — Les chevaux des armées ont tous, ou presque, été atteints de la gale, et l’on à été dans l’obligation d’organiser des centres spéciaux de traitement de cette maladie. En France, la préférence a été accordée généralement à la sulfuration. M. Giuseppe Agnoletti, qui a employé comparativement les traitements par la vapeur sulfureuse, les émulsions, les savons et les pommades, déclare, dans la Clinica Veterinaria, donner la préférence aux dernières, d'application plus facile et assurant un contact plus prolongé du médicament avec la peau. La pommade la plus efficace est celle au thiométaméthy-lène, obtenue et étudiée par le Dr Tirelli. Ce nouveau composé est obtenu en faisant agir le thiocarbonate d’ammoniaque ou le sulfure d’ammonium sur le méthane-sulfoxylate de sodium en présence d’acide. Le thiome-
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- taméthylène obtenu se décompose lentement au contact de la peau en formol, hydrogène sulfuré et soufre, qui agissent à la fois comme antiseptiques et parasilicides. Une seule application de cette pommade suffit pour obtenir la guérison et ne trouble pas la croissance du poil. C’est donc, selon M. Agnoletti, un remède sûr, prompt et très pratique.
- Pour enlever les taches de rouille sur les fourneaux de cuisine. — D’après le Chemiker Zeitung,
- nous fîmes au Laboratoire de la Nature sur l’efficacité comparée des dissolvants servant au détachage, nous avons opéré avec les agents suivants : quillaya, sapin-dus, savon, carbonate de soude, ammoniaque. Des infusions ou solutions tièdes de chaque produit étaient faites à 5o gr. par litre pour les substances saponinées, à io gr. par litre pour le carbonate alcalin, à 20 gr. pour les autres agents.
- Dans chaque bain fut immergée pendant cinq à dix minutes une bande de cotonnade portant des taches faites
- Suif.
- Cire,
- Paraffine.
- Résine.
- Bougie.
- Goudron.
- M. Allertz recommande l’emploi d’une pâte faite avec des parties égales de :
- Pentasulfure de sodium,
- Soude caustique,
- Argile,
- Emeri,
- Sable.
- On enduit les surfaces à nettoyer avec un peu de pâte, toujours conservée en bocaux bien bouchés, puis on frotte avec un linge. Eviter de laisser les doigts au contact de la mixture qui est corrosive.
- Choix rationnel des émulsifs employés pour le nettoyage. — Etendant aux émulsifs les essais que
- avec du suif, de la cire d’abeilles, de la paraffine, de la résine, de la bougie et du goudron. Yoici l’aspect des tests avant et après traitement est représenté ci-dessus.
- Résultats pratiques : Le savon est de beaucoup l’agent le plus énergique, il mousse et détache mieux que tous les autres agents; le bois de Panama vient ensuite, qui mousse et détache déjà nettement moins bien, ne l’employer en conséquence que si le savon ne peut être appliqué; le sapindus serait plutôt plus efficace que le panama, mais il contient une matière colorante brune qui teint sensiblement le tissu blanc soumis à l’action du bain. Carbonate de soude et ammoniaque se valent, mais ils ne valent pas à beaucoup près le savon, ni pour la commodité d’emploi, ni par l’efficacité du traitement
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- BOITE AUX LETTRES
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- AViS. — Dans la boite aux lettres^ la Rédaction publie les faits d ua intérêt general qui lui sont signales par ses abonnés, l'jlle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de reaseiguements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement, hn raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut ctre répondu que dans un dclaivde dix à quinze joins.
- Demandes. — M. le BT Lenoir, à Dahat (Annam) désirerait savoir si I on construit en France des t< armoires a cuire », et recevoir des catalogues ou des renseignements. Cet article est appelé à rendre aux coloniaux des services remarquables.
- Réponses. — M. J. C., à Celles (Puy-de-Dôme), — i° L’industrie vinicole dont il s’agit (vins similaires au Malaga, Madère, Grenache, Porto, Xérès) a été longtemps pratiquée plus particulièrement à Cette et aux environs, en concentrant par la chaleur le moût de bons vins blancs très murs du Roussillon, donnant une sorte de vin cuit, ou du sirop de raisin, auquel on ajoutait de l’alcool, des colorants et des parfums, selon le type de vin à obtenir. Les procédés employés ont pour base : un choix intelligent des vins du Midi favorables à cette opération; des coupages, des collages, des filtrations qui les améliorent; un sirupage convenable et souvent l’addition d une infusion alcoolique de coques d’amandes amères; la‘coloration par le caramel. Il faut compter aussi sur l’action, pendant tout un été, du grand air et du soleil du Midi sous l’influence desquels les divers éléments de ces vins se fondent, se marient, sc développent. Le vieillissement contribue à donner des propriétés nouvelles et les qualités recherchées. L’alcoolisation, le vinage, par petites doses et à plusieurs reprises, donne le degré alcoolique voulu et empêche l’acétification du vin, lequel doit être préservé des froids.
- Pour obtenir un vin sec supérieur, ce traitement doit être continué pendant plusieurs années, jusqu’à ce que le vin ait acquis naturellement un goût d’amande. Pour gagner du temps, certains viticulteurs du Midi ajoutaient, à petite dose, une décoction de coques d’a-ruandes chauffées au four, pour en développer l’aromc, et mises chaudes dans l’alcool. C’est avec le vin cuit ou le moût cuit que l’on fabrique les vins de liqueur. Le moût est mis dans une bassine sur le feu, et écume jusqu’à ce qu’il soit consommé d’environ un tiers. On le laisse refroidir, en l’agitant sans cesse, et, dès qu’il est froid, on le met en fût, où sa fermentation ne commence qu’au bout d’un certain temps, très faible, et dure plusieurs mois. Lorsqu’elle est achevée, on clarifie le moût, puis on le met en bouteilles et, au bout de quelques années, on a de très bon vin, analogue au Malaga, si le moût provient de raisins bien mûrs, cueillis sur un sol calcaire. L’addition d’une petite pro-
- portion 'd’alcool, avant la mise en bouteilles, pour s’assurer que la fermentation ne se reproduira pas, est souvent utile. En ajoutant au vin cuit, dès qu’il est refroidi, un cinquième de son volume d’alcool bien neutre, on arrête toute fermentation, et on produit des vins imitant ceux de la Calabre. — 2° Voyez : F Art de faire des vins d'imitation : madère, malaga, vermouth, amers, liqueurs, sirops, etc., par J.-F. Audibert; Traite complet de la fabrication des liqueurs et des vins dits d imitation, par A. Bedel (Coulet, éditeur, Montpellier); Traité pratique de la préparation des vins de luxe : vins de liqueur, vins secs et doux, vins mousseux, vins ioniques et apéritifs, vins d'imitation, etc., par Victor Sébastian (Masson et C'0, éditeurs, 120, boulevard Saiut-Germain, Paris).
- M. L. B., à Celte. — 1" On peut, suivant M. Apelot quia breveté un procédé à ce sujet, obtenir un celluloïd ininflammable en mélangeant dans la proportion de 1 et 4 les solutions suivantes :
- Solution de celluloïd dans l’acétone au i/io0. „
- Solution de chlorure de magnésium dans l’alcool au i/3,
- Après malaxage le produit est séché et donne paraît-il un celluloïd transparent tout à fait ininflammable. — a° Le cuir chromé est caractérisé par la fixation d’oxyde de chrome sur les fibrilles du derme qui constitue la peau. Le procédé de Procter le plus employé consiste à imprégner les peaux d’alun de chrome (sulfate double de chrome et de potassium), puis à passer dans un bain de soude caustique qui décompose le sel: double en donnant naissance à un sulfate basique de chrome lequel cède à la peau l’oxyde de chrome voulu. Dans la pratique, on allie le plus souvent l’alun de chrome à du sel marin. Quelques variantes ont été apportées dans ces dernières années sans grands avantages parSchültz, Dennis, Heinzerling. — 3° La composition exacte du produit dont vous parlez n’a pas été publiée.
- M. II. Dugué, à Niort (Deux-Sèvres). — Vous trouverez de nombreuses formules d’encres indélébiles dans l’ouvrage Les Recettes de la maison, p. 234 ot suivantes (Masson, éditeur).
- M. Testot Ferry, à llauteville (Ain). — Nous sommes toujours reconnaissants à nos lecteurs de nous signaler les questions qui peuvent les intéresser, vous trouverez prochainement un article traitant « du scellement » dans ies principaux cas qui peuvent se présenter.
- M. B. B., à Versailles. — Il existe aussi des motoculteurs pour la culture maraîchère, l’horticulture, les pépiniéristes et la petite culture. A la récente exposition d’Ho.rticulture de Paris, la Société Somua, 19, avenue de la Gare, Saint-Ouen, vient d’obtenir la grande médaille de vermeil pour un appareil de ce genre, son motoculteur type C.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) --.-.. —
- Traité de chimie organique, t. II, série cyclique, par Anschutz et Meerwein, traduit d’après la 11e édition allemande, par H. Gault, i vol. in-8°, 1163 p.; Dunod et Pinat, Paris. Prix net, cartonné : 60 francs.
- Traité classique en" Allemagne où 11 éditions ont affirmé son succès. On y trouve la théorie des combinaisons cycliques du carbone, suivie de la description détaillée des innombrables composés de ce groupe, tant ceux à noyau benzénique qu’à noyau hétérocyclique. Véritable encyclopédie indispensable au chimiste organicien.
- Questions scientifiques d'alimentation en France, pendant la guerre, par R. Legendre, i vol. in-8°, 160 p., Masson et C,e, Paris. Prix net : 6 francs.
- Compte rendu des séances de- la Commission d alimentation de la Société de Biologie, suivi de la bibliographie analytique des travaux français parus de 1914 à 1918, qui fournira une documentation complète et précise sur les nombreux jiroblèmes physiologiques relatifs au ravitaillement que la guerre a soulevés.
- Catalogue des plantes du Jardin Botanique de Saigon, par A. Chevalier, i vol. in-8°, 68 p., Institut scientifique de l’Indo-Chine, Saïgon.
- Notice destinée à permettre au Jardin Botanique de Saïgon de faire des échanges avec les établissements analogues en leur faisant connaître les espèces végétales qu’il peut procurer.
- Le pharmacien chez soi, enseignant la connaissance des remèdes, la manière de les préparer soi-même et de s’en servir utilement, par Un ami des malades, 1 vol. in-16, 767 p., Paris. Prix : broché, 4 francs; en reliure toile, 5 francs.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N° 2564
- 19 Juillet 1919.
- Le dirigeable R-34 franchit l’Atlantique. — Après les traversées de l’Atlantique par les hydi'avions amé-îicains et 1 avion ^ ickers d Allcok et Brown, l’heureux voyage du _ dirigeable anglais R-34 marque une nouvelle date importante dans 1 histoire de 1 aéronautique et dans celle des relations transatlantiques. Le R-34. parti le 2 juillet à 2 h. 48 de East-Fortune en Ecosse, atterrissait le 6 juillet à 14 heures près de New-York, couvrant 56oo kilomètres en 108 heures de vol. Vers la liu de la traversée, il y eul un moment critique: le dirigeable, naviguant contre de violents vents adverses, vit sa provision d essence baisser rapidement et dut faire par T. S. h . des demandes de secours qui heureusement se trouvèrent inutiles. Le A-34 n’a pas battu le record Angleterre-New York qui reste au paquebot Lusitania avec un voyage de 106 heures. Il convient de remarquer aussi que le parcours du Vickers de Terre-Neuve en Ecosse est plus court de 1800 km environ que celui du dirigeable.
- _ Le /f-34, commandé par le major Scott, portait 4 officiers et 20 hommes d équipage et en outre 6 passagers soit 3o personnes. ’
- C est un dirigeable construit par l’Amirauté anglaise à peu près sur les plans des zeppelins; la marine anglaise a appris à apprécier à la bataille du Jutland le rôle important des dirigeables à qui seuls, la flotte-allemande dut son salut. Le grand paquebot aérien comporte une carcasse en duralumin, divisée en un grand nombre de sections qui contiennent chacuue un ballonnet à gaz. Quatre nacelles sont suspendues au ballon une à l'avant, une à lanière, deux de côté; la propulsion est assurée par 5 moteurs Sunbeam de a5o chevaux chacun, et placés : deux dans la nacelle arrière, un dans chaque autre nacelle. La nacelle avant contient en outre les appareils de direction et le poste de T. S. F. Le ballon est muni d’une quille qui court tout le long de sa surface inférieure; elle sert de chemin de ronde et l’on y peut loger; on y a installé les réservoirs d’essence, A la partie supérieure du ballon est une plateforme accessible par un tube, primitivement destinée à recevoir un canon, elle sert à faire le point. Les passagers n’ont pas encore, bien entendu, tout le confort'des grands paquebots. Notons cependant qu’ils peuvent manger chaud ; on utilise le gaz d’échappement des moteurs pour faire la cuisine.
- Le if-34 dans son voyage a usé 22 5oo litres d’essence.
- Records de constructions navales. — On sait que la guerre a donné aux Etats-Unis l’occasion de créer de toutes pièces une puissante flotte de commerce ; jusqu’alors la marine de commerce américaine comptait fort peu. Des chantiers de construction spécialement outillés et organisés, se sont montés dans divers ports, et ont atteint des chiffres de production considérables. L’un d’eux, le « Submarine Boat Corporation » fêtait le 3o mai dernier le lancement de son 52e steamer; le premier avait été lancé le 3o mai 1918 ; ce qui donne le remarquable record de 52 navires lancés en 52 semaines : un par semaine. Il s’agit de bâtiments de 55oo tonnes tous identiques.
- A côté de ces nombres qui donnent une idée impressionnante de l’activité des nouveaux chantiers américains, il convient de placer quelques chiffres illustrant l’effort qui incombait à la même époque aux Alliés d’Europe. En 1917, la guerre sous-marine battait son plein, et ses ravages faisaient naître chez les initiés lés plus vives inquiétudes sur l’issue de la guerre. Non seulement le tonnage coulé était considérable, mais les bateaux endommagés encombraient tous les ports d’Europe, attendant des réparations qui ne s’effectuaient que lentement, faute de moyens appropriés. Sous 1 impulsion de sir Eric Geddes, l’Amirauté britannique prit l’initiative d’une vaste organisation de réparations qui s’étendit à tous les ports britanniques et servit de conseil aux ports de France, d'Italie et d'Amérique. Inaugurée en juillet 1917, elle portait à son actif en février 1919 la réparation de i5ooo navires représentant un tonnage de 55 millions de tonnes.
- L’extraction électrique du sel marin. — La Revue générale d’Electricité résume un article du Nationaï-tidende, signalant que les essais faits en Norvège pour extraire électriquement le sel de l’eau de mer ont donné de bons résultats. On projette de construire deux usines,
- 1 une au Nord, 1 autre à 1 Ouest de la Norvège, pour une pioduction annuelle de 5o 000 tonnes. La puissance des deux usines sera de 4875 kilowatts. On traitera aussi les sels de calcium, de magnésium, etc., qui ont une importance industrielle.
- L’emploi industriel du glucinium. — La Revue Industrielle de l Est signale 1 intérêt que présente pour l’industrie électro-chimique française, la fabrication du glucinium. Ce métal découvert par Bressy et Wohler en 1828, aune densité de 1,60 seulement contre 2,60 à 1 aluminium. II s’allie facilement avec ce dernier métal et permet d en abaisser la densité de 5 à 3o pour 100. Les alliages glucinium, aluminium sont plus durs et plus résistants que l’aluminium pur. Dès avant la guerre, certains jouets d’aviation, de fabrication allemande, étaient constitués par ce métal, alors désigné sous le nom de métal-liège. Ces alliages sont d’un beau blanc d argent et inoxydables à l’air. Les alliages glucinium-cuivre rappellent le bronze d'aluminium par leur belle couleur jaune d or et sont d’une sonorité qui rappelle celle de 1 argent. Le minerai de glucinium le plus répandu est l’émeraude, non pas le béryl ou l’algue marine qui sont des pierres précieuses, mais l’émeraude pierreux ordinaire très abondant dans le Limousin. C’est un silicate d’alumine renfermant iî à 14 pour 100 de glucine, c est-à-dire de 3 à 5 pour 100 de glucinium. On en rencontre également de grandes quantités à Madagascar, en Suède, INorvège, Ecosse et Amérique. M. Copeaux a indiqué récemment un mode nouveau et rapide pour obtenir la glucine, d'où le glucinium peut s’extraire ensuite électrolytiquement par un procédé dû au professeur Lebeau.
- Industrie française du radium. — On sait que la-découverte du radium, due au génie de M. et Mme Curie, est exclusivement française. Mais l’industrie du radium', c’est-à-dire la fabrication des sels de radium, n’avait pas reçu en France, à la suite de cette découverte, le développement auquel elle avait, par droit d’origine, toute légitimité de prétendre. Les Allemands et les Aulri- chiens semblaient nous avoir devancés dans cette voie. Ce sera un des résultats de notre victoire d’avoir ramené en France cette industrie du radium, car il existe maintenant une société exclusivement française : la Société française d’énergie et de radio-chimie à Courbevoie,^ qui fabrique industriellement du radium dans ses usines et laboratoires et en détient déjà des quantités importantes, immédiatement disponibles. Cette même société est, à l’heure présente, la seule qui fabrique du bromure de mésothorium.
- L’alcool par l’acétylène. — On sait que I on peut fabriquer l’alcool éthylique à partir de l’acétylène. Le journal les Matières grasses annonce que la Société Suisse Lonza, connue comme fabricant de carbure de calcium, monte une fabrication pouvant produire par an de 7500 à 10000 tonnes d’alcool à 900. La puissance nécessaire : 20000 à 3oooo chevaux sera entièrement hydraulique. Le prix de vente sera de 400 francs l’hec-tqlitre.
- Un Institut de chimie à Nantes. — La ville de Nantes vient de'créer un Institut de chimie dont les cours s’ouvriront le ' icr octobre prochain. L’Institut recevra 5o élèves pour chaque année de cours. Le cycle d’instruction est prévu pour 3 ans.
- Les conduites d’eau en bois. — L’emploi de*s tuyaux en bois pour les conduites d’eau est extrêmement ancien et si les tuyaux de fonte ont été employés ensuite, c. est surtout parce qu’ils permettent l’établissement de très grosses canalisations que le mode de fabrication des conduites en bois par évidement d’un tronc d’arbre rendait impossible.
- Mais actuellement on pourrait fort bien, en employant
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- INFORMATIONS
- des douves assemblées pai’ rainures et languettes revenir à ce genre de tuyaux qui, outre les dépenses moindres de fabrication et de pose, permettent d’économiser la fonte si rare en ce moment el présentent les avantages suivants d’après M. Dudley :
- i° Ils sont préservés par l’eau au lier; d’être rouilles et attaqués par elle ;
- 2* Ils ne sont corrodés par aucune matière saline ou acide ;
- 3° Leur débit est de 20 pour 100 supérieur à celui des tuyaux en fonte et il reste constant, tandis que celui des cond\ntes métalliques décroît avec le temps par suite de la corrosion qui augmente la résistance du déplacement de l’eau;
- 4° Le bois ne colore ni n’affecte l'eau qui y passe;
- 5° Il n’est pas sujet à éclater par la gelée à cause de son élasticité ;
- 6° Les tuyaux en bois sout plus faciles à mettre en place et n’exigent pas une main-d’œuvre soignée, d’où une grande économie dans l'installation d’une conduite;
- 70 On peut les placer à une moins grande profondeur sous le sol parce qu’ils ne craignent pas la gelée;
- 8° D’après l’expérience de l’auteur, si, au début, les joints présentent des fuites, ces fuites ne tardent pas à disparaître et finalement donnent lieti à beaucoup moins d’ennuis qu’avec les tuyaux en fonte.
- La recherche des documents météorologiques, —
- La météorologie est une science qui sort à peine de l’enfance, mais elle se classe au point de vue pratique au rang des plus importantes pour le genre humain. Elle a déjà réussi à nous donner quelques règles de prévision du temps, sans doute bien insuffisantes encore, et dont il est aisé de railler, mais qui chaque jour aident puissamment le marin, l’aéronauLc et l’aviateur, et dont l’agriculture commence elle aussi à tirer parti. La météorologie uous donnera certainement quelque jour des prévisions à plus longue échéance, dont l’intérêt pratique est manifeste. Que faut-il pour arriver à ce résultat Avant tout, des observations sûres, méthodiques et coordonnées, aussi serrées que possible dans le temps et dans l’espace. Le réseau des observatoires météorologiques officiels ou bénévoles se développe heureusement chaque jour ; mais où trouver des observations remontant loin dans les temps passés. En France, l’organisation officielle météorologique due à Leverrier n’est née qu'en 1878. C’est une date bien rapprochée; on comprend l’intérêt qui peut s’attacher à tout document météorologique plus ancien. M. Mascart, directeur de l’Observatoire de Lyon, dans un éloquent appel, invite le public à collaborer avec lui dans la recherche de ces documents précieux; ils sont plus nombreux qu’on ne le pense; ce sont des remarques météorologiques ou agricoles, des observations imprimées au cours d’un ouvrage sur un sujet souvent éloigné, et dans lequel l’astronome ou le météorologiste ne songeront pas à chercher. Bien des manuscrits, souvent des papiers de famille, contiennent des observations réparties du xve au xx“ siècle. Un exemple : Ch. Pierre, cultivateur du Loiret, prit au même lieu, au jour le jour, des notes agricoles réparties sur 64 années (1790 à i853), il y indiquait notamment les gelées tardives. Ces observations partiellement dépouillées par son petit-neveu le physicien Isidore Pierre constituent aujourd’hui un dôcument très important. Ainsi en feuilletant les calepins des grands-parents, il est possible de faire une féconde moisson scientifique.
- Des manuscrits d’archives peuvent également contenir des renseignements précieux non encore colligés au point de vue astronomique ou météorologique. Il y aura intérêt à les signaler.
- Le dépouillement des archives paroissiales peut donner une récolte particulièrement riche; avant la Révolution toute la vie communale est concentrée à la cure et dans toutes ces archives paroissiales on trouve l’histoire du pays, état-civil, mouvement des foires, cours des denrées, vie locale; phénomènes météorologiques : pluies, vents, gelées, grêles. C’est donc aux curés et aux vicaires que M. Mascart fait appel d’une façon particulièrement pressante et par eux aux travailleurs de la terre, pour dépouiller ces diverses sources de renseignements météorologiques anciens, et les soumettre à l’examen compétent des astronomes qui, de ce trésor, chercheront à déduire les lois générales « Par grâce, ,
- dit-il, qu'ils entendent notre appel afin de collaborer utilement à notre but final : la protection de la culture et le meilleur rendement du sol national. »
- Calendrier de semaine esquimau. — M. H. Balfour décrit dans Man, un objet que représente la figure 1 ci-jointe, qui fut apporté au Pitt Rivers Muséum par M. C. G. Clarke, après d’un voyage au Groenland. Il avait été recueilli dans l’île de Disko, à l’ouest du Groenland. C’estune pièce d’os, de 12,5 cm de long sur 2 de large, terminée à un bout par une bosse bilobée et à l’autre par un court manche. Elle forme un chapelet de 5 lobes dont les trois inférieurs sont percés d’un trou central elles deux autres de deux. Le bas du manche est aussi perforé. Après avoir beaucoup cherché quel peut être l’usage d’un pareil instrument,
- M. Balfour a réussi à l’identifier par comparaison avec un autre objet de même aspect (fig. 2) provenant des Esquimaux Angmagsalik de la côte orientale. C est un calendrier dont les trous corx-espondent aux sept jours de la semaine ; une fiche attachée par un fil au trou du bas sertà marquer chaque jour successivement. Les indigènes n’ont que récemment appris, au contact des missionnaires moraves la division du temps en semaines, et ils emploient ces calendriers pendant les nuits de l’hiver, quand ils n’ont plus de communications avec le dehors, pour connaître le jour du sabbat.
- Fig. i et 2. — Calendrier de semaine esquimau,
- L’acclimatation du renne en Alaska. — En 1892 le renne a été introduit dans l’Alaska afin de permettre en hiver des communications faciles et rapides entre les différents postes de ce « territoire » (Voy. La Nature, n° du 18 janvier 1902, p. 109). De 1892 à 1898, 843 de ces cervidés ont été importés de Sibérie et de Laponie sur la rive orientale du détroit de Bering. Trouvant des conditions biologiques favorables dans cette partie de l’Amérique boréale, ils s’y sont rapidement multipliés si bien qu’à la fin de 191b leur nombre s’élevait à 70000! Ce troupeau considérable ne sert pas simplement au service poslal en hiver; il fournit en outre un appoint important à l’alimentation des habitants. Annuellement on n’abatpasmoius de 7000 rennes, et un certain nombre de carcasses frigorifiées sont exportées dans les ports américains du Pacifique, notamment à Seattle, où elles sont très recherchées. En présence de cette faveur du public, on a décidé l’installation dans l’Alaska d’un grand frigorifique pouvant contenir plusieurs milliers de carcasses de rennes et l’organisation d’un service d’exportation de cette viande à destination des principales villes des Etats-Unis.
- A la suite du succès de cette acclimatation, il serait intéressant de tenter une expérience semblable dans nos Alpes, notamment dans la Savoie, plus particulièrement dans la Tarentaise et autour de Chamonix.
- Record de navigation d’un crocodile. — M. J. Stanley Gardiner vient de signaler, dans notre confrère anglais Nature, la performance extraordinaire d’un crocodile, Crocodilus porosus adulte, qui a récemment atterri dans une des îles Fidji, où il a pu être photographié vivant. Cette espèce se rencontre du golfe du Bengale aux îles Salomon et habite la mer. Comme on ne la connaît pas plus loin que les Nouvelles-Hébrides qui sont à environ 1100 km à l’ouest des Fidji, il faut admettre que l’individu arrivé dans ces dernières îles avait parcouru plus de 1000 km en haute mer. C’est un record qui sera difficilement dépassé.
- Les cuirs de Madagascar. — Le Bulletin de V Office colonial publie la statistique des exportations de cuir de Madagascar pendant ces dernières années. Elles ont été de :
- 1911 638.000 peaux pesant 6388 tonnes
- 1912 735.000 7346 -
- 1913 800.000 8o32
- 1914 552.000 5525 —
- 1915 736.000 7860
- On voit quelle ressource peut nous fournir cette colonie au moment où les cuirs sont si rares et si chers.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 053^
- Géométrie
- Équerre pour partager graphiquement un angle en 3 parties égales. — Le problème de la trisection de 1 angle ne peut, on le sait, être résolu par la règle et le compas. Néanmoins on peut le résoudre par des constructions graphiques assez simples, quoique faisant intervenir des courbes plus compliquées que le cercle.
- Voici un procédé qui nous est indiqué par M. Payot, ancien élève de l’Ecole Polytechnique. L’auteur s’en est
- servi au front pour résoudre rapidement des trisections, qui se présentaient dans divers problèmes de réglages d’artillerie.
- M. Payet construit dans une planche de bois, ou un carton fort, l’équerre spéciale représentée ligure i ; elle comporte a évidements, l’un rectangulaire autour du point O servira de guide; l’autre est compris entre le cercle AC de rayon OA, la courbe a C, qui se
- trace par points et jouit des propriétés que nous allons indiquer, et la droite horizontale Q#A.
- Pour comprendre les instructions à effectuer, reportons-nous à la figure 2, sur laquelle est tracé le cercle OA, de centre O. La courbe a C est le lieu géométrique des points M, équidistants du centre O, et et de la circonférence du cercle OA, cette dernière distance étant comptée parallèlement à la droite O «A. On a MP —MO.
- Rien de plus aisé que de tracer cette courbe par points : traçons un rayon quelconque OP du cercle OA, il coupe en p, la circonférence du cercle O a de rayon OA .
- ----Traçons en ce point la tangente à ce cercle; elle
- coupe au point M la parallèle à OA menée par P et le point M ainsi trouvé est un point de la courbe puisque sa distance MP au point P est égale à sa distance au point O,
- Ceci posé, nous voulons effectuer la trisection de l angle AOB tracé sur une feuille de papier; nous plaçons l’équerre échanc.rée de façon à occuper la position marquée en pointillé sur la figure 2 ; le point O au sommet de l’angle, le côté inférieur de l’échancrement a A en coïncidence avec le côté OA de l’angle à parlager.
- Le côté OB rencontre le cercle OA. en un point B que nous marquons; nous traçons également avec la pointe d’un crayon sur notre papier la courbe «C, en suivant 1 échancrement de l’équerre. Nous prenons le milieu b de OB, et du point b nous élevons la perpendiculaire au rayon O B. Cette dernière droite rencontre la courbe a C au point M; de M menons une parallèle a A qui rencontre le cercle OA en P, les rayons OM et OP partagent l’angle AOB en 3 parties égales.
- En effet, le5 triangles MBO et MPO sont égaux; les angles BOM, MOP sont par suite égaux. D’autre part, ces triangles sont isocèles de par la construction même de la courbe a C, et l’angle MPO est aussi égal aur angles précédents; or il est égal à l’angle POA, dont les côtés sont parallèles aux siens. La trisection est bien réalisée.
- Travaux d’Amateurs *-«#
- <5>
- Protège-mèches. — Pour éviter la rupture des petites mèches américaines, il faut opérer de perçage avec de grandes précautions. Malgré cela il/‘arrive fréquemment la rupture de la mèche.
- Pour le perçage des trous au moyen de la chignole à main, nous avons décrit un appareil, le protège-mèche Lefebvre, dans le n" 2089 de La Nature. Nos lecteurs pourront se reporter à cette description.
- Quand il s’agit du perçage mécanique au moyen d’une perceuse sensible, il nous paraît intéressant de signaler un artifice que propose M e ch a nie al World.
- On prend un tube de laiton épais dont le diamètre intérieur correspond au diamètre de la
- mèche à protéger. Ce tube est fendu sur les trois quarts de sa longueur environ.
- La figure 3 montre le mode d’emploi de ce petit
- dispositif : on place la mèche dans la gaine constituée par le tube et on laisse dépasser la mèche d'une quantité très peu su-Pièce en bronze fendue J erre e dans périeure à la pro-
- Fig. J. — Protège-mèche à douille simple.
- ('s'i/T
- k mandnn fondeur du trou à percer.
- L’ensemble est ensuite placé dans le mandrin porte-foret, bien entendu la partie fendue est placée vers l’intérieur, car par ce moyen le serrage de la mèche peut se faire, le tube fendu formant légèrement ressort.
- Si le trou à percer est profond, on fera l’opération en plusieurs fois en desserrant chaque fois les mors du
- Ressort
- Pièce coulissante
- Dispositif à rossorb
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- P
- SCIENCE APPLIQUÉE
- maudj'iu et en repoussant le tube pour laisser une plus grande longueur de mèche libre. On bloque ensuite les mors.
- Nous avons fait réaliser un petit dispositif basé sur le principe du protège-mèche Lefebvre qui donne également de bons résultats.
- Il est représenté par la figure 4-
- Il se compose d’une douille en laiton ou bronze A dans laquelle rentre la mèche. Cette douille est fendue suivant trois rayons à 1 200 pour faciliter le bloquage de la mèche.
- Une douille coulissante arrondie à l’extrémité peut se déplacer de bas en haut, mais ce mouvement est gêné par un ressort à boudin.
- Les deux douilles sont reliées élàstiquement par le ressorl.etpour que la douille inférieure ne tombe pas, deux guides laiton sont fixés sur la douille A par des vis E. Ces guides portent une rainure où peut se déplacer un ergot D solidaire de la douille B. La mèche dépasse légèrement la douille B. Au fur et à mesure de l’avancement de la mèche la pièce B coulisse en prenant appui sur la pièce à percer. Bien entendu le déplacement est limité par la compression du ressort et ce dernier doit être disposé de manière que la rotation tende à serrer les spires. Le déplacement doit être égal à la profondeur du plus grand trou que l’on veut percer.
- Ce mécanisme est peut-être un peu compliqué mais il rendra des services quand il s’agira de travaux de série et de perçage au moyen de calibres à cheminée. La pince B pourra alors être modifiée et comporter un évidement qui viendra coiffer la cheminée F guide de la mèche et solidaire du calibre de perçage. On peut ainsi percer des trous de profondeur variable sans aucun démontage.
- Fig. 5. — Dispositif à ressort monté sur la machine.
- *> Photographie -
- Le « Chronopose exact ». —
- M. Edouard Cannevel, qui eut le premier, en France, l’idée de la similigravure à peu près telle que nous la réalisons actuellement (voy. n° a 127, du 28 février 1914, p. 229), s’est également préoccupé d’un problème qui, pour n’avoir pas l’importance du précédent, offre néanmoins un intérêt qu’apprécient tous les photographes, professionnels ou amateurs; car il est certain que la détermination du temps de pose est, de beaucoup, la plus fréquente des causes d’insuccès, surtout dans le procédé autochrome.
- Les photomètres, certes, ne manquent pas, et nous en avons déjà décrit plusieurs ; mais celui de M. Cannevel se recommande à la fois par sa simplicité et par la sûreté de ses indications.
- Le Chronopose (fig. 6), a l’aspect d’une règle à calcul. Sur la face op- Fig. fi et 7. posée aux échelles graduées est un Le Chronopose exact, petit actinomètre (fig. 7], constitué
- par un cercle dont deux segments sont colorés en deux teintes différentes et séparés par une fente sous laquelle est glissée une petite bande de papier sensible spécial.
- Avant chaque opération, on tire la bande de manière à amener sous la fente une portion du papier non encore impressionnée. On compte alors le nombre de secondes que met le papier à prendre la même teinte
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- que le segment le plus foncé; on retourne la règle, et l’on déplace le curseur jusqu’à ce que le nombre de secondes que l’on vient de compter se troiive en regard du coefficient de rapidité de la plaque employée. On verra le temps de pose exact en face du numéro du diaphragme que l’on veut utiliser.
- Exemple. — Supposons que le papier ait mis 1 seconde 1/2 pour prendre la teinte de comparaison, et que la plaque à exposer soit une Sigma de Lumière, dont le coefficient est 85. Il suffira de placer le coefficient 85 en regard de 1 seconde 1/2 pour voir le temps de pose indiqué en face de n’importe quel diaphragme. Ainsi, on constatera qu'à F : 16 le temps de pose sera de 1/200 seconde, tandis qu’à F : 8 il ne serait que de 1/80° de seconde. Si, au lieu d’une Sigma, nous utilisions une Autochrome, dont le coefficient de rapidité est 10,8, et que le temps employé par le papier à prendre la teinte de comparaison soit de 2 secondes, nous verrions que le temps de pose à F : 16 est de 5 secondes, taudis qu’à F : 4 il est réduit à 1 /3 de seconde. C’est si simple qu’un enfant pourrait d’emblée se servir du Chronopose.
- Le segment de teinte plus claire sert à opérer dans les endroits peu éclairés. Le papier arrive, naturellement, plus vite à cette teinte qu’à celle dn segment plus foncé, mais le résultat ainsi obtenu doit alors être multiplié par 3, s’il s’agit d’un paysage par temps sombre, par 4 pour les sous-bois et intérieurs, et même par 5 pour les intérieurs d’églises ou de monuments très sombres.
- Le « Chronopose exact » est construit par l’inventeur, à Asnières, i3-i5, rue du Chemin-Vert. Maison de gros à Paris, 69, rue d’Uauteville.
- Laboratoire
- Graissagé du « bec » des récipients de laboratoire. — Pour éviter que le liquide qu’on verse en plusieurs fois d’un verre dans un filtre par exemple, ne coule le long de la paroi extérieure du verre, il faut en graisser le bec.
- Encore importe-t-il à la réussite que ce graissage soit fait convenablement. Voici le procédé qui nous a donné les meilleurs résullats.
- Prendre de la vaseline, ou à défaut du suif, qu’on fait fondre dans un godet mis dans une position inclinée pendant le refroidissement : la surface du corps gras est disposée obliquement (fig. 8), en sorte qu’il est facile
- en posant le doigt et en le retirant en appuyant (fig. 9), de le charger d’une mince couche de corps gras. Ce doigt est ensuite posé sur le bec, puis glissé, encore
- en appuyant vers l’intérieur du verre (fig. 10] : le corps gras se dépose en mince bourrelet arrêtant fort bien le liquide.
- Quand on se sert fréquemment d’un bec pour verser un liquide, il est bon de le graisser une fois pour toutes en "le plongeant dans la paraffine ou la cerésine fondue : en se refroidissant la masse forme enduit relativement solidei
- Dans tous les cas, pour éviter tout coulage intempestif le long des parois, il convient, quand on cesse de verser, d’interrompre brusquement le jet du liquide : on relève pour cela tout à coup le verre eu lui faisant reprendre la position verticale.
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- VARIETES
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- Comment on mesure le débit d’une source. — La
- mise en valeur des ressources naturelles est, plus que jamais, . l'objectif vers lequel doivent tendre tous les efforts. Cette question revêt un caractère de toute première-importance, notamment dans les régions dévastées par l’invasion, où tant de propriétaires ont à reconstituer les éléments de la vie économique.
- L’utilisatfon des sources pour l’alimentation en eau potable, l’arrosage des cultures, etc., nécessite en bien des cas des dépenses en travaux d’adduction (conduites, bassin d amenée), et pour avoir la certitude que ces dépenses seront largement couvertes par les avantages que l’on retirera de l’utilisation d’une source, il est indispensable de connaître exactement le débit-de celle-ci, il importe donc d’être bien familiarisé avec la méthode qui permet d’arriver facilement à cette détermination, méthode fort simple, comme on va le voir, et, par conséquent, à la portée de tout le monde.
- Lorsque le volume fourni par la source est peu important, il suffit de recueillir l’eau daus un vase ou un bassin de capacité connue, et de constater, avec un chronomètre, le nombre de secondes nécessaires pour que le récipient employé soit rempli. En divisant ensuite la capacité du vase par le nombre de secondes trouvé, on aura le débit à la seconde.
- Ce. procédé ne pourrait s’appliquer à la mesure du débit des sources d’une certaine importance. Pour celles-là, il faut recourir à la méthode, aussi simple que précise, de jaugeage par déversoir à mince paroi, que nous avons souvent conseillée à des agriculteurs pour alimenter d’eau leurs exploitations, ou pour l’irrigation de leurs cultures, suivant les indications données par un spécialiste, M. Georges Caye.
- Voici comment ou met en pratique l’application de ce procédé : on dispose en travers du ruisseau auquel la source donne naissance, et aussi près que possible de cette source, un petit barrage provisoire constitué par une planche fixée perpendiculairement au courant, au moyen de pieux fichés dans les rives du ruisseau. Cette planche doit être disposée de telle façon qu'elle s’oppose au passage de l’eau au-dessous d’elle. D’autre part, on pratique à sa partie supérieure une entaille rectangulaire dont on mesure très exactement la longueur. Pour que les résultats obtenus soient aussi exacts que possible, il importe, en outre, que l’arête supérieure de là partie ainsi taillée soit disposée bien horizontalement et qu’elle soit coupée en biseau ou, ce qui est préférable, garnie de tôle, de meme que les côtés de l’orifice, de manière que. l’on ait une arête à peu près vive. La hauteur du déversoir ainsi constitué doit être calculée de façon qu’il y ait toujours une différence sensible entre le niveau de l’eau d’amont et celui de l’eau d’aval. Lorsque l’écoulement se produit régulièrement, on mesure avec précision la hauteur de la lame d’eau passant sur le déversoir, en relevant cette mesure, non pas directement sur l’arête du déversoir, la dépression à la surface de l’eau étant considérable, mais à environ i mètre en amont, sur un piquet posé bien verticalement, et sur lequel on aura fixé un repère exactement de niveau avec l’arête supérieure du déversoir.
- Connaissant la longueur l de ce déversoir et la hauteur h de la lame d’eau qui s’écoule par celui-ci, il
- suffit d’appliquer la formule suivante : D — 1,77 X /
- X \/ h3, pour connaître le débit d du ruisseau et par suite celui de la source qui l’alimente.
- Quoique le calcul de cette formule soit facile, M. Georges Caye a réuni, très utilement, dans le tableau que nous reproduisons ci-dessous, les débits par mette de largeur du déversoir, correspondant à un certain nombre de hauteurs de la lame d’eau.
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- Si on désigne par d le débit donné par ce tableau pour la hauteur h trouvée, il suffira, pour connaître le débit D cherché, de multiplier d, qui correspondra à une longueur de déversoir égale à 1 mètre, par la longueur réelle du déversoir employé.
- Exemple :,soit une longueur l, de o m. 85 et une hauteur de lame d’eau de 3o centimètres. Le tableau nous donne d~i80. En multipliant ce nombre par o m, 85, nous avons de suite, pour le débit cherché : D = 280 X o,85 = 238 litres.
- Il faut observer que le débit des sources, généralement très variable, est sous la dépendance du régime pluviométrique de la région dans laquelle on se trouve. Pendant les sécheresses prolongées, il y a souvent diminution considérable du débit, tandis qu’il peut y avoir une forte augmentation sous l’influence des fortes pluies.
- En conséquence, lorsqu’on voudra se rendre compte du volume d’eau qui pourra être utilisé régulièrement, on devra se préoccuper surtout de déterminer le débit minimum de la source. Il sera très facile, croyons-nous, d’arriver à ce résultat en interprétant les données pratiques résumées dans cette petite étude.
- Henri Blin.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- L’hygiène des vacances. — H. L’alimentation. —
- Si l'hiver est dangereux pour les voies respiratoires, l’été ne l’est pas moins pour les voies digestives. Les changements de régime que causent les déplacements, l’abondance des crudités auxquelles nous demandons de réveiller notre appétit qui diminue, la plus grande altérabilité de tous les mets, sont autant de menaces pour notre santé. Aussi, faut-il alors surveiller plus sévèrement son alimentation.
- Les boissons. — La chaleur, l’exercice provoquent la transpiration et nous incitent à boire, mais boire sans précautions coupe les jambes, fatigue et peut même
- produire de graves accidents. Lorsqu’on est en transpiration il faut boire lentement et à petites gorgées. A l’étape, il est sage d’attendre, malgré la soif, qu’on ait pris un peu de nourriture. En route il est bon de boire le moins possible et de se désaltérer en suçant un petit caillou ou en se rinçant simplement la bouche de temps à autre.
- Il peut y avoir danger de mort à boire rapidement une grande quantité de liquide frais ou glacé.
- La meilleure boisson est l’eau pure. Le vin, la bière, le cidre désaltèrent moins. L’eamde-vie n’est pas un aliment et le coup de fouet qu’elle donne à l’organisme
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- m RECETTES PHOTOGRAPHIQUES 1€
- est toujours suivi d’une lassitude beaucoup plus grande. Le café, le thé, le cacao à petites doses sont de bons stimulants, mais il ne faut pas en abuser. Les eaux gazeuses sont agréables à boire pendant les chaleurs, mais on doit savoir que l’acide carbonique qu’elles contiennent ne les purifie en aucune façon.
- Les aliments. — Nous mangeons pour entretenir la vie de nos tissus, pour pouvoir travailler et pour maintenir notre température à 87°. L’été, la température extérieure étant plus élevée, nous avons besoin de produire moins de calories et par conséquent nous mangeons moins et notre appétit diminue. Nous n’entrerons pas ici dans les questions de rations alimentaires et nous nous contenterons de rappeler quelques sages conseils.
- Nous mangeons toujours beaucoup trop et trop de plats même en ces temps de restrictions et de cherté de vie. Pas de grands dîners interminables, pas de menus de dix lignes et plus; manger à chaque repas d’une nourriture saine, variée, bien préparée, appétissante. La viande 'prise en grande quantité laisse dans notre organisme de nombreux produits de déchets difficiles à éliminer. Quand il est possible de se procurer du poisson frais, celui-ci sera une précieuse ressource pour varier les menus et pourra remplacer fréquemment la viande. '
- Le lait, toujours bouilli par précaution, les œufs frais, pourront aussi nous fournir notre ration d’albumine.
- Prenez garde aux crudités, aux radis, aux salades, aux fraises. Trop souvent cultivés sur du fumier, arrosés
- de purin, ils peuvent nous transmettre non seulement des œufs de ténia mais encore la fièvre typhoïde. Les huîtres et les autres coquillages crus seraient d’excellents aliments s’ils ne provenaient trop souvent des bouches d’égout et embouchures de rivières polluées où ils recueillent de nombreux germes pathogènes.
- Des légumes cuits, je n’ai rien à dire, sauf des champignons. Chaque année, a l’automne, ces derniers provoquent de nombreux accidents, car il est bien difïicile de reconnaître les espèces vénéneuses et toutes les recettes empiriques qu’on donne à ce sujet ne valent rien.
- Un bon moyen d’éviter tout accident grave est de ne jamais manger de champignons à volve qu’on reconnaît facilement à ce que jeunes, ils sont enfermés dans une enveloppe et que, développés, ils conservent, autour du pied et du chapeau les débris de cette gaine, la volve. Le vrai procédé pour se mettre tout à fait à l’abri des intoxications par les champignons est d’apprendre à connaître les genres et les espèces avec exactitude, ce que facilitent de nombreux ouvrages de mycologie.
- Le sucre est un aliment de tout premier ordre surLout lorsqu’il s’agit de préparer ou de réparer un effort. Sa grande digestibilité, le l'ait qu’il ne laisse dans l’organisme aucun résidu toxique le font chaudement recommander même à fortes doses, quand on peut s’en procurer. Tous les mets dans lesquels il entre, le miel, les pâtisseries participent de ses qualités. Toutefois méfiez-vous pendant les chaleurs des gâteaux à la crème si souvent toxiques d’une manière inexplicable. R. M.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Tolérance dans les écarts de pose. — Les émulsions lentes et, à un moindre degré, les émulsions rapides, offrent une certaine latitude dans le temps de pose. Il est généralement admis que le résultat d’une opération n’est pas visiblement modifié, lorsqu’on a posé 4 fois plus ou 4 fois moins que la pose réellement exacte. Si l’écart est plus grand, on peut encore obtenir des clichés satisfaisants, surtout avec un développement bien conduit. Cependant, l’image est d’autant plus dure et heurtée que la pose a été plus courte, et d’autant plus grise et plate qu’elle a été davantage surexposée. Toutefois, les clichés seront encore utilisables, soit à l’aide d’un correctif approprié (renforçateur ou affaiblisseur modifiant les rapports des opacités), soit en choisissant judicieusement le procédé de tirage convenant le mieux à l’échelle des valeurs du négatif.
- Limite d’emploi des bains de fixage. — Il ne faut jamais laisser le bain d’hyposulfîte de soude dans la cuvette après emploi. On devra le filtrer sur ouate hydrophile, puis le verser dans un flacon de verre jaune. M. P. Michaelis a constaté la décomposition progressive suivante des solutions exposées à l’air :
- Jours. Pertes, Jours. Pertes.
- 1. . . 0,74 pour roo 5. . . 5,2 pour 100
- 2. . . • 1,98 — 9. . . . 6,2 —
- 3. . . 3,72 — 13. . . • 7.44 -
- 4. • • • 4,46 — 21. . . 9>92 —
- D’autre part, les- vieux bains de fixage ont une tendance à colorer la gélatine en jaune. Enfin, les très vieux bains affaiblissent si bien l’image qu’ils la font complètement disparaître en 12 heures. Cette action est même plus rapide, si l’on n’utilise qu’une minime quantité de liquide et si l’on favorise l’action de l’air.
- MM. Lumière et Seyewetz ont déterminé expérimentalement dans quelles limites il convient d’employer les bains de fixage, pour éviter l’altération subséquente des clichés :
- i° Ne pas fixer plus de joo plaques 9X12 (ou l’équivalent en d’autres formats) dans un litre d’hypo-sulfite à i5 pour 100;
- 20 Ne pas fixer plus de 5o plaques dans un litre de bain renfermant i5 pour 100 d’hyposulfîte et i,5o pour 100 de bisulfite;
- 3° Ne pas fixer plus de 75 plaques dans un litre de bain de fixage renfermant i5 pour 100 d’hyposulfîte,
- i,5o pour 100 de bisulfite et o,5o pour 100 d’alun de chrome ;
- 4° On reconnaît le moment où il faut rejeter un bain de fixage, en étendant une goutte de bain sur du papier blanc et en examinant si la tache brunit quand on l’expose pendant quelque temps à l’air humide et à la lumière.
- Révélateur au pyrogalloï pour papiers au gélatino-bromure. — Malgré ses qualités toutes particulières, le pyrogalloï n’est pas usité dans le traitement des papiers au gélatino-bromure. Ce révélateur colore, en effet, en jaune-brun la gélatine et les doigts de l’opérateur, de sorte qu’il paraît bien difficile d’en obtenir des épreuves propres, avec des blancs purs. La méthode suivante permet d'éviter toute coloration et fournit des images qui se recommandent par l’éclatante pureté des blancs et la profondeur velouté des noirs. On prépare
- d’abord séparément :
- A. Eau chaude ayant bouilli. 1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre. i5o grammes.
- B. Solution A................. roo c. c.
- Pyrogalloï.................. 5 grammes.
- C. Eau....................... too c. c.
- Carbonate de soude ... 25 grammes.
- Carbonate de potasse. . . 80
- D. Eau..................... 100 c. c.
- Bromure de potassium. . 10 grammes.
- Au moment de l’emploi, on prend, pour une feuille de format i3 X 18 :
- Eau................. 100 c. c.
- Solution A.................. 1.5 —
- — B......................... 5 —
- C..................- 2 —
- — D......................... 1 —
- Si la pose a été exactement calculée, le développement est achevé en 5 minutes. Ainsi traité, le papier au bromure mat (ou le papier brillant séché sur verre dépoli) donne des photocopies qui, par leur éclat et leur modelé, rappellent les épreuves au charbon-velours.
- Accélération du fixage et du lavage. —t Quand le cliché a séjourné longtemps dans le révélateur, soit par suite d’une insuffisance de pose, soit parce que le bain était trop vieux ou trop bromuré, le fixage est parfois très lent, et la couche garde souvent une appareffce lai-
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- BOÎTE AUX LETTRES
- teuse, plus ou moins prouoncée et qu’un bain neuf d’hypo-sulfite n’arrive pas toujours à faire complètement disparaître. En pareil cas, il vaut mieux substituer au second bain d’hyposulfite une solution diluée d’ammoniaque.
- Au sortir du bain de fixage ordinaire, les plaques qui ont une apparence laiteuse sont plongées directement dans une solution à 2 pour 100 d’ammoniaque, où le voile opalescent disparait très rapidement. Il faut bien observer que le cliché doit être passé de Ehyposulfite dans l’ammoniaque sans lavage intermédiaire ; si on le lavait, le second fixage ne s’accomplirait que très imparfaitement, et quelquefois pas du tout, même avec une solution ammoniacale beaucoup plus concentrée.
- Les plaques ainsi traitées ont l’avantage de pouvoir être lavées bien plus rapidement que les autres. Rien n’empèche de les renforcer ou de les affaiblir suivant les méthodes habituelles.
- Nocivité des sels d’uranium. - Les sels d’uranium figurent dans plusieurs formules photographiques, notamment pour les virages en ton sépia. Il est utile de savoir que ces composés sont vénéneux et doivent, par conséquent, être manipulés avec précaution. Dès 1824, Gmelin signalait l’action dangereuse des sels d'uranium sur l’organisme. Depuis, Worschitzky a expérimenté cette action sur divers animaux et démontré que les sels d’uranium sont, à dose égale, plus vénéneux que les composés arsénicaux. Ils agissent par hémorragie du cœur et du foie.
- Il est donc nécessaire de se laver immédiatement les mains, après l’emploi des bains contenant des sels d’uranium, comme on doit d’ailleurs le faire après chaque manipulation photographique. La propreté en photographie doit être une règle générale; elle est essentielle, aussi bien pour la pureté des images que pour la sécurité de l’opérateur.
- Photographie des grottes et cavernes. — Ce genre présente des difficultés toutes particulières : parois humides réfléchissant fortement la lumière, stalactites blanches se profilant sur des fonds sombres, atmosphère humide et parfois opaline donnant des voiles, salles offrant peu de recul et nécessitant des objectifs à court foyer; enfin nuages d’oxydes maguésiques ou autres, produits par la lumière artificielle et empêchant toute opération ultérieure.
- Pour bien réussir les vues comportant des stalactites se détachant sur un fond éloigné et par conséquent sombre, M. Cosyns a conseillé de scinder l'opération en deux poses, l’une pour les stalactites, éclairées à l’aide d’un ruban de magnésium ou d’une charge de photopoudre, et l’autre pour le fond, éclairé au moyen d’une lampe à réflecteur.
- Le mode d’éclairage doit varier suivant les cas et les buts à atteindre. Les poudres-éclairs donnent des oppositions plus fortes d’ombre et de lumière; elles permettent de réussir parfaitement certains détails, par exemple les gouttes d’eau qui pendent au bout des stalactites; le ruban de magnésium produit un éclairage un peu plus diffus, parce qu’il peut être déplacé pendant sa combustion, et il en résulte des clichés mieux gradués. Quant à la lampe, au lieu d’un appareil coûteux et encombrant, il suffit d’employer un réflecteur percé en son centré d’un petit trou permettant le passage du fil de magnésium.
- Le temps de pose est difficile à évaluer. Pour une grande salle, il faudra environ 10 m. de ruban, si l’on déplace la source de lumière pendant la pose.- Il en faudra davantage, si la lampe reste à la même place, et les ombres portées seront parfois fort gênantes.
- Élimination de l’hyposulfite de soude. — Le chlorure d’ammonium ajouté aux eaux de lavage accélère la diffusion de l’hyposulfite de soude. L’expérience montre qu’en passant d’abord une plaque photographique pendant une minute sous un jet d’eau, puis l’iminergeant pendant 5 minutes dans une solution à 10 pour 100 de sel ammoniac, et procédant enfin à des lavages en eaux successives renouvelées de 5 en 5 minutes, l’élimination est complète après 4 lavages à l’eau pure, soit au bout de 25 minutes; tandis que des plaques témoins, non traitées au sel ammoniac, ne sont débarrassées de l’hyposulfite qu’après 8 lavages, c’est-à-dire après 4o minutes.
- Tirages à la lumière artificielle. — Le tirage des diapositifs ou des papiers au bromure s’effectue généralement à la lumière artificielle, et assez souvent à l’aide d’un fil de magnésium. Dans ces conditions, le moindre défaxit de la glace du châssis-presse projette une ombre qui se traduit par une tache sur la photocopie. Il est donc nécessaire de diffuser la lumière. Le verre dépoli ne convient guère, en pareil cas, le grain pouvant être accusé par la lumière du magnésium. Il vaut mieux interposer, entre la glace du châssis et le cliché, un verre opale (par exemple un ancien support de plaque opale). Cet écran, analogue à une porcelaine blanche très transparente, diffuse parfaitement les rayons lumineux et ne laisse apparaître aucun des défauts de la glace du châssis-presse. En outre, la douceur de la lumière tamisée améliore notablement les reproductions de clichés faibles. Ces avantages compensent largement l’inconvénient qui résulte de l’augmentation de la durée du temps de pose nécessitée par l’interposition de l’écran diffuseur.
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie tes faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demaudes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. Emile llanoll. — Décoloration d’un tissu noir. — Le démontage des couleurs est toujours une opération délicate, dans laquelle on doit tenir compte de la nature du tissu, soie, laine ou coton; chaque espèce de fibre se comportant différemment en présence des acides ou des alcalis. Les teinturiers se servent'habituellement de trois sortes de bains suivant la résistance des couleurs :
- A. Bain de savon noir ammoniacal :
- Eau chaude . ...............10 litres.
- Savon noir en pâte .... 2 kg
- Le tissu est macéré 12 heures dans le liquide épais, puis ou porte la température à 8o° C., après avoir ajouté, de l’ammoniaque, addition que l’on répète à mesure que sa volatilité la fait disparaître, on foule et rince à fond.
- B. Bain de Javel :
- Eau chaude . ..............>o litres.
- Eau de Javel............... 2 —
- Ou procède comme précédemment par foulage après avoir porté le bain à 5o°, on rince une première fois soigueusemeut, passe au carbonate de soude et rince à nouveau.
- C. Bain nitrique :
- Eau froide............... . 10 litres.
- Acide nitrique à 36° B. . 1 lit. 1/2
- Acide sulfurique à 66° B. . o lit. 4
- Ou passe le tissu à démonter dans ce bain maintenu à l'ébullition, les teinturiers le considèrent comme un démontant universel, son seul inconvénient est de donner à l’étoffe le plus souvent une légère teinte jaune.
- Eu résumé, on essaye successivement les bains A, B et C, dans ces conditions la majorité des couleurs disparaissent; il existe cependant des noirs et des couleurs grand teint que l’on ne peut démonter par aucun procédé.
- MM. Namura et Bonici, à Tunis. — La fabrication de la céruse, du minium et du blanc de zinc est traitée avec beaucoup de détails dans l’ouvrage d’Halphen, Couleurs et vernis, Baillière, éditeur, 19, rue ïîaute-feuille, Paris.
- M. Marlj, à Bengandane. — 1" Le plomb de chasse s’obtient facilement en versant du plomb fondu sur un
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- BIBLIOGRAPHIE
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- tamis en fils de fer placé à une certaine distance et en recevant les gouttelettes de plomb dans un vase rempli d’eau. Se servir de préférence d’un plomb arsenical à i ou 3. millièmes, l’arsenic donnant de la dureté. — 20 La teinture des fourrures est une opération délicate demandant de lapi'atique pour bien réussir, vous pourriez essayer du procédé suivant :
- Faire une solution de paraphénylène diamine à 20 gr. par litre, y tremper les peaux préalablement macérées dans l’eau, puis immerger dans un bain de bichromate de potasse à 5 gr. par litre. Laisser exposé à l’air un certain temps pour terminer l’oxydation qui développe et lixe le noir, finalement rincer à grande eau.
- M. L. Dassonville, 17, rue de la Madeleine, Bruxelles. — L’acétate de cellulose est fabriquée industriellement par MM. Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin (Seine).
- M. A. P. B. — Les produits catalytiques ne sont pas dans le commerce, ils sont obtenus sur place dans les usines qui appliquent les procédés Sabatier.
- M. R. B., à Boulogne-sur-Mer. — En vertu de l’arrêté ministériel du 28 juin 1912 qui, lui-même, se réfère à l’article ri de la loi du ier août igo5, il est interdit d’additionner les viandes et préparations de viandès, de substances chimiques autres que le sel mélangé exceptionnellement, de 10 pour 100 au maximum de nitrate de potasse pur ou de bicarbonate de soude pur. En conséquence, on ne peut songer à faire intervenir une substance chimique quelconque dans le traitement des jambons à dessaler, opération qui, outre la raison sus-indiquée, ue parait guère réalisable, étant données l’imprégnation complète des fibres, et au point de vue de l'hygiène alimentaire, les modifications que cette addition. introduirait dans la constitution même du produit dont la qualité serait ainsi altérée. D’autre part, il faudrait connaître exactement le mode de préparation de ces jambons américains emballés en saumure. Le séjour trop prolongé dans cette saumure paraît être la cause de l’excès de sel. En général, les viandes salées d’Amérique sont mises à tremper pendant 5 à 6 heures dans de l’eau froide, et si elles sont trop salées, on les met de nouveau dans de l’eau froide qu’on laisse arriver doucement à un commencement d’ébullition, et que l’on jette ensuite. Notez que pour bien dessaler la viande, il ne suffit pas de la tenir longtemps dans l’eau, car le
- liquide, saturé ou très chargé de sel, occupant le fond du récipient, se trouve en contact avec la substance à dessaler. Il faut, au contraire, à l’aide d’un filet, d’un panier à claire-voie, d’un canevas ou d’une toile très peu serrée, tenir la masse à dessaler seulement immergée près de la surface de l’eau. Le sel, à mesure qu’il se dissout, forme une solution plus lourde que l’eau, solution qui, tombant au fond du récipienl, n’est plus en contact avec la viande, pourvu que ce récipient ait une profondeur suffisante représentant à peu près une fois et demie ou deux fois le volume des morceaux immergés.
- M. A. L., à Nancy. — i° Employez la formule suivante de colle résistant à l’humidité et inaltérable :
- (jJEau chaude................. 1000 c. c.
- Borax........................ 60 grammes.
- Gomme laque................. 120
- Après dissolution du borax dans l’eau, y ajouter la gomme laque et faire bouillir en évitant l’évaporation jusqu’à ce que la gomme laque soit dissoute à son tour; 20 Le feutre pour jiiano se trouve à la maison Fortin, 36, rue de Dunkerque; pour les autres fournitures concernant la réparation des pianos, vous pourrez vous adresser à la maison L. Pinet, 64, cours de Vincennes, Paris, 12°; 3° Le glissement peut être obtenu facilement en frottant le bois avec du savon sec ; 4° Tremper les mains matin et soir dans une décoction de feuilles de noyer à 5o gr. par litre.
- M. A. Blum, à Kei Djemel (Algérie). — 1° Ouvrages traitant de l’obtention des goudrons de bois : Dictionnaire de Wiirtz, t. II, p. 1635 et supplément, p. 887.
- — Traité pratique des emplois chimiques du bois, par M. Klar, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. — Industries chimiques des bois et leurs dérivés, par Du-mény et Noyer à la Société d’Editions techniques, 16, rue du Pont-Neuf. Comme constructeurs, adressez-vous aux suivants : Sociétés d Entreprises industrielles, 9), rue Saint-Lazare. — Kaltenbach, 73, rue Montmorency.
- — Société de distillations des goudrons, 1, rue Jules-Lefebvre, Paris, 9°.
- M. A. B., à Epernay. — La poudre de liège a des usages nombreux et variés : revêtements calorifuges et frigorifuges, briques, carreaux feuilles contre les trépidations et le bruit. En ce qui concerne le linoléum, la maison Weidnecht, 1, boulevard Macdonald, vous donnera le renseignement demand'é.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) "
- Cinq cent sept mouvements mécaniques, par H.-T. Brown, traduit de l’anglais, par H. Stevart. 1 vol., 122 p., 5oy fig. Gauthier-Villars, édit. Paris.
- Ce recueil est un véritable dictionnaire des principales combinaisons mécaniques utilisées industriellement; l’énumération suivante donnera un aperçu sommaire de ce que Ton y trouve : poulies, engrenages de tous genres, transmissions, encliquetages, excentriques, bielles et manivelles, coulisses, vis, crémaillères, treuil, combinaisons diverses de leviers, chaînes, échappements, balanciers, turbines, pompes, etc. L’auteur ne s’est pas préoccupé de rechercher une classification de ces mouvements, mais un index alphabétique permet de retrouver rapidement ceux donton a besoin. Les dessins très clairs sont accompagnés d'une très succincte notice explicative. Ce petit livre rendra grand service aux inventeurs et aux industriels, en leur économisant des recherches et du temps.
- Précis d’Electricité industrielle, par R. Bosquet et E. Marec, 3e édition, t. I, 1 vol., 386 pages, 284 fig. J.-B. Baillière, édit. Paris, 1919.
- Le icrvolume est consacré aux définitions, àl’exposé j |des phénomènes généraux de l’électricité et du magnétisme, et des formules fondamentales, à l étude ifdes dynamos à courant continu et des alternateurs.
- La rédaction est d’une grande clarté; tout en ne faisant appel qu’à des connaissances élémentaires, les auteurs ont pu aborder et faire comprendre tous les problèmes importants de la pratique industrielle.
- Ze rôle de Vutilisation des chutes d’eau dans Vextension de l'activité individuelle et agricole, par Paul Lévy-Salvador, i vol., in-8, m p., 14 fig. Duuod et Pinat. Paris, Prix net : 9 francs.
- L’auteur, chef du service technique de l’hydraulique agricole au Ministère de l’Agriculture, examine les ressources hydrauliques de la France, leur répartition territoriale, leur recensement, le mode d’aménagement et d’utilisation des cours d’eau, les inconvénients des chutes d’eau, les mesures prises pour y remédier, leur situation actuelle et leur avenir, le rôle de la houille blanche pendant la guerre, le rôle dé l’Etat et celui de l’industrie privée.
- ATotes ptéridiologiques, fasc. Y et VII, par le Prince Roland Bonaparte, 2 vol. in-8, 218 et 135 pages.
- Bibliothèques municipales de Paris. — Liste de nouvelles acquisitions, année 1919, par Louise-Marie i erré, suivie d’une liste d’ouvrages de fond concernant la musique, par G.-E. Bertin, avec introduction. Une doctrine des achats par E. Goyecque. i vol. in-8, Plon-Nourrit, Paris.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2365 26 Juillet 1919
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : Lord Rayleigh. — La science anglaise vient de perdre un de ses plus brillants physiciens. Lord Rayleigh est mort, à l’âge de 77 ans, laissant une œuvre considérable dans les domaines les plus divers, principalement en acoustique et en optique. La célébrité lui vint pour la découverte de l’argon qu'il lit avec sir William Ramsay, mais il {(^beaucoup d’autres titres de gloire. Il écrivit un livre devenu classique sur la théorie du son et plusieurs autres études sur les radiations et les vibrations dont il appliqua la théorie au mouvement des fluides, au son, à la lumière et à l’électricité, à l’explication du bleu du ciel, etc. Esprit précis et critique, il donna au Philosophical Magazine de nombreuses contributions aux problèmes les plus variés. Professeur à Cambridge, puis à la Royale Institution, il avait été lauréat du prix Nobel en igo5 et élu membre associé de notre Académie des Sciences en 1910.
- Nécrologie : M. H. Armagnat. — On nous annonce la mort de M. H. Armagnat, décédé à 56 ans, après une courte maladie. Savant modeste et désintéressé, homme de cœur et de haute conscience, M. Armagnat est l’une de ces ligures qui se font trop rares par, les durs temps actuels.
- Obligé tout jeune de gagner sa vie avec une simple culture primaire, M. Armagnat réussit, par un travail personnel acharné et grâce à cette inflexible volonté que l’on rencontre si rax-ement et qui rend si estimables les autodidactes, à devenir l’un des hommes les plus éminents parmi les ingénieurs électriciens d'aujourd’hui.
- Secrétaire général du Syndicat des Electriciens, chargé pendant plus de vingt ans du Laboratoire des recherches et des mesures à la maison Carpentier, M. Armagnat est l’auteur de deux ouvrages universellement estimés : La bobine d’induction et Instruments et méthodes de mesures électriques. Quand éclata la guerre, M. Armagnat vint trouver le colonel Ferrié, directeur technique de la Radiotélégraphie militaire, et lui déclara : « Mes fils sont partis ; je suis trop vieux pour les suivre ; je voudrais être utile au pays. Je vous serais très obligé si vous pouviez m’employer. »
- Pendant cinq ans, ingénieur bénévole à la Radiotélégraphie militaire, M. Axunagnat rendit les plus signalés services à la défense nationale. Spécialisé de longue date dans les mesures électriques, il appliqua sa grande expérience à résoudre de façon magistrale tous les problèmes qui lui furent successivement posés. Il mit au point la goniomiétrie qui a rendu de si importants services aux armées; il créa un laboratoire destiné à l’étalonnage des milliers d’ondemètres qui furent employés par la radiotélégraphie militaire. Il organisa tout un dispositif de mesure pour permettre l’étalonnage précis d’ondes émises spécialement par les postes de Paris et de Lyon pour unifier les indications des ondemètres employés dans les divers pays. Ce dispositif fut des plus utiles, non seulement aux armées et aux postes de l’intérieur, mais encore à tous nos alliés. Enfin depuis l’armistice, M. Armagnat s’occupait de la mise au point de nouveaux appareils de radiogoniométrie sur avion et il n’hésitait pas à faire lui-même de nombreux vols par tous les temps pour essayer ces appareils.
- Passant à ces délicats travaux les nuits et les jours, se dépensant sans compter avec un dévouement et un désintéressement absolus, M. Armagnat, par ce labeur de cinq années, qui n’a pas peu contribué à l’épuiser et à hâter sa lin, a véritablement bien méxdté de la patrie.
- Il lui avait déjà donné un de ses fils, glorieusement tombé le i5 juillet 1918 dans la région de Mox’onvilliers. Lui-même est mort pour la France, il n’est pas exagéré de le dire, après avoir largement payé sa dette au pays.
- La citation qui accompagne sa pi’omotion récente au grade de chevalier de la Légion d’honneur résume bien tous les mérites de ce savant dévoué et modeste dont la haute valeur scientifique n’avait d’égale que sa rare élévation morale. Nous la donnons intégralement :
- « Armagnat (Henri-Marie), ingénieur-électricien. Titiœs exceptionnels. Ingénieur-électricien du plus haut mérite qui, dégagé de toute obligation militaire en raison de son âge, s’est offert pour participer aux études
- de l Etablissement de la Radiotélégraphie militaire. Est allé fréquemment aux armées et a fait de nombreuses ascensions en dirigeable, dans des conditions souvent dangereuses, pour mettre au point et perfectionner les appareils et les méthodes. A rendu des services considérables. » C. M.
- Le retour du dirigeable R-34. — Le dirigeable A-34 vient de fx-anehir à nouveau l’Atlantique, et cette fois en y3 heures seulement. On se souvient qu’à l’aller, il a mis 108 heures. Parti le 10 juillet à 6 heures de la côte des Etats-Unis, et après avoir croisé au-dessus de New àork pour satisfaire la légitime euiüosilé des habitants de la grande cité américaine, le dirigeable a pris une roule plus au sud que sa route d’aller. Le 13 juillet à 7 heures, il atterrissait à Pulham, comté de Norfolk (à 135 km environ de Londres). A noter que c’est sux- ordi'e de l’Amix’auté, transmis par T. S. F., que laéronef a choisi ce point d’atterrissage et n’a pas x'ejoint son port d’attache de East-Fortune en Ecosse, dont les abords étaient rendus difficiles par une violente tempête. Il faut signaler également que l’un des moteurs est resté en panne pendant la majeure partie de la traversée. Le R-34 a ainsi battu tous les records transatlantiques et démontré que le transport par dirigeables est d’ores et déjà dans le domaine pratique.
- L’éclipse totale de Soleil du 28 mai. — L ’éclipse totale de Soleil du 28 mai dernier a été remarquable, dit notre confrère Y Astronomie, par la durée de sa totalité, qui a atteint 6 minutes 5i secondes. M. Deslandres, directeur de l’Observatoire de Meudon, î-egrette que, contrairement aux précédents, faute de crédits et de personnel, Meudon n’ait pu envoyer cette année une mission astronomique pour étudier le phénomène. Cependant, les savants de l’Observatoire ont remarqué plusieurs faits inléressants. Le 27 mai sur le bord sud-est de l’astre solaire, une protubérance de dimensions considérables a fait brusquement son apparition. Cette pro-tubérance s’est maintenue pendant l’éclipse et a duré pendant une vingtaine d’heures.
- Les obsex-vateurs de l’éclipse l’ont constatée plus dix-ectement et plus complètement. A Williams Bav, les astronomes de Yerkes Observatory déclarent que" c’est la plus gTande qu’ils aient, jamais vue, s’élevant à 3 10 000 km, sur une longueur de 547000! Elle se serait détachée du disque solaire sous forme de nuage.
- Le général Ferrié, qui dix-ige les services radiotélé-graphiques militaires, s’est livré à Meudon, en collabo-ration avec M. Perrot, à une expéxnence du plus haut intérêt. Il s’agissait de savoir si l’éclipse a une influence quelconque sur la transmission des ondes hertziennes. On sait, en effet, que les signaux de T. S. F. sont plus facilement transmis la nuit que le jour. Un récepteur spécial installé à l’Observatoire de Meudon a été dirigé sur la station de T. S. F. anglaise de File Ascension, située au milieu de l’Atlantique un peu au nord de Sainte-Hélène. Les messages radiotélégraphiques d’Ascension entendus pendant la nuit ne sont pas perçus le jour. Or, au moment de la totalité de l’éclipse, lorsque l’ombre projetée par la luue passait entre l'Ascension et Meudon, les signaux de T. S. F. d’Ascension furent fort bien entendus à l’Observatoire. Les signaux diminuèrent ensuite d’intensité, pour disparaître complètement lorsque l’éclipse prit fin.
- L’étoile la plus rapide du ciel. — D’après des mesures spectroscopiques faites à l’Observatoire du mont Wilson pour déterminer la vitesse radiale des étoiles (c'est-à-dire la vitesse avec laquelle elles se rapprochent ou s’éloignent de notre système solaire), il semble, suivant notre confrère Y Astronomie, que l’étoile désignée par la dénomination A. G. Berlin 1366 est animée d’une vitesse îxxdiale de 33g km par seconde. C’est la plus grande vitesse constante observée jusqu’à présent pour une étoile. Celle qui vient ensuite, Lalande 1966, pi'é-sente une vitesse de 32a km par seconde, dans une direction opposée. •
- Cuirassés de 43 000 tonnes. — Les deux cuirassés lowa et Massachusetts que les Etats-Unis vont prochai-
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- INFORMATIONS
- nement mettre en service déplaceront chacun 43 200 t. C est un record pour les bâtiments de ce genre. Chacun d’eux sera pourvu d’une transmission électrique, analogue à celle du Mexico. Ils mesureront environ 205 m. de long, 32 m. de large. Leur vitesse maxima sera de i3 noeuds ; leur rayon de croisière dépassera 12000 kilomètres.
- L’industrie des pierres à briquet en France. — Cette industrie, née en Autriche, et particulièrement prospère en Allemagne, a surgi en France sous la poussée de la guerre. Elle a été réalisée grâce aux efforts de M. Visseaux. M. Trillat dans la Revue de la Société d'Encouragement à VIndustrie nationale expose la situation de cette industrie nouvelle.
- Le ferrocérium qui a la propriété de donner par choc des étincelles susceptibles d’enflammer l’essence de pétrole, ou de mettre le feu à l’amadou, a été découvert en 1903 par le D1' Auer de Vienne, l’inventeur du manchon Auer. Il était fabriqué à l’usine de Treibach (Autriche). Deux alliages nouveaux vinrent ensuite lui faire concurrence : le zinco-cérium, fabriqué à Bittcrfeld (Allemagne) et le magnésio-cérium fabriqué à Berlin par les usines Kunheim. C’est le ferrocérium dont M. Visseaux a réussi à mettre au point en France la fabrication industrielle. Le cérium s’extrait de la mona-zite : c’est un phosphate de thorium, cérium, lanthane et didyme que l’on retire au Brésil, des sables de certaines rivières. On le traite pour en extraire le thorium nécessaire à la fabrication des manchons à incandescence pour le gaz; les résidus servent à extraire le cérium. On prépare d’abord par une série de traitements chimiques et physiques du chlorure de cérium anhydre, dont on sépare ensuite le cérium par électro-lyse. L’alliage ferrocérium qui comporte 3o pour 100 de fer, jo pour 100 de cérium se prépare dans des creusets en terre réfractaire chauffés à 11000. L’alliage liquide est coulé dans des lingotières en tôle d’où on le retire à l’état de baguettes. Un kilogramme de cérium contient 55oo pierres de 5 mm de longueur de 2,8 mm de diamètre, chacune de ces pièces fournit goo allumages. Autrement dit : 1 kg de cérium équivaut à 5 millions d’allumettes.
- Ce n’est qu’après 2 ans d’efforts qu’en lin 1916 la fabrique de M. Visseaux réussit à sortir mensuellement quelques kilogrammes de cérium. La production atteint aujourd’hui 24000 kg par an et suffi t à alimenter le" marché français, elle se fait dans 5 usines.
- Production mondiale de Sa fonte et de l’acier. — La British Fédération of Iron and Steel Manufacturées, publie les renseignements suivants sur les variations de là fabrication de la fonte et de l’acier dans les quatre plus grands Etats producteurs depuis 1900 :
- Années. Angleterre. Etals-Unis. Allemagne. France.
- Fonte en milliers de ton nés.
- 1900. . . 8.960 13.789 8.5 2 I 2.714
- igo5. . 9.608 22.992 10.988 8.077
- 1910. . . 10.012 27.3o4 14.798 4. o3 2
- 1911. . . 9.026 28,65o 15.534 4.426
- 1912. . . 8.751 29.727 17.753 4.439
- igi3. . . 10.260 30.967 !9.292 5.207
- 1914. . . 8.924 23.332 c 14.392 —
- 1910. . . 8-794 29.916 IT.79O —
- 1916. . . 9.048 3g.435 i3.285 1.447
- 1917. . . 9.420 38.621 i3.142 1.684
- 1918. . . 9.066 3g,o52 a. t 1.5go 1.297
- Acier en milliers de tonnes.
- 1900. . . 4.901 CO 00 0 6.646 i.565
- 1905. . . 5.862 20.024 10.067 2.240
- 1,910. . ' . 6.374 26.095 1.3.699 3.390
- 1911. . . 6.46 2 23.676 15.019 3.68i
- 1912. , . 6.796 3i.25i I7.302 4.428
- igi3. . . 7.664 3i.3o t 18.909 4.687
- 1914. . . v;. 835 23.5i3 14.973 —
- igi5. . . c.8.55o 3s.151 13,258 —
- 1916. . . c. 9.196 42.774 i6.i83 1 .952
- U917. . . c.9.804 45.o6i 16.587 2.232
- 1918. . . c.9.591 46.073 a.14.874 I.9I2
- On y voit que l’Angleterre est restée sensiblement
- stationnaire)1 que la France et l’Allemagne ont réduit
- leur production depuis la guerre, mais que les Etats-Unis oui pris un développement formidable.
- Pertes des légumes à la cuisson. — Le Bulletin de Renseignements de l’Institut international d’Agriculture signale une intéressante étude de MM. Masoni et Savini sur les pertes de matières alimentaires que subissent les légumes pendant leur cuisson dans l’eau. Une partie de leurs matières organiques se dissout, notamment certains composés azotés importants tels que les albumines végétales, les nucléoprotéides, les glucosides, les ferments, et aussi des composés phosphores soit organiques tels que la phytine, soit inorganiques. La proportion entraînée dans l’eau est considérable, comme on en jugera par le tableau suivant :
- iroporl.ion pour 100 Ma lié •es Anhydride Azoti
- enlevée par l’eau organ t[UOS. minérales. pliospliorique. —
- Chou rouge . . . 32 61 45 «9
- Epinards 10 8; 2 4 26
- Chicorée *7 49 • 3 6 ‘Al
- Asperges . . . . I 7 '>7 84 9 i
- Chou-fleur . . . 49 67 51 35
- Artichauts . . . . 26 34 26 ü 3
- Haricots verts . . 0 „ J7 52 53 89
- Pommes de terre. 0 • ? 6 l7 32
- Betterave roug'e. . •1 l ,)8 61 42
- Riz 8 74 79 7
- Haricots blancs, . 9 29 29 13
- Lentilles ï 1 56 46 15
- Châtaignes. . . . 24 58 f r Z|0 16
- Comme la cuisson à l’eau des aliments végétaux est ordinairement indispensable, pour éviter les pertes, il faut donc employer cette eau pour faire les soupes et autres aliments semblables, ou bien avoir recours à une cuisson dans le moins d’eau possible, une concentration opportune du liquide de cuisson jusqu’à sa réabsorption partielle, une cuisson à la vapeur ou au bain-marie.
- Les ressources du Banal. — Le Jurnalul de Bucarest donne les renseignements statistiques suivants sur l’importante région du Banal, actuellement revendiquée en entier par la Roumanie. Avant la guerre, le Banal couvrait 28 3a3 km2 dont 14 22 t en terres cultivées. Les surfaces ensemencées en froment occupaient à elles seules 6358 km2, la vigne 3oo, les forêts 6oi5. On y comptait plus de 8 millions d’arbres fruitiers, 483 000 bovins, 3iSooo chevaux, 1 185796 ovins, 646698 porcins. Il y existe en outre des gisements minéraux importants. L’industrie est représentée par 22 moulins à vapeur, 2 brasseries, 14 scieries mécaniques, 9 hauts fourneaux, 5 distilleries, 5 fabriques de ciment, 5 fabriques de machines, etc.
- Désinfection des graines par Je formol. ........ Les
- Etats-Unis importent une grande quantité de graiues de toutes les parties du monde, et ils ont souvent introduit ainsi des parasites nouveaux, désastreux pour leurs cultures. Aussi ont-ils cherché un moyen pratique de désinfecter toutes les semences qui leur arrivent et ils semblent l’avoir trouvé, si l’on en juge par une récente étude de M. Cecil C. Thomas parue dans le Journal of Agriculiural Research. La plupart des graines ne peuvent être mouillées si bien que les insecticides liquides sont inemployables. Mais les fumigations de formol semblent sans inconvénients. La plupart des champignons et des bactéries sont détruits par un traitement de 2 heures à la dose de 3o onces (85o,5 gr.) de formol pour 1000 pieds cubes (28,317 m3). Le pouvoir germinatif n’est pas diminué.
- Le 17e Concours Lépine, organisé par l’Association des Petits Fabricants et Inventeurs Français, i5i, rue du Temple, Paris, aura lieu cette année, du 26 septembre au 4 novembre 1919, aux salles du Jeu de Paume (Jardin des Tuileries), à Paris.
- Cette manifestation fournit aux Inventeurs et Fabricants, l’occasion de faire connaître le produit de leur imagination, et, par le Certificat de garantie, remis à ceux qui en font la demande, protège en France les inventions, sans aucun frais pendant 12 mois, avant la prise facultative du brevet définitif.
- Le Concours s’adresse à toutes les branches de l’Industrie. Il est ouvert aux artisans de toutes les professions : métaux, bois, cuir, papier, céramique, tissus, etc., etc., à l’exclusion des produits d’entretien et d’alimentation.
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- 'Laboratoire
- Nouvelle colonne à distiller de laboratoire. — Tous ceux qui ont eu l'occasion d'étudier la distillation savent que les appareils industriels ont une efiicacité plus grande que les dispositifs employés au laboratoire, de sorte que, résultat assez paradoxal, l’industrie obtient phis facilement des produits plus purs. C’est qu’en effet les principes utilisés ne sont pas les mêmes, et il est bon de rappeler en quoi consiste la distillation.
- Les appareils industriels sont constitués de 3 parties distinctes : la colonne proprement dite, le rétrogra-dateur et le condenseur.
- Dans la colonne, on réalise, par contre-courant, un contact intime entre la vapeur venant de la chaudière et le liquide refluant provenant du rétrogradateur (barbotage dans les colonnes à plateaux, lâchage dans les colonnes à anneau ou à chaîne...). Cette colonne est isolée thermiquement avec d’autant plus de soin que les
- corps à séparer ont des points d’ébullition plus élevés. Dans ces conditions, les composants les moins volatils se condensent siiccessivement en provoquant la vaporisation de quantités équivalentes des parties les plus légères du liquide en contact. Tel est le véritable mécanisme du fonctionnement et lorsque l’appareil fonctionne bien, la vapeur à la sortie est presque exclusivement composée du corps le plus volatil.
- Cette vapeur passe dans le rétrogradateur, qui est un réfrigérant à reflux réglé pour condenser la majeure partie (mais non la totalité). Le liquide condensé sert au lavage des gaz dans la colonne. La partie non condensée, encore légèrement purifiée par cette opération, passe au condenseur et aux appareils de réception.
- Tout autre est le fonctionnement de la colonne classique de laboratoire. Elle ne comporte pas de rétrogradateur, c’est le corps de la colonne qui joue ce rôle. Par suite, les quantités de vapeur et de liquide en présence varient aux différents étages de l’appareil : trop faibles en haut, elles sont trop grandes vers le bas de la colonne où se produit l’engorgement si l’on essaie d'augmenter son efficacité en lui donnant une plus grande hauteur. D’autre part, on ne peut isoler thermiquement une colonne de laboratoire car toute condensation de vapeur serait supprimée.
- La colonne Robert réalise un disposif analogue à ceux employés dans l’industrie et elle a une efficacité au
- moins égale à celle des appareils industriels. C’est donc un gros perfectionnement dans la technique des laboratoires.
- Elle comprend 3 parties distinctes : la colonne proprement dite, le rétrogradateur et un disposilif pour la mesure de la température.
- La colonne proprement dite est formée d’un tube de verre dans lequel des étranglements successifs séparent de petits entassements de cylindres de verre, ou de tournure de cuivre ou d’aluminium. Ce tube est soudé à l’intérieur d’un manchon de diamètre légèrement supérieur, dans lequel un vide très poussé a été réalisé par les procédés les plus perfectionnés. Ainsi se trouve réalisé l’isolement calorifique parfait de cet organe fondamental d’une colonne à distiller et qui jusqu’à présent n’existait pas dans les appareils de laboratoire.
- Le rétrogradateur qui lui fait suite est un réfrigérant quelconque à courant d’eau ou d’air; sa longueur varie suivant le point d’ébullition des corps à séparer. Le dispositif de lecture th.errnométrique . qui surmonte l’appareil est analogue à telui des ballons de Berthelot et supprime toutes les corrections de températures dont il faudrait sans cela tenir compte dans les lectures.
- Cet ensemble constitue un appareil très puissant et qui permettra d’une part d’économiser un temps précieux dans les laboratoires, puisqu’il suffit d’un nombre de distillations infiniment moindres pour arriver au même degré de séparation qu’avec les colonnes ordinaires, et d’autre part de pousser plus loin et plus sûrement les purifications des corps volatils.
- Cet appareil se trouve à la Compagnie générale de verrerie et appareillage scientifiques, 4> rue Clément, Paris.
- Inscriptions gravées sur le verre. — Il existe diverses mixtures permettant de tracer des inscriptions assez solides sur le verre, par dépôt d’une sorte de vernis. Mais aucun de ces produits ne donne de traits indélébiles. On obtient ces derniers, indispensables pour marquer certains récipients soumis à l’action de réactifs qui détruiraient les encres usuelles, avec des mixtures à base de produits fluorés capables de corroder la substance du verre.
- Toutefois, un grand nombre des produits préconisés pour cet usage dans divers recueils ne nous ont donné aucun bon résultat. En particulier, les recettes comportant l’emploi de fluorures de calcium, de sodium, de potassium, avec adjonction d’acide, ne nous permirent pas d’obtenir les moindres inscriptions gravées. Les seules assez bonnes encres fluorées sont l’acide fluor-hydrique, et une solution fortement ammoniacale de fluorure d’ammonium (neutraliser par l’ammoniaque de l’acide fluorhydrique ordinaire, puis ajouter assez d’ammoniaque pour doubler le volume). On rend plus commode l’usage de ces mixtures en les délayant avec du sulfate de baryte qui rend l’encre moins fluide et les traits plus apparents. On les prépare dans une cuvette faite avec quelque vieille poire de caoutchouc dont on enlève la moitié percée ; on les applique sur le verre bien nettoyé avec un bout de bois taillé en plume ; on laisse sécher et on lave. Pour donner aux légers traits dépolis plus* d’intensité, il est bon d’appliquer sucee s s ive ment plusieurs couches d’encre sur chaque trait. L’acide fluorhydrique est un poison dangereux dont on doit éviter de respirer les vapeurs et dont on ne doit pas se mouiller les doigts.
- Les encres ci-dessus donnent seulement, quoi qu’on fasse, des traits bien moins profonds et nets que l’acide fluorhydrique agissant en grand excès soit sous forme liquide, soit sous forme gazeuse : il y a, en effet, dans la faible quantité d’encre déposée sur le verre, trop peu de réactif pour provoquer une forte attaque. Rappelons que pour obtenir facilement de telles inscriptions, on passe sur le verre tiédi un morceau de cire ou de paraf
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- fine de façon que toute la surface soit protégée d’un mince enduit. On laisse refroidir, on trace les inscriptions à graver au moyen d'un stylet, puis on procède à 1 attaque. Si 1 on veut opérer par des vapeurs, le mieux est de mettre au fond d une petite boîte en carton ou en bois une cupule de plomb (feuille épaissie qu’on aura martelée au milieu pour la creuser), dans laquelle on met du fluorure de calcium finement pulvérisé. On arrose d acide sulfurique fort puis, aussitôt, on plaee sur le bout de la boîte la plaque de verre à graver et on laisse pendant quelques heures. Il suffit ensuite de faire chauffer un peu le verre et de l’essuyer pour enlever 1 enduit, gras et rendre les traits gravés bien apparents.
- Ln opérant ainsi, on obtient des traits mats, tandis que la morsure à 1 acide liquide donne des traits polis. C est au moins ce que disent tous les auteurs. En réalité, quand on ne grave pas de larges surfaces, mais seulement des traits, la différence est peu sensible. Et on peut aussi bien employer l’acide tout préparé, plus facile à mettre en oeuvre, que celui obtenu en décomposant un fluorure. Pour cela, sur la surface enduite ayant reçu les traces du stylet, on pose, délicatement, plusieurs épaisseurs de papier filtre, et on verse là-dessus de 1 acide fluorhydrique pour bien imbiber la masse. De fort bous résultats peuvent aussi être obtenus en découpant un bout de papier filtre juste de la grandeur des inscriptions à graver; cette étiquette, manipulée avec une pince bruxelles, est trempée dans l’acide fluor-hydrique, puis délicatement déposée sur la surface du verre à attaquer. On forme ainsi réservoir d’acide sans nécessité de former une sorte de cuvette pour contenir le liquide. On laisse pendant assez longtemps : aucun excès d attaque n’étant à craindre, on rince à l’eau, on fait chauffer et on essuie.
- Pour rendre plus visibles les traits gravés, il est bon, lorsqu on fait chauffer pour enlever la paraffine en essuyant, de frotter sur le verre un peu de poudre colorée : vermillon, noir de fumée, bleu d’outremer. A defaut de couleur, on prend un bouchon brûlé. Puis on frotte avec un tampon de chiffon bien serré, qui enlève la graisse colorée recouvrant la surface plane du verre sans pouvoir nettoyer les creux gravés.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Travaux d'Amateur
- Scellement d’une console dans un mur. — Combien de fois n’arrive-t-il pas à chacun de nous de vouloir exécuter à la maison de petits travaux soit pour notre
- distraction personnelle, s oit parce que le concours de l’ouvrier spéc, ia li ste fait défaut au moment opporlun. Parmi ces petits travaux l’exécution d’un scellement se présente fréquem -ment etil estutile de pouvoir l’effectuer au besoin, car il ne présente aucune difficulté, tout au plus de simples précautions.
- Supposons comme exemple que nous ayons à sceller une console dans un mur, les extrémités de celle-ci présen -tent un empattement que l’on devra chercher à maintenir le plus solidement possible.
- Pour cela on s adresse de préférence au plâtre qui a l’avantage de faire prise rapidement et immobilise presque de suite la pièce; de plus il augmente de volume au moment de cette prise et exerce un effort de serrage très utile.
- On commence par tracer sur le mur un carré régulier de 6 à 8 cm au moyen d’un burin assez tranchant, de façon à découper proprement la partie superficielle recouverte souvent de peinture, cela afin que le travail une fois terminé soit le moins visible possible.
- Puis, agissant plus rapidement dans la profondeur, on creuse toujours au moyen du burin une sorte de pyramide quadrangulaire dont la base située à l’intérieur aura environ a cm de plus comme côté que le carré initial (fig. 3).
- Cela fait, on mouille à saturation l’intérieur du trou et on prépare quelques morceaux de briques cassés ou briqnetons, de dimensions telles qu’ils puissent passer entre la pièce à sceller introduite dans le trou et les bords de ce trou — ces morceaux sont de même imbibés d’eau complètement.
- On gâche alors du plâtre assez « serré », c’est-à-dire avec peu d’eau et on surveille sa prise en le remuant constamment, lorsqu’il devient pâteux, on le projette avec force dans le trou que l’on garnit presque complètement, on introduit l’empattement de la console, puis, trempant les morceaux de briques dans le plâtre gâché, on les enrobe de plâtre et les fait pénétrer successivement entre la pièce et les bords du trou de façon qu’ils exercent un serrage (fig. 4). Ce garnissage se continue jusqu’au moment où les briquetons vont affleurer, on termine par du plâtre seul et on attend la prise complète, enfin on égalise la surface au moyen du couteau à mastic (fig. 5), pendant que le plâtre est encore frais.
- Toutes ces opérations doivent se faire rapidement mais sans précipitation ; lorsque la pièce est lourde on la met en place de suite et on la maintient dans les trous par des coins de bois que l’on enlève successivement au moment de faire le scellement.
- ctg^ Objets utiles ^
- Lampe électro-magnétique de poche Luzy. — La
- lampe électrique de poche à pile a le défaut de ne pas être éternelle. Les piles s’usent, se déchargent et la puissance d’éclairage diminue peu à peu.
- Cette lampe est avantageusement remplacée par la lampe à magnéto, système « Luzy », véritable lampe perpétuelle qui fonctionne sans pile, ni accumulateur.
- L’emploi de la lampe « Luzy » ne présente aucune difficulté. Sa mise en marche est obtenue au moyen du
- levier de manœuvre, maintenu fermé dans la période de repos par un bouton. En tournant ce bouton, le levier se soulève automatiquement. Il suffit alors de presser sur ce levier pour obtenir de la lumière, en prenant la lampe de manière qu’il soitr actionné par les doigts. Le mouvement du levier est transmis par un mécanisme multiplicateur à un aimant multipolaire mobile, tournant rapidement autour d’un induit fixe, directement relié à l’ampoule lumineuse. Il est recommandé de ne pas presser brutalement sur le levier, mais d’agir, pour mettre la lampe en marche, par petits efforts successifs et d’entretenir ensuite) le mouvement de mécanisme par des pressions régulières et sans à-coup. Simple, solide, légère, élégante, peu encombrante, la lampe « Luzy » ne demande aucun entretien.
- En vente à la Compagnie générale des lampes électromécaniques, 86, rueade Miromesnil, Paris.
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- VARIÉTÉS
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- Les voies de communication des régions libérées.
- — Un rapport du Ministre des Travaux publics, des lransports et de la Marine marchande au Président de la République, inséré au Journal Officiel, rend compte de la silualion actuelle de nos voies de communication dans les régions qui ont été occupées par l ennemi. Nous lui empruntons les données suivantes :
- Réseaux du Nord et de l’E^t. — Les dommages occasionnés par les faits de guerre et par l’ennemi, portaient pour le réseau du Nord sur 33oo km de ligne, détruites ou hors de service; pour le réseau de l’Est, sur •i3oo km. En outre, i5io ponts, 12 tunnels, 5g > bâtiments avaient été anéantis.
- Les travaux ont été poussés activement, dès 1918, par les troupes de chemins de fer françaises, anglaises et américaines, et le service de la voie des réseaux. A la date de 1 armistice, certaines réparations provisoires avaient pu déjà être faites; il restait, le 11 novembre 1918, à parachever ces réparations, et à rétablir sur le réseau du Nord 583 km de ligne à double voie et 529 km de ligne à voie unique. Au 1" juillet 1919, on avait rétabli : 56g km de ligne à double voie et 5a 1 km de voie unique.
- Il ne reste donc plus à rétablir que 14 km de ligne à dotxble voie et 8 km de ligne à voie unique, soit moins de 1 pour 100 de l’ensemble des réparations imposées par les destructions de l’ennemi.
- L exploitation a pu reprendre sur presque toutes les lignes (saxil: sur 166 km) et i5 gares seulement restent a rétablir, dont 4 sur la ligne de Guise à Hirsou, anciennement à voie de 1 m. et qu’on rétablit à voie normale.
- La réparation définitive des 1180 ponts et des 5 tunnels détruits se poursuit activement. Des ponts provisoires ont été posés sur les culées et piles déjà rétablies définitivement, en attendant la livraison des ponts métalliques.
- Sur le réseau des mines, il y avait a3o km de voies à réparer au moment de l’armistice; actuellement, 125 km de lignes, sont rétablis, le reste est en cours d'exécution. Sur 88 ouvrages d’art détruits, i5 sont réparés, 31 sont sur le point de l’ètre. Les sapeurs de chemins de fer prêtent leur concours aux compagnies des mines pour activer les travaux. L’important mouvement des trains charbonniers du nord de la Somme démontre que l’on a obtenu, dès cet hiver, des résultats utiles.
- Sur le réseau de l’Est, au ior juillet 1919, et depuis l’armistice, on avait réparé :
- 721 km de ligne à double voie.
- 513 km de ligne à voie unique.
- Il reste à rétablir. iy5 km de ligne à double voie et 54 km de ligne à voie unique, soit environ 10 pour 100 des réparations totales.
- L’exploitation a été reprise partout, sauf pour 42 gares. Les réparations de certaines sections de lignes sur le réseau de l’Est présentent des difficultés particulières en raison de l’importance des ouvrages d’art détruits.
- Sur la Meuse, par exemple, il a fallu attendre la fin de la crue qui a duré jusqu’au milieu de mai pour être fixé sur la nature exacte des destructions des culées et piles des ponts.
- Sur l’ensemble des réseaux reconstitués on a pu assurer progressivement un trafic relativement important : rapatriement des réfugiés, reprise des relations commerciales, transports de mobiliers, de matériaux, de bestiaux, d’outillage et de matières premières, etc., indépendamment. des transports de troupes en vue de la démobilisation ou du rapatriement des corps expéditionnaires des nations alliées ou associées, et des transports d’intérêt général : ravitaillement, charbon, etc.
- Le développement des relations commerciales avec l’Alsace et la Lorraine a particulièrement contribué à intensifier le trafic sur le réseau de l’Est.
- Les voies d'intérêt lecal. — Les lignes d’intérêt local à voie normale détruites parxÿl’ennemi sont presque toutes englobées dans les lignes du réseau du Nord.
- Le nombre de kilomètres de ces lignes à rétablir est d’environ 363 1cm sur lesquels :
- 18 km sont réparés définitivement;
- 113 km sont réparés provisoirement;
- 85 km sont en cours de réparation.
- Pour les lignes d’intérêt local à voie de 1 m., ce sont
- les départements intéressés qui ont l’initiative de leur rétablissement. Le Ministre des Travaux publics les a d’ailleurs incifés vivement à activer les études et travaux de reconstitution.
- Les voies navigables. — Les voies navigables ont été, comme les voies ferrées, l’objet de destructions systématiques de la part de l’ennemi.
- Les dégâts ont porté sur :
- 107.5 km de canaux ou rivières canalisées.
- 45o ponts dont 3oo en métal.
- ii5 écluses détruites ou endommagées sérieusement.
- 100 km au moins de cuvette à déblayer et à remettre en état.
- Ces dévastations avaient atteint les canaux importants qui desservaient les régions industrielles du Nord et de l’Est : canaux de la Lys, de la Deule, de la Scarpe, de la Sensée, de l’Escaut, de la. Somme, de Saint-Quentin, de la Sambre à l’Oise, de la Sambre, de l’Aisne, des Ardennes, de l’Aisne à la Marne, de l’Est, etc.
- Pour restaurer sans retard ces instruments d’action économique, des marchés furent passés, le i3 décembre 1918, avec des entrepreneurs pour l’organisation immédiate de chantiers dans 38 secteurs.
- Les entrepreneurs se sont mis immédiatement à l’œuvre et, à la date du i-r février, ils occupaient un effectif voisin de 4°°° ouvriers. Les travaux se sont poursuivis pendant toute la période d’hiver, au milieu des plus grandes difficultés, en raison des pluies continuelles qui, pendant les premiers mois de l’année, ont entravé considérablement l’organisation des chantiers. Au i5 juillet, les diverses entreprises en cours utiliseront un personnel de plus de 19000 ouvriers et des résultats appréciables seront obtenus puisqu’ils se traduiront par le rétablissement de la navigation sur une longueur de 33o km environ, ce qui représente plus de 3o pour xoo des réparations à effectuer. On atteindra vraisemblablement 740 km, le i5 août, et 890 km, le 1-5 septembre.
- Dès maintenant les péniches peuvent circuler entre Lille et Béthune et au delà (Calais-Dunkerque), Béthune et Douai, Paris et l’écluse de Ribémont, sur le canal de la Sambre à l’Oise; Paris et Saint-Quentin, Paris et Reims, Charleville et la frontière belge, Verdun et le canal de la Marne au Rhin, etc.
- Pour le i5 septembre, la navigation entre la Belgique et Paris se troxivera rétablie, d’une part par la Sambre et le canal de la Sambre à l’Oise, et, d’autre part, par le canal de Mons à Condé, la Scarpe, la Sensée et le canal de Saint-Quentin.
- La reconstitution du canal de l’Oise à l’Aisne, complètement détruit, sera évidemment de plus longue durée, de même que celle du canal de l’Escaut (51 km) et du canal des Ardennes (88 km) où les dégâts ont été particulièrement importants et sur lesquels la navigation ne pourra être reprise qu’à la fin de l’année.
- Partout les travaux sont poussés avec une extrême activité et l’achèvement de la restauration de la plus grande partie des voies navigables va rendre disponible du personnel et du matériel qu’on reportera aussitôt sur les derniers chantiers.
- Les services de la navigation se sont également préoccupés d’effectuer le rapatriement des péniches françaises se trouvant en Belgique. Plus de deux cents péniches ont été ramenées, par le Rhin, vers les voies navigables françaises et désormais le rapatriement se fera directement par nos canaux.
- Les routes et chemins. — Les routes du front de l’arrière et des départements occupés se sont trouvées, après la cessation des hostilités, dans un état d’usure et de destruction considérable. Les dommages s étendaient sur dix-huit départements et à plus de io5 000 km de routes 0x1 de chemins. Il y avait 2o5o ouvrages d’art à restaurer ou à reconstruire.
- Les transpoi'ts sur l'outes ne se trouvèrent pas ralentis par le fait de l’armistice, bien aix contraire, et la circulation des convois militaires, des camions de ravitaillement, des voitures civiles continua à travers les territoires libérés.
- En dépit de ce mouvement on lança 4000 m. de ponts provisoires en bois ou en fer; on déblaya, on restaui’a 7000 km de routes dans les départements les plus endommagés (Nord, Pas-de-Calais, Somme, Oise, Aisne,
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- Ardennes, Marne, Meuse) sur 41 ooo km de voies à remettre en étal et 5oo ooo tonnes de matériaux furent utilisés pour ces travaux.
- La réfection des routes a été confiée, par adjudication, à des entrepreneurs; un cinquième des lots reste encore à adjuger en raison des hésitations de l'entreprise à exécuter un travail pénible, dans des conditions souvent difficiles. Il faudra, en effet, 10400000 tonnes de matériaux pour refaire les roules; la précarité des transports automobiles, la pénurie de matériaux ont posé des problèmes que l’on commence seulement à pouvoir résoudre.
- En ce qui concerne les ouvrages d’art, tous ceux qui sont de peu d’importance sont en cours de réfection ou sur le point de l’être. Les grands ouvrages dont la reconstruction s impose d’urgence sont donnés à l’entreprise. Un.concours est ouvert pour trente-six d’entre eux. Une seconde série suivra d’ici peu.
- D’une manière générale, les travaux de remise en état des voies de communication ont été poussés avec la plus grande activité, mais ils le seront encore davantage dans les mois qui vont suivre, étant données les facilités plus grandes d’accès dans les régions dévastées que le rétablissement de la majeure partie des voies de fer et d’eau permet désormais. A. B.
- Comment acheter les fruits frais? IL Les Framboises. — De tous les fruits délicats et périssables de nos jardins, la framboise plus encore que la fraise, est, à mon avis, la reine par son parfum exquis, et l’on peut s’étonner à bon droit qu’elle n’occupe pas encore sur nos marchés urbains la place très importante qu’elle remplit dans les industries qui relèvent de l’alimentation pe luxe; confiturerie, confiserie, pâtisserie. La consommation de la framboise est, cependant, assez grande dans les villes et, à Paris, où elle a pu être contrôlée, elle dépasse cinq- millions de kilogrammes par an.
- Quelles variétés acheter de préférence? — L’habileté de l’horticulteur est parvenue à faire produire au framboisier, comme à quelques autres végétaux d’ailleurs, deux récoltes par an, de là deux catégories : les framboisiers ordinaires ou non remontants et les framboisiers bifères ou remontants qui, les uns et les autres, ont donné naissance à de bonnes mais differentes variétés dont les fruits se distinguent par une fructification estivale (juillet) pour le premier groupe et automnale, juillet à octobre, pour le second.
- Ces variétés produisent des fruits moyens ou gros, coniques, cylindriques, obtus ou ronds, dont le coloris le plus fréquent varie du rose au rouge foncé tout en se montrant parfois jaune ou blanc jaunâtre.
- Variétés non remontantes. — Les deux variétés les plus anciennement connues sont Hornet et Pilate ; ce sont elles qu’on rencontre habituellement sur le marché, car elles sont très cultivées en grand; Superlative, qui est d’obtention relativement récente, est très fine mais encore peu répandue. Voici leurs caractères distinctifs pratiques.
- Hornet. — Fruit très gros, rouge brun, à mamelons saillants; chair rouge, ferme, sucrée et savoureuse, maturité au début de juillet; c’est la plus hâtive.
- Pilate. — Fruit très gros, rouge violacé, cylindrique; chair rouge, ferme, assez sucrée; maturité fin juillet.
- Superlative. — Fruit moyen ou gros, conique ; chair ferme, sucrée, finement parfumée ; maturité juillet.
- Variétés remontantes ou bifères. — Il est à noter que ces variétés peuvent être récoltées de juillet à octobre, et que celles qui le sont en juillet fournissent souvent des fruits plus beaux et plus parfumés; aussi, pour cette raison, doivent-ils être préférés pour les préparations utilisant les fruits entiers.
- Belle de Fontenay. — Fruit moyen souvent plus gros à l’automne, rouge vif, rond ; chair vineuse, fondante, sucrée et juteuse.
- Merveille des quatre saisons rouge. — Fruit gros, conique au sommet ; chair rouge clair, ferme et bien parfumée; il supporte bien l’emballage et le transport.
- Merveille des quatre saisons blanche. — Fruit gros, blanc jaunâtre, rond ou obtus ; chair blanc-jaune ferme, juteuse et sucrée.
- Perpétuelle de Billard. — P'ruit gros, rouge vineux, de forme oblongue; chair tendre, sucrée et juteuse. C’est une variété très tardive.
- Sucrée de Metz. — Fruit gros, jaune clair, de forme
- obtuse;chair très douce, sucrée, parfumée et juteuse ; meilleur à 1 automne qu’au printemps.
- Surpasse Fulstaff. — Fruit gros, d’abord rose, puis virant au rouge brun, le plus souvent conique; chair très douce, juteuse, sucrée et parfumée.
- Quand et comment acheter? — La framboise ne se vend guère comme primeur que lorsqu’elle sort d’une forcerie et. dans ce cas, elle est toujours pourvue de son pédoncule. C'est un fruit difficile à faire voyager. Pour le ranspo rt par chemin de fer, elle doit être cueillie lorsqu’elle est mûre à point et par un beau temps, de préférence le matin et le soir à la fraîcheur. Sa récolte estivale dure entre trois semaines et un mois, tandis qu’à l’automne elle comprend quaire à cinq semaines.
- Quand elle est destinée à remplir les jattes de dessert ou à préparer des conserves, on la cueille une à une en coupant le pédoncule avec des ciseaux, en évitant tout ce qui peut l’altérer dans sa forme et son coloris. On la désigne sous le nom de framboise à queue. Elle arrive sur le marché en petits paniers d’osier blanc contenant 5oo gr. ou 1 kg, que le meilleur a remplis directement, et ces petits paniers sont fixés eux-mêmes, au nombre de 10, -io ou 3o, dans un cageot en bois.
- Dans certaines régions du Midi et limitrophes, on la vend parfois encore dans des vases en grès ou dans des pots en terre cuite de forme cylindrique coiffés d’un cornet en papier.
- Lorsque la framboise doit être transformée par l’industrie, on la détache en secouant doucement la branche, et on la reçoit clans des paniers de grandeur moyenne, dans des seaux ou des baquets. Les framboises qui résistent sont tenues comme non mûres et abandonnées pour une récolte ultérieure; le calice et le pédoncule restent toujours attachés au rameau. On les désigne sous le nom de framboises en seaux, et c’est sous cette forme que pour plusieurs emplois domestiques, les maîtresses de maison ont le plus d’intérêt à les acheter, parce qu’elles laissent moins de déchets puisqu’elles n’ont pas d’épluchage à subir.
- A Paris, c est aux Halles centrales qu’on peut acheter le plus facilement les variétés Hornet et Pilate, qui sont rarement trouvées sur les petites voitures des rues ; mais, si l’on désire d’autres variétés, le plus sûr serait de s’adresser à des jardiniers-maraîchers ou aux cultivateurs qui font leur culture en grand dans les environs de la capitale : Yincennes, JNogent, Argenteuil, Montreuil, Noisy-le-Sec, Verrières, etc., et en Seine-et-Marne.
- Précautions à prendre avant leur achat. — Il est bon de savoir qu’en général les variétés à fruits rouges sont tenues pour les plus parfumées et rafraîchissantes, les variétés à fruits blancs ou jaunes pour les plus douces et les variétés remontantes pour les plus acidulées. En dehors des caractères donnés ci-dessus, il faut veiller à ce que les framboises soient à maturité convenable, ni en moins, ni en excès, très saines, fermes, entières, non humides, de nuance rouge ou jatme nette et non flétrie et très parfumées. Par contre, il faut délaisser celles qui sont molles ou visqueuses, plus eu moins altérées, de saveur douteuse, douceâtre, aigre-douce ou moisie et qu’on ne peut étaler sur le papier sans qu’elles y laissent des traces ou qu’elles y adhèrent sensiblement. Plus encore que la fraise, la framboise est périssable et demande à être consommée ou employée assez rapidement, surtout quand elle a été récoltée à pleine maturité et par un temps orageux. On peut, la prolonger de quelques jours en la maintenant dans une glacière ou dans une cave fraîche, sèche, aérée et surtout dépourvue de toute humidité et de moisissures.
- Principaux usages. — Consommée seule, la framboise, au naturel comme au sucre, constitue un dessert délicat et très parfumé, cependant, elle est, peut-être, mangée moins souvent ainsi qu’associée aux fraises et aux groseilles dont elle exalte ou relève la saveur. Elle fournit, employée seule, des confitures, conserves, gelées, pâtes, sirops vins ,exquis sans compter un vinaigre, Transformée en jus ou en pulpe ou conservée dans l’alcool, elle permet son emploi, à toute époque de l’année, dans les multiples préparations du domaine des confiseurs, liquoristes et pâtissiers; enfin, plus d’un chai lui ouvre ses portes pour enrichir ses vins du bouquet particulier qui contribue à en augmenter notablement encore la réputation. A. Tkuelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour empêcher les chaînes de grincer. —• L'Industrie française de la conserve publie la recette suivante qui a un double avantage : silence et économie :
- « Quand une chaîne destinée à soulever un poids lourd et dont, par suite, les maillons sont à la fois gros et robustes, vient à être tendue sur une poulie, son contact avec le métal de la gorge détermine souvent un bruit de grincement tout à fait désagréable que le graissage le plus abondant peut à peine atténuer.
- On peut remédier à cet inconvénient en faisant passer dans l’ouverture des maillons un câble de chanvre. Le bruit se trouve supprimé et, de plus, ce qui a une très grande importance économique, l’usure de la chaîne est considérablement diminuée. L’Amirauté britannique a fait faire, à ce sujet, des expériences très précises. Il en résulte que, si on représente par io le temps pendant lequel une chaîne déterminée peut être laissée en service, ce temps doit être représenté par 17 quand la chaîne est garnie de corde comme il vient d’être dit. D’autre part, si on envisage l’économie réalisée en tenant compte à la fois de la valeur initiale du câble et du temps nécessaire à son usure, on constate que cette économie est égale à un cinquième au moins et à un tiers au plus de la valeur totale de la chaîne neuve. L’opération est donc rémunératrice.
- Nouveau procédé d’enfleurage pour extraire le parfum des fleurs. — Dans son étude sur Y Industrie des parfums naturels (voy. Nature, n° 235g) M. A. Koehler a indiqué et décrit la technique de l’enfleurage par les graisses ou remploi des dissolvants volatils, procédés les plus connus. Il nous paraît utile de compléter cette intéressante étude par l’indication d’un procédé d’enfleurage qu’a fait breveter, récemment, M. A. Verley, chimiste-industriel, à Isle-Saint-Denis (Seine).
- Ce procédé est basé sur l’emploi du charbon en poudre : charbon de bois ou noir animal, comme substitut de la graisse dans l’enfleurage. Le charbon en poudre absorbe très facilement le parfum dégagé par les fleurs. Voici la technique très simple que comporte l’application de ce nouveau procédé : on charge des châssis de charbon de bois bien pulvérisé et parfaitement sec, ou encore de noir animal, puis on étend les fleurs. Celles qui sont fanées sont remplacées par des (leurs fraîches jusqu’à saturation du charbon par le parfum que cèdent les (leurs. On opère donc absolument comme dans la méthode ordinaire d’enfleurage; eusuite par un simple lavage à l’alcool, on extrait aisément le parfum contenu clans le charbon; le filtrage consécutif de la masse se fait tout aussi facilement.
- Le nouveau procédé présente de réels avantages. D'abord, le charbon est inaltérable, tandis que la graisse rancit; en outre, il importe de remarquer qu’il absorbe une quantité de parfum plus grande que n’en absorbe la graisse; puis, on parvient facilement à extraire le parfum dont le charbon s’est imprégné. Enfin, les fleurs fanées, qui sont riches en parfum, peuvent être traitées par les dissolvants volatils, bien
- mieux, plus efficacement que ne peuvent l’être les fleurs soumises à la méthode ordinaire d’enfleurage parce qu’elles ne sont pas imprégnées par un corps gras. Le nouveau procédé réalise donc un progrès digne d’être signalé. Henri Blin.
- Ciment à l’oxychlorure de zinc. — Des nombreuses formules que nous essayons pour obtenir de tels ciments selon les recettes publiées de divers côtés, voici celle qui nous donne un mastic devenant à la longue le plus dur, et ne durcissant que lentement, ce qui laisse tout le temps voulu pour l’application.
- Mélanger les doses suivantes de produits bien pulvé-
- risés:
- Oxyde de zinc..............80 gr.
- Sable sec . ...............10 —
- Borax . . . ............... 1 —
- l’uis gâcher avec un mélange à volumes égaux de chlorure de zinc en solution à 45° B et d’eau ordinaire; pour obtenir avec la poudre précédente une pâte de consistance convenable, il faut à peu près 6 cm3 de chaque liquide. Quand on ne met pas de borax, la prise en masse est si rapide que c’est à peine si on a le temps de gâcher ; le mélange n’est pas bien homogène et le ciment a tendance à s’effriter.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Mastic pour scellements. — Ou sait que pour rendre moins cassante la cire à cacheter les bouteilles, il suffit de la faire fondre et d’y incorporer en remuant un peu de suif. Toutefois la masse obtenue de la sorte n’est guère plus tenace que la cire ordinaire. Pour obtenir un ciment à la fois plus adhésif et moins cassant, il suffiL d’ajouter à de la cire fondue un dixième environ de son poids de suif et le quart de son poids de rognures de caoutchouc. On peut utiliser de vieux tubes à gaz coupés en fines rognures ; et pour en obtenir la dissolution, on doit chauffer doucement, en remuant de temps à autre, pendant 3 ou 4 heures. Si le caoutchouc est en forme de petites lanières longues (genre nouilles), il est bon de cesser le chauffage avant complète dissolution : les fines lanières de gomme non dissoute restent dans le mastic qu’elles contribuent à rendre plus élastique. On applique à chaud, sur surfaces bien séchées, à l’aide d’une spatule. On lisse finalement la surface avec une spatule chauffée. La masse devient dure en refroidissant. Elle convient très bien pour mastiquer des tubes en verre par exemple, sur une garniture de métal, de porcelaine, de grès. Il suffit de chauffer pour pouvoir aisément démastiquer. (Laboratoire de La Nature.)
- Comment préparer de l’encre violette. — On fait dissoudre 1 gr. de violet méthyle dans i5o à 200 cm3 d’eau ordinaire contenant 2 ou 3 gr. de gomme du Sénégal (gomme arabique des droguistes). Il faut agiter très longtemps, la cbuletir étant malaisément soluble. Quand on veut avoir une encre bleue, au lieu d’employer un violet méthyle R, ou BB, on se sert des marques 4 B ou 6 B. [Laboratoire de La Nature.)
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- IgD
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. ____ Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les
- faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnerne,it.. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. G. L., à La Baule. — Voyez le Formulaire de l’électricien, par Hospitalier et--Roux, édition 1919, Masson et Cio, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. P. L., à Saint-Médard-en-Jailes (Gironde). — La préparation du savon noir ou savon vert^ est des plus faciles et ue comporte pas de matériel spécial puisqu il n’y a pas relargage, c’est-à-dire .séparation du savon et de la lessive où il a pris naissance. Ou dissout 20 kg de
- potasse caustique commerciale dans 120 litres d’eau, ou met dans une chaudière sur un bon feu un tiers de cette dissolution et on ajoute peu à peu 100 kg d’huile en agitant constamment. Ensuite on verse peu à peu le reste de la lessive, il se forme alors un savon transparent, on continue à chauffer en évaporant jusqu’à ce qu'un échantillon placé sur une lame de verre présente après refroidissement une consistance suffisante pour être enlevé.
- Les huiles employées sont celles de lin, de chènevis, d’œillette pour les savons d’hiver, celles de colza et de navette pour les savons d’été.
- Comme ouvrage à consulter, voyez : Savons et bougies, par Lefèvre, chez Baillière, 19, rue Haute-feuille.
- M. G. Destriau, à Bordeaux. — i° Le bismuth se ren-
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- contre le plus souvent à l’état natif et se sépare de la gangue par simple fusion. Dans les laboratoires on l’obtient en fondant un mélange de so.us-nitrate de bismuth et de flux noir (bitartrate de potasse calciné avec le nitre). 20 Il nous est impossible, malgré notre désir, de traiter une question aussi étendue que celle de l’extraction des métaux rares, didyme, germanium, ruthénium, etc. Voyez à ce sujet : Encyclopédie Frémy, Glucinium, etc., chez Dunod, 47» quai des Grands-Àugustins. 3°. Consultez : Le Radium, par J. Danne, Béranger, éditeur, i5, rue des ' Saints-Pères. 4° Pour l’extraction de l’uranium de l’uranite voir Dictionnaire de Würtz S. i, p. 547. 5° L’uranite renferme 40 à 90 pour 100 d’oxyde uranoso-uranique U5 O4, en conséquence 1 gr. d’uranium peut être fourni par 1 gr. 5 à 4 gr. d’uranite.
- M. H. P., à Cannes. — i° Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur les résines artificielles, les données que l’on possède sont éparses dans les publications scientifiques ; consultez le Moniteur Quesneville. 20 On obtient des agglomérés avefc la caséine en dissolvant celle-ci dans une solution de borax, puis en y ajoutant une quantité suffisante d’oxyde de zinc, de façon à obtenir une pâte que l’on moule sous pression.
- MM. de Mestral et Harlé. — Pour enlever l’écriture sur les fiches dont vous nous parlez vous pouvez employer tous les procédés indiqués dans les Recettes de la Maison (Masson, éditeur), p. 211 et suivantes, mais vous aurez à faire une mise au point pour cette application spéciale, suivant la nature des encres qui ont pu être employées (encres à base de fer, de campêche, de couleurs d’aniline, etc.). Les traitements pourront se faire au pinceau et les rinçages en cuvettes photogra-
- phiques. Bien entendu le séchage final des cartons se fera sous presse. Les parties imprimées ne subiront aucune modification sous l’influence des réactifs employés.
- M. Georges Rlancféné, à Bruxelles. — La fabrication de l’alcool de saccharose, consiste essentiellement à faire fermenter le jus de betteraves après interversion de la saccharose qu’il contient, par un acide étendu. Nous ne pouvons traiter ici cette question in extenso, pour plus de détails voyez le Manuel du fabricant d'alcool de Barbet et Arachequesne (Bernard, éditeur, 53 ter, quai des Grands-Augustins) ; Fabrication de l'alcool, par Robinet, chez Bernard, éditeur.
- M. Alberto Basso, à Montevideo. — i° Vous trouverez dans la présente « Boîte aux Lettres » des détails sur la fabrication du savon mou. 20 Nous pensons que vous obtiendrez le résultat attendu en badigeonnant le tronc de l’arbre de goudron. Pour plus de détails, consultez les Recettes de la campagne (Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain), à l’article « Lutte contre les parasites », p. 20I et suivantes; Zes ennemis des plantes cultivées, parTrufîaut; La destruction des parasites, par Chaplet.
- B. P.-ïoi, à Bordeaux. — Nous pensons répondre à votre question, faute d indications spéciales, en vous signalant les trois produits suivants : tétrachlorure de carbone, point d’ébullition 78° C.; trichlorure d’éthylène, 83° C., chloroforme 6i° C.
- M. Ch. Vincent, à Verchamp. — Il ne nous est pas possible d’entrer dans les questions commerciales, veuillez vous adresser à M. V. Galaup, représentant, 52, avenue Jean-Jaurès, Paris, 19°, qui vous indiquera les acheteurs éventuels du produit.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OtL.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ..... .. —
- The Year Book of Wireless Telegraphy and Tele-phony for 1919, 1 vol. 1160 p. The Wireless Press Ltd., éditeur, Marconi House, Strand, Londres, 1919.
- Cet annuaire de la T. S. F. contient une foule de renseignements précieux pour l’amateur comme pour le praticien : résumé des législations en vigueur dans les divers pays du monde; liste des indicatifs et des longueurs d’onde de toutes les stations du monde, terrestres ou marines; résumé historique du développement de la T. S. F., tableau des progrès en radiotélégraphie en 1918, bibliographie, liste des brevets,
- , biographies, etc. Il est regrettable que ce précieux annuaire n’ait pas d'analogue en France.
- The energy Resources of tlie United States, a field for reconstruction, par Ciiester, E. Gilbert et Joseph E. Pogue, 1 vol. i65 p., illustré, publié par la Smith-souian Institution, Government Printing Office Washington, 1919.
- Les -auteurs fout le bilan des ressources des États-Unis en charbon, pétrole et gaz naturel; elles sont énormes, mais non inépuisables. D’autre part, parce qu’abondantes, elles sont exploitées sans aucun esprit d’économie. Les effets de cette politique de gaspillage se font sentir dès maintenant d’une façon assez aiguë ; une politique du combustible s’impose aux Etats-Unis comme en Europe. Les auteurs préconisent le groupement des petites mines mal outillées en consortiums pénétrés du souci du lendemain et soucieux d’améliorer la technique de l’exploitation; ils recommandent le développement de la houille blanche et des transports de force, ils recommandent également la distillation de la houille qui permet de récupérer de précieux sous-produits. On reconnaît dans ses grands
- traits, la politique qui depuis longtemps déjà s’impose à la vieille Europe.
- Des emplois de Valuminium dans la construction des machines, par R. de Fleury et R. Labruyère, in-8°, u-58 p., 32 fig., H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix (majoration comprise) : 3 francs.
- L’aluminium, à poids égal, offre une résistance comparable à celle de l’acier, mais sous un volume plus grand. Cette propriété, jointe aux autres qualités du métal blanc, grande conductibilité thermique, facilité de fonte, est précieuse dans un grand nombre d’applications mécaniques; c’est ainsi que les pistons en aluminium sont aujourd’hui de règle dans les moteurs légers, où ils ont beaucoup réduit les risqués de grippement. Dans toutes les machines à grande vitesse, l’emploi de l’aluminium s’impose pour bien des pièces et permet d’accroître les vitesses de régime, en abaissant les prix. C’est ce que démontrent scientifiquement MM. de Fleury et Labruyère, tous deux praticiens expérimentés de l’aluminium.
- Etudes de photochimie, par Victor Henri, i vol. in-8°, 218 p., 71 fig., Gauthier-Villars, Paris. Prix : 18 fr., plus 20 pour .100.
- L’auteur expose sa technique des mesures de l’absorption et de la dispersion des rayons infrarouges et des rayons ultraviolets, puis étudie l’influence sur ces phénomènes de quelques groupes atomiques simples et des corps contenant plusieurs groupements chromo-phores.' Il montre que ces études font pénétrer dans le mécanisme de la structure des molécules et permettent de calculer le spectre d’absorption ultraviolet à partir de la constitution chimique.
- La vie, mode de mouvement. Essai d’une théorie électronique des phénomènes vitaux, par E. Préaubert, 1 vol. in-8“, 214 p-, Alcan, éditeur. Prix : 5 francs.
- Essai sur Vévolution du règne animal et la formation de la Société, par Maurice Bedot, i vol. in-16, 1-7 p., Félix Alcan, Paris. Prix net : 4 fr. 40.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2366 2 Août IPI P.
- INFORMATIONS
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- Les arbres employés comme antennes de T. S. F.
- — Les arbres constituent" d’excellentes antennes de T. S. F., égales, sinon supérieures, aux antennes métalliques usuellement employées dans les grands postes. Le fait est attesté par le général George O. Squier, du Service télégraphique de l’armée américaine. Cet officier qui avait noté le phénomène dès 1904, l’a étudié avec soin et, au cours de la guerre, il a équipé aux Etats-Unis plusieurs postes, avec des arbres comme antennes. Ces postes munis d’amplificateurs reçoivent les radiogrammes de Podho, Nauen, Lyon et Paris. Rien n’est plus simple que d’équiper un arbre en antenne : aux deux tiers de la hauteur on enfonce dans le trou une aiguille métallique à 5 ou 6 centimètres de profondeur, on y attache un fil de cuivre auquel on connecte l’appareil récepteur. En fait, si la station doit être permanente, on enfonce plusieurs aiguilles : 6 en général, toutes reliées au même fil qui conduit à l’appareil. La réception est ainsi améliorée. Les aiguilles sont de préférence en cuivre, parce que ce métal s’oxyde moins vite que le fer ou l’acier. Les arbres se comportent exactement comme les antennes ordinaires ; la réception est meilleure la nuit que le jour, par temps clair que par brouillard. Les arbres voisins n’influencent pas 1 arbre antenne. On obtient les mêmes résultats avec un arbre au milieu d’une forêt, ou isolé dans la plaine. Les arbres en feuilles sont plus sensibles que lorsqu’ils ont perdu leur feuillage. Les arbres morts ne peuvent être employés. L’endroit où est implantée l’aiguille a de l’importance. Le général Squier a observé que c’est aux deux tiers de la hauteur de l’arbre, en comptant à partir du sol, qu’il faut enfoncei' l’aiguille pour avoir le maximum de sensibilité.
- On s’est préoccupé également de déterminer si l’arbre peut servir d’antenne émettrice ; des émissions radio-téléphoniques satisfaisantes ont été ainsi réalisées; le général Squier poursuit les études et mises au point à ce sujet.
- Les grands travaux en Pologne. — La Pologne est formée de parties de territoires longtemps soumis à des administrations entièrement distinctes et qui n’avaient nul souci de les relier économiquement. La Pologne russe est particulièrement deshéritée. Le Gouvernement polonais a entrepris de grands travaux pour remédier à cette situation, et aussi pour parer à la terrible crise de chômage qui sévit en Pologne. Il a été décidé d’employer 10 millions de marks à la réfection des routes, très endommagées en Galicie et en Pologne russe. Trois lignes de chemins de fer nouvelles sont entreprises : Lodz Kutno-Plock, pour laquelle .un crédit de i5 millions de marks est alloué cette année, Plock-.Sierpe,— Nasiebsk-Sierpe et Kutno-Strzalski. Des chemins de fer à voie étroite sont en construction de Nasielsk à Pultusk et de Varsovie à Tomasor par Rawa.
- Construction d’un nouveau port à Suez. — Le
- Gouvernement égyptien a décidé de doter la ville de Suez d’un port moderne, et il consacre à ces travaux une somme de plus de 17 millions de francs. M. Jondet, ingénieur en chef des travaux maritimes d’Egypte, décrit en détail ce nouveau port, dans le Génie Civil. Il est implanté au fond du golfe de Suez. Il comporte un chenal d’accès de 2200 m. de long, débouchant à l’ouest du port actuel, entre Port-Ibrahim et la vieille ville de Suez. Ce chenal sera dragué sur une largeur de i5o m. à une profondeur de 12 m. 20 au-dessous du niveau des plus basses, mers. Le port est protégé par deux brise-lames, l’un de i23o m., orienté est-ouest, l’autre de 2237 m., orienté nord-ouest-sud-ouest. Sous la protection de ce brise-lames sera établi un bassin à pétrole, pour les navires pétroliers. Il y a lieu de noter que le développement du pétrole dans la chauffe des navires a obligé de Créer à Suez une raffinerie importante qui depuis 1916 prend une extension chaque jour croissante. Suez est appelé à devenir un des grands entrepôts de pétrole de l’Orient.
- Température des routes. — On sait qu’on se préoccupe beaucoup de l’entretien des routes aux Etats-Unis
- et que les expériences"'se^ multiplient depuis quelques années pour connaître les meilleurs procédés de pavage et de recouvrement. La Nature a déjà donc quelques informations à ce sujet. En voici une nouvelle que nous trouvons dans Engineering News-Record. M. G. S. Eaton a étudié à Riverside, près de Chicago, la température qu’atteint le sol des routes pendant les jours chauds du mois d’août. Le maximum a été de 5i° à la surface d’une route asphaltée, 48° sur une autre en briques, 45 sur une route en ciment. La . moyenne des températures relevées de 11 heures à 18 h. 3o a été respectivement 48, 45 et 42°- La température maxima de l’air était alors de 39°. Cette surchauffe du sol ne paraît pas avoir d’inconvénient pour les sabots des chevaux, mais elle augmente fortement la pression de l’air des pneumatiques et multiplie leurs éclatements.
- Production mondiale du cacao. — Le Bulletin agricole de VInstitut scientifique de Saigon publie les renseignements suivants sur la production mondiale du cacao en 1917. Elle a atteint approximativement 332 100 tonnes, contre 2g5 000 en 1916, 298000 en igi5 et 277 3oo en 1914. L’augmentation de 54800 t.., de 1914 à 1917 est surtout due aux colonies britanniques qui. seules avec le Brésil, ont accru leur pi'oduction, tandis que les autres pays, et notamment les colonies françaises, ont dû diminuer la leur. La répartition par pays est indiquée par le tableau suivant :
- . Tonnes.
- Colonies anglaises.................. 145.160
- Equateur............................. 40.000
- Brésil............................... 55.622
- San-Thomé........................... 3o.884
- Fernando-Pô........................... 3-747
- Venezuela ........................... 16.000
- Saint-Domingue....................... 24.800
- Haïti............................ ,. 543
- Cuba............................. r. 5oo
- Java................................. 1.555
- Surinam........................... 1-927
- Colonies françaises.............. x. 600
- Congo belge......................... ' 784
- Anciennes colonies allemandes. . . 4.000
- Autres pays........................... 3.5oo
- Total. . . . 332.100
- L’herbe du Soudan dans le Midi. — Il existe au
- Soudan une graminée, Sorghum exiguum, que les Américains ont importée chez eux depuis igo3 et qui leur donne des rendements remarquables, atteignant 20 000 kg de foin à l’hectare. M. Libes a récemment essayé de l’introduire dans le Gard et en a obtenu d’intéressants résultats que M. Schribaux vient de signaler à l’Académie d’Agriculture.
- L’herbe du Soudan doit être semée au printemps, après les dernières gelées, en lignes distantes de 40 à 60 cm ; on emploie 12 à i5 kg de semences par hectare. La plante résiste remarquablement à la sécheresse, croît très rapidement (à tel point que semée serrée, elle étouffe les mauvaises herbes), donne dans les terres fertiles et bien irriguées des récoltes fort abondantes et fournit plus de matières alimentaires que nos graminées indigènes. Ces premiers essais font donc espérer que l’introduction de l’herbe du Soudan dans nos prairies sera une heureuse acquisition. .
- Le Kapok de Java. — L'Eveil économique de VIndochine donne sur le développement delà culture du kapok à Java les renseignements suivants : la surface plantée en arbres à kapok dans 1 île de Java est de 20 000 ares sur 55 000 cultivés par les indigènes. L’arbre demande très peu de soins; les graines récoltées sont battues de manière à séparer les semences dont on extrait de l’huile ; la bourre est emballée et expédiée directement, surtout aux Etats-Uais et en Australie. L’exportation de kapok de Java et des Indes néerlandaises qui était de 6000 t. en.rgoô a rapidement progressé et dépasse 11000 depuis 1912; en 1917, elle a atteint presque 12000 t.,
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- INFORMATIONS
- bien que la Hollande se soit retirée du marché, faute de fret, depuis igi5.
- Conservation de la poudre de pyrèthre. — On sait que la poudre de pyrèthre est un excellent insecticide, mais aussi qu’elle s’altère avec une désespérante facilité, si bien qu’on n’est jamais sûr de l’effet du produit qu’on achète. Le Bureau of Entomology du département d’agriculture des Etats-Unis vient d’examiner les conditions de conservation de cette poudre et il est arrivé aux conclusions suivantes qu’il publie dans son Bulletin n° 771. Les fleurs entières restées i5o semaines dans des vases scellés conservent leur efficacité, mais la perdent totalement après 5 ans et demi. Elles résistent à une exposition à l-’air de 12 semaines, mais non de 21. Elles supportent un chauffage à 1200, mais non à i3o. Enfin, le lavage à'I’eau froide, et plus encore à l’eau chaude leur enlève tout pouvoir insecticide.
- Le jaunissement du papier. — M. Ilitch ins publie, dans Paper une étude sur le jaunissement du papier, que reproduit notre confrère Scientific American. Les recherches poursuivies à ce sujet par le « Anseo Research Laboratory » ont conduit aux conclusions suivantes.
- Tous les papiers jaunissent, mais plus ou moins rapidement. L’emploi de la résine comme matière d’encollage du papier est une cause certaine de jaunissement; vient s’y ajouter la présence du fer comme impureté dans l’alun employé pour précipiter la résine. Enfin la gélatine, qui sert également à 1 encollage, produit fréquemment aussi le jaunissement. La cause immédiate du jaunissement est surtout la lumière ; viennent ensuite, mais avec un effet moindre, l effet de la chaleur et de l’humidité et enfin l’action de la chaleur seule.
- Pour conserver aussi longtemps que possible à ces papiers leur couleur originale, il faut employer une matière d’encollage contenant a*ussi peu de résine que possible et comme précipitant un sulfate d’alumine exempt de sels de fer.
- L’effondrement de la Clappe (Var). — Le 24 juin dernier, les journaux du Var annonçaient qu’un effondrement venait de se produire à 4 km au nord-ouest de Draguignan, au hameau de la Clappe ou les Clapes, sur la rive droite de la Nartuby, avec production d’un gouffre de 5o m. de diamètre et 3o m. de profondeur. Au fond de ce gouffre apparaissait une crevasse fort profonde, et dans laquelle la chute des pierres semblait révéler une nappe ou un cours d eau. Notre correspondant, M. le D' Joseph Girard, de Draguignan, nous a confirmé la réalité du fait et rappelé que c’est la troisième fois qu’il se produit depuis 40 ans. Il ajoute que le mot de Clappe vient sans doute du provençal acclapa qui signifie ensevelir. L’étymologie serait ainsi bien adéquate à l’idée d’effondrement.
- D’autre part, dans un article sur le canon de Nartuby (Annuaire du Club Alpin français pour 19x4, p. 86), M. Armand Janet avait déjà rappelé que le 18 janvier 1878 un effondrement s’était produit au même lieu et atteignait, le lendemain, une largeur de 40 ni. avec une profondeur de 36 m., terminé par un bassin d’eau de 12 m. de largeur.
- Ces accidents sont la conséquence naturelle de la constitution géologique du sous-sol. Les marnes irisées du trias, dans lesquelles est creusée la vallée de la Nartuby, renferment des gypses facilement dissous par les eaux souterraines infiltrées dans les calcaires dolo-mitiques de l’infra-lias ou du bajocien qui surmontent les marnes. Ce sont ces calcaires fissurés qui s’engloutissent aisément dans les porte-à-faux créés par la dissolution des gypses sous-jacents. Il en résulte, à la surface du sol, des cavités d’effondrement dont la formation est plus ou moins fréquente et dont la surve-nance brusque effraie toujours les populations. Mais, géologiquement, le phénomène est très simple et tout à fait analogue à celui qui, dans les environs de Paris, se manifeste parfois sous le nom de fontis, au-dessus des anciennes carrières à plâtre de Montigny-Herblay, et de Triel-Vaux par exemple. En général, ces sortes d’excavations ne tardent pas à se reboucher d’elles-mêmes jusqu à la production d’une nouvelle sur le même point ou dans le voisinage. E. A. M.
- La nation arménienne. —Le Mouvement Géographique évalue, d’après le rapport Bryce que le gouverr
- nement britannique vient de faire imprimer, la population arménienne de l’ancien empire ottoman à 1,6 ou 2 millions d’individus. Sur ce nombre, un tiers aurait échappé aux déportations, un second tiers aurait péri, massacrés ou morts d’épuisement, le reste aurait échappé à la mort pendant les déportations. Le Comité américain de secours à l’Arménie estime que le nombre des morts s’élève entre 600000 et 85oooo. Il ne resterait donc que 1200000 survivants auxquels la délégation arménienne ajoute 1 800000 Arméniens fixés dans l’ancien territoire russe, au sud du Caucause et 823 000 établis dans diverses parties du monde, soit en tout 4 millions d’hommes de la race arménienne, dont près de 3 groupés dans les régions arméniennes de la Turquie d’Asie et de la Russie.
- La rage en Angleterre. — La rage a fait en 1919 sa réapparition en Angleterre. Depuis 1903, on n’avait enregistré aucun cas de rage dans les Iles-Britanniques. Cette heureuse situation était due à une législation sévère et rigoureusement observée. De 1887 à 1896, il y avait en moyenne 240 cas de rage par an en Angleterre. En 1901, une loi imposa à tous les chiens importés du continent une mise en observation de 6 mois. D’autre part, tous les chiens errants furent exterminés. La rage disparut immédiatement. On attribue l’épidémie de 1919 aux chiens ramenés du front par les soldats anglais de retour dans leurs foyers.
- La suppression des boissons alcooliques aux Etats-Unis. — Les Etats-Unis viennent, par une loi, d’interdire la fabrication, le trafic et l’importation sur leur territoire de toute boisson alcoolique; aussi bien les vins de tout genre, et la bière que les eaux-de-vie. C’est la suppression radicale de l’alcoolisme. Cette mesure qui, en Europe, peut sembler d’une surprenante bi’usquerie, est en réalité le résultat d’efforts de propagande poursuivis patiemment depuis de longues années, et qui petit à petit, par l’enseignement et par l’exemple, ont réussi à convaincre la. .majorité de la population.
- Déjà un certain nombre d’Etats de l’Union avaient pris individuellement des mesures de prohibitions partielles ou totales on les nommait plaisamment les Etats « secs ». En 1912, on comptait déjà 9 Etats rigoureusement secs et qui s’en trouvaient fort bien; la plupart des autres Etats avaient du reste adopté des mesures de protection plus ou moins efficaces contre l’alcool. En 1918, la plus grande partie des Etats s’était ralliée à la prohibition complète. Actuellement 45 Etats peuplés de plus de 100 millions d’habitants ont ratifié la loi; 3 Etats seulement peuplés de 5 millions d’habitants l’ont rejetée. Ce grand effort de tempérance, quoique moins subit qu’il ne le parait au premier abord, ne va pas sans causer de grandes perturbations dans l’industrie des boissons. Les brasseries très nombreuses dans certaines grandes villes sont forcées de chercher des emplois nouveaux pour leur matériel : elles se transforment en entrepôts frigorifiques, fabriques de lait fermenté, de conserves ; d’autres cherchent à vendre leur matériel au Mexique, au Japon et en Chine. La suppression des boissons alcooliques entraîne, par contre, le développement intense de boissons sucrées et glacées, ainsi que des eaux gazeuses, qui deviennent les boissons nationales américaines.
- En tout cas, s’il y a des intérêts privés lésés par la grande loi de tempérance, le pays dans son ensemble trouvera à son application un surcroît de bien-être et de richesse ; l’expérience des Etats « secs » est là pour le prouver. Dans le Kansas, le Mississipi, la Caroline du Nord, qui depuis longtemps ont adopté la prohibition absolue de l’alcool, les statistiques indiquent une décroissance marquée de la criminalité ; les prisons y sont vides; par contre le bien-être familial augmente, la santé publique est meilleure et l’industrie plus prospère.
- Puisse cet exemple être médité et imité dans noire pays.
- Meeting de 1919 de la British Association for the Advancement of Science. — La British Association, sœur de notre Association française pour l’avancement des sciences, organise sa 87e réunion qui aura lieu à Bournemouth du 9 au i3 septembre prochain.
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- Pompes domestiques. — La distribution d’eau domestique, qui est un problème simple quand on se trouve dans une ville, devient évidemment plus difficile à résoudre à la campagne. Chaque habitant est presque réduit à ses seules ressources d’ingéniosité, à ses seuls moyens d’action. Le puits, avec tous ses inconvénients,
- permet difficilement à lui tout seul de réaliser une distribution. Il est indispensable d’établir une pompe et seule la pompe mécanique permet de pomper l’eau d’un , ruisseau, d’une source, d’une citerne, d’un étang ou d’un puits et de l’amener à une hauteur suffisante afin d’obtenir un écoulement abondant d’eau cou -rante dans les salles de bain, lavabos, etc. On dotera aussi une maison de campagne de tous ces petits raffinements dus à la présence de l’eau courante, qui sont le luxe des appartements en ville. Au point de vue hygiène, ceci est d’une importance inestimable.
- Les écuries peuvent aussi de celte façon recevoir leur alimentation d’eau d’oii économie de temps, de peine et de main-d’œuvre. On peut s’assurer aussi d’arroser les pelouses durant la saison sèche, irriguer les potagers, etc.
- Les pompes mues par moulin à vent ont l’inconvénient d’être à la merci des éléments et de ne pas donner aussitôt qu’on le désire de l’eau fraîche. Intéressantes
- Fig. I. — Petite pumpe centrifuge avec moteur électrique.
- Fig. 2. — Pompe à piston avec moteur électrique.
- La figure 3 représente un petit moteur à essence qui fait fonctionner, au moyen d’une petite bielle et d’un jeu d’engrenage, une pompe à main. Ce dispositif a 1 avantage de permettre d’actionner la pompe à bras, quand on n’a besoin que d’une petite quantité d’eau.
- Un système de moteur plus robuste et intéressant) quand on n’a pas de courant électrique et qu’on veut réaliser une économie, est celui qui utilise les moteurs à air chaud. Ces moteurs étant peu connus, nous allons les décrire un peu plus en détail.
- Le piûncipe de la pompe à air chaud est le suivant :
- Le cylindre est unique et dans ce cylindre se meuvent i pistons (fig. 4)- Le piston principal ou piston à air reçoit et transmet l’impulsion de la force motrice; le second piston est un piston de transport qui au moment voulu fait passer l’air enfermé dans la machine d’une extrémité à l’autre du cylindre.
- La moitié supérieure du cylindre est refroidie par l’eau pompée, tandis que la moitié, inférieure est chauffée. Les pistons ont la précision désirée dans leurs mouvements relatifs au moyen d’un jeu particulier de transmission.
- En quelques minutes le bas du cylindre est chauffé au bois, au charbon ou au gaz et on met la machine en mouvement à la main en faisant tourner le volant de i ou 2 tours. L’air comprimé dans la partie froide est envoyé dans la partie chaude ; là il se dilate et donne la force motrice.
- Le moteur est à simple effet; le volant permet la rotation jusqu’à la répétition du cycle : refroidissement, compression, chauffage et dilatation de l’air qui ressort
- Fig. 3. — Moteur à essence avec pompe à main.
- Fig. 4. — Pompé avec moteur à air chaud.
- dans certains cas, elles le sont moins pour l’usage domestique que nous envisageons.
- Si l’on dispose du courant électrique, le problème est évidemment vile résolu. Le moteur électrique actionnera une pompe centrifuge (fig. i) ou une pompe à piston (fig. i) qui a l’avantage de ne nécessiter aucun amorçage mais qui exige une transmission de mouvement plus complexe.
- Le moteur électrique peut être remplacé par un moteur à essence et ceci est naturellement facile, car aujourd’hui il est bien rare que Ton n’ait pas quelqu’un sous la main au courant du moteur à explosion.
- constamment suivant un cycle continu et régulier, sans aucun bruit.
- La figure 4 représente un foyer chauffé au gaz; il peut être remplacé par un foyer en briques qui permet d’utiliser le bois ou le charbon. On,peut utiliser aussi des brûleurs à pétrole,% huile lourde, etc.
- Quand il s’agit de pomper l’eau d’un puits, la lige de la pompe doit aller du moteur dans le corps de pompe, que l’on descendra autant que possible jusqu’à immersion pour éviter un travail inutile d’aspiration. La conduite qui relie la pompe au moteur/loit alors avoir un diamètre tel que la tige puisse s’y mouvoir librement
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- sans gêner le courant d’eau. Les tiges employées dans ce dispositif spécial pour puits profond (fîg. 5) sont en bois ou en métal tubé, assemblées avec entures vissées.
- Les pompes à air chaud peuvent, bien entendu, êtré appliquées à des usages industriels.
- Dans les établissements d’élevage ou les grandes
- tig. 5. — Moteur à air chaud actionnant une pompe sur puits' profond.
- exploitations de culture cela permet de faire régulièrement des distributions d’eau potable.
- Pour l’irrigation ou le drainage, les briqueteries, carrières, etc., on utilisera des pompes à grand débit mais avec peu de hauteur de refoulement.
- Ces machines ont l’avantage de ne pas exiger l’emploi d’un mécanicien expérimenté; elles consomment très peu de combustible et leur emploi est possible là où la vapeur ou tout autre agent moteur est impraticable.
- E.-H. Weiss.
- *?> Objets utiles
- Tire-bouchons. — Scientific. American a eu l’idée de passer en revue un certain nombre de types de tire-bouchons, tous choisis parmi des brevets actuellement dans le domaine public. La plupart de ces appareils sont bien connus et certains sont d’un usage courant; il est intéressant cependant de les rapprocher les uns des autres; on remarquera le grand nombre de solutions diverses qui peuvent être données à un petit problème mécanique en apparence fort simple. D’autre part, le plus grand nombre des dispositifs représentés ci-dessous peuvent être construits ou improvisés facilement par un amateur.
- i. Le tire-bouchon est constitué par une lame effilée, pourvue à sa partie inférieure d’un évidement dans lequel se loge une barrette jîivotante. Quand on enfonce l’appareil dans le bouchon, cette barrette se range dans l’évidement parallèlement à la lame ; si l’on tire ensuite pour enlever le bouchon, la barrette se place perpendiculairement à la lame et permet ainsi d’extraire le -bouchon.
- 2. Comporte un manche s’articulant sur la tige filetée du tire-bouchon ; à ce manche est fixée une béquille articulée également, et qui prend appui sur le goulot de la bouteille. En appuyant la main sur la poignée du tire-bouchon on fait levier avec point d’appui sur la béquille et on enlève ainsi le bouchon.
- 3. Représente un dispositif simple pour enlever un bouchon qui a été enfoncé à l’intérieur de la bouteille.
- 4. Est un double levier en forme de ciseaux; l’une des branches s’articule à une tige fixe prenant appui sur le goulot; l’autre est reliée à un tire-bouchon ordinaire.
- 5. Comporte un écrou prenant appui sur la bouteille et dans lequel se déjilace une tige filetée ; à l'extrémité de celle-ci est fixé le tire-bouchon proprement dit. Pour enlever le bouchon, on agit sur un contre-écrou à oreilles qui fait tourner l’écrou, et par suite oblige la tige du tire-bouchon à remonter verticalement.
- 6 et 7. Constitués par des pinces qu’on glisse entre le bouchon et le goulot; ils ont l’avantage de ne pas détériorer le bouchon.
- 8. Est un système d’extraction à poulie. Un tire-bouchon ordinaire est fixé à une chaîne que l’on enroule au moyen d’une poignée sur une poulie fixée à un bâti qui prend appui sur le goulot.
- 9 et 11. Sont des tire-bouchons fixés sur un établi ou un banc. Le premier se manœuvre en agissant sur un
- Fig. 6. — Divers modèles de tire-bouchons.
- levier : en baissant le levier on force le tire-bouchon à pénétrer dans le bouchon. En relevant le levier, on enlève le bouchon du goulot et on le détache de*la tige hélicoïdale du tire-bouchon.
- 10. Est un dispositif de poche que la figure explique d’elle-même très clairement. Il comporte une tige hélicoïdale fixée par un rivet à une poignée munie d’un levier. Le tout se plie et occupe peu de place.
- Il en existe certainement beaucoup d’autres encore, mais cette énumération permet déjà de se faire une idée des multijfl.es moyens imaginés pour déboucher les bouteilles. R. Y.
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- VARIETES
- Sur l’histoire du paratonnerre. — Un plaidoyer de Maximilien Robespierre. — Un beau jour du mois de juin 1780, le sieur Charles-Dominique de Yissery de Bois.-Vallé, avocat à Saint-Omer, reçut, de la part du « mayeur » et des échevins de cette « ville et cité », notification d’une « sentence » dont voici les termes et motifs essentiels :
- « Sçavoir faisons que, vu la Requête à nous présentée par les habitants de la rue, dite Marché aux herbes, en cette Yille : expositive qu’il a plu au Sieur de Yissery de Bois-Yalé d’établir au-dessus de sa maison un Conducteur électrique pour attirer le Tonnerre, dans l’espérance que ce conducteur aboutissant au puits de la maison, la foudre pourra y descendre et s’y noyer; que cette expérience physique... est dangereuse en elle-même, et qu’elle jette l’alarme dans tout le voisinage, avec d’autant plus de raison, que le sieur de Yissery pouvant n’être pas grand Physicien, il peut aussi s’être trompé dans les dimensions de sa machine, d’où il ré-sulteroit les plus grands inconvéniens : que difîérens Physiciens même, tels que le fameux Bernouilly et autres, ont péri par l’effet de la foudre, en faisant semblables expériences ; et que le sieur de Yissery pourrait faire tomber le feu du ciel sur son voisinage.... Attendu qu’il s’agit de police et de la sûreté publique, et tout considéré, nous avons ordonné au dit sieur de Yissery'de supprimer la machine électrique qu’il a fait construire et dont il s’agit, et ce en dedans vingt-quatre heures pour tout temps. Sinon et faute de ce faire en le dit temps, autorisons le petit Bailli de cette Yille de la faire ôter aux dépens du dit sieur de Yissery..., ce qui sera exécuté nonobstant opposition ou appellation quelconque, attendu qu’il s’agit de police. »
- L’arrêt était immédiat, l’appel était interdit, la population surexcitée menaçait d’arquebuser le paratonnerre suspect et de mettre le feu à la maison; M. de Yissery dut s’exécuter, et acte fut dressé de sa soumission, par-devant notaires, et de la présentation qu’il fit à ces messieurs, après l’avoir dévissée, de la « lame d’épée dorée, longue de 29 pouces » qu’il avait, pour se protéger, montée sur la barre de fer de sa girouette « dépassant la cheminée de sa maison de 5 pieds environ ». Puis, ne voulant cependant pas s’incliner définitivement devant la sentence municipale, il porta l’affaire devant le Conseil d’Artois. Ce fut un procès qui dura quatre ans, et où le futur conventionnel Maximilien Robespierre, né en 1758 et inscrit, en 1780, depuis déjà deux ans au barreau d’Artois, eut la chance de rencontrer la « cause célèbre » qui commença à fonder sa réputation.
- Disons d’abord que le paratonnerre de M. de Yissery était fort bien monté, et, quoi qu’en pensassent les échevins de Saint-Omer, d’un fort bon physicien : « Cette machine consistait, indique le rapport présenté à son sujet en août 1780 à l’Académie de Dijon, en une lame d’épée dorée, vissée à une barre de fer, longue de 16 pieds; cette barre porte, à l’endroit où elle recevait la lame d’épée, une girouette sous la forme d’un globe foudroyant, armé de dards en différents sens; la partie inférieure de cette barre s’enfonce dans un entonnoir de fer-blanc, bouçÉe par une plaque de même métal percée de plusieurs trous et terminée par un canal aussi de fer-blanc, long de 5y pieds, qui descend le long du mur de
- la maison voisine, et, parvenu à environ deux à trois pieds du sol de la cour, se plie sous un angle un peu obtus et va gagner un puits en perçant la margelle ; à l’extrémité de ce canal est soudée une- verge de fer, terminée par un anneau auquel est attachée une chaîne qui descend perpendiculairement, et s’enfonce de plusieurs pieds dans l’eau.... »
- La conduite de la cause de M. de Yissery fut confiée à la fois à Robespierre et à Buissart, également avocat et en même temps physicien et membre de l’Académie d’Arras.Une énorme correspondance sollicita etrassembla les avis des savants et des Académies de l’époque, réunis ensuite dans un mémoire rédigé par Buissart, et admirablement utilisés dans les plaidoyers, un peu pathétiques, mais au reste remarquables, que Robespierre prononça devant le Conseil (1). Un premier arrêt, le 3i mai 1783, fit droit aux conclusions de la demande et permit « à la partie de Derobespierre de rétablir le paratonnerre dont il s’agit ». L’affaire n’était cependant pas encore terminée : sitôt que M. de Yissery, le 3i juillet, eut rétabli son paratonnerre, les manifestations hostiles recommencèrent; une chanson circula, sur l’air de Malborough, où on. le traitait de fou; on jeta des pierres dans ses vitres ; un savetier du voisinage, Gaury dit Bobo, en forme de polichinelle (bossu par devant, bossu par derrière) fit opposition à l’arrêt du Conseil, -— et il fallut attendre jusqu’au 21 avril 1784 pour que le Conseil déclarât irrecevable l’opposition de Bobo. Le malheureux M. de Y issery n’eut malheureusement pas le temps de savourer sa victoire, — il décéda trois mois plus tard.
- On ne saurait songer ici, faute de place, à donner même un résumé de la quantité de renseignements contenus dans le Mémoire de Buissart et dans les Plaidoyers de Robespierre, dont le détail serait pourtant curieux à relever comme contribution à l’histoire d’une « machine » au milieu des difficultés du temps de ses premiers établissements. Il suffit de retenir, pour montrer que l’opposition à l’invention de Franklin, particulièrement viVe à Saint-Omer, ne fut cependant pas unique à l’époque, suivant le passage d’une lettre de l’abbé Bertholon à Buissart (3 avril 1781), où ce savant prêtre indique qu’ « en France, il y a très peu •de para-tonnerre élevés », parce que, dit-il, « on n’y suit que fort tard les pratiques et les vérités les mieux démontrées, et que les modes et les futilités y Occupent trop ». Le nombre de ceux existant, d’après lui, à cette date, dans le royaume, n’est guère que d’une dizaine, l’un à l’abbaye de Saint-Ruf (Valence, en Dauphiné), deux à Dijon, dont un sur l’Académie et l’autre sur une paroisse, un à Bourg-en-Bresse, élevé par l’astronome Lalande, un à Ferney, « chez M. de Voltaire », un sur les confins de l’Anjou et du Maine, chez le chevalier Marel, et quatre à Lyon (clocher des barons de Saint-Just, hôpital de la villq, château, maison particulière), tous quatre construits d’ailleurs par l’abbé Bertholon lui-même. J.-P. L.
- 1. On trouvera les plaidoyers de Robespierre, une partie du Mémoire de Buissart, et diverses Consultations de savants de l’époque dans : OEuvres complètes de Maximilien, Robespierre. Première Partie : Robespierre à Arras. Tome II. Les OEuvres judiciaires, pages 129-224 : Plaidoyers "pour de Fisserf, 1 vol. in-8. Leroux, édit. (Société des Etudes robespierristes).
- Jteo
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- QêU
- Le danger des produits boratés pour la conservation des aliments. — A diverses reprises et depuis longtemps, les hygiénistes ont signalé le danger très réel pôur la santé publique de l’emploi de l’acide borique et-du borate de soude pour la conservation des aliments.
- Ainsi, Barthe, dans sa Toxicologie chimique, signale des cas de borisme accompagnés( de troubles digestifs et de psoriasis chez des sujets ayant fait usage d’acide borique pour désinfecter leurs appareils broncho-pulmonaire et urinaire, et M. Pouchet, dès 1892, ayant constaté que les digestions artificielles se trouvent ra-
- lenties en présence de l’acide borique et du borax et que l’injection de ces produits détermine chez les jeunes chiens des troubles graves, faisait adopter par le Comité consultatif d’hygiène un rapport tendant à leur interdiction.
- A la suite de cette dernière décision, on aurait pu penser que les produits boratés allaient être complètement délaissés en tant qu’agents conservateurs des substances alimentaires.
- Il n’en a rien été, cependant. Actuellement, en effet, tout comme avant la guerre, du reste, et bien que la loi interdise formellement l’emploi des conservateurs chi-
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- miques, l’acide borique et le.borax n’ont point cessé d’être couramment utilisés.
- Ainsi, comme vient de le révéler une discussion soulevée, ces jours derniers même, au Comité d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, de 1910 à 1914, les fromages à pâte tendre, que leurs fabricants additionnaient, en vue d’assurer leur conservation, d’un certain produit d’origine allemande dénommé la magicienne, et qui n’était autre que du borax, étaient devenus inmangeables. Améliorés naturellement du fait même de la cessation de l’emploi du produit conservateur, ces fromages, en ces derniers temps, ont repris un goût piquant, salé, fort désagréable, qui révèle un fâcheux retour à une pratique oubliée durant quatre ans.
- Et les fi’omages ne sont point les seuls aliments à être traités de cette regrettable façon. Certains bouchers peu scrupuleux, par exemple, recourent eux aussi à l’emploi de solutions à base de borate de soude pour conserver leurs viandes et l’acide borique se trouve aujourd’hui si couramment utilisé pour assurer la conservation des jaunes d’œufs importés en France que M. Lindet, au Comité d’hygiène publique et de salubrité duMépartement de la Seine, a cru devoir récemment attirer sur ce point l’attention de ses collègues par un rapport dont nous ne saurions mieux faire que de reproduire les suivantes conclusions :
- « Je considère qu’il pourrait être dangereux pour la santé publique d’augmenter, par des autorisations partielles, même exceptionnelles et provisoires, la quantité d’acide borique que nous consommons chaque jour dans nos aliments normaux.
- « En dehors de cette considération, il y a lieu de faire remarquer que tous les hygiénistes ont repoussé l’emploi des antiseptiques pour la conservation des matières alimentaires, de crainte que leur présence n’en cache l’altération, s’il remédie momentanément aux dangers que présente un produit mal préparé.
- « Malgré la pénurie d’œufs, dont la population souffre aujourd’hui, nous ne croyons pas devoir prendre la responsabilité de vous conseiller, Monsieur le Préfet, d’admettre comme inoffensive la consommation des jaunes d’œufs additionnés d’acide borique. »
- Ces conclusions, naturellement, ne pouvaient qu’être adoptées à l’unanimité par le Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine.
- A l’Administration, maintenant, de leur donner la sanction qu’elles appellent, c’est-à-dire d’assurer l’interdiction complète pour la conservation de nos aliments des produits borates dont l’influence fâcheuse sur la santé n’est plus à démontrer, mais est unanimement reconnue aujourd’hui par tous les médecins et tous les hygiénistes. Dr G. Y.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- 3§r
- Suppression de la teinte rosée des plaques ortho-chromatiques. __— Beaucoup de plaques orthochromatiques conservent, même après des lavages prolongés, une teinte rosée assez légère mais qui retarde néanmoins le tirage. Il est facile d’y remédier en laissant le cliché, pendant i5 à 3o minutes, dans :
- Eau..................... 1 000 c. c.
- Alun........................ 5o gr.
- Sulfate de fer............... 5o —
- Acide nitrique............... 25 —
- Vernis pour négatifs artificiels. — On entend par négatifs artificiels des dessins exécutés à la pointe sur une surface de vernis opaque étendu sur une plaque de verre. La difficulté est d’obtenir une couche de vernis qui résiste et ne s’écaille pas sous la pointe. Yoici deux formules recommandées par le British Journal of Photo-graphy :
- A. Baume du Canada..................1
- . Essence, de térébenthine rectifiée . 2
- Siccatif liquide..................o,25 à o,5
- • On y ajoute du noir de fumée jusqu’à consistance d’onguent, et l’on étend cette., composition sur le verre au moyen d’une queue de morue en petit-gris.
- B. Bitume de Judée en poudre .... 5o
- Essence grasse de térébenthine . . 10 à 12
- Huile de lin cuite................. i5
- Essence de térébenthine............ i5
- On met l’essence de térébenthine et l’essence grasse avec le bitume à fondre au bain-marie, en évitant l’inflammation des vapeurs d’essences. Après dissolution, on retire du feu, et l’on ajoute l’huile de lin cuite, en remuant continuellement le mélange. On introduit ensuite du noir de fumée, en quantité suffisante, pour obtenir la consistance et l’opacité voulues.
- Papier photographique négatif. — Le support de la couche sensible des phototypes a donné- lieu à d’innombrables recherches. Le verre est le plus employé, parce qu’il a l’avantage d’être parfaitement transparent, mais il est lourd et fragile. Le celluloïd est léger, souple et résiste aux chocs; mais il coûte cher, s’enflamme facilement, et les émulsions s’altèrent assez vite à son contact. Aussi n’a-t-on jamais renoncé au papier, dont l’emploi remonte aux débuts mêmes de la photographie, aux procédés de Bayard et de Fox Talbot. Incassable, médiocrement combustible, il est encore plus souple et plus léger que le celluloïd, et incomparablement moins coûteux. Il est vrai que sa transparence laisse à désirer, et c’était là un grave défaut, à
- l’époque où les tirages ne s’effectuaient que sur des papiers à impression lente; mais aujourd’hui, avec les papiers au bromure, cet inconvénient s’est bien atténué. Du reste, la demi-opacité du support offre deux avantages bien constatés : d’abord, elle évite complètement le hàlo, sans nécessiter l’interposition d’une sous-couche colorée, et facilite par conséquent la reproduction des sujets à contre-jour; ensuite, à sensibilité égale, le papier permet une pose plus courte que les supports transparents, comme l’a établi M. R. Colson, parce que la lumière qui a traversé l’émulsion se réfléchit sur la surface blanche et revient impressionner le bromure d’argent. La couche sensible fournit ainsi son maximum de rendement.
- Le reproche le plus sérieux que l’on ait fait au papier, c'est son défaut d’homogénéité. Il est très difficile d’éviter complètement les inégalités de la pâte, qui se traduisent, au tirage, par des taches, des lacunes ou la suppression de certains détails. Ces tares deviennent encore plus apparentes, si l’on essaye d’augmenter la transparence du cliché en l’imprégnant de cire, d’huile de ricin ou de vaseline. Cependant, les papetiers sont parvenus à obtenir des produits dont la texture est très suffisamment régulière, au moins pour les tirages par contact. Tel est le papier « Brantom », dont le grain est à peine perceptible et donne des photocopies très fines.
- Ce papier porte une émulsion dont la sensibilité équivaut à celle des plaques les plus rapides, et il coûte à peine la moitié du prix des plaques ordinaires.-Il est livré dans des pochettes dont chacune contient un portefeuille en tôle mince, destiné à maintenir le papier, que l’on peut dès lors placer dans les châssis ou dans le magasin de l’appareil photographique, comme s’il s’agissait de plaques en verre.
- Le développement du négatif peut être contrôlé soit par réflexion, soit par. transparence. Tous les révélateurs sont bons; cependant, le fabricant recommande spécialement une formule au métol et àd’hydroquinone.
- Le crayon à retouche prend très bien sur la couche sèche, et les négatifs terminés peuvent être conservés soit en paquets, soit entre les feuilles d’un livre, de manière à garder une planéité parfaite.
- Le papier « Bràntom » est fabriqué par Mme Yve Ma-randy, 3, 5 et 7, rue Brantôme, à Asnières.
- Température des bains photographiques. — La
- plupart des photographes ne prêtent qu’une médiocre attention à la température des bains qu’ils emploient, et c’est là pourtant un des éléments qui ont le plus d’influence sur les résultats obtenus.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Pour le développement, la température qui convient le mieux est comprise entre i8° et 200. Une température plus basse diminue l’énergie de tous les révélateurs, mais pas dans les mômes proportions : le paramido-phénol est relativement peu sensible aux variations de température, tandis que l’hydroquinone n’agit presque plus au-dessous de 70. Si la température est trop élevée, l’action(est trop violente, les négatifs sont gris et voilés, et la gélatine risque de se décoller ou de se couvrir de
- craquelures. Ce dernier accident est srtrlout à craindre quand les différents bains, développement, fixage et lavages, sont à des températures très différentes.
- La température influe aussi considérablement sur le virage des papiers à noircissement direct; pour un bain neuf, la terfipérature ne doit pas dépasser i5° à 180; par contre, certains bains qui paraissent épuisés, en hiver, virent encore très bien lorsqu’on les fait tiédir.
- .JfcD
- 10D
- BOITE AUX LETTRES
- QSC
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix a quinze jours.
- M. Gaclies, à Castelnaudary. — Yoici une très bonne formule pour ardoiser les tableaux noirs sans que la surface en devienne glissante :
- Broyer parfaitement un mélange à parties égales de blanc d’Espagne et de noir de fumée, pour 100 gr. du produit obtenu; ajouter d’abord 4$ gr. d’essence de térébenthine, puis finalement 40 gr. de vernis copal blanc. Appliquer le vernis au moyen d’un pinceau dit queue de morue, laisser sécher deux ou trois jours et donner une nouvelle couche.
- Mme Tardivaud, à Longpont, par Montlhéry. — i° C’est par erreur que cette recette a été insérée dans notre recueil, elle devait être supprimée à la composition, ne nous ayant pas donné satisfaction, lors des essais que nous en avions faits; a0 Presque toutes les pâtes à polir vendues actuellement ont une composition voisine et consistent en un produit abrasif en suspension dans un savon ammoniacal. On peut prendre comme type la formule suivante :
- Eau........................... 1/2 litre
- Ammoniaque............—........... 5o c. c.
- Savon de Marseille râpé .... 100 gr. n
- Tripoli, ou terre d’infusoires. . a5o gr.
- Pour masquer en partie l'odeur ammoniacale on peut ajouter 5 gr. d’essence de mirbane.
- Mme A. V., à Paris. — Nous pensons que la formule suivante vous donnera satisfaction.
- Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau i5 gr. de borax, porter à l’ébullition et ajouter 3o gr. de gomme laque en écailles, chauffer jusqu'à dissolution complète et employer tiède. *
- M. A. Dewez, à Gembloux, Belgique. — i° Si la marque dorée n’est nécessaire que pour la vente et ne 'doit paé persister à l’usage, le plus simple est de se servir d’un timbre et du liquide dit encre d’or; au cas contraire il conviendrait d’effectuer uu guillochage de la façon suivante :
- Après avoir enduit l’objet d’acier de vernis de graveur, tracer à la pointe le dessin à reproduire, puis attaquer le métal par un mordant tel que celui indiqué ci-après. Enlever le vernis par l’essence de térébenthine, puis transporter dans un bain galvanique où on déposera une couche d’or de manière que toutes les cavités obtenues par la gravure soient remplies el que la surface soit nivelée. Polir finalement de façon à enlever le dépôt sur les parties qui ne doivent pas être dorées ; autrement dit jusqu’au moment où il ne restera plus que l’or contenu dans les creux;
- i° Le mordant employé habituellement répond à
- l’une des deux formules suivantes :
- A. Eau............... 100 grammes
- Acide nitrique....... 7 —
- Alcool à 900......... i5 —
- B. Bichromate de potasse. 20 —
- Acide sulfurique à 66° B. 100 —
- M. Mingardon, 38, rue Saint-Savournin, à Marseille. i° Les objets en fer ou en fonte se réparent au moyen du mastic suivant :
- Limaille de fer..............3o grammes
- Fleur de soufre............. 1
- Sel ammoniac................. 1 —
- Délayer dans de l'eau vinaigrée à G pour 100 el légè-
- rement acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique, en faire une pâte consistante que l’on appliquera sur les surfaces à assembler bien nettoyées. Ce mastic devient d’une très grande dureté au bout d-e quelques jours;
- 20 Le meilleur procédé pour rejoindre les morceaux de poteries est. de se servir de la gomme laque frottée sur les fragments préalablement chauffés dans la cendre d’un foyer, mais il ne faut pas compter qu’aucun ciment puisse pratiquement résister à l’usage, en faisant aller au feu la vaisselle raccommodée, cette observation s’applique en particulier au ciment à base de blanc d’œuf ;
- 3Ü Le baume du Canada s’emploie le plus souvent en dissolution chloroformique, le résultat est subordonné à l’effort que doivent supporter les pièces réunies et surtout aux conditions de température dans lesquelles elles se trouvent;
- 4“ Dans la stéi’ilisation par le procédé Soxhlet le mieux est de se servir d’un tube de verre fermé à sa partie supérieure et portant latéralement une petite ouverture. Dans la première phase de l’opération, cette ouverture se trouve» au-dessus du bouchon, lorsqu’on enfonce le tube l’ouverture rencontre le bouchon, elle se trouve obstruée et le vase se trouve ainsi hermétiquement clos, ce qui empêche toute intervention de microorganismes susceptibles d’altérer le lait.
- M. G. Tremblais, à Paris. — Pour nettoyer des récipients ayant contenu du pétrole il faut opérer de la façon suivante : Remplir complètement les bouteilles d"eau et laisser, reposer 24 heures pour que le pétrole gagne la surface, puis dégorger d’un coup sec. Rincer avec un lait de chaux contenant un peu de sable, puis finalement avecune dissolution de chlorure de chaux, produit appelé vulgairement poudre de chlore. Laisser en contact quelques heures, passer à l’eau ordinaire en ayant soin à chaque fois de remplir complètement la bouteille.
- M. P. Bouchon, à Nassandre. — i° Pour fixer les couleurs, il suffit au moyen d’un pulvérisateur de pro-
- jeter le vernis suivant :
- Térébenthine de Venise. . . 5 grammes
- Sandaraque.................... 5 —
- Alcool à 95°. . . . ... . 5o c. c.
- 20 Un vernis brillant sera obtenu en coulant à la surface du papier une dissolution ainsi obtenue :
- Collodion officinal...........120 c. c.
- Bougie stéarique.............. 3o grammes
- L’opération devra être pratiquée en étendant au préalable la feuille sur une plaque de verre et versant le collodion rapidement, en commençant parla partie supérieure. On incline ensuite la plaque vers l’un des coins pour faire retourner dans le flacon la portion non employée de la dissolution.
- M. Fernand Nicollet, à Paris. — Les taches de graisse sur le papier s’enlèvent facilement en plongeant la feuille dans le tétrachlorure de carbone. On se sert 'pour cela d’une cuvette photographique, par évaporation le tétrachlorure disparaît et il ne reste pas d’auréole, ce qui arriverait en essayant de faire un dégraissage local par frottement. Aucun danger n’est à craindre comme avec la plupart des autres dissolvants des matières grasses, le tétrachlorure est ininflammable.
- M. G. Manchon, à Rouen. — On peut, en effet, obtenir une solution aqueuse de gomme laque, celle-ci ayant la propriété de se dissoudre en présence du borax; la formule suivante peut servir de type :
- Gomme laque............... 3o grammes
- Borax . ... x5 —
- Eau..........................â5o —
- — Faire dissoudre le borax dans l’eau, ajouter la gomme laque et porter à l’ébullition, que l’on main-
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- BOITE AUX LETTRES
- tiendra jusqu’à dissolution complète en remplaçant l’eau d’évaporation si besoin est.
- M. L. M., à Troyes. — U y a une chaire de Pathologie végétale à l’Institut national agronomique ( 16, rue Claude-Bernard, Pains, 5e). Vous pourriez lui demander l’adresse de la'Société dont il s’agit. D'autre part, ce renseignement pourrait être demandé soit au Directeur des Services agricoles de l’Aube (Préfecture de Troyes), soit à la Direction du Service des Epiphyties créé au Ministère de_ l’Agriculture (Direction des Services Sanitaires et Scientifiques, 42 bis, rue de Bourgogne, Paris, 7e).
- M. A. F., rue de Yaugirard, Paris. — Le principe du moteur à vent à disposition verticale, dont vous nous donnez la description sommaire, paraît rationnel quant à la combinaison adoptée pour l’entraînement au moyen de palettes mobiles sur lesquelles s’exerce l’action du vent. Le-brevet se justifie; mais il est bien difficile, avec ces seules données, tout à fait insuffisantes, d’apprécier la valeur pratique d’un tel système sans voir fonctionner au moins un appareil d’essai. Nous vous conseillons de soumettre à M. Ringelmann, directeur de la Station d’essai de Machines (2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e), la teneur du brevet qu’a dû vous délivrer l’Office national de la propriété industrielle, et le croquis schématique, très net, qui y doit être*’* annexé, en demandant avis technique sur la valeur pratique de l’invention. Pour la construction, les difficultés rencontrées sont communes à bien des inventeurs, vu les circonstances actuelles; se renseigner, si possible, auprès de la Chambre syndicale des constructeurs de machines agricoles de France (10, rue de Lancry, Paris, 12e).
- M. E. C., à Montpellier. — Les photographies livrées en quelques minutes n’exigent ni outillage ni produits spéciaux. La rapidité des opérations est obtenue par la suppression du fixage du négatif, qui évite, la perte de temps causée non seulement par la dissolution du bromure d’argent dans l’hyposulfite, mais aussi et surtout par les lavages qui doivent éliminer l’hyposulfite. Le séchage du cliché peut également être supprimé. Dans le cas spécial du photographe forain, dont le procédé vous a paru mystérieux, le cliché est pris sur un papier au gélatiûobromure rapide. Après développement, le négatif est plongé dans de l’eau additionnée de quelques gouttes d’acide (sulfurique ou autre) et appliqué, tout humide, sur une plaque de verre disposée verticalement. On le photographie aussitôt, soit à taille égale, soit dans un autre format, sur papier (ou sur carte postale) au gélatinobromure. On obtient ainsi à la chambre noire un ou plusieurs positifs : ceux-ci doivent être fixés, après développement, mais on peut abréger les lavages par l’emploi bien connu de divers oxydants, tels que l’eau oxygénée neutre, l’iode, le persulfate d’ammo-
- niaque exactement tieutralisé ou additionné de certaines substances alcalines (thioxydant). — Appareils et produits pourraient vous être fournis par MM, Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, à Pains.
- Dr C., à Paris. — Voici les renseignements demandés sur la composition et la préparation des sons et des pailles mélassés :
- Son mélassé : composition pour 100 du mélange : poids égaux : eau i4,5o à 16,5o; matières azotées i3,12 à 14,5o; matières grasses 0,68 à 4,3o; sucre 21,16 à 24,25 ; matières extractives non azotées 32,20; cellulose 6,38; matières minérales 5,48 à 6,80.
- Pffille mélassée (Pail-mel), proportions pour 100 du mélange : paille 43 à 45, mélasse 55 à 57; composition: eau 14,42; sucres 28,56; albuminoïdes digestibles 1 »94» non digestibles 1,06; amides7,i2; cellulose 11,^7; pentosanes 12,16; matières minérales 7,94.
- Pour préparer le son mélassé, on chauffe d’abord la mélasse à 80-880 de façon à lui donner une certaine fluidité, puis on lui ajoute du son dans la proportion de 5o de son pour 5o de mélasse. On agite le tout et, au bout de peu d’instants, le son a absorbé toute la mélasse. On laisse refroidir et on obtient un produit qui ne colle pour ainsi dire pas à la main, et qui se divise facilement.
- Pour préparer la paille mélassée, on passe d’abord la paille au hache-paille, appareil spécial qui la coupe en très menus morceaux, puis on fait dissoudre la mélasse dans 3 ou 4 fois son poids d’eau chaude, afin de diminuer sa viscosité, après quoi on arrose avec cette solution la paille hachée répandue sur une-aire unie et très propre, et on procède ensuite à un brassage énergique. A la ferme d’Arcy-en-Brie, exploitée par M. Nicolas, on répandait sur le sol la paille hachée, arrosée ensuite avec la moitié de la dose de mélasse à employer, délayée dans 4 litres d’eau par kilogramme de mélasse; on brassait le tout, on ajoutait du son et du remoulage, puis on brassait de nouveau; enfin, on ajoutait le complément de la mélasse diluée et on brassait encore une fois.
- Il y a, dans le commerce, des appareils qui servent à faire la préparation des fourrages mélassés. Ces appareils consistent, généralement, en une auge demi-cylindrique (avec ou sans double paroi pour le chauffage à la vapeur), et dans laquelle tourne un arbre portant des bras disposés en hélice. On fait arriver, à l’une des extrémités, la mélasse chauffée à 85-88° et le fourrage pulvérulent à lui ajouter (son, paille hachée, tourteaux en poudre, balles, issues, drêches, touraillons ou radicelles d’orge germée, marcs, etc.). Le mélange est recueilli à l’autre extrémité. Avant de le mettre en sac, on le laisse refroidir, sous une faible épaisseur, sur un plancher bien sec ou sur une aire bétonnée.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux' prix nets marqués, à réception d’un mandatpostal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ......
- L'Aéronautique. Revue mensuelle illustrée. Gauthier-Villars, éditeur, 55, Quai des Grands-Augustins. Prix : 40 francs par an.
- Notre nouveau confrère vient de publier son premier numéro. Son programme est des plus intéressants; rédigé avec la collaboration de la Section technique de l’Aéronautique, il se propose d’être au point de vue tactique, technique et documentaire un organe d’instruction et de propagande. Signalons dans ce numéro des études générales du commandant Orthlieb sur l’histoire de l’aviation militaire ; de M. Sabatier sur le plus léger que l’air ; du capitaine de la Ferrière sur les efforts de l’Empire Britannique ; des études techniques de MM. Appell et Maurain sur l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr; du colonel Orand sur le vol de l’avion ; de M. Amans sur l’hélice propulsive,
- etc. Ce fascicule est luxueusement imprimé et illustré.
- Les maladies du papier piqué. Les champignons chromogènes qui les provoquent. Les modes, de préserva-, tion, par Pierre SéeI i vol. in-18, 168 p., 17 pl., Doin, éditeur, Paris. Prix : 6 fr. + 10 pour 100.
- Description des champignons qui s’attaquent aux papiers, étude de leurs dégâts, suivie de conseils pour le traitement préventif et curatif de l’altération des papiers qui seront précieux aux bibliophiles. L’auteur recommande particulièrement les fumigations de formol et la propreté.
- Notre Examen de Conscience, par Paul Gaultier, i vol. in-18, 207 p. Bibliothèque de l’Union Française, Paris. Prix net : 4 francs.
- Pour éviter que la victoire se change en défaite économique Paul Gaultier nous fait toucher du doigt en des pages cinglantes, mais dénuées d’amertume, notre négligence, notre frivolité, notre mesquinerie, notre indiscipline, notre individualisme, notre jalousie, notre superstition du discours, qui nous ont fait tant de mal et risqueraient de nous en faire encore davantage si nous ne nous en corrigions.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2367
- 9 Août 1919
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Emile Fisher. — Le chimiste allemand Emile Fisher vient de mourir à l’âge de 67 ans. C’était le représentant le plus distingué de l’Ecole moderne allemande de chimie organique : il est connu jDar ses travaux sur les matières colorantes, sur l’acide urique, sur la puirine, et surtout sur les sucres; il précisa la constitution d’un grand nombre de composés de cette famille et en réalisa la synthèse; on a de lui également des travaux importants sur les protéines. Il fut lauréat du prix Nobel en 1902.
- Réseau mondial de longitudes et de latitudes. —
- MM. E. Picard, Baillaud et Ferrié ont récemment présenté à l’Académie des Sciences (2 juin) une assez longue note où ils exposent un projet dû à l’initiative du Bureau des Longitudes et ayant pour but la détermination d’un réseau mondial de longitudes et de latitudes. Quoique de nombreuses opérations aient été exécutées depuis de longues années par les services scientifiques de diverses nations, en vue de déterminer les positions géographiques exactes du plus grand nombre possible de points du globe terrestre, et qu’il soit sorti de ces travaux géodésiques de nombreux et importants renseignements sur la forme du globe terrestre, on manquait jusqu’à ces derniers temps et l’on manque encore d’un travail d ensemble capable de constituer pour le globe dans son entier un canevas fondamental auquel seraient rapportées les déterminations ultérieures. D’après les auteurs cités, l’exécution d’une telle œuvre « qui, il y a dix ans, eût été jugée irréalisable », serait maintenant possible notamment par suite des immenses progrès techniques accomplis, pendant et à l’occasion delaguerre, dans la télégraphie sans fil. Reprenant une idée qui avait déjà reçu un commencement d’exécution en 1910-1914 (détermination, par comparaison radiotélégraphique d’horloges, de différences de longitudes entre Paris-Brest, Paris-Bizerte, Paris-Bruxelles, Paris-Washing-ton), le Bureau des Longitudes se propose de réaliser des comparaisons de pendules, et par suite de longitudes, au moyen de signaux radiotélégraphiques entre trois postes qui seraient situés approximativement sur le même parallèle moyen de l’hémisphère Nord, et écartés les uns les autres de 8 heures (ou 1200), par exemple Paris, Shangaï et San Francisco, les signaux radiotélégraphiques étant émis par un poste de Lyon pour Paris et Shangaï, par Honolulu pour Shangaï et San Francisco, par Annapolis pour San Francisco et Paris. En même temps que ces postes de l’hémisphère boréal, un poste installé en Nouvelle Zélande, aux antipodes de la France, recevrait également les signaux radiotélégraphiques français. On aurait ainsi, en somme, à la surface de la terre, quatre points marquant chacun l’un des sommets d’un tétraèdre et dont les positions relatives, en” coordonnées géographiques^ pourraient, pour ainsi dire à chaque instant, être déterminées avec la plus grande exactitude. L’avenir indiquerait avec sûreté si ces positions demeureraient invariables, ou bien il pei’mettrait de contrôler la question, laissée forcément jusqu’ici sans réponse par des opérations qui ne pouvaient être que de détail, des déformations continues dont il est possible que soit le siège le globe terrestre. Les relations radiotélégraphiques avec le poste de l’hémisphère austral apporteraient en outre d'utiles contributions à l’étude de la propagation des ondes hertziennes à la surface terrestre et peut-être aussi à celle de l’influence que peut avoir sur cette propagation la rotation du globfe. Le Bureau des Longitudes serait heureux.de pouvoir ajouter l’observatoire de Greenwich à la liste des points récepteurs de signaux, la connaissance la plus rigoureuse de la différence de longitude entre cet Observatoire et celui de Paris étant une donnée capitale par suite du très grand nombre de déterminations de longitudes pour lesquelles ces deux points ont servi d’origine. J.-P. L.
- Sur les dimensions de la Voie lactée. — D’après un travail de M. Reboul dans L’Astronomie (juillet 1918), la Voie lactée, ou, comme disent les astronomes, noti’e
- système galactique contient au moins un milliard, et peut-être deux milliards, d’étoiles réparties dans un volume ayant dans l’ensemble la forme d un ellipsoïde de révolution. Les dimensions générales sont telles que pour le traverser diamétralement dans le plan de la Voie lactée, la lumière doit employer environ 35 000 ans, tandis qu’il ne lui eu faut que 9000 pour le traverser d’un pôle à l’autre. D’immenses nuées stellaires se trouvent au sein de cet ellipsoïde et dans son plan équatorial, sans doute en forme de spirales et composées d’étoiles de faibles dimensions.
- Les ombres volantes. — Le phénomène des ombres volantes s’observe pendant les éclipses de Soleil au moment du début de la phase de totalité, se dessinant alors sur le sol comme une série de rides alternativement brillantes et sombres, qui cheminent, alternativement aussi, dans une direction déterminée. D’après M. Ch. Fabry [L’Astronomie, janvier 1919), leur production exige la réunion des deux conditions suivantes : il faut que l’air manque d’homogénéité, non seulement à la surface du sol, mais encore dans les parties élevées de l’atmosphère; il faut en outre que la source lumineuse soit de surface très réduite, presque ponctuelle, et c’est précisément l’état où se trouve le Soleil une minute avant la phase de totalité, moment où il se trouve réduit à un fil lumineux d’environ 3o secondes d’arc d’épaisseur apparente.
- Nouveaux dirigeables anglais. — D’une communication de M. Long, premier Lord de l'Amirauté, à la Chambre des Communes anglaise, il résulte que nos alliés ont. actuellement en chantier, pour leur marine,
- 6 dirigeables rigides, dé’ modèles peidectionnés. La dépense en est évaluée à cinquante-cinq millions de francs.
- Prix des traversées transocéaniques en avion. —
- Les gouvernements ne peuvent se désintéresser des grands efforts actuellement tentés pour faire traverser les océans par des machines volantes. Mais leur action est déjà devancée par celles de particuliers généreux et clairvoyants : c’.est le: prix de Daily Mail quia déclenché les vols des hydravions IV L, de Hawlcer é't Grieves, de Alcock et BrownQL’Aérophile signale que M. Thomas Ince offre 220 000 francs à l’aviateur qui effectuera la traversée de la côté Américaine du Pacifique en Australie ; i5oooo francs seront attribués au premier aviateur qui volera jusqu’aux îles Hawaï. Un Français résidant à New York, M. Raymond Orteig, offre i'iSooo francs à l’aviateur qui volera de New' York à Paris ou vice-versa sans arrêt. L’aviateur devra être originaire d’une nation alliée. L’Aéro-Club de Londres a doté d’un prix de :>.5o 000 francs le raid Grande-Bretagne-Australie avec passage obligatoire à Singapoore. Notons que le gouvernement Portugais a fondé un prix de 100 000 francs pour l’aviateur portugais ou brésilien qui fera la traversée Lisbonne-Rio de Janeiro en moins de 7 jours (168 heures). Un crédit d’un million d’autre part est accordé pour l’organisation du raid. Le gouvernement brésilien offre un prix de 170000 francs au premier aviateur qui fera la traversée du Brésil au Portugal.
- Les tubes de'fer employés comme conducteurs électriques. — Les conducteurs des transports de force sont en général des fils de cuivre ou d'aluminium. C’était la règle jusqu’ici, mais elle n’est pas absolument logique quand il s’agit de courants alternatifs; ceux-ci, on le sait, sont employés presque exclusivement pour les transports à grande distance. Lord Kelvin a démontré, il y a longtemps déjà, que la circulation des courants alternatifs dans un conducteur n’emprunte pas d’une façon égale toute la section du conducteur. Plus la fréquence du courant est élevée, plus le courant se localise à la périphérie du conducteur dont la région centrale est peu utile. La résistance électrique du conducteur dans ces conditions dépend moins de la nature du. métal; l’influence de celle-ci va en déci'oissant avec la fréquence
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- INFORMATIONS
- du courant. Le besoin d’économiser le cuivre à la guerre a conduit les électriciens à envisager l’emploi de tubes de fer comme conducteurs pour courants alternatifs à haute tension. Une importante station électrique des Etats-Unis en a fait l'expérience ; les résultats ont été très satisfaisants.
- Le four électrique en France pendant la guerre.
- — Dans une récente conférence au Conservatoire des Arts et Métiers, M: Chaumat, l'éminent sous-directeur de l’Ecole d’Electricité, a donné d’intéressants détails sur diverses applications données au four électrique pendant la guerre; il a mis notamment en évidence 1 effort « colossal » réalisé par nos industriels dans celle voie. Les carburiers- qui produisaient avant-guerre ~4o°oo t. de carbure de calcium par an ont élevé leur production annuelle à 120000 t. et équipé de nouvelles usines pour i5ooooà 180000 l. Ges dernières commençaient à fonctionner au moment de l’armistice. Le carbure fîest employé pour produire de l’acétylène (éclairage, soudure autogène) ou pour fabriquer de la cyanamide. Aux portes de Paris, l’usine à cyanamide de Nanterre avec 160 fours pouvait chaque jour fixer 16000 kg d’azote extrait de l’air et produire plus de 100 t. de cyanamide.
- La fusion des déchets de laiton au four électrique est une industrie née de la guerre. Sa mise au point a été assez délicate en raison de l’extrême volatilité du zinc. A l’usine de Saint-Ours-les-Koches (Puy-de-Dôme) existe un four absorbant plus de 4^o chevaux et produisant ii t. par jour. Le laiton obtenu ainsi des déchets est envoyé au laminoir. La grande usine P. Girod à Ugine s’est spécialisée dans la construction des aciers lins au four électrique.
- La fabrication des fontes de synthèse, créée pendant la guerre par M. Relier, s’est d'autre part développée d’une façon prodigieuse. Ces fontes, à l'inverse de ce qui se fait habituellement eii sidérurgie, sont obtenues en partant de l’acier : on utilise à cet effet des déchets d,’acier que l’on recarbure au four électrique. Grâce à cet appareil, très obéissant, on fabrique ainsi des fontes très siliceuses contenant 2 à 3 pour 100 de silicium, très douces à l’outil, elles ont été surtout employées pour fabriquer les obus de gros calibres; elles sont en effet très brisantes; au moment de l’explosion de l’obus, les parois se divisent en une multitude de petits fragments lancés de tous côtés à grande vitesse et qui jouent le rôle d’autant de balles de shrapnells.
- Les moteurs électriques dans l’industrie céra mique. — L emploi de 1 électricité comme force motrice dans les usines de l’industrie céramique, fabriquant de la poterie ou de la brique, était resté exclu jusqu’à ces derniers temps parce qu’il était couramment admis que, seule, la machine à vapeur possédait la marge de puissance assez importante pour réaliser l’effort quotidien exceptionnel de travail que nécessite dans ces installations l’opération du démarrage : il y a, en effet, à vaincre chaque matin l’énorme résistance qui résulte du fait que l'argile, pendant l’arrêt nocturne de la fabrication, s est séparée de la bouillie préparée et déposée en masse consistante au fond des. bacs mélangeurs. D’après la General Electric Review, de New York (février 1919), des applications récentes de la commande électrique dans cette industrie ont démontré nettement que cette prévention était sans fondement, soit qu'il s’agisse du courant continu, seul employé d’abord, soit du courant alternatif, auquel on est venu plus tardivement. Dans la commande des pompes qui amènent aux filtres 1 argile en bouillie, l’électricité est même d’un emploi moins coûteux que la machine à vapeur, étant capable de maintenir une constance de vitesse qu’on ne saurait songer à obtenir de la machine à vapeur à mesure que se développe l’augmentation Me charge qui résulte de l’accroissement progressif de pression dans le filtre. Dans la fabrication des moufles en argile réfractaire employées comme protecteurs dans la cuisson des pièces, fabrication autrefois exécutée à la main, l’introduction de l’électricité a augmenté la production de 400 à ïooo pour 100. Enfin,' appliquée à la commande du tour de potier, 1 électricité augmenterait, la production de 3o pour 100. Les fabriques de faïence pour appareils sanitaires, en raison de la complication des pièces à ouvrer, sont les seules jusqu’ici où la commande élec-
- trique n'ait pu être employée, pas plus d'ailleurs qu’aucun type de commande mécanique, tout le travail se faisant uniquement à la main.
- Les automobiles électriques aux Etats-Unis. — On
- sait que 1 emploi des automobiles électriques à accumulateurs s est remarquablement développé aux Etats-Unis, surtout pour les usages d industrie et de commerce : sans parler de la remarquable facilité de conduite, on peut estimer à qo pour 100 l’économie que ce procédé réalise sur la voiture à essence de même type. D’après le Bulletin de la Société belge d'électriciens (janvier-mars 1919) les dépenses de service et d’entretien au kilomètre, pour une voiturette du service des compteurs et des patrouilles du service d’éclairage, se sont montées à 4,61 cents jénergie, 1,08; bandages, 1,49; main-d’œuvre, 0,42; réparations, 1,46 ; eau distillée, 0,06; divers, 0,08;—le cent vaut 5,18 centimes de notre monnaie) ; en ajoutant à ces chiffres ceux qui correspondent à des charges fixes (dépréciation, intérêts, annonces) le total au kilomètre est de 6,24 cents (eu francs : o,3a4)-Pour un camion les mêmes frais conduiraient à une dépense kilométrique de 9,6 cents (o l’r., 5o). Ce succès de l’automobile électrique aux Etats-Unis est particulièrement aidé par l’action des Centrales électriques pour‘'qui la charge des accumulateurs est un moyen fécond d’augmenter leur facteur de charge.
- Le goudron comme combustible pour les moteurs Diesel. — Le Journal of lhe Society of Chemical Jndus-try (i"‘-i5 janvier 1919) signale des essais effectués avec succès pendant trois ans pour alimenter 2 moteurs Diesèl de 100 HP, au moyenjde goudron, tantôt seul, tantôt mélangé avec de l’huile de paraffine. Le pouvoir calorifique du goudron étant d’environ 8700 calories, 337 gr. de goudron et 20 gr. d’huile produisent un cheval-heure, dont le prix de revient est 2,5 fois moindre qu avec 1 huile habituelle. Le goudron, d abord purifié clans de grands réservoirs chauffés par des tuyaux d eau, puis pompé dans un réservoir où il accède à travers des filtres de sable, passe ensuite dans un compteur, puis dans un réchauffeur où sa température est portée à 6o° C. Après emploi du goudron, les cylindres et le piston du moteur restent brillants et propres.
- Simple expérience démontrant la respiration des graines en germination. — On sait^ue la germination des graines ne se fait qu’en présence d oxygène. Notre confrère Scientific American décrit une expérience très simple qui le démontre abondamment. Si l’on prend deux flacons d’égale capacité, fermés par un bouchon, et qu'on place dans le premier un pois, dans l’autre un certain nombre d’autres pois, 3o ou 40 par exemple, et
- qu’après avoir humidifié le milieu par quelques gouttes d’eau, on place les deux flacons en expérience dans un endroit éclairé, on constate, au bout de quelques jours, que le pois isolé a germé et donné une racine et une tigelle, tandis que les autres groupés n’ont pas changé. La preuve que l’oxygène leur a manqué peut être faite en versant dans le flacon- qui les contient un peu d’eau de chaux qui se trouble dès qu’on agite, ou mieux eu y introduisant une allumette enflammée qui s’éteint immédiatement.
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- <§8D
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ‘Electricité -5^,
- Un mémorandum électrique. — L’heure du rendez-vous s oublie très fréquemment, quoi que l’on pense, surtout lorsque ce rendez-vous est pris plusieurs jours à 1 avance. Les gens sages et pratiques les inscrivent sur un bloc-notes, allecté à cet usage qu’ils oublient de consulter au bon moment. L’aide-mémoire n’a servi à rien. Il existe encore d’autres méthodes : celle, par exemple, qui consiste à faire un nœud à son mouchoir.; plusieurs rendez-vous peuvent être représentés par plu-
- S/S/Pt?/' Q.
- sieurs nœuds, jusqu’à concurrence de quatre. Après il faut un autre mouchoir. Ça n’est pas très pratique.
- M. Harry-Ashton-YVolff a imaginé un appareil plus sérieux : un mémorandum électrique. Vous prenez autant de rendez-vous qu’il vous convient pour tous les jours de la semaine, et, au montent favorable, l’appareil fait entendre un cri de sirène qui vous appelle impérieusement pour vous mettre sous les yeux l’heure, le lieu de votre rendez-vous, ainsi que l’objet et le nom de la personne si vous avez craint d’oublier ces détails essentiels.
- Un tel appareil mérite qu’on s’y intéresse.
- Extérieurement, ilestcons-titué par une boîte verticale reposant sur un plateau horizontal. Sur la première on remarque (fig. 1) une pendule ordinaire, très apparente, entourée d’autant de cadrans qu’il y a de jours dans la semaine. Chacun de ces cadrans est constitué par detix couronnes de petits trous ainsi que le montre la seconde ligure ; une couronne correspond à une moitié de la journée ; la couronne intérieure est destinée aux heures de o à 12, l’autre aux heures de 11 à 24. Chaque couronne est percée de 48 trous qui correspondent, par conséquent^aux quarts d’heure. Un peut introduire une pointe métallique dans chacun d’eux. Enfin deux fenêtres sont des viseurs par lesquels on lit d’une part la date et de l’autre le mois.
- Le plateau horizontal de l’appareil comporte huit compartiments; les sept premiers correspondent aux jours de la semaine; ils sont fermés à l’aide d’un volet commandé électriquement par le circuit du cadran auquel ils sont reliés. Les volets s’ouvrent et laissent apercevoir un bloc-notes sur la feuille visible duquel on a préalablement noté le rendez-vous, et cela à l’heure réglée plusieurs jours d’avance par l'introduction d’une fiche dans
- Hl
- l’un des trous du cadran journalier. Le huitième compartiment est un réservoir à fiches.
- La troisième figure va nous permettre d’expliquer le fonctionnement des organes.
- La pendule entraîne un cadran mobile A qui fait un tour chaque douze heures et porte un plot sur lequel peut venir frotter un balai relié à un électro-aimant D par le conducteur C. Cet électro actionne un cliquet qui peut entraîner une rou^, à rochet E à 14 dents portant un bras distributeur b capable de passer sur tous les plots G, H, répartis sur la périphérie du disque qui leur sert de support. Les plots pairs à partir de G sont reliés à la masse d’une roue de 48 dents, pourvue de deux plots V V,,. Chaque quart d’heure, cette roue avance d’une dent sous l’action d un cliquet commandé par l’électro-aimant M ; celui-ci reçoit son courant par l’intermédiaire de la j>endule. Les plots impairs, II et suivants, sont reliés à une bague K, isolée sur l’axe de L, et reliée elle-même au contact Y' tandis que la masse
- Fig. 3. — Détails du mécanisme.
- de cette roue est connectée au plot Y seulement qui se trouve ainsi isolé dans une couronne non conductrice. Les pointes de contact N et N' peuvent Venir l’une et l’autre appuyer sur ces deux plots. Rappelons qu elles sont enfoncées, à la volonté de l’opérateuf, dans l’un quelconque des 48 trous du cadran de ce circuit. Chacun de ces cadrans X fait d’ailleurs partie du circuit général que notre figure indique "avec précision.
- Supposons que l’on désire être averti par l’appareil qu’un rendez-vous es t pris pour le dimanche à 15 heures 3/4. On inscrira d’abord le rendez-vous sur le bloc-notes de la case dimanche, en poussant légèrement le bec supérieur du levier de cette case (fig. 4). Le couvercle chassé par un petit ressort R se soulèvera. L’inscription faite, on le fermera çn l’abaissant.
- Puis, on enfoncera la pointe N sur le cadran du dimanche dans la position correspondant à i5 heures 3/4, ou une demi-heure avant, si l’on a des préparatifs à faire en vue de ce rendez-vous. Pendant toute la semaine, la roue A enverra chaque ta heures, à midi et à minuit, un courant dans D et le bras F se posera successivement sur tous les plots jusqu à ce qu’il atteigne, le dimanche à midi, celui de ces plots qui correspond au circuit du
- Détail des cadrans.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- dimanche (entre midi et minuit). Ce plot est le plot G. Le circuit positif sera donc amorcé jusqu’au contact Y par le bras F, le plot G, la roue L. Mais il ne s’arrêtera au contact Y et ne sera fermé sur Y et N que lorsque la pendule entraînant L à raison d’une dent par quart d’heure aura amené Y en face de N, c’est-à-dire -à
- Ressorti
- Electro
- Fig.
- i5 h. 3/4, A ce moment le circuit sur P et O sera fermé, la petite sirène produira son appel et le volet du « dimanche » se soulèvera pour permettre de lire le bloc-notes.
- Ajoutons que les feuilles du bloc-notes peuvent être percées de deux trous qui permettront de les classer, pour les retrouver plus tard, si le besoin s’en fait sentir.
- Ce nouveau mémorandum est déjà fort curieux par sa conception; mais son côté pratique est incontestable, puisque, grâce à lui, aucun rendez-vous ne peut plus être oublié. C'est le meilleur aide-mémoire que l’homme d’affaires pourra souhaiter. Deux petites piles sèches suffisent à en assurer le fonctionnement régulier.
- L. F.
- Jlutomobilisme <<%
- Indicateur de température pour moteurs d’autos « motomètre Boyce ». — Cet appareil (fig. 5) a pour but d’indiquer à l’automobiliste les changements de température pouvant se produire dans l’eau de circulation du moteur, autrement dit il lui permet, par le contrôle de l’action refroidissante du radiateur et du ventilateur de l’auto, de maintenir le moteur à la température correspondant à son meilleur rendement mécanique. Il lui révèle aussi le manque d’eau ou de lubrification suffisamment à temps pour que le moteur ne soit pas, de ce fait, endommagé. Il se construit en six modèles pouvant tous se fixer au bouchon du radiateur («g-
- Le principe de cet indicateur, qui est en somme un thermomètre spécial, est basé non point sur la température de l’eau dans le radiateur, mais bien sur celle
- iiliillllli
- Fig. 5. —Le Motomètre Fig. 6. — Sa place sur le bouchon Boyce. du radiateur.
- de l’air se trouvant au-dessus de celle eau. A la mise en marche, air et eau sont évidemment à la même température, mais au fur et à mesure que l’eau s’échauffe et se vaporise, l’air s’humidilie, puis s'échauffe à Son tour, sans toutefois arriver à égaler la température de l’eau. Dès que cette vaporisation atteint une certaine intensité, la colonne de mercure placée dans l’appareil se dilate marquant ainsi les variations de la température
- de l’eau selon une échelle — o m. 04 de hauteur — dont les indications extrêmes vont entre les deux températures 2i° et ioo° centigrades, c’est-à-dire « trop froid » et « trop chaud ». The Moto-Meter C°, Long tsland City (U. S.).
- Objets utiles ^§33
- Le Perpas. — L’objet que l’on perd le plus souvent est le parapluie; les dames y ajoutent l’ombrelle. Il vous quitte àv.ec une désinvolture charmante : au café, en autobus, dans le train, on le regrette d’abord, on maudit son étourderie personnelle et on recommence avec son parapluie neuf. Rarement on songe à le réclamer ! Et cependant chaque année des milliers de « pépins » échouent dans le hangar des objets trouvés à la préfecture de police. Cela prouve que beaucoup de gens ayant trouvé un parapluie ou une ombrelle seraient heureux _de le rendre à leur propriétaire. Celle bonne action nécessite la possession de l’adresse du perdant.
- Or le « Perpas » est précisément destiné à recevoir cette adresse. C’est un léger tube de celluloïd fendu dans le sens de la longueur que l’on engage sur la tige du parapluie après avoir inscrit son nom et son adresse. On le recouvre ensuite d’un second tube semblable, noir, qui dissimule le premier. Si une personne honnête trouve le parapluie elle n’a qu’à enlever le tube noir pour savoir à qui elle doit remettre l’objet, ou tout au moins pour prévenir le propriétaire.
- Le « Perpas » est vendu o fr. j5 (port o fr. i5) chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Brûle-parfums Jed Robj. — Beaucoup de parfums à base d’alcool et diverses solutions antiseptiques, telles que celles d’eucalyptol, de menthol, etc., peuvent être aisément vaporisées entre 40 et '700. Il suffît donc de les tiédir. Le brûle-parfums Jed Robj réalise ce chauffage au moyen du courant électrique. Il le fait dans des conditions de simplicité et d’élégance, qui lui vaudront d’être placé dans les salons et les demeures élégantes.
- Fig. 7. •— Le Perpas.
- Il se compose d’un vase en verrerie d’art ou en porcelaine translucide qui sert de réservoir; ce vase peut être ou non monté sur un, trépied. Le couvercle, en bronze doré, perforé pour laisser sortir les émanations, porte une petite lampe électrique dont l’ampoule plonge dans le liquide à vaporiser. La chaleur produite par l’incandescence de la lampe suffit à évaporer le parfum, tandis que sa lumière éclaire, artistiquement le vase. En vente, chez Kirby Beard et C'% 5, rue Auber, Paris.
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- VARIÉTÉS
- La coloration de la corne. — La corne sculptée puis teinte se prête à d’agréables travaux d’amateurs qui ne demandent qu’un peu de goût, très peu de matériel et un court apprentissage technique. Boucles de ceinture, têtes d’épingles à chapeau, couteaux àpapier, etc. Dans tousles cas, on doit presque toujours colorer la corne pour bien mettre en valeur le modelé et mieux imiter les choses sculptées. Et c est très facile, en se servant de mixtures à base de matières colorantes synthétiques vendues parles spécialistes. Mais la plupart des teintes ainsi obtenues résistent très mal à l’action de la lumière. Aussi,quand on le peut, est-il préférable d’employer des pigments minéraux, infiniment plus solides. Comme ces couleurs sont généralement insolubles — ce qui les rend d’ailleurs plus inaltérables encore — on les forme habituellement dans la masse cornée imprégnée de solutions réagissant sur le soufre naturellement contenu dans la corne pour donner un précipité coloré. On conçoit que la technique d’une telle teinture soit assez délicate. Voici quelques recettes qui pourront guider dans l’application.
- Teintures au plomb. — Àj Pulvériser finement des poids égaux de minium, de carbonate de potasse et de chaux, ajouter suffisamment d’eau pour faire iine pâte assez épaisse. Cette pâte est appliquée sur la surface à teinter, où on la laisse environ une heure; la corne est alors devenue brun foncé. On peut graduer l’intensité de la coloration en mettant moins ou plus de carbonate de potasse, ce sel fait foncer les teintes.
- B) La méthode imaginée par le chimiste berlinois Lintner pour imiter des cornes teintes importées de Paris consiste en une teinture au plomb, avec avivage terminal au bois rouge. Elle consiste à rendre d’abord la corne aisément pénétrable aux réactifs, en la plongeant pendant quelques instants dans un bain à a50-3on formé de 3 litres d’eau pour i litre d’acide nitrique. On applique ensuite pendant environ un quart d’heure une pâte faite avec un peu d’eau et :
- Carbonate de soude anhydre . . 20 grammes.
- Chaux vive fraîchement calcinée. 10
- Litharge....................... 10 —
- On rince à l’eau puis on plonge la corne ainsi teintée en brun clair dans un bain froid composé de 400 cm5 de décoction de bois rouge et 100 cm3 de lessive de soude caustique à ao° Baumé. La décoction colorante est préparée en faisant bouillir 3oo gr. de copeaux de bois de Fernambouc dans 1 litre d’eau. Quand les teintes sont bien avivées en brun rouge, on rince à grande eau, on laisse bien sécher et on polit.
- On peut, faire virer les teintes au bleuâtre en ajoutant à la pâte au plomb un peu de sulfate de zinc; on peut obtenir des.tons écarlates en ajoutant au bain d’avivagé un peu de sel d’étain.
- Teinture à l'argent. — A) Mettre en pâte avec un peu d eau de savon un mélange de 100 gr. de litharge d’argent et 200 gr. de chaux fraîchement calcinée. On applique sur la corne un peu de cette pâte aux seuls endroits destinés à être colorés, et on laisse en conlact jusqu’à séchage, après quoi on epoussette et on lave. Pour obtenir une imitation d écaille, il est bon d’ajouter à la pâle un peu d une pâte faite avec de la craie, en sorte qu’on obtienne une masse hétérogène dont l’application formera des mouchetures irrégulières.
- B) Les taches brunes de l’écaille peuvent encore être obtenues en opérant ainsi : on plonge la pièce dans un bain de cire ou de paraffine, on laisse refroidir l’enduit gras et on gratte par place pour isoler les seuls endroits à colorer. Ôn traite ensuite dans une solution refroidie, mais faite à chaud d’argent dans l’eau régale (10.gr. de métal pour 3o cm5 d’acide nitrique et 60 cm5 d’acide chlorhydrique). Après imprégnation,, on rince légèrement à l’eau et on expose à la lumière qui décompose le sel d argent avec production de métal extrêmement divisé colorant la masse en brun rouge. En forçant la dose d’argent, on obtient des teintes plus foncé.es et même noires.
- Teinture au fer. — Faire tremper pendant quelques instants la corne dans l’acide nitrique dilué (i/5) et chaud, bien laver à l’eau froide puis faire sécher. Pendant ce temps, malaxer avec un peu d’eau un mélange soigneusement pulvérisé de chaux vive, d’oxyde ferrique, de carbonate de potasse et de graphite (poids égaux de chamm). La pâte ainsi faite est appliquée sur la corne aux endroits à teinter; on l’y laisse pendant environ 1 heure, après quoi on lave à grande eau.
- Teintures à l’or, au mercure, à l'arsenic. — En faisant dissoudre dans l’eau régale fi/3 d’acide nitrique et a/3 d’acide chlorhydrique) de l’or ou du mercure, on obtient des solutions de chlorure métallique s’employant comme celle à base d’argent, et donnant la première des tons rouges, la seconde des nuances brunes. En faisant dissoudre dans l’eau* régale des proportions diverses des trois métaux précités, on peut naturellement obtenir des gammes graduées de teintes diverses.
- Les colorations à base d’arsenic, également fort solides, sont brunes. On les obtient en appliquant sur la corne une dissolution saturée d’orpiment dans l’eau de chaux.
- J§SD
- 1*0
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Q0L
- Précautions à prendre dans les installations téléphoniques à proximité de fils d’éclairage à l’intérieur des immeubles. — Le voisinage des installations téléphoniques et des installations d’éclairage, électrique à l’intérieur des immeubles peut être la cause d’accidents de personnes ou de dégâts de matériel. Pour réduire ces dangers au minimum, le Comité technique des P. T. T. a élaboré des instructions à l’usage des monteurs de l’administration. Les Annales des P. T. T. les résument; nous croyons utile de les reproduire ci-dessous :
- « Les entrées de postes téléphoniques aériennes devront être éloignées d’au moins un mètre des entrées de postes aériennes d’énergie, que les murs de l’immeuble soient ou non situés sur le domaine public.
- « Il sera interdit de faire croiser ou rendre parallèles des fils d’appartement et des fils d’énergie nus, à moin£ d’observer entre ces groupes de fils une distance" d’un mètre. . ~ __
- « Les fils téléphoniques d’appartement placés parallèlement à une canalisation d’énergie isolée devront être éloignés de celle-ci d’au moins 5 cm. Toutefois, cette distance pourrait être réduite jusqu’à 2 cm au cas où il serait reconnu difficile de se maintenir à 5 cm et pourvu
- que la canalisation d’énergie soit sous moulure ou sous tube isolant et qu’aucun contact ne soit à craindre entre les crochets supports de cette canalisation et ceux des fils téléphoniques.
- « Les canalisations téléphoniques qui empruntent des' passages par percement à travers des murs où des cloisons ne devront jamais emprunter les mêmes percements que d’autres canalisations telles que lumière, sonneries, etc. v
- « Il faut éviter de faire se croiser les fils téléphoniques et les canalisations privées. Lorsqu’un tel croisement ne. peut être évité, il doit être effectué à angle droit et les fils téléphoniques formeront un pont au-dessus des canalisations privées, sans les toucher. À chaque extrémité du pont, les fils téléphoniques devront être solidement fixés par un crochet vitrifié r ils seront recouverts de ruban goudronné dans le pont et jusqu’à 1 cm au moins au delà de chaque crochet.
- « Dans ( les croisements en pont, on fera utilement usage d’une forme de pont en porcelaine ou en verre, surtout si la canalisation d'énergie n’est pas sous moulure ou sous tube isolant.
- « S’il arrivait que des fils téléphoniques et des fils d’énergie fussent parallèles de part et d’autre d'un pan-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- neau ou d’une cloison en bois, ils ne devraient pas être directement opposés.
- « L’attention des ouvriers monteurs devra être attirée sur la possibilité de l’existence de canalisations d’énergie dissimulées dans les différentes parties de bâtiment f maçonneries, boiseries, etc. »
- Il serait souhaitable que ces règles imposées désormais aux monteurs des P. T. T., fussent également observées par les installateurs électriciens, lorsqu’ils font des installations d’éclairage dans des immeubles où existe déjà .le téléphone.
- Composition d’une bonne encre. — Il existe, on le sait, des milliers de formules pour la préparation des encres à écrire. Mais quantités des mixtures obtenues pour leur application n’ont qu’une bien médiocre valeur. Pour être certain d’avoir une encre donnant des traits d’excellente solidité, ou pourra se guider d’après les chiffres publiés récemment dans un décret du gouvernement prussien réglementant le choix des encres pour pièces officielles.
- Les encres bon teint ne doivent pas être à base de campêche comme la plupart des mixtures bon marché du commerce actuel; mais à base de tannate de fer. De bonnes proportions résultent de l’emploi, pour un litre d’encre,.de 3o gr. d’acides gallique et tannique, 3o gr./Ie sulfate ferreux cristallisé, io gr. de gomme arabique,
- 2 gr. d’acide chlorhydrique, 2 gr. d'acide phénique. La proportion : fer (acides gallique et tannique) doit être comprise entre 1/4,5 et 1/6,75. Une telle encre ne doit pas changer quand on lave les traits tracés depuis huit jours avec de l’eau ou de l'alcool à 8o°.
- Préparation de l’encre rouge. — Pûen n’est plus facile que de préparer une bonne encre rouge en tout semblable aux meilleures encres du commerce; il suffit de faire dissoudre environ 1 gr. d’éosine dans à peu près 100 cm3 d’eau ordinaire. Il est bon d’ajouter environ 1 gr de glycérine pour éviter la trop rapide dessiccation de l’encre, mais ce n’est pas indispensable.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Taches d’encre rouge sur tissus. — Sur fibres végétales telles que coton, toile, etc., le procédé le plus efficace consiste à baigner l’étoffe tachée dans une solution à 5 pour 100 de permanganate de potassium dans l’eau ordinaire jusqu’à coloration brune bien prononcée de tout le tissu. On retire ensuite, on rince et on plonge dans un bain de bisulfite de soude à 10 pour 100 acidulé par un peu de vinaigre. Dès que le fond du ’tissu est très parfaitement blanc, on rince à l’eau, on exprime, on replonge dans le bain de permanganate, les traitements étant renouvelés de façon à faire subir deux ou trois fois aux taches le cycle oxydation-réduction. On rince finalement à grande eau.
- Sur fibres animales, comme lainage et soieries, le procédé de détachage le plus efficace consiste à plonger le tissu dans une solution aqueuse (5 ou 10 pour 100) de perhorate sodique ou d’une mixture perboratée du commerce (perboraline Rousselot, Persil, etc.). On chauffe peu à peu en restant en deçà de 1 ébullition et en remuant constamment. L’éosine qui colore l’encre ne disparaît qu’en partie : une certaine quantité entre en solution qui colore tout le tissu en rose pâle. Mais ce n’est pas moins joli pour cela, et la légère teinte contribue à rendre moins visible les faibles traces que laisse toujours la tache. (Laboratoire de La Nature.)
- Taches d’encre violette sur tissus. — Sur lainages et soieries le violet méthyl des encres produit une véritable teinture, et il est impossible d’enlever toutes traces de taches. Les meilleurs résultats sont obtenus en baignant l’étoffe dans une solution à 5 ou 10 pour 100 d’hydrosulfite sodique sous une de ses formes stables (par exemple 1 hyraldit, de la manufacture lyonnaise de matières colorantes). On porte ensuite peu à peu vers l’ébullition en remuant sans cesse.
- Sur cotonnades et toiles on peut enlever les taches dans un bain froid d’eau contepant 10 pour 100 d’extrait de Javel ou 5 pour 100 de chlorure de chaux. Mais la solidité du tissu est de la sorte un j>eu compromise. Nous préférons de beaucoup la vieille méthode de blanchiment au permanganate appliquée telle qu’elle est décrite dans nos Recettes de lai Maison (page 204); pour
- obtenir une disparition absolument complète, il convient de blanchir successivement à deux reprises.
- [Laboratoire de La Nature.)
- Enduit métallique sur tissus. — Ces enduits sont parfois employés en art décoratif, et surtout pour confectionner les écrans de projection avec la poudre d’aluminium, écrans qui sont très lumineux à cause de leur propriété de diffuser surtout la lumière eu avant et non sur les côtés.
- On peut aisément recouvrir une étoffe d’un enduit solide, brillant et souple en la badigeonnant de vernis à l’alcool, puis après avoir attendu quelques instants (une demi-heure par exemple), saupoudrant d’aluminium en particules impalpables. On étend avec un blaireau sec la poudre sur toute la surface, où elle adhère au vernis visqueux. On secoue pour enlever l’excès de poudre. On laisse sécher quelques heures, puis on applique une nouvelle couche de vernis et on fait sécher à nouveau.
- En remplaçant la poudre d’aluminium par des bronzes couleurs employés par les peintres pour la pseudodorure et le bronzage, on obtient un enduit doré brillant. (Laboratoire de Lai Nature.)
- Nickelage de l’aluminium. — On sait que cette opération est relativement difficile, et ne s’obtient géné*-râlement que par dépôt intermédiaire de cuivre, de fer, de zinc. MM. Conac et Tassilly publient dans 1 e Bulletin de la Société chimique une méthode nouvelle plus simple qui leur donne toute satisfaction.
- On décape dans un bain bouillant de potasse, on brosse avec un lait de chaux, on trempe dans une solution de cyanure de potassium à a gr. par litre d’eau, puis dans un mélange de :
- Eau............................5oo grammes.
- Acide chlorhydrique, . , 5oo —
- Fer . . ............... 1 —
- Jusqu’à production d’un aspect moiré, les pièces étant lavées à l’eau entre chaque traitement.
- Le nickelage est ensuite opéré par les procédés habituels, sous tension de 2 volts avec 1 ampère par décimètre carré comme densité de courant, la composition de l’électrolyte étant par exemple :
- Eau.......................... 1000 grammes.
- Chlorure de nickel ... 5o —
- Acide borique........... 20 —
- Les bons résultats obtenus proviennent d’un dépôt de fer effectué en milieu très réducteur, car le chlorure ferrique du dernier bain décapant se change en sel ferreux par suite du dégagement d’hydrogène se produisant au plonger des pièces. Toutefois ce fer ne forme pas une couche intermédiaire, il se dépose en cellules inégalisant l’attaque à l'acide chlorhydrique : on obtient une surface irrégulière fixant très bien le dépôt ultérieur.
- L’aluminium protégé de la sorte est inaltérable par l’air humide, l’acide acétique, les lessives de soude, les solutions de sel marin; il conviendrait particulièrement pour l’établissement de canalisations électriques.
- Ciment poiir la fonte. — Il se prépare en fondant dans un creuset pas trop chauffé, de manière à ne pas brûler le carbone, un mélange de :
- Soufre......................5o grammes.
- Limaille de fer.............20 —
- Graphite....................2ô —
- On applique à chaud, sur le métal sec chauffé lui aussi par contact d’un fer rouge. —. (Le Chimiste'.)
- Colle pour fixer les lettres-réclame sur les glaces des devantures. — Mélanger intimement, en triturant au mortier si possible :
- Yeruis copal ..............3o grammes
- Essence de térébenthine . . 10 —-Colle forte.........1 . . 10 —
- La colle ayant été au préalable mise à trempep, puis dissoute à chaud dans le moins possible d’eau. Ajouter 20 gr. de chaux éteinte finement pulvérisée et remuer jusqu’à parfaite homogénéité. (The Métal Tndustry.)
- Le polissage de la fonte. — Pour polir les surfaces cylindriques de pièces en fonte, il convient d’employer
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- une meule en carborundum, agissant sur la pièce'fixée au tou^. Il est bon, pour obtenir une surface polie très line, de briser les arêtes trop vives de la meule en la repassant d’abord avec une pierre du Levant. On peut mêler à l’eau d’arrosage de l’émeri très lin.
- A défaut de meule pour tour, on peut employer un rodoir en bois garni de cuir imprégné d’une bouillie d’buile et d’émeri très fin. On doit graisser abondamment avec de l’huile minérale bien neutre, ou mieux de l’essence de térébenthine qui permet d’obtenir un bien plus joli brillant.
- On peut aussi polir à la toile d’émeri, mais le brillant est plus grossier parce que l’abrasif n’étant pas supporté par une masse souple dans laquelle il peut pénétrer, travaille plus brutalement. On doit alors croiser les traits et faire rapidement voyager la toile. Pour polir les talons de raccordement, en évitant d’arrondir les angles, on^opère avec de la toile émerisée collée sur un morceau de bois.
- Dans tous les cas. ne pas oublier que le polissage est bien facilité si la pièce fut auparavant planée au tour de façon à obtenir une surface bien régulière. Voici comment doit être fait un tel planage préparatoire : outillage, vitesse lente, grand avancement, passe profonde (sur le rayon) de 10 à i5 pour ioo au moins. 11 n’est
- pas indispensable d’employer des outils en acier à coupe rapide. (La Machine Moderne.)
- Serpents de Pharaon inoffen'èifs. — On sait que les petites pastilles produisant sur le classique « père la colique » un effet laxatif extraordinaire sont à base de sulfocyanure de mercure, poison très dangereux. Aussi est-il imprudent de laisser ,cela aux mains des enfants. On a proposé de remjilacer le produit par diverses compositions capables de brûler en foisonnant. Celui qui nous donna de meilleurs résultats se compose de :
- Sucre en poudre. ... io grammes.
- Bichromate de potasse. io
- Nitrate de potasse. . . 5 à io —
- On pulvérise préalablement chaqueîproduit sec, on mélange la poudre et on tasse dans de vieilles capsules de cartouches à petit calibre. 11 suffit d’allumer pour que le mélange s’enflamme en laissant un résidu noir qui,-composé d’oxyde de chrome, de charbon et de carbonate de potasse, est absolument inofEensif. Eviter de faire sécher le mélange; même chauffé au bain-marie, il s enflamme spontanément. Les doses sont approximatives, plus on met de nitrate et plus la combustion est rapide. (Laboratoire de La Nature.)
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — Dans la hotte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnemeat. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que-dans un délai de dix à quinze jours.
- Demande. — M. A. D., à Anvers (Belgique), désirerait savoir si ou construit encore en Franche-Comté des horloges à poids, avec sonneries tous les quarts d’heure, telles qu’on les construisait il y a 3o ans. Prière défaire connaître i^n bon fabricant et d’indiquer les prix de ces horloges.
- Renseignements.— M.... — La Société qui produit la fibre de genêt est la Société du Genêt et des nouveaux textiles, 5i, rue Laffite, Paris. Le rapport général sur l'Industrie française est en vente à l’imprimerie nationale.
- M. J. de B., A Pont-Leroy. — L’heure, le communiqué de presse'et le bulletin météorologique sont donnés par la Tour Eiffel avec émissions à étincelles (25oo m. de longueur d’onde pour l’heure et le bulletin météorologique, 3soo m. pour le communiqué de presse).
- On peut donc recevoir ces trois transmissions sur récepteurs ordinaires à galènes. Les autres messages de la Tour sont émis en ondes entretenues et exigent un dispositif spécial pour la réception. Il est d’ailleurs interdit dé chercher à les recevoir, car elles sont d’ordre confidentiel.
- M. Jiou, à Bucarest. — La librairie Bernard a été rachetée d’abord par M. Geisler, elle est aujourd’hui la librairie Albin Michel, rue Huyghens, Paris. La librairie Hetzela été cédée à la maison Hachette, boulevard Saint-Germain, Paris. La librairie Tignol est actuellement la librairie ,Nolo, 53, quai des Grands-Augustins. La librairie Whittaker de Londres n’a pas subi de changements, croyons-nous.
- M. J. A. S., à Carcassonne. — i° Il n’y a que peu d’ouvrages traitant spécialement cette question, mais de courtes études ont été publiées de loin en loin, depuis bien des années, dans la presse agricole (voyez: Journal d’Agriculture pratique, 26, rue Jacob, Paris, 6°j LAgriculture Nouvelle, 18, rue d’Enghien, Paris, 10e; Vie agricole et rurale, 19, rue HautefeuiHe, Paris, 6e). Consultez les ouvrages suivants : L’Ortie. Sa valeur alimentaire, fourragère, textile, industrielle et économique, p^r A. Barot, 1 broch. 2 fr. (librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 70). IL Ortie. Ses propriétés alimentaires, médicales, agricoles et industrielles, par
- Elofîe. 1 broch. 1 fr. 3o. LL Ortie de la Chine. Sa culture et ses usages, par Ramon de la Sagra, 1 broch. 1 fr. 3o (Goin, éditeur, 62, rue des Ecoles, Paris, 5e). La revue L'Ouest industriel a reproduit, dans son numéro de juillet 1918, une étude sur Y Ortie comme matière textile, étude parue daus la revue Textile Recorder du i5 janvier 1918, p. 296, et elle a une partie consacrée aux industries textiles.
- 20 Ouvrages sur les plantes textiles en général : Les Plantes industrielles, par Gustave Heuzé, tome Ier. Plantes textiles ou filamenteuses, 1 vol. 4 fr. ; Plantes industrielles, par Henri Hitier, 1 vol. 7 fr. ; Les Cultures coloniales ; plantes industrielles textiles, par Henri Jumelle, 1 vol. 6 fr. 5o; les Textiles végétaux, leur examen microchimique, par H. Lecomte (Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, 6e), 1 vol. 4 fr. ; L.es plantes textiles, par Bounétat, 1 vol. o fr. j5 , La Ramie, utilisation industrielle, culture et récolte, 1 broch. 1 fr. 45, par Royer; La Ramie, par A. Moreau, 1 broch. 1 fr. 35, La Ramie, par Frémy, 1 vol. 6 fr. 5o; Etude sur l'alfa, par Trabut, 1 vol. 5 fr. 10 (librairie Horticole). Textiles divers (Coton, Raphia, Sisal, Agave, Jute, Abaca, Boulouba, Buntal, Kapok). (Voir ouvrages spéciaux sur ces questions et articles parus dans la revue VAgriculture pratique des Pays chauds,. Challamel, éditeur, 17, rue Jacob, Paris, 6e).
- 3° Ouvrages sur les industries textiles : Essai des matières textiles, par J. Persoz, 1 vol. 3 fr. 5o (Masson, éditeur); Les Textiles, par Charpentier, 1 vol. 27 fr. 5o ; Etude sur la Ramie, par F. Benoît, 1 vol. 1 fr. 65 (Dunod et Pinat, éditeurs, 47- quai des Grands-Augustins, Paris, 6e) ; Les textiles, les tissus, par H. Pécheux, i vol. 2 fr. ; Tableaux synoptiques pour l'examen des tissus et l’analyse. Fibres textiles, par Ch. Mauget, 1 vol. 2 fr. ; E Industrie et le commerce des tissus, par G. Joulin, 1 vol. 6 fr. 5o (Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, Paris, 6e); Aide-mémoire de l'industrie textile. Renseignements techniques et commerciaux, 1 vol. j 3 fr. (Institut scientifique et industriel, 8, rue Nouvelle, Paris, 9e). Manuel de Filature (mécanique et principes généraux de la filature des textiles : lin, culture, rouissage, teillage, filature), par J. Dantzer, 3 vol. à 2 fr. l’un (H. Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris, 6e). Pour tout ce qui se rattache à la partie industrielle, on peut s’adresser à l’Office spécial des Industries textiles (Danzer, 20, rue Yignon, Paris, 8e).
- M. F. Canty, à Clermont-Ferrand. — Pour donner plus de profondeur aux noirs d’un agrandissement au gélatino-bromure, on peut le recouvrir d’une couche très mince de gélatine de belle qualité : faire gonfler d’abord la gélatine dans l’eau froide, puis fondre au bain-marie.
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- BOITE AUX LETTRES
- — Pour fixer les dessins ou les pastels, le mélange suivant fournit un enduit solide, parfaitement transparent et qui ne s’écaille pas. On met, dans un premier flacon, 90 cm5 d’acétate d’amyle et 24 gr. de résine mastic. On facilite la dissolution en agitant fréquemment, puis on laisse reposer, et l’on décante la partie claire. Dans un second flacon, on fait dissoudre 7 gr. de
- celluloïd dans 90 cm3 d’acétate d’amyle. Cette dernière solution est mélangée avec la partie décantée du premier flacon. On a ainsi un excellent fixatif, qui doit être appliqué au moyen d’un pulvérisateur fait de deux tubes à angle droit; les pulvérisateurs à tubes concentriques seraient promptement obstrués par le dépôt de résine et de celluloïd résultant de l’évaporation du dissolvant.
- BIBLIOGRAPHIE
- as*,
- cstf-
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. [Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) —————— "
- Mathématiques et concours, par L. Laffitte, ï brochure, J22 pages. H. Floury, éditeur, 1, boulevard des Capucines, Paris.
- L’auteur fait, avec raison et esprit, le procès des mathématiques, qui forment aujourd'hui la partie principale de notre enseignement scientifique et de ses concours. Moins de calculs abstraits et de tours de force sur les équations, plus d’observation personnelle sur les faits concrets; tel devrait ètrë l’esprit des programmes modernes : la jeunesse y gagnerait du temps et le pays s'en trouverait bien.
- La métallurgie à la portée de tous : fonte, fer, acier, aciers spéciaux, par le lieutenant Marcel Astruc, i vol. 192 p., 37 fig. Albin Michel, éditeur, Paris, 1919. Prix : 4 fr. 80 (majoration, comprise).
- Ouvrage remarquable par sa clarté et sa simplicité. L’auteur expose les principes sur lesquels reposent les divers procédés métallurgiques en usage dans l’industrie; ses explications précises, éclairées souvent par d’ingénieuses comparaisons, restent toujours accessibles à tous. Il décrit ensuite dans leurs grandes lignes les installations industrielles et montre le fonctionnement d’ensemble des appareils. Des schémas très bien compris complètent et illustrent ces descriptions. Voici les principales divisions du livre : les minerais, la fonte et le haut fourneau; le fer; l’acier Bessemer et le procédé Thomas, l’acier Martin, le procédé au creuset, les aciers spéciaux.
- Index méthodique des Travaux et Essais exécutés pendant les années 1915-1916-1917 et 1918, par le Service central des Laboratoires et Essais de la Section technique de l’Aéronautique et du Service des fabrications de l’aviation militaire, à Chalais-Meudon. 1 vol. 154 P-! xiv planches.-S. F. A. 1919.
- Le développement intense de notre industrie aéronautique pendant la guerre a fait sentir la nécessité d’un contrôle rigoureux des matières premières. Le Laboratoire de l’Aéronautique de Chalais-Meudon dut, dès 1915, sé transformer et s’outiller pour faire face à cette tâche ; sous la direction du capitaine Guérin, il est devenu rapidement un puissant organisme, comprenant 3 sections • chimie, essais mécaniques, moteurs et magnétos ; l’effort réalisé peut se mesurer au chiffre d’essais exécutés ; 891 640 en quatre ans. Les résultats en sont résumés dans le présent index la partie la plus intéressante est celle qui est consacrée aux travaux originaux du Service : études des enduits pour avions, question très importante, des essences pour aviations, des vernis pour hélices et pour toiles, des toiles d’avions et de dirigeables, etc. Ces études ont rendu les plus grands services à notre industrie aérienne. „ •
- Une politique de la construction après, la guerre, travaux publics et bâtiment, par Georges Hersent, i vol. 3i2 p. Payot, éditeur, Paris, 1919. Prix ; 10 francs.
- La reconstruction des régions envahies, l’exécutioh
- des travaux publics indispensables après la guerre, ne fût-ce que pour assurer la reconstitution écono-4 mique du pays, posait de redoutables problèmes. M. Hersent, un de nos grands entrepreneurs, les aborde avec méthode et compétence : 10 à i5 milliards de travaux de bâtiments; des travaux de routes, de chemins de fer, de ports, qu’ii classe par ordre d’urgence; comment faire face à,, pareil programme à l’aide des . moyens d’exécution restreints qui nous restent; M. Hersent, comme tout homme d’action, est heureusement optimiste; il montre que nous aurons x facilement les matériaux nécessaires, la plupart sur place, à condition d’organiser la production et l’achat; de même la reconstruction des bâtiments détruits peut se simplifier grandement; rechercher des méthodes de construction rapides et logiques, et sans prétendre construire pour des siècles ; organiser des consortiums ou des coopératives de construction et reconstruire en série, par « masses » en standardisant le plus possible ; en profiter pour refaire du neuf et non du vieux : des logements salubres, des cités scientifiquement aménagées. Partant de là, M. Hersent établit un programme de réalisation des plus judicieux et dont les autorités officielles se sont manifestement inspirées.
- Flowering Plants and Ferns, par J.-C. VVillis. 4e édition. 1 vol in-12, 700-i.v p. University Press, Cambridge. Prix net : 20 sh.
- Dictionnaire des noms anglais et latins des plantes, donnant pour chacune les principaux caractères, la distribution géographique et les usages.
- Le salut par la terre et le programme économique de l'avenir, par Jules Méltne. i vol. in-12, 272 p. Hachette et Cie, Paris. Prix : 7 l’r. 5o.
- L’auteur examine la situation financière actuelle : budget de i5 à 18 milliards, dette de 200, et cherche les moyens de soutenir ce fardeau en produisant plus de richesses. Il trouve une source abondante et immédiate de capital et de revenus dans l’agriculture, à condition qu’elle intensifie sa production. Pour cela, il lui faut des engrais, des crédits, de la main-d’œuvre. Elle les aura aisément, par le retour à la terre de la bourgeoisie, des chefs d’exploitation, par la solidarité sous forme d’associations, d’assurances mutuelles, etc., par les Sociétés agricoles qui doivent être éducatrices, par les écoles et l’enseignement de l’Etat. L’auteur voit notre salut prochain par la terre et tout ce livre est un admirable plaidoyer en faveur des idées qui lui sont chères : le retour à la culture, la reconstitution économique de la France, la reconstruction de sa fortune par la mise en valeur du sol.
- Le travail des femmes et le demi-temps, par Mme Avril de Sainte-Croix, i broch. 8 p. Edition du « Musée Social »-, 5, rue Las-Cases, Paris.
- Le demi-temps, c’est le travail de 4 heures; appliqué aux ouvrières de quelques usines de guerre des Etats-Unis, il a donné des résultats des plus intéressants, du point de vue production aussi bien que^du point de vue social.
- Les conquêtes africaines des Belges, par Pierre Date. 1 broch. in-16,.92 p., 1 cart. Berger-Levrault, Paris. Prix net : 2 francs,.
- Excellent résumé de l’histoire du Congo belge, des convoitises allemandes qu’il suscita et de la campagne belge en Afrique pendant la guerre, au Cameroun, en Rhodésie, dans l’Est jusqu’à l’Océan Indien.
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- LA NATURE
- N° 2368
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- 16 Août 1919.
- -g^-Tes émissions de T. S. F. de la Tour Eiffel. — De-
- •'''jpuis la signature de la paix, nombre de nos lecteurs, sans-lilistes d'avant-guerre, nous demandent des renseignements sur les émissions de la Tour Eiffel. Voici ceux que nous avons pu recueillir.
- Les émissions de FL en ondes amorties, faites à des heures régulières, sont les suivantes :
- Heure /Longueur Système
- de Greenwich. Transmission. d’oiule. à étincelle
- !)h 45 à 91'55 Hulletinmélêoroln(ji(jiie. 2600 . musicale. 9h 56 à 10h Signaux horaires inler-
- \ _ nationaux............. 2600 musicale.
- 10!l 2 à 10h 5 Siguauxhorairessidéraux. 2600 musicale.
- '10l,44 à i()h40 Signaux lioraires français.
- I5h à la1'50 env. Presse.................’. . 5200 musicale.
- 16h à 16h 10 env. Ihi lie tmnuHéoro logique. 2600 musicale.
- 2oh 29 à 25h 55 " Signaux horaires aslrouo-
- nomkjues (battements rythmés)................. 2400 ronflée.-
- 25h 44 à 23h 49 Signaux horaires français. 2600 musicale.
- 23h 49. à 23h 51 Série de chiffres ayant trait
- aux battementsrythmés. 2600 musicale.
- Des modifications de cet horaire sont à l’étude, mais il restera probablement en vigueur durant quelques mois encore.
- Le système d’émission à arc de TF transmet des télégrammes de presse à 18 heures, i heure et 4 h. 3o, mais les amateurs ne sont pas équipés pour les recevoir.
- En outre, le poste de Tl*’ assure un service important avec l’étranger et transmet à des heures quelconques soit avec son système à arc (ondes entretenues), soit avec son système à étincelles musicales (le moins souvent possible).
- Les enduits pour toiles d’avions. — Le choix d’un enduit pour toile d’avion a paru d’une importance secondaire dans les débuts de l’aviation. On se proposait seulement d’imperméabiliser la toile et on employait à cet effet des colles de peaux qui présentaient l’inconvénient de s’altérer rapidement.
- On ne tarda pas à s’apercevoir qu’il y avait intérêt pour le rendement de l’appareil à employer des enduits conférant de la raideur aux toiles et par suite rendant indéformable le prolil de l’aile.
- Vers 19 x -2 -1 g 13 apparurent les enduits à l’acétate de cellulose qui résolvaient le problème. On ptilisait alors l’acétate dissous dans un composé chloré, le tétrachloré-ihane (OH3CD), corps bon marché et donnant des pellicules très adhérentes, très souples et d’une réelle solidité.
- Malheureusement ce produit, à l’usage, présenta un grave inconvénient : sous l’influence de l’humidité et des rayons solaires, le tétrachloréthane qui reste dans la pellicule comme plastifiant, se décompose en donnant de l’acide chlorhydrique qui attaque les toiles. De graves accidents en furent la conséquence.
- Le Laboratoire de la Section technique aéronautique à Chalais-Meudon dut chercher des remèdes à cette situation grave : d’autre part, le développement .intense des fabrications aéronautiques an cours de la guerre fit craindre à plusieurs reprises une disette d’enduits pour avions. De là une série de problèmes fort intéressants et fort heureusement résolus. Ils sont exposés dans le compte rendu des travaux du Laboratoire récemment publié par son chef, le capitaine Guérin.
- Le tétrachloréthane fut prohibé complètement à partir du Ier septembre iç)i5. Pour remplacer ce solvant, on eut recours à l’acétone et à l’acétate de méthyle.
- L’acétone est très volatil et ne peut s’employer seul; on le mélange soit avec de l’éther acétylacétique (pour les tissus de soie ou de coton, soit à de l’alcool ben-zylique dans le cas des tissus de lin. L’alcool benzylique apparaît comme le meilleur des solvants de l’acétate de cellulose, mais la crainte qu’il ne renfermât des traces de chlore, résultant de sa fabrication, a fait par prudence limiter son emploi aux toiles de lin.
- Lorsque les programmes de construction furent intensifiés, on craignit de manquer d’acétone ; les études du Laboratoire permirent de recourir comme remplaçant de l’acétone soit à l’acétate.de méthyle, soit au mélange
- acétate de méthyle-acétone-alcool méthylique provenant de l’éthérification directe des méthylènes bruts.
- Au mois de septembre 1917, la production des gaz agressifs exigea d’urgence l’emploi de grandes quantités de composés méthyliques et l’aviation fut invitée à réduire sa consommation en produits méthylés pour enduits. Le Laboratoire de Chalais-Meudon fut ainsi amené à modifier à nouveau la composition des enduits : à l’acétate de méthyle il substitua un mélange à parties égales d’acétates de méthyle et d’éthyle en y ajoutant comme diluants de l’alcool éthylique et de la benzine.
- Par ce,court résumé d une question très spéciale, on peut se rendre compte de la diversité des problèmes qüe la gderre posa à tous nos techniciens, et, à en juger par les résultats, on ne peut qu’admirer la fertilité de leurs ressources.
- Les hélices laquées. — Des essais effectués par le Laboratoire d’Essais de Chalais'-Meudon, il résulte que le laquage des hélices d’avious donne d’excellents résultats ; pour la conservation et l’indéformabililé des hélices, ce procédé se montre nettement supérieur à remploi des vernis gras; cette supériorité est atténuée par un prix de revient plus élevé; mais ce désavantage est compensé par âne durée plus longue. L’application du procédé est délicate et pour le mettre au point, il a fallu faire venir en 1917 un spécialiste d’Indo-Chine. Aujourd’hui le laquage est sorti de la phase d’essais et s’est industrialisé. Il existe à Boulogne-sur-Seine une usine qui exploite ce procédé.
- Production de charbon en Belgique. — La Nature a récemment donné (u“ 2362) la production actuelle de charbon en Angleterre. Voici maintenant les nombres relatifs à la Belgique. D’après les statistiques officielles, les mines belges ont produit depuis la guerre :
- 1914............. 16714060 tonnes.
- 1916............. 14 177 5oo —
- 1916 ........... 16 86‘i §70
- 1917 ........... 14 919 7°° —
- 1918. ...... 13887604 —
- La production de 1919 sera très probablement encore moindre, mais les stocks vont cependant s’accumulant à cause de l’arrêt d’un grand nombre d’usines et il est probable que la Belgique cherchera à en exporter prochainement une partie, heureusement pour nous d’ailleurs qui manquerons de moyens de chauffage l’hiver prochain.
- L’extraction du soufre en Amérique. — La Sicile était jusqu’à ces dernières années l’unique pays fournisseur de soufre à toute la consommation mondiale. Cette situation est en train de changer par la découverte et la mise en exploitation d’importants gisements de soufre en diverses régions des Etats-Unis ; Nevada, Wyoming, Utah, Louisiane, Texas. L’exploitation de ceux de ces derniers Etats, le long des côtes du golfe du Mexique, difficile par suite des conditions de gisement, a été très élégamment réalisée par un dispositif dû à un chimiste américain, et récemment décrit dans le journal of the Engineers Club ôf Philadelphia (janvier 1919). Le problème était d’at,teindre et d’exploiter des couches pouvant avoir jusqu’à 60 m. d’épaisseur et s’étendant parfois sur plusieurs km carrés, en général à une profondeur de i5o m., sous des couches composées en grande partie de sables mouvants. Dans le trou de sondage atteignant au bas du gisement de soufre et d’un diamètre de 2 5 cm, on introduit trois tuyaux concentriques montant jusqu’au sol. Le tuyau extérieur amène de l’eau, à la température de 167° C. et sous uue pression de 45 kg, jusqu’au contact du soufre, dont elle détermine la fusion. Le tuyau le plus étroit mène ensuite jusqu’au soufre de l’air comprimé chaud qui, en se mélangeant au soufre fondu, a pour effet de diminuer sa densité. Le soufre alors, sons l’action des pressions de l’eau et de l’air, débarrassé d’abord par des filtres à fond de sondage des impuretés possibles, remonte jusqu’au sol, par le tuyau de moyen calibre et se solidifie, en blocs de soufre pratiquement pur, dans d’énormes caisses de bois préparées pour le recevoir. Les blocs
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- INFORMATIONS
- que l’on recueille ainsi, el dont les poids atteignent parfois jusqu’à 100000 tonnes, sont ensuite débités par Faction d'explosifs et les morceaux enlevés et chargés par des pelles mues à la vapeur.
- L’Industrie des matières colorantes en France. — La fabrication des matières colorantes exige de longues recherches, des mises au point compliquées, un gros apport d’efforts et d’argent : ce qui explique que les puissantes sociétés qui se sont constituées ne soient pas encore en mesure de subvenir entièrement à notre industrie.
- Ge moment- approche pourtant, et il est intéressant de noter qu’une grande firme française est sur le point de mettre en route la fabrication sur une vaste échelle de l’acide monochloracétique, au moyen d’un procédé nouveau étudié et mis au point par un chimiste français. On part du carbure de calcium et du chlore préparés tous deux électriquement dans les Alpes.
- L’acide monochloracétique est la matière première de la synthèse de l’indigo que la Compagnie nationale des Matières colorantes fabrique déjà en petit et qu’elle va produire sous peu par quantités considérables dans ses nouveaux ateliers.
- Un emploi curieux des vieilles chaussures. —
- M. Lamb, dans le Journal of the Society of chemical /nduslry, passe en revue les divers emplois possibles pour le cuir des chaussures militaires réformées. Il cite une curieuse application : c est la confection de revêtements pour les chaussées ; les rognures de cuir sont ^mélangées, dans la proportion de 5 à io pour 100 avec des laitiers, de la pierre cassée et une certaine quantité d’asphalte et de bitume. Ce mélange a été baptisé « Broughite » du nom de l’inventeur. Il permettrait de faire des chaussées macadamisées très résistantes et non poussiéreuses On opère en étalant la composition sur la surface de la chaussée et en la recouvrant de laitier ou de pierre cassée. Il faut 53 700 vieilles paires de chaussures par kilomètre'. Le produit parait pouvoir remplacer le pavé de bois; il en a les qualités; il est silencieux et s’use peu, et il est plus économique. Mais y aura-t-il assez de vieilles chaussures pour alimenter longtemps les paveurs en cuir?
- Alimentation déterminant une augmentation de la ponte de la volaille. — Du Danemark nous arrive une recette alimentaire pour augmenter la ponte de la volaille, qui nous paraît susceptible d’attirer l’attention des éleveurs. Dans ce petit état Scandinave, l’aviculture constitue une industrie rurale très prospère. Pour une population de 2 800 000 âmes, il ne possède pas moins de 6 millions de têtes de volailles. Aussi bien, par ces temps de restriction, force fut au gouvernement danois de soumettre ces innombrables poulaillers à la portion congrue et de n’allouer qu’une ration quotidienne de 5o gr. à chaque volatile. A ce régime, la ponte diminua considérablement et pour remédier à cette situation, divers succédanés furent expérimentés. L’un d’eux, d’après un rapport du consul des Etats-Unis à Odense (Commerce Reports, n" du 7 février 1919, p. 606), a donné des résultats si remarquables, qu’il semble devoir entrer dans la pratique courante de l’aviculture, même après le retour aux conditions normales. Ce succédané consiste dans une farine de moules préalablement desséchées à une très haute température. Vobci son mode d’emploi :-pour une poule, vous ajoutez à 37,5 gr.
- - d’avoine pareil poids de farine de moules^vous mélangez le tout ensemble et en faites une bouillie à laquelle vous ajoutez des herbes et des pommes de teixre bouillies en aussi grande quantité que le sujet veut.en absorber; le soir vous lui donnez 10 à i5 gr. de grain.
- Au début, la volaille manifeste une très, vive répugnance pour cette nourriture, mais elle disparaît au bout de quelques jours si vous avez soin de ne mettre au début dans la mangeoire qu’une petite quantité de la préparation, et surtout si vous ne lui donnez rien autre à manger.
- Dans une station d’expérimentation d’aviculture, des expériences comparées ont donné des résultats concluants sur la valeur de la farine de moule, pour l’alimentation de la volaille. Pendant douze jours, huit poules ont reçu de l’avoine et autant de végétaux qu’elles pouvaient en absorber; durant cette période, elles ont pondu seize œufs, soit 1,33 œuf par jour. Les neuf jours suivants, le même régime a été maintenu, mais
- avec addition de a5 gr. de la farine en queslion ; or, pendant ces neuf jours, les huit poules ont produit 29 œufs, soit 3,22 œufs par jour. De plus, les œufs obtenus dans ces dernières conditions pesaient plus que. ceux pondus durant la première période. L’influence que l’absorption de la farine de moules exerce sur la ponte se trouve ainsi clairement démontrée.
- Ajoutons que l’aliment en question est d'un prix très abordable. Le kilogramme se vend actuellement 40 ore, soit ofr. 66 environ au cours du jour, à Odense, la principale ville de l’île de Fionie en Danemark.
- Volcan de boue. — Le Scienti/îc American signale l’apparition de volcans de boue en bordure du lac Salton, en Californie. Le champ volcanique couvre une étendue d’environ 8000 m2. Il comprend un grand nombre de bouches de diverses tailles ; dans les unes on voit bouillonner la boue d’une façon continue, les autres n’ont qu’une activité intermittente. Certaines de ces ouvertures se bouchent par moments; il s’y produit ensuite une violente explosion qui projette en l’air de la boue et de la vapeur d’eau; il se dégage en même temps une odeur d’arsenic ou de soufre. Ces. espèces de geysers se forment d’abord autour de fissures; puis graduellement il se forme une sorte de cratère dont les levées atteignent parfois près de 2 m. de hauteur. Le lac Salton, n’était, il y a i5 ans, qu’un espace mis à sec, recouvert d’efflorescences salées, et situé à 83 m. au-dessous du niveau de la mer. En 1904, les eaux du Colorado, à la suite d’inondations, remplirent à nouveau la cuvette du Salton qui redevint pendant 20 ans un lac d’environ 1000 km2 d’étendue. Puis le lac, par le fait de l’évaporation, diminua peu à peu. Il faut noter que des volcans de boue avaient déjà existé au même endroit en 1902; leur réapparition en 1918 est attribuée à des chocs sismiques.
- La fabrication des éponges de caoutchouc. — En
- raison de leur imputrescibilité et de la facilité avec laquelle on peut rapidement les débarrasser de l’eau qu’elles retiennent, les éponges en caoutchouc sont de plus en plus employées. Comme* on ne les connaît guère que depuis quelques années, et que les procédés de fabrication furent longtemps jalousement gardés par les quelques usines allemandes qui avaient alors le monopole de la spécialité, on connaît fort peu les procédés de fabrication.
- Les techniciens, qui voulurent imiter les premières éponges mises sur le.marché, employèrent sans succès l’alcool, le pétrole, les diverses essences et autres hydrocarbures, incorporés aux mélanges de caoutchouc: pour la production lors du chauffage vulcanisant, de nombreuses soufflures. Ils n’obtinrent jamais ainsi que des caoutchoucs poreux, ou des masses contenant quelques bulles de gaz beaucoup trop grandes. Seul un mélange d’alcool méthylique et d’acétate d’amyle permet d’obtenir des bulles de nefînbre et de capacité convenable.
- Il est très difficile d’incorporer un tel liquide aux masses de caoutchouc. Pour éviter la volatilisation pendant le travail, on commence par malaxer le caoutchouc avec les factices, les charges et un peu de soufre, le tout étant amené à l’état de feuilles minces. Ces feuilles sont alors plongées dans l’alcool-amyl-acétate, puis superposées, laminées à. froid,$ap*rès quoi on les plonge à nouveau pour les réunir et les laminer de même. Après une dizaine de ces traitements, la masse est intimement imprégnée, et au lieu de la lamiïier, on la boudiné et la coupe en fragments assez gros.
- La vulcanisation de ces produits exige des soins minutieux pour assurer la pénétration parfaite de la chaleur dans la masse épaisse et mauvaise conductrice. Elle est faite dans des chaudières autoclaves renfermant des moules métalliques où l’on a placé les pelotes de caoutchouc badigeonnées d’une, solution de para el enveloppées de papier de soie, le moule étant bien plus grand que la masse y introduite pour permettre la dilatation au fur et à mesure que se forment les bulles.
- Après chauffage, on brosse les éponges, on les découpe, les lave dans l’eau de soude, et parfois les enfile sur de la soie, les chapelets ainsi faits étant exposés dans une chambre où l’on volatilise des essences odorantes. Ainsi lavées et parfumées, les pseudo-éponges sont prêtes pour la vente.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mécanique
- A, pilier coiitciuml l'ibyiiillci pei’fnrâ-I ri ce ; li, porlc-p m:e animé cl'iin mouvement yllmmlif; (;. Vis servant à régler In profondeur de la pei fora-lion; l), l)àti de l’outil pei'l'oraleur ; K, flexible.
- Le Brodopic. Appareil à piquer. — Cet appareil a pour objet d’effectuer mécaniquement et à grande vitesse la perforation des papiers-calque servant à la reproduction des dessins par ponçage ; c’est dire qu’il s’adresse notamment à tous ceux qui ont besoin de modèles de broderie, tirés à grand nombre d’exemplaires, d’où son nom. On sait en quoi consiste ce genre de reproduction : la poudre pulvérente qu’est le poncif passe à travers les trous d’aiguille extrêmement rapprochés du papier-calque et se dépose sur l’étoffe ou le pajner, eu donnant des lignes continues qui sont la reproduction exacte. du dessin. Le Brodopic est un appareil mécanique manœuvré au pied. Il comporte un outil perforateur (lig. i) actionné par le moyen du flexible K. Le bâti D, à l’intérieur duquel se fait la transmission du mouvement communiqué par le flexible, contient un porte-pince B qui reçoit du flexible un mouvement alternatif rapide; sur la pince À fixée dans le porte-pince est montée l’aiguille perforatrice. On tient l’outil D à la main, et il suffit de suivre avec l’aiguille A, comme avec un crayon, le tracé d’un dessin pour en obtenir sur le papier calque qui le recouvre la reproduction fidèle. La vis C sert à régler la profondeur de la perforation. On actionne le flexible au moyen d’une pédale (fig. 2).
- L’appareilper-met de tirer d’un seul coup plusieurs exemplaires d’un dessin; l’aiguille, en effet, .peut perforer l’épaisseur formée par 22 feuilles de papier pelure. De plus, on n’est pas gêné par les dimensions du dessin; grâce au flexible,
- on peut en suivre tous les détails, sans avoir à déplacer le modèle, même s’il est de grand format.
- Le Brodopic peutse montertrès simplement sur uue machine à cou-,dre à pédalp ; c’est alors la pédale de la machine qui est utilisée pour donner au flexible son mouvement.
- L apprise de mouvement se fait sur la courroie de la
- machine â coudre (fig. 3) par un dispositif très simple : il comporte une plaquette métallique ronde -feutrée A que l’on fixe à la table de la machine à coudre pâr le fer B et la vis de serrage "G.
- La plaquette porte une branche D à l’extrémité de laquelle se trouvent une poulie et un galopin à ressort avec poulie. La courroie de la machine à coudre passe
- Fig. 2.
- Commande du Brodopic par une pédale
- ï. 3.
- Montage sur une machine -à coudre.
- entre les 2 poulies et son mouvement actionne le flexible.
- Il existe 3 modèles de Brodopic, l’un, à pédalier spécial, donne 5ooo coups d’aiguille à la minute ; l’autre, s'adaptant aux machines à coudre, donne de 2000 à 35oo coups à la minute (c’est le modèle des amateurs); enfin un modèle actionné par moteur électrique donne un nombre de coups d’aiguille pouvant varier de 0 â 5ooo à la minute grâce à remploi du rhéostat qui règle la vitesse du moteur. Ce modèle est employé surtout par les confectionneuses pour faire les patrons.
- Le Brodopic se trouve chez. MM. Remy et Belfort, 62, rue Monge, Paris.
- Machine automatique à faire les hélices. Celle machine (fig. ]) construite par la maison ,L-A. Fay et Egan Company, de Cincinnati (Etats-Unis) permet de faire une hélice de trois et quatre lames en toutes grandeurs jusqu’à 4 m. 20 de diamètre. Les hélices sortant de cette machine automatique sont les repro-
- Figù 4. — Machine automatique à fai
- ductions très exactes de l’étalon; mesurées au rappor-. teur, elles accusent une précision à 1/12 de degré près. C’est dire que cette précision, jointe au fini presque parfait du travail quand il sort de la machine, élimine presque entièrement le finissage à la main. Le peu qui reste à faire peut l’être par des mains quelconques et deux heures après avoir été enlevées de la machine les hélices sont prêtes à être vernies. On diminue ainsi de 4/5 à 6/7 l’espace occupé dans les autres procédés de fabrication, par les bancs de finissage et le supplément de main-d’œuvre nécessaire. A l’égard du rendement, quelques fabriques d’hélices arrivent à produire des hélices à deux ailes pour aéroplanes à raison de deux à l’heure par machine.
- Automobilisme *-&
- Nettoyeur de bougies d’autos « Minute ». — Il se
- compose d’un tube de verre terminé-au sommet par un
- Fig. a. — nettoyeur de bougies d’autos « Minute ».
- raccord fileté dans lequel se visse la bougie (fig. àU Dans le tube se trouvent à l’état libre un certain nombre d’aiguilles d’acier, il suffit de remplir le tube d’essence
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- SCIENCE APPLIQUEE
- '.k'î'SjI
- jusqu à la moitié, de visser la bougie dans le raccord et d'agiter.
- L’essence amollit la cire, les aiguilles d’acier en détachent les petites parcelles, et en un rien de temps la bougie est elle-même plus propre que par l’ancien procédé suranné et laborieux.
- électricité
- Pour mettre en évidence l’effet Edison. — L’expérience du commandant Bony décrite dans notre u° 02363, p. ii, sous le titre ci-dessus, ne décèle pas l’effet Edison, mais simplement un effet d’induction du au courant alternatif qui alimente la lampe. M. Max Morand, élève de mathématiques spéciales au Lycée de Poitiers, nous écrit à ce sujet la lettre suivante qui est très démonstrative.
- « i° Si les variations- de potentiel de la bague étaient dues à l’efiet Edison, elles n’en seraient pas cependant le résultat direct : la face intérieure du verre de la lampe peut recevoir des charges variables transportées par les électrons, mais ce ne peuvent, être que d’autres charges induites, sur la bague, comme dans un condensateur, qui sont entendues dans le téléphone.
- « Pour qu’il en fût autrement, pour enregistrer directement l'effet Edison, il faudrait que la bague fût intérieure. .
- « a11 Le filament restant à une température sensiblement constante dans une lampe parcourue par un courant alternatif, l’effet Edison doit conserver une valeur constante malgré le caractère alternatif du courant.
- « Dans ces conditions l’expérience du commandant Bony prouve non pas l’existence de l’effet Edison mais celle de phénomènes d’induction entre le filament et la bague.
- « Dans le but de vérifier cette conclusion j’ai recommencé l’expérience du commandant Bony en intercalant sur le circuit d éclairage de la- lampe une résistance variable permettant de laisser passer des courants allant d’une intensité trop faible pour provoquer le rougissement du filament à l’intensité nécessaire pour provoquer le maximum d’incandescence.
- « J 'ai constaté ceci :
- « Le ronflement dans le téléphone commence dès les plus faibles intensités, croit et prend une valeur qui reste sensiblement du même ordre de/grandeur avant que 1 on puisse même soupçonner un rougissement, puis quand le filament devient pourpre et enfin quand il est incandescent.
- « L’expérience montre que le ronflement varie peu quand on passe du rouge sombre à l’incandescence. Par suite de la persistance de réchauffement du filament les variations de température dues aux. rapides variations d intensité du courant alternatif ne peuvent être qu’infi-niment petites vis-à-vis 'd’une variation de température allant du rouge sombre à l’incandescence.
- « Or, la difîéi’euce entre le son maximum et le son minimum qui produisent le ronflement est plus grande que la différence entre le sou entendu au rouge sombre et celui entendu à l’incandescence.
- « Il est. donc impossible que- le ronflement soit dû aux variations infiniment petites du courant alternatif, quand nue variation de température beaucoup plus considérable serait incapable de les produire.
- « Par conséquent le ronflement n’est pas dû à l’effet Edison qui croît comme la température:
- « Et si le ronflement augmente quand on augmente 1 intensité du courant, ce n’est pas parce que l’effet Edison peut devenir plus grand mais parce que l’intensité augmentant, l’induction augmente aussi. »
- y* Objets utiles
- Ouvre-boîtes de conserves « le Pilon ». — Le défaut des ouvre-boîtes ordinaires, composés seulement d’une lame et d’un manche, est de ne point fournir de point d’appui à la lame qui entame le fer-blanc. Aussi exigent-ils un effort considérable et-provoquent-ils des accidents des que la lame glisse, ce qui n’est pas rare,
- Le « Filon » remplace l’effort direct par celui d’un levier qui augmente la puissance, ét. qui prend point
- d’appui sur la boîte à ouvrir, par une surface râpeuse qui évite tout dérapage.
- Le Filon se compose d’un manche métallique terminé par une fourche dont l’axe porte : i° une pièce fixe muuie de dents ; 2° une autre mobile et pouvant tourner, à laquelle est fixé le couteau ouvre-boîtes.
- Le mode d’emploi est simple. On introduit le couteau dans la boîte au point où l’on veut commencer l’ouverture et on l’enfonce par une légère pression sur le bou-
- Fig. 6. — Ouvre-boîtes de conserves <• le Filon »/
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- tou qui le surmonte. On donne ensuite à la poignée uu mouvement de va-et-vient; dans uu sens, le bord denté reste fixe et le couteau avance, découpant un secteur de la boîte à ouvrir, dans l’autre sens, le couteau reste fixe et la pièce dentée se déplace d’une certaine longueur. Sans effort et très rapidement, la boîte est ouverte proprement et sans risque de se couper. L’ouvre-boîtes « le Filon » est en vente au prix de 6 IV. ?,5 chez M. Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris.
- Porte-balais. — C’est un objet très commode. Si on pose à terre les balais, surtout ceux de crin, ils s’affaissent sous leur propre poids, s’évasent et s’abîment. Pour les accrocher et les pendre, il faut leur ajouter une ficelle qui ne tarde pas à se salir. Le porte-balais E. B. présente une troisième solution plus élégante. Fixé au mur, il; tient le manche à la hauteur qu’on veut, simplement par gravité; le balai se retire de l’anneau oblique où il est engagé avec la plus grande facilité.
- En vente, au prix ae 2 fr. 45 chez _M. Mathieu, 3o, rue Le Pelètier, Paris. 1
- tout simple, mais
- Fig. ;. Porte-balais.
- Attache américaine pour manches et chaussettes. •— C’est une simple petite griffe de métal nickelé qui permet de pincer la manche de chemise si l’on veut retrousser ses manchettes, d’accrocher ses chaussettes au caleçon pour éviter qu’elles tombent; tout cela sans élastiques, sans- accrochages compliqués, sans compression des membres qui gênent la circulation du
- (A
- Fig. 8.
- •vaug.
- L’attache américaine est vendue par paires, 1 fr. 2S franco par M. Mathieu, io, rue Le Peletier, Paris.
- À1 tache américaine. Aiguille de machine à coudre s’enfi-
- lant aisément. — On sait, comme avec l’âge, l’enfilage des aiguilles devient laborieux; l'œil fatigué ne distingue plus le petit trou par où doit passer le fil et l’on perd beaucoup de temps à tâtonner, si même ou ue doit pas finalemefit recourir à t’aide de plus jeunes yeux. Voici une aiguille de machine à coudre du modèle courant qu’on emploie dans les machines Singer, New Home, etc., qui possède une petite lame souple le long de sa tige; il suffit de glisser le fil entre les deux pour qu’il descende jusqu’au trou sans difficulté.
- Fig. <).
- - Aiguille (1e machine à coudre s’enfilan C -aisémen t.
- , L’aiguille s’enfilant seule est vendue o fr. 90 pièce chez M. Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris.
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- VARIETES
- Comment acheter les fruits frais?’ — III. Les prunes. — Les prunes sont, après les pommes, les fruits qui trouvent le plus d’emplois dans les usages domestiques, car, lorsqu’elles ne sont pas consommées fraîches, elles peuvent être utilisées sous différentes formes culinaires et, en outre, à cause de leur abondance, dans les industries alimentaires et même en distillerie. Elles fournissent un important tonnage à l’exportation en Allemagne et en Angleterre tant à l’état frais que sous forme de pruneaux; enfin, elles sont au nombre des fruits que les marchands des quatre saisons vendent en quantité notable dans les rues.
- Quelles variétés acheter de préférence? •— La répartition des prunes en trois catégories basées sur leur principal emploi pour la table (prunes à couteau), pour la cuisine (prunes à confitures et à conserves), pour le séchoir (prunes à pruneaux), quelque.'pratique qu’elle semble a priori, est plus illusoire que réelle, attendu que, bien souvent, plusieurs variétés, telles que les Reines-Claude et les Mirabelles, sont aptes à remplir l'un ou l’autre de ces emplois qui ne sont point le propre d’un groupe déterminé. Je puis, cependant, pour concilier le but pratique que je poursuis avec les conditions de l'approvisionnement des marchés, citer comme méritant la préférence les variétés-suivantes :
- Pour la table : Reine-Claude et la plupart de ses sous-variétés, de Monsieur, de Montfort, Goutte d’or de Coë, etc.
- Pour la cuisine : Mirabelles, grosse et petite, Bonne de Bry, Des Béjomières, etc.
- Pour le séchoir : d’Agen, Sainte-Catherine, les Quetsches de Lorraine, d’Italie, etc.
- Les Reines-Claude, les Mirabelles et les prunes d’Agen ou d’Ente l’emportent de beaucoup dans chaque catégorie sur toutes celles qui sont cultivées dans les jardins et les plantations commerciales. Voici les caractères distinctifs permettant de reconnaître les principales variétés des deux premières catégories, car celles de la troisième ne sont guère achetées par les maîtresses de maison.
- Reine-Claude (Synonymes : Reine-Claude dorée, verte; Abricot vert, Verte-Bonne, Damas gris, Green Gage). — fruit gros plutôt que moyen, presque sphérique, déprimé aux pôles. Peau fine, verdâtre, virant au jaune, ou jaune doré à maturité, finement pruinée et teintée de rose.à l’insolation. Pédoncule court, assez gros, implanté dans une cavité assez large. Chair jaune verdâtre, fondante, sucrée, très juteuse, relevée d’un parfùm délicieux et adhérant parfois au noyau. Qualité : très bonne. Maturité : 2e quinzaine d’août.
- Les Reines-Claude sont les meilleures prunes pour la table, mais dans .ce groupe, celle-ci est incontestablement la reine car son excellence n’a encore été dépassée par aucune autre. Sa réputation universelle à l’état frais est encore très grande pour la préparation des confitures. Après elle sont tenues en grande estime les Reines-Claude d’Althan, de Bavay, diaphane, tardive et violette.
- De Monsieur. — Deux variétés se trouvent sur les marchés, ce sont : Monsieur hâtif et Monsieur jaune. La première est très répandue,partout. Fruit assez gros, arrondi, à sillon large, à joues bien convexes. Peaufine, peu adhérente, d’un violet intense et bien pruinée, chair jaune verdâtre, demi-fine, tendre, fondante, juteuse, sucrée et’assez parfumée. Qualité bonnes Maturité : fin juillet, début d’août.
- De Monsieur jaune. — Elle se distingue de la précédente surtout par sa peau d’un jaune d’or, pointillée et striée de rouge carmin à l’insolation et par une chair plus fine. La qualité est semblable mais la maturité un peu plus reculée en août.
- Goutte (L'Or de Coë ou Coes Golden Drop. — Très beau fruit, gros et ovoïde. Peau épaisse, d’un jaune d’or, ponctuée de rouge du côté du soleil. Chair jaune, fine, bien sucrée, relevée d’un parfum délicat rappelant celui de l’abricot. Qualité : très bonne. Maturité- : fin septembre. Cette prune a l’avantage d’être tardive et de se bien conserver au fruitier, mais elle vient peu sur les marchés.
- Mirabelles. — Parmi les variétés portant ce nom, il en est deux hors de pair, ce sont la grosse et la petite mirabelle que l’on désigne souvent sous leurs synonymes ; pour la grosse : Mirabelle double de Metz, de Nancy, Perdrigon jaune, etc.; pour la petite : Mirabelle abricotée, précoce, etc. Voici leurs caractères différentiels :
- (’.rosse Mirabelle. bette Mirabelle.
- Volume. . petit. très petit..
- Forme . . globuleuse. ovoïde.
- Peau. . . jaune clair rosée. jaune d’or, teintée de carmin.
- Chair. . . transparente, assez su- sucrée, très parfumée, acidulée
- t crée et juteuse. et peu juteuse.
- Maturité . fin août et septembre, aoùl.
- Les mirabelles jouissent d’un renom général pour la préparation de confitures d’un parfum spécial et d’un goût très agréable, mais la petite mirabelle est la plus recherchée non seulement dans ce but, mais encore pour les conserves de toute nature.
- Quand et comment acheter? — Les prunes forcées s’expédient en mai en petites boîtes capitonnées contenant 6 ou 12 fruits. Les premières expéditions du Midi ont lieu fin juin dans des paniers de 5 kg, puis dans des cagettes et des mannequins de io et i5 kg.
- La maturité de“s prunes est assez étendue. En dehors des forceries et du Midi, dans les conditions de culture normale, elle va de la mi-juillet au début d’octobre et bat son plein dans la seconde quinzaine d’août. Elles arrivent sur les marchés ou aux Halles dans des paniers contenant de 5 à 29 kg. Les prunes Reine-Claude soigneusement assorties, 5o à 55 fruits au kilogramme, sont toujours bien payées; on compte pour ce poids, en fruits moyens, 80 à 85 prunes et comme fretin 110 à 115 environ.
- Préoautions à prendre avant et après, leur achat. — On ne doit pas 'acheter de prunes ouvertes ni fendillées, ce qui est souvent lé cas des prunes trop mûres, car, n’étant pas de garde, elles s’altéreraient très vite au détriment de leur parfum qui se changerait en un goût de fermenté. Il faut les choisir très saines, sèches, luisantes, sucrées, bien parfumées et pourvues de la pruine, apanage des meilleures variétés et caractéristique d’une récolte soignée et récente.
- Les prunes sont à la limite des fruits périssables, aussi quand on veut garder quelques jours certaines d’entre elles, convient-il de les choisir, telles les Reines-Claude, notamment Reine-Claude de Bavay et Reine-Claude tardive qui se récoltent en septembre, un peu. fermes, avec une légère teinte jaune et de les laisser « se faire » sur la paille ou des frisons dans un endroit sec, obscur et assez aéré. La Coe’s Golden Drop a la propriété de se conserver au moins une quinzaine de jours au fruitier où elle perd un peu de son eau tout en couservaut ses qualités.
- Cette garde est, d’ailleurs, le meilleur moyen d’obvier à certains inconvénients que présentent les prunes, quand on en mange beaucoup, à l’état frais, pendant les fortes chaleurs. Dans ces conditions, la chair s’amollit, le jus se concentre et se charge d’une plus grande quantité de sucre qui peut s’élever dans les meilleures Reines-Claude entre 17 et 18 pour 100; il reste sous-entendu qu’il ne faut soumettre à la garde que des fruits absolument sains, ne pas les entasser mais les placer à côté les uns des autres.
- Principaux usages. — En dehors de l’état frais qui en prend beaucoup, ou eu confectionne des tartes et surtout des confitures de tout genre, des conserves au naturel et à l’eau-de-vie, des fruits confits et même, lors des années d’abondance, un yin et de l’eau-de-vie dans les ménages ruraux.
- Je ne parle pas de leur transformation en pruneaux, parce que, malheureusement, les ménages, aussi bien à la'ville qu’à la campagne, sout encore presque tous dépourvus de ces petits évaporateurs qui permettraient;de sécher la plupart de nos fruits indigènes et de constituer ainsi, pour une partie de l’année, une sérieuse réserve d’aliments aussi hygiéniques et nutritifs qu’agréables.
- À. Truelle.
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- IgD
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Désinfection par le formol sans appareil. — Le
- formol'est aujourd’hui considéré comme un des désinfectants les plus efficaces et les plus commodes à employer. Aussi s’est-on ingénié à imaginer de multiples appareils pour le vaporiser à partir de sa solution ou de son polymère, le trioxyméthylène. Mais tous ces appareils représentent tme complication, une dépense et obligent à employer un foyer, cause possible d’incendies.
- Le Dr Arnould vient de faire connaître dans la Revue d'hygiène et de police sanitaire une série de moyens imaginés pour vaporiser le formol sans appareil, au moyeu de réactions chimiques très simples. Certaines ont déjà fait leurs-preuves en Amérique et en Allemagne, mais n’ont pas encore reçu chez nous d’applications.
- Procédé à la chaux. — On verse dans un récipient en bois ou en métal, contenant 3 kg de chaux vive, 3 kg de formol commercial et 9 litres d’eau chaude. Une vive réaction ne tarde pas à se produire; la chaux en s’hydratant échauffe le mélange et les vapeurs de formol se dégagent. Ces proportions sont calculées pour la désinfection d’un local de 5o m3. L’inconvénient est qu’une partie du formol se combine à la chaux pour jormer de l’acrose et se trouve ainsi perdue. Pour éviter cette perte, on a proposé la variante suivante : dans un récipient plus large que haut, dont la capacité en litres égale le tiers du nombre de mètres cubes du local à désinfecter, on place pour une capacité de 5o à 100 m3 5 kg de chaux vive de bonne qualité en morceaux d'une centaine de grammes, on y verse 5oo cm3 d’acide sulfurique concentré étendu de 6 litres d’eau ; il y a un échauffement rapide suivi d’une effervescence; avant que cette dernière commence, on ajoute 600 gr. de formol commercial. Les résultats obtenus sont satisfaisants, mais la manipulation de l’acide sulfurique n’est pas sans danger en cas de maladresse et le procédé n’est pas à encourager. En 1913, Hauswirth, de Berne, a breveté un mélange de carbonate de chaux, d’un polymère de l’aldéhyde formique et d’alcool méthylique préparé d’avance qu’on mouille au moment de l’emploi pour en faire une pâte épaisse et qu’on arrose d’acide sulfurique concentré. Les dangers sont les mêmes que précédemment.
- Procédé au peroxyde de baryum. — On a vendu en Allemagne avant la guerre sous le nom d’autan un mélange de 1 partie de peroxyde de baryum et de 2 de paraldéhyde qu’il suffit de mouiller d’un poids égal d’eau pour avoir en 1 minute un dégagement actif de vapeurs de formol. Mais la production de vapeurs n’est pas assez intense pour assurer la désinfection et ce procédé a été abandonné.
- Procédé au chlorure de chaüx. — En 1908, Carteret a signalé à l’Académie des Sciences un mélange de 12S gr. de trioxyméthylène et de 1S0 gr. de chlorure de chaux qu’il suffit d’additionner de 400 gr. d’eau pour désin-
- fecter un local de 20 m3. Le procédé est assez coûteux.
- Procédé au permanganate. — En 1904, Evans et Russel ont proposé, pour désinfecter un local de 100 inr’, de mélanger 5oo gr. de permanganate de potasse et 1 litre de formol commercial. Une partie du formol étan( oxydée sans profit par le permanganate, on recommanda ensuite comme préférable les proportions de 1 de permanganate, 1,6 de formol et 0,8 d’eau. En Allemagne, on préféra proportions égales des trois produits. La manipulation est très simple. On verse dans un baquet l’eau et le formol; on ajoute le permanganate en cristaux de moyenne grosseur pour éviter la réaction immédiate ; on dispose alors d’une vingtaine de secondes pour sortir de la chambre et la clore. L’atmosphère se charge rapidement de formol et de vapeur d eau qui augmente l’action désinfectante. Des industriels allemands ont lancé dans le commerce sous les noms de paragan et de perautan des poudres préparées avec 10 gr. de trioxyméthylène et i5 gr. de permanganate par mètre cube à désinfecter auxquelles on ajoute au moment de l’emploi 3o gr. d’eau. Les résultats bactéricides obtenus sont comparables à ceux des formolisations par chauffage dans des appareils. On tue en 5 à 7 heures tous les germes directement exposés aux vapeurs, notamment le bacille typhique, le bacille coli, le bacille diphtérique, les staphylocoques et même la plupart du temps les spores de charbon. Toutefois la dissémination des vapeurs dans l’air est irrégulière et certains recoins peuvent ne pas être atteints, mais c’est là un reproche valable pour toutes les désinfections au formol..
- La désinfection par le formol sans appareil est précieuse à connaître. Elle peut être utilisée dans les cas exceptionnels où les appareils font défaut, quand il faut désinfecter de vastes locaux pour lesquels les appareils dont on dispose sont insuffisants, ou ehcore en temps d’épidémie, quand il faut traiter un très grand nombre de pièces dans le temps le plus court. Elle ne nécessite aucun outillage spécial puisque tout se réduit à quelques baquets de bois. Les produits à se procurer se trouvent aisément partout. Enfin, tout danger d’incendie est écarté. S’ils consomment plus de produits que la désinfection par chauffage du formol, parce qu’une partie n’est pas dégagée, ils évitent le coût d’achat des appareils, possible seulement pour des services publics de désinfection. A ce litre encore, ils méritent d’être connus et utilisés par les particuliers et les petites agglomérations.
- Des divers procédés proposés et étudiés jusqu’à ce jour, celui qui est préférable est sans contredit le.mélange de formol commercial et de permanganate de potasse. Il permettra à des habitants isolés de désinr fecter les locaux dans lesquels aurait vécu un malade atteint d’une affection contagieuse : typhoïde, croup, tuberculose, etc. R; M.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Ô*..
- Destruction des blattes et des fourmis. — Nous croyons être utiles à nos lecteurs en leur donnant quelques recettes tirées d’un journal canadien üanadian Druggist et relatives à la destruction de certains insectes nuisibles que l’on trouve parfois dans les habitations. Blattes— i.° On emploie une poudre composée de :
- Borax........................ 60
- Sucre...........20 .
- Farine. . ................. . i5
- - Cacao....................... . 5
- que l’on répand sur du papier et que l’on dispose dans les endroits que visitent ces répugnants insectes pendant la nuit;
- 20 On peut utiliser aussi la composition suivante ; ~.
- Phosphore . ................... 1
- Saindoux....................... 20
- Farine....................... 60
- Sucre. ....................... 10
- Eau. ...........................1
- On fond le phosphore avec 10 parties d’eau, ou le verse sur le saindoux, on mélange soigneusement; on ajoute ensuite la farine et le sucre et une fois de plus on malaxe soigneusement.
- 3° En Allemagne, on se sert beaucoup de la matière
- ci-dessous :
- Chlorure mercurique.................. 0. o5
- Farine de seigle...................-. 20.00
- Borax en poudre...................... 40-00
- Essence .d’eucalyptus................ 0.10
- Racine d’angélique en poudre jusqu’à. 100.00
- On remplace parfois le chlorure mercurique par deux fois son poids d’anhydride arsénieux.
- 4° En France, par contre, on emploie fréquemment une pâte à base d’arséniate basique de fer intflïensive vis-à-vis des personnes et des animaux domestiques. Pour la préparer, on précipite une solution de sulfate ferrique par un mélange d’arséniate de sodium et de bicarbonate.de sodium. On élimine les produits solubles j par lavage et l'on sèche. Au moment de 1 emploi, ou
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mc
- mélange une partie de cette composition avec une partie de sucre et deux de pommes de terre bouillies ; on en fait une pâte liquide en ajoutant de l’eau et on la répand aux endroits fréquentés par les blattes.
- Fourmis. — Un bon procédé et fort simple pour détruire les nids de fourmis consiste à y verser de l’eau bouillante; on peut également y injecter du sulfure de carbone, du nitrobenzène ou de la paraffine.
- Contrairement à ce que I on croit, les produits à la naphtaline (à i ,iS pour ioo) ne détruisent pas les fourmis, mais les chassent simplement.
- i" La composition suivante, sous forme liquide, est
- très efficace :
- Anhydride arsénieux en poudre fine . 5.oo
- Sucre............................... 40.00
- Glucose liquide..................... '20.00'
- Lau jusqu’à......................... 100.00
- 2° Poudre à la naphtaline :
- Camphre............................. 10.00
- Naphtaline.......................... 4°-00
- Chaux............................... 5o. 00
- On introduit cette poudre dans les nids.
- Si les nids ne peuvent être découverts, on peut se servir de l’une des deux pâtes ci-dessous, dont on enduit des baguettes ou bouts de bois :
- 3° Pâte arsenicale :
- Anhydride arsénieux. ... 5.00
- Sucre. . .......................‘io.oo
- Glucose liquide..................20.00
- Farine......................... 5o.oo
- On parfume à l’essence d’anis et on colore avec du vert de Paris. A l’air cette pâte s’épaissit fortement. 11 faut avoir soin toutefois de ne mettre qu’une trace d’essence d anis parce qu’autrement un excès éloignerait les fourmis au lieu de les attirer.
- 4° Pâte à la nicotine :
- ^ Nicotine.......................... 10.00
- Graisse ...................... 5.00
- Saindoux......................85-rOO
- On ajoute à ce mélange également une trace d’essence d’anis et on colore avec de la chlorophylle.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Question à nos lecteurs. —; Ventilateurs mécaniques. — Un [de nos lecteurs d’Algérie recherche des ventilateurs mus par des ressorts. Existe-t-il des maisons fabriquant actuellement ce genre d’appareils
- M. Pierre, à Issy-l’Evêque. — Il n’existe aucun ouvrage sur les .composés formophénoliques’ (bakélite). M. Hutin .a publié plusieurs articles sur ce sujet dans les Revues suivantes ; Caoutchouc et gutta-percha; Revue de chimie industrielle ; Moniteur de Quesneville. Ces produits ne sont actuellement fabriqués qu’aux Etats-Unis et ne sont pas encore entrés en France dans la pratique industrielle. L’invention de Bakeland remonte cependant à 1907.
- M. J. M., à Redon (Ille-et-Vilaine). — Préparation ménagère de sauce tomate pour conserve. — Prendre des tomates bien mures, très saines et charnues, ni trop aqueuses, ni trop acides, des essuyer, les couper en deux ou en quatre, selon leur grosseur, les jeter au fur et à mesure, et débarrassées de leurs pépins, dans une bassine ou un chaudron en cuivre non étarné, pour les soumettre à la cuisson jusqu’à ce que la pulpe soit assez amollie pour être réduite en purée ; on retire alors la bassine du feu et on verse les tomates sur un tamis placé au-dessus dhme terrine, afin que l’excès d’eau puisse s’écouler sans pression. On vide alors la terrine, on l’essuie et le tamis étant replacé, on écrase, avec un pilon en bois, la pulpe restée sur le tamis. Le jus est recueilli dans la terrine; la peau et les pépins restent sur le tamis. Cette purée fine, qui constitue le coulis ou la sauce tomate, est alors versée dans des bouteilles en verre, qu’on bouche et ficelle solidement, puis, ces bouteilles sont placées debout dans une bassine remplie d’eau, de manière qu’elles baignent jusqu’au goulot. Lors du remplissage, on doit laisser un peu de vide dans les bouteilles pour éviter l’éclatement. La bassine étant mise sur le feu, on fait chauffer jusqu’à ébullition l’eau qu’elle contient. La cuisson doit durer trois heures, après quoi la bassine est retirée du feu et on laisse l’eau refroidir complètement; ce n’est qu’à ce moment que les bouteilles doivent être retirées de la bassine ; on n’a plus à craindre l’éclatement du fait de la vapeur contenue dans les bouteilles mises brusquement au contact de l’air froid..C’est aussi pour éviter la casse pendant la cuisson qu’on doit laisser un vide de quelques centimètres entre la conserve et le bouchon, précisément pour faire place à la vapeur qui se produit à ce moment. Les bouteilles doivent être ensuite très soigneusement bouchées, avec de bons bouchons, et cachetées à la cire. .Un autre mode de .conserve comporte la
- cuisson des tomates dans leur jus 1 jusqu’à évaporation du liquide, puis la réduction en une sorte de purée bien compacte, que l’on verse dans des bocaux ou des vases eu grès. Quand elle est refroidie, on la recouvre d’une épaisse couche de saindoux à moitié fondu; lorsque ce saindoux est durci, on bouche hermétiquement les bocaux ou les vases, et on les place sur des tablettes, dans un endroit frais.
- M. A. B., à Nantes. — i° Vous pourriez demander des indications à la direction de la revue Farmacia, 19, rue Camille, Lyon, et à des éditeurs d’ouvrages concernant la technique de préparation des produits pharmaceutiques. Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur ces sujets très spéciaux, et indiquons l’Institut scientifique et industriel, 8, rue Nouvelle, Paris, 9% comme susceptible de fournir les renseignements techniques demandés.
- 20 C’est par expression que la farine de moutarde est dépouillée de son huile, notamment pour préparer l’huile de moutarde par infusion : 3o gr. de farine déshuilée et a5o gr. d’essence de romarin; filtrer après trois jours d’infusion.
- Il y a plus de cinquante formules de sinapismes. Nous n’avons pas le mode opératoire pour fabrication des feuilles, mais la basé est un mélange de farine de moutarde récente avec du vinaigre, très fort en quantité suffisante pour faire une pâte un peu ferme ; ou bien un mélange, par parties égales, de vin aigre, farine de moutarde et bon vinaigre en suffisante quantité. Demandez indications, pour ouvrages sur les deux points qui vous intéressent, à Gattefossé et fils, Lyon.
- M. L. de Ch., Les Plans-sür-Bex. — i° Il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrage traitant spécial lement de la culture du genêt, qui, d’ailleurs, se résume à ceci : cueillir la graine avant sa maturité, la laisser mûrir dans un grenier bien aéré, en la mélangeant à trois ou quatre fois son poids de sable ; semer aux premiers jours du printemps, dans une avoine. Il faut semer clair, et pour cela, lorsqu’on cultive en terre nue, faire, au hoyau, de petites fosses espacées de 1 m., semer dans chaque fosse trois ou quatre graines, recouvrir de 2 cm de terre. A la levée, arracher les plants les plus faiblès, ne laisser, à chaque fosse, qu’un plant, le plus robuste. Au printemps de la troisième année, couper les plants à environ 3o cm du sol, pour les faire ramifier et s’élever en cépée, et leur faire développer, les années suivantes, de nombreux rameaux. Au printemps de chaque année, récolter les rameaux. On donne encore plus de développement au genêt en le taillant à environ 10 cm au-dessus du sol, avant la germination printanière. Il faut compter 10000 plants à l’hectare, lesquels fournissent une production constante pendant une vingtaine d’années. La production moyenne est de 200 à z3o quintaux de genêts à l’hectare.
- a" Sur l’ortie et sa culture il y a : IJOrtie, sa valeur alimentaire, fourragère, textile, industrielle et écono-
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- BOITE AUX LETTRES
- ML
- inique, par A. Barot, i broch. 2 francs. L'Ortie, ses propriétés alimentaires, médicales, agricoles et industrielles, par Eloffe, 1 broch. 1 fr. 5o; ï'Ortie de la Chine et sa culture, par Ramon de la Sagra, 1 broch. 1 fr. 5o (librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 7*). Le tome Ier -de l’ouvrage Plantes industrielles, par Gustave Henzé, traite des Plantes textiles ou filamenteuses, 1 vol. 5 francs; l’auteur y mentionne le chardon.
- 3° Il n’existe pas de livre sur les machines à filer les fibres de genêt et d’ortie. Des essais ont été entrepris pour utiliser les fibres textiles de ces plantes, dans le but de remédier à la pénurie du jute et du chanvre, et il paraît qu’on a trouvé le moyen d’extraire mécaniquement les fibres du genêt, et que ce procédé commence à entrer dans la voie industrielle. Mais de même que pour le traitement des fibres de ces plantes en vue du tissage, on ne connaît pas d’ouvrage sur ces nouvelles utilisations industrielles. Textile Recorder, du i5 janvier 1918, p. 296 et VOuest industriel, de juillet 1918, ont publié des études sur ces questions.
- 4° En ce qui concerne les machines pour l’industrie textile, vous pourriez demander ces renseignements aux adresses suivantes : Société alsacienne de constructions mécaniques, 13, rue Grolée, Lyon. J.-.T. Riéter et Cie, Winterthur (Suisse); Piuti, à Zurich ; Jean Côte-R.ébé, 79, rue Lafayette, Paris, 90 ; Guillaume Dréderichs, à Sainte-Colombe (Rhône); Eugène Déparés, 7, rue Nouvelle, Paris, 90. Voyez aussi pour la technique des procédés Comptoir textile, 14, rue Bleue, Paris, gB; Etablissements Ziegler, à Golbey (Vosges); Henri Bondoit, Revue de la filature et du tissage, 44, rue Ledru-Rollin, à Châteauroux (Indre) ; Office spécial des industries textiles, Danzer, 20, rue Vignon, Paris, 8°.
- M. S. D., rue Rochechouart, Paris. —Pour assouplir et conserver des peaux de lapins séchées et restées sans autre préparation, pendant plusieurs mois, il faut procéder d’abord au broyage ou foulonnage :
- i° Commencer par bien enduire d’huile quelconque (colza, olive ou œillette) la peau, en toutes ses parties, du côté cuir; ensuite, prendre une corde de la grosseur du pouce environ, et d’une longueur de 5o cm, la fixer solidement, par ses deux extrémités, le long d’une poutre Ou d’une huisserie de porte, en laissant, entre
- les deux extrémités, un écart de 3o cm. Introduire la peau dans le demi-cercle ainsi formé par la corde, c’est-à-dire de manière qu elle soit à cheval sur celle-ci ; imprimer un rapide mouvement de va-et-vient, qui échauffe assez vite la partie du cuir qui frotte contre la corde ; retourner la peau dans un autre sens, eu la saturant d’huile, et continuer ainsi celte vigoureuse friction jusqu'à ce que toutes les parties aient été foulounées par la corde. La tète et la culée, que l’on a tenuès, exigent un peu plus de temps pour être assouplies. Cette opération broie les fibres de la peau et fait pénétrer l’huile à l'intérieur. Il faut, ensuite, mouiller légèrement la peau avec une brosse douce trempée dans de l’eau très propre, puis l’envelopper dans une toile d’emballage pour éviter l’évaporation de l’eau; laisser la peau environ 12 heures, après quoi, s’il y a lieu, enlever avec un couteau la fine pelure qui recouvre la peati. Pour dégraisser celle-ci, l’enduire de plâtre fin du côté poil et frotter afin de bien faire pénétrer le plâtre et lui faire absorber toutes les parcelles graisseuses ; opérer de même du côté cuir, et battre la peau avec une baguette fine et très souple ; frotter à la main cuir et poil avec de la sciure de chêne pure et bien sèche ; un petit coup de baguette achève l’opération. La peau ainsi assouplie est alors étendue à plat, sur une table où on l’étire légèrement dans le sens de la longueur.
- 20 Pour conserver les peaux, les porter dans une pièce sombre, saupoudrer de naphtaline non éventée la place qu’elles doivent occuper; faire une couche de peaux, mettre de la naphtaline et continuer ainsi à les mettre en pile que l’on recouvre d’une vieille toile pour éviter l’évaporation de la naphtaline, en chargeant ensuite d’un poids lourd, afin que la pile.soit bien serrée. Ainsi traitées, les peaux sont aussi belles cinq ou six mois après, que le jour où elles ont été mises en pile. La conservation pendant un ou deux ans peut être réalisée de la manière suivante : envelopper chaque peau, séchée et dégraissée, en l’entourant plusieurs fois', dans un journal, bien rouler et tamponner les deux bouts du journal, pour isoler entièrement la peau ; ranger ces paquets clans une malle ou un grand coîfre fermant hermétiquement, en les mettant par couches séparées par un bon saupoudrage de poivre. Tenir le coffre au sec.
- JfeD
- iSo
- BIBLIOGRAPHIE
- >-
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- L.es envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) .
- Essai sur la genèse et l’évolution des roches, ' par Albert Vialay, Compléments. 1 broch. in-8°, 42 p., Dunod et Pinat, Paris. Prix : 1 fr. -)- 20 pour. 100.
- Contribucion al .estudio de là Climatologia tropical en la zona al sur del Rio Orinoco, par Ernesto Sifontes,
- 1 broch. in-8°, 23 p., Caracas.
- Eléments de botanique, par Pu. Van Tieghem, 6° édition revue et corrigée par J. Costantin, 2 vol. in-16, 619 et 743 p., 260 et 3à6 fig. Masson et Cio, Paris. Prix net : 3o fr. 80 les 2 vol.
- Le Traité de botanique de Van Tieghem est une œuvre magistrale, classique, unique en France. Les Eléments en constituent un abrégé construit sur le même plan. M. Costantin vient de revoir et de mettre au courant des dernières découvertes la cinquième édition de cet ouvrage. C'est le meilleur ouvrage de botanique que nous possédions actuellement. Le premier volume est consacré à la botanique générale, à la morphologie et à la physiologie des diverses parties des plantes, au développement et aux questions de race. Le deuxième envisage la classificatibn ; on sait que celle-ci a été profondément remaniée par
- Van Tieghem qui y a apporté une conception personnelle originale. Les nombreuses familles sont décrites avec leurs caractères distinctifs. L’ouvrage se termine par une étude de la distribution des plantes à la surface du globe.
- L’évolution des moyens de transport : voyageurs, lettres, marchandises, par le vicomte Georges o’Avenel, i vol. in-16, 266 p., Bibliothèque de Philosophie scientifique : Flammarion, Paris. Prix net : 7 francs.
- M. d’Avenel a effectué une vaste enquête sur la vie en France depuis 7 siècles, dont il a rassemblé les résultats variés dans une série de volumes du plus grand intérêt. Dans ce livre-ci, il étudie les moyens de transport à l’aide d’une documentation très riche et sûre qui lui fournit de multiples renseignements et anecdotes typiques. Les titres des chapitres suffisent à indiquer les multiples sujets traités : les Roules du moyen âge, pistes oû sentiers; les ponts, la création des routes modernes au xvin0 siècle; la vitesse moyenne et la durée des voyages ; le prix des voyages à pied ou à cheval; les chevaux de louage et les messagers convoyeurs ; les coches d’eau et diligences avant Turgot; les diligences et turgotines jusqu'au xixe siècle ; les chaises de poste ; le voyage en poste ; maîtres, chevaux et tarifs; les auberges et hôtelleries ; l’accueil fait aux voyageurs ; le port des lettres jusqu’à Louis XIII ; les fermiers des postes ; le cabinet noir et les lettres chiffrées ; lis nombre des lettres ; le budget et le personnel des postes sous l’ancien régime ; le télégraphe aérien ; le transport des marchandises, leur coût; les péages et taxes; les transports internationaux et le fret.
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- LA NATURE
- Supplément.
- ><
- INFORMATIONS
- Qgf..
- N° 2369 23 Août 1919
- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES
- La Nature a publié dans le Supplément du n° 2356 le tableau des étalons et des unités commerciales, tels qu’ils sont définis par la loi du 2 avril 1919.
- Le règlement d’administration publique prévu par cette loi vient de paraître sous forme de décret au Journal Officiel du 5 août dernier. Loi et règlement entreront en application dans le délai d’un an. Nous croyons utile de reproduire ici les termes mêmes de ce décret et les tableaux qui l’accompagnent.
- Les unités secondaires de mesure se subdivisent en unités géométriques, de masse, de temps, mécaniques, électriques, calorifiques, optiques; ces unités sont énumérées et définies ci-après :
- Unité» géométriques.
- Superficie. — L’unité de superficie est le mètre carré.
- Le mètre carré est la superficie contenue dans un carré de 1 mètre de côté.
- Pour le mesurage des surfaces agraires, le décamètre carrépeut être appelé are.
- Volume. — L’unité de volume est le mètre cube.
- Le mètre cube est le volume contenu dans un cube de 1 mètre de côté.
- Pour le mesurage des bois, le mètre cube peut être appelé stère.
- Pour le mesurage des liquides, des céréales et des matières pulvérulentes, le décimètre cube peut être appelé litre.
- Angle. — L’unité d’angle est Y angle droit.
- L’angle droit est l’angle formé par deux droites qui se coupent en formant des angles adjacents égaux.
- La centième partie de l’angle d<roit s'appelle grade.
- Outre le grade et ses sous-multiples décimaux, on peut employer les sous-multiples suivants de l'angle droit : '
- Le degré, qui est la quatre-vingt-dixième partie de l’angle droit;
- La minute, qui est la soixantième partie du degré;,
- La seconde, qui est la soixantième partie de la minute.
- Unités de masse.
- Masse. — Dans les transactions relatives aux diamants, perles fines et pierres précieuses, la dénomination de carat peut elre donnée au double décig’ramme.
- Densité. —La densité des corps s’exprime en nombres décimaux, celle du corps qui possède la massé de 1 tonne sous le volume de 1 mètre cube étant prise pour unité.
- Dans les transactions commerciales, le nombre de degrés alcoométricjues d’un mélange d’alcool et d’eau pure correspond au titre volumétrique de ce mélange, à la température de i5°, suivant l’échelle volumétrique centésimale de Gay-Lussac, définie par l’article r01 du décret du 27 décembre 1884 et par le tableau annexé audit décret. ,
- Unités de temps. _
- Outre la seconde, unité principale, on peut employer la minute qui vaut 60 secondes et Y heure qui vaut 60 minutes.
- Unités mécaniques.
- Force. — L’unité de force est le sthèue.
- Le sthène est la force qui,, en une seconde, commu-
- nique à une masse égale à une tonne un accroissement de vitesse de 1 mètre par seconde.
- Energie. — L unité d’énergie est le kilojoule.
- Le kilojoule est le travail produit par un sthène dont le point d application se déplace de 1 mètre dans la direction de la force.
- Puissance. — L unité de puissance est le kilowatt.
- Le kilowatt est la puissance qui produit 1 kilojoule par seconde.
- Pression. — L’unité de pression est la pièze.
- La pièze est la pression uniforme qui, répartie sur une surface de 1 mètre carré, produit un effort total de t sthène.
- Unités électriques.
- Différence^ de potentiel, force électromotrice ou tension. — L’unité de différence de potentiel, de force électro.motrice ou de tension est le volt.
- Le volt est la différence de potentiel existant entre les extrémités d’un conducteur dont la résistance est 1 ohm, traversé par un courant invariable égal à 1 ampère. . •
- Le volt est légalement représenté par le volt international, défini à la conférence de Londres, et dont la valeur peut être considérée comme égale à la frac-
- tl°n rTôTfTlsô de la force êlectromotrice, prise à la température de 20° de la pile Weston au sulfate de cadmium.
- . Quafttité d électricité. — L’unité de quantité d’électricité est le coulomb.
- Le coulomb est la quantité d’électricité transportée pendant une seconde par un courant invariable de 1 ampère.
- Le coulomb est légalement représenté par le coulomb international qui correspond au, dépôt électrolytique de 0,001 11800 gramme d’argent.
- On peut encore employer, comme unité de quantité d électricité, Y ampère-heure, qui vaut 3,600 coulombs et représente la quantité d’électricité transportée eii une heure par un courant de 1 ampère.
- Unités calorifiques.
- 1 empéraiure. Pour les températures supérieures à —240°, le degré centésimal est représenté par la variation de température qui produit la centième partie de 1 accroissement de pression subi par une masse d’hydrogène, quand, le volume étant constant, la température passe de celle de la glace pure fondante (o°J à celle de la vapeur d’eau distillée en ébullition (ioo°) sous la pression atmosphérique normale; la pression atmosphérique normale est représentée par la pression d’une colonne de mercure de 760 millimètres de hauteur, ayant la densité de 1,35g,5g3 et soumise à l’intensité normale de la pesanteur mesurée par une accélération égale à 9,80665 en mètres et secondes.
- Quantité de chaleur. —L imité de quantité de chaleur est la thermie.
- La thermie est la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température d’une masse de 1 tonne d un, corps dont la chaleur spécifique est égale à celle de l’eau à i5°, sous la pression de i,m;i hectopièze
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- INFORMATIONS
- (équivalente à la pression atmosphérique normale représentée).
- Les dénominations de grande calorie et de petite calorie peuvent être données respectivement àla millithermie
- j \ / j
- ------ th. ) et' à la microthermie (-----— th.
- i.000 J \1.000 000
- Dans les industries frigorifiques, les quantités de chaleur enlevées peuvent être évaluées en frigories, la frigorie, en valeur absolue, étant égale à la millithermie.
- Unités optiques.
- Intensité lumineuse. — La bougie décimale est représentée par une fraction déterminée de la moyenne des intensités moyennes d’au moins cinq des lampes étalons à incandescence déposées, à cet effet; au Conservatoire national des arts et métiers, la mesure étant faite perpendiculairement à l’axe des lampes.
- Flux lumineux. — L’unité de flux lumineux s’appelle le lumen.
- Le lumen est le flux lumineux, émané d’une source uniforme de dimensions infiniment petites et d’intensité égale à 1 bougie décimale, et rayonné, en 1 seconde, dans l’angle solide qui découpe une aire égale à 1 mètre carré sur la sphère de 1 mètre de rayon, ayant pour centre la source.
- Eclairement. — L’unité d’éclairement s’appelle le lux.
- Le lux est l’éclairement d’une surface de 1 mètre carré recevant un flux de 1 lumen, uniformément réparti.
- On peut encore employer, comme unité d’éclairement, le phot.
- Le phot est l’éclairement d’une surface de 1 centimètre carré recevant un flux de 1 lumen uniformément réparti. Ün phot vaut 10,000 lux.
- Puissance des systèmes optiques. — La puissance des
- systèmes optiques s’exprime en dioptries, par l’inverse de leur distance focale donnée en mètres.
- UNIT]':S AUTORISÉES PROVISOIREMENT
- Sont autorisés, à titre provisoire, l’emploi et la dénomination des unités géométriques et mécaniques actuellement en usage, ci-après énumérées et définies :
- Unités géométriques.
- Longueur. — Le mille marin, dont la valeur conventionnelle est i85a mètres et correspond à la distance de deux points de la terre de même longitude, dont les latitudes diffèrent de 1 minute.
- Le mille marin est le chemin parcouru eu une heure par un navire marchant à la vitesse de 1 nœud..
- Unités mécaniques.
- Force. — Le kilogramme-poids ou kilogramme-force, force avec laquelle une masse égale à 1 kilogramme est attirée par la terre.
- Le kilogramme-poids est pratiquement égal à 0,98 cen-tisthène.
- O3
- Energie. — Le kilogrammètre, travail produit par un kilogramme-force dont le point d’application se déplace de 1 mètre dans la direction de la force.
- Le kilogrammètre est pratiquement égal à 9,8 joules.
- Puissance. — Le cheval-vapeur, puissance correspondant à 75 kilogrammètres par seconde.
- Le poncelet, puissance correspondant à 100 kilogrammètres par seconde.
- Le cheval-vapeur et le poncelet sont pratiquement égaux respectivement à 0,735 et 0,98 kilowatt.
- Pression. — Le kilogramme-force par centimètre carré, pression pratiquement égale à 0,98 hectopièze.
- __ ANNJilXK I
- TABLEAU GÉNÉRAL DES UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
- DRESSÉ EN EXÉCUTION DE LA LOI DU 2 AVRIL 191g
- Tableau des multiples et sous-multiples décimaux.
- PUISSANCE UE 10 PRÉFIXE A METTRE SYMBOLE A ME
- par laquelle avant avant
- est multipliée l’unité. le nom de Tunité. celui de l’unii
- IO6 OU I.OOO.OOO méga. M.
- IO5 100.000 hectokilo. hk.
- IO4 10.000 myria. ma.
- IO3 I .OOO • kilo. k.
- IO2 IOO hecto. h.
- IO1 IO j déca. j . . da.
- IO° I f ' « »
- IO-1 0,1 déci. d.
- IO-a 0,01 centi. c.
- IO-3 0,001 milli. m.
- 1 o-4 0,000.1 décimilli. dm.
- IO-3 0,000.01 centimilli. cm.
- io-° 0,000.001 micro. g.
- ]\T0lA. — Dans le tableau ci-après, on a imprimé en italique les symboles des unités, pour les distinguer de ceux des préfixes, qui sont eu romain.
- Le système dit C. G. S. est basé sur le centimètre, le gramme (masse) etla seconde comme unités principales. Le système dit M. T. S. est basé sur le mètre, la tonne (masse) et la seconde comme unités principales.
- '&\ 58 "(%
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- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES
- s'.’/îi'
- UNITÉS COMMERCIALES LT ÏNDUsTRIlît.LKS MULTiL’LES ET SOUS-MULTIPLES USUELS OBSE1ÎV AXIONS
- Nature. Dénomination. Valeur en il. T. S. Valeur en C. U. S. Dénomination. symbole. Valeur.
- I. — Unités géométriques.
- MÈTREl
- Lon-
- gueur.
- KH*
- Mille marin.
- 103
- Mégamètre.
- Kilomètre.
- Hectomètre.
- Décamètre.
- MÈTRE
- Décimètre.
- Centimètre.
- Millimètre.
- Micron.
- Millimicron.
- Mm.
- km.
- Iim.
- dam.
- dm.
- cm.
- m m.
- p.m ou [i. mp.
- 1 000.000 m. 1.000 m. 100 m.
- 10 m.
- 10
- 100
- . 000
- .Base du système M. T. S. Unité principale.
- ( Base du système C. G. S.
- 1.000.000
- 1
- 1.000.000.000
- m.
- A titre transitoire.
- 1.852 m.
- S’emploie pour la mesure des longueurs marines.
- Super- ^Mètre carré .<( licie. t
- 104
- Kilomètre carré. Hectomètre carré. Décamètre carré.
- Mètre carré.
- Décimètre carré.
- Centimètre carré
- Millimètre carré.
- Hectare.
- Are.
- Centiare.
- km2. hm2.
- dam2. m2.
- dm2 -
- cm'.
- m m“-
- ha.
- a.
- c a.
- 1.000.000 m*. 10.000 m2.
- 100 m2.
- 1 m2.
- 1
- 100
- m~.
- 10.000
- 1
- 1.000.000
- 100 a.
- 1 dam" ou 100 m°-.\ S’emploient pour le mesurage
- 100
- i. ou 1
- des surfaces agraires.
- Volume.
- 10°
- Mètre cube.
- Kilomètre cube.
- Mètre cube.
- Décimètre cube.
- Centimètre cube.
- Millimètre cube.
- Hectolitre. Décalitre. Litre *.
- Décilitre.
- Centilitre.
- Millilitre.
- Stère.
- Décistère.
- 1cm
- àma
- cm
- h l. daZ. I.
- d l.
- cl.
- mZ.
- st.
- dst.
- 1.000.000.000 m5 1 m7'.
- 1
- 1.000
- 1
- 1.000.000
- 1.000.000.000
- 1(0)1.
- DU.
- 1 d 7?i° -
- m1-
- _i_ i
- i.oooj;
- ou 1 c m°-1 ?n5-
- 4-
- m°.
- Mesures de capacité, pour les liquides, céréales et matières pulvérulentes.
- * Le litre, défini par les mé-trologistes comme étant le volume d’une masse de i kilogr. d’eau à 4° et sous la pression de 76 centimètres de mei'cure,
- excède de moins de ---------- le
- do.000
- décimètre cube. *
- S’emploient, pour le mesurage des bois.
- 1. Comme le mètre des Archives, sur lequel il a été copié, le prototype international du mètre est d environ o“m,3 inférieur à la dix-millionième partie de la distance du *pôle boréal à l’équateur, définition première du mètre. Etalon • Copie n u metiepioto ype international, déposég au Conservatoire national des arts et métiers.
- -*1 691$'
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- INFORMATIONS
- UNITÉS COMMEUCIALES MT INDUSTRIELLES MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES USUELS OBSERVATIONS
- Malure. Dénomination. Valeur en M. T. S. Valeur en C. G. S. Dénomination. Symbole. Valeur.
- Angle.
- > Angle droit. D.
- / Grade. gr.
- Décigrade. d gr.
- Centigrade. cgr.
- Angle droit. \ 1 Milligrade. m gr.
- Degré. d on 0 (*).
- / Minute d’angle. /
- 1 Seconde d’angle. n
- \
- 1).
- I. — Unîtes géométriques (Suite).
- 1 D.~
- 100 1
- I. 00Ü 1
- 10.000 1
- 100.000 1
- J).
- D.
- D.
- D.
- * Le symbole 0 peut être employé quand la nature de l’unité considérée ne fait pas doute, notamment lorsque l’angle exprimé comprend des minutes en même temps que des degrés.
- d.
- 6Ü ± , 60 '
- 10
- Masse.
- KILOGRAMME <J0'G
- 10»
- 103
- II. — Unités de masse. TONNE t.
- Quintal. cj
- KILOGRAMME
- Hectogramme.
- Décagramme.
- Gramme.
- Décigramme.
- Centigramme.
- Milligramme.
- Carat.
- »**
- dag.
- 8 •
- dg.
- cg.
- mj
- I t ou 1.000 kg. 1 t ou 100 kg.
- 1
- 1.000
- t.
- 10.000 1 OU 10kg'
- îoo.ooo^ ouTôïïks
- kg.
- ioToïïô k^'
- 100.000 *
- ] ,
- 1.000.000 g'
- 1.000 ° 1
- Base du système M. T. S.
- Unité principale.
- Base du système C. G. S.
- 2 dg.
- S’emploie dans le commerce 1 des pierres précieuses.
- Densité.
- Degré
- densimétri-
- que.
- Degré alcoo-métrique centésimal.
- La graduation des alcoomètres a pour base le tableau des densités des mélanges d’alcool et d’eau-pure annexé au décret (voir p. 63).
- III. — Unités de temps.
- Temps.
- ! Jour. J.
- t Heure. h.
- SECONDE ] Minute. mn ou m(5)
- I 1 —! 1 SECONDE s.
- 86.400 s. 3.600 s. 60 s.
- s.
- Base des systèmes M. T. S. et C. G. S.
- Unité principale.
- ne le kilogramme des Archives, le prototype international du kilogrammeexcède d'environ 27 milligrammes la masse du deci-l’eau prise à son maximum de densité, définition première du kilogramme. — Etalon ; Copie n° 35 du kilogramme proto-
- ‘ 1. Comme mètre eube d’<
- type international, déposée au Conservatoire national des arts et métiers.
- 2. L’eau privée d’air, à 4°) sous la pression d’une colonne de mercure à 76 centimètres de hauteur, a une densité égale à I (moins
- ------ environ).
- 3o.000
- Les densités correspondant aux anciens degrés Baumé sont données dans un tableau annexé au décret (voir p. 63).
- 3. La symbole ni peut être employé lorsqu’il ne saurait y avoir d’ambiguïté, par exemple, lorsque le temps exprimé comprend des heures, ou des secondes, en même temps que des minutes.
- 60 U
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- 33Pî;
- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LEGALES
- tf®
- UMTÉS COMMERCIALES INDUSTRIELLES MULTIPLES ET SOliS-lltJLTIPLES USUELS OBSERVATIONS
- Nature. Dénomination. Valeur en M. T. S. Valeur en C. G. S. Dénomination. Symbole. Valeur.
- IV. — Unités mécaniques.
- Sthène.
- Force.
- io-s
- Kilosthène. k.î/i. 100.0 sn.
- Hectosthène. li.çn. 100 sn.
- Décasthène. daA'77. 10 sn.
- 10» Sthène. sn. 1 sn.
- Décislhène. d sn. rç-
- Centisthène. c sn. m*/l-
- Millisthène. Dyne. msn. 1
- 1 1.000 1 ç /> 100.000.000
- Mégadyne.
- Unité C. G. S.
- A titre transitoire.
- Kilogramme
- poids
- ,ou
- Kilogramme
- force.
- Tonne-poids. Kilogr.-poids. Gramme-poids. Milligr. -poids.
- Valeurs pratiques.
- 9,8 sn.
- 0,98 esn.
- 0,98 cm sn, 0,98 dyne.
- Les valeurspruliques ci-contre peuvent être employées dans toute la France continentale, avec une erreur inférieure à
- î
- Kilo joule.
- Energie
- ou
- travail.
- 10“»
- 1010 107
- 1
- Mégajoule.
- Kilojoule.
- Joule.
- Erg.
- MJ.
- k /.
- J.
- 1000 k/. 1 k/.
- J_k/
- 1000 •
- 1
- 10.000.000
- Puis-
- sance.
- A titre transitoire.
- Poncelet. Cheval- vapeur. - Poncelet. Cheval-vapeur. 0,98 k W. 0,75 Poncelet ou 0,735 k W.
- Myria pièze. miipz. 10.000 pz.
- Hectopièze. h~Pz,. 100 pz.
- Pièze. 1 10* Pièze. Centipièze. pz. cpz. 1 400 pz'
- 10-4 1 Barye. - 1 10.000 p"‘
- Pression.<
- A titre transitoire.
- IKilogramme -poids par unité de
- surface.
- — A titre transitoire.
- Kilogram- mètre. Kilogrammètre. . . . . . 9,8 J.
- 1 1Q10 Kilowatt. k W. ' 1 k W.
- Kilowatt. Hectowatt. h w. kkw- 100» kw
- 10-5. 107 Watt, w.
- i kilowatt-heure correspond à 3,6 mégajoules.
- Unité C. G. S.
- Le kilojoule international diffère numériquement très peu du kilojoule.
- Lé kilowatt international diffère numériquement très peu du kilowatt.
- Kilogr.-poids par mm*. 0,98 mapz.
- i Kilogr.-poids par cm*. 0,98 hpz.
- Kilogr .-poids par dm*. 0,98 pz..
- Kilogr.-poids par m*. 0,98 cpz.
- L’hectopièze est employé parfois aussi sous le nom de Bar, pour la mesure des pressions b'aromé triques.
- Unité C. G. S.
- i mégabarye égale i mégadyne par cm*.
- La pression atmosphérique normale de 76 cm de mercure, à o° et sous l’accélération normale de la pesanteur
- (980,665 cm/sec2),
- — fréquemment employée aussi comme unité de pression — correspond à 1,013 hectopièze, ou à i,o33 kg-poids par cm*.
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- tf^| INFORMATIONS
- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES MULTIPLES ET SÜUS-MULTIPLES USUELS OlîSEli VAT10NS
- Nature. Dénomination. O S 'z c/5 t* ÜD . 5 cj'_ cj zv £|>~ 0 CJ r£> Valeur en électromagnétique C. G. S. Dénomination. Symbole. .Valeur.
- V. — Unités électriques.
- Résistance électrique. OHM 107 10» Mégohm. OHM Microhm. MO. 0. P0. f 1 milliard d’unités de résis- 1 000 000 O \ tance système électromagné- 1 ^ ‘ ' 1 tique C. G. S. 'j ‘ ‘ ^ 10 millions d unités de résisté 1 tance du système électromagné- 1.000.000 j tique M. T. S. Unité principale.
- Intensité de courant élec- trique. AMPÈRE LO-* 10-1 Kiloampère. AMPÈRE Milliampère. Microampère. k A. A. m A. li A. 1.000 4. 1 A. » A i.OOu ' 1.000.000 A' 1 dixième de l’unité de courant du système électromagnétique C. G. S. 1 cent millième de l’unité de courant du système électromagnétique M. T. S. Unité principale.
- Force électromotrice ou différence de potentiel ou tension Volt. 102 105 Volt. Millivolt. Microvolt. V. mV. V-V. 1 V. 1.000 v' 1 V 1.000.000
- Quantité d’électri -cité. Coulomb. 10-5 7 0 Kilocoulomb. Coulomb. k C. C. 1.000 c. 1 c.
- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIEL! ES MULTIPLES ET, SOUS-MULTIPLES USUELS OBSERVATIONS
- Nature, Dénomination. Dénomination. Symbole. Valeur.
- VI. — Unités calorifiques.
- Tempéra-
- ture.
- DEGRÉ CENTÉSIMAL
- (M
- DEGRÉ
- CENTÉSIMAL
- 1°. Unité principale.
- Quantité de chaleur. Thermie. Millithermie ou Grande calorie. Microthermie ou Petite calorie. th. m th. p. th. 1 [th. ^ th 1 1.000.000 Pratiquement la microthermie équivaut à 1 4»1S joules (ou à o,4?.6 kilogrammètres dans l’étendue de la France continentale).
- 4 Frigorie. fs- S’emploie dans les industries frigorifiques.
- VII. — Unités optiques.
- Intensité lumineuse BOUGIE DÉCIMALE BOUGIE DÉCIMALE bd. Unité principale.
- „ Flux lumineux. Lumen. ' ' > Lumen. ° lu. '
- Éclaire- ment. Lux. Phot. Lux. Ix. 10.000 Ix. 1 Ix.
- Puissance des verres d’optique. Dioptrie. Dioptrie. • -
- I. Représentation .-Variation de température qui produit la centième partie de l'accroissement de pression que subit une masse d’hydrogène, quand, le volume restant constant, la température passe de celle de la glace pure fondante (o°) à celle de la vapeur d’eau distillée en ébullition (100°), sous la pression atmosphérique normale; la pression atmosphérique normale est représentée par la pression d’une colonne de 760““* de hauteur ayant la densité de i3,59593 et soumise à l’intensité normale de la pesanteur mesurée par une accélération égale à 9,80665 en mètres et en secondes.
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- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES
- 3&Ü
- m
- ANNEXE' II
- CORRESPONDANCE DES DEGRÉS BAUME + ET DES DENSITÉS
- TABLE I
- Aréomètres pour liquides moins denses que l’eau.
- DEGRÉS liiminé. DENSITÉS DEGRÉS Baume. DE NSITÉ s DEGRÉS Baume. DENSITÉS DEGRÉS Baumé. DENSITÉ s DEGRÉS Baumé. DENSITÉS DEGRÉS Baumé. DENSITÉS
- 10 B 1 000 0 24 B 0 911 6 38 B 0 837 5 52 B 0 774 6 60 B 0.720 4 80 B 0 673 4
- II 0 993 1 25 0 905 8 39 0 832 7 53 0 770 4 67 0.716 9 81 0 670 3
- 12 0 986 3 26 0 900 2 40 0 827 9 54 0 760 4 68 0.713 3 82 0 067 2
- 13 0 979 6 27 0 894 6 41 0 823 2 55 0 762 O O 69 0.709 8 83 0 664 1
- 14 0 973 0 28 0 889 ! 42 0 818 5 56 0 758 3 70 0.706 3 84 0 661 0
- 15 0 966 5 29 0 883 7 43 0 813 9 57 0 754 3 71 0.702 9 85 0 658 0
- 16 0 960 1 30 0 878 3 44 0 809 3 58 0 750 4 72 0.699 5 86 0 655 0
- 17 0 953 7 31 0 873 0 45 0 804 8 59 0 746 5 73 0.696 1 87 0 652 1
- 18 0 947 5 32 0 867 7 46 0 800 4 60 0 742 7 74 0.692 8 88 0 649 2
- 19 0 941 3 33 0 862 5 47 0 795 9 61 0 738 9 75 0.689 5 89 0 646 2
- 20 0 935 2 34 0 857 4 48 0 791 6 02 0 735 1 76 0.686 2 90 0 643 4
- 21 0 929 2 35' 0 852 3 49 0 787 3 63 0 731 4 78 0.682 9
- 22 0 923 2 36 0 847 3 50 0 783 0 64 0 727 7 78 0.679 7
- 23 0 917 4 37 0 842 4 51 0 77SJ 8 65 0 724 1 79 0.676 5
- Densités calculées.
- avec, le module i .-j .j, 3 2, par la formule D——-dAl-iE— où I ^ ~ densité.
- 1 1 144,32 + 71 (ri:
- degré Baume.
- TABLE II
- Aréomètres pour liquides plus denses que l’eau.
- DEGRÉS liaurné. DENSITÉS DEGRÉS Baumé. DE NSITÉ s DEGRÉS Raumé. DENSITÉS DEGRÉS Baume. DENSITÉ s DEGRÉS Raumé. DENSITÉS DEGRÉS Baume. DE NS1TÉS
- 0 B 1.000 0 12 B 1 090 7 24 B 1 199 5 30 B 1 .332 4 48 B 1.498 3 60 B 1 711 6
- 1 1.007 0 13 1 099 0 25 1 209 5 37 1 344 8 49 1.514 1 61 1 732 1
- D 1.014 1 11 1 107 4 26. 1 219 7 38 1 357 4 50 1.530 1 62 1 753
- O 1.021 2 15 1 116 0 27 1 230 1 39 1 370 3 51 1.546 5 63 1 774 7
- 4 1.028 D 16 1 124 7 28 1 .240 7 40 1 383 4 52 1.563 3 64 1 796 8
- 5 1.035 9 17 1 .133 5 29 . 1 251 5 41 1 396 8 53 1.580 4 65 1 819 5
- fi 1.043 4 18 1 .142 5 30 1 262 4 42 1 410 5 54 1.597 9 66 1 842 7
- 7 1.051 0 19 1 .151 6 31 1 .273' 6 43 1 .424 4 55 1.615 8 67 1 866 5
- 8 1 .058 7 20 1 .160 9 32 1 284 9 44 1 .438 6 56 1.634 1 68 1 .891 0
- 9 1 .066 5 21 1 .170 3 33 1 .296 4 45 1 453 1 57 1.652 8 69 1 .916 1
- 10 1 .074 5 22 1 .179 9 34 1 .308 2 40 1 467 9 58 1.671 9 70 1 941 9
- 11 1 .0821Ï5 23 1 .189 6 35 1 .320 2 47 1 .482 9 59 1.691 5
- Densités calculées, avec le module 144,32
- par la formule D
- 144,32 144,32 — n
- où
- D — densité. n = degré Baume.
- 1. Ces degrés, couramment employés jusqu’à ce jour pour définir les densités de certains liquides, ne seront plus admis désormais dans les transactions commerciales.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnemeit. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Tungar décrit dans le n° 2363 est construit par les établissements Pilon, 63, rue de Paris, Asnières (Seine).
- Demande. — Un de nos abonnés demande des adresses de fabricants de voitures aspiratrices ou ramasseuses de poussières destinées à remplacer 1er» balayeuses.
- Réponses. — M. /. Boulier, à Courbevoie. — i° Vous' pourrez vous procurer du prussiate rouge chez MM. Poulenc, frères, 19, rue du Quatre-Septembre et
- 122, boulevard Saint-Germain. — 20 Voici une formule de virage en ton sépia des papiers au bromure :
- Eau.........................100 c. c.
- Acide citrique............... 2 gr. 5
- Nitrate d’urane.............. 1 gr.
- FerricyanUre de potassium. o gr. 8 ^
- Cette solution s'altérant assez rapidement ne doit être préparée qu’au moment de l’emploi. Chacune des substances indiquées est d’abord dissoute séparément dans une portion de l’eau préalablement mesurée. On mélange ensuite ces solutions, et l’on y ajoute le reste de l’eau. L’épreuve, très soigneusement lavée après fixage, est plongée dans ce bain, on elle prend une belle teinte sépia. On lave ensuite dans une eau abondante, mais pas plus d’un quart d’heure, sous peine d’affaiblir l’image, qui pâlit aussi sous l’influence de l’humidité.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. ,/. Piollet, à Razac-sur-l’Isle. — Vous trouverez l’exposé complet du mode de fabrication des plaques autochromes, de leur mode d’emploi et de leurs applications, ainsique la bibliographie qui s’y rapporte, dans le Traité général de photographié en noir et en couleurs, par E. Coustet (Delagravé, éditeur), pages 365 à 3g8 de la 4° édition.. Yous pourrez consulter aussi les petites monographies suivantes, qui sont toutefois moins récentes que l’ouvrage précité : La photographie des couleurs et les plaques autochromes, par E. Wallon (Gau-thier-Villars, éditeur), 1907; La photographie en couleurs^ sur plaques à filtres colorés, par E. Coustet (B. Tignol, éditeur), 1908; La photographie des couleurs par les plaques autochromes, par Y. Crémier (Gauthier-Villars, éditeur), igu.
- M. C. Taupinot, à Bordeaux. — i° Nous avons déjà indiqué plusieurs méthodes pour éliminer Thyposulfite des clichés et des épreuves (voy. notamment n°5 a36a et 2364). Yous pouvez aussi employer le persulfate d’ammoniaque en solution neutre ou alcaline, ou bien un bain d’eau de Javel dilué (i5 pour 100), ou encore l’acide nitrique à raison de 2 gouttes pour 100 c. c. d'eau. Dans tous les cas, il faut terminer par un lavage. — 20 La retouche des clichés s’exécute à l’aide de crayons taillés en pointe très fine que l’on passe sur la gélatine préalablement frottée avec un linge fin imbibé de matlolin (solution à 5 pour 100 de gomme Darnar dans l’essence de térébenthine). Pour boucher les trous, ou pour couvrir les parties trop transparentes que le crayon ne parviendrait pas à intensifier suffisamment, on emploie -l’encre de Chine ou la laque carminée appliquées au pinceau. Les points noirs sont enlevés au grattoir. Pour la retouche (ou repiquage) des épreuves, les points noirs sont masqués par du blanc gouaché additionné de gomme en quantité d’autant plus grande que le papier est plus brillant, et les points blancs sont bouchés soit au crayon, soit au pinceau chargé de couleur d’aquarelle gommée. Nous ne pouvons vous exposer ici que très sommairement le principe de la retouche, et, pour de plus amples détails, il serait nécessaire que vous consultiez un Traité de photographie, par exemple le Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet, 4° édition (librairie Delagrave).
- M. P. B., à Courbevoie. — Voici, pour Paris et la région, des adresses d’éleveurs des différentes races de lapins à fourrure (Russes, Argentés, Bleus, Japonais, Polonais, Havanais noir et feu, Papillons et Angoras).
- A Paris : Arthaud-Zerthel, A. Collange, 35, rue Cail-laux, i3e; A. Debernard, 71, avenue d’Italie, 13e; Avi-cultura Jersey Farm, 8, rue du Louvre, iei : Birmann, 7, rue Alain-Chartier, i5°; Comptoir général de l’éle-vage, 96, rue Saint-Dominique, 7'; Poudrier, 15, rue Vieille-du-Temple, 3e; Mme Raymond, Edmond Rey-naud, iii, avenue Jean-Jaurès, ig°; Vjptor Stercq, 28, rue de Chambéry, i5°; Henri Thiercelin, 58, rue de Vanves, 14e; Ch. Toth, 5, rue de la Harpe, 5°. — Seine : Jean Châtelain, 93, avenue des Champs-Elysées, Le Perreux; Mme Cros, avenue des Tilleuls, à Vitry; Pierre Herbert, 52, Ile Saint-Germain, à Issy; Mme Le-belle, à Fontenay-sous-Bois; Louis Léger, 3i, rue du Marché, à Neuilly ; Mlle A. Petit, 24 bis, rue de Colombes, à Puteaux; Henri Estiot, à Vitry. — Seine-et-Oise : Amédée Gatineau, à Dourdan; Paul Leplanquais, à Yarennes; Amédée Manuel, à Saint-Cloud; Mme Ma-nuel-Duchemin, 25, rue des Girondins, à Saint-Cloud ; Sylvain Michaud, rue de la Paix, à Meudon ; Paul Moreau, 128, quai de Seine, à Argenteuil; L. Senn-hauser, à Eaubonne ; Lucien Tétrel, 44> route Nationale, à Yiroflay; Jules Têtu, à Argenteuil; Etienne Sauret, à Cormeilles-en-Yexin ; Tisné, à Sannois ; Louis Toussaint, à Argenteuil. — Seine-et-Marne : L. Borde, à Fontainebleau; E. Joubert, à Fontainebleau. — Seine-Inférieure : Mme Filoque, à Caudebec-lès-Elbeuf ; Fernand Lebaron, à Deville-les-Eouen ; Selle, à Auzebosc. — Eure : Mlle Ferrant, à Thuit-IIébert, par Bourgthéroulde ; Mlle J. Lemarié, Elevage de la Folie-Lebrun, à Eyreux.
- MM. B., rue Bayen, à Paris. — Ouvrages sur les huiles et l’huilerie : les ouvrages indiqués existent depuis bien des années ; il se peut que les éditions soient épuisées. En principe, nous indiquons des ouvrages dont la teneur correspond aux questions techniques posées, et que l’on veut étudier dans les livres les mieux documentés, suivant une nomenclature bibliographique. C est, évidemment, sous réserve que l’intéressé, usant de son initiative personnelle, saura se procurer les ouvrages mentionnés. Voyez, néanmoins, aux adresses suivantes : Plantes oléagineuses et plantes alimentaires des pays chauds, par Boery, librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle ; Fabrication et raffinage des huiles végétales, par Fritsch, demander aux mêmes adresses, de même que pour IJ huilerie moderne et, également : Challamel, 17, rue Jacob; Dunod et Pinat, 47> quai des Grands-Augustins ; Grignon, 16, rue Alphonse-Daudet ; Coulet, éditeur, à Montpellier.
- BIBLIOGRAPHIE
- >=
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur-sur Paris. [Tenir compte des majorations temporaires indiquées.)
- Les moyens d'intensifier la production agricole, pur E. Tisserand. Rapport présenté à M. le Ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement. 1 broch. Mémoires et documents du Musée Social, Paris.
- L agriculture étant la ressource la plus immédiate et la plus productive de notre relèvement économique, l'auteur préconise, avec sa grande autorité, le développement de l’enseignement agricole comme le moyen efficace d augmenter notre production. Il trace le programme de cette organisation nécessaire.
- La Bretagne, par L. Gallouédec. sédition, i vol. in-12, 261 p. 93 fig. Hachette et Cle, Paris. Prix : 7 francs.
- L auteur, breton lui-même et géographe bien connu, réunit dans cette excellente monographie provinciale la description du pays ' et son histoire; il dépeint, la côte, l’intéwieur, les confins et présente 1’évolution du pays aux mœurs et coutumes si bien conservées et si parlicularistes encore. Ecrit pour les. Bretons et surtout pour les jeunes auxquels il montre l’avenir, ce livre donnera à tous une idée très claire
- et très précise d’une de nos plus intéressantes provinces.
- Belgian Documents (Belgische Aktensiücke). A Compa-nion Volume to “ the Crime ”, par le Dr Richard Grelling, auteur de J’accuse', traduit par Alexander Gray, i vol. in-8, 3o8 p. Hodder et Stoughton, London. Prix cartonné : 10/6.
- Démonstration de la préméditation de l’Allemagne
- « et de 1 Autriche basée sur les documents diplomatiques belges pris à Bruxelles et publiés par les Allemands, les Livres gris du gouvernement, belge et le livre du baron Beyens.
- En mission en Roumanie, par le capitaine aviateur Paul Bléry. 1 vol. in-18, 241 p. Figuière, Paris. Prix :. 3 fr. 5o.
- Anecdotes de guerre et croquis de mœurs roumaines et russes recueillies au cours d’une mission en Roumanie, alertement contés.
- La guerre roumaine 1916-1918, par Mircea Djuvara. I vol. in-12, 335 p. Berger-Levrault, Paris. Prix net : 10 francs.
- Excellent exposé de la situation de la Roumanie, de sa courageuse intervention pendant la guerre, de ses malhexirs au moment du traité de Bucarest et de ses revendications actuelles au Congrès de la Paix.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2370
- 30 Août 1919.
- Nécrologie : Carnegie. —• M. Andrew Carnegie vient de mourir à l’âge de 84 ans. Il était le type du « self uiade man » dans toutes ses qualités. Né en Ecosse, il avait émigré avec sa famille à Pittsburg à l’âge de i3 ans. Il fut successivement employé dans une filature, télégraphiste, puis entra à la Compagnie du Pennsylvania Railroad. C est là qu'il trouva sa voie. Il passa par les divers services, y avança rapidement et devint directeur de cette société. Pendant la guerre de Sécession, il dirigea les chemins de fer et les télégraphes de 1 Est. La paix siguée, il créa une fonderie qui la première aux Etats-Unis employa le procédé Ressemer; ce lut le grand succès et Carnegie ne tarda pas à être sacré « roi de 1 acier ». Retiré des affaires, il se consacra aux œuvres scientifiques et sociales. Ses dons s’élèvent à près de 2 milliards, répartis entre différents pays. Aux Etats-Lnis, 1 Inslitut Carnegie de Pittsburg est doté de 1 a I millions,-1 Institut Carnegie de Washington de i.jo; le reste a été attribué par lui à de nombreuses bibliothèques, au Palais de la Paix de La Haye, à des « Héros Eund » dont un fonctionne en Erance.
- Nécrologie : Haeckel. — Ernst ldaeckel, professeur de zoologie à P Université d’Iéna, vient de mourir. Né en j834 à Potsdam, il laisse une œuvre scientifique considérable, notamment sur les Protozoaires qu’il étudia à la suite de l’expédition du Challenger. Mais son nom fut connu du public pour de toutes autres causes. Matérialiste convaincu, il écrivit toute une série de volumes sur le monisme : Histoire de la création, les Enigmes de I. Univers, le Monisme, lien entre la science et. la religion, etc , qui eurent vers la fin du dernier siècle un succès retentissant et furent traduits en français.
- Nous devons nous rappeler son nom pour une autre taison encore. Dans sou Histoire de la Création, parue eu 1868. on trouvait de violentes attaques contre le million,?me prussien que l'auteur fit disparaître des édi-Iions publiées après notre défaite. En 1914, il fut un des plus énergiques défenseurs des théories allemandes sur la guerre et il signa le fameux mauifeste des .g 3 intellectuels. Son influence sur la pensée allemande fut considérable et elle pénétra même dans quelques cerveaux français amoureux de la force matérielle. Haeckel meurt après avoir vu .s’écrouler le. rêve qu'il avait con-1 ci hué à bâ ti r.
- En avion sous l’Arc de Triomphe. — Eue acrobatie nouvelle de l’aviation vient d'être réalisée le 7 de ce mois par le sergent aviateur Godefroy. Désireux de luire passer un appareil sous J'Arc de Triomphe, comme l’avaient franchi les canons et les tanks le joue du Défilé de la \ictoire, Godefroy vint survoler la place de l’Etoile, puis retourna en descendant vers la Porte Maillot, vira et s’engagea dans l’avenue de la Grande-Armée, à hauteur des arbres; il arriva dans l’axe de l’Arc de Triomphe et passa comme une flèche sous la voûte, après quoi il reprit de la hauteur.
- L’appareil était un Nieuport de -8 m. 10 d'envergure; lu voûte a 29 m. 4de hauteur et 14 m. 62 de largeur. C'est dire combien le vol dut être précis!
- Du Caire au Cap en aéroplane. — Le Bulletin du Comité de VAfr ique française annonce la mise à l’étude par les Anglais de la roule aérienue du Caire au Cap qui a été divisée en trois sections : i° Du Caire au lac Victoria-Nyanza ; a0 du lac Victoria-Nyanza à Kitula, au Sud du lac Tanganyika; 3° de Kituta au Cap.
- La première section, étudiée dès le mois de décembre dernier par le major Long de la Royal Air Force, passe par Assiout., Wadi-IIalfa, Méroë, Atbara, Ivhartoum, Kodok (Fachoda), Gondokoro, Jinga et Port-Victoria. C’est, la section du Nil, facile parce que 1 aviateur est suidé par le fleuve et. au besoin ravitaillé par lui et par le chemin de fer soudanais, et que le lac Victoria permet l’atterrissage des hydroplanes. Une variante irait par le lac Kivou. Les difficultés commencent au delà de Ivodok à cause du Sadd marécageux où les terrains d'atterrissage sont difficiles à trouver.
- La section centrale, étudiée par le major Emmett, est la plus facile, mais le terminus sera reporté de Kituta a Abercorn, plus sain. Ici aussi il y a une variante dite « abyssine » qui se détache de Ivhartoum, longe le Nil bleu, va au lac Rodolphe, passe à l’Est du Kilimandjaro en traversant l’Afrique orientale britannique et l’ancienne colonie allemande.
- Le secleur du Sud, étudié par le major Court-Treatt, est encore plus facile par les étapes Abercorn, Bto-ken 11 i 11, Livingstone,
- Salisbury, Buiuwayo,
- Mafeking, Bloemfon-tein, Le Cap. Les villes de l’Union sud-africaine se disputent les futurs aérodromes !
- Peut-être le voyage aérien du Caire au Cap pourra-t-il être tenté en octobre prochain.
- C est, disent les aviateurs britanniques qui ont étudié la roule . une question de bases à établir, ces bases étant ravitaillées en pétrole, huile, etc. Ils en ont dressé la liste et vont les installer. Toute la ligne est en zoué britannique, ce qui faeili lera la lâche. Ou a
- déjà étudié eu outre la ligne de Sollou m au Caire avec, dépôts à Mersa-Malruh et à Àmria. Ou envisage aussi un embranchement d’Atbara à Trinkilat (mer Rouge) et de là vers Perim et Adeu par les îles Farsan.et Kamaran.
- T. S. F. — Beaucoup de lecteurs uous demandent quand ils pourront remonter leurs postes de T. S. F. et recevoir à nouveau les émissions de FL. S’il s’agissait de postes émetteurs, la chose serait assez compliquée, les décrets du 5 mars 1907 et du-26 avril 1910, prévoyant Lantorisation préalable de l’Administration des P. T? 'J-., après avis d’une commission technique et le paiement d’une taxe fixée par le ministère intéressé; ces autorisations 11e sont délivrées qn exceptionnelle-ment, à titre temporaire et à la condition que les nouveaux postes ne gênent en rien le fonctionnement des services d’intérêt public.
- Pour les postes récepteurs, il faut encore distinguer. Les postes à lampes amplificatrices ne seront pas encouragés; leur installation demande les mêmes formalités que celle des postes d’émission. Pour les petits postes de réception horaire et météorologique, à galène ou à détecteur, leur installation est soumise aux conditions du décret du 2.j février 1917, qui dit :
- L’autorisation d’établir des postes radiotélégraphi-ques de transmission n’est accordée aux particuliers qu’autant qu’il ne peut en résulter aucun inconvénient pour le fonctionnement des postes d’intérêt public.
- Les postes de réception sont autorisés dans les mêmes conditions que les postes de transmission (c’est-à-dii'e par les ministres du Commerce et de l’Industrie, de l’Agriculture, du Travail et des P. T. T.).
- Toutefois, le's postes de réception horaires ou météorologiques. dont la «oncession est. sollicitée par des citoyens français, sont autorisés par le chef du service local des P. T. T., sur demande de l'intéressé.
- Les redevances à payer par les concessionnaires des postes autorisés sont fixées par les ministres du Commerce, etc. Les postes de réception horaires ou météo-
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- INFORMATIONS
- rologiques ne donnent lieu qu’à la perception d’un droit de statistique, fixé à 5 francs par an et par poste. .
- En temps de guerre, tous les postes privés radioélectriques, sauf ceux utilisés par ou pour le compte des autorités militaires, doivent être supprimés.
- 11 n y a donc qu à attendre le décret fixant le jour de la cessation des hostilités!
- Nouvelle réglementation de la T. S. F. — Deux décrets du 3i juillet dernier, parus le 6 août au Journal Officiel, précisent la répartition entre les différents ministères des postes radiotélégraphiques existants et à créer.
- lous les postes de radiotélégraphie en France, en Algérie et aux colonies, sont, en temps de paix, exploités par 1 administration des postes et télégraphes, à l’exception :
- i“ Des postes côtiers servant à l’échange des communications entre les bâtiments de guerre et les établissements de la marine ;
- i° Des postes installés sur territoire militaire ou affectés à des Services exclusivement militaires;
- 3° Des postes dont le rôle est exclusivement de guerre et qui, en temps de paix, se bornent à l’échange entre eux périodiquement des télégrammes d’exercice ;
- 4° Des postes spéciaux au service des phares et balises ;
- 5° Des postes installés pour assurer les relations d intérêt local soit; dans une même colonie, soit en reliant entre eux deux colonies voisines, deux groupes voisins de colonies, une colonie ou un groupe de colonies avec un pays voisin étranger.
- Eu cas jde mobilisation, tous les postes radiotélégraphiques sans exception ^ sont soumis à l’autorité des départements de la guerre et de la marine.
- Les stations radiotélégraphiques, relevant de départements autres que les départements de la guerre et de la marine, sont soumises en temps de paix, en vue de leur utilisation en temps de guerre, au contrôle d’une commission spéciale instituée auprès du ministre de la guerre (état-major de l’armée).
- Cette commission est chargée d’émettre son avis sur toutes les questions relatives à la meilleure utilisation en temps de guerre des stations radiotélégraphiques fixes et mobiles. Elle a notamment pour attribution de contrôler la préparation de' la mobilisation des postes de T. S. F . non militaires et de suivre les expériences de toutes natures faites en vue d’améliorer l’utilisation en temps de guerre des postes non militaires et effectuées par les divers départements ministériels.
- Elle fait procéder au moins une fois par an et plus souvent, s’il est nécessaire, à la vérification des stations non militaires et de leur équipement technique, ainsi que de l’instruction professionnelle du personnel.
- Besoins et ressources en blé du monde. — Le
- bureau permanent de l'Office central des céréales estime qu’à la date du ier avril 1919, le surplus exportable dans les principaux pays surproducteurs (il n’est pas tenu compte de l’excédent des pays exportateurs secondaires, tels que l’Afrique du nord) atteignait approximativement (en quintaux) :
- Etats-Unis ............. 70.000.000
- Argentine............ . . . ~ 33.000.000
- Australie................ 75.000.000
- Au total . . . 178.000.000
- Or, les besoins à couvrir .jusqu’au ic‘ août, soit pendant quatre mois, ne devaient pas dépasser (en quintaux) ;
- Angleterre................ 20.000.000
- France..................... 12.000.000
- Italie....................... 9.000.000
- Allemagne................. 25.000.000
- Autriche-Hongrie.......... 17.500.000
- Espagne . ........ 1.000.000
- Hollande . ^2.000.000
- Suisse .................. . 2.000.000
- Pays Scandinaves............. 2/000.000
- Dans cette énumération, les besoins habituels des pays centraux ont été plus que doublés.. Quant aux besoins de la Russie, de la Roumanie, de la Bulgarie et
- des autres pays "Sbalkaniques, dont la production a été déficitaire, on peut les estimer à environ 5o 000 000 de quintaux en admettant que ces divers pays ne disposent plus d’aucune ressource.
- La totalisation de ces divers besoins -donne le chiffre de i4o5ooooo quinüiux, contre 178000000 de quintaux de disponibilités, ce qui laisserait un report de 37 5oo 000 quintaux pour l’exercice 1919-1920.
- Les chiffres des besoins ci-dessus envisagés sont basés sur la capacité d’absorption des différents pays, mais il est à craindre que le quantum de i4o5ooooo quintaux ne puisse être transporté, du ior avril au i”r août, des pays excédentaires dans les pays déficitaires.
- En tout cas, et quels que soient les besoins mondiaux, les disponibilités sont suffisantes non seulement pour les couvrir, mais pour laisser, au i61' août 1919, un excédent reportable qui variera de 37 à 5o millions de quintaux et peut-être même atteindra 70 ou 80 millions de quintaux, suivant le plus ou moins de capacité d’exportation de chacun des pays excédentaires et du tonnage mis à sa disposition. Il .convient d’indiquer que, dans l’estimation des besoins, sont comptées les quantités nécessaires aux emblavements.
- En admettant que le report n’atteigne que 5o millions de quintaux et que les récoltes soient déficitaires dans l’ensemble des pays producteurs européens, on peut encore envisager avec sérénité la situation qui sera faite aux pays importateurs jusqu’à février-mars 1920, quand entreront en ligne de compte les récoltes de l’Argentine, de l’Australie et de l’Inde.
- En effet, si lesrperspectives actuelles, exceptionnellement bonnes, de la récolte américaine se maintiennent jusqu’à la moisson, il est permis d’escompter un surplus exportable de 170000000 de quintaux. On estime d’ores et déjà que le Canada devra disposer d’un surplus de 35 000 000 de quintaux. Soit, avec le report de 1918-1919, évalué au minimum à 5o opo 000 de quintaux, un total d’environ 255 000 000 de quintaux.
- Ne sont comprises dans ces calculs ni la Russie ni la Roumanie, qui ne seront peut-être pas encore en mesure de faire de l’exportation, mais qui produiront peut-être assez pour subvenir à leurs besoins.
- A partir du icr janvier 1920, viendront s’ajouter, au total précité, les surplus exportables suivants (en quintaux) :
- Australie....................... 20.000.000
- Argentine...................... 20.000.000
- Indes....................... 15.000.000
- Les disponibilités totales des pays excédentaires pour l’exportation représenteraient donc 3io millions de quintaux.
- Il semble que les besoins des pays importateurs puissent être évalués ainsi qu'il suit (en nombres ronds et en quintaux) :
- Belgique 5oo. . 000
- France .000 .000
- Royaume-Uni . . . . . • 4o .000 . 000
- Italie . 17. 000 .000
- Allemagne . . 4o, ,000 .000
- Autriche-Hongrie . . . . 10, .000 .000
- Bulgarie 5, .000. .000
- Espagne ........ 4- ,000. ,000
- Pays-Bas Suisse 5. 000. 000
- 4- O O O 000
- Pays Scandinaves. . . . ' . 5. ,000. .000
- Au total. . . 182, , 5oo. .000
- En résumé, les besoins d’importation à prévoir.pour la campagne 1919-1920 dans les pays de production déficitaire atteignent t82 5ooooo quintaux. En admettant que cette estimation, pourtant sensiblement enflée, soit insuffisante, il resterait encore assez de marge pour permettre de faire face aux surprises éventuelles.
- Les importations d’avant-guerre atteignaient, pour les onze paye importateurs sus-indiqués, dans les années de récoltes déficitaires, environ i3ooooooo de quintaux par an. ' ~
- (Ne figure pas dans ces calculs la production de l’Afrique du nord, qui doit - permettre l’exportation de Soooooo de quintaux).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie
- Les ciels. — On n’a cjne trop souvent l’occasion de voir des paysages photographiques où le ciel est traduit par une surface uniformément blanche. Les délicates gradations qui relient le bleu foncé du zénith aux teintes pâles de 1 horizon, les nuages aux formes si variées, tout a disparu. Cette lacune tient à deux causes. D’abord, le bleu impressionne le bromure d’argent beaucoup plus rapidement que ne le font les autres couleurs du paysage, en sorte que l’azur du ciel tend à se confondre avec le blanc le plus éclatant d’un cumulus. Ensuite, le ciel est beaucoup plus lumineux que le terrain, et, comme on tient surtout à reproduire ce dernier dans tous ses détails, on est amené à prendre un temps de pose suffisant pour l’avant-plan et par suite à surexposer les lointains et le ciel, qui se trouvent alors sola-risés.
- t Dès les débuts de la photographie, les paysagistes s étaient préoccupés d’atténuer ce défaut et avaient imagée divers artifices d’exposition et de tirage. C’est ainsi que nous voyons figurer, dans le vieux Traité de Monckhoven. un obturateur dit instantané, constitué par une planchette légère qui s’ouvrait de bas en haut et que l’opérateur manœuvrait en tournant un bouton : « Un grand avantage de ce couvercle, fait remarquer 1 auteur, c’est que le ciel est moins de temps exposé à
- Fig. i cf a. — Obturateurs de Guerry.
- sur deux poulies. A mesure que le volet supérieur s’ouvre, le second commence à se fermer; en même temps, une broche adaptée à la poulie supérieure accroche le cordon, le tend de plus en plus et accélère la fermeture.
- Cet obturateur est encore trop lent, dans certains cas; il est, en outre, assez volumineux. Actuellement, pour les instantanés très rapides, on utilise l’obturateur de plaque, constitué par un rideau fendu se déroulant tout près de la couche sensible. Il peut, en principe, donner des temps de pose croissants du bas en haut de la plaque, le ressort moteur se trouvant moins tendu quand le rideau arrive à la fin de sa course. Néanmoins, ce mode d’obturation reste encore d’un emploi relativement peu' fréquent, et l’on se sert surtout de l’obturateur central, composé de lamelles légères, qui s’ouvrent et se ferment à proximité du diaphragme. Cette disposition réduit au minimum le volume et le poids de l’appareil, mais donne nécessairement le même temps de pose à toute la surface de la plaque. Aussi a-t-il fallu chercher diverses combinaisons permettant de conserver les nuages et ces effets de perspective aérienne qui donnent tant de charme au paysage et parfois même en constituent le principal, sinon le seul attrait.
- L’emploi des plaques orthochromatiques, complété par l’interposition d’un verre jaune, améliore singulièrement l’exactitude de la reproduction des tons et des valeurs relatives du paysage. L’excès de sensibilité des radiations bleues se trouve ainsi atténué, et les nuages blancs se détachent nettement de la voûte azurée. Cependant, cela ne suffit pas toujours pour conserver
- Fig. 3 et — Écrans de ciel.
- la lumière que le dessous de l’image. Aussi obtient-on aisément une vue instantanée où les nuages se trouvent représentés. » En réalité, on était très loin, à cette époque, d’attribuer au mot « instantané » le sens dans lequel nous l’entendons aujourd’hui. Et, en effet, Monckhoven précise plus loin la durée. réelle de la pose exigée par le procédé au collodion : « Si pendant l’exposition de la glace sensible à la lumière, on a soin d’ouvrir et de fermer très lentement l’obturateur, de manière, par exemple, que le ciel reçoive une pose de une seconde seulement, l’horizon i secondes, les parties éloignées 5 secondes, les parties moyennes io secondes, et les tout premiers plans 3o ou 40 secondes, on sera tout surpris, au développement, de voir le ciel apparaître avec ses nuages, l’horizon, les avant-plans, avec leurs moindres détails, etc. L’image positive obtenue aura un effet de perspective aérienne étonnant. »
- La planchette manoeuvrée à la main exigeait un support très solide, faute de quoi, la chambre noire étant trop facilement ébranlée, les images manquaient de netteté. Cadett, puis Guerry perfectionnèrent l’obturateur à volet en y adaptant une commande pneumatique. L’appareil à volet de velours est encore actuellement en usage, dans les ateliers de portraitistes, tel que l’avait construit Guerry en 1879 (fig. 1); mais il ne permet guère de réduire l’exposition , à moins d’un quart de seconde. Il devint donc-insuffisant pour la photographie en plein air7 quand le gélatinobromure se prêta à des temps de pose de l’ordre du dixième de seconde. Guerry construisit alors son obturateur à double volet et y ajouta un dispositif permettant d’abréger à volonté l’impression du ciel. Les axes des deux volets (fig. 1) sont rendus solidaires l’un de l’autre par un cordon, enroulé
- toutes les gradations. L’image laisse encore à désirer, notamment quand le ciel est rendu très lumineux par des cirrus ou quand le paysage comporte des premiers plans peu actiniques, tels que rochers rougeâtres, verdure sombre, vieux monuments, etc. C’est afin d’y remédier que l’on a proposé l’emploi des écrans de ciel.
- Le plus simple consiste en une lame opaque, dont le bord inférieur est dentelé comme un dégradateur (fig. 3) et que l’on dispose un peu en avant de l’objectif; en réglant convenablement la hauteur de l’écran et la distance qui le sépare de la lentille frontale, les dentelures interceptent plus ou moins la lumière venue du ciel et des lointains, tandis que les rayons venus des plans plus rapprochés sont intégralement utilisés.
- On obtient le même effet avec un verre jaune dont la coloration est graduée d’un bout à l’autre (fig. 4) et que l’on fixe devant l’objectif, l’extrémité la plus colorée étant dirigée vers le ciel. »
- Brise-jet tournant. — Ce brise-jet, <jui s’adapte par un tube de caoutchouc à n’importe quel robinet, fonctionne à la manière de certains appareils d'arrosage. Il est fondé sur le même principe que le tourniquet hydraulique décrit dans les traités de physique.
- L’eau sous pression sortant obliquement par quatre orifices du tube horizontal lui imprime un mouvement de rotation dans le sens indiqué par la flèche. Ce mouvement, déterminé par les pressions que le liquide exerce sur les parois du tube opposées aux ouvertures, est d’autant plus rapide que la pression est plus élevée dans la canalisation ; mais on le ralentit à volonté, en fermant plus ou moins le robinet. Sous l’action du jet
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- tournant, l’eau contenue dans le récipient placé au-dessous prend un double mouvement, giratoire et ondulatoire, qui assure un lavage rapide et complet des
- Brise-jet tournant.
- en vente au Comptoir des 8a, avenue Parmentier, à
- objets que l’on y a plongés.
- Ce brassage permettra, notamment, d’éliminer en quelques minutes l’hyposnl-fite de soude des épreuves photographiques; les feuilles constamment agitées seront lavées beaucoup mieux et beaucoup plus vite que lorsqu’on les laisse dans une cuvette au fond de laquelle elles se superposent, sans que leau puisse circuler entre elles.
- Du reste, l’emploi du jet tournant n’est pas limité à la photographie et paraît susceptible de recevoir diverses applications domestiques.
- Le brise-jet tournant est nouveautés photographiques, Paris.
- Le « Pocket-Magda », appareil photographique de poche. — Malgré la majoration considérable des matières premières et de la main-d'œuvre, les amateurs de photographie peuvent se procurer, p'our uue somme très modique, un instrument léger, fort peu encombrant, et qui leur fournira des clichés assez fins pour se prêter à l'agrandissement. Le « Pocket-Magda », de fabrication française, est établi en deux formats : 4 1 /a X 6 et 6 1/2X9. L’appareil fermé (fig. h) offre l’aspect d’une petite boîte métallique, émaillée au four, et ses dimensions sont à peu près celles d’un étui à cigarettes, pour le modèle 4 1/2X6, et celles d’un étui à cigares, pour le formatô r/2 X 9- En effet, le premier mesure 90X70
- Fig. O.— Pocket-Magda Fig. 7. — Le même
- fermé. ouvert.
- X 3o mm, et le second ii3X9ox3o mm. Leur poids est, respectivement, de 160 et 260 grammes.
- En soulevant le couvercle, oh découvre l’avant-corps de la chambre noire, qui porte l’objectif (un achromatique simple), l’obturateur et le soufflet en toile. Deux lames d’acier immobilisent les deux parties de la boîte ouverte à go°, et quatre autres lames, articulées, maintiennent l’avant-corps à l’écartement voulu du fond de la boîte, qui reçoit le châssis porte-plaque et un viseur mobile (fig. 7). À l’appareil 6 1/2 X 9 peu! également s’adapter un film-pack ou un bloc-film du format 6X9. La mise au point est invariable, l image de tous les objets situés au delà de 3 m. étant suffisamment nette. L’obturateur, toujours armé, fait l’instantané et la pose.
- La boîte, livrée avec un châssis, coûte 2.5 fr. en 4 1/2 x6, et 35 fr. en 6 1/2 X 9.
- Le « Pocket-Magda » est construit par , M. Henri Fauger, à Paris, 77-79, rue de Turbigo.
- Le « Sac Fix ». — Le Vest pocket Kodak est certainement, depuis plus de cinq ans, l’appareil photographique de poche le plus répandu. Cette faveur est amplement justifiée par des qualités de commodité et de bonne construction, mais n’exclut pourtant pas la possibilité de quelques perfectionnements. C’est ainsi que plusieurs constructeurs se sont ingéniés à rendre cet appareil susceptible de recevoir, non pilus seulement des bobines de pellicules, mais aussi des plaques de verre, et notamment des plaques autochromes. Nous ne
- décrirons pas ces adapte-plaques, qui ne constituent, en somme, qu’une nouveauté très relative, puisqu’ils ne diffèrent que par quelques détails d’exécution de Yadaptateur créé en 1900 par M. R. Guénault.
- Une innovation plus originale est le « Sax Fix », constitué par un élui en métal gainé de maroquin, qui se fixe au Yest pock'et. de manière à faire corps avec lui, l’appareil et son sac ne faisant désormais plus qu’uu objel((ig.8).
- Celle disposition évite toute perle de temps.
- Avec les sacs ordinaires, on manque souvent des sujets intéressants, qui disparaissent avant que la chambre noire soit en état de fonctionner.
- C’est au point que beaucoup d’opérateurs finissaient par renoncer aux sacs, au risque de détériorer l’instrument, surtout dans sa partie optique.
- Le « Sac Fix » supprime ces inconvénients. Sa construction métallique en fait un protecteur très efficace, et il suffit: d’abaisser le couvercle pour démasquer l’appareil (fig. 8).
- Ce n'est pas tout. Le Yest pocket ne possède point d’écrou permettant de le fixer sur un pied. Cet organe est pourtant utile, parfois indispensable, pour les portraits, les intérieurs et autres sujets qui exigent des poses prolongées. Pour combler cette lacune, les constructeurs du « Sac Fix » l’ont muni de deux écrous au pas du Congrès permettant d’opérer sur pied, en disposant l’appareil dans l’un ou l’autre sens (hauteur ou largeur).'
- Le « Sac Fix » est construit par les Aablissemenls Tiranly, 91, rue Lafayette, à Paris.
- lûg.S -L, Kodak” :
- : ‘‘ S ne. Fix” adapte an Yest purkel '1 gauche, fermé; à droite, ouvert.
- Objets utiles
- Briquet pour réchaud de cuisine à gaz. — Les
- allumettes sont rares, elles sont chères ; deux raisons pour en user peu. Le fumeur a généralement un briquet à essence dans sa poche, mais la cuisinière n’en possède pas. Aussi quelques mutilés de la guerre ont-ils eu l’ingénieuse pensée de fabriquer un briquet pour la cuisine, pouvant se fixer sur le fourneau à gaz. Il comprend un pas de vis qu’on peut placer à l’extrémité de la rampe, après avoir dévissé le bouchon qui s’y trouve habituellement. Un petit tuyau métallique souple y est adapté qui se place le long de la rampe et aboutit à un petit orifice, commandé par un robinet, en face duquel est fixé un briquet à ferro-cérium estampillé parl’admi-
- Fig. 9. — Briquet pour réchaud de cuisine à gaz.
- nislration des contributions indirectes. Au lieu de craquer une allumette, ou plusieurs, la cuisinière n’a qu’à ouvrir le robinet, tourner la roue du briquet et une gerbe d’étincelles/jaillit qui allume le gaz.et donne une petite flamme longue à laquelle on emprunte le feu pour allumer les couronnes ou la rôtissoire.
- Le briquet pour fourneau à gaz est vendu 19 fr. a5 franco, par M. Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris.
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- VARIETES
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- La Soie d’araignée. — Avant la guerre, les Empires Centraux tentèrent d’exploiter en grand la sériciculture,, dans les pays tropicaux, non pas par l’élevage des vers à soie venant de Chine, comme l'ont cru bon nombre de sériciculteurs français, mais par l’acclimatement des araignées séricigènes et l’industrialisation de leur produit. On s’est demandé quel avenir peut être réservé à cette nouvelle industrie dont on se préoccupait, il y a de cela déjà une quinzaine d’années, au moins dans notre colonie de Madagascar.
- En réalité, l’industrie de la soie d’araignée est encore à créer, et elle offre aux techniciens industriels un champ d’études fort intéressant, eu égard aux besoins actuels. Cejrendant, d après un zoologiste distingué, M. G. Guénaux, de l’Institut national agronomique, dès le xvne s., les peuplades sauvages du Paraguay confectionnaient des vêtements avec les toiles d’une espèce d’araignée de ce pays : YEpeira socialis. Dans l’Inde, eu Chine, sur la Côte occidentale d’Afrique, on obtient des étolfès fabriquées avec la soie fournie par certaines arachnides. En 1708, M. Bon Saint-Hilaire, président de la Cour des Comptes à Montpellier, put obtenir avec les bourres du nid de YEpeire diadème une soie grisâtre, dont il fit confectionner quelques paires de bas et de gants, mais cet essai, eu raison des difficultés rencontrées, ne demeura qu’à titre de simple curiosité. La question fut reprise longtemps après, et, à la fin du xix" siècle, un filateur anglais, Rolt, essaya d’obtenir le lil directement des glandes libères de l’araignée, ce qui avait pour elîet de lui donner beaucoup plus de résistance. M. G. Guénaux rapporte que, pour arriver à ce résultat, Rolt imagina la « prise à la bête » en se servant d’une bobine mise en rotation par une machine à vapeur. De 22 araignées vivantes, il obtint ainsi en 12 heures un (il de 6 km de longueur. Malheureusement, YEpeire diadème d’Europe n’est pas, économiquement, d’une exploitation avantageuse; il fallut donc abandonner cette arachnide. Mais d’autres araignées exotiques telles que YHalabé de Madagascar (Nephild Madagascariensis) présentent un réel intérêt. L’Halabé femelle, qui est seule fileuse, atteint une longueur de 7 cm. C’est une espèce de forte taille et très carnassière, se nourrissant habituellement d’insectes vivants. Elle est sédentaire, s élève de façon très régulière, et donne un rendement en soie à la fois élevé,
- avantageux et économique. Un missionnaire français, M. Camboué, eut l’idée, comme le filateur anglais Rolt, de recueillir la soie au moment où elle sort des filières de l’araignée. Avec un outillage très rudimentaire, il obtint quelques palettes d’une soie extrêmement fine et d’une grande résistance.
- M. Nogué, sous-directeur de l'Ecole professionnelle de Tananarive, opérant dans de meilleures conditions, parvint, après de longues recherches, à construire un appareil perfectionné servant au dévidage des fils d’une douzaine d’araignées, et à la torsion des brins obtenus. Le fil est ensuite doublé de sorle qu’il se compose finalement de vingt-quatre brins.
- Dans les régions boisées de l ile de Madagascar, notamment dans celle de Tananarive, les Halabés existent par millions. Les indigènes en font le commerce. A l’Ecole professionnelle de Tananarive, on les leur achète à raison de 40 cenlimes le cent. Ces araignées sont recueillies dans un parc spécial où, pour leur permettre de tisser leurs toiles, des bambous de 3 m. de longueur sont dressés en ligues espacées de 5o cm. Ces arachnides restant à l’endroit, où on les dépose, l'éducation en est de beaucoup facilitée. Chaque araignée produit 3oo à 400 m. de brin à chaque dévidage et supporte 4 à 5 dévidages de 10 eu 10 jours, avant de mourir.
- La soie d’Halabé, par sa finesse, sa résistance et sa belle couleur jaune d’or à reflets chatoyants, est bien supérieure à celle du ver à soie, quoique cette couleur ne soit pas absolument stable. Elle présente le grand avantage de ne nécessiter ni cardage ni filage; au sortir des filières, on peut telle qu’elle est, la livrer au tissage.
- Grâce à la facilité avec laquelle peut se pratiquer l’élevage de l’Halabé séricigène, qui se nourrit et se loge elle-même, il y a lieu d’espérer que l’exploitation méthodique et rémunératrice en pourra être réalisée à Madagascar, sur une plus vaste échelle qu’elle ne l’a été jusqu’en ces dernières années où l’arachnéiculture a fait plutôt l’objet d’études et de recherches scientifiques que d’une industrie suivie. D’autre part, le climat français ne se prêtant pas à l’acclimatement et à l’alimentation des araignées séricigènes, qui vivent sous les climats tropicaux, c’est dans ces lointains pays que l’on doit multiplier les études et les observations en vue de développer industriellement la production de- la soie d’araignée. Heniîi Bi.in.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé original de décoration. — On sait que certains amateurs se confectionnent de curieux albums en décalquant les brillantes couleurs d’ailes de papil- ' Ions. Evidemment, les véritables amateurs d’insectes préféreront consèrver le papillon lui-mème; mais on ne peut nier l’intérêt de la méthode qui permet de fixer en quelque sorte bien plus solidement les si jolies nuances de l’insecte.
- Nous avons remarqué, dans la vitrine d’un fabricant parisien de bijoux en carapaces desséchées d’insectes, des épingles à chapeaux, des presse-papiers, des épingles à cheveux composés de grands papillons exotiques, aux ailes déployées. En regardant de près cette curieuse _ décoration, il est facile de voir qu’il s’agit de papillons véritables, dont les ailes sont abritées entre deux minces feuilles de celluloïd collées de façon à fixer solidement les fines écailles qui forment la fragile parure de la-'' bestiole.
- Voici comment on peut aisément confectionner soi-même de tels objets, avec les papillons attrapés pendant les vacances. Il faut d’abord se procurer du celluloïd en feuille mince ; rien de plus facile étant donné qu’on trouve toujours parmi ses amis un chevalier du kodak ayant un assortiment de clichés ratés. On dégélatine les pellicules dans un bain d’eau bouillante, on laisse sécher, et on coupe en morceaux de grandeur convenable. Ceci fait, on imbibe le papillon, ou plutôt les ailes seulement, surtout s’il s’agit d’un de ces gros insectes de nuit, avec de l’acétone, on badigeonne deux morceaux
- de pellicule avec le même liquide et on superpose l’ensemble, aussitôt mis sous presse pour y rester quelques heures.
- On obtient de la sorte des ailes naturalisées, inaltérées et inaltérables, qu’il est facile de réunir deux à deux avec une solution acétonique de celluloïd, et de fixer sur une aiguille ou sur un minéral quelconque. Avec un peu de goût et du cordonnet de soie à broder, on façonne au besoin le corps du papillon. Pour obtenir une parfaite solidité, il est bon de couper un des morceaux juste à grandeur de l’aile, l’autre dépassant de quelques millimètres; après séchage et collage, on rabat la bordure pour former bourrelet qui empêche tout décollage intempestif. Pour plier le celluloïd, rappelons qu’il suffit d’appuyer la pellicule contre l’angle d’un fer chaud, lequel fer chaud sert finalement à « repasser » le tout.
- Précautions à prendre : travailler loin de la lampe, en raison de la facile inflammabilité de l’acétone ; éviter soigneusement de mettre du liquide à l’envers de la pellicule (mise sous presse, elle collerait au papier qui touche les surfaces mouillées) ; laisser assez longtemps sous presse pour éviter le gondolage. En substituant au celluloïd de l’acétocellulose, on obtient des objets absolument ininflammables; il est difficile de se procurer le produit dans le commerce, mais on peut opérer avec un bout de film cinématographique. Naturellement, le procédé peut être appliqué à diverses fins : ou peut ainsi par exemple, avec des brins d’herbe séchés d’abord parfai-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- tement comme pour mettre en herbier, composer de jolis petits bouquets abrités entre deux pellicules.
- f Laboratoire de La Nature.)
- Procédé ignifuge « Ghersi » pour tentures, toiles, etc. —.Ce procédé est constitué par le mélange des deux solutions suivantes :
- A. Eau............................. 1000
- Acide borique ..................... 80
- Sulfate d’alumine.................. 60
- Gomme adragante................... 4°
- Silicate de potasse................ 20
- B. Eau.............................. 800
- Nitrate de soude................... 60
- Borate d’ammoniaque................ 20
- Phosphate d’ammoniaque. ..." 40
- Les objets à ignifuger sont trempés dans ce bain ou badigeonnés au moyen de pinceaux ordinaires.
- Briquettes de terre de. bruyère. — Ces briquettes
- ressemblent aux briquettes de tourbe dont elles ont, à peu près, le pouvoir calorifique : 35oo à 4000 calories, selon siccité. Leur poids est de r kg, la densité de 0,8.
- En 1917 une petite usine assez primitive fut installée à Brionne. La briquette obtenue était dure, compacte, ne se désagrégeant pas à la manipulation. La flamme était vive, la fumée peu abondante — d’autant moins que la briquette était plus sèche — avait une légère odeur de bitume. La durée au feu varie entre 2 et 3 heures. Les cendres alcalines assez importantes, laissées après combustion, constituent un engrais intéressant.
- La terre de bruyère abonde dans presque toutes les régions de France, le nombre des arbustes, n’indique pas l’importance du gisement et réciproquement. Son enlèvement ne porte nullement préjudice au repeuplement des coteaux, au contraire. Les couches varient entre quelques centimètres et plusieurs mètres d’épaisseur; il y en a de grandes quantités inexploitées dans la forêt de Dreuil, par exemple.
- La bruyère à balai a une racine de la grosseur d’un poing, produisant par un procédé spécial un bon charbon à bois donnant 7000 calories, de vives étincelles très chaudes et peu de cendres. Il peut avantageusement remplacer le charbon de forge. Son prix de revient ne serait pas élevé.
- Briquettes de sciure de bois, poussier de charbon, etc. — Pour utiliser sur place plus complètement les déchets et résidus domestiques, il n’est pas nécessaire de recourir à des procédés et appareils compliqués. Pour les sciures de bois, il suffit à former selon le procédé du suédois Fagesta, une pâte composée de 87 pour 100 de sciure parfaitement sèche et jo pour 100 de goudron chaud; ou moule, à froid, la pâte obtenue au moyen d’une presse à briques quelconque.
- Avec du poussier de charbon ou de coke, on forme d’abord une pâte composée de 3/4 d’argile. grasse et 1/4 de chaux vive, qu’on mélange ensuite dans la proportion de io à 15 pour 100 avec 90 à 85 pour 100 du poussier; on moule et on laisse sécher à Pair pendant une ou deux semaines.
- Succédané du liège. — La Revue de Chimie industrielle signale, d’après le Chem. Techn. Wochensckr., un succédané du liège qui vient d’être proposé en Allemagne, sous le nom de cuprène. Le cuprène se présente sous la forme, d’une masse brun clair, légère, cohésive et élastique obtenue en faisant agir de 1 acétylène sous une pression constante d’environ i5o mm de mercure sur du cuivre, du nickel ou un de leurs oxydes. Pour préparer le cuprène, on utilise un tambour rotatif et chauffable en aluminium, dont la paroi est revêtue d’une légère couche de paraffine,.sur laquelle on dépose le cuivre, le nickel ou leurs oxydes sous forme de poudre finement divisée. Quand le tambour est chauffé vers 2000, on y introduit l’acétylène sous pression. Le tambour se remplit alors d’une masse brune qui se laisse facilement couper au couteau. Le cuprène est à peu près moitié aussi serré que le liège naturel et sa combustibilité est complètement annulée par simple chauffage dans un courant d’air. 11 convient parfaitement comme amortisseur de bruit dans les murs, portes, parquets, cloisons, etc., comme calorifuge et comme frigori-fuge.
- Réactifs chimiques de la surchauffe des machines. — On sait que la surchauffe de certaines parties des machines peut avoir les plus graves inconvénients. Mais il est assez difficile de se rendre compte d’un défaut temporaire de graissage ou d’une élévation de température anormale. On a déjà imaginé divers avertisseurs basés sur la dilatation des pièces ou utilisant des couples thermo-électriques. M. IL T. Pinnock, reprenant une ancienne idée de Tônner, vient de préconiser dans le Journal of the Society of Chemical Industry l’emploi de certains composés chimiques qui ont la propriété de changer de couleur quand la température s’élève au-dessus d’un certain point. Il propose particulièrement les iodures doubles qui sont très sensibles, virent rapidement et reviennent par refroidissement à leur couleur primitive. L’iodure double d’argent et de mercure, jaune citron pâle aux températures ordinaires devient carmin éclatant vers 90-100°; l’iodure double de cuivre et de mercure, vermillon à froid devient brun chocolat vers 60-70°; le mélange de 85 pour 100 du sel de cuivre et de i5 pour 100 du sel d’argent passe du vermillon au noir. On les emploie incorporés en poudre à un vernis transparent. On place sur l’organe à surveiller un cercle de peinture blanche au milieu duquel on trace un autre cercle plus petit de couleur sensible; on recouvre le tout d’un vernis incolore. Les essais pratiqués aux Etats-Unis depuis dix ans ont montré que ces couleurs sont très stables et que les indicateurs ne s’altèrent pas.
- Vernis remplaçant le papier d’étain. — La Revue de Chimie industrielle annonce que le Commonwcalth Science and Advisory Committee d’Australie a trouvé un vernis nouveau qu'on obtient en faisant réagir.l’acide phénique sur le formol. Ce vernis offre de grands avantages pour l’emballage des matières alimentaires et la confection des cartonnages qu’il protège des moisissttres et des bactéries. Son bas prix permettrait de l’employer en remplacement des papiers d’étain ou étamés.
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- AVIS. — Dans fa boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Outillage pneumatique Curti et Pompes. domestiques (n° 2366) : M. Matliis, n, rue de Parme, Paris.
- Constructions à blocs creux en ciment (nu 2363) : Machine Winget, Société des matériaux de construction, 25, rue de là Pépinière, Paris; machine à moellons, Mme D. Zondervan, 21 > rue. Albouy, Paris; ma--
- chine Gep, M. G. E. Piollenc, 3, rue Dutot, Paris; machine Allur, MM. L. Eluère et lils, 76, boulevard Victor-Hugo, Nantes; MM. Nasousky, 3, rue de Su-rène, Paris; A. Thiébault, à Pontarlier; Jay et Jaillifer, à Grenoble ; L. Vender et C|p, à Milan; Conti Luigi et Ci8, à Mainate (Italie); Lobin et Druge, à Aix en Provence; Rosa Cometta et G"’, à Milan.
- Renseignements. — M. Huillard, à Sceaux. — Pour restaurer les vieilles épreuves au citrate, vous pourrez employer, de préférence au procédé que vous citez, la solution suivante :
- Eau distillée.................... 000 c. c.
- Solution saturée de bichlorure de mercure dans l’acide chlorhydrique. . . 8 à 10 gouttes,
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- L’épreuve est remuée dans ce bain, dont on la retire lorsqu’elle est devenue pourpre. On lave à plusieurs eaux et, si l’on désire un ton très chaud; on passe dans :
- Eau distillée.....................~ia5 c. c
- Chlorure d’or et de potassium. ", . i gr.
- Laver de nouveau avec soin. — 20 II est généralement très difficile de tirer parti des clichés tachés. D’abord, ü faudrait connaître exactement la nature des taches. S’il s’agit d’efflorescences salines, on peut laverie cliché dans de 1 eau très fraîche plusieurs fois renouvelée et le faire sécher à l’abri de la poussière. Des taches grasses seraient aisément enlevées par friction avec un moiceau de flanelle imbibe d essence de térébenthine. Si le cliché a été renforcé aux sels de mercure, les taches peuvent provenir d’une insuffisance de fixage ou de lavage, plonger alors la plaque dans l eau jusqu’à ramollissement de la gélatine, puis dans une solution de persulfate d’ammoniaque à a pour ioo. Si ce moyen ne réussissait pas, on pourrait employer :
- Eau distillée.......................1000 c c
- AJun •••••••......................... 5o gr.
- Bichromate de potasse................ jg "_
- Le cliché est laisse dans cette solution jusqu à ce que 1 image soit devenue toute jaune. Laver ensuite jusqu’à ce qu’elle soit blanche et la renoircir dans un révélateur, par exemple à l’oxalate ferreux. Quant aux taches de moisissures, elles sont à peu près indélébiles, et le seul moyeu de les effacer, si elles ne sont pas trop nombreuses et si le cliché en vaut la peine, est de confier celui-ci à un retoucheur habile.
- M. Dryobalanops. —— Van 1 ieghetn, Eléments de botanique, 5° édition, a vol. in-i8; Lecomte, Notions de botanique, 5° édition, i vol. in-x8, Masson, éditeur.
- Futur ingénieur, a Wiesbaden. — i° Les px’océdés d’ignifugation des étoffes ou des bois tels que vous les trouverez dans les Recettes de la Maison, p. 242 et les Recettes de l Atelier, p. 266 (Masson, éditeur), sont applicables au papier avec quelques modifications (voir R, de l Atelier, p. 42). Pour le celluloïd incombustible, nous en avons donné dans notre n° 2363 du 12 juillet 1919 le procédé de préparation ;
- 2° La formule M = —^ est en effet très commode pour
- déterminer par ébullioscopie ou cryoscopie les poids moleculaiies, mais la condition essentielle est de mettre le coi'ps en dissolution: Or la cellulose type ou les pseudo-celluloses sont complètement insolubles dans les dissolvants simples. On ne peut les dissoudre que par des solutions métalliques, chlorure de zinc, acide ou oxyde de cuivre ammoniacal (liqueur de Schweitzer), qui modifient les celluloses, la méthode par suite n’est plus applicable ;
- 3° Nous publierons prochainement un article sur la reliure.
- 1. M. Desmet,' à Melle-lez-Gand. — L’ambre se soude facilement en utilisant la propriété des alcalis caustiques de le l'amollir. Pour cela on enduit les parties à réunir d une solution concentx'ée de soude ou de potasse caustique, on chauffe légèrement et, après rapprochement, on exerce une forte pression que 1 on maintient quelques heures ;
- 2° Pour l’enlèvement des taches d’encre ordinaire sur les étoffes, on peut employer le sel d’oseille (bioxalate de potasse), ou le chlorure d etain, mais cet emploi demande quelques précautions, vous pourriez essayer1 du procédé suivant inoffensif : mélanger
- Tartre en poudre. . , 20 grammes.
- Alun................. 10 __
- Mettre une pincée de la poudre sur la tache, mouiller avec un peu d’eau et, lorsque la tache a disparu, rincer soigneusement.
- Les taches d’encre grasse s’enlèvent au moyen des dissolvants habituels, benzine, essence minérale, ou ce qui est préférable en se servant du tétrachlorure de carbone qui est ininflammable ;
- 3° Pour le découpage du verre circulairement, on se sert d’un diamant monté sur une tournette, ou ce qui est plus long et délicat par grugeage progressif et finissage à la meule. Vous trouverez dans les « Recettes du Laboratoire », p. 62, plusieurs procédés pour percer le verre ; -
- , 4° Placez pendant quelques instants la plaque d’ébo-nite au-dessus d’un vase dans lequel se trouve de l’eau
- bouillante et mettre sous presse jusqu’à refroidissement complet.
- M. Paul Lebrou, ingénieur à Roquefort-sur-Soulzon. — Les phénomènes de catalyseront intimement liés aux conditions de température' et à ^la nature des produits traités, l’expérimentation seule] pourrait fixer dans le cas que vous nous soumettez„„et il est impossible de déterminer d’avance la compensation de temps, eu égard à l’abaissement de température.
- JLryobalanops, à Clairac. — 1" La remise en état des graduations de thermomètres, burettes, ballons jaugés, etc., se fait avec facilité en passant un tampon de linge fin imprégné de blanc de céruse broyré, on essuie légèrement et laisse sécher. Si on veut obtenir des traits rouges on additionne le blanc de céruse d’un peu de minium ou de vermillon également broyés;
- 2" L acide urique cristallise sous des formes très variées, qui peuvent toutes être rapportées à des modifications du système orthox'hombique, la forme la plus courante est celle de prismes de faible hauteur dont le losange de base présente deux arêtes opposées arrondies. Cependant dans les urines on rencontre souvent 1 acide urique à l'état de prismes rhomboïdaux de grande hauteur, soudés pai'Teur base très petite et présentant une foi'ine étoilée. La présence d’autres sels, urale de soude, oxalale de chaux, etc., apporte encore les modifications les plus diverses. Appartiennent au même système parmi les minéraux les principaux sulfures métalliques (plomb, fer, bismuth), la pyrolusite, 1 aragonite, la célestine, la barytine, le nitre, la topaze, le silicate de zinc, etc, ;
- 3° Vous trouverez tous modèles d’étuves électriques à la maison Fontaine, x6, rue Monsieur-le-Prince, à Paris, également chez Testu, 8, rue Campagne-Première, 14e et Goisot, 10, rue Belidor, 170. Mêmes adresses pour étuves de Gay-Lussac et bains-marie. L'huile de paraffine nous paraît préférable. Quel que soit le modèle d étuve adopté, un régulateur de température est indispensable. Nous pensons qu’il vaut mieux choisir immédiatement une étuve chauffée électriquement, plutôt que d’installer une étuve sur un réchaud indépendant.
- Â. C., Isle Saint-Denis (Seine). — Pour toutes constructions d’appareils chauffés au pétrole ou aux huiles lourdes, adressez-vous aux maisons suivantes : Guilbert, 68, avenue de la République ; Juchât, 3g, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; Liotard, 143, avenue Parmentier.
- M. Louis Soyer, à Melun. — Les établissements Poulenc frères, dont 1 usine de Thiais s’occupe spécialement de la fabrication des émaux, se chargeront très probablement des déterminations qui vous intéx'essent. S’adresser, 92, nie Vieille-du-Temple.
- M. Descours-Desacre,, à Ouilly-le-Vicomte. — Le nettoyage des « bons de monnaie » dont vous nous parlez, doit surtout consister en un dégraissage au moyen d’un tampon d ouate imbibée de benzine, d’essence de pétrole ou encore mieux de tétrachlorure de carbone, qui est ininflammable. Bien entendu un petit essai préalable devra être fait sur un coin pour s’assurer que les couleurs qui ont pu être employées lors de l’impression, ne sont pas solubles dans ces dissolvants. On terminera après séchage complet par un frottage à la mie de pain rassis, ou en plongeant dans du son légèrement chauffé, que l’on agitera en secouant le tout dans une boîte.
- M. Ch. Vincent, à Loulans-les-Forges. — On répare les déchirures des vêtements de caoutchouc en appliquant à l’envers une feuille mince de caoutchouc dit para. Il est indispensable de nettoyer préalablement la place au moyen de benzine ou d’essence, puis on enduit la feuille découpée aux dimensions voulues d’une solution de caoutchouc employée pour les réparations de pneumatiques, lorsque la couche est devenue visqueuse et adhère aux doigts on passe rapidement au moyen d’un pinceau une solution de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone (3 gr. pour 100 cm3), puis on applique et serre fortement. Au bout de quelques minutes l’adhérence est complète.
- G. C., secteur 127. — ï° La moisissure des matelas dans les conditions que vous nous signalez a pour cause l’humidité de l’air confiné, il suffirait, trè.s probablement, pour éviter çet accident, de placer dans la pièce avant le départ quelques kilogrammes de chaux vive au centre d’une terrine; 20 les taches produites par le nitrate
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- d’ammoniaque pour glacières sont surtout dues aux impuretés de ce sel, d’autre part la grande hygrosco-picité de celui-ci les rend plus apparentes. ' Un lavage parfait par trempage dans l’eau pure s’impose en premier lieu, ultérieurement une touche légère à l’eau chlorée faible fera très probablement disparaître les dernières traces ; 3° nous ne croyons pas qu’il y ait avantage même en tenant compte de la raison d'économie,
- supprimer la batterie « volant » et à commauder uniquement par le groupe électrogène, d’où résulteraient de grandes variations dans le circuit, préjudiciables à la vie des lampes. Consulter Manuel pratique d'installation de lumière électrique, i’° partie, Installations privées, par Anney, chez Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grauds-Augustins.
- M. Mercuzot, à Mâcon. — Nous pensons que la Société anonyme des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis est en mesure de vous fournir les couleurs d’aniline dont vous avez besoin. Quant aux produits d’origine allemande voici quelle est la situation. Un Comité mixte de producteurs et de consommateurs vieut d’être créé pour accorder les licences d’importation de matières colorantes, qui ne seraient pas actuellement fabriquées en France. D’autre part, une Société anonyme est en formation, pour l’acquisition et la cession aux consommateurs des couleurs provenant des régions allemandes occupées ou non par nos troupes. L’Office national des produits chimiques dirigé par M. Fleurent, professeur aux Arts et Métiers, vous fournira du reste tous renseignements complémentaires à ce sujet. En ce qui concerne les gommes copal, résine, etc., adressez-vous à la maison Pelliot, rue des Francs-Bourgeois.
- M. G. G., Secteur 127. — i° Voici les ouvrages se rapportant aux questions posées, et parmi lesquels un choix peut être fait : La Pratique des cultures potagères (sol, engrais, cultures et maladies)* par Richart-Gérart et Ch. Charpeutier, 1 vol. 2 fr. 5o; Culture potagère et maraîchère, par L. Bussard, 1 vol. 6 fr. 5o ; Culture potagère de primeurs et de plein air, par C. Potrat, -1 vol. 8 fr. ; Traité de culture potagère, par J. Dybowski, 1 vol. 6 fr. 5o; Le Potager moderne, par Gressent, 1 vol. 8 fr. i5 ; — 20 Les Arbres fruitiers, par Bellair, 1 vol. 5 fr. ; Traité de la culture fruitière commerciale cl bourgeoise, par Ch. Ballet, x vol. 7 fr. 5o;
- Arboriculture fruitière, par L. Bussard et G. Duval, 1 vol. 6 fr. 5o; La Culture fruitière moderne, par E. Durand, 1 vol. 4 fr. 5o; La Taille des arbres fruitiers, par Forney, 2 vol. 8 fr. ; Traité de la taille des arbres fruitiers, par Hardy, 1 vol. 6 fr. 10; Culture des bons fruits, par P. Tricaud, 1 vol. 3 fr ; — 3° Des arbres et arbrisseaux d'ornement de plein air, par Ch. Ballet, 1 broch. o fr. 85; Arbrisseaux et arbustes d1 ornement de pleine terre, par Dupuis, 1 vol. 1 fr. 65; Les Arbustes d'ornement de pleine terre, par S. Mottet, 1 vol. 4 fr. 45; ‘Atlas de poche des arbustes et arbrisseaux les plus faciles à cultiver, par P. Hariot, 1 vol. 8 fr, 5o; — 4° Les Maladies des plantes cultivées, des arbres fruitiers et forestiers, par A. d’Arbois de Jubainville et J. Vesque, 1 vol. 5 fr. ; Maladies des arbres fruitiers, par E. Sirodot, 1 vol. 2 fr. 60; La défense de nos jardins contre les insectes et les parasites, par Vermorel et Dantony, 1 vol. 4 fr. (Prix indiqués franco, voy. Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 70) ; — 5° Pour la plantation dans les dunes et sols sableux au bord de la mer, les essences susceptibles de convenir plus particulièrement sont : le Pin maritime, le Pin mugho, le Pin Sylvestre, l’Argousier, l’Ajonc, l’Arroche pourpier de mer, le Tamarix, l’Aune commun, le Gour-bet, le Roseau des sables, le Caragana. .Dans les zones plus éloignées du bord de la mer et dans les sables fixés : le Saule des sables, le Peuplier, l’Acacia, le Vernis du Japon (Ailante), le Rhus typhina; — 6" Il est difficile de déterminer très exactement, à distance, la nature de la maladie qui entraîne le profond dépérissement ou la destruction de vos plants d’artichauts. Toutefois, d’après la description de l’état de ces plants : noircissement, puis désséchement des feuilles à partir du pied, lors de la formation du fruit, il s’agit probablement delà maladie des feuilles due à un ci’yplogame, le Ramularia Cynaræ Sacc. dont les fructifications couvrent toutes les taches de forme irrégulièrement arrondies, d’abord grisâtres, puis gris brunâtre. L’humidité excessive peut être la cause du mal; le plus souvent, la sécheresse de l’été en arrête les progrès. Recueillir toutes les feuilles atteintes et les brûler. Assainir le terrain, s’il y a lieu. Le Laboratoire de Pathologie végétale (Institut agronomique, 16, rue Glaude-Bernaril, Paris, 5") pourrait examiner plants et feuilles • malades et donner un avis pour le traitement à faire intervenir.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.)
- Introduction à la chimie générale. Lois fondafnentales de Vatomisme et de l'affinité exposées à des chimistes débutants, par H. Coraux, i vol. in-16, 212 p. Gau-thier-Villars, Paris. Prix net : 7 fr. 20.
- L’auteur indique avec justesse dans sa préface que beaucoup de chimistes renoncent à bien comprendre certains principes physiques qu’ils appliquent tous les jours, faute de les avoir clairement aperçus quand ils les apprirent. C’est pour donner aux débutants des notions correctes sur les premiers principes de la’ chimie et leur inspirer (confiance dans la puissance et la logique des théories actuelles de cette science que l’auteur a écrit ce livre. Ses exposés de la notion d’élément, de l’atomisme, des caractères et des rapports _des éléments, des propriétés et théories des solutions, de l’affinité et de la thermochimie sont des modèles de clai-té et de simplicité ; ils forment la plus fructueuse introduction et le meilleur guide pour l'é-N, tu.de des problèmes de la chimie, t.éle qu'on les doit envisager aujourd'hui.
- Les pêches maritimes. Un tour sur le Dogger-Bank. par Henri Malo, i vol. in-16, 127 p., 8 fig. hors texte et 1 plan. Bos'sard, Paris. Prix net : 3 fr. 90.
- Récit pittoresque d’un voyage a bord des chalutiers anglais sur les lieux de pêche de la mer du Nord, à Grimsby et dans les laboratoires marins. L’auteur montre, l’importance du chalutage britannique et le compare avec notre négligence; il indique les organisations économiques maritimes indispensables en France et la richesse que pouimait nous fournir la pêche intensifiée.
- I. Comment et pourquoi l'Alsace s est donnée à la France. -il. Comment et pourquoi la République de
- • Mulhouse s’est donnée à la France, par Chr. Pfister. 2 volumes de lu. Petite Bibliothèque Alsacienne, in-18, 60 p. chacun, Berger-Levx’ault, Paris. Prix net de chaque volume : 2 francs.
- Flégantés plaquettes qui non seulement réfutent les prétentions allemandes, mais rappellent aux Français leurs droits légitimes qu’ils ont trop souvent négligés de faire valoir. Ces deux récits exquis manifestent l’allégresse de l’auteur de sentir sa terre natale enfin délivrée du joug odieux de l’envahisseur.
- Le Pangermaniste en Alsace, par Jules Froelich, 12° mille, i6 dessins de Hansi, 1 vol. in-i2, 79 p., Berger-Levrault, Paris. Prix net : 1 frauc.
- Réédition d'une des plus spirituelles publications alsaciennes d’avant-guérr-e. L’observation satirique du pangermaniste contient maint trait dont il est bon . de conserver la mémoire.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2371
- 6 Septembre 1919
- Théorie des«’Novæ? — Toutes.les théories émises jusqu’à présent pour expliquer le soudaiu embrasement des novæ ont soplevé de nombreuses objections, et l’on reste encore en pleine hypothèse. Songeons qu’il s’agit d’expliquer une exaltation lumineuse s’élevant, par exemple, dans le cas de la Nova de l’Aigle (1918, voir La Nature, n° 2333), à 100000 fois au-dessus de l’éclat primitif, dans l’intervalle de quelques jours.
- h’Astronomie signale la théorie suivante récemment imaginée par l’astronome américain Pickering (Popular Aslronomy, novembre 1918). Supposons un corps céleste — appelons-le planétoïde, du nom proposé par M. Picke-ring, — dont la masse soit seulement i/iooe de celle de la Terre, se précipitant sur le' Soleil à la vitesse de 400 miles (648000 m.) par seconde. Sa chute fournirait pour six jours une chaleur 5o fois supérieure à l’émission normale quotidienne du Soleil. De plus, la planétoïde pénétrerait dans le Soleil et y déterminerait une formidable éruption résultant de la chaleur produite par la transformation du corps solide en gaz, et de l’expansion de ceux-ci dans l’intérieur du Soleil. Ces gaz auraient pour effet de projeter la photosphère dans toutes les directions. Si la photosphère dilatée présentait une nouvelle surface 6000 fois supérieure à sa surface primitive, son rayon atteindrait 33 000 000 miles (53 millions de kilomètres). Un tel accroissement de dimension, en supposant que la matière soit projetée à la surface du Soleil avec une vitesse parabolique, se manifesterait en 38 heures et demie environ. La lumière fantastique d’intensité rayonnée par une Nova à son maximum d’éclat serait donc due à la collision d’un planétoïde et d’une étoile ou plutôt à l’explosion résultant du choc et de la pénétration du corps projeté, c’est-à-dire à l’énorme énergie accumulée dans l’étoile.
- Si l’on admet la possibilité de cette explication, quels indices avons-nous de l’existence de planétoïdes capables de déterminer de tels phénomènes ? De tels corps peuvent être nombreux dans le voisinage de la Voie Lactée, où les novæ apparaissent généralement. Aucune chute de corps de cette importance n’a eu lieu certainement sur le Soleil depuis un million d’années, mais il peut y avoir eu des rencontres approchées. Par exemple, les deux objets particulièrement brillants signalés par Uarrington, en i85g, tandis qu’il observait une tache solaire, observation confirmée par celle de Hodgson. Le phénomène dura seulement cinq minutes.’ De violentes perturbations électro-magnétiques se manifestèrent immédiatemént sur la Terre.
- Pour en revenir à notre système solaire, M. Pickering constate que puisqu’il franchit en 15 000 ans une distance d’une aunée-lumière, en assignant à l’àge de la Terre 100 millions d’années, et en supposant une vitesse et une direction constantes pour le Soleil, il devait être, à cette époque lointaine, plus près des bords de la Voie Lactée, où les planétoïdes sont plus fréqueüts, et les collisions davantage possibles. Il peut alors avoir capté plusieurs de ces planétoïdes dont Panneau d’Astéroïdes gravitant entre les orbites de Mars et de Jupiter serait un vestige. Un de ces astéroïdes, Cérès, dont le diamètre mesure 800' km, aurait une masse analogue à celle calculée par l’auteur de- cette théorie comme étant nécessaire pour déterminer une explosion telle que celle de la Nova de l’Aigle.
- Dans Une étude ultérieure ( Popular Astronomy, mai 1919), M. Pickering corrige ses calculs relatifs à la masse d’un planétoïde capable de produire une Nova, et trouve, que ce,tte masse pourrait se réduire à 1/4000°. Puis, calculant la masse d’un corps obscur déterminant l’embrasement de la Nova de 1918, suivant les effets observés, il conclut : Si l’on admet que toute la lumière de la Nova a été le résultat d’une collision, le planétoïde qui l’a déterminée serait de même densité que la Terre; mais sa masse serait 6,72 fois supérieure. Son diamètre serait de 24x35 km. Si l’exaltation lumineuse a été due plus à l’explosion consécutive qu’à la collision elle-même le diamètre dtx planétoïde mesurerait 2.418 km., et une masse égalant i/i5o° de celle de la Terre eût été suffisante.
- Prouesses d’aviation. — En hauteur, le record était de 6170 m. avec un passager lorsque la guerre éclata. Il a été brusquement porté à 7800 m. par un biplan Bréguet muni d’un moteur Renault de 45o chevaux, puis quelques jours après à 9000 m. ave®! un avion de même marque muni du compresseur Rateau.
- Un biplan, parti de Thoune, est allé atterrir sur la Jungfrau à 100 m. du sommet.
- Les grands voyages aériens se multiplient. Un aérobus, Goliath, a porté la malle diplomatique et plusieurs passagers d’un trait, de Toussus-le-Noble à Copenhague ; un autre avion monté par trois personnes a réussi le voyage Pai’is-Rome; deux officiers français ont franchi la distance de Paris au Caire avec escales à Naples, Salonique et Constantinople. Enfin, un Goliath, piloté par le'L1 Bossoutrot,emportants passagers, est parti de Paris pour Dakar; il a franchi d’une traite l’escale Paris-Casablanca, mais un accident d’hélice l’a immobilisé à quelque 200 km du but; fort heureusement sans dommage pour les passagers.
- La radiogoniométrie dans la marine marchande.
- La Nature a décrit dans son n° 2361 le principe et les applications de la goniométrie. Parmi celles-ci, une des plus intéiæssantes pour le temps de paix est la direction des navires au large des côtes. Un peut la réaliser soit par des postes de réception placés à terre qui reçoivent les signaux de T. S. F. des navires et en déduisent la position de ceux-ci qu’ils leurs indiquent en retour, soit par des récepteurs placés à bord qui reçoivent les signaux convenus émis par des postes à terre. Le plus simple est le premier système, applicable à tous les bâtiments munis de T. S. F., même si leurs appareils sont rudimentaires et leurs opérateurs peu entraînés.
- Le Times Engineering Supplément annonce que l’Amirauté anglaise vient d’équiper en postes radiogoniomé-triques pour la marine marchande les stations de T. S. F, de Peterbead, Bèrwick, Flamborougb, Lizard, Amlwch,, Rhyl, Carnsore, Laqne et Seaview, en Grande-Bretagne, ceux de Chebucto Head, Canso, Cape Race, au Canada; d’aufre part, les Etats-Unis ont fait de même dans quatre stations des environs de New York, trois près de Boston, une au Cap Cod, une au Cap May.
- Eclairage par magnéto des postes de garde-voie en Amérique. — Un de nos lecteurs, M. Astier, cultivateur pi’imeuiûste à Paramé, nous communique l’intéressante observation suivante :
- « L'année- dernière, en revenant de Californie par le Southern Pacific, j avais remarqué qu’à chacune des cabanes de garde-voies, espacées dans la praiiùe, était accolé un gigantesque poteau au bas duquel se trouvait une énorme et très légère roue en bois. :
- « Un voisin auquel je demandais Pexplicalion de cette installation me répondit que c’était pour fournir la lumière électrique à la cabane.
- « Il m’expliqua que la lumière était fournie par un moteur à poids genre coucou : le poids était fixé au bout d’une chaîne passant sur une poulie située en haut du mât. La mécanique contenue dans une boîte placée en bas de ce mât faisait agir par développements successifs la grande roue qui, à son tour, faisait tourner une petite dynamo donnant un courant de 4 ou 6 volts permettant de" faire briller 3 petites lampes, du genre dè celles des automobiles, suspendues dans des réflecteurs paraboliques au plafond de chacune des trois pièces de la cabane ; elle donnerait une bonne lumière de façon constante.
- « Le poids descendrait en 3 heures environ, au bout de ce temps le gardien le hisse de nouveau au haut du mât. . „ .
- « Pour la nuit, un petit, àccumulateur chargé le jour permettrait de faire fonctionner d’une façon continue lune des trois lampes, celle de la chambre des appareils à signaux.
- « Il serait à souhaiter que la chose soit répandue chez nous, car cela rendrait grand seiwice aux petites gens habitant les maisons isolées. »
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- INFORMATIONS
- Le ChantOUQg. — Le Temps donne sur cette région, objet actuel du mécontentement des Chinois, les renseignements suivants :
- Le Chantoung, dont les avantages économiques que s’était fait accorder l’Allemagne en 1898 passent, aux termes du traité de paix, aux mains des Japonais, est une des dix-huit provinces de la Chine et l’une des plus septentrionales. Baignée à l’est par la mer, elle est limitée au nord et à l’ouest par le Petchili, au sud par le Honan et le Kiang-Sou.
- On peut dire du Çhantoung qu’il est un raccourci de la Chine tout entière. En effet, tant au point de vue géographique et historique qu’au point de vue économique, il est une sorte de microcosme chinois. Il offre, comme l’ensemble de la Chine, la plaine et la montagne; il a une population nombreuse, mais peu riche, une terre assez fertile, mais facilement inondée, des richesses minières considérables.
- Son passé survit dans ses vieux monuments. Le Chantoung est le lieu de naissance des deux plus grands sages de la Chine, Confucius et Mencius, et le berceau de la civilisation chinoise. Il possède une montagne sacrée, le Taïchan, lieu de pèlerinage fréquenté depuis -qu'un Fils du Ciel y sacrifia, deux mille ans avant notre ère. « Dès une antiquité fort reculée, écrit le regretté Ed, Chavannes, les Chinois ont attribué une importance toute particulière à cinq montagnes qui correspondent respectivement aux quatre points cardinaux et au centre. Le Taïchan est le pic qui préside à l’est; il est parmi les cinq pics celui qui paraît avoir été vénéré le plus anciennement. »
- Le Chantoung est traversé de l’ouest à l’est par le fleuve Jaune, et du nord au sud par le Grand Canal impérial, construit en 12.00, œuvre gigantesque des générations passées.
- Au-dessus des plaines cultivées se dressent les montagnes qui recèlent du charbon, du fer, du cuivre, de l’étain, voire meme de l’or. Les gisements carbonifères, prolongement de ceux du Chan-Si, sont très importants. Enfin, le promontoire rocheux du Chantoung qui sépare de la mer Jaune le golfe du Petchili, plus encore que Port-Arthur au nord, est une situation stratégique de premier ordre.
- La population est de 38 347 000 habitants sur un territoire qui ne dépasse pas le quart de la France; elle est donc très dense et tout apport abondant d’éléments étrangers ne pourrait pour le moins que gêner les habitants chinois.
- Ce qui, outre les mines, donne au Chantoung une valeur particulière, c’est la baie de Kiao-Tchéou ou plus exactement le port de Tsing-Tao qui la commande. « Après cette guerre mondiale, écrit, dans la Revue mondiale, M. Kong Siang Ko, délégué de la province du Chantoung à Paris, tous les pays chercheront à développer leur commerce extérieur aussi bien pour accroître leur fortune nationale que pour trouver chez les autres peuples les produits dont ils auront besoin. L’importance de la Chine comme marché mondial ne fera donc qu’augmenter. Les produits du Chantoung sont abondants, variés, estimés des étrangers qui y achètent de la soie, du charbon, du fer, des huiles, du cuir, du colon, de la laine, etc. Or, c’est Tsing-Tao qui en est la porte de sortie principale et le premier port d’importation pour les marchandises .étrangères destinées à la Chine du nord. »
- Durant des siècles, une simple route partait de la baie de Kiao-Tchéou vers l’ouest en passant par Weih-sien et.Xsinan; aujourd’hui Tsing-Tao est relié par le chemin de fer de Tsinan à la ligne de Tientsin-Poulcéou qui mène au nord à Pékin, au sud à Nankin et Shanghaï. On comprend aisément que ce chemin de fer puisse offrir, le cas échéant, un intérêt autre que commercial, puisqu’il permet d’atteindre rapidement de la mer la capitale de la Chine. D’autres lignes sont projetées dans le Chantoung.
- Des personnages de haute valeur et connus dans le monde entier, tels que Youan Chi Kaï et Souen Pao Ki, ancien ministre de Chine à Paris et à Berlin, ont administré le Chantoung.
- Telle est la province que le Japon, conformément à la décision de la Conférence de la paix, doit rendre à la Chine en pleine souveraineté, mais eu conservant les privilèges économiques sur les mines, les chemins de fer, etc., acquis par l’Allemagne en 1898.
- Marine marchande des Etats-Unis. — Les Commerce Reports signalent que les chantiers américains ont construit en 1918 1882 navires de commerce d’un tonnage de 2,7 millions de tonnes, dont 460 navires de mer en acier. D’autre part, la Revue de la Marine marchande rappelle que le Fédéral Shipping Board estime la flotte marchande actuelle des Etats-Unis à 752 bâtiments jaugeant brut 2 millions de tonnes, sans compter les navires réquisitionnés par l’Etat d’un ion-nage de 3,8 millions de tonnes. Dès à présent, la flotte peut donc assurer 46 pour 100 des transports, au lieu de 9,7 pour xoo en 1914* Que ne pouvons-nous en dire autant !
- Confédération interalliée de la chimie. — Au mois d’avril dernier, les diverses sociétés chimiques des pays alliés s’étaient réunies à Paris et avaient décidé de constituer une confédération interalliée en remplacement de l’ancienne association internationale dissoute par la guerre. La Société française de chimie industrielle avait pris l’initiative de cette nouvelle organisation à laquelle se sont ralliées la Société chimique, Société de chimie industrielle, Société de chimie physique, Société de chimie biologique, Société des experts-chimistes, Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, Association des chimistes de l’industrie textile. Un conseil a été nommé qui comprend deux représentants de chaque pays Sir William Pope et M. H. Louis pour l’Angleterre, MM. Chavanne et Cris-mer pour la Belgique, Cottrel et Zanetti pour les Etats-Unis, Moureu et Paul Kestner pour la France, Paterno et Parodi-Delfîno pour l’Italie. Le secrétaire général est M. J. Gérard et le siège de la Confédération a été fixé à Paris, 49, rue des Mathurins. Le Conseil vient de se réunir à Londres.
- Standardisation. — La Commission permanente de standardisation créée par décret du 10 juin 1918, réunie sous la présidence de M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, a procédé à l’examen des divers travaux faits par les sous-commissions.
- Elle a décidé de verser à l’enquête les projets suivants de standardisation :
- Unification de la nomenclature des produits métallur-giques.
- Cahier des charges unifiés français.
- Cahier des charges des chaux et ciments.
- Cahier des charges des tuiles mécaniques.
- Cahier des charges des briques ordinaires.
- Unification des dimensions des pierres naturelles et artificielles.
- Unification des dimensions des verres à vitres.
- Unification des dimensions des verres de lampes de mines.
- Fascicule n° 5 du Comité électrotechnique français : vocabulaire.
- Fascicule n° 9 du Comité électrotechnique : Distribution et transmission, isolateurs, câbles armés.
- Unification des centres pour travaux entre pointes.
- Unification des cadrans indiquant le déplacement des chariots de machines-outils.
- Unification des clavetages.
- Unification des rainures à T pour tables de machines.
- Unification des emmanchements coniques démontables.
- Unification des aciers à outils.
- Unification des arbres et organes de transmission.
- Unification des sens de manœuvre d’embrayage des machines-outils.
- Unification des brides de tuyauterie.
- Unification de la boulonnerie et de la visserie.
- Unification des arbres porte-fraises.
- Unification des emmanchements cylindriques.
- Unification des engrenages à dents courtes pour automobiles.
- Unification de la partie des chariots de tours et machines diverses recevant les outils.
- Unification des rails et profilés.
- Tableau Standard des tolérances.
- L’enquête doit durer du iS août au i01 octobre.
- Toutes les personnes intéressées par une ou plusieurs des questions énumérées . ci-dessus pourront se documenter, entre les dates indiquées, au secrétariat de la Commission permanente de standardisation au Ministère du Commerce' et de l’Industrie, 66, rue de Bellechasse,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Mécanique :
- Boîte a graisse « Frigard » pour wagons. — Ou
- sait que les axes des rou.es des wagons de chemins de fer et de tramways exigent un graissage régulier et abondant pour éviter 1 echauffement et le grippage. Tous les voyageurs ont vu, aux stations, les employés de chemin de fer vérifier la température des boites à graisse, dont la date de remplissage est soigneusement
- I' '£•
- écrite au-dessus. Ceci donne unè idée de l’importance que les services de traction attachent au graissage des coussinets. Un bon graisseur doit baigner la fusée d’essieu dans une couche continue de graisse et cependant il doit éviter tout gaspillage de matière grasse, d’autant plus que les prix en sont aujourd’hui exorbitants. Il doit être rigoureusement étanche, tant pour empêcher
- les pertes que les éclaboussures. Enfin, il doit être assqz souple pour fonctionner sûrement malgré les déplacements latéraux pendant la marche.
- Les Compagnies de chemins de fer ont résolu le problème de diverses façons : les mèches, cotons, boîtes ordinaires Fig 2. absorbent une partie de
- la graisse qu’on récupère difficilement; les bagues des graisseurs de machines fixes se coincent aisément. M. Julio Frigard, de Car-thagène, semble avoir résolu le problème par un nouveau système qui est actuellement employé avec satisfaction par de nombreuses compagnies espagnoles, les chemins de fer de Madrid-Saragosse, Alicante,
- Fig. 3.
- Zafra-Huelva, le c’entral catalan, les tramways de Barcelone, de Carthagène, de Valence, les wagons de la Société minière de Penarroya, etc.
- Le système de graissage Frigard est basé sur l’application d’un éleveur métallique et continu des huiles.
- Une boule introduite dans un trou fait à la partie supérieure du coussinet évite la coupure qu’il faudrait faire à la section de contact si l’anneau devait appuyer sur l’essieu comme il arrive pour les supports de transmissions fixes, ce qui diminue la solidité.
- L’essieu en tournant fait tourner la boule et la boule fait tourner l’anneau qui s’appuie sur elle.
- La partie inférieure de l’anneau passe à travers de l’huile contenue dans la partie inférieure de la boîte où
- elle affleure à un niveau constant. L’anneau en tournant monte une certaine quantité d’huile qui en arrivant à la boule passe à l’essieu avec lequel elle est en contact; cette huile est distribuée dans l’intérieur de la surface de frictiou par la canalisation faite dans le coussinet qui garantit un passage constant d’huile froide et un bain complet sur toute la longueur du coussinet.
- Les avantages principaux de ce système sont les suivants :
- Introduction continue et automatique de l’huile par la partie supérieure du coussinet.
- Distribution sûre et automatique de l’huile par l’intérieur du coussinet et sur toute la surface.
- Renouvellement constant de l’huile dans la zone de contact.
- Sûreté absolue du graissage, car la simplicité du système et le fait d’être entièrement métallique évite tout danger d'arrêt.
- Ces boîtes à graisse sont, en plus, pourvues d’un obturateur circulaire qui tourne avec l’essieu, évite son usure et emj>êche absolument la sortie des huiles à l’extérieur des boîtes.
- Elles sont aussi pourvues d’un autre obturateur en feutre qui empêche l’entrée de la poussière et des eaux de pluie, garantissant aussi la propreté et la durée des builes de graissage.
- Ces qualités réunies donnent au système Frigard l’avantage sur les autres existants ; son usage supprime presque complètement les échaulîements ainsi que les frais de réparation qui en résultent; il permet le transport de poids plus grands à de plus grandes vitesses, assurant un parcours de plusieurs milliers de kilomètres sans introduction de nouvelles quantités d’huile. Les consommations mesurées sur divers matériels roulants furent constamment plus faibles que celles des boîtes à graisse ordinaires.
- Le système Frigard peut être appliqué sur du matériel déjà construit.
- Société anonyme Frigard, ii, via-Layetana, Barcelone (Espagne).
- *a> 'Electricité
- Nouveau contact pour pile de poche. — La lampe électrique de poche usuelle ne brille pas par la perfection 4g ses organes ; on n’offensera personne en disant que sa construction est restée réellement camelote.
- Notre figure 4 représente le schéma d’une lampe ordinaire. La pile est munie de deux tiges métalliques
- À et B de prise de courant. La tige vient en contact avec la base du culot de l’ampoule électrique L et se trouve ainsi en permanence reliée électriquement à une extrémité du filament de la lampe; l’autre tige A est mise en contact à volonté avec la tige d’acier coulissante C, que l’on manie au moyen du bouton poussoir D; cette tige coulisse entre deux brides fixées à la boîte métallique qui enveloppe la lampe ; celte enveloppe est elle-même reliée électriquement en permanence à la deuxième extrémité du filament, par l’intermédiaire de la douille de l’ampoule.
- C’est donc en abaissant la tige C jusqu’au contact avec A ou en la remontant qu’on établit le contact. Cette petite opération n’est pas aussi simple quelle le
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- SCIENCE APPLIQUEE
- paraît ; il faut calculer la longueur de la tige A ; si elle est trop longue, le contact s’établit en permanence ; trop îourte ou trop inclinée, il ne s'établit jamais ; souvent elle change de place sous l’effet même de la pression de la tige C, et après une première période d’éclairage on s’aperçoit en abaissant une deuxième fois le poussoir que la lampe ne s’allume plus. Bref, il faut chaque fois qu’on change de pile, se livrer à un petit réglage, peu compliqué sans doute, mais fort désagréable.
- Le nouveau contact imaginé par la maison Léclanché supprime cet inconvénient, tout en gardant à la lampe de poche son caractère de simplicité. Le contact (fig. 5) est composé de deux pièces : l’une fixe F, l’autre mobile formée d’une tige coulissante C, comme dans la lampe ordinaire. La pièce. F, recourbée en forme d’U, est montée sur une bride H, fixée sur l’enveloppe métallique; le contact et la bride sont isolés l’un de l’autre par la plaque G de matière isolante. La pièce F est placée de telle façon qu’il suffit d’enfoncer la pile dans le boîtier pour que la lame A vienne prendre contact avec la pièce F d’une façon permanente. Si alors on abaisse la tige coulissante C, elle vient prendre contact avec la partie supérieure I de la pièce de contact F et la lampe s’allume.
- On voit que le contact est toujours réglé, et qu’il n’y a aucun réglage à effectuer sur les lames de la pile.
- Les lampes du modèle ci-dessus sont fabriquées par la-maison Léclanché à Yverdon (Suisse).
- Moulin électrique pour laboratoires. — Cet appareil (fig. 6) consiste en un moulin adapté sur l’un des côtés d’un moteur électrique et accouplé directement à
- l’arbre du moteur. Le moulin s’ouvre à la façon d’une horloge, et tous les organes intérieurs sont immédiatement accessibles, d’où facilité pour les nettoye r comme aussi possibilité de moudre toutes sortes de sub-Fig- <>. stances sans
- que les restes
- d’une matière moulue risquent de se mélanger à la matière suivante.
- Ce petit mpulin lest surtout utilisé dans les laboratoires commerciaux pour moudre les échantillons de tourteaux de graines de coton, tourteaux d’huile de lin, de maïs et autres denrées alimentaires devant être moulues pour être analysées. Il peut servir pour la mou-ture. xmntinue de petites quantités de matières, et “dans ce but il est muni d’une base spéciale permettant à la matière moulue de s’écouler par le bas.
- Ses dimensions sont les suivantes : hauteur maximum, o m. 61 ; largeur maximum, o m. 15 ; longueur maximum, fermé, o m. 64, ouvert, o m. 81. La trémie mesureom. 2Ô de diamètre et les plaques o m. 20. Sa vitesse est 1800 tours à la minute, et son poids de i36kg. Le moteur a une puissance de 3 HP, 220 volts, triphasé, 60 périodes, mais il peut également se faire en biphasé ou triphasé de 110, 440 ou 55o volts. — The Bauer U-v, à Springfield (États-Unis).
- Objets utiles ^o§3>
- Le Jarremouflet. — La chasse est un des sports, les plus attrayants, surtout quand il est agrémenté par quelques pièces de gibier au tableau; maïs cet attrait se change vite en découragement et en lassitude quand le gibier part trop tôt. C’est cependant ce qui arrive à un grand nombre de chasseurs, dont le chien, ou celui de son voisin, indocile ou trop ardent, court et s'emballe, faisant partir le gibier à quelques centaines de mètres trop loin.
- Pour obvier à ces inconvénients, M. Grimault a imaginé le Jarremouflet.
- Avant de lâcher le chien, on place sur son dos l’instru-
- ment comme l’indique le dessin ci-joint (fig. 7), le surdos d’avant, de manière que la courroie se maintienne bien sur la poitrine de l’animal, à effleurement de la gorge, et le surdos d’arrière, pour que la courroie tombe à 2 ou 3 cm seulement au-dessus de la pointe des jarrets. L’appareil étant ainsi ajusté, on règle comme l’on veut la course du chien, en serrant plus ou moins la courroie ; même en serrant fortement, l’animal reste sur place, couché sans souffrir.
- Le Jarremouflet a donc entre autres avantages ceux d’être très simple, de permettre au chien de chasser sans qu’il puisse s’emballer ni s’éloigner trop. Avec le collier de force ou la laisse, le chasseur et le chien sont prisonniers l’un de l’autre et ils se fatiguent mutuellement. Avec le Jarremouflet, le chasseur est libre et le chien l’est autant qu’il est nécessaire; l’animal ne se révolte pas contre cet appareil qui lui laisse une liberté relative et le dresse sans qu’il s’en doute, comme par persuasion.
- Au début, certains chiens se roulent ou font des difficultés; il n’y a qu’à desserrer la courroie et, n’étant plus gênés, ils sont vite habitués, alors on les règle graduellement. — Si par hasard un chien trop gras v
- ou trop sensible était sus- Fig. 7.
- ceptible de blesser, il conviendrait de frictionner le derrière des cuisses et les jarrets avec de l’alcool camphré, plusieurs fois par jour pendant huit ou dix jours, pour durcir la peau et de frotter la courroie avec du suif de chandelle en face les endroits sensibles.
- Utilisé pour les chiens de berger, le Jarremouflet donne des résultats aussi appréciables, parce qu’il laisse au chien toute la latitude voulue pour exécuter son travail et permet de régler sa course, afin de l’empêcher d’atteindre les moutons pour les mordre ou les étrangler, ainsi que les autres animaux. Il y a là..de grands avantages que les bergers apprécient vite, en outre qu’ils éprouvent moins de difficultés pour mieux dresser leurs chiens.
- Le Jarremouflet, en cuir ou en sangle fine, est vendu par M. Gouabin, i4>-rue du Soleil-d’Or, à Chartres (Eure-et-Loir).
- Le tranchet dérouleur. — Voici un petit outil qui, en ces temps de vie chère, ne peut manquer d’être apprécié. Il permet en effet d’utiliser soi-même les débris de cuir que l’on possède, et d’en faire des lacets "de chaussures, de harnais ou de sellerie.
- Les figures ci-contre indiquent clairement le mode d’emploi de l’outil qui n’est autre chose qu’un petit
- — Le tranchet dérouleur.
- tube d’acier, dont une extrémité a été effilée en biseau coupant.-
- Première opération figure 1 : on prend un vieux morceau de cuir souple (tige de chaussure par exemple). On le coupe en rond et l’on fait avec un canif une entaille de 3o à 40 millimètres.
- Deuxième opération, figure 2. On introduit l’extrémité de la lanière dans le passant du tranchet du côté du coupant et l’on tire légèrement.
- Troisième opération, figure 3. On tient fortement le manche de la main gauche en soutenant la plaque de cuir bien horizontalement. On tire la lanière de la main droite. Le lacet se découpe tout seul. — L’appareil est en vente à VIndustrie régionale, 20, rue des Lombards, Paris.
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- VARIETES
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- Comment acheter les fruits frais? — Les Raisins de table. — Parmi nos productions fruitières, les raisins, si l’on envisage leurs nombreuses variétés, tant pour la table que pour le pressoir, constituent, tant par eux-mêmes et surtout par les excellents vins qu’ils produisent, une des plus grandes sources de notre richesse nationale. Mais je ne dois parler ici que des variétés dont les maîtresses de maison peuvent orner la table autant pour le plaisir des yeux et l’agrément du palais, que poux la sauvegarde de la santé. Ce soin leur est d’ailleurs facilité par l’abondance avec laquelle, pendant leur saison, ils arrivent sur les marchés, sans compter les mois au cours desquels, l’horticulteur, joignant l’art à la science, violente doucement la nature et, à son gré, avance leur maturité ou la prolonge avec la plénitude de ses attributs.
- Quelle variété acheter de préférence? — Pour rendre ce choix plus pratique, je combinerai leur maturité avec leurs colorations prédominantes, blanche ou noire.
- Variétés à fruits blancs, — Les principales variétés, par ordre de maturité dans la seconde quinzaine d’août, sont :
- Madeleine royale. — Grappe assez forte, compacte, ailée; grains moyens, serrés, sphériques, légèrement pruinés ; peau fine,, jaune pâle, transparente; pédicelle fort et long; chair fondante, juteuse, de saveur agréable, renfermant un ou deux petits pépins.
- Précoce de malingre (Syn. Madeleine blanche). — Grappe assez grosse, cylindro-conique, ailée; grains petits, ovalaires, d’un blanc verdâtre; peau fine, parfois dorée.
- Muscat de Saumur (Syn. Précoce de Courtilier). — Grappe moyenne, peu allongée ; grains sphériques, peu serrés ; peau épaisse, à légère pruine ; pédjcelle mince et court; chair fondante, musquée, renfermant deux pépins.
- Chasselas Vibert (Syn. Chasselas gros foulard). — Grappe grosse ou moyenne; grains gros, sphériques; peau fine, ambrée; peau fine, dorée au soleilf-pédicelle fort et court; chair croquante et parfumée, renfermant i ou 2 pépins.
- Maturité en septembre. Lignan blanc. — Grappe grosse, ailée et compacte; grains moyens, ovoïdes, à long pédicelle; peau fine, jaune pâle, transparente; chair assez ferme et transparente, juteuse ; maturité dans la ire quinzaine.
- Chasselas'doré (Syn. chasselas de Fontainebleau, de Thomery, etc.). — Grappe grosse plutôt que moyenne, allongée et. peu ailée; grains gros ou moyens, sphériques, à pédicelle court et gros; peau fine, blanche ambrée, transparente et pruinée ; chair blanc-verdâtre, très fine, plus fondante que croquante, très sucrée, d’un goût délicieux; maturité dans la seconde quinzaine de septembre.
- En France et à l’étranger, sauf, en Angleterre, le chasselas doré est tenu pour le roi des raisins et c’est lui qui est le plus répandu dans tous les centres de culture, notamment dans le bassin de la Garonne où, d’après M. Charmeux, sa-culture a tellement progressé qu’elle a passé de 6 à 7000 t., il y a 10 ans, à 14000 t. un 1912 et qu’elle a encore atteint 12 000 t. en 1918. Elle fait, par suite, une concurrence redoutable aux chasselas si renommés des trois communes de Thomery, Champagne et Veneux-Nadon près Fontainebleau. Je me garderai bien d’oublier le célèbre chasselas de la Treille du Roy, dans le parc de Fontainebleau, dont la récolte annuelle est vendue par lots à des prix dépassant de beaucoup ceux-de tous les autres. Les sous-variétés de chasselas participent plus oti moins des qualités de leur excellent prototype.
- Chasselas rose royal (Syn. Ch. rose d’Alsace, etc). — Grappe moyenne ou grosse, cylindro-conique, peu ailée, peu serrée; grains moyens, ronds; peau très fine, d’abord rose pâle, puis rose vif à maturité; pédicelle. long et mince; chair très fine, blanc-verdâtre, mi-croquante, mi-fondante, possédant presque toutes les qualités du chasselas doré. Maturité, 20 quinzaine de septembre.
- Maturité en octobre. Muscat de Frontignan. — Grappe moyenne, cylindrique, rarement ailée et se terminant en pointe; grains moyens ou gros, ronds, serrés; peau ferme, d’un beau jaune pointillé de brun roux; pédicelle court et gros; chair croquante, très sucrée, parfum
- musqué très prononcé. Le Muscat d’Alexandrie, tout autant apprécié, s'en différencie surtout par une grappe plus grosse et un grain renfermant deux gros pépins et non plusieurs petits.
- Ces deux variétés mûrissent dans la 20 quinzaine d'octobre ; elles sont généralement les préférées dans le groupe des Muscats pour la table et les conserves à l’eau-de-vie.
- Variétés à fruits noirs. — Le Garnay de juillet et la Madeleine noire, assez répandus, apparaissent dans la impartie du mois d’août, mais les sortes les plus recommandables sont tardives et ne mûrissent qu’en octobre; ce sont :
- Frankental (Syn. Chasselas bleu, ch. de Jérusalem, Black Hamburgh, etc.). — Grappe grosse, pyramidale, ailée; grains gros, ronds ou ovoïdes; peau épaisse, d’un noir violacé, bien pruinée; pédicelle gros et court; chair, croquante, très juteuse et d’un goût agréable. Maturité,
- 20 quinzaine d’octobre.
- Les Muscat noir ou Caillaba, Muscat violet, etc., sont de bons raisins à saveur musquée prononcée qu’on ne rencontre pas sur tous les marchés, "mais on peut se les procurer chez le producteur.
- Quand et comment acheter ? — Les raisins de cultures forcées, d’Algérie et de Tunisie, sont expédiés en mai et juin dans des boîtes ou des caisses de différentes grandeurs dont les plus employées contiennent entre 2 et 4 kilogrammes. Plus tard, ils arrivent sur les marchés et surtout aux halles de Paris dans divers emballages : corbeilles carrées, tortues, paniers rectangulaires, etc., . renfermant 8 à 12 kg; cependant, la cagette et les fleins réunis par 3 ou 4 dans^des cageots tendent à les remplacer avec avantage pour les raisins de choix quand les transports s’effectuent rapidement. Toutefois, on utilise de plus en plus les wagons à étagères spéciales, lorsqu’il s’agit d’envois par grandes quantités du Centre et du Midi au moment de la pleine saison, fin août et septembre.
- Précautions à prendre avant l’achat. — Si les raisins sont achetés pour être consommés de suite, on doit s’assurer, tout d’abord, que les grappes sont bien saines, ne contiennent pas de grains éclatés dont le jus a poissé ceux qui les entourent et sert de substratum à de petites colonies de moisissures, car cela indiquerait des fruits trop mûrs, mal emballés ou transportés sans soin. Si les raisins doivent être conservés, et j’indiquerai prochainement de quelle manière, on veillera à ce que les grappes possèdent encore 10 à i5 cm de sarment, et à ce qu’elles soient composées de grains fermes, secs, parfumés et revêtus de la pruine propre à leur variété. D’ailleurs, avant tout achat, il sera prudent, malgré un aspect favorable, de demander à goûter un grain pour apprécier ses qualités et sa maturité, et, dans le cas où, en l’arrachant de la grappe, il resterait une partie de la chair adhérente au pédicelle, c’est que le raisin serait malade, et il ne faudrait pas l’acheter.
- Principaux usages. — A l’état frais, de grosses grappes bien ciselées composées de grains dont le soleil, selon la variété, a légèrement ambré ou fortement doré la robe ou bien l’a revêtue d’un noir velouté sur lequel se détache une abondante pruine, forment de beaux desserts dont la qualité est rehaussée par l’effet décoratif, et l’on peut, sans crainte, les déguster telles quelles. Mais il en est autrement si de modestes grappes ont été achetées dans un magasin ou, surtout, sur une petite voiture dans la rue, car elles sont contaminées par des poussières receleuses d’une abondante flore microbienne dont il faut les débarrasser par un laivage extemporané. MM. Filassier et Sartory l’ont démontré en soumettant du. raisin acheté dans ces conditions à trois lavages successifs, car ils ont trouvé dans l’eau du premier lavage 5y5ooo germes par centimètre cube, dans l’eau du second 21 000 et dans l’eau du troisième 7000; tous plus ou moins nuisibles.
- On prépare avec certains raisins plusieurs raisinés et des conserves à l’eau-de-vie très appréciés, et, sous l’influence des ligues antialcooliques, on tend de plus en plus à fabriquer industriellement avec des jus purs stérilisés et de l’eau potable, minérale ou gazeuse, une boisson agréable et hygiénique.
- Enfin, en se basant sur leur action diurétique, laxative, alcanisante et minéralisante, on a institué des cures de
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- VARIÉTÉS
- raisins dont la quantité à ingérer chaque jour Tarie entre i et 5 kg. Jusqu’à ces derniers temps, c’était à l’étranger qu’on les pratiquait dans des stations spéciales, en Allemagne, en Suisse, en Italie et même jusqu’en Crimée ! Désormais, grâce à l’impulsion donnée par la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, il existera des stations semblables- en France et la cure aux chasselas de la
- Garonne pourra être faite dans les conditions les plus favorables de septembre à novembre. Les principaux centres : Cahors, Montauban, Moissac, etc., possèdent déjà de bons hôtels où les touristes trouveront, après avoir goûté les bienfaits de la cure quotidienne, tout le confort de la vie moderne aussi bien qu’en pays étranger.
- A. Truelle.
- Jteo
- HYGIÈNE ET SANTE
- Formules de cold-cream. — Le Journal de Pharmacie et de Chimie donne les formules suivantes de cold-cream employées dans les hôpitaux de Paris.
- A l’hôpital Broca, on emploie la formule :
- Huile d’amandes. . . , Soo grammes
- Blanc de baleine . . . . 3oo —
- Eau de roses 200 —
- Cire blanche I 20
- Teinture de benjoin. . . . 55 —
- On chauffe l’huile au bain-marie; on y liquéfie le blanc de baleine et la cire ; on coule dans un mortier de marbre chauffé et on agite jusqu’à solidification. On incorpore alors par petites quantités à la fois le mélange d’eau de roses et de teinture de benjoin passés dans un linge.
- Le Dr Jeanselme préconise un cold-cream à l’oxyde
- de zinc qui comprend :
- Cold-cream ci-dessus. . . 3oo grammes
- Glycérine..................ioo —
- Oxyde de zinc . y . . . . i5 —
- Teinture de benjoin ... 5 —
- On délaie l’oxyde de zinc dans la glycérine ; on y ajoute par petites parties le cold-cream déjà préparé, puis en dernier lieu la teinture de benjoin. On mélange avec soin.
- Pommade pour les mains. — Les DIS Tuffier et Desfosses recommandent aux infirmières, dans leur Petite Chirurgie pratique(*), de s’appliquer tous les soirs sur les mains et en particulier sur les ongles une couche d’une pommade ainsi composée :
- Huile d’amandes douces . 10 grammes
- Lanoline T ' 3o —
- Cire vierge 5. —
- Essence de verveine. . . . û gr. 3o
- Cette pommade adoucit la peau et évite ainsi de s’écorcher.
- I. Petite Chirurgie pratique, par les l)'1 Tuffier et Desfosscs, 55 édition, i vol. Masson et C'", éditeurs. Prix : 20 fr.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Voiie dichroïque. — Ce voile à double aspect, rose ou violacé par transparence et jaune par réflexion, est dû soit à des traces d’hyposulfite dans le révélateur, soit à des traces de révélateur dans le bain de fixage. Cet accident risque donc de se produire si l’on emploie des cuvettes ou des verres de mesure mal lavés, ou si l’on manipule le cliché pendant le développement avec les doigts imprégnés d’hyposulfite, ou si l’on plonge dans le fixateur un cliché insuffisamment lavé après le développement. Il est surtout fréquent dans le traitement des clichés sous-exposés, qui séjournent longtemps dans le révélateur et ne se fixent ensuite que très lentement.
- On y remédie en plongeant le cliché dichroïque dans une solution de permanganate de potasse à 1 pour 1000, jusqu’à disparition de la coloration jaune. On enlève ensuite le dépôt d-oxyde brun de manganèse qui s’est formé à la surface de la gélatine, en passant la plaque dans un bain de bisulfite de soude liquide étendu de son volume d’eau. Après 5 minutes d’immersion, on lave et l’on fait sécher.
- Une autre méthode consiste à plonger le cliché dans:
- Eau:................100 c. c.
- -. “Sulfate de cuivre. . . 3 grammes.
- Chlorure de sodium .3 — -
- On l’y laisse jusqu’à ce que le voile ait disparu, ce qui demande 10 à i5 minutes. L’action de ce bain est facile à suivre, parce qu’il ne colore pas la couche, comme le fait le permanganate de potasse. Par contre, il arrive parfois que l’image perd de son intensité, surtout si la solution est plus concentrée que ne l’indique la formule. Quand le voile a disparu, on ,lave avec soin et, si l’image a été affaiblie, on plonge le cliché, en pleine lumière, dans un révélateur. Tout fixage ulté-îûeur est inutile, il n’y a qu’à laisser sécher, après un court lavage.
- Nettoyage de la surface gélatinée des clichés. —
- Les clichés non vernis se couvrent facilement de taches grasses, dont la trace se retrouve sur les épreuves. Pour les enlever, il suffit généralement d’y passer un
- morceau de flanelle imbibée d’essence de térébenthine. Si les taches résistent à ce traitement, on se servira d’essence grasse, employée de la même manière, et l’on terminera, en tout cas, le nettoyage avec l’essence de térébenthine.
- Coulissage des volets de châssis. — Pour rendre plus doux le frottement des rideaux des châssis photographiques ^ou toute autre pièce de bois à glissière), il suffit de frotter l’intérieur des rainures et les bords des planchettes mobiles avec un crayon de graphite un peu mou, ou avec du talc, ou avec un morceau de paraffine. Il faut absolument éviter l’huile, la graisse, la vaseline et surtout le savon, qui sont peu à peu absorbés par le bois et par suite le font gonfler.
- Ecran dépoli très fin. — Il est facile de confectionner un verre dépoli de grain très fin et très transparent, rendant surtout de bons services pour les travaux microphotographiques, en frottant de la craie pulvérisée sur une plaque de verre, à l’aide d’un morceau de soie très douce. La craie est dispersée sur le verre et distribuée par des mouvements circulaires des doigts entourés du tissu. Bientôt il s’est déposé une couche fine de craie, qui ne s’enlève pas en époussetant. Ce dépôt est si mince et si fin qu’il est pratiquement sans grain.
- Contre la. rouille. — Les porte-plaques, châssis et outils en fer que l’on a abandonnés à l’humidité du laboratoire se couvrent de taches de rouille et sont bientôt mis hors d’usage. Voici la recette indiquée par Machinery pour y remédier.
- Appliquer sur les parties corrodées un mélange de deux parties de bisulfate de soude finement pulvérisé- et d’une partie de sel commun, — le mélange étant humecté tout juste assez pour qu’il soit adhérent. Laisser en contact jusqu’à ce que le métal soit débarrassé des dernières traces de rouille. Passer ensuite dans une solution alcaline, afin de neutraliser l’acide du bisulfate, et sécher rapidement. On peut ensuite revernir, ou se borner à frotter le métal avec du pétrole épuré.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonneme it, En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil de Ram est construit par la Société anonyme des Ateliers Remez, 71-75, rue des Champeaux, à Bagnolet.
- Réponses. — T. S. F. — De nombreux lecteurs nous demandent quand ils pourront rentrer en possession des appareils déposés par eux au début de la guerre. Nous trouvons^dans le Journal Officiel du 24 août la même demande émanant d’un parlementaire et la réponse du Ministre de l’Intérieur. Nous les reproduisons ici :
- M. le colonel de Puineuf, député, demande à M. le Ministre de 1 Intérieur pourquoi certaines mairies refusent de rendre à leurs propriétaires des appareils récepteurs de télégraphie sans fil, mis en dépôt pendant la guerre,*ajoutant que les maires prétendent qu’ils n’ont pas encore reçu l’ordre de restituer ces appareils. (Question du 3o juin 1919.)
- Réponse. — La question de la restitution à leurs propriétaires des appareils récepteurs de télégraphie sans fil est actuellement soumise à l’examen des départements ministériels intéressés. Une solution interviendra prochainement.
- '445.. — La composition de la peau du buffle ne diffère pas au point de vue chimique de celle du bœuf, c’est-à-dire que l’épiderme est constitué par la kératine et le derme par le collagène analogue à l’osséine susceptible de se gélatiniser. Histologiquement la contexture est plus lâche. Les peaux de buffles que nous recevons de Java et de l’Inde sont le plus souvent conservées au moyen d'un sel riche en sulfate de chaux, c’est pourquoi on les appelle peaux plâtrées. Le tannage s’effectue au moyen de feuilles de myrte ou de lentisque. On obtient ainsi le cuir dit de Grasse ou de Provence qui est très ferme et très blanc.
- M. G. Collette, à Grenoble. — La sciure de bois peut, en effet, suppléer dans une certaine mesure le charbon, mais nécessite des foyers spéciaux ; en outre, employée telle quelle, même mouillée, elle présente l’inconvénient d’être entraînée avec trop de facilité dans les cheminées. Nous pensons qu’il est préférable d’en confectionner des briquettes de la façon suivante :
- Faire une pâte formée d’argile grasse et d’un quart de chaux vive.
- Incorporer environ i5 pour 100 de cette pâte à la sciure préalablement mouillée, puis mouler en se servant d’une petite presse à main. Vous trouverez des presses de ce genre chez M. J. Arthur, 232, rue de Rivoli.
- 'M. Lamie, à Nice. — i° Le Manuel de Céramique industrielle, par Arnaud et Franche (Dunod, éditeur, 47, quai des Grands-Augustins), vous donnera tous renseignements sur la fabrication des faïences, porcelaines et grès ainsi que sur les machines employées. — 20 Pour l’emploi des huiles lourdes en remplacement du charbon, il faut se servir de brûleurs spéciaux. Adressez-vous aux maisons suivantes : Guilbert, 6£, avenue de la République Juchât, 3g, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie ; Liotard, 143, avenue Parxpentier. r
- Dr S. ,: h Bordeaux. — i° La coloration du laiton en noir mat s’obtient de la façon suivante :
- Préparer une solution de :
- Sulfate de cuivre . . . ... . 35 grammes
- Hyposulfite de soude ... 25 —
- Crème de tartre.............10 —
- Porter à l’ébullition et y plonger l’objet à noircir jusqu’à ce que la teinte ait acquis l’intensité désirée. 20 Pour noircir l’aluminium, on commencera par le décaper soigneusement à la toile émerisée, puis, on enduira la surface d’une mince couche d’huile d’olive, passer ensuite dans la- flamme d’une lampe à alcool, ce qui au bout de quelques secondes donne d’abord un aspect mordoré. Répéter l’opération un certain nombre de fois jusqu’à ce que lè noir franc soit obtenu.
- J. P. Z. — Tous les liants hydrauliques sont attaqués par les solutions acides, par les eaux sulfateuses, eaux ammoniacales, lessives de soude, l’huile, les solutions sucrées, etc.
- De toute façon, pour mettre mortiers et bétons à
- l’abri des attaques, il est nécessaire de les faire imperméables et non poreux de manière à éviter la pénétration des solutions nuisibles à l’intérieur. Les mortiers seront d’autant moins indécomposables qu’ils seront à dosage plus élevé. On ne devra utiliser que du ciment Portland de première qualité. Il y a lieu d’écarter les sables calcaires chaque fois que le mortier est exposé à des vapeurs ou à des liquides acides. Les sables quartzeux sont ceux qui résistent le plus efficacement à ce genre de décomposition. Le sable ne devra pas être fin.
- Dans un rapport du Comité américain sur le béton et le béton armé, nous lisons que le béton de première qualité, bien dur, n’est affecté d’une façon appréciable que par les acides forts qui dégradent sérieusement les autres matériaux. Une. substance comme de? J’engrais parce qu’il y a de l’acide dans sa composition attaque le bétoi} frais, mais lorsque le béton a suffisamment durci, il résiste d’une manière satisfaisante à une telle action.
- Quand le béton est convenablement fait et que la surface est terminée avec soin et durcie, il résiste, à l’action des huiles comme le pétrole et les huiles ordinaires de machines. Certaines huiles qui contiennent des acides gras paraissent produire de mauvais effets.
- Des produits sont offerts par le Commerce en vue de, résister à l’attaque des agents chimiques : 1 Inertol (Paradis et Livec, 26, rue du Rocher, Paris). La Géré-site (Wanner, 91, boulevard Voltaire, Paris. La Litho-site (Pierrard, 9, rue Petit, Clichy), etc. J’en ignore personnellement la valeur certifiée par d’autres.
- M. C. D., à Lodève. — On trouve dans l’ouvrage Hydrologie agricole, par F. Dienert ( 1 vol. 6 francs), les indications relatives aux moyens à employer pour l’épuration des eaux aux points de vue physique, chimique et biologique, ainsi que les méthodes de filtration de purification chimique et d'amélioration des eaux potables, et les progrès récents; L'Eau potable, par F. Coreil, directeur du Laboratoire municipal de Toulon, 1 vol.
- 7 fr. 20 (Coulet, éditeur, Montpellier) ; Recherches des eaux potables et industrielles, par Henri Boursault, r vol. 3 francs; Les Eaux Souterraines, recherche, captàg^,. par F. Miron, 1 vol. 3 francs (Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, 6e). Voyez en outre, pour renseignements techniques : Direction du Laboratoire de chimie à l’Ecole nationale d’Agri-culture ; directeur des Services agricoles ^e l’Hérault, à Montpellier. ~
- M. de Choiseul Gouffier. Les Plans sur Bex. — Les bois de sapins, coudriers, bouleau, aune peuvent effectivement être transformés en charbon de bois, mais pendant la carbonisation, soit en meules, soit en vases clos, il y a départ, sous forme de produits volatils d’une grandè quantité de matières combustibles, finalement on n’obtient que 20 kg de charbon par 100 kg de bois mis en œuvre; de sorte que si pratiquement le charbon de bois a un pouvoir calorifique voisin -de celui de la houille : 7000 calories, dans le cas présent on ne disposera plus que du cinquième, 1400 calories alors que le bois primitif pouvait en fournir 2800 à l’état humide ou 36oo à l’état sec.
- Un kilogramme d’eau absorbant pour se réduire en vapeur 65o calories, on peut admettre qu’un kilogramme de charbon de bois est susceptible de vaporiser 7000 : 65o== 10 kg 7 d’eau, ceci théoriquement, car dans la pratique on ne vaporiserait que 6 kg environ au moyen d’une chaudière à bouilleurs et 9 kg dans la meilleure chaudière tubulaire.
- Quant au procédé de carbonisation à adopter, il est de toute évidence que la carbonisation en vase clos doit être préférée, car elle permet de récupérer des sous-produits : alcool méthylique, acétone, acide acëtiqiie, goudrons dont la valeur vient en déduction des frais de fabrication.
- A. M. C. —- Si votre générateur à acétylène est en cuivre, il suffira pour enlever le dépôt calcaire de remplir le récipient d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique du commerce (vulgairement acide muriatique) dans la proportion de 1 d’acide pour 9 d’eau et de répéter l’opération jusqu’à disparition du résidu. Dans-Te cas d’un-générateur en zinc ou en tôle il faudrait remplacer l’acide par une solution de sucre, malheureusement ce produit est rare aujourd’hui, c’est pourquoi nous vous conseillons d’essayer quand même l’eau acidulée, mais en ménageant son action sur les parties recouvertes de
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- dépôt et en évitant d’en mettre nn excès par rapport à la chaux ou au carbonate de chaux à enlever, s’arrêter bien entendu si un bouillonnement se produisait sur les parois de l'appareil.
- Ecole vétérinaire de Lyon. — Essayez les ciments suivants :
- i° Ciment à la litharge.
- Sécher de la litharge à l’étuve et la porphyriser, puis la broyer dans une quantité de glycérine suffisante pour faire une pâte demi-fluide.
- Employer de suite car le. mélange fait prise rapidement et devient extrêmement dur.
- a0 Ciment à l’oxychlorure de zinc :
- Chlorure de zinc D = i5oo. 3o grammes Borax..................... i . —
- après dissolution ajouter de l’oxyde de zinc pour faire une pâte de consistance voulue et employer aussitôt.
- Le blanc d’œuf donne aussi de très bons résultats, mais il doit être incorporé non au plâtre mais au verre porphyrisé, que l’on obtient facilement par « étonnement », c’est-à-dire en le projetant tout chaud dans l’eau froide, ce qui permet alors de le broyer sans difficulté.
- MM. Montgolfier, à Troyes. — Vous pourriez essayer de la colle à la caséine qui donne une très grande adhérence et se compose du mélange suivant :
- Caséine......................35 grammes
- Chaux éteinte................3o —
- Silicate de Soude............20 —
- On délaye dans la quantité d’eau nécessaire pour obtenir la consistance voulue.
- M. J. L., à Pommerœul. — i° Nous n’avons pas eu l’occasion de constater un exemple d’application du procédé Müntz et Notin (épuration des vinasses de distillerie, basée sur l’intervention des spores d’une moisissure Sterigmatocystis nigra) dans le cas que vous nous soumettez ; d’autre part, le procédé à suivre et l’installation nécessaire exigeraient un développement pour lequel la place manque dans cette Boîte aux Lettres. Vous obtiendriez, croyons-nous, ces indications d’ordre technique en vous adressant à des spécialistes; voyez : Direction des Services agricoles du département du Nord, à Lille (Préfecture) ; Direction de l’Ecole nationale des Industries agricoles, à Douai. Pour les ferments; voyez : M. Ivayser, chef du Laboratoire des Fermentations à l'Institut national agronomique, 16, rue Claude-Bernard, Paris, 5°; M. E. Boullanger, chef de Laboratoire à l’Institut Pasteur de Lille. — 20 En ce qui concerne la récupération de l’azote des vinasses de mélasses, si vous ne jugez pas plus simple d’envoyer ces résidas sur les terres en les répandan^comme engrais — les matières organiques qui s’y trouvent en dissolution formant tin milieu nutritif très favorable aux micro-organismes du sol surtout aux bactéries nitrifiantes^—
- il y aurait lieu de suivre la même marche que ci-dessus pour être renseigné sur l’application du procédé Müntz et Notin et le traitement subséquent des mélasses en vue d’en extraire la potasse. Voyez, en outre : M_. Lindet, professeur de Technologie à l’Institut national agronomique; Société d’Exploitation des Procédés H. Boulard, 45, rue de Clichy, Paris, 9e.
- M. A. J. de H., à Angers. — Voici les ouvrages à consulter sur les questions indiquées : i° Le Ricin-, culture, industrie, commerce, par Marcel Dubard et Ph. Eberhardt, 1 vol. 4 fr- 5o ; Challamel, éditeur,
- 17, rue Jacob, Paris, 6°. Le Ministère de l’Agriculture a poussé, durant les années dernières, à la production de l’huile de ricin, en vue de l’utilisation industrielle de cette huile, particulièrement dans l’aviatioü. Il conviendrait de demander des indications à 1 Office de Renseignements ' agricoles, audit Ministère, et à la Direction du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne ; •— 20 Pour l’exploitation industrielle du coton, voyez: Les Textiles, par Charpentier, 1 vol. 27 francs, Dunod et Pinat, éditeurs, 47, quai des Grands-Augustins, Paris, 6°; L’Industrie et le Commerce des tissus, par G. Joulin, 1 vol. 7 fr. 5o ; Teinture et apprêts des tissus de coton, par Léon Lefèvre,
- 1 vol. 12 francs, même adresse. Voir aussi : Revue de la Filature et du Tissage (M. Henri Bondoit, 44, rue Ledru-Rollin, à Chûteauroux) ; Office spécial des Industries textiles, 20, rue Vignon, Paris, 8° ; — 3° Pour le caoutchouc, voir : Dictionnaire des Arts et Manufactures et de Vagriculture de Ch. Laboulaye, 8° et 4a livraisons, 6 francs, Dunod et Pinat, éditeurs, et Moniteur Scientifique du Dr Quesneville.
- M. G. d’A. È., à Naples. — Comme suites la réponse faite dans le n° 2362, au sujet des essais d’appareils de culture mécanique appropriés aux vignes, qui ont eu lieu à Montpellier, au mois de mai dernier, voici les conclusions du rapport que vient de publier M. Ch. Claron, chef des travaux de Génie rural à l’Ecole nationale d’Agriculture de Montpellier : sur les neuf appareils présentés, il n’y en eut que peu reconnus capables de passer dans 1 intervalle étroit de 1 m. 5o, sans exposer la vigne à des dommages. Dans les vignes à 1 m. 5o, le tracteur Citroën paraît pouvoir passer sans causer de dommage, mais en fournissant un travail insuffisant, puisqu’il exige deux passages. Pour les vignes à 2 m., on a ce même tracteur et surtout le tracteur Chapron qui peut, dès à présent, donner satisfaction à la grande culture. Les essais ont démontré qu’il faut s'efforcer de faire marcher les appareils vignerons à une vitesse réduite, car, à une grande vitesse avec tous les appareils, les embardées sont à craindre. Pour consulter le rapport, très important, mentionné ci-dessus, s’adresser à l’auteur, à l’Ecole nationale d’Agriculture de Montpellier.
- BIBLIOGRAPHIE
- GOL,
- cat
- Service de librairie. — Le .service de'librairie de La Nature se tient à la disposition dés abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) -...—
- La'pratique des cultures potagères. Sol, engrais, culture et maladies, par Richaut-Gérard et Cii. Charpentier. 1 vol. in-16, i56 p., 27 fig. Bibliothèque horticole. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
- Petit manuel de la culture des légumes et fruits de saisôn, qui sera un excellent guide pour ceux qui possèdent un petit jardin, entre autres les potagers scolaires, militaires et ouvriers.
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- Traité de chimie analytique minérale, qualitative et quantitative, par L. L. de Koninck, 3e édition, 2° édition française. Tome IV; Métalloïdes, 1 vol. m-8°, 992 p., n5 fig., Béranger, Paris. Prix : i5 francs -|~ 5o pour 100.
- Les trois premiers tomes de ce remarquable traité
- d’analyse, consacrés aux généralités cl aux métaux, venaient de paraître à Liège quand la guerre a éclaté. Très abondamment documenté et très clairement écrit, rédigé d’après les cours de l’auteur à l’Université de Liège, il constitue un manuel détaillé des multiples opérations de la chimie analytique. Pour donner une idée de son plan, nous ne pouvons mieux faire que de donner la Tiste des chapitres consacrés aui halogènes par exemple. L’auteur examine toutes leurs propriétés utilisables en analyse, puis les procédés de dosage par pesée, titrimétrie, gazométrie, colorimétrie, ensuite les méthodes de séparation du chlore, du brome et de l’iode , les mêmes chapitres se répètent pour les divers sels : chlorures, bypo-chlorites, chlorates, perchlorates. Chaque méthode est décrite soigneusement, suivie des commentaires que nécessite la pratique et la critique des résultats qu’on en peut obtenir; de nombreux renvois aux travaux originaux permettent de se reporter aux recherches des inventeurs des divers procédés. En un mot, le traité de M. de Koninck enfin complet est l’ouvrage de chevet des laboratoires d’analyse, aussi détaillé et plus récent que les traités allemands, classiques avant la guerre.
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- N° 2572 13 Septembre
- Inscription de la Maison Carrée de Nîmes. —
- M. Espérandieu vient de faire à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une intéressante communication sur l’inscription de la Maison Carrée de Nîmes. Celle-ci, disparue depuis longtemps, était formée de lettres de bronze fixées par des tenons à la frise du monument. 11 ne reste plus que la trace de ces scellements sous forme de trous. En 1738, Séguier avait reconstitué le texte suivant : C. Caesari August. L. f. cos. L. August. L. f. cas. designato principibus juventutis, indiquant une dédicace à Caïus et Lucius César, petit-fils de l’empereur Auguste. Mais plusieurs trous restaient inutilisés qu’on expliquait par des erreurs ou des négligences. Pelet supposa l’existence, sous l’inscription lue par Séguier, d’un autre texte plus ancien. C’est celui-ci que M. Es pérandieu vient de reconstituer. L’ancien texte serait : M. Agrippa. L. F. cos. III. lmp. Tribun. Potet. fl F. Col. Aug. Nem. Dat. se rapportant à la mission d’Agrippa en Gaule. M. Salomon Reinach a rappelé à celte occasion une autre inscription avec trous inexpliqués qui existe sur l’arc d’Orange et qu’il serait éga-. lement curieux de déchiffrer.
- Üne trombe à Ostende. — M. D. Kœchlin, de Mul- 1 house, nous envoie la photographie et la description d’un |
- phénomène observé par lui le i5 octobre 1917 au bord de la mer à Ostende.
- Voici les détails : Dans l’après-midi du i5 octobre 1917, entre i5 heures et i5 h. 15,. on put apercevoir entre le Royal Palace Hôtel et le Kursaal à une distance d’environ 100 à i5o m. de la plage une trombe d’eau sortant d’un nuage noir. Du côté de l’ouest, le ciel était partiellement couvert de nuages noirs tandis qu’à l’est le ciel n’était que légèrement couvert et un radieux soleil luisait. Il n’y avait qu’une bise légère soufflant d,e nord-ouest; température fraîche; point de pluie. La trombe d’eau avait l’aspect que présente la photographie : très large vers le haut et s’amincissant vers le bas. Durée du phénomène environ 10 minutes. Comme coïncidence curieuse il y a lieu de remarquer que 2 jours auparavant un, fort orage a éclaté sur Ostende entre 21 et 22 heures avec de grandes décharges électriques sur la mer. A ce moment-là la température était très fraîche”; le thermomètre ne marquait que 120 centigrades.
- Nouvelle expédition au Pôle Sud. — Le Mouvement géographique annonce qu’une iinpbrtante expédition se prépare en Angleterre sous la . direction de M. John Cope qui lui a donné le nom de British Impérial Antarctic Expédition. Elle se propose de quitter la Nouvelle Zélande en juillet .1920 sur la Terra Novaj d’atteindre New llarbour sur la grande barrière de glace en décembre, d’établir des bases sur les côtes de la mer de Ross, puis de partir vers l’ouest en octobre 1921 pour explorer les côtes de la terre d’Enderby, des terres de Graham et de Charcot jusqu à la terre à peu près inconnue du roi Edouard VII. Elle compte revenir
- à New llarbour après avoir fait le tour complet du continent antarctique en 1925 ou 1926. M. Cope qui a déjà fait partie de l’expédition Shacklelon compte réunir un grand nombre d’observations météorologiques et cla-matiques et explorer les richesses minérales de l’Antarctide qu’il croit considérables.
- Le graphite de Madagascar. — L’île de Madagascar renferme des gisements importants de graphite. L’exploitation de ceux-ci, commencée en 1910, a permis l’envoi en Europe et en‘Amérique de 6572 t. en 1913 pour atteindre 27838 t. en 1917. Cette production aurait pu êtrq plus forte si les débuts du minerai malgache sur le marché avaient été moins durs.
- Jusque-là, les minerais de Ceylan étaient les seuls connus de notre industrie ; la mauvaise présentation des nôtres insuffisamment purifiés rendit d’abord difficile leur utilisation. Puis on s’aperçut qu’ils étaient susceptibles d’être préparés à très peu de frais pour les amener à la teneur voulue. Ils ont aujourd’hui leur place marquée sur le marché mondial où ils peuvent et doivent soutenir aisément la concurrence étrangère, d’autant plus que les gisements situés pour la plupart dans les régions de la côte sont exploités à ciel ouvert, en grandes masses, tandis que dans l’île de Ceylan on travaille parfois à 1000 pieds de profondeur.
- Il faut donc que l’opinion publique amène notre administration coloniale à prendre les mesures de protection nécessaires pour donner à celle richesse nationale son caractère et sa véritable destination.
- On sait que depuis quelque temps on présente le graphite comme de nature à remplacer avantageusement les huiles et les graisses. Toutefois, il est indispensable qu’il soit très pur, de façon à former une couche très lisse entre les parties métalliques en contact, parce que différemment il introduit dans les frottements des matières, telles que le talc, le mica ou l’argile qui sont d’un effet désastreux. On peut, par des procédés électriques, préparer du graphite si divisé que le microscope ne fait pas découvrir de grains.
- La fibre de coco. — L’industrie commence à utiliser de plus en plus un des sous-produits du cocotier, la fibre de coco ou coir. Une tonne de noix de coco donne environ 90 kg de fibre, dont 65 en fibre à brosse. On sait que les cocotiers abondent dans toutes nos colonies de l’Océan Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Nouvelles Hébrides, e,tc. Il y a donc là une ressource très-intéressante alors que la préparation de la fibre de coco pour le marché n’exige qu’une installation mécanique peu compliquée. „
- Une première machine sert à l’ouverture des noix ; elle comporte trois couteaux dentés se rejoignant au milieu du conduit prolongeant la trémie. La noix est saisie par le mouvement de ces couteaux, puis entraînée de haut en bas; rapidement entourée, elle tombe par terre en trois parties parfaitement séparées.
- Deux bassins servent au rouissage ou trempage. Puis on passe aux machines à défibrer, une pour dégrossir, l’autre pour finir la fibre, le mode opératoire étant le même pour toutes les deux. L’ouvrier présente devant les rouleaux disposés à l’avant de la machine les débris de coques qui sont ainsi entraînés dans un mouvement lent de rotation. La partie qui les dépasse arrive aussitôt en contact avec les dents du cylindre principal, qui arrache les fibres courtes et exécute une sorte de peignage des fibres longues. Passant cette coque ainsi traitée sur l’autre machine, les mêmes .opérations se reproduisent, sauf que les dents du, cylindre principal étant plus rapprochées, lebdëfibrage se termine. Les fibres longues sont seules envoyées dans un séparateur, sorte de cylindre incliné formé d’une carcasse en toile métallique au travers de laquelle passent les débris et les poussières, la fibre propre sortant à l’extrémité. Les fibres sont ensuite mises à sécher, de préférence , au soleil, puis emballées au moyen de presses.
- Le filage se fait maintenant mécaniquement dans des j conditions qui permettent d’obtenir notamment des
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- aussières de gros diamètre, très solides. Une première machine fait subir aux fibres une sorte de cardage, puis une autre fait le fil.
- 1 out est vendable dans la fibre, y compris les peignîmes et déchets dont on garnit depuis quelque temps les matelas et les coussins. Des essais concluants ont même permis de substituer les peignures à la cellulose pour la fabrication de la pâte à papier.
- Wagons à marchandises en béton armé. — Une
- nouvelle application particulière du béton armé, expérimentée aux Etats-Unis, est la construction de wagons de chemins de fer. Dans un récent numéro le Génie Civil décrit un wagon-trémie imaginé par Jos. B. Strauss en service sur l’Illinois Central Railroad. Ce wagon de 5o tonnes est destiné au transport des matière pondé-reuses : charbon, minerais, etc. ; il comporte une armature en acier dont font partie des ferrures placées aux angles de la structure et destinées à les protéger contre les chocs.
- Pour fabriquer ce wagon, on n'a employé des formes en bois qu’à l’extérieur de la caisse, et on a placé le mortier de ciment à l’aide du « Cernent gun » appareil décrit en son temps par La Nature. La longueur totale du wagon est de 12 m. 65, sa largeur de 3 m.’i2 et la hauteur de la caisse est de 1 m. 485. Le fond du wagon a o m. o54 d’épaisseur, et les parois verticales o m. o38. L armature est composée de fers de 6 mm disposés selon un quadrillage. Des poutres légères raidissent le fond et les parois; le châssis est réduit presque uniquement aux longerons. Le poids total du wagon est de 24 tonnes.
- Outre l’avantage d’économiser l’acier, ce genre de wagon aurait celui de nécessitèr bien moins d’entretien que les wagons en bois ou en acier, et de ne pas exiger de peinture. Enfin il s’userait beaucoup moins et résisterait aux produits chimiques qui exercent une action sur l’acier.
- pour les remjdacer on a jeté sur le fleuve une arche de 60 m. d’ouverture; la construction est en acier laminé, l’ornementation en fonte. Le nouveau pont est l’œuvre de MM. Resal et Binet.
- L’expansion de l’Italie. — Le Mouvement Géographique signale une étude de l’économiste italien Livio Marchetti qui montre l’expansion prodigieuse de l’Italie au début du xx° siècle, expansion trop peu connue en France.
- La population était en 1862 de a5 millions d’habitants; elle est passée à 28 en 1882, 32 en 1901, 36,7 en 1917. On enregistra 1 122482 naissances et seulement 663 966 décès, mais l’émigration enleva 872 5g8 habitants. La récolte de blé est pasée de 33 millions de quintaux vers' 1886 à 5o vers 1913; la production du vin atteint 42 millions d’hectolitres. Les mines de fer qui donnaient ao3 000 tonnes de minerai en 1883 en ont fourni 6o3 000 en 1913 ; les hauts fourneaux sont passés de 27 000 à 426 000 t. de fonte, les aciéries de 363o à 846 000 t. d’acier. Les pyrites du pays ont donné 5gooo t. en i8g3 et 644000 en igi3. Si les combustibles sont rares, l’énergie hydraulique représente 5'millions de chevaux sur lesquels près d’un million sont déjà utilisés. Elle a pratiquement le monopole du soufre en Europe ; elle vient immédiatement après la Russie pour la production du chanvre ; elle est le plus grand exportateur de soie; elle récolte 25 millions de quintaux de maïs et 5 de riz. Son commerce révèle une industrie de plus en plus active, puisque ses importations de matières premières augmentent constamment tandis que croissent plus vite ses exportations de produits fabriqués. La crise actuelle résolue, le problème des changes et celui des frets moins difficiles, nul doute que l’Italie, peuplée, active, fertile et productive, devienne un des pays les. plus prospères de l’Europe.
- Le cuivre aux Etats-Unis. — France-Amérique donne sur l’importance de la production du cuivre aux EtUls-Unis les renseignements suivants : avant la guerre, le pinerai extrait représentait plus de la moitié de la production mondiale. Après une courte période de tfpuble, au ctptflR de-la guerre, due à la cessation des importations allemandes, les besoins croissants des belligérants activèrent la production. Le tableau ci-d§s?sous marque cette évolution :
- 191 ^ 1913.
- 1915..
- i9ï6.
- 1917.
- i9ï8.
- Production
- mondiale. des Etats-Unis. Pourccnla
- I,020,022 563,200 52.20
- 1,055,978 555,990 52.70
- 929-649 525,52g 56.5o
- \ 1,083,7^0 646,242 69.60
- 1,406,353 881,237 62.70
- • i,4i3,o56 856,57o 60.60
- 1,400,000 85o,ooo 60
- Les exportations passèrent de i52 millions de dollars en 1913 à 179 en 1915, 546 en 1916 et 5g4 en 1917. Fait intéressant, le cuivre, qui était généralement exporté sous forme de barres et de lingots bruts, fut de plus en plus transformé dans le pays même en laiton, par suite de la pénurie de main-d’œuvre européenne et les exportations de laiton passèrent de 7 millions de dollars en 1913 à 315 en 1916 et 23g en 1917. De ces exportations, le plus grand acheteur fut la France qui recevait en 1912 5g 585 tonnes valant 20 millions de dollars et en 1916 i52 783 tonnes en valant 90 millions. L’armistice a diminué les ventes, ralenti la production et fait baisser les prix en attendant que le développement des industries électriques crée de nouveaux et puissants besoins.
- Le nouveau pont Notre-Dame à Paris. — Le pont Notre-Dame, un des plus vieux de Paris, vient d’être transformé ; il a été inauguré lé 4 septembre par le Président de la République. Construit en l’an i5oo à la mode italienne avec une double bordure de maisons, il a été reconsti’uit plusieurs fois; en dernier lieu en 1854-Il comprenait alors 5 arches. La gêne qui en résultait pour la navigation était considérable; plus de cent péniches se sont échouées sur l’arche du milieu. Il fut donc décidé de supprimer les deux piles du milieu ;
- La résistance des mouches. — Un de nos abonnés-,. M. Badie-Levet, pharmacien à Bizerte, nous communique l’observation suivante : « d’une carafe dite « attrape-mouches » contenantun liquide composé d’eau, ordinaire et de savon blanc de Marseille, j’extrais des-mouches ayant séjourné dans ce liquide plus de 24 heures-et ayant toutes les apparences de la mort. Je les place sur un lit de cendres de charbon de bois et les-recouvre de 5 mm environ de la même substance.
- « Au bout de quelques minutes on voit les mouches' remuer, et puis sortir de leur enveloppe de cendres — paraissant légèrement étourdies — et finalement s’envoler. ''
- « Le même résultat a été obtenu avec des guêpes ayant ' séjourné dans de l’eau savonneuse et chaude (5o° environ) pendant 48 heures environ et ayant elles aussi toutes les apparences de la mort. »-
- Cette observation confirme ce que l’on sait déjà sur l’imperméabilité des trachées des insectes aux liquides possédant une certaine tension superficielle. C’est ainsi que Portier' a montré que la bile, en abaissant fortement cette dernière, permet aux liquides de mouiller les voies respiratoires des insectes et cause l’asphyxie que ne peut réaliser l’immersion en eau pure.
- Conférence interalliée pour les invalides de la guerre. — Une Conférence interalliée pour l’Etude des questions intéressant les invalides de la guerre aura lieu à R.ome au mois d’octobre prochain.
- Une exposition (prothèse, appareils, graphiques, statistiques et photographies) sera annexée à la Conférence.
- La Conférence examinera notamment les questions suivantes :
- Plastique et prothèse cinématiques ; rééducation physique et fonctionnelle ; les mutilés et les aveugles dans l’agriculture ; *le travail des t aveugles.
- Législation internationale pour les invalides de la guerre.
- Organisation matérielle et économique (mutuelles, coopératives, coopératives de, production, etc.) ; les pensions; les écoles de rééducation après la guerre.
- Les demandes d’admission devant être examinées par les délégations nationales dans chaque pays, les personnes françaises qui désireraient participer à cette Conférence sont priées de se faire inscrire au Comité permanent interallié, 102, rue du Bac, Paris.
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- Comment brocher et relier soi-même volumes, revues, livraisons de toutes sortes. — Brochure. —
- Il est très facile de brocher soi-même les livres et journaux qu on veut conserver sans faire les frais d’une reliure. Et il est indispensable de pratiquer l’opération, tant pour pouvoir consulter commodément les ouvrages quepour éviter qu on déclasse ou qu’on perde des feuilles.
- Brochure à la chinoise. — Les livres chinois sont le plus souvent reliés de la façon suivante, applicable « laque fois qu on veut réunir des feuilles séparées, ou lorsque les imprimés sont à grandes marges. On doit éwter d employer la méthode sur des livres de prix qui seraient irrémédiablement abîmés.
- Avant tout, on classe convenablement les pages à réu-nir, on enlève les réclames et couvertures de revues, et s il y a lieu, pour faire disparaître les traces de plis, on met sous une presse à copier en interposant des feuilles de buvard légèrement humides et laissant toute la nuit sous pression. On met devant et derrière le futur volume des feuilles de papier blanc coupées au format exact. On aligne bien toutes les pages du côté dos, en tapotant sur une table et on pose à plat au-dessus d’un carton épais.
- A 1 aide d une alêne de cordonnier, percer alors trois ou quatre trous minces, près du dos, en prenant des précautions pour ne pas déranger les feuilles, et en plaçant une épingle dans chaque trou sitôt terminé pour bien conserver l’empilement. Ceci fait, à l’aide d’un
- passe-lacet dans lequel on a enfilé du fil de cuisine, on coud à double couture en serrant bien la ligature finalement nouée (lig. i). On passe alors sur le dos, en écartant les feuilles pour faciliter la pénétration, un pinceau enduit de colle forte sur laquelle on collera une couverture de papier fort teinté et on laisse sécher. On peut aussi, comme le font les Chinois, laisser la ligature apparente, en employant a-lors du cordon-net à broder par - exemple, en coton mercerisé, à la fois joli, solide et Fig, 2.
- bon marché.
- Souvent alors, on fixera les ligatures de diverses^façons fantaisistes, le bout de ficelle formant par exemple bouf-fettes décoratives ou signets (fig. 2).
- Brochure normale. — Nous décinvons sous ce nom, non. pas absolument le procédé employé du brochage ordinaire, mais une méthode semblable perfectionnée, donnant des volumes plus solides.
- Les cahiers à réunir étant classés et alignés convenablement, on colle sur celui de tête et sur celui de queue deux feuilles de garde, fixées par un onglet (fig. 3). Il est bon de mettre le paquet sous une presse à copier
- ;Flg. 1.
- pendant quelques heures. Après avoir tapoté les cahiers debout, dos en bas, sur une table pour rectifier l’alignement, on pose lé volume à plat et, à l’aidé d’une carte de visite formant équerre, on trace sur le dos deux lignes à distance égale des côtés (fig. 4)- On peut aussL, au lieu d’employer pour cela tin crayon, prendre un couteau et remplacer les traits par des coupures, profondes de 1 à^3 mm; cela est même préférable.
- On peut alors passer au brochage proprement dit. Une grosse aiguille étant garnie de fil de cuisine est passée aux endroits marqués du,premier cahier (fig. 5), fie façon à entrer et sortir. On coud ensuite de même le second cahier (fig. 6) en sens inverse, on serre et on
- lie les deux brins dépassant bien au ras des trous. Avec l’aiguille, on prend ensuite un troisième cahier, en ayant soin, à la sortie, de repasser l’aiguille dans le
- • -Fia. ».
- Fig. C.
- bout de fil visible qui, eu cet endroit, joint déjà les deux premiers cahiers (fig. ’])' Et on continue de la sorte, le dernier cahier cousu étant fixé par ce dernier nœud du fil autour de la jonction précédente inférieure.
- Finalement, on en colle et on fixe une couverture. A défaut dë couverture imprimée spéciale, on obtient d’excellents résultats et de très heureux effets sur du papier fort à dessin, décoré ensuite à la bruine par exemple, avec certains papiers d’emballage, ou même des couvertures de catalogues industriels!
- Reliure. — Il est relativement aisé d’arriver à faire soi-même, sans les leçons d’un spécialiste et sans trop coûteux appareillage, des reliures solides et propres. Avec un peu d’habileté manuelle, on arrivera même à faire des travaux pouvant soutenir la comparaison avec les reliures ordinaires. On vend, sous le nom de « relieuse Meredien », une presse à transformations (') permettant de faire toutes les opérations de la reliure. Mais à défaut de cet appareil, d’ailleurs facile à construire avec les outils du menuisier, on peut improviser des dispositifs encore bien plus simples.
- Préparation. — Les livres sont débrochés, les revues sont débarrassées de leurs pages-réclames, on colle des pages dé garde, on classe et on aligne comme pour la brochure. Mais au lieu de donner des coups de crayon sur le dos, on donne des coups de scie. C’est le grec-quage. On doit faire quatre entailles pour loger les ficelles et permettre de passer le fil.
- Couture. — Une caissette dont on aura fait sauter couvercle et fond permet d’obtenir un cadre, sur lequel il est facile de tendre des ficelles en perçant des trous ou plantant de petits clous (fig. 8). Les deux ficelles
- seront écartées de manière à pénétrer dans les entailles centrales du dos des feuillets. Avec une aiguille à repriser ou un passe-lacet garni de; fil dë cuisine, on fixe alors chaque cahier aux. ficelles tendues. Et on continue en fixant un autre cahier avec le fil revenant en arrière, absolument comme dans la brochure. Quand tous les cahiers sont cousus, on les presse bien les uns contre les autres, on détend les ficelles, on les coupe de façon qu’il reste de chaque côté du dos un bout libre de 4 à 5 cm, on rectifie l’alignement des cahiers, on passe une couche de colle forte et on laisse sécher.
- Rognure et endossage. —
- Ceci fait, on « rogne » le côté opposé au dos ou « gouttière » en pressant fortement le volume serré entre des Fig- Q.
- planchettes. Une des planchettes affleure juste à l’endroit de coupé et sert à guider un petit morceau de bois supportant une tige d’acier bien aiguisé. A défaut de ce rabot spécial et de presse, on peut opérer avec un gros couteau de boucher, en ne se servant que de la pointe, et en serrant fortement le volume entre deux planches de chêne, épaisses et réunies à leurs extrémités par des boulons (fig. 9).
- U^efois rogné, ce côté long, on « endosse» le volume ï. Voir La-Nature. -Supplément, du \ mai 1912, ]). 179.
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- après avoir appliqué sur le clos une couche de colle de pâte qui rend la colle forte plus souple. A l’aide d’un marteau, on frappe à petits coups sur les côtés du dos de manière à arrondir ce dernier. On lixe, en rectifiant à la main l’arrondi par pressage entre les planches de chêne, en laissant juste dépasser quelques millimètres du côté dos : il se forme ainsi en séchant des angles rentrants où viendront se loger les cartons du couvert. Après serrage, on lisse le dos en frappant au marteau, on badigeonne à nouveau avec de la colle de pâte et on recouvre d’un morceau de papier et de toile; le tout est laissé ainsi jusqu’à parfait séchage.
- Le volume, à l’endossage alors bien fixé, est rogné en haut et en bas ; on opère comme précédemment en réglant les cartons, guide interposé entre les planches de presse et le volume de manière à couper le moins possible de papier; rien n’est plus laid qu’un volume trop rogné. Au reste, on sait qu’en belle reliure le haut seul est rogné un peu.
- Couwrure. — Aux ficelles saillantes de chaque côté du dos sont alors fixés des morceaux de carton un peu plus grands que le volume (couvercles de vieux registres, boîtes, calendriers pourront être ainsi utilisés par l’amateur). Pour cela on perce deux trous à l’endroit où affleurent les ficelles, on enfile ces dernières, au préalable détortillées et effilochées un peu, on imbibe de colle, on aplatit à coups de marteau (fig. io).
- Après avoir fixé ainsi les deux cartons et laissé sécher, on coupe les côtés en se guidant par une règle plate
- passée entre le volume et le carton, et dépassant également un peu tout le long de la partie rognée. Reste alors à coller sur le dos un morceau de toile, de préférence pour commencer de la toile noire à registre. Plus tard on prendra de la toile chagi'inée, chez un relieur, voire même du cuir, en employant toujours alors de la colle de pâte. Ce morceau est d'abord doublé d’un papier fort coupé juste aux dimensions de la partie arrondie du dos. Les bords libres de la toile sont garnis de colle forte, puis on applique sur le volume en serrant bien et on presse. Ensuite, on encolle ce qui dépasse en haut et en bas du dos et on replie à l’intérieur. Finalement on colle deux morceaux de papier marbré de façon à recouvrir le carton et à cacher les bords de la toile, on replie encore. Il ne reste plus qu’à coller les gardes ; on les fera en papier blanc ou marbré, mince, en coupant bien aux dimensions le côté collé sur le carton (l’aittre côté peut/ dépasser, on rogne l’excès avec des ciseaux quand tout est sec)f On enduit de colle forte et on applique en pressant avec un chiffon ; pour être sûr de ne pas, en repliant, plisser le papier aux char nières, il est bon de laisser sécher à plat, et de ne coller l’autre gardedu volume qu’une ou deux heures après la première (ceci pour les débutants; après quelques essais, on saura fermer le livre sans crainte de plisser le papier).
- Finalement, on peut colorer la tranche avec un peu de colle de pâte dans laquelle on aura bien broyé une couleur quelconque. On peut coller dans le dos un signet, on peut imiter divers détails vus sur diverses reliures : c’est le meilleur moyen de se perfectionner que de bien regarder des reliures de tout genre, et même, à l’occasion, de démolir méthodiquement un ou deux volumes reliés.
- D arure. — La dorure du titre dans le dos des volumes donne un réel cachet aux volumes et donne des inscriptions infiniment plus solides que n’importe quelles étiquettes ordinaires. Mais on ne peut se lancer dans cette spécialité que déjà bien exercé en reliure et parce que l’opération est délicate, et, parce qu’elle exige l’achat d’un matériel coûtant au moins 20 ou 3o francs, aux prix d’avant-guerre.
- Pour dorer, on commence par passer sur le dos une couche de colle de pâte légèrement vinaigrée, on laisse sécher, puis on applique avec une éponge douce un peu de blanc d’œuf battu avec 5 ou 10 pour 100 de vinaigre. Après séchage, on frotte légèrement avec un morceau de lard, puis on colle sur tout l’endroit à dorer une feuille d’or. L’or en feuille s’achète en petits livrets de
- papier; en raison de la minceur extraordinaire du métal, on doit le manipuler avec beaucoup de précaution ; le moindre courant d’air enlève la feuille, le moindre frottement la réduit en poussière. Aussi bien perdra-t-on sûrement les premières feuilles du livret. Cet or se prend en posant dessus une feuille de papier buvard; on le dépose doucement sur l’endroit apprêté du dos, puis on appuie des caractères chauffés. L’or colle sur l’albumine coagulé et il suffit de frotter avec un chiffon de laine pour que tout le métal non fixé partoxxt l’inscription ressorte très bien.
- Les caractères à dorer sont en laiton, ils se fixent dans un composteur du même métal, le tout étant mis à chauffer sur une lampe à alcool jusqu’à ce que des gouttelettes d’eau projetées sur le métal commencent à grésiller. Outre le composteur et les lettres, il est presque indispensable d’avoir aussi une « palette » à dorer qui sert à faire les traits ornementés qui encadrent le titre du volume, et un « fleuron » qui*%ert à graver sur le dos un motif décoratif quelconque ; on se sert de l’un et l’autre outil comme du composteur.
- Objets utiles
- Fig. 11. — Porte-serviettes Crab.
- Porte-serviettes Crab. — Généralement, on accroche au mur les essuie-mains et les torchons au moyen d’un anneau passé dans un clou. Mais il faut alors coudre cet anneau et l’essuie-mains pend toujours dans le même sens, si bien qu’un coin est déjà sale quand l’autre n’a pas encore servi.
- Le porte-serviettes Crab permet de fixer instantanément l’essuie-mains ou le torchon dans n’importe quelle position, sans aucune précaution préalable.
- Il est formé d’une applique qu’on cloue au mur et qu’on immobilise au moyen d’un levier qui vient serrer le clou ou le crochet et d’une pince à ressort dont les deux branches s’écartent quand on les relève et serrent l’étoffe quand on les abaisse.
- Le porte-serviettes Crab est vendu par M. Mathieu, 'do, rue Le Peletier,
- Paris.
- Fausset métallique de précision.
- — Lorsqu’on veut conserver un liquide en vidange dans, un tonneau, il faut, chaque fois qu’on en vient soutirer une partie, soit faire sauter la bonde, soit mettre en perce au moyen d’un foret, puis boucher le trou avec un fausset. Le fausset métallique automatique permet de soutirer sans se soucier, ni de bonde, ni de foret. Une fois pour toutes, on perce un trou à la partie supérieure, près de la g) ! bonde, au moyen d’une vrille, d’une mèche, d’un foret, d’un « coup de poing » ; on y enfonce le fausset sans frapper son trou latéral tourné vers l’opérateur. Une bille y apparaît qui indique l’étanchéité. Quand on ouvre la cannelle, la bille disparaît, l’air entre, le liquide peut couler. Dès qu’on la ferme, la bille re-
- Coupe paraît. On évite ainsi les perfora-
- tions multiples, cause de détérioration des fûts, on peut soutirer aussi souvent qu’on le désire sans manœuvres préalables et aussi on assure une meilleure conservation des boissons en ne renouvelant pas l’air enfermé dans le tonneau. La coupe du fausset métallique de précision que représente la figure rend compte de son fonctionnement. Le même fausset peut naturellement servir indéfiniment et est facilement et entièrement nettoyable.
- Ce fausset est fabriqué par l’Industrie régionale, 20. rue des Lombards, Paris. '
- Fig. 12. — Fausset de précision.
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- VARIÉTÉS
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- Détermination de l’acidité ou de l’alcalinité des corps par les végétaux. —• La chimie joue, en agriculture, un très grand rôle. Les agriculteurs ont besoin de savoir si un corps quelconque (terre, eau, engrais, insecticide, etc.),*est acide ou alcalin. Ils peuvent utiliser, à cet effet, le papier ou la teinture de tournesol, mais comme ils n’ont pas toujours ce réactif à leur disposition, ils peuvent employer un réactif qu’ils ont toujours à leur portée et qui est obtenu à l’aide des végétaux. Toutes les parties d’un végétal peuvent le fournir, mais tous les végétaux ne donnent pas un réactif également bon.
- Les plantes aux couleurs les plus vives donnent les meilleurs résultats,- de même que, dans la plante, la fleur, étant, en général, la partie la plus délicatement colorée, est aussi celle qui donne le réactif le plus sensible. Pour obtenir ce réactif et à défaut de mortier, il suffit d’écraser la . partie de la plante choisie dans un vase en verre ou en porcelaine, à l’aide d’un morceau de bois ou de verre et un peu d’eau froide ou chaude.
- L’eau chaude agit plus vite ; on laisse reposer la mixture et on décante ou on passe à travers un linge. On peut filtrer sur papier si on désire une solution limpide, mais cela n’est pas indispensable. L’eau est remplacée par de l’alcool ou de l’eau-de-vie, si on désire conserver longtemps le réactif. Pour l’emploi de ce réactif, on en prend une certaine quantité et on y ajoute quelques gouttes du liquide à essayer ou vice versa, et on observe le changement de coloration. Si le corps à essayer est solide, on le pulvérise, on le délaie dans l’eau et, après repos, on opère sur la partie surnageante.
- Les plantes colorées en rouge, violet, mauve ou en bleu, donnent un réactif à virage très net : rouge avec les acides, vert avec les alcalis. Les plantes colorées en jaune, blanc, etc., donnent des virages moins accentués. Voici les résultats obtenus avec les plantes les plus communes : *
- Plantes.
- Pavot rouge (fleur) .
- Iris bleu (fleur). .. .
- Rose rouge (fleur). .
- Chou rouge (feuilles)
- Radis (racines) . . .
- Betterave (racine) . .
- Mauve (fleur) ....
- La rose est une des rares fleurs rouges donnant une coloration jaune avec les alcalis et une coloration verte avec les carbonates alcalins ; ce fait est dû, probablement, au tanin spécial que contient la rose. M. Arnold-pharmacien, qui, en 1904, fit de très intéressantes expé, riences de détermination de l’acidité ou de l’alcalinité, à l’aide d’un grand nombre de végétaux, constata que le réactif le plus sensible était fourni par la fleur d’iris bleu, et que la sensibilité de ce réactif était supérieure à celle du tournesol; on prépare un papier sensible, à l’iris, qui se conserve bien et qui peut remplacer avantageusement le papier de tournesol dans les laboratoires des chimistes.
- Les réactifs, préparés avec de l’eau de pluie ou de l’eau distillée et filtrée, peuvent même, dans une certaine mesure — ainsi que M. Arnold l’a constaté — indiquer si une eau est potable ou non. C’est ainsi qu’avec le réactif à l’iris, on obtient une teinte grise avec l’eau potable; une teinte verdâtre avec l’eau renfermant beaucoup de chaux, et une décoloration presque complète avec une eau chargée en sulfates.
- Ces observations fort intéressantes peuvent être d’une grande utilité pour les agriculteurs, qui ont ainsi la possibilité dé déterminer Facidité ou l’alcalinité" des corps par la simple intervention des végétaux, c’est-à-dire par l’interprétation d’éléments que la nature met à leur disposition. Henri Blin.
- _____Vira g
- les acides.
- rouge brique rose rose
- rouge vif rouge vif rouge vif rose
- e avec
- Jes alcalis.
- vert clair vert foncé jaune d’or vert foncé vert foncé vert foncé vert clair
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Hygiène quotidienne de la bouche. —Le D1 Pierre Rubin vient de rappeler à l’Académie de Médecine l’importance de l’hygiène de là bouche, surtout pendant les maladies fébriles et en temps d’épidémie. La grippe, dont on recommence à parler, se propage surtout par les voies respiratoires et digestives supérieures, c’est-à-dire par le nez et par la bouche. Qu'un grippé ait une bouche mal soignée, il possède ainsi un bouillon de culture où vont se multiplier les microbes les plus divers et non toujours les moins dangereux qu’il va ensemencer chez ses voisins par sa toux et ses expectorations, mais aussi dans ses propres voies respiratoires déjà lésées, se causant des complications dont on connaît la gravité chez les sujets affaiblis par la grippe initiale.
- Aussi, le Dr Robin recommande-t-il les . soins de la bouche et des dents comme une des mesures prophylactiques les plus éfficaces. Nous croyons bon de répéter ici ses conseils dans la précision de leurs termes mêmes :
- « Chaque jour on doit faire la toilette de sa bouche : i^le matin en se levant; i° après chaque repas; 3° le soir avant de se coucher. La toilette du soir est la plus importante. C’est pendant le repos de la nuit que les germes de la bouche manifestent le plus intensivement leur activité nuisible.
- « La toilette de la bouche se divise en trois opérations :
- « a) Le brossage du pied des dents (rencontre de la couronne avec la gencive) et des faces triturantes des couronnes. Il faut brosser les dents en dehors (du côté des joues), en dedans (du côté de la -langue) et sur les faces triturantes. ’
- « Vingt coups de brosse du côté vestibulaire ou des joues, vingt coups de brosse du côté lingual ou de la langue, dix coups de brosse sur les faces triturantes (le comptage des coups de brosse fixe^ l’attention sur les soins que l’on doit apporter à pratiquer le brossage).
- « L’opération du brossage des dents exige 2 minutes environ; elle doit se pratiquer avec une brosse dure, non pas. sur la dent elle-même, mais sur le pied de la dent. C’est en effet au pied des dents et dans les espaces interdentaires que le brossage et le nettoyage doivent se faire avec soin; c’est là que stagnent les débris alimentaires, c’est là que se forment les dépôt de tartre qui irritent, ulcèrent les gencives, altèrent le ligament alvéolo-dentaire, déterminent des suppurations et finissent par ébranler les dents.
- « Une bouche parfaitement saine ne devant jamais présenter ni suppuration ni tartre ne doit, par conséquent, pas saigner quand on brosse le pied des dents. Donc, si pendant le brossage, il arrive que les gencives saignent, ne pas s’alarmer, ni s’étonner, mais continuer, au contraire trois ou quatre fois par jour à pratiquer des brossages énergiques ; lorsque la suppuration et le tartre auront complètement disparu, les gencives raffermies et devenues saines ne saigneront plus du fait des brossages et les dents ébranlées se trouveront consolidées, la pyorrhée étant guérie par ce traitement.
- « b) Le nettoyage des espaces interdentaires : passer à chaque toilette, dans tous les espaces interdentaires, un fil que l’on fera glisser par un mouvement de va-et-vient alternativement sur la face latérale de chaque dent. Après chaque repas, débarrasser, à l’aide d’un cure-dent les espaces interdentaires de tous les débris alimentaires qui peuvent s’y trouver. '
- « e) On terminera et on complétera cette hygiène par le rinçage de la bouche et des ' dents avec de l’eau fraîche chambrée, parfumée ou non. Les douleurs pror voquées par l’eau fraîche révèlent les lésions dentaires qu’il faut se hâter de faire traiter.
- « L’emploi et l’abus des dentifrices dits très antiseptiques, qui bien souvent détruisent les cellules plus rapidement qu’ils ne tuent les microbes, prédisposant ainsi les tissus à toutes les infections, doit être abàn-
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- HYGIENE ET SANTÉ
- donné. L’hygiène quotidienne de la bouche saine devant être surtout mécanique, elle ne nécessite nullement l’usage des antiseptiques qui seront réservés au traitement des lésions confirmées.
- « Pendant les épidémies, des gargarismes et des
- bains de bouche chauds très fréquents seront faits avec le sérum de Sydney Ringer vulgarisé par Netter et employé pur comme prophylaxie quotidienne de la bouche aussi bien chez les maladçs que chez les gens bien portants. » R. M.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Q*..
- Extraits de cidre. — On trouve dans le commerce, sous ce nom ou sous divers autres de haute fantaisie, des liquides destinés soit à préparer des boissons rafraîchissantes par simple dissolution dans l’eau, soit à « bonifier » les cidres de seconde cuvée, ou les cidres atteints de diverses maladies. Il est bien entendu que les pseudo-cidres faits ou modifiés de la sorte ne sont plus que des boissons de fantaisie, la loi française sur les fraudes ne permettant de dénommer cidres que le résultat de la fermentation du pur jus de pommes.
- Un extrait de bonne qualité sera préparé par simple
- mélange de :
- Acide tantrique pulvérisé ... 20 gr.
- Acide citrique.................. 20 gr.
- Caramel.........................200 c. c.
- Essence de pomme................. 5 c. c.
- Le caramel est lui-même préparé en chauffant à feu nu en remuant sans cesse dans une casserole de cuivre ou de nickel 5oo gr. de sucre cristallisé, 25o c. c. d’eau ordinaire et 1 gr. de cire ou de paraffine (pour empêcher la masse de mousser). Le sirop colore peu à peu, dès qu’il est devenu brun très foncé, on retire du feu; et on ajoute goutte à goutte de l’eau chaude en continuant de remuer, jusqu’à consistance de sirop assez fluide.
- Quant à l’essence de pomme, on pourra — et c’est même plus pratique — l’acheter toute faite chez un spécialiste de parfums alimentaires, ou la préparer avec :
- Chloroforme........................... 1
- Ether nitreux........................ 1
- Ether acétique........................ 1
- Ether amyl-valérianique............... 10
- Aldéhyde.....................• . . 2
- Acide oxalique........................ 1
- Alcool............................... 100
- Voici comment on doit employer l’extrait pour remonter des petits cidres ou des cidres plats, piqués. Dans un fût contenant une centaine de litres du cidre, on introduit un seau d’eau dans laquelle on fait dissoudre environ 4 kg de sucre cristallisé ou de cassonade. Ajouter ensuite 200 à 25o c. c. d’extrait, puis environ 100 gr. de levure fraîche délayée dans un litre d’eau tiède. On achève de remplir complètement le fût avec de l’eau (naturellement, la contenance sera telle qu’il ne faille'pas ajouter ainsi par trop d’eau). Puis on laisse la fermentation s’établir et se poursuivre normalement; en une semaine d’été ou en une quinzaine d’hiver, elle est achevée. On peut alors bonder le fût et conserver le cidre pendant très longtemps. On peut'aussi d’ailleurs consommer de suite la boisson absolument inoffensive, en dépit de ce que pourrait donner à croire l’allure peut-être trop « synthétique » du bouquet. Les constituants de l’essence de pomme ne se trouvent en effet dans la boisson qu’à l’état de traces infimes ; et le parfum naturel des pommes lui-même est composé de produits tout aussi « chimiques » que ceux élaborés dans l’usine avec les produits de la distillation du goudron de houille ou de.-pétrole !
- Comment il faut goûter le bon vin. — On a bien des fois donné de longs conseils sur la façon de déguster dévotement les vins de haut bouquet, mais jusqu’à présent les gourmets seuls nous renseignèrent ainsi; aujourd’hui, c’est un savant qui nous guide : M. Mathieu, de l’Institut œnologique de Beaune. Nous résumons d’après le Bulletin de VAssociation des Chimistes ce qu’il conseille à~ ce sujet.
- Les vins blancs doivent être bus à quelques degrés au-dessous de la température du local; les vins rouges au contraire seront chambrés quelque trois heures avant dégustation de manière que s’établisse l’équi-A
- libre de température. Le vin sera versé très doucement pour décanter la partie claire sans risque d’enlever du dépôt.
- Appeler l’attention de l’intéressé : non seulement on met ainsi en éveil sa sensibilité, mais on le suggestionne un peu en l’inclinant à croire que le vin est remarquable. Naturellement, on fait cela sans insister, ce qui serait du plus mauvais goût! Verser dans des verres minces, à forme de calice, qu’on emplit seulement aux deux tiers. S’exercer à faire tourner le vin le long des parois, ce qui excite la vaporisation des principes volatils. Humer le vin à fines gorgées, chacune retournée dans la bouche, ce n’est point fort élégant, mais c’est délicieux. Avant d’avaler, il est bon d’aspirer un peu d’air qui lèche le vin et parfume délicieusement.
- Engrais complet pour jardins. — Beaucoup d horticulteurs font relativement grand usage d’un engrais complet vendu sous un nom imagé indiquant qu’il crée la vie. C’est une poudre noirâtre qui, d’après le fournisseur, agit lentement comme fertilisant, et peut remplacer le fumier, en même temps qu’il joue un rôle insecticide bien marqué.
- Cet engrais, d’ailleurs excellent, est vendu assez cher. Pour peu qu’on en consomme de façon suivie, on réalisera un bénéfice variant de 20 à 5o pour 100 en le préparant soi-même par simple mélange de:
- nitrate de potasse.......... 6
- sulfate d’ammoniaque. . . 4 fi
- sang desséché............... 12
- corne torréfiée.............10
- superphosphate 14-HL • • • 20
- poudre d’os.................4°
- sel dénaturé................ 6
- Naturellement, chaque produit sera préalablement, s’il y a lieu, pulvérisé, puis tamisé. On conservera au sec.
- Pour l’emploi comme engrais de fond, on saupoudre le sol avant de bêcher, à raison d’une dizaine de kilos par are; même dose est employée en couverture sur les gazons, dès la fonte des neiges. La proportion est bien plus forte quand il s’agit de fumer les terres et composts servant au rempotage des fleurs ou au remplissage des trous de plantation d’arbre : on emploie alors 10 kg environ par mètre cube, le mélange étant fait au moins un mois avant utilisation.
- L’efïetfertilisant de l’engrais complet se fait sentir pendant toute l’année; on remarquera, en effet, que l’azote, l’acide phosphorique y sont contenus sous diverses formes s’assimilant de façon échelonnée?’ Ainsi le nitrate et le sel ammoniacal, immédiatement solubilisés et absorbés par les .plantes, produisent leurellet très rapidement; l’azote du sang agit ensuite, après quoi l’azote de la corne commençant seulement à se désagréger, entre en scène à son tour. Quant à l’action insecticide, nous n’en répondons guère, et elle nous semble, à vrai dire, plutôt problématique.
- Laboratoire de La Nature.
- Pour affiner les déchets de plomb. —Vieux tuyaux à gaz, vieilles balles déformées, tout cela peut être vendu assez cher, surtout si au lieu de livrer le plomb tel que, on le, fond en lingots de belle apparence. Pour , obtenir ces lingots, sans ces « crasses » oxydées qui provoquent une perte'notable de métal, sans que des traces de métaux étrangers (zinc, essence, antimoine), nuisent à la qualité du plomb ; on ajoute par kilogramme de déchets à fondre i5 gr. soude caustique et 5 gr. soufre. On remue constamment pendant toute la durée de la fusion; on coule en lingotières. .
- (Eng. and. Mining Journal.) ,
- «Ü 86
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- sSsT
- Prendre le point de fusion d’un corps n’est pas toujours si facile qu’il peut paraître à priori : parfois la masse devient pâteuse et ne se liquéfie que peu à peu, parfois certaines particules fondent avant d’autres... si bien qu’en opérant deux ou trois fois sur la même substance, il arrive de trouver deux ou trois chiffres différents.
- Voici de quelle ingénieuse façon, M. Biaise évite ces inconvénients pour déterminer exactement le point
- de fusion des - semicarbozones dont il étudiait la constitution. On fait doucement chauffer un bain de mercure dans lequel plonge le réservoir d’un thermomètre très sensible. Puis on projette à la surface un peu de la matière à fondre, finement pulvérisée Un moment vient où les particules, nettement, instantanément se liquéfient : on note alors la température du bain, qui est celle du point de fusion de la substance.
- (Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences. )
- "7PO
- BOITE AUX LETTRES
- >C
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Errata. — Dans nos deux derniers articles relatifs à la T. S. F :
- i° N° 2368. Page io3, colonne de droite, ligne 3, lire : Jouaust et non Youaust.
- 2° N° 236g. Page 122, colonne de gauche, ligne 5o, lire : à très basse fréquence et non à très bonne fréquence.
- 3° N° 2361). Page 124, colonne de droite, ligne 25, lire : chaque lampe débite et non chaque lampe détecte.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- roue à ressorts intérieurs pour automobiles est fabriquée par la Société d’exploitation des roues élastiques Guiot, à Aix-en-Provence.
- Communications. — A propos des ressources électriques alsaciennes (n°2366). — M. Léonhart, un de nos fidèles abonnés de Colmar, nous écrit : « C’est des usines de Rbeinfelden et de Lauffenbourg (et non Auffenburg) que vient le courant à la Société des Forces motrices du Rhin, etnond'OIten », Oltenest sur FAar et ne peut utiliser les chutes du Rhin. Notre collaborateur, M. Pawlowski, vient de vérifier dans la collection des cartes que la Commission technique des Sociétés ePEnergie électrique a fait établir à la date du ier août que le courant vient à la fois de Rheinfelden, de Lauffenbourg et d’Olten.
- A propos de l’ortie. — Un de nos abonnés, M. Guy de Moutard, ingénieur à Castillonnès (Lot-et-Garonne), nous écrit au sujet de l’ortie la lettre suivante :
- « Ce qui serait intéressant à connaître, à mon avis, ce sont les travaux faits en Allemagne sur ce sujet. Faisant de l’occupation aux environs de Mayence, j’ai trouvé chez un libraire de cette ville, Yickers, à la Schillerplatze, si je ne me trompe, un livre assez intéressant : Ersatzstoffe aus dent Pflanzenreiche. C’est un recueil d’articles ou de conférences donnés pendant la guerre par de nombreux docteurs professeurs et assemblés par le Dr Prof. Diels du Jardin botanique et du Muséum de Berlin; il a été édité en 1918 à Stuttgard par la Schweizerbart’sche Verlagsbuchhand-lung. Le chapitre XXII est consacré aux fibres et dans ce chapitre les Urticacées ont quelques pages. »
- Réponses. — M. P. Lekieffre, à Lille. — Les stéréoscopes peuvent recevoir des stéréogrammes de différents formats, pourvu que ceux-ci soient montés de telle sorte que la distance entre les centres des images soit égale à celle qui sépare les centres des oculaires. Toutefois, il est à remarquer que l’emploi de ces divers formats suppose des clichés pris avec des objectifs de foyers différents : or, pour avoir un relief exact, une perspective satisfaisante, en un mot la sensation de la réalité, il est essentiel que les images stéréoscopiques soient observées à l’aide d’oculaires dont le foyer soit à peu près égal à celui des objectifs qui ont servi à exécuter les cliché.s. Si cette condition n’est pas remplie, le résultat sera médiocre. Pour de plus amples explications, vous p ourriez consulter les monographies suivantes La photographie stéréoscopique, par R. Colson'(Gatithier-Yillars, éditeur) ; Pratique de la photographie stéréoscopique, par A. Delamarre(H. Desforges, éditeur); Traité de photographie stéréoscopique, par A.-L. Donnadieu (Gauthier-Villurs) ; Le Stéréoscope et la photographie
- stéréoscopique, par F. Drouin (Ch. Mendel); Traité de photographie stéréoscopique, par C. Fabre (Gauthier-Villars) ; La Stéréoscopie rationnelle, par L. Stock-hammer (Ch. Mendel).
- M. Caperan, agent-voyer principal, à Murat. — Adresses de constructeurs, de concasseurs, broyeurs, etc.
- Neyret-Breynier et Cia, à Grenoble; Chantiers de Gerland, 123, jChemin de Gerland, Lyon; Dalbouze, Brachet et Cie, 11, rue du Château, à Puteaux (Seine) ; Weidknecht et Cie, 1, boulevard Macdonald, Paris; Société anonyme du broyeur Cléro, 3, rue Bourdaloue, Paris; Popineau et Cie,^ 17, rue du Landy, Plaine Saint-Denis (Seine); Max. Campistron, 200, Route de la Révolte, Levallois-Perret (Seine); L. Mora, 18, rue Carie-Hébert, Courbevoie (Seine) ; Ateliers Burton, à Nogent-sur-Oise (Oise).
- M. P. B., à Limoges. — 'L’Etude de la mer deMéheux. 2 vol. reliés, librairie centrale des Beaux-Arts, 2, rue de l’Echelle, Paris. Prix net : 220 francs.
- M. P. M. — i° Il existe de nombreux ouvrages de géographie régionale, mais non spécialement au point de vue des productions animales et végétales; vous pourriez consulter les catalogues de Hachette, Armand Colin. — 20 Comme ouvrages de zootechnie : Zootechnie de Diffloth, Alimentation des animaux domestiques, de Gouin, Baillière, éditeur. — 3° Il n’existe pas de statistiques de la viande par régions ou département : voir pour le cheptel : Le troupeau français et la guerre, par Massé, librairie agricole de la Maison rustique et la statistique annuelle du Ministère de l’Agriculture.
- M. Gibet, à Louvain. — Plusieurs appareils stéréoscopiques à grand format ont déjà été proposés : entre autres, la chambre versostéréoscopique, construite par M. Gilles, sur les données de l’inventeur, M. L. Pigeon, et dont les images sont examinées dans le stéréoscope à miroir bissecteur (Yoy. La Nature, 1907, I, p. 48 et Photo-Gazette, 2S avril 1908). Yous nous demandez ce que nous pensons de la combinaison que vous avez réalisée : nous ne saurions l’apprécier que si vous nous en faisiez connaître torft au moins les dispositions essentielles. Jusqu’à plus ample informé, nous croyons qu’un appareil de grandes dimensions n'aurait, aujourd’hui, que peu d’applications. En effet, la tendance actuelle est de réduire le plus possible le format des stéréogrammes, sauf à utiliser, dans le stéréoscope, des oculaires donnant une amplification qui n’est limitée que par le grain de la gélatine et le foisonnement de l’image. On en retire certains avantages qui sont à prendre en considération : légèreté de l’appareil et des plaques, facilité de visée pour les sujets en mouvement, réduction du prix de revient de chaque épreuve.
- M. IL. Boulestreau, à Paris. — Pour transformer l’écran translucide en écran opaque, il faut commencer par tendre le tissu sur un cadre au moyen de petits clous appelés semences, en interposant un morceau de carton, afin que l’étoffe ne se déchire pas. Gela fait on colle à l’envers d’abord une feuille de papier blanc puis une feuille de papier noir, ceci pour empêcher la diffusion de la lumière au travers de l’écran.
- On applique alors à l’endroit une peinture à la caséine obtenue de la façon suivante.
- Dans un demi-litre d’eau on délaye successivement :
- , Chaux éteinte....................3o grammes
- Caséine ordinaire ..... 35 —
- Silicate de soude............... io —
- on chauffe légèrement au bain-marie .et ou incorpore à la bouillie 20 gr. de blanc de Mcudon et 20 gr. de poudre d’aluminium, très fine.
- Dans Je cas où l’écran aurait été précédemment pré-
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- paré à l'huile de lin, l’alcalinité de la chaux sudira pour transformer cette huile en savon qui ne gênera pas l’opération de peinture; s’il s’agissait de toute autre préparation, il faudrait en connaître la nature exacte pour en déduire le procédé de désapprêtage à employer.
- S. M. C., à Carmaux.— Nous pensons que les défauts présentés par le cirage dont vous parlez sont dus à la présence de la vaseline et vous conseillons d’essayer la
- formule suivante :
- Ozokérite..................... 20 grammes
- Cire de Carnauba ou du Japon. 20 —
- Noir animal................... 10 —
- Essence de térébenthine. ... 100 —
- Chauffer doucement jusqu’à ce que la masse soit devenue homogène, interrompre alors le chauffage et continuer d’agiter jusqu'à refroidissement, que l’on peut du reste hâter en plongeant le récipient dans l’eau froide.
- Eviter de remplacer les cires sus-mentionnées par de la cire d’abeilles qui ne donnerait pas aussi rapidement le brillant. — Vous trouverez si vous le désirez de nombreuses formules de cirages dans les « Recettes de l’atelier », p. 275. Masson,'éditeur.
- M. Jean Brosser, à Rolampont (Haute-Marne). — Les fissures dans la fonte se réparent au moyen d’un mastic à base de sulfure de fer que l’on obtient en mélangeant :
- Limaille de fer...................90 grammes
- Fleur de soufre................... 5 —
- Sel ammoniac..................... 5
- La poudre obtenue est délayée dans de l’eau vinaigrée à 6 pour 100 acidulée en outre par quelques gouttes
- d’acide sulfurique, 011 en forme ainsi une pâle consistante avec laquelle on rebouche les lissures préalablement avivées et débai'rassées de la rouille, le durcissement complet n’est obtenu qu’au bout de quelques jours, mais présente alors une très grande solidité. — Voyez d’autre part dans notre numéro 2307 du 9 août 1919 une formule ayant même objet que nous avons publiée d’après le journal Le Chimiste-, mais son emploi devant avoir lieu sur des pièces chauffées nous paraît moins pratique.
- M. P. JL, à Léopoldville, Congo Belge. — La formule de Guesquin donnée p. 121 des « Recettes de la Maison » doit s interpréter de la façon suivante : 1 à 2 gr. de paraphénylène-diamine ; xoo cm3 d’eau oxygénée ; 20 gr. de bicarbonate de soude et quantité d’eau suffisante pour faire un litre. Les doses de paraphénylène-diamine seront portées à 1, 3 et 5 gr. pour l’obtention des teintes foncées. La teinture ainsi préparée s’applique au moyen d’un tampon d’ouate sur les cheveux préalablement dégraissés, soit dans une eau savonneuse, soit dans une décoction de bois de Panama. L’eau alcali-nisée dont il est question est simplement une dissolution de bicarbonate de soude à 20 gr. par litre ou de l’eau additionnée d’une cuillerée à café d’ammoniaque également par litre. Le lavage à l’eau alcalinisée n'a lieu qu’après céchage,un quart d’heure suffit en général pour développer la teinte et c’est le lavage final qu’il est surtout important de faire à grande eau, pour éliminer tout excès de teinture et éviter les accidents.
- BIBLIOGRAPHIE
- QSC,
- CS^
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) -----------
- Petite chirurgie pratique, par Tn. Tuffier et P. Desfosses, 5° édition. 1 vol. in-8, 714 p., 419 fîg. Masson et Cio, Paris. Prix net cartonné : 20 francs.
- Ce xolume, dont les éditions successives marquent le succès, a été écrit pour les médecins et les infirmières afin de leur donner clairement, simplement les conseils pratiques utilisables immédiatement au lit du malade. Les principales questions dont l’importance nous a été révélée par la.guerre y sont successivement traitées : soins généraux à donner aux malades, matériel chirurgical, asepsie, pansements, sutures, anesthésie, petites interventions courantes autour d’une opération, petite chirurgie spéciale, appareils pour fractures, appareils plâtrés orthopédiques, éléments de massage et de kinésithérapie chirurgicale. Les figures, nombreuses, commentent le texte et facilitent la compréhension.
- Organisation industrielle, par Charpentier, i vol. -365 pages. Dunod et Pinat, éditeurs.
- Pour reprendre la place qu’elle mérite, l’industrie française ne doit pas oublier qu’elle a failli périr du défaut d’organisation. Pour nous, plus que pour toute autre, nation le réveil de notre activité doit être préparé.
- M. Charpentier passe en revue dans l’ouvrage présent la raison d’être des divers organes qu’on rencontre dans l’industrie des fonctions qu’ils ont à remplir et les méthodes à employer pour en tirer le meilleur parti, en indiquant la coordination logique des services d’une usine.
- Byzance. Grandeur et décadence, par Chaules Diehl. 1 vol. in-16, 343 p. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix net : 5 fr. 75.
- Au moment où se discute le sort de Constantinople, il est intéressant de se rappeler son passé dans le
- livre d’un de ses historiens les plus documentés. M. Diehl examine dans ce volume l’évolution de l’histoire de Byzance, les éléments de sa puissance : son gouvernement, son armée, sa diplomatie, son administration, sa richesse, et aussi les éléments de sa faiblesse, sa démoralisation puis sa dissolution lente. Il rappelle les services qu’elle a rendus à la civilisation et le rôle qu’elle a joué dans la formation du monde slave et cela le conduit à examiner son héritage que se disputent Turcs, Grecs, Russes et Balkaniques.
- The metals 'of the rare' earths, par G. P. Spencer, i vol. 279 pages. Longmans Green, éditeur.
- La découverte d’importants gisements de monazite a mis à la disposition de l’industrie des quantités considérables de cérium et de thorium, et à la disposition des savants de grands stocks des autres métaux rar.es pour lesquels on n’a pas encore trouvé d’emplois industriels.
- Aussi l’importance de ces métaux est-elle devenue telle qu’une place spéciale doit leur être réservée dans l’enseignement chimique. Le livre de M. Spencer constitue un guide extrêmement précieux et documenté (plus de xooo mémoires sont cités et répertoriés) qui résume, sous une forme particulièrement nette, toutes les connaissances acquises à l’heure actuelle dans ce nouveau et très riche domaine.
- The Biologie of Dragojifli.es, par R. J. Tillyard. i vol. in-8, 396 pages, 188 figures. Cambridge Zoological Sériés. Cambridge University Press. Prix relié : i5 francs.
- Ce volume sur les libellules fait partie des excellentes monographies de l’Université de Cambridge. On y trouvera, détaillées, l’anatomie et la biologie de cet intéressant insecte dont l’adulte rappelle les névroptères les plus primitifs et dont la larve mène une vie aquatique agitée. Abondamment et clairement illustré, ce livre permettra l’étude facile de ce gi-oupe. Les mœurs, la distribution géographique, les moyens de captui’e, de préparation et d’élevage ne sont pas oubliés. Une Bibliogi’aphie très étendue en fait le livré le plus complet que nous possédions sur ce sujet, le manuel classique qu’il faudra consulter.
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- LA NATURE
- Supplément.
- îs° 23fà
- 20 Septembre 1919
- La tempête magnétique du-11 août. — Les journaux ont signalé que le n août dernier, par suite d’une tempête magnétique, les communications télégraphique^ et téléphoniques ont^été pour ainsi dire totalement interrompues non seulement en France, mais encore dans les pays voisins. Le phénomène s’est étendu jusque dans le nord de l’Europe et a affecté non moins gravement la Norvège et la Suède. Le n, dans toute la Norvège, surtout dans le nord, les communications télégraphiques n’ont pu fonctionner. Si bien que l’Observatoire météorologique de Kristiania s’est trouvé dans l’impossibilité d’expédier à 7 heures du matin les avertissements habituels aux différents ports. La perturbation a persisté jusque dans la matinée du 12; ce jour-là les avertissements météorologiques ont dû être suspendus. En Suède, cette tempête magnétique a sévi non moins violemment et partout les relations télégraphiques ont été interrompues. Ce n’est que dans la journée du 12 que des dépêches ont pu être échangées entre" Kristiania et Stockholm.
- Quel est le meilleur système d’électrification des voies ferrées? — Un grand mouvement se manifeste en France pour l’électrification d’une partie de nos voies ferrées. La disette de charbon, d’une part, l’abondance de nos ressources en houille blanche d’autre part, font de cette transformation une nécessité. Mais quel système employer? Il existe dans le monde un certain nombre de voies électrifiées suivant des procédés différents. Seules l’étude et la comparaison approfondie des résultats donnés par ces systèmes permettent de se faire une opinion précise sur les procédés à adopter dans notre pays, avant d’entreprendre les grands travaux prévus. C’est ce que le Ministre des Travaux publics a fort bien compris : une- Corqmission a été chargée d’étudier les ^diverses électrifications d’Europe et d’Amériqüe; M. Mau-duit au retour'de sa mission aux Etats-Unis fait connaître son opinion, les divers systèmes en présence sont :
- i° Chemin de fer électrique alimenté par courant alternatif triphasé en usage en Italie ;
- 20 Le chemin de fer à courant alternatif monophasé (en usage en France, Suisse et Etats-Unis) ; \
- 3° Le système mixte monotriphasé en usage sur une ligne des Etats-Unis; le courant produit par la station centrale électrique et monophasé, ce qui permet d’avoir le minimum de fils conducteurs ; mais il est transformé sur la locomotive en courant triphasé au moyen d’un convertisseur spécial ;
- 4° Le système à courant continu haute tension (3ooo volts), jusqu’ici èmployé seulement aux Etats-Unis.
- C’est dans ce système qu’est équipée la ligne Harlow-ton à Avery 1710 km à travers les Montagnes Rocheuses, la plus grande électrification du monde à l’heure actuelle. Un second tronçon entre Othello et Tacoma-Seattle (36o km) est en cours d’exécution.
- C’est à ce dernier système, après étude approfondie, que M. Mauduit donne nettement la préférence et il en recommande chaleureusement l’adoption pour les lignes françaises.
- Le système triphasé a donné de bons résultats en Italie; mais il a contre lui le prix élevé de son installa-tion, et la complication de deux lignes de contact, ce qui rend difficile l’équipement des gares.
- Le système monophasé n’a jusqu’ici donné nulle part de résultats entièrement satisfaisants ; les moteurs sont délicats et, d’autre part, des dépenses considérables sont nécessaires pour mettre les lignes télégraphiques ou téléphoniques du voisinage à l’abri des perturbations.
- Le système monotriphasé, n’est pas actuellement au point.
- Le système à courant continu haute tension, au contraire, fonctionne d-une façon parfaite et est remarquable par sa simplicité et sa souplesse; les moteurs sont robustes et faciles à manœuvrer; les voitures sont munies d’un freinage électrique à récupération qui assure la marche la plus souple dans les descentes et procure une grande économie de courant tout en ménageant le matériel. L’entretien des moteurs est peu onéreux.
- Le seul inconvénient est la nécessité de transformer le , courant. Sur la ligne Harlowton-Avery, l’énergie électrique est fournie par une usine hydroélectrique sous la forme de courants triphasés à'100000 volts; c’est la forme, on le sait, qui se prête le mieux au transport de l’énergie électrique à grande distance. Il faut donc transformer ce courant en courant continu à 3ooo volts dans des sous-stations réparties le long de la ligne. On en compte 14 pour-Tes 710 km de la ligne déjà électrifiée..M. Mauduit montre que cet inconvénient, dans i’état actuel de l’industrie électrique, est plus apparent que réel et la comparaison reste tout à l’avantage du courant continu.
- Nouvelle signalisation des routes. — M. Cels, sous-secrétaire d’Etat aux Travaux publics et aux Transports, dans le but de faciliter la circulation des automobiles, vient de généraliser le système de signalisation pratiqué sur le front pendant là giierre.
- i° Aux plaques minuscules en fonte, dont les inscriptions ne sont lisibles qu’en plein jour et pour quelqu’un . marchant à petite allure, on substituera $e grands pla- ' cards, construits avec les matériaux reconnus les plus pratiques suivant la région : tôle émaillée, fonte, bois, etc.
- Sur chaque tableau ne devront figurer que deux noms de localités situées dans la même direction, qu’indiquera une flèche unique. Le premier nom sera celui de la première agglomération rencontrée, quelle qu’en soit l’importance ; le deuxième celui de la première localité importante.
- En haut du tableau on indiquera, en abrégé, la catégorie et le numéro de la route ou du* chemin, renseignements très précieux pour le touriste.
- Là lettre N indique une route nationale ; la lettre D une route départementale ; les lettres G C un chemin de grande communication ; les lettres I C un chemin d’intérêt commun; les lettres Y O un chemin vicinal ordinaire. Tout cela en harmonie avec les indications des cartes routières ;
- 20 La circulaire recommande aux autorités et aux administrations locales de faire inscrire le nom de la localité sur la façade de l’hôtel de ville, des éjcoles, gares, postes, et télégraphes, etc. Dans ce but, on utilisera les murs de clôture, les pignons d’immeubles pour ces inscriptions ; les lettres n’aùrbnt pas moins de 12 cm de hauteur et les tableaux seront disposés de manière à être lisibles la nuit à la lueur des phares ;
- 3° La partie supérieure des bornes kilométriques des routes nationales sera peinte en rouge, ce qui permettra, sans lecture des inscriptions, de reconnaître si l’on suit toujours la grande route nationale, qui constitue presque seule l’itinéraire des automobiles de tourisme ;
- 4° Enfin, un projet de loi a été déposé à la Chambre, portant création de routes à grand trafic Ou à trafic exceptionnel. On pourra ainsi créer une nouvelle catégorie de routes comprenant, dans la plupart des cas, parties de routes nationales ou départementales, parties de chemins de grande communication, d’intérêt commun ou même vicinal. Ces routes seront aménagées d’une manière spéciale et on leur appliquera toute la signalisation des routes nationales.
- Ces diverses mesures, dont la réalisation sera aussi rapide que possible, permettront une grande facilité de circulation. :
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- L’industrie des corps radioactifs en France. —
- Du deuxième volume du Rapport général sur VIndustrie française, nous extrayons les renseignements suivants qui complètent ceux que nous avons donnés précédemment. Les demandes de produits radioactifs, pendant la guerre, pour la défense nationale ont été^importantes, S: soit pour le traitement des blessés, soit pour la préparation de peintures lumineuses destinées aux appareils de visée et de réglage. Il existe en France : 4 usines préparant des cdrps radioactifs ; leur capacité est. de 18 gr. de radium par an. Le prix du gramme de radium élément en 1913 était de 750000 francs. Il est monté à
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- goo ooo francs. Une usine fabrique du m ésothorium ; sa capacité de production est équivalente à 2 gr. de radium élément. Enfin on exploite à Lamalou, mais en quantités minimes, un gaz radioactif : l’émanation de radium recueilli aux griffons de sources minérales.
- Le pays qui fait à la France la concurrence la plus sérieuse est Je s Etats-Unis, favorisés par d’abondants gisepients de carnotite (vanadate d’uranium). Depuis igi'3, le Radium Chemical C° produit 27 gr. de radium; trois autres usines se sont montées et le prix du milligramme n’est que de 6do à 700 francs. Le Portugal a fabriqué 5 gr. de radium en 1918. Une usine anglaisera fabriqué du radium, depuis la guerre en exploitant les pechblendes du pays. Enün l’Italie se préoccupe de monter cette industrie pour exploiter une mine d’acti-niie (phosphate d’urane et de calcium) récemment découverte.
- L industrie française est handicapée par le fait que notre pays.ne possède pas de minerais radioactifs. Mais nos colonies, Madagascar, Indo-Chine, Tonkin, peuvent nous en fournir. En attendant, les minerais espagnols et portugais peuvent alimenter nos usines. Le rapporteur étudie le moyen de conserver à la France, dans cette intéressante industrie, le rang qui revient de droit au pays qui l’a vue naître, grâce aux découvertes des: Bec-, querel et des Curie. Il préconise la création-d’un Institut de Radium thérapie, le maintien du Comité actuel des corps radioactifs ^ et la création d’un Laboratoire indus-Mriel d’études et de recherches en liaison avec l’Institut
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- du Radium.
- Noms des nouveaux états européens. — Le Geo-graphical Journal donne les noms officiels des nouveaux Etats amis créés en Europe par le traité de Versailles. La Pologne s’appellera Tlzeczpospolita-Polska (prononcer Fechpospolita), République polonaise; le royaume des Serbes, Croates et Slovènes a pour titres Kral-jevstvo Srba, Hrvata, i Slovenaca; la République Tchécoslovaque s’intitule Ceskoslovenska Piepublika.
- Seigle et orge allemands dans la région de Verdun. — Les Allemands avaient semé en 1918, en arrière des lignes, des céréales d’automne, principalement de l’orge et du seigle. Nous venons de les récolter. M. Schribaux, qxxi a examiné des épis. d’orge de la région de Verdun, vient d’annoncer à l’Académie d’Agriculture qu’ils sont d’une variété très productive et résistante au froid, l’orge à six rangs, rendant plus en paille et en grain que notre escourgeon d’hiver. Il y aurait donc lieu de “conserver ces grains comme semence afin de propager cette variété dans nos cultures.
- Le ver luisant provençal. — M. Bugnion vient de décrire à la Société de Biologie la larve du ver luisant provençal (Phaüsis Delaroüzei), voisine de celle du ver luisant commun qu’est le Lampyre noctiluque. Elle en diffère par la présence de quatre feux disposés en quadrilatère, deux à la base de l’abdomen et deux à l’extrémité postérieure, donnant une belle lumière verdâtre, visibles sur les deux faces et correspondant à quatre organes phosphorescents flottant librement dans l’abdomen auquel ils ne sont reliés que par une trachée et un nerf. On les observe lumineux chez les larves des deux sexes et ils persistent chez la femelle à l’élat adulte. Le mâle adulte ressemble à celui du ver luisant, mais la femelle, blanchâtre, possède alors six organes lumineux, les quatre, de la larve et deux autres sur le côté ventral de l’abdomen. La lumière produite est encore perceptible à 26 m. de distance. Le Plidusis est très répandu en Provence ; on le rencontre au pied des Alpes jusque vers 1000 m. d’altitude. La larve se nourrit d’escargots «dans lesquels elle injecte un liquide brun au moyen de ses mandibules canaliculées ; ce liquide digère la chair du mollusque que l’insecle suce ensuite, quand elle est réduite à l’état de bouillie. Les organes lumineux du Phausis se retrouvent tous chez le Lam- , -pyre, mais les antérieurs ne sont pas phosphorescents et avaient échappé à l’observation pour cette raison. £
- La perte de poids du musc. — Quelle est la plus petite masse d’une substance odorante qui puisse impressionner l’odorat? Celte question n’a pas reçu de réponse bien nette.
- 11 est intéressant de noter que Fischer et Penzold ont pu déceler dans l’air un dix-millionième de musc et un cinquanle-milliardième de mercaptan. Passay dans un litre d’air a mis en évidence la présence deo,ooo,oo5 gr. de musc, 0,000,oo5 de camphre et 0,000,000,000,04 de .mercaptan.
- Il semble, à priori, que l’origine de la sensation est produite par l’arrivée 'dans le nez de petites particules solides et en conséquence on doit pouvoir mettre en «évidence la diminution de poids cori'espondante.
- En sè servant d’une balance de torsion à fil de quartz, on a constaté que le musc perd de son poids dans un courant d’air sec, puis que la pertè cesse, mais alors le musc n’est plus odorant. Reste à trouver comrùent se produit la sensation d’odeur et par quel mécanisme.-le nez peut les différencier.
- L’Institut Polytechnique de l’Ouest à Nantes. —
- La ville de Nantes vient de créer un Institut Polytechnique qui va ouvrir ses portes en octobre prochain. Nous croyons utile de donner quelques renseignements sur ce nouvel établissement qui va compléter, de façon heureuse, la liste trop réduite encore de nos Ecoles de haut enseignement technique. L’Institut de Nantes a pour objet de former des ingénieurs dans les 4 branches suivantes : Mécanique et constructions navales, Electricité, Chimie, Travaux publics.
- Il comprend une section supérieure (3 ans d’études) : les élèves y sont admis après examen. Le point de départ est les connaissances exigées au baccalauréat, 2e partie mathématiques. Une section préparatoire (une année d’études) a pour objet de préparer à la section supérieure les candidats non bacheliers, quelle que soit leur origine. Une section moyenne (une année d’études) se propose de former des conducteurs électriciens, chefs monteurs, conducteurs de travaux publics, aides chimistes, dessinateurs, etc., en complétant les éludes faites dans les écoles techniques du degré primaire.
- Le chemin de fer d Imperial-ValJey (Etats-Unis)
- — La revue Railway Age,, de New-York (11 avril 1919), donne une intéressante notice sur la ligne ferrée en construction aux Etats-Unis, et en partie aussi sur territoire mexicain, d’El Centro, dans l’Arizona, à San Diego sur la côte du Pacifique, ligne dont la fonction sera de servir de débouché à la région particulièrement riche au point de vue agricole que constitue l’Imperial Yalley. La construction de la ligne s’est faite au milieu de difficultés topographiques qui méritent d’être signalées. De 'San Diego vers l’intérieur du continent, la voie monte sur une distance d’environ 135 kilomètres jusqu’à atteindre la cote 1120: elle présente sur ce parcours une rampe ayant une pente de 1,5 pour 100 sur une longueur de 68 km. Dans la partie venant d’El Centro, la rampe atteint jusqu’à 2,5 pour 100 sur deux sections, l’une de M et l’autre de aS km. Il a fallu percer 17 tunnels, dont 2 de 800 m. de longueur, pour traverser la chaîne de Lagu-na. En un autre point, on a établi un viaduc de 180 m. de longueur et de 60 m. de hauteur, viaduc dont la durée de mise en place avait été évaluée à deux mois et qui en a demandé en réalité six par suite du régime permanent de vents d’une extrême violence. Le tracé du chemin étant indépendant de toute route préexistante, l’établissement d’un chemin de service spécial a été nécessaire pour l’approvisionnement des chantiers, tous les éléments du via-duc ayantété amenéspar camions automobiles. On estime le prix de revient de la ligne à 110 millions de francs, ce qui, pour une longueur de 240 kilomètres, met le kilomètre à 460000 francs. Il ne paraît pas douteux d’ailleurs que la ligne ait très vite un grand rendement. L’Imperial Valley, où l’on ne trouvait pas un seul blanc en 1901, compte maintenant plus de 10 villes et 5ooooo habitants. On y a récolté en 1918 23o millions de francs de produits, les expéditions montant à 11 33o wagons d’orge,-- 3 3oo de maïs, 3a 540 de foin, 1925 de coton, 3 56o de cantaloups, 1 100 de bétail. La ligne terminée, le port de San Diego servira à recevoir les produits d’Imperial Valley en vue d’exportation soit vers la . Chine et le Japon, soit vers l’Europe par le canal de Panama. De vastes docks sont projetés à cet effet par la ville de San Diego, qui a déjà construit des magasins sur une superficie de 4 200 nuj.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 'Electricité
- Eclairage électrique des bicyclettes. L’Alterna-cycle. — La bicyclette devenant, pour l’employeur comme pour l’employé, l’auxiliaire indispensable de locomotion, il était nécessaire, comme pour les autos, de pouvoir utiliser cette bicyclette, de jour et de nuit, sans avoir à se préoccuper de son éclairage, celui-ci devant, par conséquent, être automatique. Les éclairages à huile, à pétrole, à acétylène, s’étaient montrés aussi peu commodes <jue possible; seul l'éclairage électrique restait à expérimenter au point de vue pratique. Le problème semble aujourd’hui définitivement résolu.
- L’Alternacycle (breveté S. G. D. G.) présente les qualités requises pour un éclairage sûr, de durée illimitée et ne nécessitant aucun entretien, partant aucun frais.
- Cet appareil qui est l’application de la magnéto à l’éclairage des bicyclettes est soigneusement construit. Toutes ses pièces en acier mi-dur, trempées et rectifiées, ses roulements à billes glo-biques inusables à centrage automatique et silencieux en font un appareil indéréglable et d’une durée illimitée. La qualité des tôles magnétiques employées,les soins minutieux et précis apportés à leur trempe, la longueur des bobinages et le diamètre des fils exactement calculés, lui assurent un rendement régulier et incomparable permettant d’éclairer puissamment, au moyen d’une ampoule de 4 à 5 bougies, un projecteur spécialement étudié dont le réflecteur parabolique assure une utilisation rationnelle des rayons lumineux.
- L’Alternacycle qui ne pèse que 65o grammes, accessoires compris, se monte en quelques minutes sur toute bicyclette de n’importe quelle marque; hermétiquement clos, tous ses organes étant à l’abri de la poussière, de beau et de la boue, il fonctionne au moyen d’une poulie
- Fie
- L’Alternacycle.
- L’alternacvclc monté sur bicyclette.'
- en caoutchouc entraînée par le pneumatique de là roue arrière. Un simple déclic permet de le mettre en contact avec le pneu ou de l’en éloigner et en conséquence d’avoir ou de ne pas avoir de lumière ; une goutte d’huile tous les 200 km suffit à son entretien.
- L’Alternacycle a été réalisé en différents modèles qui, suivantleur puissance, s’adressent à la motocyclette, à la voiturette ou à la voiture.
- Il peut également s’adapter à toute machine ayant besoin d’un éclairage intermittent, machine à coudre, tours pour ouvriers en chambre, voiture à chevaux, omnibus, tramways, chemins de fer, avions, et même servir à l’éclairage domestique, soit au moyen de turbine à eau, à air, à vapeur, en utilisant les canalisations existantes oü par mouvement d’horlogerie
- L’Alternacycle est construit par les établissements Rosengart, 6i-65, boulevard Soult et 7~i3, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e.
- *> Automobilisme <<&
- Porte-bagages Maingard. — Il n’est pas d’automobiliste qui ne désire une installation pour transporter ses bagages sans encombrer la voiture ni pratiquer des amarrages .de fortune aussi disgracieux que fragiles. Le porte-bagages Maingard résoud élégamment le problème. Il se fixe par quatre boulons de 12 mm. sur la traverse arrière du châssis, les supports posés à 1 intérieur pour que ces supports portent bien, il suffit d armer le châssis de deux morceaux de bois dans lesquels viendront passer les boulons. Une seconde traverse, à laquelle on perce deux trous de 10 mm aux distances que donne la largeur intérieure du châssis, fixée à o m. 3o. Ce montage est des plus simples et s’exécute en très peu de temps.
- Fig. 3.— Porte-bagages Maingard. En haut, tiré et vide; en bas, tiré et chargé.
- Fermé, ce porte-bagages se dissimule sous le châssis, n’enlève ainsi aucune élégance à la voiture et ne détériore pas la carrosserie. Tiré, il ne masque ni le numéro de la voilure ni la lanterne qui sont apposés sur le porte-bagage lui-même. La simplicité de son système permet de le tirer ou de le fermer en quelques secondes. De même, la malle y est adaptée instantanément. Il suffit d’avoir fijfé à la partie inférieure de la malle les deux ferrures livrées avec l’appareil, pour amarrer automatiquement celle-ci au dispositif de fermeture du porte-bagage sans besoin de courroies. Il se fixe en position de fermeture et d’ouverture au moyen de leviers qu’on amène dans des mortaises.
- Le porte-bagages Maingard e.st vendu par MM. Mestre èt Blatgé, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- Bâtiment
- Constructions en murs creux Nasousky. — La
- Nature a déjà décrit (n° 2 363) un certain nombre de procédés de construction applicables à la reconstitution
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- SCIENCE APPLIQUEE
- des régions libérées. En voici un autre qui emploie des éléments en ciment moulés d’avance en série. Les murs sont formés de deux parements indépendants, l’un extérieur, l’autre intérieur, peu épais et d’un aspect agréable; l’extérieur imite remarquablement la pierre, l’intérieur est assez lisse pour supporter directement la pose des papiers de tenture sans enduit de plâtre
- Fig. i. — Cimstniction avec clés rectangulai
- intermédiaire. Les éléments se montent au mortier. La particularité du procédé Nasousky est que les deux parements sont rendus solidaires par la seule liaison de clés hydrofüges qui n’interceptent pas le matelas d’air et ne permettent pas que l’humidité s’infiltre par capillarité de la paroi extérieure à l'intérieure. Les mêmes pierres peuvent être employées pour des murs de différentes épaisseurs, seul, le système de clés varie ; les murs d’épaisseur moyenne, 26 â 40 cm comportent des clés rectangulaires, ceux de 5o cm et plus des clés cruciformes. Les clés sont munies de tenons qui s’emboîtent dans la. queue de chaque élément formant ailette et munie d’une encoche à la partie supérieure. Les angles comportent une queue d’aronde permettant l’accrochage dé l’élément dans le béton de remplissage.
- Le procédé Nasousky a déjà fait ses preuves avant la guerre dans diverses constructions de la Seine-Inférieure qui n’ont pas bougé depuis ; le système à clés cruciformes a notamment servi à l’édification de l’église Saint-Léon du Havre qui comporte une voûte d’une largeur de 10 m. à la nef et qui tient sans arcs-boutants;
- Fig. 2. — Construction avec clés cruciformes.
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- les églises de Notre-Dame des Neiges à Graville Sainte-Honorine, Sainte-Cécile au Havre, Notre-Dame de Lourdes à Sotteville-lès-Rouen sont également construites par ce procédé.
- Procédés Nasousky, 3, rue de Surène, Paris.
- "Photographie
- Lanterne « Frigida » pour la projection des au-tochromes. — Les plaques autochromes exposées à la chaletir risquent de se couvrir de craquelures. C’est un
- accident d’autant plus fâcheux que chaque vue n’existe généralement qu’en exemplaire unique. Aussi les auto-chromistes ont-ils soin de ne laisser leurs plaques que quelques secondes au foyer de la lanterne de projection ; et les vues les .mieux réussies, les plus intéressantes, celles que les spectateurs tiendraient à contempler plus longtemps que les autres, sont précisément celles que l’on se hâte de faire disparaître le plus rapidement.
- "41 fallait donc trouver un moyen compatible à la fois avec la conservation des plaques et le temps suffisant pour que les yeux puissent être satisfaits d’un spectacle attrayant. La chaleur à laquelle sont soumis les diaposi-tifs de projection tient à deux causes : absorption des radiations et échauffement par conductibilité. La chaleur due au rayonnement est difficile à éviter, mais n’a ici qu’un rôle secondaire, car elle est surtout produite par les radiations rouges, et l’arc électrique en émet relativement peu. L’échaulïement par conductibilité est notablement plus considérable. v
- On l’avait déjà atténué, en disposant le condensateur hors de la lanterne, de manière à éviter que cette masse, très mauvaise conductrice de la chaleur, ne s’échauffe outre mesure et n’échauffe-par son contact la plaque placée à proximité. On avait aussi préconisé l’interposition de cuves à eau, à alun ou à sulfate ferreux; mais cette méthode, excellente lorsqu’il s’agit de micro-projection, est une source d’ennuis dans la projection des autochromes. Outre que l’écran liquide absorbe beaucoup de lumière, l’eau s’échauffe rapidement, se trouble et dégage des bulles qui forment autant de tachés sur l’écran.
- La lanterne « Frigida » réalise plus complètement
- . Fig. 6. — La lanterne “ Frigida ”. . ,
- les conditions requises. Une caisse en tôle contient la lampe à arc, dont l’intensité peut, au besoin, être poussée jusqu’à 40 ampères. Une des lentilles composant le condensateur se trouve intercalée entre le corps en tôle et une caisse en bois (substance mauvaise conductrice de la chaleur) dans laquelle sont ménagées des ouvertures pour former un appel d’air. Lorsqu’on place la main sur le parcours du faisceau lumineux, on se rend très facilement compte de la différence de chaleur -qu’on reçoit aux différents points de ce parcours, et l’on constate, comme c’était à prévoir, que la température est d’autant plus faible qu’on s’éloigne davantage du condensateur. Pour ne pas exagérer les dimensions, le constructeur s’est limité à une distance de 25 centimètres environ.
- Le faisceau lumineux, qui n’a rien perdu de son intensité, vient ensuite traverser le second élément du condensateur. Mais, pour diminuer encore la chaleur qui pourrait être transmise à l’autochrome, le dispositif de va-et-vient qui~effectue le changement des vues porte deux lentilles convergentes juxtaposées, de foyer convenablement accordé à celui de l’objectif. Ces deux lentdles se présentant tour à tour devant le faisceau éclairant se trouvent alternativement échauffées, puis refroidies,à chaque changement de vue. Elles ne peuvent donc emmagasiner qu’une faible quantité de chaleur qu’elles n’ont d’ailleurs pas le temps de transmettre à la plaque.
- Cette combinaison a permis de laisser exposée pendant plus de 10 minutes une vue autochrome au foyer d’un arc de 35 à 40 ampères, sans échauffement notable et sans aucune trace de détérioration.
- La lanterne «Frigida » est construite par M. G. Mas-siot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris,
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- Défendons-nous contre la rage. — On signale de tous côtés une recrudescence de la rage ; c’est une conséquence de la guerre. Quelles sont les précautions à prendre contre ce dangereux fléau ? Comment le dépister et le combattre ? Nous trouvons la réponse à ces questions dans un excellent tract de M. Rennes, vétérinaire départemental de Seine-et-Oise. Nous en extrayons ce qui suit :
- « On ne connaît pas toujours facilement, ni à temps, l'existence de la rage chez le chien; bien au contraire, c’est une maladie trompeuse. La salive est toujours virulente 24 heures, et parfois 48 heures avant l’apparition de tout changement dans les allures du chien ; un animal peut conserver tous les signes extérieurs de la santé, manger, être g^i et caressant comme à l’ordinaire, et porter dans sa gueule le virus de la rage. Ôn a donc à craindre la rage si l’on a été mordu ou léché par un chien, même si le lèchement ou. la morsure a eu lieu plusieurs jours, avant que le chien ait été reconnu enragé. -
- Après le besoin de mordre et l’accès de fureur, ce qui caractérise la rage, c’est la paralysie. Le chien enragé qui meurt naturellement tombe toujours paralysé. Mais quelquefois la paralysie est le premier symptôme apparent; en ce cas, le besoin de mordre et l’accès de fureur n’existent pas ou sont très atténués. Le chien atteint de la forme furieuse se sent fou de rage et répond avec fureur à la moindre provocation ; au contraire, le chien atteint de la forme paralytique se sent impuissant et se montre craintif. Assez souvent la paralysie débute par les muscles du larynx et de la mâchoire inférieure; celle-ci est pendante, la langue sort de la bouche, une bave abondante s’écoule. C’est ce qu’on appelle la rage mue.
- Ne mettez jamais la main dans la gueule d’un chien sous prétexte « qu’il a un os dans la gorge » ; la vérité, c’est qu’il a une paralysie des muscles-du larynx; il est enragé. Ne dites pas : « Ce chien boit, donc il n’est pas enragé » ; le chien enragé a soif ; il boit avidement, jusqu’à ce que la paralysie du pharynx l’empêche d’avaler; ainsi n’appelez plus jamais la rage hydrophobie, ni le chien enragé hydrophobe ; c’est une erreur qui a causé bien des malheurs.
- Quand un chien, ordinairement tranquille, s’.est échappé de chez son maître, qu’il a disparu pendant un ou plusieurs jours et qu’il rentre épuisé, haletant, pour se réfugier dans un coin, il faut bien se garder de le corriger, mais l’attacher ou l’enfermer avec précaution et le tenir en observation. Cette fugue est souvent un indice grave de la rage furieuse.
- Il est toujours imprudent de frapper, de menacer et même de caresser un chien ou un chat que l’on ne connaît pas parfaitement; en temps de rage, mêmé les chiens et les; chats de la maison doivent être tenus pour suspects;.la preuve, c’est que les propres maîtres, les personnes ou les enfants de la famille sont souvent les premières victimes des chiens oü des chats devenus enragés.
- Le chat enragé, en général, se tapit dans quelque coin pour y mourir tranquille si rien ne vient le déranger; mais si, par imprudence, on cherche à le tirer de sa retraite, si on le provoque, même sans s’en douter, le chat devient furieux, s’élance, s’attache par les griffes à sa victime et mord avec une violence extrême, indifférent aux menaces et aux coups, restant parfois suspendu par les dents implantées profondément. Il dépose ainsi le virus au fond des tissus et sa morsure est très dangereuse.
- La rage est un fléau facilement évitable; la réglementation sanitaire contient tout ce qu’il faut pour la combattre. Si, cependant, elle a causé dans ces dernières années tant de deuils lamentables, c’est que la loi
- n’est pas observée, parla négligence coupable et la résistance plus coupable encore des propriétaires de chiens.
- La police de la rue appartient autant au bon citoye'n qu’à l’autorité municipale. Quand on sait que la rage court les rues, laisser divaguer son chien est une lourde faute, puisque l’on fournit ati mal un nouvel alimenta C’est encore une grave imprudence vis-à-vis de soi-même, puisque le chien peut rapporter la mort à son propre foyer. _
- La loi ordonne l’abatage de tout chien qui a été en contact avec un chien enragé, même si la morsure n’est pas certaine.} La loi a raison; car il nJest nullement nécessaire qu’un chien ait été mordu profondément pour contracter la rage; le simple dépôt dans l’œil, le nez ou la bouche d’un peu de bave virulente, sans blessure apparente, peut suffire à donner la maladie. L’abatage des chiens contaminés est obligatoire même si le contact a eu lieu avant que la rage se soit nettement déclarée chez le chien enragé, car sa bave est déjà virulente plusieurs jours avant l’apparition des symptômes.
- La loi ordonne l’abatage immédiat ; elle ne vous permet pas de garder en observation votre chien contaminé. La loi a raison, car il peut s’écouler de longs mois avant qu’il devienne enragé; pendant ce temps, il n’aura pas l’air malade ;*voüs vous imaginerez qu’il n’a' rien, votre inquiétude disparaîtra peu à peu et c’est au moment où vous serez complètement rassuré que votre chien, devenu dangereux, sera cause d’un nouveau malheur.
- Faites abattre votre chien, même s’il est seulement soupçonné d’avoir été en contact avec un chien enragé. Est-on jamais sûr qu’il n’y a pas eu contact ? Le chien enragé s’acharne rarement sur ses victimes; il ne les cherche même pas toujours ; souvent ce sont, les autres chiens qui, attirés par son allure étrange, vont à lui pour le flairer; il donne un coup de dent et s’enfuit; l’acte est rapide et silencieux, il n’attire pas l’attention; des centaines de chiens se trouvent ainsi contaminés sans que personne s’en doute; ils deviennent autant de foyers nouveaux de contagion.
- Quand vous êtes ignorant du contact, votre ignorance est une excuse. Mais quand vous l’avez connu ou seulement soupçonné, comment supporteriez-vous la pensée que, par égoïsme ou négligence, vous puissiez devenir la cause indirecte de la mort d’une personne ou d’un enfant? Songez que cet enfant peut être le vôtre, et que, si c’est celui d’un autre, vous pourriez avoir à supporter, outre vos remords, une lourde responsabilité pécuniaire.
- N’essayez pas d’acquérir une fausse sécurité ou d’atténuer votre responsabilité, en vous faisant délivrer, par un vétérinaire, un certificat constatant que votre chien contaminé a toutes les apparences de la santé. Le vétérinaire ne sait pas plus que vous, parce que personne ne peut le savoir, si votre chien est ou non en possession de la rage, ni quand elle se déclarera.-Il est d’ailleurs interdit aux vétérinaires de Seine-et-Oise d’établir de tels certificats. Ils ne doivent pas davantage, parce que c’est contraire à la loi, prendre chez eux en observation des chiens contaminés ou soupçonnés de l’être, à moins d’une, réquisition formelle et sous la responsabilité de l’administration.
- Il en va tout autrement quand vous appelez le vétérinaire, non pas pour un chien contaminé qui a conservé les apparences de la santé, mais pour un chien qui a mordu ou qui présente quelque indice de maladie ; ce n’est plus un chien contaminé, c’est un chien suspect de rage. A ce moment, le vétérinaire est qualifié pour vous dire si le fait d’avoir mordu, ou le malaise dont le chien souffre se rapportent à la rage; une observation attentive de 8 à 10 jours est généralement suffisante; pendant cette observation, le chien sera isolé, bien attaché ou enfermé. »
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- Essais pour l’enlevage des taches faites sur les tissus avec les encres de couleur^ — S’il existe de nombreux procédés bien connus et suffisamment effi-
- caces pour enlever les taches d’encre noire faites sur le linge et les étoffes, on connaît moins bien de bonnes et simples méthodes pour enlever à coup sûr les taches
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- produites par les encres de fantaisie. Il existe bien d’assez nombreuses formules, mais bien souvent elles conviennent mal, parce que les encres anciennes n’étaient pas préparées avec les mêmes pigments que les encres modernes.
- Nous fîmes quelques essais méthodiques pour étudier 1 action de principaux décolorants usuels sur les encres violettes et rouges, de beaucoup les plus employées parmi toutes les encres du commerce.
- Pour généraliser la portée de nos essais, nous nous étions d’abord assuré que toutes les encres du commerce étaient en principe composées des mêmes constituants : un violet méthyle pour les encres violettes et de l’éosine pour les encres rouges. Et nous fîmes nos essais de détachage en même temps sur des encres commerciales de marques connues, et sur des encres que nous avions préparées selon les formules qui furent publiées dans La Nature.
- Nous opérâmes aussi en double pour ce qui concerne le tissu taché. On sait, en effet,, que la plupart des colorants synthétiques ont d’inégales affinités pour les fibres d’origine végétale et les fibres d’origine animale, et le violet méthyle, pour le prendre justement comme exemple, qui peut teindre directement la laine et la soie, ne teint le coton qujiprès mordançage au tanin et à l'émétique. Nous nous bornâmes d’ailleurs à opérer sur un lainage' (flanelle ordinaire) et sur une cotonnade (schirting). Yoici le détail des constatations que nous limes :
- Action des hypochlorîtes. — Une solution de chlorure de chaux à S pour 100 environ fait, sur coton, presque disparaître les taches d’encre violette, mais n’enlève que très incomplètement les taches d’encre rouge. Sur lainê, l’hypochlorite produit une sorte de teinture jaunâtre du plus mauvais effet, qui retire tout intérêt pratique au procédé : d’ailleurs, la décoloration, très prononcée pour les taches rouges, est tout à fait insuffisante pour le violet.
- Action des hydrosulfites. — Des divers produits commerciaux à base d’hydrosulfites alcalins stabilisés par le formol, nous avons choisi l’hyraldite Z concentré soluble, de la Manufacture lyonnaise des Matières colorantes, d’emploi particulièrement commode. Les tissus tachés furent plongés dans un bain à 5 pour ioo d’hyral-dite chauffé peu à peu jusque vers l’ébullition. Sur lainages, on obtient un affaiblissement très poussé des taches violettes, mais les taches rouges restent assez bien visibles, etle fond du tissu se colore entièrement en rose. Sur cotonnade, même effet produit, avec cette différence qu’il n’y a pas teinture du fond. En faisant succéder à l’action réductrice de l’hydrosulfite l’action oxydante d’un persel, nous n'avons obtenu aucune bien nette amélioration du démontage.
- Action du perborate sodique. — Sur lainage un baitr-dé solution aqueuse à 5 pour ioo d’un perborate mélangé de sel Solvay (Perboraline Rousselot) agissant d’abord à froid, puis à chaud, produit également une teinture en rose du fond de l’étoffe, mais bien moins marquée que dans le cas de l’hydrosulfite. Les taches roses ont presque disparu, et' paraissent d’autant moins visibles qu’elles sont justement sur fond rose. Quant aux taches violettes, elles deviennent jaunes ou vertes, et quoique leur intensité baisse notablement, elles demeurent fort visibles. Sur cotonnades le perborate fait complètement disparaître les taches de violet méthyle, et décolore partiellement les taches rouges, qu’on peut amener à l’état de traces presque invisibles en faisant suivre le traitement oxydant d’un traitement réducteur à l’hydrosulfite : ce traitement est à éviter s’il y a des taches d’encre violette, lesquelles deviendraient brunes.
- Blanchiment au permanganate bisulfite. — Cet ancien procédé consiste, comme on sait, à faire d'abord subir aux tissus un traitement oxydant dans une solution de permanganate de potassium, puis à traiter l’étoffe par une solution réductrice de bisulfite sodique pour dissoudre les oxydes manganés formés, et parachever la destruction des matières colorantes. Nous avons opéré dans des bains relativement concentrés contenant i à 5 pour ioo de réactifs, en rinçant entre chaque opération, et en donnant deux cycles d’opérations, le premier* traitement s’étant révélé plutôt insuffisant. Dans ces conditions, nous avons pu constater que sur laine la décoloration était insuffisante aussi bien pour l’encre
- violette que pour l’encre rouge ; au contraire sur cotonnade, les taches violettes disparaissent complètement, et les taches rouges, d’ailleurs très atténuées, demeurent encore légèrement visibles.
- Procédé de décoration du bois. — Ayant eu l’occasion de voir des meubles de bois blanc assez joliment décorés en traits blancs sur fond sombre de nuances diverses, nous avons, au Laboratoire de La Nature, essayé de reproduire ce genre d’ornementation.
- La projection de teintures diverses avec un pulvérisateur, avec traits réservés par couches de papier ne nous a pas donné de bons résultats : le liquide tinctorial pénètre par capillarité sous les parties abritées par des cadres. En collant des lettres de papier ignifugé, puis brunissant ensuite par carbonisation à la flamme d’un brûleur à gaz ou d’un crayon à pyrograver, on obtient aussi des réserves partiellement teintées.
- De meilleurs résultats sont donnés par une méthode analogue à celle employée par les indigènes de la Malaisie pour la teinture de leurs étoffes, le batik, très heureusement mis à profit par certains décorateurs modernes, en particulier les hollandais. Elle consiste à recouvrir les surfaces à teindre de traits en cire, après action du liquide colorant, on enlève la cire qui a parfaitement réservé en blanc les fibres qu’elle imprégnait. Yoici, pour appliquer ce procédé à la décoration du bois, comment il convient d’opérer.
- On se sert de cire, de paraffine ou de cérésine fondue dans un godet quelconque à douce température. Aux pinceaux, qui présentent l’inconvénient d’un prompt refroidissement provoquant la solidification de la masse imprégnant les poils, nous préférons un tube de verre très finement effilé, qu’on chauffe, puis qu’on emplit de paraffine en aspirant par le gros bout, à la manière d’une pipette. On promène ensuite le petit bout sur le bois bien propre et sec (ne jamais opérer sur bois résineux, ou verni, ou ciré) en passant le tube dans la flamme d’une lampe dès que le contenu prend en masse.' Si possible, il est bon de travailler sur le bois lui-même chauffé par exposition à proximité d’un fourneau ou d’une bouche de calorifère. Eviter de faire des coulures, des traits ratés : ce serait indélébile.
- La teinture peut être faite au pinceau ou par projection de bruine avec un pulvérisateur. On peut employer du brou de noix, ou toutes sortes de couleurs artificielles en solution dans l'eau. Mais pour obtenir des bruns très solides, rien ne vaut de simples solutions de divers produits chimiques (dans l’eau ordinaire, en doses variant de 2 à 5 pour ioo). Le permanganate de potasse donne un brun foncé roux, l’iode (en solution dans une solution d’iodure de potassium) un brun jaune, le nitrate d’argent, après exposition à la lumière, un brun violacé. L’acide sulfurique fort agissant pendant 5 minutes, après quoi on lave à grande eau et on essuie, donne un fond parsemé de fins petits traits noirs.
- Finalement, après séchage, au lieu de gratter pour enlever la paraffine ou la cire, il est bien préférable de lisser avec un fer chaud qui provoque la fusion de l’enduit et l’imprégnation des parties teintes, dont les nuances sont de la sorte rendues plus pleines, plus chaudes. Cela remplace la mise à l’encaustique.
- Pâte à gesso. — Le gesso est un procédé de décoration très ancien (il était employé à Pompéi) qu’on a dernièrement rénové. Il consiste à orner une surface plate de filets en pâte appliquée chaude et durcissant au cours du refroidissement. Il convient pour orner des cadres, des panneaux, pour tracer des lettres de réclame, etc....
- Une pâte pour gesso peut être préparée avec un
- mélange de :
- x Huile de lin..........iiS gr.
- Résine broyée......... io à i5 gr.
- Colle forte concassée. . io à i5 gr.
- On fait digérer au bain-marie en remuant de temps à autre, puis on ajoute en triturant suffisamment de blanc d’Espagne pour obtenir une bouillie épaisse. On fait réchauffer s’il y a lieu pour l’emploi, et on remue assez souvent pour éviter la sédimentation.
- On applique avec un pinceau à longs poils, qu’on ne pose pas sur la surface à décorer, mais qui sert à y laisser tomber des gouttes. Celles-ci sont reprises et
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- rectifiées avec un ébauchoir de métal, ou à défaut le manche d’une cuiller à café, la lame d’uu canif. La pâte mettant un ou deux jours pour durcir, on a tout le temps de fignoler le modelage, et de laisser tomber des nouvelles gouttes quand c’est nécessaire. Il est souvent avantageux de faire les dernières retouches quand la pâte est à moitié séchée.
- Après séchage, on colore soit avec de la peinture laquée, ou des mixtures pour argentage et dorure. On peut aussi préparer des pâtes colorées dans la masse en mélangeant au blanc d’Espagne des couleurs à peinture en poudres fines. (,Tournai des travaux manuels.)
- Badigeons spéciaux. — Badigeon au fromage. — Ce badigeon qui a plus de durée que le badigeon ordinaire se compose de chaux récemment éteinte, de plâtre fin ou à modeler, de céruse et de fromage blanc. La chaux étant tamisée, on ajoute le fromage, puis le plâtre et la céruse; le tout est bien mélangé afin d’avoir une pâte molle que l’on étendra d’eau au moment d’appliquer le badigeon.
- Les proportions sont pour io kg de badigeon : chaux 6 kg, plâtre a kg, fromage o kg 5oo, céruse x kg 5oo.
- Pour la première couche, étendre i kg de cette préparation dans 10 litres d’eau; pour la deuxième couche, étendre dans moins d’eau de façon qu elle soit un peu plus épaisse. On peut teinter comme dans le badigeon ordinaire.
- Badigeon au sang. — Ce badigeon qui est très adhérent et peut s’appliquer aussi bien extérieurement qu’in térieurement, communique à la peinture une belle couleur pierre. On le prépare en ajoutant à du lait de chaux ordinaire une quantité de sérum de sang en proportion variable selon l’intensité de la teinte que l’on veut obtenir.
- Badigeon, ait lait. — H se fait de deux façons selon qu'il s’agit de l’extérieur ou de l’intérieur.
- Pour l’extérieur : on délaye i kg de chaux éteinte dans x litre de lait écrémé de manière à avoir une bouillie claire, on ajoute ensuite o kg 65o d’huile d’œillette, de noix ou de lin que l’on brasse fortement avec une spatule. D’autre part, on délaye 12 kg 5oo de craie en poudre dans 10 litres de lait écrémé. Ces deux préparations étant mélangées, on ajoute o kg 3oo de chaux éteinte, o kg 3oo d’huile et o kg 3oo de poix de Bourgogne dissoute préalablement dans l’huile sur feu doux.
- Pour l’intérieur, on s’en tient seulement au mélange de deux préparations.
- Badigeon à la pomme de terre. — On pilonne finement des pommes de terre épluchées, cuites à l’eau, que l’on tamise ensuite pour obtenir une bouillie claire. On ajoute du blanc d’Espagne ou de Meudon. Les proportions sont : 2 kg 5oo pommes de terre (ou o kg 5oo de fécule) pour 10 litres d’eau et 2 kg 5oo de blanc pour xo autres litres d’eau, ce qui donne un peu plus de 20 litres de badigeon.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonneme at. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Demande de nos lecteurs. — M. E P., à Saint-Etienne, demande des ouvrages traitant des armes (canons ou fusils) à air comprimé.
- Réponses. — Senor don Manuel de Murga, à Bilbao. — La fabrication industrielle de l’eau oxygénée consiste à prendre du bioxyde de baryum que l'on hydrate en le mélangeant avec de l’eau après l’avoir finement pulvérisé; un contact de 3 à 4 heures est nécessaire avec agitation. La bouillie épaisse est attaquée dans un vase en plomb par l’acide fluorhÿdrique en léger excès. On laisse déposer et on décante le liquide clair. Celui-ci est alors additionné d’un peu dé bioxyde de baryum pour précipiter les impuretés basiques qu’il renferme, on filtre rapidement et en dernier lieu on élimine les traces de baryte par l’acide sulfurique.
- L’eau oxygénée médicinale est obtenue par purification du produit commercial, soit par distillation dans le vide soit par l’éther qui a la propriété de dissoudre l’eau oxygénée, tout en laissant les corps étrangers.
- En dehors de l’usage médical l’eau oxygénée a aujourd’hui de nombreux emplois dans le blanchiment et la teinture ; c’est un oxydant très maniable et ne présentant pas les inconvénients du chlore.
- Nous ne pouvons même approximativement vous dire quel serait le prix d’une installation de ce genre, il dépend de l’importance de l’usine, c’est-à-dire de la production que l’on a en vue.
- Pour la documentation voir le dictionnaire de Wurtz. Supplémènt D-E, p.-355.
- M. B. G., à Angers. — On peut se servir directement de la solution habituelle de caoutchouc vendue en tubes pour la réparation des pneumatiques, en observant les précautions suivantes : bien décaper les parties à coller au moyen de papier de verre puis d’essence ou de benzine, laisser la solution s’évaporer jusqu’à adhérence aux doigts, passer rapidement avec un pinceau une solution de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone (3 pour 100), appliquer et serrer fortement pendant quelque temps,
- 'M. B., à Limoges. — Les deux défauts que présentent vos photographies (flou et manque de con-
- trastes) seraient sensiblement atténués en employant un diaphragme plus étroit que celui que vous avez utilisé. En effet, la réduction de l’ouverture augmente la profondeur de champ et la profondeur de foyer, et, en diminuant l’éclairement, modifie l’échelle des valeurs dans le sens d’un accroissement des oppositions. L’instrument dont vous vous êtes servi a pour distance hyperfocale environ 5 m. Les objets situés en deçà de cette distance ne seront reproduits avec une netteté suffisante que si l’ouverture relative utile est plus petite que F : 11. En diaphragmant à F : i5, la distance hyper-focale serait réduite à 3 m. y5, et l’image des objets situés au delà sera nette ; mais, si le modèle est plus rapproché, il faudrait réduire l’ouverture à tel point que l’éclairage serait probablement insuffisant, puisqu’il s’agit, dites-vous, de portraits pris à l’intérieur, avec pose de 2 à 5 secondes. Il faut alors, ou augmenter le tirage de la chambre noire (distance entre l’objectif et la surface sensible) — ce qui n’est guère possible avec l’appareil que vous nous citez — ou employer un système optique à foyer plus court. C’est dans ce but que les fabricants du Kodak ont établi des lentilles additionnelles, dont l’emploi vous permettrait de reproduire les sujets rapprochés avec une netteté satisfaisante, sans trop allonger la durée de la pose.
- O. B. P., à Cesson. -— Cogit, 3G, boulevard Saint-Michel; Lequeux, 64, rue Gay-Lussac, Paris.
- M. A. D., à Anvers. — M. le capitaine Isembart nous indique que les horloges à poids sont fabriquées chez Carrez, à Morez. M. Léon Hatot, fabricant à Besançon (bureaux à Paris, u3, rue de la Michodière) est aussi un, artiste e.t un collectionneur qui se ferait un plaisir de vous renseigner.
- Echecs. Analyse et traite du jeu des échecs, par Philidor, Garnier, éditeur, 6, rue des Saints-Pères, Paris. . . - ’
- M. C., à Tuilière. — Voyez le Traité des turbines à vapeur, par Belluzzo,* chez Dunod et Pinat.
- Pour la partie électrique, consultez un traité d’électricité, par exemple celui de Marée et Busquet, chez Delagrave.
- M. J. B., rue Boudard, à Béziers. — Pour le mutage . d un moût, en vue d'en arrêter la fermentation, les procédés, en dehors de 1 addition d’alcool, ne manquent pas. \ous auriez à adopter celui qui conviendrait le mieux à votre cas.
- On peut recourir à un méchage énergique mettant le moût en présence d’une quantité notable d’acide sul-
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- fureux. La dose à employer par hectolitre est de i5 gr. de soufre qui, en brûlant, donnent 3o gr. d’acide sulfureux. Mettre d’abord dans la barrique 60 litres de moût, y faire Brûler une mèche soufrée, verser encore 60 litres de moût, ensuite faire brûler encore une demi-mèche ou une mèche entière, remplir le fût, fouetter énergiquement, rouler le fût, et tous les ferments étant détruits, il n’y a plus de fermentation. Au Heu et place de mèches soufrées, vous pouvez employer, plus avantageusement, des comprimés de soufre en pastilles ou tablettes permettant un dosage plus exact de l’acide sulfureux. (Pour ces comprimés de soufre, voyez : Etablissements E. Si-gnoret, 4. boulevard d’Accès, Marseille.)
- Ce mode de mutage des moûts est employé à décolorer les vins blancs faits avec les cépages rouges, en se servant du moût muté comme d’une dissolution concentrée d’acide sulfureux. Le mutage au soufre se pratique aussi en faisant passer le moût plusieurs fois dans la muteuse.
- Les sulfite et bisulfite de chaux, employés 4 la dose de ïo à i5 gr. par hectolitre, donnent un résultat plus prompt. Il se forme du tartrate de chaux, qui se précipite, et il se dégage de l’acide sulfureux qui anesthésie, endort les ferments. Mais il faut, au préalable, s’assurer de la pureté de ces produits.
- La farine de moutarde, ajoutée aux moûts, en paralyse la fermentation; on produit ainsi le vin bourru; faire un essai en petit pour déterminer la proportion de farine de moutarde a employer.
- Le chauffage des moûts 4 6o°, durant quelques minutes, constitue un mutage complet, car, à_ce degré, tous les ferments vinaires sont détruits.
- Le grillage consiste à enlever 1 écume qui se forme en abondance a la surface du moût au moment où il va entrer en fermentation; cette écume étant très riche en ferments, le travail de ces derniers est enrayé. On peut séparer le moût de cette écume et des ferments contenus .dans ses lies en lui faisant subir deux ou trois soutirages rapprochés.
- Enfin, le filtrage et le turbinage du moût pratiqués vingt-quatre ou trente-six heures après le foulage, constituent encore un moyen de le muter et d’en retarder la fermentation en le privant d’une grande partie de ses ferments.
- Il convient d observer que si le moût muté jar l’un ou 1 autre de ces procédés, ne pouvait reprendre sa fermentation par 1 aération et un léger chauffage, on rétablirait la fermentation en introduisant un levain contenant des ferments en pleine activité.
- Ces diverses pratiques œnologiques sont parfaitement licites, ne présentant aucun inconvénient pour % santé.
- M~. A. P., Castillonnés. — Moulins à vent\ leur puissance en chevaux est donnée par la formule T = 0,0004 S X V3 ; où S est la surface globale de toutes les ailes, et Y la vitesse du vent en mètres par seconde.
- Anémomètres. — Vous en trouverez de peu coûteux chez tous les fabricants d instruments de physique, par exemple Ducretet et Roger, rue Claude-Bernard, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OS*,.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) __
- Les moteurs à vent, par G. Houard et E.-H. Lémonon. Une plaquette de 100 pages, avec tableaux, photographies et schémas. E.-H. Lémonon, éditeur, 27, rue d’Enghien, Paris, 1919. Prix : 2 fr. 5o.
- On verra dans ce petit livre les importants progrès dont les moteurs à vent ont bénéficié en ces dernières années. Ses auteurs décrivent en détail les différents systèmes existants — principe, mécanisme, fonction-’nement — et signalent lés avantages particuliers que présente chacun d’eux. Ils montrent comment on adapte les moteurs éoliens aux pompes hydrauliques et aux dynamos et la façon dont l’utilisation du vent assure — sans aucune dépense de combustible — l’alimentation en eau de villages entiers et l’éclairage électrique de vastes villas.
- Installations électriques particulières. Sonneries, lumière, ventilateurs, téléphones d'intérieur, par F. La-peyre, I vol. in-16, 72 p., 27 fi g. Manuels Roret, Mulo, Paris. Prix : 1 fr. —|— 20 pour 100.
- Petite brochure sans prétention scientifique donnant ^ les renseignements et conseils pratiques pour poser soi-même les appareils électriques usuels dans la maison.
- Nouveau manuel complet du plombier, zingueur, couvreur et de l'appare illeur à gaz, par A. Romain, nouvelle édition par N.-Chryssochoïdès. i vol. in-16, 600 p., 266 fig. Encyclopédie Roret, Mulo, Paris. Prix : 4 fr. 5o -j- 20 pour 100.
- Excellent manuel pratique décrivant la fabrication et le travail du plomb, du zinc et de l’étain, les procédés d’assemblage des tuyaux, la soudure des divers métaux, la couverture des constructions en plomb, en zinc, en tuiles, en ardoises, etc., et le travail des installations à gaz pour l’éclairage et le chauffage.
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- tion. 1 brochure in-16, 63 p. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 2 francs.
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- Le maréchal Foch, par le commandant A. Grasset, i vol. in-16, "ioo p., 1 portrait, 6 cartes. Berger-Levrault, Paris. Prix net : 2 francs.
- Petit livre exposant clairement la carrière du maréchal Foch, les principes de son enseignement, son action dans la guerre depuis ?le commandement du 20e corps jusqu’à celui de toutes les armées alliées.
- L Argot de la guerre d'après une enquête auprès des officiers et soldats, par Albert Dauzat. i vol. in-16, 295 p. Paris, A. Colin, 1918. Prix : 3 fr. 5o + 3o pour 100.
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- Lossil plants, a texte-book for students of botany; and geology, par A. C. Seward. Vol. IV, Ginkgoalesf Coni-ferales, Gnetales. 1 vol. in-8, 543 p., 190 fig. Cambridge University Press. Prix relié : £ r.i. net.
- Manuel très complet et détaillé des plantes fossiles des trois groupes indiqués dans le titre et des espèces affines actuelles. Cet ouvrage est le 4“ et dernier volume du traité de paléobotanique entrepris par Fauteur. Chaque chapitre comporte l’étude morphologique et microscopique des^,espèces récentes, dont les caractères servent ensuite à classer lés échantillons fossiles recueillis par les paléontologistes du monde entier. A signaler la place importante accordée aux travaux français de Bertrand. Grand’Eury, Renault, de Saporta, Zeiller, etc., à laquelle ne nous avaient pas habituées les publications allemandes d'avant-guerre.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2374
- 27 Septembre 1919.
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- INFORMATIONS
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- L’alcool moteur en Angleterre. — L’Angleterre, comme la France, de par sa situation financière, est obligée de réduire ses importations; nos voisins avant la guerre importaient plus de 40 millions d’hectolitres de pétrole, la plus grande partie provenant des Etats-Unis. D’autre part, la consommation du pétrole aux Etats-Unis augmente rapidement et les ressources pmîr l’exportation diminuent. L’Angleterre est ainsi amenée à redouter une disette de combustible liquide et à rechercher des ressources nouvelles. Une Commission de l’alcool moteur a été formée pour étudier les moyens de produire l’alcool à bon marché, et examine à fond ses conditions d’emploi. Cette Commission %dent d’organiser, de concert avec la Compagnie générale des omnibus de Londres, une série d’expériences sur tout un lot d’autobus qui fonctionneront pendant 6 mois avec des mélanges alcool-benzol et alcool-benzol-pétrole, les résultats seront comparés à ceux de l’exploitation avec l’essence. La Commission étudiera également la possibilité d’emploi de l’alcool pur dans les moteurs à explosion. Rappelons que ces questions ont fait en France également l’objet d’études approfondies, et qu’en particulier on se préoccupe actuellement de rechercher la formule d’un carburant national, à base d’alcool.
- Transmission électrique de l’énergie du charbon belge en Italie. — Un transport de force à 1200 km sous i5oooo volts. — M. le professeur Guarini vient de proposer au Gouvernement Belge et au Gouvernement Italien, de remplacer le transport du charbon par chemin de fer par un transport électrique.
- Le problème, suivant M. Guarini, ne présente pas de difficultés techniques insurmontables. La distance, à vol d’oiseau, entre les centres miniers belges et la Lombardie, par exemple, ne dépasse pas 1200 km. Or, une Société anglaise a déjà réalisé, dans l’Afrique du Sud, un transport de force, à 1200 km, à une tension de i5oooo volts. On utilise la chute du lac Victoria sur le fleuve Zambèse. La perte, dans la ligne, est de stS pour 100, la puissance transmise de 5oooooHP. Comme l’a déjà démontré M. Noishon, au cours d’une conférence donnée à VAmerican Institute of Electricals Engineers, la distance à laquelle — pour un prix déterminé de production et de vente du cheval-an — un transport de force est encore économique, est d’autant plus grande que la puissance transmise est plus élevée. Il faudrait donc envisager un transport d’une très grande puissance, en brûlant le charbon à la mine, ce qui permettrait d’utiliser le charbon de mauvaise qualité, par exemple la poussière de charbon, qui est la qualité se prêtant le moins à l’exportation.
- M. Guarini estime que le prix de revient du kilowattheure ainsi transmis électriquement de Belgique en Italie serait de 8 centimes. Le même kilowatt-heure produit en Italie, dans une centrale à vapeur, avec du charbon venant de Belgique par chemin de fer, serait de 18 centimes. Ces-chiffres suffisent à mettre en relief l’intérêt pratique du projet.
- Essais de labourage électrique dans la région de Meaux. — La Revue générale d’électricité décrit avec des détails fort précis les résultats . obtenus dans la région de Meaux au moyen du labourage électrique employé par la Coopérative de culture mécanique dite du « Multien », sous d'impulsion de l’Union des Syndicats de l’Electricité et de l’Omnium français d’électricité. Le matériel est payé par les intéressés, avec l’aide d’une subvention de l’Etat (qui peut aller jusqu’à 5o p. 100 de la valeur du matériel acquis), sous la forme de redevances à la Société Générale agricole variant selon le type du labour : 80 francs à l’hectare pour labours à 3o cm. de profondeur avec sous-solage de i5 cm. (pour betteraves) ; 65 francs pour labours moyens à avoines de20 à 25 cm.; 55 francs pour labours pour blés de i5 à 20 cm. La Coopérative a en outre à sa charge des « frais fixes » (amortissement du matériel, intérêts du capital, etc.), se montant à 3o, 20 et i5 fr. à l’heciare pour chacune des catégories indiquées, et elle garantit par an un minimum de 600 hectares de labours à 80 francs ou l’équivalent en autres labours.
- Le labourage revient ainsi à un prix nettement inférieur à celui que l’on réalise soit par la vapeur (127 fr. l’hectare), soit même par le tracteur à essence (98 francs). Il a en plus l’avantage de ne pas nécessiter l’emploi d’un personnel et d’un matériel supplémentaires, indispensables pour le transport d’eau et de charbon. Dans la méthode appliquée, dite « à deux treuils », le matériel comprend : 2 cabines de transformation sur chariot, dont lafonction est de ramener à 750 volts le courant triphasé à i5.ooo de la ligne à haute tension; 2 treuils, alimentés par les cabines au moyen d’un câble souple, portant chacun un moteur à induit de 80 chevaux, et montés sur châssis automobiles à roues hautes et jantes larges permettant le passage même en terrain détrempé ; 2 charrues balances, du type de Fowler, comportant chacune une paire de jeux de 6 ou 4 socs (suivant la profondeur de labour désirée), les 2 jeux étant situés de part et d’autre de l’essieu moteur, et l’un des deux fonctionnant à l’aller et l’autre au retour, sans qu’il y ait lieu par conséquent de changer la position dé la charrue en fin de sillon ; le matériel nécessaire à la construction de 3 kilomètres de ligne volante à haute tension, de façon à ^pouvoir atteindre les terrains éloignés du réseau fixe ; une roulotte-cantine pour les ouvriers ; un jeu d'accessoires divers (notamment la prise de courant à haute tension), Les résultats obtenus pendant la première exploitation ont été encore marqués par leur caractère d’essais : les 600 hectares garantis n’ont pu, en fait, être labourés. La moyenne de surface labourée par journée de travail effectif (non compris le temps des transports de matériel, d’installation des lignes et d’organisation de chantier) a été de 4 hectares. Il serait cependant déjà démontré, d’après la revue que nous citons, que le mode d’exploitation le plus avantageux est celui qui confie le matériel et le labourage à des entreprises spéciales, capables d’offrir les garanties voulues à la fois au secteur et à la coopérative. Les Allemands, nous devançant dans cette voie, auraient déjà, paraît-il, depuis la guerre, installé chez eux plus de 1 600 matériels de labourage électrique.
- Production mondiale des matières grasses. —
- M. Dybowski vient de présenter à l’Académie d’Agricul-ture un exposé de notre situation en ce qui concerne les corps gras. La production mondiale est de :
- Graines de coton . . . . 8.268.000 tonnes
- — de lin . . . . . 2.916.000
- — de colza . . . . 1.496.000
- — de palmiste. . . 312.000 —
- — ' 'de sésame . . . 260.000 —
- — d’arachide . . . 615.000 —
- Coprah ; . . 420.000
- Huile de palme. . . . . 122.000 —
- Total . . 14.409.000 tonnes.
- La production européenne n’atteint pas au dixième, car le lin lui-même est surtout une culture extra-euro-péenne : 5i8ooo t. dans l’Inde, 475 000 aux Etats-Unis, 331 000 au Canada, 883 000 en Argentine. Il en est de même du colza, dont 1 224000 t. proviennent de l’Inde.
- Si on calcule la part de production de chaque groupement de nations, on voit que les Alliés disposent de 86 pour 100, les neutres de 9, les Russes de 4,5 et les puissances centrales de o,5 pour 100 seulement. Nous devons donc être les maîtres du marché des matières grasses, et surtout des graisses alimentaires.
- L’amiante dans le monde. — Du « rapport officiel sur les opérations minières de la province de Québec », pour 1918, il résulte que le Canada est aujourd’hui le plus grand producteur d’amiante du monde. Cette fibre minérale est très employée pour fabriquer des tissus et revêtements calorifuges et incombustibles ; la guerre a donné à l’extraction de l’amiante au Canada une vive impulsion. La production de 1918 en amiante brute ou en produits d’atelier a atteint 129000 t., chiffre auquel il faut ajouter 16000 t. d’ « asbeslic », sous-produit de faible valeur, soit un total de i45ooo t. d’une valeur dépassant 45 millions de francs. Les gisements d’a-
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- miante dü Canada se trouvent tous dans la province de Québec et fournissent 80 pour :oo de la consommation mondiale. Ils sont groupés en 6 centres producteurs situés dans un rayon de roo km environ au sud et au nord-ouest de Québec.
- Derrière le Canada, mais fort loin, la Rhodésie se classe au second rang des pirnducteurs d’amiante avec 7800 t. en 1918; puis la province du Cap avec 4000 t. Le Transvaal, où l’industrie de l’amiantp a fait de grands progrès depuis deux ans, produit 3ooo t. ; les Etats-Unis en 1917 ont extrait i5oo tonnes.
- L’industrie du linoléum. - Le Journal ofthe Society of Chemical Industry, de Londres ( 15 février), a consacré récemment un intéressant article à l’énumération et à la description des brevets accordés depuis 1844 pour la fabrication des linoléums et des tissus de liège. Des fabriques de linoléum existent à Londres, Northallerton, Sowerly Bridge, Wigan, Lancaster, Bristol, Kirkcaldy, Dundee. Il y en a aussi d'importantes aux Etats-Unis, en France, en Belgique, en Italie, en Suède, Russie, Allemagne et Autriche. En 1874, l’exportation anglaise en linoléum s’élevait à une surface de 3270980 ni2, valant 6 675 000 francs; elle atteignait en 191826695 920 m2, représentant une valeur de 46 752 45o francs.
- L’industrie du soufre. — Jusqu’en 1906, la Sicile était, dans le monde, la seule région produisant du soufre d une façon industrielle. A cette époque, les gisements découverts en Louisiane commencèrent à faire au soufre sicilien une sérieuse concurrence. Depuis la guerre, de nouveaux gisements très abondants ont été découverts et exploités au Texas, de sorte que la production actuelle est évaluée comme suit : Sicile, o5o 000 tonnes ; Louisiane, 4°o 000 ; Texas, 400 000. A ces pays, il convient d’ajouter le Japon qui produit annuellement 60000 tônnes de soufre.
- Les ports de Trieste et de Fiume. — Trieste est, qn le sait, le plus grand port de toute l’Adriatique. La revue Imanza italiana donne sur son importance d’avant-guerre les renseignements suivants : en 1913, le mouvement s’y est élevé à 5,5 millions de tonnes, soit 57 pour 100 du trafic maritime de tout le littoral austro-hongrois; les importations représentaient 3,8 millions de tonnes valant 3,4 millions de couronnes. Les trois quarts des marchandises destinées à lTstrie, à la Dal-matie et au Frioul arrivaient à Trieste ainsi que plus du tiers de leurs exportations. Fiume est, après Trieste, le port le plus important; on y a importé en 1912 2,5_millions de tonnes dont 1,1 à l’exportation et 0,9 à l'importation. Le commerce des grains de Hongrie, celui des bois de Slavonie et de Bosnie étaient particulièrement concentrés à Fiume à cause des voies ferrées qui le réunissent à tout l’hinlerland austro-hongrois.
- Constructions navales du Japon. — D'après la Revue de la Marine marchande également, le Japon construit cette année 181 vapeurs jaugeant au total 1,2 millions de tonnes. On a commencé à construire en série notamment un type de cargo de Sjoo t. destiné à l’Italie, à l’Espagne et à l’Amérique. On étudie la cons-tiuction en sene de vapeurs a passagers et a marchandises de 10 et même 12000 t. qui seront les premiers essais de standardisation de navires de pareille taille.
- La plus haute cheminée du monde. — Elle appartiendrait à une fonderie d’Anaconda, dans le Montana (E. U.). La construction en fut achevée au bout d’un peu plus de six mois de travail continu, sans aucun accident ni contre-temps quelconque. Elle a près de 178 m. de hauteur; sa base en béton armé à 26 m. de diamètre extérieur et près de a3 m. pour le diamètre intérieur lequel est au sommet de 18 m. 25.
- Le corps de cette cheminée est en briques, fabriquées dans la localité et représente un poids de 84000 tonnes.
- Une Exposition d’encouragement à l’économie des vivres aux Etats-Unis. — Une Exposition fort curieuse et d’un grand succès s’est ouverte au commencement de l’année à Washington, dans certains locaux du Musée National. Elle avait pour but de mettre en évidence l’importance de l’économie appliquée à la consommation des vivres et les avantages d’un rationnement volontaire bien compris.
- On y voyait les vivres que l’on pouvait substituer 4 ceux qui étaient rares ou très demandés. Dans le rayou
- consacré à la conservation du sucre, on trouvait indiquées les rations journalières de cette denrée consommées individuellement en Italie, en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, ce qui amenait la Direction des vivres à recommander par voie d’affiches intérieures à limiter sa consommation personnelle à trois livres par mois.
- On y trouvait également toutes indications concernant les produits indigènes, pomme de terre, fève de jardin, fruit de l’arachide, maïs, fève de soya, etc. On expliquait aussi l’avantage qu’il y a à faire sécher et à. mettre en conserve le surplus des fruits et des légumes; c’est ainsi qu’un grand nombre de produits figuraient, soit secs, soit stérilisés, enfermés dans des bocaux de verre à fermeture hermétique.
- Enseignement du froid. — L’Association française du froid, qui s’est préoccupée, dès sa fondation, d’instituer un enseignement professionnel destiné à assurer aux industries frigorifiques un personnel qualifié, vient de réorganiser ainsi l’enseignement créé avant la guerre :
- A) Un cours de préparation aux examens pour le diplôme d’ingénieur-frigoriste sera professé à l’Ecole supérieure d’Aéronautique et de Construction mécanique, à Paris.
- Ce Cours, qui commencera en décembre, pour finir en mars, est destiné à assurer la formation d’ingénieurs susceptibles d’être employés par les maisons de construction de matériel frigorifique et par les sociétés d exploitation du froid. Il s’adresse aux jeunes gens ayant .déjà une sérieuse instruction scientifique générale et désireux de se spécialiser dans des industries appelées à jouer un grand rôle dans le développement économique du pays.
- B) . Un Cours de préparation aux examens pour le Certificat de mécanicien-frigoriste sera professé à la même Ecole,
- Ce cours destiné à former le personnel mécanicien des exploitations frigorifiques, tant dans les installations tei'restres que dans les installations à bord des n,avires, aura lieu successivement d’octobre à décembre et d’avril à juin.
- Dans le courant de 1920, un nouveau cours, destiné à former des mécaniciens-frigoristes, sera ouvert à l’Ecole des apprentis mécaniciens de la Marine, au Havre.
- Tous renseignements complémentaires peuvent être obtenus à l’Association française du froid, avenue Carnot, 9, à Paris ou à l’Ecole supérieure d’Aéronautique, 92, rue de Clignaneourt, Paris.
- Le mouvement de la population en Argentine. —
- De 6 458 343 en 1909, le nombre des habitants de la République Argentine est passé, en 191 8, à 8 412 o3i. Dans la période qui précéda la guerre, l’augmentation était annuellement de 3oo 000 individus, environ, soit 4, j pour xoo. Pendant la guerre, ce pourcentage a été ramené à 1,42 pour 100, ce qui s’explique par ce fait que la guerre a complètement modifié les conditions relatives à l’émigration et à l’immigration. Alors qu’en 1912, l’excédent de celle-ci sur la première se chiffrait par 206 110 âmes, en 1918, l’excédent n’est plus que de 10379.
- Pour ces cinq dernières années, l’accroissement de la population dans cette république sud-américaine est dù uniquement à l’excédent des naissances sur les décès, excédent voisin de i5o 000 par an.
- Consommation de la banane. — Dans le Bulletin de -la Société belge d'Etudes coloniales, M. Streitbern donne des échanges internationaux relatifs à la banane les chiffres suivants qui montrent leur importance croissante. En 1911, il fut exporté i6 5oo milliers de régimes de la Jamaïque, g5oo de Côsta-Rica, 655o du Honduras, ,/t3oo de Panama, 25oo de Cuba, autant de Colombie, 1800 du Nicaragua, 2000.du Guatemala, etc. ; en chiffre rond, 48 millions de régimes, tous expédiés du littoral de l’Amérique centrale et des Antilles. Cet énorme commerce était nul dix ans plus tôt. Aux Etats-Unis, elles représentent maintenant 77 pour Too des importations de fruits et une valeur de i5 millions de dollars. En 1912, l’Angleterre acheta 700 000'régimes, l’Allemagne 78 millions de livres, la France 48. Hambourg les distribuait à tous les pays du nord de l’Europe. On projette de créer maintenant une flotte frigorifique spéciale pour le transport en Europe, ce qui augmente-ait encore sa consommation ici.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- s&> Agriculture
- Fig. i. Aiguille à hottelr
- Ficelle prête à l’emploi.
- Aiguille de bottelage pour paille et fourrage. —
- En ces temps de pénurie de main-d’œuvre, l’agriculture doit suppléer au manque d’ouvriers spécialistes pour les opérations de culture et de récolte. Il faut aussi parer à l’insuffisance des ressources. La paille fait défaut dans bon nombre d’exploitations agricoles, et pour faire les liens, on a eu l’idée d’utiliser, aux lieu
- et place de la ,D paüle, les bouts
- de ficelles provenant du liage des gerbes à la moissonneuse -lieuse.
- Bien des systèmes ont été imaginés jusqu’à ce jour, pour réaliser pratiquement et économique-mentle liage à la main ou à la mécanique. Nous en avons déjà signalé un ici mème(Yoy. La Nature, 25 mars 1911). Celui que nous signalons aujourd’hui est d’une simplicité extrême. Le maniement en est à là portée de tout le monde, ce qui est un avantage précieux, étant donné que, depuis la guerre, on est amené à utiliser, pour rentrer les récoltes et les manutentionner à la ferme, lors des battages, emmeulage, mise en grange, etc., une main-d’œuvre auxiliaire dont l’expérience n’est pas toujours à la hauteur de la bonne volonté.
- L’aiguille de bot-telage pour paille et fourrage, représentée ici (fig. 1) est une cheville métallique creuse. On la fait en acier étiré, sans soudure, offrant, par conséquent, des conditions de longue durée. Elle a
- environ o m. 35 de longueur et porte, du côté opposé à la pointe, une entaille, avec œil pratiqué horizontalement.
- Les schémas descriptifs montrent clairement la manière dont on procède au bottelagedes pailles et fourrages avec cet instrument. <
- Les ficelles à utiliser par bouts sont coupées au nœud et reliées par deux (fig. 2). Cette utilisation des bouts de ficelles usagées provenant du liage, des gerbes permet* de faire l’économie d’achat de ficelles neuves F> ou de liens en rotin ou enpaille de seigle.
- A l’un des bouts, on fixe l’appareil lieur en introduisant le nœud final dans l’entaille. A l’autre extrémité de la ficelle, on fait un œil assez grand, une boucle, mais pas de nœud coulant. Une fiche en bois constitue un point d’attache pour retenir l’extrémité de la ficelle. Ensuite, on pl?end une brassée de paille en l'apport avec la longueur des deux ficelles réunies (fig. 3) ; puis on introduit la pointe de l’aiguille dans l’œil et on fait glisser celui-ci sur l’aiguille du côté B (fig. 4 et 1). Lorsque cet œil est arrivé à environ 2 cm de l’extrémité de l’appareil, on imprime alors un mouvement de bascule, et lorsque l’aiguille est passée entièrement, on la retourne du côté D, et on la dégage (fig. 5).
- Par ce système, on obtient une ligature aussi serrée
- Fig. 3. — Aiguille placée avec la ficelle pour recevoir la botte.
- L’aiguille avant son mouvement de bascule.
- et solide, et durable, qu’eii employant tout autre méthode. Ainsi est supprimée la difficulté d’obtenir, en raison du manque de belle paille, des liens bien confectionnés et économiques, en utilisant les vieilles ficelles des lieuses et moissonneuses-lieuses.
- L’aiguille de bottelage est appelée à rendre de nombreux services .dans
- f//M.
- ife.
- les exploitations a-gricoles, avecunper-sonnel de fortune, des ressources réduites, etdans toutes les opérations de mise en bottes des pailles et des fourrages , tout aussi bien que pour lier les céréales au moment de la moisson, soit après les
- Fig. 5. — L’aiguille, retournée, est dégagé.
- dérayages, soit après le passage de la javeleuse.
- Cet outil est fabriqué en série, par M. Y. Leroux, constructeur-mécanicien, à Garancières (Seine-et-Oise),
- Huiniu Blin.
- C£g^ Mathématiques
- Equerre de précision « Bourgoin » pour le rapport des plans. — Cette équerre (o m. 26 X 0,26) en maillechort remplace à elle seule cinq instruments (2 équerres, un double décimètre, un rapporteur et un instrument à tracer les rayons ou normales aux courbes). Les divisions des biseaux intérieurs sont en millimétrés et celles du rapporteur en 1/2 grades ou 1/2 degrés, au choix, l’un des gabarits de courbes a pour rayon o m. o5o, l’autre un rayon de o m. 5oo.
- Voici quelques exemples de son application : i° Mesures et rapports des coordonnées rectangulaires. — Soit une abscisse de 265 m. et une ordonnée de 160 m. Sur la base AB où seront préalablement indiqués les hectomètres, on place l’équerre comme l’indique la figure 6 en lisant sur le biseau inférieur 65 m. en face de l’hectomètre 2, on a ainsi au o de l’échelle 265 m., pied de l’ordonnée. Il ne reste plus qu’à piquer le point à rapporter le long du biseau vertical à 160 m., cote de l’ordonnée;
- 20 Mesure et rapport dés angles. — S’opèrent comme avec le demi-rapporteur ordinaire ;
- 3° Mesure et rapport des coordonnées polaires. — Soit
- un angle de 85 grades et un côté de 65 m. On place les o des biseaux perpendiculaires au point où doit se trouver le sommet de l’angle sur la ligne de base C, D et on fait passer par la division du rapporteur à 85 grades, ensuite on pique le point cherché à 65 m. le long de l’échelle correspond au o du rapporteur
- S’il s’agit d’une station, on continue à rapporter successivement tous les angles et les rayons ainsi qu’il vient d’être dit en conservant le sommet de . l’angle droit de l’équerre comme pivot.
- 4° Mesure et rapport des rayons ou normales, aux courbes. — Soit deux normales de 4° m- et 35 m. à faire passer en un point donné d’une courbe EF. On place le o de l’échelle bissectrice sur la courbe au point donné, on fait pivoter l’équerre sur ce point, de manière à lire deux longueurs égales sur les .biseaux perpendiculaires au passage de la courbe. La direction de l’échelle bissectrice par rapport à la courbe sera une normale ou rayon; il n’y a plus qù’à porter dessus les 40 m. et 35 m. donnés, ; •*'T”r -
- Lquerre de précision « Bonrgoin»
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- Si les longueurs à porter étaient plus grandes que la ij'i de l’échelle bissectrice, on peut prendre comme point de départ au lieu du o l’une ou l’autre extrémité de cette échelle en changeant mentalement la chifïraison. Constructeur : Bourgoin, 79, rue Truffault, Paris.
- ct§^ Mécanique
- Machine à faire les pochoirs-adresses. — Quand on veut écrire une adresse d’expéditeur et de destinataire sur des caisses ou des colis, on emploie le plus généralement des vignettes perforées comportant chacune une lettre ou un chiffre. Il en résulte qu’il faut un temps appréciable pour constituer l’adresse complète, que le travail est souvent mal fait si l’on
- ___________ veut aller trop vite.
- , Quand les adresses se renouvellent suivantla même formule, on a intérêt à faire fabriquer un pochoir sur une feuille métallique. Ces pochoirs étant une dépense assez élevée on nepeut s’yrésoudre que lorsque le nombre de colis à marquer le justifie. Si l’on pouvait soi-même fabriquer économiquement les pochoirs, le problème serait résolu. Une machine d’invention américaine rappelle les machines automatiques des gares où l’on pouvait estamper sur une bande métallique une adresse ou une phrase. Cette machine, qui était visible à la foire de Bordeaux, permet de constituer soi-même rapidement un pochoir-adresse sur du carton fort et ceci permettra de faire rapidement les inscriptions, même si le nombre de libellés identiques est peu nombreux.
- La machine en question comporte une série de, lettres et de chiffres emporte-pièces, qui peuvent être placés à l’endroit désiré au moyen d’un volant horizontal; les emporte-pièces se déplacent suivant une couronne circulaire. Pour permettre d’aller vite, la lettre ou le chiffre désiré seront arrêtés à la place voulue par le je\i d’une
- Fig. 7. — Emporte-pièces de laUettre E.
- c$3n&. Objets utiles
- Collier de serrage universel à vis. — Le serrage sur un tuyau métallique d’un caoutchouc ou d’une manche de toile est toujours difficile si l’on veut éviter les fuites. Voici un collier constitué par une bande de métal perforée de trous ronds à faible distance les uns des autres ; à une extrémité se trouve une partie plus large dans laquelle est pratiquée une fente .rectangulaire dans laquelle peut entrer l’autre bout. Une vis tournant dans une pièce filetée solidaire de la partie renflée, se termine par un têton tournant dans une plaquette qui ne peut s’en échapper. On enroule la bande autour du tuyau à serrer, on passe l’une des extrémités dans la fente de l’autre bout et l’on introduit le têton dans un des trous; il suffît alors de visser pour écarter les deux extrémités et par conséquent serrer le collier.
- Ce collier, baptisé «La Ceinture» par son inventeur M. Malleville,
- se fait en deux tailles courantes, l’une pour toutes les dimensions inférieures à 58 mm de diamètre, l’autre de 58 à 78 mm de diamètre; on peut fixer deux ou plusieurs colliers l’un à l’autre pour serrer des circonférences plus grandes. Le serrage s’obtient soit avec'une clé, soit avec une pince, ou un tourne-vis ou même simplement une pièce de 5 centimes. Les colliers sont livrés recouverts de zinc et sont par conséquent inoxydables.
- Ces colliers sont en vente chez M. Hubert Weydert, .^19, rue de Courcelles, Levallois-Perret, qui en fabrique * de toutes dimensions et pour tous usages.
- Couteau à pain. — Dans toute ^communauté Où l’on doit débiter un grand nombre de tranches de pain : écoles, restaurants, coopératives, etc., le découpage au couteau devient fatigant et fastidieux. Si l’on veut faire des parts égales, la difficulté est plus grande encore. Dans les ménages aux consommateurs moins nombreux, la préparation des toasts, des sandwichs, entrée dans nos mœurs par la fréquentation des Anglais et des
- Fig 9 —Collier de serrage universel.
- Fig. 8.
- La machine Idéal
- Fig. 3 0. — Couteau à pain.
- aiguille qui se déplace sur un cadran. Ce cadran comporte les signes de l’alphabet et les chiffres et si l’aiguille (£Lg. 8) est placée sur E, en tournant le volant on placera les emporte-pièces de E à l’endroit voulu automatiquement.
- Une fois la lettré en place, un levier permet de découper la lettre.
- Une petite manette réalise les espacements de lettre comme dans la machine à écrire, et enfin un autre levier permet de déplacer le carton afin de faire les différentes lignes de l’adresse.
- Cette machine, peu encombrante, est un instrument indispensable pour les maisons dans lesquelles les expéditions sont importantes. Elle permet de gagner du temps, tout en facilitant un travail propre et soigné.
- lluppert et Renaut, 63 bis, rue de la Victoire.
- Américains en ces dernières années, nécessite le découpage de tranches très minces qu’on ne réussit pascsans un long apprentissage. Le coupe-pain représenté figure 10 évite tous ces désagréments. Il est formé d’une table de bois, portant fixé sur un côté un couteau à large lame, le tout ressemblant en plus petit au couteau des boulangeries. Mais, en outre, il possède une planchette parallèle à la lame, qu’on peut déplacer au moyen d’un guide et écarter plus ou moins lePcouteau. Cette planchette servant de butoir peut être fixée à la distance voulue par un écrou. De cette façon, on coupera rapidement le nombre qu’on voudra de morceaux de pain, tous de même épaisseur, et on réussira du premier coup à obtenir des tranches aussi minces qu'on le désirera.
- Le coupe-pain est vendu 22 fr. a5, par M. Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris. *•
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- VARIÉTÉS
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- Les phases lunaires et la végétation. — L’influence prétendue, des phases de la lune sur la végétation, sur la réussite ou la non-réussite des semis, des plantations, de même que sur diverses opéi’ations telles que la coupe des bois, la clarification des vins, etc., est encore très discutée, bien qu il ait été démontré scientifiquement qu il ny a là, en fait, qu’une croyance injustifiée et ne relevant que de vieux préjugés.
- Un de nos abonnés nous écrit, de Calais : « Les maraîchers de notre région ont coutume de ne jamais faire de semis de certaines espèces (laitues, navets, cerfeuil, etc.), durant la période croissante de la lune prétendant que. les légumes montent plus vite en graines et cessent d être vendables. Est-ce un préjugé ou bien une observation faite en grande culture ? Les rayons lunaires auraient-ils une influence sur la végétation à certaines époques, ou est-ce une influence météorologique qui justifierait les observations des jardiniers ? » On sait que certains jardiniers ont l’habitude de semelles plantes potagères à 1 époque de la nouvelle lune, et que d autres sèment à 1 époque du dernier quartier. Ces derniers prétendent que la plante aura ainsi moins de tendance à montera graines; les premiers, au contraire, affirment qu il y a avantage à semer au moment de la nouvelle lune, la germination étant plus intense pendant cette période et selon eux, ceux qui sèment pendant le décours de la lune obéiraient à un vieux préjugé. On sait aussi que des cultivateurs sont convaincus que la vigne taillée au moment de la nouvelle lune donnera moins de fruits.et sera plus sujette aux maladies, et que d autres estiment que le bois coupé en lune nouvelle sera dévoré par les vers dans le courant de l’année et tombera en pourriture.
- A la vérité, ces opinions diverses ne sont que la manifestation d un préjugé qui date de loin, et qui s’est perpétue à travers les siècles, en dépit des progrès scientifiques. Les astrologues du vieux temps lui ont donné naissance, et Virgile, dans ses Géorgiques, estimant que la lune peut donner un autre ordre à l’enchaînement des travaux de 1 agriculture, détermine les jours particulièrement favorables à leur réussite. Mais les auteurs anciens ont combattu ces croyances irraisonnées.
- La Quintinie a cherché à persuader les villageois que, pendant plus de trente ans, il avait observé et n’avait jamais constaté que la nouvelle lune ou la vieille lune eussent été favorables ou défavorables à la végétation.
- Des cultivateurs essayèrent de convaincre Arago que des semis de lentilles ne pouvaient réussir qu’au moment de la nouvelle lune, tandis que les semis de fèves pouvaient.être effectués à l’époque de la pleine lune. Il faut, disait Arago, une foi bien robuste, pour admettre, sans preuves, qu’à quatre-vingt mille lieues de distance! la lune, dans une de ses positions, agisse avantageusement sur la végétation des fèves et que, dans une situation opposée, ce soient les lentilles qu’elle favorise.
- S’il est reconnu que la lune n’a aucune influence directe, appréciable, sur la végétation, elle peut cependant avoir une influence .indirecte car, en moyenne, il tombe plus de pluie pendant la nouvelle lune que pendant son décours ; par conséquent, il ne serait donc pas surprenant que la végétation se montrât plus vigoureuse et donnât plus de bois, de tiges et de feuilles, et qu’elle eût moins de vigueur et par conséquent plus de tendance à porter graines et fruits, à la suite d’une vieille lune accompagnée de sécheresse. Mais si on suppose qu’il ne pleuve pas en lune croissante, et que le temps soit pluvieux en lune décroissante, on devra constater des résultats tout opposés. Dans telle région, par exemple, on considère que les pois et les haricots donnent une abondante production, surtout lorsqu’ils ont été semés vers l'époque du dernier quartier de lune, tandis que, dans telle autre région, cultivateurs et jardiniers affirment qu’au contraire, les belles récoltes de pois et de haricots ne peuvent être obtenues que lorsque les semis ont été faits au moment de la nouvelle lune.
- Si la lune avait réellement une influence directe et bien max-quée sur la végétation, comment admettrait-on que cette influence pût s’exercer différemment? Il est d’ailleurs d’ob.servation constante que, suivant les années, cette assertion est fx-équemment controuvée. Si donc, influence il y a, ce ne pexxt êti-e qu’une influence indi-
- recte qu’expliquent les observations ci-dessus relatives à 1 état du temps, à l’abondance ou à la l’areté des pluies durant l une ou 1 autre des phases lunaires. Sous un même climat et dans un même pays, on constate, d’ailleurs, des contradictions de ce genre.
- En ce qui conceime la coupe des bois, ce n’est pas une des phases lunaires, mais l’époque de l’année qui doit servir de guide. En réalité, les bois doivent êtx*e exploités au moment où les cellules renferment la plus grande quantité de matières solides, c’est-à-dire dans le courant de l’automne. Dès le mois de janvier, il se produit un premier mouvement de sève au détiiment de la qualité, et si on veut avoir des bois qui durent ou qui brûlent bien, il faut les couper du i5 octobre au i5 décembre, en lune croissante ou en lune décroissante, peu importe. L’influence lunaire est de même nulle sur la clarification des vins. Que ce soit en lune vieille ou en lune nouvelle que l’on colle, soutire et mette le vin en bouteilles, si le temps est pluvieux, orageux, si le baiax-mètre est en baisse, la lie remonte, tandis que par un beau temps et le baromètre en hausse, le vin sera clair et limpide. Pour effectuer ces opérations, il est donc bien plus utile de consulter le baromètre que l’almanach ; quand le baromètre baisse, les lies et les fexunents étant moins compinmés dans le vin, se soulèvent et troublent le liquide ; c’est exactement le contraire qui se produit quand la pression bai’ométrique est élevée.
- Ce n est donc qu’en vertu de vieux préjugés que l’influence attribuée aux jxhases lunaires sur la végétation peut encore être admise par les jardiniers et les cultivateurs. Et ces vieux préjugés, on les retrouve encore à l’égard de la lune rousse à laquelle on attribue une influence néfaste et notamment le pouvoir de x’oussir, de brûler les jeunes bourgeons. A la vérité, la lune îmusse — qui. dure du 25 avril au 25 ou 3x mai et coïncide avec la période dite des « Saints de Glace », durant laquelle se produisent des refroidissements de tempéx’ature plus ou moins irréguliers, plus ou moins intenses, suivant les années — n’est pas, par elle-même, plus funeste aux plantes que telle ou telle autre phase lunaire. Si, par les.nuits sereines de fin avxul ou des premiers jours de mai, elle brille d un vif éclat précisément à l’époque de 1 année où la végétation entre en mouvement et où le sol ne reçoit pas encore suffisamment la chaleur solaire, qu arrive-t-il ? Puisque la lune apparaît bien distincte, c est que l’air est pur et que rien, dans l’espace, ne s oppose à la diffusion de la chaleur nocturne ; un refroidissement sensible se produit alors, qui provoque souvent la gelée blanche, pai’fois la gelée à glace; les jeunes bourgeons et les jeunes pousses sont roussis, gelés, les fleurs sont désorganisées. Si l’atmosphère était nuageuse, si un brouillard ou une simple brume s’élevait dans 1 air, les effets du rayonnement se compenseraient, les nuages renvoyant la chaleur solaire absorbée par eux aux dépens de la terre. Avec un ciel couvert, la gelée ne se produit pas, bien que la chaleur reste dans les mêmes limites. C’est pourquoi on emploie les nuages artificiels qui, produisant une fumée abondante, s’opposent au rayonnement de la chaleur terrestre vers les régions élevées. Quand le soleil se lève, cette fumée constitue un obstacle à la chaleur solaire- et prévient la désoi'ganisation des plantes%qui ont souffert de la gelée pendant la nuit.
- La prétendue influence de. la lune rousse se ti'aduit donc par l’explication très simple du refroidissement qui cause les gelées au moment où la végétation est en pleine activité. Si, durant le jour, la température est parfois élevée, par contre, les nuits restent froides, alors que la température ne dépasse guère 4 ou 5° au-dessus de zéro, celle dix sol refroidi à une grande profondeur, descend à i ou 2° au-dessous de zéro, d’autant plus facilement que se produit l’action du rayonnnê-ment; il en résulte que l’abaissement de température du sol agit sur les plantes et les fait geler. Débari’assée, par les haies et les premières-chaleurs du.printemps, de l’excès d’eau qu’elle contenait, la terre ne fournit plus à l’évaporation spontanée qu’une faible quantité de vapeur qui refroidit peu l’atmosphèx-e et le sol, pour se produire; ce que les nuits bi’illantes peuvent en condenser est d’importance secondaire. Si le theiunomètre descend, le matin, au-dessous de zéro, le très mince foui’reau de glace qui entoure les jeunes oi'ganes est
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- dissipé par les premiers rayons du soleil, sans avoir eu besoin d’emprunter à sou support la chaleur nécessaire à sa liquéfaction. Le danger de gelée est dans l’état de pléthore aqueuse des tissus végétaux. A forcé de s’étirer sous la poussée de liquide dont elle s’est remplie malgré elle, la membrane cellulaire ne peut que bien lentement revenir à ses dimensions normales. Si elle est surprise par le froid avant que sa rétraction se soit opérée, les liquides qu’elle contient s'extravasent d’autant plus facilement que la résistance qu’ils ont à vaincre pour traverser une paroi amincie est moins considérable. Dès que le rayonnement nocturne commence à se produire, la vapeur d’eau contenue dans l’air se condense et passe ensuite à l’état de glace. Au retour du jour, c’est aux organes, sur lesquels elle s’est déposée que celle-ci emprunte une partie du calorique indispensable pour reprendre sa forme gazeuse initiale et c’est à ce
- moment que, le plus souvent, la plante gèle à son tour.
- On voit, en définitive, que la lune rousse n’est pour rien dans les dégâts causés par les gelées, qui surviennent au moment où les nuits sont claires, plus froides que lorsque le temps est couvert et à une époque de l’anuée où la quantité de vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère est réduite au minimum. Si, avec M. Th. Moreux, on admet que la lune peut exercer, au moyen de radiations électriques ou simplement par sa lumière, une certaine influence sur la végétation, il convient d’observer que cette influence se fait sentir durant tous les mois lunaires, et non à une époque déterminée de l’année, à l’époque de la lune rousse. Il n’y a donc aucune raison scientifique d’admettre que la lune rousse puisse désorganiser les fleurs, roussir les jeunes bourgeons et justifier ainsi les influences néfastes que lui attribue la croyance populaire. Henri Bi.in.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Diapositifs sur plaques détériorées.— Les vieilles plaques au gélatinobromure, qui tendent au voile, et même celles qui ont accidentellement vu le jour, peuvent être utilisées au tirage des diapositifs. A cet effet, on les expose i ou 2 minutes à 20 cm d!un bec de gaz ou d’une lampe à pétrole, ou bien quelques secondes à la lumière du jour, puis on les plonge (à l’abri de la lumière blanche) dans :
- Eau distillée................. 1000 c. c.
- Bromure de potassium. ... 6 gr.
- Chlorure de cuivre............ 5o gr.
- Au bout de 10 minutes, on les (lave à l’eau courante, pendant un quart d’heure, puis on les fait sécher, dans l’obscurité. L’impression de ces plaques, sous un négatif de valeur moyenne, exige de 20 à 3o secondes, à la lumière du jour, et de 2 à 5 minutes, à 3o cm d’un bec de gaz.
- Papier « Sphinx » pour pastels photographiques.
- — Ce papier sert à obtenir des épreuves modelées, suivant le procédé Sury, à l’aide de pigments en poudres, qui sont retenus à la surface de la couche sensible par ses aspérités. Les images ainsi obtenues sont donc des pastels produits par la photographie.
- La papier « Sphinx » est livré non sensibilisé ; le côté à impressionner est enduit d’un colloïde saupoudré de microscopiques cristaux bleus, qui rendent cette surface très rugueuse, comme celle du papier de verre. La sensibilisation s’effectue par immersion dans une solution de bichromate de potasse à 1 pour 1000. Après dessiccation dans l’obscurité, le côté bleu du papier est mis en contact avec le cliché, dans le châssis-presse. L’image étant peu visible, il faut, pour contrôler le tirage, interposer entre le négatif et l’épreuve une petite bande de papier au citrate qui n’empiète que de quelques millimètres sur le coin le plus transparent du phototype. L’impression lumineuse est suffisante quand le papier au citrate a pris la teinte qui convient à un tirage normal.
- L’épreuve est alors lavée dans l’eau froide pendant un quart d’heure, puis dans l’eau tiède (32° à 38°) pendant 2 à 4 minutes. On la pose ensuite sur une plaque de verre ou une planchette tenue presque verticalement, et l'on dirige sur la couche impressionnée le jet d’un vaporisateur rempli d’eau tiède. Une image bleu pâle apparaît bientôt, et le dépouillement s’achève en quelques
- minutes. Quand tous les détails sont visibles, le papier est passé dans un bain très dilué d’acide chlorhydrique (o,5 pour 1000), où l’image bleue s’efface complètement, puis rincé dans l’eau froide et mis à sécher.
- La couche est très délicate, tant qu’elle est mouillée, et le plus léger contact des doigts produirait des taches; mais, à l-’état sec, elle est très résistante, et l’on reconnaît alors, au toucher, que la surface est restée rugueuse sur les points correspondant aux noirs du positif, tandis que ceux qui représentent les blancs sont devenus lisses. C’est pourquoi les couleurs en poudre s’attacheront aux premiers et glisseront sur les seconds sans y adhérer.
- La mise en couleur peut s’exécuter d’une manière entièrement automatique ou devenir un moyen d’interprétation personnelle. L’épreuve étant fixée par quatre pointes sur une planche, on y fait tomber quelques pincées de poudre de pastel tendre gratté avec la lame d’un canif. En frottant alors légèrement avec un pinceau pour aquarelle, on voit la poudre adhérer au papier en proportion directe des valeurs de l’image. Quand celle-ci est complètement venue, on souffle doucement sur le papier, tout eq continuant à frotter le pinceau, afin de faire disparaître les empâtements qui auraient pu se produire. Si l’on désire éclaircir certaines parties, on les frotte avec un petit pinceau chargé de poudre de pierre ponce. Les hautes lumières pourront, en outre, être accentuées, mais seulement à la fin du travail, au moyen d’une gomme élastique taillée en pointe et entretenue très propre par de fréquentes frictions sur du gros papier de sable.
- On obtient aisément des images polychromes, en utilisant des pastels de différentes couleurs; mais, dans ce cas, il faut employer des pinceaux plus fins. Les couleurs peuvent d’ailleurs se superposer et leur mélange peut se faire sur l’épreuve elle-même.
- Des effets particulièrement .artistiques sont obtenus en crayonnant sur l’image à l’aide de pastels durs, avec ou sans frottis préalable à la poudre de pastel. Par ce mode de travail, les blancs sont automatiquement^ respectés, comme avec la poudre, mais les détails sont fondus en effets synthétiques analogues à ceux que produisent les tirages aux encres grasses Suivant le procédé, Rawlins ou à la gomme bichromatée.
- Lé papier « Sphinx » est en vente aux Etablissements Tiranty, gi, rue Lafayette,-Paris.
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses de constructeurs de presses pour blocs creux. — Machine Allier : L. Eluere et fils, 76, boule-
- vard Victor-Hugo, Nantes;—Machine Winget(anglaise) : Société anonyme des matériaux de construction, 25, rue de la Pépinière, Paris; — Blocs Gep : G. Piollene, 3, rue Dutot, Paris; — Machines : Bonnet, constructeur, à Villefranche (Rhône); Société industrielle de l’Yonne, à Auxerre; Lobin et Druge, constructeurs, à Aix (Bouches-du-Rhône) ; A. Thiébault, ingénieur à Lyon, Villeurbanne (Rhône) ; Veuve Zondervay, 21, rue Albouy, Paris; Copeau et Fleury, 186, rue Lafayette, Paris; —
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- Machine suisse : Buhler frères, 42, rue du Louvre, Paris ;
- — Machine italienne : Rosa Cometta et C‘% à Milan (Italie); L. Yender et C1”, à Milan (Italie) ; Conti Luigi et C'", à Mainate (Italie).
- M. A. P., à Castillonnès (Lot-et-Garonne). — i° L’odeur particulière, désagréable, que prennent les assiettes et les verres, peut provenir de plusieurs causes : Défectuosité du lavage et du rinçage, imperfection de l’essuyage, défectuosité de l’état des objets servant à effectuer ces opérations et peut-être aussi, séjour consécutif dans un endroit humide ou par trop frais, après un assèchement incomplet lors de l’essuyage. Les moyens suivants peuvent faire disparaître1 cet inconvénient et en empêcher le retour. Pour les objets de faïence ou de porcelaine, mettre dans l’eau de vaiselle une forte pincée de saponite, employer de l’eau très chaude, une lavette ou une serpillière bien nettoyée, dégraissée, effectuer avec soin, très proprement le lavage, suivi d’un essuyage immédiat, énergique et complet, avec un torchon très propre; mettre en lieu sec. Pour les verres : employer de même de l’eau sapo-nitée, mais moins chaude, afin d’éviter la casse, rincer à la main et essuyer avec un linge spécialement réservé à cet usage. Lorsque l’eau de lavage de la vaisselle est devenue trop gi’asse, la renouveler;
- 20 Bibliographie du chaponnage des volailles. Pas d’ouvrages spéciaux sur la question, mais des articles épars dans les journaux et revues agricoles et avicoles. En outre, tous les bons traités d’aviculture traitent la question pratiquement. Voyez, notamment : La basse-cour pratique, par Ernest Lemoine, [p. 265 à 270]; Manuel de VEleveur de poules, par II. L’Alph. Blanchon ; Aviculture, par Ch. Voitellier; Conseils pratiques sur Vélevage et /’engraissement des volailles (tome II), par J. Rodillon ; Dictionnaire d’Agriculture Barrai et Sagnier (article chaponnage), L’Aviculture pratique, par Pierre Méguin, etc.;
- 3° Nous ne connaissons pas de documents sur l’application de l’anesthésie au cas dont il s’agit, l’art vétérinaire utilisant des instruments et appareils de contention adaptés aux divers cas qui peuvent se présenter dans le traitement des animaux. Le procédé nous paraît inutile, sinon impratique, surtout en ce qui concerne les volailles. Pour cette question et pour le procédé d’anesthésie au chloralose, il est indiqué de se renseigner auprès d’un vétérinaire local ou à l’Ecole vétérinaire de Toulouse ;
- 4° Principaux organes agricoles relatant les progrès de la science agronomique : Journal d’Agriculture pratique, La Vie agricole et rurale, Annales de la, Science agronomique française et étrangère, Bulletin de l’Académie d’Agriculture de France, Bulletin de la Société des Agriculteurs de France, Bulletin de VLnstitut international d’Agriculture, Rome, Annales agronomiques;
- 5° Pour le bélier hydraulique, voyez aux adresses suivantes : Société Àlbret, avenue de la Gare, Néraç; Société des Etablissements Broquet, 121, rue Ober-kampf, Paris, 110; Société Aster, 102, rue de Paris, Saint-Denis (Seine) ; Bessonnet-Favre, à Chàtellerault ; Carnelle, à Origny-Sainte-Benoîte (Aisne) ; Couppez, Chapuis et Cio, 2.5, boulevard de Belleville, Paris, 11”; Dequenne, 6, rue d’Ulm, Paris, 5°; Rigault, à Gisors (Eure); Vidal-Beaume, 66, avenue de la Reine, à Bou-logne-sur-Seine ;
- 6° L’espace nous manque pour entrer dans les détails explicatifs que nécessite cette question. Voyez les Traités de Zoologie (ordrè^des Musciens, anatomie) et d’Insectologie (Fabre), et M. F. Guitel, Station entomo-logique de la Faculté des Sciences de Rennes ;
- 70 Vous pouvez très bien changer les verres de ce microscope, en vous adressant à un constructeur d’appareils d’optique, qui vous fixera sur le prix approximatif.
- M. L. de Ch., les Plans-sur-Bex et divers. — Renseignements complémentaires concernant les demandes d’ouvrages sur les industries textiles : voyez Filature, par D. de Prat (laine peignée et cardée, soie, fils d’animaux divers, soie artificielle, amiante, coton, lin, chanvre, jute, ramie, fibres exotiques), 2 vol. 5 fr. 40 l’un (L. Mulo, éditeur, 12, i-ue Hautefcuille, Paris, 6°).
- M. Ze Maignent, à Dieppedalle. — x° L’évaporateur (type Yermorel), pour le séchage des fruits, modèle pour petites et moyennes exploitations, décrit dans le
- I numéro du 23 juillet 1910, se fait à 12, i3 et i5 claies ; surface de chauffe : 1 m. '35 à 2 m. 77 ; poids 100 à i )5 kg; prix d’avant-guerre : 180 à 3oo fr., pour petites exploitations. Le modèle à plùs grand débit, pour moyennes exploitations, se fait soit à 10, i3 claies doubles, soit à 22, 24 claies ordinaires; surface de chauffe : 3 m. 92 à 8 m. 06 ; poids : 220 à 65o kg; prix d’avant-guerre : 38o à 950 fr. Il faut donc compter une très forte élévation de prix, en ce moment, encore est-il très difficile de se procurer ces modèles, faute de matières premières et de main-d’œuvre ;
- 20 Si l’on n’a en vue qu’un petit travail, un séchoir de ménage, se plaçant sur un fourneau de cuisine, ou monté sur fourneau spécial, pourrait probablement suffire. Ce type de séchoir est carré ou rectangulaire, à 6, 8, 9,
- 10 claies; surface de chauffe : o m. 48 à 1 m. 25; poids ; i5 kg à 23 kg 5oo ou 65 à 84 kg. Actuellement, les prix de ces séchoirs de ménage sont : 110 fr. pour l’appareil seul, avec 9 claies; 120 fr. avec 10 claies; 23o fr. pour appareil avec fourneau et 9 claies ; 260 fr. avec 10 claies ;
- 3° Voyez Etablissements V. Yermorel, Yillefranche sur-Saône (Rhône).
- M. II. S., à Guebwiller (Haut-Rhin). — i° Pour obte- . nir des semences de la graminée Sorghum exiguum, demandez les indications nécessaires, notamment l’adresse de M. Libes — qui a fait des essais, avec résultats satisfaisants dans le Gard — à M- E. Schri-baux, directeur de la Station d’essais de semences, professeur à l’Institut agronomique, 16, rue Claude-Bernard, Paris, 5°. Voyez aussi chez Yilmorin-Andrieux, 4, quai delà Mégisserie, Paris ior; M. V. Davin, Jardin botanique de Marseille ; M. le D1' Trabut, directeur du Service botanique de 1 Algérie, à Alger; M. le Directeur des Services agricoles du département du Gard, à Nîmes.
- Il faut considérer que, comme il ne s’agit encore que d’essais culturaux én France, on peut éprouver des difficultés pour se procurer des graines, actuellement.
- 20 La scie mécanique, pour 1 abatage des arbres, décrite dans le n° 2362, est construite par la Société Aster, 102. rue de Paris, à Saint-Denis (Seine). Voyez aussi l’Outillage industriel, 10, rue de la Pépinière, Paris, 8°; Station d’Essais de machines, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e.
- Chocolaterie C., à Wièze. — 11 notas semble qu’en dissolvant du sel ordinaire dans l’eau, vous^ obtiendriez une solution répondant à vos besoins : 100 £r., 200-800 par litre, vous donneraient respectivement des liqueurs de densités voisines de 1,1-1,2-1,3. Quant au chlorure de calcium déjà très facilement déliquescent, il n’aurait aucun avantage sur le chlorure de sodium.
- G. M.-2649. — Nous pensons que vous trouverez tous les renseignements désirés dans l’ouvrage suivant : Manuel pratique de Vinstallation de la lumière électrique, i.,u partie « Installations privées », par J.-P. An-ney. Chez Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands- ' Au gus tins.
- M. G. Vitoux, à Nancy. — L’importation et l’exportation des marchandises demandent la connaissance très approfondie de la législation commerciale et des trans-poi’ts en général, le Manuel d'Economie commerciale, édité 1, xme Taitbout, vous fournira des données très précises à ce sujet ; pour d’étude plus complète de chacune des questions spéciales : douanes, fret, etc., consultez le Dictionnaire du Commerce, par Yves Guyot et Raffalowitch ; Guillaumin, éditeur, 14, rue de Richeliexx. Enfin poxxr laclixalité voyez le journal Y Exportateur français, 1, rue Taitbout.
- M. II. Marcombe, à Monlluçon. — La découverte des soui'ces est basée sur des données géologiques, botaniques, voire même physiologiques, dont l’ensemble est coordonné par l’obsex’vation et une grande pratique. Le moyen dont vous nous parlez qui révélerait las présence de l’eau souterraine par sa condensation sur un corps froid, nous paiaît peu sûr, le sol présentant toujours une certaine humidité à la profondexxr que vous indiquez. Si la question vous intéresse consxxltez comme ouvrages spéciaux ; Recherche par leur influence des eaux souterraines, par H. Mager, chez Dunod, fy], quai des Grands-Augustins ; — Recherche des eaux potables et industrielles, par Henri Boursault ; — Les eaux souterraines, recherche et captage, par F. Miron, ces deux derniers chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. G. Bernard, à Montbéliard. — Nous ne connais.
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- sons pas de moyen plus pratique que les procédés mécaniques, pour la division des vieux bouchons, cette division ayant lieu très facilement, lorsque l’on a pris la précaution de les dessécher.
- M. Henry Bonnard, à Nîmes. — 1" Formule d’encre stylographiqué :
- Bleu de méthylène. . 4 grammes.
- Alun..................... 3 —
- Eau. . .................5oo —
- Alcool.................. 10 —
- faire dissoudre le bleu de méthylène dans l’alcool, y ajouter l’alun préalablement dissous dans une partie de l’eau, puis enfin le reste des 5oo grammes.
- Dans la pratique il suffit pour obtenir une encre pouvant être employée avec les stylographes, de prendre une bonne encre du commerce, de l’étendre de son volume d’eau et d’y ajouter 5 pour 100 de glycérine; l’encre ainsi préparée se comporte exactement comme les encres spéciales vendues très cher;
- 20 Le lavage des bas noirs ne doit pas se faire au savon, mais dans une décoction de bois de Panama, pour terminer on les passe dans un bain contenant un peu de campêche et une pincée de sulfate ferreux (couperose verte) et on fait un rinçage final;
- 3° Pour redonner aux vêtements kakis leur teinte primitive, les baigner pendant une nuit dans un bain obtenu en faisant macérer 100 gr. de cachou dans 10 litres d’eau chaude.
- On rince sur une seule eau, puis passe dans une solu-
- tion tiède composée de :
- Bichromate de potasse. . . 10 grammes.
- Eau...................... 10 litres.
- Après un séjour de 20 minutes, on rince à grande eau.
- M. R. Toomer, Paris. — Tout moteur est établi pour fonctionner dans des conditions de voltage et d’ampérage déterminées, nous ne voyons pas que le vôtre puisse être utilisé sur le courant de ville dont vous disposez ; le Tungar n’étant pas actuellement construit pour plus de 75 volts.
- M. Chardin, à Pantin. — La librairie Dunod et Pinat, 47. quai des Grands-Augustins, a publié en 1900, une Etude sur les' broyeurs, de Pierre Blanc, qui, pensons-nous, vous donnera satisfaction, le prix en était de 4 fr.
- Vous pourriez, d'autre part, . consulter les catalogues d’appareils des constructeurs suivants : Weidnecht etCic, 1, boulevard Macdonald; Appert et et Cr°, 27, rue Jean-Jacques Rousseau, Dalbouze et Brachet, 11, rue du Château, à Puteaux (Seine).
- MM. Lambiotte et C10, à Premory, Nièvre. — La Bakélite doit répondre à votre desideratum, mais une installation spéciale serait nécessaire, car il est indispensable de passer au four à 1800 C. après application du vernis pour lui faire acquérir ses propriétés de résistance. La viscose pourrait également être essayée, mais une étude préalable devrait être faite afin de déterminer les conditions de son emploi.
- M. de Langeac, à Beauvais. — i0 L’addition d’acide chlorhydrique au chlorure de chaux a pour effet de libérer le chlore combiné. L’action sur la tache d’encre est dans ce cas beaucoup plus énergique, mais malheureusement aussi, le papier s’en ressent. Il est donc de beaucoup préférable d’opérer comme nous l’avons indiqué page 24 des Recettes de l'Atelier, par touches alternées d’acide chlorhydrique et de chlorure de chaux, de façon à agir avec ménagement;
- 2° Les encres à bases de couleurs d’aniline sont détruites avec facilité par la dissolution suivante préparée seulement au moment de l’emploi, car elle ne se
- conserve pas :
- Eau................. . 10 gr.
- Peroxyde de sodium ... o gr. 10
- Opérer de la même façon par louches légères, absorption au papier buvard, rinçage final à l’eau pure.
- M. le commandant Brouhon, à Liège. — i° L’Exposition de la « Cité Reconstituée » s’est tenue en 1916; elle était organisée par Y Association générale des hygiénistes et techniciens municipaux, laquelle a publié un Rapport général que vous pouvez vous procurer ou demander au Secrétaire général de ladite Association, M. Regnard, ingénieur civil des Mines, 3, rue Palatine, Paris ;
- 1° Nous n’avons pas connaissance d’ouvrages parus durant la guerre traitant techniquement de la construction et de ses nouveautés. Il y a eu de petits opuscules de vulgarisation édités par la maison Larousse, rue du Montparnasse, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- OÜ3(
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. [ï'enir compte des majorations temporaires indiquées.) _____
- Annuaire statistique. — Statistique générale de la France, 35e volume, années 1916-1917-1918, publié par le Ministère du Travail, Paris, Imprimerie Nationale, 1919.
- La guerre a empêché l’Office des statistiques de procéder aux utiles relevés concernant la France, dont la publication faisait chaque année l’objet principal de l’Annuaire. Le présent volume ne contient donc que des tableaux rétrospectifs, complétés par les quelques chiffres généraux qui ont pu être recueillis.
- Ces tableaux ont élé notablement développés en ce qui concerne les pays étrangers, notamment ceux relatifs aux productions minière, métallurgique, agricole et aux consommations.
- The délinéation of tlie day-sigris in the'Az-tec manus-r cripts, par T. T. Waterman [Le dessin des signes de jour dans les manuscrits Aztèques). 1 vol. in-8°. Uni-versity of California Publicat. in Americ. Archaeology and Ethnology, vol. XI,n°6,pp. 297-398 (8 mars 1916). University of California Press, Berkeley, U. S. Prix ; 1 dollar.
- Etude très objective sur les signes employés dans
- les manuscrits Aztèques (ancien Mexique) pour le numérotage et la désignation des jours de l’année. Résumé des données acquises sur les caractères et le fonctionnement du calendrier Aztèque. L’ouvrage comporte une abondante collection de dessins reproduits d’après les documents originaux.
- Ruler -and Compassés [La règle et le compas), par H. P. Hudson [Longmans’ Modem Mathematical Sériés). 1 vol. in-16, de 143 p. et 93 fig. Londres, Longmans, Green and C°, 1916. Prix : 6 shillings.
- La géométrie euclidienne est constituée par l’ensemble des constructions graphiques qu’il est possible de réaliser soit avec la règle, soit avec le compas, soit avec ces deux instruments. Toute une série de vaines tentatives ont montré, depuis que cette géométrie est fondée, l’impossibilité de résoudre certains problèmes, par exemple ceux de la quadrature du cercle et de la trisection d’un angle, au moyen de ces procédés. Si l’on traduit les problèmes géométriques dans le langage de l’analyse, on met en lumière les principes classificateurs qui permettent de dire si tel problème peut ou ne peut pas être résolu graphiquement par les procédés euclidiens : toute construction qui se ramène à des équations linéaires (premier degré) est possible avec la règle; il faut le compas pour celles qui se ramènent à des équations du second degré. A côté de cette démonstration, fort clairement exposée, l’ouvrage présente un choix savoureux d’exemples de constructions plus ou moins compliquées.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 237S -
- 4 Octobre 1919
- Récupération du tonnage coulé. — Conformément aux ordres du Ministre de la Marine une mission technique a procédé à la reconnaissance des épaves du littoral de la Manche et de l’Océan et a recueilli tous renseignements utiles sur la position exacte, leur état actuel et sur les facilités qu’elles pourraient offrir à une opération de renflouement.
- Les Sociétés de sauvetage françaises sont informées qu’elles pourront prendre connaissance des renseignements de l’espèce susceptibles de les intéresser, en s’adressant au Ministère de la Marine, Etat-Major général, 2e section, Service du sauvetage.
- Les représentants de ces Sociétés devront être munis de pièces d’identité et d’un pouvoir émanant de la Société constituée à laquelle’ils appartiennent.
- Aéroplane et transatlantique. — D’après Scientific American, une intéressante expérience doit être tentée en Angleterre par un habile pilote d’avion. Le problème est de livrer le courrier à bord d’un transatlantique, quelques heures après le départ du navire ; l’aviateur se propose de lancer à la mer à proximité du navire le ballot de lettres; bien entendu celui-ci sera placé à l’intérieur d’un flotteur parfaitement étanche. On a proposé également que les transatlantiques portent un ou plusieurs petits avions qui prendraient leur vol, & leur tour, quelques heures avant l’arrivée du navire au port, en emportant à terre le courrier du navire. On réussirait ainsi à gagner de 6 à 8 heures dans l’acheminement des correspondances, gain fort appréciable.
- La détection des navires. — Au cours de la guerre, de nombreuses études et recherches ont été entreprises pour déceler à distance les navires et les aéronefs, par tous les temps, pour leur indiquer leur roüte ou au contraire pour la deviner. Ces études ont mis en jeu toutes les ressources de la physique moderne ; leur intérêt évident pour la guerre ne l’est pas moins pour la paix. Aussi le Ministère de la Marine a-t-il décidé qu’elles seraient continuées et il vient de créer à cet effet une organisation spéciale qui reçoit le titre de »« Commission permanente de détection littorale » et a son siège à Cherbourg. Elle a pour attribution « l’étude de tous les moyens susceptibles de déceler, du littoral la présence, la nature, la position, la route et la vitesse des navires, tant de surface que sous-marins et des aéronefs. » Les travaux seront divisés en plusieurs sections ; i° détection sous-marine par ondes sonores ou infra-sonores (avec ou sans enregistreurs) ; 2° détection
- aérienne par ondes sonores ou infra-sonores (avec ou sans enregistreurs) ; 3" détection magnétique; 4° liaison de détection littorale avec la détection du bord.
- L’électrification des chemins de fer Italiens. —
- L’Italie entre avec décision dans la voie de l’électrification des voies ferrées; elle y est poussée par sa richesse en chutes d’eau et sa pauvreté en charbon. Depuis de longues années déjà, elle avait électrifié la ligne du Giovi, où l’on emploie le courant triphasé. Un décret récent décide l’électrification de 6ooo km de ligne : notamment Gênes-Tor-tona; Bologne-Florence; Trente-Reggio de Calabre; Turin-Trieste. La dépense prévue est de 8oo millions, non compris le matériel roulant. Les travaux commenceront incessamment.
- L’électrification des chemins de fer belges. —
- La Belgique à son tour se préoccupe de substituer sur certaines lignes la traction électrique à la traction à vapeur. Les travaux doivent commencer en 1920. Les premières lignes électrifiées seront Bruxelles-Anvers et Bruxelles-Luxembourg; ce sera ensuite le tour de la ligne Bruxelles-Ostende. Le trajet de Bruxelles à Anvers par le chemin de fer électrique se fera en 25 minutes cl les trains se succéderont toutes les i5 minutes.
- Locomotive de manœuvre a attelage électro-magnétique. — Depuis la création des chemius de fer, l’attelage des wagons n’a cessé de faire l’objet de justes
- critiques. Il est, en effet, dangereux pour les employés, et il fait perdre trop de temps. On s’en rend compte surtout dans les gares de triage, où l’on voit des locomotives exécuter d’interminables va-et-vient, soit pour former des trains, soit pour en séparer les éléments et les diriger sur les différentes voies qui leur sont assignées. L’attelage automatique est à l’étude depuis longtemps, mais son application offre de grandes difficultés. M. Ivull, chef des ateliers des chemins de fer fédéraux d’Olten, a très ingénieusement résolu le problème par l’attelage magnétique, en faisant de chacun des tampons du tracteur de manœuvre un puissant électro-aimant. Les locomotives mises ep service d’abord dans les ateliers d’Olten sont de petites machines de 7 tonnes, mues électriquement. L’éneigie est fournie par une batterie d’accumulateurs de 60 éléments, d’une capacité de 170 ampères-heure, qui alimente un moteur de 5 chevaux, tournant à 600 tours par minute. L’arbre de l’induit est relié aux essieux par des engrenages réducteurs de vitesse. La même batterie met aussi en action les électro-aimants dont les quatre tampons constituent les noyaux. La force portante, de ceux-ci est d’environ 1700 kg au contact des tampons des voitures à remorquer. Un seul homme suffit à la manœuvre. Installé dans la cabine du tracteur, il l’amène en contact avec le wagon à traîner, tampon contre tampon; |puis fermant le circuit des électro-aimants, il établit instantanément la liaison nécessaire au remorquage. Pour dételer, le wattman n’a qu’à couper le courant d’alimentation des électro-aimants ; il peut, dès lors, sans perdre une minute, diriger son tracteur vers une autre direction et y procéder à une nouvelle manœuvre. Une lampe-témoin à verre rouge indique si les tampons sont aimantés ou non. Outre les pertes de temps qui sont ainsi évitées, ce système diminue notablement les dangers d’accidents pour le personnel et les risques d’avaries pour le matériel. L’économie réalisée par les tracteurs d’Olten permet d’en amortir les frais d’établissement en moins de deux ans.
- Le Port de Bayonne. — Le Conseil supérieur des travaux publics a préparé un plan d’amélioration du port de Bayonne. La profondeur de 4 à 5 m. au-dessous du zéro des cartes marines ne pouvant être maintenue sur la barre pendant les mois d’hiver, — la mer interdisant, par son état d’agitation, le travail des dragues au large, — pendant plus de 60 jours en moyenne, la navigation est interrompue. L’insuffisance de longueur des jetées pleines, la forme de l’entrée du goulet rétréci, les tracés défectueux des rives en amont, constituent les principaux inconvénients de l’entrée du chenal de l'Adour. Le Conseil est d’avis qu’il faut construire de part et d’autre de l’embouchure 2 digues convergentes laissant des intervalles d’environ i3oo m. entre leurs enracinements au rivage et 3oo m. entre leurs extrémités du côté du large, à 800 m. environ de la terre.
- En outre, il faut rescinder l’angle saillant du lazaret sur la rive gauche du fleuve.
- L’ensemble de ces ti'avaux, étant tenu compte de la majoration de 100 pour 100 des prix d’avant-guerre, atteindra 56 millions de francs, dont 37 millions à la charge de la Chambre de commerce, qui prendrait également à sa charge les deux tiers de la dépense des dragages supplémentaires d’entretien.
- La mine la plus profonde du monde. — D’après le Geological Survey des Etats-Unis, ce serait le puits n° 3 de la mine Tamarack, dans le canton de lloughtou (Michigan). Il atteint la profondeur de i56o m. D’autres puits de la mine Tamarack, des puits des mines Hecla et Calumet dans la région du Lac Supérieur atteignent des profondeurs comprises entre 1200 et i5oo m. La mine Victoria en Australie atteint i3oo m. ; plusieurs puits des mines d’or du Transvaal ont été foncés à plus de 1200 mètres.
- Découpage du granit au chalumeau oxyacétylé-nique. — 11 est aujourd’hui de pratique courante pour
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- INFORMATIONS
- découper des massés de fer ôü de métal d’employer le chalumeau oxyacétylénique ou oxhydrique. La flamme très chaude fait l’effet d’un ciseau et permet d’effectuer le travail très rapidement. ,
- D’après Engineering News-Record, on vient aux Etats-Unis d’employer avec succès le même procédé pour découper une masse de granit, travail qui ne laissait pas pas que d’embarrasser sérieusement les ingénieurs. C’est la Bethlehem Steel Bridge Association qui a fait cette expérience, dont beaucoup d’autres, sans doute, pourront tirer profit.
- Béton de briques et béton armé au bois. — Un
- ingénieur anglais résidant en Guyane, M. Hodge, s’est livré à d’intéressantes expériences sur l’emploi de la brique, au lieu de cailloux dans le béton armé, et sur la substitution du bois au fer dans ce même matériau. Les résultats en sont résumés dans Engineering. La genèse de ces expériences s’explique aisément : la pierre se prêtant à la Confection du béton fait défaut eu Guyane, de même le fer qu’il faut faire venir d’Europe ou d’Amérique. Les conclusions de M. Hodge sont les suivantes : le béton aux briques, à condition que celles-ci soient de bonne qualité, peut être substitué au béton ordinaire, sans inconvénients; lorsque le coût de la pierre est prohibitif. Ce résultat est particulièrement intéressant pour une partie de nos régions dévastées, Somme, Picardie, où les ressources en terre à briques sont abondantes, mais où l’on ne trouve aucune roche susceptible de donner du caillou à béton.
- Quant au béton armé au bois, il faut le confectionner avec du bois d’essences très dures, à employer en larges sections, on obtient ainsi un matériau dont la résistance n’est que de io pour ioo inférieure : celle du béton armé au fer. Mais en Europe la rareté des bois durs enlève à peu près tout intérêt à ce mode de construction.
- La chimie de Paracelse. — Le médecin suisse Paracelse, qui a vécu au début du xvie siècle (i493-i541 )> est surtout demeuré célèbre sous les traits d’un alchimiste. M. J.-M. Stillman, dans une étude du Monist (janvier 1919), remet comme il faut les choses au point et montre qu’il est de toute justice de retenir Paracelse comme un chimiste de valeur et même comme un des précurseurs dé la chimie moderne. D’une région d’industrie minière et métallurgique, particulièrement intéressée aux applications pratiques de la chimie, Paracelse a surtout fait un effort remarquable pour utiliser cette science au profit de la pharmacopée. On lui doit notamment d’y avoir fait entrer les préparations de mercure, d’antimoine, d’arsenic, de plomb, de cuivre, de fer, d’opium même (il fait fréquemment mention du laudanum). En chimie générale, il semble bien que ce soit à lui que remonte la distinction entre les aluns (ayant pour base une terre) et les vitriols (ayant pour base un métal), et c’est lui qui emploie le premier le mot « réduction » pour désigner l’obtention d’un métal à partir de son minerai. Il avait déjà la notion de gaz, dont le nom a été créé au xvne siècle par van Helmont. Adversaire résolu de l’alchimie transmutationniste, partisan de la méthode expérimentale, il substituait systématiquement les extraits ou principes végétaux et minéraux aux décoctions et infusions qui étaient seules employées à son époque. M. Stillman estime enfin qu’il n’y a pas lieu de retenir l’accusation de plagiat qui a été souvent lancée contre lui : les écrits qu’on l’accuse d’avoir pillés sont apocryphes ou postérieurs à ses propres travaux.
- Inventions bizarres. — A propos des services français d'inventions pendant la guerre, An Nature citait dernièrement (n° 2371, p. 155) des propositions si extravagantes qu’il fallait y voir l’indice ou d’un trouble mental ou de mystifications singulièrement intempestives, dans les circonstances tragiques où elles se manifestaient. On peut rapprocher de ces exemples quelques-uns des projets bizarres que la guerre de 1870 avait suscités et que nous relevons dans VIntermédiaire des chercheurs et curieux.
- Un pharmacien prétendait avoir trouvé une poudre qui aurait décomposé (sic) l’air sur une étendue tellement vaste que les Prussiens seraient tombés asphyxiés par milliers. Cette poudre, à base de pyrèthre, était
- sternutatoire : la bombe qui la contenait devait, en éclatant, provoquer chez les ennemis un éternuement terrible qui les aurait livrés désarmés. Un imprudent voulait munir les femmes et les enfants de bouteilles en verre chargées de matières inflammables et explosives. Un chimiste rêvait de couvrir le sol des bois de Clamart, Yille-d’Avray et Meudon de composés incendiaires. Un tirailleur imagina des balles lumineuses : la nuit venue, il prétendait pouvoir les suivre des yeux. Cependant, rien de tout cela ne valait le modérateur-baïonnette : son inventeur faisait remarquer que souvent le soldat plein d entrain enfonce trop la baïonnette et ne peut plus la retirer du corps de son adversaire. Alors, il risque d’être frappé par un autre soldat ou d’être obligé d’abandonner son arme. Plus de danger avec le modérateur : c’était tout simplement une sorte d’arc de cercle qui mordait sur la baïonnette à la distance voulue et arrêtait son élan. Il va sans dire que les auteurs des projets les plus saugrenus prétendaient apporter le salut de la patrie. Retenons pourtant un détail. Au milieu de toutes ces absurdités, confondues avec elles, nous voyons citer le cas d’un inventeur qui préconisait l’emploi de lances à pétrole : ce précurseur du Flam-menwerfer resta malheureusement incompris.
- Une école forestière à Madagascar. — Un arrêté du gouverneur général de Madagascar, en date du 14 mars 1919, crée une école forestière indigène à Ana-lamazoatra, à proximité de Périnet, sur la ligne Tanana-rive-Tamatave, Son but est de sauvegarder la forêt malgache mise en péril par les déprédations des indigènes. L’Ecole se propose de faire connaître à nos sujets malgaches les conditions d’aménagement, d exploitation et de repeuplement de la forêt. Une exploitation forestière de plus de 100000 hectares est annexée à l’Ecole.
- Congrès du bâtiment. — Le Congrès se tiendra à Lyon, du 9 au 12 octobre, à la Foire d’automne. En voici le programme : Le statut légal et le rôle économique et social des Offices publics d’habitations à bon marché, par M. P. Pic.
- Les cités-jardins, par M. Georges-Benoit Lévy.
- L’urbanisme.
- L’organisation de la construction en général, par M. Yictor Cambon.
- Les liants hydrauliques et leur nouvelle réglementation, par M. Couibes.
- Banques pour l’entreprise. Coopératives d’achat de matériaux.
- Formation professionnelle des ouvriers, par M. Yille-min.
- Les conséquences de la journée de huit heures, par M. Yillemin.
- Destruction des insectes nuisibles. — La station entomologique de la Faculté des Sciences de Piennes fournit gratuitement' tous les renseignements concernant les moyens à employer pour détruire les insectes nuisibles. Ecrire à M. F. Guitel, professeur à la Faculté des Sciences de Piennes en lui envoyant le nom ou un échantillon de l’insecte à détruire.
- Motoculture. — La grande Semaine de Motoculture d’automne, organisée par la Chambre syndicale de la Motoculture de France (3o, avenue de Messine à Paris) à Senlis (Oise), Régions libérées, s’annonce comme une grandiose manifestation de l’industrie mise au service de l’agriculture.
- 5o Maisons de construction, dont 3o françaises et 20 étrangères présenteront une centaine d’appareils de types différents : treuils, tracteurs, toueurs, moto-charrues, effri-teuses, motoculteurs.
- La puissance des moteurs engagés varie de 5 chev. à So chev. : la petite culture comme la grande, la viticulture, le maraîchage y trouveront donc la satisfaction de leurs besoins.
- Une exposition animée d’outils de culture ordinaire (charrues, herses, cultivateurs, semoirs) et appareils de prothèse pour agriculteurs mutilés, y sera ouverte.
- Tous les appareils seront en plein travail à partir du iür octobre chaque jour de 9 heures à 17 heures ; plus de 3oo hectares devront être travaillés en 5 jours !
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- QSt,.
- Agriculture
- Cuiseur à vapeur. — Dans les grandes fermes où les têtes de bétail sont nombreuses, la question de la préparation des aliments pour les animaux acquiert une grande importance.
- . JLes aliments crus sont souvent nu danger. Quand ils sont cuits dans un bain d’eau, ils n’ont que peu de saveur et sont dépouillés d’une grande partie de leurs principes nutritifs.
- La préparation idéale consiste à les étuver, ce qui d’ailleurs représente une économie notable de combustible et de temps. Le cuiseur Gautier qui était exposé à la Loire de Bordeaux permet de réaliser très simplement cet étuvage.
- L’appareil est constitué (iig. t ) par une cuve soudée à l’autogène, qui comporte un double fond, d’une cheminée centrale intérieure perforée. La partie supérieure est fermée par un tampon à vis de pression éjui constitue autoclave.
- L'ensemble est posé sur un foyer garni de briques réfractaires et peut être basculé au moyen d'un levier à main. L’opération consiste à remplir d’eau jusqu’au ras
- dit double fond, à remplir de produits à traiter et à fermer au moyen du tampon à vis.
- On allume le feu, en mettant en une fois tout le combustible pour une cuisson. La cuisson exige un temps variable suivant la capacité du récipient, elle demande •).o minutes pour 35 litres et 35 pour 600 litres.
- Quand la vapeur sort de la soupape en jet droit, on éteint le feu, on laisse mijoter 20 à 3o minutes et on bascule le récipient pour opérer la vidange (lig. 2).
- Ce cuiseur permet d’étuver les graines eu les faisant tremper quelques heures avant dans l’eau. Dans ce cas l’appareil n est rempli qu’aux 3/4 en raison du gonflement après étuvage.
- On peut évidemment appliquer le même procédé à la cuisson des fruits chez les pâtissiers sans perte aucune, à l’étuvage du linge, etc.
- Gautier, 4, rue Traversière, Courbevoie.
- ise> Bâtiment
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- Aspirateur pour améliorer le tirage des cheminées. — Yoici des siècles que l’on cherche à améliorer le tirage des cheminées. C’est que la cheminée est, par essence, un appareil fantaisiste impérieusement soumis au caprice des saisons et du temps. Le grand nombre des dispositifs déjà expérimentés, pour régulariser son fonctionnement, est le signe que le problème n’a pas de solution simple et définitive. Il faut se contenter d’à-peu près. L’idéal serait d’obtenir un' tirage constant, ou mieux encore, proportionnel à la quantité de combustible à brûler. Faute de moyens simples pour atteindre ce but, l’objectif des inventeurs est de rechercher un tirage toujours plus fort que le minimum nécessaire.
- Le tirage, c’est, en définitive, la vitesse avec laquelle les gaz de la combustion s’échappent de la cheminée. Les dispositifs amélioi’ant le tirage ont donc pour objet de faciliter l’écoulement des gaz ou d’augmenter leur vitesse d’échappement.
- C’est à cette dernière catégorie qu’appartient l’aspirateur imaginé par M. Lefebvre à Bruxelles. L’inventeur
- Fig. '3. — Elévation de l'aspirateur.
- a su ingénieusement utiliser la force du vent pour améliorer l’échappement des gaz.
- L’appareil basé sur le principe de l’éjecleur à tuyères annulaires, forme chapeau de cheminée et se compose essentiellement : i° de deux parois A, B, laissant entre elles un espace annulaire par lequel le vent est capté (tuyère d’admission) ; de •:>. parois C, D, constituant l’échappement annulaire de la cheminée (fig. 4)-
- Le tout est monté sur pivot, en bronze phosphoreux très dur et tourne sur verre. Le collier tourne également sur bronze. De la sorte, on n’a pas à craindre les effets désastreux de la rouille.
- Le fonctionnement du système va se comprendre aisément. Le gouvernail est disposé de façon à orienter le
- 4 . — L’aspirateur vu en pl
- chapeau, l’ouverture au vent, à l’inverse des girouettes ordinaires'.
- Le vent s’introduit donc entre les parois À et B. Il y trouve un espace qui va en se resserrant de l’extérieur vers l’intérieur; il y acquiert donc une vitesse de plus en plus grande et souffle avec force dans l’espace annulaire compris entre les parois C et D; il chasse devant lui et aspire derrière lui les gaz de la cheminée.
- L’adresse de l’inventeur M. Lefebvre est 19, rue de la Glacière, Bruxelles.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>_> Travaux d’Amateur
- Mobilier improvisé. — Il s’agit de petits meubles sinon très élégants, du moins jiropres, très commodes, qu’on peut aisément et rapidement se confectionner pour une dépense dérisoire. D'ailleurs, notre mobilier rustique et économique ne comprendra ni table, ni armoire, ni buffet, mais tout simplement une étagère, une bibliothèque, un classeur à correspondance ou à collection.
- Nous utiliserons uniquement pour tout cela des caisses.
- On recherchera les caisses à planches bien jointes et sinon rabotées, du moins sciées le plus proprement possible; on s’abstiendra le plus souvent de prendre des caisses à traverses consolidant les panneaux; on ne manquera pas de prendre le couvercle de chaque caisse, fût-il simplement composé de planches séparées les unes des autres. Quant aux dimensions, les desiderata varient naturellement selon la destination, mais
- Fig. 5.
- en général, il faut prendre des caisses dont un des côtés ne dépasse pas 5o~6o cm et le choix portera surtout sur deux grandeurs. Les grandes caisses, profondes de 40 à 60 cm pourront avoir i m. à 2 m. de haut sur une largeur variant de 75 à 1 m. 5o. Les petites caisses, profondes de 20 à 40 cm mesureront 20 à 40 cm de haut et 5o à 80 cm de large ; comme il importe de s’en procurer plusieurs pareilles et de pouvoir au besoin reassortir, choisir un modèle courant servant à emballer un produit de marque dont la consommation est régulière (par exemple les caissettes de bougies Etoile).
- On peut naturellement combiner toutes sortes de meubles aux dimensions diverses, et en prenant des caisses de différentes grandeurs, et en les disposant différemment. Nous nous bornerons à deux modèles types, qui pourront inspirer toutes sortes de variantes.
- Une bibliothèque basse, pouvant être surmontée d’une petite vitrine, de vases, statuettes ou objets décoratifs divers ; ou pouvant encore être placée au-dessus de quelque autre meuble sera faite avec une caisse mesurant im . X 75 cm X 4° cm. Sur chaque long côté, nous clouerons à l’intérieur des tasseaux, faciles à faire en fendant une planche, et faciles à fixer en plantant un
- clou à chaque bout. Les hauteurs seront calculées selon dimensions des volumes à loger; il est pratique de les faire différentes, de manière à caser dans le bas les in-4, au-dessus les in-8, en haut les in-12 (fig. 5). Mais on peut naturellement régler comme on veut nombre et écartement des tasseaux. Sur les barrettes reposeront des planches, faites avec le couvercle de la caisse (c’est pour cela que de préférence, il faut prendre un couvercle où les planches soient en travers). A l’occasion,
- Fig. fi.
- il est facile de se procurer des planches en démolissant quelque autre caisse.
- Yoici notre meuble à peu près fait. Reste à lui faire un brin de„ toilette. Pour le vêtir convenablement, nous nous procurerons chez un marchand de papier-tenture du papier fort, verni, imitant le chêne ou le noyer. Et nous recouvrons la caisse de ce papier copieusement enduit de colle de pâte, en repliant les bordures dans l’intérieur où elles seront collées aussi sur une largeur de quelques centimètres. Les planchettes sont garnies de même sur le devant. On peut, à 1 intérieur, coller du papier uni quelconque. Et pour parachever l’ensemble, on place en haut du meuble improvisé deux pitons servant à placer une tringle qui porte un rideau.
- Le meuble classeur sera fait avec une collection de caissettes, toutes de la même dimension. Il s’agit en fait d’un de ces meubles démontables analogues aux installations américaines de bureaux modernes, où on modifie à volonté la capacité des classeurs en adjoignant de nouveaux éléments superposés ou juxtaposés aux autres. On peut évidemment faire aussi une bibliothèque en partant du même principe; ce sera une bibliothèque démontable, ayant ce précieux avantage de servir à l’emballage des livres, lorsqu’on déménage. Plutôt que tapisser le bois en papier, imitation chêne — ce qui est contraire à toutes les règles de l’esthétique moderne — mieux vaut simplement frotter les planches avec un gros papier de verre, puis peindre l’extérieur et les bords apparents en nuance foncée : noir, marron, etc. Chaque
- Fig- 1-,
- caisse peut porter ou non une planchette intérieure (laquelle servira de couvercle quand on emballe le contenu de chaque caisse). Une commode combinaison consiste à placer les planches couvercles, dans une pile- de caissettes, entre chaque caissette, le bord dépassant de 2 cm sur un des côtés. Entre deux piles semblables distantes d’une longueur quelconque, on place des planchettes rayon dont les extrémités reposent sur les bordures des couvercles dépassants (fig. 7). Au fur et à mesure qu’on le désire, on augmente la hauteur de l’ensemble. Il faut d’ailleurs savoir s’arrêter 'à temps pour ne pas compromettre la solidité du tout; qu’on pourra prudemment assurer en fixant les caisses du haut contre le mur. • A.-C.
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- Jteo
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- HYGIENE ET SANTÉ
- QSL
- A5§T
- La biométrie de la croissance. — I. Le poids. —
- Vent-on savoir si un enfant se porte bien et a une croissance normale ? Il est nécessaire pour cela de le suivre attentivement, et comme les simples appréciations sont sujettes à erreur, le plus simple est de le comparer à intervalles répétés à des données numériques représentant la croissance moyenne d’un grand nombre d’autres enfants. Qui souvent se pèse, bien se connaît, et aussi qui souvent se mesure et dans plusieurs sens encore.
- Les données numériques sur la croissance ne manquent pas. Elles ont été rassemblées et discutées à maintes reprises par les anthropologistes et les médecins, et les variations qu’elles indiquent pour chaque âge sont remarquablement concordantes. On peut donc les utiliser en toute confiance.
- La mesure la plus fréquenle, celle que pratiquent toules les mères attentives, toutes les consultations de nourrissons est le poids. On le suit généralement tous les jours pendant les premières semaines de la vie de l’enfant, puis moins fréquemment et l’on finit générale-
- ment par te négliger, à tort, à partir de la deuxième
- Ages Fig. i.
- année. Il conserve cependant une signification très grande jusqu’à l’adolescence.
- Voici, d’après le Dr Mayet j1), l’allure normale de ses variations :
- Age. Poids. Age. Poids.
- Naissance. . 3k6a5o i5 mois. . . 9 Qoo
- 1 semaine. 2 900 18 — . . 10 3oo
- 1 mois . . 3 5oo *2 ans . . . 11 35o
- 2 — . . 4 5oo *> j — . i3 000
- > 5 200 4 — . . . H 000
- 4 — • 5 ySo 5 — . . . i5 5oo
- a — . . 6 2 5o fi — . . . ll 700
- fi — . . fi 760 7 — . . . 18 5oo
- 7 — 7 25o 8 — . . . 20 5oo
- 8 — 7 65o 9 — . . . 22 800
- 9 — • • 8 000 10 — . . . 25 000
- 10 — . . 8 35o 11 — . . . 27 9°°
- 11 — . . 8 700 12 —• . . . 3o 800
- 1 an. . . . 8 g5o i3 — . . . 35 000
- Chez-les garçons, le poids est en général un peu plus élevé que la moyenne jusque vers la dixième année; chez les filles, il est un peu inférieur.
- On peut, si on le préfère, représenter la croissance en poids par une courbe, telle que celle de la figure i. Cette courbe a l’avantage de parler plus immédiatement aux yeux qu’une série de chiffres et si on l’établit pour un enfant particulier, on y verra apparaître chaque trouble, tel que le sevrage, la dentition, les maladies infantiles par une baisse temporaire de la courbe, si bien que le graphique constituera une histoire très complète de la santé de l’enfant.
- Les chiffres que nous venons de donner d’après le Dr Mayet sont un peu plus élevés que ceux classiques i. Dr L. Mayet. Le développement physique de Venfant. I vol. in-8, Poinat, éditeur, Paris, lpl3.
- de Quételet. A i3 ans, celui-ci admet un poids moyen cje 34 kg 380 seulement. Si l’on veut suivre le développement de l adolescence, on pourra se servir des chiffres qu’il donne pour les âges plus élevés :
- Age. Poids. Age. Poids.
- 14 ans. . . 38ke76o 3o — . , 63ks65o
- i5 — . . 43 620 4o — . . . 63 670
- 16 — . . 49 67<> 5o — . . . 63 460
- 17 — . . 52 85o 60 — . . 62 940
- 18 — . 57 85o 70 — . . . 5g 520
- 20 — . . 60 060 25 — . . . 62 g3o
- IL La taille. — Dans le précédent paragraphe, nous avons suivi l’accroissement de poids de l’enfant. Une autre mesure indispensable est celle de la taille. On la prendra, chez le jeune bébé, qui ne se tient pas debout ou s’y tient mal, après l’avoir couché sur une table; à partir de 2 ou 3 ans, on pourra opérer comme la toise pour les soldats, en plaçant l’enfant debout contre un mur, les pieds nus, le chignon défait pour les filles.
- Fig. 2.
- Les variations de taille sont plus régulières que celles du poids.
- Nous indiquerons ici les moyennes établies par
- Age. Taille. Age. Taille.
- Naissance. . om5oo i3 ans . . I 4g3
- 1 an . . . 0 698 i3 — . . 1 439
- 2 — . . 0 771 14 — . • 1 493
- 3 - . . 0 864 i5 — . . 1 546
- 4 — • . 0 928 16 — . . I 594
- 5 —- . . P 988 17 1 634
- 6 — . . I 047 18 — 1 658
- 7 —• • • 1 io5 20 — . . 1 674
- 8 — . . 1 162 25 -- . . 1 680
- 9 — • • 1 219 3o — . . 1 684
- 10 — 1 275 4o — . . 1 684
- 11 — 1 33o 5o — . . 1 674
- 12 — 1 385 60 — . . 1 63g
- i3 — . . 1 439 70 — . . 1 623
- On peut également représenter ces nombres par une courbe qui aura l’allure représentée figure 2.
- Bien entendu, il faut tenir compte pour chaque enfant, et surtout à mesure qu’il avance en âge, de ses influences ethniques. On sait qu’en général les petites tailles se rencontrent surtout dans l'ouest et le sud-ouest de la France (Bretagne,Yendée, Massif Central), tandis que les grandes sont plus fréquentes dans le nord, l’est, les Pyrénées.
- Sous cette réserve, la courbe de croissance individuelle d’un enfant donné, doit être voisine de celle que nous figurons ici. Tout crochet, toute anomalie, tout ralentissement est l’indice d’un trouble dont il est im portant de connaître la cause et qu’il faut chercher.
- III. Les autres données.— Connaissant l’accroissement de poids et de taille d’un enfant, données qui sont de beaucoup les plus importantes, on peut aussi suivre d’autres développements.
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- HYGIENE ET SANTE
- L’ün des plus intéressants est celui de la circonférence thoracique qui renseigne sur la capacité pulmonaire.
- Le Dr Lucien Mayet l’a mensurée sur plus de deux mille enfants et a obtenu les nombres moyens suivants
- Age . Circonférence Age. Circonférence
- thoracique. thoraciq
- Naissance om3o 7 ans . 0ra55
- 1 an . . O 47 8 — . 0 56
- 2 — 0 485 9 — 0 57
- 3 - . 0 5o 10 — . 0 585
- 4 •— 0 51 11 — 0 6o5
- 5 — . . 0 525 12 — 0 63-
- 6 — . . 0 535 i3 — . . 0 66
- 'La courbe ci-jointe en est la représentation graphique.
- Cette circonférence doit être prise au niveau de l’appendice xyphoïde, à la pointe du sternum, au moyen d’un mètre à ruban. On mesure la circonférence au moment de l’expiration, puis au moment de l’inspiration et on prend la moyenne.
- On peut aussi prendre la grande envergure, c’est-à-dire la distance couverte par les deux bras étendus; celle-ci est un peu plus petite que la taille jusque vers 12 ans ; elle s’en rapproche peu à peu et dépasse la taille à partir de i3 ans environ.
- La série des mesures que nous venons d'indiquer : poids, taille, périmètre thoracique, envergure, prises régulièrement à des époques rapprochées au début, puis éloignées de plusieurs mois ensuite, permettrait de tracer l’histoire complète du développement de chaque enfant. Ses maladies s’y inscriraient, chacune par un trouble de croissance. Une divergence sensible d’avec la moyenne signalerait un état pathologique qui, parfois, ne saurait être deviné autrement à ses débuts.
- Il est donc à souhaiter que chaque mère suive ainsi ses enfants, au lieu de se fier seulement comme elle le fait habituellement, aux impressions que lui fournit son instinct maternel.
- » 0,55
- 0,30*
- Fig. 3.
- Bien des troubles, des insuffisances glandulaires entre autres, des tuberculoses méconnues pourraient ainsi être dépistées tout au commencement, alors qu’il est aisé de les corriger ou de s’en rendre maître. R. M.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Papier salé de longue conservation. — On entend par papier salé un papier photographique dont la substance sensible fait corps avec la pâte même, ou avec un encollage très mince, au lieu d’être incorporée à un substratum spécial, comme l’albumine, la gélatine ou le collodion. Les images imprimées sur papier salé sont un peu ternes, mais la surface mate sur laquelle elles reposent permet d’exécuter très facilement des retouches, des dessins, des annotations, etc. Il est d’ailleurs possible d’en augmenter la vigueur, en passant préalablement sur le côté à sensibiliser une ou deux couches d’empois à l’arrow-root. Le principal défaut de ce papier, dont la préparation est à la portée de tout amateur, est de ne pas se conserver au delà de quelques jours; mais M. Namias a indiqué le moyen d’empêcher cette prompte altération.
- Chaque feuille à sensibiliser est d'abord mise à flotter, pendant a ou 3 minutes, sur une solution de sel marin à 8 ou io pour ioo. Le papier ne doit être mouillé que d’un seul côté, celui qui doit recevoir l’impression. Si donc on l’a recouvert d’un encollage, c’est la face encollée qui doit être posée sur le bain. A cet effet, on saisit la feuille des deux mains par ses extrémités, et, la courbant légèrement, on la fait adhérer au liquide, d’abord par le milieu, puis on abaisse doucement les bords. Après quelques secondes de flottage, on soulève un des angles, en s’aidant d’une lame de verre, afin de chasser les bulles d’air interposées. On abaisse alors cet angle, pour procéder de même avec l’extrémité opposée. Au bout de 2 ou 3 minutes, on soulève de. nouveau l’un des angles, au moyen de la lame de verre, et l’on fait sécher la feuille, en la suspendant par des pinces en bois attachées à une corde.
- La sensibilisation proprement dite s’effectue en faisant flotter la surface salée sur un bain de nitrate d’argent à 10 pour 100 dans l’eau distillée. Ce flottage doit durer environ 3 minutes;,il exige les mêmes précautions que l’opération précédente et doit, de plus, être exécuté en lumière jaune ou à la lueur d’une bougie tenue assez éloignée. L’azotate d’argent en contact avec le chlorure de sodium détermine la formation de chlorure d’argent. Le papier se trouve, en outre, imbibé d’un excès d’azo-
- tate d’argent, qui le rend plus sensible. On fait sécher dans l’obscurité.
- Ainsi préparé, le papier ne se conserverait que quelques jours, après quoi il jaunirait et se couvrirait de taches. Pour le rendre beaucoup plus stable, 011 le plonge, après complète dessiccation, dans :
- Eau distillée.................. 1000 c. c.
- Acide oxalique................. 20 gr.
- Acide citrique.................• 40 gr.
- Après quelques minutes d’immersion, on l’essore avec un papier à filtrer, et on le laisse sécher à l’abri de toute lumière. Il se conserve alors pendant près d'un an ; néanmoins, il est préférable de l’employer dans les trois ou quatre mois. On lè traite de la même manière que les papiers à noircissement direct ordinaires, au citrate ou à la celloïdine, et les formules usuelles de virage-fixage lui sont applicables.
- Une méthode simplifiée de développement des plaques autochromes. — MM. A. et L. Lumière et A. Seyewetz nous communiquent la note suivante : « Nous avons indiqué antérieurement une méthode de développement des plaques autochromes permettant, d’itne part, de juger parla durée d’apparition des premiers contours de l’image dans un révélateur convenablement dilué, si le cliché a reçu une exposition normale ou bien s’il a été surexposé ou sous exposé et, d’autre part, de déterminer le temps pendant lequel il faut développer finalement le cliché dans le bain additionné de la dose normale de révélateur concentré pour obtenir une bonne image.
- Cette durée variable de développement qui est fonction du temps d’apparition des premiers contours de l’image est donnée dans un tableau dont nous avions établi les valeurs par une série d’essais pratiques faits sur des plaques ayant reçu des durées d’exposition variées : inférieures, égales et supérieures à la normale.
- . Cette méthode conduit à de très bons résultats et permet d’obtenir une image très satisfaisante avec une plaque qui a été exposée pendant une durée pouvant atteindre 4 fois celle de l’exposition normale. Toutefois, son application présente l’inconvénient de nécessiter une lecture sur un tableau transparent éclairé par la faible
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- lumière de la lanterne et peut, en outre, prêter à des erreurs dues à une confusion dans la lecture du tableau.
- Un amateur, M. Meugniot, ingénieur-constructeur, nous a communiqué le principe d une méthode d’application plus simple que celle que nous avions indiquée. Elle consiste toujours à faire apparaître les premiers contours de l’image dans uù révélateur dilué, mais cette dilution est réglée de telle façon qu’en achevant ensuite le développement dans un révélateur concentré, les durées d'immersion dans ces deux révélateurs successifs soient égales. Nous avons réglé le degré de dilution des révélateurs à employer dans cette nouvelle méthode de telle manière que l’on consomme exactement la même quantité de développateur que dans l’ancienne méthode. Voici le mode opératoire qui donne les meilleurs résultats :
- i° Préparation d?s solutions. — Quantités à employer pour une plaque 9X12, en opérant dans une cuvette 9 X 12 :
- Solution A.
- io c. c. révélateur concentré à la métoquinone (').
- i5 c. c. Eau.
- Solution B.
- •1 c. c. solution A.
- 3o c. c. Eau.
- 1. Ce révélateur a la composition suivante :
- Eau.................................
- Métoquinone.........................
- Sulfite tic soude anhydre...........
- Bromure de potassium................
- Ammoniaque à 3211 Baumé (Densité o,<)23)
- 1° Mode opératoire. — Immerger la plaque dans la solution B en prenant toutes les précautions habituelles indiquées pour le développement des plaques autochromes. !
- Mesurer, soit avec un compte-secondes, soit avec un sablier, le temps écoulé entre l’immersion de la plaque et l’apparition des premiers contours de l’image sans tenir compte des ciels.
- Dès que les premiers contours de l’image apparaissent, rejeter la solution B et la remplacer par le reste de la solution A (î3 c. c.). Développer ensuite exactement pendant autant de temps qu’il en a fallu pour faire apparaître l’image dans le premier bain.
- Lorsqu’on fera usage du sablier, il suffira, dès que les premiers contours de l’image apparaîtront, d’arrêter l’écoulement du sable en plaçant dans la position horizontale l’appareil qui est suspendu verticalement devant la lanterne, puis de retourner ce sablier en le suspendant de nouveau verticalement pour obtenir une durée d’écoulement égale à l'a première.
- Le reste des opérations, inversion et 2e développement, s’effectue comme d’habitude.
- Nous avons développé avec cette méthode une série de plaques autochromes dont la durée d’exposition variait de 1 à 4 par rapport à la durée normale et avons obtenu dans tous les cas d’aussi bons résultats qu’avec notre ancienne méthode.
- Ce nouveau mode de développement nous a paru intéressant à signaler en raison de sa grande simplicité et des bons résultats qu’il fournit.
- 1000 c. c.
- 100
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- BOITE AUX LETTRES
- QSK.,
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme it. En raison de l’abondance de la correspondance et’ des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Questions. — M. Rivoire, à Aigues-Mortes, nous écrit :
- « Je voudrais bien que vous puissiez me faire donner l’explication d’un phénomène qui me paraît assez singulier.
- J’ai observé — sans doute je ne suis pas seul — que des conducteurs électriques posés, soit le long du mur, soit sous le plafond sont bientôt accompagnés d’une teinte noire, fumeuse, sur la paroi. Cette teinte (devrais-je dire ce dépôt?) disparaît par lavage à l’éponge humide; mais ne tarde pas à reparaître.
- J’ajoute que le courant est continu, que l’effet se produit pour les conducteurs uniques aussi bien que pour les fils souples torsadés; de plus, les parois ainsi maculées sont peintes à l’huile. Il me serait impossible d’affirmer que le même phénomène se produirait sur badigeon à la chaux, ou avec courant alternatif.
- Toutefois, il me serait agréable de connaître un moyen d’arrêter ce noircissement à l’endroit des conducteurs. »
- Nous posons la question à nos lecteurs.
- Réponses. — Général J.-B. D., à Brécourt. — La chambre noire etl’Hémérographe du commandant Blain étaient en dépôt, à l’époque où La Nature en a publié la description (n05 8g3etxo27), à la maison Picart, 14, rue du Bac. Vous pourrez Arous procurer divers modèles de chambres claires chez Pellin (successeur deDubosq), 5, avenue d’Orléans, et des miroirs noirs, plans ou courbes, chez Lefranc et Cie, 18, rue de Valois.
- M. D. L., à Saint-Palais. — i° Les vêtements de travail, cottes et bourgerons peuvent être teints assez facilement en se servant des couleurs diamines qui prennent directement sur le coton, tels sont le benzobleu solide, le gros bleu BX et le bleu pur FF.
- Pour un kilogramme de coton à teindre préparer le bain suivant :
- Eau..................... 20 litres.
- Sulfate de soude. . . 100 grammes.
- Cristaux de soude. . 5o , —
- Bleu diamine .... i5 à 20
- Porter à l’ébullition et y entrer l’étoffe à teindre préalablement mouillée pour assurer l’uniformité.
- Maintenir le bouillon 20 à 3o minutes, laisser refroidir dans le bain, essorer et laver à une ou deux eaux seulement, pour ne pas affaiblir la couleur ;
- 20 L’enduit noir mat pour intérieur de chambre photographique s’obtient en faisant dissoudre à chaud de la colle de peaux dans de l’eau et en y ajoutant une quantité suffisante de noir de fumée — appliquer tiède. — Pour les lames d’obturateur, faire au bain-marie la dissolution suivante :
- Résine colophane . . 10 grammes.
- Alcool à 900 GL ... 100 —
- Incorporer à cette dissolution du noir de fumée suivant l’intensité dè teinte désirée ;
- 3° Les moteurs Diesel, par Chalkley, traduction Ch. Lordier ; Les moteurs Diesel de grande puissance, par Smits. Ces deux ouvrages sont édités par la maison Dunod et Pinat, 47» quai des Grands-Augustins.
- M. R. M., Montluçon. — Depuis quelques années, on emploie beaucoup pour l’élévation mécanique de l’eau dans les domaines ruraux et exploitations agricoles en raison de leur utilisation pratique dans ces cas : motopompes, béliers et moulins à vent.
- En ce qui concerne les béliers hydrauliques, il faut noter qu’en effet leur rendement n’est pas pratiquement utilisable au delà de 20 fois la hauteur de chute. Les béliers-pompes, type Durozoi par exemple, obvient à cet inconvénient.
- Les données de votre demande sont insuffisantes pour pouvoir bien y répondre, mais voici des adresses de constructeurs auxquels vous pouvez l’exposer :
- • Etablissements Durey-Sohy (moulins à vent, béliers, pompes, etc.), 17, rue Lebrun, Paris; Veuve Araon et fils (moulins à vent), à Narbonne (Aude); E. Breuillard (pompes, moto-pompes, etc.), à Provins (Seine-et-Marne), Société anonyme des Etablissements de construction et fonderie Schabarer, à Castres (Tarn) ; Société l’Aster (béliers hydro-pneumatiques (moto-pompes) ; Aster, 66, rue de la Chaussée-d’Antin, Paris ; Etablissements Turenne (tous systèmes et par air comprimé), 12, rue Pétrograd, Paris ; Henry frères (tous systèmes et par air comprimé), 19, rue du Poteau, Paris; Vidal-Beaume (béliers, etc.), 64, avenue de la Reine, (Boulogne-sur-Seine) ; Maison Th. Pilter (moulin à vent, béliers, motopompes), 24, rue Albert, Paris; Gelly et Cie, 5, rue
- m Isfr •
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- d’Obilion, Montpellier (élévateurs automatiques hydrauliques) ; E. Lebert (moulins à veut), Le Mans (Sarthe).
- M. Pierre Lagrave, à Moissac. — L’anomalie cinématographique des roues de véhicules qui paraissent patiner ou même tourner en sens inverse, résulte de la discontinuité réelle des projections, celles-ci ne nous semblant continuer que grâce à la persistance des impressions rétiniennes. Supposons, pour simplifier, que les appareils enregistrent et projettent io images par seconde. S’il s’agit d’une roue qui tourne exactement à raison de io tours par seconde, chaque point de la roue occupera la même place sur chacune des images, et la roue paraîtra immobile. Si, au contraire, la roue tourne un peu plus vite, si elle fait, par exemple, ii tours et demi par seconde, alors elle paraîtra bien tourner dans son véritable sens. Enfin, si elle tourne plus lentement, il arrivera parfois que chaque point n’occupera pas encore, sur la seconde image, la place qu’il occupait sur la première ; le même retard apparent se renouvellera sur la troisième image, et ainsi de suite; la roue semblera donc tourner à rebours. Ainsi, une voiture dont les roues d’avant n’ont pas le même diamètre que celles d’arrière pourra offrir simultané-ment deux des apparences ci-dessus : l’une des roues paraîtra tourner dans son vrai sens, ou en sens inverse, pendant que l’autre semblera patiner. Et la même roué, présentera successivement les mêmes anomalies, au départ et à l’arrêt, à mesure que sa vitesse s’accélère ou se ralentit. Vous trouverez une analyse plus complète et illustrée de ces phénomènes dans La Nature, 1897, I» P- 368.
- M. R. P., h Avignon. — i° Depuis longtemps, l’élevage de l’escargot comestible, ou Héliciculture, se pratique couramment. Nous pouvons citer, notamment, l’entreprise industrielle dë M. G. Boisseau, éleveur et parqueur d’escargots, à Dannemoine (Yonne);
- 20 Comme études et publications, voyez La Nature, n° du 24 juillet 1909 (article de notre collaborateur Henri Blin : L'Héliciculture ou Culture des Escargots) ; l'escargot et la grenouille comestibles, par Arsène Thé-venot et Félicien Lesourd, 1 vol. x fr. 5o (libi’airie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6°); L’Escargot, élevage et parcage lucratifs, préparation et système de vente par G. Boisseau et G. Lanorville, 1 vol. avec plans et dessins, 3 fr. (Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, Paris, 6°); Elevage et industrie de l'escargot; Manuel pratique, par R. de Noter, 1 vol. 2 fr. 70 (Quignon, éditeur, 16, rue Alphonse-Daudet, Paris, 14e) ;
- 3° Espèces d’escargots comestibles : Escargot gros blanc, dit escargot de vigne, ou de Bourgogne (Hélix Pomatia); Escargot chagriné ou Petit Gris (Hclix
- aspersa). Dans le Midi, il y a YÆscargot de Provence, appelé Tapado à Marseille (Hélix aperta); VEscargot à bouche noire, appelé Terrassier, en Provence (Hélix melanostoma), Y Escargot Peson (Hélix algirus = zonites algirus) ; Y Escargot des Jardins (Hélix hortensis) ;
- 4° L’élevage se fait en parcs, à l’air libre. Pour aménagement des escargotières, élevage, alimentation, voyez ouvrages spéciaux indiqués ci-dessus.
- P. M., à Bourg-en-Bresse. — Sur-la récolte du caoutchouc, voyez L,a Nature, n° 1962, 22 octobre 1910, p. 33o.
- D. A. E. L., à Nevers. — i° Les couveuses artificielles sont chauffées à une température moyenne variant entre 3g° et 400 C. Lorsque la température dépasse 4l0 et atteint 420, le résultat est gravement compromis, et à 42° les germès sont généralement tués. Il existe des régulateurs qui évitent, automatiquement, les augmentations de température au-dessus de 4i0-3Ntous ne connaissons pas d’appareil spécial, électrique, faisant office d’avertisseur, pour cet usage, mais nous publierons, sur les régulateurs de température dans les couveuses artificielles, un article qui, croyons-nous, vous donnera satisfaction, le choix du régulateur automatique devant être en rapport avec le type de couveuse dont vous disposez ;
- 2° Pour les poulaillers démoniables, voyez aux adresses suivantes : F. Goujon, à Langeais (Indre-et-Loire); Avicultura-Jersey, 8, rue du Louvre, Paris, 1e1; Bourgeois, 1, rue Clapeyron,' Paris, 8e; Comptoir général de l’élevage, 94, rue Saint-Dominique, Paris, 7e; Damerval, Saint-Léger-du-Bourg-Denis, par Darnetal (Seine-Inférieure); Leroux, à Dourdan (Seine-et-Oise) ; Franky-Farjou, à Houdan (Seine-et-Oise); Voitellier à Mantes ;
- 3° Ouvrages sur l’élevage des volailles (gallinacés et palmipèdes) : Aviculture, par Ch. Voitellier, 1 vol. 8 fr. 25; La Poule pratique. Les Palmipèdes de la basse-cour, par E. Leroy, 1 vol. 5 francs; la Basse-cour pratique, par E. Lemoine, 1 vol. 4 7° J Canards, oies,
- cygnes, par PI.-L. Alp. Blanchon, 1 vol. 5 fr. 20; E industrie du canard, parle même, 1 vol. 3 francs ; la Basse-cour, par Ducloux, 1 vol. x fr. 80; L’Aviculture pratique, par Pierre Mégnin, 2 vol. 14 fr. 60 (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6°); Manuel de l'éleveur de poules, par Blanchon, 1 vol. 3 fr. 60 (L. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris, 6°);
- 4° Les maisons qui s’occupent de farines de poisson pourraient probablement s’intéresser à la préparation de farines de moules desséchées, si on le leur suggérait. Voyez Dahl et Garrigues. (Pêcheries de l’Atlantique), à La Rochelle.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ........-
- Le bassin de la Sarre (Clauses du traité de Versailles), par P. Vidal de La Blaciîe et L. Gallois, i vol. in-8 raisin, avec deux cartes dans le texte et deux cartes hors texte. Armand Colin, éditeur, Paris, 1919. Prix : broché (sans majoration) 5 francs.
- Qu’est-ce que le bassin houiller de la Sarre, dont la France, par le traité signé à Versailles, vient d’obtenir la propriété ? Quelle est sa valeur économique, quelles industries sont installées près des puits de mines, et quels rapports y a-t-il entre ces industries et les mines de fer de la Lorraine voisine ? Quelle est l’histoire de cette région? A ces questions et à bien d’autres que soulèvent les clauses du traité concernant la Sarre répond le présent ouvrage. On y trouvera notamment une magistrale étude historique de M. Vidal de La Blache.
- Deux cartes en couleur montrent : la première, les
- variations successives de notre frontière de l’Est et celles du nouveau territoire de la Sarre; la seconde, la répartition de la population dans les pays compris entre la Moselle et le Rhin.
- L,es reproductions photo-mécaniques polychromes, par L.-P. Clerc (Encyclopédie scientifique du Dr Toulouse). 1 vol. in-18 jésus, cartonné toile XXIV-34o pages, 73 figures. Doin, éditeur, Paris, 1919. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce volume, dû à une plume particulièrement autorisée, constitue à la fois un manuel pratique d’illustrations en couleurs, et un guide pour les expérimentateurs s’intéressant aux perfectionnements de ces procédés. Une place importante a été faite aux essais de contrôle des préparations sensibles, des écrans colorés, des appareils optiques et des encres d’impression. Les imprimeurs et éditeurs tireront; utilement parti de ce volume qui leur permettra de se rendre compte des possibilités des divers procédés décrits. Les questions photographiques occupent dans ce volume une large place, les photographes y trouveront l’étude la plus complète qui ait encore été publiée en France des procédés trichromes de reproduction.
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- LA NATURE
- Supplément.
- A-
- N° 2$7é
- 11 Octobre 1919.
- Quelques problèmes relatifs aux dirigeables. —
- Ces problèmes sont posés parM. Cave-Browne-Cave de l’aéronautique militaire dans une intéressante communication à la British-Association.
- Tout d’abord le problème de l’altitude. Comment un dirigeable peut-il déterminer son altitude ? On se sert d’une façon générale de baromètres anéroïdes, et l’on applique les formules classiques relatives à la variation de la pression atmosphérique suivant l’altitude. Mais on comprend de suite le peu de valeur de cette méthode pour des aéronefs, qui se déplacent à la vitesse de ioo km à l’heure, et tiennent l’air sans escale, parfois plus de 100 heures. Les indications du baromètre ne donneraient un résultat sûr que si l’on connaissait en même temps la pression atmosphérique au niveau de la mer, au droit du ballon. Le capitaine du ballon ne connaît que la pression à terre, au point de départ, au moment de 1 envol. Elle ne lui est d’aucune Utilité au cours du voyage pour déterminer son altitude. Et cependant, il est essentiel qu’au milieu des nuages ou pendant la nuit, on puisse savoir à quelle hauteur se trouve le ballon. Actuellement, le problème n’a pas reçu de solution. M. Cave-Browne-Cave cite l’exemple d’un dirigeable qui, après une nuit de patrouille, se croyait d’après le baromètre à 100 m. au-dessus de la mer, et qui en fait affleurait le niveau des flots. On a proposé une méthode de sondage au son : l’on produit à l’aide d’une cartouche une onde sonore qui se réfléchit à la surface de la mer ; avec des appareils analogues à ceux du repérage au son, on note l’intervalle entre l’explosion et le retour du son; on en déduit l’altitude cherchée. D’après M. Cave-Browne-Cave, les résultats n’ont pas été satisfaisants jusqu’ici; en raison de la difficulté de recevoir l'écho, lorsque le ballon est en mouvement. Il faut donc chercher mieux. La parole est aux inventeurs.
- Autre problème. Comment augmenter à volonté le poids d'un ballon en cours de navigation P Dans les heures chaudes du jour, le soleil échauffe et dilate le gaz de l’aéronef; il en résulte une augmentation momentanée et en quelque sorte factice de force ascension nelle : l’engin monte, gagne des régions où la pression est moins élevée, et par suite perd du gaz; perte inutile et qui diminue son rayon d’action.
- Comment l’éviter? Comment-empêcher le ballon de monter? En augmentant son poids au moment où Te soleil chauffe. De là le problème d’allure paradoxale que nous énoncions haut.
- Il y a plusieurs méthodes pour le résoudre.
- L’une repose sur la condensation du, gaz d’échappement du moteur. Les gaz qui s’échappent du moteur pèsent en effet beaucoup plus lourd que le combustible qui y a été brûlé ; car ils ont fixé l’oxygène de l’air à l’état d’acide carbonique ou d’eau, et la proportion d’oxygène ainsi fixé est en poids bien supérieure à celle du carbone ou de l’hydrogène qui forment les constituants chimiques du combustible. On a réalisé des condenseurs de gaz d’échappement en forme de radiateurs nids d’abeilles. Il y a une difficulté, les surfaces de refroidissement léchées par les gaz s’encrassent rapidement-
- Une autre méthode consiste à brûler l’hydrogène qui s’échappe du ballon lorsque celui-ci s’élève, et à condenser le produit de la combustion; dans ce cas, il n’y a plus de dépôts comme précédemment et le condenseur ne s’obstrue pas. Reste , à réaliser un moyen vraiment pratique pour alimenter, le moteur le cas échéant avec l’hydrogène. Des, ess,ais. ont été faits, dit M. .Cave-Browne-Cave, dont les résultats ont été très satisfaisants. , ,
- D’autres problèmes importants qui attendent encore leur solution définitive sont les suivants : trouver un combustible moins inflammable et moins dangereux que le pétrole ; réaliser une hélice à pas variable, pouvant se, régler suivant la vitesse de l’aéronef. , ,
- Un hydravion géant à Cherbourg. — Le centre d’aviation maritime de Cherbourg vient de recevoir, dit le Yacht, un grand hydravion à trois moteurs, le biplan Laiham, dont la construction a été effectuée à Caudebec-en-Caux. Cet avion géant mesure 3a m. d’envergure et
- pèse 7 tonnes. Il peuiéffiporter 3 tonnes de matériel. Chacun de ses trois moteurs a une puissance de 35oo chevaux. Sa vitesse prévue est de i5o km à l’heure. Sa coque est compartimentée en 6 alvéoles pour 5 passagers et a pilotes, i mitrailleurs ou bombardiers-et i télégraphiste sans fil; en tout io personnes. Il peut être considéré comme le plus grand hydravion existant actuellement.
- Hublots rotatifs à l’abri de la buée. — Sur les
- navires, sur les aéroplanes, et même sur les véhicules terrestres, automobiles, locomotives, la pluie qui adhère aux vitres ou aux glaces les jours de mauvais temps, est extrêmement gênante pour le pilote ; elle peut provoquer des accidents sérieux, Scientifïc American signale une invention actuellement en usage dans la marine Américaine. C’est un hublot dont la glace est animée d’un mouvement rapide de rotation qui lui est communiqué par un moteur électrique. La force centri-füge rejette sur les bords les particules d’eau ou de neige, et la glace reste toujours bien transparente.
- La récupération de l’étain par la vieille méthode alcaline. — La hausse du prix de l’étain devait nécessairement attirer l’attention sur la récupération des déchets de fer-blanc par des différents procédés mécaniques, chimiques ou électro-chimiques.
- Dans le procédé mécanique, l’étain est séparé du fer au moyen de la chaleur ou encore d’un réfrigérateur. Malgré tous les efforts, ce procédé n’arrive pas à obtenir la séparation complète. La majorité des procédés chimiques et électro-chimiques n’ont point eux aussi donné de bons résultats, soit parce que le fer aussi bien que l’étain étaient attaqués par les acides ou parce que l’étain n’était dissous qu’insuffisamment, soit parce que ces procédés étaient trop coûteux eu égard au rendement.
- Quant au désatamage électrique, c’est-à-dire l’élec-trolyse des déchets d’étain dans une solution alcaline, il a été également abandonné en raison des soins trop attentifs qu’il exige. L’étain était reçu à la cathode sous forme de précipité spongieux ou finement granulé pouvant être aisément enlevé et fondu. Il fut remplacé par le procédé au chlore ou Goldsmidt lequel permettait de traiter à la fois une plus grande quantité de matières.
- Depuis quelque temps, on a tendance à revenir à la la vieille méthode alcaline consistant à mettre les déchets, préalablement bien nettoyés, dans une solution chauffée à point et contenant un fort excès d’alcali libre et de salpêtre (ou autre oxydant). Après ébullition, il se forme du stannate de soude en cristaux séparés du liquide par action centrifuge; l’alcali et le salpêtre sont ensuite récupérés et peuvent resservir avec une perte minime. C’est la raison qui expliquerait la réintroduction extensive de cette méthode.
- Notre outillage frigorifique. — La Revue française des cônserve's alimentaires estime qu’à la fin de cette année, notre flotte comptera 16 navires frigorifiques d’une capacité de 60000 t. de viande. Ceux construits en France pour l’armée anglaise, dont l’aehat est actuellement envisagé, y ajouteraient 20 000 autres tonnes.
- On compte 1200 wagons frigorifiques, pour les transports des ports aux lieux de consommation. Nos besoins de viande congelée s’élevant à 200000 t., cet outillage est encore insuffisant. - 1 ' '
- Les Anglais possèdent,23o navires frigorifiques repré-' sentant 45o 000 t. en service et ils en construisent en-ce moment 20 autres représentant encore 75 000. Les entrepôts frigorifiques de Grande-Bretagne ont une capacité de 35oooo t. ; Londres à elle seule en compte 33 pouvant contenir 140000 tonnes.
- En 1918, l’Angleterre a importé 489000 t. de viande' frigorifiée, près de la moitié des importations totales du monde qui se sont élevées à 1 i3oooo tonnes.
- Emballages en fibres de zostères. — Les zostères qui sont à proprement parler des varechs diffèrent des algues; alors que celles-ci ne se plaisent que dans les eaux agitées et profondes, les zostères préfèrent les
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- INFORMATIONS
- éstuaires à pentes très douces. La récolte, comme chacun de nous a pu s’en rendre compte sur les plages, en a lieu à marée basse.
- On a songé à les utiliser comme support d’emballage aux lieu et place de la fibre de bois. C’est, qu’en effet, nous dit M. Gloess dans le Bulletin de VInstitut Océano-g‘ aphique, le lavage à l’eau douce des zostères donne une matière de rembourrage, véritable succédanée du crin végétal. Les fibres sont légères, élastiques, ininflammables, inodores, imputrescibles, avantages notables sur d’autres matières d’emballage, notamment lorsqu’il s’agit de denrées périssables où une forte odeur abîme-i*ait le produit.
- Cette élasticité serait trois fois plus grande que celle de la fibre de bois, ce qui fait que malgré un pi'ix de revient un peu plus élevé, la fibre de zostère serait encore deux fois meilleur marché que le mode d’emballage déclaré jusqu’ici le plus économique. Quant à la légèreté, elle est moindre que celle de la fibre de bois.
- Pour donner une idée de l’importance de cette question emballage, M. Gloess nous dit que, à eux seuls, trois grands bazars parisiens usent annuellement 1000 tonnes de fibres de bois. On voit l’avantage énorme qu’il y aurait pour nos commerçants à ce qu’il se monte à pied d’œuvre des usines qui nous éviteraient en cette matière l’exportation des fibres de bois d’Autriche.
- L’algine, matière alimentaire. — Les Japonais utilisent en vue de l’alimentation aussi bien humaine qu’animale, la matière mucilagineuse azotée de certaines algues brunes. Le Kombu n’est en somme que de l’algue choisie, nettoyée, râpée et dessalée.
- Pour donner une idée de l’importance de cette industrie, M. Gloess Cite que seulement pour le port de Kolckaido, les goémoniers ont reçu, en 1911, comme salaires la somme de 2 5oo 000 francs, ce qui représente, au taux des salaires du pays, une récolte de 1 million de tonnes d’algues comestibles, et cela pour un seul port Japonais.
- Peut-être sous la poussée de la « vie chère » verrons-nous un de ces jours sur nos tables d’hôtels ou familiales du Kombu arrangé et préparé à nos goûts culinaires.. En attendant, l’algine n’est proposée que par nos vétérinaires militaires et civils comme succédanée du foin dans la nourriture des chevaux, des bovidés et des ovidés. A cela rien d étonnant quand on se rappelle que sur certaines côtes d’Irlande, d’Ecosse, de Norvège, pauvres en foin, on donne à manger des algues (lessivées) à tout le bétail depuis bon nombre d’années.
- La population indienne des Etats-Unis. — L’Office du recensement des Etats-Unis a consacré, pendant la guerre, un de ses volumes à la statistique de la population indienne, à la fois aux Etats-Unis et en Alaska. En 1910, on. comptait aux Etats-Unis proprement dits 265 683 Indiens (contre 287196 en 1900) et 25 33i en Alaska. L’augmentation constatée tient sans doute au fait que le recensement appelle Indiens même les enfants issus de mariage mixte, de sorte que l’accroissement numérique est contre-balancé par une atténuation de la teneur en sang proprement indien de la population recensée. Le plus grand nombre des Indiens — 74 825, soit plus du quart — se trouve dans l’Etat d’Oklahoma. L’Office de recensement énumère 280 tribus et 52 variétés linguistiques. Sur les Indiens des Etats-Unis proprement dits, il considère 56,5 pour 100 comme purs, 35,2 pour 100 comme mixtes, le reste comme incertains. Les mariages mixtes sont plus féconds que ceux de sang-pur : 5,i enfants par mariage mixte et 4,5 par mariage pur. De même, la mortalité des enfants parait moindre dans les (mariages mixtes que dans les mariages purs. Le ùolume publié par l’Office contient en outre un bon nombre de renseignements sur le mode de vie des Indiens.
- Les cultures de printemps en France. — Le
- Ministère de l’Agriculture a publié récemment des évaluations concernant l’état des cultures de printemps en France au Ier juin 19x9. Ces chiffres indiquent, dans plusieurs,cas, une diminution assez fâcheuse des superficies cultivées. \
- Les pommes de terx’e, i.383 i5o hectares'en 1918, 1 370 120 en 1917, n’occupent en 1919 que 1 232 56o hec-tax-es. Le maïs, 456099 hectares en 1914, 34o 185 en 1918, n’arrive en 1919 qu’à 3o5 820. Les betteraves ont décru de 68 55o hectares (pour sucrerie), 20 320 (pour
- distillerie), et 490 5i2 (fouimagères) en 19x8, à 66 165, 19 210, et 477 525 pour les mêmes catégories en 1919 : elles ont été de plus en général très affectées par la sécheresse. Les cultures fourragères ont, les unes, diminué pareillement, mais suivant un taux moins élevé (prairies artificielles, 2682040 hectares en 1919 pour z5g633o en 19x8), les autres ontétendu leur superficie : prairies temporaires, 342610 en 19x9, pour 325 770 en 1918; fourrages verts annuels, 60x200 pour 583270; prairies naturelles, 4 74° 1pour 4559090; herbages, 1867940 pour 1672040. Les ensemencements en lin sont passés de 8645 hectares (1918) à 18890 (1919), le chanvre par contre a baissé de 7582 (1918) à 7046 (1919). Le tabac est tombé de 45x6 (1918) à 2234 (1919), soit une diminution de plus de 5o pour 100.
- La production mondiale du caoutchouc. — De
- statistiques officielles, il résulte que la production mondiale du caoutchouc est à l’heure actuelle pi-ès de quati’e fois plus considérable qu’elle ne l’était, il y a une douzaine d’années, etplus que doublée sur celle de 1913-1914-
- Si en 1900, elle ne dépassait pas 54 000 t., en 1907, elle atteignait près de 69 000 t., soit près de 28 pour 100 d’augmentation, celle-ci provenant presque entièrement des sucs récoltés sur les lianes des forêts. A partir de cette dernière époque, le caoutchouc récolté sur de vastes plantations, créées avec d’énor-mes capitaux, en Améi'ique, en Asie et en Afrique, est amené en si grandes quantités que déjà en x 9x 5 la production des plantations sui-passe de beaucoup celle des forêts. Ainsi en 1917, sur un total général de 2570,30 t., la prodixction de celles-ci n’est guère supérieure à i/5.
- La progression de la production du caoutchouc depuis 12 ans est établie par les données suivantes :
- C.aoulchouc iu'ovcuanl
- Forêts. Plantations.
- Années. Lonnes. tonnes.
- 1907. . . . . . 68.000 995
- 1908. . . . . . 63.ooo 1.800
- 1909. . . . . . 66.000 3.600
- 1910. . . . .- . 63.3oo 8.200
- 1911. . . . . . 60.730 14•000
- 1912. . . . . . 70.410 •i5.518
- 1918. . . . . . 60 822 47.618
- 1914. • • • . . 40.000 71.380
- igx5. . . . . . 5o.8i5 107.827
- 1916. . . . . . 48.948 152.85o
- 19x7. . . . . . 52.682 204.348
- 1918. . . . . . 4x.ooo 200.000
- Institut de recherches physiques
- Un
- miques au Japon. — La Revue interaationale de. synthèse scientifique Scientia (septembre 1919) donne les l’enseignements ci-dessous sur l’Institut de recherches physiques et chimiques qui vient d’être fondé aü Japon par suite de l’obligation où cette nation, qui, avant la guerre, importait d’Allemagne la plupart de ses produits de première nécessité, 'se trouve maintenant placée d’assurer le plus possible elle-même son indépendance vitale. La somme prévue pour la création de cet Institut est de 5oooooo de yens (12 5oo 000 francs), dont une moitié déjà a été versée par des industriels et des commerçants de Tokyo et de Yokohama, et dont l’autre moitié doit être fournie ultérieui’ement par les mêmes éléments d’autres grandes villes, Kobé, Osaka, etc. Le gouvernement assure en outre une subvention décennale de 2000000 de yens (5 000 000 de francs) et l’Empereur fait personnellement don de 1 000 000 de yens (2 5ooooo fx’ancs). L’Institut compi’endra une section de Physique et une section de Chimie, ayant chacune son directeur et un personnel composé de membres, de membres associés et d’assistants auxquels la plus grande initiative sera laissée dans l’enti-eprise et l’exécution des recherches. Tout en prévoyant des sous-sections diverses (chimie organique, inorganique, physique, biologique) le projet adopté écarte la distinction entre sciences pures et sciences appliquées, et veut que les problèmes industriels, auxquels l’Institut se consacrera de façon toute spéciale, seront toujours envisagés du plus large point de vue scientifique. En attendant que le personnel de l’Institut soit formé et que la construction des laboratoires soit achevée à Tokyo, les fondateurs ont dès à présent inaugui’é leurs travaux dans les laboratoires mis gi’acieusement à leur disposition par les Universités de Tokyo, Kyoto et Sendaï.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *5^ Automobilisme
- La motocyclette A. B. C. — Si l’on peut dire que 1 automobile, au point de vue technique, n’a pas fait de progrès saillants dans ces dernières années, il n’en est pas de même de la motocyclette. Cet engin, au contraire, a évolué rapidement et il atteint aujourd’hui un haut degré de perfection qui lui a permis de prendre une place importante dans la locomotion automobile.
- Nous n’entreprendrons pas ici une étude détaillée des progrès réalisés; ce sera l’objet d’une étude d’ensemble. Mais à la demande de plusieurs de nos lecteurs, nous nous proposons de mettre en évidence les caractères saillants de la motocyclette moderne en examinant l’un des types les mieux réussis, la motocyclette À. B. C.
- D’abord l’élément essentiel : le moteur. Il a bénéficié des études faites pendant la guerre sur les moteurs d’avion; c est un 2 cylindres horizontaux opposés à refroidissement par air : les cylindres sont en acier avec tête détachable en fonte, sur laquelle siègent les deux soupapes commandées. Les pistons sont en fonte d’aluminium. Le moteur développe 7 chev. Il constitue une remarquable pièce de mécanique.
- Non moins intéressants sont les dispositifs d’accouplement du moteur à la roue arrière. Le moteur est monté à cheval sur le cadre. Son arbre est donc dans le plan de ce dernier. Le moteur, l’embrayage, le changement de vitesse et la commande d’angle avec le pignon sur lequel passe la chaîne qui commande la roue arrière, forment un bloc complet qui jseut être enlevé du cadre en dévissant 4 boulons. L’adoption de la commande par pignons d’angle présente de grands avantages mécaniques sur la transmission entière par chaînes ; la seule chaîne qui subsiste dans la motocyclette A. B. C. est à petite vitesse. On supprime ainsi un bruit de ferraille fort désagréable et il n’y a plus de carter de chaînes. Le changement de vitesse, à train balladeur, comporte 4 vitesses.
- Le carburateur, la suspension, l’éclairage électrique mériteraient également l’attention par leur originalité, et leur parfaite exécution.
- Bref, la Société des moteurs À. B. C. a réalisé une machine élégante très étudiée, d’un fonctionnement sûr, et qui marque une étape dans l’évolution de la motocyclette. Notons que la machine complète pèse 78 kilogrammes.
- Elle se trouve à la Société des moteurs A. B. C., 118, rue de la Boétie, Paris.
- Construction
- Tuiles métalliques émaillées. — Les bois de charpente étant actuellement et pour quelque Icmps coûteux et difficiles à se procurer, surtout en grosses pièces, on est donc amené à donner aux difféi'entes pièces entrant dans une ferme des sections plus faibles afin de pouvoir utiliser tout le bois disponible. Pour alléger encore ces charpentes, il faut des matériaux de recouvrement plus légers que la tuile mécanique, l’ardoise, etc. C est ainsi qu’on revient à la. tuile métallique.
- La tuile système Bey (fig. 1) qui est en tôle étamée et émaillée ne pèse qui 5 kg au mètre carré couvert, ce qui fait dès lors que la charpente n’a guère à supporter que le poids de la neige ou du couvreur. Elle est établie en 2 modèles : A, Fig. t. 0 m. 29x0,43, soit 9.,41'au mètre
- Tuile métallique carré ; B, 0,24X0,48, soit9,64 tuiles émaillée, : au mètre carré. Elle sc pose sur
- lattes de o,o5 X 0.012 espacées de o m. 38 ou. o m. 33 selon le modèle. Il en résulte de ce fait une économie de 80 pour 100' au moins par rapport au voligeage jointif nécessaire avec l’emploi des carions bitumés, feuilles de zinc, etc.
- Chaque tuile est fixée à la toiture par deux crochets, ce qui permet à la couverture de parfaitement-résister aux
- vents. L’épaisseur des crochets maintient entre les tuiles un petit espace libre et empêche l’eau de remonter par capillarité, même pour des pentes inférieures à 0,25 ou o,3o par mètre. N’étant pas clouée, la tuile peut jouer sous l’influence de la température sans déformation possible. Le dispositif spécial adopté dans les nervures de renforcement permet d avoir un emboîtement rigoureux et étanche.
- L’émail a été étudié afin de résister à tous les agents atmosphériques ; comme aussi à des vapeurs acides ou alcalines.
- Le prix de ce revêtement, facile à poser, est très réduit -- R. Micville, 1, rue de Pontoise, Paris.
- Tourisme
- Mesure simple de la pente. — Le touriste qui veut se faire une idée de la pente qu’il va gravir peut employer le moyen suivant qui a le mérite d être simple bien qu’il soit très approximatif.
- L’opérateur visera avec sa canne ou un bâton très d'-oit un point éloigné devant lui dans le sens de la sec-
- d
- <-..........-.......-............>
- Fig. 2. — Mesure simple u une pente.
- tion droite, c’est-à-dire de la ligne déplus grande pente s’il veut la pente de la côte ou suivant la direction de la route s’il veut savoir seulement la pente de cette roûte. La canne devra être horizontale et pour cela un compagnon placé de côté pourra donner toutes les indications utiles.
- Le point soigneusement repéré, on mesurera la hauteur de l’œil au-dessus du sol; on peut approximativement la fixer à 1 m. 5o. La pente est théoriquement
- égale à ^ mais pratiquement on aura une valeur suffisamment approchée en se contentant de mesurer D distance de l’opéraleur au point risé et de calculer
- i,5o
- Si l’on a de trop fortes pentes à mesurer, celte approximation ne serait pas suffisamment approchée et pour éviter le calcul trigouométrique. car on 11’a pas toujours une table de logarithmes dans sa poche, ni une règle à calcul, on pourra facilement tirer la valeur de d de la formule :
- d = \/D*—li*
- et connaître ainsi la valeur exacte de la pente -j qui se
- présente sur une longueur de voûte égale à D.
- Le point délicat est de tenir la canne bien horizontale. On peut éviter cette difficulté avec un appareil photographique qui possède un niveau. Ou visera avec l’appareil un- point, éloigné en ayant soin cjue la bulle du niveau circulaire soit bien au centre. Le point P est celui qui se trouve placé au centre du viseur de l’appareil. La hauteur h est la hauteur de l’objectif au-dessus du sol, généralement voisine de 1 mètre.
- Travaux d’Amateurs
- Protège-pointe improvisé pour épingle à chapeau.
- — Tous nous connaissons les craintes que nous inspire, dans le Métro par exemple, la vue de la pointe d’une épingle à chapeau démunie, du protège-pointe et qui en général a le mauvais goût de se présenter à hauteur de l’œil. Bien que l’épingle à chapeau tende à disparaître, étant donné les coiffures féminines d’aujourd’hui, voici
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- un moyen de réaliser un protège-pointe improvisé sinon élégant, du moins pratique, car il peut être réalisé immédiatement pour une pointe menaçante.
- Une épingle de sûreté est sectionnée en A par pliages successifs et on fait tourner le logement de la pointe de
- Fig, 3. — Protège-pointe pour épingle à chapeau.
- 90°. comme indiqué en B. Il suffit ensuite d’enfiler l’épingle à chapeau dans l’anneau et de loger la pointe dans le logement. Le fait d’avoir tourné ce logement de 900 forme ressort et assujettit rigidement l’ensemble.
- Morale : Ayez toujours dans une poche de gilet une épingle dé sûreté.
- Transports de récipients pleins de liquide. —
- Quand on transporte à la main ou autrement des seàux pleins de liquide, le mouvement qui se produit a finalement pour résultat de causer des éclaboussures et de renverser une bonne partie du liquide transporté. On évitera cet] ennui en plaçant à la partie supérieure du
- Transport de récipients pleins de liquides
- Dans une feuille de carton de dimensions appropriées suivant le nombre d’œufs à emballer, on trace symétriquement des cercles d’un diamètre un peu plus grand que celui d’un œuf comme l’indique la figure du carton développé. Dans ces cercles on prépare avec un canif des fentes en forme d’étoile à 5 branches; on comprend très bien qu’avec une pression dans le milieu du cercle, il est facile de préparer un logement concave pour une extrémité d’un œuf. On replie le carton en ménageant des parties incurvées pour le logement des œufs- Une fois les œufs placés dans les logements ainsi préparés, on fermera le carton de manière à former un rouleau à section de 8 et on assujettit le tout avec une bonne ficelle. On peut si on le désire garnir les parties courbes en dessous des parties plates avec des morceaux de journaux froissés en boule et en tortillons (à défaut de fibre). Enfin ceux que la grosseur du colis effraierait et qui, veillant revenir les mains libres avec le paquet dans leur poche, pourront remplacer les cercles par des oves avec des fentes du genre de celles montrées par la figure. L’œuf étant placé longitudinalement vous aurez le modèle d emballage extra-plat.
- Objets utiles
- Tire-bouchons à double levier. — La revue des diverses formes de tire-bouchons parue dans le n° 2 366 de La Nature a omis un type qui vient de nous être communiqué. L’idée de déboucher les bouteilles au moyen d’un levier prenant point d’appui sur le goulot a, comme on l’a vu, amené la réalisation de nombreux
- récipient une ou plusieurs lames de bois inclinées à la façon des lames de persiennes. Ces lames seront supportées sur le bord du seau par une petite pièce métallique recourbée figurée en A. Les ondes qui se formeront à la surface du liquide seront brisées par les lames dont l’inclinaison favorisera l’écoulement, ce que ne feraient pas des lames verticales et on pourra ainsi porter facilement et rapidement un seau plein d’eau, sans s’en renverser un bon quart dans les jambes.
- Emballage d’une douzaine d’œufs. — Rapporter une douzaine d’œufs frais ou dits tels quand on vient de passer une journée à la campagne est le désir de
- appareils. Mais il n’en est pas de plus rationnelle que celle représentée ici (fig. 6). Ce tire-bouchon a comme premier avantage d’être pliant, c’est-à-dire peu encombrant; ses leviers baissés et son anneau replié, il tient en effet aisément dans la poche. Ouvert,' il s’enfonce dans le bouchon comme tous les autres, mais l’effort pour ouvrir la bouteille est heureusement réparti sur tout le tour du goulot par l’action symétrique des deux leviers égaux qui soulèvent la vis hélicoïdale. La peine est donc moindre et les risques de rupture du verre supprimés.
- Le tire-bouchons à double levier est vendu 7 fr. 4$ par M. Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris.
- tout Parisien, mais la question de remballage est un aléa qui a une grande importance si. l’on ne veut pas 'rapporter son emplette à l’état d’omelette qui aurait l’inconvénient de n’être pas cuite.
- A oici un moyen que nous avons employé et qui nous a donné de bons résultats. .
- Cueille-fruits réglable. — Les cueille-fruits ne manquent pas qui permettent, montés au bout d’un bâton, d’atteindre .les branches élevées des arbres et d’en détacher les fruits sans les meurtrir. Mais, ou bien ils ne sont pas assez grands pour contenir les plus
- Fig. 7. — Cueille-fruits réglable.
- gros, ou bien les petits n’y sont pas maintenus. Le cueille-fruits que représente la figure présente cette particularité d’être réglable dans quatre positions différentes. Il se compose de- trois griffes qui s’écartent quand on tire l’anneau par une ficelle ; la traction est réglée par un ressort qui se trouve plus ou moins tendu selon qu’on a placé la bague qui le retient à l’un des crans représentés sur la figure.
- Ce cueille-fruits est susceptible de rendre service en cette saison où poires et pommes abondent.
- Le cueille-fruits réglable est vendu par M. Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris.
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- VARIETES
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- La conservation ménagère des raisins. — Au
- nombre des questions alimentaires qui, en ces temps de vie chère, doivent préoccuper toutes les maîtresses de maison, la conservation_des fruits au delà de la durée naturelle assignée à leur maturité normale, figure au premier rang, car elle permet, d’abord, au point de vue économique et hygiénique de tempérer les inconvénients résultant d’un régime trop carné, et elle fournit ensuite à la table, en dehors, de la saison, des desserts toujours appréciés. Et comme les raisins sont parmi les fruits qui, à cette époque de l’année, méritent d’attirer leur attention, il y a quelque utilité à indiquer brièvement les principaux procédés susceptibles d’assurer pratiquement, autant que faire se peut, leur conservation ménagère à l’état frais.
- Procédés de conservation. — Si l’on s’en tient au seul point de vue ménager, deux procédés sont à considérer : i6 la conservation dans des matières inertes isolantes ; 2° la conservation au fruitier, mais leur application doit, très souvent, être subordonnée aux milieux urbains ou ruraux qui la rendent possible ou non. Je ne parlerai aujourd’hui que de ce qui a trait au premier procédé, après avoir indiqué, toutefois, les précautions préliminaires que comportent les deux procédés.
- Précautions préliminaires. — Selon que la maîtresse de maison dispose des raisins achetés sur le marché ou chez le producteur, deux cas sont à envisager. Dans le premier, le plus fréquent, la variété est du chasselas, mais il y aurait intérêt à rechercher des variétés à peau ferme et épaisse : clairette, frankental, black-alicante, etc., et les divers muscats disponibles. Il importe de choisir de belles grappes ciselées composées de grains sains, pruinés, mais surtout non passerillés, ni souillés de poussières ou de résidus de bouillie cuprique, car un lavage est inopportun, ni altérés par des maladies cryp-togamiques : tout grain défectueux ou avarié doit être rigoureusement enlevé avec de fins ciseaux pour ne pas froisser les autres. Ces grappes ayant été coupées au ras du sarment n’ont généralement que leur pédoncule sans bois.
- Dans le second cas, la maîtresse de maison choisira chez le producteur, dans les variétés précitées, à la partie supérieure de ceps âgés, des grappes à grains peu serrés, mûrs à point et répondant aux conditions énoncées ci-dessus. Elle les fera couper un peu tard dans la saison et par un temps bien sec en demandant qu'on leur laisse quelques centimètres de bois au-dessus et au-dessous et elle en recouvrira les sections avec de la cire.
- Conservation dans des matières inertes. — Elle a pour but d’isoler les grains dans un milieu mauvais conducteur incapable de réagir sur eux, mais susceptible de les préserver de l’humidité, de l’évaporation, des microgermes nuisibles, afin de prolonger, pendant un temps plus ou moins long, leur vie anaérobie et l’ensemble de leurs qualités.
- On comprend sous la désignation de matières inertes des produits de nature très différente : a) des matières pulvérulentes : poudres de liège, de charbon de bois, de chaux, de tourbe, sable fin, sciure de bois, son, cendres, etc. ; fc) des grains : millet, blé, seigle, etc. ; c) des parties végétaux : paille, fougère, mousse, frisure de bois, etc.; enfin de l’ouate, divers papiers entiers ou en frisons. Il est à peine besoin de dire que ces produits doivent être très secs, bien tamisés s’il s’agit de poudres, et dans le meilleur état pour ne point communiquer aux raisins, soit leur goût particulier, soit une odeur de moisi, soit enfin quelques altérations résultant des microorganismes qu’ils peuvent recéler.
- Matières pulvérulentes. — Je bannirai de l’emploi ménager la sciure de bois qui, à. l’état naturel, est trop susceptible de communiquer l’odeur de l’essence dont elle provient, je passerai aussi sous silence celui de la cendre, du charbon, du sable, de la chaux et même de la tourbe, bien que les deux dernières aient donné de bons résultats lorsque l’on avait eu la précaution d’enve-
- lopper les grappes dans du papier de soie, mais je recommanderai l’usage du son et du liège, dans les conditions suivantes.
- . Le son doit être absolument débarrassé de la farine et composé uniquement des enveloppes des grains des céréales. Par poudre de liège, il faut entendre, non pas les balayures des ateliers de bouchonniers, qui contiennent plus [d’impuretés que de liège, mais le liège granulé ou râpé spécialement pour la conservation des raisins, lui seul, est calorifuge et hydrofuge, produit un bon isolement et protège ces fruits contre la chaleur, le froid et l’humidité du milieu ambiant. 11 est nécessaire que cette râpure ou sciure provienne d’un excellent liège, attendu qu’elle doit être légère et moelleuse, ni trop grosse ni trop fine pour donner l’effet désiré.
- Ces deux matières ont fourni les meilleurs résultats depuis io à i5 ans qu’on s’en sert, surtout à l’étranger, notamment en Espagne, pour maintenir en bon état les raisins transportés sur les marchés éloignés. Les viticulteurs espagnols sont partagés, cependant, sur l’emploi du liège ou du son; la majorité semble être acquise au premier., mais les partisans du second le préfèrent parce qu’il est plus économique que le liège, qu’il absorbe mieux l’humidité, qu’il conserve leur pruine plus intacte à cause de son moelleux et, par sa souplesse, les garantit plus sûrement des chocs.
- Mode d’emploi. — Il est identique pour les deux substances. Prendre de petites caissettes contenant 2 ou 3 kg de raisins selon la consommation ultérieure, car une caisse entamée doit être mangée dans les 8 jours, la tapisser de papier à l’intérieur, mettre d’abord une couche de liège ou de son (ou, d’ailleurs, de toute autre matièrè pulvérulente) puis, une rangée de grappes bien sèches, recouvrir celles-ci d’une autre couche de substance et secouer légèrement la caissette pour obtenir le tassement complet des raisins et de la matière isolante, continuer ainsi et terminer par une couche de cette dernière qui doit dépasser d’un centimètre environ, le bord supérieur de la caisse, de façon que, le Couvercle mis, la couche isolante soit bien tassée et le raisin faiblement comprimé sans être éclaté ou même avarié.
- A défaut de caissette on peut se servir de pots en grès ou en verre à large ouverture et de peu de profondeur, on y applique un couvercle qu’on assujettit avec des bandes de papier huilé ou paraffiné ; enfin, plus simplement encore, renfermer les raisins dans des tiroirs fixes de commode ou mobiles et superposés, et les y stratifier comme il vient d’être dit.
- Quels que soient les récipients, il faut les garder dans un endroit sec et frais.
- Usage. — Pour consommer les raisins, on secoue d’abord les grappes afin de les débarrasser des parties les plus grosses de la matière isolante, on chasse ensuite avec un soufflet les poussières restées adhérentes et pn plonge enfin les grappes quelques instants dans l’eau potable pour les nettoyer complètement et redonner aux grains un peu de fraîcheur.
- Conservation dans des grains. — On y a recouru surtout en Russie où d’après Alexandre de Humboldt qui a vu employer le procédé à Astrakan, on opère comme suit, On prend un pot à large ouverture, de préférence, un pot à saindoux, on en garnit le fond de grains de millet sur lesquels on étend des grappes; on continue ainsi en alternant une couche des uns et .des autres et en imprimant de légères secousses pour remplir tous les interstices de millet, jusqu’à proximité du bord et l’on termine en ajoutant une couche de 5 centimètres de ces grains. On pose dessus un disque de verre s’appliquant étroitement, on recouvre le tout d’une vessie ou de papier huilé et l’on place le récipient dans un local sec et froid.
- En suivant ces indications, on a toute chance de conserver les raisins dans un état satisfaisant pendant plusieurs mois, mais on obtient aussi, comme il me reste à le montrer, d’excellents résultats en les maintenant à l’air libre au fruitier. A. Tkueu.e.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Schampoing économique. —Yoici la formule d’une mixture excellente dont un de nos amis fait usage depuis des années :
- Carbonate de soude cristallisé . 3o grammes.
- Savon de Marseille..............i5
- Alcool fort............... . . . 3o —
- Eau........................- . x litre.
- On fait dissoudre carbonate et savon dans l’eau tiède, on laisse refroidir, on ajoute l’alcool et un peu d’eau de Cologne, ou de tout autre' parfum jsréféré. On peut ne pas parfumer en remplaçant l’alcool par du rhum auquel on attribue un effet toniliant sur la chevelure.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Reliure rapide. — Un de nos abonnés, M. Adam, de Bar-sur-Seine, nous indique le procédé suivant pour relier soi-même les ouvrages de peu de valeur :
- Serrer l’ouvrage à relier entre deux planchettes dans un étau de menuisier. Avec une di’ille, le perforer près du dos, de part en part de quatre petits ti’ous. Intro-
- — Reliure rapide.
- duire dans chacun de ces trous une agrafe en fil de fer tordu. On obtient ainsi d’un côté quatre œillets dans lesquels on passe un fil de fer plus gros, tel qu’une vieille. baleine de parapluie, qu’on coupe au delà des œillets de chaque bout. De l’autre côté, faire de nouveaux œillets avant de couper les fils, y passer un autre, gx’os fil de fer. Les papiers seront solidement reliés ensemble, sans crainte de perte et sans grands frais.
- Savon pour cambouis. — L'Acier recommande la composition suivante pour laver les mains tachées de
- cambouis :
- Savon noir.................. xoo gr.
- Alcool à brùlex-............... io cm5
- Essence de pétrole............. 10 —•
- Liège pulvérisé................ io gr.
- On mélange bien les deux liquides, on y ajoute le savon qu’on malaxe après l’avoir tiédi si possible. La pille prête, on y incorpore la poudre de liège ou plus simplement de vieux bouclions râpés fin. Ce savon doit être conservé en boîtes fermées pour éviter l’évaporation de l’essence.
- Photographie sur marbre. — Une plaque de marbre, bien plane, mais non polie, est çnduite d’un vernis
- ainsi composé :
- Benzine......................5oo c. c.
- Essence de térébenthine. . . . 5oo c. c.
- Bitume de Judée.............. 5o gr.
- Cire d’abeilles ... . . . . 5 gr.
- On fait sécher, à l’abri de la lumière, puis ou expose, sous un cliché positif : en plein, soleil, l’impression dure environ 20 minules. On dépouille la couche restée
- soluble dans un bain de gazoliue, et on lave à grande eau. On étend alors sur la plaque une solution alcoolique de bleu de méthylène bu d’éosine, qui pénètre par capillarité dans le marbre, partout où le vernis a été dissous, c’est-à-dire dans les parties qui correspondent aux noirs du positif. Quand le colorant a suffisamment pénétré, on peut enlever le vernis et polir le marbre.
- -àvi 1 ' ! ; ' . . .j : • '! 111
- Accélération de la prise du ciment. — A là''suite d’essais méthodiques entrepris dans le but de trouver
- un procédé simple et économique accélérant la prise du ciment sans toutefois que les autres qualités soient atteintes, il a été reconnu qu’il suffit d’ajouter à l’eau de gâchage 4 R 6 pour 100 seulement de chlorure de calcium.
- Soudure du ciment à lui-même. — Quand on veut appliquer sur une couche de ciment ayant fait prise un nouvel enduit de même substance, il est indispensable cl’attaquer au marteau toute la surface à recouvrir pour lu rendre irrégulière, sans quoi il n’y aurait pas d’adhérence. Dans le but de supprimer cette besogne coûteuse et incommode, on a imaginé aux Etats-Unis le procédé suivant. Sur la face cimentée, on étend à la truelle une mince couche de 2 mm environ d’épaisseur, d’un mortier préparé en délayant avec de l’eau le mélange :
- Sel ammoniac.................... 1 kg
- Ciment..........................12 —
- Limaille de fer................ . 12 —
- il suffit, avant que cette couche soit tout à fait sèche, d’appliquer nettement le ciment pour que ce dernier adhère très bien au ciment sous-jacent, grâce à l’inteiv position de cette colle.
- •Imperméabilisation du ciment. — Il est intéressant parfois de rendre le ciment imperméable, soit pour empêcher l’humidité de traverser les murs, soit pour éviter que l’eau ne filtre au travers des parois de bassins ou réservoirs. Voici donc d’après la revue l'Outillage deux formules de ciment hydrofuge.
- Ajouter 600 gr. de cire végétale du Japon et Go gr. de chaux vive dissoute dans 14 à i5 litres d’eau bouillante, préparer ensuite avec cette mixture additionnée de 100 kg de ciment Portland une pâte que l’on pulvérise après séchage.
- Ou bien, ajouter sitôt après gâchagè du mortier 10 pour 100 d’huile de pétrole. Le seul inconvénient de ce procédé est que la durée de prise est presque doublée. S’il s’agit d’imperméabiliser des parois déjà cimentées d’un réservoir, etc., il suffit de badigeonner la surface avec une solution de paraffine à 20 pour xoo dans la gazoline. Autre procédé : enduire les murs intérieurement avec de l’eau de savon, puis au bout de 24 heures, passer une couche de sulfate d’alumine. En répétant plusieurs fois cette opération, on obtient un résultat parfait.
- Traitement du cidre gras. — Par suite de la fabrication défectueuse ou du défaut de soins pour sa conservation, il arrive parfois que le cidre tourne au gras, est atteint de la maladie de la graisse. Pour arrêter cette maladie et eu éviter le retour, on emploiera le cachou, à la dose de 60 gr. pour une barrique de 228 litres. Le cachou doit être préalablement dissous dans 2 litres d’eau. Un peu plus tard, qn complétera ce traitement par une légère addition d’alcool. A défaut de cachou, on peut employer t5 gr. de tanin dissous d’abord dans l’alcool, puis mélangé à 1 litre d’eau; ou bien encore 5o gr. de noix de galle eu poudx-e grossière, simplement déliée dans le cidre en tonneau, ou, enfin, 3 quarts de litre d’alcool. Mais le cachou est à préférer, généralement.
- Préparation du mastic à greffer. — Pour recouvrir les greffes pratiquées sur les arbres, faciliter la cicatrisation des parties mises à vif, de même que les plaies dès arbres malades auxquels on a fait subir des amputations, .on eüiploie des engluements. Le plus facile à préparer est le mastic à froid composé comme suit :
- Faire fondre de la résine blanche sur un feu modéré, y verser graduellement le tiers de son poids d’alcool à t)o°, en remuant constamment le mélange avec un bâton. Pour éviter que ce mélange fonde au soleil et laisse les plaies à nu, on y ajoute un mélange de 3oo gr. de colophane et 60 gr. d’axonge fondus ensemble, dans lesquels on verse, par parties, 80 gr. d’alcool à 4u°. Si le mastic n’est pas bien réussi, on le remet sur le feu, puis on y ajoute du suif, ou de l’axonge, s’il est cassant; de la résine, s’il coule trop, ou de l’alcool si sa consistance nuit à la malléabilité parfaite. .
- Recette d’un mastic lacto calcique indissoluble.
- — Ce mastic résiste fort bien à l’eau et au feu; il trouve
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- son application, dans de nombreux cas. On le prépare i de la manière suivante :
- On fait cailler un demi-litre de lait avec la même quantité de vinaigre. Ou ajoute à ce mélange cinq blancs d’œufs et on bat bien le tout. Dès que le mélange intime
- des deux liquides et des blancs d’œufs est opéré, on y ajoute de la chaux tamisée, de façon à former une bouillie ou plutôt une pâte épaisse qu’on laisse reposer.
- Ce mastic peut être employé pour boucher les fissures, les fentes, pour retenir les vitres, etc.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Mlle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Démarreurs électriques. — Le Basculeur Blériot Phi se trouve à la Société anonyme des Etablissements Blériot, 14, rue Duret, Paris. Autres fournisseurs de démarreurs électriques : Société anonyme Westinghouse, 95, boulevard G'ouvion-Saint-Cyr, Paris; Glaenzer, 35, boulevard de Strasbourg (dynamo C. A. V.); Société S. E. V., 26, rue Jean-Jacques Rousseau, Issy-les-Moulineaux; Paris-Rhône (dynamoteur), 2Ô, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Réponses. — M. Ml O. à Belgrade. — Nous n’avons pas, en France, d’exemple de ravages causés aux cultures de pommes de terre par un mammifère désigné sous le nom ainsi libellé. Il est donc difficile, sans détails plus précis, de vous indiquer un moyen pratique pour défendre vos cultures. Donnez-nous une description plus complète de l’animal et de la façon dont il exerce ses ravages. Toutefois, nous pensons que s’il s’agit d’un rongeur appartenant à la même famille que les mulots ou rats des champs, il y aurait lieu de recourir à l’emploi d’appâts empoisonnés (noix vomique, strychnine, etc.) ou à un virus spécial, tel que par exemple, le virus Danysz que l’on peut se procurer à l’Institut Pasteur, rue Dutot, à Paris. Il serait à conseiller aussi de rechercher les galeries fréquentées par ces rongeurs, dans le champ de pommes de terre, et d’y introduire du gaz sulfureux provenant de la combustion du soufre (gaz Clayton), en ayant soin de boucher les issues. Il importe de savoir si le système aérien de la plante subit les dégâts dont il s’agit ou si l’action destructrice, seulement souterraine, ne se manifeste que par la disparition des tubercules.
- M. P. Legrand. — Comme mélanges réfrigérants, vous pouvez utiliser les. suivants :
- llhule de température.
- 100 gr. nitrate d’ammonium-|- 100 gr." d’eau. 25°
- 75 gr. nitrate de sodium + 100 gr. d’eau. . 180
- Ces produits sont courants dans le commerce et vous les trouverez chez tous les marchands de produits chimiques, par exemple Chenal et Douilhet, rue de la Sorbonne; Neveu, rue Racine, etc.
- M. Lebrun, au Havre. — La chloropicrine qui a été préconisée dernièrement pour la destruction des parasites en général est un liquide huileux, , incolore très réfringent de densité r,665 qui irrite les muqueuses très fortement, elle peut être portée à i5o° sans se décomposer, mais sa vapeur surchauffée détone violemment. La chloropicrine est neutre aux papiers réactifs, elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, inattaquable par les acides forts même à l’ébullition.
- On obtient la chloropicrine facilement par le procédé d’Hofmann qui consiste à délayer du chlorure de chaux dans l’eau froide et y ajouter doucement le dixième de son poids d’acide picrique également dissous dans l’eau froide. L’opération se fait dans une cornue tubulée, on refroidit au besoin car la réaction est très vive, lorsque l’on a terminé l’addition d’acide picrique on chauffe et la chloropicrine distille. Le rendement est d’environ 115 pour 100 de l’acide picrique employé.
- M. G. Merlin, h Malakofî. — On peut raviver les écritures sur les vieilles étiquettes en se servant de corps susceptibles de former avec le fer résiduel de l’encre des composés colorés, l’infusion de noix de galle, les
- solutions de ferrocyanure de potassium acétique ou de sulfure de sodium sont utilisées avec un égfal succès.
- M. Lemain-Nasse, à Argneil. —Vous trouverez toutes les indications nécessaires sur la carbonisation du bois en vase clos dans l’ouvrage suivant: Combustibles industriels, par Félix Colomer (Dunod et Pinat, 47» quai des Grands-Augustins), un chapitre spécial y est consacré à l’installation et au calcul du prix de revient d’une usine de carbonisation.
- M. Cardot, à Alger. — La maison Chenal et Douilhet, rue de la Sorbonne, vous procurera la chloropicrine nécessaire aux essais de destruction des insectes. Les meilleurs résultats ont été obtenus par M. Gabriel Bertrand, de l’Institut Pasteur, à la dose de i à 2 centigrammes par litre d’air. Yoir dans ce même numéro les propriétés de la chloropicrine.
- M. Labouverie, à Bruxelles. —L’acier peut être bleui sans--passage au feu en étendant sur le métal bien nettoyé la solution suivante :
- Sulfate de cuive. . . . . 4o grammes.
- Acide nitrique............ 60 —
- Alcool à 90°............. i5o c. c.
- Eau......................1000 —
- Après séchage complet on frotte énergiquement avec un chiffon de laine.
- . On obtient également une teinte bleue en chauffant l’acier au rouge cerise et en le trempant dans une solution d’acide phénique.
- M. Hoshir, le Puy-en-Velay. — L’argenture des lames de verre pour les transformer en miroirs est une opération délicate qui demande de grandes précautions. Essentiellement elle consiste à réduire une solution argentique ammoniacale soit par un tartrate, soit par un sucre réducteur tel que le. sucre interverti ou le lactose. Vous trouverez tous les détails de ces procédés dans les Recettes de l’Atelier, pp. 71 à 76, l’espace limité dont nous disposons ne nous permettant pas de les reproduire en entier comme cela serait indispensable. -
- M. Melen Leroy, à Lœuilly. — La formule suivante de colle pour cuir vous donnera, pensons-nous, satisfaction : t ,
- Acétate de cellulose. ... i5 grammes.
- Alcool à 900 ....... 10 —
- Tétrachloréthane.........go —
- Laisser digérer jusqu’à dissolution complète, enduire les surfaces à réunir avivées au papier de verre, laisser sécher sous pression.
- M. Belmont, à Bouillac. — La naturalisation des plantes consiste à les dessécher progressivement au moyen du sable fin et blanc soigneusement lavé pour le débarrasser de l’argile qu’il peut contenir et additionné après séchage de 2 gr. par kilogramme d’un mélange à parties égales d’acide stéarique et de blanc de baleine.
- On procède de la façon suivante : Les plantes sont placées dans une caisse dont le fond est mobile sur un grillage en fil de fer, puis on verse doucement le sable en le tamisant sans qu’il y ait de tassement; quand la plante est complètement recouverte, on place le tout dans une étuve dont la température est de 35 à 45° G. pendant 5 à 6 heures. Gela'fait, on retire la caisse de l’étuve et laisse reposer 24 heures de manière que l’absorption d’acide stéarique soit complète, on retire le fond et la plante se dégage d’elle-même du bain de sable, au besoin en se servant' d’un pinceau on enlève les derniers grains. Si on a bien opéré, le végétal doit avoir conservé sa forme et ses couleurs naturelles.
- M. P. M., à Bourg-en-Bresse. — i° Les taches de verdure sont dues à la chlorophylle et peuvent être enlevées facilement pour les étoffes de teinte fragile au moyen de l'alcool. Pour le blanc ou lès teintes solides,
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- un bain alcalin au carbonate de soude donne un résultat immédiat et peu coûteux;
- 2° Adressez-vous pour la détermination de la variété de caoutchouc en question à M. Lionel Marie, 27, rue Laffitte à Paris, ou au Syndicat des caoutchoucs, 8, rue Montesquieu;
- 3° Nous ne pensons pas que l’eau de mer, même par un séjour prolongé, ait modifié les qualités du produit.
- 445. — i° Pour répondre à la question que vous nous posez, il faudrait connaître l’usage qui doit être fait des .cordes dont vous nous avez remis échantillon, les inconvénients constatés et le but à atteindre;
- 20 Le moyen le plus simple pour dépolir les ampoules est de les enduire du vernis suivant :
- Sandaraque ....... 10 grammes.
- Gomme dammar................ 5 —
- Ether..................... 100 —
- Laisser digérer au flacon bien bouché et après dissolution ajouter :
- Benzine.................... 5o c. c.
- Plus il y, a de benzine plus le grain est gros.
- M. Couperot, à Rouen. — i° La pratique des essais commerciaux, par Halphen, chez Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille ;
- 20 Traité d’analyses de Lunge, 20 volume, industries organiques chez Dunod et Pinat, 47 > quai des Grands-Augustins.
- M. II. Joliet, à Neuilly-sur-Seine. — Consultez. l’ouvrage Matières animales de VEncyclopédie de chimie industrielle, par Billon, vous y trouverez, pensons-nous, tous les renseignements nécessaires sur les extraits tanniques et les tannins. Bernard, éditeur, 29, quai des Grand s-Augus tins.
- M. Lassudrie, à Paris. — Les vernis genre bakélite sont obtenus par condensation du phénol et du formol au moyen de corps très divers, en particulier des salicy-lates.
- L’un des procédés les plus simples est le suivant. On
- mélange :
- Phénol . ................................ 100 gr.
- Formol à 40 pour 100..................... 80 —
- Solution de salicylate de soude à 5o pour 100. 5 à 10
- On chauffe jusqu’à réaction commençante, puis ensuite modérément. En fin de réaction on chasse l’eau restante et on coule dans des moules ouverts que l’on maintient à 5o-6o° C. jusqu'à solidification.
- Le produit est employé en solution alcoolique comme vernis, mais pour lui faire acquérir ses propriétés de résistance, il est nécessaire de le porter à une température de 1800 pendant quelque temps; nous pensons donc qu’il doit convenir à l’emploi que vous en désirez faire. Le Bakélite se trouve tout préparé chez Avtsine, i3, rue du Départ, Paris, XIVe.
- M. Ch. Vincent, à Loulans-les-Forges. — i° Le graphite se trouve couramment dans le commerce, adressez-vous, par exemple, à la maison Pelliot et C", 24, place des Vosges ;
- 20 Toutes indications vous seront données sur son emploi industriel dans l’ouvrage Le graissage et les lubrifiants, par Arbruit et Mountford Beely, chez Dunod et Pinat, 47> quai dés Grands-Augustins, Paris.
- Mme Rigaut, à Paris. — L’outremer naturel est retiré du lapis lazuli que l’on trouve en Prusse, en Chine et en Perse, mais il est toujours remplacé par l’outremer artificiel dont la découverte est due à Guimet en 1828.
- Le procédé de fabrication consiste à chauffer pendant plusieurs heures dans des creusets, un mélange de carbonate de soude anhydre, d’argile, de soufre’ et de charbon de bois.. Après refroidissement la masse est broyée, lavée, puis les produits sont classés par mise eu suspension dans l’eau et sédimentation. L’outremer employé par les blanchisseuses est un mélange avec le carbonate ou le bicarbonate de soude et un agglutinant, la valeur dépend naturellement de sa richesse en produit colorant utile.
- M. de Pontbriand, à la Croix-du-Terlre. —Nous vous remercions de la très intéressante communication que vous nous avez faite et pensons que le résidu de l’attaque par l’eau régale, doit être constitué par des cristaux de gi’aphite analogues aux cristaux de Frémy. Quaut au dépôt de platine sur les parois de la capsule, il est très probablement dû à une réduction du chloroplatine à l’état de vapeur, ce sel se volatilisant partiellement avant d’avoir atteint la température de décomposition.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Qâf,,
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. ( Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) =========
- Traité élémentaire d'automobile, suivi de notes techniques, par II. Petit, i vol. in-8°, 16 X a5 de xvi-620 p., 5o6 fig. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix broché 43 fr- (majoratious comprises).
- La première partie de l’ouvrage est le cours j>ro-fessé par le capitaine Petit au Centre d’instruction du Service automobile. Elle comporte l’exposé des notions indispensables de mécanique théorique, la description très claire et très méthodique des divers organes du moteur et de la voiture, tels qu’on les rencontre sur , les modèles modernes, avec l’explication de leur fonctionnement.. Cette partie sera lue et comprise aisément par quiconque, est appelé à manier une automobile. Les notes de la 2e partie s’adressent à des techniciens. Elles portent sur le choix des matéi'iaux, l’étude du refroidissement, le calcul des forces d’inertie dans les bielles, l’équilibrage des moteurs,' le décapage, le calcul des efforts dus à la pression des gaz, l’étude des fléchissements.
- Principes élémentaires de télégraphie sans fil, par R. D. BangAy. 1 vol. illustré, édité par The Wireless, Press Limited. Marconi House, Sli'and. Londres 1918.
- Ce petit volume, publié en français, est remarquable par sa clarté et son caractère pratique. Les principes de la T. S. F. et les divers phénomènes électriques
- sur lesquels elle s’appuie, y sont exposés d’une façon saisissante, sans le moindre calcul, à l’aide de cornpa-x’aisons simples et frappantes, éclaii'ées par des schémas d’une parfaite clarté. On y trouve, en outre, tous les renseignements pratiques ' nécessaires à un amateur pour construire un poste simple de T. S. F. et pour s’en servir. La première partie contient l’exposé des principes, l’explication des circuits oscillants et l’étude des couplages, la description des récepteurs et des antennes. La 2e partie est consacrée plus spécialement aux éléments qui constituent, le poste de transmission, à la résonance et aux lampes-valves. Il est regrettable seulement que le , traducteur de cet ouvrage n’ait pas utilisé pour le texte français les unités de mesure françaises. Le lecteur sera un peu dérouté par les gallons, les pieds, les pouces, les-livres-pouces. Sous cette réserve, ce petit livre rendra service non seulement aux amateurs, mais même aux techniciens pour qui il sera un utile aide-mémoire.
- The Study of the Weather, par E.-H. Chapman, i vol. xii-i32 p. avec 56 fig. Cambridge University Pi'ess. Londres 1919. Prix : 3 s. 6 d.
- Ce petit livide, . très copieusement illustré, a été écrit à l’usage des écoliers. Il expose avec une clarté parfaite, sous une foirne très pédagogique, les éléments de la météorologie, et'il conduit le lecteur jusqu’à la prévision du temps. Chaque chapitre est accompagné d’exercices simples, mais fort bien com pris, et de nature à développer chez l’élève l’esprit d’observation, le goût des mesures précises, et l’ingéniosité dans la construction d’appareils simples et pratiques.
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- LA NATURE
- ] Supplément.
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- INFORMATIONS
- OSt,
- N° 2377
- 18 Octobre 1919
- Un curieux phénomène. — Le capitaine Arduin nous signale un phénomène singulier observé par lui dans les Alpes et dont certains de nos lecteurs pourront peut-être l’aider à trouver l’explication :
- Il m’a été donné, il y a quelque temps, d’assister à un phénomène naturel assez curieux. Je vais vous le décrire ci-dessous dans le cas où il intéresserait vos lecteurs.
- « Le ?.6 août dernier nous étions avec un camarade dans la région de Chamonix et au cours d’une excursion à la mer de Glace, nous assistâmes à un phénomène assez curieux. Il était 16 heures, nous étions assis sur un rocher au pied de la moraine, du côté de l’hôtel et nous jouissions du spectacle. Le temps était clair, la vallée calme alors que sur les aiguilles, dans le fond de la mer de Glace, un vent assez fort semblait régner qui faisait défiler des séries de gros nuages blancs. Tout à coup mon attention fut attirée par un nuage de forme particulière. Son contour était tout à fait géométrique et affectait la forme d’une ellipse. De plus aucune ombre propre ne se remarquait. Je le signalais à mon camarade qui n’y trouva rien d’extraordinaire. Mais quelques instants plus tard l’intensité de ce nuage s’atténua progressivement et il disparut complètement. Au bout d’une minute environ il me sembla apercevoir de nouveau la trace du nuage et, effectivement, il se reforma exactement à la-même place alors qu’en dessous des traînées de longs nuages blancs défilaient à toute vitesse sur la cime des aiguilles. Intrigué, je sortis ma montre et observai le. fond de la vallée. Mon attente ne fut pas déjouée, car 7 minutes plus tard le même phénomène se reproduisit toujours à la même place. La disparition se produisait en 4° secondes environ. Le nuage restait invisible pendant une minute, puis réapparaissait pour atteindre de nouveau son intensité normale au bout de 40 secondes. Je vis ce même phénomène se reproduire quatre fois. Il n!était pas périodique, mais les temps d’apparition et d’extinction étaient à peu près les mêmes. Nous aurions sans doute pu l’observer plus longtemps, mais nops fûmes obligés de partir pour prendre le dernier train descendant à Chamonix.
- « Je viens de reproduire textuellement ce que j’ai vu. Quelle explication en donner ? La seule hypothèse qui me semble admissible est que nous avons assisté à un effet de mirage. Dans ce cas le nuage aurait été l’image d’une cime neigeuse. Il est à remarquer que cette image était fixe dans l’espace. Mais comment expliquer le caractère de pseudo-périodicité qui se produisait ? Il m’a semblé que le phénomène était fonction de l’existence de traînées nuageuses sur les cimes qui auraient, dans ce cas, joué le rôle d’un écran de chaleur. En effet, quand un trou se produisait dans la traînée le nuage disparaissait. »
- La turbine à engrenage dans la marine. — Nos
- lecteurs savent comment la turbine à vapeur à engrenage s’est imposée dans la marine. La turbine à vapeur est une machine à grande vitesse de rotation, l’hélice marine qu’elle doit faire tourner s’accommode mal au contraire des grandes vitesses et son rendement diminue rapidement. La turbine à vapeur a fait sa première apparition sur des navires en 1897, l°rs des célèbres essais effectués par Parsons, avec le Turbinia ; elle a pris depuis un grand développement; mais la difficulté dé son accouplement à l’hélice a été, malgré tout, un sérieux obstacle, et l’emploi de l'a turbine directement accouplée sur l’arbre porte-hélice est resté confiné aux bâtiments à grande vitesse. L’idée de démultiplier au moyen d’engrenages la vitesse de l’arbre de la turbine est, en soi, fort simple. Mais il paraissait fort audacieux de transmettre par engrenages des puissances de plusieurs milliers de chevaux, et l’on ne s’est engagé dans cette voie qu’avec une grande prudence. Aujourd’hui la cause est gagnée et les turbines à engrenages se sont multipliées rapidement en ces dernières années.
- M. Walter, un des collaborateurs de Parsons, retraçait récemment à la British Association, l’historique de cet important mécanisme. Les premiers essais remontent
- à 1900. Ils furent faits sur un vieux vapeur, le Vespasian et accusèrent un rendement de 98,5 pour 100 pour les engrenages. En 1912, le Normannia et le Hantonia, destinés à faire le trajet Havre-Southampton, furent équipés avec des turbines à engrenage ; ils fonctionnèrent d’une façon des plus satisfaisantes au point de vue vitesse et économie de combustible. De son côté, l’Amirauté anglaise essayait en 1910 la turbine à engrenage sur deux torpilleurs, puis en 1912 sur deux contre-torpilleurs de 22000 chevaux chacun. Pendant la guerre, éclairée par les précédentes expériences, l’Amirauté adopta la turbine à engrenage pour toutes ses constructions neuves. Il existe maintenant des navires dont les machineries développent 100000 chevaux et qui sent munis d’engrenages.
- M. Walker évalue à 18 millions de chevaux la puissance motrice aujourd’hui équipée en turbine à engrenages ; sur ce chiffre 1 400 000 chevaux sont à attribuer à la marine marchande. Les progrès, à ce point de vue, ont été évidemment plus lents dans la marine marchande que dans celle de guerre. Signalons que dans ces derniers temps, sir C. A. Parsons a mis au point, pour les cargos, une transmission par engrenages à double réduction qui permet d’obtenir aisément, avec une turbine à grande vitesse, les vitesses de marche relativement lentes qui sont de règle pour ces bâtiments, soucieux avant tout d’économiser du combustible.
- Il est intéressant de noter également que, en 12 ans, la consommation de vapeur par kilowatt dans les turbines a diminué exactement de moitié. La turbine n’est plus aujourd'hui ce gouffre de vapeur qui, à ses débuts, effrayait tant les marins.
- A terre, la turbine à engrenage a moins d’applications. Elle peut cependant, dans certains cas, être avantageusement employée par exemple pour la commande des laminoirs.
- Les forces motrices de la Dordogne. — Une enquête a été faite récemment en vue de l’aménagement de la Dordogne en amont de Beaulieu.
- Le bassin supérieur de la Dordogne en amont du pont deYernéjoux serait mis en valeur par la Compagnie d’Orléans^pour l’électrification de 3ooo km de lignes de son réseau ferré dans la région avoisinant le Massif Central. Les .7 usines construites permettraient de capter une force de gâooo chev. et coûteraient 340000 millions. Ces 7 usines'seraient créées à la Celette, sur le Chava-gnon; à Singles, sur la Dordogne ; à Bort, Yernéjoux, Embort-sur-la-Rhue, Sarran et Rochemont.
- Les aménagements projetés par la Société Energie Electrique du Sud-Ouest portent sur l’installation de 4 usines hydro-électriques situées au Chambon en amont d’Argentat, à Argentât ét à Brivezac.
- L’ensemble de ces 4 usines donnerait une puissance de 86000 kilowatts, soit environ 120 000 chev. La dépense serait de 470 millions.
- Le labourage aux explosifs. — On a beaucoup parlé du labourage aux explosifs ; on a même vu dans ce procédé un moyen d’employer utilement les énormes quantités d explosifs actuellement sans emploi, par suite de la cessation des hostilités. MM. Chilcott et Cole, du Bureau of Plant Industry des Etats-Unis, ont procédé à des expériences étendues, sur des cultures très variées, et dans les terrains les plus différents ; leurs conclusions sont très nettes et entièrement défavorables au labourage par explosifs et, d’une façon plus générale, au labourage profond. Cette méthode augmente considérablement les frais de la culture, mais n’améliore pas le rendement et n’amoindrit pas les effets de la sécheresse.
- Essais d’électro-culture. — Des expériences ont été effectuées en 1917 et 19x8 par la South Wales Electrical Power Distribution C°, sur un champ de 84 ares cultivé en pommes de terre. On employait du courant électrique traversant un réseau de fils placés à 1 m. 5o au-dessus du sol. L’intensité du courant vaiùait de 2,5 à 4,7 milliampères. Le traitement était appliqué en généi'al le matin entre 6 et 9 heures, le soir enti'e 19 et :>/.>. h.
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- INFORMATIONS
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- Le rendement par rapport aux parcelles témoins aurait été augmenté de 17,2 pour 100 la première année; de 12,6 pour 100 la deuxième année.
- Le froid dans l’industrie du vin et du cidre. —
- Parmi les principales applications du froid artificiel, destinées à prendre un grand développement en France, se trouve l’emploi de la réfrigération dans la fabrication du vin et du cidre.
- La machine frigorifique a transformé l’industrie de la bière et est aujourd’hui l’accessoire indispensable de toute brasserie, elle doit devenir de même l’accessoire obligé des industries vinicole et cidricole.
- L’Association française du Froid s’était déjà préoccupée de cette question avant la guerre et, à la suite du Congrès tenu à Toulouse en 1912, une Sous-Commission d’oenologie, fonctionnant à Bordeaux, avait été nommée ; elle avait commencé ses travaux dès la campagne 1913.
- La question présente aujourd’hui une importance considérable. D’une part, le stock des vins français est très diminué et il en résulte que, pour remonter les caves françaises, il y a grand intérêt à vieillir artificiellement les vins, action pour laquelle le froid avait précisément donné de bons résultats. D’autre part, le traité de paix avec l’Allemagne nous permet d’essayer d installer, en France, une grande industrie de la»cidrerie alors que cette industrie était essentiellement allemande avant la guerre tout en fonctionnant avec une matière première française.
- Dans ces conditions, l’Association française du Froid a décidé de faire reprendre, au plus tôt, les travaux entrepris sur ces sujets et particulièrement ceux de sa Sous-Commission de Bordeaux et de la région du Sud-Ouest, ceux de Beaune et de Bourgogne et enfin ceux du centre pomologique de Caen.
- Elle vient faire appel, à cet effet, au concours des principaux intéressés : Syndicat du commerce des vins et de la viticulture et maisons de construction de matériel frigorifique, afin de réunir la somme de 25 000 fr. nécessaire à la reprise, sur une échelle convenable, d’expériences qui peuvent avoir rapidement le meilleur rendement pour les industries et commerces des vins et cidres français.
- L’hivernage de la mouche domestique. — Comment les mouches passent-elles la période mortelle de l’hiver pour se multiplier ensuite aux beaux jours? La question est importante ; car, pour lutter contre cet ennemi domestique, il est nécessaire de connaître exactement ses mœurs et conditions d’existence. M. Hut-chinson du Bureau d’Entomologie des Etats-Unis a consacré deux ans de recherches et d’expériences à l’étude de l’hivernage de la mouche domestique. En voici les principales conclusions.
- A la latitude de Washington, la mouche peut hiverner de 2 manières. i° Par reproduction ininterrompue dans les endroits chauds où elle dispose d’aliments et de milieux de ponte; 20 durant les périodes de larve et de chrysalide, au milieu ou sous de gros tas de fumiers. Rien ne prouve que la mouche persiste ou puisse persister à l’état adulte, de novembre à avril, en plein air, dans, des étables couvertes d’un toit mais sans parois, sous des arcades ou dans des édifices chauffés. Les températures de —9 à — 110 C sont rapidement mortelles pour les mouches, et tout porte à croire que les températures inférieures à zéro leur sont fatales si elles sont suffisamment prolongées. Dans les édifices chauffés, leur vie ne dure pas plus longtemps qu'à des températures égales en été, et il n’y a ni suspension ni retard de leur développement ou de leur activité sexuelle.
- On sait que les mouches continuent à sortir des tas de fumier même jusqu’à la première semaine de décembre. Plusieurs de ces dernières nées entrent, les jours tièdes, dans les édifices chauffés ; celles qui n’y entrent pas ne tardent pas à périr. Celles qui pénètrent dans les édifices chauffés y sont attirées, comme en été, par l’odeur des aliments, et elles se réunissent dans les cuisines, les salles à manger, les restaurants, les étables, etc. Si elles n’y trouvent pas de quoi se nourrir, elles ne tardent pas à jiérir. Dans le cas contraire, elles peuvent continuer à vivre en décembre, en janvier et même jusqu’en février, à moins qu’elles ne succombent sous l’attaque des champignons. Mais rien ne prouve qu’elles puissent vivre tout l'hiver jusqu’au retour d’une température. suffisamment élevée qui leur permette de
- vivre en plein air et de pondre. Si les mouches arrivent à pénéti’er en automne dans des milieux chauffés où elles trouvent des aliments et des milieux de ponte, comme des étables ou des restaurants où on laisse les ordures à découvert, elles continuent à se reproduire pendant tout l’hiver. Dans ce cas, les mouches que l’on trouve1 en mars et en avril sont les descendantes, et non les survivantes, de celles qui se sont mises à l’abri dans ces endroits l’automne précédent. Il est probable que ce mode d’hivernage est beaucoup plus répandu qu’on ne le croit, surtout dans les villes.
- La possibilité pour les mouches d'hiverner à l’état de larve et de chrysalide a été démontrée à Washington et à Columbs (Ohio), ainsi que dans les régions les plus tempérées du Texas. Mais on ne saurait dire si ce mode d’hivernage est plus commun que celui par reproduction continue. Il semblerait plutôt qu’un très faible pourcentage de larves vivent pendant l’hiver et donnent naissance aux adultes au printemps.
- Comment se dirigent les abeilles. — M. Larue signale à la Revue Scientifique l’intéressante observation qui suit : Une abeille est entrée par mégarde dans notre appartement, en se dirigeant sans doute vers le champ voisin de sainfoin en fleurs (mai 1919).
- Les murs sont tapissés de papier couleur crème et décorés de peintures à l’huile non recouvertes et de chromos et aquarelles sous verre.
- L’abeille butinant n’a fait qne toucher les parties claires des peintures qui représentent des paysages, mais elle a insisté méthodiquement et longuement sur les parties roses, bleu clair ou blanches des dessins sous vitres.
- Nous disons des dessins, car elle a respecté les marges blanches.
- Elle a respecté aussi le papier peint crème .pour ne visiter que quelques points de la bordure supérieure représentant des festons de verdure sans éclat.
- De cette observation il semble résulter :
- i° Que la couleur plus que l’odeur dirige cette abeille ;
- 20 Que les couleurs vives l’attirent à condition que ce ne soient pas des teintes plates, mais des dessins avec apparence de reliefs.
- Il est vraisemblable qu’elle y trouvait de l’analogie avec les fleurs.
- L’acide lactique dans la nourriture des porcs.
- Dans un des derniers bulletins de Y American Chemical Society, M. H. Howe attire l’attention des éleveurs sur l’emploi de plus en plus répandu aux Etats-Unis de 1 acide lactique pour l’engraissement des porcs. Il cite notamment ce fait. Un éleveur qui avait l’habitude de donner une 'certaine quantité de lait caillé à ses porcs, s’aperçut que lorsque cet aliment faisait défaut, l’engraissement ü’était plus aussi satisfaisant. Ses observations l’amenèrent à découvrir que le goût suret qui caractérise ce liquide est dû à la présence d’acide lactique, produit par l’action de certaines bactéries sur la lactose (sucre contenu comme l’on sait dans le lait). Dès lors, il se procura de l’acide lactique et en mélangea une certaine quantité à la nourriture de quelques-uns de ses animaux, il constata de suite que ces derniers étaient bien plus voraces que les autres. Il remarqua qu’en ajoutant une livre (o kg 453) d’acide lactique par semaine aux aliments des porcs, ces bêtes engraissaient d’environ une livre de plus que celles qui étaient nourries de façon habituelle pendant le même laps de temps. Ces résultats le décidèrent à l’adopter pour toutes ses porcheries.
- La fabrication industrielle de l’acide lactique est très simple et on peut l’extraire d’une préparation chimique à base d’amidon ou de maïs, c'est-à-dire sans avoir recours au lait de vache. Une culture de bactéries soigneusement sélectionnées provenant du lait caillé pur est mêlée à une solution de sucre d’amidon à laquelle on peut ajouter un peu de gluten. Dès que la fermentation se produit dans les récipients, on y verse un peu de carbonate de chaux pulvérisé ordinaire. L’action sur ce dernier de l’acide dégagé par les bactéries du bouillon de culture produit alors un lactate de chaux dont on obtient une grande quantité en quelques jours.
- On traite alors le liquide par l’acide sulfurique, qui dégage l’acide lactique en formant du sulfate de chaux que l’on élimine en filtrant. L’acide lactique est alors concentré et purifié.
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- Construction d’un petit moteur électrique continu. — L’amateur qui sait se servir d’un petit tour, d’une petite machine à percer et qui sait utiliser un peu convenablement une lime, un taraud, un fer à souder, pourra, suivant les indications que nous donnons ci-dessous avec des dessins cotés, construire un petit moteur électrique qui fonctionnera sous le courant d’éclairage, à condition qu’on ait affaire à du courant continu.
- Rappelons que le moteur à courant continu comporte un inducteur, un induit avec un collecteur et des balais. Dans le modèle que nous allons étudier, l’inducteur qui est fixe portera deux séries de colonnes qui supporteront deux paliers dans lesquels tournera l'arbre, lequel est solidaire du collecteur et de l’induit.
- Construction de l’inducteur. — La carcasse de l’inducteur (fig. i) est composée de feuilles de tôle laminée à froid qui sont réunies ensemble. Suivant le nombre d’éléments juxtaposés, on pourra obtenir l’épaisseur qu’on désire. Une bonne mesure pour le moteur qui nous occupe sera une épaisseur de 20 mm. On commencera par faire un patron en papier fort de la tôle à découper, suivant la figure 1, en laissant 1 mm en plus,
- £0
- Carcasse d’inducteur en tôle.
- afin de permettre l’usinage une fois les pièces assemblées. Pour maintenir le patron, on le centrera avec les quatre trous de rivets qui seront pointés. Les plaques sont découpées en nombre suffisant, de manière à former 20 mm d’épaisseur ou un peu plus, les quatre trous de rivets étant percés et nettoyés de bavures avec une lime douce, il est facile d assembler le tout et de maintenir les plaques solidaires avec quatre rivets laiton de 5 mm. Le tout est placé sur le tour et on peut découper un trou central de 60 mm de diamètre. Si l’épaisseur est suffisante, on peut donner une passe légère sur les faces pour les dresser. On tourne ensuite avec un outil bien aiguisé les décrochements de 85 mm de diamètre pour l’emplacement du bobinage et on peut tourner la surface extérieure; ces deux dernières opérations se feront en tournant le tour à la main, puisque la surface à travailler n’intéresse pas un cercle comple t. On perce ensuite deux trous de 10 mm de.diamètre de taraudage sur un diamètre vertical, la distance des centres étant de 90 mm; ces trous sont ensuite taraudés et ils doivent supporter les colonnes supports des paliers. A la base, on percera et taraudera également deux trous pour vis à métaux de 6 mm qui serviront à maintenir les pattes de fixation de l’ensemble.
- Les pattes sont faites avec une. petite lame laiton de 3 mm coudée d’équerre et travaillée suivant le croquis de la figure 1. -On aura ainsi quatre pattes qui fixeront l’inducteur sur un socle de bois au moyen de vis à bois.
- Les colonnes support seront prises dans une barre
- laiton de 12 mm de diamètre au moins (fig. 2). On en fera une paire de chaque dimension, suivant les cotes données; le taraudage devant être le même comme pas que celui des trous de 10 mm dans l’inducteur.
- Fig-. 2. — Supports <n laiton.
- Les flasques supports de paliers (fig. 3) seront faites avec du laiton de 3 mm de diamètre, préparé suivant l’image de la figure. Au centre, on perce un trou de i5 mm; aux extrémités deux trous de 10 mm pour recevoir l’extrémité des colonnes; par conséquent, la distance des centres sera de 90 mm. Dans les trous de i5 mm, on introduira à force les paliers constitués par un morceau rond en cuivre rouge (de i5 mm, longueur 2 5 mm). Ces paliers sont soudés et une fois qu’ils sont en place, ils sont alésés à 8 mm sur le tour afin que le palier soit bien centré ; on ménagera ensuite un trou de graissage comme celui qui est figuré. Il est nécessaire que
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- Fig. 4- — Palier en cuivre et en bronze (2 pièces).
- le centrage du palier soit bien fait; on pourra remédier aux défectuosités en ovalisant les trous extrêmes des flasques, de manière à bien centrer l’induit dans la cage de l’inducteur. Les flasques supports sont maintenus en place sur les colonnes avec des écrous.
- L’arbre du moteur (fig. 5) est un morceau d’acier tourné et fileté aux cotes indiquées.
- Entremise
- en laiton.
- Emplacements
- Fie. 5.
- L’arbre du moteur.
- Construction de l’induit. — Comme l’inducteur, l’induit sëra composé d’éléments en tôle. Les deux éléments extrêmes seront épais de 2 à 3 mm ; les autres auront seulement o,5 mm. Tous ces éléments seront tracés avec un patron et assemblés par 6 rivets de 3 mm. L’épaisseur sera de 20 mm (fig. 6). Comme pour l’inducteur, on fera le trou intérieur au tour et on tournera l’extérieur à
- Jffli
- chauffée au Fig. 6'.— Carcasse d’induction en tôle (1 pièce)., rouge cerise
- et qu’on l’aura laissée refroidir dans les cendres ; cela est destiné à obtenir du fer très doux qui ne gardera que peu l’aimantation.
- Le support de l’anneau d’induit aura une forme d’étoile à 3 branches, figure 7. Il sera pris dans un morceau de laiton de 20 mm d’épaisseur ; on le tournera à 37 ou 38 mm de diamètre et ou enlèvera le métal
- un diamètre un peu plus grand que 58 1/2. Préalablement, on aura fait recuire la pièce, c’est-à-dire
- mt’nn Vtnirn
- 123 j-jfr-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- entre les branches avec une lime. Ce support sera introduit dans le centre de l’anneau d’induit, assujetti et soudé. On repassera ensuite l’ensemble sur le tour afin de percer le trou central bien au centre. Les faces
- seront aussi nettoyées et finies, au besoin avec une passe au papier émeri;
- Une fois le travail de tour fini, on façonne à la lime les encoches, aunom-bre de douze, de 6 mm de profondeur et de 5 mm Fig. 7. - Support djinduit en laiton de largeur à pentrée. Les
- O Piecerl faces seront un peu incli-
- nées. Pour faciliter ce travail, les encoches seront dessinées et pointées sur une face de l’anneau d’induit.
- Le collecteur est obtenu au tour d’un morceau de laiton de 2 5 mm de diamètre extérieur et 20 mm de longueur. L’alésage sera de 12 mm.
- Les bords seront légèrement chanfrei-nés à 6o°. Pour tourner cette pièce, on la placera sur un mandrin. La surface sera divisée en 12 segments égaux. A une extrémité, au centre de
- Jmits de scie
- Cheri//e /a/tân
- fi':
- à
- Fig. 8. — Collecteur en laiton (1 pièce).
- Fig- y. — Isolant du collecteur et rondelle de fibre (2 pièces).
- chaque segment, on percera un trou de 3 mm dans lequel on placera à force des chevilles laiton. Une fois ces chevilles en place, on tournera l’extérieur à 3o mm. On fendra la partie extérieure de la cheville avec une
- scie mince. Cette fente est destinée à recevoir les fils de connexion. L’anneau sera sectionné en 12 parties égales avec une scie mince suivant les lignes, entre les chevilles de séparation des segments tracés précédemment.
- L’isolement du collecteur et de l’arbre sera fait par 2 pièces-fibre, suivant la figure 9. L inclinaison de la partie en contact avec le collecteur sera de 6o°. On se procurera 12 petites chutes de mica d’une épaisseur égale au trait de scie du collecteur et on les emploiera
- pour isoler ces segments „..............so........
- entre eux. L’ensemble des pièces-fibre et du collecteur sera assemblé sur l’arbre duquel il devra être solidaire (fig. 13).
- Le support des balais est constitué par une pièce de fibre travaillée, suivant la figure 10 qui se comprend d’elle-même. Le travail se fera à la scie, Fig. 10. à la lime et à la perceuse, puis j)au' taraud. La tige
- du balai sera en cuivre rouge (fig. 11), le balai sera constitué par du fil très fin en cuivre tressé et soudé dans la tige, de manière à avoir de ti'ès bons contacts.
- Le support des balais sera monté (fig. i3) à l’extrémité gauche du palier gauche èt assujetti par
- vu*o une vis à la
- ...1 position vou-
- ..--J lue déterminée après es-
- ...~=1 sais.
- Il ne reste
- O
- Support de porte-balais en fibre.
- -—a,
- 0; 0 r r-SH
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- Fig. 11. — Porte-balais Fig. 12. — Balai cuivre plusquàfaire en cuivre rouge (2 pièces). (2 pièces). lebobinageet
- le montage.
- Avant de faire le bobinage, il faut garnir les emplacements des bobines avec de la feuille de fibre de 3/io à 5/io d’épaisseur. La fibre est trempée dans l’eau chaude, afin de la ramollir et de lui faire épouser les surfaces à isoler, on isolera ainsi toutes les parties qui devront recevoir du fil. La fibre sera collée avec du vernis à la gomme laque, largement employé.
- Pour le bobinage de l’inducteur, on emploiera du fil 1 mm couvert deux fois coton ; la longueur nécessaire sera d’environ 3o mètres. L’extrémité du fil étant maintenue "en A, on disposera quatre couches de fil (fig. 1), de manière à enrouler i5 m. sur la première bobine, et i5 m. sur la seconde. La jonction des deux bobines se fera en B.
- Pour l’induit qui aura été garni presque complètement de fibre gomme laquée, sauf les champs extérieurs
- Empfacem u diiportebakfs
- Fie
- i3.
- Ensemble du moteur.
- Bobmes dînducteur
- Bobines d/ndi
- jl fusible interrupteur ’ •
- ' fjxjrentà 110 volts
- Fig. 14. — Montage des connexions
- formant dents, [de façon que le fil ne touche pas le métal, on placera dans chaque encoche une longueur de 3 m. 60 de fil, 0,7 mm couvert deux fois coton. Le point de départ se fait en A (fig. 6) et on disposera dans chaque encoche 40 tours en 4 couches de 10 tours, gomme laquée entre chaque couche, comme d’ailleurs pour l’inducteur. Les extrémités de chaque bobine viendront s’insérer dans les fentes des goujons correspondants du collecteur, de manière à former un circuit électrique ininterrompu, tel que :
- Goujon 1 , bobine 1 , goujon 2, bobine 2, goujon 3, etc.
- Les fils seront connectés dans les fentes des goujons avec un point de soudure.
- Le moteur assemblé est fixé sur une tablette avec des vis à bois. Le montage des connexions est représenté figure i3. Le courant à 110 volts continu arrive à un interrupteur, puis à une lampe 5 bougies ou 10 bougies, de là à une borne du moteur. L’autre borne reçoit l’autre fil de 110 volts par l’intermédiaire d’un fusible de sécurité. De la borne première, le coui'ant va à A de l’inducteur ; il parcourt la i‘° bobine, puis la seconde. Ensuite, il passe dans l’induit au moyen du premier balai, il en ressort par le second balai et revient à la 2e borne. C’est le montage du moteur série.
- On pourra caler une petite poulie à l’extrémité de l’arbre et faire tourner des petites machines jouets par exemple ou des ailes de ventilateur. On tournera de l’angle convenable le support de balais, afin qu’il y ait le moins d’étincelles possible aux contacts des balais et du collecteur.
- Avec du soin et de l’attention, cette petite construction s’effectuera sans grandes difficultés. Elle nous a paru constituer un exercice à la fois amusant et instructif parce qu’elle mettra en jeu et confirmera les connaissances mécaniques et électriques de l’exécutant. Son petit chef-d’œuvre achevé, celui-ci se trouvera avoir beaucoup appris et de plus il disposera d’un petit moteur, auquel il ne sera pas en peine de trouver maintes applications domestiques. ' E.-H. Wmss.
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- VARIÉTÉS
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- Comment on interprète les chiffres d’une analyse d’eau ou d’une analyse d’urine. — Les chimistes prennent habituellement soin, quand ils délivrent un bulletin d’analyse, de conclure en traduisant par quelques indications pratiques les chiffres divers qu’ils déterminèrent. On serait sans cela souvent bien embarrassé pour savoir ce que signifient par exemple la teneur en chlorures dans une eau d’alimentation, ou le pourcentage d’urée dans une urine de malade. Il est cependant utile de connaître la façon d’interpréter les chiffres analytiques, et parce qu’on fait quelquefois soi-même de petits dosages, et parce que le chimiste néglige parfois d’ajouter à ses chiffres leur indispensable complément.
- C’est pourquoi sur la demande d’un de nos lecteurs, nous donnons ci-dessous quelques simples indications sur la signification pratique des chiffres analytiques concernant les eaux et les urines.
- Nous bornons ainsi étroitement à dessein nos explications parce que ce sont là sans doute les matières qu’on fait le plus fréquemment analyser. Et puis aussi parce que pour d’autres substances — les matières alimentaires en particulier — l’interprétation des chiffres analytiques est extrêmement ardue : le chimiste doit nécessairement la faire lui-mème. En effet, la composition d’un vin, d’un lait varie de façon considérable selon de nombreux facteurs : âge de la vache, sa race, son habitat, son alimentation; variété du cépage, climat du pays, circonstances météorologiques de l’année de récolte, mode de vinification.... Dans ces conditions, le chimiste expert spécialiste, malgré son habileté professionnelle, est fort souvent obligé de conclure en normand que le beurre « contient peut-être un peu de margarine »,
- « qu’il n’est pas impossible que le vin ou le lait aient subi le baptême ».... Au contraire, l’eau, l’urine ne furent vraisemblablement pas fraudés sous la direction de chimistes habiles à leur donner de trompeuses apparences; et leur composition naturelle est telle qu’on peut aisément en tirer d’utiles conclusions pratiques.
- Les analyses d’eau. — Quand on fait analyser une eau, il est très important de bien prélever l’échantillon. On en prendra un litre environ, en flacon bien rincé à l’eau bouillante, fermé aussitôt par un bouchon mis longtemps à tremper dans un bain d’eau à l’ébullition. Si l’échantillon est prélevé dans un puits ouvert, il faut longuement pomper auparavant pour enlever l’eau de pluie. Bien qu’une analyse complète soit naturellement bien préférable, on peut pour des raisons économiques se borner à faire déterminer dans l’eau pour savoir si elle est potable : i° l'e degré hydrotimétrique ; 20 le chlorure sodique ; 3° les matières organiques. Ensuite, s’il y a lieu, on fait faire un essai bactériologique.
- Le degré hydrotimétrique sera très bien fait par n’importe quel pharmacien, ou tout amateur muni des quelques accessoires indispensables. Certaines eaux de montagne marquent 5 à io°. Mais la plupart des bonnes eaux ont de i5° à a5°. Au-dessus de 3o°, l’eau devient médiocre; au delà de 5o°, elle est mauvaise, non seulement pour l’alimentation, mais pour la lessive. Rappelons que ces 5o° correspondent à environ un demi-gramme par litre de sels de chaux. Beaucoup de chimistes du commerce, au lieu d’indiquer les divers degrés hydroti-métriques de l’eau telle que, après ébullition, après précipitation de la chaux, calculent par . des coefficients convenables de façon à indiquer le sulfate de chaux, le carbonate de chaux, l’acide carbonique, les sels magné-
- siens. Ne nous laissons pas éblouir par ces chiffres; ils ne signifient pas grand’chose, et les belles décimales ainsi obtenues sont pour la plupart inexactes : elles servent surtout à faire monter les honoraires !
- Le sel marin contenu dans l’eau, à l’exception des eaux provenant du voisinage de la mer, provient toujours des infiltrations d’urinoirs, de fosse à purin : aussi toute eau contenant par litre plus de 40 à 5o milligr. de chlore doit-elle être considérée comme suspecte. En conséquence, surtout si elle contient beaucoup de matières organiques, on recherchera si le puits ne voisine pas avec les cabinets d’aisances, on fera faire une analyse microbiologique.
- On ne peut pas doser directement les matières organiques de l’eau, en raison de leur complexité : on apprécie à peu près leur quantité d’après ce qu’il faut de permanganate pour les oxyder, et on chiffre le résultat en oxygène absorbé. Toute eau consommant par litre plus de 2 à 3 milligr. d’oxygène doit être considérée comme, suspecte : dans ce cas aussi, il doit y avoir des infiltrations d’eaux d’égout, de latrines ou de cimetières.
- Les analyses d’urines. — L’urine du jour n’ayant pas la même composition que celle de la nuit, non plus que l’urine d’à jeun la même composition que celle d’après boire, il importe quand on fait analyser son urine d’opérer sur tout le liquide émis en 24 heures. On mesure le volume total, on en donne un demi-litre à l’analyste et on rapporte les chiffres aux 24 heures : on peut de la sorte comparer l’urine d’une personne buvant peu par exemple à celle d’une personne buvant beaucoup, encore que la première soit toujours bien plus riche que l’autre.
- En moyenne un adulte rejette ainsi par jour de 25 à 35 gr. à’urée, un peu plus s’il travaille fort, mange beaucoup de viande, prend certains médicaments (alcaloïdes, salicylate de soude, arsenic...); un peu moins s’il est végétarien, s’il fait diète, s'il a pris de la saccharine, des phosphates, des bromures. Si en dehors de ces influences, on constate une surproduction, on peut craindre les fièvres, une congestion hépatique; dans le cas contraire il peut y avoir présomption de tuberculose, de carcinomatose, de cirrhose, d’atrophie du foie.
- L’homme en santé normale n’élimine journellement qu’environ o gr. 6 d’acide urique ; la quantité augmentant quand il y a fièvre, fatigue, ou si l’on fait usage de ferments lactiques. On sait que l’acide urique produit la goutte, et diverses affections des reins et de la vessie.
- Normalement, l’urine ne doit pas contenir traces de sucre ; si peu qu’on en trouve, il y a diabète et on ne saurait trop agir en conséquence selon indication du médecin. Pour l'albumine, ceci n’est pas absolument exact : au cours d’une fièvre légère, par exemple, l’urine contient souvent normalement un peu d’albumine. Mais toujours fort peu, et au delà de o gr. 2 par litre par exemple, on doit consulter le médecin.
- Outre les dosages précédents, on effectue souvent la détermination des pour 100 de phosphates, de chlorures : cela ne sert pas à grand’chose, à moins que le médecin pour raisons particulières accorde une certaine importance à ces chiffres. L'examen microscopique est, lui, fort utile : en particulier il permet de voir si l’urine contient des tubes venant du rein, chose grave, des gouttes de pus indiquant une inflammation interne, des globules sanguins, etc. A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Otft
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- Comment on dérougit les récipients vinaires. —
- La pénurie et la cherté des bois, pour la fabrication de la futaille et des foudres, constituent pour les viticulteurs et les négociants en vins une sérieuse gêne et obligent souvent à utiliser pour loger les vins blancs des foudres et des barriques ayant contenu du vin rouge, et qu’il faut préalablement dérougir, afin d’éviter la coloration du vin blanc.
- Cette opération, surtout dans les circonstances actuelles, est une nécessité pour éviter l’élévation des frais
- de matériel vinaire dans les chais, caves et celliers. Elle peut être effectuée économiquement en procédant de la manière suivante :
- Si les foudres et les fûts sont fortement colorés, il faut d’abord, par des raclages, faire disparaître le tartre, la lie et autres résidus; après rinçage, brosser énergiquement les parois en employant une dissolution
- ainsi composée :
- Carbonate de potasse ..... 1 kg
- Eau bouillante...............10 litres.
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- VARIÉTÉS
- Cette dissolution se prépare dans un baquet en remuant avec un bâton pour bien dissoudre les cristaux de carbonate de potasse. Rincer ensuite, et plusieurs fois, à grande eau.
- On peut faire usage aussi d’une solution de potasse ou de soude caustique préparée en faisant dissoudre 5oo gr. de potasse ou de soude caustique en plaque dans io litres d’eau. *
- Le dérougissement se fait encore très bien en opérant comme suit :
- Après détartrage, laver le récipient à l’acide chlorhydrique dilué à raison de 5 litres pour ioo litres d’eau; ensuite on rince énergiquement jusqu’à ce que l’eau s’écoule absolument claire et propre. On prépare alors
- unë solution ainsi composée :
- Permanganate de potasse. . . i kg Eau......................... ioo litres.
- On passe cette solution à la brosse sur toute la surface interne du récipient, puis on achève en projetant une partie de cette solution avec une pompe munie d'une lance, en passant bien partout, condition essentielle pour arriver au dérougissement complet. '
- Enfin, on rince jusqu’à ce que l’eau s’écoule incolore, et on mèche fortement, dans tous les cas, en ayant soin de bonder hermétiquement, afin que sans s’évaporer trop promptement, l’acide sulfureux pénètre bien dans le bois. H. B.
- Préparation de l’extrait de champignon. — Cet
- extrait, fort utile dans l’alimentation, car quelques gouttes suffisent pour aromatiser les mets et fournir
- ainsi un précieux condiment, se fabrique d’une façon très simple : on prend, de préférence, les variétés de champignon telle que la Morille, le Mousseron, le Grand Coprin, la Craterelle, la Corne d’abondance, lu Collybie en fuseau, le Clitocybe laqué.
- ' On place les champignons dans une terrine et on les recouvre de sel. Le lendemain, on écrase le tout, puis on tord dans un linge pour exprimer le jus; cet extrait est chauffé sur un feu doux, puis on l’écume et on le met dans de petits flacons, que l’on bouche hermétiquement. Il est bon de compléter par la stérilisation en chauffant les flacons au bain-marie (procédé Appert). L’extrait de champignon se conserve ainsi indéfiniment et fournit une sorte d’essence de champignon que l’on a sous la main pour l’utilisation immédiate, en cas de besoin.
- Préparation de l’extrait d’œillet. — Cette recette permet d’obtenir facilement et économiquement un extrait parfumé ou essence d’œillet :
- On recueille 35o gr. de pétales arrachés aux œillets les plus frais et les plus embaumés, puis on met infuser ces pétales, durant quinze jours, dans un litre d’alcool à 900. Au bout de ce laps de temps, on filtre le liquide
- alcoolique, et on ajoute :
- Teinture de benjoin, ... 100 grammes.
- Teinture d’ambre.............. 2 —
- Essençe de girofle. ... 2 —
- Essence de vanille .... 1 —
- L’extrait ainsi obtenu offre un parfum à la fois doixx et pénétrant, très apprécié.
- JÉD
- 1&D
- BOITE AUX LETTRES
- Q0C
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés; Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abouneme it. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — La plus puissante machine à vapeur du monde (n° 23yS du 4 octobre 1919). — Par suite d’une erreur de composition, les légendes des figures 2 et 3 ont été transposées. La figure 2 représente la turbine vue du côté des alternateurs ; la figure 3 la représente vue du côté vapeur.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Petits moteurs électriques : M. Mathis, 11, rue de Parme, Paris.
- Questions à nos lecteurs. — La marmote. — Le Dr Louis Capitaine, 18, boulevard Raspail, Paris, fait appel à toutes les bonnes volontés pour qu’on veuille bien lui communiquer tous documents possibles concernant la marmote, au point de vue biologie, physiologie, nourriture, sommeil, cri, etc.
- Monastère de la « Pierre qui Vire ». — M. Paul Gautier, à Montfort-l’Amaury désire savoir où il trouvera des renseignements sur le monastère de la Pierre qui Vire (près du lac des Settons, à 3 km sud-est de Montsauche, Nièvre) et plus particulièrement sur la vie des hommes remarquables qui y ont vécu pendant la première moitié du xive siècle.
- Communications. — Ventilateurs à' ressort. — Un de nos lecteurs d’Algérie nous a demandé des adresses où pouvoir se procurer des ventilateurs à ressort.
- M. le comte de Divonne, Château de Larvolot, par Boyer (Saône-et-Loire), possède un grand ventilateur de ce type qui lui a été vendu par la maison Monjardet, à Paris, rue Richelieu. Cet appareil ne lui étant plus utile, il serait disposé à le céder.
- M. Tastet, à Grenade. — i° Pour l’étude du reboisement, création et soins à donner aux pépinières forestières, Chêne, Châtaignier/Frêne et Pin maritime, voici les ouvrages qui peuvent être utilement consultés : La Pépinière forestière, arbustive, fruitière, par Baltet, 1 vol. 9 fr. 60 (organisation, plantation, entretien et élevage des arbres; formation des jeunes arbres, culture d’arbres formés, greffage); Les Pépinières, par Carrière, x vol. 1 fr. 5o; Le propriétaire planteur (plan-
- tations forestières, reboisements), par D. Cannon, x vol.
- 7 fr. 20; Sylviculture, par A. Fron, 1 vol. 8 fr. 25; Précis de Sylviculture à l'usage des propriétaires de forêts, par Antonin Rousset, 1 vol. 1 franc; Le Châtaignier (meilleures variétés, greffe, plantation, maladies), par P. Tricaud, 1 vol. 2 fr. 5o ; Le Pin maritime, par Raymond Brunet, x vol. x fr. 5o; Les Forêts (Traité pratique de Sylviculture), par Boppe et Jolyet, x vol.
- 8 francs; Traité de Sylviculture générale, par A. Frochot,
- 1 vol. 12 fr. 60; Traité pratique du boisement et reboisement, par Levavasseur, 1 vol. 2 fr. 65 ; Les Essences forestières, par H. Loubié, 2 vol. 6 fr. 4°3. Traité de Sylviculture, par P. Mouillefert, 2 vol. 16 fr. 60; Boisement et reboisement, par Quehen-Mallet, x vol. 3 fr. 25; Guide pratique de reboisement, par Th. Rousseau, 1 vol. 1 fr. 65 (Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris) ; Manuel pratique de la culture du châtaignier (plantation, greffage, etc.), par Henri Blin, 1 vol. 1 fr. 80 (L. Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris, 6e).
- 20 Sur la greffe des arbres, voyez : L'Art de greffer, par Charles Baltet, x vol. 5 fr. 20; La greffe, par R. de Noter, 1 vol. o fr. 70; Plantation et greffage, par Pierre Passy, x vol. x fr. 80 (Librairie Horticole).
- 3° Pour les graines, voyez aux adresses suivantes : Vilmorin-Andrieux, 4. quai de la Mégisserie, Paris, ier; Cayeux et Leclerc, 8°; Brancher, 18, quai de la Mégisserie; Denaiffe à La Ménitré (Maine-et-Loire); Molin, 8, place Bellecour, Lyon; Clause, à Bréliguy-sur-Orge (Seine-et-Oise).
- M. J. M., à Montbéliard. — Pour obtenir l’encre servant aux timbres en caoutchouc, employer la formule suivante :
- Eau.......................... i5 grammes
- Glycérine.....................70 —
- Alcool à 90°................. x5 —
- Couleur d’aniline............. 3 —r
- Faire dissoudre la couleur dans l’alcool et ajouter finalement l’eau puis la glycérine. Comme couleur d’aniline on peut employer, la fuchsine, le violet de Paris ou la nigrosine suivant la coloration désirée.
- Mme Vaissède, à Paris. — Les objets de fonte se réparent au moyen du mastic suivant :
- Prendre Limaille de fer. . 100 grammes
- Fleur de soufre . 5 —-
- Sel ammoniac. . 5 —
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- . Délayer le tout dans.de l’eau vinaigrée à 6 pour ioo et légèrement acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique, en faire une pâte consistante que l’on appliquera sur les parties à assembler bien nettoyées. Ce mastic devient très dur au bout de quelques jours.
- Lieutenant R. Deschepper, B. G. M. M. — Les clichés fixés dans un bain contenant un produit qui insolubilise la gélatine peuvent être renforcés ou affaiblis. Si les solutions froides pénètrent difficilement la couche plus ou moins imperméabilisée, l’action en serait moins lente en les faisant préalablement chauffer. En particulier, les couches traitées par le fixateur chromé résistent très bien à l’eau chaude. Quant aux clichés traités par le formol, la gélatine s’en détache parfois, mais on peut lui rendre sa solubilité et sa perméabilité primitives par oxydation. A cet effet, le British Journal of Photo-graphy conseille d’employer un sel ferrique : par exposition à la lumière, la gélatine s’empare de l’oxygène du sel ferrique, en le faisant passer à l’état de sel ferreux, et redevient elle-même soluble. L’eau chaude décompose aussi, mais lentement, la gélatine formolisée et permet, par des traitements répétés, de la solubiliser complètement.
- Mme Meunié, au Bois Giroult. — Les taches d’origine végétale disparaissent habituellement par le traitement suivant :
- Faire une dissolution de permanganate de potasse à 2 pour ioo, soit 2 gr. pour ioo cm5 d’eau. Imprégner la partie tachée du liquide violet obtenu, il se produit sur l’ensemble une coloration brune dont il ne faut pas s’inquiéter. On enduit alors les mêmes parties de l’étoffe d’acide sulfureux du commerce (dissolution d’acide'sulfureux dans l’eau), la coloration brune disparaît et la tache en même temps. Rincer finalement.
- Dans le cas où la tache ne serait pas complètement enlevée on peut recommencer les traitements successifs par le permanganate et l’acide sulfureux.
- M. M. Tharreau, à Angers. — Le procédé suivant nous a donné d’excellents résultats pour l’imperméabilisation des chaussures.
- Huile de lin......... 5oo grammes
- Suif................. 35 —
- Cire jaune............. . 3o —.
- Colophane................ i o —:
- Faire fondre aü bain-marie et appliquer à chaud sur les chaussures parfaitement sèches en se servant d’un pinceau.
- M. de Choiseul-Gouffier, Les Plans-sur-Bex. — i° En moyenne la distillation du bois donne les résultats
- suivants :
- Charbpn de bois............. . 25 pour ioo
- Eau et acide pyroligneux. ... 5o - —
- Goudrons......................io —
- Gaz et produits non condensés . i5 —
- Les goudrons renferment de nombreux produits, parmi lesquels on rencontre surtout le phénol.îe crésol, la pyrocatéchine, etc. A la distillation ces goudrons four-
- nissent eux-mêmes :
- Huiles légères.................. io pour ioo
- Huiles lourdes................. i5 —.
- Eau acide........................i5 —
- Brai........................... 55 —
- Produits non condensés .... 5 -—
- Le pouvoir calorifique de ces goudrons est excessivement variable et dépend d’une foule de circonstances, espèce de bois employée, conduite de la carbonisation, etc. ;
- a0 La consommation de combustible est subordonnée aussi à l’installation des fours, aux pertes par rayonnement, à la nature du combustible ; on peut admettre qu’un stère de bois exige pour sa distillation totale ioo kg de houille ;
- 3° Suivant les bois employés, les goudrons ont une composition variable : de celle-ci découlent les usages auxquels il sera destiné, par exemple le goudron de bouleau sert à la fabrication du cuir de Russie, celui des résineux à l’extraction de la créosote, on ne peut donc dire quel est le meilleur goudron ;
- 4° Pour le matériel propre à la carbonisation, voyez Installation et prix de revient d’une usine dans l’ouvrage Combustibles industriels, par Félix Colomer et Ch. Lordier, chez Dunod et-Pinat, 47* quai des Grands-Augustjns ;
- 5" L’huile solaire est de l’huile minérale,, on désigne
- sous ce nom les dernières portions de pétrole lampant de densité comprise entre o,885 et o,8g5 et dont le point d’inflammation est voisin de 1400 C. ; son pouvoir calorifique est de 10000 à io 5oo calories;
- 6° La place limitée dont nous disposons ne nous permet pas d'entrer dans le détail d’une installation, adressez-vous pour étude de la question à la Société de construction pour la distillation des combustibles, i, rue Jules Lefebvre, Paris, 90.
- Mme B. Z., à Fontenay-le-Comte. — La multiplication de la betterave se faisant par semis de graines, puis repiquage des plants après démariage (éclaircissage ou essimplage\ nous pensons qu’il doit y avoir erreur de dénomination, en ce qui concerne la machine que vous désignez sous le nom de planteuse de betteraves. Nous ne connaissons que les semoirs à betteraves, et l’opération du repiquage qui se fait, non à la machine mais à la main, à l’aide d’un plantoir. S’il s’agit d’un instrument existant en Amérique, mais non encore en usage en France, vous obtiendrez une adresse en la demandant à M. Max Ringelmann, directeur de la Station d’essais de machines, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e, et à la Chambre syndicale des constructeurs de machines agricoles, 10, rue de Lancry, Paris, 12e.
- Pour les semoirs à betteraves, voici des adresses : Liot frères, à Bihorel-Rouen (Seine-Inférieure) ; Billy, à Provins (Seine-et-Marne) ; Gougis, à Auneau (Eure-et-Loir); Beauvais et Robin, à Angers; Chanoine, Leplet, Le Mans ; Korum, à Laval; Dumaine, à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne); Hurtu, à Nangis (Seine-et-Marne).
- M. le capitaine B., à Epinay-sur-Orge. — 1" Les •petits évaporateurs de ménage, pour le séchage des fruits et des légumes, sont construits pour être placés sur un fourneau de cuisine, ou bien ils sont montés sur fourneau spécial, en fonte. Ils sont de forme carrée ou rectangulaire, et munis de 6, 8, 9 ou 10 claies. Les premiers pèsent de i5 à 24 kg 5oo; les autres de 65 à 84 kg suivant modèle Ils peuvent valoir, actuellement : appareil avec fourneau, 9 claies, 280 fr.-; avec 10 claies, 260 fr. Appareil seul, avec 9 claies, 110 fr. ; avec 10 claies, 120 francs.
- 2" Voyez V. Vermorel, constructeur à Villefranche-sur-Saône (Rhône).
- 3° A notre connaissance, il n’existe pas de couveuse artificielle pour mdins de cinquante œufs ; au-dessous dé ce minimum, et en raison du pourcentage d’éclosions, l’appareil ne serait pas économique. Il faut compter, comme bonne moyenne, i5o à 200 œufs. Voyez aux adresses suivantes : Avicultura-Jersey, 8, rue du Louvre, Paris, icr; Aurouze, 8, rue des-Halles, i°r; Comptoir général de l’élevage, 94, rue Saint-Dominique, 7°; Goujon, à Langeais (Indre-et-Loire); Voitellier, à Mantes; Moret, à Tonnerre; Pascarel, 20, rue Victor-Hugo, à Tours; ReignOux, à. Bléré (Indre-et-Loire); Semet, à Houdan; Sinet, à Châtenay (Seine).
- IL. C., 86. — i° Pour l’emmagasinage des liqueurs et des eaux-de-vie à divers degrés, l’expérience a démontré que, comme pour les vins et cidres, les cuves en ciment armé avec revêtement de verre, intérieurement, constituent le meilleur mode de conservation. Au point de vue économique, il faut considérer que les avantages assurés par ce système compensent, et bien au delà, l’élévation de prix que peut nécessiter la construction des cuves verrées, lesquelles sont, inattaquables par les acides, et suppriment à peu près complètement la consume, c’est-à-dire que le déchet par évaporation y est presque nul. Avec des cuves en pierre, revêtues intérieurement de carreaux en faïence ou en terre cuite, il est difficile de rendre les joints étanches; en outre, le vernis ou l’émail s’écaillent facilement, et, étant à base de plomb peuvent donner naissance à des sels de plomb solubles et toxiques. Les cuves à enduit de ciment, malgré un traitement spécial, exercent sur les liquides une action nuisible, le ciment pouvant être attaqué. Pour éviter cet inconvénient, la cuve en /maçonnerie cimentée est, après dessiccation, badigeonnée à l’intérieur, trois ou quatre fois, avec une solution de silicate de potasse à s5 pour 100, pour le premier badigeon et à 5o pour 100 ensuite. Il se forme alors du silicate de chaux qui peut résister à l’action du liquide. On peut aussi,, après un lavage à grande eau, badigeonner en employant une solution composée, pour un mètre carré, de 40 g1’, d’acide tartrique dans 120 gr. d’eau; au bout de 3 ou 4 jours, renouveler l’opération, puis remplir
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- la cuve deau, laisser séjourner pendant 20 à 25 jours et rincer fortement à l’eau très propre. Mais ces procédés nécessitent une certaine dépense de main-d’œuvre et en cas de lavage incomplet, l’acide peut avoir une influence nuisible.
- 20 De ce qui précède, il résulte que votre projet de substituer au revêtement de verre un enduit approprié ne peut faire envisager que le badigeonnage au silicate dé potasse; mais outre que ce procédé ne s emploie guère que pour les cuves destinées à recevoir du fin, il est bien loin de présenter les avantages et la sécurité que donne le revêtement de verre, et pour les liqueurs et eaux-de-vie, après les récipients en bois, il n’est utilisé que le revêtement de verre.
- . 3° En fait de récipients métalliques avec enduit intérieurement, pour les alcools à faible degré, nous ne connaissons que les cuves en fonte ou tôle émaillée essayées à Bône par M. Toutée, pour conserver le vin; mais il faudrait un émail à forte résistance, et un -essai préalable.
- M. le commandant F. (Tunisie). Jusqu’à présent, l’inventeur du moulin à vent à hélices multiples, décrit dans le n° 2352 — au moment où l innovation a été signalée — ne nous a pas fait connaître si ses recherches ont pu aboutir aux fins de construction pour exploitation industrielle du brevet. Veuillez vous adresser à M. P. Fayard de Mille, à Marnas, par Saint-Uze(Drôme).
- M. H. L. S., rue Saint-Laurent, Paris. — i° Il faut considérer que les connaissances nécessaires, en matière agricole, — lorsqu’on n’a pas déjà des notions, et une certaine pratique acquises lors d’un stage assez long, accompli dans une exploitation — ne peuvent s acquérir en une année d’études dans une école d’agriculture, la durée des études dans, les établissements d’enseignement agricole n’étant d’ailleurs pas inférieure à deux années; c’est le minimum. Il faut, aussi, tenir compte, eu. égard à l’admission, de la limite d’âge impartie.. Pour faire de la culture, et surtout de l’éle-vage, avoir la possibilité de s’établir cultivateur et éleveur, il faut posséder une somme de connaissances pratiques et l’expérience suffisante qu’un homme, même très jeune, mais jusqu’ici étranger aux choses de 1 agriculture, ne peut vraisemblablement pas acquérir dans un laps de temps aussi , court, en admettant même que le goût pour cette carrière ait l’importance d’une véritable vocation. Nous conseillerions, dans ce dernier cas, un stage de deux à trois ans dans une exploitation et les cours d’une école d’agriculture d’hiver, ou un stage au pair, durant une ou deux années, chez un agriculteur-éleveur capable d’initier un néophyte aux choses de la profession.
- 20 Voyez aux adresses suivantes : M. Lavallé, directeur de l’Ecole supérieure d'Agriculture, à Angers; Ecole pratique d’Agriculture, à Hauterive-Grangeneuve
- (canton de Fribourg), et, à titre consultatif, M. le chef de Bureau de l’Enseignement agricole, Ministère de l’Agriculture, 78, rue de Varenne, Paris, 7e.
- M. F. C., à Saint-Cirgues-de-Jordanne. — Nos recherches n’ayant pas abouti, et regrettant de ne pas posséder cette adresse, nous vous conseillons d’écrire à nouveau à la maison de construction, à Bourges, que vous citez. Demandez aussi ce renseignement aux adresses suivantes : M. Max Ringelmann, directeur de la Station d’Essais de machines, a, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12°; l’Outillage industriel, 10, rue de la Pépinière, Paris, 8e; l’Ouest industriel, 2, rue de la Pépinière; Chambre syndicale des constructeurs français de machines agricoles, xo, rue de Lancry, Paris, 12e.
- Plusieurs lecteurs assidus. — Les noyaux des arbres fruitiers : pêchers, abricotiers, pruniers, comme toutes les graines à tégument ligneux, dur, exigent un temps considérable pour germer ; soit une année ou davantage. Autant pour assurer cette germination que pour en réduire la durée et économiser le temps, il faut avoir recours au procédé, très simple, de la stratification préalable, c’est-à-dire jusqu’au moment de semer les noyaux en place. A défaut, il conviendrait de semer immédiatement après la récolte, car les noyaux à enveloppe dure ont besoin, pour s’ouvrir et livrer passage à l’embryon, de subir longtemps l’action de la terre et de léau. En attendant l’époque du semis, les noyaux devront, autant que possible, conserver de la pulpe attachée à leur écorce plus ou moins raboteuse. Ces débris de pulpe contribuent à maintenir les graines en bon état....
- La stratification consiste à ranger Fs noyaux soit dans des vases ou terrines, soit dans une caisse ou un tonneau, suivant la quantité de noyaux à stratifier, par-lits séparés les uns des autres et alternant avec des couches de sable ou de terre de 3 à 6 cm d’épaisseur. Le fond du récipient doit être percé de trous et recouvert de pierraille, cailloux ou débris de poterie, pour assurer l’égouttage et l’aération. La terre doit être sèche, meuble et douce; le sable de rivière vaut mieux encore. Ranger les noyaux l’un à côté de l’autre, sans qu’ils se touchent. On porte le récipient dans une cave ou bien on l’enterre à 5o cm de profondeur, au pied d’un mur exposé au midi. Les noyaux passent ainsi l’hiver et, ordinairement, le travail de la germination commence dès cette époque. Pour l’activer, on peut arroser légèrement dès la fin de février, si le temps est doux, puis on retire les noyaux dans le courant du mois de mars pour les mettre en place.
- Avoir soin de limiter à cinq le nombre des couches superposées de noyaux et de sable, afin d’éviter la moisissure.
- Les graines d’arbres fruitiers doivent être employées l’année de la récolte, car leurs facultés germinatives ne sont pas de longue durée.
- BIBLIOGRAPHIE
- c*?
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) '
- Combustibles industriels : Houille, pétrole, lignite, tourbe, bois, charbon de' bois, agglomérés, coke, résidus industriels ou,agricoles, gadoues, par F. Colomer, C. Lordier, 3° édition entièrement refondue. In-8° de 676 pages, avec 214 fig. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris 1919. Prix : 48 fr. 35 (majoration comprise).
- Le nombre d’éditions de cet important ouvrage en dit la valeur : les auteurs ont profité de la refonte de leur livre pour rédiger d’une façon nouvelle plusieurs chapitres, et les mettre au courant des derniers progrès. Citons notamment les procédés d’emploi de la tourbe comme combustible, la description des principaux gazogènes, appareils de combustion pour l’uti-
- lisation des combustibles inférieurs. Un nouveau chapitre a été introduit dans le but de décrire les combustibles gazeux. Enfin, les fours destinés à brûler les résidus de l’industrie et de l’agriculture sont décrits avec plus de détails.
- Mines (grisou, poussières), par L. Crussard, i vol. in-18 grand jésus, cartonné toile, 4^0 pages, avec 101 fig. Encyclopédie scientifique. Doin, éditeur. Paris 1919. Prix : 7 fr. 5o.
- L’ouvrage est consacré aux deux grandes questions du grisou et des poussières, et consécutivement à l’éclairage, l’aérage, la neutralisation des poussières et aux explosifs de sûreté. L’auteur s’appuie avant tout sur des expériences précises, interprétées à la lumière d’une critique toute scientifique. Il a toujours en vue l’application immédiate. Ce, petit livre, clair, complet et concis, rendra les plus grands services à tous les hommes de métier qu’il mettra au courant des études les plus modernes sur ces importantes questions.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2378
- 25 Octobre 1919.
- La prolongation des brevets d’inventions.—Une loi très attendue de tous les inventeurs vient d’être promulguée à l’Officiel. C’est celle qui proroge dans certaines conditions la durée des brevets d’invention.
- En voici les parties essentielles :
- Article ier. • - La durée des brevets d’inventions qui n’avait pas atteint le terme légal de leur expiration avant le 1e1' août 1914. et celle des brevets qui ont été délivrés ou demandés postérieurement' à cette date, avant le iül août 1919, pourra être prolongée lorsque par suite de l’état de guerre, les titulaires de ces brevets, ou leurs ayants cause, n’auront pu les exploiter ou les faire exploiter normalement.
- La prolongation de durée s’accorde par années entières ; elle peut être de cinq années ; elle se calcule en tenant compte de la période de temps pendant laquelle l’exploitation normale s’est trouvée suspendue et des résultats de l’exploitation du brevet, si la suspension n’a pas été totale.
- Une prolongation supplémentaire de une à trois années pourra être accordée aux exploitants qui ont été mobilisés pendant plus de deux ans, et à ceux dont l’exploitation a été détruite ou désorganisée, si ce délai paraît nécessaire à la reconstitution de leur industrie.
- Art. 2. — Cet article prescrit que la prolongation des brevets sera prononcée par une Commission spéciale de 5 membres. s-
- Art. 3. — Cet article fixe la procédure suivant laquelle seront examinées les demandes de prolongation. Celles-ci doivent être adressées par l'intéressé à la Préfecture du département dans lequel il est domicilié ou a élu domicile, et être accompagnées de toutes les indications de nature à en. démontrer le bien fondé.
- Il sera perçu une taxe de 30 francs par brevet.
- En ce qui concerne les brevets visés à l’article ier, qui seront parvenus au terme légal de leur expiration avant la promulgation de la présente loi ou y parviendront dans les douze mois suivants, la demande en prolongation de durée devra être adressée dans un délai de six mois à dater de ladite promulgation.
- Pour les autres brevets, la demande en prolongation devra être adressée dans un délai de deux ans à dater de cette promulgation.
- La liste des brevets pour lesquels une prolongation de durée aura' été demandée sera publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle, dans le mois qui suivra l’arrivée de la demande à l’Office national. La même liste sera affichée à l’Office, dans la salle de communication des brevets.
- Le commissaire du Gouvernement pourra réclamer, tant de l’intéressé que des diverses administrations, les justifications complémentaires qui lui paraîtraient nécessaires.
- Dans le cas où le commissaire du Gouvernement estimerait que les justifications ne sont pas suffisantes et conclurait au rejet de la demande, il formulera des conclusions écrites qui seront communiquées à l’intéressé, par pli recommandé, quinze jours au moins avant la date fixée pour la séance de la Commission où sera examinée sà demande.
- En tout état de cause, l’intéressé sera avisé, huit jours au moins à l’avance et par lettre recommandée, de la date fixée pour cette séance. Il pourra comparaître en personne ou se faire représenter par un avocat régulièrement inscrit au barreau ou par un mandataire muni d’un pouvoir spécial.
- Les séances de la Commission seront publiques. Ses décisions sont définitives et sans appel.
- L’article 5 met à l’abri des poursuites en contrefaçon ceux qui, avant la promulgation de la loi, ont entrepris de bonne foi et effectivement l’exploitation d’un brevet parvenu normalement à expiration en août 1918. La loi règle également les rapports entre l’inventeur bénéficiaire d’une prolongation de brevet et les licenciés ou cessionnaires. Elle prévoit enfin les cas d’exonération' du paiement des annuités.
- La T. S. P. aux Etats-Unis. — Elle s’ est développée. 1res rapidement au cours des derniers mois. Le recen-
- sement officiel accuse au 3o juin : 134 postes de cote commerciaux; 838 postes à bord de navires marchands; 4yO postes à bord de navires de guerre, et i35 postes de côte relevant du gouvernement.
- Télégraphie et téléphonie à système « Multiplex Bell ». — La Compagnie américaine Bell a, ces temps derniers, inventé et mis en pratique un système multiplex de télégraphie et de téléphonie susceptible de modifier profondément la communication par fil à longue distance ; ce système permet, en effet, une combinaison télégraphique et téléphonique telle qu’une seule paire de fils pourra transmettre soit 5 conversations par téléphone simultanées, soit 40 télégrammes simultanés, soit encore servir à ces deux genres de communication à la fois. Une installation de téléphone multiplex entre Baltimore et Pittsburg fonctionne ainsi avec le plus, grand succès depuis quelque temps.
- Autrefois, il n’était possible de charger un couple de fils que d’une seule conversation. Il y a quelques années, on avait obtenu 3 circuits à l’aide de 2 paires de fils, amélioration sérieuse appelée « circuit fantôme » dont il a été fait, d’ailleurs, un grand usage. Avec le système multiplex, on aura 5 circuits téléphoniques sur un seul couple de fils, soit 10 conversations simultanées sur les 2 paires de fils qui n’en portaient précédemment que 3. Par conséquent, on triplerait la capacité de transmission des fils téléphoniques par « circuit fantôme » et quintuplerait la capacité antérieure à cette première amélioration.
- Pour ce qui est de la télégraphie, en réunissant 2 fils télégraphiques en un circuit métallique du type employé en téléphonie, et en le reliant au nouvel appareil Bell, on en augmente Considérablement la capacité de transmission. En faisant usage d’un mécanisme d’impressions à haute vélocité, on peut accomplir 8 fois plus de besogne qu’il n'en est fait à présent, et 10 fois plus qu’avec l’appareil ordinaire et le circuit télégraphique Duplex courant. Ces résultats sont obtenus sans aucunement porter atteinle à la qualité de la transmission.
- Toutefois, en raison de l’appareil même et des méthodes qu’il comporte, le nouveau système n’est pas avantageux à courte distance. Mais pour les grandes lignes à découvert, il est des plus pratiques et il constitue un sérieux progrès dans la communication par fil à longue distance.
- Les lampes électriques à incandescence dans les projecteurs. — Les grands progrès réalisés en ces dernières années dans les lampes électriques à incandescence ont permis de réaliser des ampoules de 1000 watts, c’est-à-dire des foyers lumineux très intenses. Aussi voit-on les lampes à incandescence commencer à se substituer aux lampes à arc, pour l’équipement des projecteurs de grande puissance. La General Electric C°, des Etats-Unis, qui grâce à son puissant laboratoire de recherches où travaillent des savants comme Langmuir et Coolidge, a fait faire les pius grands pas à la lampe à incandescence, fabrique aujourd’hui de nombreux types de projecteurs sur le principe que nous venons d’indiquer.
- Le sciage des métaux à distance. — Ce procédé, depuis longtemps utilisé dans les grands ateliers de constructions, fut imaginé, il y a bientôt un siècle, par un charpentier de Cornouailles. Par la suite, le physicien Daniel Colladon reconnut que si un disque métallique de o m. 20 de diamètre, tournant avec une vitesse de 21 m. à la seconde, était approché à une très petite distance d’un objet à trancher, cet objet était entamé comme s’il était directement attaqué par une scie.
- L’explication de ce phénomène est encore à trouver. Les uns l’attribuent à une action thermique provoquée par la rotatiop vertigineuse du disque, les autres mettent en cause la mince lame d’air emprisonnée entre les deux pièces de métal, lame qui se comporterait dès lors comme un corps solide, dur et inaltérable. Enfin, certains prétendent que la solution de continuité entre le disque et l’objet n’est qu’une illusion d’optique ; le
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- INFORMÀtlÔNS
- disque se déformerait par l'effet du rapide mouvement de rotation qui l’emporte et se changerait en une ellipse dont le bord toucherait exactement la pièce à couper, sans que l’on puisse s’en rendre compte à l’œil nu.
- Au Creusot, un des disques employés, il y a quelques années, avait 2 m. 43 de diamètre et 20 mm. d’épaisseur ; il était en acier doux et sa tranche était légèrement rugueuse et ondulée, ce qui rendait son action plus effective. • Avec une vitesse circonférentielle de 1000 m. à la minute, on coupait une plaque cémentée de i3a mm. d’épaisseur à raison de 8 à 10 mm. à la seconde. La puissance mécanique absorbée par cet outillage n’était pas moindre que z5o chev.
- Le record mondial de vitesse dans la construction navale. — D’après le Norges Handcls og Sjôfartsti-dende, de Ivristiania, les chantiers de Bethlehem, aux Etats-Unis, filiale de la célèbre Bethlehem Steel Corporation, viennent de conquérir le record de vitesse dans la construction navale. En a3 jours et 23 heures cet é tablissement a construit un vapeur en acier de 12 000 tonnes, YIndianapolis. Ces a3 jours et 23 heures représentent l’intervalle qui s’est écoulé entre la mise en place de la quille sur la cale et le lancement de l’unité.
- La production du fer en Allemagne. — La Frankfurter Zeitung a publié récemment les chiffres, restés secrets jusqu’ici, de la production du fer brut en Allemagne :
- Années. Millions
- — de tonnes.
- 1912 ............................. 17,8
- 1913 ............................. 19,8
- 1914 ............................. 14,4
- xgiô. . ...................... 11,8
- 1916............................. 13,2
- 19l7- . • • ;..................... l3'r
- 1918 (jusqu’à novembre) .... 10,7
- D’après les indications fournies par ne journal, on retiendra avec intérêt les faits suivants :
- i° Progression constante jusqu’en 1914, menant de 1 386 85o tonnes en janvier 1912, à 1 564345 en juillet 1914, soit une augmentation de i3 pour 100;
- 20 Chute brusque en août 1914 : de 1 564 345 à 586 661, soit près de 1 million de tonnes ;
- 3^ Relèvement progressif d’août 1914 a fin 1916, puis impossibilité d’intensifier et même de maintenir le rendement qui, au moment de l’armistice, tombe aux deux tiers dé ce qu’il était en juillet 1914-
- Coucher de soleil sur la plage d’Ostende. —
- M. D. Koechlin, de Mulhouse, nous adresse la photographie ci-dessous, représentant un coucher de soleil sur a plage d’Ostende. Cette vue a été prise en octobre 1916, quelques instants avant la disparition du soleil à l’horizon. C’était un de ces l’ares soirs où l’éclairage était particulièrement beau et la mer relativement très calme pour la saison. La plage apparaissait à ce moment-là
- dans toute sa splendeûr, tandis que quelques mois après elle était recouverte de fils de 1 fer barbelé pour empêcher un débarquement éventuel des Anglais. Les deux silhouettes sont des matelots de la marine allemande montant la garde le long de la plage.
- C’est certainement un document rare que cette photographie d’Allemands en Belgique envahie, prise par un Alsacien au nom célèbre en France!
- Utilisation du baobab. — Le Bulletin de V Office colonial nous apprend qu’une Société anglaise s’est constituée pour l’exploitation du baobab (Adansonia digitala) au Mozambique, avec exclusivité dans les districts de Tété et de Quelimane pendant jo ans à dater du jour de l’installation de l’usine. Le territoire ainsi concédé touche à la mer dans le district de Quelimane et longe la rive du Zambèze sur une longueur de 400 milles anglais.
- C’est sur ce fleuve que se dressera l’usine, à proximité de la ville de Tété.
- Ce n’est que depuis peu que cette matière a fixé l’attention, bien que depuis longtemps les indigènes en aient utilisé les fibres pour vêtements, filets de pêche, sacs, cordages, etc. On en peut faire la plus belle pâte à papier. Traitée par les mixtures, la fibre de baobab est préférable au coton dans la fabrication des explosifs. Elle peut aussi, pour divers usages, remplacer la soie.
- Nos récoltes de .1919. — Le Ministère de l’Agriculture et du Ravitaillement vient de publier au Journal Officiel les résultats approximatifs des récoltes de céréales de cet été. Nous les rassemblons ici en y ajou-
- tant les chiffres comparatifs des cinq dernièdes années
- Froment : Surfaces ensemencées Produit en milliers
- en milliers d’Ila. de quintaux.
- 1919 4-579 48.438
- 1918 4-448 61.435
- *9*7 4.191 36.6z5
- 1916 5 .o3o 55.767
- 1 g 15 3.489 60.63o
- I9I î 6.060 76.936
- Méleil :
- I9I9 • 90 927
- 1918, ...... 83 9^9
- l9'7 95 855
- 1916 100 1 .079
- i9l5 107 1.098
- 19M "9 1.353
- Seigle .
- *9*9 735 7.070
- 1918 706 7-349
- *9*7 742 6.261
- *9*6 869 8.471
- i9l5 934 8.420
- 1914. . . . . . t .057 11.147
- Orge :
- 1919 542 5.i43
- 1918. . . . . . 554 5.982
- I9I7 687 . • 8.113
- 1916 622 8.331
- 1815 637 6.920
- 19*4 720 9.758
- Avoine :
- *9*9 2.758 34.429
- 19x8 2.719 25 6x9
- *9*7 2.957 3i.099
- 1916 3.147 40.223
- 1915 3.262 34.625
- *9*4 3.590 46.206
- Ces données inspirent au Temps ces commentaires :
- « Notre production a donc diminué de 40 pour 100 environ depuis la guerre, et même de près de 5o pour 100 en ce qui concerne l’avoine.
- Les ensemencements se sont faits sur une beaucoup moins large échelle et, par surcroît, cette année, le temps a été généralement défavorable pendant la plus longue période de la gestation des récoltes. Toutefois, avant et pendant la moisson, la température a été plus propice, de sorte que la qualité des grains est meilleure, dans l’ensemble, que l’an dernier. C’est ainsi que, d’après les calculs officiels, la récolte de blé étant de 62748820 hectolitres et 48438170 quintaux, le poids spécifique moyen ressort à plus de 77 kg à l’hectolitre, au lieu de 7 5 en 1918.
- Sur la base de l estimation du Ministère, nos besoins d’importation, pour le blé seulement, doivent être d’environ 35 millions de quintaux; mais il est évident qu ils seront supérieurs à ce chiffre si l’on continue de gaspiller le pain en le donnant aux animaux. »
- On voit la nécessité de continuer à nous rationner et d’arrêter tout gaspillage pour éviter les sorties d’or inutiles, si fâcheuses pour notre change et si néfastes au retour vers la vie normale.
- *'jib I*
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Physique
- Construction d’un baromètre d’amateur. —
- M. Destriau, de Bordeaux, nous indique un procédé à la portée des amateurs pour construire un petit baromètre très simple.
- Le baromètre en question est constitué par un flacon à moitié rempli d’eau et dans lequel on a réalisé le vide; ce flacon est hermétiquement bouché par un caoutchouc qui porte une tige ; cette tige obéit aux variations de la pression atmosphérique et monte ou descend. Un dispositif multiplicateur simple rend visible ces déplacements. Pour que l’appareil donne des indications concordantes, il est essentiel de le maintenir à une température à peu près constante, de façon que la pression de la vapeur d’eau à l’intérieur du flacon ne subisse que des variations sans importance, du fait des variations de température. Notons à ce propos que la tension de la vapeur d’eau saturée à 5° est de 6 mm 5 de mercure; à io° de 9011112; à i5°de nmmj et à ao0 de I7mm4. Ces chiffres nous éclairent sur l'ordre de grandeur des erreurs possibles dans un appareil de ce genre, du fait des variations de température.
- Ceci dit, voici le détail de la construction.
- i° On taille (fig. i) un bouchon (b) en forme de prisme droit à base carrée et on enfonce dans une des bases carrées, une épingle (e) qui sort par le plan opposé, comme le montre la figure i ;
- 2° On coupe dans une bande de caoutchouc un carré de 4 cm de côté.
- Un morceau de chambre à air ira très bien. Au milieu de ce carré de caoutchouc, on colle par la base le bouchon (b) de façon que l’épingle (e) soit verticale.
- 3° On prend un flacon (/) d’environ i5 mm de diamètre à l’embouchure (un flacon de teinture d’iode par exemple) et on le remplit à moitié d’-eau ;
- 4“ Ici, il faut être deux personnes. On porte l’eau du flacon à l’ébuilition et au bout de 5 minutes, quand la vapeur d’eau a chassé l’air contenu dans le flacon, sans perdre de temps et en un clin d’œil, une personne prend le carré de caoutchouc et l’applique sur l’ouverture du Ppnte r/e
- flacon pendant qu’une autre t I a_____________ '-(fÿ^y/e
- personne ficelle fortement r
- les bords du caoutchouc, F'g.
- puis on laisse refroidir le
- (lacon, la vapeur d’eau se condense et le vide partiel se fait à l’intérieur, c’est ce que l’on remarque en voyant
- /àiguil/e
- *T' /
- m
- \y" -
- le p
- .0
- i M \x N
- le caoutchouc rentrer dans le goulot. Il va de soi que le bouchon (b) doit se trouver à l’extérieur ;
- 5° Ouprend (fig. 2) 10cm une aiguille (a) d’en-
- viron 6 cm de long, puis à une longueur de 6 mm de l’extrémité trouée de l’aiguille, on fixe perpendiculairement à l’aide de cire à cacheter ou d’autre chose, une épingle ou une aiguille (d) de 5cm de long.
- On fixera aussi un contrepoids (*) (t) en cire à cacheter et v dont le poids de-
- vra être au moins
- 20 fois plus fort que celui de l’aiguille (a);
- 6° On clouera (fig. 3) en équerre 2 planchettes P et p dont les dimensions sont données sur la figure 3. On perce ensuite un trou (m) un peu plus gros que l’aiguille (d), de façon que celle-ci puisse s’y mouvoir très bien. Il faut que la pointe de (d) étant mise dans le trou (7)1), le contrepoids (t) vienne toujours en bas.
- r. Ce contrepoids (t) ne devra pas boucher entièrement le trou (r) de l’aiguille («).
- Les longueurs mx et my nécessaires pour l’emplacement de (m) seront données comme suit.
- La longueur mx sera égale à la distance qui existe entre la pointe de l’aiguille e et le fond du flacon (/) (Voir 4e opération).
- La longuenr my égalera la largeur de la base du flacon if).
- 70 (Voir fig. 4). c
- On engage la pointe de [d) dans le trou (m) et on place le flacon (f) sous(r) de façon que la pointe de (e) s’enfonce dans le trou (r) de l’aiguille (a).
- Le flacon (/’) sera maintenu dans cette position à l'aide d’un peu de cire à cacheter.
- Un cadran de carton (CD) sera fixé
- devant la pointe de (a) à l’aide de bouchons i et j convenablement taillés.
- 8° Pour graduer le baromètre, le mieux sera de le comparer à un autre appareil.
- Travaux d’Amateurs <-<&
- Enclume improvisée pour travail de tubes. —
- Quand on veut enlever les bosses d’un tube, on peut
- facilement préparer une enclume avec une pièce d’acier rond coudée comme l’indique la figure. Pour assujettir cette tige sur l’étau on la traversera par deux petites pièces d’acier qui seront emmanchées à force, cela permettra, la tige une fois serrée dans un étau, d’empêcher le basculement de l’extrémité de la tige sous un effort quelconque.
- On enfilera alors le tuyau dans la tige et on pourra marteler les endroits bosselés sans aucune difficulté et sans être obligé de serrer l’étau à force, ce qui dans le cas d’une simple tige préparée n’est d’ailleurs pas toujours suffisant.
- Support pour petits outils. — Le mécanicien amateur emploie de petites mèches, de petits tarauds et alésoirs, etc. Le prix de cet outillage étant actuellement fort élevé, il est intéressant de prendre des précautions pour ne pas l’égarer.
- D’ailleurs un classement permet de trouver immédiatement l’outil désiré.
- Un support facile à réaliser est le suivant:
- Dans une pièce de bois dur on tourne un tronc de cône que l’on peut agrémenter d’un pied tourné et mouluré à satiété. Suivant les génératrices de ce tronc de cône on perce des trous dans lesquels viendront se placer les outils, on aura ainsi sous la main le petit outillage usuel et l’ensemble est facilement transportable d’un endroit à l'autre de l’atelier.
- On peut réserver chaque génératrice à un diamètre déterminé en inscrivant le diamètre en haut du cône ou sur la base supérieure. En suivant la génératrice marquée 3 par exemple on trouvera les forets, mèches, alésoirs, tarauds, équarrissoirs, filières rondrs enfilées dans une tige support, etc... de 3 mm.
- Fig. g:
- Support pour petits outils.
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- 5
- SCIENCE
- APPLIQUÉE jfj
- Changement et mise en place d’un joint de tuyau.
- — Quand on veut placer une garniture de joint entre les brides- de tuyaux, on rencontre souvent des difficulté, ssurtout si la distance des brides est faible comme c’est en général le cas.
- Pour y arriver facilement, on placera la garniture annulaire de cuir ou de libre dans une feuille double de
- papier comme l’indique là figure. La dimension de cette feuille sera telle que deux des trous de passage des boulons seront libres. Il est fa-cile d’intro-duire cet ensemble entre les brides, de mettre en place deux boulons et d’enlever à ce moment, par en dessous, en la faisant glisser, la feuille de papier.
- Quand on aura à changer une garniture on enlèvera les boulons réunissant les brides. Avec un ciseau à froid ntroduit a la partie inférieure on écartera un peu les brides et avec une vieille scie on détachera la garniture à la partie supérieure ; une fois le décollage commencé, on placera le ciseau à froid à la partie supérieure pour permettre 1 action de la scie sur toute la surface de la garniture et cette dernière finira par être détachée et par lomber sans aucune difficulté.
- On pourra donc facilement ensuite remettre un joint neuf comme il a été indiqué au début de cette note.
- Fig. 7. — Changement et mise d'un joint de tuyau.
- en place
- *l> Sports
- Bicyclette aquatique. — La machine représentée ci-contre a fait cet été son apparition sur les plages élégantes des Etats-Unis où elle a obtenu, au dire des revues américaines, le plus vif succès.
- Ce véhicule d’un nouveau genre est destiné à distraire les baigneurs, en mettant à leur disposition un sport aquatique amusant et sans danger. C’est une sorte
- ‘ Fig. 8. — Bicyclette aquatique.
- de bicyclette, mais sans roues; elle est mue par une hélice que l’on actionne par un pédalier identique à celui de la bicyclette. Un guidon, analogue également à celui de la bicyclette, commande un gouvernail. L’appareil est muni de 2 flotteurs. Ne dépassent hors de l’eau que la tête et les épaules du cycliste. La machine tient, paraît-il, fort bien la mer, et permet de réaliser une vitesse appréciable.
- Quadricycle à main. — Le véhicule que représente notre figure est en réalité une petite voiturette très légère, mue à bras.
- Elle a été imaginée parM. Lépineux, dont nous avons
- déjà eu l'occasion de décrire un ingénieux aviron rotatif (voy. n° 2091 du 21 juin igi3). Le mécanisme moteur du quadricycle est du reste.le même que celui de l’aviron rotatif.
- Au moyen de 2 cordes sur lesquelles on exerce à bras une traction, on communique à un arbre un mouvement
- Fig. g. — Quadricycle à mains.
- de rotation; lorsque les cordes sont à bout de course elles sont rappelées à la position initiale par deux ressorts et l’on recommence.
- M. Lépineux a donc appliqué ce mode de propulsion à son quadricycle'. Le propulseur est monté sur le châssis de la machine, formé d’un tube creux; son mouvement est transmis par une roue dentée et une chaîne à l’essieu arrière, qui est l’essieu moteur.
- La direction se fait au pied. Un frein à ruban fixé sur l’arbre du propulseur complète le mécanisme.
- Le poids total de la voiturette n’excède pas 40 kg.
- L’inventeur,- M. Lépineux, habite 60, chemin de la Combe-Blanche, Lyon-Monplaisir.
- <^nS» Objets utiles
- Caisse pliante « Sacip ». — Cette caisse en bois (fig. 10, les côtés latéraux sont enlevés afin de montrer les jointures et les ferrures) présente divers avantages : d’abord d’être en réserve sous la main de celui qui va l’employer; sous un volume restreint, à place égale on en mettra quatre fois plus.
- Elle est d’un montage extrêmement facile et rapide et, aussitôt remplie par les objets qu’elle doit contenir ; on la ferme sans clouage.; l’opération s’effectue bien plus rapidement que le clouage ordinaire. De ce fait, elle économise un ouvrier affecté d’ordinaire au clouage des couvercles.
- Par sa construction même, la boite est, comme on peut s’en rendre compte,-plus solide qu’une caisse ordinaire. Son aspect est également tout autre que celui de la vulgaire caisse d’emballage, et ceci en matière de transport a aussi son importance.
- Débarrassée de son contenu, elle ne peut encombrer le destinataire ; elle se replie, un dispositif de traverses placé sur le couvercle s’emboîte, exactement avec celles du fond, ce qui permet de faire un fardeau de plusieurs caisses ne pouvant glisser ni se défaire. Aussi bien les Compagnies de transports qui font payer les retours d’emballage appliquent-elles le tarif des emballages retour gratuit, moyennant une simple feuille de o fr. 85.
- Cette caisse a figuré à la dernière Foire de Bordeaux. Etablissements Lavielle et Cio, 24, rue Gravelotte, Bordeaux.
- 1
- Fig. 10. — Caisse pliante « Sacip ».
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- ,Jteo
- IgD
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- VARIETES
- Q^>.
- Conservation ménagère des raisins à l’état frais : 1° à rafle sèche; 2° à rafle fraîche. — Le premier procédé, à rafle sèche, est celui qui convient le mieux aux ménages urbains dont les locaux, presque toujours limités comme nombre et comme espace, ne permettent guère d’en distraire un pour le transformer uniquement en fruitier. On y supplée, dans un pièce située au nord et jamais chauffée, en suspendant les grappes au plafond au moyen de ficelles, de cadres, de cerceaux, de lattes, etc., en observant, en dehors des indications données dans un précédent article, celles qui suivent.
- On a l'habitude de couper les grappes au ras de leur pédoncule sur le cep et de les accrocher ainsi dans la position qu’elles occupent sur la vigne parce que leur manipulation est plus simple, mais il est bien préférable de les suspendre en sens inverse, c’est-à-dire par le sommet, car les grains se trouvant dans une position renversée ne s’appuient plus les uns sur les autres et sont moins sujets à s’altérer. Une autre précaution pour prolonger la conservation consiste à laisser de chaque côté de la grappe^ 7 à 8 cm de bois et à recouvrir celui-ci ainsi que ses deux sections de paraffine. De cette façon, l’évaporation de l’eau de végétation, se faisant plus lentement, les grains garderont leur suc plus longtemps ; il est à peine besoin d’ajouter que les grappes ne doivent pas se toucher et que l’on doit exercer une grande surveillance pour retrancher de la grappe, avec de fins ciseaux pour ne pas froisser les autres,, tous les grains altérés ou douteux.
- A la campagne, où l’on est généralement moins gêné pour la place, dès l’instant qu’on pourrait transformer un local en un fruitier improvisé, il y aurait ,lieu, en dehors des dispositions ci-dessus, de recourir à des fruitiers portatifs pliants, à tiroirs tout en bois ou à grillage, qu’on trouve aujourd’hui dans le commerce. A leur défaut, il serait toujours possible d’y installer des claies ou des tablettes mobiles en forme de caissettes dans le genre des boîtes-fruitier Dombasle dont, en cas de besoin, on superposerait facilement une douzaine, la dernière servant de couvercle.
- Lorsque la provision de raisins est importante, il est indispensable, pour éviter d’introduire trop d’humidité dans le local, d’exposer les grappes aussitôt cueillies quelques heures au soleil, ou tout au moins dans un courant d’air assez vif. On laisserait ensuite les croisées ouvertes durant plusieurs jours, et, au minimum, jusqu’à ce que les pédoncules soient presque secs ; on aérerait prudemment et en raison des conditions atmosphériques.
- Ces mesures ont besoin d’être complétées en mettant en différents endroits de petits récipients contenant de
- la chaux vive ou du chlorure de calcium anhydre et en évitant tout ce qui empêcherait le maintien d’une température aussi basse que possible, ou bien provoquerait des variations de température toujours préjudiciables. La surveillance doit avoir pour but de prévenir aussi la pourriture spéciale nommée eurdrit ou œil de perdrix qui peut s’emparer très rapidement par places des raisins ; si elle apparaissait, le seul remcde serait de consommer au plus tôt ceux restés sains, soit à l’état naturel, soit sous forme de raisiné ou de boisson.
- Si, au lieu de suspendre les grappes, on les étalait sur des supports, il faudrait les faire reposer sur des matières molles ou souples pour empêcher que les grains ne s’aplatissent et ne finissent par crever. Parmi ces matières, l’ouate de tourbe dans laquelle on pourrait les conserver avec succès, puis les frisures de bois et de papier sont à préférer à la paille longue, à la fougère, à la mousse et aux feuilles sèches, à moins qu’elles ne soient en très bon état et dépourvues des microgermes nuisibles qu’elles renferment souvent.
- 2° Conservation des raisins à rafle fraîche. — C’est un procédé très délicat qui ne réussit bien que dans les fruitiers aménagés d’une façon toute particulière et conduits par des spécialistes; toutefois, si une maîtresse de maison voulait en faire l’essai, voici, très brièvement, en outre des généralités que j’ai indiquées, les conditions indispensables déduites des conseils de MM. Salomon et Charmeux, deux maîtres en la matière.
- i° Disposer d’un local où l’obscurité sera complète, la température très basse, 2 à 4 degrés, l’hygromètre indiquant 68° à 720; afin d’éviter le plus possible la fermentation alcoolique et putride susceptibles de survenir; 20 couper les grappes de raisins très mûrs et sucrés en laissant i5 à 20 cm de sarment, ou plutôt sectionner celui-ci de manière à laisser 2 ou 3 yeux au-dessous et 1 ou 2 au-dessus de la grappe; le sarment peut supporter deux grappes; 3° Plonger la partie la plus longue dans des flacons dont il existe différents modèles dans le commerce, mais si le sarment est trop court, ,1e fixer dans le flacon sur un morceau de bois servant de tuteur; 4° remplir aux 3/4 les flacons d’èau bouillie, filtrée et refroidie et y ajouter 2 fragments ou un peu de poudre de charbon; 5° suspendre les flacons dans une position inclinée à des tringles ou à des cordes, de façon que les grappes ne puissent se toucher non plus que leur support, et remplacer les attaches métalliques par des bagues en caoutchouc; 6° combattre l’humidité au moyen de la chaux; soufrer de temps en temps et enlever journellement tous les grains altérés ou pourris pour éviter une contamination générale.
- A. Truelle.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Développement et fixage simultanés. — Les deux opérations, habituellement distinctes et même séparées par des lavages, du développement et du fixage, peuvent s’effectuer en même temps, à la condition d’observer certaines précautions indispensables ; car, si le fixateur agit trop vite, le bromure d’argent impressionné sera dissous avant d’être réduit par le révélateur, et l’on n’aura qu’une image incomplète; tandis que, si l’action dissolvante est trop lente, le révélateur noircira trop de bromure, et l’intensité du phototype sera exagérée.
- L’essentiel est de mélanger le révélateur et le fixateur dans des proportions convenables. Plusieurs formules ont été proposées à cet effet; mais la seule qui nous ait donné des résultats constants est celle de
- M. V. Crémier :
- Eau.................... 100 c. c.
- Sulfite de soude anhydre . 5 grammes
- Diamidophénol...... 1 —
- Hyposulfite de soude ... 2
- Ce mélange ne se conserve pas et ne doit être préparé qu’au moment de l’emploi. La plaque une fois introduite dans le bain, on met un couvercle opaque sur la cuvette, après quoi rien n’empêche de sortir du laboratoire et de n’y rentrer qu’au bout d’une demi-heure : on trouvera alors le cliché développé et fixé. On peut d’ailleurs le laisser davantage, une heure, par exemple, sans inconvénient. Gomme la cuvette n’a pas été agitée pendant l’opération, on remarquera une sorte de voile; mais il ne s’agit là que d’un dépôt superficiel, sans adhérence, et qu’on enlève très facilement, en passant sur la gélatine une touffe de coton. On lave ensuite avec soin.
- Les quantités de composés solides indiquées dans la formule ci-dessus sont nécessaires et suffisantes pour une plaque i3 X 18 ou une surface éqùivalente. Si l’on traite des plaques d’autres formats, on modifiera la formule dans les mêmes proportions. Quant à la quantité d’eau, elle n’influe que Sur la durée de l’opération.
- M 133 |g*
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Ainsi, pour développer et fixer un cliché de Vérascope
- (45 X 107), il faut :
- Sulfite de soude anhydre........... 1 gr.
- Diamidophénol......................0,2
- Hyposulfite de soude...............0,4
- Si nous voulons traiter six de ces plaques dans une cuve verticale à rainures d’une contenance de o litre 750, par exemple, nous prendrons 6 gr. de sulfite, 1 gr. 2 de diamidophénol et 2 gr. 4 d’hyposulfite. Dès lors, le bain ainsi composé sera plus dilué que dans la première formule, et son action sera plus lente : il faudra 3 heures. Ce n’est pas là un inconvénient, puisque l’opération n’exige aucune surveillance. M. Lecorney, qui a établi les proportions ci-dessus, dit avoir laissé des plaques 7 à 8 heures dans le bain, sans constater.aucune altération : cette latitude est précieuse pour bien des amateurs, qui peuvent mettre leurs plaques dans la cuvette après le déjeuner et n’auront qu’à les retirer le soir, en rentrant. Le bain dilué offre d’ailleurs les avantages bien connus du développement lent : pureté des images, clichés parfaitement fouillés et très clairs, quoique d’une bonne intensité.
- Nous ne prétendons pas que cette méthode soit dès à présent susceptible de supplanter le procédé classique, où le fixage est distinct du développement. Il n’est pas niable qu’en cas de surexposition les clichés sont un peu trop noirs, et que dans le cas contraire ils manquent de vigueur. Cependant, il est facile d’y remédier, à l’aide des correctifs habituels (alïaiblisseurs et renforçateurs), et le résultat final n’est franchement mauvais que si l’erreur de pose est telle que le développement le mieux contrôlé n’aurait lui-même abouti qu’à un échec. Ce qui est bien certain, c’est que la combinaison « développement-fixage » sera très appréciée des amateurs momentanément privés de leur laboratoire ou accidentellement dépourvus de luminaire inac-tinique.
- Retouche au grattoir. — Le British Journal of Photo graphy signale la tendance actuelle des retoucheurs anglais à généraliser l’emploi du grattoir, qui, autrefois, n’était qu’exceptionnel, la plus grande partie du travail étant exécutée au crayon ou au pinceau. Des lames de formes diverses sont fabriquées à cet effet, et l’on a soin de leur donner une acuité de tranchant égale à celle d’un rasoir. Qu’il s’agisse de cliché ou d’épreuve, la gélatine à gratter doit être absolument sèche. Ce procédé donne plus de précision au* contours de l’image et une plus grande finesse de détails que l’emploi de crayons ou de pinceaux. En particulier, les agrandissements au bromure y gagnent un fini d’exécution remarquable. L’image étant tirée assez intense, le retoucheur éclaircit les ombres lourdes et introduit des lumières en frottant plus ou moins légèrement la couche avec la lame tranchante appliquée à angle droit sur le papier.
- A notre avis, le principal avanlage de ce procédé, c’est qu!ii ne superpose à l’image argenlique aucune substance étrangère susceptible d’en rendre l’aspect Hétérogène. Il est bien évident que la retouche doit être de la même teinte que l’image photographique, et il semble très facile d’obtenir exactement ie même ton par des mélanges de couleurs : en réalité, deux nuances qui /paraissent identiques à la lumière diurne pourront se révéler très différentes à la lumière du gaz ou de l’électricité, et réciproquement. C’est ce qui arrive pour certains agrandissements, dont les tons semblent bien équilibrés au jour et ne le sont plus aux lumières. Cependant, les faibles différences que l’on constate ainsi ne sont rien en regard de celles qui se produiront, à la longue, quand le pigment de retouche est plus ou moins altérable que le pigment photographique. Or, dans la méthode usitée jusqu’ici, l’image est tirée un peu pâle, et le modelé en est repris soit au crayon, soit au pinceau. soit à l’aérographe, les accents lumineux étant réalisés par application de blanc gouaché. Qu’arrivera-t-il, tôt ou tard? f.e blanc de gouache, composé de carbonate de plomb, noircira; l’argent, sulfuré, jaunira; tandis que le noir de fumée ou les ocres déposés par le crayon ou le pinceau subsisteront, inattaqués. Nos descendants risquent ainsi de ne conserver de nos portraits que les retouches, et il leur sera malaisé de,juger de nos visages, lorsqu’il n’en restera plus que les maquillages. Cette fin désastreuse sera facilement évitée par
- la retouche au grattoir, puisque celui-ci ne fait qu’enlever un peu du dépôt àrgentique, sans rien y ajouter, et laisse par conséquent à l’image toute son homogénéité.
- Le laboratoire « noir ». —Certains photographes ont cru devoir prendre à la lettre le qualificatif communément attribué à leur laboratoire. Ils l’ont voulu noir, non seulement en y interdisant l’accès de la lumière, mais encore en en faisant peindre les parois de couleur brune o,u même tout à fait noire. Il y a là une erreur contre laquelle il convient de mettre en garde ceux qui ont à se livrer à des manipulations attentives et qui finissent, à la longue, par avoir la vue très fatiguée par l’effort soutenu qu’impose à l’œil l’insuffisance de l’éclairage. Ce n’est pas, en effet, la quantité de lumière qui risque de voiler les préparations photographiques les plus sensibles, mais bien sa qualité. Pourquoi, dès lors, se priver d’y voir? Nous connaissons des laboratoires plus judicieusement agencés. On y voit clair, et ceux qui les visitent sont étonnés de l’abondance de la lumière, plus étonnés encore d’apprendre que l’on y fait d’excellente besogne. C'est que les parois de ces laboratoires sont peintes, non pas en noir ni en brun, mais en une teinte très claire ou même en blanc. Et cela est très rationnel.
- Qu’est-ce, en effet, qu’une peinture blanche ? C’est une substance douée de la propriété de réfléchir toutes les radiations visibles. Il peut paraître superflu de faire remarquer qu’elle ne réfléchit que les radiations reçues et ne saurait en émettre d’autres. C’est pourtant ce que-semblent ignorer ceux qui croient devoir proscrire la couleur blanche de leurs laboratoires. Néanmoins, ceux-là mêmes ne sont pas sans savoir que, si l’on dirige vers un écran de projection un rayon de lumière rouge ou verte, l’écran constitué par une surface blanche ne paraîtra point blanc, mais bien rouge ou vert. Ainsi, dans un laboratoire à parois blanches, celles-ci ne pourront renvoyer que les radiations transmises par les verres de la lanterne, c’est-à-dire, suivant la couleur de ceux-ci, de la lumière rouge ou verte.
- Cette lumière, réfléchie et diffusée par les murs du laboratoire, est encore moins capable d’agir sur les plaques que la lumière directe de la lanterne. En revanche, elle augmente l’éclairage de la pièce, jusqu’à ses moindres recoins, et facilite la besogne de 1 opérateur, en lui permettant de travailler même assez loin de la lanterne; tandis que, dans un laboratoire à murs noirs, dès que l’on s'écarte de la zone directement éclairée par la lanterne., — zone nécessairement très limitée, — on se trouve plongé dans l’obscurité complète, au point d’être incapable d’apercevoir une cuvette blanche,- un flacon ou une boîte de plaques. On ny voit même pas assez pour se diriger, et l’on tâtonne en aveugle, au risque de buler contre un meuble ou de briser des ustensiles. Or, ces inconvénients ne sont compensés par aucun avantage : si la lanterne a quelques fissures, ou si ses verres ne sont pas d une teinte parfaitement inactinique, les plaques risqueront d être voilées aussi bien dans le laboratoire à murs noirs que dans le laboratoire à murs blancs.
- L’idéal serait un revêtement en céramique blanche. Cependant, si le prix en est jugé trop élevé, on pourra le remplacer par une peinture lavable, de nuance claire. Le blanc pur est un peu trop salissant, et il sera plus pratique d’adopter un jaune clair qui, sous la lumière inactinique verte ou rouge, paraîtra presque aussi clair que le blanc. Le plafond, les tablettes et les étagères seront peinls de même, et le sol sera dallé de carreaux blancs ou recouvert de linoléum clair.
- Faut-il conclure de là que la peinture noire doive être tout à fait exclue du laboratoire photographique? Non, car il importe de se métier des reflets provoqués par la lumière extérieure qui pénètre à travers les moindres tissures. Il est bon de peindre en noir les feuillures des portes et des fenêtres, ainsi qu’une bande assez large du parquet, au-dessous des battants. Celte précaution ne dispensera d’ailleurs pas de garnir les chambranles de bandes de *drap noir, de façon à éviter 1 introduction de la lumière actinique. Certains laboratoires sont précédés de couloirs d’accès en chicane : là, il est évident que les parois du vestibule doivent être peintes en noir, et en noir mat, afin de supprimer tout reflet venu du dehors. Il en sera de même pour les cheminées ou orifices d’aération.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Photographies de chevaux. — Il est utile d’avoir deux ou trois objectifs, ou, ce qui est préférable et moins coûteux, une trousse à foyers multiples. En effet, pour exécuter le portrait d’un cheval à une grandeur déterminée, il ne suffit pas de reculer ou de rapprocher l’appareil, car ces déplacements changent le point de vue : si l’on est trop loin, la tête et le cou de l’animal seront trop petits, et l’image manquera de relief; si l’on est trop près, la tête et le cou paraîtront trop gros par rapport à l’arrière-train. Le cheval sera placé sur un sol légèrement incliné, de façon que les pieds de devant soient un peu plus élevés que les pieds de derrière; la tête se trouvera relevée d’autant. Faites claquer les doigts, le cheval dressera les oreilles, et l’on saisira vivement ce moment pour presser la détente de l’obturateur. Pour photographier un cheval en marche, on placera la chambre assez près du sol, de façon que les positions des pieds soient bien définies. On la placera encore plus bas, si le cheval doit exécuter un saut, car il aura, grâce à cet expédient bien simple, l’air de sauter plus haut. Si l’on veut étonner les profanes, il suffira d’installer l’appareil au-dessous du niveau de l’obstacle que franchit l’animal, dans un fossé par exemple. Cet obstacle apparaîtra alors sur le cliché formidablement haut.
- Transposition des autochromes stéréoscopiques.
- — Pour transposer les deux images qui constituent un
- couple stéréoscopique, il ne suffit pas de tracer un trait de diamant sur le côté verre de la plaque autochrome, car la couehe qui porte l’image, sur la face opposée, risquerait de se décoller et de se déchirer au moment de la séparation des deux moitiés. Il faut d’abord poser la plaque, le côté verre en dessous, sur une feuille de papier blanc, ce support permettant de bien distinguer les limites des deux images. On donne alors un trait de canif marquant la ligne médiane de la plaque, puis, de part et d’autre de ce trait, on en donne deux autres, parallèles et distants de x à 2 millimètres. Il faut appuyer suffisamment la pointe pour qu’elle pénètre jusqu’au verre, après avoir coupé la couche de gélatine et la couche de grains de fécule colorés constituant le réseau sélecteur. Ces incisions ont pour but de limiter l'arrachement de la couche, au moment de la rupture du verre. Cette précaution prise, on époussette la couche, et l’on retourne la plaque, le côté verre en dessus. On donne alors le trait de diamant, en le faisant coïncider, autant que possible, avec l’incision du milieu, puis on provoque la rupture du verre, comme d’habitude, par une légère pression : le soulèvement de la gélatine s’arrêtera au trait de droite et au trait de gauche, sans endommager les images. On transpose celles-ci, on les réunit par une petite bande de papier noir gommé, on les double avec un verre, et l’on borde le tout avec une bande de papier noir.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et dès recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communication. — À propos des roues tournant à l'envers au cinéma. — M. Rivoire, d’Aigues-Mortes, nous écrit l’intéressante lettre qui suit :
- . « Ce phénomène d’oplique peut être facilement observé dans l’étude des phénomènes d’induction électrique à propos de la rotation des tubes de Geissler. On connaît l’expérience classique : le tube est monté sur l’axe du moteur électrique disposé à cet effet. Les électrodes étant en communication avec les bornes du courant induit d’une bobine de Ruhmkorff, on détermine la fluorescence du tube, puis on met le moteur en mouvement. Si le courant moteur est fourni par |yie pile à plusieurs éléments, on peut produire différents degrés de vitesse en introduisant un plus ou moins grand nombre d’éléments dans le circuit, ce qui fait varier la force électromotrice de la pile.
- « Dans son mouvement de rotation le tube lumineux présente l’aspect d’une rosace en mouvement direct, inverse, ou même en repos. Le même phénomène reposant sur les impressions rétiniennes explique l’allure féerique présentée par l’appareil. Le dessin obtenu est irradié de multiples couleurs auxquelles une apparence d’animation donne tous les caprices changeants des fontaines lumineuses. Selon que l’opérateur modère ou augmente la force du courant moteur, la vitesse est accélérée ou retardée ; entre ces deux limites se trouve même une position où la fixité de l’image est absolue; c’est exactement le même phénomène qui se reproduit devant les yeux du spectateur cinématographique. »
- Errata. — Dans le numéro iflôg du 23 août dêrnier, nous avons reproduit d’après le Journal officiel, la liste et la définition des unités de mesure légales. Le Journal officiel publie maintenant les deux errata suivants :
- Unités calorifiques : la densité du mercure est 10,59593 et non 1,359593.
- Annexe II. Aréomètres pour liquides plus denses que
- Veau : la formule pour le calcul des densités est
- 144,32 i44,32
- D = ---i--et non ~77~q-------
- i34,32 -L-?i 144,32 — n
- M. A. de V. P., à Oeiras (Portugal). — Yous ne parviendrez à détruire radicalement les fourmis dans votre jardin, qu’en recherchant et détruisant les four-
- milières qui se trouvent à l’extérieur; c’est le seul moyen d’empêcher de nouvelles invasions. Repérez soigneusement les nids ; ensuite, il faudra, de bon matin, enlever la fourmilière avec une large pelle, de manière à ramasser le gros de la population ouvrière et surtout les larves, les nymphes et les femelles et plonger le tout dans un baquet rempli d’eau sur laquelle surnage 1 ou 2 centimètres d’huile commune. Agiter ensuite avec un bâton, de manière à noyer toutes les fourmis. On peut recourir aussi à l’incinération des fourmilières .paprès arrosage de celles-ci avec du pétrole. Le charbon de bois, projeté en très petits fragments dans les fourmilières ouvertes, fait fuir les fourmis.
- L’insuccès dans l’emploi du sulfure de carbone peut s’expliquer par la défectuosité du mode opératoire. Il faut faire, à l’aide d’un pal, un trou peu proi^nd au centre de la fourmilière et verser dans ce trou 25 à 3o gr. de cet insecticide; ainsi, on fait périr immédiatement un grand nombre de fourmis. CÂles (qui échappent aux vapeurs asphyxiantes disparaissent sans retour. A défaut de sulfure de carbone, on peut verser dans les trous l’un ou l’autre des mélanges suivants : 6 gr. de goudron fondu dans 5o gr. d’huile ou de graisse auxquels on ajoute, à froid, 12 gr. d’essence de térébenthine; employer quelques gouttes de ce mélange. Une dissolution de savon noir additionnée d’huile de lin ordinaire et de 12 à i5 gouttes de benzine par litre, détruit immédiatement les fourmis. Avoir soin de ne pas projeter ce liquide sur les plantes, ni au pied des arbres, car la benzine a une grande puissance désorga-nisatriee.
- On peut noyer les colonies avec de l’eau bouillante ou avec une émulsion composée de': savon noir, 1 kg, huile de pétrole, x litre,
- La glu faite avec de l’huile de lin cuite, versée dans la fourmilière, puis enflammée, est efficace. Lorsque le nid se trouve assez profondément en terre, la destruction peut se faire en introduisant du sublimé corrosif ou du sulfate de cuivre ou quelques morceaux de chaux vive arrosée d’eau; ënsuite, boucher les ouvertures.
- Enfin, pour empêcher les fourmis de monter aux arbres, enduire la base du tronc d’un anneau de goudron ou de glu, à renouveler lorsqu’il aura séché.
- M. le Directeur de la Colonie familiale, à Ainay-le-Château (Allier). — i° Moyen de pi'éserver des anguil-lules le vinaigre de ménage. — Les anguillules, animalcules du groupe nématode, ayant besoin de l’oxygène atmosphérique pour vivre, se tiennent surtout à la surface du liquide, et la filtration du vinaigre à travers une bonne couche filtrante peut les éliminer, mais la des-
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- traction de ces animalcules s’obtient par réfrigération à i° pendant une heure, suivie de filtration, ou par collage à l'ichtyocolle (colle de poisson) à raison de 2 gr. 5 à 5 gr. par ioo litres de vinaigre, ou au lait frais (iî5o à-5oo et même 8oo gr. par ioo litres); faire suivre d’un filtrage. Ces moyens éliminent les impuretés oi’ganiques ou vivantes. Le meilleur moyen d’empêcher le développement de tout germe d’altération, c’est de stériliser le vinaigre par chauffage graduel (pasteurisation) jusqu’à -j- 65° et maintenu à cette température pendant i5 à 20 minutes. En prenant cette précaution, on détruit, dans le vinaigre, tout organisme vivant, et sa conservation indéfinie est assurée;
- •2° Moyen de préserver les fromages des miles ou cirons. — Ces insectes se trouveüt surtout dans la croûte sèche des fromages, durs, un peu vieux. Le grattage, suivi d’un léger lavage à l’eau salée, opéré délicatement avec un linge très propre, puis le retour-
- nement fréquent des fromages, soustraits au séjour dans un lieu humide et sombre, l’assainissement du local et des jxlanches sur lesquelles reposent les fromages constituent des soins de préservation. Lorsque les fromages sont envahis par les cirons (Àcarus domes-ticus), on se débarrasse de ces derniers en traitant les fromages de la manière suivante : Brossage énergique, d’abord à sec, puis avec de la saumure bouillante, faire sécher et les enduire avec un peu d’huile; d’autre part, brosser et laver à l’eau bouillante les tables ou étagères sur lesquelles les fromages sont placés. On peut encore les préserver de l’attaque des insectes en les saupoudrant de noir animal ou de charbon de bois finement pulvérisé. Ces substances desséchant beaucoup le fromage, il est utile de tremper celui-ci, avant de le consommer, dans du vin blanc ou dans du vinaigre blanc très affaibli, ce qui en amollit la pâle et lui donne une saveur plus agréable.
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- BIBLIOGRAPHIE
- asr.
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.)
- Etude sur Vorganisation rationnelle des usines. Règles générales, services techniques, approvisionnements, fabrication, services commerciaux, comptabilité, par Jules Sijvioneï. Nouvelle édition revue et augmentée. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1919. In-16 de 173 p., avec fig. Prix : x 1 fr. 25 (majorations comprises).
- L’ouvrage de M. Simonet est un recueil des instructions, contrôlées par la pratique, données aux différents services d’une industrie mécanique.
- Les principes exposés ont été appliqués, pendant la guerre, aux blanchisseries de Thaon et le sont' encore actuellement aux usines d’automobiles Clément-Bayard.
- L’étude des prix de revient, celle des frais généraux et la préparation du travail ont également fixé l’atten-lion%e l’auteur. A ce dernier point de vue, batelier d’outillage a été conçu d’une façon nouvelle peu connue encore France. Il est chargé, non seulement de l’entretien de l’outillage, de la fabrication des outils et des montages de fabxôcation, mais encore d’usiner quelques pièces sur les montages afin d’en vérifier l’exactitude, et de déterminer les prix du travail aux pièces avant la mise en fabrication.
- Aux commerçants débutants, Conseils pratiques, par Edèse Six.ïn-8 de 96 pages. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1919. Prix : 3 fr. 70 (majoration comprise).
- Quelques judicieux conseils, d’ordre moral et pratique, donnés par un homme du métier, à la fois homme d’affaires et d’action.
- Précis de technologie mécanique, par Ch. Fleury, x vol. in-8 de 545 pages, avec 351 fig. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1919. Prix : 27 fr. (majoi'ation comprise).
- Livre d’enseignement présentant, sous une forme élémentaire, la description des appareils employés dans l’industrie métallurgique et des principales méthodes de tx-avail des métaux.
- Yoici les principales matières traitées :
- F’onderie. Fusion des métaux. Moulage. Moulage mécanique. Finissage des pièces de fonderie. Forge. Chauffage des pièces de forge. Mesure des températures. Foi'geage. Laminage. Tréfilage. Soudure autogène. Essais des métaux. Machines-outils. Transmission de mouvement. Mécanismes de mouvement. Tournage. Perçage. Alésage. Taraxxdage. Rabotage. J'Taisage. Sciage.
- Comment établir les salaires de demain!’ Avantages et fonctionnement d’un système de salaires à primes d’activité (devis Rowan), par L. Danty-Lavrance. In-8 de 65 pages avec figures. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1919. Prix : 4 fr- 5o.
- Le principe du devis Rowan est le suivant : salaire fixe à l’heure augmenté d’une prime, fonctiou de l’économie de temps réalisée par l’ouvrier pour exécuter une tâche déterminée. L’auteur étudie les diverses formules qui en dérivent, ainsi que les moyens pour les appliquer pratiquement. Petit livre ütile, parce qu’il résume l’expérience acquise par l'auteur pendant la guerre dans un grand établissement de l’État.
- Production et vente de l'énergie électrique, par C. Boileau. In-8° de vi-72 pages, avec fig. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 5 fr. 25 (majoration comprise).
- Cette monographie est un véritable précis de l’ensemble des princ.ipes permettant de fixer les tarifs de l’énergie électrique. L’énumération des chapitres de l’ouvrage en fera bien comprendre nettement l’esprit : Production. Frais dus au premier établissement et à l’exploitaticfn. Premier établissement. Nature et com-positiomde l’usine génératrice et des réseaux. Exploitation. Quantité d’énergie produite. Centrale £ puissance constante. Surcharge supplémentaire permanente. Répartition horaire de la charge. Centrale à débits variables. Puissance disponible à la centrale. Vente de l’énergie électrique. Réglementation. Tarification. Force motrice. Eclairage. Extrait du cahier des charges-type pour concession communale. Avenant facultatif à police.
- La Grande-Bretagne au travail, par MM. Herbert et Mathieu, i vol. in-8 écu, avec gravures et carte. Roger, éditeur, Paris 1919, Prix : broché, 7 francs (majoration compiùse).
- Ce livre donne, dans un style simple et alerte, de larges aperçus sur l’organisation économique de l’Angleterre, sur ses principales industries, sur son commerce et son agriculture.
- Cubage des bois sur pied et abattus, par R. Roulleau ue la Roussière. Manuel pratique, dix-sep’t tables et tarifs de cubage pour bois en grume et équarris. 1 vol. in-12 de 160 pages, avec 10 figures. Librairie Agricole de la maison Rustique, éditeur, Paris., 1919. Prix : broché, 6 francs; rçlié toile, 9 francs; relié peau, 12 francs.
- L’auteur donne des barèmes pour oblenir aisément et rapidement le volume en grume ou cylindrique de tous les bois sur pied; les tables s’appuient sur des expériences poursuivies pendant plus de 3o ans. On trouvera également des barèmes pour les bois abattus, les bois équarris ainsi que des conseils précis pour le mesurage.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2379
- lel Novembre 1919
- INFORMATIONS
- agi.
- Les téléphones à fil chaud. — Ces appareils, qui utilisent la chaleur au lieu de l’électro-magnétisme comme les récepteurs téléphoniques ordinaires, seraient aujourd’hui, d’après la. Revue Électrique, susceptibles d’applications pratiques. Yoici leur principe.
- Un certain nombre de conducteurs très minces, de diamètres variant entre o,ooi mm et o,ooi5 mm, sont montés dans un récepteur en métal à demi fermé qui est lui-même placé à l’intérieur d’une boîte isolante. Quand le récepteur est relié en série avec un transmetteur et une source d’énergie convenables, les variations d’intensité de courant produites par les variations de résistance du transmetteur échauffent plus ou moins les fils du récepteur, et comme ils dissipent la chaleur presque instantanément, la parole est reproduite par le mouvement de la petite colonne d’air. La transmission est très claire, l’articulation parfaite; aucune interférence n’est à craindre, puisque la période d’oscillation de la colonne d’air, d’environ 8ooo à io ooo périodes par seconde est bien supérieure à celle des vibrations des cordes vocales. -— Si on lé compare au récepteur électro-magnétique, il a l’avantage de ne posséder ni diaphragme, ni circuit inductif, qui sont des causes de dérangements et rendent l’appareil plus lourd, même dans ses formes les plus légères ; il est très sensible aux tons les plus bas, même aux murmures, et si la voix s’élève, iln’y a ni bruits parasites, ni confusion de sons.
- Les explosifs en France. — Le 2° volume de ce remarquable ouvrage qu’est le Rapport général du Ministère du Commerce sur. l’industrie française contient un intéressant chapitre sur les explosifs ; qui met en relief l’effort prodigieux accompli par notre pays à ce point de vue pendant la guerre.
- En 1914, les poudres et explosifs divers fabriqués par l’Etat étaient préparés dans xo poudreries réparties sur le territoire. De plus, 4 établissements secondaires fabriquaient diverses matières employées dans la fabrication. L’Etat avait le monopole des poudres et explosifs, sauf en ce qui concerne les explosifs à base de nitroglycérine.
- Au début des hostilités, une poudrerie voisine de la zone des opérations dut être avacuée, et un des établis-, sements de fabrication secondaire fut envahi.
- Dès que les besoins se firent sentir, on développa considérablement les établissements existants ; on utilisa deux usines de produits chimiques appartenant à des Sociétés ennemies. Et l’on créa de nouvelles poudreries soit près des établissements existants, soit sur des emplacements nouveaux. On créa une fabrique de coton-poudre B et 7 usines d’explosifs dont 2 spécialisées dans les explosifs chloratés. Des commandes furent passées à l’industrie privée qui fut appelée, malgré la loi, à fournir du coton-poudre, de la balistite et de la mélinite. Les installations créées dans les poudreries devaient permettre de fabriquer 2.5 fois plus de poudre et 80 fois plus d’explosifs qu’avant la guerre.
- En igiS, on fabriquait 5ggo tonnes de poudre B, en 1917 104000 et dans les 10 premiers mois de 1918 : 80000. Les chiffres correspondants, pour les explosifs nitrés sont : 2638 tonnes, 234000 et i32 ooo; pour les explosifs chloratés : 1618, 41 ooo et 8600.
- On fut amené également à développer la fabrication de l’acide nitrique. Le programme d’ensemble correspondait à une fabrication de 63o tonnes d’acide mono-hydraté par jour exigeant l’aménagement de chutes d’eau d’une puissance totale de i5oooo kilowatts.
- De très importantes centrales électriques ont été aménagées dans les poudreries ; elles représentent une puissance totale de 45 ooo kilowatts.
- Ajoutons que les importations d’Amérique pendant la guerre ont été considérables : 8800 t. de. poudre, 1700 d’explosifs, 85oo de coton-poudre en 1915 ; 3i 600 t. de poudre, 12700 d’explosifs, 16000 de colon-poudre en 1916; 27000 t. de poudre) 24000 d’explosifs, i5ooo de coton-poudre en 1917; et enfin 60200 t. de poudre, 43 800 d’explosifs, 9800 de coton-poudre en 19x8.
- Le chauffage électrique des immeubles. —1 La
- question du chauffage électrique est à l’ordre du jour,
- surtout dans les régions où le charbon est rare et l’énergie hydroélectrique abondante. Nous avons déjà signalé l’intéressante chaudière Revel-Boselli, pour alimentation de machines à vapeur, où la vaporisation est produite par des résistances électriques chauffantes. 11 existe, d’autre part, de nombreux appareils pour le chauffage électrique des appartements; ce sont presque tous des radiateurs, lampes chauffantes ou résistances portées à ' haute température. Ces appareils, très pratiques et très élégants, se branchent sur les circuits d’éclairage, mais ils sont dispendieux en raison du prix élevé du courant' d’éclairage. Une installation de chauffage électrique reposant sur un tout autre principe a été récemment réalisée à l’école de Baden (Suisse) par la Société" Brown-Boveri qui a ses usines dans cette ville. C’est un chauffage central à eau chaude. L’eau s’échauffe par contact avec des corps solides accumulateurs de chaleur. Ceux-ci sont chauffés électriquement la nuit, c’est-à-dire à un moment où la centrale, four-nisseur. de l’énergie électrique, n’a pas normalement l’emploi de tout son matériel, ce qui lui permet de consentir des prix réduits pour le courant. La chaudière accumulatrice est chauffée pendant les i3 heures durant lesquelles on dispose de courant bon marché. Elle est calculée pour emmagasiner durant ce laps de temps assez de chaleur pour pouvoir échauffer à la température voulue, toute la journée, l’eau qui circule dans les radiateurs. On a calculé que cette installation réduisait de plus de moitié la dépense de chauffage de l’école.
- Cette solution est également intéressante pour les usines pi’oductrices d'électricité, à qui elle offre un moyen d’utiliser la puissance de leurs machines, aux heures où les consommateurs habituels font défaut.
- Économie réalisée par la cuisine électrique. —
- L’énergie électrique est vendue à des tarifs généralement considérés comme prohibitifs, lorsqu’on envisage son application au chauffage. La cuisson des aliments, par exemple, n’offre quelque intérêt, au point de vue économique, que lorsqu’il s’agit de préparations culinaires rapides : œufs au plat, omelette, grillade, etc. Au contraire, pour les mets dont la cuisson requiert un feu soutenu, l’inférioiùté de l’électricité est communément admise. M. Rossander, comparant à ce point de vue le gaz et l’électricité, avait calculé que l’égalité ne s’établit que si le kilowatt-heure ne coûte pas plus cher que 400 litres.de gaz. Nous en sommes bien loin, et les tarifs variables s’adaptent difficilement à cette application, surtout pour la préparation du repas du soir, qui coïncide précisément avec les heures de maximum d’éclairage.
- Cependant, la preuve est faite que, même aux tarifs actuels, la cuisine électrique peut devenir moins coûteuse que la cuisine au gaz. L’Electrician l’a nettement démontré par l’exemple du restaurant Romano, dans le Strand, à Londres. Dans cet établissement, la cuisine du grill-room, qui se faisait autrefois au coke et au gaz, utilise depuis quelque temps l’électricité. L’appareil de chauffage absorbe 19,6 kw, dont 10 kw pour deux grils, 1,5 kw pour le bain-marie, 1,5 kw pour le chauffe-assiettes, et le resle^ pour le four. Les grils électriques permettent la récupération presque complète des graisses, et c’est là le facteur principal de l’économie réalisée par leur emploi.
- Yoici les dépenses comparées des deux systèmes, pour
- une période de 55 jours : i° Gril au coke et au gaz :
- Combustible et gaz (o fr. 10 le mèti’e cube). 275 francs Déduction pour récupération des graisses, néant
- Total ....... 275 fi’ancs^
- 20 Gril électrique :
- Energie électrique (186x HYVà xo,4 centimes). 194 francs
- Dépenses fixes ........................... 64. fr. 55
- Location du compteur ................... . 5 fr, 40
- Total.............u63 fr. g5
- Déduction pour récupération des graisses :
- 2,7 kg par jour, à. i,85 le kilogramme. . . 275 francs
- Bénéfice net........... . 11 fr. o5
- 18
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- INFORMATIONS
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- Si l’on compare sur ces données les résultats annuels,
- on trouve :
- Appareil au gaz et au coke, dépenses . . . i 835 fraucs Appareil électrique, bénéfices............... 54 fr. 4o
- Economie annuelle par la cuisine électrique, i 889 fr. 40
- Il faut remarquer, en outre, que le gril électrique procure une économie sur la main-d’œuvre et sur la perte des aliments à la cuisson. Ces résultats imprévus ont surpris même les plus zélés partisans de la cuisine électrique.
- Un chemin de fer électrique suisse à courant continu haute tension. — Nos lecteurs savent que c’est le courant électrique continu haute tension qui a conquis la faveur des techniciens dans cés derniers temps pour l’électrification des chemins de fer. Une expérience de grande envergure réalisée aux Etats-Unis sur plus de 1000 km a permis de constater les avantages de ce système qui a maintenant de grandes chances d’être adopté en France. A ce titre, il est intéressant de signaler qu’il existe en Suisse également un chemin de fer équipé suivant ce système. C’est la ligne Nyons-Saint-Cergues-La Cure, destinée à améliorer les communications entre le lac Léman et les localités françaises du versant nord du Jura situées entre les deux passages de Yallorbe et de Bellegarde. La ligne mesure 27 km de long; elle doit être prolongée jusqu’à Morez, ce qui lui donnera une longueur de 4° km. Le courant est du courant contint; à 2000 volts. L’énergie est fournie par les forces motrices de Joux sous forme de courant alternatif triphasé. 11 5oo volts, 5o périodes transformé en courant continu à la sous-station de Saint-Cergues au moyen de transformateurs et de groupes convertisseurs. La ligne a été construite par la Société Dyle et Bacalan, l’équipement électrique par la Société Brown-Boveri. Les trains circulent depuis juin 1916.
- Le port de Constantinople. — Les Commerce Reports rappellent qu’avant la gtïterre, les puissances de l’Entente faisaient avec Constantinople un trafic beaucoup plus important que les pays ennemis. A l’importation, on comptait 414 millions de tonnes apportées par les navires de l’Entente contre 198 par les navires centraux; à l’exportation 269 contre 68. L’Angleterre faisait à elle seule un commerce de 820 millions de francs; venaient ensuite la France avec i55 millions, l’Italie avec g4> la Belgique, la Roumanie, les Etats-Unis, etc. L’Allemagne de son côté atteignait 180 millions, l’Autriche-Hongrie 75, la Bulgarie 11 seulement. Dans le port de Constantinople, le pavillon anglais était représenté par plus de 5 millions de tonneaux, le grec par près de 2, l’austro-hongrois par plus de un et demi; ensuite venaient l’allemand 730000 t., le français 572000, l’italien 370000, le roumain 35o 000 et le belge 295000. Il est probable que ce courant d’échanges ne va pas tarder à se rétablir et que, les empires centraux n’ayant pas réussi à conserver leur influence en Turquie, on y verra les Anglais, les Italiens, et aussi, espérons-le, les Français reprendre leurs anciennes positions et même les renforcer par la multiplication de leurs lignes de navigation avec Constantinople.
- Le port de Vladivostock. — Le Bulletin de la Marine marchande publie, d’après les Commerce Reports, une note sur la diminution probable de l’importance de Yladivostock.
- Le futur développement des ports de la Baltique et l’établissement de communications sûres par chemin de fer avec la Sibérie modifieront la situation du Transsibérien. En effet, la plus grande partie de la population sibérienne se trouve sur un territoire plus rapprochç des ports baltiques que de Yladivostock. Le .point situé à mi-chemin de ces deux extrémités peut être marqué entre les stations de Taïga et d’Atchinsk. Sur 107 r43oo ha-bitants de la Sibérie, 7 533 ooô environ vivent à l’ouest de ce point, dans les provinces de Tobolsk, Akmolinsk, Semipalatinsk et Tomsk; le reste, soit 3 181000, vit dans les provinces d’Iénisséi, Irkoust, Transbaïkalie, Iakoust, Amour, Province maritime, Sakhalin et Kamtchatka, qui sont dans l’orbite de Vladivostok. Il est donc probable que, lorsque la situation sera redevenue normale, l’importance de ce dernier port diminuera et qu’on n’y débarquera que les marchandises à destination des provinces sus-indiquées de la Sibérie orientale. "
- Le port de Dieppe pendant la guerre. — Le Bulletin de la Navigation et des Ports maritimes donne les renseignements suivants sur les agrandissements et l’activité de ce port depuis 1914 :
- Dieppe a reçu 3 postes nouveaux construits par l’armée britannique et constitués par des appontements de 245 m. sur la rive Est du nouveau bassin à flot et 2 postes constitués par 2 appontements de 48 m. 75 chacun reliés par une eslacade et placés sur la rive Est du nouveau bassin à flot. En outre, les bassins ont été' reliés à la gare de Rouxmesnil (ligue de Rouen à Dieppe) par un nouveau raccordement.
- Ainsi s’est trouvée augmentée sa puissance d’action, qui, pour 1917, 0lirait 2600 m. de longueur utilisable pour les quais des bassins et 128 600 m2 environ comme surface utilisable pour les terre-pleins correspondants.
- A cette même époque, le service de pilotage était assuré par 12 pilotes lamaneurs et 3 aspirants sous la direction d’un pilote major avec application des tarifs de pilotage fixés par le décret du 19 avril 1898.
- En outre du port marchand proprement dit, le port > de pêche n’a pas cessé de fonctionner durant la guerre, et en 1915 a armé pour la pêche côtière 10 vapeurs et 5o voiliers. Le produit de la vente du poisson pêché par ces bateaux a donné en igi5 1a somme de 2 996 041 fr. 40.
- Le port de Dieppe a accusé, pendant les hostilités, une progression énorme, tout au moins quant au chapitre des marchandises débarquées.
- Par contre, les embarquements ont fortement diminué.
- Yoici les chiffres relevés, en comptant, bien entendu, le trafic militaire des Alliés :
- Marchandises Marchandises
- débarquées. embarquées.
- 191 3.......... 474 • 876 t. 124.163 t.
- 1914 .............. 449-665 t. 98.400 t.
- 1915 .............. 775.384 t. 41.914 t.
- 1916. ..... i.i23.5'46 t. 17.689 t.
- 1917. .... 1.612.395 t. 22.288 t.
- 1918. .... i.6ii.53o t. 17.085 l.
- Ce que mange un étourneau. — La revue belge, le Gerfaut, qui vient de reparaître,, relate les observations faites par M. Walter E. Collinge sur un couple de sansonnets. C’était au mois de mai; le nid était garni de jeunes oisillons; on compta une moyenne journalière de 35o voyages de la part des parents autour du nid pour rapporter la nourriture nécessaire aux jeunes. Rien qu’en une demi-journée, les père et mère étourneau rapportèrent en 146 visites à leur nid : 42 limaces, plus de 40 chenilles, 18 vers de terre, i5 larves de tipule,
- 9 mille-pattes, 4 charançons, 4 araignées, de très nombreux petits coléoptères et 9 fois seulement du pain et des débris de cuisine. Ce menu suffit à faire reconnaître l’étournea.u comme animal utile et à lui. faire pardonner les quelques cerises qu’il se permet parfois de becqueter.
- Rôle antiseptique des épices dans les conserves alimentaires. — L'Industrie française de la conserve fait remarquer que les légumes ou les fruits préparés avec des épices ou du vinaigre se conservent beaucoup plus longtemps au contact de l’air que les mêmes aliments préparés seuls. De même, les gâteaux aux épices s’altèrent moins vite que les gâteaux ordinaires. Cependant les épices ne sont habituellement employées que d'ans un but gastronomique, pour relever la saveur des mets. Ont-elles en outre une action bactéricide ? Les expériences que publie cette revue ne permettent pas d’en douter. Toutefois le pouvoir antiseptique ne va pas de pair avec l’action irritante sur notre palais. Le vinaigre est certainement le plus efficace. Le gingembre, le poivre blanc et le poivre de Cayenne ont une action à peu près nulle; le gingembre est à peine plus actif. La moutarde a une action très marquée, mais il faut mettre en toute première ligne la cannelle et les clous de girofle. Ces dernières épices agissent par leurs huiles essentielles, la cannelle par son eugénol, les clous de girofle par leur aldéhyde cinnamique. Ces recherches, toutes nouvelles, présentènt un intérêt évident, puisqu’elles montrent que plusieurs des épices employées en cuisine sont des antiseptiques puissants, même aux doses faibles dont on fait usage, et qu’elles peuvent servir dans l’indusjrie des conserves alimentaires, beaucoup mieux que les antiseptiques chimiques interdits par la loi .française : acide borique, salyciliquc et autres.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Mécanique <<*
- Meule portative à pédales. — Nous signalons à l’attention de nos lecteurs une meule émeri montée sur un bâti muni d’une selle et de pédales avec un dispositif de commande.
- Cet appareil, représenté par la figure i, permet de supprimer l’aide qui est obligé de tourner la meule
- pendant que l’ouvrier affûte l’outil. -
- Son emploi qui s’explique de lui-même par le croquis sera surtout intéressant dans les endroits où la force motrice fait défaut : chantiers volants de construction, petites entreprises agricoles, petits mécaniciens de province qui souvent ne disposent pas encore d’un atelier avec force motrice.
- La figure 2 représente un ouvrier qui affûte un fer de hache. A titre d’indication, un fer de hache avec une entaille de 2 cm 1/2 peut être remis en état en 20 minutes environ.
- Un ciseau à froid complètement détérioré, et coupé pour éliminer l’entaille, peut être aiguisé à nouveau avec un biais concave et un tranchant parfait en 6 minutes sans affecter la trempe du métal.
- Le poids de cet appareil n’étant que de 29 kg le rend parfaitement transportable. Les fermiers peuvent le transporter avec eux quand ils se rendent aux champs, affûter sur place leurs outils et même les retoucher quand ils les détériorent Le prix en est assez élevé mais il est
- Hg. 2. — Affûtage d'un fer de hache.
- vite amorti en raison du temps que son emploi fera rattraper. — L’appareil se trouve chez Randegger et Niestlé, 188,'boulevard Voltaire, Paris.
- Aviculture
- Régulateurs de température pour incubateurs.~
- — Les progrès de l’aviculture industrielle — surtout en présence des nécessités actuelles — exigent l’application de méthodes scientifiques, mettant entre les mains des aviculteurs des procédés d’incubation artificielle permettant de réaliser les conditions les plus favorables à l’éclosion des œufs.
- La difficulté principale que rencontrent les néophytes et les amateurs réside dans le maintien d’une température régulière dans les couveuses artificielles, durant le temps nécessaire à l’incubation, soit entre 3g° et
- r—j
- 1. ^1A
- Hësërvoir ~plein deau—
- 400 C. Si, momentanément, la température s’abaisse, il n’y a pas grand inconvénient, le terme de l’éclosion des œufs en est seulement retardé. Au contraire, si la température est par trop élevée, si elle dépasse 4l0 et va jusqu’à 42°, il est fort à craindre que les germes soient anéantis.
- C’est pour éviter ces écueils que l’on a cherché à apporter unie certaine précision dans la conduite de l’incubation artificielle, en adoptant, pour régulariser la température dans les couveuses, tel procédé parais-, saut le plus pratique.
- Généralement, les couveuses sont construites de manière à maintenir à l’intérieur une température aussi constante que possible; malgré cela, bien des causes peuvent produire des élévations de température dans l’incubateur ; augmentation de la température extérieure, lampe chauffant trop fortement, etc. On a donc imaginé d’employer des régulateurs qui, automatiquement, empêchent les augmentations de température au-dessus de 41°.
- Ce mode de régularisation et de contrôle de la marche des couveuses artificielles présente un très grand intérêt pour quiconque cherche à obtenir de ces appareils le maximum d’éclosions.
- Les régulateurs dont on peut faire usage se classent en quatre catégories : i° les capsules; 20 les régulateurs à mercure et à éther; 3° les bandes thermostatiques ; 4° les régulateurs électriques.
- A 41°, ces appareils agissent sur un bras de levier qui, suivant les cas, découvre au bout de la couveuse une ouverture par laquelle s’échappe l’air chaud (fig. 5), d’où refroidisse- -ment de l’étuve, ou bien, ouvre.le registre d’une sorte de cheminée par laquelle est détournée la chaleur de la lampe (fig. 3).
- I. Capsules. —
- Le système des capsules est basé sur l’augmentation que subissent les corps pour passer de l’état liquide à l’état gazeux. Les calculs et l’expérience ont démontré que le point d’ébullition d’un mélange de deux parties d’éther sulfurique et d’une partie d’alcool méthylique est de 4x°C. On introduit une vingtaine de gouttes de ce mélange entre deux plaques carrées en cuivre très mince, de 5 cm de côté, dont on soude les bords de façon à obtenir une capsule hermétiquement fermée. Tant que cette capsule n’est pas soumise à une chaleur suffisante pour faire bouillir le liquide qu’elle contient, les parois opposées se tiennent l’une contre l’autre; mais dès que la température de l’étuve atteint 4i°, l’ébullition se produit, les deux parois de la capsule se distendent exactement comme le fait un coussin de caoutchouc qui se gonfle sous l’influence de l’air que l’on y insuffle.
- La capsule T est disposée à l’intérieur de la couveuse sur une petite console C, et sur la face supérieure vient reposer une tige d’acier. Lorsque la capsule se gonfle, elle soulève la tige et celle-ci agissant sur un bras de levier L qui en multiplie l’effet provoque le soulèvement d’une plaque métallique ou registre R ouvrant un orifice par lequel s’échappe l’air chaud de l’étuve. Dès que la température intérieure s’est abaissée au-dessous de 4i°, le mélange reprend, dans l’intérieur dé la capsule, l’état liquide ; les parois de la capsule s’affaissent, la tige reprend sa position primitive et l’orifice, qui était ouvert, se referme (fig. 3). Pour que cet appareil soit sensible, il faut que le levier soit équilibré au moyen d’un contre-poids approprié.
- IL Régulateurs à éther et à mercure. — Ces régulateurs sont de même basés sur le point d’ébullition d’un mélange d’alcool et d’éther; ils peuvent se ramener à quelques types principaux :
- a) Dans un tube en forme de J, dont la plus petite branche est fermée (fig. 4 et 6) on introduit d’abord une
- Fitf. 3.-
- Couveuse munie d’un régulateur à capsules.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- certaine quantité d’éther et d'alcool, puis, on .verse du mercure. Dans la grande branche repose sur le mercure un flotteur en liège E, supportant une tige en acier T. Lors-
- ''Mûtiènès
- Etuve de ta couveuse
- ~c7T
- iso!èn€as
- Ttged, regu/l teu '
- Regu/a teur SJj ŒuRs
- Q ç><pTrxrx >
- Fig. — Régulateur à éther et à mercure à flotteur.
- Fig. 5. — Couveuse munie d’un régulateur à liquide.
- Fig. 6. — Régulateur à éther et mercure (à éprouvettes).
- que le point d’ébullition (41°) du mélange est atteint, celui-ci augmente de volume et chasse 'dans la grande branche une partie du mercure qui soulève ainsi le flotteur et la tige en acier, également soulevée, agit sur un bras de levier.
- b) Le régulateur à éprouvettes (fig. 6) est basé sur le même principe. Il consiste en deux éprouvettes entrant l’une dans l’autre et ayant 7 cm de hauteur chacune. Au fond de la plus petite éprouvette, qui est remplie de mercure aux trois quarts de sa hauteur, est fixée une tige métallique. On achève de remplir cette éprouvette avec le mélange d’éther et d’alcool méthylique, après quoi, on la plonge dans la deuxième éprouvette et l’on fixe le tout sur un support. L’éLher se trouve ainsi emprisonné dans le bout de la petite éprouvette et ce liquide entrant en ébullition à 410, augmente beaucoup de volume* soulève l’éprouvette et imprime un mouvement ascensionnel à la tige de fer fixée sur le fond.
- c) Dans le régulateur à ampoule (fig. 7), l’éprouvette
- centrale est remplacée par une ampoule M renfermant le mélange (éther et alcool méthylique) et le mercure. Cette ampoule est suspendue à ^
- un bras de levier. Un contrepoids P, coulissant sur ce levier, est placé de manière à équilibrer le poids du registre R et de l’ampoule.
- Si la température atteint 4i° C, le mélange entrant en ébullition chasse le mercure dans le récipient Y, l’ampoule s’allège, l’équilibre est rompu et le registre R ouvre l’orifice de l’étuve.
- d) Nous signalons également, dans cette catégorie, le régulateur Hillier (fig. 8), lequel se compose d’un tube T recourbé, fermé à l’une de ses extrémités et fixé contre une rondelle en bois qui porte un bras de levier B. La rondelle de bois est fixée à un support par son centre, autour duquel
- elle peut pivoter. Le tube est rempli d’abord dumélanged’é-ther et d’alcool méthylique, puis, partiellement, de mercure H, le tout est équilibré de façon que le bras de levier soit horizontal. A 4i°, le liquide entrant en ébullition chasse plus loin lé mercure dans le tube, rompt l’équilibre, on voit alors la rondelle effectuer un petit mouvement de rotation autour du pivot R, et le bras de levier reçoit une impulsion qu’il transmet, à l’aide d’un fil de fer, à un autre levier situé en
- Fi!
- j. 7. — Régulateur à ét lier et mercure (à ampoule).
- dehors de la couveuse et qui fait fonctionner le registre.
- III. Bandes thermostatiques. — Les types de régula-tèurs précédemment décrits ne sont pas .inaccessibles à d autres influences que celles de la température du tiroir aux œufs. Comme le fait remarquer M. Blanchon, — avec qui nous avons étudié la question et à qui nous sommes redevables des figures qui accompagnent cet article — le point d’ébullition des liquides variant avec la pression atmosphérique, plus la pression est forte, plus le point d'ébullition est élevé et sous notre climat, suivant les variations de la hauteur barométrique, il peut se produire des différences de plus de 20, et c’est précisément par un temps beau et chaud que l’augmentation de la température de l’intérieur de la couveuse est le plus à craindre, les régulateurs ne fonctionnant qn à une .température plus hautequela température normale nécessaire, par suite de l’augmentation de la pression atmosphérique.
- Pour obvier à cet inconvénient, on emploie des thermostats métalliques sur lesquels la pression atmosphérique n’a pas d’action.
- On sait que les coefficients de dilatation des divers métaux présenient de notables différences. Si, par exemple, on prend une bande composée de deux feuilles, l’une de fer ou de platine, l’autre de plomb, et si on enroule cette bande en une spirale dont une extrémité sera libre et l’autre fixée à un support, en ayant soin de disposer le tout de façon que le plomb soit en dedans et le fer ou le platine en dehors, on constate que le plomb se dilatant beaucoup plus que le platine tendra à dérouler la spirale avec un effort qui, transformé en mouvement, peut être utilisé.
- L’application^de ce principe estfaite dans le régulateur Cyphers, décrit comme suit par M. Blanchon (fig. 9).
- Fig. 9. — Régulateur Cyphers à dilatation métallique.
- Une barre d’aluminium A est rivée à plat, par ses extrémités, sur une barre d’acier B; le coefficient de ces deux métaux étant très différent, lorsque la température s’élève, la bande d’aluminium se dilatant beaucoup plus que l’acier, se soulève en son centre et entraîne une tige T qui agit sur un bras de levier L. Pour augmenter l’action, on dispose sous la première barre une deuxième barre semblable B', de manière à additionner les soulèvements produits par les deux barres bimétalliques. En établissant ce régulateur, il faut avoir soin de laisser un certain jeu dans les rivets, afin que les barres d’aluminium puissent s'allonger librement jusqu’à 39°, et ce n’est qu’à partir de cette température que, ne pouvant plus s’allonger, les barres se soulèvent au milieu.
- Le système de levier se règle par un contrepoids P comme l’indiqua la figure 9.
- IY. Régu'ateurs éle»triques. — Les couveuses artificielles peuvent être munies de régulateurs électriques. Le fait est encore peu commun, parce que les aviculteurs n’apprécient pas assez la valeur pratique de ce système, auquèl ils reprochent de n’ètre pas à la portée du premier venu, de quiconque n’est pas familiarisé avec le maniement des piles électriques. Pourtant, outre qu’il existe des types de couveuses électriques fonctionnant très bien, il est certain que l’emploi d’un régulateur électrique est chose facile à réaliser avec le système de régulateur à liquide. Lorsque la colonne de mercure atteindrait 4i°, elle établirait une communication entre deux fils de platine insérés dans le verre, et ferait agir un électro-aimant qui agirait sur le registre,- lequel ouvrirait l’orifice de l’étuve.
- Les régulateurs automatiques de température permettent d’éliminer la principale cause d’insuccès dans la conduite des couveuses, d’apporter plus de précision dans la surveillance de ces appareils, et de rendre acces-sible à toute personne soigneuse la pratique de l’incubation artificielle, élément plus nécessaire que jamais pour la rénovation de notre aviculture. Henri Bt.tx.
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- La conservation de la matière ligneuse. — Dans tous les pays, des efforts sont tentés en vue de protéger le bois et lui conserver ses qualités techniques le plus longtemps possible par des moyens pratiques, et peu coûteux.
- Pour se rendre compte de la valeur des procédés de conservation du bois, il est nécessaire d’avoir quelques notions sur sa composition et de savoir comment agissent les matières chimiques mises en présence dans ce but.
- L’arbre se compose de l’aubier et du duramen, deux parties parfaitement distinctes. La première comprend les couches récentes et extérieures, couches formées de libres allongées cellulosiques au milieu desquelles se trouvent les canaux de la sève comprenant des molécules vivantes de natui’e pectiques et albuminoïdes entrant en décomposition dès que l'arbre cesse de vivre. Le duramen représente le centre de l’arbre; il est formé d’un tissu lignifié où les matières vivantes sont résorbées et remplacées par des incrustations de produits minéraux tirés du sol, tels que la chaux, la magnésie, le fer, la silice, la potasse, la soude, le soufre, le phosphore, etc. Il constitue la matière parfaite du bois, très résistante, alors que l’aubier comprend les couches non lignifiées, peu résistantes et très altérables puisque plus récentes.
- De par sa nature, le bois a une durée très limitée; 1 aubier surtout est rapidement attaqué par l’action des ferments acides, des bactéries nitrifiantes, des champignons, etc., agents destructeurs par excellence. Cette durée ne peut donc être prolongée qu’en mettant la matière ligneuse à l’abri de l’humidité ou en l’imprégnant d antiseptiques appropriées. On a bien essayé de mélanges chimiques, mais aucun d’eux n’a jusqu’ici donné de bons résultats, soit parce que ces mélanges se dissolvent après* l’imprégnation, soit parce que leurs sels se combinent entre eux et forment des composés insolubles sans effet pour la conservation, et aussi parce que sels et composés attaquent les fibres par les acides qu’ils contiennent.
- A 1 heure actuelle, les procédés mis en œuvre pour assurer une plus grande durée à la matière ligneuse sont :
- i° L’emploi d’enduits insolubles et imputrescibles : goudrons, huiles, vernis; ce moyen qui ne peut guère s’appliquer qu’à des bois-secs, outre qu’il est coûteux, n’influence d’ailleurs que la surface et encore sur une faible profondeur;
- •2° L’imprégnation des bois dans toute leur masse par des liquides antiseptiques, solutions de sulfate de cuivre (vitriol bleu du commerce) qu’on a cherché à remplacer par le chlorure de zinc, bichlorure de mercure, ou par d’autres substances extraites du goudron de houille comme le coaltar et la créosote.
- Généralement, la pénétration des liquides antiseptiques se fait industriellement par les appareils Boucherie qui injectent dans le bois en remplacement de la Sève expulsée la matière préservatrice. Toutefois ce procédé n'est réellement applicable qu’à des tiges brutes possédant encore leur écorce; or,, les déchets qui tombent dans le débit entraînent, au dire de beaucoup d’expérimentateurs, une perte de 20 à 3o pour 100 du sulfate de cuivre vraiment utilisé. Pour éviter cet inconvénient, on ne prépare les bois qu’après leur séchage ou équarrissage en opérant en vase clos à l’aide de fortes pressions. Mais semblable traitement ne peut être économique que sur des pièces de bois assez volumineuses; aussi pour les étais de mines opère-t-on par simple immersion.
- Pour ces causes, on s’adressait donc presque exclusivement à la créosote et au sulfate de cuivre. La créosote, pour que son efficacité soit assurée, doit être employée à pleine injection; alors le bois qui en est imprégné est susceptible d’acquérir une longue durée. Mais l’utilisatiou dans ces conditions^, de cet antiseptique, nécessite de grandes installations et des manipulations coûteuses et fort désagréables. On a cherché à en diminuer le pi’ix de revient en réduisant la quantité d’antiseptique introduit, soit en le mélangeant avec des produits de moindre valeur, soit en le diffusant dans le bois au moyen de fortes températures, de hautes. pressions
- et d aspirations mécaniques,''lesquelles introduisent, puis reprennent la plus grande partie de la matière injectée. On conçoit que ces opérations fatiguent et désagrègent là matière ligneuse, diminuent la force de résistance du bois, provoquent 1 ouverture des pores, facilitent l’introduction des agents destructeurs et des dissolvants qui lavent et font disparaître peu à peu les antiseptiques introduits, dont la quantité est déjà fort limitée, comme il est dit plus haul, ce qui réduit grandement leur efficacité.
- Il y a lieu également de noter que l’huile que ren-. ferme la créosote rend le bois inflammable, l’alourdit de 5o pour 100 environ de son poids, le ramollit, c’est-à-dire diminue sa résistance à l’écrasement; des odeurs irritantes sont dégagées qui indisposent les ouvriers, comme aussi par sa causticité, le créosotage rend difficile la manipulation des bois imprégnés. Enfin certaines essences, comme les épicéas et les sapins blancs sont réfractaires à la bonne imprégnation à la créosote, ou se laissent mal imprégner.
- Parmi les sels métalliques, c’est au sulfate de cuivre que revient la première place, car beaucoup de pays tels que la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande, la Suède, etc., lui donnent la préférence s^r tous les autres. Et cependant, il a le grave défaut d’èlre soluble dans l’eau, ce qui provoque sa disparition parles lavages. En effet, lorsque les bois imprégnés dè sels métalliques sont placés dans des terrains humides ou contenant des dissolvants tels que l’acide carbonique, le sel marin, lés carbonates, etc., ces composés éliminent'rapidement là solution même combinée avec les matières albuminoïdes, tandis que. l’eau enlève la plus grande partie de l’antiseptique simplement déposé dans la masse du bois qui forme des cristaux à la fois solubles et hygroscopiqués. Le sulfatage est donc inefficace pour les bois employés dans l’eau ou en terrain humide.
- Dans un de ses derniers bulletins, la Société centrale forestière de Belgique mentionne, dans une étude sur les forêts à l'Exposition Universelle de Bruxelles, un produit dont les résultats seraient déjà probants. Ce nouvel antiseptique, déifommé VAczol, est un mélange de trois composés métalliques, sels à deux bases, lesquels ont la propriété de se combiner à la matière végétale en formant des composés ligno-métalliques insolubles à l’eau, même à celle contenant de l’acide carbonique, du chlorure de chaux, dés carbonates, etc. Cette solution comprend des zincates de cuivre ammoniés, des phénales de cuivre et de zinc ammoniés. Sans doute l’acide phé-nique libre ne se combine pas à la matière ligneuse, il est soluble dans l’eau et volatile, de telle sorte que dans cet état, il est sans efficacité durable pour la conservation du bois ; mais quand il est combiné avec les bases de la solution en question, sa disparition du bois.devient impossible et la présence continuelle de ce précieux antiseptique dans la matière ligneuse suffit à lui seul pour la protéger de la pourriture pendant longtemps. Il est, en effet, classé un des premiers antinitrites qui sont les principaux microbes de la destruction de la matière végétale. C’est grtâce au pouvoir oxydant des ammoniures que la cellulose se dissout en partie, formant une matière visqueuse ayant la propriété de. se combiner aux oxydes métalliques, pour donner naissance à un nouveau composé qui se durcit à l’air et qui augmente la résistance du bois dans de grandes proportions, c’est-à-dire qu’il se forme une sorte de ciment imperméable, enrobant et protégeant les molécules du bois combinées avec l’autre partie de la solution.
- Etant donnée l’efficacité bien connue des oxydes de cuivre, et de zinc pour la conservation du bois quand ceux-ci y restent fixés, il est donc permis de se rendre compte de la valeur de ce produit par la fixité des antiseptiques introduits. De plus, ceux-ci ne contenant aucun acide fort, la fibre ne souffre plus d’atteinte par l’action corrosive de ces acides et la solution, en présence du fer ou de l’acier, n’oxyde plus ces derniers, ce qui est d’une grande importance.
- La nouvelle solution offre encore d’autres avantages. Elle laisse le bois propre, ce qui n’est pas le cas de la créosote, et par là, on peut le mettre ensuite en peinture
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- VARIÉTÉS
- et l’employer à tous les usages ; en outre, le bois reste inodore, ignifugé et non hygroscopique. Non seulement la force antiseptique de ce produit ne serait pas du tout supprimée par les lavages, mais elle serait d’une intensité supérieure à celle du sulfate de cuivre ainsi qu’il appert d’essais faits par le Service des Recherches des Eaux et Forêts de l’Etat belge. D’après les expériences, elle serait assez nettement marquée en ce qui concerne les bois blancs : bouleau, hêtre, ainsi que pour l’orme et le chêne; bien que moins tranchées en raison de la texture différente des bois imprégnés et de la durée insuffisante des expériences qui se poursuivent encore à l’heure actuelle; des différences se remarquaient également déjà entre des échantillons d’épicéas.
- L’installation faite par l’inventeur, M. Gerlache, dans la Section des Forêts à l’Exposition Universelle de ' Bruxelles faisait ressortir l’inégalité de répartition de la créosote -dans des pièces d’épicéa, et même la difficulté de l’y faire pénétrer, alors que l’aczol par procédé Boucherie imprégnait ce bois d’une façon parfaite. L’essai aurait été même plus concluant, si on avait pu le réaliser sur la longueur totale d’un poteau a\ec son pied, car cette partie qui est celle qui réclamé le plus de soins ou de protection ne prend pas ou très peu la créosote. Ce fait fort intéressant et peu connu a £té mis en évidence par une expérience due à un ingénieur des chemins de fer belges et dont les résultats se trouvaient aussi exposés dans le hall du matériel des chemins de fer, section belge. Un poteau en épicéa et un autre en pin sylvestre furent créosotés dans les mêmes conditions, puis sciés" en deux d’un bout à l’autre. La différence de répartition dans les deux pièces était curieuse à observer; très irrégulière dans l’épicéa qui avait très peu absorbé jusqu’à a m. du gros bout, elle était régulière dans le pin sylvestre.
- Les essais à la compression et à l’arrachement de -divers échantillons de bois provenant d’un même arbre, pin sylvestre, effectués au Banc d’épreuves de l’Etat belge, à Malines, témoignent encore des grands avantages du nouveau produit sur la créosote et le sulfate de cuivre.
- COMPRESSION
- Désignation des échantillons essayés. Charge à la résistance par cm2.
- Compression de petits cubes.de bois imprégnés à la créosote (5 essais). 290 kg
- — Au sulfate de cuivre (4 essais). 53o —
- A l’aczol (4 essais) 574 —
- ARRACHEMENT
- Arrachement de petits tire-fonds
- dans des cubes de bois impré-
- gnés à la créosote (7 essais) . . 353 kg
- — Au sulfate de cuivre (4 essais). 390 —
- —- A l’aczol (7 essais) 573 —
- Si l’on se place.maintenant au point de vue financier, on trouve que l’avantage ressort encore en faveur de l’aczol. Avec lui, en effet, point n’est besoin d’avoir recours à la chaleur ou à une force mécanique, l’imprégnation peut se faire simplement par immersion dans des bassins en maçonnerie. Le coût de premier établissement est donc très réduit. Il est ainsi facile d’établir des bassins sur chaque chantier et d’éviter des frais de transport qui sont toujours très élevés; dans certaines régions même, ce transport est à peu près impossible.
- Il n’est pas non plus utile de construire ces grands réservoirs nécessaires pour les approvisionnements de la créosote, puisque l’aczol existe sous forme concentrée de 20 fois son volume de dilution à utiliser.
- Comme on le voit, l’aczol s’offre comme une matière destinée à rendre de grands services et mérite de retenir l’attention des ingénieurs de chemins de fer, des ingénieurs des télégraphes, des architectes et des entrepreneurs en ce qui concerne certains bois de construction. M. Bousquet.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- Comment on recherche le sucre et l’albumine dans les urines. — On ne s’improvise pas analyste, et pour connaître exactement la quantité de glucose ou d’albumine que contient une urine, le mieux est de recourir aux bons soins du chimiste professionnel. Mais il est des cas où l’on peut avoir besoin d’opérer soi-même, soit en l’absence de spécialiste à proximité, soit -jDOur contrôler journellement l’état de sa santé, soit pour savoir s’il est vraiment nécessaire de faire effectuer une analyse véritable. On peut très aisément avec un
- Fig. i. — Le matériel nécessaire.
- peu de soin se charger de cès essais. Inutile même de s’encombrer pour cela des « trousses spéciales » toujours vendues assez cher ; il nous suffira de quelques tubes « à essai » vendus quelques sous la douzaine chez tous les marchands de verrerie pour laboratoires d’un petit tube effilé gradué en centimètres cubes, et de deux réactifs qu’on peut acheter préparés ou faire soi-même.
- Le réactif de Fehling, servant à la recherche du glucose peut être préparé en faisant dissoudre : i6 gr. de soude caustique dans. So c. c. d’eau distillée. 2i gr. d’acide tartrique — . 5o c. c. —
- 16 gr. de potasse . •— . 4° c- c- —
- 8 gr. de sulfate cuprique — . 40 c> c- —
- puis en mélangeant le tout et amenant avec de l’eau le volume total à 200 c. c. Conserver en flacon teinté jaune ou bleu.
- Le réactif du Dr Esbach se compose de :
- • • . ( dissous dans suffisamment d’eau
- x gr. aci picrique. \ p0ur obtenir 100 c. c.
- 2 err. acide citrique. / , r
- 0 ^ ( de liqueur.
- Il est bon de compléter l’installation par un petit support à tube en bois, qu’on peut du reste faire facilement soi-même avec une .boîte de carton.
- Notre rudiment de laboratoire ainsi installé (fig. 1), voici comment nous opérerons :
- Recherche du sucre. — En se servant du tube effilé et gradué, on introduit dans un tube à essai 4 c- c-liqueur de Fehling, on fait bouillir en tenant le tube au-dessus d’une lampe, puis on ajoute aussitôt 1/2 c. c. d’urine filtrée. On se sert du tube comme d’une pipette, le bout effilé étant plongé dans le liquide et l’autre servant d’abord à aspirer avec la bouche, puis à régler l’écoulement en obturant plus ou moins parfaitement avec le doigt. Quand l’urine contient du sucre, très peu après le mélange des liquides, on voit se former un précipité qui, dès qu’on cesse de chauffer, se-rassemble au fond du tube à essai en une poudre d’un beau rouge vif. Si le liquide bleu reste bien limpide, l’urine n’est pas sucrée.
- Avec un peu d’exercice, on peut très bien arriver à doser approximativement ce sucre contenu dans l’urine. Chaque centimètre cube de liqueur cuprique correspond en effet à environ 5 milligrammes de glucose. En versant peu à peu dans 10 c. c. de liqueur chaude par exemple, de l’urine filtrée jusqu’à disparition de la teinte bleue on peut déduire que la quantité d’urine employée contient o gr. o5 de glucose : il est facile de calculer la teneur par litre.
- .Dosage de l’albumine. — On vend chez les fournisseurs
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- de laboratoire des albuminimèlres avec lesquels l’opération est très facile : il suffit de verser dans le tube de l’urine jusqu’au trait U, puis du réactif .d’Esbach jusqu’au trait R, et d’agiter. Si le mélange reste limpide, l’urine ne contient pas d’albumine. S’il y a trouble, on laisse reposer le tube sur son support, pendant toute la nuit. Le lendemain le précipité d'albumine s’est lassé et il est facile d’en apprécier le quantième d’après les indications gravées sur l’albuminimètre : les chiffres représentent des grammes par litre.
- À défaut d’albuminimètre, l’appareil malgré sa simpli-
- cité coûtant relativement cher, on peut employer de simples tubes à essai. Il suffit de faire une fois pour toutes des essais en série avec six tubes par exemple, et de l'urine normale additionnée de o gr. 5, i, a, 4, 6 et io gr. d’albumine par litre pour avoir autant de types qui guideront pour apprécier le dosage de l’urine à examiner. Dans ce cas, lea tubes n’étant pas gradués, on introduit dans chacun, à l’aide de la pipette io c. c. d’urine et 7 c. c. de réactif d’Esbach.
- Encore une fois, répétons-le, toutes ces méthodes ne sont qu'approximatives. ' A. Cn.
- <0D
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme it. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- D' D., à Cannes. — Voyez l'ouvrage de Bosler sur le Soleil, Encyclopédie du Dr Toulouse, Doin, éditeur, Paris.
- M. le D' Carlos Aguirre Plata, à Honda, Colombie.
- — i° Les cachets de pâte azyme se fabriquent en délayant dans 1 eau de la Heur de farine, de manière à obtenir une bouillie claire dont on garnit une sorte de gaufrier que l’on soumet ensuite à une légère chaleur, jusqu'à durcissement de la pâle. — 20 En ce qui concerne le matériel nécessaire à cette fabrication, s’adresser à la mais m Gorlin, 83, rue Bobillot, à Paris.
- M. P. D., à Paris. — i° Pour déboucher votre flacon contenant du goudron, il est indispensable de commencer par débarrasser le goulot du goudron qui peut, cimenter le bouchon — se servir pour cela de la benzine dans le cas du goudron de houille et de l’essence de térébenthine s’il s’agit de goudron de bois — chauffer ensuite légèrement le col du flacon au moyen d’une allumette et au besoin frapper à petits coups avec un morceau de bois pour le faire tourner. Au bout de quelques essais faits, avec précaution, le bouchon doit se dégager
- — a0 Le procédé le plus pratique pour détartrer les bouillottes ou ustensiles domestiques chargés de calcaire consiste à mettre dans l’eau qu’elles contiennent, une certaine quantité de mélasse : il se'forme du sucrate de chaux soluble cjui est entraîné avec les eaux de lavage.
- M. A. F. — iü Le marbre se recolle de la façon suivante : prendre une solution de chlorure de zinc concentrée à 45° B, y délayer de l’oxyde de zinc de manière à en faire une pâte fluide dont on enduit les fragments à joindre, serrer fortement et laisser la prise se faire pendant 24 heures. — 20 S’adresser à la maison Neveu, rue Racine, à Paris.
- M. Faustino Belo, à Carthagène. — L’eau oxygénée du commerce n’est instable que parles impuretés qu’elle contient. On obtient un produit très stable par l’épuration au moyen de l’un des procédés qui suivent :
- i° Utiliser la propriété de l’eau oxygénée de distiller dans le vide sans décomposition, ce qui laisse en arrière tous les sels et l’acide sulfurique qui peuvent s’y trouver.
- 20 Extraire de l’eau oxygénée commerciale le produit pur par l’éther et évaporer finalement ce dernier à basse température.
- Ces deux procédés permettent en même temps un enrichissement presque à l’absolu c’est-à-dire jusqu’à 97 pour xoo de bioxyde d’hydrogène.
- Mme N: F., quai d’Orsay, à Paris. — La fabrication des briquettes en utilisant le poussier de charbon ne présente aucune difficulté en ojiérant ainsi. Faire le mélange suivant :
- Poussier de charbon. . . . . 85 kg
- Chaux vive.................... 3 —
- Argile grasse................12 —
- Délayer par additions d’eau successives pour obtenir une pâte ferme, mouler au moyen d’une petite presse à main du type nue l’on rencontre aujourd’hui couramment dans le commerce, laisser sécher..
- Lorsque les briquettes sont de fortes dimepsions il
- est bon d’y ménager des trous pour assurer la circulation de l’air pendant la combustion.
- M. J. Osterrath, à Tilf-lez-Liége. — Les principales opérations de la fabrication du papier de verre ou d’émeri consistent d’abord dans un broyage de la matière abrasive ou plutôt dans une division plus ou moins parfaite en conservant les arêtes des fragments par exemple au moyen du broyeur Morel. Ensuite le papier choisi genre papier goudron fabriqué avec les anciens cordages de marine est enduit d’une solution de colle forte additionnée de sel marin qui, par son hygroscopi-cité lui conservera une certaine souplesse. Le produit du broyage est classé suivant grosseur et répandu au tamis sur le papier garni de colle de gélatine, une légère pression fait pénétrer les grains. On procède à un premier séchage, suivi d’un nouvel encollage, finalement on sèche à nouveau et conserve les feuilles sous presse. Pour les machines permettant de faire toutes ces opérations successivement s’adresser à la maison Blache, 20, rue Manin ou à M. Duflos, à Essonne (Seinc-et-Oise).
- M. A. Serre, à Sèvres. — La préparation de la margarine comestible consiste essentiellement à émulsionner dans du lait l’oléomargarine séparée par pression de la stéarine à la température de 25° C. Pour plus de détails voir Dictionnaire de Wurtz SZ, p. 70. Les corps gras alimentaires, de lEncyclopédie Billon, chez Bernard, 29, quai des Grands-Augustins, et l’article très documenté de Clayton paru dans la Revue de Chimie industrielle, de décembre 1918. A notre connaissance, il n’existe pas d’ouvrages spéciaux sur cette fabrication.
- M. P. W., à Paris. — Les bakélites ou résines artificielles étaient avant la guerre spécialisées en Allemagne dans les usines Albert à Amœneburg-sur-Rhin, qui les vendaient sous le nom d’albertols- en deux variétés principales, les albertols durs fondant de 1200 à 1600 et les albertols extra-durs fondant de i8o°à 260°. Actuellement nous pensons que vous pourrez trouver des produits analogues de fabrication américaine à la maison Avtsine, 13, rue du Départ, à Paris.
- MM. Nadjari et C'e, à Marseille. — La désodorisation du pétrole peut s’effectuer, sinon d’une façon complète, du moins avec un résultat très satisfaisant en opérant ainsi :
- Mettre dans un récipient le pétrole en présence d’un lait de chaux à io° Baumé, dans la proportion de 5 pour 100 environ, agiter énergiquement et laisser reposer. Séparer le pétrole par décantation et l’agiter à nouveau dans les mêmes conditions avec une solution de chlorure de chaux. Terminer par un lavage du pétrole à deux ou trois reprises par l’eau pure en pratiquant toujours comme ci-dessus. •„ .
- M. A. L., à Méry. — i° Nous vous conseillons .d’essayer la peinture à la caséine préparée de la façon suivante : . ^
- Caséine............ 60 grammes.
- Colle forte ..... 90 _
- Alun................ . 90 — ; - ' • ' ;
- Silicate de soude . . 120 — • ' ' i
- Noir dfivoire .... 45o —
- Chaux éteinte . . . . 3o —
- Faire dissoudre la colle forte, l’alun et la caséine dans de l’eau chaude, ajouter la chaux, puis le silicate et finalement le noir, étendre d’eau jusqu’à fluidité suffisante. 1
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- 2° Pour les inscriptions en blanc se servir d’une formule analogue en remplaçant le noir par de la craie finement pulvérisée.
- 3° Employer pour le laquage "le bakélite qui est inattaquable par tous les réactifs et par suite d’une très grande résistance, il s’applique sur fond préalablement peint au ton désiré. Yoir également laquage an celluloïd dans les Recettes de l'Atelier, p. 293, Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Tinot. — Nous pensons que vous faites allusion à la formule de colle suivante qui donne de fort bons résultats : -
- Silicate de potasse sirupeux. 90 grammes.
- Sucre.................. . . . 10 —
- Enduire les faces à joindre de ce mélange, serrer fortement et laisser sécher.
- MM. Comoy-Verguet, à Saint-Claude. — Faire dissoudre à chaud, après gonflement, de la bonne colle forte dans du vinaigre, puis ajouter, toujours à chaud, un tiers de son volume de résine de pin blanc. A employer tiède, pour réunir les matières fibreuses aux métaux.
- - M. Diissange, à Sens. — i° Malgré nos recherches, nous n’avOns pu retrouver dans notre collection, la formule dont vous parlez. — 20 Vous trouverez des chaînettes d’acier au modèle dans les maisons suivantes : Bailly, 194, rue La Fayette; Brenot, 83, boulevard de Charonne ; Foin, i5, rue du Temple.
- N° 2701, à Dijon. — Yôus aurez dans les ouvrages suivants tous renseignements sur les produits colloïdaux : Précis de physico-chimie, par Pozzi-Escot, chez Yigot, éditeur, 23, rue de l’Ecole-de-Médecine ; La chimie colloïdale, La métallothérapie, parle même, chez Rousset, éditeur, 1, rue Casimir-Delavigne, à Paris;
- M. Castanié, à Paris. — L’altération des fibres de bois a surtout pour cause leur emmagasinement dans des conditions défectueuses d’humidité, nous croyons
- que vous obtiendrez une stérilisation et désodorisation parfaite par chauffage en autoclave sous légère pression, en présence de vapeurs de formol, le formol est en effet désodorisant par excellence. Quant ,aux conditions exactes dans lesquelles il faudrait opérer, l’expérience seule et des essais méthodiques devraient les fixer.
- M. de Montarby, à Paris. — En passant à l’alcool la partie souillée du tableau, le vernis qui recouvrait la peinture à l’huile a. été enlevé en même temps que la tache, l’auréole résiduelle serait très difficile à raccorder ; c’est pourquoi le mieux est de dévernir entièrement puis d’appliquer le vernis à tableaux ci-dessous :
- Gomme mastic. .... 33o grammes.
- Térébenthine de Venise . 4° —
- Camphre.................. i5 —
- Essence de térébenthine. 1000 —
- Pour activer la dissolution de la gomme, ajouter dans la bouteille i5o gr. de verre pilé, qui sera séparé ultérieurement par filtration, en même temps que les impuretés.
- M. Louis Constancin du Chcîtenet, à Availles. —Pour l’amalgamation des zincs de piles, prendre une solution saturée de bisulfate de mercure acidulée par l’acrde sulfurique jusqu’à limpidité, y ajouter de l’acide oxalique en quantité suffisante pour en constituer une sorte de crème, puis finalement un peu de chlorhydrate d'ammoniaque.
- Enduire les zincs de ce mélange, puis les frotter énergiquement jusqu’à ce que la surface soit rendue brillante par le mercure.
- M. J. Rachou, à Camarès-sur-Dourdon, Aveyron. — Autant que nous en pouvons juger par l’échantillon que vous nous avez présenté sur votre lettre, l’encre employée est bien à base d’éosine ou fluorescéine tétrabromée, mais le brillant est dû à la gomme arabique ou à la dex-trine ajoutées dans la proportion habituelle de 5o gr. environ par litre.
- 1go
- BIBLIOGRAPHIE
- osl.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. [Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ........—
- Le calcul intégral et différentiel à la portée de tout le monde, par Silvanus P. Thomson ; traduit de l’anglais par André-Eric Gérard, i vol. in-16 de vin-290 pages, avec 65 fig. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix, cartonné : 12 fr. (majoration comprise).
- Ecrit en un langage familier et parsemé de traits d’humour, ce livre du célèbre électricien anglais met le calcul intégral et différentiel à la portée de tous ceux qui possèdent quelques notions élémentaires d’algèbre, géométrie et trigonométrie. Chaque chapitre est suivi d’un grand nombre d’exemples et d’exercices, concrets pour la plupart, qui montrent l’application immédiate des différentes règles aux problèmes de la vie journalière et font saisir l’intérêt du calcul introduit dans des phénomènes courants de physique et d’électricité.
- Analyse des métaux par électrolyse. Métaux industriels, alliages, minerais, produits d’usine, par A. Hollard et L. Bertiaux. (Troisième édition, revue et corrigée).
- 1 In-8° de xx-236 pages, avec 20 figures. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 18 fr. qS (majoration comprise).
- MM. Hollard et Bertiaux donnent aux métaux une classification rationnelle et mettent en évidence les principes qui peuvent servir de basé aux essais de séparation par voie électrolytique. C’est l’objet de la •première partie de leur ouvrage.
- La seconde partie est consacrée à l’application de
- ces principes, au dosage individuel des métaux et à leur séparation les uns d’avec les autres.
- Ces méthodes de séparation servent ensuite à l’analyse des métaux, alliages industriels, minerais produits et sous-produits d’usines : cela constitue la troisième partie du livre.
- Enfin, la quatrième partie donne les tableaux des expériences qui ont servi à établir les méthodes indiquées et à en contrôler l’exactitude.
- Discours sur_ Vévolution des connaissances en histoire naturelle, par Georges Pennetier; xvin0 et xrx° siècles, botanique et géologie. 2 vol. in-8°, 319 et 368 pp. Actes du Muséum d’histoire naturelle de Rouen.
- Etude des progrès et découvertes dans ces deux ordres de sciences, au moyen de notes biographiques et bibliographiques sur les principaux savants des divers pays du monde. Ces deux volumes font partie d’un vaste exposé de l’évolution de nos connaissances dont les parties relatives à l’antiquité, au moyen âge et à la Renaissance ont déjà paru.
- Nomenclature des journaux, revues, périodiques français, paraissant en France et en langue française à Vétranger. 1 vol. in-8°, 329 p., Argus de la Presse, 37, rue Bergère, Paris.
- Liste par catégories et par ordre alphabétique de toutes les publications paraissant en langue française, où l’on voit avec plaisir que, même dans les pays les plus lointains, il existe des journaux écrits dans notre langue.
- Catalogue onomastique des accroissements de la bibliothèque de VAcadémie royale de Belgique. Sciences, 1883-1914, par Félicien Leuridant et José Perrée.
- 1 vol. in-8°, 422 pages.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N° 2380
- 8 Novembre 1919.
- Nouvelles monnaies de billon en bronze de nickel.'
- — Le Journal officiel publie une loi du 16 octobre 1919, qui autorise le Ministre des Finances à émettre jusqu’à concurrence de dix millions de francs, en sus du contingent de i5 millions prévu par la loi du 2 août 1917, des monnaies de bronze de nickel percées d’un trou au centre et présentant les caractéristiques suivantes :
- Diamètre
- Pièce Diamètre du trou Poids. Tolérance,
- de — central. — —
- 25 centimes. 24 mm 5,5 mm 5 gr. 10 millièmes.
- 10 centimes. 21 mm 5 mm 4 gr. i5 millièmes.
- 5 centimes. 19 mm 4>5 nam 3 gr. i5 millièmes.
- Leur composition sera de 25 pour 100 de nickel et de 75 pour 100 de cuivre, avec une tolérance au-dessus et au-dessous de 10 millièmes.
- Le lancement mécanique des hélices d’avions. —
- La plupart des aéroplanes doivent encore être mis en
- pourraient devenir instables, nous allons les conserver en utilisant les régions froides naturelles de notre pays. Nous allons les conserver dans les lacs des Pyrénées, car, ce n’est pas une des moindres ironies de la science, il ne s’agit plus maintenant de tenir sa poudre sèche, comme le disait jadis Guillaume II dans un discours resté célèbre, il s’agit au contraire de la tenir mouillée. Le noyage dans l’eau froide constitue la meilleure condition de conservation, et un séchage suffit ensuite pour rendre à la poudre ses propriétés..
- Nous allons donc purement et simplement les noyer dans des lacs qui, alimentés par des glaciers, restent à basse température, si bien que ces poudres, qui auraient vécu dix ou quinze ans, si on les avait gardées à la température ordinaire, vivront cinquante ou soixante ans peut-être. »
- Grands transatlantiques américains. —Le « Ship-ping Board » des Etats-Unis va faire mettre en cons-
- marche à la main. La nécessité de réduire au minimum le poids mort à bord de l’aéronef fait hésiter à y installer un dispositif de lancement automatique.
- D’autre part, la mise en marche à la main est délicate et dangereuse ; elle devient de qjlus très difficile avec les énormes avions que l’on utilise maintenant pour les transports postaux ou de passagers.
- L’appareil que représente notre figure a été imaginé pour les aéroplanes qui font maintenant un service régulier entre Paris et Londres. C’est une manivelle mue par un moteur d’automobile; le tout est porté sur un châssis d’auto que l’on fait rouler à la distance voulue, pour pouvoir mettre la manivelle en prise avec l’arbre de l’hélice.
- Comment seront conservées nos poudres de guerre. —- La France possède actuellement un stock de poudres à la nitrocellulose qui représente une valeur de 700 à 800 millions de francs. Que fera-t-on de ces stocks immenses ; leur conservation dans les poudrières ordinaires comporterait des dangers dont témoignent les catastrophes des cuirassés Iéna et Liberté. Dans un discours à la Chambre des Députés, M. A. Lefèvre a indiqué incidemment ce que nous allions faire de nos poudres en appliquant un procédé dont Forateur fut lui-même l’initiateur.
- « Au lieu de les détruire, dit-il, sous prétexte qu’elles
- truction deux transatlantiques qui seront probablement les plus grands du monde. Voici leurs dimensions : longueur, 3o5 m.; largeur 3i m. ; creux, 22 m. 5o, tirant d’eau, 10 m. 70; tonnage, brut, 55 000 tonnes; vitesse, 3o nœuds. Ils effectueront en 4 jours la traversée New York-Plymouth. Les plus grands paquebots sont actuellement le Mauretania [i'ii m. de long); VAquitania (264 m.), l’Oljmpic (260 m.), VImperator (269 m.), le Léviathan ou ex-Vaterland (276 m.).
- Les chutes ’du Niagara. — Il a été versé beaucoup d’encre au sujet de l’utilisation électrique des chutes du Niagara. Aujourd’hui où la disette de charbon menace le monde, qui songerait à protester contre ces captations si utiles à l’humanité, et en fait si peu nuisibles à la beauté des paysages. Les industries installées sur les chutes , du Niagara utilisent actuellement 6o5 000H. P. Les travaux en cours capteront 420000 H. P. supplémentaires. On estime que les chutes peuvent fournir 2 5oo 000 H. P. sans rien perdre de leur beauté naturelle, ét que l’on économisera ainsi iG millions de tonnes de charbon par an.
- L’or dans le monde. — La guerre a provoqué lac* cumulation de l’or dans les banques d’Etat et sa disparition de la circulation. On estime que les banques officielles contiennent actuellement 85 pour 100 de tout l’or
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- INFORMATIONS
- existant dans le monde au lieu de 63 pour ioo seulement avant la guerre. Les Etats-Unis ont naturellement l'accumulation la plus formidable. D’après le Scientific Ame-,rica/i, leur réserve monétaire qui était en 1914 de 1871611 723 dollars en or et 763561709 dollars en argent est passée en 1919 à 3 092037699 dollars en or et 552 658 692 dollars en argent.
- La production de l’or a diminué depuis 1915, année de la plus grande extraction. En cette année-là, on avait produit 468 724 918 dollars dont 101 o35 700 aux Etats-Unis, 188000000 dans l’Afrique du Sud, 5o 000 000 en Australie. En 1918, la production n’a atteint que 377 3ooooo dollars. Presque tous les Etats producteurs ont réglementé les sorties du précieux métal qui leur servent au maintien du change dans les achats indispensables à l’étranger.
- Le pélican et le ravitaillement. — Le Bulletin de la Ligue française pour la protection des oiseaux conte la jolie histoire suivante :
- En pleine guerre, au moment où la « U. S. Food Administration » demandait à tous, aux Etats-Unis, d’économiser la nourriture pour gagner la guerre, un appel s’éleva jusqu'à Washington, signalant une association de criminels qui, sur les côtes du golfe du Mexique détruisaient chaque jour « plus de poissons que les habitants du Texas n’en consomment en un an. » Us étaient plus d’un million, disait-on, et chaque jour, près de 5 millions de francs de poisson passaient dans la poche de ces misérables!
- La presse s’émut, fit campagne ; les esprits s’échauffèrent et, le io mai 1918, un drame ensanglanta Pélican Island/sur l’Indian River : 400 babys étaient assommés au berceau ! •
- Pélican Islaud, île bien nommée, est une réserve gouvernementale où s’ébat et prospère une colonie de pélicans bruns. Celui-ci était l’accusé, et les plaintes devenaient si pressantes qu’une enquête officielle fut ordonnée. M. T. Gilbert Pearson, secrétaire de la National Association of Audubon Societies, qui en fut chargé, a résumé, dans The American Review ofReviews, le résultat de ses investigations.
- Il parcourut fe Texas, la Louisiane et la Floride qui mirent à sa disposition bateaux, équipages et vivres. Chaque colonie de pélicans fut visitée, comptée et examinée en présence et avec le concours d’ùn délégué de chaque Etat intéressé; ceci pour éviter toutes contestations.
- On avait dit que 17 îles du Texas donnaient aisile à des pélicans : 16 de ces îLes furent visitées, une seule avait des pélicans et en très petit nombre. La Louisiane est de beaucoup la plus peuplée; la Floride n’a pas le double , du Texas. Tout compte fait, et en ajoutant 3o pour 100 aux oiseaux réellement pointés, en juin, saison la plus favorable à un recensement, il n’existe pas, sur les 2800 km de 'la côte du golfe du Mexique, plus de 65 000 pélicans pêchants. Nous sommes loin du million des dénonciateurs !
- Restait à connaître les . poissons dont se nourrissent les pélicans-; c'est à quoi , voulurent bien aider les oiseaux eux-mêmes, jeunes et vieux, en remettant aux pieds de leurs visiteurs les captures du jour. Un pélican troublé s’allège pour mieux prendre la fuite ! Ces laissés d’un genre spécial étaient aussitôt recueillis, mis en formol et expédiés, pour identification, au Bureau des Pêcheries de Washington. M. le D' Hugh M. Smith, chef de la Commission des pêches, put constater que tous les spécimens provenant du Texas et delà côte jusqu’à Tampa, en Fioride, étaient des Brevooriia tyrannus, une sorte de Hareng qui n’est jamais consommé par l’homme. Parmi les 3428 spécimens pris dans les eaux de Floride, 27 seulement appartenaient à des espèces quelquefois vendues sur les marchés; mais il fut impossible de trouver en possession d’.un pélican un seul des poissons les plus estimés, telles que la truite de mer ou le maquereau.
- Le pélican brun était disculpé !
- Utilisation des sauterelles comme engrais. — Une
- Commission nommée par le- Ministre de l’Industrie de l’Uruguay, vient de déposer son rapport dont rend compte-le Bulletin de renseignements de VInstitut international d’Agriculture. Il en résulte que les sauterelles détruites peuvent être séchées, d’abord daus un l'our,
- puis au soleil, et qu’elles fournissent alors un produit, contenant : eau 8,g3 pour 100; azote 10,28; matière grasse 9,39; cendres 5,31 ; anhydride phosphorique 0,73 ; chaux o,31. Ce produit peut servir d'aliment au bétail, notamment aux bovins et aux porcs qui le consomment sans difficultés, il est plus nutritif que les tourteaux oléagineux. Il peut également être employé comme engrais après extraction de la matière grasse par un solvant. Cette graisse peut être utilisée comme lubrifiant. On peut donc transformer le fléau que sont les sauterelles en une valeur économique appréciable susceptible de couvrir, et au delà, les frais occasionnés par sa destruction.
- L’importance du fumier. — M. Tisserand vient d’attirer l’attention dans la Vie agricole et rurale, sur 1 im-portance considérable du fumier de ferme et sur sa mauvaise utilisation actuelle. Il estime qu’en 1913, le bétail a fourni à l’agriculture 86 millions de tonnes de fumier d’une valeur de plus d’un milliard. Ce fumier contient comme matières fertilisantes : 21 millions de tonnes de matières organiques, 344 000 t. d’azote, 387 000 t. de potasse et 172 000 t. d’acide phosphorique. En outre, on sait combien il améliore les propriétés physiques des terres et combien il augmente leur rendement. Par hectare, la production de fumier n’est que de 235o kg en France, alors qu’elle atteint 3263 en Allemagne, 4797 en Belgique, 5244 en Danemark. Si l’on rapproche de ces chiffres ceux de la production de blé par hectare, on trouve i3,2 quintaux en France, 23,6 en Allemagne, 26,2 en Belgique et 33,7 en Danemark. Le rapport entre les deux productions est remarquable. Aussi, si nous voulons augmenter notre production de blé, actuellement chose si nécessaire, il importe de mieux utiliser le fumier que nous ne le faisons. M. Tisserand propose de propager ces notions, d’apprendre aux cultivateurs à disposer rationnellement leurs las de fumier (voy. La Nature, n° 2258), et d’exiger par arrêtés préfectoraux qu’on recueille dans des fosses étanches les purins et les.déjections des exploitations agricoles.
- Valeur nutritive de l’hertte du Soudan. — La Nature a signalé les essais récents d’introduction, en France, comme fourrage, de l’herbe du Soudan. A la suite de cette information, un certain nombre de nos lecteurs nous ont manifesté leur désir de renseignements complémentàires, afin de commencer eux-mêmes des expériences de culture. Voici les résultats des analyses pratiquées par l’Iowa Agricultural Experiment Station pour connaître la composition et la digestibilité de ce fourrage, tels que nous les trouvons exposés dans le' Bulletin des renseignements de l’Institut international d’Agriculture. On peut compter sur un rendement moyen en foin de 8 à- 9 tonnes par hectare. Ce foin a la composition suivante : eau 6,86 pour 100; protéine 8,10; extractifs non azotés 49,4: cellulose 33,92.; matières grasses 1,89; substances minérales 6,70. Il varie peu entre l’époque de la floraison et celle de la maturité des graines, si bien qu’on dispose d’un temps assez large pour la récolte. Comparé au foin de luzerne comme aliment volumineux pour les vaches laitières, il semble fournir .moins de protéine et par suite diminuer un j>eu la production de lait. Comme fournisseur d’énergie, il vaut beaucoup mieux et l’on peut compter sur 142 calories environ par 100 gr. de foin sec.
- Une pierre végétale. — Il existe, d’après le Bulletin de l’Office Colonial, un palmier du Haut-Sénégal-Niger, le rônier (Borassus ethiopicum), qui produit un fruit dont la pulpe est comestible et dont l amande contenue dans une coque devient très dure en séchant. Cette amande pourrait être utilisée par l’industrie européenne à la place du coroso ; elle a 7 à 8 centimètrés de long sur 5 de large et permettrait par conséquent de tailler des objets de grandes dimensions, intéressants pour la marqueterie, la fabrication des dominos et des touches de pianos. En attendant que cette nouvelle matière apparaisse sur le marché français, elle vient, d’être employée sur les lieux mêmes de production comme pierre à bâtir et la concessionnaire des forêts de rôniers fait construire en ce moment des cases aux chefs indigènes de ses propriétés au moyen d’agglomprés de cet ivoire végétal; elle pense même fournir à la future cathédrale de Dakar des piliers teintés, faits de l’amande du renier.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- 'Electricité <««
- CE QU'IL FAUT SAVOIR D'ÉLECTRICITÉ
- Le but de cette série d’articles est de placer sous les yeux de nos lecteurs une exposition succincte mais claire et précise des principes de l’électricité industrielle.
- La théorie, les mesures, les applications pratiques, seront intimement liées dans les pages qui vont suivre.
- Nous espérons ainsi être utiles à nos lecteurs : les uns, auxquels l’école n’a fourni que des notions théoriques, pourront y trouver des compléments venant préciser et compléter d’une façon heureuse leurs connaissances en électricité, d’autres qui s intéressent à la pratique industrielle seront contents de découvrir quelques éclaircissements dans ces leçons d’un caractère hautement pratique et expérimental.
- Les installations d’éclairage et de force motrice, les machines, les applications de toutes sortes seront traitées avec le plus grand soin, dans le but de mettre nos lecteurs à même de contrôler et d’installer.
- Débarrassée des longueurs, des redites, ramenée aux phénomènes élémentaires, Vélectricité apparaîtra comme éminemment simple, susceptible d’intéresser le plus grand nombre.
- Le courant électrique. — Lorsqu’un conducteur est parcouru par un courant électrique, il jouit des propriétés suivantes :
- a) Il dévie l’aiguille aimantée.
- b) Il chauffe.
- c) Si on le coupe et si on plonge les deux extrémités dans une dissolution d’un sel ou d’un acide, il y, a
- décomposition.
- Sens du courant. — Décomposons de l’eau que nous aurons rendue conductrice en y ajoutant de l’acide sulfurique. Nous constatons que l’une des éprouvettes ne contient que de l’hydrogène alors que l’autre ne contient que de l’oxy-gèn'e (fig. 1).
- Si on décomposait un sel quelconque, on constaterait que le métal se porterait, sur la même électrode que l’hydrogène ; cette électrode est appelée cathode ou pôle —. L’autre est l'anode ou pôle +.
- Par définition, on dit que le courant va du pôle -f- au pôle —. Cette façon de parler qui est commode ne vise nullement à donner au courant un sens vrai et déter-, miné comme ce serait le cas avec un courant liquide.
- Recherche des pôles. — Il peut être nécessaire dans la pratique de déterminer le pôle -f- ou le pôle — d’une distribution ; ce serait par exemple le cas où l’on voudrait charger des accumulateurs et brancher le pôle -(- du réseau sur les bornes'rouges des accus.
- Il suffit de se
- servir du papier cherche pôle. Ce papier, rendu légèrement humide, reçoit à quelques centimètres de distance les deux fils dont on cherche la polarité. Le pôle négatif produit une tache rouge (fig. a).
- Mesure de l’intensité. — Tous les courants ne produisent pas les mêmes effets; les uns dévient à peine l’aiguille aimantée, chauffent insensiblement les conducteurs, d’autres provoquent la fusipn des conducteurs qu’ils traversent. On dit qu’ils n’ont pas la même intensité.
- Pour comparer les courants, on a choisi fig. 3.—Mesure pratique (le l’intensité. un effet déterminé
- qui est la quantité d’argent déposée en une seconde dans un bain d'azotate d’argent. *
- Le courant unité ou ampère est le courant qui dépose i milligr. 118 d’argent en une seconde.
- Rechercher l’intensité d’un courant serait donc déterminer combien de fois ce courant dépose i milligr. 118 d’argent en une seconde.
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- Papier pôle — 'Recherche des. pôles.
- L’appareil à mesurer les ampères ou ampèremètre est donc la balance.
- Dans la pratique, cette méthode serait longue, peu commode et ne donnerait qu’une moyenne; on préfère se servir de l'action du courant sur un aimant (ampèremètre magnétique) ou de l’allongement d’un fil provoqué par réchauffement dû au passage du courant (ampèremètre thermique). L’action est transmise à une aiguille qui se déplace sur un cadran. .
- Les ampèremètres ainsi construits présentent deux bornes; il suffit de les introduire dans le courant pour avoir l’intensité (fig. 3).
- Avec les appareils de précision, boîtes de contrôle Chauvin et Arnoux, et avec les ampèremètres thermiques, on ne fait passer dans l’appareil qu’une partie connue du courant, le montage s.e fait comme figure 4-Le shunt porte une indication donnant le nombre d’ampères maximum pour lequel il doit être utilisé. Par exemple si l’on se sert du shunt de xo ampères, l’aiguille marquera la totalité de la graduation soit ioo divisions en général pour io ampères. Chaque division vaut donc o ampère i. Lorsqu’on se sert de ces appareils, il importe de ne pas employer un shunt trop faible, car on risquerait de brûler l’ampèremètre. On commence par prendre un shunt suffisamment élevé ; cela donne l’intensité à i ampère près au moins et on utilise ensuite le shunt correspondant à la sensibilité dont on a besoin. Soit à mesurer l’intensité absorbée par une lampe de 16 bougies. L’ampèremètre ordinaire ne donne rien, l’aiguille bouge à peine, le nombre cherché est inférieur à i ampère. Prenons alors le shunt de i ampère, intensité pour laquelle l’aiguille marquerait ioo divisions, on aura ainsi la valeur du courant à o ampère oi près et l’on trouve environ o ampère 18. Dès maintenant, on voit que l’on a le moyen de déterminer les intensités absorbées par différentes lampes.
- C est ainsi que des lampes de ioo’bougies donneront approximativement les chiffres suivants :
- Carbone ............. 3 ampères
- Tantale......................... x ampère 4
- Tungstène'(filament pressé) . , . i ampère i Tungstène (filament étiré) .... o ampère 9 Demi-watt........................o ampère 6
- Quantité d’électricité. — Pour mesurer la capacité d’une pile, nous dirons qu’elle peut fournir un courant de 1 ampère pendant 3 heures, 4 heures, et sa capacité sera de 3, 4 ampèremètres. De même une batterie d’accumulateurs susceptible de fournir 10 ampères pendant io heures, ou 5 ampères pendant 20 heures, aura une capacité de 100 ampèreheures.
- Un courant de 1 ampère pendant 1 seconde est appelé coulomb. C’est l’unité de quantité d’électricité.
- (A suivre.) André Delavie,
- Professeur cl’Electncité industrielle,
- '^Hamperemetre
- 1 Ampère
- Montage en dérivation.
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- <*8^s» Mécanique
- Essais de résistance à la flexion de planchers : fleximètre Morin. — On sait que dans la construction des ponts et passerelles comme dans les constructions indusjrielles, ,qu’ils soient en fer ou en ciment armé, il est nécessaire de connaître si telle partie de ladite construction est à meme de supporter la charge pour laquelle elle a été calculée et élablie. C est ainsi que dans le cas d’un plancher, on le charge et on le surcharge en des points parfaitement désignés, on dé--place et on fait rouler des charges jusqu’à déterminer des fléchissements qui ne doivent pas dépasser une cerlaine limite au delà de laquelle toute garantie cesserait.
- Ces flexions sont consta-
- ÜÿliiSiiiliiilïiiiii'ii:;:-'
- Fig. 5-, — Vue <tu fleximètre Morin.
- tées et mesurées au moyen d’iustruments spéciaux de précision tels que le fleximètre à cadran il. Morin (fig. lequel permet, suivant son agencement, de mesurer les (lèches verticales et horizontales. 11 est très robuste, entièrement métallique, d’un placement et d’une mise ati point extrêmement simples et rapides, sa précision est telle que l'erreur moyenne n’est que de i pour iooo. Les lectures sont au 1/20 de millimètre sur cadran en émail de 80 mm de diamètre et la numérotation est en couleurs rouge et noir pour les deux sens de rotation. Les roulettes sont en bronze d'aluminium, très résis-' tant à l’usure et à l’oxydation.
- V'dei son mode d’emploi. Pour les dispositions A et b (fig. (i), on se sert comme fil tendeur, de préférence au fil de fer doux de 1/2 à 1 mm d’épaisseur en ayant bien soin de 1 étirer ou de le redresser avant emploi. Le poids à suspendre au (il (pierre ou morceau de fer ou fonte) se règle d’après la résistance du fil, c’est-à-dire dans ce cas, 1 à 2 kg. Quand le fil tendeur est mis , en place d après la disposition A ou B, 1 appareil posé sut une base fixe a la hauteur voulue pour la lecture,* est amené en contact avec le fil, de manière que ce
- Mouvement- vertical . -Mouvement vertical Mouvement ' latéral de o. ' de o ou de u. de ni.
- Fig,. 6. — Dispositions schématiques du flpximètre.
- dernier, s’introduise, entre les roulettes)) em les touchant légèrement. A cet. effet, on écarte par pression le ressort de la roulette mobile, puis on le relâche une fois le fil introduit. Lorsque, l’appareil est en place, on le charge à l’aide d une pierre pu on le visse sur sa base. Pour la mise au point, on desserre le fil en pressant sur le ressort et on amène l’aiguille à O à l’aide du bouton central.
- ). La disposition C sert à; mesurer les flexions horizontales ou latérales. On se sert daus ce but d’un fil métallique fin qu’on enroule une ou deux fois autour de la roulette indicatrice et qu’on tend par un petit poids. La roulette de pression est dans ce cas déclenchée au moyen d’une petite pince spéciale.
- On peut également procéder à des mesures de flexion . dans toutes les directions en se servant d’un barreau
- rigide de > a 4 mm de diamètre; l’appareil est alors fixé dans uue position telle qu il soit possible aux roulettes de serrer ledit barreau, lequel dans ce cas ne doit pas être muni de contrepoids,
- H. Morin, constructeur, 11, rue Dulong, Paris.
- ctgoss. Objets utiles
- Le relieur automatique Cîio. — Son but est de permettre de relier sans aucune perforation, ni aucun collage, des livraisons telles que périodiques, partitions, etc. Il comporte une couverture, analogue à la couverture d’un ouvrage quelconque relié, avec double dos. Des pinces à ressort amovibles se fixant en haut et en bas sur dos intérieur, saisissent la livraison et la maintiennent fixée dans la couverture, aussi bien que le fait le fil avec lequel on coud les pages dans les reliures habituelles.
- La.pince est placée à cheval sur la livraison et le dos intérieur du relieur, la branche la plus longue sur la livraison, la plus courte sous le dos qui a un dispositif
- Relieur automatique Clin.
- sur lequel là tête de la pince fait ressort, l’empêchant de sortir toute seule.
- Pour retirer une livraison, il suffit d’ouvrir le relieur bien à plat par le milieu de l’exemplaire à retirer, puis' de pousser les pinces pour qu’elles se dégagent au dehors. '
- Le relieur « Clio » est en vente chez l’inventeur, M. Planchenault, 22, rue des Cendriers, Paris.
- Marteau-tenaille combiné. — Cet outil a été imaginé pour les mutilés privés d’un bras, mais il peut servir également aux tapissiers, électriciens, emballeurs, aux amateurs, bref à tous ceux qui ont besoin d’enfoncer ou de retirer un clou, dans une position incommode où ils n’ont pas la liberté de leurs deux bras.
- La tenaille est disposée dans la tête du marteau; la machine mobile est munie d’un levier articulé, dont
- Ouvert.
- Fermé.
- Fig. 8. — Marteau-tenaille combiné.
- le point fixe esfi sur le manche du marteau, ce manche constitue en même temps l’autre levier de la tenaille.
- On peut avec cet outil ramasser un clou, le piquer, Penfoucer, et le.retirer d’une seule main.
- Cet outil imaginé par M. Lévèque est construit par MM. Ed. Son et Clc, à Saint-Dizier (Haute-Marne).
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- VARIETES
- QgL.
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- Que faire des vins piqués? — La piqûre ou acescence estune des maladies qu’il est le plus facile d’éviter aux vins et, dans le cellier d’un viticulteur soigneux, od peut affirmer qu’elle est très rarement constatée : cepen- j dant elle se produit parfois, même dans les caves les mieux tenues ; il est donc intéressant d’examiner la con- ' duite à tenir en présence d’un vin piqué.
- La piqûre est due à la présence et à la prolifération dans le vin d’un microgerme, le Mjcoderma ou Diplo-coccus aceti, qui forme à la surface du liquide envahi un voile très mince et plus du moins plissé, sorte de pellicule d’aspect grisâtre ou blanchâtre, qui n’est pas autre chose qug la classique « mère du vinaigre ». L’évolution de la maladie ne tarde pas à donner au vin un goût et une odeur acétiques prononcés, en même temps qu elle provoque dans sa masse un louchissement considérable. Ceci explique comment il se fait que la piqûre doive être considérée comme une affection à peu près incurable. En effet, dès que l’acidité acétique est supérieure à un gramme par litre, la pasteurisation, qui est le remède de choix de la piqûre, et le seul vraiment efficace dans l’état actuel de la science, devient insuffisante, car si elle détruit le Mjcoderma, elle laisse néanmoins subsister intact dans le vin le goût de l’acide acétique formé. Il faudrait donc instituer un double traitement : pasteurisation d’abord pour arrêter la maladie ; neutralisation chimique ensuite pour en dissiper les effets; or, l’emploi de produits -chimiques, quels qu’ils soient, est une pratique qu’il convient de considérer comme répréhensible ou tout au moins comme dangereuse a priori, sauf le cas où il est fait dans des conditions de précision et de rigueur scientifiques impossibles à réaliser dans la pratique œnologique courante. La seule conduite qu’un viticulteur raisonnable doive adopter est donc la prudence el l’abstention. D’autant que l’évolution du Mjcoderma aceti se fait au détriment de l’alcool et qu’un vin piqué est par suite diminué dans son titre : quand on neutralise chimiquementl acescence, on obtient un vin plat, qu’il est indispensable de ^remonter en l’alcoolisant pour le ramener à son degré initial. C’est une série d’opérations qui deviennent nécessaires : pasteurisation, neutralisation, vinage et pas un œnologue sérieux ne peut se refuser à les grouper sous le vocable fâcheux mais exact de bistrouillage. N’oublions pas que le vin doit être naturel, fabriqué avec du pur jus de raisin, et qu’il faut regarder toute addition qui lui est faite comme une adultération défendue.
- Ces principes intransigeants- une fois posés, les viticulteurs qui ont en cave du vin piqué ne doivent le pasteuriser que s’il est très légèrement envahi et si, après traitement, il n’a pas de goût trop fort et n’est pas trop plat-pour pouvoir servir à des coupages. Dans tous les cas, ils ont intérêt à en faire du vinaigre. Pour cela, ils n’ont pas besoin d’employer les méthodes dont se sert l’industrie et le procédé suivant leur donnera les résultats les plus satisfaisants.
- Choisir un tonneau de capacité suffisante garni de cercles en bois; si l’on n a à sa disposition que des futailles armées de fer, prendre soin d’en badigeonner soigneusement les cercles avec du vernis à métaux.
- ' A chacun des fonds de la futaille, on pratique sur la ligne médiane et vers le tiers supérieur environ une ouverture de diamètre variable : 2,5 à 3 centimètres pour une pièce de 220 litres : ces ouvertures ont pour but de permettre l’arrivée de l’air dont la présence est indispensable pour l’acétification : il est utile de les fermer par un tampon d’ouate pep. serré, de façon à empêcher l’accès de la poussière et des insectes. Il est commode de faire traverser le bouchon de liège fermant j
- d’habitude le trou destiné au robinet et pratiqué sur le fond antérieur par un tube de verre coudé servant d’indicateur de niveau. Enfin, pour le- soutirage, on peut mettre en place une cannelle de bois : les robinets de fer ou de cuivre sont attaqués par le vinaigre : un robinet d’étain pur pourrait seul être employé, mais la simple cannelle de bois est à la fois plus sûre et moins coûteuse. Il est d’ailleurs préférable encore de laisser au tube de niveau en verre un certain jeu dans le bouchon qui le traverse, de façon à pouvoir le faire tourner et s’en servir pour soutirer. Dans la bonde du tonneau, on fixe à demeure un tube de verre d’un calibre de 4 à 5 cm., et terminé à sa partie supérieure par un entonnoir de verre également ou de porcelaine : ce tube servira à introduire dans le tonneau le vin piqué, destiné à remplacer le vinaigre fait au. fur et à mesure des soutirages.
- La mise en train s’opère de la façon suivante : on introduit dans le tonneau le vin à acétifier après l’avoir soutiré avec précaution pour l’isoler de ses lies et on fait arriver le niveau du liquide jusqu’à quelques centimètres en dessous des trous percés latéralement dans les fonds, puis à l’aide d’un bâton propre, on recueille un peu de la pellicule qui recouvre le vin piqué et qui est un agglomérat de mycodermes ou mieux un peu d’une bonne mère de vinaigre et on le dépose à la surface du vin qui vient d’être versé dans le tonneau. On opère ainsi un ensemencement du liquide. Cela fait, on fixe le tube de verre par la bonde, et on abandonne un mois et demi à deux mois dans une pièce dont la température ne varie guère au delà de 25 à 3o°. Les mycodermes ensemencés prolifèrent rapidement et toute la surface du liquide est bientôt recouverte par une « mère » dont l’activité fonctionnelle transforme la masse en vinaigre. , . •
- On soutire alors, en remplaçant par du vin que l’on verse dans le tonneau au moyen de l’entonnoir supérieur. La petite fabrique de vinaigre est ainsi mise en train et l’on peut, toutes les trois semaines environ, en tirer une quantité quelconque que l’on remplace par du vin.
- Bien entendu, il faut éviter de la placer près des celliers à vin, parce que les germes du ferment acétique sont aisément transportables et extrêmement actifs.
- Il faut n’employer pour le tranformer en vinaigre que du vin ayant un titre alcoolique assez fort 6 au moins, et, de préférence, 7, 8 et 10, parce qu’on peut admettre qu’à peu de chose près le titre acétique d’un vinaigre correspond au titre alcoolique du vin dont il provient. C’est une notion qui ne doit pas être perdue de vue.
- Il ne faut pas oublier non plus que le vinaigre, une fois fait, a besoin de quelques soins : d’abord il doit, pour être marchand, être limpide et faiblement coloré. D’où la nécessité de le coller ou le filtrer après l’avoir additionné de charbon animal neutre. Ensuite, il doit être conservé en lieu frais (i5° au plus) et dans des récipients bien bouchés, pour qu’il ne lui soit pas possible de s’éventer et de perdre de sa force par suite d’une nouvelle formation de mycodermes qui pourraient continuer sur lui leur action oxydante, aux dépens cette fois de l’acide acétique produit, qu’ils transformeraient en eau et en acide carbonique.
- Par l’emploi de la méthode bien simple qui vient d’être décrite et grâce aux précautions indiquées, on peut sans peine produire de bon vinaigre dont les débouchés commerciaux sont nombreux et relativement rémunérateurs.
- Mieux vaut faire du vinaigre que « retaper » les vins piqués. C’est la conclusion à tirer de cet article.
- Francis Marre.
- HYGIENE ET SANTE
- 25 ans de sérothérapie contre la diphtérie. —
- Le 7 septembre 1894, le Dr Roux, alors l’un des plus grands disciples de Pasteur encore vivant, présentait au CoDgrès de Budapest les premières observations de guérison du croup par le sérum antidiphtérique.
- Appliquant le mode de traitement découvert par
- Behring et Kitasato, il venait de traiter 3oo malades par le sérum seul, sans aucune autre médication. Les résultats furent si nets, si concluants, que la sérothérapie antidiphtérique fut immédiatement acceptée en pratiquée par les médecins du monde entier.
- Il y a maintenant 2S ans de cela et le Dr Mar rù. î le
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- de présenter devant l’Académie de Médecine le tableau des progrès ainsi réalisés et de signaler ceux qu’on peut encore attendre dans un avenir prochain.
- Mortalité pour 100000 habitants. — En général, avant la sérothérapie, la mortalité moyenne pour iooooo habitants, inférieure à ioo, était supérieure à 5o. Depuis la sérothérapie, la moyenne des décès est presque toujours de moins de ao et souvent de moins de io pour iooooo habitants.
- Les meilleurs résultats ont été obtenus par les pays et les villes qui ont la meilleure organisation hygiénique, qui distribuent et utilisent le plus largement le sérum antidiphtérique.
- Statistiques hospitalières. — Pendant les années 1890, 1891, 1892, 1893, 3971 enfants étaient entrés au pavillon de la diphtérie à l’hôpital des Enfants-Malades et avaient fourni 2029 décès, ce qui donne une mortalité moyenne de 5i,75 pour 100. Pour les cas traités par le sérum du ier février au 24 juillet 1894 la mortalité fut de 24,5 pour 100.
- C’est ce chiffre qui a été donné par M. Roux, à Budapest; il n’a jamais été atteint dans la suite. En général, dans les hôpitaux la mortalité globale évolue entre 10 et i5 pour 100.
- La diphtérie dans l’armée. — Pendant la guerre, la diphtérie a été efficacement combattue et bien traitée. Pendant les cinq années de guerre, pour l’armée de l’intérieur, c’est-à-dire pour les hôpitaux situés en dehors de la zone des armées, il y a eu i5 271 malades et 378 décès, ce qui donne une mortalité de 2,4 pour 100. Pour la zone des armées, on a relevé 11 433 malades et 229 décès, soit une mortalité de 2 pour 100.
- Statistique de la Ville de Paris. — Dans le tableau de la statistique des vingt-cinq années pour la ville de Paris, avant la sérothérapie, il mourait chaque année i432 personnes; le nombre des morts est descendu à i3o dans les dernières années.
- Avant la sérothérapie, la moyenne maxima était de 45 et la mortalité minima de 14 morts par semaine’;
- Pour 1898, on note : maxima 20; minima 6
- — 1903, —- — 13 ; 2
- — 1908, — — , 7; — 3
- — 19x3, —* — 1> — 2
- — 1918, — — 4; — 1
- Devant cette constatation, obtenue en comparant des
- moyennes, il ne peut être question d’atténuation de, maladie ou d’autres facteurs, et il est impossible de nier l’influence du sérum antidiphtérique.
- Peut-on espérer obtenir de meilleurs résultats ? C’est possible.
- Il faut d’abord que le médecin conserve la confiance qu’il a dans le sérum antidiphtérique, car il est spécifique et les chiffres montrent qu’il est efficace.
- L’action du sérum est certaine quand on peut intervenir dès les premières heures de la maladie et pratiquer une injection précoce ; il importe donc de faire un diagnostic clinique rapide; c’est parfois difficile, mais dès qu’on soupçonne la diphtérie, il faut injecter du sérum sans attendre que l’examen bactériologique ait confirmé le diagnostic, toute hésitation élant nuisible au malade.
- Dans certains cas, le diagnostic n’est pas fait parce que les circonstances sont telles qu’elles éloignent l’idée de la diphtérie. Jusqu’ici on n’a pas assez combattu la propagation de la diphtérie par les convalescents qui sont des porteurs de germes virulents très contagieux. Il est donc indispensable de ne rendre à la vie commune les convalescents de diphtérie que lorsqu’ils n’ont plus de bacilles diphtériques dans la gorge. Il serait même utile de prévenir les autorités hygiéniques ou médicales des déplacements des convalescents de diphtérie et de renseigner les familles sur la possibilité d’une contamination.
- Avant la guerre, à cause de la crainte qu’inspirait l’anaphylaxie, bien des médecins redoutaient les réinjections et différaient l’injection du sérum. Pendant la guerre, un grand nombre de médecins ont pratiqué de multiples injections de sérum antitétanique aux blessés qui bien souvent ont reçu deux ou trois injections à longs intervalles, et peu à peu ils ont acquis, par expérience, la conviction ferme que les réinjections sous-cutanées ne provoquent jamais de crises anaphylactiques graves chez l’homme.
- Au début de la sérothérapiè, on guérissait rarement les diphtéries graves toxiques. Depuis quelques années de nombreux observateurs ont conseillé d’employer dans ces cas de très hautes doses, d’autres ont pratiqué des injections intramusculaires ou même des injections intraveineuses, et tous ont obtenu des guérisons dans les angines considérées comme fatales. R. M.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour coller les étiquettes sur métal poli. —
- Quand on colle sur le métal poli du papier gommé à la façon habituelle, l’adhérence laisse fort souvent à désirer: en séchant, les étiquettes s’écaillent et tombent. Pour remédier à cela, on a préconisé soit le grattage du métal, ce qui n’est pas toujours possible ni toujours efficace, soit l’addition aux colles de diverses^mixtures. Nous avons au Laboratoire de La Nature fait plusieurs séries d’essais pour déterminer la valeur comparée de ces divers adjuvants, en employant une colle faite avec 5o gr., gomme du Sénégal (dite usuellement, mais improprement « gomme arabique ») et 100 gr. d’eau. Cette colle fut employée à coller du papier sur aluminium, sur cuivre poli, fer étamé et fer verni, après qu’on y eut incorporé, pour chaque essai, respectivement, les doses suivantes des divers produits recommandés pour renforcer l’adhérence : xo pour xoo acétate d’alumine, 10 pour 100 ammoniaque, 10 pour xoo acide acétique, 5 pour xoo cendres de bois, 10 pour 100 carbonate sodique anhydre, 10 pour 100 sulfate cuprique. En outre des essais furent faits avec la colle ordinaire sur métal simplement essuyé, puis avec même colle sur métal frotté au préalable de suc d’oignon.
- Sur aluminium : rien n’adhère, et il nous faudra chercher quelqu’autre moyen de collage ! Sur fer-blanc, la colle au carbonate sodique donne les meilleurs résultats ; sur le fer vernis et imprimé d’une boîte à biscuit, la meilleure adhérence est obtenue avec le carbonate sodique également, et avec l’acide acétique. Enfin pour coller des étiquettes sur le cuivre, la gomme seule suffit, l’addition dé n’importe quel adjuvant ne nuisant
- naturellement pas à l’adhérence. Pour incorporer à la colle un des agents améliorant sa qualité, nous avons simplement mélangé les liquides (en centimètres cubes pour 100 c. c.) ou les solides préalablement porphyrisés (en gr. pour 100 c. c.).
- Décuivrage et dénickelage du fer.— Ces opérations sont utilisées en galvanoplastie quand on veut débarrasser de leur enduit partiellement détérioré ou mal venu, des objets ^ remétalliser ensuite. M. Hodgkinson, qui a essayé d’employer un grand nombre de réactifs pour dissoudre cuivre et nickel sans altérer le fer, recommande le nitrate d’ammonium, employé fondu,,ou à l’état de solution aqueuse concentrée et chaude. Tandis que le fer, le plomb, l’aluminium et l’étain résistent fort bien à la corrosion, le zinc est instantanément dissous, le cuivre et le nickel se dissolvent un peu plus lentement.
- [Journal of the Society of chemical Industrr.)
- Alliage résistant aux acides. — En incorporant par fusion à du cuivre, 10 à 25 pour 100 d’un alliage de 40 gr. cobalt et 60 gr. étain, on obtient une sorte de bronze pouvant aisément être tourné, percé, et résistant si bien à l’action de l’acide nitrique (qui cependant attaque le cuivre pur avec l’énergie que l’on sait) que l’eau acidulée par 10 pour 100 d’acide met plus de 6 ans pour percer une paroi de l’alliage épaisse d’un millimètre environ. •
- (.Bulletin de la Société d'Encouragement à l’industrie.)
- Peut-on se colorer les cheveux avec des teintüres « para »? — On sait que le paraphénylène diamine forme la base de la plupart des teintures pour cheveux dix
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- commerce, malgré le henné qui orne toujours l’étiqueUe. Nous avons d’ailleurs (Recettes de la Maison, page ny). donné le moyen de préparer ces mixtures. Toutefois, et bien que leur substitution aux anciens produits à base de sels de plomb ou d’argent soit un grand progrès hygiénique, l'emploi des teintures para provoque parfois des accidents assez graves. Fait -curieux : la même teinture appliquée de même façon ne fait absolument aucun effet sur vingt personnes, mais elle indisposera gravement une vingt et unième, au demeurant forte et d’excellente santé. Il en est de même dans les usines de produits organiques synthétiques, où nombre d’ouvriers manipuleront très bien certains produits qui incommoderont fortement d’autres ouvriers.
- Pour éviter tout ennui aux spécialistes de la teinture pour cheveux, M. Lecoq préconise le moyen suivant, que peuvent aisément employer les personnes désirant se teindre elles-mêmes pour la première fois : Une journée avant l’application éventuelle de la teinture, on dépose une goutte de celle dernière sur la peau du « sujet », en choisissant un endroit où la présence d’une tache noire ne §oit pas gênante. Si le lendemain, l’épiderme est à cet endroit simplement coloré en noir, la personne peut sans inconvénient subir l’action de la mixture g mais s’il y a boursouflure, rougeur de la peau, ce qui se produit surtout chez les arthritiques et chez les rhuma-
- tisants, il sera prudent de s’en tenir à cette application d’essai.
- Schampoing- décolorant. — Le produit décrit par M. Moufet dans une revue professionnelle Le Capillar-liste permet de blondir la chevelure en la nettoyant. G est une simplification, attendu que pour appliquer un décolorant ou une teinture sur les cheveux, il faut d’abord les dégraisser afin que le réactif puisse mouiller les poils. Avec le nouveau produit, on nettoie en même temps que l’on décolore.
- Faire dissoudre 2 gr. de saponine dans 5o gr. d’eau, filtrer, verser dans un litre d’eau oxygénée, puis mélanger. Bien se garder de faire directement dissoudre la saponine dans l’eau oxygénée : cela provoquerait un vif dégagement d’oxygène. f
- On mouille abondamment les cheveux avec le liquide et on frotte entre les doigts : il se forme une mousse abondante à la fois détersive et décolorante. On peut, après traitement de toute la chevelure, essuyer et rincer avant séchage.
- Pour un blondissement très léger, couper le schampoing de son volume d’eau. Le préparer seulement peu avant l’emploi, de préférence avec de l'eau oxygénée pas trop vieille : on sait que la substance perd peu à peu son oxygène à la longue.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements vqui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. —- Dans l’article du n° 23^5, 4 octobre 1919, sur « Les ballons captifs », p.,214, légende de la figure 2, lire :
- Ballon captif allongé orientable iortype. Drachen français et non système Caquot 2e type.
- Question. — L influence de la Lune sur le temps. — M. Collin, de Bar-le-Duc, nous écrit :
- « Dans le n° 2.374 du 27 septembre, vous parlez de la Lune rousse que vous innocentez de tous ses méfaits.
- « Votis donnez l’explication classique de tous les Traités de Météorologie en disant que la gelée est due,, non pas à ce que la lune brille, mais à ce que le ciel est clair.
- « Cela est exact et il en résulte bien que ce n’est pas la lune elle-même qui cause la gelée; mais pour que l’explication soit complète il faudrait indiquer aussi pourquoi le temps est plutôt découvert en pleine lune qu’en nouvelle lune. Sans cela on ne peut pas nier l’influence de la lune qui, si elle n’est pas directe n’en existe pas moins en chassant les nuages, ou empêchant le temps d’être couvert.
- « Veuillez noter que je n’affirme pas, C’est un point d’interrogation que je pose et je serais content si vous, ou un de vos lecteurs, pouviez le résoudre. »
- M. G. Lambert, à Jargeau, Loiret. — L’ouvrage de Pozzi-Escot, La chimie colloïdale, édité chez Roussel, i, rue Casimir-Delavigne, vous donnera tous renseignements sur la question, voir également le Précis de physico-chimie, du même auteur, Vigot, éditeur, 33, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- M. G. V. N., Àilly-sur-'Noye. -- ie Un moyen très simple de dépolir les ampoules de lampes à incandescence consiste à les recouvrir du vernis suivant :
- Gomme Dammar. . . 25- grammes.
- Sandaraque............... 5o —
- Ether sulfurique. . . 5oo c. c.
- Faire digérer en flacon bien bouché jusqu’à dissolution et ajouter :
- Benzine .................z5o c. c.
- La proportion de benzine peut être modifiée suivant l’effet à obtenir, plus on met de benzine, plus le grain est gros.
- 20 L’obstruclion dès tubes de réchauffeurs dans les appareils à gaz d’essence, a pour cause la dissociation des hydrocarbures ; sous l’influence de la température élevée et la mise en liberté de carbone. Le meilleur procédé pour faire disparaître le dépôt est de chauffer les tubes au rouge naissant, d’y faire passer au moyen d’un soufflet et d’un tube de caoutchouc un courant d’air, jusqu’à ce qu’une combustion complète ait fait dispa-'raitre le carbone.
- 3° Les appareils de chauffage produisent dans l’atmosphère où ils se trouvent des courants ascendants qui ont pour conséquence un appel de l’air plus froid, on peut admettre que dans un temps donné, tout l’air de la pièce vient autour des radiateurs et amène avec lui les poussières en suspension d’où souillure des parties environnantes. Aucun remède ne peut être apporté à cet inconvénient.
- 4° Sous une différence de potentiel de 110 volts, pour obtenir un régime de 8 ampères, la résistance totale à intercaler dans le circuit doit être, d’après la loi d’Ohm, de 14 ohms environ.
- L’appareil dont vous disposez ayant probablement une résistance voisine de 5 ohms, il suffira d’introduire en série, dans le circuit, un l’héostat d’une résistance égale à 9 ohms. Ce rhéostat sera par exemple constitué par' un fil de maillechort d’un millimètre de diamètre et ayant une longueur de 33 m. Le Bazar d’Electricité, boulevard Henri-IV, à Paris, vous fournira le fil nécessaire. ,
- 5° En ce qui concerne le nettoyage des tableaux de distribution en marbre se servir de la mixture suivante :
- Savon blanc.......... 25 grammes.
- Eau............. 5oo c. c.
- Faire dissoudre à chaud et après refroidissement ajouter :
- Ammoniaque. . . 25 c. c.
- Incorporer ensuite du blanc d’Espagne en quantité suffisante pour faire une bouillie épaisse.
- Après emploi, riùcer à l’eau tiède, laisser sécher et encaustiquer légèrement avec :
- Cire blanche.............. 60 grammes.
- Essence de térébenthine . a5o c. c. ,r
- M. D, K., à Paris. — Travail des fers et métaux. Voyez Traité de Technologie, de Gibert, chez Masson; Traité de Technologie, de Fleury, chez Dunod et Pinat; Travaux de Codron, chez Dunod et Pinat; Le mémoire de Taylor, chez Dunod et Pinat. Travail du bois, voyez les traités publiés chez Roret et chez Garnier.
- M. J. Gonzales, à Valladolid. — Voyez les ouvrages . le Telphérage électrique, par Guarini, chez Dunod et
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- BOITE AUX LETTRES
- Pinat, "Paris (1906). Les Transporteurs aériens, par L..Pierre, Béranger, éditeur, Paris.
- M. René Martin, à Paris. —'Vous nous indiquez bien la longueur focale de la lentille qui doit constituer l'élément antérieur de votre lunette photographique; mais, pour déterminer la position de l’élément amplificateur, il faudrait également en connaître les caractéristiques. C’est, dites-vous, un objectif à 4 lentilles pour i3X 18; son foyer ne doit donc pas s’écarter beaucoup de 20 cm, et nous estimons que c’est beaucoup trop. Il faudrait, pour cette application, un foyer beaucoup plus court (5 cm par exemple), à moins qu’une très faible amplification vous suffise et que vous admettiez la possibilité d’employer une lunette de grande longueur. Votre instrument n’étant qu’imparfaitement corrigé de l’aberration chromatique, vous pourriez le monter sur un cadre à coulisse, commandé par une crémaillère ou une vis de réglage. Une série d’essais vous montrerait la meilleure position pour un grossissement déterminé. Vous trouverez l’exposé détaillé de la question, ainsi que les formules dont vous aurez besoin, dans les ouvrages suivants, tous édités chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins : T.-R. Dallmeyer, le Téléobjecitf et la téléphotographie ; C. Fabre, Traité encyclopédique de photographie ; P. Moessard, Y Objectif photographique ; A. Soret, Optique photographique.
- M. Merlin, à Maiakoff. — i° C’est le chlorure cuivrique qui doit être employé. Les plaques ainsi traitées ne se conservent pas très longtemps, et il vaut mieux les utiliser au plus tôt. Cependant, quand les lavages ont été bien effectués; on en obtient encore de bons résultats au bout d’un an. — 20 L’écriture à l’encre ordinaire, qui s’est effacée après plusieurs années de séjour dans votre laboratoire, pourrait probablement redevenir lisible, soit par un sulfure alcalin, qui la fera réapparaître en noir, soit par le ferrocyauure de potassium (prus-siate jaune), qui lui donnera un ton bleu. Il sera prudent, en tout cas, de commencer par déposer une seule goutte du réactif sur l’étiquette, afin d’en vérifier l’effet.
- M. Paul Sigrist, à Lyon.,— Les surfaces intérieures des lentilles de votre objectif seront facilement nettoyées à l’aide d’une tige de sureau taillée en pointe de manière à enlever environ 1 cm dj’écorce. La moelle ainsi mise à nu est passée très légèrement sur les verres, qui doivent alors devenir nets et brillants. Si certaines taches résistent à ce traitement, il faudra renvoyer l’objectif à l’opticien, afin qu’il procède à un nouveau polissage.
- M. H. Saugeron, à Ismaïlia. — i° Les photocopies au bromure, déjà virées par sulfuration, peuvent parfaitement être ensuite virées à l’or. On emploie, à cet effet, les formules usuelles de virage ou de virage-fixage. Les tons obtenus varient du brun-rouge aux teintes sanguine ou carmin ; ils dépendent non seulement de la composition du bain de virage, mais aussi du degré de sulfuration de l’épreuve et même de la nature du papier. Les tons les plus agréables sont fournis par des solutions diluées d’un bain de virage à l’or contenant de la sulfo-urée ou. du sulfocyanure d’ammonium, par
- exemple :
- Eau.................................. 1000 c. c.
- Sulfocyanure d’ammonium.............. 20 gr.
- Solution à 1 pour 100 de chlorure d’or. 20 c. c.
- La solution d’or est ajoutée goutte à goutte, environ 3o minutes avant l’usage, et le bain est prêt à servir dès qu’il est entièrement décoloré. Le virage s’achève lentement; mais, s’il reste incomplet, il aboutit à une grande variété de colorations : certaines images ainsi virées en deux ou trois tons sont d’un très bel effet. Au sortir du bain de virage, les épreuves sont rincées et fixées dans une solution d’hyposulfite (sans addition d’acide). Terminer par un lavage abondant.
- 20 II n'est pas impossible que le sel de cuivre puisse être remplacé par un sel d’urane ou de fer ; mais ces variantes au procédé décrit dans le n° 2356 n’ont pas encore été étudiées. Du reste, l’emploi de divers déve-loppateurs permet d’obtenir une grande Variété de tons, sans qu’il soit nécessaire de changer la nature du mordant qui constitue l’image primaire au chromate de cuivre.
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. [Tenir indiquées.)
- compte des majorations temporaires
- Les fours électriques industriels et les fabrications électrothermiques. Construction, mode d’emploi et conduite des fours électriques. Utilisation dans les industries chimiques et métallurgiques. Production des métaux et alliages. Produits réfractaires, abrasifs. Eléments et composés divers employés dans l’industrie, par Jean Escard. In-16, de viii-652 pages, avec 25o fig. et 4o pl. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 60 francs (majoration comprise).
- Cet ouvrage est une véritable encyclopédie de la question. M. Escard y a apporté sa puissante documentation et sa compétence reconnue. On y trouvera la description des principaux fours et la discussion de leurs avantages; l’étude des divers procédés électrothermiques est appuyée de' chiffres précis sur les prix de revient des divers produits. Ce livre vient à son heure, au moment où tant d’efforts sont déployés pour développer l’exploitation de la houille blanche en France.
- !Théorie générale de Vélectromagnétisme. Introduction à l’étude technique des machines électriques et de la télégraphie par ondes, par J.-G. Pineau. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris 1919. In-8° de xu-72 pages, avec 26 figures. Prix : 5 fr. 25 (majoration comprise).
- M,. Pineau admet qu’il existe un état d’équilibre stable des milieux qui affectent les phénomènes électriques et que ces phénomènes sont la résultante de la perturbation de( cet état d’équilibre. Il admet que
- chaque particule du .milieu soumis à une perturbation est sollicitée par une force vers sa position d’équilibre. Cette force est ce que M. Pineau appelle la tension du point considéré, et il ramène toute l’élude de l’électromagnétisme à l’étude de cette seule force ou du déplacement qui lui a donné naissance.
- L’auteur a employé presque constamment la méthode géométrique.
- Le tunnel sous la Manche, par Alfred C. Tobiansky d’Altqff. In-8° de 4^ pages, avec figures. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 6 fr.
- L’auteur expose les divers projets élaborés depuis cent ans, ainsi que les avantages qui s’attachent" à la jonction souterraine France-Angleterre. Il examine également les méthodes de travail et les procédés à adopter pour la mener à bonne fin.
- Des mécanismes élémentaires, par L.-E. Loche. In-8° de xn-257 pages, avec 3g5 figures. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 191g. Prix : i5 francs (majoration comprise).
- Cet ouvrage est un véritable dictionnaire des mécanismes; les descriptions sont à la portée de tous. Le classement adopté et des tables permettent la recherche rapide d'un mécanisme dont à un moment donné on peut avoir besoin. Cet ouyrage à la fois de vulgarisation et de documentation rendra de grands services aux mécaniciens, aux ingénieurs et aux inventeurs.
- Les cahiers delà Victoire. La Foie Sacrée. (Le service automobile à Verdun). 1 vol. in-18 jésus (i85Xh7) à 2 fr. 5o net. La Renaissance du Livre, éditeurs, Paris, 1919.
- ..Exposé concis, mais vivant et émouvant, du rôle grandiose joué par les services automobiles pendant la bataille de Verdun.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2381
- 15 Novembre 1919
- INFORMAT] O
- L’aviation postale. — L’aviation postale est aujour-d hui officielle. Trois décrets viennent de réglementer les surtaxes à appliquer aux correspondances transportées, par avions :
- i° Entre Paris et Londres : surtaxe de 3 francs par 20 gr. ou fraction de 20 gr.
- 20 Sur le territoire métropolitain (y compris la Corse) et entre France et Maroc.
- Jusqu’à 5oo km . . o fr. 75 jusqu’à 20 gr. '.
- 1 fr. 5o de 20 gr. à 100 gr.
- 2 fr. 2 5 de 100 gr. à 200 gr.
- De 5oo à 800 km. 1 fr. jusqu’à 20 gr.
- 2 fr. de 20 gr. à 100 gr.
- 3 fr. de 100 gr. à 200 gr.
- Au delà de 800 km. 1 fr. 25 jusqu’à 20 gr.
- 2 fr. 5o de 20 gr. à 100 gr.
- 3 fr. 75 de 100 gr. à 200 gr.
- A quelle distance entend-on le tonnerre? — On
- admet généralement que le tonnerre ne peut guère être entend f à plus de 20 km. Toutefois, dans des conditions favorables, la nuit, au bord de la mer, en l’absence de bruits parasites, il semble que cette distance puisse s’accroître largement, si l’on en juge par les récentes observations communiquées par M. C. J. P. Cave à notre confrère anglais Nature. Sur la mer, il y a quelques années, il compta plus de deux minutes entre l'éclair et le bruit, ce qui, pour une vitesse du son de 3oo m. par seconde représentait une distance de plus de 36 km. Le 5 septembre dernier, pendant un orage, il complu. 140 secondes. Dans la nuit du Ier au 2 octobre, un ora t,e qui traversait la Manche par temps clair permit de compter des intervalles de 120, 170 et meme 189 secondes entre l’éclair et le coup de tonnerre correspondant. 11 serait intéressant de multiplier ces observations.
- Consommation française de la houille et du pétrole pendant la guerre. — La Statistique générale de la France, qui vient de paraître pour les années de guerre, nous- renseigne sur la consommation de combustibles pendant cette période où nous nous sommes tant plaints des restrictions et des privations. Nous reproduisons ici ses données en les comparant à celles de quelques années antérieures.
- Houille, anthracite, lignite (en milliers de tonnes) :
- Années. Production. Importation. Exportation. Consommation.
- i8c;3. . s5.65i h . 401 898 36.379
- igo3. ; 34.906 14.802 959 48.180
- 1913... 40.844 25.323 1.5oo 64-834
- 1914. .' 29.787 19.532 728 • 48.600
- igxô. . 19.875 20.876 ii5 4° 6.00.
- 1916. . 21.473 21.527. 2 r 1 42.800
- 1917. . 28.925 i8.435 >9* 47•200
- 1918.,. 28.000 17.327 i.g57 43.400
- Pétrole (en milliers de quintaux) :
- Années. Importation. Exportation. Consommation.
- i;lg3. . . 2 606 18 ’ 2.588
- igo3. . . 4.3*3 68 4. *55
- :9i3. . . 5.533 89 ,5.444
- igM- • • 4.886 102 4.784
- 1915 • • • 4.727 . 62 4.665
- 1916. . . 6.436 - 18 6.418
- 1917. . . 6.292 l6 6.276
- 1918. . . 7.414 48 7.366
- On voit que nos ressources en combustibles solides n’ont fait que revenir aux chiffres d’il y a quelque 20 ans et que celles en pétrole n’avaient jamais été aussi considérables.
- Les aveugles de guerre dans l’industrie. — On
- compte environ 4000 aveugles de guerre. Il est du devoir du pays de leur assurer des professions qui leur permettent de vivre dignement; le problème est difficile, mais il a attiré l’attention des gens de cœur et a été résolu déjà de plusieurs façons intéressantes. Il convient de citer l’exemple de la Compagnie Thomson-Iiouston, une de nos plus puissantes sociétés électriques’, qui a
- étudié avec un soin particulier le moyen d’employer les aveugles dans ses ateliers et a réalisé une œuvre généreuse et des plus intéressantes. La Revue générale d’Electricité fait connaître en détail ce qui a été fait par cetle maison.
- S’appuyant sur les résultats déjà obtenus, aux Etats-Unis, par le Dr Wheeler qui, avant l’entrée en guerre des Etats-Unis, avait essayé d’employer des aveugles à différents travaux tels que bobinage, enrubannage des dynamos, etc., la Compagnie Thomson-Houston décida au printemps de 1918 de faire un essai dans le même sens. Dans son usine de Neuilly-sur-Marne, consacrée à la construction des moteurs et dynamos de moyenne puissance, elle organisa un atelier spécial pour aveugles. Les résultats furent rapidement encourageants; on commença par le bobinage et l’enrubannage ; bientôt d’autres travaux y furent adjoints : découpage au balancier, estampage des petites pièces, encochage des disques de tôle des induits, montage des rhéostats. On se rendit compte très vite que ces derniers travaux étaient plus avantageux pour les aveugles que les premiers, et leur permettaient de gagner aux pièces des salaires analogues à ceux des ouvriers clairvoyants, sans qu’il y ait jamais eu d’accidents à déplorer. L’atelier de Neuilly occupe 18 aveugles, et il paraît possible d’augmenter ce nombre en raison de la quantité de travaux susceptibles de leur être confiés : calibrage de la visserie, des pièces à répétition, et en général les travaux à répétition pour lesquels.les mouvements sont presque automatiques et n’exigent pour ainsi dire pas l’intervention de la vue.
- A l'usine de la rue des Favorites à Paris, la même Compagnie a ouvert un atelier de piles sèches pour aveugles; 4 soldats aveugles y travaillent à la fabrication des comprimés au peroxyde de manganèse, et y gagnent les mêmes salaires que les ouvriers qui faisaient préeé-demmeùt ce travail.
- Signalons encore qu’au siège de la Société, un soldat aveugle transcrit, à l’aide d’un dictaphone, des résumés de courrier à la machine à écrire.
- L’auteur de l’article insiste sur le fait qu’il convient de ne pas disperser les aveugles dans les usines, mais de leur réserver un emplacement spécialement aménagé pour eux de façon à ne pas les faire passer au milieu des machines en mouvement, et à pouvoir organiser une surveillance facile et une distribution pratique de l’ouvrage.
- Un point préoccupant était la conduite des aveugles de leur habitation jusqu'à l’usine. Les aveugles mariés sont conduits à l’usine par leurs camarades ou leurs femmes, dont beaucoup sont également employées comme ouvrières.
- Pour les célibataires, la Société de rééducation « Le Phare de France », 14, rue Daru, Paris, leur a aménagé à proximité de l’ùsine une villa où ils sont logés et nourris à raison de 4 fr. 5o par jour.
- La Compagnie Thomson-Houston a mis à la tète de son organisation pour les aveugles un de ses anciens ingénieurs, M. Bocquet, qui lui même a perdu à la guerre ses deux yeux et une main.
- La marine marchande hollandaise. — La Revue de la marine marchande publie les renseignements suivants qui lui sont communiqués par lé" Ministère de la Marine : La flotte de commerce hollandaise se composait, à la date du icr janvier de cette année, de 4*8 vapeurs d’un tonuage de 3 41 ^ 543 m5 et d’un peu plus d’autres navires de types divers, soit au total 907 navires représentant un tonnage de 3 652900 ms (t 3o8 000 t. de jauge brute). Cette marine est envoie de développement. Les grandes Compagnies de navigation font d’importantes commandes aux chantiers de construction hollandais et même anglais. Le port de Roltex’dam redevient actif. Le chiffre des entrées et sorties de navires atteint presque la moitié de ce qu’il était au mois de mai 1914. Le transit à destination de l’Allemagne (armées d’occupation et population civile) en représente les neuf dixièmes, Le pavillon français n’y est représenté que par un navire sur 4^8 entrés (t52 hollandais, i5y anglais, 3o américains).
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- INFORMATIONS
- D’après le Masbode du 4 juin, le mouvement maritime comparé de Rotterdam et d’Anvers pendant les cinq premiers mois de l’année en cours s’établit de la façon suivante : Rotterdam 1519 navires jaugeant 1 749344 t. ; Anvers 1079 navires jaugeant 1 689 711 t.
- La fabrication de la glycérine par fermentation en Allemagne pendant la guerre. — La disette de graisses provenant de l’application du blocus a eu pour conséquence une diminution considérable de la production de la glycérine en Allemagne pendant la guerre. Etant donnée l’importance primordiale de ce produit pour la fabrication de certains explosifs, les recherches commencées plusieurs années auparavant par Lüdecke en vue d’obtenir la glycérine par fermentation du sucre ont été, dit la Revue générale des Sciences, activement poussées en vue de rendre ce procédé industriel, et elles ont fini par aboutir à un résultat pratique qui, soigneusement tenu secret jusqu’à la fin des hostilités, vient d’être rendu public par Gonnstein.
- Le procédé de Counstein et Lüdecke est basé sur l’observation que le pourcentage de la glycérine formée dans la fermentation du sucre s’accroît lorsque la fermentation a lieu en présence de substances alcalines. Parmi ces dernières, il faut signaler surtout le sulfite de soude, auquel la levure résiste même en proportion considérable. Ainsi une solution préparée avec ïo litres d’eau, 1 kg de sucre et 4°° gr- de sulfite, accompagné d’un peu de sulfate d’ammonium, de phosphate de sodium et de sels de potassium, a complètement fermenté en quelques jours sous l’influence de 100 gr. de levure.
- Cette méthode a été mise en œuvre par la Compagnie Protol, qui a mis en service à l’origine jusqu’à 63 usines ; les plus importantes continuèrent seules dans la suite, et la production mensuelle de glycérine s’éleva à environ 1000 tonnes.
- La fermentation donne de la glycérine, de l’alcool et des aldéhydes, et bien entendu dégage de l’acide carbonique. Par des traitements appropriés on sépare l’alcool et les aldéhydes, et l’on obtient une glycérine propre à tous les emplois techniques.
- La betterave sucrière, succédané du malt en brasserie. — L’industrie brassicole éprouve, en Autriche, de sérieuses difficultés à retrouver tous les éléments dont elle disposait si largement avant la guerre. La production de la bière paraît y être plus précaire que celle du sucre, si l’on en juge par les modifications apportées à la fabrication de cette boisson qui tient une si grande place dans la consommation nationale.
- D’après la revue Chimie et Industrie, le Gouvernement autrichien, pour obvier aux difficultés que rencontre la production du malt, a livré à la brasserie des quantités assez importantes de betteraves sucrières, destinées à être employées comme succédané du malt, cela après des essais dont on a obtenu des résultats intéressants.
- Les betteraves, découpées, sont versées, avec de l’eau à 700, dans la cuve-filtre la veille de l’emploi, la température étant maintenue par injection de vapeur; on termine en faisant bouillir pendant une heure.
- Le liquide sucré est envoyé en chaudière à trempes. On verse à nouveau de l’eau chaude, et après digestion de dix heures, on envoie le liquide dans la chaudière à cuire, et on refait deux lavages au moins, jusqu’à ce que le dernier liquide ne pèse pas plus de 1,5 Balling. Tous ces lavages sont coulés en chaudière à cuire.
- Le premier jus est utilisé au réchauffage de l’empâtage habituel du malt. On laisse les cossettes dans la cuve-filtre et on y fait passer le brassin. Il n’y a pas de difficultés à la filtration, la quantité de drèches étant très petite.
- Le rendement des betteraves en extrait peut atteindre 70 pour 100 avec une division suffisante. La bière, obtenue avec 7$ pour xoo des matières premières en betterave, conserve un goût marqué de betterave, et il est nécessaire d’augmenter d’au moins 20 pour 100 la dose habituelle de houblon. On a utilisé semblablement la betterave découpée en rondelles, puis séchée.
- L’Autriche, on le voit, doit faire appel à l’utilisation des « ersatz » dans une industrie qui, avant la guerrç, était très florissante, et qui ne peut subsister, aujourd’hui, que grâce à l’emploi de procédés et de matières premières jusqu’alors inusités, la betterave à sucre n’ayant jamais joué le rôle de succédané normal du malt en brasserie. IL B.
- Les phosphates égyptiens. — Le Mouvement Géographique donne sur ces engrais les renseignements suivants : Les gisements de phosphate existant dans les couches sédimentaires sont distribués en Egypte sur une vaste échelle ; ils présentent à peu près le même caractère que ceux d’Algérie et de Tunisie et leur importance économique est considérable. Les terrains actuellement affermés pour leur exploitation minière représentent une très faible proportion de la surface totale supposée contenir des phosphates, de sorte que l’entreprise a devant elle un très bel avenir.
- L’extraction du phosphate se pratique actuellement dans les districts de Safaja et de Kossier près de la côte de la mer Rouge et le district de Sebaia sur la rive • est du Nil. Yoici quelle a été la production pendant ces neuf dernières années :
- • 91 « 2,397 tonnes métriques
- 1911 I2,Ol3 —
- 1912 70,918 —
- 1913. . io4,45o —
- 1914 71,945 —
- *9"5 82,998 —
- 19 j 6 125,008 —
- 1917 115,732 —
- 1918. 3 r, 147
- Le phosphate de roc est transporté brut en vrac, ou bien converti en un fertilisant dont il existe actuellement deux variétés en Egypte : le phosphate basique Ephos, et le tétraphosphate, expédié dans des sacs.
- Avant la guerre, la plus grande partie de la production égyptienne de phosphate était exportée au Japon, qui en a importé 75 565 t. en 1914. Durant les hostilités, la quantité exportée a diminué par suite de l'élévation des frets et de l’impossibilité d’obtenir les navires suffisants. En 1916, par exemple, il n’a été expédié que 20 526 t., dont 17521 ont été partagées entre le Royaume-Uni et les colonies britanniques.
- Néanmoins, les gisements de phosphate ont été exploités, quoique dans des proportions réduites, et l’en-semb’.e de la production attend maintenant, pour être exportée, que la navigation soit rendue plus facile.
- Le phosphate produit dans la vallée du Nil est de la qualité la moins bonne ; il est expédié du port d’Alexandrie. Ce sont les districts de la mer Rouge qui produisent les meilleures qualités qui sont exportées par les ports de Safaja et de Kossier. Le port de Safaja offre un mouillage en-eau profonde et possède une installation pour le chargement mécanique.
- Quant au superphosphate, on n’en a pas encore produit en Egypte à cause du coût élevé de l’acide importé.
- Les Chambres d’agriculture. — Une loi du 25 octobre dernier crée et organise dans tous les départements des Chambres d’agriculture, lesquelles peuvent se fédérer en Chambres régionales. Elles sont élues au scrutin de liste pour six ans et sont renouvelables par moitié tous les trois ans. Elles se réunissent deux fois par an. Leur rôle, très vaste et très important est défini par l’article 33.
- Elles sont obligatoirement consultées sur la création, dans le département, des établissements d’enseignement agricole ou vétérinaire, des stations agronomiques et œnologiques, ainsi que des foires et marchés; sur les changements projetés dans la législation en tout ce qui touche aux intérêts agricoles, et notamment en ce qui concerne les contributions indirectes et les octrois, l’emploi des eaux; sur les tarifs des douanes, sur les tarifs et règlements des services de transports et autres concernant l’agriculture ; sur les usages agricoles ; sur l’établissement de caisses régionales de crédit agricole ; sur les projets de règlements locaux en matière d’agriculture; sur l’exécution des travaux publics intéressant l’agriculture ; sur la distribution des fonds généraux et départementaux destinés à l’encouragement de l’agriculture; sur les reboisements et suppressions de forêts et sur toutes les questions concernant l’agriculture.
- Elles renseignent le Ministre de l’Agriculture sur la situation agricole dans leur circonscription.
- En outre, elles seules peuvent autoriser les déboisements fart. 38), elles peuvent opérer tout contrôle (art. 39) et même exercer des poursuites contre ceux qui falsifient ou altèrent les produits agricoles ou qui influent illégalement sur le marché (art 42)-
- On voit l’énorme importance de la nouvelle loi qui doit entrer en application dans un délai de trois mois.
- nef™!»
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- >•
- CE QU'IL FAUT SAVOIR D'ÉLECTRICITÉ (Suite)
- Différence de potentiel. — Considérons le courant qui passe dans lelilAB. Le fil chauffe, donc il y a de l’énergie dépensée. Les coulombs qui passent de A à B cèdent un certain nombre de calories. L’énergie électrique tombe sous la forme calorifique.
- L énergie électrique s’évalue en joules; chaque joule peut fournir un certain nombre de calories et à chaque
- —----------jWWWWVWWWVW^g--------------------—
- Fig-
- calorie correspond un certain nombre de joules. Il y a équivalence entre l’énergie calorifique et l’énergie électrique.
- On sait que l’énergie susceptible d’élever de i degré la température de i gramme d’eau s’appelle calorie; cela représente aussi 4.17 joules. Donc, si nous voulons évaluer en joules l’énergie électrique dépensée dans le fil A B, nous pourrons par une expérience de calori-métrie déterminer le nombre de calories qu’il fournit et multiplier ensuite ce nombre par 4,17.
- Ainsi donc, chaque coulomb qui va du point A au point B, cède un certain nombre de joules : on dit qu'il existe entre ces deux points une différence de potentiel (d. d. p.).
- Par définition, nous dirons que celle d. d. p. est l’unité ou volt, lorsque chaque coulomb dépense 1 joule.
- Mesuré des - différences de potentiel. — Mesurer la d. d. p. qui existe entre deux points c’est donc rechercher combien chaque coulomb, qui passe de l’un de ces points à l’autre, dépense de joules.
- Soit à déterminer la d. d. p. qui existe aux bornes de la résistance R, traversée par un courant de
- 4 ampères (fig. 2).
- Les mesures sont les suivantes :
- Masse en eau du calorimètre . 3oo grammes.
- Température initiale.........13°, 1
- Température finale........... 18°,3
- Durée de l’expérience........ 120 secondes.
- L’élévation de température est de 5°,2, ce qui montre que chaque gramme d’eau a reçu 5 calories 2.
- Les 3oo grammes ont donc reçu : i56o calories ou 4 joules 17 >< i56g = 65o5,2 joules.
- Cette énergie a été fournie par les coulombs qui ont passé dans.la résistance R. L’intensité étant 4 ampères, le courant débitait 4 coulombs par seconde, soit 480 coulombs pour la durée de l’expérience.
- Chaque cou-lombadoncfour-
- . 65o5,2 _
- ni —-— =r ii,t> 480
- joules. La différence de potentiel cherchée est donc de 13,5 volts.
- Les deux appareils fondamentaux qui servent à effectuer les mesures sur le courant électrique sont donc la balance et le calorimètre. Dans la pratique, nous utiliserons pour mesurer la d. d. p. un appareil appelé voltmètre basé, comme l’ampèremètre, sur l’action du courant sur les aimants ou sur la dilatation d’un fil. Cet appareil se branche en dérivation aux points entre lesquels on veut mesurer la d. d. p. (fig. 2).
- Puissance du courant. — On appelle puissance d’un générateur l’énergie que ce générateur petit fournir en une seconde.
- En électricité, l’unité de puissance est le watt qui correspond à x joule par seconde.
- Soit une dynamo qui débite 3o ampères sous 110 volts. Quelle est sa puissance?
- La d. d. p. étant 110 volts, chaque coulomb dépense 110 joules. L’intensité étant 3o ampères, le courant
- débite 3o coulombs par seconde; donc, pour chaque seconde, l’énergie fournie est de : 110 joules X 3o — 33oo joules ou 33oo watts ou 3 kilowatts 3.
- On sait que le cheval vaut 7.36 watts. La puissance en
- HP sera donc : ^£ — 4,48 HP.
- 736
- Mesure des puissances. — Dans l’industrie, on peut avoir à mesurer la puissance absorbée qxar une raboteuse, un tour, un monte-charge, un ascenseur,-etc., actionnés électriquement. La solution est immédiate. Si I est l’intensité, E la d. d. p., on aura de suite :
- Puissance = ExI watts.
- Si l’on remarque que les distributions sont faites à différence de potentiel constante, soit 1 io, 220, 44° volts, on voit que E est connu d’avance. Il suffit donc de mesurer l’intensité. Débranchant un des fils amenant le courant, on intercale l’ampèremètre. L’intensité est connue à chaque instant, ce qui permet de déterminer la puissance (fig. 3).
- Soit un moteur qui actionne un tour à bois; si l’ouvrier ne travaille pas, la machine tournant à vide absorbe 3 ampères >..
- Quand on travaille, l’intensité passe à 5, 6, 7, 8, 10 ampères selon T énergie demandée.
- La distribution étant faite sous 110 volts, la puissance absorbée à vide est de :
- 3,2X i io = 352 watts'1 et en charge elle varie comme suit :
- 55o, 660, 770, 880,
- 1100 watts, selon le travail.
- Il suffit donc de lire les indications de l'ampèremètre potrr avoir des indications précises sur la marche de la machine. On peut ainsi Fig- 3.— Mesure de l'intensité, étudier méthodiquement la perle par frottements, l’influence du graissage, la puissance demandée par une transmission, et jusqu’à la manière dont chaque ouvrier ou chaque outil travaillent.
- Tarification de l'énergie, électrique, -r- Dans la pratique, l’énergie électrique se vend au kilowatt-heure (kw-h), cela correspond à une puissance de 1 kilowatt ou 1000 joules-seconde qui dure pendant 1 heure. Le prix de vente varie selon les régions. Pour l’éclairage, le kw-h vaut environ o fr. 80.
- Une lampe de 32 bougies absorbe environ 4° watts ou o kw 04. La dépense horaire de cette lampe est donc de o kw-h 04, soit :
- o fr. 80 X 0,04 = o fr. o32.
- La mesure des kw-h dépensés par les clients se fait à l’aide de compteurs. Ces petits appareils, bien étalonnés, vous serviront à étudier les lampes que vous employez. Inversement, si vous connaissez exactement la dépense des lampes, cela vous permetti’a de regarder si votre compteur est juste....
- Exemple. — J’allume une lampe de 16 bougies, à filament au tungstène pressé (O. R.). La dépense devrait être de 1 watt, 1 par bougie. Soyons larges, et admettons une dépense de 1,2 watt par bougie. Notre lampe consomme donc : iw2Xi6 = i9>2 watts. Regardons maintenant le compteur, le disque tourne, nous trouvons qu’il fait 8 tours en 2 minutes ou 120 secondes. Pendant ce temps, notre lampe a donc dépensé :
- 19,2 X 120 = 23oî joules.
- Voyons ce que le compteur a enregistré :
- Chaque tour de disque correspond à 0,07 watt-heure.
- Or le watt-heure correspond à une énergie de 1 watt pendant 1 heure, soit à 36oo joules.
- Un tour de disque correspond donc à :
- 36oo’X 0,07 — 101 joules et les 8 tours à : 25a X 8 — 2016 joules.
- Nous n’avouS donc pas à nous plaindx’e du complexMv
- Faisons la même expéi'ieuce avec une lampe « Métal »
- VOLTS
- AMPERES
- — Mesure de la différence de potentiel.
- MOTEUR
- "*rü5~iâfr
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- de bougies. Le disque fait. 9 tours en 1 minute. La dépense qu’il enregistre pendant ce temps est. donc de : 25'i X 9 — 2268 joules.
- La dépense par seconde est donc de :
- 2268
- —— = 07 watts, uo
- ce qui nous facture pour notre lampe une dépense par bougie de :
- ^1
- 32
- ce qui est normal. Axdré Djelavie
- (./ suivre.)- '- • - Professeur d’Électricité industrielle.
- 1 watt 15,
- Chauffage
- Chauffage au charbon pulvérisé des petits ateliers par aéro-pulvériseur* — L’économie de combustible, en présence" -de -la crise charbonnière qui affecte si grandement et de plus en plus tous les pays, devient une nécessité impérieuse. Il est vraiment temps par
- fiq. — Installation schématique d'un aéro-pulvériseur.
- exemple que nos industriels abandonnent leurs antiques foyers dont l’insuffisance de combustion se révèle par des mâchefers dans lesquels ou trouve parfois jusqu a 25 pour 100 de carbone non. -brûlé et encore utilisable. On préconise beaucoup eu ce moment pour remédier à ce coûteux gaspillage le procédé'de chauffage par charbon pulvérisé, et à cet effet, des centrales dé pulvérisation et de distribution se montent en France. Mais il se conçoit que celles-ci ne pourront convenir dans tous les cas, par suite de leur trop grande production et de leur prix. Afin de faire bénéficier des avantages que procure le charbon pulvérisé, le petit atelier qui ne consomme qu une petite quantité de charbon, et sans *que cela lui occasionne une grosse dépense, des appareils spéciaux viennent d être créés dont le prix d achat est inférieur à celui d’une grille mécanique, mais dont le rendement comme appareil de chauffage est bien supérieur à celui que l’on obtient du charbon pulvérisé.
- L'aéro-pulvériseur de la Société La Combustion rationnel le est a la fois un pulvériseur et un -ventilateur ; il se compose (lîg. 4) d un rotor à axe horizontal portant plusieurs jeux de palettes chargées du broyage du charbon et se terminant par un ventilateur dont la fonction est d’aspirer la poussière de charbon et de la refouler dans le foyer a chauffer. Le charbon, à la grosseur de 3o mm au plus, est introduit dans l’appareil d’une façon continue par un distributeur spécial. Il tombe sous le premier jeu de palettes. Le courant d’air créé par le ventilateur 1 entraîne dans une sérié de compartiments pour arriver enfin, sous forme de poussière impalpable, au ventilateur où il est mélangé avec la quantité d’air nécessaire à la combustion pour être insufflé dans le foyer.
- Il n est pas utile de sécher le charbon avant pulvérisation, car dans cet appareil, il est possible, en effet, de pulvériser sans difficulté des combustibles contenant de 4 à 5 pour 100 d’humidité.
- L’aéro-pulvériseur est relié simplement au foyer par une conduite en tôle mince de diamètre approprié ; il est actionné par un moteur électrique ou par une turbine, soit par courroie, soit par accouplement direct selon les cas. La puissance nécessaire en kw est approximativement comprise entre 0,025 et o,o3o fois le poids de charbon pulvérisé, exprimé en kg.
- Avec ce système, l'économie de combustible réalisée est d’environ 2.5 pour 100 par rapport au chauffage sur grille. C’est que la combustion est parfaite en raison de 1 état de division du combustible et parce que l’excès d’air, nécessaire pour obtenir ce résultat peut être réduit à un minimum que l'on ne peut atteindre avec les autres procédés de chauffage. En outre, les pertes de combustible pour rallumage, par filtrage à travers la grille et dans les escarbilles, sont évitées. La fumivorité est également complète, conséquence des conditions dans lesquelles s’effectue la combustion, et le travail du chauffeur se réduit à la surveillance de l’appareil et du foyer.
- L aéro-pulvériseur est fabriqué eu 5 grandeurs correspondant à une consommation de 270, 45o, 900, i35o et 225o kg de charbon pulvérisé par heure, les puissances absorbées en marche normale étant pour un charbon contenant au maximum 3 à 4 pour 100 d’eau : 10 14, 3o, 40 et 65 HP.
- Société La - Combustion rationnelle, 3, rue d’Edimbourg, Paris.
- Le récupérateur pour lampes à pétrole. — Le problème du chauffage se pose, pour l'hiver prochain, dune façon angoissante. Le combustible sera rare dans toute la France. Une stricte économie s'impose donc, aussi bien dans les ménages que dans l’industrie ou les grands services publics. C est précisément le chauffage domestique qui utilise le combustible avec le plus mauvais rendement, nous pouvons même dire avec uu rendement déplorable. Il y a doue un gros effort à faire dans celle voie. La vraie solution serait à chercher dans la voie des chauffages centraux, des distributions d’eau chaude,, etc. Nous ne sommes pas encore équipés pour les réaliser en grand ; nous serons donc encore réduits cet hiver aux modes de chauffage usuels, fort archaïques et coûteux. Le petit appareil représenté ci-dessous assure une économie, qui dans ces conditions n’est pas négligeable. Il utilise la chaleur perdue des lampes à pétrole. Celle-ci est considérable. La combustion d’un kilogramme de pétrole développe 12 000 calories, et dans le cas d une lampe d éclairage, une bonne partie de ces calories se retrouve dans les gaz chauds qui s’échappent du verre de lampe.
- Si 1 on n eu récupère que le quart, 3ooo calories, c’est encore la quantité de chaleur théoriquement nécessaire pour porter de o à ioo° la * température de 3o kg "
- d’eau.
- On voit ainsi que la récupération des cha- ’ leurs jxerdues d’une :
- lampe, d’un débit un peu élevé, présente un intérêt cerlain.
- Le récupérateur de M. Guillain consiste en une chambre de chauffe montée sur un trépied 1
- coulissant, dont la hau- 1
- tour se règle par conséquent suivant celle de la lampe et de son ,
- verre. * 1
- La chambre de chauffe ,
- dans laquelle passent les gaz qui sortent du : —•
- verre sert en même temps à supporler le •‘"‘g-
- récipient à chauffer. Le verre de lampe est utilement protégé par un cône spécial qui en évite la casse en cas d’ébullition du liquide, en recueillant les gouttelettes projetées; celles-ci ue peuvent en aucun cas venir au contact du verre.
- Le passage des gaz est assuré de telle sorte que l’appareil ne fait pas fumer la lampe.
- En résumé, le ï’écupérateur donne un chauffage entièrement gratuit. La quantité de chaleur recueillie dépend, bien entendu, de la dimension du bec de la lampe.
- Lé récupérateur est construit par M. Guillain, 6, passage Lathuile, Paris,
- Récupérateui’ pour lampes à pétrole.
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- 1*0
- VARIETES
- OÊL
- CSK"
- Comment acheter nos meilleures Reinettes? —
- Les pommes, autant par le nombre de leurs variétés, que nos habiles arboriculteurs se plaisent à augmenter sans cesse, que par la structure anatomique de leurs tissus qui en facilite souvent la conservation d’une récolte à l’autre, sont les plus populaires de nos fruits et ceux dont il est le plus facile à nos maîtresses de maison de s’approvisionner aux moindres frais. Mais comme, précisément, en raison de l’abondance et de la diversité de leurs variétés, il me serait impossible de parler utilement de toutes celles qu’on peut employer, je me limiterai aux Reinettes les meilleures et les plus connues.
- Reinettes. — On désigne sous ce nom générique, dont je ne m’arrêterai pas à donner les deux étymologies contestées, à côté de pommes vraiment excellentes, un grand nombre d’autres, plus de i5o! qui ne le méritent pas, aussi me contenterai-je dë caractériser les 12 variétés qui suivent, parce qu’elles sont au nombre des meilleures et qu’elles se trouvent généralement sur les différents marchés bien approvisionnés de nos principales régions fruitières et de nos grandes villes.
- Quelles reinettes acheter'de préférence? — Pratiquement, je les répartirai en 2 Reinettes d’Automne et en 10 Reinettes d’Hiver.
- I. Reinettes d’automne. Reinette grise. — Cette pomme, qu’il ne faut pas confondre avec ses similaires d’hiyer, est un fruit gros, de robe grise lavée de rouge brique. Chair mi-cassante, mi-tendue, moyennement juteuse, sucrée, peu parfumée mais de bonne etfacile conservation. — Maturité : octobre à décembre. Qualité bonne.
- Reine des reinettes. — Fruit assez gros, cylindro-conique, peau lisse et brillante, d’un jaune d’or à maturité complète sur fond crème et jaune paille, chair ferme, mi-cassante, délicieusement parfumée et acidulée, très juteuse. C’est une de nos plus fines Remettes, d’ailleurs très estimée également en Angleterre sous le nom de Winter Gold Pearmain. — Qualité très bonne. Maturité : octobre à mars.
- II. Reinettes d'hiver. — Les dix variétés ci-dessous intéressent plus spécialement les maîtresses de maison.
- Reinette Bciumann. — Fruit moyen ou assez gros, plus aplati que globuleux, très faiblement côtelé. Peau lisse, brillante, presque entièrement colorée de carmin pourpre. Chair ferme, fine, sucrée, assez juteuse et faiblement acidulée. Sa beauté en fait plutôt un fruit d’apparat qu’on trouve plus souvent chez les marchands de primeurs que sur les marchés. Qualité bonne. — Maturité : janvier à mars.
- Reinette de Caux. — Fruit assez gros, globuleux, assez régulier. Peau rude, dont le fond jaune verdâtre est lavé ou vergeté de carmin ou de rouge brique à l’insolation. Chair blanc jaunâtre, fine, ferme, demi-cassante ou croquante, sucrée, assez acidulée et juteuse, bien parfumée. Qualité très bonne. — Maturité : décembre à mars, mais se conserve bien jusqu’en juin et au delà, dans un bon fruitier. On peut en faire sans crainte une ample provision et d'autant plus que, supportant bien les transports, on la trouve sur tous les marchés, mais notamment en Normandie où elle est très répandue.
- Reinette de Cuzy. — Fruit assez gros, troncônique, parfois globuleux, très côtelé. Peau lisse, d’un vert herbacé, passant au jaune à complète maturité, ponctuée de fauve. Chair fine, tendre, juteuse, assez sucrée et parfumée, parfois acidulée. Qualité bonne. — Maturité : décembre à mai. Celte pomme est très appréciée dans les régions de l’Est et du Centre de la France où on lui donne les noms de Reinette à côtes ou de Reinette carrée.
- Reinette de Dieppedale. — Fruit moyen, sphérique, pai'fois conique, côtelé. Peau assez épaisse, rude, presque entièrement gris-roux bronzé. Chair blanc-verdâtre, fine, ferme, sucrée, acidulée et agréablement parfumée. Qualité bonne. — Maturité : janvier à mai et davantage. Elle n’est bien répandue que dans la Sèine-Inférieure, notamment dans les environs de Rouen où on l’appelle Reinette grise de Rouen. On l’y estime beaucoup à cause de sa longue conservation.
- Reinette dorée. — Fruit moyen, fortement tronqué à ses deux extrémités. Peau lisse, d’un beau jaune d’or, fauve ou orangé au soleil. Chair blanche» fine, mi-tendre, sucrée, à peine acidulée, très juteuse et pourvue d’une saveur particulière qui fait toujours apprécièr le fruit. C’est d’ailleurs la Golden Pippin, une des meilleures
- pommes anglaises. Qualité très bonne. — Maturité : décembre à mars et au delà.
- Reinettes de Canada. — La plus connue et la,plus recherchée est la Reinette de Canada blanche. Fruit gros ou très gros, plus large que haut, pourvu de côtes prononcées. Peau rude, d’un vert clair, virant au jaune herbacé à maturité complète, ponctuée de fauve et de rares points gris surtout aux deux pôles, lavée de carmin au soleil. Chair blanc jaunâtre, fine, tendre, assez sucrée, à peine acidulée, assez juteuse et bien parfumée. Qualité très bonne. — Maturité : décembre à mars et plus loin. C’est la Reinette commerciale par excellence. On la rencontre sur tous les marchés où sa vente à la pièce ou au poids est des plus faciles. On la vend, parfois, à Paris sous le nom de pomme de Toulouse. On en exporte beaucoup en Angleterre et on l’y préfère à la Calville blanche.
- Reinette de Canada grise. — Elle paraît n’être qu’une sous-variété de la Reinette de Canada blanche, à laquelle elle ressemble beaucoup, sauf pour la couleur de la peau qui, dans les derniers mois précédant la récolte, vire presque complètement au gris-roux. Bien que moins recherchée que la blanche, elle donne lieu, cependant, à un commerce important.
- Reinette franche. — Fruit moyen, conique, faiblement côtelé. Peau épaisse et rude, d’un jaune herbacé à maturité complète, piquetée et maculée de brun, lavée de rose àl insolation. Chair blanc jaunâtre, fine, acidulée, très sucrée, bien juteuse, pourvue d’un parfum agréable prononcé. On la tient pour le type par excellence de la pomme Reinette. Qualité très bonne. — Maturité : décembre à mars.
- Reinette grise de Saintonge. — Fruit moyen, aussi souvent plat que conique. Peau mince et rude complètement recouverte de gris et parfois lavée de rouge brique à 1 insolation. Chair jaune verdâtre, fine, ferme, sucrée, assez juteuse, pourvue d’un parfum anisé. Qualité très bonne. — Maturité : janvier à avril et davantage. Bien qu assez répandue, elle est 1 objet d’un notable commerce surtout dans toute la région de l’Ouest. Ses qualités lui ont valu la dénomination de Reinette grise haute bonté.
- Reinette grise de Vitry. — Fruit moyen, globuleux ou conique, légèrement côtelé. Peau rude et fine, d’un gris bronzé et marbrée de gris-roux. Chair jaune-verdâtre, fine, serrée, très sucrée, légèrement acidulée, bien juteuse et finement parfumée. Qualité très bonne. — Maturité : janvier à avril et au delà.
- Quand et comment acheter? — La récolte des Reinettes a lieu, selon qu'elles sont d’automne ou d’hiver, et selon aussi la saison, de la seconde semaine d’octobre à la première de novembre, mais elles n’arrivent guère sur les marchés qu’à partir de cette dernière date jusqu’au printemps. Quand la maîtresse de maison habite la province, ou quand elle peut être en rapport avec un arboriculteur, c’est surtout en octobre-novembre qu elle doit faire sa provision. La pomme étant peu fragile n’est guère exigeante sur l’emballage, et presque toutes les Reinettes, quand l’achat ne porte pas sur des fruits de surchoix ou très ordinaires, peuvent être expédiées, selon leur provenance, dans des pauiers de différentes formes de 8 à 25 kg qui contiennent environ le tiers de leur poids de pommes. Des frisures de bois ou de la paille suffisent comme matière d’emballage.
- Précautions à prentre pour l’achat et la garde. — Il faut attendre que les pommes aient subi le « ressuage », et s’assurer qu’elles sont indemnes de toute meurtrissure et de piqûres de vers qui serviraient d’entrées aux champignons et moisissures. Quant à leur garde, il y a lieu, si l’on dispose d’une place, de leur constituer un fruitier improvisé ou, autrement, de les étaler sur des claies, tablettes, etc., en prenant les précautions ,dont j’ai parlé dans des articles antérieurs. On pourra ainsi conserver plusieurs Reinettes en très bon état presque d’une récolte à l’autre.
- Principaux usages. — Quand on ne les mange pas à l’état frais, alors qu’une garde suffisante les a saturées de parfums éthérés, il n’est pas de fruits qui se prêtent à plus d’emplois culinaires que les reinettes, pour peu que la maîtresse de maison soit une fervente adepte de cet art. Parmi les emplois les plus appréciés sont les jus concentrés, marmelades, gelées et pâtes, et pour ces. deux dernières, les Reinettes du Canada, Reinettes grises et Reinettes franches donnent mieux que les autres des produits supérieurs. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Le salage des cidres. — Dans certaines régions de la Normandie, on met dans chaque barrique une poignée de sel au moment de l’expédier. M. Crochetelle qui fit-de nombreux essais pour étudier le mécanisme de cette pratique empirique, jugée inutile par de nombreux techniciens, montra qu elle provoquait réellement de bons effets. Le sel, tout en restant dissous dans le cidre, favorise la précipitation des lies et entrave le noircissement auquel sont sujets certains cidres sitôt qu’on les expose à l’air. Il es't indispensable d’employer des doses inférieures à 5o gr. par hectolitre; le cidre prend dès qu’il contient trop de sel un goût écœurant caractéristique. D’ailleurs la~dose est bien suffisante pour produire l’effet voulu. Le Cidre et le Poiré.
- Procédé de fabrication des vins de paille. — On
- fabrique les vins de paille avec des raisins conservés pendant un certain temps sur de la paille, ou mieux, suspendus, au moyen de fils, à des perches disposées à cet effet à l’étage supérieur de l’habitation, dont on laisse les portes- et fenêtres ouvertes, tant que la gelée n’est pas à craindre. On visite les grappes au moins une fois par semaine pour en éliminer les grains gâtés, et ce n’est qu’en mars-avril qu’on fait le vin de paille.
- A-ce moment, les raisins sont soumis à l’égrappage, on les débarrasse des grains pourris qui peuvent s’y trouver encore, puis on les foule par petites quantités, dans de petits baquets, les jus sont versés àmesure dans un même tonneau, où, pendant 24 heures., ils subissent un commencement de fermentation, ce qui dispose le jus à mieux couler sous le pressoir; après quoi, on presse. Le jus des premières pressées est plus doux et plus pur; celui des dernières est plus spiritueux. On peut mélanger les deux parties ou les mettre en fût séparément. On n’obtient des raisins ainsi traités que la vingtième partie environ du vin qu’on eût tiré des raisins frais.
- Sur le marc, remis aussitôt en cuve, on jette du vin blanc de l’année ; il y trempe jusqu’à commencement de fermentation, puis, on tire, on presse et, après fermentation complète, on obtient un vin bien supérieur à celui qui a été versé sur le marc. Enfin, on distille ce marc. Le vin de paille est un vin rare, liquoreux, car la transformation du sucre en alcool n’est jamais complète. Après une douzaine d’années de fût, • on le met en bouteilles où il acquiert un parfum, une finesse qui le rendent digne des plus grandes tables. Ce vin ne se trouve que rarement dans le commerce, car on en fait très peu, et son prix est très élevé.
- Le meilleur vin de paille se fait dans le Jura, avec les raisins des cépages, dits — Poulsard, Pinot blanc, Chardonnay et Savaguin, choisis à la'vendange et étendus, pendant tout l’hiver, sur des lits de paille. On presse les grappes en janvier ou février, quand elles sont presque desséchées, et avec de petits pressoirs.
- On fait aussi des vins de paille en Espagne, dans l’Andalousie, en Alsace, près de Colmar, d’Ollwiller, de Kaysersberg. Ces vins, au bout de quelques années, imitent le Tolcay.
- Mastic pour serres. — On prend du vernis d’imprimeur qu’on met dans un mortier chaud, et qu’on mêle de façon à en former une masse molle avec du blanc d’Espagne, pilé bien fin, et un peu de litharge. On frotte et on enduit de celte composition les bords du cadre sur lesquels doit reposer le verre dont les extrémités sont aussi recouvertes de la même colle, avec égalité.
- Si le vernis est bon, la colle doit être sèche en 6 heures au dehors, et plus tôt au dedans. Cette colle est si tenace que lors même que le cadre pourrirait, les carreaux ne se détacheraient que très difficilement.
- On peut se servir de ce mastic pour recoller également les vitres cassées ou fendues, il se conserve fort bien dans une vessie mouillée, que l’on tient en réserve dans un endroit humide.
- Pour pouvoir peindre sur le ciment. — Bien des produits sont préconisés à cet effet, mais la plupart ne résistent pas à l’action même du ciment qui peu à peu attaque la peinture, la mange et la fait disparaître. Le procédé Cornuché au chlorure de zinc serait arrivé à
- détruire les matières actives du ciment, à les neutraliser et ainsi à empêcher toute action ultérieure sur la peinture.
- On aurait même noté que, quand la surface à peindre est enduite de celte solution de chlorure de zinc, elle devient par la suite bien plus dure.
- Pour dévernir les chaussures. — Le procédé est recommandé aux personnes peu mondaines qui peuvent ainsi user en été leurs chaussures de soirée commençant à changer de mode. Pour transformer ces chaussures en souliers se cirant comme les chaussures ordinaires, il suffit de faire une bouillie avec de la fécule et de l’acétone, puis d’entartiner une couche de ce mélange sur la surface vernie. On attend que l’enduit se soit desséché, on le fait tomber, puis on frotte fortement le cuir avec une très rude brosse de chiendent, ou bien encore, on gratte avec la lame mousse d’un couteau qui ne coupe pas. Le vernis, ramolli par l’acétone, disparaît tout à fait, et il suffit ensuite de cirer les chaussures à la manière habituelle. Faute d’acétone, on peut employer tout bonnement l’essence de pétrole, mais il faut alors gratter assez fortement pour enlever la couche de vernis, beaucoup moins ramollie qu’avec l'acétone. Pratiquement, pour que l’emplâtre adhère bien à la surface des chaussures, nous conseillons d’opérer eu plusieurs fois, en ne tartinant chaque fois que le dessus du soulier successivement posé dans diverses positions ; dès que l’emplâtre est sec, on recueille la fécule dans une assiette quelconque, on l’imbibe de nouveau avec un peu d’acétone, et on s’en ressert.
- (Laboratoire de La Nature).
- Vernis à .l’acétate de cellulose. — Nous avons à plusieurs reprises entretenu nos lecteurs des acéto-celluloses, ces précieux produits industriels nouveaux dont on fait des films ininflammables, des colles, des apprêts textiles, des vernis. Voici, d’après MM. Clément et Rivière, à qui on doit de très intéressants procédés pour la fabrication de çes produits, quelques recettes pour vernis acétocellulosiques. Ces vernis se rapprochent -comme propriétés des mixtures déjà connues depuis longtemps à base de celluloïd. Mais leur emploi est plus avantageux par suite de la moindre dépense de solvant : au lieu d’acétate d’amyle, on se sert en effet de carbures chlorés, bien moins chers et offrant de i>lus l’avantage d’être ininflammables.
- Selon les propriétés qu’il importe d’obtenir, ou suivra pour préparer les vernis acéto-cellulosiques une des
- formules suivantes :
- Vernis Vernis Vernis
- normal. séchant très, souple,
- plus vite.
- Acétate de cellulose. . 4 gr. 3 20
- Alcool à 95° ..... 10 gr. 5 5
- Acétone ................................ 35
- Triacéline ...... 2
- Tétrachlorélhane. . . 100 gr. 60 5oo
- Pour abaisser le prix de revient, on peut, quand l’acétate est parfaitement dissous, ajouter 10 pour 100 de benzine. On peut teinter en toutes couleurs avec des colorants artificiels. Pour les vernis blancs, on emploie le lithopone ou blanc de zinc; pour les vernis noirs, on préfère, soit le noir de pétrole pour enduits mats, soit les nigrosines pour enduits brillants.
- Les vernis acétocellulosiques sont imperméables, difficilement inflammables. Ils adhèrent parfaitement môme aux métaux polis, et se laissent difficilement rayer. On jugera de leur souplesse par ce fait que les pellicules obtenues par évaporation subissent jüsque 40 et 5o pour 100 d’allongement avant rupture.
- Revue de Chimie industrielle.
- Préparations ignifuges pour bois. — Le bois étant un aliment pour les incendies, on parvient à le rendre ininflammable en se servant de certaines solutions et enduits spéciaux.
- La solution suivante donnerait de bons résultats pour le cas où le bois peut être immergé :
- Phosphate d’ammoniaque...............10 kg
- Acide borique........................1 kg
- Eau.................................. 100 litres
- Si le bois ne peut-être immergé, on peut faire usage des peintures ou enduits suivants :
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- T irc couche ou application :
- Sulfate d’aluminium................... i kg
- Eau...................................5o litres
- 2e application :
- Silicate de soude liquide....... i kg
- Eau...................................20 litres
- a0 La présente formule donne une protection superficielle qui dure tant que l enduit reste en bon état.
- Borate de soude..................200 gr.
- Eau.............................. i litre
- Gomme laque..................... 100 à i5o gr.
- Amiante en poudre................35o gr.
- faire dissoudre le borax dans l’eau chaude et ajouter la gomme laque jusqu’à dissolution complète, puis incorporer l’amiante.
- 3° Dans ce procédé, on utilise exclusivement le silicate.de soude; on donne d’abord au bois 2 ou 3 couches de solution de silicate à 25 pour 100, la première application étant presque sèche, on passe dessus un lait de chaux ordinaire. Quand cette peinture à la chaux a séché à son tour, on la fixe par une seconde couche de silicate à 40 pour 100, et on laisse à l’air jusqu’à complète dessiccation.
- En général, 1 kg de silicate de soude suffit pour préparer une surface de 200 m3 de bois ; des expériences ont montré que des bois ainsi traités et débités en petits morceaux comme des allumettes, ont résisté 3o à 40 minutes à l’action de la flamme, alors que les bois injectés de sels métalliques s’enflammaient au bout de lo minutes.
- Encre pour tampon donnant des» incriptions facilement effaçables — A propos de notre recette pour obtenir sur les œufs des traits résistant à l’action de l’eau bouillante, un de nos lecteurs nous signale l’intérêt que présenterait une encre facilement enle-r vable : on pourrait « rajeunir » par un cachet frais l’œuf vieilli de quelques jours après avoir fait disparaître la première inscription! Dans d’autres cas d’ailleurs on peut avoir besoin d’une telle encre.
- Celle que nous avons composée donne des traits rouge groseille très vifs qui, par simple contact d’une éponge ou d’un chiffon imprégné d’eau vinaigrée, disparaissent instantanément. Elle est basée sur la propriété qu’a la phtaléine du phénol de donner des sels colorés, décomposés par les acides forts en régénérant l’acide organique incolore. Le produit est employé par les chimistes comme indicateur (papier réactif, chercheur de pôles,, etc.) et par les camelots qui changent ainsi en eau un pseudo-vin aux yeux émerveillés de la foule.
- Pour obtenir l’encre, on fait dissoudre dans 200 à a5o c. c. d’eau 25 à 5o gr. de gomme arabique, o gr, 5 de soude ou de potasse caustique et 1 gr. de phénol-phtaléine. Si l’on veut des inscriptions sur œuf résistant à l’eau bouillante, remplacer la gélatine par l’albumine. Pour obtenir une encre ne séchant pas tant qu’elle imprègne le drap encreur, on ajoute en outre 5o gr. de glycérine. Les traits obtenus disparaissent spontanément à la longue, au bout de quelques semaines ; sous l’action de n’importe quel gaz ou liquide acide, ils s’effacent instantanément. (Laboratoire de La Nature}.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme ît. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Réponses. — Monastère de la « Pierre-qui- Vire •».
- A la question posée dans le n° 2377 de La Nature, l’un de nos abonnés, M. Polart, du Havre, répond :
- « Ube notice sur le monastère de la Pierre-qui Vire, éditée par J. Pigelet, à Auxerre, est en vente chez le régisseur du monastère à Saint-Léger-Vauban, Yonne (Prix : o fr. 75 en xgi5).
- Cette notice établit que le monastère a été fondé en i85o parle R. P. Jean-Baptiste Muard, sur un terrain désert et broussailleux où se trouvait un autel druidique, large bloc de granit pouvant osciller sur des rochers (d’où le nom de la Pierre-qui-Yire).
- Cette notice ne fait aucune mention des hommes qui auraient vécu là pendant la première moitié du xive siècle.
- M. J. C., h Arles. —• Le rendement des pompes centrifuges est très variable. Il est d’autant plus élevé que les pompes sont plus grosses, et en effet, pour une même vitesse d’écoulement, la perte de charge par mètre est d’autant plus grande que le diamètre est plus petit. Ainsi pour des petites pompes, type Schabaver, les rendements peuvent descendre pour lès débits normaux à 35 pour 100, taudis que pour les autres pompes, les rendements augmentent avec la grosseur et peuvent atteindre 75 à 80 pour 100.
- Le calcul des pompes centrifuges dérive d’un certain nombre (5) de formules principales, celles du rendement étant
- 1
- 1 2gH
- Y étant la vitesse absolue de l’eau quand elle quitte les aubes g, l’accélération de la pesanteur.
- Il, la hauteur totale d’élévation de l’eau, aspiration et refoulement. Yoici des adresses de constructeux-s : Société Rateau, 4<L rue du Colisée, Paiùs.
- Société des ateliers de construction et fonderie de Castres (Schabaver), à Castres (Tarn).
- L. Dumont, ingénieur-constructeur, 55, rue Sédame, Paris.
- Société de l’Éclairage électrique, 364, rue Lecourbe, Paris.
- Sauzay et Graillot-Sauzay, à Aulun (Saône-et-Loire).
- Bottet, ingénieur-constructeur, 4> avenue Berthelot, Lyon.
- Mme B. L., à Fontenay-le-Comte. — i° Après recherches, voici les renseignements complémentaires à la réponse donnée dans le n° 2377 : Planteuse ou semoir à betteraves. Cette machine existe en France tout aussi bien qu’en Amérique, et le semoir à toutes graines fait aussi office de machine à « planter » les betteraves. Actuellement, le type le plus recommandable est le système Simplex, qui distribue les semences avec une régularité mathématique, par des roues cannelées; il suffit de régler, au moyen d’un seul engrenage, la vitesse de rotation de celles-ci, pour semer la quantité voulue de graines. Ce système présente de multiples avantages sur les semoirs à cuillers. Les prix actuels des semoirs « Simplex » sont, suivant largeur : En 1 m. 20, 1615 fr. ; en 1 m. 60, 1840 fr. ; en 2 m., type léger, 2010 fr , type fort, 235o fr.-; en 2 m. 40, léger, 233o fr. ; fort, 2555 fr. On peut avoir des largeurs de travail intermédiaires. 20 Voyez Numa Rousse et Leclère, 57, rue de Fives, à Lille.
- M. A. P., à Caslillonnès (Lot-et-Garonne).— Renseignement complémentaire à la réponse faite dans le n°2374: A la nomenclature des principaux organes agricoles relatant les progrès de la science agronomique en France et à l’étranger, il convient d’ajouter les périodiques suivants : La Vie à la campagne, revue mensuelle (librairie Hachette) ; Le Progrès agricole et viticole, revue hebdomadaire, à Montpellier; L'Agriculture nouvelle, hebdomadaire, Paris; Feuille d’informations] et Bulletin de l’Office de Renseignements agricoles, du Ministère de l’Agriculture, Pax'is.
- Renseignements complémentaires aux réponses données dans le n° 2374 : i° C’est grâce à l excrélion d’une matière visqueuse, par la face inférieure des pattes, que les mouches peuvent grimper sur les verres polis et s’y tenir avec une si gi'ande facilité dans la position verticale, et s’attacher aux voûtes. Les badigeonnages à l’alun en solution avec
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- un lait de chaux sont efficaces. L’alun, par ses propriétés astringentes, enlève, détruit cette matière visqueuse en proportion telle que bientôt les mouches meurent épuisées. On peut aussi mélanger au badigeon ordinaire une certaine quantité de chaux provenant de la décomposition du carbure de calcium ayant servi à la production du gaz acétylène.
- 3° Anesthésie vétérinaire. — Pour le cheval, on emploie 3o à 40 gr. de chloroforme, qui, suivant l’âge lu sujet, l’endorment en 4 à 8 minutes. Cadéac et Mallet conseillent l’injection de 80 centig. à 1 gr. de chlorhydrate de morphine, suivie 5 minutes après d’un lavement de 80 à 100 gr. de chloral après avoir préalablement vidé l’intestin. La demi-anesthésie peut être obtenue en faisant inhaler i5 à 20 gr. de chloroforme après une piqûre de 5o centig. de chlorhydrate de morphine. Pour les petits animaux : chloroformisation avec un mélange à 4 ou 5 pour 100, ou injection, sous la peau, de 4 à 5 cm cubes d’éther, ou chloral et croton-chloral en injections intra-veineuses (chloral, solution au dixième dans l’eau distillée; pour le croton-chloral, on emploie, comme véhicule, la glycérine). La dose de ces deux solutions est de 10 cm cubes de solution, soit 1 gr. de substance active par 8 kg de l’animal à anesthésier. Pour les oiseaux, on emploie le dispositif de Claude Bernard; le sujet est placé dans un grand bocal de verre muni d un couvercle à la face inférieure duquel on fixe une éponge imbibée de chloroforme. Le sujet doit être retiré du bocal rapidement, dès que la narcose est produite. En Amérique, on a préconisé, récemment, l’addition d’une certaine quantité d’acide carbonique aux vapeurs de chloroforme ou d’éther, pour l’anesthésie générale.
- Il y a fort longtemps qu’en France, le Dr Raphaël Dubois, professeur de physiologie générale et comparée
- à la Faculté des Sciences de Lyon, se basant sur ses recherches sur le sommeil des marmottes, provoqué par accumulation d’acide carbonique dans le sang, autrement dit par auto-narcose carbonique, a employé, avec succès, l’action simultanée des vapeurs de chloroforme et d’acide carbonique chez les animaux. L’acide carbonique peut être fourni par le sujet lui-même. A cet effet, on le fait respirer dans un récipient renfermant un mélange de 10 gr. de chloroforme volatilisé dans 100 litres d’air. Le mélange, aspiré par une tubulure, est recondüit au récipient, par une autre tubulure, après avoir circulé dans les poumons. La fixation du chloroforme par l’organisme détitre le mélange, qui devient de moins en moins chloroformé, mais de plus en plus chargé d’acide carbonique, de sorte que, peu à peu, à l’anesthésie chloroformique, succède l’auto-narcose carbonique.
- Toutefois, il faut suspendre l’anesthésie quand la proportion d’acide carbonique atteint 45 pour 100 dans le mélange.
- L’accélération de la respiration, par excitation des centres respiratoires par l’acide carbonique, indique le moment où on doit suspendre l’anesthésie.
- Il est donc permis de dire qu’en la matière, le procédé américain ne constitue pas une innovation.
- M. J. G., ingénieur, à Paris. — Nous pensons que l’alliage dont vous nous parlez est le « Bimétal » fabriqué par la Société de ce nom, 3i, rue Saint-Ambroise, à Paris ; pour tous autres produits analogues, s’adresser à la Société française des Métaux, 10, rue Yolney.
- M. Vallier, à Grenoble. — La maison Avtsine, i3, rue du Départ, à Paris, est dépositaire des différents vernis connus sous le nom général de « bakélites ». Yous y trouverez, suivant l’usage auquel il est destiné, le produit répondant à l’application que vous avez en vue.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se lient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ========
- Manuel pratique de météorologie, par J. Rouch. i vol. illustré 145 pages. Masson et Gio, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 6 fr. 5o net.
- Peut-on prévoir le temps ? Dans une certaine mesure : oui, et point n’est besoin pour cela d’un énorme bagage de connaissances scientifiques. L’auteur a été chef dit Service météorologique aux armées; il y a orgauisé un réseau serré de postés d’observation et formé des centaines de météorologistes improvisés. Leurs prévisions et leurs observations ont rendu les plus signalés services à l’aéronautique, l’aviation, l’artillerie, et aussi à l’infanterie pour la prévision des attaques par gaz. Ce manuel est la reproduction des leçons qui ont permis de former si vite des légions d’observateurs. C’est dire qu’il mérite l’épithète de pratique. Il expose avec une parfaite clarté, les règles fondamentales de la prévision du temps, il décrit et explique avec précision les phénomènes météorologiques les plus importants dans nos régions, et par là même indique sur quels points doivent porter les observations ; il apprend enfin à lire les cartes météorologiques officielles. Le tout est d’une lecture facile et attachante. La prévision du temps n’a pas moins d’importance en temps de paix qu’en temps de guerre : la navigation aérienne ou marine, l’agriculture en ont besoin. Tous les amateurs pourront se convaincre à la lecture du livre de M. Rouch qu’il leur suffira d’un peu d’application et de méthode pour être en mesure de faire des prévisions presque sûres à 24 heures de distance, et en tout cas des observations utiles.
- La vie technique et industrielle. Revue mensuelle. Béranger, éditeur. Paris et Liège. Abonnements : France^ Belgique et colonies. Prix : 36 francs.
- Notre nouveau confrère se propose de donner une vue d’ensemble du mouvement industriel; elle ne s’adresse pas aux ingénieurs spécialisés, mais à tous ceux qui ont besoin d’études générales. Elle publiera des articles originaux sous forme d’études d’ensemble ; elle comporte en outre une partie bibliographique et analytique très développée et présentée sous une forme très claire, et une revue des brevets.
- Précis de Biochimie, 2e édition, par E. Lambeijxg. i vol. in-16, 708 pages. Collection dé Précis médicaux. Masson et Cie, Paris. Prix net : i5 francs.
- Cette deuxième édition du très remarquable ouvrage du professeur de Lille contient de nombreuses et heureuses additions, relatives notamment à l’état colloïdal, à la spécificité chimique des organismes et des tissus, à l’hydrolyse des acides nucléiques, etc. Elle constitue une mise au point absolument à jour de toutes les questions de physiologie relatives aux échanges nutritifs. On y trouve, traitées avec la plus grande clarté, les données actuelles sur les constituants de nos aliments, les sucs digestifs, la digestion, les transformations chimiques des actes digestifs, l’urine et les fèces, les questions d’équilibre, d’entretien et de croissance de l’organisme.
- Arcachon, ville de santé. Monographie scientifique et médicale, par le Dr F.'Lalesque. i vol. in-8,-798 p., 198 fig., 2 pl. Masson et Cie, Paris. Prix net : 25 francs.
- Au moment où plus que jamais, nous devons faire connaître les qualités et les ressources de nos villes d’eau et de traitement climatique, ce livre est le bien venu^Ecrit par un médecin du lieu, né dans le pays, en connaissant toutes les richesses, il constitue une monographie très complète où l’on trouve, non seulement toutes les indications sur le climat et son action thérapeutique, mais encore de nombreux documents scientifiques sur les trésors de la région : les forêts de pin, leur exploitation, leurs ennemis biologiques, les huîtres du bassin d’Arcachon, etc.
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- LA NATURE
- Supplément,
- Nécrologie : Th. Moureaux.— Né en 1842, M. Th. Moureaux fut d’abord météorologiste-adjoint à l’Observatoire avec Le Yerrier, puis titulaire au Bureau Central Météorologique sous la direction de Mascart. Chef du Service magnétique créé en 1881 à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, il devint, en 1902, directeur de cet établissement.
- On lui doit une série de mémoires et notes sur la Météorologie et le magnétisme terrestre, et la construction de la carte magnétique de la France et de celle du bassin méditerranéen occidental.
- Il fut pendant de longues années un collaborateur assidu de La Nature.
- Il s’est éteint le 29 octobre 1919.
- L’éclipse partielle de Lune du 7 novembre. —
- L’observation de cette éclipse, à l’Observatoire de Juvisy, a été favorisée, heureusement, au moment de la
- Fig. t. — Transparence de l’onibre à 2-3 h. 44 ni. 3o s.
- (Pboto Quenissset).
- plus grande phase, par une belle éclaircie. L’atmosphère, avant le phénomène, puis au début, était très nuageuse, et c’est à travers les nuages que nous pûmes observer, d’abord, l’assombrissement de plus en plus marqué de
- Fig. 2. — La lune, en partie plongée dans l’ombre de la terre, à 23 lt. 44 m.
- la partie S. S. E. de notre satellite produit par son passage dans la pénombre de la Terre, puis son entrée dans l’ombre plus foncée. A partir de 23 h. 3o m., des éclaircies de plus.longue durée permirent une observation plus précise du phénomène, et au moment de la plus grande phase’— de 23 h.'40 m. à 23 h. 5a m. — une atmosphère très pure laissa voir admirablement
- notre satellite en partie plongé dans l’ombre de la Terre.
- En examinant la Lune à l’équatorial de o m. 24, on pouvait voir assez bien la partie immergée dans l’ombre, car celle-ci était très transparente et d un ton gris-ardoise. Cette ombre était bordée par une petite zone étroite, demi-transparente, que l’on attribue généralement à l’absorption produite p4ar les couches inférieures plus denses de notre atmosphère.
- Nous avons pu prendre quatre photographies : deux au moment de la plus grande phase, à 23 h. 44 m'., les autres à 23 h. 48 m. et 28 h. 5i m. La première»de 23 h. 44 m., avec pose courte, montre bien notre satellite en partie plongé dans l’ombre de la Terre; la deuxième, à quelques secondes d’intervalle, avec plus longue pose, monlre la transparence delà partie éclipsée. C’est par la largeur de cette zone que j’ai, autrefois, donné la mesure de la hauteur de l’atmosphère terrestre adoptée dans le Cours de Physique de Catalan.
- Le ciel est redevenu très nuageux à la fin du phénomène, d’ailleurs peu intéressant, et la sortie de la Lune de l’ombre et de la pénombre terrestres, n’a pu être suivie qu’à travers les nuages.
- Cette éclipse partielle de Lune avait pour grandeur o,i83, le diamètre de la Lune étant un. C’était là une éclipse minuscule. , Camille Flammarion.
- L’acide acétique de synthèse, et le vinaigre d’acétylène. — Pendant la guerre, les besoins de l’aviation notamment* ont entraîné une forte'consom-mation d’acétate de cellulose, dont la fabrication exige de l’acide acétique. Celui-ci, avant la guerre, provenait presque exclusivement de la distillation du bois qui nous en donnait xo.ooo tonnes environ. Ce chiffre se trouva réduit notablement pendant les hostilités malgré la création d’usines nouvelles. Heureusement, un procédé synthétique fut mis au point qui permit de combler le déficit menaçant, et qui aujourd’hui doit, en abaissant le prix de revient de l’acétate de cellulose, en multiplier les usages. L’acide acétique de synthèse est fabriqué à partir de l’acétylène. On produit de l’aldéhyde acétique par réaction de l’eau sur l'acétylène ; l’aldéhyde oxydé donne de l’acide acétique. Dans certains procédés ces deux réactions ont lieu simultanément, on dirige l’acétylène dans une solution aqueuse sulfurique additionnée d’un oxydant tel qu’eau oxygénée, ou permanganate de potassium, en présence d’oxyde de mercure. Dans d’autres procédés, on opère successivement. La réaction de l’eau sur l’acétylène s’effectue en présence d’un catalyseur qui est toujours un sel de mercure ; l’oxydation de l’aldéhyde ainsi produite se fait par l’oxygène en présence d’un catalyseur (sel de cérium, de vanadium, etc.) Trois sociétés françaises exploitent ce procédé, qui paraît appelé à un grand avenir. Son développement paraît devoir même menacer l’industrie de la distillation du bois dont l’acide acétique est un des produits les plus importants. On envdsage même la production du vinaigre bon marché par ce procédé.
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- Le transport du pétrole à travers TAtlantique par tube sous-marin. — L’Europe a des besoins de combustible gigantesques; l’Amérique est aujourd’hui son fournisseur presque exclusif en combustibles liquides; et il en sera ainsi tant que les puits de Galicie et de Russie n’auront pas repris leur exploitation normale.
- Le transport de pétrole d’Amérique en Europe exige donc un nombre considérable de bâtiments, et le prix de l'evient en est grevé lourdement par les taux actuels des frets qui se maintiennent très élevés.
- Y aurait-il un moyen plus économique que les navires pétroliers pour permettre au précieux combustible de franchir l’Atlantique ? ;
- Le directeur d’une usine américaine, M. Murphy, préconise un procédé hardi et original : il consiste à relier l’Amérique et l’Angleterre par un tube flexible creux qui servirait de canalisation au pétrole. Il existe déjà un. vaste réseau terrestre de eanalisâtions de pétrole ; ce sont les « pipé lines », dont certains sont de très grande longueur et l’elient directement le puits au point de chargement. Il existe égâlëmént des exemples de canalisation, sous-marine ; à Tuxpam Bar, la Méxican
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- INFORMATIONS
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- Eagle C° a posé 2 conduites sous-marines de o m. i5 de diamètre, l’une de noo, l'autre de i5oo m. de longueur. Le pétrole y circule sous une pression de 3o atmosphères.
- C’est ce dispositif auquel M. Murphy propose de donner une audacieuse généralisation. D’après des renseignements que nous empruntons à la Revue Scientifique, l’inventeur envisage l’emploi d’un tube flexible formé de bandes d’acier doux enroulées en spirale, avec une garniture d’amiante. Une enveloppe métallique protectrice permettrait de supporter une pression intérieure de i5o atmosphères et une pression extérieure de 700 atmosphères. La viscosité du pétrole opposera une résistance énorme à son écoulement sur une pareille longueur. Cette difficulté pourrait peut-être être résolue pai^un artifice inspiré de ceux auxquels on a recours dans les « pipe-lines » terrestres. Ceux-ci sont rayés intérieurement, comme les canons des armes à feu de rainures hélicoïdes, et le pétrole est additionné de
- 10 pour 100 d’eau. La colonne liquide poussée parles pompes prend un mouvement de rotation; l’eau, plus dense que le pétrole, est rejetée par la force centrifuge contre les parois du tube; le pétrole se trouve donc entouré d’une gaine d’eau qui, n’ayant point de viscosité, assure un débit rapide et régulier.
- Le tuyau transatlantique serait fabriqué à bord même des navires qui doivent le poser, et immergé au fur et à mesure de sa fabrication. L’auteur évalue la dépense d’établissement à i5o millions de francs, et le prix de revient de 1000 mètres-cubes-kilomètre à o fr. 35 (contre 40 fr. par bateau-citerne). Quant aux objections,
- 11 les réfute d’avance en disant que ce sont les mêmes qui ont été opposées, voici un demi-siècle, au premier câble sous-marin transatlantique.
- Consommation française du thé, du café et du cacao pendant la guerre. — Nous empruntons à la Statistique générale de la France les données suivantes qui montrent combien peu nous fûmes privés de ces produits pendant la guerre. Nous y ajoutons pour comparaison les chiffres relatifs à quelques années précédentes :
- Consommation totale en tonnes.
- Années fîié. calé. Cacao.;
- 1893. . . 676 69.034 i4.245
- 1903. . . 1.009 III.572 20.725
- 1913. . . 1.184 1i5.260 27.607
- 1914. - • 1 .900 116.374 26.o83
- i9»5. . . 2.765 i38.5o5 34.971
- 1916. . 2.557 152.928 36.738
- 1917. . . 2.239 i63.661 42.311
- 1918. . . 1.337 135.599 38.720
- Les statistiques des Empires centraux seraient curieuses à mettre en comparaison !
- Chevaux à cornes. — Le Bulletin de l’Institut international d’Agriculture rend compte d’un travail de M. Janini sur des chevaux espagnols cornus. *
- La présence de rudiments cornés a été signalée par Darwin, Percival, Azara, Lydekker et d’autres auteurs chez des chevaux de l’Amérique du Sud, d’Angleterre, de Transylvanie et d’Espagne. Percival a décrit un cas où les cornes, placées à environ 5 cm au-dessus des orbites, mesuraient, l’une ii5 et l’autre 187 mm de longueur; Azara a décrit 2 cas, observés dans l’Amérique du Sud, où les cornes étaient longues de 75 à 100 mm. Les cas observés par Lydekker concernaient des chevaux anglais et des chevaux pur sang (« Thorougbreds »). M. Janini a observé la présence de rudiments cornés, longs de quelques millimètres, chez divers chevaux andalous ayant un peu de sang arabe, comme le prouve le profil droit ou légèrement concave dë la tête. D’après lui, la présence de cornes ou de rudiments cornés est une caractéristique des chevaux arabes ; elle révèle donc un croisement plus ou moins lointain avec cette race et, par conséquent, une vigueur et une rusticité de l’animal, souvent accompagnée d’une grande beauté rde formes, comme c’est le cas des quelques chevaux qu’il a étudiés.
- Alimentation des poules sans blé. — En ce moment où le Ministère de l’Agriculture et du Ravitaillement reproche à juste titre aux agriculteurs de se servir du blé pour l’alimentation des animaux de ferme, malgré la disette dont nous sommes encore menacés, il est inté-
- ressant de rappeler les résultats auxquels est arrivé le Département d’Agriculture de la Nouvelle-Zélande dans ses essais d’alimentation des poules sans blé. La Vie agricole et rurale les résume ainsi : Dans ces essais, on ne visait pas tant à obtenir les maxima dans la production des œufs et dans les bénéfices, mais plutôt à établir jusqu’à quel point le blé pouvait être supprimé dans les rations. Celles-ci contenaient cependant toujours les sous-produits de la mouture : son et recoupe.
- Voici les conclusions de ces expériences :
- Le blé et la recoupe ne sont pas indispensables dans le régime de poules fortes pondeuses si on les remplace par l'avoine et par le foin de luzerne moulu.
- Les poules peuvent, dans leur deuxième année de production, fournir un nombre avantageux d’œufs, même avec une ration sans blé ni recoupe. \
- Le foin de luzerne moulu est préférable au foin de luzerne haché pour la production des œufs ; en outre, il exige moins de main-d’œuvre, parce qu’il n’est pas nécessaire de le tenir dans l’eau bouillante pendant une nuit.
- Ces conclusions suffiront-elles à rendre raisonnables nos aviculteurs et à les empêcher de gaspiller la nourriture essentielle de l’homme ?
- Un procédé original de chasse au requin.
- L'Illustrated London .News signale un procédé pas banal de chasse au requin, lequel exige un sang-froid peu ordinaire. Aux îles Salomon, les indigènes cherchent à se<, débarrasser des hôtes indésirables de leurs eaux marines par le moyen suivant : un homme se jette à! la mer du pont d’un bateau et nage alentour pour attirer le poisson Dès que celui-ci apparaît, la proie vivante se dirige rapidement vers une corde qui traîne à l’arrière du bateau et se hisse. Pendant ce temps, un autre plongeur saute du pont, un couteau affilé au bout du bras tendu et tombe sur le requin qu’ùl encloue. 11 y faut une précision, une énergie et un courage tels qu’on ne risque pas de voir ce mode de chasse primitif devenir un sport d’Européens.
- Pomme de terre monstrueuse. — On
- sait quelles formes extraordinaires peuvent présenter les tubercules de pommes de terre.
- La Nature en a déjà reproduit maints aspects. En voici encore un, de la récolte de cette année, qui répète la forme conventionnelle du cœur. Sa photographie nous est communiquée par M. Jean de Montesquiou-Fezensac qui l’a prise dans soit château dë Longpont.
- La flore bactérienne du fromage de Roquefort. —
- Notre fromage de Roquefort semble intéresser beaucoup les Américains qui en fabriquent d’ailleurs une imitation au moyen de lait de vache. Récemment, le Journal of Agricultural Research a publié une intéressante étude de M. Evans sur les bactéries qui lui assurent ses qualités spéciales.
- Les microorganismes essentiels pour la préparation et la maturation du fromage de Roquefort sont Strepto-coccus lacticus et Pénicillium Roqueforti. Le premier décompose le lactose pendant la-fabrication du fromage et produit ainsi l’acide lactique nécessaire à la formation du dernier. Ces microrganismes disparaissent ensuite après 2 ou 3 semaines, étant tués par la forte concentration du chlorure de sodium. Le reste de là flore bactérienne se compose de streptocoques du fromage et de B. bulgaricum, microrganismes qui se trouvent dans toutes les sortes de fromage en maturatiop. Ces microorganismes ne jouent aucun rôle essentiel dans la maturation du fromage de Roquefort. Le petit-lait renferme des types caractéristiques de microcoques, bâtonnets et cellules enzymatiques. Les diastases du petit-lait ne semblent pas être essentielles à la maturation du fromage.
- Il suffit donc au fabricant de fromage de Roquefort d’ensemencer la pâte à dose convenable de streptocoque lactique et de pénicillé sans se préoccuper d’autres agents de maturation.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *> Physique
- Un nouvel appareil pratique pour la mesure de la viscosité. — L’élude de la viscosité des fluides et surtout des liquides a pris, dans ces dernières années, une importance toute particulière.
- Non seulement la viscosité est une propriété scientifique des plus intéressantes, dont la variation avec la composition et avec la tempérarure est susceptible de fournir d’utiles indications sur les corps en expérience mais encore c’est, pour les huiles, une constante bien déterminée, caractéristique de l’huile étudiée.
- Aussi était-il désirable d’avoir un appareil simple, permettant une mesure rapide et précise de cette grandeur à toute température, surtout à l’heure actuelle où se développent les applications de la lubrification sous pression d’organes portés à haute température (comme les moteurs d’aviation), le graissage de mécanismes tournant à très grande vitesse et, tout récemment, l’emploi sur une échelle de plus en plus importante de l’huile comme combustible industriel.
- Le viscosimètre Baumé convient particulièrement bien pour ces mesures.
- Il est constitué par un tube capillaire, terminé à sa partie inférieure par un tube de plus large section et à sa partie supérieure par une ampoule de 2 cm3 environ
- de capacité. Trois repères a, b, c, sont disposés comme l’indique la figure.
- Le principe de la mesure consiste à noter le temps que met le volume d’huile compris entre a et b pour s’écouler sous l’action de la pesanteur, l’appareil étant vertical, et plongeant dans le liquide jusqu’au trait de repère c.
- La figure 1 montre l’appareil montéprêt à fonctionner pour une mesure : une jaquette thermostatique crée, grâce à l’ébullition d’un liquide convenable, une cheminée de vapeur à température rigoureusement constante autour du tube laboratoire. Dans ce tube, on place un peu de l’huile à étudier et on dispose le viscosimètre comme l’indique la figure, l’huile affleurant au repère c. Un thermomètre donne la température au 1/10 de degré et un tube latéral en relation avec une poire en caoutchouc permet d’exercer, dans le tube laboratoire, une légère pression.
- Lorsque l’huile a pris la température constante de la vapeur, on détermine son ascension dans le viscosimètre en agissant sur la poire. Quand le niveau est un peu au-dessus du repère a, on supprime la pression, et on note le temps d’ecoulement entre a et b. Grâce à un étalonnage préalable,on déduit immédiatement soit la fluidité en degrés conventionnels Barbey soit, si l’on connaît là densité de l’huile, la viscosité en valeur absolue. On peut répéter plusieurs fois la mesure qui ne demande pas, lorsque l’huile est à la température de l’expérience, plus de trois ou quatre minutes en moyenne.
- Cet appareil, simple, rapide, peu coûteux, extrême- * mentprécis, est appelé à rendre dans tous les laboratoires scièntifiques et industriels les plus grands services.
- Il est construit par la Compagnie générale de Verrerie et d’Appareillage scientifique, 4> rue Clément, à Paris.
- Photographie . •
- Diaphragme et mise au point. — Beaucoup de photographes abusent du diaphragme; celui-ci remédie bien à la courbure du champ focal, atténue l’aberration sphérique, Taberration chromatique, l’astigmatisme, et ces avantages sont d’autant plus marqués que l’ouver-
- . .Fi?- > Viscosimètre Baume.
- ture est plus réduite, mais seulement jusqu’à une certaine limite. En effet, une ouverture trop étroite n’a pas pour seuls inconvénients d’intercepter trop de lumière, de prolonger outre mesure le temps de pose et d’exagérer les contrastes de l’image. Elle en altère aussi la, netteté, par un phénomène de diffraction. L’influence de la diffraction est insignifiante, dans les images fournies par les objectifs à bas prix, parce que les aberrations n’y sont qu’imparfaitement corrigées; dans ce cas, l’emploi du diaphragme améliore l’image, en accroît la finesse et étend le champ de netteté.
- ninptat Krauss.
- Mais il n’en est plus de même avec les anastigmats soigneusement construits : les images qu’ils donnent ont leur maximum de finesse à la plus grande ouverture, parce qu’elles ne sont troublées par aucune aberration. Les astronomes et les micrographes savent bien que le pouvoir séparateur de leurs objectifs, c’est-à-dire la faculté que ces instruments ont de donner des images distinctes de traits où de points plus ou moins serrés, croît avec leur ouverture relative.
- Le seul inconvénient de la grande ouverture est le défaut de profondeur de champ et de profondeur de foyer. Si le sujet se compose d’éléments situés sur des plans différents, il sera impossible d’en avoir des images uniformément nettes, la mise au point ne pouvant se préciser que sur un seul plan. En réduisant l’ouverture, on augmentera la profondeur, mais au détriment de la finesse, altérée par la diffraction. Remarquons toutefois qu’en pareil cas, le défaut de netteté n’est que relatif ; l’image obtenue dans ces conditions n’en demeure pas moins aussi fine et par ailleurs beaucoup plus parfaite que celle que donnerait, à ouverture égale, un objectif mal corrigé.
- Certains opérateurs ont l’habitude d’effectuer la mise au point avec la plus grande ouverture, afin d’y voir plus clair, et ne diaphragment qû’après. Il faut éviter de procéder ainsi, car la distance focale est plus ou moins modifiée par la largeur de l’ouverture; le diaphragme, en effet, arrête les rayons marginaux, dont le foyer est plus court que celui des rayons centraux ; une très petite ouverture ne laisse passer que les rayons dont le foyer est plus éloigné du centre optique. On devra donc, autant que possible, mettre au point avec lé diaphragme qui servira pendant la pose, ou tout au moins avec une ouverture peu différente.
- La mise au point est facilitée par l’emploi d’une loupe. La figure 2 en reproduit un excellent modèle, le Dioptat Krauss, spécialement établi pour le contrôle des images cinématographiques. Cet instrument permet de vérifier à tout moment sur la pellicule sensible la mise au.point
- Microscope de mise au point
- de l’objectif. Son grossissement est 5, et son champ embrasse celui de la vue cinématographique tout entière (16X24 nam). En outre, le Dioptat redresse l’image qui, sur la pellicule, se trouve renversée.
- Dans la reproduction des sujets qui ne comportent qu’un seul plan (les cartes de géographie, par exemple), il n’ÿ a pas à se préoccuper du défaut de profondeur de champ et, pour ne rien perdre de la finesse des plus menus détails, on évitera de diaphragmer, puisque la diffraction épaissirait les lignes. Mais -l’objectif fonctionnant à grande ouverture n’a qu’une très faible profondeur de foyer, et le moindre déplacement du plan sur lequel se projette l’image en altère notab.lerneiit.da net-
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- télé. Lu mise au point exige alors beaucoup de soin; une loupe n’y suffit pas toujours, et, pour certains travaux, on la remplace par un microscope composé, dont la figure 3 montre la forme extérieure et, en demi-coupe, la disposition intérieure du système optique réalisant un grossissement de 3o diamètres.
- Si le grain du verre dépoli n’est pas assez fin, on pourra l’adoucir en l’enduisant de vaseline ou d’une solution de cire blanche dans l’ess'ence minérale. Le maximum de précision s’obtient en remplaçant le verre douci par une glace polie. L’image est alors peu visible à l’œil nu, mais, en appliquant contre l’écran transparent une forte loupe ou un microscope bien réglé, on arrive à une mise au point de grande précision.
- Il va sans dire que ces méthodes ne sont utilement applicables qu’aux appareils d’une construction irréprochable. Si la surface sensible ne vient pas se placer rigoureusement dans le même plan que l’écran, il est tout à fait superflu de prendre tant de précautions pour le réglage de la distance focale.
- La mise au point achevée, il faut avoir soin de serrer à fond les vis qui empêchent le déplacement de tous les organes mobiles de l’appareil.
- Anastigmats à trois verres. — La plupart des. constructeurs d’objectifs photographiques ont jugé
- nécessaire, pour élira i n e r les diverses aberrations, de combiner six et même huit lentilles, généralemen t groupées symétriquement de part et d’autre du diaphragme. Evidemment, l’instrument est d’autant plus coûteux qu’il y a un plus grand nombre de surfaces à travailler; en outre, la lumière absorbée par tous ces verres allonge le temps de pose, surtout quand les lentilles ne sont pas collées ensemble : dans ce dernier cas, la réflexion sur les surfaces polies occasionne non seulement une nouvelle perte de luminosité, mais se traduit parfois par un éclairement inégal des diverses parties de l’image, défaut bien connu sous la(dénomination de tache centrale.
- Dès 1896, les opticiens Tailor, Taylor et Hobson, de Leicester, avaient trouvé le moyen de réduire à trois le nombre des verres constitutifs d’un anastigmat, qui a reçu le nom d’objectif Cooke. La Lentille du milieu, biconcave, est en flint; les deux: autres, plan-convexes, sont en crown. Le diaphragme est placé entre le second, et le troisième verre. Quoique très simple, cet instrument ne le cède en rien aux combinaisons optiques les plus compliquées. Il est bien exempt d’astigmatisme et ne présente ni torsion sensible ni tache centrale. La surface focale est remarquablement plane. Les premiers objectifs Cooke n’étaient pas extrêmement lumineux, leur plus grande ouverture n’étant que de F : 6.5. Depuis lors, dé nouvelles séries ont été créées, soit pour le portrait dans l’atelier, soit pour les instantanés en plein air, soit pour les reproductions qui exigent une exactitude parfaite et une grande finësse. L’ouverture maximum a pu être portée à F : 3,5. Elle est utilisée, notamment, dans le reportage photographique, où elle permet de prendre d’excellents clichés dans des circonstances où un instrument moins lumineux conduirait à de piteux échecs. La série d’atelier est aussi rapide, mais comporte un mécanisme à l’aide duquel l’opérateur peut modifier la distance entre les lentilles, de manière à donner à l’image un certain enveloppement qui, dans les portraits, est souvent préférable à une sèche précision. Au contraire, la série « Process » (pour reproductions photo-mécaniques) est caractérisée par une netteté parfaite et uniforme sur toute l’étendue du champ, et par une correction rigoureuse de l’astigmatisme et des aberrations de sphéricité et de réfrangibilité. Enfin, la série la plus récente est celle des objectifs « Primoplanes », à la fois rapides et grands angulaires (deux qualités qui ont longtemps passé pouf inconciliables). La mise au point des sujets d’architecture, d’intérieurs sombres, etc., s’effectue ainsi plus facilement, et la pose est courte.
- Fig. 4. — Objectif Cooke à grande ouverture.
- On n’use du diaphragme que pour obtenir, le cas échéant, une plus grande profondeur de champ. Lu autre avantage de ces instruments, c’est qu’ils se prêtent à de grands décentrements, dans les cas où l’appareil est placé beaucoup plus bas ou beaucoup plus haut que le milieu du sujet à reproduire. Ainsi, un Primoplane de i52 mm de foyer convient parfaitement au format 9X12; mais comme il couvre complètement une plaque 18x24. il est aisé de voir que l’opérateur disposera d’une marge énorme pour décentrer dans n’importe quel sens.
- Les objectifs Cooke sont en vente, à Paris, chez M. W. E. Dunmore, 19, boulevard Montmartre.
- Objets utiles <-*
- Porte manteau X. — L’appareil ne demande pas une longue description; il est en effet d’une remarquable simplicité. Ce n’est pas une critique, bien au contraire.
- I ig. 5. — Porte-manteau X.
- Ce sont toujours les dispositifs les plus simples qui sont les plus difficiles à concevoir et à réaliser.
- Le porte-manteau est constitué par 2 tringles d’acier, articulées sur un gousset qui porte le crochet d’attache. Les 2 tringles constituent les deux bras du porte-manteau; elles se replient et L ensemble forme alors un tout aussi peu encombrant qu’on peut l’imaginer; son volume et son poids sont insignifiants. Développé, il tient très peu de place dans les armoires.
- Il se fait en 3 modèles de solidité croissante, suivant les vêtements que l’on veut lui faire porter.
- En vente à TAnglo-French Trading C°, '>7, rue d’En-gliien, Paris.
- Couteau à conserves, PUniversel.—Ce couteau, dont nous avons expérimenté l’efficacité, a été imagine pour ouvrir les boîtes de conserve de n’importe quel type. Il est formé d’une tige d’acier repliée en forme d’épingle à cheveux, et assez longue pour donner toujours un bras de levier suffisant.
- Les deux branches A et B sont réunies vers leur extrémité par une barreC, rivée, qui sert de Fig. 6. — Couteau à conserve l’IIoiversel. point d’appui
- pour le levier et elles se terminent chacune par un couteau. L’une des branches a un couteau droit D, l’autre un couteau cintré E (fig. 6, en haut).
- Pour les boîtes rectangulaires et carrées, on emploie le couteau droit; pour les boîtes rondes ou ovales, le couteau cintré.
- Un autre modèle représenté sur la figure 6 est muni d’une tige F montée sur un ar-bre H qui tourillonne autour de l’axe G fixé aüx deux branches A et B; la tige F peut être rabattue entre les 2 branches A et B, ou redressée verticalement. Dans cette position, elle sert à ouvrir les boîtes fermées par une bande de fer-blanc. Elle est à cet effet pourvue d’une fente I dans laquelle on saisit l’extrémité libre de la bande ; on tourne comme avec une clé ordinaire.
- Il existe enfin un modèle muni en outre d’un tire-bouchon ou d’un tournevis.
- L’appareil est en vente chez Charvet, 80, rue de Rome, Marseille.
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- Les télégrammes météorologiques de la Tour Eiffel. — Nous extrayons de l’excellent Manuel de Météorologiej1) de M. Rouch, les renseignements ci-dessous qui intéresseront nombre de nos lecteurs.
- I.
- Depuis le ier mars 1919 la Tour Eiffel envoie 3 fois par jour les observations météorologiques nécessaires à la construction de la carte du temps de la France.
- Les transmissions météorologiques se rapportent aux observations faites dans 12 stations françaises et dans les stations de Bruxelles (Uccle) et de Mayence.
- Elles ont lieu aux heures suivantes (temps moyen de Greenwich) :
- 9 h. 45. .... Observations de 7 heures.
- 16 heures .... Observations de i3 heures.
- 21 h. 3o.........Observations de 18 heures.
- Longueur d onde. 2 5oo mètres, ondes amorties.
- Puissance . . . . Puissance maxima de la station.
- IL — Renseignements transmis.
- Les renseignements transmis sont actuellement les suivants et dans l’ordre indiqué :
- Le télégramme se compose de 2 parties transmises successivement et sans interruption. La première se rapporte aux observations ordinaires (Code International ou peu différent). La deuxième contient des sondages. Nous nous contenterons de signaler les codes employés dans la transmission des observations météorologiques ordinaires.
- i° Observations de 7 heures. — 4 groupes de 5 chiffres par station :
- BBBDD FCTTN pbbPP MMmmu.. pression en dixièmes de millimètre (le premier chiffre 7 est supprimé) ; vent direction de o à 32, force de o à 9 ; état du ciel Code international de o à 9 ; température en degrés entiers. On ajoute 5o au nombre lorsque la température est négative (Code International) ;
- direction des nuages supérieurs (cirrus et cirro-stratus) de o à 9 (Code International) ; caractéristique de tendance de o à 9 (Code International) ;
- tendance en dixièmes de millimètre en ajoutant (Code International) -f- 5o à la direction du vent pour les tendances négatives ; pluie en millimètres tombée depuis l’observation de 7 heures la veille ;
- de 7 heures la veille à
- BBB
- DDF
- C
- TT
- N
- bb
- PP
- MM
- température maxima température minima
- 7 heures jour de l’observation; notées en degrés entiers ainsi qu’il a été dit plus haut ;
- ij. état de la mer (Code International) de o à 9. Ce chiffre est omis et le groupe correspondant n’a que 4 chiffres pour les stations de l’intérieur des terres.
- 20 Observations de i3 heures et 18 heures. — 2 groupes de 5 chiffres, et 1 groupe de 2 chiffres par station :
- BBBDD FCTTp bb.
- III. — Déchiffrement des télégrammes.
- Les télégrammes commencent par les mots METEO FRANCE. _ ”
- Les stations qui manquent sont remplacées par un seul groupe de 5 X : XXXXX. Les observations qui manquent sont remplacées par des X.
- Les groupes de chiffres concernant une station sont précédés d’un groupe de 2 chiffres indicatifs de la station.
- IV/
- 01 Ile d’Aix.
- 02 Biarritz.
- 03 Bordeaux.
- 04 Bruxelles.
- 05 Cherbourg.
- 06 Clermont-Ferrand. 07 Dijon.
- Gris-Nez.
- Limoges.
- Lyon.
- 08 09 10
- 1. Masson et Gie, éditeurs, Paris.
- Stations et Indicatifs.
- 11 Saint-Mathieu.
- 12 Marseille.
- 13 Mayence.
- 14 Montpellier.
- 15 Paris.
- 16 Perpignan.
- 17 SaintrPierre-Quiberon.
- 18 Rennes.
- 19 Strasbourg.
- Y. — Code International. DD. — Direction du vent au s
- N 32 S 16
- N.-N.-W. . 02 S.-S.-W . 18
- N.-E. ; . . 04 s.-w 20
- E.-N.-E. . . 06 W.-S.-W . 22
- E 08 w 24
- E.-S.-E. . . 10 W.-N.-W 26
- S.-E .... 12 N.-W 28
- S.-S.-E. . . la N.-N.-W . . __ 3o
- F. - — Force du vent.
- 0 à 1 mètre. . O 8 à xo mètres 5
- 1 à 2 — I 10 à 12 — ..... 6
- 2 à 4 — 2 12 à i5 — 7
- 4 à 6 — , . 3 i5 à 18 — ..... 8
- 6 à 8 — . . . . . 4 Au-dessus de 18 mètres. 9
- ol.
- C.
- Etat du ciel.
- Ciel sans nuages. . . o
- Ciel 1/4 couvert. . . 1
- Ciel 1/2............ 2
- Ciel 3/4............ 3
- Ciel couvert......... 4
- Pluie..................
- Neige. .............. .
- Brouillard léger (mist.). Brouillard épais (fog.). Orage..................
- TT. — Température en degrés entiers.
- On ajoute 5o au nombre lorsque la température est négative. Pour les températures voisines de 0, on adopte la convention suivante :
- De — 1 °,4 à —o°,5. . 5i De o°, 1 à o°,4 . . . . . 00 De—o°,4 à o°,o. . 5o De o°,5 à i°,4.........01
- N.
- Direction des nuages supérieurs.
- Type cirrus et cirros-tratus exclusivement.
- Nuages observés n’ayant aucun mou-vementappréciable. Nuages venant duN-E.
- — del’E .
- — duS.-E.
- Nuages venant du S. . — du S.-W o — de l'W.
- 1 — duN.-W
- 2 — " du N.
- 3 Pas d’observations.
- p — Caractéristique de la tendance.
- C’est-à-dire chiffre caractérisant l’allure de la courbe du baromètre pendant les 3 heures précédant l’observation.
- 0
- 1
- 2
- 3
- Baromètre stationnaire .
- — irrégulier . . Monte régulièrement. . Baisse régulièrement. . D’abord en baisse, puis
- en hausse.............4
- Stationnaire, puis en hausse..................5
- Stationnaire, puis en baisse . . .... .... 6
- En baisse, puis stationnaire. ... . . . . 7
- En hausse, puis stationnaire, ou en baisse. 8
- Crochet d’orage ... 9
- bb. — Tendance barométrique.
- C’est-à-dire variation barométrique en millimètres et en dixièmes de millimètre dans les 3 heures qui précèdent l’heure de l’observation. Si la tendance est négative, on ajoute 5o au nombre DD indiquant la direction du vent.
- g. — Etat de la mer.
- Calme.................o Houleuse..............5
- Très belle. ..........1 Très houleuse.........6
- Belle. ........ 2 Grosse..... ^ . . 7
- Peu agitée............3 Très grosse. . V . ;... 8
- Agitée............ . . 4 Furieuse ..............9
- IV. — ^Exemple d’un radiotélégramme.
- Observation de 7 heures. — Extrait : lin du télégramme : .... 19 76 804 20 619 21 400 5 963.
- Ce qui se traduit par :
- Strasbourg : Pression barométrique 776“”,8; vsnt du N.-E. ; force 2 à 4 mètres par seconde; ciel sans nuage; température : —ii°, pas d’observation de nuages supérieurs; baromètre monte régulièrement; valeur de la hausse dans les 3 dernières heures -j- imra,4; pas de pluie depuis la veille 7 heures ; température maxima —:9°; températui’e minima — i3°.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’utilisation de la viande frigorifiée. — La consommation de la viande frigorifiée, du « frigo » comme on dit vulgairement, a pris une telle importance, elle nous a rendu de tels services pendant la guerre, qu’il n’est pas inutile de rappeler ici les observations et les conseils que M. Martel, chef du Service vétérinaire sanitaire du département de la Seine, vient de communiquer à l’Académie de Médecine f1).
- Avant la guerre, la consommation du « frigo » était à peu près nulle en France; actuellement, rien qu’à Paris, elle atteint 25o à 260 t. par jour! L’Angleterre a importé l’année dernièrè 460 000 t. de viande frigorifiée et l’on en a transporté plus d’un million de tonnes dans le monde entier !
- Cette viande seule nous permet de ne pas être rationnés et sauve notre troupeau pendant sa période de reconstitution.
- Les viandes simplement réfrigérées par un entreposage de quelques semaines à des températures de 4- i° à -|- 40 ne diffèrent en rien de la viande fraîche; elles sont seulement rassises et tendres comme une viande fraîche à point.
- Les viandes congelées auxquelles seules on applique le terme de « frigo » sont conservées à des températures plus basses, de — io° à — i5°. Elles ont la même valeur nutritive que la viande fraîche et s’en distinguent difficilement quand elles ont été décongelées avec soin — certains bouchers le savent trop bien. —Les seules précautions à prendre sont celles que M. Martel résume dans les conseils suivants qu’il voudrait voir aflichés dans toutes les boucheries et les cuisines :
- Conseils aux bouchers. — En vue de ne livrer aux consommateurs que des viandes absolument irréprochables :
- i° Il est recommandé aux bouchers de ne faire entrer dans leurs magasins, resserres et glacières que les quantités dont ils peuvent avoir la vente dans les jours qui suivent immédiatement l’achat. D’une manière générale, en été, même avec les glacières ordinaires dont disposent les bouchers, on n’a aucun intérêt à procéder à des stockages ou à des achats un peu importants.
- a0 La durée de conservation des viandes (congelées ou non) étant fonction de leur état de propreté, il est indiqué de ne manipuler les blocs de viandes congelées qu’après les avoir protégés au moyen d’enveloppes, chemises ou bannes. En aucun cas on ne doit les laisser exposés à la pluie, au soleil ou aux poussières. On doit éviter absolument de les traîner sur le sol, de laisser les manutentionnaires marcher sur les viandes au moment du chargement ou du transport.
- 3° Lorsqu'il existe des souillures accidentelles, le boucher doit, sans délai, procéder au parage soigné des régions touchées.
- 1. Voir aussi Revue, scientifirjue, 3o aoùt-l3 septembre K)iQ.
- 4° La décongélation doit être opérée avec lenteur, dans un endroit frais, sec et bien ventilé, les pièces à décongeler doivent être soigneusement enveloppées de linges secs ét propres de manière à éviter les précipitations sur les viandes de buées provenant de l’atmosphère et l’apport des poussières dont l'air est plus ou moins chargé.
- 5° Les morceaux débités à l’avance perdant'facilement une partie de leur jus ou suc musculaire, le boucher a intérêt à ne découper les quartiers de viandes qu’au fur et à mesure des besoins.
- 6° Comme pour toute autre denrée alimentaire périssable, les commerçants doivent inviter leurs clients à ne pas toucher aux morceaux mis en vente. Eux-mêmes doivent faire étalage le moins possible, et astreindre leur personnel à la plus grande propreté.
- Conseils aux consommateurs. — i° La viande congelée provenant presque toujours d’animaux très gias, de première qualité, il est indiqué de la débarrasser de la superficie de la graisse, de parer légèrement les morceaux de manière à abattre les graisses qui ont été modifiées avec le temps par suite de leur exposition à l’air.
- 20 Pour conserver à la viande congelée tout son arôme, il ne faut jamais laisser les morceaux baigner dans leur jus pendant ou après la décongélation. Un bon moyen consiste à laisser la viande accrochée dans un endroit frais et sec, enveloppée d’un linge propre ou reposant sur un tamis ou treillage qui l’isole du plat.
- 3° On doit la faire cuire et la consommer aussitôt que possible, pour éviter la déperdition du suc ou jus musculaire. En été, on ne doit pas faire usage du liquide qui s’est écoulé avant la cuisson.
- 4° Pour conserver à la viande toutes ses qualités, il convient de saisir à feu très vif les pièces à rôtir ou à griller, ou d’immerger pendant quelques minutes dans l’eau bouillante les grosses pièces à faire rôtir, braiser ou sauter, de manière à provoquer la coagulation des albumines superficielles et l’emprisonnement du jus de viande. Les morceaux destinés au pot-au-feu doivent être ébouillantés pendant une durée de 5 à 6 minutes et être ensuite remis à la marmite avec de l’eau froide.
- On ne doit jamais mettre au four des morceaux un peu gros encore gelés afin d’éviter que les parties centrales ne restent crues. On doit tenir compte de la température des pièces à faire rôtir pour évaluer le temps de cuisson nécessairepour un gigot décongelé, mais encore froid, on doit compter sur un temps de cuisson de 20 minutes par 5oo gr. de viande.
- On trouverait en outrer de nombreuses recettes culinaires pour l’utilisation des aliments frigorifiés dans la petite brochure d’un chef de cuisine, M. Bruna, que vient de publier l’Association française du froid.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les j| faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande * d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches. souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits.—- Microphone à alvéoles multiples. — S’adresser à l’inventeur,
- M. Soret, xi, rue Edmond-Morin, Le Havre.
- Question à nos lecteurs. —Le lieutenant Mestre, du 7e dragons, à l’Ecole d’application de cavalerie de Saumur, cherche à se procurer le n° a338 de.Za Nature.
- Communications. — A propos des traînées noires sur les murs le long des fils électriques. — M. Hoorickx nous écrit :
- « La cause de ce phénomène me semble simple.
- « Dans les habitations où le chauffage central est nstallé, on peut observer au-dessus des tuyaux qui |
- j suivent les plafonds des traînées noires. Lorsqu’un radiateur se trouve adossé à un mur blanc ou couvert de peinture ou de tentures claires, on peut voir également que la paroi noircit au bout d’un certain temps. La poussière entraînée par le mouvement de convection de l air, produit par la chaleur du tuyau ou du radiateur, vient se coller à la paroi qu’elle rencontre et finit par colorer désagréablement celle-ci.
- « Le phénomène dont votre correspondant demande l’explication n’a pas d’autre cause, à mon avis. Lé fil de lumière ou de sonnerie s’échauffe toujours au passage du courant et produit dans l’air un mouvement de convection. Les poussières sont entraînées et se fixent aux parois proches, noircissent celles-ci et font rêver ceux qui savent que tout effet a une cause. »
- Pourquoi les murs noircissent-ils au voisinage des conducteurs électriques ?—En réponse à la question posée dans le n° par M. Rivoire,M. Bakx, nous écrit :
- Les conducteurs électriques noircissent, parce qu’ils j attirent les particules de poussière qui flottent dans
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- BOITE AUX LETTRES
- l’air, lorsqu’elles arrivent dans leur sphère d’attraction. C’est exactement le même phénomène que celui qü’on observe lorsqu’on frotte un bâton de cire à cacheter, qui est ensuite capable d'attirer des fragments de papier ou autres petits corps. La surface de l’enveloppe isolante du fil se couvre en effet, d’une charge statique d’électricité.
- Une fois posées sur le conducteur, les particules se chargent à leur tour d’électricité, ce qui fait qu’elles sont repoussées et projetées en partie sur le mur où le plafond que le conducteur longe, et où elles restent accrochées mécaniquement. Mais une grande partie de ces grains de poussière sont retenus par le conducteur, par adhésion mécanique, contre laquelle la faible force de répulsion est impuissante ; le conducteur noircit donc comme son entourage. ,
- Ce phénomène donne d’ailleurs lieu à quelques obseï’-vations intéressantes. Ainsi, lorsque la conduite électrique se compose-de deux conducteurs séparés, on voit souvent que l’un noircit, tandis que l’autre reste propre. G’est que celui-ci appartient à la moitié du réseau qui est « à terre » et a donc le même potentiel que son entourage. L’autre, au contraire, a la pleine tension du réseau, par exemple, no volts, comme différence de potentiel entre lui et l’ambiance, laquelle comprend l’air et la poussière qui s’y trouve suspendue.
- Aux endroits où le badigeon du peintre a complètement collé le cordon souple au plafond ou au mur, les enveloppant dans la même couche de chaux, il n’y aura ' aucun noircissement. C’est qu’ici la charge statique ne peut pas s’établir, puisque à mesure qu’elle se forme, elle s’écoule dans le mur à travers la couche de chaux, conducteur médiocre, mais offrant une énorme section de passage à la petite quantité d’électricité dont il s’agit. Les tronçons restés libres noircissent, car ils ne sont en contact avec le mur qu’à leurs extrémités, ce qui fait qu’ils sont pratiquement isolés.
- M. Georges Destriau donne la même1 explication et ajoute : « Chez moi, nous avons le courant alternatif et le dépôt est presque nul.
- De plus, le fil mis sous moulure ne produit pas ce dépôt. »
- Réponses. -— M. Pelletan, à Bôrdj-bou-Arberidj, Cons-tantine.— Pour répondre aux questions qui nous sont posées, il est indispensable de nous donner les indications les plus complètes sur le but à atteindre ; dans le cas qui vous occupe, nous ne savons s’il s’agit d’un ciment pour jointoyer ou d’un revêtement à appliquer, ni quelles sont les conditions de température. Autant que nous en pouvons juger, nous pensons que l’une des bakélites, suivant leur point de fusion, répondra à votre attente.
- Fournisseur : Avtsine, i3, rue du Départ, Paris.
- M. le Dr B., à Paris. — La soudure de l’écaille s’obtient facilement en opérant ainsi : on commence par tailler en biseau les parties à joindre, que l'on trempe dans l’eau bouillante et met en contact pendant qu’elles sont chaudes, on les serre fortement, puis au moyen d’une pince portée à une température suffisante pour roussir le papier, on exerce une pression énergique, en interposant une petite bande de toile entre la pince et l’écaille pour éviter l’adhérence, cette pression est maintenue jusqu’à refroidissement complet. L’opération que nous venons de décrire réussit fort bien, mais demande un peu d’expérience à cause de la température à laquelle il con-• vient d’opérer. Bien entendu, le procédé n’est applicable qu’à l’écaille naturelle et non aux produits artificiels.
- M. Gayral, à Gaillac. — La plupart des pâtes à modeler sont constituées par un mélange de cire et de saindoux dans des proportions que l’on doit faire varier suivant la saison ; une bonne formule de base est celle-ci.
- Cire jaune................5oo grammes
- Térébenthine de Venise. ioo —
- Saindoux. ... i ... . ioo —
- Rouge d’Angleterre. . . . ioo —
- Fécule...................5oo —
- Faire fondre la cire jaune, le saindoux et la térébenthine, écumer et y incorporer par petites portions en agitant la fécule, puis le rouge d’Angleterre, remuer jusqu’à consistance pâteuse pendant le refroidissement.
- On peut également obtenir une pâte à modeler en incorporant à de l’argile grise absolument sèche de la glycérine en quantité suffisante; si on désire une pâte rose,, se servir d’argile blanche ou terre à foulon que
- l’on colorera par un peu de rouge d’Angleterre avant ou après addition de la glycérine.
- M. le Dr L. Z., à Paris. — La formule d'encre stylo-graphique que nous avons donnée constitue un type dans lequel le bleu de méthylène peut être remplacé par toute autre couleur d’aniline; par exemple, la nigro-sine, si on désire une encre noire ou le violet de Paris pour une encre violette, mais il faut s’abstenir de mélanges qui pourraient donner lieu à des réactions entre les produits employés.
- M. Léon Bamakers, à Bruxelles. — La chloropicrine pourra vous être procurée par les principaux marchands de‘produits chimiques. S’adresser à Pelliot, 24, place des Vosges, Paris; Guichard, 3, rue du Plâtre, Paris.
- M. B. M., à Saint-Mandé (Seine). — Les procédés de cryptophotie que nous avons décrits dans notre n° 2373 du 20 septembre 1919 peuvent être appliqués à la recherche du mot-clef de votre cadenas en opérant de la façon méthodique suivante :
- Laisser toutes les bagùes immobiles, sauf la première que l’on fait tourner en essayant successivement toutes les lettres qu’elle porte, ensuite déplacer la deuxième bague d’une lettre, la laisser immobile et essayer à nouveau toutes les lettres de la première bague. Répéter l’opération jusqu’à ce que l’on ait fait passer toutes les lettres de la deuxième bague en face du repère initial, chaque lettre de cette bague correspondant à un tour complet de la première. Déplacer enfin la troisième bague d’une lettre, faire faire un tour complet à la première, avancer la deuxième d’une lettre, refaire faire un tour complet à la première et ainsi de suite en observant toujours comme règle que chaque bague ne peut avancer d’une lettre qu’au moment où la précédente a -fait un tour complet et que l’avant-dernière a fait autant de tours qu’il y a de lettres par bague. Bien entendu, marquer un temps d’arrêt sur chacune des combinaisons pour voir si elle réussit. Si, par exemple, le cadenas porte trois bagues d e 7 lettres chacune, le nombre des combinaisons à essayer sera de 75 = 343 combinaisons, en prenant note du nombre des essais effectués, vous pourrez vérifier que toutes les combinaisons possibles ont bien été réalisées.
- M. J. .N. C. F., à Fontainebleau. — i° Pâte à polycopie :
- Gélatine. . ................ 85 grammes
- Glycérine....................5io —
- Sucre........................ 85 —
- Eau. . . . ............... . 320
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau pendant 24 heures, ajouter le sucre, liquéfier au bain-marie, incorporer enfin la glycérine et couler dans des moules rectangulaires.
- Encre à polycopie.
- Violet de Paris.............. 20 grammes
- Alcool à 90°................. 20 —
- Glycérine . ................. 10 —
- , Eau......................... 100 —
- Dissoudre le violet dans l’alcool, ajouter successivement la glycérine, puis l’eau.
- La durée de contact pour le tirage des épreuves n’excède pas le temps nécessaire pour l’application intime de la feuille de papier blanc sur la couche de gélatine.
- M. Blanc, à Lubersac, Corrèze. — i° Les déchets de cuir sont rarement inutilisés, ceux présentant encore une surface suffisante servent à la fabrication des balles d’enfants ou à la confection des lacets qui y sont découpés en spirale. Quant aux morceaux de trop petites dimensions, on les traite par l’acide sulfurique pour les désagréger et en faire un excellent engrais titrant environ 6 pour ioq d’azote.
- 20 La gélatine contenue dans le cuir n’est pas récupérable par suite de sa combinaison avec le tanin;
- 3° Essentiellement la peau est formée de deux sortes de substances : les kératines ou matières1 cornées ùde l’épiderme et les collagènes du derme analogues à ï’osséine, qui par cuisson se transforment en gélatine. Ce sont ces derniers produits qui en se combinant aux tanins forment le cuir proprement dit, caractérisé par son imputrescibilité. La plupart de ces corps sont incomplètement étudiés et la fabrication du cuir est toute empirique. Voir La Chimie du cuir, par Léon Eglène, chez Dunod et Pinat, 47, quai des Grands-Au-gustins.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Q0,.
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition d,es abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ... .......-
- The Radio-Review, revue mensuelle publiée sous la direction de MM. Howe et Courscy. Editeur Wireless Press, Londres. Prix de l’abonnement : 41 fr- Par an-
- Nous n’avons pas encore en F’rance de revue spécialement consacrée aux problèmes techniques ou scientifiques que soulèvent les radiocommunications. Cependant l'importance des travaux accomplis en France ces derniers temps en justifierait la création. Nos amis anglais viennent de nous donner l’exemple. La Radio-Review a pour programme de noter les développements scientifiques de la radiotélégraphie et des sciences connexes. Elle a la coquetterie d’inaugurer son premier numéro par un article de M. Blondel, le grand savant français. La Radio-Review sera un outil précieux pour tous les chercheurs de la sans-fil.
- The Termionic valve and its developmenis in radioie-legraphy and telephony, par J.-A. Fleming, i vol. illustré, 280 pages. The Wireless Press, Londres, i9*9-
- M. Fleming est l’indiscutable inventeur de la valve utilisant l’effet Edison pour redresser les courants alternatifs ou pour détecter les ondes hertziennes. Cette valve a donné naissance aux merveilleuses lampes qui ont ces dernières années révolutionné- la T. S. F. M. Fleming en expose la genèse et la théorie et décrit en détail les diverses applications qu’elle a reçues. Son livre cite surtout les travaux effectués par les savants anglais et américains, sur lesquels l’auteur était, naturellement, fort bien documenté. Une grande place est faite à l’examen de la situation des brevets, et en particulier au procès qui a mis aux prises la Société Marconi, propriétaire des brevets Fleming et Lee de Forest, inventeur de l’audion à 3 électrodes ; le juge américain a reconnu à Fleming l’invention fondamentale de la lampe.
- Précis d’électricité industrielle, par R. Busquet et E. Marec (20 édition), a0 volume, 487 p-> 384 figures. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1919.
- Nous avons déjà dit à propos du ier volume les qualités de ce Précis, le plus complet des ouvrages élémentaires d’électricité industrielle, actuellement publiés. Le 2° volume ne le cède pas au premier en clarté et en méthode. Il traite des moteurs électriques, des canalisations, des différents systèmes de distribution, des transformateurs, des accumulateurs, de la traction électrique, de l’éclairage électrique, de l’électro-chimie, de la télégraphie et de la téléphonie avec et sans fils.
- Etude résumée des• accumulateurs électriques, par L. Jumau. 1 vol. in-8° de 290 pages, avec 124 Du-nod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 22 fr. 5o (majorations comprises).
- On doit déjà à M. Jumau un travail encyclopédique sur les accumulateurs. Son nouveau livre est avant tout pratique ; et son but est de faire connaître à ceux qui ont à employer des accumulateurs les principes sur lesquels reposent ces appareils, comment ils sont construits, comment on les emploie. La théorie des accumulateurs est très clairement exposée, leur fonctionnement est expliqué en détail avec des chiffres et des courbes. L’ensemble sera des plus utiles.
- Production économique de Vélectricité dans les régions industrielles, par F. Courtoy. 1 vol. illustré, 3o4 p-Béranger, éditeur, Paris et Liège 1919.
- Cet ouvrage étudie, avec précision, l’organisation logique de la production électrique. Il examine en détail les divers éléments qui entrent dans le prix de revient du courant, notamment ceux qui sont liés aux divers*modes d’utilisation de l’énergie électrique. Il en déduit les conditions auxquelles doivent satisfaire une centrale électrique moderne et ses machines, suivant la région à desservir.
- Rapport général sur l’industrie française. Sa situation. Son avenir, publié par le Ministère du Commerce, d’après les travaux des Sections du Comité consultatif des Arts et Manufactures et de la Direction des Etudes techniques, tome IL 1 vol. illustré, 1022 pages. Imprimerie nationale. Paris, 1919.
- Le 20 tome de cette œuvre considérable n’est pas moins remarquable que le premier. Il continue 1 examen méthodique de nos diverses industries. Situation d’avant-guerre, ressources en matières premières et débouchés, méthodes d’avant-guerre etprogrès récents, répercussions de la guerre et situation économique d’après-guerre; chaque étude émane de spécialistes autorisés et est appuyée de statistiques et de diagrammes. Ce volume est consacré aux industries chimiques, aux industries du bâtiment, comprenant la construction, les travaux publics, éclairage,.chauffage, ameublement, aux industries diverses parmi lesquelles nous citerons le jouet, l’article de Paris, l’article de ménage, quincaillerie, coutellerie, appareils de chirurgie, de physique, matériel scolaire, industries photographiques, cinématographiques, armurerie, horlogerie, bijouterie, parfumerie, industries d’art, etc. Le volume se termine par une étude générale de notre situation économique d’après-guerre et l’influence du retour de l’Alsace-Lorraine.
- Défaut du tissage, par A. Hullebroek (20 partie). 1 vol. illustré, 128 pages. Béranger, éditeur, Paris, 1919-
- Ce volume a trait uniquement au tissage par métiers unis à excentriques. L’auteur explique le fonctionnement du métier, il signale les différents défauts qui peuvent se produire, ainsi que les moyens de les éviter ou d’y remédier.
- Cardes et cardage de la laine peignée et cardée, par J. Renel. 1 vol. 153 pages. Béranger, éditeur, Paris,
- L’auteur décrit les machines à carder, leurs accessoires, la façon de les faire travailler. Ce livre est celui d’un homme du métier, bien au courant des derniers progrès et qui cherche à les faire connaître; c’est un cas assez rare dans l’industrie textile, la première de nos industries par le chiffre de ses produits, et néanmoins la plus pauvre en littérature technique.
- La matière et la vie, par H. Guilleminot, i vol. in-16, 3i8p. Bibliothèque de philosophie scientifique, Flammarion, Paris. Prix net, : 5 fr. 75.
- Examinant les données scientifiques susceptibles de répondre à l’éternelle question de la destinée, l’auteur trouve les lois énergétiques insuffisantes et pense nécessaire d’y ajouter un phénomène spécial, lié à l’irritabilité, qu’il définit sous le . nom d’option biologique ou vitale. Cette option, dirigée par la sélection naturelle, expliquerait l’illusion de la finalité. Cette loi d’option guide la conduite humaine et présente un grand intérêt pratique pour l’éducation et la sociologie. Cette nouvelle théorie philosophiquejest agréablement et clairement exposée.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 23&3
- 29 Novembre 1919
- Illusion d’acoustique. — Ceci n’est pas précisément une expérience de physique, mais plutôt un simple jeu. Comme matériel, il suffit d’avoir à sa disposition une fourchette métallique et un verre à champagne (ou un verre ordinaire ou même un simple bol ou tel récipient que l’on voudra), le tout déposé sur une table en bois (par exemple une table de salle à manger, mais non recouverte d’un épais lapis). Se plaçant tout près (mais sans le toucher) du verre, on tient la fourchette verticalement de la main gauche (par le manche) et, avec le pouce et l’index de la main droite, on pince fortement 3 des mors de la fourchette de manière à produire un son, lequel, d’ailleurs, ne dure qu’un temps très court. On simule alors de garder les vibrations produites entre le pouce et l’index et d’aller les déposer, en écartant ceux-ci, dans le verre à champagne et aussitôt, on entend celui-ci vibrer d’une manière très nette. Ce n’est qu’un trompe-l’œil, car l’opérateur, pour obtenir cette illusion, a simplement, saus en avoir l’air, fait toucher le sommet inférieur de la fourchette contre la table. Celle-ci, agissant comme table de résonance, a rendu perceptibles les vibrations de la fourchette — véritable diapason — et on a l'impression que ces ondes sonores proviennent véritablement du verre. L’illusion est parfaite et l’on ne peut croire qu’elle est « truquée », même quand le procédé a été dévoilé. A recommander pour amuser les convives d’un repas et leur faire oublier que, vu la cherté de la vie, on ne peut leur offrir des kyrielles de desserts, et que des philosophes scientifiques savent se nourrir d’ « illusions ».... H. C.
- Les combustibles de l’ouest du Canada. — Le 6eo-graphical Journal signale sur ce sujet une étude de -M. James White qui contient l’évaluation des ressources d’énergie de l’ouest du Canada, tant actuelles que probables. Les réserves de charbon sont estimées à 412.616 millions de tonnes, dont 25.680 très bitumineux; elles sont surtout groupées dans la province d’Alberta qui renferme 87 pour 100 de tout le charbon du Canada. La production d’Alberta s’est élevée en 1917 à 4-766.3681. valant plus de 14 millions de dollars dont 2,3 pour 100 d’anthracite, 46,4de charbon bitumeuxet5r,5 de lignite. La Colombie britannique vient ensuite avec une réserve probable de 74 billions de t., une production en 1917 de 2.4 3.888 t. valant plus de 8 millions de dollars. Ces charbons sont presque tous bitumineux, et on les utilise de plus en plus après distillation ou sous forme desséchée et pulvérisée. Le gaz naturel, abondant dans l’Alberta, y a fourni en 1917 une vente de i,i5 million de dollars. Les huiles minérales ne sont pas exploitées, bien que des prospections récentes aient révélé leur existence. Les forces hydrauliques, non encore inventoriées, alimentent déjà 12 usines de plus de 5o.ooo chevaux chacune et 18 de 20.000 à 5o.ooo dans la Colombie britannique.
- Le benzol des usines à gaz. — Le benzol est un liquide qui provient, on le sait, de la distillation de la houille. Ses emplois sont multiples; le principal actuellement est son application comme carburant pour moteurs à explosion; le mélange benzol-alcool notamment est employé pour les autobus de Paris. Le benzol est également employé dans nombre d’industries chimiques ': peinture, vernis, cirage, huilerie, caoutchouc, etc. Enfin, pendant la guerre, il a été spécialement utilisé pour faire des explosifs. Il y a donc eu en France de très grands besoins de benzol; d’autre part, la production était relativement faible (12 000 t. avant la guerre) et provenait exclusivement de la récupération des sous-produits de distillation de la houille destinée à la fabrication du coke métallurgique. La plupart de nos fours à coke modernes ont été réduits à l’impuissance du fait de l’invasion et nos ressources indigènes en benzol se trouvèrent ainsi taries dès le début des hostilités. Pour -parer, partiellement tout au moins à ce grave déficit, une loi spéciale imposa aux usines à gaz l’obligation de recueillir le benzol contenu dans les produits de distillation de la houille, au cours de la fabrication du gaz d’éclairage. Le benzol est l’élément qui donne au gaz
- d’éclairage son pouvoir éclairant. On sait que cette qualité du gaz a depuis longtemps perdu toute importance pratique; tous les appareils d’éclairage au gaz font appel, depuis l’invention du manchon Auer, uniquement au pouvoir calorifique du gaz, et celui-ci n’est diminué que de y pour 100 par l’enlèvement du benzol. La production de benzol, réalisée dans les usines à gaz de France, avec des installations souvent improvisées, fut fort importante. M. Grebel, dans le Génie civil, l’évalue à 16000 t. de produits bruts par an. Il estime qu’avec les appareils perfectionnés, notamment les appareils Brégeat qui ont été mis au point pendant la guerre, cette production pourrait atteindre 25 à 3oooo t. de benzol d’une valeur marchande de 3o millions de francs 1 En regard de ce chiffre, il est bon de placer celui de nos importations d’avant-guerre : 68000 t. On voit donc que la récupération du benzol dans les usines à gaz est une opération d’un haut intérêt économique, surtout dans la période de crises de transport, de combustible et de change que nous traversons. M. Grebel exprime le regret que l’obligation de récupérer le benzol des usines à gaz n’ait pas été maintenue. Ces regrets nous paraissent très justifiés. Il faut dire que cette obligation ne peut être imposée que par une loi, la plupart des Compagnies gazières sont en effet prisonnières de conventions conclues il y a fort longtemps et qui imposent au gaz d’éclairage un pouvoir éclairant minimum que ne pourrait fournir le gaz débenzolé. Ainsi des clauses parfaitement désuètes privent aujourd’hui notre pays d’une source de carburant qui n’est pas négligeable.
- Transformation des explosifs en engrais — Les
- explosifs inutilisés et qui encombrent les magasins militaires peuvent constituer de très riches engrais azotés, contenant spécialement du nitrate d’ammoniaque, mais il serait dangereux de les confier tels quels aux agriculteurs. Le gouvernement italien a chargé le professeur F. Garelli, de Turin, d’études visant à transformer les explosifs en engrais inoffensifs.
- Pour séparer du mélange le nitrate d’ammoniaque, M. Garelli a profité de la grande solubilité de ce ni trate dans l’eau. En ajoutant, dans des bassins spéciaux, une quantité déterminée d’eau au mélange explosif, et en laissant déposer la bouillie liquide, il obtint une solution dense de nitrate d’ammoniaque qu’il sépara par décantation. A cette solution, il ajouta et mélangea de la tourbe en poudre, et il obtint, après un séchage facile et rapide, un engrais qu’il appelle « tourbe azotée » et qui a la composition suivante (en pour roo) : Eau 17,8. Cendres 18,8. Nitrate d’ammoniaque 42>8. Matières organiques 20,6.
- Cet engrais a l’aspect d’une poudre noirâtre et contient 16,4 pour 100 d’azote (7,5 pour 100 d’azote nitrique, 7,5 pour 100 d’azote ammoniacal, 1,4 pour 100 d’azote organique) plus 0,06 pour 100 d’anhydride phospho-rique et 1,8 pour 100 de potasse. Sa composition est--donc analogue à celle du nitrate de soude qu’il peut remplacer avec efficacité dans la fumure des terres cultivées.
- Les expériences nécessaires pour déterminer la valeur fertilisante de la «- tourbe azotée » ont été confiées au professeur Gamacchio, directeur de la Chaire provinciale d’agriculture de Turin ; les résultats de quelques essais faits dans l’arrondissement d’Alba permettent d’ores et déjà d’affirmer que le nouvel engrais a une action à peu près égale à celle du nitrate de soude.
- L’industrie dans l’Inde. — Les Indes Anglaises, malgré leur gigantesque population, sont restées jusqu’ici un- pays presque exclusivement agricole. Les seules industries qui s’y soient développées sont celles du tissage du coton. Mais toutes les machines, prèsque tous les objets métalliques, employés dans l’Inde viennent du dehors. La guerre, en ralentissant les importations, a mis en évidence le danger de cette politique. L’Inde abandonnée à elle-même a été privée de bien des objets essentiels. La situation paraît devoir se modifier rapidement, le gouvernement anglais étant décidé à encourager désormais, plus que par le passé, l'essor
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- INFORMATIONS
- industriel de sa magnilique colonie. Déjà l’industrie du fer commence à se développer. Il existe deux établissements sidérurgiques : l’un à Kulli, fondé il y a z5 ans, l’autre à Sakchi à 155 milles de Calcutta, mis en marche en 1912, et comportant deux hauts fourneaux. La production de ces deux établissements est d’environ 240 000 t. par an.
- Notons que l’Inde importait en 1913 près de 1 25o 000 t. de fer et acier. Les deux usines citées plus haut ont perfectionné leur outillage pendaut la guerre et continuent à le développer. Autour d’elles naissent des usines de construction de machines. Le gouvernement de l’Inde de son côté fait un sérieux effort pour organiser la recherche et la mise en valeur sur place des ressources naturelles du pays. L’Inde, avec ses immenses richesses, apparaît donc comme devant prendre, dans un avenir peut-être rapproché, une place importante parmi les contrées industrielles de l’Asie.
- Les canards contre les moustiques. — M. Chevalier, dans le Bulletin agricole de l’Institut scientifique de Saigon, revient sur la question de l’utilité des canards pour la lutte contre les anophèles, moustiques transmetteurs du paludisme. L’élevage du canard devrait être largement développé dans les régions marécageuses de notre empire asiatique, notamment dans la région moyenne du Tonkin, la Cochinchine orientale, et cela est d’autant plus facile que les Chinois connaissent bien les moyens d’incubation de ces oiseaux.
- Dès l’éclosion, les jeunes canards se répandent sur les mares et ils s’alimentent non seulement de larves d’insectes et d’autres petits animaux aquatiques, mais aussi d’algues, de lentilles d’eau, de SaIvinia et d’Azolla et d’autres petites plantes aquatiques flottantes, qui sont véritablement cultivées pour cet usage dans les deltas du Mékong et du Fleuve Rouge, sur les mares entretenues aux environs des habitations. Nul doute que l'aménagement des marais en mares analogues pour l’éleyage du canard, dans les régions d’Indochine encore insuffisamment peuplées, aurait d’heureux résultats au point de vue de l’assainissement du pays.
- La sensibilité des plantes aux ondes hertziennes.
- — Unè plante qui grandit se dirige vers la lumière; cela est vrai, non seulement pour sa tige principale, mais pour ses branches et ses feuilles. C’est ce qu’on appelle l’action de tropisme ; sensible surtout pour la région ultra-violette du spectre, qui contient les radiations à très courte longueur d’onde, elle devient nulle dans la région des radiations rouges. La croissance des plantes elle-même est influencée par la lumière. Les plantes sont donc sensibles à certaines radiations lumineuses. Ne le seraient-elles pas également aux ondes hertziennes, qui sont, on le sait, des radiations de même nature que celles de la lumière, mais de longueurs d’onde beaucoup plus grandes (allant de quelques millimètres à quelques kilomètres). Telle est la question que s’est posée le professeur Jagadis Chunder Dose, de Calcutta, et à laquelle il répond dans le journal anglais Nature. Au premier abord, la chose paraît peu vraisemblable; les rayons lumineux qui exercent l’action de tropisme la
- plus vive ont une longueur d’onde de ~ cm; avec les
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- ondes hertziennes, on a des radiations dont la longueur d’onde est 5o millions de fois plus élevée. Mais d’autre part, on a constaté, sur les rayons lumineux étudiés jusqu’ici, que leur action était toujours double; qu’il y avait simultanément effet de tropisme et effet sur la croissance, par action photosynthétique; et ces deux effets se manifestent en sens inverse l’un de l’autre. Ainsi les rayons rouges ont une action photosynthétique considérable, une action de tropisme quasi nulle.
- Ce sont ces considérations qui ont engagé M. Bose à entreprendre ces recherches. L’installation expérimentale comportait une source d’ondes hertziennes de très courte longueur, et une antenne réceptrice située !mk 200 m. environ de la source. Cette antenne était re’iée par un fil fin axec la plante en pot soumise à l’expérience; l’extrémité inférieure de la lige de cette plante était reliée à la terre. Les premières expériences furent faites avec le Mimosa qui est particulièrement sensible aux ondes électriques. M. Bose utilisait en outre des dispositifs délicats pour mettre mécaniquement et automatiquement en évidence la croissance de la plante. Il
- constata les phénomènes suivants ; des ondes hertziennes de faible intensité provoquent immédiatement une accélération dans la croissance normale de la plante; les mêmes ondes, émises avec une intensité dépassant un certain maximum, provoquent un retard dans la croissance de la même plante. Les plantes sont donc sensibles aux ondes hertziennes et constituent à certains égards de véritables détecteurs.
- Agrandissement de la ville du Havre. — Une loi
- du 18 octobre 1919 annexe à la ville du Havre la commune de Graville-Sainte-Honorine,’à 4 km nord-est de la place de riIôtel-de-Ville du Havre sur la route de llar-fleur. C’était autrefois un lieu de villégiature pour les Ha vrais, puis elle devint un faubourg relié au centre par des trams électriques et maintenant ses 15 000 habitants, son église du xi,; siècle, ses usines (verrerie, forges et chantiers de la Méditérrauée', etc.), deviennent un nouveau canton du grand port de l’embouchure de la Seine.
- Statistique des familles, des logements et des maisons. — Le dernier annuaire de la Statistique générale de la France, qui vient de paraître, contient sur ces questions les données du recensement de 1911 qui n’avaient pu encore être publiées.
- Staiisiique des maisons. — Les résultats d’ensemble, comparés aux résultats de 1901 et des recensements antérieurs, montrent que le nombre des maisons croit assez lentement ; il était de 7664000 en 1872, de 78420000111901 et de 8 180000 en 1911. Le nombre total dès logements destinés à l’habitation, occupés ou vacauls, a passé de 10780000 en 1881 à 11 65o 000 en 1901 et 11 842000 en 1911; celui des locaux servant exclusivement d’atelier, boutique, etc., s’est élevé de 1 ii5ooo en 1881 à 1 188000 en 1911. A noter que .là proportion des logements vacants est tombée de 60 pour 100 en 1901 et 1906, à 33 pour 1000 seulement en 1911. '
- Statistique des ménages et des logements. — Les feuilles de ménage établies lors du recensement de 1911 ont été classées de manière à permettre cï’oblenir des tableaux à double entrée, faisant connaître la réparti-lion des logements, à la fois suivant le nombre des pièces et suivant le nombre des personnes qui les habitent.
- L’élude du surpeuplement des logements présentant surtout de l’intérêt dans les villes, le dépouillement a été fait pour chacune des villes de plus de 100000 habitants et pour le groupe des villes de 5o 000 à 100 000 habitants. Des résultats de 1911 on a rapproché ceux de 1901. En dix ans, la proportion des logements considérés comme surpeuplés (plus de deux personnes par pièce) s’est abaissée de 82 à 47 pour 1000 à Paris, de 76 à 61 pour 1000 dans l’ensemble des autres villes de plus de 100000 habitants et de 99 à 76 pour 1000 dans les villes de 5o 000 à 100000. Pour les logements encore insuffisants, c’est-à-dire pour ceux qui sont habités par moins de deux personnes mais par plus d’une personne par pièce, la proportion a diminué de 290 à 263 pour 1000 à Paris et, respectivement, de 298 à 294 et de 277 à 273 dans les deux autres catégories de villes; le progrès est ici très sensible.
- Depuis 1911, les déplacements de population dus à la guerre ont bouleversé la situation. Que donnerait un nouveau recensement opéré maintenant?
- Enseignement de l’urbanisme. — Le Conseil Général de )la Seine vient de créer un enseignement public des questions urbaines, à l’Institut d’Histoire, de Géographie et d’Economie Urbaines de la Ville de Paris.
- Les cours, au nombre de cinq, traiteront : i° De l’évolution des villes en général, de Paris et de l’agglomération parisienne en particulier ;
- 20 De l art urbain en général et appliqué à l’agglomération parisienne en particulier ;
- 3° De l’organisation administrative de la vie urbaine en France ;
- 4° De l’organisation sociale de cette même vie ;
- 5° De l’organisation comparée de la vie urbaine à l’étranger.
- Les cours gratuits ont lieu une fois par semaine, à six heures du soir, dès maintenant, 29, rue de Sévigné, où il convient de s'inscrire pour pouvoir les suivre. L’enseignement durera deux années.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Qtft
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- CE QU'IL FAUT SAVOIR D'ÉLECTRICITE (Suite)
- Résistance des conducteurs. — Considérons un
- conducteur AB, traversé par un courant. Mesurons ce
- courant à l’aide de
- \ l’ampèremètre A et
- notons la d. d. p.
- entre A et B à l’aide du A'oltmètre. Faisons varier le courant, et
- notons à chaque fois les intensités et les Fig. i. — Mesure <le la résistance. différences de potentiel correspondantes, nous obtenons les chiffres suivants :
- ipèrcmètre. Voltmètre. Quotient, E
- I E T
- 1,1 3f3 3
- i,5 4,5 3
- C9 5,7 ‘V a
- 2,4 7-2 3
- 8,1 3
- Le quotient 5. est constant. Il ne dépend pas du courant qui traverse le conducteur, mais si ce dernier chan-
- . E
- geait, il varierait aussi. Le nombre R= — caractérise
- donc le conducteur au point de vue éleclrique; il mesure sa résistance, et s’évalue en ohms. Dans le cas actuel, nous dirons que la résistance est de 3 ohms.
- On écrira y = R d’où : I = J el E = IR.
- Ces trois formules constituent la loi d’Ohm, elles établissent la relation entre le courant et les conducteurs.
- Par exemple un fil dé 3o ohms qui serait branché sous une d. d. p. de no volts serait parcouru par un
- courant de : -vr— = 3 ampères 66, une lampe de 3a bougies qui absorbe o ampère 4 sous no volts a une résistance de : = 275 ohms.
- o,4
- L’expérience montre que la résistance des corps varie avec leur nature, qu’elle est proportionnelle à leur longueur et inversement proportionnelle à leur section.
- 1 fil de cuivre de 1 m. de longueur et de t mm3 de section donne o ohm 016.
- 1 fil de fer de 1 m. de longueur et de 1 ram2 de section donne o ohm 1.
- 1 fil d’aluminium de 1 m. de longueur et de 1 mm* de section donne o ohm 02S.
- Si on désigne^ comme ou le fait d habitude, ces nombres par a, la résistance d’un fil de longueur Z et de sections sera :
- B =-
- S
- Ainsi un fil de cuiVre de 3 mm2 de section et de 10 cm de longueur aurait une résistance de :
- 0,016 X o,i
- 3
- o ohm ooo5.
- Ce fil, soumis à une d. d. p. de 2 volts serait traversé
- par une intensité de :
- 4000 ampères, courant
- o ,ooo5
- très intense qui constitue un court circuit. Lorsqu'on doit réunir deux conducteurs présentant J
- entre eux une d. d. p., il faut donc se W-"0--*/ rendre compte à l’avance du courant ^ L. qui peut passer et ne pas se servir d’une résistance trop faible. Par exemple, il n'est guère prudent de gratter avec un couteau dans une douille de lampe à incandescence (fig. 2). La mise en contact par Fig. 9. ce conducteur de très faible rés stance de£ deux pistons qui s’appuient sur l’ampoule (fig. a) aura pour effet de faire passer un courant très intense, susceptible de brûler l’opérateur, de détruire la. douille et de faire fondre les plombs de la canalisation. Il n’est pas bon non plus de se servir d’un fil de cuivre
- pour toucher simultanément les pôles d’une batterie portative d’accumulateurs pour voir s’ils sont déchargés. Le courant très intense qui se produit les détériore rapidement.
- Le voltmètre que l’on branche sous la d. d. p. totale qu’il doit mesurer doit avoir une grande résistance. Les voltmètres industriels sous 110 volts ont 5ooo ohms environ; ils sont ainsi traversés par un coura.nt de
- 110 , , .
- ----= o ampere 022 et leur consommation est de :
- 5ooo
- P — El = 110 X 0,022 = 2 -watts 4. Les voltmètres caloriques marchant dans les mêmes conditions «consomment beaucoup plus. Leur résistance est d’environ
- „ , .„. . . , , 110
- 600 ohms, ce qui fait une intensité de -— ou o;,,ib,
- 600
- donnant ainsi une perte de 0,18 X no = 20 watts environ, soit plus qu’une lampe de 16 bougies.
- Mesure des résislances. — La relation R =
- E
- T
- donne
- le moyen immédiat de mesurer les résistauces. Cette méthode pourra cire utilisée pour mesurer des rhéostats de démarrage, de champ, des radiateurs électriques. Il sera bon de faire passer des courants assez intenses.
- Si l’on dispose d’un ampèremètre sensible au —— d’am-
- 100
- père, comme avec les appareils à shunt, on pourra mesurer la résistance des lampes à incandescence.
- On se sert souvent d’un courant dont le voltage est connu , soit que l’on utilise le courant d’un secteur, soit qu’on ait mis en série un certain nombre d’éléments d’accumulateurs.
- Il suffit alors de posséder un ampèremètre pour pouvoir effectuer la Fi; mesure.
- Si les résislances sont très grandes, les intensités seront très petites et les indications de l’ampèremètre seront pratiquement nulles.
- Soit à mesurer par exemple l’isolement entre les inducteurs d’une dynamo et la masse de la machine, isolement qui doit être de l’ordre de 5oo 000 ohms. Avec un courant de 110 volts, l’ampèremètre indiquerait :
- 11 o . . , . . ,-ÆL
- -------= o\ooo22, intensité qui ne pourrait-etre mc-
- 5oo.ooo 11 i
- surée que par un microampèremètre. Plaçons dans le circuit un voltmètre de résistance connue, 10000 ohms par exemple. Nous constatons qu’il marque 2 volts. Il
- - • Cela est aiissi
- . 3.-r-Mesure de l’isolement d'une dynamo.
- est donc traversé par un courant —-
- f0.000
- le courant dans le circuit total, de telle sorte que la résistance d’isolement augmentée de celle du voltmètre
- est—~55o 000 ohms. 11 suffit alors pour avoir
- 10.000 y
- x de retrancher la résistance dü voltmètre (fig. 3).
- Cette mesure pourra être faite dans les mêmes conditions entre l’induit et la masse d’une, dynamo ou d’un moteur, entre la masse et l’enroulement du.stàfor dans un moteur asÿn'cbrone. ’ 1 "
- Souvent les électriciens remplacent le voltmètre par une lampe à incandescence bu par une sonnette. La lampe s’allumera lorsque le défaut sera franc; si elle reste complètement obscure, on ne pourra rien affirmer sur la valeur de l’isolement,’ sinon qu’il n’y a pas de grosse perte. L’emploi de la sonnette ne donne aussi que des résultats très approximatifs; pour qn’clle soit actionnée par de faibles courants, elle doit être à grande
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- SCIENCE APPLIQUEE
- résistance. Pour qu elle ne soit pas brûlée ên cas de perte franche, il faut lui ajouter une lampe en série.
- D’ailleurs, lorsque les pertes à la masse sont importantes, le courant ne traverse plus les spires qui sont court-circuitéês, l’intensité augmente puisque, de ce fait, la résistance est diminuée et la bobine s’échauffe d’une façon anormale. Donc, si, dans une dynamo, un moteur, une bobine vient à chauffer fortement et plus que les
- Recherche d’une
- eiieraf l'iee.
- autres, on a les plus grandes chances de se trouver en présence de pertes à la masse importantes, et l essai de la mesure d’isolement s’impose.
- Enfin, on peut avoir à faire la mesure d’isolement et la recherche des pertes dans une installation d’énergie :
- On est ainsi amené à mesurer l’isolement entre les conducteurs et la terre.
- On enlève les lampes, et on monte le voltmètre comme l’indique la figure \ ; de sa lecture on déduit la résistance de l’isolement.
- Si celle-ci est faible il y a perte entre les deux conducteurs et, probablement entre chacun d’eux et la terre.
- Pour déterminer l’endroit où se produit la fuite, on
- Barres du tableau
- In terrup/eur générât
- Fig. 5. — Recherche d’une perte à la distribution.
- enlèvera les fusibles a, b, c (fig. 4). et l’essai,sera effectué sur la canalisation principale MN, l’interrupteur F étant ouvert. Si l’isolement est reconnu défectueux, on sectionnera la canalisation de manière à localiser le point faible. Si l’isolement est bon, on placera par exemple le coupe-circuit a, et l’on s’assurera que cette partie delà distribution est bonne ; si elle ne l est pas, on localisera le défaut et ainsi de suite.
- Pour rechercher les pertes à la terre, on commencera par prendre une bonne prise d.e terre T (robinet d’eau,
- tuyau de gaz). Après avoir amené en T le fil ÇQ, on placera le pôle P, d’abord sur chacun des fils MN, les fusibles enlevés. Dans le cas actuel, le voltmètre ne bougera pas; mais lorsque le fusible a sera placé, le courant se fermera par TT'
- Si, au lieu de posséder la station génératrice comme dans le cas actuel, on recevait le courant du réseau, on opérerait de la même manière, mais, dans ce cas, on n'est plus certain de ne pas avoir déjà une terre avant l’interrupteur.
- Si je fais une perte franche en T (fig. 5), on voit que le courant va se fermer immédiatement par TT'faisant ainsi fondre les fusibles chez les abonnés dont la distribution présente une terre. 11 faut avoir soin d’intercaler une lampe / de grande résistance (faible intensité). Cela fait, on opère comme précédemment. Les résistances des terres proviennent de l’endroit même où se produit la perte. Une légère différence de contact, l’humidité plus ou moins grande les font varier dans de très grandes proportions. Anduk Dki.avie,
- ctg'îsi. Objets Utiles
- Le radiateur « Elecsol ». — Le calcul du chauffage d'un cube d’air déterminé démontre que pour obtenir une température constante, il faut non seulement fournir le nombre de calories destinées à porter un volume d’air au degré désiré, mais encore compenser les pertes de chaleur dues aux surfaces de refroidissemenls (murs, fenêtres, portes). Pour obtenir un rendement suffisant, on procède en chauffage central par grandes surfaces de chauffe.
- Si l’on considère les radiateurs électriques courants on voit qu’ils sont composés de fils fins portés à température relativement élevée et offrant à
- I air ambiant une surface de chauffe des plus petites; d'autre part, alors que l’on considère qu’il faut environ 3o watts par mètre cube pour tenir une température de i5u dans un appartement ( 3 watts - heure par mètre cube et par degré).
- II arrive fréquemment que cette énergie calorifique est insuffisante par suite de faible volume d’air qui frotte sur les fils fins de radiateur et vient élever sa température.
- De plus si l’on envisage le point de vue pécuniaire, le chauffage électrique d’une salle de 3o m3 revient à 0 fr G5 à l’heure, ce qui est trop, cher pour beaucoup (en plus, cçla exige un compteur spécial).
- Ces considérations montrent qu’il y a intérêt à cx'éer un type de radiateur électrique projetant intégralement toute la chaleur émise par l’élément de chauffe, et impressionnant de suite une grande quantité d air. La chaleur étant une vibration se projette comme la lumière à l’aide d’un réflecteur parabolique à condition qu’elle soit condensée aux environs immédiats du foyer, c’est cetteidée qui est réalisée par F elecsol.
- L’Elecsol s’appuyant sur le fait qu’il est impossible ou très onéreux de chauffer électriquement la totalité d’une pièce élève instantanément la température de la zone occupée.
- Son principe est de projeter intégralement, au moyen d’un réflecteur parabolique, la chaleur émise par un élément de chauffe tronconique fixé au f'oyer de la parabole.
- Le rendement obtenu est total et permet ainsi, avec une très faible consommation, d’obtenir un chauffage agréable.
- L’Elecsol est un appareil élégant et léger, construit sur le modèle des lampes portatives, sa faible consommation lui permet de se brancher sur toutes les douilles de lampes et d’utiliser toutes les prises d’électricité.
- En vente chez Pericaud, 85 boulevard Yoltaire, Paris.
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- VAR] ETES
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- Les principaux Calville. Vente du Calville blanc.
- — Les Calvilles, s’il existait une hiérarchie dans les pommes de table, en occuperaient le plus haut échelon, situation qu ils devraient surtout à leur magnifique et aristocratique représentant, le Calville blanc, dont les plus beaux échantillons font depuis si longtemps l’ornement des tables princières et royales, sur lesquelles la beauté de ses formes, jointe à la finesse de sa chair, lui ont acquis la préférence sur toutes les autres pommes. Bien que ces variétés soient assez nombreuses, il n’en est que quelques-unes qui viennent sur les marchés des régions où elles sont le plus cultivées ou sur ceux des halles bien approvisionnées. Je les décrirai succinctement afin de pouvoir m’étendre un peu plus longuement sur le Calville blanc.
- Quelles variétés .acheter de préférence? — Yoici celles qu’on peut trouver à cette époque de l’année.
- Calville d’Oullins. — Fruit moyen ou assez gros, conique, peu côtelé, mais légèrement bosselé vers la tête. Peau fine, lisse, jaune clair, lavée de rose ou d’une belle teinte rouge pourpre du côté du soleil. Chair blanche, demi-tendre, sucrée, agréablement parfumée.
- — Qualité : meilleure à l’état cuit qu’à l’état cru. — Maturité : octobre à janvier.
- Calville de Saint-Sauveur. — Beau fruit, gros, conique tronqué, bosselé au sommet. Peau fine, luisante, jaune de Naples, frappé de rouge ou de vermillon à l’insolation. Chair blanche, demi-fine, assez tendre, légèrement acidulée et bien parfumée. — Qualité : bonne.
- — Maturité : novembre à décembre.
- Calville de Maussion. — Fruit moyen, déprimé, plus large que haut, bosselé et côtelé au sommet. Peau un peu onctueuse, d’un vert pomme, lavée de rose avec des points blanchâtres à l’insolation. Chair blanc-jaunâtre, line, sucrée, juteusfe et parfumée. — Qualité : très bonne.
- — Maturité : décembre à janvier.
- Calville rouge d'hiver. — Beau fruit, gros, généralement conique, quoique aussi large que haut, resserré vers le sommet et bien côtelé. Peau fine, jaune pâle, lavée de rouge pâle à l’ombre et plaquée de rouge sang à l’insolation. Chair presque toujours rosée sous la peau et souvent jusqu’au cœur, fine, tendre, sucrée, juteuse, acidulée, relevée d’un parfum framboisé. —-Qualité : bonne. — Maturité : janvier à mars.
- Calville blanc. — Très beau fruit gros ou très gros, pourvu de très belles côtes bien dessinées et saillantes, partant du sommet du fruit. Peau fine, lisse, onctueuse, jaune paille doré, d’aspect cireux à complète maturité, lavée de carmin à l’insolation, pourvue quelquefois de petits points blanchâtres. Chair blanc jaunâtre, d’une légèreté et d’une finesse incomparables, sucrée, juteuse, relevée d’un parfum spécial très agréable rappelant un peu ceux de l’ananas et de la fraise, parfum que plusieurs pomologues ont qualifié de « distingué ! » — Qualité : supérieure à celle de toutes les autres pommes.
- — Maturité : décembre à avril et même davantage.
- Le Calville blanc est considéré eu France comme la meilleure des pommes et le fruit de luxe par excellence; c’est d’ailleurs lui qui atteint dans le commerce les prix les plus élevés. Il est l’objet d’une exportation importante en Allemagne, en Belgique et en Russie, moyenne en Hollande et dans les pays Scandinaves, mais presque nulle en Angleterre.
- Etant donnée la place toute particulière occupée par le Calville blanc dans le commerce des pommes de table, je crois répondre à la curiosité légitime des maîtresses de maison en leur donnant quelques renseignements peu connus sur la vente de ce fruit.
- Vente du Calville blanc. — Répandue sur presque tous les points de la France, sa culture a atteint son plus haut degré de perfection dans les communes de la banlieue parisienne, notamment à Montreuil-sous-Bois, et c’est des modes de vente que l'on pratique dans cette localité dont je vais parler. Les renseignements ci-dessous m’ont été fournis en partie par M. Léon Loi-seau, arboriculteur renommé et président de la Société régionale d’horticulture de Montreuil-sous-Bois et par d’autres spécialistes dont je ne puis citer les noms.
- Classement ou triage des fruits. — La récolte des pommes, qui varie un peu avec les années, a,, lieu généralement à partir du 10 octobre; la vente ne se fait jamais sur l’arbre. Les fruits cueillis et rentrés dans le
- fruitier sont triés et classés d’après leur poids, très rarement d après la mesure de leur circonférence. Sur les conseils, de M. Loiseau, le Syndicat d’exporlation de Montreuil, en vue de concurrencer l’important commerce, que la Société des Calvilles de Méran (Tyrol) fait dans l’Europe centrale, a adopté le classement que l’on y suit, lequel comprend deux classes composées l’une et 1 autre du même nombre de catégories répondant aux mêmes poids.
- La première classe se compose des fruits de luxe, très beaux, sans defaut, et tout particulièrement bien côtelés ; la seconde classe est formée de fruits semblables aux premiers comme aspect et goût agréable, mais ils présentent de petites défectuosités aux regards de l’épiderme ou de la beauté de l’ensemble.
- Voici les catégories de poids admises dans les'deux classes avec les prix afférents à chacune d’elles; ces prix d après M. Loiseau représentent ceux d’une bonne année de production. Ce sont, en somme, des prix moyens pour les fruits destinés à l’exportation, et je me hâte de dire qu’ils se rapportent à des expéditions faites avant la guerre.
- t<!£ ories. Prix. ( ’alrjîories. Plix.
- A 3oo gr. et au- A 3oo gr. et au-
- dessus. 1r'', 7 5 dessus. . . o,r,qo
- B 260 à 3 00 gu ifr,5o B 260 à 3oo gr. of'-,75
- G 220 à 260 g1’- 1 lr,IO G 220 à 260 gr. otr,55
- D 180 à 220 gr. o,r,75 D 180 à 220 gr. of,',4o
- E 14o à 180 gr. ofr,35 E 1.40 à 180 gr. Ofl, 20
- F 100 à 140 gr. 0f 1,20 F 100 à 140 gr. ofr, 10
- L écart entre chaque caleg’orie est de 40 grammes.
- Une grande partie des arboriculteurs fait un triage composé de 4 catégories courantes : 100 à i5o gr.; i5o à 200 gr. ; 200 à 2 5o gr. ; la différence est de 5o gr. D autres adoptent le procédé suivant : ils établissent deux divisions, la première comprend les pommes pesant de 100 à. 200 gr. et ils en font quatre catégories que différencient un écart de 2 5 gr. La seconde commence à partir de 200 gr. et ne compte souvent que deux catégories : 200 à a5o gr. ; 2,5o à 3oo gr. ; toutefois, comme on peut récolter sur des cordons des pommes du poids de 4®o fit 45o gr., on établit dans ce cas sur la même base deux autres catégories; 35o à 400 gr. ; 400 à 45o gr.
- . Modes de vente. — Le plus suivi est la vente du fruitier aussitôt le triage terminé, et, par conséquent, peu de temps après la cueillette. Le producteur se contente d’un prix moins rémunérateur, mais il évite la perte produite au cours de la garde par la pourriture et l’évaporation. Certains praticiens ont constaté que la perte résultant de cette dernière peut s’élever, après 2 à 3 mois, à 10 pour 100 du poids primitif des pommes. Le fruitier, le plus souvent, est acheté ferme au commencement de novembre mais l’acheteur vient chercher les fruits quand bon lui semble, jusqu’en mars et avril.
- D autres producteurs vendent à des commissionnaires montreuillois qui revendent ces fruits aux halles de Paris, sur le carreau de Montreuil; enfin, un petit nombre les fait vendre directement aux halles, pavillon n° 6.
- Prix de vente. Ils varient, bien entendu, en raison de 1 abondance ou de la pénurie de la récolte ainsi que de la beauté et du volume des fruits. On a lu plus haut ceux qui sont considères comme moyens pour une exportation par caisses, en gros. La vente directe sur Paris, en temps ordinaire, peut varier de 10 à.i5 pour 100 sur ces prix.
- Les beaux fruits sont toujours vendus à la pièce ; on ne vend au kilo que ceux qui sont piqués ou tachés. Les trois caractères qui, à production égale, influent le plus sur le prix marchand sont le volume, le coloris et les figurines. Les prix sont fixés après débat entre le producteur et l’acheteur, puis ce dernier retient un tant pour 100 pour la perte : tournage au gras et pourriture qui pourraient se produire.
- D’après les renseignements que m’a fournis un mandataire aux halles, le fruit tombé s’écoule au poids au début de la saison; il y a aussi quelques acheteurs qui traitent aux 100 kg et les payent de 600 à xooo fr. et même jusqu'à 1200 fr., quand les pommes sont extra. Toutefois, la vente normale se fait à la pièce et voioi
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- les prix moyens qui ont été pratiqués par ce mandataire en 1918 comparativement à ceux d’avant-guerre. Poids des fruits. l’r'x en ISIS. Prix d'avant-gnerro.
- 80 â 120 gr. 140 à 200 — 220-250 à 260 — u8o-3oo à 320 —. 34o à 4°° —
- o fr. 75 à 1 franc
- 1 fr. 25 à 2 —
- 2 fr. 5o à 3 —
- 3 fr. 5o à 4 —
- 5 frt à 6 —
- o fr. 40 à o fr. Co 1 fr. 00 à 1 fr. a5 1 fr. 5p à 1 fr. 60 1 fr. y5 à 2 fr. 00 3 fr. à 3 fr. 5o
- En arrière-saison, mars et avril, ces prix augmentent de o fr. 25 à o fr. 5o pièce, selon la grosseur.
- Les petits fruits au-dessous de 5o gr. se vendent de o fr. 10 à o fr. 25 et ceux de 5o à 75 gr. de o fr. 5o à 0 fr. 60 pièce. A. Truelle.
- La conservation des châtaignes. — Une fois cueillies, les châtaignes ne tardent pas à se dessécher. En outre, les vers dont elles recèlent souvent le germe, dévorent une partie de Vamande. Enfin, cette dernière est encore envahie par les moisissures.
- Comme insectes, nous signalerons les deux principaux •. un papillon, la Pyrale brillante ( Toi trix splcn-dana), et un coléoptère, le Charançon de la châtaigne (Balaninus clephas), représentés dans le fruit par leurs larves qui les rendent véreux.
- Le nombre des châtaignes malades augmente, pour ainsi dire, avec la durée de la conservation. On entend par malades celles qui sont atjaquées par des champignons comme le Pseudocommis vitis. Les plasmodes de ce dernier peuvent traverser de bonne heure.! involucre qui enveloppe les châtaignes et gagner celles-ci. Le fait se produit, surtout, dans les années humides. Il explique, en outre, comment on peut trouver des fruits aux cotylédons malades, alors que l'extérieur ne présente aucune piqûre, pas même celles des insectes signalés plus haut qui pourraient faciliter l’invasion. Cependant, quand l’humidité est excessive, dans une cave, par exemple, l’enveloppe, le tégument externe, alors plus vulnérable, peut se laisser percer par un nouvel ennemi, une moisissure, YAspergillus glaucus. Ce champignon se glisse dans les plissements de la pellicule interne. Il s’y développe à peine, quand le fruit est sain, mais il s’empare des parties attaquées par le Pseudocomis et se substitue à lui pour achever de les détruire.
- Toutes ces altérations revêtent une certaine importance quand on connaît la place qu’occupent les châtaignes dans l’alimentation. D’ailleurs, en ce qui concerne la vente, il y a intérêt à la prolonger le plus longtemps possible jusqu’au printemps en raison des prix élevés qu’on en l’etire à cette époque.
- Les procédés de conservation ont donc pour but, dans ce dernier cas, d’empêcher la dessiccation. Mais il faut, surtout, enrayer les dégâts causés par les larves logées dans le fruit même, et empêcher la prolifération des champignons microscopiques. A ce dernier point de vue, on doit, avant tout, éviter l’humidité. Comme on ne peut guère agir sur celle que l’air contient naturellement, on est obligé, pour une longue conservation, de procéder à la dessiccation artificielle des châtaignes.
- Pour leur garder quelque temps leur fraîcheur, on ne les sépare pas de la coque, hérisson ou pelon. On les empile ainsi, dans un endroit aéré et sec. .
- Le plus souvent, après les avoir débarrassées de leur involucre en les frappant avec un bâton, on les étend sur un sol bien sec et on les remue de temps à autre pour les laisser se ressuyer et achever leur maturité. Quelquefois, on les expose au soleil sur des claies pendant 1 à 8 jours, puis on les rentre dans un local sec et aéré, où on les dispose en couche peu épaisse.
- Un autre procédé, qui paraît être en contradiction avec ce que l’on sait sur l’action de 1 humidité, consiste à immerger les fruits dans l'eau durant i5 à 20 heures. Après les avoir laissés se ressuyer à l’ombre, on les stratifie dans une cuve avec du sable fin sec. Il vaut mieux cependant pratiquer la stratification sans trempage préalable. Pour une conservation de longue durée, qui peut aller jusqu’au mois de mars, et même mai, il importe de faire un triage préalable pour écarter les châtaignes piquées.
- D’après les récentes recherches de Mangin et A incens, la pourriture noire est occasionnée par le Haziella cas-tanea. Mettre les fruits dans l’eau et rejeter ceux qui surnagent : ils sont atteints par le champignon. Les autres, après ressuyage au soleil, sont placés dans un
- tonneau que l’on ferme hermétiquement après 3- avoir brûlé une ou deux mèches soufrées.
- La dessiccation, opérée immédiatement après la récolte, a l’avantage d’enrayer les dégâts causés par les larves et les champignons. Mais il est certain que les "châtaignes ainsi traitées n’ont plus les mêmes qualités gustatives.
- Olivier de Serres disait, en 1660, que pour conserver les châtaignes il faut les sécher à la fumée, puis les décortiquer. On peut, ensuite, les garder « sans crainte de la pourriture jusques aux nouvelles. » Duhamel de Monceau écrivait, aussi, sur ce sujet, en 1755, que si on ne les « boucane » pas, elles germent et se moisissent.
- Le boucanage, ou fumage, est, surtout, utilisé dans les pays de grande production. Les fruits sont répandus sur des planchers à claire-voie dans un local spécial. Au-dessous, on dispose des foyers (fuconi, en Italie) où l’on brûle des matières donnant peu de flamme et beaucoup de fumée. On obtient, ainsi, les biscottes. En continuant le chauffage on arrive à la dessiccation complète. Les fruits commencent par suer, puis ils se dessèchent. Après 4 à 5 jours on peut détacher l’écorce en les frottant entre les mains. On arrête alors le feu, et laisse refroidir, puis on en met de nouvelles que l’on recouvre avec celles qui ont déjà sué. Le tout forme une épaisseur de 5o à 60 cm. On rallume de nouveau le feu, on chauffe modérément durant deux à trois jours, puis on augmente progressivement la température en retournant les fruits après uDe dizaine dé jours.
- Quand on dispose de plusieurs étages superposés, comme on le fait en Italie, en Espagne, les châtaignes sont, d’abord, placées sur le plancher inférieur ( ressuyage) puis sur le moyen (dessiccation) et, enfin, sur le troisième, le supérieur où ils achèvent de se dessécher.
- Le traitement dure de 20 à 25 jours.
- L’écorce et la pellicule interne doivent se détacher facilement et l’amande résister à la dent. Il ne reste plus qu’à procéder à la décor-lieation (ou blanchit) pour avoir les châtaignes blanches.
- On devine les inconvénients de ce procédé par trop primitif : lenteur, risques d’incendie, mauvaise utilisation du calorique, d’où dépense exagérée de combustible, mauvaise hygiène pour les ouvriers, variations de température à cause des difficultés pour entretenir régulièrement une chaleur progressive ; grande quantité de vapeur d’eau qui, pendant le ressuyage, tombe sur le foyer, altération du goût et de la couleur des châtaignes par la fumée âcre; si la chaleur est insuffisante, au début, elle favorise les germes d’altération, si elle est trop élevée, alors que les fruits suent, ils deviennent durs, friables, jaunâtres ou brunâtres, ils ne se ramolliront pas par la cuisson ; parfois l’écorce reste adhérente, comme la pellicule interne, qui se plisse.
- D’après M. Donati, professeur d’agriculture en Corse, la préparation d’un hectolitre de châtaignes décortiquées, ou blanches, exige 100 t. de bois et, parfois, 3oo. Avec un prix de vente de 10 fr. à 12 fr. le quintal, on voit qu’à raison de 1 fr. les 100 kg de bois, le chauffage absorbe à lui seul 10 à 20 pour 100 de la valeur de la récolte (prix d’avant-guerre).
- Des perfectionnements s’imposent donc dans cette pratique. D’abord, il faudrait pouvoir traiter rapidement les plus beaux et premiers fruits récoltés, pour les livrer à la vente le plus tôt possible dans la première quinzaine de décembre afin de bénéficier des cours élevés qui - fléchissent, ensuite, rapidement.
- Les producteurs, s’ils se groupaient en syndicats et coopératives, pourraient traiter en commun dans des fours perfectionnés; ou bien les adhérents auraient la
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- des'iécticr
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- VARIÉTÉS
- facilité d’acquérir des appareils, industriels en faisant appel aux caisses de crédit agricole.
- M Donati, en Corse, et M. Mmgioli, en Italie, ont construit des étuves savamment étudiées et rationnellement agencées. L’air chaud, seul, est ici utilisé, avec le minimum de dépense en combustible. Une aération bien réglée entraîne l’humidité, qui entraverait la dessiccation. La chaleur augmente progressivement à mesure qu’avance celle-ci, tandis que l’on peut diminuer l’arrivée de l’air, l’humidité étant alors en moindre proportion. A la dernière phase, tandis que les fruits sont sur la grille supérieure (troisième et dernière), on peut admettre une grande quantité d’air, et donner le maximum de température, soit go0,' alors que le degré thermo métrique n’est que de 5o «à 6o° au début (ressuyage, première grille) et 700 à la phase moyenne (deuxième grille, méthode Mingioli). Ici, plus d’aléa, plus d’à-coups : dessiccation suffisamment rapide, fruits secs de belle apparence, dont les téguments s’effritent au moindre frottement. M. Donati estime qu’avec son appareil les frais de chauffage sont réduits de 5o à 75 pour 100.
- Les procédés de décortication demandent aussi à
- être perfectionnés. Le plus souvent, on frappe les châtaignes sèches enfermées dans un sac avec des maillets, des masses pourvues de dents en bois dur. Ou bien on les met dans un mortier pour cette opération, ou encore on les piétine avec des souliers dont les semelles sont garnies de pointes, on les fait dépiquer par des bêles de somme. On comprend combien de châtaignes sont ainsi brisées,
- M. Mingioli a fait construire unappareil à décortiquer qui utilise la force centrifuge. Les châtaignes sont placées dans une sorte de panier cylin- Fig. 2. — Appareils de décorticage. drique en gros fil de
- fer monté sur un arbre vertical qui est actionné par un manège à cheval ou un moteur quelconque. Après 40 à 5o révolutions, les écorces et pellicules sont brisées. On vide alors le panier, qui peut basculer. Il ne reste plus qu’à passer dans un ventilateur, ou tarare, pour nettoyer complètement les châtaignes blanches. Antonin Pvolet.
- Ingénieur agronome.
- BOJTE AUX LETTRES
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- AVIS — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recberches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Tonneaux et caisses pour emballages : M. Ho'pper, 43, avenue de l’Opéra, Paris.
- M. Crosse, à Paris. — x° Pour sensibiliser partiellement (dans un coin seulement) le papier à lettres, préparer d’abord séparément les deux solutions :
- A. — Eau . . . .......................5o c. c.
- Citrate de fer ammoniacal vert. . 20 gr.
- Acide citrique..................... 5 gr.
- B. — Eau............................... 10 c. c.
- Azotate d’argent.................. 5 gr.
- Au moment de l’emploi, on réunit ces deux solutions. Le mélange est trouble, mais on l’étend tel quel, à l’aide d’un pinceau, sur la partie réservée à'la photographie, et l’on fait sécher dans l’obscurité. Au tirage, sous le négatif, on ne voit qu’une image faible, et il faut arrêter l’impression avant que tous les détails se soient montrés. On développe dans de l’eau, que l’on renouvelle à deux ou trois reprises. L’image est alors jaune foncé, mais vire au brun noir dans le fixateur, constitué par une solution d’hÿposùlfite à 10 pour 100 au plus (un bain plus concentré rongerait les détails). On lave un quart d’heure. En séchant, l’épreuve gagne en vigueur.
- 20 Pour la gravure photographique, vous pourrez consulter les ouvrages suivants : Les reproductions photomécaniques monochromes, par L.-P. Clerc (O. Doin et fils, éditeur) ; Traité pratique des impressions photomécaniques, par A. Fisch (Ch. Mendel) ; La Phototypie pour tous, par L. Laynaud (Gauthier-Villars) ; Traité général de Photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (Delagrave, éditeur).
- M. R. G., 1670. — Le tannage des peaux de petits animaux s’effectue très facilement' ainsi :
- La peau est étendue sur une planche, poil en dessous et au moyen d’un couteau mousse on enlève tous les débris de chair qui la recouvrent, ensuite on l’immerge, poil en dessus dnns un bain tiède contenant par litre 100 gr. d’alun et 3o gr. de sel de cuisine.
- Après 2 ou 3 jouir s pour les peaux de lapin ou de lièvre, 5 à 6 jours pour les peaux de renard ou chevreuil, on étend la peau sur une planche et on la fixe au moyen de petits clous, puis on laisse sécher à l’ombre.
- Quand la peau est presque sèche, on la frotte entre les mains pour l’assouplir, au besoin, on bat légèrement avec un maillet de bois à bords arrondis.
- M. Vaillié, à Lodève. — Le tour à bidet est un tour
- I simple qui est constitué par le banc, la poupée et la contre-pointe seule. C’est un tour pour le bois.
- Le tour à manchons a un arbre creux à la poupée. Il comporte deux manchons ou pinces de blocage de la barre qu’on travaille, une pince à l’arrière et une à l’avant. Ces pinces sont serrées sur la barre au moyen d’un levier came.
- Un ouvrage très complet sur les tours, la construction, les essais, l’emploi est celui de Pei-rigo (Dunod et Pinat), a5 francs. Vous y trouverez l’histoire du tour jusqu’au filetage et le développement après l’invention du filetage avec la classification des divers types, etc.
- Pour les travaux d’amateurs, il ne nous paraît pas recommandable d’employer les formes de tours archaïques ; il vaut mieux vous procurer un tour, genre tour d’outillage qui permet de faire tous travaux, bois et fer, ainsi que le filetage, le fraisage, etc.
- Tout dépend des pièces que vous désirez construire. Vous pourriez consulter les Etablissements Randegger, 188, boulevard Voltaire, à Paris, qui répondent à votre demande. Les tours d’outilleurs sont assez chers si vous désirez des outils sérieux.
- Nous ne connaissons pas actuellement de revues de travaux d’amateurs. La Nature donnera de temps à autre quelques croquis cotés de travaux à exécuter.
- AT. E. A., villa Wiosma, à Cannes. — Voici comment il conviendrait de traiter vos Bégonias Rex pour en assurer la progression végétative : i° Le compost du rempotage -— lequel est à faire en mars, surtout sous votre climat, en tout cas jamais plus tard qu’en avril — doit être formé de terre légère, telle que le terreau de feuilles de forêt, composé en grande partie de terre de bruyère et d’humus provenant de feuilles de fougères ét d’autres végétaux en décomposition. Quand les plantes ont acquis une certaine force, on petit ajouter à leur compost un quart ou même un tiers de terreau de feuilles ordinaires. Nous conseillons un compost formé de terreau de feuilles, un tiers; terreau fin de fumier, .un tiers; terre de saule, un tiers. Bien mélanger le tout et ajouter du sable blanc pour tenir le compost plus meublé; 20 Ne pas soumettre les plantes au repos complet en hiver, surtout lorsqu'elles sont encore jeunes, afin de ne pas s’exposer à les voir foudre dans un repos trop accusé. Les tenir à une température douce, diminuer les arrosements en hiver, et donner des soins de nettoyage pour éviter la pourriture. 11 est utile déplacer des claies sur les vitres de la serre; ces claies évitent les condensations lourdes des vapeurs de la serre aux vitx-es et bois; les gouttes d’eau formées dans les nuits froides tombent sur les feuilles et produisent des taches qui s’agrandissent pi’omptement en pourrissant la feuille et parfois la tige, si la tempéiulure n’est pas favorable : il faut au xnoius -|- 15° à 180. Les claies empêchant le
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- BOITE AUX LETTRES
- refroidissement des vitres d'être aussi marqué, il n’y a que peu de condensations ; 3° Drainer soigneusement le fond des pots avec des écailles d’huîtres concassées, des débris de plâtras et du gros gravier; rempotage en pots de 20 cm de diamètre; 4° les Bégonias aimant beaucoup l’ombre, il faut ombrer avec des claies recouvertes elles-mêmes par des toiles pendant le grand soleil. Voyez l’ouvrage Les Bégonias, par Ad. Van den Heede, i vol. 3 fr. 35 (librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 70) ; 5° Comme engrais, la bouse de vache est souvent préférée à tout autre ; on peut aussi employer, dans le compost, le sang desséché, à la dose de .1 kg pour 100 kg de terre. La bouse de vache peut être employée desséchée, à raison de 5 kg pour 100 kg de compost, ou la poudrette (c’est-à-dire les vidanges desséchées), à la dose de 2 kg pour 100 kg de terre. Enfin, il est à conseiller d’employer, dans les arrosements, la bouse de vache étendue d’eau, distribuée tous les huit jours, le malin, durant le temps de la végétation. Voyez, en outre : Comptoir Parisien d’engrais et de produits chimiques, 22, faubourg du Temple, Paris, 10°, pour engrais tout préparé; 6° Eviter l’excès de chaleur et d’humidité.
- M. E. G., sous-lieutenant, rue de Sèze, Paris. — i° Pour s’adonner à l’élevage, pratiquement, il faut, si l’on n’a pas fait des éludes dans un établissement d’enseignement agricole, acquérir l’expérience nécessaire auprès de praticiens éleveurs, surtout lorsqu’il s’agit d’entreprendre l'élevage d’une race encore inconnue en France et qui, y étant importée, devrait y être d’abord acclimatée. C’est le cas pour la race ovine Karakul, qui ne figure pas dans les ouvrages de Zootechnie publiés en France, mais dont on préconise d’essayer l’acclimatement et l’élevage, non seulement au point de vue de l’intérêt que celui-ci doit présenter, mais aussi, et surtout, en vue d’obtenir, en France, la fourrure, dite Karakul (Astrakan), dont le commerce était, avant la
- guerre, aux mains de l’Allemagne. Avant de se lancer dans cette entreprise zootechnique, il convient de faire des essais afin d’avoir les plus sérieuses chances de réussite, surtout si l’on n’a pas déjà exercé la profession d’éleveur; 2° Il semble que l’élevage du Karakul pourrait intéresser en France les contrées pauvres, à sol sablonneux (Crau, Camargue, certaines parties de la Sologne) ; mais, jusqu’à présent, nous n’avons pas eu connaissance que des sociétés agricoles ou d’élevage, ou des éleveurs isolés, aient déjà fait des tentatives dans ce sens. Des essais d’acclimatement pourraient être tentés au Maroc, dans la région de l'Atlas, particulièrement propice à l’élevage ovin.
- Nous savons qu’en Belgique, l’élevage du karakul était pratiqué, avant la guerre, par des fermiers sur les coteaux de l’Ardenne et de la Campinc, sur l’initiative de M. Leyder, à qui l’on pourrait s’adresser (54, rue des Deux-Eglises, à Bruxelles). 3° En France où, croyons-nous, on n’a encore rien tenté, il faudrait importer, de Boukharie, des reproducteurs, ce qu’ont fait les éleveurs belges. Nous ne verrions, comme susceptible de pouvoir renseigner, que M. A, Bonafé, directeur des Services agricoles du département de l’Indre, à Château-roux — qui, au cours d’une mission au Turkestan, il y a une quinzaine d’années, a étudié la race ovine de Karakul, — et sans doute aussi M. P. Decbambre, professeur de Zootechnie"à l’Ecole nationale d’Agriculture de Grignon ; 4“ Pour étude plus complète de la race, on pourrait s’adresser à M. E. Trouessart, au Muséum d’Histoire naturelle, à Paris; 5° Enfin, pour les détails relatifs à une entreprise d’élevage de ce genre (région, capital à consacrer, achat de reproducteurs et constitution d’un troupeau, installation à prévoir, etc.), s’adresser, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. Albert de Mestral, ingénieur-agronome, expert zootechnicien, à La Châtelaine-lez-Arbois (Jura).
- BIBLIOGRAPHIE
- , Servicç de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) —
- Les machines asynchrones (ira partie). Les machines d’induction, par Aunold et La Cour, traduit de l’allemand par Dermine et Paget. i vol. illustré 3oy grav.,
- 10 planches hors-texte, 5y6 pages. Delagrave, éditeur, Pai’is.
- Ce traité dû à la collaboration de deux professeurs techniques, l’un Danois, l’autre Allemand, est, il faut le reconnaître, une œuvre magistrale qui a rendu déjà les plus grands services à tous les techniciens de l’électricité, et continuera à en rendre. Le présent volume traite de là théorie, du calcul, de la construction et du fonctionnement des machines d’induction.
- 11 a été rédigé pour servir aux ingénieurs d’instrument d’étude et de travail; il contient donc, outre une théorie très approfondie, un très grand nombre de renseignements pratiques et de chiffres de construction. On peut s’étonner qu’il ait fallu traduire en France ce traité. Notre littérature n’en contient pas d’analogue, et pourtant nos ingénieurs ont plus que d’autres contribué au développement de cette partie de l’électricité; il suffit de citer les noms des Blondel, Leblanc, Boucherot, Latour, que les auteurs du présent ouvrage du reste ne citent que parcimonieusement. C’est qu’il est difficile d’être à la fois créateur de machines et auteur; les loisirs manquent. Si la littérature technique allemande a pris avant la guerre un puissant développement, elle le doit au nombreux personnel enseignant de ses écoles spéciales, dont le rôle tout naturel est de suivre les progrès des industries et de les répandre par leurs leçons.
- Le mythe des symbiotes, par Auguste Lumière, i vol. in-16, 209 p., 5o fig. Masson et Ci0, Paris. Prix net : 6 francs.
- Critique de l’ouvrage de Portier: les Symbiotes. La Nature exposera les faits contenus dans ces deux livres dans un prochain article.
- Toxines et antitoxines, par MM. Nicolle, E. Césaiu et C. Jouan. 1 vol. in-8, 123 p. Masson et Cioa Paris. Prix net : 5 francs.
- Excellente mise au point et classification des très nombreuses toxines connues, que les auteurs rapprochent des ferments et des antitoxines beaucoup moins bien connues actuellement.
- Kutenai Taies, par Franz Boas, i vol. iu-8", xii-387 pages. Washington. Government Printing Office, 1918. (Smithsonian Institution. Bureau of amcrican Ethno-logy Bulletin 59).
- Précieuse contribution à l’élude du folklore et de la littérature verbale des Indiens de l’Amérique du Nord, à mettre à la suite de celles qu’on doit déjà, en grand nombre, au bureau d’ethnologie américaine de la Smithsonian Institution. Le présent volume contient environ 80 contes Kutenai — tribu du Sud de la Colombie anglaise et du nord-ouest du Montana — dans la langue rndigèiie elle-même, avec leur traduction en anglais et pour quelques-uns la traduction interlinéaire, un résumé d’autres récits qui n’ont pu être donnés in extenso, des notes comparatives, et deux excellents vocabulaires kutenai-anglais, et anglais-kutenai. M. Franz Boas a fait précéder les textes recueillis par lui de ceux que A.-F. Chamberlain avait recueillis en 1891 et qui étaient restés inédits.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- ijBUO-'HE Oüt^ï
- N° 2384
- 6 Décembre 1919.
- informations;
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- Une distribution électrique à 220 000 volts. —
- On est aujourd’hui familiarisé avec les transports d’énergie électrique à haute tension ; les transports à 25 ooo et 5o ooo volts sont nombreux en Europe ; ceux à iooooo volts sont extrêmement rares dans nos contrées où l’on n’a pas eu encore à faire de transmissions à très grandes distances. Mais ils sont courants aux Etats-Unis, et l’on s’y propose de faire davantage encore ; un réseau à 220000 volts est actuellement projeté en Californie. La longueur de la ligne principale serait de 1700 km, et la puissance transmise de 1 5oo ooo kilowatts.
- La production du fer en Italie. — L’Italie produit annuellement 400000 tonnes de fonte. D’après l’Association métallurgique italienne, les minerais extraits sur le sol italien seraient sur le point de faire défaut. Jusqu’ici l’Italie a puisé surtout dans les mines célèbres de l’île d’Elbe. Mais les ressources de ce gisement diminuent, car il faut extraire le minerai sous la mer, et les frais d’extraction augmentent d’une façon' continue.. Pendant la guerre, sous la poussée des circonstances, il a été procédé à de sérieuses recherches pour trouver en Italie même d’autres gisements ; un gisement dont l’importance en minerai est évalué à 6 millions de tonnes a été découvert dans le « Yal di Cogne » près de la frontière française. Des hauts fourneaux électriques y ont été installés.
- Dans le district de Nuna en Sardaigne, un gisement de même importance a é,té également découvert. Mais tout cela ne représente que de bien faibles ressources; et l’Ilalie qui possède des industries de construction très actives paraît devoir être un important acheteur à l’étranger de fontes et fer.
- Le furfurol et le bakélite. — Nous avons à plusieurs reprises attiré l’attention, au sujet du bakélite, sur les succédanés possibles lu formol dans la fabrication de ces derniers corps.
- La benzaldéhyde sera toujours assez chère, car les toluènes exempts de xylène le sont et l’oxydation du chlorure de benzyle reviendra toujours cher.
- Or, dans un produit de condensation, ce qu’il faut envisager c’est le pourcentage de l’aldéhyde de départ en COH. À ce point de vue, le formol est le corps idéal et comme bon marché, et comme facilité de réaction.
- L’acétaldéhyde nous paraît avoir, à ce point de vue, un avenir considérable. En effet, la catalyse en solution de sulfate de mercure, de l’acétylène, que les procédés Dreyfus font aujourd’hui couramment, paraît-il, donnera avec la houille blanche à bon marché de l’acétaldéhyde à bas prixj1). Comment le transportera-t-on, ce corps qui bout à 28° ? en de gros cylindres ; on arriverait ainsi à amener à pied d’oeuvre un corps que l’on condenserait ensuite avec des phénols. La question n’est même pas à l’étude ; nous ne faisons que l’indiquer pour la ire fois. Elle intéresse notre pays de houille blanche par excellence. Voilà une utilisation possible du carbure de calcium. Il y aurait encore comme solution, la catalyse de C2H2, à l’usine, qui donnerait des vapeurs de C2H40 que l’on ferait barboter dans du phénol, en présence de traces d’alcalis. Nous croyons qu’ily aurait là de bonnes recherches à faire. E. Beckmann etE. Denn [Chem. Zentr. 1919 go-I-44o), qui ne font que reprendre une idée que nous_ avons émise déjà bien des fois sur la question, parlent de 1 utilisation du furfurol dans la préparation des bakélites. Disons d’abord qu’actuellement, la préparation industrielle du furfurol est un fait acquis : les distilleries
- 1. La Cie d’Àlais La Camargue Br. angl. î3oG5o 28/2 1918;. Appt. 3589/1918. Couv. Int. 12/i Jqx 7 a'rendu pratique, dit-on, la préparation en grand de l’acétaldéhyde, jusqu’ici bien imparfaite.
- On empêche la réaction secondaire entre C2H4Ô et le catalyseur en enlevant l’acétaldéhyde sitôt formée, par l’action du vide. Pour que C2H2 ne soit pas éliminé en même temps que C2H40, avant d’avoir été oxydé, le vide n’est applique que dans un récipient voisin de celui de la réaction, mais relié à celui-ci, de telle sorte qu’il y ait communication continuelle entre les deux, de manière à obtenir une circulation continuelle du liquide de la réaction.
- des Deux-Sèvres (Brevets Ricard) (2) en peuvent faire couramment; la distillation des sons, des algues, des sciures et, dit-on, des alfas fermentés en produit abondamment. La distillation des rafles de maïs en donnerait jusqu’à 48 pour 100 du poids brut.
- Le furfurol, au point de vue delà puissance désinfectante, est bien inférieur au formol ; au point de vue de la faculté durcissante des albuminoïdes, il est également bien inférieur au formol.
- Mais il peut parfaitement servir à la préparation des bakélites. Si l’on emploie comme condensants, HCl, AmCl, C6H5AzH2 C1H, avec du furfurol, on obtient des résines insolubles.
- Aux CO3 K2, CO5Am2, on obtient des résines solubles. Cette question en est encore à ses débuts, bien que beaucoup d’industriels, prenant leurs désirs d’économie pour une réalité, croient que l’on peut y trouver des spécialistes, aussi facilement qu’un domestique, par annonces dans les périodiques. Ca serait vraiment trop facile d’avoir à faire la récolte sans avoir pris la peine de faire les sefnailles ni le sarclage. Albert Hutin.
- Le port de pêche de Lorient. — Le Commissariat de la Marine marchande vient de décider la construc-
- /. Frigorifique S. fis//es et magasina <3. Ûarg
- 4. Ateliers
- 5. Chantiers ue consftvèt rê/ian
- 6. institut océan ognaphique
- 7. Restaurant p. Marins , ^0rf
- 8. Postes et Té/égr. S' .
- Anse: c/e ' /a. Perrière
- Le port de pèche de Lorient.
- tion d’un important port de pêche comportant tous les perfectionnements modernes dans la rade de Lorient, à l'embouchure de la rivière du Ter. Le nouveau port comprendra deux bassins, le plus grand terminé par un slip et des chantiers de constructions et de réparations, une gare maritime, des entrepôts, halles et magasins, un grand frigorifique, une maison pour les marins et enfin de vastes laboratoires océanographiques. Le frigorifique et la gare sont déjà en construction. La Nature reparlera plus longuement de ce projet, inspiré par les grands ports de pêche étrangers, lorsque les travaux seront plus avancés.
- Un tunnel sous un Pas de Calais japonais. — Un
- rapport du consul général des Etats-Unis à Yokohama annonce la construction d’un tunnel sous le détroit de Chimonoseki, le Pas de Calais séparant Hondo, la plus
- 2. Fabrication de furfurol : E. Ricard, à Melle (Deux-Sèvres); Br. anglais 129026, 26/9 1917. /. Soc. Ch. Ind 15/9 1919, p, 608. A. Appl. 13980 191.7 ; Couv Ind. 26/6 191 .
- Le rendement en furfurol et la pureté du produit obtenu, par l’action de matières cellulosiques sur les acides dilués, est augmenté par l’emploi d’acides aussi dilués que possible, et par une distillation aussi rapide que possible, afin d’éviter les réactions secondaires. Les matières cellulosiques sont mises dans 2 récipients opérant alternativement et imbibées d’HÇl à 14 pour 100 de HCl. Les vapeurs sont analysées à la colonne habituelle, où elles sont lavées par les reflux du distillât, afin de leur enlever les impuretés et l’excès d’acide. La couche inférieure du distillât est du furfurol hydraté, purifié ensuite dans le vide. Les liqueurs acides, de retour à l’alambic, sont éliminées des marcs épuisés, filtrées sur une couche de scories fines, et employées à nouveau.
- Outre scs emplois comme dissolvant des vernis, le furfurol a un grand avenir dans les industries bakélitiques.
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- INFORMATIONS
- grande terre de l’archipel nippou de File de tuou-Chiou, afin.de relier directement les voies ferrées de ces deux îles. Jusqu ici leur jonction était effectuée par des ferry-boais circulant entre Moji et Chimonoseki, terminus du rail de chaque côté du détroit. Les fréquentes interruptions de ce service, déterminées par les tempêtes, ont amené le gouvernement japonais à décider la construction d’un tunnel sous-marin entre ces deux ports, d autant que le détroit de Chimonoseki est très resserré. La longueur de l’ouvrage sera d’environ 58od m. dont seulement 1600 m. sous la mer. La dépense est évaluée à millions de francs au cours normal du yen et la durée des travaux à dix ans.
- La flotte marchande des Etats-Unis au 31 août 1919.—À la date du 3i août 1919, la flotte marchande des Etats-Unis comptait '2245 vapeurs, voiliers, chalands de mer, représentants 100008 tonnes. Dans cette statistique ne sont comprises que les unités supérieures à 1000 t. Le 3o juin 1914, elle se composait seulement de 755 navires jaugeant 2 128 781 t. ; en cinq ans le tonnage commercial des Etats-Unis a donc quadruplé. On doit observer que sur le total actuel de 2248 vapeurs et voiliers et de 8100008 t., les unités de 1000 à 5ooo t. n’entrent que pour un très petit nombre (182 bâtiments et 6o5 390 t.), tandis que celles de 5ooo à 7000 atteignent une proportion énorme (190) navires et 7 548431).
- Le poisson lune. — Le poisson lune ou mole (Orlha-goriscus mola) est un des poissons qui possèdent la
- forme la plus extraordinaire. Il doit son nom à cette forme même qui rappelle, avec un peu de bonne volonté, celle de l’as Ire des nuits. Très aplati latéralement, presque aussi haut que long, il atteint parfois 1 mètre et plus. Il s’agrémente de deux larges nageoires, dorsale et ventrale, en forme de faux et se termine brusquement à l’arrière par un feston qui lui donne l’apparence d’un poisson ordinaire qu’on aurait coupé en deux. C’est un poisson d’eau profonde, mais, dans les mers chaudes et entre autres dans la Méditerranée, on l’aperçoit quelquefois en surface, sa nageoire supérieure hors de l’eau. Sur nos côtes )âe TAtlantique.il est rare, et c’est pour cette raison que nous croyons intéressant de reproduire la photographie ci-jointe, prise sur la çale du port d’Audierne, et montrant un bel exemplaire
- de poisson lune que des marins venaient de capturer. Ajoutons que peu d’êtres vivants renferment autant de parasites et d’espèces si variées que les môles, et que leur autopsie est presque toujours un trésor pour les zoologistes.
- Un nouveau grand cratère en Islande, — Deux étudiants de l’Ecole supérieure de Stockholm, .MM. Wa-dell et Ygberg, viennent de télégraphier qu’ils ont découvet en Islande, sur le Vatna Jôkull, un cratère de 8 kilomètres de long sur 5 de large, qui serait donc un des plus grands du monde. Ils lui ont donné le nom de Svea. Il est rempli par un lac d’eau chaude et plusieurs sources chaudes l’entourent. (Geographicai Journal).
- Avantages du pain à l’eau de chaux pour l’hygiène coloniale. — On se rappelle le pain à l’eau de chaux, préconisé sous le nom de pain français aux plus mauvais jours de la guerre, par MM. Lapicque et Legendre. Le Dr Lahille qui, de son côté, le recommanda en Indo-Chine, proclame à nouveau son intérêt pour les Européens vivant aux colonies, dans un récent article du Bulletin de l'Institut scientifique de Saigon. Dans la plupart des colonies, en effet, dit-il, la chaux ne se trouve qu’à l’état de traces. Les végétaux servant à l’alimentation et les eaux de boisson sont très peu calcaires. Comparativement avec l’alimentation des pays d’Europe, l’alimentation aux colonies est très déficitaire en chaux. D’après les calculs de l’auteur le déficit serait de o gr. 35 à o gr. 40 environ, en carbonate de chaux par jour pour les adultes. Il y a certainement, de ce fait, des troubles de nutrition qui affectent plus ou moins les Européens et qu’on met trop facilement sur le compte du climat. Plus encore que les adultes, les enfants sont exposés à souffrir de cette pénurie de chaux; leur développement peut être considérablement gêné. L’introduction dans l’organisme de la chaux, agent minéralisaleur de premier ordre, est à conseiller, et l’un des moyens les plus commodes, les plus agréables de l’absorber, c’est d’incorporer de l’eau de chaux au pain, dont elle améliorera en même temps les caractères physiques et organoleptiques .
- Les immigrations aux Etats-Unis. — Le National Géographie Magazine publie une série de statistiques concernant cette question. On estime que l’immigration a fourni depuis la révolution américaine 3o à 35 millions d’habitants, dont plus de 4 millions provenant d’Irlande, moitfs de 4 de Grande-Bretagne, près de 2 de la Scandinavie, plus de 6 d’Allemagne. La grande majorité des Allemands arriva avant 1890 et l’on ne compte guère qu’un million d’immigrants de cette nationalité postérieurement à cette date. Une loi récente interdit l’entrée du territoire américain aux illettrés de plus de 16 ans; de 1900 à 1910, on en avait compté 2 238 000 sur 8 3g8 000 entrants; il est vrai qu’à la fin de 1910, on né trouvait plus que 1 600 000 étrangers ne sachant ni lire ni écrire dans l’ensemble des états, ce qui prouve l’efficacité des cours du soir organisés dans la plupart des grands centres. Actuellement, la nouvelle loi a déjà eu pour résultat le renvoi d’un quart des immigrants arméniens, de deux cinquièmes des serbes et monténégrins, de plus d’un quart des juifs et des grecs, de plus qu’un tiers des polonais et des russes et d’un quart des slovaques.
- La grève des imprimeurs à New York. — Depuis plusieurs semaines, New York est affligé d’une grève des typographes. A l’inverse de ce qui se passe à Paris, ce sont les imprimeurs de livres et de périodiques qui ont cessé le travail ; nos amis d’outre-Atlantique ont leur journal quotidien, mais sont privés de livres nouveaux et de revues. Cependant quelques directeurs ingénieux ont résolu la difficulté et, grâce à un moyen original, continuent à faire paraître leur publication. C’est le cas de notre confrère Scientific American. Son dernier numéro, paru malgré la grève, se présente sous une forme réellement fort curieuse. On croirait lire du texte de machine à écrire. En effet, la composition du journal a été/ faite à la machine à écrire ; les copies ainsi obtenues ont été reportées photographiquement sur pierre lithographique, et comme les imprimeurs lithographes ne sont pas en grève, la revue a pu être tirée, texte et figures, en lithographie. Le résultat n’est pas très élégant, mais la revue paraît et c’est l'essentiel.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Laboratoire
- Hygromètre original. — Cet indicateur d’humidité est figuré ci-dessous; il est d’une construction facile et, s’il est établi avec un peu de soin, il est capable de donner des indications suffisamment précises. Le principe utilisé est le même que celui bien connu de l’hygro-
- Fig.i. — L’hygromètre.
- mètre à cheveu. On emploie une substance qui est susceptible d’absorber la vapeur de l’atmosphère en quantité d’autant plus grande que l’air est plus voisin de son point de saturation. Le degré d’humidité de l’air dépend à la fois de la quantité de vapeur d’eau et de la température.
- Dans le cas où l’air est très humide, un abaissement de température comme il s’en produit dans les régions élevées de l’atmosphère, produit presque toujours de la pluie. Mais, si'l’air est très sec, cet abaissement de température ne peut donner lieu à une condensation,
- La substance employée ici est l’éponge. Cette éponge sera immei'gée préalablement dans une solution d’eau salée à saturation. On retire l’éponge de l’eau et on la laisse égoutter, puis sécher sans la presser. Les particules de sel seront ainsi déposées dans les pores fins de l’éponge et distribuées dans toute la masse. Le sel étant déliquescent sous l'influence de l'humidité de l’air, il en 'résultera que l’éponge augmentera de poids avec le degré hygrométrique. Cette éponge ainsi préparée sera suspendue au moyen d’un, fil métallique à l’extrémité d’un bras de levier qui comportera à l’autre bout une tige filetée métallique avec un écrou de réglage.
- Le trou d’axe sera percé de manière, que pour une position moyenne de l’écrou, le levier reste horizontal. L’axe sera constitué par une petite tige de fer, un gros clou par exemple, et il devra tourner très librement dans son logement. Il reposera par ses deux extrémités sur une fourche en bois, qui sera supportée par un pied en bois. On pourra agrémenter ce pied en le travaillant au tour.
- L’échelle des indications, en carton fort, pourra être placée dans la position i ; elle sera soutenue par la tête du support au moyen de deux petites tiges de fer. Dans la position a, on aura des indications un peu moins étendues et l’aiguille indicatrice en fer blanc découpé sera fixée sur le levier. Dans la position 3, on aura des indications de grande amplitude et l’aiguille pourra être placée à l’extrémité du levier.
- Yoyons comment on peut procéder au réglage de l’appareil(fig. a).
- Nous avons à trouver les indications extrêmes : grande pluie et temps très sec qui nous donneront l’amplitude des variations du levier.
- On prendra un bocal à très large ouverture susceptible de laisser passer librement l’éponge et on préparera un couvercle en bois ou en liège comportant un crochet qui permettra d’attacher l’éponge suspendue à son fil métallique. Pour l’humidité extrême, on placera au fond du vase une petite couche d’eau et on mouillera également les parois dti vase. An bout de quelques heures environ, l’éponge retirée est accrochée au levier et on agira sur l’écrou de réglage pour que le levier vienne à l’extrémité inférieure de l’échelle; c’est le 100' degré de l’hygrométrie. Pour déterminer le zéro au point de sécheresse
- extrême, on vide le bocal qu’on essuie soigneusement et qu’on laisse sécher; on remplace la couche d’eau par une petite quantité d’acide sulfurique concentré qui absorbe l’humidité de l’air. L’éponge, après avoir séjourné à nouveau dans le bocal, est reportée sur le levier et on obtient ainsi le zéro de l’appareil. L intervalle est divisé en parties égales qui constituent les degrés de l’hygromètre.
- On connaît les relations empiriques de ces degrés avec l’état du temps qui correspondent à l’humidité absolue et à la sécheresse absolue.
- Ce petit appareil, simple à réaliser, donnera des indications assez précises ; il faut éviter bien entendu que l’écrou se dérègle; on pourra, pour éviter cela, remplacer cet écrou par 2 autres plus faibles. Ce système, qui est celui du contre-écrou, donnera plus de sécurité pour éviter le déréglage.
- Il est difficile naturellement de fixer la longueur des leviers, le poids des écrous. Tout dépend évidemment de la grosseur de l’éponge employée et des tâtonnements serontnécessaires. On aura intérêt pour obtenir un appareil sinon élégant, du moins peu encombrant, à employer uné éponge de petites dimensions, assez fine pour éviter la perte de sel sous l’influence des chocs. E. Weiss.
- Dispositif pour lire aisément le niveau des liquides dans les tubes gradués. — Dans notre n° 2358 du'17 mai 1919 (supplément), nous avons indiqué un « dispositif simple pour lire aisément le niveau des liquides dans les burettes graduées dé laboratoire ». Une intéressante modification nous est proposée par M. Gérard Lenègre, licencié ès sciences, qui nous écrit :
- fhrtie noire de!'écran
- Fig, 3. — Dispositif pour lire le niveau des liquides dans les tubes gradués.
- « J’utilise celle disposition depuis longtemps et sais qu’un certain nombre de laboratoires l’ont adoptée.
- Puisque la lecture du niveau du liquide dans la burette se fait à la partie inférieure du ménisque dans le cas général des liquides incolores ou faiblement colorés, il s’agit de rendre celle-ci apparente. Pour cela, il suffit de tracer, aù milieu de l’écran blanc que vous indiquez, un trait noir et de barbouiller à l’encre de Chine toute la partie inférieure du papier comme l’indique la figure.
- Pour faire la lecture, il suffit de faire glisser cet écran jusqu’à ce que la plage noire se trouve à quelques millimètres au-dessous du ménisque. Celui-ci deviendra dès lors beaucoup plus apparent, même dans une salle un peu obscure ou mal éclairée. La lecture en sera plus facile et très précise. La figure ci-dessus montre clairement l’effet produit par cet écran très simple. »
- Nouvel appareil pour le dosage du carbone dans les fontes, fers et aciers. — Le dosage du carbone par combustion dans l’oxygène est depuis longtemps connu et mis en pratique dans les laboratoires industriels. La nouvelle méthode imaginée par M, Rodicq a l’avantage de fournir rapidement des dosages précis.
- L’appareil se compose (fig. 4) d’un four F, chauffé par un courant électrique sous 110 volts et 10 ampères environ. Ce four contient un tube à combustion en porcelaine relié à un cylindre d’oxygène sous pression O, par l’intermédiaire d’un flacon laveur de Durand A, contenant une solution concentrée de potasse, un flacon laveur d’Al-lihn B, rempli au tiers d’acide sulfurique à 66°, de deux tubes en U, C et D, renfermant du chlorure de calcium. A la sortie, les gaz traversent quatre tubes en U, E à ponce séchée et chlorure de calcium, G à- p&nce sulfurique, H à chlorure de calcium, 1 à potasse caustique colorée à la phénolphtaléine, puis un tube laveur J à acide sulfurique.
- Avec cet appareil, les dosages se ramènent à une
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- HHi
- MF
- double pesée du tube I. Pour opérer, ou fait passer le courant dans la résistance intérieure du four et au moyen de la manette du rhéostat R, on eleve progressivement la température, sans dépasser io ampères; le tube à
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- Ksass» (iss bü:
- v/4 iéstsBimm
- l'eil puur le dosage du carbone.
- combustion atteint peu à peu le rouge vif, on le connecte alors avec les deux séries de tubes et l’on ouvre le cylindre d’oxygène de manière à faire passer le gaz bulle à bulle dans les premiers barboteurs. Rapidement, on introduit dans le tube à combustion la nacelle contenant 1 échantillon de métal à analyser; on maintient la température à 900° et le courant d’oxygène pendant 10 minutes environ. Il n’y a plus qu’à laisser refroidir, puis à constater l’augmentation de poids du tube I à potasse pour connaître l’acide carbonique dégagé, d’où l’on déduit aisément la quantité de carbone. L’appareil remonté est aussitôt prêt pour un nouveau dosage.
- Le même dispositif peut servir pour le dosage du carbone total dans les fontes, fers, aciers, ferro-alliages, plombagines, noirs, etc., et avec une manipulation supplémentaire à celui du graphite dans les fontes.
- L’appareil de Rodicq est construit par les établissements Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, Paris.
- CtgQsS, Construction
- Procédé ; de constructions rapides système Blanchod. La Nature a déjà décrit de nombreux
- procédés de construction rapide employant des matériaux moulés, dont l’utilité est évidente pour la reconstitution des pays dévastés. En voici un autre encore qui vient de nous être communiqué. Le système Blanchod de constructions rapides, économiques et incombustibles a pour’but de fabriquer en tous temps et d’édifier en toutes saisons des bâtiments complets sans avoir recours aux différents corps de métiers, cause habituelle
- Kig. 5. — Un élément de construction.
- des retards et de l’élévation des prix. Ce système peut aussi être employé partiellement dans une construction, pour les murs, escaliers, ou charpente. Les seuls matériaux
- employés sont :1e ciment, le sable, le fer, et éventuellement des scories. Les produits moulés comportent des
- Fig. 7. — Pose d’on escalier démontable
- poutres évidées en béton de ciment pour la construction de murs et galandages; des poutres spéciales pour canaux de fumée, canalisations, etc., des poutraisons avec dalles de plafond et de planchers; des encadrements démontables pour portes et fenêtres ; des escaliers démontables et des planches-tuiles se fixant aux chevrons par des étriers. Ces matériaux réalisent des économies sur le cube des matières premières, et par suite sur l’achat., le transport, la manutention. Ils se fabriquent et se posent sans avoir recours à une main-d’œuvre spéciale.
- Fabriqués à l’avance (l’hiver dans des locaux fermés), ils permettent de commencer à quel moment que ce soit une construction quelconque. Combinés entre eux, ces produits permettent l'édification de bâtiments de toutes dimensions. La figure 5 montre la caractéristique des éléments employés. La figure 6 montre le procédé de montage d’un mur et d’une fenêtre, la figure 7 la pose d’un escalier démontable en ciment armé. Les constructions peuvent donc être élevées en peu de temps et sont habitables immédiatement, leurs matériaux étant secs.
- Le système Blanchod est appliqué par la Société de <Construclions rapides, à Montreux (Suisse).
- Objets utiles <-*
- Ventouseuse Pireless. — La ventouse est un remède que nous a légué l’ancienne médecine, ses services, à l’encontre de tant de procédés plus modernes, ont fait leurs preuves d’efficacité et continuent à être appréciés. Les cas où l’emploi de la ventouse est recommandée sont très nombreux.
- La ventouse, on le sait, consiste en une cloche de verre sous laquelle on fait le vide en y faisant brûler une substance combustible (cotoû, papier, alcool, etc.) qui absorbe l’oxygène de l’atmosphère comprise sous la cloche.
- La cloche exerce alors une succion très puissante sur la peau et produit la réaction de la partie traitée.
- La mise de feu est en fait une opéra- ____
- tion assez délicate ; c’est unvéritable tour , de main qui demande, de lapaèt de l’opérateur, une réelle habitude, sinon on
- risque de brûler le patient, ou bien la _________.
- ventouse ne prend pas.
- La ventouse Fireless évite cet inconvénient. Le principe de l’appareil est toujours le même : faire lé vide sous une B
- cloche de verre placée sur la peau, mais au lieu de le produire par combustion, on
- le produit mécaniquement au moyen __
- dune pompe aspirante, dont l’aspect exté-rieur est celui d’une grosse pompe à bicyclette. Elle est munie à sa partie inférieure c \ c
- d’un chapeau dont on coiffe l’ampoule de ;.......U. '
- verre et l’on donne un ou deux coups g
- de piston; le vide est fait sans difficulté Ventouseuse et l’opération peut être pratiquée par Fireless. n’importe qui sans aucun entraînement et sans risque d’insuccès. — La ventouseuse Fireless est en vente, 44, rue Notre-Dame-des-Victoires, Paris. Prix : 19 fr. 5o.
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- Traitement des noix après la récolte. — Au moment de la récolte, on sépare les noix qui sont déjà débarrassées de leur brou,— ou écorce, — plus ou moins desséché. Quand cette enveloppe adhère encore, il faut l’enlever aussitôt que possible. Si l’opération est difficile, on laisse parfois les fruits fermenter entas deux à trois jours, au pied des arbres, en les recouvrant de branches, ou dans un cellier, sur une aire de grange, sous de la paille. Cependant, la fermentation peut altérer la noix, et le brou tacher la coque.
- Les personnes qui procèdent à Yécalage font difficilement disparaître le noir qui colore leurs doigts. On a conseillé de se laver'les mains, le travail aussitôt ter- -miné, avec de Veau de Javel, et, si les taches persistent, d’émployer une solution à io pour ioo de bisulfite de sodium, acidulée avec 10 pour ioo d’acide chlorhydrique.
- Avant de procéder au séchage des noix, indispensable pour leur bonne conservation, généralement on les lave et les blanchit, pour leur donner un plus bel aspect. Ces traitements sont surtout nécessaires quand la récolte est faite par temps de pluie. *
- Le lavage ne doit pas être confondu'avec le trempage.
- Les noix sont agitées vivement i à a minutes dans de l’eau, avec un balai.
- Quand les parcelles de brou collées sur la coquille sont trop tenaces, pour les ramollir, on les soumet, durant quelques minutes, à l’action de la vapeur d’eau bouillante, puis on les brasse à la main dans de l’eau aussi chaude que possible, contenant i à a pour ioo de cristaux de carbonate de soude.
- On doit procéder au blanchiment lorsque les noix sont encore humides, après le lavage, ou bien on les asperge d’eau. De même, elles doivent être fraîches. Si on les soumettait à l’action du gaz sulfureux après la dessiccation, ce dernier pourrait pénétrer par la fente entre les deux coques, —la matière agglutinante s’étant alors contractée,
- — et l’amande pourrait prendre le goût de soufre.
- Le traitement au gaz sulfureux (et non à la vapeur de soufre, comme l’on dit vulgairement), non seulement donne une couleur plus claire à la coquille, mais détruit les germes de moisissure qu’elle porte, qui pourraient, par la suite, s’infiltrer par la commissure ou les cassures.
- Les noix humides sont donc placées dans des caisses, des tonneaux, à la partie supérieure desquels on brûle du soufre (on sait que le gaz formé, plus lourd que l’air, tend à descendre) ; ou bien, on les étale sur des claies, dans une chambre close ; ou encore on les recouvre d’nne bâche et allume le soufre sous les claies. L’opération terminée, on étale les noix à l’air.
- L’eau de Javel donne de meilleurs résultats que le gaz sulfureux, tant pour la décoloration que contre les germes d’altération. On la pulvérise sur.les noix éparpillées en couche mince, puis, quand elle a agi, on les lave rapidement à l’eau de cristaux.
- Le traitement à Veau oxygénée coûte trop cher.
- Le brassage dans de l’eau additionnée d’acide sulfurique (huile de vitriol), ou d’acide chlorhydrique (esprit de sel), demande beaucoup d’attention. Il ne faut pas que le degré d’acidité soit trop élevé et on doit, après, laver soigneusement les noix, pour entraîner l’agent actif. Si l’on ne prend pas ces précautions, l’amande |
- peut contenir plus d'acide que la coque. Il convient donc de faire des essais sur quelques noix.
- Les noix fraîches, lavées ou non lavées, ou blanchies, doivent être séchées pour pouvoir se conserver. Pour une petite quantité, on les étend sur des draps, au soleil, et les remue de temps à autre, pendant les 8 à io jours que dure la dessiccation. Mais le séchage à l’ombre dans un air sec semble préférable. On range les fruits en couche peu épaisse sur des claies pourvues d’un rebord, que l’on installe sous un hangar bien aéré, ou encore on les met sur le parquet, sur une épaisseur de 7 à io cm. On les remue à la pelle en bois, ou au râteau, deux ou trois fois par. jour au début, puis une fois par jour, et enfin tous les :i à 3 jours. Il faut 3 à 6 semaines pour arriver à un séchage convenable, suivant les conditions atmosphériques.
- Le séchage à l’étuve est minutieux, il demande beaucoup d’attention. On emploie, parfois, des séchoirs rotatifs.
- Sur la côte du Pacifique, on utilise des dispositifs dans lesquels l’air est chauffé électriquement. On installe des plateaux par séries de six superposés/dans des armoires à tiroir, au-dessous desquels on a aménagé. des grils chauffés électriquement, qui absorbent 5oo à 700 watts par compartiment. L’air insufflé doucement à travers les grils se trouve dépouillé de son humidité en arrivant sur les noix. Il importe, pour obtenir de bons résultats, de surveiller avec soin la température et le degré d’humidité.
- Après le séchage, on procède au triage des noix, en grosses, moyennes, petites ou défectueuses, et on les met en sacs, que l’on tient dans un local plutôt froid et sec.
- Si le service de la répression des fraudes considère comme licite le lavage et le soufrage, il n’en est pas de même du trempage, pratiqué par quelques marchands afin de faire passer pour fraîches, ou nouvelles, les noix de l’année précédente. On trompe ainsi l’acheteur sur le poids; en outre, l’amande perd de sa finesse de goût et, enfin, si on tarde à la consommer, elle peut être attaquée par les moisissures.
- Ajoutons que ces noix sont refusées sur certains marchés, ceux des Etats-Unis, par exemple.
- La fraude consiste à laisser tremper les noix 6 à 8 jours dans de l’eau contenant 10 pour 100 de sel marin, ou 48 heures dans du lait légèremént chauffé.
- Les cerneaux sont les amandes des noix, soit fraîches et dépourvues ou non de leur pellicule ; soit sèches. Ils font l’objet d’un commerce important avec l’étranger, notamment les Etats-Unis et l’Angleterre. On emploie surtout à cet usage les variétés : ,Mayette, Lande, Grandjean, Mésange, etc. Il s’est constitué dans l’Isère, principalement aux environs de Grenoble, des Syndicats de producteurs (à Saint-Quentin, Tullins, Morette, etc ), pour soutenir en France et à l’étranger la réputation des noix dû pays, — les grenobles, — en uniformisant les modes d’emballage, de vente, de chargement, etc. Citons encore comme autres régions faisant le commerce particulier des cerneaux l’arrondissement de Die et le pays de Romans (Drôme), Sarlat, Montignac (Dordogne), le Puy-de-Dôme, l’Aveyron, la Corrèze, les Hautes-Alpes,
- Antonin Rolet, Ingénieur-agronome,
- Ecole pratique d'Antilles
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Colle pour épreuves. — L’American Journal of Pho-tography signale comme excellente la formule suivante qui fournit une colle applicable à tous les papiers et convenant particulièrement aux épreuves émaillées par dessiccation sur verre.
- Eau. . ............... 100 c. c.
- Gomme arabique. . ; 35 grammes.
- Faire dissoudre, filtrer sur mousseline et ajouter :
- Amidon.................. 3ô grammes.
- Chauffer au bain-marie jusqu’à formation de l’empôis. Une petite quantité de sucre augmente encore les propriétés adhésives de cette colle.
- Utilisation des clichés faibles. — C’est surtout pendant la saison froide que les photographes obtiennent des phototypes trop faibles. Cet iûsuc!cès résulte moins souvent de la sous-exposition que de l’abaissement de la température, qui diminue l’énergie réductrice des révélateurs. Evidemment; la première précaution à prendre, lorsqu’on est averti de ces causes d’échec, c’est de les éviter, en prolongeant le temps de pose et en faisant quelque peu tiédir le bain de développement. Cependant, comme l’une ou l’autre de ces précautions ne sont pas toujours possibles, il convient de connaître les moyens de tirer quand même parti des clichés insuffisamment vigoureux.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- La plupart des papiers au citrate conviennent assez bien aux négatifs faibles, dont ils accroissent les contrastes ; on en fabrique même qui sont spécialement préparés pour accentuer les oppositions. Néanmoins, pour avoir une gamme de tons assez étendue, il est généralement nécessaire d’effectuer le tirage à une lumière très affaiblie. L’impression au soleil ne donnerait rien de bon. Non seulement il faut exposer le châssis-presse à l’ombre, mais on doit encore placer sur le négatif un verre dépoli, ou bien un verre jaune transparent, ou même un verre jaune dépoli. Et cela même ne suffit pas toujours, car on est parfois amené à laisser l’impression s’accomplir à l’intérieur d’un appartement. Il est facile de concevoir les inconvénients qu’entraîne un tirage exécuté dans de semblables conditions, à cette époque de l’année où les journées Sont si courtes et si rarement claires.
- Heureusement, les papiers à noircissement direct ne sont pas les seuls qui conviennent à l’utilisation des clichés faibles. Les couches sensibles à image latente s’y prêtent aussi, à la condition cependant de n’être pas trop rapides. A ce point de vue, les papiers les plus lents sont les meilleurs, et les émulsions au chloro-bromure sont de beaucoup préférables aux émulsions au gélatinobromure.
- Le meilleur rendement des papiers au chlorobromure, appliqués au tirage des clichés faibles, est réalisé par l’impression à la lumière d’une lampe à incandescence, d’un bec Auer ou même d’une lampe à pétrole. La lumière du jour, même faible, serait encore trop intense pour donner des contrastes suffisants. Le tirage à la lampe sera évidemment un peu long, beaucoup moins cependant que l’impression sur papier au citrate. On achèvera d’accentuer le modelé en développant dans un révélateur énergique, tel que le bain combiné à l’hydro-
- quiuone et au génol. On y ajoutera toujours un peu de bromure de potassium, afin d’éviter le voile et d’assurer la pureté des blancs, mais sans excès, sous peine d’aboutir à des images verdâtres.
- Si, malgré l’application des méthodes précédentes, les épreuves manquent encore de contrastes, si elles sont trop grises, il faudra alors se résigner à renforcer le .cliché, malgré les inconvénients inhérents à ce palliatif. Quand il s’agit d’un phototype à utiliser sans retouche, — paysage ou document, — le mieux est de le renforcer au ferricyanure d’urane ou au ferricyanure de cuivre. En cas de retouche, ces correctifs ne sont pas à conseiller : la couleur brun-sépia de l’image renforcée à l’urane, la couleur rouge produite par le sel de cuivre sont trop inusitées pour le retoucheur, à moins qu’il n’y soit suffisamment exercé. On peut en dire autant pour le renforçateur à l’iodure mercurique, qui fournit des tons indigo.
- La plupart des photographes s'en tiennent au renforçateur que l’on a le plus vivement critiqué, non sans raison, d’ailleurs : le bichlorure de mercure. En tout cas, on évitera de noircir dans l’ammoniaque l image blanchie par le sel mercuriel. Gomme, dans le cas que nous envisageons, on peut généralement se borner à une légère intensification, le sulfite de soude suffira. Néanmoins, les inconvénients inhérents à l’emploi des sels de mercure devraient faire préférer le renforcement par chloruration et second développement. Cette méthode consiste, rappelons-le brièvement, à transformer l’argent qui constitue l’image négative en chlorure d’argent, que l’on réduit ensuite dans un second développement, pratiqué en pleine lumière. La couleur noir-grisâtre du négatif primitif se trouve alors changée en une teinte brune, très inactinique, qui fournit au tirage des photocopies intenses.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements’ qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la corrèspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Questions à nos lecteurs. — M. Ph. Pierre demande s’il existe un traité mathématique du jeu de taquin.
- Réponses. — M. R. P., à Gand, Belgique. — On désigne sous le nom de blanc fixe le sulfate de baryte précipité obtenu au moyen du chlorure de baryum résiduel de certaines fabrications (par exemple, de l’eau oxygénée) et de l’acide sulfurique ou d’un sulfate soluble ; grâce à sa structure amorphe, résultant de la précipitation, il couvre bien, est inaltérable et inoffensif.
- Aujourd’hui, on emploie de préférence sous le nom de lithopone un mélange de sulfate de baryte, 70 pour 100 et de sulfure de zinc, 3o pour 100.
- La préparation des peintures à l’huile s’effectue suivant la technique habituelle des peintures dites aux poudres.
- Exemple :
- Sulfate de baryte. . .
- Huile de lin..........
- Essence de térébenthine Siccatif en poudre . .
- Il est préférable de broyer peu d’huile pour obtenir une n'ajouter que finalement le reste de l’huile, ainsi que les autres produits. On doit observer que les proportions de cette formule type doivent varier suivant les conditions d’emploi, la première couche se donne avec moitié huile et moitié essence, la seconde avec trois quarts d’huile et un quart d’essence, la troisième à l’huile pure; ceci pour la peinture extérieure.
- M..E. J., à Paris. — Il existe une école pour préparer à l’Ecole supérieure d’aéronautique; cette Ecole préparatoire se trouve, 3o, rue Falguière, Paris. Elle est ouverte à tous. Ses cours ont commencé le 5 novembre.
- . 700 grammes
- 200 —
- . 70 —
- . 3o —
- d’abord la poudre avec imbibition parfaite et de
- M. R., à Carpentras. — Pouvoirs calorifiques :
- Houille sèche à longue flamme. 8000 cal. au le g Houille grasse à longue flamme. 85oo —
- Houilles maréchales...........8800 .—
- Houilles à coke...............8900 —
- Houilles maigres..............8700 —
- Anthracite.......................83oo —
- Charbons à gaz...................7200 —
- Lignite bitumineux...............8000 —
- Lignite noir................ . 55oo —
- Lignite brun . f.................a5oo à 5ooo
- Lignite fibreux..................34oo
- Bois sec....................... 2600 à 2800 cal.
- Bois desséché artificiellement. 4000 cal.
- Voir : Comment économiser le chauffage domestique et culinaire, Masson et C‘°, éditeurs, 1 fr. a5.
- X., à Paris. — Nous ne connaissons pas de moyen pratique d’empêcher les cheveux des baigneuses de se mouiller pendant la nage, si ce n’est le port d’un bonnet de caoutchouc convenablement serré et appliqué.
- M. A. F., à Montastruc. — i° Nous avons répondu précédemment au sujet du recollage du marbre; 20 Pour ce qui est du rebouchage, employer' la même pâle à l’oxychlorure de zinc en y incorporant une couleur inerte, telle que le vert de chrome, le bleu de Prusse ou le rouge d'Angleterre.
- M. Fernand Romàcle, à Liège. — i° Les principaux matériaux employés en brosserie sont la soie de porc, le chiendent, le piassava et le tampico ou agave;
- 20 Voici quels sont les principaux fournisseurs de ces matériaux : Rouleau, rue Alibert, 8 ( 1.0e), Girard, 63, rue de Bagnolet, Paulard, 57, rue de la Grange-aux-Belles, Simonin-Cuny, 4, rue de Braque-Nicolas, 99, boulevard de Charonne, Boulanger fils et Daubray, 110, rue Vieille-du-Temple, Deseglise, 29 bis, rue des Francs-Bourgeois, Grunwald, 71, rue du Temple. Les bois pour brosses pourront vous être fournis par les maisons :
- ' Chenet, rue Ferdinand-Gambon, 11 (20°) et Robert Sle-phan, 36, boulevard de la Bastille.
- M. Planel, à Montrabé, Haute-Garonne. — L’émaillage de la fonte ne se pratique habituellement qu’en
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- BOITE AUX LETTRES
- usine dans des fours spéciaux, cependant, pour des pièces réduites, vous pourriez essayer de l’emploi du chalumeau sous forme d’éolipyle, genre lampe Paquelin dont sc servent couramment les plombiers, en opérant ainsi :
- Nettoyer très soigneusement le métal et y appliquer la composition suivante, préalablement fondue, puis
- broyée.
- Verre blanc, belle qualité. . . 125 grammes
- Carbonate de soude sec ... 20
- Acide borique................ 12 —
- Pour l’application sur le métal, délayer la poudre obtenue dans la solution sirupeuse de silicate de soude du commerce.
- Chauffer d’abord doucement avec le chalumeau, puis plus fortement jusqu’à fusion tranquille, laisser refroidir à l’abri des courants d’air affn d’éviter le craquelage.
- Pour obtenir une teinte verdâtre, il suffit d’ajouter à la poudre d’émail 8 pour 100 d’oxyde d’étain et une pincée d’ocre jaune.
- M. Joseph Lambert, à Pommerœul.
- t° Pour la protection des bacs en fer contre l’acidité des liquides, employer comme enduit :
- Essence de pétrole..............1000 grammes
- Bitume de Judée.................. i5 —
- •2° Le vernis anti-rouille ci-dessous vous donnera très probablement satisfaction :
- Vernis copal gras................ 120 c. c.
- Essence de térébenthine. . . 2.5o —
- 3° La mixture suivante convient très bien pour le nettoyage des cuivres :
- Ammoniaque....................... 5o c. c.
- Savon râpé...................... 100 grammes
- Tripoli ffn-..................... 260 —
- Eau.......................... 1 demi-litre
- Faire dissoudre au bain-marie le savon dans l’eau, laisser refroidir, incorporer le tripoli, puis en dernier lieu ajouter l’ammoniaque.
- M. Max Bubeke, à Bruges. — Les reproductions de dcutelles sur papier au ferro-prussiate peuvent s’effectuer dans un châssis-presse à glace exposé au soleil ou à la lumière électrique. Un appareil particulièrement commode pour exécuter rapidement les tirages de grand format a été décrit dans le Supplément de Za Nature, n° 233o, du 25 mai 1918; c’est le châssis flexible Péchi-nay, construit par les Etablissements Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- M. G. D. à Saint-Max. — Avant application de la peinture, les surfaces qui doivent être revêtues sont soumises à : i" un nettoyage ou époussetage au balai de crin ou à la brosse de crin ; s'il existe une installation électrique, on peut envisager le remplacement de cette main-d’œuvre par des brosses électriques comme cela existe pour le nettoyage des wagons dé chemins de fer;
- 20 Le grattage, lorsque la surface présente des rugo-' sités qu’il faut faire disparaître ;
- 3° Le rebouchage des trous, des fentes, joints, etc., soit par plâtre sur mur, soit au moyen de mastic sur menuiseries.
- Pour les peintures en réparation sur anciennes peintures, on lessive lés surfaces à l'eau seconde (dissolution de potasse dans l’eaù).
- La peinture la plus simple est le badigeon fait au moyen d’une détrempe de chaux dans l’eaii ou lait de chaux, on y ajoute parfois un peu d’alun pour lui donner plus Me résistance ou de térébenthine pour donner un peu de brillant au badigeon que l’on peut également traiter en y mélangeant des traces de bleu ou d’ocre jaune. On applique à la brosse ou au pulvérisateur à main ou mécanique.
- La base de la peinture à l’huile est un mélange d’huile de lin rendue plus ou moins siccative par la cuisson, et soit de blanc de céruse (prohibé), soit de blanc de zinc. On y ajoute des matières colorantes (oxydes métalliques, ocres, terres) broyées finement. Au moment de l’emploi, on rend plus fluide en ajoutant de l'essence de térébenthine sans excès. Enfin on applique au moyen de pinceaux ou brosses de soie de porc. S’il s’agit de grandes surfaces à peindre, on peut utiliser des pulvérisateurs à air comprimé (Voir La Nature, n° 2336, i3 juillet 1918). Vous pourriez vous adresser à ce sujet à la maison Charles Michel et Ci0, 4> rue Haxo, à Paris.
- Pour le nettoyage des cercles en fer de vos cuves de salaisons, vous pouvez utiliser des marteaux ou percu-
- tants, soit à air comprimé, soit électriques. Voir Compagnie française d’outillage pneumatique, 22, boulevard de Grenelle, Paris. Société anonyme des établissements Voisin et Cia, 96, rue Antonin-Raynaud, à Levallois-Perret, qui ont un appareillage semblable à celui décrit par La Nature, n° 2366 du 2 août (appareil Curti, d’origine italienne).
- Voici à titre documentaire quelques ouvrages traitant de la peinture de bâtiment :
- Peinture et décoration du bâtiment, P. Fleury, 1 vol. ro fr. Peinture à l’huile, A. Vaillant, 1 vol. 10 fr. Peinture industrielle, A. Souris, 1 vol. i5 fr. Ch. Béranger, éditeur. Peinture en bâtiment et décoration, Bo.udry et Chauvel, 2 vol. 100 fr. Dunod et Pinat, éditeurs. Peinture en bâtiments, Dudlin, 1 vol. 5 fr. Ch. Bérenger, éditeur.
- M. M. Neyret, à Saint-Etienne. — L’aspect visqueux que prennent les éponges après un usage prolongé pour la toilette est dû à l’action de l’alcali libre du savon sur la matière organique. Cet inconvénient peut être évité facilement en arrosant de temps à autre les éponges avec le jus d’un citron.
- M. Chardin, à Pantin. — Le mazout ne peut être employé directement dans les foyers, il est indispensable de se servir de brûleurs spéciaux ; s’adresser à l’une des maisons -suivantes : Guilbert, 68, avenue de la République. Juchât, 3g, rue Sainte-Croix de la Breton-nerie. Liotard, 143, avenue Parmentier.
- M. Bouton, à Courbevoie. — i° Les objets en caoutchouc à l’état de neuf se conservent très bien en les maintenant immergés dans une solution d’acide phénique à 3 pour 100, les précautions étant prises pour qu’il n’y ait pas de pliure ; 20 Pour redonner de la souplesse aux caoutchoucs altérés par le temps, il suffit, si le durcissement n’est pas trop avancé, de les laisser séjourner dans une solution de pentasulfure de potassium à 1 pour 100.
- M. A. Fonville, à Paris. — Voici essentiellement la technique du procédé à la gélatine bichromatée.
- Prendre :
- Gélatine fine............. 5o grammes
- Eau.......................5oo —
- Faire gonfler la gélatine dans 1 eau pendant une nuit, puis dissoudre au bain-marie
- Sur cette solution, on fait flotter pendant 4 à 5 minutes du papier parchemin fort en maintenant le liquide à une température voisine de 4°° C.
- On retire le papier et on l etend sur une plaque de verre en laissant la face gélatinée en dessus, puis lorsque la gélatine a fait prise par refroidissement on suspend la feuille par .un coin et laisse sécher.
- Lorsqu’on veut se servir des feuilles ainsi préparées, on les sensibilise au bain suivant :
- Bichromate de potasse . . i5 grammes
- Ammoniaque................. 5 —
- Eau distillée. . 600 —
- Après séjour de 5 minutes, on applique la face sensibilisée sur une glace talquée pour empêcher l’adhérence, on applique sur le dos quelques feuilles de papier buvard et on passe une roulette de caoutchouc, puis laisse sécher dans l’obscurité.
- Une fois sèche, la feuille se détache d’elle-même, il faut la laisser mûrir 4 ou 5 jours avant de l’employer, sans excéder cependant une dizaine de jours.
- Pour l’impression, on expose à la lumière comme pour les papiers habituels derrière le cliché ou le calque en se servant d’un châssis-presse et on suit la venue de l’image sur le fond jaune. Quand tous les détails sont apparus, on retire le papier du châssis, on applique le côté gélatine sur un feutre noir, puis, on expose l’autre côté à la lumière diffuse pendant 5 minutes.
- Enfin, on lave bien l’épreuve et on l’applique couche en dessus sur une plaque de verre, puis on soumet pendant une heure à l’action du liquide ci-dessous : Ammoniaque. ...... 20 grammes
- Glycérine . . ... . . . 3oo —
- Eau distillée.............. i5o —
- La feuille est alors collée sur une feuille.de zinc ou un bloc de bois et on l’encre avec un rouleau d’imprimerie en commençant d’abord avec de l’encre épaisse, puis continuant avec de l’encré plus fluide.
- Les premières épreuves sont toujours engorgées, c’est pourquoi il faut tirer au début un certain nombre d’exemplaires sur du papier sacrifié; lorsque les épreuves commencent à pâlir, on fait agir à nouveau la
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- solution de glycérine ci-dessus, puis on dégorge à nouveau jusqu’à ce que la netteté désirable soit atteinte.
- Finalement on tire sur le papier glacé qui doit recevoir l’épreuve à conserver.
- Ce procédé. très simple donne d’excellents résultats avec un peu de pratique, en évitant surtout l’intervention de la poussière.
- M. A. D., à Sens. — Moteurs à deux temps. — Yoyez l’ouvrage de Ventou-Duclaux, chez Dunod et Pinat. Il est clair et en même temps très documenté.
- Memento de mécanique. — Agenda Dunod et Pinat, partie mécanique.
- Formulaire d’Electricité. — Le formulaire de l’Elec-tricien, par Hospitallier et Roux. Masson, éditeur.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.)
- Traité pratique de chauffage central (Eau chaude et vapeur), par E. Fabrègue. i vol. in-18, 336 p., io3 lig. Baillière et fils, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur étudie la chaleur, sa production, sa propagation, sa mesure ; le chauffage et ses divers modes d’installation; le chauffage par l’eau chaude : basse ’ pression ; moyenne pression ; circulation accélérée ; le chauffage par l’eau très chaude ; les appareils : chaudières, régulateurs, radiateurs, tuyauterie et robinetterie ; le chauffage par la vapeur : basse, moyenne et haute pression; le calcul des installations; le chauffage par la vapeur à pression égalé ou inférieure à la pression atmosphérique, les chauffages divers : indirect, mixte, par. l’air chaud, au gaz, par l’électricité. Pour chacun, il donne les éléments de calcul et d’appréciation.
- La pratique de la téléphotographie, par G. Gallice. i vol. in-16, i i3 p., 16 fig. Mendel, Paris. Prix net : 4 fr. 5o.
- Etude pratique du matériel et de son mode d’emploi pour la photographie à longue distance.
- Méthode d'impressions successives à la gomme bichro-matée, par le Dr L. Croizier, i vol. in-16, 3g p. Photo-Revue, Mendel, Paris. Prix net : i fr.
- Perfectionnement donnant aux clichés plus de vigueur.
- Le diaphragme et la mise au point en photographie, in-16, 3g p., Photo-Revue, Mendel, Paris. Prix net : i fr.
- Causerie de vulgarisation sur le parti qu’on peut tirer du diaphragme pour la mise au point et le rendement des objectifs.
- Manuel de Chimie analytique. Tome II. Analyse quantitative, par F.-P. Treadwell, 2e édition française, par Marcel Boll. i vol. in-8, 8/.i p., 125 fig. Dunod et Pinat, Paris. Prix net : cartonné, 33 fr.
- Cette seconde édition française du Manuel de Treadwell diffère notablement de la première, surtout en ce qui concerne la présentation des faits et l’exposé des méthodes. Cependant on a laissé au professeur de Zurich la responsabilité des techniques qu’il recommande, dont la plupart ont été étudiées très soigneusement sous sa direction, et qui font de lui l’un clés maîtres incontestés de la chimie analytique.
- M. Boll fait uneMarge place aux résultats essentiels de, la chimie-physique, surtout à la loi de Guldberg et Waage et à la théorie d’Àrrhénius. On a introduit systématiquement les équations d’ions, en rappelant ' d’ailleurs, en bas de.page, les équations globales aux . chimistes insuffisamment au courant des idées modernes.
- Des tables très complètes facilitent les recherches de renseignements particuliers.
- La Nouvelle industrie du verre, par J. Escard. i vol. i6i p., 45 fig. 2°édition. J. Rey, éditeur, Grenoble igig. Prix : g fr. (majoration comprise).
- Apres avoir énuméré les diverses espèces de verres actuellement en usage, leurs propriétés, leurs appli-
- cations, l’auteur expose les divers procédés imaginés pour fabriquer le verre au four électrique ; il indique les méthodes d’analyse employées au Laboratoire et dans l’industrie. Il termine par l’étude du quartz fondu, dont les applications paraissent appelées à un grand développement.
- Les Gîtes minéraux, par Stanislas Meunier, i vol. in-8, 384 p., 44 fig. Dunod et Pinat, Paris. Prix net : 18 francs.
- Cet ouvrage offre la matière d..i cours de Géologie, ouvert au Muséum d’Histoire naturelle en avril igi7 par l’auteur.
- Il étudie les gîtes minéraux classés en gîtes dépendant de la fonction corticale, volcanique, bathydrique, épipolhydrique, océanique, glaciaire, éolienne, biologique, avec les précisions et la clarté qui distinguent les travaux de notre éminent collaborateur. De nombreux exemples montrent le grand intérêt du sujet traité et ses applications nombreuses à l’industrie.
- Essentials of Chemical Physiology, io° édition, par W.-D. Halliburton, i vol. in-8, 3a4 p., 72 fig., 1 pl. Longmans, Green et C°, Londres. Prix cartonné : 7 sh. 6 d.
- Les dix éditions de ce livre prouvent son succès auprès des étudiants anglais. Le professeur de King’s College présente deux séries de leçons, pour les débutants et pour les élèves plus avancés. Chacune débute par l’indication d’une suite de manipulations destinées à apprendre par le fait les éléments essentiels, après quoi vient un exposé didactique complémentaire. Les principales substances qui entrent dans la composition du corps humain sont passées en revue au point de vue de leur nature chimique et du rôle qu’elles jouent dans la vie.
- The Simple Carbohydrates and the Glucosides, 3e édition, par E. Frankland Armstrong, i vol. in-8, 23g p. Monographs on Biochemistry, Longmans, Green et C°, Londres. Prix cartonné : 12 sh.
- On connaît l’intérêt de ces monographies qui forment des exposés tout à fait à jour des principales questions de chimie biologique. La 3^ édition de celle-ci expose l’état actuel de nos connaissances sur les hydrates de carbone, dont l’importance pour la nutrition des êtres vivants égale l’intérêt théorique au point de vue des relations entre la constitution-des molécules et leurs propriétés physico-chimiques. La fin du volume est consacrée aux glucosides, encore mal connus, qui paraissent largement intervenir'dans la biologie des végétaux et avoir un grand intérêt pratique pour leur développement, la maturation des fruits, la qualité des foins, etc.
- Le problème de l'évolution. Essai d’un système explicatif des formes naturelles, par Adolp Spaldaic. i vol. in-16, 154 P-» 21 fig., 4 pl. Beauchésne. Paris. Prix net : 4 fr.
- Critique de la doctrine évolutionniste, que l’auteur remplace par une théorie de la conception idéale, des idées directrices divines dont il se sert dans un but d’apologétique.
- Les champignons. Moyen facile de reconnaître infailliblement les bons champignons. Culture des champignons et de la truffe, par René Schwaeblé. i brochure in-16, 63 p., 27 fig. Chez l’auteur, g, rue Henri-Mon-nier, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2385 .
- 13 Décembre 8919
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : Henry Deutsch de la Meurthe. — Né
- à Paris, en 1846, Henry Deutsch de la Meurthe dirigeait avec son frère, M. Emile Deutsch de la Meurthe, les importants établissements industriels qu’avait fondés son père.
- Auteur d’un ouvrage resté classique sur le Pétrole et ses applications, il annonçait, dès 1889, dans une allocution prononcée par lui comme secrétaire de la classe des pétroles à l’Exposition universelle, que le moteur à explosion permettrait seul de résoudre le problème de la navigation aérienne. Fondateur du prix de 100.000 fr. gagné par Santos-Dumont en 1901, Henry Deutsch de la Meurthe, lors de la fugue du dirigeable Patrie en 1906, fit don au ministère de la Guerre de son dirigeable Ville-de-Paris qui, après nombre d’essais, réussit à gagner par ses propres moyens son port d’attache, Verdun. Le nombre des prix qu’il créa par la suite est considérable. Chacun d’eux amorçait un nouveau progrès de la navigation aérienne.
- En 1909, après le meeting de Reims, la science du vol pratique étant créée, il s’agissait d’en établir la doctrine. C’est alors que la libéralité de H. Deutsch de la Meurthe dota l’Université de Paris de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, création bientôt suivie de la fondation d’une chaire d’aéronautique au Conservatoire des Arts et Métiers. Enfin, en 1919, Henry Deutsch de la Meurthe a assuré par une dotation magnifique l’avenir de l’Aéro-Club.
- Il était président de l’Aéro-Club de France, président d’honneur de l’Association générale aéronautique, vice-président de la Ligue nationale aérienne, l'un des présidents de l’Académie des sports, membre du Conseil d’administration du Conservatoire national des arts et métiers.
- Une locomotive française au mazout. — M. Cla-veille, ministre des Travaux publics et M. Henry Bérenger, commissaire aux essences et combustibles viennent de se faire présenter la première locomotive au mazout circulant sur le réseau P.-L.-M. Cette locomotive, traînant un train de marchandises, a donné les ' résultats les plus encourageants. C’était, une ancienne locomotive au charbon, transformée pour utiliser l'huile, lourde de pétrole. On a simplement installé sur la machine une caisse . métallique contenant le mazout et un brûleur spécial pour l’huile lourde pulvérisée, de manière à obtenir une flamme très intense dans la chaudière munie de briques réfractaires. La consommation du mazout est d’environ moitié moindre que celle du charbon. L’économie de main-d’œuvre est sensible par la suppression du service des cendres, des escarbilles, du mâchefer, etc. .. La fumée a à peu près complètement disparu. C’est donc un succès sous tous les rapports.
- La Compagnie du P.-L.-M. compte transformer ainsi successivement un pi'emier lot de 200^ locomotives à raison de deux par jour. Elle fait installer, concurremment sur divers points d’eau et dans diverses gares, de petits réservoirs de 40 à 100 tonnes pour alimenter en mazout les locomotives du réseau.
- Enfin, le premier bateau-citerne pétrolier, contenant 7000 t. de mazout, le. Waer-Gaekwaer, est arrivé au Havre après avoir allégé 2000 t. pour les régions libérées, à Dunkerque. D’autres cargaisons vont suivre pour ravitailler progressivement la France en huile lourde.
- En attendant, le ministère de la Marine vient de mettre à la disposition du commissaire général aux essences yn stock important de mazout qui va être réparti immédiatement.
- A ce propos, la Presse de Paris rappelle qu’une locomotive au mazout avait déjà été essayée en 1867, sur Ie réseau de l’Est, en présence de l’Empereur Napoléon III, à un moment où l’on craignait le prochain épuisement des houillères et où l’on croyait trouver d’importants gisements de pétrole dans le Massif Central.
- Ufl curieux phénomène. — Dans notre numéro du
- 18 octobre 1919, nous avons publié sous ce titre une communication du capitaine 'Arduin, qui avait observé l’apparition périodique d’un nuage de forme elliptique dans la région du Mont Blanc.
- Ce même phénomène a été observé avec précision par un de nos lecteurs M. Pasque qui nous adresse à ce sujet une lettre fort intéressante.
- « Un premier point à résoudre, dit-il, chose assez facile du reste, consiste à placer l’action le lundi 25 août, car'le 26 il pleuvait à verse et la description du temps ne correspondrait plus à la réalité.
- « Après être parti le 24 pour coucherau Montenvers, le 25 à midi nous atteignions le Jardin. Vers 2 heures de l’après-midi nous remarquâmes un nuage uniformément éclairé, gros comme un œuf de pigeon, puis il alla en augmentant pour ressembler à un cigare immobile dominant le Mont Blanc. Un de mes amis a d’ailleurs pris une photographie de ce nuage au-dessus du Mont Blanc. Comme nous faisions remarquer la chose à notre guide, il nous prédit de la pluie pour le lendemain. A ce
- Fig. 1. — La situation du nuage, d’après lus deux observations.
- nuage unique d’abord vinrent s’adjoindre plus tard d’autres nuages à une altitude moindre.
- « Le fait était classé dans mon esprit et ce ne fut qu’en lisant l’article du capitaine Arduip et son hypothèse que j’entrepris de chercher une explication.
- « L’hypothèse basée sur un effet de mirage de cime neigeuse avec pour écran les traînées nuageuses peut tomber d’un seul coup :
- « Ce fut d’abord vers deux heures, le nuage en forme d’ellipse qui apparut le premier. La photo en fait foi, et 4 personnes l’ont vu. A ce moment le ciel ne contenait pas d’autres nuages.
- « En consultant une cart&de la région, l’explication vient naturellement d’elle-même. L’erreur vient du manque de point de repère pour apprécier la distance du nuage à partir du point observateur. Le nuage devant se trouver à la fois sur AA' et B'B" se trouvera à leur intersection B.
- « Le capitaine se trouvant en B, et voyant le nuage sur les aiguilles du Tacul, voit son nuage dans le rayon visuel BB'.
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- « Moi, me trouvant en A, et croyant le nuage sur le Mont Blanc j’avais un axe de vision AA'.
- « Or, à bien considérer ce point B, on constatera qu’il est un centre de dépression, entouré entièrement par des cimes dépassant 35oo m. alors que lui-même n’a-tcint pas a5oo, un peu plus de 2000 seulement.
- <( Le point A serait donc la base, le centre d’unmouve-ment giratoire favorisé par l’enceinte naturelle des hautes aiguilles environnantes. Il y aurait analogie avec les tourbillons provoqués en vidant une baignoire ou une cuvette par exemple.
- « Les moindres vapeurs prises dans ce tourbillon étaient réunies et formaient un nuage, nuage qui avec le temps
- ne pouvait faire que grossir (observations faites de 2 heures à 4 heures et plus).
- « Quant à la forme elliptique, en voici une explication. Le nuage en tournant pouvait prendre une forme aplatie et être comparé à une assiette. Vu de B, avec la perspective, il avait la forme d’ellipse et vu de A, forme d’ellipse, mais plus aplatie.
- « Il fallait que ce nuage soit rond, satfs cela on n’aurait pu observer deux formes elliptiques, A et B faisant un angle de près de 900.
- « Quant à la périodicité, je n’ai pu l’observer, mais sous l’action des sautes de vent le mouvement giratoire pouvait être interrompu et le nuage condensé disparaissait vaporisé dans 1 atmosphère en attendant que le mouvement giratoire reprenne.
- « Ce phénomène ne doit pas être rare puisque notre guide l’avait déjà observé plusieurs fois. »
- J. Pasque.
- La potasse extraite du feldspath. — On sait l’importance extrême des sels de potasse comme engrais. On connaît de nombreuses sources industrielles de potasse : résidus du lavage des laines, fumées des fours à ciment, traitement des eaux mères de marais salants, calcination des varechs, etc.; mais toutes ces sources ne donnent qu’une production insignifiante en regard des besoins mondiaux; ceux-ci, jusqu’à ce jour, ont été, en pratique, satisfaits par les grands gisements de sels de potassé de Stassfurt, en Allemagne, auxquels sont venus s’ajouter assez récemment ceux de la Haute-Alsace. Cependant la potasse n’est pas un élément rare à la surface du globe; elle existe, à l’état combiné, dans des roches fort nombreuses ; le feldspath, si répandu, est un silicate double d’aluminium et de potassium. Mais jusqu’ici il n’existait pas de procédé pratique pour extraire sous une forme quelconque le potassium. Le Chemical and Metallur-gical Engineering annonce que le problème aurait été résolu par MM. E. Fuller et Thomas Mac Culloch, qui auraient installé près dé Denver (Colorado) une usine pour le traitement électrolytique du feldspath. Voici en résumé les grandes lignes du procédé : la roche, au préalable broyée, est transformée par électrolyse dans des cellules spéciales en aluminate de potasse; la silice se sépare intégralement.
- La cellule électrolytique comporte un vase poreux entourant la cathode -immergée dans de l’eau contenue à l’intérieur du diaphragme ; entourant celui-ci, un autre vase contient le feldspath décomposé et dissous dans l’acide sulfurique; dans ce liquide plonge l’anode. Le courant électrique ionise la solution; l’alcali et l’aluminium traversent le diaphragme et forment à la cathode de l’aluminate de potasse (AlO2K), de la silice amorphe se précipite en boue autour de l’anode. L’aluminate de potasse est à son tour décomposé par l’acide.carbonique et fournit l’alumine hydratée qui se précipite, et du carbonate de potasse qui reste en solution. Il ne reste plus qu’à séparer l’alumine et concentrer la solution restante pour obtenir le carbonate de potasse commercial. Par digestion avec du gypse on peut obtenir du sulfate de potassé. La compagnie qui exploite ce procédé se propose d’ériger de nombreuses usines dans des régions agricoles bien choisies, à proximité de gisements de feldspath, de gypse et de phosphate et de
- produire directement un sel soluble qui contiendra les 3 éléments fertilisants nécessaires à l’agriculture : potasse, phosphate, nitrate. Le procédé est également intéressant par ses sous-produits ; une installation donnant 300 t. de sulfate de potasse, donnerait i65 t. d’alumine pure et 700 t. de silice, produits utiles à la céramique.
- Si ces résultats se confirment, ils auront de très . sérieuses répercussions. Pendant la grande guerre, l’Allemagne a été le seul détenteur des ressources du monde en potasse. Les autres nations, privées de ce produit indispensable à l’agriculture et à de nombreuses industries, ont, on peut le dire, vécu d’expédients, et l’agriculture en particulier a été soumise, à ce point de vue, à un régime de disette qui n’a pas été sans contribuer à la crise des vivres dont souffre l’univers. Le procédé Fuller et Mac Culloch délivrerait pour toujours 1 humanité du retour d’un pareil danger. D’autre part, la guerre terminée, la France est rentrée en possession de l’Alsace et en même temps du bassin potassique de la^ région de Mulhouse; elle a l’entière liberté d’en développer l’exploitation que l’Allemagne avait réduite de parti pris. Mais l’apparition d’un procédé comme celui que nous venons de décrire, peut avoir des conséquences graves pour la mise en valeur de cette grande richesse de l’Alsace-Lorraine.
- Un chêne millénaire. — La Revue des Eaux et Forêts signale que la Commission royale des monuments et des sites de Belgique vient de classer dans la première catégorie des objets les plus intéressants de Belgique le fameux chêne de Monstreux, qui mesure 9 m. de circonférence à la base et 7 m. à hauteur d’homme.
- A 3 m. 5o du sol, son tronc se divise en onze branches maîtresses, grosses comme des chênes séculaires qui s’épanouissent en une couronne superbe. Le colosse, qui est plus que millénaire, est d’une santé parfaite et semble devoir encore délier des siècles s’il est efficacement protégé. Son tronc est intact et sa végétation luxuriante.
- Ajoutons qu’il est situé dans un paysage idyllique, dans la charmante et solilaire vallée de la Thynes, et l’on comprendra combien il importe que ce site" remarquable soit à l’abri du vandalisme. Il appartient aux hospices de Nivelles.
- Il existe en Belgique un chêne plus gros que celui de Monstreux, c’est le chêne de Liernu, qui mesure 9 m. à hauteur' d homme, mais il est complètement creux.
- Le concours-exposition des machines et matériaux du bâtiment à la Foire de Lyon. — La ville dé Lyon, sur la proposition de M. Villemin, a décidé d ouvrir' à la b oire de Lyon, en mars 1920, un concours-exposition de machines, matériaux et produits de fabrication se rattachant aux diverses industries du bâtiment. Ce concours s’effectuera suivant une méthode entièrement nouvelle, croyons-nous, en cette matière, et qui promet d’être féconde en résultats. Les machines devront y fonctionner comme si elles étaient sur des chantiers ou en ateliers, de façon que toutes comparaisons utiles, et tous chronométrages puissent être faits entre machines concurrentes, mais en tenant compte du point suivant : ne seront admises au « concours de fabrication » que les machines, matériaux et procédés qui constitueront un progrès sur ce qui existait avant guerre. Le concours sera donc un encouragement sérieux à 1 invention et au progrès, et non, comme il arrive souvent, la consécration de la routine.
- Les fabricants et fournisseurs de matériel et de matériaux d’avant-guerre ne pourront prendre part au concours, mais pourront participer à l’Exposition proprement dite.
- Les points essentiels sur lesquels portera l’examen du jury seront les suivants :
- Comparaison du prix de revient.
- ^.°îu,me des machines, leur souplesse, leur mobilité, (facilité de déplacements par voie de fer, et sur le chantier).
- Protection des machines contre les heurts, chutes de matériaux, infiltrations de poussières, sable, ciment, etc.
- Enfin, et par-dessus tout : protection de l’ouvrier et diminution de la main-d’œuvre.
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- CE QU'IL FAUT SAVOIR D'ELECTRICITE ( Suite)
- Effet Joule. — Le courant électrique chauffe les conducteurs qu’il traverse, — ce dégagement de chaleur est appelé effet Joule. — Il est fonction de l’intensité du courant et de la résistance du conducteur.
- Considérons le conducteur AB, de résistance R, traversé par un courant I lorsqu'il est soumis à la différence
- de potentiel E.
- Lapuissance dépensée dans la résistance est : P “ El watts ; c’est cette puissance qui tombe sous la forme calorifique. La .Fig. I. —L’effet Joule. loi d’Ohm nous a
- donné : E —IR, et
- en portant cette valeur dans la formule delà puissance, il vient de suite :
- P = IR x I — I* R watts.
- Ainsi un courant de 4 ampères traversant une résistance de 5 ohms donnera une perte par effet Joule :
- W =: 42 X5 == 8o watts.
- Si le courant double et devient 8 ampères, l’effet Joule est de :
- 8® X 5 = 320 watts.
- La chaleur ainsi dégagée est employée dans un grand nombre d’appareils pour produire des élévations de température.
- On a créé ainsi toute une industrie que l’on pourrait appeler industrie de l’effet Joule dans laquelle les'appa-reils présentent tous une résistance traversée par le courant.
- On trouve dans le commerce des appareils de cuisine divers : casseroles, stérilisateurs, rôtissoires, cafetières, bouillottes, théières, etc.
- On trouve aussi des fers à repasser, des radiateurs, des tapis chauffants, des chauffe-lits, chauffe-pieds, plaques chauffantes pour l’estomac et même cataplasmes chauffants.
- Ces appareils sont commodes, propres et pratiques.
- Par exemple, un fer à repasser ordinaire consomme 3oo watts ; si le kilowattheure est vendu o fr. 90, cela fait une dépense de o fr. 27 à l’heure, soit 1 fr. 08 pour un travail de 4 heures, mais il n’est pas nécessaire de conserver toujours l’appareil en circuit ; on enlève l’un
- des conducteurs d’amenée du courant pendant L du
- temps au moins, ce qui réduit la dépense à o fr. 72.
- Si la puissance demandée augmente, le prix du courant devient assez vite gênant ; c’est ainsi qu’un radiajeur électrique pour bureau dépensant 1 kilowatt donnerait un chauffage assez coûteux. Une rôtissoire absorbant r3oo watts coûterait ofr. 78 de l’heure en comptant le courant à o fr. 60 seulement. Ces appareils sont très indiqués dans les pays de houille blanche où le courant pent être vendu à bas prix; en Angleterre où l’énergie électrique est bon marché à cause du bas prix du charbon, des essais méthodiques ont permis de conclure que la cuisine électrique ne coûtait pas plus que celle au gaz.
- Si les compagnies pouvaient faire des prix spéciaux et abordables pour cette consommation, on verrait ces appareils se développer rapidement. Elles pourraient aussi y trouver leur compte, étant donné que les heures de consommation correspondraient à des moments où les usines électriques marchent à très faible charge.
- Si l’on se trouve dans une région favorisée au point de vue du prix du courant, on construira facilement soi-même quelques appareils intéressants.
- Essayons de calculer un rhéostat en fil de fer d’une puissance de 1 kilowatt, susceptible de chauffer un bureau efimarchant sous no volts.
- L’intensité sera de : I :
- 9 amperes.
- Admettons 4 ampères 5 comme densité de courant, c.ela nous fera une section de 2 mm2.
- „ E no .
- La résistance sera : R = T =----= 12 ohms.
- 1 9
- Il faut calculer maintenant la longueur de fer à employer.
- A chaud, son coefficient a vaudra sensiblement o ohm 12; et puisque nous avons pris un fil de 2mm2 de section, chaque mètre a une résistance de o ohm06 ;
- il faudra donc: -LL = 200 mètres. Si nous disposons 0,06
- d’une plaque de marbre de o m. 80 de hauteur nous pourrons enrouler notre fil en spirale en faisant des encoches sur les arêtes ; un tour correspondra à 1 m. 82 environ, ce qui nécessitera à peu près 109 spires. En espaçant les fils de 6 mm d’axe en axe, nous aurons utilisé ainsi un espace de o m. 65 environ. En laissant de chaque côté 2 cm pour placer les bornes et les supports, les dimensions du marbre seront : o m. 80 de hauteur, 1 m. o5 de longueur.
- Ainsi compris, le rhéostat est très largement calculé et la température du fil sera très douce. Si nous admettons 1 mm2, ce qui correspondra pour le fil à une température de i5o° environ, nous utiliserons un fil de 11/10 de diamètre et de 66 mètres de longueur. L’encombré-ment sera réduit de beaucoup.
- Si l’on ne possède pas de marbre, on pourra faire un cadre en fer et tendre le fil entre deux côtés opposés que l’on aura au préalable très bien isolés avec du carton d’amiante.
- Avec le maillechort, nous adopterons. 4 ou 5 ampères au mm2; cela nous conduira à utiliser un fil de 2 mm2 de section environ, ayant par métré une résistance de
- ow,2 ce qui nous donne —— — 60 mètres de fil. n o, 2
- Ces appareils pourront être utilisés, placés verticalement le long d’un mur; on peut aussi les disposer horizontalement, mettre une grille métallique à quelques millimètres au-dessus des fils et obtenir ainsi un appareil à multiples usages : radiateur, réchauffe-plats, etc.
- Si l’on possède des vieilles lampes à filament de charbon, on peut facilement les utiliser. Montées en groupe devant une plaque de cuivre bien polie, elles constitueront un très élégant radiateur; 4 lampes de 5o bougies consommeront 600 watts, énergie suffisante pour entretenir une douce température dans un cabinet.
- Une lampe de 5o bougies, disposée à l’intérieur d’un cylindre en cuivre, le transformera en un véritable petit calorifère.
- Cette énergie calorifique donnée par l’effet Joule se présente sous une forme éminemment souple, elle fournit la chaleur à la température même que I on désire, fondant ici les conducteurs pour les souder ensuite, tombant là si doucement qu’elle chauffe un tapis sans le brûler.
- Les amateurs trouveront en elle une servante fidèle. Ils pourront réaliser facilement eux-mêmes l’objet qu’ils désirent et lui attribuer à quel ques watts près la puissance qu’ils auront calculée.
- André Delavie, Prpfesseur d’Electricité industrielle.
- Objets utiles
- Réchaud à sciure de bois. — Pour utiliser la sciure de bois, il est facile de construire à peu de frais un petit réchaud qui permettra de réchauffer un récipient de liquide. Par exemple, dans un atelier de menuiserie il pourra servir à chauffer les pots à colle dans la sor-bonne.
- Pour cela on prendra une feuille de tôle sur un
- 2. — Construction
- d’une résistance clïauffante.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- côté de laquelle on aura ménagé des dents d’environ i cm. Cette feuille sera enroulée de manière à constituer un cylindre et on y fixera un fond. Toutes ces parties seront agrafées ou rivées de manière que la chaleur ne détruise pas l’assemblage.
- Sur le côté on perce un trou de ii cm 5 et on y enfonce une pièce de bois ronde jusqu’au centre (fig. 3). On placé également une pièce de bois verticalement dans l’axe jusqu’à la rencontre de la première et on verse
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- Sciure d&Z'bxii's ]
- Réchaud à sciure de hois.
- daus le récipient ainsi préparé de la sciure de bois en la tassant fortement et on la dispose jusqu’au niveau des dents.
- , On enlève avec précaution les [pièces de bois de façon que subsiste le canal coudé et qu’il ne soit pas obstrué par la sciure, afin de former tirage. On réalise ainsi simplement le poêle à sciure de bois. On place le récipient sur les dents, on enfonce du papier peu tassé dans le trou horizontal et on l’enflamme. L'ensemble de là sciure en quelques minutes prend feu et se consume lentement, ce qui permet d'avoir une chaleur suffisante pendant un temps assez long.
- Bien entendu, en espace clos, ce réchaud doit être placé dans une cheminée afin que les produits gazeux de la combustion puissent être évacués comme cela se fait avec les réchauds à charbon de bois.
- Nous avons déjà dit qu’il «.pouvait être utilisé par les menuisiers. Les copistes l’emploieront pour fondre la cire à cacheter ; les électriciens pour fondre la matière isolante qu’on coule dans les boîtes de raccordement.
- Placé simplement dans une cheminée d’appartement il peut donner une chaleur légère mais économique. On peut alors remplacer le récipient par une plaque de tôle mais il faut avoir soin que les gaz produits puissent passer par les échancrures des dents afin qu’il y ait un, tirage suffisant.
- Pendoir à vêtements. — Ce pendoir est destiné à réduire l’encombrement habituel des porte-manteaux et à tirer parti à peu de frais d’emplacements inutilisables autrement.
- C’est une simple barre plate métallique articulée à charnière sur un support que l’on visse à la paroi à
- utiliser.
- On peut alors placer la barre horizontalement, ou verticalement, un cliquet que l’on dégage à la main permet de le faire et de maintenir la barre dans l’une ou l’autre de ces positions. La barre est percée de trous, auxquels on peut accrocher les crochets des porte-manteaux qui reçoivent les lig. /,. Pendoir a votemeuts. vêtements.
- Dans sa position verticale, la barre chargée dè vêtements ne tient que très peu d’espace; le.s vêtemerits se superposent naturellement les uns aux autres, sans se friper et sans faux plis. Yeut-on prendre un vêtement, on abaisse la tige dans sa position horizontale, les vêtements se dégagent très aisément.
- L’appareil est vendu chez M. Georges Pesles, ii5, rue de Flandre, Paris.
- Entonnoir auto-obturateur. — Cet entonnoir s’obture automatiquement dès que son tube est atteint par le liquide dans le récipient que l’on remplit; on peut donc verser aveuglément le liquide dans l’entonnoir sans aucun risque de faire déborder le récipient.
- Dans le tube dé l’entonnoir est disposé un flotteur A qui porte une tige B; le tube de l’entonnoir peut être obturé par le bouchon C fixé à l’extrémité de là tige tubulaire D, à l’intérieur de laquelle coulisse librement la tige B. Les deux tiges B etD sont réunies par l’intermédiaire d’un parallélogramme articulé. E F G H.
- Les sommets F, H sont astreints à se déjjjjte’ce# sur une tige horizontale.
- Quand le liquide dans le récipient atteint le flotteur, celui-ci se soulève; son mouvement transmis à la tige B entraîne par 1 intermédiaire du parallélogramme articulé l’abaissement de la tige D et le bouchon C vient obturer l’entonnoir.
- Dans cette position, l'entonnoir est plus ou moins rempli
- i , A . mitn-ohtunitem'.
- par le liquide en exces qui maintient fermé le bouchon
- obturateur; il suffit de le placer sur un récipient vide et d’appuyer sur l’anneau M, on produit le mouvement inverse du précédent, le flotteur redescend, le bouchon se soulève et le liquide s’écoule à nouveau librement.
- L’entonnoir auto-obturateur est en vente chez Heu-zard, Ambille et Le Pahun, 6, rue Godefroy-Cavaignac, Paris.
- Egouttoir centrifuge. — A l’intérieur d’une marmite qui peut se fermer par un couvercle, est disposé un panier A, cylindrique, ayant le même axe que la marmite et construit à claire-voie en fil de fer étamé. Ce panier est pourvu à sa partie inférieure d un arbre qui s’engage dans une crapaudine ménagée dans le fond de la cuve ; il peut ainsi tourner librement autour de son axe
- On communique au panier un mouvement de rotation rapide au moyen de la manivelle B.
- On mettra à l’intérieur du panier, salade ou légumes à égoutter, on placera le panier ainsi garni dans la marmite, en s’assurant que la pointe repose bien dans la / crapaudine du fond. On fermera le couvercle de la marmite et l’on donnera quelques coups de manivelle.
- Lés produits placés dans le panier s’égoutteront sous l’effet de la force centrifuge et l’eau tombera au fond de la marmite ; il n’y aura aucune projection à l’extérieur.
- Il y a là un progrès certain sur le procédé encore employé dans presque tous les ménages pour égoutter les légumes et qui consiste à les placer dans un panier que l’on secoue énergiquement par la fenêtre, méthode aussi incommode pour l’opérateur que désagréable aux voisins.
- Ajoutons que l’égoutteur centrifuge peut servir de Fig. fi.:—jÉgouttoir centrifuge, marmite de cuisson ; les légumes ou la viande sont placés dans le panier, la cuisson terminée, il suffit de retirer le panier pour les séjiarer du bouillon ; on peut du reste les égoutter, en donnant quelques tours au panier après avoir vidé la marmite.
- L’appareil est en vente chez Heuzard, Ambille et Le J Pahun, 6, rue Godefroy-Cavaignac, Paris.
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- IgD
- VARIETES
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- La torréfaction du café. — La torréfaction du grain I de café a pour but de mettre dans un état nouveau de constitution chimique les éléments de ce grain tel qu il est récolté. Sous b influence d’une température portée brusquement à t.5o°, la caféine et une huile essentielle très aromatique sont libérées des combinaisons dans lesquelles elles entraient primitivement. Le café acquiert l’arome qui a consacré sa réputation auprès des gourmets, tandis que ses propriétés excitantes et toni-car-diaques augmentent dans des proportions considérables.
- Le café n’a donc ses qualités caractéristiques qu’au-tant qu’il est torréfié. Tant que la torréfaction n’est pas excessive, la valeur alibile du café est même en rapport direct avec 1 intensité de cette opération qui accroît, au fur et à mesure qu’elle se poursuit, les quantités de substances solubles et assimilables susceptibles de se former dans les grains. Mais en même temps, le poids brut diminue, et le. commerçant qui torréfie son café dans les conditions les meilleures ne peut mettre en vente qu’une quantité de marchandise inférieure à celle qui est vendue par son concurrent moins scrupuleux, ayant arrêté la torréfaction avant le moment opportun.
- Il est, par conséquent, légitime , ,de vendre, toutes choses égales d’ailleurs, le café bien torréfié plus cher que celui qui a été incomplètement brfilé. On peut démontrer expérimentalement que la torréfaction bien conduite améliore sensiblement la valeur du grain de cale, et l’analyse comparative indique alors quelle est l’importance de cette plus-value. I
- On prend par exemple deux lots de café vert de io kg chacun, de qualité identique, et, par surcroît de précautions, provenant d’une même récolte et importés dans les mêmes conditions. L’un de ces deux lots est soumis à une torréfaction faible ; l’autre est soumis, au contraire, à une torréfaction complète. Après l’opération, pour le premier lot,, les io kg sont réduits à 8 kg 5oo (perte : i5oo gr.); pour le second, à 7 kg 800 (perte : 2200 gr.).
- 11 y a donc 700 gr. de différence; et si l’on multiplie par 10, il apparaît au premier abord que, sur 100 kg de café vert, le premier torréfacteur dispose de 7 kg de marchandises négociables de plus que le second.
- Si l’on pratique maintenant l’analyse complète d’un échantillon prélevé sur chaque lot, et si l’on détermine notamment dans chacun d’eux la proportion d’extrait soluble (le seul qui importe au point de vue des propriétés de l'infusion), on constate les résultats suivants :
- Premier lot (torréfaction incomplète) : extrait égal à 22 pour ioo du poids total.
- Deuxième lot (torréfaction optima) : extrait égal à 29 pour 100 du poids total.
- En d’autres termes, et l’on obtient ces chiffres d’une manière très simple, des deux lots de café vert de xo kg, d’égale qualité, celui qui est incomplètement torréfié fournit au consommateur 1 kg 870 de substances utiles, après avoir été réduit à 8 kg 5oo. Celui qui est parfaitement torréfié contient 2 kg 260 des mêmes éléments, mais il a été réduit à 7 kg 800. Si le même marchand tenait à la disposition de ses clients ces deux variétés de café et s’il prenait pour unité de prix celui du premier lot, fixé à 5 fr. le kilogramme, il serait fondé à demander 6 fr. 5o du kilogramme du second lot. Cet écart de prix tiendrait compte, non seulement de la
- différence de poids provenant d’une torréfaction poussée au maximum désirable, mais encore de l’augmentation qualitative due à la torréfaction.
- Pour conclure, le prix serait ainsi déterminé par le coefficient d’utilisation du café dans l’organisme.
- En pratique, il n en est pas ainsi : la torréfaction est faite par les détaillants au petit bonheur, et les résultats du brûlage varient forcément d’un lot à l’autre, même quand un unique opérateur utilise constamment un unique appareil. Quoi qu’il en soit, on doit conseiller aux acheteurs de ne pas hésiter à payer le kilogramme [ fr. ou 1 fr. 5o plus cher que celui qui présente une teinte à peine brune, un café parfaitement grillé et offrant à l’œil la couleur « aile de hanneton » bien connue des gourmets. Un tel café peut être uiilisé avec parcimonie. L’infusion qu’il fournit est savoureuse et épuise dans le grain moulu tout ce qui est susceptible d’être consommé.
- Cette règle devrait être observée sans réserves si les marchands, qui connaissent la valeur d une torréfaction bien faite au point de vue du développement de l’arome, ne désiraient parfois rattraper une partie du poids ainsi perdu, en exposant leur café à l’action de l’humidité. La fraude se pratique, tantôt en arrosant d’eau le café qui vient d’être torréfié, tantôt en le plaçant dans une cave humide, ce qui, d’une façon comme de l’autre, en augmente le poids. Certaines réglementations limitent à 5 pour 100 le maximum d’eau que peut contenir le café torréfié; mais cette denrée est très hygrométrique, et, indépendamment de toute tentative d’adultération volontaire, le maximum légal d’humidité peut être dépassé, ce qui complique évidemment la situation. Des séries d’analyses ont démontré qu'après une période de 1 à 2 mois de temps pluvieux, du café conservé dans des conditions sinon très satisfaisantes, du moins irréprochables au point de vue légal, arrive à renfermer h à 7 pour 100 d’eau. Par contre, quand le pourcentage d'humidité contenu dans le café torréfié dépasse 8, il y a de fortes présomptions en faveur d’un mouillage intentionnel. Dès que les conditions atmosphériques s’améliorent, l’évaporation ramène rapidement l’humidité du café à un taux voisin de la normale (de 5 à 7 pour xoo après une journée d’exposition au soleil).
- Il serait prématuré de s’appuyer des à présent sur les chiffres fournis par les analyses auxquelles il vient d’être fait allusion pour déterminer les caractéi’istiques absolues du bon café au point de vue chimique; ce qu’il est permis d’affirmer, c’est que la répétition de ces analyses doit conduire à l’amélioration de la torréfaction et à la découverte de la formule suffisamment précise exprimant le rapport entre le degré du brûlage, la perte de poids et le développement des substances alibiles.
- Il faudra cependant faire intervenir, à titre de correctif, le taux de l’humidité du produit, étant donné la facilité avec laquelle le café torréfié absorbe i’eau. Mais rien n’empêche «l’acheteur d’une quantité importante de café brûlé de faire pratiquer sur les denrées qui lui sont offertes les analyses nécessaires. En prenant l’initiative de fournir ces indications à leurs clients, les vendeurs en gros justifieraient, dans bien des cas, des prétentions qui peuvent au premier abord paraître excessives. ' Francis Marrx'.
- JBO
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- HYGIENE ET SANTE
- L’approvisionnement en lait de Paris et de sa banlieue. — M. H. Martel vient d’appeler l’attention de l’Académie de Médecine (séance du 11 novembre 1919) sur ce que Paris et le département de la Seine sont approvisionnés en lait d’une façon insuffisante et à des prix extrêmement élevés.
- Avant la guerre, en 1913, il arrivait en gare par jour 83oooo litres de lait; n5ooo litres étaient produits sur place par les laitiers nourrisseurs. La consommation était donc de 945000 litres .de lait frais.
- Pendant la guerre, les arrivages et la production locale ont été en diminuant également.
- A l’heure actuelle, la région parisienne ne dispose plus que de 473 000 litres de lait, dont 4X3 000 arrivant par voie ferrée et 60000 provenant des nourrisseurs, ce qui représente la moitié du chiffre d’avant-guerre, soit à peine un dixième de litre par tête et par jour.
- La destruction du troupeau laitier en pays envahis, les lenteurs de la reconstitution du cheptel dans les régions libérées, la sécheresse, la fièvre aphteuse dont 1, intensité et la gravité vont en croissant, les hauts cours des produits dérivés du lait (beurre, fromages, viande de veau) ont créé une situation très difficile. En régions libérées, le lait est payé 70 centimes le litre en gros et
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- HYGIENE ET SANTE
- le beurre 18 fr, le kilogramme. Beaucoup de gens de ces malheureux pays n’en peuvent avoir. Le préfet de la Seine a été obligé de rétablir le système des cartes de priorité pour là délivrance du lait aux malades et aux enfants de moins de trois ans et le Gouvernement a interdit l’usage du lait frais ou de la crème à l’état frais dans les établissements publics servant à la clientèle des aliments et des boissons.
- Il faut produire si l’on veut escompter une situation meilleure au cours de l’année prochaine. Et pour cela, dès le printemps, il faut pouvoir mettre à la disposition des régions libérées le bétail laitier à des prix abordables en hâtant l’exécution des clauses du traité de paix avec l’Allemagne.
- Il y aurait lieu, de l'avis de M. Martel, de renforcer les prescriptions du décret du 19 octobre 1919 en inter-
- disant de vendre ou de consommer lé lait sous quelque forme que ce soit dans les établissements publics visés audit décret. La fabrication des fromages à la crème, notamment, devrait être strictement réglementée.
- Les cours du veau de qualité « extra n ne devraient plus être cotés sur les marchés puisque de tels veaux ne sont produits qu’en les nourrissant de i5 à 20 litres de lait entier par jour. Enfin, il faudrait faire appel à la conscience des médecins pour que les certificats donnant droit à la priorité ne soient délivrés qu’en cas d’absolue nécessité. 1
- Cette question de la pénurie du lait ayant une importance capitale pour les malades et surtout pour les jeunes enfants, M. le professeur Pinard a demandé à 1 Académie qu’une commission soit nommée pour chercher les remèdes à cette inquiétante situation. R- M.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- oîT
- Affûtage des petites scies circulaires. — Pour affûter les petites scies circulaires à métaux, il existe des machines automatiques qui permettent de placer la scie et de procéder à d’autres travaux pendant que l’affûtage se. fait. La scie tourne automatiquement d’une dent et la meule émeri vient affûter successivement chaque dent.
- L’amateur ne peut songer à acheter une telle machine, bien qu’il en existe de très simples et de relativement bon marché pour les petites scies à métaux.
- Si l’amateur mécanicien dispose d’un moteur électrique petit modèle ou même d’un ventilateur simplement, il sera facile de placer à la place des ailes une petite armature sur laquelle sera fixée une meule. On trouve d’ailleurs dans le commerce ces armatures toutes faites. La meule que l’on emploiera sera taillée de préférence en biseau fin, ou sera d’une épaisseur très faible, afin de bien affûter la dent comme il est convenable de le faire.
- Si l’on n’a pas de moteur électrique, on se procurera une meule à main qui, au moyen d’une manivelle et d’engrenages, permet de donner une vitesse de rotation suffisante, mais cela nécessite l’emploi d’un aide <jui tourne la meule pendant que l’opérateur affûte la scie.
- On peut supprimer l’emploi de l’aide en prenant une meule à pédale, mais ces appareils sont déjà d’un prix un peu élevé.
- Si l’on a des pièces métalliques à polir et à nettoyer sur des parties planes, on pourra monter sur la machine à meuler, moteur ou appareil à main, un plateau métallique sur lequel on collera de la toile émeri d’une grosseur de grain convenable. Cette toile, ou ce papier émeri, est collée sur le plateau avec de la colle forte ou du mastic dit mastic de tourneur; mais il faut avoir soin de laisser sécher la colle sous l’action de la pression, afin d’avoir une surface émerisée bien plane. Pour des disques de grand diamètre, comme ceux que l’on emploie dans l’industrie, il existe des presses spéciales, mais l’amateur qui n’aura des disques que de faible diamètre saura s’ingénier pour mettre le plateau sous presse.
- Enfin si l’on n’a ni moteur, ni meule à main, on pburra encore affûter la scie circulaire simplement à la main, au moyen de pierres à affûter de section triangulaire, rectangulaire ou carrée; mais ce procédé primitif est' forcément très long.
- Notons que l’avantage des machines automatiques à affûter les scies est le suivant. Lorsqu’on a une scie ébréchée, avec plusieurs dents sautées par exemple, la machine automatique permet de refaire toute la denture en diminuant le diamètre. L’opération est assez longue, mais comme elle est automatique, on n’a qu’à laisser la màchine fonctionner tout en la surveillant et en la réglant de temps à autre. *
- Garnissage calorifuge. — L’intéressante étude publiée dans la Revue générale de chimie par M. J. Rousset ayant attiré notre attention sur la nécessité de pouvoir recommander une bonne recette pratique parmi les nombreuses formules connues, nous fîmes au
- Laboratoire de la Nature quelques essais comparatifs dont voici les résultats.
- L’argile, employée de préférence sous la forme de variété grise servant à faire la pâte à modeler, donne des enduits assez solides. Toutefois, pour obvier au retrait, il convient de lui ajouter du sable, ou bien mieux de la silice fossile (Kieselgühr) qui rend l’enduit beaucoup plus léger. De petites additions de farine, de silicate sodique, faites dans le but d’améliorer la consistance, ne donnèrent aucun résultat. Il convient d’incorporer à la masse des fibres qui consolident l’enduit : poils de chevaux ou de vache, vieilles ficelles découpées menues et cardées.
- Un poids de silice est mélangé à son poids double d’argile ; on arrose avec assez d’eau pour obtenir en pétrissant une masse à consistance du mastic des vitriers, on incorpore 2 à 5 pour 100 de fibres, on malaxe et on applique sur les surfaces à protéger à la main en lissant avec une truelle. Ces surfaces auront été auparavant grattées, brossées, puis badigeonnées avec un peu du mortier argileux délayé dans beaucoup d’eau. C’est sur cet enduit sec qu’on applique le calorifuge en couche épaisse de 1 à 3 ou 4 cm. Finalement on enroule en hélice régulière une bande de tissu qui protégera la masse des frottements et heurts ; après séchage on donne une couche dejaeinture.
- Notre calorifuge est très simple à préparer, très économique, absolument incombustible et très efficace, la silice fossile se rangeant parmi les meilleurs isolants. Si l’on songe que dans un tuyau contenant de la vapeur à 8 kg de pression, on perd environ 3 kg de vapeur par heure et par mètre carré s’il n’y a pas de calorifuge, tandis que 5oo gr. seulement se condensent avec une couche isolante; on voudra partout protéger les parois chaudes.
- Liquide pour enlever les peintures et vernis. —
- La Revue de Chimie industrielle donne la recette suivante : La plupart des liquides employés pour enlever les peintures, vernis, doivent leur efficacité à la présence d’alcalis caustiques. Ceux-ci exercent une action assez funeste sur les substances d’origine organique. Or on s’est aperçu qu’on peut porter remède à cette action en émulsionnant une huile minérale dans la solution d’alcali caustique ; pour maintenir l’émulsion, il faut, du reste, la présence d’une substance inerte en poudre comme de la brique, de la pierre ponce, du kieselgühr (silice fossile), etc., dont l’action contribue à faciliter l’enlèvement de la peinture.
- La meilleure formule à suivre consiste donc à faire dissoudre 20 kg de soude caustique à 98 pour 100 dans 100 litres d’eau; on mélange la solution avec 20 kg d’huile minérale, et on brasse dans"un récipient qu’il est bon de munir d’un agitateur mécanique, le brassage devant se faire jusqu’à émulsion complète.
- Le sciage du fer à chaud. — La recette que nous reproduisons d’après M. Caudron, qui, après l’avoir essayée, la décrit dans La Machine moderne, n’est point nouvelle; elle fut publiée par Darcet dans les Annales
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Æ
- de f’hiniie de I année 1812. Mais elle est si bien oubliée qu il importe de la faire connaître à nouveau.
- Pour scier le fer ou la fonte, il suffit de faire chauffer la pièce au rouge blanc, après y avoir tracé à la sanguine. les lignes ou devra s engag’er la lame de scie.
- Puis on scie très vite avec une scie de menuisier, en se mettant a deux, absolument comme s’il s’agissait d un morceau de. bois; le métal se coupe avec la même facilité qu un bois compact , comme le buis par exemple.
- Il importe de ne pas chauffer le métal scié jusqu’au
- blanc soudant, cela empâterait la scie. Il importe d'aller très vite pour que la pièce n'ait pas le temps de se refroidir, et que la scie s’échauffe moins. On doit donner a la scie le moins de voie possible. On ne doit pas poser la pièce en porte à faux, car si elle est en fonte elle pourrait fort bien casser. Notons enfin que si la scie qui fut employée à cet usage convient encore pour scier d autres, pièces, en métal, elle est très émoussée, detrempee, désormais absolument impropre au sciage du bois. &
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les fous dun interet general qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond egalement, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonneme it. En raison de l’abondance de la correspondance* et des recherches souvent necessaires, il ne peut être répondu que dans an delai de dix à quinze jours. ^
- les lampes de T. S. F. — De nombreux lecteurs nous ont demande si Ion pouvait se procurer ces lampes dans le commerce. 1
- LeSrEtabiissements industriels E. C. Grammont, 10, rue d Uzes, Paris, nous informent qu’ils sont autorisés par 1 Etat a vendre, ces lampes dont ils sont fabricants. Mais les clients doivent prendre l’engagement de n’uti-liser ces lampes à des écoutes de télégraphie ’ avec ou sans li 1 qu apres avoir obtenu au préalable de ladmiais-tratipn des P. T. T. l’autorisation spéciale d’utiliser lesdites lampes pour ces usages.
- midité’ M’’ à Montbéliard- “ 10 Liage piqué par l’hu-
- b aire dissoudre dans un verre d’eau tiède :
- Ijne cuillerée à café de sel ammoniac.
- Lue cuillerée à café de sel de cuisine.
- Imbiber les taches de cette dissolution, exposer au grand air jusqu au lendemain, puis laver abondamment a 1 eau claire.
- 2° Encre bleue pour tampons en cuivre.
- Prendre :
- I.ndigo en poudre........... 8 grammes
- Vernis à 1 huile de lin
- Oléine..................
- Huile de ricin. . . .
- Huile de lin..................... ......
- Broyer d’abord très finement l'indigo avec le vernis, ajouter par petites portions l’oléine en broyant toujours delayer enfin avec le mélange d’huile de ricin et d’huile de un.
- M. Ch. Blanc, à Paris. — Malgré notre désir, il ne nous est .pas possible de traiter les questions industrielles d intérêt particulier. D’une façon générale, le
- îonzage est obtenu, soit par l’acide arsénieux ou le chlorure d antimoine en solution chlorhydrique, soit par immersion dans un bain de sulfure de potassium, la pratique seule enseigne quels sont les tours de main - qui donnent le ton désiré. Voyez : Bronzage des métaux, par Deronliez. Encyclopédie Rorel, chez Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille.
- . Emailleries de Billancourt. — Ainsi que nous l’avons signale dans notre n° 2376, la recette d’imperméabilisation du ciment est empruntée au journal L'Outillage et nous ne la. donnons que sous toute réserve. Très probablement, il s agit ^ de l’huile lourde de pétrole, telle r e®t.eraP^°y®® pour le graissage des machines.
- mL J. Piollet, château de Montanceix, à Razac-sur-1 Lsle i° Il n’existe pas de quinone dérivant de diphé-nols dans laquelle l’oxygène résiduel des groupements UH, soit en position méta, ni ortho, ce ne sont en effet que les phénols^ contenant les deux OH en positions extrêmes (paradérivés) qui peuvent perdre deux atomes d hydrogéné pour donner une quinone.
- En conséquence, nous pensons que vous voulez parler d un révélateur à base de méto'l et hydroquinone asso-1 les pai exemple dans les conditions suivantes
- Solution A Eau........................ . 1000 c. c.
- Sulfite de soude........... i5o grammes
- Métol. ... :............... 10 —
- 25 5 20 5 0
- Solution B Eau. 1000 c. c.
- Sulfite de soude......... 100 grammes
- Hydroquinone............. ^ _
- Solution G Eau..................... 1000 c. c.
- . Carbonate de sonde . . . i5o grammes
- Solution I) Eau. . . . L . . . . 100 * c.
- Bromure de potassium . . 10 grammes
- Pour une pose normale, prendre parties égales de solutions À, B, C, et un dixième de solution D.
- a0 L’acide.gallique C7HB0« existe tout formé dans le sumac et 1 écorce de pommier. Dans la pratique, on 1 obtient par hydrolyse du tannin de la noix de galle en taisant bouillir celui-ci avec de l’eau acidulée par l’acide suliurique
- . O Hlü O'1 + IP-O::.-: 2 C7H" O
- 3 Industriellement pour obtenir le bichromate de potasse, on calcine sur la sole d’un four à reverbère un mélange intime de fer chromé, de chaux et de carbonate de potasse. Après refroidissement, on lessive, ce qui donne une solution de chromate neutre que l’on acidulé par 1 acide sulfurique ; après concentration, on laisse cristalliser.
- D' Voisin, à Rochefort-sur-Mer. — Il est certain que ce genre de parquet sans joints devrait être d’un emploi général, aussi bien dans les hôpitaux, cliniques, consultations de nourrissons, etc., que dans les écoles. Il y aurait même intérêt à l’utiliser comme lambris et sou-bassements, eu raison de ses qualités hygiéniques.
- Voici quelques adresses de fabricants :
- Terrazzolith, MM. Douce, Moulin et 0,64, rue Petit, Paris; Linol parquet, Société française du parquet sans joint, 9, rue du Congo, Pantin (Seine) ; Doloment, E. Carlier, 77, boulevard Diderot, Paris ; Euboolith, E. Sequm, 36 bis, rue Laugier, Paris; Solina, Société française du Solina, à Migennes-Laroche (Yonne) ; Litkoxyle, Etablissements Brousse, 9, rue de Lagny Paris. j >
- M. Ci Monard, instituteur à Aubigny (Cher). ____Voici
- les adresses que vous nous demandez (vente de cinématographes et location de films) : Société des Etablissements Gaumont, 28, rue des Alouettes, à Paris-MM Pathé frères, 104, rue de Paris, à Vincennes • M. E. Hébert, 14, rue Favart, Paris; M. G. Guilbert, 4, Allée Verte, Paris.
- M. Vandel, collège de Saint-Claude, Jura.-----Les ou-
- vrages suivants vous fourniront tous renseignements sur le diamant : Le diamant par Boutan. Lé diamant Lncyclopédie Fremy. Le carbone par Escard dans lequel un chapitre très étendu est consacré aux gisements et aux applications industrielles, lous ces ouvrages soht édités par Dunnd et Pinat, 47, quai des Grands-Augus-tms. Voir également, le diamant, par Jacobs et Chatrian (Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain). Comme brochures, consulter : Géologie et mines de diamant de l Afrique, par Moulle. Exploitation des mines de Kim-berly, par Bordeaux. Exploitation des mines du Brésil, par de Bovet. On trouve ces brochures à la librairie Dunod.
- Lecteur «sst'dht, à Paris. — i° L’extrait de lavande se préparé de la'façon suivante :
- Faire infuser a5o gr. de Heurs de lavande fraîches dans 1 litre d alcool à 90° GL, filtrer et ajouter :
- L&sence de géranium rosat. ... 2 grammes
- — de bergamote............5 _
- — de girofle. ........ 2,5 —
- — d’ambre ...... > _
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- BOITE AUX LETTRES
- 2° Pour enlever les taches d’encre sur le marbre, broyer une cuillerée à soupe de chlorure de chaux (vulgairement poudre de chlore) dans un peu d’eau, puis étendre à un demi-litre; ajouter ensuite une quantité de blanc d’Espagne suffisante pour faire une pâte semi-liquide que l’on applique sur le marbre. Frotter légèrement avec un linge fin et rincer soigneusement, sécher et encaustiquer.
- M. E. Landy, au Havre. — Lorsque l’on emploie le sulfate de soude dans la préparation de l’outremer artificiel, il faut en même temps ajouter du charbon de bois en poudre, qui réduit le sulfate et l’amène à l’état de sulfure, c'est pourquoi, il est préférable d’employer directement les substances qui doivent donner naissance à la matière colorante, ce dans les proportions sui-
- vantes :
- Argile ou kaolin............ . ioo kg
- Carbonate de soude sec............ 90 —
- Soufre........................ 110 —
- Charbon de bois................... 20 —
- Le mélange est broyé, calciné dans des creusets, ainsi que nous l’avons indiqué dans notre boîte aux lettres du n° 2376 et finalement après nouveau broyage, les produits sont classés en différentes qualités par lévigation.
- M. G. Destriau, à Bordeaux. — i° La séparation du gallium est toujours une opération très longue : après avoir attaqué la blende des Pyrénées par l’acide azotique en conservant toujours un excès de blende, on pré-
- cipite par le zinc, le gallium entraîne avec lui la plupart des métaux, plomb, cuivre, cadmium, fer chromé, etc., il faut donc procéder à une redissolution suivie d’une précipitation par l'hydrogène sulfuré en présence d’acétate de soude. Finalement on précipite par le zinc puis fait digérer le gallium dans une solution chlorhydrique faible suivie d’un lavage à la potasse. Pendant tout le cours du travail on suit au spectroscope l’isolement du gallium; — 20 La récupération de l’argent des vieux bains d’hyposulfite se pratique de la façon suivante : le liquide étant porté à l’ébullition on y ajoute lentement du révélateur à l’oxalate de fer fraîchement préparé. L’argent se précipite sous forme d’une poudre noire très pure qu’il suffit de laver et de redissoudre dans l’acide nitrique pour obtenir à nouveau du nitrate d’argent.
- M. G. Mersey, à Mirecourt. — La poudre à poncer les dessins se prépare ainsi :
- Colophane............ 100 grammes.
- Bleu d outremer. . . i5 —
- F’aire fondre la colophane à feu doux en évitant qu’elle s’enflamme et y incorporer l’outremer par petites portions. Remuer jusqu’à refroidissement pour éviter le dépôt. Pulvériser finement.
- Le modèle perforé est placé sur l’étoffé, on le saupoudre de la préparation et frotte doucement avec un tampon de coton. Enfin, après enlèvement du modèle, on couvre d’une feuille de papier de soie et repasse avec un fer chaud pour fixer le dessin par fusion de la résine.
- JÈQ
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) — . ------
- Anthologie de la chanson populaire française, anglaise et russe, par Maurice Bouchor. i vol. in-4, 204 p. Delagrave, Paris. Prix cartonné : i5 fr.
- On sait l’intérêt ethnographique, folk-loriste, des chansons populaires. L’introduction de Maurice Bouchor souligne celui de ce recueil de 16 mélodies caractéristiques de France, 25 d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, 14 de Russie, transcrites par l’auteur et harmonisées par Jules de B rayer, dont les étrangères tout au moins sont à peu près inconnues en France malgré leur charme et leur caractère national très marqué.
- La maréchalerie, par E. Lavalard. i vol. in-16, 160 p., 37 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
- Après l’analyse des connaissances nécessaires sur l’anatomie du pied du cheval, l’auteur, ancien directeur de la cavalerie des omnibus de Paris, passe en revue la fabrication du fer à cheval, la pose du fer, son application aux différents genres de service, les ferrures à glace, etc. Il termine par la description des meilleures méthodes de ferrure du bœuf.
- Vinification, par L. Mathieu, i vol. in-18, 162 p., i5 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
- C’est une bonne fortune pour les vignerons que la publication de ce Manuel pratique de vinification qui les renseigne sur la composition du raisin et du moût, la fabrication des vins blancs et des vins rouges, l’appréciation des qualités des vins par les méthodes les plus sûres, les moyens de conserver et d’améliorer ces qualités. Des renseignements sur l’emploi des résidus de la vinification (marcs, tartres et lies) et sur les dérivés du vin (eaux-de-vie et vinaigre) complètent cet ouvrage pratique écrit par un maître de la science œnologique.
- Les problèmes de l’hérédité expérimentale, par L. Bla-runghem. i vol. in-16, 317 p., 20 fig. Bibliothèque de Philosophie scientifique, Paris. Prix : 5 fr. 75.
- Exposé très clair de la méthode de classement des expériences faites et à faire sur la transmission des caractères des parents aux enfants. L’auteur distingue : l’hérédité fluctuante qui traite de la transmission des caractères continus ; ces règles sont celles de l’équilibre ; l’hérédité mixte, avec ses formes particulières et exceptionnelles, l’hérédité en mosaïque et l’hérédité unilatérale qui correspondent à des combinaisons complexes des tissus des parents entraînant des altérations profondes de la fécondité et des fonctions essentielles ; l’hérédité alternante ou mendélienne où les produits de l’hybridation sout aussi féconds que les parents; elle correspond à des virages, à des condensations, le plus souvent à des substitutions d’états discontinus d’un caractère commun aux deux parents. Ses règles sont générales et applicables, sous la forme
- • de formules algébriques, sans tenir compte de la constitution intime des autres caractères.
- Il nous faut une flotte coloniale, par E. Du Vivier de Streel. i vol. in-16, 160 p. Payot et Ci0, Paris. Prix : 3 francs.
- I -
- Le développement économique d’un peuple dépend, on le sait, de l’abondance et du bas prix des moyens de transport dont il dispose. Une grande nation industrielle doit faire elle-même ses transports. L’auteur préconise la création d’une flotte de 3 millions de tonneaux qui serait gérée par nos armateurs, en régie intéressée, pour le compte de nos diverses colonies.
- 32"1 Annual Report of the Bureau of American Ethno-logy, 1910-1911, Smithsonian Institution, Washington, 1918, 819 pages.
- Ce rapport contient une longue et importante étude de MM. Jeremiah Curtin et J. N. B. Hewitt sur les fictions, légendes et mythes de Seneca, ancienne tribu iroquoise de l’est des Etats-Unis.
- Proceedings of the U. S. National Muséum, vol. 51, 1917, Smithsonian Institution, Washington.
- «ffj| 192 \Wr
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-
- LA NATURE
- Supplément.
- <
- INFORMATIONS"'-
- Ho 2386
- 20 Décembre 1919.
- Les prix Nobel de physique et de chimie en 1919.
- - L Académie des Sciences de Stockholm vient de décerner les trois prix Nobel de physique et de chimie dont elle disposait pour 1919 à trois savants allemands : aux professeurs Plamclc, de l’Univeisité de Berlin, J* Stark,. de l’Université de Greifswald et Haber, de 1 Université de Berlin. Ce dernier est', comme on sait, 1 inventeur d une méthode de production synthélique de 1 ammoniaque qui a été largement utilisée par nos ennemis pour la fabrication des munitions et il a apporté un concours très actif à .la préparation des gaz asphyxiants. Aussi bien ces nominations, surtout la dernière, ont-elles soulevé l’indignation dans l’opiniob libérale suédoise attachée à la cause de l’Entente et, dans un article très vif,, son principal organe, les Dagens Nyheier, n’a pas hésité à déclarer que l’Académie des Sciences de Stockholm avait compromis la Suède. Entraînée par ses sentiments germanophiles, l’Académie de Stockholm a complètement oublié que son bienfaiteur, Nobel, était un pacifiste déterminé.
- Petit séisme dans le sud-est de la France. — Dans la soirée du 28 novèmbre 1919, entre 21 h. et 22 h., plusieurs secousses du sol ont été ressenties à Nice et dans les environs de celte ville (*).
- Le pendule du séismographe de l’Observatoire privé de M. Raymond, à Antibes, a tracé, sur une plaque de
- Courbe tracée par l'extrémité du pendule du séismographe d’Antibes.
- verre enduite de noir de fumée, la courbe singulière reproduite ci-dessus, amplifiée 3 fois. Ce tracé a été enregistré et doit se lire de gauche à droite.
- II nly eut aucun dégât, les oscillations du sol ayant été très faibles. J
- Ce séisme a été en correspondance avec un beau groupe de taches solaires, passant par le méridien central de l’astre.
- Les hautes températures et leur emploi industriel. — M. Darling, dans une conférence à la Royal Society oE Arts que traduit le Moniteur de Quesneville, donne le tableau suivant des hautes températures que l’on sait aujourd’hui produire industriellement. 1
- A. Flamme oxhydrique .... i5oo°
- B. Flamme oxyacétylénique . 3ooo°
- C. Arc électrique. ...... 3^00°
- D. Thermde . _.............. . 25oo à 3ooo°
- E. Four électrique...............3^00°
- Les flammes oxhydriques et oxyacétyléniques servent, à la fusion dés métaux, au découpage des plaques dé métaux, à la soudure. L’oxhydrique sert aussi à la pul-vérisation des métaux (procédé Schoop) et au travail de (la silice vitreuse. L’arc électrique sert à la soudure, à la fabrication des nitrates à partir de l’azote atmosphérique. Le thermile sert à faire des soudures. On désigne sous ce nom des mélanges d'aluminium et d’oxyde de fer, qui enflammés par un amorçage convenable, brûlent rapidement en produisant une température élevée. On a fait aussi pendant la guerre des bombes incendiaires au moyen de thermite. Le four électrique est employé pour la fusion de nombreux métaux, pour Ja fabrication du
- j. D’autres_séismes ont étâ signalés le même jour, en d’autres lieux plus éloigués.
- carbure de calcium, du carborundum, du graphite, de l’alundum, de la silice vitreuse, etc...
- L’alundum et la bauxite française. — La fusion de la bauxite, qui, on le sait, est une alumine impure, fournit une matière cristalline inférieure eu dureté au carborundum, mais supérieure quant à la résistance mécanique. C’est l’alünçlum, très employé comme abrasif pour la fabrication de meules destinées, par exemple, au meulage de l’acier. M. Darling dans la même conférence à la Royal Society of Arts que traduit le Moniteur de Quesneville, donne quelques détails sur le mode de production de l’alqndum, connu encore sous le nom d aloxile. On fond la bauxite en la mélangeant-de coke et en chargeant le mélange dans un four électrique à sole de carbone. Le coke sert pour rendre la masse conductrice au début de l’opération, la bauxite ne devenant conductrice qu’au-dessus de 16000. La matière fond vers 2000°. Après refroidissement, l’intérieur de la masse contient des cristaux d’alumine renfermant plus ou moins d’oxyde de fer suivant la qualité de la bauxite; on broie ces produits et on les classe. La meilleure bauxite pour ce genre de produits se trouve dans le sud de la France.
- M. Darling signale que la « Carborundum C° » a établi dans cette région une usine à Sarrancolin, où l'on procède à la fusion électrique de la bauxite; le produit des fours est expédié à Manchester où il est converti en meules.
- L’alundum fond à 2o5o°; aussi est-il employé également comme matière réfraclaire. Il est poreux; cette propriété esb utilisée pour confectionner des ustensiles de laboratoire destinés à la filtration : ce sont des creusets dont les pores retiennent les précipités les plus fins et qui ont l’avantage d’être inattaquables aux acides.
- Le laboratoire hydrotecbnique de France. —
- L'industrie de l’énergie hydraulique, sous l’égide de la Société hydrotechnique de France, de fondation récente, s’engage résolument dans la voie des recherches scientifiques mises au service de l’industrie. Elle a décidé de créer dans la région de Grenoble un laboratoire hydrolechnique doté d’une organisation spéciale pour l'étude des pertes de charge occasionnées par les diverses particularités des conduites forcées. On se; propose également d’y élucider, par des recherches expérimentales, de nombreuses questions relatives aux canaux, aux grilles, aux mesures des débits, etc. Les fondateurs de ce J^boratoire voient plus grand encore. Le laboratoire en. création serait la première amorce d’un laboratoire d’études et de recherches qui se consacrerait à tout ce qui intéresse l’hydraulique industrielle, et notamment les moteurs hydrauliques. Nul doute qu’un semblable organisme ne soit la source de nombreux progrès dans une industrie actuellement vitale pour la France.
- L’alcool d’acetylène. — Nous avons déjà signalé à diverses reprises les efforts faits en plusieurs endroits pour produire industriellement l’alcool au moyen de l’acétylène. La Journée Industrielle donne des renseignements intéressants sur la façon dont cette fabrication a été réalisée aux usines de la « Lonza » près de Yiège (Suisse). On y procède à la fabrication de l’alcool et de l’acide acétique. - On produit tout d’abord de l’acétylène à partir du carbure de calcium. On fait réagir l’acétylène sur l’eau en présence d’une substance catalysante pourproduire l’aldéhyde éthylique. L’hydrogénation de cette aldéhyde donne de l’alcool éthylique ; son oxydation donne de l’acide/ acétique. Pour transformer l’acétylène au contact de l’eau en aldéhyde éthylique, on procède comme suit : on fait arriver l’acétylène dans des récipients en fer de 2000 litres à fermeture étanche, munis d’agitateurs rapides. Ces appareils disposés en batterie contiennent 800 litres d’eau acidulée à l'acide sulfurique et de l’oxyde de mercure qui sert de ealalyseur. A une température donnée, l’acétylène réagit sur Feau en présence de l’oxyde de mercure et forme l’aldéhyde cjui se vaporise.
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- INFORMATIONS
- Celle-ci est entraînée hors de l’appareil par l’excès d’acétylène. L’aldéhyde est condensée dans des réfrigérants. L’excès d’acétylène retourne au gazomètre.
- L’hydrogénation de l’aldéhyde se fait par fixation de l’hydrogène sur l’aldéhyde, en présence d’un catalyseur qui est du nickel eh grain, à la surface d’un corps poreux. L’alcool produit est condensé dans un réfrigérant maintenu à io° au-dessous de zéro, puis il est rectifié. Pour produire l’acide acétique, on oxyde l’aldéhyde suivant un processus analogue. L’oxygène est préparé par le procédé Claude. Il faut plus de 2 kgs de carbure pour obtenir 1 kg d’alcool. C’est dire que ce procédé n’a pour l’avenir qu’une valeur industrielle très problématique. Ce fut un expédient imposé par les circonstances de guerre.
- Démographie de la Suède. — M. Rouland vient de publier dans Y Economiste français une étude détaillée de la situation démographique de la, Suède, d après les données de Y Annuaire statistique de cet état.
- La Suède compte 448277 km2 de superficie. La population est de 5 800847 âmes, soit de 14• 1 par kilomètre carré, contre 10.1 aux environs de 1900; malgré ce progrès en dix.ans, c’est encore là une des populations les moins denses de l’Europe. Cette population totale se divise en 4 153 886 habitants des campagnes et 1 646961 habitants des villes. Dans tout le royaume il y a moins d’hommes que de femmes : les premiers sont au nombre de 2841554, les secondes de 2959298. Les principales villes se sont assez promptement développées. Stockholm, qui n’avait que 75 000 habitants au début du xixe siècle, en comptait 3ooooo en 1900 et 4*8000 en 1917; Gœteborg a, aux mêmes époques, passé de 12000 habitants à i3oooo et 196000; Malrnoë, qui n’avait que près de 4°°° habitants, en avait 112000 en 1917, etc. Les personnes nées à l’étranger sont assez nombreuses; eu 1910, elles atteignaient 47900, au lieu de 7980 en 1860. Il faut remarquer que la plus grande partie de ces habitants nés à l’étranger viennent de Norvège (11478), de Danemark (8o54). de Finlande (8648), des Etats-Unis (7275), d’Allemagne (5gi8), etc. En 1910, on a relevé en Suède 21 708 étrangers, dont 56 Français; les Finlandais étaient les plus nombreux, soit 5538, puis venaient les Norvégiens 4537, les Allemands 34oo, les Danois 2900 et les Russes 2900, etc. On estimait qu’à la même époque les personnes nées en Suède et demeurant à l’étranger étaient au nombre d’environ 820000, dont 665 000 aux Etats-Unis. Ce dernier chiffre est l’indice d’une émigration assez intense.
- L’excédent des naissances sur les décès, qui s’est tenu longtemps dans les environs de 10 pour 1000, est tombé à 9.61 pour 1000 en 1912 et est allé toujours fléchissant, jusqu’à 6.92 pour 1000 en 1915. En 1916 et 1917, années pour lesquelles on n’a que des chiffres provisoires, l’excédent a été respectivement de 7.59 et 7.49 pour 1000. Le nombre des nés vivants, qui se tenait au-dessus de i3oooo et parfois notablement au-dessus, i3g5o5*par exemple en 1909, est tombé à i3o'200 en 1913, 129458 en 1914, 122 997 en igi5, 121214 en 1916 et 120461 en 1917. Le nombre des nés vivants va donc fléchissant.
- Les plongées de l’Hippopotame. — M. Pierre Amédée Pichot rapporte, dans le Bulletin de la Société nationale d'Acclimatation, diverses observations sur les longues immersions que peut subir l’hippopotame.
- La mort de l’Hippopotame du Jardin zoologique de Londres, qui a succombé récemment pour avoir avalé un fil de fer laissé par mégarde dans une botte de foin,
- 1 a donné lieu, dit-il, à un échange de notes intéressantes dans le Field sur le temps que ces gros Pachydermes peuvent rester sous l’eau sans remonter à la surface pour respirer. Le grand chasseur de grosses bêtes de l’Afrique, Selous, a une fois noté, montre en main, pendant une heure, la durée des plongées d’un de ces animaux et il a compté 4o secondes pour la plus courte et 4 minutes et 20 secondes pour la plus longue. Il estime que les immersions sont habituellement de 2 minutes à 2 minutes 1/2, la bête restant sous l'eau le plus longtemps quand on venait de la tirer, par conséquent n’ayant pas rempli ses poumons de sa pleine provision d’air.
- Les immersions de l’Hippopotame du Jardin zoologique de Londres ont beaucoup dépassé, d’après M, Po-cock, cette estimation; Le gardien Robinson a vu, en effet, dans une circonstance où l’Hippopotame avait été
- effrayé, l’animal plonger dans son bassin et rester 29 minutes sans remonter.
- M. Pocock rapporte une autre observation du même genre prise par Topping, le gardien de l’Hippopotame qui avait précédé celui-ci; un jour que l’animal reposait au soleil, un chien pénétra dans le parc à travers les barreaux de la grille et se mit à aboyer. Furieux d’être dérangé dans sa sieste, 1 Hippopotame poursuivit le chien qui se jeta dans l’eau du bassin où il fut vite rejoint et brisé entre les mâchoires de son vindicatif adversaire. Ce drame avait considérablement troublé la placidité de l’hippopotame qui fut très agité pendant toute la journée et, le lendemain matin, quand on lui ouvrit son parc, il alla se blottir au fond de son bassin. Après une demi-heure d’attente, ne le voyant pas reparaître, Topping craignit que son pensionnaire ne se fût noyé et il se préparait à laisser l’eau s’écouler pour recueillir le cadavre, lorsque l’animal revint à la surface pour respirer.
- Un voyageur en Afrique, M. Butler, de Horsham, pense que les faits relatés ci-dessus n’ont rien d'exagéré, car lorsqu’il pêchait dans un étang sur les bords de la rivière Setit, et qui n’avait pas plus de 5o m. de large sur i5o m. de loDg, il fut très surpris, après une station de 3 heures, de voir Ips têtes de deux hippopotames émerger à la surface de cette nappe d’eau, que pendant tout ce temps lui et ses serviteurs n’avaient pas perdue de vue. Pendant le reste delà journée les hippopotames reparurent de nouveau à de fréquents intervalles.
- Enfin le capitaine Flower, directeur du jardin zoologique de Giseh, en Egypte, a raconté à M. Butler qu’ayant acheté deux jeunes hippopotames à bord d’un steamer qui passait à Port-Saïd, il fut consterné de voir ces animaux disparaître dans la pièce d’eau du parc où ils furent lâchés et ne remonter à la surface qu’après un espace de temps si long que l’on put craindre qu’affolés par le voyage, ils avaient perdu la tête et s’étaient laissé asphyxier.
- La gomme arabique, — La France consomme chaque année environ 5ooo tonnes de gomme arabique, dans des applications nombreuses et variées : fabrication de la colle liquide, apprêtage des tissus, préparation des couleurs à la gouache et à l’aquarelle, du cirage, de sirops, pastilles, pâte, etc. Elle n’en reçoit que 3ooo t. de ses colonies du Sénégal et du Plaut-Sénégal-Niger, si bien qu’elle doit demander les 2000 t. manquantes au Soudan égyptien et aux Indes anglaises. Le, Soudan égyptien est le plus grand producteur mondial et peut exporter i5ooo t. par an. L'Agronomie coloniale, qui rassemble ces renseignements, insiste sur l’intérêt que nous aurions d’augmenter notre production coloniale, en évitant les incendies dans les plantations de gommiers existants et en pratiquant une exploitation rationnelle. Un gommier de 5 ans, bien incisé, donne en moyenne 790 gr. de gomme par an; 00 en connaît qui produisent jusqu’à 3 kg 620 en une saison. La meilleure gomme est justement celle non teintée du gommier blanc, Acacia Sénégal Willd, qui pousse dans nos possessions africaines.
- L’office économique de Toulouse. — Nous croyons utile de signaler l’intéressante initiative prise par la Municipalité de Toulouse qui vient de créer un bureau central d’informations à l’usage du public. Ce bureau est rattaché à la Bibliothèque de la Ville. Il fournit gratuitement les renseignements de tous ordres : administratifs, économiques, juridiques. Sa documentation est puisée dans 9000 volumes et 6000 journaux et périodiques, systématiquement dépouillés. Les visiteurs peuvent, s’ils le désirent, faire leurs recherches eux-mêmes dans les Bureaux de l’Office. Enfin des renseignements sont tournis par lettres moyennant un droit? de 2 fr. Dans le premier mois de son fonctionnement, l’office a reçu 225o questions et a pu répondre à 2180. Ce résultat fait honneur au directeur de l’office, M. Gui-tard.
- L’office nous fait savoir qu’il serait heureux de recevoir les catalogues, prix courants, prospectus, etc., de toutes les grandes maisons françaises en vue de recommander gratuitement leurs produits à ses visiteurs et correspondants.
- Les adresser : 1, rue Lakanal, Toulouse.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Laboratoire
- Petit dispositif de laboratoire pour réaliser des économies de gaz. — Une maison allemande d’appareils de laboratoire a lancé, au cours de ces précédentes années, un système de brûleur à gaz qui, de manière absolument automatique, s ouvre en plein lorsqu’on place quelque objet à chauffer, et se met en veilleuse aussitôt qu’on retire le vase contenant le liquide chaud. Sans doute existe-t-il déjà des brûleurs à flamme veilleuse; mais dans la plupart des laboratoires, chimistes et essayeurs ne prennent pas la précaution de baisser la flamme lorsqu’ils cessent de chauffer quelque chose ; l’appareil est donc en principe fort utile.
- Pour assurer cette extinction automatique, le brûleur possède un robinet dont la clef est mue par une biel-lette transmettant le mouvement d’un bras de levier dont l’autre bras terminé en couronne supporte les objets à chauffer. Quand rien ne pose sur l’anneau-support, un contrepoids maintient le levier dressé; mais qu'on place un ballon au-dessus du brûleur, la couronne s’abaisse en ouvrant le robinet.
- Un de nos lecteurs a essayé' de remplacer ce dispositif assez coûteux, puisqu’il nécessite l’achat de brûleurs et de supports spéciaux, par un système pouvant s’adapter au matériel courant du laboratoire, et capable
- de donner les mêmes résultats. Après plusieurs essais et de nombreuses modifications, il est parvenu à établir un appareil que chacun peut construire avec un peu de fil de fer et une pince d’électricien, système s’adaptant instantanément à n’importe quel support, n’importe quel brûleur, et fonctionnant avec une parfaite régularité.
- Pour construire ledit appareil, il faut commencer par se procurer du fil d’acier assez fort; le diamètre de 3 mm par exemple donne de bons résultats. Pour être bien à l’aise, on comptera pour chaque appareil a m.. de fil.
- On prendra ses mesures en employant le support pour bec Bunsen dont oh a l’intention de se servir, on tracera avec de la craie les parties du fil à couder, on chauffera ces parties au rouge dans la flamme du brûleur, puis on courbera avec des pinces d’électricien.
- La figure x montre suffisamment comment les pièces doivent être assemblées. Dans un essai, on allume le gaz, puis on fait jouer le système de levier pour voir si la mise en veilleuse correspond bien à la position maximum d’abaissement du contrepoids. S’il y a lieu, on modifie le jeu des pièces. Et voici notre appareil terminé. Au repos, le contrepoids maintient le tube d’amenée du gaz presque fermé, et sitôt qu’on place sur la toile métallique quelque objet à chauffer, le contrepoids s’élève et donne libre passage au gaz.
- Fig. l. — Dispositif pour réaliser des économies de gaz.
- Chauffage
- Construction d’une résistance chauffante. — Un
- petit radiateur électrique peut rendre de gi'ands services pour chauffer rapidement de petits locaux; c’est le cas par exemple d’un laboratoire de photographie. On recule souvent devant la dépense d’achat, quand l article n’est pas d une utilité absolue. En réalité, un petit radiateur électrique peut être facilement établi par un amateur qui a un peu de soin. Nous allons indiquer le moyen de procéder pour arriver à.ce résultat.
- Pour obtenir un chauffage suffisant sur i io à i x5 volts, il est nécessaire de faire passer le courant dans un fil qui sera échauffé par ce courant, parfois même jusqu’au rouge. La meilleure matière à employer pour le fil est
- du chi’ome qui se consei’ve bien sous l’élévation de température. En employant un fil de 4 m., d’un diamètre de 3o/ioe à 32/10“ de mm, le résultat obtenu sera'suffisant. Le fil de cette substance est très cher et relativement peu facile à trouver. On pourra le remplacer par du nickel, moins rare et d’un prix moins onéreux; la longueur du fil de nickel à employer, d’un diamètre de 3o/ioe à 32/10° sera de 10 m. environ. On aura donc une résistance dé chauffage plus encombrante que la précé-
- Fig. 2. — Ensemble de la résistance montée.
- dente. Néanmoins, comme nous voulons réaliser économiquement le radiateur électrique, c'est le fil de nickel que nous emploierons.
- On commencera par découper dans de la tôle ordinaire de 5 mm d’épaisseur deux flasques. On limera légèrement les bords, de manière à enlever les bavures
- trou de 3
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- Fig. 3. — Flasque. Préparation dés trous.
- et à transformer les arêtes vives en légers chanfreins. Pour scier la tôle, on emploiera une petite scie à main, après avoir tracé sur la tôle le dessin de la flasque.
- On percera ensuite les trous de 11 mm, 6 mm et 3 mm portés sur le dessin, en ayant soin que les trous soient bien placés de la même façon sur les flasques
- Fig. 4. — Flasque munie des bornes et écrous.
- pour les deux derniers diamètres 6 mm et 3 mm. Pour cela, on pourra percer ensemble ces trous dans les deux flasques, en même temps, en les serrant dans les mâchoires d’un étaxi et en employant une chignole à main Goodell. . j;
- Les supports de fil seront constitués par des porcelaines bu tubes à gorges qu’on peut trouver; dans le commerce pu bien à la rigueur par des tubes de verre sur lesquels on aura enroulé plusieurs couches de coton mince d’amiante. Ce coton sera assujetti momentanément avec du fil solide*.
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- sSH
- On se procurera de la tige filetée-laiton de 5 mm et un certain nombre d’écrous se montant sur cette tige. Deux tiges plus longues que les tubes-support du fil serviront à les fixer entre les flasques, comme l’indique la figure d’ensemble; en serrant les écrous, on rendra les flasques et les deux cylindres solidaires.
- Le fil nickel sera enroulé sur ces deux supports et la longueur de io m. formera environ 3o à 33 spires, aller et retour; comme la longueur des tubes est de iao mm
- verre
- amiante
- tube
- rondelle
- Fig, .). — Tubes fit rondelles isolants.
- environ, la distance d’une spire à l’autre sera de 3 à 4 mm> ce qui est un intervalle convenable.
- Le fil aura ses extrémités réunies aux bornes d’arrivée du courant et pour éviter que la partie flottante ne vienne toucher les flasques, on enfilera, la partie du fil qui va du tube à la borne dans des perles de porcelaine ou de verre, d’un diamètre assez fort néanmoins.
- Les bornes seront placées dans les trous de 11 mm et elles devront être isolées des flasques. Pour cela, on emploiera des rondelles et des petits tubes isolants,
- soit en amiante ou mieux en micanite. La borne constituée par une tige laiton fileté de 5 mm avec 4 écrous sera donc montée comme l’indique clairement la figure 6.
- On pourra agrémenter l’ensemble en préparant des entretoises en fer de 3 mm
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- Borne isolée.
- d’épaisseur et io mm de largeur, qui seront coudées comme l’indique la figure 7. Sur les parties rabattues à angle droit, on percera des trous de 3 mm. Ces trous serviront à la fixation des entretoises sur les flasques au moyen de petites chevilles ou petits rivets laiton. On pourra remplacer ces rivets par des vis.
- La résistance de chauffage est donc établie ; il suffira maintenant d’amener les fils souples d’une prise de courant aux deux bornes et de placer la douille prise de courant dans la prise appropriée. Cette douille
- pourra être une ..........._________________douille à baïonnette qui se montera à la place d’une lampe à incandescence.
- En effet, le nombre d’ampères qui passe dans la résistance permet
- Ehzss vi-s de <3 m/m ou rivet laiton
- Fig- 7- — Garde-pieds.
- d’effectuer sans inconvénient ce branchement.
- Au lieu de fil en nickel, on pourrait employer d maillechort. La longueur à employer en 32/10° de m] de diamètre serait de 6 à 7 m. environ, mais l’inconvt nient du fil maillechort est d’être rapidement détru par l’oxydation sous l’influence des variations de temp( rature qu’il aura constamment à subir.
- Voilà donc le moyen de construire pour l’hiver un pet radiateur électrique qui aura sa place marquée sot la tablette du laboratoire de photographie.
- E. Weiss.
- Tapis chauffant électrique.—L’arrivée de l’hiver met à l’ordredu jour tout ce qui est susceptible de donner un pçu de chaleur. On peut réaliser d’une manière assez simple une surface chauffante qui remplira le même but que la bouteille appelée « moine » placée dans le lit qu on va occuper. Il suffira de se procurer quelques articles simples chez le fournisseur d’accessoires électriques.
- L’appareil en question fonctionne sur le courant de
- 110 volts, alternatif ou continu, c’est-à-dire le courant d’éclairage le plus usuellement adopté ; la consommation du courant ne sera guère supérieure à celle d'une lampe à incandescence ordinaire. Il est donc intéressant de passer quelques loisirs à construire ce petit appareil.
- L’élément de résistance chauffante sera constitué par un fil nickel chrome d’un diamètre de o,25 mm, la longueur sera de 9 m. environ.
- Ce fil sera enroulé sur une baguette d’acier à spires jointives, de manière à en faire une bobine rigide, afin que lorsqu’on retire la baguette, on ait une sorte de ressort à boudin (fîg. 8).
- On se procure un fil d’amiante d’un diamètre d’environ 1 mm 1/2 et de 6 m. de longueur. On passe cette corde d’amiante dans le boudin en fil constitué précédemment et on écarte, les spires, de manière à répartir toute la longueur du fil sur la longueur de la corde en aplatissant les spires de manière à ce qu’elles
- v boudin /
- c............\..../ ........ ...../
- amiante spires écartées
- Flg- 9- éi gauche : Montage des fils métalliques sur une corde d amiante. — -/ droite : Montage du tube d’amiante.
- baguette oc/on
- soient un peu incrustées dans l’amiante. Quand ceci est fait, on se procure un tu.be d’amiante d’environ 3 mm de diamètre intérieur et de 1 cm de diamètre extérieur. Sa longueur devra
- être un peu supérieure à celle du cordeau chauffant qu’on a préparé précédemment. Le cordeau chauffant est glissé à travers le tube au moyen d’une petite ficelle à laquelle il est attaché. Cette ficelle sera passée facilement au moyen, par exemple, d’un passe-lacet.
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- Fig. 10.
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- Manières de disposer l’élément chauffant.
- Fig. il. — L’élément chauffant: est placé entre 2 pièces de drap.
- Le tube ainsi terminé est disposé suivant l’une des deux formes de la figure 10, à plat, de manière à constituer une surface chauffante.
- Cette surface est placée entre deux pièces de flanelle ou de drap un peu épais que l’on assemblera de la même façon qu’un édredon américain, en faisant les coutures à côte des emplacements du tube amiante. Les extrémités du fil seront connectées à un fil souple à deux conducteurs qui comporte une prise de courant analogue à celle utilisée pour une lampe électrique de bureau. On peut même souder la connexion et il faut . ensuite isoler les joints avec du ruban caoutchoute ou chattertonne. On peut, si on le désire, constituer deux prises avec du tube fibre et deux vis qui permettront de rendre amovible la connexion avec le câble simple. On peut évidemment pour cela réaliser Fi l2. _ ppi8e .de courant tGl dispositif (JU6 1 ou veut çji tube fibre,
- et employer même des articles
- courants du commerce pour les prises et joints
- Cet élément chauffant pourra être placé sur des cous sins, dans un lit, sur un tabouret pour réchauffer les pieds quand on travaille au bureau, etc.
- On peut l’enjoliver ou le placer dans un cadre ei bois et faire ainsi telles combinaisons que l’on désirf comme effet décoratif ou comme résultats pratiques
- E. Weiss.
- Ti
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- Les bois employés par les luthiers. — On ignore très généralement les besoins précis de la lutherie, et les meilleurs exécutants eux-mêmes ne soupçonnent pas toujours qu’il a fallu réunir dans leur instrument les qualités spéciales de six ou sept bois différents.
- L’épicéa, ou faux sapin, très répandu dans les montagnes de l’Europe australe et septentrionale, fournit à lui seul la presque totalité du bois de résonance employé à la confection des tables d harmonie des violons, des guitares et des mandolines. Par sa très grande régularité de structure, il se prête admirablement, en effet, à la reproduction des sons. Son bois, uniformément blanc, lorsqu’il est sain, présente cette particularité que l’aubier équivaut à très peu près au cœur pour les usages industriels (charpente, menuiserie, boissellerie, etc.). Mais les conditions de végétation influent largement sur ses propriétés. C’est ainsi que le bois des épicéas ayant poussé dans les plaines ou les marécages est mou, spongieux, facilement altérable, tandis qu’aux hautes altitudes et sous les climats un peu rudes où la croissance de l’arbre est plus lente, il acquiert toutes les qualités requises par la lutherie. Celle-ci n’emploie guère que les bois de 200 à 3oo ans ayant pousse aux altitudes de 800 à i5oo m. Ce bois est très homogène et d’un éclat lustré; ses cercles d’accroissement sont réduits à 2 ou 3 mm; il jouit d’une grande résonance. On le débite « sur maille », c’est-à-dire suivant un plan radial, à l’aide du couteau à fendre ou de la scie, en lames de la dimension des tables d’harmonie : o m. 40 pour les violons.
- C’est encore avec l’épicéa que sont faits les tasseaux, les barres d’harmonie et les contre-éclisses. Le Jura suisse donne des qualités très réputées chez nos luthiers des Vosges.
- Le coffre est en érable, pour les instruments de prix, en lames alternativement faites d’érable et de palissandre pour les qualités ordinaires, et entièrement en palissandre pour les sortes inférieures. L’érable a en effet plus de sonorité, mais encore faüt-il distinguer à ce point de vue entre l’érable plane et l’érable sycomore, celui-ci étant moins compact et moins homogène, moins fin aussi que celui-là. Aussi le second, dont lës . belles maillures sont bien apparentes, est-il réservé à la fabrication, des mandolines. Son aire géographique est très étendue ; on le rencontre à peu près dans toute l’Europe continentale, en Angleterre, au Canada et aux Etats-Unis. Son bois dur, blanc légèrement jaunâtre, ayant parfois des rayures vertes, brillant et lustré en section radiale, « se tourmente » peu, qualité qui le fait apprécier en marqueterie, par les tourneurs et les luthiers. Ceux-ci préfèrent surtout les bois t< bien ondés » auxquels des véines larges et vives confèrent une valeur marchande supérieure à celle des bois dont les veines sont étroites et ternes. C’est par suite de cette qualité que les luthiers ont peu à peu abandonné les érables suisses et hongrois pour s’approvisionner actuellement de façon à peu près exclusive en Bosnie, où la ville de Banjululca est, pour eux, le marché le plus important. Nos érables de Haute-Saône et de Haute-Marne présentent parfois de ces belles maillures recherchées en lutherie; mais c’est plutôt l’exception et nous sommes tributaires de l’étranger pour la presque totalité des fonds et des manches de violons que nous achetons à la pièce, en Saxe et eu Bohême, à des intermé-
- diaires qui vont chercher l’érable en grume jusque dans les Balkans.
- Comme l’épicéa, on débite l’érable sur maille en plaques de dimensions voulues. Ce bois sert aussi à faire les éclisses et les chevalets qu’on prend dans le bois de chute des pièces de coffre.
- Le palissandre, fréquemment employé dans la fabrication des coffres, des manches, et dans le placage des étuis en peuplier, est une, légumineuse qu’on rencontre aux Indes, en Afrique, à Madagascar et au Brésil. Les bois provenant de Rio'de Janeiro sont les plus estimés.-1 Le palissandre est un bois gris sale, marbré de brun au cœur; ses pores sont bien visibles, ses rayons faiblement ondulés apparaissent mal à l’œil nu, sou grain serré est susceptible de prendre un très beau poli; il possède une odeur faible, mais agréable. Très employé en ébénisterie pour la fabrication des meubles, et surtout pour les placages, il entre dans la fabrication de la plupart des pianos.
- L’ébène est très employé en lutherie, où il sert généralement à la confection des chevilles, des cordiers, des filets et des sillets. Sous le nom de bois d’ébène, on entend des bois noirs, très durs et très denses, provenant d’espèces très différentes qu’on rencontre en Afrique, aux Indes, à Madagascar, dans l’Amérique du Nord, au Japon et dans l’Archipel Malais. II n’atteint toutes ces qualités de coloration, de dureté et de poli parfait qu’à un âge très avancé. Il fut naguère le bois par excellence de l’ébénisterie, mais il a été beaucoup délaissé à notre époque; cependant, on en fait encore les flûtes, les clarinettes, les touches dièze de piano et quelques accessoires de lutherie.
- Quant aux archets des instruments à cordés, ils sont faits avec diverses essences tropicales remarquablement denses. Le plus souvent, ce sont des « bois de fer », appellation qui englobe un certain nombre d’espèces très diverses, mais ayant comme qualités communes d’avoir des bois très durs et très lourds, au grain très serré, susceptible de prendre un beau poli. On les rencontre au Brésil, au Paraguay, en Argentine, à la Guadeloupe, à la Guyane, aux Antilles, dans l’Archipel Malais, à Madagascar, au Dahomey, etc. En dépit de leurs qualités exceptionnelles, ces bois sont peu employés en dehors de leur pays d’origine, parce que leur travail est très pénible et détruit rapidement les ins-, truments.
- Concurremment aux bois de fer, on emploie aussi pôur les archets le bois de Pernambouc ou du Brésil, légumineuse abondante à la Jamaïque et au Brésil. Très dur, au grain bien serré, d’un rouge pâle brunissant à l’air, ce bois, recherché également par la marqueterie, donne une teinture alcoolique d’un jaune foncé qui le fait ranger parmi les bois tinctoriaux.
- Plus rarement, on fait enfin les archets en bois d’amourette ou « bois de lettres » que produisent deux arbres de familles différentes croissant à la Guyane. Le cœur, d’un rouge foncé, porte des sillons noirs rappelant l’aspect des lettres chinoises, d’où son nom. D’un grain lustré, d’une grande finesse, ce bois est aussi dense et aussi cher que l’ébène, auquel on le préfère pour les meubles particulièrement soignés, et destinés à donner l’illusion de l’ancienneté.
- En somme, .on voit que ce sont donc surtout des bois exotiques qu’utilisent les luthiers. Francis Marre.
- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut êtte répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Demandes. — M. Ch. Boyer, 51, rue du Sahel, Paris, 12e, désire acheter l’armée 1918, de La Nature.
- Réponses. — M. Ch. Feige, rue des Jeûneurs. — 1. Nous ne croyons pas que la petite machine à additionner les sommes d’argent, contenue dans un boîtier de montre, se construise encore. Puisqu’il s’agit d’un brevet suisse, vous pourriez peut-être consulter les maisons suivantes : H.-W. Egli, Société anonyme à Zurich, et E. Jost, a5, Schauzengraben à Zurich qui s’occupent de machines à calculer.
- Egalement les maisons suivantes suisses qui construi-
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- sent des compteurs et appareils de précision pourraient vous renseigner; ce sont ; Fabrique « Vermeil » à Wer-meille-Saint-Aubin (Neuchâtel); Siegrist et Stokar, à Schaffouse ; Bilaud Otto, à Saint-Imier.
- 2. Pour les petits compteurs que vous désirez mettre sur des petits moteurs électriques, vous pouvez vous adresser aux maisons suisses citées ci-dessus, comme fabricant des compteurs ; La maison James Jaquet, à Bâle, fabrique spécialement des tachymètres et compteurs de tours.
- Egalement les maisons françaises suivantes peuvent vous fournir des compteurs de tours ; Darras, 123, boulevard Saint-Michel; Garnier, 9, rue Beudant; Trouillet, 112, boulevard Sébastopol ; Zivy, 20, rue de Naples, Paris.
- M. de la Roulaye, à Martenet. — Le délai de 2 à 3 mois qu’on vous demande pour vous établir le petit groupe que vous désirez n’est pas exagéré en ce moment. Les prix sont évidemment très différents de ceux d!avant-guerre. Vous pourriez consulter également à ce sujet les Etablissements Randegger, 188, boulevard Voltaire, à Paris, qui vous renseigneront à ce sujet, si vous ne désirez pas une livraison immédiate. D’ailleurs, nous pensons qu’il est à peu près impossible de trouver un délai moindre que deux mois.
- A titre d’indication, si le courant dont vous disposez pour actionner votre moteur est du courant continu, vous pouvez charger votre batterie en prenant un rhéostat de lampes, ainsi qu’il est décrit dans le n° 2020 de La Nature de février 19x2. Si vous êtes embarrassé pour le calcul du nombre de lampes, nous sommes à votre disposition. <
- Si vous avez du courant alternatif, évidemment il vous faut un organe interposé pour redresser le courant. Vous employez une coramutatrice : moteur alternatif et génératrice à courant continu ; vous pourriez employer également une soupape électrolytique avec un rhéostat convenable. A ce sujet, vous pourriez consulter La Nature, n° 2075 de mars 1 g 13, qui indique le mode d’emploi des soupapes pour la charge des batteries d’accumulateurs.
- Vous pouvez encore utiliser le redresseur Tungar (lampe utilisant l’effet Edison), en vente aux Etablissements Pilon, à Asnières, 63, boulevard de Paris.
- M. Canae Marquis, à San-Francisco. — Il n’existe pas de formulaire de recettes de teintures pour colorer les produits alimentaires, la nécessité ne s’en fait du reste pas sentir; car il suffit de connaître quelles sont ies matières colorantes non dangereuses autorisées et d’en faire une solution mère concentrée, que l’on emploie goutte à goutte, jusqu’à coloration suffisante.
- D’après .l’arrêté du 4 août 1908 et la délibération du Conseil d’Hygiène des 5 a.vril et 25 octobre 1880 on peut employer : '
- i° Matières minérales. — Outremer, bleu de Prusse, outremer violet, ocres, brun de manganèse, outremer vert, ocres jaunes.
- 20 Matières végétales. — Cochenille, carmin de car-thame, bois rouge, alizarine et purpurines artificielles, sucs de betteraves rouges et de cerises rocou, safran, pastel, curcuma, graines de Perse et d’Avignon, querci-tron, bois jaune, suc d’épinard, vert de Chine f'La-Kao), carmin d’indigo, tournesol, bleu d’orseille, bois d’Inde, caramel, suc de réglisse, extraits de châtaignier, de cachou, fleur de farine, amidon.
- 3° Matières dérivées de la houille. — Eosine, erythro-sine, rose bengale, rouge de Bordeaux, fuchsine acide sans arsenic préparée par le procédé Coupier, jaune acide, jaune d’or, bleu de Lyon, bleu lumière, bleu Cou-ier, vert malachite, violet de Paris.
- Mme Plot, à Paris, 20e. — Le procédé le plus pratique pour débarrasser de l’arsenic, l’acide sulfurique destiné aux accumulateurs, consiste à utiliser l’observation très intéressante faite par M. Menzies ; au-dessus de 65° B l’acide sulfurique même à l’ébullition n’attaque pas la fonte et si dans ces conditions les impuretés sont au maximum d’oxydation (ce que l’on obtient par addition de traces d’acide azotique), toutes ces impuretés se précipitent à l’état de boues insolubles que l’on peut séparer après repos par décantation.
- M. Dudoignon, à Eurville (Haute-Marne). <— Nous pensons que vous obtiendrez une: précipitation; complète des particules en suspension dans votre bain par l’addition de 5 pour 100 environ de terre à foulon et repos. Quant au décapage vous pourriez essayer d’une solution
- de chlorure d’étain sans excès d’acide. Après un séjour plus ou moins prolongé, les pièces doivent être lavées à l’eau, puis à l’ammoniaque étendue et séchées rapidement.
- Dx Const. A. Maori, à Focsani (Roumanie). — Vous pourrez vous procurer des appareils cinématographiques convenant aux applications que vous avez en vue, en vous adressant à la Société des Etablissements Gaumont, 59, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. P. S., à Lyon. — Comme ouvrage sur la tonnellerie, outre le Manuel du Tonnelier (Encyclopédie Roret), nous ne connaissons que l’ouvrage sur les Scieries et les machines à bois, par P. Razous, ingénieur (H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 47> quai des Grands-Augustins, Paris, 6*), lequel traite de la tonnellerie mécanique, en un chapitre. Voyez, en outre, aux librairies dont voici les adresses : Féret et fils, éditeurs, i5, cours de l’Intendance, Bordeaux; Coulet et fils, éditeurs, 5, Grand’Rue, Montpellier; Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6% et au journal I.e Moniteur vini-cole, 9, rue de Beaune, Paris, 7e.
- M. A. D., le Ruy de Cbawion, Spa (Belgique). — x° Selon toutes probabilités, les fermiers des Ardennes belges et de la Campine, qui, avant la guerre, faisaient l’élevage de la race ovine Karakul, ont à reconstituer leurs troupeaux disparus, volés par l’envahisseur. Nous ne pouvons donc affirmer qu’il existe encore, actuellement des élevages de Karakul dans ces régions, mais on pourrait sans doute être renseigné sur ce point en s’adressant soit à M. Helleputte, ministre, soit à M. P. de Vuyst, directeur de l’Agriculture, au Ministère de l’Agriculture de Belgique; — 20 Avant la guerre, l’adresse de M. Leyder, promoteur de cet élevage en Belgique, était la suivante ; 54, rue des Deux-Eglises, à Bruxelles ; — 3° Quant à présent, nous ne saurions dire si l’on peut se procurer des sujets de cette race dans les pays alliés. Nous ne pensons pas qu’il existe des élevages de Karakul en France et nous n’en connaissons pas en Angleterre. Le moyen de se procurer en ce moment des reproducteurs est chose assez difficile; en tout cas, nous vous conseillons de vous adresser, sous les auspices de notre collaborateur Henri Blin, à M. Albert de Mestral, expert zootechnicien, à La Châ-telaine-lès-Arbois (Jura), qui pourra vous renseigner exactement sur les conditions d’élevage du mouton Karakul sous le climat européen, sur la façon la plus profitable d’organiser cet élevage, et autres indications sur les divers points qui vous intéressent.
- M. Aubert, à Nice. — Le blanchiment des touches de piano jaunies peut être obtenu au moyen de badigeonnages alternatifs à l’eau oxygénée et à l’eau ammoniacale au dixième — on peut également se servir d’une solution d’acide nitrique à 10 pour 100. — Dans un cas comme dans l’autre de grandes précautions doivent être prises pour ne pas toucher le bois verni et pour que l'humidité n’altère pas l’instrument : le mieux est de séparer le clavier pour cette opération et de faire au préalable un essai en petit.
- M. A. D., à Sens. — Vous pouvez consulter pour les emplois possibles de déchets de tannerie les ouvrages suivants : Emploi des déchets de cuir pour la fabrication des engrais, Utilisation des déchets et sous-produits du travail des peaux, par Bargeron, édités par la Société d’Editions techniques, 16, rue du Pont-Neuf. T^es matières animales de VEncyclopédie Bïllon, chez ,Nolo, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. L. Deullin. — i° Formule de colle ;
- Gomme du Sénégal . . 5 grammes.
- Colle de poisson ... 5 —
- Sucre................i5 —
- Eau..................70 —
- Glycérine............ 5 —
- On commence par faire gonfler la colle de poissons et la gomme pendant 24 heures dans une partie de l’eau, d’autre part, on dissout le sucre et la glycérine dans le reste de l’eau ; après mélange on chauffe au bain-marie jusqu’à homogénéité.
- 2° Formule de peinture mate.
- Peser les quantités suivantes Caséine. ...
- Colle forte . . ,
- Alun................
- Sili'caté de soude Chaux éteinte. .
- 60 grammes. 90 —
- 90 —
- 120 —
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- Après gonfle méat de la colle dans l’eau froide, ajouter la caséine, la chaux et l’alun, chauffer jusqu’à dissolution et incorporer le silicate. Après mélange ajouter de la terre de Sienne jusqu’à coloration voulue en brun.
- Ecole apostolique de Cellule, Puy-de-Dôme. — Toutes les couleurs d’aniline peuvent être employées indifféremment pour préparer les encres à polycopie. Outre le violet de Paris, la fuchsine et la nigrosine qui sont utilisées d’habitude, vous pouvez recourir à l’éosine, au rose Bengale, au rouge de Bordeaux, au jaune de chrysoï-dine, au bleu de méthylène, au vert d’iode, etc. (maison Fontaine, rue Monsieur-le-Prince), une bonne for-
- mule générale est la suivante :
- Couleur de houille . . i5 grammes. Alcool à 90° ..... i5 —
- Eau.....................65 —
- Glycérine............... 5 —
- M. A., à Paris. — Encre stylographique bleue : Bleu de méthylène. . 4 grammes.
- Alun.................... 3 —
- Eau................. ,5oo —
- Alcool à 900........... 20 —
- Faire dissoudre le bleu de méthylène dans l’alcool et y ajouter l’eau dans laquelle on aura également effectué la dissolution de l’alun.
- M. R. Peyrac, à Lyon. — i° La corne se soude à elle-même par la seule intervention de la chaleur. Après avoir gratté soigneusement les parties à rejoindre on les taille en biseau et on les presse fortement au moyen d’une pince chauffée. Lorsque l’objet est refroidi on enlève les bavures au moyen d’un morceau de verre et on polit avec le rouge d’Angleterre.
- 20 Dans le cas qui se présente nous croyons que la colle donnant le meilleur résultat serait une dissolution de caoutchouc dans la benzine. Cette solution se vend toute préparée pour la réparation des pneumatiques, il vous suffira de l’étendre d’une quantité de benzine suffisante pour lui donner la fluidité nécessaire. Opérer le collage progressivement et se tenir éloigné de tout foyer pour éviter une inflammation.
- M. A. D., à Mons. — Pour l’installation d’usines fabricant l’acide sulfurique par le procédé de contact, s’adresser aux maisons suivantes : Simon Carves, 39, rue Cambon; Paris, iar; Kaltenbach, 73, boulevard de Montmorency, Paris, 16e.
- M. A. jP., à Castillonnès (Lot-et-Garonne). — La question très particulière qui nous a été posée nécessitait des recherches. Yoici le renseignement consécutif à de précédentes indications sur les procédés d’anesthésie applicables aux animaux.
- On peut essayer le procédé à la chloralose préconisé pour l’homme par M. le professeur Richet (Comptes Rendus de la Société de Biologie). D’autre part, M. le professeur Raphaël Dubois croit l’anesthésie générale préférable à l’anesthésie locale, afin que l’opérateur soit à l’abri des mouvements de l’animal (réflexes ou autres). Quant au choix de l’anesthésique général, l’éther pourrait convenir, en enfermant la tête de l’animal dans un sac contenant du coton imbibé d’éther. Les volailles supportent bien l’alcool, qui les enivre et donne toute facilité à l’opérateur, comme l’expérience l’a démontré. Enfin, il faut tenir compte du temps durant lequel il est nécessaire de laisser l’animal sous l’influence de l’anesthésique, et des conditions que recherche l’opérateur.
- M. le D1' Louis Capitaine, 18, boulevard Raspail, Paris. — Comme suite à la demande îelative à la marmotte (biologie, physiologie), consulter les travaux du Dr Raphaël Dubois, professeur de Physiologie générale et comparée à la Faculté des Sciences de Lyon.
- M. Desbrières, à Paris. — Le sel dé baryum employé dans les bouillottes est l’hydrate de baryte Ba (OH)3, il est fabriqué en grande quantité par les usines de Commines (Pas-de-Calais) : son point de fusion, est de 78°, sa chaleur spécifique moléculaire de 19,91, ce qui correspond à une chaleur spécifique gramme-poids de o cal. 116. Pour rapporter au volume on peut admettre une densité de 4> i Ce sel est sans action sur les métaux dans les conditions de l’expérience.
- M. L. A. Rickli, à "Lausanne.,— La maroquinerie est en France une branche d’industrie très développée et localisée à Paris dans le quartier du Marais. Yoici un certain nombre d adresses des principaux fournisseurs spécialisés : Cuirs : Touzeau, 14, rue Claude-Vellefaux ;
- Crespin, 7, rue Chariot; Bastard-, à Stains (Seine) ; — Miroirs : Anderrutbi, 7, rue Saint-Sébastieu, 11e; — Fermoirs : Baumann, 18, rue Parmentier; — Doublures : Bragard, 110, rue du Temple; — Outillage : Brusson, 25, rue Michel-le-Comte ; — Chiffres : Chaussenot, 42, rue de Bondy; — Boutons à pression : Raymond, 51, rue des Petites-Ecuries ; — Chaînes : Paturel, 8, rue Pastourelle; — Vernis, Soehnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire.
- M. J. Peille, Le Mesnil-sur-Oger (Marne). — Les reflets métalliques sont obtenus par l’application sur les grès, après cuisson, deglaçures ou lustres principalement à base d’or, de platine ou de bismuth, les nuances irisées sont dues aux interférences à l’intérieur de la couche très mince. Le lustre d’or est de l’or fulminant broyé avec l’essence de lavande, celui de platine le chloropla-tinate d’ammonium préparé de la même façon ; quant au lustre de bismuth on l’obtient par un mélange de
- 10 parties de nitrate de bismuth, 3o parties de résine arcanson et 75 parties d’essence de lavande. Pour plus de détails consultez : Le Porcelainier faïencier, potier de terre, par D. Magnier, chez Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuilfe.
- M. de Saint-André, à Bourges.— i° L’eau oxygénée a été effectivement préconisée comme contre-poison de l’acide cyanhydrique, la réaction serait la suivante :
- 2 (CAzH) -(- H3 O3 = (Az H3)2 C3 O3.
- acide cyanhydrique. oxamide.
- 20 La terre de Cassel est un produit humiquc de formation analogue à la tourbe, le produit employé par les peintres sous le nom de brou de noix en est une dissolution potassique.
- 3° Nous ne possédons pas de données analytiques sur les plumes dont vous parlez.
- M. Soult, à Paris. — Le moteur décrit est un moteur jouet. Les dimensions ne sont pas établies pour un Usage industriel, mais seulement pour une construction simple. C’est ainsi que l’épaisseur totale de l’induit devrait être égale à son diamètre; ce n’est pas le cas.
- Pour avoir une donnée du voltage obtenu, supposons qu’on fasse tourner à 1000 tours, la section utile de l’induit étant :
- 2 X 0,7 X 2 X 0,95 = 0,0266 dmc2.
- Le coefficient 0,95 est mis pour les joints des feuilles.
- 11 serait o,85 s’il y avait du papier collé sur la tôle. Pour un anneau Gramme, approximativement par spire de x dmc2, on compte o,5 volts à 1000 tours ; on aura dans le cas jmésent :
- o,5 X 0,0266 X 240 = 3 volts 192 étant donné que nous avons 240 spires par moitié d’anneau.
- La section du fil étant d’environ 0,8 mm on pourra aller jusqti’à 2,5 ampères comme intensité, c’est-à-dire utiliser environ 8 à 9 watts, ce qui représente avec des lampes à filaments métalliques 8 à 9 bougies. On pourra prendre des lampes 3 volts à cette vitesse de xooo tours.
- Le voltage obtenu sera sensiblement proportionnel au nombre de tours, ainsi :
- 2000 tours — 6 volts.
- 3ooo tours = 9 volts.
- En tout cas, il n’y aura pas besoin de rhéostat d’excitation puisqu’il s’agit d’excitation série.
- Bienentendu, grâce au mauvais rendement, ces données sont ti’ès approximatives, car il s’agit d’un appareil jouet. Le mieux est de se munir d’un petit voltmètre et d’un compte-tours et de faire des essais comparatifs.
- M. O., à la Chaux-de-Fonds. — Lorsqu’un wagon de chemin de fer ou de tramway stoppe, les voyageurs,' en vertu du principe de l’inertie, continuent le mouvement en avant; mais le ralentissement étant assez progressif, il arrive qu’instinctivement les voyageurs résistent à cette poussée en avant, et par une tension musculaire gardent leur position verticale ; lorsque le train s’arrête complètement, la poussée en avant due au mouvement du train cesse, et le voyageur est entraîné vers l’arrière par la tension qu’il a lui-même imprimé à son corps pour résister au mouvement en avant Dans les arrêts brusques, ce phénomène ne se produit pas, le voyageur n’étant pas prévenu du prochain arrêt, et il est alors nettement projeté en avant. La valise que vous avez suspendue au porte-bagage de même, pendant le mouvement de ralentissement, se porte en avant; à l’arrêt complet, sous l’action de la pesanteur, elle revient à sa position d’équilibre en prenant un mouvement pendulaire.
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- M. L. M., à Plessis-le'-Veneur (Seine-et-Oise). — Nous ne connaissons pas d’appareil analogue aux char-geuses-gerbeuses de fûts, construit dans les conditions et destiné à l’usage spécial que vous indiquez, et nous ne pourrions rien affirmer quant aux industriels pouvant être pressentis pour la construction de ce genre d’appareil. Il faudrait voir ün ou plusieurs constructeurs faisant les genres d’appareils suivants : monte-sacs, porte-sacs, lève-sacs, élévateurs, chargeurs, transporteurs, treuils. Voyez aux adresses suivantes : Tripette et Renaud fils, 37-09, rue Jean-Jacques-Rousseau, Paris, 1er; Bulher frères, ingénieurs-constructeurs, 42, rue du Louvre, Paris, ior ; E. Bonmartiu, constructeur à Meung-sur-Loire (Loiret); Get A. Cusson frères et Cle, constructeurs à Châteauroux (Indre); Piat et Fougerol, ingénieurs-mécaniciens à Auxerre (Yonne) ; Ph. Lafon, ingénieur-constructeur, rue Louis-David, à Tours (Indre-et-Loire) ; Société anonyme des fonderies et ateliers de construction de l’Est (successeur de Darnel-Bosshardf, iDgénieur-constructeur), à Dijon (Côte-d’Or) ; Léon Michel-Simonis, constructeur à Jupille-lez-Liège (Belgique) ; Veuve Emile Brichard, 6, rue de Longjumeau, à Massy (Seine-et-Oise) (monte-sacs) ; David-Franck, 7, rue des Deux-Gares, Paris (porte-sacs) ; Marlin, 193, rue de l’Université, Paris, 7e (chargeurs, treuils) ; Etablissements V.,Vermorel, à Villefranche-sur-Saône (Rhône) (auto-chargeur) ; R. Wallut et Cio, 168, boulevard de la Villette, Paris, 19e. En outre, il serait utile de se renseigner à la Station d’Essais de machines du Ministère de l’Agriculture, directeur : M. Maximilien Ringelmann, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e.
- M. R. A., quai des Etats-Unis, à Nice. — i° L’emploi des explosifs (dynamite, cheddite, polignite, poudre noire), permet l’arrachage des vieilles souches de vignes et le défoncement du terrain à replanter. Pour détruire les vieilles souches, on peut percer des trous d’une profondeur de 1 m., tous les 4 ou 5 m. et dans des rayons séparés de 3 m. 5o si besoin est, en cas de plantation continue comme celle des vieilles haies à dessoucher. Une seule cartouche doit suffire, dans chaque trou, pour détruire les souches et toutes les racines. Mais si l’opération d’arrachage aj.nsi pratiquée paraît coûter moins cher et être plus rapide que la méthode manuelle, par contre, il importe de remarquer que le défoncement du sol à la dynamite est, généralement, une opération très coûteuse. Néanmoins, tout dépend de' la composition physique du terrain, sol et sous-sol.
- Pour des plantations de vigne, le défoncement à l’aide d’explosifs, qui ébranlent et fissurent le sous-sol. doit donner de bons résultats, en permettant aux racines de prendre un grand développement dans le plan vertical. Les expériences faites en Australie, surtout dans des sous-sols argileux très compacts, ont donné des résultats concluants. Par ce système, l’ameublissement du sol est effectué plus complètement et plus rapidement que par les méthodes ordinaires, mais il est d’un prix de revient sensiblement plus élevé : environ 25o à 260 francs par hectare. On a constaté que le dessouchage des terrains boisés coûte à peu près 5a5 francs par hectare. Toutes proportions gardées, on peut, par ce chiffre, se
- rendre compte du prix de revient approximatif pour l’arrachage des vignes. Aux îles Hawaï, où on a employé la dynamite (cartouches de 32 mm de diamètre, o m. ao5 de longueur, placées à une profondeur moyenne de o m. 75 dans des trous espacés de 2 m. 5o à 2 m. 75) pour défoncer des terres compactes et ameublir partiellement pour y pratiquer ensuite des trous destinés à la plantation d’arbres, le prix de revient de chaque trou fut de o fr. i5 à o fr. 16 et le prix de revient d’un hectare traité fut, suivant écartement des trous, de 261 fr. à 2 m. 45, 206 fr. à 2 m. 75, 168 fr. à 3 m. o5 et de 41 fr. 5o à 6 m. 10.
- 2° Les inconvénients à signaler seraient les suivants : il y a toujours un certain danger dans l’emploi de la matière explosive, d’où nécessité de contracter une assurance spéciale contre les accidents pouvant survenir dans l’emploi des explosifs. Il n’est pas toujours facile de placer la cartouche exactement au centre des résistances égales, ce qui peut faire varier les résultats suivant que l’on a des souches à pivot plus ou moins fort ou profond et à bois sain ou plus ou moins décomposé.
- 3° L’emploi de la dynamite est régi par la loi du 8 mars 1875, le règlement du 2a août i8yS, le décret du 28 octobre 1882, les décisions ministérielles du 10 janvier 1879 et du i3 septembre 1883, qui fixent les conditions relatives à l’achat, au transport, à la réception et à l’emmagasinage des explosifs. L’achat de dynamite ne peut se faire qu’après une déclaration dans laquelle on doit spécifier la destination (nature des travaux). La déclaration d’achat et le bon de commande sont visés par le maire de la commune de l’acheteur et autorisés par le préfet du département où se trouve le dépôt ou la fabrique d’explosifs. Des imprimés sont délivrés aux acheteurs par la maison de vente.
- 4° Yous pourriez vous adresser, sous les auspices de notre collaborateur Henri Blin, à M. Louis Belle, directeur départemental des Services agricoles des Alpes-Maritimes, à Nice (préfecture). Voyez, en outre, pour renseignements sur l’emploi des explosifs en agriculture, aux adresses suivantes : H. Gignon, Î2, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris, 9e (agent de Curtis et Harvey, spécialistes, Cannoustr-House, Londres E. G.); Société anonyme d’explosifs, 5, rue du Général-Foy, Paris, 8°; Société française des explosifs, 5g, rue de Châteaudun, Paris, 90; Société centrale de dynamite, 67, boulevard Haussmann, Paris, 8°; Société d’Arendouck, 3o, rue Notre-Dame-des-Yictoires, Paris, 2e.
- 59 Comme ouvrages, voyez : Travaux et machines pour la mise en culture des terres, par M. Ringelmann,
- 1 vol.; Hervé-Mangon, Utilisation de la dynamite dans les défoncements, Journal d'Agriculture pratique, n° 26 de 1885 (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e).
- M. G. Wegelin, à Mulhouse. — Il n’existe pas de type spécial d’appareils pour l’évaporation dans le vide de l’eau oxygénée, chaque fabricant ayant fait construire sur indications personnelles un matériel qui lui est propre.
- Constructeurs d’appareils : Barbet, 5, rue de l’Echelle; Egrot, 23, rue Matins; Deroy, 71, rue du Théâtre; Deriveau, 10, rue Popincourt, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OSU
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d’un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) __________
- Zesv chars d’assaut. Leur création et leur rôle pendant la guerre, 1915*1918, par le capitaine Dutil. i \ol. in-8, 287 p., 21 cartes hors texte, 16 fîg. Berger-Levrault, Paris. Prix net ; 20 francs.
- Ce livre est un exposé, à la fois historique et technique, de la création et de la mise en pratiqué des chars d’assaut. On y verra comment ils sont devenus pour l’Allemand le signal déprimant de la défaite. Les
- nombreuses cartes en couleurs distribuées dans le volume permettent de suivre commodément les phases des actions dans lesquelles le « tank » a joué son rôle efficace.
- Aux artistes. Entretiens philosophiques, par Fernand Crooy. 1 vol. in-16, a5o p., de Lannoy, Bruxelles. Prix : 5 francs.
- L’abbé Crooy publie ici les conférences qu’il a faites aux artistes, à Bruxelles, sur divers sujets philosophiques : fondements de la certitude, constitution de l’univers, la vie, la nature humaine, les esprits purs, l’existence de Dieu, la nature divine, Dieu et nous, l’esthétique, pour initier ceux-ci aux problèmes I qui peuvent conduire vers un art plus sincère et plus ; idéaliste.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2387
- 27 Décembre 1919
- Avis de l’Administration. — L'échéance du 81 décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont T abonnement se termine avec le numéro du 27 décembre (n° 2887) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement. Une quittance sera présentée aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant celle date, renouvelé ou donné ordre contraire.
- INFORMATIONS
- V.
- L’explosion des bolides. — Tous ceux qui ont eu l’occasion d’observer des bolides savent que dans la plupart des cas, le bolide, avant, de parvenir au sol, éclate en morceaux dans pu grand fracas. Il est curieux que l’on n’ait guère cherché jusqu’ici la cause de ce phénomène. M. Ch. Fabry, dans Y Astronomie, cherche à combler cette lacune et donne une explication qui paraît fort plausible.
- Tout d’abord le bolide se brise avant d atteindre le sol; de multiples observations mettent ce fait hors de doute. On peut voir plusieurs causes à celte rupture en l’air. D’abord l’énorme résistance que l'air oppose au mouvement très rapide du bolide a pour effet d’exercer sur sa face antérieure une formidable pression qui, pour un bolide d’une vingtaine de centimètres de diamètre, se chiffrerait par dizaine de tonnes; le petit astre peut être brisé par cette formidable poussée comme un caillou sous le rouleau compresseur. En même temps, le frottement de l’air produit un échauffement intense de la surface du bolide; la dilatation inégale des diverses parties peut provoquer la rupture. Enfin, si le bolide renferme une trace de matière volatile, celle-ci peut se réduire en gaz et le faire éclater.
- Donc le bolide se brise; mais que cette rupture produise une explosion susceptible de réveiller les habitants à des lieues à la ronde, cela paraît incompréhensible. Il est peu vraisemblable que le bolide nous arrive chargé d’explosif. D’autre part, l’écrasement et la rupture d’un caillou ne paraissent pas de nature à provoquer semblable fracas.
- M. Fabry attribue le bruit formidable du bolide à son mouvement rapide à travers l’air produisant une onde de choc. Le phénomène de l’onde de choc-était peu connu avant la guerre ; mais celle-ci l’a rendu familier à des millions de personnes. Lorsqu’on a commencé à se préoccuper du repérage au son des pièces d’artillerie ennemies (Voir La Nature, n° 2366), l’onde de choc a commencé par désorienter les chercheurs; ceux-ci ont dû analyser à fond le phénomène qui est aujourd’hui très clair. Le phénomène de l’onde de choc consiste en une détonation apparente qui se produit sans qu’il y ait eu explosion, lorsqu’un projectile se déplace dans l’air avec une grande vitesse. Il faut pour qu’elle se produise que la vitesse du projectile dépasse celle du son, c’est-à-dire environ 34o m. à la seconde. Il faut ea outre que l’observateur soit convenablement placé par rapport à la trajectoire. Plus il en sera rapproché, plus l’onde sera sensible. L’observateur qui perçoit Fonde de choc, correspondant à un coup de canon, entend une première détonation souvent très violente qui est l’onde de choc, puis un instant après le coup de départ et enfin l’explosion à l’arrivée.
- Les bolides arrivent dans notre atmosphère avec une vitesse d’une cinquantaine de kilomètres à la seconde. Ils sont donc dans les conditions voulues pour engendrer une violente onde de choc. Si la trajectoire est verticale (c’est-à-dire dirigée exactement vers le centre de la terre), Fonde de choc sera perçue tout autour du point de chute. Si elle est oblique, certains secteurs pourront être à peu près silencieux, tandis que dans d’autres on entendra un formidable fracas. « Quant à la rupture en morceaux, conclut M. Fabry, elle n’a aucun rapport avec le bruit et l’un des phénomènes pourrait fort bien se produire sans l’autre.
- Le guetteur électrique. — En temps de guerre, il y avait souvent de nuit une grande activité dans la zone qui séparait les premières lignes de tranchées adverses. Des patrouilles se glissaient à la faveur de l’ombre jusque daus les lignes, et la vigilance de guetteurs ne suffisait pas toujours à les signaler en temps utile. Les Américains ont recherché un moyen automatique pour déceler l’ennemi. Un officier de la « Division Scientifique », M. Hofnj^an, a réussi à mettre au point une méthode des plus curieuses que résume la Revue générale des Sciences, d’après Physical Review. Le principe de la méthode est de déceler l’homme suspect par la radiation thermique qu’émet son corps, dont la température est toujours supérieure à celle de l’atmosphère ambiante. Ce procédé présente de grands avantages: il suffit d’un instrument récepteur, et, d’autre part, l’individu repéré n’a aucun moyen de se rendre compte que sa présence est obscivce.
- L’appareil récepteur comporte une pile thermoélec-trique placée au foyer cFun miroir parabolique argenté de 36 cm, et un galvanomètre d’Arsonval. La pile a une surface sensible de o,iX « cm et une résistance de 3 ohms. Cet appareil décèle facilement des hommes debout à 180 m. de distance. Un homme caché dans une dépression de terrain à 120 m. de distance est infailliblement signalé, dès qu’il lève la tête au-dessus du sol. L’appareil permet aussi de recevoir des signaux convenus, produits simplement, en se couvrant et se découvrant le visage. Un instrument spécial reposant sur le même principe de la radiation thermique a été construit pour déceler les aéroplanes par nuit claire. Il a permis de déceler un aéroplane Curliss de 56 chev., volant à go km à l’heure à l’altitude de 1100 mètres.
- Les ressources en houille blanche du bassin de
- la Loire. — Nous possédons aujourd’hui un inventaire précis des richesses en houille blanche de la région alpestre, le travail a également clé très avancé pour les Pyrénées. Le Plateau Central est à son tour l’objet d’études serrées. Cette région possède des ressources considérables, quoique moins faciles à mettre en oeuvre que celles des régions montagneuses des Alpes et des Pyrénées. On compte déjà dans cette partie de la F rance une puissance installée de 200 000 chevaux. Un Congrès tenu à Tours en septembre dernier pour l’aménagement du bassin de la Loire a cherché à établir une évaluation de la puissance réellement disponible sur la Loire et ses principaux affluents. Voici, résumées d’après notre confrère, le Journal de la houille blanche, les conclusions des ingénieurs très compétents qui ont été chargés de cette étude.
- La Loire supérieure, à l’amont de Roanne, offre un total de 84000 chevaux; sur ce chiffre, 17 ooo-sont déjà réalisés. Trois usines sont en voie d’installation, représentant un total de 5900 chev. On pourrait donc encore aménager 61 000 chev. L’usine d’Issarlis en construction pour 3ooo chev. pourrait être portée à 15 000 chev. si le lac d’Issarlis qui l’alimente était aménagé en réservoir. Dans ce cas, les disponibilités du bassin de la Haute-Loire seraient de 108900 chev. La ville de Saint-Etienne projette de dériver pour son alimentation une partie des eaux du Lignon. Elle envisage à cette occasion l’édification de deux usines hydroélectriques d’une puissance totale de i3ooo chev.
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- INFORMATIONS
- Ëntre Roanne et Briare, ii üe parait pôssible d’aménager qu’une puissance brute de 4000 chev.
- L’Allier n’offre de ressources sérieuses qu’à l’amont de Brioude, encore semble-t-il nécessaire d’inslaller des barrages-réservoirs. Actuellement on compte i6 5oo chev. installés ou en voie d'installation. La Compagnie de la Loire et du Centre a obtenu l’autorisation de créer à Monistrol, au confluent de l’Ailier et de l’Ance du Sud, une station de 20000 chev. En outre, on peut aménager dans la Lozère 26800 chev. ; dans la Haute-Loire 45 980; dans le Cantal 11 200 ; dans le Puy-de-Dôme 45620; dans l’Ailier 660. Au total : 139000 chev. sont encore disponibles, sous la réserve toutefois d’édifier des réservoirs d’une capacité totale de 410 millions de mètres cubes.
- La Creuse n’offre que des ressources médiocres : restent disponibles y5oo chev. au total, plus 5ooo pour la Gartempe. Actuellement, les usines aménagées représentent '2000 chev. Il y a en construction une usine de xooo chev. et une usine de 9000.
- Le Cher peut fournir 25 000 chev. (sur lesquels 8000 sont installés) avec un emmagasinement de 45 millions de mètres cubes. Le barrage de Rochehit assure actuellement une réserve de 2 5 millions de mètres cubes.
- La Vienne et le Taurion permettent de recueillir 52 5oo chev. avec emmagasinement de 55 millions de mètres cubes. Sur ces 52 5oo chev., on en compte 11 000 en cours de réalisation ou réalisés.
- Un camion électrisé par le sable. — Un de nos
- lecteurs d’Algérie, M. Munkel, de Blida, nous signale le curieux phénomène qui suit, et qui est à rapprocher de ceux que nous avons signalés dans le n° 2374, p- ig5. « Il s’agit, dit notre correspondant, d’un phénomène électrique dont a été témoin mon fils, chef de convoi à la section auto TM 1240, Gabès (Sud-Tunisien). Par les jours de grand sirocco, les camions automobiles faisant le trajet Gabès-Tataouine se chargent d’électricité. Il est arrivé fréquemment qu’un chauffeur voulant remettre son moteur en marche après une halte ait reçu une violente commotion électrique au moment où il touchait la manivelle de mise en marche. L’explication de ce phénomène me paraît être la suivante : le sirocco charriant une grande quantité de sable, ce dernier en heurtant les parties métalliques du camion les chargerait d’électricité statique, laquelle ne peut retournera la terre à cause des bandages de caoutchouc qui constituent un isolant?
- « Gela est si vrai que tous les conducteurs, par temps de sirocco, relient leur camion à la terre à l’aide d’un fil de fer dont une extrémité est fixée au châssis et l’autre traîne sur la roule ; ce fil de fer conducteur a pour but d’empêcher le camion de se charger d’électricité. »
- Les chemins de fer à voie de 0,60 dans les régions libérées. — Tout le monde connaît le rôle essentiel joué pendant les hostilités par les chemins de fer à voie de 0,60. Prolongement naturel de la voie normale, s’adaptant aisément au terrain, ils permettaient de transporter ravitaillement, matériel et munitions jusqu’à proximité des lignes ; les réseaux de voie de 0,60 à la fin des hostilités avaient atteint un développement considérable sur tout le front ami ou ennemi. Ce mode de transport n’a pas terminé sa carrière avec la fin de la guerre; on s’est préoccupé, en effet, de l'adapter aux besoins de la reconstruction des régions libérées. Celle-ci exige d’immenses quantités de matériaux que les routes ne pourraient suffire à écouler. Il était donc tout indiqué de profiter des installations de voie de 0,60 existantes, en les adaptant à leur nouveau rôle et en les développant. C’est ce qui a été fait. Le Bulletin des Régions libérées donne à ce sujet d’intéressants renseignements ; le* nouveau service de la voie de 0,60 a commencé à fonctionner en février 1919; depuis cette date, il a pris une extension rapide qui n’est pas encore arrivée à son terme. Il y avait en service au 3t août 1919 : i52Ô km de voie, 23o machines, 3346 wagons; le tonnage transporté atteint 2 36g 392 t. kilométriques représentant un tonnage net de 230915 tonnes.
- Au 3i août, le programme en cours d’exécution comportait la réfection ou la construction de plus de 5oo km de ligne. Pour 1920, Ton compte avoir 35oo km en exploitation, 600 machines et 8000 wagons en service, avec lesquels on pourra transporter 6 5oo 000 t. net,
- soit un tonnage kilométrique moyen de 65 millions. Le réseau actuellement le plus développé est celui de la région Chàlons-Reims ; il a comme centres importants : Châlons, Reims, Suippes, Mourmelon, Bazancourt; il dessert notamment la région au nord de Reims, les vallées de la Vesle, de la Suippe et de la Tourbe, la région au nord de Mourmelon; il compte 55o km en exploitation avec 45 machiq.es et 1109 wagons. Il avait au 3i août transporté 885 144 t. kilométriques, soit 80 796 t. net. Les autres réseaux en fonctionnement sont ceux de Compiègne (19! hui), desservant notamment Noyon, Ham, Guiscard, Roye, Pont-Saiut-Maxence, "Montdidier ; le réseau de Saint-Quentin (170 km) raccordé au précédent et desservant Flavy-le-Martel, Bohain, Origny-Saint-Benoit, Guise, Vermand; le réseau de Laon et Soissons (10 km); le réseau de Yerdun (410 km) remis en service au mois de mai seulement, le réseau de Vouziers (97 km) remis en service en juillet. Les lignes de Meurthe-et-Mçselle, de Basse-Alsace et de la Somme ont été à leur tour reprises par les services des « Régions libérées » qui en organisent la remise en service.
- Un don de M. H- Solvay. — M. Ernest Solvay, le grand industriel belge, vient de faire don à la Société chimique de France d’une somme de 36o 000 francs. Ce don généreux était accompagné des paroles suivantes ;
- « Je me souviens de tout ce que la Chimie doit à la science et aux savants français dont les noms immortels sont gravés dans toutes les mémoires.et j’apprécie tout ce qu’elle continue à devoir à leurs dignes continuateurs actuels, héritiers du clair génie frauçais, toujours fécond, toujours égal à lai-même; j’ai la conviction que pour servir les intérêts de la science je ne pourrais faire meilleur emploi du capital susdit qu’en le consacrant à faciliter la tâche des éminents chimistes et physico-chimistes qui poursuivent glorieusement en France l’œuvre de leurs grands devanciers. »
- La reconstitution du cheptel dans les départements libérés. — On sait que l’ennemi, en évacuant le^ territoire français en 1918, Ta laissé entièrement dépeuplé en bétail de tous genres. On peut dire que l’on n’a retrouvé ni vache, ni porc, ni mouton, ni animaux de basse-cour. C’était donc une des premières tâches de l’œuvre de reconstitution que de repeupler nos campagnes désertes.
- Yoici, d’après lè Bulletin des Régions libérées, les résultats obtenus au 3i octobre 1919. Il a été, restitué
- bovins et 22 737 ; suit : ovins, qui se décom
- Départements. Bovins. . Ovins.
- Aisne 11. 116 2.624
- Ardennes io.56o 2.470
- Marne 1.9.10 2.649
- Meurthe-et-Moselle . . 4-4*4 404
- Meuse . 2.631 256
- Nord • ‘^4 - 9^9 9-291
- Oise 1.938 9°°
- Pas-de-Calais . . . i.5o3 4..43
- Seine-et-Marne . . 5o
- Somme 1.490
- Yosges *93
- Ce sont là des chiffres encore bien faibles, et il faut espérer qu’à la belle saison prochaine, ils pourront s’accroître rapidement.
- Le café du Brésil. — L’an dernier, la production du café au Brésil s’est élevée à 17 millions de sacs; durant la même période, la production mondiale fut de 22 millions de sacs. En 1907, le Brésil produisit 20190000 sacs de café; c’est,Jusqu’à présent, la récolte la plus abondante que Ton ait jamais enregistrée ; cette année-là la production mondiale atteignit 23786000 sacs. (Bulletin de l’Union Panaméricaine.}
- Un journal inca. — Le Bulletin de l’Union Panaméricaine annonce l’apparition prochaine à La Paz, en Bolivie, d’un journal publié en dialecte inca; ce journal sera sous la direction de Senor Felipe Pizarro, qui, pendant plusieurs années, a rempli les fonctions d’instituteur dans des écoles indiennes.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- LA T. S. F. DES AMATEURS
- En publiant en 1912 « La Télégraphie sans fil pour tous » nous étions persuadé que la réception à domicile des signaux hertziens était susceptible de jouir en France, à brève échéance, d'une grande popularité. Notre conviction n’a pas été déçue et la pratique de la télégraphie nouvelle a fait en peu de temps de nombreux et fervents adeptes.
- Le régime de paix va permettre de nouveau aux amateurs de T. S. F. de se livrer à leur distraction favorite interrompue par la guerre.
- Un décret du 24 février 4947, publié au a Journal Officiel » du 6 mars, autorise, en effet, les Directeurs départementaux des postes et des télégraphes à délivrer aux particuliers de leur ressort une licence d’installation d'appareils récepteurs de signaux horaires et de télégrammes météorologiques. Cette autorisation donne lieu à la perception d’un droit de statistique annuel de cinq francs au profit de l’Etat.
- Nous pensons, d'après cela, qu’un récepteur de T. S. F. va devenir aussi commun qu'un appareil photographique et qu’il sera bientôt pour chaque famille un objet de première utilité.
- Les mairies, les écoles, les châteaux, les maisons d'horlogerie, les usines, les établissements agricoles ne tarderont pas à propter des renseignements scientifiques et météorologiques transmis chaque jour par les stations radiotélé graphiques.
- Un arbre, une éolienne, une cheminée, une tourelle, un clocher, sont des supports merveilleux qui permettent l installation facile d’une .antenne presque invisible, et cependant de plusieurs milliers de kilomètres de portée; un collecteur d'ondes plus modeste : un fil téléphonique a abonné, par exemple, une ligne d’éclairage, électrique, un simple grillage, même, tendu dans des conditions de parfait isolement dans un grenier ou au dessus d’une petite cour suffit à la réception en France des signaux du poste de la Tour Eiffel et de quelques postes côtiers. Bien mieux : en utilisant l'effet .amplificateur des lampes à 3 électrodes récemment découvertes, il est possible de tout recevoir avec une petite antenne d'appartement.
- Un poste récepteur de haute sensibilité est facile à réaliser et nous conseillons vivement aux amateurs de s’y employer eux-mêmes ; ils trouveront dans ce travail une distraction intelligente et feront, ce qui ne gâte rien, une importante économie.
- On ne s'improvise pas constructeur-électricien! clament les marchands intéressés. Nous affirmons, après expérience et sous le bénéfice de centaines d'exemples, que n’importe quel amateur ayant le goût des travaux manuels peut faire siniplemént, à très bon compte, en quelques heures de patience et d’attention, des appareils de T. S. F. robustes et sérieux pouvant fournir le meme service que les meilleurs appareils du commerce.
- Le coût d'un poste récepteur de télégraphie sans fil se réduit ainsi, à quelque chose près, aux frais d'acquisition d’un téléphone spécial, seul objet dont la construction exige, avec un outillage compliqué, une main-d’œuvre exercée.
- Les autres instruments utiles : détecteurs, bobines d’accord, transformateurs d'induction, condensateurs ne sont qu'un jeu à confectionner et la valeur des matériaux à employer est presque insignifiante. Les tubes à vide à 3 électrodes, les amplificateurs, les hétérodynes ne sont pas d’une réalisation plus difficile et leur prix de revient reste très abordable.
- ft L.a Nature », qui s’intéresse par-dessus tout à la vulgarisation des sciences et des inventions et qui regrette très justement que l’étude de la télégraphie sans fil ne bénéficie pas en France du même encouragement et de la même liberté dont elle bénéficie en Amérique et en Angleterre, nous a demandé décrire pour ses lecteurs quelques recettes d'amateurs qui, par ce temps de vie chère, rendront encore possible aux « Sans-Filistes » ne disposant que de ressources modestes un passe-temps aussi instructif qu attrayant. Nous avons accepté bien volontiers Vinvitation qui nous était faite, trop heureux de pouvoir mettre ici au service des lecteurs de « La Nature », pour des expériences qui nous sont chères, le peu que nous savons et le peu que nous sommes.
- F. Dukoquier.
- Principales combinaisons de montage d’appareils récepteurs de T. S. P. — Avant d’indiquer de quelle façon et par quels moyens l’amateur de T. S. F. réalisera lui-même les différents appareils de sa table de réception et même — pourquoi pas? — d’une table de transmission pour des expériences démonstratives, nous
- croyons nécessaire de |_J Antenne lui donner les schémas
- de principe qui le guideront dans l’installation des divers appareils.
- «Pour la clarté des dessins et pour en faciliter l’interprétation, nous n’avons fait figurer sur
- Détecteur À (m Téléphone
- nos diagrammes que des dispositifs utilisant un détecteur à cristaux. Nous indiquerons, plus tard, lorsque nous décrirons la construction d’un détecteur électrolytique et celle d’un tube à vide les modifications à apporter, pour l’emploi de chacun de ces nouveaux appareils, dans les diagrammes en question.
- i) La figure n° i représente l’agencement le plus sommaire qu’il soit possible d’utiliser pour la réception des radiotélégrammes : un détecteur et un téléphone en série, constituant un circuit révélateur, sont embrochés dans 1 antenne; Ce dispositif, qui ne comporte aucun réglage d’accord, n’est utilisable que pour la réception de puissantes émissions ou dans le voisinage immédiat de la station écoutée. L’intensité de la récep-
- Terre
- ' I
- tion est maxima lorsque l’antenne a une longueur d’onde propre égale à celle des ondes à recevoir.
- Plus l’antenne est petite, par rapport à l’antenne trans-mettrice, plus il est avantageux d’utiliser avec ce montage un téléphone de haute résistance en raison du grand nombre d’ampères-tours que ce téléphone permet d’intercaler dans l’antenne, ampères-tours dont la self-induction corrige, en partie, le désaccord du collecteur aérien.
- 2) Le montage de la figure 2 utilise une bobine de self variable par curseur. Ce montage permet un accord relatif de l’antenne, mais il ne convient qu’à la réception d’ondes ayant une longueur plus grande ou au moins égale à celle
- "de l’antenne. Plus la longueur des ondes reçues est importante, plus* grande doit être la portion de la bobine d’accord intercalée dans l’antenne.
- 3) Ce dispositif permet la réception d’ondes de longueur inférieure à la longueur d’onde propre du collecteur, cette longueur pouvant, en effet, être réduite par une diminution de la capacité réglable en série.
- Le condensateur d’antenne ne doit pas avoir une capacité trop petite; il mesurera avantageusement . 002 microfarad. Il est indispensable de munir ce condensateur d’un dispositif de mise en court-circuit utilisable pour supprimer l’effet réducteur de la capacité lorsqu’on veu t recevoir des ondes de grande longueur.
- En combinant le jeu delà bobine de self avec celui de la capacité, il est possible de recevoir des ondes dcutles lou-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- gueurs diffèrent en plus on en moins de la longueur d’onde propre de l'antenne dans la mesure du simple au triple.
- 4) Dans ce schéma figure, en parallèle avec.le détecteur et le téléphone, un condensateur variable dont le
- Condensateur réglable court c/rcuitable
- 6
- miïm.
- 5,-
- 7 “Te
- 'ondensateur
- réglable
- wwm
- “TTondensateur
- l/xe
- wzzmmwt
- 9) Le dispositif n° 9 est tout à fait pratique et doit être pour cela recommandé aux débutants ; il ne com-
- OJ
- ——
- 77777mm,
- 7
- rôle est de diminuer l’amortissement créé dans le circuit détecteur par la résistance du téléphone et par celle du détecteur. Un condensateur ainsi utilisé ne doit pas avoir une capacité supérieure à . 004 microfarad.
- 5) Même dispositif que le précédent, mais avec téléphone shunté par un condensateur fixe mesurant de .100 à
- .004 mf. selon la ré-|^J sistance du téléphone.
- Plus la résistance du téléphone est faible, plus grande doit être la capacité du condensateur-shunt.
- Avec un téléphone W J;—i ordinaiie de réseau
- mesurant^ de 200 à 500 ohms de résistance, on utilisera un condensateur de . 004 mf. ; avec un téléphone de 2000, on r- utilisera un condensa-
- teur de . 002 mf. et pour un téléphone de 5 à 10000 ohms une capacité de . 001 mf. suffira largement.
- 6) Dans les cinq combinaisons de montage qui précèdent, une faible portion du circuit oscillant antenne-terre traverse le circuit détecteur et ne lui cède, par conséquent, qu’une infime partie de l’énergie captée ; le dispositif n° 6 améliore très sensiblement la réception eu branchant le circuit détecteur aux extrémités de la bobine d’accord où la plus grande partie de l’énergie oscillante est localisée.
- Pour accorder l’antenne sur la longueur d’onde à recevoir, il suffit d’intercaler par la manœuvre du curseur un nombre convenable de spires d’accord dans le circuit oscil-laut.
- Utilisation normale d’une bobine d’accord à 1 curseur. — Les postes récepteurs de T. S. F. les plus q simples emploient nécessairement
- pour réaliser un accord relatif sur les émissions à recevoir une bobine de self à 1 curseur. La disposition des appareils de ces postes est indiquée par les schémas numérotés de 7 à 10.
- Les petits récepteurs horaires du commerce ne sont pas autrement constitués.
- 7) Le dispositif n° 6 précédemment décrit a le grave inconvénient de mettre plus ou moins en court-circuit, suivant l’accord réalisé par la bobine de self, le détecteur et le téléphone montés en série. Cet inconvénient peut même supprimer toute i*éceplion dans le cas où un petit nombre de spires sont intercalées dans l’antenne. On remédie à ce danger en coupant le circuit détecteur par un condensateur fixe de . 001 à . 004 mf. comme l’indique le schéma n° 7.
- 8) Cette combinaison est préférable à la précédente; le condensateur étant utilisé comme shunt du téléphone, il s’ensuit un moindre amortissement dans le circuit.
- porte qu’un seul réglage celui de la bobine d’accord et cependant son pouvoir sélectif est nettement marqué. La recherche des émissions est avec lui des plus
- lli
- 6
- 77777777777?.
- â
- V/////7/7777/7?,
- 10
- facile, puisqu’on peut parcourir toute la gamme des accords par le seul déplacement du curseur.
- 10) Même combinaison que la précédente améliorée, au point de vue sélectif, par le condensateur variable de o à . oo3 microfarad dont l’appoint permet, d’accorder exactement le circuit détecteur pour une période déterminée d’oscillation de l’antenne. (A suivre.)
- Fermeture propre des flacons de verre. — Le
- Dr Duclos annonce à la Presse médicale qu’il vient d imaginer un nouveau modèle de flacon à bouchon extérieur.
- Malgré la chasse aux germ e s microbiens pratiquée en chirurgie, dit-il, en connais? sauce des méthodes de Pasteur, il est des habitudes prises et vraiment susceptibles de critique.
- Les flacons contenant des solutions antiseptiques , et même aseptiques,portent des bouchons qui pénètrent le col du flacon.
- Nous avons tous constaté que le bord de l’orifice se couvrait de poussière, et, cependant, pour verser le liquide on incline le vase ; mais la solution entraîne les particules étrangères déposées sur la marge de l’ouverture.
- Pour remédier à ce défaut, il suffit d’établir une disposition de fermeture inverse. Un capuchon de verre couvre complètement le col du flacon et empêche les poussières de se déposer sur les bords du goulot.
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- VARIÉTÉS
- ’lsq
- csk"
- Notre température et celle des animaux. — Malgré les soucis de 1 heure présente, je ne crois pas trop m avancer en disant que celle qui prime tout en ce moment, vu le froid et la pénurie de charbon, est la température. Aussi croyons-nous le moment favorable pour donner quelques documents peu connus — du public tout au moins — sur cette dernière chez l’homme et quelques animaux.
- Pour I homme à 1 état normal, c’est un fait bierf connu que la température moyenne de son corps est de 37°,8 (exactement 37°,75), et cela aussi bien chez les représentants du sexe foçt que chez ceux du sexe faible. L’influence de la race est, également, à peu près nulle, surtout lorsque les hommes sont placés dans les mêmes conditions de milieu, ainsi que le montrent les chiffres ci-dessous recueillis aux tropiques (Joussetj :
- Races
- tropicales
- Européens
- SJ
- Hindous...........................
- Cochinchinois.....................
- Chinois...........................
- Nègres du Sénégal.................
- — du Congo......................
- -— des Antilles............, .
- Ma rins observés au Sénégal. . . .
- — aux Antilles . . . Soldats observés aux Antilles . Fonctionnaires de Chandernagor. .
- 37o,85 37<>,6o 3 70'; 85 370,7o 37°,80 87°,80 370,75 37°,7°
- 37°,75
- 38°, 16
- Pour un même homme, la température varie un peu plus au cours de la même journée. Le maximum a lieu vers i5 h. 1/2, puis elle diminue progressivement jusqu’à 3 h. iji (36°,45). Elle se relève ensuite avec la même régularité jusqu’à i5 h. 1/2 (37°,35) (les chiffres que nous donnons ici sont ceux de la température de l’aisselle qui est un peu inférieure (de o°,2 5 environ) à la température interne. Il est curieux de constater que cette variation n’est pas spéciale à l’homme, mais a été aussi constatée chez les Canards, les Pigeons et les Chevaux, qui, pourtant, n’ont pas le même genre d’activité que nous. L’influence de l’alimentation est, quoique on pourrait penser a priori, presque nulle ; que l’on mange ou que l’on ne mauge pas, la courbe de la température reste la même. Un long jeûne n’a même pas d’influence, comme Luciani l’a constaté chez Succi, qui, au bout de 3o jours d’abstinence alimentaire, avait la même température qu au début. Les exercices musculaires augmentent un peu la température (d’au plus 2°), mais au bout d’une vingtaine de minutes de repos, cette petite hyperthermie disparaît. Chez le nouveau-né, la température qui, à la naissance même, est de 37°,6, descend, au bout de 3 à 4 minutes, à 36° et même à 35°,2a, parfois même à 35°, température qui, malgré les langes les plus chauds, se maintient durant 24 heures. Le lendemain, elle revient à l’état normal. La température des vieillards, même chez les centenaires, ne diffère pas sensiblement de celle de l’adulte ou lui est inférieure d’à peine quelques dixièmes de degré. Les bains agissent plus que l’âge. Dans des observations faites par J. Lefèvre sur un sujet placé dans un bain très froid (70,4)» la tempéxature (axillaire) qui était, au début, de 37°,7, s’est .élevée, à la n° minute, à 370,9, puis, environ un quart d’heure après, est revenue à 37°,7, enfin a baissé assez vite de manière à arriver à 36° au bout d’une demi-heure d’immersion.
- La température de la plupart des Mammifères ne. diffère pas beaucoup de celle de l’homme comme le montre l’énumération ci-dessous, qui résulte d’une moyenne de diverses observations (M
- Porcs • • • 39o,7
- Moutons. . . .
- Bœufs . . 3g°,5
- Lapins • - 39°,5
- Chiens . . 3ç)°,2
- Cobayes. . . . •• 39°,2
- Singes . . 38°,3
- Chevaux, . . . • • 3 7°, 7
- Renard . . . .
- Chèvre . . . . . . 39°,3
- Rat . . 380,4
- Souris . . 38o
- Lièvre • • 39°,7
- Ecureuil. . . . . . 38o,8
- Elan..............
- Chacal ...........
- Hérisson..........
- Tigre ..........
- Panthère. . . . . .
- Ichneumon.........
- Loup . -..........
- Coati.............
- Lapin de garenne. .
- Lamantin..........
- Baleine...........
- Marsouin..........
- Monotrèmes . . . .
- 1. Chaules Richet, Di et. de physiologie, toine fit.
- 39°,4 38°,3 35°, 5 37°,2 38°,9 3g°-4 4o°,5 38°,8 4o°, 3 4o° 38o,8 36o,6 3o°
- On voit que seuls, les Monotrèmes (Echidnés et Ornithorynques) s’éloignent sensiblement des autres Mammifères, ce qui coïncide d’une manière singulière avec leur organisation très particulière. Les Mammifères hibernants, lorsqu’ils s’engourdissent (ce qui arrive lorsque la température ambiante est de 5° à 8°), se refroidissent très vite et leur température devient égale à celle du milieu ou à peine plus élevée comme le montrent les chiffres recueillis par Valentin :
- Différence entre la température de l’animal
- et celle du milieu ambiant.
- Marmotte
- Hérisson <
- Etat de veille . . . Etat intermédiaire. Sommeil léger. . . Sommeil profond . Etat de veille . . . Etat intermédiaire. Sommeil léger. . .
- 290,00 18°,75 6°, 35 i°,6o 32°,00 11°,7
- 20,5
- N importe qui a- eu l’occasion de prendre dans la main de malheureux Moineaux ou d’infortunés Pinsons a pu se rendre compte de leur température élevée, franchement plus grande que la nôtre. Ce fait est général et s observe avec n’importe quelle espèce d’Oiseaux :
- Moineau........42°, 1
- Grive..........42°, 7
- Alouette.......41 °, 5
- Gelinotte......42°, 8
- Corbeau. ..........42°,8
- Corneille......4 U, 2
- Héron...........4i°,9
- Perroquet........41v
- Choucas. . . . . . 42°, 1
- Chat-Huant .... 4t°
- Tiercelet, ..... 41 °,5
- Lagopède. . . 430
- Perdrix. . • . 42°
- Gyapëte. . . . 41°
- Orfraie. . . . 40°
- Autour . . . . 430,1
- Faucon. . . . 4o°,5
- Bouvreuil. . . 42°
- Dindon . . • • 42°,7
- Paon. . . . . 4°0>5 à 430
- Pintade. . . . 43o
- En prenant la moyenne de tous ces chiffres, on arriva à cette conclusion que la température des Oiseaux est d’environ 42°, tandis que celle des Mammifères est de 3y°, soit sensiblement moins forte.
- Les Mammifères et les Oiseaux sont des « animaux à sang chaud » ou, plus exactement, à température à peu près constante ou, comme on dit aujourd’hui, des animaux lioméothermes. En descendant l’échelle zoologique, après les Oiseaux on ne trouve plus que des « animaux à sang froid » ou, plus exactement « à température variable », autrement dit des animaux poikilo-thermes. __
- Les Reptiles n’ont pas tout à fait exactement la même température que le milieu ambiant, mais la dépassent un
- peu ou ne l’atteignent pas, tout en en suivant — avec plus
- ou moins de retard exemple relatif à une — les variations. En voici un Tortue : Température Température ambiante. d’une Tortue vivante.
- 12 heures. . . O 1 i3°,3
- 16 — ... • . 170 ? 0 i4°,4
- 21 — ... . . x8°,5 i5°
- 23 — ... . . i9°,5 180,2
- X — . . 20°, 5 x8°,8
- 8 — ... . , ‘i6°,3 160,3
- 9 — ... . . i6°,3 160,9
- 11 — ... . . i6°,3 17°,5
- i3 — ... • . 17V i8°, 1 ,
- Si la température ambiante augmente, l’animal est plus froid; si elle baisse, il est plus chaud. En général, il n’y a entre les deux qu’une différence de i° à 20 et cela aussi bien pour les Serpents et les Lézards que pour les Crocodiles et les Tortues. Dans certains cas, cependant, la température des Reptiles peut s’accroître dans des proportions considérables ; le cas se présente, par exemple, lorsque les Serpents s’enroulent autour de leurs œufs pour les « couver v. Valenciennes a, par exemple, constaté une température de 4l0>5 chez un Boa en voie d’incubation alors que celle de sa cage n’était que de 200.
- Les Batraciens et les Poissons semblent avoir exactement la même température que le milieu où ils vivent. Il semble en être de même de la plupart des Invertébrés
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- VARIÉTÉS
- qui ne la dépassent que de quantités infimes : o°,2i (Polypes); 0V27 (Méduses); o°,4o (Echiuodermes), o°,46 (Mollusques): o°,57 (Céphalopodes); o°,6o (Crustacés). Les Insectes font cependant exception à celte règle, car la plupart, comme l’a montré Maurice Girard, produisent une quantité notable de chaleur, du moins en certaines parties de leur corps, notamment au niveau du thorax,
- région sur laquelle s’insèrent les pattes elles ailes. Ainsi, chez les Bourdons et les Sphinx, sous l’influence du vol, la température du thorax, en quelques minutes, s’élève de 6°,8 et même de io°. Chez les insectes à vol moyen l'a différence n’est que de 3° à 4° et, naturellement, elle est encore plus faible chez ceux qui ne volent pas.
- Henri Coupin.
- Jteo
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Formule d’encre à tampons donnant des polycopies. — Préparer la solution :
- \iolel de*Pai'i-s............. 20 grammes
- Alcool à go"................. 20 —
- Lan..........................100 —
- Glycérine..................... 10 —
- faire dissoudre la matière colorante dans l’alcool, puis ajouter successivement l’eau et la glycérine.
- Remise en état des marbres exposés aux intempéries. — On peut l’effectuer de la façon suivante :
- On commence par laver à fond avec une lessive alcaline, puis après rinçage, ou -polit au tampon avec un mélange de potée d'étain et de 1 épure de plomb, opération qui a le défaut d’èlre longue et fastidieuse et habituellement laissée aux marbriers professionnels; finalement on encaustique avec le mélange suivant :
- Cire blanche.............. 120 grammes
- Essence de térébenthine. . 5oo —
- Affaiblisseur de Farmer. - Faire une dissolution de :
- Nyposulfile de soude. . . 20 grammes
- bau.......................joo —
- Ajouter 20 c3 de la solution suivante :
- Ferricyanure de potassium. 10 grammes Eau......................100 —
- Laisser tremper le cliché à affaiblir, jusqu’à atténuation suffisante en s’arrêtant un peu avant le point voulu, l’action se poursuivant pendant le lavage, rincer à grande eau, mettre à sécher verticalement.
- Teinture des gants de peau. — La teinture des gants de peau peut s’exécuter facilement eu opérant ainsi.
- On commence par dégraisser les gants d’une façon parfaite par rinçage dans la benzine (éviter pendant cette opération le voisinage de tout foyer, de crainte d’inflammation). Après séchage on applique à la surface, au moyen d’un pinceau, une couche légère de noir pour
- gants, ayant pour composition.
- Noir d’aniline soluble à l’alcool . . 35 grammes
- Brun de vésuvine.................... 10 —
- Alcool à 90°........................ 5o c. cubes
- Huile d’aniline.....................5oo —
- On dissout préalablement les couleurs dans l’alcool et après addition de l’aniline on chauffe au bain-marie jusqu’à homogénéité complète. Ensuite on filtre pour séparer le dépôt s’il en existe.
- Après séchage on polit légèrement à la flanelle.
- Teinture du cuir en acajou. — Dégraisser préalablement par un lavage léger à l’essence ou à la benzine en prenant toutes précautions contre l’inflammation. Puis préparer séparément chacune des solutions suivantes :
- Acide picrique
- Eau chaude......500
- Ammoniaque....... i5
- Fuchsine........ 4
- Alcool à 900. .... . 90
- Eau............. 750
- Ammoniaque........ 100
- 8 grammes.
- L’ammoniaque aussi bien pour l’une que pour l’autre ne doit être ajoutée qu’après dissolution du colorant.
- Une fois les deux solutions obtenues on les mélange et applique le produit sur le cuir à teindre; la couleur
- ne se développe qu’après élimination de l'ammoniaque."" On peut répéter l’application jusqu’à obtention de l’intensité désirée.
- Ar. B. — Lors de l'addition d’ammoniaque, la fuchsine est décolorée, mais cette décoloration est normale à cause de la mise eu liberté de la leucobase.
- Bronzage du cuiv.c. — Préparer la solution :
- Acide arsénieux.......... 8 grammes.
- Acide sulfurique............ 5 —
- Acide chlorhydrique. . i5 —
- Eau ... '................. 100 —
- Mélanger avec précaution l’acide sulfurique et 1 eau en versant l’acide dans l’eau, ajouter l’acide chlorhydrique, puis 1 acide arsénieux.
- Plonger dans le liquide obtenu les objets bien décapés ou appliquer avec un pinceau.
- Redressement des plateaux d’ébonite. — Il s’obtient en les exposant pendant quelque temps à la vapeur d’eau bouillante. Pendant qu’ils sont encore chauds ou met sous presse et maintieut'cet te pression après refroidissement pendant-24 heures.
- Les marcs de pomme. — Les marcs de pommes desséchés constituent par eux-mêmes une nourriture peu nutritive, dont la moitié seulement est digérée; ils manquent d’azote, et c’est pour rehausser la valeur alimentaire de ces résidus destinés aux animaux qu’on leur associe la mélasse.
- Avant d’être mélangés à la mélasse, les marcs doivent être séchés complètement à l’air, hachés ou broyés. Le mélange n’est pas séché artificiellement; le touraillage n’est pas nécessaire.
- La masse ainsi préparée peut, en raison de sa porosité, absorber facilement un tiers de son poids de mélasse. Il faut compter 40 à 4-5 kg de mélasse pour 100 kg de marcs. On emploie la mélasse verte, non étendue d’eau (telle que la livrent les sucreries); portée à une température de 80 à 90 degrés, elle devient fluide et, par nn brassage énergique, s’incorpore très bien aux marcs broyés ;
- Le produit obtenu est sec, très maniable et de parfaite conservation, puisque, bien préparé par un séchage complet, il a abandonné toute humidité qui risquerait de le faire moisir ou pourrir. En outre, la mélasse, par le sucre qu’elle contient, facilite la conservation. Ce marc mélassé renferme, par 100 kg, environ i5 à 16 kg de sucre. La mélasse contient 45 pour 100 de sucre, 9 pour 100 de matières azotées brutes (amides) ; il y a, dans les matières hydrocarbonées, 70 pour 100 de principes alibiles. La mélasse-produit sensiblement le même effet que le gluten pur, l’amidon, les tourteaux oléagineux.
- Faire d’abord un essai à dose modérée.
- Enlèvement des taches d’acide pyrogallique. —
- L’acide pyrogallique (ou pyrogallol) est un excellent révélateur, mais il a le défaut de colorer en jaune brun les mains de l’opérateur. M. Owen L. Rbys a indiqué le moyen de faire rapidement disparaître ces taches. Les doigts maculés sont trempés d’abord dans une solution de permanganate de potasse, puis frottés d’acide oxalique sous l’eau chaude. Il est bon de rappeler, à cetle occasion, que l’acide oxalique est très toxique; il serait dangereux d’en faire usage si l’épiderme présentait des coupures ou des érosions.
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- BOITE AUX LETTRES
- St.,
- A^IS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d un interet general qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond egalement, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours.
- M. IL E., à Noua Ire, par Sainte-Maure de Touraine. i° Le scellement des viroles sur le bois s’oblient habituellement par la composition ci-dessous.
- Résine. . ................ioo grammes
- Cire d’abeillns............ ____________
- Rouge d’Àugleterre. ... 20 —
- Plâtre pulvérisé........... IO _________
- Foudre la résiné a feu doux avec la cire, puis y incorporer progressivement le plâtre et le rouge déjà mélangés, & J
- 20 Les fils de coton spéciaux à la fabrication des filets se trouvent dans les maisons suivantes : Bessonneau, 29, rue du Louvre ; Dickson AValrave, 49, rue de La Chapelle; Cocatre, 14, rue Dareau, Paris.
- M. A. Car dot, a Alger.— Pour la chloropicrine s’adresser à la Direction des Poudres, 147, rue de Courcelles, Paris.
- M. V. Bigot, à Paillencourt. — i° Tous obtiendrez un résultat très approché de la quantité de chaux contenue dans le mortier en traitant nu poids connu, 5o gr. par exemple, par un excès d acide chlorhydrique du commerce^ le résidu constitué par le sable sera lavé deux ou trois fois à l’eau par décantation et après séchage, par différence avec le poids primitif vous aurez la chaux contenue.
- 2 Une évaluation sommaire des matières organiques que renferme une eau se pratique en évaporant au bain-marie un volume détermine, par exemple un demi-litre, dans une capsule de porcelaine préalablement tarée. On chauffe ensuite aii rouge pour brûler les matières organiques et leur quantité est donnée parla perte de poids.
- On admet en général qu une eau est mauvaise lorsqu elle contient plus de 100 milligr. de matières organiques par litre.
- M. A. N. L. (Hérault). — Nous ne possédons pas le renseignement que vous recherchez concernant le nou-veau procédé qui consiste en un émaillage appliqué à 1 intérieur des citernes métalliques destinées au transport des vins, procède qui diffère de la vitrification. Nous ignorons s il s agit de bakélite ou résine artificielle. Mais vous auriez toute facilité pour obtenir ce renseignement, croyons-nous, en vous adressant, dans votre département même, aux spécialistes s’occupant de tout ce qui a rapport à la manutention” à la conservation des vins et par conséquent du matériel utilisé pour le transport. Voyez : Lcole nationale d’Agriculture de Montpellier et, dans cette même ville, le directeur de la Station œnologique : M. Roos; le directeur de la Station œnologique de l’Aude : M. L. Semichon, à Narbonne; la Station œnologique de Nîmes. M. Vincens, directeur de la Station œnologique de Toulouse ; M. L. Mathieu, directeur des Stations œnologiques de Bourgogne, à Dijon. En outre, nous mentionnons l’ouvrage : L émaillage de la tôle et de la fonte, La technique de l emaillerie moderne, par Jules Grünwald (i vol., Dunod et Pinat, éditeurs, 47’ fiuai des Grands-Augustins, Paris, 7°) qui aiderait, probablement, à résoudre la question.
- M. II. Paraskevaidy, à Athènes. — i° L’ozone possède des propriétés antiseptiques auxquelles ou a attribué les bienfaits de*la pratique de l’électrisation des vins. Rien ne vaut le vieillissement naturel, surtout pour les vins fins et légers. Cependant, on peut avancer le dépouillement ou le vieillissement des vins par l'oxygénation ou par 1 électrisation. L ozone est un gaz constitué par de l’oxygène combiné avec lui-même, sous l’influence de 1 électricité. Il est soluble dans l’eau, ce qui a donné 1 idée de préparer de 1 eau ozonisée pour la conservation des vins.
- L’application de l’eau ozonisée, qui revient, la plupart du temps, à celle de 1 eau oxygenee, est très insidieuse. Pour peu qu on dépasse la dose indiquée —* très minime généralement la couleur du vin est rapidement rongée. Le traitemeut des vins par l’ozone fait encore l’objet d’études techniques.
- Un bon moyen d’employer l’ozone consiste à accumuler ce dernier dans les pores d’un charbon fin. On a du charbon de peuplier en fragments menus; on le lave, on le dessèche et on le fait chauffer au bain de sable à 1200. On le laisse refroidir à 1 abri de l’air, puis on le sature d'ozone produit par uu des appareils connus. Ce charbon ozonisé se conserve indéfiniment. Un kilogramme peut servir à la défécation de 5o kg de vin.
- On a employé avec succès l’électrisation pour obtenir le vieillissement des vins, mais ce procédé n’est pas entré dans la pratique courante parce qu’il est trop coûteux. r
- 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement de 1 usage de l’ozone pour le vieillissement des vins, mais cette question est traitée, avec plus ou moins de détails, dans divers traités de vinification et articles épars dans des publications agricoles, vinicoles ou scientifiques. Voyez aux adresses suivantes : Goulet, éditeur, 5, Grand Rue, Montpellier; Féret, éditeur, i5, cours de 1 Intendance, Bordeaux ; Revue de viticulture, rue Le GofI, Paris, 5°; le Moniteur vinicole, 9, rue de Beaune, Paris, 7e; le Progrès agricole et viticole, V ri^e Montpellier. M. Mathieu, directeur des
- Stations œnologiques de Bourgogne, à Dijon ; M. Semichon, directeur de la Station œnologique de l’Aude, à Narbonne.. Voyez aussi 1 ouvrage : Vieillissement des vins et spiritueux, par Frantz Malvezin, œnotechuicien,
- 1 vol., 7 fr. 80 (H. Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris, 7e). L’adresse de ce spécialiste est : Caudéran, près Bordeaux. Voyez aussi M. J. Dujardin, chimiste-œnologue, 24, rue Pavée, Paris, 4°.
- M.r R. B., à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or). —~ 1° L’exploitation de l’érable à sucre (Acer saccharinum) en vue de 1 industrie ayant pour objet la concentration de la sève d’érable pour produire le sirop d’érable, le sucre d erable et 1 acide malique, n’existant pas en France, mais dans le Nord-Est de l’Amérique (Etats du \ ermout, du Maine, du New-Hampshire, du Connecticut) et surtout au Canada (provinces de Québec), Ontario, nouveau-Brunswick Nouvelle-Ecosse), c’est dans ces pays que 1 on peut trouver tous les renseignements sur la question dont il s agit. Il n’y a pas, croyons-nous, de spécialisation culturale, cette essence croissant en massifs comme les autres espèces. Au Canada, dans la province de Québec, la plupart des fermes possèdent une érablière ou bosquet d’érables à sucre. Au début du printemps, lorsqu il gele la nuit et que les journées sont ensoleillées, ces arbres laissent couler leur sève qui sert à fabriquer en grandes quantités du sirop et du sucre d’érable.
- Consulter : Rapport publié en 1915, par M. Gallois, Inspecteur des forêts, charge d’etudieren Amérique du Nord l’exploitation de 1 erable à sucre. (Bulletin de l'office des renseignements agricoles, Ministère de l’Agriculture, Paris) ; 1 Industrie du sucre d’érable au Canada, par M. L. Brasse-Brossard ( Vie agricole et rurale, û° 5, du .8 février 1917, Baillière, éditeur, 19, rue Haute-feuille, Paris, 6 ) , Bulletin n° 1 du Ministère de l’Agriculture du Canada, à Ottawa ; The production of maple sympand sugar, Farmer’s Bulletin na 516, Ministère de 1 Agriculture, Washington. On pourrait, eu outre, s’adresser à la division forestière du Ministère de l’Intérieur, à Ottawa (Canada), ainsi qu’au commissariat général du Canada, 19, boulevard des Capucines, Paris, 9e. Voyez aussi La Nature, n° 2184, 7 août igi5.
- M. I Abbé Monnot-Maçon. — 1. L’autorisation d’établir une antenne pour la seule réception des signaux horaires et des bulletins météorologiques est accordée dans chaque département par le Directeur des Postes et des télégraphes. Cette autorisation donne lieu à la perception d une taxe de statistique annuelle de 5 francs au profit dè l’Etat.
- 2. Nous vous recommandons l’emploi de fil de cuivre étamé de 2 mm. de diamètre pour la construction de votre antenne; du fil de fer étamé de même diamètre vous donnera des résultats sensiblemeut équivalents et sou prix de revient est de beaucoup inférieur à celui du fil de cuivre ou de bronze.
- .3. L’utilisation d’une canalisation d’éclairage électrique comme antenne est parfaitement réalisable. Nous indiquerons incessamment dans La Nature les dispositions et précautions à prendre pour celte expérience.
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- IgD
- BIBLIOGRAPHIE
- Qtft,
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) __ *
- Bulletin officiel de la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, n° i, novembre 1919. Bellevue (Seine).
- Le Sous-Secrétariat d’Etat des Inventions, on le sait, a été transformé depuis la fin de la guerre en Direction des Recherches rattachée au Ministère de l’Instruction publique. Son nouveau rôle est d’assurer la collaboration de la science et de l’industrie, d'apporter aux inventeurs et aux fabricants l’aide technique qui leur manque trop souvent. Pour le remplir plus complètement, ce service vient de décider la publication d’un bulletin mensuel que nous sommes heureux de signaler ici en le recommandant à nos lecteurs, dont beaucoup sont susceptibles d’avoir recours aux services techniques de la nouvelle Direction.
- Laboratoire d'essais du Conservatoire National des Arts ci Métiers. Résumé des travaux pendant la guerre, par le lieutenant-colonel Cellerier. i vol. in-8, 220 p., 4° fig» Chapelot, Paris.
- Exposé des recherches nombreuses et variées de ce laboratoire pendant qu’il fonctionnait pour la Mission d’essais, vérifications et expériences techniques de la Direction des Inventions. Nos lecteurs connaissent déjà plusieurs d’entre elles : les alliages remplaçant le platine, les briques de silice, la différenciation des bois verts et secs, les voitures radiologiques, etc.
- Chemins de fer français, Spécifications techniques et cahiers dûs charges unifiés (matériel et traction). 2e édition. 1 vol. 260 pages. Béranger, éditeur, Paris. Prix net : 18 francs.
- Les grands réseaux de chemins de fer ont unifié leurs cahiers des charges : ceux-ci constituent un véritable code de l’industrie métallurgique. Leur groupement en un volume facile à cousulter rendra donc de très grands services.
- Séries normales de boulons, goujons, écrous, rondelles et goupilles, vis, rivets (unification des chemins de fér français, mars 1918). 1 vol. illustré, 74 pages. Béranger, éditeur, Paris. Prix net : i5 francs.
- Donne tous les renseignements indispensables pour la fourniture aux Compagnies de chemins de fer des divers objets en question : désignations, indications générales, longueurs, marques, tête, corps, filetage, etc.
- Le fraisage, par J. Hanen. i vol. in-8° de i36 pages, avec 82 figures. Dunod etPinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix net : 7 fr. 5o.
- M. Hanen a résumé dans ce travail les connaissances nécessaires à l’ouvrier fraiseur. Il a cherché à rendre accessibles à tous les calculs nécessaires pour la préparation du travail. Nul doute que son livre rende service aux ouvriers intelligents, désireux de posséder à fond leur métier.
- Aide-mémoire de l'ingénieur-constructeur de béton armé, par Jean Braive. Préface de A. Mesnager. 20 édition.
- 1 vol. in-8° de xlii-387 pages illustré. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris, 1919. Prix net cartonné : 24 francs.
- Cet aide-mémoire groupe tous les documents fondamentaux nécessaires à l’ingénieur en béton armé, notamment la circulaire ministérielle sur le béton
- armé et les documents annexes. De nombreux exemples concrets faciliteront aux débutants l’application des formules et des méthodes. Signalons également une intéressante étude sur l’évolution de la construction industrielle pendant la guerre et un vocabulaire en cinq langues.
- Une Université du Travail, par Omer Buyse. i vol. in-8° de 522 pages, avec 247 figures. Dunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix net : 18 fràncs.
- Les matériaux qui forment l’objet de ce volume sont les réalisations concentrées à Charleroi dans l’ensepible organique des institutions d’enseignement technique sous le titre : Université du Travail.
- Les idées qui-y sont exposées, les expériences et essais dont il rend compte, les systèmes d’éducation technique ouvrière qu’il esquisse sont l’expression fidèle de dix années d’efforts faits par M. Buyse en vue de créer une œuvre adéquate à un milieu industriel et professionnel donné. Le succès de l’œuvre de M. Buyse à Charleroi garantit là valeur de ses méthodes qu’il était utile de porter à la connaissance du public français.
- Notions fondamentales de chimie organique, par Charles Moureu, membre de l’Institut. 6° édition. 1 vol. in-8° carré (140X225) de vm-55a pages. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1919. Prix net : 24 francs. Majoration temporaire 5o pour 100.
- L’éloge de l’ouvrage de M. Ch. Moureu n’est plus à faire. Son livre est le guide reconnu depuis longtemps comme indispensable à quiconque aborde l’étude de la chimie organique. C’est un livre d’enseignement rédigé avec une merveilleuse clarté et sa lecture n'exige que des connaissances élémentaires. Cette nouvelle édition contient d’importantes, additions exigées par les progrès de la science : notamment des notions de chimie physique et de mécanique chimique.
- Traité théorique et pratique de la coloration du papier par les matières colorantes dérivées du goudron de houille, par J.-G. Yarlot. i vol. j 24 pages. Béranger, éditeur, Paris, 1919.
- Ce petit livre, inspiré par l’enseignement de l’Ecole de Papeterie de Grenoble, n’est pas une collection de recettes, mais une œuvre méthodique dans laqxielle l’auteur, ingénieur expérimenté, cherche, groupe, à la lumière de ses connaissances scientifiques, les procédés qu’il énumère. L’industrie du papier trouvera'un guide précieux dans cet ouvrage jusqu’ici à peu près unique dans la littérature technique.
- La Roumanie. Conférences faites à VUnion française, par Lacour-Gatèt, de Martonne, Jean Richepin, Charles Diehl, R.-G. Lévy, Mircea Djuvaha. i vol. in-16, 283 p. Union française, 286, boulevard Saint-Germain, Paris. Prix net : 5 francs.
- Série de conférences particulièrement intéressantes et amicales pour nos alliés sur le passé de la Roumanie, ses terres, son âme, son art, ses richesses, ses sacrifices.
- La colloïdothérapie, par le Dr J. Laumonjeu. 1 vol. in-16, 283 pages, Collection médicale, Félix Alcan, Paris. Prix : 5 fr. 5o.
- Après avoir rappelé les notions essentielles sur la nature et les propriétés des corps à l’état colloïdal, l’auteur passe en revue les principaux produits, dont il montre les applications, en insistant sur leur double action, diaphylactique et chimiothérapique. L’ouvrage se termine par l’indication des règles fondamentales que le médecin doit observer pour tirer de cette médication tous les avautages dont elle est capable.
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- QUARANTE-SEPTIÈME ANNÉE — 1919
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. — INFORMATIONS.
- Abeilles : comment elles se dirigent........................122
- Acclimatation du renne en Alaska............................ 18
- Acétylène : alcool.....................................17, 193
- Acide acétique de synthèse.................................... 161
- Acide lactique dans la nourriture des porcs.................122
- Acier et foule : production mondiale........................ 26
- Acoustique : illusion.......................................169
- Aéronautique française : effort de l’industrie.............. 2
- Aéroplane : du Caire au Cap................................. 65 ,
- — et transatlantique..................................lOîf
- Agriculture : Chambres..........................................151
- Alaska : acclimatation du renne............................. 18
- Alcool par l’acétylène.................................17, 195
- Alcool moteur eu Angleterre................................. . 97
- — : suppression aux États-Unis........................ 34
- Algine alimentaire........................................114
- Alimentation des poules sans blc. ..............................162
- Allemagne : production du fer...................................150
- — : dernière récolte................................. 9
- — : traité de paix................................ 1
- Allier : concours du bassin................................. 9
- Aluminium : industrie .......................................... 9
- Alundum et bauxite française....................................193
- Amiante dans le monde 97
- Angleterre : production de charbon. . ...................... 2
- — : rage................................................. 34
- Antennes de T. S. F. : arbres............................... 55
- Argentine : mouvement de la population.............. . . . . 98
- Armagnat : nécrologie .......................................... 25
- Arménie : nation................................................ 34
- Atlantique : traversée du l\-S4................................. 17
- — : retour du l\-S4................................ . 25
- Automobiles électriques aux Etats-Unis......................... 42
- Aveugles de guerre dans l’industrie.............................153
- Aviation postale............................................... 155
- — : prix des traversées transocéaniques.................. 41
- — : prouesses............................................ 73
- Avions : enduits pour voiles.................................... 49
- '— : lancement mécanique des hélices......................145
- — : sous l’Arc de Triomphe......................... . 65
- Bakélite et lurfurol . . . .....................................177
- Baleine anglaise nouvelle................................. . 10
- Banane : consommation, ......................................... 98
- Banal : ressources.............................................. 26
- Baobab : utilisation............................................150
- Bâtiment : congrès..............................................106
- — : Concours-exposition à la Foire de Lyon.............186
- | Bayonne : port................................................. 105
- Belgique : production de charbon.............'.............. 49
- Bauxite française et alundum ........................... 195
- Benzol des usines à gaz.....................................169
- Béton armé : wagons à marchandises.......................... 82
- — de briques et béton armé au bois . . ...........' . . 106
- Betterave sucrière succédané du malt........................154
- Blé : besoins et ressources du monde........................ 66
- Bolides : explosion.........................................201
- Brasserie : betterave sucrière succédané du malt............154
- Brésil : café................................................ 202
- Brevets d’invention : prolongation.............................129
- British Association for the Advancement of Sciences : meeting. 54 Cacao : consommation française..............................162
- — : production mondiale................................. 33
- Café : consommation française..................................162
- — : du Brésil. . . ................................ . 202
- Calendrier de semaine esquimau. . . . ...................... 18
- Camion électrisé par le sable................................. 202
- Canada : combustibles de l’ouest...............................169
- Canal Danube-Saloniquc...........................-.......... 2
- Canards contre moustiques..................................... 170
- Caoutchouc : production mondiale ..............................114
- Carnegie : nécrologie....................................... 65
- Céramique : moteurs électriques............................. 42
- Chambres d’Agriculturc....................................... 154
- Chant oung.................................................... 74
- Charbon : production anglaise................................... 2
- — : production en Belgique............................... 49
- Chauffage électrique des immeubles............................ 157
- Chaussures vieilles : emploi curieux........................ • 50
- Chemins de fer chinois...................................... 9
- — d'impérial Valley...................................... 90
- — suisse à courant continu haute tension.................138
- — à voie de 0,60 dans les régions libérées...............202
- Cheminée la plus haute du monde.........................» . 89
- Chêne millénaire ..............................................186
- Cheptel : reconstitution dans les régions libérées. . . . . . 202
- Chevaux à cornes...............................................162
- Chimie : confédération interalliée............................. 74
- Chine : chemins de fer ..... ................................... 9
- Chutes du ÎNiagara.............................................145
- Clouterie : standardisation......... .-..................... 9
- Coco : libre................................................... 81
- Colorants : industrie en France. .............................. 50
- Combustibles de l'Ouest du Canada.............................-169
- Concours Lépine.............................................. 46
- Supplément au n* 23S7 de La Nature du 27 décembre 1911). aolTjgfé-
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- ‘Conducteurs électriques : tubes de fer...................... 41
- Conduites d'eau en bois...................................... 17
- Confédération interalliée de la chimie....................... 7 4
- Congrès du bâtiment..........................................100
- Conserves alimentaires : rôle antiseptique des épices .... 158
- Constantinople : port. . . .................................. 138
- ‘Constructions navales : record..............................*17
- _ — : record de vitesse. . . .........................150
- — an Japon ....... ................................... 98
- •Cratère nouveau en Islande ................................. 178
- Crocodile : record de navigation............................. 18
- Cuirs de Madagascar.......................................... 18
- Cuirassés de 43 000 tonnes . ................................ 25
- Cuisine électrique : économie............................... 137
- Cuisson des légumes : pertes................................. 26
- Cuivre aux Etats-Unis........................................ 82
- Cultures de printemps en France. .......................... 114
- Découpage du granit au chalumeau oxyacétylénique............. 105
- Démographie de la Suède...................................... 194
- Détection des navires................................... 105
- -Deutseh de la M.curlhe (llenry) : nécrologie................185
- Dieppe : port ....*".........................................138
- Dirigeables anglais nouveaux................................. 41
- — : problèmes........................................113
- Dirigeable 11-34 : franchit l’Atlantique .'.................. 17
- — : retour............................................ 25
- Dordogne : forces motrices................................... 121
- Éclairage par magnéto des postes de garde-voie en Amérique. 73 Éclipse partielle de lune du 7 novembre . . . ..................161
- — totale de soleil du 28 mai..........................- 25
- Éclosion de serpents...................................... . . 2
- Effondrement de la Clappe (Var)................................. 54
- Égypte : phosphates........................................... 154
- Électricité : distribution à 220 000 volts, r . . . . . . . 177
- Électrification des chemins de fer italiens..................105
- Electrification des voies ferrées : meilleur système. . . . .. 89
- Électroculture ; essais.........................'............121
- Emballages en libres de zostères.............................. 115
- Enduits pour toiles d’avion..................................... 49
- Énergie électrique transmissible de Belgique en Italie. ... 97
- Engrais d’explosifs............................................ 109
- Enseignement du froid......................................... 98
- Épices : rôle antiseptique dans les conserves................138
- Eponges de caoutchouc : fabrication............................. 50
- Éruption du Kloet (Java)......................................... 2
- Esquimau : calendrier de semaine................................ 18
- Étain : récupération par la méthode alcaline.................115
- Etats-Unis : cuivre............................................. 82
- — : immigrations..................................y . 178
- — : marine marchande..............................7 4, 178
- — : population indienne................................ 114
- — : suppression des boissons alcooliques................. 54
- — : T. 8. F............................................. 129
- — : transatlantiques.................................
- Étoile la plus rapide........................................ •
- Étourneau : ce qu’il mange ...................................
- Europe : noms des nouveaux États..............................
- Explosifs en France........................................
- — : labourage..........................................
- — : transformation en engrais........................... .
- Exposition d’encouragement à l’économie des vivres aux Étals-
- Unis . . .................................................
- Familles, logements, maisons : statistique..................
- Feldspath : potasse.........................................
- Fer : production en Allemagne...............................
- — : production en Italie...............................
- — : tubes employés comme conducteurs électriques. . .
- Fibre de coco ..............................................
- Fischer (Émile) nécrologie..................................
- Fiume : port................................................
- Fonte et acier : production mondiale........................
- Forces motrices de la Dordogne..............................
- Formol : désinfection des graines. .........................
- Four électrique en France pendant la guerre.................
- France : consommation de la houille et du pétrole...........
- — : consommation du thé, du café et du cacao...........
- — : cultures de printemps. . ......................
- — : explosifs.................................•........
- — : statistique des familles, logements et maisons. . . .
- Frigorifique : conditions d’entreposage........................
- — : outillage..........................................
- Froid : enseignement........................................
- — dans l'industrie du vin et du cidre..................
- 115 25 138 90 157 121 169
- 98
- 170
- 186
- 130
- 177
- 41
- SI
- 41 98 26
- 121
- 26
- 42 153 162 114 137 170
- 10
- 113
- 98
- 122
- Fromage de Roquefort : fibre bactérienne
- 162
- Fumier : importance...........................................146
- Furfurol et bakélites.........................................177
- Germination des graines : expérience démontrant la respiration .......................................................... 42
- Glucinium : emploi industriel................................... 17
- Glycérine : fabrication par fermentation........................134
- Gomme arabique................................................194
- Goudron : combustible des moteurs Diesel......................'42
- Graines : désinfection par le lormol.......................... 26,
- Graisses : production mondiale................................ 97
- Graphite de Madagascar........................................ 81
- Grève des imprimeurs à Xew York.................................178
- Guetteur électrique...................................... . 201
- ilaeckcl : nécrologie.......................................... 65
- Hélices d’avions : lancement mécanique..........................145
- — laquées.............................................. 49
- Herbe du Soudan dans le Midi........................... 55
- — — : valeur nutritive.................................116
- Hippopotame : plongée s .................................' , . 194
- Hollande : marine marchande . . .,............................155
- Houille : consommation française................................ 153
- — blanche : ressources du bassin de la Loire...........501
- Hublots rotatifs à l’abri de la buée..........................113
- Hydravion géant à Cherbourg.................................... 113
- llydrolecliniquc : laboratoire de France........................193
- Illusion d’acoustique.........................................169
- Immigrations aux États-Unis................................... 178
- •Inea : journal...............................................202
- Inde : industrie........................................ 169
- Indiens: population aux États-Unis............................. 114
- Indochine : institut scientifique............................ . 10
- Industrie dans l’Inde............................................169
- Insectes nuisibles : destruction..............................106
- Institut de recherches physiques et chimiques au Japon . . . 114
- — scientifique d’Indochine................................ 10
- Invalides de la guerre : conférence interalliée............... 82
- Inventions bizarres......................................'. . 106
- Islande : nouveau grand cratère ............................... 178
- Italie : électrification des chemins de fer...................105
- — : expansion............................................. 82
- — : production du fer..................................177
- Japon : constructions navales ............................... 98
- — : Institut de recherches physiques et chimiques ... 114
- — : tunnel sous un Pas de Calais.........................177
- Jaunissement du papier.............................. 54
- Java : éruption du Kloet . . ................................... 2
- — : kapok. . . .......................................... 53
- Journal inea . . s.............................................. 232
- Kapok de Java.................................................... 55
- Laboratoire liydrotechnique de France.........................195
- Labourage électrique : essais dans la région de Meaux ... 97
- Labourage aux explosifs..........................................121
- Lampes à incandescence dans les projecteurs.....................129
- Légumes : perte à la cuisson . . ............................. 26
- Le Havre : agrandissement ....................................170
- Linoléum : industrie.............. * ........................ 98
- Locomotive de manœuvre à attelage électro-magnétique. . . 105
- — française au mazout . . . . ............................185
- Logements, maisons, familles : statistique....................170
- Loire : ressources en houille blanche...........................201
- Longitudes et latitudes : réseau mondial.................... . 41
- Lorient : port dépêché........................................177
- Lune : éclipse partielle du 7 novembre........................161
- Madagascar : cuirs. .......................................... 18
- — : école forestière......................................106
- — : graphite........................................... 81
- Magnétisme : tempête du 11 août............................... 89
- Maisons, logemenls et familles ; statistique..................170
- Maison Carrée de iSirnes : inscription........................ 81
- Marine marchande des États-Unis.......................74, 178
- — — hollandaise .................................." . . 153
- Mazout : locomotive française.................................185
- Météorologie : recherche des documents........................ 18
- Mine la plus profonde du monde................................105
- Monnaies de billon en bronzé de nickel........................145
- Mont Blanc : nuage curieux.................................. 185
- Moteurs Diesel : goudron comme combustible.................... 42
- — électriques dans l’industrie céramique.................. 42
- Motoculture. . ...............................................106
- Mouche domestique : hivernage.................................122
- — : résistance............................................ 82
- Moureaux : nécrologie....................................... 161
- Moustiques et canards.........................................170
- Musc : perle de poids........................................ 90
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-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- lit
- Nantes : Institut de chimie................................
- : Institut Polytechnique de l’Ouest................
- Navires : détection.................
- Nécrologie : Lord Rayleigh..............................
- — : Armagnat.......................
- — : Emile Fischer........................
- — : Carnegie ............................
- — : Haeckel.....'........................
- — : Mourcaux..................*..........
- — : Deutsch de la Meurthe............................
- Niagara : chutes.........................
- Nickel : nouvelles monnaies de billon......................
- Nîmes : inscription de la Maison Carrée.
- Novae : théorie..........................
- Nuage : curieux phénomène...............................
- Office économique de Toulouse . ...............
- Ombres volantes..........................
- Ondes hertziennes : sensibilité des plantes.........' ’ |
- Or dans le monde.........................
- Oslcnde : coucher de soleil. ..........
- Pain à l’eau de chaux : avantages en hygiène coloniale .
- Papier : jaunissement...............
- Paracelse : chimie ....................
- Pélican et ravitaillement .-........................
- Pétrole : consommation française...........................
- — : transport par tube à travers l’Atlantique ......
- Phénomène curieux..............................
- Phosphates égyptiens. . ..........................
- Pierres à briquet : industrie en Franco....................
- — végétale....................
- Plans en reliefs des différents fronts.....................
- Plantes : sensibilité aux ondes hertziennes
- Poisson-lune.............................
- Pôle Sud : nouvelle expédition.................
- Pologne : grands travaux............................
- Pomme de terre monstrueuse..........................
- Pont Notre-Dame à Paris................
- Ponte de la volaille : alimentation l’augmentant
- Porcs : acide lactique dans la nourriture..................
- Port de Bayonne .......................
- — de Constantinople . ........................
- — de Dieppe..............................
- — de pèche de Lorient....................
- — de Trieste et de Fiume.............................
- — de Yladivosfoek........................
- Potasse extraite du feldspath.......................' [
- Poudres de guerre : conservation........................
- Poules : alimentation sans blé.................
- Poussin à 4 pattes.............................
- Prix Nobel en 1919.............................
- Projecteurs : lampes à incandescence'...................
- Projection d’un corps? hors de la terre.................
- Pyrèthre : conservation de la poudre...................."
- Radioactifs (Corps) : industrie en France...............
- Radiogonométrie dans la marine marchande............
- Radium : industrie française............................
- Rage en Angleterre..................................
- Rayleigh : Nécrologie..................
- 17
- 90
- ior>
- 25
- 25 41 65 65
- 161 '185 145 '145 81 73
- 185 194
- 41
- 170
- 145 130 178
- 54
- 100
- 146
- 153 161 121
- 154
- 26 146
- 9
- 170
- 178
- 81
- 35
- 102
- 82
- 50
- 122
- 105
- 158
- 158
- 177
- 98
- 158
- 186 145 162
- 10
- 193
- 129
- 2
- 54
- 89
- 73
- 17
- 54
- 25
- Récolte allemande-..............................
- — de 1919 ....................
- Régions libérées : chemins de fer à voie de 0,60.............
- — : reconstitution du cheptel..........................
- Renne : acclimatation en Alaska . . . .....................
- Requin : chasse originale....................................
- Réseau mondial de longitudes et de latitudes.................
- Roules : signalisation.......................................
- — : températures.................................
- Eauterelles : utilisation comme engrais......................
- Sciage des métaux à distance................................. .
- Seigle et orge allemands dans la région de Verdun]...........
- Séisme dans le sud-est de la France. .........
- Sel marin : extraction électrique............................
- Serpents : éclosion.....................
- Signalisation des routes. :..................................
- Soleil : éclipse totale du 23 mai......................
- ’Solvay : don...........................'
- Soufré : extraction en Amérique..............................
- — : industrie..........................................
- Standardisation..................
- — de la clouterie......................................
- Suède : démographie..........................................
- Suez : construction d’un nouveau port . . .
- T. S. F.........................................
- — : arbres employés comme antennes.....................
- — : émissions de la Tour Eiffel........................
- — : aux Elals-llnis....................................
- — : nouvelle réglementation............................
- Télégraphie et téléphonie à système « Multiplex Bell » . . .
- Téléphones à lil chaud.......................................
- Températures élevées : emploi industriel.....................
- Tempêtes magnétiques du 11 août..............................
- Thé : consommation française....................
- Tonnage coulé : récupération................
- Tonnerre : à quelle distance P entend-on V...................
- Toulouse : office économique.................................
- Tour E ffel : émission de T. S. F............................
- Traité de paix avec l’Allemagne..............................
- Transatlantiques américains.................................
- Tremblement de terre en Italie......................;
- Trieste : port......................................
- Trombe à Ostende........................
- Tunnel sous un Pas de Calais japonais........................
- Turbine à engrenage dans la marine......................
- Urbanisme : enseignement.....................................
- Ver luisant provençal. ......................................
- "Vin et cidre : froid dans l’industrie.......................
- Vinaigre d’acéhlène..........................................
- Vivres : exposition d’encouragement à l’économie.............
- Yladivostoek : port. ... ;..................
- Voies ferrées : meilleur système d'électrification...........
- Voie lactée : dimensions.....................................
- Volaille : alimentation augmentant la ponte..................
- Volcan de boue..................................
- Wagons à marchandises en béton armé..........................
- Zostères : emballages...............................
- 9
- 150
- 202
- 202
- 18.
- 162
- 41
- 89'
- 55
- 140
- 120
- 90
- 195
- 17'
- 2'
- .89
- 25
- 202
- 40
- 98
- 74
- 9
- 194 35 63-53
- 49 129
- 66-
- 120
- 157
- 195 89
- 162:
- 105
- 155
- 194
- 40 1
- 145
- 9
- 98
- 81
- 177
- 121
- 170
- 90-
- 122
- 161
- 98-
- 138
- 89-
- 41
- 50 50-82
- 115»
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- , Aiguille de bottelage pour paille et fourrage................. 99
- Aiguille de machine à coudre s’enfilant aisément................ 5‘2
- Allernacycle..................................... " qj
- Aspirateur pour améliorer le tirage des cheminées...............107
- Attache américaine pour manches et chaussettes ...... 52
- Automobilisme : Vulcanisateur Shaler . .
- — : Chaînes antidérapantes Prest-Grip. . .
- — : Motomètre Iîoyce.....................
- — : Nettoyeur de bougies Minute..........
- Baromètre d’amateur : construction..............
- Bicyclette aquafique.........................
- Boîte à graisse Frigard pour wagons.............
- Briquet pour réchaud de cuisine à gaz...........
- Brise-jet tournant.....................
- Brodopic : appareil à piquer....................
- Brûle-parfums Jcd Robj..........................
- Caisse pliante 8acip.........................
- Chauffage par aéro-pulvcriscur. . ..............
- — : résistance : construction............
- — : tapis électrique.....................
- 5
- 5
- 44
- 51
- 131
- 152
- 75
- 68
- 67
- 51
- 44
- 152
- 156
- 193
- 196
- Chronopose Exact....................
- Collier de serrage universel à vis..........................
- Conslruciions en murs creux Nasousky.................’ ’ ' ’
- Constructions rapides : système Blanchod.............
- Couteau à conserves l’Universel
- Couteau à pain.......................................
- Cueille-lruils réglable .................................
- Cuiseur à vapeur.............
- Diaspora........................................
- Distillation : nouvelle colonne de laboratoire..................
- Distributeur électrique d’eau chaude « Électro-Calor »... .Dosage du carbone dans les fontes, fers, aciers : nouvel appareil ................................... 11
- Effet Edison : pour le mettre en évidence ...... 12.
- Egouttoir centrifuge
- 20
- ICO
- 91
- 180
- 164
- 400
- 116.
- •10T
- 4
- 27
- 12
- 179
- 52:
- 188-
- Électricité : Ce qu’il faut savoir (A.
- — : Le courant électrique....
- — : Différence de potentiel . . .
- — : Résistance des conducteurs .
- — : Effet Joule...............
- Delà vie)..........
- ......................147
- ................ 155-
- • • • •"..............171
- .....................187
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Emballage d’une' douzaine d’œufs. ......................... 116
- Enclume improvisée pour travail de tubes.................... loi
- Entonnoir auto-obturateur.................................... 188
- Equerre pour partager un angle eu 5 parti is égales .... 19
- Équerre de précision Bourgoin. .............. 99
- Fausset métallique de précision............................... 84
- Flacons : fermeture propre.....................................204
- Flexirnétre Morin............................................ 118
- Gaz : dispositif pour réaliser des économies................ 195
- Graissage du bec des récipients de laboratoire.............. 20
- Gravure des inscriptions sur le verre....................... 27
- Hélices : machine automatique................................... ni
- Hygrômètre original............................................ 179
- Jarremouflet........................".................. 'G
- Joint de tuyau : changement et mise en place................132
- Lampe électro-magnétique de poche l.u/.v........................ 28
- Limer : machine................................................. 12
- Marteau-tenaille.............................................. ! $
- Mèches : protecteur............................................ 19
- Mémorandum électrique........................-.............., 15
- Meule portative à pédales. ... .................................'39
- Mobilier improvisé ............................................ 108
- Moteurs légers et transportables Renault........................ Il
- Moteur électrique continu : construction........................123
- Motocyclette A. R. C........................................... 113
- Moulin électrique pour laboratoires............................. 76
- Niveau des liquides : dispositif pour lire aLémont..........179
- Ouvre-boîtes de conserves « le Filon »...................... 32
- Patinage du cuivre par élcclrolyse............................ 12
- Pendoir à vêtements............................................ 188
- Pente : mesure simple...........................................115
- l'cvpas........................................................ 44
- Photographie : Anastigmats à trois verres.................... 164
- — : (licls.............................................. 67
- — : Diaphragme et mise au point..........................163
- — : Lanterne Frigida pour la projection des autochromes. 92
- Photographie : Pocket M<gda. appareil photographique de
- poche....................................................... 6,8
- — : Sac Fix................................................. 6,8
- Pile de poche : nouveau contact . ........................... 75
- Pochoirs-adresses : machine.................................J 00
- Pompes domestiques.............................................. 33
- Porte-bagages Maingard.......................................... 01
- Porte-balais.................................................. 52
- Porte-manteaux X...............................................164
- Porte-serviettes Crab................................ 34
- Protège-méches ................................................ | !)
- Protège-pointe improvisé po ir épingle à eh ipoau..............115
- Quadricycle à main. . .........................................132
- Radiateur Elecsol...........................................172
- Réchaud à sciure de bois.........................................187
- Récupérateur pour lampes à pétrole.............................156
- Régulateurs de température pour incubateurs....................139
- Relieur automatique Clio.......................................148
- Reliure : Comment brocher et relier soi-mèmo................... 83
- Résistance chauffante : construction...........................195
- Scellement d’une console dans un mur........................... 28
- Sécbeur électrique de ménage Simplon............................ 4
- Souliers américains à semelle d’acier........................... 4
- Support pour petits outils.................................... 131
- Tapis chauffant électrique. ...................................196
- T. S.'F. des amateurs : Combinaisons de montage. . . 263
- Tire-lîouchons. ................................................. 36
- Tire-bouchons à double levier,....................... . . 116
- Tranchet dérouleur............................................. 76
- Transports de récipients pleins de liquide....................,116
- Tuiles métalliques émaillées...................................115
- Ycntouseuse Firelcss.......................................... ISO
- Verre : inscriptions gravées................................... 27
- Vis petites : mise en place.................-.............. '3
- Viscosimèlre Baume............................................. 163
- III. - VARIÉTÉS.
- Les pickles ou condiments de fruits à noyau (A. Truelle) . . 5
- Réduction du jour astronomique au jour civil (J.-P. Lafitte). 15 Comment on mesure le débit d’une source (H. Blin) .... 21
- Les voies de communication des régions libérées (A. B.) . . ^ 29 Comment acheter les fruits frais. IL Les framboises (A.
- Truelle)................................................ 50
- Sur l'histoire du paratonnerre : un plaidoyer de Maximilien
- Robespierre pi.-P. L.).............................. 37
- La coloration de la corne . ................................ 45
- Comment acheter les fruits frais. III. Les prunes (A Truelle). 53
- La soie d’araignée (II. Blin)............................... 69
- Comment acheter les fruits frais. IV. Les raisins de table
- (A. Truelle)............................................. 77
- Détermination de l’acidité et de l’alcalinité par les végétaux (II. Blin)................................................. 8b
- Les phases lunaires et la végétation (II. Blin).............101
- La conservation ménagère des raisins (A. Truelle)...........117
- Comment on interprète les chiffres d’une analyse cl’eau ou
- d’urine (A. C.)...................................... 125
- Conservation ménagère des raisins à l’état frais (A. Truelle). 135 La conservation de la matière ligneuse (M. Bousquet). . . . 141
- Que faire des vins piqués (F. Marre)........................149
- Comment acheter nos meilleures reinettes» (A. Truelle). . . 157
- Les télégrammes météorologiques de la Tour Eiffel...........165
- Les principaux Calville. Vente du Calville blanc (A Truelle). 173
- La conservation des châtaignes (À. Bolet)...................174
- Traitement des noix après la récolte (A. Rolet).............181
- La torréfaction du café (F. Marre).................... , . . . 189
- Les bois employés par les luthiers (F. Marre)............... 197
- Notre température et celle des animaux (II. Cocuin) .... 205
- IV. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Traitement du coup de chaleur (I)r A. C.).................. 6
- L’hygiène des vacances. I. La marche (R. M.)............... 13
- — — II. L’alimentation (R. M.)............... 21
- Le danger des produits borates pour la conservation des aliments (Dr G. Y.)............................................ 37
- Désinfection par le formol sans appareil (R. M.).’......... 54
- Formules de cold-cream....................................... 78
- Pommade pour les mains....................................... 78
- Hygiène quotidienne de la bouche (R. M.)..................... 83
- Défendons-nous contre la rage.................................... 93
- La biométrie de la croissance (R. M.)............................109
- Comment on recherche le sucre et l'albumine clans les urines
- (A. Ch.)......................................................142
- 25 ans de sérothérapie contre la diphtérie (R. M.)...........149
- .L’utilisation de la viande frigorifiée (II. M.).............. 166
- L’approvisionnement en lait de Paris et de sa banlieue (R. M.). 189
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- V. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Affûtage des petites scies circulaires.......................'190
- Alcool : procédé rapide de dosage............................ 14
- Alliage résistant aux acides....................................150
- Aluminium : nickclage.......................................... 40
- lladigeons spéciaux. ........................................ 95.
- Blattes : destruction.......................................... 56
- Briquettes de sciure de bois, poussier de charbon. .......... 70
- — de terre de bruyère.............................. 70
- Calorifuge : garnissage. . ..................................190
- Chaînes : pour les empêcher de grincer....................... 51
- Champignons : préparation d’extrait....................7 . . 120
- Chaussures : pour dévernir. . . . . ......................... 158
- Cheveux : teintures para.....................................150
- Ciment : accélération de la prise............................118
- — : pour fonte............................................ 16
- — : imperméabilisation....................................118
- — : à l’oxychlorure de zinc............................... 51
- — : peinture............................................. 158
- — : soudure à lui-même....................................118
- Cidre : extraits............................................. 80
- — gras : traitement..................................... 118
- — : salage............................................ 158.
- Colle pour fixer les lettres réclames sur les glaces......... 46
- Coller les étiquettes sur le métal poli. . ..................150
- Cuir : teinture en acajou....................................206
- Cuivre : bronzage........................,...................206
- Décoration du bois.............................................. 91
- — : procédé original............................... 69
- Ébonite : redressement des plateaux................... 206
- Emulsifs pour le nettoyage : choix rationnel................. 15
- Encre : composition.......................................... 46
- Encre rouge : préparation. . . .............................. 46
- Encre à tampon facilement effaçable............................ 159
- — — donnant des polycopies............................206
- — violette : préparation............................. . . 51
- Enduit métallique sur tissus. . . . . . ................ 46
- Enfleurage : nouveau procédé.......................• . . . . 51
- Engrais complet pour jardins .... ............... 86
- Extrait d’œillet : préparation ,.............................. 126
- Fer : décuivrage et dénickelage..............................'150
- — : Sciage à chaud....................................190
- Fonte : polissage. . . ......................46
- Fourmis : destruction..................................... 54
- Futailles : comment on les dérougit.............................125
- Gale du cheval : traitement. ................................ U
- Gants de peau : teinture...........- ........................208
- Ignifugation du bois..............................., ... . 158
- Ignifuge « Ghersi » pour tentures, toiles, etc............... 70 .
- Liège : succédané........................................* • ^0
- Marbres : remise en état .......................................206
- Marcs de pommes................................................ 206
- Mastic à g relier : préparation.............................. 118
- Mastic lacto-calcique insoluble 'Mastics pour parquets. . . . Mastic pour scellements. . .
- Mastic pour terres...........
- IN'ickelage de l’aluminium. .
- Parfum des fleurs : nouveau procédé d’extraction............... 58
- Pâte à gesso................................................... 94
- Peinture et vernis : liquide pour enlever. ........ 190
- Photographie : Accélération du fixage et du lavage . . .
- — : Allaiblisseur de Farmer......................... . . .
- — : Ampoules sur les épreuves...........................
- — : nutocliromes sléréo.-eopiques : transposition '. . . .
- . — : Bains de fixage î limite d’emploi................. . . .
- — : Bains de température................................
- — : Clichés faibles : utilisation.......................
- — : Colle pour épreuves . . . ..........................
- — : Coulissage des volets de châssis.............
- — : Développement et fixage simultanés..................
- — : Dispositifs sur plaques détériorées.................
- — : Ecran dépoli très fin...............................
- — : llyposullire de soude': élimination............6,
- — : Images dures : amelioration.........................
- — : Laboratoire noir..............-.....................
- — : Nettoyage de la surface gélatinée des clichés. . . .
- — : Papier négatif......................................
- — : Papier salé de longue conservation..................
- — : Papier sphinx pour pastels..........................
- — : de chevaux..........................................
- — • : de grottes et cavernes..............................
- — : sur marbre.................................* . , ,
- — : Plaques autochromes : développement simplifié. . .
- — : Plaques orthochromatiques : suppression de La teinte
- rosée...............................................
- — : Pose: tolérance des écarts..........................
- — : Restauration des clichés............................
- — : Restauration des épreuves anciennes.................
- , —' : Retouche au grattoir...................................
- — : Révélateur au pyrogallol pour papiers. .............
- — : Rouille (Contre la).................................
- — : Tirages à la lumière artificielle............
- — : LVaniom : toxicité des sels.....................- . ,
- — : Vernis pour négatifs artificiels....................
- — : Voile dichroïque . . .............................
- Plomb : affinage des déchets..................................
- Point de fusion d’un corps....................................
- Reliure rapide. . . ..........................................
- Rouille : pour enlever les taches sur les fourneaux...........
- Savon pour cambouis. . .......................................
- Scellements : mastic..........................................
- Schampoing, décolorant.........................
- — économique.............................................
- Sciage du fer à chaud...................> . . ,...............
- Serpents de Pharaon inoffensifs...............................
- Surchauffe des machines : réactifs chimiques..................
- Taches d’acide pyrogallique : enlèvement.................
- — d’encres de couleur : essais d’enlevage. ......
- — — rouge sur tissus............................. . . .
- — — violette sur les tissus...........................
- Téléphone : précautions à prendre dans les installations près
- des fils d’éclairage.......................................
- Tissus : enduit métallique ...................................
- — : taches d’encre......................................
- Vernis à l’acétate de cellulose....................
- — et peintures : liquide pour enlever.............. . . .
- — remplaçant le papier d’étain..........................
- Vin : comment il faut le goûter ......................
- Vins de uaille : fabrication..................................
- 22 206 6 155 22 51 181 181 78 155 102 78 25 6
- 154
- 78
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- VI. — DIVERS.
- Les nouvelles unités de mesures légales
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- FIN DE LA TADLE DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P. JIassox.
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAIIURE 9, rue de Fleurus, 9
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